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Patrimoine religieux - Page 57

  • "De l’Europe, la vraie, le monde a besoin"

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS AU PORTUGAL À L'OCCASION DES XXXVIIe JOURNÉES MONDIALES DE LA JEUNESSE
    [2 - 6 AOÛT 2023]

    RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE CORPS DIPLOMATIQUE

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE

    Centre culturel de Belém (Lisbonne)
    Mercredi 2 août 2023

    source

    ________________________________________

    Monsieur le Président de la République,

    Monsieur le Président de l’Assemblée de la République,
    Monsieur le Premier Ministre,
    Membres du Gouvernement et du Corps diplomatique,
    Autorités, Représentants de la société civile et du monde de la culture,
    Mesdames et Messieurs !

    Je vous salue cordialement et je remercie Monsieur le Président pour son accueil et pour les aimables paroles qu’il m’a adressées – il est très accueillant le Président, merci ! Je suis heureux d’être à Lisbonne, ville de la rencontre qui embrasse divers peuples et cultures et qui devient, ces jours-ci, encore plus universelle. Elle devient, en un certain sens, la capitale du monde, la capitale de l’avenir, car les jeunes sont l’avenir. Cela correspond bien à son caractère multiethnique et multiculturel – je pense au quartier de Mouraria, où vivent en harmonie des personnes de plus de soixante pays – et révèle la caractéristique cosmopolite du Portugal qui plonge ses racines dans le désir de s’ouvrir au monde et de l’explorer, en naviguant vers des horizons nouveaux et plus vastes.

    Non loin d’ici, à Cabo da Roca, la phrase d’un grand poète de cette ville est sculptée : « Ici... où la terre se termine et où commence la mer » (L. Vaz de Camões, Os Lusíadas, III, 20). Pendant des siècles, on a cru que l’extrémité du monde se trouvait là et, en un sens, c’est vrai : nous sommes aux confins du monde parce que ce pays borde l’océan qui délimite les continents. Lisbonne en porte l’étreinte et le parfum. J’aime m’associer à ce que les Portugais se plaisent à chanter : « Lisbonne sent les fleurs et la mer » (A. Rodrigues, Cheira bemcheira a Lisboa, 1972). Une mer qui, beaucoup plus qu’un élément du paysage, est un appel gravé dans l’âme de chaque Portugais. Une poétesse locale l’a désignée comme « une mer qui résonne, une mer sans fond, une mer sans fin » (S. de Mello Breyner Andresen, Mar sonoro). Face à l’océan, les Portugais réfléchissent sur les immenses espaces de l’âme et sur le sens de la vie dans le monde. Et moi aussi, en me laissant emporter par l’image de l’océan, j’aimerais vous partager quelques pensées.

    Selon la mythologie classique, Océan est fils du ciel (Ouranos) : son immensité conduit les mortels à regarder vers le haut et à s’élever vers l’infini. Mais, en même temps, Océan est fils de la terre (Gaia) qu’il étreint, invitant ainsi à envelopper de tendresse l’ensemble du monde habité. L’océan ne relie pas seulement, en effet, les peuples et les pays, mais les terres et les continents. C’est pourquoi Lisbonne, ville de l’océan, rappelle l’importance de l’ensemble, du fait de penser les frontières comme des zones de contact, non comme des frontières qui séparent. Nous savons aujourd’hui que les grandes questions sont mondiales, alors que nous faisons souvent l’expérience de l’inefficacité à y répondre, précisément parce que, face aux problèmes communs, le monde est divisé, ou du moins pas assez uni, incapable d’affronter en commun ce qui met le monde en crise. Il semble que les injustices planétaires, les guerres, les crises climatiques et migratoires aillent plus vite que la capacité, et souvent la volonté, de faire face ensemble à ces défis.

    Lisbonne peut suggérer un changement de rythme. Ici, en 2007, a été signé l’homonyme Traité de réforme de l’Union Européenne. Celui-ci affirme que « l’Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples » (Traité de Lisbonne qui modifie le Traité sur l’Union Européenne et le Traité qui institue la Communauté Européenne, art. 1, 4/2.1) ; mais il va plus loin en affirmant que « dans ses relations avec le reste du monde […] elle contribue à la paix, à la sécurité, au développement durable de la terre, à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l’élimination de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme » (art. 1, 4/2.5). Ce ne sont pas seulement des mots, mais des jalons pour la marche de la communauté européenne, gravés dans la mémoire de cette ville. Voilà l’esprit de l’ensemble, animé par le rêve européen d’un multilatéralisme plus large que le seul contexte occidental.

    Selon une étymologie discutée, le nom Europe proviendrait d’un mot indiquant la direction de l’occident. Il est certain que Lisbonne est la capitale la plus à l’ouest de l’Europe continentale. Elle rappelle donc la nécessité d’ouvrir des voies de rencontre plus vastes, comme le Portugal le fait déjà, surtout avec les pays d’autres continents unis par la même langue. Je souhaite que les Journées Mondiales de la Jeunesse soient, pour le “vieux continent” – nous pouvons dire le continent “âgé”, une impulsion d’ouverture universelle, c’est-à-dire une impulsion d’ouverture qui le rende plus jeune. Car de l’Europe, la vraie, le monde a besoin : il a besoin de son rôle de bâtisseur de ponts et d’artisan de paix dans sa partie orientale, en Méditerranée, en Afrique et au Moyen-Orient. L’Europe pourra ainsi apporter sur la scène internationale son originalité spécifique, qui s’est dessinée au siècle dernier lorsque, dans le creuset des conflits mondiaux, elle a fait jaillir l’étincelle de la réconciliation en rêvant de construire l’avenir avec l’ennemi d’hier, engageant des voies de dialogue, des voies d’inclusion, développant une diplomatie de paix qui éteint les conflits et apaise les tensions, capable de saisir les moindres signaux de détente et de lire entre les lignes les plus tordues.

    Nous naviguons sur l’océan de l’histoire en des temps tumultueux et nous ressentons le manque de courageux itinéraires de paix. En regardant avec affection l’Europe et l’esprit de dialogue qui la caractérise, on pourrait lui demander : vers où navigues-tu, si tu ne proposes pas d’itinéraires de paix, de voies créatives pour mettre fin à la guerre en Ukraine ainsi qu’à beaucoup d’autres conflits qui ensanglantent le monde ? Et encore une fois, en élargissant le champ : quelle route suis-tu, Occident ? Ta technologie, qui a marqué le progrès et globalisé le monde, ne suffit pas à elle seule ; moins encore les armes les plus sophistiquées qui ne sont en rien des investissements pour avenir, mais qui appauvrissent du véritable capital humain, celui de l’éducation, de la santé, de la protection sociale. Il est inquiétant de lire qu’en de nombreux endroits l’on investit continuellement des fonds dans les armes plutôt que dans l’avenir des enfants. Et c’est vrai. L’économe me disait, il y a quelques jours, que le meilleur revenu d’investissement est dans la fabrication d’armes. On investit plus dans les armes que dans l’avenir de ses enfants. Je rêve d’une Europe, cœur de l’Occident, qui mette à profit son ingéniosité pour éteindre les foyers de guerre et allumer des lueurs d’espérance ; une Europe qui sache retrouver son âme juvénile en rêvant de la grandeur de l’ensemble et en allant au-delà des besoins de l’immédiat ; une Europe qui inclue des peuples et des personnes avec leur propre culture sans poursuivre théories et colonisations idéologiques. Et cela nous aidera à penser aux rêves des pères fondateurs de l’Union européenne : ceux-ci rêvaient en grand !

    L’océan, immense étendue d’eau, rappelle les origines de la vie. Dans le monde développé d’aujourd’hui, il est devenu paradoxalement prioritaire de défendre la vie humaine, mise en danger par des dérives utilitaristes qui l’utilisent et l’éliminent : la culture du rejet de la vie. Je pense à tous ces enfants qui ne sont pas nés et ces personnes âgées abandonnés à elles-mêmes, à la difficulté d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer ceux qui viennent de loin et frappent aux portes, à la solitude de nombreuses familles qui luttent pour mettre au monde et élever des enfants. On serait aussi tenté de dire ici : vers où naviguez-vous, Europe et Occident, avec le rejet des personnes âgées, les murs aux fils barbelés, les tragédies en mer et les berceaux vides ? Vers où naviguez-vous ? Où allez-vous si, face au mal de vivre, vous offrez des remèdes hâtifs et erronés, comme l’accès facile à la mort, solution de facilité qui paraît douce, mais qui est en réalité plus amère que les eaux de la mer ?Et je pense à tant de lois sophistiquées sur l’euthanasie.

    Lisbonne, embrassée par l’océan, nous donne cependant des raisons d’espérer, c’est une ville d’espérance. Un océan de jeunes se déverse dans cette ville accueillante ; et je voudrais exprimer ma gratitude pour le grand travail et l’engagement généreux du Portugal pour accueillir un événement si complexe à gérer, mais porteur d’espérance. Comme on dit ici : « À côté des jeunes, on ne vieillit pas ». Des jeunes, venus du monde entier, cultivant les désirs de l’unité, de la paix et de la fraternité, des jeunes qui rêvent nous incitent à réaliser leurs rêves de bien. Ils ne sont pas dans les rues pour crier de colère, mais pour partager l’espérance de l’Évangile, l’espérance de la vie. Et si l’on respire aujourd’hui dans de nombreuses régions un climat de protestation et d’insatisfaction, terreau fertile aux populismes et aux complotismes, les Journées Mondiales de la Jeunesse sont l’occasion de construire ensemble. Elles ravivent le désir de créer de la nouveauté, de prendre le large et de naviguer ensemble vers l’avenir. Des paroles audacieuses de Pessoa me viennent à l’esprit : « Naviguer est nécessaire, mais il n’est pas nécessaire de vivre [...] ; ce qu’il faut c’est créer » (Navegar é preciso). Travaillons donc avec créativité pour construire ensemble ! J’imagine trois chantiers d’espérance où nous pouvons tous travailler unis : l’environnement, l’avenir, la fraternité.

    L’environnement. Le Portugal fait avec l’Europe beaucoup d’efforts exemplaires pour la protection de la création. Mais le problème mondial reste extrêmement sérieux : les océans sont surchauffés et, de leurs fonds, remonte à la surface la laideur avec laquelle nous avons pollué la maison commune. Nous transformons ces grandes réserves de vie en décharges de plastique. L’océan nous rappelle que la vie de l’homme est appelée à s’harmoniser avec un environnement plus vaste que nous, qui doit être protégé, doit être protégé avec soin, en pensant aux jeunes générations. Comment pouvons-nous dire que nous croyons en la jeunesse, si nous ne leur donnons pas un espace sain pour construire l’avenir ?

    L’avenir est le deuxième chantier. Et l’avenir, ce sont les jeunes. Mais de nombreux facteurs les découragent, comme le manque de travail, les rythmes effrénés dans lesquels ils sont plongés, l’augmentation du coût de la vie, la difficulté à trouver un logement et, plus préoccupant encore, la peur de former une famille et de mettre des enfants au monde. En Europe, et plus généralement en Occident, on assiste à une phase descendante de la courbe démographique : le progrès semble être une question de développement technique et de confort des individus, alors que l’avenir exige de contrer la dénatalité et le déclin de l’envie de vivre. Une bonne politique peut faire beaucoup en cela, elle peut être génératrice d’espérance. Elle n’est pas en effet appelée à détenir le pouvoir, mais à donner aux gens la possibilité d’espérer. Elle est appelée, aujourd’hui plus que jamais, à corriger les déséquilibres économiques d’un marché qui produit des richesses mais ne les distribue pas, appauvrissant les esprits en ressources et en certitudes. Elle est appelée à se redécouvrir génératrice de vie et de soins, à investir avec clairvoyance dans l’avenir, dans les familles et dans les enfants, à promouvoir des alliances intergénérationnelles, où l’on ne supprime pas d’un coup d’éponge le passé, mais où l’on favorise les liens entre jeunes et personnes âgées. Nous devons reprendre cela : le dialogue entre jeunes et personnes âgées. C’est ce que rappelle le sentiment de la saudade portugaise, qui exprime une nostalgie, un désir de bien absent qui renaît seulement au contact de ses propres racines. Les jeunes doivent trouver leurs racines chez les personnes âgées. En ce sens, l’éducation est importante. Elle ne peut pas se contenter de transmettre des notions techniques pour progresser économiquement, mais elle est destinée à s’insérer dans une histoire, à transmettre une tradition, à valoriser le besoin religieux de l’homme et à favoriser l’amitié sociale.

    Le dernier chantier d’espérance est celui de la fraternité que nous, chrétiens, apprenons du Seigneur Jésus Christ. Dans de nombreuses régions du Portugal, le sens du voisinage et la solidarité sont très vivants. Cependant, dans le contexte général d’une mondialisation qui nous rapproche, ne procurant pas cependant de proximité fraternelle, nous sommes tous appelés à cultiver le sens de la communauté, en commençant par la recherche de celui qui habite à côté. Comme l’a remarqué Saramago, « ce qui donne le vrai sens à la rencontre, c’est la recherche, et il faut faire beaucoup de chemin pour rejoindre ce qui est proche » (Todos os nomes, 1997). Comme il est beau de se redécouvrir frères et sœurs, de travailler pour le bien commun en laissant de côté les oppositions et les différences de vues ! Ici aussi, il y a par exemple les jeunes qui, avec leur cri de paix et leur envie de vivre, nous poussent à abattre les rigides barrières de l’appartenance, érigées au nom d’opinions et de croyances différentes. J’ai entendu parler de nombreux jeunes qui cultivent ici le désir de se faire proches. Je pense à l’initiative Missão País qui a conduit des milliers de jeunes à vivre, dans l’esprit de l’Évangile, des expériences de solidarité missionnaire dans les zones périphériques, en particulier dans les villages à l’intérieur du pays, en allant rendre visite à de nombreuses personnes âgées seules, et cela est une “onction” pour la jeunesse. Je voudrais remercier et encourager, avec toute les personnes dans la société portugaise qui s’occupent des autres, l’Église locale qui fait beaucoup de bien, loin de la lumière des projecteurs. 

    Frères et sœurs, sentons-nous tous ensemble appelés, fraternellement, à donner de l’espérance au monde dans lequel nous vivons et à ce magnifique pays. Que Dieu bénisse le Portugal !

  • Le pape et Blaise Pascal : une "étrange récupération" ?

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    Du site du Figaro via Il Sismografo :

    L’étrange récupération de Blaise Pascal par le pape François

    (Le Figaro) TRIBUNE - Trois universitaires spécialistes de l’œuvre de Blaise Pascal ont lu la lettre apostolique qu’a consacrée le pape François à l’auteur des Pensées. S’ils saluent la reconnaissance du souverain pontife pour un immense génie, ils critiquent une lecture orientée selon les options théologiques et la sensibilité d’un pape jésuite. Ils restituent avec brio son œuvre dans le contexte de la querelle entre augustinisme et jésuitisme.

    Constance Cagnat-Debœuf est professeur à Sorbonne université et membre de la Société des amis de Port-Royal ; Tony Gheeraert est professeur à l’université de Rouen Normandie et vice-président de la Société des amis de Port-Royal ; Laurence Plazenet est professeur à l’université Clermont-Auvergne, directrice du Centre international Blaise Pascal et présidente de la Société des amis de Port-Royal.
    ***
    Le pape François est malicieux. Il aime étonner, et même prendre à contre-pied les opinions les mieux admises. Ainsi a-t-il jeté un franc embarras parmi les lecteurs de Blaise Pascal le jour de son quatrième centenaire, le 19 juin 2023, en décidant de lui consacrer une lettre apostolique. L’honneur est immense: le Clermontois rejoint ainsi au panthéon personnel du souverain pontife Dante et saint François de Sales, précédents bénéficiaires de semblables missives. Mais cette nouvelle publication a plongé de nombreux catholiques français dans une stupéfaction gênée. Pascal n’était-il pas connu pour ses positions «jansénistes», à la limite de l’orthodoxie?

    L’un de ses ouvrages majeurs, Les Provinciales, n’est-il pas constitué d’une série de lettres brillantes, ironiques, cruelles, qui discréditèrent le laxisme qu’elles dénonçaient chez les Jésuites, ordre dont le Saint-Père est précisément issu? Ces sulfureuses «petites lettres», prisées par Voltaire, n’ont-elles pas longtemps figuré à l’index des livres interdits? Malaise de l’Église. Embarras parmi ceux qui veulent voir en Pascal un «philosophe» seulement équipé d’une foi surnuméraire - ce débat autorise peu à ignorer Pascal, croyant «de feu» (le terme qui irradie l’éblouissant Mémorial).

    Les spécialistes sont, depuis le XVIIe siècle, partagés sur la catholicité de Pascal. Aujourd’hui, tandis que certains militent au sein d’associations spécialement créées pour favoriser la canonisation de l’auteur (par exemple, la récente Société des amis de Blaise Pascal qui reprend de la sorte la suggestion de La Vie de M. Pascal écrite par sa sœur aînée, Gilberte Périer), d’autres, comme Simon Icard, chercheur au CNRS, voient dans l’intention présumée sanctificatrice du pape une simple «blague jésuite» qu’on ne saurait prendre vraiment au sérieux, tant elle contredit les positions traditionnelles de l’Église sur l’œuvre de Blaise Pascal.

    Alors, saint Pascal hérétique? Pascal simplement catholique? Pourquoi François a-t-il cru bon de rouvrir ce vieux dossier recouvert par trois siècles de poussière vaticane? Au-delà des questions techniques de conformité à l’orthodoxie théologique, en quoi Pascal représente-t-il un enjeu politique aujourd’hui pour l’Église romaine - voire une figure majeure à ne pas laisser échapper?

    La nouvelle éthique du XVIe siècle

    Si Pascal a jadis pu être considéré comme dangereux par l’Église, c’est pour avoir continué à professer une foi héritée de la pensée de saint Augustin, qui avait dominé la chrétienté pendant un millénaire. Ce christianisme né en Afrique au Ve siècle, consolidé à l’époque médiévale, est celui que Jean Delumeau a si bien décrit dans La Peur en Occident: une vision fulgurante de l’homme déchu, misérable créature dépouillée de toute force et de toute bonté, torturé par la toute-puissance du péché, rongé par le désir d’une pureté interdite, abandonné à un sentiment de déréliction dont seul peut le libérer ce don gratuit et immérité d’un Dieu omnipotent: la grâce.

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  • Ignace de Loyola (31 juillet) (site des jésuites francophones)

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    Du site des jésuites d'Europe Occidentale Francophone :

    Saint Ignace de Loyola

    dossier Ignace de Loyola
    Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur de la Compagnie de Jésus, est fêté le 31 juillet. Il est l’auteur des Exercices spirituels, fruit de son désir d’aider les âmes pour “chercher et trouver Dieu en toute chose”.

    Ignace naît en 1491, au château de Loyola en Espagne. C’est un jeune noble initié très tôt au combat des armes et à la vie des chevaliers. Blessé au siège de Pampelune en 1521. Il s’ennuie durant sa convalescence et lit finalement des livres sur la vie des saints et sur la vie de Jésus. C’est pour lui une révélation et il se convertit. Décidé à suivre le Christ, il prend la route en ermite et se retire à Manrèse. Il y vit une expérience spirituelle dont il transpose l’essentiel dans les Exercices Spirituels.

    Il étudie la théologie à Paris et partage la chambre de deux autres étudiants : Pierre Favre et François Xavier. Ils partagent ensemble le désir de mener une vie pauvre à la suite du Christ. C’est à Paris qu’Ignace pose les premières fondations de la Compagnie de Jésus.

    Ordonné prêtre à Venise en 1537, Ignace se rend à Rome la même année. Trois ans plus tard, en 1540, il y fonde la Compagnie de Jésus et est élu le premier Préposé Général. Ignace de Loyola contribue alors de différentes manières à la restauration catholique du XVIe siècle et la Compagnie de Jésus est à l’origine d’une nouvelle activité missionnaire de l’Église. Il meurt à Rome en 1556 et est canonisé par Grégoire XV en 1622.

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  • Rome annonce un grand projet de construction en vue de l'année jubilaire 2025

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    De Joseph Bukuras sur Catholic News Agency :

    Rome annonce un grand projet de construction en vue de l'année jubilaire 2025

    28 juillet 2023

    En prévision de l'année jubilaire 2025 de l'Église catholique, la ville de Rome a présenté vendredi un projet d'infrastructure majeur qui créera un sentier piétonnier entre la place Saint-Pierre et le château Saint-Ange.

    Le maire de la ville qualifie ce projet d'"accolade" entre l'Italie et le Vatican.

    Ces travaux d'infrastructure sont destinés à préparer les quelque 35 millions de pèlerins qui se rendront dans la ville éternelle à l'occasion du "Jubilé de l'espoir", qui durera un an.

    Lorsque le Vatican annonce une année jubilaire, les fidèles sont invités à prendre part aux bienfaits spirituels offerts par l'Église, notamment en franchissant la porte sainte de la basilique Saint-Pierre de Rome - que seul le pape ouvre - afin de bénéficier d'une indulgence.

    Les travaux d'infrastructure proposés se concentreront sur la Piazza Pia, juste à côté de la Cité du Vatican.

    Le projet comprendra le "réaménagement et la piétonisation" de la piazza, qui reliera le Château Saint-Ange à la célèbre route menant au Vatican, la via della Conciliazione, pour un coût d'environ 70 millions d'euros, selon un communiqué de presse de la page web du Jubilé du Vatican. Cela représente environ 77 millions de dollars.

    Le Château Saint-Ange est une structure historique surmontée d'une statue en marbre de Saint Michel Archange et se trouve en bordure de la piazza. Il s'agit d'un ancien mausolée commandé par l'empereur romain Hadrien, qui est ensuite devenu une forteresse papale reliée à Saint-Pierre. 

    La ville prévoit d'entreprendre près de 90 autres projets, pour un coût d'environ 2 milliards de dollars, selon Andreas Thonhauser, chef du bureau d'EWTN au Vatican.

    Alfredo Mantovano, sous-secrétaire italien à la présidence du conseil des ministres, a déclaré dans le communiqué de presse que la ville prévoit d'achever les améliorations de l'infrastructure pour la veille de Noël 2024.

    Les travaux commenceront en août. 


    Le maire de Rome, Roberto Gualtieri, a déclaré dans le communiqué que "le projet que nous présentons aujourd'hui est peut-être le plus important d'un point de vue symbolique, car il vise à réunir deux sites fondamentaux de la ville, qui ont toujours été un axe vital : Saint-Pierre et le Château Saint-Ange".

    L'archevêque Rino Fisichella, qui dirige l'année jubilaire, était également présent à la conférence de presse et a déclaré : "Nous sommes profondément reconnaissants pour la collaboration constante, voire quotidienne, qui a été mise en place depuis longtemps pour le Jubilé".

    M. Fisichella a déclaré qu'à chaque année jubilaire, Rome est embellie, la violence diminue et la vie est "améliorée", ajoutant que "nous essayons d'y parvenir à nouveau cette fois-ci". 

    "Les œuvres donneront aux gens une perspective de beauté qui ne peut que favoriser leur sens de la contemplation. Le Jubilé est avant tout un événement spirituel que nous voulons faire vivre à tous, et le passage de la Porte Sainte, dans un contexte de beauté environnante qui favorise la contemplation, ne peut être que très positif", a-t-il ajouté.

    Eugenio Patané, assesseur à la mobilité publique de la mairie de Rome, a déclaré que la nouvelle "zone piétonne" garantira la sécurité de la circulation tout en permettant aux véhicules de circuler librement.

    Une bulle papale proclamant l'année jubilaire et contenant les lignes directrices de la célébration, dont le thème est "Pèlerins de l'espérance", devrait être publiée le 25 mars 2024.

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    Le pape François poursuit les nominations "en héritage" en nommant le successeur de Fernández
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    Dans sa lettre de 2022 sur l'année jubilaire à venir, le pape François a écrit : "Nous devons attiser la flamme de l'espérance qui nous a été donnée et aider tout le monde à acquérir une nouvelle force et une nouvelle certitude en regardant l'avenir avec un esprit ouvert, un cœur confiant et une vision clairvoyante."

    "Le prochain Jubilé peut grandement contribuer à restaurer un climat d'espérance et de confiance, prélude au renouveau et à la renaissance que nous appelons de nos vœux. C'est pourquoi j'ai choisi comme devise du Jubilé 'Pèlerins de l'espérance'", a-t-il ajouté.

    Joseph Bukuras est journaliste à la Catholic News Agency.  Il a déjà travaillé au sein du gouvernement fédéral et de l'État, dans des organisations à but non lucratif et dans l'enseignement catholique. Il a contribué à un grand nombre de publications et ses reportages ont été cités par des sources d'information de premier plan, notamment le New York Times et le Washington Post. Il est titulaire d'une licence en sciences politiques de l'Université catholique d'Amérique. Il est basé dans la région de Boston.

  • Qui est Rupnik et pourquoi les bergogliens l'ont-ils protégé ?

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    De Vistemboir sur le Forum Catholique :

    Article de Hilary White, correspondante d’Italie de The Remnant, paru le 26 juillet 2023 sur The Remnantet intitulé Who is Marko Ivan Rupnik, & why did the Bergoglians shelter him?
    (Traduit à l’aide de deepl.com)


    Marko Rupnik : affaire classée

    Je ne vais pas vous parler beaucoup de l'affaire du Père Marko Rupnik, artiste mosaïste et ancien jésuite, du point de vue de son histoire et de ses particularités. J'aimerais plutôt parler de la signification de son art. Les grandes lignes du scandale peuvent être trouvées partout. Le Pillar Catholic a couvert de manière assez régulière tous les hauts et les bas - ce qui n'est pas surprenant si l'on connaît un peu la situation au Vatican et dans l'ordre des jésuites.

    L'affaire semble s'être tassée, ni le Vatican ni l'ordre des Jésuites n'étant apparemment intéressés par le fond du problème, à savoir que le Slovène Marko Rupnik, l'affiche la plus aimée du régime pour la révolution culturelle de Vatican II, s'est créé un harem personnel de femmes qu'il a manipulées pour des activités sexuelles grotesquement pseudo-religieuses, trop horribles et blasphématoires pour être évoquées devant tout le monde. Il reste prêtre - rapidement excommunié pour l'un des délits canoniques (crimes canoniques) les plus graves qu'un prêtre puisse commettre, mais pardonné parce que, nous assure-t-on, "il s'est repenti". D'accord, je suppose que nous devrons vous croire sur parole.

    Depuis lors, il a été expulsé de la Compagnie de Jésus pour "désobéissance" (aucun détail n'a été fourni), mais son organisation, Centro Aletti, y compris l'"ordre religieux" féminin qu'il a fondé pour l'encadrer, reste en place, et ses membres ainsi que ses amis et défenseurs personnels occupent toujours des positions puissantes au sein de la curie romaine.

    Même si vous ne connaissez pas le nom, vous connaissez son travail

    Ce qu'il est important de saisir d'emblée, c'est son immense importance en tant que personnage public, en tant que représentant artistique du régime post-conciliaire du Novus Ordo. Ses images sont l'étalon-or de l'"iconique", officiellement promue, de l'esthétique Vatican II. En tant que tel, il est une célébrité dans le monde du Novus Ordo.

    Ses mosaïques se trouvent sur les façades et à l'intérieur de certaines des églises les plus importantes du monde catholique, y compris Lourdes, Fatima et le lieu de repos de Padre Pio ; elles sont imprimées sur les couvertures des publications catholiques officielles, allant des missels d'autel aux vêtements et draperies liturgiques, en passant par les magazines et les bulletins d'information. Si vous avez assisté à une cérémonie liturgique du Novus Ordo au cours des dix dernières années, vous la connaissez. C'est l'art "officiel" du nouveau paradigme. Les projets diocésains aux titres bureaucratiques turgescents tels que "La mission de l'Église dans le monde moderne à la lumière de Vatican II" du "Centre pour l'enrichissement de la foi" du diocèse de Perth, adorent utiliser ses œuvres pour illustrer par exemple leurs sites internet.

    En Italie, il est également célèbre pour ses prédications, ses exposés catéchétiques et ses conférences qui passent, ou sont passées, régulièrement à la télévision et sont largement diffusées sur YouTube. En bref, il est un éminent porte-parole de l'idéologie du Nouveau Paradigme, un acteur majeur de la diffusion de ses idées auprès des catholiques ordinaires, surtout en Italie.

    En 1966, l'artiste suisse Annie Vallotton a été chargée de créer ces illustrations et des centaines d'autres similaires pour "La Bible de la Bonne Nouvelle". Compte tenu de la qualité de la traduction en "langage clair", ces images étaient en effet idéales.

    L'art par et pour les petits enfants

    Nous connaissons tous ce type d'art, du moins d'une manière générale : c'est l'art qui nous dit que nous sommes coincés pour toujours dans la couleur ambre de 1969. L'art de Rupnik est l'art du conciliarisme Vatican II, l'équivalent visuel de la musique de Dan Schutte et des Jésuites de Saint-Louis. (Et ce n'est certainement pas un hasard s'ils sont tous deux jésuites).

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  • Israël : l'intimidation des juifs orthodoxes à l'égard des chrétiens se fait plus pressante

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    De Nicola Scopelliti sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    ISRAËL
    L'intimidation des juifs orthodoxes à l'égard des chrétiens augmente

    Israël, une fois de plus, intimide les chrétiens en Galilée, au sanctuaire Stella Maris à Haïfa. Et encore sur le Mont Sion. Les juifs orthodoxes revendiquent la possession des lieux de culte chrétiens.

    26_07_2023

    Des actions d'intimidation contre les chrétiens en Galilée se produisent de nouveau. Le sanctuaire Stella Maris, situé sur le mont Carmel, une colline surplombant la ville de Haïfa, a de nouveau fait l'objet d'attaques de la part de juifs orthodoxes. Il ne s'agit plus d'incidents isolés, ils se produisent aussi bien dans le nord que dans le sud d'Israël. Ces actes d'intimidation ne doivent pas être considérés comme de "petits actes de xénophobie" comprenant "des graffitis, des actes de vandalisme, des insultes, des bousculades, des crachats", mais lorsqu'ils sont analysés dans leur ensemble, ils révèlent un fil conducteur qui les unit et converge vers un seul objectif.

    Plus de trente chassidim, venus en bus, disciples du rabbin Eliezer Berland de la Yeshiva Shuvu Achim, se sont rendus au monastère Stella Maris, avec l'intention de prier à l'endroit où, selon eux, le prophète Elisée est enterré, affirmant que ce lieu leur appartient. Mais depuis le jour où ils ont tenté pour la première fois d'occuper l'église, un groupe de catholiques garde le lieu saint. Cette présence a jusqu'à présent permis d'empêcher l'occupation du lieu saint. Lors d'une tentative d'invasion, qui s'est heureusement soldée par un échec, ils ont été violemment chassés de l'église, et l'affrontement entre les deux factions s'est poursuivi à l'extérieur du monastère. Les pères carmélites, gardiens du lieu saint, ont alerté la police qui, arrivée sur les lieux, a séparé les groupes et ordonné aux chassidim de remonter dans le bus qui les avait conduits au Mont Carmel.

    Mais la peur se répand parmi les chrétiens de la région, notamment parce que dimanche dernier, toujours à Haïfa, une personne accompagnée d'un chien en laisse est entrée dans l'église de Mar Elias, dans le quartier de Wadi Nisna, pendant la célébration de la messe avec l'intention de perturber l'office religieux. Après plusieurs insistances des fidèles présents, l'homme s'est éloigné en revendiquant le lieu saint. "Les chrétiens arabes soupçonnent les ultra-orthodoxes de vouloir s'emparer de l'église, comme ils l'ont fait à al-Khader, un lieu important pour les fidèles des trois religions monothéistes, mais qui a été rénové ces dernières années et est maintenant principalement utilisé pour la prière juive. Les provocations au monastère et à l'église se sont répétées ces derniers mois", a déclaré Jafar Farah, directeur du Centre Mossawa, une organisation qui défend les droits des Arabes israéliens.

    Hier matin, entre-temps, nouvelles provocations : deux juifs extrémistes ont pénétré sur un terrain appartenant à l'Église orthodoxe sur le mont Sion, après avoir traversé un site archéologique. Plaçant des couvertures et des oreillers sur le sol, ils ont commencé à festoyer, dans ce qui était pour eux un bivouac légitime et régulier. Invités à quitter ce lieu, ils se sont mis à invectiver et à maudire l'homme qui s'était approché d'eux poliment et probablement avec crainte, en prononçant des expressions telles que : "Vous devez partir d'ici, vous et votre église bâtarde. Le mont Sion appartient au peuple juif et chaque instant supplémentaire de votre séjour est une grande honte". Selon certaines informations, les deux juifs portaient également des armes, ce qui a semé l'inquiétude parmi les personnes qui les avaient invités à quitter les lieux.

    Mais pourquoi cette haine antichrétienne ? Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, nouvellement nommé cardinal, patriarche de l'Église mère de Jérusalem, commente : "L'une des causes se trouve dans l'éducation et le contexte culturel. Il y a des enfants qui crachent et crient sur les chrétiens, quelqu'un a dû leur apprendre cela. Il y a peut-être une jeune génération, probablement dans les colonies, qui a grandi dans un contexte extrémiste et polarisé et qui ne connaît pas la diversité. Mais nous ne pouvons que spéculer". Et il conclut : "Il est vrai que la plupart des attaquants sont des haredim et des sionistes religieux, et parmi eux de nombreux jeunes, mais il y a également eu de nombreuses réactions contre ces actes, de la part de membres de ces groupes. Il ne faut donc pas généraliser".

    La communauté chrétienne ne se décourage pas pour autant. La Custodie de Terre Sainte a construit une piscine de 16 mètres carrés dans le quartier chrétien, à l'intérieur des murs de la vieille ville. L'installation fera partie d'un nouveau centre sportif au lycée de Terre Sainte, propriété de la Custodie et financé par l'Union européenne, l'Agence française de développement et l'ambassade de France en Israël. "Lorsque la décision a été prise de construire la piscine ici, personne ne pensait que c'était possible. Ce centre est très important pour la vieille ville de Jérusalem, en particulier pour ses jeunes, car il les éloignera de l'alcool et de la drogue. Jérusalem et ses jeunes méritent ce projet", a déclaré le père Ibrahim Faltas, vicaire custodial.

  • Les confidences de Martin Mosebach, écrivain allemand catholique et réactionnaire

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    De Thomas Ribi et Benoît Neff  sur Neue Zürcher Zeitung :

    Martin Mosebach : "Je refuse de participer à l'hystérie de l'opinion publique allemande".

    Conservateur, catholique fervent et rétif à toutes les tendances à la mode : Martin Mosebach est tout ce qu'un écrivain allemand n'est pas aujourd'hui. Un entretien sur la patrie, l'Eglise et l'étrange travail d'écriture.

    20.07.2023

    "L'existence d'un écrivain est risquée. Si l'on devient un mauvais écrivain, on a raté sa vie" : Martin Mosebach.

    Le quartier de Westend à Francfort. Entre des bâtiments commerciaux sans visage et d'élégantes villas de l'époque des fondateurs, un immeuble d'habitation sans charme. Sur les balcons, des boulettes de nourriture sont accrochées pour les mésanges. Au troisième étage, un appartement étroit, encombré de meubles anciens, des bibliothèques, des tableaux du XIXe siècle sur les murs peints en sombre. Martin Mosebach, 71 ans, invite à entrer dans le salon, sert du café dans une cafetière en argent. "Nous sommes dans l'arche rescapée", dit-il. L'appartement dans lequel lui et sa femme ont longtemps vécu a brûlé il y a quatre ans. 

    Le jour de l'Épiphanie, l'arbre de Noël a pris feu et la moitié du mobilier a été détruite. Avec ce qui restait, Mosebach s'est retiré ici. Il s'assoit sur un élégant canapé Empire. Le vent souffle à travers les fenêtres ouvertes, par-dessus la rue, on aperçoit le parc Rothschild.

    Monsieur Mosebach, vous revenez tout juste de Rome, où vous avez travaillé sur votre prochain roman. Comment doit-on s'imaginer cela ? Vous vous asseyez à votre bureau à huit heures du matin et vous écrivez toute la journée ?

    Non, certainement pas à huit heures. Le début de matinée est consacré à la lecture. J'aime lire longtemps au lit. Ce qui est bien quand on travaille à l'étranger, c'est qu'il n'y a alors pas d'obligations, pas de repas en commun et ainsi de suite. Je ne dois tenir compte de rien. Je peux me glisser lentement dans l'écriture. Et ensuite y rester aussi longtemps que je le souhaite.

    Comment arrivez-vous malgré tout à une activité disciplinée ? Vous pourriez bien sûr avoir envie de rester au lit.

    Mais j'ai un objectif : le nouveau livre. Et c'est lié à une certaine inquiétude, surtout tant que j'en suis encore à un stade très précoce, où beaucoup de choses ne sont pas fixées. J'espère qu'il y aura des surprises, ce qui ne peut arriver que si l'on ne sait pas trop tôt où tout cela va aller.

    Ne craignez-vous pas que dans trois mois, vous ne sachiez toujours pas où vous en êtes ?

    C'est tout à fait possible. Mais c'est mon quatorzième roman. Il y a donc une certaine confiance. Même si, à chaque nouveau livre, j'ai l'impression d'avoir déjà écrit : C'est mon premier roman, je n'en ai jamais écrit et je ne peux pas m'appuyer sur une expérience. A un moment donné, une voix intérieure me dit : "Allez, ne fais pas semblant. Tu sais bien que même les situations les plus désespérées finissent par s'éclaircir."

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  • Liturgie ancienne : une divergence fondamentale sur « la conception de la messe et du salut »?

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    Une tribune de l'abbé Paul Roy (FSSP) sur le site du journal La Croix:

    « Tradis, nous croyons au même salut, par le Christ, à la messe »

    L’Abbé Paul Roy, de la Fraternité Saint Pierre, répond à une tribune publiée par La Croix s’interrogeant sur la différence de conception de la messe et du Salut des traditionalistes. Une accusation sous-jacente de divergence fondamentale qu’il juge grave et inquiétante.

    21/07/2023

    L’accusation portée par Alain et Aline Weidert dans une récente tribune est grave. Ils dénoncent dans l’engouement pour la liturgie ancienne une divergence fondamentale sur « la conception de la messe et du salut. » Les « tenants de la Messe de Trente » considèrent selon eux que les messes, nouvelles mises à mort de Jésus, diminuent les peines éternelles dues aux péchés en tant que Jésus se chargerait par obéissance d’une tâche de bouc émissaire, pour satisfaire au courroux divin et apaiser l’offense faite à un Dieu « cruel, cynique, » qui ferait mourir son fils pour sauver ses enfants de sa propre colère.

    Peut-on mettre en opposition la théologie qui sous-tend deux expressions liturgiques officielles de l’Église ? L’Église témoigne depuis ses origines d’une même foi, immuable et divine, qui inclut bien sûr le mystère de l’eucharistie, sacrement et sacrifice du Christ. Au-delà des légitimes discussions sur les gestes extérieurs, il faut réaffirmer l’unité intérieure de la foi de l’Église. Refuser la théologie de la « Messe de Trente » au nom de Vatican II, c’est se placer en « juge de l’Église », opposer des expressions différentes des mêmes vérités dogmatiques, enseignées par là même et unique Église, infaillible et indéfectible en vertu des promesses du Christ et par l’assistance du Saint-Esprit.

    Le sacrifice comme don total

    Or la thèse attribuée aux défenseurs de la « Messe de Trente » n’est autre que celle (luthérienne) de la « satisfaction pénale » : le Christ serait puni par son Père à notre place. Le problème réside d’abord dans une incapacité à penser le sacrifice dans toutes ses dimensions. Il ne s’agit pas d’un acte cruel ni toujours sanglant : le sacrifice est un don, « ce que l’on offre à Dieu pour lui rendre l’honneur qui lui est dû, en vue de lui plaire ». Il peut recouvrir quatre fins : l’action de grâces, l’expiation, la communion, mais surtout et premièrement l’adoration.

    Certains dialectisent aujourd’hui la messe autour d’une opposition entre la cène et la croix : comme si l’acte central du culte chrétien devait être ou bien expiation (caractérisant une religion de crainte et de soumission à un Dieu jaloux et colérique), ou bien communion (caractérisant une religion moderne, de partage communautaire autour d’un Dieu rassembleur et tolérant). Or le catholicisme n’est en rien réductible à cette alternative : le sacrifice qui en est l’acte le plus haut - celui du Christ, rendu présent (et non pas recommencé) sur les autels à la messe, est un don total, à la fois adoration, pardon, action de grâces et communion.

    Réparer ses fautes

    Il ne s’agit absolument pas pour le Père de punir son Fils à la place des hommes, ni de lui faire subir le mal de nos péchés. Dieu apporte gratuitement à l’homme la possibilité de réparer ses fautes, à travers la Passion du Christ, l’associant à son propre salut, pour restaurer l’équilibre détruit par le péché.

    « Le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures » (1 Corinthiens 15:3). Dieu se comporte envers nous comme un père dont l’enfant a commis une bêtise qu’il ne peut réparer de lui seul : il s’agenouille à son côté et restaure avec lui l’ordre brisé, s’abaisse par amour pour l’aider à rehausser sa volonté à la hauteur de la sienne, à travers un geste commun. Il prend sur lui de descendre vers nous pour réaliser, en notre nature même, la réconciliation parfaite d’une volonté humaine avec la sienne, nous montrant l’exemple de l’amour donné jusqu’au bout. Ce qui a été fait une fois pour toutes en Jésus, nous sommes rendus capables de le réaliser par la grâce et par l’union à son sacrifice, renouvelé pour toutes les époques du monde à la messe.

    Les yeux fermés

    Si l’on a aujourd’hui tant de mal avec la notion de sacrifice - en particulier dans sa dimension expiatoire et satisfactoire, c’est qu’à la racine, on refuse celle de péché. À quoi bon multiplier les messes s’il ne s’agit que de réunir les chrétiens ? À chaque messe l’Église est en « contact actuel » avec le sacrifice rédempteur. Et il faudrait avoir les yeux bien fermés pour ne pas voir que le monde a tant besoin - plus que jamais - de rédemption. Les auteurs de cette tribune semblent ne considérer que la supplication offerte - et c’est déjà un motif bien nécessaire - pour les âmes du Purgatoire. Mais c’est pour les péchés du monde entier, passés et actuels, qu’est offert le Saint-Sacrifice, seul apte à nous unir au pardon des offenses faites à la bonté infinie du Créateur.

    Et ainsi chaque messe a une valeur infinie, puisqu’elle est le sacrifice du Christ, la même victime offerte par le même prêtre, manifestant l’unique acte intérieur d’offrande de la volonté de Jésus, depuis la Cène jusqu’à nos messes de chaque jour, en passant par la consommation du Vendredi saint : « Toutes les fois que le sacrifice de la croix par lequel le Christ notre pâque a été immolé se célèbre sur l’autel, l’œuvre de notre Rédemption s’opère ».

    Une bombe d’amour

    Chaque messe est une « bombe » d’amour divin, un hommage parfait à la magnificence et à la bonté du créateur, un séisme qui déséquilibre le mal et porte en lui la puissance de réparer tout le désordre du monde.

    « Rien ne remplacera jamais une messe pour le salut du monde » : que cette explication de textes ne soit pas l’occasion d’accentuer les divisions mais de mieux contempler ce qui nous rassemble : notre désir d’union profonde au Christ qui nous sauve par son sacrifice d’amour rédempteur, manifesté par la participation extérieure à la liturgie, dont le rite romain ancien est une forme particulièrement digne et adéquate d’expression de la foi pérenne de l’Église.

  • La déchristianisation de l'Occident est-elle inéluctable ?

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    Occident, la fin du sacré ? Suivez le Club Le Figaro Idées animé par Eugénie Bastié: 1 - La déchristianisation : un phénomène inéluctable ? 2 - Seuls face à la mort ?  3 - Une religion identitaire ?

    Retrouvez Le Club Le Figaro Idées, avec Sonia Mabrouk, Laurence de Charette et Guillaume Cuchet, autour d'Eugénie Bastié :

  • Quand le Saint Sépulcre livre ses derniers secrets

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    Lu sur le site du Point :

    Le Saint-Sépulcre livre ses derniers secrets

    EXCLUSIF. La directrice des fouilles archéologiques réalisées au Saint-Sépulcre revient sur les découvertes qu’elle a faites à Jérusalem en juin dernier.

    Propos recueillis par 

    17 juillet 2023

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  • Le Vatican accorde l'indulgence plénière pour les célébrations du jubilé de saint Thomas d'Aquin

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    De Courtney Mares sur le National Catholic Register :

    Le Vatican accorde l'indulgence plénière pour les célébrations du jubilé de saint Thomas d'Aquin
    Saint Thomas d'Aquin a été canonisé le 18 juillet 1323 par le pape Jean XXII.

    The lunette of one of the side doors depicting St. Thomas Aquinas, detail of the facade of the Church of Santa Maria Novella in Florence, Italy.
    La lunette de l'une des portes latérales représentant saint Thomas d'Aquin, détail de la façade de l'église Santa Maria Novella à Florence, Italie. (photo : Zvonimir Atletic / Shutterstock)

    16 juillet 2023

    Le Vatican accorde une indulgence plénière à quiconque participe aux deux années de célébrations jubilaires de saint Thomas d'Aquin qui précéderont le 800e anniversaire de sa naissance.

    En commençant par le 700ème anniversaire de la canonisation d'Aquin le 18 juillet, l'Ordre Dominicain célèbre trois anniversaires significatifs du "Docteur Angélique" pendant le jubilé.

    L'Aquinate a été canonisé le 18 juillet 1323 par le pape Jean XXII. L'Église marquera ce 700e anniversaire ce mardi par une messe à 18 h 30 à l'abbaye de Fossanova, l'abbaye située à une soixantaine de kilomètres au sud de Rome où l'Aquinate est décédé. Le pape François a désigné le cardinal Marcello Semeraro, préfet du bureau des saints du Vatican, comme son envoyé spécial pour la messe.

    Le 7 mars 2024, l'Église commémorera le 750e anniversaire de la mort de l'Aquinate. Le théologien est mort en 1274 alors qu'il se rendait au concile de Lyon. Il est tombé malade pendant le voyage et s'est arrêté à l'abbaye cistercienne de Fossanova. 

    Trois mois avant sa mort, l'Aquinate a vécu une révélation intense en offrant la messe alors qu'il était sur le point d'achever son œuvre la plus importante, la "Summa Theologiae" ou "Résumé de la théologie". Après avoir vécu cette révélation, l'Aquinate dit à son ami et secrétaire, le frère Réginald : "La fin de mes travaux est arrivée. Tout ce que j'ai écrit apparaît comme de la paille après les choses qui m'ont été révélées", et il n'écrivit plus jamais.

    Le corps de l'Aquinate fut conservé à l'abbaye de Fossanova jusqu'à la fin du XIVe siècle, lorsque ses reliques furent transférées à Toulouse, en France, où fut fondé l'Ordre des Prêcheurs et où le tombeau de l'Aquinate peut être vénéré aujourd'hui dans l'église des Jacobins.

    L'année du double jubilé de l'Ordre dominicain culminera avec la fête de saint Thomas d'Aquin, le 28 janvier 2025, date du 800e anniversaire de la naissance de l'Aquinate.

    Thomas d'Aquin est né en 1225 dans la ville italienne de Roccasecca, à environ 75 miles au sud-est de Rome, qui à l'époque faisait partie du royaume de Sicile.

    Le pape François a publié en début de semaine une lettre en latin dans laquelle il fait l'éloge de l'Aquinate pour sa "grande sagesse spirituelle et humaine".

    "Il a brillé par une intelligence et une clarté justes, et tout en examinant avec révérence les mystères divins avec raison, il les a contemplés avec une foi fervente", a écrit le pape. 

    Comment obtenir l'indulgence

    L'indulgence peut être obtenue en effectuant un pèlerinage dans un lieu saint lié à l'Ordre dominicain, soit pour participer aux célébrations du jubilé, soit pour "consacrer au moins un temps approprié à un pieux recueillement", en concluant par la prière du Notre Père, la récitation du Credo et l'invocation de l'intercession de la Vierge Marie et de saint Thomas d'Aquin.

    Toute église, sanctuaire ou chapelle actuellement confiée à l'Ordre dominicain peut répondre aux exigences du pèlerinage.

    Selon un décret de la Pénitencerie apostolique du Vatican, l'indulgence plénière est accessible aux "fidèles vraiment pénitents et charitables" dans les conditions habituelles.

    Les conditions habituelles d'une indulgence plénière exigent que la personne soit en état de grâce, qu'elle se détache complètement du péché et qu'elle prie aux intentions du pape.

    La personne doit également confesser sacramentellement ses péchés et recevoir la communion jusqu'à environ 20 jours avant ou après les prières pour l'indulgence.

    La Pénitencerie apostolique a précisé que l'indulgence peut également s'appliquer "aux âmes des fidèles défunts encore au purgatoire".

    Le Catéchisme de l'Église catholique définit l'indulgence comme "une rémission devant Dieu de la peine temporelle due à des péchés dont la culpabilité a déjà été pardonnée".

    Les personnes âgées, les malades et les personnes qui ne peuvent quitter leur domicile pour une raison grave peuvent également obtenir l'indulgence plénière "si, méprisant tous leurs péchés et avec l'intention de remplir les trois conditions habituelles le plus tôt possible, ils s'associent spirituellement aux célébrations du Jubilé devant une image de saint Thomas d'Aquin, offrant au Dieu miséricordieux leurs prières ainsi que les peines et les maux de leur vie".

    L'indulgence peut être obtenue jusqu'à la fin du jubilé de saint Thomas d'Aquin, le 28 janvier 2025. 

    "Que la célébration du double jubilé de la vie de saint Thomas nous incite à servir Dieu et l'Église avec un grand dévouement et une profonde humilité", a écrit le père Gerard Francisco Timoner III, maître de l'Ordre dominicain.

    Le maître dominicain a rappelé que l'Aquinate avait dit à Frère Reginald "de ne chercher aucune récompense en ce monde si ce n'est d'être avec Dieu - Domine, non nisi Te, 'Seigneur, rien d'autre que toi'".

  • KTO « La Foi prise au Mot » : L’Église et le XIXe siècle

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    Le concile Vatican II est parfois vilipendé comme un moment de rupture avec la Tradition multi-séculaire de l’Église, en particulier avec l’héritage du concile de Trente. Mais est-ce vraiment avec ce concile du XVIe siècle que Vatican II entend rompre, si tant est qu’il y ait réellement rupture ? « A bien des égards, Vatican I opère de nombreux changements sans le dire, là où Vatican II change peu de choses, mais en le disant », explique Jean-Pascal Gay, Professeur d’histoire religieuse à l’Université Catholique de Louvain. « En un sens, c’est aussi le XIXe siècle qui a inventé la Tradition », précise-t-il. Si rupture il y a eu, celle-ci semble donc s’amorcer bien avant le concile de Vatican II. « On mesure mal le traumatisme qu’a été la Révolution française et à quel point celle-ci a polarisé toute une part de l’Église contre la modernité », explique à son tour Frédéric Gugelot, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Reims. L’insistance sur la Tradition comme refus du monde moderne serait donc également un héritage de ce XIXe siècle. Pour autant, il serait réducteur de décrire cette période de l’Église comme s’inscrivant dans un simple refus du monde moderne. « C’est un temps qui est marqué par un passage d’une religion de la prescription, à une religion où le fidèle est invité à constituer sa propre foi. » A la fois moderne et anti-moderne, le XIXe siècle semble occuper une place centrale, quoi que mal connue, y compris dans l’histoire contemporaine de l’Église.

    Cela se discute: dans un style simple et direct, des spécialistes dialoguent avec Régis Burnet, en apportant des réponses aux questions que nous pouvons nous poser (émission de juin 2023) :