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Témoignages

  • Saint Marc, le plus grand reporter de l'Antiquité ?

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    On le fête aujourd'hui : saint Marc, « l’évangéliste reporter »

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    source : http://rouen.catholique.fr/IMG/pdf/Saint_Marc_l_evangeliste_reporter.pdf

    Saint-Marc-l-evangeliste-reporter_article_popin.jpgAu cours de cette année liturgique, qui a débuté le 27 novembre 2011, les catholiques peuvent découvrir Marc, dont l’Évangile est lu chaque dimanche. Un Évangile de plus en plus apprécié par les fidèles d’aujourd’hui et qui incite à réfléchir sur l’identité de Jésus.

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  • Saint Marc l'Evangéliste (25 avril)

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    Du Père Bernard Domini sur le site de la Famille Missionnaire de Notre-Dame :

    (archive du 25 avril 2017) St Marc (P. Bernard)

    Nous fêtons avec joie et reconnaissance,  en ce 25 avril, l’évangéliste Saint Marc, que Benoît XVI appelle « le collaborateur de Pierre». Le Père, avec énergie, nous a souvent rappelé que St Marc ne doit pas être confondu avec Jean-Marc, qui a accompagné Saint Paul et Saint Barnabé dans leur premier voyage apostolique. Pour la Bse Anne-Catherine Emmerich, il s’agit de deux hommes bien distincts.

    La Tradition ne nous a pas transmis beaucoup d’éléments sur la vie de Saint Marc. ACE dit qu’il habitait dans le Nord de la Terre Sainte et qu’il a été un disciple de Jésus mais qu’il n’était pas toujours avec Jésus. Il fut l’un de ceux qui se scandalisèrent lorsque Jésus dit qu’il fallait manger sa chair et boire son sang. Il se scandalisa aussi de la folie de Marie Magdeleine oignant Jésus avec un parfum très cher ! Il abandonna les disciples après l’arrestation de Jésus et ne revint qu’au moment de l’apparition de Jésus sur la montagne.

    Il accompagna souvent St Pierre ensuite puis mourut martyr à Alexandrie. Papias disait : Marc, qui avait été l'interprète de Pierre, écrivit exactement tout ce dont il se souvint, mais non dans l’ordre. Il ne se souciait que d'une chose : ne rien omettre de ce qu'il avait entendu, et ne rien rapporter que de véritable. Saint Irénée écrit qu'après la mort de Pierre et de Paul, Marc, disciple et interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce qui avait été prêché par Pierre (Contra haereses, Livre III, chapitre I, 1). Tertullien attribue à Pierre ce que Marc a écrit (Adversus Marcionem, Livre IV, chapitre V). St Clément d'Alexandrie et Origène soulignent le scrupule de St Marc d’écrire selon ce que Pierre lui avait enseigné. Le grand saint Jérôme parle de Marc, l’interprète de l'apôtre Pierre et le premier évêque d'Alexandrie. Le témoignage d’Eusèbe de Césarée est important : Pierre établit aussi les églises d'Egypte, avec celle d'Alexandrie, non pas en personne, mais par Marc, son disciple. Car lui-même pendant ce temps s'occupait de l'Italie et des nations environnantes ; il envoya don Marc, son disciple, destiné à devenir le docteur et le conquérant de l'Egypte.

    Pourquoi l’évangile selon Saint Marc est-il symbolisé par le lion ? Parce que, d’une part, le lion fait partie des quatre bêtes de la vision d’Ezechiel (1,10), et de Saint Jean (Ap 4,7-8) et que, d’autre part, l’évangile selon Saint Marc commence par la prédication de Jean-Baptiste dans le désert dont le lion est l'animal.

    En cette Fête de l’évangéliste Saint Marc, nous devons encore rappeler le primat du témoignage des évangélistes, qui est fondamental pour notre Foi. Comme nous l’Eglise le rappelle, en ce temps pascal, la Foi chrétienne ne se fonde pas sur une idéologie mais sur les faits réels de l’Histoire du Salut ! Le Père et Monsieur Gérard Soulages ont combattu les graves erreurs modernistes de notre temps, qui niaient l’historicité des évangiles. Benoît XVI a donné un enseignement lumineux dans son livre en trois tomes sur Jésus de Nazareth. L’historicité des évangiles ne devraient plus être remise en question, étant donné qu’un document dogmatique du Concile Vatican II, Dei Verbum, affirme avec autorité : « Notre sainte Mère l'Eglise a tenu et tient fermement et avec la plus grande constance, que ces quatre Evangiles, dont elle affirme sans hésiter l'historicité, transmettent fidèlement ce que Jésus le Fils de Dieu, durant sa vie parmi les hommes, a réellement fait et enseigné pour leur salut éternel, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel… Les évangélistes sont des apôtres ou des hommes évangéliques (DV 18). Ils sont donc témoins oculaires et serviteurs de la Parole. Saint Marc n’est pas un apôtre, mais il est le témoin fidèle de Pierre, le chef des apôtres. Il n’a transmis scrupuleusement que ce que Pierre enseignait avec l’autorité du grand témoin qu’il était, selon ce que Dei Verbum enseigne : Que ce soit à partir de leur propre mémoire et de leurs souvenirs, ou à partir du témoignage de ceux qui "furent dès le début ", ils composèrent leurs écrits dans le but de nous faire éprouver la "solidité" des enseignements que nous avons reçus (DV19). A la suite du Père, soyons fidèles et fermes pour transmettre cet autre enseignement du Concile qu’aucun exégète ou théologien n’a le droit de contester : « Toujours et partout l'Eglise a tenu et tient l'origine apostolique des quatre Evangiles. Ce que les apôtres, en effet, sur l'ordre du Christ, ont prêché, par la suite eux-mêmes et des hommes apostoliques nous l'ont, sous l'inspiration divine de l'Esprit, transmis dans des écrits qui sont le fondement de la foi, à savoir, l'Evangile quadriforme selon Matthieu, Marc, Luc et Jean (DV 18).

    Concluons par la tradition conservée à Venise au sujet du corps de Saint Marc qui repose en cette ville : en 828, la ville de Venise en Italie se cherche un nouveau puissant protecteur céleste pour la protéger et pour remplacer saint Théodore afin de rivaliser avec Rome et son grand saint patron saint Pierre. Deux marchands vénitiens ravirent ses reliques sacrées dans la petite chapelle où elle se trouvait depuis sa mort. La basilique Saint-Marc de Venise a été spécialement construite pour les accueillir. Saint Marc devint ainsi le Saint Patron de Venise avec son lion comme symbole de la ville. Marc était venu évangéliser la région par bateau et avait fait naufrage dans la lagune qui allait donner naissance en 452 à Venise. Un ange lui était alors apparu et lui avait dit ces mots :" Paix sur toi Marc mon évangéliste, tu trouveras ici le repos." Remercions Saint Marc et, avec lui, soyons rigoureux pour ne transmettre dans notre prédication que ce que Jésus a réellement dit, réellement fait et ce qu’Il a réellement été : Notre-Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, le Sauveur.

  • Euthanasie en Belgique : « après l’acte, j’ose dire que je devais prendre congé toute la journée »

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    Une synthèse de presse de genethique.org :

    Euthanasie en Belgique : « après l’acte, j’ose dire que je devais prendre congé toute la journée »

    22 avril 2026

    En Belgique, 4 486 personnes ont été euthanasiées en Belgique en 2025, dont un mineur (cf. Belgique : les euthanasies augmentent encore de 12,4 % en 2025). Et « derrière ces chiffres, certains généralistes disent leur malaise face à la charge humaine, organisationnelle et émotionnelle que représente cet acte ». Certains médecins décident même de ne plus pratiquer eux-mêmes d’euthanasies.

    « Dans ma carrière de médecin généraliste, j’ai réalisé trois euthanasies et, à chaque fois, cela a été une expérience très éprouvante pour moi, sur le plan humain et sur le plan émotionnel », témoigne un généraliste. « Après l’acte, j’ose dire que je devais prendre congé toute la journée parce que je me sentais vraiment mal à l’aise et rempli de questions, de questionnements intérieurs », confie-t-il.

    Des « équipes spécialisées »

    Après avoir pratiqué une euthanasie, la relation thérapeutique avec la famille du patient se trouve également bouleversée. « Il n’y a rien à faire, mais il y a quelque chose qui change », affirme le praticien. « Certains changent de médecin, d’ailleurs ». « Revoir le médecin qui a fait l’euthanasie d’un membre de la famille peut rappeler quelque chose de douloureux », analyse-t-il.

    Même s’il ne s’oppose pas à cette pratique, ce médecin belge a décidé de ne plus l’effectuer lui-même. Désormais, « il fait appel à des équipes spécialisées comme celle de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) ou du consortium LEIF-EOL » (cf. Euthanasies en hausse, augmentation des « polypathologies » : la Commission de contrôle belge rend son rapport bisannuel). « Je rédige le premier avis que je transmets à un médecin de l’ADMD ou d’EOL et ils rédigent le second avis, indique le médecin. Ils s’occupent de l’organisation, de la logistique, de la commande des produits, de l’acte lui-même, du constat de décès et de toute la paperasserie avant et après. »

    Ces équipes comptent des « généralistes retraités qui ont plus de temps » ou « des médecins hospitaliers retraités ». « Depuis que j’ai adopté ce fonctionnement, je me sens beaucoup plus apaisé », déclare le praticien.

    Source de la synthèse de presse : Medi sphere, V.Li (14/04/2026)

  • Kateri Tekakwitha : la première femme indienne d'Amérique du Nord canonisée (17 avril)

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    Kateri Tekakwitha (1).jpgEn 2012, à la veille de sa canonisation (21 octobre), le site des jésuites de France présentait ainsi Kateri Tekakwitha (fêtée aujourd'hui) :

    Kateri Tekakwitha est née en 1656 à Ossernenon (Auriesville, New York) d'une mère algonquine chrétienne et d'un père agnier (Les Algonquins, les Agniers - ou Iroquois - et les Hurons étaient des tribus des Indiens d'Amériques du Nord).

    En 1660, une épidémie de petite vérole lui enlève ses père, mère et petit frère. La petite échappe à la mort, mais la maladie lui laisse la vue affaiblie et le visage grêlé. Avec les autres survivants, elle s'installe un peu à l'ouest de son village natal et plus tard sur la rive nord de la Mohawk.

    Dès l'âge où les jeunes Indiennes pensent aux fiançailles, son oncle, un des chefs du village ainsi que ses tantes lui cherchent un mari convenable. Consternation des siens : elle ne veut épouser aucun des prétendants. Ses parents usent de ruse et de force pour la fléchir, rien n'y fait. Son seul désir: recevoir le baptême.

    En 1675, Jacques de Lamberville, jésuite, avait prit la direction de la Mission Saint-Pierre, de Gandaouagué. La jeune fille lui confie le secret de son coeur – devenir chrétienne ! Cependant le P. de Lamberville, tout en admirant sa simplicité et sa foi, l'oblige de suivre la voie ordinaire des catéchumènes. Six mois plus tard, le dimanche de Pâques 1676, le missionnaire la baptise. Elle a vingt ans.

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  • De l'Algérie à Strasbourg: le témoignage de Monique Yakout Khentache

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    Du site de l'ECLJ :

    Monique Yakout Khentache est une chrétienne, convertie de l'islam, écrivaine et d'origine algérienne. Elle vit aujourd'hui en France à Strasbourg et a écrit deux livres sur son parcours spirituel et personnel, de son éducation musulmane dans un village de Kabylie à son travail d'écriture aujourd'hui, en passant par sa conversion et son intégration en France.

    L'ECLJ publie cet entretien suite à la visite de Léon XIV en Algérie et à la publication de notre rapport sur "L'oppression des chrétiens en Algérie" accessible ici sur notre site internet.

    Signer la Pétition de soutien aux chrétiens d’Algérie

  • Benoît-Joseph Labre, un vagabond mystique célébré par Paul Verlaine

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    « Saint Benoît-Joseph Labre, la seule gloire française
    du XVIIIème siècle, mais quelle gloire ! »
    Verlaine (1844 – 1896)

    SAINT BENOIT-JOSEPH LABRE

    Comme l'Eglise est bonne, en ce siècle de haine
    D'orgueil et d'avarice et de tous les péchés,
    D'exalter aujourd'hui le caché des cachés
    Le doux entre les doux à l'Ignorance humaine.
    Et le mortifié sans pair que la Foi mène
    Saignant de pénitence et blanc d'extase, chez
    Les peuples et les saints qui, tous sens détachés,
    Fit de la Pauvreté son épouse et sa reine,
    Comme un autre Alexis, comme un autre François
    Et fut le Pauvre affreux, angélique, à la fois
    Pratiquant la douceur, l'horreur de l'Evangile !
    Et pour ainsi montrer au monde qu'il a tort
    Et que les pieds crus d'or et d'argent sont d'argile
    Comme l'Eglise est bonne et que Jésus est fort !

    (Paul Verlaine – « Souvenirs » 1881)

    Une très belle notice est consacrée à ce saint fêté aujourd'hui et qu'un sénateur français désignait ainsi : « Un exemple de paresse et d’obscurantisme sanctifié sous prétexte qu’il était mort en état de crasse » (au moment de la canonisation de Benoît Labre en 1881 par le pape Léon XIII).

  • Saint Benoît Labre (16 avril)

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    De Raymond Martel, prêtre, sur le site des amis de saint Benoît Labre :

    Biographie de saint Benoît Labre

    maison

    Benoît Labre est né le 26 mars 1748 à Amettes en France. Il est l'aîné de quinze enfants d'une famille de cultivateurs.

    Très tôt, Benoît rêve d'une vie totalement donnée à Dieu. Il se sent de plus en plus attiré par la solitude et la prière. Il veut devenir moine. Après de nombreux essais sans succès, Benoît découvre que le Seigneur ne l'appelle pas à vivre dans un monastère. Dieu l'attend ailleurs.

    Une fois de plus, Benoît se met en route, mais cette fois-ci pour un long pèlerinage. Dans les divers sanctuaires situés sur son chemin, il s'arrête pour de très longs moments de prière.

    tableau

    Petit à petit, Benoît découvre que sa vocation est celle d'être pèlerin. Assoiffé de Dieu, c'est sur la route qu'il le rencontre. Un bâton à la main et un chapelet au cou, dans une vie de pauvreté et de prière, Benoît parcourt les routes d'Europe.

    Tourné vers Dieu, le coeur de Benoît l'est également vers les autres. Vivant au jour le jour, il trouve le tour de partager le peu qu'il a avec les pauvres de son entourage.

    À Rome, où Benoît passe les dernières années de sa vie, il est surnommé "le pauvre des Quarante-Heures"; on le retrouve en adoration dans les églises où le Saint-Sacrement est exposé. L'Eucharistie est au coeur de sa vie et de sa prière.

    Le 16 avril 1783, Benoît meurt à Rome à l'âge de 35 ans. La nouvelle se répand par la bouche des enfants : «Le saint est mort ! Le saint est mort !» Des miracles lui sont immédiatement attribués; ils contribueront même à la conversion de John Thayer, un ministre presbytérien.

    Le 9 février 1873, en présence du Saint-Père et à sa demande, Mgr Dominique Bartolini, secrétaire de la congrégation des Rites, procède à la lecture du décret annonçant l'éventuelle canonisation du bienheureux Benoît Labre (Voir compte-rendu de cette cérémonie et le texte intégral du décret dans les Annales catholiques, N° 62, 22 février 1873, p. 218-224). Près de neuf ans plus tard, le 8 décembre 1881, Benoît est déclaré saint.

  • L'Église en Afrique est confrontée aux défis du pentecôtisme et de l'évangélisme

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    L'Église en Afrique est confrontée aux défis du pentecôtisme et de l'évangélisme.

    L’archevêque Bienvenu Manamika Bafouakouahou de Brazzaville a déclaré que les groupes pentecôtistes perturbent la foi catholique en proposant des « solutions miracles » aux difficultés de la vie.

    Les matins de l'enfance d'Everdine Gilla étaient rythmés par le murmure des perles et le parfum de l'encens. Élevée dans une famille catholique fervente par sa grand-mère, la journée ne commençait pas avant la récitation du chapelet.

    « C’était une routine », se souvient Gilla.

     « Ma grand-mère disait : “Prions le chapelet”, et nous le faisions. Je connaissais toutes les dizaines. Je pouvais les réciter en dormant. Mais pour moi, c’était devenu un automatisme. »

    Gilla croyait en Dieu, elle croyait au pouvoir de l'autel, où elle pleurait souvent, la Bible serrée contre sa poitrine, mais le Rosaire ne lui ouvrait pas la porte.

    « Je ne savais pas comment m'y prendre », admet-elle. « J'apprends encore. Mais j'ai compris que je n'avais pas besoin des perles pour que mes prières soient exaucées. »

    Du catholicisme au pentecôtisme – et retour à l’Église catholique

    Les circonstances finirent par éloigner Gilla de la maison de sa grand-mère et l'amenèrent à rejoindre un groupe pentecôtiste. C'est là, dans le salon de sa tante et sur les bancs de la nouvelle congrégation, que Gilla vécut un matin d'un genre différent.

    Il n'y avait pas de chapelets. À la place, il y avait des chants, des applaudissements et quelque chose qui l'effrayait et la fascinait à la fois : la Bible ouverte.

    « À l’église catholique, j’étais lectrice », se souvient Gilla. « Je me tenais à la chaire, je lisais la première lecture, puis la deuxième, je m’asseyais, et c’était tout. Je rentrais chez moi et j’oubliais ce que j’avais lu. »

    Mais l’approche pentecôtiste était radicalement différente. « Après les louanges et l’adoration, nous nous réunissions en famille pour étudier la Bible. Chacun devait lire un verset et l’expliquer selon sa propre compréhension. »

    Pour la première fois, Gilla ne se contentait pas de réciter des mots ; elle les méditait. Elle était contrainte de se demander ce que signifiait l’Écriture et comment elle s’appliquait à sa vie.

    « Ma tante m’a fait comprendre que la Bible devait faire partie intégrante de moi », explique Gilla.

    « C'est comme lire un livre pour un examen. Il faut le comprendre pour pouvoir l'interpréter. Elle m'a appris à ne pas me précipiter sur le chapelet ou à utiliser la Bible pour chasser les démons, mais à laisser les Écritures être un soutien dans ma vie. »

    Cette période de sa vie, dit-elle, l'a profondément marquée. Elle lui a permis d'acquérir une connaissance plus profonde de Dieu, qu'elle n'avait pas trouvée dans sa pratique religieuse dominicale habituelle. Elle a compris qu'être chrétien ne se résumait pas à être présent, mais à être attentif. Il s'agissait d'écouter le prêtre ou le pasteur et d'interpréter le message de manière à guider son quotidien.

    Aujourd'hui, Gilla est retournée à l'Église catholique. Elle est toujours lectrice le dimanche, mais elle n'est plus la même jeune fille qui se contentait autrefois de réciter des versets.

    L’expérience pentecôtiste lui a donné une épée spirituelle. Elle décrit désormais la Bible comme une arme, « un outil de combat spirituel » qu’elle porte en elle.

    Pour Gilla, la structure de l'Église catholique offrait le foyer, mais la ferveur de la tradition pentecôtiste lui fournissait la discipline.

    La croissance et les défis du pentecôtisme en Afrique

    Elle est revenue à la foi catholique, mais des milliers de personnes comme elle, ayant connu la ferveur du pentecôtisme, ne reviendront peut-être jamais.

    Cela met à l'épreuve, à lui seul, l'Église catholique en Afrique, un continent souvent décrit comme l'avenir démographique du catholicisme.

    En 2023, l'Afrique représentait 20 % des 1,4 milliard de catholiques dans le monde. La population catholique du continent a atteint 281 millions cette année-là, contre 272 millions en 2022. Mais elle doit faire face à une forte concurrence des Églises pentecôtistes et évangéliques, ainsi qu'à l'attrait de « l'évangile de la prospérité » que le défunt pape François a si vivement critiqué.

    En 1970, les pentecôtistes ne représentaient que 5 % de l'ensemble des Africains, mais ce chiffre a aujourd'hui plus que doublé pour atteindre environ 12 %.

    De nombreux responsables catholiques ont fait remarquer que ces groupes ne répandent pas toujours l'Évangile auprès des non-chrétiens, mais qu'ils « volent » des brebis à l'Église catholique et aux principales confessions protestantes.

    Selon l'évêque Mathew Hassan Kukah du diocèse de Sokoto au Nigéria, les catholiques ne peuvent ignorer la ferveur des pentecôtistes et la manière dont ils ont donné vie à l'Évangile.

    L’archevêque Bienvenu Manamika Bafouakouahou de Brazzaville a récemment mis en garde les catholiques contre l’attrait du pentecôtisme, affirmant que ces groupes perturbent la foi en proposant des « solutions miracles » aux difficultés de la vie.

    Dans une interview accordée à l'agence de presse Fides en 2023 , l'archevêque a décrit les tactiques des soi-disant « églises du renouveau » comme une forme de « guérilla spirituelle » qui cible agressivement l'Église catholique.

    Il a souligné que ces communautés sont particulièrement efficaces pour attirer les jeunes en exploitant la pauvreté et en promettant des solutions miraculeuses à des problèmes urgents. En apportant des réponses rassurantes et faciles à des situations difficiles, a déclaré Manamika, ces groupes provoquent une importante « hémorragie » parmi les fidèles catholiques.

    Ces préoccupations ne sont pas nouvelles. En 2017, la Conférence des évêques du Congo-Brazzaville a reconnu la « montée en puissance fulgurante » des mouvements pentecôtistes, s'alarmant du fait que leurs méthodes laissaient de nombreux catholiques désemparés et perplexes quant à leur propre identité religieuse.

    Les évêques ont mis en garde contre la menace qui pèse sur l'authenticité de la foi chrétienne, alimentée par des pratiques syncrétiques mêlant mouvements spiritualistes, sociétés secrètes traditionnelles et autres religions. Ils ont attribué cette tendance à une conception répandue d'une « solution divine », l'idée que Dieu existerait uniquement pour apporter des réponses immédiates aux problèmes de la vie. En conséquence, ils ont exhorté les fidèles à « résister à la tentation de rejoindre tout mouvement susceptible de compromettre leur foi », les mettant explicitement en garde contre l'apostasie.

    Cependant, certains chercheurs et religieux catholiques mettent en garde contre les conséquences potentiellement contre-productives d'ignorer le pentecôtisme. Dans un article de recherche de 2019 intitulé « Catholicisme romain contre pentecôtisme : le lien entre fondamentalisme et liberté religieuse en Afrique », une équipe d'auteurs conclut que, même si la progression du pentecôtisme est difficile à mesurer précisément, son impact est indéniable.

    « Toutes les confessions chrétiennes se développent en Afrique, mais le pentecôtisme connaît la croissance la plus rapide », écrivent les auteurs. Ils attribuent cette expansion à « la ferveur évangélique intense et à la passion pour la mission » du mouvement, soulignant qu'il a visiblement transformé le paysage religieux du continent.

    Les Africains représentent plus de 20 % des catholiques dans le monde.

    Malgré la montée du pentecôtisme, l'Afrique demeure le dernier bastion de l'Église catholique, connaissant une croissance exponentielle alors même que sa population diminue en Europe et aux États-Unis. Selon les statistiques du Vatican, la population catholique mondiale a atteint 1,422 milliard de fidèles en 2024, dont 288 millions en Afrique – soit une augmentation de 7 millions par rapport à l'année précédente. Les Africains représentent désormais 20,3 % du total mondial de l'Église.

    Au vu de ces chiffres, le père Johan Viljoen, directeur de l'Institut Denis Hurley pour la paix de la Conférence des évêques d'Afrique australe, estime que la visite du pape sur le continent est opportune et significative. « Elle replace fermement l'Église là où elle doit être, c'est-à-dire aux côtés des plus pauvres parmi les pauvres », a-t-il déclaré à CWR. « Il visite certaines des communautés catholiques les plus démunies, mais aussi les plus ferventes. »

    Le père Viljoen a soutenu que l'expansion du pentecôtisme ne menace pas la vitalité de l'Église en Afrique. Il a fait remarquer que les messes dans des pays comme le Mozambique, le Nigéria et la République démocratique du Congo sont remplies de jeunes, ce qui contredit l'idée reçue selon laquelle les jeunes quittent massivement la foi.

    « Les statistiques montrent… que l’Église décline très rapidement en Europe, en Amérique du Nord et même au Brésil, mais qu’en Afrique, elle se développe, et ce, assez rapidement », a-t-il déclaré.

    Tout en reconnaissant que certains jeunes partent pour des congrégations pentecôtistes, Viljoen a attribué ce changement à un désir de richesse matérielle plutôt qu'à un manque d'épanouissement spirituel dans l'Église catholique.

    « Ils veulent la prospérité matérielle. Ils veulent s’enrichir rapidement », a-t-il affirmé. Il a opposé « l’évangile de la prospérité » — qu’il a qualifié d’égocentrique — à la mission catholique de servir l’humanité par la vérité biblique : « Nourrissez les affamés, habillez les nus, œuvrez pour la justice. »

    Viljoen a mis en garde contre toute modification du message de l'Église visant à concurrencer ces prédicateurs. « L'Église ne devrait ni adapter ni changer le message de l'Évangile pour le rendre plus attrayant », a-t-il déclaré.

    Soulignant que les chrétiens doivent être prêts à affronter « des épreuves et des tribulations » pour être unis à Dieu, il a conclu : « L’Église ne devrait rien changer. Elle devrait simplement s’en tenir à la vérité. »


    Ngala Killian Chimtom est un journaliste camerounais fort de onze années d'expérience. Il travaille actuellement comme reporter et présentateur pour la Radio Télévision Camerounaise (radio et télévision). Chimtom collabore également avec plusieurs médias, dont IPS, Ooskanews, Free Speech Radio News, Christian Science Monitor, CAJNews Africa, CAJNews, CNN.com et Dpa.
  • La vie héroïque du biographe papal Vittorio Messori

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    De Nicolás de Cárdenas sur ACI Prensa via EWTN News :

    La vie héroïque du biographe papal Vittorio Messori

    L'éditeur des éditions espagnoles des livres de Messori a partagé dans une interview accordée à ACI Prensa quelques éclairages essentiels sur l'œuvre et la vie de Messori, notamment le secret de son amour héroïque pour l'Église.

     
    Vittorio Messori (1941-2026) | Crédit : Domaine public

    14 avril 2026

    L’éditeur hispanophone de l’écrivain et apologiste italien Vittorio Messori, décédé le Vendredi saint dernier , a révélé les clés du succès littéraire de l’écrivain italien et le secret d’une vie héroïque vécue par amour pour l’Église.

    La relation entre l’éditeur Álex del Rosal et Messori, l’un des écrivains catholiques les plus célèbres du dernier demi-siècle, a débuté en 1993, lorsque la maison d’édition Planeta a adopté l’idée de del Rosal de lancer « Planeta Testimonio ».

    L’idée était de rassembler des livres catholiques proposant « des thèmes et des auteurs captivants qui plairaient à tous, de l’étudiant au commerçant en passant par le chauffeur de taxi », a déclaré del Rosal dans une interview accordée à ACI Prensa, le service frère hispanophone d’EWTN News.

    Dans cette optique, del Rosal contacta Messori et lui proposa de compiler ses articles de la chronique « Vivaio » du journal Avvenire en un livre. Dans cette chronique, Messori défendait souvent l’Église catholique. Il en résulta le best-seller « Légendes noires de l’Église ».

    D'autres ouvrages suivirent, et en 1984, alors que le cardinal Joseph Ratzinger était encore préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Messori mena un long entretien franc avec le futur pape Benoît XVI. Publié en 1985 sous le titre « The Ratzinger Report », le livre devint un best-seller international. Les deux hommes restèrent amis au fil des ans.

    En 1994, Messori franchit une nouvelle étape historique avec « Franchir le seuil de l’espérance », un entretien approfondi avec saint Jean-Paul II. Il fut le seul journaliste jamais mandaté pour préparer des questions pour un tel projet avec le pontife. Jean-Paul II rédigea personnellement des réponses écrites détaillées aux questions de Messori, et l’ouvrage qui en résulta devint l’un des plus grands succès de librairie consacrés à la papauté.

    Del Rosal, qui décrivait Messori comme « extraordinaire et profondément humain », a entretenu une amitié avec l'écrivain italien pendant plus de trois décennies et jusqu'à sa mort le 3 avril.

    Dans une interview accordée à ACI Prensa, le rédacteur espagnol a partagé quelques informations clés sur le travail et la vie de Messori.

    Le secret de sa vie héroïque

    Au-delà de l’image publique de Messori, ami des papes et auteur de renommée mondiale, del Rosal a révélé un aspect méconnu de la vie de l’écrivain qui, à bien des égards, le définissait encore plus profondément comme un fils de l’Église. « C’était la grande croix que Vittorio portait dans un profond silence », a fait remarquer l’éditeur.

    Alors qu'il était encore agnostique, Messori contracta un mariage canonique avec une jeune femme. Peu après, ils se séparèrent et il entama une procédure d'annulation du mariage, qui dura vingt ans.

    Durant cette période, l'écrivain fit la connaissance de celle qui allait devenir son épouse jusqu'à sa mort : Rosanna Brichetti. Leur rencontre eut lieu au sein de Pro Civitate Christiana, un groupe fondé à Assise en 1939 par le père Giovanni Rossi, caractérisé par une grande ouverture sur le monde séculier.

    Messori a révélé sa situation canonique à Brichetti en toute franchise. « Pendant vingt ans, a déclaré del Rosal, il a vécu avec Rosanna dans la chasteté — ensemble, comme frère et sœur — d'une manière véritablement héroïque, précisément parce qu'il prenait sa foi très au sérieux. »

    La procédure d'annulation dura de 1975 à 1995. La première décision, confirmant la validité du mariage, fut rendue à Turin ; la seconde, à Milan. Ce n'est qu'après son appel à Rome qu'il obtint enfin la réponse qu'il espérait de l'Église : son premier mariage fut déclaré nul.

    Lors d'une de ses visites à Messori, del Rosal aborda ce sujet avec l'écrivain : « Il me disait avec une grande souffrance : "J'en suis convaincu. Premièrement, ma conscience me dit que ce premier mariage est nul et non avenu. Deuxièmement, je suis presque certain que mon succès a ralenti cette procédure et m'a rendu la tâche plus difficile." »

    « Troisièmement, moi qui suis ami avec le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui supervise ces questions, et avec le pape [saint Jean-Paul II], qui est en fin de compte celui qui peut aussi prendre la décision, je ne souhaite néanmoins pas utiliser mon amitié pour une affaire de cette nature », a rappelé le rédacteur.

    « Le plus grand atout de Vittorio n'est ni son succès littéraire, ni son œuvre apologétique, ni même sa formidable défense de l'Église ; c'est plutôt l'immense héroïsme dont il a fait preuve en aimant l'Église malgré – pourrait-on dire – les mauvais traitements qu'il a subis », a déclaré del Rosal.

    « Le maître d'un écrivain, ce sont ses lecteurs. »

    Messori était l'un des auteurs catholiques les plus populaires de ces dernières décennies, vendant « entre 30 et 40 millions d'exemplaires de ses différentes œuvres dans le monde entier », a noté del Rosal.

    Une partie de ce succès reposait sur une maxime qu'il défendait non seulement en théorie, mais aussi au prix d'efforts personnels considérables : « Il était l'écrivain qui vivait le plus sincèrement selon ses propres mots : “Le maître d'un écrivain, ce sont ses lecteurs. Il faut donc toujours leur répondre” », se souvient del Rosal.

    Avec l'aide de sa femme, Rosanna, Messori répondait à chacune des plus de 100 lettres qui arrivaient chaque semaine dans sa boîte aux lettres, jusqu'à ce que l'utilisation du courrier électronique se généralise.

    Parlez à celui qui cherche, pas à celui qui est convaincu.

    L'un des atouts de Messori était qu'il s'adressait « non pas au catholique convaincu, mais au chercheur, à celui qui posait des questions, même s'ils se situaient aux antipodes sur le plan idéologique ou doctrinal ». Messori lui-même avait été élevé dans une famille communiste et profondément anticléricale. Ce n'est pas sans raison que sa mère, apprenant sa conversion, « ait voulu l'envoyer chez un psychiatre », ajoutait le rédacteur.

    Cette approche était évidente dès la publication de son premier livre, « Hypothèse sur Jésus », pour lequel il demanda à Lucio Lombardo Radice, membre éminent du Parti communiste italien et agnostique, d'écrire le prologue.

    « Il n’écrivait ni ne parlait pour un cercle restreint au sein de l’Église catholique ; au contraire, il cherchait à s’adresser à tous les types de publics », a souligné del Rosal.

    Chaque matin, à Desenzano del Garda, petite ville italienne située sur les rives du lac de Garde, Messori avait pour habitude de se rendre dans ce qu'il appelait « le centre névralgique de l'opinion publique », un bar où « la télévision était allumée et où les gens discutaient de tout et de rien. Tout en prenant son petit-déjeuner et en lisant le journal, il écoutait les conversations. Cela lui donnait beaucoup d'inspiration pour prendre le pouls de l'opinion publique », a déclaré del Rosal.

    L'équilibre entre la raison et le Saint-Esprit

    Selon l'éditeur, la manière d'exprimer de Messori « maintenait un équilibre entre les deux poumons de l'Église : l'Esprit et la raison ».

    Messori abhorrait la terminologie de « vaticanologue » et rejetait cette étiquette, malgré ses entretiens avec deux papes. À ses yeux, le vaticanologue « est incapable d’aller au-delà de la simple contemplation de l’extérieur du vase contenant le dépôt de la foi » et ne s’intéresse qu’à des questions superficielles ou ostentatoires.

    « Il a toujours abordé l’apologétique du point de vue de la foi raisonnée, et non de la morale. Il soutenait que lorsqu’on proclame la morale sans avoir d’abord présenté la foi, on obtient non pas l’acceptation, mais le rejet », a expliqué del Rosal.

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa, le service affilié hispanophone d'EWTN News.

    Nicolás de Cárdenas est correspondant d'ACI Prensa en Espagne depuis juillet 2022. Journaliste spécialisé dans les questions socio-religieuses, il a également travaillé pour… Voir sa biographie complète
  • « Personne n’a le droit de critiquer le pape lorsqu’il s’acquitte fidèlement de sa mission » (cardinal Müller)

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    De kath.net/news :

    Card. Müller : « Personne n’a le droit de critiquer le pape lorsqu’il s’acquitte fidèlement de sa mission »

    14 avril 2026

    « On ne peut attendre autre chose du Saint-Père que son engagement en faveur de la paix terrestre entre les peuples. » Réaction à la polémique du président américain Trump au sujet du pape Léon XIV. Par le cardinal Gerhard Ludwig Müller

    Vatican-Washington DC (kath.net) Les cardinaux ont élu pape, en toute liberté et uniquement conscients de leur responsabilité devant Dieu, celui parmi leurs confrères que Dieu lui-même a choisi et voulu comme successeur de saint Pierre. Et nous, cardinaux, avons promis obéissance au pape Léon XIV et déclaré notre volonté de défendre sa cause et celle de l’Église du Christ jusqu’au sacrifice de notre propre vie. Il n’y aura pas de nouvel Avignon, dont on parlait de manière menaçante, et quiconque est élevé au rang d’antipape par un dirigeant quelconque ou se laisse faire est un traître maudit à l’œuvre du Christ. 

    On ne peut attendre autre chose du Saint-Père que son engagement en faveur de la paix terrestre entre les peuples, qui est un avant-goût de la paix de tous les hommes en Dieu, qui nous a réconciliés avec lui-même et les peuples entre eux dans le Christ. En tant que superpuissance politique, économique, technologique et militaire, les États-Unis ont une responsabilité historique particulière pour la paix, la liberté et le bien-être de l’humanité dans notre monde globalisé. Ils sont une démocratie fondée sur les droits fondamentaux de l’homme. On ne peut nier leur rôle particulier, notamment dans la lutte contre les régimes dangereux et les dictatures qui ont été et restent une menace mortelle pour le monde entier. Le droit international, développé par l’école de Salamanque dans l’esprit de saint Thomas d’Aquin sur la base de la loi morale naturelle, ne sert pas à protéger les tyrans et les conquérants, mais les peuples. Les crimes brutaux commis contre son propre peuple et les autres peuples doivent, dans les circonstances actuelles, être combattus y compris par des sanctions économiques et des moyens militaires. La politique d’apaisement envers Hitler s’est avérée être une catastrophe et s’est vengée amèrement lors de la Seconde Guerre mondiale. Le pape François a mis en garde contre une Troisième Guerre mondiale qui viendrait par étapes et se terminerait par une explosion du monde entier.

    Le régime iranien doit être dénoncé dans le monde entier comme un détournement de la religion, qui est le culte de Dieu et qui, sous quelque forme que ce soit, ne doit jamais servir à justifier le meurtre d’innocents. Il vaut la peine de relire le discours de Ratisbonne du pape Benoît XVI (2006) ainsi que Gaudium et spes, paragraphes 77 à 90. La destruction du matériel de guerre des États dictatoriaux, et surtout de leur capacité à utiliser des armes nucléaires, n’est pas moralement illégitime et peut être historiquement nécessaire. Il y a ici toujours le dilemme que les acteurs politiques et militaires se rendent eux aussi coupables, car il n’existe par nature pas de guerres propres, surtout lorsque tous les moyens pacifiques de négociation ont été épuisés. Qui voudrait nier aux Ukrainiens le droit de se défendre, même s’ils doivent recourir aux mêmes moyens que leurs ennemis mortels ? Un dilemme moral presque insoluble !

    Dans ce cas précis, il faut toutefois affirmer clairement que personne n’a le droit de critiquer le pape lorsqu’il s’acquitte fidèlement de la mission que le Christ lui a confiée, à savoir témoigner de l’Évangile de la paix. Le message du Christ prime sur les intérêts politiques, et Dieu est notre juge. Et aucun mortel ne doit se permettre d’instrumentaliser le nom de Dieu pour servir ses propres intérêts. Même une bonne cause ne justifie pas l’emploi de mauvais moyens. Nous ne pouvons qu’œuvrer et prier pour la paix, mais pas à n’importe quel prix, plutôt pour une paix juste, y compris pour le peuple iranien, afin qu’il soit libéré d’un régime terroriste. Et le droit d’Israël à exister ne doit jamais être remis en question. Mais nous espérons que les moyens guerriers ne seront plus nécessaires, car tous les voisins du Proche-Orient souhaitent vivre en paix les uns avec les autres. Le pape Léon XIV a commencé son ministère apostolique par la salutation biblique adressée à tous les hommes de bonne volonté en ces termes : « Que la paix soit avec vous ! »

  • Des évêques catholiques dénoncent les atrocités commises dans l'est de la RDC : que se passe-t-il exactement et pourquoi ?

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    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    Des évêques catholiques dénoncent les atrocités commises dans l'est de la RDC : que se passe-t-il exactement et pourquoi ?

    13 avril 2026

    Trente années de guerres, en partie une conséquence du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, ont créé une situation qui semble impossible à résoudre.

    Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe. De X.
    Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe. De X.

    Le 26 mars, le journal catholique en ligne « Crux » a publié une interview de Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe, évêque d'Uvira (République démocratique du Congo), qui a immédiatement suscité une vive polémique dans son pays. L'évêque est revenu sur la récente découverte, près d'Uvira, d'une fosse commune contenant 171 corps de civils, victimes présumées du groupe rebelle M23. Il a défendu la position de l'Église catholique sur la crise dans l'est du Congo et critiqué le programme « Minéraux contre paix » de Donald Trump, selon lequel les États-Unis garantiraient la stabilité en échange de leur accès aux précieuses ressources minières du Congo. Le même jour, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a publié un message de Pâques condamnant ceux qui « cherchent à discréditer notre mission, à semer la discorde entre nous ou à nous entraîner dans une sorte de guerre de religion », et réaffirmant le droit de l'Église catholique à s'exprimer sur les questions politiques et sociales épineuses.

    Mon intérêt pour les troubles au Congo découle d'une étude que je prépare sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Les termes « Tutsi » et « Hutu » sont des catégories controversées que les chercheurs qualifient aujourd'hui d'« ethnosociales ». La plupart s'accordent à dire que ces deux groupes – qui coexistent au Rwanda, au Burundi et dans l'est du Congo – n'ont pas été inventés de toutes pièces par les érudits européens des XIXe et XXe siècles, même si les auteurs coloniaux ont certainement exagéré leurs différences. Parallèlement, « Hutu » et « Tutsi » étaient aussi des catégories sociales : une majorité plus pauvre de paysans (Hutu) et une minorité plus aisée de pasteurs (Tutsi). Avant que les colonisateurs allemands puis belges n'imposent des cartes d'identité rigides et des attributions ethniques figées, ces catégories étaient fluides. Les deux groupes partageaient la même religion et la même langue, pratiquaient les mariages mixtes et pouvaient passer d'une catégorie à l'autre en fonction de leur niveau de vie. Qu’elle ait été « inventée » ou non, la distinction rigide entre Hutus et Tutsis a été intériorisée par les deux groupes, alimentant une animosité qui, au XXe siècle, a été de plus en plus interprétée à travers le prisme occidental de la lutte des classes entre Tutsis bourgeois et Hutus prolétaires. Cette interprétation occultait commodément l’existence de Hutus riches et de Tutsis pauvres.

    Avec le déclin du colonialisme, les tensions s'exacerbèrent. Au Burundi, en 1972, des Tutsis massacrèrent des Hutus ; au Rwanda, les violences perpétrées par les Hutus contre les Tutsis étaient généralisées depuis 1959, poussant quelque 300 000 Tutsis à fuir vers l'Ouganda, le Burundi et la Tanzanie. En Ouganda, nombre de ces réfugiés s'organisèrent en une force militaire redoutable sous la bannière du Front patriotique rwandais (FPR), rêvant de rentrer chez eux et de renverser le régime hutu. En 1990, le FPR envahit le Rwanda, incitant le gouvernement dominé par les Hutus à planifier une campagne d'extermination contre les Tutsis locaux, qu'il considérait comme une cinquième colonne du FPR. La pression internationale aboutit à un accord de paix et de partage du pouvoir entre le FPR et le gouvernement rwandais, mais les Hutus radicaux le rejetèrent.

    Le 6 avril 1994, un avion transportant le président hutu rwandais Juvénal Habyarimana et le président burundais Cyprien Ntaryamira fut abattu au-dessus de Kigali. Si le gouvernement rwandais, soutenu par la France, accusa le FPR d'être responsable, nombreux sont ceux qui pensent que l'avion fut abattu par des extrémistes hutus déterminés à saboter l'accord de paix. Le génocide des Tutsis – et des Hutus modérés favorables à la paix – commença immédiatement et se poursuivit pendant cent jours, faisant environ un million de victimes.

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  • Comment réagir face aux persécutions anti-chrétiennes ?

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    Une "opinion" de Benoit Lannoo, Historien de l’Église, spécialiste des chrétiens d’Orient et des relations interreligieuses publiée dans La Libre de ce 13 avril, pp. 26-27 :

    Persécutions anti-chrétiens : comment réagir ?

    L’idée que les chrétiens sont persécutés était taboue. Or, le 21 janvier, le Parlement européen a adopté un texte sur les droits de l’homme dans le monde, dans lequel apparaît pour la première fois la notion de la “christianophobie”. Les députés déplorent que “le christianisme reste aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde, avec plus de 380 millions de personnes concernées”.

    Ce changement de cap a été accueilli avec enthousiasme. L’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’égard des chrétiens en Europe a remarqué que le Parlement “reconnaît non seulement l’ampleur mondiale de la persécution anti -chrétienne, mais met également en avant une asymétrie institutionnelle au sein de l’architecture anti-discrimination existante de l’Union européenne”. Et la Commission des évêques de la Communauté européenne (Comece) a réitéré son appel pour un coordinateur européen contre la “haine anti-chrétienne”. Mais le texte adopté n’est pas contraignant ; reste donc à voir si la Commission d’Ursula von der Leyen s’y conformera.

    Instrument pour diplomates

    Notons d’abord qu’il est bon de cartographier le phénomène, situé dans un angle mort. Parfait de veiller sur la situation précaire des Yézidis en Irak. Mais quand le soi-disant État islamique a attaqué ce peuple avec une violence génocidaire il y a dix ans, des milliers de chrétiens ont aussi été expulsés de la plaine de Ninive, avec moins d’attention internationale.

    Les maisons de chrétiens qui ont fui leur sont d’ailleurs encore toujours extorquées à des prix ridicules. Et quand récemment les Kurdes du nord-ouest de la Syrie ont été attaqués, presque personne n’a rapporté que leurs alliés chrétiens payaient également le prix de cette violence sunnite.

    Plus d’attention pour la persécution des chrétiens peut pousser les diplomates à l’évoquer d’office dans leurs contacts. Quand le président Erdogan va-t-il respecter les villages chrétiens victimes des attaques de la Turquie qui prétend ne viser que la résistance kurde à ses frontières ?

    On n’a d’ailleurs pas encore gagné quand on parvient à convaincre les gouvernements des droits des chrétiens. Un diplomate m’a confié que ses interlocuteurs pakistanais étaient tous d’accord que leurs lois antiblasphème ne peuvent être abusées pour exercer une pression sur des filles chrétiennes non mariées. Mais le gouvernement a-t-il de l’impact sur l’intérieur du pays ?

    Mais le concept de la “christianophobie” a ses limites. En effet, on court le risque d’accusation d’antisémitisme ou d’islamophobie. Ou d’être dit ne pas respecter la liberté d’expression ou autres droits de l’homme. Au Nicaragua, Daniel Ortega persécute l’Église catholique. Depuis 2018, des centaines de prêtres, religieuses et prélats ont été arrêtées ou forcés à l’exil. Les Sandinistes ont fermé la formation sacerdotale dans quatre diocèses, et la Semaine Sainte, les processions y étaient interdites. Mais personne ne s’en soucie. L’extrême gauche européenne continue même à soutenir cette dictature.

    Réciprocité ?

    Le Maroc a ratifié plusieurs traités sur la liberté religieuse et la liberté de conscience. Lors de la visite du pape François en 2019, le roi Mohammed VI a réaffirmé se porter “garant des Juifs marocains et des chrétiens étrangers vivant au Maroc”. Mais le droit pénal impose des peines à quiconque aide un musulman à se convertir à une autre religion. Il n’est donc pas permis d’y annoncer l’Évangile, comme dans tous pays islamiques. L’inverse l’est bien : un djihadiste en Irak vient de séduire une mineure chrétienne pour un mariage polygame. Les autorités locales et la mosquée détournent le regard.

    Le sionisme fanatique en Israël s’engage systématiquement dans la christianophobie. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, les chrétiens et leurs églises se font cracher dessus par des Juifs orthodoxes – ce que le ministre extrémiste Itamar Ben-Gvir qualifie de “coutume ancestrale”. Dans le Sud-Liban, Israël continue d’exiger l’évacuation de villages maronites, d’où le Hezbollah tirerait des roquettes. Les résidents chrétiens refusent, ce que le prêtre Boutros al-Raï de Qlayaa a déjà payé avec la vie. Le ministère de l’Éducation vient aussi d’interdire à 200 enseignants chrétiens de Cisjordanie d’enseigner dans des écoles chrétiennes à Jérusalem.

    Le patriarche latin de Jérusalem a été empêché par la police d’entrer dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem le dimanche des Rameaux, alors qu’il respectait l’interdiction de rassembler plus de 50 personnes, tandis qu’un rabbin a tenu un Seder avec des milliers de juifs hassidiques au Vizhnitz Meor Haim au centre de la veille ville. De plus en plus nombreux sont d’ailleurs les colons qui déclarent ouvertement que “le christianisme est idolâtrie” et que la Torah les exige “de tuer les idolâtres dans tous les territoires que nous occupons et de détruire leurs lieux de culte”.

    Entre-temps, les Églises catholiques en Syrie ont annulé toute manifestation publique pendant la Semaine Sainte, car lors des attaques sunnites contre les chrétiens d’Al Suqaylabiyyah fin mars, les forces de sécurité syriennes ne sont pas intervenues.

    En Iran, ce ne sont pas que les ayatollahs et leurs fidèles chiites qui paient le prix de l’agression occidentale, mais les chrétiens et les juifs : Israël a bombardé la synagogue Rafi-Nia, la cathédrale russe-orthodoxe de Téhéran et deux églises arméniennes-apostoliques à Ispahan.

    Et au Haut-Karabagh, en 2023, après 1700 ans de présence chrétienne ininterrompue, les chrétiens y ont été expulsés par l’Azerbaïdjan.

    En Belgique

    L’antichristianisme existe aussi chez nous. La droite et l’extrême droite se sont emparées du thème, alors qu’ils ne soutiennent pas nécessairement le message chrétien du dialogue avec l’autre ou de l’hospitalité envers les étrangers. Les milieux chrétiens au centre ou à gauche hésitent dès lors à alerter, pour ne pas raviver des tendances islamophobes, homophobes voire antisémites. Le vandalisme contre des églises, la profanation de tombes et l’agression visant des symboles chrétiens, ne sont souvent que des “faits divers”.

    Les chrétiens ont appris à vivre avec la parodie ; mais démolir à coups de marteaux des statues de Jésus et Marie, comme l’ont récemment fait les présentateurs de Studio Brussel, est-ce vraiment drôle ? Ils ne se réalisent pas combien de personnes ils blessent. Et le Samedi Saint, Opera Ballet Vlaanderen a mis en scène des femmes avec une coiffe de nonne se faisant percer les tétons… comme dans un club SM privé.

    Pourquoi quand les chrétiens font l’objet d’insultes vulgaires, ce “n’est pas un sujet” ? “Nous n’y avons tout simplement pas trop réfléchi”, dit-on chez Studio Brussel. J’appelle dès lors les académiques, la société civile, les responsables d’Églises et tout homme et femme de foi, à chercher le narratif adéquat pour défendre les chrétiens.

    Espérance ?

    “Faut-il au fond se défendre ?” L’évêque d’Anvers vient, dans une carte blanche, de soulever la question. “Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux” (Matthieu 5,11-12a).

    En ce temps pascal, il est bon de s’accrocher à l’espérance qui a propulsé les chrétiens depuis la Résurrection. Les insultes que nous subissons ne sont pas grand-chose à côté des persécutions d’innombrables chrétiens, qui n’ont pas peur d’être “témoins” de leur espérance.