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Ce que révèle une enquête sur la persécution antichrétienne en France
Une croix retirée de l’espace public. Une statue de la Vierge contestée devant les tribunaux. Une église profanée. Un spectacle blasphématoire financé par l’argent public. Un projet d’attentat contre des fidèles. Pris séparément, chacun de ces événements disparaît rapidement dans le flot de l’actualité. Mais que découvre-t-on lorsqu’on les rassemble ?
C’est la question à laquelle tente de répondre La persécution antichrétienne a commencé, ouvrage d’Atilio Faoro, chercheur et journaliste catholique installé en France, récemment publié par Avenir de la Culture (le livre peur être commandé sur https://avenirdelaculture.info/commandez/la-persecution-antichretienne-a-commence)
Le titre est volontairement provocateur. Peut-on réellement parler de « persécution » dans un pays où les catholiques vont librement à la messe et où personne n’est emprisonné pour sa foi ?
L’auteur reconnaît lui-même la difficulté. La France ne connaît évidemment pas la persécution sanglante que subissent les chrétiens dans certaines régions d’Afrique, d’Asie ou du Moyen-Orient. Mais la persécution commence-t-elle seulement lorsque le sang coule ?
C’est ici que se situe la thèse centrale du livre : avant de frapper les corps, une persécution peut commencer par transformer les mentalités, marginaliser une religion, effacer ses symboles et rendre progressivement sa présence illégitime dans la vie publique.
Rien n'arrive par hasard. Ni la vie, ni la mort, ni la vocation. JEAN-GABRIEL PERBOYRE naquit à Mongesty, près de Cahors, dans la France méridionale, le 6 janvier 1802, dans une famille qui donna à l'Église trois Lazaristes et deux Filles de la Charité. Dans un tel environnement, il respira la foi, il reçut des valeurs simples et saines et comprit le sens de la vie comme un don.
Dans l'adolescence, celui " qui appelle chacun par son nom " semblait l'ignorer. Il s'adressa à son frère cadet pour qu'il entre au séminaire. On demanda à Jean-Gabriel d'accompagner le petit frère durant quelque temps, en attendant qu'il s'habitue à son nouveau cadre. Il y était arrivé par hasard et il aurait dû en sortir vite. Mais le hasard révéla aux yeux étonnés du jeune homme des horizons insoupçonnés et que sa voie était ici au séminaire.
L'Église de France était alors à peine sortie de l'expérience de la Révolution française, avec les vêtements empourprés du martyre de quelques-uns et avec la souffrance de l'apostasie d'un certain nombre. Le panorama offert par les premières années du XIX` siècle était désolant: édifices détruits, couvents saccagés, âmes sans pasteurs. Ce ne fut donc pas un hasard si l'idéal sacerdotal apparut au jeune homme, non comme un état de vie agréable, mais comme le destin des héros.
Ses parents, surpris, acceptèrent le choix de leur fils et l'accompagnèrent de leurs encouragements. Ce n'est pas un hasard si l'oncle Jacques était Lazariste. Cela explique qu'en 1818 mûrit chez le jeune Jean-Gabriel l'idéal missionnaire. À cette époque la mission signifiait principalement la Chine.
Mais la Chine était un mirage lointain. Partir voulait dire ne plus retrouver l'atmosphère de la maison, ni en sentir les parfums, ni en goûter l'affection. Ce fut naturel pour lui de choisir la Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul en 1625 pour évangéliser les pauvres et former le clergé, mais d'abord pour inciter ses propres membres à la sainteté. La mission n'est pas une propagande. Depuis toujours l'Église a voulu que ceux qui annoncent la Parole soient des personnes intérieures, mortifiées, remplies de Dieu et de la charité. Pour illuminer les ténèbres, il ne suffit pas d'avoir une lampe si l'huile vient à manquer.
Jean-Gabriel n'y alla pas par demi-mesure. S'il fut martyr, c'est parce qu'il fut saint.
De 1818 à 1835, il fut missionnaire dans son pays. Tout d'abord, durant le temps de la formation, il fut un modèle de novice et de séminariste. Après l'ordination sacerdotale (1826), il fut chargé de la formation des séminaristes.
L'attrait pour la mission
Un fait nouveau, mais non fortuit certes, vint changer le cours de sa vie. Le protagoniste en fut encore une fois son frère Louis. Lui aussi était entré dans la Congrégation de la Mission et il avait demandé à être envoyé en Chine, où, entre temps, les fils de saint Vincent avaient eu un nouveau martyr en la personne du bienheureux François-Régis Clet (18 février 1820). Mais, durant le voyage, le jeune Louis, alors qu'il n'avait que 24 ans, fut appelé à la mission du ciel.
Rien n'arrive par hasard. Ni la vie, ni la mort, ni la vocation. JEAN-GABRIEL PERBOYRE naquit à Mongesty, près de Cahors, dans la France méridionale, le 6 janvier 1802, dans une famille qui donna à l'Église trois Lazaristes et deux Filles de la Charité. Dans un tel environnement, il respira la foi, il reçut des valeurs simples et saines et comprit le sens de la vie comme un don.
Dans l'adolescence, celui " qui appelle chacun par son nom " semblait l'ignorer. Il s'adressa à son frère cadet pour qu'il entre au séminaire. On demanda à Jean-Gabriel d'accompagner le petit frère durant quelque temps, en attendant qu'il s'habitue à son nouveau cadre. Il y était arrivé par hasard et il aurait dû en sortir vite. Mais le hasard révéla aux yeux étonnés du jeune homme des horizons insoupçonnés et que sa voie était ici au séminaire.
Qui n'en a déjà fait l'expérience : dès qu'il s'agit d'introduire un peu de latin ou de grégorien dans les célébrations liturgiques, on se heurte à l'opposition des responsables de l'animation liturgique de nos paroisses qui considèrent que de telles introductions constitueraient un retour en arrière totalement insupportable.
L'opinion du Frère Patrice Mahieu, moine bénédictin de Solesmes, publié dans La Croix :
« L’ostracisme anti-latin et anti-grégorien persiste en France malgré les textes clairs de Vatican II »
À l’heure où le pape Léon XIV œuvre pour la communion ecclésiale, frère Patrice Mahieu, bénédictin de Solesmes, pointe un paradoxe : le latin et le grégorien, pourtant défendus par Vatican II, restent marginalisés dans de nombreux diocèses français. Il appelle à une pacification liturgique.
Les réflexions et contributions visant à retrouver une unité liturgique suivent leur cours, avec bonheur. Il s’agit souvent d’analyses et de propositions approfondies, fondées sur une bonne connaissance de la science liturgique. Ces lignes seront plus modestes et s’en tiendront à une simple réflexion pastorale.
Avant même de prendre en considération le rite utilisé pour la célébration de la messe, nombre de fidèles souhaitent trouver un climat de prière et d’adoration, une célébration qui aide à nourrir le sens du sacré qui permet une vie spirituelle profonde. Pour certains, les marqueurs principaux sont le latin et le chant grégorien ; il se peut même qu’ils ne distinguent pas bien les deux rites.
Une attente de latin et chant grégorien
Je me souviens d’un dimanche de juin, où je venais de concélébrer, avec un père abbé, la messe conventuelle dans un monastère de la congrégation de Solesmes. C’était le missel de Paul VI, intégralement en latin et chant grégorien, avec les seules lectures, l’homélie (!) et la prière universelle en langue vernaculaire. Nous avions pris le canon romain.
Une fidèle me rejoignit à la sortie de la messe et, en me saluant chaleureusement, s’exclama : « Merci, mon père, pour cette très belle messe tridentine ! » Je lui répondis en lui disant ma joie qu’elle ait pu prier de façon à élever son cœur vers Dieu et lui demandai ensuite : « Qu’est-ce qui vous fait dire que c’était une messe tridentine ? » La réponse fut la suivante : « Vous avez pris le canon avec tous les saints… »
Voilà ce qu’attendent des fidèles qui se tournent vers le missel tridentin. Certains fidèles n’en demandent pas plus. Leur attente est légitime. Si elle n’est pas accueillie, peut-être seront-ils tentés de trouver ce climat liturgique à n’importe quel prix, y compris dans une participation à la liturgie eucharistique même si le célébrant n’est pas en communion avec l’évêque de Rome.
Un attachement légitime
J’appartiens à une génération qui a vécu à la fin des années 1960 et durant les années 1970 un rejet du latin et du chant grégorien, alors même que les principes énoncés dans Sacrosanctum Concilium sont clairs : « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins » (SC 36,1) et « toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place ». (SC 36,2)
Un peu plus loin, on lit : « L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place » (SC 116).
Ce n’est pas le lieu ici de revenir sur la façon dont la réforme liturgique a été mise en place, sur le rôle des commissions conciliaires et post-conciliaires, sur les interventions des autorités ecclésiastiques. Il y aurait certainement beaucoup d’enseignements à en tirer.
Reste que certains fidèles ont toujours été attachés à la langue latine et au chant grégorien. Cet attachement est légitime, car sanctionné par des documents ayant le plus haut degré d’autorité. Une insatisfaction de ces fidèles, encore maintenant, devrait être prise en compte.
Un certain ostracisme « anti-latin »
Nous pourrions nous demander si en France, en juin 2026, chaque diocèse compte suffisamment de messes célébrées intégralement en latin, suivant l’ordo en vigueur, accompagné par le chant propre de l’Église romaine, le chant grégorien.
D’autre part, les séminaristes qui le souhaitent peuvent-ils facilement être formés à la célébration de la messe conciliaire en latin ? N’y a-t-il pas encore des blocages qui rendent impossible, de façon habituelle, une célébration de la messe en latin telle qu’elle est prévue par le concile ?
Il n’est évidemment pas question de revenir au tout latin, et l’on voit l’effet pastoral bienfaisant, et la légitimité, qu’a l’utilisation des langues vernaculaires, mais ne rencontre-t-on pas toujours un certain ostracisme « anti-latin » ? De telles attitudes, ou un manque d’initiatives dans le sens de l’accueil des textes du concile, favorisent-ils la communion à laquelle le Saint-Père Léon XIV est si attaché et qu’il cherche à affermir et à entretenir ?
Pour une pacification liturgique
Les interventions les plus importantes de l’abbé de Solesmes de l’époque, dom Jean Prou, au concile, concernèrent la restauration de la concélébration qu’il appelait de ses vœux, la défense de la langue latine et du chant grégorien. Le texte conciliaire sur la liturgie montre que la pensée de dom Prou fut largement partagée par les Pères.
De même, saint Paul VI, durant son pontificat n’a cessé de donner des indications pour que le latin ne soit pas évacué de la liturgie, et que les fidèles de tout pays puissent continuer à chanter en latin certaines parties de l’ordinaire de la messe (gloria, credo, pater…).
Le climat actuel n’indiquerait-il pas qu’il y aurait une fécondité à ce que ces points du concile soient de nouveau présentés et reçus ? Ne serait-ce pas une contribution importante à la pacification des cœurs, à une pacification liturgique ?
Cardinal François Bustillo : « Je ne peux me résigner à ce que la Corse n’ait plus de prêtres »
Cardinal François Bustillo - capture
L’évêque d’Ajaccio refuse de regarder passivement la raréfaction des vocations sacerdotales : pour lui, la foi populaire corse doit demeurer une source de renouveau et non le souvenir d’un christianisme disparu
Dans le troisième tome de ses Carnets corses, à paraître le 16 septembre prochain chez Fayard, Son Eminence François Bustillo livre une méditation pastorale sur la Corse, ses confréries et l’avenir de ses paroisses. La Corse est une terre où la foi ne se laisse pas aisément réduire aux statistiques. Elle s’exprime dans les processions, les fêtes patronales, les chants, les confréries, les églises de village et l’attachement profond aux saints protecteurs. Mais cette ferveur populaire ne doit pas masquer l’inquiétude qui traverse l’Église insulaire : les prêtres sont peu nombreux, souvent âgés, et les communautés chrétiennes risquent de se retrouver privées de la présence sacramentelle qui les fait vivre.
C’est cette préoccupation que le cardinal François Bustillo exprime dans le troisième tome de ses Carnets corses, le prélat porte une vision très concrète de l’Église : sans prêtres, il n’y a plus de célébration régulière de l’Eucharistie, plus de confession accessible, plus de présence pastorale stable auprès des familles, des malades et des mourants.
L’évêque d’Ajaccio ne parle pas ici d’une fonction qu’il faudrait seulement maintenir par tradition. Le prêtre n’est pas un organisateur de cérémonies ni le gardien d’un patrimoine local. Il est celui qui rend présent le Christ dans les sacrements, annonce l’Évangile et rassemble le peuple chrétien. Lorsque les prêtres disparaissent, ce n’est pas seulement une institution qui s’affaiblit : c’est la vie chrétienne elle-même qui risque de se dissoudre.
La Corse connaît pourtant une réalité que bien des diocèses français pourraient regarder avec attention : les confréries. Dans son livre, l’évêque d’Ajaccio les décrit comme une présence familière et vivante. Elles accueillent, prient, chantent, portent les statues des saints, accompagnent les processions et donnent à la foi une expression incarnée dans les villages : Elles sont souvent les premières à maintenir le lien entre les générations.
Mais le cardinal ne les idéalise pas. Les confréries ne peuvent pas devenir le substitut d’une Église sacramentelle. Elles soutiennent la foi, elles la rendent visible, elles transmettent un héritage ; elles ne remplacent ni la messe ni le ministère sacerdotal. Toute la question est là : comment faire de cette vitalité populaire un terreau pour les vocations, et non un décor religieux survivant à la disparition progressive des prêtres ?
L’enjeu dépasse largement la Corse. Dans de nombreux territoires ruraux, l’Église est confrontée à la même tentation : s’habituer à l’absence. On s’habitue à des messes de plus en plus rares, à des paroisses toujours plus vastes, à des prêtres contraints de courir d’un clocher à l’autre. On s’habitue à demander aux laïcs de compenser ce qu’ils ne peuvent pourtant pas accomplir. On finit parfois par parler de cette situation comme d’une fatalité historique. Le cardinal Bustillo refuse cette résignation. Son propos n’est pas nostalgique. Il ne rêve pas d’un temps où chaque village aurait eu son curé et où la pratique religieuse structurait naturellement toute la vie sociale. Il pose plutôt une question de foi : croyons-nous encore que Dieu appelle des hommes à donner leur vie pour le sacerdoce ? Et créons-nous les conditions humaines, spirituelles et ecclésiales pour que cet appel puisse être entendu ?
Une vocation ne naît pas dans l’abstrait. Elle mûrit dans des familles chrétiennes, au sein de paroisses priantes, auprès de prêtres heureux de leur ministère, dans une Église qui ose demander à des jeunes : « As-tu pensé à donner ta vie au Christ ? » La crise des vocations est aussi, d’une certaine manière, une crise de la confiance et de l’audace missionnaire.
La Corse garde une mémoire chrétienne puissante. Ses confréries, ses pèlerinages et ses traditions ne sont pas des vestiges à conserver sous verre. Ils peuvent redevenir des chemins d’évangélisation, à condition que le peuple chrétien ne se contente pas d’honorer le passé, mais accepte d’en tirer une responsabilité pour l’avenir. « Je ne peux me résigner », écrit le cardinal Bustillo. Cette phrase vaut sans doute pour toute l’Église de France : la pénurie sacerdotale est un défi immense, mais elle ne dispense jamais de prier, d’appeler et d’espérer.
Le livre est d’ores et déjà disponible en précommande
Le Linceul de Turin a été pendant des siècles la seule image en négatif au monde
Le concept de « négatif photographique » n’a été inventé qu’au XIXe siècle, quand Nicéphore Niepce a pris la toute première photo. Sur le sel d’argent qu’il avait mis en face de la lentille recevant l’image de sa maison, s’est en effet imprimée une image tout à fait inattendue : les noirs étaient blancs, les gris clairs étaient gris foncé et inversement. On n’avait jamais vu ça, personne n’y avait jamais pensé, et il a fallu trente ans pour trouver un procédé permettant de retrouver une image en positif à partir de ce négatif. Ainsi, avant le XIXe siècle, on ne connaît, dans l’histoire du monde, aucune image d’aucune sorte qui soit en négatif, sauf une seule : celle qui est imprimée sur le Linceul de Turin. Comment expliquer cela ? D’où cette image peut-elle alors venir ? En réalité, seules la Passion et la Résurrection du Christ peuvent expliquer cette image qui est donc une preuve supplémentaire de la vérité de la foi chrétienne.
Les raisons d'y croire
L’image en négatif ne peut avoir une cause humaine, puisque ne pouvant être conçue, elle était inconcevable.
Elle ne semble pas non plus avoir une cause naturelle commune, car les mêmes causes produisant les mêmes effets, on retrouverait alors dans l’Histoire d’autres images proches ou comparables... Or, il n’y en a strictement aucune. Absolument rien.
N’étant ainsi a priori ni humaine, ni naturelle, la cause de production de l’image du Linceul est donc très logiquement surnaturelle. Et l’argument décisif est que cette représentation, absolument unique et singulière, implique impérativement une cause également unique et singulière.
On constate, en plus, que l’image est aussi la seule à décrire admirablement un grand nombre de détails de la Passion du Christ, dont beaucoup étaient inconnus ou inconcevables au Moyen Âge. Tout est donc cohérent avec l’explication de l’authenticité du Linceul.
En conclusion, l’événement de la Passion et de la Résurrection du Christ apparaît comme le seul événement absolument singulier qui explique de façon rationnelle, cohérente et logique la production de cette image unique.
En savoir plus
L’Association Marie de Nazareth a publié à ce sujet une petite étude, une vidéo YouTube et une présentation montrant que tous les autres éléments du dossier (500 000 heures d’analyses scientifiques de haut niveau, les analyses historiques, le test au carbone 14, les témoignages, les raisonnements) collent parfaitement avec cette conclusion, et qu’aucune autre n’est possible. Cette singularité absolue du Linceul supposant une cause, elle aussi, absolument singulière permet vraiment de conclure avec certitude, au-delà de tout doute raisonnable.
Le témoignage des apôtres qui n’ont jamais renié, jusqu’au martyre.
Le témoignage des cinq cents autres témoins, et de tous les disciples qui les ont suivis sans hésiter.
Toute la période de la naissance de l’Église jusqu’à la conversion de l’Empire romain, qui ne peut s’expliquer autrement que par la foi en la Résurrection du Christ.
Et les innombrables apparitions et interventions du Christ, de sa Mère et des saints, à chaque époque de l’Histoire, par lesquelles sans cesse Jésus se révèle toujours vivant, etc.
Il n’y a cependant qu’une seule preuve matérielle et il ne pouvait y en avoir qu’une seule. Pourquoi ?
Parce qu’au moment décisif, et singulier entre tous, où le corps physique, terrestre, du Christ est transformé en corps glorieux, il n’y avait qu’un seul objet matériel à proximité immédiate du Christ : le Linceul qui l’entourait. Il ne pouvait donc y avoir d’autre élément matériel que celui-ci...
En conclusion, ce Linceul est bien un signe matériel incontestable de la vérité de la Passion et de la Résurrection du Christ, qui est offert providentiellement à notre époque déboussolée. N’oublions pas ce cadeau de Dieu : parlons-en autour de nous et faisons-le connaître ! À lui seul, ce linge devrait changer le monde !
Olivier Bonnassies
Au delà
Le Linceul de Turin est un miroir des souffrances et de la Passion du Christ : son étude est bouleversante, et beaucoup de ceux qui ont pris le temps de rechercher la vérité sur ce linge en ont été très touchés.
Aller plus loin
Jean-Christian Petitfils, Le Saint Suaire de Turin – l’enquête définitive, Tallandier, 2022. Celui-ci conclut de même, sans équivoque.
Un nouveau rapport indique que plus de 3000 chrétiens ont été tués au Nigéria en seulement huit mois en 2026.
La Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit, Intersociety, affirme que juillet et août ont peut-être été les mois les plus meurtriers de 2026, avec 437 chrétiens tués et 393 enlevés.
8 septembre 2026
Un nouveau rapport alarmant affirme qu'au moins 3 083 chrétiens ont été tués et 3 193 enlevés lors d'attaques qui auraient été perpétrées par des groupes djihadistes au Nigéria entre janvier et août de cette année.
Le rapport, publié dimanche par la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety), souligne que juillet et août ont peut-être été les mois les plus meurtriers de 2026, avec 437 chrétiens tués et 393 enlevés.
Des chiffres stupéfiants
Outre les meurtres et les enlèvements, le rapport révèle également que 400 églises ont été attaquées et que 25 prêtres et pasteurs ont été tués ou enlevés.
D'après ce rapport, la plupart des meurtres et des enlèvements ont eu lieu dans la ceinture centrale du Nigeria, une région où la population majoritairement musulmane du nord rencontre la population majoritairement chrétienne du sud.
Le diocèse de Wukari, dans l'État de Taraba, a enregistré à lui seul un nombre alarmant d'atrocités : environ 239 édifices religieux ont été attaqués ou détruits entre septembre 2025 et août 2026, et près de 100 000 paroissiens ont été déracinés et contraints de fuir leurs communautés. De plus, plus de 200 communautés chrétiennes ont été pillées et leurs habitants déplacés. Seize prêtres catholiques ont été contraints à l'exil, et les résidences de huit autres ont été détruites.
Le rapport indique en outre que l'Église des Frères au Nigéria et l'Église chrétienne réformée universelle ont collectivement perdu plus de 27 000 membres et des milliers d'églises à cause d'attaques depuis juillet 2009.
En 2020, l'Église des Frères au Nigéria a déclaré avoir perdu plus de 8 600 membres et des centaines de lieux de culte de district à cause de Boko Haram. De même, l'Église chrétienne réformée universelle a annoncé avoir perdu 5 987 de ses membres et 753 églises.
Le dernier rapport d'Intersociety dresse un tableau plus large de ce que l'organisation considère comme la violence à motivation religieuse au Nigéria.
Depuis 2009, date à laquelle Boko Haram a lancé sa campagne meurtrière pour créer un califat à travers le Sahel, au moins 19 800 églises ont été attaquées.
Emeka Umeagbalasi, chercheur principal et directeur d'Intersociety, a déclaré à CWR que le nombre de chrétiens tués au Nigéria depuis 2009 a atteint le chiffre effarant de 130 783. M. Umeagbalasi, catholique fervent, a ajouté qu'au moins 82 603 chrétiens ont été enlevés ou kidnappés durant cette période. Il prévient qu'il existe 20 % de chances que ces victimes ne reviennent jamais vivantes auprès de leurs familles ni ne renouent avec leur foi.
L’islamisation et la question du « génocide »
Des organisations internationales de surveillance des persécutions ont averti que les chrétiens du Nigéria sont confrontés à un programme d'islamisation.
« Le Nigeria est depuis plusieurs années l'endroit le plus violent au monde pour les disciples de Jésus », affirme Portes Ouvertes, expliquant que l'imposition de la charia dans 12 États du nord rend la vie des chrétiens nigérians de plus en plus précaire.
L’organisation Global Christian Relief décrit le Nigeria comme « un épicentre mondial du martyre des chrétiens », expliquant que chaque année, au moins 4 000 chrétiens sont tués par des organisations extrémistes au Nigeria, un chiffre « qui dépasse souvent le total cumulé des décès de chrétiens persécutés dans le reste du monde ».
Au Nigéria et dans le monde entier, les responsables religieux et civils ont présenté des points de vue contrastés sur la situation des chrétiens dans ce pays qui compte environ 113 millions de chrétiens.
En septembre dernier, l'humoriste et animateur de télévision américain Bill Maher a déclaré sans ambages que les chrétiens nigérians étaient victimes d'un « génocide ». Il a affirmé que le groupe Boko Haram avait « tué plus de 100 000 personnes depuis 2009 et incendié 18 000 églises ».
Le sénateur américain Ted Cruz a dressé un constat similaire, écrivant sur X que « depuis 2009, plus de 50 000 chrétiens ont été massacrés au Nigéria, et plus de 18 000 églises et 2 000 écoles chrétiennes ont été détruites ».
L’homme politique américain a accusé les autorités nigérianes d’« ignorer, voire de faciliter, le massacre de chrétiens par des djihadistes islamistes… »
Le président Donald Trump, reprenant ces propos, a décrit le Nigeria comme un « pays déshonoré », affirmant que le gouvernement « continue de permettre le meurtre de chrétiens ».
Même les Nations Unies ont indiqué que les violences au Nigéria ciblent principalement les chrétiens. Le 8 juin 2026, des experts de l'ONU ont mis en garde contre les violations des droits des femmes et des filles issues des communautés chrétiennes et d'autres minorités religieuses.
Citant les lois de la charia en vigueur dans 12 États du nord, ainsi que l'application des codes sur le blasphème, les experts ont noté que « la violence visant les chrétiens et les autres minorités religieuses reste endémique ».
« Nous sommes particulièrement alarmés par les risques très spécifiques et accrus de discrimination, de violence et d’exploitation auxquels sont exposées les femmes et les filles chrétiennes, alors que nous continuons de documenter de graves cas de violence sexuelle, d’enlèvements, d’actes assimilables à des disparitions forcées, de conversions forcées et de mariages d’enfants parmi elles », ont déclaré les experts.
« Dans de nombreux cas, ceux qui résistent seraient menacés, punis, portés disparus ou tués », ont-ils ajouté.
Mais le gouvernement nigérian a répliqué, arguant que « les terroristes attaquent tous ceux qui rejettent leur idéologie meurtrière – musulmans, chrétiens et personnes sans confession indifférents ».
Les rapports d'Intersociety suggèrent cette contradiction : entre 2009 et mars 2026, 128 750 chrétiens ont été tués, et 61 400 musulmans modérés ont été tués.
Durant cette même période, 81 100 chrétiens et 50 000 musulmans modérés ont été enlevés.
Bien que des musulmans modérés aient également été victimes d'attaques djihadistes, l'évêque Wilfred Chikpa Anagbe de Makurdi affirme qu'il n'y a aucune ambiguïté, insistant sur le fait que ce qui se passe au Nigeria est un génocide contre les chrétiens.
« L’élimination totale de la population chrétienne est en cours. C’est un génocide perpétré par des djihadistes », avertit l’évêque Anagbe.
Son diocèse dans l'État de Benue, où 98 % de la population est chrétienne, est devenu un foyer de violence.
Mgr Anagbe décrit une campagne implacable au cours de laquelle des djihadistes massacrent des civils, rasent des églises et incendient des terres agricoles, forçant les communautés à quitter leurs foyers pour occuper les terres.
Il qualifie cela de « stratégie calculée d’islamisation ». Pour illustrer l’horreur, il a mis en lumière le massacre de Yelewata : environ 200 personnes ont été tuées, dont beaucoup brûlées vives dans une pièce fermée à clé, parmi lesquelles deux bébés de seulement trois et cinq mois.
Umeagbalasi a déclaré à CWR que si la tendance actuelle se poursuit, le christianisme pourrait disparaître du Nigeria au cours des 100 prochaines années.
« C’est un génocide, quelle que soit la définition », a-t-il déclaré.
Ngala Killian Chimtom est un journaliste camerounais fort de onze années d'expérience. Il travaille actuellement comme reporter et présentateur pour la Radio Télévision Camerounaise (radio et télévision). Chimtom collabore également avec plusieurs médias, dont IPS, Ooskanews, Free Speech Radio News, Christian Science Monitor, CAJNews Africa, CAJNews, CNN.com et Dpa.
Pierre Claver naquit à Verdu, en Espagne, en 1580. Il étudia les lettres et les arts à l'université de Barcelone à partir de 1596 et entra dans la Compagnie en 1602. Spécialement encouragé par saint Alphonse Rodriguez, portier du collège de la Compagnie à Majorque, il répondit à la vocation missionnaire qu'il entendit alors.
Ordonné prêtre en 1616 dans la mission de Colombie, c'est là que, jusqu'à sa mort, il exerça son apostolat parmi les Noirs réduits en esclavage, devenu par un vou spécial " esclave des Nègres pour toujours ". Epuisé, il mourut à Carthagène, en Colombie, le 8 septembre 1654. il fut canonisé en 1888 par Léon XIII.
Lettre de saint Pierre Claver
Annoncer l'Evangile aux pauvres, guérir les coeurs blessés ; annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres.
Hier, 30 mai 1627, jour de la Sainte Trinité, débarquèrent d'un énorme navire un très grand nombre de Noirs enlevés des bords de l'Afrique. Nous sommes accourus portant dans deux corbeilles des oranges, des citrons, des gâteaux et je ne sais quoi d'autre encore. Nous sommes entrés dans leurs cases. Nous avions l'impression de pénétrer dans une nouvelle Guinée ! Il nous fallut faire notre chemin à travers les groupes pour arriver jusqu'aux malades. Le nombre de ceux-ci était considérable ; ils étaient étendus sur un sol humide et boueux, bien qu'on eût pensé, pour limiter l'humidité, à dresser un remblai en y mêlant des morceaux de tuiles et de briques ; tel était le lit sur lequel ils gisaient, lit d'autant plus incommode qu'ils étaient nus, sans la protection d'aucun vêtement.
Des milliers de personnes participent à la marche annuelle pro-vie à Londres
Cette marche intervient dans un contexte de débat actuel sur la loi relative à l'avortement en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles, les militants pro-vie réclamant des restrictions plus importantes en la matière.
Une militante pro-vie défile à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. (Photo : Crédit : Elliot Hartley)
LONDRES — Samedi, des milliers de militants ont défilé du Centre Emmanuel, à Westminster, jusqu'à Parliament Square dans le cadre d'une manifestation annuelle organisée par le groupe pro-vie March For Life UK.
Cette marche intervient dans un contexte de débat permanent sur la loi relative à l'avortement en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles, les militants pro-vie réclamant des restrictions plus importantes sur l'avortement et s'opposant aux projets de loi établissant des zones tampons autour des cliniques et hôpitaux pratiquant l'avortement.
Des militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley
Ben Thatcher, organisateur de la Marche pour la vie, a déclaré à EWTN News : « Chaque être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’avortement met fin à cette vie, et lorsqu’un avortement met fin à une vie, nous sommes confrontés à une immense tragédie, qui affecte non seulement la personne concernée, mais aussi sa famille, la société et la culture dans lesquelles nous vivons. »
En vertu de la législation actuelle, les avortements peuvent généralement être pratiqués jusqu'à 24 semaines de grossesse, sous réserve de certaines conditions légales. Par ailleurs, des zones tampons autour des cliniques et hôpitaux pratiquant l'avortement limitent certaines activités visant à influencer, entraver ou harceler les personnes souhaitant accéder à ces services.
« Je trouve absolument scandaleux qu’une vie humaine, créée à l’image de Dieu, puisse être interrompue et justifiée par le slogan “l’avortement est un soin de santé” », a déclaré Thatcher.
Quinze évêques catholiques ont participé à la marche et ont également célébré la messe à la cathédrale de Westminster le matin avant de rejoindre le groupe principal.
L’évêque auxiliaire de Southwark, Paul Hendricks, a déclaré à EWTN News : « Je soutiens la vie à toutes ses étapes. Nous devons défendre nos valeurs. Nous avons nos principes et nous suivons Jésus. »
Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley
L’archevêque de Southwark, John Wilson, a déclaré à EWTN News : « Je suis ici parce que je crois en la beauté et la dignité de la vie humaine. […] Nous sommes unis dans un esprit de beauté, de paix et de joie pour affirmer que la vie humaine compte, que chaque vie compte, de la conception à la mort naturelle. »
« Et dans une culture difficile, où tant de gens, en un sens, considèrent la vie comme quelque chose de jetable, on a juste envie de se lever et de donner une voix à ceux qui n'en ont pas », a-t-il déclaré.
Les participants ont chanté des hymnes chrétiens, notamment « Il tient le monde entier entre ses mains » et le Salve Regina, tout en défilant dans les rues ensoleillées de Londres, brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « L'avortement fait du mal à la famille », « Interdire l'avortement sauve des vies » et « J'ai rejoint la riposte ».
Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley
« Je suis venu ici aujourd’hui pour défendre la vie, de la conception à la mort naturelle, dans une culture où cela ne semble plus être valorisé… Je pense qu’il est important de prendre position et d’affirmer que la dignité humaine de chaque personne réside dans le fait qu’elle est créée à l’image de Dieu, aussi petite soit-elle », a déclaré l’évêque militaire Paul Mason à EWTN News.
Le père Paul Grogan a déclaré à EWTN News que l'avortement est « la question des droits de l'homme la plus fondamentale de notre époque ».
« Et je pense que c’est un aspect important de la manière de vivre notre foi catholique que de témoigner de notre croyance en la beauté de la vie humaine, depuis le moment de la conception jusqu’aux moments de sa fin naturelle », a-t-il déclaré.
Des centaines de personnes ont également participé à une contre-manifestation pro-choix, scandant des slogans tels que « l'avortement est un droit humain », « ni l'Église, ni l'État, nous décidons de notre propre destin », « les fascistes chrétiens, partez » et « laissez nos ovaires tranquilles ».
Tilly Middlehurst, militante pro-choix et étudiante à Cambridge devenue célèbre en ligne après une confrontation avec le défunt militant conservateur Charlie Kirk, a déclaré à EWTN News qu'elle était « venue pour défendre nos droits en tant que femmes ».
« Je veux amener le plus de gens possible ici pour démontrer que [les militants pro-vie] sont une minorité et qu’ils n’ont pas leur place ici », a-t-elle déclaré, faisant référence aux milliers de militants qui défilaient dans les rues.
Avant la marche, la militante pro-vie Ruth Price a été confrontée à la colère de contre-manifestants devant le centre Emmanuel après avoir tenté de distribuer des tracts pro-vie aux défenseurs du droit à l'avortement.
Price a déclaré à EWTN News : « Je voulais m’adresser aux personnes qui assassinent de jeunes enfants… Je n’avais absolument aucune intention de leur faire du mal. Je travaille avec des adultes souffrant de graves difficultés d’apprentissage et leur vie est précieuse. Ils sont précieux aux yeux de Dieu et je tiens à ce que chacun sache que nous respectons la vie de la mère. »
L'an dernier, la Marche pour la vie de Londres a rassemblé environ 10 000 personnes, selon les organisateurs qui attendaient vendredi soir de confirmer les chiffres prévus pour cette année.
L’église de Notre-Dame (Onze-Lieve-Vrouwekerk) à Amsterdam était comble samedi pour l’accomplissement des dévotions du premier samedi du mois, qui a pris cette année une envergure particulière aux Pays-Bas. Deux cardinaux et plusieurs évêques – à commencer par le seul cardinal néerlandais, le cardinal Willem Eijk, archevêque d’Utrecht – ont répondu à l’invitation de Radio Maria à ce « Rosary Rally » international, elle qui prépare depuis des mois cet événement fortement symbolique.
Le concours des clergés et des fidèles, venus très nombreux, a été le premier aspect marquant de cet événement dans un pays presque entièrement sécularisé.
Mais il y avait un deuxième aspect : cette messe pontificale célébrée par le cardinal Burke était en rite traditionnel, avec les textes de la messe votive de la Sainte Vierge. Toutes les exigences de Traditionis custodes ont été ignorées, sans bruit et sans état d’âme : une large publicité a été donnée à l’événement dans plusieurs diocèses néerlandais, la messe était célébrée selon le rite traditionnel dans une église paroissiale, l’épître et l’évangile ont été proclamés en latin. Mais cela a été fait sous l’autorité de l’évêque du lieu, Mgr Hendriks, avec son approbation et sa présence (dans une église qui n’est pas paroissiale, elle est un apostolat de l’Opus Dei, ce qui est remarquable en soi…). Ajoutez la nombreuse présence de prélats, y compris deux princes de l’Eglise : il s’agit là d’une affirmation tranquille et hiérarchique du « droit de cité » du rite tridentin dans l’Eglise, pour reprendre l’expression de la lettre de Benoît XVI accompagnant le motu proprioSummorum Pontificum.
“C’est le projet d’une vie” : Tyron et Dalila redonnent vie aux chapelles oubliées
Tyron et Dalila, jeune couple chrétien belge, se sont lancé un défi peu commun : rénover bénévolement des chapelles abandonnées. Pour Aleteia, Tyron raconte comment cette simple initiative est devenue une véritable mission.
Il aurait pu continuer sa route, comme les fois précédentes. Sur le chemin de son travail, en Belgique, Tyron était déjà passé plusieurs fois devant cette petite chapelle sans vraiment s’y arrêter. Un jour pourtant, il décide d’en pousser la porte, avec l’idée d’y prier. À l’intérieur, il découvre un édifice presque oublié, marqué par des années d’abandon. "C’était dramatique", se souvient le jeune homme de 27 ans. Quelques semaines plus tard, il revient avec sa compagne Dalila et du matériel dans le coffre de leur voiture. Sans grande préparation, ils se mettent à nettoyer. Une première étape qui va donner naissance à un projet devenu, aujourd’hui, une mission de vie.
BÉATIFICATION DE FULTON SHEEN/I - Roger Landry (OPM USA) : Fulton Sheen, désormais bienheureux, et l'actualité de la mission
1 septembre 2026
Rome (Agence Fides) – La passion missionnaire qui animait toute la vie et toute l’œuvre de l’Archevêque américain Fulton Sheen n’était ni un effort ni une stratégie. Ce n’était pas une soif de conquête. Tout en lui découlait simplement du fait qu’il était un « ardent Apôtre de Jésus-Christ, le Sauveur du monde ». Un disciple que sa foi rendait à la fois génial et réaliste, capable de reconnaître que sans l’amour du Christ, même les stratégies et les outils les plus sophistiqués utilisés pour annoncer l’Évangile finissent par n’être que « des cuivres qui résonnent et des cymbales qui retentissent », comme l’écrit saint Paul dans la Lettre aux Corinthiens.
C’est sur tout cela et bien d’autres choses encore qu’insiste Mgr Roger J. Landry, directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires, en brossant le portrait et en soulignant l’actualité de l’Archevêque américain qui sera proclamé bienheureux le 24 septembre prochain à Saint-Louis (Missouri), lors d’une liturgie solennelle présidée par le Cardinal Luis Antonio Tagle.
Nous publions ci-dessous le texte de l'interview vidéo accordée par Mgr Roger J. Landry à l'Agence Fides lors de la dernière Assemblée générale des Œuvres Pontificales Missionnaires.
Le Vénérable Fulton J. Sheen a lui aussi été à la tête des Œuvres Pontificales Missionnaires aux États-Unis de 1950 à 1966.
Quel est l'héritage de l'Archevêque Fulton J. Sheen pour l'identité missionnaire de l'Église aux États-Unis d'Amérique aujourd'hui ?
- L’Archevêque Fulton Sheen sera bientôt le bienheureux Fulton Sheen. Toute sa vie a été marquée par son amour ardent pour Jésus-Christ. Il s’était engagé à servir Jésus du mieux possible et à amener le plus grand nombre de personnes possible à le connaître, à se sentir aimées par Lui, à L’aimer à leur tour et à essayer de répandre l’amour pour Lui.
C’est pourquoi il a étudié avec tant de dévouement et est devenu l’un des prêtres les plus érudits de l’histoire américaine. C’est pourquoi il s’est investi si intensément dans la prédication et a réussi à « enflammer les chaires » du feu du Saint-Esprit, tout en transmettant son amour pour Jésus. C’est l’une des raisons pour lesquelles, chaque matin, pendant les 61 années de son sacerdoce, il a consacré une heure entière à l’adoration devant le Seigneur. Et c’est pour cette raison qu’il a pu affirmer que son plus grand amour avait toujours été tourné vers les missions de l’Église. Il a donné tout ce qu’il pouvait : beaucoup d’énergie, beaucoup de talent, beaucoup d’argent récolté grâce à ses diverses initiatives, pour tenter de répandre la foi dans le monde entier.
Tout cela tient au fait qu'il était un disciple dévoué et un fervent apôtre de Jésus-Christ, le Sauveur du monde.
Quels aspects de sa spiritualité personnelle considérez-vous comme les plus pertinents pour les missionnaires qui œuvrent aujourd’hui sur le terrain, et lequel vous touche le plus sur le plan personnel ?
- Fulton Sheen n'était pas seulement un grand missionnaire parmi les missionnaires, mais il a également contribué à édifier l'Église tout entière dans l'esprit missionnaire.
Il y a deux aspects de sa dévotion que nous pouvons tous imiter. Le premier est qu’il prenait au sérieux la présence réelle de Jésus dans la Sainte Eucharistie. Pour lui, l’Eucharistie n’était pas une chose, mais une personne. Et il lui était tout à fait naturel de donner la priorité au temps passé avec Jésus chaque jour.
La mission de l’Église ne consiste pas seulement à porter les paroles de l’Évangile jusqu’aux confins de la terre. Elle ne consiste pas non plus uniquement à fonder des églises. La mission de l’Église est de porter Jésus-Christ jusqu’aux confins de la terre. Il vit avec nous, Dieu avec nous, il est encore avec nous dans la Sainte Eucharistie, dans son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Ainsi, l’amour de Fulton Sheen pour l’Eucharistie a véritablement inspiré sa spiritualité missionnaire, afin que des Églises soient édifiées – non pas des bâtiments et des structures physiques, mais des Églises formant le Corps mystique par l’œuvre de Jésus dans la Sainte Eucharistie.
Et puis, la deuxième chose importante que je dirais à propos de Sheen, c’est qu’il se consacrait à l’art de la communication. Il savait qu’il ne suffisait pas d’avoir la foi. Il ne suffisait pas d’avoir le désir de diffuser la foi. Il fallait être efficace dans la diffusion de la foi. Il fallait montrer, à travers ses paroles, la ferveur de l’amour que Dieu nous porte, tout en prêchant l’Évangile.
Fulton Sheen a toujours possédé cela. Et l’une des influences les plus marquantes de sa vie a été d’avoir encouragé non seulement certains moyens de communication, anciens et nouveaux, à servir de chaires pour partager avec ferveur le trésor de notre foi. Voici donc les deux choses qui, à mon avis, ont enseigné à toute l’Église comment bien accomplir sa mission.
Pour moi, ce qui est le plus marquant chez Fulton J. Sheen, c’est son amour pour le sacerdoce. Fulton Sheen était un « prêtre parmi les prêtres » et, lorsqu’il a finalement pris sa retraite, il a passé la dernière décennie de sa vie à animer chaque mois trois retraites hebdomadaires pour les prêtres, car il souhaitait former ses confrères prêtres à un véritable cœur missionnaire à l’image du Christ, afin qu’ils puissent aller, tels le sel et le levain, transformer le monde entier.
J’ai commencé à écouter les cassettes de Fulton Sheen à l’âge de 18 ans, lors de longs trajets en voiture, et sa pensée a imprégné mon esprit, sa ferveur a imprégné mon cœur, et j’aime penser aujourd’hui, en tant que son successeur – il a été le cinquième directeur national des OPM américaines –, que non seulement j’ai son exemple à suivre et son modèle à mettre en pratique, mais que je bénéficie également de sa puissante intercession, pour toujours à la droite de Jésus. C’est pour cela que j’aime vraiment Fulton Sheen.
Que peuvent apprendre les « missionnaires numériques » d’aujourd’hui de l’Archevêque Fulton J. Sheen, non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan spirituel ? Et que penserait d’ailleurs Fulton Sheen lui-même, d’un point de vue critique, des illusions de notre ère de la communication ?
- Que penserait-il, et quelle serait sa réflexion critique face à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde des médias numériques et des missionnaires numériques ? L’archevêque encouragerait tous les missionnaires numériques et les « influenceurs » d’aujourd’hui à partir avant tout de leur relation avec Jésus. S’ils n’ont pas cette expérience de l’amour personnel du Seigneur à leur égard, s’ils ne cherchent pas véritablement à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour au sein de cette relation personnelle avec Jésus, alors, pour reprendre les mots de saint Paul aux Corinthiens, ils ne seront que des cuivres qui résonnent et des cymbales qui retentissent. Pour pouvoir porter de grands fruits, ils doivent être unis à Jésus comme les sarments à la vigne. Et ce serait donc là le premier conseil que Fulton Sheen aurait donné.
Pour Fulton Sheen, ce n'était pas le moyen qui importait. C'était le message transmis par n'importe quel moyen utilisé, qu'il s'agisse de livres, de la radio, de la télévision ou, pour employer les termes d'aujourd'hui, de vidéos, de podcasts ou même d'intelligence artificielle, etc.
Fulton Sheen restait toujours concentré sur ce message, et ce message… c’est ce que Dieu veut faire avec nous : il veut vivre sa vie à nos côtés ; non seulement il a souffert, il est mort et ressuscité pour nous, mais il marche encore aujourd’hui avec nous : le Christ est ressuscité. Et cette vérité était bien connue de Fulton Sheen, qui la vivait chaque jour, en commençant par une heure de prière devant le Seigneur Jésus ressuscité dans le tabernacle de ses chapelles privées.
En ce qui concerne l’intelligence artificielle, Fulton Sheen y verrait avant tout un immense potentiel. Ensuite, il veillerait à ce que ce formidable outil, capable d’aider l’Église et l’humanité, ne finisse pas par nuire à l’humanité elle-même. Nous ne devrions pas être les disciples de l’intelligence artificielle, au risque d’en devenir les esclaves.
Mais c’est à nous qu’il revient d’exercer la maîtrise – tout comme le Seigneur nous l’a dit dans le Livre de la Genèse – sur les œuvres de nos mains, sur la créativité qu’Il a inspirée. Ainsi, Fulton Sheen verrait avant tout les possibilités offertes par ces nouveaux moyens que Dieu a placés devant nous, mais il exhorterait également chacun à reconnaître que le diable peut effectivement utiliser ces mêmes moyens. Nous devons donc rester vigilants pour nous assurer qu’ils soient toujours orientés vers Dieu, car s’ils ne le sont pas, ils – et nous à travers eux – finirons par perdre le cap. Comme je l’ai dit, Fulton Sheen fondait son action missionnaire sur une adoration quotidienne devant le Saint-Sacrement.
L’Archevêque Fulton Sheen a fondé toute son œuvre missionnaire sur une heure sainte quotidienne devant le Saint-Sacrement. En 2024, vous avez parcouru les États-Unis à pied pendant 65 jours en emportant avec vous l’Eucharistie. Quel est le lien fondamental entre l’Eucharistie et la mission ?
- Comme l’a déclaré le Cardinal Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’évangélisation, à l’Église des États-Unis lors du Congrès eucharistique national de 2024 à Indianapolis : « Jésus eucharistique est intrinsèquement missionnaire ». Il donne son corps et son sang pour nous, puis il dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Ce qui ne signifie pas simplement célébrer la messe en sa mémoire, mais rendre notre vie véritablement eucharistique. Que nous soyons, comme Jésus, appelés à nous laisser briser pour les autres. Que nous soyons capables de dire aux autres : « Voici mon corps, voici mon sang, voici mes callosités, voici ma sueur, voici mes larmes, voici mon cœur, tout ce que je suis et tout ce que je possède, je vous l’offre par amour pour vous ».
Une Eucharistie qui ne se transforme pas en mission, comme nous l’a dit un jour Saint Jean-Paul II, est comme intrinsèquement fragmentée, brisée ; mais tout comme nous recevons l’amour que le Seigneur déverse sur nous lorsque nous sommes capables de recevoir dignement Jésus dans la Sainte Communion, de même Jésus, désormais en nous, veut que nous poursuivions cette communion avec Lui en participant à Sa mission pour le salut du monde. C’est l’une des raisons pour lesquelles la célébration de chaque messe s’achève par Dieu qui nous donne sa bénédiction, puis nous dit : « Allez et annoncez l’Évangile du Seigneur ». « Ite missa est » signifie que la destination de l’Église a été fixée et ainsi, le Christ, qui nous donne son corps, nous envoie avec Lui afin que, transformés par Lui dans l’Eucharistie, nous puissions transformer le monde entier.
Le Pape Léon XIV est souvent qualifié de pape missionnaire, mais au-delà des slogans, comment analyse-t-on sa perspective et sa vision missionnaire ?
- Le Pape Léon a exercé pendant 22 ans en tant que séminariste missionnaire, prêtre et évêque au Pérou. Par la suite, pendant 12 ans, il a visité 50 pays différents en tant que prieur général des Augustins. Il a donc été missionnaire pendant la moitié de sa vie. Lorsqu’il a été élu le 8 mai 2025, il était le premier pape depuis saint Pierre à avoir consacré une partie de sa vie à s’éloigner de chez lui pour annoncer l’Évangile à des personnes qui n’avaient jamais entendu parler de Jésus, comme Léon l’avait fait dans les montagnes du nord du Pérou. C’est donc fort de cette expérience, de ce passeport rempli de tampons, qu’il est entré sous les acclamations de Saint-Pierre. Et tout comme le pape saint Pie X allait être le premier pape depuis des siècles à avoir exercé un ministère pastoral, mettant cette expérience pastorale au service de la transformation de la papauté, de même le Pape Léon, qui est le premier pape missionnaire « ad agentes » depuis l’époque de Simon de Bethsaïda, a sillonné le globe de long en large pour fortifier ses frères et sœurs dans la foi, en les amenant avec lui au Palais Apostolique. Il n’est pas surprenant que, dans son homélie d’ouverture, il ait non seulement salué les habitants de Chiclayo, où il avait été évêque missionnaire, mais qu’il ait également affirmé : ensemble, nous devons chercher des moyens de devenir une « Église missionnaire ».
Si l’on réfléchit à ce qui rend son expérience missionnaire unique, c’est le fait qu’il… reconnaît que l’œuvre missionnaire est l’engagement commun de toute l’Église ; ce n’est pas le travail d’un seul missionnaire, ni de quelques membres d’une congrégation missionnaire, mais, pour que la mission de l’Église soit couronnée de succès, l’engagement de tous est nécessaire. Et dès ses premiers mots, en tant que 267e évêque de Rome, il nous a tous invités à nous unir à lui avec un zèle missionnaire pour apporter à tous le plus grand don du monde, Jésus-Christ. Le Christ lui-même à tous, aux 8,1 milliards de personnes, ces 8,1 milliards qui vivent aujourd’hui, pour lesquels Jésus a donné sa vie avec amour. C’est ce qui le rend vraiment unique et nous fait ressentir à quel point nous sommes bénis, non seulement d’avoir un pape américain – je peux le dire en tant qu’Américain –, mais aussi d’avoir un pape véritablement missionnaire, qui a dans le sang le désir de répandre la foi.