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Témoignages - Page 2

  • Stéphane Mercier sur Vimeo

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  • Quand Pie XII entre en action

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    Du Père Michel Viot sur zenit.org :

    Pie XII entre en action

    4e partie de la série sur Pie XII (voir ICI, ICI et ICI)

    Des paroles contenues, mais des actions efficaces sous le fil d’un couperet. La mémoire de l’œuvre de Pie XII mérite d’être restaurée. 

    Sous le coup de la guerre

    Le 10 mai 1940 le pape adresse aux souverains de Belgique, de Hollande et du Luxembourg un avis très clairement « anti allemand », selon le jugement de Wladimir d’Ormesson. 

    Plus important, l’historien allemand Feldkamp a découvert dans les archives du Vatican concernant le règne de Pie XII, un document que le Jésuite Pierre Blet connaissait : En mars 1942, deux mois après la conférence de Wannsee sur la solution finale, Pie XII avait envoyé à Roosevelt, qui ne l’a pas cru, un télégramme l’avertissant du plan d’extermination des Juifs d’Europe ! Pie XII a alors crée son propre bureau sur les persécutions juives au sein de la deuxième section de la secrétairerie d’État. Cette année est d’ailleurs capitale pour lui car elle vient confirmer la justesse de sa position. 1942 est l’année des rafles et Pie XII avait laissé totale liberté aux évêques pour agir au mieux pour sauver des vies. Mais ces rafles prennent de l’ampleur. Le Pape connaît leur sinistre destination. Il avait écrit un texte de protestation, décidant de rompre son attitude habituelle devant l’horreur de ce qu’il sait maintenant de manière sûre. Il apprend alors la rafle des Pays-Bas et la protestation publique des évêques. Résultat, la rafle redouble d’ampleur. Même les Juifs convertis au catholicisme sont déportés, Edith Stein (religieuse carmélite) et sa sœur sont envoyées à la mort. Et le témoignage de la sœur Pasqualina qui se trouvait aux côtés du pape Pie XII depuis 1919, est confirmé par les documents d’archives. Le pape en larmes brûle le discours qu’il voulait prononcer, et conserve sa première attitude, ce qui ne l’empêchera pas d’agir autrement. 

    Dans son message de Noël 1942, le Pie XII déclarera sur Radio Vatican que « des centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute propre, parfois uniquement en raison de leur nationalité ou de leur race, sont destinées à la mort ou au dépérissement ». L’année qui suit, 1943 va lui fournir une autre occasion d’agir. En interne, Pie XII a justifié son attitude prudente car le 30 avril l’évêque de Berlin, son ami, le cardinal Konrad von Preysling lui avait demandé d’intervenir publiquement en faveur des Juifs de Berlin, et il n’avait pas donné suite. Cependant Radio Vatican fait savoir le 26 juin que « quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle ». 

    Le 25 juillet les Allemands envahissent le nord de l’Italie, car Mussolini a été renversé et Hitler fait savoir à son entourage qu’il va envahir le Vatican (État neutre) et tient des propos menaçants. Les allemands arrivent jusqu’à Rome et dans la nuit du 15 octobre a lieu une rafle importante de Juifs romains. Il convient de rappeler que les SS étaient présents à Rome dès le 11 septembre 1943, et que leur commandant avait l’ordre d’arrêter tous les Juifs de Rome. Celui-ci, Herbert Kappler exigea une rançon de 50 kg d’or pour ne pas le faire. Le grand rabbin de Rome fit appel au pape, car il n’avait pas les moyens de verser toute la somme. Le pape en fournit 15 kg, en partie sur sa fortune personnelle, ce qui expliquerait la diminution importante de celle-ci à sa mort au grand étonnement de ses héritiers. Hitler envoie alors Dannecker avec des milices de la Waffen-SS pour procéder à la rafle qui aboutit à l’arrestation d’un millier de Juifs romains qu’on rassemble sous les fenêtres du pape. La provocation est évidente. C’est à cette occasion que Pie XII demande à son secrétaire d’État, le cardinal Maglione, de convoquer l’ambassadeur d’Allemagne au Vatican Ernst von Weizsäcker. Tant par l’ambassadeur, nazi notoire, que par le général Stahel qui ne l’était pas, le pape apprend de son secrétaire d’État que s’il fait une déclaration publique, le Vatican sera considéré comme ennemi du Reich et ses locaux occupés, et on lui fait savoir que les 15000 réfugiés Juifs qui se tiennent cachés au Vatican seraient tous arrêtés.

    Les archives dévoilées

    Le journaliste allemand Hesemann, qui fut un des premiers chercheurs à pouvoir consulter les archives du pontificat de Pie XII en 2020, a étudié particulièrement les documents de la secrétairerie d’État d’octobre 1943. Dès le 25 septembre le général allemand commandant en chef à Rome, Rainer Stahel, avait déclaré le collège pontifical croate Saint-Jérôme, propriété de l’État du Vatican, et interdit aux soldats allemands d’y pénétrer. Cela valait évidemment pour la cité de Vatican elle-même. Mais Pie XII était allé plus loin. Il avait demandé 550 autres attestations du même type, pour d’autres lieux. Ainsi au moins 4465 des 8000 juifs de Rome avaient pu être cachés dans 235 couvents romains. Il faut préciser que ces attestations avaient été imprimées au Vatican et présentées simplement aux autorités allemandes pour signature. Notre journaliste a pu aussi relever de très nombreuses interventions de nonces là où il y avait déportation, mais avec peu de succès. 

    Pie XII renonça donc à une déclaration publique, non sans avoir essayé d’obtenir que le millier de Juifs raflés ne soient pas déportés. Stahel ne put que promettre une intervention de sa part, ce qu’il fit vraisemblablement, allant jusqu’à justifier son attitude vis à vis du pape par les difficultés qu’il aurait pu rencontrer auprès de ses soldats catholiques s’il était allé plus loin. Une chose est sûre et montre qu’après son aventure italienne ce général, qui jusque là était bien vu,  fut envoyé sur le front de l’Est et fait prisonnier par les russes ; il mourut en captivité dans un camp. Weizsäcker qui appartenait à la SS fit partie du deuxième groupe de criminels de guerre condamnés à Nuremberg à 10 ans de prison.

    La guerre achevée, en 1945 le Congrès juif mondial adresse au pape Pie XII ses remerciements « Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du pape s’est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes », et pourtant le pape n’avait pas fait de grandes déclarations officielles, mais il avait agi. Le Grand Rabbin de Rome se convertit, avec son épouse au catholicisme et prit le nom de baptême d’Eugenio, expliquant dans ses mémoires « La rayonnante charité du pape, penchée sur toutes les misères engendrées par la guerre, sa bonté pour mes coreligionnaires traqués, furent pour moi l’ouragan qui balaya mes scrupules à me faire catholique. Le 26 mai 1955, un orchestre composé de musiciens juifs de 14 pays exécuta la neuvième symphonie de Beethoven au Vatican « en reconnaissance de l’œuvre humanitaire grandiose accomplie par Sa Sainteté pour sauver un grand nombre de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ». Madame Golda Meir, ministre des affaires étrangères d’Israël lui rendra un émouvant témoignage en 1958. Elle voulait qu’il fût déclaré Juste parmi les nations. Vœu que reprendra le rabbin américain David Dalin en 2001, dans un article. Il écrira en 2007 un livre qu’il faut absolument lire « Pie XII et les Juifs » qui détaille et développe ce que j’ai exposé.

    En guise de conclusion …

    … je voudrais rappeler enfin que les origines de la « légende noire » de Pie XII furent politiques et intervinrent en force à partir de 1960. Cela faisait partie de la propagande communiste que j’ai connue et vécue. Elle se manifesta dans des domaines multiples, y compris la théologie, et y a laissé des traces. D’une certaine façon le père Gumpel a achevé son travail comme postulateur de la cause puisqu’un miracle est nécessaire pour la béatification. Mais cela ne dispense pas de la prière des fidèles, bien au contraire. 

    Tout n’est pas dit sur les archives disponibles depuis 2020. On ne s’y est pas précipité en grand nombre, mais on continue à répandre des inepties et des contre-vérités sur Pie XII. Il vaudrait donc la peine qu’un successeur soit donné au père Gumpel. Le livre de Johan Icks sorti en 2021 sur Pie XII et les Juifs s’attarde sur les activités du bureau spécial créé par Pie XII, au sein de la deuxième section de la Secrétairerie d’État, pour aider les Juifs. Il a travaillé avec le père Gumpel et donne des chiffres importants de demandes d’aides qui, selon lui, devraient être revus à la hausse ! C’est pourquoi la vénérable Compagnie de Jésus complèterait utilement ses nombreuses aides apportées au cours des siècles à l’Église catholique en demandant à l’un de ses membres de continuer l’œuvre du père Gumpel en matière d’édition, pour instruire le peuple catholique et aussi pour guider l’activité spirituelle nécessaire à toute demande de béatification. 

    Ce travail ne concernerait donc pas que l’histoire, mais l’unité catholique, Pie XII n’étant pas qu’un grand diplomate et un grand pasteur, mais aussi un mystique visionnaire, qui eut le privilège de passer les frontières de deux siècles, de vivre dès ce monde une expérience d’éternité incarnant en sa personne une forme de continuité et de permanence qui donne au mot catholique tout son sens. Et contrairement à l’idée reçue, ses orientations pastorales d’après guerre, étayées par son encyclique Mediator Dei, seront le déclencheur du deuxième concile du Vatican. 

  • Gad Elmaleh : une conversion qui interpelle

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    De KTO TV sur youtube  :

  • 500 crimes de haine antichrétienne recensés en Europe en 2021

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    Le taux élevé de crimes de haine et l'intolérance séculaire croissante ont un effet paralysant sur la liberté religieuse des chrétiens.

    Le rapport annuel de l'OIDAC Europe donne un aperçu de plus de 500 crimes de haine anti-chrétiens à l'échelle européenne, du phénomène d'autocensure, de l'augmentation des stéréotypes négatifs dans les médias et des réglementations Covid-19 disproportionnées pour les églises, entre autres développements affectant la liberté de religion. 

    Vienne, le 14 novembre 2022. Le nouveau rapport de l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe (OIDAC) publié à Vienne deux jours avant la Journée internationale de la tolérance (16 nov.) se concentre sur trois développements principaux de l'intolérance envers les chrétiens dans les pays européens : Les crimes de haine anti-chrétiens, l'autocensure et les stéréotypes et traitements négatifs des chrétiens dans les médias. Le rapport aborde également d'autres formes de discrimination par la législation et le manque de compétence des autorités lorsqu'elles traitent des cas impliquant la religion et la liberté religieuse.

    Le rapport d'OIDAC Europe résume toutes les conclusions et les recherches effectuées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2021. Le rapport met en évidence les faits clés concernant les plus de 500 cas de crimes de haine anti-chrétiens qui ont été signalés l'année dernière. Comme les années précédentes, ces données sur les crimes de haine contribuent également au rapport annuel de l'OSCE sur les crimes de haine. Le rapport de l'OSCE sera publié le 16 novembre, journée internationale de la tolérance.

    Deux experts de la liberté de religion, Janet Epp Buckingham et Todd Huizinga, y sont présentés avec des commentaires sur l'importance de la liberté de religion et le problème de l'intolérance séculaire qui menace cette même liberté fondamentale. Le rapport comprend également une interview exclusive de l'homme politique finlandais et ancien ministre de l'intérieur Päivi Räsänen, qui est poursuivi pour avoir exprimé publiquement ses convictions chrétiennes.


    Todd Huizinga, chargé de mission au Religious Freedom Institute de Washington DC, analyse comment le relativisme, censé garantir la diversité en Occident, s'est transformé en un "dogme absolutiste" peu tolérant à l'égard des opinions religieuses. Il écrit : "Maintenant que le relativisme est la vision du monde qui règne en Occident, il a développé son propre dogme rigide et absolutiste, un dogme qui, au nom de la fausse tolérance, ne tolère aucune opposition." Il cite le théologien Andrew T. Walker, qui affirme que "si les humains ne sont pas libres de parvenir à leurs propres conclusions religieuses par la voie de la raison et de la conscience, ils sont dépourvus de l'agence morale essentielle à une vie authentique". Huizinga conclut : "C'est la mission de l'Observatoire. Et elle est cruciale. Notre humanité exige une action morale libre. Le cœur de notre agence morale est la liberté religieuse".

    Le Dr Janet Epp-Buckingham, professeur associé à la Trinity Western University d'Ottawa, présente l'intolérance laïque comme une forme de pression sociale : "Ce qui a évolué dans ces pays, ce n'est plus la neutralité envers toutes les religions, mais le développement d'une hostilité envers la religion. Cela se manifeste dans les actions des gouvernements, des tribunaux et de la société en général. C'est la pression sociale qui affecte le plus les gens au quotidien. Lorsque les gens craignent de se voir refuser une promotion au travail si l'on sait qu'ils sont chrétiens, cela les incite fortement à cacher leur religion."
    Parmi les conclusions du rapport, l'OIDAC souligne que 4 chrétiens ont été assassinés en Europe, et que 14 agressions physiques ont été enregistrées. L'OIDAC a compilé un nombre alarmant de stéréotypes négatifs, d'apologies de la violence ou d'insultes directes à l'encontre des chrétiens ou des confessions chrétiennes proférées par des personnalités publiques, voire des hommes politiques ou des journalistes dans des médias à fort impact. Par exemple, un chanteur a été qualifié de handicapé mental parce qu'il était chrétien. Dans des articles journalistiques, le christianisme a été décrit comme une "idéologie dangereuse" et les croyants ont été traités de "fanatiques religieux stupides". De plus, un politicien espagnol a décrit une procession catholique comme un événement "taliban" et un autre politicien a commenté que les 7000 catholiques assassinés pendant la guerre civile espagnole "auraient dû être plus nombreux". En outre, des rapports sur la violence ou la discrimination à l'encontre des chrétiens ont été ignorés ou annulés par les médias. Le rapport conclut : "Ces exemples suggèrent une tendance inquiétante, selon laquelle la société semble indifférente aux discours désobligeants et aux représentations erronées à l'encontre des chrétiens, notamment par rapport à d'autres groupes religieux ou identitaires."

    La directrice exécutive d'OIDAC Europe, Madeleine Enzlberger, explique l'objectif de ce document de 80 pages : "A l'OIDAC, nous cherchons à analyser les sources de l'intolérance et de la discrimination à l'égard des chrétiens, à détecter les moteurs de l'intolérance dans notre société. Notre travail vise à apporter des réponses globales, c'est pourquoi nous documentons aussi bien les signes d'intolérance sociale que les législations problématiques au niveau national ou international. Les divisions entre les chrétiens et les groupes laïques sont souvent perpétuées et approfondies par les médias et la politique. La tolérance et le respect devraient être appliqués et garantis de manière égale pour tous les groupes de la société, c'est pourquoi nous soulignons l'importance de la liberté de religion, non seulement pour les chrétiens du monde entier mais aussi pour les non-croyants."

    Dans l'aperçu juridique du rapport, cinq droits de l'homme fondamentaux sont examinés en considérant la législation proposée ou mise en œuvre qui entre en conflit avec eux. La liberté d'expression et de réunion est de plus en plus limitée par les lois sur les discours de haine et les zones tampons autour des cliniques d'avortement. La formulation large de ces lois peut criminaliser les conversations privées, la prière et d'autres activités pacifiques. La liberté de conscience est remise en cause par les lois sur l'avortement ou l'euthanasie qui retirent le droit à l'objection de conscience pour ces pratiques. De même, les droits parentaux sont entrés en conflit avec certaines lois sur les LGBTQ+ et l'avortement, qui donnent aux mineurs l'autonomie de décider de se faire avorter ou de changer de sexe sans l'avis des parents. Enfin, les limitations disproportionnées de la liberté religieuse pendant la pandémie de Covid-19 sont également analysées et visualisées à travers un calendrier des restrictions.
     
    Le rapport présente les exemples les plus récents de crimes haineux parmi les 5 000 cas documentés sur le site web. Ces cas affectent la vie des chrétiens et ne sont considérés que comme la "pointe de l'iceberg". Pour améliorer la situation, l'OIDAC affirme que "les politiciens, les journalistes et autres personnalités publiques jouent également un rôle crucial dans la construction d'une société plus tolérante." Le document fournit des recommandations pour tous les niveaux de la société, comme l'amélioration du signalement des crimes de haine anti-chrétiens dans les pays européens et la facilitation de la communication entre les autorités de l'État, les organisations de la société civile et les églises.

  • Rejeter la logique du politique dans l'Église

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    Lu sur le site National Catholic Register :

    « ÉDITORIAL : À la différence d'une communauté politique, l'unité de l'Église n'est pas notre propre effort. C'est une œuvre de Dieu, qui a garanti que les portes de l'enfer ne prévaudraient jamais contre elle.

    Cette année, les élections de mi-mandat ont été suivies une semaine plus tard par l'assemblée générale de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, au cours de laquelle les évêques devaient élire un nouveau président de conférence et plusieurs autres officiers. La juxtaposition des deux élections offre une occasion importante de réfléchir aux différences entre la politique mondaine et la communion ecclésiale - et au danger de laisser la logique de la première informer notre participation à la seconde.

    C'est particulièrement une menace aujourd'hui, alors que notre culture est dominée par la politique électorale, qui se caractérise de plus en plus par la politique partisane de la corde raide et des compétitions à somme nulle pour le pouvoir. Ce type de guerre politique offre un mode de réflexion sur toutes les formes de communauté et de relations, et si nous ne sommes pas vigilants, cela peut commencer à caractériser la manière dont nous comprenons et vivons notre appartenance à l'Église.

    Le cardinal Joseph Ratzinger a mis en garde contre cela dans une homélie instructive, intitulée plus tard « Parti du Christ ou Église de Jésus-Christ ? Le futur pape a averti que des «conflits entre factions» peuvent survenir dans l'Église lorsque chacun «développe [notre] propre idée du christianisme», qui «nous cache la parole du Dieu vivant, et l'Église disparaît derrière les partis qui se développent de notre opinion personnelle. 

    Ce n'est pas nier que l'Église est politique, en un sens, parce qu'elle doit s'organiser dans ses dimensions humaines. Cela ne nous empêche pas non plus de croire que certains clercs sont mieux équipés pour diriger l'Église que d'autres, ou de porter des jugements sur les processus et les idées qui nuisent à la vie de l'Église. Au lieu de cela, le cardinal Ratzinger critique une attitude plus fondamentale qui réduit notre appartenance à l'Église et la façon dont nous y opérons à un principe de choix personnel. « Nous avons du mal à comprendre la foi [autrement] que comme une décision pour une cause que j'aime et à laquelle je souhaite donc apporter mon soutien », écrit-il. Le problème, cependant, est que l'Église devient alors la nôtre au lieu de celle de Christ. Cette attitude sous-tend les approches de la réforme de l'Église qui l'adaptent aux temps et à la volonté du monde, 

    Mais, ironiquement, nous pouvons aussi traiter l'Église comme le Parti du Christ dans notre défense de l'enseignement orthodoxe, alors que notre motivation est davantage animée par l'attachement à quelque chose que nous préférons que par la fidélité à ce que l'Église enseigne. Chaque fois que cette attitude est adoptée, nous portons atteinte à l'unité ecclésiale, sans parler du témoignage de l'Église au reste du monde, et nous risquons de développer nombre des névroses que l'on peut voir dans la politique terrestre, qui ont pris un caractère presque apocalyptique pour beaucoup .

    La solution, écrit le cardinal Ratzinger, est « d'abandonner mon goût et de me soumettre » au Christ et à ce qu'il nous a donné. "Seule l'unité de la foi de l'Église et de son autorité, qui s'impose à chaque membre, nous assure que nous ne suivons pas les opinions humaines et que nous n'adhérons pas à des groupements de parti faits par nous-mêmes, mais que nous appartenons au Seigneur et que nous lui obéissons." 

    Contrairement à une communauté politique, l'unité de l'Église n'est pas notre propre effort. C'est une œuvre de Dieu, qui a garanti que les portes de l'enfer ne prévaudraient jamais contre elle. Réfléchir à cette vérité peut susciter un bon examen de conscience, peut-être surtout pour ceux d'entre nous qui écrivent et lisent le journalisme catholique. Et plutôt que de produire du quiétisme, cela peut approfondir notre détermination à nous opposer à l'erreur et à la division au sein de l'Église, animée non par des préférences personnelles, mais par l'amour du Christ et du prochain. À son tour, une attitude ecclésiale appropriée peut également conduire à un engagement plus sain dans la politique terrestre. 

    Parce que si, à travers l'Église, nous appartenons vraiment au Christ, alors nous n'avons pas besoin de considérer la politique comme notre salut, ni comme quelque chose à craindre et à éviter. Au lieu de cela, nous pouvons y entrer avec l'humilité et la liberté des enfants de Dieu. »

    Ref. Rejeter la logique du politique dans l'Église

  • Le Patriarche arménien catholique : "Mon peuple est victime de l'injustice internationale"

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Le Patriarche arménien catholique : Mon peuple est victime de l'immoralité mondiale

    A l'occasion de l'inauguration d'un centre paroissial arménien en Hongrie, le patriarche Raphaël Bedros XXI Minassian évoque la situation de son peuple, qui a récemment été confronté à de nouvelles attaques azerbaïdjanaises de grande ampleur.

    10 novembre 2022

    BUDAPEST, Hongrie - Le centre paroissial arménien de Budapest, qui vient d'être rénové grâce aux fonds alloués par le gouvernement hongrois, a été inauguré le 2 novembre, en présence du patriarche arménien catholique Raphaël Bedros XXI Minassian et du cardinal Peter Erdő, primat de Hongrie, qui a béni les nouveaux locaux.

    La partie rénovée du bâtiment est destinée à accueillir des projets éducatifs et culturels, ainsi que les archives de la communauté hongroise-arménienne.

    L'événement s'est déroulé en présence d'officiels hongrois, dont Azbej Tristan, secrétaire d'État à l'Aide aux chrétiens persécutés et au programme Hungary Helps, l'agence gouvernementale qui a financé les travaux de restauration, dans le but de donner un nouvel élan à la communauté arméno-catholique dans le contexte difficile du conflit actuel entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

    Les relations entre l'Arménie et la Hongrie ont elles-mêmes été marquées par des tensions ces dernières années. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été suspendues en 2012, après qu'un officier azéri condamné à la prison à vie par un tribunal hongrois pour le meurtre d'un officier arménien à Budapest en 2004 ait été extradé vers les autorités azerbaïdjanaises et immédiatement gracié.

    D'un point de vue diplomatique, ce récent geste d'amitié du gouvernement hongrois envers sa communauté arménienne est considéré comme une nouvelle étape dans le processus de réchauffement des relations entre les deux nations.

    Avant de bénir le nouveau centre paroissial, le patriarche arménien s'est félicité de cette occasion de renforcer les liens entre son pays et la Hongrie, dont il a salué le retour aux racines chrétiennes depuis la chute du régime soviétique.

    Raphaël Bedros XXI Minassian, élu lors du synode de l'Église catholique orientale à Rome en 2021, est le 21e Catholicos-Patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques. Auparavant, il était l'évêque des Arméniens catholiques d'Europe orientale depuis 2011. Le Register l'a interviewé en marge de l'événement du 2 novembre.

    Vous êtes ici à Budapest pour l'inauguration du bâtiment de la paroisse arménienne nouvellement rénové, grâce à un financement du gouvernement hongrois. Que représente cet événement pour vous, à la lumière des relations fluctuantes entre votre pays et la Hongrie au cours de la dernière décennie ? Qu'attendez-vous de cette visite ?

    Les relations entre ces deux peuples existent depuis des siècles. Nous avons de nombreux projets communs, notamment par le biais d'organisations caritatives. En venant ici pour l'inauguration de notre centre paroissial, qui illustre aussi l'enracinement historique de notre communauté en Hongrie, je veux montrer ma gratitude à ce pays pour ce beau geste d'amitié envers les Arméniens. Ces dernières années, face à la persécution des chrétiens découlant des différentes guerres au Moyen-Orient, mais aussi en Arménie, la Hongrie a fait preuve d'une charité vraiment chrétienne en aidant les fidèles, qui se trouvaient dans d'énormes difficultés sociales, médicales et humanitaires.

    C'est donc un moment de remerciement pour ce gouvernement, qui a vraiment donné beaucoup, au-delà de l'aspect financier, également sur le plan moral et symbolique. Ce pays a joué ces dernières années un rôle de véritable témoignage chrétien, malgré la diversité de ses communautés. L'Évangile est le dénominateur commun.

    Est-ce ce dénominateur commun qui rapproche l'Arménie et la Hongrie dans l'actuelle assemblée des nations ?

    Les relations entre la Hongrie et l'Arménie sont renforcées par cette fidélité concrète au christianisme. Mais il y a un mouvement international qui commence à se réveiller et à recentrer l'attention sur nos frères et sœurs chrétiens qui souffrent. Au-delà de cette aide morale de la Hongrie, des organisations comme L'Oeuvre d'Orient en France font la même chose.

    Il y a une prise de conscience que les chrétiens d'Orient sont en danger et qu'ils ont besoin de ce soutien des chrétiens occidentaux. C'est l'Église universelle qui commence à se rassembler, ce qui est encourageant.

    Vous avez récemment pris vos fonctions de patriarche de Cilicie des Arméniens, dans un contexte particulièrement sensible pour votre pays. Quel bilan tirez-vous de cette première année de mission ? Quels ont été vos plus grands défis ?

    Dès le début, les difficultés étaient évidentes. L'Eglise catholique arménienne est une petite Eglise, avec quelques centaines de milliers de fidèles [environ 600.000, selon L'Oeuvre d'Orient]. Malheureusement, nous avons été les victimes de l'immoralité du monde, de l'injustice internationale. En tant qu'Arméniens, nous avons subi un génocide en 1915 qui a fortement et définitivement appauvri notre pays.

    Nous avons placé notre espoir dans une réaction mondiale à l'agression azérie, mais aujourd'hui nous nous sentons seuls. Et par-dessus le marché, nous sommes tués avec les armes de pays amis. C'est très difficile. ...

    En plus de la guerre, le COVID a ajouté beaucoup de difficultés car nous avons dû fermer les églises, et les relations avec les communautés, les parents, ont été suspendues.

    Mais au milieu de cette situation cauchemardesque, nous avions encore la grâce de la persévérance, qui nous a permis de continuer à avancer coûte que coûte, malgré toutes les attaques contre notre pays, qui travaille pour la paix. Je peux dire aujourd'hui que cette première année n'a pas été pour rien car la grâce de Dieu a vraiment fait son œuvre et a béni nos fidèles et nos communautés.

    Après le cessez-le-feu de 2020 dans le Haut-Karabakh, le recteur de la cathédrale apostolique arménienne de Chouchi, le père Andreas Taadyan, a dénoncé la poursuite de la destruction du patrimoine chrétien arménien par les Azéris. Comment se présente la situation aujourd'hui ?

    Je n'ai pas été personnellement présent sur le théâtre du conflit ces derniers mois, mais je peux confirmer d'après les informations que je reçois du terrain qu'il y a une entreprise de destruction des symboles de notre culture, de notre appartenance religieuse chrétienne. Il existe une véritable haine envers les chrétiens dans la région. Malgré l'image d'humanité que les Azéris donnent dans la presse, c'est une réalité.

    Êtes-vous d'accord avec les commentateurs qui suggèrent qu'il existe une volonté, de la part de l'Azerbaïdjan et de la Turquie, son allié ethnique, d'éradiquer la présence arménienne chrétienne de la région, comme en 1915 ?

    Parfois, les formulations, les images véhiculées peuvent changer, mais le contenu reste le même. Nous comprenons le but précis, les rêves de ces gens par la cohérence de leurs déclarations et de leur comportement. Fondamentalement, rien n'a changé, nous sommes confrontés au même phénomène qu'en 1915, bien que l'Arménie soit un peuple qui recherche la paix et n'a pas de visées expansionnistes.

    L'Azerbaïdjan a attaqué plusieurs villages arméniens les 13 et 14 septembre, dans le silence étonnant de nombreux médias et dirigeants politiques occidentaux. Vous avez dénoncé ce silence à de nombreuses reprises. Comment expliquez-vous cette inertie internationale, voire cette indifférence, face aux souffrances de votre pays ? Est-ce entièrement dû aux enjeux actuels du pétrole et du gaz, puisque l'Union européenne a décidé d'importer des hydrocarbures azéris pour remplacer à l'avenir le gaz russe ?

    Il y a beaucoup de politique en jeu, beaucoup d'intérêts en jeu. Par conséquent, aucune nation ou puissance mondiale ne s'intéresse au peuple arménien à l'heure actuelle. Je parle souvent avec les dirigeants politiques. Je leur dis ce que j'ai à dire, conformément à mon rôle d'ecclésiastique.

    Il y a des forces qui nous attaquent, qui violent nos frontières ; tout le monde sait ce qui se passe, et pourtant, on les laisse nous détruire.

    Quand je vois cette injustice internationale qui se déroule, et que les chrétiens d'Arménie mais aussi du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie, souffrent dans une totale indifférence, je ne peux raisonnablement pas me taire. Le terme "cinquième colonne" est utilisé pour décrire une force secrète que l'on ne peut pas vraiment identifier. C'est bien une sorte de cinquième colonne qui travaille actuellement à la destruction de ce peuple fidèle.

    Tout cela se passe alors que, partout dans le monde, tous les fondamentaux sont remis en question - la religion, l'appartenance à une patrie, l'identité. ... Les gens ne savent plus qui ils sont, et c'est une partie décisive du problème.

    Quelle est la situation dans le Haut-Karabakh en ce moment ?

    Les choses sont plutôt calmes en ce moment. Mais le danger aux frontières demeure. Lorsque les intérêts de deux peuples [l'Azerbaïdjan et la Turquie] convergent, ils forment naturellement une seule force pour vaincre le troisième, qui entrave leurs intérêts. Ils ne s'arrêteront pas là.

    Quel message souhaitez-vous adresser aux dirigeants du monde occidental ?

    Je veux leur dire de se réveiller. Soyez vraiment justes. Défendez les faibles et donnez-leur une voix. Rendez justice à ceux qui en sont privés. Pensez au-delà des tactiques politiques - pensez aux êtres humains qui souffrent. C'est ce que nous attendons, surtout de l'Europe, qui est notre voisine et qui partage les mêmes racines chrétiennes.

    Solène Tadié est la correspondante pour l'Europe du National Catholic Register. Elle est franco-suisse et a grandi à Paris. Après avoir obtenu un diplôme en journalisme à l'université Roma III, elle a commencé à faire des reportages sur Rome et le Vatican pour Aleteia. Elle a rejoint L'Osservatore Romano en 2015, où elle a successivement travaillé pour la section française et les pages culturelles du quotidien italien. Elle a également collaboré avec plusieurs médias catholiques francophones. Solène est titulaire d'une licence en philosophie de l'Université pontificale Saint-Thomas d'Aquin, et a récemment traduit en français (pour les Éditions Salvator) Défendre le marché libre : The Moral Case for a Free Economy du Père Robert Sirico de l'Acton Institute.

  • Vietnam : des milliers de catholiques commémorent leurs martyrs du XIXe siècle

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    Les diocèses de Hanoï et de Haïphong honorent les martyrs du Vietnam

    9/11/2022

    Le 5 novembre, plusieurs milliers de catholiques des diocèses de Hanoï et de Haïphong, dans le nord du Vietnam, ont commémoré plusieurs centaines de martyrs tués lors des vagues de persécutions au XIXe siècle. La paroisse de Xuan Bang, dans l’archidiocèse de Hanoï, a notamment célébré le 182e anniversaire de deux martyrs laïcs, saint Martin Tran Ngoc Tho (1787-1840) et saint Jean-Baptiste Tran Ngoc Con (1805-1840), et le sanctuaire de Hai Duong, dans le diocèse de Haïphong, a honoré des martyrs dominicains tués dans la même période.

    Des paroissiens en costume traditionnel, lors d’une procession autour du village de Xuan Bang, le 5 novembre dans la province de Nam Dinh.

    Les catholiques des diocèses de Hanoï et de Haïphong, dans le nord du Vietnam, ont été invités à perpétuer les héritages de foi reçus de leurs ancêtres, alors que l’Église locale a commémoré plusieurs centaines de victimes des vagues de persécution au XIXe siècle. Le 5 novembre, plusieurs milliers de fidèles de la paroisse de Xuan Bang ont participé à une messe spéciale afin de célébrer le 182e anniversaire de deux martyrs laïcs, saint Martin Tran Ngoc Tho (1787-1840) et saint Jean-Baptiste Tran Ngoc Con (1805-1840). Ils ont aussi honoré 134 autres catholiques tués dans la paroisse durant les persécutions, et que la communauté locale considère comme des témoins de foi.

    Le père Joseph Nguyen Van Hy, curé de la paroisse, explique que ces martyrs ont accepté leur mort afin de recevoir la vie éternelle et la gloire divine dans le Ciel, leur but ultime ; pour lui, ils sont morts pour la foi catholique et leur loyauté absolue envers Dieu. Les deux laïcs font partie des 117 martyrs du Vietnam, béatifiés par trois papes en quatre fois et canonisés le 19 juin 1988 par saint Jean-Paul II. Pour l’Église locale, ils représentent aussi plusieurs autres milliers de personnes tuées durant cette période dans le pays – on estime que leur nombre a atteint entre 130 000 et 300 000 durant les persécutions survenues entre 1745 et 1862.

    140 martyrs issus de la paroisse de Xuan Bang

    Le père Van Hy raconte que les saints Martin Tho et Jean-Baptiste Con, ainsi que trois prêtres et vingt autres laïcs, ont été arrêtés le même jour et tués le 8 novembre 1840 dans la province de Nam Dinh. Les deux saints laïcs ont été béatifiés en 1900. « Ce que nous avons aujourd’hui, cela vient de leur foi et de leur sacrifice, et nous sommes les fruits issus de nos martyrs. Nous sommes appelés à entretenir ce trésor de foi en témoignant des valeurs chrétiennes dans notre vie quotidienne et en les transmettant aux jeunes générations », demande le prêtre.

    Il ajoute que le sang des martyrs deviendrait vain si tous les habitants ignoraient leur foi. Il précise que la paroisse, qui compte 140 martyrs dont Martin Tho, Jean-Baptiste Con et quatre prêtres, est celle qui compte le plus grand nombre de martyrs dans l’archidiocèse de Hanoï. Les habitants de la région ont commencé à recevoir la Bonne Nouvelle dès le début du XVIIe siècle.

    Avant la messe, des membres de la communauté ont transporté des images des martyrs en procession autour du village, en chantant des hymnes au son des tambours, des gongs et des trompettes. Ils ont aussi assisté à des spectacles culturels évoquant la vie, le service et les souffrances des martyrs.

    Le diocèse de Haïphong honore les martyrs du sanctuaire de Hai Duong

    Le jour suivant, Mgr Joseph Vu Van Thien, archevêque de Hanoï, a également confirmé 82 jeunes de l’archidiocèse. À cette occasion, Mgr Thien a déclaré que les saints Tho et Con « sont morts afin d’affirmer que Dieu existe, que l’Église enseigne de bonnes choses et que les chrétiens aiment ce pays ». Il a ajouté que tout le monde peut témoigner, quels que soient l’activité, le métier, la fonction ou l’âge. Il a également souligné que les chrétiens vietnamiens ne sont plus tués à cause de leur foi aujourd’hui, mais qu’ils peuvent témoigner de la Bonne Nouvelle à travers leurs activités quotidiennes. Il a poursuivi en disant que le sacrement de la Confirmation aide à renforcer la foi des fidèles pour qu’ils puissent vivre leur foi en toutes circonstances.

    Le 5 novembre, de nombreux pèlerins ont aussi célébré la fête des martyrs dominicains au sanctuaire des martyrs de Hai Duong, à près de 60 km au sud-est de Hanoï. Mgr Vincent Nguyen Van Ban, évêque de Haïphong, a présidé la messe en présence de plus d’une centaine de prêtres. Mgr Ban a appelé l’assemblée à protéger et entretenir le sanctuaire en faisant des dons en vue d’une nouvelle église en pierre, dont les travaux ont commencé en 2017.

    L’ancienne église a été détruite lors d’un bombardement américain en 1967. De nombreux catholiques et missionnaires ont été exécutés à cause de leur foi sur le site du sanctuaire de Hai Duong. Parmi eux, on compte trois missionnaires espagnols dominicains – Mgr Jeronimo Hermosilla Liem, Mgr Valentino Berrio Ochoa Vinh et le père Pedro Almato Binh –, tués le 1er novembre 1861, et un dominicain vietnamien, frère Joseph Nguyen Duy Khang, tué le 6 décembre de la même année.

    (Avec Ucanews)

  • La mort d'une figure emblématique de la Flandre post-catholique

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    De Philippe Keulemans sur Het Nieuwsblad via kerknet.be, cette apologie d'une figure de la communauté LGBT qui était persuadé que le Christ lui-même était gay... :

    La foi a guidé la vie de Will Ferdy

    8 novembre 2022

    Will Ferdy a été le premier Flamand connu à faire son coming-out en 1970 ; il a également déclaré être sincèrement religieux.

    Le chanteur flamand Will Ferdy est décédé ce matin à l'âge de 95 ans. Il est né Werner Ferdinande à Gand le 9 mars 1927, mais ses amis l'appelaient Will. Il déménage ensuite de Gand à Anvers et troque sa carrière de cabarettiste pour celle de chanteur.

    Sa carrière s'est étendue sur plus de 66 ans et a produit une œuvre de plus de 500 chansons, souvent très engagées, sur disque. Malgré de nombreux prix et distinctions, il était rarement diffusé à la radio ces dernières années. En 1970, il est le premier Flamand connu à déclarer ouvertement son homosexualité, d'abord à la radio, puis dans l'émission Inspraak. À contrecœur, il est devenu une figure de proue de la communauté gay. Elle lui a aussi appris ce qu'est une vraie amitié et un vrai amour. Il a par la suite témoigné qu'il a payé un lourd tribut à sa sincérité et à sa vulnérabilité et qu'on lui a souvent barré la route ou qu'on ne lui a même pas demandé son avis. Mais en même temps, il a témoigné qu'il n'a pas regretté une seule seconde sa sortie. 

    Fidèle

    À sa mort, plusieurs de ses amis proches ont témoigné qu'il était toujours resté très religieux malgré toutes ses épreuves. Lorsqu'il tombait malade, il leur demandait également d'allumer une bougie pour lui. Dans l'une de ses dernières interviews avec Het Nieuwsblad, il a déclaré qu'il avait subi de nombreuses cicatrices dans sa vie, mais qu'il les avait également toutes oubliées. Dans ma vie, il y a un fil conducteur : l'amour et le respect. Aimez quelqu'un de tout votre cœur et de toute votre âme, mais n'exigez jamais d'un autre ce qu'il ne peut vous donner, disait-il à l'époque. Il a également témoigné de sa foi inébranlable : L'Église n'a rien à voir avec cela. Je crois, mais je ne connais pas Dieu. Je crois en quelque chose, mais pas en un homme avec une longue barbe. Le Christ est pour moi un ami, un grand exemple. Je prie beaucoup. Chaque soir, pour tous mes amis. Si je prie pour quelque chose, je l'obtiens. Je sais que cela peut paraître terriblement risible et naïf, mais c'est vrai. (...) Ma foi m'a toujours sauvé. Partout. Même après ma sortie en 1970, quand je suis tombé en dépression. Le médecin avait prescrit des médicaments. Je ne les ai pas pris. Je m'en suis sorti moi-même. Mes prières étaient suffisantes.

    Reposez-vous

    Lorsqu'on lui a demandé s'il y avait une vie après la mort, il n'a pas pu répondre. S'il ne reste rien, c'est la plus grande paix que vous puissiez avoir. La mort ne me fait pas peur. Seulement le chemin. Donner et montrer de l'amour, c'est ça la vie. Les gens qui s'aiment vraiment sont la plus belle chose qui soit. Je suis heureux d'avoir vécu cette expérience.

    Source : Het Nieuwsblad

    Lisez l'interview complète de Will Ferdy dans le Het Nieuwsblad.

  • "Dé-transition" : Oli London,  témoigne de sa conversion au christianisme

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    De Edie Heipel sur The Catholic World Report :

    Dé-transition : Oli London,  témoigne de sa conversion au christianisme

    5 novembre 2022

    Alors que de plus en plus d'hommes et de femmes partagent publiquement leurs histoires sur la façon dont ils ont "dé-transitionné", ou inversé leurs transitions de genre, un homme parle de la façon dont son expérience l'a conduit au Christ.

    Le chanteur britannique et influenceur viral sur les médias sociaux Oli London attribue à la Bible la nouvelle vie qu'il mène et le fait d'avoir pu "s'accepter" tel que Dieu l'a fait. "En fait, cela a en quelque sorte sauvé ma vie. Elle m'a ramené à qui je suis en tant que personne, en trouvant Dieu", a déclaré London à CNA jeudi.

    Les "problèmes d'identité" sont à l'origine de la transition

    Dès l'âge de 13 ans, London a expliqué à CNA qu'il a lutté contre la dysmorphie corporelle et les "problèmes d'identité", ce qui l'a conduit à détester son apparence. Il a été victime d'intimidation à l'adolescence parce qu'il était en surpoids.

    London, qui a maintenant 32 ans, réside à Londres, en Angleterre.

    "Je suis sûr que beaucoup de jeunes peuvent s'identifier à cela. À l'école, parfois, nous sommes tous victimes d'intimidation à cause de notre apparence ou de ce que nous sommes", a déclaré London. "Mais c'est un peu ce qui a stimulé mon parcours au départ - le fait d'avoir cette sorte de haine de moi-même."

    Après avoir déménagé en Corée du Sud pour enseigner l'anglais en 2013, London dit avoir été "bombardé" de messages sur la façon dont la chirurgie plastique pouvait transformer ceux qui étaient "jugés pas beaux".

    La Corée du Sud est la "capitale mondiale de la chirurgie plastique", réalisant 24 % des retouches esthétiques dans le monde.

    London a commencé à consulter des médecins spécialistes de la chirurgie plastique pour changer l'aspect de son visage, et a finalement subi 32 opérations. "C'est en quelque sorte la raison pour laquelle j'avais des problèmes avec mon identité. Je n'étais pas sûr : suis-je censé être féminin ? Suis-je censé être un garçon ? Plus je subissais d'opérations, plus je voulais avoir l'air féminin."

    London a fait l'objet de critiques pour avoir pratiqué des chirurgies de féminisation du visage à l'image des pop stars coréennes. Un article récent de Fox News disait de London que "son désir de ressembler à un Coréen provenait de sa vie en Corée du Sud et de son amour pour le peuple et la culture de ce pays".

    Le désir de revenir à "ce que Dieu a fait de moi".

    London a déclaré qu'au début de 2022, il a commencé à être "heureux" de son apparence après avoir subi de multiples opérations chirurgicales, notamment une chirurgie du menton, un lifting du visage, un lifting du cou, une chirurgie des yeux et le rasage de la graisse des joues et de l'os du front pour rendre son visage plus féminin.

    "Quand j'ai vu les résultats de tout cela, j'étais super, super heureux. Je me suis dit : 'vous savez quoi, je suis mieux. En tant que femme, je suis plus belle. Je pense que je vais me sentir plus heureuse. Peut-être que c'est la raison pour laquelle j'ai eu toutes ces luttes d'identité toute ma vie, [parce que] je suis piégée dans le mauvais corps.'"

    C'est alors que London a commencé sa transition sociale en femme, portant des vêtements, des chaussures et du maquillage féminins. Mais il a dit qu'il "ne se sentait pas bien".

    Puis, en août, London est entré dans une église catholique. "Il y a trois mois, j'ai commencé à lire la Bible après avoir visité une église catholique", a déclaré London - qui était auparavant athée - ajoutant que la gentillesse accueillante de chacun l'a encouragé à continuer à y aller.

    London se souvient qu'il a parlé avec un prêtre après le service, qui lui a donné une Bible. "J'ai commencé à y aller plusieurs fois par semaine. J'ai commencé à lire la Bible moi-même à la maison", a-t-il déclaré. "J'ai réalisé que Dieu m'avait fait d'une certaine façon, qu'il m'avait fait tel que je suis. Pourquoi diable voudrais-je changer cela ? Pourquoi est-ce que je me soumets à toutes ces procédures extrêmes ? Ce n'est pas ainsi que Dieu m'a fait, ce n'est pas ce que je devais être dans la vie".

    London a déclaré que son expérience à l'église catholique lui a fait comprendre que changer son apparence n'était pas important - ce qui était important était "à l'intérieur". "Laisser Jésus et Dieu entrer dans mon cœur [a] sauvé ma vie. Cela m'a ramené à qui je suis en tant que personne, en trouvant Dieu."

    Son prochain plan ? Se faire baptiser.

    "Je me considère comme chrétien mais je penche plutôt vers le catholicisme. J'aimerais me faire baptiser bientôt", a déclaré London. Il a ajouté qu'il aimerait être baptisé en Amérique par un "prêtre très respecté [qui] a une bonne connexion avec Dieu et [un] système de croyance solide".

    London pense que le baptême l'aidera à guérir des "traumatismes" passés de ses opérations chirurgicales et de la "mentalité" de vivre en tant que personne trans. "L'une des choses que j'ai le plus appréciées dans la Bible est l'histoire du traitement du lépreux par Jésus", a déclaré London. "Cette personne était rejetée par la société. Personne ne voulait aller vers cette personne parce qu'ils pensaient qu'elle était infectée. Et puis Jésus ... a voulu aider cette personne. Il l'a lavée."

    Depuis que London a parlé de son histoire sur les médias sociaux et dans des interviews, il a dit avoir reçu "des milliers et des milliers de messages de chrétiens et de catholiques" priant pour lui et envoyant des encouragements. Il a exhorté les catholiques à tendre la main aux personnes atteintes de dysphorie de genre, en particulier les enfants, et à les inviter à l'église. "Si vous pouvez leur apporter un soutien moral et prier pour eux, je pense que cela les aidera incroyablement et les aidera à changer de vie. La plupart de ces enfants sont perdus, ils sont désorientés", a-t-il dit. Tout à coup, vous avez une personne chrétienne qui vous dit : "Tiens bon, reste fort". Je suis vraiment reconnaissant aux catholiques et aux chrétiens qui ont fait cela jusqu'à présent."

    Et pour son avenir ? London a déclaré qu'il prévoit d'utiliser sa plate-forme pour aider les personnes sans foi, en particulier les adolescents et les enfants qui luttent contre la dysphorie de genre, à s'accepter pour la façon dont "ils ont été destinés par Dieu." "Je veux essayer de diffuser ce message d'acceptation de soi, [que] nous sommes tels que Dieu nous a faits. Acceptons-le. Aidons-les à s'en rendre compte."

    À Londres, en Angleterre, où London vit actuellement, le service national de santé du pays a arrêté ce mois-ci les traitements transgenres pour les enfants après avoir déterminé que la dysphorie de genre est le plus souvent une "phase transitoire" et que les bloqueurs de puberté et les médicaments hormonaux ont de graves effets sur la santé.

    London "remercie Dieu" de ne pas avoir pris d'hormones féminisantes ni subi d'autres interventions chirurgicales. "On pousse les enfants dès l'âge de 12 ans à prendre des bloqueurs de puberté et des traitements hormonaux de substitution. Je ne crois pas que ce soit bien. Les enfants ont besoin d'être des enfants", a-t-il déclaré.

  • Bruxelles (Stockel), 12 novembre : Grande Veillée des Familles avec Jubilate

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    La famille d'Hébrail vient à Stockel le samedi 12 novembre prochain à 18h pour un grand concert et une veillée de prière. 
     
     
    Grande soirée tout public, concert, adoration, confession.

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  • Le sacrifice héroïque des carmélites de Compiègne

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    De Bernadette Mary Reis sur Vatican News :

    Le sacrifice héroïque des sœurs carmélites déchaussées de Compiègne

    En collaboration avec la fondation Hilton, Vatican News publie une série d'articles sur le monde des religieuses, des contributions offertes par des sœurs ou des théologiennes présentes dans le monde entier. Dans cet épisode, direction Compiègne dans le nord de Paris, à la rencontre de sœurs carmélites déchaussées.

    Tout commence par un rêve. En 1693, une femme de 29 ans, porteuse de handicap, vivant au carmel de Compiègne rêve de Jésus en compagnie de sa mère, de sainte Thérèse d'Avila et de deux autres carmélites qui avaient vécu dans le même monastère. Après avoir reçu des instructions sur sa propre vocation, elle a une vision dans laquelle elle voit un certain nombre de carmélites choisies pour «suivre l'Agneau».

    Un bond en avant, en 1786: mère Thérèse de Saint-Augustin, nouvellement élue prieure du même monastère, trouve un récit de la vision que sœur Elisabeth Baptiste a eue avant de prononcer ses vœux de carmélite. Mère Thérèse a le pressentiment que ce rêve est une prophétie concernant sa communauté.

    Evacuation des monastères et saisie des biens

    Quelques années plus tard, la Révolution éclate en France et le régime de la Terreur est mis en place. En février 1790, la suspension provisoire des vœux religieux est ratifiée. Le 4 août, les biens de la communauté carmélite sont inventoriés; le lendemain, toutes les religieuses sont interrogées et se voient offrir la possibilité de renoncer à leurs vœux. Au grand regret des dirigeants révolutionnaires, toutes les religieuses expriment leur ferme détermination à rester fidèles à leurs vœux jusqu'à la mort.

    Pâques 1792: le 6 avril, le port de l'habit religieux devient illégal; deux jours plus tard, le rêve de sœur Elisabeth Baptiste est raconté aux sœurs de la communauté. Les événements se précipitent: en août, les monastères de femmes sont fermés et évacués et les biens des religieuses saisis.

    Les vingt carmélites de Compiègne quittent leur monastère le 14 septembre, fête de l'Exaltation de la Croix. Avec l'aide d'amis, elles trouvent refuge dans quatre localités différentes et parviennent à acheter des vêtements civils pour chacune d'entre elles: elles n'ont pas assez d'argent pour acheter également des vêtements de rechange et leur demande de soutien auprès du gouvernement reste lettre morte.

    Peu de temps après, mère Thérèse de Saint-Augustin consulte les quatre religieuses du chœur, les plus âgées, sur la proposition à faire à toute la communauté d'offrir leur vie pour le salut de la France: sa proposition s'enracine dans le désir de sainte Thérèse d'Avila de réformer le carmel. De manière compréhensible, elle se heurte à une résistance: qui, en réalité, se soumettrait volontairement à une décapitation au moyen de la guillotine nouvellement inventée?

    Acte du don de soi

    Mais curieusement, quelques heures plus tard, deux des religieuses les plus âgées demandent à la prieure de leur pardonner leur manque de courage: cela ouvre la voie à mère Thérèse, qui propose aux autres membres de la communauté un acte de don de soi. A partir du 27 novembre, toutes les sœurs récitent un «acte de don de soi» pour le salut de la France, écrit par la prieure. Par la suite est ajoutée une intention pour que de moins en moins de personnes soient exécutées au moyen de la guillotine, et pour la libération des personnes arrêtées.

    Le 21 juin 1794, des soldats perquisitionne les logements des religieuses. Le lendemain, elles sont arrêtées sur la base de preuves apparues lors de la perquisition, utilisées pour prouver qu'elles continuent à mener une vie consacrée et qu'elles sympathisent avec la monarchie. La communauté carmélite, qui comptait alors seize religieuses, se retrouve en état d'arrestation dans l'ancien couvent de la Visitation avec dix-sept sœurs bénédictines anglaises. Le 12 juillet, le maire de Compiègne fait irruption dans le couvent avec des soldats, surpris de trouver les femmes vêtues de leurs habits religieux: la seule tenue civile qu'elles possédaient était complètement trempée. A ce stade, le départ pour Paris, où le procès les attend, est inévitable.

    Le 17 juillet, les seize carmélites et 24 autres prisonniers sont reconnus coupables d'être des «ennemis du peuple» - entre autres chefs d'accusation - et condamnés à mort. Les religieuses se préparent à l'accomplissement du rêve prophétique: bientôt elles suivront l'agneau.

    Le soir même, Paris résonne de la voix des religieuses qui chantent l'office divin tandis qu’elles traversent les rues de la ville; le bourreau leur permet de terminer leurs prières pour les mourants, notamment le chant du Te Deum, suivi du Veni Creator et du renouvellement de leurs vœux. Après être montées à la potence, elles reçoivent une dernière bénédiction de la prieure, embrassent la statue de Notre-Dame et suivent l'agneau sacrifié.

    Robespierre fut arrêté dix jours plus tard et exécuté le jour suivant. Les martyrs de Compiègne ont été béatifiées par Pie X en 1909, et le procès en vue de leur canonisation équipollente est actuellement en cours.