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  • Quand Léon XIV célèbre « le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée »

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    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Place Saint-Pierre
    Mercredi 17 juin 2026

    Catéchèse. Le Voyage apostolique en Espagne

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Aujourd’hui, je souhaite vous proposer quelques réflexions sur le voyage apostolique que j’ai effectué la semaine dernière en Espagne, visitant Madrid, Barcelone, l’abbaye de Montserrat et les îles Canaries.

    Après un long périple dans quatre pays africains, je me suis cette fois retrouvé plongé dans un pays européen doté d’une ancienne et très riche tradition catholique. Et il est apparu clairement que dans l’Espagne d’aujourd’hui, qui a connu de notables changements sociaux et culturels, le Pape a été accueilli partout avec enthousiasme et ouverture à l’écoute. J’en rends grâce à Dieu et à tout le peuple espagnol, au Roi et aux autorités civiles, aux évêques et aux communautés ecclésiales.

    Le peuple de Dieu m’a beaucoup réconforté par la manifestation joyeuse de sa foi et de son affection. À mon tour, j’ai confirmé les fidèles et, comme évêque de Rome, je les ai encouragés à surmonter toute forme de division et d’opposition en cultivant toujours la communion, le dialogue, l’unité dans la diversité. Tel est le service propre au Successeur de Pierre, service qui trouve une expression spécifique dans les voyages apostoliques, chaque fois adaptée aux situations ecclésiales et sociales des pays visités.

    En Espagne, j’ai pu constater avec joie à quel point les gens, de tous âges et de toutes conditions, attendaient la visite du Pape : partout, j’ai trouvé des foules venues m’accueillir avec une grande chaleur. Cela n’allait pas de soi, et cela mérite réflexion. Naturellement, cette participation exprime avant tout, comme je le disais, la foi du peuple espagnol ; en même temps, je pense qu’elle manifeste le besoin généralisé de se retrouver unis sur un fondement vrai et profond – qui ne soit ni intéressé ni idéologique. Ce fondement que seul le Christ, en dernière analyse, peut garantir, et que l’Évangile, à travers les « inculturations » nécessaires, peut transmettre dans la vie des peuples. Il le peut parce que son message répond pleinement à ces deux exigences : la recherche de la vérité et la soif de justice.

    À Madrid et à Barcelone, nous nous sommes rassemblés dans les grandes cathédrales ainsi que dans des stades ultramodernes. Nous avons prié le Saint Rosaire à l’abbaye de Montserrat. Nous avons célébré la messe à la Sagrada Familia, symbole majestueux, symphonie de pierre et de lumière qui parle à tous du mystère chrétien. Cette rencontre entre l’ancien et le moderne, entre la tradition catholique et la culture contemporaine, m’a fait percevoir de manière vive le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée. Il s’agit d’un patrimoine à préserver avec soin, afin de pouvoir l’investir dans le monde d’aujourd’hui avec ses défis historiques : la paix, l’écologie intégrale, le développement équitable et durable, le respect de la dignité humaine. Ce sont là des défis que le Concile Vatican II avait déjà clairement reconnus et sur lesquels le Magistère qui a suivi est revenu, jusqu’à ma récente encyclique Magnifica humanitas, qui vise à protéger la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.

    J’ai perçu, à travers ces différentes rencontres, le besoin d’entendre dans la voix du Pape l’Évangile de l’espérance pour notre humanité d’aujourd’hui, durement éprouvée par les conséquences négatives d’un modèle de développement trompeur. Ce besoin, qui s’est exprimé à travers les nombreux témoignages que j’ai pu entendre – des témoignages tantôt émouvants, tantôt édifiants –, je l’ai reconnu aussi et surtout sur les visages des petits et des pauvres que j’ai rencontrés : celui de l’enfant qui m’a lu sa lettre à la paroisse ; celui de certaines victimes d’abus, qui demandent à être écoutées ; des détenus qui m’attendaient en prison ; des jeunes pleins d’inquiétude et de projets ; des migrants dans les centres d’accueil des Canaries.

    C’est précisément là, aux îles Canaries, dernière étape de notre itinéraire, qu’une clé de lecture globale m’a été offerte. Elle m’a été offerte, d’une part, par la situation géographique même de cet archipel ; et, d’autre part, par la réalité d’une Église locale qui accueille un grand nombre de migrants forcés, provenant surtout d’Afrique. Nous savons que le phénomène migratoire est complexe et qu’il exige des plans d’action cohérents et concertés. Mais cette clé de lecture ouvre une perspective différente et plus large : elle nous fait comprendre comment nous sommes appelés à relire l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, en échangeant les dons de nos cultures respectives, et en particulier les fruits produits en elles par la fécondité du message du Christ. Et l’un de ces fruits est précisément le dialogue entre les personnes et entre les peuples, la rencontre dans un esprit de fraternité, qui permet de découvrir et d’apprécier mutuellement les valeurs dont l’autre est porteur. Ce chemin n’est pas facile, il exige de la bonne volonté et l’aide de Dieu, mais c’est le chemin qui mène à la civilisation de l’amour.

    Chers frères et sœurs, la devise de ce voyage apostolique était “Alzad la mirada”, “Levez les yeux!” (cf. Jn 4, 35). Ce sont les paroles de Jésus, adressées à ses premiers disciples, pour leur apprendre à voir dans les personnes et dans les foules le désir de vie, de vérité, de plénitude. C’est à moi d’abord que le Seigneur répète ces paroles, et par sa grâce, j’en ai fait l’expérience également au cours de ce voyage. Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous cette invitation : levons les yeux ! Apprenons de Jésus à regarder notre prochain, les gens, le monde «avec les yeux de Dieu», c’est-à-dire avec amour, respect et compassion.

    Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour le bon déroulement de ce voyage apostolique, en particulier les communautés de moniales contemplatives, qui, en Espagne, grâce à Dieu, sont très nombreuses. Continuez à prier, afin que, par l’intercession de la Vierge Marie, les graines que j’ai semées portent des fruits abondants. Merci !

  • Les chrétiens d'Europe : de plus en plus pris en étau entre les islamistes et la gauche

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    De sur The European Conservative :

    Les chrétiens d'Europe : de plus en plus pris en étau entre les islamistes et la gauche

    Face à l'accélération des mutations démographiques et à la montée de l'hostilité anti-chrétienne, tant de la part de l'islam radical que de la gauche laïque, la foi qui est l'âme de l'Europe fait face à un avenir incertain et sombre.
    (...) La forte augmentation des crimes de haine antichrétiens, scrupuleusement recensée par l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination à l’égard des chrétiens en Europe (OIDAC Europe), est restée largement sous silence. Rien qu’en mai, OIDAC Europe a signalé 37 crimes de haine visant « les lieux de culte chrétiens, les symboles religieux, les espaces religieux, les institutions chrétiennes et les personnes chrétiennes », notamment :
    • 13 attaques liées à des incendies criminels (le chiffre le plus élevé en 2026 à ce jour)
    • 10 cas de vandalisme
    • 3 cas de « profanation » délibérée
    • 3 cas de violence physique
    • 3 vols d'objets religieux
    • 3 cas de « vandalisme et de violence »
    • 1 cas d'incitation
    • 1 cas de perturbation du culte

    Certains de ces incidents sont profondément inquiétants. Une religieuse polonaise a été agressée physiquement et verbalement à un arrêt de bus ; la croix qu’elle portait autour du cou lui a été arrachée. Les vitres de l’église du Saint-Esprit à Hanau, en Allemagne, ont été brisées par des tirs de billes d’acier alors que des centaines de fidèles se trouvaient à l’intérieur. Deux étudiants catholiques autrichiens ont été agressés et grièvement blessés à Innsbruck par des individus se réclamant de l’extrême gauche. 

    OIDAC Europe a également constaté qu'un café chrétien de Leipzig avait dû fermer ses portes après que ses gérants eurent signalé 26 agressions en deux ans et demi, incluant des actes de vandalisme répétés, des graffitis, des dégâts à l'acide butyrique et d'autres formes de harcèlement. Ces agressions ont été perpétrées par des individus liés à l'extrême gauche. En Grèce, le clocher d'une église historique a été endommagé par un assaillant armé d'un fusil de chasse. Plusieurs églises en Pologne ont également été vandalisées, certaines arborant des symboles sataniques (une autre tendance inquiétante).

    L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre d'incidents haineux antichrétiens en mai, avec 10 cas ; l'Italie et la France en ont comptabilisé 8 ; la Pologne, 3 ; l'Irlande, l'Autriche, le Portugal, l'Espagne, la Grèce, le Royaume-Uni et la Bosnie-Herzégovine, un cas chacun. « Les chiffres présentés dans ce rapport ne reflètent que les cas documentés et connus d'OIDAC Europe et ne peuvent donc pas rendre compte de l'ampleur réelle de l'hostilité antichrétienne en Europe », précise le rapport . « Néanmoins, les incidents recensés en mai 2026 témoignent d'une tendance persistante d'attaques visant les lieux de culte chrétiens, les symboles religieux et les organisations chrétiennes dans de nombreux pays européens. » Cinq autres actes de vandalisme et d'incendie criminel contre des églises ont été signalés depuis la publication du rapport.

    Les chrétiens d'Europe sont de plus en plus pris en étau entre les islamistes venus d'ailleurs et les extrémistes de gauche locaux. En Finlande, Päivi Räsänen a été poursuivie pendant sept ans pour avoir cité et défendu publiquement la Bible par des militants LGBT antichrétiens et leurs alliés judiciaires. Le 6 juin, en France, une prière catholique a été perturbée par deux individus criant « Allahu Akbar ! » et « Allez vous faire foutre, les chrétiens ! ». Gauche et islamistes haïssent le christianisme pour des raisons totalement différentes, mais pour des raisons qui semblent autant spirituelles que pratiques, ils font souvent cause commune. Le mouvement « Queers for Palestine », par exemple, est très actif en Europe.

    Ces attaques ne constituent pas encore une persécution à grande échelle, mais elles pourraient en être le présage. Les émeutes de Belfast et d'ailleurs ont soulevé une question essentielle : à quoi ressemblera l'Europe si les populations autochtones deviennent minoritaires sur leurs propres terres ? Une autre question mérite d'être posée : quel sera le sort des chrétiens d'Europe, de plus en plus méprisés ? De nombreux pays – la République tchèque, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France – ont déjà perdu leur majorité chrétienne. D'autres suivront bientôt. Nous ne pouvons l'affirmer avec certitude, mais une chose est sûre : le christianisme est l'âme de l'Europe, et un continent sans âme est un lieu sombre.

     
    Jonathan Van Maren est un rédacteur pour europeanconservative.com basé au Canada. Il a écrit pour First Things , National Review , The American Conservative , et son dernier livre est Prairie Lion : The Life & Times of Ted Byfield .
  • Allemagne : le nombre total d'enfants avortés depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière

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    De Manfred Spieker sur le Tagespost :

    La réforme de la loi sur l'avortement, entrée en vigueur il y a 50 ans, le 22 juin 1976, a légalisé l'interruption de grossesse en Allemagne. Avant même cette réforme, la Conférence des évêques avait averti : « Cette réglementation ébranle les fondements de notre État de droit, elle détruit la conscience morale et rend la société non pas plus humaine, mais plus inhumaine », et elle avait exprimé l'attente que les hôpitaux et les médecins catholiques s'abstiennent de toute pratique d'avortement.

    La réforme a également instauré l'obligation pour les médecins et les hôpitaux de déclarer leurs avortements à l'Office fédéral de la statistique. Ces statistiques sont compilées depuis 1977. La RDA, qui avait légalisé l'avortement en 1972, tenait également des statistiques sur ce sujet. Les statistiques ouest-allemandes ont recensé 54 309 avortements en 1977 et 75 548 en 1978. Ces chiffres ont incité Hans Maier, alors président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), décédé le 8 juin, à appeler les catholiques, lors du Congrès catholique de 1978 à Fribourg, à exprimer leur indignation face à l'avortement : « Nous devons réapprendre à nous indigner face à de telles choses. Un peuple qui ne peut plus exprimer son indignation est perdu. »

    Le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.

    À cette époque, les évêques et le Comité central étaient encore en conflit. Ces dernières années, le nombre annuel d'avortements a fluctué autour de 100 000. En résumé, les statistiques pour l'Allemagne font état de 6 794 045 avortements au 31 décembre 2025 et d'environ 6,82 millions à la fin mars 2026. Un nombre important de cas non déclarés est également probable.

    L'Office fédéral de la statistique expliquait régulièrement que ses chiffres ne reflétaient pas la réalité jusqu'à la réforme des articles 218 et suivants du Code pénal allemand en 1995. Nombre de médecins ne respectaient pas l'obligation de déclaration. Les statistiques de facturation de l'Association nationale des médecins conventionnés affichaient à elles seules des chiffres systématiquement surestimés pour les avortements. Les avortements facturés à titre privé, avec des codes incorrects ou pratiqués à l'étranger doivent également être comptabilisés. Alors que les chiffres officiels des avortements correspondent déjà à la population de la Hesse et de Brême, le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.


    L'auteur est professeur émérite de sciences sociales chrétiennes.

  • Irak : l'histoire d'une communauté chrétienne sous pression

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    Du site de l'ECLJ :

    Les chrétiens irakiens : l'histoire d'une communauté sous pression

    18 juin 2026

    En deux décennies, la population chrétienne d'Irak a chuté de 85 %. Les descendants des Assyriens et des Babyloniens, héritiers de l'une des plus anciennes civilisations du monde, sont confrontés à une série d'épreuves incessantes qui rendent chaque jour plus difficile le choix de rester sur leur terre ancestrale.

    Le conflit israélo-iranien n'a pas épargné l'Irak, et la région autonome du Kurdistan irakien, au nord du pays, en subit de plein fouet les conséquences. Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), pris en étau par sa position géographique et la convergence d'intérêts stratégiques, est devenu, malgré lui, un théâtre de tensions. Dans ce contexte, les chrétiens se retrouvent une fois de plus en première ligne. Ankawa, commune chrétienne d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien et cœur de la communauté chrétienne du pays, se situe à quelques centaines de mètres seulement de la base militaire américaine de l'aéroport international d'Erbil, une proximité qui en fait une victime collatérale.

    Des attaques de drones menées par des milices chiites ont endommagé plusieurs bâtiments appartenant à l'archidiocèse chaldéen d'Erbil, notamment le complexe d'appartements Bienheureux Michel McGivney et le couvent des Filles chaldéennes de Marie Immaculée. La plaine de Ninive n'a pas été épargnée. Cette région, située à l'est et au nord de Mossoul, comprend plusieurs villes historiquement chrétiennes telles que Qaraqosh, Bartella, Karamlesh, Telkief et Alqosh, et demeure l'un des territoires les plus complexes du nord de l'Irak. Relevant du gouvernorat de Ninive, elle se trouve à la frontière entre les zones d'influence de Bagdad et du gouvernement régional du Kurdistan. Si certaines villes sont administrées par les autorités kurdes, d'autres relèvent du gouvernement fédéral ou sont marquées par la présence de divers groupes armés. Dans ce contexte particulièrement sensible, la ville de Bartella a également été touchée, cette fois par des frappes aériennes américaines.

    La ville de Bartella, située dans la province de Ninive, a été frappée par des drones américains en mars 2026.

    Contrairement aux épreuves passées, il n'y a aujourd'hui ni ligne de front clairement définie, ni refuge. Les missiles sont imprévisibles et peuvent frapper n'importe où. Une menace diffuse et invisible plane à nouveau sur une communauté qui semble ne jamais cesser de payer le prix de la guerre.

    Une communauté au bord de l'extinction

    Les chrétiens d'Irak ne constituent pas une simple minorité religieuse ; ils forment un peuple autochtone dont l'identité se perpétue grâce à l'usage du « sureth », une langue néo-araméen encore parlée dans la liturgie et au quotidien. Le Kurdistan irakien, et en particulier Ankawa à Erbil, ainsi que la plaine de Ninive, abritent une mosaïque de communautés. Parmi celles-ci figurent l'Église chaldéenne de rite catholique oriental, la plus importante d'Irak ; l'Église apostolique assyrienne d'Orient, dont le siège patriarcal est à Erbil ; l'Ancienne Église d'Orient (qui s'est séparée de l'Église apostolique assyrienne d'Orient en 1964) ; les Églises syriaque catholique et orthodoxe ; et les minorités arméniennes, descendantes des exodes du début du XXe siècle. Leur disparition ne serait pas un simple changement démographique, mais la fin d'une civilisation enracinée dans l'histoire.

    Messe de Pâques à la cathédrale syriaque orthodoxe Notre-Dame de la Lumière d'Ankawa, célébrée par Son Excellence Nicodème Daoud Sharaf

    Comme leECLJComme l'indiquait un rapport de mai 2025, la présence de ces chrétiens en Irak est menacée d'extinction. Avant l'invasion américaine de 2003, ils étaient environ 1,5 million. Depuis, ils sont victimes de violences aveugles. Dans les années 2000, une vague de violences ciblées et d'enlèvements a d'abord déferlé ; puis, en 2014, la conquête de la plaine de Ninive par l'État islamique a provoqué un exode massif vers l'Occident et les pays voisins. Selon un communiqué de presse de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) daté de juillet 2024, il n’en reste que 250 000 en raison de ce déclin continu, soit une baisse de 85 % en deux décennies.

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  • Les jésuites quittent Liège...

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    Oui, c’est une page d’histoire qui se tourne à Liège.

    Les Jésuites quittent effectivement la Cité ardente en 2026, après plus de 456 ans de présence continue (depuis 1569 environ). La communauté de la rue Saint-Gilles fermera ses portes à la fin de l’année scolaire 2025-2026.

    • Les premiers Jésuites étaient arrivés peu après la fondation de la Compagnie (1540), avec des figures comme Pierre Canisius.
    • Ils fondèrent ou reprirent plusieurs établissements : le Collège en Isle (1582), le Collège des Anglais (1616), puis plus tard le Collège Saint-Servais (repris en 1838), le Collège Saint-Louis et l’Institut Gramme (début XXe siècle, aujourd’hui intégré à HELMo).
    • Leur rôle a été central dans l’éducation humaniste, la formation intellectuelle, la pastorale et l’engagement social à Liège pendant des siècles.

    Le départ s’inscrit dans une réorganisation plus large de la Province jésuite d’Europe occidentale francophone (EOF), liée au vieillissement des effectifs et à une baisse des vocations. Le dernier Jésuite en fonction au Collège Saint-Servais est parti à la retraite, scellant la décision.

    Les Jésuites ont incarné une tradition éducative exigeante (ratio studiorum), alliant rigueur intellectuelle, formation du caractère, discernement et ouverture au monde. Leur empreinte à Liège est profonde, et leur départ physique marque la fin d’une présence ininterrompue exceptionnelle.

    La perte d’une communauté religieuse résidente active (pastorale, accompagnement spirituel, animation intellectuelle) est bien réelle dans un contexte de sécularisation forte en Europe occidentale. Les Jésuites ont souvent été des « ponts » entre foi, culture et société ; leur retrait s’inscrit dans un mouvement plus large de déclin des ordres religieux en Belgique et en Europe.

    C’est une évolution triste pour ceux qui attachent de l’importance à cet héritage. Liège perd une part de son identité historique distinctive. La question plus large est celle de la transmission : comment préserver et actualiser cet esprit éducatif et spirituel sans les acteurs qui l’ont incarné pendant près de cinq siècles ?

    Même chose à Murcie : Le manque de vocations contraint les Jésuites à quitter Murcie après plus de 150 ans de présence

  • Pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille

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    De Maria Bigazzi sur la NBQ :

    « Je vais vous expliquer pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille »

    Les conséquences de la société pandémique, le néo-malthusianisme, le déclin des nations occidentales, l’abandon de la loi naturelle, l’immigration, le nouvel ordre mondial et sa haine de la vie et de la famille. La Bussola interviewe Ettore Gotti Tedeschi, auteur de *Ainsi ne parlait pas Zarathoustra*.

    18/06/2026

    Nous vivons dans une société malade, nous nous sentons perdus et privés de notre identité. Nous en avons parlé avec Ettore Gotti Tedeschi, auteur du livre *Così non parlò Zarathustra* (Cantagalli), qui précise que la société est tombée malade depuis qu’elle a nié le « libre arbitre » et l’a progressivement remplacé par le « déterminisme scientifique ». On a oublié l’enseignement de Socrate, d’Aristote, de saint Thomas, tandis que l’on connaît et partage la pensée de Nietzsche et de Sartre, en se limitant à tenter de résoudre les effets et en perdant ainsi la capacité de rechercher et de comprendre les « causes » de toute chose, le sens de la vie, les valeurs essentielles.

    Pandémie et situation d’urgence : quelles sont les conséquences de la société pandémique et dans quelle mesure influencent-elles la crise économique ?

    Le confinement, considéré comme la solution à une « pandémie », outre les problèmes déjà bien connus d’ordre social, psychologique, etc., a eu un résultat vraiment considérable : accélérer le processus de numérisation (notamment grâce au télétravail) d’au moins 10 à 15 ans, voire 20 selon certains. Je me contenterai de résumer : la numérisation est un outil fondamental pour être compétitif dans un monde globalisé, où les anciens pays émergents (aujourd’hui les BRICS) représentent près de 50 % de la population mondiale et 50 % du PIB mondial. Le problème est complexe : l’Occident ne sait plus aujourd’hui comment rivaliser, il doit inventer un avantage concurrentiel. Une découverte technologique, cependant, dans un monde globalisé, se répercute sur son utilisation au sein du marché, qui détermine les modèles économiques à adopter, car marché mondial rime avec concurrence mondiale. Soit on sait être compétitif, soit on fait autre chose. L’interdépendance entre les pays du monde est extrêmement forte, tout comme la concentration des nouvelles matières premières (pensons à l’énergie), mais aussi des produits de haute technologie (pensons aux puces électroniques). Aucun pays n’est plus autonome et ne peut se passer des autres. Je pose donc la question : une forme de « souverainisme » est-elle possible aujourd’hui ?

    Le surhomme aujourd’hui : entre néo-malthusianisme, écologisme et syncrétisme religieux. Pouvez-vous nous en faire une analyse ?

    Le surhomme de Nietzsche devrait aujourd’hui se concrétiser grâce aux technologies et à l’intelligence artificielle, ou bien à l’aide de certaines substances psychotropes. En pratique, il s’agit de l’amélioration des facultés humaines grâce à la technologie. Pour moi, la véritable amélioration réside dans la prière et dans la grâce que Dieu m’accorde, mais il est évident que si l’homme se prend lui-même pour Dieu, il ne s’estimera qu’à l’aune de ses découvertes scientifiques, réduisant ainsi lui-même sa dignité d’enfant de Dieu. Nietzsche avait prophétisé la fin de la civilisation occidentale parce qu’elle était chrétienne, tout comme le fait que très bientôt, l’homme considérerait le péché non plus comme un péché envers Dieu, mais envers la Terre et l’environnement. Il a ainsi convaincu ses disciples d’accélérer le processus d’écologisme, seule raison certaine de redécouvrir le malthusianisme nécessaire pour réduire la population. Aujourd’hui, les néo-malthusiens « érudits » et « responsables » ont établi que la population mondiale doit être réduite pour « sauver la planète ». Le syncrétisme religieux est quant à lui une grande découverte faite par les secrétaires de l’ONU pour assurer le succès du soi-disant nouvel ordre mondial, en encourageant les migrations – inutiles et contre-productives d’un point de vue économique (et non humanitaire) – vers des pays à religion dogmatique afin de polluer les « croyances superstitieuses dogmatiques », les valeurs non négociables, la crédibilité de l’autorité morale, etc. Et il y a eu un pape [François, ndlr] qui a même applaudi.

    Déclin des nations occidentales, nouvel ordre mondial (mondialisation et immigration) et crise de l’Europe : quelles en sont les causes et quel rôle joue l’abandon de la loi naturelle et du sens moral ?

    Giacomo Leopardi attribuait au progrès des Lumières la perte du sens moral. Les Lumières avaient également réduit l’homme à de la « matière », entraînant ainsi une ignorance des lois naturelles. Il ne fait aucun doute que l’anthropocentrisme, où l’homme se substitue à Dieu (théocentrisme), né à l’époque humaniste et de la Renaissance, a contribué à convaincre l’homme de satisfaire ses propres besoins, grâce à une recherche technique appropriée et à un consumérisme toujours plus grand. Cette forme de matérialisme a entraîné une sécularisation progressive, très immanente et peu transcendante. De la métaphysique, l’homme passe à l’utilitarisme technocratique et individualiste, peut-être même encouragé par certains théologiens qui, pour ne pas perdre leur popularité dans le monde, ont même réussi à concilier l’évolution biologique avec l’évolution morale nécessaire. Personne ne parle plus de métaphysique ni d’utilitarisme. Comment prétendre qu’un relativisme éthique niant les valeurs objectives ne s’affirme pas de plus en plus ? L’immigration, qui est une contradiction absolue, ne sert qu’à effacer les racines de la civilisation chrétienne, tout comme cela a été le cas pour le nouveau « bio-droit », qui, avec le président Obama et l’OMS, a remplacé la bioéthique, notamment en matière d’avortement, d’euthanasie, etc. Combien ont aujourd’hui le courage d’aller à contre-courant sans crainte ?

    Le nombre de naissances diminue, la population âgée augmente et, avec elle, les dépenses de santé publique. L’euthanasie devient alors la « solution » au problème… Quel est le lien entre l’euthanasie et la dénatalité ?

    Ce sont les deux faces d’une même médaille. La dénatalité est présentée comme une meilleure qualité de vie sans enfants, tandis que l’euthanasie apparaît comme la solution miséricordieuse à une vie indigne d’être vécue. L’absence d’enfants engendre la pauvreté et des risques indicibles de considérer la vie comme « sans valeur » ; l’euthanasie confirme que la valeur de la vie est toujours et uniquement « nulle ». Pour comprendre, nous devrions avoir le courage de reconnaître qui hait la vie humaine et pourquoi, sans en avoir honte. Je vous invite à lire ce qu’a écrit à ce sujet le grand Jérôme Lejeune. Dans une économie mature, avoir des enfants est synonyme de richesse, ne pas en avoir est synonyme de pauvreté. Dans le soi-disant monde occidental, pour devenir plus riche, il faut avoir plus d’enfants. Personnellement, j’ai étudié et affirmé cela dès 1975. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, je lis que le problème de la natalité (avec ses conséquences) a été découvert par tous. Auparavant, on l’a nié, en se moquant de moi. Mais ce qui s’est passé depuis 1975, rien que dans le monde occidental riche et cultivé, a coûté très cher. Et aujourd’hui, éliminer 70 % de la population mondiale pour préserver la Terre est un choix idéologique qui coûtera bien plus cher encore.

    Vous affirmez que la famille incarne la vérité humaine et sociale et qu’elle constitue le noyau social. Quelles conséquences entraîne la désagrégation de la famille au sein de la culture mondialiste-nihiliste ?

    La famille est autant haïe que la vie elle-même, car elle accomplit quelque chose d’intolérable : elle met au monde, élève et éduque ses enfants de manière subjective, non pas de façon homogène, mais en fonction des besoins, du caractère, des aptitudes, des forces et des faiblesses de chacun, individuellement. Permettez-moi de dire qu’on comprend tout de suite si un jeune a été élevé de cette manière par sa famille. Pourrait-on envisager de soutenir la famille, ne serait-ce que dans ce rôle, dans un monde globalisé qui prétend uniformiser les cultures, les comportements, les valeurs et les religions ? Ce n’est pas facile, d’autant plus que la famille est en concurrence avec l’État en matière d’investissements scolaires et professionnels. Elle s’occupe des membres de la famille malades, des personnes âgées, et elle le fait avec soin et affection. L’État ne semble pas beaucoup apprécier cette concurrence, peut-être selon le même principe qui a conduit à l’expulsion des religieuses infirmières des hôpitaux ou des religieuses enseignantes des écoles maternelles ?