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Bioéthique - Page 9

  • GPA : refuser ce modèle de société qui nous mène vers une rupture anthropologique majeure

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    Une opinion de Régine Hazée, Maître-Assistante en Droit à la Haute Ecole Galilée (Bruxelles) parue sur la Libre de ce 13 janvier, pp. 38-39 :

    La GPA et le cheval de Troie

    La gestation pour autrui pose des problèmes éthiques et juridiques fondamentaux. Le législateur européen doit urgemment refuser ce modèle de société qui nous mène vers une rupture anthropologique majeure.

    Il est parfois des vérités qui avancent masquées pour s’imposer. La normalisation progressive de la gestation pour autrui (GPA) dans le paysage juridique européen compte parmi celles-là. De pratique sociale encore marginale, la GPA s’est muée, lentement mais sûrement, en réalité juridique incontournable, quoi qu’il en coûte à ses contempteurs.

    Le législateur européen ne saurait ignorer plus longtemps l’impérieuse nécessité d’établir un cadre clair, traduisant la recherche d’équilibre entre l’interdiction de la GPA, d’une part, et la défense des intérêts des enfants conçus selon ce mode d’engendrement d’autre part.

    Les arguments des pro-GPA

    Si ceux-ci ne doivent pas être discriminés au regard du mode de procréation dont ils sont issus, encore faut-il admettre que la maternité de substitution pose des problèmes éthiques et juridiques fondamentaux.

    Depuis vingt ans, les lobbyistes pro-GPA s’attellent à lutter sur deux fronts simultanément Pour les uns il s’agit de réclamer la légalisation de la GPA en droit interne au motif que lorsqu’elle serait "éthique", rien ne devrait contrarier la consécration du droit à l’enfant. Pour les autres, il est question d’exiger la reconnaissance des actes d’état civil dressés à l’étranger à la suite de "conventions de mère porteuse" désignant les commanditaires comme auteurs de l’enfant.

    L’argumentaire développé à l’appui de ces revendications est bien connu. On n’a pas fini de questionner les impensés sur lesquels il repose. Tantôt on convoquera le mythe de la femme naturellement généreuse, qui fait le don d’elle-même de manière altruiste et désintéressée. Tantôt on s’égarera dans la fable du consentement, conduisant à légitimer l’asservissement volontaire des femmes concernées. Tantôt encore, on n’hésitera pas à justifier la politique du fait accompli, en instrumentalisant sans scrupule la notion de l’intérêt de l’enfant.

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  • Les lois bioéthiques ne limitent pas les dérives; elles sont les dérives

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    JEAN-MARIE LE MÉNÉ : "LES LOIS DE BIOÉTHIQUE NE SONT NI BIO, NI ÉTHIQUES, ELLES N’ONT PAS LIMITÉ LES DÉRIVES, ELLES SONT LES DÉRIVES"

    02 janvier 2020  Embryon: recherche et alternatives

    Dans une tribune publiée dans Valeurs actuelles, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Lejeune, dénonce l’utilisation de l’embryon humain, rendu « disponible » par la « légalisation de la PMA », comme cobaye de la recherche. Aussi, il note que « contrairement au nom qu’elles portent, les lois de bioéthique ne sont ni bio, ni éthiques, elles n’ont pas limité les dérives, elles sont les dérives ».

    Il déplore que depuis 1994 et les premières lois de bioéthique, on soit passé de « l’interdiction de la recherche sur l’embryon à l’interdiction de s’y opposer » et que « le respect de l’embryon » soit « devenu une exception au principe de son non-respect ». Il regrette que « la loi de bioéthique ne protège pas la dignité de l’embryon mais l’intérêt des chercheurs ». Pourtant, la Fondation Lejeune qui combat cet état de fait, « a apporté systématiquement la preuve scientifique qu’aucune recherche ne requérait l’instrumentalisation de l’embryon humain ».

    Jean-Marie Le Méné considère que « céder sur le respect inconditionnel qui est dû à chaque membre de notre espèce dans son extrême jeunesse c’est absoudre par avance tous les crimes à venir ».

  • L'avortement devant la Cour Suprême des Etats-Unis

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    ETATS-UNIS : L'AVORTEMENT DEVANT LA COUR SUPRÊME

    03 janvier 2020

    Plus de deux cents membres du Congrès ont demandé à la Cour suprême des États-Unis de reconsidérer l'arrêt Roe v Wade de 1973, qui a autorisé l'avortement dans tout le pays.

    L'appel a été présenté à l’occasion d’une affaire en Louisiane où une loi a été votée qui établit des conditions d'admission dans les hôpitaux pour les médecins qui pratiquent des avortements. Il a été signé par 205 républicains et deux démocrates. Ces parlementaires demandent  à la plus Haute cour de reconsidérer l’arrêt Roe c. Wade, qui a fait de « l'accès à un avortement sûr, un droit constitutionnel ».

    Cette décision intervient à un moment où l'avortement est de plus en plus contesté aux États-Unis, et la question risque de faire l'objet d'un débat acharné à l'approche des élections américaines de 2020.

    « Quarante-six ans après la décision Roe, l’IVG demeure un précédent radicalement instable » expliquent les législateurs dans le mémoire qui considèrent que « la jurisprudence de (…) n'a pas vraiment soutenu que l'avortement était un droit constitutionnel "fondamental", mais l'a seulement sous-entendu ».

    En mars, la Cour suprême devrait entendre les arguments qui s’opposent à la loi de la Louisiane. Si la Haute cour confirmait la contestation de la loi Roe, la Louisiane pourrait ne plus avoir qu’une seule clinique d'avortements. Par ailleurs, ce sera la première fois pour les juges Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh, tous deux nommés par Donald Trump, d’entendre et de se prononcer dans une affaire de ce type comme membres de la Cour suprême.

    Sources: The Guardian, Daniel Strauss (02/01/2020)

  • "Quel sens a la vie?" : êtes-vous inscrit(e) à l'Université pour la Vie ? (Bruxelles, Liège, Mons, Namur, LLN, Gand)

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    Inscrivez-vous à l'Université de la vie : 4 lundis soirs consécutifs, dès janvier 2020

    Quatre lundis soirs (20h15 - 22h15) les 13, 20, 27 janvier et 3 février 2020

    Grossesse, tests génétiques, avortement, soins palliatifs, euthanasie et démence, handicap, ... Face à toutes ces questions de bioéthique ... et aussi l'actualité en Belgique, pouvons-nous faire l'impasse sur la question du sens de la vie?

    4 SOIRÉES DE FORMATION OUVERTES À TOUS. En VISIO-CONFÉRENCE et EN DIRECT, pour S'INFORMER ET SE FORMER sur les questions de bioéthique d'actualité.

    Avec :
    Eric Vermeer, infirmier éthicien en soins palliatifs à Namur.
    Jean-Noel Dumont, philosophe
    Gilles Hériard Dubreuil, président du Courant pour une écologie Humaine
    Esther Pivet, polytechnicienne, spécialiste de la question du genre
    Jean-Guilhem Xerri, psychanalyste et biologiste médical
    Dr Laure Lallemand, médecin, logothérapeuthe et praticienne naprotechnologie
    Yves Meaudre, vice-président d'Enfants du Mékong

    Tugdual Derville, Caroline Roux, Blanche Streb, Valérie Boulanger, François-Xavier Pérès d'Alliance VITA … et d'autres invités et témoins exceptionnels à découvrir chaque soir !

    Porté par Vita International et l'Institut Européen de Bioéthique

    CE RENDEZ-VOUS PRÈS DE CHEZ VOUS : Bruxelles, Liège, Namur, Mons, Louvain-la-Neuve et Gand !

    INSCRIVEZ-VOUS vite!

  • Mairie de Paris : pas de liberté pour les ennemis de la liberté !

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    Lu sur le site de Valeurs Actuelles :

    Alliance VITA dénonce la censure par la mairie de Paris de sa campagne de pub

    3 janvier 2020

    Tugdual Derville, délégué général d'Alliance VITA. Photo © Iafrate

    L’association pro-vie a déployé quatre affiches dans plusieurs gares parisiennes à quelques jours de l’examen du projet de loi bioéthique.

    Aussitôt mises, aussitôt enlevées. Jeudi 2 janvier, l’association pro-vie Alliance VITA avait décidé de frapper un grand coup en lançant une campagne d’affichage dans le métro et certaines gares de la capitale. Sur ces affiches, des slogans incisifs, autour du visage d’une femme, d’un homme et de spermatozoïdes : « La société progressera à condition de respecter la maternité » ; « La société progressera à condition de respecter la paternité » ; « La société progressera à condition de respecter la vie » ou encore « La société progressera à condition de respecter la différence ». Très rapidement, la maire de Paris, Anne Hidalgo s’est emparée du sujet se déclarant « profondément choquée et indignée ». Sur Twitter, elle a dénoncé la campagne accompagnée de trois visuels : « Je suis profondément choquée et indignée par cette campagne anti-IVG et anti-PMA à la Gare du Nord et dans plusieurs autres lieux de la capitale. Je demande à ExterionMedia France et Mediatransports que ces affiches soient retirées immédiatement ».

    Tugdual Derville@TDerville
    Anne Hidalgo @Anne_Hidalgo

    Je suis profondément choquée et indignée par cette campagne anti-IVG et anti-PMA à la Gare du Nord et dans plusieurs autres lieux de la capitale. Je demande à @ExterionMediaFR et #Mediatransports que ces affiches soient retirées immédiatement.

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    Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

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    Une censure immédiatement dénoncée par Tugdual Derville, d’Alliance VITA et fondateur d’A Bras ouverts. Sur Twitter, il a stigmatisé une « erreur sur l’un des visuels qui n’est pas affiché » par la maire de Paris et une « [erreur] d’interprétation sur le sens de la campagne ». Avant de pointer du doigt la « virulence d’un lobbying minoritaire, capable de faire plier les entreprises, de manipuler les médias et de censurer la liberté d’expression. »

    Eugénie Bastié
  • Le rôle de la conscience dans les choix bioéthiques par le Père Xavier Dijon sur RCF

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    De RCF

    Le rôle de la conscience dans les choix bioéthiques - Père Xavier Dijon

    Présentée par Carine Brochier

     DURÉE ÉMISSION : 25 MIN

    Quel est le rôle de la conscience dans le processus de décision en matière de bioéthique ? Le Père Xavier Dijon s.J. est notre invité.

  • Contre l'avis des médecins, elle choisit de garder son bébé porteur de trisomie 21

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    MALGRÉ L'OPPOSITION DES MÉDECINS ELLE CHOISIT DE GARDER SON BÉBÉ PORTEUR DE TRISOMIE 21

    17 décembre 2019

    Dans un entretien accordé au journal The Sun le 14 décembre 2019, Cheryl Bilsborrow, une réflexologue clinique du Lancashire, maman d’un petit enfant trisomique confie ses inquiétudes sur la généralisation du dépistage prénatal au Royaume-Uni (cf. Angleterre : moins de bébés trisomiques à cause du DPNI)

    Lorsqu’à 43 ans Cheryl est tombée enceinte de son quatrième enfant, l’hôpital lui a suggéré de passer un test de dépistage de la trisomie 21. Les résultats ayant révélé de fortes probabilités pour que le bébé soit porteur de cette anomalie génétique, le couple a contacté une clinique privée proposant un Dépistage Prénatal Non Invasif pour 400 £. Le test a confirmé que leur bébé était trisomique.

    Les médecins n’ont eu de cesse de leur proposer d’avorter, mais Chéryl et son époux ont choisi d’accueillir leur bébé. Aujourd’hui, leur fils Hector fait toute leur joie.

    Chéryl veut aujourd’hui dénoncer « ce mensonge d’état » qui veut « faire croire qu’avoir un enfant trisomique est une malédiction ». Elle s’insurge contre le corps médical, qui « fait tout pour que les femmes qui portent un enfant atteint d’une malformation génétique avortent », que ce soit dans la manière d’annoncer les résultats « nous avons une mauvaise nouvelle », dans le manque d’accompagnement des parents concernés et dans l’acharnement à proposer une IVG « même à 38 semaines de grossesse ».

    Pour aller plus loin :

    Le scandale des « avortements sous pression » au Royaume-Uni

    Royaume-Uni : le NHS revoit sa copie sur la trisomie 21

    Tests préconceptionnels, dépistage prénatal : une surabondance d’informations anxiogènes

    Jean-Marie Le Méné : "Le dépistage prénatal non invasif (DPNI) porte à sa perfection la politique eugéniste"

    Sources: The Sun, Cheryl Bilsborrow (14/12/19)

  • Ce qu’ont vraiment dit les experts auditionnés en 2018 sur les propositions actuelles en matière d’avortement ...

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Ce qu’ont vraiment dit les experts auditionnés en 2018 sur les propositions actuelles en matière d’avortement ...

    12/12/2019

    Dans  CE TABLEAU, l'Institut Européen de Bioéthique présente  l'analyse de l'entièreté des auditions parlementaires des 20 experts, tenues en mai-juin 2018 sur la révision de la loi avortement. Il s'avère qu'une large majorité des experts auditionnés ne se sont pas prononcés sur 7 des 9 mesures phares en passe d'être adoptées. De plus, il ressort du rapport des auditions qu'aucune de ces mesures, telles que libellées dans le texte actuel, n'obtient la faveur explicite de la majorité de ces experts.

    A l'époque, la Commission de la Justice avait convoqué 20 experts issus principalement du monde médical, universitaire, des centres de planning familial et d'avortements, pour l'éclairer sur la nécessité d'une réforme en matière d'avortement. Les intervenants furent invités à se prononcer sur le contenu de plusieurs propositions de loi déposées par des partis différents. Au final, une nouvelle loi fut votée le 15 octobre 2018, qui apportait plusieurs modifications (voir Actualité IEB). Les experts ne se sont donc pas, ou du moins pas tous, prononcés sur les mesures qui font l'objet des débats actuels au Parlement.

    En listant les mesures de l'actuelle proposition de loi, et en y faisant correspondre l'avis émis par les 20 experts, on obtient les résultats affichés dans CE TABLEAU.

    Nous en relevons ici les quelques points saillants:

    · Allongement du délai légal pour avorter à 18 semaines : parmi les 20 experts entendus, seuls 3 se sont montrés favorables à un délai de 18 semaines de grossesse, 4 étaient opposés à tout allongement, 7 ne se sont pas prononcés sur la question, 4 ont proposé un délai soit plus court, soit plus long que 18 semaines, et 1 expert n'a pas précisé l'allongement qu'il préconisait.

    · Seuls 2 experts sur 20 se sont exprimés en faveur du raccourcissement du délai de réflexion de 6 jours à 48h.

    · Supprimer l'obligation de mentionner les alternatives possibles à l'avortement lors de la première visite : 4 experts y étaient favorables, pour tout ou partie de ces aides, mais 15 experts ne se sont pas prononcés sur la question.

    · Seuls 4 experts sur 20 se sont prononcés en faveur d'une dépénalisation totale à l'égard de la femme qui avorte en dehors des conditions légales, et en faveur d'une dépénalisation totale à l'égard du médecin qui pratique un avortement en dehors des conditions légales.

    · Seul 1 expert sur 20 s'est montré favorable à l'extension du délit d'entrave à l'avortement au-delà de l'entrave physique, alors que 18 experts ne se sont pas prononcés sur la question.

    On observe que pour 7 des 9 mesures phares de l'actuelle proposition de loi, une large majorité des experts auditionnés ne se sont pas prononcés sur de tels changements (15-16-18-14-13-14-18). Par conséquent, de nouvelles auditions sur le texte débattu actuellement ne seraient-elles pas indiquées ?

    A cela s'ajoute le fait que plusieurs experts ont pointé la nécessité de travailler sur des données et des chiffres plus récents, des analyses plus approfondies de la pratique de l'avortement en Belgique.

    Face au flou quant à l'issue de ces auditions, notamment lié à l'inexactitude des propos de certains parlementaires, l'Institut Européen de Bioéthique a souhaité mener cette analyse et la rendre largement publique pour nourrir les discussions actuelles autour d'une nouvelle réforme de la loi avortement.

  • Avancées bioéthiques : va-t-on trop vite et trop loin ?

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    De Nicolas de Pape sur le site du Journal du Medecin :

    Progrès bioéthiques : trop vite, trop loin ?

    13/12/2019

    Ces dernières années - et ces dernières semaines - ont connu un accélération soudaine d'une sorte de " progressisme (bio)-éthique " : allongement du délai pour l'IVG, PMA non-thérapeutique, GPA, diagnostic pré-implantatoire... On annonce même l'utérus artificiel. Derrière l'enfant à tout prix, faut-il craindre, comme Jacques Testard, l'avènement d'une forme d'eugénisme?

    En matière d'avortement, une majorité parlementaire propose, en l'absence d'un gouvernement de plein exercice, d'allonger le délai d'interruption de la grossesse de 12 à 18 semaines et d'en faire un acte médical anodin. La loi a été adoptée en première lecture.

    Une pétition est lancée (https://abortus-avortement.be/?) pour s'y opposer. L'intérêt de cet appel à signatures est qu'il ne remet pas en question les acquis de l'IVG (ce à quoi belgicatho n'adhère évidemment pas). Les signataires semblent transcender l'opposition laïque/chrétien parfois si confortable. La question induit une réflexion légitime sur : qu'est-ce que la vie ? Qu'est-ce qu'un humain ? À partir de quand a-t-on des droits ? Les pétitionnaires rappellent également qu'un avortement n'est pas un acte médical comme les autres qu'on peut banaliser. Les femmes qui l'ont expérimenté en témoignent. L'avortement ne doit pas devenir non plus un moyen de contraception.

    Autre accélération : l'euthanasie des mineurs sans limite d'âge sous condition de discernement, qui a été votée en 2016 parce qu'on estimait qu'une demande existait. Depuis ce vote, deux ou trois mineurs seulement en ont fait la demande. Ce qui démontre qu'il n'y avait pas vraiment urgence. Ici aussi, les questionnements éthiques sont allés bien au-delà de l'opposition entre religieux et laïques : un mineur souffrant atrocement doit-il être soulagé au même titre qu'un adulte ? Quel pouvoir d'influence des parents ?

    En France comme chez nous, PMA non thérapeutique et GPA font partie de l'agenda. Ces avancées sociétales nous questionnent également. La PMA non thérapeutique offerte aux homosexuelles et aux mères " volontairement célibataires " pose la question de la disparition du père. Agnès Buzyn, ministre française de la Santé, a déclaré qu'une grand-mère était un père comme les autres. Ce n'est évidemment pas aussi simple. La GPA utilisée par les couples homosexuels masculins pose la question, cette fois, de l'absence de mère. Tout cela va si vite que la société a du mal à suivre. Peut-on arrêter le progrès ? Le doit-on ?

    Eugénisme

    Puisque tout ce qui est techniquement possible se fait tôt ou tard, voici que le prométhéen Laurent Alexandre nous annonce l'utérus artificiel. Après la disparition de la filiation paternelle au profit d'une banque de sperme anonyme, voici qu'on pourrait se servir, cette fois, dans une banque d'ovocytes. Exit la généalogie... Déjà, des étudiantes américaines vendent leurs ovules pour payer le minerval.

    Aurait-on pu imaginer en 1978, année où naquit le premier bébé éprouvette, Louise Brown, que le 21e siècle verrait l'explosion de toutes ces techniques médicales de fécondation auxquelles il faut ajouter les CRISPR/Cas9 (ciseaux génétiques), le kit d'examen du génome pour 49 euros ? Politiquement, la Belgique se tient à l'écart de ces grands débats éthiques où lorsqu'ils ont lieu, c'est dans une grande violence dialectale contre les " forces de la réaction ". Jacques Testart, père scientifique du premier bébé éprouvette français nous avertit pourtant d'un danger d'eugénisme. " Tout désir est devenu exigence. Je veux un enfant. Le désir d'enfant, le droit à l'enfant... Et bientôt le droit à l'enfant normal, le droit à l'enfant supérieur... Tout ça prépare l'acceptation du diagnostic pré-implantatoire, du tri des embryons, en réduisant la grossesse à une fonction de grande banalité (on espère aussi l'utérus artificiel) et l'enfant à un objet auquel on a droit... Tout ça concourt à préparer une véritable révolution dans l'espèce, où on fabriquera, au sens industriel du terme, des bébés [1]. "

    1 Charlie Hebdo, 20 septembre 2017.

  • Belgique : prolonger le délai légal de l’interruption de grossesse ? selon un sondage RTL/TVI en cours, 72% des Belges sont actuellement contre

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    C'est pas tous les jours dimanche - RTL TVI a créé un sondage présenté en forme de dilemme: prolonger le délai légal de l’interruption volontaire de grossesse en Belgique de 12 à 18 semaines, est l'une des modifications de la loi prônée par plusieurs partis. Jusqu'à quand faut-il autoriser les avortements ?

    Selon le sondage RTL en cours  72%  optent actuellement  pour le « moindre mal » de 12 semaines. Le rtl facebook live de Deborsus d’hier, relatait un 50/50 mitigé parmi la population. Cela est-il à amplifier ? Si vous pensez que mieux vaut mal voter (12 semaines) que s’abstenir, voici le lien :

    https://www.facebook.com/1033191353387531/posts/3374182929288350?sfns=mo

    Ref. C'est pas tous les jours dimanche - RTL TVI

    Toute la question étant de savoir si tuer à 12 semaines est moins grave qu’à 18….

    JPSC

  • France : comme si la digue bioéthique s'effondrait sous nos yeux...

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    GRÉGOR PUPPINCK : "C’EST COMME SI LA DIGUE BIOÉTHIQUE S’EFFONDRAIT SOUS NOS YEUX"

    GRÉGOR PUPPINCK Tribune 17 octobre 2019  Loi de bioéthique

    Le projet de loi de bioéthique a donné lieu à des échanges fournis à l’Assemblée nationale française, mais, in fine, le texte, qui remet en cause la vision même de l’homme, n’a fait l’objet que d’aménagements minimes. Docteur en droit et directeur de l'ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), Grégor Puppinck décrypte les évolutions mortifères contenues dans le texte.

    Au-delà de sa mesure phare – la « PMA pour toutes » –, le projet de loi relative à la bioéthique introduit une série de ruptures plus fondamentales encore que celle-ci : il sépare totalement la procréation de la sexualité par l’introduction de la PMA non-thérapeutique ; il rend indépendant de l’âge la faculté de procréer par la légalisation de l’autoconservation des gamètes ; il encourage l’eugénisme par l’extension du diagnostic prénatal et préimplantatoire ; il libéralise l’exploitation et la modification génétique des embryons humains ; il favorise l’avortement par la suppression du délai de réflexion et de l’autorisation parentale pour les mineurs ; il supprime la frontière entre l’homme et l’animal par l’autorisation de la greffe de cellules humaines sur des embryons animaux ; il substitue la volonté à la biologie comme fondement de la filiation.

    La suppression brutale des protections et des interdits patiemment posés par les précédentes lois laisse sans voix. C’est comme si la digue bioéthique s’effondrait sous nos yeux, emportée par la perspective progressiste qui anime la majorité parlementaire. Aussi est-il nécessaire, pour comprendre la philosophie qui sous-tend ce projet de loi et en donne la cohérence, de revenir aux racines même de ce progressisme-scientiste, que l’on nomme aujourd’hui transhumanisme et dans le sillage duquel s’inscrit le député Jean-Louis Touraine, rapporteur de la loi, par ailleurs militant actif de la GPA et de l’euthanasie.

    L’homme infini

    À cet égard, il importe de bien saisir que l’ensemble de ces mesures participent d’un vaste projet de transformation de l’homme qui a des racines profondes dans la pensée des Lumières, en particulier chez Condorcet qui croyait « qu’il n’a été marqué aucun terme au perfectionnement des facultés humaines » et que « la perfectibilité de l’homme est réellement indéfinie » (1795). Ce progressisme a trouvé, dans l’extrapolation de la théorie de Darwin, les bases scientifiques de sa vision philosophique du destin de l’humanité, et ce faisant une nouvelle morale. Selon cette vision, l’homme est un être spirituel (c'est-à-dire doté d’intelligence et de volonté) dont la conscience serait issue de la vie, et la vie de la matière. L’homme serait ainsi un mutant engagé dans un processus constant d’évolution – et d’élévation - par émancipation de la matière inerte puis de la vie animale, pour atteindre une forme de vie consciente, une vie « humaine ». Notre humanité ne serait ainsi pas figée en un état donné, naturel, mais progresserait à mesure que se poursuit le processus de domination de la matière, lequel culmine dans la domination de la volonté individuelle sur son propre corps. Le progrès, comme processus de spiritualisation, devient ainsi la condition et la mesure de notre humanité. Le corps, ce faisant, est dévalorisé, ramené à de la simple matière animale ; et la vie n’est plus qu’un matériau. Cela explique bien sûr l’eugénisme, mais aussi la valorisation contemporaine des diverses formes de sexualité non-fécondantes. Car ces formes de sexualité prouvent que, même dans cet aspect particulièrement animal de notre être, l’esprit individuel est capable d’échapper au donné naturel, de le transcender. Moins animales, ces sexualités seraient donc plus humaines.

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  • Inde : 60 millions d'avortements sélectifs en dix ans

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    60 millions d’avortements sélectifs en dix ans en Inde selon ADF International

    Publié le 15/10/2019

    Au cours des dix dernières années, au moins 60 millions de filles ont fait l’objet d’avortements sélectifs, selon les chiffres publiés le 11 octobre par l’ONG Alliance Defending Freedom (ADF) International, à l’occasion de la Journée internationale de la fille. « Dans notre pays, 50 000 filles sont avortées tous les mois pour une seule raison : ce sont des filles et non des garçons », déplore Tehmina Arora, directrice d’ADF Inde. « Dans notre pays, la proportion des sexes est biaisée ; nous avons abandonné ces filles. »

    Les Nations unies ont établi la Journée internationale de la fille afin d’attirer l’attention sur le sort de millions de femmes et de filles discriminées, marginalisées, exploitées ou abusées à cause de leur sexe. Selon une étude économique officielle de 2018, l’Inde compte environ 21 millions de filles « non désirées », dont les parents auraient préféré avoir un garçon. Outre les programmes de sensibilisation, les militants ont demandé que la loi de 1994 sur les techniques de préconception et de diagnostic prénatal soit appliquée correctement. Cette loi, qui a été votée pour contrer les féminicides, interdit la détection du sexe de l’enfant à naître. Les filles sont « soit avortées ou, une fois née, font l’objet de diverses formes de violences. Il est temps de faire face à ce problème », ajoute Tehmina Arora. Elle poursuit en soulignant que « tous les enfants sont précieux ». « Les filles comme les garçons ont le même droit à la vie et à la liberté. Notre nation ne peut se permettre de perdre ces petites filles », insiste-t-elle. « Le futur de l’Inde est lié aux vies des filles et des femmes du pays. Tous ceux qui sont convaincus que les filles méritent les mêmes droits que les garçons ne peuvent ignorer ce qui se passe aujourd’hui en Inde. » En 2016, ADF Inde a lancé la campagne #VanishingGirls (« filles disparues ») afin de soutenir le droit des filles à la vie et de lutter contre la pratique des avortements sélectifs. Cette année, l’ONG a organisé un concours national de photographie sur le thème #giveherLIFE (« donnez-lui la vie »), afin de poursuivre le travail de sensibilisation auprès de la population indienne. La campagne #giveherLIFE est aussi un acronyme, « life » évoquant en anglais « amour », « héritage », « liberté » et « égalité » (Love, inheritance, freedom, equality).

    (Avec Asianews, New Delhi)