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Débats

  • Canada : tombes introuvables des enfants autochtones à Kamloops : à quand excuses et errata des grands médias ?

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    De Christian Rioux dans le Journal de Montréal via le site "Pour une école libre au Québec" :

    Tombes introuvables des enfants autochtones à Kamloops : à quand excuses et errata des grands médias ?

    Tout le monde se souvient de la terrible « découverte » faite à Kamloops, en Colombie-Britannique, il y a cinq ans, près d’un pensionnat autochtone. Plusieurs médias ont souligné cette semaine le cinquième anniversaire de ce qui avait alors ému le monde entier.

    Sauf que, cinq ans plus tard, on n’a toujours pas trouvé la moindre trace de ces « charniers » ou « fosses communes » dont la presse internationale avait fait sa une. Pas le moindre petit bout d’os.

    Piscine du pensionnat de Kamloops vers 1960

    Un scandale mondial

    Le 27 mai 2021, le chef du Conseil de bande local, Rosanne Casimir, avait affirmé que les restes de 215 enfants reposaient dans l’ancien verger du pensionnat de la réserve. Ce pensionnat était l’une des 130 institutions créées par le gouvernement fédéral canadien à l’époque.

    En 24 heures, la nouvelle a fait le tour du monde. Du New York Times au Asahi Shimbun (Tokyo) en passant par Le Monde (Paris) et la Vanguardia (Barcelone), on annonça la découverte macabre sans lésiner sur les mots.

    Et pourtant, personne n’a jamais entrevu l’ombre d’une tombe. Grâce à des fouilles au radar, des experts avaient bien repéré des « anomalies de terrain » pouvant représenter des « sépultures probables ». Mais rien de plus. Sans attendre les fouilles ni l’exhumation des corps, Justin Trudeau mit les drapeaux en berne et dénonça « un chapitre sombre et honteux » de l’histoire du Canada.

    Or, ces fouilles n’ont jamais été faites et elles ne le seront probablement jamais. Dans les quelques pensionnats où elles furent entreprises, elles n’ont strictement rien donné. Et cela, malgré les 246,7 millions de dollars alloués par le gouvernement fédéral au Fonds de soutien communautaire aux enfants disparus des pensionnats, dont 12,1 millions à la seule communauté de Kamloops. Des millions pour l’instant dépensés en vain.

    « Révisionnisme »?

    On cherche encore les excuses et les erratums de ces médias, pourtant si prompts à dénoncer les fake news, qui ont contribué à cette gigantesque affabulation. Seuls quelques rares chroniqueurs et intellectuels ont eu le courage de braver les accusations de « révisionnisme ».

    Parmi eux, l’historien Jacques Rouillard est certainement celui qui a été le plus lucide. Il rappelle qu’avant 1993, personne ne s’était plaint des pensionnats. Les anciens élèves tenaient même des conventums où ils célébraient leurs années d’étude. Comment imaginer que, durant toutes ces années, ni les religieux ni les enseignants, souvent eux-mêmes autochtones, n’aient pu témoigner de ces supposés « meurtres »?

    Des représentants de l’Office du tourisme du Mexique ont assisté en 1963 à une représentation de la troupe de danse de Kamloops, très connue dans toute la Colombie-Britannique, et l’ont invitée au Mexique. Les filles ont lancé un appel à la population de Kamloops et ont récolté plus de 10 000 dollars en deux semaines. En juillet 1964, accompagnées de sœur Mary Leonita et du père G. P. Dunlop OMI, les filles se sont envolées pour Mexico où elles se sont produites au célèbre Palacio de Bellos Artes et à l’Arena Mexico devant un public de 5 000 personnes, dans le cadre d’une émission diffusée à la télévision mexicaine. Source : Indian Record, septembre 1964, p. 3.

    Il n’est évidemment pas question de nier les conditions difficiles subies par les Autochtones dans ces internats. Ni la souffrance et le déracinement culturel qu’ont connus au cours des siècles les populations autochtones. Mais en quoi cette reconnaissance exigerait-elle de perpétuer une légende ? Légende qui, n’en doutons pas, refera surface l’année prochaine...

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  • Magnifica humanitas : une magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix

    “Désarmée et désarmante”: voilà comment devrait également être l’intelligence artificielle selon le pape Léon. Dans son encyclique “Magnifica humanitas”, il consacre tout un chapitre, le cinquième et dernier, à s’opposer à la “culture de la puissance” qui normalise la guerre, élevée au rang de “prolongement naturel de la politique” alors que les développements technologiques sont désormais en mesure d’imposer même “dépassement de la théorie de la ‘guerre juste’ trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict”.

    Dans les 240 pages que compte ce document, on retrouve de nombreuses invectives contre les guerres et les armes mais à peine quelques lignes – aux paragraphes 192 et 197 – consacrées à reconnaître que “l’usage de la force armée ne doit intervenir en dernier recours, en cas de légitime défense”, mais qu’on ne pourrait cependant plus qualifier de “juste”.

    Pour appuyer cette thèse, dans une note de bas de page, la n°182, le pape Léon renvoie à l’encyclique “Fratelli tutti” du pape François, qui a en effet été le premier à déclarer dans un document pontifical qu’il était “très difficile aujourd’hui de défendre les critères rationnels, mûris en d’autres temps, pour parler d’une possible ‘guerre juste’”.

    Mais dans la même note, le pape Léon renvoie également au Catéchisme de l’Église catholique, d’une valeur magistérielle bien supérieure, qui réaffirme en revanche au n°2309 le bien-fondé de “la doctrine dite de la ‘guerre juste’” et qui énumère “les strictes conditions d’une légitime défense par la force militaire” et qui résume comme suit, au n°2308, l’enseignement de l’Église, avec les mots de la constitution “Gaudium et spes” du Concile Vatican II : Aussi longtemps cependant "que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifique, le droit de légitime défense”.  Un droit – précise le Catéchisme au n°2265 – qui “peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui”, étant donné que “la défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire” incluant “le droit de recourir même aux armes”.

    Selon le Catéchisme, les “conditions strictes” susceptibles de justifier une guerre défensive sont au nombre de quatre et doivent être rencontrées cumulativement :

    1. “Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.”
    2. “Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.”
    3. “Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.”
    4. “Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition.”

    Si c’est bien ce que nous disent les documents magistériels de l’Église, il faut donc reconnaître que, sur la question de la “guerre juste” et de la légitime défense, l’encyclique “Magnifica humanitas” pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

    Premièrement par la contradiction entre la “légitimité” reconnue à une guerre de défense armée s’inscrivant dans le cadre des conditions fixées par le Catéchisme et la négation de la qualification de “juste” à une telle guerre.

    Deuxièmement par la disproportion flagrante entre la quantité d’invectives contre toutes les guerres et les armes, non seulement dans “Magnifica humanitas” mais aussi dans de nombreuses autres interventions orales et écrites du pontificat actuel, et les très rares et dérisoires références à la légitimité de la guerre défensive, pourtant reconnue.

    Et troisièmement, par le contraste entre le soutien de fait apporté par le pape Léon à l’héroïque guerre de défense menée par l’Ukraine contre l’agresseur russe et les nombreux discours dans lesquels ce même pape condamne toutes les guerres et les armes, apparemment sans exception.

    Toutes ces contradictions sont mises en lumière avec une rare finesse documentaire par Luca Diotallevi, professeur de sociologie à l’Université de Rome III et aux Facultés théologiques de l’Italie septentrionale dans une longue intervention que l’on retrouvera dans le dernier numéro de la prestigieuse revue “Il Regno”, proposée en lecture intégrale y compris pour les non-abonnés.

    L’analyse du professeur Diotallevi montre combien ces contradictions ont marqué les dernières décennies de la vie de l’Église à tous les niveaux, jusqu’au sommet de la hiérarchie, tout en passant sous silence le pontificat de François – sur lequel un jugement semble “prématuré” – et plus encore sur celui de Léon.

    On retrouve en effet dans l’Église un certain pacifisme qui non seulement tait ce que le Catéchisme dit noir sur blanc mais aussi ce que Paul VI avait déclaré aux Nations Unies le 4 octobre 1965 outre son cri très souvent cité “jamais plus la guerre, jamais plus la guerre!”, d’ailleurs repris tel quel dans l’encyclique “Magnifica humanitas”, c’est-à-dire que “Tant que l'homme restera l'être faible, changeant, et même méchant qu'il se montre souvent, les armes défensives seront, hélas!, nécessaires.”

    Personne ne semble davantage se rappeler l’appel de Jean-Paul II en 1992 devant les Nations Unies et l’Europe à “désarmer l’agresseur” dans les Balkans en guerre : “La conscience de l'humanité, désormais soutenue par les dispositions du droit international humanitaire, demande que soit rendue obligatoire l'ingérence humanitaire dans les situations qui compromettent gravement la survie de peuples et de groupes ethniques entiers : c'est là un devoir pour les nations et la communauté internationale.”

    On oublie aussi l’affirmation nette de Joseph Ratzinger le 4 juin 2004 à l’occasion de la commémoration du débarquement de Normandie, qui a sonné le début de la fin de la domination nazie et de la victoire du monde libre : “S’il y a eu jamais, dans l’histoire, un bellum justum, c’est bien ici, dans l’engagement des Alliés, car l’intervention servait finalement aussi au bien de ceux contre le pays desquels a été menée la guerre.”

    Sur le terrain des faits, il n’y a aucun doute que le pape Léon – à la différence de son prédécesseur François qui en était venu à demander à l’Ukraine de hisser “le drapeau blanc” – considère comme “juste” la défense armée déployée par la nation ukrainienne contre l’agression russe. On se souvient du jugement tranché qu’il a posé sur ce conflit avant d’être élu pape. Et on peut se douter que ce jugement tient toujours aujourd’hui, si l’on prend la peine de décrypter ses faits et gestes.

    On peut prendre pour exemple ce qu’il a déclaré à l’occasion du quatrième anniversaire de l’agression russe, à l’Angélus du 22 février 2026 : “Quatre ans se sont écoulés depuis le début de la guerre contre l’Ukraine. Mon cœur se tourne encore vers la situation dramatique qui est sous les yeux de tous : combien de victimes, combien de vies et de familles brisées, combien de destructions, combien de souffrances indicibles ! J’invite tout le monde à se joindre à la prière pour le peuple ukrainien meurtri.”

    Ou encore ce que le pape Léon a déclaré lors de l’audience générale de mercredi dernier après l’aggravation des attaques russes contre la population civile : “Je suis avec une profonde préoccupation l’évolution du conflit en Ukraine, qui connaît ces jours-ci une intensification dramatique. Je tiens à exprimer ma proximité envers toutes les victimes des récentes attaques, particulièrement lorsque celles-ci touchent des populations civiles. Là où s’abattent les missiles et les drones, ce sont les espérances qui s’effondrent, les foyers et les lieux de prière qui sont réduits en cendres, et des vies innocentes qui sont brisées.”

    Mais si on ne peut remettre en question la solidarité du pape Léon avec le peuple ukrainien qui combat pour défendre sa liberté et sa vie, il semble incohérent que de tels soutiens soient assortis de condamnations aussi fréquentes que généralisées sur les dépenses militaires, comme si ces dernières étaient toutes et toujours peccamineuses.

    L’encyclique “Magnifica humanitas” est truffée de telles condamnations. Mais elles se trouvent résumées dans le discours que le pape Léon a prononcé le 14 mai dernier à l’occasion de sa visite à l’Université “La Sapienza” de Rome : “Au cours de l’année écoulée, l’augmentation des dépenses militaires dans le monde, et en particulier en Europe, a été considérable : on ne peut appeler ‘défense’ un réarmement qui accroît les tensions et l’insécurité, appauvrit les investissements dans l’éducation et la santé, dément la confiance dans la diplomatie, enrichit des élites qui se moquent du bien commun. Il faut également être attentif au développement et à l’application des intelligences artificielles dans les domaines militaire et civil, afin qu’elles ne déresponsabilisent pas les choix humains et n’aggravent pas la tragédie des conflits. Ce qui se passe en Ukraine, à Gaza et dans les territoires palestiniens, au Liban et en Iran illustre l’évolution inhumaine de la relation entre la guerre et les nouvelles technologies, dans une spirale d’anéantissement. Que l’étude, la recherche et les investissements aillent dans la direction opposée : qu’ils soient un ‘oui’ radical à la vie ! Oui à la vie innocente, oui à la vie des jeunes, oui à la vie des peuples qui invoquent la paix et la justice !”.

    On peut être d’accord avec plusieurs aspects de cette déclaration du pape, mais certains passages se heurtent à la réalité. Comment par exemple condamner la défense nécessaire dont l’Europe doit se doter – d’autant plus dans un contexte de désengagement croissant de l’allié américain – pour garantir sa propre sécurité contre des agressions futures et, de fait, contre celles qui s’exercent déjà depuis des années sur son flanc oriental, en Ukraine ?

    On ne peut condamner a priori les innovations technologiques mises en œuvre par cette même Ukraine pour produire les systèmes de défense et d’attaque de drones de nouvelle génération les plus avancés au monde, en mesure de bloquer l’avancée russe.

    Ces incohérences dans la prédication du pape Léon recueillent l’adhésion ininterrompue, qu’elle soit sincère ou calculée, d’une grande partie de l’opinion publique et des classes dirigeantes, à l’enseigne d’une invocation consensuelle à la paix.

    Mais si l’on aspire véritablement à une paix juste, à une pax opus iustitiae, on ne peut pas davantage faire comme si elles n’existaient pas.
     — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Jeanne d'Arc, une figure de foi et d'amour (30 mai)

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    Le texte intégral du « panégyrique de Jeanne d’Arc » prononcé par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le samedi 30 mai 2015 en la cathédrale Notre-Dame de Rouen. (source)

    Jeanne d'Arc, figure de foi et d'amour

    Le cardinal Vingt-Trois encourage les Français à redécouvrir la figure de sainte Jeanne d’Arc, dont la vie « fut d’abord une affaire de foi chrétienne », et qui a « fait la guerre par amour des gens opprimés par la violence et les destructions sauvages, amour de son roi et de son pays, amour même de ses ennemis qu’elle s’emploie à convaincre de se retirer avant le combat ».

    Dans le cadre des « Fêtes Jeanne d’Arc », le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, avait prononcé ce « panégyrique de Jeanne d’Arc » le samedi 30 mai 2015 en la cathédrale Notre-Dame de Rouen – ville où mourut la sainte.

    Dans une société de chrétiens « vivant comme si Dieu n’existait pas », la « leçon de Jeanne d’Arc » est nécessaire, a-t-il souligné : « Quand il aurait été si commode de se taire, d’oublier, voire de renier l’appel de Dieu, quand une simple abjuration semblait capable de lui sauver la vie, elle ne voulut connaître que la fidélité à Celui qui était son seul Seigneur. »

    Panégyrique de sainte Jeanne d’Arc, par le card. Vingt-Trois

    Le 30 mai 1431, après avoir été jugée par le tribunal ecclésiastique et avoir été livrée à la justice séculière des anglo-normands, Jeanne d’Arc fut brûlée vive à Rouen sur la Place du Vieux-Marché et ses cendres jetées à la Seine depuis le pont où nous lui avons rendu hommage ce matin. Un quart de siècle plus tard, la sentence fut rapportée et Jeanne d’Arc réhabilitée. Prise dans l’étau d’une guerre civile dont notre pays a malheureusement trop souvent éprouvé les dégâts, Jeanne d’Arc a très vite, -et pour longtemps-, symbolisé une figure du patriotisme et de l’unité nationale. Sa canonisation en 1920 s’inscrit aussi dans la reconnaissance de ce symbole.

    Cette canonisation a marqué un tournant dans les relations entre l’Église catholique et l’État français. Après les luttes passionnées qui avaient abouti à la loi de Séparation en 1905, les gouvernants des années vingt, héritiers politiques des grandes figures de la lutte anticléricale, n’ont pas hésité à prendre leur part de l’hommage rendu à Jeanne d’Arc. Au lieu d’ignorer, de combattre ou même d’interdire les solennités johanniques, ces gouvernants républicains trouvèrent plus utile à la société d’en faire une fête nationale et d’y associer étroitement l’État français lui-même. Le président de la République protestant, Gaston Doumergue n’hésita pas à présider personnellement en 1929 les fêtes johanniques à Orléans.

    Dans les mêmes années vingt, l’Action Française se taillait une réputation militante à coups d’agressions, verbales ou physiques. Se présentant comme le dernier rempart du nationalisme et la seule école du patriotisme, elle fustigeait l’invasion de la France par des vagues d’immigration et faisait monter la haine contre ceux qu’elle appelait les « métèques ». Elle tentait de récupérer la fête de Jeanne d’Arc, récemment canonisée, et d’en tirer une caution religieuse que son opposition déclarée à la hiérarchie catholique lui rendait d’ailleurs inaccessible.

    La laïcité de la République progressait mieux par l’inclusion des différences et leur gestion raisonnable que par l’interdit et l’exclusion des particularités. Ces gouvernants, sans renoncer à leurs convictions laïques, comprenaient que la force et la richesse d’une société dépendent plus de la vitalité de ses corps intermédiaires que de leur effacement, de leur marginalisation et moins encore de leur extinction. Leur laïcité était assez vigoureuse, -et peut-être, pour certains, était-elle devenue assez sereine !-, pour ne point trembler d’entretenir des relations publiques avec l’Église catholique.

    Il n’est pas anecdotique que Jeanne d’Arc fût l’occasion symbolique de cette nouvelle étape des relations entre l’État français et l’Église catholique. Sa figure héroïque était demeurée très vive dans la conscience collective. Les épreuves récentes et sanglantes de la Première Guerre mondiale pour la défense du territoire national donnaient à sa canonisation un ton d’authentique actualité dans une France où le patriotisme n’avait pas encore sombré dans la défaveur qui l’identifie trop commodément à un nationalisme étroit.

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  • Les options du pape Léon concernant « Traditionis custodes »

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    De JD Flynn sur le Pillar :

    Les options du pape Léon concernant « Traditionis custodes »
    Que pourrait faire le pape au sujet de « Traditionis custodes » ?

    28 mai 2026

    Quoi qu’il arrive cet été, le pape Léon XIV devra certainement faire preuve de fermeté face à la Fraternité Saint-Pie X, basée en Suisse, et à la détermination de ce groupe à consacrer de nouveaux évêques malgré l’interdiction papale qui s’y oppose

    Alors que le Vatican du pape Léon a promis des sanctions rapides si le groupe allait de l’avant, la controverse a attiré l’attention internationale, compte tenu notamment des termes sans concession dans lesquels la situation peut être décrite, et de l’intérêt croissant porté aux rites liturgiques préconciliaires depuis que le pape François en a restreint l’usage en 2021.

    Pour certains, la confrontation entre le pape et la FSSPX soulève des questions sur l’obéissance et l’autorité dans une Église hiérarchisée. Mais pour d’autres, elle soulève des questions sur la manière dont Léon va gérer les séquelles chaotiques des efforts de son prédécesseur pour restreindre la forme extraordinaire de la messe, en particulier au vu de sa popularité apparemment croissante parmi les jeunes catholiques en Occident.

    Faire face à cette situation sera plus qu’un test de détermination pour Léon. Ce sera un test de la créativité canonique et pastorale du pontife, face à une situation qui ne semble pas vouloir disparaître.

    Le scénario le plus probable pour la FSSPX au cours de l'été est que ses évêques mettront en œuvre ce que le supérieur général, le père Davide Pagliarani, a annoncé qu'ils feraient : consacrer des évêques, malgré l'avertissement papal contre ce projet.

    Il en résultera que les consacrés et les consécrateurs encourront la peine canonique d’excommunication, que Léon a laissé entendre que le Vatican était susceptible de prononcer officiellement — une mesure rare pour le Vatican, mais destinée à faire comprendre la gravité de la désobéissance de la FSSPX et à appeler ses dirigeants à revenir en communion avec le successeur de saint Pierre.

    Ces dernières semaines, le cardinal Victor Fernandez, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a évoqué la possibilité que des prêtres ordinaires, voire des laïcs, encourent et voient prononcée l’excommunication susceptible d’être infligée aux dirigeants de la FSSPX. La perspective de prononcer cette sanction à l’encontre de laïcs semble peu probable.

    Mais quelle que soit l’étendue des sanctions prononcées et rendues publiques à l’encontre de la Fraternité Saint-Pie X, la situation concernant ses dirigeants ne manquera pas de soulever une question au sujet de ceux qui assistent actuellement aux liturgies du groupe : « Et eux, alors ? »

    En résumé, étant donné que les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X seront très certainement sanctionnés cet été, il est naturel que les événements en cours soulèvent des questions quant à savoir si l’Église va reconsidérer ses accommodements envers les laïcs catholiques attachés aux liturgies préconciliaires — si, de manière encore plus définitive, ils doivent éviter les messes célébrées par la Fraternité Saint-Pie X, où devront-ils se rendre ?

    C’est pour cette raison – entre autres – que l’on pense généralement que Léon XIV envisage actuellement de modifier ou de réexaminer les restrictions de 2021 sur la liturgie préconciliaire établies par le pape François dans Traditionis custodes.

    Au cours des dernières semaines, la liste des audiences privées du pape a compté plusieurs personnalités susceptibles d’avoir un poids sur la question, notamment un groupe d’érudits dont le livre sur le phénomène des catholiques traditionalistes en Occident est à paraître, ainsi qu’un certain nombre de clercs ayant occupé des postes de responsabilité liturgique au sein de l’Église.

    Et bien que le nombre de catholiques assistant régulièrement aux liturgies préconciliaires soit statistiquement faible dans le contexte global de l’Église, il semble croître parmi les jeunes catholiques et susciter l’attention et l’intérêt dans tout l’Occident catholique.

    Et, à bien des égards, les restrictions imposées par le document Traditionis custodes de François n’ont guère contribué à endiguer ce phénomène — ce qui semblait pourtant être son objectif — et pourraient au contraire être mises en corrélation, à tout le moins, avec une montée en puissance de celui-ci.

    À la lumière de cela, alors que la controverse autour de la FSSPX prend de l’ampleur, on peut s’attendre à ce que des questions se posent quant à savoir si le pape Léon compte s’attaquer à la situation créée par Traditionis.

    S’il le fait, plusieurs options s’offrent à lui.


    L’objectif déclaré de Traditionis custodes est de réglementer l’usage des rubriques liturgiques préconciliaires dans le cadre d’une « recherche constante de la communion ecclésiale ». Mais, du moins en Occident, il n’est pas certain que cet objectif ait été atteint par le motu proprio : au contraire, on observe des signes d’une discorde croissante entre les adeptes de la liturgie traditionnelle et leurs évêques, les curés de paroisse se trouvant le plus souvent pris entre deux feux : sympathisants des communautés qu’ils ont accompagnées pastoralement, tout en souhaitant encourager l’obéissance à l’Église locale.

    Il est possible que Léon XIV revienne simplement sur la pertinence du motu proprio dans les mois à venir, en l’abrogeant purement et simplement tout en exhortant les évêques à mettre l’accent sur les textes liturgiques postconciliaires en tant qu’« expression unique du rite romain », tout en revenant au statu quo établi par *Summorum Pontificum*, cet ensemble de permissions accordées par Benoît XVI pour l’utilisation des textes liturgiques qu’il désignait sous le nom de « forme extraordinaire ».

    Mais cela semble peu probable. Abroger Traditionis au profit de son prédécesseur immédiat serait perçu comme un rejet audacieux de l’auteur du motu proprio, le pape François, et donc comme une démarche s’écartant du style d’unité et de conciliation que Léon a adopté.

    Il est également possible que Léon laisse Traditionis intact, tout en demandant au Dicastère pour le culte divin du Vatican de se montrer généreux dans l’octroi d’autorisations permettant aux prêtres de célébrer la forme extraordinaire, aux églises paroissiales d’être utilisées pour sa célébration, et à la création de nouvelles paroisses personnelles dédiées à l’observance des rites liturgiques préconciliaires. Certains indices laissent penser que les diplomates de Léon ont déjà indiqué cette approche, au moins à titre de mesure temporaire, dans plusieurs pays.

    Mais l’appel du Vatican à une « nouvelle perspective » sur les inclusions liturgiques suggère que les projets de Léon pourraient bien être plus vastes qu’une simple interprétation « généreuse » de Traditionis, et que l’insistance de ses diplomates en faveur de cette approche auprès des conférences épiscopales n’est qu’une sorte de mesure temporaire.

    Certains catholiques ont évoqué la possibilité de créer un ordinariat personnel, voire plusieurs, à l’intention des catholiques et des membres du clergé attachés à une liturgie traditionaliste — peut-être en guise de reconnaissance du solide réseau de communautés qui s’est constitué parmi les adeptes des liturgies d’avant le concile.

    Cette option semble toutefois peu probable sous le pontificat de Léon XIV.

    D'une part, le temps passé par Léon dans le diocèse de Chiclayo lui a permis d'acquérir de l'expérience dans la construction de l'unité entre des groupes de clergé séculier qui se chevauchent, étant donné que son diocèse comptait de nombreux prêtres de la prélature personnelle de l'Opus Dei, ainsi que des laïcs associés à cette prélature. Cela pourrait lui donner une idée des possibilités d'une structure distincte dotée d'une mission pastorale unique, et de la mesure dans laquelle celle-ci pourrait exister sans sectarisme.

    D’autre part, l’objectif de Traditionis semble être de favoriser l’unité entre les catholiques, et l’idée d’une structure ecclésiale entièrement parallèle pour les catholiques traditionalistes n’est guère susceptible d’être perçue à Rome comme une voie vers l’unité ecclésiale souhaitée, en communion avec les évêques diocésains locaux et les autres catholiques locaux. En fait, un ordinariat personnel serait probablement considéré comme encourageant le genre d’insularité que Traditionis était censé combattre, et qu’il a, ironiquement, facilité dans certaines communautés.

    De plus, les ordinariats créés pour le patrimoine anglican ont été confrontés à des problèmes récurrents liés aux réalités pratiques de la gestion financière et du personnel, et cette expérience a probablement suscité au sein du Siège apostolique une certaine réticence à l’idée de mettre en place des structures canoniques similaires.

    Mais une possibilité plus probable serait une modification de Traditionis, qui encouragerait en fait la création de paroisses personnelles destinées aux catholiques attachés à la forme extraordinaire, ainsi que la publication de lignes directrices sur la meilleure façon de les intégrer dans les diocèses.

    L’avantage d’une telle structure serait sans doute de permettre une relation étroite entre les communautés traditionalistes et leur évêque diocésain : plutôt que d’assister aux liturgies d’instituts religieux ou d’institutions proches du schisme comme la FSSPX, les catholiques de tendance liturgique traditionaliste resteraient intégrés dans une communauté faisant pleinement partie du diocèse où elle est implantée, et fonctionnant sous la charge pastorale directe et la supervision de l’évêque diocésain.

    Cet encouragement pourrait s’accompagner d’instructions sur la manière dont les prêtres diocésains pourraient être sélectionnés, formés et affectés à ces paroisses, ainsi que de conseils destinés aux catholiques sur la manière d’entretenir des relations à la fois avec leur paroisse personnelle et avec les autres catholiques de leur territoire.

    Et comme les paroisses personnelles ne sont pas territoriales — c'est-à-dire limitées au seul territoire d'un diocèse —, les directives relatives à leur création pourraient également inclure des indications sur la célébration de la forme extraordinaire en plusieurs lieux d'un même diocèse, afin de rassembler les catholiques de toute une région sous une seule structure paroissiale.

    Une modification de Traditionis qui encourage les paroisses personnelles pourrait être perçue à Rome comme permettant, sous le pontificat de Léon, une « nouvelle perspective » qui assure « généreusement » à la fois la charge pastorale et la structure paroissiale des communautés traditionalistes, tout en donnant aux évêques une plus grande facilité de supervision et de discernement que ce qui était possible en vertu des termes de Summorum pontificum.

    Bien sûr, il appartient à la FSSPX elle-même de déterminer les choix que sa propre direction pourrait faire cet été, et comment le pape Léon pourrait y répondre.

    Certaines personnalités ecclésiastiques ont même suggéré que la Fraternité pourrait bien renoncer à ses projets actuels et rechercher une forme de reconnaissance institutionnelle au sein de l’Église, peut-être sous la forme d’une prélature personnelle — « si, comme tout catholique, elle reconnaît la doctrine de l’Église dans son intégralité, y compris les décrets du Concile Vatican II, qui ne peuvent être authentiquement déclarés contraignants que par les évêques en union avec le pape et sous son autorité ».

    Cela semble hautement improbable. Mais à mesure que les dirigeants de cette communauté se rapprochent de la perspective d’une excommunication officielle, des milliers de catholiques de son entourage chercheront un lieu d’accueil et d’accompagnement au sein de la communion de l’Église.

    À en juger par certains signes, Léon semble disposé à leur offrir cela. Reste à savoir comment.

  • Pas de bénédictions pour les couples homosexuels : les Coptes renouent le dialogue avec Rome

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Pas de bénédictions pour les couples homosexuels : les Coptes renouent le dialogue avec Rome

    Tawadros II annonce la reprise des pourparlers théologiques à la suite des assurances données par Léon XIV. La crise déclenchée par Fiducia supplicans, mal accueillie tant par les catholiques que par les non-catholiques, s'apaise ainsi, ce qui confirme que s'adapter au monde nuit gravement au dialogue œcuménique. 

    29/05/2026

    « Les membres du Saint-Synode ont décidé de reprendre le dialogue théologique avec l’Église catholique à la suite des assurances concernant la non-bénédiction des couples de même sexe, exprimées lors de la conversation téléphonique entre Sa Sainteté le pape Tawadros II et Sa Sainteté le pape Léon XIV, vendredi 15 mai de cette année. » Une communication laconique, de quelques lignes seulement, mais qui pèse comme un poids énorme dans le contexte catholique actuel. Le Synode de l’Église copte orthodoxe – l’une des Églises non chalcédoniennes –, réuni le 22 mai dernier, a donné son feu vert, dans la déclaration exprimant les délibérations mûries au cours de l’assemblée, à la reprise du dialogue théologique avec l’Église catholique, rassuré par un appel téléphonique passé directement par le pape Léon XIV à Tawadros II, à la tête de l’Église copte depuis 2012.

    Ce qui signifie que la pmublication de François et de Tucho Fernández, *Fiducia supplicans*, a non seulement suscité la révolte de conférences épiscopales catholiques entières, mais a également refroidi les relations avec les orthodoxes (voir ici) et a même provoqué l’interruption du dialogue œcuménique avec les Coptes. Un désastre sur toute la ligne. Dialogue qui, grâce au changement de cap du pape Léon, a désormais repris. Pour satisfaire le puissant lobby gay présent au sein de l’Église, Bergoglio et Fernández n’ont pas hésité à sacrifier l’idole de l’œcuménisme. Celle-ci est d’ailleurs brandie à nouveau lorsqu’il s’agit de démanteler la doctrine et la discipline catholiques. La réaction de l’Église copte face à l’assurance donnée par Léon XIV est une preuve supplémentaire que le dialogue œcuménique le plus sérieux depuis Vatican II, à savoir celui avec le monde des Églises orthodoxes et orientales non catholiques, est sérieusement compromis chaque fois que le monde catholique envoie des signaux d’adaptation au monde et d’éloignement de la Tradition apostolique.

    Lors de son vol de retour d’Afrique, le Pape avait déclaré, à propos de la position avancée par les évêques allemands, que « nous ne sommes pas d’accord avec la bénédiction formalisée des couples, en l’occurrence des couples homosexuels ou des couples en situation irrégulière ». Une certaine perplexité subsiste quant à l’emploi de l’adjectif (« formalisée »), qui semble tout de même laisser la porte ouverte à des bénédictions non formalisées, et donc à ces bénédictions « dont la forme ne doit pas être fixée par un rituel imposé par les autorités ecclésiales », introduites précisément par Fiducia supplicans.
    Le cardinal Fernández s’est lui aussi montré opposé au vademecum qui, en Allemagne, permettrait de bénir les couples homosexuels, en faisant publier sur le site du Dicastère pour la Doctrine de la Foi la lettre que le préfet avait envoyée le 18 novembre 2024 à l’évêque de Trèves, Mgr Stephan Ackermann.

    Problème résolu ? Je ne dirais pas. S’il est assez clair que le pape cherche à ressouder l’Église en son sein et à rétablir les relations œcuméniques sur une question aussi épineuse et source de division que la bénédiction des couples homosexuels, il n’en reste pas moins que l’ambiguïté persiste, pour au moins deux raisons. Premièrement : les déclarations du pape étaient des propos officieux, et non pas à proprement parler des actes du Magistère. Dans le cas de l’appel téléphonique à Tawadros II, nous ne connaissons même pas les détails du contenu de la conversation, bien que la volonté des Coptes de reprendre le dialogue théologique avec le Saint-Siège laisse penser à une prise de distance par rapport à Fiducia supplicans.

    Deuxièmement, si, du vivant de François, l’aspect délibérément maintenu ambigu par le pape et par Fernández concernait le destinataire de ces bénédictions – des individus ou des couples ? –, l’ambiguïté porte désormais sur la formalisation de ces bénédictions. Dans son sport favori, la recherche de prétextes, Tucho, in illo tempore, avait tenté une distinction improbable entre les bénédictions « liturgiques ou ritualisées » et les bénédictions « spontanées ou pastorales », ces fameuses bénédictions de 10 ou 15 secondes. La réponse que le pape Léon avait donnée dans l’avion en avril dernier semble en effet continuer à maintenir en vie ce type de bénédictions, tandis que nous ne savons rien de celle donnée au pape copte.

    En somme, une fois de plus, le Saint-Siège ne prend pas clairement position. Le problème des bénédictions autorisées par *Fiducia supplicans* persiste donc, car même une bénédiction « non formalisée » (sic) reste une bénédiction et donc un sacramentel. Et la logique des sacramentaux, qui découle de leur nature, comme l’exprimait bien le Responsum de 2021, est que « ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce ». Les couples homosexuels et irréguliers, en tant que couples, ne sont pas ordonnés au dessein de Dieu et, par conséquent, toujours en tant que couples, ne peuvent en aucun cas être bénis. Telle est la vérité qui découle de la nature de la bénédiction d’une part, et du dessein du Créateur d’autre part. Tout le reste n’est que balivernes.

    Il n’y a pas encore suffisamment d’éléments pour déterminer si le pape Léon ne peut pas ou ne veut pas donner une clarification officielle, digne de ce nom. Ce que nous pouvons espérer (et pour quoi nous devons prier sérieusement), c’est que cette tentative louable, opportune et attendue de réunification des différentes composantes du monde catholique s’accomplisse sur le roc solide de Pierre et de la vérité.

  • Pourquoi certains politiciens et médias refusent-ils de reconnaître ce que de nombreux chrétiens nigérians et leurs partisans considèrent comme un génocide manifeste ?

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    D' sur Bitter Winter :

    Massacres et enlèvements massifs de chrétiens au Nigéria : la preuve d'un génocide

    27 mai 2026

    Pourquoi certains politiciens et médias refusent-ils de reconnaître ce que de nombreux chrétiens nigérians et leurs partisans considèrent comme un génocide manifeste ?

    Victimes d'une attaque terroriste de Boko Haram. Crédits.
    Victimes d'une attaque terroriste de Boko Haram. Crédits .

    Le 16 mai 2026, des hommes armés ont pris d'assaut trois écoles de la zone de gouvernement local d'Oriire, dans l'État d'Oyo, enlevant 39 élèves et sept enseignants lors d'une attaque coordonnée. La directrice du lycée communautaire, Rachael Alamu Folawe , a été emmenée de force dans sa propre voiture sous la menace d'une arme et contrainte de se réfugier dans une réserve forestière. L'un des enseignants enlevés, le professeur de mathématiques Michael Oyedokun, a été décapité en captivité. Ses assassins ont filmé l'exécution et diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux. 

    Une opération de sauvetage conjointe menée par des soldats, des policiers et des milices locales a été interrompue lorsque les secouristes ont découvert des engins explosifs improvisés posés par les assaillants. Six suspects ont été arrêtés. Les autres victimes sont toujours portées disparues.

    Le « New York Times » a qualifié l’affaire de rare, mais les attaques contre les communautés chrétiennes du Nigeria sont loin d’être exceptionnelles. Meurtres, enlèvements et agressions sont quotidiens, faisant des milliers de victimes chaque année. Les auteurs de ces actes de violence appartiennent à tous les principaux groupes armés impliqués, notamment les militants peuls , Boko Haram et l’ISWAP , tous des groupes musulmans. Pourtant, lorsqu’aucun groupe ne revendique la responsabilité d’une attaque, le gouvernement nigérian et une grande partie de la presse internationale qualifient les assaillants de « bandits » ou d’« hommes armés non identifiés ».

    Le fait de qualifier les islamistes de « bandits » et de « tireurs » résulte d'une politique délibérée. Un message interne diffusé sur une plateforme WhatsApp officielle de l'armée nigériane révèle que des responsables de la défense ont demandé aux journalistes d'abandonner ces termes. Le directeur des opérations médiatiques de la Défense, Markus Kangye, a écrit : « Il s'agit d'une question de terminologie. Nous souhaitons cesser d'utiliser le mot “bandits”. Des lois et des décrets les désignent déjà comme “terroristes”. » La réponse de Kangye laisse entendre que certains reconnaissent que ces attaques relèvent du terrorisme et non du simple banditisme.

    Dans la ceinture centrale du Nigeria, notamment dans les États de Benue, Plateau et Nasarawa, les attaques attribuées à des « bandits » suivent un schéma récurrent : des villages sont rasés, des agriculteurs déplacés, des chrétiens tués et des églises détruites. Les témoignages des survivants contredisent formellement les versions officielles. Malgré les attributions des autorités à des criminels, de nombreux témoins oculaires ont déclaré à International Christian Concern que les assaillants étaient des milices peules musulmanes, criant « Allahu Akbar » avant de tuer. 

    Lors de mon séjour au Nigéria, j'ai assisté à deux conférences de pasteurs chrétiens consacrées aux violences. J'y ai mené de nombreux entretiens avec des victimes et des témoins oculaires , qui ont tous confirmé que les assaillants étaient des islamistes peuls . De plus, ils ont tous décrit les attaques comme ayant une dimension religieuse.

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  • Un schisme se profile-t-il à l'horizon ? L'analyse du cardinal Müller

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    De kath.net/news :

    Un schisme se profile-t-il à l'horizon ?

    26 mai 2026

    Le tragique conflit théologique entre l'Église et la Fraternité Saint-Pie-X. Un entretien entre le cardinal Gerhard Ludwig Müller et Lothar C. Rilinger

    Cité du Vatican (kath.net) Les décrets du concile Vatican II n'ont pas été acceptés par tous les catholiques. Certains se contentaient de déclarations critiques, mais Mgr Marcel Lefebvre, également archevêque de Dakar, rejeta même des réformes clés initiées par le concile, notamment la déclaration Nostra aetate – qui régit les nouvelles relations entre l'Église et le judaïsme. De plus, il rejeta les réformes liturgiques de 1965 ainsi que le mouvement œcuménique. Son rejet catégorique suscita une vive résistance au sein de l'Église. Afin d'institutionnaliser sa position conservatrice, il fonda la Fraternité Saint-Pie-X en 1970. Grâce à la médiation du préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque, le cardinal Joseph Ratzinger, un compromis fut trouvé, mais en 1988, Lefebvre consacra quatre évêques, un acte considéré comme schismatique par l'Église et qui entraîna son excommunication. Benoît XVI leva cette sanction ecclésiastique par grâce, tout en maintenant les positions canoniques et théologiques. 

    Non seulement Mgr Lefebvre est décédé, mais aussi deux des évêques qu'il avait consacrés. Ces deux derniers étant d'un âge avancé, leur décès risque de laisser sans évêque la possibilité d'ordonner des prêtres, ce qui entraînerait la disparition du sacerdoce de la Fraternité Saint-Pie-X. Pour éviter cela, de nouveaux évêques seront consacrés le 1er juillet 2026. Ce projet suscite des réticences au sein de l'Église. Nous avons évoqué ces réticences avec le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

    Lothar C. Rilinger : Pouvez-vous décrire quelles décisions du concile Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie X rejettent ?

    Cardinal Gerhard Ludwig Müller : Notamment en ce qui concerne la doctrine de la liberté religieuse comme droit fondamental devant Dieu seul, sans coercition étatique ni endoctrinement idéologique, de suivre la vérité qui résonne avec sa conscience, ils voient une déviation par rapport à la conviction catholique selon laquelle seule l'Église catholique proclame pleinement et présente comme crédible la révélation de Dieu en Christ. 

    La Fraternité Saint-Pie X interprète la liberté religieuse selon le libéralisme relativiste du XIXe siècle, qui rejette la révélation et réduit la religion à une question de goût et de sentiment subjectif plutôt qu'à la vérité. À l'inverse, l'État catholique se sent tenu de promouvoir la religion catholique comme la seule vraie et de nier à l'erreur toute légitimité dans la sphère publique. 

    Dans la déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanae, le Concile établit cependant précisément la distinction entre la liberté religieuse en tant que droit naturel de l'homme et la liberté de l'homme de répondre à la parole révélée de Dieu avec raison et liberté et de reconnaître dans le Christ la plénitude de la vérité de Dieu et de l'homme. 

    Dans le contexte actuel d'une société pluraliste, et plus particulièrement dans les États socialistes antireligieux ou islamistes radicaux, nous pouvons nous réjouir que les pouvoirs publics n'interviennent pas dans les questions de religion et de morale. Invoquant la liberté de religion et de conscience, les catholiques, notamment au sein de l'Union européenne, malheureusement souvent hostile au christianisme, peuvent faire valoir leur droit de refuser l'avortement, l'euthanasie et la relativisation du mariage entre un homme et une femme.

    Parler encore d'États catholiques qui devraient imposer par des mesures étatiques la doctrine toujours valable de la nécessité de l'Église catholique pour le salut semble tout à fait anachronique. 

    De même, les objections de la Fraternité Saint-Pie X à la recherche œcuménique de l'unité de tous les chrétiens au sein de l'unique Église catholique, qui trouve son expression visible dans le Pape, passent à côté de l'essentiel du Concile Vatican II. Ce dernier n'a nullement remis en cause l'unicité de l'Église du Christ, telle qu'affirmée par la déclaration Dominus Jesus de 2000 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, sous l'égide du cardinal Ratzinger. Il s'agissait plutôt de reconnaître les chrétiens non catholiques qui, sans s'être personnellement séparés de l'Église catholique, restaient, de bonne foi, attachés aux vérités de la confession dans laquelle ils avaient été élevés, et de rechercher avec eux les moyens de retrouver l'unité dans la foi, les sacrements et la constitution de l'Église, telle que Jésus lui-même, fondateur de l'Église, l'a voulue et qui est l'expression visible de son unité avec le Père (Jean 17). 

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  • Entretien avec Monseigneur Dominique Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

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    De Niwa Limbu sur Ad Vaticanum :

    Entretien avec Monseigneur Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

    23 mai 2026

    Entretien avec l'évêque Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

    L'ancien évêque de Fréjus-Toulon, Dominique Rey, s'exprime sans détour sur la sécularisation en France, la hausse des baptêmes d'adultes, Traditionis Custodes, la FSSPX, l'évangélisation et explique pourquoi il reste optimiste quant à l'avenir de l'Église en France.

    Dominique Rey a été évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, dans le sud-est de la France, de 2000 à 2025. Nommé par le pape Jean-Paul II, il a servi sous trois pontificats et a supervisé une croissance importante de son diocèse, qu’il a décrit comme « un jardin aux nombreuses fleurs ».

    Cette croissance s'est traduite par une augmentation substantielle de la vie religieuse, avec plus de 50 communautés religieuses désormais installées à Fréjus-Toulon, ainsi qu'un séminaire florissant.

    Membre de la Communauté Emmanuel, Mgr Rey ne serait pas habituellement associé au courant traditionaliste de l'Église. Pourtant, il a fait preuve d'une bienveillance et d'une hospitalité exceptionnelles envers ceux qui sont attachés aux rites les plus anciens. Son ministère se caractérise par une volonté de cultiver différents charismes qui prennent la foi au sérieux et peuvent enrichir l'Église. Dans cet entretien, il nous éclaire sur les motivations de cette démarche et nous livre une analyse particulièrement pertinente de l'Église en France.

    AD : Monseigneur, à une époque où de nombreux médias traditionnels ignorent ou déforment l’enseignement de l’Église, le besoin de médias catholiques indépendants et fidèles, capables d’informer les fidèles sans compromis, se fait de plus en plus sentir. Selon vous, pourquoi la création de nouvelles plateformes médiatiques catholiques est-elle urgente aujourd’hui, et quel rôle jouent-elles dans la défense du dépôt de la foi ?

    +DR : Les médias exercent une influence considérable sur la société. Il est important que les institutions catholiques soient présentes et que des prêtres y contribuent. On observe, par exemple en France et en Europe, une nouvelle génération de catholiques qui développent des plateformes et des podcasts. Parfois libres et indépendants, ils restent néanmoins fidèles à l’enseignement de l’Église. Il est essentiel d’encourager ces initiatives.

    AD : Monseigneur, compte tenu de la profonde sécularisation en Europe et en France, et du nombre important de personnes qui ont quitté l’Église, quelle est votre évaluation de l’urgence de la nouvelle évangélisation telle que développée par le pape Jean-Paul II, et quels sont les éléments essentiels nécessaires pour qu’elle porte du fruit aujourd’hui ?

    +DR : Dans notre contexte européen, marqué par une forte sécularisation et le départ de nombreuses personnes de l’Église, il est essentiel de développer un nouveau sens de l’évangélisation à travers les médias, différentes initiatives et les mouvements charismatiques.

    Parallèlement, il est essentiel de se rappeler que l'évangélisation commence par nous. Les plus grands évangélisateurs du monde furent les saints. C'est la personne totalement transformée par la grâce de Notre Seigneur qui est le premier vecteur d'évangélisation. L'évangélisation est indissociable de la sanctification.

    Deuxièmement, il est essentiel, dans le processus d'évangélisation, de cultiver un esprit de communion. Mon travail a été guidé par un profond sentiment de communion, une communion fondée sur la doctrine catholique, mais qui s'exprime à travers diverses dimensions, sensibilités et spiritualités.

    AD : La Fraternité Saint-Pie-X continue de faire la une des journaux suite à l’annonce de la consécration épiscopale de juillet. Compte tenu des initiatives prises sous les papes Benoît XVI et François, quelle est votre évaluation actuelle de cette annonce et quelles mesures concrètes souhaiteriez-vous voir se concrétiser dans les mois ou les années à venir ?

    +DR : La communion doctrinale est primordiale. Ma position est d’être clair avec la Fraternité sur ce qui est nécessaire, mais aussi de maintenir le dialogue avec elle, non pas sur des questions de foi, mais parce que l’Église se doit d’être ouverte à ses opinions, à son expression de fraternité et à ses projets.

    L'Église doit être disposée à intégrer les traditionalistes en son sein. La position de Benoît XVI a toujours été celle d'une Église ouverte, fidèle à l'ancienne tradition de médiation. Aujourd'hui, cette position est plus importante que jamais.

    AD : Traditionis Custodes et le rescrit qui a suivi ont profondément marqué les communautés attachées à la messe traditionnelle en latin. Plusieurs années plus tard, et alors que le pape Léon XIV rencontre des membres du clergé pro-la messe en latin, quel est votre avis sur la situation actuelle ?

    +DR : Si le pape Léon XIV rencontre ces groupes, je pense que c’est une bonne chose. C’est une excellente initiative qui permet à tous les fidèles de trouver cette expression de leur foi au sein de l’Église. Une nouvelle génération de jeunes est en quête de sacré, de spiritualité et de silence dans la liturgie traditionnelle. Il est essentiel de leur être ouvert et d’accueillir ces nouvelles aspirations.

    AD : Depuis votre retraite du siège de Fréjus-Toulon, vous avez continué à servir l’Église de diverses manières. Comment avez-vous vécu ces années de retraite, tant sur le plan personnel que spirituel ? Pensez-vous que le pape François ait eu raison de vous demander de démissionner ?

    +DR : J’ai accepté par obéissance au Saint-Père. J’ai accepté la décision du Pape, mais pas la raison invoquée. Un an auparavant, il m’avait répété à plusieurs reprises : « Reste dans le diocèse. Nous avons besoin de toi. » Un an plus tard, il m’a demandé de démissionner.

    Ma situation engendre une tentation de révolte, de refus de l'accepter. Ma mission ne s'est pas arrêtée à ma démission du diocèse de Fréjus-Toulon. Je donne de nombreuses conférences et maintiens des liens avec divers charismes au sein de l'Église.

    Je suis en paix car je n'ai d'autre solution que d'accepter la décision de notre Saint-Père et, en même temps, de poursuivre ce à quoi j'ai consacré ma vie : la mission, l'évangélisation, la communion entre les différentes expressions de la foi et le service du Christ jusqu'à ma mort.

    AD : Enfin, Monseigneur, comment évaluez-vous l’état actuel de l’Église en France, et observe-t-on des signes de renouveau malgré la profonde sécularisation du pays ?

    +DR : En France, nous avons connu de nombreuses crises. Mais une caractéristique de l’histoire de la France est qu’après une crise survient un temps de purification. Si l’on considère l’histoire de la France et de l’Église en France, on constate qu’elle a souvent progressé à travers des périodes de crise, suivies de mouvements de renouveau.

    Aujourd'hui, du fait de la sécularisation, beaucoup de personnes n'ont plus aucun contact avec l'Église et sont privées de culture chrétienne. Pourtant, une nouvelle génération aspire au baptême. C'est incroyable ! En dix ans, le nombre de baptêmes d'adultes a augmenté de 160 % en France. Dans chaque paroisse, la demande de découvrir ou de redécouvrir la foi ne cesse de croître. C'est pourquoi je suis plein d'espoir pour l'avenir.

    L’histoire de France est aussi une histoire de patrimoine, et au sein de ce patrimoine se trouve l’Église. Redécouvrir nos racines, nos traditions et notre patrimoine peut nous aider à découvrir un christianisme nouveau. Cela vaut non seulement pour la France, mais pour l’Europe, car la France a souvent été à l’avant-garde de nombreuses transformations sur le continent.

  • Le Parlement européen adopte une meilleure protection des victimes, mais avec un arrière-goût amer.

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    Un communiqué de presse d'ALFA (Action pour le droit à la vie pour tous) :

    Le Parlement européen adopte une meilleure protection des victimes, mais avec un goût amer.

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Le Parlement européen adopte une protection renforcée des victimes, mais avec un goût amer : la directive européenne mentionne pour la première fois l’avortement.

    Augsbourg. Le 21 mai, le Parlement européen a adopté une nouvelle directive européenne sur les droits des victimes, associant ainsi, du point de vue d'ALfA, une avancée attendue depuis longtemps en matière de protection des victimes mais associée à une manœuvre idéologique inacceptable.

    La directive révisée modernise pour la première fois depuis 2012 le cadre de l'UE pour les victimes de la criminalité. Elle renforce les normes minimales de soutien et de protection, établit des lignes d'assistance téléphonique à l'échelle de l'UE (116 006), améliore l'accès à l'aide juridique et à l'indemnisation, et protège mieux les données personnelles des victimes contre les auteurs de crimes.

    « Nous saluons tout particulièrement toute mesure visant à mieux protéger les véritables victimes de crimes », explique Cornelia Kaminski, présidente fédérale de l’Action pour le droit à la vie pour tous (ALfA). « Les femmes victimes de violence, en particulier, ont besoin d’une aide facilement accessible, de conseils avisés, d’une thérapie pour les traumatismes et d’un soutien juridique. »

    L'infanticide prénatal est inscrit dans les directives destinées aux victimes

    ALfA critique le fait que la directive mentionne explicitement l'accès à l'avortement pour la première fois. Un considérant précise que les services de santé dans le domaine de la « santé sexuelle et reproductive » destinés aux victimes de violences sexuelles pourraient également inclure l'accès à l'avortement ; les États membres sont tenus de fournir ou de faciliter ces services « lorsque leur législation nationale le permet ».

    « Ce texte consacre l’avortement dans un cadre qui n’a en réalité rien à voir avec le sujet. C’est de la politique symbolique classique, menée sous couvert de protection des victimes », a déclaré Kaminski. « Dans l’UE, on estime que plus de 600 000 enfants sont tués avant leur naissance chaque année. L’enfant à naître est donc la victime la plus fréquente de violence, et non seulement il n’est pas mentionné dans ce texte, mais il est explicitement victimisé : son avortement prénatal est présenté comme un élément de la protection des victimes de violences sexuelles. »

    Le principe de subsidiarité et la dignité humaine bafoués

    ALfA souligne que la politique en matière d'avortement relève de la compétence exclusive des États membres, conformément aux traités européens.

    « Lorsque Bruxelles instrumentalise une directive relative aux victimes pour légitimer politiquement l’avortement, il s’agit d’un glissement insidieux des compétences et d’une violation du principe de subsidiarité », critique Kaminski. « L’UE invoque la dignité humaine, mais l’applique de manière sélective. Apparemment, elle ne s’applique pas aux enfants à naître. »

    Appel aux États membres

    La directive doit maintenant être formellement adoptée par le Conseil ; ensuite, les États membres disposent de deux ans pour la transposer en droit national.

    « Nous appelons les gouvernements membres du Conseil à ne pas approuver ce texte en l’état », déclare Kaminski. « L’Europe a besoin d’une protection efficace des victimes, mais pas d’une instrumentalisation de cette protection pour faire progressivement de l’avortement un “quasi-droit fondamental” européen. »

     

  • Objectif 2028 : La synodalité de François poursuit son chemin avec Léon

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Objectif 2028 : La synodalité de François progresse avec Léon

    Le document du secrétariat général du Synode expose le programme des années à venir et confirme l'intention exprimée il y a un an par le pape nouvellement élu : le processus synodal se poursuit et nous n'en serons jamais exemptés. L'espoir d'un changement de cap semble de moins en moins fondé et la direction reste celle fixée sous le pontificat de son prédécesseur.

    22/05/2026
    LaPresse (Photo AP/Gregorio Borgia)

    Le pape Léon XIV semble réticent à modifier la nouvelle synodalité souhaitée par le pape François, même par de légères corrections. Le 20 mai, le secrétariat général du Synode a publié un nouveau document, «  Vers les assemblées 2027-2028 : Étapes, critères et outils pour les assemblées de 2027-2028 », qui présente le programme et les événements des assemblées synodales jusqu’en 2028 et au-delà.

    Dans sa première allocution depuis la Loggia de la Bénédiction, il avait assuré que le processus synodal se poursuivrait. Il a d’ailleurs immédiatement confirmé la nomination du président Höllerich et du secrétaire Grech par le pape François et, les rencontrant le 26 juin 2025, les a invités à poursuivre sur la voie de cette nouvelle synodalité, envisagée comme un style ecclésial. Malgré cela, nombreux étaient ceux qui s’attendaient encore, à terme, à des ajustements ou des clarifications, compte tenu des nombreux doutes et critiques que cette nouvelle orientation avait suscités. Au moins, une suggestion a été faite, même si elle n'a pas été formulée explicitement. Peut-être certaines idées ont-elles émergé de ses nombreux discours, dont certains improvisés, mais toute révision significative du processus nécessiterait un document officiel ou de nouvelles nominations, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.

    On a plutôt observé des actes de confirmation et de soutien, comme lors du Jubilé des chrétiens LGBT et de la messe célébrée en leur honneur par l'évêque Savino, avec l'approbation explicite du pape Léon ; ainsi que les diverses audiences avec le père James Martin, qui, selon lui, avait reçu le soutien du pape, ce qu'il n'a jamais nié. Il convient également de rappeler que Léon XIV n'est pas intervenu officiellement concernant le Synode allemand, se contentant de rappeler la position adoptée par le Saint-Siège durant les dernières années du pontificat précédent et, dans les faits, laissant les choses suivre leur cours. Parallèlement, le cardinal Grech, secrétaire du Synode, a inclus des témoignages d'amis homosexuels du père Martin au sein du Groupe 9 du Synode et a proposé la fusion du Synodaler Weg avec le Synode de l'Église universelle. Cette décision pourrait passer pour une tentative de minimiser l'importance de l'expérience allemande, mais elle serait aussi, d'un autre côté, un signe de reconnaissance et lui offrirait un champ d'influence plus vaste.

    Ces événements avaient déjà refroidi les espoirs d'une réévaluation. Les réflexions de Léon XIV sur un processus comme le synode et sur un concept comme la nouvelle synodalité sont préoccupantes, car elles engendrent une désarticulation interne au sein de l'Église. Ce qui devrait unir divise, car cela donne progressivement naissance à des revendications d'indépendance et d'autonomie, jugées dignes d'être acceptées. Nous avons déjà évoqué les événements du Jubilé LGBT ; par ailleurs, les veillées contre l'homophobie et la transphobie organisées récemment dans divers diocèses en présence d'évêques relèvent également de la nouvelle synodalité, de même que les différentes assemblées diocésaines où laïcs, religieux et prêtres de diverses convictions expriment leurs opinions sur la manière dont l'Église doit être aujourd'hui. Voici maintenant le nouveau document du Secrétariat général qui, loin d'abréger le processus, le conduit inébranlablement à son terme en 2028 et envisage même sa poursuite au-delà. Le document espère que « la synodalité prendra de plus en plus la forme d'un mode de vie ecclésial ordinaire », qu'une véritable « conversion synodale » s'opérera et que la synodalité sera la voie du discernement, de l'évaluation et de la réorganisation ecclésiale. Autrement dit, nous ne serons jamais affranchis de cette nouvelle synodalité. Des points déjà confirmés lors des phases précédentes sont réitérés, sans aucun réexamen critique.

    La question de la durée n'est pas superficielle . Le synode de Paul VI a commencé et s'est achevé par la remise du résumé des travaux au Pape. Il s'agissait, en réalité, d'un service rendu à l'Église, mais il n'était pas l'Église. Le nouveau synode, en revanche, se considère comme l'expression de cette nouvelle synodalité comme essence même de l'Église – « l'Église est synodale », dit-on – et l'accompagne donc toujours comme son habitus propre . Il ne peut être clos, il ne peut être épisodique.

    Parmi les nombreux points abordés dans les dix-huit pages du document, nous en soulignons quelques-uns des plus importants, en plus de ceux déjà mentionnés. D’ici 2028, une multitude d’assemblées diocésaines, nationales, continentales et, enfin, universelles se tiendront en présence du Pape. Le document appelle à un élargissement du rôle des laïcs et des femmes dans les services ecclésiaux, y compris liturgiques. Il est indiqué que les futures assemblées devront présenter une composition très diversifiée, incluant des représentants d’autres Églises chrétiennes et d’autres religions. En 2028, précise le document, le processus entamé les 18 et 19 octobre 2021 s’achèvera. Cette conclusion n’aura cependant pas pour but de clore le débat, mais plutôt de l’ouvrir afin d’assurer la continuité de cette manière d’être l’Église pour les années à venir. Le document qualifie les participants aux différentes assemblées synodales de « militants » et d’« activistes » au sein de leurs réalités ecclésiales respectives, afin que cette nouvelle manière d’être l’Église puisse s’enraciner dans la pratique quotidienne.
    Ce document ne laisse aucun doute : le pape Léon XIV poursuivra aussi fidèlement que possible le processus souhaité par François.

  • Le rapport du Synode présente un « changement de paradigme » toxique (Mgr Mutsaerts)

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    De Mgr Mutsaerts (évêque auxiliaire de Bois-le-Duc) sur son blog :

    Le rapport du Synode présente un « changement de paradigme » toxique.

    Le Synode des évêques a mis en place dix groupes d’étude pour le Synode sur la synodalité. Le « groupe d’étude n° 9 » se penche principalement sur la manière dont l’Église peut aborder collectivement des questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées. Le groupe d’étude n° 9 a publié son rapport final le 5 mai dernier. Dans un communiqué de presse publié le même jour, le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, a décrit le rapport du groupe d’étude n° 9 comme un document touchant « au cœur de la vie ecclésiale ». Entre-temps, le Secrétariat général du Synode prend toutefois ses distances par rapport à ce même rapport. Un porte-parole du secrétariat a souligné que « les groupes de travail ont travaillé de manière autonome » et que, par conséquent, « ces rapports ne peuvent être attribués au Secrétariat du Synode ».

    Dans les débats, de nombreux catholiques voient dans ces rapports non seulement un changement d’accent, mais la suggestion d’une modification de la doctrine elle-même, en particulier lorsqu’il est question d’un « changement de paradigme ». La politique identitaire, la révolution sexuelle après les années soixante et le vocabulaire de « l’expérience vécue » dominent aujourd’hui même les discussions ecclésiales.

    L'Église n'est pas opposée au changement. Ce à quoi elle s'est toujours opposée, c'est le culte des nouveautés simplement parce qu'elles sont nouvelles. Il existe aujourd'hui une tendance à assimiler la vérité au mouvement historique. La modernité a inconsciemment accepté l’hypothèse selon laquelle ce qui vient après est nécessairement meilleur. Mais meilleur dans quelle direction ? Chesterton a fait remarquer qu’avant de pouvoir parler de progrès, il faut d’abord savoir où l’on veut aller. Un homme qui marche dans la mauvaise direction ne progresse pas en marchant plus vite.

    C’est pourquoi nous devons nous méfier profondément de l’expression « changement de paradigme » lorsqu’elle implique que la morale chrétienne doit évoluer simplement parce que la société contemporaine a changé. Cela reviendrait en effet à renoncer à la revendication centrale du christianisme : à savoir que la vérité juge l’histoire, et n’est pas jugée par l’histoire. Et pourtant, c’est ce que suggère le rapport du Groupe d’étude 9.

    L'Église a survécu aux empires, aux philosophies et aux modes parce qu'elle était ancrée dans quelque chose qui se situe au-delà de l'histoire. Chaque époque se considérait comme éclairée. Chaque époque a fini par paraître ridicule aux yeux de celle qui lui a succédé. Le rôle de l’Église n’est pas de refléter la civilisation, mais de la remettre en question. S’il n’y a pas de continuité dans la doctrine, il y a rupture. Pourquoi une petite élite d’intellectuels contemporains aurait-elle le droit de passer outre deux mille ans de réflexion chrétienne ?

    Dans les débats ecclésiaux modernes, la pression provient souvent de cadres de pensée psychologiques contemporains, de tendances sociologiques ou d’attentes culturelles autour de l’autonomie et de l’identité. Ceux-ci contiennent certes des idées, mais ils ne sont pas neutres. La doctrine catholique sur la sexualité n’a jamais été fondée uniquement sur des conventions sociales. Elle est issue d’une vision intégrée de la création, du sacrement, de la corporéité, du sacrifice et de la téléologie. Le mariage n’est pas seulement un arrangement juridique ; c’est un symbole cosmique. L'éthique sexuelle ne consiste pas en des règles arbitraires imposées par des ecclésiastiques, mais en des conséquences découlant d'une vision de ce qu'est la personne humaine. Lorsque l'on dissocie l'éthique sexuelle de cette vision métaphysique plus large, c'est finalement la cohérence du christianisme lui-même qui se dissout. Les dogmes s'articulent entre eux comme les voûtes d'une cathédrale. Retirez une seule pierre porteuse, et l’édifice ne s’effondre pas immédiatement, mais des tensions commencent à apparaître partout.

    L'un des grands malentendus concernant l'orthodoxie est de croire que la fermeté doctrinale exclut toute compréhension de la faiblesse humaine. Or, c'est précisément parce que l'Église possède une doctrine solide sur le péché qu'elle éprouve une immense compassion pour la faiblesse humaine. L'idéologie moderne divise souvent l'humanité en oppresseurs et en victimes. Le christianisme divise l’humanité en pécheurs aimés de Dieu. L’amour exige la vérité précisément parce que les hommes ont une destinée éternelle. L’Église ne peut guérir les âmes en leur disant que la réalité morale change sous la pression des émotions ou des courants culturels. Un médecin qui adapte ses diagnostics uniquement pour rassurer ses patients cesse de guérir.

    Chaque culture a tendance à se déséquilibrer. À l’époque païenne, le christianisme défendait la chasteté. À l’époque puritaine, le christianisme défendait la fête. À l’époque matérialiste, le christianisme défendait le mysticisme. À l’époque du chaos, le christianisme défendait l’ordre. Chesterton rejetterait probablement l’idée selon laquelle l’Église doit devenir culturellement « crédible » en s’adaptant aux conceptions contemporaines de la sexualité. L’Église a toujours semblé étrange au monde. Cette étrangeté n’est pas un malheur, mais une réalité essentielle.

    Les premiers chrétiens étaient considérés comme absurdes parce qu'ils rejetaient le divorce, l'infanticide, la débauche sexuelle et la marchandisation du corps. Leur éthique ne correspondait pas aux normes romaines. Le christianisme n'a pas triomphé en s'adaptant, mais en proposant une vision radicalement différente de la dignité humaine.

    Aujourd’hui, le christianisme risque de répéter la même erreur que le protestantisme libéral aux XIXe et XXe siècles. De nombreuses communautés protestantes ont tenté de s’adapter à l’appel intellectuel de la modernité. Mais dès que le christianisme devient le simple écho religieux de l’opinion dominante, il perd son identité. Les gens le sentent et s’en détournent en masse. Une Église qui se contente de répéter le consensus culturel finit par devenir superflue.

    Examinons donc avec méfiance l’expression « changement de paradigme », telle qu’utilisée par le Groupe d’étude 9. Signifie-t-elle : un changement de ton pastoral ? une évolution dans l’application pratique ? une formulation plus profonde d’une vérité immuable ? ou une révision substantielle de la doctrine morale ? La vie intellectuelle moderne cache souvent les révolutions derrière des euphémismes. Si un dogme doit être modifié, il faut dire honnêtement qu’il est modifié. S’il n’est pas modifié, il faut expliquer clairement comment la continuité est préservée. La crédibilité de l’Église en dépend.

    Face à un rapport synodal proposant un « changement de paradigme » dans l’approche de la sexualité par l’Église, la méfiance est de mise. Si ce changement implique davantage de patience pastorale, un accompagnement plus humain, une plus grande humilité, une écoute plus attentive et une meilleure reconnaissance de la souffrance et de la complexité de la vie moderne, alors je l’accueillerais favorablement. Le christianisme sans charité devient cruauté. Mais si ce changement signifie que la vérité révélée est subordonnée aux présupposés culturels contemporains, alors je le rejette fermement. Ce ne serait pas un renouveau, mais une capitulation. L’Église ne survit pas parce qu’elle suit chaque esprit du temps, mais parce qu’elle porte une vérité qui transcende tous les temps. Comme l’a dit Chesterton : la chose la plus radicale que l’Église puisse faire, quel que soit le siècle, n’est pas de changer avec le monde, mais de rester fidèle alors que le monde autour d’elle change.

    +Rob Mutsaerts

    le 19 mai 2026

  • Joël Pralong est-il encore catholique ?

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    Joël Pralong (*), prêtre suisse du diocèse de Sion (Valais), est en tension avec la doctrine catholique principalement sur les questions d’homosexualité, de transidentité et de morale sexuelle. Il est l’auteur de plusieurs livres sur ces thèmes (dont Homos, trans et Dieu les bénit !, 2024) où il plaide pour un accueil inconditionnel et une relecture des enseignements traditionnels.

    Positions de l’Église catholique (doctrine officielle)

    La doctrine constante de l’Église, reprise dans le Catéchisme de l’Église catholique (§§ 2357-2359) et des documents du Magistère comme Persona Humana (1975) ou la Lettre sur la pastorale des personnes homosexuelles (1986), affirme :

    • Les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » : ils ferment l’acte sexuel au don de la vie et ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable (homme-femme). Ils « ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ».
    • L’inclination homosexuelle est « objectivement désordonnée » (tendance vers un comportement moralement mauvais), même si elle n’est pas en elle-même un péché.
    • Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté (comme tout baptisé non marié) et à l’union au Christ.
    • L’Église distingue la personne (à respecter, sans discrimination injuste) et les actes (à ne pas approuver). Le mariage est réservé à l’union homme-femme ouverte à la vie.

    Sur la transidentité, l’Église (notamment dans Dignitas infinita, 2024) défend l’identité sexuelle biologique comme don de Dieu et s’oppose à l’idéologie du genre qui dissocie sexe et genre de manière subjective ou idéologique.

    Les positions de Joël Pralong qui créent la contradiction

    D’après ses déclarations et livres :

    • Il veut délier homosexualité et péché (« homo-sensibilité ») et critique une morale qui mettrait trop l’accent sur l’abstinence. Il pose la question : « Est-ce le rôle de l’Église de contrôler ce qui se passe sous la couette des gens ? » Il voit dans les relations homosexuelles stables un possible « signe d’un échange d’amour interpersonnel » et un chemin humanisant. "Pour le père Joël Pralong, les rapports homosexuels peuvent être « le signe d’un échange d’amour interpersonnel »" (cathobel)
    • Il relativise la formulation du Catéchisme (« actes intrinsèquement désordonnés ») en la jugeant décontextualisée par rapport à la Bible (Rm 1, etc.). Il argue que l’homosexualité moderne n’est pas une « rébellion contre Dieu » mais une réalité de personne non choisie.
    • Il soutient les bénédictions de couples de même sexe dans l’esprit de Fiducia supplicans (2023), en allant parfois plus loin en valorisant le lien lui-même.
    • Sur les personnes trans, il distingue idéologie du genre et souffrance individuelle, plaidant pour un accompagnement qui peut inclure des transitions dans certains cas, tout en restant prudent.

    Il met en avant l’expérience pastorale, la psychologie, l’écoute des personnes et « ce que dirait Jésus aujourd’hui » (accueil inconditionnel), plutôt que la norme objective de la loi morale naturelle et de la Révélation.

    Pourquoi c’est en contradiction ?

    Ces vues s’opposent à l’enseignement magistériel sur plusieurs points :

    • Elles semblent approuver (ou du moins ne pas condamner) des actes que l’Église qualifie d’intrinsèquement désordonnés.
    • Elles relativisent la loi morale objective au profit d’une approche situationnelle ou « personnaliste » extrême (« la personne est plus grande que la règle »).
    • Elles remettent en cause l’anthropologie chrétienne du corps et de la sexualité (complémentarité homme-femme comme reflet du dessein créateur).

    L’Église distingue accueil des personnes (qui doit être bienveillant) et approbation des actes ou des unions (qui n’est pas possible). Pralong est perçu par certains comme franchissant cette ligne vers une forme de normalisation.

    Note importante : Joël Pralong reste un prêtre en exercice dans son diocèse et n’a pas été sanctionné publiquement de manière visible (pas d’excommunication ou retrait notable signalé dans les sources récentes). Cela reflète souvent une tension pastorale/théologique courante dans certaines régions, sans forcément une censure formelle. Ses idées s’inscrivent dans un courant « inclusif » qui interprète Fiducia supplicans de manière extensive, parfois au-delà de l’intention du document.

    En résumé, la contradiction porte sur la morale sexuelle objective versus une approche prioritairement empathique et contextuelle qui tend à relativiser les normes doctrinales. Pour l’Église, la vérité sur l’homme et la sexualité vient de la Révélation et de la raison (loi naturelle), pas seulement de l’expérience subjective.

    * Joël Pralong est prêtre du diocèse de Sion en Suisse. Infirmier en psychiatrie de formation, puis curé et supérieur du Séminaire de son diocèse, il poursuit sa mission comme chapelain de la Basilique de Notre-Dame de Valère (Sion) et prédicateur de retraites.