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Débats - Page 2

  • À propos des Allemands, de la FSSPX et des convictions théologiques du pape Léon XIV

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    De Larry Chapp sur le Catholic World Report :

    À propos des Allemands, de la FSSPX et des convictions théologiques du pape Léon XIV

    Le désir du pape de voir les eaux s'apaiser va être mis à l'épreuve sur deux fronts — aux deux extrémités du spectre — qui vont le contraindre à prendre des décisions radicales.

    À l'occasion de l'anniversaire de son élection, et après une année de pontificat, on peut affirmer sans exagérer que le pape Léon XIV ferait, comme le disait un ami, un « excellent joueur de poker ». Il reste très discret et prend soin de ne rien laisser transparaître de ses convictions théologiques les plus profondes.

    Pour ma part, je vais être franc : j'apprécie le pape Léon, et je pense qu'il est prudent à l'excès précisément parce qu'il sent que le plus grand besoin actuellement est de calmer les turbulences au sein de l'Église.

    Des tests sur deux fronts

    Mais ce désir d'apaisement va être mis à l'épreuve sur deux fronts avec l'apparition de deux problèmes ecclésiastiques — aux antipodes l'un de l'autre — qui vont obliger Léon à prendre des décisions radicales.

    Tout d'abord, le cardinal Reinhard Marx, en Allemagne, a récemment déclaré que les évêques allemands allaient bénir officiellement les « unions » homosexuelles, leur conférant ainsi une bénédiction liturgique en tant qu'unions à part entière. Malheureusement pour les Allemands, cette décision contrevient aux principes de Fiducia Supplicans d'au moins deux manières (que j'aborderai plus loin). Ce mépris allemand pour Fiducia est grave, indépendamment de l'opinion que l'on porte sur ce principe, car cette initiative marque une sorte d'escalade finale de la « voie synodale » allemande, la hiérarchie ecclésiastique testant la détermination du nouveau pape à contrecarrer une grande partie de son programme.

    Fiducia affirme que les bénédictions des couples en union irrégulière doivent être spontanées et ne jamais être formalisées par une bénédiction liturgique publiée dans un texte liturgique officiel du diocèse. La proposition allemande actuelle contredit frontalement cette règle et risque d'entraîner la promotion de tels événements « liturgiques » et l'organisation de célébrations simulant le mariage pour toutes sortes d'unions, indépendamment de leur statut moral au sein de l'Église. Quiconque pense que nous n'allons pas dans cette direction fait preuve de naïveté ou de déni.

    Les Allemands tentent de contourner l'enseignement de l'Église en affirmant qu'il s'agit de bénédictions d'unions, mais en aucun cas d'une forme de « mariage homosexuel » au sens religieux du terme. Cependant, cette distinction est tellement fallacieuse, compte tenu de la position du catholique allemand moyen sur les questions de sexualité et de genre, que personne ne croit vraiment à autre chose qu'à une tentative de normalisation de l'homosexualité au sein de l'Église.

    Enfin, et c'est le plus évident, la loi Fiducia interdit que ces bénédictions soient utilisées comme une bénédiction pour l'union en tant que telle ; ce qui est béni, ce sont simplement deux individus qui ont demandé une bénédiction afin de mener une vie meilleure et plus chrétienne. Je pense que cette distinction est subtile, comme je l'ai déjà écrit, car elle est susceptible des abus mêmes que les Allemands encouragent actuellement.

    Il va sans dire que, tout comme pour la récente annonce de la FSSPX de défier Rome et d'ordonner de nouveaux évêques en juillet, il s'agit là aussi d'une « crise » délibérément orchestrée. Rien dans la situation allemande ne « justifiait » une telle action. Il n'y a pas de véritable « urgence » : les Allemands ont décidé, pour des raisons qui leur sont propres, que le moment était venu de lancer un défi.

    Motivations différentes

    Il me semble que les deux situations diffèrent par leurs motivations.

    La décision de la FSSPX semble motivée par une impatience exaspérée face à la position inflexible de Rome, qui considère qu'un concile œcuménique et les six pontificats qui lui ont succédé conservent une valeur magistérielle contraignante et normative. La direction de la FSSPX sait que le pape Léon XIV ne changera pas cette réalité, et par conséquent, ses ouvertures au dialogue avec Rome sonnent creux. Conscients de l'impasse en matière de régularisation, ils comprennent clairement les raisons de cette décision. Nous avons un jeune pape qui n'est pas traditionaliste. Il est temps d'avancer.

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  • Le cardinal Eijk accuse le rapport du Synode (n°9) de semer la confusion doctrinale

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    De "Tribune chrétienne" :

    Le cardinal Eijk accuse le rapport du Synode de semer la confusion doctrinale

    "Le rapport normalise de fait les relations homosexuelles dans un contexte ecclésial. Il ne s’agit pas simplement d’une déficience technique : c’est une contradiction fondamentale avec l’enseignement catholique"

    Le cardinal néerlandais Willem Jacobus Eijk hausse le ton contre le rapport final du Groupe d’étude n°9 du Synode sur la synodalité. Dans une tribune publiée le 14 mai 2026 par le National Catholic Register, le prélat néerlandais affirme que ce document ne constitue pas une simple réflexion pastorale, mais une remise en cause profonde de la manière dont l’Église comprend et transmet la vérité morale. « Il ne s’agit pas simplement d’une déficience technique : c’est une contradiction fondamentale avec l’enseignement catholique », écrit-il.

    Le rapport, élaboré dans le cadre du processus synodal lancé par le pape François, propose une nouvelle méthode de discernement ecclésial centrée sur « l’écoute », « l’expérience vécue » et la « conversation dans l’Esprit ». Les auteurs y affirment que certaines questions traditionnellement qualifiées de « controversées » devraient désormais être considérées comme des « questions émergentes ». Cette évolution terminologique n’est pas anodine. Le document explique vouloir dépasser une logique de « résolution de problèmes » fondée sur « l’application déductive de principes établis de manière immuable et rigide ».Le rapport affirme également que la mission de l’Église « n’est pas de proclamer abstraitement des principes » mais d’entrer dans une dynamique pastorale attentive aux contextes culturels et aux situations humaines concrètes. Pour le cardinal Eijk, c’est précisément là que se situe le danger. Il précise que le texte introduit une opposition artificielle entre doctrine et pastorale, comme si la fidélité à la vérité morale pouvait être assouplie au nom de l’accompagnement des personnes : « Le véritable accompagnement pastoral ne cherche pas de compromis avec la vérité morale », insiste-t-il.

    La partie du rapport consacrée aux personnes ayant des attirances homosexuelles cristallise particulièrement les inquiétudes du cardinal. Le Groupe d’étude n°9 propose en effet d’écouter des témoignages de croyants LGBT afin de discerner les « expériences de bonté » présentes dans leurs parcours et dans certaines communautés chrétiennes. Le document explique que ces récits personnels peuvent permettre d’identifier de « bonnes pratiques » ecclésiales et d’ouvrir de nouveaux chemins de discernement pastoral.

    Mais pour le cardinal Eijk, cette approche crée volontairement une ambiguïté doctrinale. Il reproche au texte de présenter certains témoignages favorables aux relations homosexuelles sans rappeler explicitement l’enseignement moral constant de l’Église : « En mettant ainsi en avant de tels témoignages sans commentaire doctrinal, le rapport normalise de fait les relations homosexuelles dans un contexte ecclésial », affirme-t-il.

    Le cardinal critique aussi la manière dont le rapport évoque Courage International, l’apostolat catholique accompagnant les personnes attirées par le même sexe dans une vie de chasteté conforme à l’enseignement de l’Église. Au-delà des questions LGBT, c’est toute l’orientation théologique du document qui suscite l’inquiétude des défenseurs d’une ligne doctrinale classique. Le rapport revendique explicitement un « changement de paradigme » dans la manière d’interpréter et de transmettre la foi. Il affirme également que « la vérité universelle de l’humain, dans son expression historique, ne peut être déterminée une fois pour toutes ».

    Pour le cardinal Eijk, une telle formulation ouvre la porte à une relativisation progressive de la loi morale naturelle et de l’enseignement catholique sur le mariage, la sexualité et la famille. L’archevêque d’Utrecht rappelle au contraire que certaines normes morales sont absolues et ne dépendent ni des cultures ni des circonstances historiques. Dans la ligne de saint Jean-Paul II et de l’encyclique Veritatis Splendor, il insiste sur le fait que la vérité morale ne peut être reconstruite à partir des expériences subjectives :

    « L’enseignement de l’Église n’est ni obscur ni sujet à révision par des processus synodaux », conclut-il. « C’est la vérité qui nous rend libres. »

    Cette prise de parole du cardinal Eijk illustre les tensions croissantes provoquées par le Synode sur la synodalité au sein de l’Église. Alors que certains y voient une occasion de renouvellement pastoral et d’écoute des périphéries, d’autres redoutent une transformation progressive de la doctrine sous couvert de discernement. À Rome, plusieurs cardinaux et évêques proches des milieux doctrinaux conservateurs devraient désormais faire entendre plus ouvertement leurs réserves sur l’orientation prise par certains groupes de travail synodaux : une nouvelle fracture doctrinale apparaît au grand jour dans l’Église catholique.

  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X répond aux menaces du Vatican par une profession de foi

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    Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV

    Déclaration de Foi catholique adressée à Sa Sainteté le pape Léon XIV par l’abbé Davide Pagliarani Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

    Très Saint-Père,

    Depuis plus de cinquante ans, la Fraternité Saint-Pie X s’efforce d’exposer au Saint-Siège son cas de conscience face aux erreurs qui détruisent la foi et la morale catholiques. Malheureusement, toutes les discussions engagées sont demeurées sans résultat, et toutes les préoccupations exprimées n’ont reçu aucune réponse véritablement satisfaisante. 

    Depuis plus de cinquante ans, la seule solution réellement envisagée par le Saint-Siège semble être celle des sanctions canoniques. À notre grand regret, il nous semble que le droit canonique soit donc utilisé non pour confirmer dans la foi, mais pour en éloigner.

    Par le texte qui suit, la Fraternité Saint-Pie X est heureuse de Vous exprimer filialement et sincèrement, dans les circonstances présentes, son attachement à la foi catholique, sans rien cacher, ni à Votre Sainteté, ni à l’Église universelle. 

    La Fraternité remet cette simple Déclaration de Foi entre Vos mains. Elle nous paraît correspondre au minimum indispensable pour pouvoir être en communion avec l’Église, nous dire véritablement catholiques et, par conséquent, Vos fils. 

    Nous n’avons pas d’autre désir que celui de vivre et d’être confirmés dans la foi catholique romaine.


    « Ainsi, demeurant fermement enracinés et établis dans la vraie foi catholique, efforcez-vous d’être toujours de dignes ministres du sacrifice divin 
    et de l’Église de Dieu, qui est le Corps du Christ. 

    Car, comme le dit l’Apôtre : “Tout ce qui ne procède pas de la foi est péché 1”, schismatique et en dehors de l’unité de l’Église 2. »


    DÉCLARATION DE FOI CATHOLIQUE

    Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sagesse divine, Verbe incarné,
    qui a voulu une seule religion, qui a rendu l’Ancienne Alliance définitivement caduque, qui a fondé une seule Église, qui a triomphé de Satan, qui a vaincu le monde, qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps et qui reviendra juger les vivants et les morts.

    Lui, Image parfaite du Père, Fils de Dieu fait homme, a été constitué unique Rédempteur et Sauveur du monde par l’Incarnation et par l’offrande volontaire du sacrifice de la Croix. Notre-Seigneur satisfait à la justice divine en versant son très précieux Sang, et c’est dans ce Sang qu’il établit la Nouvelle et Éternelle Alliance, abolissant l’Ancienne. Il est par conséquent l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes et l’unique voie pour parvenir au Père. Seul celui qui le connaît, connaît le Père.

    Par un décret divin, la très sainte Vierge Marie a été associée directement et intimement à toute l’œuvre de la Rédemption ; dès lors, nier cette association — dans les termes reçus de la Tradition — revient à altérer la notion même de Rédemption telle que la Providence divine l’a voulue.

    Il n’existe qu’une seule foi et une seule Église par lesquelles nous puissions être sauvés. Hors de l’Église catholique romaine, et sans la profession de la foi qu’elle a toujours enseignée, il n’y a ni salut ni rémission des péchés.

    Par conséquent, tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’existe qu’un seul baptême comme moyen d’y être incorporé. Cette nécessité concerne l’humanité tout entière sans exception et inclut indistinctement chrétiens, juifs, musulmans, païens et athées.

    Le mandat reçu par les Apôtres, de prêcher l’Évangile à tout homme et de convertir tout homme à la foi catholique, demeure valable jusqu’à la fin des temps et répond à la nécessité la plus absolue et la plus impérieuse qui soit au monde. « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné 3. » Dès lors, renoncer à accomplir ce mandat constitue le plus grave des crimes contre l’humanité.

    L’Église romaine est la seule à posséder simultanément les quatre notes qui caractérisent l’Église fondée par Jésus-Christ : l’Unité, la Sainteté, la Catholicité et l’Apostolicité.

    Son unité découle essentiellement de l’adhésion de tous ses membres à l’unique vraie foi, fidèlement conservée, enseignée et transmise par la hiérarchie catholique au cours des siècles.

    La négation d’une seule vérité de foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l’Église catholique.

    L’unique voie possible pour rétablir l’unité entre des chrétiens de confessions différentes consiste dans l’appel pressant et charitable adressé aux non-catholiques à professer l’unique vraie foi au sein de l’unique vraie Église.

    En aucune manière l’Église catholique ne peut être considérée ou traitée sur un pied d’égalité avec un faux culte ou une fausse Église.

    Le Pontife romain, Vicaire du Christ, est le seul sujet détenteur de l’autorité suprême sur toute l’Église. C’est lui seul qui confère directement aux autres membres de la hiérarchie catholique la juridiction sur les âmes.

    « Le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une doctrine nouvelle, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi 4. »

    À une foi unique correspond un culte unique, expression suprême, authentique et parfaite de cette même foi.

    La sainte Messe est la perpétuation dans le temps du sacrifice de la Croix, offert pour beaucoup et renouvelé sur l’autel. Bien qu’offert de manière non sanglante, le saint sacrifice de la Messe est essentiellement expiatoire et propitiatoire. Aucun autre culte ne procure l’adoration parfaite. Aucun autre culte qui ne soit pas en relation avec lui n’est agréable à Dieu. Aucun autre moyen n’est suffisant pour la sanctification des âmes.

    Par conséquent, le saint sacrifice de la Messe ne peut en aucune manière être réduit à une simple commémoration, à un repas spirituel, à une assemblée sacrée célébrée par le peuple, à la célébration du mystère pascal sans sacrifice, sans satisfaction de la justice divine, sans expiation des péchés, sans propitiation et sans Croix.

    L’aide apportée aux âmes par les sacrements de l’Église catholique est suffisante en toute circonstance et à toute époque pour permettre aux fidèles de vivre en état de grâce.

    La loi morale contenue dans le Décalogue et perfectionnée dans le Sermon sur la montagne est la seule praticable pour obtenir le salut des âmes. Tout autre code moral — par exemple fondé sur le respect de la création ou sur les droits de la personne humaine — est radicalement insuffisant pour sanctifier et sauver une âme. En aucune manière il ne peut remplacer l’unique vraie loi morale.

    À l’exemple de saint Jean-Baptiste, la vraie charité nous oblige à avertir les pécheurs et à ne jamais renoncer à prendre les moyens nécessaires pour sauver leurs âmes.

    Celui qui mange le Corps de Notre-Seigneur et boit son Sang en état de péché mange et boit sa propre condamnation, et aucune autorité ne peut modifier cette loi contenue dans l’enseignement de saint Paul et dans la Tradition.

    Le péché impur contre-nature est d’une telle gravité qu’il crie toujours et en toute circonstance vengeance devant Dieu, et qu’il est radicalement incompatible avec toute forme d’amour authentique et chrétien. Dès lors, un tel « mode de vie » ne peut en aucune manière être reconnu comme un don de Dieu. Un couple pratiquant ce vice doit être aidé à s’en libérer, et ne peut en aucune manière être béni — formellement ou informellement — par les ministres de l’Église.

    La soumission des institutions et des nations en tant que telles à l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ découle directement de l’Incarnation et de la Rédemption. Dès lors, la laïcité des institutions et des nations constitue une négation implicite de la divinité et de la royauté universelle de Notre-Seigneur.

    La chrétienté n’est pas un simple phénomène historique, mais le seul ordre voulu par Dieu entre les hommes.

    Ce n’est pas à l’Église de se conformer au monde, mais au monde d’être transformé par l’Église.

    C’est dans cette foi et dans ces principes que nous demandons à être instruits et confirmés par Celui qui a reçu le charisme pour le faire. Avec l’aide de Notre-Seigneur, nous préférons la mort plutôt que d’y renoncer. C’est dans cette foi immuable que nous désirons vivre et mourir, dans l’attente qu’elle cède la place à la vision directe de l’immuable Vérité éternelle.

    Menzingen, le 14 mai 2026,
    en la fête de l’Ascension de Notre-Seigneur

    Davide Pagliarani

     

    • 1 Rm 14, 23.
    • 2 Pontifical Romain, Monition aux ordinands au sous-diaconat.
    • 3 Mc 16, 16.
    • 4 Pastor Aeternus, chap. 4.
  • Léon XIV retourne à La Sapienza, là où Benoît XVI fut réduit au silence

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Léon XIV retourne à La Sapienza, où Benoît XVI fut réduit au silence.

    Dix-huit ans après que des manifestations ont forcé Benoît XVI à annuler son discours, cet épisode révèle encore un conflit plus profond entre la foi, la raison et l'illusion d'une grande partie de la tolérance laïque.

    Lorsque le pape Léon XIV s'adressera à l'université La Sapienza de Rome jeudi, il évitera le procès qui a frappé Benoît XVI, qui, il y a 18 ans, avait été contraint d'annuler sa visite face à la montée des protestations.

    Jamais auparavant un pape n'avait été contraint d'annuler une conférence dans une université de la ville. Ironie du sort, La Sapienza fut fondée par le pape Boniface VIII au XIVe siècle, et sa visite aurait fait suite à celles de ses prédécesseurs, saint Jean-Paul II en 1991 et saint Paul VI en 1964. Lui-même professeur éminent, la conférence de Benoît XVI était très attendue.

    Pourtant, à mesure que la date approchait, l'opposition s'intensifiait. Le 15 janvier 2008, deux jours seulement avant sa venue, le pape prit la décision sans précédent d'annuler sa visite après que le ministre italien de l'Intérieur eut évoqué un risque d'affrontements entre groupes extrémistes. Le cardinal Tarcisio Bertone, alors secrétaire d'État, déclara que cette décision était la plus prudente « afin d'éviter tout prétexte à des manifestations qui auraient été déplaisantes pour tous ». Benoît XVI transmit à l'université son texte préparé.

    Je me souviens très bien d'avoir couvert cette affaire, car l'annulation avait choqué les milieux ecclésiastiques, civils et universitaires, incitant le président italien et le vicaire de Rome à exprimer leur soutien, même si peu d'autres personnalités importantes ont suivi. Plus significativement, cette affaire a cristallisé un conflit plus profond entre les revendications de la tradition catholique — en particulier sur la foi et la raison — et une culture libérale laïque qui se présente comme rationnelle, tolérante et inclusive, mais qui, dans les faits, ne l'est souvent pas.

    L'élément déclencheur fut une remarque faite par Benoît XVI lors d'une conférence dix-huit ans plus tôt, alors qu'il était cardinal Joseph Ratzinger, ironiquement également à l'université La Sapienza. Il y citait le philosophe des sciences austro-américain agnostique Paul Feyerabend. Ce dernier affirmait qu'à l'époque de Galilée, « l'Église était restée bien plus fidèle à la raison que Galilée lui-même » et que, compte tenu des implications éthiques et sociales plus larges de la science, le jugement de l'Église était « raisonnable et juste ».

    Le cardinal Ratzinger voulait à dire que l'affaire Galilée ne devait pas se réduire à une simple histoire d'opposition de l'Église à la science, un récit hérité des Lumières. Il s'en servait plutôt pour démontrer que les débats modernes sur la science, la raison et la responsabilité sont plus complexes. En citant Feyerabend (et le physicien et philosophe allemand Carl Friedrich von Weiszäcker, qui mena des recherches nucléaires pour l'Allemagne nazie), il montrait que même des penseurs non religieux s'étaient appuyés sur Galilée pour s'interroger sur la prééminence de la vérité scientifique, notamment lorsque le progrès scientifique peut engendrer des conséquences désastreuses. Weizsäcker, notait-il, avait identifié un lien direct entre Galilée et la bombe atomique.

    Les protestations de La Sapienza, cependant, ont ignoré l'argument de Ratzinger et l'ont utilisé comme prétexte à une protestation essentiellement idéologique, affirmant que la foi s'opposait au progrès scientifique. Marcello Cini, un professeur de physique âgé qui menait les protestations, a averti qu'il était « dangereux » que le pape prenne la parole, alléguant que Benoît XVI cherchait à « soumettre la science » sous le couvert de « la pseudo-rationalité du dogme religieux ». La visite, a-t-il déclaré, menaçait l'autonomie de la culture et de l'université.

    Outre les objections soulevées par la référence de Benoît XVI à Galilée, des critiques ont jugé « incongrue » la présence d'un pape dans une institution publique et laïque, invoquant l'indépendance historique de l'université La Sapienza, malgré son origine papale. Au total, 67 professeurs, sur les quelque 4 500 enseignants-chercheurs de l'université, ont signé une lettre s'opposant à la visite, tandis qu'une centaine d'étudiants ont manifesté.

    Pourtant, Benoît XVI avait précisément anticipé ces objections dans la conférence qu'il n'a jamais prononcée en personne. Il soulignait que la papauté et l'université partagent un engagement envers la vérité, même si leurs méthodes diffèrent. Le pape, écrivait-il, n'impose pas la croyance « de manière autoritaire », mais propose la tradition morale et intellectuelle de l'Église au débat public. L'université, quant à elle, recherche la vérité par la raison, enracinée dans la pensée socratique et l'interaction historique entre la foi et la raison.

    Il mettait en garde contre la réduction de la raison à une simple utilité ou à un positivisme scientifique, risquant ainsi de faire perdre de vue les questions plus profondes du sens et du bien. « Quel est le bien qui nous rend vrais ? » demandait Benoît XVI. « La vérité nous rend bons, et le bien est vérité. C’est l’optimisme qui anime la foi chrétienne, car elle a reçu la vision du Logos , de la Raison créatrice qui, dans l’incarnation de Dieu, s’est révélée en même temps que le Bien, que la Bonté même. »

    En définitive, il a insisté sur le fait que la papauté et l'université devaient préserver une « sensibilité à la vérité », encourageant chacun, notamment dans le milieu universitaire, à poursuivre la recherche de la vérité morale et spirituelle, même lorsqu'elle se révèle difficile. « Le danger pour le monde occidental est aujourd'hui que l'homme, fort de sa sagesse et de sa puissance, capitule devant la question de la vérité », a-t-il averti. « Et cela signifie, en même temps, qu'en fin de compte, la raison s'effondre sous la pression des intérêts particuliers et sous l'attrait de l'utilité, contrainte de reconnaître celle-ci comme critère ultime. »

    Dans une tribune publiée dans L'Osservatore Romano, le mathématicien Giorgio Israel, de l'université La Sapienza, prit la défense de Benoît XVI, soulignant l'ironie de la situation : ceux qui invoquaient la célèbre défense de la liberté d'expression par Voltaire s'opposaient au droit du pape à s'exprimer. Les universités italiennes, observait-il, sont ouvertes à toutes les formes d'expression – sauf, semblait-il, à celle du pape.

    Si seulement les manifestants avaient pris la peine de lire le discours de Benoît XVI dans son intégralité, écrivait Israël, car son thème était la crise de confiance dans la science elle-même, et il citait le changement d'attitude concernant l'affaire Galilée comme exemple.

    Les luttes politiques universitaires, un anticléricalisme profondément enraciné et une presse italienne largement hostile ont également contribué à ce conflit. Mais l'ironie la plus profonde demeurait : ceux qui accusaient Benoît XVI d'être contre la méthode scientifique reproduisaient en réalité l'intolérance même qu'ils imputaient à l'Église, réduisant au silence une voix qui divergeait de la leur.

    Comme l'a souligné Israel, cet épisode a révélé un aspect de la culture laïque qui « ne discute pas, mais diabolise ; ne débat pas, mais crée des monstres ». En ce sens, la tentative d'empêcher le discours du pape fut non seulement un échec culturel, mais aussi un échec civique.

    La manière dont le pape Léon XIV choisira de révoquer, ou peut-être de ne pas révoquer, l'annulation de la décision de Benoît XVI sera suivie de près.

    Le Saint-Père passera la matinée du 14 mai à l'Université La Sapienza. Après les salutations d'usage et un entretien privé avec le recteur, il prononcera une allocution à 11h30 dans l'Aula Magna. Le programme comprendra une prière à la chapelle de l'université, une rencontre avec les étudiants et le dévoilement d'une plaque commémorative, avant son départ à 12h30.

  • Déclaration du Cardinal Fernández à propos des ordinations épiscopales annoncées par la FSSPX : un acte schismatique entraînant l'excommunication

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    DICASTÈRE POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

    Déclaration de Son Éminence le Cardinal Víctor Manuel Fernández,
     Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

    Concernant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, nous réitérons ce qui a déjà été communiqué. Les ordinations épiscopales annoncées par cette Fraternité ne disposent pas du mandat papal requis. Cet acte constituerait un acte schismatique (Jean-Paul II Ecclesia Dei , n° 3) et l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense contre Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit canonique ( ibid ., 5c ; cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs,  Note explicative , 24 août 1996).

    Le Saint-Père continue de prier pour demander au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X afin qu’ils reconsidèrent la décision extrêmement grave qu’ils ont prise.

    Du Vatican, le 13 mai 2026

    ____________________

    Bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège , 13 mai 2026

     

    Dans son substack, Diane Montagna ajoute :

    Dans les commentaires qu'il m'a adressés concernant la déclaration de la DDF d'aujourd'hui, le père Gerald Murray, canoniste et prêtre de l'archidiocèse de New York, a expliqué qu'en vertu du droit canonique, le schisme entraîne l'excommunication automatique.

    Il a déclaré que lors des consécrations épiscopales de 1988, organisées par l'archevêque Marcel Lefebvre, seuls les évêques consécrateurs et les évêques consacrés avaient été excommuniés. « Dans sa déclaration d'aujourd'hui », a-t-il affirmé, « le Saint-Siège reprend les termes de 1988, indiquant que, par définition, quiconque consacre et quiconque est consacré encourra cette peine. »

    Il a toutefois fait remarquer que, faute de définition canonique de l’« adhésion formelle » au schisme, le Saint-Siège devrait d’abord préciser ce que ce terme implique. Si l’« adhésion formelle » suppose assurément « une action concrète », a-t-il déclaré, la question qui demeure est de savoir quelles actions spécifiques le Saint-Siège jugerait suffisantes pour constituer une telle adhésion.

    Le père Murray, dont la thèse de licence de 1995 portait sur le statut canonique des fidèles laïcs associés à feu l'archevêque Lefebvre et à la FSSPX, a poursuivi :

    Le Saint-Siège n'a jamais répondu à la question de l'« adhésion formelle » en 1988, ni statué publiquement sur l'excommunication des prêtres et laïcs associés à la FSSPX. La note explicative de 1996, citée dans la déclaration, indiquait la position du Concile pontifical sur la nature de l'adhésion formelle au schisme de 1988. Toutefois, cela n'a jamais donné lieu à un décret canonique officiel conférant force de loi aux interprétations du Concile.

    Il convient de noter que lorsque les excommunications des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre furent levées par le pape Benoît XVI, les prêtres de la FSSPX ainsi que les religieux et laïcs qui lui sont associés n'ont pas bénéficié d'une levée similaire de la peine d'excommunication. Par conséquent, prêtres et laïcs devront désormais être informés par le Saint-Siège, bien à l'avance, de ce qui constitue une « adhésion formelle », afin qu'ils sachent comment éviter d'encourir cette peine.

    En réalité, ce serait le devoir du Saint-Siège, par charité, de le faire, a déclaré le père Murray. « Si l'on se trouve dans un lieu où la seule possibilité pratique d'assister à la messe, traditionnelle ou non, est une chapelle de la FSSPX, cela constituerait-il une "adhésion formelle" ? » a-t-il demandé. « De même, si l'on assistait à la confirmation de son neveu par un évêque de la FSSPX, non pas par soutien aux consécrations épiscopales mais par loyauté familiale, cela constituerait-il une "adhésion formelle" au schisme ? Autant de questions qui méritent une réponse. »

    La FSSPX, quant à elle, a fait valoir que des circonstances exceptionnelles au sein de l'Église justifient des mesures exceptionnelles pour préserver le sacerdoce traditionnel, la vie sacramentelle et la doctrine. Les partisans des consécrations ont établi un parallèle avec la décision prise en 1988 par Mgr Lefebvre, que le prélat français avait alors défendue comme un « état de nécessité ».

    Les autorités du Vatican ont toutefois toujours rejeté cet argument et soutenu qu'il n'existe aucune nécessité qui puisse justifier des consécrations épiscopales contre la volonté explicite du pape.

    Le supérieur général de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, a, à plusieurs reprises, sollicité une audience privée auprès du pape Léon XIV concernant les préoccupations de la Fraternité et les consécrations prévues, mais aucune rencontre n'a encore été accordée.

  • Le diable et les « questions émergentes »

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Le diable et les « questions émergentes »

    Certes, ils ne sont pas les seuls. Une bonne partie des travaux actuels sur les Écritures ressemble au travail d'un avocat cherchant des failles juridiques – au nom des sujets « émergents » habituels : les LGBT, l'ordination des femmes, les concessions suicidaires aux « paradigmes » postmodernes. 

    Une longue lignée de médecins, de martyrs, de confesseurs, de saints, d'adeptes spirituels, de saints et saintes, de simples catholiques et de papes – sans   parler des Apôtres et des Pères de l'Église primitive – n'aurait même pas concédé que de tels sujets étaient « controversés », le domaine même que le groupe d'étude était censé examiner. Et encore moins « émergents ». 

    L'homosexualité, les prêtresses et les « paradigmes » hétérodoxes étaient monnaie courante dans le monde païen des premiers siècles chrétiens. Rien de tout cela n'a fait son apparition dans la vie de l'Église à cette époque. Pour les adeptes du Chemin, c'était tout simplement inacceptable.

    Ce qui rend la manière extravagante dont le récent rapport traite les Écritures et la tradition si manifestement absurde, fruit d'un désir maladroitement « contextualisé » de produire un résultat prédéterminé, qu'il soit conforme à la révélation chrétienne ou même à la réalité vérifiable. 

    Le rapport prétend croire qu'il existe un précédent dans les Écritures pour modifier des croyances antérieures, à l'instar des Apôtres qui ont décidé d'exempter les convertis non juifs de certains préceptes de la loi juive :

    À partir du récit des expériences vécues par les Apôtres – en particulier Pierre et Paul avec Barnabé, dans leur ministère d’évangélisation des païens – relu et éclairé par la Parole de Dieu, le processus de dialogue conduit à un discernement communautaire progressif et approfondi de la question. La décision prise synodalement (« cela a paru bon à l’Esprit Saint et à nous » (Ac 15, 28)) exprime la prise de conscience croissante de l’Église quant à une relation plus mature avec ses racines juives : car, dans cette relation, elle apprend à discerner, par l’interprétation sous la conduite de l’Esprit, ce qui, dans l’expérience vécue, revêt une signification permanente et trouve son accomplissement en Jésus, et ce qui, au contraire, n’a qu’une valeur provisoire.

    Ah oui, plus mûrs . Nous aussi. Cela paraît plausible, à moins d'examiner de plus près cette affirmation et la manière dont elle est manipulée – le mot juste – à des fins bien différentes. 

    Il fut dit aux convertis non-juifs : « Vous vous abstiendrez des aliments sacrifiés aux idoles, du sang, de la viande d'animaux étranglés et de l'immoralité sexuelle. » (15:29) Ainsi, de l'idolâtrie potentielle et de la πορνεια – qui, comme vous le dira tout lexique grec, signifie non seulement la prostitution, mais aussi la fornication et l'impureté.

    Quel que soit le sens qu'on puisse lui donner, ce passage n'autorise pas ce que la tradition juive et la pratique de l'Église primitive considéraient comme une interdiction divine : les relations homosexuelles que le groupe d'étude souhaite voir « émerger » aujourd'hui.   On pourrait penser qu'en deux mille ans d'existence chrétienne, elles auraient émergé depuis longtemps. Or, ce ne fut pas le cas. Et, en toute honnêteté, elles ne peuvent pas émerger aujourd'hui non plus. 

    Derrière tout cela se cache une autre supercherie : l’invocation de « l’expérience vécue » comme guide pour aborder les débats actuels. Certes, l’expérience vécue est, d’une certaine manière, une composante importante de toute vie individuelle. Mais il en va de même pour « l’expérience vécue » accumulée de notre tradition, ou bien nous ne faisons que l’inventer – à notre convenance – au fur et à mesure. 

    Outre son héritage juif, le christianisme primitif a notamment beaucoup appris des philosophies gréco-romaines. Mais comme je l'ai démontré il y a des années dans un long essai , même les grands philosophes de la Grèce antique désapprouvaient les actes homosexuels.  

    Alors pourquoi, aujourd'hui, plus de 2000 ans après le début de « l'expérience vécue » chrétienne (et 1400 ans de la loi mosaïque), les « témoins » LGBT sont-ils si importants qu'ils renversent une tradition morale millénaire et ininterrompue ?

    Il serait peut-être simpliste de voir cela comme une simple capitulation face aux penchants sexuels décadents de notre époque. Mais la simplicité est souvent synonyme de vérité. Comme ici. 

    La décadence est omniprésente dans un monde déchu. Mais l'accepter, voire la célébrer, est rare. Ces papes décadents de la Renaissance, que l'on déplore volontiers, catholiques ou non, possédaient au moins une vertu : ils ne prétendaient pas justifier leurs péchés sexuels par leur expérience personnelle, et encore moins par une compréhension plus mûre et joyeuse de ce que le Saint-Esprit nous appelle à voir et à faire aujourd'hui.

    Une Église qui continue d'encourager les gens à croire que ce qui est impossible à accepter est déjà à moitié accepté leur fait du tort. Elle les conforte dans leur erreur et sème la confusion parmi nous. 

    Il est à noter que ce n'est que plusieurs mois après la déclaration de 2023 du pape François, Fiducia supplicans, sur la bénédiction des couples homosexuels et autres couples en « unions irrégulières », que les évêques allemands ont annoncé leur intention de le faire officiellement. Nous avons appris la semaine dernière qu'en conséquence, une lettre a été envoyée aux évêques allemands en 2024 , les avertissant que de telles bénédictions pourraient être interprétées comme une légitimation d'unions incompatibles avec la doctrine de l'Église.

    Nous avons donc cette chaîne d'événements : un document autorisant les bénédictions homosexuelles, puis une lettre du préfet du Dicastère pour le Culte Divin, le cardinal Fernandez   (qui avait précédemment publié le document), aux évêques allemands indiquant que ces bénédictions ne peuvent être officialisées sans contredire la doctrine de l'Église, et maintenant un rapport d'un groupe d'étude synodal selon lequel un « changement de paradigme » est nécessaire en raison de « l'expérience vécue » [des personnes LGBT].

    Même les non-catholiques disaient autrefois : « Au moins, les catholiques savent ce qu’ils croient. » Est-ce encore le cas ? 

    Seul le pape Léon est en mesure de démêler cette confusion diabolique, qu'il ne peut ignorer.

  • Moyen-Orient : Une défaite des États-Unis est non seulement possible, mais probable

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    Du substack de Rod Dreher :

    Robert Kagan, faucon notoire, affirme que l'Iran a infligé une « défaite totale » aux États-Unis. Si tel est le cas, quelles seront les conséquences ?

    Vous allez devoir vous asseoir pour lire ceci. Il s'agit d'un court essai de Robert Kagan, un faucon convaincu et l'un des membres les plus influents de l'élite néoconservatrice. Comme l'écrivait Arnaud Bertrand en introduction de cet essai sur son compte X :

    Pour rappel, Bob Kagan est :

    - le cofondateur du Project for the New American Century, probablement le think tank le plus impérialiste de Washington (ce qui est un exploit) ;

    - un homme qui a consacré sa vie à plaider en faveur des interventions militaires américaines, notamment au Moyen-Orient, et un fervent partisan de la guerre en Irak. Il a commencé à militer pour une intervention en Irak avant le 11 septembre, ce qui en dit long...

    - l'époux de Victoria Nuland, une ancienne haute responsable américaine extrêmement belliciste (une des architectes clés de la politique américaine en Ukraine, dont nous constatons tous les conséquences aujourd'hui) ;

    - le frère de Frederick Kagan, l'un des principaux artisans du renforcement des troupes en Irak. Autrement dit, il ne s'agit pas d'un pacifiste anti-impérialiste. C'est littéralement l'homme que Dick Cheney appelait lorsqu'il avait besoin d'être remotivé. Et cet homme écrit dans The Atlantic, le média grand public le plus pro-guerre des États-Unis (ce qui est également un exploit).

    Êtes-vous prêts ? C’est parti. Voici Kagan :

    Il est difficile d'imaginer une défaite totale des États-Unis dans un conflit, un revers si décisif que la perte stratégique ne pouvait être ni réparée ni ignorée. Les pertes catastrophiques subies à Pearl Harbor, aux Philippines et dans tout le Pacifique occidental durant les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale furent finalement effacées. Les défaites au Vietnam et en Afghanistan furent coûteuses, mais n'entamèrent pas durablement la position globale de l'Amérique dans le monde, car elles se situaient loin des principaux théâtres d'opérations internationaux. L'échec initial en Irak fut atténué par un changement de stratégie qui, en fin de compte, laissa l'Irak relativement stable et non menaçant pour ses voisins, et permit aux États-Unis de conserver leur domination dans la région.

    La défaite dans la confrontation actuelle avec l'Iran sera d'une toute autre nature. Elle ne pourra être ni réparée ni ignorée. Il n'y aura pas de retour au statu quo ante, pas de triomphe américain final qui puisse effacer ou surmonter les dommages causés. Le détroit d'Ormuz ne sera plus « ouvert », comme il l'était autrefois. En contrôlant le détroit, l'Iran s'impose comme un acteur clé dans la région et parmi les acteurs clés du monde. Le rôle de la Chine et de la Russie, alliées de l'Iran, s'en trouve renforcé ; celui des États-Unis, considérablement amoindri. Loin de démontrer la puissance américaine, comme l'ont maintes fois affirmé les partisans de la guerre, ce conflit a révélé une Amérique peu fiable et incapable de mener à bien ce qu'elle a entrepris. Cela va déclencher une réaction en chaîne à travers le monde, amis comme ennemis devant s'adapter à l'échec américain.

    C'est Bob Kagan qui a écrit ça. Bob Kagan ! Permettez-moi de vous donner un extrait de son article expliquant pourquoi il en est arrivé à cette conclusion apocalyptique. Kagan explique qu'il ne comprend pas comment un régime (celui de l'Iran) qui a survécu à 37 jours de bombardements, y compris l'élimination de ses hauts responsables, et qui n'a toujours pas cédé un pouce de terrain, pourrait résister à quoi que ce soit d'autre que les États-Unis pourraient lui infliger. Kagan :

    Le calcul des risques qui a contraint Trump à reculer il y a un mois reste valable. Même si Trump mettait à exécution sa menace de détruire la « civilisation » iranienne par de nouveaux bombardements, l'Iran serait toujours capable de lancer de nombreux missiles et drones avant la chute de son régime – si tant est qu'il s'effondre. Quelques frappes réussies suffiraient à paralyser les infrastructures pétrolières et gazières de la région pendant des années, voire des décennies, plongeant le monde, et les États-Unis, dans une crise économique prolongée. Même si Trump souhaitait bombarder l'Iran dans le cadre d'une stratégie de retrait – pour paraître intransigeant et masquer sa retraite –, il ne peut le faire sans risquer cette catastrophe.

    Plus:

    Mais toute autre issue qu'une capitulation de fait des États-Unis comporte des risques énormes que Trump n'a jusqu'à présent pas été disposé à assumer. Ceux qui, avec désinvolture, exhortent Trump à « finir le travail » occultent souvent les conséquences. À moins que les États-Unis ne soient prêts à s'engager dans une guerre terrestre et navale de grande envergure pour renverser le régime iranien actuel, puis à occuper l'Iran jusqu'à l'installation d'un nouveau gouvernement ; à moins qu'ils ne soient prêts à risquer la perte de navires de guerre escortant des pétroliers dans un détroit contesté ; à moins qu'ils ne soient prêts à accepter les dommages dévastateurs et durables que la riposte iranienne pourrait infliger aux capacités de production de la région, un retrait immédiat pourrait apparaître comme la moindre des choses. Sur le plan politique, Trump estime sans doute avoir plus de chances de surmonter une défaite que de survivre à une guerre bien plus vaste, longue et coûteuse, qui pourrait tout aussi bien se solder par un échec.

    Une défaite des États-Unis est donc non seulement possible, mais probable. Voici à quoi elle ressemblerait.

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  • Prière à Notre-Dame de Fatima

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    1185969482563.jpgAujourd'hui, 13 mai, on célèbre la fête de Notre-Dame de Fatima. C'est l'anniversaire de la grande apparition mariale du dimanche 13 mai 1917.

    Prière à Notre-Dame de Fatima

    Notre-Dame de Fatima. Mère de Jésus et de l'Église. nous avons besoin de vous. Accordez-nous la lumière qui rayonne de votre bonté. le réconfort qui émane de votre Coeur immaculé, la charité et la paix dont vous êtes la Reine.

    Parce que vous savez bien ce dont nous avons besoin, nous vous confions: nos nécessités pour que vous les secouriez, nos douleurs pour que vous les apaisiez, nos maux pour que vous les guérissiez, nos corps pour que vous les rendiez purs. nos coeurs pour que vos les remplissiez d'amour et de contrition, et nos âmes pour que, grâce à vous, elles soient sauvées. Souvenez-vous, ô notre bonne Mère, que Jésus vous accorde tout ce que vous lui demandez.

    Obtenez le soulagement aux âmes du purgatoire, la guérison aux malades, la pureté aux jeunes, la foi et la concorde aux familles, la paix à tous les hommes. Ramenez ceux qui sont perdus sur le droit sentier, donnez-nous beaucoup de vocations et de saints prêtres, protégez le Saint-Père, les évêques et la sain­te Église de Dieu. Marie, écoutez-nous et ayez pitié de nous. Tournez vers nous vos regards miséricordieux. Et après cet exil. montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles, ô clémente, ô tendre. ô douce Vierge Marie. Ainsi soit-il.

  • A propos du Miracle eucharistique de Bruxelles; une page définitivement tournée ? Lettre ouverte co-signée par plus de 100 chrétiens

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    A propos du Miracle eucharistique de Bruxelles.

    Une page définitivement tournée ?

    Lettre ouverte co-signée par plus de 100 chrétiens

     

    Au surlendemain d’une cérémonie troublante

    Elle était attendue par les uns, redoutée par les autres. Les conclusions tirées de la conférence (loin d’être impartiale) ont confirmé les inquiétudes de nombreux fidèles. Les autorités diocésaines ont choisi de remettre en question non seulement une dévotion portée durant cinq siècles par des générations de croyants, avec les fruits spirituels abondants qu’elle a suscités, mais aussi la reconnaissance d’un miracle accordée par une succession ininterrompue de décrets pontificaux et épiscopaux.

    Tout s’est terminé dans une étreinte émue entre le grand Rabin Guigui, Mgr Terlinden et Mgr Jean Kockerols, évêque référendaire pour le judaïsme.

    Vraiment terminé ?

    Le communiqué pastoral demeure en effet hésitant dans sa formulation. Il y est question de ne plus « promouvoir » ni la mémoire ni le culte lié à ce qui est désormais qualifié de « prétendu miracle ». Plus loin, le texte évoque le fait de ne plus « favoriser de démonstration publique ». Sur le blog de l’abbé, il est question « ne plus encourager, et même de ne plus permettre aucune dévotion publique à ce soi-disant "miracle du Saint-Sacrement ». Dans les faits, beaucoup comprennent qu’il est désormais interdit de parler de ce qui est devenu une « légende - car, définitivement, c'en est une ! - du miracle eucharistique », poursuit-il.

    Le conférencier a défendu l’idée que les événements rapportés relevaient d’une hallucination collective : quand on veut voir ce qu’on veut voir on finit par le voir.

    La raison invoquée par les détracteurs du miracle est l’impossibilité qu’il y aurait de parler de ce miracle eucharistique sans risquer d’alimenter des formes de discrimination ou d’hostilité antisémite.

     Pour de nombreux fidèles attachés à cette mémoire, telle n’a pourtant jamais été la signification de cette dévotion. Ce qui importe à leurs yeux n’est pas l’identité des profanateurs, mais l’appel spirituel contenu dans la contemplation du Christ que nous avons crucifié, comme dit saint Paul. Ils y voient une invitation à reconnaître leurs propres péchés, à accueillir la miséricorde de Dieu dont le Sang est le signe, pour eux-mêmes et le monde entier. À leurs yeux, cette dévotion est d’abord une démarche de foi et d’amour, non d’hostilité envers quiconque.

    Comme l’écrivait en 1980 Mgr Raffaello Martinelli, alors officiel de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « même si personne n’est obligé d’y croire, le chrétien sera respectueux à l’égard du miracle eucharistique dont l’authenticité a été reconnue par l’Église ».

    C’est, au fond, tout ce que demandent la centaine de signataires de la lettre ouverte ci-dessous ainsi que la signataire du recours canonique introduit auprès de Mgr Luc Terlinden, dont vous pourrez lire le contenu en substance ci-après.

    1. Lettre ouverte co-signée par une centaine de chrétiens, profondément blessés par la cérémonie du 22 avril 2026 à la cathédrale des Saint-Michel et Gudule à Bruxelles

    « Nous souhaitons exprimer, avec gravité et respect, le trouble profond ressenti par de nombreux chrétiens, mais aussi par d’autres citoyens, à la suite de la cérémonie organisée le 22 avril à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule.

    Ce malaise s’inscrit dans un contexte plus large, où beaucoup sont déjà éprouvés par les persécutions anti-chrétiennes observées aujourd’hui dans diverses régions du monde. Dans ce climat, la cérémonie a été perçue non comme un geste d’apaisement, mais comme une source supplémentaire de blessure.

    Une première interrogation concerne la réitération d’une demande de pardon à l’égard du peuple juif déjà formulée par le cardinal Suenens lors d’une cérémonie qui eut lieu le 17 novembre 1977 à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule avec leurs autorités en Belgique. Dans la foi catholique, un péché confessé et pardonné n’appelle pas à être publiquement répété sans motif nouveau clairement établi. Dès lors, pourquoi cette répétition aujourd’hui ? Beaucoup y ont vu une démarche unilatérale, ne tenant pas compte des blessures que des chrétiens peuvent également ressentir, notamment au regard de faits contemporains d’hostilité envers leur foi. Cette asymétrie est difficilement comprise et suscite une attente légitime d’explication, voire de réparation.

    D’autres motifs de trouble tiennent au choix du conférencier le père jésuite, Robert Godding, directeur des Bollandistes et ami du doyen Benoit Lobet. Il reconnait ouvertement ne pas croire aux miracles eucharistiques de Bruxelles. Pas davantage aux autres en fait. « Je crois qu’aucune hostie n’a jamais saigné » dit-il (Cathobel 23-04-26). Dans ces conditions, la conférence ne pouvait qu’être orientée, tendant à convaincre l’auditoire, en grande partie juif, qu’il s’agissait d’une construction à caractère antisémite.

    Plus largement, la conférence a donné le sentiment d’un discours à sens unique, insistant sur les souffrances du peuple juif, réelles et incontestables, mais sans contextualiser les faits.

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  • Comment procède-t-on à l'euthanasie et au suicide assisté ?

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    Du site de l'ECLJ :

    Revue des protocoles et substances en vue de l'euthanasie et du suicide assisté

    11 Mai 2026

    La pratique de l'euthanasie et du suicide assisté (EAS, de l'anglais Euthanasia and Assisted Suicide) repose sur un raisonnement pharmacologique très élaboré, visant à transformer l'acte de donner la mort en une procédure médicale standardisée. Bien que l’encadrement juridique varie d'un pays à l’autre, les protocoles utilisent des produits et des schémas similaires susceptibles de garantir un glissement rapide vers l'inconscience, puis le décès.

    Par Agnès Certain et les membres de l’Association Pharmaciens en Conscience[1], avec la collaboration de Yeram Jeon (ECLJ).

    I. Une triade pharmacologique: substances, mécanismes et objectifs

    Les protocoles d'EAS modernes s'articulent autour de trois catégories majeures de substances, chacune remplissant un rôle pharmacologique distinct pour assurer l'efficacité de la procédure.

    1. Les barbituriques et les sédatifs-hypnotiques: l'induction du coma

    La première étape, consiste à induire une perte de conscience profonde et irréversible et à ralentir la respiration

    • Substances utilisées: Les médecins privilégient les barbituriques tels que le pentobarbital et le sécobarbital, le thiopental ou des anesthésiques généraux comme le propofol à des doses plus élevées que celles des indications habituelles.
    • Action pharmacologique: ces produits inhibent l'activité neuronale et le centre respiratoire situé dans la moelle et le tronc cérébral.
    • Dosages et administration: Dans le cas du suicide assisté, le patient ingère généralement une solution liquide contenant entre 9 et 15 grammes de pentobarbital ou de sécobarbital. Pour l'euthanasie, le médecin injecte directement du thiopental ou du propofol à forte dose (1g) par voie intraveineuse (IV), provoquant un coma quasi immédiat.

    2. Les relaxants neuromusculaires (curarisants): l’arrêt respiratoire

    C’est seulement une fois que le patient est plongé dans un coma profond, qu’un agent curarisant est souvent administré pour garantir l'arrêt des fonctions vitales par manque d’oxygène. Sans sédation préalable, la mort surviendrait par suffocation alors que la personne est consciente.

    • Substances utilisées: Les produits les plus courants sont le rocuronium, le pancuronium et le cisatracurium.
    • Mécanisme: Ces substances bloquent la transmission nerveuse vers les muscles, y compris le diaphragme, ce qui interrompt toute tentative de respiration; le cœur s’arrête faute d’oxygène.

    3. Les adjuvants: «confort et optimisation»

    Pour faciliter la procédure et prévenir les complications, des médicaments associés peuvent être administrés en amont.

    • Antiémétiques: Des principes actifs comme le métoclopramide ou l'ondansétron sont administrés en prévention des vomissements, 30 minutes avant, surtout lors de l'ingestion orale de doses massives de substances, évitant leur rejet et favorisant leur activité létale.
    • Benzodiazépines: Le midazolam ou le diazépam sont souvent utilisés avant le début du protocole létal, pour réduire l'anxiété du patient.
    • Anesthésiques locaux: La lidocaïne peut être administrée pour réduire la douleur locale lors de l'injection des agents létaux.

    II. Exemples de protocoles en usage dans les pays ayant dépénalisé l’euthanasie et/ou le suicide assisté

    Les protocoles, bien que toujours construits à partir d’une association anesthésique/curarisant/adjuvant, varient selon les pays.

    Benelux (Pays-Bas et Belgique)

    Aux Pays-Bas et en Belgique, l'euthanasie par injection pratiquée par le médecin est la pratique la plus fréquente. Les protocoles de suicide assisté sont possibles, prévoyant l’ingestion d’une boisson létale par la personne en capacité de boire.

    • Protocole type: Après prémédication par midazolam et lidocaïne pour réduire l’anxiété et la douleur respectivement, le médecin injecte 2000 mg de thiopental ou 1000 mg de propofol pour induire le coma. Dès que ce dernier est confirmé, une dose massive de curarisant (100-200 mg de rocuronium) est administrée.
    • Statistiques: Plus de 99% des cas signalés aux Pays-Bas utilisent ce régime combiné barbiturique-curarisant.

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  • Vincent Dujardin publie un livre évènement sur le règne du Roi Baudouin

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    Du site de l'UOPC :

    Nous aurons le plaisir de recevoir l’historien belge Vincent Dujardin pour son livre événement : « Baudouin. Un roi face aux crises de son temps » :

    Grâce à l’accès exceptionnel aux archives du roi Baudouin jusque-là inédites, à ses carnets personnels, à de nombreuses autres archives et à des témoignages de première main (entourage familial dont la reine Fabiola, anciens (Premiers) ministres, chefs de cabinet du roi, Jacques Delors, Benoît XVI,…), cet ouvrage de référence livre de nombreuses révélations et lève des zones d’ombre, depuis son enfance, marquée par la guerre et la souffrance, jusqu’aux circonstances exactes de son décès brutal.

    Pourquoi les conclusions de l’affaire Lumumba doivent-elles être fondamentalement revues? Quels liens entretenait le roi avec les dirigeants de son temps, tels de Gaulle, Habyarimana, Franco, Mobutu, Sadate, Gorbatchev, Bush, Elizabeth II, Juan Carlos, le Shah d’Iran, le président chinois, l’empereur du Japon, Mitterrand, ou Jean-Paul II ?

    Quelle influence a exercé son père, Léopold III, ou sa belle-mère, la princesse Lilian sur le jeune roi ? Comment a-t-il rencontré la reine Fabiola ? Comment a-t-il vécu les semaines qui ont précédé sa décision de ne pas sanctionner la loi sur l’avortemen t? Comment a-t-il pesé dans le dénouement de la « grève du siècle » de 1960 ou dans les débats institutionnels belges ?

    Qui était l’homme auquel des centaines de milliers de Belges ont rendu hommage avant ses funérailles grandioses rassemblant des dirigeants venus du monde entier ? Fruit d’une enquête menée durant 20 ans à travers la Belgique, l’Europe (France, Royaume-Uni, Espagne, …) ou les États-Unis, cet ouvrage propose une immersion au cœur des secrets d’un règne d’exception.

    De son côté, l'abbé Michel de Sivry (FSSPX) s'interroge sur l'héroïcité des vertus du Roi.

  • Comment la science a tué le matérialisme

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    De Michel-Yves Bolloré sur First Things :

    Comment la science a tué le matérialisme

    Au début du XXe siècle, les matérialistes pouvaient se sentir triomphants. Les quatre siècles précédents avaient été riches en découvertes scientifiques qui avaient conforté la vision matérialiste du monde, ralliant à leur cause la plupart des scientifiques et des philosophes. Ces découvertes bouleversèrent profondément une Europe qui, jusque-là, était chrétienne.

    Le premier choc, provoqué par Copernic et Galilée, a révélé que la Terre n'était plus le centre de l'univers et que le Soleil ne tournait plus autour d'elle. Newton, Descartes et Laplace ont démontré que les étoiles, loin d'être poussées à travers les cieux par des anges, étaient régies par des lois d'une élégante simplicité mathématique. Buffon a soutenu que l'âge de la Terre remontait à une époque antérieure à tout récit biblique, établissant des chronologies s'étendant sur des dizaines de milliers, voire des millions d'années. Et l'homme lui-même, longtemps considéré comme l'œuvre de Dieu, est apparu dans les travaux de Lamarck et de Darwin comme le produit d'une immense histoire évolutive, ramené à la réalité par sa descendance du singe, ou d'un animal très semblable.

    Prises ensemble, ces découvertes semblaient rendre superflue la notion de Dieu Créateur ; l’univers pouvait s’expliquer sans lui. Vers 1800, le mathématicien français Laplace présenta à l’empereur Napoléon les équations mathématiques régissant notre système solaire. Napoléon lui aurait demandé : « Monsieur Laplace, on me dit que vous avez écrit ce livre volumineux sur le système de l’univers, sans jamais mentionner son Créateur ? » Laplace aurait répondu : « Je n’ai nul besoin de cette hypothèse. » Vraie ou embellie, cette anecdote illustre parfaitement l’esprit de l’époque : si l’existence d’un Créateur n’était plus nécessaire pour expliquer le monde, c’était pour une raison très simple : il n’existait tout simplement pas !

    D'autres allèrent plus loin, affirmant non seulement que Dieu n'existait pas, mais aussi que croire en Dieu était néfaste. La religion était l'opium du peuple, comme l'écrivait Marx, et le fruit de l'aliénation et des névroses de l'humanité, comme Freud le soutiendrait plus tard. Si ces croyances ancestrales pouvaient être abandonnées, l'humanité atteindrait enfin la prospérité, le savoir et la liberté. La libération sexuelle était placée au cœur de cette promesse, suivie de près par la vision d'un avenir radieux. La science, affirmait-on, appartenait aux esprits sérieux et éclairés, tandis que la foi était le domaine des personnes âgées, murmurée dans des églises à moitié vides.

    Il était presque inévitable que de tels développements scientifiques donnent naissance à de nouvelles philosophies, lesquelles trouvèrent à leur tour une expression politique dans une vague de révolutions socialistes qui dénoncèrent la religion comme réactionnaire. Ces mouvements déferlèrent sur l'Europe avant de se propager dans le monde entier : en Russie avec Lénine en 1917, en Italie avec Mussolini en 1920, en Allemagne avec Hitler en 1930, en Espagne avec la guerre civile de 1936, et plus tard en Chine avec Mao Zedong en 1948, pour ne citer que les exemples les plus marquants.

    Les scientifiques et les philosophes de l'époque croyaient que la science poursuivrait indéfiniment sa progression sur cette voie. Le matérialisme, pensaient-ils, était devenu le fondement même de la science. À travers l'Europe, de nombreux chrétiens, humiliés, se soumirent ; beaucoup abandonnèrent complètement la religion. C'est pourquoi ce qui a suivi dans le monde scientifique a été si imprévu, voire scandaleux. Car la science a connu un profond bouleversement. En l'espace d'un seul siècle, une avalanche de découvertes a ébranlé les fondements mêmes du matérialisme. Le livre que j'ai coécrit avec Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves , raconte l'histoire de ces découvertes et la réaction des matérialistes. Il est redevenu difficile, voire impossible, d'expliquer l'univers sans émettre l'hypothèse d'un Créateur. L'Horloger est de retour.

    Quatre bouleversements ont ébranlé les fondements mêmes du matérialisme, bien que le grand public en demeure largement ignorant. Le premier survint au milieu du XIXe siècle, avec la naissance d'une nouvelle science : la thermodynamique. En formulant des lois régissant l'énergie, la chaleur et le travail, les physiciens pensaient résoudre des problèmes pratiques liés aux moteurs et à leur rendement. Mais ils mirent au jour un phénomène bien plus important.

    La seconde loi de la thermodynamique a révélé que les systèmes fermés évoluent irréversiblement vers le désordre. Allumez une bougie : vous partez d’un système bien organisé : un cylindre de cire et une mèche neuve. En quelques heures de combustion, ce système ordonné se désintègre en lumière, chaleur, gaz et résidus. Le processus ne peut s’inverser sans intervention extérieure. Appliqué à l’univers, ce principe a des implications troublantes. Si l’entropie augmente constamment, le cosmos ne peut pas se répéter indéfiniment. Il doit nécessairement tendre inexorablement vers une fin ultime — un état que les physiciens ont appelé la « mort thermique » du cosmos. Le temps acquiert ainsi une direction.

    Les implications étaient profondes. Un univers régi par l'entropie ne peut être éternel dans les deux sens. Le désordre s'accroît vers le futur ; l'ordre s'accroît vers le passé. Mais l'ordre ne peut croître indéfiniment. La logique de l'entropie implique un commencement – ​​un état d'ordre maximal à partir duquel l'univers a entamé sa descente irréversible. Le passé, comme le futur, n'était plus sans fin. Même notre propre Soleil reflète ce principe. Né il y a environ quatre milliards d'années, il constitue une réserve d'énergie finie. Il brille car il consomme lentement son combustible. Dans cinq milliards d'années, ce combustible sera épuisé et le système solaire cessera d'exister.

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