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Débats - Page 2

  • Retour sur l'accueil enthousiaste réservé par Rome à l'archevêquesse de Canterbury

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    Du substack d'Edward Pentin :

    Les festivités du Vatican en l'honneur de la première femme archevêque de Canterbury

    Loin de favoriser l'unité chrétienne, l'accueil enthousiaste réservé par Rome à Sarah Mullally risque fort de constituer un obstacle à sa réalisation.

    27 avril 2026

    Le pape Léon XIV reçoit Sarah Mullally, la première femme archevêque anglicane de Canterbury, dans la bibliothèque du palais apostolique, le 27 avril 2026 (Photo : Vatican Media)

    Le mot « scandale » vient du grec skándalon, via le latin scandalum, signifiant « pierre d’achoppement » — quelque chose qui fait tomber autrui, notamment en matière de foi et de morale.

    C’est un terme que le pape Léon XIV a repris à plusieurs reprises lundi dans son discours à Sarah Mullally, la première femme archevêque anglicane de Canterbury, lors de sa visite de quatre jours à Rome.

    La désunion entre chrétiens, a-t-il déclaré, est un obstacle majeur à la proclamation de l'Évangile. Il serait également scandaleux, a-t-il ajouté, que les chrétiens cessent de s'efforcer de surmonter leurs divisions, aussi tenaces soient-elles.

    Tout cela est vrai. Mais il existe un autre type de scandale, sans doute plus grave dans la quête de l'unité chrétienne : présenter comme vraie une chose qui ne l'est manifestement pas, et le clamer haut et fort.

    Mullally, à l'instar de tous ses prédécesseurs anglicans, ne possède aucun ordre valide. Elle dirige une communauté séparée de Rome qui s'est éloignée de plus en plus de l'enseignement catholique, notamment au cours des soixante dernières années depuis la rencontre historique entre Paul VI et son prédécesseur, Michael Ramsey. Sa récente nomination comme première femme archevêque de Canterbury ne fait que confirmer le jugement de Léon XIII dans Apostolicae Curae (1896), qui déclarait les ordres anglicans « absolument nuls et non avenus ».

    Pourtant, tout au long de sa visite, Rome a accueilli Mullally – qui s’est décrite par le passé comme « pro-choix plutôt que pro-vie » et soutient la bénédiction des couples de même sexe – avec un enthousiasme qui donnait une impression diamétralement opposée. Dès son arrivée, les autorités du Vatican lui ont déroulé le tapis rouge, lui prodiguant des marques de courtoisie qui dépassaient largement le cadre diplomatique et comportaient des gestes empreints d’une signification ecclésiastique profonde.

    L'archevêque Flavio Pace est photographié en train de recevoir la bénédiction de Sarah Mullally, l'archevêque anglican de Canterbury, dans la chapelle clémentine de la crypte de la basilique Saint-Pierre.

    L’archevêque Flavio Pace, secrétaire du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, a autorisé Mullally à donner une bénédiction dans la chapelle Clémentine de la basilique Saint-Pierre – lieu même du martyre de saint Pierre et donc un endroit où la succession apostolique est visuellement et spirituellement concentrée. C’était la première fois qu’un archevêque de Canterbury en visite bénéficiait d’un tel privilège, et l’archevêque Pace s’est incliné pour recevoir sa bénédiction.

    Elle fut accueillie dans les principales basiliques romaines, obtint une audience privée avec le pape Léon XIV, pour laquelle le Vatican s'empressa de diffuser des photographies , et dirigea un «moment de prière» public avec le pape dans la chapelle d'Urbain VIII au palais apostolique, rejointe par le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, et l'archevêque Richard Moth de Westminster.

    Fait remarquable, elle est devenue la première archevêque de Canterbury à célébrer une liturgie anglicane en l'église Saint-Ignace-de-Loyola de Campo Marzio, une importante église jésuite où reposent saint Louis de Gonzague et saint Robert Bellarmin. Bien que l'Église d'Angleterre possède sa propre église à Rome – l'église de Tous-les-Saints près de la Piazza del Popolo – elle a également procédé à l'installation formelle de son représentant auprès du Saint-Siège lors de cette cérémonie. Le cardinal Luis Antonio Tagle a prononcé l'homélie lors de la liturgie anglicane.

    Dans son discours à Sarah Mullally plus tôt lundi, le pape Léon XIV avait rappelé sa propre devise épiscopale, « In Illo uno unum » — en Christ, nous sommes un — et avait cité le pape François qui avait déclaré que ce serait « un scandale si, à cause de nos divisions, nous ne remplissions pas notre vocation commune à faire connaître le Christ ».

    Mais peut-il jamais y avoir une véritable unité ecclésiale avec une communion qui n'a pas d'ordres valides et qui promeut des enseignements moraux en contradiction avec la doctrine catholique, notamment l'ordination des femmes ?

    De plus, quel service Rome rend-elle aux anglicans en célébrant publiquement sa première femme dirigeante tout en omettant de publier, par charité, la moindre correction fraternelle ? Réunions, prières communes (y compris dans la chapelle Sixtine l’an dernier avec le roi Charles III , gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre), bénédictions et gestes liturgiques abondent, mais jamais n’est appelé à la conversion doctrinale ni au repentir pour le schisme.

    Cela contraste avec les déclarations du Vatican il y a vingt ans, lorsque l'Église d'Angleterre envisageait d'ordonner des femmes évêques. Le cardinal Walter Kasper, prédécesseur du cardinal Koch à l'époque, avait traité la question avec le plus grand sérieux. Bien que peu réputé pour son orthodoxie, il avait insisté sur le fait qu'une telle mesure romprait de fait la compréhension commune de la tradition apostolique et rendrait la pleine communion « inaccessible », puisque l'Église catholique considère que l'épiscopat ne peut être conféré qu'aux hommes.

    Et pourtant, lorsque l'Église d'Angleterre a par la suite ignoré ces avertissements et approuvé l'ordination de femmes comme évêques, Rome a exprimé des regrets mais a poursuivi le dialogue sans changement d'approche apparent.

    Cette réaction, dépourvue de toute véritable correction fraternelle, s'est perpétuée, instaurant un climat qui laisse entendre que des évolutions majeures, telles que l'ordination de femmes évêques, sont sans grande importance pour Rome, ou du moins ne constituent pas des obstacles décisifs sur la voie de l'unité. L'effet cumulatif a été de privilégier la proximité symbolique au détriment de la clarté doctrinale – une impression qui n'a probablement fait que conforter l'Église d'Angleterre dans sa voie actuelle.

    En traitant publiquement Sarah Mullally comme une archevêque légitime — en lui permettant de diriger des prières avec le pape, de bénir un véritable archevêque dans la chapelle Clémentine et d'officier les vêpres anglicanes dans une église romaine historique —, le Vatican contribue à conforter son identité ecclésiale « trans » et son erreur.

    Mais pour être véritable, l'unité doit reposer sur la vérité. Sans ce fondement, même les rencontres les plus empreintes de bienveillance risquent de devenir, au final, les pierres d'achoppement contre lesquelles le pape Léon XIV met en garde, plutôt que des étapes vers la communion.

    Le cardinal Koch a été contacté pour obtenir un commentaire sur la visite de Mullally, mais il n'avait pas répondu au moment de la publication.

    Lire également : L’unité peut-elle se construire sans la vérité ? Les leçons tirées de la visite de Sarah Mullally au Vatican

  • Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi se préparerait à un schisme après les probables nouvelles consécrations épiscopales

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    De kath.net/news :

    Le Vatican se prépare aux conséquences des consécrations épiscopales de la Fraternité Pie X

    29 avril 2026

    Le journaliste italien Spuntoni : « Des sources bien informées m'ont confirmé que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi se prépare déjà à un schisme après les probables nouvelles consécrations épiscopales. »

    Vatican (kath.net/pl) « Des sources bien informées m'ont confirmé que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi se prépare déjà à un schisme suite aux probables nouvelles consécrations épiscopales », a confirmé le journaliste Nico Spuntoni à Diane Montagna, experte américaine du Vatican et auteure, comme indiqué sur sa plateforme en ligne. Spuntoni a précisé à Montagna : « Mes sources ne m'ont pas indiqué si l'excommunication concernera uniquement les nouveaux évêques ou également d'autres personnes. » Par conséquent, a déclaré Spuntoni, il ne pouvait « ni confirmer ni infirmer les rumeurs concernant les personnes qui seraient touchées par les sanctions ». Cependant, se basant sur ses sources, Spuntoni a pu constater que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi « apporte un soutien pastoral aux membres du clergé appartenant à la Fraternité catholique qui ne souhaitent pas y rester après une nouvelle rupture avec Rome ».

    Les propos de Spuntoni interviennent alors que des rumeurs circulent en ligne quant aux personnes qui seront précisément concernées par le décret du Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Montagna replace ces informations dans un contexte plus large. « Sputoni, réputé pour la précision de ses reportages et pour publier systématiquement des informations avant les canaux officiels, a ajouté que, selon ses sources, si le Dicastère affirme avoir fait preuve de "clémence" lors des négociations, tout porte à croire que sa réponse sera "ferme". » Diane Montagna est elle-même considérée comme une journaliste proche du Vatican.

  • Non, l’Occident n’a pas emprunté à l’islam l’art de bâtir les cathédrales gothiques

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    Non, l’Occident n’a pas emprunté à l’islam l’art de bâtir les cathédrales gothiques. Cette idée, relayée par Jean-Luc Mélenchon (notamment en 2011, puis en juin 2025 et mars 2026), relève d’une simplification militante et historique inexacte, comme l’explique l’historien médiéviste Sylvain Gouguenheim dans un entretien au Figaro Histoire (avril 2026).

    Les affirmations de Mélenchon

    Mélenchon a déclaré, entre autres : « S’il n’y avait pas eu Saladin, vous ne sauriez pas bâtir des cathédrales, parce que c’est lui qui vous a appris comment on faisait. C’est lui qui vous a appris comment on faisait les vitraux et qui vous a appris les maths. » Ou encore, à Bondy en mars 2026 : les bâtisseurs ont « profité du savoir qu’ils avaient rapporté des musulmans et des croisades pour faire de la physique et des mathématiques, et faire de la chimie pour faire des vitraux, parce qu’ils n’étaient pas au courant, ils n’y connaissaient rien ». Il moque aussi l’idée que « les Goths » auraient inventé les arcs brisés.

    Ces propos visent à souligner une dette supposée majeure de l’Europe chrétienne envers le monde islamique médiéval, dans un contexte politique où l’on insiste sur les « apports » de l’islam à la civilisation occidentale.

    La réponse de Gouguenheim

    Sylvain Gouguenheim, professeur émérite d’histoire médiévale à l’ENS de Lyon et auteur notamment d’Aristote au Mont Saint-Michel (2008, sur les racines grecques directes de l’Europe chrétienne), qualifie ces affirmations d’« erronées ou très approximatives » :

    • Chronologie : L’architecture gothique naît en Île-de-France dans les années 1130-1140 (basilique de Saint-Denis sous Suger, puis cathédrales de Sens, Noyon, Laon, etc.). Saladin ne prend le pouvoir qu’en 1174 et son règne (1174-1193) est postérieur aux premiers chefs-d’œuvre gothiques. Le lien direct avec lui est anachronique.
    • Mathématiques : La construction des cathédrales reposait sur une géométrie appliquée pratique, héritée de l’époque romane (règles de proportion, équerre, compas, savoir-faire empirique des maîtres maçons transmis sur les chantiers). Elle n’exigeait ni la géométrie grecque théorique avancée ni les développements algébriques arabo-persans. Les bâtisseurs médiévaux occidentaux maîtrisaient déjà les outils nécessaires.
    • Techniques spécifiques (vitraux, arcs, voûtes) : Les vitraux colorés relèvent d’un savoir-faire occidental ancien (verrerie romaine et carolingienne), perfectionné au XIIe siècle sans recours à une « chimie » importée des croisades. L’arc brisé (ou ogival) existait dans l’Antiquité tardive et l’architecture romane ; il n’est pas une invention islamique transmise miraculeusement.

    Gouguenheim insiste : ces thèses relèvent d’un « contexte militant » et d’un raccourci rhétorique, pas d’une analyse historique rigoureuse.

    Contexte historique plus large

    • Origines du gothique : Le style gothique (voûtes sur croisée d’ogives, arcs-boutants, élévation verticale, grandes baies) est une innovation franco-picarde du XIIe siècle. Il synthétise des éléments antérieurs : voûtes d’ogives anglo-normandes (Durham, Lessay), arcs-boutants bourguignons (Cluny), murs fins des basiliques paléochrétiennes d’Île-de-France. C’est un laboratoire technique occidental, porté par la vitalité économique, démographique et spirituelle de l’Europe capétienne (foi chrétienne, concurrence entre évêques et abbés, essor urbain).
    • Influences et échanges : Il existait des contacts (commerce, croisades, Sicile, Espagne de la Reconquista). Certains motifs décoratifs (arabesques, polylobés) ou techniques mineures ont pu circuler, comme dans l’art roman (ex. : certaines églises du sud). Mais l’architecture gothique n’est pas une copie ou un emprunt structurel à l’architecture islamique (mosquées à arcs brisés, coupoles, iwans). Le gothique exprime une théologie chrétienne de la lumière (Dieu comme Lux) et une aspiration verticale vers le ciel, très différente de l’esthétique islamique.
    • Transmission des savoirs : Gouguenheim a montré dans ses travaux que l’héritage grec (Aristote notamment) est parvenu en Occident via des voies directes (Byzance, traductions latines dès le XIe-XIIe siècle à Mont-Saint-Michel ou ailleurs) autant que via le monde arabo-musulman (Tolède, etc.). Ce dernier a préservé et commenté des textes, mais n’a pas été l’unique ni le principal vecteur. L’idée d’un Occident « ignorant » sauvé par l’islam est une caricature orientaliste inversée.

    Des auteurs comme Diana Darke (Stealing from the Saracens) ou Christopher Wren (XVIIe siècle, qui parlait de « style sarrasin » pour le gothique) défendent une influence plus forte, souvent en insistant sur des similarités formelles ou des transferts via les croisés. Ces thèses sont contestées par de nombreux historiens de l’art médiéval, qui y voient une surinterprétation (confusion entre motifs décoratifs et structure porteuse, ignorance des évolutions internes à l’Occident). Des critiques universitaires (Byng, Kinsella) relativisent fortement ces claims.

    Pourquoi cette polémique ?

    Elle s’inscrit dans un débat plus vaste sur les « racines » de l’Europe et la place de l’islam dans son histoire. Minimiser le génie propre de la chrétienté médiévale occidentale (son dynamisme technique, théologique et social) au profit d’un narratif de dette exclusive sert parfois un agenda politique contemporain. L’histoire réelle est plus nuancée : l’Europe médiévale a assimilé, transformé et innové à partir de multiples héritages (gréco-romain, chrétien, germanique, byzantin), sans être une tabula rasa sauvée par Bagdad ou Cordoue.

    Les cathédrales de Chartres, Reims, Amiens ou Notre-Dame de Paris restent avant tout le fruit du savoir-faire, de la foi et de l’organisation des sociétés chrétiennes occidentales du XIIe-XIIIe siècle. Elles témoignent d’un élan créateur autonome, pas d’un simple transfert technologique depuis le monde islamique. Gouguenheim a raison de le rappeler face aux approximations militantes.

    Synthèse obtenue avec l'IA

  • Qui est Sarah Mullally, "l'évêquesse" reçue aujourd'hui avec les honneurs à Rome ?

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    De Miguel Escrivá sur InfoVaticana :

    Qui est Sarah Mullally, l'évêquesse reçue avec les honneurs à Rome ?

    Qui est Sarah Mullally, l'« évêque » reçue avec les honneurs à Rome ?

    Les images qui nous parviennent de Rome cette semaine sont tout sauf ordinaires. Elles sont un véritable choc visuel. Une femme que l'Église catholique ne reconnaît ni comme prêtre ni comme évêque – car, doctrinalement, elle ne peut la reconnaître comme telle – apparaît dans la basilique Saint-Pierre, vêtue d'une soutane violette, d'une croix pectorale, d'un anneau épiscopal et de tous les signes extérieurs de l'autorité apostolique. Elle est reçue avec les honneurs. Elle bénit les évêques catholiques dans la chapelle Clémentine. Elle bénéficie du traitement dû à un primat. Elle pose dans des cours Renaissance qui, pendant des siècles, ont vu passer les successeurs légitimes des Apôtres. Et demain, lundi, lors d'une audience avec le pape Léon XIV, la scène atteindra son apogée iconographique : deux figures vêtues de la même manière, assises à la même hauteur, conversant d'égal à égal.

    Il convient de s'arrêter un instant pour examiner cette anomalie visuelle avant de passer à autre chose, car c'est là le véritable problème.

    Il ne s'agit pas d'une simple anecdote de procédure. Il s'agit d'une scène de banalisation du sacré. Et les dommages qu'elle cause ne sont ni politiques, ni médiatiques, ni même strictement œcuméniques : ils sont sacramentels et catéchétiques. Lorsque des symboles sacrés sont utilisés comme s'ils étaient équivalents, alors qu'ils ne le sont pas, la capacité de discernement des fidèles est peu à peu anéantie. La soutane, la croix pectorale, la bénédiction donnée à l'assemblée, l'allocution épiscopale, la réception solennelle, les photographies qui feront la une des journaux du monde entier demain : tout communique simultanément une seule et même chose, même si les documents canoniques disent le contraire. Et ce message est dévastateur. Il laisse entendre qu'il n'y a absolument aucune importance à être un évêque valide ou non. Qu'il n'y a absolument aucune importance à défendre la doctrine catholique ou à en nier l'essence. Il ne fait absolument aucune différence de bénir selon la foi professée par l'Église depuis les Apôtres ou de transformer la bénédiction en un geste dépourvu de contenu théologique, équivalent à une salutation cordiale entre dignitaires civils.

    Cet article vise, dans sa première partie, à présenter l'évêque reçue avec tant d'honneurs : sa biographie, ses positions et ses propres paroles. Dans sa seconde partie, il examinera la signification de la photographie de cette semaine pour la gestion du sacré par l'Église.

    Qui est Sarah Mullally ?

    Sarah Elizabeth Bowser est née à Woking, dans le Surrey, en mars 1962. Cadette d'une famille de quatre enfants, elle a fait ses études à la Winston Churchill Comprehensive School et au Woking Sixth Form College. Elle a choisi les soins infirmiers plutôt que la médecine, convaincue, comme elle l'a elle-même déclaré, que cette voie permettait une approche plus globale des soins aux patients. Après une formation d'infirmière au South Bank Polytechnic, elle a suivi des études de théologie au Heythrop College, s'est spécialisée en oncologie à l'hôpital Royal Marsden, puis a gravi les échelons jusqu'à devenir directrice des soins infirmiers à l'hôpital Chelsea and Westminster. En 1999, à l'âge de 37 ans, elle a été nommée infirmière en chef d'Angleterre, le poste le plus élevé du secteur infirmier public britannique : un salaire à six chiffres, un bureau à Whitehall, des rencontres régulières avec le Premier ministre Tony Blair et le statut équivalent à celui d'une haute fonctionnaire.

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  • Le pape, la presse et le présent

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Le pape, la presse et le présent

    De par leur nature même, ces séances de questions-réponses informelles donnent l'impression que les enseignements de l'Église et les paroles du pape lui-même s'apparentent aux commentaires d'un homme politique sur des questions politiques. On pouvait déjà pressentir l'habituel imbroglio rhétorique et moral, par exemple, dans cet échange avec un journaliste allemand :

    J'aimerais savoir comment vous évaluez la décision du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, qui a autorisé la bénédiction des couples de même sexe dans son diocèse, et, compte tenu des différentes perspectives culturelles et théologiques, notamment en Afrique, comment comptez-vous préserver l'unité de l'Église universelle sur cette question particulière ?

    [Le pape Léon XIV :]  Avant tout, je pense qu’il est essentiel de comprendre que l’unité ou la division de l’Église ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles. On a tendance à croire que lorsque l’Église parle de morale, la seule question morale abordée est la sexualité. Or, je crois qu’en réalité, il existe des questions bien plus importantes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes et la liberté de religion, qui doivent primer sur cette question particulière. Le Saint-Siège s’est déjà entretenu avec les évêques allemands et a clairement indiqué qu’il n’approuve pas la bénédiction officielle des couples.

    Dire « nous ne sommes pas d’accord » est une réponse timide face à un défi de taille. Il ne s’agit pas d’accord ou de désaccord, mais des enseignements de Jésus et de son Église depuis toujours. Qu’on le veuille ou non, l’éthique sexuelle – qui touche au cœur de la conception chrétienne de la personne humaine (« il les créa homme et femme ») – est une question centrale. Certes, elle n’est pas la seule. Mais tenter de minimiser ce qui s’apparente à une rébellion au sein de l’Église et de céder à l’esprit du monde est une mauvaise stratégie pour préserver l’unité de l’Église. Et elle ne fonctionnera pas face à la vague LGBT mondiale. 

    La seule chose qui puisse changer, c'est une position théologique et doctrinale ferme.

    De plus, s'il est vrai que l'Église enseigne qu'il existe des péchés plus ou moins graves (comme nous le disons souvent ici, voir l'Enfer de Dante pour une image saisissante) – et il s'agit en fait d'un thème augustinien qui a été énoncé plus clairement par d'autres papes récents – est-ce une bonne façon de parler à notre culture d'aujourd'hui ? 

    Que serait-il préférable ? Le pape a un style bien à lui, et il pourrait décider à ce sujet. Mais sur le fond, pour rester un bon augustinien, c’est-à-dire fidèle à la plénitude de la réalité catholique, il faudrait que sa position soit plutôt la suivante :

    Tous les péchés mortels sont graves. En effet, tous les péchés, même véniels, nous éloignent de Dieu, de nos semblables et de notre véritable nature. L'être humain a été créé par Dieu de telle sorte que – depuis Caïn et Abel – la manière la plus manifeste de nous détourner de l'ordre et de l'être divins est de nous nuire physiquement, jusqu'à tuer.

    Ce serait l'ouverture la plus rudimentaire et au moins fondée sur des principes bibliques.

    Mais cela ne pouvait pas s'arrêter là. Il fallait établir certaines distinctions qui ont toujours existé au sein de l'Église. Quelque chose comme ceci :

    Les péchés sexuels sont les plus faciles à comprendre, car ils ressemblent étrangement à l'amour que Dieu a placé en nous pour aimer notre prochain, et surtout Dieu lui-même. Ils comptent aussi parmi les péchés les plus répandus, comme nous le constatons partout autour de nous, raison pour laquelle l'Église n'a cessé de nous mettre en garde contre eux. Rares sont ceux qui commettront des agressions physiques ou des meurtres, et encore moins ceux qui seront en mesure de déclencher des guerres ou de perpétrer des injustices sociales. Ainsi, même si nous reconnaissons la gravité de tels actes, pour la plupart d'entre nous, il s'agit de tentations lointaines (presque entièrement théoriques), qui ne font guère partie de la vie quotidienne. 

    Quand l'Église se présente comme étant principalement préoccupée par les grands enjeux publics , déjà bien présents dans la culture séculière, faut-il s'étonner que les gens ne remplissent pas les bancs de l'église le dimanche ?

    Et puisqu'il s'agit d'évaluer la gravité relative des péchés, n'oublions pas une réalité incontournable de notre époque : chaque année, 60 millions d'enfants meurent suite à un avortement volontaire. Les « péchés sexuels » ont eux aussi des conséquences meurtrières, bien plus graves que les prétendus « problèmes bien plus importants » évoqués par le pape Léon XIV. 

    Outre les familles et les mariages brisés, les enfants sans père et le chaos social engendré par la révolution sexuelle, l'Église prétend croire que l'avortement est un homicide involontaire – une violence masquée par les discours sur les « droits reproductifs » et la « santé reproductive ». Les chiffres, à eux seuls, ne disent jamais tout. Mais si autant d'êtres humains (près d'un million par an rien qu'aux États-Unis) mouraient chaque année à cause des guerres, de la pauvreté, du changement climatique et de l'oppression politique (ce qui, même combiné, n'est manifestement pas le cas), le monde serait en émoi.

    La Première Guerre mondiale, qui a duré quatre ans et que beaucoup considèrent comme le point de départ de la destruction de notre civilisation occidentale, a causé la mort d'environ 20 millions de personnes. La Seconde Guerre mondiale, en six ans, a ajouté peut-être 75 à 80 millions de victimes. Ainsi, en se basant uniquement sur les chiffres, deux des plus grands cataclysmes des temps modernes ont produit, en une décennie, un nombre de morts inférieur à celui de deux années de politiques d'avortement à l'échelle mondiale. 

    Et nous commençons à peine à constater comment le manque de respect pour la vie dès le départ a des répercussions sur sa fin. L'aide médicale à mourir (AMM, comme l'appellent les Canadiens avec humour) est encore récente, mais elle représente déjà un décès sur vingt au Canada.

    Soyons clairs : le pape Léon XIV s’est exprimé sur l’avortement, l’euthanasie, la persécution des chrétiens et d’autres « questions » catholiques, tout comme le pape François. Mais observe-t-on au sein de l’Église le même sentiment d’urgence à leur sujet que sur d’autres questions ?

    Le pape et l'Église ont raison – contrairement à ce qu'affirment les politiciens américains de droite comme de gauche – de s'exprimer sur l'immigration, la fraternité, la guerre, la sauvegarde de la création et bien d'autres sujets. Mais il nous faut aussi du courage et de la franchise pour nommer les plus grandes menaces qui pèsent sur l'humanité et l'offense la plus répandue contre Dieu à notre époque.

  • «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé»

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    Les décisions politiques actuelles autorisant l'ouverture des grandes surfaces et des commerces sept jours sur sept suscitent des questions. Nous reproduisons une tribune de Charles Beigbeder parue sur le Figaro, le 29 août 2014 :

    Charles Beigbeder : «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé»

    Charles Beigbeder rappelle que le dimanche est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels.

    Charles Beigbeder est entrepreneur, investisseur et chef d'entreprise. Il est également conseiller municipal dans le VIIIème arrondissement de Paris.


    Face à l'égarement conjoint d'une « droite bobo » et d'une gauche libérale, oublieuses de nos racines et promptes à remettre en cause les fondements de notre société, il est urgent de rappeler un certain nombre de vérités.

    D'abord, le repos dominical est conforme à la nature profonde de l'homme qui n'est pas uniquement un consommateur (80kg de matière, comme aimait à dire Marx) mais avant tout un être spirituel et charnel, doué d'intelligence et de volonté, capable de sentiments et d'affections et dont l'horizon dépasse, quelque soient les croyances de chacun, le cadre matériel de la vie en société. «Toute l'histoire de l'humanité est l'histoire du besoin d'aimer et d'être aimé» résumait dans une formule percutante le pape Jean-Paul II, dans son discours prononcé au Bourget, le 1er juin 1980. «L'homme ne se nourrit pas seulement de pain» précise de son côté l'Évangile (Lc, IV, 4). Le repos dominical vient donc nous rappeler que c'est l'économie qui est au service de l'homme et non l'inverse. Le jour chômé (seul ou en famille) est à lui seul la justification du travail effectué au cours des six autres jours de la semaine. S'il venait à disparaître, ce serait la finalité même du travail qui serait en cause. Car le travail existe pour l'homme et non l'homme pour le travail. Le jour chômé vient nous le rappeler. Prétendre le contraire reviendrait à inverser les finalités de la vie humaine et à dévoyer le travail en nouvel esclavage des temps modernes. Pour noble et épanouissement qu'il soit, le travail reste un moyen ; il ne constitue jamais une fin en soi. Y a-t-il derrière cette idolâtrie du travail une vision protestante de la société, qu'a si bien analysée Max Weber dans son ouvrage L'éthique protestante ou l'esprit du capitalisme?

    Qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte ?

    Ensuite, le repos dominical est une conquête des Chrétiens pour faire prévaloir la liberté religieuse et permettre la célébration de la messe dominicale. Institué par l'empereur Constantin en 321, il mit du temps à pénétrer les mœurs mais sous l'impulsion de l'Église, il s'incorpora tellement à l'organisation de notre société que la Convention ne put l'abolir lorsqu'elle institua le calendrier révolutionnaire et le culte décadaire (les decadi étant censés remplacer les dimanches). On n'efface pas d'un trait de plume plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. C'est donc tout naturellement que le calendrier grégorien fut progressivement réintroduit sous l'Empire et que la Restauration rétablit le repos dominical en 1814. En 1879, la IIIème République laïciste tentera une seconde fois d'abroger le repos dominical, dans un souci manifeste d'effacer toute référence chrétienne dans l'organisation de la société. Peine perdue, moins de 30 ans plus tard, en 1906, le repos dominical était à nouveau sanctuarisé sous l'effet conjugué des députés catholiques et des militants socialistes. Revenir sur cette disposition aujourd'hui porterait donc une atteinte grave à la liberté religieuse des Chrétiens qui n'auraient plus la faculté de pratiquer librement leur culte. On avance certes l'objection d'une libéralisation sur la base du volontariat des salariés, de sorte que personne ne soit contraint de travailler contre son gré le dimanche. Mais qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte?

    Troisième vérité, le repos dominical est un équilibre tiré de l'histoire, un héritage culturel de notre civilisation chrétienne, qui permet, au-delà des convictions personnelles de chacun, le maintien de notre cohésion sociale. En effet, l'objection classique à l'argumentation tirée de la nécessité de garantir la liberté religieuse de chacun, consiste à avancer que dans une société laïque, marquée par la diversité des croyances, le repos dominical est une discrimination qui ne profiterait qu'aux seuls Chrétiens, alors que les citoyens de confession juive ne peuvent opter pour le samedi, ni les Musulmans pour le vendredi, ou les non-croyants pour le jour de leur choix. Et de proposer un système à la carte, où chacun pourrait choisir son jour chômé en fonctions de ses convictions religieuses ou de ses convenances personnelles. Mais comment ne pas voir qu'une telle réforme sonnerait le glas de notre cohésion sociale et effriterait la société en une multitude de communautarismes toujours plus revendicatifs qu'ils s'estiment minoritaires et bafoués? Il est bon et indispensable qu'une société respire à l'unisson: non l'unisson des croyances où chacun dispose de sa pleine liberté, mais la communion des rythmes, principale garantie de l'harmonie sociale. Ainsi, au-delà des convictions religieuses de chacun, le dimanche est en France le jour choisi pour faire respirer la société et respecter la nature spirituelle de l'homme, parce la France est un pays de tradition chrétienne, marqué dans son histoire, comme dans son patrimoine et ses mentalités par plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. Il est juste et bon qu'un employeur permette à ses salariés, dans la mesure des adaptations possibles, de s'absenter ponctuellement pour pratiquer le culte de leur choix (par exemple en se rendant à la Mosquée le vendredi midi). De même pour le culte juif, où la question ne se pose quasiment pas en pratique, puisque le samedi, héritage du secteur bancaire confirmé par les accords de Matignon en 1936, est chômé pour beaucoup de salariés. Mais, au-delà des convictions religieuses de chacun, il est fondamental que le dimanche reste sanctuarisé en France, il en va de notre histoire, de notre cohésion sociale, de notre culture et de notre civilisation. Derrière la volonté de remettre en cause le repos dominical, n'y a-t-il pas de la part d'une certaine élite mondialisée une indifférence voire un rejet de nos racines?

    Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative.

    Enfin, quatrième vérité, l'abandon du repos dominical n'aurait aucune incidence positive sur le niveau de croissance de notre économie. Cet argument, brandi tant par le personnel politique boboïsé que par le MEDEF, est doublement fallacieux: il oublie d'abord que pour le salarié, l'augmentation du temps de travail peut souvent conduire à son étalement dans le temps sans création de richesse supplémentaire, et que pour le consommateur, l'ouverture des magasins le dimanche lui permet d'étaler ses achats dans le temps, sans augmentation notable de la consommation, qui est d'abord limitée par le faible pouvoir d'achat des Français. De plus, j'entends souvent les promoteurs du sabordage dominical invoquer une liberté supplémentaire pour le consommateur, mais ils oublient de rappeler que derrière celui qui peut librement faire ses courses le dimanche, il y a un ou plusieurs salariés qui n'ont peut-être pas choisi de leur plein gré d'effectuer une journée de travail supplémentaire au détriment de leur vie familiale. Si dérogations il doit y avoir, ce ne doit être qu'au cas par cas, en fonction d'une nécessité impérieuse des citoyens et non pour la satisfaction de leurs caprices. Beaucoup de dérogations existent d'ailleurs déjà et il serait dangereux de vouloir traiter un micro-problème par une législation de portée générale.

    Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative. Il est aussi un frein à la fragilité narcissique de ceux qui trouvent dans les activités multiples et la frénésie de loisirs un lieu de compensation illusoire à leur vide intérieur. «L'appétit effréné de vie, qui ne donne aujourd'hui aucune paix aux hommes, finit dans le vide d'une vie perdue» affirmait le pape émérite Benoît XVI en 2007. Sans cette boussole du repos dominical, on donnerait raison à Bernanos qui prophétisait à juste titre que «la civilisation moderne […] est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure».

  • "Ni Absolution ni Condamnation" : un extrait exclusif sur Belgicatho concernant les consécrations épiscopales

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    NI ABSOLUTION NI CONDAMNATION: Les consécrations de la FSSPX décryptées par une méthode de discernement contradictoire par Houzé de l'Aulnoit

    Belgicatho · extrait exclusif — mai 2026

    Ni Absolution ni Condamnation

    Guide de discernement pour catholiques désorientés par les consécrations de 2026

    Gérald Houzé de l'Aulnoit

    Le 2 février 2026, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X annonce des consécrations épiscopales sans mandat pontifical. En quelques heures, des dizaines de milliers de catholiques francophones, en France, en Belgique, et en Suisse, se retrouvent face à une question qu'ils n'avaient pas vue venir. Ni Absolution ni Condamnation est le premier essai francophone à leur donner les outils pour penser cette crise par eux-mêmes. Belgicatho publie en exclusivité l'introduction du livre.

    Introduction

    Thomas est rentré de la messe ce dimanche-là comme chaque semaine. Paroisse Saint-Joseph. Les mêmes bancs depuis vingt ans, les mêmes visages, le même abbé qui distribuait les feuillets de catéchisme sur le parvis. Puis son téléphone a commencé à vibrer.

    Un communiqué officiel de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X : des consécrations épiscopales sans mandat pontifical, des ordinations d'évêques accomplies sans l'autorisation formelle du Pape. Thomas n'est pas militant. Il est père de famille, catholique pratiquant depuis l'enfance. Quelquefois par an, il fréquentait une messe en forme extraordinaire : non par idéologie, mais par un besoin qu'il ne saurait exactement nommer. Une stabilité. Un silence. Une permanence. Il n'avait pas pensé que cela le concernerait.

    Ce soir-là, après avoir couché les enfants, assis à la table de la cuisine avec sa femme, il a lu des articles contradictoires. Rappelé un beau-frère qui lui a dit avec une douceur qui faisait mal : « Tu vois où ça mène d'aller à ce genre de messe. » Ils n'ont pas dormi avant une heure du matin.

    Car derrière les prises de position se posaient des questions plus profondes, plus personnelles : à qui doit-on obéir quand tout semble vaciller ? Peut-on rester fidèle sans se trahir ? Jusqu'où va l'autorité, et où commence la responsabilité de la conscience ?

    Le mot qui revenait partout : schisme. Un mot lourd, et une peur de s'être trompé sans le savoir, d'avoir mis sa famille quelque part qui ne serait bientôt plus là où il croyait l'avoir mise.

    Je connais cette nuit.

    Des milliers de catholiques pratiquants se trouvent aujourd'hui dans la position de Thomas. Ni militants, ni indifférents. Attirés par quelque chose de solide dans la liturgie ancienne. Ils ne manquent pas d'intelligence. Ils manquent d'outils.

    Deux réponses s'opposaient : Rome exigeait la rupture avec les structures irrégulières, la FSSPX y voyait un acte de charité pastorale. Ces deux lectures existent. Elles ne demandent pas de comprendre. Elles demandent de choisir son camp.

    Ce livre est né de cette nuit intérieure.

    Vous ne trouverez pas ici une réponse toute faite. Vous trouverez les mots pour formuler la vôtre.

    Il n'absout pas. Il ne condamne pas. Il propose une autre voie, plus exigeante : comprendre avant de juger. Pour cela, il adopte une méthode inhabituelle. Il commence par construire les arguments les plus solides que l'on peut opposer à ces consécrations, comme si l'on plaidait contre elles. Puis il les examine à la lumière des réponses qui leur sont données, sans simplification ni caricature.

    Ce parcours vous laissera avec trois choses concrètes : des mots précis là où régnait la confusion, des distinctions que personne ne vous avait données, et la possibilité de juger par vous-même. Vous connaîtrez le sens exact du mot schisme, et en quoi la situation de 2026 est plus complexe qu'il n'y paraît. Vous saurez distinguer un acte valide d'un acte licite, deux réalités que la confusion actuelle mélange, et dont la distinction change tout. Vous pourrez lire un communiqué, qu'il vienne de Rome ou de la Maison généralice, sans en être captif.

    Car la question n'est pas seulement de savoir qui a raison. Elle est de savoir comment penser droit lorsque tout semble devenir incertain.

    Thomas attend encore. Son aîné fait sa première communion dans trois mois. La date ne change pas. Autour de lui, deux camps lui proposent la même chose : choisir sans comprendre.

    « Ce n'est pas la Fraternité qui a changé depuis 1988. C'est le droit qui a changé.

    Et cette distinction est celle que personne n'avait formulée clairement. »

    Ni Absolution ni Condamnation — Gérald Houzé de l'Aulnoit. 140 pages. eBook 9,99 € · Papier 17,99 €.

    Disponible sur Amazon KDP France : Lien de précommande Amazon

    Contact presse : aulnoit@yahoo.fr · +33.7.82.13.18.82

    Dossier_de_presse_NiAbsolution_BELGICATHO (1).pdf

  • Euthanasie en Belgique : « après l’acte, j’ose dire que je devais prendre congé toute la journée »

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    Une synthèse de presse de genethique.org :

    Euthanasie en Belgique : « après l’acte, j’ose dire que je devais prendre congé toute la journée »

    22 avril 2026

    En Belgique, 4 486 personnes ont été euthanasiées en Belgique en 2025, dont un mineur (cf. Belgique : les euthanasies augmentent encore de 12,4 % en 2025). Et « derrière ces chiffres, certains généralistes disent leur malaise face à la charge humaine, organisationnelle et émotionnelle que représente cet acte ». Certains médecins décident même de ne plus pratiquer eux-mêmes d’euthanasies.

    « Dans ma carrière de médecin généraliste, j’ai réalisé trois euthanasies et, à chaque fois, cela a été une expérience très éprouvante pour moi, sur le plan humain et sur le plan émotionnel », témoigne un généraliste. « Après l’acte, j’ose dire que je devais prendre congé toute la journée parce que je me sentais vraiment mal à l’aise et rempli de questions, de questionnements intérieurs », confie-t-il.

    Des « équipes spécialisées »

    Après avoir pratiqué une euthanasie, la relation thérapeutique avec la famille du patient se trouve également bouleversée. « Il n’y a rien à faire, mais il y a quelque chose qui change », affirme le praticien. « Certains changent de médecin, d’ailleurs ». « Revoir le médecin qui a fait l’euthanasie d’un membre de la famille peut rappeler quelque chose de douloureux », analyse-t-il.

    Même s’il ne s’oppose pas à cette pratique, ce médecin belge a décidé de ne plus l’effectuer lui-même. Désormais, « il fait appel à des équipes spécialisées comme celle de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) ou du consortium LEIF-EOL » (cf. Euthanasies en hausse, augmentation des « polypathologies » : la Commission de contrôle belge rend son rapport bisannuel). « Je rédige le premier avis que je transmets à un médecin de l’ADMD ou d’EOL et ils rédigent le second avis, indique le médecin. Ils s’occupent de l’organisation, de la logistique, de la commande des produits, de l’acte lui-même, du constat de décès et de toute la paperasserie avant et après. »

    Ces équipes comptent des « généralistes retraités qui ont plus de temps » ou « des médecins hospitaliers retraités ». « Depuis que j’ai adopté ce fonctionnement, je me sens beaucoup plus apaisé », déclare le praticien.

    Source de la synthèse de presse : Medi sphere, V.Li (14/04/2026)

  • Faut-il rouvrir les commentaires sur belgicatho ?

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    Vous pouvez exprimer votre point de vue en commentaire.

  • Un bureau du Vatican « enquête-t-il » sur la démission de Benoît XVI ?

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    Du Pillar :

    Un bureau du Vatican « enquête-t-il » sur la démission de Benoît XVI ?

    Alors que les rumeurs se propagent sur Internet, démêlons le vrai du faux.

    Ancien pape et pape émérite, Benoît XVI. Crédit : Peter Nguyen/wikimédia. CC BY SA 2.0

    Alors que Diddi fait généralement la une des journaux pour ses efforts visant à poursuivre le scandale financier du Vatican, il a, ce mois-ci, apparemment sans le vouloir, relancé des théories du complot discréditées concernant la validité de la démission du pape Benoît XVI en 2013 – malgré les fréquentes affirmations de Benoît XVI selon lesquelles sa démission était libre, valable et justifiée.

    Selon certains sites web , Diddi a refusé le 30 mars une demande envoyée à son bureau plusieurs mois auparavant — qui demandait l'accès aux fichiers relatifs à une pétition officielle déposée par Andrea Cionci, auteure du livre de 2022 « The Ratzinger Code », qui avançait la théorie selon laquelle Benedict aurait déposé une démission invalide délibérément codée en 2013.

    La requête aurait été déposée le 26 mars par un avocat italien, Roberto Tieghi.

    Dans un communiqué daté du 30 mars, Diddi a déclaré que l'accès ne pouvait être accordé pendant une « phase d'enquête » et que son bureau « mène des enquêtes et qu'il n'est pas possible, à l'heure actuelle, de prévoir quand elles se termineront ».

    Cette réaction a suscité beaucoup d'attention, notamment parce qu'elle a été présentée comme « un développement significatif dans le débat actuel sur la démission de Benoît XVI en 2013 ». Comme vous pouvez l'imaginer, ce genre d'affirmations s'est propagé à une vitesse fulgurante sur les réseaux sociaux ce mois-ci.

    Mais est-ce vraiment significatif ?

    Le Pilier explique.

    Bon, rappelez-moi, que s'est-il passé exactement lorsque Benoît XVI a démissionné ?

    C'était un lundi matin comme les autres, le 11 février 2013, et le pape Benoît XVI prenait la parole lors d'une réunion ordinaire du consistoire du Collège des cardinaux. À la fin de cette réunion, le pape commença à lire une simple feuille de papier, datée du 10 février, la veille.

    En latin, il s'adressa au Collège des cardinaux , leur disant qu'il souhaitait « vous communiquer une décision d'une grande importance pour la vie de l'Église ».

    Après avoir examiné ma conscience à plusieurs reprises devant Dieu, je suis parvenu à la certitude que mes forces, du fait de mon âge avancé, ne me permettent plus d'exercer dignement le ministère pétrinien. Je suis pleinement conscient que ce ministère, de par sa nature essentiellement spirituelle, doit s'accomplir non seulement par les paroles et les actes, mais aussi par la prière et la souffrance. Or, dans le monde d'aujourd'hui, en proie à tant de changements rapides et secoué par des questions d'une importance capitale pour la vie de foi, gouverner la barque de saint Pierre et proclamer l'Évangile exige tant de force d'esprit que de force physique, force qui, ces derniers mois, s'est affaiblie en moi au point que j'ai dû reconnaître mon incapacité à remplir pleinement le ministère qui m'a été confié.

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  • Un an sans François : bilan d'un pontificat qui a divisé l'Église

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    D'InfoVaticana :

    Un an sans François : bilan d'un pontificat qui a divisé l'Église

    Une année sans François : bilan d'un pontificat qui a fracturé l'Église

    Le 21 avril 2025, lundi de Pâques, Jorge Mario Bergoglio est décédé à Santa Marta. Un an s'est écoulé, et le deuil n'est plus de mise : il reste à en tirer les leçons.

    Moi, l'homme

    Le 13 mars 2013, Bergoglio arriva au balcon, lançant un « buona sera » qui tenait à la fois de la formule de bienvenue et du programme. Il venait de Buenos Aires, auréolé de la réputation d'un archevêque austère – métro, petit appartement, quartiers périphériques –, une image soigneusement construite par ses biographes bienveillants. La réalité du gouvernement de Buenos Aires était plus complexe : une main de fer avec des collaborateurs, une rancune tenace, une méfiance marquée envers les prêtres traditionalistes et un réseau d'allégeances personnelles qu'il reproduirait plus tard à Rome.

    Il était un jésuite de la génération qui suivit l'exclusion des traditionalistes de la Compagnie de Jésus, formé dans le climat de la théologie du peuple – une sœur cadette, mais indéniablement proche, de la théologie de la libération – qui lisait l'Évangile à l'aune du rôle sociologique des pauvres plutôt qu'à travers le prisme du Royaume. Il était fervent dans la dévotion populaire latino-américaine, mais intellectuellement impatient face à tout ce qui évoquait la rigueur doctrinale. Cette combinaison explique presque tout : les baisers qu'il donnait aux prisonniers le Jeudi saint et les lettres cinglantes adressées aux communautés qui demandaient simplement à pouvoir prier avec le Missel de 1962 ne sont pas des paradoxes, mais des méthodes.

    Il est décédé affaibli après son long séjour à l'hôpital Gemelli en février-mars 2025. Il souhaitait être inhumé à Santa Maria Maggiore, hors du Vatican. Même ses funérailles constituaient un geste délibéré de distanciation par rapport à une Tradition qu'il avait choisie comme toile de fond, et non comme son foyer.

    II. Le communicateur

    François était un communicateur intuitif et efficace, et il faut le reconnaître. Il a compris avant presque tous les autres membres de la Curie que l'image a plus d'impact que le texte, que les gestes se propagent plus vite que les encycliques, et qu'un pape marchant pieds nus à Lampedusa a une plus grande influence qu'un pape signant des documents en latin. Le problème, c'est qu'il a confondu la portée avec l'efficacité de l'évangélisation. Le fait que des millions de personnes voient une photo ne signifie pas que des millions de personnes se convertiront ; cela signifie simplement que des millions de personnes voient une photo.

    Le style privilégié – brèves homélies à Sainte-Marthe, interviews dans les avions, formules glanées ici et là – a instauré pendant douze ans un flot continu d'ambiguïté calculée. Le fameux « Qui suis-je pour juger ? » n'était pas un lapsus : c'était une formule que François laissait circuler, sachant pertinemment comment elle serait interprétée, tant au sein qu'à l'extérieur de l'Église. Les entretiens avec Scalfari – un agnostique qui avait reconstitué les conversations sans enregistrement et publié des absurdités théologiques attribuées au pape – ont été répétés jusqu'à six fois. Après la première, il ne s'agissait plus de négligence, mais de complicité avec un format qui lui permettait de dire ce qu'il ne pouvait écrire et de le nier à demi-mot quand cela l'arrangeait.

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  • Les catholiques conservateurs européens ne peuvent tolérer les attaques de Trump contre le pape

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    De Rafael Pinto Borges sur The European Conservative :

    Les catholiques conservateurs européens ne peuvent tolérer les attaques de Trump contre le pape.

    Dans le bras de fer entre la Maison Blanche et le Vatican, il est déjà clair que la grande majorité des catholiques préféreront se ranger du côté de leur pape plutôt que du président des États-Unis.

    Le Saint-Siège est habitué aux querelles avec les princes laïques. La plus célèbre d'entre elles fut sans doute le conflit acharné qui opposa la papauté médiévale et l'empereur du Saint-Empire romain germanique pour la primauté de l'un sur l'autre. La dispute actuelle entre le pape Léon XIV et le président américain Donald Trump, figure qui se rapproche le plus d'un empereur séculier dans l'Occident moderne, rappelle étrangement ces controverses antiques. À l'instar de la lutte entre les Guelfes (pro-pape) et les Gibelins (pro-empereur), l'Occident est, une fois de plus, divisé.

    À l'instar de ses prédécesseurs, Léon XIV a adopté une position de principe et inflexible contre la guerre. Le pape saint Jean-Paul II avait rejeté les tentatives du président George W. Bush de lui faire approuver l'invasion de l'Irak ; son célèbre discours « Non à la guerre ! » devant le corps diplomatique a marqué l'apogée des efforts du Vatican pour empêcher le désastre qui s'ensuivit. Benoît XVI, citant Benoît XV, avait qualifié la guerre de « massacre inutile » et d'« échec de l'humanité ». Le pape François a déclaré : « Plus jamais la guerre ! Avec la guerre, tout est perdu ! La guerre est toujours une défaite ! » 

    Le Catéchisme de l'Église catholique affirme que « tous les citoyens et tous les gouvernements sont tenus d'œuvrer pour éviter la guerre » (CEC 2308) ; il soutient que la guerre n'est un instrument acceptable pour les États qu'en cas de légitime défense ; et il impose des limites strictes à l'usage des armes, même lorsque la guerre, de par sa nature défensive, est jugée juste . Selon la doctrine catholique, pour qu'une guerre soit juste , le dommage infligé par l'agresseur doit être « durable, grave et certain » ; « tous les autres moyens d'y mettre fin doivent s'être révélés impraticables ou inefficaces » ; « il doit exister de sérieuses perspectives de succès » ; et « l'usage des armes ne doit pas produire de maux et de désordres plus graves que le mal à éliminer » (CEC 2309). Quelles que soient les opinions personnelles que l'on puisse avoir sur les événements qui se sont récemment déroulés au Moyen-Orient, il serait difficile de soutenir que ces conditions ont été remplies de manière convaincante.

    Le conflit entre l'Église et Trump s'est intensifié suite aux déclarations répétées du secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, qui affirmait que la guerre au Moyen-Orient bénéficiait d'une autorisation divine. Le 25 mars, lors d'un office religieux au Pentagone, Hegseth a prié pour « une action d'une violence irrésistible contre ceux qui ne méritent aucune pitié » et pour que « chaque balle atteigne sa cible contre les ennemis de la justice ». Le 31 mars, cependant, le pape a exhorté le président Trump à « trouver une issue » et à mettre fin à la guerre. Le 10 avril, Léon XIV i a ajouté que « Dieu ne bénit aucun conflit ». Le 12 avril, Trump a répliqué par une image grotesque et profondément insultante, générée par une intelligence artificielle, dans laquelle il se représentait en Christ. Le lundi 13, Trump a également affirmé de manière absurde que le pontife romain était « laxiste face à la criminalité » et « catastrophique en matière de politique étrangère ». On ignore toujours pourquoi le président des États-Unis parle de l'évêque de Rome et vicaire du Christ comme s'il s'agissait d'un gouverneur démocrate.

    Indépendamment de leurs convictions politiques, les catholiques romains sont tenus de témoigner respect, obéissance et révérence à leur pape. Il n'est donc pas surprenant que tant de commentateurs catholiques américains aient dénoncé les propos du président . De même, il n'est pas étonnant qu'une grande partie de la droite européenne, longtemps alliée à Trump, se retourne désormais ouvertement contre lui. 

    Il n'existe pas d'exemple plus frappant de cette dynamique que le fossé grandissant entre la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président américain. À l'instar de l' immense majorité de ses compatriotes , Mme Meloni a critiqué la guerre au Moyen-Orient. Le 31 mars, Rome a interdit à l'armée de l'air américaine d'utiliser une base aérienne en Sicile pour soutenir l'effort de guerre. Et, face aux diatribes incohérentes de Trump contre le Saint-Père, elle a elle aussi défendu l'honneur du pape, qualifiant les attaques de Trump contre Léon XIV d'« inacceptables ». Trump n'a pas tardé à manifester sa fureur contre Mme Meloni, le président américain accusant la dirigeante italienne de manquer de courage et menaçant son pays de représailles.

    D'autres figures de la droite populiste européenne ont depuis exprimé leur solidarité avec Meloni : son partenaire de coalition et allié de Trump, Matteo Salvini, a déclaré : « S'attaquer au pape n'est ni utile ni intelligent. » Et, en Espagne, les nationalistes pro-Trump de VOX ont convenu que les positions du président américain sont « difficiles à comprendre ».

    Comme c'est le cas pour la plupart des catholiques américains , la majorité de leurs coreligionnaires européens ont été tout aussi surpris, voire déçus, par le regrettable manquement du vice-président catholique J.D. Vance à défendre l'honneur du pape. Comme l'explique saint Thomas d'Aquin dans son ouvrage De Regno , les lourdes responsabilités du pouvoir politique n'exemptent pas les catholiques de leurs devoirs de chrétiens ; pour eux, Dieu est la finalité ultime de l'action politique. Les catholiques ont un devoir de loyauté envers leur pape : si Vance est certainement en droit de ne pas être d'accord avec Léon XIV sur les questions temporelles lorsqu'elles ne contreviennent pas explicitement à la doctrine catholique, il est inadmissible que le vice-président ne condamne pas les insultes proférées par son supérieur à l'encontre de l'évêque de Rome. L'affirmation de Vance selon laquelle Léon XIV devrait être « plus prudent » dans les débats théologiques ou que le vicaire du Christ devrait être instruit sur la théorie de la guerre juste par le vice-président des États-Unis est, hélas, honteuse et indéfendable. 

    Alors que le président américain a accusé le pape d'être « désastreux en matière de politique étrangère », ce sont les faux pas de Trump dans la gestion de l'Europe, de la crise du Groenland à cette dernière controverse, qui l'éloignent de nombreux alliés de longue date. Dans le bras de fer entre la Maison-Blanche et le Vatican, il est déjà clair que la grande majorité des catholiques préféreront se ranger du côté de leur pape plutôt que de celui du président des États-Unis. Le parti guelfe de la droite catholique l'emportera. Si Donald Trump souhaite enrayer l'érosion de son influence – et, par conséquent, de celle des États-Unis – auprès des catholiques européens, il serait bien avisé de changer de cap. S'il ne le fait pas, les conséquences ne seront probablement pas seulement culturelles, mais aussi géopolitiques. 

    Rafael Pinto Borges est le fondateur et président de Nova Portugalidade, un think tank conservateur et patriotique basé à Lisbonne. Politologue et historien, il a collaboré à de nombreuses publications nationales et internationales. Vous pouvez le retrouver sur X sous le pseudo @rpintoborges.