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Débats - Page 2

  • Augustin, Irénée, Newman et le rôle de Marie dans le salut

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    De Mark Miravalle sur la NBQ :

    Augustin, Irénée, Newman et le rôle de Marie dans le salut

    Le rôle de la Vierge dans la Rédemption humaine vu par trois grands docteurs de l’Église. Une vérité qui doit être solennellement proclamée au milieu de la confusion doctrinale actuelle afin de conduire à la paix promise et attendue dans l’Église et dans le monde, en apportant de grandes grâces, comme l’a également souhaité sainte Thérèse de Calcutta.

    22/08/2026

    Envoie-la depuis les cieux saints, envoie-la depuis ton trône glorieux, afin qu’elle m’assiste et m’accompagne dans mes efforts et que je sache ce qui te plaît. En effet, elle sait tout et comprend tout, et elle me guidera avec prudence dans mes actions et me protégera par sa gloire (Sag. 9, 10-12).

    Je voudrais commencer par la fin, c’est-à-dire par une conclusion que je considère comme fondamentalement et urgemment vraie : il n’y aura aucun rétablissement profond de la paix et de l’unité au sein de l’Église et dans le monde sans la reconnaissance formelle de Marie, Mère spirituelle de toute l’humanité, comme remède divinement désigné pour nos crises ecclésiales et mondiales actuelles. L’impératif catholique de prêcher, d’enseigner et de vivre Marie dans la plénitude de la vérité et de l’amour doit être fait sien tant par le clergé que par les laïcs, par les évêques et les religieux, depuis les membres les plus humbles du peuple fidèle jusqu’aux plus hauts échelons de la hiérarchie. Dieu l’a en effet « envoyée des cieux saints » et je crois qu’en ce moment précis de l’histoire humaine, nous avons un besoin urgent de sa guidance, de sa sagesse et de sa grâce.

    Qui est Marie et quel est son véritable rôle pour l’humanité, au point qu’il soit urgent et indispensable de reconnaître toute la « vérité sur Marie », selon les paroles de saint Jean-Paul II ? (1) De quelle manière trois grands docteurs de l’Église, dont les vies couvrent tout le cours de l’histoire chrétienne, contribuent-ils à une compréhension authentiquement catholique du rôle de Marie dans la Rédemption humaine ?

    Saint Augustin

    Tout comme c’est le cas pour les styles artistiques, en littérature et dans la mode, il existe également des tendances en théologie. En ce moment, saint Augustin (345-430) est « à la mode ». Cela tient en grande partie à un certain religieux augustinien américain qui a récemment été élu Vicaire du Christ.

    L’éclat et la sagesse classiques du Docteur de la grâce, l’un des plus grands esprits et cœurs de l’histoire de l’Église, font d’Augustin une figure éternellement d’actualité. Examinons seulement trois aspects de sa vaste sagesse, qui ont une pertinence immédiate pour le rôle de Marie dans le salut.
    Commençons par la perle par excellence d’Augustin sur Notre-Dame et le Corps mystique : « [Marie] est sans aucun doute la mère de ses membres, que nous sommes, en ce sens qu’elle a coopéré par l’amour à engendrer pour l’Église les fidèles, qui forment les membres de ce chef » (2). Marie est à la fois la mère physique du Christ, chef divin du corps, et la mère spirituelle de tous ceux qui sont mystiquement unis au chef. Le pape saint Pie X en donne cette explication magistérielle :

    « Marie n’est-elle pas la Mère de Dieu ? Elle est donc aussi notre Mère. […] Or, en tant qu’Homme-Dieu, Il a un corps comme les autres hommes ; en tant que Rédempteur de notre race, Il a un Corps spirituel ou, comme on dit, mystique, qui n’est autre que la communauté des chrétiens liés à Lui par la foi […]. On peut dire que Marie, en portant Jésus dans son sein, y portait aussi tous ceux dont la vie était contenue dans la vie du Sauveur. Ainsi, nous tous […] devons nous considérer comme sortis du sein de la Vierge, tels un corps attaché à sa tête. C’est pourquoi, en vérité, nous sommes appelés, dans un sens spirituel et tout à fait mystique, les enfants de Marie, et Elle, pour sa part, est la mère de nous tous »(3).

    La maternité spirituelle de Marie est un enseignement certain du Concile Vatican II. Les Pères conciliaires ont intégré l’essence de l’enseignement augustinien-mariologique dans Lumen Gentium, n° 61, où l’on conclut à juste titre que Marie « est mère dans l’ordre de la grâce » (4). Sur quels fondements théologiques le Concile a-t-il justifié cette maternité spirituelle ? Cela tient à sa participation unique et antérieure à l’œuvre de la Rédemption, aux côtés du Christ et sous sa conduite : « elle a coopéré d’une manière tout à fait spéciale à l’œuvre du Sauveur, par son obéissance, sa foi, son espérance et sa charité ardente, afin de restaurer la vie surnaturelle des âmes » (5). La Mère de Jésus réalise cette coopération tout à fait unique, depuis la conception de Jésus jusqu’au Calvaire, « en concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant au Père dans le temple, en souffrant avec son Fils mourant sur la croix » (6). Le Concile de Vatican II confirme que Marie est notre mère spirituelle dans l’ordre de la grâce, précisément parce qu’elle a avant tout coopéré à notre Rédemption – une maternité spirituelle fondée sur la corédemption.

    En second lieu, saint Augustin précise un titre particulier pour mettre en évidence le rôle subordonné de Marie par rapport à Jésus dans la Rédemption humaine : « coopératrice » (7). Saint Jean-Paul II commente ainsi ce titre augustinien pour la corédemption de Marie :

    « Au fil des siècles, l’Église a réfléchi à la coopération de Marie à l’œuvre du salut, en approfondissant l’analyse de son association au sacrifice rédempteur du Christ. Déjà saint Augustin attribue à la Vierge le titre de « coopératrice » de la Rédemption (cf. saint Augustin, De Sancta Virginitate, 6 ; PL 40, 399), titre qui souligne l’action conjointe et subordonnée de Marie au Christ Rédempteur » (8).

    Dans l’Église, les titres ont toujours été utilisés pour résumer une vérité doctrinale en un seul terme, même lorsqu’une explication adéquate reste néanmoins nécessaire. Certes, les titres mariaux de « Mère de Dieu », « Immaculée Conception » et même « Tout-Puissante par la grâce », ce dernier ayant été récemment utilisé par le pape Léon (9), requièrent tous une explication approfondie pour en transmettre le sens correct et éviter les malentendus. Le même raisonnement à l’appui de la légitimité peut certainement s’appliquer au titre de « Corédemptrice ».

    En troisième lieu, saint Augustin nous offre la maxime catholique classique qui exprime l’impératif providentiel pour tous les êtres humains de coopérer librement à l’œuvre rédemptrice du Christ : « Celui qui t’a formé sans toi ne te rendra pas juste sans toi » (10). L’humanité est appelée à coopérer librement et activement avec la grâce de Dieu pour atteindre le salut personnel, ainsi que pour participer au salut des autres.

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  • La démission de Benoît XVI aurait-elle été invalide ?

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    Nous avons interrogé l'IA concernant l'information selon laquelle une procédure serait en cours pour exaliner la validité de la démission de Benoît XVI. Voici sa réponse :

    Oui, de nouveaux développements ont été signalés récemment dans cette affaire, principalement relayés par LifeSiteNews (19 août 2026) et confirmés par le journaliste plaignant Andrea Cionci.

    Il s’agit d’une pétition pénale (protocole 116/24) déposée le 6 juin 2024 par Cionci (auteur du Codice Ratzinger) auprès du Tribunal de l’État de la Cité du Vatican. Elle a été complétée à plusieurs reprises (février et novembre 2025, février 2026, puis un supplément d’environ 50 pages en août 2026). L’argument central est que la Declaratio de Benoît XVI du 11 février 2013 n’aurait pas constitué une abdication valide du munus pétrinien (l’office lui-même), mais seulement une renonciation au ministerium (l’exercice actif de l’office), laissant le Siège en état de sede impedita. Selon cette thèse (souvent appelée « bénévacantisme »), les conclaves suivants – et donc les pontificats de François et de Léon XIV – seraient invalides.

    Développements récents

    • En avril 2026, LifeSiteNews a publié une lettre officielle du Promoteur de Justice (Prof. Alessandro Diddi, datée du 30 mars 2026) confirmant que l’Office menait des enquêtes actives et qu’il n’était pas encore possible de prévoir leur conclusion. C’était la première reconnaissance écrite officielle d’un dossier d’enquête en cours sur ces allégations.
    • Cionci avait déjà été entendu pendant environ quatre heures le 12 avril 2025 (sous le pontificat de François).
    • Le 3 août 2026, il a été convoqué pour une deuxième audition formelle (environ deux heures, dans une atmosphère plus détendue selon lui). Il y a déposé un nouveau supplément d’environ 50 pages. Le Promoteur aurait réitéré l’intention de clore les investigations dans un avenir relativement proche et de traiter l’affaire avec le plus grand sérieux.

    L’enquête préliminaire se poursuit. Selon la procédure vaticane, elle peut aboutir à un classement sans suite ou à l’ouverture d’un procès formel. Le Vatican n’a pas commenté publiquement la dernière audition.

    Contexte sur Léon XIV et le conclave de 2025

    Léon XIV (Robert Francis Prevost, premier pape américain, augustin) a été élu le 8 mai 2025, après la mort de François le 21 avril 2025. Le conclave a réuni 133 électeurs (sur 135 éligibles). Des critiques (dont une étude canonique d’Angelo Giorgianni, ancien magistrat italien, adressée en mars 2026 au cardinal Parolin et à la Signature apostolique) soulèvent des irrégularités possibles : dépassement de la limite de 120 électeurs fixée par Universi Dominici Gregis (même si les cardinaux ont noté une dispense de François), et un rapport non officiel d’un téléphone portable découvert après l’extra omnes. Ces points sont contestés et ne constituent pas une invalidation reconnue.

    Mise en perspective

    La thèse d’invalidité de la démission de Benoît XVI reste marginale (qualifiée de théorie du complot ou de bénévacantisme sur Wikipédia et par de nombreux canonistes). Benoît XVI lui-même a affirmé à plusieurs reprises la validité pleine de sa renonciation (y compris dans une lettre de 2014). Le consensus des canonistes est que le canon 332 §2 exige seulement une renonciation libre et dûment manifestée, sans formule fixe, et que la Declaratio y satisfait. Plusieurs sources (Catholic Herald, Zenit, Gaudium Press, etc.) estiment que le langage de « phase d’enquête » peut être purement procédural (refus d’accès aux dossiers) et n’implique pas une reconnaissance de fond des allégations.

    L’affaire continue de faire l’objet de discussions dans certains milieux traditionalistes, mais elle n’a pas reçu d’appui de l’autorité ecclésiastique. L’issue de l’enquête préliminaire déterminera s’il y a suite ou non.

  • Canada : le nom de Dieu et toute référence religieuse doivent être bannies à l'armée

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    Déclaration de l’Ordinaire militaire du Canada concernant les réflexions spirituelles dans le milieu militaire

    18 août 2026

    Ottawa – Mgr Scott McCaig, C.C., évêque de l’Ordinariat militaire du Canada, a publié une déclaration concernant les « Instructions au personnel militaire des Forces armées canadiennes (FAC) relatives aux réflexions spirituelles en milieu militaire », parues le 29 juillet 2026.

    Dans sa déclaration, Mgr McCaig s’oppose à cette nouvelle politique, qui exige des membres des FAC, y compris des aumôniers, qu’ils proposent des réflexions spirituelles sans recourir à des mots, des gestes ou des symboles propres à une foi ou à une tradition spirituelle particulière. En vertu de cette nouvelle politique, « les membres des FAC […] doivent respecter le principe de neutralité religieuse et spirituelle de l’État en s’abstenant d’utiliser, de la part du gouvernement du Canada, des mots, des gestes ou des symboles propres à une [tradition spirituelle ou religieuse] particulière ».

    Mgr McCaig affirme que, pour de nombreuses personnes, « le sens, la raison d’être et le bien-être spirituel » ne peuvent être dissociés de Dieu. Il fait valoir que la nouvelle politique impose précisément une telle dissociation et qu’elle est donc en contradiction avec la protection des libertés fondamentales de conscience et de religion garantie par la Charte.

    La CCCB exprime sa solidarité avec Mgr McCaig, qui soulève ces préoccupations au nom des fidèles catholiques confiés à sa charge pastorale. La Conférence examine actuellement la nouvelle politique et continuera à suivre sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne ses implications pour la liberté de conscience et de religion, ainsi que pour la place de l’expression religieuse au sein des Forces armées canadiennes. À ce stade précoce, la CECC encourage les fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à s’informer sur ces développements et à prier pour les FAC, leurs membres, leurs aumôniers et leurs familles, ainsi que pour Mgr McCaig dans son ministère pastoral auprès de la communauté militaire catholique du Canada.

    La déclaration complète de l’Ordinariat militaire est disponible ici.

    L’ordinariat militaire a pour mission de répondre aux besoins pastoraux des hommes et des femmes des forces armées, y compris de leurs familles. Il est composé d’aumôniers militaires et dirigé par un évêque résident, appelé « ordinaire militaire ». Un ordinariat militaire n’est pas limité par des frontières géographiques ; il est lié aux personnes (ou « personnel ») en ce sens qu’il existe partout où sont déployés les hommes et les femmes des forces armées d’une nation donnée. Les normes qui régissent un ordinariat militaire sont énoncées dans la constitution apostolique du pape Jean-Paul II, *Spirituali Militum Curae*.

  • « Un squelette de messe pour une Eglise squelettique »

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    Du site italien « Radicati nella Fede » (traduction de « Benoît et moi ») (archive du 31/07/2015) :

    « Un squelette de messe pour une Eglise squelettique » :

           Ils attendaient une nouvelle Eglise, pour cela ils se sont mis à changer la messe.
    Ils voulaient une Eglise avec de nouveaux dogmes et une nouvelle morale, alors ils ont dû retoucher la messe catholique, au point d’en faire un squelette d’elle-même.

    Et à messe squelettique correspond squelette d’Eglise, faite d’une dogmatique et d’une morale squelettiques.

       La nouvelle liturgie a prétendu sauter deux millénaires d’histoire chrétienne, avec l’illusion de renouer avec un mythique début du christianisme.

    Ils ont dit, ces messieurs de la réforme post-conciliaire, qu’il était nécessaire de simplifier, de faire ressortir la noble simplicité du rite catholique. Ils ont considéré comme fondamentalement négatif tout ce qu’avait fait l’Eglise durant des siècles et des siècles, pour rendre le rite catholique de plus en plus limpide et pédagogique. Ils ont enlevé et encore enlevé, considérant pratiquement tout ajout comme négatif, et il en est sorti un squelette de messe.

    Une messe pleine de vides et de non-dits, vides et non-dits remplis par l’imagination du célébrant et des fidèles. Et l’imagination s’est multipliée, autant qu’il y a d’églises dans le monde, parce qu’on sait bien qu’on ne peut pas vivre d’un squelette : les hommes rembourrent le squelette, mais la chair et le sang qu’ils lui donnent ne sont pas ceux de Dieu, mais ceux de la dictature de la mentalité commune.

    Ainsi, en fonction de la saison, nous avons eu les messes socialistes, les messes engagées, les messes intimes, les messes joyeuses, les messes verbeuses, les messes-catéchèses, les messes de guérison, les messes charismatiques, les messes missionnaires, les messes rapides, et ainsi de suite… bref, la messe, c’est toi qui la construis afin qu’elle corresponde à toi et à ton christianisme.

    La messe ainsi appauvrie n’a pas nourri, et il a fallu se tourner vers les diverses idéologies du moment pour la rembourrer. Ayant enlevé beaucoup de Dieu, la messe a dû être remplie avec beaucoup d’humain, pour la considérer encore utile : une tragédie, la perte du cœur catholique, c’est-à-dire la Rédemption opérée par le Christ crucifié.

       Et la tragédie s’est propagée à tout l’organisme catholique : la messe nouvelle, squelettique, pleine de vide, est devenue tellement ambigüe qu’elle a produit un squelette de christianisme, au dogme et à la morale squelettiques ; un christianisme ambigu.

    Les prêtres, réduits à célébrer un squelette de messe, n’ont plus été nourris et défendus par la messe elle-même, de sorte qu’à leur tour, ils n’ont plus nourri ni défendu le peuple.

       Nous parlions d’un Christianisme au dogme squelettique :

    Que reste-t-il, pour la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, du dogme catholique né de la Révélation divine ?

    Presque rien.

    Peut-être reste-t-il que Dieu existe, et qu’à la fin, il va nous sauver : aucun doute, de toute la Révélation, de tout le dogme, de tout le catéchisme, il ne reste presque rien dans le vécu de la majorité des chrétiens ; mais alors, pourquoi Dieu s’est-il révélé, pourquoi a-t-il parlé dans l’Ancien et le Nouveau Testament, pourquoi a-t-il accompli la Révélation en Jésus-Christ ? Il ne l’a certainement pas fait pour se voir « simplifié » horriblement dans le christianisme moderne.

       Certains diront que nous oublions la richesse biblique de la réforme liturgique !

    Certes, la Bible, on l’a beaucoup lue, mais la messe squelettique l’a emporté aussi sur la Bible, tant et si bien que les chrétiens n’ont jamais été aussi ignorants qu’aujourd’hui dans l’histoire sacrée et dans la Sainte Ecriture. Oui, ils lisent la Bible à chaque occasion, mais ils ont été formés à l’idéologie du moment, qui rembourrait la messe squelettique.

       Nous parlions d’une morale chrétienne squelettique :

    Que reste-t-il, pour la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, de la richesse morale catholique ?

    Ils savent peut-être que Dieu est amour, que nous devons nous aimer les uns les autres, et un peu plus : c’est peu.

    De la morale catholique, de la loi et de la grâce, on ne sait presque plus rien.

    Voilà pourquoi nous sommes terriblement sans défense face au déferlement de l’immoralité et face, surtout, à l’idéologie de l’immoralité, qui veut tout admettre, sous le prétexte de l’amour. Nous assisterons à la réalisation de l’apostasie : seront promulguées les lois les plus immorales avec le silence des catholiques, avec l’approbation de certains, et avec la fausse prudence des bergers, qui se tairont au nom de la liberté et du respect humain. Plus qu’une morale squelettique, c’est sa mort pure et simple.

       Tout a commencé avec le dépouillement de la messe, la vidant de ses défenses dogmatiques dans les mots et les gestes.

    Et la renaissance commencera avec le retour à la messe catholique véritable et complète.

       Les réformateurs post-conciliaires voulaient un nouveau christianisme plus libre, plus humainement attrayant, à cette fin, ils ont privé la messe de ses défenses, et ils n’ont pas voulu défendre le Christianisme de Dieu.

       Paul VI n’avait peut-être pas prévu cette tragédie, il s’était peut-être illusionné de pouvoir limiter la simplification et la modernisation à la seule langue, peut-être… mais la langue est aussi contenu ; et les vides de la langue sont des vides de contenu, que le monde s’empresse de remplir comme il veut.

       Peut-être Paul VI n’avait-il pas imaginé autant, mais il est certain qu’aujourd’hui, un Pape ne pourra plus arrêter la dérive sans accepter le martyre. Oui, il devra accepter le martyre, parce que s’il essaie vraiment d’y porter remède, il sera attaqué par le monde, par ce monde qui s’est infiltré dans la Maison de Dieu.

    Mais s’il n’accepte pas le martyre, il risquera de ne pas se comporter en Pape.

  • Quand le Massachusetts permet désormais l'avortement jusqu’au terme de la grossesse

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    19 août 2026

    Une nouvelle étape a été franchie en matière d'avortement dans un État américain. Au Massachusetts, l'intervention peut désormais être pratiquée jusqu'au terme de la grossesse, sur simple accord du médecin. Une réforme qui place cet État parmi les législations les plus permissives du pays en la matière.

    Le 10 août 2026, la gouverneure démocrate du Massachusetts, Maura Healey, promulguait la loi «Prioritizing Patient Access to Care Act», qui bouleverse le cadre juridique de l’avortement dans cet État américain. Jusqu'alors, l’intervention était librement permise pendant les 24 premières semaines de grossesse, soit déjà 10 semaines de plus qu’en France. Au-delà, elle n'était autorisée que dans quatre situations particulières: danger pour la vie de la mère, danger pour sa santé physique ou mentale, malformation fœtale entraînant la mort, ou diagnostic incompatible avec une vie extra-utérine.

    Ce cadre, déjà permissif, vient d'être purement et simplement supprimé. Il est désormais remplacé par une clause unique et vague: l'avortement «peut être pratiqué par un médecin sur la base de son jugement professionnel». Rien n'interdit plus, désormais, de mettre fin à une grossesse jusqu’à son terme. Cette loi supprime non seulement toute limite de temps mais aussi tout critère médical objectif. Il ne reste que l'appréciation du praticien — une appréciation libre, sans aucune balise légale pour l'encadrer.

    L’abolition des garde-fous

    Avec ce texte, le Massachusetts rejoint neuf autres États américains — Alaska, Colorado, Maryland, Michigan, Minnesota, New Jersey, Nouveau-Mexique, Oregon et Vermont — qui ont déjà supprimé toute limite de délai à l'avortement. La gouverneure Healey a présenté cette réforme comme une garantie que «les décisions de santé reproductive doivent être prises par la patiente et son médecin», sans «incertitude juridique». Mais derrière ce discours procédural se cache une réalité sanglante: un enfant à naître parfaitement viable peut désormais être avorté jusqu'au terme, sur le seul fondement d'un jugement médical discrétionnaire. Et lorsqu’un enfant viable est avorté, il arrive qu’il survive à son avortement et qu’il soit tué après sa naissance, comme l’ECLJ l’avait montré dans ce reportage :

    Selon les statistiques du département de la Santé publique du Massachusetts, 99 avortements ont été pratiqués après 24 semaines de grossesse en 2024, contre 84 en 2023: une hausse que la nouvelle loi va certainement prolonger.

    Les associations pro-vie locales, telles que Massachusetts Citizens for Life, ont dénoncé une loi qui «normalise la mort d'enfants pleinement formés» et «pousse des femmes vulnérables à laisser mourir leur enfant à naître par des actes d'une extrême violence». Les quatre évêques catholiques du Massachusetts avaient appelé les élus à rejeter le texte, qualifiant la suppression des restrictions après 24 semaines de mesure «radicale» et «gravement immorale».

    Une « loi de compassion » en contradiction avec la dignité humaine

    Maura Healey présente ce texte comme une réponse nécessaire à des situations très difficiles. Elle cite le cas de femmes contraintes de parcourir des centaines de kilomètres et de dépenser des milliers de dollars pour avorter dans un autre État; des témoignages, dit-elle, «marqués par beaucoup de douleur, d'angoisse et de déchirement». Elle revendique le droit pour ces femmes de «recevoir les soins dont elles ont besoin dans le Massachusetts».

    L’argument de la compassion est indécent quand on sait qu’au troisième trimestre, l'enfant à naître possède un système nerveux pleinement développé, ressent la douleur, et serait, en dehors de toute intervention, capable de survivre en dehors du ventre de sa mère. Les progrès de la médecine néonatale permettent aujourd’hui de sauver des grands prématurés à des stades de plus en plus précoces. Chaque année, au Massachusetts, des milliers de bébés naissent prématurément, et la grande majorité d’entre eux survivent.

    Cette nouvelle loi montre les limites de la décision de la Cour suprême des États-Unis qui a annulé Roe c. Wade en juin 2022 (arrêt Dobbs). La Cour suprême a constaté que la Constitution américaine ne contenait pas de droit à l’avortement et a redonné une liberté totale à chaque État d'autoriser ou d'interdire l'avortement. Certains États ont donc restreint l’accès à l’avortement mais d’autres, comme le Massachusetts, ont autorisé l’avortement jusqu’au terme de la grossesse. Le combat pour la protection du droit à la vie est donc loin d’être terminé.

  • Le cardinal Angelo Scola met en garde : la synodalité pourrait se muer en un processus parlementaire

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    De Niwa Limbu sur Ad Vaticanum :

    Le cardinal Scola met en garde contre le risque que la synodalité ne devienne un « parlement ».

    17 août 2026

    Le cardinal Angelo Scola a mis en garde contre le risque de transformer la synodalité en un processus parlementaire, arguant que « la source de la synodalité est la communion » tout en insistant sur le fait que la méthode synodale « ne doit pas être éliminée ».

     

    Le cardinal Angelo Scola a averti que l'accent mis par l'Église sur la synodalité risque de se transformer en un « parlement » si elle ne reste pas enracinée dans la communion ecclésiale, tout en insistant sur le fait que la méthode synodale elle-même « ne devrait pas être éliminée ».

    Le cardinal émérite de Milan et de Venise a fait ces commentaires dans un entretien avec Monseigneur Willy Volonté, recteur du Collège diocésain de Bréganzone, publié à l'occasion de la parution d'une édition suisse italophone de Communio , la revue théologique internationale fondée en 1972 par Hans Urs von Balthasar, Henri de Lubac et Joseph Ratzinger.

    Interrogé sur le risque que la synodalité ne devienne un processus parlementaire plutôt qu'une expression de communion, le cardinal Scola a répondu : « C'est exact. »

    Son Éminence a poursuivi : « La synodalité est une méthode qui englobe toutes les possibilités qu’elle peut exprimer. Cet aspect ne doit pas être éliminé, mais plutôt présenté de manière à constituer une proposition fascinante et substantielle. »

    Le cardinal Scola a déclaré que le point de départ devait être la communion plutôt que la procédure. « Aujourd'hui, dans l'Église, on parle beaucoup – et à juste titre – de synodalité, comprise comme une méthode, comme un cheminement », a-t-il affirmé.

    « Mais la source de la synodalité est la communion : la communion vécue est l’eau vive que la méthode synodale doit canaliser pour porter du fruit dans la construction d’une Église de communion. »

    Le cardinal émérite de Milan a déclaré que la nouvelle édition de Communio devait contribuer à ce processus. « Autant que possible, elle le doit ! Car sinon, elle n'a aucun avenir », a affirmé le cardinal Scola. « Il est important que la dimension synodale soit de plus en plus mise en avant dans l'Église, afin que la volonté de structurer l'action communautaire devienne un moyen véritablement efficace de mettre en œuvre la vie chrétienne. »

    Ses propos insistent particulièrement sur la distinction entre la synodalité comme méthode et la communion comme réalité qui donne tout son sens à cette méthode. Le cardinal a également abordé les obstacles rencontrés dans la vie chrétienne contemporaine et a affirmé que l'Église doit retrouver davantage de créativité et de dynamisme dans la pratique de la foi.

    Son Éminence a dénoncé « une conception de la vie chrétienne qui, tout en demeurant généreuse dans ses propositions, se révèle en même temps passive, stérile, incapable de développer la créativité qu’elle discerne et cherche à encourager ». Le cardinal Scola a ajouté que l’Église doit également dépasser « des tentatives quelque peu vaines » qui ne permettent pas de soutenir le projet chrétien.

    La revue a été fondée en 1972 grâce à la collaboration de von Balthasar, de Lubac et Ratzinger, le cardinal Scola figurant parmi ceux qui ont rejoint le projet théologique dès ses débuts. Se remémorant ces débuts, le cardinal Scola a décrit l'édition italienne comme étant née de son amitié avec les trois théologiens.

    « Nous n’étions rien comparés à de Lubac, Balthasar et Ratzinger », a déclaré Son Éminence, tout en rappelant le « grand respect » que lui et ses contemporains avaient pour les trois fondateurs.

    Son Éminence a déclaré que les jeunes contributeurs italiens avaient néanmoins « une capacité d’attachement » et étaient animés par le désir de communiquer des idées qui, autrement, n’auraient peut-être jamais été rendues publiques.

    Le projet international s'est ensuite étendu, au-delà de ses éditions originales allemande et italienne, aux éditions américaine, yougoslave, française, polonaise, ukrainienne, lituanienne, argentine et rwandaise. La nouvelle édition suisse est publiée par Edizioni Cantagalli et son comité de rédaction est composé de théologiens et d'universitaires du monde catholique italophone. Son premier numéro sera présenté lors de la Rencontre de Rimini le 23 août.

    Le cardinal Scola a ajouté que l'histoire de Communio illustre comment la réflexion théologique peut servir l'Église sans réduire la vie ecclésiale à des structures ou des procédures. Son Éminence a attribué son succès initial à « la ferveur et la conscience du moment décisif où tout cela s'est déroulé » et à la conviction que cette initiative avait une contribution essentielle à apporter.

    Interrogé sur la question de savoir si la communion s'obtient par l'unité ou la diversité, le cardinal Scola a rejeté une approche qui se limite aux différences elles-mêmes. « Je pense que cette approche réussit dans la mesure où elle ne s'arrête pas aux données significatives, mais parvient à se concentrer sur ce que la communion peut être de plus », a déclaré le cardinal Scola.

    Son Éminence a cité en exemple les débuts de Communio , affirmant que ses contributeurs avaient cherché à mettre en lumière « la beauté de l’Église synodale et communionnelle ».

    L'entretien est également revenu sur l'héritage intellectuel du concile Vatican II et sur les espoirs initiaux de Joseph Ratzinger que le concile libérerait le cœur de la foi de ses « couches sclérosées ».

    Le cardinal Scola a déjà exprimé son soutien à la voie synodale, tout en mettant en garde contre sa réduction à un simple processus de réunions, de commissions et de discussions. En 2023, avant les grandes phases du Synode sur la synodalité, il écrivait que le sens religieux demeurait « inextinguible », arguant qu'il pouvait être enfoui mais qu'il finirait par renaître.

    Son Éminence a également décrit le moment présent comme un « changement d’ère » et a mis en garde contre une séparation croissante entre le « je » et le « nous », arguant que l’Église devait retrouver la réalité du Christ et de la communion ecclésiale plutôt que d’aborder la crise principalement à travers des catégories sociologiques.

  • Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

    Après avoir insisté pendant des années sur le fait que la franc-maçonnerie est fondamentalement opposée à l'Église, le Vatican a apparemment nommé un franc-maçon à un comité pontifical.

    Dans le même laps de temps, le Saint-Siège a annoncé la nomination d'un éminent universitaire italien à un comité pontifical qui, comme cela a été rapporté depuis, est également franc-maçon.

    Professeur Umberto Longo. Crédit : Festival de Medioevo.

    Umberto Longo, universitaire de renom et directeur de l'Institut historique italien du Moyen Âge à Rome, a été nommé au Comité pontifical pour les sciences historiques le 13 août. Le site web InfoVaticana a ensuite rapporté que des documents publics le présentent comme un participant fréquent aux conférences maçonniques et le reconnaissent comme un membre relativement important d'une branche particulièrement anti-catholique de la franc-maçonnerie.

    On ignore pour l'instant quelle sera la réaction du Vatican face à l'affaire Longo, même s'il est loin d'être le premier membre d'un comité pontifical à être affilié à des fonctions ou des organisations condamnées par l'Église. Il est possible que le Vatican agisse rapidement pour annuler la nomination de Longo, et tout aussi plausible qu'il minimise officiellement ses liens avec la franc-maçonnerie en invoquant son rôle non religieux ainsi que son expertise et son rayonnement académiques.

    Mais la réaction du Vatican sera perçue comme une leçon particulièrement instructive dans le contexte plus large de l'opposition de l'Église à la franc-maçonnerie — après que les conférences épiscopales du monde entier ont publié une série de déclarations et de clarifications soulignant l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie, et alors que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a appelé à des « stratégies coordonnées » pour éviter toute ambiguïté ou tout malentendu parmi les fidèles.

    En résumé, cette nomination soulève une question simple : le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme quelque chose d’important, ou non ?

    La nomination de Longo au Vatican et son appartenance présumée à la franc-maçonnerie ne sont que les derniers exemples d'une longue série de nominations papales controversées à des comités et commissions pontificaux. Parmi les personnes nommées précédemment, sous plusieurs pontificats, figuraient des individus ayant des opinions ouvertement dissidentes, voire farouchement opposées, à divers enseignements de l'Église, notamment sur des questions morales fondamentales comme le caractère sacré de la vie.

    Bien souvent, ces cas ont été balayés d'un revers de main par les responsables du Vatican, qui ont fait valoir, comme l'a fait l'Académie pontificale pour la vie dans le cas d'un économiste pro-avortement en 2022, que la nomination concernait un domaine de travail et d'expertise spécifique, sans lien avec les points de divergence du candidat avec la doctrine catholique.

    L'écoute des avis d'experts, parfois même ou surtout critiques, est souvent considérée comme essentielle au bon fonctionnement des comités pontificaux et des groupes de réflexion.

    Dans le cas de Lungo, il est probable que certains, au moins, adopteront la même position face à son appartenance apparente à la franc-maçonnerie. Mais pour le Vatican, la situation est – ou devrait être – bien plus grave, puisqu'elle implique la condamnation morale généralisée par l'Église d'une catégorie juridique de personnes.

    Juridiquement parlant, l'Église ne condamne pas la franc-maçonnerie pour des opinions ou des enseignements différents des siens, comme pourrait le faire une autre confession religieuse. Elle l'interdit légalement depuis le XVIIIe siècle, la considérant comme une organisation qui, par sa nature même, s'oppose à elle.

    Alors que les déclarations du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ont toujours clairement indiqué qu'un catholique qui rejoint la franc-maçonnerie est en état de péché grave et qu'il lui est interdit, entre autres, de recevoir la communion, le Code de droit canonique traite la franc-maçonnerie comme une « société qui complote contre l'Église ».

    Dans sa lettre apostolique de 1890 à l'Église d'Italie, Dall'alto dell'Apostolico Seggio , Léon XIII décrit le complot de la franc-maçonnerie comme « possédés par l'esprit de Satan, dont ils sont l'instrument, ils brûlent comme lui d'une haine mortelle et implacable de Jésus-Christ et de son œuvre ; et ils s'efforcent par tous les moyens de la renverser et de l'enchaîner ».

    Leo a ensuite énuméré un programme spécifiquement politique de la franc-maçonnerie, qui, selon lui, comprenait l'exclusion progressive de l'Église des écoles et des hôpitaux et, à terme, de l'intégralité de la vie publique institutionnelle.

    Lors de la réunion de 1980 de la commission chargée de rédiger la section pénale du nouveau Code de droit canonique, les cardinaux participants, et notamment le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque, le cardinal Franjo Šeper, ont clairement indiqué que si la franc-maçonnerie semblait moins active dans les complots contre l'Église à l'époque moderne, c'était uniquement parce qu'elle avait largement atteint la plupart de ses objectifs.

    « Aujourd’hui, peut-être ne complotent-ils plus autant parce qu’ils ont déjà suffisamment comploté et n’ont plus rien à comploter », a observé Šeper, « tout ce qui s’est passé en Italie en ce moment concernant le mariage civil, le divorce, l’avortement et d’autres questions sont des fruits de la franc-maçonnerie, et pas seulement en Italie mais aussi dans d’autres nations. »

    De ce fait, inviter un franc-maçon à devenir membre d'un comité pontifical apparaîtra aux canonistes versés dans la position juridique de l'Église comme analogue au fait de demander à Kim Jong Un de siéger à un comité pour le désarmement nucléaire.

    La situation est d'autant plus délicate, d'un point de vue juridique, que Longo serait membre du Rite écossais ancien et accepté de la franc-maçonnerie. Malgré son nom, il s'agit d'une branche américaine de la franc-maçonnerie particulièrement virulente et explicite dans son anticatholicisme – elle s'est ouvertement opposée aux candidats politiques catholiques et a œuvré pour l'interdiction des écoles catholiques.

    Le Rite écossais entretient également des liens étroits avec l'héritage du Sud confédéré, plusieurs généraux de la guerre de Sécession qui étaient francs-maçons du Rite écossais ayant fondé le Ku Klux Klan, une organisation avec laquelle il s'est ouvertement associé pour soutenir des politiciens et des politiques anti-catholiques au début du XXe siècle.

    Lors d'un des plus hauts degrés d'initiation, le franc-maçon se voit présenter un crâne coiffé d'une tiare papale. On lui explique qu'il « représente la tiare du pontife cruel et lâche » et qu'il « est donc la couronne d'un imposteur ». À un moment du rituel, un haut dignitaire maçon transperce le crâne d'un poignard, tandis que le candidat crie « À bas l'imposteur, à bas le crime ! » avant de le piétiner. Dans le texte officiel du Rite écossais, « Morale et Dogme », écrit par Albert Pike, franc-maçon de haut rang, général confédéré et membre éminent du Ku Klux Klan, il est affirmé sans ambages que la franc-maçonnerie « était, dès son origine, vouée à la lutte contre la tiare de Rome ».

    Si la franc-maçonnerie avait largement disparu des radars de l'Église au cours du dernier demi-siècle, l'appartenance présumée de Longo pourrait peut-être être considérée comme une question historique plutôt que d'actualité, mais au contraire, le Vatican s'est montré particulièrement actif ces dernières années pour souligner sa condamnation absolue de la franc-maçonnerie et le caractère inacceptable de tout chevauchement avec l'Église.

    Outre les interventions, au début du mois, de hauts responsables de l'évêque italien pour interdire les funérailles catholiques des francs-maçons , plusieurs conférences épiscopales, en consultation directe avec le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, ont publié des dénonciations sans équivoque de la franc-maçonnerie comme étant antithétique à la foi — notamment les évêques des pays nordiques et des Philippines .

    En 2023 encore, une note doctrinale a été signée par le pape François et le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet de la DDF, appelant à « une stratégie coordonnée entre les différents évêques » pour s’opposer à la franc-maçonnerie.

    De ce fait, la nomination de Longo et la réaction, le cas échéant, du Vatican aux informations concernant son appartenance à la franc-maçonnerie seront suivies de près non seulement par les canonistes, mais aussi par les évêques du monde entier.

    Si la conséquence est qu'un franc-maçon puisse être considéré comme un collaborateur utile de l'Église au niveau d'un comité pontifical, beaucoup y verront un abandon de fait de tout le traitement canonique de la franc-maçonnerie et d'années de collaboration de la DDF avec les évêques du monde entier.

  • L'évêque Schneider : Un engagement sérieux du Vatican auprès de la FSSPX marquerait le « début de la fin » du projet moderniste

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    Le dilemme entre la préservation de l'intégrité sans équivoque de la foi catholique
    et la reconnaissance canonique par le pape [1]

    par Mgr Athanasius Schneider

    Il est utile de rappeler un épisode historique où un grand saint fut confronté au dilemme suivant : choisir entre préserver l'intégrité sans équivoque de la foi catholique et obtenir la reconnaissance canonique du pape. Ce saint était un Père de l'Église du IVe siècle, saint Athanase d'Alexandrie. En 357, le pape Libère, après avoir souscrit à une formule de foi ambiguë (omettant le terme doctrinal crucial de « consubstantiel »), ordonna à saint Athanase d'entrer en communion avec des évêques ariens et semi-ariens — des évêques avec lesquels le pape lui-même, sous la pression de l'empereur, était malheureusement entré en communion. Saint Athanase refusa d'obéir au pape ; en conséquence, ce dernier — selon le témoignage de saint Hilaire de Poitiers et d'autres sources historiques — l'excommunia, l'accusant de troubler la paix de l'Église. Bien qu'excommunié par le pape, saint Athanase continua de gouverner son diocèse d'Alexandrie et fit même preuve de compréhension à l'égard de la conduite regrettable du pape Libère. Toutefois, le pape saint Damase, successeur de Libère, témoigna sa reconnaissance à saint Athanase et le consulta sur les affaires concernant les évêques d'Orient. Le pape Libère fut le premier pape à ne pas être canonisé, tandis qu'Athanase fut non seulement canonisé, mais aussi proclamé Docteur de l'Église.

    Aujourd'hui, saint Athanase serait considéré comme schismatique selon la définition du « schisme » figurant dans l'actuel Code de droit canonique, puisqu'il refusa d'être en communion avec des membres de l'Église (des évêques hérétiques ou semi-hérétiques) qui étaient canoniquement reconnus et donc soumis au pape.

    Les consécrations épiscopales effectuées à Écône par la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) le 1er juillet 2026 illustrent également ce dilemme rare : celui de devoir choisir entre préserver l'intégrité sans équivoque de la foi catholique telle qu'elle a été enseignée par le Magistère au fil des siècles, et obtenir une reconnaissance canonique de la part du pape. Ce dilemme transparaît dans les conditions assorties à une éventuelle reconnaissance canonique de la FSSPX par le pape : celle-ci devrait accepter certaines ambiguïtés doctrinales récemment introduites (telles qu'elles apparaissent dans certains enseignements non définitifs du concile pastoral Vatican II ainsi que dans certaines affirmations et certains actes du Magistère post-conciliaire), et reconnaître non seulement la validité, mais aussi la justesse (la légitimité) du rite de la Nouvelle Messe — en dépit de son imprécision doctrinale et rituelle, qui marque une rupture manifeste avec le rite romain traditionnel.

    En abordant cette question complexe, il est essentiel de garder une perspective mesurée, de clarifier la terminologie et de ne jamais perdre de vue le but véritable et ultime de l’Église ainsi que sa grande tradition ; car cette tradition remonte bien au-delà des siècles ou des décennies les plus récents. Ce faisant, il convient également de prendre en compte des situations analogues survenues lors des grandes crises de l’histoire de l’Église.

    Deux dérives malsaines sont apparues au sein de l’Église au cours des derniers siècles, conduisant à une vision restreinte de la réalité : la tendance à considérer l’aspect juridique comme quasi absolu — le légalisme — et la tendance à absolutiser la personne du pape ainsi que l’obéissance qui lui est due — le papalisme. Le légalisme (l’attachement rigide à la lettre de la loi) et le papalisme (une obéissance indifférenciée et quasi absolue au pape) ont fini par primer sur l’exigence d’absence d’ambiguïté en matière de foi et de liturgie. Or, lors de chaque grande crise doctrinale de l’histoire de l’Église, la règle d’or consistait à éviter toute ambiguïté doctrinale ; ce fut le cas pour le pape Honorius Ier, dont les lettres doctrinalement ambiguës — publiées dans le cadre de son Magistère ordinaire — furent fermement condamnées par des papes ultérieurs et par trois conciles œcuméniques, malgré les tentatives de son deuxième successeur, le pape Jean IV, d’établir une forme d’herméneutique de la continuité.

    De nos jours, il est largement affirmé au sein de l’Église qu’aucun conflit de conscience ne peut surgir entre l’obéissance au pape et la préservation de la pureté sans équivoque de la foi. Cela revient, en fin de compte, à accorder une telle valeur à l’obéissance au pape que l’on juge préférable d’accepter des ambiguïtés en matière de foi et de rites liturgiques plutôt que d’agir à l’encontre d’un ordre du pape — même si cet ordre est d’origine purement humaine et peut être entaché d’imperfections. Par ailleurs, une conception étroite de la communion — qu’il s’agisse de la communion avec le pape ou avec l’Église — a également vu le jour. L’obéissance au pape est perçue comme indissociable de la communion avec l’Église. Une telle vision risque d’élever l’obéissance au pape au même rang que l’obéissance à la révélation divine.

    Il convient également de distinguer le droit positif — c’est-à-dire les normes disciplinaires édictées par l’autorité humaine de l’Église — de la Loi divine, à savoir les vérités de foi révélées par Dieu. Nul ne peut contredire la Loi divine tout en demeurant catholique. Toutefois, dans des circonstances véritablement exceptionnelles et rares, un catholique peut se voir contraint, en conscience, d’agir à l’encontre du droit positif, précisément afin de demeurer fidèles, sans compromis, à la Loi divine.

    Les concepts mêmes de « schisme » et de « soumission » n’ont pas encore été pleinement clarifiés quant à leur application concrète et pratique. Le Code de droit canonique (canon 751) définit le schisme comme « le refus de soumission au Souverain Pontife ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis ». En fait, une conception très restrictive du « schisme » et de la « soumission » a émergé dans l’histoire récente de l’Église, selon laquelle la désobéissance matérielle au Pape — quelle que soit l’intention — est pratiquement assimilée à un schisme formel.

    Il convient également de garder à l’esprit ce qu’est l’état de schisme formel : il implique le rejet, par principe, de l’autorité pontificale par l’établissement d’une hiérarchie distincte — comme ce fut le cas pour l’Église orthodoxe grecque en 1054, puis pour les nombreux et divers groupes sédévacantistes jusqu’à nos jours. Toutefois, on ne saurait parler d’état de schisme formel tant que subsistent la foi surnaturelle au dogme de la primauté et de l’infaillibilité pontificales, ainsi que le désir de vivre dans une soumission concrète à l’autorité du Pape — même si, en raison d’une crise extraordinaire au sein de l’Église, cela ne peut, pour l’heure, être pleinement réalisé. Une telle crise extraordinaire peut entraîner une occultation ou une suspension temporaire du devoir principal du ministère pontifical, à savoir défendre et proclamer, sans ambiguïté, l’intégrité de la foi et de la liturgie catholiques.

    Il en va de même pour le concept d'être « en communion » avec le pape. Pendant une très longue période, les ordinations épiscopales ont eu lieu sans l'intervention directe du pape, et les Églises particulières ainsi que les évêques exprimaient leur communion avec lui de diverses manières. Ce n'est que plus tard dans l'histoire de l'Église que les papes ont exigé que toute ordination épiscopale s'effectue avec un mandat pontifical. Pourtant, même après cette évolution, le droit canonique ne considérait pas les ordinations épiscopales illicites — c'est-à-dire celles accomplies contre la volonté du pape — comme des atteintes à l'unité de l'Église, comme des actes intrinsèquement schismatiques ou comme des actes intrinsèquement mauvais. Aujourd'hui encore, le Code de droit canonique en vigueur classe les ordinations épiscopales illicites parmi les délits relatifs à la célébration des sacrements ou les qualifie d'actes d'usurpation de charge.

    En réalité, la norme exigeant un mandat pontifical pour les consécrations épiscopales relève du droit positif, et non du droit divin. Autrement, cette règle aurait été observée tout au long de l'histoire de l'Église, toujours, partout et par tous, sans exception. Certes, le mandat pontifical pour les consécrations épiscopales est ordinairement nécessaire ; il a été sagement institué afin de mieux garantir la soumission hiérarchique de l'épiscopat au pape.

    Le caractère extraordinaire de la crise actuelle de l'Église se manifeste, en l'occurrence, par le fait qu'une communauté dont la caractéristique essentielle est le désir d'être fidèle au Pape — ce que revendique la Fraternité Saint-Pie X — se trouve confrontée à un choix tragique : soit obéir au Pape, et se voir ainsi contrainte d'accepter des aspects incertains et confus de la doctrine et de la liturgie ; soit désobéir au Pape sur un point d'une gravité extrême, tel que le sacre d'évêques, dans l'unique intention de préserver les moyens de transmettre la foi et la liturgie dans leur pleine intégrité — au service des âmes et, par là même, de l'Église tout entière, y compris de la papauté elle-même.

    Il convient également de ne pas sous-estimer l'ampleur de la crise actuelle de l'Église, mais de l'examiner avec honnêteté en en remontant aux racines mêmes. Ces racines résident dans certaines affirmations doctrinales vagues et ambiguës du concile Vatican II qui, au cours des soixante dernières années, ont semé la confusion ; c'est le cas, notamment, du relativisme doctrinal découlant de l'enseignement et de la pratique de l'œcuménisme et du dialogue interreligieux, lesquels ont contribué à ébranler la conviction que Jésus-Christ et son Église constituent l'unique voie de salut. Par ailleurs, certaines défaillances doctrinales et rituelles de la réforme liturgique, marquée par des tendances protestantisantes, ont occulté la nature sacrificielle centrale de la messe ainsi que sa dimension christocentrique.

    Saint John Henry Newman a formulé cette observation remarquable et opportune : « Les évêques, lorsqu’ils n’enseignent pas de manière formelle [*ex cathedra*], peuvent errer, comme nous voyons qu’ils l’ont fait au IVe siècle. Le pape Libère a pu signer une formule eusébienne [arienne] à Sirmium, tout comme la masse des évêques à Rimini ou ailleurs, et pourtant, malgré cette erreur, ils pouvaient demeurer infaillibles dans leurs décisions *ex cathedra* » (*Arians of the Fourth Century*, Londres 1876, p. 464). Ce que Mgr Rudolf Graber, évêque de Ratisbonne, affirmait il y a plus de cinquante ans caractérise encore davantage la situation actuelle de l’Église : « Ce qui s’est passé il y a plus de 1600 ans se répète aujourd’hui, mais avec deux ou trois différences : Alexandrie représente aujourd’hui l’Église universelle tout entière, dont la stabilité est ébranlée, et ce qui fut entrepris à l’époque par la force physique et la cruauté se déplace désormais sur un autre plan. L’exil est remplacé par la relégation dans le silence de l’indifférence, et la mise à mort par l’assassinat de la réputation » (*Athanasius and the Church of Our Time*, Édimbourg 1974, p. 23 ; original : *Athanasius und die Kirche unserer Zeit*, Abensberg 1973).

    La FSSPX est pratiquement la seule communauté au sein de l’Église actuelle à attirer ouvertement l’attention sur les ambiguïtés doctrinales manifestes présentes dans certaines déclarations conciliaires et dans le rite de la Nouvelle Messe, réclamant une clarification sans équivoque et, si nécessaire, une modification, conformément au Magistère constant de l’Église. L’« herméneutique de la continuité » ou de la « réforme dans la continuité » — une approche en soi valable et utile — peut aussi devenir une sorte de « camisole de force », qui ne fait que masquer superficiellement les blessures causées par les ambiguïtés et la confusion doctrinales et liturgiques. En effet, le Saint-Siège exige une forme de raisonnement circulaire : tout serait en ordre, pour peu que l’on fournisse des efforts intellectuels suffisamment soutenus.

    En fait, par son insistance inlassable sur la clarté de la doctrine et de la liturgie, la FSSPX rend un immense service à l’Église tout entière — un service d’une portée historique. Si le Saint-Siège prenait au sérieux cette position de la FSSPX — et reconnaissait, par ailleurs, les ambiguïtés objectives présentes dans certaines déclarations du concile Vatican II ainsi que dans le rite de la Nouvelle Messe —, cela marquerait le début de la fin pour le projet moderniste au sein de l’Église, projet qui a en réalité pris naissance il y a plus d’un siècle.

    La crise actuelle entre le Saint-Siège et la FSSPX peut également être illustrée par la parabole suivante : un incendie se déclare dans une grande demeure. Le chef des pompiers n’autorise que l’emploi de nouvelles méthodes d’extinction, bien que celles-ci se soient révélées moins efficaces que les méthodes et outils anciens, éprouvés par l’usage. Un groupe de pompiers passe outre cet ordre, continue d’utiliser les méthodes ayant fait leurs preuves et recrute même de nouveaux pompiers — le tout en dépit de l’interdiction du chef — ; de fait, l’incendie est contenu en de nombreux endroits. Pourtant, ces pompiers sont qualifiés d’insoumis et de schismatiques, et sont sanctionnés pour cela.

    Pour filer la métaphore : le chef des pompiers n'admet désormais dans ses rangs que les pompiers qui reconnaissent les nouvelles méthodes et se conforment au nouveau règlement de la caserne. Toutefois, face à l'ampleur de l'incendie, à la lutte acharnée pour le contenir et à l'inefficacité des méthodes officielles, d'autres intervenants agissent avec désintéressement — bravant l'interdiction du chef — ; ils apportent leur savoir-faire, leurs connaissances et leur bonne volonté, contribuant finalement à sauver la maison même que le chef peinait à protéger.

    Le temps passe, le contexte historique évolue et un nouveau chef prend la relève ; il reconnaît les conséquences néfastes des nouvelles méthodes de lutte contre l'incendie. Non seulement il autorise à nouveau le recours aux anciennes méthodes, éprouvées de longue date, mais il en devient lui-même un ardent défenseur. Il reconnaît également la contribution des pompiers qui, jadis, avaient été incompris, sévèrement sanctionnés, mis au ban et exclus pour insoumission, et il les réintègre dans les rangs. En fin de compte, une fois ce grand bouleversement passé, ce qui avait été condamné comme un acte de désobéissance et de rébellion s'est révélé être un acte d'engagement désintéressé.

    L'histoire révélera un jour si les paroles suivantes de saint Augustin s'appliquent à la situation actuelle concernant la FSSPX :

    « Souvent, la Providence divine permet que même des hommes de bien soient chassés de la communauté du Christ par les séditions tumultueuses d'hommes charnels. Lorsqu'ils supportent patiemment cette injure ou ce tort pour le bien de la paix de l'Église, et qu'ils ne tentent aucune innovation relevant de l'hérésie ou du schisme, ils enseignent aux hommes comment servir Dieu avec une disposition véritable et une charité grande et sincère. L'intention de ces hommes est de revenir une fois le tumulte apaisé. Mais si cela n'est pas permis — soit parce que la tempête perdure, soit parce que leur retour risquerait d'en soulever une plus violente —, ils demeurent fermes dans leur résolution de rechercher le bien, même de ceux qui sont responsables des troubles et des agitations les ayant chassés. Ils ne forment pas de conventicules séparés, mais défendent jusqu'à la mort et soutiennent par leur témoignage la foi qu'ils savent être prêchée dans l'Église catholique. Le Père, qui voit dans le secret, les couronne dans le secret. Il semble que ce genre de chrétien soit rare, mais les exemples ne manquent pas. Ainsi, la Providence divine utilise toutes sortes d'hommes comme exemples pour la garde des âmes et pour l'édification de son peuple spirituel » (De vera religione, 6:11).

    Ce que saint Athanase écrivit à ses frères évêques du monde entier, en pleine crise de foi extraordinaire, s'applique également à notre époque :

    « Les canons et les décrets de l’Église n’ont pas été établis de nos jours ; ils nous ont été transmis, à juste titre et avec fermeté, par nos ancêtres. La foi, elle non plus, n’a pas pris naissance à notre époque ; elle nous est parvenue depuis le Seigneur par l’intermédiaire de ses disciples. Afin que les ordonnances conservées dans les Églises depuis les temps anciens jusqu’à nos jours ne se perdent pas à notre époque, et pour que le dépôt qui nous a été confié ne nous soit pas redemandé, réveillez-vous, frères — vous qui êtes les intendants des mystères de Dieu —, en voyant ces derniers désormais accaparés par des étrangers. » (Ep. encyclica, 1)

    Dans sa Providence, Dieu écrit droit même avec des lignes qui, d’un point de vue purement juridique, semblent tortueuses. Puisse-t-Il hâter la venue de ce jour. Réjouissons-nous au milieu de la tribulation et disons : je crois en l’invincibilité de l’Église et de la Papauté, et je crois que le Saint-Siège brillera un jour à nouveau comme la Chaire de vérité aux yeux du monde entier.

    [1] 17 août 2026, Déclaration de Son Excellence Mgr Athanasius Schneider, publiée par Diane Montagna’s Substack

  • Maximilien Kolbe : un saint religieusement incorrect ?

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    9782262028688FS.gifPhilippe Maxence, le rédacteur en chef du bimensuel catholique « L’Homme Nouveau », a publié, en 2011, une biographie du Père Maximilien Kolbe. Rémi Fontaine avait saisi la circonstance pour  écrire, dans l’édition du 13 juillet 2011 du journal « Présent », cette réflexion (im)pertinente :

    « Politiquement incorrects, tous les saints le sont par nature, d’une certaine manière. Mais, après le souffle ou « l’esprit » de Vatican II, certains sont maintenant perçus comme tels plus que d’autres, jusqu’à apparaître « religieusement incorrects » ! Parmi eux, ceux qui sont aujourd’hui pour ainsi dire « empêchés » de béatification, comme Pie XII ou Isabelle la catholique. Ou bien ceux qui ont été malgré tout béatifiés ou canonisés, comme Charles de Foucauld ou Maximilien Kolbe dont Philippe Maxence vient de réaliser une biographie fort éclairante à cet égard chez Perrin.

    Si le bienheureux Charles de Foucauld voulait convertir les musulmans avec l’appui séculier notamment de la colonisation française, saint Maximilien Kolbe, lui, voulait convertir les francs-maçons avec les moyens modernes du journalisme. Deux saints dont le « prosélytisme » n’est plus trop dans l’air du temps ! Deux témoins (trop ?) zélés pour répandre leur foi et qui mourront tous deux en « martyrs de la charité ».

    Mais l’enquête sur la vie et la mort de Charles de Foucauld ayant montré qu’il n’était pas mort, à strictement parler, en haine de la foi (même s’il est mort de mort violente et en victime de sa charité pour ses frères) ce sont pourtant les termes de « confesseur de la foi » qui conviennent à sa béatification par Benoît XVI (le 13 novembre 2005). Tandis que pour Maximilien Kolbe (condamné également sans haine ostensible de la foi) Jean-Paul II obtiendra (contre l’avis des membres de la commission d’enquête en vue de la canonisation) qu’on le fasse passer de « confesseur de la foi », selon les termes de sa béatification par Paul VI (le 17 octobre 1971), à « martyr », pour sa canonisation (le 10 octobre 1982 par Jean-Paul II lui-même). Selon André Frossard, auteur de 'N’oubliez pas l’amour; la passion de Maximilien Kolbe' (Robert Laffont, 1987) : « Il n’y a pas d’autre exemple, au catalogue des saints, d’un changement de catégorie d’une étape à l’autre d’une canonisation. »

    Et c’est justement ce changement qui a « troublé certains membres de l’Eglise catholique », note sobrement Philippe Maxence. La sainteté flagrante du martyr de l’amour, similaire à celle de Charles de Foucauld ou à celle des moines de Thibérine, ne permettrait-elle pas ainsi d’esquiver le problème de la différence, précisément, qu’il pourrait y avoir entre la confession de la foi par les uns hier (Kolbe et Foucauld) et les autres aujourd’hui (les martyrs de Thibérine) ?

    Le but de la chevalerie spirituelle que lancera le saint franciscain sous le nom de la Milice de l’Immaculée était sans équivoque : « Chercher la conversion des pécheurs, hérétiques, schismatiques, juifs, etc., et particulièrement des francs-maçons ; et la sanctification de tous sous la direction et par l’intermédiaire de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée. »

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  • Des catholiques réclament l'excommunication de la gouverneure du Massachusetts

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    De kath.net/news :

    Les catholiques réclament l'excommunication de la gouverneure américaine Maura Healey, qui se revendique du catholicisme

    13 août 2026

    La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey (démocrate), a signé une loi autorisant l'avortement jusqu'au moment de la naissance. – L'évêque Barron : « Réglementation barbare » – L'évêque local de Healey, Henning : « Grave violation »

    Boston (kath.net/pl) – Mgr Robert Barron, évêque de Winona-Rochester, s'exprimant sur X, condamne fermement les mesures législatives de la gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, qui se déclare « catholique » : « La gouverneure du Massachusetts vient de signer une loi autorisant les avortements jusqu'au terme de l'accouchement, sous réserve du consentement de la mère et du médecin. Il est essentiel de bien comprendre ce que cela signifie. Un enfant à terme peut être éviscéré, démembré, avoir le crâne fracassé ou être tué par brûlure de la peau – quelques instants avant sa naissance – le tout sous la protection de la loi du Massachusetts. J'ai trouvé particulièrement répugnante la réaction du groupe exclusivement féminin qui entourait la gouverneure du Massachusetts lors de la signature de cette réglementation barbare. Elles applaudissaient et riaient aux éclats, car ce qui ne peut être qualifié que d'infanticide peut désormais être pratiqué en toute impunité dans leur État. »

    L’archevêque Richard Henning de Boston, dont le diocèse comprend le gouverneur, a commenté la situation : « L’adoption et la signature d’une loi qui élargit considérablement l’accès à l’avortement dans le Commonwealth du Massachusetts constituent une grave atteinte au caractère sacré et à la dignité de chaque être humain. Je sais que celles et ceux qui œuvrent pour défendre et promouvoir cette dignité peuvent se sentir découragés en ce moment. Je nous encourage à continuer de proclamer la beauté et l’émerveillement de la vie. La Parole de Dieu nous commande : “Choisis la vie, afin que tu vives” (Deutéronome 30, 19). Puisse cette vérité nous donner force et espérance. » L’archidiocèse a fait cette annonce sur ses réseaux sociaux ; voir également le tweet ci-dessous.

    Un tweet du journaliste catholique américain Sachin Jose est devenu viral : « Des catholiques exigent que la gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, catholique affirmée, soit privée de communion après avoir signé une loi autorisant l’avortement jusqu’au terme de la grossesse. » Ce bref message a déjà reçu près de 25 000 mentions « J’aime », a été retweeté près de 5 000 fois et a suscité plus de 1 700 commentaires.

    Certains internautes trouvent particulièrement amer qu'elle ait été autorisée à serrer la main du pape François en mai 2024 (voir photo d'archive). Elle était intervenue comme oratrice lors d'un sommet international sur le climat. Or, le pape François, plus que quiconque, s'est toujours prononcé sans équivoque contre l'avortement durant son pontificat.

    Photo d'archive du 24 mai : le pape François et Maura Healey (c) Vatican Media

  • Le ministère pétrinien est-il en déclin ?

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    De Mgr Marian Eleganti OSB sur le substack d'Edward Pentin :

    Dans la tribune libre qui suit, l'évêque émérite suisse soutient que les papes récents ont sacrifié la dignité de la charge pétrinienne aux artifices de la personnalité et à l'attrait médiatique.

    10 août 2026

    Le pape François apporte des chocolats et des fleurs à Emma Bonino, médecin et femme politique italienne pratiquant des avortements, à son domicile en novembre 2024.

    Le 31 juillet 2026, le pape Léon XIV a reçu en audience privée, pendant 40 minutes, la musicienne de rock, poétesse et artiste américaine Patti Smith (née en 1946), surnommée la « marraine du punk », au Palais apostolique du Vatican. Tous deux sont originaires de Chicago. Le père Antonio Spadaro était présent. Plusieurs photographies officielles et une vidéo de cette rencontre existent .

    Cette rencontre anodine — j’imagine qu’elle a surtout consisté en un échange de politesses, sans rien de vraiment significatif pour l’Église — soulève des questions pour moi.

    Depuis longtemps, je suis personnellement préoccupé par le fait que, depuis Jean-Paul II, les papes s'expriment de plus en plus de manière totalement informelle en toutes circonstances (par exemple, dans un avion ou au bord d'une route, comme le fait le pape Léon XIV à Castel Gandolfo ). Ils donnent des interviews spontanées et expriment des opinions personnelles. Ils sont accessibles à toutes sortes de personnes qui souhaitent se faire photographier avec eux.

    Compte tenu de la charge de travail et des responsabilités d'un pape, n'a-t-il vraiment rien de plus important à faire que d'accorder de telles audiences privées — particulièrement prisées lorsque les demandeurs viennent du monde du spectacle ou ont une certaine influence culturelle ou élitiste ?

    De telles apparitions renforcent l'impression, au sein du public laïc, que le pape n'est, au fond, qu'un membre parmi d'autres de l'establishment international. Le modeste pêcheur de Galilée, en tout cas, ignorait tout de ce « prestige ». Paul ne recherchait pas non plus la notoriété ; il se rendait à l'Aréopage d'Athènes pour prêcher. Je m'abstiendrai ici d'aborder les obligations protocolaires et les visites d'État importantes.

    Parmi les personnes qui pourraient bénéficier d'une audience privée figurent des individus comme Emma Bonino, qui a passé sa vie en désaccord avec la doctrine de l'Église. Le pape François lui a même rendu visite à son domicile le 5 novembre 2024. Toutefois, le rôle du pape n'est pas celui d'un accompagnement pastoral individuel. Il ne doit pas non plus enseigner par des images, mais par des paroles claires et sans ambiguïté.

    Il ne faut pas non plus oublier les nombreux et longs échanges, téléphoniques et vidéo, de ce pape avec l'athée Eugenio Scalfari, fondateur du quotidien de gauche La Repubblica. À partir de ces échanges, Scalfari a reconstitué de mémoire des interviews controversées.

    À plusieurs reprises, le Vatican a dû se désolidariser de propos attribués au pape. Avec le pape François, cette manière de diffuser des idées tout en restant lui-même doctrinalement vague était presque devenue une méthode. Surtout, je tiens à souligner ceci : lorsqu’un pape reçoit de telles personnes en audience privée, il ne peut, par courtoisie, se désolidariser publiquement d’elles par la suite. De ce fait, pour beaucoup, une telle réception apparaît comme une minimisation des convictions de ces individus. Ainsi, le pape lui-même brouille la position de l’Église et – selon les circonstances – peut même heurter la sensibilité des fidèles.

    Ces audiences prennent une signification d'autant plus fallacieuse que le Pape ne défend pas simultanément la doctrine de la foi dans son intégralité, ne corrige pas publiquement les opinions erronées de ces personnes et ne met pas fin aux abus (cf. l'exploitation des audiences privées avec le Pape par le jésuite James Martin à des fins pro-homosexuelles).

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  • Un journaliste italien publie les résultats d'une "consultation confidentielle" du Vatican relative à Medjugorje menée en 2016

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    De Niwa Limbu sur Ad Vaticanum :

    Un journaliste italien publie une "consultation" du Vatican relative à Medjugorje de 2016

    9 août 2026

    Le journaliste italien David Murgia a publié ce qu'il affirme être les résultats d'une consultation confidentielle menée en 2016 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur les apparitions présumées de Medjugorje.

     

    Il a été allégué qu'une consultation confidentielle menée en 2016 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque sur les prétendues apparitions de Medjugorje a abouti à ce que 21 des 33 participants estiment que le phénomène n'était pas d'origine surnaturelle.

    Le journaliste italien David Murgia a publié les résultats présumés le 6 août sur son site web Il Segno di Giona, affirmant que les chiffres provenaient d'avis écrits soumis au Saint-Siège le 17 septembre 2016. Il a rapporté que neuf participants ont jugé le phénomène d'origine surnaturelle, tandis que trois ont déclaré qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments pour parvenir à une conclusion.

    Si ces chiffres sont exacts, cela signifie que près des deux tiers des personnes ayant émis un avis ont choisi la formule « constat de non supernaturalitate » , signifiant que Medjugorje n'était pas d'origine surnaturelle. Neuf personnes ont choisi « constat de supernaturalitate » , tandis que trois ont opté pour « non constat de supernaturalitate » , indiquant que le caractère surnaturel n'avait pas été établi.

    Selon Murgia, les 33 participants ont été invités à fournir un avis écrit et motivé sur la nature des événements liés à Medjugorje : surnaturels, non surnaturels ou non résolus. La consultation s’est déroulée lors de la session ordinaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, appelée Feria Quarta , au cours de laquelle les membres du dicastère examinent les questions qui leur sont soumises.

    Le dossier comprenait le rapport final de la commission chargée d'enquêter sur Medjugorje, présidée par le cardinal Camillo Ruini, ainsi qu'un document contestant les conclusions de la commission et une réponse complémentaire à ces objections, a rapporté Murgia.

    Ce résultat fut significatif car la Commission Ruini parvint à une appréciation plus favorable des premières apparitions présumées. Ses travaux, entamés sous le pontificat de Benoît XVI, s'achevèrent en 2014 après quatre années d'enquête, et sa documentation fut remise à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

    La commission a été officiellement créée le 17 mars 2010 et a achevé ses travaux le 17 janvier 2014. Elle était composée de 13 membres permanents, ainsi que de collaborateurs, et présidée par le cardinal Ruini. Ses délibérations étaient confidentielles et ses conclusions étaient destinées à être examinées par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

    La commission a établi une distinction entre les premiers événements de Medjugorje et le phénomène qui a suivi. Selon des documents précédemment publiés par Murgia, elle a rendu un jugement favorable concernant les sept premières apparitions présumées, survenues entre juin et juillet 1981, tout en adoptant une position plus prudente quant aux affirmations ultérieures.

    La consultation de 2016 a donc abouti à une évaluation nettement moins favorable que la position de la Commission Ruini sur les premières apparitions présumées. David Murgia a publié les noms des 33 participants qui, selon lui, ont pris part à cette consultation. Parmi eux figurent de hauts dignitaires de l'Église ayant occupé des postes importants à Rome et dans des diocèses du monde entier.

    Parmi ceux-ci figurent les cardinaux Gerhard Ludwig Müller, Christoph Schönborn, Jean-Pierre Ricard, Antonio Cañizares Llovera, Peter Turkson, Francesco Coccopalmerio, Ricardo Blázquez Pérez, Angelo Scola, Kurt Koch, John Onaiyekan, Zenon Grocholewski, Donald Wuerl, Crescenzio Sepe, George Alencherry, Fernando Filoni, Marc Ouellet, Camillo Ruini, Julián Herranz, Jozef Tomko, Vinko Puljić, Josip Bozanić et Angelo Amato.

    La liste comprend également l'archevêque Roland Minnerath, l'archevêque Rino Fisichella, l'archevêque Luis Ladaria, l'archevêque Joseph Augustine Di Noia et l'archevêque Charles Scicluna, ainsi que Monseigneur Peter Štulrajter et plusieurs théologiens et experts qui avaient participé à l'enquête précédente.

    La publication de Murgia ne précise pas quel participant a voté pour laquelle des trois options. Il a indiqué avoir décidé de ne pas associer de noms aux votes individuels à ce stade.

    Les six personnes qui se sont présentées comme voyantes ont affirmé avoir vu la Vierge Marie pour la première fois à Medjugorje en juin 1981. Le phénomène s'est ensuite poursuivi, avec des apparitions présumées signalées bien au-delà de la période initiale considérée comme la plus favorable par la Commission Ruini.

    Le pape François s'est particulièrement intéressé à la question après la conclusion des travaux de la commission Ruini. Il a salué l'enquête de la commission et a chargé l'archevêque Henryk Hoser d'examiner la situation pastorale à Medjugorje. Le mandat de l'archevêque Hoser portait sur les circonstances pastorales entourant le phénomène, et non sur le remplacement de l'enquête doctrinale relative aux apparitions présumées.

    Medjugorje a fait l'objet d'un premier examen de la part des autorités ecclésiastiques dans les années 1980. L'évêque Pavao Žanić de Mostar, dont le diocèse comprend la paroisse, s'est montré sceptique dès le départ quant aux apparitions alléguées. Une commission diocésaine, créée pour examiner ces allégations, a rendu un jugement négatif en 1984.

    Face à l'intérêt international suscité par ce phénomène, les évêques de l'ex-Yougoslavie ont publié la Déclaration de Zadar en 1991. Ils y affirmaient que « sur la base des enquêtes menées jusqu'à présent, il n'est pas possible d'affirmer qu'il s'agit d'apparitions et de phénomènes surnaturels ». Le Vatican a continué de se référer à cette déclaration dans les années qui ont suivi. En 2007, le cardinal Tarcisio Bertone, alors secrétaire d'État, déclarait : « Tout se réfère à la Déclaration de Zadar de 1991, qui laisse la porte ouverte à de futures enquêtes. »

    Après l'éclatement de la Yougoslavie, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a également précisé que la responsabilité de tout examen ultérieur incomberait aux évêques de Bosnie-Herzégovine. Dans l'intervalle, les pèlerinages privés à Medjugorje étaient autorisés, à condition qu'ils ne soient pas présentés comme une authentification des apparitions présumées, qui restaient sous enquête.

    Le Vatican a adopté une approche différente en 2024. Le 19 septembre, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a autorisé les dévotions publiques liées à Medjugorje tout en refusant explicitement de déclarer surnaturelles les apparitions présumées.

    Le dicastère a déclaré que les fidèles pouvaient recevoir « un stimulus positif pour leur vie chrétienne » de la proposition spirituelle associée à Medjugorje et a accordé un nihil obstat pour la dévotion publique, tout en soulignant que cela ne constituait pas une certification du « caractère surnaturel du phénomène ».

    Le vote supposé de 2016 contribue à expliquer l'importance des normes révisées pour discerner les phénomènes prétendument surnaturels, publiées par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi le 17 mai 2024.

    Si l'interprétation des documents par Murgia est exacte, la consultation démontre à quel point les opinions restaient partagées même après la conclusion de l'enquête de la Commission Ruini. Les chiffres montrent une nette majorité rejetant une origine surnaturelle, tout en révélant qu'une minorité significative est parvenue à la conclusion inverse.

    Le pape François a finalement laissé la question être résolue par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi. En 2024, le dicastère a publié sa note Reine de la Paix , accordant un nihil obstat à l'expérience spirituelle associée à Medjugorje sans pour autant déclarer les apparitions présumées comme surnaturelles.

    Selon les normes approuvées par le pape François en 2024, le nihil obstat n'établit pas l'authenticité surnaturelle d'un phénomène allégué et n'en fait pas un objet de foi. Ces normes précisent qu'en règle générale, ni un évêque diocésain, ni une conférence épiscopale, ni le Dicastère ne peuvent déclarer qu'un phénomène allégué est d'origine surnaturelle, même après l' octroi du nihil obstat .

    Ces chiffres donnent néanmoins un aperçu d'un possible désaccord au sein de la Congrégation avant le règlement final. S'ils sont exacts, ils montrent que le dicastère était loin d'être unanime et que l'approche pastorale plus permissive adoptée en 2024 ne reflétait pas nécessairement l'opinion majoritaire exprimée en 2016.

    Toutefois, le vote récemment publié ne rouvre pas le dossier de Medjugorje. La consultation de 2016 s'est déroulée dans le cadre de discernement précédent, tandis que le pape François a par la suite approuvé de nouvelles normes modifiant la manière dont de tels cas doivent être jugés. Cette publication n'oblige pas non plus le Dicastère à revenir sur sa décision de 2024 simplement parce qu'une majorité des personnes consultées huit ans auparavant était parvenue à une conclusion différente.

    L'impact pratique de la publication de ces chiffres sera donc probablement limité à court terme. Cette divulgation pourrait toutefois susciter des discussions sur les raisons pour lesquelles la décision finale diffère de l'avis majoritaire présumé enregistré en 2016. En particulier, si elle s'avère exacte, elle soulève des questions quant à la manière dont l'appréciation plus favorable de la Commission Ruini concernant les premières apparitions présumées a été mise en balance avec les objections examinées par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et les fruits pastoraux plus larges associés à Medjugorje. 

    Les chiffres publiés par Murgia ajoutent une nouvelle dimension à l'histoire complexe de l'examen de Medjugorje par l'Église.