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Débats - Page 2

  • Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale

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    De Stefano Gennarini sur zenit.org :

    Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale

    La proposition d’élargir la notion de genre suscite une vive opposition en Afrique, en Asie et au Vatican

    9 février 2026

    (ZENIT News – Centre pour la famille et les droits humains / New York, 8 février 2026)

    L’ONU s’apprête à définir de nouveaux « crimes de genre » en droit pénal international. Les pays occidentaux souhaitent que cette définition inclue l’opposition à l’avortement et aux questions LGBT par les dirigeants politiques et, éventuellement, par le grand public.  La plupart des pays occidentaux souhaitent que le terme « genre » dans le nouveau traité des Nations Unies sur les crimes contre l’humanité soit élargi afin d’inclure le genre en tant que construction sociale et les questions d’identité sexuelle et de genre. Ils souhaitent également que toute une série de nouveaux crimes fondés sur le genre, tels que « l’apartheid sexuel » et les « violences reproductives », soient inclus dans le traité. 

    Le Saint-Siège et les pays traditionalistes, principalement d’Asie et d’Afrique, se sont opposés à cette initiative au sein d’une commission spéciale de l’Assemblée générale réunie durant les deux dernières semaines de janvier 2026 pour examiner un avant-projet de traité. Ils ont insisté sur la nécessité de définir la notion de genre afin d’empêcher que le droit pénal international ne soit instrumentalisé contre les conservateurs. 

    Les pays traditionalistes ont averti que le nouveau traité ferait de toute opposition aux droits des féministes, des homosexuels et des personnes transgenres un crime international potentiel. Cela inclut le soutien aux lois et politiques protégeant le mariage et la famille traditionnels, toute restriction des droits des personnes homosexuelles et transgenres, ainsi que les inégalités entre les sexes, telles que mesurées par des quotas. 

    Bien que la plupart des débats préliminaires se soient tenus à huis clos, plusieurs interventions ont été publiées sur le site web du comité.  Le dernier jour de la réunion du comité, un délégué irakien a prononcé un discours poignant en faveur de la famille, au nom de plusieurs nations islamiques. Il a soutenu qu’une définition imprécise du genre compromettait la famille telle que définie par le droit international. Il a affirmé que la « famille nucléaire, composée de deux conjoints de sexes opposés et de leurs enfants », constituait une « expérience humaine universelle » et bénéficiait d’une « valeur juridique positive » en droit international. De ce fait, le genre ne pouvait être compris qu’en référence aux deux sexes biologiques, masculin et féminin. 

    La délégation mexicaine, fervente défenseure des droits des personnes LGBT, a immédiatement tenté, sans succès, de faire retirer la déclaration irakienne du compte rendu. Les délégations ayant approuvé la déclaration étaient celles de l’Algérie, du Bahreïn, de l’Égypte, de l’Iran, de la Jordanie, du Koweït, de la Libye, d’Oman, du Pakistan, du Qatar, de l’Arabie saoudite, du Soudan, de la Syrie, de la Tunisie et du Yémen. 

    La délégation burundaise a critiqué la décision de la Commission du droit international, qui a préparé la première version du traité, d’omettre une définition du genre, car cela pourrait conduire à une « application politisée et à une incertitude juridique ».  Le Burundi a demandé que si le terme « genre » est maintenu dans le traité, il soit « clairement et expressément défini comme se référant exclusivement aux deux sexes, masculin et féminin, et que toute interprétation plus large ou évolutionniste soit explicitement exclue ». 

    Le Burundi s’est également opposé à la création de nouveaux crimes fondés sur le genre, tels que « l’apartheid sexuel », arguant que ce concept est trop vague pour être utilisé en droit pénal. « Si nous condamnons fermement toutes les formes de discrimination et d’inégalité historique à l’égard des femmes, toutes les inégalités ne constituent pas des crimes contre l’humanité. » 

    La délégation namibienne a rejeté la justification avancée par la Commission du droit international pour supprimer la définition du genre. La Commission a invoqué des recommandations non contraignantes et les travaux des mécanismes des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme et du Procureur de la CPI, qui établissent de nouvelles obligations visant à reconnaître le genre comme une construction sociale, incluant les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre, en droit international.  La déclaration de la Namibie indiquait que les documents étaient ambigus, car issus de mécanismes ni contraignants ni fiables, et ne pouvaient donc garantir la clarté et la sécurité juridiques nécessaires en droit pénal. La Namibie a affirmé que le nouveau traité devrait continuer d’utiliser la définition précise du genre, à savoir masculin et féminin, telle qu’elle figure dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. 

    Le débat s’est tenu au sein du Comité préparatoire de l’Assemblée générale, chargé d’organiser la conférence diplomatique qui devrait négocier et adopter le nouveau traité en 2029. Les délégations doivent maintenant préparer des amendements écrits à soumettre d’ici le 30 avril de cette année. Le Comité préparatoire doit fixer le règlement intérieur et les dates définitives des conférences diplomatiques d’ici le 15 avril 2027. 

    Parmi les autres pays ayant demandé le maintien de la définition du genre du Statut de Rome dans le nouveau traité figuraient l’Argentine, l’Algérie, le Burkina Faso, le Cameroun, l’Égypte, la Gambie, le Ghana, le Saint-Siège, la Hongrie, l’Iran, la Malaisie, le Nigéria, la Fédération de Russie, le Sénégal, la Turquie et d’autres. Les pays européens et nordiques, ainsi que le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique et la Colombie, étaient favorables à la suppression de cette définition. 

    Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale | ZENIT - Français

  • Léon XIV, entre crise traditionaliste et pensée traditionnelle

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV, entre crise traditionaliste et pensée traditionnelle

    9 février 2026

    Le choix des prédicateurs pour les Exercices spirituels du Carême a toujours revêtu une importance particulière, et le choix du pape Léon XIV d'un évêque trappiste norvégien pour diriger la retraite de cette année à la Curie romaine ne fait pas exception.

    Les papes choisissaient généralement parmi ceux qu'ils tenaient en plus haute estime, souvent avant une mission importante ou une promotion. Dans certains cas, ce choix a même préfiguré l'élection au siège de Pierre.

    Ce fut le cas de Karol Wojtyla, que Paul VI présenta à la Curie en lui demandant de prêcher les Exercices spirituels du Carême de 1974. Ce fut également le cas de Joseph Ratzinger, que Jean-Paul II choisit comme prédicateur pour les Exercices spirituels du Carême de 1983, à son arrivée à Rome.
    Benoît XVI a presque toujours choisi des cardinaux, notamment pour donner plus d'autorité à cette fonction. Le pape François a presque toujours choisi des frères ou des prêtres – même si l'un d'entre eux, le père Angelo de Donatis, est devenu plus tard le cardinal vicaire du pape pour le diocèse de Rome – peut-être aussi pour montrer que le pape savait s'occuper des moins importants et de ceux qui pouvaient causer des problèmes.

    Léon XIV, dans son premier choix, a nommé l'évêque Eric Varden de Trondheim.
    Trappiste à l'esprit traditionnel et à la piété personnelle profonde, Varden apportera à la Curie son expérience de prédicateur.

    Il est peut-être également révélateur que les Exercices se dérouleront cette année dans la chapelle Pauline du Palais apostolique, plutôt que dans la ville d'Ariccia, située sur les collines à l'extérieur de Rome, comme cela a été le cas pendant une grande partie du règne du pape François, ni dans la chapelle Redemptoris Mater du Palais, où ils se sont déroulés sous Jean-Paul II et Benoît XVI. Il se trouve que la chapelle Redemptoris Mater est entièrement décorée d'œuvres de l'artiste célèbre tombé en disgrâce et accusé d'abus sexuels en série, le père Marko Rupnik.

    Le choix de Varden est révélateur en soi.
    Varden est issu d'une famille luthérienne mais largement agnostique. Il s'est converti au catholicisme à l'âge de quinze ans après avoir entendu la symphonie « Résurrection » de Gustav Mahler. Il a une forte spiritualité. Son dernier livre s'intitule « Chastity » (Chasteté) et il est généralement connu pour maintenir un lien fort avec la tradition de l'Église, tout en l'intégrant dans l'époque contemporaine.

    Cette nomination en dit long sur Léon XIV, sa spiritualité personnelle – dont il a déjà identifié la clé dans un livre du frère carmélite du XVIIe siècle connu sous le nom de frère Laurent, compilé à titre posthume par le père Joseph de Beaufort : La pratique de la présence de Dieu – et son désir de ne pas précipiter les choses en matière de tradition et de doctrine de l'Église.

    Le monde est contemporain, mais l'Église n'est pas dépassée. En effet, elle a encore un message de foi puissant à offrir au monde. C'est ce que semble dire le pape en nommant Mgr Varden prédicateur des Exercices spirituels du Carême.

    Le choix de Mgr Varden pourrait être perçu comme un signe rassurant pour ceux qui craignent un pape progressiste ou un second François qui brouillerait les cartes alors que tout semble décidé.

    Trois événements survenus au cours de la semaine dernière pourraient toutefois ajouter une touche de complexité à l'histoire.

    Le premier : la nomination de sœur Raffaella Petrini, présidente du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican, en tant que membre de la Commission pour les affaires confidentielles. La Commission traite de diverses questions, et il est clair que le gouverneur du Vatican doit en faire partie. Pourtant, la présence de sœur Petrini a surpris ceux qui pensaient que Léon XIV mettrait fin à la décision de nommer des femmes à des postes de cardinal.

    La deuxième décision concernait la nomination du cardinal Giuseppe Petrocchi à la présidence de la Commission des cardinaux de l'IOR. Après avoir inclus le cardinal Fernandez Artime – que Léon XIV tenait apparemment en haute estime – dans la Commission, le pape a changé son président à la suite du départ du cardinal Christoph Schönborn de Vienne, qui avait atteint l'âge de 80 ans, et a nommé un évêque qui avait également contribué au Vatican mais qui ne disposait pas d'une expertise spécifique.

    Après avoir apporté plusieurs modifications aux lois financières du Vatican, de nombreux observateurs, dont moi-même, s'attendaient à ce que le pape réintègre le secrétaire d'État du Vatican, qui avait précédemment occupé le poste de président de la commission, au sein de l'IOR. Léon a toutefois décidé de poursuivre dans la voie tracée par le pape François, du moins pour l'instant.

    Le dernier développement notable est le débat qui s'est ouvert avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, les dénommés lefebvristes. Leur supérieur, l'abbé Pagliarani, a déjà annoncé que la FSSPX ordonnerait de nouveaux évêques, même sans le consentement du Saint-Siège. Le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, a déjà exprimé sa volonté d'engager le dialogue, tout en avertissant que si la FSSPX procédait aux ordinations, elle encourrait l'excommunication latae sententiae.

    Pagliarani rencontrera le Dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican le 12 février, et l'on verra s'il mettra son intention à exécution ; plus tard, il se plaindra d'avoir été contraint de le faire par les circonstances.

    La rupture avec le monde traditionnel, ou du moins avec une partie assez radicale de celui-ci, est un test important pour Léon XIV.

    Le pape François n'a jamais réussi à régulariser le statut canonique du groupe lefebvrien, mais il a fait plusieurs concessions à la FSSPX pendant son règne, notamment lors du Jubilé de la Miséricorde en 2016, où la validité de leurs confessions et des sacrements qu'ils administraient a été garantie.

    Léon XIV est confronté à une situation complexe, car les traditionalistes se plaignent de la continuité avec le pontificat du pape François en matière liturgique. Ils déplorent par exemple que l'abrogation par François de la libéralisation du rite ancien par Benoît XVI n'ait pas encore été annulée.

    Léon XIV ne semble toutefois pas être un pape qui aime procéder à des changements radicaux. Il s'efforcera simplement de résoudre la crise. Il a fait savoir qu'il souhaitait faire davantage pour le rôle des femmes dans l'Église, d'où la nomination de sœur Raffaella Petrini comme membre de la Commission pour les questions réservées. Il a décidé d'accorder les autorisations requises par Traditionis Custodes pour la célébration de la messe selon l'ancien rite, comme l'a indiqué Mgr Miguel Maury Buendia, nonce au Royaume-Uni.

    Cela ne signifie pas que Léon XIV soit un progressiste.

    Cela signifie qu'il est un pape qui évite les conflits quand et où il le peut, et qui en absorbe le choc quand et où il ne peut les éviter. Il a sa propre approche de la diplomatie, tant sur le plan interne qu'externe.

    Le choix de Varden, en ce sens, est révélateur. Il indique où bat le cœur du pape. Et maintenant, il s'agit de lui permettre de battre encore longtemps.

  • Le pape Pie XII est-il impliqué dans les filières d'exfiltration qui ont permis aux nazis de fuir l'Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

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    Pas une semaine, ou presque, ne se passe sans que la RTBF ne programme une émission hostile à l'Eglise catholique... Que penser de la prochaine ?

    Tom Nash sur catholic.com :

    Le Vatican a-t-il aidé les nazis à échapper à la justice ?

    Le pape Pie XII est-il impliqué dans les filières d'exfiltration qui ont permis aux nazis de fuir l'Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Un nom qui revient souvent est celui de l'évêque Alois Hudal d'Autriche.

    Tout d'abord, concernant le bilan du pape en temps de guerre, voir mon article « Les défenseurs juifs de Pie XII » et celui de Ronald Rychlak intitulé « Comment le pape Pie XII est devenu le « pape d'Hitler » ».

    Le professeur Rychlak aborde la question des filières d'exfiltration dans son ouvrage magistral Hitler, la guerre et le pape (édition révisée et augmentée, Our Sunday Visitor, 347–348).

    Comme le souligne Rychlak, le Vatican reconnaît que l'évêque Hudal, ainsi que d'autres personnalités de l'Église, ont aidé des dirigeants nazis à s'échapper, mais qu'ils l'ont fait sans l'approbation des autorités vaticanes.

    De plus, Rychlak note, 

    Le Vatican a récemment autorisé le professeur Matteo Sanfilippo, membre de la Comision Para el Esclarecimiento de Las Actividades Del Nazismo en la Republica Argentina (CEANA), la commission historique qui a étudié le rôle de l'Argentine dans l'hébergement des criminels de guerre, à examiner les papiers personnels d'Hudal. 

    Sanfilippo n'a trouvé aucune preuve que le pape ait encouragé les activités de Hudal. En réalité, il a mis au jour une lettre de Monseigneur Montini (le futur pape saint Paul VI) adressée à Hudal, dans laquelle ce dernier exprimait son indignation face à sa suggestion que le Vatican aide les membres de la SS et de la Wehrmacht (Rychlak, 347-348, notes de bas de page omises).

    Rychlak note également que Hudal, dans ses mémoires, se plaignait fréquemment du « parti pris pro-allié » pendant la Seconde Guerre mondiale et de la façon dont Pie XI, Pie XII et Monseigneur Montini l’ont mal traité tout au long de sa carrière (Rychlak, 348). 

    De plus, Rychlak déclare, 

    Des archives récemment ouvertes indiquent que Hudal était tenu à l'écart des postes à responsabilité car le pape et son secrétaire d'État ne lui faisaient pas confiance. Ces mêmes archives montrent cependant que Pie XII a fait appel à Hudal lorsqu'il le pouvait, et que ce dernier a joué un rôle décisif dans la fin de la déportation des Juifs de Rome en octobre 1943 (Rychlak, 348, c'est nous qui soulignons).

    Finalement, l’ouverture des archives vaticanes restantes en mars 2020 n’a pas produit les preuves accablantes contre Pie XII que ses détracteurs prédisaient, que ce soit sur cette question ou sur d’autres.

  • Évêques, schisme et FSSPX

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    Du Pillar :

    Évêques, schisme et FSSPX

    Alors que la société annonce des projets de consécration illicite, quels sont l'historique et le droit en la matière ?

    L’archevêque Marcel Lefebvre accomplissant un acte de consécration sans mandat papal, et de schisme.

    Après que la Fraternité Saint-Pie X a annoncé cette semaine son intention de consacrer un évêque sans mandat papal en juillet, le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a déclaré que les discussions entre le Vatican et la Fraternité se poursuivraient, dans le but de régulariser le statut du groupe au sein de l'Église.

    Bien que certains pensent que l'annonce de la FSSPX ne soit qu'une tactique de négociation agressive, des questions se posent quant aux conséquences canoniques probables d'une telle action.

    Lors de la précédente consécration d'évêques pour et par la société, en 1988, le Saint-Siège, sous le pape saint Jean-Paul II, avait déclaré qu'une excommunication latae sententiae avait été prononcée contre les participants pour un acte de schisme.

    Cependant, certains internautes soutenant la société ont cherché à défendre son projet. Ce faisant, ils ont tenté d'établir des parallèles avec des cas antérieurs où des évêques avaient été consacrés, apparemment sans mandat et sans que les mêmes sanctions n'aient été prononcées par le Saint-Siège.

    La situation de la FSSPX est-elle donc unique, et que dit réellement la loi ?

    Le Pilier explique.

    Le canon 1387 stipule que « Tant l’évêque qui, sans mandat pontifical, consacre une personne évêque, que celui qui reçoit la consécration de lui, encourent une excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique. »

    D'un point de vue canonique, c'est une loi aussi claire qu'on puisse l'être :

    Une action précise est décrite : la consécration d’une personne. On peut comprendre ici le terme « personne » comme désignant un homme pour plusieurs raisons : seul un homme peut être validement consacré évêque et la « tentative de consécration » d’une femme est traitée dans un canon distinct.

    Des personnes spécifiques sont désignées comme passibles d'une sanction — à la fois l'évêque qui procède à la consécration et l'homme qui la reçoit.

    Une peine spécifique est infligée : l’excommunication automatique, dont la déclaration et la remise relèvent de la compétence du Saint-Siège. Il convient de préciser que cette peine obéit aux règles ordinaires prévues par le droit canonique ; autrement dit, elle doit être formellement prononcée pour produire tous ses effets.

    La formulation du canon est remarquable car elle criminalise une action spécifique avec une condition objectivement binaire — il y a ou il n'y a pas de mandat papal — et semble donc éluder bon nombre des autres conditions habituelles qui doivent être prises en compte dans l'application du droit pénal.

    Par exemple, il est généralement nécessaire d’établir « l’imputabilité » dans les affaires pénales, c’est-à-dire que la personne est moralement et juridiquement coupable de la violation de la loi, qu’elle dispose d’une liberté suffisante, d’une certaine intention de le faire et d’une conscience de la loi.

    En cas de consécration illicite, il n'existe aucune défense plausible fondée sur l'ignorance de la loi, et les motivations du participant à la violer ne sont pas en cause, hormis les possibles défenses de contrainte immédiate et directe — auquel cas les choses se compliqueraient un peu plus.

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  • Myriam Tonus et le parti-pris de la Libre

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    Une amie nous adresse ce message :

    "Bonjour,

    Je me permets de vous partager ci-dessous la réponse que j’avais transmise quelques jours à La Libre, espérant ainsi pouvoir répondre à l’opinion que Cécile Jacquerye-Heusers dans son propre écrit : L’opinion de C. Jacquerye-Heusers: https://www.lalibre.be/debats/opinions/2026/01/20/je-suis-en-colere-contre-leglise-catholique-qui-nevolue-pas-GJSQZ5GLTREVDAFBXSIDSDQAOE/ 

    L’objectif était de montrer que la voix de Myriam Tonus et de Mme Jacquerye ne représentent pas toute l’Eglise. Cependant, malgré mon étonnement, La Libre a souhaité que cette réponse ne soit citée que par quelques extraits dans sa rubrique « Courrier des lecteurs ». J’ai trouvé cela assez fort… et fort mesquin.

    Ceci démontre clairement qu’une seule voix est privilégiée : la voix progressiste, et pas question de proposer autre chose. Je vous partage ci-dessous ma réponse. Si vous souhaitez la publier, elle est désormais à vous… bien que je crois que les lecteurs de Belgicatho soient déjà acquis à la cause.

    Merci pour votre engagement et bonne continuation. Bien à vous, A. L.

    « Voulez-vous partir, vous aussi ? » (Jn 6,67)

    Le cri de la théologienne Myriam Tonus, suivi d’un claquement de porte alors qu’elle venait de quitter l’Eglise catholique pour l'Église Protestante Unie de Belgique, a trouvé son écho dans la voix de Cécile Jacquerye-Heusers (« Je suis en colère contre l'Église catholique qui n'évolue pas! », le 20 janvier entre les pages de la Libre).

    Sans retenir Myriam Tonus par la manche, Cécile Jacquerye-Heusers en brandit pourtant un large pan, happé au vol. Elle soutient que les femmes sont décidément les grandes oubliées dans la distribution des rôles d’une Eglise qu’elle dépeint comme une entreprise démocratique, ou comme une scène théâtrale en laquelle chacun et chacune aurait droit à sa part de reconnaissance.

    Avec raison, elle regrette que certains internautes aient éclaboussé les réseaux sociaux d’un « bon débarras ! ». Je me refuse à être de ceux-là. Chaque départ d’un catholique est un échec, une blessure qui fait suinter le corps du Christ une nouvelle fois. Pour ne pas lui ajouter davantage de coups, ne cédons ni à la tentation du jugement, ni à celle d’une lecture à fleur d’émotion, mais prenons du recul vis-à-vis du discours de nos deux dames. Ce recul nous permet de reconnaître une musique devenue lancinante au sein d’une part de notre Eglise.

    Ce discours qui fait primer l’authenticité sur la vérité, faisant grise mine face au Magistère, à l’enseignement bimillénaire de l’Eglise et, de façon générale, à toute forme de repère stable, de fidélité et de constance — au profit d’un « bougisme » à tout vent. « La passion réformiste dans l’Eglise, écrivait le Cardinal de Lubac, est généralement en proportion inverse de la vie surnaturelle. Voilà pourquoi ce n’est presque jamais d’elle que procèdent les réformes authentiques et bienfaisantes ». Lorsqu’une mère offre la solidité d’une cuisine composée de son amour et de l’héritage d’une expérience, il arrive que l’adolescent boude le plat : l’expérience ne suffit plus — il veut le goût, et uniquement le goût. Cette Eglise désertée par les enfants qu’elle avait enfantés par sa Parole et par le pain nourrissant de sa doctrine, à travers la voix de ses Évêques et de ses prêtres (certes imparfaits, tout comme le sont les laïcs), n’est-ce pas le Christ qui, à travers elle, est amputé de ses membres et de sa chair même ? Que nul ne s’en étonne : comme dans toute relation, lorsque la confiance s’étiole, le lien n’est bientôt plus nourri, et c’est l’alliance qui se rompt tôt ou tard.

    Croire que l’on peut réinventer l’Eglise sur la subjectivité des sondages et des micro-trottoirs en s’affranchissant de toute autorité, est une idéologie empruntée au monde actuel, qui rêve d’abolir toute identité (ce simple terme soulevant déjà la suspicion) qu’elle soit religieuse, nationale ou sexuelle, au profit d’une déconstruction de tout repère. Le relativisme y est devenu la norme. Mais « le commun des mortels a besoin d’une demeure », nous rappelle Mathieu Bock-Côté. Quand l’homme ne sait plus qui il est ni d’où il vient, il bascule dans la névrose.

    Non, Madame Jacquerye-Heusers, l’Eglise n’a pas besoin d’être sauvée. S’il faut un salut, il viendra de notre conversion personnelle ; et il n’est pas de conversion personnelle sans humilité. Si nous nous réclamons d’un Christ qui nous indique qu’être grand suppose de se faire serviteur, alors un véritable choix s’impose : sommes-nous prêts à assumer l’impopularité de l’Eglise crucifiée parce qu’elle n’adoptera jamais les idées ni le mode de fonctionnement du monde ? Ou choisirons-nous le confort de la mondanité ? Rester ou partir : c’est notre liberté. C’est la Vérité qui rend libre (Jn 8:32), mais il est vrai que le Christ nous laisse ce choix."

  • “La loi suprême, c’est le salut des âmes”; entretien avec le Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

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    Du site de la FSSPX :

    Entretien avec le Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

    Source: FSSPX Actualités

    « Suprema lex, salus animarum »

    « “La loi suprême, c’est le salut des âmes.” C’est de ce principe supérieur que dépend ultimement toute la légitimité de notre apostolat. »

    1. FSSPX.Actualités : Monsieur le Supérieur général, vous venez d’annoncer publiquement votre intention de procéder à des sacres épiscopaux pour la Fraternité Saint-Pie X, le 1er juillet prochain. Pourquoi avoir fait cette annonce aujourd’hui, 2 février ?

    Don Davide Pagliarani : La fête de la Purification de la très sainte Vierge est très significative dans la Fraternité. C’est le jour où les candidats à la prêtrise revêtent la soutane. La Présentation de Notre-Seigneur au Temple, que nous fêtons aujourd’hui, leur rappelle que la clef de leur formation et de leur préparation aux ordres est dans le don de soi, qui passe par les mains de Marie. C’est une fête mariale extrêmement importante, car en annonçant un glaive de douleur à Notre-Dame, Siméon montre bien son rôle de corédemptrice à côté de son divin fils. On la voit associée à Notre-Seigneur dès le commencement de sa vie terrestre et jusqu’à la consommation de son sacrifice au Calvaire. De même, Notre-Dame accompagne le futur prêtre dans sa formation et durant toute sa vie : c’est elle qui continue à former Notre-Seigneur dans son âme. 

    1. Cette annonce était une rumeur persistante, ces derniers mois. En particulier depuis le décès de Mgr Tissier de Mallerais, en octobre 2024. Pourquoi avez-vous attendu jusqu’à présent ?

    Comme Mgr Lefebvre en son temps, la Fraternité a toujours le souci de ne pas précéder la Providence mais de la suivre, en se laissant guider par ses indications. Une décision aussi importante ne peut pas être prise à la légère, ou dans la précipitation. 

    En particulier, puisqu’il s’agit d’une affaire qui intéresse évidemment l’autorité suprême de l’Église, il était nécessaire d’entreprendre d’abord une démarche auprès du Saint-Siège – ce que nous avons fait – et d’attendre un délai raisonnable pour lui permettre de nous répondre. Ce n’est pas une décision que nous pouvions prendre sans manifester concrètement notre reconnaissance de l’autorité du Saint-Père.

    1. Dans votre homélie, vous avez dit en effet avoir écrit au Pape. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

    L’été dernier, j’ai écrit au Saint-Père pour lui demander une audience. N’ayant pas reçu de réponse, je lui ai écrit une nouvelle lettre, quelques mois plus tard, d’une manière simple, filiale, et sans rien lui cacher de nos besoins. J’ai mentionné nos divergences doctrinales, mais aussi notre désir sincère de servir l’Église catholique sans relâche : car nous sommes serviteurs de l’Église, malgré notre statut canonique non reconnu. 

    À ce second courrier, une réponse de Rome nous est parvenue il y a quelques jours, de la part du Cardinal Fernández. Malheureusement, celle-ci ne prend aucunement en considération la proposition que nous avons formulée, et ne propose rien qui réponde à nos demandes. 

    Cette proposition, compte tenu des circonstances tout à fait particulières dans lesquelles se trouve la Fraternité, consiste concrètement à demander que le Saint-Siège accepte de nous laisser continuer temporairement dans notre situation d’exception, pour le bien des âmes qui s’adressent à nous. Nous avons promis au Pape de dépenser toute notre énergie pour la sauvegarde de la Tradition, et de faire de nos fidèles de vrais fils de l’Église. Il me semble qu’une telle proposition est à la fois réaliste et raisonnable, et qu’elle pourrait, en soi, recevoir l’agrément du Saint-Père.

    1. Mais alors, si vous n’avez pas encore reçu cet agrément, pourquoi estimez-vous devoir tout de même procéder à des consécrations épiscopales ?

    Il s’agit d’un moyen extrême, proportionné à une nécessité réelle et extrême, elle aussi. Bien sûr, la simple existence d’une nécessité pour le bien des âmes ne signifie pas que, pour y répondre, n’importe quelle initiative soit justifiée d’emblée. Mais dans notre cas, après une longue période d’attente, d’observation et de prière, il nous semble pouvoir dire aujourd’hui que l’état objectif de grave nécessité dans lequel se trouvent les âmes, la Fraternité et l’Église, exige une telle décision. 

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  • Euthanasie : « On n’impose rien à personne »; vraiment ?

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    De gènéthique.org :

    Euthanasie : « On n’impose rien à personne » ?

    2 février 2026

    Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees)[1] publiée le 29 janvier montre que le taux de suicide est fortement corrélé à des facteurs de vulnérabilité comme la pauvreté ou l’isolement. Le geste suicidaire est influencé de l’extérieur. La « demande d’aide à mourir » pourrait-elle être parfaitement libre et autonome ? (cf. « Est-on vraiment libre, quand la mort est préférable à la vie ? ») Comme c’est le cas pour le suicide dans la population générale, ces demandes émaneront de personnes fragiles sur le plan socio-économique, alerte l’essayiste et bénévole en  Erwan Le Morhedec[2]. Et l’existence même d’une loi qui brise le tabou du suicide aura un effet incitatif (cf. Euthanasie, soins palliatifs : « La loi envoie un message »).

    Une loi qui « n’impose rien » ?

    « Chacun est libre d’y avoir recours ou non. On n’impose rien à personne. » L’essayiste le pointe : l’argument est « ressassé » dans le débat sur la dépénalisation de l’« aide à mourir ».

    Pourtant, « une connaissance basique des interactions sociales souligne qu’il n’est pas nécessaire d’imposer : il suffit d’induire », rappelle-t-il. Un phénomène « si bien documenté » que « les autorités sanitaires diffusent des lignes directrices sur le traitement médiatique des suicides, recommandant systématiquement d’éviter toute romantisation, toute mention d’une idée de soulagement ou de « paix retrouvée » ».

    La pauvreté, facteur de risque de suicide

    Si le suicide était le fruit d’un choix libre, alors il toucherait dans les mêmes proportions hommes et femmes, riches et pauvres, personnes isolées ou entourées de leurs proches. Ce n’est pas le cas. L’étude de la Drees parue en janvier révèle de grandes disparités entre catégories de population face au suicide.

    En 2023 la mort par suicide représentait 2,1 % des décès chez les hommes et 0,7 % des décès chez les femmes. L’étude révèle que la pauvreté est un facteur de risque massif : « à âge comparable, le taux de suicide des 10 % d’hommes les plus modestes (25,7 pour 100 000) est plus de deux fois supérieur à celui des 10 % les plus aisés (11,3 pour 100 000) ». En outre « bien que les trois quarts des suicides concernent des hommes, cette inégalité selon le revenu touche aussi les femmes »[3].

    La fragilisation des liens sociaux

    Cet écart étant apparu au début de l’ère industrielle, la Drees cite des explications possibles à cette évolution : « plus stigmatisées, les personnes pauvres d’aujourd’hui seraient moins intégrées dans les réseaux de solidarité traditionnels que sont la famille, le village ou la communauté religieuse. Cette fragilisation des liens sociaux et institutionnels s’accompagnerait d’un fort déclassement matériel et symbolique. Ainsi, l’influence de la pauvreté sur le suicide recouvre bien plus que les seuls aspects monétaires ».

    La question de l’accès aux soins

    Les taux de suicide les plus élevés sont à déplorer parmi les personnes sans activité professionnelle, puis chez les ouvriers et employés. Aux difficultés liées aux faibles revenus s’ajoute un moindre accès aux soins : « les personnes des milieux populaires sont moins disposées à consulter des spécialistes ou à passer des examens de prévention et reçoivent, à besoin égal, des soins de moindre qualité ».

    Isolement affectif et troubles de la santé mentale

    L’isolement affectif est aussi un facteur important de passage à l’acte : « les personnes veuves, célibataires et divorcées ont des taux de suicide, à âge comparable, plus élevés que celles en couple. La présence d’enfants dans le foyer et le nombre de personnes qui le composent sont également associés à une moindre probabilité de suicide » (cf. Euthanasie « en duo » : il met fin à ses jours, elle, « entourée », change d’avis). De façon prévisible, la présence d’un trouble psychiatrique a un fort impact sur la mortalité par suicide. La moitié d’entre eux sont le fait de personnes qui étaient suivies en psychiatrie (cf. En Belgique, la jeune Siska sera bientôt euthanasiée à 26 ans pour trouble dépressif sévère).

    Ainsi, le geste suicidaire ne résulte pas du choix libre d’un sujet autonome : au contraire les individus y sont acculés par un ensemble de facteurs à la fois endogènes, comme leur état de santé mentale, mais aussi exogènes : ressources économiques, attentes sociales différentes en fonction du sexe, statut social et qualité du tissu relationnel.

    Si la pauvreté et l’isolement poussent au suicide, peut-on en dire autant d’une loi sur l’euthanasie ?

    Erwan Le Morhedec l’explique dans sa tribune : si elle est votée, la loi « fin de vie » ajouterait un facteur supplémentaire de risque, qui serait cumulé aux facteurs déjà existants. Le vote et la mise en application de cette loi entraînerait la normalisation de la demande de mort et du passage à l’acte, chez les personnes « éligibles » mais aussi dans la population générale (cf. Les partisans de l’euthanasie veulent briser le tabou de la mort, aux dépens des vivants). Et donc une augmentation du nombre de gestes suicidaires.

    L’effet de contagion sociale

    Il a déjà été observé que la médiatisation du suicide d’une personne à laquelle le public peut s’identifier par sympathie a un effet de contagion sociale et induit une hausse du nombre de suicides. L’« effet Werther » est « le premier exemple historique d’un lien entre représentation culturelle et idées suicidaires », rappelle Erwan Le Morhedec (cf. Effet Werther : « En légalisant le  et l’euthanasie, on banalise le suicide »). Il cite également le Pr David Albert Jones qui a comparé les taux de suicide dans deux Etats australiens : l’Etat du Victoria qui a dépénalisé le suicide assisté en 2019 et la Nouvelle-Galles du Sud, où il reste interdit. Entre 2018 et 2022, le nombre de suicides « autonomes » de personnes de 65 ans et plus a augmenté de 53 % dans le premier Etat et de 18,2 % dans le second (cf. Australie : les euthanasies en forte croissance en Nouvelle-Galles du Sud).

    Erwan Le Morhedec conclut : « Nos débatteurs se satisfont qu’on ne leur impose pas la mort. À supposer encore qu’ils y pensent, ils s’imaginent certainement forts et imperméables à toute influence, l’âge venant. À leur place, je ne parierais pas trop là-dessus ».

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    [1] Drees, « Le suicide, trois fois plus fréquent chez les hommes, deux fois plus chez les plus modestes », Etudes et résultats n°1364, janvier 2026

    [2] La Croix, Erwan Le Morhedec, La légalisation du suicide assisté tend à inciter les plus fragiles au suicide autonome (28/01/2026)

  • Les principales affirmations des catholiques traditionalistes sont confirmées par un acteur clé du concile Vatican II

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    Via Le Forum Catholique :

    Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 27 janvier 2026 sur The Remnant sous le titre : « Traditional Catholicism’s Key Claims Are Confirmed by a Pro-Vatican II Insider ».
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    Le prêtre norbertin Boniface Luykx n'était pas un catholique traditionaliste, mais in acteur clé du concile Vatican II, impliqué dans presque toutes les phases de son élaboration et de sa mise en œuvre. Ses réflexions rejoignent trois affirmations essentielles des catholiques traditionalistes : les mises en garde des conservateurs étaient justifiées ; certains documents de Vatican II étaient anthropocentriques et dangereusement ambigus ; et la messe du Novus Ordo contrevient aux exigences fondamentales de Vatican II.

    « Simplifions encore une fois le tableau. Le cœur de cette crise consiste à déplacer le centre de l’être de Dieu à l’homme, du vertical à l’horizontal. » (Archimandrite Boniface Luykx, Une vision plus large de Vatican II : Souvenirs et analyse d’un consulteur du Concile, p. 143)

    Dans son récent entretien avec Michael Matt, Mgr Athanasius Schneider a recommandé « Une vision plus large de Vatican II : Souvenirs et analyse d’un consulteur concile », un ouvrage de l’archimandrite Boniface Luykx. L’archimandrite Luykx n’était pas un catholique traditionaliste, mais ses réflexions nous sont aujourd’hui d’une valeur inestimable, car il aimait profondément la foi catholique et fut un acteur majeur du Concile Vatican II, impliqué dans presque toutes les phases d’élaboration et de mise en œuvre de la Constitution sur la liturgie sacrée (CSL), Sacrosanctum Concilium . Comme nous le verrons plus loin, son diagnostic de la crise de l’Église est précieux non seulement pour sa fine analyse des problèmes liés à la messe du Novus Ordo, mais aussi parce qu’il a formulé ces critiques en toute confiance dans le Concile et ses fruits.

    Avant d'aborder les diverses observations profondes que l'archimandrite Luykx a formulées sur la crise, il convient de souligner un concept essentiel qui imprègne tout l'ouvrage :

    « Ce livre appliquera constamment le principe aristotélicien de cause à effet, démontrant comment des actes particuliers engendrent nécessairement des effets particuliers irrésistibles dans ce drame post-conciliaire.» (p. 13)

    De manière générale, l'ouvrage respecte effectivement ce principe de cause à effet. Si cela peut paraître anodin, sa véritable importance réside dans le fait qu'il a perçu les problèmes de Vatican II alors même qu'il considérait ce concile comme « véritablement le fruit d'une croissance spirituelle au sein de l'Église, à un moment où elle était mûre pour cela » (p. 42). Grâce à sa lucidité et à son courage d'affirmer ce qu'il voyait, ses réflexions rejoignent trois affirmations clés des catholiques traditionalistes : les mises en garde des conservateurs étaient justifiées ; certains documents de Vatican II étaient anthropocentriques et dangereusement ambigus ; et la messe du Novus Ordo contrevient aux exigences fondamentales du concile Vatican II.

    Les mises en garde des conservateurs étaient justifiées

    Pour comprendre combien il a dû être difficile pour l'archimandrite Luykx de reconnaître la justesse des mises en garde des conservateurs concernant le Concile, on peut considérer la manière dont il a fait l'éloge de certains théologiens qui comptaient parmi les plus farouches adversaires du catholicisme traditionnel :

    « En France, le mouvement liturgique s'est développé en parallèle du mouvement théologique, inspiré par de grands théologiens tels que Jean Daniélou, s.j., Henri de Lubac, s.j., et Yves Congar, o.p., qui ont orienté le renouveau vers un retour aux sources.» (p. 28)

    Pour les catholiques traditionnels, le « principe aristotélicien de cause à effet » nous apprend que les problèmes découlant du Concile sont précisément dus au fait que des hommes comme Daniélou, de Lubac et Congar ont contribué à façonner les idées contenues dans ses documents. Il est intéressant de noter que l'archimandrite Luykx a même reconnu que Congar avait été censuré avant le Concile :

    « Certains théologiens ont commis des excès dans certains domaines tout en restant globalement orthodoxes. Rome a été contrainte de censurer certains écrits de ces hommes – on pense notamment à l'ouvrage d'Yves Congar [Vraie et la Fausse Réforme dans l'Église] et aux propos de Teilhard de Chardin – sans pour autant rejeter l'intégralité de leur œuvre.» (p. 41)

    Bien qu'il ait mentionné cette censure de l'ouvrage de Congar – le même que celui cité par François dans son introduction au Synode sur la synodalité comme une tentative de créer une « Église différente »  – l'archimandrite Luykx n'a pas fait mention de l'encyclique Humani Generis de Pie XII, qui condamnait les idées de de Lubac et de Congar (sans les nommer). Là encore, cela n'a rien de surprenant, mais cela révèle une difficulté pour ceux qui sont moins enclins à accorder une réelle importance aux avertissements des papes antérieurs à Vatican II. Après tout, une grande partie de l'œuvre importante de ces papes a consisté à enseigner aux catholiques que des erreurs telles que le libéralisme et le modernisme engendreraient les effets néfastes que nous constatons aujourd'hui. Par conséquent, si nous ne comprenons pas les avertissements de Pie XII et de ses prédécesseurs, il est peu probable que nous saisissions les véritables causes des maux qui nous entourent aujourd'hui.

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  • Les évêques allemands et le spectre du schisme : comment en est-on arrivé là ?

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    De Gaetano Masciullo  sur The European Conservative :

    Les évêques allemands et le spectre du schisme : comment en est-on arrivé là ?

    Élu pour panser les divisions, le pape Léon XIV restera peut-être dans les mémoires comme le pontife sous le règne duquel est apparu le schisme catholique le plus grave depuis la Réforme.

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    Le 17 janvier, le pape Léon XIV a reçu en audience le nonce apostolique en République fédérale d'Allemagne, Mgr Nikola Eterović. La rencontre aurait porté sur le vote imminent de la Conférence des évêques allemands concernant le statut de la fameuse Conférence synodale, qui a causé bien des soucis au Vatican ces dernières années. Du 29 au 31 janvier, à Stuttgart, se tiendra la sixième et dernière phase de l'Assemblée synodale de l'Église catholique en Allemagne. Mais procédons par étapes.

    Parallèlement à la Conférence des évêques allemands, qui réunit tous les évêques et coordonne la pastorale, la liturgie, la communication et diverses autres initiatives, se trouve, à la tête de l'Église catholique en Allemagne, le Comité central des catholiques allemands (ZdK), une instance unique au monde. À ce jour, le ZdK se limite à représenter les catholiques allemands dans la sphère publique, à coordonner l'apostolat des laïcs, à conseiller les évêques et à publier des prises de position sur des questions d'intérêt public. Il ne dispose d'aucun pouvoir décisionnel, car dans l'Église catholique, le pouvoir de gouvernement appartient au pape et aux évêques en communion avec lui.

    Bien que la ZdK ait été historiquement créée pour protéger la minorité catholique dans un pays protestant, et culturellement très agressive envers les « papistes », après le concile Vatican II, la ZdK a dégénéré en un organe quasi parlementaire et a été exploitée par les progressistes pour tenter d'initier des réformes démocratiques au sein de l'Église.

    Un autre aspect de l'Église allemande, qui la rend doublement unique dans le paysage catholique, est qu'elle est l'Église la plus riche du monde. En 2025, le patrimoine du Saint-Siège s'élevait à environ 4 milliards d'euros, tandis que celui de l'Église allemande était estimé à 250 milliards d'euros. Bien que l'argent n'explique pas tout, il joue néanmoins un rôle considérable dans la compréhension de certains choix. Le Vatican est très prudent avant de rompre ses liens avec une Église qui, de gré ou de force, constitue une source de financement importante. Et les évêques allemands en sont parfaitement conscients.

    Le Chemin synodal de l'Église catholique allemande ( Der Synodaler Weg ) a débuté le 1er décembre 2019, après une phase préparatoire minutieuse menée par la Conférence des évêques allemands et la ZdK (Conférence des évêques allemands). Un groupe de 230 personnes s'est initialement réuni pour débattre de quatre thèmes : la séparation des pouvoirs au sein de l'Église ; la morale sexuelle ; le ministère sacerdotal, notamment la question du célibat ; et le rôle des femmes dans la vie ecclésiale. Cette liste correspond presque aux « quatre nœuds » que le cardinal Carlo Maria Martini, figure emblématique du progressisme catholique sous Jean-Paul II, avait présentés aux évêques européens en 1999.

    L'élément déclencheur de tout ce processus fut celui des abus sexuels dans l'Église catholique, qui, sous le pontificat de Benoît XVI, devint un thème mondial, amplifié et exploité par de nombreux médias et secteurs institutionnels progressistes pour ternir le « tournant conservateur » que le pape Benoît avait donné à la gouvernance de l'Église.

    En Allemagne, la pression était particulièrement forte, que ce soit en raison des origines allemandes du pape Benoît XVI ou de la forte présence progressiste et pro-protestante au sein du clergé. C’est pourquoi, en Allemagne plus qu’ailleurs, la question des abus a été présentée et interprétée publiquement par les catholiques eux-mêmes non seulement comme une faute morale, mais aussi comme le symptôme d’une défaillance systémique de l’Église catholique : doctrinale, juridique et culturelle. C’est à partir de là que le Chemin synodal a entrepris de repenser l’Église dans son ensemble.

    Entre-temps, Benoît XVI a démissionné en 2013 de son ministère d'évêque de Rome. Les cardinaux réunis en conclave ont décidé d'élire, comme chacun sait, Jorge Mario Bergoglio, c'est-à-dire François, candidat phare du Groupe réformiste de Saint-Gall, alors dirigé par Martini, déjà mentionné : un groupe de cardinaux et d'évêques, principalement originaires de la région germanophone, qui entendaient réformer l'ensemble de l'Église catholique dans une direction analogue, mais non identique, à celle envisagée en Allemagne. 

    François, cependant, une fois au pouvoir, ne se comporta pas comme un pion : le jésuite Martini connaissait bien le caractère impulsif et indépendant de Bergoglio. Son programme, tout en se révélant résolument révolutionnaire, ne correspondait pas entièrement à celui du Groupe de Saint-Gall.

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  • De la futilité de la réforme liturgique (et pourquoi les séminaires ne sont pas la solution)

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    De Dom Alcuin Reid sur le Catholic Herald :

    26 janvier 2026

    De la futilité de la réforme liturgique (et pourquoi les séminaires ne sont pas la solution)

    Le document d'information du préfet du Dicastère pour le culte divin, préparé pour le consistoire des cardinaux et publié la semaine dernière, a suscité de nombreuses critiques, à juste titre. Il est pour le moins risible. Pourtant, ce n'est vraiment pas une question à prendre à la légère. En effet, compte tenu de son statut, il nécessite une analyse critique sérieuse.

    Cependant, Son Éminence a tout à fait raison lorsqu'il écrit que « l'application de la réforme a souffert et continue de souffrir d'un manque de formation » (n° 8). En effet, tout en insistant à juste titre sur le fait que « dans la restauration et la promotion de la liturgie sacrée, la participation pleine et effective [actuosa participatio] de tout le peuple est l'objectif à considérer avant tout autre ; car c'est la source première et indispensable d'où les fidèles doivent tirer le véritable esprit chrétien », la Constitution sur la liturgie sacrée du Concile Vatican II a ensuite insisté sur le fait qu'« il serait vain d'espérer réaliser [actuosa participatio] si les pasteurs eux-mêmes, en premier lieu, ne s'imprègnent pas profondément de l'esprit et de la puissance de la liturgie et ne s'engagent pas à donner des instructions à ce sujet. Il est donc primordial de veiller avant tout à la formation liturgique du clergé » (Sacrosanctum Concilium, 14).

    Cela signifie qu'une réforme liturgique, qu'elle soit ou non en continuité avec la tradition liturgique reçue, et soyons clairs, les Pères conciliaires appelaient à un développement de la liturgie dans la continuité, et non à la rupture radicale que nous avons connue, s'effondrerait, comme une maison bâtie sur du sable, si l'on ne s'attachait pas avant tout à poser les fondations solides nécessaires par une formation liturgique approfondie.

    Il ne s'agit pas là d'un révisionnisme « traditionaliste » ; c'est ce qu'ont affirmé les évêques du monde entier réunis au Concile Vatican II. Ils étaient conscients que tout espoir de réaliser la réforme qu'ils envisageaient, c'est-à-dire la participation effective à la liturgie sacrée, modérément réformée, était tout à fait vain si la formation liturgique n'était pas assurée en premier lieu.

    Plus de soixante ans plus tard, nous assistons au spectacle du préfet actuel du dicastère concerné affirmant allègrement que la réforme promulguée « a souffert et continue de souffrir » de l'absence de cette seule chose considérée comme essentielle. Il n'a pas dit que la réforme liturgique avait été infructueuse ou inutile, mais son aveu permet certainement d'examiner la question, tout comme la reconnaissance de ce même manque dans la lettre apostolique Desiderio Desideravi de 2022.

    Des études statistiques sérieuses indiquent qu'en Occident, la plupart des catholiques ne tentent même pas de participer à la liturgie, c'est-à-dire qu'ils ne vont tout simplement pas à la messe. Il y a certainement de nombreuses raisons à cela, mais la réalité est que le nouveau produit commercialisé comme la panacée ultime, spécialement conçu pour que « l'homme moderne » puisse participer pleinement et fructueusement, à savoir la liturgie moderne, n'a tout simplement pas rempli les bancs. Il faut faire quelque chose. Six décennies, c'est long pour un édifice qui manque de fondations nécessaires.

    Son Éminence reconnaît au moins « l'urgence de traiter » cette question. Il propose « des séminaires pour « donner vie à une formation des fidèles et à un ministère des pasteurs qui auront leur sommet et leur source dans la liturgie » (n. 8). Avec tout le respect que je dois au cardinal préfet et à ses rédacteurs, les séminaires ne sont pas la solution. Même si l'on peut ordonner au clergé d'y assister et inciter certains laïcs à y participer, ils ne feront guère plus que parler de la liturgie. Cela peut avoir certains effets positifs, mais en vérité, la formation liturgique passe par la pratique de la liturgie, et non par des discours à son sujet. L'« esprit et la puissance de la liturgie » dont Sacrosanctum Concilium insistait pour qu'ils imprègnent avant tout le clergé ne peuvent être transmis par l'imposition d'un régime de vaccination. Non, nous en venons à vivre et à nous nourrir de la liturgie sacrée par osmose, et non par inoculation.

    En étudiant cette question lors du congrès Sacra Liturgia 2013 à Rome, je me suis souvenu de la belle appréciation de cette réalité écrite par le cardinal Ratzinger, qui décrit comment il a été captivé par la liturgie dans sa jeunesse et comment il s'est progressivement éveillé à sa réalité grâce au don de missels bilingues à mesure qu'il grandissait :

    « Chaque nouvelle étape dans la liturgie était un grand événement pour moi. Chaque nouveau livre qui m'était offert était pour moi quelque chose de précieux, et je ne pouvais rêver de rien de plus beau. C'était une aventure passionnante que de pénétrer peu à peu dans le monde mystérieux de la liturgie qui se déroulait devant nous et pour nous là, sur l'autel. Il m'apparaissait de plus en plus clairement que je rencontrais ici une réalité que personne n'avait simplement imaginée, une réalité qu'aucune autorité officielle ni aucun grand personnage n'avait créée.

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  • « Le récit racial contemporain n’est pas de l’histoire ; c’est de la propagande rétrospective »

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    De sur The European Conservative :

    « Le récit racial contemporain n’est pas de l’histoire; c’est de la propagande rétrospective » — Père Javier Olivera Ravasi, SE

    Images de Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin, un autochtone canonisé par l'Église catholique et figure spirituelle centrale du Mexique, et de la Vierge de Guadalupe à l'église San Francisco de Asís à Jalpa de Méndez, Tabasco.

    Alejandro Linares Garcia, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

    « Le monde ibérique était, à bien des égards, radicalement novateur pour son époque : il a créé des lois pour protéger les peuples autochtones alors que d’autres empires ne reconnaissaient même pas leur humanité. »

    Le père Javier Olivera Ravasi, SE, est un prêtre catholique argentin, avocat et titulaire de deux doctorats (l'un en philosophie de l'Université pontificale du Latran à Rome, 2007, et l'autre en histoire de l'Université nationale de Cuyo, 2013, avec une spécialisation sur les guerres des Cristeros au Mexique). Il est reconnu pour ses travaux d'apologétique, ses défenses historiques de la foi catholique et sa chaîne YouTube populaire « Que No Te La Cuenten » (QNTLC), qui compte près d'un demi-million d'abonnés et se concentre sur l'apologétique historique et ce qu'il appelle la « contre-révolution culturelle catholique ».

    Dès le début de leur présence en Amérique, les empires catholiques d'Espagne et du Portugal ont reconnu juridiquement l'humanité des peuples qu'ils ont colonisés. Dans quelle mesure peut-on affirmer que les empires ibériques ont constitué la première tentative mondiale d'intégrer des populations diverses sous un ordre politique et moral unique ?

    Il ne fait aucun doute que la première grande mondialisation, si on la comprend bien, fut celle des peuples ibériques, et principalement celle de l'Espagne. Cette Espagne qui, depuis l'époque des Rois Catholiques, n'a pas hésité à entreprendre ce « grand exploit », selon l'expression de Don José María Pemán, de conquérir de nouveaux mondes et de les évangéliser pour la gloire de Dieu.

    Il ne faut pas oublier que lorsque Christophe Colomb atteignit ce que nous appelons aujourd'hui l'Amérique en 1492, l'écriture, la roue et la notation numérique n'y existaient pas encore. Or, 2 200 ans plus tôt, en Grèce, Hésiode et Homère composaient déjà leurs grands poèmes.

    Ce « mondialisme » – au sens positif du terme – si souvent invoqué aujourd’hui est en réalité le catholicisme . Il implique l’universalité sans perte d’individualité : un Inca est aussi catholique qu’un Aragonais ou un Syrien, et nul ne perd pour autant son identité nationale ou culturelle. Ils relèvent d’un ordre moral qui transcende les frontières et d’un ordre politique qui a accordé aux peuples nouvellement découverts les bienfaits de la chrétienté, ce qui – comme l’a dit Léon XIII – se produit lorsque « la philosophie de l’Évangile gouverne l’État » ( Immortale Dei ).

    Le célèbre débat de Valladolid est considéré comme le premier grand débat philosophico-juridique sur les droits de l'homme. Que révèle cet épisode sur l'autocritique interne de l'Empire espagnol et sa volonté de soumettre le pouvoir à des principes éthiques ?

    Le débat de Valladolid révèle un phénomène unique dans l'histoire des empires : la capacité de soumettre son propre pouvoir à un jugement moral public. Tandis que d'autres empires étendaient leur domination sans se demander s'ils en avaient le droit, la monarchie espagnole suspendit officiellement ses conquêtes afin de consulter des théologiens et des juristes sur leur légitimité.

    Cet épisode témoigne d'une véritable autocritique, et non d'une autocritique fictive : le pouvoir y est reconnu comme non absolu, subordonné au droit naturel et à la loi divine, et les peuples autochtones y sont reconnus comme sujets de droits en raison de leur dignité humaine inhérente.

    Cela ne signifie pas que chaque conquistador ait agi selon ces principes, mais cela démontre que l'idéal normatif de l'empire n'était pas la force brute, mais une conception éthique du pouvoir. Valladolid prouve qu'au moins en théorie, l'Espagne cherchait à gouverner son expansion selon des principes de justice et de conscience, et non selon la logique de la simple force brute.

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  • France : coup de théâtre au Sénat sur la loi de « fin de vie »

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    D'Anne van Merris sur zenit.org :

    Coup de théâtre au Sénat sur la loi de « fin de vie »

    Continuer à se mobiliser pour ne pas « légaliser le principe de donner la mort »

    22 janvier 2026

    En France, le Sénat a vécu un rebondissement impressionnant sur la loi de « fin de vie ». Ce mercredi soir 21 janvier, après six heures de débat houleux, la majorité des sénateurs se sont opposés à l’article central de la proposition de loi.

    S’ils étaient tous d’accord pour dire que personne ne doit mourir dans la douleur – faute de moyens, de soins ou d’accompagnement – ils étaient en revanche très divisés quant à la législation de « l’aide à mourir », qui inclut l’euthanasie et le suicide assisté. 144 sénateurs contre 123 ont ainsi refusé l’article 4 du texte législatif, qui définissait les conditions et les principes de « l’aide à mourir ».

    Plus tard dans la soirée, le Sénat a voté un principe général du « droit opposable au soulagement de la douleur et de la souffrance », mais cela ne remplace pas l’article rejeté. Avec cette opposition, c’est le projet de loi dans son entièreté qui perd de sa substance. Mais le texte sera certainement envoyé à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines, pour une nouvelle lecture.

    « Le désir de vivre est plus fort que le droit à mourir »

    Les catholiques continuent à dénoncer ce projet qui va à l’encontre de toute dignité humaine. Les diocèses, les paroisses, les associations et même les réseaux sociaux s’expriment fortement et invitent la population à prendre conscience de ce danger pour la société.

    Beaucoup ont écrit aux sénateurs pour les alerter sur les questions éthiques liées à « L’aide à mourir ». Le 15 janvier dernier, les évêques de France ont écrit une « tribune » pour « réveiller la conscience » de ceux qui allaient voter. Ils ont rappelé que « ce débat engage notre société dans ce qu’elle a de plus intime et de plus grave : la manière dont elle accompagne ses membres les plus vulnérables jusqu’au terme de leur vie ». « Nous croyons qu’une société grandit, non pas lorsqu’elle propose la mort comme solution, mais bien lorsqu’elle se mobilise pour accompagner la fragilité et protéger la vie, jusqu’au bout. Le chemin est exigeant, certes, mais c’est le seul qui soit véritablement humain, digne et fraternel » écrivent-ils, en soulignant l’importance des soins palliatifs. Enfin, le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, s’est exprimé ce 19 janvier dans une vidéo. « Le désir de vivre est plus fort que le droit à mourir » a-t-il déclaré, en invitant tous les français, et notamment les parlementaires, à se mobiliser pour que « nous n’en venions pas à légaliser le principe de donner la mort. »

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