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Débats - Page 2

  • "La Nef" analyse la décision de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

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    À propos des sacres annoncés par la Fraternité Saint-Pie X

    La Fraternité Saint-Pie X a annoncé le 2 février 2026 son intention de consacrer des évêques le 1er juillet 2026 sans mandat pontifical. 

    Le 12 février a eu lieu à Rome une rencontre entre le cardinal Fernandez, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la foi, et l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, en vue d’ouvrir une voie de dialogue et éviter de nouveaux sacres. 

    Le 18 février, l’abbé Pagliarani et ses assistants ont adressé un courrier au cardinal Fernandez, rendu public le lendemain, maintenant les consécrations épiscopales au 1er juillet, actant qu’un accord doctrinal avec Rome était impossible.

    - Nous soumettons à votre lecture un grand article de François de Lacoste Lareymondie : il s'agit d'une étude canonique répondant aux arguments des supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X qui essayaient de justifier l'acte de nature schismatique que sont des ordinations épiscopales sans mandat pontifical, invoquant notamment l’état de nécessité pour le salut des âmes : à lire ici

    - Dans un autre articlele père Cyrille, moine du Barroux, présente le cas historique intéressant de Mgr de Miollis et du concile de Paris (1811), exemple qui permet de mieux comprendre que l’on ne peut faire des évêques catholiques sans le pape : à lire ici

    - Christophe Geffroy a été interrogé par KTO le 11 février dernier pour analyser les enjeux de l'annonce des sacres : vidéo à regarder ici

    - Christophe Geffroy a été interrogé par RCF/Radio Notre-dame le 12 février, dans le cadre d’un débat avec l’historien Paul Airiau : vidéo à regarder ici

  • Aujourd'hui, fête de saint Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la “pédophilie” au XIè siècle

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    St Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la “pédophilie” au XIè siècle

    Saint Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la pédérastie au XI° s (+ 1072) (63 mn) Comment ce saint moine, confronté à une des pires crises de la papauté et à une des pires décadences du clergé, réussit à extirper les vices de la pédérastie et de la simonie dans le clergé de son temps. Pour cela, il analysa les causes puis désigna le remède : Réduire à l’état laïc tout clerc, fut-il cardinal, coupable de ces vices. Il obtient de la papauté (Léon IX aidé par Hildebrand, futur pape saint Grégoire VII) une réaction adaptée. Sa prédication forte par lettres, sa droiture morale, prépare la réforme grégorienne et la merveilleuse efflorescence de l’Eglise du XIII° siècle.

    Voir ici : https://www.diakonos.be/settimo-cielo/

  • Mgr Schneider répond au cardinal Fernandez au sujet de la FSSPX : les documents pastoraux de Vatican II peuvent être corrigés, seule la Parole de Dieu est immuable

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    D'InfoVaticana :

    Mgr Schneider répond au cardinal Fernandez au sujet de la FSSPX : les documents pastoraux de Vatican II peuvent être corrigés, seule la Parole de Dieu est immuable.

    Près d'une semaine après la réunion de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) au Vatican, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana (Kazakhstan), a exprimé son désaccord avec l'affirmation du cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, selon laquelle les textes du Concile Vatican II « ne peuvent être modifiés ». Il a défendu l'idée que les expressions pastorales peuvent être révisées ou corrigées. Cette information est rapportée par le journaliste Niwa Limbu, du Catholic Herald, dans un message publié sur le réseau social X, où il présente des extraits d'une conversation avec le prélat.

    Lire aussi : Tucho qualifie la rencontre avec la FSSPX de cordiale, mais prévient : « Le dialogue ne se poursuivra que si les ordinations sont suspendues. »

    Schneider soutient que seule la Parole de Dieu est immuable au sens strict. « Seule la Parole de Dieu est immuable. La Bible est inaltérable car elle est la Parole de Dieu », affirme-t-il. Selon lui, la formulation du cardinal Fernández serait « totalement erronée » si elle était appliquée sans distinction aux textes conciliaires.

    Le caractère pastoral du Concile Vatican II

    L’évêque auxiliaire rappelle que saint Jean XXIII, en convoquant le concile Vatican II, a clairement indiqué qu’il ne s’agissait pas de définir de nouveaux dogmes ni de résoudre définitivement les questions doctrinales. Selon Mgr Schneider, le pape a expressément expliqué que le concile avait une finalité explicative et catéchétique, adaptée au langage de l’époque.

    Dans le même esprit, il cite Paul VI, qui aurait réaffirmé que le concile n'avait pas l'intention de proclamer des dogmes ni de définir définitivement des doctrines, mais que son caractère était plutôt « essentiellement pastoral ». Par conséquent, il soutient que les formulations pastorales — puisqu'elles ne constituent pas des définitions dogmatiques — pourraient être améliorées ou corrigées, étant donné leur nature circonstancielle.

    Schneider précise que les dogmes cités par Vatican II, tirés des conciles précédents, ne peuvent être modifiés. Il établit toutefois une distinction entre ces enseignements définitifs et les expressions pastorales propres au contexte historique du concile.

    L'exemple du quatrième concile du Latran

    Schneider mentionne le quatrième concile du Latran (1215), soulignant que certaines de ses dispositions pastorales seraient inacceptables aujourd'hui. Il fait notamment référence à l'obligation imposée à l'époque aux Juifs de porter des signes distinctifs dans les villes chrétiennes, qualifiant cette disposition de forme de discrimination.

    À partir de cet exemple, il soulève la question de savoir si de telles expressions conciliaires peuvent être corrigées. Selon son raisonnement, si l'on admet la possibilité de réviser les formulations pastorales des conciles précédents, on pourrait envisager la même option pour certaines expressions de Vatican II.

    L’évêque souligne ensuite la nécessité d’examiner honnêtement ce qu’il considère comme des « ambiguïtés évidentes et indéniables » dans certains textes conciliaires, et affirme que d’autres conciles œcuméniques ont procédé à des ajustements dans leurs déclarations pastorales.

    La situation de la FSSPX

    Schneider a évoqué la situation de la FSSPX en proposant qu'elle obtienne d'abord une régularisation canonique et que le dialogue doctrinal se poursuive ensuite.

    Selon lui, permettre à la Fraternité de partager sa réflexion pourrait contribuer à clarifier et à préciser les points controversés, pour le bien de toute l'Église. Enfin, il a exprimé son inquiétude face à ce qu'il a qualifié de comportement « dur » et « imprudent » de la part du Saint-Siège dans le traitement de cette question.

  • Sacres épiscopaux : la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X persiste et signe

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    Du site de la Maison généralice de la FSSPX :

    Communiqué de la Maison généralice : réponse de la Fraternité à Rome

    Source: FSSPX Actualités

    Communiqué concernant la réponse du Conseil général de la Fraternité Saint-Pie X à la proposition du Dicastère pour la Doctrine de la Foi.

    Lors de l’entrevue du 12 février dernier entre Monsieur l’abbé Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, et Son Éminence le cardinal Víctor Manuel Fernández, Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, organisée à la suite de l’annonce de futurs sacres épiscopaux pour la Fraternité, ce dernier avait proposé « un chemin de dialogue spécifiquement théologique, selon une méthodologie bien précise, […] pour mettre en évidence les minima nécessaires à la pleine communion avec l’Église catholique », conditionnant ce dialogue à la suspension des consécrations épiscopales annoncées.

    À la demande du Préfet du Dicastère, le Supérieur général a présenté cette proposition aux membres de son Conseil, et a pris le temps nécessaire pour l’évaluer.

    En date du 18 février, Monsieur l’abbé Pagliarani a fait parvenir sa réponse écrite au Cardinal, accompagnée de plusieurs annexes et signée par les cinq membres du Conseil général.

    La question étant désormais du domaine public, en raison de la communication publiée par le Saint-Siège le 12 février, il paraît opportun de rendre également public le contenu de cette lettre et de ses annexes, afin de permettre aux fidèles intéressés de connaître avec précision la réponse apportée. 

    Monsieur le Supérieur général confie cette situation à la prière des membres de la Fraternité et de tous les fidèles. Il demande que la prière du chapelet, ainsi que les sacrifices du Carême qui s’ouvre, soient tout spécialement offerts pour le Saint-Père, pour le bien de la sainte Église, et pour préparer dignement les âmes à la cérémonie du 1er juillet.

    Menzingen, le 19 février 2026

    Lettre de l’abbé Pagliarani au cardinal Fernández

    Annexe I : Lettre de l’abbé Pagliarani à Mgr Pozzo, du 17 janvier 2019
    Annexe II : Ordre et juridiction : inanité de l’accusation de schisme
    Annexe III : Lettre du Cardinal Müller à Mgr Fellay, du 6 juin 2017

  • "Dieu existe : les preuves scientifiques"; une video vue près d'un million de fois

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    De "1000 raisons de croire" :

    Olivier Bonnassies, fondateur de 1000 raisons de croire, vient d’être reçu sur la chaîne YouTube LEGEND pour parler des preuves de l’existence de Dieu et de son livre « Dieu, la science, les preuves ».

    Bientôt 1 million de vues et déjà plus de 8 500 commentaires : cette interview, mise en ligne il y a quelques jours, rencontre un très grand écho, et les réactions sont nombreuses. Cela confirme ce que nous constatons depuis le lancement des 1000 raisons de croire : en France, la question de Dieu n’a rien perdu de sa force.

    En lançant le projet des 1000 raisons de croire, l’un de nos objectifs était précisément de remettre la question de l’existence de Dieu au cœur du débat, avec une approche accessible, rationnelle et lumineuse. Aujourd’hui, ce débat est bien là.

    Comme vous le savez, les réseaux sociaux façonnent une part importante de l’opinion publique. Il est essentiel d’y être présents pour y porter une parole claire, respectueuse, et capable de transmettre la vérité dans la charité.

    Concrètement, nous vous invitons à :

    • regarder la vidéo,
    • la liker et la partager,
    • laisser un commentaire positif et encourageant,
    • et, si vous le pouvez, interagir avec d’autres en répondant avec bienveillance.

    Voici le lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ZiQiRMZ2XQU

    Merci pour votre engagement fidèle et pour votre service de la vérité.

    L’équipe de 1000 raisons de croire

  • FSSPX : comment Léon XIV entend-il aborder l'une des premières crises de son pontificat ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV et l'absorption des crises

    16 février 2026

    La rencontre annoncée entre le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, et le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le père Davide Pagliarani, était très attendue.

    À l'approche de la rencontre, les parties ont toutefois compris que leur conversation serait la première d'une longue série. Il reste à voir comment Léon XIV entend aborder l'une des premières crises de son pontificat.

    Il reste beaucoup de dossiers en suspens du pontificat de François – il suffit de penser au cas du jésuite Marko Rupnik ou à la saga judiciaire en cours au Vatican concernant la gestion des fonds de la Secrétairerie d'État –, mais l'affaire avec la FSSPX est la première crise ecclésiastique « nouvelle » de l'ère léonine.

    La crise traditionaliste n'est pas nouvelle.

    Tous les papes depuis le Concile Vatican II en ont hérité, et son plan général est un vestige d'un débat dépassé depuis plusieurs générations.

    Paul VI s'est retrouvé dans un dialogue dramatique avec le fondateur de la FSSPX, Mgr Marcel Lefebvre, puis le pape Saint Jean-Paul II a dû faire face à la question du schisme créé par les ordinations illégitimes, et Benoît XVI a proposé une ouverture liturgique mais a demandé à la Fraternité de signer un préambule doctrinal que la FSSPX ne pouvait accepter (ou en tout cas, n'a pas accepté). François a accordé des facultés et d'autres accommodements aux prêtres de la Fraternité, mais n'a jamais vraiment pris de mesures pour résoudre les problèmes sous-jacents.

    Léon XIV devra trouver sa propre approche.

    La réunion du 12 février s'est conclue comme prévu, par une promesse de dialogue et une menace de non-dialogue. La promesse de dialogue est celle d'un cheminement doctrinal qui clarifie certaines questions du Concile Vatican II, y compris celles de la FSSPX, afin de définir les exigences fondamentales minimales pour la pleine communion.

    À bien y réfléchir, c'est un peu moins que le préambule doctrinal que Benoît XVI avait demandé de signer.

    Benoît XVI ne pouvait accepter la version de la FSSPX selon laquelle le Concile était un événement historique, mais purement pastoral, et que ses développements pouvaient donc être contestés ou ignorés. Et ce n'était pas parce que Benoît XVI était un progressiste, mais parce qu'il comprenait « le concile des Pères », sa différence avec le « concile des médias » et la nécessité de le défendre malgré l'opinion publiée.

    La menace d'une rupture du dialogue découle du fait que le Saint-Siège a officiellement demandé à la Fraternité de renoncer à toute nouvelle ordination épiscopale et a expliqué – en termes clairs – que toute ordination de ce type provoquerait un schisme, et que ce schisme mettrait fin à tout dialogue.

    Léon XIV a décidé, comme il était naturel, que le Dicastère pour la doctrine de la foi devait se saisir de la question.

    L'absence de la Commission Ecclesia Dei, chargée du dialogue avec la FSSPX depuis les premières ordinations épiscopales de la FSSPX, est quelque chose que les initiés du Vatican ressentent vivement, ou devraient ressentir.

    François a supprimé la commission Ecclesia Dei et a transféré ses responsabilités au Dicastère pour la doctrine de la foi (alors appelé CDF) en 2019.

    Et peut-être qu'une conséquence naturelle sera de rétablir une commission comme Ecclesia Dei, ou au moins un comité de dialogue permanent, précisément pour favoriser délicatement le dialogue. Une commission comme Ecclesia Dei ouvre cependant également la possibilité de rétablir d'autres commissions.

    Au cours du pontificat de François, de nombreuses commissions internes ont été abolies ou abandonnées, tandis que le pape en a formé de nouvelles et provisoires (la CRIOR sur l'IOR, la COSEA sur l'administration, le comité et la commission pour la réforme des communications du Vatican, le Conseil des cardinaux lui-même) et a abandonné celles qui étaient restées actives dans le passé.

    Par exemple, il n'y a pas eu d'autres nouvelles concernant la réunion de la Commission sur la Chine convoquée par Benoît XVI, et Ecclesia Dei a été supprimée avant la répression menée par François contre le mouvement traditionaliste avec le motu proprio Traditionis Custodes et son application ultérieure, qui a effectivement abrogé la libéralisation de l'ancien rite autorisée par Benoît XVI.

    Peut-être aurons-nous donc une nouvelle (ancienne) commission.

    Mais peut-être aussi que la FSSPX décidera de procéder quand même aux ordinations qu'elle a menacé d'effectuer, en se basant sur ce qu'elle considère comme une faille dans le droit canonique, selon laquelle on ne peut encourir l'excommunication si la personne qui commet un acte potentiellement passible de cette peine l'a fait face à une situation grave.

    Il s'agit là d'une appréciation tout à fait subjective, même au sein du Code, raison pour laquelle il a été répété à plusieurs reprises que l'excommunication des évêques lefebvristes, révoquée par la suite par Benoît XVI au milieu d'une grande controverse, n'avait jamais été valide.

    Le fait est que, au-delà des faits et des interprétations subjectifs, lorsque le pape formalise l'excommunication, c'est fait, et il n'y a rien à faire. L'objectif aujourd'hui est d'éviter d'atteindre ce point de rupture, de trouver une forme de dialogue, même si cela signifie prolonger le débat et attendre qu'il soit absorbé.

    Il ne s'agit pas d'une crise décisive pour le pontificat, c'est certain, mais c'est une crise qui en dit long sur le style de gouvernement de Léon.

    Léon procède par les voies institutionnelles – le dicastère compétent – et ne s'engage pas personnellement dans le dialogue, car il ne se sent pas doté du charisme nécessaire pour faire avancer les choses. Il exige que chacun agisse selon la justice.

    Mais surtout, Léon XIV attend.

    Il prend des décisions lorsqu'elles sont inévitables et irrévocables, et c'est pourquoi il réfléchit mûrement avant de se prononcer.

    Reste à voir si c'est la meilleure stratégie pour le monde traditionaliste. Il est toutefois vrai que les adeptes de l'ancien rite sont de plus en plus nombreux et jeunes – il suffit de penser au pèlerinage traditionaliste annuel de Paris à Chartres, qui rassemble des milliers de jeunes traditionalistes. C'est un segment de l'Église qui ne peut être ignoré. En cette période de crise des vocations, le monde traditionaliste peut être un réservoir de nouvelle foi ou la cause d'un schisme et d'une division.

    Le pape devra décider de la marche à suivre, et chaque décision sera une révélation.

  • Le Saint-Siège propose à la Fraternité Saint-Pie X de commencer un dialogue théologique

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    De Delphine Allaire sur Vatican News :

    Le Saint-Siège propose à la Fraternité Saint-Pie X de commencer un dialogue théologique

    Annoncée publiquement il y a une semaine, la rencontre entre le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi et le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X a eu lieu jeudi 12 février au palais du Saint-Office. Le Saint-Siège propose un parcours de dialogue théologique, afin de maintenir «les minimums nécessaires» à la pleine communion avec l’Église catholique, si la Fraternité suspend les ordinations d’évêques annoncées début février sans l’aval du Pape.

    Un parcours de dialogue spécifiquement théologique sous condition de suspendre les ordinations épiscopales annoncées pour le 1er juillet. C’est ce que le Saint-Siège propose à la Fraternité Saint-Pie X ce jeudi. Avec l’approbation du Pape, une rencontre avait lieu ce jeudi matin au Palais du Saint-Office entre le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, et le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX), l’abbé Davide Pagliarani. Ce parcours «à la méthodologie bien précise» établirait les minimums requis pour la pleine communion avec l’Église catholique et identifierait un statut canonique pour la fraternité.

    Un rencontre «cordiale et sincère»

    Un communiqué du dicastère paru à la mi-journée évoque une rencontre «cordiale et sincère» entre les parties. Après avoir éclairci quelques points présentés par la FSSPX en diverses lettres envoyées dans les années 2017-2019, -en particulier la question de la volonté divine concernant la pluralité des religions-, le cardinal Fernandez a proposé une voie de dialogue théologique. Elle concernerait des thèmes «qui n’ont pas encore été suffisamment précisés», comme la différence entre «l’acte de foi» et «l’obéissance de la foi», soit l'obéissance religieuse de l’intelligence et la volonté, ainsi que les différents degrés d’adhésion aux différents textes du Concile œcuménique Vatican II et son interprétation. Le cardinal argentin a également suggéré d’aborder une série de thèmes énumérés par la Fraternité dans une lettre en date du 17 janvier 2019.

    Le risque «d'une rupture décisive»

    Le Saint-Siège rappelle toutefois que l’ordination d’évêques sans mandat du Souverain pontife romain, lequel détient selon Pastor Aeternus (1870), un pouvoir ordinaire suprême, qui est plein, universel, immédiat et direct, impliquerait «une rupture décisive de la communion ecclésiale», soit «un schisme» avec de «graves conséquences pour la Fraternité dans son ensemble», note le dicastère. C’est pourquoi ce dernier propose de suspendre ces ordinations épiscopales annoncées sans l'aval du Pape, pour le 1er juillet 2026.

    Le supérieur général de la FSSPX va présenter cette proposition à son Conseil et donnera sa réponse au dicastère pour la Doctrine de la foi. Si celle-ci est positive, les prochaines étapes et procédures seront décidées et établies «d’un commun accord». Le cardinal Fernandez demande à toute l’Église de prier l’Esprit Saint afin d’accompagner ce chemin à venir.

    «Des moyens de dialogue pouvant aboutir à des résultats positifs»

    Après l’annonce de plusieurs ordinations épiscopales par les Lefebvristes, le Saint-Siège a souhaité éviter toute rupture ou solution unilatérale. Le directeur de la Salle de presse, Matteo Bruni, a expliqué la volonté vaticane «d'identifier des moyens efficaces de dialogue pouvant aboutir à des résultats positifs», le 4 février48 heures plus tôt, la Fraternité annonçait, dans un communiqué, de prochaines consécrations épiscopales le 1er juillet. Le même communiqué faisait également référence à une lettre adressée au Saint-Siège dans laquelle elle exprimait «la nécessité particulière pour la Fraternité d'assurer la continuité du ministère de ses évêques». Le Saint-Siège, expliquait la communauté d’Ecône, a envoyé «une lettre qui ne répond en aucune façon» à leur demandes.

    Trois jours avant la rencontre de ce jeudi au Saint-Office, le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi était reçu en audience privée lundi matin 9 février par le Pape Léon XIV au Palais apostolique.

    Communiqué de la Maison généralice de la FSSPX : entrevue à Rome

  • 20 février prochain, grand débat public : Islam vs Christianisme, le débat ultime. Qui détient la vérité  ?

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    Islam vs Christianisme, le débat ultime. Qui détient la vérité  ?

    Chers amis,

    En lançant le projet 1000 raisons de croire, le dossier en faveur du christianisme nous paraissait tellement convaincant que nous avons invité les athées, les musulmans et tous ceux qui pensent avoir de meilleures raisons que les nôtres à venir en débattre.

    Le 20 février prochain, un grand débat public aura lieu à l’Espace Bernanos (Paris).
    Le meilleur débatteur musulman francophone, Karim Al Hanifi, a relevé le défi. Nous aurons avec lui un débat passionnant et de fond sur les raisons de croire dans le christianisme et dans l’islam.

    La salle est complète depuis plus d’un mois, mais l’essentiel va se jouer en ligne.
    Nous avons besoin de votre aide pour faire résonner largement cet événement.

    Suivre le débat en direct :

    rendez-vous sur notre chaîne YouTube et pensez à cliquer sur la cloche « m’avertir » au bas de l'image pour être prévenu quelques heures avant ce grand débat public.

    L’enjeu est de taille. Aujourd’hui, le christianisme compte environ 2,6 milliards de fidèles et l’islam 2 milliards. Ces deux religions portent des thèses profondément différentes.
    Pour quiconque cherche sincèrement la vérité, un dialogue sérieux, argumenté et sans concession devient incontournable.

    Comment nous soutenir concrètement ?

    1. Diffusez largement ce lien du live à vos contacts.
    2. Abonnez-vous à la chaîne YouTube de notre partenaire Nour Al Aalam et activez la cloche YouTube « m’avertir » pour être notifié dès le début de la retransmission. Ce dialogue avec le monde musulman est pour nous essentiel. Comme le rappelait Benoît XVIle dialogue ne remplace pas l’annonce : il en est le chemin. Si nous voulons dialoguer dans la vérité, nous devons pouvoir expliquer pourquoi les raisons du christianisme nous paraissent les plus convaincantes.

    C’est dans cette perspective que nous marchons main dans la main avec l’Association Nour Al Aalam pour l’évangélisation auprès des musulmans. Leur travail est remarquable et nécessaire. Nous vous invitons à découvrir leurs actions et à soutenir leur mission ici

    Nous espérons vous retrouver nombreux pour ce rendez-vous exceptionnel.

    Bien amicalement,

    Olivier Bonnassies
    et l’équipe des 1000 raisons de croire

  • Fidélité ou unité ? Léon XIV parviendra-t-il à empêcher une nouvelle division au sein de l'Église ?

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    De Damien Wojciechowski sur Opoka :

    Fidélité ou unité ? Léon XIV parviendra-t-il à empêcher une nouvelle division au sein de l'Église ?

    Léon XIV pourra-t-il sauver l'Église comme son grand prédécesseur, Léon le Grand ? Il y a beaucoup de problèmes à résoudre, et il n'est plus possible de suivre la voie du « juste milieu », note frère Damien Wojciechowski, TJ.

    Si nous visitions les musées du Vatican, nous aurions l'occasion d'admirer une immense fresque de Raphaël, peinte vers 1513 dans la Stanza di Eliodoro du Palais apostolique, représentant la rencontre entre le pape Léon Ier (le Grand) et Attila, le chef victorieux des Huns, en 452. Grâce à cette rencontre, Attila empêcha la destruction de Rome et le pape sauva non seulement la Ville éternelle, mais aussi le Saint-Siège, centre de toute l'Église.

    Léon le Grand... avec le visage de Léon X

    Sur la fresque, Léon Ier, auquel Raphaël a donné les traits de Léon X (il avait commandé le tableau), calme et digne, chevauche vers Attila, terrifié par la vision de saint Pierre et saint Paul attaquant ses guerriers, l'épée à la main. En réalité, Léon était probablement moins sûr de lui, ou plutôt, il implorait la clémence d'Attila, qui, bien sûr, ne craignait personne. Malheureusement, Léon X ne sauva pas l'Église. Pape de la Renaissance, il fut mêlé à des intrigues politiques et à des affaires de richesse. Plusieurs cardinaux complotèrent même pour l'empoisonner, et après avoir découvert la conspiration, Léon X condamna l'un d'eux à mort. Pour financer ses dépenses, notamment la construction de la basilique Saint-Pierre, il décida de vendre des indulgences à grande échelle, ce qui provoqua l'indignation de Luther et une division au sein de l'Église qui perdure encore aujourd'hui.

    Depuis lors, chaque pape a été hanté par la crainte qu'une tragédie similaire ne se reproduise de son vivant. Empêcher une nouvelle division au sein de l'Église était sans aucun doute la préoccupation première de Léon XIV.  

    Premier défi : la Fraternité Saint-Pie X

    Les lefebvristes ont annoncé leur intention de procéder à des ordinations épiscopales le 1er juillet 2026. La raison est simple : les évêques ordonnés par Lefebvre lui-même atteignent l'âge de la retraite.

    En 1988, l'archevêque Marcel Lefebvre a consacré des évêques sans l'autorisation du Saint-Siège, s'excommuniant ainsi que les évêques nouvellement consacrés. Selon le droit canonique, tant ancien que nouveau (que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X vénère tant), la consécration épiscopale requiert le consentement du Vatican ; à défaut, le consécrateur entre en schisme et est automatiquement excommunié.

    Le supérieur actuel de la Fraternité invoque un accord avec la Chine, selon lequel les évêques élus par les communistes chinois seraient approuvés par le Vatican. De même, la Fraternité souhaiterait choisir des candidats évêques en dehors de la Congrégation pour les évêques (dont était le chef le pape actuel), et le Vatican serait contraint de les reconnaître. Cet accord avec les communistes chinois était une des mauvaises idées de François, mais il était néanmoins motivé par la préoccupation pour les catholiques vivant en Chine, un État totalitaire qui ne valorise ni la liberté ni l'Église. Les relations avec la Fraternité sont cependant tout à fait différentes – nous n'allons tout de même pas exiger que le pape s'incline devant elle parce qu'elle recourt à la violence ?

    La Société fait référence à la Tradition, mais dans l'Église préconciliaire, personne n'en aurait discuté avec eux, on les aurait seulement réprimandés sévèrement (voir : Vieux-catholiques).

    L'Église, après le Concile, s'est montrée très conciliante, et tous les papes, même François, ont entretenu des relations excessivement proches de la Fraternité Saint-Pierre. À maintes reprises, des papes ont proposé divers compromis, y compris Benoît XVI, qu'on ne saurait soupçonner de progressisme – la Fraternité a systématiquement rejeté toutes ces propositions. Les lefebvristes pourraient coexister pacifiquement avec la Fraternité Saint-Pierre, catholique et traditionaliste, mais ils s'y refusent par simple entêtement et orgueil. Si le pape accepte que la Fraternité consacre ses propres évêques, alors demain, les évêques allemands ordonneront des femmes selon le même principe.

    La Fraternité critique le « pluralisme doctrinal » de l'ère François et les déclarations étranges du cardinal Fernandez (préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi), mais elle exige la même chose : elle accepte tel point de l'enseignement de l'Église et en rejette tel autre, elle adhère à tel autre. La Fraternité souhaite créer une Église parallèle avec sa propre doctrine, des évêques indépendants de Rome, une liturgie différente, etc. C'est précisément ce que veulent les membres du Chemin synodal allemand. Dans les deux cas, le pape ne peut consentir à un tel séparatisme, car cela conduirait au chaos et à la division. Les lefebvristes se comportent comme un enfant capricieux qui n'obéit à ses parents que s'ils cèdent à tous ses caprices. Ils veulent une Église séparée où ils pourraient gouverner en toute indépendance, et en même temps, le pape leur accorderait une orthodoxie inconditionnelle et confirmerait la vertu d'obéissance. Ils usurpent l'infaillibilité papale, se placent au-dessus d'un concile validement convoqué, méprisent le droit canonique et l'autorité du Saint-Siège, et se présentent, par-dessus tout, comme de fidèles serviteurs de l'Église et les gardiens de la Tradition. Ils prétendent qu'il existe un état de nécessité (comme, par exemple, durant la Révolution mexicaine) et que les fidèles n'ont pas accès à des sacrements validement administrés (ce qui expliquerait pourquoi les évêques doivent être ordonnés sans l'accord du Vatican). En réalité, ils se comportent comme une secte qui rejette les sacrements administrés dans l'Église (à l'instar des docètes du christianisme primitif). Il vaudrait mieux pour eux qu'ils élisent leur propre pape, qui approuverait tout à leur place…

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  • "My Voice My Choice" : Grégor Puppinck envoie une lettre à Ursula von der Leyen

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    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Le 25 février 2026, la Commission européenne rendra sa décision sur l’initiative «Ma Voix Mon Choix» (My Voice My Choice). La demande de cette initiative est scandaleuse: financer le trajet des femmes européennes pour avorter où elles le souhaitent.

    Ainsi, une Française enceinte entre 14 et 22 semaines de grossesse, et qui serait donc hors délai légal pour une IVG en France, pourrait voyager aux Pays-Bas et y avorter légalement avec un financement de l’Union européenne (UE). Une Polonaise dont l’enfant serait trisomique et qui souhaiterait avorter pour cette raison, ce qui est illégal en Pologne, pourrait venir en France pour le faire, avec un financement de l’UE.

    À terme, cela aurait pour effet prévisible de détruire toute limite ou prévention à l’avortement pour aligner les législations sur les pays les plus laxistes. C’est d’ailleurs l’objectif assumé des initiateurs de My Voice My Choice.

    Aujourd’hui, Grégor Puppinck, Directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), a envoyé une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne; à Stéphane Séjourné, ancien ministre français et vice-président de la Commission; ainsi qu’aux vingt-cinq autres Commissaires européens pour dénoncer cette stratégie pro-avortement ainsi que l’atteinte à la souveraineté des États sur cette question.

    Vous pouvez vous aussi leur écrire, avec vos mots, votre expérience et votre conviction sur la question de l’avortement:

    ursula.von-der-leyen@ec.europa.eu ; cab-sejourne-contact@ec.europa.eu

    La lettre de l’ECLJ aborde plusieurs questions techniques. Nous avons rappelé l’absence de compétence de l’UE en matière d’avortement et à l’inverse, l’existence d’une compétence pour soutenir la maternité. Nous avons soulevé ce sujet lors d’une conférence au Parlement européen que vous pouvez regarder:

    Cette lettre dévoile aussi les financements de My Voice My Choice, que ses initiateurs ne revendiquent pas parce qu’ils n’en sont pas fiers. Sur ce sujet aussi, nous sommes intervenus au Parlement européen.

    Au cours de ces deux conférences, six femmes avaient témoigné sur leurs IVG. Certains de ces témoignages bouleversants sont rassemblés sur une Playlist de la chaîne YouTube de l’ECLJ. L’une de ces femmes, Charlène, a déposé le 27 janvier 2026 une pétition au Parlement européen, dont l’objet est de «renforcer le soutien à la maternité et protéger la dignité des femmes et des enfants à naître dans l’Union européenne».

    Cette pétition s’appuie sur l’article 33 de la Charte des droits fondamentaux et correspond à un mécanisme prévu à l’article 227 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. La pétition sera examinée par une commission du Parlement européen, qui décidera des suites législatives à lui donner. Deux excellents députés membres de cette commission avaient justement invité Charlène à témoigner au Parlement européen: il s’agit du Maltais Peter Agius (PPE) et de l’Italien Paolo Inselvini (ECR).

    Notre lettre, nos conférences, la pétition de Charlène et les courriels que vous enverrez aux Commissaires doivent montrer à l’UE que la «société civile», si souvent invoquée pour justifier des demandes sociétales, est aussi pro-vie.

    Jusqu’à présent, aucune initiative européenne n’a dépassé les près de 2 millions de signatures de One of us, une pétition de 2014 demandant la protection de l’enfant à naître dès sa conception. La Commission européenne avait alors balayé cette initiative, au motif que l’UE n’avait pas de compétence en la matière. Il serait cohérent qu’elle applique le même principe pour l’initiative: «My Voice My Choice

    Tout ce travail permet:

    ✔ de donner une visibilité médiatique et institutionnelle aux femmes victimes de l'avortement, jusqu'alors ignorées,

    ✔ de rappeler aux élus européens que les États membres de l’Union européenne ne leur ont jamais délégué la compétence de légiférer en matière d’avortement,

    ✔ de plaider en faveur d'une politique de prévention.

    Vous pouvez soutenir notre action en nous aidant à:

    • continuer à financer les déplacements de femmes, comme Charlène, qui témoignent dans les institutions,
    • produire des rapports sourcés et des vidéos pour défendre publiquement la vie pour peser dans le combat culturel,
    • intervenir juridiquement auprès des instances nationales et européennes.

    Merci pour vos dons qui rendent notre plaidoyer possible.

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  • Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale

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    De Stefano Gennarini sur zenit.org :

    Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale

    La proposition d’élargir la notion de genre suscite une vive opposition en Afrique, en Asie et au Vatican

    9 février 2026

    (ZENIT News – Centre pour la famille et les droits humains / New York, 8 février 2026)

    L’ONU s’apprête à définir de nouveaux « crimes de genre » en droit pénal international. Les pays occidentaux souhaitent que cette définition inclue l’opposition à l’avortement et aux questions LGBT par les dirigeants politiques et, éventuellement, par le grand public.  La plupart des pays occidentaux souhaitent que le terme « genre » dans le nouveau traité des Nations Unies sur les crimes contre l’humanité soit élargi afin d’inclure le genre en tant que construction sociale et les questions d’identité sexuelle et de genre. Ils souhaitent également que toute une série de nouveaux crimes fondés sur le genre, tels que « l’apartheid sexuel » et les « violences reproductives », soient inclus dans le traité. 

    Le Saint-Siège et les pays traditionalistes, principalement d’Asie et d’Afrique, se sont opposés à cette initiative au sein d’une commission spéciale de l’Assemblée générale réunie durant les deux dernières semaines de janvier 2026 pour examiner un avant-projet de traité. Ils ont insisté sur la nécessité de définir la notion de genre afin d’empêcher que le droit pénal international ne soit instrumentalisé contre les conservateurs. 

    Les pays traditionalistes ont averti que le nouveau traité ferait de toute opposition aux droits des féministes, des homosexuels et des personnes transgenres un crime international potentiel. Cela inclut le soutien aux lois et politiques protégeant le mariage et la famille traditionnels, toute restriction des droits des personnes homosexuelles et transgenres, ainsi que les inégalités entre les sexes, telles que mesurées par des quotas. 

    Bien que la plupart des débats préliminaires se soient tenus à huis clos, plusieurs interventions ont été publiées sur le site web du comité.  Le dernier jour de la réunion du comité, un délégué irakien a prononcé un discours poignant en faveur de la famille, au nom de plusieurs nations islamiques. Il a soutenu qu’une définition imprécise du genre compromettait la famille telle que définie par le droit international. Il a affirmé que la « famille nucléaire, composée de deux conjoints de sexes opposés et de leurs enfants », constituait une « expérience humaine universelle » et bénéficiait d’une « valeur juridique positive » en droit international. De ce fait, le genre ne pouvait être compris qu’en référence aux deux sexes biologiques, masculin et féminin. 

    La délégation mexicaine, fervente défenseure des droits des personnes LGBT, a immédiatement tenté, sans succès, de faire retirer la déclaration irakienne du compte rendu. Les délégations ayant approuvé la déclaration étaient celles de l’Algérie, du Bahreïn, de l’Égypte, de l’Iran, de la Jordanie, du Koweït, de la Libye, d’Oman, du Pakistan, du Qatar, de l’Arabie saoudite, du Soudan, de la Syrie, de la Tunisie et du Yémen. 

    La délégation burundaise a critiqué la décision de la Commission du droit international, qui a préparé la première version du traité, d’omettre une définition du genre, car cela pourrait conduire à une « application politisée et à une incertitude juridique ».  Le Burundi a demandé que si le terme « genre » est maintenu dans le traité, il soit « clairement et expressément défini comme se référant exclusivement aux deux sexes, masculin et féminin, et que toute interprétation plus large ou évolutionniste soit explicitement exclue ». 

    Le Burundi s’est également opposé à la création de nouveaux crimes fondés sur le genre, tels que « l’apartheid sexuel », arguant que ce concept est trop vague pour être utilisé en droit pénal. « Si nous condamnons fermement toutes les formes de discrimination et d’inégalité historique à l’égard des femmes, toutes les inégalités ne constituent pas des crimes contre l’humanité. » 

    La délégation namibienne a rejeté la justification avancée par la Commission du droit international pour supprimer la définition du genre. La Commission a invoqué des recommandations non contraignantes et les travaux des mécanismes des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme et du Procureur de la CPI, qui établissent de nouvelles obligations visant à reconnaître le genre comme une construction sociale, incluant les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre, en droit international.  La déclaration de la Namibie indiquait que les documents étaient ambigus, car issus de mécanismes ni contraignants ni fiables, et ne pouvaient donc garantir la clarté et la sécurité juridiques nécessaires en droit pénal. La Namibie a affirmé que le nouveau traité devrait continuer d’utiliser la définition précise du genre, à savoir masculin et féminin, telle qu’elle figure dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. 

    Le débat s’est tenu au sein du Comité préparatoire de l’Assemblée générale, chargé d’organiser la conférence diplomatique qui devrait négocier et adopter le nouveau traité en 2029. Les délégations doivent maintenant préparer des amendements écrits à soumettre d’ici le 30 avril de cette année. Le Comité préparatoire doit fixer le règlement intérieur et les dates définitives des conférences diplomatiques d’ici le 15 avril 2027. 

    Parmi les autres pays ayant demandé le maintien de la définition du genre du Statut de Rome dans le nouveau traité figuraient l’Argentine, l’Algérie, le Burkina Faso, le Cameroun, l’Égypte, la Gambie, le Ghana, le Saint-Siège, la Hongrie, l’Iran, la Malaisie, le Nigéria, la Fédération de Russie, le Sénégal, la Turquie et d’autres. Les pays européens et nordiques, ainsi que le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique et la Colombie, étaient favorables à la suppression de cette définition. 

    Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale | ZENIT - Français

  • Léon XIV, entre crise traditionaliste et pensée traditionnelle

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV, entre crise traditionaliste et pensée traditionnelle

    9 février 2026

    Le choix des prédicateurs pour les Exercices spirituels du Carême a toujours revêtu une importance particulière, et le choix du pape Léon XIV d'un évêque trappiste norvégien pour diriger la retraite de cette année à la Curie romaine ne fait pas exception.

    Les papes choisissaient généralement parmi ceux qu'ils tenaient en plus haute estime, souvent avant une mission importante ou une promotion. Dans certains cas, ce choix a même préfiguré l'élection au siège de Pierre.

    Ce fut le cas de Karol Wojtyla, que Paul VI présenta à la Curie en lui demandant de prêcher les Exercices spirituels du Carême de 1974. Ce fut également le cas de Joseph Ratzinger, que Jean-Paul II choisit comme prédicateur pour les Exercices spirituels du Carême de 1983, à son arrivée à Rome.
    Benoît XVI a presque toujours choisi des cardinaux, notamment pour donner plus d'autorité à cette fonction. Le pape François a presque toujours choisi des frères ou des prêtres – même si l'un d'entre eux, le père Angelo de Donatis, est devenu plus tard le cardinal vicaire du pape pour le diocèse de Rome – peut-être aussi pour montrer que le pape savait s'occuper des moins importants et de ceux qui pouvaient causer des problèmes.

    Léon XIV, dans son premier choix, a nommé l'évêque Eric Varden de Trondheim.
    Trappiste à l'esprit traditionnel et à la piété personnelle profonde, Varden apportera à la Curie son expérience de prédicateur.

    Il est peut-être également révélateur que les Exercices se dérouleront cette année dans la chapelle Pauline du Palais apostolique, plutôt que dans la ville d'Ariccia, située sur les collines à l'extérieur de Rome, comme cela a été le cas pendant une grande partie du règne du pape François, ni dans la chapelle Redemptoris Mater du Palais, où ils se sont déroulés sous Jean-Paul II et Benoît XVI. Il se trouve que la chapelle Redemptoris Mater est entièrement décorée d'œuvres de l'artiste célèbre tombé en disgrâce et accusé d'abus sexuels en série, le père Marko Rupnik.

    Le choix de Varden est révélateur en soi.
    Varden est issu d'une famille luthérienne mais largement agnostique. Il s'est converti au catholicisme à l'âge de quinze ans après avoir entendu la symphonie « Résurrection » de Gustav Mahler. Il a une forte spiritualité. Son dernier livre s'intitule « Chastity » (Chasteté) et il est généralement connu pour maintenir un lien fort avec la tradition de l'Église, tout en l'intégrant dans l'époque contemporaine.

    Cette nomination en dit long sur Léon XIV, sa spiritualité personnelle – dont il a déjà identifié la clé dans un livre du frère carmélite du XVIIe siècle connu sous le nom de frère Laurent, compilé à titre posthume par le père Joseph de Beaufort : La pratique de la présence de Dieu – et son désir de ne pas précipiter les choses en matière de tradition et de doctrine de l'Église.

    Le monde est contemporain, mais l'Église n'est pas dépassée. En effet, elle a encore un message de foi puissant à offrir au monde. C'est ce que semble dire le pape en nommant Mgr Varden prédicateur des Exercices spirituels du Carême.

    Le choix de Mgr Varden pourrait être perçu comme un signe rassurant pour ceux qui craignent un pape progressiste ou un second François qui brouillerait les cartes alors que tout semble décidé.

    Trois événements survenus au cours de la semaine dernière pourraient toutefois ajouter une touche de complexité à l'histoire.

    Le premier : la nomination de sœur Raffaella Petrini, présidente du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican, en tant que membre de la Commission pour les affaires confidentielles. La Commission traite de diverses questions, et il est clair que le gouverneur du Vatican doit en faire partie. Pourtant, la présence de sœur Petrini a surpris ceux qui pensaient que Léon XIV mettrait fin à la décision de nommer des femmes à des postes de cardinal.

    La deuxième décision concernait la nomination du cardinal Giuseppe Petrocchi à la présidence de la Commission des cardinaux de l'IOR. Après avoir inclus le cardinal Fernandez Artime – que Léon XIV tenait apparemment en haute estime – dans la Commission, le pape a changé son président à la suite du départ du cardinal Christoph Schönborn de Vienne, qui avait atteint l'âge de 80 ans, et a nommé un évêque qui avait également contribué au Vatican mais qui ne disposait pas d'une expertise spécifique.

    Après avoir apporté plusieurs modifications aux lois financières du Vatican, de nombreux observateurs, dont moi-même, s'attendaient à ce que le pape réintègre le secrétaire d'État du Vatican, qui avait précédemment occupé le poste de président de la commission, au sein de l'IOR. Léon a toutefois décidé de poursuivre dans la voie tracée par le pape François, du moins pour l'instant.

    Le dernier développement notable est le débat qui s'est ouvert avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, les dénommés lefebvristes. Leur supérieur, l'abbé Pagliarani, a déjà annoncé que la FSSPX ordonnerait de nouveaux évêques, même sans le consentement du Saint-Siège. Le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, a déjà exprimé sa volonté d'engager le dialogue, tout en avertissant que si la FSSPX procédait aux ordinations, elle encourrait l'excommunication latae sententiae.

    Pagliarani rencontrera le Dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican le 12 février, et l'on verra s'il mettra son intention à exécution ; plus tard, il se plaindra d'avoir été contraint de le faire par les circonstances.

    La rupture avec le monde traditionnel, ou du moins avec une partie assez radicale de celui-ci, est un test important pour Léon XIV.

    Le pape François n'a jamais réussi à régulariser le statut canonique du groupe lefebvrien, mais il a fait plusieurs concessions à la FSSPX pendant son règne, notamment lors du Jubilé de la Miséricorde en 2016, où la validité de leurs confessions et des sacrements qu'ils administraient a été garantie.

    Léon XIV est confronté à une situation complexe, car les traditionalistes se plaignent de la continuité avec le pontificat du pape François en matière liturgique. Ils déplorent par exemple que l'abrogation par François de la libéralisation du rite ancien par Benoît XVI n'ait pas encore été annulée.

    Léon XIV ne semble toutefois pas être un pape qui aime procéder à des changements radicaux. Il s'efforcera simplement de résoudre la crise. Il a fait savoir qu'il souhaitait faire davantage pour le rôle des femmes dans l'Église, d'où la nomination de sœur Raffaella Petrini comme membre de la Commission pour les questions réservées. Il a décidé d'accorder les autorisations requises par Traditionis Custodes pour la célébration de la messe selon l'ancien rite, comme l'a indiqué Mgr Miguel Maury Buendia, nonce au Royaume-Uni.

    Cela ne signifie pas que Léon XIV soit un progressiste.

    Cela signifie qu'il est un pape qui évite les conflits quand et où il le peut, et qui en absorbe le choc quand et où il ne peut les éviter. Il a sa propre approche de la diplomatie, tant sur le plan interne qu'externe.

    Le choix de Varden, en ce sens, est révélateur. Il indique où bat le cœur du pape. Et maintenant, il s'agit de lui permettre de battre encore longtemps.