Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Débats - Page 251

  • La culture du cannabis : moins écolo que ça...

    IMPRIMER

    De Judikael Hirel sur La Sélection du Jour :

    Le cannabis, une culture tout sauf écolo

    C’est parfois le paradoxe d’une idée préconçue : présenté comme un produit hautement naturel, le cannabis se voit associé à un imaginaire de liberté, de révolte et d’écologie. Mais dans la réalité, le panorama est loin d’être aussi idyllique, et sa culture se révèle en fait des plus génératrice de gaz à effet de serre.

    Ainsi, de plus en plus d’états américains, près d’une quarantaine à l'heure actuelle, ont autorisé l’usage et la culture du cannabis, tant à des fins récréatives que médicales. Avec à la clé, espèrent-ils, de généreuses recettes fiscales engendrées par cette légalisation. Il faut dire que l’industrie du cannabis légal représente désormais plus de 50 milliards de dollars (42 millions d'euros) de chiffre d’affaires outre-Atlantique. De quoi attiser bien des convoitises… Mais jusque-là, nulle étude ne s’était penchée sur la pollution engendrée par ce nouveau type de culture. Une équipe de chercheurs de la Colorado State University a récemment pensé à en évaluer l’impact environnemental, et il est surprenant : selon les conditions de culture et le climat des états, il représente « de 2 283 à 5 184 kg d’équivalent CO2 par kilo de fleurs séchées »Dans les fermes du Colorado, cultiver le cannabis émet même plus de gaz à effet de serre que l’industrie minière : environ 2,6 mégatonnes d’équivalent CO2, contre seulement 1,8 mégatonne pour l’extraction du charbon…

    « La légalisation du cannabis a entraîné une augmentation substantielle de la production commerciale. Cependant l’ampleur de l’impact environnemental de l’industrie n’a pas été pleinement quantifiée », expliquent les chercheurs, dans les colonnes de la revue Nature Sustainability. Or, tant pour éviter les vols que pour contrôler les conditions climatiques propices à la pousse des plans, « une quantité considérable de cannabis légal est cultivée à l’intérieur. » 

    Pourquoi des rejets de CO2 aussi élevés ? La culture du cannabis en intérieur se révèle en fait au quotidien des plus gourmandes en énergie, entre le niveau d’humidité nécessaire à une bonne croissance, les lampes puissantes permettant de créer de la chaleur et des équipements spéciaux tout autant énergivores. « Les émissions de gaz à effet de serre sont en grande partie dues à la production d’électricité et à la consommation de gaz naturel provenant des contrôles environnementaux intérieurs, des lampes de culture à haute intensité et de l’approvisionnement en dioxyde de carbone pour une croissance accélérée des plantes », détaille l’étude. À titre de comparaison, la culture de plants en intérieur peut nécessiter un éclairage 50 à 200 fois plus intense que celui d’un bureau traditionnel, fonctionnant 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

    Moralité : difficile de militer à la fois contre le réchauffement climatique et pour la légalisation de la culture et de la consommation de cannabis !

  • L'évêque d'Anvers indigné par la position romaine sur les unions homosexuelles

    IMPRIMER

    L'homosexualisme a très largement pignon sur rue en Flandre, y compris dans les milieux ecclésiastiques. La déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur les unions homosexuelles a suscité l'ire de Mgr Bonny, évêque d'Anvers. Et il n'est pas seul. Les journaux flamands publient diverses interventions allant toutes dans le même sens, jusqu'à réclamer la fin des subsides pour une institution (l'Eglise) coupable de discrimination. On ne s'étonne guère de ces prises de position quand on voit le premier ministre lui-même faire flotter le drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBTQ au 16 de la rue de la Loi.

    Mgr Bonny sur De Standaard, p. 34 (extrait) :

    "Comment je me sens après le communiqué ? Mal. Je ressens une honte par procuration pour mon Église, comme l'a dit la ministre Hilde Crevits (CD&V) sur Twitter. (*) Et surtout, je ressens une incompréhension intellectuelle et morale. Je tiens à m'excuser auprès de tous ceux pour qui cette réponse est douloureuse et incompréhensible : les couples homosexuels de foi et d'engagement catholique, les parents et grands-parents de couples homosexuels et leurs enfants, les agents pastoraux et les conseillers des couples homosexuels. Leur douleur pour l'Église est la mienne aujourd'hui. ... Les couples gays ne sont pas dignes de participer à une prière liturgique sur leur relation, ou de recevoir une bénédiction liturgique sur leur relation. De quelle arrière-boutique idéologique provient cette déclaration sur la 'vérité du rite liturgique' ?". ... Ce communiqué n'est pas un exemple de la manière dont nous pouvons parcourir un chemin ensemble. Le document sape la crédibilité à la fois de la 'voie synodale' pour laquelle le pape François plaide, et de l'année de travail annoncée avec Amoris laetitia." 

    (*) "L'homosexualité n'est PAS un péché. J'éprouve une honte indirecte devant la déclaration du Vatican. Cela doit cesser !"

  • La nomination de Mgr Bordeyne ou quand l'Institut Jean-Paul II tourne définitivement le dos à Humanae Vitae

    IMPRIMER

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Adieu « Humanae vitae ».  Son fossoyeur arrive.

    (S.M.) Je reçois et je publie.  L’auteur de la note, Thibaud Collin, est professeur de philosophie au Collège Stanislas de Paris et a publié des essais importants sur les théories du « gender », le mariage homosexuel et la laïcité politique.  Son dernier livre, datant de 2018, s’intitule : « Le mariage chrétien a-t-il encore un avenir ? ».

    Le point de départ de sa réflexion, c’est la récente nomination de Philippe Bordeyne, 61 ans, théologien moraliste, recteur de l’Institut catholique de Paris, comme président de l’Institut théologique pontifical « Jean-Paul II » pour les Sciences du mariage et de la famille, en remplacement de PierAngelo Sequeri.

    Il entrera en fonction en septembre.  Et cela marquera une volte-face radicale de l’Institut qui porter le nom de Jean-Paul II, mais qui est toujours plus éloigné de l’enseignement du pape qui l’a fondé et de son prédécesseur Paul VI.

    Le tremblement de terre qui a chamboulé l’Institut en 2018 est l’œuvre de son Grand Chancelier, l’archevêque Vincenzo Paglia, sur mandat du Pape François, visiblement au grand dam du pape émérite Benoît XVI.

    Mais le président Sequeri était resté en place – un théologien d’une valeur reconnue et non suspect de conservatisme – pour porter courageusement la flamme d’une interprétation de l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI fidèle à son sens originel :

    > Surprise. Un des hommes de François défend “Humanae vitae”

    Mais aujourd’hui, ce dernier garde-fou vient de tomber.  Bordeyne se bat depuis des années pour le dépassement de cette encyclique et une nouvelle approche de la théologie de la famille qui, pour lui – et selon lui, pour le Pape François également – « ne s’arrête pas au triangle petit-bourgeois d’un père, un mère et des enfants », mais qui « est le lieu où chaque individu grandit comme une personne en relation », et donc « mépriser les famille différentes, ce serait aussi mépriser ce travail de socialisation » (interview à « La Croix », 8 avril 2016).

    La parole au professeur Collin.

    Mais alors qu’on l’appelle Institut « Amoris Laetitia »

    par Thibaud Collin

    La nomination annoncée de Mgr Philippe Bordeyne, actuel recteur de l’Institut Catholique de Paris, au poste de président de l’Institut Jean-Paul II est la dernière étape de la refondation opérée par Mgr Paglia et par le Pape François de cette institution explicitement voulue par saint Jean-Paul II et fondée par Carlo Caffarra. Cela confirme que cette refondation est bien une révolution.

    Lire la suite

  • Faire face au "wokisme"

    IMPRIMER

    De Mathieu Bock-Côté sur le site de La Nef :

    Résister au « wokisme »

    Le wokisme est apparu aux États-Unis vers 2010 et y impose sa vision racialiste par une formidable manipulation du langage. Ultime avatar du politiquement correct, il se développe en France et représente une véritable menace pour la liberté d’expression.

    Il y a peu de temps encore, le mot woke semblait appartenir au vocabulaire réservé aux campus américains, et même, aux plus radicaux d’entre eux. Il désignait une frange particulièrement active d’étudiants américains se croyant en croisade pour la justice sociale, et plus particulièrement portés sur les questions de « race » et de « genre », et résolus, en quelque sorte, à mener un procès définitif contre le monde occidental, et plus particulièrement, contre l’homme blanc qui l’incarnerait dans toute son abjection. Cette mouvance était reconnue pour son extrémisme, et même, pour son fanatisme, convaincue qu’elle était, et qu’elle est encore, d’avoir le monopole du vrai, du juste et du bien. Barack Obama, en 2019, avait mis en garde les étudiants s’en réclamant : il voyait bien que la prétention qu’ils avaient d’être éveillés, devant une masse endormie, ou éclairés, devant un peuple enfoncé dans les ténèbres venues du passé, ne pouvait que multiplier les tensions dans une société déjà très polarisée. Homme de gauche, assurément, Obama a néanmoins cherché à rappeler à ces jeunes esprits que la nature humaine est trouble, et qu’on ne saurait réduire le conflit social à un combat entre le bien et le mal.

    À certains égards, on verra dans le wokisme la nouvelle vague du mouvement associé au politiquement correct, qui dès les années 1980, a voulu décoloniser l’université américaine et ses savoirs en en finissant avec la figure du Dead White Male. Homère, Platon, Aristote, Shakespeare et tant d’autres devaient y passer : leur présence écrasante aurait contribué à la marginalisation des savoirs et perspectives minoritaires, à partir desquels il serait possible de mener une révolution épistémologique et politique contre la civilisation occidentale. Un nouveau rapport au monde devait s’imposer. Il était bien vu, à l’époque, de s’en moquer, et de se rassurer en se répétant que cette mode était destinée à passer. On voulait même croire, à Paris, que cette lubie ne traverserait pas l’Atlantique. Il n’en fut rien. Absolument rien. Le politiquement correct s’est institutionnalisé à travers la multiplication des départements et champs d’études universitaires essentiellement fondés sur la répudiation de la civilisation occidentale. Il fait désormais la loi dans l’université américaine. Le wokisme est le point d’aboutissement de cette mouvance, et il n’est plus permis de le croire marginal.

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • Irak : le pape a laissé derrière lui "des chrétiens ravis mais sans illusion"

    IMPRIMER

    De L'Orient - Le Jour :

    Après la visite du pape, des chrétiens ravis mais sans illusion

    "Il ne nous faut pas que des journées nationales, les grandes théories doivent être transformées en actes. Jusqu'ici on n'a ressenti aucun changement dans notre vie de tous les jours", déclare le père Nadheer Dakko.

    La première visite d'un pape en Irak a ravi les chrétiens de ce pays à écrasante majorité musulmane où nombre d'entre eux ont été persécutés, mais sa venue et ses appels à la liberté religieuse ne changeront rien, estiment des fidèles sans illusions.

    C'est le cas de Wajdane Nouri qui ne veut surtout "pas oublier la joie" apportée par François à Bagdad, mais après des années "d'injustice", cette chrétienne ira bientôt rejoindre ses filles aux Etats-Unis. Dans la cathédrale Saint-Joseph où elle anime depuis longtemps la chorale et d'autres activités, tout porte encore la trace du pape argentin : immenses posters à son effigie, tapis rouge d'honneur et bouquets en masse... Le souverain pontife est entré dans l'histoire le 6 mars en prononçant une messe dans la capitale ravagée depuis 40 ans par des guerres, crises économiques et autres affrontements confessionnels. Auparavant, il a prié dans une église théâtre il y a dix ans du pire attentat anti-chrétiens en Irak. Mme Nouri a vécu toutes ces années de disette et de peur, et après "les persécutions et les injustices, il faut tirer des leçons", estime cette quinquagénaire. Pour elle comme pour les 400.000 chrétiens d'Irak, les mots du pape sur le fait que personne ne devrait être un "citoyen de deuxième classe" ou sur "la plaie de la corruption", ont particulièrement résonné. Leurs griefs, le souverain pontife en personne les a prononcé à haute voix.

    Mais en 20 ans, la communauté chrétienne est passée de 6% à 1% de la population irakienne. Et il faudra lancer de grands chantiers pour stopper l'hémorragie, prévient le père Nadheer Dakko, prêtre à Saint-Joseph.

    Le grand ayatollah chiite Ali Sistani a dit œuvrer pour que les chrétiens d'Irak vivent "en paix" et avec "tous leurs droits constitutionnels", et le Premier ministre Moustafa al-Kazimi a décrété une "journée de la tolérance". Mais "il ne nous faut pas que des journées nationales, les grandes théories doivent être transformées en actes. Jusqu'ici on n'a ressenti aucun changement dans notre vie de tous les jours", déclare à l'AFP le père Dakko.

    Lire la suite

  • Enquête | Catholiques, Covid19, et exercice du culte effectif et responsable

    IMPRIMER

    Enquête | Catholiques, Covid19, et exercice du culte effectif et responsable
     
    NL versie : https://forms.gle/gXU9GZNXqc8dtLcZ9

    Durée: 2-3 minutes

    Cette enquête est une initiative d’un collectif de parents catholiques de différents diocèses belges fortement préoccupés par la difficulté de transmettre la foi à leurs enfants en étant (trop souvent) privés de la messe.

    Après 1 an, et rien n’indiquant que nous allons prochainement pouvoir être considérés comme des citoyens responsables*, le moment semble opportun pour clarifier la position de tous les catholiques sur cet enjeu, dans le but d’encourager nos représentants à porter haut et fort notre voix grâce à une meilleure connaissance de notre position et à l’assurance de notre soutien et de nos prières.

    Les résultats seront communiqués à la conférence des évêques de Belgique d'ici le dimanche des Rameaux.
     
    PARTICIPER A L'ENQUETE

    Nous contacter: : info.enquete.covid19@gmail.com

    * Le Premier Ministre De Croo déclarait le 11 mars que les messes à l'intérieur serait envisageables en mai à condition d'effectuer des tests rapides.

  • Arlon : un cercueil vide à la messe dominicale

    IMPRIMER

    De L.T. sur la Dernière Heure Luxembourg:

    Arlon : une messe avec un cercueil vide

    Quand l’Eglise mène une action pour protester contre les décisions gouvernementales…elle frappe fort !

    Culte et Culture, même combat. Voilà ce qu’il faut retenir de cette action symbolique organisée ce dimanche à Arlon. Car c’est un signal fort de l’Eglise avec cette intervention du Doyen arlonais, Pascal Roger. 

    Comme à Bertrix quelques jours avant, les messes célébrées ce week-end à l’église St-Martin à Arlon ont été faites avec un…cercueil vide dans le chœur de l’église. Un objet symbolique pour protester. « Contre quoi ? Les mesures sanitaires imposées depuis trop longtemps par nos élus. 50 personnes admises pour les funérailles, 15 pour les autres célébrations. Pendant ces jours de pandémie, les cultes, comme on les désigne officiellement, n’ont guère voix au chapitre. Pourtant, l’actualité touche directement leur raison d’être : le sens de la vie, la cruauté de la mort, l’épreuve de la souffrance…Les dernières décisions du Comité de concertation manifestent non seulement leurs incohérences mais, une fois encore, le mépris des cultes et de la culture, l’autre secteur jugé non essentiel depuis trop longtemps. En outre, elles confirment une indifférence insupportable réduisant l’être humain à une mécanique dépourvue d’esprit. Réduits à la catégorie du non essentiel, culte et culture ne sont pas pris en considération », dit-il. 

    Un message de colère qui ne laisse pas de marbre. Comme on dit, si même l’Eglise s’en mêle, c’est que la situation est grave… « Il est temps de sortir de ce silence assourdissant. Bravo aux artistes qui se sont fait entendre au risque d’encourir des soucis avec la justice. Alors que les chrétiens se préparent à Pâques, sommet de l'année liturgique et plus grande fête chrétienne, les autorités du pays n’envisagent aucun ajustement de bon sens quant aux normes en vigueur pour l’exercice des cultes. Allons-nous rester silencieux et une fois encore faire le gros dos ? Personnellement, je ne veux plus me taire devant les incohérences des mesures et le mépris dont culte et culture sont l’objet », conclut-il.

     Les paroissiens présents ont applaudi l’initiative. Comme ils nous l’ont aussi rappelé, rares ont été les Elus/personnalités issu(e)s du monde politique à avoir fait le déplacement pour soutenir cette démarche… « Trop occupés à poster des photos d’eux en train de faire le carnaval », lance même, ironiquement, une fidèle.

  • Y a-t-il une idéologie commune des médias ?

    IMPRIMER

    Nous  remercions Paul Vaute, licencié-agrégé en histoire et en communication, et journaliste professionnel honoraire, de nous partager cette étude éclairante et documentée sur le monde médiatique :

    Y A-T-IL UNE IDÉOLOGIE COMMUNE DES MÉDIAS ?

       Selon l'expression consacrée, le réalisateur verviétois Bernard Crutzen a fait le buzz en quelques jours, fin janvier, avec son documentaire intitulé Ceci n'est pas un complot, diffusé sur Internet [1]. Le succès ne s'est pas démenti depuis. Consacré au traitement par les médias de l'actuelle crise sanitaire, ce film de septante minutes entend démontrer que la plupart des journalistes se sont faits, en la matière, les relais des autorités politiques, sans distance et sans critique. La thèse de l'auteur, telle qu'il l'expose, est que "le traitement médiatique déroule le tapis rouge pour ceux qui rêvent d'une société hygiéniste et sécuritaire, pour laquelle nous n'avons pas voté".

       Il est bien sûr légitime et même salutaire de dénoncer les outrances anxiogènes auxquelles cèdent trop souvent des professionnels de l'information – ainsi d'ailleurs que des non-professionnels opérant dans les réseaux sociaux. Mais leurs motivations et les effets qu'ils produisent, escomptés ou non, sont beaucoup plus complexes et plus diversifiés que Crutzen ne l'envisage. Les médias, publics comme privés, sont notamment en quête d'audience et leurs gestionnaires savent depuis Marshall McLuhan, et même avant, qu'il est plus rentable de s'adresser au cerveau droit des individus, celui des émotions, qu'à leur cerveau gauche, celui de la raison.

       Plus fondamentalement, si une méfiance assez généralisée entoure aujourd'hui la presse, la radio et la télévision – pour s'en tenir aux trois piliers encore provisoirement principaux –, ce n'est que partiellement en raison de leur allégeance supposée au pouvoir, ou à l'opposition, ou à tel ou tel parti ou obédience. Les influences économiques et politiques, armées des leviers de la publicité et des subventions, existent certes, et on a plus de chance de trouver le Graal à Walibi qu'un journal totalement indépendant dans nos press shops. Mais il existe, malgré tout, encore un peu de pluralité. Ainsi, on ne peut pas dire que les objections aux mesures de confinement ou à leur trop grande sévérité, venant entre autres des acteurs économiques et culturels, n'ont pas été répercutées. On ne peut pas prétendre que les situations de détresse engendrées par lesdites mesures n'ont pas trouvé écho. Dans un autre registre, on ne peut pas soutenir que les faits de corruption, de faux, d'abus de biens sociaux…  dont se sont rendus coupables des personnalités de toutes couleurs en Belgique n'ont pas reçu une couverture médiatique proportionnée à leur importance.      

       Ce qui est ici en cause n'est pas une question d'adhésion ou d'indocilité au "système", et pas davantage de dosage dans la parole donnée aux différentes structures idéologiques et convictionnelles. Ce fut trop souvent la limite des débats portant sur l'objectivité à la RTB(F), récurrents à partir des années '70 du siècle dernier. Il s'est trop souvent agi de calculs d'apothicaire quant aux temps d'antenne accordés aux représentants et aux positions des différents partis, le tout pondéré selon les heures de haute ou de basse écoute, sans oublier l'ordre de passage des avis contradictoires (à qui le dernier mot ?). Ces critères quantitatifs ne permettent pas d'appréhender des modi operandi beaucoup plus subtils. Car le militantisme implicite de maints ténors du micro ou du petit écran n'est pas celui des tribunes électorales. Il se soucie beaucoup moins de la composition des futures enceintes parlementaires que de promouvoir une vision des enjeux sociaux, sociétaux, culturels, éthiques, internationaux..., notamment par la hiérarchisation des sujets traités, les angles de vue, les montages, les rapprochements suggérés, jusqu'au choix même des mots et aux signes non verbaux.

    Lire la suite

  • Des mesures inappropriées à la Basilique Saint-Pierre de Rome

    IMPRIMER

    Pope Francis celebrates Mass for the Solemnity of Pentecost at the Altar of the Chair inside St. Peter's Basilica, on May 31, 2020.

    Du cardinal Burke (en traduction française sur le blog de Jeanne Smits) :

    Le 12 mars 2021, la Première Section (Affaires générales) de la Secrétairerie d’État du Pape François a publié un document contenant certaines dispositions relatives à la célébration de la Sainte Messe dans la Basilique papale Saint-Pierre au Vatican. Le document est adressé au Commissaire Extraordinaire de la Fabrique de Saint Pierre (Commissario Straordinario della Fabbrica di San Pietro), à l’institut canonique chargé du soin de la Basilique papale, aux Chanoines du Chapitre du Vatican (Canonici del Capitolo Vaticano), et au Service des célébrations liturgiques de la Basilique (Servizio Celebrazioni liturgiche della Basilica). Tant la forme que le contenu du document soulèvent à juste titre les préoccupations les plus profondes des fidèles et, surtout, des prêtres. Ces préoccupations relèvent non seulement à la Basilique papale Saint-Pierre, mais aussi de l’Église universelle, dans la mesure où la Basilique papale Saint-Pierre est, d’une manière particulière, le foyer spirituel de tous les catholiques et, en tant que tel, se doit d’être un modèle de discipline liturgique pour les Églises particulières.
     
    En ce qui concerne la forme du document, plusieurs préoccupations se font jour.
     
    1.  Il s’agit d’un document non signé de la Première Section de la Secrétairerie d’État, sans numéro de protocole, et qui légifère sur l’aspect le plus sacré de la vie de l’Église, la célébration de la Sainte Messe. Il porte le sceau de la Première Section avec des initiales. Bien que le document semble être authentique, c’est-à-dire non falsifié, il ne peut être tenu pour un document contenant une législation valide pour la Sainte Liturgie.
     
    2.  La Secrétairerie d’État n’est pas compétente pour la discipline liturgique de l’Église et, en particulier, pour la discipline liturgique à la Basilique Saint-Pierre au Vatican. A juste titre, on se demande par quelle autorité la Secrétairerie d’Etat a émis des directives qui sont contraires à la discipline de l’Eglise universelle. On peut également se demander quel processus a été suivi pour arriver à la publication d’un document d’une telle anomalie.
     
    3.  Étant donné l’incompétence de la Secrétairerie d’État en la matière, les fidèles ont le droit de savoir quelle autorité compétente a donné mandat à la Secrétairerie d’État de légiférer en matière de Sainte Liturgie, c’est-à-dire d’émettre des directives concernant la célébration de la Sainte Messe dans la Basilique papale Saint-Pierre.
     
    4.  La basilique pontificale Saint-Pierre au Vatican a désormais un cardinal archiprêtre, mais le document en question ne lui est pas officiellement communiqué. Il n’est pas non plus fait référence à sa responsabilité en matière de discipline liturgique dans la basilique qui lui est confiée.
     
    Le contenu du document est également source de profondes inquiétudes.

    Lire la suite

  • Covid19 et célébrations du culte en Belgique: les évêques rencontreront le ministre de la Justice

    IMPRIMER

    Lu ce 12 mars sur « Cathobel » :

    « Les évêques de Belgique rencontreront à nouveau le ministre de la Justice la semaine prochaine concernant l’organisation des célébrations. Voici leur message.

    « Il y a un an, le coronavirus envahissait notre monde. En Belgique, nous avons été et sommes fortement touchés : des décès, des malades, une société en confinement depuis des mois, en raison des règles sanitaires imposées par les chiffres de la contamination. Aucun secteur n’échappe à ces contraintes qui ont causé de graves problèmes familiaux, personnels, culturels, sociaux, économiques et spirituels. Les cultes, à l’arrêt pendant des semaines, ont pu reprendre doucement.

    Suite aux dernières décisions gouvernementales, 15 personnes sont admises dans les lieux de culte pour les célébrations ordinaires, et 50 personnes sont admises pour les funérailles. Lors de la dernière rencontre entre les chefs de culte et le Ministère de la Justice (10.03.2021), les chefs de culte n’ont pas manqué de redire leur désir, déjà envoyé par écrit, que les célébrations puissent se dérouler avec un nombre de personnes proportionnel à la superficie du lieu de culte.

    Les évêques et les chefs de culte rencontreront à nouveau les autorités civiles la semaine prochaine. Ils parleront des mesures concrètes et des conditions pour célébrer avec 50 personnes à l’extérieur. 

    SP avec CP »

    Ref célébrations du culte en Belgique: les évêques rencontreront le ministre de la Justice

    Mais ne nous berçons pas trop d’illusion sur l’ouverture d’esprit du Ministre Van Quickenborne, qui a ses limites. Lire, de Sarah Poucet sur le site Cathobel, le compte rendu de cet échange significatif entre le député Michel de Maegd et le Ministre de la Justice, hier, 12 mars 2021 :

    « Le député MR Michel de Maegd a interpellé le ministre de la Justice sur la limitation de personnes présentes aux célébrations. Il appelle à des mesures cohérentes.

    En séance de la Chambre, le député libéral Michel de Maegd a questionné Vincent Van Quickenborne, en charge des cultes, sur la pertinence des mesures en vigueur. En effet, il ne comprend pas la logique derrière la jauge de 15 personnes. « Limiter à quinze le nombre de fidèles, quelle que soit la taille de l’église, de la synagogue, de la mosquée, c’est un non-sens en termes sanitaires, tout comme d’ailleurs accepter cinquante personnes à des funérailles mais seulement quinze pour les autres cérémonies. En réalité, ce qu’il faut, c’est une norme acceptable et, pour qu’elle soit acceptable pour les fidèles, les pratiquants, il faut qu’elle soit compréhensible en fonction des mètres carrés, tenant compte spécifiquement du risque de transmission du virus qui serait objectivé par les scientifiques. » a-t-il déclaré. Ainsi, il a encouragé le ministre a modifier la norme au profit d’une jauge proportionnelle au nombre de mètres carrés comme le demandent plusieurs responsables des cultes.

    Cela ne semble toutefois pas être à l’agenda du ministre de la Justice qui a rappelé s’être concerté plusieurs fois avec les chefs de culte. Il souligne avoir demandé explicitement que les cultes soient ajoutés au culturel et à l’évènementiel, dans les autorisations d’activité en plein air. « Donc, à partir du 1er avril, les cultes collectifs seront autorisés à l’extérieur avec un maximum de cinquante personnes à la fois. Comme convenu avec les représentants des cultes, nous leur accorderons des assouplissements dès que cela sera possible. Les assouplissements pour les activités intérieures, y compris l’augmentation de la limite de quinze personnes pour les services de culte collectifs à l’intérieur – par exemple, la présence d’une personne par dix mètres carrés, comme vous le proposez – seront prévues, dès le mois de mai. Nous devons encore discuter des modalités à ce sujet. »

    Ref. Michel de Maegd remet en question la limitation de 15 personnes

    JPSC

  • Les juifs ont été le tabou de tout le voyage du Pape François en Irak

    IMPRIMER

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Pourquoi, en Irak, le Pape a dû se taire sur les juifs

    Sur la photo prise dans la plaine de Our le matin du 6 mars, on peut voir des musulmans et des représentants des autres religions s’afficher aux côtés du pape François, mais pas de juifs.  Et pourtant, ils auraient pu être là, d’autant que le jour choisi – intentionnellement – pour cette grande rencontre entre « Fils d’Abraham » tombait un samedi.

    Les ruines de ce qu’on appelle la Maison d’Abraham se trouvaient pourtant à quelques pas, mais aucun des participants à la rencontre n’a eu une seule parole pour ce peuple d’Israël, fils aîné d’Abraham, qui a habité pendant des siècles sur la terre des deux fleuves.  Le Pape est le seul, dans son discours et ensuite pendant la prière, tout comme les autorités politiques de Bagdad, à avoir fait une allusion rapide à un « nous » qui rassemblait judaïsme, christianisme et islam dans une même fraternité.  Avant de se corriger, dans le discours de bilan du voyage, le 10 mars à Rome, et de reconnaître qu’à Our, il n’y avait que des chrétiens et des musulmans.

    Les juifs ont été le tabou de tout le voyage du Pape François en Irak.  Un silence d’autant plus impressionnant que ce voyage avait été conçu dès son origine, avec Jean-Paul II, comme un retour géographique et spirituel à la source commune des trois religions monothéistes, toutes les trois avec un même père : Abraham.

    La censure antisémite est d’autant plus marquante dans le contexte actuel de ces « accords d’Abraham » politiques qui, dernièrement, ont vu certains pays arabes sunnites, des Émirats aux Maroc, faire la paix avec Israël.  Des accords auxquels l’Irak et plus encore son voisin l’Iran sont fortement hostiles, pour des raisons géopolitiques mais surtout religieuses – parce que tous deux à dominance musulmane chiite -, et cela laisse entendre comment les diplomates du Vatican et le Pape lui-même se sont pliés à leurs volontés, notamment dans le but de garantir la sécurité du voyage, au cours duquel les milices chiites d’obédience iranienne ont effectivement observé une trêve.

    Lire la suite

  • "Spiritus Domini" : une étape vers le sacerdoce des femmes ?

    IMPRIMER

    De l'abbé Christian Gouyaud sur le site de La Nef :

    Vers le sacerdoce des femmes ?

    Par un motu proprio publié le 11 janvier 2021, Spiritus Domini, le pape François a modifié le Code de Droit canonique pour permettre l’accès des femmes aux ministères de lecteur et d’acolyte, ce qui se faisait déjà dans la pratique. Est-ce une étape vers le sacerdoce des femmes ? La réponse est non. Analyse.

    Des ordres mineurs et du sous-diaconat aux ministères institués

    Le 15 août 1972, par son motu proprio Ministeria quaedam, le pape Paul VI déconnecte certaines fonctions liturgiques de la progression vers le sacrement de l’ordre, en particulier le lectorat et l’acolytat, jusque-là considérés comme des « ordres mineurs », pour les conserver à titre de « ministères » dont la collation ne sera plus une « ordination » mais une « institution ». Il précise que le lectorat et l’acolytat incluent en eux-mêmes le sous-diaconat et que, n’étant plus réservés aux candidats au sacrement de l’ordre, ils peuvent être aussi confiés à des laïcs.

    Pour comprendre la portée du changement opéré par Paul VI, rappelons qu’Eusèbe de Césarée, citant une lettre du pape Corneille datée de l’an 251, atteste d’une hiérarchie bien établie dans l’Église romaine, qui comprend, avec les évêques, les prêtres et les diacres, des sous-diacres, des acolytes, des lecteurs et des portiers (cf. Histoire ecclésiastique, VI, 43, 11). Le concile de Trente tient qu’il « convenait […] qu’il y eût, dans la structure parfaitement ordonnée de l’Église, plusieurs ordres différents de ministères, qui seraient, par leur fonction, au service du sacerdoce, répartis de telle sorte que ceux qui auraient reçu la tonsure cléricale s’élèvent des ordres mineurs aux ordres majeurs ». Le même concile relève aussi que « dès le début de l’Église, on sait qu’ont été en usage, bien qu’à des degrés divers, les noms des ordres suivants et les ministères propres à chacun d’eux : sous-diacres, acolytes, exorcistes, lecteurs et portiers ». Il n’en reste pas moins que ces « ordres » n’étaient pas d’institution divine mais ecclésiastique et qu’il ne s’agissait pas de sacrements mais seulement de sacramentaux.

    De la réserve des ministères institués aux hommes à leur extension aux femmes

    En raison cependant de la « vénérable tradition de l’Église », Paul VI tient que l’institution au lectorat et à l’acolytat est « réservée aux hommes ». Entre-temps, ces fonctions ont de fait été exercées aussi par des personnes de sexe féminin : lectrices et/ou servantes de messe. Concernant ces dernières, la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, dans une lettre du 15 mars 1994, adressée aux présidents des Conférences épiscopales, tout en rappelant qu’« il sera toujours opportun de suivre la noble tradition du service de l’autel confié à de jeunes garçons », admet qu’un évêque, pour des raisons particulières, puisse autoriser dans son diocèse l’accès des femmes au service de l’autel.

    Lire la suite sur le site de La Nef