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Débats - Page 311

  • Jusqu'où l'État peut-il intervenir dans les affaires de l'Église ?

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    D'Odon de Cacqueray sur le site de l'Homme Nouveau :

    Mgr Dominique Lebrun : jusqu'où l'État peut-il intervenir dans les affaires de l'Église ?

    Mgr Dominique Lebrun : jusqu'où l'État peut-il intervenir <br>dans les affaires de l'Église ?

    Les fidèles catholiques devront-ils vraiment attendre le 2 juin pour accéder aux sacrements ? N'est-il pas possible de mettre en place des mesures sanitaires ? L'État est-il légitime lorsqu'il interdit l'exercice du culte ? De nombreuses questions se posent en cette période exceptionnelle mais les mesures adoptées par le gouvernement à cause du Coronavirus mettent en lumière des questions plus profondes, justement sur l'articulation des autorités politique et religieuse comme par exemple la difficulté que pose l'obligation du mariage civil avant le mariage religieux. 

    Entretien avec Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen
    Propos recueillis par Odon de Cacqueray

    Lors d’échanges préalables aux annonces du Premier Ministre, Mgr Éric de Moulins-Beaufort a transmis les propositions de la Conférence des évêques de France. Avez-vous l’impression qu’elles ont été prises en compte ? 

    Au moment où le Premier Ministre a parlé, il n’a pas évoqué ces échanges préalables. D’où une grande surprise de notre côté, plutôt désagréable, qui explique que plusieurs d’entre nous ont réagi avec une certaine vivacité. La liberté de culte ne peut pas être considérée comme la dernière roue du carrosse de la nation française. Depuis, nous avons eu un nouveau contact et l’assurance que le dialogue repartirait à partir des propositions faites par la Conférence des évêques de France pour que nous puissions assister à la messe dans le respect de la santé publique. Notre travail conjoint avec le gouvernement avait été réalisé à son initiative. Il nous avait été demandé comment nous envisagions la reprise du culte en fonction des orientations de l’époque : le taux de remplissage des églises et l’empêchement de passer d’une région à une autre. 

    Nous avons appris qu’il n’y aurait sûrement pas de reprise du culte avant le 2 juin. Pourquoi n’y a-t-il pas eu de recours juridique pour faire respecter cette liberté de culte ? 

    Si vous m’interrogez en ce qui concerne la Conférence des évêques, je ne sais pas à ce stade. Pour ce qui est de ma responsabilité, au niveau de mon diocèse, il me semble que nous sommes dans une situation exceptionnelle : le dialogue n’est pas rompu. J’ai d’ailleurs une bonne communication avec le préfet de ma région. Il faut donc continuer le dialogue sans exclure les moyens juridiques. Un sujet important est levé, sur lequel il faudra se pencher : comment se combine cette liberté de culte avec des mesures sanitaires dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles peuvent et doivent être prises, en s’imposant à tous. Il y a là une question difficile et délicate : jusqu’où peut entrer l’autorité étatique dans le déroulement même de nos célébrations ? L’État est légitime pour annoncer : « il y a un danger sanitaire à se réunir ou à se déplacer à plus de 100 mètres de son domicile, etc. » Ces règles s’imposent. Mais la façon dont ces mesures se répercutent sur le déroulement liturgique et rituel nous incombe. Je pense que lors des dernières discussions, il y avait un accord de principe sur ces aspects. Les mesures annoncées concernent la limitation des déplacements inter-régionaux et des contacts, le respect des distances physiques et des gestes barrières. D’une manière assez légitime, notre culte étant public, l’État nous demande comment nous allons faire respecter ces mesures. Nous devons continuer à dialoguer pour trouver un accord. 

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  • France-Déconfinement : le Premier Ministre, Edouard Philippe, envisage une reprise des offices religieux dès le 29 mai

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    Il s’agit du week-end de la Pentecôte : l’une des fêtes majeures de la liturgie chrétienne. Lu ce lundi 4 mai sur le site web de « Valeurs Actuelles » :

    « Le Premier ministre a annoncé devant le Sénat que le gouvernement était “prêt à étudier” la reprise des offices religieux le 29 mai au lieu de la date du 2 juin, initialement décidée. 

    La messe sera-t-elle dite à partir du 29 mai? Nombreux étaient ceux dans l’incompréhension après le maintien de l’interdiction des cérémonies religieuses après le confinement. C’était le cas de l’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun qui avait demandé à l’Etat de « reconsidérer ce choix » le 30 avril dernier. Son vœu a été exaucé. Ce lundi 4 mai, Edouard Philippe a annoncé, devant le Sénat, que le gouvernement était « prêt à étudier » la reprise des offices religieux le 29 mai au lieu de la date du 2 juin précédemment établie, comme le relaye BFMTV. Une seule condition : que « la situation sanitaire ne se dégrade pas au cours des premières semaines de levée du confinement », déclare le Premier ministre. En effet, beaucoup de cultes ont « fait des propositions, pour concilier le déroulement de leurs réunions avec les exigences de distanciation physique », explique-t-il. 

    Les ministres du culte enfin compris 

    La date du 29 mai n’a pas été choisie au hasard par le gouvernement puisqu’elle « correspond pour plusieurs cultes à des fêtes ou à des étapes importantes du calendrier religieux ». Le Premier ministre a ainsi compris le « désarroi » de nombreux croyants privés des rassemblements, les seuls « sources vivantes de leur foi ». Edouard Philippe poursuit : « Ils ont dû renoncer à beaucoup de ces rites qui marquent les grands moments de la vie. Je pense aux moments de fêtes autant qu’aux moments de deuils. » Le chef du gouvernement dit « comprendre » les ministres du culte, mais leur demande d’attendre encore un peu pour que le pays n’ait « pas à regretter une décision précipitée », prévient-il. »

    Ref. France : le Premier Ministre, Edouard Philippe, envisage une reprise des offices religieux dès le 29 mai

    JPSC

  • Michel Houellebecq : « Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde ; ce sera le même, en un peu pire. »

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    De Michel Houellebecq sur France Inter :

    « Je ne crois pas aux déclarations du genre « rien ne sera plus jamais comme avant » - Michel Houellebecq

    Michel Houellebecq est écrivain. C'est la première fois qu'il s'exprime depuis le début de la pandémie. Dans cette lettre, il récuse l’idée de l’avènement d’un monde nouveau après la crise du coronavirus. Son texte et la lecture proposée par Augustin Trapenard, sont reproduits dans leur version intégrale.

    EN UN PEU PIRE

    réponses à quelques amis

    Il faut bien l’avouer : la plupart des mails échangés ces dernières semaines avaient pour premier objectif de vérifier que l’interlo­cuteur n’était pas mort, ni en passe de l’être. Mais, cette vérification faite, on essayait quand même de dire des choses intéressantes, ce qui n’était pas facile, parce que cette épidémie réussissait la prouesse d’être à la fois angoissante et ennuyeuse. Un virus banal, apparenté de manière peu prestigieuse à d’obscurs virus grippaux, aux conditions de survie mal connues, aux caractéristiques floues, tantôt bénin tantôt mortel, même pas sexuellement transmis­sible : en somme, un virus sans qualités. Cette épidémie avait beau faire quelques milliers de morts tous les jours dans le monde, elle n’en produisait pas moins la curieuse impression d’être un non-événement. D’ailleurs, mes estimables confrères (certains, quand même, sont estima­bles) n’en parlaient pas tellement, ils préféraient aborder la question du confinement ; et j’aimerais ici ajouter ma contribution à certaines de leurs observations.

    Frédéric Beigbeder (de Guéthary, Pyrénées-Atlantiques). Un écrivain de toute façon ça ne voit pas grand monde, ça vit en ermite avec ses livres, le confinement ne change pas grand-chose. Tout à fait d’accord, Frédéric, question vie sociale ça ne change à peu près rien. Seulement, il y a un point que tu oublies de considérer (sans doute parce que, vivant à la campagne, tu es moins victime de l’interdit) : un écrivain, ça a besoin de marcher.

    Ce confinement me paraît l’occasion idéale de trancher une vieille querelle Flaubert-Nietzsche. Quelque part (j’ai oublié où), Flaubert affirme qu’on ne pense et n’écrit bien qu’assis. Protesta­tions et moqueries de Nietzsche (j’ai également oublié où), qui va jusqu’à le traiter de nihiliste (ça se passe donc à l’époque où il avait déjà commencé à employer le mot à tort et à travers) : lui-même a conçu tous ses ouvrages en marchant, tout ce qui n’est pas conçu dans la marche est nul, d’ailleurs il a toujours été un danseur dionysiaque, etc. Peu suspect de sympathie exagérée pour Nietzsche, je dois cependant recon­naître qu’en l’occurrence, c’est plutôt lui qui a raison. Essayer d’écrire si l’on n’a pas la possi­bilité, dans la journée, de se livrer à plusieurs heures de marche à un rythme soutenu, est fortement à déconseiller : la tension nerveuse accumulée ne parvient pas à se dissou­dre, les pensées et les images continuent de tourner douloureuse­ment dans la pauvre tête de l’auteur, qui devient rapidement irritable, voire fou.

    La seule chose qui compte vraiment est le rythme mécanique, machinal de la marche, qui n’a pas pour première raison d’être de faire apparaître des idées neuves (encore que cela puisse, dans un second temps, se produire), mais de calmer les conflits induits par le choc des idées nées à la table de travail (et c’est là que Flaubert n’a pas absolument tort) ; quand il nous parle de ses conceptions élaborées sur les pentes rocheuses de l’arrière-pays niçois, dans les prairies de l’Engadine etc., Nietzsche divague un peu : sauf lorsqu’on écrit un guide touristique, les paysages traversés ont moins d’importance que le paysage intérieur.

    Catherine Millet (normalement plutôt parisienne, mais se trouvant par chance à Estagel, Pyrénées-Orientales, au moment où l’ordre d’immobilisation est tombé). La situation présen­te lui fait fâcheusement penser à la partie « anticipation » d’un de mes livres, La possi­bilité d’une île.

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  • Contre le Covid-19, le MASDU ?

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    Le MASDU, c'est le Mouvement d'Animation Spirituelle de la Démocratie Universelle, que d'aucuns voyaient - et voient encore - se substituer aux religions et en particulier à la religion catholique. Avec le consentement de ses responsables ? Découvert sur le blog de Jeanne Smits :

    Le Haut comité de la fraternité humaine appelle à une journée de jeûne et de prière le 14 mai contre le COVID-19, soutenu par le pape François et Antonio Guterres

    Voilà, nous y sommes. A la faveur de la crise du COVID-19, un appel à une journée interreligieuse mondiale de jeûne et de prière vient d’être lancée par le Haut comité de la fraternité humaine en direction de tous les croyants de toutes les religions. L’appel a été approuvé ce dimanche de mai à la fois par le pape François et par le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Si ce n’est pas la grande religion mondiale en acte cela commence à y ressembler furieusement.

    Le Haut comité a été mis en place en août 2019 à la suite de la signature de la Déclaration d’Abu Dhabi par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar Ahmad al-Tayeb, déclaration qui avait déjà posé de nombreuses question du fait de son assertion selon laquelle « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains ». Il posait de nombreuses autres difficultés que j’évoquais ici dans une analyse critique.

    La première réalisation en cours dudit Haut comité constitué dans les émirats Arabes unis avec le concours du Vatican est la construction de la Maison de la Famille Abrahamique, lieu de culte multi-religieux sur l’île de Saadiyat à Abu Dhabi où trois «  temples » cubiques construits exactement sur le même modèle en termes de volume et d’orientation feront voisiner sur un pied d’égalité une église chrétienne, une synagogue et une mosquée.

    Le 14 mai prochain marquera une nouvelle étape de cette entreprise de fraternité universelle qui emprunte son vocabulaire à la maçonnerie et qui, au nom du bien de l’humanité dans une crise sanitaire qui a déjà viré à la dictature  sanitaire, prétend gommer les différences entre les différentes religions. On nous avait bien dit que nous avancions vers la nouvelle civilisation de l’empathie…

    C’est la version espagnole du bulletin d’information officiel du Vatican qui donnait samedi le plus de détails sur cette journée inter-religieuse qui semble devoir remplacer avantageusement – du point de vue des mondialistes de la spiritualité globale – du pacte mondial pour l’éducation que le pape François devait lancer ce jour-là et qui a dû être reporté au mois d’octobre pour cause de coronavirus. Est-ce pour cela que ce jour du 14 mai a été choisi ? On peut le supposer, mais sans certitude. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que la veille nous aurons fêté Notre Dame de Fatima. Qu’elle nous vienne en aide…

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  • Dieu et la question du mal

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    Covid-19©Pixabay-620x330.jpgLa pandémie de Covid-19 (coronavirus) pousse à s’interroger : comment Dieu peut-il permettre de telles calamités ? La présence du mal, en effet, est l’un des arguments le plus souvent avancés pour refuser l’existence de Dieu. Aucune réponse n’est totalement satisfaisante si l’on n’admet pas une part de mystère. De Paul Clavier sur le site web du mensuel « La Nef » :

    « L’animal humain, courageux et loyal entre tous, éprouve quelquefois des difficultés à assumer ses responsabilités. Aussi n’a-t-il pas craint d’attribuer le mal au Destin ou à quelque autre puissance surnaturelle. Jupiter lançait la foudre, Poséidon faisait trembler la Terre, Mars déclenchait les conflits armés, Apollon envoyait la peste, l’Éternel endurcissait le cœur de Pharaon, ou frappait à mort les nouveau-nés… En vain Platon proclamait-il dans sa République que « Dieu n’est pas en cause, n’est pas responsable », il fallait une explication, et le Ciel – coupable idéal – était forcément derrière ces événements fâcheux. Ce réflexe n’est d’ailleurs pas totalement infondé : quand on médite sur les déchaînements de la nature ou de la folie, on peut se dire que tant de haine ou de destruction font entrer en jeu des forces plus qu’humaines.

    Avec le temps, les hommes ont voulu exonérer Dieu de toute cruauté. Peut-être ont-ils réalisé qu’ils avaient jusque-là projeté sur Dieu leur propre désir de vengeance ou d’éradication de l’ennemi. Dieu a fini par devenir « le bon Dieu », dernier refuge de toute bonté. Mais alors si Dieu est bon, d’où vient le mal ? Ce qui est sûr, c’est qu’il paraît choquant de dire : Dieu pourrait intervenir, mais il ne le fait pas. Il semble plus approprié de plaider l’impuissance de Dieu. C’est une réponse qu’on entend souvent : Dieu ne peut rien face au mal. C’est une réponse humaine, dotée d’une forte valeur compassionnelle. Mais justement : n’est-elle pas trop humaine ?

    LE SCÉNARIO DE L’IMPUISSANCE DIVINE

    Dieu fragile, impuissant, désormais incapable d’assurer l’entretien et la réparation de sa création ? L’idée a pu séduire. Après avoir rendu Dieu responsable des pires maux, on a entrepris de l’exonérer de toute responsabilité en la matière. Dieu aurait pris sa retraite : voilà qui pourrait expliquer bien des choses. Par exemple, que la création soit abandonnée à elle-même, que les catastrophes ravagent la planète, que les méchants ne soient plus comme jadis frappés par le châtiment divin, et que des millions d’innocents subissent un sort épouvantable sans que le Ciel intervienne. Dans Le Concept de Dieu après Auschwitz (1984), Hans Jonas affirmait que « Dieu n’est pas intervenu, non pas parce qu’il ne voulait pas, mais parce qu’il ne pouvait pas ». Il ne s’agit pas d’un renoncement temporaire à exercer sa toute-puissance, mais d’un abandon irréversible de prérogative. Cette renonciation est, selon Jonas, le prix à payer pour octroyer la liberté à l’homme : « Dans le simple fait de permettre à la liberté humaine d’exister, il y a un renoncement à la puissance divine. » Bref, il s’agirait d’un départ en retraite inéluctable, rationnellement nécessaire : « Pour que le monde soit, Dieu a dû renoncer à son propre être ; il s’est dévêtu de sa divinité. »

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  • Distribuer l'Eucharistie dans des sachets ?

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    Du site du Couvent des Carmes de Fribourg :

    Pas de compromis avec l'Eucharistie ! Cardinal Robert Sarah

    Dans une interview du 2 mai 2020 donnée à La Nuova Bussola Quotidiana, le Card. Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, livre une réaction sans précédent, face à des propositions farfelues qui seraient envisagées dans certains lieux pour permettre aux fidèles d'emporter la communion chez eux, en raison de la crise sanitaire.

    «C'est une question de foi, si nous avions conscience de ce que nous célébrons dans la messe et de ce qu'est l'Eucharistie, certains modes de distribution de la communion ne viendraient même pas à l'esprit.»

    Le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, répond publiquement aux «préoccupations» des fidèles, qui non seulement sont privés de la Sainte Messe, mais qui sont maintenant consternés par des propositions bizarres avancées en vue d'un retour des messes publiques dans le respect des exigences sanitaires prescrites, en particulier lors du mouvement de communion.

    Récemment en Italie, selon la presse, il aurait été question d'une solution adoptée dans certains lieux en Allemagne, selon laquelle le Corps du Christ serait "enveloppé" de façon individuelle, pour permettre aux fidèles de se servir librement des hosties consacrées et de les emporter chez eux.

    Non, non, non - répond le cardinal Sarah choqué au téléphone - ce n'est absolument pas possible, Dieu mérite le respect, vous ne pouvez pas le mettre dans un sachet. Je ne sais pas qui a pensé à cette absurdité, même s'il est vrai que la privation de l'Eucharistie est certainement une souffrance, la manière de communier n'est pas ouverte à la négociation. Nous communions d'une manière digne, digne de Dieu qui vient à nous. L'Eucharistie doit être traitée avec foi, nous ne pouvons pas la traiter comme un objet insignifiant, nous ne sommes pas au supermarché. C'est de la folie totale.

    Quelque chose comme ça a déjà eu lieu en Allemagne, (cf. info détaillée) demande le journaliste Riccardo Cascioli  :

    Malheureusement, beaucoup de choses sont faites en Allemagne qui ne sont pas catholiques, mais cela ne signifie pas que vous devez les imiter. Récemment, j'ai entendu un évêque dire qu'à l'avenir il n'y aura plus d'assemblées eucharistiques, seulement la liturgie de la Parole. Mais c'est le protestantisme.

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  • Pourquoi les consécrations à Marie sont les bienvenues n'en déplaise à certains théologiens

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    De John Grondelski sur le National Catholic Register :

    Bartolomé Esteban Murillo, “The Immaculate Conception,” 1660

    Bartolomé Esteban Murillo, “The Immaculate Conception,” 1660

    Une défense de la consécration à Marie

    Non, les évêques ne sont pas «égarés» en consacrant leur pays à Marie. On les attendait depuis longtemps.

    Cela me dérange que persiste une attitude têtue et anti-mariale chez certains théologiens catholiques contemporains, qui tentent souvent de trouver une justification de leur habitus anti-marial dans les documents ou, plus souvent, dans «l'esprit» de Vatican II.

    Exemple: un commentaire du théologien et écrivain français / néerlandais Hendro Munsterman dans La Croix Internationale du 30 avril, demandant pourquoi les évêques consacrent "encore" à Marie. La Croix a la réputation d'être un organe de théologie révisionniste qui semble voir le pontificat de François comme l'occasion de ressusciter les pires idées de «l'esprit de Vatican II» dans ses pages, se présentant comme «le premier quotidien catholique indépendant du monde» (rien de tel que l'humilité...).

    Munsterman observe que les conférences épiscopales américaines, italiennes et canadiennes ont «consacré» à la Bienheureuse Mère de Dieu leurs pays ravagés par le coronavirus, le 1er mai, mois marial traditionnel. Il qualifie leurs efforts de «mal orientés», «théologiquement problématiques et controversés», une posture médiévale que le meilleur de la théologie contemporaine a dépassée. Elle porte prétendument atteinte à la nature «christocentrique» de notre foi. Elle est censés être enracinée dans une mariologie anachronique trop centrée sur ses privilèges ou sa relation unique avec son Fils, conduisant soi-disant à traiter Marie "plus comme une déesse mère païenne". (Ceci provient d'un journal qui n'a pourtant eu aucun problème avec la Pachamama à Saint-Pierre).

    Les consécrations ne sont rien de tout cela, sauf peut-être pour Munsterman et les milieux de La Croix.

    Munsterman invoque le Directoire du Vatican de 2001 sur la piété populaire et la liturgie pour défendre son argument. Je reviendrai à sa lecture exiguë et tendancieuse du passage en question mais, tout d’abord, revenons en arrière.

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  • Covid-19 : la maturité face aux fake news et aux théories complotistes

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    De Jean-Paul Pinon sur le site de "Nous citoyens" (wecitizens.be) :

    ARTICLE - CORONAVIRUS : MATURITÉ FACE À LA DÉSINFORMATION

    30/04/2020

    Nous assistons à un déferlement de fake-news et à des prises de positions ‘émotionnelles’. Trop de citoyens forment un jugement sur base d’informations biaisées. Que penser des théories complotistes ? La maturité s’oppose aux prises de position conditionnées par des messages trompeurs, la peur, les émotions, le grégarisme, le court terme. Sans maturité (civique), la démocratie est dangereuse. Ceux, qui comme nous, croient encore aux vertus de la démocratie, espèrent que la population grandira en maturité au travers de la présente crise.

    Fake news

    Les crises, comme celle du Covid-19, génèrent la peur[1], le sentiment de l’urgence, la curiosité. Pas étonnant que les cyniques s’emparent de cette opportunité pour intensifier leur propagande. Les fausses nouvelles (‘fake news’) ont plus d’impact qu’en temps normal. Selon le département de la Sûreté de l’Etat[2], « des groupements, dirigés ou non par des trolls étrangers, ont recours à des campagnes de désinformation pour étendre leur influence. Un maximum de désinformations relatives au COVID-19 sont diffusées via les médias sociaux dans le but de monter les uns contre les autres certains groupes de la population. » Des exemples typiques sont les opérations de propagande russe, faisant des comparaisons internationales destinées à démontrer la supériorité du gouvernement russe. Parmi d’autres exemples, il y a l’insinuation que la crise sanitaire serait amplifiée par l’immigration, etc.

    Sens de responsabilité

    Le sens de responsabilité intègre l’idée qu’on doit assumer les conséquences de ses décisions, et de ses erreurs. Il s’ensuit qu’on agit plus prudemment, qu’on réfléchit à deux fois avant de poser un jugement. Au niveau des citoyens, on constate une plus grande maturité chez les Suisses. Ils participent directement aux grandes décisions. Ils ne peuvent pas se réfugier derrière la critique des gouvernants, pour expliquer les éventuels déboires politiques.

    Modèle suisse

    Une capsule vidéo[3] de la TV suisse donne cinq raisons pourquoi la Suisse est en meilleure position pour gérer efficacement la crise. (1) D’abord, les Suisses ont plus confiance dans leur gouvernement (75% en Suisse, contre 42% comme moyenne internationale). (2) Les Suisses ont (en moyenne) un plus grand sens civique, un esprit solidaire, un sens de la cohésion. Ils ne dépendent donc pas complètement du contrôle pour se soumettre aux mesures décrétées par le gouvernement. (3) En politique, la logique de l’opposition est remplacée par celle de la coopération. (4) La tradition de consensus est renforcée par le fait que tous les grands partis sont tous représentés dans le gouvernement. Cela génère des décisions pragmatiques. (5) L’endettement public en Suisse est de 30% du PIB, contre une moyenne de 80% dans l’Union européenne, et 100% en Belgique. La Suisse dispose donc d’une excellente marge de manœuvre pour soutenir l’activité économique en temps de crise.

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  • Allemagne : la cour constitutionnelle de Karlsruhe rétablit la liberté de culte

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    De Christophe Eoche-Duval sur aleteia.org :

    Allemagne : la cour constitutionnelle rétablit la liberté du culte

    02 mai 2020

    La Cour constitutionnelle de Karlsruhe a rétabli à titre conservatoire la liberté religieuse suspendue en Allemagne pour des raisons sanitaires. Une décision qui pourrait faire évoluer l’interdiction des rassemblements cultuels dans les autres pays européens.

    La liberté de cultes occupe beaucoup les esprits depuis que le confinement se prolonge et que, mardi 28 avril, le Premier ministre a annoncé devant l’Assemblée nationale « qu’il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonies avant le 2 juin ».

    En France, sous l’empire des textes en vigueur (décret du 23 mars 2020), les manifestations cultuelles sont encore interdites de manière absolue sur l’ensemble du territoire. Demeure cependant le maintien de l’ouverture des « établissements recevant du public de catégorie V », c’est-à-dire des « lieux de culte », mais sans faculté explicite de dérogation pour s’y rendre depuis son domicile, sans exception pour les aumôniers d’hôpitaux ou d’Ephad. Enfin, les funérailles sont autorisées, mais « dans la limite de vingt personnes ». 

    En Europe, « atteinte grave à la liberté des cultes »

    Ce régime se retrouve sensiblement chez nos voisins européens, avec les mêmes réserves de la part des représentants des religions. Dans une première analyse, nous avons fait mention d’un arrêt rendu par la Cour constitutionnelle d’Allemagne, dite Cour de Karlsruhe, plus haute juridiction, unanimement respectée, rendu au fond le 10 avril 2020, arrêt n° 1 BvQ 28/20, qui rejetait une requête tendant à contester la légalité de suspension de la liberté de culte pour prévenir le risque de contagion lors des assemblées religieuses.

    Malgré ce rejet, cet arrêt, le seul à notre connaissance d’une cour constitutionnelle d’un État de l’Union européenne, laissait entrevoir le réexamen de la question, car la Cour confirmait l’existence d’« une atteinte grave à la liberté des cultes ». Cet arrêt était donc provisoire en ce sens où le pragmatisme de l’évolution de la pandémie et le processus engagé de déconfinement impliquent nécessairement le rétablissement au plus tôt d’une liberté aussi fondamentale que l’est la liberté religieuse, tant dans la Loi fondamentale d’Allemagne, dont l’article 4 énonce :  « Le libre exercice du culte est garanti », que dans l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales . 

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  • Un vaccin contre le Covid-19 en utilisant des foetus avortés ?

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Utiliser des foetus avortés pour trouver un vaccin contre le Covid-19 ?

    29/04/2020

    Source : Department of Health and Human Services, The Washington Post, Public Discourse, JME

    Un chercheur américain renommé, Kim Hasenkrug, a sollicité le mois dernier l'autorisation de mener des expériences sur des souris « humanisées » pour trouver un vaccin contre le Covid-19. L'année dernière, aux Etats-Unis, ces souris ont été transplantées avec des tissus provenant de foetus humains avortés. Elles ont désormais des poumons de même structure que les nôtres, ce qui les rend susceptibles d'être infectées par des coronavirus semblables au Covid-19. Ce sont donc des cobayes idéaux pour tester des traitements contre ce virus. Or, en juin dernier, le gouvernement américain a interdit toute recherche utilisant des foetus avortés dans les Instituts Nationaux pour la Santé et soumis toute recherche “externe” impliquant des foetus avortés à l'approbation d'un conseil d'éthique (voir actualité IEB : A propos de l'utilisation de foetus avortés pour la recherche).

    Des scientifiques de l'Université de Caroline du Nord ont proposé à Kim Hasenkrug, immunologiste aux laboratoires Rocky Mountain de l'Institut National pour la Santé dans le Montana, de lui envoyer ces souris « humanisées ». Pour mener ses expériences liées au Covid-19, Kim Hasenkrug a besoin d'une dérogation spéciale, qu'il justifie par la crise sanitaire actuelle. Il attend toujours une réponse à sa requête qui est passée entre les mains de différentes autorités.

    Alors que des parlementaires démocrates fustigent « l'inaction » du Département de la Santé et des Services Sociaux (Department of Health and Human Service, HHS), des parlementaires républicains affirment leur soutien à la politique du Département qui a fait de «la promotion de la dignité de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, l'une des principales priorités de l'administration du président Trump». Les Républicains ne sont pas les seuls à appuyer le gouvernement. Le professeur de philosophie, Christopher Tollefsen, développe les raisons pour lesquelles l'utilisation de tissus foetaux dans la recherche d'un vaccin contre le covid-19 n'est pas éthique. Selon lui, il est éthiquement impossible d'utiliser des tissus de foetus avortés pour la recherche à cause de la façon dont ce tissu a été obtenu. Helen Watt, du Centre de Bioéthique d'Anscombe, utilise l'analogie parlante d' « un rein adulte prélevé, disons, sur un dissident tué par un régime injuste ». Peut-on éthiquement accepter ce rein pour des recherches, aussi prometteuses soient-elles ? Ne serait-ce pas légitimer le régime, voire lui reconnaître des bienfaits éthiques ? Que fait-on du consentement de celui ou celle qui a « donné » ces organes ? Peut-on fonder des avancées scientifiques et médicales sur l'avortement ? Serait-ce réellement des avancées ?

  • L'archevêque de Paris tonne contre le report des célébrations dans les églises

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    De Radio Notre-Dame :

    Déconfinement – La déception de Mgr Michel Aupetit : « aller à la messe, ce n’est pas aller au cinéma »

    « On est franchement extrêmement déçu » : la colère de l’archevêque de Paris après la présentation du plan de déconfinement gouvernemental. Il était question d’une réouverture des églises le 16 mai, il n’en sera rien.

    « On avait quelques engagements au départ car on avait négocié avec le ministrère de l’Intérieur et le cabinet du gouvernement », explique Mgr Michel Aupetit au micro de Marie-Ange de Montesquieu. « On avait fait une proposition positive et valable qui correspondait largement » à ce qui va se faire dans les commerces à partir du 11 mai.

    La proposition de rouvrir les églises le 16 mai non retenue Les églises ne rouvriront donc pas le 11 mai et sans doute pas avant début juin, ce qui fait vivement réagir Mgr Michel Aupetit. « Là, il y a quelque chose qui ne va pas. On n’avait proposé le 16… Il y a quelque chose qui n’est pas respecté », ajoute Mgr Aupetit, « comme si on était des gamins incapables de mettre en place quelque chose ». Et il rappelle au passage qu’à Paris, 27 paroisses distribuent des repas depuis le début du confinement : « on a su tout à fait respecter les normes ». C’était d’ailleurs l’objet de la proposition soumise au gouvernement la semaine passée : une réflexion sur la gestion de l’entrée dans les églises, les dipositions mises en place au sein de chaque église.

    « Aller à la messe, ce n’est pas aller au cinéma, ce n’est pas une distraction, c’est quelque chose de vital » « C’est une nourriture divine qui permet aux gens de tenir dans le confinement, c’est un remède spirituel », souligne Mgr Aupetit. L’archevêque de Paris a l’impression que « nos gouvernants, quelque soit leur bord, manquent de quelque chose d’essentiel : l’anthropologie… On l’a vu avec les personnes âgées ». Il ajoute que les politiques sont « de très bon administrateurs », mais « leur anthropologie, c’est zéro ! ». « Qu’est-ce que l’homme et fondamentalement, qu’est-ce que l’humanité, ils ne savent pas du tout, c’est ça le grand vide ». Et de rappeler que l’Eglise est là pour proposer de pouvoir « recréer de l’humanité et pas seulement de la survie et de la bouffe ».« Pourquoi on ne nous fait pas confiance ? », s’interroge pour conlure l’archevêque de Paris.