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Débats - Page 311

  • L'ordination de prêtres mariés : les pas à franchir pour atteindre l'objectif

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur Diakonos.be :

    Pas à pas vers les prêtres mariés.  Une mise à jour

    Comme on le sait, dans les conclusions qu’il a tirées du synode sur l’Amazonie, le Pape François n’a absolument rien dit sur l’ordination de prêtres mariés.  Mais cela n’a nullement fait taire les partisans de l’innovation.

    Bien au contraire, ceux-ci se font toujours plus impatients et loquaces.  Un de leurs théologiens renommé en est la preuve vivante : consultant au synode pour un bon nombre d’évêques brésiliens, il détaille par le menu à Mauro Castagnaro dans le dernier numéro de la revue « Il Regno » tous les pas à franchir pour atteindre l’objectif, en se disant certain que le Pape y consentira.

    Le théologien en question, c’est Antonio José De Almeida, prêtre du diocèse d’Apucarana dans le sud du Brésil et professeur à l’Université catholique pontificale de Paraná, plus connu pour avoir développé les hypothèses initialement avancées par l’allemand Fritz Lobinger, évêque en Afrique du Sud entre 1987 et 2004, lu et apprécié par le Pape François.  Lobinger avait imaginé à la tête des paroisses des « équipes d’anciens » composées d’hommes et de femmes, célibataires ou mariés, ordonnés prêtres et donc avec la pouvoir de célébrer la messe.

    *

    Pour commencer, De Almeida prétend que le silence de François « ne signifie pas qu’il ait fermé la porte ».  D’autant plus, explique-t-il, que « Querida Amazonie », l’exhortation apostolique post-synodale du Pape, dans ses premiers paragraphes, cite justement avec emphase le document final du synode qui approuvait l’ordination de prêtres mariés, la déclarant « valide » et invitant les pasteurs et le peuple chrétien de la région à « s’impliquer dans sa mise en œuvre ».

    Et donc, comment procéder ?  Le « premier pas » – dit De Almeida – consistera à « énumérer les raisons pour lesquelles un diocèse entend proposer l’ordination d’hommes mariés ».

    Un diocèse pourrait même faire ce premier pas de sa propre initiative mais « il serait mieux de décider de le faire avec les diocèses voisins, peut-être au niveau d’une province ecclésiastique ou d’une conférence épiscopale régionale ».  Et ceci serait « le deuxième pas ».

    Le « troisième pas » intervient une fois que le « projet » est élaboré et consiste à « présenter la demande au Saint-Siège ».

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  • Coronavirus et déconfinement : pourquoi autoriser la célébration de la messe est essentiel pour un catholique

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    En Belgique, le déconfinement de la célébration du culte n’a apparemment fait, jusqu’ici, l’objet d’aucun examen sérieux avec les pouvoirs publics et, contrairement à leurs homologues français, les évêques belges n’ont, jusqu’à présent, dévoilé aucune indication sur la manière dont ils proposent d’avancer: prudence tactique, indifférence ou mollesse servile ?

    L'impossibilité présente pour les catholiques de participer à la messe, sinon par des représentations virtuelles, incite plus d’un à vouloir retrouver au plus vite, à sa juste place, l’eucharistie réelle, absente de leur vie depuis plus de deux mois de confinement presque planétaire.  

    Le site web de « La Vie » publie aujourd’hui en ce sens une réflexion du Père Jean-Baptiste Nadler, curé de paroisse à Vannes et auteur des « Racines juives de la messe » (Ed. de l’Emmanuel) :

    “Corps du Christ et chair de l’Église :

    messe-017.jpg

    la messe est un mariage“

    « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous » (Jn 6,53). Alors que l’immense majorité des catholiques est actuellement empêchée de participer à la messe et de communier au corps du Christ, la liturgie de ces derniers jours nous a pourtant invités à manger la chair eucharistique du Fils de Dieu. Cruelle coïncidence !

    « Les chrétiens se retrouvent unis dans un même dépouillement »

    Vu le principe de laïcité, sans doute le gouvernement français est-il dans son rôle lorsqu’il traite les principales religions sur le même plan en donnant ses consignes de reprise des « offices religieux ». Mais ce que la laïcité peut difficilement prendre en compte, c’est que ces diverses religions ont des conceptions très différentes les unes des autres de la notion de culte et des rassemblements religieux : les prières à la mosquée n’ont évidemment pas les mêmes significations ni règles que les offices à la synagogue, le culte au temple protestant n’est pas non plus la messe catholique. Ajoutons que toutes ont des traditions de prières domestiques, ce qui relève donc du cadre de la vie privée, et des prières dans le lieu du rassemblement des croyants – mosquée, synagogue, église – obéissant aux normes ERP (établissement recevant du public). Au sein d’une même religion, les croyants eux-mêmes ont des rapports différents à leur propre culte : tel pratique sa foi sans jamais mettre les pieds dans une église, tel autre ne manquera aucune messe mais ne priera guère dans le secret de sa chambre.

    La messe est l’acte religieux le plus complet qui soit, et, parce que l’homme est « une âme dans un corps »

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  • C’est en vertu du caractère unique des sacrements dans leur foi que les catholiques réclament la reprise de la messe le plus tôt possible

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    De Bastien Lejeune sur le site de Valeurs Actuelles :

    Messes interdites : pourquoi le cas du culte catholique est unique par essence

    11/05/2020

    La République laïque place toutes les religions sur un pied d’égalité : voilà donc ces dernières toutes confinées jusqu’au 2 juin. Mais dans le bras de fer avec le pouvoir, les catholiques veulent faire comprendre la spécificité de la messe par rapport aux autres cultes. 

    La répartie cinglante de ce conseiller présidentiel résume à elle seule l’impasse dans laquelle se trouve l’Eglise de France. C’était il y a une quinzaine de jours, au moment où le Premier ministre avait annoncé que la messe ne pourrait être célébrée en public avant le 2 juin - il a entre-temps ouvert la porte à des célébrations publiques pour la Pentecôte. La grogne monte au sein de l’Eglise de France, plusieurs évêques critiquent ouvertement l’attitude de l’exécutif. Interrogé au sujet de cette « sainte colère » de l’épiscopat français, le familier du Palais de l’Elysée ne peut s’empêcher de faire remarquer que dans cette affaire, ce sont les catholiques qui posent problème : « Les représentants de l’islam, eux, sont très accommodants… » 

    Comment comprendre que les catholiques exigent de pouvoir assister à la messe quand tous les autres cultes consentent sans difficulté au confinement ? Lors de la réunion en audioconférence réunissant le 21 avril dernier le président de la République et les représentants des religions, les catholiques furent isolés au moment de prôner le retour du culte public le 11 mai. L’Etat français, qui ne reconnait pas de spécificité au catholicisme, n’a aucune raison d’accorder un passe-droit : « La République laïque ne distingue pas, confirme le même conseiller, nous sommes en état d'urgence sanitaire, donc certaines libertés sont contraintes, pour tout le monde, sans distinction de religion. »

    Le ministre des Cultes, Christophe Castaner, a tort...

    Sauf que si les catholiques sont plus insistants que les autres, c’est que la messe est par nature différente des autres cultes subissant le confinement depuis huit semaines. « Si nous insistons tellement sur le caractère vital de la messe, c’est parce que nous y retrouvons le Christ ressuscité réellement présent », explique l’évêque de Montauban, Mgr Ginoux. L’explication théologique de la spécificité du culte catholique pourrait sembler hors de propos si le ministre de l’Intérieur n’avait pas lui-même tenté une sortie hasardeuse pour justifier la reprise du culte au 2 juin : « La prière se fait dans son rapport entre celui que l’on accompagne ou célèbre — chacun choisira le mot en fonction de sa religion — et soi-même, et n’a pas forcément besoin de lieux de rassemblements où l’on ferait courir un risque à l’ensemble de la communauté religieuse », expliquait-il doctement. Mais précisément, ce qu’avance Christophe Castaner est parfaitement faux dans le cas de la messe catholique. 

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  • Les évêques allemands à l'époque du nazisme : des complices ?

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    Du Dr. Eduard Werne sur kath.net :

    Évêques à l'époque nazie. Commentaires sur la déclaration du DBK (Conférence des évêques d'Allemagne) à l'occasion du 75e anniversaire de la fin de la guerre en 1945

    Contribution d'Eduard Werner en invité

    Dans leur déclaration épiscopale relative à la fin de la guerre en 1945, les évêques Bätzing et Wilmer ont porté des accusations générales contre leurs prédécesseurs de l'époque nazie. Malheureusement, les évêques d'aujourd'hui oublient les conditions dans lesquelles leurs prédécesseurs ont dû vivre et travailler il y a 80 ans. MM. Bätzing et Wilmer ne semblent pas non plus savoir qu'en 1932, les évêques de l'époque ont unanimement mis en garde contre le choix en faveur du NSDAP (le parti nazi). Apparemment, ils ne savent pas non plus que les évêques et les prêtres ont eu de grandes difficultés à l'époque dans une dictature idéologique avec une police secrète toute-puissante pour sauver leur propre vie et celle de leurs fidèles des griffes de la police secrète.

    L'une des allégations est que l'Eglise a soutenu la guerre d'Hitler en fournissant à l'état de nombreux bâtiments d'Eglise. MM. Bätzing et Wilmer gardent le silence sur le fait que ces maisons ecclésiastiques, pour la plupart des monastères que le régime nazi utilisait avaient auparavant été enlevées de force à l'Eglise. Les moines et les moniales qui ont été soudainement mis dans la rue n'avaient généralement que quelques heures pour emballer leurs affaires à l'improviste. Vouloir donner l'impression que l'Eglise a volontairement offert ses maisons au régime nazi est aussi blessant et diffamatoire que l'a été l'expropriation de l'époque. C'est un mensonge diffamatoire ! La Conférence épiscopale d'aujourd'hui a désespérément besoin de se rappeler l'exigence de vérité : "Vous ne devriez pas faire de faux témoignages".

    Une deuxième allégation est que l'Église a stabilisé l'armée d'Hitler grâce à la pastorale militaire. C'est totalement infondé. Les aumôniers militaires ne pouvaient et ne voulaient pas intervenir dans la guerre. Ils ont administré les sacrements aux soldats mourants. Comme le lieutenant Michael Kitzelmann heureux de voir un aumônier militaire avant d'être exécuté. Kitzelmann n'avait fait qu'émettre cette déclaration imprudente en Russie : "Chez nous, ils arrachent les croix des écoles et on nous dit ici que nous lutterions contre le bolchevisme impie." Il a été condamné à mort et exécuté pour son engagement religieux. Comme Kitzelmann, Jägerstätter et Alfred Heiß, 35.000 autres soldats ont été condamnés à mort, dont environ 25.000 ont été exécutés.

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  • La Hongrie, un caillou dans la chaussure de l’Union Européenne ?

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :

    La Hongrie, caillou dans la chaussure de l’Union Européenne

    Qu’il s’agisse du coronavirus, de l’immigration ou des lois « sociétales », la Hongrie a le don de s’attirer les foudres des instances européennes. Le 30 mars dernier, le Parlement hongrois a voté, par 138 voix contre 53, une loi permettant au gouvernement de légiférer par ordonnances pour lutter contre l’épidémie de la Covid-19. Le premier ministre Viktor Orbán obtenait ainsi les pleins pouvoirs pour un temps indéfini. Le résultat semble probant : la Hongrie (9,7 millions d’habitants) enregistre, ce 12 mai, 425 morts, vingt fois moins que la Belgique (8700 morts) plus peuplée (11,4 millions d’habitants). Même si ces comptabilités doivent être considérées avec prudence, la Belgique attribuant « généreusement » au coronavirus toutes les morts dites « suspectes », l’écart entre ces deux petits pays européens est abyssal ! La recette hongroise ressemble à celle des pays asiatiques les plus réactifs (Taiwan, Corée du Sud) : dès la déclaration de « l’état de danger » (11 mars), fermeture des frontières, des universités, des écoles, limitation des rassemblements, télétravail, suivies en Hongrie de mesures de confinement encore plus drastiques après l’adoption le 30 mars de la loi permettant la gouvernance du pays par ordonnances tant que durera la situation d’urgence.

    Malgré un système de santé fragile, la Hongrie a remarquablement résisté au coronavirus. Mais au lieu d’en être félicitée par l’Union européenne, elle a été tancée par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, et par nombre de parlementaires européens et de médias (cf. en lien ci-dessous un article typique inspiré par « une ONG américaine influente ») pour avoir octroyé des pouvoirs spéciaux à durée indéterminée au Premier ministre Viktor Orbán. Celui-ci a pourtant précisé au Parlement hongrois : « Je comprends la question autour de la durée. Mais, c’est à vous de décider quand l’état de danger doit prendre fin. Demain vous pouvez me reprendre ce droit si vous le souhaitez. » Toutefois les défenseurs de la liberté d’information et d’expression opposés à la proposition de loi Avia pour censurer internet qui sera vraisemblablement votée demain (13 mai) en France, ne peuvent approuver la nouvelle législation hongroise permettant de sanctionner, par une amende, voire une peine de prison, ceux qui diffusent « intentionnellement » de « fausses nouvelles » à propos de la Covid-19.

    Mais c’est surtout son choix de la famille contre d’autres « valeurs » promues par l’UE qui est la principale pomme de discorde entre la Hongrie et l’UE. En novembre 2018, le gouvernement hongrois a lancé une consultation dans laquelle figurait cette question : « Approuvez-vous le fait que le déclin démographique doive être corrigé à travers un soutien appuyé aux familles plutôt que par l’intermédiaire de l’immigration ? » Quelques mois plus tard, en février 2019, lors de son discours annuel à la nation, Orbán déclarait que 93 % des 1.400.000 Hongrois qui avaient renvoyé le questionnaire, avaient fait le choix de la famille. Et qu’en conséquence, toute une politique familiale favorisant la natalité serait appliquée dès le 1er juillet suivant. Autre pomme de discorde avec certaines « valeurs » portées par les instances européennes, l’idéologie du « genre ». Après avoir engagé le gouvernement à ne pas ratifier la convention « pro-gender » d’Istanbul (2011), le parti Fidesz, par l’intermédiaire du vice-Premier ministre, a présenté au Parlement, le 5 mai 2020, un projet de loi liant la définition des sexes féminin et masculin à la biologie.

     En mars 2019, la droite libérale européenne a suspendu de son groupe parlementaire, le Parti Populaire Européen (PPE), le parti du premier ministre hongrois, le Fidesz. Mais elle n’a pas été capable d’organiser un vote sur l’exclusion du Fidesz, lors d’une réunion des chefs de file des partis membres du PPE à Bruxelles en février dernier. Le président du PPE, Donald Tusk, s’est contenté de déclarer : « Si la situation ne change pas, je ne vois pas le Fidesz revenir dans notre famille, du moins tant que j’en serai président ». Il a ajouté qu’il convoquerait un congrès consacré à la « redéfinition des valeurs fondamentales » du parti européen… au premier semestre 2021, ce qui laisse du temps pour la réflexion. Le Fidesz reste donc suspendu mais non exclu du PPE. En réalité, le PPE est profondément divisé sur l’éventuelle exclusion du Fidesz qui pourrait l’inciter à rejoindre les partis « populistes » polonais et italien. Quant à Orban, il tient à ce que son parti reste membre du PPE, premier parti de l’UE. Et il sait que les Vingt-Sept auront besoin de la Hongrie pour voter le -ô combien délicat !- budget européen 2021-2027.

    Philippe Oswald

  • Déconfinement : que la dimension religieuse et spirituelle soit prise en compte !

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    Une "opinion" de l'Abbé Philippe Mawet, curé, responsable de l'unité pastorale de Stockel-au-Bois (paroisses Sainte-Alix, Saint-Paul et Notre-Dame de Stockel à Woluwe-Saint-Pierre) sur le site de la Libre de ce 13 mai (p. 33) :

    Les croyants de notre pays ne doivent pas être les oubliés du Conseil national de sécurité. Afin que, bientôt, les autorités accompagnent le déconfinement des célébrations.

    Cela fait depuis la mi-mars que les communautés chrétiennes sont privées de célébrations publiques (et donc eucharistiques). Sans doute était-il normal de prendre cette décision car je ne vois pas pourquoi les chrétiens ne participeraient pas aux nécessaires mesures de confinement imposées à tous durant plusieurs semaines pour d’importantes raisons sanitaires. En nous rappelant cette évidence, je veux me joindre à l’hommage unanime rendu à tous les soignants et à tous ceux qui ont dû, dans des conditions difficiles, voire dangereuses, poursuivre leur travail pour que le minimum vital de la vie en société et de la vie des personnes soit assuré.

    Aujourd’hui, quelques mesures de déconfinement sont entrées en vigueur selon un agenda et des priorités qui ont été déterminés par les autorités politiques en lien avec les experts et les scientifiques compétents pour ce dossier.

    Ce qui m’étonne cependant, c’est qu’au fil des différentes conférences de presse organisées dans le cadre des décisions prises par le CNS (Conseil national de sécurité) il ne fut jamais question de la réouverture des églises et autres lieux de culte, ni de la reprise, progressive bien sûr, des célébrations publiques. Je pense particulièrement aux messes et aux sacrements qui sont au cœur de la vie catholique mais je veux ici élargir mon propos et mon étonnement à tous les autres cultes et religions reconnus dans notre pays.

    Mon but, ici, n’est certainement pas de faire campagne ou de lancer une pétition pour que les messes puissent à nouveau être célébrées. Il y a, à ce niveau, des questions précises et, cependant, complexes devant lesquelles les experts et les gouvernants doivent pouvoir se situer. Ce n’est pas à l’Église de prendre ces décisions mais les croyants demandent d’être reconnus dans leurs convictions et dans leurs pratiques.

    L’enjeu, c’est la façon dont ce “secteur” de la vie religieuse est traité et considéré. La vie chrétienne fait partie de la vie de beaucoup de citoyens. Il est trop facile de qualifier de “minorité” ceux qui sont d’abord “minorisés”. Ce temps du confinement aura d’ailleurs permis de vérifier la vitalité d’un grand nombre de communautés chrétiennes qui ont fait preuve de beaucoup d’inventivité, numérique et autre, pour “faire Église” au cœur de ces temps difficiles. Mais ces moyens – essentiellement virtuels – ne remplaceront jamais les rassemblements, célébrations et sacrements qui font partie de l’ADN de l’Église (qui, étymologiquement, veut dire “assemblée”).

    Je crois que cette pandémie a redonné une actualité nouvelle à toutes les questions du sens. Beaucoup posent aujourd’hui cette question qui n’est le monopole de personne. Dans le même temps, aucun secteur de la vie sociétale ne peut se désintéresser de cette “question du sens”. Aucun secteur ne peut en faire l’économie. Pour les religions cependant, poser la question du sens, c’est aussi poser la question de la Transcendance. Il y a là une “originalité” qui doit être prise en compte par les gouvernants et décideurs de notre pays.

    J’ose penser que nos autorités civiles et citoyennes prendront désormais la mesure de leurs responsabilités pour accompagner au mieux le déconfinement des célébrations, certes, mais aussi de tout ce qui fait la vie de l’Église et des religions. Il ne s’agit pas ici de demander ce qui ne peut pas être accordé. Il s’agit seulement de demander que la dimension religieuse et spirituelle soit prise en compte, ne fût-ce qu’en l’évoquant pour dire que les chrétiens – et tous les croyants – de notre pays ne sont pas les oubliés de l’information sociétale à diffuser en ces temps difficiles pour tous. Chacun mérite d’être reconnu et accompagné dans ses incertitudes et ses inquiétudes. À tout le moins !

  • L'évêque de Montauban : "je dénonce l’atteinte aux droits des fidèles catholiques de participer librement à la messe"

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    De Mgr Ginoux, évêque de Montauban (via le site "Paix liturgique") (les "gras" sont de belgicatho) :

    Lettre de Mgr Bernard Ginoux aux diocésains de Montauban, le 11mai 2020

    Le 11 mai 2007 j’étais nommé évêque de Montauban et, depuis mon ordination, le 2 septembre 2007, je me suis efforcé de remplir ma mission avec dévouement et souci du bien commun. Cette mission va sur sa fin, l’âge canonique de la retraite approchant. Les semaines que nous venons de vivre ont été une épreuve qui, pour certains aura entrainé la mort et pour d’autres la lutte avec la maladie. Beaucoup ont souffert d’une protection tellement rigoureuse que leur santé mentale a été plus ébranlée que leur santé physique. Je pense à toutes les personnes âgées qui n’étaient pas affectées par ce virus. Il fallait, bien sûr, les en protéger mais était-il nécessaire de les couper de leurs liens naturels au point que des grands-parents ont été interdits de voir leurs petits-enfants ?  Si des mesures préventives cohérentes avaient été prises et si les outils nécessaires (comme les masques) avaient été donnés dès le début, des drames familiaux auraient été évités. Nous savons bien aussi que parmi ces personnes certaines se sont laissé mourir. Chez des plus jeunes des suicides ont été causés par la tension accumulée. Il faudra établir un bilan honnête de ces réalités.

    Mais ces faits n’enlèvent pas le travail accompli par les soignants, les vies données au service des autres, les efforts faits par beaucoup d’anonymes dans la volonté de combattre le Covid19. L’Eglise Catholique n’a pas manqué d’être présente sur les fronts les plus exposés et dans son service permanent de la charité, particulièrement auprès des populations en difficulté comme les migrants. Elle a aussi accepté les mesures draconiennes qui n’ont pas permis de vivre les grands moments de notre foi chrétienne : du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques la Semaine Sainte, cœur et fondement de la foi au Christ mort et ressuscité. Nous l’avons accepté malgré l’immense renoncement que nos fidèles ont dû connaître. Leur souffrance a été modestement atténuée par les retransmissions et toutes les techniques audio-visuelles. Il reste que notre foi n’est pas nourrie par ces moyens : la foi catholique se nourrit de la présence réelle de Jésus-Christ. L’Eglise se réalise sans cesse par le sacrifice de la messe où s’actualise l’unique sacrifice du Christ sur la croix. La messe nous y introduit, nous le rend présent et nous fait participer à ce qui est le « banquet du Seigneur » : nous prenons place réellement à sa table. Il ne s’agit pas d’un temps de prière ou même d’une simple écoute de la Parole de Dieu, encore moins d’un rassemblement fraternel. De tout cela on peut se passer mais de l’eucharistie nous ne le pouvons pas comme nous avons besoin des autres sacrements. La messe est la vie de l’Eglise Catholique. Même si nous sommes unis au Christ de bien des manières nous en vivons par l’eucharistie.

    A l’heure où un très grand nombre d’activités reprend, où l’on peut se retrouver les uns à côté des autres dans un avion, dans les grandes surfaces, ou dans des activités de plein air comme les champs de courses, une partie des citoyens libres de pratiquer leur religion en participant à la messe est empêchée de le faire sous le prétexte d’une pandémie dont les chiffres disent la diminution. Les chiffres parlent. De plus, la plupart de nos églises sont très grandes et nous avons tous les moyens de respecter les mesures sanitaires. Notre liberté est en jeu et il y est gravement porté atteinte. J’ai recueilli le témoignage de beaucoup de personnes qui en souffrent et je me fais leur porte-parole.

    Je suis évêque en un lieu où un jour d’août de l’année 1942, l’évêque, Mgr Pierre-Marie THEAS osa à peu près seul dénoncer les atteintes à la liberté et à la dignité que connaissaient des citoyens français. Nous n’en sommes pas à cette ignominie. Mais je dénonce l’atteinte aux droits des fidèles catholiques de participer librement à la messe, je dénonce le rejet qui est fait de ce droit. La loi civile, dont il resterait à prouver l’obligation en la matière, ne peut s’imposer à ma conscience de pasteur quand elle m’empêche d’accomplir mon devoir. Je suis prêtre et évêque pour donner le Christ aux fidèles qui en ont besoin. C’est ma mission et je veux leur en faire part. L’Eglise Catholique a toujours rappelé le droit de la personne humaine à pratiquer sa religion. Empêcher d’exercer ce droit est une atteinte aux droits humains fondamentaux qui pourrait entrainer d’autres dérives. Cette lettre est un appel à la conscience des catholiques de ce diocèse de Montauban qui m’est cher et dont je suis depuis treize ans le pasteur. Savoir que vous pouvez vivre librement votre foi me sera une forte joie pastorale car, même dans les moments de grandes épidémies, l’Eglise avec les précautions a toujours offert au Peuple de Dieu la présence du Sauveur par un culte public.

    Je confie à la Bienheureuse Vierge Marie, honorée en la Cathédrale de Montauban sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption, le diocèse et tous ses habitants. Qu’elle veille sur nous et nous garde sous sa protection.

    Bernard Ginoux, Evêque de Montauban

  • L'Eglise catholique et la chasse aux sorcières

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    De Stanislas Grymaszewski sur le site de La Nef :

    L’Église et la chasse aux sorcières

    La chasse aux sorcières est un phénomène horrible qui a conduit de nombreuses femmes au bûcher. Dans l’opinion publique, cette image de la femme ainsi violentée est souvent associée à l’Église. La littérature, le cinéma, la bande dessinée ne manquent pas d’exemples pour conforter, en effet, l’idée que ce phénomène est dû à l’Inquisition médiévale menée par l’Église au plus profond d’un sombre Moyen Âge. C’est le cas, par exemple du film Le Nom de la Rose (1986), inspiré de l’œuvre (1980) d’Umberto Eco. Des ouvrages prétendument historiques comme l’Histoire de l’Inquisition de Lamothe-Langon (1829) et La Sorcière (1862) de Jules Michelet sont à l’origine de ce lieu commun. Cependant, tout cela est inexact. Ce n’est pas au Moyen Âge. Ce n’est pas l’Inquisition. Ce n’est pas l’Église. Non seulement, l’Église n’a pas été l’actrice de cet acharnement contre des femmes, mais, bien au contraire, elle est intervenue comme nous allons le voir pour s’y opposer.

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  • La messe n’a même pas le privilège qu’ont le McDo ou le footing !

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    Entretien avec le Père Simon d’Artigue sur France Catholique :

    «  On ne peut pas vivre sans les sacrements »

    Propos recueillis par Constantin de Vergennes

    8 mai 2020

    Signataire de la tribune du Figaro réclamant au chef de l’État la liberté de célébrer la messe en présence de fidèles à partir du 11 mai, l’abbé Simon d’Artigue, curé de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse, dénonce un mépris du spirituel et s’inquiète du «  monde d’après ».

    Malgré votre tribune, il n’y aura pas de messes publiques avant juin. Quelle est votre réaction ?

    Abbé Simon d’Artigue : La première réaction à chaud fut de la colère et de la déception. Puis de l’incompréhension et un sentiment d’injustice fait au statut de l’Église catholique et des cultes en général – notre appel était d’abord pour la reprise des messes mais était plus largement pour la reprise des cultes. Et donc, une injustice à l’égard de la place de la vie spirituelle, de la transcendance dans la vie de notre pays.

    Cette interdiction s’est faite en une phrase, après des sujets triviaux… (voir p. 14-15)

    Pour ce qui est de la forme de l’annonce, on constate que les cultes ont été noyés au milieu d’activités périphériques. Pour le gouvernement, toutes ces activités pourraient être mises sur un même pied d’égalité : faire son footing, aller au McDo, aller à la messe… Or, la messe n’a même pas le privilège qu’ont le McDo ou le footing ! Ça m’a choqué. Cela dit deux choses. D’abord, cela montre ce que représentent les religions pour le gouvernement : quelque chose de périphérique. Qui vient après la logique marchande.

    Ensuite, cela illustre la place du religieux dans notre société : elle est négligée. La vie humaine est réduite à sa part marchande, servile, de transport en commun, de divertissement… C’est préoccupant.

    Pour nous catholiques, c’est dur à entendre, mais c’est réel : pour le gouvernement et pour une majorité de nos concitoyens, c’est ainsi que les choses sont perçues. C’est un défi à relever pour nous, une mission qui incombe d’abord aux catholiques et à nous, prêtres.

    Le fait religieux est vu sous le prisme de la réunion, du rassemblement, comme une pièce de théâtre. C’est révélateur ?

    C’est révélateur d’une confusion – ou, au pire, d’une négation – de la dimension religieuse. Si la messe n’est plus vue que comme une réunion, alors cela veut dire qu’il y a une part spécifique de l’activité humaine, l’activité intérieure, qui est confondue avec l’ensemble des activités humaines sous le vocable de la «  réunion  ». Un gouvernement – et surtout dans la pensée d’un «  monde d’après  » –, doit se demander quels seront les fondements de ce qui va advenir après cette crise.

    Or les priorités que l’on donne aujourd’hui peuvent être lues comme les fondements de ce monde d’après. Si ces fondements sont donc ceux du commerce, de l’entreprise et du divertissement, c’est très inquiétant. On ne peut pas fonder une société là-dessus. Ou, en tout cas, ce monde-là, je n’en veux pas.

    Regardez le combat des évêques qui a parfois été moqué, sur le mode : « Ils sont à côté de leurs pompes, pourquoi parlent-ils des messes, tout le monde s’en fiche... » En fait, ce n’est pas seulement un combat pour la messe. C’est un combat pour une vision de la société : ce «  monde d’après  ». Et nous, nous voulons être des artisans de la construction de cette société, comme citoyens et comme catholiques. On entend beaucoup que «  l’homme redécouvre sa fragilité  ». Donc, sur quoi fonder ce monde pour retrouver de la solidité ? Pas seulement sur la consommation, sur le travail servile, ou le divertissement. Nous avons à proposer autre chose. Et c’est inquiétant que le gouvernement ne l’entende pas.

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  • La dignité humaine. Heurs et malheurs d’un concept maltraité

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    Du site de la Revue Catholica :

    Parution : La dignité humaine. Heurs et malheurs d’un concept maltraité

    9 Mai 2020

    Parution de cet ouvrage collectif réalisé sous la direction de Bernard Dumont, Miguel Ayuso, Danilo Castellano. Au registre des idées reçues, l’affirmation selon laquelle la dignité humaine est une découverte des Lumières tient une place de choix. Mais on n’a pas attendu Kant pour considérer que l’être humain tient une place éminente dans la Création, et le christianisme voit dans la personne du Verbe incarné l’Exemplaire même de toute dignité. Par contraste, la philosophie moderne a voulu placer la racine de la dignité dans l’autonomie, c’est-à-dire dans l’affranchissement de toute loi extérieure à la volonté humaine, et non plus dans l’honneur d’accomplir librement ce qui est bien.

    La postmodernité voit s’exacerber sous nos yeux les contradictions provoquées par ce « concept maltraité », utilisé à toutes les sauces mais inapte à poser des bornes infranchissables à toute espèce de transgression. Par des chemins de traverse, ce retournement de perspective a progressivement pénétré l’Église catholique, en particulier sous l’influence de Jacques Maritain, et a pesé sur le concile Vatican II, grâce notamment aux efforts du jésuite américain John Courtney Murray, suscitant plus de difficultés que d’heureux effets. Faut-il alors dire avec Steven Pinker que « la dignité est une stupidité » ? Mieux vaudrait plutôt reprendre la question sur des bases plus assurées.

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    Lire la recension de Cyrille Dounot (n. 147)

  • Le croyant : un consommateur comme un autre ?

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    D'Olivier Roy (*) sur le site du Nouvel Obs :

    Le croyant est-il un consommateur comme un autre ?

    TRIBUNE. Après le temps de l’œcuménisme contre le virus, l’Eglise a fait de la réouverture des lieux de culte un casus belli avec l’Etat. Sauf qu’au lieu d’arguments théologiques, elle emploie une logique d’association de défense. Analyse du grand politiste.

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  • L'eugénisme au temps de la procréation médicalisée

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    Du site de l'institut Européen de Bioéthique :

    L'eugénisme au temps de la procréation médicalisée

    07/05/2020

    Auteurs : E. Gatel, C. du Bus

    A bien des égards, la notion d'eugénisme appartient au passé. Le terme est aujourd'hui revêtu d'une charge historique lourde et même repoussante ; il évoque immanquablement les exactions passées du régime nazi. Pourtant, depuis quelques décennies, le terme « eugénisme » est progressivement réapparu dans le vocabulaire courant, à la faveur des débats portant sur le statut du corps humain, ou sur le sens de l'acte médical et technique. La notion d'eugénisme intéresse directement les limites existantes entre le faisable et le souhaitable, entre le scientifique et le médical, et interroge notre rapport au corps humain. Elle appelle donc indiscutablement une réflexion du ressort de la bioéthique.

    A l'heure où la vocation de la médecine est remise en question, voire parfois détournée, il paraît nécessaire de penser l'eugénisme, tant du point de vue de son sens, que de son histoire ou sa portée, afin de démêler le vrai du faux et de porter un regard averti sur l'actualité. C'est pourquoi l'Institut Européen de Bioéthique s'est penché sur la question. S'il n'est plus présent sous la forme étatique et coercitive qu'il a pu prendre par le passé, l'eugénisme s'instaure aujourd'hui sans se nommer en tant que mentalité, et semble ainsi accepté, voire encouragé.

    Ce dossier rappelle l'historique de la pensée eugéniste et ses applications dans le passé, et souligne l'actualité de cette notion, qui, bien qu'apparemment condamnée par nos lois, s'installe discrètement dans nos sociétés sous couvert de certaines techniques médicales.

    Voir le DOSSIER COMPLET.