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Débats - Page 347

  • Synode amazonien : le synode de Kraütler

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site diakonos.be :

    Il y a cinq ans, le Pape avait déjà en tête les conclusions du Synode sur l’Amazonie

    À la veille du vote du document final du synode sur l’Amazonie, la question de savoir quelles seront les principales innovations soumises à l’approbation du Pape a déjà une réponse prévisible.

    En effet, aussi bien la conception de ce synode que son objectif – l’ordination de prêtres mariés et nouveaux ministères pour les femmes – étaient déjà en gestation à l’audience du 4 avril 2014 entre le Pape François et l’évêque autrichien émigré au Brésil Erwin Kraütler.

    Nous connaissons à présent le détail du déroulement de cette audience et de ses développements ultérieures grâce à un livre que Mgr Kraütler lui-même a publié à l’occasion de ce synode.

    Pour comprendre comment l’histoire et l’issue du synode sur l’Amazonie étaient déjà écrites à l’époque, il suffit de parcourir les pages de ce livre, comme l’a fait Maike Hickson dans « LifeSite News » le 22 octobre, dans la critique que nous reproduisons ci-dessous :

    *

    L’architecte du Synode révèle comment le Pape François pourrait « ouvrir une porte » à l’ordination des femmes

    de Maike Hickson

    Erwin Kraütler, l’évêque émérite du diocèse de Xingu au Brésil, vient de publier un nouveau livre consacré au Synode sur l’Amazonie et sur à ses résultats.  Son livre s’intitule « Le renouveau c’est maintenant.  Les impulsions du synode sur l’Amazonie pour la Réforme de l’Église ».

    Dans sa nouvelle publication, Mgr Kraütler répète son appel pour des prêtres mariés, des femmes diacres ainsi que des femmes prêtres.  C’est dans ce contexte qu’il évoque le rôle important que les femmes jouent déjà dans l’Église de sa propre région, le Brésil.  Voici ce qu’il écrit pour dénoncer le fait que les femmes aient trop peu droit à la parole dans l’Église catholique :

    « Souvent, je fais référence au fait que chez nous, dans notre diocèse de Xingu, les choses se passent très différemment.  Là-bas, les femmes président les Liturgies de la Parole et que, ce faisant, elles prononcent aussi l’homélie.  Mais cette expérience au Brésil et peut-être également ailleurs n’est tout au plus qu’un rayon de lumière ténu et est encore très loin d’être le signe ce cette nouvelle aube que nous attendons depuis si longtemps. »

    Il se dit « convaincu qu’une égale dignité de la femme en ce qui concerne les ministères ordonnés viendra ».

    « Et j’espère », poursuit l’évêque, « que le Synode sur l’Amazonie ouvrira de nouveaux chemins pour cela, ou au moins qu’il fera quelques pas dans la bonne direction ».

    *

    Mgr Kraütler se rappelle sa rencontre avec le pape François le 4 avril 2014, une rencontre qui allait être un moment crucial dans l’histoire de l’actuel Synode pan-amazonien, et il montre comment tous les sujets qu’il avait porté à l’attention du Pape François ont été aujourd’hui inclus dans le Synode sur l’Amazonie.

    En racontant son audience privée avec le Pape François, l’évêque autrichien rappelle tout d’abord que c’était en fait son propre conseiller théologique, le P. Paulo Suess, qui peu avant l’audience, avait parlé à François du manque de prêtres en Amazonie.  C’est alors que le Pape a dit « qu’il attendait des évêques qu’ils lui fassent des propositions concrètes et courageuses. »  Et, en riant, le Pape François a ensuite demandé à Mgr Kraütler s’il se souvenait que lui aussi avait utilisé le même mot – « Corajudos » [que Mgr Kraütler traduit par les mots « courageux, audacieux »] – dans son discours aux JMJ de Rio de Janeiro le 27 juillet 2013.

    L’évêque autrichien raconte également avoir présenté trois points au Pape : « la situation [et les droits] des peuples indigènes d’Amazonie » ; « l’Amazonie et l’écologie » et « les paroisses sans Eucharistie », c’est-à-dire le manque de prêtres.  C’est à ce moment, à propos du troisième point, que le Pape a demandé à Mgr Kraütler s’il avait une proposition spécifique à faire.  Après que Mgr Kraütler ait simplement répondu qu’il fallait trouver une manière pour faire en sorte que ces paroisses ne soient pas exclues de l’Eucharistie, le Pape a fait référence à « un évêque à Mexico ; Mgr Samuel Ruiz de San Cristóbal de las Casas, aujourd’hui décédé », et que Mgr Kraütler connaissait.  Mgr Ruiz avait ordonné diacres permanents des centaines d’indigènes mariés et qui ne faisaient que diriger leurs propres paroisses.  Cette pratique avait été interrompue par le Vatican en 2001.

    Le Pape François a ensuite demandé à Mgr Kraütler pourquoi ces diacres ne pouvaient pas également célébrer la Sainte Messe, ce à quoi l’évêque a répondu : « parce qu’ils sont mariés ».  C’est alors que le Pape François lui-même a ressorti les idées d’un autre évêque, Mgr Fritz Lobinger qui avait imaginé une « Equipe d’Anciens » à la tête d’une paroisse, ordonnés [prêtres] et qui pourraient donc célébrer la messe.  Ces « Anciens », selon les idées de Lobinger, pourraient être mariés – et être aussi bien des hommes que des femmes.

    Il est significatif que le Pape François ait mis sur la table les idées d’un homme qui appelait explicitement à l’ordination de femmes à la prêtrise.  Mais il est aussi significatif qu’il discutait déjà des idées de Lobinger en 2014, alors qu’en 2019, il déclarera dans une conférence de presse dans l’avion : « je ne dis pas que ça devrait être fait, parce que je n’y ai pas réfléchi, je n’ai pas prié suffisamment sur le sujet ».

    *

    On pourrait peut-être affirmer qu’il s’agit du Synode de Kräutler.

    Mgr Kraütler affirme : « Pour nos indigènes du Brésil, il est absolument merveilleux que le Pape François ait suivi toutes les demandes que j’ai pu lui présenter [en 2014] pendant mon audience privée à Rome. »

    Mais Mgr Kraütler a également des mots dénigrants pour les « Romains » dans le conseil pré-synodal chargé de préparer le Synode sur l’Amazonie et qui comptait dix-huit membres, nombre d’entre eux issus d’Amérique latine et certains de la Curie romaine.  Il s’agissait d’un groupe d’experts latino-américains qui avait préparé une première version des « Lineamenta » (document préparatoire) pour le Synode sur l’Amazonie mais leurs idées avaient rencontré une certaine résistance.  En décrivant la façon dont l’équipe pré-synodale a travaillé sur ce document préparatoire en avril 2018, Mgr Kraütler a déclaré : « Parfois, il y avait des divergences d’opinion, surtout avec les ‘Romains’ ».

    L’évêque autrichien a ensuite enfoncé le clou en décrivant la réunion du conseil pré-synodal de mai 2019 qui avait pour but de discuter des versions préparatoires de l’« Instrumentum laboris », le document de base pour les travaux du synode.

    « Les discussions n’ont pas été toujours faciles », écrit le prélat autrichien.  « Parfois, nous avons senti un vent contraire glacial ».  Et de poursuivre pour expliquer ses déclarations : « Le problème est toujours le même : des opinions basées sur une pastorale de plusieurs années au contact direct du Peuple de Dieu qui vient se heurter aux normes froides, aux canons, aux paragraphes brandis par des membres de la Curie romaine qui ne connaissent l’Amérique latine que du point de vue touristique et qui n’ont probablement jamais travaillé directement sur le terrain en pastorale dans un paroisse. »

    Mgr Kraütler insiste sur le fait que son propre groupe « a combattu bravement » et a finalement pu boucler le document de travail du synode.  Mais il a été encore plus satisfait quand, les 14-15 novembre 2018, s’est déroulé à Manaus une réunion du conseil pré-synodal rassemblant les présidents de toutes les conférences régionales de l’Amazonie brésilienne.  Le cardinal Lorenzo Baldisseri, Secrétaire général du Synode des Évêques, avait fait le déplacement depuis de Rome.  « Cette réunion », explique Kraütler, « m’a donné davantage d’espoir qu’on puisse, malgré tout, avancer sur le problème des paroisses sans Eucharistie et sur les conditions pour l’admission aux ministères ordonnés ».

    « Parce que soudainement », poursuit-il, « les évêques qui n’avaient pas encore dit grand-chose sur ce sujet ont soudain fait entendre leur voix.  Comme on s’y attendait, le cardinal Baldisseri a soulevé plusieurs objections et a fait référence aux déclarations de plusieurs papes.  Mais à ce moment, deux évêques – dom Edson de São Gabriel da Cachoeira (Amazonie) dt Dom Filipe de Miracema do Norte (Tocantins) – ont répondu et ont résisté, tout comme Pierre l’a fait avec Paul à Antioche, ‘s’opposant ouvertement’ (Gal 2:11) à Son Éminence. »

    Selon l’évêque autrichien, le P. Filipe s’était préparé en mettant par écrit un texte et « a déclaré tout de go : ‘les conditions actuelles pour l’admission aux ministères ordonnés doivent être revues !’ ».

    Pour ce prélat, « la tradition » a un mauvais goût.  Il propose de se débarrasser du « lest accumulé au cours des siècles, que nous avec notre Église supportons à grand-peine et que certains dans les milieux de droite défendent au nom de la ‘tradition’ ».

    Il propose à présent avec assurance que le Synode sur Amazonie se débarrasse de tout ce qui est « superflu ».

    *

    En ce sens, Mgr Kraütler révèle dans son nouveau livre que, pendant les réunion du conseil pré-synodal, « en présence du pape, j’ai insisté pour inclure l’ordination de femmes diacres dans le document final [du Synode Amazonien]. »  Cependant, le cardinal Baldisseri a insisté sur le fait qu’il serait « préférable de laisser d’abord les ‘gens’ d’Amazonie répondre d’abord aux questions que nous leur posons plutôt que d’anticiper leurs réponses ».

    Pour Kraütler, le diaconat féminin est un objectif incontournable du Synode sur l’Amazonie puisque « réalistiquement, nous ne ferons pas d’avancées substantielles concernant la prêtrise des femmes.  J’ai de la peine pour le Pape François, parce que le Pape Jean-Paul II a affirmé sans équivoque que l’Église n’avait pas l’autorité pour ordonner des femmes à la prêtrise. »  Maintenant, le Pape François, « est lié par cette décision », a ajouté le prélat, « en ce qui concerne l’accès des femmes à la prêtrise ».  Mais, en ce qui le concerne, il pense toujours que cette affirmation « n’est pas un dogme ».

    Quant à la question de rester loyal à la Révélation, Mgr Kraütler a sa petite idée.  Cette question « ne signifie pas réellement que tous les rites et les normes de l’Églises primitive sont encore contraignants pour nous au sens où elles l’étaient à l’époque ».  Il rejette ici explicitement l’admonition de Saint-Paul selon laquelle « les femmes devraient garder le silence dans les assemblées » (1 Cor 14 :33-34).  « Si cette règle était encore en vigueur », argumente-t-il, « qu’est-ce qui se passerait dans les paroisses d’Amazonie et d’ailleurs qui sont dirigées par des femmes dans deux tiers des cas ? ».  Cet évêque affirme même que ce passage de Saint Paul n’aurait été ajouté que tardivement, mettant ainsi en doute son authenticité.

    Le prélat autrichien suggère en outre que l’église du XXe siècle a abandonné de nombreux enseignement de l’Église du XIXe, notamment en ce qui concerne la position de l’Église par rapport à la démocratie (Pape Saint Pie X), ou encore en matière de liberté religieuse (« Dignitatis Humanae »), ainsi que d’autres nouveautés introduites par le Concile Vatican II qui auraient été jugées hérétiques à l’époque du Premier Concile. »

    *

    Dans son audace, Mgr Kraütler donne en fait raison aux « peurs des cercles conservateurs » au sein de l’Église catholique – citant explicitement certains écrits de Sandro Magister et de Giuseppe Nardi (Katholisches.info) – et en particulier concernant leurs craintes que le « laboratoire sur l’Amazonie » ait pour but d’attenter au sacrement de l’Ordre.  « Ce qui est ici présenté comme une grande crainte », écrit Kraütler, « je le regarde dans une attitude d’espérance.  Le Synode sur l’Amazonie pourrait bien provoquer une avancée historique dans l’Église universelle. »

    Il conclut alors avec ce qu’il espère que le Pape François fera probablement.  En première lieu, il espère que le Pape écoutera les participants au synode.  « Si nous présentons nos demandes avec insistance, le Pape pourrait, comme il l’a fait au synode sur la famille, ouvrir une porte en disant : ‘Maintenant, vous les évêques, vous avez la possibilité de faire ce que vous estimez nécessaire’ ».  Il reviendrait donc aux conférences épiscopales régionales de dire : Oui, la situation chez nous est telle qu’il est bon que nous recourions à la possibilité que le Pape nous a donné d’’ordonner des ‘viri probati’ et des femmes diacres ».

    Ici, Mgr Kraütler fait un lien avec l’exhortation post-synodale « Amoris laetitia » du Pape François dans laquelle il a permis que les conférences épiscopales régionales – comme la Conférence épiscopale allemande – autorisent certains couples divorcés et remariés à recevoir la Sainte Communion, malgré le fait qu’ils vivent dans objectivement en état d’adultère.

    Vu comment Mgr Kraütler a pu si facilement obtenir du Pape François qu’il organise un synode sur base des trois points tels qu’il les a présentés au Pape en 2014, on peut fort bien s’attendre à lire une conclusion et une proposition semblable à celle qu’il décrit aussi bien dans le rapport final du Synode que dans l’exhortation post-synodale du Pape François qui ne tardera certainement longtemps pas à arriver.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Espagne : des croyants tentent de réparer la profanation de l'Eucharistie

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Des croyants espagnols tentent de réparer la profanation à Jésus-Hostie

    Rédigé par Nicolas Bauer, EJLC le  dans Tribune libre

    Des croyants espagnols tentent de réparer <br>la profanation à Jésus-Hostie

    L’avocate chrétienne espagnole Polonia Castellanos a annoncé e 8 ocotbre dernier que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait enfin accepté de juger l’« affaire des hosties ». L’État espagnol est donc attaqué, devant les juges de Strasbourg, pour ne pas avoir sanctionné une profanation massive d’hosties par un « artiste » athée. Au-delà de cette demande de réparation devant les tribunaux, des croyants espagnols ont voulu réparer l’offense faite au Corps du Christ, en témoignant de leur foi dans le sacrement de l’Eucharistie. 

    En 2015, un « artiste » espagnol Abel A. a profané 242 hosties consacrées, subtilisées au cours de plusieurs messes. Il les a arrangées sur le sol pour former le mot « pederastia », puis a posé nu avec son « œuvre », dont les photos ont été exposées dans des locaux prêtés par la ville de Pampelune. L’« artiste » a assumé le fait que sa démarche visait à blesser les catholiques et s’est réjoui d’y être parvenu. À l’issue de l’exposition intitulée « Amen », il a vendu sa création pour près de 300 000 euros.

    Il est difficile d’imaginer un cas de profanation plus extrême que celui-ci : profaner le Corps du Christ est, d’après le Catéchisme de l’Église catholique, le pire sacrilège qui soit1. En effet, une hostie consacrée n’est pas seulement « sacrée » ou une image de Dieu, c’est Dieu Lui-même. L’absence de condamnation d’Abel A. pour de tels actes laissent donc croire que tout est permis contre les chrétiens en Espagne. Depuis cette exposition, l’« artiste »affirme d’ailleurs fièrement que des admirateurs lui ont rapporté d’autres hosties consacrées.

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  • Irlande du Nord : les évêques s'indignent suite à la légalisation de l’avortement

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    De Vatican News (Adélaïde Patrignani) :

    Les évêques d’Irlande du Nord s'indignent suite à la légalisation de l’avortement

    La loi qui décriminalise l’avortement et légalise le mariage entre personnes du même sexe en Irlande du Nord a pris effet ce mardi 22 octobre. L’épiscopat régional évoque «un jour tragique» pour les enfants à naître, et s’inquiète aussi de la situation politique de l’Irlande du Nord, qui a conduit à ce changement législatif.

    C’est à minuit, ce mardi, que ces changements sont entrés en vigueur en Irlande du Nord. L'avortement a été libéralisé et le mariage homosexuel légalisé sur décision du Parlement de Westminster à Londres, où sont gérées les affaires courantes de la province britannique en raison de la paralysie de l'exécutif local. En juillet dernier, les députés britanniques avaient voté des amendements pour étendre le droit à l'avortement et au mariage entre personnes du même sexe en Irlande du Nord si aucun gouvernement local n'était formé d'ici le 21 octobre. Dépourvue d'exécutif depuis janvier 2017 à la suite d'un scandale politico-financier, les institutions politiques de la province britannique d'Irlande du Nord sont toujours actuellement à l'arrêt.

    Une région jusque-là «à part»

    Des députés nord-irlandais étaient revenus siéger lundi en début d’après-midi afin de débattre de la loi et de tenter de s’y opposer. Une action surtout symbolique, car sans le soutien de plusieurs partis, un premier ministre et un vice-premier ministre ne peuvent pas être élus, et la loi adoptée à Londres n’a donc pu être bloquée.

    Contrairement au reste du Royaume-Uni, où il est autorisé depuis 1967, l'avortement était jusqu'ici illégal en Irlande du Nord, sauf si la grossesse menaçait la vie de la mère. Le mariage entre personnes de même sexe, autorisé partout ailleurs dans le pays, y restait également interdit.

    Respecter le don de la vie

    Dans une déclaration datée publiée ce 22 octobre, les évêques catholiques nord-irlandais estiment qu’il s’agit d’un «jour tragique pour les enfants à naître qui ne béniront jamais le monde par leurs vies uniques et précieuses». «C’est aussi un triste jour pour notre démocratie locale», ajoutent-ils. 

    L’épiscopat d’Irlande du Nord souligne que l’avortement «est une violation brutale du don précieux de la vie», et que ce droit à la vie «ne nous est donné par aucune loi ou gouvernement». Il évoque aussi «la liberté de conscience des professionnels de la santé», qui doit «être respectée». Ceux-ci ne devraient pas être contraints  de «soutenir une action qui entre en conflit avec leur engagement à défendre la vie». Les évêques se disent par ailleurs «inquiets» de la redéfinition du mariage avec son ouverture aux personnes de même sexe.

    La responsabilité des élus

    Le message des prélats nord-irlandais revient en des termes vigoureux sur la situation politique, d’où découle la mise en application de cette nouvelle loi. «L’inévitable vérité, peut-on lire, est que nos élus locaux avaient le temps et le pouvoir d’éviter que cette draconienne législation sur l’avortement de Westminster ne soit introduite au-dessus de la tête des citoyens locaux, mais ils ont choisi de ne pas le faire. C’est le devoir des citoyens de tenir leurs représentants élus pour responsable de ces décisions qu’ils ont prises», estiment les évêques.

    «Toute loi humaine qui ôte le droit à la vie est une loi injuste, et chaque personne, chaque votant, chaque représentant politique doit y résister», écrivent-ils plus loin, d’autant plus lorsque ces élus sont catholiques puisque le sujet interpelle alors leur «foi».

    Agir politiquement et prier

    Les évêques appellent les partis politiques d’Irlande du Nord à «redoubler leurs efforts pour restaurer l’Assemblée et un pouvoir exécutif partagé», afin de «faire face au besoin urgent de construire une société fondée sur le respect du droit à la vie» et attentive aux plus nécessiteux. Ils demandent aux votants de participer aux prochaines consultations sur la législation introduite ce 22 octobre, et de «ne laisser aucun doute à leurs représentants quant à leurs sentiments sur le sujet». Et c’est un appel à la prière que l’épiscopat nord-irlandais lance en conclusion de son communiqué. Prier «pour une société qui respecte l’égal droit à la vie et au soin d’une mère et de son enfant à naître, avec une compassion qui accueille chaque enfant comme un cadeau unique et merveilleux».

  • Londres impose l'avortement et le mariage gay à l'Irlande du Nord contre son gré

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    Lu sur le site 7 sur 7 :

    L'avortement et le mariage gay sur le point d’être légalisés en Irlande du Nord, contre l’avis de ses députés

    L'avortement est sur le point d'être libéralisé et le mariage homosexuel d'être légalisé en Irlande du Nord, sur décision du Parlement de Westminster, à Londres, malgré une ultime tentative symbolique lundi de députés nord-irlandais de s'y opposer.

    Contrairement au reste du Royaume-Uni, où il est autorisé depuis 1967, l'avortement est illégal en Irlande du Nord, sauf si la grossesse menace la vie de la mère. Le mariage entre personnes de même sexe, autorisé partout ailleurs dans le pays, y est également interdit.

    Dépourvue d'exécutif depuis janvier 2017 à la suite d'un scandale politico-financier, la province britannique d'Irlande du Nord a ses institutions politiques actuellement à l'arrêt et voit ses affaires courantes gérées par Londres.

    Profitant de la situation politique paralysée, les députés de Westminster, à Londres, ont voté des amendements en juillet pour étendre le droit à l'avortement et au mariage entre personnes du même sexe en Irlande du Nord si aucun gouvernement local n'était formé d'ici ce lundi. Ces changements entreront en vigueur à minuit.

    "NOUS Y SOMMES, le jour où nous disons au revoir à des lois sur l'avortement oppressives qui ont contrôlé nos corps et nous ont refusé le droit d'avoir le choix", s'est félicité sur Twitter Grainne Teggart, chargé de campagne pour l'ONG Amnesty en Irlande du Nord.

    Pour s'y opposer, des députés nord-irlandais sont revenus siéger, lundi en début d'après-midi, afin de débattre de la loi, une action surtout symbolique. Car concrètement, sans le soutien de plusieurs partis, un Premier ministre et un vice Premier ministre ne peuvent pas être élus - ce qui signifie que la loi adoptée à Londres ne pourra pas être bloquée lundi.

    “C’est un jour très triste”

    Parmi les parlementaires présents, des membres du principal parti unioniste et ultraconservateur DUP, opposé à tout assouplissement sur ces questions et mené par l'ancienne Première ministre nord-irlandaise Arlene Foster.

    "C'est un jour très triste", a déclaré cette dernière à la presse après la séance parlementaire. "Je sais que certaines personnes voudront faire la fête aujourd'hui et je leur dis: 'Pensez à ceux d'entre nous qui sommes tristes aujourd'hui et qui estiment que c'est un affront à la dignité humaine et à la vie humaine'".

    Des manifestants anti-avortement étaient présents aux abords de l'assemblée nord-irlandaise, certains tenant des pancartes proclamant "L'avortement? Pas en mon nom". Parmi les protestataires, Bernadette Smyth, directrice du groupe Precious Life Northern Ireland a fustigé la décision prise à Londres et qu'elle juge "non démocratique et injuste". (...)

  • Synode amazonien : les orientations finales prévisibles

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site Diakonos.be :

    Un expert climatique parle au synode.  Prévisions certaines : des prêtres mariés et des femmes ministres du culte

    Voici les deux informations qui ressortent de la conférence de presse qui s’est tenue le 21 octobre au Vatican sur le synode amazonien.

    La première, c’est que la seule intervention de la journée en séance, après la présentation du projet de document final par le cardinal Cláudio Hummes et la prière de tierce, a été celle d’un célèbre scientifique du climat, l’allemand Hans Joachim Schellnhuber.

    Schellnhuber n’est pas catholique ni même croyant mais il figure parmi les préférés du pape François qui l’a nommé en 2015 membre ordinaire de l’Académie pontificale des sciences et qui a voulu qu’il soit l’un des présentateurs officiels de l’encyclique « Laudato si’ ».

    Ses thèses catastrophistes – jugées incohérentes par d’autres grands experts du climat, comme par exemple en Italie le professeur Franco Prodi – ont été parfaitement illustrées par l’allocution qu’il a prononcée pour l’occasion, étayée par des graphiques et intégralement reproduite dans le bulletin de la salle de presse du Vatican.

    Et donc, parmi les « invités spéciaux » au synode sur l’Amazonie, aux côtés de l’ex-secrétaire de l’ONU Ban Ki-Moon et de l’éco-économiste malthusien Jeffrey D. Sachs, c’est précisément Schellnhuber que le pape François a voulu voir figurer.

    C’est à lui – et à lui seul – qu’on a donné le micro en séance au moment crucial : tout de suite après la remise aux pères synodaux du projet de document final et juste avant qu’ils ne se répartissent dans les douze cercles linguistiques pour en discuter et proposer des amendements.  Encore une fois, comme si la défense de la nature était la raison d’être de l’Église en Amazonie et dans le monde.

    *

    La seconde information, c’est la confirmation de ce à quoi on s’attendait mais qui n’avait jamais été dit explicitement.  Une confirmation ultra-fiable puisqu’elle a été donnée au cours de la conférence de presse par le cardinal Christoph Schönborn en personne.

    Le cardinal Schönborn a été personnellement invité par le pape François à faire partie de la commission chargée d’élaborer le document final du synode.

    Mais il a déclaré que ça n’a pas été à lui ni aux autres membres élus par l’assemblée ou nommés par le Pape qu’est revenu le soin de rédiger l’avant-projet du document.

    Leur rôle n’a été que de le mettre au propre.  Parce que le texte de base – a déclaré le cardinal Schönborn – avait déjà été rédigé par le cardinal Cláudio Hummes « avec ses collaborateurs », parmi lesquels figurait certainement le cardinal jésuite Michael Czerny, le secrétaire spécial du synode.

    En effet, le cardinal Hummes est véritablement l’« alter ego » du pape François dans ce synode sur l’Amazonie.  Au cours de la phase préparatoire, il en a été le « des ex machina » et à présent, pendant que le synode est en cours, il cumule le double rôle de rapporteur général et de président de la commission pour l’élaboration du document final.

    Et quel était depuis le début le véritable objectif de toute cette opération ?  Celui d’innover sur les deux principaux « thèmes principaux » que le cardinal jésuite Carlo Maria Martini avait proposé de traiter par un enchaînement de synodes, dans sa mémorable intervention au synode de 1999 : « La carence de ministres ordonnés, le rôle de la femme dans la société et dans l’Église… »  (le troisième thème de la liste de Martini, « la discipline du mariage », a comme on le sait, déjà été traité et résolu comme il le voulait par François dans l’exhortation « Amoris laetitia » qui a suivi les deux synodes sur la famille).

    Et donc, comme annoncé au paragraphe 129 de l’« Instrumentum laboris », c’est-à-dire du document de base du synode sur l’Amazonie et comme dans son discours introductif avant les débats, le cardinal Hummes a visé droit dans le mille en préconisant aussi bien « l’ordination sacerdotale des hommes mariés » que le fait de conférer « un ministère adapté aux femmes responsables de communautés », première étape d’un développement futur qui pour certains membres de ce synode devrait aboutir au diaconat et au sacerdoce féminin.

    Voici comme le cardinal Hummes s’est textuellement exprimé sur ces deux points :

    « Une autre question, c’est le manque de prêtres au service des communautés locales sur le territoire, avec la carence d’Eucharistie qui s’en suit, à tout le moins dominicale, ainsi que d’autres sacrements.  On manque aussi de prêtres responsables, ce qui veut dire une pastorale faite de visites sporadiques au lieu d’une pastorale adéquate avec une présence quotidienne.  Eh bien, l’Église vit de l’Eucharistie et c’est l’Eucharistie qui édifie l’Église (S. Jean-Paul II).  La participation à la célébration de l’Eucharistie, au moins le dimanche, est fondamentale pour le développement progressif et complet des communautés chrétiennes et pour la véritable expérience de la Parole de Dieu dans la vie des personnes.  Il sera nécessaire de définir de nouveaux chemins pour l’avenir.  Dans la phase d’écoute, les communautés indigènes ont demandé que, tout en confirmant la grande valeur du charisme du célibat dans l’Église, face à la nécessité impérieuse de la majeure partie des communautés catholiques en Amazonie, l’on ouvre la voie à l’ordination sacerdotale des hommes mariés résidents dans les communautés.  Et en même temps, devant le grand nombre de femmes qui dirigent aujourd’hui les communautés en Amazonie, que l’on reconnaisse ce service et que l’on cherche à le consolider avec un ministère adapté aux femmes dirigeantes de communautés ».

    Dans le document final, on peut déjà être certain que ces deux points seront repris et soumis au vote et qu’ils récolteront quelques dizaines d’avis contraires, comme cela ressort déjà des « Rapports » des groupes linguistiques, mais pas assez pour les recaler.

    Après quoi, le document – comme c’est la règle – sera présenté au Pape, lui laissant le soin de déterminer quoi faire, dans une exhortation post-synodale qui paraîtra au cours des premiers mois de l’an prochain mais qui, sur ces deux points-clés, est essentiellement déjà écrite.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • L'enseignement de la Bible serait incompatible avec la dignité humaine et les droits fondamentaux des autres

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    Incroyable mais vrai!

    publié dans regards sur le monde (Revue Item) le 19 octobre 2019

    Royaume-Uni : la Bible condamnée

    Un tribunal britannique a rejeté le recours d’un médecin sanctionné pour son refus de principe d’utiliser envers ses patients un vocabulaire issu de l’idéologie du « genre », au nom de la foi chrétienne. Dans leur jugement, les magistrats ont déclaré que l’enseignement de la Bible était « incompatible avec la notion de dignité humaine » (sic).

    Le docteur David Mackereth exerce son art depuis plusieurs années pour le compte de la médecine du travail (DWP). Il est établi dans les Midlands, au centre de l’Angleterre. En 2018, son ministère de tutelle décide de le licencier pour faute grave.

    Son crime : sa réponse à une question posée au cours d’une inspection. Voici la question : « Que feriez-vous si vous deviez évaluer quelqu’un qui est de toute évidence un homme, mesurant 1,80 m et portant une barbe, mais qui demande à être appelé « madame » ou « mademoiselle » ? » David Mackereth a répondu qu’en tant que chrétien il lui serait impossible d’appeler “madame” ou “mademoiselle” un « grand gaillard barbu ».

    Après son licenciement, le médecin a porté l’affaire devant la justice de Birmingham ; en vain, puisqu’il a été débouté. Dans une société apostate qui a renoncé à toute loi morale et au simple bon sens, cette décision n’est sans doute pas une surprise. Mais le plus scandaleux demeure la motivation de l’arrêt du tribunal de Birmingham.

    Comme le rapporte la BBC le 2 octobre 2019, les magistrats déclarent que « la foi dans l’enseignement qui se trouve dans la Bible (Genèse 1, 27), tout comme le fait de ne pas croire à la “transgendérité” et de lui opposer l’objection de conscience sont, à notre avis, incompatibles avec la dignité humaine et les droits fondamentaux des autres, en particulier ici, les personnes “transgenres” ».

    En d’autres termes, la Sainte Ecriture et l’attitude chrétienne sont taxées de discrimination, ce nouveau délit inventé par les idéologues du temps présent. Le livre de la Genèse rapporte en effet : « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, et il créa l’homme et la femme ».

    « C’est une décision effarante, un véritable séisme pour les chrétiens qui sont prêts à affirmer que nous avons tous été créés hommes et femmes », a déclaré le directeur du Christian Legal Centre (CLC), Andrea Wiliams, qui représente le Docteur Mackereth devant la justice.

    Ce dernier a déclaré qu’il « se sentait obligé de faire appel – comme le droit l’y autorise – d’une décision, qui, si elle était maintenue, aurait de graves conséquences pour la pratique de la médecine au Royaume-Uni ».

    (Sources : BBC/Lifesite – FSSPX.Actualités – 18/10/2019)

  • Un pacte "pour une Eglise servante et pauvre"

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    De Vatican News :

    Des pères synodaux renouvellent le «Pacte des Catacombes»

    A l'image du serment fait en 1965 par une quarantaine de participants au Concile Vatican II de mettre les pauvres au cœur de leur action pastorale, des participants au synode pour l'Amazonie ont, ce dimanche, signé un texte similiare en quinze points afin de "protéger la Maison Commune".

    C'est un évènement plein de symboles: ce dimanche matin, plusieurs père synodaux de l'assemblée spéciale sur l'Amazonie ont participé à une messe célébrée dans les Catacombes de Sainte Domitille situées non loin de la Via Appia à Rome. Une messe présidée par le cardinal brésilien Claudio Hummes, rapporteur général du synode. Ils ont fait mémoire du "Pacte des Catacombes" au cours duquel 42 pères du Concile Vatican II avaient demandé à Dieu la grâce d'«être fidèle à l'esprit de Jésus» dans le service des pauvres. Ce document intitulé «Pacte pour une Église Servante et Pauvre» avait alors pour ambition de mettre les pauvres au centre du ministère pastoral. 

    54 ans plus tard, dans la dynamique de ce synode amazonien, un nouveau Pacte des Catacombes a été signé dans le même esprit, afin de mettre parmi les priorités de la mission de l'Eglise la protection de la Maison Commune. En voici le texte:

    Pacte des Catacombes pour la Maison Commune

    Pour une Église au visage amazonien, pauvre et servante, prophétique et samaritaine

    Nous, participants au Synode panamazonien, nous partageons la joie de vivre parmi de nombreux peuples indigènes, quilombolas, d'habitants des rives de fleuves, de migrants et de communautés des périphéries des villes de cet immense territoire de la planète. Avec eux, nous avons fait l'expérience de la puissance de l'Évangile qui agit dans les plus petits. La rencontre avec ces peuples nous interpelle et nous invite à une vie plus simple, de partage et de gratuité. Marqués par l'écoute de leurs cris et de leurs larmes, nous accueillons chaleureusement les paroles du Pape François :

    “Beaucoup de frères et sœurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la consolation libératrice de l'Évangile, la caresse de l'amour de l'Église. Pour eux, avec eux, nous marchons ensemble”.

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  • Peut-on accepter que le Parlement légifère sur une question aussi grave que l’avortement en l’absence d’un gouvernement? 

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    De Christophe HERINCKX sur cathobel.be :

    Permettre l’avortement jusqu’à la naissance

    Mardi dernier, le Parti Ecolo a lancé un appel aux autres partis politiques à constituer une majorité pour assouplir encore davantage les conditions d’accès à l’avortement. Etant donné la configuration politique du nouveau , il est fort probable qu’une telle majorité puisse se constituer. Or, peut-on accepter que le Parlement légifère sur une question aussi grave que l’avortement en l’absence d’un gouvernement? 

    C’est pourtant ce qui est en train de se passer dans les coulisses : en effet, même Si le gouvernement fédéral belge est en affaires courantes, et a donc un pouvoir d’action limité, le Parlement peut quant à lui exercer pleinement ses prérogatives, et peut dès lors adopter toutes les  pour lesquelles une majorité s’est dessinée. Ces propositions, une fois adoptées par la Chambre, seraient dès lors tout à fait valables.

    C’est dans ce contexte que différents partis politiques veulent « faire passer » des lois assouplissant les possibilités de recours à l’avortement ou à l’, loin des projecteurs, de l’attention médiatique, et donc en dehors de tout débat public. ce qui, dans le cadre de notre démocratie, qui se veut de plus en plus participative, pose de graves questions. En particulier lorsque des questions aussi graves que le début et la fin de la vie humaines sont concernées.

    Si Ecolo a lancé cet appel c’est que plusieurs propositions de loi ont d’ores et déjà été déposées au cours de l’été, émanant de différents partis politiques.

    Une libéralisation totale

    Quelles sont ces nouvelles propositions de loi ? Trois propositions de loi ont été déposées pour modifier la loi relative à l’avortement, et 3 autres propositions de loi pour modifier la loi relative à l’euthanasie. Pour la plupart d’entre eux, ces textes seront discutés à partir de mardi prochain, 22 octobre, au sein de la Commission de la Justice et de la Commission de la Santé.

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  • L'enjeu n'est pas seulement l'Amazonie, tout est en jeu !

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    Du blog de Jeanne Smits :

    Cardinal Brandmüller : le synode amazonien tente-t-il d'imposer une religion naturelle panthéiste de l’homme ? (Cela pose des questions eschatologiques…)

    Voici la traduction intégrale par mes soins (d'après la traduction anglaise faite par Maike Hickson pour LifeSiteNews) d'une récente déclaration du cardinal Walter Brandmüller, l'un des deux survivants des quatre signataires des Dubia adressés au pape François à propos d'Amoris laetitia, toujours restées sans réponse.

    Le cardinal accuse le synode de manipulation en vue de mettre en place une nouvelle conception de la religion, visant à l'Eglise catholique par une « religion naturelle panthéiste de l'homme », variante du modernisme du début du XXe siècle, dit-il. Et laisse entendre son effroi devant une telle apostasie qui fait penser aux « temps eschatologiques ».


    De manière somme toute amusante, le cardinal en veut notamment pour preuve l'absence quasi totale du Concile Vatican II dans l'Instrumentum laboris qui se borne quasiment à citer l'assemblée d'Aparecida de 2007, au mépris bien plus large de l'ensemble de la doctrine de l'Eglise… Cela montre en tout cas qu'on n'est jamais allé aussi loin dans la promotion de la religion de l'homme.


    La dernière ligne de sa déclaration fait allusion a ce qu'a dit le pape François à l'orée du synode, lorsqu'il a affirmé que l'Instrumentum Laboris était un « texte martyr », destiné à être détruit. En attendant, les Circuli minores ont clairement et majoritairement abouti à l'affirmation que l'on devait envisager l'ordination des viri probati et la possibilité d'un ministère ordonné pour les femmes.

    Voici donc ma traduction intégrale non officielle de la déclaration du cardinal Brandmüller. – J.S.

    Ce n’est pas l’Amazonie qui est en jeu : tout est en jeu.

    Par le Cardinal Walter Brandmüller
     
    On commettrait une erreur fatale à penser que les promoteurs de l’actuel Synode des évêques ne se préoccupent vraiment que du bien-être des tribus indigènes des forêts amazoniennes. De toute évidence, Ils sont plutôt instrumentalisés au service d’un programme qui concerne l’Église universelle et qui plonge en grande partie ses racines dans le XIXe siècle.

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  • Eugenio Pacelli avant Pie XII

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    De KTO :

    Depuis la pièce de théâtre Le Vicaire (1963) de l’Allemand Rolf Hochhuth, Pie XII est la cible d’attaques régulières. Accusé au mieux de naïveté, au pire d’antisémitisme, on lui reproche de ne pas avoir condamné publiquement la Solution finale. Il aurait été ainsi un « pion » au service d’Hitler. Invité de l’émission « Au risque de l’histoire », Marie Levant et Frédéric Le Moal proposent de saisir cette personnalité complexe avant son élection sur le trône pontifical, en 1939. Qui était Eugenio Pacelli ? Comment vécut-il la Grande Guerre de 1914-1918 auprès du pape Benoît XV ? Quel a été son rôle diplomatique à Munich entre les deux Guerres mondiales ? Comment enfin était-il considéré par les chancelleries à la veille de son élection ? Eloignée d’une vision binaire, cette émission vise à comprendre comment Eugenio Pacelli s’est battu contre les totalitarismes dès avant 1939. Deuxième opus de 7 rendez-vous de 52 minutes. Une émission KTO animée par Christophe Dickès, en partenariat avec StoriaVoce.

  • 200 intellectuels se mobilisent face au vide spirituel et moral en Europe

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    De Rémi Brague sur le site aleteia.org :

    Europe : face au vide spirituel et moral, des intellectuels se mobilisent

    18 octobre 2019

    Deux cents intellectuels s’interrogent sur le vide spirituel à l’origine de la crise sociale et politique qui sévit partout en Europe. Venus de toute l’Europe, ils se retrouveront ce 19 octobre à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans le cadre de la plateforme culturelle One of Us pour lancer un Observatoire de la dignité de la personne humaine. Le philosophe Rémi Brague en expose pour Aleteia les motivations profondes : « Face à la culture de la marchandisation que l’on voudrait nous imposer, nous nous demanderons quelle culture nous voulons vraiment, et comment travailler à son avènement. »

    Du président Chirac, que la France vient d’enterrer, les médias ont retenu une phrase : « La maison brûle ! » C’est probablement vrai pour la planète dans son ensemble. C’est vrai, sans réserves, pour la « maison commune » européenne. Sur les différents aspects de la crise qu’elle traverse, point n’est besoin de répéter l’évidence. Si ce n’est, peut-être, parce que des symptômes spectaculaires peuvent dissimuler des réalités plus profondes.

    Tout le monde pointe du doigt, à gauche, le « populisme », à droite l’« invasion des migrants », voire l’« islamisation ». Moins nombreux sont ceux qui rappellent que c’est le divorce entre des élites sourdes et des « petites gens » abandonnées qui provoque en réaction l’exploitation du mécontentement du « bon populo » par des démagogues ; ou encore que c’est l’effondrement démographique du Vieux Continent qui attire en compensation la jeunesse maghrébine et africaine ; ou enfin que c’est le vide spirituel et moral engendré par l’oubli ou le refus du christianisme et de sa base biblique qui fait le jeu des prêcheurs islamistes.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Synode Amazonien : un laboratoire pour dénaturer le catholicisme ?

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    Du National Catholic Register :

    Synode Amazonien : n'imposez pas d'anciens agenda au Nouveau Monde

    ÉDITORIAL: Cette tentative qui consiste à imposer à l'Amazonie des concepts d'Eglise controversés et discrédités du fait des Européens et des Nord-Américains n'est rien de moins qu'un colonialisme théologique.

    Dans une interview accordée le 7 octobre au Corriere della Sera, journal italien, le cardinal Robert Sarah a déploré les efforts de certains membres de l'Église pour utiliser le synode des évêques de la région panamazonienne comme un laboratoire pour modifier profondément le catholicisme.

    Le cardinal africain faisait référence à certains des thèmes centraux de la discussion synodale, tels que l’ordination des hommes mariés, les ministères «ordonnés» pour les femmes et une interprétation radicale de l’inculturation et du syncrétisme. «Ces points touchent la structure de l'Église universelle», a déclaré le cardinal Sarah.

    "En profiter pour mettre en avant des schémas idéologiques serait une manipulation indigne, une tromperie malhonnête, une insulte à Dieu, qui guide son Église et lui confie son plan de salut."

    Cette tentative d'imposition de concepts d'Eglise controversés et discrédités sur l'Amazonie par les Européens et les Nord-Américains peut être caractérisée d'une autre manière : comme un colonialisme théologique.

    Des efforts à peine voilés sont en cours pour inscrire leurs programmes idéologiques dans une région appauvrie du monde, prétendument par nécessité, puis, comme l'a souligné le cardinal Sarah, pour les exporter à travers l'Église universelle.

    La crainte que des idéologies théologiquement hétérodoxes puissent être élaborées dans le synode, qui se clôturera le 27 octobre, a été prédominante depuis la publication du document de travail (instrumentum laboris) en juin par les organisateurs du synode. Le document comprenait une liste exhaustive de propositions, dont certaines font depuis longtemps partie de l'agenda pour modifier l'enseignement fondamental de l'Église. Plusieurs cardinaux, dont le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, ont alors sonné l'alarme que le document de travail offrait un «faux enseignement».

    Le secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldiserri, a écarté les inquiétudes suscitées par l’instrumentum laboris, en rappelant à la presse réunie le 3 octobre, avant le début du synode, que le document n’avait aucun poids magistral.

    Cela a été suivi à l’ouverture même du rassemblement international par la déclaration du pape François du 7 octobre selon laquelle l’instrumentum devait être considéré comme «un texte martyr» qui devait être détruit pour que le synode puisse accomplir son travail.

    Tout cela aurait été plus rassurant si le Saint-Père n'avait pas été suivi quelques minutes plus tard par le responsable qu'il avait désigné pour diriger les débats, le cardinal brésilien Claudio Hummes, âgé de 85 ans. L'ancien fonctionnaire du Vatican a prononcé un discours liminaire dans lequel il a fermement mis en avant les viri probati (ordination au sacerdoce de «hommes d'une vertu éprouvée») comme sujet à débattre.

    Il a été suivi, lors de conférences de presse synodales tout au long de la semaine d'ouverture, par plusieurs évêques qui ont plaidé en faveur de l'ordination des diacres mariés.

    L’évêque émérite Erwin Kräutler, ancien évêque de Xingu (Brésil), emblématique de cet effort persistant en faveur du colonialisme théologique et de la conformité à l’opinion publique, est censé être l’auteur principal de l’instrumentum laboris et milite depuis longtemps pour mettre fin au célibat ecclésiastique. Lors d’une conférence de presse au Bureau de presse du Saint-Siège, Mgr Kräutler a déclaré: «Il n’ya pas d’autre option» que d’ordonner des hommes mariés en Amazonie, en déclarant que «les peuples autochtones ne comprennent pas le célibat». Il a ensuite défendu l'idée de femmes diacres en déclarant: «Nous avons besoin de solutions concrètes. Je pense donc au diaconat féminin.» Il a ensuite confié au Register qu'il aimerait voir les femmes finalement ordonnées prêtres et que le synode «peut être une étape» pour atteindre cet objectif.

    Tout cela a été discuté en dépit du fait que le pape François a déclaré catégoriquement à plusieurs reprises que l'ordination des femmes est une porte fermée.

    Néanmoins, les projets sur lesquels le cardinal Sarah et d'autres ont mis en garde existent depuis un certain temps. Des groupes catholiques, dont certains opèrent sous l'égide des évêques allemands, financent des projets de justice sociale et d'aide en Amazonie depuis de nombreuses années.

    Par exemple, le groupe le plus important dans l'organisation et la gestion du synode, le Réseau ecclésial panamazonien (REPAM), décrit son objectif premier en tant que défenseur des droits et de la dignité des peuples autochtones d'Amazonie. Il est étroitement soutenu par les conférences épiscopales de la région, présidée par le cardinal Hummes. Mais il collabore également étroitement avec Adveniat, l'organisation de secours des évêques allemands en Amérique latine, qui a fourni en 2016 seulement 3,2 millions d'euros pour financer divers projets en Amazonie.

    Misereor, une deuxième organisation d'aide allemande gérée par les évêques allemands, a consacré plus de 52 millions d'euros au financement de 337 projets en Amérique latine et dans les Caraïbes. Adveniat et Misereor ont tous deux organisé des événements mettant en valeur la spiritualité amazonienne tout au long du synode, ainsi que le CIDSE, un réseau d'organisations de justice sociale catholiques européennes et nord-américaines ayant leur siège à Bruxelles.

    Ce lien financier étroit est alarmant, car au moment précis où le processus synodal panamazonien est en cours, l'Église allemande avance malgré l'opposition publique des hauts responsables du Vatican, avec son propre «chemin synodal» qui entend de même discuter d'éventuels changements. dans les domaines du célibat ecclésiastique, des ministères ordonnés pour les femmes et des enseignements de l'Église concernant la moralité sexuelle. Ce timing simultané n'est sûrement pas une simple coïncidence.

    En outre, comme le signalait le Register le 17 octobre, la Fondation Ford - qui compte depuis longtemps des groupes de financement qui promeuvent l'avortement, l'idéologie du genre et le plaidoyer «LGBT» - a octroyé des millions de dollars au Conseil missionnaire des évêques brésiliens pour les Peuples autochtones (CIMI) et à deux autres organisations qui, comme le CIMI, sont membres du REPAM et participent donc activement au processus synodal panamazonien.

    Il y a d'autres voix dans la salle Paul VI du synode qui demandent un renouveau complet du zèle pour l'évangélisation et des solutions créatives pour favoriser les vocations qui n'exigent pas en même temps l'abandon de l'ancienne tradition de l'Église, notamment la discipline du célibat ou l'enseignement de l'Église sur l'ordination des femmes. Ils sont rejoints par certains des plus éminents dirigeants de l'Église, tels que le cardinal Sarah, le cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral, et le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques qui a écrit un nouveau livre plaidant en faveur du célibat ecclésiastique.

    La cardinal Sarah comprend bien les dangers du colonialisme théologique. Dans son entretien avec le Corriere della Sera, il a averti que s’il s’agissait réellement d’utiliser le synode pour transformer l’Église amazonienne en un laboratoire, «ce serait malhonnête et trompeur». Il a également expliqué comment tous les catholiques devraient réagir. à toute déformation de l'Évangile, en particulier dans les parties du monde qui ont le plus besoin d'évangélisation.

    En ce qui concerne l’Amazonie, il est «choqué et indigné que la détresse spirituelle des pauvres en Amazonie soit utilisée comme une excuse pour soutenir des projets typiques d'un christianisme bourgeois et mondain. C'est abominable.