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Ethique - Page 128

  • Remplacer les politiciens "catholiques" par des musulmans ou des mormons ?

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    De Robert Siedlecki sur IFN (International Family News) :

    Le professeur Kreeft et les politiciens “catholiques”

    Alors que la bataille de Lépante était une défense de la chrétienté, Peter Kreeft affirme que la guerre culturelle actuelle est "une plus grande bataille" qui peut être gagnée par les chrétiens qui rejettent les "catholiques" et soutiennent les musulmans et les mormons.

    16 février 2022

    Peter Kreeft est probablement le meilleur théologien, auteur et apologiste catholique de ces 50 dernières années. Professeur au Boston College, il a écrit des dizaines de livres et donné des milliers de conférences dans tout le pays. En raison de sa formidable vision du christianisme et de son style d’écriture unique, qui fait notamment un usage remarquable de l’analogie, de l’allégorie et de l’esprit, on l’a surnommé le “C.S. Lewis catholique”. L’une des choses les plus sages qu’il ait jamais dites se trouve dans son livre Ask Peter Kreeft de 2019 . En réponse à la question “Je pense que les musulmans sont nos ennemis. Qu’en pensez-vous ?” Kreeft a dit :

    “George Weigel, biographe officiel de Jean Paul II, a déclaré que l’Église catholique pourrait gagner la guerre culturelle et faire légaliser sa morale sociale en remplaçant simplement chaque politicien “catholique” à Washington par un musulman ou un mormon.”

    Jamais des mots plus vrais n’ont été prononcés. Il suffit de regarder certains des politiciens et fonctionnaires “catholiques” les plus en vue aux États-Unis – le président Joe Biden, la présidente de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi, le Sénateur Dick Durbin, la juge de la Cour suprême Sonia Sotomayor, la Gouverneure de New York Kathy Hochul, pour n’en citer que quelques-uns – pour se rendre compte de la véracité de la déclaration de Kreeft. L’Église catholique a clairement échoué dans sa mission de catéchiser correctement ces personnes ; en effet, toutes ces personnes ont des positions diamétralement opposées aux doctrines majeures et bien connues de l’Église. Ils soutiennent tous une culture de la mort, que ce soit dans l’utérus ou en fin de vie, le mariage des homosexuels, la croyance qu’un homme biologique peut devenir une femme et vice versa, et la croyance que Dieu a créé plus de deux genres, entre autres choses.

    Kreeft compare les convictions de ces fonctionnaires “catholiques” à celles d’un musulman moyen : “Vous auriez du mal à trouver un seul musulman dans le monde qui soit pro-avortement. Ou anti-famille. Ou pro-révolution sexuelle”.

    Il poursuit en montrant comment le pape Jean-Paul II, lors de la Conférence Internationale des Nations Unies sur la population et le développement qui s’est tenue au Caire en 1994, a réussi à empêcher que le soutien à l’avortement soit une condition préalable pour qu’un pays puisse recevoir l’aide de l’ONU en travaillant avec les pays musulmans contre l’Occident chrétien/catholique. Kreeft écrit :

    “Le pape Jean-Paul II a mené et gagné une plus grande bataille en travaillant avec les musulmans que celle que les chrétiens ont gagnée contre eux lors de la bataille de Lépante, un demi-millénaire plus tôt. Il l’a fait lors de la conférence des Nations Unies au Caire dans les années 1990 en alliant l’Église aux musulmans pour bloquer un règlement parrainé par les États-Unis qui aurait exigé de chaque nation qu’elle légalise l’avortement afin de bénéficier de tout avantage ou aide de l’ONU. Le règlement aurait été adopté sans cela.”

    Afin de gagner la guerre culturelle, ou du moins d’enrayer son avancée agressive, Peter Kreeft semble offrir aux catholiques plusieurs choix. Tout d’abord, ils pourraient exiger de l’Église catholique qu’elle fasse un meilleur travail de catéchisation de ses membres, de sorte que lorsqu’un “catholique” se présente aux élections, les gens sachent qu’il soutient en fait les positions de l’Église. Deuxièmement, ils pourraient exiger que les politiciens qui ne croient pas vraiment ce que l’Église enseigne ne puissent pas dire qu’ils sont catholiques. Troisièmement, ils pourraient retirer leur soutien aux politiciens “catholiques” et élire à la place des musulmans (ou des mormons) qui soutiendraient des positions sociales conformes à l’enseignement catholique. Quatrièmement, ils pourraient faire deux ou plusieurs des éléments ci-dessus. Espérons que les catholiques choisiront rapidement la quatrième option avant que nos fonctionnaires “catholiques” ne causent davantage de dommages à notre culture judéo-chrétienne.

  • Avortement et droits des LGBT : les priorités des rapports de l'Union Européenne

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    De Luca Volontè sur le site de la nuova Bussola Quotidiana :

    Avortement et droits des LGBT, les priorités des rapports de l'UE

    16-02-2022

    Alors que les citoyens et les entreprises regardent avec inquiétude la hausse des prix de l'énergie et les rumeurs de guerre, le Parlement européen prépare plusieurs rapports, dont le plan d'action pour l'égalité des sexes III, afin de promouvoir la cause de l'avortement et des droits des homosexuels et de stigmatiser ceux qui s'y opposent. Les seules bonnes nouvelles viennent de Pologne, de Slovénie et de Hongrie.

    En ces jours de grande inquiétude européenne face à d'éventuels nouveaux conflits et aux difficultés que rencontrent les citoyens, les familles et les industries à cause des augmentations des prix de l'énergie, toutes largement attendues et évitables, le Parlement européen ne trouve rien de mieux que de voter plusieurs résolutions qui marquent des priorités absurdes : l'avortement et les droits LGBT en premier lieu.

    Ce sont les jours où la résolution sur le rapport annuel 2021 sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde est votée à Strasbourg. Dans le rapport, parmi les nombreuses préoccupations vagues et répétitives, pour la plupart reproduites dans le rapport de Human Rights Watch ces dernières semaines, on peut discerner les priorités européennes. Ainsi, le paragraphe 56 exprime une extrême "préoccupation quant à la détérioration du droit à sa propre sexualité, ainsi qu'à la santé et aux droits sexuels et reproductifs (DSSR), sans coercition ni discrimination, notamment en ce qui concerne l'accès libre et sûr à l'avortement légal" ; le paragraphe 60 condamne la "pratique commerciale de la maternité de substitution", mais se garde bien de condamner la maternité de substitution en soi. Le paragraphe 68 est consacré à la lutte contre la discrimination à l'égard des LGBT, dans laquelle l'Europe est invitée à jouer un rôle de premier plan, notamment en éliminant la "thérapie de conversion" ; et ce même si, plus loin, aux paragraphes 69 et 71, elle affirme vouloir défendre la liberté de religion, de conscience et de croyance et invite la Commission à nommer l'envoyé spécial européen pour la liberté de religion.

    Non contents de cela, les députés discutent actuellement avec le commissaire au budget Johannes Hahn de la conditionnalité de l'"État de droit" ainsi que des décisions de la Cour de justice de l'UE concernant les fonds budgétaires à envoyer aux États membres de l'UE. Un mécanisme qui, bien que n'étant pas encore unanimement partagé par les gouvernements, voit une fois de plus la gauche européenne et une grande partie du Parti Populaire se déchaîner en exigeant des sanctions sévères contre la Pologne et la Hongrie. Le mandat de ces journées que la résolution du Parlement, soutenue par une large majorité arc-en-ciel, assigne à la Commission et aux représentants européens en vue de la 66e session des Nations unies sur les droits des femmes, qui se tiendra à New York du 14 au 25 mars, est on ne peut plus clair : soutenir les droits reproductifs des femmes, les organisations qui les promeuvent et les minorités LGBT à grande échelle.

    Louis-Marie Bonneau, chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (Eclj), a récemment présenté une analyse détaillée de ces organisations de promotion de l'avortement et de leur capacité à persuader et influencer les institutions européennes, y compris leurs financiers, dans le magazine français Valeurs Actuelles.

    Nous en aurons la énième preuve, à partir du 7 mars, en plénière du Parlement européen, où un rapport au titre emblématique "Plan d'action pour l'égalité des sexes III" sera voté et, sauf miracle, approuvé. Son communiqué de presse indique que "l'Union européenne doit faire de la santé reproductive et des droits sexuels et reproductifs une priorité de sa politique étrangère et internationale". Au nom de l'égalité, il faut "faire de la santé et des droits sexuels et génésiques une priorité" dans les programmes de financement externes. L'engagement en faveur de "l'accès universel à l'éducation sexuelle, à la contraception et à l'avortement sûr et légal" est donc une priorité. Autant d'initiatives pour lesquelles l'Europe "devrait être un exemple à suivre au niveau mondial" et "appeler les États membres à garantir l'accès universel à la santé sexuelle et reproductive sur leur territoire".

    Par conséquent, comme déjà anticipé lors du débat de cette semaine au Parlement, ce rapport stigmatisera une fois de plus les ONG chrétiennes qui s'opposent à l'avortement et à l'idéologie LGBT, et demandera à la Commission d'allouer ses propres fonds uniquement aux ONG qui promeuvent l'avortement dans les pays européens, dans le cadre du Plan d'action III pour l'égalité des sexes. Tout cela se passe sous nos yeux, malgré la situation de souffrance énergétique et économique des citoyens et entreprises européens, causée en grande partie par les programmes et décisions "verts" de la Commission.

    Au moins une bonne nouvelle est apparue ces derniers jours. La ferme opposition des gouvernements de Hongrie, de Slovénie et de Pologne a empêché l'approbation de la proposition de la Commission européenne sur la reconnaissance mutuelle de la parentalité - y compris celle des couples LGBT - dans tous les pays de l'UE. L'opposition ferme est venue une fois de plus de ces pays chrétiens qui, depuis des années, comme ces jours le confirment également, sont lapidés par Bruxelles et compagnie. Ce n'est pas une coïncidence si les derniers rapports d'Ilga Europe (le lobby international des LGBT) et d'Epf (la branche européenne de la multinationale de l'avortement Ippf) placent la Pologne et la Hongrie au bas de leur classement...

  • Le cardinal tchèque Duka accuse le cardinal Marx de diffamer et ternir la réputation de Benoît XVI

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    De Christopher White sur le National Catholic Reporter :

    Un cardinal tchèque accuse le cardinal allemand Marx de "trahir" le pape Benoît XVI

    15 févr. 2022

    ROME - Dans une prise de bec publique entre membres de la hiérarchie catholique, le cardinal tchèque Dominik Duka a accusé le cardinal allemand Reinhard Marx de "diffamer et ternir" la réputation du pape retraité Benoît XVI.

    Les commentaires de l'homme de 78 ans s'inscrivent dans le cadre des retombées continues de la réponse de Benoît XVI à un rapport allemand critiquant sa gestion des cas d'abus du clergé en tant qu'archevêque de Munich et Freising dans les années 1970 et 1980.

    Mgr Duka, archevêque de Prague, a publié le 8 février une déclaration défendant les actions de Benoît XVI en tant qu'archevêque, affirmant que "même un laïc" ayant un diplôme de théologie devrait être en mesure de comprendre qu'à l'époque, Benoît XVI n'avait "aucune juridiction et aucun moyen de traiter le cas" d'un prêtre notoire qui avait été transféré d'Essen, en Allemagne, à l'archidiocèse de Munich.

    Les enquêteurs allemands ont reproché à Benoît XVI d'avoir mal géré l'affaire, puisqu'il était présent à une réunion de 1980 qui a discuté du transfert de ce prêtre. L'équipe juridique du pape retraité soutient qu'il n'était pas au courant de ces allégations.

    Benoît XVI, l'ancien cardinal Joseph Ratzinger, a dirigé l'archidiocèse de Munich de 1977 à 1982 avant d'être nommé à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi du Vatican, puis d'être élu pape en 2005.

    Mgr Marx, qui dirige l'archidiocèse de Munich depuis 2008, a commandé le rapport indépendant il y a près de deux ans, en chargeant les enquêteurs d'examiner la gestion des cas d'abus par l'archidiocèse entre 1945 et 2019.

    Le rapport final a blâmé Benoît XVI pour sa gestion de quatre cas en tant que chef de l'archidiocèse et Marx pour sa gestion de deux cas.

    Dans sa déclaration, Duka a demandé à Marx et à l'archidiocèse de Munich de "prendre leurs responsabilités" pour avoir porté atteinte à la réputation de Benoît XVI avec l'enquête et la publication du rapport.

    Marx a déjà déclaré que les conclusions du rapport représentaient un "désastre" pour l'Église, mais il n'a pas abordé directement ses conclusions sur Benoît XVI. Le mois dernier, cependant, le président de la conférence épiscopale allemande, Mgr Georg Batzing, évêque de Limburg, a demandé à Benoît XVI de s'excuser directement auprès des victimes d'abus. (...)

  • Monseigneur Gänswein retrace l'histoire de la réponse de Benoît XVI au rapport sur les abus de Munich

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    De Daniel Ibáñez sur le National Catholic Register :

    L'archevêque Gänswein raconte l'histoire de la réponse de Benoît XVI au rapport sur les abus de Munich.

    Dans une interview exclusive diffusée ce soir sur EWTN, le secrétaire personnel de Benoît XVI a défendu les actions du pape retraité, le qualifiant de "père de la transparence".

    L'archevêque Georg Gänswein est le secrétaire personnel du pape émérite Benoît XVI.

    14 février 2022

    CITE DU VATICAN - L'archevêque Georg Gänswein a raconté comment le pape émérite Benoît XVI a répondu à un rapport critiquant sa gestion de quatre cas d'abus lorsqu'il dirigeait l'archidiocèse allemand de Munich et Freising.

    Dans une interview exclusive avec le chef du bureau du Vatican d'EWTN, Andreas Thonhauser, le secrétaire personnel de Benoît XVI a défendu les actions du pape retraité, a décrit son travail de pionnier dans la lutte contre les abus cléricaux malgré la résistance du Vatican, et a parlé du fort soutien personnel du pape François à son prédécesseur. L'interview complète sera diffusée le 14 février à 18h30 dans un épisode spécial du programme Vaticano d'EWTN.

    L'interview a été réalisée le 11 février, quelques jours après que Benoît XVI ait personnellement demandé pardon aux survivants d'abus, suite à la publication du rapport couvrant son mandat d'archevêque de Munich de 1977 à 1982.

    Le pape retraité de 94 ans a déclaré dans une lettre que sa douleur était d'autant plus grande qu'il avait "porté une grande responsabilité dans l'Église catholique." 

    La lettre était accompagnée d'une réfutation de trois pages des critiques du rapport, signée par quatre conseillers du pape émérite.  

    Une erreur a été commise

    Dans l'interview, Mgr Gänswein a reconnu la controverse suscitée par une déclaration de 82 pages soumise au nom de Benoît XVI aux enquêteurs chargés de compiler l'étude.

    L'un des quatre cas mis en lumière par le rapport concerne un prêtre nommé Père Peter Hullermann, qui est accusé d'avoir abusé d'au moins 23 garçons âgés de 8 à 16 ans entre 1973 et 1996. 

    La déclaration signée par le pape retraité indique qu'il n'était pas présent à une réunion en 1980 au cours de laquelle le transfert du prêtre du diocèse d'Essen à l'archidiocèse de Munich a été discuté.

    Mais quelques jours après la publication du rapport par le cabinet d'avocats munichois Westpfahl Spilker Wastl, le pape émérite a reconnu qu'il avait assisté à la réunion. 

    Cette correction a provoqué un tollé en Allemagne, les détracteurs de Benoît XVI l'accusant de dissimuler sa présence à la réunion, tandis que ses partisans soulignaient que sa présence était déjà de notoriété publique.

    L'archevêque Gänswein a expliqué que l'erreur s'est produite lorsque le pape retraité révisait une ébauche de sa déclaration. 

    Il a rappelé que Benoît XVI a dit : "Cette réunion, la fameuse, le 15 janvier 1980, je ne m'en souviens pas. Mais s'il est dit que j'étais absent, alors cette absence est prouvée - ou était prouvée à l'époque - grâce à un document de la réunion." 

    "Et c'est là que l'erreur s'est produite", a déclaré l'archevêque de 65 ans.

    Mgr Gänswein a déclaré avoir été "choqué" d'apprendre après la publication du rapport qu'il existait des preuves montrant que Benoît XVI avait assisté à la réunion. 

    "J'en ai parlé au pape Benoît, et il a dit : 'Nous devons dire immédiatement que c'était une erreur de notre part'. Ce n'était pas intentionnel, donc ce n'était pas un mensonge - les mensonges arrivent exprès - c'était une erreur." 

    L'archevêque a déclaré que Benoît XVI avait décidé d'écrire une lettre personnelle à la suite du rapport, mais qu'il avait demandé qu'elle soit accompagnée "d'une réponse aux accusations portées contre moi, et pas seulement aux accusations, mais aussi aux insinuations, sur la base des pièces du dossier."

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  • Italie : le suicide assisté au cœur de sombres controverses

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    De gènéthique magazine :

    En Italie, le suicide assisté au cœur de sombres controverses

    14 février 2022
     

    Le Parlement italien doit voter ce mois ci sur une proposition de loi visant à dépénaliser le suicide assisté. Un débat qui intervient alors que les pressions s’accumulent, et que deux membres de l’Académie pontificale pour la vie sèment le trouble. Jean-Marie Le Méné réagit à ces actualités dans une tribune pour le Figaro.

    Sous pression, le Parlement italien débat du suicide assisté

    Interdit par la loi, cet acte y est puni de 5 à 12 ans de prison. Mais ces dernières années, plusieurs pressions s’exercent sur le Parlement pour revenir sur cet interdit.

    En premier lieu, une décision de la Cour constitutionnelle : saisie en 2017 au motif que la pénalisation de l’aide au suicide était contraire au droit à l’autodétermination, la Cour avait, en 2018, donné au Parlement un délai d’un an pour légiférer sur la question. Arrivé à échéance, aucun débat n’ayant eu lieu, la Cour avait alors rendu un arrêt en 2019, dans lequel elle posait les conditions de la dépénalisation du suicide assisté (cf. Italie : la Cour constitutionnelle estime licite l’euthanasie alors que la loi la punit).

    Par ailleurs, en fin d’été dernier, une pétition en faveur de la légalisation de l’euthanasie a atteint 750 000 signatures, dépassant le seuil des 500 000 indispensables pour l’organisation d’un référendum. Ce dernier doit avoir lieu en 2022 (cf. Le débat sur l’euthanasie de retour en Italie).

    Enfin en novembre, un comité d’éthique a autorisé un premier cas de suicide assisté ; une décision largement médiatisée (cf. En Italie, un comité d’éthique autorise un premier cas de suicide assisté.)

    Dans ce contexte, les parlementaires ont débuté mi-décembre l’examen d’une proposition de loi visant à dépénaliser le suicide assisté (cf. Italie : le suicide assisté devant le Parlement). Le vote doit avoir lieu ce mois-ci.

    Le suicide assisté, mauvaise solution

    En Allemagne et en Autriche, des procédures similaires ont abouti à la dépénalisation du suicide assisté : un recours introduit par l’association suisse Dignitas se conclut par un arrêt de la Cour constitutionnelle en faveur du suicide assisté. Le Parlement est alors sommé de légiférer sous peine de laisser un « vide juridique » une fois le délai fixé par la Cour écoulé.

    Mais l’autodétermination invoquée justifie-t-elle la légalisation du suicide assisté ? (cf. GPA, don d’organes, suicide… Est-ce que mon corps m’appartient ?« On pense, du moins du côté du parti euthanasique, que ce qui est donné aux uns restera confiné, ne concernera que ceux qui souhaitent bénéficier de ce doit à ‘mourir dans la dignité’. Les autres resteront à l’écart. Les autres ne seront pas concernés. Là est, je crois, une erreur de taille qui ne tient pas compte d’une loi profonde des sociétés, surtout si elles sont anomiques, la loi des sourdes injonctions morales du groupe qui vient faire pression sur tout un chacun et ce avec une douceur puissante », analyse Damien Le Guay. Par ailleurs, « cette primauté politique de la volonté, cette souveraineté de ma seule décision de moi sur moi, me contraint plus qu’elle ne me libère. Une nouvelle morale s’instaure : celle de l’abnégation sociale, de ma mort au profit du collectif. (…) Vais-je être égoïste jusqu’à continuer, au-delà du raisonnable, à coûter cher, à creuser les déficits, à être à la charge des autres ou, au contraire, retenu par rien d’autre que ma volonté ? C’est cette logique de la décision, d’une mort qui se décide, qui nous fera passer, j’en suis sûr, d’une décision individuelle, dont je n’ai pas à rendre compte, à une décision partagée avec des éléments plus ou moins objectifs et, pour finir, stade ultime, à une décision décidée, pour ne pas dire imposée, par le Système hospitalo-assurantiel ».

    Controverse italienne alimentée par le journal La Croix

    Lors de l’audience générale du 9 février, le Pape François a dénoncé clairement euthanasie et suicide assisté (cf. Pape François : « La vie est un droit, non la mort »). Alors que quelques jours plus tôt, deux membres de l’Académie pontificale pour la vie avaient « semé le trouble » dans deux articles de presse distincts. Tous deux estiment que légaliser le suicide assisté pourrait être un moyen de faire obstacle à la légalisation de l’euthanasie. Sur cette base fallacieuse, le journal La Croix a alors rapidement conclu à un « tournant stratégique du Vatican sur la bioéthique », créant le malaise.

    Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune et membre de l’Académie pontificale pour la vie, réagit dans le Figaro : « l’académie [pontificale pour la vie] ne saurait par définition soutenir des propositions contraires au magistère de l’Église dans un domaine où – de surcroît – elle ne fait que transmettre une sagesse millénaire. En effet, le respect de la vie humaine repris par l’Église est une règle d’or très largement antérieure à la Révélation chrétienne. Le commandement négatif de ne pas tuer remonte au Décalogue pour les croyants. Il existe aussi pour les non-croyants. Que l’on songe par exemple au serment d’Hippocrate (- 400 ans av. J.-C.). Ne pas tuer son semblable fait partie des lois non écrites mais inscrites au cœur de l’homme. Pas plus l’académie que l’Église catholique n’ont le moindre pouvoir sur cet interdit fondateur ».

  • Philo à Bruxelles, 22 février : "L'envie et la jalousie; Echec et mat!"

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  • Quand deux membres de l'Académie pontificale pour la vie prennent l'institution en otage

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    De Jean-Marie Le Méné sur le site du Figaro (via Le Salon Beige) :

    L’Académie pontificale pour la vie prise en otage par deux de ses membres

    Deux textes sèment le trouble sur le suicide assisté qui fait débat en Italie en ce moment. Le premier est un article du père Carlo Casalone, jésuite, paru le 15 janvier dans la revue La Civilta cattolica, sous le titre « La discussion parlementaire sur le suicide assisté ». Le second est une tribune de Mme Marie-Jo Thiel publiée dans un quotidien. Pourquoi ces articles apportent-ils de la confusion ? Leurs signataires sont tous les deux membres de l’Académie pontificale pour la vie et conviennent que leurs propos respectifs sont en contradiction avec la doctrine de l’Église. D’un article à l’autre, le cas italien conduit à une généralisation qui anticiperait un revirement de l’Église universelle sur le suicide assisté. Il n’en faut pas davantage pour que le journal La Croix titre : « Suicide assisté, le tournant stratégique du Vatican sur la bioéthique ». Comme si l’affaire était entendue. L’article n’hésite pas à affirmer : « L’Académie pontificale pour la vie s’est montrée récemment favorable à ce que l’Église italienne ne s’oppose plus à la législation sur le suicide assisté. » Or le fait que des personnes s’expriment à titre personnel est une chose. Le fait que leurs positions engagent officiellement l’Académie pontificale pour la vie en est une autre.

    Le second point est le plus important. On permettra à l’auteur de ces lignes, membre de l’Académie pontificale pour la vie, de lever le doute. Il est clair que les académiciens n’ont pas été consultés, et c’est heureux. Voulue par Sa Sainteté le pape Jean-Paul II et créée avec le professeur Jérôme Lejeune, qui en a assuré la première présidence, l’académie ne saurait par définition soutenir des propositions contraires au magistère de l’Église dans un domaine où – de surcroît – elle ne fait que transmettre une sagesse millénaire. En effet, le respect de la vie humaine repris par l’Église est une règle d’or très largement antérieure à la Révélation chrétienne. Le commandement négatif de ne pas tuer remonte au Décalogue pour les croyants. Il existe aussi pour les non-croyants. Que l’on songe par exemple au serment d’Hippocrate (– 400 ans av. J.-C.). Ne pas tuer son semblable fait partie des lois non écrites mais inscrites au cœur de l’homme. Pas plus l’académie que l’Église catholique n’ont le moindre pouvoir sur cet interdit fondateur.

    Il reste à dire un mot sur ces deux textes. L’article du père Casalone croit pouvoir trouver dans le suicide assisté un moyen de faire obstacle à la légalisation de l’euthanasie. Prétexter le moindre mal pour échapper au pire. La suite est inéluctable. Quand on tolère, il est déjà trop tard. Le comble est d’invoquer le pape François, qui a toujours été clair. Le 9 février, à l’audience générale, il a encore rappelé : « Nous devons accompagner jusqu’à la mort, mais non provoquer la mort, ni aider à quelque forme de suicide. » Par ailleurs, il est fallacieux de donner une interprétation personnelle de ce que l’Église enseigne en matière de « lois imparfaites ». L’encyclique Evangelium vitae (article 73) précise que le vote d’une loi plus restrictive est légitime pour remplacer une loi plus permissive mais seulement si cette loi est déjà en vigueur. Il n’y a ainsi aucune collaboration à une loi inique mais, au contraire, une limitation de ses effets. Dans le cas du suicide assisté, le raisonnement ne fonctionne pas puisqu’il s’agirait de créer délibérément une loi mauvaise pour en éviter une autre, à venir, qui serait plus mauvaise. Or, l’assistance au suicide est déjà une forme d’euthanasie. Et la loi qu’on prétend éviter arrivera encore plus vite. Rien ni personne n’empêchera de prolonger la transgression initiale qui invite la médecine à procurer la mort. Comme l’encadrement de l’avortement débouche, on le voit, sur sa reconnaissance comme droit fondamental, l’euthanasie suivra le même chemin.

    Quant à la tribune de Mme Thiel, elle apporte un soutien français à l’ingérence du jésuite dans la politique italienne et stigmatise « les partisans de la sacralisation absolue de la vie (qui) s’en donnent à cœur joie pour critiquer et condamner ». Tandis que le père Casalone ne mentionnait pas son appartenance à l’Académie pour la vie, Mme Thiel croit devoir apporter cette précision pour lui et pour elle. Il eût été plus respectueux de ne pas compromettre l’Académie pontificale pour la vie. Ses membres, statutairement défenseurs de la vie, ne souhaitent pas que l’on puisse imaginer l’Église posant la première pierre de l’euthanasie en Italie. Ni ailleurs.

  • La justice ordonne que né homme il soit déclaré « mère » de son enfant

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    Né homme, la justice ordonne qu’il soit déclaré « mère » de son enfant

    La Cour d’appel de Toulouse s’est prononcée ce matin sur la filiation d’un enfant engendré au cours d’une relation sexuelle entre sa mère et une femme trans, à savoir son mari ayant obtenu le changement à l’état civil de la mention de son sexe masculin en sexe féminin.

    La Cour ordonne la mention du mari devenu femme trans sur l’acte de naissance de l’enfant comme « mère ».

    Pour l’Association Juristes pour l’enfance, cette décision qui fait prévaloir le désir et la volonté des adultes sur la réalité de la filiation de l’enfant.

    La volonté d’une personne de vivre dans le sexe opposé à son sexe biologique relève de sa vie privée, mais n’a aucune légitimité à impacter l’état civil de l’enfant : le fait d’avoir engendré un enfant ne confère pas le droit de trafiquer son état civil pour l’adapter au ressenti personnel du ou des parents, même entériné par l’état civil des intéressés.

    Quel que soit le cheminement des personnes et leur ressenti intime, parler d’une femme qui fournit des spermatozoïdes relève de l’utopie. Contrairement à ce que certains voudraient croire et faire croire, car il s’agit bien d’une croyance, une personne qui engendre un enfant en fournissant ses spermatozoïdes dans une relation sexuelle ne peut être que père.

    Cette personne peut se présenter dans la vie courante comme femme et même être désignée comme telle à l’état civil, il reste qu’elle a engendré comme père. Tel est le réel.

    D’ailleurs, pour les enfants de cette femme trans nés avant son changement de la mention du sexe à l’état civil, la loi est bien claire sur le fait que ce changement n’a pas de conséquence sur leur état civil. Cette femme trans est donc toujours désignée comme père à l’égard de ses enfants aînés, alors même qu’elle se présente au quotidien comme femme. Le bon sens comme la justice imposaient d’appliquer la même solution à l’enfant né après le changement de la mention du sexe à l’état civil.

    Dès lors que la justice s’égare à reconnaître comme mère la personne qui a fourni les spermatozoïdes pour la conception de l’enfant, alors que signifie désormais le mot mère ?

    Ce n’est pas parce que la paternité et la maternité ne se réduisent pas à la dimension biologique que cette dimension pourrait être déformée. La déformation de la réalité pour faire prévaloir le seul ressenti des parents est une injustice à l’égard de l’enfant qui est privé de la réalité de sa filiation, remplacée par une filiation mythique car issue du mythe d’une femme fournissant des spermatozoïdes.

    Juristes pour l’enfance regrette la régression opérée par cette décision dans le respect dû à l’enfant, une fois de plus sommé de s’adapter pour réaliser le projet des adultes. Nous déplorons le choix des magistrats d’entériner l’accord des intéressés au mépris tant de la loi que de la réalité.

    La loi de 2016 qui a permis le changement de la mention du sexe à l’état civil sans modification morphologique, permettant la création de situations comme celle jugée à Toulouse aujourd’hui, n’a rien prévu pour les enfants nés après ce changement d’état civil du père ou de la mère. Nous demandons une intervention du législateur pour rétablir les droits et le respect de l’enfant.

    Communiqué de presse de l’association Juristes pour l’enfance du 9 février 2022.

  • L’archevêque de Luxembourg : un "François bis" pour le prochain conclave ?

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Si le conclave souhaite un François bis, voici son nom et son programme

    Dans la liste des cardinaux que le Pape François verrait d’un bon œil lui succéder, un nouveau nom vient d’être propulsé en tête du classement. Il s’agit de celui du cardinal Jean-Claude Hollerich, l’archevêque du Luxembourg.

    Les seuls obstacles seraient à la rigueur son jeune âge relatif, 64 ans, et le fait qu’il soit jésuite. Mais rien ne dit que ces limites soient bloquantes. En ce qui concerne son âge, Hollerich n’a qu’un an d’écart avec un autre papabile cher à Jorge Mario Bergoglio, le cardinal philippin Luis Antonio Gokim Tagle, préfet de « Propaganda Fide », et de six, ce qui n’est pas énorme, avec le candidat alternatif le plus en vue, le cardinal hongrois Peter Erdö, l’archevêque d’Esztergom-Budapest. Et en ce qui concerne son appartenance à la Compagnie de Jésus, il en a jusqu’à présent fait la démonstration des aspects les meilleurs, les moins partisans et les plus fascinants, surtout grâce à ses vingt-sept années de mission au Japon, aux plus lointains confins de la foi, là où la recherche de Dieu et de formes nouvelles du christianisme constituent des impératifs absolus, des lignes de force pour le futur de l’Église dans un monde de plus en plus sécularisé.

    Mgr Hollerich s’est toujours montré sensible à ce défi de notre époque et aujourd’hui encore, il en parle avec un sérieux et une profondeur qui le placent un cran au-dessus de la médiocrité d’une grande partie des cardinaux nommés par le Pape François. Il a étudié à Francfort et à Munich, il connaît et parle plusieurs langues y compris le japonais, il a longuement enseigné dans la prestigieuse université « Sophia » de Tokyo – rien à voir avec l’université homonyme des Focolari de Loppiano fondée en 2008 par Chiara Lubich, comme le mentionne avec une grossière erreur la biographie officielle de Hollerich sur le site du Vatican -, jusqu’à ce qu’en 2011, Benoît XVI le rappelle en Europe et le nomme archevêque de son pays, le Grand-Duché du Luxembourg.

    Depuis lors, l’Europe en crise est devenue le domaine de prédilection de la mission de Mgr Hollerich, surtout depuis 2018, date à laquelle il a été élu président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne, en abrégé COMECE, une charge qui lui donne une grande visibilité institutionnelle et qui le place en contact avec les représentants de l’Union, avec le rôle d’exprimer le point de vue de l’Église sur tous leurs actes, encore dernièrement avec ce jugement critique formulé par le cardinal le 8 février dernier contre la proposition du président français Emmanuel Macron d’inclure le droit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’Union.

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  • Quand le rapporteur général du prochain synode sur la synodalité déstabilise la doctrine

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Le Cardinal Hollerich et la déstabilisation de la doctrine

    Le cardinal luxembourgeois, qui est le rapporteur général du prochain synode sur la synodalité, a remis en question non seulement les enseignements fondamentaux de l'Église sur la sexualité, mais aussi l'intégrité de la doctrine elle-même.

    9 février 2022

    Le mois dernier, le cardinal Jean-Claude Hollerich du Luxembourg, rapporteur général du Synode en cours sur la synodalité, a déclaré que les réformes proposées dans la vie de l'Église "ont besoin d'une base stable". Mais à peine une semaine plus tard, le prélat a clairement indiqué que les catholiques devraient s'éloigner de lui lorsqu'ils cherchent une quelconque base doctrinale solide.

    Au cours d'une interview accordée à l'agence de presse catholique allemande KNA, le cardinal Hollerich a déclaré que l'enseignement de l'Église sur l'homosexualité "est faux", car "le fondement sociologique et scientifique de cet enseignement n'est plus correct". 

    Pour être clair, le cardinal répondait à une question posée de manière plutôt maladroite qui suggérait que l'Église considère l'homosexualité comme un péché - le sens exact du mot "homosexualité" restant quelque peu flou dans ce cas. Si l'Église soutient que les attirances envers le même sexe sont "intrinsèquement désordonnées", en ce sens qu'elles ne dirigent pas les facultés sexuelles vers leur finalité propre, l'Église est également très claire sur le fait que ressentir ces attirances n'est pas un péché en soi ; c'est plutôt le choix d'agir en fonction de ces attirances qui constitue un péché.

    Mais le cardinal Hollerich n'a pas clarifié la question. Il a plongé dans le vif du sujet, profitant de l'occasion pour suggérer que l'enseignement de l'Église concernant les actes homosexuels - et, par extension, son enseignement selon lequel la sexualité humaine est ordonnée à l'amour conjugal entre mari et femme, image de la vie trinitaire - est fondamentalement défectueux.

    La déclaration était choquante, constituant l'exemple d'un leader ecclésiastique éminent critiquant ouvertement une doctrine morale qui a été tenue par l'Église - toujours, partout, par tout le monde -, se rangeant du côté de la culture sécularisée sur le sujet litigieux en opposition à l'enseignement orthodoxe.

    Mais ce qui est peut-être encore plus troublant que le contenu spécifique de l'opinion du cardinal Hollerich, c'est la logique sous-jacente liée à la doctrine et au développement de l'Église qui l'a suscitée, une préoccupation amplifiée par le rôle important que le prélat est appelé à jouer dans le synode.

    Selon cette analyse, le cardinal Hollerich n'attaquait pas seulement un ensemble discret de doctrines morales et anthropologiques. Au contraire, il sapait la notion d'intégrité doctrinale elle-même, déstabilisant l'ensemble du corps des enseignements de l'Eglise et remettant en question la capacité de l'Eglise à enseigner quoi que ce soit avec autorité, à communiquer quoi que ce soit sur la Révélation divine avec exactitude.

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  • Le cannabis est tout sauf inoffensif

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    De Kath.Net/News :

    L'éthicien Kummer : Le cannabis est tout sauf inoffensif

    10 février 2022

    Le directeur général d'IMABE met en garde contre la libéralisation prévue à des fins récréatives en Allemagne : les conséquences attendues sont une dépendance rapide, y compris la dépression, la psychose et une utilisation d'urgence accrue

    Vienne (kath.net/KAP) L'Institut viennois d'anthropologie médicale et de bioéthique (IMABE) a critiqué la politique antidrogue du nouveau gouvernement allemand. Les politiciens espèrent des recettes fiscales allant jusqu'à 2,8 milliards d'euros par an ainsi que de nouveaux emplois grâce à la libération contrôlée de cannabis à des fins de loisirs prévue dans l'accord de coalition, mais les dommages prévisibles pour la santé, en particulier pour les jeunes, sont consciemment acceptés. (...)

    Des études approfondies au cours des 20 dernières années ont montré que le cannabis est "tout sauf inoffensif", résume l'éthicien Kummer. "La drogue crée très rapidement une dépendance, peut déclencher une dépression, une psychose et d'autres maladies mentales graves et ouvre la voie aux drogues dures." Les résultats récents d'une étude américaine publiée en 2021 ont montré qu'il a été démontré que la consommation de cannabis provoque des lésions cérébrales permanentes chez les adolescents de moins de 25 ans. Dans l'État américain du Colorado, après la légalisation du cannabis, la capacité de la psychiatrie pour adolescents a dû être doublée en raison de l'augmentation rapide du nombre de toxicomanes et de psychoses induites par le cannabis.

    La dernière étude, publiée dans le JAMA Network Open (doi:10.1001/jamanetworkopen.2021.42521), montre ce que Kummer appelle une augmentation « surprenante » du nombre d'appels d'intervention d'urgence pour empoisonnement au cannabis chez les enfants au Canada depuis la légalisation en 2018 - multiplié par neuf. Le nombre a explosé, surtout après avoir consommé des aliments tels que des biscuits au cannabis ou des oursons gommeux au cannabis. Le nombre d'enfants qui doivent être hospitalisés a également doublé. Leur âge moyen se situait entre trois ans et neuf mois. Une intoxication infantile sur dix évaluée à la salle d'urgence centrale de l'Ontario était due à l'utilisation de produits contenant du cannabis. Près d'un tiers (32,7 %) des enfants ont dû être hospitalisés en raison de leur intoxication, certains (3,6%) même dans l'unité de soins intensifs. Pour l'instant il n'y a pas eu de mort.

    Pour l'étude, des chercheurs de l'Hôpital d'Ottawa et du Département de médecine familiale de l'Université d'Ottawa ont examiné toutes les admissions d'enfants aux urgences dans la province de l'Ontario (population de 14,6 millions) sur trois périodes : avant la légalisation du cannabis (de 2016 à 2018) , après la légalisation des fleurs, graines et huiles de cannabis (2018 à 2020) et après la légalisation des produits comestibles contenant du cannabis (février 2020). Pendant toute la période d'étude, il y a eu 522 admissions aux urgences en raison d'un empoisonnement chez les enfants. Heureusement, alors que le nombre global d'intoxications chez les enfants a diminué, la proportion d'intoxications au cannabis a augmenté pendant la pandémie de Covid-19, ce qui est probablement lié à l'augmentation de la consommation de cannabis par les adultes pendant la période pandémique.

    "Les résultats sont si spectaculaires parce que le Canada avait espéré que la légalisation réduirait la consommation accidentelle chez les enfants", a déclaré le responsable de l'étude, Daniel Myran, cité dans l'émission IMABE. Il existe des réglementations sur la concentration maximale dans les aliments, ainsi que sur les emballages à l'épreuve des enfants. De plus, la formation des parents et des soignants devrait réduire le risque pour les enfants. "Cependant, les chiffres de l'étude montrent que cet objectif n'a pas été atteint", a conclu Myran.

    La 125e association médicale allemande (DÄT) a également vivement critiqué une éventuelle légalisation du cannabis en Allemagne en novembre. "La légalisation minimise les risques pour la santé, les conséquences négatives et les effets à long terme de la consommation de cannabis pour les enfants et les jeunes", a-t-il déclaré dans un communiqué. Les médecins mettent en garde contre les risques possibles pour la santé des consommateurs et les conséquences pour les soins médicaux. Les expériences d'autres pays montrent qu'il y a une augmentation des admissions d'urgence liées au cannabis, un besoin accru de traitement psychiatrique et des accidents de la circulation mortels et des suicides liés au cannabis.

  • François dit clairement non à l'euthanasie et au suicide assisté

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    De Tommaso Scandroglio sur la nuova Bussola Quotidiana :

    Euthanasie, le pape s'oppose à la Civilta Cattolica

    10-02-2022

    Un non clair à l'euthanasie et au suicide assisté a été prononcé hier par le pape François lors de l'audience générale, au moment même où le processus parlementaire du projet de loi visant à légaliser le suicide assisté débute en Italie et où l'on attend la décision de la Cour constitutionnelle sur le référendum radical. L'intervention du Pape s'oppose à l'article très discuté de Civiltà Cattolica qui soutenait la nécessité d'approuver la loi sur le suicide assisté, au nom du moindre mal.

    Le Vatican dit non au suicide assisté et donc à la loi sur le sujet, qui a repris hier sa procédure parlementaire à la Chambre des députés. Hier, le Pape a tenu son audience générale habituelle dans la salle Paul VI, consacrée au thème "Saint Joseph, patron de la bonne mort". Le Saint-Père a formulé une réflexion intéressante sur la mort. Nous souhaitons ici mettre en évidence les passages qui concernent le thème de l'euthanasie.

    Au début de son discours, le Saint-Père a prononcé une phrase très précieuse, peut-être la plus importante de tout son discours : "la foi chrétienne n'est pas un moyen d'exorciser la peur de la mort, mais elle nous aide plutôt à l'affronter". L'euthanasie peut également être interprétée comme un stratagème visant à éluder le moment de la mort, presque une tentative de le dominer en décidant du moment où l'on veut quitter la scène. C'est une manière trompeuse de se faire croire que l'on peut remettre au centre l'autonomie de la personne, qui se sent dépassée par les événements, en la tuant.  Un moyen donc d'exorciser la mort.

    La foi chrétienne, en revanche, n'exorcise pas, ce n'est pas une couche chaude, un mensonge élaboré pour tenter de rendre le passage du corps moins douloureux, une collection d'histoires sur l'au-delà qui sont censées nous rassurer. Au contraire, la foi donne un sens à notre vie, un sens tel qu'elle réussit à remplir de sens même le dernier moment de la vie, à éclairer les sombres recoins de la mort avec la lumière du Christ qui, en effet, dès sa mort, est allé aux Enfers. C'est pourquoi ceux qui croient ne croient pas à l'euthanasie, car ils savent que la mort, comme l'a écrit Jean-Paul II, est en définitive un passage : "de la vie à la vie". Dans cette perspective, la mort n'est servie que par les vivants, ceux qui restent, les survivants, et non par ceux qui la subissent. Le Pape nous rappelle implicitement tout cela.

    Par la suite, François a réitéré sa juste condamnation de l'acharnement thérapeutique : "nous ne pouvons pas éviter la mort, et précisément pour cette raison, après avoir fait tout ce qui est humainement possible pour guérir le malade, l'acharnement thérapeutique est immoral". Le Pontife identifie ici correctement le moment où l'obstination clinique se déclenche, c'est-à-dire lorsque tout a été fait pour sauver la vie du patient.

    Il y a ensuite l'éloge des soins palliatifs : "La deuxième considération concerne la qualité de la mort elle-même, la qualité de la douleur, de la souffrance. En fait, nous devons être reconnaissants pour toute l'aide que la médecine s'efforce d'apporter, afin que, grâce à ce qu'on appelle les "soins palliatifs", chaque personne qui s'apprête à vivre la dernière partie de sa vie puisse le faire de la manière la plus humaine possible". Toutefois, il a ensuite mis en garde contre l'utilisation abusive de ces traitements, qui peuvent être utilisés à des fins d'euthanasie. En fait, de fortes doses d'opioïdes peuvent entraîner la mort, ce qui peut être une fin directement recherchée, proche de l'euthanasie. Le pape a poursuivi en disant : "Nous devons toutefois veiller à ne pas confondre cette aide avec des dérives inacceptables qui conduisent au meurtre".

    Ce passage permet au Souverain Pontife d'exprimer clairement la condamnation de l'Eglise à l'égard de toute forme d'euthanasie : "Nous devons accompagner les personnes jusqu'à la mort, mais pas provoquer la mort ou aider toute forme de suicide. La vie est un droit, pas la mort, qui doit être accueillie et non administrée. L'interdiction de l'euthanasie relève de la morale naturelle et concerne donc aussi bien les croyants que les non-croyants : "Et ce principe éthique concerne tout le monde, pas seulement les chrétiens ou les croyants". Il s'agit d'un avertissement à ceux qui pensent à confesser l'euthanasie comme s'il s'agissait d'un délit moral réservé aux croyants.

    Le discours du Pape n'a pas été prononcé par hasard, mais, comme nous l'avons déjà dit, il s'agit d'un message implicite adressé, d'une part, aux parlementaires italiens qui examinent le texte d'un projet de loi visant à légitimer le suicide assisté et, d'autre part, à tous les fidèles et citoyens et à la Cour constitutionnelle appelée à se prononcer sur le référendum proposé par les radicaux, un référendum qui veut dépénaliser presque totalement le crime de meurtre consenti. Le pape a donc dit un double non : à la loi sur le suicide assisté et à la dépénalisation de l'homicide de personnes consentantes.

    Ce discours contraste donc avec le récent article publié dans La Civiltà Cattolica par le père Carlo Casalone, intitulé "Le débat parlementaire sur le "suicide assisté"", dans lequel le jésuite soutenait l'adoption de cette loi comme un moindre mal, c'est-à-dire comme la meilleure solution pour éviter des dommages plus graves à l'avenir. Certains pourraient toutefois insinuer que le discours du pape n'est qu'une façade. En d'autres termes, on pourrait penser qu'au Vatican, il y a une condamnation claire de l'aide au suicide, mais pas une condamnation du projet de loi actuel sur le suicide assisté, qui permettrait d'éviter une loi bien pire. Mais si tel est le cas, pourquoi un tel discours devrait-il être prononcé au moment même de la reprise des travaux parlementaires sur la proposition de loi sur le suicide assisté ? Cela ne nous semble pas être un bon moyen de soutenir l'adoption d'une telle loi. De plus, la conclusion logique qui découle nécessairement des paroles très claires du Pape est la suivante : si le suicide assisté est un mal, il ne pourra jamais être légalisé.