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Eglise - Page 169

  • Charles d'Autriche, l'empereur qui s'appuyait sur le droit naturel

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    De Daniele Trabucco sur la NBQ :

    Charles d'Autriche, l'empereur qui s'appuyait sur le droit naturel

    Contrairement aux systèmes constitutionnels actuels, la royauté de Charles Ier de Habsbourg était ancrée dans le droit naturel. Sa défense du bien commun s'est également manifestée lors du processus de paix pendant la Première Guerre mondiale. Une figure prophétique.

    19_08_2025

    Le 17 août 1887, Charles Ier de Habsbourg-Lorraine-Este, dernier empereur d'Autriche et roi de Hongrie, naissait à Persenbeug. L'Église l'a élevé au rang de figure bénie, mais l'histoire politique et européenne peine à saisir sa véritable grandeur. Sa vie, marquée par le drame de la dissolution de l'Empire et les troubles de la Grande Guerre (1914-1918), ne peut se réduire à un intermède dynastique, ni à un destin personnel bouleversé par les événements. Il représente un paradigme, un modèle antithétique à la modernité politique et juridique, et donc inadapté. Sa royauté est enracinée, en effet, dans le droit naturel et une conception classique et chrétienne de l'ordre politique, alors que notre présent, tant italien qu'européen, a choisi de vivre sous le régime du droit positif comme unique source de légitimité, sans fondement métaphysique et sans vérité transcendante.

    Chez Charles Ier de Habsbourg, nous percevons une dimension qui transcende les contingences de la guerre ou de la diplomatie : son règne fut un exercice de tutelle, et non de domination ; la mise en œuvre d’une souveraineté qui savait qu’elle n’était pas la sienne, mais plutôt un devoir et une responsabilité. L’idée même d’Empire, pour lui, n’était pas un désir de puissance, mais une unité ordonnée de peuples divers sous un principe supérieur de justice. Contrairement à la politique contemporaine, fragmentée en une myriade d’intérêts conflictuels et incapable d’atteindre le bien commun, sa perspective revenait à la notion classique de communauté politique comme communio visant à une vie bonne, et donc à la reconnaissance de la loi morale naturelle comme critère non négociable de toute action législative et gouvernementale.

    La force de son témoignage apparaît particulièrement lorsqu'on le compare à la faiblesse de la classe dirigeante européenne actuelle. Aujourd'hui, la politique est conçue comme une technique de gouvernement, comme l'administration du possible, comme un jeu de majorités qui transforme le droit en instrument de contingence. Chez Charles, au contraire, le droit n'est jamais une simple décision, mais l'adhésion à un ordre qui le transcende. Il a vécu la royauté au sens classique et chrétien : comme le rappelle Thomas d'Aquin (1225-1274), le pouvoir politique n'est légitime que s'il est « ordinatio rationis ad bonum commune » (l'ordonnancement de la raison pour le bien commun) ; s'il se plie à autre chose, il dégénère en tyrannie. C'est là que réside la distance abyssale entre l'empereur et les dirigeants d'aujourd'hui : le premier sert un ordre éternel et l'incarne historiquement, les seconds le nient, réduisant l'homme à une fonction économique ou statistique, et l'État à un mécanisme de gestion du consensus.

    La tentative de paix menée par Charles Ier au cours de ces années de désespoir est l'expression concrète de cette conception. Il ne s'agissait pas d'un calcul tactique, ni d'une simple défense d'un empire menacé, mais plutôt de la traduction politique d'un principe juridique supérieur : aucune logique de puissance ne peut légitimer une guerre d'anéantissement, car elle détruit l'essence même de la communauté politique, fondée sur la dignité des individus et des peuples. Il comprenait que la guerre totale était la négation du droit naturel et du droit moral, et c'est pourquoi il s'y opposait avec l'obstination de celui qui sait que la justice n'est pas négociable. Cette attitude n'était pas un signe de faiblesse, mais une lucidité souveraine, ancrée dans la conviction que la politique, sans vérité ni justice, est pure violence institutionnalisée.

    D'un point de vue juridique, Charles Ier apparaît comme une figure qui réaffirme avec force les limites du pouvoir . Les systèmes constitutionnels actuels, malgré leur complexité, tendent à absolutiser l'État ou la source supranationale du droit : est juste ce qui est formellement valable, ce qui résiste à l'examen procédural, ce qui obtient le consensus. Cependant, une telle vision oublie que le droit positif n'est valable que s'il est conforme au droit naturel. L'empereur était clair : toute loi n'est pas juste, et une loi injuste n'engage pas les consciences. Ce principe, qui fait écho à la tradition classique et thomiste, entre en conflit avec la logique juridique actuelle, qui rejette la notion de « lex iniusta non est sed corruptio legis » (une loi injuste n'est pas une loi, mais une corruption de la loi), reléguant la société à un relativisme normatif sans fondement. Charles Ier n'était ni un utopiste ni un naïf ; il était parfaitement conscient des difficultés de son époque, des tensions ethniques et nationales qui déchiraient l'Empire. Pourtant, sa conception de l’unité politique ne se fonde pas sur la simple force ou sur la neutralisation des différences, mais sur la reconnaissance d’un principe commun de justice qui permet la coexistence harmonieuse des peuples (voir son Manifeste aux peuples du 16 octobre 1918).

    L’Europe d’aujourd’hui , construite comme un appareil bureaucratique sans âme, devrait se tourner vers ce modèle pour comprendre que l’unité ne naît pas de règles techniques ou de traités économiques, mais d’un ordre supérieur qui précède et établit la coexistence.

    La figure de Charles Ier demeure donc radicalement anticonformiste . Il dénonce, par la seule force de son exemple, la crise de la politique contemporaine, incapable de reconnaître la transcendance de l'ordre juridique et moral. Il est gênant car il nous rappelle que la politique est un service et non une possession, que le droit est ordonné par la justice et non par la volonté, que l'homme possède une dignité qu'aucune majorité ne peut révoquer. À une époque où la classe dirigeante prospère grâce au compromis, à l'opportunisme et au calcul, le bienheureux Charles de Habsbourg se présente comme le témoin d'une royauté pleinement responsable de l'ordre naturel. Le commémorer aujourd'hui, ce n'est pas tant regarder avec nostalgie un passé unique, mais mesurer le fossé qui sépare sa vision de la décadence du présent. C'est l'occasion de rappeler que la politique, pour avoir un avenir, doit redevenir un art royal, et non l'administration de l'éphémère ; que le droit, sans racines dans la nature, devient arbitraire ; que le pouvoir, sans justice, devient corruption. Charles Ier de Habsbourg se présente ainsi comme une figure prophétique : un empereur vaincu par l’histoire, mais victorieux dans la vérité.

  • Le pape Léon XIV inspire une renaissance du chant grégorien

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    De sur The Catholic Thing :

    Le pape Léon XIV inspire une renaissance du chant grégorien

    18 août 2025

    Léon XIV a fait beaucoup au cours des premiers mois de son pontificat pour dissiper les idées fausses préjudiciables sur le chant grégorien, enracinées dans l’ignorance de ce qu’enseignait réellement Vatican II.

    Lors de sa toute première apparition publique sur la loggia de Saint-Pierre, tel un bon moine augustin, il chanta le Regina Caeli , accompagné de 100 000 personnes venues des quatre coins du monde, parlant autant de langues différentes qu'à la tour de Babel. Pourtant, ensemble, ils purent chanter spontanément l'hymne antique – en latin – à ce moment historique, démontrant ainsi l'importance de retrouver le latin comme langue commune de l'Église catholique.

    Et puis, pour exprimer clairement son engagement à renouveler le respect du chant grégorien, l'Institut pontifical de musique sacrée, en collaboration avec le Dicastère pour la communication du Vatican, a lancé presque immédiatement un cours sur les réseaux sociaux intitulé « Chantons avec le pape ». Ces vidéos enseignent à la nouvelle génération de catholiques comment chanter des parties de la messe en latin : le Pater Noster , le Mysterium Fidei , l' Agnus Dei , le Kyrie et le Sanctus . « Les gens voulaient participer », a déclaré le président de l'Institut, le père Robert Mehlhart, au National Catholic Register en mai . « Et je me suis dit : "Je peux les aider. Réalisons ce projet et invitons les gens à chanter avec le pape." »

    Mary Ann Carr Wilson a une mission similaire : enflammer l'âme des jeunes catholiques en leur apprenant à chanter la messe. Au cours des 15 dernières années, elle a officialisé ses camps et ateliers de chant pour enfants sous l'égide de Canticle.org.

    Environ 5 000 jeunes ont appris à chanter avec elle et, ce faisant, ont appris les prières de la messe, le plus souvent en latin. Elle a également travaillé avec plus de 100 directeurs musicaux et professeurs de musique, formant d'autres personnes à l'enseignement du chant aux enfants. La demande croît de façon exponentielle. « L' intérêt est plus fort que jamais. Je ne peux pas répondre à toutes les demandes. »

    L'archevêque Salvadore J. Cordileone de San Francisco affirme que ces camps de chant pour enfants sont plus qu'une simple activité estivale amusante : ils constituent un puissant moyen d'évangéliser la prochaine génération de catholiques. « Les enfants et les jeunes sont fascinés par les traditions de l'Église. Je ne suis pas surpris que les camps de chant pour enfants soient un phénomène croissant, et j'en suis très heureux. Lorsqu'on ne propose aux enfants que de la musique enfantine, ils s'en lassent vite. Le chant grégorien les aide à nourrir leur foi au fil des ans. »

    Des enfants dès 7 ou 8 ans peuvent maîtriser le chant avec brio, souligne-t-il. Et plus important encore, dans les camps de chant pour enfants, les jeunes chantent la messe, et pas seulement pendant la messe.

    L'archevêque Cordileone avec les étudiants de Canticle

    L'évêque Earl K. Fernandes de Columbus, Ohio, a fait remarquer :

    Je trouve formidable de faire découvrir aux enfants la tradition de l'Église et la musique sacrée. Dans le diocèse de Columbus, plusieurs de nos paroisses et écoles ont déjà des chœurs d'enfants , dont certains chantent de la musique sacrée. Nous participons à un projet de subvention de l'Université catholique d'Amérique intitulé  « Accueillir les enfants dans le culte » , qui permet aux enseignants et aux élèves d'accéder à un large éventail de ressources en musique sacrée. Les jeunes n'ont peut-être pas beaucoup d'argent à donner à l'Église, mais nous devons leur donner l'occasion d'utiliser leurs talents pour la gloire de Dieu .

    Cet été, l'archevêque Cordileone a organisé un camp de chant pour enfants au séminaire Saint-Patrick, par l'intermédiaire de l'Institut catholique de musique sacrée, dirigé par la professeure de musique sacrée du séminaire Saint-Patrick, le Dr Jennifer Donelson-Nowicka. Des chanteurs âgés de huit à dix-sept ans se sont réunis pour chanter à la messe quotidienne, apprendre la technique vocale et lire la notation du chant afin de mieux comprendre la messe et de profiter d'occasions de communion fraternelle, de prière personnelle et de confession.

    Mais le camp de chant de cet été n'est que le tremplin d'un nouveau programme ambitieux de choristes pour jeunes, un plan de renouveau liturgique qui aidera à construire une culture du chant grégorien et une participation active à la messe pour des milliers de catholiques de la prochaine génération dans toute la région de la baie et au-delà.

    « Nous avons décidé de donner un coup d'envoi stimulant, grâce au camp de chant, à notre programme complet de choristes, qui débutera cet automne ici, au séminaire Saint-Patrick de Menlo Park », a déclaré le professeur Christopher Berry, organiste renommé, professeur d'orgue à Saint-Patrick et directeur du nouveau programme de choristes. « Leur formation s'inspire des programmes de choristes de cathédrales d'Angleterre, de France, d'Allemagne et, plus près de chez nous, du Canada et de Salt Lake City. La richesse de ces programmes nourrit la vie spirituelle des paroissiens et des visiteurs de ces églises et façonne pleinement la personne des choristes dans la bonté, la vérité et la beauté. »

    « Notre mission est d'aider les catholiques du monde entier à rencontrer Dieu à travers la beauté de la musique sacrée qui leur appartient de droit, en particulier le chant grégorien », déclare le Dr Donelson-Nowicka. « À l'instar de la grande éducatrice en chant du XXe siècle, Mme Justine Ward, nous croyons qu'il faut donner à chacun les moyens de chanter afin qu'il puisse trouver sa voix dans la participation aux mystères divins célébrés dans la liturgie sacrée. En enseignant aux enfants une musique riche dès leur plus jeune âge, nous les préparons à une vie spirituellement riche en tant que catholiques matures. »

    Grâce en partie au pape Léon XIV, ceux qui, comme Mary Ann Carr Wilson, ont semé des graines pendant de nombreuses années, verront probablement leur travail se renouveler. « Je continue à le faire parce que Dieu est si bon qu'il mérite d'être loué », a-t-elle déclaré. « Nous, catholiques, avons cette belle musique… construite selon la méthode éprouvée de connexion à Dieu par ces prières, puis de rassemblement communautaire lors de la messe. »

    À une époque où les distractions sont constantes, ces camps de chant offrent aux jeunes un espace essentiel pour « ralentir, se souvenir de l'essentiel et faire des choses ensemble en temps réel. Créer de belles choses ensemble, en temps réel, pour Dieu. »

  • Pourquoi la dévotion au Cœur Immaculé de Marie est une nécessité urgente pour le monde d'aujourd'hui

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    D'après un mariologue franciscain : la dévotion au Cœur Immaculé de Marie est une nécessité urgente pour le monde d'aujourd'hui

    « Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé, car le monde doit reconnaître avec la plus grande gratitude ce que ce Cœur a fait pour lui. »

    Le pape Léon XIV célèbre la Sainte Messe dans la paroisse pontificale Saint-Thomas de Villanova à Castel Gandolfo, en Italie, pour la solennité de l'Assomption, le 15 août 2025.
    Le pape Léon XIV célèbre la messe dans la paroisse pontificale Saint-Thomas de Villanova à Castel Gandolfo, en Italie, pour la solennité de l'Assomption, le 15 août 2025. (photo : Francesco Sforza / Vatican Media)

    La dévotion au Cœur Immaculé de Marie est plus urgente que jamais et essentielle si l'humanité veut se détourner d'une époque dominée par une culture de mort pour entrer dans le mystère du véritable amour de Dieu, a déclaré un mariologue franciscain. 

    Le père franciscain italien Alessandro Maria Apollonio croit que l’image du véritable amour par excellence peut être témoignée à travers la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, « la première coopératrice maternelle, la plus proche de nous, de notre joie, qui ne sera complète qu’au paradis ».

    Dans cette récente interview avec le Register en marge de la conférence « Une journée avec Marie » à Londres, le Père Apollonio a observé la réponse inadéquate à l'invitation du Seigneur à établir une dévotion mondiale au Cœur Immaculé de Marie et pourquoi une réponse appropriée de l'humanité est si urgemment nécessaire. 

    Professeur de philosophie et de théologie vivant actuellement en Slovaquie, le père Apollonio a présidé le symposium de Londres, du 6 au 8 août, qui a réuni des mariologues du monde entier. 

    Selon le calendrier romain général, la fête du Cœur Immaculé de Marie tombe le premier samedi suivant la solennité du Sacré-Cœur de Jésus. Elle a été célébrée le 28 juin cette année. Elle est célébrée le 22 août selon le rite romain traditionnel.

    Père franciscain Alessandro Maria Apollonio
    Père franciscain Alessandro Maria Apollonio (Photo : Edward Pentin)

    Père Apollonio, quel est pour vous l’aspect le plus urgent de la mariologie qui, selon vous, doit être transmis lors de cette conférence ? 

    Je pense que le premier objectif de cette conférence est de prendre conscience du faible accueil réservé à la demande de Dieu d'établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Cette demande est si profonde, si exigeante, qu'il est nécessaire d'abord de mieux en comprendre les termes singuliers.

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  • Mettre fin aux guerres liturgiques, en ravivant la vision de Benoît XVI

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    De Mgr Salvatore J. Cordileone, archevêque de San Francisco, sur First Things via la NBQ :

    Mettre fin aux guerres liturgiques, en ravivant la vision de Benoît XVI

    De tous les problèmes auxquels l'Église est confrontée, aucun n'est plus important que la manière dont nous adorons Dieu. Après Traditionis Custodes , les conflits liturgiques ont repris de plus belle. Le moment est venu de combler ce fossé, en ravivant la vision de Benoît XVI de coexistence pacifique et d'enrichissement des rites anciens et nouveaux. Extrait d'un article de Mgr Cordileone pour First Things .

    17_08_2025

    La blessure liturgique infligée à l'Église et aux fidèles par la réforme a été renouvelée par le motu proprio Traditionis Custodes , qui – comme on le comprend désormais – résultait non de la volonté des évêques, mais de subterfuges et de mensonges au sein de la Curie romaine . Cette blessure doit être guérie et apaisée si nous voulons éviter d'alimenter des foyers de résistance qui, au fil du temps, ont acquis un mode de pensée et un modus operandi clairement schismatiques et, surtout, si nous voulons remédier à la rupture de l'Église avec elle-même et avec sa propre histoire L'archevêque Cordileone de San Francisco propose des réflexions d'un intérêt extrême, d'un grand réalisme et d'une sensibilité pastorale exquise, pour « mettre fin aux guerres liturgiques ». Nous rapportons ci-dessous, dans notre traduction, un de ses articles (titre original : Mettre fin aux guerres liturgiques paru dans First Things le 5 mai 2025. ( LS)

    ***

    Les souvenirs sont encore vivaces, même si beaucoup de temps s'est écoulé. Né en 1956, je suis assez vieux pour me souvenir de l'époque confuse et tumultueuse des « changements » qui a suivi le Concile Vatican II, notamment concernant la messe. Un couple âgé de mon quartier me confiait à voix haute, alors adolescent, que c'était comme si le père n'était pas à la maison et que les enfants jouaient à leur guise.

    Il n'est donc pas surprenant que l'ensemble de l'enseignement de l'Église, de la morale à l'exercice de l'autorité en passant par les vérités dogmatiques de la foi, ait été remis en question, voire carrément nié, et que les vocations religieuses aient connu un net déclin. L'ancien principe lex orandi , lex credendi (auquel certains ont ajouté lex vivendi ) est toujours d'actualité. L'époque des « guerres liturgiques » ne se résumait pas à un simple réaménagement des décors ; à une époque de confusion et de dissidence dans tous les domaines de la vie de l'Église, elle était à l'origine de tout ce qui se passait.

    Récemment, il semblait que nous étions parvenus à une coexistence pacifique avec ce que le pape Benoît XVI appelait les deux formes du rite romain, après la publication de son motu proprio Summorum Pontificum . Cependant, après Traditionis Custodes et les restrictions encore plus sévères imposées par le Dicastère pour le Culte divin à la célébration du rite romain selon le Missel de 1962, les conflits liturgiques ont repris. Bien que la liturgie n'ait pas été au cœur des préoccupations des cardinaux lors du conclave qui a élu le pape François après la démission du pape Benoît XVI, elle le sera sans aucun doute lors du prochain [l'article a été publié deux jours avant le début du conclave qui a élu Léon XIV, ndlr ].

    De toutes les questions auxquelles l'Église est confrontée actuellement, aucune n'est plus importante que la manière dont nous adorons Dieu. Dieu nous a créés pour l'adorer. Le culte divin, s'il mérite vraiment le nom de « divin », repose sur un sens du sacré, qui découle à son tour de la vision sacramentelle de la réalité : la réalité physique médiatise et rend présente la réalité spirituelle et transcendante qui la dépasse. Si nous perdons cela, nous perdons tout.

    Et des pertes ont eu lieu. Il est indéniable que la perte évidente du sens du sacré dans notre manière de prier est une cause fondamentale (mais pas la seule) de la désaffection massive des jeunes envers l'Église. Selon une étude du Pew Research Center de 2015 , 40 % des adultes déclarant avoir été élevés dans la foi catholique ont quitté l'Église. Et la situation ne s'améliore pas. Une enquête menée en 2023 auprès de 5 600 personnes a révélé que « les catholiques ont connu la baisse d'adhésion la plus importante de tous les groupes religieux ».

    De toute évidence, trop peu de jeunes rencontrent Jésus dans l'Eucharistie ; sinon, ils ne l'abandonneraient pas pour d'autres expériences religieuses ou ne perdraient pas complètement la foi en Dieu. Et il est tout aussi évident que la soif de tradition parmi la prochaine génération de catholiques restants est palpable.

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  • "Je suis venu allumer un feu sur la terre..." (20e dimanche du temps ordinaire)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,49-53 (20e dimanche du temps ordinaire)

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

    Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

    Commentaire de Denise Nouailhat sur le site de Famille Chrétienne (archive 2001)

    Jésus disait à ses disciples : «Je suis venu apporter un feu sur la Terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! je dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli !

    "Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère".

    «Un feu»

    Jésus s'entretient avec ses disciples. Il évoque deux fois son Incarnation : «Je suis venu» (verset 49 et verset 51). Il exprime en termes mystérieux la raison d'être de sa venue sur la terre : «Apporter un feu». Ce feu apportera certainement les plus grands bienfaits aux hommes puisque le Christ désire aussi ardemment le voir s'allumer.

    Nous pensons au feu de la Pentecôte, à l'Esprit Saint qui descend sur les Apôtres. Ce feu représente les transformations opérées par l'Esprit Saint lorsqu'Il vient sur les hommes et leur insuffle une vie nouvelle : Il purifie du péché, embrase d'amour et rayonne, suscitant un grand élan missionnaire.

    Lorsque nous disons le Notre Père, nous nous unissons au désir ardent du Fils bien-aimé pour la gloire de son Père et à sa supplication pour la venue du règne de Dieu.

    Le «baptême» d'eau

    Jésus a reçu un baptême d'eau dans le Jourdain des mains de Jean Baptiste. Ce baptême n'était pas un sacrement, mais un geste rituel par lequel les pécheurs exprimaient leur volonté de rejeter leur péché et leur désir de conversion. Il valait par la seule disposition intérieure et la prière des pénitents. Jésus, en demandant ce baptême, se met au rang des pécheurs. Comme le Serviteur souffrant d'Isaïe 53, Il prend sur Lui les péchés des hommes qu'Il veut sauver et prélude ainsi au sacrifice du Golgotha.

    Le «baptême» de sang

    La Bible de Jérusalem traduit : «Quelle n'est pas mon angoisse jusqu'à ce qu'il soit consommé !» C'est déjà l'angoisse de Gethsémani qui envahit Jésus à l'avance, car c'est sa mort prochaine qu'Il envisage en parlant ici de «baptême».

    Jésus laisse déferler sur Lui la douleur de tous les péchés du monde. Il a conscience de cette lutte terrible avec le mal qu'Il va bientôt livrer pour racheter les hommes et les délivrer de leur péché.

    Au cours de sa Passion, Jésus fera définitivement sienne la cause du monde pécheur et ainsi réalisera pleinement ce que l'événement du Jourdain n'avait pu qu'annoncer et ébaucher. Dans l'esprit de Jésus, ces deux étapes de sa solidarité avec les pécheurs ne font qu'un.

    Cela explique l'image du baptême employée ici pour désigner son martyre.

    Le «baptême» des chrétiens

    En appelant sa mort un baptême, le Christ n'était pas sans songer au baptême des chrétiens à venir, le sacrement de l'Eglise du Christ que nous connaissons.

    En effet, le Bon Pasteur pensait à ce troupeau qu'il fallait sanctifier par la Parole et les sacrements. Le baptême de sang de la mort de Jésus ouvre à tous les hommes les sources du baptême-sacrement qui unit les chrétiens à la mort et à la résurrection du Christ.

    Jésus, avant de quitter ses Apôtres, leur donne la consigne de proclamer l'Evangile à toutes les nations et de les baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28, 18-20).

    «La division»

    Jésus annonce qu'Il est apparu pour établir non pas la paix sur la terre, mais la division. Cela pourrait sembler en contradiction avec la personnalité de Jésus «doux et humble de coeur» et avec les promesses de paix du Christ aux Apôtres (Jean 16, 33). La paix en Jésus est offerte à tous les hommes, mais beaucoup la rejetteront, ne voulant pas croire au Fils de l'Homme qui deviendra «un signe en butte à la contradiction» selon la prophétie de Syméon (Luc 2, 34).

    Jésus met en garde les Apôtres contre les difficultés qu'ils vont rencontrer à l'avenir afin qu'ils puissent, intérieurement, demeurer dans la paix et la joie de leur union avec Lui, et cela même au milieu de la haine et des persécutions.

    La prophétie de Michée 7, 6, reprise par Jésus (verset 53), suggère que les chrétiens pourront souffrir cette contradiction au sein même de leur famille.

    Denise Nouailhat

  • L'Evangile : une force de contestation (homélie pour le 20e dimanche du TO)

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    Une homélie de l'abbé Christophe Cossement publiée sur son site :

    L’Évangile est une force de contestation

    homélie du 14 août 2022, 20e dimanche C

    Quel contentement nous pouvons avoir d’entendre dire par Jésus que le Royaume de Dieu qu’il est venu inaugurer sur la Terre est comme un feu d’amour qu’il allume — enfin, vu les conditions météorologiques, nous préférerons penser à une pluie d’amour sur toute l’humanité —, un grand élan d’amour initié par le Seigneur dans le cœur de tous les croyants et par contagion dans le cœur de tous les hommes ! Quand beaucoup pensent au christianisme comme quelque chose d’étroit ou de dépassé, nous laissons notre Seigneur nous faire désirer ce feu d’amour que nourrit la foi chrétienne.

    Lorsqu’on parle d’une religion d’amour, il y a souvent beaucoup de méprise, car on pense alors au sentiment, à la spontanéité, à la facilité. On tombe aussi dans l’illusion que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », ou « tout ce qui est de l’ordre du sentiment amoureux est béni par Dieu », ou tant d’autres simplifications du genre.

    Alors Jésus corrige tout de suite ces possibles déviations, et après avoir laissé désirer le feu qu’il vient allumer, il parle du baptême qu’il doit recevoir et qu’il craint. Il a déjà été baptisé par Jean dans le Jourdain. Maintenant, il pense au baptême qui est sa mort, son abandon total dans les mains du Père qui peut lui donner la vie. Et au moment où on pensait à un monde d’amour, de tolérance, de paix, Jésus vient dire : je ne suis pas venu apporter la paix, mais la division.

    Comment cela peut-il se faire ? Il en est ainsi parce que notre monde est blessé par le mal, parce que notre intelligence est embrumée par le péché, parce que notre volonté s’est laissé contaminer par l’égoïsme, l’orgueil, toutes ces façons de nous centrer sur nous-mêmes qui nous font mépriser les autres. Nous vivons dans un monde miné par cela, au milieu de gens rongés par le mal, complices du mal, et nous aussi nous en sommes complices. Alors, le Royaume d’amour ne peut pas venir dans la gentillesse, dans la bénignité, la pure amabilité, la tolérance ou la pure spontanéité. Il y a un combat à mener, en nous et autour de nous.

    En nous, le combat vise à être meilleur, à devenir plus généreux, cherchant ce qui est bien plutôt que notre intérêt. Demandons souvent au Seigneur : fais-moi devenir la femme, l’homme que tu veux ! Et luttons pour cela.

    Autour de nous également, menons le combat pour la justice et la vérité. Demandons la grâce d’une parole franche, qui remue, qui pousse les autres à donner le meilleur d’eux-mêmes. Ne nous laissons pas endormir par les insinuations mensongères qui prétendent qu’on ne peut rien changer à l’injustice du monde, ou que ce n’est pas utile de veiller à l’environnement, ou que l’embryon humain n’est rien, ou que l’euthanasie est une façon de mourir comme une autre, ou que nous faisons déjà assez pour les pays en développement, ou qu’être homme ou femme c’est la même chose, ou encore que consulter un médium, une voyante ou se goinfrer d’ésotérisme n’est pas destructeur pour notre âme. Non, nous ne pouvons pas penser et agir ainsi, il faut lutter contre ces mensonges, sortir de ces ornières si nous y sommes tombés et travailler à ce que d’autres n’y tombent pas.

    Et bien sûr, si nous vivons ainsi, on nous dira que nous en faisons trop, que nous sommes des radicaux, des idéalistes, de dangereux conservateurs, des gens qui ont des œillères ou toutes sortes de choses ainsi. Mais tant pis, nous avons été avertis. Nous ne sommes pas désemparés puisque notre maître a dit : je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais la division… C’est à cause du mal qu’il en est ainsi. L’amour vrai ne peut pas tout avaler. Il passe en contestant ce qui lui est contraire. Il est la douceur et la force en même temps. Il est paix, mais aussi guerre. Que l’Esprit Saint fasse de nous des êtres à la fois forts et doux, dans la vérité et dans l’amour.

  • "Le malaise français" : un récit édifiant

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    De Jean-Paul Royal sur The Catholic Thing :

    Un récit édifiant : le « malaise français »

    La France, autrefois leader culturel reconnu de l'Occident, connaît ce que beaucoup de Français et de Françaises appellent « Le Malaise » : l'appréhension, le malaise et la désillusion sociétaux provoqués par un sentiment de déclin national et de stagnation économique. Pour les Américains désireux de comprendre cet état d'ennui et de mélancolie désormais omniprésent, le nouveau livre de Chantal Delsol, Prosperity and Torment in France, offre un diagnostic clair de ses racines idéologiques, intellectuelles et spirituelles.

    Delsol, éminente écrivaine et philosophe catholique française, membre de l'Académie des sciences morales et politiques de l'Institut de France, réfléchit aux paradoxes et aux pathologies persistants qui minent les idéaux républicains français de liberté, d'égalité et de fraternité. Son analyse convaincante s'inspire des critiques formulées par Alexis de Tocqueville dans L'Ancien Régime et la Révolution, qui détaillait les conditions qui ont conduit à la Révolution de 1789 en France, et les modernise. 

    Cette courte étude, publiée par l'University of Notre Dame Press et traduite par Andrew Kelley, soutient que malgré sa fortune enviable, la France est un pays déprimé en raison de ses espoirs irréalistes d'une utopie terrestre. La France possède « les richesses nationales de l'Allemagne, les dépenses sociales du Danemark et le bonheur du… Mexique ». Daniel J. Mahoney, chercheur principal au Claremont Institute et professeur émérite à l'Assumption University, auteur de nombreux écrits sur la pensée politique française, propose une préface éclairante qui replace les arguments riches et provocateurs de Delsol dans un contexte historique et philosophique plus large.

    Malgré son riche héritage culturel, son niveau de vie élevé et un État-providence généreux, Delsol soutient que la France craint d'être reléguée du statut de grande puissance nationale à celui de nation intermédiaire. Si la France considère sa langue, son mode de vie et son modèle social comme sans égal, nombreux sont ceux qui ressentent un sentiment d'humiliation face à l'inadéquation de son système de gouvernement socialiste et de son pacte social, et qui doivent s'adapter pour rivaliser avec le monde extérieur.

    Delsol retrace ces sentiments d'inadéquation et de « tourment » à travers de multiples paradoxes historiques et culturels. Elle aborde la primauté de la France en tant que « fille aînée de l'Église » depuis le baptême de Clovis, le roi barbare, en 496 apr. J.-C. Cette primauté a été détruite par l'anticléricalisme agressif et la laïcité, et remplacée par le statut de « fille aînée de la révolution ».

    Delsol décrit la petite communauté catholique fervente de jeunes familles françaises (souvent issues de l'élite, étonnamment), qui offre une lueur d'espoir pour l'avenir. Mais la France est aujourd'hui le pays le plus laïc d'Europe. Selon Delsol, cela a entraîné une recherche de religions de substitution, un renouveau du paganisme et, surtout, des adorateurs de Gaïa et de l'écologie. Les lois, les comportements et les mœurs inspirés par le christianisme ont pratiquement disparu en France.

    En revanche, l'auteur décrit le soutien « tortueux et hypocrite » apporté à l'islam par les médias et les intellectuels français, souvent même des immigrés arabo-musulmans radicaux. Ce soutien découle d'une culpabilité « colonialiste », qui sape les idées françaises d'unité et de fraternité et produit « une sorte d'autoflagellation rédemptrice ».

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  • Vatican : quels choix pour Léon XIV ?

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    D'Edgar Beltran sur The Pillar :

    Quels choix pour Léon XIV au Vatican ?

    Qui le pontife choisira-t-il pour diriger ses bureaux au Vatican ?

    Le pape Léon XIV rencontre les cardinaux
    Le pape Léon XIV rencontre les cardinaux. Crédit : Vatican Media.

    Les chefs de la Curie ont un mandat de cinq ans, à l'exception du secrétaire d'État.

    Le pape Léon XIV pourrait néanmoins remplacer les chefs de département du Vatican à tout moment — ou, comme l’a fait le pape François avec la plupart des chefs de la curie après son élection en 2013, les laisser exercer leurs fonctions jusqu’à l’expiration de leur mandat ou jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de la retraite.

    Pour Léon, il y a probablement une certaine attente de nominations prochainement : plusieurs préfets ont dépassé l’âge de la retraite et un poste important de la curie – le Dicastère des évêques, qui était autrefois dirigé par le pape Léon lui-même – est vacant.

    Qui pourrait bientôt quitter la curie et qui pourrait les remplacer ?

    Les trois amigos

    Il est largement attendu que deux hauts fonctionnaires de la Curie quittent leur poste, et un autre mériterait une promotion.

    Les archevêques Edgar Peña Parra et Paul Gallagher dirigent les deux principales sections du Secrétariat d'État : la section des affaires générales, qui gère les opérations, et la section des relations avec les États.

    Traditionnellement, les fonctionnaires occupant ces postes restent rarement plus longtemps qu'un seul mandat. Mais Peña Parra occupe ce poste depuis 2018, et Gallagher depuis 2014.

    Des rumeurs circulent selon lesquelles Peña Parra serait sur le point d'être transféré à une nonciature de haut rang, probablement en Espagne. Mais en Espagne, des signes indiquent que l'archevêque Piero Pioppo pourrait être le candidat privilégié du Vatican pour représenter le pape à Madrid, ce qui signifie que Peña Parra pourrait rester à Rome.

    Gallagher est lui aussi généralement bien considéré parmi les dirigeants du Vatican et il est considéré comme susceptible de se voir confier à terme un dicastère à superviser.

    Le troisième membre du groupe est l’archevêque Fortunatus Nwachukwu du Nigéria, secrétaire de section au Dicastère pour l’évangélisation.

    Nwachukwu a été chef du protocole du Vatican de 2007 à 2012, date à laquelle il est devenu nonce au Nicaragua. En 2017, il a quitté le Nicaragua pour devenir nonce dans la plupart des îles anglophones des Caraïbes, ainsi qu'en Guyane, au Suriname et au Belize. En 2021, il est devenu observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'ONU, à Genève, et en 2023, il a été nommé à son poste actuel.

    Le Vatican n'a pas eu d'Africain à un poste curial de haut rang depuis que le cardinal Peter Turkson a quitté le Dicastère pour la promotion du développement humain intégral en 2022. En tant que membre africain le plus ancien de la curie et largement respecté dans les cercles du Vatican, Nwachukwu pourrait être sur le point d'obtenir une promotion.

    Chacun de ces prélats est largement considéré comme un candidat à des postes supérieurs de la curie, en particulier pour diriger le Dicastère pour les causes des saints, le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie et le Dicastère pour le développement humain intégral.

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  • Une étude économique suggère que le déclin de la messe est lié à la mise en œuvre du Vatican II

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    De Tyler Arnold sur CNA :

    Une étude économique suggère que le déclin de la messe est lié à la mise en œuvre du Vatican IIbouton de partage sharethis

    15 août 2025

    Une étude économique publiée le mois dernier sur les tendances de la fréquentation des services religieux dans 66 pays a conclu que la mise en œuvre des réformes associées au Concile Vatican II a probablement contribué à la baisse ultérieure de la fréquentation des messes.

    Le pape Jean XXIII préside la séance d'ouverture du concile Vatican II, le 11 octobre 1962, dans la basilique Saint-Pierre. (CNS/L'Osservatore Romano)

    Vue générale des Pères conciliaires dans la basilique Saint-Pierre, le 8 décembre 1962, au Vatican, à l'issue de la première session du deuxième concile œcuménique du Vatican, ou Vatican II.

    Le document de travail « Regard en arrière : fréquentation à long terme des services religieux dans 66 pays » a été publié par le National Bureau of Economic Research (NBER) le 21 juillet.

    Les économistes du NBER ont étudié les tendances historiques de la fréquentation des services religieux dans les pays historiquement catholiques et historiquement protestants sur la base de 1 900 statistiques d'affiliation religieuse.

    Selon les chercheurs, les taux de fréquentation ont diminué beaucoup plus rapidement dans les pays historiquement catholiques que dans les pays protestants après Vatican II. Cette tendance a commencé immédiatement après Vatican II et n'était pas encore confirmée lorsque le concile a commencé au début des années 1960.

    À partir de 1965 et jusqu’aux années 2010, la fréquentation mensuelle dans les pays catholiques a diminué en moyenne de 4 points de pourcentage de plus que dans les pays protestants à chaque décennie.

    Rejetant l’affirmation selon laquelle les taux de fréquentation n’auraient diminué qu’en raison de tendances plus larges à la sécularisation à l’échelle mondiale, le rapport affirme : « Le déclin de la fréquentation est spécifique au catholicisme, auquel Vatican II s’appliquerait directement. »

    Les chercheurs du NBER affirment que Vatican II et les réformes ultérieures « ont profondément affecté la foi et la pratique catholiques » et ont conclu que la mise en œuvre du concile « a déclenché une baisse de la fréquentation catholique mondiale par rapport à celle des autres confessions ».

    « Comparés à d'autres pays, les pays catholiques ont connu une baisse constante du taux de fréquentation mensuelle des services religieux par les adultes dès la fin du concile Vatican II », constate le rapport. « L'effet est statistiquement significatif. »

    Robert Barro, professeur d'économie à Harvard et l'un des auteurs de l'étude, a déclaré à CNA que les résultats montrent « une réduction substantielle de la fréquentation » dans les pays catholiques par rapport aux pays protestants.

    Il a noté que le déclin catholique culmine à « jusqu’à 20 points de pourcentage » pire que le déclin protestant sur environ quatre décennies.

    Barro a déclaré : « Avant Vatican II, les lieux catholiques et non catholiques se comportaient de manière similaire. »

    Il a déclaré qu'il n'y avait « rien avant l'événement », mais a également noté que l'étude « ne peut pas exclure la possibilité que quelque chose d'autre que vous ne regardez pas se soit produit au même moment ».

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  • Seule la miséricorde divine « permet de retrouver le chemin de la paix » (Léon XIV)

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Léon XIV : « La miséricorde de Dieu, seul chemin vers la paix »

    Le pape a célébré la solennité de l'Assomption de Marie à Castel Gandolfo, qualifiant la Vierge de « tissage de grâce et de liberté » qui nous donne confiance. Prevost a ensuite confié la prière pour la paix à son intercession, expliquant que seule la miséricorde divine « permet de retrouver le chemin de la paix ».
    16_08_2025

    Léon XIV, Angélus, 15 août 2025, à Castel Gandolfo (Ap via LaPresse)

    Robert Francis Prevost a célébré sa première solennité de l'Assomption au Trône de Pierre. Une journée marquée par la tradition retrouvée de célébrer la messe pour les paroissiens de Castel Gandolfo. Hier matin, Léon XIV est arrivé pour la deuxième fois à l'église San Tommaso da Villanova, au centre de la Piazza della Libertà, accueilli par l'évêque d'Albano, Mgr Vincenzo Viva. C'est lui qui, avant le conclave, avait présenté Prevost à la région de Castelli en vue de sa nomination comme cardinal titulaire du diocèse suburbain d'Albano. La Providence a ensuite voulu que le frère augustin de Chicago revienne en ces lieux, si chers à Paul VI et Benoît XVI, pour leur succéder.

    Dans son homélie, Léon XIV a déclaré que « notre histoire, l'histoire de l'Église immergée dans notre humanité commune, réside en Marie de Nazareth » et que « son Magnificat fortifie dans l'espérance les humbles, les affamés, les serviteurs de Dieu qui travaillent dur ». Le Pape a évoqué une certaine tendance de la foi à s'assoupir : « Parfois, malheureusement, là où prévalent les certitudes humaines, un certain bien-être matériel et ce relâchement qui berce les consciences, cette foi peut vieillir. Alors la mort prend le dessus, sous les formes de la résignation et des lamentations, de la nostalgie et de l'insécurité. » Au contraire, l'Église « vit dans ses membres fragiles, rajeunis grâce à leur Magnificat ». Cet exemple se poursuit aujourd'hui. Le Pape a cité les « communautés chrétiennes pauvres et persécutées, témoins de tendresse et de pardon dans les lieux de conflit, artisans de paix et bâtisseurs de ponts dans un monde brisé, qui sont la joie de l'Église » et « sa fécondité permanente, les prémices du Royaume à venir ».

    Concernant la solennité d'hier, Léon XIV a observé que « Marie est cette union de grâce et de liberté qui inspire à chacun de nous la confiance, le courage et l'engagement dans la vie d'un peuple ». Malgré la chaleur, une foule nombreuse, rassemblée sur la petite Piazza della Libertà, attendait la fin de la célébration pour saluer le Pape et écouter l'Angélus, récité une fois de plus depuis la porte principale du Palais apostolique. En introduction de la prière, Léon XIV a cité quelques enseignements de Lumen Gentium sur Marie, suivis de la Divine Comédie avec la prière « Fille de ton Fils », que Dante Alighieri place sur les lèvres de saint Bernard de Clairvaux. Après la récitation, le Pontife a confié la prière pour la paix « à l'intercession de la Vierge Marie, élevée au ciel ».

    Il a ensuite cité son prédécesseur Pie XII , qui, dans  Munificentissimus Deus, avait proclamé le dogme de l'Assomption de Marie en 1950. Pacelli écrivait : « Il faut espérer que tous ceux qui méditent sur l'exemple glorieux de Marie seront toujours plus convaincus de la valeur de la vie humaine », et il espérait que « la vie humaine ne sera plus jamais gaspillée, déclenchant des guerres ». Ce passage de la constitution dogmatique est à nouveau d'actualité le jour du sommet Trump-Poutine en Alaska et alors que la situation humanitaire à Gaza demeure préoccupante. « Ces paroles sont tellement actuelles », a commenté le pape, « qu'aujourd'hui encore, malheureusement, nous nous sentons impuissants face à la propagation de la violence dans le monde, de plus en plus sourds et insensibles à toute impulsion humaine. » Cela ne doit cependant pas nous conduire à abandonner l'espoir, car, comme l'a dit Léon XIV, « Dieu est plus grand que les péchés des hommes ». « Avec Marie », a conclu le pape avant de saluer les pèlerins, « nous croyons que le Seigneur continue d'aider ses enfants, se souvenant de sa miséricorde. C'est seulement ainsi qu'il est possible de retrouver le chemin de la paix. » Le Saint-Père s'est arrêté pour déjeuner au presbytère de la paroisse pontificale et a reçu une invitation du curé à assister à la fête de Notre-Dame du Lac (en août prochain). Au pied du lac d'Albano se trouve l'église Notre-Dame du Lac, consacrée par saint Paul VI il y a exactement 48 ans, et où saint Jean-Paul II reviendra plus tard. 

  • Saint Etienne, roi de Hongrie (16 août)

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    Etienne_de_Hongrie_Tatry.jpgde missel.free.fr

    L'Occident, réunifié par les Carolingiens, pouvait croire achevées les invasions barbares, quand, à la fin du IX° siècle, des peuplades venues du midi de l’Oural, les Magyards, poussés par les Petchénègues, envahirent la cuvette du Danube puis s’aventurèrent jusqu'en Lorraine et en Italie du Nord. L’origine de ces hordes de Magyards ou de Hongrois[1] est mystérieuse ; si leur langue se rattachait au finois et au basque, leur civilisation était proche des Turcs et des peuples de la steppe asiatique ; ils rappelaient les Huns ou les Avars, fixés dans la plaine danubienne aux V° et VII° siècles ; nomades qui combattaient à cheval, ils attaquaient les abbayes, rançonnaient les villes pour entasser le butin dans des chariots, et vendre comme esclaves les femmes et les jeunes gens.

    Le 10 août 955, l'empereur romain-germanique Otton le Grand battit les tribus hongroises à Lechfeld, près d’Augsbourg. Dès lors, les Hongrois se regroupèrent pour se sédentariser sous la famille des Arpads. Dix-huit ans plus tard, quand le duc Géza épousa Sarolta, fille du chef de Transylvanie, le christianisme, venu de Byzance et de Bulgarie, pénétra en Hongrie. De l’union de de Geza et de Sarolta naquit Vajk (ou Vaïk ou Baïk) vers 969, à Esztergom[2]. Après la mort de Sarolta, Géza épousa Ethelgide (ou Adélaïde), fille du prince polonais Miesco qui s’était converti au christianisme en 966. Des missionnaires slaves, comme Vojtech, le futur saint Adalbert, évêque de Prague, entrèrent en Hongrie, en même temps que les évêques bavarois Pilgrim de Passau et Wolfgang de Ratisbonne.

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  • Ma plus belle invention, dit Dieu, c'est ma Mère

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    Ma plus belle invention, dit Dieu, c’est ma Mère (source)

    Ma plus belle invention, c’est ma Mère. 
    Il me manquait une maman, et Je l’ai faite. 
    J’ai fait ma Mère avant qu’elle ne me fasse. C’était plus sûr. 
    Maintenant, je suis vraiment un homme comme tous les hommes. 
    Je n’ai plus rien à leur envier, car j’ai une maman. 
    Une vraie. 
    Ça me manquait. 
    Ma Mère, elle s’appelle Marie, dit Dieu. 
    Son âme est absolument pure et pleine de grâce. 
    Son corps est vierge et habité d’une telle lumière que sur terre Je ne me suis jamais lassé de la regarder, de l’écouter, de l’admirer. 
    Elle est belle, ma Mère, tellement belle que, laissant les splendeurs du ciel, Je ne me suis pas trouvé dépaysé près d’elle. 
    Pourtant, Je sais ce que c’est, dit Dieu, que d’être porté par les anges ; 
    Ca ne vaut pas les bras d’une Maman, croyez-moi. 
    Ma Mère Marie est morte, dit Dieu. 
    Depuis que j’étais remonté vers le ciel, elle me manquait, Je lui manquais. 
    Elle m’a rejoint, avec son âme, avec son corps, directement. 
    Je ne pouvais pas faire autrement. Ça se devait. 
    C’était plus convenable. 
    Les doigts qui ont touché Dieu ne pouvaient pas s’immobiliser. 
    Les yeux qui ont contemplé Dieu ne pouvaient rester clos. 
    Les lèvres qui ont embrassé Dieu ne pouvaient se figer. 
    Ce corps très pur qui avait donné un corps à Dieu ne pouvait pourrir, mêlé à la terre ... 
    Je n’ai pas pu, ce n’était pas possible, ça m’aurait trop coûté. 
    J’ai beau être Dieu, Je suis son Fils, et c’est moi qui commande. 
    Et puis, dit Dieu, c’est encore pour mes frères les hommes que j’ai fait cela. 
    Pour qu’ils aient une maman au ciel. 
    Une vraie, une de chez eux, corps et âme. 
    La mienne. 
    Maintenant, qu’ils la prient davantage ! dit Dieu. 
    Au ciel, ils ont une maman qui les suit des yeux, avec ses yeux de chair. 
    Au ciel, ils ont une maman qui les aime à plein cœur, avec son cœur de chair. 
    Et cette maman, c’est la mienne, qui me regarde avec les mêmes yeux, qui m’aime avec le même cœur. 
    Si les hommes étaient plus malins, ils en profiteraient, 
    ils devraient bien se douter que Je ne peux rien lui refuser ... 
    Que voulez-vous, c’est ma maman. Je l’ai voulue. Je ne m’en plains pas. 
    L’un en face de l’autre, corps et âme, Mère et Fils, Eternellement Mère et Fils...

    Michel Quoist