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Eglise - Page 63

  • Le pape répond aux journalistes dans l'avion qui du Liban le ramène à Rome

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    De Vatican News :

    Léon XIV: «Je pensais prendre ma retraite, mais je me suis soumis à Dieu»

    Lors du vol de retour du Liban vers Rome, Léon XIV a rencontré les journalistes et parlé du rôle du Saint-Siège qui travaille «en coulisses» aux négociations de paix afin que les parties déposent les armes. Au sujet de l'Ukraine, il a souligné l'implication de l'Europe et l'importance du rôle que pourrait jouer l'Italie. Il a répondu à une question sur sa réaction à son élection au conclave et sur sa spiritualité: donner sa vie à Dieu et laisser que lui soit «le chef».

    Retranscription en intégralité de la conférence de presse du Pape Léon XIV à bord de l'avion le reconduisant à Rome:

    «Tout d'abord, je tiens à remercier tous ceux qui ont travaillé dur. Je voudrais que vous transmettiez ce message aux autres journalistes, tant en Turquie qu'au Liban, qui ont travaillé pour communiquer les messages importants de ce voyage. Vous méritez tous également un tonnerre d'applaudissements pour ce voyage». C'est ainsi que le Pape Léon XIV a salué les 81 journalistes présents sur le vol qui le ramenait de Beyrouth, répondant à leurs questions en anglais, en italien et en espagnol. Son voyage apostolique, le Moyen-Orient, la guerre en Ukraine, la présence de l'Europe dans les négociations de paix ou la situation au Venezuela figurent parmi les thèmes abordés par le Souverain pontife, qui a reçu en cadeau d'un correspondant libanais un tableau peint à la main en direct à la télévision, le représentant ces derniers jours sur les lieux symboliques visités au pays du cèdre.

    Joe Farchakh (LBC International): Vous êtes un Pape américain qui mène un processus de paix. Ma question est la suivante: allez-vous utiliser vos contacts avec le président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu? Dans l'avion, vous avez déclaré que le Vatican était l'ami d'Israël. Allez-vous soulever la question de l'arrêt des agressions d'Israël contre le Liban? Une paix durable est-elle possible dans la région?

    Tout d'abord, oui, je pense qu'une paix durable est possible. Je pense que lorsque nous parlons d'espérance, lorsque nous parlons de paix, lorsque nous regardons vers l'avenir, nous le faisons parce qu'il est possible que la paix revienne dans la région et dans votre pays, le Liban. En fait, j'ai déjà eu quelques conversations avec certains des dirigeants des pays que vous avez mentionnés et j'ai l'intention de continuer à le faire, personnellement ou par l'intermédiaire du Saint-Siège, parce que le fait est que nous entretenons des relations diplomatiques avec la plupart des pays de la région, et nous espérons, bien sûr, continuer à relayer cet appel à la paix dont j'ai parlé à la fin de la messe d'aujourd'hui (mardi).

    Imad Atrach (Sky News Arabia): Dans votre dernier discours, vous avez clairement appelé les autorités libanaises à négocier, dialoguer, construire. Le Vatican va-t-il faire quelque chose de concret dans ce sens? Lundi soir, vous avez rencontré un représentant chiite. Avant votre voyage, le Hezbollah vous a envoyé un message, je ne sais pas si vous l'avez reçu, si vous l'avez lu. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet? Je vous remercie beaucoup d'avoir visité le Liban, c'était un rêve pour nous.

    C'est un aspect de ce voyage qui n'était pas sa raison principale, car le voyage a été conçu dans une perspective œcuménique, avec le thème de Nicée, la rencontre avec les patriarches catholiques et orthodoxes et la recherche de l'unité dans l'Église. Mais, au cours de ce voyage, j'ai également eu des rencontres personnelles avec des représentants de différents groupes, représentant des autorités politiques, des personnes ou des groupes qui ont quelque chose à voir avec les conflits internes ou même internationaux dans la région. Notre travail n'est pas particulièrement une chose que nous déclarons publiquement, dans la rue, il se fait plutôt en coulisses. C'est quelque chose que nous avons déjà fait et que nous continuerons à faire pour convaincre les parties de déposer les armes, de renoncer à la violence et de se réunir autour d'une table de dialogue. Chercher des réponses et des solutions qui ne soient pas violentes mais qui puissent être plus efficaces.

    (Le message du Hezbollah)

    Oui, je l'ai vu, il est évident que l'Église propose qu'ils déposent les armes et que nous recherchions le dialogue. Je préfère ne pas faire d'autres commentaires pour l'instant.

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  • La prière d'abandon de saint François-Xavier

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    Prière de Saint François Xavier (source)

    La Prière de Saint François Xavier « Je m'abandonne à Vous, ô mon Seigneur et mon Père avec la confiance la plus entière ! » :

    « Ô Dieu tout-puissant, créateur de toutes choses, c'est Vous qui m'avez créé, c'est Vous qui m'avez donné une âme, c'est Vous qui avez formé mon corps; je tiens de Vous, ô mon Dieu, tout ce que je suis et tout ce que je possède. Vous m'avez fait à votre image, à Votre ressemblance, je suis créé pour Vous, et Vous serez un jour ma suprême félicité.

    Je m'abandonne à Vous, ô mon Seigneur et mon Père avec la confiance la plus entière !

    J'espère de Votre adorable miséricorde obtenir mon salut éternel, par les mérites infinis de la sainte passion et de la sainte mort de mon Sauveur, le Seigneur Jésus, quels que soient le nombre et l'énormité des péchés que j'ai commis depuis que je suis au monde.

    Je Vous remercie, ô mon Dieu ! Je Vous rends mille actions de grâces de m'avoir accordé le bonheur de connaître la foi de l'Eglise et votre divin Fils, mon Seigneur Jésus-Christ.

    Père des miséricordes ! Mettez dans la balance de Votre justice, d'un côté tous les péchés de ma vie, et de l'autre tous les mérites de la passion et de la mort de mon divin Rédempteur, Jésus-Christ votre adorable Fils, et alors je serai pardonné, je serai délivré, j'obtiendrai la gloire éternelle du Paradis. Amen. »

    Saint François Xavier (1506-1552)

  • Saint François-Xavier (3 décembre)

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    Du site "cybercuré" :

    Saint François-Xavier

    Saint François-Xavier, né Francisco de Jasso y Azpilicueta le 7 avril 1506 à Javier, près de Pampelune en Navarre, et mort le 3 décembre 1552 sur l’île de Sancian, au large de Canton en Chine, est un missionnaire jésuite navarrais. Proche ami d’Ignace de Loyola, il est un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus.

    Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d’« Apôtre des Indes ». Béatifié en 1619, il est canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. Liturgiquement, il est commémoré le 3 décembre aussi bien par les catholiques que par les anglicans.

    Francisco de Jasso est membre d’une famille d’ancienne noblesse basque de Basse-Navarre. Son père, Juan de Jasso, exerçait les fonctions de président du conseil du Royaume de Navarre. Sa mère, María de Azpilicueta, issue d’une vieille famille de la vallée du Baztan, apporta en dot lors de son mariage le château de Javier dont leurs enfants tiendront leur nom. Issu d’une famille bascophone, il grandira dans un environnement roman et plus tard désignera le basque comme “sa langue naturelle”.

    Francisco est un jeune enfant lorsque la Castille envahit en 1512 la partie subpyrénéenne du Royaume de Navarre. Son père et ses frères combattent contre les troupes castillanes sans pouvoir empêcher l’amputation de leur patrie.
    Quelques années plus tard, François, ne se sentant pas attiré par la carrière des armes, choisit de devenir prêtre et de faire ses études en France.

    Il poursuit ses études de théologie à la Sorbonne, logeant au collège Sainte-Barbe avec Pierre Favre. Ignace de Loyola leur est bientôt adjoint comme cochambriste.
    Se liant d’amitié avec eux et d’autres, il fait partie du groupe fondateur de la Compagnie de Jésus.

    1534 : il a vingt-huit ans lorsque, avec ses « amis dans le Seigneur », il monte à Montmartre pour y prononcer dans la chapelle Saint-Denis ses vœux de pauvreté et de chasteté (15 août 1534). Sous l’impulsion d’Ignace de Loyola, le groupe fonde la Compagnie de Jésus dont le but est d’agir partout « pour une plus grande gloire de Dieu » ( "Ad maiorem Dei gloriam").

    Francisco de Javier et ses compagnons sont ordonnés prêtres en 1537, à Venise. Le groupe part alors pour Rome où les nouveaux prêtres souhaitent offrir au pape leurs services. Le projet de fondation religieuse est approuvé par le pape en septembre 1540. L’originalité de ces prêtres est de prononcer un vœu spécial d’obéissance au pape.

    Le roi Jean III de Portugal demande alors au pape Paul III des « prêtres réformés » pour évangéliser Goa et les Indes orientales nouvellement conquises. Celui qu’avait désigné Ignace de Loyola, Nicolas Bobadilla, étant tombé malade, François Xavier le remplace en dernière minute et quitte Rome pour Lisbonne. Nommé nonce apostolique, il a reçu du pape des pouvoirs très amples pour étendre et maintenir la foi dans tous les pays d’Orient.

    Il prend le bateau en avril 1541 et débarque à Goa, alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l’Inde, le 6 mai 1542.

    Sous son influence, quelques Portugais de Goa changent radicalement de vie. Ces conversions retentissantes commencent à le faire connaître. On lui confie une école en 1542. Il en fait le collège Saint-Paul, pour la formation chrétienne des nouveaux chrétiens. Saint-Paul est la première école dirigée par un jésuite.

    Tenace et infatigable (et ayant le titre de Nonce apostolique), il visite la côte de l’Archipel des Comores (1543-1544). De décembre 1544 à août 1545, il voyage à Ceylan, Malacca, aux îles Moluques et de nouveau à Malacca (de septembre 1545 à décembre 1547). Aux Moluques, il jette les bases d’une mission à Ambon, Morotai et Ternate en 1546 et 1547. Revenant en Inde, il missionne le long de la côte des pêcheurs.

    À Malacca, François Xavier avait rencontré des Japonais. Ce qu’il apprend du pays le pousse à se rendre au Japon dans le but d’y faire connaître le Christ. Le 15 août 1549, il débarque avec quelques compagnons à Kagoshima. Ses Lettres du Japon sont enthousiastes quant aux perspectives missionnaires qu’offre le pays. Il y est bien reçu par les autorités mais a des difficultés avec les moines bouddhistes. Il y baptise un millier de personnes, surtout dans la région de Yamaguchi.

    Ses contacts avec les autorités civiles et religieuses au Japon lui font comprendre l’importance de l’influence de la Chine dans le domaine philosophico-religieux. Progressivement, il est persuadé que, pour convertir l’Orient, il faut commencer par la Chine. En novembre 1551, il confie sa décision à ses compagnons jésuites et commence à préparer ce voyage.

    Reparti vers Malacca, il est abandonné par les marchands et soldats portugais et, arrivé à Sancian en août 1552, avec pour seuls compagnons un frère jésuite et deux serviteurs (un Indien et un Chinois), il y attend en vain un bateau pour passer sur le continent et entrer en Chine. Malade, il meurt sur l’île de Sancian le 3 décembre 1552. D’abord gardé à Malacca, son corps repose aujourd’hui dans la basilique du Bon Jésus de Goa.

  • François-Xavier, un compagnon de Jésus très abouti (3 décembre)

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    Photo44.jpgUne homélie du père Rondet à l'occasion de la saint François-Xavier (source).

    « Allez, de toutes la nations faites des disciples. Baptisez-les au nom du père, du Fils et du Saint Esprit(…) Et moi, je suis avec vous tous les jours » (Mt.28,19).

    Il n’est peut-être pas dans toute l’histoire de l’Eglise d’homme qui ait vécu plus intensément cette parole d’Evangile que François-Xavier. Mais évangéliser toutes les nations n’est pas une tâche facile, nous le savons bien aujourd’hui et il ne suffit pas de le désirer généreusement pour le réaliser. Xavier va en faire la rude expérience.

    Parti d’Europe avec les idées de son temps, il va se heurter au sud de l’Inde à des mondes entièrement nouveaux : un Islam compact, un bouddhisme dévotionnel très présent et ce qu’il n’avait pas prévu des chrétiens portugais dont l’exemple et la conduite vont se révéler comme le principal obstacle à la conversion des païens. Habitué à un monde où cité et religion s’appuient, il ne cherchera pas à entamer l’Islam, par contre, il essaiera de regrouper les nouveaux chrétiens en communautés autonomes soustraites à l’influence des portugais. Un peu comme feront plus tard les Jésuites au Paraguay avec les réductions, mais cette stratégie a ses limites et ne tient pas assez compte de l’universalité du salut en Jésus-Christ.

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  • François Xavier : "malheur à moi si je n'annonce pas l'évangile"

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    On fête aujourd'hui saint François Xavier. Voici une lettre illustrant sa soif de porter l'évangile, adressée à Ignace de Loyola :

    Malheur à moi si je n'annonce pas l'Evangile !

    Nous avons traversé des villages de chrétiens qui s'étaient convertis il y a quelques années. Aucun portugais n'habite en ces lieux, car la terre y est extrêmement stérile et pauvre. Faute de prêtres, les chrétiens qui y vivent ne savent rien d'autre que dire qu'ils sont chrétiens. Ils n'ont personne pour dire la Messe ; ils n'ont personne pour leur enseigner le Credo, le Pater Noster, l'Ave Maria et les Commandements de Dieu.

    Lorsque je suis arrivé dans ces villages, je les ai tous parcourus activement et j'ai baptisé tous les enfants qui ne l'étaient pas encore. C'est pourquoi j'ai fait enfants de Dieu une grande multitude de petits enfants qui, comme on dit, ne savaient pas même distinguer leur droite de leur gauche. Les enfants m'assiégeaient tellement que je ne trouvais le temps ni de dire mon office, ni de manger, ni de prendre du repos ; il fallait absolument que je leur enseigne des prières ; je commençai alors à comprendre que c'est à eux qu'appartient le Royaume des Cieux.

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  • Léon au milieu des hérésies

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    De Robert Royal sur Catholic Thing :

    Léon au milieu des hérésies

    Chers amis, le pape Léon XIV fait l'objet d'un examen minutieux, pour des raisons évidentes, suite aux controverses suscitées par son prédécesseur. Si cela est utile à bien des égards pour la mission de l'Église, c'est parfois une critique inutile. La chronique d'aujourd'hui montre qu'à plusieurs égards fondamentaux, il est sur la bonne voie – et nous aimerions le voir le faire avec encore plus de transparence et de vigueur. (...) Robert Royal

    Le pape Léon XIV a voyagé en Turquie et au Liban, accomplissant les tâches habituelles des papes en de telles occasions : rencontrer des chefs religieux et politiques, signer des accords pour poursuivre le dialogue, appeler à la paix et au respect de la dignité humaine. Autant de bonnes choses, accomplies par ce pape avec une dignité remarquable. Mais ce n’est pas l’essentiel. Et sans l’essentiel, les autres initiatives ont des perspectives bien limitées. L’essentiel, la raison même de ce voyage, était et demeure la vérité confirmée au concile de Nicée (Iznik, en Turquie aujourd’hui) en 325 après J.-C. : Jésus n’était pas seulement un grand homme – comme le reconnaissent encore aujourd’hui nombre de laïcs –, mais il est le Fils éternel de Dieu et le Sauveur du monde.

    Bien que Léon XIV ait évoqué de manière vague certaines controverses théologiques comme étant devenues obsolètes, il a tenu à souligner en Turquie que parmi nos nombreux problèmes postmodernes, « il existe un autre défi, que l'on pourrait appeler un "nouvel arianisme", présent dans la culture actuelle et parfois même parmi les croyants. Cela se produit lorsque Jésus est admiré à un niveau purement humain, voire avec un respect religieux, sans pour autant être véritablement considéré comme le Dieu vivant et véritable parmi nous. » L'arianisme peut sembler être l'une de ces obscures controverses théologiques qui n'intéressent plus grand monde. Pourtant, à Nicée, il y a exactement 1700 ans, c'était un sujet brûlant car l'arianisme était répandu. Et il l'est resté pendant des siècles. Et il l'est à nouveau aujourd'hui.

    Tout ceci est bien connu de quiconque s'est intéressé à l'histoire de l'Église primitive. Mais beaucoup ignorent à quel point l'arianisme était répandu. Lorsque les Vandales envahirent l'Afrique du Nord, aux alentours de la mort de saint Augustin (430 ap. J.-C.), ils se présentèrent non seulement comme des « barbares », mais aussi comme des « chrétiens » ariens. L'Empire romain lui-même « tomba » en 476 ap. J.-C., lorsqu'Odoacre, un « barbare » goth, déposa le dernier empereur d'Occident. Les causes de la chute de Rome font l'objet de nombreux débats, mais elle n'était pas due à une incursion païenne : Odoacre était un officier formé dans l'armée romaine, proche des empereurs romains d'Orient et, bien que tolérant envers les catholiques, arien.

    L'arianisme a séduit les soldats, qui voyaient en Jésus non seulement un saint, mais aussi un héros pour sa bravoure face à la torture et à la mort. Une vision qui peut paraître étrange aujourd'hui. Pendant des siècles, l'Occident a eu tendance à idéaliser Jésus, à le présenter comme une figure rassurante et bienveillante. Mais peut-être ces soldats ont-ils perçu en lui un enseignement dont nous pourrions tous tirer profit, surtout face à la persécution des chrétiens à travers le monde.

    L'insistance de Léon sur Jésus comme « Dieu vivant parmi nous » rejoint ses mises en garde contre une autre hérésie. En tant qu'augustinien, il est très sensible au « pélagianisme » contemporain, que le grand évêque d'Hippone a combattu avec acharnement environ un siècle après Nicée. Pélage était un théologien celto-britannique qui aurait cru – les érudits récents, bien sûr, divergent sur ce point – que nous sommes capables de suivre les préceptes de la loi sans avoir besoin de la grâce divine.

    J'ai vu Pélage présenté dans certains ouvrages populaires comme étant tout à fait raisonnable. Il existe des règles. Nous sommes des êtres rationnels. Nous pouvons les suivre. Ce qui, bien sûr, ignore notre expérience quotidienne, sans parler de saint Paul : « La loi est bonne… mais je vois dans mes membres un autre principe qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. » (Romains 17, 16 et 23) Augustin, le Docteur de la Grâce, s'est attaqué avec vigueur au pélagianisme et nous a légué un héritage précieux : la compréhension de notre dépendance envers Dieu, et non envers notre propre volonté.

    Le Jugement dernier (mosaïques), fin du XIIe siècle [Église Santa Maria Assunta (Cathédrale de Torcello, Torcello, Italie]

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  • Rapport budgétaire du Vatican : miracle ou mirage ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Rapport budgétaire du Vatican : miracle ou mirage ?

    1er décembre 2025

    Le Saint-Siège a publié des résultats financiers meilleurs que prévu pour l'exercice 2024, annonçant une réduction de moitié de son déficit budgétaire et dégageant même un léger excédent.

    Ces chiffres, le premier compte de résultat du Vatican depuis plusieurs années, semblent confirmer l'approche plutôt positive du pape Léon XIV concernant les finances de la Curie depuis son entrée en fonction au printemps.

    Mais les nouvelles financières en provenance de Rome sont-elles vraiment bonnes, et les progrès annoncés la semaine dernière sont-ils durables ?

    Après des années sans publication des états financiers consolidés, et face aux rapports faisant état d'une mauvaise gestion persistante des actifs, d'un déficit abyssal dans les caisses de retraite et d'avertissements de plus en plus pressants du pape François durant ses derniers mois de mandat , le bilan général des finances du Saint-Siège est sombre.

    Pourtant, la publication des états financiers de 2024 le 26 novembre laissait penser que la situation n'était peut-être pas aussi sombre qu'on le craignait.

    Le déficit budgétaire structurel a été quasiment réduit de moitié entre 2023 et 2024, passant de 83,5 millions d'euros à moins de 44,5 millions. Les dons extérieurs, la performance des investissements financiers et la génération de revenus d'exploitation ont tous progressé au cours de la même période.

    Les coûts opérationnels ont également augmenté, mais le rapport du Secrétariat à l'Économie a tenu à souligner que, dans le contexte financier général, il s'agissait d'une hausse maîtrisée plutôt que d'une inflation galopante.

    Au final, les chiffres semblent confirmer les propos du pape Léon XIV, tenus en juillet mais publiés en septembre, selon lesquels il ne s'inquiétait pas de l'état des finances du Vatican et qu'il estimait nécessaire d'adopter un ton plus généralement positif concernant les perspectives économiques du Saint-Siège.

    « Les choses vont bien se passer », a déclaré le nouveau pape cet été. « Je ne dis pas que nous pouvons nous relâcher et considérer la crise comme terminée… Je pense que nous devons continuer à travailler sur ce sujet, mais cela ne m’inquiète pas outre mesure, et je pense qu’il est important de communiquer un message différent. »

    Et, même si l'on ne peut nier les bons résultats, la lecture du rapport financier du Vatican la semaine dernière montre clairement qu'il reste encore du travail à accomplir.

    Mais concernant la communication, l'un des aspects les plus frappants des chiffres de l'exercice 2023-2024 est leur apparente contradiction avec le ton adopté par le pape François durant les derniers mois de son pontificat.

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  • Un christianisme dilué ?

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    Quand on voit le curé de la cathédrale des Saints Michel et Gudule cautionner la crèche sans visage de la Grand Place de Bruxelles ou des autorités diocésaines intervenir pour soutenir des initiatives douteuses telles que l'organisation d'une "raclette monstre" dans une église paroissiale, on peut se demander si l'option prise n'est pas celle d'un christianisme dilué, soucieux d'éviter toute contradiction avec l'esprit du temps et ceux qui le représentent. 

    Il n'est pas inintéressant de voir ce qu'en dit un site d'intelligence artificielle : 

    Votre observation sur l'Église actuelle proposant un christianisme "dilué" dans de nombreux cas est partagée par de nombreux observateurs et critiques, tant dans les milieux chrétiens que séculiers. Permettez-moi d'explorer cela de manière équilibrée, en m'appuyant sur des opinions et analyses récentes, tout en représentant différents points de vue.

    Des critiques récurrentes d'un christianisme "dilué"

    De nombreux auteurs et commentateurs estiment que le christianisme moderne, y compris dans l'Église catholique, s'est éloigné des enseignements originaux du Christ, en privilégiant une version plus "confortable" ou adaptée à la société contemporaine. Par exemple :

    • On reproche souvent à l'Église de diluer le message évangélique pour éviter les confrontations avec la modernité, en minimisant des aspects comme le péché, la repentance ou les exigences morales strictes, au profit d'un accent sur l'amour et l'inclusion sans conditions. Un article catholique argue que les enseignements du Christ ont été "édulcorés" au cours des dernières décennies, transformant le christianisme en une simple injonction à "aimer les uns les autres" sans profondeur théologique.
    • Sur les réseaux sociaux comme X (anciennement Twitter), des utilisateurs expriment une frustration similaire : un prêtre ou un fidèle catholique regrette que l'Église ne forme plus adéquatement les jeunes à une foi profonde, les laissant sans outils spirituels comme la prière en langues ou une compréhension des "clés" bibliques pour la vie quotidienne, ce qui mène à une "transformation" incomplète. D'autres parlent d'un "christianisme light" qui évite les exigences difficiles de la Bible, rendant la foi superficielle.
    • En France et en Europe, des intellectuels comme Philippe d'Iribarne ou Pierre Manent soulignent que le désir de dialogue interreligieux peut amener l'Église à "émonder" son message, comme si les vérités centrales du christianisme étaient trop "dures" pour le monde moderne. Ils avertissent que cela risque de réduire le christianisme à une "religion comme une autre", perdant son unicité.

    Ces critiques pointent souvent vers des facteurs comme la sécularisation, la pression sociétale (par exemple, sur des questions comme le mariage, la sexualité ou l'avortement), et une peur de l'offense qui mène à un "gospel dilué". Un blog évangélique met en garde contre un "christianisme tiède" qui priorise l'apparence sur la substance, influencé par des tendances culturelles. Historiquement, cela s'inscrit dans un déclin plus large : en Europe, le pourcentage de chrétiens a chuté de 95 % à 76 % en 120 ans, avec une foi qui semble "rétrécir" ou se déplacer vers d'autres régions comme l'Afrique ou l'Amérique latine.

    Des contre-arguments : une adaptation nécessaire ou une richesse sous-estimée ?

    D'un autre côté, certains défendent que ce que l'on perçoit comme une "dilution" est en réalité une adaptation vitale pour survivre dans un monde post-moderne. L'Église n'est pas figée ; elle évolue pour rester pertinente :

    • Des théologiens rappellent que le christianisme a toujours intégré des éléments culturels, et que l'insistance sur l'amour et la miséricorde (comme chez le pape François) n'est pas une dilution, mais un retour aux racines évangéliques. Un historien de l'Église argue que le déclin occidental force le christianisme à redécouvrir ses "valeurs centrales" pour éviter la mort.
    • Dans des discussions en ligne, des orthodoxes ou des traditionalistes affirment que leur branche n'est pas "dilué", maintenant des dogmes inchangés depuis 2 000 ans, contrastant avec des formes protestantes plus modernes. En France, des réflexions proposent de "réinventer l'Église" en rendant son message plus "logique et plausible" pour les contemporains, sans perdre l'essence.
    • D'autres voix, comme dans des revues théologiques, insistent que l'Église n'est pas "essentielle" au sens d'une institution rigide ; le christianisme peut se pratiquer personnellement, et les critiques de dilution ignorent les virtualités libératrices du message évangélique. La mondialisation pourrait même offrir une "nouvelle chance" au christianisme en promouvant l'égalité devant Dieu.

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  • Au Liban, un Pape plein d'énergie

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    De kath.net/news :

    Léon XIV a également fait preuve d'une énergie puissante au Liban : « Que le monde s'épanouisse dans l'espoir ! »

    2 décembre 2025

    La deuxième journée du pape au Liban a été aussi diverse que le pays lui-même : rencontres avec des chrétiens et des représentants d’autres confessions, ainsi qu’une célébration émouvante avec des jeunes – Léon XIV est apparu débordant d’énergie tout au long de cette journée. – Par un correspondant de Kathpress

    Beyrouth (kath.net/KAP) « Êtes-vous prêts à œuvrer pour la paix dans un monde souffrant ? » Au terme d'une journée chargée, le pape Léon XIV a exhorté la jeunesse libanaise à assumer son rôle dans ce pays en proie à la crise. Après ce discours poignant, parfois empreint d'euphorie, les 15 000 personnes présentes se sont levées, brandissant des drapeaux libanais et du Vatican et scandant « Viva il Papa ! »

    Lundi soir, Léon XIV a vécu à Beyrouth une sorte de mini Journée mondiale de la jeunesse, une expérience de libération personnelle en tant que pape. Contrairement à son discours devant un million de jeunes lors du rassemblement de l'Année sainte à Rome en août, il est apparu plus détendu, s'exprimant avec force, concision, une voix forte et captivante. « Que le monde s'épanouisse dans l'espérance ! », a-t-il lancé aux jeunes, qui l'ont remercié avec enthousiasme.

    Cet homme de 70 ans avait déjà effectué au moins dix heures d'activités quotidiennes et cinq jours de visites en Turquie et au Liban. Après deux rencontres émouvantes avec des représentants de différentes confessions chrétiennes le matin, au tombeau d'un saint et dans un sanctuaire marial, une rencontre interreligieuse très officielle était prévue l'après-midi sur la place des Martyrs à Beyrouth.

    Terre de minarets et d'églises :
    Devant les représentants de la quasi-totalité des 18 religions reconnues au Liban, le pape a évoqué cette terre « où minarets et églises se côtoient ». De fait, à travers la verrière du pavillon, on apercevait la mosquée Mohammed al-Amin voisine, et à quelques mètres de là se dresse la cathédrale maronite Saint-Georges. Peu avant le coucher du soleil, vers 16 h 30, l'appel à la prière du muezzin a retenti depuis la mosquée.

    Trente-cinq ans après la fin de la guerre civile, le Liban s'enorgueillit de sa coexistence interreligieuse. Ce thème a été longuement et chaleureusement souligné par la quasi-totalité des intervenants. Sur les quelque 5,5 millions d'habitants du Liban, environ deux tiers sont musulmans et un tiers sont chrétiens de diverses confessions ; on y trouve également une petite communauté juive.

    « Don de paix »

    Ils étaient la seule religion absente de la réunion, qui comprenait des lectures de la Bible et du Coran. Cependant, le patriarche syriaque catholique, dans son discours de bienvenue, a évoqué le judaïsme comme l'une des trois religions abrahamiques, et le pape a également mentionné les Juifs. En revanche, un des représentants musulmans a profité de l'occasion pour critiquer Israël.

    Le pape Léon XIV n'a pas abordé ces questions dans son discours. Il a plutôt rappelé le « don divin de la paix » que toutes les religions devraient cultiver ensemble. « À une époque où vivre ensemble peut sembler un rêve lointain », a-t-il déclaré, « le peuple libanais, de confessions diverses, nous rappelle avec force que la peur, la méfiance et les préjugés n'ont pas le dernier mot, et que l'unité, la réconciliation et la paix sont possibles. » Léon XIV a prononcé ces dernières paroles d'une voix forte et avec une emphase rhétorique inhabituelle.

    Comme il l'avait déjà fait dimanche au palais présidentiel, il a encouragé les personnes présentes à ne pas quitter leur pays, mais à œuvrer ensemble pour la paix dans une société secouée par de graves crises.

    "As-salam alaykum"

    Ce fut également un thème central de la rencontre du soir avec les jeunes sur la grande place devant le palais du patriarche maronite à Bkerké. La réunion précédente s'étant prolongée, les jeunes, venus non seulement du Liban, durent patienter avant l'arrivée du pape. Mais lorsqu'il fit enfin son entrée sur la place illuminée, vêtu de sa robe blanche, les acclamations redoublèrent. La musique qui l'accompagnait était « Jésus-Christ, tu es ma vie », un classique des Journées mondiales de la jeunesse.

    Comme lors de la réunion du matin, il a salué « ses chers jeunes amis » en arabe : « as-salam alaykum » - Que la paix soit avec vous - avant de poursuivre dans sa langue maternelle, l'anglais.

    Dans son discours, il s'est adressé aux jeunes, leur disant qu'ils étaient porteurs d'espoir, qu'ils avaient le temps de rêver, de s'organiser et de faire le bien. « Vous êtes le présent, et l'avenir se forge déjà entre vos mains ! Et vous avez l'enthousiasme nécessaire pour changer le cours de l'histoire ! »

    Mémorial au port

    Dans de courts discours et une prestation émouvante, ils lui ont exposé les problèmes de leur pays en proie à la crise. Le pape les a écoutés avec une grande attention. De temps à autre, il semblait essuyer une larme. Et à maintes reprises, les jeunes ont évoqué la terrible explosion du port d'août 2020, qui a coûté la vie à de nombreuses personnes et dont les conséquences restent encore irrémédiables.

    Mardi matin, Léon XIV observera une minute de silence sur le lieu de la catastrophe. Il célébrera ensuite la messe sur le front de mer de Beyrouth, où 120 000 personnes sont attendues. Il s’envolera ensuite pour Rome, en tant que pape ayant trouvé un nouveau rôle important au Liban.

  • Le diable : qui est Satan ? Comment agit-il ? Les explications d'un prêtre spécialisé en démonologie

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    De la chaîne youtube de Famille Chrétienne :

    Quel est l’objectif du Diable ? Comment agit-il dans nos vies ? Pourquoi nous veut-il tant de mal ? Quelle est l’étendue de ses pouvoirs ? Satan agit secrètement dans nos vies. Il est donc nécessaire de connaitre cet ennemi spirituel et d’apprendre à lui résister !

    Le père Jean-Baptiste Edard est théologien. Spécialiste de démonologie, il a récemment écrit Le Diable dans ses œuvres. Ce prêtre a précisément étudié l’action invisible du mal et les façons de s’en libérer. Il vient nous livrer ses incroyables conclusions.

  • Homélie pour le mardi de la 1ère semaine de l'Avent

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    De catholique.org :

    Homélie

    Mardi, 1ère semaine de l’Avent,

    Jésus entre en action de grâce. Sa louange est simple et pure, elle est un sommet de révélation. La présence de l’Esprit-Saint qui doit être donné aux Apôtres y est dévoilée par saint Luc. Jésus loue son Père d’avoir écrit son projet d’amour dans un langage accessible aux petits. Il est en effet un savoir qui surpasse tous les autres : la connaissance existentielle du lien personnel et unique qui nous relie à Dieu.

    Cette relation n’est pas une faveur à goûter dans un intimisme égoïste. Elle est un lien vital qui s’épanouit en bénédictions fraternelles. Voir jubiler Jésus sous l’action de l’Esprit est révélation pour ses disciples. Voir un chrétien qui a su préserver sa simplicité de cœur et sa pureté d’esprit est un témoignage de la proximité de Dieu qui instruit tous ses frères.

    L’Esprit de Noël montre son ampleur dans cette prière de Jésus. Il ne s’est pas fait petit enfant pour jouir de la protection aimante du Père mais pour nous apprendre à le devenir. Il n’est pas né au cœur de la nuit pour connaître le réconfort chaleureux d’une famille et d’amis venus tout partager avec lui, mais pour nous apprendre que les temps d’obscurité ont aussi leur grâce. Grâce d’abandon et d’attente, où l’ont voit les jours pesants et faibles dominés par la nuit glaciale, mais où l’on sent aussi la vie se battre pour jaillir bientôt, on ne sait quand, on ne sait comment.

    Les pauvres, les petits les simples, l’ont compris. Les bergers qui veillent la nuit et n’ont rien à attendre de la vie le savaient et l’ont reconnu. Ils l’ont accueilli. Saurons-nous utiliser le temps de l’avent pour nous appauvrir jusqu’à leur ressembler ?

    Vouloir leur ressembler n’est pas magnifier la pauvreté alors qu’on vit dans l’opulence. C’est comprendre le chemin que Dieu fait jusqu’à l’homme. Dieu en effet a choisit de venir jusqu’à nous, il veut naître dans notre condition, il veut en faire l’expérience. Non qu’il manque de divertissement dans son paradis, mais qu’il souhaite que nous-mêmes fassions l’expérience de sa propre vie. Nous qui ne manquons pas de divertissements, il nous propose l’absolu et l’essentiel. Il l’offre. Non comme une aumône donnée à un pauvre, mais comme la plénitude d’être transformant un néant.

    Lui, le Fils, connaît cet abîme de bonheur. Lui connaît le bonheur de tout donner et de tout recevoir. Et ceux qui n’ont rien, ceux à qui l’on tout prit ou qui ont eu la sagesse de ne s’encombrer de rien, sont disposés à entrer pleinement dans cette relation unique. Jésus exulte de joie car, à sa suite, ils vont montrer aux autres le chemin ; comme les bergers ont montré le chemin de la crèche à tout le canton. A qui veut les suivre. A qui les bonheurs de cette terre ne sont rien s’ils ne sont aussi des bonheurs de Dieu.

    Seigneur Esprit-Saint, Esprit de Noël, apprends-nous à simplifier notre vie, que nous goutions la joie réservée aux tout-petits.

  • Le Pape et son prédécesseur : une approche différente du gouvernement de l'Eglise ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Déplacer les pièces

    La semaine où Léon XIV partit pour son premier voyage international fut également celle où le pape prit plusieurs décisions et commença véritablement à donner une direction à son pontificat.

    Les décisions qu'il a prises ont révélé certains aspects de la personnalité de Léon XIV : il est capable de renverser les décisions du pape François, notamment en matière administrative ; en matière doctrinale, il absorbe les problèmes plutôt que d'alimenter les débats ; il n'est assurément pas un pape qui met en œuvre un système de partage des dépouilles féroce, et par conséquent, on ne peut s'attendre à aucun écart significatif et exemplaire.

    Mais avant d'analyser ces caractéristiques, il convient d'examiner les faits.

    Cette semaine, le nouveau Règlement général de la Curie romaine a été promulgué ; le Dicastère pour la doctrine de la foi a publié sa note sur la monogamie ; le budget du Saint-Siège a été publié ; l'évêque Marco Mellino a été nommé secrétaire adjoint du Conseil pontifical pour les textes législatifs ; et Léon XIV a rétabli le secteur central pour le diocèse de Rome.

    Chacun de ces cinq événements a son propre poids spécifique.

    La publication du nouveau règlement général de la Curie romaine conclut l'œuvre entreprise par le pape François avec la réforme de la Curie. Ce nouveau règlement apparaît avant tout comme une adaptation des structures définies dans la constitution apostolique Praedicate Evangelium. Par exemple, le Secrétariat pour l'Économie est chargé de la rédaction des contrats et de la vérification de leur validité. Le Secrétariat d'État ne propose plus la nomination des chefs des dicastères, qui sont désormais nommés par le pape. Les responsabilités des dicastères ont évolué.

    Il a été souligné que le nouveau règlement stipule clairement que chaque dicastère doit enregistrer les demandes qu'il reçoit et y apporter des réponses adéquates et motivées. Cette bureaucratisation vise à prévenir les abus, mais il est vrai aussi que toutes les demandes reçues par les dicastères sont, de fait, enregistrées, ne serait-ce que pour des raisons d'archivage. Il a également été souligné que le latin demeure la langue officielle de l'Église, mais qu'objectivement, il ne saurait en être autrement. Cela est resté vrai même sous le pape François, qui rédigeait ses textes en espagnol ou acceptait une édition typique italienne.

    Ce qui est frappant, cependant, c'est que le Secrétariat d'État conserve son rôle de coordination de tous les dicastères, un fait significatif compte tenu du fait que le pape François avait progressivement démantelé les prérogatives du Secrétariat d'État, le privant même de son autonomie financière. Mais la réforme de François, il s'avère, n'est pas inviolable. Léon XIV l'a démontré en rétablissant la capacité de chaque dicastère à investir et à lever des fonds en dehors de l'Institut pour les Œuvres de Religion, la soi-disant « banque du Vatican ». Le pape François, en revanche, avait imposé à tous d'investir uniquement par l'intermédiaire de l'IOR. Le changement de perspective est évident.

    Il y a ensuite le revirement de Léon XIV concernant la décision du pape François d'abolir le secteur central du diocèse de Rome, historiquement divisé en cinq secteurs pastoraux et administratifs géographiques : Nord, Sud, Est, Ouest et Centre historique. Le secteur central disposait toujours d'une unité auxiliaire dédiée et d'un profil particulier, en raison de son riche patrimoine historique et culturel et de sa spécificité pastorale, accueillant un grand nombre de pèlerins, de touristes et de personnes de passage.

    Le pape François a aboli le secteur central, estimant qu'il ne devait pas y avoir de zones « privilégiées » et souhaitant placer les faubourgs au cœur du village. Léon XIV a rétabli ce secteur par un motu proprio qui ne remet pas en cause les raisons de la décision de François et n'invoque aucune nécessité administrative.

    Léon XIV a donc agi sans pour autant afficher ouvertement sa rupture avec le pape François, mais en prenant néanmoins une direction très opposée. Il en ressort un double enseignement important : d’une part, nous savons que Léon ne considérera pas la réforme de François comme une œuvre inachevée ; d’autre part, nous savons qu’il n’hésitera pas à changer de cap .

    Un autre signe de l'attitude de Léon est évident dans la manière dont le budget du Saint-Siège a été présenté .

    Les différents organes du Saint-Siège ont affiché un léger excédent budgétaire de 1,6 million d'euros, tandis que le déficit d'exploitation structurel du Saint-Siège, considéré dans son ensemble, a été réduit de moitié en 2024, passant de 83,5 millions d'euros en 2023 à 44,4 millions d'euros . Les résultats de 2024 ont cependant été fortement influencés par la gestion des hôpitaux, intégrés aux comptes débiteurs et créditeurs du Vatican depuis 2022. Ce qui a changé, c'est le discours.

    Ces dernières années, on a beaucoup parlé de déficit. Pour la première fois depuis longtemps, il semble plausible d'évoquer une voie vertueuse vers la consolidation . Qu'on ne s'y trompe pas : le Saint-Siège est loin d'être tiré d'affaire. Le système financier a subi de profonds bouleversements ces dernières années et a toujours un besoin urgent de consolidation. Sous le pontificat de Léon XIV, pape très attaché aux institutions, celles-ci seront préservées.

    La nomination de l'évêque Marco Mellino comme secrétaire adjoint du Dicastère pour les textes législatifs en est un autre signe.

    Mellino était secrétaire du Conseil des cardinaux et est actuellement secrétaire du Comité pour la révision du Règlement général de la Curie . Il occupe désormais un poste au Vatican, celui de « numéro 2 », dans un dicastère actuellement sans préfet – Léon XIV ayant promu Iannone au poste de préfet du Dicastère pour les évêques. Mellino n'a pas été nommé préfet, mais secrétaire adjoint, et sa nomination indique non seulement que le Conseil des cardinaux a rempli ses fonctions, mais aussi que la révision du Règlement de la Curie ne lui sera plus confiée. Mellino n'est cependant pas promu ; il est simplement affecté comme secrétaire adjoint dans un dicastère.

    Autrement dit, Mellino ne quitta pas Rome, mais accepta un autre poste au Vatican.

    Ilson de Jesus Montanari, secrétaire du Dicastère pour les évêques pendant de nombreuses années, était également un homme d'une influence et d'un réseau exceptionnels sous le pontificat de François. On s'attendait à ce qu'il quitte ses fonctions s'il n'obtenait pas le poste le plus élevé du dicastère (précédemment dirigé par celui que nous appelons aujourd'hui Léon XIV). Or, Montanari est resté en poste.

    Le seul à avoir été destitué fut Andrés Gabriel Ferrada Moreira, un fonctionnaire du Dicastère pour le Clergé, envoyé à San Bartolomé de Chillán, au Chili, pour y exercer les fonctions d'évêque. Léon XIV n'a donc ni puni ni exilé, et contrairement au pape François, il n'a pas non plus créé de postes ad hoc ni laissé sans affectation ceux qu'il jugeait dissidents .

    Avec ces décisions, certaines expériences du pontificat de François semblent toucher à leur fin, à commencer par le concile des cardinaux, sorte de « cabinet de conseillers » caractéristique de l'ère François. Léon XIV privilégie les consistoires pour les débats – celui des 7 et 8 janvier sera le premier, mais probablement pas le dernier – et les réunions interdépartementales, plutôt que la multiplication des institutions. Léon XIV n'entreprendra donc pas de nouvelles réformes. Il procédera à des ajustements et supprimera ce qu'il jugera superflu.

    On pourrait presque dire que la réforme de Léon XIV sera une réforme par absorption.

    Les documents laissés inachevés par le pape François sont également en cours d'intégration. La semaine dernière a vu la publication d'un document sur la monogamie : quarante pages de citations, avec une invitation, en préambule, à passer directement à la conclusion pour ceux qui ne souhaitent pas s'attarder sur chaque point. Il ne s'agit pas d'un document hétérodoxe ou controversé, malgré les efforts de quelques commentateurs pour y déceler une ouverture progressive aux relations sexuelles non procréatives au sein du mariage ; mais, fondamentalement, cette question n'est pas abordée. C'est en réalité un document qui s'inscrit dans une tradition théologique solide, même s'il ne traite pas du problème spécifique de la polygamie africaine qui, en apparence, lui a donné naissance.

    Il s'agit néanmoins d'un document hérité du pontificat précédent. Deux autres sont en cours de publication, après quoi le mandat confié par le pape François au Dicastère pour la Doctrine de la Foi aura expiré. La décision de Léon XIV de poursuivre son mandat témoigne du respect qu'il porte à son prédécesseur et d'une volonté d'assurer la continuité.

    Léon XIV n'est pas un pape révolutionnaire.

    Léon XIV ne souhaite pas rompre brutalement avec le pontificat de François. Il a poursuivi la voie tracée par son prédécesseur, avec peu d'interventions. Pourtant, une nouvelle orientation, un nouveau mode de vie, se dessine, qui a presque conduit à l'oubli de François.

    Presque.

    Une analyse lucide de la situation montre que beaucoup, dans l'entourage de Léon, souhaitent que les décisions du pape François restent au cœur des préoccupations. Ce qui est en construction sera vraisemblablement achevé.

    L'approche léonine, cependant, sera différente.