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Eglise - Page 84

  • Saint Ignace d'Antioche (17 octobre)

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    images.jpg"Ignace fut envoyé de Syrie à Rome pour y être jeté en pâture aux bêtes féroces, à cause du témoignage qu’il avait rendu au Christ. Accomplissant son voyage à travers l’Asie mineure sous la surveillance sévère de gardes qu’il appelle « les dix léopards » (dans sa Lettre aux Romains, 5, 1), dans toutes les cités où il s’arrêtait il renforçait les Églises par ses prédications et ses admonitions ; surtout, il exhortait avec grande chaleur à se garder des hérésies qui commençaient alors à pulluler, et il recommandait de ne pas s’éloigner de la tradition apostolique." (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique)

    "...je mourrai de grand cœur pour Dieu, si vous ne m'en empêchez. Je vous en conjure, épargnez-moi une bienveillance intempestive. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : c'est par elles qu'il me sera donné d'arriver à Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes, pour devenir le pain immaculé du Christ. Caressez-les plutôt, afin qu'elles soient mon tombeau, et qu'elles ne laissent rien subsister de mon corps . Les funérailles ne seront ainsi à charge à personne. C'est quand le monde ne verra même plus mon corps, que je serai un véritable disciple de Jésus-Christ. Priez le Christ de daigner faire de moi, par la dent des fauves, une victime pour Dieu. Je ne vous donne pas des ordres, comme Pierre et Paul : ils étaient des Apôtres, et moi je ne suis qu'un condamné, ils étaient libres, et moi, jusqu'à présent,  je suis esclave ; mais la mort fera de moi un affranchi de Jésus-Christ en qui je ressusciterai libre. Pour le moment j'apprends dans les fers à ne rien désirer." (Extrait de son "épître aux Romains", http://missel.free.fr/)

  • Ignace d'Antioche (17 octobre) : "priez sans cesse"

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    Priez sans cesse (1 Th 5, 17) pour les autres hommes, car on peut espérer les voir arriver à Dieu par la conversion.

    Permettez-leur au moins d’être enseignés par vos actions. À leurs colères, vous, opposez la douceur, à leur vantardise l’humilité, à leurs blasphèmes les prières, à leurs erreurs la fermeté de la foi, à leur sauvagerie la civilité, sans chercher à les imiter.

    Soyons leurs frères par la bonté. Cherchons à être des imitateurs du Seigneur : qui davantage a subi l’injustice ? le dépouillement ? le mépris ? pour qu’aucune herbe du diable ne se trouve parmi vous, mais qu’en toute pureté et tempérance, vous demeuriez, de chair et d’esprit, en Jésus-Christ…

    Mieux vaut se taire et être que de parler sans être. Il est bon d’enseigner, si celui qui parle agit. Il n’y a donc qu’un seul enseignant, celui qui a dit et a fait (Ps 32, 9) et ce qu’il a fait dans le silence est digne de son Père. Celui qui possède véritablement la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d’être parfait, c’est-à-dire d’agir par sa parole et d’être reconnu par son silence.Rien n’échappe au Seigneur.

    Nos secrets mêmes sont près de lui. Faisons donc tout en nous souvenant qu’il habite en nous. Nous serons ainsi ses temples et il sera en nous notre Dieu, ce qu’il est en effet, et qui apparaîtra devant notre face si nous l’aimons selon ce qui est juste.

    Source : Ignace d’Antioche (fêté ce 17 octobre)Lettre aux Éphesiens, X et XV.

    Et aussi :

    «Soyez donc sourds quand on vous parle d’autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, [fils] de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement persécuté sous Ponce Pilate, qui a été véritablement crucifié et est morts, aux regards du ciel, de la terre et des enfers, qui est aussi véritablement ressuscité d’entre les morts. C’est son Père qui l’a ressuscité, et c’est lui aussi, [le Père], qui à sa ressemblance nous ressuscitera en Jésus-Christ, nous qui croyons en lui, en dehors de qui nous n’avons pas la vie véritable.»

    Ignace d’Antioche, Lettre aux Tralliens 9.1-2

    "...je mourrai de grand cœur pour Dieu, si vous ne m'en empêchez. Je vous en conjure, épargnez-moi une bienveillance intempestive. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : c'est par elles qu'il me sera donné d'arriver à Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes, pour devenir le pain immaculé du Christ. Caressez-les plutôt, afin qu'elles soient mon tombeau, et qu'elles ne laissent rien subsister de mon corps . Les funérailles ne seront ainsi à charge à personne. C'est quand le monde ne verra même plus mon corps, que je serai un véritable disciple de Jésus-Christ. Priez le Christ de daigner faire de moi, par la dent des fauves, une victime pour Dieu. Je ne vous donne pas des ordres, comme Pierre et Paul : ils étaient des Apôtres, et moi je ne suis qu'un condamné, ils étaient libres, et moi, jusqu'à présent,  je suis esclave ; mais la mort fera de moi un affranchi de Jésus-Christ en qui je ressusciterai libre. Pour le moment j'apprends dans les fers à ne rien désirer."

    Extrait de son "épître aux Romains", http://missel.free.fr/

  • Ignace d'Antioche : l'ardent désir d'union avec le Christ et de vie en Lui (17 octobre)

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    0201ignace2.jpgLors de l'audience générale du mercredi 14 mars 2007, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à saint Ignace d'Antioche (vatican.va) :

    Chers frères et sœurs!

    Comme nous l'avons déjà fait mercredi, nous parlons des personnalités de l'Eglise naissante. La semaine dernière, nous avons parlé du Pape Clément I, troisième Successeur de saint Pierre. Aujourd'hui, nous parlons de saint Ignace, qui a été le troisième Evêque d'Antioche, de 70 à 107, date de son martyre. A cette époque, Rome, Alexandrie et Antioche étaient les trois grandes métropoles  de  l'empire  romain. Le Concile de Nicée parle de trois "primats":  celui de Rome, mais Alexandrie et Antioche également participent, d'une certaine manière, à un "primat". Saint Ignace était Evêque d'Antioche, qui se trouve aujourd'hui en Turquie. Là, à Antioche, comme nous l'apprenons des Actes des Apôtres, se développa une communauté chrétienne florissante:  le premier Evêque fut l'apôtre Pierre - c'est ce que nous rapporte la tradition - et là, "pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens" (Ac 11, 26). Eusèbe de Césarée, un historien du IV siècle, consacre un chapitre entier de son Histoire ecclésiastique à la vie et à l'œuvre littéraire d'Ignace (3, 36). "De Syrie", écrit-il, "Ignace fut envoyé à Rome pour être livré en pâture aux bêtes sauvages, à cause du témoignage qu'il avait rendu du Christ. En accomplissant son voyage à travers l'Asie, sous la surveillance sévère des gardes" (qu'il appelle les "dix léopards" dans sa Lettre aux Romains, 5, 1), "dans toutes les villes où il s'arrêtait, à travers des prédications et des avertissements, il renforçait les Eglises; et surtout, il exhortait, avec la plus grande vigueur, à se garder des hérésies, qui commençaient alors à se multiplier, et recommandait de ne pas se détacher de la tradition apostolique". La première étape du voyage d'Ignace vers le martyre fut la ville de Smyrne, où était Evêque saint Polycarpe, disciple de saint Jean. Ici, Ignace écrivit quatre lettres, respectivement  aux  Eglises  d'Ephèse, de Magnésie, de Tralles et de Rome. "Parti de Smyrne", poursuit Eusèbe "Ignace arriva à Troade, et de là, envoya de nouvelles lettres":  deux aux Eglises de Philadelphie et de Smyrne, et une à l'Evêque Polycarpe. Eusèbe complète ainsi la liste des lettres, qui nous sont parvenues de l'Eglise du premier siècle comme un trésor précieux. En lisant ces textes, on sent la fraîcheur de la foi de la génération qui avait encore connu les Apôtres. On perçoit également dans ces lettres l'amour ardent d'un saint. Enfin, de Troade, le martyr arriva à Rome où, dans l'amphithéâtre Flavien, il fut livré aux bêtes féroces.

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  • Parce que mariage et parentalité vont généralement de pair...

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    De sur The Catholic Thing :

    Le pape Léon XIV, saint Jean-Paul II et la crise de fertilité

    16 octobre 2025

    Le pape Léon XIV s'est joint à ceux qui déplorent l'implosion des taux de fécondité mondiaux. S'exprimant après une visite au président italien, le pape a appelé à agir contre l'implosion de la fécondité et l'effondrement de la fécondité. Il a notamment prôné, de manière encourageante, l'attribution de prénoms genrés aux membres de la famille : « Père », « mère », « fils », « fille », « grand-père », « grand-mère »… Ce sont des mots qui, dans la tradition italienne, expriment et évoquent naturellement des sentiments d'amour, de respect et de dévouement – ​​parfois héroïques – pour le bien de la famille, de la communauté et, par conséquent, de la société tout entière. » Ils expriment également ce qui est nécessaire à la procréation – et son résultat –, ce que « parent un » et « parent deux », comme on désigne désormais les mères et les pères dans plusieurs pays, ne font pas.

    Les remèdes à cette situation se concentrent souvent sur les réformes sociales : congé parental, aides et allégements fiscaux pour les familles, garde d’enfants, etc. Il existe certes des éléments dans nos structures socio-économiques qui nuisent aux familles. C’est une bonne chose que le pape les ait soulignés. Mais il me semble qu’il pourrait se concentrer ailleurs.

    Comme l'a observé son prédécesseur, saint Jean-Paul II (élu il y a quarante-sept ans aujourd'hui), la culture se situe en amont de la politique et de l'économie. Et notre « bénie stérilité » est un problème culturel, tant dans la société au sens large qu'au sein de l'Église catholique. Comme il l'a dit dans Amour et Responsabilité :

    Ni chez l'homme ni chez la femme, l'affirmation de la valeur de la personne ne peut être dissociée de la conscience et de l'acceptation volontaire qu'il puisse devenir père et qu'elle puisse devenir mère. […] Si la possibilité de parentalité est délibérément exclue des relations conjugales, le caractère de la relation entre les partenaires change automatiquement. Ce changement s'opère au détriment de l'unification amoureuse et vers un « plaisir » mutuel, ou plutôt bilatéral.

    Les sociétés humaines ont toujours reconnu que le mariage et la parentalité, bien que distincts, vont généralement de pair. Autrement dit, dans le cours normal des choses – sauf maladie, âge avancé ou autres obstacles – les conjoints finissent par devenir parents. Il ne s'agit pas d'une doctrine catholique ésotérique, mais d'une réalité de droit naturel que les sociétés humaines reconnaissent depuis longtemps. C'est pourquoi la procréation était considérée comme normalement liée au mariage – du moins jusqu'à l'apparition du nouvel oxymore du « mariage homosexuel ».

    Ce fait de droit naturel est cependant élevé à un niveau plus significatif par l'enseignement théologique catholique. Vatican II a enseigné : « Les enfants sont véritablement le don suprême du mariage et contribuent de manière très substantielle au bien-être de leurs parents. » ( Gaudium et Spes, 50). Le Concile a également affirmé que la coopération des époux avec le Seigneur par la parentalité fait partie de l'œuvre divine de création et de salut. C'est pourquoi la bénédiction nuptiale du sacrement de mariage inclut une invocation pour que les époux en âge de procréer « aient la chance d'avoir des enfants et se montrent des parents vertueux, capables de vivre assez longtemps pour voir les enfants de leurs enfants. »

    Maintenant : Quand avez-vous entendu pour la dernière fois un prêtre – ou même un évêque – parler de ces choses ?

    Notre société laïque a brisé le lien entre le mariage et la parentalité, traitant cette dernière non pas tant comme un « choix » que comme ce que l'ancien archevêque de Paris, Michel Aupetit, appelle un « projet parental » – un élément optionnel du package identitaire de deux personnes, adapté à leurs désirs et réalisé par les moyens qu'ils jugent appropriés.

    La tolérance sociale générale à l’égard des grossesses hors mariage, de la maternité de substitution, de l’« adoption » homosexuelle et d’autres arrangements similaires témoigne d’une acceptation culturelle plus large de l’idée selon laquelle les enfants ne sont pas nécessairement liés au mariage, et encore moins qu’un enfant a le droit d’être conçu, de naître et d’être élevé dans le cadre d’un mariage permanent.

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  • Pourquoi le Christ ne permet pas à son Église d'ordonner des femmes

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    De Larry Chapp sur le NCR :

    Pourquoi le Christ ne permet pas à son Église d'ordonner des femmes

    Les papes, de Jean-Paul II à François, ont clairement indiqué que l’Église ne peut pas ordonner de femmes — et pourtant certains persistent à revoir ce qui constitue un enseignement déjà établi.

    Henryk Siemiradzki, « La Cène », ca. 1876
    Henryk Siemiradzki, « La Cène », vers 1876 (photo : domaine public)

    L'hebdomadaire catholique international The Tablet estime que la nomination de la première femme archevêque de Canterbury dans l'Église anglicane offre une occasion idéale pour l'Église catholique de réexaminer la question de l'ordination des femmes à la prêtrise.

    Dans un court article constitué principalement d’un entretien avec le théologien jésuite irlandais, le père Gerry O’Hanlon, il ne cache pas sa frustration face à l’état actuel de la question au sein du catholicisme et affirme sans détour son souhait que l’Église « cesse de tourner autour du pot et entreprenne un réexamen juste et ouvert de l’enseignement actuel ».

    Ses propos montrent clairement qu'il estime que l'enseignement actuel de l'Église repose sur des fondements théologiques erronés. Cela l'amène à conclure que la non-ordination des femmes est un scandale aussi grave pour l'Église que l'était sa tolérance antérieure à l'égard de l'esclavage.

    Il cite ensuite les conclusions théologiques de la Commission biblique pontificale des années 1970 et l'avis du célèbre théologien Karl Rahner sur la question. Le Tablet résume ses réflexions :

    Soulignant que la Commission biblique pontificale avait conclu dans les années 1970 à l'absence de fondement scripturaire à la position de l'Église quant à l'exclusion des femmes du ministère ordonné, il a rappelé que le théologien Karl Rahner, à la fin des années 1970, avait soutenu que la charge de la preuve incombait à l'Église. « Cette charge n'a pas été acquittée », a déclaré le père O'Hanlon.

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  • Profanation de Saint-Pierre : un avertissement sur la sacralité perdue

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    Profanation de Saint-Pierre : un avertissement sur la sacralité perdue

    L'attentat de vendredi contre l'autel papal est le troisième en deux ans. Ces actes portent atteinte au caractère sacré du site : une dimension presque oubliée dans le safari touristique qui envahit basiliques et cathédrales. 

    15_10_2025

    Lundi 13 octobre, le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique vaticane, a célébré un rite de réparation pour la profanation survenue le vendredi 10 octobre. Un homme avait alors gravi les marches de la confession et, avant d'être arrêté par les forces de sécurité, avait eu le temps de baisser son pantalon et d'uriner contre l'autel papal sous le regard des personnes présentes. L'identité et la nationalité du profanateur, arrêté par la gendarmerie vaticane, restent inconnues. L'incident de vendredi est le troisième en un peu plus de deux ans. Le 1er juin 2023, un homme nu se tenait sur l'autel, arborant un slogan pro-ukrainien sur le dos ; deux jours plus tard, Gambetti a célébré le rite de réparation. Le 7 février de cette année, un autre homme est monté sur l'autel, renversant le candélabre. Ces graves incidents soulèvent une fois de plus la question de la sécurité, ainsi que l'indignation répétée au sein de l'Église catholique.

    D'après divers journaux, il semble que le Saint-Père se soit adressé au cardinal archiprêtre de manière assez pressante – on parle d'une rencontre « houleuse » –, déconcerté par l'acte du profanateur et par le retard pris dans la réparation nécessaire. Pourquoi une telle précipitation ? C'est le  Caeremoniale Episcoporum qui stipule qu'« un dommage causé à une église doit être réparé au plus vite par un rite pénitentiel ; tant que ce rite n'est pas accompli, ni l'Eucharistie, ni les autres sacrements ou rites liturgiques n'y seront célébrés » (1071). Tous les jours sont bons, « sauf pendant le Triduum pascal, les dimanches et les solennités » (1073). Le rite aurait donc pu être célébré le lendemain, samedi, qui avait été reporté au lundi.

    Si le malheureux événement s'était produit à Montecitorio ou au Quirinal – aussi élevé que soit le siège institutionnel et grave que soit l'offense – on ne parlerait pas de profanation (sauf au sens large et métaphorique). Le lieu majestueux aurait évidemment été nettoyé, le vandale arrêté, mais sans qu'aucune liturgie réparatrice ne soit nécessaire – ce qui est pourtant nécessaire non seulement à Saint-Pierre, mais aussi dans la paroisse la plus reculée de la campagne. Parce que, dans une église, un espace sacré est endommagé, « une atteinte grave est portée aux saints mystères » et – citant à nouveau le Caeremoniale – de tels actes « sont si graves et contraires à la sainteté du lieu qu'il n'est plus permis d'y exercer le culte jusqu'à ce que l'atteinte soit réparée par un rite pénitentiel » (1070).

    Pour rappeler à ceux qui s'apprêtaient à franchir le seuil de la « sainteté du lieu », une phrase récurrente figurait – et elle est toujours – sur les portails de nombreuses églises antiques : « Terribilis est locus iste ».« Ce lieu est terrible », extrait du livre de la Genèse (28:17), dans l'épisode du rêve de Jacob. Naturellement, ce « terrible » ne doit pas être compris au sens italien courant, comme si derrière l'inscription se trouvait une galerie d'horreurs ; les anglophones auraient peut-être mieux traduit par « impressionnant », qui englobe une gamme de significations, de l'exceptionnel à l'imposant, en passant par le majestueux. Mais il suffit de lire le reste de la phrase pour en saisir le sens : « C'est vraiment la maison de Dieu, c'est la porte du ciel. » La majesté divine y réside, et il va sans dire que l'outrage commis en ce lieu est infiniment plus grave que celui commis ailleurs.

    Paradoxalement, la « sainteté du lieu » semble un lointain souvenir dans les grandes basiliques et cathédrales, à la merci des safaris touristiques, où les smartphones prennent le pas sur l'émerveillement et où même la perception de ce « sacralité profane », due au moins au patrimoine artistique, disparaît. Même lorsque le Vicaire du Christ est présent, presque plus personne ne le voit directement, surtout lorsqu'il est très proche : ce n'est plus la distance qui agit comme un filtre, ni les écrans géants, mais plutôt les « mini-écrans ». Là où reposent les ossements de Pierre, où Michel-Ange et le Bernin (pour n'en citer que deux) ont travaillé, on déambule avec la même nonchalance désinvolte que ce touriste autrichien qui, en 2020, à la Gipsoteca di Possagno, dans la province de Trévise, a cassé les orteils (en plâtre, bien sûr) de Pauline Borghèse pour s'asseoir à côté d'elle et prendre un selfie .

    Qui sait, peut-être que pour une fois, le choc présumé des personnes présentes à la vue de cette urination sacrilège leur a soudain rappelé une réalité oubliée : « Terribilis est locus iste », ce n'est pas un lieu comme les autres. Si tel n’était pas le cas, des incidents similaires seraient destinés à se multiplier, car chacun se sentirait autorisé à le faire – dans ce cas littéralement – ​​en dehors du vase, même dans le lieu le plus saint de la chrétienté, d’une profanation à l’autre.

  • C'est en Afrique que bat désormais le coeur de la croissance catholique

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    De zenit.org :

    L’Afrique, nouveau cœur battant de la croissance catholique

    Un catholique sur cinq et un séminariste sur trois sont africains

    15 octobre 2025

    Un catholique sur cinq dans le monde est africain, tout comme un séminariste sur trois : des chiffres impressionnants du catholicisme africain Les dernières données publiées par le Vatican confirment ce que beaucoup percevaient depuis des années au sein de l’Église mondiale : le centre de gravité démographique du catholicisme se déplace vers le Sud.

    Tandis que l’Europe connaît des séminaires vides et des assemblées vieillissantes, l’Afrique voit ses églises fleurir, ses vocations se multiplier et sa population fidèle croître à un rythme inégalé ailleurs dans le monde catholique.

    Selon l’Annuaire pontifical 2025 et l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2023, publiés en mars, le continent africain a enregistré en 2023 une augmentation remarquable de 1 285 prêtres, soit une croissance de 2,7 %, à un moment où le nombre total de prêtres dans le monde connaissait une légère diminution.

    L’Afrique compte désormais 54 944 prêtres catholiques, diocésains et religieux confondus. La population catholique africaine a également connu une forte progression, passant de 272 millions en 2022 à 281 millions en 2023, soit une hausse de 3,3 %.

    Concrètement, un catholique sur cinq dans le monde vit aujourd’hui en Afrique. L’épiscopat suit la même dynamique, avec une augmentation du nombre d’évêques de 740 à 771, représentant 14,2 % de l’épiscopat mondial.

    Les séminaires du continent reflètent la même vitalité. L’Afrique compte désormais 34 924 grands séminaristes, soit environ un tiers du total mondial, alors même qu’elle ne représente qu’un cinquième de la population catholique. À l’inverse, l’Europe, l’Asie et les Amériques ont toutes enregistré une baisse des vocations sacerdotales l’an dernier.

    Parmi les nations, la République démocratique du Congo et le Nigeria se distinguent comme véritables « puissances » catholiques. La RDC compte près de 55 millions de catholiques, et le Nigeria environ 35 millions.

    Bien que l’annuaire statistique du Vatican ne publie pas de données détaillées sur les ordinations par pays, les rapports diocésains indiquent que le Nigeria ordonnerait à lui seul entre 300 et 400 nouveaux prêtres par an, soit environ un quart des ordinations sacerdotales d’Afrique.

    Pour les observateurs, ces chiffres ne traduisent pas seulement un mouvement démographique, mais une transformation historique de la géographie interne du catholicisme. Un continent autrefois évangélisé par des missionnaires européens envoie désormais ses propres prêtres, religieux et religieuses en France, en Italie, en Irlande et même aux États-Unis – des pays qui furent jadis les grandes terres d’envoi missionnaire.

    Ce dynamisme africain, constant depuis le milieu du XXe siècle, recompose le visage du catholicisme mondial. Contrairement à l’Europe et aux Amériques, où la sécularisation et l’épuisement culturel ont érodé les vocations, les Églises d’Afrique vibrent d’une foi jeune et engagée. Les raisons sont multiples – force du lien communautaire, expression publique de la foi, enracinement religieux dans l’identité sociale et morale – mais les effets sont clairs. Si la tendance se poursuit, l’Afrique ne sera pas seulement le centre démographique : elle deviendra aussi une référence théologique et pastorale majeure pour l’Église. Ses séminaires sont pleins, ses paroisses vivantes et ses évêques de plus en plus influents au sein du Vatican. Jadis considérée comme terre de mission, l’Afrique est désormais un continent missionnaire, source de renouveau pour une Église en quête de vie dans ses anciennes terres. (Avec des données de The Catholic Herald)

    L’Afrique, nouveau cœur battant de la croissance catholique | ZENIT - Français

  • Marguerite Marie, apôtre du Coeur de Jésus (16 octobre)

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    La vie de sainte Marguerite Marie : https://www.collegedesbernardins.fr/mag-digital/sainte-marguerite-marie-le-coeur-de-jesus-et-la-devotion-au-sacre-coeur

    Prière de Marguerite Marie :

    « Jésus-Christ mon Seigneur et mon Dieu... je m'unis à cette offrande divine que vous faites à votre Père ; et je vous consacre tout mon être, vous priant de détruire en moi le péché et de ne pas permettre que je sois séparée de vous éternellement. »

    Le Christ a confié à sainte Marguerite Marie :

    « En réponse à mon empressement à leur faire du bien, les hommes n’ont que froideur et rebut... Toi du moins, console-moi en suppléant à leur ingratitude... Tu communieras tous les premiers vendredis du mois et toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette tristesse si mortelle que j’ai voulu porter au Jardin des Oliviers. »

  • Une réponse catholique au débat sur l'immigration

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    Du

    Une réponse catholique au débat sur l'immigration

    COMMENTAIRE : Cette approche de l’immigration est moralement fondée, théologiquement saine et capable de favoriser un véritable dialogue.

    Peu de questions dans la vie publique sont aussi clivantes et émotionnellement chargées parmi les catholiques que l'immigration. Ce sujet suscite des convictions profondes et souvent contradictoires : compassion pour les migrants et les réfugiés, souci de la souveraineté nationale et de l'ordre juridique, aspiration à la justice et inquiétude face aux changements sociaux et économiques.

    Même parmi les croyants, les conversations sur ce sujet sont souvent marquées par la polarisation, les malentendus et la suspicion mutuelle, voire le silence mutuel.

    Cet article propose une meilleure approche : une approche catholique de l’immigration fondée sur la morale, solide sur le plan théologique et capable de favoriser un dialogue authentique. En retrouvant les principes de l’Église, en reconnaissant le rôle du jugement prudentiel et en affirmant la vocation particulière des laïcs dans la sphère politique, nous pouvons aborder cette question avec plus de clarté, de charité et de courage.

    Il ne s'agit pas d'un argument partisan ni d'une approbation d'une politique particulière. Il s'agit d'une invitation à une compréhension plus approfondie des enjeux de cette importante question de la vie publique.

    L'enseignement social de l'Église catholique fournit un cadre moral qui ne simplifie ni n'ignore la complexité de l'immigration. En examinant ce cadre, les catholiques peuvent s'exprimer avec conviction et compassion, tout en respectant la diversité légitime des opinions.

    Les 3 piliers de l'enseignement de l'Église

    L'Église ne propose pas de feuille de route détaillée pour la réforme de l'immigration. Elle propose plutôt des principes moraux tirés des Écritures, de la Tradition et du droit naturel, qui guident la réflexion et l'élaboration des politiques. Ces principes n'apportent pas de réponses simples, mais ils établissent les limites morales que les catholiques doivent respecter et respecter.

    1. La dignité de la personne humaine : Tout être humain, quel que soit son statut juridique, sa nationalité ou son origine, est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 27). Comme l'affirme une récente déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi : « Toute personne humaine possède une dignité infinie… qui prévaut en toute circonstance, état ou situation qu'elle peut rencontrer. Ce principe… sous-tend la primauté de la personne humaine et la protection des droits humains » ( Dignitas Infinita , 1).

    Cela vaut évidemment aussi pour les immigrés, quel que soit leur statut juridique, un fait que le pape Benoît XVI a souligné : « Tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux et inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toutes circonstances » ( Caritas in Veritate , 62).

    Ces droits incluent non seulement la vie et la sécurité, mais aussi le travail, l'unité familiale et la liberté religieuse. Aucun système d'immigration ne peut être moralement juste s'il ne respecte pas la dignité personnelle des personnes concernées par ses politiques.

    Parallèlement, les droits d'une personne ne lui confèrent pas automatiquement l'accès à tous les avantages ou ressources d'un groupe ou d'une société. La manière dont nos droits et nos devoirs sont exercés est négociée par le consentement et les normes sociales. Nombre de ces normes sont ensuite formalisées dans des lois par le biais du processus politique.

    Le principe de dignité humaine nous invite à considérer les immigrants non pas comme des fardeaux ou des statistiques, mais comme des personnes à aimer, à protéger et à traiter avec justice.

    2. Le droit de migrer : L'Église affirme que les personnes ont un droit naturel à migrer lorsque cela est nécessaire pour protéger leur vie, leur dignité ou leurs moyens de subsistance. Le pape saint Jean XXIII a enseigné : « Lorsque de justes raisons le justifient, [tout être humain] doit être autorisé à émigrer vers d'autres pays et à y résider. Le fait d'être citoyen d'un État déterminé ne le prive pas de son appartenance à la famille humaine » ( Pacem in Terris , 25).

    Aujourd'hui, de nombreux immigrants ne migrent pas par simple commodité ou préférence, mais par nécessité, comme la guerre, la persécution, les troubles sociaux et politiques, la pauvreté systémique et les facteurs environnementaux. Dans ces cas, la migration n'est pas tant un choix qu'une question de survie.

    Pour autant, le droit de migrer n'est pas absolu. Il convient de faire preuve de prudence pour déterminer ce qui constitue une « juste raison » d'immigrer. Par exemple, tous ceux qui tireraient un avantage économique d'un déménagement dans un autre pays n'ont pas le droit moral de le faire. En revanche, lorsque le besoin est véritablement criant, les pays riches ont l'obligation morale – dans la limite du raisonnable – d'apporter leur aide.

    Il est important de noter que la décision de justifier l'immigration dans un cas particulier n'incombe pas uniquement au candidat à l'immigration ; il incombe également au pays d'accueil de le faire. Le désir d'émigrer, aussi fort et sincère soit-il, ne confère pas automatiquement le droit de le faire.

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  • Le discours du Pape Léon XIV lors de sa visite officielle au Président de la République italienne

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    VISITE OFFICIELLE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE, SERGIO MATTARELLA

    DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV

    Palais du Quirinal
    mardi 14 octobre 2025

    Monsieur le Président ,

    Je vous remercie pour vos aimables paroles et pour l’invitation à venir ici, au Quirinal, un palais si étroitement lié à l’histoire de l’Église catholique et à la mémoire de nombreux papes.

    En tant qu’Évêque de Rome et Primat d’Italie, il est important pour moi de renouveler, par cette visite, le lien fort qui unit le Siège de Pierre au peuple italien que vous représentez, dans le cadre des relations bilatérales cordiales qui existent entre l’Italie et le Saint-Siège, profondément marquées par une amitié sincère et une collaboration mutuelle efficace.

    Il s'agit, après tout, d'une union heureuse, ancrée dans l'histoire de cette péninsule et dans la longue tradition religieuse et culturelle de ce pays. On en voit les signes, par exemple, dans les innombrables églises et clochers qui parsèment le paysage, souvent de véritables trésors d'art et de dévotion, où la créativité innée de ce peuple, alliée à sa foi authentique et solide, nous a laissé un témoignage d'une grande beauté : artistique, certes, mais surtout morale et humaine.

    Je saisis l'occasion de notre rencontre pour exprimer la profonde gratitude du Saint-Siège pour ce que les autorités italiennes ont fait et continuent de faire à l'occasion de divers événements ecclésiaux difficiles, centrés sur Rome et de résonance universelle.

    Je voudrais exprimer ma gratitude particulière pour les efforts déployés à différents niveaux après le décès de mon vénéré prédécesseur, le pape François.  Ici même, au Quirinal, il déclarait : « Mes racines sont dans ce pays » ( Discours lors de la visite officielle au Président de la République italienne, 10 juin 2017), et son amour pour la terre et le peuple italiens a certainement trouvé ces jours-là un écho touchant et chaleureux, qui s'est également manifesté dans l'engagement profond et réfléchi qu'il a pris lors du conclave qui a suivi pour l'élection du nouveau pontife.

    Je voudrais une fois de plus vous exprimer mes sincères remerciements, Monsieur le Président, ainsi qu'à tout le pays, pour le bel exemple d'hospitalité et d'organisation efficace que l'Italie offre depuis des mois durant l'Année jubilaire, sous divers aspects – logistique, sécurité, préparation et gestion des infrastructures et des services, et bien plus encore –, ouvrant les bras et montrant son visage hospitalier aux nombreux pèlerins qui affluent du monde entier. L'Église universelle célèbre le  Jubilé de l'espérance. Le pape  François , dans la bulle  Spes non confindit , par laquelle il l'a annoncé en mai 2024, a souligné l'importance de « prêter attention au grand bien présent dans le monde afin de ne pas céder à la tentation de se croire submergé par le mal et la violence » (n. 7). Je pense que la belle synergie et collaboration que nous vivons ces jours-ci constitue déjà un signe d’espérance pour tous ceux qui viennent avec foi franchir la Porte Sainte et prier sur les tombeaux de Pierre et des Apôtres.

    Dans quelques années, nous célébrerons le centenaire des  Accords du Latran. À cet égard, il me paraît d'autant plus opportun de réaffirmer l'importance de la distinction mutuelle entre ces domaines. C'est pourquoi, dans un climat de respect cordial, l'Église catholique et l'État italien collaborent pour le bien commun, au service de la personne humaine, dont la dignité inviolable doit toujours primer dans les processus de décision et dans l'action, à tous les niveaux, pour le développement social, en particulier pour la protection des plus vulnérables et des plus démunis. À cette fin, je salue et encourage l'engagement mutuel à fonder toute collaboration sur le  Concordat  de 1984 et dans son plein respect.

    Comme il est malheureusement évident, nous vivons une époque où, à côté de nombreux signes d’espoir, de nombreuses situations de grave souffrance affectent l’humanité dans le monde entier et nécessitent des réponses urgentes et clairvoyantes.

    Le premier engagement que je voudrais rappeler à ce propos est celui en faveur de la paix. De nombreuses guerres ravagent notre planète, et en regardant les images, en lisant les nouvelles, en écoutant les voix, en rencontrant les personnes qui en sont douloureusement affectées, les paroles de mes  prédécesseurs résonnent avec force et force. Comment oublier l'avertissement irréfutable, mais ignoré, de  Benoît XV pendant la Première Guerre mondiale (cf.  Lettre aux chefs des peuples belligérants, 1er août 1917) ? Et, à la veille de la Seconde, celui du vénérable  Pie XII  (cf.  Message radiophonique aux gouvernements et aux peuples en danger imminent de guerre, 24 août 1939) ? Regardons les visages de ceux qui sont bouleversés par la férocité irrationnelle de ceux qui planifient sans pitié la mort et la destruction. Écoutons leur cri et rappelons-nous, avec saint  Jean XXIII , que « tout être humain est une personne, c'est-à-dire une nature douée d'intelligence et de libre arbitre ; il est donc sujet de droits et de devoirs qui découlent immédiatement et simultanément de sa nature même : droits et devoirs qui sont donc universels, inviolables, inaliénables » (Lettre encyclique  Pacem in terris , 11 avril 1963, n. 5). Je renouvelle donc mon appel pressant à continuer d'œuvrer pour le rétablissement de la paix dans toutes les parties du monde et à cultiver et promouvoir toujours davantage les principes de justice, d'équité et de coopération entre les peuples, qui en sont le fondement indispensable (cf. saint Paul VI,  Message pour la célébration de la Première Journée mondiale de la paix, 1er janvier 1968).

    À cet égard, je tiens à exprimer ma gratitude au gouvernement italien pour son engagement à répondre aux nombreuses situations difficiles liées à la guerre et à la pauvreté, en particulier celles des enfants de Gaza, notamment en collaboration avec l'hôpital Bambino Gesù. Ces efforts constituent des contributions fortes et efficaces à la construction d'une coexistence digne, pacifique et prospère pour tous les membres de la famille humaine.

    À cette fin, l'engagement commun que l'État italien et le Saint-Siège ont toujours manifesté et continuent de manifester en faveur du multilatéralisme est certainement bénéfique. Il s'agit d'une valeur très importante. Les défis complexes de notre époque rendent en effet plus que jamais nécessaires la recherche et l'adoption de solutions communes. Il est donc essentiel de mettre en œuvre ces dynamiques et ces processus, en rappelant leurs objectifs initiaux, visant principalement à résoudre les conflits et à favoriser le développement (cf.  François , Lettre encyclique  Fratelli tutti , 3 octobre 2020, 172), en favorisant un langage transparent et en évitant les ambiguïtés susceptibles de provoquer des divisions (cf. Ibid.,  Discours aux membres du Corps diplomatique , 9 janvier 2025).

    Nous nous apprêtons à célébrer, l'année prochaine, un anniversaire important : le huitième centenaire de la mort de saint François d'Assise, saint patron de l'Italie, le 3 octobre 1226. Cet événement nous offre l'occasion de souligner l'urgence de prendre soin de notre « maison commune ». Saint François nous a appris à louer le Créateur dans le respect de toutes les créatures, lançant son message du « cœur géographique » de la Péninsule et le transmettant de génération en génération jusqu'à nous, à travers la beauté de ses écrits et le témoignage de lui-même et de ses frères. C'est pourquoi je crois que l'Italie a reçu de manière particulière la mission de transmettre à ses peuples une culture qui reconnaît la terre « comme une sœur avec laquelle nous partageons notre existence, et comme une belle mère qui nous accueille dans ses bras » ( François , Lettre encyclique  Laudato Si' , 1).

    Ces dernières décennies, comme nous le savons, l'Europe a connu une baisse significative de la natalité. Cela exige un engagement à promouvoir des choix favorables aux familles à différents niveaux, en soutenant leurs efforts, en promouvant leurs valeurs et en protégeant leurs besoins et leurs droits. « Père », « mère », « fils », « fille », « grand-père » et « grand-mère » sont, dans la tradition italienne, des mots qui expriment et évoquent naturellement des sentiments d'amour, de respect et de dévouement, parfois héroïque, pour le bien de la communauté familiale et, par conséquent, pour celui de la société dans son ensemble. Je voudrais en particulier souligner l'importance d'assurer à toutes les familles le soutien essentiel d'un emploi digne, dans des conditions équitables et en tenant compte des besoins de la maternité et de la paternité. Faisons tout notre possible pour redonner confiance aux familles, en particulier aux jeunes familles, afin qu'elles puissent envisager l'avenir avec sérénité et grandir en harmonie.

    Dans ce contexte, nous voyons l'importance fondamentale, à tous les niveaux, de respecter et de protéger la vie, à toutes ses étapes, de la conception à la vieillesse, jusqu'au moment de la mort (cf.  François,  Discours à l'Assemblée plénière de l'Académie pontificale pour la Vie, 27 septembre 2021). Je souhaite que cette conscience continue de croître, également en ce qui concerne l'accessibilité des soins médicaux et des médicaments, selon les besoins de chacun.

    Je remercie ce pays pour l'aide généreuse qu'il offre aux migrants, de plus en plus nombreux à frapper à sa porte, ainsi que pour son engagement dans la lutte contre la traite des êtres humains. Ce sont des défis complexes de notre époque, auxquels l'Italie n'a jamais renoncé. Je vous encourage à toujours maintenir une attitude dynamique d'ouverture et de solidarité. Je tiens également à souligner l'importance d'intégrer de manière constructive les nouveaux arrivants aux valeurs et aux traditions de la société italienne, afin que le don mutuel qui naît de cette rencontre entre les peuples soit véritablement enrichissant et bénéfique pour tous. À cet égard, je souligne combien il est précieux pour chacun d'entre nous d'aimer et de transmettre sa propre histoire et sa propre culture, avec ses signes et ses expressions : plus nous nous reconnaissons et nous aimons sereinement, plus il est facile de rencontrer et d'intégrer les autres, sans peur et avec un cœur ouvert.

    À cet égard, on observe aujourd'hui une certaine tendance à sous-estimer, à divers niveaux, les modèles et les valeurs qui se sont développés au fil des siècles et qui façonnent notre identité culturelle, tentant parfois même d'en effacer la pertinence historique et humaine. Ne dédaignons pas ce que nos ancêtres ont vécu et ce qu'ils nous ont transmis, même au prix de grands sacrifices. Ne nous laissons pas séduire par des modèles massifiants et fluides, qui ne favorisent qu'un semblant de liberté, mais qui rendent les personnes dépendantes de formes de contrôle telles que les modes passagères, les stratégies commerciales ou autres (voir Cardinal Joseph Ratzinger,  Homélie lors de la messe d'élection du Pontife romain, 18 avril 2005). Préserver la mémoire de ceux qui nous ont précédés, préserver les traditions qui ont fait de nous ce que nous sommes, est important pour envisager le présent et l'avenir avec conscience, sérénité, responsabilité et perspective.

    Monsieur le Président, pour conclure, je voudrais vous adresser mes vœux les plus chaleureux de réussite, à vous et, à travers vous, à tout le peuple italien. L'Italie est un pays d'une immense richesse, souvent humble et cachée, qui a donc parfois besoin d'être découverte et redécouverte. C'est dans cette merveilleuse aventure que j'encourage tous les Italiens à se lancer, à y puiser de l'espoir et à affronter avec confiance les défis présents et futurs. Merci.

  • Éthique de la vie, Léon XIV contredit Benoît XVI

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Éthique de la vie, Léon XIV contredit Benoît XVI

    Le Royaume d'Italie revient sur un discours de 2023 dans lequel le cardinal Prevost, alors en poste, confondait les questions de l'avortement, de la peine de mort, des migrants, etc. Ces idées ont été réitérées lors d'un entretien avec le pape. Il est juste de soutenir une « éthique de vie cohérente », mais l'avortement et l'euthanasie ont un poids moral bien plus grave que d'autres questions liées à la dignité humaine et doivent toujours être combattus, comme l'a rappelé Ratzinger.

    15_10_2025

    Ce n'était pas un oubli. La réponse superficielle et problématique donnée le 30 septembre par le pape Léon XIV à un journaliste de la chaîne américaine EWTN , commentant le choix du cardinal Blase Cupich de récompenser le sénateur démocrate pro-avortement Dick Durbin pour son engagement en faveur des immigrés (voir ici ), ne s'explique pas par une simple improvisation.

    Le magazine bimensuel de la Société dehonienne, Il Regnomis à disposition de ses abonnés la traduction italienne du discours prononcé par le cardinal Robert Francis Prevost à l'Université catholique Santo Toribio de Mogrovejo de Chiclayo ( vidéo ici ), à l'occasion de la remise d'un doctorat honorifique (le discours a également été couvert par Sandro Magister sur son blog ). C'était le 14 octobre 2023, et Prevost dirigeait le Dicastère pour les évêques depuis moins d'un an.

    La déclaration problématiquedéjà analysée par Stefano Fontana, était la suivante : « Celui qui se dit contre l’avortement mais est favorable à la peine de mort n’est pas véritablement pro-vie… Celui qui se dit contre l’avortement mais approuve le traitement inhumain des immigrés aux États-Unis, je ne sais pas s’il est pro-vie. » Dans son discours de 2023, on retrouve la même pensée, avec une formulation presque identique : « Un catholique ne peut pas se déclarer “pro-vie” simplement parce qu’il est contre l’avortement, et en même temps se déclarer favorable à la peine de mort. » Et il ajoutait : « Ceux qui défendent le droit à la vie des plus vulnérables doivent être tout aussi visibles dans leur soutien à la qualité de vie des plus faibles : les personnes âgées, les enfants, les personnes affamées, les sans-abri et les migrants sans papiers. »

    Mais il y a plus encore : en 2023, Prevost a approuvé l'« éthique cohérente de la vie » exprimée par les cardinaux Joseph Louis Bernardin (†1996) et Blase Cupich, tous deux archevêques de Chicago, le premier de 1982 à 1996, et le second depuis 2014 et toujours en fonction. Une éthique que Prevost résume ainsi : « L'avortement, la guerre, la pauvreté, l'euthanasie et la peine capitale partagent une identité commune : ils reposent tous sur le déni du droit à la vie » ; à ces menaces contre la vie humaine s'ajoutent « d'autres problématiques, telles que les effets de l'intelligence artificielle, la traite des êtres humains et les droits des migrants ».

    Dans son discours, Prevost a critiqué avec une grande subtilité le « déséquilibre » du monde catholique pro-vie aux États-Unis, qui privilégie la lutte contre l'avortement et l'euthanasie, au détriment d'autres questions sensibles, comme la peine de mort et les politiques anti-immigration. Si Prevost a précisé que le cardinal Bernardin ne revendiquait pas l'équivalence morale sur toutes ces questions, il est tout aussi vrai qu'exiger une opposition inconditionnelle à la fois à la peine de mort et à l'avortement revient précisément à les rendre moralement équivalentes.

    Quelle est la vérité derrière ces déclarations de Léon XIV ? Assurément, le fait que les différentes questions évoquées soulèvent la question de la dignité humaine et du droit à la vie. Et assurément, on ne peut être systématiquement « pro-vie » si l’on s’oppose à la mise à mort d’une vie humaine naissante, mais si l’on est favorable au meurtre délibéré et direct d’un adulte innocent, par exemple en temps de guerre. On ne peut être authentiquement « pro-vie » si l’on condamne l’euthanasie, mais soutient le meurtre de migrants, uniquement parce qu’ils sont migrants. Le principe sous-jacent, qui ne souffre aucune exception, est qu’un être humain innocent ne peut jamais être tué directement et volontairement. Il est donc vrai qu’une « éthique cohérente de la vie » exige que ce principe soit appliqué dans tous les domaines, et pas seulement à celui de la vie naissante ou mourante, en vertu de la dignité particulière qui distingue les êtres humains des autres créatures, en tant qu’ils sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

    Il est tout aussi clair, cependant, que Prévost, dans ce discours, confirmé par l'interview impromptue du 30 septembre, ne clarifie pas ce point, mais confond plutôt les choses lorsqu'il estime, par exemple, que l'avortement et la peine de mort doivent tous deux être systématiquement rejetés, quelles qu'en soient les circonstances. C'est faux, car la peine de mort concerne un être humain qui n'est pas innocent, tandis que l'avortement vise toujours à priver de la vie un enfant innocent. La première peut donc être autorisée, sous certaines conditions, le second jamais. Le même argument s'applique à la guerre : dans un contexte de guerre, on ne peut pas considérer sur le même plan le meurtre d'un soldat agresseur et le meurtre direct et délibéré d'un civil sans défense ; ni ce dernier et le meurtre indirect et involontaire d'une personne innocente.

    Dans le célèbre mémorandum du cardinal Joseph Ratzinger (2004) , adressé à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de l'époque expliquait l'évidence : « Toutes les questions morales n'ont pas le même poids moral que l'avortement et l'euthanasie. Par exemple, si un catholique était en désaccord avec le Saint-Père sur l'application de la peine capitale ou sur la décision de faire la guerre, il ne serait pas pour autant considéré comme indigne de se présenter pour recevoir la Sainte Communion. Si l'Église exhorte les autorités civiles à rechercher la paix, et non la guerre, et à faire preuve de discernement et de clémence dans l'application des peines aux criminels, il peut néanmoins être permis de prendre les armes pour repousser un agresseur ou de recourir à la peine capitale. Il peut exister une diversité d'opinions légitime, même parmi les catholiques, sur la guerre et l'application de la peine de mort, mais en aucun cas sur l'avortement et l'euthanasie. »

    La « légitime diversité d'opinions » est exclue pour l'avortement volontaire et l'euthanasie , car le crime de meurtre est toujours présent ; en revanche, en cas de guerre ou de peine de mort, les distinctions que nous avons mentionnées doivent être faites. Avec tout le respect que je lui dois, cette position du pape Léon XIV est hautement trompeuse et même, malgré elle, préjudiciable à la vie humaine que nous voulons légitimement défendre. Car si un terroriste menace de faire exploser un bâtiment entier contenant des dizaines de personnes, il est licite de le tuer, sous certaines conditions, précisément pour défendre la vie humaine innocente. Si j'appliquais le principe selon lequel une éthique cohérente doit me conduire à affirmer qu'on ne peut jamais tuer, le résultat serait que de nombreux innocents périraient à cause d'un coupable et de l'incapacité des autorités compétentes à les défendre consciencieusement.

    Un dernier aspect est incontournable lorsqu'on évalue la position pro-Cupich de Léon XIV. Si l'on souhaite défendre une « éthique de vie cohérente », quel sens y a-t-il à récompenser un sénateur qui, tout au long de sa carrière politique, s'est également distingué par ses prises de position publiques en faveur de l'avortement ? Si ceux qui luttent contre l'avortement sont tenus de s'opposer également à toute autre forme de meurtre d'innocents, l'inverse ne s'applique-t-il pas également ? C'était le strict minimum que le Saint-Père aurait dû retenir, ne serait-ce que par souci de cohérence éthique.