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Foi - Page 534

  • Des églises toujours plus vides : deux enquêtes choc aux États-Unis et en Italie

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur diakonos.be :

    Des églises toujours plus vides.  Deux enquêtes-choc aux États-Unis et en Italie

    Au Japon, pays où le pape François atterrit aujourd'hui, les baptisés dans l’Église catholique représentent à peine 0,4% de la population.  Sans aucun signe de croissance numérique.

    Mais dans deux pays d’Occident de longue tradition catholique, les statistiques piquent aussi résolument du nez.  Ces deux pays sont les Etats-Unis et l’Italie.

    Aux États-Unis

    Aux États-Unis, c’est la dernière enquête du Pew Research Center de Washington qui fait parler d’elle.  Le 13 novembre, « L’Osservatore Romano » lui a même consacré un article :

    > In U.S., Decline of Christianity Continues at Rapid Pace

    Dans l’ensemble, les chrétiens toutes confessions confondues sont passés de 78% de la population en 2007 à 65% en 2019, tandis que dans le même temps, ceux qui se déclarent athées, agnostiques ou sans religion – on les appelle les « none » – sont passés de 16% à 26%.

    Si l’on décompose les chrétiens entre protestants et catholiques, les premiers ont baissé de 51% à 43% au cours des douze dernières années tandis que les catholiques sont passés de 24% à 20%.

    Les chrétiens qui ont déclaré avoir assisté à la messe ou à un autre office au moins une fois par mois sont passés de 54% à 45%.  Alors que ceux qui ont déclaré ne l’avoir fait que quelques fois en une année ou jamais, sauf pour les mariages et les funérailles, ont augmenté en passant de 45% à 54%.

    Cette chute de la pratique religieuse concerne de manière identique aussi bien les hommes que les femmes, les blancs que les noirs et les hispaniques, aussi bien ^ceux qui sont titulaires d’un diplôme que ceux qui sont peu instruits.  C’est surtout l’âge et la tendance politique qui marquent une forte différence.  Les « millenials », c’est-à-dire ceux qui sont nés dans les années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix ainsi que ceux qui votent pour le Parti démocrate sont les citoyens américains qui enregistrent la plus grande chute de la pratique religieuse et la croissance la plus forte des « none ».

    Chez les « millenials », les chrétiens s’élèvent aujourd’hui à 49% et les « none » à 40%.  Seuls 35% vont à l’église une fois par mois et 42% n’y vont jamais ou presque jamais.

    Parmi les citoyens américains d’origine hispanique, les catholiques étaient majoritaires il y a dix ans, avec 57%.  Ils sont aujourd’hui moins de la moitié, soit 47%, tandis que les « none » ont entretemps grimpé à 23%.

    La région où la chute des catholiques est la plus prononcée est le Nord-Est, où ils sont passés de 36% à 27% de la population ces dix dernières années.  Par contre, leur faible présence dans le Sud est presque inchangée, avec 16% contre 17% il y a dix ans.  Le Sud enregistre par contre la plus forte chute des protestants qui sont passés en dix ans de 64% à 53% de la population.

    Parmi les protestants, le seul indice en croissance est celui des « born-again » et des « evangelical », passés de 56% à 59% du total, ces dix dernières années.

    Alors que parmi les électeurs du parti démocrate, le changement le plus flagrant concerne la croissance des « non », qui a explosé ces dix dernières années en passant de 20% à 34%.

    En Italie

    En Italie également, les catholiques sont en déclin.  Le dernier sondage IPSOS l’a d’ailleurs démontré et son président, M. Nando Pagnoncelli y fait référence dans le dernier numéro de « Vita e Pensiero », la revue de l’Université Catholique de Milan.

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  • Pourquoi le culte de la Pachamama au Vatican n'était pas inoffensif

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    Du blog de Jeanne Smits :

    Mgr Athanasius Schneider dénonce de nouveaux symboles païens dans le culte de Pachamama au Vatican : on a scandalisé les plus petits

    Il faut avoir perdu le sens de la foi et des réalités pour prétendre que la cérémonie du 4 octobre au Vatican, à l'orée du synode sur l'Amazonie, était autre chose qu'un rituel païen, et les statuettes dont nombre ont fini dans le Tibre autre chose que des images d'une divinité des Incas, Pachamama, la Terre-Mère. Tel est l'essentiel d'une tribune publiée par Mgr Athanasius Schneider en allemand le mardi 19 novembre sur Kath.net. La version anglaise est ici sur LifesSiteNews.

    Mgr Schneider évoque plusieurs symboles liés au culte de la fertilité dans les religions païennes que l'on a retrouvés dans la cérémonie des jardins du Vatican et par la suite, lors d'autres événements du synode. Il établit clairement le lien avec le culte de Gaïa tel qu'il est promu par les écologistes, les environnementalistes, jusqu'aux hautes sphères des institutions internationales comme l'UNESCO.


    Il répond au passage à tous ceux qui invoquent frauduleusement des exemples d'« inculturation » pour prétendre que la figurine de la Pachamama est soit une légitime représentation de la fécondité féminine, soit une représentation locale de la Bienheureuse Vierge Marie. Non : c'est la représentation d'une déesse païenne, et elle a été idolâtrée sous les yeux du pape.


    Je vous propose ici ma traduction de travail de ce texte, réalisée avec l'autorisation de Mgr Schneider et approuvée par lui. – J.S.

    Pourquoi le culte de la Pachamama au Vatican n'était pas inoffensif

    Le 4 octobre 2019, en la fête de St. François d'Assise, en présence du Pape François et d'autres hauts dignitaires ecclésiastiques, a eu lieu dans les Jardins du Vatican une cérémonie au caractère évidemment religieux, comme l'indique le communiqué de presse du Vatican du 4 octobre 2019 : « Au cours de la cérémonie de prière, qui marquait la conclusion de  l'initiative “Saison de la Création” récemment promue par le Pape François, un arbre venant d'Assise a été planté comme symbole d'écologie intégrale, pour consacrer le synode sur l'Amazonie à saint François, peu avant le quarantième anniversaire de la proclamation par laquelle le pape faisait du Poverello d'Assise le saint patron des écologistes. A la fin de la célébration, le Saint-Père a récité le Notre Père. Des représentants des populations indigènes d'Amazonie, des frères franciscains et divers membres de l'Église ont assisté à la cérémonie. »

    Lire la suite sur le blog de Jeanne Smits

    et Mgr Vigano abonde dans le même sens

    Lire aussi : https://www.kath.net/news/69801

  • Un curé "sympa"

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    De Denis Crouan sur ProLiturgia.org :

    C’est amusant... ou inquiétant... ou symptomatique. Toujours est-il que quand j’entends autour de moi des personnes, parfois pratiquantes mais plus souvent non-pratiquantes, parler de tel curé, de tel prêtre, je les entends toujours dire « C’est un curé sympathique... » ou bien « Celui-là, il accueille tout le monde, pas comme celui qu’on avait avant lui... » ou encore « Il n’est pas très ouvert... »

    Pas une seule fois je n’ai entendu le moindre commentaire de qui que ce soit sur les enseignements ou sur la foi d’un prêtre.

    C’est comme si, pour être un « bon curé », il suffisait désormais d’être un « mec sympa » ou un « brave type » qu’on va voir juste pour établir le programme d’une messe de mariage ou d’une messe d’enterrement. Ou aussi quand il faut demander l’autorisation d’utiliser la salle paroissiale pour le repas annuel du vélo-club local. Tout le reste - la prière, la doctrine, la fidélité aux enseignements de l’Eglise, le salut des âmes - est sans aucune importance.

    Ainsi, la transmission et la célébration de la foi qui sont les deux piliers de la raison d’être du prêtre, du responsable d’un « secteur paroissial », passent désormais par pertes et profits.

  • A propos du Purgatoire

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Le purgatoire

    On le sait, les mots "Trinité" ou "Purgatoire" ne figurent pas dans l'Ecriture. Mais de là à conclure  qu'il s'agit de tardives inventions humaines, voilà qui serait faire l'impasse sur le fait que la réalité que recouvrent ces deux mots est, elle, bien présente dans la Bible. Ne voulant  m'en tenir qu'à ce dogme qu'est le Purgatoire, voici donc quelques éléments susceptibles de montrer que celui-ci est conforme à ce qui a toujours été cru par les chrétiens...

    1) La prière pour les morts a toujours été pratiquée dans l'histoire de l'Eglise. En témoignent les inscriptions que l'on trouve dans les catacombes et dans les écrits des tous premiers pères de l'Eglise (tels Tertulien, Origène ou Grégoire de Nysse). Cette prière pour les défunts ne peut avoir de sens que s'il existe un "lieu", un état intermédiaire entre l'enfer et le Paradis. En effet,  si seul, l'un deces deux mots constitue l'aboutissement définitif d'un trépassé, pourquoi prier pour lui?

    2) Déjà dans l'Ancien Testament, on peut lire: "Car s'il n'avait pas cru que les morts dussent ressusciter, il était inutile et sot de prier pour eux...Voilà pourquoi il fit ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu'ils fusssent délivrés de leurs péchés (2 Machabbées 12: 44-46)

    3) Ce que dit le Nouveau Testament. Dans sa deuxième épître à Timothée, chapitre 1, versets 16 à 18, saint Paul écrit: "Que le seigneur fasse miséricorde à la famille d'Onésiphore et qu'il lui donne d'obtenir miséricorde auprès de Lui" A l'époque où il écrit ces lignes, Onésiphore était déjà mort et en implorant Dieu pour le salut de celui-ci, il prie pour un défunt. Autre verset du même saint Paul: "S'il en était autrement, que gagneraient ceux qui se font baptiser pour les morts? Si les morts ne ressuscitent pas, pourquoi donc se fait-on baptiser pour eux?" (1 Corinthiens: 15, 29). Deux remarques à ce sujet. Cette pratique qui existait en son temps impliquait inévitablement des prières pour les défunts à la place de qui on se faisait baptiser.  De plus elle nous montre aussi qu'il est possible aux vivants d'aider ceux qui sont dans l'au-delà.

    Dans la première épître de Pierre, il est dit par ailleurs que le Christ "est allé prêché aux esprits en prison" (1 Pierre: 3, 19_20). Où étaient ces "esprits en prison?", sinon dans un autre lieu que le Paradis ou l'Enfer? Et dans l'Evangile de St Mathieu (chapitre 12, verset 32) on lit que "le péché contre le Saint Esprit ne sera pardonné ni dans ce monde, ni dans l'autre" De cela, on peut en conclure qu'il y aura des péchés qui seront pardonnés dans l'éternité. Mais où dans l'éternité? Au Paradis où rien de souillé ne peut entrer, où aucun péché ne peut trouver refuge, sous peine de transformer ce Paradis en un lieu ou coexistent le pur et l'impur?

    Je pourrais bien sûr continuer en invoquant d'autres arguments qui nous montrent que dès le tout début du christianisme, les chrétiens ont compris le lien qui existe entre l'Eglise triomphante et celle de cette terre, entre eux qui sont vivants dans l'autre monde et ceux qui le sont dans ce monde. Et ce lien, je le crois, nous révèle que défunts ou vivants, nous sommes unis à jamais dans la prière à ce Dieu qui est le socle de notre existence temporelle et éternelle.

  • Une visite pontificale pour rendre espoir aux catholiques de Thailande

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    De Vatican News :

    La visite du Pape donne de l'espoir aux catholiques de Thaïlande

    Entretien avec le nonce apostolique en Thaïlande avant la visite apostolique du Pape dans ce pays d’Asie du sud-est, du 20 au 23 novembre prochain. Mgr Paul Tschang In-Nam prie pour que la visite du Pape «encourage et réveille» les catholiques thaïlandais pour qu’ils deviennent des disciples missionnaires actifs dans leur pays ; eux qui ne forment qu’une toute petite minorité en terre bouddhiste.

    Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

    Le Pape François  effectue cette semaine son 32ème voyage apostolique, le 4ème en Asie. Après la péninsule coréenne en 2014, le Sri Lanka et les Philippines en 2015 et son déplacement en Birmanie et au Bangladesh en 2017, François se rend cette année en Thaïlande, puis au Japon ; deux monarchies constitutionnelles où s’était rendu avant lui saint Jean-Paul II en 1984 et 1981.

    Si le Pape François s’est déjà rendu au Japon lorsqu’il était le provincial des jésuites d’Argentine, il foulera pour la première fois le sol thaïlandais. Sur place, l’attend une Église très largement minoritaire. Les catholiques ne représentent que 0,58% d’une population à plus de 90% bouddhiste. Le Pape viendra soutenir son troupeau qui, en dépit de sa petitesse, a une longue histoire derrière lui.

    Cette année, l’Église catholique thaïe a célébré le 350ème anniversaire de l’institution canonique du premier vicariat apostolique du Siam, en 1669, par le Pape Clément IX, qui avait pour objectif de stabiliser l’œuvre missionnaire dans le pays.

    Avant le Pape, le cardinal Fernando Filoni était venu célébrer cet anniversaire avec l’Église locale, en mai dernier. «L’Asie est un secteur de l’humanité d’une grande richesse culturelle et religieuse, mais plus de 85 % de ses habitants sont non baptisés », avait remarqué le préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples lors d’une rencontre à Sampran, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Bangkok, avec les consacrés, les séminaristes et les catéchistes, les appelant à s’engager. «L’Asie est le continent des missionnaires par excellence. L’Église universelle a besoin de votre coopération volontaire pour les activités missionnaires menées sur ce vaste continent» soulignait alors le préfet.   

    Mgr Paul Tschang In-Nam est nonce apostolique en Thaïlande, au Cambodge et en Birmanie, ainsi que délégué apostolique au Laos. C’est là qu’il accueillera le Pape François à son arrivée le 20 novembre à la mi-journée. Mgr Tschang In-Nam revient sur les particularités de son église d’adoption.

    «L’Église catholique en Thaïlande est une petite communauté. On compte moins de 400 000 fidèles, 389 948 exactement selon les statistiques de l’année  dernière, soit moins de 0,6 % de la population. On peut donc dire que l’Église en Thaïlande est une petite minorité dans un grand océan de compatriotes bouddhistes.

    Bien qu’elle soit si petite, cette communauté a une longue histoire. Cette année, nous célébrons les 350 ans de la fondation du premier vicariat apostolique du Siam, l’ancien nom de la Thaïlande. L’Église a donc 350 ans d’histoire ici.

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  • Pourquoi la prêtrise est masculine

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    De Bevil Bramwell, OMI sur le site thecatholicthing.org en traduction française (Bernadette Cosyn) sur le site de France Catholique :

    Des femmes prêtres ?

    20 novembre 2019

    Le sujet des femmes prêtres revient souvent sur le tapis, mais le questionneur cherche rarement à simplement connaître la vérité sur le sujet pour ensuite y réfléchir. A la place, il se fait clair que les questionneurs ont une idée vraiment très étrange de l’Eglise.

    Ils pensent l’Eglise de la même manière que la Gauche considère les institutions sociales. Pour la Gauche, les institutions existent principalement pour atteindre des buts politiques. Ainsi, par exemple, un secrétariat d’état existe pour aider les membres du parti à trouver de l’emploi, pour étendre le pouvoir du parti, et seulement en dernier pour remplir ses fonctions statuaires. Y a-t-il du temps pour tout cela ? De la même manière, le mariage est une affaire de pouvoir, et ainsi de toute autre relation. Alors, à leurs yeux, la prêtrise catholique est affaire de politique et de pouvoir, non de grâce et de communion.

    Il est clair que le système de pouvoir de la Gauche n’offre aucun moyen de décrire la prêtrise catholique. C’est comme essayer de décrire la navette spatiale, mais uniquement en utilisant des mots commençant par la lettre A. Ce que les révolutionnaires oublient, c’est qu’aucune organisation humaine – pas même un ambitieux parti politique – ne peut concevoir une religion entièrement valable.

    Le mieux qu’un tel parti puisse imaginer, c’est le parti lui-même (et dans de nombreux pays, sa police secrète). Par exemple, quand Martin Luther a conçu une nouvelle religion, il a pris des morceaux du catholicisme, en a violé d’autres, par exemple ses vœux ; il a épousé une religieuse ; il a laissé tomber la tradition ; laissé tomber la prêtrise ; etc. Ce qu’il a créé était en grande partie une entité politique. Il a choisi des enseignements populaires et était protégé par l’empereur contre le pape.

    Une meilleure explication de la prêtrise masculine, une vraie, provient de ce que Dieu a fait et continue de faire dans notre histoire. Nous apprenons de Dieu ce qu’est la religion. Nous ne Lui enseignons pas quelle religion nous allons accepter.

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  • Quand Benoît XVI prie pour l'Eglise

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    Le site Chiesa e Post Concilio (qui a traduit en italien le texte original en allemand ), remarquant que le Pape émérite sort une fois de plus de son silence, voit dans cette prière une sorte de Testament spirituel – ce qui est peut-être excessif!

    Et il ajoute ce commentaire:

    Le texte de Benoît XVI date de juin dernier; mais il contient des éléments significatifs par rapport aux événements récents, compte tenu aussi du fait que le texte discuté du Instrumentum Laboris du Synode Amazonien était déjà connu à ce moment.

    Rappelons un précédent particulièrement éloquent: les Notes établies à l’occasion de la rencontre des présidents de toutes les conférences épiscopales du monde sur le thème des abus, convoquée au Vatican (24-29 février 2019). Le document a été rendu public au cours du mois d’avril suivant, montrant que ses observations n’avaient pas été prises en compte.

    La prière de Benoît XVI (Traduction d’après le texte en italien)

    Plus de 1900 ans ont passé depuis que Toi, le Verbe éternel de Dieu, es entré dans le temps et T’es fait chair – Tu t’es fait homme. Tu n’as pas abandonné Ta nature humaine comme un vêtement après l’avoir assumée pendant une brève période. Non, jusqu’à Ta mort sur la croix Tu l’as assumée, Tu l’as traversée et Tu l’as soufferte et Tu restes, après être ressuscité, à jamais un homme. Dans la parabole, Tu t’es comparé au grain de blé qui tombe dans la terre et meurt, qui toutefois ne reste pas isolé, mais émerge à nouveau et porte constamment du fruit. Dans la sainte Eucharistie, Tu es toujours présent parmi nous, Tu te confies dans nos mains et dans nos cœurs pour qu’une nouvelle humanité puisse naître. Et donc, que Tu te sois fait homme n’est pas pour nous une expérience lointaine, mais elle nous touche tous, elle nous appelle tous. Aide-nous à le comprendre de plus en plus. Aide-nous à vivre et à mourir dans le secret du grain de blé et à contribuer à la naissance d’une humanité nouvelle.

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  • Ecologie : L’homme, un visiteur ?

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    L’homme n’est-il qu’un voyageur sans bagages sur cette terre ? De Robert Royal sur le site web "France Catholique", cette réflexion en marge du synode « amazonien » animé par le  pape François :

    visiteur a-5270305-1d629.jpgOn peut presque toujours prévoir les limites, l’objet et le langage particulier des synodes. Mais un nouveau terme susceptible d’être significatif a émergé lors des derniers jours du Synode de l’Amazonie. Selon certains les participants au synode ont parlé de changement de mentalité : nous ne penserions plus être les seigneurs et maîtres de la nature, mais ne serions que des ”visiteurs” en ce monde.

    Tout comme dans ce qui surgit lors des discussions sur l’écologie on trouvera des avis ”pour” et des avis ”contre”. Côté positif — tout-à-fait positif — on notera le rejet de l’idée centenaire qui a pourri dès ses débuts la Révolution Scientifique. René Descartes parlait de nous rendre ”Maîtres et propriétaires de la nature”. Francis Bacon allait encore plus loin, nous suggérant de nous dépasser en rejetant la nature ”pour le bien-être de l’homme”.

    Il va sans dire que ces idées brutes ne sont guère conformes aux vues chrétiennes. L’idée erronée que la Bible — et non les premiers pas des ”Lumières” — approuvait une telle suprématie nette depuis plus d’un demi-siècle a eu pour effet de faire croire aux environnementalistes que la Chrétienté est coupable de la dégradation de l’environnement, et qu’il faut donc la rejeter.

    Une vision biblique de la nature commence par la Genèse qui nous dit « soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. »[Gn, 1-28]

    Le mot hébreu ”dominez” est selon les érudits de la Bible chargé d’une grande force, comme un pouvoir royal — d’un bon souverain — sur son royaume. Mais il faut nous rappeler qu’avant l’avènement des techniques modernes la nature n’était pas toujours une mère aimante pour notre race, mais une forte adversaire. À présent certains semblent considérer comme contre nature des événements tels qu’inondations, sécheresses, séismes, raz-de-marée, tornades, phénomènes météo étranges. En vérité, ces phénomènes ont fait partie des événements bien avant notre venue sur terre. Alors, la domination énoncée par la Bible peut bien être vigoureuse, mais elle aura la force du cultivateur qui fera épanouir le désert, travaillera la terre, élèvera des animaux, pour son existence sur terre.

    Je n’ai pas la moindre idée sur l’origine du terme ”visiteur” — ”ospite” pour les Italiens. Il semble chargé d’humilité et de déférence envers la nature, ce qui siérait parfaitement. Mais en fait, nous ne sommes pas des visiteurs, nous ne sommes pas comparables à des clients d’hôtel ou à des invités dans une demeure particulière. Notre raison d’être ici-bas — Chrétiens ou Juifs le croyons selon la révélation divine — réside dans le rôle qui nous est échu.

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  • L’Abbaye canoniale Sainte Marie de Lagrasse (Aude) cherche à réaliser un projet de Fondation

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    lagrasse téléchargement (20).jpgL’abbaye historique de Lagrasse fut rachetée en 2004 par les chanoines réguliers de la Mère de Dieu (qui, en ce temps, avaient d’abord espéré pouvoir reprendre l’abbaye de Val-Dieu, au diocèse de Liège). La communauté compte aujourd’hui 36 chanoines et se trouve, à nouveau, un peu à l’étroit dans ses murs : elle cherche à déléguer 8 de ses membres pour animer maintenant une Fondation en lien avec la Maison Mère implantée à Lagrasse…

    Mais qui sont donc ces Chanoines Réguliers ? Interview du Père Dominique, Prieur de l’abbaye, publiée sur le site « Le Rouge et le Noir » :

    R&N : Il est facile de distinguer un religieux d’un moine : les deux suivent une règle et font des vœux, mais seul le second fait vœu de stabilité. En revanche, il est plus difficile de comprendre la spécificité de la vie canoniale : comment l’expliqueriez-vous ?

    Père Dominique : Le terme de ‘chanoines réguliers’ apparu au XIIe siècle désigne une réalité bien plus ancienne : déjà saint Eusèbe de Verceuil puis saint Augustin, au IVe siècle, avaient réuni leur clergé dans un monastère. Inspirés par le début des Actes des Apôtres où sont décrits les premiers chrétiens mettant tout en commun et vivant autour des Douze [1], les chanoines réguliers sont la partie du clergé diocésain qui fait le choix de la radicalité évangélique, vécue à travers la vie commune et la profession des vœux. Ils sont donc à la fois dans le monde religieux et dans le monde diocésain. À ce titre, il est intéressant de voir dans l’histoire de l’Église comment la vie commune en général et le modèle canonial en particulier sont souvent revenus comme propositions pour la réforme du clergé.

    Tandis que le moine a quitté la ville et le monde pour chercher Dieu, le chanoine régulier est un prêtre ou un clerc diocésain dévoué au service d’une église. Il ne fait pas vœu de stabilité comme le moine, mais sa consécration se fait dans l’offrande de lui à l’église à laquelle il appartient : « Offerens, trado meipsum ecclesiae N.  » qu’on peut traduire imparfaitement par « Je m’offre et me livre à l’église de N. » Cette église est à la fois un bâtiment de pierres et une réalité spirituelle incluant les fidèles. Ce lien est encore aujourd’hui le point commun entre chanoines séculiers (notamment les chanoines des cathédrales) et chanoines réguliers. Si donc vous cherchez des moines, cherchez un désert, un lieu retiré où ils aimeront être seuls avec Dieu ; mais si vous cherchez des chanoines, allez dans les villes ou du moins dans des lieux fréquentés, où ces pasteurs pourront s’occuper du troupeau.

    Nous sommes souvent confondus avec des moines en raison de notre longue histoire commune (faite d’emprunts, de transferts, mais aussi de disputes !). La vie monastique a été considérée tout au long du Moyen-Âge comme une référence en matière de conversion et de sainteté ; les Chapitres (communautés canoniales) et les évêques désireux de réforme allaient chercher là les usages propres à soutenir la ferveur. Mais ces points communs recouvrent, dans le monde canonial, un élan différent, où la charité fraternelle et pastorale à la suite du Christ constitue le cœur de l’effort de conversion.

    À la différence du moine, le chanoine met le sacerdoce au cœur de sa vocation : l’apostolat est le fruit normal de sa vie liturgique et contemplative ; loin d’être une parenthèse, voire un danger, il est d’abord un lieu de sanctification et d’imitation du Christ. Des laïcs ou des clercs non prêtres peuvent bien sûr s’associer à cette vie, mais en communiant à l’esprit sacerdotal et en participant plus ou moins directement au ministère.

    Nous nous ressemblons enfin par le chant des Heures liturgiques, mais là encore, ce point commun cache deux attitudes spirituelles différentes : les chanoines réguliers ont simplement conservé l’usage des premiers temps, où en tout lieu l’évêque, son clergé et les fidèles – c’est à dire toute l’Église – se réunissaient quotidiennement pour prier Dieu ensemble, principalement aux Laudes et aux Vêpres, et non seulement autour de l’Eucharistie les jours où elle était célébrée. La liturgie monastique, elle, s’est élaborée à partir de la vocation des moines à prier sans cesse, d’où la longueur plus conséquente de leur Office et l’importance de la prière nocturne.

    R&N : Votre règle est tirée de celle de saint Augustin, quelle est-elle ? Quel est son sens ?

    Père Dominique : Les premiers mots de la Règle de St Benoît – « Écoute, mon fils les préceptes du maître et tends l’oreille de ton cœur » – suggèrent que l’obéissance et la docilité à un maître spirituel, l’Abbé, sont au point de départ de la vocation monastique. Les premiers mots de notre Règle donnent l’âme de notre vie : « D’abord, puisque c’est pour cela que vous êtes réunis en communauté, habitez unanimes dans la maison et ayez une seule âme et un seul cœur, tendus vers Dieu. » L’unité entre nous, au nom du Christ, est le socle de notre vocation.

    Saint Augustin a beaucoup contemplé et médité le mystère de l’Église unie et embellie par la charité reçue de Dieu. Le serviteur de l’Église qu’est le clerc, et a fortiori le chanoine, est particulièrement sensible à cette ecclésiologie fondée non sur la juridiction ou la Hiérarchie seule, mais d’abord sur la communion dont Dieu est la source, le modèle et le but. Une communauté qui suit la Règle de saint Augustin s’efforce avant tout, à l’image des premiers chrétiens de Jérusalem, de rendre visible ce mystère de charité et d’offrir aux fidèles la possibilité d’en faire l’expérience.

    Le reste de la Règle traite des trois vœux, toujours en lien avec l’unité. La pauvreté est particulièrement développée, faisant de ce texte la référence incontournable pour la vie canoniale : la mise en commun des biens a toujours été la porte étroite par laquelle on entre dans la vocation de chanoine régulier. Plusieurs Chapitres ont refusé ce passage, préférant la sécularité, d’autres ont affadi leur élan originel par le retour plus ou moins progressif à la propriété privée. Sur ce point, la comparaison entre moines et chanoines a souvent été un aiguillon stimulant pour ces derniers.

    La pauvreté est d’ailleurs ce qui distingue aujourd’hui encore la vie canoniale régulière des nombreux et bons efforts qu’on peut observer de vie commune des prêtres : pour devenir radicale et porter tous les fruits qu’elle contient en germe, cette vie commune demande une pauvreté scellée par un vœu et par le renoncement à la propriété privée.

    Au XIIe siècle, de nombreux groupes de clercs diocésains ont embrassé la vie canoniale pour s’engager plus en avant dans la sainteté sacerdotale ; aujourd’hui où la figure du prêtre est blessée et moins bien comprise même au sein de l’Église, on ne peut que souhaiter un nouvel élan de ‘régularisation’ du clergé. Saint Augustin propose, avec sa Règle, un ‘kit radicalité évangélique’ à l’usage des prêtres de paroisse ; avis aux amateurs !

    R&N : De quelle autre manière l’enseignement augustinien infléchit-il votre vie de chanoine ?

    Au lieu « d’infléchir », je dirais plutôt « élargir » ! Le disciple qui se met à l’école de saint Augustin découvre, comme dans Narnia, que l’intérieur est plus grand que l’extérieur. La pensée de l’évêque d’Hippone est ample par l’abondance des écrits et des sujets abordés, mais surtout par la hauteur de vue.

    Son amour de l’unité dans la charité développe, chez ceux qui le suivent, une souplesse qui sait harmoniser les différences : c’est très utile dans une vie de communauté ! Se réjouir de posséder ensemble ce qui nous rassemble – l’essentiel – et accepter que nous puissions rester libres et divers sur le reste. Parfois même il faut être longanime, quand un frère se trompe ou se durcit, pour ne pas le briser en appliquant une justice trop raide.

    Le même esprit anime l’apostolat du chanoine régulier : se mettre au service des âmes en leur apportant une doctrine éprouvée – saint Augustin était très fidèle au Siège de Pierre – mais avec le soucis de la rendre aimable, vivifiée par la charité. Offrir aux gens la possibilité de faire l’expérience de Dieu dans une communauté accueillante porte davantage de fruits missionnaires qu’un discours persuasif.

    On pourrait ajouter, parmi les héritages augustiniens, la joie, fruit de l’amour ; la vie d’amitié dans le Christ qui soude la communauté canoniale, dans la simplicité et la confiance, rayonne naturellement au-dehors. Une personne accueillie dans un lieu canonial doit ressentir qu’elle pourra ici se reposer, confier ses soucis et goûter la paix.

    R&N : L’Aude est un département marqué par le catharisme et le protestantisme : avez-vous réussi à trouver votre place malgré tout ?

    Père Dominique : À vrai dire, le catharisme comme tel ne marque plus que les panneaux touristiques ! Il a laissé dans l’Aude en revanche un vague anticléricalisme, renforcé par la forte présence, à une époque plus récente, des loges maçonniques et du socialisme radical. Pour nous, appelés à prendre racine dans ce lieu, les premiers contacts n’ont pas toujours été faciles ; il faut beaucoup de patience et d’attention pour s’imprégner de la culture locale. Après quinze années de présence dans le département, même si on n’en est pas encore à la pleine intégration dans le paysage, beaucoup de liens se sont tissés, auprès de nombreuses personnes d’horizons divers.

    L’Aude est marquée également par un grand élan monastique pendant l’ère carolingienne. À Lagrasse en particulier nous sommes héritiers de dizaines de générations de moines, de Charlemagne à la Révolution. Ces légions de témoins dont nous prenons la suite prient aujourd’hui pour nous, pour une nouvelle évangélisation de cette terre.

    Notre mission de pasteurs ancrés dans un lieu nous sensibilise par ailleurs au travail lent, sur des durées longues ; ce n’est pas comme si nous devions partir demain et donner le maximum en une journée ! La très Sainte Vierge qui règne à Lagrasse depuis 1200 ans nous enseigne à patienter, à laisser la grâce germer lentement dans les cœurs. Quinze années sont très peu finalement pour juger de notre intégration ; nous en jugerons mieux quand tous ceux qui vivent dans l’Aude seront nés après notre implantation !

    R&N : Vous avez un projet de fondation. Pouvez-vous nous en parler ? Pourquoi avez-vous eu besoin de vous développer ?

    Père Dominique : La vie canoniale se conjugue également dans des prieurés de petite taille, dépendants de l’abbaye mère. Ces communautés plus petites et plus souples permettent une proximité plus grande auprès des fidèles, davantage de disponibilité à la mission et une vie fraternelle plus resserrée.

    Aujourd’hui, avec trente-six chanoines, nous sommes près d’avoir rempli l’abbaye et nous sentons depuis plusieurs années le besoin d’épanouir notre identité canoniale en ouvrant une première maison dépendante. Elle serait comme un satellite de l’abbaye : il ne s’agit pas d’un essaimage, mais d’un agrandissement et d’un plus grand engagement au service de la mission.

    Nous cherchons un lieu où le travail pastoral serait abondant, susceptible d’occuper les huit chanoines qui seraient envoyés. Des évêques, sensibles à notre vocation de religieux et de pasteurs, nous proposent régulièrement des lieux d’implantation ; nous portons ce projet dans la prière et dans la réflexion… Mais il est un peu trop tôt pour donner davantage de détails !

    [1] Cf le passage clé de Ac 4,32-35 : « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun. »

    16 novembre 2019 Eschaud 

     JPSC

  • La Vierge de Banneux à l’honneur ce dimanche 17 novembre en la Basilique Saint-Pierre

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    De RTC TELE Liège :

    La Vierge de Banneux sera mise à l’honneur ce dimanche 17 novembre, à la Basilique Saint-Pierre de Rome. L’Evêque de Liège sera présent au Vatican et célébrera la messe de 10 heures avec le pape, à l'occasion de la Journée mondiale des pauvres. Dans ses bagages, il a pris plusieurs statues représentant la Vierge des Pauvres de Banneux, des cadeaux qu’il compte offrir au Saint Père.

    Le Pape François a appris l’existence du culte de Banneux par un prêtre chilien, qui revenait d’une mission en Amérique du Sud, où, dans une petite paroisse, curieusement, la Vierge des Pauvres de Banneux est vénérée… Le Pape a envoyé un émissaire à Banneux pour s'assurer du sérieux du sanctuaire, avant d'inviter une délégation liégeoise à venir célébrer avec lui cette Journée Mondiale des Pauvres.

    L’Evêque de Liège viendra à Rome avec quelques cadeaux pour le Pape François :  des copies de différentes tailles de la statue de la Vierge conforme au modèle présent au sanctuaire de Banneux : une petite en bois naturel, 65 cm, un cadeau personnel pour le Saint-Père – et deux grandes, en fibre de verre de 1,35m, que le pape remettra, par exemple à une paroisse pauvre, à Rome ou en Amérique du Sud.

    Dans la Basilique St Pierre, ce dimanche, à 10 heures, c'est bien un grand modèle qui sera présent. Cette mise à l’honneur devrait sans doute réjouir les pèlerins du sanctuaire : ils sont plusieurs centaines de milliers à se rendre chaque année à Banneux.

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  • Jacques Galloy, missionnaire numérique des médias chrétiens

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    De Jean-françois Sacré sur le site de l'Echo.be :

    Jacques Galloy Le missionnaire numérique des médias chrétiens

    Jacques Galloy trouve encore le temps d'animer sa propre émission dédiée à de "grands témoins inspirants". ©© Debby Termonia

    L'ex-CFO d'EVS est devenu un multi-investisseur. Mais ce qui occupe le plus clair de son temps aujourd'hui c'est le développement de 1RCF, le nouveau réseau digital de la radio catholique.

    C'était la fête il y a dix jours au CSA. Les locaux du régulateur de l'audiovisuel accueillaient le lancement officiel en Fédération Wallonie-Bruxelles, de la radio numérique (DAB +), technologie permettant d'enrichir l'offre tout en améliorant les conditions d'écoute. Parmi les patrons de radios présents, Jacques Galloy n'était pas le moins souriant. À 49 ans, ce Liégeois bon teint, fervent chrétien, pilote 1RCF, la nouvelle radio catholique francophone digitale. "C'est formidable, dit-il, nous allons pouvoir apporter les bonnes nouvelles et la Bonne Nouvelle sur l'ensemble du territoire de la Fédération!" Jusqu'à présent, RCF - réseau de 65 radios locales françaises et belges créé dans les années 80 - c'était trois radios en FM à Bruxelles, Liège et Namur.

    Reconversion éclectique

    Pour la communauté entrepreneuriale et financière, Jacques Galloy est loin d'être un inconnu. Après avoir fait ses armes chez PwC et RTL Group, il a piloté pendant onze ans les finances d'EVS, la pépite liégeoise active dans les technologies numériques pour la télévision. Une époque bénie où EVS affichait des marges flatteuses qui faisaient pâlir de jalousie ses confrères. En 2013, il quitta l'entreprise pour incompatibilité d'humeur avec le nouveau CEO de l'époque, le hollandais Joop Janssen lequel ne fera d'ailleurs pas long feu. Depuis, il a joliment rebondi que ce soit comme investisseur et/ou administrateur tout en s'engageant dans la communauté chrétienne. Avec le digital comme fil conducteur de ce parcours éclectique.

    "Je voulais profiter de cette nouvelle vie pour faire quatre choses, raconte-t-il attablé dans une petite salle de réunion en sous-pente au siège liégeois de RCF logée dans les locaux de l'Evêché. D'abord, vivre plus intensément avec mon épouse et mes cinq enfants; ensuite, vivre la transition digitale, c'est pourquoi j'ai appris à coder et à créer un site internet afin de comprendre de quoi on parle. Par ailleurs, je voulais mettre mon expérience à profit en investissant dans des petites sociétés technologiques liégeoises afin de les accompagner dans leur croissance et, enfin, dégager du temps bénévolement pour travailler sur le contenu médiatique lié à l'annonce de la Bonne Nouvelle."

    Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a tenu parole, même s'il reconnaît travailler plus qu'à l'époque d'EVS. "La différence, c'est que je travaille le plus souvent de chez moi, beaucoup via Skype ou WhatsApp." Sous la casquette d'investisseur et/ou administrateur, on l'a trouvé ces dernières années dans des société comme Physiol (implants intra-oculaires avec correction optique, mais revendue en février), Ateme (un des leaders dans le streaming et la compression vidéo en ligne), X-Ris (rayons X - il en est sorti récemment), Trasis (leader en radiopharmacie), Osimis (images médicales en open source), Noshaq (depuis 18 mois, il est administrateur de l'ex-Meusinvest), Mydimm (mobilier sur mesure en ligne), Andaman7 (échange de dossiers médicaux en ligne), Séraphin.be (courtage en ligne d'assurances) et Saje Productions, start-up parisienne active dans la production et la distribution de films "d'inspiration chrétienne", selon ses propres termes.

    Le GPS des clochers

    Ce dernier mandat permet à Jacques Galloy d'activer son réseau de contacts dans le milieu de l'Eglise. Bien utile quand, comme lui, on s'investit à fond dans les médias chrétiens, y consacrant ces derniers mois l'essentiel de son temps de manière totalement bénévole. Il ne le dira pas mais son ambition est de dépoussiérer tout ça en jouant la carte du digital. "La transition digitale me passionne, c'est une révolution comme on en n'a jamais connu, c'est une formidable opportunité pour nos médias chrétiens", martèle-t-il. Exemple: le site egliseinfo.be qu'il développe depuis 2014 avec une équipe et qui reprend l'ensemble des horaires des messes en Belgique francophone: "C'est devenu le GPS des clochers, s'amuse-t-il. C'est du pur digital avec un moteur de recherche, du référencement, une page sur Facebook, le site enregistre 450.000 requêtes annuelles, et connaît une croissance de 30%."

    Se considérant comme un "missionnaire du numérique", Jacques Galloy a monté une équipe et s'est investi à fond dans le dossier de candidature de RCF à un réseau DAB +. Un dossier de 200 pages qui leur a pris des mois de travail et qui continue à beaucoup les accaparer car une fois le réseau obtenu, il a fallu lancer la chaîne. "L'atout du digital c'est qu'il offre une équité sur les canaux de distribution, tout le monde bénéficie de la même couverture et de la même qualité d'écoute, relève-t-il. Ce qui va faire la différence c'est le message. Le numérique a permis une explosion des médias de sens, des médias inspirants alors que les grands médias audiovisuels traditionnels sont pris par un jeu publicitaire qui appauvrit leurs grilles de programmes." De manière pragmatique, Jacques Galloy remarque que le numérique permet de produire des contenus pour des coûts très faibles. "Le coût de la production a été diminué par vingt en vingt ans, aujourd'hui avec des bouts de ficelle on parvient à s'exprimer. Et pour des médias qui vivent que de dons et non de recettes commerciales, c'est évidemment une opportunité unique."

    Le budget belge des quatre radios RCF est en effet modeste, de l'ordre de 650.000 euros en Belgique. 30% des ressources viennent des collectes lors des messes, 50% de l'appel aux dons des auditeurs et 20% de mécènes: associations, entrepreneurs, congrégations religieuses... "Cela nous permet de financer une dizaine d'équivalents temps plein et l'infrastructure technologique, détaille-t-il, mais nous pouvons aussi compter sur un réseau de 240 bénévoles, dont 95% sont des laïcs, dans la programmation, l'animation, les événements, etc. qui permettent de développer la notoriété. Nos 5.000 donateurs ont de vrais ambassadeurs." Jacques Galloy l'admet: "La pratique religieuse baisse c'est indéniable, mais cette communauté reste très vivante, 65% de nos auditeurs sont engagés dans le bénévolat."

    On s'en doute, les audiences sont assez modestes. Sur base d'une étude menée pour la seule antenne liégeoise et extrapolée aux deux autres radios, Jacques Galloy l'évalue aujourd'hui à environ 150.000 auditeurs par an, auxquels il faut ajouter l'écoute de 200.000 podcasts. "Mais avec la nouvelle radio en DAB +, on ambitionne de capter 500.000 auditeurs par an d'ici 2025", relève-t-il.

    La force du réseau

    Les radios RCF sont des radios de contenus: il n'y a que 30% de musique, 70% est parlé: infos, magazines, débats, ouverture aux autres cultes... Ce contenu est aussi alimenté via des collaborations avec le réseau de médias chrétiens. Là aussi, Jacques Galloy a répondu à plusieurs sollicitations. Il est administrateur de KTO TV, la télévision catholique (financée essentiellement par des dons, elle est basée à Paris mais avec des décochages belges) et de Cathobel, où il représente l'évêque de Liège: cette plateforme publie l'hebdomadaire Dimanche, produit la messe radiodiffusée sur la RTBF, possède une agence de presse et a propre site web. Ces ASBL sont autonomes mais collaborent entre elles.

    Malgré cet emploi du temps de ministre, Jacques Galloy trouve encore le temps d'animer une fois par semaine une émission d'une heure dédiée à "de grands témoins inspirants" qui a déjà dépassé les 200 épisodes.

    Son nom sonne comme un slogan marketing: "RCF God's talents" (allusion à Belgium's Got Talents, format de divertissement décliné un temps sur RTL). "J'y ai déjà reçu des patrons chrétiens comme Marc Nollet de Physiol, Jacques Berghmans, de Lhoist et Tree Top, Yves Warnand, de Dauvister, Bruno Colmant, Julien Compère du CHU de Liège... ou de politiques comme Raoul Hedebauw, des cinéastes, des journalistes mais aussi des gens ordinaires qui ont une vie extraordinaire comme des infirmières, des bénévoles etc. J'invite des gens de toutes les obédiences et, hormis quelques anti-cathos, j'ai rarement des refus. Je crois qu'aujourd'hui, l'intolérance a changé de camp."

  • L'avenir de l'Eglise : en Afrique ?

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    De Paul de Dinechin sur aleteia.org :

    « L’Afrique constitue une grande espérance pour l’Église universelle »