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Islam - Page 45

  • Quand la Cour européenne des droits de l'homme pose ses conditions à l'application de la charia en Europe

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    De Grégor Puppinck sur le site Figaro Vox (lefigaro.fr) :

    Charia : ce que révèle la décision de la CEDH

    La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) accepte l’application de la charia en Europe. Et ce depuis le 19 décembre depuis l’arrêt « Molla Sali contre Grèce ».

    FIGAROVOX/ANALYSE - Grégor Puppinck décrypte pour FigaroVox un arrêt de la CEDH rendu le 19 décembre dernier. Celui-ci pourrait selon lui ouvrir la porte à une application de la charia en marge du droit commun.


    Grégor Puppinck est docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). Il est membre du panel d'experts de l'OSCE sur la liberté de conscience et de religion. Il a récemment publié Les droits de l'homme dénaturé (éd. du Cerf, novembre 2018).


    La charia a-t-elle sa place en Europe? Si oui, à quelles conditions? Ce sont les questions que se posent actuellement les instances du Conseil de l'Europe.

    Jusqu'au 18 décembre, la Cour européenne des droits de l'homme estimait que la charia est, dans son principe même, incompatible avec les valeurs de la démocratie et des droits de l'homme. Tel n'est plus le cas aujourd'hui: la Cour accepte maintenant son application en Europe à certaines conditions, malheureusement imprécises.

    En 2003, la CEDH avait validé la dissolution d'un parti politique islamiste - pourtant vainqueur aux élections - au motif qu'il souhaitait instaurer la charia en Turquie. Les juges de Strasbourg avaient alors conclu, sans ambages, à «l'incompatibilité de la charia avec les principes fondamentaux de la démocratie» et avec les normes de la Convention européenne des droits de l'homme (arrêt Refah Partisi et autres c. Turquie du 13 février 2003).

    Or, dans un arrêt Molla Sali contre Grèce du 19 décembre 2018, la Cour a omis de réitérer cette condamnation de principe de la charia, et en a accepté l'application en marge du droit commun grec.

    Cela s'explique d'abord par le fait que l'application de la charia en Grèce n'est pas nouvelle. Héritage de l'Empire Ottoman, elle a continué à s'appliquer aux populations musulmanes passées sous juridiction grecque après la reconquête de la Thrace occidentale. Les Traités de Sèvres (1920) et de Lausanne (1923) réglant après la guerre le sort des «minorités» en Turquie et en Grèce prévoyaient que celles-ci puissent continuer à vivre selon leurs propres usages. Par suite, les juridictions grecques ont estimé que la charia devait s'appliquer obligatoirement à tous les membres de la communauté musulmane de Thrace, en matière de mariage, divorce et de succession.

    La Cour européenne a condamné cette application forcée de la charia… mais pas la charia en elle-même.

    C'est ce que conteste une femme devant la Cour européenne des droits de l'homme. Celle-ci, en effet, s'est vue privée de l'essentiel de l'héritage de son défunt époux du fait de l'application de la charia à sa succession, alors même que celui-ci avait choisi de lui léguer ses biens en application du droit commun. La justice grecque avait annulé ce testament, jugeant que le couple musulman avait l'obligation de régler la succession selon la charia, la faisant largement échoir aux sœurs du défunt. Il s'agissait donc, pour la Cour européenne, de juger si «la loi musulmane sacrée» peut être appliquée de force à des ressortissants grecs au motif, en particulier, de la «protection des minorités» et du respect des engagements internationaux de la Grèce.

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  • Des chrétiens algériens menacés d'emprisonnement pour une conversion

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    D'Aleteia.org :

    Algérie : des chrétiens bientôt condamnés pour une conversion ?

    Le procureur de Tiaret, dans l'ouest du pays, a requis une peine de trois ans sans possibilité de libération conditionnelle pour Habiba Kouider, 37 ans, convertie au christianisme et jugée pour pratique illégale d'une religion non musulmane.

    En Algérie, quatre Algériens protestants comparaîssent ce 25 décembre pour avoir « incité un musulman à changer de religion » et « exercé un culte dans un lieu non autorisé ». Ils risquent jusqu’à cinq années de prison et une amende importante.

    Après la béatification des martyrs d’Algérie ce 8 décembre à Oran, c’est un autre visage que donne à voir le pays. Quatre Algériens chrétiens protestants, dont trois issus de la même famille, vont comparaître, devant une cour de justice kabyle, pour avoir « incité un musulman à changer de religion » et « exercé un culte dans un lieu non autorisé », rapporte Le Figaro.

    Ils risquent jusqu’à cinq ans de prison

    Alors que le verdict est attendu ce 25 décembre, les faits remontent à juillet dernier. D’après le quotidien, un conflit familial a opposé une femme, musulmane, à son mari, musulman converti au christianisme. L’épouse a porté plainte contre son époux et dénoncé une famille chrétienne qui voulait « les aider à calmer ce différend » et qu’elle accuse d’avoir « fait pression » sur elle pour la convertir. Les accusés, originaires de la ville de Bechloul, une ville située dans le nord-est de l’Algérie, risquent entre trois et cinq ans de prison ainsi qu’une amende pouvant aller jusqu’à un million de dinars (l’équivalent de 7.600 euros, ndlr).

    Lire aussi : Les chrétiens, ferment d’unité et lueur d’espérance en Algérie

    Pour mémoire, ces motifs d’accusation existent en Algérie : ils reposent sur une « ordonnance » adoptée par le pays en février 2006.

  • Ces pays où il ne fait pas bon fêter Noël

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    Lu sur aleteia.org :

    Ces pays dans lesquels le petit Jésus a interdiction de naître

    Il y a généralement deux causes à l’hostilité d’un gouvernement de voir Noël être célébré : l'idéologie communiste et le fondamentalisme islamique.

    Si l’Enfant-Jésus, la Vierge Marie et saint Joseph ont affronté en leur temps la vicieuse persécution d’Hérode, la situation des chrétiens d’aujourd’hui dans plusieurs pays du monde se révèle parfois tout aussi difficile quand il s’agit de célébrer la Nativité. Si dans les pays occidentaux, on déplore parfois la sécularisation rampante et la surenchère commerciale qui entoure la période de l’Avent, ailleurs célébrer la naissance de Jésus est officiellement interdit quand cela ne conduit pas à risquer la mort. Voici huit pays qui se distinguent tristement pour interdire, ou presque, au petit Jésus de naître le 25 décembre :

  • Les chrétiens pakistanais sont souvent réduits à un semi-esclavage

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    De Josué Villalon sur le site Aleteia.org :

    Pakistan : « Les chrétiens vivent souvent dans des conditions de semi-esclavage »

    PAKISTAN

    Mgr Joseph Arshad, le Président de la Conférence épiscopale du Pakistan, insiste sur le fait que le dialogue interreligieux est fondamental pour la paix dans son pays.

    Mgr Joseph Arshad est l’archevêque d’Islamabad-Rawalpindi et Président de la Conférence épiscopale du Pakistan. Sa tâche immense ne l’empêche pas d’être proche des plus démunis et nécessiteux. La Fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse a eu un entretien avec le prélat, lors de sa visite à la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Faisalabad. Le cas récent de l’acquittement d’Asia Bibi, une mère chrétienne accusée de blasphème et qui était encore dans le couloir de la mort il y a quelques semaines, permet à nouveau à l’Église de miser sur le dialogue interreligieux et la paix, dans un pays ravagé par l’extrémisme, la corruption et la violence terroriste.

    Lire aussi : Les proches d’Asia Bibi en danger

    Aleteia : Quelle est la situation actuelle dans le pays, après l’élection d’un nouveau gouvernement et d’un nouveau Premier Ministre en août dernier ?

    Mgr Joseph Arshad : le nouveau Premier Ministre, Imran Khan, tente de faire face à de très grands problèmes dans le pays, tels que le chômage, en particulier des jeunes, la corruption et la forte croissance démographique. Le Pakistan compte déjà plus de 200 millions d’habitants. Le slogan du parti de Khan a été « éliminons la corruption ». Ce message s’est répandu au sein de la population qui avait assisté au pillage des ressources du pays et de l’argent destiné à l’éducation et à la santé. Nous pensons que c’est peut-être une bonne occasion d’aller de l’avant et d’améliorer la vie des gens.

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  • Un militant musulman pakistanais prend la défense d'Asia Bibi

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    Un musulman pakistanais prend la défense d’Asia Bibi

    La chrétienne pakistanaise Asia Bibi est toujours coincée au Pakistan et ne peut quitter le pays suite à un accord signé entre le gouvernement et les radicaux. Selon le militant musulman Wajahat Abbas Kazmi, les musulmans modérés restent silencieux parce qu’ils sont conscients que prendre la parole les mettrait en danger, eux et leurs familles. Selon lui, rien ne justifie les protestations des extrémistes contre l’acquittement d’Asia Bibi.

    Pour Wajahat Abbas Kazmi, un militant pakistanais et producteur musulman, ce qui se passe dans son pays contre Asia Bibi est « une honte ». L’accord passé entre le gouvernement et les islamiques radicaux est encore plus scandaleux selon lui, en empêchant efficacement la femme chrétienne de quitter le pays, malgré son acquittement des accusations de blasphème qui portaient contre elle. Wajahat, qui vit en Italie, fait partie de la poignée de musulmans pakistanais qui n’hésitent pas à prendre la parole ouvertement pour défendre Asia Bibi et s’opposer aux discriminations antichrétiennes au Pakistan. Sa vie a été menacée à de maintes reprises à cause de son travail en faveur des droits de l’homme. Malgré cela, le musulman continue de s’opposer aux persécutions contre les minorités. Son livre intitulé Asia Bibi : La tragedia di una donna cristiana vista attraverso gli occhi di un musulmano (Asia Bibi : la tragédie d’une femme chrétienne selon le regard d’un musulman) doit être publié au cours des prochaines semaines. Selon lui, la cause de la souffrance d’Asia Bibi vient des « abus de la loi sur le blasphème » qui a été utilisé, souligne-t-il, « non seulement contre les chrétiens, mais aussi contre les musulmans ».

    Comment interprétez-vous le silence des musulmans modérés dans le cadre de l’affaire Asia Bibi ?

    Au Pakistan, les modérés restent silencieux parce qu’ils savent que ceux qui ont essayé de prendre la défense d’Asia Bibi ont été menacés ou même tués. Les Pakistanais se taisent parce qu’ils savent que parler serait dangereux pour eux et pour leurs familles. De plus, je crois que ceux qui vivent en dehors du pays connaissent peu cette affaire et ils n’en connaissent pas tous les détails.

    Pourquoi les positions radicales dominent-elles le monde islamique ?

    C’est très simple : parce que ceux qui parlent plus fort que les autres sont plus facilement écoutés alors que les discours de paix sont toujours réduits au silence. Je pense aussi que ceux qui s’expriment en faveur de la paix n’ont pas de portée médiatique suffisante. De plus, la plupart des lecteurs préfèrent écouter ceux qui crient plus fort.

    Que pensez-vous de la loi sur le blasphème ? Pourquoi n’est-elle pas rejetée par la population ?

    Les lois qui pénalisent les offenses contre la religion musulmane sont enracinées dans le Code pénal britannique, qui date de l’époque coloniale comme toutes les autres lois en vigueur au Pakistan. Le problème est qu’elles n’ont pas été abolies, et que de nouvelles lois ont été ajoutées avec les années, comme sous le régime militaire du général Zia-ul Haq. Mais nous devons être prudents. Les chrétiens ne sont pas les seules victimes de cette loi ; les musulmans le sont également. Les lois sur le blasphème ont été abusées comme n’importe quelle autre loi. Elles ne sont pas utilisées seulement contre les minorités, parce qu’au Pakistan, toutes les lois peuvent être manipulées contre tous ceux qui ne sont pas suffisamment puissants pour se défendre. Ces dernières années, certains des plus grands pays du monde se sont débarrassés de ce genre de lois. J’espère que cela arrivera aussi au Pakistan peu à peu.

    Dans votre pays, les extrémistes ont bloqué les routes en demandant qu’Asia Bibi soit pendue. Finalement, le gouvernement d’Imran Khan a signé un accord avec eux. Pensez-vous que les autorités ont cédé ?

    C’est une honte, rien ne justifie cela. Rien ne peut justifier les protestations des gens contre l’acquittement d’Asia Bibi. En même temps, le nom d’Asia Bibi n’a pas été ajouté à la liste des Pakistanais interdits de quitter le pays, ce qui nous donne espoir que l’accord en question n’est peut-être pas si important.

    (Avec Asianews)

     
  • Asia Bibi tremble pour ses filles

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    D'Adélaïde Patrignani sur Vatican News :

    Asia Bibi craint pour la sécurité de ses filles

    Acquittée le 31 octobre dernier par la Cour Suprême pakistanaise, Asia Bibi est toujours en lieu tenu secret, séparée de sa famille. Ses deux filles reçoivent régulièrement des menaces, comme le rapporte l’Aide à l’Église en Détresse.

    «Nous avons peur. Ces derniers jours ont a tiré sur le portail de la maison où nous nous trouvons. Nous recevons constamment des menaces et plus d’une fois j’ai été suivi», témoigne Joseph Nadeem, le responsable de la Fondation Renaissance Education qui prend soin de la famille d'Asia Bibi au Pakistan depuis la condamnation de cette dernière en 2010.

    La menace des islamistes

    Aujourd’hui Joseph Nadeem et sa famille vivent avec Esha et Eisham, les filles d’Asia Bibi. «À peine Asia a-t-elle été acquittée, nous avons dû fuir », explique-t-il. «Elle et son mari se trouvent dans un lieu sûr protégé par le gouvernement, mais nous ne pouvons pas être avec eux», précise-t-il à l’association Aide à l’Église en Détresse (AED). Depuis le 31 octobre, date de l'acquittement d'Asia Bibi, ils ont changé quatre fois d’habitation. «Les islamistes nous poursuivent, et à chaque fois que nous nous rendons compte que nous sommes en danger, nous nous échappons immédiatement. Nous ne pouvons même pas sortir acheter à manger. Je sors seulement de nuit et le visage couvert», confie le tuteur de la famille d’Asia Bibi.

    Asia Bibi est au courant de cette situation dangereuse pour ses proches : «Je l’ai rencontrée dès sa libération, et chaque jour nous parlons avec elle par téléphone. Elle est très inquiète pour ses filles», poursuit Joseph Nadeem.

    L'espoir d'un Noël à Rome 

    Même si le calvaire de la pakistanaise et de sa famille ne semble pas encore terminé, Asia Bibi garde une foi et une force remarquables : «C’est une femme incroyable !», fait remarquer Joseph Nadeem. «Elle a conservé une foi inébranlable et une confiance infinie dans le Seigneur. Ça peut sembler étrange, mais c’est elle qui nous soutient dans ces moments difficiles. Elle nous invite à ne pas se décourager».  

    «Nous tous, y compris Asia, nous sommes reconnaissants envers ceux qui élèvent leur voix pour dénoncer notre situation», déclare par ailleurs M. Nadeem. Il espère «pouvoir quitter bientôt le Pakistan pour vivre dans un lieu sûr» avec tous ses proches. «Et nous espérons que nos deux familles puissent passer ce Noël à Rome, avec vous», conclut-il dans son témoignage à la branche italienne de l'AED. 

    Rome, où Asia Bibi est évoquée aujourd'hui puisqu'un congrès organisé par l'Alliance Catholique s'y tient sur le thème : «Asia Bibi, plus jamais ! Le Pakistan, la loi sur le blasphème et la liberté religieuse». À l'heure actuelle, 400 personnes sont emprisonnées à cause de cette loi sur le blasphème.

  • Moussa Diabate, un nouveau saint Paul au pays des Touaregs

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    Mali : Le saint Paul des Touaregs

    Moussa Diabate était promis à un brillant destin d’imam et de dignitaire au sein de sa communauté, il a choisi la voie de martyr de Jésus, après avoir rencontré un chrétien qu’il voulait assassiner.  

    « À six ans, je connaissais le Coran par cœur », se souvient Moussa Diabate. Solide physiquement, studieux, il honorait son rang d’aîné d’un dignitaire touareg, chef temporel et imam, qui régnait sur une communauté de plusieurs centaines d’âmes. Ils vivaient au nord du Mali, parcouraient le Sahara avec leurs dromadaires, comme le font les nomades depuis des temps immémoriaux. L’islam sunnite les marquait profondément, régissait chaque aspect de la vie quotidienne. Aussi la conversion au christianisme de l’un des leurs, Alou, était perçue comme tellement incroyable qu’elle traversa le désert comme une traînée de poudre. Atteint de tuberculose, Alou s’était converti au catholicisme après avoir été soigné par des religieuses catholiques.

    De la haine à l’amour

    Moussa connaissait peu Alou. En revanche, il ne connaissait pas les détails de cette conversion et ne voulait pas les connaître : elle était un pur scandale à ses yeux. Une honte qu’il convenait d’effacer. Âgé de 16 ans, il prit la résolution de faire revenir l’apostat à l’islam ou de l’assassiner. Il marcha jusqu’à Bamako, où Alou résidait, et le retrouva.

    Alou lui dit : « Je sais pourquoi tu es là. Tu veux me forcer à prononcer la chahada (1). Et si je ne le fais pas, tu vas me tuer. » Effectivement, Moussa était sur le point de dégainer le pistolet qu’il gardait sous son vêtement, mais Alou le désarma par ces paroles : « En me tuant, tu vas me confirmer dans ma foi. Avant cela, je veux que tu saches qu’il y a quelqu’un qui t’aime. C’est Issa. » « Issa » est le nom que le Coran donne au « Jésus » des chrétiens. Et Moussa ne put tuer Alou.

    Torturé, réfugié

    Moussa sentit que les fondements de sa foi musulmane se lézardaient. Quand sa famille découvrit qu’il négligeait ses prières, on lui demanda de réciter la chahada, ce qu’il refusa. Il fut déshabillé, frappé, attaché à un arbre en plein désert, endurant la chaleur du jour et le froid de la nuit. Un cousin le libéra discrètement, et il put fuir jusqu’à la capitale du Mali, Bamako, où il reçut mystérieusement de l’aide : « Quelqu’un m’envoyait des documents de l’Aide à l’Église en Détresse, qui me parlait de chrétiens persécutés comme moi, se souvient Moussa. Puis une voiture de l’ambassade Suisse est venue me chercherEncore aujourd’hui, je ne sais pas qui a eu vent de mon histoire, ni qui a décidé de m’aider ! », s’étonne encore Moussa, avec émotion. Réfugié en Suisse, il vécut trois ans dans ce pays, où il fut baptisé, avant de revenir au Mali sous un faux nom, en qualité d’éducateur de missionnaire.

    Une fidélité inébranlable

    Conformément à la coutume touarègue, Moussa fit parvenir son premier salaire, à sa mère. Il lui fut retourné avec un mot lui signifiant qu’il n’existait plus aux yeux de sa propre famille. Cette réponse l’affecta profondément, mais il choisit de pardonner à sa famille. Et, chaque soir, il prie pour eux.

    Jusqu’en 2012, sous une autre identité, Moussa a travaillé au Mali, malgré le danger d’être reconnu. Mais il dût à nouveau s’exiler, et gagna le Brésil où il réside actuellement.  Il y a fondé une association, Le Bon samaritain, qui accueille des refugiés du monde entier, quelle que soit leur religion. Elle fournit de la nourriture, un soutien et enseigne le portugais : « Nous devons former les réfugiés afin que, lorsqu’il y aura la paix dans leurs pays, ils puissent y retourner en étant formés pour y reconstruire leur vie ».

    (1) profession de foi islamique

  • L’état actuel des connaissances historiques concernant les origines de l'islam

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    Du blog de Hocine Kerzazi :

    L’islam à l’épreuve de ses origines

    Il n'est peut-être pas dans les prérequis du lecteur de verser dans l’étude historico-critique de l’apparition de l’islam bien qu’il puisse être, parfois malgré lui, témoin de contre-vérités proférées sur ce sujet. D’où l’intérêt de cet article qui s’attachera, en des termes simples, à poser des jalons notionnels au profit d’un large public en attente d’une pédagogie de vulgarisation.

    Depuis quelques dizaines d’années, une véritable révolution est en marche dans les milieux de la recherche islamologique[1]. Et pour cause, l’état actuel des connaissances historiques ébranle profondément l’historiographie musulmane des premiers temps de l’islam. Ces découvertes - qui s’affirment comme un enjeu majeur pour l’islam contemporain - sont accablantes pour la crédibilité du discours musulman et appellent une réflexion de fond sur ses prétentions à l’historicité

    Il n'est peut-être pas dans les prérequis du lecteur de verser dans l’étude historico-critique de l’apparition de l’islam bien qu’il puisse être, parfois malgré lui, témoin de contre-vérités proférées sur ce sujet. D’où l’intérêt de cet article qui s’attachera, en des termes simples, à poser des jalons notionnels au profit d’un large public en attente d’une pédagogie de vulgarisation : nous présenterons d’abord le récit des débuts de l’islam tel que l’historiographie musulmane le rapporte avant de le confronter à l’état actuel des connaissances historiques.

    INTRODUCTION

    L’histoire des premiers temps de l’islam, telle que rapportée par la tradition musulmane, s’inscrit dans un contexte instable et agité : trois des quatre premiers califes sont assassinés ; d’incessantes luttes intestines opposent à mort les plus intimes compagnons du Prophète ; des guerres civiles à répétition sur fond de conquête armée menée en terre non musulmane et d’autorité califale absolue exercée brutalement au sein de l’empire. Dans cette période tourmentée, le Coran, Parole de Dieu, aurait été conservé de façon miraculeuse[2] tout comme le récit fidèle des faits et gestes du Prophète (hadīṯ). Problème : toute cette histoire a été consignée plusieurs siècles après la tenue supposée de ces évènements.

    Pire, l’état actuel des connaissances historiques ébranle les fondements de cette version de l’historiographie musulmane. En effet, les recherches archéologiques et scripturaires sur La Mecque tendent à démontrer qu’elle serait une création tardive des Califes[3]. Les études sur les manuscrits anciens du Coran révèlent des activités manifestes de réécritures et de corrections du texte[4] et attestent de la circulation de versions concurrentes jusqu’au 8ème siècle[5]. L’examen des témoignages non-musulmans contemporains du Prophète et des premières conquêtes arabes dresse un portrait de Muḥammad tout à fait étranger à la biographie convenue qu’en donnent Sīra[6] et Sunna. Quant aux recherches philologiques, elles établissent des soubassements syro-araméens du Coran réfutant les prétentions musulmanes de la pureté[7] arabe originelle[8] de la langue coranique.

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  • Les chrétiens de la province de Ninive (Iraq) dépossédés de leurs maisons

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/IRAQ - Centaines de maisons soustraites abusivement aux chrétiens dans la province de Ninive

    Mossoul (Agence Fides) – Au moins 350 habitations appartenant à des chrétiens ont été soustraites illégalement à leurs légitimes possesseurs au cours de ces dernières années, en profitant de l’absence de ces derniers et au travers de la production de faux documents rendant très compliquée leur récupération de la part de leurs propriétaires. C’est ce qu’indique une enquête réalisée par le réseau télévisé irakien al Sumaria reprise par le site Internet ankawa.com.

    Selon des sources gouvernementales citées dans le reportage, les autorités irakiennes étaient au courant des escroqueries immobilières montées au détriment des chrétiens et auraient donné des dispositions à l’ensemble des départements régionaux compétents afin qu’ils n’autorisent pas de transaction d’immeubles appartenant à des membres de la composante chrétienne sans avoir auparavant vérifié de manière stricte que la vente de ces maisons et terrains était réellement voulue et autorisée par les propriétaires légitimes. Le renforcement des contrôles auraient permis de déjouer au cours de ces derniers mois au moins 50 tentatives de fausses ventes qui intéressaient des propriétés immobilières appartenant à des chrétiens.

    Le phénomène des soustractions illégales de biens immobiliers à des propriétaires chrétiens, enregistré et dénoncé par le passé également à Bagdad, Kirkuk et dans d’autres zones du pays (voir Fides 23/07/2015), a pu prendre pied également grâce à des connivences et à des couvertures de la part de fonctionnaires corrompus et malhonnêtes qui se mettent au service des imposteurs et de groupes organisés d’escrocs.

    Le vol légalisé des propriétés des familles chrétiennes est étroitement lié à l’exode massif de chrétiens irakiens suite aux interventions militaires conduites par les Etats-Unis pour abattre le régime de Saddam Hussein. Les escrocs s’approprient de maisons et d’immeubles demeurés vide, en comptant sur le fait qu’aucun des propriétaires ne reviendra pour réclamer la propriété. Des parlementaires et associations chrétiens ont, par le passé, fait appel à plusieurs reprises, aux institutions administratives locales, leur demandant de mettre un terme au phénomène des fausses certifications sur lequel se base ce type d’escroquerie. (GV) (Agence Fides 16/11/2018)

  • Le calvaire oublié des chrétiens du Kosovo

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    D'Ivana Gajic sur le site de La Nef :

    Kosovo : le calvaire oublié des chrétiens

    Le Kosovo proclamait son indépendance il y a dix ans, en février 2008. Depuis, le sort des chrétiens de l’ex-province serbe n’a cessé de se déteriorer dans une totale indifférence internationale. Petit panorama de la situation sur place.

    Avoir 20 ans au Kosovo en 2018, ce n’est pas avoir l’avenir devant soi. Les perspectives sont bien sombres sur ce territoire le plus pauvre d’Europe, gangrené par la corruption, la partition ethnique, les trafics et l’islamisme radical. La gouvernance non plus n’est pas à la hauteur, plusieurs dirigeants étant liés à des crimes commis durant la guerre avec la Serbie. Dix ans après l’indépendance autoproclamée, le compte n’y est pas et le bilan est une faillite. Dans cet environnement hostile, les chrétiens du Kosovo vivent exclus et discriminés dans un univers parallèle.

    IL Y A DIX ANS LE KOSOVO PROCLAMAIT SON INDÉPENDANCE

    « Depuis aujourd’hui, le Kosovo est fier, indépendant, souverain et libre ! » déclare le 17 février 2008, Hashim Thaci, Premier ministre de l’époque et ancien chef de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK). Dix ans plus tard, c’est un cuisant échec. Pire, le Kosovo de 2018 est tout le contraire des incantions du début, selon le sénateur suisse Dick Marty. « Le Kosovo a une économie inexistante. Il est devenu un centre de criminalité organisée, de trafic de drogue, de trafic d’armes, de trafic d’êtres humains. Il n’y a pas une véritable société civile qui soit à même de faire fonctionner une véritable institution démocratique, et il y a diverses minorités qui vivent protégées par des soldats internationaux. Pendant ces années où le Kosovo était sous protectorat international, des monastères et des églises orthodoxes ont été brûlés dans l’indifférence totale des médias internationaux. Depuis 1999, 250 000 Serbes ont dû quitter le Kosovo. »

    Les chrétiens du Kosovo, largement constitués de Serbes orthodoxes, représentent aujourd’hui moins de 7 % de la population totale du Kosovo évaluée à 1,8 million d’habitants. Une minorité discriminée sur ce territoire des Balkans composé à 90 % d’Albanais musulmans. Un renversement démographique vertigineux qui s’est produit au siècle dernier puisqu’autrefois les chrétiens y étaient majoritaires. Historiquement, rappelons-le, le Kosovo est le berceau de la nation serbe et de sa foi. C’est ici que se trouvent ses plus anciens monastères et c’est ici encore que l’on compte la plus forte densité d’édifices religieux chrétiens en Europe.

    La paupérisation des chrétiens du Kosovo s’explique par la conjugaison de plusieurs phénomènes. Le principal d’entre eux correspond au déplacement massif des communautés. Durant l’occupation ottomane, prolongée jusqu’en 1912, l’immigration intensive des musulmans originaires de l’Albanie voisine a accompagné l’exil du peuple chrétien. La politique démographique des Ottomans visait à mettre en valeur le territoire occupé en faisant basculer le rapport démographique entre musulmans et chrétiens dans un sens favorable aux premiers.

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  • Le pape au Maroc en 2019

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    De Vatican News :

    Le Pape se rendra au Maroc en mars 2019

    Le Pape François se rendra au Maroc, du 30 au 31 mars 2019 : la nouvelle a été communiquée par le porte-parole du Saint-Siège ce mardi matin.

    Les rumeurs bruissaient depuis quelque temps ; le porte-parole du Saint-Siège Greg Burke les a confirmées ce mardi : « à l’invitation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et des Évêques, Sa Sainteté le Pape François se rendra au Maroc, pour un Voyage Apostolique, du 30 au 31 mars 2019. Il visitera les villes de Rabat et de Casablanca », a-t-il déclaré, en précisant que le programme de ce voyage apostolique serait publié ultérieurement.

    Les chrétiens constituent environ 1% au Maroc, et sont majoritairement étrangers. La Constitution du royaume garantit le libre exercice des cultes.

    Il s’agira de la deuxième visite d’un Souverain Pontife dans le royaume, 33 ans après celle du saint Pape Jean-Paul II, en août 1985. Le Pape polonais avait alors été reçu par le roi Hassan II, père de l’actuel monarque. La rencontre avec près de 80 000 jeunes musulmans à Casablanca avait été l'un des moments forts de ce voyage apostolique, comme nous le rappelle Olivier Bonnel : 

  • Asia Bibi n'est pas tirée d'affaire; l'espoir de sa libération broyé par la haine

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    Comment ne pas voir dans les évènements du Pakistan où la foule crie "pendez-la, pendez-la !" un rappel tragique de ces évènements fondateurs de notre foi où le Juste fut condamné à mort par la foule aveuglée de haine qui vociférait "crucifiez-le, crucifiez-le !". Ainsi, Asia Bibi nous apparaît comme une authentique figure christique qui révèle en même temps le mystère du mal et l'impuissance de ceux qui s'y opposent sans vraiment oser le dénoncer.

    De RFI - Les Voix du Monde :

    Pakistan: la libération d'Asia Bibi remise en question, son avocat fuit le pays

    Le sort de la chrétienne Asia Bibi, en prison depuis 2009 pour blasphème et symbole national de la lutte contre l'intolérance religieuse, reste incertain malgré son acquittement par la Cour suprême. Un accord conclu vendredi entre le gouvernement et les islamistes compromet sa libération. Son avocat, craignant pour sa vie, a quitté le pays ce samedi.

    Alors que la libération d'Asia Bibi semblait imminente, voilà qu'un accord controversé conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre le gouvernement et les islamistes vient tout remettre en cause.Les manifestants islamistes radicaux qui bloquaient le pays depuis trois jours ont obtenu que le gouvernement s'engage à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement déposée jeudi dernier à Lahore par un religieux.Non seulement le gouvernement ne s’oppose pas au dépôt d’une requête en révision du jugement, mais en plus, contrairement à ce qui avait d’abord été assuré, la chrétienne ne pourra plus partir si elle le souhaite. Une procédure d’interdiction de quitter le territoire va ainsi être lancée. Et tant pis pour la crédibilité du Premier ministre Imran Khan, qui avait prononcé un discours de fermeté à l'égard des islamistes mercredi soir.

    Cela signifie qu'Asia Bibi, actuellement incarcérée à Multan, dans le centre du pays, devra soit rester en prison soit dans un autre endroit sûr, en attendant que la requête soit examinée, a estimé son avocat, Saif-ul-Malook, interrogé samedi par l'AFP.

    Son avocat quitte le pays

    Maître Saif-ul-Malook a décidé de quitter le pays craignant pour sa vie. « J'ai besoin de rester en vie, car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi », a-t-il expliqué. S'il s'attendait à la réaction violente des extrémistes, il déplore la réaction du gouvernement. « Ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays », a-t-il déclaré.Pendant trois jours, les extrémistes ont bloqué les grands axes routiers et contraint les commerces et les écoles à fermer dans les grandes villes du pays.« Le gouvernement n'aurait jamais dû passer un tel accord », a déploré ce samedi Ashiq Masih, le mari d'Asia Bibi, interrogé par la radio allemande Deutsche Welle. « Il est mauvais de créer un précédent consistant à faire pression sur la justice », a-t-il souligné. « La situation actuelle est très dangereuse pour nous. Nous n'avons aucune protection et nous nous cachons, changeant fréquemment de lieu », a-t-il ajouté. Ashiq Masih a demandé au gouvernement de renforcer « la sécurité » de son épouse « en prison ».

    Pour lui, la Cour suprême pakistanaise s'est montrée « très courageuse » mercredi dernier en acquittant Asia Bibi, une mère de famille illettrée d'une cinquantaine d'années, dont le cauchemar avait commencé en 2009 alors qu'elle travaillait aux champs. Invoquant des raisons religieuses, deux femmes musulmanes avaient refusé de partager un verre d'eau avec elle et une querelle avait éclaté. Quelques jours plus tard, ces femmes avaient relaté l'affaire à un imam local qui avait accusé la chrétienne d'avoir « insulté » le prophète de l'islam, ce que celle-ci a toujours nié. Elle a été emprisonnée, condamnée à mort, avant d'être acquittée le 31 octobre par la Cour suprême.