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Hostilité au christianisme et à l'Eglise - Page 62

  • Quand le cardinal Parolin minimise les persécutions subies par les chrétiens en Chine

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    Du National Catholic Register (Bree A. Dail) :

    D'un journaliste catholique chinois en exil : Les croyants chinois ont besoin d'aide !

    En réponse aux récents commentaires du Cardinal Parolin qui semblaient minimiser l'existence de la persécution chrétienne, Dalù déclare que la persécution est en fait un terme trop doux pour la situation actuelle désastreuse en Chine.

    Catholics gather to pray the Rosary including Bishop Ma Daquin of Shanghai.

    Les catholiques se réunissent pour prier le chapelet, y compris l'évêque Ma Daquin de Shanghai.

    Interview

    17 novembre 2020

    Un journaliste, lanceur d'alerte et réfugié politique chinois a critiqué le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, pour ce que l'exilé chinois considère comme une attitude dédaigneuse à l'égard des persécutions actuelles en Chine. Le journaliste chinois Dalù répliquait à une interview du cardinal Parolin accordée au journal italien La Stampa, réalisée quelques jours avant que le Vatican ne renouvelle son accord avec la Chine le mois dernier.

    Dalù s'est adressé au Register le 27 octobre, Journée internationale de la liberté religieuse. Dans cette interview, il a mis en avant la question posée par le journaliste de La Stampa Vatican au cardinal Parolin sur la persécution continue des chrétiens en Chine, malgré l'accord sino-Vatican signé en 2018, auquel le secrétaire d'État du Vatican a répondu : "mais les persécutions, les persécutions ... Il faut utiliser les mots correctement".

    Les paroles du cardinal ont choqué Dalù, qui a reçu le statut de réfugié politique en Italie en 2019 après avoir défié le Parti Communiste Chinois, et l'ont amené à conclure : "Les commentaires du Cardinal Parolin peuvent avoir un sens. Le terme "persécution" n'est pas assez précis ou fort pour décrire la situation actuelle. En fait, les autorités du PCC ont réalisé que la persécution des religions nécessite des méthodes nouvelles et innovantes pour éviter une forte réaction du monde extérieur".

    Originaire de Shanghai, Dalù a été l'un des journalistes les plus populaires des médias chinois avant de réaliser en 1995 un reportage visant à exposer la vérité sur le massacre de la place Tiananmen à ses auditeurs de radio, malgré la tentative du gouvernement chinois de contrôler le récit de l'événement. Dalù s'est converti au catholicisme en 2010, ce qui, selon lui, a renforcé l'hostilité du Parti communiste chinois à son égard. Puis, en 2012, après l'arrestation de l'évêque Ma Daquin du diocèse de Shanghai, Dalù a utilisé les médias sociaux pour demander avec insistance la libération de l'évêque, ce qui a finalement conduit à l'interrogatoire et à la persécution du journaliste.

    Dalù a reçu le statut légal de réfugié politique en Italie en 2019. L'interview suivante a été publiée dans un souci de clarification et d'approfondissement.

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  • Le cardinal Zen dénonce l'Ostpolitik du cardinal Parolin

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    De Kath.net (Roland Noé):

    "Je suis sûr que le cardinal Parolin lui a dit de ne pas me voir. Incroyable !"

    17 novembre 2020

    Ils suivent une "Ostpolitik", une politique de compromis avec les communistes, une politique de reddition. Malheureusement, François suit aussi cette ligne maintenant et je ne sais pas pourquoi". -

    Entretien de kath.net (Roland Noé) avec le cardinal Zen 

    "Comme l'accord est secret, le gouvernement l'utilise pour tromper le peuple. Ce faisant, on demande au peuple de faire des choses qui n'étaient clairement pas autorisées par Benoît XVI". C'est ce que dit le cardinal Joseph Zen Ze-kiun SDB dans une interview avec kath.net. L'évêque émérite de Hong Kong critique le secret de l'accord entre le gouvernement chinois et le Vatican : "Après la signature de l'accord, nous n'avons constaté aucune amélioration, la persécution est même devenue plus dure, tant pour l'église clandestine que pour l'Eglise qui est sous contrôle de l'État.

    kath.net : L'accord controversé entre le Vatican et la Chine a été renouvelé il y a quelques jours Pourriez-vous nous dire à nouveau très brièvement ce que vous critiquez à ce sujet ?

    Cardinal Zen : Ma principale critique est la suivante : pourquoi tout est-il gardé secret? Même moi, en tant que cardinal chinois, je ne peux pas en voir le contenu. Vous dites que c'est bien. Mais je n'y crois pas tant que je n'ai pas vu le contenu en chinois. Mais le Vatican nous dit alors que même un mauvais accord est mieux que rien du tout. Je ne peux pas comprendre cela. Je peux accepter un accord imparfait, mais je ne peux pas accepter un mauvais accord qui va à l'encontre de notre foi et de la discipline de l'Eglise. Comme l'accord est secret, le gouvernement l'utilise pour tromper le peuple. Il demande aux gens de faire des choses qui n'étaient clairement pas autorisées par Benoît XVI. Ils disent maintenant que le pape François dit que c'est bon. Les gens sont dans la confusion. Après la signature de l'accord, nous n'avons constaté aucune amélioration, en fait, la persécution est devenue plus dure, tant pour l'Eglise clandestine que pour l'Eglise sous contrôle de l'État.

    kath.net : Vous étiez à Rome il y a quelques jours et vous n'avez pas pu obtenir de rendez-vous avec le pape François. Pourquoi ?

    Le Cardinal Zen : Depuis deux ans, nous attendons un nouvel évêque à Hong Kong. Ils nous disent maintenant que cela n'est pas possible sans la bénédiction de Pékin. Je suis allé à Rome et j'ai demandé à voir le Pape. Cela n'a pas été possible. Je suis sûr que le cardinal Parolin lui a dit de ne pas me voir. Incroyable !

    kath.net : Vous critiquez toujours le cardinal Parolin et vous estimez que le cardinal secrétaire d'État manipule la politique de Jean-Paul II et de Benoît XVI concernant la politique chinoise. Ne serait-ce pas une alternative si le Vatican revenait à une politique de la Chine basée sur la célèbre lettre de Benoît XVI du 27 mai 2007 ?

    Le cardinal Zen : Malheureusement, le cardinal Parolin ne suit pas la lettre de Benoît XVI, mais une "Ostpolitik", une politique de compromis avec les communistes, une politique d'abandon. Malheureusement, François suit maintenant aussi cette ligne et je ne sais pas pourquoi. Le pape François a toujours eu beaucoup d'empathie pour moi, mais il n'a pas suivi mes conseils.

    kath.net : Comment les personnes de foi peuvent-elles vous aider ? Que pouvons-nous faire pour vous ?

    Cardinal Zen : L'information est très importante. Vous faites un excellent travail. Vous pouvez également trouver de nombreuses informations sur mon blog. Vous êtes invités à le traduire pour vos lecteurs. Il existe également un livre (en chinois, anglais et italien) "Pour l'amour de mon peuple, je ne me tairai pas". Il s'agit de ce que Benoît XVI a fait pour l'Église en Chine.

    kath.net : Merci beaucoup pour cet entretien. Dieu vous bénisse pour votre travail!

  • Cette "menace vient de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes" (Benoît XVI)

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    D'Antonio Socci sur Libero traduit sur le site "Benoît et moi" :

    Les mots dramatiques de Benoît XVI:

    « la menace vient de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes… avoir peur de cette puissance spirituelle de l’Antéchrist n’est que trop naturel ».

    15 novembre 2020

    En mai, une polémique a suivi l’anticipation de certaines déclarations faites par Benoît XVI à Peter Seewald et publiées dans sa biographie sur le point de sortir en Allemagne. Cet ouvrage est maintenant traduit en Italie sous le titre « Benedetto XVI, una vita« , on a donc la possibilité de mieux comprendre les paroles du pape.

    La question cruciale de Seewald à Ratzinger est la suivante: « Une phrase de votre première homélie en tant que pontife est restée particulièrement gravée dans la mémoire: ‘Priez pour moi, afin que je ne fuie pas, par peur, devant les loups‘. Avez-vous prévu ce qui vous attendait?« .
    Le pape répond qu’il n’y a pas d’allusion aux problèmes du Vatican (comme les Vatileaks), comme beaucoup l’ont pensé.

    « La véritable menace pour l’Église, et donc pour le service pétrinien -explique Benoît XVI -, ne vient pas de ce genre d’épisode : elle vient plutôt de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes, les contredire conduit à l’exclusion du consensus de base de la société. Il y a cent ans, n’importe qui aurait trouvé absurde de parler de mariage homosexuel. Aujourd’hui, ceux qui s’y opposent sont socialement excommuniés. Il en va de même pour l’avortement et la production d’êtres humains en laboratoire. La société moderne entend formuler un credo anti-chrétien: ceux qui s’y opposent sont punis par l’excommunication sociale. Avoir peur de cette puissance spirituelle de l’Antéchrist n’est que trop naturel et il est vraiment nécessaire que les prières de diocèses entiers et de l’Eglise mondiale viennent à la rescousse pour y résister ».

    Les médias ont simplifié tout cela de manière superficielle, déclenchant la polémique sur ces exemples. Mais ce n’est pas le centre du raisonnement de Benoît XVI, qui a un tout autre souffle. Il parle de la « menace » représentée « par la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes ».
    C’est cela qui est important. Qu’un homme de grande culture, de spiritualité profonde et d’autorité reconnue, parle de la « menace » d’une « dictature universelle » ne peut laisser indifférent.

    On peut objecter, mais ce thème a aussi émergé dans le débat public. Même les intellectuels laïcs se sont montrés préoccupés par l’imposition évidente d’une « pensée unique » et même « MicroMega » [ndt: revue de culture, politique, science et philosophie dirigée par Paolo Flores d’Arcais, avec qui le cardinal Ratzinger avait accepté de débattre en 2000, donnant naissance à un essai intitulé « Est-ce que Dieu existe? »]  a pointé l’index contre « la nouvelle saison d’excès que connaît l’idéologie du politiquement correct et qui a conduit à la redécouverte ‘progressive’ de la censure ».

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  • Les évêques de Belgique expriment leur soutien aux chrétiens arméniens

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    Les évêques de Belgique expriment leur soutien aux chrétiens Arméniens.  

    Communiqué de presse :

    La récente violence vécue dans la région du Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan préoccupe vivement les évêques de Belgique. De nombreux morts sont à déplorer, dont beaucoup de civils, plongeant les familles dans le deuil.

    Des maisons sont détruites, des hôpitaux et des écoles, et aussi des lieux de culte. Les dommages ne sont pas limités aux dégâts matériels mais comprennent aussi de graves blessures spirituelles.

    Le jour de la Toussaint, lors de l’Angélus, le pape avait lancé un appel à la trêve « pour arrêter le versement de sang innocent ». Le pape a exprimé sa proximité de tous ceux qui souffrent et a demandé une paix stable pour cette région du Caucase du Sud.

    Les évêques de Belgique tiennent à s’unir à l’appel et à la prière du pape, dans l’espoir d’une paix durable. Ils prient à cette intention. Ils adressent en particulier leur soutien par la prière aux communautés chrétiennes d’Arménie dont la terre historique est menacée si elles sont contraintes à l’exil.

    Le cessez-le-feu et l’accord de paix récemment signé doit avoir pour vocation, non seulement l’arrêt des violences mais aussi la possibilité pour les chrétiens de vivre en paix sur la terre de leurs ancêtres, dans le respect de leur culture chrétienne.

    + Les évêques de Belgique

     SIPI – Bruxelles, vendredi 13 novembre 2020

  • Les chrétiens, premières victimes d'une hostilité croissante à travers le monde

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    De Vatican News (13 novembre) :

    Les chrétiens, premier groupe religieux persécuté selon le Pew Center

    L'intolérance religieuse continue de croître dans le monde, en particulier à l'égard des chrétiens, premiers sur la liste des groupes religieux ciblés par les gouvernements et/ou victimes de l'hostilité sociale. C'est ce qui ressort de la dernière étude publiée par le Pew Research Center de Washington.

    Selon les données recueillies en 2018, les chrétiens sont en tête de liste des communautés religieuses les plus «harcelées», un record qu'ils détiennent depuis la première recherche menée en 2007 par le département Religion et Vie publique du Pew Research Center.

    De 2017 à 2018, le nombre de pays dans lesquels les chrétiens subissent une forme d'hostilité a donc encore augmenté, passant de 143 à 145 États.

    124 gouvernement restreignent les chrétiens

    Plus précisément, sur les 198 États examinés, les chrétiens sont soumis à des restrictions et à un harcèlement plus ou moins sévères par 124 gouvernements et sont précédés, dans ce cas, par des musulmans qui les subissent dans 126 États. Dans 104 pays, les chrétiens sont victimes d'abus et de discrimination sociale; 103 pour les musulmans.

    Plus généralement, au cours des onze dernières années, les restrictions imposées aux communautés religieuses dans les États n'ont cessé d'augmenter. En 2018, l'indice dans ce domaine a augmenté de 2,9 points sur une échelle de 0 à 10, le plus élevé depuis 2007. Le rapport lie cette hostilité accrue en partie à la propagation des régimes autoritaires. Parmi les dix pays présentant les taux d'hostilité les plus élevés, quatre sont dotés de régimes autocratiques, trois de régimes hybrides et trois de démocraties imparfaites.

    Mais le taux de démocratie ne semble pas tout expliquer. Les pays classés comme des démocraties à part entière dans lesquels l'hostilité à l'égard des communautés religieuses est croissante se trouvent tous en Europe. Un phénomène dont même les États-Unis ne sont pas à l'abri; dans le classement établi par le Pew Research Center, ils figurent ainsi parmi les pays à restrictions modérées (indice 2,3).

    Augmentation de l’hostilité en Asie-Pacifique

    La région où le taux de restrictions gouvernementales est le plus élevé est le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, qui affiche une moyenne de 6,2 points sur 10. La région connaît également le taux le plus élevé de restrictions et de harcèlement à l'encontre des chrétiens. Toutefois, l'augmentation la plus significative de l'hostilité religieuse a été enregistrée en Asie, passant d'une moyenne de 3,8 en 2017 à 4,4 points en 2018, avec un pic de 9,3 points en Chine (contre 8,9 en 2017). 

    Parmi les pays du monde qui ont enregistré une augmentation significative des restrictions et des abus, l’on peut citer la Corée du Sud et le Salvador. Dans ce dernier pays, les communautés chrétiennes sont de plus en plus souvent victimes d'attaques du crime organisé. Au Nicaragua aussi, où les tensions entre l'Église et le gouvernement ont augmenté après le virage autoritaire du président Daniel Ortega, les violations des droits de l'homme à l'encontre des communautés religieuses sont en augmentation.

    Enfin, il convient de noter que la recherche, d'autre part, a enregistré une légère diminution globale du nombre de pays présentant un taux «élevé» ou «très élevé» d'hostilité sociale envers les religions, de 56 en 2017 (28% des 198 pays examinés) à 53 (27%). Ils comprennent 16 pays européens, 14 de la zone Asie et Pacifique et 11 de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

    Lire également : L’Asie en tête des restrictions gouvernementales sur les religions selon une nouvelle étude

  • Joan Roig i Diggle, tué à 19 ans en haine de la foi

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    De Vatican News :

    Espagne: béatification de Joan Roig i Diggle, «martyr du combat pour le Christ»

    Tué en haine de la foi, in odium fidei, à seulement 19 ans pendant la guerre civile espagnole, Joan Roig i Diggle a été béatifié samedi 7 novembre 2020 à Barcelone. La célébration était présidée au nom du Pape François par le cardinal Juan José Omella y Omella, archevêque de Barcelone.
     

    Roberta Barbi - Cité du Vatican

    Ils sont environ deux mille martyrs de la guerre civile espagnole vénérés par l'Église catholique: des prêtres, des religieux, voire des évêques, et de nombreux laïcs, pères, mères ou jeunes, qui ont perdu la vie uniquement parce qu'ils aimaient le Christ pendant les années sombres qui ont affligé la péninsule ibérique entre 1936 et 1939, juste avant que la Grande Guerre ne secoue le monde.

    Parmi eux, Joan Roig i Diggle, originaire de Barcelone, qui affirmait «Maintenant, plus que jamais, nous devons lutter pour le Christ», alors que l’Espagne subissait une très forte vague anti-chrétienne.

    Entre études et travail, ferme dans ses valeurs

    Joan a été formé par les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis a fréquenté le lycée des Pères Scolopi, où tout le monde se souvient de lui pour son sérieux, son respect et son dévouement à l'étude. Mais aussi pour une foi profonde et enracinée pour un jeune homme, comme en témoignent deux pères auxquels Joan était particulièrement attaché, et qui ont tous deux été assassinés pendant la guerre civile: le père Francisco et le père Ignasi. La famille de Joan ne jouissant pas d’une grande richesse économique a été contrainte de quitter Barcelone pour s'installer dans la ville voisine d'El Masnou et faire travailler leur fils d'abord dans un magasin de tissus, puis dans une usine. Joan ne s'en plaint jamais. Malgré la fatigue, il continue d'alterner études et travail car il cultive un rêve: obtenir un diplôme de droit et devenir avocat.

    Chez les Jeunes Chrétiens de Catalogne

    À El Masnou, Joan connaît la Fédération des jeunes chrétiens de Catalogne et y adhère avec enthousiasme. Ce sont les années où sa vie spirituelle devient plus intense et, en même temps, pour ses proches, la transparence de ses vertus et l'authenticité de sa foi deviennent plus claires. Il commença à participer quotidiennement à la messe, à méditer, à pratiquer la piété et à approfondir sa compréhension de la doctrine sociale de l'Église. En priant et en regardant le monde qui l'entoure, Joan devient plus conscient des problèmes qui affligent la société, mais aussi du rôle que le laïc peut jouer au sein de l'Église pour aider à les résoudre. Lorsque le siège de la Fédération est par exemple incendié par les miliciens, il n'hésite pas à être gardien de nuit à l'église après la confession et surtout à cacher l'Eucharistie à la maison pour l'apporter à tous ceux qui en ressentent le besoin. 

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  • Chine : huit religieuses, considérées comme "dangereuses", ont dû quitter leur couvent

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    De Zhang Feng sur Bitter Winter :

    Les religieuses catholiques sont considérées comme "dangereuses" et forcées de quitter le couvent

    3 novembre2020

    Le PCC intensifie l'intimidation et la persécution des catholiques qui refusent de rejoindre l'Église patriotique.

    Huit religieuses catholiques ont décidé de quitter leur couvent dans la province du Shanxi, dans le nord du pays, cet automne, après avoir subi des harcèlements et des intimidations répétés de la part des autorités locales. Les religieuses étaient sous surveillance constante, mais l'ordre donné en août de retirer la croix du couvent a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

    "La croix est un symbole de salut. L'enlever, c'était comme couper notre propre chair", a déclaré l'une des religieuses. "Si nous avions refusé de l'enlever, le gouvernement aurait démoli le couvent." Les religieuses ont également reçu l'ordre de supprimer tous les autres symboles religieux, ce qui a entraîné le retrait de toutes les croix et d'une douzaine de statues religieuses à l'intérieur du couvent.

    Les fonctionnaires nous ont déclarés "personnes dangereuses" et nous ont harcelées à plusieurs reprises", a poursuivi la religieuse. "Ils nous ont demandé de mettre par écrit ce que nous avions fait depuis les jardins d'enfants et ont exigé de divulguer tout ce que nous avions fait au cours des derniers mois. Ils voulaient même que nous nous souvenions des plaques d'immatriculation des véhicules que nous avons utilisées pendant nos voyages".

    Quatre caméras de surveillance ont été installées dans le couvent pour surveiller les religieuses et les visiteurs. Il était même prévu d'installer des caméras dans leur salle à manger, leur cuisine et leur buanderie, mais les religieuses ont réussi à empêcher cela.

    "Trois personnes, un officier de police et deux fonctionnaires locaux, ont été désignés pour nous surveiller", a déclaré la religieuse. "Ils se rendaient souvent à l'intérieur du couvent pour s'enquérir de nos activités, parfois la nuit. Le gouvernement a même engagé des voyous pour nous harceler. Ils entraient dans la cuisine pendant que nous cuisinions pour faire des bêtises ou agir lascivement, nous invitant à dîner avec eux".

    Les catholiques en Chine subissent des persécutions de plus en plus sévères. Les attaques contre eux se sont multipliées à l'approche du renouvellement de l'accord Vatican-Chine de 2018 en octobre dernier.

    Le 13 septembre, une église catholique de la ville de Shenzhou, dans le Hebei, a été fermée pour avoir refusé de rejoindre l'Association catholique patriotique chinoise (CPCA) après que la croix, d'autres symboles religieux et des statues aient été enlevés.

    A Catholic church in Shenzhou was emptied before being closed down.
    Une église catholique de Shenzhou a été vidée avant d'être fermée.

    "Le Parti communiste exerce une répression encore plus sévère sur la religion que pendant la Révolution culturelle", a commenté un membre de la congrégation.

    Une église catholique non enregistrée dans le village de Youtong, dans le district de Luancheng de la ville de Shijiazhuang de Hebei, a été fermée le 3 septembre, également pour avoir refusé de rejoindre l'Église patriotique. Les responsables du village ont supervisé les membres de la congrégation qui ont enlevé les statues religieuses et l'autel avant de fermer l'église.

    "Si nous rejoignons la CPCA, nous serons complètement contrôlés par le PCC, coupés de Dieu. Nous ne nous rendrons pas", a déclaré avec détermination un membre de l'église.

    The Catholic church in Youtong village has been turned into a parking lot.
    L'église catholique du village de Youtong a été transformée en parking.

    Le 5 août, une église catholique non enregistrée dans le district de Chang'an à Shijiazhuang a été mise sous scellés par les autorités locales avant les inspections des gouvernements provinciaux et municipaux.

    The closed Catholic church in the Chang’an district.
    L'église catholique fermée dans le district de Chang'an.

    Une autre église catholique de Shijiazhuang a été fermée en mai parce qu'elle ne disposait pas du certificat d'enregistrement des lieux d'activités religieuses. Les autorités locales ont fait pression sur le prêtre de l'église pour qu'il rejoigne le CPCA, le menaçant de le priver du droit de célébrer la messe. Peu enclin à faire des compromis, le prêtre a déménagé et organise maintenant de petits rassemblements de congrégation en secret.

    En nous forçant à rejoindre les églises "légales", le gouvernement vise à éliminer notre foi, à faire en sorte que tous les gens ne croient qu'au Parti communiste", a déclaré un catholique local.

  • Quand l'extrême gauche se déchaine dans les rues de Pologne

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    De Patryk Regalski sur le site de l'European Centre for Law & Justice :

    L’extrême gauche dans la rue après le jugement du TC polonais sur l’avortement eugénique

    4 novembre 2020

    Depuis que le Tribunal constitutionnel polonais a jugé l’avortement eugénique contraire à la Constitution, des manifestations ont lieu dans toute la Pologne pour protester contre ce jugement avec le slogan « C’est la guerre ! ». Si la plupart des manifestations n’ont pas un caractère massif, avec un nombre de manifestants pouvant varier entre quelques dizaines et quelques milliers (mais jusqu’à 430 000 manifestants comptés dans toute la Pologne par la police dans la soirée du 28 octobre), le mouvement de protestation se distingue par son outrance et un niveau d’agressivité et de vulgarité encore jamais vu en Pologne.

    Les manifestants pro-avortement s’en prennent aux églises et aux catholiques

    Première cible des manifestants qui semble en effet s’inscrire dans le contexte de la guerre culturelle conduite par l’extrême gauche depuis déjà un certain temps : l’Église catholique est victime d’actes de vandalisme à répétition alors qu’elle n’est pas à l'origine du jugement du Tribunal constitutionnel même si ses positions sur l’avortement sont connues de tous. Le dimanche 25 octobre, des messes ont été interrompues à l’appel d’organisations féministes radicales comme Strajk Kobiet (Grève des femmes). Les catholiques se plaignent de ne pas être protégés par la police, alors qu’interrompre volontairement un culte religieux aux fins d’y faire obstacle est un délit passible de deux ans de prison en Pologne et alors que des églises avec statut de monument historique n’ont pas été épargnées par les tags pro-avortement ou insultants à l’égard des chrétiens. Des prêtres ont été couverts d’insultes et de gros mots, souvent à caractère sexuel, et les milieux nationalistes ont créé une garde nationale pour défendre les églises et ont appelé les citoyens outrés par ces attaques à les rejoindre. Des groupes de supporters de foot se sont également joints à la protection des églises par la force, mettant en fuite les agresseurs dans plusieurs villes, comme devant les cathédrales de Białystok et de Poznań ou, dans un incident séparé, des militants d’extrême gauche ont attaqué à la matraque et au couteau des personnes défendant une église, blessant une de ces personne à l’arme blanche. Des affrontements ont aussi eu lieu à Varsovie où les défenseurs de l’église Saint-Alexandre conduits par les organisateurs de la Marche de l’Indépendance, qui se déroule tous les 11 novembre à Varsovie, ont interdit l’accès à quelques milliers de manifestants pro-avortement. Dans l’ensemble, les affrontements physiques restent toutefois marginaux, la police polonaise s’efforçant de maintenir à distance manifestants et contre-manifestants.

    Les commentateurs observent que de tels actes contre les églises et contre les croyants n’arrivaient pas même sous le régime communiste. Des députés de gauche se sont malgré tout solidarisés avec les manifestants, y compris au sein du groupe Lewica (La Gauche) dont la principale composante est le parti post-communiste SLD à l’origine de la Constitution en vigueur datant de 1997 et sur la base de laquelle le Tribunal constitutionnel a interdit l’avortement eugénique. Mardi, le mouvement Strajk Kobiet a publié sur son profil Twitter les adresses personnelles de juges du Tribunal constitutionnel et de militants pro-vie comme pour inciter les militants pro-avortement à s’en prendre physiquement à eux. Des manifestations ont également été organisées devant le siège du PiS et devant le siège de l'organisation pro-vie Institut Ordo Iuris à Varsovie.

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  • La question de l’islam ne peut être résolue par une approche laïciste

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    Du Figaro via la revue de presse de l'Homme Nouveau ("Au quotidien" 81):

    Dans le Figaro du 30 octobre dernier, le philosophe Rémi Brague réagissait à l’attentat de Nice, non seulement en chrétien mais en bon connaisseur de l’islam, démontrant ainsi, par l’exemple, que la question de l’islam ne peut être résolue par une approche laïciste.

    Le philosophe Rémi Brague souligne l’opposition entre le système de normes des pays occidentaux, fondé sur la raison et la conscience, et celui des sociétés musulmanes, basé sur le respect de la loi dictée par le Coran.

    LE FIGARO.- Quelques jours après la décapitation de Samuel Paty, l’islamisme fait trois nouveaux morts à Notre-Dame de Nice. Que vous inspire ce nouvel attentat?

    Rémi BRAGUE.- La même chose qu’à beaucoup de monde, hormis bien entendu les menteurs aux larmes de crocodile, voire ceux pour qui l’assassin est un «martyr»: du chagrin et de la compassion envers les victimes et leurs proches, de la rage envers les meurtriers, davantage envers ceux qui les manipulent, et encore plus envers ceux qui leur trouvent des excuses, de la honte devant la lâcheté de discours martiaux qu’aucun effet ne suit.

    En tout cas, guère de surprise. Les causes étant là, comment s’étonner de ce qu’elles produisent des effets? Parmi ces causes, une immigration sans contrôle, des réseaux sociaux et des prêcheurs qui attisent la haine. Et maintenant des chefs d’État étrangers qui en profitent pour laisser le mécontentement de leurs sujets se déchaîner sur des cibles sans risque pour eux. (…) Pour ces gens, la France est fondamentalement une nation chrétienne, et peu importe que beaucoup parmi nous rejettent cet ancrage avec dégoût. De même que nous appelons «musulmans» tous ceux qui vivent dans des pays islamisés ou qui en proviennent, de même ceux-ci perçoivent comme «chrétiens» tous ceux qui vivent en terre chrétienne ou ex-chrétienne. Or le christianisme est depuis le début de la part de l’islam l’objet d’une haine mêlée de mépris. Celui-ci est pour lui une religion dépassée, qui a trahi le message d’Issâ (Jésus), qui a trafiqué l’Évangile (au singulier) pour en effacer l’annonce de la venue de Mahomet, qui associe au Dieu unique deux créatures, par exemple Jésus et Marie. Dans la cité musulmane d’autrefois, le christianisme, comme le judaïsme, était toléré tant que c’était dans l’intérêt de l’islam dominant. Les chrétiens y versaient un impôt spécial et devaient se soumettre à des règles destinées à les humilier (Coran, IX, 29) afin qu’ils comprennent qu’il serait dans leur avantage de passer à la religion «vraie». (…)

    Il est révélateur qu’aujourd’hui on décide de fermer les lieux de culte, qui sont surtout des églises, jusqu’à nouvel ordre. On peut en comprendre les raisons, qui relèvent de la santé publique. Reste que, ironiquement, cette fermeture provisoire correspond tout à fait à ce que souhaitent les «islamistes» sur le long terme. Même si ce n’est certainement pas pour leur plaire que la décision a été prise, ils n’auraient pas rêvé mieux… (…)

    L’islamisme et l’islam sont en effet différents, mais j’y vois une différence de degré plus que de nature. L’islamisme est l’islam pressé, bruyant, brouillon ; l’islam est un islamisme patient, discret, méthodique. L’islam a pour but avoué, dès le début, non pas la conversion du monde entier, mais sa conquête - pas nécessairement militaire. Il cherche à établir des régimes dans lesquels une forme ou une autre de la loi islamique sera en vigueur, de sorte qu’en un second temps leurs sujets auront intérêt, à long terme, à se convertir.

  • Le djihadisme frappe en République Démocratique du Congo; des églises chrétiennes prises pour cible

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    Lu sur le site de la RTBF :

    RDC : au moins 21 morts dans une nouvelle attaque attribuée aux rebelles ADF

    Au moins 21 personnes ont été tuées dans un nouveau massacre des combattants du groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué samedi l'administrateur de cette région.

    Les hommes des ADF se sont d'abord attaqués à une position des Maï-Maï, milice d'autodéfense, avant de "s'en prendre aux habitants" du village de Lisasa. "Le bilan actuel, encore provisoire, est de 21 morts", a déclaré l'administrateur du territoire de Beni dans le Nord-Kivu, Donat Kibwana, à l'AFP.

    Ce bilan provisoire a été confirmé par le chef du secteur de Buliki où est situé le village de Lisasa.

    Sur les 21 personnes tuées figurent "quinze femmes", écrit dans un communiqué l'ONG Centre d'étude pour la promotion de la paix, la démocratie et le droit de l'homme (Cepadho).

    Les trois sources affirment que d'autres personnes ont été enlevées et sont portées disparues, un centre de santé pillé, des maisons incendiées et une église catholique profanée.

    Historiquement, les ADF sont des rebelles musulmans ougandais installés dans l'Est de la RDC depuis 1995.

    Ils n'attaquent plus l'Ouganda voisin depuis des années, vivant de trafics dans la forêt dense autour de Beni, où ils se sont installés.

    Ils sont accusés du massacre de plus d'un millier de civils dans la région depuis octobre 2014.

    Depuis novembre 2019, les ADF ont tué des centaines de civils en représailles à une offensive de l'armée contre leurs bases et leurs leaders dans la forêt de Beni.

    Les ADF n'ont jamais revendiqué aucune action sur le sol congolais. Mais depuis avril 2019, plusieurs de leurs attaques ont été revendiquées par "l'État islamique - Afrique centrale", avec parfois des erreurs factuelles.

    Les ADF ont pris pour cible des églises chrétiennes

    Jeudi, dix-neuf civils ont été tués dans une attaque attribuée à ces ADF dans la localité de Baeti, au cours de laquelle une quarantaine de maisons et une église avait été incendiées.

    A travers son organe de propagande, le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué vendredi cette attaque, comme il l'avait fait le 21 octobre pour celle contre une prison de Beni qui a entraîné l'évasion de plusieurs centaines de détenus.

    "Au courant du mois d'octobre, les ADF ont pris pour cible des églises chrétiennes. Ce n'est pas anodin, c'est peut être une façon pour ce groupe de faire attester la thèse de l'islamisme" à leurs actes, a commenté un responsable de l'ONG Cepadho, Omar Kavota, auprès de l'AFP.

    Depuis près de trois décennies, l'est congolais est confronté à des violences.

    Plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers s'y attaquent aux civils ou s'affrontent aux forces régulières pour des raisons ethniques, foncières ou économiques.

  • Déferlement haineux en Pologne

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    27 octobre 2020

    Violence féroce dans les rues après l’arrêt de la Cour constitutionnelle abolissant l’avortement eugénique : des églises profanées dans tout le pays et des affrontements provoqués par des pseudo-défenseurs de femmes : tel est le vrai visage des promoteurs de l’avortement dans toute l’Europe. Le courage des évêques, avec l’Eglise prise d’assaut : « L’Eglise ne peut pas cesser de défendre la vie ».

    Menaces et violences, listes de proscription et vandalisme, le tout scientifiquement planifié et grassement financé par les philanthropes chantres de la société ouverte, voici le vrai visage des promoteurs de l’avortement dans toute l’Europe, des escouades nazies en action contre les églises, les fidèles chrétiens et les défenseurs de la dignité humaine en Pologne et en Allemagne. Nous avons documenté de façon très détaillée l’événement historique qui s’est déroulé en Pologne avec la décision de la Cour constitutionnelle jeudi dernier 22 octobre, et les protestations des institutions, des médias et d’imposantes associations « humanitaires ».

    Les marches de protestation, largement invoquées et soutenues de l’étranger, ont commencé dès la lecture de l’arrêt qui a aboli l’avortement eugénique dans le pays européen, dans la nuit du 22 au 23 octobre. Peu suivies, elles ne pouvaient pas se terminer ainsi et en effet, sous les braises, se préparaient des actes de vandalisme, de blasphème et d’incivilités contre les messes et les fidèles le dimanche 25 octobre.

    Des églises barbouillées par des pseudo-artistes avec des slogans et des images de chasse aux sorcières, des petits groupes de personnes agenouillées devant la cathédrale de Varsovie qui, pendant les messes, criaient des slogans des années 70 : « Mon corps, mon choix », « C’est une guerre » et encore « Sadiques ! Nous venons vous chercher. » Pendant ce temps, à Poznan, dans l’ouest de la Pologne, un groupe de protestataires a organisé une manifestation à l’intérieur de la basilique des SS Pierre et Paul, en file devant l’autel pour interrompre la célébration eucharistique. La série de manifestations s’est déroulée sous le nom de « Parole pour le jour du soleil », en référence à un programme télévisé hebdomadaire consacré à la lecture de la Bible.

    À Katowice, des protestations bruyantes avec des cortèges de voitures et l’entrée de la cathédrale protégée uniquement par un cordon de police: toutes ces actions sont en violation à la fois des lois polonaises interdisant l’offense des sentiments religieux, et du lockdown introduit dans le pays le samedi 24 octobre.

    Dimanche, le président de la Conférence épiscopale polonaise a exhorté les défenseurs de l’avortement eugénique à exprimer leur opposition « d’une manière socialement acceptable ». « Profaner des églises et des autels avec violence, vandaliser des bâtiments sacrés, perturber les services religieux et empêcher la liberté de culte ne sont pas la bonne façon d’agir dans un État démocratique », a déclaré l’archevêque Gadecki. « J’exprime ma tristesse de voir que dans de nombreuses églises aujourd’hui, les croyants ont été empêchés de prier et que leur droit de professer leur foi leur a été arraché par la force ».

    Parmi les églises visées par les manifestants figure celle de l’évêque de Poznam, Mgr Gadecki, qui a souligné que ce n’est pas l’Église qui décide si les lois sont conformes à la constitution polonaise. « Pour sa part, l’Église ne peut pas cesser de défendre la vie, ni ne peut s’abstenir de proclamer que tout être humain doit être protégé de la conception à la mort naturelle ».

    Le résultat de cette haine folle contre l’Église et la plus haute institution de l’État polonais est clair : 226 manifestations non autorisées, 23 infractions pénales graves ont été commises, 481 délits mineurs ont été accomplis, 142 sanctions administratives et 281 accusations pénales sont en instance devant les tribunaux dans différentes villes du pays. Ce sont les chiffres que le chef de la police, Mariusz Ciarka, nous a présentés. Tout cela, rappelons-le, a été causé, du moins apparemment, par la décision de la Cour constitutionnelle polonaise, 11 juges pour et seulement 2 contre, qui a abrogé et interdit les avortements eugéniques. L’arrêt complet de la Cour n’est pas encore disponible, mais le lien entre l’avortement et l’eugénisme est clair, il ne sert à rien de se cacher derrière son petit doigt.

    S’agit-il de protestations spontanées ? Non, soyons clairs, il y a une régie ponctuelle, planifiée et puissante. Ce n’est pas un hasard si, en Allemagne, à Cologne, au même moment où ces groupes de « Black Block », cagoulés et déguisés avec jupons et pantalons, défilaient et vandalisaient les églises en Pologne, d’autres menaçaient avec les mêmes cris les nombreux paroissiens qui assistaient à la projection du film « Unplanned » (Abby Johnson’s Story).

    Après la projection du film, il y a eu un débat sur le film et la présentation des services d’assistance et de conseil d’ALfA, une organisation qui aide les femmes enceintes. Un groupe de féministes a profité de l’occasion pour barbouiller une statue de la Vierge avec de la peinture rose et pour barbouiller le mur de la paroisse avec les mêmes slogans que leurs camarades polonais : « Vous avez le Sang sur les mains » et « Adversaire de l’avortement, nous Vous prendrons tous ».

  • Le chat est-il si drôle ?

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    De Judikael Hirel sur la Sélection du Jour :

    LE CHAT N'EST PAS DRÔLE

    Il est une chose de plus que l’on peut reprocher aux terroristes islamistes : d’avoir fait de l’humour selon Charlie Hebdo le parangon de la liberté et de la laïcité, en exécutant froidement toute la rédaction de l’hebdomadaire satirique. On peut se dire "Charlie", rendre hommage à ces dessinateurs morts le crayon à la main, sans partager un instant leur humour et leurs opinions. Reconnaître qu’en France, la caricature est libre et certainement pas passible de mort. Pas plus que d’enseigner la liberté d’expression en montrant ces mêmes caricatures, comme ce fut le cas de Samuel Paty.

    Pour autant, les réflexes ont la vie dure, et d’aucuns entendent bien profiter de la lutte annoncée (enfin !) contre l’islamisme pour en revenir à leurs vieilles lunes anticléricales. C’est sans doute moins dangereux, et plus facile. "Je suis convaincue que le combat pour la laïcité cache chez bien des confrères et des collègues députés un anticléricalisme. C’est de l’Eglise qu’on ne veut pas", déclarait ainsi il y a peu Agnès Thill, députée de l'Oise, exclue de LREM. Il ne faudrait pas longtemps, entre deux lectures de lettres de Jaurès, pour que la machine politique remonte le temps jusqu’en 1901, 1904 ou 1905. Le bon vieux temps de la Séparation entre Eglise et Etat, quand le président du Conseil Émile Combes faisant fermer des milliers d’établissements scolaires, interdisant l’enseignement aux congrégations, voire les expulsant. À l’époque, sans même parler de l'Ouest, rien qu’à Roubaix, la République mandait un millier de fantassins et une centaine de cavaliers pour les six églises de la ville... Que ne dirait-on aujourd’hui devant de tels déploiements de forces dans des lieux de culte ?

    Il n’est pire anticlérical qu’un catholique déçu : c’est sans doute ce que l’on peut retenir d’Émile Combes, séminariste dans sa jeunesse auquel on refusa le sous-diaconat, sa foi n’était pas assez sûre… C’est aussi lui  qui, par une circulaire du 29 septembre 1902, imposa aux prêtres, en Bretagne, que les instructions religieuses et le catéchisme soient faits en français. Imaginons un instant, en 2020, l’obligation de prêcher en français, dans une mosquée de France, afin de lutter contre l’islamisme ! Quelle serait sans doute la levée de bouclier… Lutter contre l’Eglise Catholique est sans doute encore aujourd’hui, plus confortable.

    La République se serait-elle à ce point ramollie, elle qui n’hésita pourtant jamais à tirer sur le peuple ? Elle semble ne pas être la seule à s’être soumise, comme dirait Michel Houellebecq. A rester prisonnière de ses vieux démons, de ses réflexes anticléricaux. Philippe Geluck, le très médiatique auteur du Chat, se retrouve ainsi remis en lumière dans une vidéo de 2005 refaisant surface au lendemain de l’assassinat de Michel Paty. Interrogé alors sur Maghreb TV après les attentats de Charlie Hebdo, le dessinateur expliquait alors : “Je ne veux pas blesser les musulmans”. "On m’a toujours demandé, « vous ne faites pas de dessins sur l’islam ». Je dis non parce que c’est une autre culture. Je dois faire très attention, je ne connais pas assez pour me permettre de faire de l’humour. Il y a une chose que je trouve qu’il ne faut pas faire. Le tabou absolu pour les musulmans, c’est représenter leur prophète."

    Le même dessinateur, en 2013, à la sortie de La Bible selon le Chat, prenait moins de gants quand il s’agissait de blesser les catholiques : "Si on y réfléchit, donner une religion à des enfants, c'est un peu leur enlever leur liberté de réfléchir. On leur donne les réponses avant qu'ils ne se posent les questions. C'est une forme de manipulation mentale dès le berceau. (…) Quand on pense aux millions de vies foutues, abîmées, salies par cette manipulation de masse, c'est quand même effrayant." "Je n'ai pas l'impression de blasphémer parce que je ne suis pas dans cette règle, je ne suis pas baptisé. Et je pense que c'est ce qui donne la plus grande liberté de pensée", expliquait-il également. À condition de ne pas blesser les musulmans, bien sûr.