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Politique - Page 388

  • Quand les dirigeants politiques belges ont abandonné la recherche du bien commun

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    De Laura Rizzerio, professeur de philosophie à l'Université de Namur, en opinion sur  le site de la Libre :

    En Belgique, les dirigeants politiques ont abandonné la recherche du bien commun

    D’un côté, la politique est devenue plus un métier qu’un service. De l’autre, dans notre culture individualiste, le bien coïncide avec le "bien individuel" et la réussite correspond à l’accumulation de biens. Entre les deux, où est le "bien commun" ? 

    Depuis quelques jours, en Belgique, nous assistons, à la fois impuissants et hébétés, à une sorte de bras de fer entre les ex-partenaires du gouvernement. Le spectacle que la crise donne à voir aux citoyens témoigne d’un monde politique plus préoccupé de trouver les moyens pour conserver le pouvoir qu’animé par le désir de servir le bien commun. Le flou sur des matières graves (comme le climat, la migration ou les questions socio-économiques) est d’autant plus choquant que, dans la rue, les citoyens se battent pour une justice sociale que, à leurs yeux, le gouvernement ne parvient pas à assurer. Le dimanche 2 décembre, la marche pour le climat, qui a réuni à Bruxelles 75 000 personnes, a été saluée par les politiques comme une action citoyenne responsable, mais le lendemain, à la Cop24, on a constaté l’incapacité du politique à respecter les engagements pourtant pris à l’égard de la réduction des gaz à effet de serre. Depuis quelques semaines, avec acharnement et détermination, des centaines de personnes en gilet jaune alertent gouvernants et gouvernés à propos de la situation socio-économique qui devient insupportable pour les classes moyennes. Leurs actions débordent en actes de violence et de vandalisme qui sont évidemment inacceptables. Mais ces actes paraissent comme le cri puissant d’un peuple accablé qui cherche pour lui-même et pour les siens comment vivre mieux. Or, le constat, amer, est que, dans la réponse donnée à toutes ces situations, les intérêts particuliers de ceux qui occupent le pouvoir ont trop souvent raison du bien commun. Mais à quoi est dû cet abandon de la recherche du bien commun ?

    Trois constats

    Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord mettre en avant trois constats. En premier lieu, si ceux qui nous gouvernent semblent plus préoccupés de leur réélection que du bien commun, cela dépend sans doute du fait que la politique est devenue aujourd’hui plus un métier qu’un service. Nos politiciens sont devenus des administrateurs de la société plus que des représentants du peuple, et faire de la politique équivaut pour beaucoup à un débouché professionnel, qui en outre apporte reconnaissance et prestige.

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  • Conditionner les aides sociales à la prise de contraceptifs ?

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    BELGIQUE : CONDITIONNER DES AIDES SOCIALES À LA PRISE DE CONTRACEPTIFS ?

     de genethique.org

    En Belgique, la députée Sarah Smeyers a proposé d’imposer l’utilisation de contraceptifs aux personnes bénéficiant du soutien des centres publics d’action sociale[1]« Nous devons briser les tabous. Nous devons oser dire que les gens doivent prendre un contraceptif de façon temporaire et qu'alors le CPAS les remboursera », a-t-elle déclaré. Une proposition décriée par le ministre de l’intégration sociale, Denis Ducarme, car elle « contrevient totalement au droit fondamental de chacune et de chacun de faire le choix personnel d'avoir ou non un enfant ». Scandalisé, il rappelle qu’ « il est naturellement impossible et illégal d'imposer cette mesure au bénéficiaire comme condition additionnelle pour recevoir le revenu d'intégration. (…) Avoir des enfants relève d'un choix de vie strictement personnel. Il ne revient donc pas aux CPAS de s'immiscer dans le choix personnel des bénéficiaires en ce qui concerne leur projet de vie en conditionnant le droit à l'intégration sociale à la prise de contraceptifs »


    [1] Les CPAS « sont des organismes publics qui ont pour mission « de permettre [à chacun] d'être en mesure de mener une existence conforme à la dignité humaine ». Ils sont donc chargés de dispenser une aide sociale en faveur de certaines personnes, mais aussi, d'autres mesures spécifiques d'accompagnement et de soutien, d'ordre psychologique, sociale, financière, médicale, administrative, leur sont accordées en vue de leur permettre de se réinsérer dans une vie sociale active. L'action sociale s'adresse principalement à toute personne exclue du bénéfice des droits de la sécurité sociale. »

    Sources: La Libre (14/12/2018)
  • Le combat du député-bourgmestre de Welkenraedt pour la défense des traditions chrétiennes

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    Lu aujourd'hui dans le quotidien L’Avenir, p. 5 : 

    Défendre les traditions de Noël: le combat de Nix jusqu’au Parlement

    Le bourgmestre et parlementaire MR de Welkenraedt est un ardent défenseur de Noël, mais également de nos traditions, chrétiennes et laïques. Il a défendu son point de vue au Parlement. Sans grande écoute. … Jean-Luc Nix (MR) : « Je discute beaucoup avec les gens. Il en ressort qu’on ne peut pas renier notre passé judéo-chrétien. Saint-Nicolas, les marchés de Noël, la dénomination des vacances… Cela fait partie de notre patrimoine culturel, même s’il n’y a plus de connotation religieuse. Il faut le défendre, et comme pas mal de citoyens, je me dis qu’on est en train de démonter, pièce par pièce, ce patrimoine. … ces moments de fêtes sont des traditions, au-delà de l’aspect religieux. Il faut respecter la laïcité, mais essayons de conserver nos traditions. Surtout à l’heure où nous sommes envahis par les Black Friday et autre Halloween qui ne font pas partie de notre patrimoine. »

  • Il est temps que les apologistes de l’Europe ouverte aux flux migratoires descendent de leur marchepied

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    Une opinion d'un haut fonctionnaire fédéral publiée sur le site de la Libre :

    Au-delà du Pacte migratoire

    Il est urgent d’avoir un vrai débat sur la question migratoire et sur la société que nous voulons, un débat qui ne se résume pas au débitage de poncifs autorisés et identiques. Il est temps que les apologistes de l’Europe ouverte aux flux migratoires descendent de leur marchepied.

    Depuis quelques semaines, la Belgique est en proie à une crise politique suscitée par l’opposition de dernière minute de la N-VA (et d’une partie de son électorat, sans doute) au "Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières". La N-VA rejoint en cela les gouvernements de plusieurs États membres européens comme l’Italie, l’Autriche ou le Danemark.

    Discours aux allures orwelliennes

    La plupart des commentateurs s’étonnent de cette opposition, relevant que le Pacte contient essentiellement des dispositions non contraignantes et assez peu révolutionnaires. C’est passer à côté de l’essentiel. Ce qui suscite l’hostilité, c’est l’argument idéologique qui sous-tend le Pacte, et sur lequel il est urgent d’avoir un débat de fond.

    Comme La Libre le relevait, le Pacte prône un discours univoque sur l’immigration, "présentée comme un phénomène inéluctable et automatiquement bénéfique pour tous les pays du monde entier" (LLB 5/12/2018). Le Pacte déclare en effet dans son préambule : "Les migrations ont toujours fait partie de l’expérience humaine depuis les débuts de l’Histoire, et nous reconnaissons qu’à l’heure de la mondialisation, elles sont facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable." En septembre dernier, sur Twitter, l’Agence des Nations unies pour la migration reprenait le même argument, résumé en une triade de choc : "La migration est inévitable, la migration est nécessaire, la migration est désirable."

    Ce discours aux allures orwelliennes (la migration serait à la fois inévitable et bénéfique) est martelé aux peuples européens avec insistance par la quasi-totalité des élites, institutions européennes et internationales (Commission européenne, Nations unies, FMI…), intellectuels et économistes, anciens hommes d’État, médias, universités, écoles, bref, par tous ceux qui dans nos sociétés libérales tiennent le porte-voix, et que Maurras désignait sous l’expression de "pays visible", par opposition au pays réel, c’est-à-dire, en l’occurrence, les peuples, privés de voix et de repères, fragilisés par un libéralisme global toujours plus destructeur de racines, de solidarité, de frontières, d’environnement et de travail.

    Pourtant, malgré l’insistance pénible avec laquelle ce mantra est répété par tous les temps, sur toutes les ondes et dans tous les journaux (le concept de fake news ne pouvant, comme on le sait, s’appliquer aux médias mainstream), les peuples européens s’entêtent à le refuser, avec une obstination acharnée et lourdaude, celle des sans-voix, qui les conduit à voter toujours plus pour des tribuns populistes, seuls à aller à contre-courant de la doxa en vigueur.

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  • Comment fonctionne l'accord entre le Vatican et la Chine ?

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    De Sandro Magister, traduit sur le site diakonos.be :

    L’accord entre la Chine et le Vatican est un secret de polichinelle. Voici comment il fonctionne

    La seule chose que l’on sait de cet accord signé le 22 septembre entre le Vatican et la Chine c’est qu’il concerne la nomination des évêques.  Son contenu est tenu secret.  Mais les événements qui ont eu lieu depuis sa signature nous permettent de comprendre son fonctionnement.

    Le cardinal Zen Ze-Kiun (photo), 88 ans, s’est envolé de Hong-Kong pour Rome afin de remettre en mains propres au Pape François un appel à l’aide dans une lettre de sept pages décrivant la situation dramatique dans laquelle se trouve l’Église catholique dite souterraine ou clandestine en Chine depuis la signature de l’accord.

    En revanche, en ce qui concerne l’autre partie de l’Église chinoise, celle qui est officielle et reconnue par le régime de Pékin, tout semble se dérouler dans le meilleur intérêt du régime.

    Même les sept évêques imposés de force contre la volonté de Rome ont été reconnus par le pape qui a levé l’excommunication survenue au moment de leur ordination illégitime, malgré l’absence de toute demande publique de pardon et le fait que deux d’entre eux aient concubines et enfants. Le Pape François est allé jusqu’à lever l’excommunication qui pesait sur un huitième évêque nommé par le gouvernement et décédé en 2017 mais que les autorités de Pékin tenaient à voir réhabiliter à tout prix.

    De plus, le pape a dû avaler l’envoi à Rome de l’un de ces sept évêques ex-excommuniés comme délégué de l’Église chinoise au synode mondial qui s’est tenu en octobre. L’annonce de son arrivée a été d’abordannoncée par les autorités chinoise et ce n’est qu’après que le pape l’a ajouté à la liste de ses invités.

    Guo Jincai est depuis des années une créature parfaite du régime chinois. Il est membre de l’Assemblée du peuple, le parlement chinois, où il a été nommé par le département central de l’organisation du parti communiste, il est également secrétaire général et vice-président du Conseil des évêques chinois, la conférence épiscopale fantoche, hier encore jamais reconnue par Rome, qui ne rassemble que les évêques officiellement reconnus par le gouvernement et qui sera désormais chargée, selon les termes de l’accord, d’indiquer au pape le nom de tous les futurs évêques, préalablement « démocratiquement » élus par des représentants des diocèses respectifs préalablement désignés et cornaqués par des fonctionnaires du parti communiste.

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  • L'archevêque d'Utrecht : un cardinal qui ne mâche pas ses mots

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    Du site Lifesitenews.com (traduit à l'aide de translate.google.be) :

    Cardinal Eijk: L'Eglise doit enquêter sur les témoignages de Viganò pour regagner sa crédibilité

    ROME, 14 décembre 2018 (LifeSiteNews) - Un cardinal renommé se joint à une foule d'évêques pour demander une enquête approfondie sur les témoignages de l'archevêque Viganò qui impliquait plusieurs grands prélats et le pape François dans la dissimulation des relations sexuelles de l'ancien cardinal Theodore McCarrick abusant de prêtres et de séminaristes.

    Dans une interview accordée le 13 décembre au quotidien italien Il Giornale, le cardinal Willem Jacobus Eijk, archevêque d'Utrecht (Pays-Bas), a déclaré "il est clair" que les allégations contenues dans les témoignages de Viganò devraient être examinées de manière approfondie", ajoutant que "de nombreux évêques" ont demandé une telle enquête.

    «Cela doit être clarifié si l’Eglise veut retrouver sa crédibilité», a-t-il déclaré.

    Dans un entretien de grande envergure (voir le texte intégral ci-dessous), le cardinal néerlandais a également souligné l’importance de la persévérance dans la doctrine catholique alors que des pressions étaient exercées pour qu’elle adopte un modèle plus protestant-anglican. «La force de l'Eglise catholique, dit Eijk, est que sa doctrine est valable pour le monde entier. Le dialogue avec les protestants ne doit pas amener l'Église catholique elle-même à devenir protestante. "

    Eijk, 65 ans, donne également son point de vue sur l’inclusion de l’acronyme «LGBT» dans le récent document de travail du Synode pour la jeunesse et ses réflexions sur le mouvement attendu pour ordonner les hommes mariés dans l’Église latine avec le Synode amazonien de l’année prochaine.

    «Autoriser temporairement les prêtres mariés n'est pas une solution», insiste-t-il. «Une fois que cela est décidé, cela devient irrévocable» et «avec cela, le célibat sacerdotal, une tradition séculaire magnifique et féconde de l'Église latine, serait perdu».

    Le cardinal Eijk, qui a publié un commentaire énergique après que le pape François eut refusé de rejeter un projet de proposition de la Conférence des évêques allemands autorisant dans certains cas les protestants à accéder à la Sainte Communion, a également déclaré dans l'interview qu'il aimerait que le titulaire du ministère pétrinien, qui est le principe de l'unité de la foi chrétienne, clarifie la question des catholiques divorcés et remariés ayant accès au Saint-Sacrement.

    Créé cardinal par le pape Benoît XVI en 2012, Eijk est également médecin et expert en éthique médicale. Il a écrit l'une de ses thèses de doctorat sur l'euthanasie et une autre sur les problèmes éthiques posés par le génie génétique des êtres humains. En 2004, le pape Jean-Paul II l'a nommé membre de l'Académie pontificale pour la vie et membre de son conseil d'administration en 2005. Sous le pape Benoît XVI, Eijk a également été membre des congrégations du Vatican pour l'enseignement du clergé et de l'éducation catholique.

    Dans l'interview du 13 décembre, Eijk s'est également tourné vers la politique en discutant de l'afflux de migrants en Europe et de la montée du «nationalisme» et du «populisme».

    Le cardinal soutient que si le nationalisme ne doit jamais être utilisé comme un "bouclier pour empêcher les autres d'entrer, les gouvernements ne sont pas obligés" d'accorder la résidence "aux migrants économiques". Il note également que les migrants, pour leur part, "ont des obligations envers le bien commun du pays où ils cherchent refuge", et doivent en particulier respecter« l’inviolabilité de la personne humaine ».

    Ci-dessous, une traduction LifeSite de l’interview complète avec Cardinal Eijk.

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  • Le Sénat de l'Ohio veut interdire l'avortement dès que les battements du coeur sont perceptibles

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    OHIO : LE SENAT INTERDIT L’IVG DÈS QUE LES BATTEMENTS DU CŒUR SONT DÉTECTABLES

     de genethique.org

    Le Sénat de l’Ohio a voté, à 18 voix pour et 13 voix contre, le projet de loi qui interdirait les IVG dès les premiers battements de cœur audibles. Le texte avait été voté par la chambre des représentants le mois dernier (cf. Ohio : une proposition de loi pour interdire les avortements de fœtus dont les battements cardiaques sont décelables). Le texte prévoit aussi la suppression de la licence des médecins qui passeraient outre l’interdiction, sans passer par la voie judiciaire. Les battements cardiaques d’un fœtus sont parfois décelables dès 6 semaines par échographie vaginale, mais plutôt vers 11 ou 12 semaines par échographie abdominale.

    La loi doit désormais être signée par le gouverneur sortant John Kasich, qui a déjà annoncé qu’il opposerait son veto. Mais les législateurs ont prévu de revenir en session pendant les vacances de Noël pour faire annuler le veto. Ils pourront faire signer la loi par le prochain gouverneur déjà élu, Mike DeWine, qui a manifesté son accord avec le projet de loi.

    Kasich avait déjà refusé un projet de loi similaire en 2016 (cf. Ohio : le gouverneur s'oppose au projet de loi interdisant l'avortement après détection d’un battement de cœur fœtal), la Cour Suprême américaine lui avait donné raison. Mais pour le sénateur Bill Coley, l’élection de Donald Trump et la composition plus favorable de la Cour Suprême « donne une chance réelle à une loi comme celle-ci ».

    Sources: Daily Beast, Emily Shugerman (12/12/2018) WVXU, Gabe Rosenberg (11/12/2018)

  • Faut-il toujours qu'un enfant ait un père ?

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    D'Aline Lizotte sur le site Smart Reading Press :

    FAUT-IL TOUJOURS QU’UN ENFANT AIT UN PÈRE ?

    «Sans père», telle est l’expression souvent accolée au mot PMA quand celle-ci est évoquée par ses opposants dans le cadre du projet d’ouverture de cette technique de procréation aux «couples» de femmes. La privation ainsi désignée est loin d’être anodine, car elle touche à un principe essentiel pour l’identité de l’enfant, sa filiation, sa construction personnelle et son rôle social.

    Monique est la fille de Jessica et de Marlène ; Jessica a donné un ovocyte et Marlène son utérus. Le spermatozoïde provient d’une banque de sperme qui conserve l’anonymat des donneurs. L’opération s’est faite en Belgique. La grossesse de Marlène a été normale ; les deux femmes attendent l’enfant que l’une et l’autre revendiquent secrètement comme étant le sien. Jessica veille sur le ventre de Marlène pour que sa gestation de l’enfant se passe dans les meilleures conditions possibles. Marlène est admise à la maternité, et Jessica l’accompagne ; elle assiste même à l’accouchement de cet enfant, qui est sa fille.

    De retour à la maison, les deux «mères» se disputent le soin de l’enfant. Marlène jouit d’un congé maternité puisque c’est elle qui a accouché ; Jessica a obtenu un congé «paternité et accueil de l’enfant1». Jessica ne peut faire autrement, mais elle trouve cela injuste. N’ont-elles pas toutes les deux les mêmes «droits» de mère sur l’enfant ? Si, évidemment, c’est Marlène qui allaite Monique puisque c’est elle qui l’a enfanté, c’est Jessica qui donne le bain, mais souvent Marlène lui «vole» son geste, surtout quand Jessica, ayant eu un congé plus court, est retenue par son travail. Car l’une et l’autre revendiquent les mêmes soins, les mêmes gestes maternels à donner à cette petite fille dont la relation au parent, même s’il y en a deux, est de même sorte.

    Cette petite fille a donc une double mère, et elle n’a pas de père. Sa double relation à la mère, comportant à peu près les mêmes gestes, entraîne que ce que fait l’une, l’autre le fait en double. Cependant, des petites différences existent : les cajoleries de Jessica ne sont pas celles de Marlène ; l’odeur de Jessica n’est pas l’odeur de Marlène ; la douceur ou l’agressivité des gestes de Jessica n’a rien à voir avec la douceur et l’agressivité de ceux de Marlène. Manifestement, Jessica ne comprend pas Monique comme Marlène la comprend. Monique, elle, en tant que bébé doit s’adapter à deux mères, mais de laquelle est-elle la fille ? Et à laquelle s’attacher ? Ce n’est pas la même chose que la relation à la directrice de la crèche, où les gestes sont répétés selon les besoins physiques à satisfaire et les conditions de sécurité. Ni les mêmes gestes faits par une infirmière de passage.

    Avec laquelle des deux femmes l’enfant formera-t-elle la relation fondamentale constructive de sa personnalité ? Quelle sera la femme qui, pour la vie, sera sa mère? Monique ne peut pas le déterminer elle-même. Peut-être finira-t-elle par accepter cette situation de non-identité personnelle. Elle ne sera, au fond d’elle-même, ni la fille de l’une, ni la fille de l’autre. En fait, n’ayant déjà pas de père, elle n’aura pas non plus de mère !

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  • Pacte sur les migrations : vous avez dit "non contraignant" ?

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    De Paul Sugy et Eléonore de Noüel sur le Figaro Vox (lefigaro.fr) :

    Le Pacte mondial sur les migrations pourrait devenir contraignant

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - Jean-Thomas Lesueur alerte sur les dérives que le Pacte mondial sur les migrations pourrait alimenter à moyen terme : encouragement de l'immigration, bafouement de la souveraineté étatique, confusion du discours...

    Jean-Thomas Lesueur est délégué général de l'Institut Thomas More.

    FIGAROVOX.- Vous remettez en cause dans une note de l'Institut Thomas More, l'idée que le Pacte sera non -contraignant pour les États...

    Jean-Thomas LESUEUR.- Formellement, il n'est pas contraignant et invite seulement les États signataires à s'engager en faveur des objectifs qu'il affiche. Non contraignant, cela signifie qu'il ne constitue pas une convention au sens «classique» (il n'est pas un traité), ayant une valeur normative supérieure au droit interne des États.

    Pour autant, l'histoire juridique de ces quarante dernières années nous enseigne que des textes d'origine nationale ou supranationale, dépourvus au départ de tout caractère contraignant, viennent ultérieurement produire des effets concrets en irriguant des jurisprudences, voire intègrent formellement l'ordre juridique de certaines entités. Ce phénomène est particulièrement observable en matière de «droits de l'homme»: on peut citer la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui est entrée dans le «bloc de constitutionnalité» français après une décision du Conseil constitutionnel de 1971 ou la Charte des droits fondamentaux, adoptée en l'an 2000 par l'Union européenne, à laquelle le traité de Lisbonne de 2007 a octroyé une valeur juridiquement contraignante qu'elle n'avait pas à l'origine.

    La crainte d'une contrainte juridique ultérieure et indirecte passant par l'interprétation souveraine des juges (nationaux ou européens) est donc pleinement légitime, comme certaines juristes, en France et ailleurs, l'ont expliqué.

    Le Pacte revendique sa neutralité idéologique en matière de migrations. Est-ce vraiment le cas?

    C'est ce qu'affirment les promoteurs du texte. Ainsi Louise Arbour, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unis pour les migrations, a-t-elle affirmé dans vos colonnes (29 novembre) que le Pacte «n'est ni favorable, ni défavorable à la migration comme telle, mais constate une réalité». Cela est inexact. En effet, dès son préambule, le Pacte explique au contraire que les migrations «sont facteurs de prospérité, d'innovation et de développement durable et qu'une meilleure gouvernance peut permettre d'optimiser ces effets positifs».

    Tout le texte est teinté de cette coloration favorable a priori et sans limites aux migrations, auxquelles il affirme par ailleurs qu'on ne peut rien. Il conviendrait seulement de se concerter pour les organiser.

    Certains objectifs visent pourtant à réduire ou contrôler les flux…

    Oui, quatre objectifs sur vingt-trois… Et ils sont soit flous («lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d'origine»), soit de simples pétitions de principe («renforcer l'action transnationale face au trafic de migrants», «gérer les frontières de manière intégrée, sûre et coordonnée»), soit banales («coopérer en vue de faciliter le retour et la réadmission des migrants en toute sécurité et dignité, ainsi que leur réintégration durable»).

    Le terme de «migrant» n'est-il pas trop imprécis pour prétendre décrire la réalité des situations migratoires?

    Si. Il s'est imposé dans le débat public et est en train de s'imposer dans le droit international. L'ONU distingue aujourd'hui le «réfugié» d'une part (qui relève de la Convention de Genève de 1951) et le «migrant». Ainsi présenté, tout candidat à l'immigration est «migrant», à l'exclusion du demandeur d'asile. Le mot confond donc ce qui était jusqu'ici distinct.

    En France, on distingue en effet classiquement quatre catégories d'immigration: pour raisons familiales (dont le regroupement familial), pour raisons liées à l'éducation (les étudiants), pour raisons liées à l'emploi (les travailleurs) et les autres raisons (dont les demandes d'asile). En effaçant ces catégories, le terme «migrant» crée un flou majeur, à commencer entre l'immigration légale et l'immigration illégale, et contribue à imposer une approche essentiellement émotionnelle de la question migratoire. Le texte emploie à six reprises la formule «tous les migrants, quel que soit leur statut migratoire», levant ainsi toute hésitation dans ces cas précis.

    Quel risque court-on à l'employer dans un accord international? On peut raisonnablement considérer qu'il se dégage du Pacte l'intention de prôner une réduction des différences de traitements entre les différentes catégories administratives de migrants, ce qui revient concrètement à brouiller les distinctions. Indirectement, cela peut être regardé comme un moyen de favoriser, sinon d'encourager, l'immigration illégale en renforçant les droits des migrants illégaux, tout en fournissant un matériau de choix aux juges: plus un texte est flou, plus il est possible de l'interpréter de manière extensive - ce qui se vérifie particulièrement en matière de droit d'asile, où l'appréciation de la notion incertaine de «persécution en raison de l'appartenance à un groupe social» présente dans la Convention de Genève s'est régulièrement étendue. Le caractère flou de la terminologie du Pacte pourrait ainsi s'avérer dangereux, l'interprétation restant à la merci des juges.

    Le Pacte affirme que la prise en charge des migrations doit se penser à l'échelon mondial. Est-ce pertinent?

    Comme pour la question du réchauffement climatique, le raisonnement appliqué ici est simple mais efficace: comme le problème est «mondial», c'est-à-dire qu'il s'observe partout dans le monde ou à peu près, la réponse devrait être «mondiale».

    Mais c'est un étrange raisonnement, si on s'y arrête un moment. La question du chômage ou du sous-emploi (des jeunes par exemple) est partout où elle se pose un grave problème social mais il ne vient à l'idée de personne d'instituer une politique de l'emploi mondial. Il en va de même pour l'éducation: l'accès à l'éducation et à la formation est un enjeu pour tous les pays du monde, dans leur diversité et leurs différences, mais on ne saurait appeler de nos vœux une politique éducative mondiale…

    Il en va de même pour l'immigration: on ne saurait édicter une norme mondiale en la matière. Il convient au contraire de laisser à chaque pays le soin de déterminer la politique migratoire qui lui convient, en fonction de ses besoins, de sa situation sociale propre, du souhait de sa population, etc. Cela ne signifie pas qu'il faille rejeter toute coopération et toute coordination mais qu'elle doit se faire sur la base de la souveraineté des États. Et puisque «les mobilités se produisent principalement entre les pays situés dans une même région du monde», comme l'affirme l'INED, c'est plutôt à l'échelon régional, et non mondial, qu'il convient de se concerter et d'agir.

  • Les enfants nés sans vie pourront être reconnus : la loi est adoptée !

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    Du Bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Une belle victoire ! Loi adoptée les enfants nés sans vie pourront être reconnus

    Ce tableau offre une mise en perspective de la reconnaissance des enfants nés sans vie avant et après la nouvelle loi.

    La Chambre des Représentants a voté aujourd'hui (12 décembre), le projet de loi concernant l’acte d’enfant sans vie.

    Dorénavant, il sera possible pour les parents dont l’enfant décède entre 4 mois ½ (140 jours) et 6 mois (180 jours) après sa conception, d’enregistrer une déclaration d’enfant sans vie à l’état civil en mentionnant le prénom de leur enfant. Une reconnaissance symbolique et non pas juridique, mais importante pour aider certains parents à faire le deuil de leur enfant. Jusqu’à présent, l’inscription du nom et du prénom de l’enfant né sans vie n’était possible qu’après 6 mois de grossesse.

    Le Parlement vient enfin de valider un dossier négocié par le ministre de la Justice Koen Geens dans l’accord du gouvernement, mais pour lequel certains députés se sont investis depuis plus de 10 ans.

    Les opposants à la loi voient dans la possibilité d’inscrire l’enfant né sans vie à l’état civil et dans la reconnaissance symbolique de ces enfants, une menace contre l’avortement.

    Cette étape s’inscrit dans une trilogie de lois concernant les enfants à naître et leurs parents, qui aura décidément marqué la législature en cours : la reconnaissance de paternité à tout moment de la grossesse en février 2017, la sortie de l’avortement du Code pénal en octobre 2018, la possibilité d’inscrire plus tôt l’enfant né sans vie en décembre 2018.

    La loi laisse cependant perplexe devant l’ambivalence de la considération accordée à l’enfant à naître qui, entre 140 et 180 jours, ne pourra être inscrit que sous son prénom, alors qu’il pourra l’être avec son nom de famille aussi, au-delà des 180 jours. On peut se demander ce qui, scientifiquement et psychologiquement, justifie une telle différence.

  • Faut-il accueillir les migrants ?

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    De Clotilde Hamon sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Catholiques en débat : faut-il accueillir ou non les migrants ?

    MAGAZINE – Les appels répétés du pape François en faveur des migrants divisent le monde catholique. Un débat inédit rassemblant des catholiques d’opinions divergentes s’est tenu à Lyon ce 1er décembre.

    Qui sont les Altercathos ?

    Les Alternatives Catholiques est une association lyonnaise qui entend lier formation et action pour promouvoir la doctrine sociale de l’Église dans la cité, tout en restant ouverte à toutes les sensibilités du débat contemporain.

    Depuis son déplacement à Lampedusa (Italie) en 2013, le pape François ne cesse d’appeler les catholiques à l’hospitalité vis-à-vis des migrants. Une parole qui suscite souvent de l’incompréhension, y compris chez les fidèles. Elle était au centre du débat qui s’est tenu le 1er décembre à Lyon, au café culturel associatif des Altercathos, Le Simone : quelle est véritablement la pensée de l’Église au sujet des migrants ? Comment répondre en chrétien à la situation actuelle ? Ce débat a rassemblé des voix très différentes et très rarement mises en présence, comme celles de Mgr Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris, auteur d’Il faut que des voix s’élèvent (Flammarion, 2018), ou Jacques de Guillebon, essayiste, directeur de la rédaction du journal L’Incorrect, président du conseil scientifique de l’Issep fondé en 2018 à Lyon par Marion Maréchal.

    ▶︎ À VOIR AUSSI : Vidéo - Mgr Benoist de Sinety : « N’ayons pas peur d’aller à la rencontre des migrants »

    Mgr de Sinety a d’emblée replacé la question sur le terrain économique : « Nous sommes 20 % des êtres humains à consommer ce que produit globalement la planète. Souvenons-nous des paroles des Pères de l’Église : “Lorsque vous faites l’aumône aux pauvres, vous ne vous dépouillez pas de vos biens, mais vous leur rendez ce qui leur appartient de droit.” Ce n’est pas Karl Marx, c’est saint Ambroise qui le dit. La nouveauté révolutionnaire du christianisme, à l’époque où les Grecs méprisaient les Romains qui eux-mêmes méprisaient les Barbares, est d’avoir montré que le bien commun est universel et pas seulement national. »

    « L’hospitalité est limitée dans le temps et elle obéit à des règles, a répondu Jacques de Guillebon. Que faire quand on accueille quelqu’un chez soi qui est étranger et qui reste étranger à l’intérieur de la maison ? L’étranger que l’on doit accueillir reste en même temps un danger. » Évoquant le côté « inconfortable » de la position dans laquelle se sentent les fidèles comme lui, face à la parole d’un prélat reçu comme « une double injonction d’accueillir comme chrétien et comme citoyen », il a poursuivi : « Comme le pape François, vous avez dit la vérité, mais pas toute la vérité »en arguant que derrière le terme de « migrant »il y avait « des réfugiés mais aussi des immigrés clandestins venus chercher un monde plus riche, que nous ne sommes pas tenus d’accueillir comme des réfugiés. »

    Dans le collimateur, l’identité chrétienne en péril, la question de l’islam et des femmes en burqa, « une autre civilisation difficile à faire cohabiter avec la nôtre ». Mais aussi, pour le souverainiste Patrick Louis également présent au débat, le souvenir de la balkanisation du Liban, après l’afflux de réfugiés dans les années soixante-dix : « Pour qu’il y ait du bien commun, il faut du commun, donc une société qu’on ne peut ébranler au nom de l’accueil. »

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  • Alost : le CPAS veut coupler aide sociale et prise de contraceptifs

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    Le CPAS d'Alost veut coupler l'aide sociale à la prise de contraceptifs.

    Lu dans le Nieuwsblad 

    Peut-on obliger les personnes qui poussent la porte du CPAS d'Alost à utiliser des contraceptifs ? Juridiquement, ce n'est évidemment pas possible, mais la présidente du CPAS (la NVA Sarah Smeyers) veut inclure dans le trajet d'accompagnement la prise volontaire de contraceptifs quand des familles demandent un revenu social d'intégration. Si nécessaire, le CPAS financera les coûts des moyens contraceptifs.

    Interrogée par la télévision locale TVO, la présidente du CPAS va même plus loin encore : 

    Nous avons convenu dans notre accord de majorité que nous ne donnerons que le soutien strictement nécessaire, mais aussi que nous devons oser briser des tabous ; que nous devons oser dire au gens qu'ils doivent prendre temporairement des contraceptifs. (...)

    Confrontée à l'argument juridique et éthique, elle insiste que la prise de contraceptifs se fera sur base volontaire et qu'aucune sanction ne sera appliquée aux familles récalcitrantes, bien que certains ménages auront besoin d'être un peu poussés dans le dos par les lourds et insistants "encouragements" du CPAS et des assistants sociaux.

    Meilleur des mondes, nous voici ! à quand les stérilisations forcées ?