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Politique - Page 418

  • Portes closes au Saint-Sépulcre et à d'autres lieux saints à Jérusalem

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    De rfi.fr (Marine Vlahovic) :

    Jérusalem: les Eglises chrétiennes ferment le Saint-Sépulcre

    C'est un fait rare. Les églises chrétiennes ont annoncé à la mi journée ce dimanche la fermeture du Saint Sépulcre à Jérusalem pour protester contre des mesures fiscales souhaitées par la municpalité de Jérusalem. Celle-ci leur réclame près de 150 millions d'euros pour leurs biens non-cultuels. Les Eglises orthodoxe grecque, catholique et arménienne ont donc décidé de fermer les portes du lieu saint pour dénoncer une campagne anti-chrétienne de la part des autorités israéliennes.

    « Trop c'est trop ! », « Arrêtez de persécuter les Eglises ! » proclament les affiches déroulées aux flancs du Saint Sépulcre.

    Devant les portes closes du lieu saint qui abrite le tombeau du Christ, le patriarche grec orthodoxe Théophilos III annonce solennellement sa fermeture. « En signe de protestation, nous avons décidé de prendre cette (mesure) sans précédent de fermer le Saint-Sépulcre. Nous sommes unis, fermes et résolus pour protéger nos droits et nos propriétés ».

    En cause, un projet de loi visant à exproprier les églises, grecque, orthodoxe et catholique, de certains terrains. Mais aussi le paiement de taxes demandées par la municipalité israélienne de Jérusalem aux Eglises qui en étaient jusqu'ici exemptées.

    Une fermeture exceptionnelle et nécessaire selon Wajeeh Nuseibeh, le gardien du lieu saint. « Nous espérons que tout sera résolu par la municipalité et que tout reviendra à la normale  pour laisser les pèlerins et les touristes visiter l'Eglise », nous explique t-il.

    Le Saint-Sépulcre sera fermé jusqu'à nouvel ordre. D'autres lieux saints chrétiens pourraient eux aussi garder les portes closes.

  • Suisse : de nouvelles règles sur les tests généthiques mais pas d'avancées significatives en faveur du respect de la vie

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    Suisse : le National fixe de nouvelles règles sur les tests génétiques

    Les assureurs-vie ne doivent pas accéder aux tests génétiques réalisés préalablement par leurs assurés. Le National a suivi lundi en ce sens par 117 voix contre 43 le Conseil fédéral et la gauche dans la loi sur l'analyse génétique. Le dossier passe aux Etats.

    Sur le fond, tous les intervenants se sont retrouvés sur la nécessité de réviser totalement le texte, qui date de 2007, et d'encadrer le domaine face aux progrès techniques et à l'évolution des offres commerciales non médicales toujours plus faciles d'accès. Au vote sur l'ensemble, la loi sur l'analyse génétique humaine a passé la rampe par 175 voix contre 3 et 10 abstentions.

    Grâce au séquençage du génome, des tests permettent actuellement de déterminer une filiation, l'alimentation idéale ou des aptitudes sportives, a expliqué Géraldine Marchand (PDC/VS) au nom de la commission.

    Leurs coûts ont nettement baissé et la nouvelle loi permettra de couvrir l'émergence de ces offres commerciales. Les analyses sur des caractéristiques non sensibles seront autorisées à la vente directe au consommateur.

    Tout en reconnaissant la nécessité d'encadrer ces tests, la gauche a notamment défendu la proposition du Conseil fédéral pour que les résultats d'analyses génétiques réalisées préalablement ne puissent pas être transmis aux assureurs. Celle-ci concerne certaines assurances vie et assurances invalidité facultatives.

    Une interdiction totale n'a pas de sens surtout quand l'utilisation de données génétiques est motivée, a estimé Mme Marchand défendant la proposition de la commission. Il y a risque de discrimination. Des personnes pourraient ne pas contracter d'assurance et subir de manière injuste des primes élevées ou un refus, selon elle.

    Certains pourraient renoncer à tout séquençage de peur que cela ne révèle des informations défavorables à leurs assurances, a répondu Matthias Aebischer (PS/BE). Par exemple, une personne avec des antécédents de cancers dans sa famille évitera de se faire tester pour que le résultat ne soit pas un jour transmis à son assureur, a-t-il dit.

    Le camp rose-vert n'a en revanche pas réussi à faire passer ses autres propositions. Le National a accepté par 100 voix contre 85 d'autoriser les tests génétiques prénataux, pour diagnostiquer d'éventuels bébés sauveurs, avant la douzième semaine de grossesse. Soutenue par les démocrates-chrétiens, la gauche s'y est opposée pour éviter les interruptions de grossesse et protéger le foetus.

    Mathias Reynard (PS/VS) aurait voulu que les analyses prénatales pour déterminer si le sang du cordon ombilical du foetus peut être transféré à un parent, un frère ou une soeur malade ne soient réalisées qu'après douze semaines de grossesse.

    Le Conseil national a estimé que la loi permet suffisamment d'éviter les dérives. Elle stipule que le sexe de l'embryon ne peut être communiqué avant la douzième semaine de grossesse à moins que l'atteinte à la santé ne soit liée au sexe.

    Les députés ont également rejeté par 112 voix contre 68 une autre proposition du socialiste valaisan pour que les analyses prénatales ne soient effectuées qu'en cas de grave atteinte à la santé de l'embryon ou du fœtus.

    Le National a encore donné son aval par 133 voix contre 56 aux publicités sur les tests non médicaux. Il sera en revanche interdit de faire de la publicité dans le domaine médical et de cibler des enfants.

    Les dérives sont contrôlées de fait contre toute forme d'abus et la limite entre médical et non médical est claire, a expliqué Mme Marchand. Les tests génétiques se développent rapidement et c'est un marché très lucratif, a défendu Mathias Reynard (PS/VS). Il risque d'y avoir des dérives notamment pour des caractéristiques sensibles ou des profils ADN, a-t-il dit.

    Le Conseil national a également refusé que le consentement à une analyse génétique ou prénatale se fasse nécessairement par écrit. Les analyses sensibles doivent déjà se faire par écrit, a précisé Mme Marchand. Il n'est pas nécessaire d'alourdir la loi en appliquant le point à tous, selon elle.

    Les députés ont encore refusé que les informations excédentaires soient détruites ou qu'une personne puisse révoquer son consentement en tout temps et que les données collectées soient de toute façon détruite.

  • Angela Merkel, la "Mutti" de toutes les bévues

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    LA « MUTTI » DE TOUTES LES BEVUES

    C’est sous ce titre que le « Standaard » de ce 26 février publie une réflexion de Niall Ferguson, professeur à l’Institut Hoover de Stanford. Partant des difficultés pour former un gouvernement en Allemagne, il analyse la volte-face d’Angela Merkel en matière de politique migratoire. Chacun se souvient de son « Das schaffen wir » (Nous y arriverons) au moment du flux migratoire de 2015. Sa position actuelle est plus nuancée. Et pour cause.

    « En histoire, les motivations comptent souvent moins que les conséquences. Depuis le début de 2015, l’Allemagne a accueilli 1,38 millions demandeurs d’asile  « primo-arrivants », parmi lesquels un tiers de Syriens. Trois-quarts des demandeurs d’asile sont âgés de moins de 30 ans, 60% sont des hommes. A peu près la moitié des demandes ont été acceptées, mais parmi les demandeurs déboutés, seuls 80.000 ont été expulsés ; 86% des réfugiés reconnus sont musulmans. Les conséquences de ce flux massif ne peuvent encore être prévues. Selon le Pew Research Center, la population musulmane pourrait représenter de 8,7 à 19,7 de la population globale, en fonction des futurs chiffres d’immigration. Les conséquences à court terme sont limpides […] Le mois dernier, l’Université de Zürich publiait les résultats d’une recherche basée sur des chiffres du land de Basse-Saxe. Fin 2016, sur les 8 millions d’habitants du land, 750.000 n’étaient pas des citoyens allemands. Parmi ces derniers, 170.000 étaient des demandeurs d’asile. De l’enquête, il ressort que les demandeurs d’asile étaient responsables d’une forte croissance du nombre d’actes de violence. De 2007 à 2014, ces chiffres avaient diminué de 22%, mais après cela, jusque fin 2016, les chiffres avaient augmenté de 10%. Plus de 92% de cette augmentation devait être attribuée à de nouveaux arrivants. Les jeunes hommes provenant du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie étaient surreprésentés dans ces chiffres. »

    Nous pourrions avoir l’impression qu’Angela Merkel a ouvert la fameuse boîte de Pandore d’où s’échappèrent tous les maux et tous les biens. Il ne resta que l’Espérance…

  • Chrétiens persécutés : l'indifférence est le drame du XXIème siècle

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    D'Hélène Ginabat sur zenit.org :

    Persécution des chrétiens : le drame du XXIème siècle est l’indifférence

    Intervention du cardinal Piacenza au Colisée

    Colisée en rouge © Vatican News

    Colisée En Rouge © Vatican Media

    Le drame du XXIème siècle est l’indifférence, affirme le cardinal Mauro Piacenza : « l’indifférence devant le frère qui souffre, qui n’a pas ce qu’il faut pour vivre, ne peut accéder aux soins et à la formation de base, devant le frère dont la dignité est piétinée par certains pouvoirs aveugles, devant le frère qui ne peut vivre sa foi et son appartenance qu’au prix de sa vie physique ».

    Le cardinal a pris la parole, en tant que président de L’Aide à l’Église en détresse Italie (ACS Italia), au Colisée, le 24 février 2018 pour la journée de protestation mondiale contre la persécution des chrétiens.

    Le Colisée de Rome et deux églises en Irak et en Syrie ont été illuminés en rouge pour dénoncer la souffrance des chrétiens persécutés.

    Voici notre traduction du discours du cardinal Piacenza qui a exhorté : « Abattons les murs de la mort, à commencer par les murs de notre indifférence : je ne peux pas être serein si mon frère souffre ! »

    AK

    Intervention du card. Mauro Piacenza

    Nous sommes devant le Colisée, qui constitue un « symbole universel », connu de tous et qui, pour tous, s’identifie à Rome. Mais on n’est pas toujours conscient que cela fut un lieu de mort et de meurtres, que ce soit en raison de la barbarie des luttes entre les gladiateur, « usque ad mortem » ou en raison du martyre de milliers de chrétiens, qui s’opposaient à la violence du pouvoir dominant qui prétendait à un culte divin.

    Ces pierres et ces murs peuvent alors avoir une double signification.

    Ce sont des « murs de vie » si nous les considérons comme l’expression d’une civilisation et d’un empire qui a su servir de médiateur, pour toute la culture occidentale, entre la civilisation grecque d’Athènes et la « foi de Jérusalem, permettant à l’Europe d’être ce qu’elle a été et ce qu’elle est encore par certains aspects.

    Ce sont des « murs de mort », si nous faisons mémoire du nombre impressionnant d’hommes et de martyrs qui, en leur sein, ont offert leur vie (ou à qui on l’a arrachée) par les mains d’un pouvoir incapable de regarder le bien intégral de la personne.

    C’est pourquoi, ce soir, le Colisée est illuminé de la couleur du sang : pour donner une voix à tous les « murs de mort » qu’il y a encore aujourd’hui dans le monde, comme nous le rappelle le pape François.

    Le drame du XXème siècle, affirmait saint Maximilien Marie Kolbe, est l’indifférence. Je pense que l’indifférence est aussi le drame de notre XXIème siècle. L’indifférence devant le frère qui souffre, qui n’a pas ce qu’il faut pour vivre, ne peut accéder aux soins et à la formation de base, devant le frère dont la dignité est piétinée par certains pouvoirs aveugles, devant le frère qui ne peut vivre sa foi et son appartenance qu’au prix de sa vie physique.

    Cette indifférence plonge ses racines dans les conceptions individualistes de l’homme, où la question « Pour quelle fin ? » ne trouve plus de place. En effet, quand l’homme cultive exclusivement son intérêt, au point d’exclure toute autre fin, il a fatalement tendance à se nuire à lui-même.

    L’indifférence diffuse de la culture contemporaine est causée par la « perte de la fin », par le fait d’être repliés à chercher uniquement les « causes » des phénomènes, multipliant les habiletés techniques, mais oubliant la « fin ».

    Nous sommes ici ce soir, devant ces « murs » vivants par la culture et mortifères par l’expérience, pour aider à vaincre l’indifférence. « L’Aide à l’Église en détresse », depuis 70 ans, lutte dans le monde entier pour soutenir les frères dans le besoin et défendre leur légitime liberté à professer leur foi. Abattons les murs de la mort, à commencer par les murs de notre indifférence : je ne peux pas être serein si mon frère souffre ! Je ne peux pas entendre le cri d’Abel, de « tous les Abel » du monde, un cri qui monte vers le Dieu de la terre.

    On n’abat les murs de la mort et de l’indifférence qu’en sachant reconstruire ! Et l’on ne reconstruit qu’en recommençant à répondre aux questions fondamentales de notre existence, et la première de toutes : « pour quelle fin ? » ; seule la redécouverte de la fin commune qui unit tous les hommes qui unit tous les hommes : l’être et le fait de devenir des personnes, pourra permettre, dans le temps, de retrouver une authentique sensibilité pour l’autre, parce que mon intérêt est aussi le sien et que sa souffrance est aussi la mienne.

    Que Marie, Reine des martyrs et Fontaine de vie nous soutienne dans notre volonté d’abattre les murs de mort et d’indifférence pour construire une culture de vie et de paix !

    © Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

  • RDC : Nouveau dimanche ensanglanté

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    kisan-690x450.jpgAprès le 31 décembre, le 21 janvier, le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif catholique, avait appelé la population à marcher une fois de plus, pacifiquement, ce dimanche 25 février. Une marche où les manifestants étaient invités à se munir de leur bible, de leur croix ou de rameaux. Compte rendu d’Hubert Leclercq sur le site de « La Libre Afrique » :

    " Une fois de plus, les forces de l’ordre se sont déployées en nombre pour empêcher le bon déroulement de ces marches pacifiques.

    manif-1-690x450.jpgUne fois de plus, policiers, soldats, membres de la garde républicaine n’ont pas hésité à utiliser des gaz lacrymogènes et à tirer à balles réelles sur les manifestants.

    Une fois de plus, un dimanche de marche pacifique se termine par un bilan beaucoup trop sombre. Au moins deux morts (un à Kinshasa, à la paroisse de la commune de Lemba, un à Mbandaka), des dizaines de blessés par balles à travers tout le pays, de nombreuses arrestations (32 membres de la Lucha ont été arrêtés à Beni, dans l’est du pays, tandis qu’une dizaine de prêtres ont été arrêtés, certains demeuraient introuvables Congo hh-768x432.jpgdimanche soir).

    Une fois de plus, face à cette violence, les manifestants sont demeurés pacifiques et ont promis qu’ils ne feraient pas marche arrière.

    Une fois de plus, les autorités du pays n’ont pas hésité à faire couper le signal internet et le service des sms.

    Une fois de plus, pourtant, la communauté internationale, des Nations unies à l’Union européenne en passant par les ambassades qui comptent à Kinshasa, avaient mis en garde le pouvoir contre toute utilisation excessive de la force et contre toute atteinte au droit de manifester pacifiquement.

    Une fois de plus, le régime illégal du président hors mandat Joseph Kabila s’est moqué de ces mises en garde et a fait tirer sur le parvis même des églises.

    Milice privée kabiliste

    Samedi en fin de journée, le PPRD, le parti de Joseph Kabila avait envoyé un message clair sur sa détermination à provoquer les manifestants pacifiques. En milieu d’après-midi, une horde de jeunes a été déversée par des bus réquisitionnés aux abords de la cathédrale Notre-Dame du Congo. Les meneurs de ce mouvement arboraient fièrement le béret rouge, signe distinctif des “jeunes leaders” du PPRD, qui avaient annoncé plus tôt dans la semaine leur intention de s’inviter dans les églises. Les jeunes – la plupart des désœuvrés ramassés dans les quartiers de la capitale – entendaient passer la nuit dans la cathédrale “pour accueillir les fidèles dimanche matin”, selon un témoignage recueilli samedi en journée par LaLibreafrique. Quelques dizaines de minutes après la véritable prise d’assaut par ces jeunes, une vidéo créait le buzz sur internet.

    Lire aussi:
    RDC : vidéo des bérets rouges et débandade

    On y voyait un des leaders de cette milice haranguer ses troupes, leur promettant de l’argent pour leur présence dans les églises dimanche matin et, bien pire encore, les enjoignant d’“attraper les prêtres par la soutane pour les livrer à la police”. Face à cette situation, la tension montait encore d’un cran dans la capitale où certains groupes de jeunes de l’opposition se préparaient à en découdre avec cette milice. Finalement, suite à la diffusion massive de cette vidéo ou suite au non paiement des sommes promises aux membres de la milice, la plupart des “assaillants” de la cathédrale Notre-Dame ont déguerpi sans demander leurs restes. Ce dimanche, certains membres de cette milice étaient quand même présents dans l’église st-Raphaël de Kinshasa.

    Silence assourdissant

    Dimanche matin, de Kinshasa à Lubumbashi, de Goma à Mbandaka en passant par Matadi ou Kisangani, malgré les menaces, malgré les morts, malgré la présence de la police, des centaines de milliers de Congolais se sont rendus dans les églises pour prier et pour manifester. Des marches pacifiques pour défendre leurs droits à la démocratie, pour exiger du président hors mandat qu’il dise qu’il ne briguera pas un troisième mandat inconstitutionnel (le second s’est terminé en décembre 2016), pour que, notamment, les opposants emprisonnés soient libérés.

    Comme seule réponse, une fois encore, Joseph Kabila a fait donner la troupe et couper les réseaux internet. La communauté internationale devrait condamner ces agissements dans les prochaines heures mais sans autres menaces précises face à un régime de plus en plus radicalisé. La Cour pénale internationale, si prompte à sévir dans certains cas, va-t-elle encore rester sourde longtemps, sous peine de perdre le peu de crédit qu’il lui reste ? "

     

    Réf. RDC : Nouveau dimanche ensanglanté

    Dans un pays aussi mal organisé que le Congo, où la conscience « démocratique » est tout de même aussi assez limitée, l’Eglise a malgré tout réussi à mobiliser, semble-t-il, trois millions de manifestants ce dimanche. C’est beaucoup et peu à la fois pour une population estimée (il n’y a plus de statistiques fiables depuis plus d’un demi-siècle) à 80 millions d’habitants. La solution pour sortir du « poto-poto » ne peut venir que des acteurs les plus motivés de la nébuleuse internationale. Mais qui s’y intéresse encore vraiment à la question congolaise ?

    JPSC

  • La répression contre les chrétiens s'intensifie en Chine

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    Alors qu'au Vatican on semble s'obstiner à vouloir obtenir à tout prix un accord avec le gouvernement chinois, la répression contre les chrétiens s'intensifie en Chine, particulièrement dans la province de Henan : du site EDA des Missions Etrangères de Paris :

    La liberté religieuse à nouveau menacée dans la province de Henan

    Les chrétiens de la province de Henan, dans le centre-est de la Chine, craignent l’arrivée d’une nouvelle répression après avoir été interdits d’afficher les traditionnels distiques ou couplets (poèmes composés de deux vers), du nouvel an chinois, affichés devant les maisons chaque année.

    Les chrétiens de la province de Henan ont été interdits, cette année, d’afficher les traditionnels distiques (poésies formées de deux vers) à l’occasion du nouvel an chinois. Les autorités ont visité les villages et les villes de la province pour ordonner aux gens de ne pas continuer, cette année, cette pratique devenue traditionnelle durant le festival. Les catholiques locaux s’inquiètent d’une nouvelle répression de la liberté religieuse dans la province.

    Ces distiques, ou couplets, formés de caractères noirs et or sur papier rouge, sont affichés verticalement sur les portes des maisons, avec un parchemin composé de quatre caractères fixés au-dessus. Ces poèmes expriment la joie populaire durant le festival et l’espoir d’une vie meilleure durant l’année à venir.

    Le père Peter confie qu’il a vu des chefs de villages interdire les catholiques d’afficher ces couplets dans la ville de Xuliang, dans le comté de Bo’ai de la province de Henan. « Ils criaient dans la rue en diffusant des tracts à toutes les familles catholiques. J’ai demandé à l’un d’entre eux : ‘Quand l’article 36 de la constitution chinoise a-t-il été réécrit pour restreindre la liberté religieuse ?’ Il s’est contenté de continuer sans me répondre. » Le prêtre, qui officie dans la région, ajoute : « La situation est plus tendue cette année, ainsi que la situation des libertés religieuses. »

    « La situation est plus tendue cette année »

    Ses proches, qui travaillent pour les autorités municipales, lui ont dit que ces tracts ont été distribués dans plusieurs villes. Selon le père Peter, les quelques catholiques de la région sont éparpillés dans plusieurs communautés. Leur influence est donc assez faible et ils n’ont aucun moyen de s’opposer à cette interdiction : « Les croyants s’inquiètent aussi de devoir faire face à des représailles s’ils ignorent l’interdiction. » Le père John, du diocèse de Puyang, affirme que les catholiques de sa région n’ont reçu que des ordres de vive voix, et non des interdictions écrites.

    Thomas, un catholique de la province, précise qu’il s’agit d’une violation de la constitution qui protège la liberté religieuse. Il s’inquiète que la province de Henan doive à son tour, cette année, faire face à une répression religieuse, d’autres problèmes du même type ayant déjà eu lieu. Une source du diocèse de Luoyang explique que les petites assemblées, dans le cadre des rassemblements non enregistrés, sont interdites – en particulier concernant les Églises protestantes.

    Un prêtre, qui a demandé à rester anonyme, confie qu’une petite église du village de Gao Mao « a été sanctionnée par les autorités qui ont noté, en visitant le village, beaucoup de problèmes de sécurité ».Pour lui, il s’agit d’une excuse pour pouvoir agir, car l’église n’avait pas été enregistrée auprès du gouvernement pour des activités religieuses. Le prêtre explique que les autorités ont visité beaucoup de lieux avant le nouvel an chinois « en demandant aux prêtres de présenter leurs cartes d’immatriculation, faute de quoi ils ne pourront organiser aucune célébration à l’avenir ». Il pense que la province de Henan est la nouvelle cible du gouvernement, parce qu’elle abrite des protestants, des bouddhistes, des catholiques, des musulmans et des taoïstes.

    Le père John, du diocèse d’Anyang, dans la province de Henan, confirme qu’il a été demandé à son diocèse « qu'aucun catholique n’était autorisé », spécifiant que « les classes de mineurs, en particulier, étaient absolument interdites ». De plus, le Parti Communiste a interdit l’entrée dans les églises à tous les fonctionnaires, les enseignants et les étudiants. Le père John ajoute que les temples protestants de la province semblent être la cible principale, parce que le gouvernement craint un nombre croissant de baptêmes : « Indirectement, l’Église catholique est victime de cette répression. »

    (Ucanews, Hong-Kong)

  • Syrie : ces bombardements sur Damas dont les médias ne nous parlent pas

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (Belgique) :

    Syrie : L’enfer de Damas

    23/02/2018 Louvain – Selon un rapport que la Fondation Aide à l’Église en Détresse a reçu de l’organisation « Caritas Internationalis », la situation dans la capitale syrienne est dramatique. Les gens osent à peine quitter leur maison.

    Au cours des trois derniers jours, Damas et ses environs – y compris la Ghouta orientale, la partie contrôlée par les rebelles – ont subi une augmentation soudaine de la violence. Il est fait état de plus de 250 personnes tuées.

    Dans son rapport, Caritas déplore que l’opinion publique « néglige une partie de l’histoire syrienne », et souligne le fait « que la plupart des nouvelles se concentrent sur les frappes aériennes russes et syriennes contre la Ghouta orientale, la situation humanitaire sur place, les victimes et les besoins, mais relatent à peine la situation à l’intérieur de la ville de Damas, qui a été attaquée par des obus de mortier depuis le début de 2018 ».

    « Du 5 février jusqu’à aujourd’hui, plus de 200 obus de mortier ont frappé les quartiers de l’est de Damas, causant plus de 28 morts et 90 blessés », explique le rapport. « Ce sont surtout les quartiers de Bab Touma, Abbassyin, Kassaa, Koussour et Jaramana qui ont été touchés par ces obus de mortier depuis le 22 janvier ». C’est dans ces quartiers que se trouvent la zone chrétienne, la plupart des bureaux de Caritas et les couvents de la ville.

    Selon une autre source consultée par l’Aide à l’Église en Détresse, les attaques ont continué tout au long de la journée d’hier (mercredi) et ont été particulièrement violentes pendant la nuit, tandis que selon des sources non confirmées, an total 51 obus sont tombés sur le quartier de Bab Touma et d’autres parties de la ville antique de Damas. Le bilan est de plus de 42 personnes gravement blessées et douze morts. Toutefois, le nombre de morts semble être beaucoup plus élevé.

    Plusieurs obus sont tombés très près du couvent de Sœur Annie Demerjian, laquelle, dans une conversation téléphonique avec l’Aide à l’Église en Détresse, a confirmé qu’elle-même ainsi que les autres résidents du couvent avaient échappé de peu à la mort, parce que « grâce à Dieu, les obus n’avaient pas explosé », sinon elle-même et quelques étudiants « auraient été blessés ou tués ». Ce fut l’un des jours les plus meurtriers du conflit dans la capitale syrienne. La religieuse de la Congrégation de Jésus et de Marie donne cette description : « Hier, c’était l’enfer. Il y a eu tant de blessés… Les fenêtres tremblaient et les bombes pleuvaient dans le ciel ».

    Sœur Annie

    Sœur Annie, avec qui la Fondation Aide à l’Église en Détresse développe de nombreux projets de pastorale et d’aide d’urgence en Syrie, a décrit comment une autre sœur de sa congrégation, Sœur Manal, a dû courir dans les rues pour esquiver les bombes : « J’avais la sœur au téléphone pendant qu’elle courait. J’ai dit : « Ne raccroche pas, reste au téléphone ! Sœur Manal disait : On ne voit plus le ciel. Il est devenu noir ».  Finalement, Sœur Manal est revenue indemne au couvent. « Le Seigneur a été bon avec nous. Jusqu’à présent, aucune de nous n’a été blessée, mais beaucoup d’autres personnes ont souffert ».

    Dans son rapport, Caritas signale une autre attaque, le 8 février, dans laquelle « environ 70 obus de mortier ont frappé de nombreux quartiers de Damas, faisant plus de 30 blessés, cinq morts et d’énormes dommages matériels sur des appartements, des magasins et des voitures ».

    Le même bureau national de Caritas Syrie a été touché le 11 février lorsque « sept obus de mortier ont frappé le quartier de Janayen Al-Wared, à quelques mètres du bureau. Heureusement, notre bureau était fermé car c’était le week-end ». Cependant, les obus ont fait « beaucoup de blessés parmi les civils ».

    « Les gens de Damas sont très déprimés. Ils se sentaient optimistes au cours des derniers mois, et pensaient que la fin de la guerre était venue. Maintenant, c’est comme si tout avait recommencé à zéro. La plupart des familles qui vivent dans la partie orientale de la ville ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école depuis les attaques du 22 janvier. Les rues principales et les places qui sont habituellement très encombrées pendant la journée sont maintenant presque vides. Chacun est très prudent dans ses mouvements ».

    La montée de la violence est liée à une vaste offensive lancée le 1er janvier 2018 par des groupes liés à Al-Qaida pour s’emparer d’une base militaire clé dans la partie orientale de la capitale Damas. Cette base, connue sous le nom de « The Vehicle Base », contient un grand nombre de soldats, ainsi que d’importants dépôts d’armes. Depuis lors, les forces gouvernementales tentent de reprendre le contrôle des zones contrôlées par les groupes rebelles. En conséquence, la population civile des deux camps souffre des combats continus entre les groupes rebelles armés et l’armée syrienne.

    Les autorités de médecine légale du gouvernement syrien ont rapporté au moins 35.000 victimes depuis 2011 par obus et tirs de tireurs embusqués.

    « S’il vous plaît, priez pour nous en Syrie, et aidez-nous à parler à voix haute de cette partie de l’histoire, qui est négligée, et qui affecte gravement nos vies et celles de nos proches » conclut le rapport.

    Sœur Annie demande aussi des prières pour son pays : « Nous devons continuer. La vie est plus forte que la mort. Nous ne savons pas combien de temps cette violence se poursuivra, mais elle ne peut pas durer éternellement. S’il vous plaît, priez pour nous. Pour nous, le chemin est la prière ».

    Le Père Andrzej Halemba, chef de projet pour la Syrie de la Fondation internationale « Aide à l’Église en Détresse » se joint avec force à cette pétition « en faveur des chrétiens syriens qui vivent en ce moment des moments extrêmement difficiles ». « Nous appelons également à la cessation des hostilités et des bombardements dans la ville de Damas, où vivent de nombreux chrétiens, ainsi que dans la Ghouta, où il y a aussi des centaines de civils. Dans ces deux endroits, les gens sont terrifiés jours et nuits par les attaques incessantes ».

    La Syrie est un pays prioritaire pour l’Aide à l’Église en Détresse, et l’année dernière, l’organisation caritative a réalisé plus de 140 projets là-bas, la plupart d’entre eux étant des projets d’aide d’urgence, notamment en matière de nourriture, de logement et de médicaments, mais elle soutient aussi les congrégations religieuses, le travail pastoral, fournit des honoraires de messe, et finance les réparations d’églises et de couvents détruits par la guerre.

    Par Maria Lozano

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      • Luxembourg : IBAN : LU66 1111 0261 9404 0000 et BIC : CCPLLULL

    Lire également : Caritas Syrie: les médias ne disent pas toute la vérité sur la réalité syrienne

  • Qu'est-ce qui nous fait progresser en humanité ? Les réponses d'un médecin devenu archevêque.

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    MGR AUPETIT : « QU’EST CE QUI NOUS FAIT PROGRESSER EN HUMANITÉ ? »

      

    Monseigneur Michel Aupetit, nouvel archevêque de Paris, a répondu aux questions du magazine La Vie à propos de bioéthique. Les états généraux de la bioéthique sont une occasion toute particulière pour l’Eglise : « même si c’était joué d’avance, cela ne nous empêcherait pas de parler » déclare-t-il, assurant plus loin : « Je ne suis jamais inquiet, parce que l’espérance est plus forte que le désespoir ». Faire entendre la voix de l’Eglise, « c’est un devoir de conscience, quitte à être à contretemps ». Le travail de mobilisation est également important : « C’est éclairer les consciences. La plupart des gens se disent ‘pourquoi pas, qu’est-ce que ça change ?’ Nous voulons qu’ils se disent : ‘oui, il y a un problème’ ». Il y a ici « un enjeu de civilisation, la nécessité d’ouvrir les cœurs à l’attention aux plus faibles. Or on revient peu à peu à la loi de la jungle, à cet homme en bonne santé, riche, bien portant, qui pourra se payer tout ce qu’il veut, faire du transhumanisme pour lui-même, mettre une puce dans sa tête, mais aux dépense de qui ? De la majorité des gens qui crèveront de faim ».

    Interrogé sur le « progressisme », Mgr Aupetit questionne : « Comment définir le progrès ? Est-il technique, humain ? (…) La technique doit toujours être évaluée par l’éthique ». « ‘Progressiste’ veut dire que l’on suit un progrès. Qu’est ce qui nous fait progresser en humanité ? C’est le regard que l’on pose sur les plus faibles. J’ai appris cela quand j’étais médecin et que des handicapés sont venus s’installer à côté de mon cabinet. Je les soignais. Ils m’ont appris bien plus sur l’humanité de l’homme que n’importe quel manuel ».

    Sur la fin de vie, il se dit « vigilant », alors que l’euthanasie est de nouveau débattue sans que la loi Claeys Leonetti n’ait été évaluée, ni les soins palliatifs généralisés. « Une personne très âgée, une personne handicapée, ce n’est pas rentable ! Mais ils nous apprennent l’humanité », rappelle-il. Face à des situations dramatiques présentées dans les médias, il répond : « On ne peut pas partir d’un cas pour écrire une loi générale. Qu’est-ce qui peut protéger l’ensemble des patients, leur assurer le meilleur des soins dans l’état actuel des connaissances scientifiques ou médicales ? Il faut raisonner à partir de cela ». Confronté lors de son exercice de la médecine à des situations de fin vie, il ne s’étonne pas que des proches puissent demander l’euthanasie pour la personne qu’ils accompagnent : « C’est insupportable de voir les gens que l’on aime souffrir en étant dans l’impuissance ». Mais si le proche « peut faire un geste qui soulage et qui exprime son affection », il n’y a « presque plus » de demandes d’euthanasie. « Etre dans l’impuissance, c’est insupportable. Donner la mort est une mauvaise réponse ».

    Lucide sur « les puissances financières qui mettent la main sur nous », mais aussi sur l’eugénisme en place qui « ne laisse pas naitre les enfants trisomiques », il invite à l’écologie, qui comprend aussi la « manière dont l’homme respecte sa propre nature » : « Son désir illimité épuise la planète. Son désir illimité par rapport à lui-même va détruire son humanité. Va-t-il accepter une limite à ses désirs ? La loi va-t-elle s’ordonner au désir individuel de chacun ? ».

    Sources: La Vie, Olivia Elkaim et Aymeric Christensen (20/02/2018)

  • Et si on laissait la vie nous surprendre ?

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    MARIANNE DURANO : « ET SI ON LAISSAIT LA VIE NOUS SURPRENDRE ? »

    Le coin des experts de genethique.org

    Dans le livre qu’elle vient de publier « Mon corps ne vous appartient pas »[1], Marianne Durano raconte « l’histoire d’une dépossession et le témoignage d’une reconquête », celle de la femme et de son corps. Elle revient pour Gènéthique sur l’expérience « à corps perdu » de ce livre.

    Gènéthique : Qu’est-ce qui vous a conduit à écrire ce livre ?

    Marianne Durano : Au départ, je voulais faire une thèse sur les biotechnologies, particulièrement les dernières innovations en matière de procréatique. Pendant mon master 2, je suis « tombée » enceinte de mon premier enfant, vivant, pour ainsi dire à vif, l'engendrement dont j'étudiais en même temps les manipulations techniques. Ma grossesse a été une double révélation. D'une part, je découvrais soudainement que j'avais un corps de femme, merveilleux, complexe... et parfois encombrant. D'autre part, simultanément, je vivais l'emprise médicale comme une dépossession : mon corps devenait l'objet d'une surveillance, comme s'il ne m'appartenait plus.

    Mon corps de mère était pesé, ausculté, réifié : les gynécologues à qui j'avais affaire n'y voyaient que des pathologies potentielles, quand ils ne se permettaient pas des remarques paternalistes. Au même moment, à l'université, parmi mes amis, j'avais l'impression d'être devenue un ovni (objet vivant non-identifié) : quelle idée d'avoir un enfant à 23 ans, alors qu'on n'a pas fini ses études ? Quelle indécence d'étaler ainsi son corps de femme enceinte dans les allées de la bibliothèque ? Mon corps, dont je réalisais le mystère, était considéré comme un phénomène gênant dans l'espace public, comme un mécanisme dangereux dans les cabinets médicaux. Comment en étions-nous arrivés là ? Pourquoi me sentais-je moi-même mal-à-l'aise dans ce corps sexué ? Pourquoi acceptais-je sans broncher les regards et les mains froides des médecins ? A partir de cette expérience de la grossesse, j'ai relu tout mon parcours de jeune femme moderne : la puberté, les premières relations sexuelles, la première contraception, les règles, les discours de prévention, les modèles de féminité qu'on nous propose. Partout la même logique technicienne, qui trouve son aboutissement dans la procréation artificielle, et son origine dans un corpus philosophique qui dévalue systématiquement la noblesse du corps féminin.

    G : Vous dénoncez une aliénation du corps de la femme à la technique qui fonctionne comme un miroir aux alouettes et, loin de la libérer, elle maintient la femme sous domination masculine. Comment cette domination, que vous déclinez de la contraception à l’avortement, de la PMA à la GPA, se joue-t-elle ?

    MD : Il y a bien des manières de répondre à cette question. Pour commencer, on propose aux femmes une émancipation qui passe par la mise sous contrôle de leur corps et de leur fécondité. On leur demande de s'adapter à des rythmes – sexuels, affectifs, professionnels – qui sont pensés par et pour les hommes. Ainsi la pilule permet-elle aux jeunes filles d'être disponibles sans restriction au désir masculin, sans que ces derniers aient à assumer aucune responsabilité dans la prise en charge de la contraception. Toutes les techniques de contrôle de la fécondité féminine permettent aux hommes, et à la société toute entière, de se désengager totalement sur cette question, laissant les femmes seules devant leur gynéco, leur plaquette de pilule, leur contraception d'urgence, leur test de grossesse. De même, la carrière-type – des études longues, une productivité maximale autour de la trentaine, le placard passé 45 ans – est absolument contradictoire avec l'horloge biologique des femmes : une grande fécondité avant 25 ans, de jeunes enfants entre 25 et 40 ans, la vie devant soi pour mener d'autres projets après la ménopause. Conséquence : les femmes s'infligent une contraception hormonale lorsqu'elles sont fécondes, au risque d'avoir plus tard des difficultés à concevoir un enfant naturellement. Or, plutôt que d'adapter notre société au corps féminin, on préfère plier ce dernier à coup de techniques toujours plus innovantes : congélations d'ovocytes, stimulations ovariennes, PMA, voire GPA. Selon le rapport d'activité du CNSE (Centre National des Soins à l’Étranger) pour l'année 2015, 50,2% des femmes ayant eu recours à une PMA à l'étranger avaient plus de quarante ans. Le nombre de femmes ayant leur premier enfant passé la quarantaine a ainsi triplé en 20 ans. Pas étonnant, dans ces conditions, qu'on réclame à grands cris la PMA pour toutes !

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  • Le parlement israélien refuse de reconnaître le génocide arménien

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    Une dépêche de l'agence Fides :

    ASIE/ISRAEL - Rejet de la part du Parlement israélien de la proposition de loi reconnaissant le Génocide arménien

    Jérusalem (Agence Fides) – La Knesset a rejeté une proposition de loi présentée par Yair Lapid, député du parti centriste laïc Yesh Atid, qui aurait rendu officielle la reconnaissance de la part de l’Etat d’Israël du génocide arménien. Le vote préliminaire qui a interrompu la procédure parlementaire relative à la proposition en question a eu lieu le 14 février. Le Vice-ministre des Affaires étrangères israélien, Tzipi Hotovely, a affirmé qu’Israël ne prendre pas officiellement position sur la question du génocide arménien, « vu sa complexité et ses implications diplomatiques ».

    Le 26 avril 2015, le Président israélien, Reuven Rivlin, avait accueilli dans sa résidence présidentielle de Jérusalem, une commémoration visant à faire mémoire du centenaire de l’extermination planifiée des arméniens en Anatolie. Au cours de la cérémonie, le Président Rivlin avait indiqué que le peuple arménien avait été « la première victime des exterminations de masse modernes » tout en évitant de prononcer le mot génocide pour indiquer les massacres dans le cadre desquels moururent plus de 1,5 millions de personnes.

    Le Président américain, Donald J. Trump, avait, lui aussi, dédié, le 24 avril dernier, une déclaration officielle aux massacres planifiés subis dans la péninsule anatolienne par les arméniens en 1915, tout en évitant d’appliquer à ces massacres systématiques la qualification de génocide arménien, poursuivant la ligne de conduite de ces quatre derniers prédécesseurs notamment pour ne pas susciter de réactions négatives de la part de la Turquie. (GV) (Agence Fides 20/02/2018)

  • Les évêques du Congo dénoncent une campagne diffamatoire contre l'Eglise

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/RD CONGO - Déclaration de la Conférence épiscopale à propos de la campagne diffamatoire en cours contre l’Eglise durant la préparation du vote

    Kinshasa (Agence Fides) – « Nous dénonçons la campagne visant à discréditer et à diffamer l’Eglise catholique et sa hiérarchie » affirme la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dans la déclaration publiée au terme de son Assemblée plénière extraordinaire tenue à Kinshasa du 15 au 17 février. Les Evêques de République démocratique du Congo se déclarent « profondément préoccupés par les faits très graves et les attitudes hostiles » alors que le pays se prépare aux élections présidentielles et législatives du 23 décembre prochain.

    Le document, parvenu à l’Agence Fides, dénonce « la répression sanglante » des manifestations pacifiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, promues par le Comité laïc de Coordination (CLC), organisation du laïcat catholique. « Pourquoi tant de morts, de blessés, d’arrestations, d’enlèvements, d’attaques contre des Paroisses et des communautés ecclésiastiques, d’humiliations, de tortures, d’intimidations, de profanations d’églises, d’interdictions de prier ? » se demandent les Evêques, qui rappellent que les manifestants demandaient pacifiquement l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016, obtenu grâce à la médiation de la CENCO et visant à porter le plus tôt possible le pays aux élections.

    « La communauté nationale et internationale est témoin d’une série de campagnes d’intoxication, de discrédit et de diffamation ayant pour but d’affaiblir la force morale de l’Eglise, et en particulier de S.Em. le Cardinal Laurent Monsengwo, Archevêque de Kinshasa, et de détourner l’attention de la population des véritables problèmes » affirme la déclaration.

    Les Evêques sont en outre préoccupés par l’extension des zones d’insécurité au sein de différentes provinces, « au Grand Kasaï, au Nord et au Sud Kivu, en Ituri, la présence d’assaillants qui sèment la mort et la désolation fait penser à la mise en œuvre d’un plan d’occupation et de balkanisation constamment dénoncé » écrivent les Evêques. « A ce stade du processus électoral, on est en droit de se demander à qui profite la déstabilisation du pays ».

    Les tensions se sont accrues suite à la non application complète des Accords du 31 décembre 2016, surtout en ce qui concerne la liberté de la presse, la libération des prisonniers politiques et le retour en RDC des opposants exilés à l’étranger, mais aussi à cause des polémiques concernant les machines permettant le vote électronique prévues par la Commission électorale indépendante (CENI). L’opposition, la société civile et certains partenaires internationaux de la RDC affirment que ces instruments, destinés à accélérer les opérations électorales, y compris le dépouillement, représentent plus un problème qu’une solution à cause de la crainte qu’elles puissent être utilisées pour truquer les résultats électoraux.

    La CENCO réaffirme l’urgence de voter en 2018 et demande l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre, permettant la liberté d’expression et de manifestation, ainsi que la libération de ceux qui ont été arrêtés au cours des manifestations précédentes.

    « A dix mois du scrutin, nous faisons encore appel à la responsabilité des personnes et des institutions chargées de la préparation et de l’organisation des élections dans l’intérêt suprême de la Nation. Par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Notre-Dame du Congo et Reine de la Paix, que Dieu bénisse la République démocratique du Congo et son peuple » concluent les Evêques. (L.M.) (Agence Fides 20/02/2018)

  • L’avortement en recul dans plus de la moitié des pays d’Europe

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    L’AVORTEMENT EN NET RECUL DANS PLUSIEURS PAYS D’EUROPE

     

    L’avortement recule dans « plus de la moitié des pays d’Europe », selon Eurostat.

    En Slovaquie et en Estonie, il y a moitié moins d’avortements qu’il y a dix ans. Après un pic dans les années 2000, la baisse est observable aussi en Espagne et au Portugal où l’avortement a été dépénalisé en 2007. La France et le Royaume-Uni restent stables.

    En Suède et en Belgique, au contraire, on enregistre une légère hausse, tandis que la Pologne avec 1044 avortements en 2015 et le Luxembourg, 651 avortements en 2015, font face à une explosion de demandes ces dernières années[1].

    Le Luxembourg est le pays où le taux d’avortement par femme (12-55 ans) est le plus fort en Europe avec 0,37% d’avortement par femme en 2015, contre 0,12% en France et 0,001% en Pologne.