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Religions - Page 21

  • Un tiers des Suisses se proclame sans appartenance religieuse

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    Du sismografo :

    Un tiers des Suisses se dit «sans religion»

    (Bernard Hallet, cath.ch) En Suisse, la proportion de personnes sans appartenance religieuse a fortement augmenté ces dernières décennies jusqu’à atteindre 32% de la population en 2021, juste derrière les catholiques. C’est ce qu’a indiqué l’Office fédéral de la statistique à l’occasion de la publication d’une enquête sur le sujet, le 13 juin 2023. Les «sans religion» constituaient environ 1% de la population il y a 50 ans. En 2021, ils en représentaient 32%, ce qui fait de ce groupe le deuxième plus important après les catholiques (33%), annonce l’enquête. Une tendance qui se poursuit depuis des décennies et va en s’accentuant. (...)

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  • Euthanasie et « gender » : l’Église catholique s’entend mieux avec la communauté juive qu’en son propre sein

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction de Diakonos.be) :

    Sur l’euthanasie et le « gender », l’Église catholique s’entend mieux avec les Juifs qu’en son propre sein

    On n’en a presque pas parlé mais la déclaration conjointe de l’Église catholique et du Grand rabbinat d’Israël émise en mai à Jérusalem sur « ce qui est interdit, autorisé, obligatoire » avec les malades en fin de vie a confirmé que les deux traditions religieuses continuent à être solidaires dans leur souci de demeurer fermes contre l’euthanasie.

    À l’époque actuelle, il en faut du courage pour soutenir que « tout ce qui est techniquement réalisable n’est pas forcément éthique ». La pression de la culture dominante pour abattre toute résistance est très forte. Et pourtant, aucune des deux parties n’a fait mine de vouloir infléchir le moins du monde ses précédentes prises de position, y compris celle qui avait été définie comme « historique » en 2019 « des trois religions abrahamiques », islam y compris, contre « l’euthanasie active et le suicide médicalement assisté ».

    Les délégations qui ont signé en mai dernier la déclaration conjointe étaient présidées, côté catholique, par le cardinal Kurt Koch et, côté juif, par le grand rabbin Rasson Arussi.

    Le principe fondamental qui impose le refus de l’euthanasie est pour les deux parties la référence à Dieu « créateur et seigneur de toute vie », créée « selon l’image divine » et donc non susceptible d’être soumise, en ce qui concerne sa valeur et sa durée, à la domination de quelque personne ou groupe humain que ce soit.

    En revanche, découle de ce même principe fondamental « l’importance des soins palliatifs et de déployer tous les efforts possibles pour soulager la douleur et les souffrances ».

    La déclaration donne également l’information qu’à Jérusalem, « les délégations ont été reçues par le directeur général de l’hôpital Shaare Zedeq, où ils ont pu constater les modalités de traitement des malades en fin de vie, en conformité avec les principes énoncés ci-dessus ».

    Mais il reste à voir à quel point tout cela est effectivement partagé, aussi bien dans le monde juif que dans l’Église catholique.

    *

    En effet, au sein de l’Église, la prise de position en faveur d’une loi pro-euthanasie débattue au parlement italien, exprimée en janvier 2022 par le théologien moraliste jésuite Carlo Casalone dans « La Civiltà Cattolica », la revue des jésuites de Rome publiée moyennant le contrôle ligne par ligne du Pape et de la secrétairerie d’État, a laissé des traces.

    Dans cet article, Casalone reconnaissait que oui, la loi en débat s’écartait du magistère de l’Église catholique sur « l’illicéité du suicide assisté », mais poursuivait en soutenant – et citant le Pape François pour étayer ses dires – que « l’évaluation d’une loi de l’État exige de considérer un ensemble complexe d’éléments en faveur du bien commun » et concluait que, pour prévenir des lois encore pires, il valait mieux approuver la loi en discussion qui, à ses yeux, « ne s’opposait pas à une recherche responsable du bien commun possible ».

    Il va sans dire que quelques semaines plus tard, le 9 février 2022, dans une audience générale du mercredi dédiée à saint Joseph, « patron de la bonne mort », le Pape François s’est exprimé publiquement avec des paroles très nettes contre le suicide assisté et les autres formes d’euthanasie, réfutant les thèses de « La Civiltà Cattolica », tout en évitant de la citer.

    Et il faut ajouter que même la revue « Il Regno », qui est le porte-parole autorisé de l’aile progressiste de l’Église italienne, s’est opposée sans concession, par la plume du juriste Luciano Eusebi, à la loi débattue au parlement italien.

    Mais tout cela n’enlève rien au fait que l’euthanasie soit malgré tout devenue, à différents niveaux de l’Église catholique, une question controversée, avec diverses prises de positions, pour ou contre, en guise de matière à débat.

    Exactement comme cela est en train de se passer, sous des formes encore plus décomplexées, sur d’autres questions de morale catholique. Par exemple, dernièrement, sur l’encyclique de Paul VI « Humanae vitae » et sa condamnation de la contraception artificielle, qui a vu s’opposer d’un côté, en défense de l’encyclique, le cardinal Luis Francisco Ladaria, Préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, et de l’autre, en faveur d’une relecture très évolutive de cette même encyclique, le président de l’Académie pontificale pour la Vie, Vincenzo Paglia, rejoint à son tour par le cardinal Matteo Zuppi, moins catégorique que lui mais tout aussi ouvert à des variations.

    *

    Bref, sur certaines questions, les positions classiques de l’Église catholique en matière de morale trouvent davantage de consensus chez les Juifs que chez nous, comme on a pu le voir dans le cas de l’euthanasie.

    Cela est d’ailleurs confirmé par ce que déclarait le Pape Benoît XVI dans son discours avant Noël à la Curie romaine du 21 décembre 2012, le dernier de son pontificat.

    Pour mener une critique de fond aussi bien sur les attaques actuelles contre la famille que sur le « gender » en tant que « nouvelle philosophie de la sexualité », Benoît n’a rien trouvé de mieux que de citer, pour appuyer ses dires, le grand rabbin de France, Gilles Bernheim.

    Voici donc ce qu’avait déclaré, mot pour mot, le Pape Joseph Ratzinger à cette occasion :

    « Le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, dans un traité soigneusement documenté et profondément touchant, a montré que l’atteinte à l’authentique forme de la famille, constituée d’un père, d’une mère et d’un enfant – une atteinte à laquelle nous nous trouvons exposés aujourd’hui – parvient à une dimension encore plus profonde. Si jusqu’ici nous avons vu comme cause de la crise de la famille un malentendu sur l’essence de la liberté humaine, il devient clair maintenant qu’ici est en jeu la vision de l’être même, de ce que signifie en réalité le fait d’être une personne humaine.

    Il cite l’affirmation devenue célèbre, de Simone de Beauvoir : ‘On ne naît pas femme, on le devient’. Dans ces paroles se trouve le fondement de ce qui aujourd’hui, sous le mot ‘gender’, est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n’est plus un donné d’origine de la nature, un donné que l’être humain doit accepter et remplir personnellement de sens, mais c’est un rôle social dont on décide de manière autonome, alors que jusqu’ici c’était à la société d’en décider. La profonde fausseté de cette théorie et de la révolution anthropologique qui y est sous-jacente, est évidente. L’être humain conteste d’avoir une nature préparée à l’avance de sa corporéité, qui caractérise son être de personne. Il nie sa nature et décide qu’elle ne lui est pas donnée comme un fait préparé à l’avance, mais que c’est lui-même qui se la crée.

    Selon le récit biblique de la création, il appartient à l’essence de la créature humaine d’avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d’être une personne humaine, telle que Dieu l’a donnée. Justement, cette dualité comme donné de départ est contestée. Ce qui se lit dans le récit de la création n’est plus valable : ‘Homme et femme il les créa’ (Gn 1, 27). Non, maintenant ce qui vaut c’est que ce n’est pas lui qui les a créés homme et femme, mais c’est la société qui l’a déterminé jusqu’ici et maintenant c’est nous-mêmes qui décidons de cela. Homme et femme n’existent plus comme réalité de la création, comme nature de l’être humain. Celui-ci conteste sa propre nature. Il est désormais seulement esprit et volonté.

    La manipulation de la nature, qu’aujourd’hui nous déplorons pour ce qui concerne l’environnement, devient ici le choix fondamental de l’homme à l’égard de lui-même. L’être humain désormais existe seulement dans l’abstrait, qui ensuite, de façon autonome, choisit pour soi quelque chose comme sa nature. L’homme et la femme sont contestés dans leur exigence qui provient de la création, étant des formes complémentaires de la personne humaine. Cependant, si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donné de la création, alors la famille n’existe pas non plus comme réalité établie à l’avance par la création. Mais en ce cas aussi l’enfant a perdu la place qui lui revenait jusqu’à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre.

    Bernheim montre comment, de sujet juridique indépendant en soi, il devient maintenant nécessairement un objet, auquel on a droit et que, comme objet d’un droit, on peut se procurer. Là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on parvient nécessairement à nier le Créateur lui-même, et enfin par là, l’homme même – comme créature de Dieu, comme image de Dieu – est dégradé dans l’essence de son être. Dans la lutte pour la famille, l’être humain lui-même est en jeu. Et il devient évident que là où Dieu est nié, la dignité de l’être humain se dissout aussi. Celui qui défend Dieu, défend l’être humain ! »

    *

    Vie, famille et sexe ne sont pas des questions marginales dans la vie de l’Église. La désorientation qui l’a envahie doit beaucoup à la cacophonie ambiante sur ces sujets.

    Josef Seifert, un philosophe autrichien catholique réputé qui a fondé en 2017 une « Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille », parallèle à l’Académie pontificale pour la vie pilotée par Paglia, se dit très préoccupé par cette dérive de l’Église catholique et par le silence par lequel même ceux qui devraient parler restent sans réaction. Les quatre cardinaux des fameux « dubia » auront été les derniers, dit-il, « à avoir parlé avec clarté contre de telles erreurs et contre l’obscurcissement de l’enseignement catholique ».

    Et pour que ce silence soit brisé, il a envoyé au printemps dernier une lettre-appel à tous les cardinaux. Confiant que Dieu puisse susciter en eux, ou à tout le moins en certain d’entre eux, « le don du saint courage ».

  • Erdogan reste au pouvoir : "l'inadéquation des instruments des médias occidentaux pour représenter la situation turque"

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/TURQUIE - Erdogan reste au pouvoir. Mgr Bizzeti : l'insuffisance de certaines analyses occidentales se fait jour

    29 mai 2023

    Ankara (Agence Fides) - Les résultats définitifs des élections en Turquie, avec la victoire du président sortant Recep Tayyip Erdogan, mettent également en évidence "l'inadéquation des instruments des médias occidentaux pour représenter la situation turque". C'est ce qu'a souligné Mgr Paolo Bizzeti sj, Vicaire apostolique d'Anatolie, en rappelant également que "l'Église catholique n'a jamais été en difficulté avec le gouvernement d'Erdogan".

    Lors du second tour des élections présidentielles qui s'est tenu hier, dimanche 28 mai, le président Erdogan a obtenu 52,16% des voix. Son rival Kemal Kılıçdaroğlu s'est arrêté à 47,84%. Ce résultat intervient après des mois au cours desquels les sondages et les analyses des médias occidentaux avaient crédité la possible fin de la longue saison d'Erdogan à la tête de la Turquie. "La méconnaissance du pays réel, a remarqué Mgr Bizzeti dans un entretien avec l'Agence Fides, conduit à une certaine superficialité dans la façon de comprendre la Turquie, et ensuite on est surpris... La victoire d'Erdogan était prévisible, et il n'y a pas eu le renversement de situation que certains avaient prédit. C'est parce que nous sommes obnubilés par certains aspects qui nous semblent si importants, alors qu'il y en a d'autres qui sont manifestement plus importants pour le peuple turc et que nous sous-estimons". Parmi les facteurs à prendre en compte, le vicaire apostolique d'Anatolie souligne "l'importance que la Turquie a prise sur la scène internationale avec le gouvernement d'Erdogan, un fait important pour les Turcs. Le gouvernement d'Erdogan est reconnu comme un acteur géopolitique par l'Europe et les Etats-Unis, par Poutine et les monarchies du Golfe, pour des raisons différentes, voire parfois opposées. Il s'agit donc d'un dirigeant aux commandes qui peut compter sur la reconnaissance internationale. Ceux qui le présentent comme un dictateur isolé qui fait cavalier seul, proposent une lecture erronée de la réalité. Erdogan est un homme élu et soutenu par la communauté internationale. Et il faut en tenir compte, car l'opinion publique turque en tient compte".

    Erdogan l'a emporté sur son rival par une différence d'environ 2 millions de voix. Cette victoire lui garantit de rester à la tête du pays pour cinq années supplémentaires. Ces dernières semaines, pour tenter de rallier des soutiens, Kemal Kılıçdaroğlu avait pris un tournant nationaliste et anti-immigrés dans sa campagne, promettant l'expulsion et le rapatriement forcé des millions de réfugiés syriens qui ont trouvé refuge en Turquie. "Le candidat de l'opposition, note Mgr Bizzeti, voulait rivaliser avec Erdogan sur le terrain d'Erdogan, et ce n'était pas un choix très crédible. L'opposition n'a pas eu le courage de défendre quelque chose de vraiment différent. Cela explique aussi en partie le résultat : si les arguments sont plus ou moins les mêmes des deux côtés, les gens choisissent de maintenir au pouvoir l'homme qu'ils connaissent déjà".

    En ce qui concerne les sentiments que le résultat des élections peut susciter parmi les communautés chrétiennes en Turquie, Mgr Bizzeti souligne que "Honnêtement, l'Église catholique n'a jamais été en difficulté avec le gouvernement d'Erdogan. Il y a des questions qui ont toujours été en suspens, comme la personnalité juridique de l'Église catholique. Mais ce sont des problèmes qui découlent du traité de Lausanne, et certainement pas du gouvernement de l'Akp, le parti d'Erdogan. De plus, ajoute l'évêque jésuite, une certaine laïcité kémaliste qui relègue la religion à la sphère privée n'est pas très souhaitable pour nous. Sur ce point aussi, il faut sortir de certaines banalisations. En Europe, la laïcité totale de l'État est considérée comme une valeur, mais il y a des situations controversées et des aspects discutables. Un gouvernement qui prend en compte les sentiments religieux des citoyens est cependant souhaitable pour nous. Nous ne pouvons accepter une religion simplement reléguée à la conscience”. (GV) (Agence Fides 29/5/2023)

  • France : un catholicisme en chute constante

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    De Maximilien Bernard sur Riposte Catholique :

    La chute constante du catholicisme français

    23 mai 2023

  • Pakistan : deux adolescents chrétiens ont été arrêtés et inculpés de " blasphème "

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/PAKISTAN - Deux adolescents chrétiens emprisonnés pour blasphème présumé, un religieux musulman tué

    20 mai 2023

    Lahore (Agence Fides) - Deux adolescents chrétiens de Lahore, Adil Baber, 18 ans, et Simon Nadeem, 12 ans, ont été arrêtés et inculpés de " blasphème " en vertu de l'article 295-C du Code pénal hier, 19 mai, sur ordre du tribunal. Un officier de police, Zahid Sohail, a déposé une plainte contre eux, affirmant qu'il les avait vus et entendus jouer et appeler un chiot chien "Muhammad Ali".

    Les familles des deux garçons ont déclaré qu'ils n'avaient pas de chien. Samina Nadeem, la mère de Simon, explique qu'il s'agissait d'un malentendu, car les garçons parlaient de "Naswar" (une pâte à mâcher, populaire au Pakistan, ndlr) dont la marque s'appelle "Muhammad Ali". Le policier, qui passait par là, a commencé à les frapper et à interpeller les gens, les accusant de blasphème. En peu de temps, une foule s'est rassemblée sur les lieux. "J'ai commencé à prier pour que la violence n'éclate pas", a déclaré le père de Simon. Les deux garçons ont été placés en garde à vue pour éviter le lynchage. Un rapport de première information a été enregistré contre les deux garçons. "Je ne pense pas que ces deux garçons aient jamais pensé qu'un passant surprendrait leur conversation et les accuserait de blasphème. L'utilisation abusive du blasphème est monnaie courante. La vie des chrétiens est constamment menacée", déclare Nasir Saeed, de l'organisation CLAAS.

    Dans un autre cas, Ishtiaq Saleem, un chrétien accusé de blasphème en novembre 2022, est toujours en prison . Son avocat et les membres de sa famille ont été empêchés de lui rendre visite en prison. L'homme, un travailleur écologique analphabète, est accusé d'avoir diffusé des contenus blasphématoires sur les médias sociaux. Selon sa femme, les images et les mots qu'il a publiés sur les médias sociaux sont en arabe et l'homme n'en connaît pas la signification. Pour les faits qui lui sont reprochés, il risque la réclusion à perpétuité.

    Les chrétiens ne sont pas les seuls à être victimes de cette loi : ces dernières semaines, un chef religieux musulman de la ville de Mardan, dans la province de Khyber Pakthunkhwa, au Pakistan, a été lynché par une foule après avoir été accusé d'avoir fait une allusion blasphématoire lors d'un rassemblement politique du parti de l'ancien premier ministre Imran Khan. Maulana Nigar Alam, 40 ans, aurait déclaré : "Imran Khan est une personne sincère et je le respecte comme le Prophète". Après ces propos, considérés comme blasphématoires, la foule a fait irruption dans la boutique où l'homme s'était réfugié et l'a lynché à mort.

    La loi pakistanaise sur le blasphème (trois articles du code pénal) punit toute personne qui insulte l'islam, le sentiment religieux, le prophète ou le Coran, de peines telles que l'emprisonnement à vie ou la peine de mort. L'organisation "Christian Solidairity Wordwide" déclare : "Cette loi est exploitée à des fins malveillantes, elle est incompatible avec le droit fondamental à la liberté de religion et doit être révisée et amendée de toute urgence".
    (PA) (Agence Fides 20/5/2023)

  • Les chrétiens sont la cible d'un conflit ethnique sanglant dans l'État indien de Manipur

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    D'Anto Akkara, correspondant du Register (Bangalore, Inde) sur le National Catholic Register :

    Les chrétiens sont la cible d'un conflit ethnique sanglant dans l'État indien de Manipur

    17 mai 2023

    L'Église catholique locale a été choquée par l'explosion du conflit ethnique dans l'État de Manipur, dans le nord-est de l'Inde. Les violences ont fait 60 morts officiellement et 160 officieusement - la majorité d'entre eux étant des chrétiens tribaux - et ont entraîné le déplacement de près de 50 000 personnes, ainsi que le pillage et l'incendie de dizaines d'églises et d'autres institutions.

    "Cette violence est la pire de l'histoire du Manipur", a déclaré l'archevêque d'Imphal, Dominic Lumon, au Register le 10 mai. Imphal est la capitale du Manipur.

    "Nous sommes inquiets car la situation couve toujours dans les périphéries [zones montagneuses] et les communications sont réduites. La tension est généralisée et il y a un sentiment de désespoir", a ajouté l'archevêque.

    Afin d'endiguer les rumeurs qui contribuent à attiser la violence, le gouvernement de l'État de Manipur a bloqué tous les médias sociaux dans la région.

    "La violence sans précédent a pris l'État de Manipur comme une tempête. Des vies précieuses ont été perdues, des maisons brûlées ou détruites, des biens vandalisés et pillés, des lieux de culte profanés et incendiés. Des milliers de personnes ont été déplacées, se sont retrouvées sans abri et languissent dans différents abris dans des casernes militaires et des camps de secours", a déclaré l'archevêché d'Imphal dans un communiqué de presse le 10 mai.

    Les violences ont éclaté le 3 mai à la suite d'une manifestation organisée par des organisations d'étudiants tribaux contre la décision de la Haute Cour de l'État d'étendre le statut de tribu répertoriée (ST) - qui prévoit la gratuité de l'enseignement et des quotas dans l'enseignement professionnel comme la médecine et l'ingénierie, ainsi que des quotas dans les emplois publics - aux membres de la majorité Meiteis de l'État, dont la plupart sont hindous et qui représentent 53 % des quelque 4 millions d'habitants du Manipur.

    Le statut de tribu répertoriée est une disposition inscrite dans la constitution fédérale de l'Inde qui vise à protéger les intérêts des communautés ethniques qui, historiquement, ont été géographiquement isolées et économiquement en retard. Ce statut est conféré aux groupes par le gouvernement national de l'Inde, et non par les gouvernements des États.

    Les médias locaux ont rapporté que la manifestation pacifique, dans la ville de Churachandpur située dans le sud du Manipur, a été interrompue par un camion qui a percuté une moto tribale. Le chauffeur Meitei du camion a été battu par les manifestants.

    En représailles, un monument aux morts tribal a été incendié par les Meiteis, ce qui a déclenché des violences généralisées entre les tribus et les Meiteis, qui ont rapidement embrasé la vallée d'Imphal, dominée par les Meiteis.

    Le bilan officieux de plus de 160 morts "pourrait s'alourdir rapidement" selon le Shillong Times, un quotidien régional.

    Plus de 40 églises de différentes confessions ont été profanées et incendiées dans l'État, la majorité des tribus étant chrétiennes.

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  • L'Europe, terre d'élection des Frères musulmans

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    Du site de la Nef :

    Entrisme de l’islam en Europe : entretien avec Florence Bergeaud-Blackler

    Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue, chargée de recherche CNRS (HDR) au groupe Sociétés, Religions, Laïcités à l’École pratique des hautes études (EPHE) vient de publier un livre passionnant appelé à devenir une référence, Le frérisme et ses réseaux, L’enquête (1).

    La Nef – Pourriez-vous nous définir le « frérisme » et nous expliquer son rapport avec l’islamisme ?

    Florence Bergeaud-Blackler – J’appelle frérisme une forme d’islam politico-religieux qui s’est développée dans les sociétés démocratiques sécularisées à partir des années 1960. Je le distingue de l’« islamisme » par ses moyens et son objectif. En résumé, le frérisme veut instaurer la société islamique mondiale et mondialisée en contournant le politique et en utilisant l’économie mondialisée, la culture, la soft law et le soft power, alors que les partis islamistes des pays musulmans veulent conquérir le pouvoir politique des États par les urnes ou la révolution.

    Pourquoi les Frères musulmans ont-ils choisi l’Europe comme terre d’élection ? Comment la considèrent-ils ?

    L’Union européenne est forte économiquement et culturellement, elle est faible politiquement, le frérisme est donc adapté à son milieu. Remontons un peu le temps.

    Les Frères sont des théocrates plus que des théologiens, ils sont pragmatiques et opportunistes. Quand ils se sont implantés en Europe – mais également aux États-Unis ou en Australie et Nouvelle-Zélande –, à partir des années 1960, ils possédaient le statut provisoire d’« étudiant » ou de « réfugié », et n’étaient pas destinés à vivre sur les terres de mécréance (dar el kufr), considérées comme territoires de guerre (dar el harb). Ils préparaient leur retour dans les pays d’origine du Moyen-Orient, du Maghreb ou du continent indien. Le temps passant, nombre d’entre eux ont réalisé qu’ils jouissaient d’une grande liberté d’expression et de croyance alors qu’ils risquaient la prison ou la mort là d’où ils venaient. Plutôt que de faire la hijra comme l’islam le recommande et revenir vivre en pays musulmans, ils se sont trouvé une nouvelle mission qui les mettait en conformité avec les textes : faire de leur lieu de vie une terre d’islam.
    On a là tout l’esprit du frérisme : adapter l’environnement à l’islam plutôt qu’adapter l’islam à l’environnement. Ils ont déclaré l’Europe terre de contrat (dar el ahd) et ont déployé leurs activités à partir de plusieurs centres islamiques notamment en Suisse, Allemagne, France et au Royaume-Uni. Ils ont ouvert des associations « culturelles islamiques » plutôt que « cultuelles » et se sont ainsi fondus dans le paysage associatif. Il suffisait de faire passer une pratique rituelle comme culturelle pour que peu à peu se déploie une norme islamique intégraliste. C’est par cette culture islamique mondialisée qui aujourd’hui se déploie sous le nom d’économie halal qu’ils ont progressivement conquis les sociétés consuméristes européennes. Se pensant comme les nouveaux ambassadeurs de l’islam en Europe, ils ont peu à peu pénétré les universités, les entreprises, les administrations et les institutions européennes.

    (1) Florence Bergeaud-Blackler, Le frérisme et ses réseaux, l’enquête, préface de Gilles Kepel, Odile Jacob, 2023, 400 pages, 24,90 €.

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  • Regard évangélique sur le relativisme de François

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    De Francis-George Sarpédon sur "Christianisme aujourd'hui" (magazine chrétien évangélique suisse) :

    Le pape François contesté au Vatican pour son relativisme

    © Youtube
    Évangéliques et catholiques se sont souvent regardés en chiens de faïence. Précurseur de l’ouverture, le pape tente des rapprochements. Au détriment de la foi elle-même?

    Lors de sa visite en Allemagne en 2011, Benoît XVI avait reproché aux luthériens de n’être «pas assez fidèles à la pensée originale de Martin Luther, en mettant de côté la question du péché et en ayant oublié son inquiétude envers le salut», selon le journaliste de La Vie, Jean Mercier. François se montre bienveillant envers les protestants traditionnels et évangéliques. Il a notamment visité une congrégation pentecôtiste «à titre privé» en juillet 2014. Et pourtant…

    Son refus d’évangéliser

    Les évangéliques ont longtemps affiché une distance, parfois hautaine, par rapport au catholicisme, souvent sans le connaître. Toutefois, on assiste aujourd’hui à un changement sans qu’ils connaissent la théologie de François. Ses gestes envers les évangéliques et autres protestants s’accompagnent pourtant de vues parfois radicalement différentes des leurs sur des points où ils sont censés s’accorder, comme le salut en Christ.

    En janvier 2016 déjà le Vatican avait présenté une vidéo avec le pape et quatre religieux – un catholique, une bouddhiste, un musulman et un juif – assurant tous croire en l’amour et être «tous enfants de Dieu», chacun montrant un symbole religieux, une poupée représentant Jésus nourrisson pour le prêtre. Ce premier message vidéo du pape quant à ses intentions de prière mensuelles appelait les croyants à collaborer, sans inciter à témoigner de la foi chrétienne.

    La polémique des statuettes de la déesse-Terre

    Dans cette veine, s’est tenue en 2019 une cérémonie en présence du pape autour de cinq statuettes de la déesse-terre andine Pachamama déposées dans les jardins du Vatican, avant le Synode sur l’Amazonie. Les représentations ont ensuite été placées devant l’autel principal à Saint-Pierre et «transportées en procession dans la salle du Synode». Des catholiques ont dénoncé «un acte d’adoration idolâtre de la déesse païenne», ce qu’a nié François par la voix de Paolo Ruffini, préfet du Dicastère pour la Communication. Selon ce dernier, «ces statuettes représentent la vie, la fertilité, la terre-mère». Pas de quoi les rassurer.

    Cette approche diffère radicalement de celle de Benoît XVI, violemment critiqué en 2007. Il avait – maladroitement, mais avec un souci évangélique – déclaré que les Amérindiens, «sans le savoir, cherchaient [le Christ] dans leurs riches traditions religieuses. Le Christ était le sauveur auquel ils aspiraient silencieusement.» Divers prélats ont critiqué les positions exprimées par le Synode. L’évêque Athanasius Schneider accusait même l’exhortation «Amazonie bien-aimée» du pape de soutenir implicitement «une spiritualité panthéiste et païenne», ajoutant que cet angle affaiblissait le mandat d’évangélisation de l’Eglise.

    Alors que Benoît XVI gardait une certaine distance non complaisante par rapport aux évangéliques, ses positions en matière de christologie et d’évangélisation étaient plus proches des leurs que ne le sont celles de François. Au-delà des apparences. Jusque sur les sujets sociétaux, le pape innove, nommant même l’activiste pro-avortement Maria Mazzucato à l’Académie pontificale pour la vie en 2022. Si François a nommé des cardinaux conservateurs, ils avaient dépassé l’âge limite pour voter (80 ans). En revanche, il multiplie les nominations de cardinaux électeurs sur sa ligne afin de pérenniser voire accentuer les mutations théologiques, «pas très catholiques».

  • Charles III "défenseur de la foi", oui, mais laquelle ?

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    De Pierre Banister sur La Sélection du Jour :

    Le roi Charles III : défenseur de quelle foi ?

    Dans les mois qui ont précédé le couronnement du roi Charles III le 6 mai, la question de son attitude à l'égard de l'un des titres les plus paradoxaux du monarque britannique, « défenseur de la foi », a fait l'objet de nombreuses discussions. Ironiquement, cette appellation, historiquement associée à celle du gouverneur de l'Église d'Angleterre fondée par le roi Henri VIII en opposition à Rome, est en fait d'origine catholique, accordée à ce même roi par le pape Léon X en 1521 en reconnaissance de l'opposition du jeune Henri aux thèses de Luther promulguées en 1517. Le titre est resté malgré la rupture avec la Papauté en 1536, mais accompagné plus tard d’un serment farouchement anticatholique récité par les monarques britanniques entre 1701 et 1910, jurant de défendre la religion protestante réformée et qualifiant les pratiques du catholicisme de « superstitieuses et idolâtres ».

    Lors d'un entretien controversé en 1994, Charles, alors prince de Galles, avait suscité beaucoup de commentaires en exprimant sa préférence pour une modification de la formulation « défenseur de la foi » en faveur de l'expression plus large « défenseur de foi(s) ». En 2015, s'adressant à la BBC, le futur monarque a précisé qu'il souhaitait être « perçu comme un protecteur des croyances », respectant « l'inclusion de la foi des autres et leur liberté de culte dans ce pays ». Dans une certaine mesure, on pourrait lire ces propos comme une simple reconnaissance de l'évolution de la démographie religieuse dans le Royaume-Uni contemporain, pays de plus en plus laïc et pluraliste. Des chiffres récents indiquent que le pourcentage de Britanniques se décrivant comme « chrétiens » a fortement diminué en dix ans (de 59,3% en 2011 à 46,2% en 2021), les personnes « sans religion » passant de 25,2% à 37,2%. Dans le même temps, les religions non-chrétiennes sont devenues de plus en plus visibles dans la vie publique : le Premier ministre actuel Rishi Sunak (qui a lu un passage de la Bible lors de la cérémonie de couronnement) est hindou pratiquant, tandis que le nouveau Premier ministre écossais, Humza Yousaf, est musulman. 29,9% de la population de la deuxième ville d'Angleterre, Birmingham, est islamique, et il n'est pas rare au R.-U. de voir des églises désaffectées transformées en mosquées.

    Toutefois, un examen plus approfondi semble indiquer que le souhait exprimé par Charles d'être un « protecteur des croyances » serait plus qu'un constat de la nature post-chrétienne de la société britannique. Bien qu'il ait affirmé son appartenance à l'église anglicane, il est clair que ses propres intérêts spirituels sont assez éclectiques. On a par exemple noté son penchant pour l'Orthodoxie : son père, le prince Philip, avait été baptisé grec orthodoxe, et sa grand-mère, la princesse Alice de Battenberg, est devenue religieuse orthodoxe (avec quelques accents fort ésotériques). Très critique à l'égard du sécularisme moderne, Charles s'intéresse vivement aux religions non-chrétiennes, non seulement au niveau sociologique mais aussi en raison de son engagement en faveur de la philosophie pérenne d'auteurs tels que René Guenon (1886-1951), selon laquelle toutes les religions seraient les expressions diverses d'une vérité primordiale. Charles est notamment perçu comme islamophile (avec une prédilection pour le mysticisme soufi), convaincu que l'islam a conservé une vision holistique de la relation entre l'humanité et la nature que le christianisme aurait largement perdue. Le lien est évident ici avec l'environnementalisme de Charles, qui remonte à l'influence personnelle de l'écrivain sud-africain Laurens van der Post, disciple mystique de Carl Jung, sur le jeune prince.

    Si le roi Charles s'en est finalement tenu à la formule traditionnelle de « défenseur de la foi » lors de son couronnement, sa vision très large de la spiritualité, en tension évidente avec le christianisme historique de sa mère, la Reine Élisabeth II, soulève une série de questions intrigantes. Dans quelle mesure le roi Charles, en tant que monarque, continuera-t-il à poursuivre ses propres intérêts philosophiques et son activisme environnemental, et avec quel impact sur la vie publique britannique ? Voyant l’inclusivité de la cérémonie anglicane de couronnement non seulement par rapport à d’autres confessions chrétiennes mais aussi d’autres religions, il sera intéressant de voir si le roi Charles (et l’Église d'Angleterre dont il reste techniquement le gouverneur) s’orientera désormais vers le dialogue interreligieux à partir d'un point de vue expressément chrétien, ou plutôt vers une vision syncrétiste. Et peut-être plus inquiétant encore pour certains, il y a la question d'un rapport éventuel entre le programme globaliste du Forum économique mondial et l'éco-spiritualité œcuménique de Charles, qui a proclamé la nécessité d'une « Grande Réinitialisation » en 2020 à côté de Klaus Schwab, président du Forum de Davos. Seul l'avenir nous dira si le « défenseur de la foi » britannique deviendra de facto l'apôtre d'un gouvernement mondial unique, avec la philosophie pérenne fusionnée avec l'écologie comme religion mondiale.

    Pour aller plus loin :

    Charles III et le rapport de la monarchie britannique au pluralisme religieux

    >>> Lire l'article sur : Observatoire international du religieux

  • La surprenante conversion au sacré de Sonia Mabrouk

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    De Samuel Dufay sur le site de l'Express :

    Messe en latin, "vigueur" de l’islam… La surprenante conversion au sacré de Sonia Mabrouk

    La journaliste star d’Europe 1 et CNews appelle à renouer avec le sacré. Une injonction inattendue, qui alimente son mystère.

    14/05/2023

    Qui est vraiment Sonia Mabrouk ? La "combattante de la liberté" vantée par Le Figaro Magazine, ou la "directrice de la réaction" et "égérie de la "droitosphère"" décriée par Libération ? Son dernier livre, Reconquérir le sacré (éditions de l’Observatoire), ne dissipera pas le mystère entourant la native de Tunis, petite-fille d’un ministre de Bourguiba, et dont l’ambition forcenée a présidé à l’ascension éclair dans les médias : débuts à Jeune Afrique en 2005, recrutement en 2008 à Public Sénat, où Jean-Pierre Elkabbach la prend sous son aile. Jusqu’à son entrée à Europe 1 en 2013, où elle s’impose jusqu’à décrocher l’entretien politique de la matinale, tout en rejoignant CNews en 2017.

    On connaissait l’intervieweuse pugnace de 8 h 13, la lanceuse d’alerte contre les dangers de l’islamisme, dont a pu observer les ravages dans sa Tunisie natale. On l’imaginait moins se livrer à un éloge du "sacré", c’est-à-dire "tout ce qui ouvre à plus grand que soi". C’est pourtant à la reconquête de cette transcendance que la journaliste appelle dans Reconquérir le sacré. "Soyons de nouveau perméables à l’invisible, au mystère et au sublime", y enjoint-elle, sans craindre la grandiloquence. Un opuscule déroutant, entre réflexion anthropologique et injonction à la résilience, qui convoque aussi bien l’écrivain allemand Ernst Jünger que Frédéric Lenoir. Sonia Mabrouk, de confession musulmane, y plaide pour la messe en latin et de plain-chant, "expression d’un sacré formé de rituels et de pièces musicales multiséculaires", évoque son émerveillement face aux "voix d’or" des muezzins entendues à Tunis, à Istanbul ou au Caire. Dans un entretien au Figaro Live, on l’a même vue s’improviser théologienne en déplorant le "dévoiement de la proposition chrétienne", transformée, depuis le concile Vatican II, en "accueil de l’autre, du migrant, dans une humanité rassemblée"…

    De quoi surprendre ceux qui voyaient d'abord en elle une combattante de la laïcité. Signe d’une évolution ou dissipation d’un malentendu ? "Peut-être que je me suis mal exprimée, répond l’intéressée dans son bureau d’Europe 1 encombré de livres. Pour moi, la laïcité n’a jamais consisté à rogner toute expression religieuse ou de sacré ; c’est d’abord l’expression chez soi, individuelle, pas une forme de prosélytisme. Et surtout, ce n’est pas le laïcisme. Par exemple, je n’ai jamais été contre le voile, mais contre la contrainte qu’on impose à certaines femmes." Un représentant de la gauche républicaine, qui l’a côtoyée sur les plateaux de télévision, s’interroge : "Je ne sais pas vraiment si elle était une combattante de la laïcité. Je la sens un peu plus réservée par rapport à ma sensibilité qu’envers des discours davantage identitaires. Ce sont de petites nuances, une insistance sur les aspects historiques et civilisationnels de l’identité française, plutôt que civiques et politiques." Le thème de la transcendance, elle l’avait déjà abordé par le passé, comme dans Insoumission française (2021), où elle appelait au rassemblement derrière le "sacré" national.

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  • La liberté religieuse dans le monde en 2023 : Pire que jamais

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    De Marco respinti sur Bitter Winter :

    La liberté religieuse dans le monde en 2023 : Pire que jamais

    11/05/2023

    Le rapport annuel 2023 de l'USCIRF fait état de graves régressions dans plusieurs pays et de quelques nouvelles entrées. En Chine et en Russie, les minorités continuent d'être persécutées.
    par Marco Respinti

    Les lecteurs de "Bitter Winter" connaissent bien la mauvaise nouvelle : en 2023, trop de pays refusent encore la liberté religieuse à leurs citoyens. Le pire, c'est que le scénario est généralement si mauvais car, si la situation reste inchangée dans de nombreux pays, d'autres enregistrent de sérieuses régressions, et il y a même de nouvelles entrées sans précédent. C'est ce qu'indique le rapport annuel 2023 de la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), publié le 1er mai 2023 et couvrant l'année 2022, au moins pour l'Afghanistan, la Chine, Cuba, l'Iran, le Nicaragua et la Russie.

    L'USCIRF est une commission indépendante et bipartisane du gouvernement fédéral américain, créée par la loi de 1998 sur la liberté religieuse internationale (IRFA). Présidée par l'Américain d'origine ouïghoure Nury Turkel, auteur de l'important ouvrage "No Escape", ses commissaires sont nommés par le président et par les chefs de file du Congrès des deux partis politiques. Son principal objectif est de surveiller l'état de la liberté religieuse dans le monde. Par conséquent, l'USCIRF signale des situations que, selon son évaluation faisant autorité, le gouvernement américain devrait particulièrement prendre en considération. Il arrive même que l'USCIRF critique les décisions de son gouvernement. C'est pourquoi une note du rapport sur le Nigeria, un pays où la violence contre les chrétiens a atteint des sommets étonnants, est particulièrement révélatrice et alarmante. "Malgré la persistance des problèmes de liberté religieuse dans le pays, note le rapport, en novembre, le Département d'État américain n'a pas désigné le Nigéria comme un pays particulièrement préoccupant (CPC) pour avoir commis des violations particulièrement graves de la liberté religieuse.

    Le rapport de cette année désigne 17 pays comme des pays particulièrement préoccupants (CPC). Il s'agit de pays dont les gouvernements sont impliqués dans des violations majeures ou notables de la liberté de religion, de conviction et de croyance. La liste comprend les 12 pays que le département d'État a lui-même désignés comme CPC en novembre 2022, à savoir la Birmanie, la Chine, Cuba, l'Érythrée, l'Iran, le Nicaragua, la Corée du Nord, le Pakistan, la Russie, l'Arabie saoudite, le Tadjikistan et le Turkménistan, auxquels s'ajoutent cinq autres pays : Afghanistan, Inde, Nigeria, Syrie et Vietnam.

    Table des matières

    Cuba et Nicaragua
    Etats et privés
    Chine
    Russie
    Cuba et Nicaragua

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  • Pourquoi la transmission de la foi est-elle si problématique dans les familles catholiques ?

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    D'Héloïse de Neuville sur le site du journal La Croix :

    Pourquoi les familles catholiques ont du mal à transmettre leur religion

    Enquête 

    Selon une enquête de l’Insee publiée en mars, la transmission de la religion dans les familles catholiques est sensiblement plus faible que dans les familles juives ou musulmanes. Dans une société déchristianisée, une pratique cohérente au sein des familles est la condition nécessaire à la perpétuation de la pratique religieuse d’une génération à l’autre.

    05/05/2023

    Les catholiques français, c’est peut-être Gad Elmaleh qui en parle le mieux. Dans son dernier spectacle (1), l’humoriste juif franco-marocain, qui s’est rapproché ces dernières années du christianisme, moque gentiment ce qu’il perçoit comme un manque de fierté des catholiques vis-à-vis de leur religion en simulant la réaction d’un juif, d’un musulman et d’un chrétien interrogés sur leur identité.

    Tandis que les deux premiers affirment d’un ton débridé leur appartenance religieuse, le catholique, lui, noie le poisson : « Alors… c’est un peu plus compliqué. Comment dire ? Euh… Voilà… maman est baptisée. Ma sœur athée… Papa où t’es ? »

    Une sortie de la religion dans l’indifférence

    Ce sketch illustre avec humour la crise de la transmission dans les familles catholiques, encore étayée par une récente étude de l’Insee. Publiés le 30 mars, ses résultats sont implacables : la part des catholiques continue de chuter en France, représentant, en 2020, 29 % des sondés âgés de 18 à 59 ans, contre 43 % dix ans plus tôt.

    Le déclin, explique les auteurs, est dû au faible taux de reproduction du catholicisme d’une génération à l’autre. Tandis que la reproduction familiale est forte dans l’islam et le judaïsme – 91 % des personnes élevées dans des familles musulmanes et 84 % dans des familles juives continuent à se revendiquer de la religion de leurs parents –, les familles chrétiennes transmettent moins leur croyance à leurs enfants. Seulement 67 % des personnes élevées par des parents catholiques ont gardé leur religionLa pratique – prière, pèlerinage, messe… – apparaît comme un élément clé de la reproduction religieuse : « Si dans les familles, rien n’a été fait pour redonner de la valeur à la pratique, notamment celle de la messe, en trois générations les pratiquants font des enfants non pratiquants qui eux-mêmes ont des enfants non chrétiens », observe le sociologue du catholicisme, Yann Raison du Cleuziou (2).

    Des familles attentives à la transmission

    Une sortie de l’Église catholique d’autant plus simple qu’à la différence de l’islam ou du judaïsme, cette appartenance religieuse n’exerce plus qu’une influence minime sur la vie sociale. « Le décrochage religieux intervient alors sans drame, presque dans l’indifférence, quand les enfants prennent leur autonomie du foyer parental », retrace Pierre Bréchon, professeur émérite de science politique à Sciences Po Grenoble.

    Le chercheur, qui a conduit une étude sur les valeurs des Français, observe toutefois une transmission efficace de la foi « dans les familles qui assument une forme d’imperméabilité vis-à-vis des autres cultures ambiantes ». Ces familles catholiques observantes et plutôt conservatrices pilotent avec succès leur reproduction spirituelle, sélectionnant avec attention la sociabilisation religieuse de leurs enfants (écoles catholiques, mouvements de jeunesse, cercles amicaux…).

    Une cohérence gagnante ? La transmission réussie d’une génération à l’autre est, plus précisément, selon le sociologue Yann Raison du Cleuziou, le fruit de la combinaison de deux dimensions : la valorisation des rites et la dimension « totalisante » de la foi qu’un enfant reçoit et qui imprègne tous les aspects de sa vie. A contrario, « les familles catholiques qui délèguent aux structures collectives la transmission de la foi (, aumônerie…) – comme un aspect de l’éducation – ont un taux de transmission religieuse bien plus faible ».

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