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Doctrine Sociale - Page 29

  • Afrique centrale : le chaos continue

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    archeveque-bangui-centrafrique-360-x-200_article_large.jpgDans les années 1960, la France comme la Belgique a tout à coup jeté les populations d’Afrique centrale dans le bain de l’indépendance, un peu comme on jette les jeunes chiens à l’eau. L’idéologie « tiers-mondiste » était à la mode. Mais voilà, les hommes ne sont pas des chiens. Ils ont besoin d’apprendre. Après un demi-siècle de déconvenues et de régression sociale, le spectacle est désolant, de part et d’autre de l’Oubangui et de l’Uélé. L’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga (photo), fait actuellement le tour des capitales européennes pour plaider la cause de la Centrafrique, en proie aux violences tribales sur fond de guerre de religions. Pour l’hebdomadaire « Famille Chrétienne », Jean-Claude Bésida l’a interviewé sur le présent chaotique de son pays  :

    Qu’êtes-vous venus demander aux Européens ?

    Je suis en Europe avec l’imam de Bangui pour demander l’intervention des Casques bleus. Et demander de l’aide humanitaire pour la République Centrafricaine. C’est ce que j’ai dit à tous mes interlocuteurs, que ce soit à Paris, Bruxelles, Londres, Rome ou La Haye. Tous m’ont écouté avec beaucoup d’attention. L’intérêt est là, indéniablement. Maintenant, nous avons besoin d’une aide au plan militaire, mais aussi aux plans financier et humanitaire.

    Comment jugez-vous l’opération Sangaris ?

    Sangaris, avec la Misca (mission africaine) a stabilisé la situation. Sans Sangaris, on aurait basculé dans le pire, c’est-à-dire le génocide. On sentait les cœurs des uns et des autres gorgés de vengeance et de haine. Au départ, la mission était de désarmer les ex-Séléka. Or, avec le 5 décembre, les données ont changé rapidement. Il y a eu en effet ce jour-là l’attaque coordonnée des anti-balakas, qui sont arrivés de partout avec machettes et couteaux sur Bangui. Tous ces jeunes ont commencé à pourchasser les ex-Séléka. Puis très vite, ils s’en sont pris à des familles musulmanes dans un élan de vengeance difficile à arrêter. Du coup, aujourd’hui, il faut beaucoup plus que 6 000 ou 7 000 hommes pour restaurer l’ordre dans le pays.

    Quelle est en ce moment la situation sur place ?

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  • Louvain-la-Neuve, 1er mai : 2e Forum chrétien de la Vie sociale

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     Le 1er mai 2014 à Louvain-la-Neuve

    2e Forum chrétien de la vie sociale

    forumMadame, Monsieur,
    Chers Amis,

    Pour la deuxième année consécutive, un Forum chrétien de la vie sociale sera organisé le 1er mai prochain, à Louvain-la-Neuve.

    Encouragés par le succès de notre premier Forum, l'an dernier, nous vous invitons à nous rejoindre à nouveau ce 1er mai 2014 !

    Chacun sait combien sont importants les défis que nous avons à relever pour construire le monde de demain, un monde qui puisse s’approcher toujours davantage de la civilisation de l’amour.

    Tout homme et toute femme, chaque citoyen, est appelé à un tel engagement social.

    Mais, dans un monde souvent désenchanté, les chrétiens n'y sont-ils pas davantage encore conviés, en raison de l’espérance que leur procure la foi ?

    Pourtant, tout ne se passe-t-il pas comme si les chrétiens, particulièrement en Belgique, étaient de plus en plus marginalisés dans la sphère publique ?

    Dès lors, en complément des belles initiatives de sensibilisation qui existent déjà, un travail d’approfondissement, de réflexion, de formation et de débat est nécessaire pour pouvoir construire peu à peu un engagement de fond qui puisse devenir levain dans la pâte du monde.

    C’est dans ce but qu’est organisé ce nouveau Forum du 1er mai !

    C’est pour cela que nous que nous vous invitons à participer à cette journée !

    "Il n’est de richesse que d’hommes"

    mains5Le Forum de cette année permettra d’approfondir un des thèmes les plus importants de l’enseignement social chrétien, à savoir qu’il n’est de véritable richesse… que d’hommes.

    C’est la personne humaine, la dignité de l’être humain, qui constituent le fondement et le pivot de toute société se voulant authentiquement humaine, heureuse, prospère.

    Une évidence, pensera-t-on ?
    Eh bien, précisément… ce n’est pas si sûr !

    Certes, chacun se revendique de l’humanisme et des grandes valeurs de liberté, d’égalité, de justice sociale, etc. Mais le tout est de voir ce que l’on met précisément derrière ces termes, souvent utilisés dans des perspectives bien différentes, voire opposées, selon les courants de pensée.

    D’où l’importance d’une réflexion plus précise sur ces sujets si déterminants pour le monde que nous voulons contribuer à édifier.

    lunchPour découvrir de façon plus détaillée la réflexion que nous vous proposons, voyez le programme du Forum 2014  sur le site www.forumdu1ermai.be

    Toutes les informations pratiques sur le Forum s’y trouvent aussi, de même que les vidéos, photos, actes du Forum de l'an dernier.

     Bien cordialement, en espérant vous rencontrer le 1ermai prochain,

    L’équipe d’animation du Forum

     

     

    Pour vous inscrire au Forum du 1er mai : inscription en 1 clic ici

    Vous souhaitez plus d'informations ? Visitez le site du forum : www.forumdu1ermai.be
  • A l’Université de Liège : Mgr Delville a ouvert un nouveau cycle de lunchs débats sur le rôle de l’humanisme chrétien dans la société.

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    DSCF0380 (1).JPGLe nouvel évêque de Liège, Monseigneur Jean-Pierre Delville, a inauguré un nouveau cycle de lunchs débats à l’Université de Liège. Le cycle est organisé par le groupe « éthique sociale » de l’Union des étudiants catholiques, sur le thème « Humanisme chrétien, Travail et Société ».

    La conférence de Mgr Delville était intitulée « l’humanisme dans l’engagement social de l’Eglise, hier et aujourd’hui ».  Docteur en Philosophe (UCL), théologien (Université grégorienne à Rome) et musicien (prix d’orgue du Conservatoire royal de Liège), Mgr Delville est aussi licencié en histoire de l’Université de Liège.  Au moment de sa nomination épiscopale (31 mai 2013), il était professeur ordinaire à l’Université catholique de Louvain, où il enseigna l’histoire du christianisme.

    DSCF0381.JPGDSCF0396.JPG

     

     « Deus caritas est » : C’est le lien de l’amour qui constitue l’unicité de Dieu  dans l’altérité des personnes trinitaires. À la suite de saint Jean, Benoît XVI, dans sa première encyclique, a développé les conséquences cette affirmation, avec beaucoup d'intelligence et de fraîcheur d’âme.

    De là résulte que l’autre, dans la foi, est toujours pour nous le visage de Dieu, même s’il est parfois bien défiguré.

    Jésus est formel. Au jour du jugement, lorsque toutes les nations seront rassemblées devant lui, il dira à ceux qui sont à sa droite : «  j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Et aux autres : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges » (cfr  Matthieu, 25, 31-46)

    De cette Parole, qui émaille aussi sous d’autres formes tous les textes évangéliques, procède une double démarche : l’amour inconditionnel des pauvres, quels qu’ils soient, et la recherche de la pauvreté spirituelle qui purifie l’âme. Au fil de son histoire, même peuplée par tous les vices des cercles de l’enfer de Dante, la chrétienté l’a toujours su et exalté cet idéal. C’est ce que nous rappelle d’abord l’orateur. 

    Mais, au XVIIIe siècle, dans la société occidentale, a pris naissance un profond bouleversement de la condition humaine issu de ce que Paul Hazard a appelé « la crise de la conscience européenne » : la révolution des lumières philosophiques et celle de l’industrialisation qui s’en suivirent ont introduit  dans la vie sociale une rupture inédite, exaltant la liberté de l’homme pour mieux l’asservir. Aux idéologies contradictoires qui l’expriment et ambitionnent de tenir  lieu de religion à l’ère du progrès industriel et technique, l’Eglise a opposé une doctrine sociale tirée de l’Evangile. Monseigneur Delville nous montre en quoi il ne s’agit pas d’une idéologie de plus.

    JPSC

     On lira ci-dessous la transcription in extenso de l’enregistrement de sa conférence (les intertitres sont de notre fait) :

     

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  • Un livre et un DVD pour faire connaître la pensée sociale de l'Eglise

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    La pensée sociale de l'Eglise accessible à tous

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    Avec « Notre bien commun » (éd. de l'Atelier), le Service national Famille et Société (SNFS) publie un livre et un DVD pour faire connaître la pensée sociale de l'Eglise catholique. Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et président du Conseil Famille et Société, l'a présenté avec Monique Baujard, directrice du SNFS, et Elena Lasida, chargée de mission Justice et Paix. 
     
    La pensée sociale de l'Eglise est pour tous ! C'est « notre bien commun ». Alors que les questions d'actualité -dignité de la personne humaine, fragilisation de la famille - posent celle de l'engagement des chrétiens dans la société, comme le souligne Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et président du Conseil Famille et Société, cet ouvrage se veut accessible au grand public.

    Après une introduction sur les grands principes qui structurent la pensée sociale de l'Eglise, l'équipe de Monique Baujard, directrice du Service national Famille et Société (SNFS), a retenu 6 thèmes : politique, travail, propriété, styles de vie, familles et migrations. Elle a fait appel à des experts mais aussi à des professionnels de la pédagogie - notamment l'Enseignement catholique- pour que ce parcours soit un véritable outil à utiliser en groupe : en paroisse, enaumônerie, dans les mouvements. 

    Indépendante, chaque thématique est introduite en vidéo par des témoignages sur des actions concrètes : plateforme de prêt d'objets sur Internet pour la problématique des styles de vie, engagement syndicaliste pour le chapitre sur le travail, prise en compte de l'éthique dans les investissements financiers pour introduire la réflexion sur la propriété... 

    Lors d'un entretien filmé, la parole est ensuite donnée à un spécialiste : P. Christian Mellon s.j. du CERAS sur les migrants, P. Antoine Sondag, directeur du Service national de la Mission universelle de l'Eglise, sur le travail... On retrouve ensuite son intervention rédigée dans le livre, enrichie par des renvois à des textes de référence. 

    Des questions permettent alors de lancer le débat dans le groupe. Une bibliographie - documents du Saint-Siège, de l'Eglise universelle mais aussi de la Conférence des évêques de France - propose d'aller plus loin.
     

    Une pensée en devenir pour un agir avec d'autres

    « Notre bien commun » n'est donc pas une encyclopédie de plus sur la pensée sociale. Et Monique Baujard de préciser que celle-ci ne cherche pas à imposer « un modèle idéal » mais fournit plutôt des « repères ».

    Pour Elena Lasida, chargée de mission Justice et Paix, qui intervient sur les styles de vie, l'Eglise est en attente d'une contribution des chrétiens pour « la faire avancer ». « L'Eglise se fait conversation, rappelle-t-elle, citant l'encyclique de Paul VI Ecclesiam Suam (1964). La pensée sociale est le fruit d'un discernement collectif ». 

    Le Pape François nous y invite ! Notre foi, écrit-il, nous donne « un profond désir de changer le monde et de transmettre des valeurs » (Evangelii Gaudium, Chapitre 4, I, 183). Ainsi la pensée sociale peut-elle ouvrir au dialogue avec des non-croyants qui rejoignent les chrétiens sur des questions essentielles au vivre ensemble.

  • Le Père Gaël Giraud s.j. : "L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes"

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    35957_gael-giraud_440x260 (1).jpgLa préservation de la planète les préoccupe. C’est pourquoi les lycéens ont plébiscité l’ouvrage Illusion financière de Gaël Giraud, un économiste qui les responsabilise. Interview du jeune et brillant économiste jésuite par Constance de Buor sur le site de « La Vie » du 28 janvier :

    Pour sa quatrième édition, le prix lycéen "Lire l’économie" a été remis au jésuite et directeur de recherches au CNRS Gaël Giraud, pour son livre Illusion financière (éditions de l’Atelier). En décembre dernier, 3 000 lycéens de seconde, de bac général, technologique et professionnel tertiaire ont récompensé l’économiste, déjà coauteur avec Cécile Renouard de Vingt Propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion) qui mise sur la transition écologique pour sortir l’Europe des suites de la crise financière pour cet ouvrage pédagogique.

    Quels retours avez-vous déjà reçus de la part de la génération qui a primé votre livre ?

    Ces jeunes ont été sensibles à une explication claire de la crise des subprimes de 2008, en lien avec le problème des dettes publiques en Europe et avec les failles structurelles de la zone euro. Peu de voix se sont élevées dans le débat public pour expliquer le lien existant entre ces trois problèmes, trop souvent présentés comme déconnectés les uns des autres. Or, le problème des dettes publiques en Europe découle directement de la décision des États de sauver les banques en 2008. Dès que l’on prend un peu de recul, les choses s’éclairent. Et puis il y a cette voie de la transition écologique que je défends pour sortir de la crise financière. L’espérance que cette transition rend possible a sûrement été décisive pour ces jeunes. Les nouvelles générations se sentent profondément concernées par la problématique écologique. Beaucoup plus que ma génération (Gaël Giraud a 43 ans, ndlr) ou la précédente. Elles sont sensibles à l’appel que représente ce livre.

    Le fait d’être un prêtre jésuite a-t-il un impact sur l’intérêt que vous suscitez ?

    La méfiance vis-à-vis de la parole publique, des commentateurs, analystes et acteurs est assez généralisée. Le fait d’être religieux donne un certain crédit. J’ai l’impression qu’un certain nombre de jeunes se disent : « Il n’est pas payé par les banques, il n’a pas d’intérêt personnel à défendre telle opinion, donc on peut écouter ce qu’il dit. » Quoi que je raconte à la télévision, j’aurai en effet la même soupe en communauté le soir !

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  • Plaidoyer pour un alter-humanisme

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    De Cyril Brun dans ndf.fr

    Pour un alter-humanisme

    "L’homme doit être au centre de l’économie et l’économie ne doit pas se mesurer en fonction d’un plus grand profit mais en fonction du bien commun. Elle inclut la responsabilité de l’autre et ne fonctionne vraiment bien que si elle agit de façon humaine dans le respect de l’autre", Benoît XVI dans l’avion qui le conduisait à Madrid en août 2011.

    Je dirais volontiers que tout est dit ! Cela nous ferait gagner du temps sur le programme ! Mais non j’ai trente minutes à tenir !

    Tout est dit mais tout reste à déployer, car comme Benoît XVI en a l’habitude, chacun des mots qu’il utilise est choisi pour lui-même, en fonction de son sens le plus profond. Chaque parole est une réalité d’une grande densité qu’il convient de bien appréhender pour tirer tout le suc de sa pensée.

    L’homme doit être au centre de l’économie ! Et de fait la crise mondiale actuelle, la crise financière, sont fondamentalement une crise anthropologique. Au fond qu’est-ce que l’économie ? Un aspect, un espace, une modalité de l’agir humain. Quel que soit sa forme, son soubassement idéologique ou philosophique, l’économie est fondamentalement un ensemble d’actes humains, portés ou subis, par des hommes. L’économie en soit n’est pas une réalité agissante. Il n’y a pas « d’être économique » comme il y a l’être humain ou l’être pluie ou vent. L’économie n’agit pas par elle-même. Ce sont les hommes qui font de l’économie, qui font l’économie. C’est à la fois rassurant et inquiétant. Rassurant, parce que l’homme on connait ! Inquiétant… parce que l’homme, justement, on connait !

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  • François s'adresse au Forum de Davos

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    Le Pape François s'adresse au Forum de Davos

    Source : Vatican Information Service

    Le Pape François a fait parvenir un message à M.Klaus Schwab, Président exécutif du 44 World Economic Forum de Davos (Suisse), dans lequel il dit aux participants (40 chefs d'état et de gouvernement, 2.500 experts représentant une centaine de pays) son espoir que cette rencontre soit "l’occasion d’une réflexion approfondie sur les causes de la crise économique qui touche le monde entier". Voici une large partie du texte lu sur place par de le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax:

    "Notre époque est caractérisée par des changements importants et des progrès significatifs en divers domaines qui ont d’importantes conséquences pour la vie des hommes. On doit louer tout ce qui contribue au bien-être des personnes, en matière de santé, d’éducation et de communication, comme aussi dans beaucoup d’autres domaines de l’agir humain. Il faut reconnaître le rôle fondamental que l’entreprise a eu dans de tels changements, stimulant et développant les immenses ressources de l’intelligence humaine. Cependant, les succès obtenus, bien qu’ayant réduit la pauvreté d’un grand nombre de personnes, ont souvent aussi apporté une exclusion sociale généralisée. En effet, la plus grande partie des hommes et des femmes de notre temps vivent encore dans une précarité quotidienne, avec des conséquences souvent dramatiques. Dans le cadre de cette rencontre, je désire rappeler l’importance qu’ont les diverses instances politiques et économiques dans la promotion d’une approche inclusive, qui prenne en considération la dignité de toute personne humaine et le bien commun. Il s’agit d’une préoccupation qui devrait empreindre tout choix politique et économique, mais qui semble parfois n’être qu’un rajout pour compléter un discours. Ceux qui travaillent en ces domaines ont une responsabilité précise vis à vis des autres, en particulier envers ceux qui sont plus fragiles, faibles et sans défenses. On ne peut tolérer que des milliers de personnes, chaque jour, meurent de faim, alors que des quantités considérables de nourriture sont disponibles et souvent simplement gaspillées. De même , ne peuvent laisser indifférents les nombreux réfugiés en recherche de conditions de vie ayant un minimum de dignité, et qui, non seulement ne sont pas accueillis, mais aussi périssent souvent tragiquement dans leurs déplacements. Je suis conscient que ces paroles sont fortes, voire dramatiques. Cependant elles veulent souligner, et aussi mettre au défi, la capacité d’influence de cet auditoire. En effet, ceux qui, par leur talent et leur habileté professionnelle, ont été capables de faire des innovations et de favoriser le bien-être de nombreuses personnes, peuvent apporter une contribution ultérieure en mettant leur compétence au service de ceux qui sont encore dans l’indigence. Donc, ce qu’il faut c’est un renouveau large et profond du sens de la responsabilité de la part de tous. La vocation d’entrepreneur est un noble travail, il doit toujours se laisser interroger par un sens plus large de la vie. Beaucoup d’hommes et de femmes peuvent servir avec davantage d’efficacité le bien commun et rendre plus accessibles tous les biens de ce monde. Cependant, la croissance de l’équité demande quelque chose de plus que la croissance économique, bien qu’elle la suppose. Elle exige avant tout une vision transcendante de la personne puisque, sans la perspective d’une vie éternelle, le progrès humain demeure en ce monde privé de souffle. Cela demande aussi des décisions, des mécanismes et des processus tournés vers une distribution plus équitable des richesses, la création d’opportunités de travail et une promotion intégrale des pauvres qui dépasse le pur assistanat.

    Je suis convaincu qu’à partir d’une telle ouverture la transcendance une nouvelle mentalité, politique comme d’entreprise, pourrait prendre forme, capable de guider toutes les actions économiques et financières dans l’optique d’une étique vraiment humaine. La communauté d’entreprise internationale peut compter sur beaucoup d’hommes et de femmes de grande honnêteté et intégrité, dont le travail est inspiré et guidé par de hauts idéaux de justice, de générosité, et qui sont préoccupés par l’authentique développement de la famille humaine. Je vous exhorte donc puiser dans ces grandes ressources morales et humaines, et affronter le défi avec détermination et clairvoyance. Sans ignorer, naturellement, la spécificité scientifique et professionnelle de chaque situation, je vous demande de faire en sorte que la richesse soit au service de l’humanité au lieu de la gouverner. Ayant confiance que, dans mes brèves paroles, vous puissiez entrevoir un signe de sollicitude pastorale et une contribution constructive pour que vos activités soient toujours plus nobles et fécondes, je désire renouveler mon souhait pour le bon déroulement de votre rencontre, et j’invoque la bénédiction divine sur vous, sur les participants au Forum, ainsi que sur vos familles et sur vos activités".

    (Radio Vatican) Pour sa 44ème édition, le Forum de Davos accueille quelques 2500 personnes, dont 40 chefs d’Etats ou de gouvernement. De nombreuses ONG sont également présentes, et des leaders religieux ont tenu à se rendre en Suisse pour cet important rendez-vous de l’économie mondiale. Parmi les représentants de l’Eglise Catholique : le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical justice et paix, le cardinal Onayekan, archevêque d’Abuja au Nigéria, le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille aux Philippines, et l’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin.

  • Un nouveau bienheureux Joseph ?

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    jCardijn.jpgLu sur le site de la RTBF (Odile Leherte) :

    Le procès en béatification du cardinal Cardijn a débuté en Belgique

    Au siège de l'archevêché Malines-Bruxelles se déroule un procès un peu particulier puisque le principal protagoniste est décédé depuis près de 47 ans. Il s'agit du cardinal Cardijn, fondateur de la Jeunesse ouvrière chrétienne internationale.

    Et le tribunal ecclésiastique doit vérifier si le cardinal Cardijn mérite ou non d'être béatifié. La béatification, est l'étape obligatoire pour être un jour canonisé et ainsi devenir Saint. Un statut rare, puisque chez nous deux belges seulement ont été béatifiés, dont le père Damien. Mais qu'a donc fait le cardinal Cardijn pour mériter un tel honneur?

    Son combat pour les ouvriers

    Joseph Cardijn s'est illustré au début du siècle dernier dans un combat pour que les ouvriers ne soient plus exploités. Il a créé la Jeunesse ouvrière chrétienne qui s'est très vite développée à l'international, notamment en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie. Et c’est précisément d’Asie qu'est venue la demande de béatification du cardinal Cardijn.

    Mais un procès en béatification doit avoir lieu dans le pays où est enterré le principal intéressé. C'est pourquoi le tribunal siègera dès aujourd'hui en Belgique. La première étape consiste à montrer les vertus de Joseph Cardijn.

    Louis-Léon Christians, professeur de droit des religions à l'UCL explique que ce que le procès belge doit mener, "c’est le procès intégral: rassembler les témoignages et les écrits – publics et privés- et entendre les personnes". Une grosse quarantaine de témoins qui ont connu Joseph Cardijn seront entendus dans une procédure qui devrait durer entre 6 mois et un an... Ensuite, tout sera envoyé à Rome.

    L'étape romaine

    "L’étape romaine est une étape de vérification et d’évaluation par la congrégation pour la cause des Saint". Durant cette étape romaine, il faudra aussi attester d'un miracle réalisé par Joseph Cardijn. Ce n’est qu’alors que l’on pourra parler du Bienheureux Joseph

    Le tarif d'une béatification

    Une enquête pour une possible béatification coûte beaucoup de temps et d'argent. Experts, déplacements... tout cela a un prix. Un prix parfois trop élevé pour les diocèses les plus pauvres. Les plus riches -les Occidentaux- peuvent donc davantage béatifier. Le Pape François souhaite changer les choses. Désormais, il y aura une grille tarifaire qui permettra de contenir les coûts des enquêtes.

  • Le libéralisme, un péché ?

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    C'est la conviction de Philippe Conte sur l'Observatoire Sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon :

    LE LIBÉRALISME EST UN PÉCHÉ !

    Alors que tout au long du XIXe siècle la proposition liminaire de cet article était très généralement acceptée par les catholiques (voir Don Félix Sarda y Salvany « Le libéralisme est un péché », Paris 1887), aujourd’hui, chez nombre d’entre eux, la majorité sans doute, demeure vivace une croyance dans un bilan « globalement positif » du libéralisme. Ils veulent croire à la possibilité d’en restreindre les aspects les plus révoltants par une réforme, par une amodiation. Ainsi par son « encadrement » on pourrait en conserver les effets « bénéfiques » : la richesse, tout en limitant ses aspects les plus négatifs : la crise sociale et son potentiel de violence destructrice.

    Pourtant ce désir (souvent assez platonique) de « réforme » se heurte au réel, et quel que soit le prix à payer pour chacun de ces cahots, conservant son incroyable pouvoir de transformation, de mutation sociale et culturelle, le libéralisme demeure, inchangé dans ses principes comme dans ces effets.

    Le libéralisme est une fiction

    Dès ses origines le libéralisme peut à bon droit être regardé comme une fiction (un story telling) destinée à légitimer à posteriori la situation des premiers marchands et des premiers banquiers qui ont prospéré en Europe au cours des XIIIe et XIVe siècles. Cette fiction comporte plusieurs points. Le plus significatif est la croyance en un homme individuel qui, à l’état de nature, est propriétaire des fruits de son travail car il est propriétaire de lui-même. Un tel homme n’a jamais existé, nul ne l’a jamais rencontré et nul ne le rencontrera.

    Lire la suite sur le blog de l'Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon

  • L'Eglise et le droit à l'immigration

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    La délicate question de l'accueil des personnes qui se présentent en masse aux frontières de l'Europe en taraude plus d'un. Quelle attitude prendre pour concilier à la fois l'accueil du plus pauvre venu d'ailleurs et le souci de ne pas se laisser submerger par des flux migratoires incontrôlés? Dans son message pour la journée du migrant et du réfugié (2011), le pape Benoît XVI, se faisant l'écho de ses prédécesseurs, évoquait cette délicate question (source) :

    Le vénérable Jean-Paul II, à l'occasion de cette même journée célébrée en 2001, souligna que «[le bien commun universel] englobe toute la famille des peuples, au-dessus de tout égoïsme nationaliste. C'est dans ce contexte qu'il faut considérer le droit à émigrer. L'Eglise reconnaît ce droit à tout homme, sous son double aspect: possibilité de sortir de son pays et possibilité d'entrer dans un autre pays à la recherche de meilleures conditions de vie» (Message pour la Journée mondiale des migrations 2001, n. 3; cf. Jean XXIII, Enc. Mater et Magistra, n. 30; Paul VI, Enc.Octogesima adveniens, n. 17). Dans le même temps, les Etats ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières, en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine. En outre, les immigrés ont le devoir de s'intégrer dans le pays d'accueil, en respectant ses lois et l'identité nationale. «Il faudra alors concilier l'accueil qui est dû à tous les êtres humains, spécialement aux indigents, avec l'évaluation des conditions indispensables à une vie digne et pacifique pour les habitants originaires du pays et pour ceux qui viennent les rejoindre» (Jean-Paul II, Message pour la Journée mondiale de la paix 2001, n. 13).

  • Quand le pape pose des questions stimulantes aux économistes

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    Lu sur OuestFrance-entreprises.fr :

    Point de vue. L'économie et la Foi par Michel Renault

    Le pape François a publié, fin novembre, une exhortation apostolique intitulée/ La joie de l'évangile/. Ce texte pose des questions stimulantes aux économistes et à leurs théories. Il souligne ainsi que la « théorie économique », qui se veut scientifique, n'est bien souvent qu'une idéologie. Point de vue par Michel Renault, Maître de conférences à la faculté des sciences économique de l'université de Rennes 1.

    Le pape évoque ainsi la théorie de la « rechute favorable » que les économistes connaissent mieux sous le terme de « ruissellement ». Cette « théorie » est simple : l'enrichissement de quelques-uns finira par profiter à tous par « ruissellement » depuis le haut de la pyramide des revenus. Cette thèse a été partiellement rendue « scientifique » par l'intermédiaire de la « courbe de Kuznets » (du nom de l'économiste américain qui développa cette approche en 1954).

    Cette courbe est censée montrer que le développement économique des nations s'accompagne initialement d'une forte hausse des inégalités. Celles-ci atteignent un point maximum, puis décroissent à mesure que la richesse « ruisselle » des plus riches vers les classes moyennes puis vers les plus pauvres.

    Depuis la fable des abeilles de Mandeville, en 1714, la même idée est au coeur de l'idéologie libérale. Elle a, depuis, constamment justifié la diminution des « charges » pesant sur les plus riches, par exemple lors de la révolution conservatrice initiée par Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher en Grande-Bretagne. Elle a refait surface lors de la récente crise. Pour le pape, « cette opinion, qui n'a jamais été confirmée par les faits, exprime une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans les mécanismes sacralisés du système économique dominant ».

    Or, Simon Kuznets écrivait lui-même, un an après sa publication, que l'article « relève peut-être pour 5 % d'information empirique et pour 95 % de spéculation, probablement pour une large part entachée d'un raisonnement privilégiant fâcheusement les souhaits à la réalité ».

    Le creusement sans précédent des inégalités, le fait, comme l'affirme le pape, que « l'économie tue », est ainsi relié à des « idéologies qui défendent l'autonomie absolue des marchés et la spéculation financière », et cela, sans but « véritablement humain ».

    Ce faisant, le pape se place dans la filiation de la doctrine sociale de l'Église, du catholicisme social, d'intellectuels et d'économistes tels Henri Desroches ou François Perroux, du courant Économie et Humanisme, inspirés notamment par le père Lebret, qui ont cherché à construire une « économie de tout l'homme et de tous les hommes ». Dans ce texte, François met en cause l'aspect purement idéologique et « fétichisé » d'une partie des thèses dominantes en économie. Car le libéralisme économique « sacralisé » est également une religion.

    Leonard Read, qui inspira ceux qu'on a appelés les « évangélistes du marché », écrivait ainsi : « Ayez foi dans les hommes et les femmes libres qui répondent à la main invisible. Cette foi sera fortifiée. » Même si l'on n'est pas croyant, le texte du pape invite à réfléchir sur les dogmes de cette religion, sans autre dieu que le marché et sa « main invisible » qu'est parfois l'économie.

  • Le pape François s'éloignerait-il de la doctrine sociale de l'Eglise ?

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    S'il faut en croire Philippe Robert, sur Contrepoints, le pape François s'aventurerait sur des chemins qui s'éloignent de la doctrine sociale de l'Eglise. Le propos de cet auteur s'appuie sur une analyse de Jean-Philippe Delsol parue sur le blog "Responsabilité Liberté" de l'Institut Turgot. Cela suscite de la part d'un de nos amis spécialisé dans l'étude de la doctrine sociale de l'Eglise les réflexions suivantes :

    J'ai lu l'article (de Philippe Robert) et je me demande encore comment on peut être aussi partisan! L'auteur qui parle de sa "foi libérale" me rappelle d'autres prises de position inspirées peut-être du même "libéralisme" lors de la publication des encycliques Laborem exercens puis Centesimus annus. Jean-Paul II apparaissait, disait-on, comme marxiste dans Laborem exercens mais enfin partisan du capitalisme libéral dans Centesimus annus...

    Beaucoup n'arrivent pas à penser la doctrine sociale de l'Eglise comme une catégorie en soi et cherchent à tout prix à l'annexer à leur propre idéologie.

    Bien sûr, on peut penser qu'il est un peu hasardeux de confronter une exhortation apostolique à une encyclique. L'exhortation apostolique Evangelii gaudium embrasse largement le problème de l'évangélisation et n'aborde la dimension sociale que dans ce cadre large: la deuxième partie du chapitre 2 et les 3 premières parties du chapitre 4. L'encyclique sociale, que ce soit Centesimus annus ou Caritas in veritate, a comme objectif d'approfondir la question sociale dans un contexte historique particulier. Dans le cadre d'une exhortation apostolique telle que celle du pape François, il n'est pas possible, sans risque de disproportion, de rivaliser avec ces grands textes spécialisés.

    Ceci dit, il est légitime de se poser la question de savoir si le "peu" de doctrine sociale présent dans Evangelii gaudium est conforme ou non à la doctrine diffusée par l'Eglise et notamment par Jean-Paul II et Benoît XVI.

    Il ne faut pas méditer longuement l'exhortation pour se rendre compte qu'elle est parfaitement dans la ligne des encycliques sociales les plus récentes. 

    A preuve tout d'abord ce passage du § 202 que l'auteur de l'article cite et qui dénonce les disparités sociales. La phrase qui choque le journaliste renvoie en note à un extrait du Discours au Corps diplomatique prononcé par Benoît XVI le 8 janvier 2007. François reprend en partie mot pour mot ce qu'écrivait son prédécesseur! L'auteur de l'article n'a-t-il pas lu la note?

    Il cite un peu plus longuement un extrait du § 204 qui le fait aussi sursauter. Tout d'abord disons qu'il eût été plus honnête de reprendre l'intégralité de ce paragraphe relativement court et qui demande en bref que le marché ne soit pas  abandonné à la "main invisible" chère aux libéraux radicaux. François, une fois encore, très brièvement, ne fait que répéter en quelques mots ce qui a été plus longuement développé par tous les papes depuis Léon XIII et spécialement par Jean-Paul II dans Centesimus annus (cf. § 34 sur les limites de l'économie de marché; § 35 sur les limites du profit; § 42 sur la nécessité d'encadrer l'économie de marché par un "contexte juridique ferme"; § 40 et 48 sur le rôle de l'Etat face à l'économie de marché). Benoît XVI, quant à lui, dans Caritas in veritate, a fourni à François tout l'arsenal nécessaire pour justifier l'appel à la correction du marché évoqué brièvement dans l'exhortation apostolique.

    Enfin, il suffit de lire les références du texte de François pour se rendre compte qu'il s'inscrit bien dans la tradition de l'Eglise en matière sociale qui n'est réductible ni au libéralisme, ni au socialisme, ni à un mélange des deux ou à un compromis entre ces idéologies.