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  • La Hongrie : un caillou dans la chaussure LGBTQIA+ de l'Union Européenne

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :

    LA HONGRIE, CAILLOU DANS LA CHAUSSURE « LGBTQIA+ » DE L’UE

    L’Union Européenne a adopté des « valeurs » sociétales qui auraient fort surpris ses pères fondateurs. Parmi celles-ci, le nouveau concept de « genre » et ses nombreuses applications LGBTQIA+ (pour : Lesbienne, Gay, Bisexuel·le, Transgenre, Queer, Intersexe, Asexuel·le, le + incluant d’avance toutes les personnes qui ne se retrouveraient pas dans cette liste…). Ces « valeurs » libertaires créent un clivage de plus en plus marqué entre les pays européens de l’Ouest et du Nord qui leur sont acquis, et ceux d’Europe centrale et orientale qui refusent de tourner le dos au modèle familial légué par la tradition judéo-chrétienne. En tête des réfractaires, la Pologne et la Hongrie. En mars dernier, en réponse à la centaine de collectivités polonaises qui s’étaient décrétées « zones sans idéologie LGBT », le Parlement européen a voté une résolution déclarant l’UE « zone de liberté » pour les minorités sexuelles.

    Ce 24 juin, c’est la Hongrie qui a été mise sur la sellette au Conseil européen. En cause, une nouvelle loi hongroise interdisant de « promouvoir » le changement de genre et l’homosexualité auprès des mineurs. Une « honte », selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, selon laquelle cette loi « va à l’encontre de toutes les valeurs fondamentales de l’UE ». La présidente avait reçu l’appui de 15 états membres sur 27 qui ont adressé à la Commission une déclaration dans laquelle ils se disent « profondément inquiets » par des dispositions « discriminatoires à l’égard des personnes LGBTQI et violant le droit à la liberté d’expression sous prétexte de protéger les enfants ». Présent à Bruxelles et soumis, jeudi soir, à deux heures de réprimandes par une majorité de ses homologues européens menés par ceux du Benelux, le premier ministre hongrois Viktor Orban n’a pas fléchi : cette loi, a-t-il dit et répété, « ne porte pas sur les homosexuels » mais « concerne la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants ». Il a été aussitôt soutenu par ses homologues polonais et bulgare. La veille, mercredi 23 juin, à Munich, une tentative d’utiliser l’Euro de football à l’occasion du match Allemagne-Hongrie en éclairant le stade aux couleurs arc-en-ciel, avait échoué : l’UEFA a « calé » devant cette trop évidente exploitation politico-idéologique du sport.

    Votée par le parlement hongrois le 15 juin dernier, la loi en question stipule que « l’école ne doit pas viser à promouvoir le changement de genre ainsi que l’homosexualité ». Elle s’inscrit selon ses auteurs dans un « système de protection de l’enfance » garantissant le droit des mineurs « à leur identité selon leur sexe de naissance ». Est donc proscrit « tout ce qui encourage la déviation, la modification, ou l’homosexualité sur la base de l’identité de genre », la « responsabilité civile » des chefs d’établissement, des enseignants ou des éducateurs pouvant être engagée en cas d’infraction. Le gouvernement hongrois avait préparé le terrain en faisant adopter en décembre dernier un amendement à la Constitution pour préciser que « la mère est une femme, et le père est un homme ». Cet amendement précise que « la Hongrie protège l’institution du mariage », qui est la « base de la relation familiale » et de la relation « parent-enfant », ainsi que le droit des enfants à recevoir une éducation « conforme aux valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle et la culture chrétienne de la Hongrie ». Il s’agit, avait précisé la ministre de la justice, Judit Varga, de mettre la Hongrie à l’abri de « la menace constante » qui pèse sur « les lois naturelles » et « l’ordre de la création ». Là encore, on imagine la stupeur du trio démocrate-chrétien des « pères de l’Europe », Alcide De Gasperi, Robert Schuman et Konrad Adenauer, si on leur avait annoncé qu’un pays européen jugerait nécessaire de graver dans sa constitution de telles évidences… pour se border contre le vent soufflant des instances de l’UE et des autorités politiques de leurs propres pays.

    Il serait intéressant de sonder les parents d’élèves des pays européens pour vérifier s’ils partagent ou non, et dans quelle proportion, les condamnations de la Hongrie par les instances de l’UE au nom de la cause LGBT. Mais gageons qu’aucun institut de sondage ne se risquera à un tel exercice. Le sujet est tabou. Pourtant, que risque la Hongrie ? L’initiative d’une procédure d’infraction pour violation du droit de l’UE revient à la Commission européenne qui pourrait saisir la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE). Et après ? Les autorités hongroises pourraient-elles se laisser intimider par les foudres de la CJUE ? Elles n’auraient rien de comparable, heureusement, au déferlement des chars soviétiques contre Budapest en 1956 ! Quoi qu’il en soit, Viktor Orban a promis d’engager devant la CJUE un recours contre d’éventuelles sanctions. Au moins un an de procédure… Rien ne dit qu’elle aboutira avant avril 2022, date des élections générales en Hongrie.

     

    La Hongrie veut réprimer la « promotion » » de l’homosexualité

    La Croix 15-06-2021
  • Chasser le latin et le grec de l'Université ?

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    D'Alice Develey sur le site du Figaro via artofuss.blog :

    La culture «woke» veut chasser le grec et le latin des universités américaines

    ENQUÊTE – L’Université de Princeton a décidé que le grec et le latin ne seraient plus obligatoires en lettres classiques. Raison: la pression du courant «woke», réduisant la culture antique à une société esclavagiste et raciste. Une dérive dangereuse qui pourrait gagner la France, où l’enseignement classique ne cesse d’être fragilisé.

    24 juin 2021

    En décembre 2020, Andrea Marcolongo est conviée par l’université de Columbia afin de discuter de l’importance du latin et du grec. «Je m’imaginais prendre l’avion, traverser l’Atlantique et arriver à New York pour parler des langues anciennes, c’était assez poétique dans mon idée.» Mais, à cette époque, le monde se confine et voilà l’auteur de La Langue géniale contrainte de mener cette conversation derrière un écran d’ordinateur. Il est 22 heures chez elle lorsque la conférence commence. L’helléniste revient sur son parcours et ses livres, quand un élève l’interpelle: «Comment peut-on lire Homère alors qu’il était raciste et misogyne?» La connexion est bonne, mais Andrea Marcolongo craint d’avoir mal compris: «Je suis désolée, je ne comprends pas votre propos.»L’étudiant répète sa question en la justifiant. «J’avais l’impression qu’on avait lu deux auteurs différents», déplore Andrea Marcolongo.

    On pourrait croire que cette scène est un incident isolé dans la vie universitaire. Or, dans les couloirs des plus prestigieux établissements américains, à Stanford, une cohorte de plus en plus nombreuse brandit des théories indigénistes, raciales et décoloniales, braillant de plus en plus fort.

    À Princeton, Dan-el Padilla Peralta, professeur de lettres classiques, accuse son propre enseignement de perpétuer une «culture blanche» et désire tout simplement l’éradiquer. Une prise de position qui lui a valu les honneurs du New York Times. Conjointement à cette idéologie, sur la page web, Diversity and Equity, de son département, il est écrit, sans équivoque, que la culture gréco-romaine a «instrumentalisé, et a été complice, sous diverses formes d’exclusion, y compris d’esclavage, de ségrégation, de suprématie blanche, de destinée manifeste, et de génocide culturel». Comment s’étonner, dans ces conditions, que les autorités universitaires de Princeton aient décidé qu’il ne serait plus obligatoire pour les étudiants en lettres classiques d’apprendre le latin et le grec? Si travailler sur Aristote ou Ésope risque de transformer les élèves en fascistes…

    Vision identitaire et caricaturale

    «Cela va tout à fait dans le sens des modes intellectuelles d’outre-Atlantique: déconstruction, post-colonialisme, anti-impérialisme, islamo-gauchisme, ultraféminisme», explique à Paris Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, auteur d’un remarquable roman sur l’Antiquité tardive, Dardanus.

    La «woke culture», de l’anglais woke, «éveillé», impose une vision identitaire du monde et caricature les questions raciales. Les lettres classiques font les frais de cette maladie qui gangrène le monde américain. Cela explique que, lorsque des «woke» – qui ne comprennent l’histoire qu’en termes de domination et de privilège – étudient la vie à Rome et à Athènes, ils crient au racisme. «Ils détestent l’idée que l’Occident puisse constituer une civilisation dont les fondements sont gréco-romains. Il n’y a que la “blanchité”», analyse Raphaël Doan, agrégé de lettres classiques.

    Bien sûr, les sociétés antiques antéchrétiennes étaient inégalitaires et esclavagistes. Il ne s’agit pas de le nier, mais d’étudier ces faits dans leur contexte. Or, la vérité historique n’intéresse pas les «woke». Qu’importe que les statues de l’Antiquité fussent peintes, à leurs yeux elles sont blanches aujourd’hui! Qu’importe si, comme le remarque Doan, «ni les Grecs ni les Romains ne différenciaient les individus par la couleur de leur peau», l’anachronisme vaut bien une polémique! C’est le règne de l’opinion sur le fait. L’essentiel n’est pas ce qui est vrai, mais ce que l’on ressent comme vrai.

    Les «woke» se sentent blessés et voudraient faire table rase d’un passé qu’ils fantasment. L’ennui, «c’est que cela n’a aucun sens de plaquer des opinions et jugements de valeurs actuelles sur une situation qui date d’il y a deux millénaires», dit encore Jean-Robert Pitte. Cela crée un relativisme historique qui laisse penser que chaque génération est coupable aux yeux de celle qui la suit. Pourquoi serait-ce la faute d’Homère, de Platon ou d’Alexandre si des antiracistes voient dans leurs œuvres de quoi nourrir leurs angoisses et leurs obsessions?

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  • La liberté de foi des chrétiens menacée par des programmes agressifs de déchristianisation dans les institutions de l'UE, dans l'administration Biden, dans les États islamistes et athées

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    Interview de Lothar C. Rilinger sur kath.net :

    Cardinal Müller : Aucun être humain ne peut "décider de la vie et de la liberté de conscience et de foi d'autrui".

    24 juin 2021

    Cardinal Müller : "Actuellement, la liberté de foi des chrétiens ... est menacée par des programmes agressifs de déchristianisation dans les institutions de l'UE, dans l'administration Biden, dans les États islamistes et athées" 

    La base d'un État de droit démocratique est l'octroi des droits fondamentaux et des droits de l'homme. L'utilisation de ces droits trouve sa limite dans les droits fondamentaux et humains des tiers. La limite est fixée par la loi ou par les décisions de la cour constitutionnelle nationale et - donc en Europe - par la Cour européenne des droits de l'homme. Tant la législation que les décisions des cours constitutionnelles sont soumises au discours social, de sorte que les frontières peuvent se déplacer. Ce qui est inhabituel, en revanche, ce sont les développements connus sous le nom de culture de l'annulation et de politiquement correct, qui cherchent à établir ces limites au-delà du processus législatif ou des décisions judiciaires. Une élite idéologique dicte ce qui doit être considéré comme bon et ce qui doit être considéré comme mauvais afin de se présenter devant le tribunal autoproclamé de l'idéologie. Nous voulons en parler avec le cardinal Gerhard Ludwig Müller, dogmaticien et historien du dogme, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

    Lothar C. Rilinger : Le droit à la liberté d'expression est considéré comme un droit de l'homme. Pouvez-vous imaginer que ce droit de l'homme constitue la base inaliénable d'un État constitutionnel démocratiquement constitué ?

    Cardinal Gerhard Ludwig Müller : Ce que l'Etat est et ce qu'il peut faire envers ses citoyens est controversé. Après les expériences négatives de l'empiètement d'un État totalitaire, la Constitution de la République fédérale d'Allemagne part de l'inviolabilité de la dignité humaine, qui est le fondement et la limite de l'exercice de tout pouvoir étatique. En raison des différences philosophiques et religieuses dans la conception de l'homme, il n'existe cependant aucune conception des droits fondamentaux qui en découlent qui soit partagée par tous. Ce que nous considérons comme non négociable dans la tradition de la loi naturelle et du christianisme est méprisé dans certains États islamiques ou dans la Chine communiste comme une importation culturelle de l'"Occident".

    Je pense cependant qu'il est impossible de contourner la vérité de la raison : L'État existe pour le peuple et non le peuple pour l'État. Le citoyen n'est pas la propriété de ceux qui sont au pouvoir, mais le peuple est le souverain devant lequel le gouvernement est responsable. Aucun homme n'a le droit de décider de la vie, de l'intégrité corporelle, de la liberté de conscience et de croyance d'un autre. Il ne faut pas non plus parler de restriction des droits fondamentaux. Puisqu'ils nous viennent par nature ou, selon nous, sont accordés par notre Dieu et Créateur, ils ne peuvent être abrogés ou restreints. Seul leur abus ou leur utilisation au détriment d'autrui peut être sanctionné. En cas de guerre, de catastrophe ou de pandémie, les mesures nécessaires doivent être prises par l'autorité légitime dans l'intérêt du bien commun. Mais la crise Corona ne doit pas être l'occasion bienvenue de saper la démocratie et la liberté de la société civile au profit du paternalisme d'une élite autoproclamée qui veut enseigner à la grande masse du peuple ce qui est bon pour elle. L'État n'est pas comme un - mauvais - professeur qui traite ou malmène ses citoyens comme des "écoliers stupides".

    Rilinger : L'Etat doit-il accorder à ses citoyens le droit humain à la liberté d'opinion non seulement pour des raisons juridiques, mais aussi pour leur permettre de développer leur personnalité ?

    Cardinal Müller : Un Etat construit selon les principes d'une démocratie parlementaire n'a pas le droit d'accorder quoi que ce soit à des personnes libres. Accorder et priver vient du dictionnaire des dictatures éducatives autocratiques. Les faiseurs d'opinion, au nom de leur raison supérieure, s'estiment en droit et même moralement obligés d'exercer un contrôle absolu sur les esprits et les consciences de leurs objets d'attention. Dans un État de droit - par opposition à un État unitaire idéologique - il incombe à ses trois pouvoirs distincts de protéger et de garantir l'exercice des droits naturels des citoyens. Nous n'avons pas non plus besoin de politiciens, de juges ou de leurs porte-parole dans les médias d'État qui, comme des enfants mineurs, nous traitent parfois durement, parfois nous laissent courir avec une longue laisse. On aimerait souhaiter à certains propagandistes de l'humanité nationale de trouver d'abord le bonheur à l'issue de leurs études ou d'une expérience professionnelle plus longue, avant de penser à de nouvelles interdictions ou à des taxes plus élevées et de donner des falsifications du langage contre-gendré comme ses "sagesses" supérieures.

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  • L'avortement n'est pas une fatalité

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    De Grégor Puppinck (initialement publié sur le site de l’ECLJ : La prévention de l’avortement : garantir le droit de ne pas avorter) sur gènéthique.org :

    La prévention de l’avortement : garantir le droit de ne pas avorter

    24 juin 2021

    Chaque année, l’avortement met un terme à un cinquième des grossesses françaises et à un tiers des grossesses européennes, avec 4,5 millions d’avortements contre 8,5 millions de naissances dans l’Europe des 47 États membres du Conseil de l’Europe.

    Au regard de l’ampleur du phénomène, de ses causes et de ses conséquences, l’avortement n’est pas plus une liberté qu’une fatalité, mais un problème social de santé publique auquel la société peut et doit répondre par une politique de prévention.

    La société peut, par le biais de politiques publiques, prévenir et réduire le recours à l’avortement. Ainsi, aux États-Unis, la baisse de 17,4 % du nombre d’avortements pratiqués entre 1990 et 1999 résulte des changements législatifs opérés dans la majorité des États[1] fédérés. En Europe, certains gouvernements sont également parvenus à réduire le taux d’avortement[2] par des modifications législatives et des campagnes de sensibilisation[3]. En Hongrie, ce taux, qui s’établissait à 19,4 ‰ en 2010, est descendu à 17,5 ‰ en 2012[4]. La Pologne fournit un exemple encore plus radical de l’effet possible de la loi : alors que plus de 100.000 avortements y étaient pratiqués chaque année dans les années 1980[5], ils sont devenus aujourd’hui rarissimes. En France, à l’inverse, la valorisation publique de l’avortement comme « droit » s’est accompagnée d’une augmentation de sa pratique. Ainsi, le nombre d’IVG en 2013 a augmenté de 4,7 % par rapport à 2012, passant de 207 000 à 217 000[6], suite à la décision du gouvernement de rembourser l’IVG à 100 %[7].

    L’avortement n’est donc pas une fatalité : la majorité des avortements a une cause de nature économique et sociale et pourrait être évitée. 75 % des femmes qui ont avorté indiquent y avoir été poussées par des contraintes sociales ou économiques[8]. Ce constat met en cause l’efficacité de la prévention de l’avortement ainsi que le respect des droits sociaux des femmes et des familles. Dans divers instruments internationaux, les États se sont pourtant engagés formellement à prévenir l’avortement.

    Comme le soulignait le Professeur Israël Nisand[9]« Tout le monde peut s’accorder sur l’idée qu’il vaut mieux prévenir les IVG chez les jeunes plutôt que d’avoir à les réaliser, que ce soit du point de vue éthique, psychologique ou économique ». Un sondage IFOP réalisé en 2010[10] est particulièrement révélateur de l’ambivalence qui entoure la perception de l’avortement. Si 85 % des personnes interrogées se disaient favorables à l’avortement, 61 % estimaient qu’il y en avait trop en France et 83 % qu’il avait des conséquences psychologiques difficiles à vivre.

    Pour prévenir l’avortement, deux moyens étaient présentés comme souverains : l’éducation sexuelle et la contraception[11]. Pourtant, alors que, quarante ans après la légalisation de l’avortement, la contraception s’est généralisée et que l’éducation sexuelle fait partie des programmes scolaires dès l’école primaire, le nombre d’avortements ne baisse pas, en particulier chez les mineures.

    Il est donc urgent de réfléchir à une véritable prévention de l’avortement, pour réduire l’avortement chez les jeunes, pour que les femmes n’y soient plus contraintes par leur situation économique ou sociale. Cette politique de prévention doit être renouvelée jusque dans ses prémisses et être élargie : comme toute véritable prévention, elle doit être fondée sur un progrès de la responsabilité personnelle.

    Une politique publique de prévention peut s’appuyer sur des principes juridiques bien établis et contribuerait à leur mise en œuvre. Sur la base de ces principes, les États ont pris l’engagement conventionnel de mener une telle politique de prévention afin de « réduire le recours à l’avortement ». Ces principes sont la protection de la famille, de la maternité, et de la vie humaine. À cette obligation pesant sur les États correspond un droit corrélatif pour toute femme de ne pas être contrainte d’avorter (I).

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  • Quand Gad Elmaleh rencontre le cardinal Sarah

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    De Famille Chrétienne :

    La rencontre improbable entre Gad Elmaleh et le cardinal Sarah

    <p>Gad Elmaleh et le cardinal Robert Sarah se sont rencontrés le 23 juin au soir chez des amis communs. Le comédien a lu tous les livres de l'ancien responsable du culte divin à Rome.</p>

    Gad Elmaleh et le cardinal Robert Sarah se sont rencontrés le 23 juin au soir chez des amis communs. Le comédien a lu tous les livres de l'ancien responsable du culte divin à Rome.

    La photo a très vite fait le tour de la cathosphère sur Twitter. Et pour cause : apercevoir le cardinal Robert Sarah côte à côte avec le comédien Gad Elmaleh, personne ne s’y attendait. Les deux hommes se sont rencontrés le 23 juin au soir « lors d’un dîner privé chez des amis communs », confirme-t-on dans l’entourage du cardinal Sarah. « Le cardinal savait que Gad avait lu ses livres, qu’il en parlait en bien et qu’il avait exprimé à des amis proches son désir de le rencontrer ». La venue du prélat catholique en France cette semaine a permis de mettre sur pied cette entrevue, malgré des agendas communs chargés. En publiant cette information sur twitter, le cardinal Sarah a souhaité « manifester publiquement cet échange très beau qu’ils ont partagé ».

    Une discussion sur la foi et la géopolitique

    De quoi justement ont parlé les deux hommes ? « De la foi mais aussi de questions géopolitiques, notamment concernant le Moyen-Orient puisque Gad Elmaleh est originaire du Maroc », assure l’entourage du cardinal Sarah. Ce dernier a été « très sensible à la recherche personnelle exprimée par Gad Elmaleh, de confession juive. Il a également été très touché par ce que le comédien lui a dit, des confidences très personnelles et intimes que ne regardent qu’eux deux ». Le cardinal a profité de cette rencontre pour exprimer à Gad Elmaleh son admiration pour la comédie musicale « Bernadette de Lourdes » que le comédien a co-produit avec Gilbert Coullier. Cette première rencontre ne sera probablement pas la dernière puisque les deux hommes ont exprimé leur souhait commun de se revoir. 

    « Le cardinal Sarah sera le prochain pape »

    Par le passé, Gad Elmaleh n’avait pas dissimulé son admiration pour l’ancien préfet pour la congrégation du culte divin. Dans le magazine L’1nvisible, en mars 2020, l'humoriste n’avait pas hésité à parier que le cardinal Sarah serait… le prochain pape ! « Je m’avance un peu, mais je le pense, je suis prêt à ouvrir les paris ». Il avait également battu en brèche l’idée que les catholiques traînaient une image ringarde. « Mais non, avait-il répondu. Il faut écouter le cardinal Sarah ! Il faut regarder les vidéos de prêtres extraordinairement marrants et intéressants : Baudouin Ardillier ou d’autres ! Il y a plein de prêtres qui sont extrêmement éclairés et très drôles ».

  • L’euthanasie des nouveau-nés pratiquée hors la loi belge

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    De l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique : l’euthanasie des nouveau-nés pratiquée hors la loi

    24/06/2021

    Une récente étude a mis au grand jour la pratique d'euthanasies délibérées sur des nouveau-nés pour qui le corps médical estimait qu'il n'y avait « aucun espoir d'un avenir supportable ». Ces pratiques concernaient 10% des nouveau-nés (0-1 an) décédés en Flandre, entre septembre 2016 et décembre 2017, soit 24 bébés.

    Cette pratique est illégale en Belgique et pourtant, aucune autorité ne semble s'en offusquer. La loi n'autorise l'euthanasie d'un mineur que s'il est capable de discernement et conscient au moment de sa demande d'euthanasie.

    Dans sa thèse ayant servi de base pour l'étude en question, Laure Dombrecht, chercheuse à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), fait mention d'une étude comparable effectuée en 1999-2000. La proportion d'euthanasies de nouveau-nés par injection de substances mortelles est passée de 7 à 10% depuis cette précédente enquête.

    L'étude distingue, parmi ce qu'elle nomme les « décisions médicales de fin de vie » qui ont concerné 61% de ces bébés, d'une part les décisions de ne pas commencer ou d'arrêter un « traitement de maintien de vie » (ex : ventilateur), et d'autre part le fait d'administrer certaines substances au bébé. A noter que le terme d'euthanasie n'apparaît nulle part dans l'article. Sur le plan des intentions du médecin, l'étude distingue trois situations :

    Le médecin n'a pas l'intention de provoquer la mort du bébé ni de la hâter, mais prend en considération, sans le viser, l'effet potentiel de hâter la mort (ex: décision de ne pas administrer d'antibiotiques, administration de morphine ou de sédatifs) L'effet potentiel d'une mort précipitée n'est pas l'objectif principal mais il est en partie visé par le médecin Le médecin a l'intention explicite de provoquer la mort (ex : injection d'un relaxant musculaire mortel)

    Alors que la valeur éthique de la décision médicale est tout autre selon qu'on se situe dans le premier ou deuxième point (mort non recherchée v. mort recherchée), l'étude n'opère pas de classification distincte des cas pour ces deux catégories d'intention, ni du point de vue de l'arrêt de traitement, ni du point de vue de l'administration de substances. Le critère de proportionnalité (dans l'arrêt du traitement ou dans le dosage des substances) n'est pas non plus évoqué alors qu'il s'avère décisif pour juger de l'intention du médecin.

    Les médecins ayant procédé à l'euthanasie des nouveau-nés par injection létale ont indiqué dans 91% des cas que la raison principale de leur agir était qu'il n'y avait aucun espoir de « futur supportable » pour l'enfant. Autrement dit, ces enfants avaient malgré tout une réelle chance de survie mais le corps médical – sans doute en accord avec leurs parents - a estimé que leur vie ne valait pas la peine d'être vécue jusqu'au bout.

    Pour quelle raison les praticiens se permettent-ils donc de déroger au cadre légal lorsqu'il s'agit d'enfants incapables de s'exprimer ?

    Les auteurs de l'étude se posent la question de la nécessité d'encadrer cette « pratique », à l'image du cadre para-légal établi aux Pays-Bas à travers le Protocole de Gröningen. Un tel « encadrement » signifierait en réalité une autorisation sous condition de l'infanticide pratiqué par un médecin.

  • Le rapport Matic adopté par le Parlement européen

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    De l'Institut Européen de Bioéthique :

    Sexualité et avortement : le rapport Matic adopté par le Parlement européen

    24/06/2021

    Réuni en séance plénière à Bruxelles ce jeudi 24 juin, le Parlement européen a adopté (378 voix "pour" ; 255 "contre" ; 42 abstentions) la résolution et le rapport « sur la situation concernant la santé et les droits génésiques et sexuels dans l'Union, dans le cadre de la santé des femmes ».

    Portée par l'eurodéputé croate Predrag Fred Matić, cette résolution controversée envisage notamment la question de l'avortement en des termes peu nuancés, revendiquant « un accès sûr et légal à l'avortement fondé sur la santé et les droits des femmes » en faisant l'impasse sur les autres dimensions de la grossesse et de la maternité, tant du point de vue du développement de l'enfant à naître que du soutien à la parentalité.

    Plus largement, à travers l'expression de « droits génésiques et sexuels », la résolution invite les États membres de l'Union européenne (UE) à garantir l'accès des citoyens, et en particulier des femmes, à : « une éducation sexuelle complète; des méthodes de contraception modernes; des soins lors de l'accouchement et des périodes prénatale et postnatale; des soins obstétriques; des soins aux nouveaux-nés; des services pratiquant des avortements sûrs et légaux; la prévention et le traitement de l'infection au VIH et d'autres IST; des services visant à détecter, à prévenir et à traiter les violences sexuelles et sexistes; le traitement des cancers de l'appareil reproducteur; des services d'aide à la procréation ».

    Quoique non contraignant, le contenu de la résolution s'avère pourtant contraire au droit européen, tant du point de vue des compétences attribuées à l'UE que du point de vue du respect des droits fondamentaux.

    S'agissant des compétences de l'UE, celles-ci ne couvrent pas l'enjeu de l'avortement, qui relève de la seule prérogative des États membres. De même, la compétence d'appui de l'UE en matière de santé ne permet pas au Parlement européen de se prononcer sur l'orientation des politiques nationales en matière de sexualité, de procréation ou, a fortiori, d'avortement. La résolution outrepasse donc le mandat de l'UE en l'espèce.

    La résolution soulève par ailleurs de graves questionnements du point de vue de sa compatibilité avec le cadre européen en matière de droits fondamentaux. C'est particulièrement le cas s'agissant du droit à l'objection de conscience, tel que reconnu par l'article 10.2 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE. La résolution considère en effet que l'objection de conscience, sur la base de laquelle « des professionnels de la santé s'abstiennent de procéder à des avortements en faisant valoir leurs convictions intimes (…) prive les femmes de leur droit à la santé et à des procédures médicales ». Une telle interprétation s'écarte sensiblement de la manière dont est interprété ce droit par le droit européen des droits de l'homme et poserait de véritables difficultés du point de vue du respect de la liberté de conscience des soignants concernés.

    Deux propositions alternatives, proposées respectivement par le groupe du Parti Populaire européen (PPE) et par le groupe des Conservateurs et Réformistes (ECR), ont chacune échoué à obtenir la majorité au sein du Parlement. La proposition du PPE englobait notamment des préconisations liées à la santé des femmes en matière de maternité et de procréation, visant à assurer un soutien adapté à la maternité, ou encore à prévenir l'infertilité. La proposition du groupe ECR rappelait quant à elle l'autonomie des États membres s'agissant de l'avortement ou de la santé et de l'éducation sexuelles. L'un et l'autre texte insistaient sur la légitime protection dont doit bénéficier l'objection de conscience des soignants en ces matières.

    Lire aussi : Conférence épiscopale polonaise : « La culture de la vie devient culture de la mort et de la discrimination »

  • "Famille chrétienne" dénonce l’idéologie LGBTQ2SAI+ qui a envahi les établissements scolaires français

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    De Famille Chrétienne via le site "Pour une école libre au Québec" :

    Enquête sur l’invasion LGBTQ2SAI+ à l’école

    23 juin 2021

    Famille chrétienne dénonce l’idéologie LGBTQ2SAI+, qui a envahi les établissements scolaires français.

    Finie la lutte contre les inégalités et les stéréotypes sexuels. Désormais, l’école entend détruire les identités sexuelles, sacrifiant avec elle une génération d’élèves où être fille ou garçon ne veut plus rien dire. Enquête sur un phénomène silencieux qui cause d’énormes souffrances.

    « En politique comme en art militaire, retraite ne signifie pas toujours défaite. En 2013, le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon retirait les ABCD de l’égalité des écoles. Huit ans plus tard, la théorie du genre, dont Najat Vallaud-Belkacem disait qu’« elle n’existe pas », s’est installée dans tous les aspects de la vie scolaire. En catimini, sans que personne ne s’en émeuve. Esther Pivet, alors présidente du collectif Vigi Gender, le souligne : « Le gouvernement a reculé pour mettre en place quelque chose de plus vaste, le plan d’action pour l’égalité entre les filles et les garçons. »

    Des cours de récréation « genrées »

    Depuis, l’Éducation nationale s’est mise aux couleurs de l’arc-en-ciel. En 2015, elle a lancé une première campagne de sensibilisation dans les collèges et lycées aux discriminations contre les LGBT. En 2019, la campagne « Tous égaux, tous alliés » s’accompagne de tracts qui invitent les élèves à se faire les alliés des LGBT et à veiller aux propos ou attitudes « LGBTphobes ». Les associations qui interviennent pour parler de sexualité sont de plus en plus militantes : parmi elles, SOS homophobie, le Planning familial, ou encore Au-delà du genre, « qui accompagne les personnes trans ». Le souci légitime que les jeunes ne soient pas maltraités à cause de leur « orientation sexuelle » a fait place à une véritable propagande qui détruit l’existence même des identités sexuelles.

    À Lille, par exemple, au lycée Angellier, la fondation Le Refuge est intervenue le 25 mars dans le cadre d’une journée de formation LGBT. Auparavant, une exposition se tenait dans le hall, où on pouvait lire que l’hétéronormativité « structure la société en hiérarchisant la société ». Il s’agit donc bien du vocabulaire de la sociologue militante Gabrielle Richard, qui intervient à l’école, et qui, dans un livre de 2019, Hétéro, l’école ?, présente un plaidoyer pour une éducation anti-oppressive de la sexualité, critique une culture scolaire qui contribue à « reconduire les normes de genre et de sexualité à son insu ». Il ne s’agit pas d’une lubie isolée : à Rennes, deux écoles ont repensé le design de leur cour de récréation pour les rendre moins « genrées ». Dans les écoles qui se construisent désormais, fini le terrain de foot, place à la verdure et aux espaces de jeux mixtes.

    « Ils agissent comme la Gestapo »

    Les élèves sont nombreux à se plaindre que la propagande LGBT ait envahi leurs cours, comme Thomas, en terminale dans un lycée public d’une petite ville de l’ouest de la France. “En anglais, depuis la quatrième, en boucle et en boucle, on ne parle qu’inclusion, diversité, sexisme, féminicide, raconte-t-il. En géopolitique ? « La place des femmes » ; en spécialité Humanités et philosophie ? “L’émancipation féminine”, et le professeur a “réussi à associer l’item les métamorphoses du moi au transgenre”.” Le lycée comprend d’ailleurs plusieurs élèves qui s’identifient comme trans : trois filles en seconde, dont une non-binaire, et un garçon au moins « dont on ne se sait pas trop comment il s’identifie ». Au CDI [centre de documentation et d’information, la bibliothèque], « on a, en entrant, des drapeaux LGBT et, sur chaque porte du couloir, des feuilles imprimées sur l’évolution des droits LGBT et trans ».

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  • Le Vatican contre l'Italie sur le nouveau projet de loi sur l'homophobie : Pourquoi il s'agit d'une question de liberté religieuse

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    De Marco Respinti sur Bitter Winter :

    Le Vatican contre l'Italie sur le nouveau projet de loi sur l'homophobie : Pourquoi il s'agit d'une question de liberté religieuse

    23/06/2021

    Le Vatican affirme que la nouvelle loi violerait le Concordat entre l'Italie et le Saint-Siège, un traité international. Il ne s'agit pas des droits des LGBT, mais de la liberté de religion ou de croyance.

    Mgr. Paul Richard Gallagher, Vatican Secretary for Relations with the States.
    Mgr. Paul Richard Gallagher, Secrétaire du Vatican pour les relations avec les États

    Le Sénat italien examine actuellement le projet de loi dit "Zan", du nom de son rédacteur initial, le député Alessandro Zan, du Parti démocrate, que la Chambre des représentants a approuvé le 4 novembre 2020. Les personnes favorables au projet de loi affirment qu'il ne fait qu'étendre aux personnes LGBT+ (et aux personnes handicapées) les dispositions d'une loi de 1993 (connue sous le nom de "Legge Mancino") contre les discours de haine, la discrimination et la violence en raison de la race, de l'ethnicité, de la religion et de l'identité nationale, en ajoutant également l'orientation sexuelle et les handicaps aux catégories protégées par cette loi. Mais les critiques (parmi lesquels, soit dit en passant, se trouvent également des homosexuels et des activistes féministes de premier plan) mentionnent certaines failles dans le projet de loi, tout en approuvant les dispositions contre tout type de violence et d'incitation à la violence contre les personnes LGBT+ (inutile de préciser que c'est également ma position). Il y a deux objections principales.

    L'objection principale
    Premièrement, les lois italiennes actuelles punissent déjà la haine, la discrimination et la violence contre les personnes LGBT+. En fait, lorsqu'ils sont identifiés, les auteurs de crimes haineux contre quiconque, y compris les personnes LGBT+, sont arrêtés, passent en justice et, s'ils sont reconnus coupables, purgent une peine de prison. Cela semble régler la question, mais le "projet de loi Zan" introduit une nouveauté. En plus du sexe, du genre et de l'orientation sexuelle, il protège également " l'identité de genre ". L'article 1, paragraphe d, du "projet de loi Zan" définit l'"identité de genre" comme "l'identification perçue et manifestée de son propre genre, même si elle ne correspond pas à son sexe [biologique], indépendamment de la conclusion d'un parcours de transition" ("l'identification perçue et manifestée de soi par rapport au genre, même si elle ne correspond pas au sexe, indépendamment de l'accomplissement d'un processus de transition".). Mais une "identité de genre perçue", selon les critiques du projet de loi, n'est pas unanimement acceptée et ne peut être clairement définie, ouvrant ainsi la voie à des interprétations arbitraires.

    Le risque, selon les critiques, est que toute expression de critique légitime de la notion d'"identité de genre" par quiconque puisse être considérée comme un discours de haine, réduisant ainsi la liberté d'expression. Mais il y a plus. Les critiques soutiennent que dans le cas des prêtres et des pasteurs, des rabbins et des imams, des catéchistes ou des simples croyants, toute critique théologique, philosophique et morale de tout comportement sexuel fondé sur la religion et la théologie pourrait être qualifiée de "discours de haine" et l'intrus supposé traduit en justice. C'est également le cas pour les agnostiques ou les athées, qui pourraient être sanctionnés s'ils expriment leur opposition à un comportement sexuel spécifique basé sur leur propre philosophie laïque.

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  • L'expulsion de la Fraternité Saint-Pierre à Dijon : un dangereux précédent ?

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    De Gabrielle Cluzel sur Boulevard Voltaire :

    “Expulsion” de la Fraternité Saint Pierre à Dijon : les fidèles montent au créneau

     23 juin 2021

    Dans « Tradiland » la nouvelle a fait l’effet d’une bombe.  Par une lettre en date du 17 mai, l’archevêque de , Mgr Roland Minnerath, a « remercié » la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) installée à la basilique Saint-Bernard depuis 23 ans, lui demandant de quitter les lieux pour la rentrée scolaire de septembre sans préciser la raison de cette décision. Il a fallu une entrevue avec un groupe de fidèles, et le 8 juin dernier, une mise au point du diocèse sur son site pour avoir une explication  : pour l’évêque, la communauté ne se mélange pas suffisamment au reste du diocèse, et surtout, les prêtres de la FSSP ne concélèbrent pas. Il est donc précisé que les fidèles pourront toujours assister à la  en rite extraordinaire, mais célébrée par des prêtres diocésains, et “pour tous les autres services pastoraux, comme la catéchèse, le patronage, le scoutisme et les autres activités apostoliques, les familles qui le désirent trouveront le meilleur accueil auprès des paroisses locales (…) ou de toute autre paroisse du diocèse“. Selon le communiqué, « le fait de confier maintenant les fidèles à des prêtres diocésains ne fera que renforcer leur communion avec l’Église diocésaine. »

    Mais les arguments avancés peinent à convaincre lesdits fidèles. Un père de  s’interroge : « Comment reprocher aujourd’hui aux prêtres de la FSSP ce qui les caractérise, la spécificité dont ils n’ont jamais fait mystère, leur inextinguible attachement au rite extraordinaire ? »

    Quoi qu’il en soit, ces 300 catholiques – 40 enfants inscrits au catéchisme – sont sonnés par cette « expulsion », comme ils l’appellent. Et veulent faire entendre leur voix. Ils ont  ouvert une page Facebook, posté sur Youtube une vidéo de soutien, et mis en ligne une supplique à l’évêque – réunissant à ce jour près de 4.500 signatures – pour lui demander de revenir sur cette décision. 

    Si l’affaire dépasse largement Dijon, c’est parce que les craintes d’effet « jurisprudence » sont fortes : s’ils étaient tous, in fine, sur un siège éjectable, ne tenant, même au bout d’un quart de siècle, qu’à un fil, celui du bon-vouloir de l’évêque ? Alors qu’il se dit qu’à Rome, le motu proprio institué par Benoît XVI serait menacé, les inquiétudes enflent, et avec elles les amertumes de ceux qui se disent considérés trop souvent comme des catholiques de seconde zone, grattant des plaies mal refermées. Certaines datent d’il y a quelques mois, quand Mgr Aupetit assimilait la volonté de recevoir la communion sur les lèvres à un « petit business », ou que Mgr Grech, secrétaire général du synode des évêques, qualifiait d’ « analphabétisme spirituel », de « foi immature » les manifestations, largement portées par les “cathos tradis”,  réclamant le retour de la messe pendant le confinement. Citons encore le bilan récent peu flatteur de la Conférence des Evêques sur l’application du Motu Proprio de 2007. 

    Si l’affaire fragilise psychologiquement la Fraternité Saint-Pierre, elle donne du grain à moudre à la Fraternité Saint-Pie X, qui ne manque pas, en relatant cette éviction à la hussarde, de rappeler ces propos de Mgr Lefèvre au sujet des communautés « ecclesiadéistes » : 

    « Il est évident qu’en se mettant dans les mains des autorités actuelles conciliaires, ils admettent implicitement le concile et les réformes qui en sont issues, même s’ils reçoivent des privilèges qui demeurent exceptionnels et provisoires. Leur parole est paralysée par cette acceptation. Les évêques les surveillent. »

    Au-delà de ces sphères, certains clercs, qui veulent rester anonymes, s’interrogent sérieusement : alors que la base des catholiques – cultuels comme culturels – se contracte, l’Église peut-elle  aujourd’hui s’offrir le luxe de laisser sur le bord du chemin ce clergé, et  faire fi de l’attachement de leurs fidèles ? 

    Parce que la réalité démographique est là, comme le constatait le sociologue Yann Raizon du Cleuziou dans La Croix il y a quelques mois, évoquant le catholicisme de  des années 1960-1970 : « Ses militants ont souvent voulu libérer leurs enfants de l’obligation d’assister à la messe pour privilégier l’engagement en faveur d’une  plus juste, jugé plus « évangélique ». Mais aujourd’hui, ses vétérans se trouvent sans postérité – ou presque – dans la jeunesse catholique résiduelle ». Les plus , eux, ont transmis. Et ont eu beaucoup d’enfants. 

    Ce dynamisme, ces jeunes pousses, qui repartent à la base du vieux tronc, devraient réjouir comme une divine surprise. Paradoxalement, il en irrite plus d’un. Car de ce côté-ci, les amertumes, les blessures et les non-dits sont aussi nombreux. Consciemment ou non, certains croyaient que le motu proprio ne visait qu’à assurer une transition compréhensive, en attendant que les vieillards nostalgiques passent (et trépassent). Aujourd’hui il est douloureux pour eux de se faire traiter parfois, avec la cruauté de la jeunesse, de « boomers »  et reprocher notamment d’avoir, par des initiatives liturgiques trop audacieuses, figé dans un cadre seventies daté et donc déjà démodé, une religion éternelle.  

    « Le mépris affiché pour les ultimes pratiquants est suicidaire », met en garde Yann Raison du Cleuziou. On pourrait en effet assister, mutatis mutandis, à une giletjaunisation spirituelle à bas bruit de ces fidèles périphériques, très attachés à leurs racines, leurs dévotions populaires, leurs rites ancestraux, et se sentant délaissés ou incompris par une élite aux manettes.

    En attendant, une manifestation statique est prévue samedi matin, à 10 heures, devant l’évêché de Dijon. 

  • Eucharistie et avortement, le retour des principes non négociables

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Eucharistie et avortement, le retour des principes non négociables

    22-06-2021

    La décision des évêques américains sur l'admission à la Communion a également des répercussions importantes pour la Doctrine Sociale, car elle remet sur le terrain la doctrine des principes non négociables que ce pontificat avait abandonnée et niée. 

    La décision des évêques américains concernant la non-admission à la communion eucharistique des partisans publics de l'avortement (voir ici et ici) a des conséquences positives également dans le domaine de la doctrine sociale de l'Église, et pas seulement dans le domaine de la doctrine et de la vie sacramentelle. En effet, la décision prise par la majorité des évêques américains de continuer à ne pas admettre à la communion les avorteurs déclarés et d'entamer le processus de rédaction d'un document magistériel sur le sujet remet sur le terrain la doctrine des principes non négociables. Cette doctrine a été complètement abandonnée et niée au cours de ce pontificat, en contraste frappant avec le précédent. Leurs partisans espéraient qu'il serait relancé à partir des problèmes de la présence des catholiques dans la société, au lieu de quoi il est maintenant relancé de manière imprévisible à partir d'une question sacramentelle.

    Lors de la discussion précédant le vote des évêques, de nombreuses interventions avaient évoqué la politique. Antonio Spadaro, directeur de La Civiltà Cattolica et fervent partisan de l'admission du président Biden (et de ceux qui lui ressemblent) à la communion, a déclaré qu'avec l'interdiction, il y a un risque d'utiliser l'Eucharistie à des fins politiques. Il s'agit - semble-t-il - d'étiqueter l'un ou l'autre homme politique au sens catholique du terme. Lors du débat au sein de la Conférence des évêques, l'évêque de San Diego a déclaré que l'on risquait ainsi de reléguer au second plan d'autres problèmes politiques, tels que la pauvreté et l'environnement, et de faire de la question de l'avortement la seule question politique réellement digne d'intérêt. Cet argument avait également été avancé par d'autres évêques progressistes.

    De telles déclarations indiquent que la décision sur l'admission à la Sainte Communion a eu et a encore des répercussions sur le plan politique. Si la pratique de la non-admission à la communion des avorteurs avait été arrêtée, il y aurait eu une séparation entre la vie politique publique et la vie sacramentelle ; et l'Eucharistie - c'est-à-dire le cœur de la vie de l'Église - aurait été indifférente à la place des catholiques dans la société. C'était, au fond, ce que le père Spadaro voulait. Deuxièmement, le thème de la vie aurait perdu sa prééminence comme premier et fondamental des principes non négociables, et toutes les questions de l'agenda politique auraient été mises sur le même plan : la vie humaine comme la biodiversité, la famille et la procréation comme la lutte contre la pauvreté, etc. De cette façon, l'ordre entre les différentes questions sociales aurait été perdu, et elles auraient fait l'objet d'une préférence politique subjective de la part de chaque individu. Aucun principe ne pouvait plus servir de lumière aux autres.

    Les évêques américains, avec leur décision de maintenir l'interdiction et d'assurer la "cohérence eucharistique", ont eu le grand mérite - indirect, mais néanmoins méritoire - de réaffirmer qu'il existe des actes publics objectivement et gravement injustes qui ne peuvent jamais être approuvés, non seulement par l'Église, mais par quiconque. Aucun discernement de conscience n'est valable à leur égard car ces actes sont objectifs et publics, et c'est sur cette objectivité et cette publicité que s'exerce le jugement moral et religieux. Ils ont donc réaffirmé qu'il existe toujours des actes intrinsèquement mauvais (intrinsece mala) non seulement sur le plan religieux mais aussi sur le plan de la moralité naturelle. Ils ont rétabli la continuité entre le droit naturel et la logique eucharistique, de sorte que la seconde - en empêchant l'accès des avorteurs au Sacrement - confirme à nouveau, tout en l'élevant, la première.
    En réaffirmant finalement la "non-négociabilité" de l'admission à l'Eucharistie de ceux qui promeuvent l'avortement, ils ont reconfirmé le même principe - la non-négociabilité - dans le domaine de la moralité publique et du droit naturel. S'il est possible de parler de non négociabilité dans la discipline de l'accès à l'Eucharistie, et si l'accès à l'Eucharistie n'est pas déconnecté des Commandements qui régissent également la morale publique parce que la loi nouvelle n'élimine pas la loi ancienne mais la confirme et la purifie, alors il doit redevenir possible de parler de principes non négociables dans la vie publique, sociale et politique.

    Les évêques américains ont implicitement enseigné que l'on ne peut accéder à l'Eucharistie si, dans sa vie politique, on contredit la loi naturelle contenue dans le Décalogue. On ne peut pas accéder au Christ Sauveur si on nie le Christ Créateur, car on introduirait une rupture dans le Christ lui-même. Le Législateur des Commandements et le Législateur des Béatitudes est le même Dieu. Le père Cornelius Fabro a écrit : "Une religiosité sans engagement moral sérieux est une moquerie de Dieu qui a maintenant été consommée par le protestantisme." Les évêques américains ont réaffirmé l'essence du sacrement eucharistique, qui est une "nouvelle création" qui ne peut pas contredire la vérité de la création, et avec cela ils ont confirmé la continuité entre la raison et la foi, entre la morale naturelle et la morale religieuse, en évitant la fracture entre les deux dimensions d'origine protestante. Ce qui est perdu en oubliant la doctrine des principes non négociables est maintenant plus clair.

    Lire aussi : Avortement : le cardinal Bergoglio défendait aussi la “cohérence eucharistique”

  • Quand un sociologue prône le recours à la Tradition

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    Du site de l'Harmattan :

    LE RECOURS À LA TRADITION

    La modernité : des idées chrétiennes devenues folles

    Michel Michel - Préface de Fabrice Hadjadj

    Collection : Théôria

    Livre papier : 29 €     JE COMMANDE

    Version numérique : 22,99 €   JE TÉLÉCHARGE LE PDF

    DETAILS

    Dans une modernité en déroute, l'auteur, sociologue, appelle au recours à la Tradition, celle du pérennialisme. Non pas par nostalgie, mais parce que les principes qui fondent le monde moderne (individualisme, croyance au Progrès, « désenchantement du monde » rationaliste) sont, pour paraphraser Chesterton, des « idées chrétiennes devenues folles ». À bien des égards la modernité est la fille révoltée du christianisme. C'est pourquoi il a été plus facile à l'Église « d'aller aux barbares » que de résister à ses propres hérésies. À la fin du XXe siècle, la pastorale ne s'est pas contentée de « s'adapter » au monde, mais semble s'être massivement ralliée à la modernité. Le monde passe ; aussi le ralliement de l'Église à la « religion séculière » prométhéenne qui nous domine est le plus inefficace parce que cette religion est en déclin. La Tradition n'est pas le culte des cendres, mais la préservation du feu. Avec la postmodernité, y recourir est la plus probable arche de salut pour passer le naufrage annoncé.

    • Date de publication : 17 juin 2021
    • Broché - format : 13,5 x 21,5 cm • 288 pages