Actualité - Page 342
-
Messe de la Pentecôte : alleluia et séquence « Veni Sancte Spiritus »
-
Pourquoi le pèlerinage de Chartres séduit toujours plus

Le coup de froid jeté par le pape François depuis deux ans sur la liturgie traditionnelle n’a visiblement pas éteint la ferveur des catholiques attachés à la messe en latin, dite de saint Pie V. Cette année, pour la Pentecôte (fête célébrée 50 jours après Pâques marquant la révélation de l’Esprit Saint à la Vierge Marie et aux apôtres), pas moins de 16000 personnes venues de toute la France, dont près de 2000 de l’ouest (parmi eux, 500 Bretons), mais aussi d’Europe et d’autres pays du monde, sont déjà inscrites à la 41e édition du pèlerinage organisé entre Paris et Chartres par l’association Notre-Dame de Chrétienté.
Lu dans « Il Sismografo » :
(Jean-Marie Guénois, Le Figaro) ENQUÊTE –
« En ce week-end de Pentecôte, 16.000 pèlerins quitteront le parvis de l’église Saint-Sulpice à Paris pour rejoindre à pied la Beauce et sa célèbre cathédrale. Une affluence record. Au cœur d’une plaine de France, la colonne des pèlerins se déploie vers la cathédrale de Chartres. Charles Péguy chanta ce paysage, «océan des blés», «mouvante écume». C’était en 1912. Lui marchait pour implorer la guérison de son fils Pierre. «La route nationale est notre porte étroite», confiait-il à la suite de l’Évangile. Plus d’un siècle plus tard, l’atmosphère semble immuable. À l’horizon, au-dessus des épis de blé, les deux flèches de l’édifice religieux pointent vers le ciel. Notre-Dame de Chartres demeure un cap recherché.
Ils seront 16.000 catholiques à cheminer ce week-end de Pentecôte de Paris à Chartres sous la conduite de l’association Notre-Dame de Chrétienté. Présidée par un laïc, Jean de Tauriers, animée par des laïcs, cette organisation unie à Rome se revendique de la «tradition» dans l’Église. Ce qui signifie qu’elle se reconnaît dans la messe, dite en latin, selon le rite du missel de 1962, avant le concile Vatican II.
Cette nouvelle édition du «pèlerinage de Chartres» a engrangé comme jamais les inscriptions, au point d’avoir refusé du monde. Avec un tiers de demandes supplémentaires en un an, les responsables assurent qu’ils ont dû prendre cette décision pour tenir compte des normes de sécurité. Une première en quatre décennies pour ce pèlerinage lancé en 1983 par des catholiques français, inspirés par l’expérience du pèlerinage de Czestochowa en Pologne. Depuis, la colonne de priants, tel un fleuve tranquille, ne cesse de grossir.
Le périple n’est pas une promenade de santé. Chapelet à la main, bannière au vent, les 16.000 participants, répartis par «chapitres» de plusieurs dizaines de personnes et accompagnés par 330 prêtres, avalent les 97 kilomètres en seulement trois jours. Soit 30 kilomètres quotidiens, ce qui est beaucoup, même pour des marcheurs confirmés. Ils dorment sommairement en deux bivouacs sur des terres agricoles louées pour l’occasion. Entre les premiers arrivants et les derniers pèlerins qui fouleront l’esplanade de la cathédrale de Beauce, lundi 29 mai en début d’après-midi, en ayant quitté l’église Saint-Sulpice de Paris samedi au petit jour, trois à quatre heures s’écouleront… La longue file des marcheurs s’étire sur près de 10 kilomètres! La route ouverte par Péguy apparaît désormais bien étrécie.
-
Célibat, avortement, pédophilie, cléricalisme, Ukraine... une nouvelle interview du pape
PAPE FRANCOIS : LA PEDOPHILIE DANS L'EGLISE ? LE CÉLIBAT N'A RIEN À VOIR AVEC CELA

Le pape donne une interview à Telemundo et aborde un certain nombre de sujets : la guerre en Ukraine, le célibat, la pédophilie et le cléricalisme.
Quelqu'un a-t-il réussi à comptabiliser le nombre d'interviews que le pape a accordées à divers journaux, chaînes de télévision, etc. Aujourd'hui, la chaîne de télévision américaine de langue espagnole Telemundo a publié une interview que François a accordée au journaliste Julio Vaqueiro (le 25 mai).
Le pape y aborde divers sujets (pédophilie, célibat, rencontre avec Zelens'kyj) et, à quelques détails près, il répète toujours et uniquement les mêmes choses. Désormais, ces interviews sont devenues des séances de photos, le reste n'est que du copier-coller. Les sujets tabous demeurent : Rupnik, Zanchetta et autres situations inconfortables pour ce pontificat.
Vaqueiro a interrogé le pape sur le célibat des prêtres, souvent considéré comme la nature même de la pédophilie cléricale, et François a sagement répondu : "Mon cher, 32%, dans certains pays 36%, des abus ont lieu dans les familles : un oncle, un grand-père, et tous mariés, ou des voisins. Plus tard dans la vie, dans les sports, puis dans les écoles... Ce sont les statistiques, voilà ce qu'elles sont. Donc ça n'a rien à voir avec le fait que les oncles sont mariés, les grands-parents sont mariés, et parfois ce sont eux les premiers violeurs. [...] Bien sûr, je ne dis pas que c'est le cas de tous les oncles ou grands-parents. Je parle des statistiques".
Les remarques stériles sur le cléricalisme, devenu un mantra pour François, n'ont pas manqué, surtout depuis qu'il a vu les médias le relancer avec enthousiasme. Toujours au sujet des femmes au service de l'État de la Cité du Vatican, J. Bergoglio a déclaré : "Bien sûr, une partie de ce pastoralisme incluait des femmes qui ont beaucoup changé à l'intérieur. Elles sont très, très exécutives, très pratiques : le vice-gouverneur est une femme. Beaucoup de choses ont été changées, mais tout cela a été demandé par les cardinaux qui se réunissent lors des réunions clés qu'ils convoquent". (...)
Il est également intéressant de noter comment le pape répond aux questions. Vaqueiro demande : "Vous avez changé beaucoup de choses, qu'aimeriez-vous changer à nouveau ?". Bergoglio ne répond pas : "Bah vous savez, nous verrons, peut-être que mon successeur poursuivra alors mon travail". Non. Cette hypothèse n'existe pas dans son esprit. Le pape dit : "Tout". Selon lui, tout doit donc encore être changé.
L.M.
Silere non possum
Julio Vaqueiro : Votre Sainteté, merci beaucoup de nous avoir accordé votre temps et de vous être joint à nous. Comment vous sentez-vous ? Comment va votre santé ? (on sait que, depuis hier, le pape s'est senti fatigué et fiévreux et reste confiné à la maison Santa Martha. ndb)
Pape François : Beaucoup mieux. Je peux maintenant marcher. Ils ont réparé mon genou et avant je ne pouvais pas marcher. Maintenant, je marche à nouveau. Certains jours sont plus douloureux, comme aujourd'hui. D'autres ne le sont pas, mais cela fait partie du processus.
Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Défense de la Vie, Eglise, Ethique, Famille, Foi, International, Société 0 commentaire -
Nicaragua : encore un acte sacrilège contre des lieux sacrés; déjà 90 depuis le début de l'année 2023
Une dépêche de l'Agence Fides :

AMÉRIQUE/NICARAGUA - Encore un acte sacrilège contre des lieux sacrés : déjà 90 depuis le début de l'année 2023
26 mai 2023Managua (Agence Fides) - "Ils peuvent profaner nos temples, détruire nos images, mais notre foi demeure toujours en Jésus-Christ qui a créé le ciel et la terre. Vive Jésus Sacramentel". Il s'agit d'un nouvel acte sacrilège signalé il y a quelques jours contre la chapelle de Nuestra Señora de Fatima à Campuzano, dans la municipalité de Nindirí, département de Masaya. "Un groupe d'inconnus a profané le Saint-Sacrement, les hosties consacrées ont été retirées du tabernacle et abandonnées dans une propriété voisine", a déclaré Jesús Silva, curé de la paroisse Santa Ana de Nindirí, à laquelle appartient la chapelle.
Dans le récent rapport de l'avocate nicaraguayenne Martha Patricia Molina, "Nicaragua : ¿Una Iglesia perseguida ?"(une église persécutée?), 529 attaques contre l'Église catholique ont été signalées depuis 2018, lorsque les manifestations contre le régime dictatorial de Daniel Ortega et Rosario Murillo ont éclaté. Depuis le début de l'année 2023, 90 ont déjà été enregistrées. En 2020, une autre chapelle de la même municipalité a également été profanée, où des criminels ont volé de l'argent.
Cinq années d'hostilité, de persécution, de siège, de profanation, de destruction, de vol, d'expulsion et de confiscation perpétrées par la dictature, ainsi que l'emprisonnement de dirigeants religieux et de laïcs engagés de l'Église au Nicaragua, c'est ce que Molina a dénoncé. Le rapport indique qu'en 2018, l'Église catholique du Nicaragua a subi 84 attaques, 80 en 2019, 59 en 2020, 55 en 2021 et 161 en 2022, le nombre le plus élevé enregistré au cours des cinq dernières années.
(Agence Fides 26/5/2023)
-
Ce sont surtout des jeunes catholiques très pratiquants et plutôt conservateurs qui iront aux JMJ
De RCF (Pauline de Torsiac, Odile Riffaud) :
Les JMJ attirent en France des jeunes catholiques très pratiquants et plutôt conservateurs
26/05/2023
Des jeunes très pratiquants et en majorité conservateurs. Le profil des Français qui participent aux JMJ de Lisbonne vient d'être révélé par le journal La Croix. La plupart d'entre eux espèrent vivre aux JMJ une expérience spirituelle forte.
Le stand des JMJ de Lisbonne aux 44e Rencontres nationales des Chrétiens en grandes écoles (CGE), Paris, le 28/01/2023 ©Corinne Simon / Hans Lucas
Le Vatican a confirmé ce lundi 22 mai la venue au Portugal du pape François pour les JMJ. En 2023, quel est le profil des jeunes français qui participent aux JMJ ? À deux mois du rassemblement qui se tiendra entre le 25 juillet le 6 août, le journal La Croix révèle son étude. Âge, sexe, milieu social, pratique religieuse et orientations politiques... Sur les 30.164 Français déjà inscrits, un peu plus de 4.000 ont répondu au questionnaire qui leur a été envoyé. La génération JMJ 2023 - en majorité des femmes (60% contre 40% d’hommes) - est principalement issue de catégories socio-professionnelles supérieures, (dites "CSP +"), elle est surtout très pratiquante et affiche en majorité des valeurs conservatrices.
Une jeunesse très pratiquante
Ce qui caractérise ces jeunes, c’est avant tout leur ferveur. "Selon notre étude, c’est une jeunesse très pratiquante, qui prie et qui place la messe au cœur de ses habitudes, précise Héloïse de Neuville, journaliste au service Religions du quotidien La Croix. Les trois quarts des jeunes disent assister à la messe au moins une fois par semaine. Un quart y vont même deux fois par semaine." 80% des jeunes qui ont répondu au questionnaire sont issus de familles pratiquantes régulières.
"38% disent plutôt apprécier la messe en latin" : pour la journaliste cette information n’est "pas anodine". "On voit que la galaxie traditionaliste compte pour ces jeunes, en tout cas beaucoup plus que plus leurs parents." Pourtant, lorsqu'on interroge ces jeunes sur les figures qui ont marqué leur parcours de foi, ils répondent en majorité à leurs parents. Suivent les grands-parents, les prêtres ou encore les chefs de mouvements scouts.
→ À LIRE : Transmettre la foi en famille : une difficulté chez les catholiques ?
Qu’attendent donc ces jeunes des JMJ ? "60% d’entre eux placent en première position le fait qu’ils souhaitent vivre une expérience spirituelle forte", rapporte Héloïse de Neuville. L’historien Charles Mercier, interrogé par La Croix, décrit des jeunes "confiants vis-à-vis de l’Église mais moins vis-à-vis du monde qui les entoure". Pour l’auteur du livre "L'Église, les jeunes et la mondialisation - Une histoire des JMJ" (éd. Bayard, 220), ce rassemblement répond à la fois à une envie de vivre une expérience spirituelle forte mais aussi d’être rassurés, "alors qu’ils vivent dans des sociétés devenues de plus en plus plurielles et sécularisées".
Des valeurs plutôt conservatrices
Les sondés qui ont entre 18 et 24 ans (pour 73% d’entre eux) ont exprimé une sensibilité politique : 52% se disent de droite - dont 15% à l’extrême droite, 8% se sentent proches des valeurs du centre, 7% affirment être de gauche et 5% revendiquent des convictions écologistes. Parmi les sujets de société que les jmjistes de 2023 souhaitent défendre : la défense de la vie et les questions bioéthiques arrivent en premier : 35% d’entre eux ont déjà participé à des manifestations sur ces sujets. Vient ensuite la morale sexuelle : ils sont 32% à avoir déjà manifesté pour défendre leur opinion. Asse loin derrière : les questions sociales (avec 10% de mobilisation) et d’écologie (7%).
Des jeunes qui participent aux JMJ sont à la fois fervents et "à contre-courant", observe le journal La Croix. Si en effet le mouvement féministe trouve un certain écho dans la jeunesse française, les pèlerins des JMJ "ne sont que 15% à penser que dans l’Église, hommes et femmes devraient être totalement égaux dans les rôles qu’ils peuvent occuper", résume Héloïse de Neuville. "Là on voit bien que l’accès à la prêtrise des femmes, il ne la réclament pas", commente la journaliste. 33% d’entre eux pensent même que les femmes ont "suffisamment de reconnaissance dans l’Église". Le rôle et la place des femmes est pourtant l’une des questions soulevées par la commission Sauvé contre les abus dans l’Église.
Et justement, face à la crise des abus sexuels et spirituels que l’Église catholique traverse, 35% des jeunes sondés pensent que les abus sont "la conséquence de personnalités perverses qui ont trompé l’Église et trahi leur vocation". Ils sont 81% à exprimer leur confiance dans les évêques pour effectuer les réformes nécessaires. Précisons que 18% des sondés se disent "très en affinité" avec le pape François, et 54% ont coché la case "assez en affinité" avec les orientations que donne l'actuel souverain pontife à l’Église.
-
Ce qui attire et reste fécond dans l’Église ne s’apparente nullement aux vieilles lunes du progressisme
De Christophe Geffroy sur le site de La Nef en éditorial du numéro du mois de juin :
Forces vives du catholicisme : voir enfin la réalité !
ÉDITORIAL
La Croix publiait le 5 mai une enquête sur le thème : « Pourquoi les familles catholiques ont du mal à transmettre leur religion », soulignant au passage qu’en France 91 % des musulmans, 84 % des juifs et seulement 67 % des catholiques conservent leur religion d’une génération à l’autre (1). Certes, le phénomène minoritaire explique sans doute en grande partie le fort taux de transmission dans les familles musulmanes et juives, tandis que la désaffection touche davantage une religion « majoritaire » dans un contexte socio-politique où le christianisme est marginalisé. Ceci étant dit, ce statut « majoritaire » des chrétiens est maintenant dépassé quand seulement 25 % des 18-59 ans se déclarent catholiques contre 43 % douze années plus tôt. La situation est donc inquiétante. La Croix note toutefois que certains fidèles transmettent la foi bien mieux que les autres : « Ces familles catholiques observantes et plutôt conservatrices pilotent avec succès leur reproduction spirituelle, sélectionnant avec attention la sociabilisation religieuse de leurs enfants (écoles catholiques, mouvements de jeunesse, cercles amicaux…). » Et le fait que le catholicisme devienne minoritaire accentue ce phénomène, note Yann Raison du Cleuziou, interrogé dans l’article de La Croix : « Dans un paysage minoritaire, une religion a tendance à se restructurer pour ne pas disparaître. Cette reconfiguration aboutit à une intensification de l’entre-soi autour de pratiques marquantes. »
Tirer les conclusions…
Ce qui est extraordinaire, c’est l’incroyable contraste entre l’accord assez unanime sur le constat, relayé même par La Croix, journal guère connu pour ses positions « conservatrices », et l’absence totale de conclusions tirées de ce constat ! Que faut-il de plus pour que nos élites catholiques comprennent que ce qui attire et reste fécond dans l’Église ne s’apparente nullement aux vieilles lunes du progressisme ? Celles-ci – ordinations d’hommes mariés et de femmes, bénédiction des couples de personnes de même sexe, acceptation de la contraception, assouplissement de la morale chrétienne, etc. – n’ont rien résolu partout où elles ont été mises en œuvre (comme dans le protestantisme), quand elles n’ont pas simplement détérioré la situation. Dès lors pourquoi ses revendications occupent-elles une place disproportionnée dans les préoccupations des médias ou des instances religieuses ? Pourquoi en rester à une vision trop horizontale de l’Église où la grâce ne semble plus compter, où le prêtre est désacralisé pour conjurer toute forme de « cléricalisme » ? Et pourquoi ceux qui, à l’inverse, prônent un retour à une certaine verticalité en replaçant l’Eucharistie bien célébrée au centre de la vie chrétienne, la pratique régulière de la confession, la promotion de l’adoration et des piétés populaires, sont-ils trop peu encouragés et soutenus par les autorités, quand ils ne sont pas tout simplement persécutés ?
Les chrétiens « progressistes » sont nos frères et ont le droit d’exprimer leurs positions – lesquelles devraient quand même être circonscrites par le cadre du Magistère. Mais est-il normal, alors qu’ils sont minoritaires et loin de représenter les forces vives de l’Église, qu’il y ait un tel décalage entre le pouvoir qu’ils ont encore et la réalité de la base du catholicisme français, mal représentée à tous les niveaux, parfois même suspecte car trop conservatrice ?
Vatican II vraiment menacé ?
Dans un entretien avec les jésuites de Hongrie publié le 9 mai, le pape François s’est inquiété : « la résistance [au concile Vatican II] est terrible », « il existe un incroyable restaurationnisme », fruit d’une « maladie nostalgique » ; « le danger aujourd’hui est le retour en arrière, la réaction contre la modernité » ; c’est ainsi qu’il justifie son motu proprio Traditiones custodes (2021). Hormis la Fraternité Saint-Pie X qui, de par sa position canonique, n’est pas concernée par ce motu proprio, et quelques personnalités traditionalistes faciles à identifier, on ne comprend pas de qui parle le pape ! Le propos est pourtant d’une rare violence et vise une petite partie de son troupeau : ce sont ses propres fils qu’il fustige ainsi, sans jamais les nommer précisément ni démontrer le bien-fondé de ses accusations, comme si la « modernité » était en soi inattaquable. Il jette le discrédit sur toute une mouvance qui n’est pourtant pas homogène et dont la plupart ne remettent pas plus en cause Vatican II (qu’ils n’ont pas lu) que l’ensemble des catholiques ordinaires.
Dans le présent contexte de l’« effondrement » du catholicisme (G. Cuchet), la priorité est-elle vraiment de punir indistinctement des fidèles qui ne se reconnaissent pas dans la description que l’on fait d’eux ? Et ainsi de marginaliser une partie de l’Église qui porte de nombreux fruits, qui pratique avec ferveur une belle liturgie, transmet mieux qu’ailleurs la foi, suscite des vocations… ? Les « tradis » ne sont pas les seuls à avoir tenu bon sur ces aspects, ils s’inscrivent dans l’orbite conservatrice bien plus large qu’évoquait l’enquête de La Croix. Notre pauvre Église européenne est déjà bien trop fragmentée, pourquoi s’épuiser dans de vaines divisions au lieu d’essayer d’unir toutes ses forces vives ?
(1) Chiffres tirés de la publication en avril de l’enquête Trajectoires et origines (TEO) de l’Insee. Cf. Guillaume Cuchet, « Le catholicisme risque de ne plus rester longtemps la première religion du pays », La Croix du 22 mai 2023.
Sommaire du numéro 359 de juin 2023 de La Nef :
En bref : le pape François défend la natalité
ÉDITORIAL
Voir enfin la réalité !, par Christophe GeffroyACTUALITÉ
Écoles privées et mixité sociale, par Anne Coffinier
Les chrétiens oubliés de Birmanie, par Rainer Leonhardt
Ukraine : comment rétablir la paix en Europe ?, par Michel Pinton
Fitch : pourquoi la France est moins bien notée, par Pierre Vermeren
Arabie-Séoudite et Iran : un accord historique, par Annie LaurentENTRETIEN
Saisir l’histoire d’un diocèse, entretien avec Mgr François TouvetDOSSIER LA CRISE DE L’AUTORITÉ
La crise de l’autorité, par Philippe Bénéton
« Anarchisme chrétien » ?, par Jacques de Guillebon
Autorité : une citadelle à rebâtir, par Élisabeth Geffroy
L’autorité dans l’éducation, entretien avec Christian Flavigny
L’autorité dans l’Armée, par Henri Hude
L’Église comme figure d’autorité, par le Père Philippe Capelle-DumontVIE CHRÉTIENNE
Le fléau de l’ébriété chez les jeunes, par l’abbé Laurent Spriet
Question de foi Long life to the King…, par l’abbé Hervé BenoîtCULTURE
Jacques et Raïssa Maritain cœur à cœur, par Henri Quantin
Notes de lecture, par Yves Chiron, Christophe Geffroy, Jacques de Guillebon, Patrick Kervinec, Rainer Leonhardt, Pierre Mayrant, Anne-Françoise Thès, Michel Toda et Constance de Vergennes
Pour bien se former spirituellement, entretien avec le P. Armand Levillain
Musique Mozart par Leonskaja, par Hervé Pennven
Cinéma Harold Fry et L’homme debout, par François Maximin
Sortir L’inconnu me dévore, par Constance de Vergennes
À un clic d’ici, par Léonard Petitpierre
Et pour les jeunes…, par Valérie d’Aubigny
Un livre, un auteur, entretien avec Jean-François Chemain
Brèves
Rencontre Sonia Drapeau, par Marine TertraisDÉBATS / POINT DE VUE
Le laïc et le saint prêtre, par Pierre Vétois
Crise sociale et institutionnelle ?, par Guilhem Le GarsCONTRE-CULTURE
Inquiétudes pour l’agriculture, par Jacques de Guillebon -
Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, invite les fidèles à participer à une neuvaine de prière pour le Séminaire de la Castille :
Lu sur le site web « riposte catholique »
La situation est toujours bloquée entre Rome et Mgr Rey, ce dernier n’étant pas disposé à abandonner ses brebis. Mais les ordinations, déjà annulées l’an dernier, de six futurs diacres et de quatre futurs prêtres, sont toujours en suspens. Dans un message adressé ces derniers jours aux paroisses, le diocèse indique :« Nous restons dans l’attente des conclusions de la visite apostolique, et de ce fait, les ordinations sont reportées à une date ultérieure. Nous espérons que celles-ci pourront se dérouler durant l’année civile en cours. »
Mais Rome donnera-t-elle seulement ces conclusions de la visite apostolique menée en février 2023 par Monseigneur Antoine Hérouard, archevêque de Dijon et Monseigneur Joël Mercier, ancien secrétaire du dicastère pour le clergé ?
Le bruit commence à courir que Monseigneur Jean-Marc Aveline, cardinal-archevêque de Marseille, où il n’y a plus de séminaire puisque les rares séminaristes (9 actuellement) sont envoyés à Aix-en-Provence, qui regroupe la formation de prêtres de Marseille, Aix et Arles, Alger, Ajaccio, Digne et Gap, Nice, la Guyane et Natitingou, aimerait bien mettre la main sur les nombreuses vocations du séminaire de La Castille.
26 MAI 2023 :
Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, invite les fidèles à participer à une neuvaine de prière pour le Séminaire de la Castille :
« Dans la lumière de la fête de la Pentecôte où l’Eglise célèbre la descente de l’Esprit Saint, je vous invite à prier pour le séminaire de la Castille, placé sous la protection de l’Immaculée Conception, et les 52 jeunes hommes en formation en vue du sacerdoce. Dans le cadre d‘une neuvaine de prière à l’Esprit Saint et par l’intercession de la Vierge Marie, nous demanderons au Seigneur que les ordinations puissent avoir lieu dans les meilleurs délais.
Pour que ce temps d’épreuve devienne un temps de fécondité et de grâce, je vous invite à prier chaque jour le Veni Creator et une dizaine de Je Vous Salue Marie du 3 au 11 juin.
Cette neuvaine se clôturera par la célébration de la Fête Dieu. »
+ Mgr Dominique REY
Ref. Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, invite les fidèles à participer à une neuvaine de prière pour le Séminaire de la Castille
Lien permanent Catégories : Actualité, Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Jeunes, liturgie 0 commentaire -
Plus de pèlerins que jamais participeront au traditionnel pèlerinage de Chartres cette année
D'Edward Pentin sur son site :
Le nombre record de pèlerins à Chartres est un "témoignage étonnant de la popularité du rite traditionnel parmi les jeunes catholiques".
25 mai 2023

Pèlerins marchant sur la dernière ligne droite vers Chartres (Edward Pentin)
Plus de pèlerins que jamais participeront au traditionnel pèlerinage de Chartres cette année - si nombreux que, malgré Traditionis Custodes et les restrictions du pape François sur la messe traditionnelle en latin, les organisateurs ont dû, pour la première fois, clôturer les inscriptions dix jours à l'avance.
Plus de 16 000 pèlerins marcheront de l'église Saint-Sulpice à Paris à la cathédrale Notre-Dame de Chartres pendant le week-end de la Pentecôte, du 27 au 29 mai, soit une distance d'environ 60 miles.
Ce pèlerinage traditionnel et profondément historique, qui remonte au XIIe siècle, a été relancé en 1983 par l'association Notre-Dame de Chrétienté et, ces dernières années, à l'exception de l'époque de Covid, sa popularité n'a cessé de croître.
"Ayant participé au pèlerinage de Chartres chaque année depuis 30 ans, je peux dire qu'il n'y a jamais eu d'attente que le pèlerinage soit complet, étant donné que le centre ville de Chartres est si grand", a déclaré Michael J. Matt, rédacteur en chef du Remnant Newspaper, qui dirige le chapitre américain, c'est-à-dire le groupe de pèlerins. "Le fait que le pèlerinage ait atteint sa capacité maximale cette année n'est rien de moins qu'un témoignage étonnant de la popularité de la messe en latin parmi les jeunes catholiques".
L'année dernière, j'ai eu la chance de participer au pèlerinage pour la première fois (une foule record de 15 000 personnes y a également assisté cette année-là) et j'ai trouvé que c'était une célébration de la foi extrêmement édifiante, une occasion de rencontrer un groupe extrêmement diversifié de jeunes catholiques pour la plupart (l'âge moyen est de 20,5 ans cette année), et de marcher à travers les rues de Paris et la belle campagne française jusqu'à la pittoresque ville médiévale de Chartres.
Comme tous les pèlerinages, celui de Chartres est une métaphore de la vie : le temps est changeant, le soleil chaud de la fin du printemps se mêle aux nuages et aux averses occasionnelles, et le terrain est tantôt plat et facile, tantôt rocailleux et exigeant. L'année dernière, le ciel s'est déchaîné lors de la première journée complète du pèlerinage, transformant une grande partie du chemin en un marécage boueux, mais cela n'a pas entamé les esprits.
Tout au long du parcours, on est accompagné par un esprit de camaraderie vibrant et vivant, et l'aspect pénitentiel du pèlerinage est toujours présent. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un long pèlerinage, le rythme est rapide et la distance à parcourir est relativement courte, ce qui en fait parfois une expérience exténuante, du moins pour les plus âgés d'entre nous.
Cette année, des pèlerins de 28 pays, mais surtout de France, prieront tout au long du chemin, récitant le Rosaire et chantant des chansons. L'année dernière, derrière notre chapitre, nous avions un groupe particulièrement exubérant de Saint-Tropez, en France, dont les chants chaleureux pouvaient presque être entendus sur la Côte d'Azur, tandis que devant nous, des pèlerins portugais se promenaient paisiblement le long du chemin, comme s'ils profitaient d'un dimanche après-midi dans l'Algarve. Ce que l'on sait peut-être moins, c'est que tous les pèlerins ne sont pas catholiques : un petit nombre d'entre eux sont d'autres confessions ou n'en ont aucune.
Environ 300 prêtres et religieux parcourront le chemin cette année et les prêtres seront toujours présents pour entendre les confessions. La messe traditionnelle en latin est, bien entendu, largement disponible. Cette année, le lundi de Pentecôte, l'ancien nonce apostolique en Ukraine et en Suisse, Mgr Thomas Gullickson, offrira la messe pontificale solennelle à Notre-Dame de Chartres en présence de l'évêque de Chartres.
"Nous espérons sincèrement que le Vatican verra dans cet événement une expression non polémique et joyeuse de la jeunesse, de la vitalité et du pouvoir unitif de la messe en latin", a déclaré Michael Matt.
Voir l'excellent documentaire récent de Michael qui explore l'histoire, le présent et l'avenir du pèlerinage :
Pour plus d'informations :
Le pèlerinage traditionnel de Chartres en France est victime de son propre succès
Un nombre record d'inscriptions pour le pèlerinage de Chartres 2023 (français)
-
Messe « tradi » : un rite qui attire les jeunes catholiques
Enquête SONDAGE EXCLUSIF du journal « La Croix » :
Entre sacralité, tradition et identité, une partie de la jeunesse catholique française semble sensible à la messe tridentine. L’édition 2023 du pèlerinage de Chartres prévoit d’ailleurs de battre des records de fréquentation, notamment grâce aux jeunes.
À l’occasion de la Pentecôte, La Croix a commandé un sondage exclusif pour étudier les orientations des jeunes catholiques qui se rendent aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), cet été à Lisbonne. Les résultats montrent une jeunesse confiante en l’Église, conservatrice et très pratiquante, à rebours de la société.
-
"L’UCLouvain défend le droit à l’avortement"
Des étudiants courageux ont osé rappeler que "l'IVG arrête un coeur et en brise un autre" (slogan vu à la Marche pour la Vie). Quel scandale ! Tous les bien-pensants font chorus contre ces abominables trublions "d'extrême-droite", y compris le journaliste de service de La Libre. Et le recteur de l'UCLouvain (jadis Université Catholique de Louvain) d'affirmer que son Université "défend le droit à l'avortement"... Cet unanimisme dans la promotion de l'avortement est vraiment inquiétant et manifeste un total mépris pour l'être humain en gestation.
De Quentin Colette sur le site de La Libre :
Tags anti-IVG à Louvain-la-Neuve : malheureusement "des groupes luttent contre les femmes et leurs libertés"
La ministre des Droits des femmes, Bénédicte Linard, va amplifier son soutien aux associations luttant pour les droits des femmes.
25-05-2023
:focal(544.5x403.5:554.5x393.5)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/ipmgroup/EKWVGGREOREFJIRBY6TJ46PHMU.jpg)
Début mai, des tags anti-interruption volontaire de grossesse étaient apparus à Louvain-la-Neuve. Des étudiants les ont vite détournés.
Début mai, un groupe d’activistes militant pour la suppression du droit à l’avortement – on ne sait pas si c’étaient des étudiants ou non – avait écrit des tags anti-interruption volontaire de grossesse sur des murs à Louvain-la-Neuve, dont certains de bâtiments de l’UCLouvain.
Les réactions indignées des étudiants n’avaient pas tardé. "Non aux idées d’extrême droite sur notre campus ! L’avortement est un droit fondamental !" avait ainsi soutenu, sur Instagram, l’Union syndicale des étudiants de Louvain-la-Neuve (proche de la FGTB).
"Le droit à l’avortement est à la base du droit de disposer de son corps et de la liberté d’avoir le choix, un choix qui n’a pas à être remis en question. Tout notre soutien aux femmes qui luttent pour leurs droits. Tant que ce genre d’acte arrivera et tant que le sexisme et les attaques aux droits des femmes continueront, on continuera de lutter, ensemble contre le sexisme", avait lancé sur Facebook le groupe Comac LLN (les jeunes PTB).
Très vite, les étudiants avaient aussi détourné les tags pour les transformer en messages pro IVG.
Mardi, en commission des Droits des femmes du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le député wallon Eddy Fontaine (PS) a regretté que "les groupes anti-IVG soient de plus en plus agressifs. Il faut donc poursuivre et amplifier le soutien aux associations qui aident les femmes concernées au quotidien. Quelle que soit notre appartenance politique, nous devons toutes et tous rester vigilants par rapport à cette menace".
Il a dès lors interrogé la ministre Bénédicte Linard (Écolo) pour savoir comment elle allait réagir face à ces mouvements anti-IVG.
La ministre a tout d’abord condamné ces actes qui montrent que, malheureusement, les droits et libertés des femmes ne doivent jamais être considérés comme acquis. Ces tags "attirent notre attention sur l’existence de groupes luttant contre les femmes et leurs libertés."
Et d’ajouter: "En Belgique, les acteurs de terrain se font l’écho de la multiplication de témoignages relatifs à l’agressivité croissante des anti-IVG. Le fait que leurs tags apparaissent sur un campus met en avant le rôle spécifique joué par les établissements d’enseignement supérieur dans l’information et la sensibilisation au droit à l’IVG. En l’occurrence, je ne doute pas que l’UCLouvain condamnera ces agissements et prendra des mesures pour les prévenir. Je salue en outre la réaction de ses étudiants et étudiantes face à ces tags."
Contactée, l’UCLouvain dit condamner ces tags
Jusque-là, l’université n’avait pas réagi officiellement. Nous avons donc contacté son recteur, Vincent Blondel. "L’UCLouvain condamne sans aucune ambiguïté ces tags et dénonce clairement et fermement le message qu’ils portent. L’UCLouvain défend le droit à l’avortement dans les balises telles que prévues par la loi."
Il ajoute que l’université s’assure que ses services d’aide puissent soutenir et orienter correctement les étudiantes concernées.
Enfin, l’université a fait retirer les tags sur ses bâtiments dès qu’elle en a eu connaissance.
En commission, la ministre Linard a, elle, rappelé que la Fédération finance structurellement des associations luttant pour les droits des femmes. "La propagande anti-avortement que véhiculent ces tags me conforte dans la nécessité de poursuivre et d’amplifier le soutien à ces associations."
Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Défense de la Vie, Ethique, Politique, Société 12 commentaires -
Un synode à haut risque pour l'unité de l'Eglise
Même si l'éclairage de Jean-Louis Schlegel procède de présupposés qui ne sont pas les nôtres, cette tribune publiée sur le site du journal La Croix met en évidence les dangers d'implosion que représente le prochain synode pour l'Eglise :
Jean-Louis Schlegel : « Le Synode confirme l’état d’éclatement voire d’implosion de l’Église »
Alors que les premières remontées locales pour la préparation du Synode suscitent la méfiance à Rome, Jean-Louis Schlegel se demande si les fractures que cette vaste réflexion sur la place de l’Église et de la foi met en lumière ne vont pas finir par faire imploser l’Église.
24/05/2023
Beaucoup se demandent ce qui va sortir du « Synode sur la synodalité », dont la première session se tiendra en octobre à Rome. S’ils posent la question, c’est qu’ils ont des doutes, malgré les messages stimulants qu’envoient les responsables nommés par le pape François, les cardinaux Hollerich et Grech et sœur Nathalie Becquart. L’inquiétude a diverses raisons, et peut-être d’abord la déception née de synodes antérieurs.
Mais on entend aussi dès à présent des voix épiscopales dire que l’essentiel est l’événement lui-même, plus que ses résultats : pour sa préparation et, espère-t-on, pour la suite, ce Synode inédit aura mobilisé et invité « à marcher ensemble » un nombre important de catholiques dans le monde. D’autres disent préférer une Église devenue pour de bon synodale, c’est-à-dire en marche permanente, plutôt que des réformes ponctuelles qui conforteront l’inertie générale et dont très vite on ne parlera plus. Tout cela est vrai, mais n’est-ce pas pour prévenir d’avance la déception qu’on tient ces propos qui noient le poisson ?
Sujets qui fâchent
Les attentes sont connues, grâce aux remontées synodales depuis la base des paroisses, des communautés, des groupes qui ont répondu. Partout s’est exprimé un désir de réformes, avec des insistances à la fois communes et différentes selon les continents. Il n’est pas besoin d’être grand clerc, en lisant les demandes et les souhaits, pour voir ce qui pourra être abordé sereinement et ce qui fera difficulté sur l’agenda du Synode.
Même si les réponses ne sont pas simples, on pourra toujours évoquer l’exclusion des marges (homosexuelles, polygames, jeunes, féminines…), l’accueil des étrangers, la relance de l’option préférentielle pour les pauvres, le colonialisme économique, les nouvelles inégalités dues aux changements climatiques, l’écart entre Église hiérarchique et Église synodale ou entre le centre romain et ses périphéries de toute sorte, et bien sûr aussi l’ampleur et les conséquences de la sécularisation, qui fait sentir ses effets partout.
Ce sera une autre paire de manches quand il s’agira de parler du rôle et du statut des prêtres (de leur célibat obligatoire) et des femmes dans l’Église (de leur exclusion du diaconat et de la prêtrise), de l’exercice du pouvoir dans l’Église et des causes systémiques des abus sexuels – avec les conséquences doctrinales et pastorales à en tirer et la réparation qu’ils exigent impérativement et rapidement si l’Église veut regagner quelque crédit.
L’Assemblée plénière de Lourdes, fin mars 2023, était consacrée aux propositions des groupes de travail mis en place après le rapport de la Ciase sur les abus sexuels sur mineurs : si les réactions plus que frileuses des évêques français préfigurent ce qui va se passer à Rome, on ne peut pas être raisonnablement optimiste.
Une bonne Église protestante
Le chemin synodal allemand aurait pu être regardé avec intérêt et bienveillance. Mais l’opposition très raide de la Curie romaine à toutes les décisions, intellectuellement très étayées, de l’assemblée synodale allemande (qui comprend un nombre égal de clercs et de laïcs) n’est pas non plus de bon augure. Le pape François s’est même permis d’ironiser à son sujet en disant que l’Allemagne avait une très bonne Église protestante, et qu’on n’y en a pas besoin d’une deuxième…
-
350 églises paroissiales vont être réaffectées en Flandre
De Filip Ceulemans sur Kerknet (traduction automatique) :
350 églises paroissiales vont être réaffectées
24 MAI 2023
Le gouvernement flamand lance une plateforme pour préserver l'avenir des églises paroissiales.
Dans un avenir proche, au moins 350 églises paroissiales en Flandre seront réaffectées à un usage secondaire. Environ 200 ont déjà été (partiellement) réaffectées, et à peu près autant d'autres églises font l'objet d'un processus similaire. La Plate-forme pour l'avenir des églises paroissiales du gouvernement flamand souhaite rassembler tous les partenaires concernés afin que les autorités locales qui souhaitent réutiliser ou réaffecter une église sachent à qui s'adresser pour poser des questions. La Plate-forme est composée des agences flamandes de l'administration interne et du patrimoine immobilier, de la Conférence épiscopale, du Maître d'œuvre flamand, de PARCUM et de l'Association flamande des villes et communes.
L'église des pèlerins
L'église Heilig Hart de Lier, où la Plate-forme a été présentée, symbolise les enjeux. "Le XXe siècle est le siècle au cours duquel la plupart des églises ont été construites, mais aussi le siècle au cours duquel la plupart des églises ont été fermées", a déclaré le bourgmestre de Lier, Rik Verwaest (N-VA). "L'église a été construite par Flor Van Reeth en 1938-1939, dans l'esprit du mouvement moderniste des pèlerins. Après une restauration complète, qui a coûté 2,7 millions d'euros, elle est utilisée pour la liturgie et les activités culturelles. L'autel est sur roulettes, ce qui nous permet de le faire glisser vers l'arrière".
L'entretien et la restauration des églises étant souvent coûteux, ils sont parfois considérés comme une charge. "Il est vrai que l'aspect financier est souvent important, mais nous devrions considérer cela comme un défi plutôt que comme un fardeau", a déclaré le ministre du patrimoine immobilier, Matthias Diependaele (N-VA). "Les églises sont toujours considérées comme le centre de la communauté. Lorsque vous touchez une église, cela libère beaucoup d'émotions".
Dôme
Près de deux églises sur cinq en Flandre sont entièrement protégées en tant que monuments, 15 % le sont partiellement. "Cela montre à quel point la religion a contribué à façonner la Flandre", poursuit M. Diependaele. "Nous voulons transmettre cet héritage aux générations suivantes sans pour autant le couvrir d'un dôme.
Nous devons être conscients qu'une nouvelle utilisation peut avoir un impact majeur sur la valeur patrimoniale d'une église. Cela nécessite des conseils supplémentaires".
La plate-forme de connaissances peut jouer un rôle important à cet égard. "Nous sommes confrontés à des défis majeurs", a déclaré le ministre de l'intérieur Bart Somers (Open vld). "L'affectation secondaire ou la réaffectation d'une église nécessite de nombreuses consultations avec les autorités locales et les communautés paroissiales. Il n'est pas toujours facile pour les autorités locales de faire des choix. C'est là que la plateforme intervient en tant que point de contact pour les administrations paroissiales et ecclésiastiques.
Nous permettons aux conseils locaux de réaliser une étude de faisabilité sur les projets d'avenir de leurs églises. L'objectif est d'accélérer le rythme des réalisations effectives et qualitatives".
L'évêque d'Anvers, Johan Bonny, a souligné l'importance de la faisabilité des projets. "Les plans approuvés s'avèrent parfois difficiles à réaliser. Dans la ville d'Anvers, tous les plans originaux sont en suspens parce qu'ils sont irréalisables. Le fait que l'on travaille sur plus d'une voie est un pas dans la bonne direction. Jusqu'à présent, lorsque l'on discutait d'un projet secondaire ou de rezonage, un cortège d'autorités locales, de la province, de la Flandre et de bureaux immobiliers venait à ma rescousse. Il est remarquable de constater à quel point ils deviennent soudain pieux dans ces moments-là. Plus pieux que des religieuses", s'amuse l'évêque.
Une destination communautaire
Pour Johan Bonny, dans un monde de plus en plus agité, les églises sont des oasis de paix et de tranquillité qui méritent d'être préservées. "Les sacrements n'ont pas besoin de luxe, mais peuvent être célébrés dans la sobriété.
En entretenant les églises de manière austère, il est possible d'en sauver davantage.
Investissez dans l'entretien de base de toutes les églises au lieu de vous concentrer sur une seule d'entre elles", a conseillé M. Bonny au gouvernement."Il est frappant de constater que les églises secondaires ou réaffectées qui réussissent sont souvent, et ce n'est pas une coïncidence, dotées d'une fonction communautaire", a conclu Wim Dries (CD&V), maire de Genk et président du VVSG. "À Genk, les églises réaffectées abritent un centre communautaire, une salle de sport scolaire, une galerie d'art et une épicerie sociale. L'élargissement et l'optimisation de l'utilisation des églises paroissiales, qui sont souvent la propriété de la municipalité, est une bonne chose car elle profite à l'ensemble de la communauté, y compris à ceux qui n'assistaient pas aux messes auparavant."
Lien permanent Catégories : Actualité, Art, Belgique, Culture, Eglise, Patrimoine religieux, Politique, Société 1 commentaire