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Débats - Page 149

  • Retour sur les 22 (- 1) nouveaux cardinaux qui seront créés aujourd'hui

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    En fait 22 - 1 puisque Mgr Van Looy a préféré renoncer au cardinalat.

    De Nico Spuntoni sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    De nouveaux cardinaux, avec McElroy : une "gifle" pour les évêques américains

    30-05-2022

    Parmi les 22 nouveaux cardinaux annoncés hier, François honore l'Américain Robert Walter McElroy. Au sujet de l'exclusion des politiciens catholiques pro-choix de l'Eucharistie, l'évêque de San Diego a accusé ses confrères d'exploiter "à des fins politiques". Une gifle pour les évêques américains dont le président reste en plan.  

    Hier, à l'issue du Regina Caeli récité sur la place Saint-Pierre, le pape François a annoncé la tenue d'un consistoire le 27 août prochain au cours duquel seront créés vingt-deux nouveaux cardinaux.

    Deux jours plus tard, les 29 et 30 août, il y aura une réunion de tous les cardinaux pour discuter de la nouvelle constitution apostolique "Praedicate Evangelium" qui entrera en vigueur le 5 juin. Une occasion exceptionnelle puisqu'une rencontre de l'ensemble du Collège avec le Pontife n'a pas eu lieu depuis des années.

    Ce lot de cardinaux de la fin août porte à 122 le nombre de cardinaux conférés par Bergoglio depuis 2013. Le nombre de cardinaux électeurs passera à 133, dépassant ainsi la limite voulue par saint Paul VI dans le Consistoire secret du 5 novembre 1973 et réaffirmée par saint Jean-Paul II dans la constitution apostolique Universi Dominici gregis qui affirme que "dans les contingences historiques actuelles, la dimension universelle de l'Église semble suffisamment exprimée par le Collège des 120 cardinaux électeurs".  

    Quoi qu'il en soit, l'annonce d'un consistoire pour la création de nouveaux cardinaux était dans l'air depuis un certain temps : de 2014 à 2020, le pape en a fait en moyenne un par an et ne s'est arrêté qu'en 2021. Certains des noms figurant sur la liste ne sont pas surprenants : le pourpre est une évidence pour les curies Arthur Roche, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, et Lazare You Heung-sik, préfet de la Congrégation pour le clergé. Tout aussi prévisible est la décision de créer le président du gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican, le légionnaire du Christ Fernando Vérgez Alzaga, un cardinal. Une autre prédiction devinée par beaucoup est celle de Monseigneur Paulo Cezar Costa, archevêque de Brasília.

    Mais dans la liste, comme c'est la coutume depuis neuf ans, les surprises ne manquent pas.

    Pour la première fois depuis son élection, François a fait d'un évêque résidentiel français un cardinal : il s'agit de l'archevêque de Marseille, Monseigneur Jean-Marc Aveline. Un prélat au profil en phase avec les chevaux de bataille du pontificat actuel, notamment sur les migrants, la synodalité et le dialogue interreligieux. Dans la liste des cardinaux élus, il y a un Ulrich mais ce n'est pas Laurent, le successeur d'Aupetit au siège traditionnellement cardinalice de Paris. Il est brésilien et s'appelle Leonardo Ulrich Steiner, archevêque de Manaus et successeur (à son goût) de l'un des exposants les plus connus de la théologie de la libération, Monseigneur Pedro Casaldàliga Pla.

    Il convient également de noter qu'une fois de plus, le Saint-Père a choisi de ne récompenser aucun évêque allemand.

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  • Anticipation d'août : à quoi s'attendre au consistoire des cardinaux

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    Une analyse complète des trois consistoires qui se déroulent ce week-end et quelques moments clés à surveiller, publiée par le P. Père Raymond J. de Souza (National Catholic Register) ce 23 août 2022 :

    « Fin août, le Collège des cardinaux aura trois « consistoires » (assemblées plénières) : le premier, un « consistoire ordinaire », où le pape François ajoutera 20 membres à leur nombre ; la seconde, une cérémonie pro forma et brève pour approuver la canonisation de nouveaux saints ; et le troisième , un consistoire « extraordinaire » de deux jours pour discuter de la constitution récemment promulguée régissant la Curie romaine, Praedicate Evangelium .

    Préparation du Conclave

    Comme les cardinaux sont dispersés à travers le monde – ce consistoire comprend les premiers cardinaux de Singapour, du Timor oriental et de Mongolie – les consistoires sont pour eux l'occasion de se rencontrer et de jauger qui pourrait être un futur pontife. Benoît XVI a encouragé cela en organisant des consistoires extraordinaires, quelques jours de discussion sur un thème particulier. 

    Le pape François l'a fait deux fois au début de son pontificat. Lors du consistoire extraordinaire de 2014, le pape François a invité le cardinal Walter Kasper à prononcer un long discours plaidant en faveur de l'admission des personnes civilement divorcées et remariées à la sainte communion. Ses arguments ont été ravagés par les frères éminents réunis, au point que le lendemain, le Saint-Père a dû plaider auprès des cardinaux pour qu'ils acceptent les arguments du cardinal Kasper. Ils ne l'ont pas fait, et le pape François s'est donc aigri de l'expérience. En août, c'est la première fois qu'il convoque un consistoire extraordinaire depuis 2015.

    Le sujet de discussion assigné pour le consistoire extraordinaire est Praedicate Evangelium . Étant donné qu'il a fait l'objet de discussions pendant neuf ans et qu'il est déjà en vigueur, on ne sait pas exactement de quoi il s'agit. Il serait difficile d'imaginer un sujet plus ennuyeux que de réorganiser l'organigramme de la Curial, donc la chose clé à surveiller est ce dont les cardinaux discutent réellement. Leurs interventions (discussions) porteront apparemment sur Praedicate Evangelium, mais étant donné le peu d'intérêt pour cela, les différents sous-textes sont ce qu'il faut écouter. Ce dont les cardinaux choisissent de parler – et qui choisit de parler de quoi – sera une préparation critique pour le prochain conclave.

    Mathématiques du Conclave

    Après la création des nouveaux cardinaux, le collège comptera 132 électeurs, des cardinaux de moins de 80 ans qui pourront voter en conclave pour élire un pape. La limite statutaire d'électeurs est de 120, bien que, parfois, les papes l'aient dépassée. Saint Jean-Paul II a atteint deux fois 135 électeurs, alors qu'au moment de sa mort, il y en avait 118.

    Sur les 132 électeurs, le pape François en a nommé 83, soit 62 %. Dans un conclave, les deux tiers (66,6%) sont nécessaires pour l'élection. 

    Le Saint-Père aura 86 ans plus tard cette année, plus âgé que Jean-Paul au moment de sa mort et plus âgé que Benoît au moment de son abdication. Seulement environ une demi-douzaine de papes dans l'histoire étaient plus âgés que le pape François ne le sera à la fin de l'année. Ainsi, un conclave à venir est de plus en plus dans l'esprit des électeurs.

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  • Qui gérera le Vatican lorsqu'un pape démissionnera, sera incapable de gouverner ou décédera ? Et selon quelles règles ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Catholic News Agency :

    Une question d'"équilibre délicat" : Comment le pape François pourrait-il réformer les règles du conclave ?

    25 août 2022

    Qui gérera le Vatican lorsqu'un pape démissionnera, sera incapable de gouverner ou décédera ? Et selon quelles règles ?

    Outre la constitution apostolique Praedicate Evangelium, l'un des grands sujets de discussion du prochain consistoire sera probablement une nouvelle législation pour la sede vacante, l'élection du pape et la définition du rôle du pape émérite.

    Ces débats ont été suscités par l'annonce du voyage du pape François à L'Aquila pour le pardon célestinien - un voyage qui a accru les rumeurs d'une possible démission du pape.

    Cependant, une réforme du règlement de vacance est tout simplement nécessaire. La nouvelle constitution apostolique abolit la Camera Apostolique, qui était chargée de gérer l'administration du Saint-Siège pendant la vacance du siège. Le règlement devra donc être mis à jour pour inclure la nouvelle méthode de gestion du Saint-Siège pendant la période sans pape.

    La démission de Benoît XVI et le débat qui a suivi ont soulevé une autre question : Comment procéder en cas d'empêchement du siège - en d'autres termes, lorsqu'un pape pourrait être objectivement incapable de gouverner ?

    Il s'agit d'une question cruciale, compte tenu des progrès médicaux qui permettent aux personnes atteintes de maladies graves, comme la maladie d'Alzheimer, de vivre de nombreuses années. Si une affection de ce type frappe le pape, que faut-il faire ?

    Le pape démissionnera-t-il ?

    Geraldina Boni, professeur de droit canonique à l'université de Bologne, dirige un groupe de recherche international de la même université qui vise à proposer une législation vaticane en cas d'empêchement et à réglementer la fonction de pape émérite.

    Consultante du Conseil pontifical pour les textes législatifs depuis 2011, Mme Boni est l'auteur d'un livre sur certaines des questions soulevées par l'approche législative du pape François - intitulé en anglais "The Recent Normative Activity of the Church : La fin du monde pour le droit canonique ?"

    S'adressant à CNA, Mme Boni ne veut pas faire de prédictions sur une éventuelle démission du pape. En même temps, elle souligne que "puisqu'il n'est plus inconcevable qu'un pape démissionne, puisque son prédécesseur "a ouvert une porte", comme François lui-même l'a dit, cette situation doit être régulée, éventuellement en même temps que celle d'éventuels cas de graves difficultés liées à la personne du successeur de Pierre qui l'empêchent de remplir sa fonction."

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  • A quoi ressemble un véritable développement de la théologie morale ?

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    Du Dr. R. Jared Staudt sur le Catholic World Report :

    Ce à quoi ressemble un véritable développement de la théologie morale

    Le développement de la doctrine ne fait jamais marche arrière dans une direction opposée, en affirmant que si nous croyions autrefois "x", nous croyons maintenant "y".

    25 août 2022

    La foi ne dépend pas de nos propres raisonnements et sentiments. Elle répond à la révélation de Dieu, qui dépasse toutes nos capacités. Par nous-mêmes, nous ne pourrions pas connaître Dieu et n'aurions aucune certitude quant aux réalités surnaturelles. Cela inclut notre bonheur, qui ne se trouve pas dans la réalisation d'un quelconque bien terrestre ; il se trouve en Dieu lui-même, qui transcende toute chose finie, y compris notre propre personne. La foi nous conduit au salut en ouvrant notre esprit et tout notre être à Dieu et à sa volonté pour nous, nous permettant même de participer à la nature divine.

    Aujourd'hui, cependant, nous entendons souvent dire que les enseignements de l'Église sont impopulaires. Plutôt que de nous conformer à la volonté de notre créateur, nous aimons penser que nous savons mieux. Nous cherchons notre accomplissement en nous-mêmes et non seulement nous excusons nos péchés, mais nous les affirmons même comme bons. Cependant, si nous nous fions à nos propres opinions, nous n'avons pas la foi, car nous nous contentons de nos propres pensées et orientations.

    Comment les chrétiens réagissent-ils à cette vision limitée de la vie ? Si nous nous y opposons, nous sommes considérés comme des bigots et nous sommes de plus en plus isolés du flux culturel. Si nous affirmons les valeurs du monde, nous perdons notre témoignage contre-culturel du bien transcendant, nous détournant de la mission d'évangélisation que Dieu a donnée à l'Église.

    Comme tentative de solution, un faux développement de la doctrine a été proposé, dans lequel l'enseignement intemporel de l'Église pourrait être modifié, sinon dans l'expression doctrinale, du moins par la permission de la conscience. Puisque les gens ne peuvent pas accepter l'enseignement de l'Église sur la sexualité, cette position soutient que nous leur permettons de décider eux-mêmes de ce qui est bien ou mal dans chaque circonstance.

    Accepter ce type de pensée ne fait que laisser les gens sur le chemin de la mort et obscurcit l'invitation sur le chemin de la vie. En revanche, saint Paul dit plutôt à son disciple Timothée : "Prêche la parole, sois pressant à temps et à contretemps, convaincs, réprimande et exhorte, sois inépuisable de patience et d'enseignement. Car le temps vient où les hommes ne supporteront pas un enseignement sain, mais où, ayant la démangeaison des oreilles, ils se choisiront des maîtres à leur goût, et se détourneront de l'écoute de la vérité" (2 Timothée 4:2-4).

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  • La démission du pape : en 2024 ?

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    Du Catholic Herald :

    Quand le pape démissionnera-t-il ?

    23/08/2022

    ''Pour de nombreux catholiques mécontents de la direction que prend l'Église sous le pape François, si et quand il démissionnera sont peut-être les questions les plus posées. Ce ne sont pas des commérages de cour désagréables ou inutiles. L'Église catholique est une organisation hiérarchique dirigée dans la perspective et l'idéologie par son chef, qu'un petit collège de cardinaux élit. Cela ne signifie pas que le Collège peut ignorer le sentiment au sein de l'Église, en particulier à une époque où la fréquentation diminue - y compris dans des endroits improbables - et avec le pouvoir des médias sociaux, les catholiques ont un mégaphone. Ainsi, il vaut la peine d'examiner non seulement si le Pontife démissionnera, mais ce que les cardinaux pourront faire lorsqu'il le fera.

    Le pape François n'a pas fait grand-chose pour minimiser les rumeurs d'un départ anticipé. Il a récemment déclaré aux journalistes qu'il ne pouvait plus voyager comme il le faisait autrefois et qu'il pourrait un jour devoir abandonner. Dernièrement, le pape François a répété une phrase - "la porte est ouverte" - ajoutant qu'il n'y avait rien de mal à ce qu'un pape démissionne. Au début de son pontificat, François a déclaré qu'il aimerait voir la démission des papes se normaliser, et a déclaré plus tard qu'il avait le sentiment que son pontificat serait bref, décrivant la décision de son prédécesseur de se retirer comme "courageuse".

    Pendant ce temps, s'adressant à Reuters, le pape a déclaré qu'il pourrait démissionner si une mauvaise santé l'empêchait de continuer. L'Associated Press a également rapporté que le pape François avait déclaré qu'il ne vivrait pas au Vatican ni ne retournerait en Argentine si et lorsqu'il prendra sa retraite, lors d'une interview avec TelevisaUnivision. Tout en niant qu'il prévoyait de prendre sa retraite de sitôt, le Pontife a de nouveau déclaré que "la porte est ouverte" après la démission de Benoît XVI. Il est également indéniable que Benoît a jeté les bases pour que François parte.

    C'est Benoît qui offre peut-être un indice quant au moment où une démission peut avoir lieu. Bien qu'il n'y ait pas de règle contre le fait d'avoir deux papes émérites vivants - d'autant plus que des propositions sont en cours pour définir clairement le rôle d'un pontife émérite - il se pourrait bien que François attende le décès de Benoît pour finalement démissionner. Bien que Benoît soit en bonne santé, à 95 ans, on peut supposer qu'il mourra probablement dans les prochaines années. Cela pourrait créer une opportunité pour François s'il choisissait de prendre sa retraite. Plus tard cette semaine, le Souverain Pontife visitera L'Aquila en Italie, le lieu de sépulture du pape saint Célestin V. Benoît avait autrefois laissé le pallium de laine qu'il portait lors de la messe de son installation au-dessus du cercueil de Célestin, un geste interprété plus tard comme un signe de sa démission prévue (Célestin a démissionné après cinq mois en 1294).

    Ensuite, il y a la seizième Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques - ou le Synode sur la synodalité - qui doit se terminer en octobre 2023. Le pape François veut engager l'Église dans une série de consultations. Le processus a commencé en 2021 avec les églises locales et est maintenant dans sa phase continentale. Bien que les nombres impliqués soient inférieurs à ce que l'on pourrait considérer comme nécessaires pour rendre le processus significatif, le Synode sur la synodalité est toujours considéré comme une pièce maîtresse de l'agenda du Pape. À la fin, François peut sentir qu'il a cimenté un élément clé de son héritage.

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  • Le processus synodal pourra-t-il concilier les priorités opposées des catholiques vivant à l'est et à l'ouest du continent européen ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Le processus synodal peut-il surmonter le clivage Est-Ouest de l'Europe ?

    22 août

    Le Vatican dévoilera vendredi les plans de la deuxième phase du processus de discernement de l'Église, qui mènera au synode sur la synodalité de 2023 à Rome.

    Les détails seront présentés lors d'une conférence de presse par le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode des évêques, et le cardinal Jean-Claude Hollerich, rapporteur général du rassemblement des évêques du monde entier de l'année prochaine sur le thème "Pour une Église synodale : Communion, participation, mission".

    L'initiative de deux ans entre dans ce que le Vatican appelle la "phase continentale". Au cours de la première étape - la phase diocésaine - les organisateurs avaient pour mission de consulter le plus grand nombre possible de catholiques en un court laps de temps, à la fin d'une pandémie.

    La deuxième étape présentera un défi différent : identifier les préoccupations partagées par les catholiques vivant dans des contextes nationaux très différents. 

    Les organisateurs du Synode sur les sept continents habités - l'Amérique du Nord, l'Amérique latine, l'Europe, l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Asie et l'Océanie - pourraient avoir du mal à trouver des thèmes qui unissent les catholiques séparés par des frontières, des cultures et de grandes distances.

    En Europe, certains observateurs pensent que les responsables de l'Église qui supervisent la "phase continentale" auront du mal à concilier les priorités opposées des catholiques vivant à l'est et à l'ouest du continent. 

    Dans quelle mesure cela sera-t-il difficile ? The Pillar y jette un coup d'œil.

    Le fossé Est-Ouest de l'Europe

    La plupart des gens admettent que les 44 pays d'Europe peuvent être divisés en deux grandes catégories : l'Est et l'Ouest. 

    Cette division est ancrée dans l'histoire politique récente autant que dans la géographie. Les pays de l'Est sont généralement définis comme ceux qui ont appartenu au bloc communiste. Ainsi, une personne vivant à Prague, capitale de l'ancienne Tchécoslovaquie, peut être qualifiée d'"Européen de l'Est", même si elle vit plus à l'ouest qu'un habitant d'"Europe occidentale" de la capitale autrichienne, Vienne. 

    La division de l'Europe entre l'Est et l'Ouest est grossière, mais elle est également utile car elle met en évidence des différences importantes entre les pays qui ont connu des décennies de communisme et ceux où le capitalisme s'est imposé. 

    Les communautés catholiques européennes qui ont souffert du communisme ont évolué différemment de celles qui ont traversé le XXe siècle sans persécution étatique de longue durée. 

    Le fossé entre les catholiques d'Europe de l'Est et d'Europe de l'Ouest peut sans doute être observé dans les réactions à la "voie synodale" allemande. Cette initiative controversée devrait se terminer l'année prochaine par un appel à des changements radicaux dans l'enseignement, la pratique et les structures de l'Église. 

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  • Jeanne d'Arc : une égérie LGBTQ ?

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    De Ludovic Lavaucelle sur La sélection du Jour :

    "Moi, Jeanne": quand le wokisme fait de Jeanne d'Arc une égérie LGBTQ

    Une nouvelle pièce fait scandale à Londres. Le mythique Théâtre du Globe, qui est une fidèle reproduction de l’édifice construit par Shakespeare et sa troupe en 1599, fait jouer une pièce sur la vie de Jeanne, la célèbre sainte française. Elle est représentée en personnage « non binaire », interpellé sur scène par le pronom inventé : « iel ». Les féministes sont furieuses car – même en Angleterre – la jeune martyre est un symbole. En 1911, 40 000 suffragettes avaient marché avec à leur tête une manifestante déguisée en Jeanne d’Arc. Nier son sexe revient, pour elles, à interdire aux femmes toute place dans l’histoire. Michelle Terry, la directrice artistique du théâtre s’est défendue ainsi : Shakespeare lui-même ne cherchait pas à représenter des faits historiques mais les utilisait pour interroger le monde qui l’entourait.

    Ce que dit Madame Terry est vrai du théâtre en général. Tout comme il est exact de rappeler qu’à l’époque du grand « barde », des acteurs jouaient des rôles féminins. Mais il faut aller au-delà des apparences, propose Mary Harrington pour UnHerd (voir son essai en lien). Cette pièce est d’abord de la propagande au service d’une classe dirigeante, à l’image de certaines œuvres de Shakespeare sous l’œil sévère de la Reine Elizabeth. En s’attaquant à Jeanne la Pucelle, l’idéologie woke cherche aussi à effacer ce qui l’a rendue si puissante : sa virginité.

    Si des hommes jouaient des rôles de femmes, il ne faut pas y voir une quelconque tradition « non-binaire » mais la loi de l’époque. Les activistes de 2022 font donc revivre une tradition des plus… patriarcales. De plus, la trilogie « Henri VI » de Shakespeare parle de la fin de la Guerre de Cent Ans du point de vue anglais. Jeanne y est présentée d’une manière ignoble, une sorte de prostituée faisant appel à une armée de démons pour lui venir en aide. 150 ans après son exécution, Shakespeare ne parlait pas d’elle pour « interroger le monde qui l’entourait », mais pour servir la propagande de la Reine Elizabeth. La pièce « Moi, Jeanne » d’aujourd’hui poursuit le même objectif – le talent en moins. Il ne s’agit plus de servir la volonté de puissance géopolitique d’une souveraine, mais de propager l’obsession d’une minorité très présente parmi les « élites » actuelles, selon laquelle on peut se définir en dehors de toute attache biologique…

    Le traitement dans la littérature du personnage de Jeanne met en lumière un vieux problème : le droit des femmes à se refuser aux hommes. La chasteté était tout à fait respectée tant qu’elle était limitée aux murs d’un couvent, en tout cas loin de la place publique. C’est justement par l’angle de la sexualité que Shakespeare a cherché à détruire l’aura de Jeanne. Voltaire n’était pas moins vulgaire ni misogyne quand il a écrit « La Pucelle d’Orléans » en 1730. Ce poème, qui décrivait Jeanne presque séduite par un âne volant a tellement scandalisé qu’il n’a été publié qu’en 1899. La mythologie grecque parle de ce dilemme féminin avec les Amazones (qui semblent avoir une origine historique chez les peuples scythes). L’invincibilité de ces terribles guerrières était liée à leur refus d’une soumission aux hommes : la reine Hippolyte sera tuée par Héraclès après lui avoir « fait don de sa ceinture ». Shakespeare en parle dans son célèbre « Songe d’une nuit d’été » mais il insiste sur une autre tradition : Thésée se joint à l’expédition d’Héraclès et capture l’Amazone Antiope qui lui donnera un fils. Dans cette version, les fières guerrières sont soumises par les hommes et acceptent de « rentrer dans le rang ». Déjà les contemporains de la pièce ont vu une allusion osée de l’auteur à la reine Elizabeth I, qui construisait son personnage d’Amazone intouchable.

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  • Serbie : des dizaines de milliers de manifestants mobilisés contre l'EuroPride

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    De Thibaut Prodhomme sur le site de Valeurs Actuelles :

    En Serbie, la fronde contre l’EuroPride gagne du terrain

    Ce dimanche, des dizaines de milliers d’habitants de Belgrade ont défilé contre cet événement qui attirera des membres de la communauté LGBTQ+ de toute l’Europe du 12 au 18 septembre.

    19 août 2022

    Ce dimanche 14 août, environ 50 000 personnes sont descendues dans les rues de Belgrade, en Serbie, pour protester contre l’« EuroPride », événement LGBTQ+ qui se déroulera dans la capitale du 12 au 18 septembre. Les marcheurs y ont chanté des hymnes orthodoxes et des chants patriotiques en portant des croix, des icônes et des drapeaux. « Ne touchez pas à nos enfants » et « non à l’occupation », pouvait-on entendre au sein du cortège. Cette « EuroPride » sera la première en Europe de l’Est, une région où les organisateurs dénoncent des discriminations homophobes.

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  • Contraception et infaillibilité

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    De

    Contraception et infaillibilité

    Malgré les opinions diffusées par l'Académie pontificale pour la vie, l'enseignement pérenne de l'Église sur l'immoralité de la contraception est un enseignement établi et immuable de la loi divine.

    21 août 2022

    Un tweet du 8 août de l'Académie pontificale pour la vie (PAV) affirmait qu'Humanae Vitae (HV) n'enseignait pas une vérité garantie par l'infaillibilité de l'Église. Pendant que nous rédigions ce commentaire, la déclaration tweetée (texte intégral ici) a été supprimée sans explication. Mais la confusion au cœur du tweet est répandue et ne disparaîtra pas avec le tweet. Elle est la suivante. Bien que Paul VI ait choisi de ne pas inclure dans HV une définition formelle, ex cathedra et manifestement infaillible, l'enseignement pérenne contre la contraception qu'il a réaffirmé dans l'encyclique avait depuis longtemps été proclamé de manière infaillible, par l'accord des papes, des évêques et de leurs prêtres dans le monde entier qui le présentaient, depuis des décennies et des siècles, comme un enseignement établi et immuable de la loi divine. 

    Screenshot of the statement from the Pontifical Academy for Life.
    Capture d'écran de la déclaration de l'Académie pontificale pour la vie qui a été tweetée depuis le compte twitter officiel de l'Académie pontificale pour la vie, puis retirée début août (Photo : Twitter).

    Le tweet de PAV faisait référence à ce que Mgr Ferdinando Lambruschini, professeur de théologie morale dans une grande université pontificale, a déclaré lors de la conférence de presse de présentation de l'encyclique. Personne ne doute qu'il avait la permission de Paul VI de dire que le pape "n'a pas voulu publier un document irréformable et déterminant ; l'enseignement présenté ici est l'enseignement ordinaire de l'Église...". Mais l'affirmation du tweet selon laquelle Mgr Lambruschini a dit que "Humanae Vitae n'a pas exprimé une vérité de foi définitive [garantie] par l'"infallibilitas in docendo" [infaillibilité dans l'enseignement]" modifie subtilement ce qui est dit dans l'article et le livre de 2018 auxquels il renvoie, de manière à introduire (ou à conserver) la confusion que nous avons mentionnée.

    A since deleted tweet from the Pontifical Academy for Life.
    Un tweet depuis supprimé de l'Académie pontificale pour la vie (Photo : Twitter).

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  • Liturgie 16 : L’affaire Martin Luther : Quelle leçon pour notre Eglise d’aujourd’hui ? (XVI°s)

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    Liturgie 16 : L’affaire Martin Luther : Quelle leçon pour notre Eglise d’aujourd’hui ? (XVI°s) (57 mn) 

    https://youtu.be/hmBDkYre9fY 

    Par Denis Crouan

    L’affaire Martin Luther (1483-1546) devrait nous pousser à réfléchir sur la crise actuelle de l’Église. Lorsque Luther, en 1517, religieux augustin, s’inquiète de la question du salut - à commencer par le sien -, il n’avait pas l’intention de briser l’unité de l’Église. Il évolue peu à peu, face à la passivité des évêques, l’absence de réformes, l’autoritarisme. À partir de 1526, le mouvement luthérien est consolidé et organisé. 

    Quelle leçon tirer de cette histoire ?  

    Rien ne favorise plus « les » divisions au sein de l’Église que de faire comme si « la » division n’existait pas. Le principe du « surtout pas de vagues » des évêques aboutit souvent à une crise irrémédiable. Quelques solutions urgentes :  

    Remise au point de l’autorité, respect du « Credo », de la discipline ecclésiastique, des enseignements magistériels, lecture effective et fidèle des enseignements des Conciles, y compris  Vatican II. 

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022. 

  • L'indéniable extrémisme de Biden en matière d'avortement

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    De Michael Warsaw sur le National Catholic Register :

    L'indéniable extrémisme de Biden en matière d'avortement

    Comme en témoignent ses derniers gestes, le président américain est scandaleusement déterminé à promouvoir la culture de la mort par tous les moyens.

    19 août 2022

    Récemment, le mouvement pro-avortement s'est montré de plus en plus mécontent de ce qu'il caractérise comme l'approche "modérée" du président Joe Biden sur la question, suite à la décision de la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Dobbs v. Jackson Women's Health. Franchement, cela fait des décennies que Joe Biden ne peut plus être considéré comme modéré, même de loin, en matière de politique d'avortement, mais son extrémisme récent en la matière est devenu indéniable. 

    Le deuxième président catholique de notre pays a réussi, d'une manière ou d'une autre, à adopter une position totalement incohérente, à savoir qu'il peut concilier sa foi catholique, qui enseigne que l'avortement est toujours moralement mauvais et constitue un péché mortel, avec son plaidoyer sans réserve en faveur d'un avortement illimité et financé par le contribuable.  

    Une semaine après le début de sa présidence, le président a annulé la politique de Mexico, qui interdit le financement fédéral des organisations non lucratives et des ONG étrangères qui pratiquent l'avortement. Cette décision laissait présager les efforts déterminés de l'administration pour promouvoir l'avortement par tous les moyens nécessaires.

    Face à une majorité conservatrice de 6-3 à la Cour suprême, Biden et ses alliés du Congrès savaient que de plus en plus d'États chercheraient à adopter des lois pro-vie et à contester Roe v. Wade. En réponse, les alliés de M. Biden ont préconisé à la fois de mettre fin au filibuster, ce qui réduirait les droits du parti minoritaire, et d'empiler la Cour suprême, ce qui ajouterait des sièges à la Cour et ferait pencher la balance en faveur des juges progressistes. Heureusement, ces deux tentatives sont dans l'impasse, le Sens. Joe Manchin, D-W.Va., et Kyrsten Sinema, D-Ariz. ainsi que tous les républicains du Sénat s'y sont opposés. 

    Sans se laisser décourager, le président Biden a attaqué l'amendement Hyde, qui bénéficie depuis plus de 40 ans d'un large soutien bipartisan. Cet amendement interdit le financement fédéral de l'avortement, sauf dans quelques circonstances très rares. Biden lui-même l'a soutenu pendant 39 ans jusqu'à ce que, alors qu'il était candidat à l'investiture démocrate pour la présidence, il fasse volte-face et annonce son opposition à Hyde. Il a tenté d'exclure Hyde dans sa première proposition de budget pour la santé et les services sociaux.  

    Heureusement, le Congrès a refusé d'adopter le projet de loi de financement sans son inclusion, et Hyde reste la loi du pays.

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