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Débats - Page 258

  • L'absurdité des lieux de culte limités à 15 personnes se poursuit

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    De Mathieu Tamigniau sur RTL Info :

    Kévin trouve "complètement absurde" que les églises soient toujours limitées à 15 personnes: "On ne parle pas assez des lieux de culte"

    5 février 2021

    Oubliés, les lieux de culte ? C'est ce que pensent de nombreux pratiquants en Belgique. Le porte-parole des évêques confirme cette situation délicate, et réitère sa demande de modification de la règle. Pour l'instant, elle ne semble pas être sur la table des réunions du comité de concertation.

    Depuis plusieurs semaines, nous évoquons régulièrement le désespoir du secteur de l'horeca ou des métiers de contact (coiffeurs, esthéticiennes). Les politiques répètent qu'ils ont entendu ce cri d'alerte, et pourraient ce vendredi, lors du nouveau comité de concertation, annoncer une réouverture progressive dans les prochaines semaines (voir les détails).

    Mais d'autres domaines de notre vie sociale sont toujours impactés, depuis des mois, par des mesures qui semblent parfois irréfléchies ou disproportionnées. "Je suis troublé", nous a écrit Kévin. S'il comprend bien la détresse des milliers d'indépendants au bord du gouffre, il estime qu'on "ne parle pas assez des lieux de culte".

    Catholique, Kévin rappelle que depuis le mois décembre, "dans les églises et tous les autres lieux de culte, nous ne pouvons pas accueillir plus de 15 personnes, qu’importe la surface du lieu". Une situation qu'il trouve "complètement absurde: on devrait faire comme cet été, adapter les mesures en fonction de la taille du lieu, et tout le monde sait que les églises sont suffisamment grandes que pour accueillir beaucoup de monde", poursuit-il, réclamant que l'on "remette le débat sur la table".

    "De nombreuses paroisses sont fermées"

    Tommy Scholtès est le porte-parole des évêques de Belgique, et la réaction de Kévin ne l'étonne pas. "On a eu des Noël avec 15 personnes par Eglise, et ça eu pour conséquence qu'énormément de paroisses n'ont même pas réouvert. C'est tellement difficile d'ouvrir une messe pour 15 personnes maximum. A l'Eglise des Jésuites à Saint-Michel, on a fait un système de réservation et les gens s'inscrivent. Comme on a beaucoup de prêtres dans la communauté, on peut se permettre de faire beaucoup de célébrations. Mais dans les paroisses où il y a un prêtre pour deux ou trois églises, c'est très difficile d'organiser, et c'est assez pénible de devoir renvoyer chez eux des gens qui veulent assister à une messe. Donc de nombreuses paroisses sont fermées". C'est le cas dans certains villages, "mais aussi à Bruxelles, en ce moment, à la Cathédrale, au Sablon, il n'y a pas de messe du tout".

    Conséquence: "Je reçois beaucoup de messages de personnes très peinées, qui disent que la vie spirituelle est tout aussi essentielle, pour eux, que la culture ou d'autres choses. Tout le monde me demande que les cultes soient mentionnés dans les négociations en cours", poursuit le porte-parole des évêques.

    "Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel"

    Depuis le mois de mars, "on est passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel au niveau des règles: les mètres carrés proportionnels mais avec un maximum ; durant l'été on pouvait célébrer à l'extérieur, puis ça a été doublé ; puis on a refermé tout ; et depuis décembre, c'est la règle de 15".

    Sa demande est la même que Kévin: "Le minimum serait d'arriver à une personne par 10 mètres carrés dans les lieux de culte. En France, c'est une rangée sur deux, et sur ces rangées, une chaise sur deux. Ça donne environ une occupation d'un tiers de l'église par rapport à la capacité normale".

    Que peut faire l'Eglise ?

    "Nous avons fait cette demande (1 personne par 10 mètres carrés) il y a environ trois semaines. Il y a eu une réunion des chefs de culte (catholique, musulman, juif, etc) avec le ministre de la Justice (qui est responsable des cultes), mais la ministre de l'Intérieur avait dit entretemps que le maximum absolu de 15 resterait la norme. Nous venons de réécrire, récemment, pour demander une extension, mais nous n'avons reçu qu'un accusé de réception", déplore Tommy Scholtès.

    Aller plus loin consisterait à mobiliser tous les pratiquants de Belgique dans la rue. "Une manifestation autorisée d'une centaine de personnes a eu lieu il y a deux semaines environ, devant le ministère de la justice, pendant une heure". Elle n'a pas vraiment porté ses fruits. Le porte-parole des évêques rappelle que "nous travaillons davantage dans la négociation avec les ministères compétents".

  • L'opposition entre loi de Dieu et loi de la République a-t-elle un sens ?

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    Du Figaro via le site "Pour une école libre au Québec" :

    Rémi Brague: «L’opposition entre loi de Dieu et loi de la République a-t-elle un sens?»

    Le philosophe et théologien analyse la déclaration du ministre de l’Intérieur selon qui « la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu ». Rémi Brague est membre de l’Institut, normalien, agrégé de philosophie et professeur émérite de philosophie à l’université Panthéon-Sorbonne, Rémi Brague est notamment l’auteur d’Europe, la voie romaine (3e édition, Folio essais, 1999) et Le Règne de l’homme. Genèse et échec du projet moderne (Gallimard, 2015). Il s’entretient ci-dessous dans les colonnes du Figaro.

    « Pour les chrétiens, Dieu parle par la conscience, inscrite dans la nature de l’homme, que Dieu a créé animal rationnel », explique Rémi Brague.

    LE FIGARO. — Évoquant le projet de loi « confortant les principes républicains », le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré : « Nous ne pouvons pas discuter avec des gens qui refusent d’écrire sur un papier que la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu. » Dire que la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu a-t-il un sens ? Cette distinction elle-même est-elle pertinente ?

    Rémi BRAGUE. — De toute façon, ce qui compte n’est pas ce que l’on écrit, et que l’on pourra toujours traiter de « chiffon de papier » une fois en situation de force. Ni les belles paroles, où l’on pourra toujours soupçonner un double langage. Ce qui est important, c’est ce que l’on pense dans son for intérieur.

    Si l’on suppose que deux lois sont face à face, l’une de la République, l’autre de Dieu, il est bien clair que la première ne fera pas le poids. Aucune loi humaine ne tient devant une loi divine. Votée par un Parlement régulièrement élu dans une démocratie civilisée ou imposée par le plus cruel des tyrans, peu importe.

    Reste la question essentielle : quel genre de divinité entre en jeu et comment légifère-t-elle ? Pour les chrétiens, Dieu parle par la conscience, inscrite dans la nature de l’homme, que Dieu a créé animal rationnel. Rousseau appelait la conscience « instinct divin, immortelle et céleste voix ». Il faut prendre ces mots tout à fait au sérieux. Il me faut ici mettre en garde contre une façon galvaudée d’en appeler à sa « conscience ». Souvent, on la confond avec le caprice irréfléchi. Dire que seule sa conscience doit décider, c’est souvent une façon de dire : « Mêlez-vous de vos affaires ! Je fais ce que je veux ! » Quelle naïveté, d’ailleurs. La plupart du temps, est-ce bien moi qui veux ce que je crois vouloir ?

    La conscience doit s’éduquer, un peu comme le goût. Le gourmet a appris à distinguer un grand cru d’un médiocre vin de table. L’alcoolique, lui, ne fera pas la différence, du moment que cela soûle. De même, la délicatesse de la conscience s’acquiert. Par l’exemple des parents, quand ils sont à la hauteur. Par la fréquentation des honnêtes gens. Par la grande littérature. Mais, en dernière analyse, c’est toujours moi qui déciderai de me former et d’acquérir une conscience exigeante ou, au contraire, de m’abandonner aux influences de mille facteurs : les souvenirs de pouponnière, la coutume, la pub, la mode, le politiquement correct, etc.

    — Quand Antigone décide de braver les lois de Créon pour enterrer son frère, ne place-t-elle pas les droits de la conscience au-dessus de ceux des hommes ?

    — Cela ne fait pas de mal de retourner aux sources de temps en temps, et, en l’occurrence, de relire Sophocle. Dans Antigone, l’héroïne vient d’enterrer son frère, considéré comme rebelle à la cité. Le chef, son oncle Créon, avait ordonné de punir le coupable en abandonnant son cadavre aux fauves et aux rapaces. Arrêtée, elle ne fait pas appel à sa conscience. La notion de « conscience » n’est pas clairement dégagée dans la pensée grecque. Le mot grec dont on s’est servi plus tard pour la désigner ne signifie pas la conscience morale, mais la conscience psychologique, celle dont il est question quand on dit « perdre conscience ».

    Antigone oppose aux décrets de Créon non pas la conscience, mais des lois venant des dieux et « à chaque fois vivantes ». Ce qui montre leur divinité, c’est, ce qui est paradoxal pour nous, formés dans une religion de révélation, que « nul n’a jamais su d’où elles étaient apparues » (vers 456-457). Pour les Grecs, le divin est évident, aussi manifeste que l’Olympe, et sans origine. Ainsi, les rumeurs sont des déesses parce que personne ne les a mises en circulation. Ces lois divines, non écrites, priment sur toutes les décisions humaines.

    — Dans l’Évangile, le Christ déclare qu’il faut rendre à César ce qui est à César. Faut-il en déduire l’obéissance des chrétiens aux lois en toutes circonstances ?

    — Le passage des Évangiles où se trouve la formule (Matthieu 22, 21 et parallèles) est souvent mal compris. On s’imagine que César, le pouvoir politique, serait parfaitement indépendant de Dieu. Or, il en dépend comme tout le reste de la Création, ni plus ni moins. Il n’a pas de domaine réservé à l’intérieur duquel il pourrait n’en faire qu’à sa tête. Nul « sécularisme » là-dedans. Dieu est présent dans le domaine politique comme partout ailleurs.

    Seulement, là aussi, il faut se demander de quelle façon Il s’invite chez César. Pour le christianisme, il est là d’abord dans la loi morale. Dans la Bible, Abraham craint que les Amalécites n’aient aucune « crainte de Dieu » (Genèse 20, 11) et ne le tuent pour lui prendre sa femme. La « crainte de Dieu » n’est autre ici que la common decency d’Orwell, ce qui « ne se fait pas ».

    Il faut obéir aux lois tant qu’elles assurent la plus élémentaire justice, et donc l’ordre public et la paix civile. Saint Paul faisait prier pour l’empereur. C’était alors Néron, qui allait d’ailleurs le faire décapiter. Mais César est soumis à la loi morale. S’il la transgresse, on a le droit, et même le devoir, d’abord de le lui rappeler, ensuite de lui désobéir. Cela a coûté cher à pas mal de gens qui ont osé le faire, en Allemagne nazie et ailleurs.

    — Dans le souci de combattre l’islamisme, n’en vient-on pas à sacraliser de façon presque mimétique la République ?

    — Effectivement, on a l’impression que la « laïcité », qui était à l’origine une solution de compromis, due à la situation française pendant la IIIe République, puis qui est devenue un principe, voire une « valeur », risque de devenir l’objet d’une sorte de religion. Cela fait sourire. D’abord, parce que la laïcité devait justement empêcher la religion d’empiéter sur des domaines où elle n’est pas à sa place, où elle corrompt et se corrompt elle-même. Ensuite, parce que les efforts pour sacraliser artificiellement des principes anémiques, qu’on va opposer à un sacré qui est, lui, virulent, sont quelque peu ridicules. Enfin, parce que ce n’est pas le régime républicain qui est menacé aujourd’hui, mais bien la France, avec toute son histoire.

  • Le cardinal Müller dénonce le "grand reset"

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    De Maike Hickson sur LifeSiteNews :

    Le cardinal Müller dénonce le "grand reset"

    Le cardinal a averti que l'objectif de cette nouvelle force de fusion - la collaboration entre les grandes entités capitalistes et la Chine - vise "le contrôle absolu de la pensée, de la parole et de l'action".

    5 février 2021

    Le cardinal Gerhard Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a récemment fait des commentaires à Edward Pentin, du National Catholic Register, à propos du Grand Reset, telle que promu par le Forum économique mondial de Davos (WEF). Dans ce contexte, le cardinal a lancé un sérieux avertissement selon lequel il voit une fusion des organisations capitalistes occidentales avec la Chine, formant un nouveau "capitalisme-socialisme unifié".

    Le 29 janvier, le prélat allemand a déclaré à Pentin que les deux camps - "le capitalisme à but lucratif, les géants de la haute technologie des pays occidentaux" et le "communisme de la République populaire de Chine" - "convergent et fusionnent aujourd'hui en un capitalisme-socialisme unifié", produisant un "nouveau colonialisme". Par ces commentaires, il semble indiquer que nous assistons ici à une fusion des grandes puissances financières avec les États communistes - en particulier la Chine - qui vise à la domination du monde par les puissances mondiales capitalistes alors que les masses sont maintenues dans les sociétés socialistes, contrôlées et réprimées par l'État. On peut se sentir ramené ici à la réponse récente des pays occidentaux à la crise du coronavirus qui a conduit à la suppression de nombreuses libertés au nom d'une crise sanitaire.

    LifeSite a pris contact avec le cardinal Müller pour lui demander de s'expliquer sur ces questions.

    Le Great Reset est un programme publié par le Forum économique mondial (WEF) qui utilise la crise du coronavirus comme raison d'un remaniement fondamental de la façon dont nous, les humains, vivons ensemble sur cette terre. Le WEF affirme sur son site web que "les changements que nous avons déjà observés en réponse à la COVID-19 prouvent qu'une remise à plat de nos bases économiques et sociales est possible". À la lumière des crises économiques et environnementales prévisibles, le WEF propose que "nous construisions des fondations entièrement nouvelles pour nos systèmes économiques et sociaux". La façon dont cette reconstruction de nos sociétés devrait être perçue par ces acteurs financiers et économiques mondiaux (cliquez ici pour une liste des participants à la réunion du WEF 2020 à Davos, Suisse) peut être vue dans leur propre vidéo du WEF intitulée "Huit prédictions pour le monde en 2030".

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  • Quand l'archevêque de Chicago s'en prend au Président de la Conférence épiscopale américaine

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    D'Aline Lizotte sur Smart Reading Press :

    DU JAMAIS VU : L’ARCHEVÊQUE DE CHICAGO UTILISE TWITTER CONTRE LE PRÉSIDENT DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE AMÉRICAINE

    À l’occasion de l’investiture du nouveau Président américain, une vive tension s’est produite au sein de la Conférence épiscopale américaine, Mgr Cupich utilisant Twitter pour marquer sa différence par rapport à son président, Mgr Gomez, au sujet de la politique annoncée par le catholique Joe Biden sur l’avortement. Des tweets très peu likés par ses confrères… N’ayant réussi à rallier à lui que la presse progressiste, Mgr Cupich devra très probablement envisager son avenir sous d’autres cieux !

    Le 20 janvier dernier, Joe Biden étendit sa main sur une vieille Bible appartenant à sa famille depuis 1893 et prononça ce serment : «Joseph Robinette Biden, Jr., do solemnly swear that I will faithfully execute the office of President of the United States, and will to the best of my ability, preserve, protect and defend the Constitution of the United States. So help me God1».

    Lors de son investiture, l’allocution prononcée par le Président Biden mit un fort accent sur la nécessité de l’unité de la nation, axée fondamentalement sur la démocratie : le peuple a parlé, la volonté du peuple a été entendue, et nous avons le devoir de préserver cette unité sacrée. Car il y a urgence de combattre le péril de la désunion. Il y a beaucoup à réparer, beaucoup à restaurer, beaucoup à guérir, beaucoup à construire, beaucoup à gagner. Peu de périodes dans notre histoire ont fait face à une tel défi, à des difficultés aussi grandes que celles par rapport auxquelles nous devons agir. Nous faisons face à l’injustice raciale, à la survie de la planète, à l’extrémisme politique représenté par la domination de la race blanche, au terrorisme domestique, à la perte de la responsabilité de la dignité humaine. Pour sauvegarder la démocratie il faut l’unité, l’unité, l’unité.

    Ce discours très polémique et axé sur la critique politique de son prédécesseur – qui n’assistait pas à l’investiture – était une tentative de la part du nouveau président pour montrer sa capacité à neutraliser les forces politiques de son adversaire, alors qu’il sait que beaucoup d’électeurs amers quant à la défaite de Trump sont loin de vouloir adhérer à un Président à qui le vote populaire n’est pas très majoritairement acquis.

    LA DÉCLARATION DES ÉVÊQUES AMÉRICAINS

    Cependant, dans l’après-midi de ce même jour, un autre son de cloche ou de «tocsin» parvenait aux oreilles du Président : la déclaration des évêques américains envoyée par le président de la Conférence épiscopale, Mgr José Gomez, archevêque de Los Angeles. Cette déclaration, si elle comporte une partie diplomatique (félicitations pour le nouveau président à l’occasion de sa victoire électorale et assurance des prières de toute l’Église pour que son mandat produise de bons fruits) n’en contenait pas moins un énoncé des conditions dans lesquelles l’épiscopat collaborerait à son action politique.

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  • France : flou autour du projet de loi sur le "Séparatisme"

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    De Louis Daufresne sur La Sélection du Jour :

    Séparatisme : le grand méchant flou

    Covid oblige, lundi sur France Inter, Gérald Darmanin usait de la métaphore médicale pour vanter la loi « confortant le respect des principes républicains » : « Notre pays, dit le ministre de l’Intérieur, est malade d'un séparatisme dont le premier d'entre eux, l'islamisme, gangrène notre unité nationale. » La laïcité qui garantit « la pluralité religieuse, la neutralité de l'État et de ses agents, et la liberté de culte », est le « remède contre une partie de ce qui nous ronge ». En gage de bonne volonté, Gérald Darmanin annonça la réouverture anticipée de la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis), accusée d'avoir relayé l’appel au meurtre de Samuel Paty. Cette annonce a de quoi décontenancer : la mosquée était fermée pour six mois, ce qui paraît dérisoire au regard de la gravité du crime. Ensuite, la rouvrir prématurément envoie aux islamistes un double message, soit de soumission, soit de collusion. Entre les deux, il y a ce qu’on appelle l’électoralisme.

    C’est, semble-t-il, la seule ligne qui vaille à 18 mois de la présidentielle : ne pas s’aliéner le vote musulman (si tant est qu’il existe) et surfer sur du « laïquement correct » pour rassurer le reste de l'opinion. Le groupe LR voulait faire interdire le port du voile à l'université et pour les accompagnatrices scolaires. Il échoua. La réponse de Gérald Darmanin fut habile : « Humilier l'identité musulmane, c'est prendre le risque de la radicaliser (...) La laïcité c'est aussi dire à tout le monde qu'on a le droit de croire. » Et d’ajouter, un rien tartuffe : « Je ne dis pas que le voile n'est pas un moment de prosélytisme. Je dis qu'il ne l'est pas à 100 % » Poussée à la surenchère, l’opposition vogue sur le radeau idéologique du RN, à l’image de Guillaume Peltier, numéro 2 de LR, exigeant la dissolution des trois fédérations ayant refusé de signer la « charte des principes pour l'islam de France ». Sur France Inter, Gérald Darmanin débouta « ceux qui souhaitent absolument prendre des mesures encore plus dures, (…) simplement pour se refaire la cerise politique. [Ce] sont les idiots utiles de ces islamistes ».

    Piégée et extrémisée, la droite essaie de nuancer. Pour Damien Abad, chef des députés LR, il ne faut pas que « la lutte contre l'islamisme radical aboutisse à un affaiblissement de la liberté pour les Français sans entraver celle des islamistes ».

    C’est tout le problème.

    Ce projet de loi vise-t-il vraiment l’islamisme, lequel n’est même pas nommé ? Comment soigner une maladie sans mettre des mots dessus ? Le gouvernement s’aligne en fait sur sa gauche. Pour ne pas discriminer les musulmans, on verse dans « l’islamalgame » : « Ce qu’on reproche à l’islam est partagé par les trois religions monothéistes », ose Éric Coquerel. « En réalité, derrière la question du voile, il y a surtout une discrimination anti-musulman », ajoute le député LFI, auteur d’une tirade mémorable : « Savez-vous que le voile d’une mariée chrétienne signifie le fait qu’il y a une soumission de la femme à son époux ? Est-ce que vous allez demander dorénavant, au nom de ce que vous pensez, à ce que les mariages religieux ne se fassent plus de la même manière ? »

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  • Église de France : « Un clivage générationnel »

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    Lu sur le site web du mensuel « La Nef » :

    Raison-du-Cleuziou©Emmanuelle-Marchadour-620x330.jpg« Le confinement a été l’occasion de débats sur la place et l’importance de la messe pour les fidèles qui en ont été privés pour un temps qui leur a paru bien long. Au-delà des divergences que l’on peut avoir, il nous a semblé intéressant d’interroger sur cette question un historien et sociologue, et le nom de Yann Raison du Cleuziou s’imposait tant il est aujourd’hui, avec Guillaume Cuchet, l’un des plus fins observateurs du catholicisme français, auteur d’ouvrages remarqués sur la sociologie de l’Église de France. Cette analyse, sociologique et donc extérieure à la foi, interroge le croyant malgré les limites inhérentes à ce genre d’approche. Il nous faudra revenir sur ces questions essentielles. – C.G.

    Le confinement a révélé chez une partie des catholiques pratiquants un fort attachement au culte, soutenus en cela par quelques évêques, alors qu’une autre partie de catholiques a jugé inapproprié et même infantile la demande de messe en plein confinement : que pensez-vous de ces divergences ?

    Yann Raison du Cleuziou – La messe est un observatoire privilégié des clivages internes au catholicisme. Il faut tout d’abord rappeler que si 53,8 % des Français (18 ans et +) se déclarent catholiques, seulement 1,8 % vont à la messe chaque semaine, 2,3 % plusieurs fois par mois, 2,5 % à l’occasion de grands rassemblements (Lourdes, Frat), 11 % uniquement pour les fêtes saisonnières (Pâques, Noël). Les messes qui touchent la plus large population sont privatives (baptême, mariage, funérailles) (1). Par ailleurs si on demande aux Français s’ils s’estiment pratiquants, 8 % environ d’entre eux revendiquent cette qualification. Ces quelques chiffres permettent de mesurer la grande hétérogénéité de la place accordée à la messe dominicale parmi les catholiques. Je crois qu’il est important de rappeler cette complexité parce que la plupart des catholiques l’ignorent. En effet, les recompositions affinitaires de la pratique et les réseaux sociaux, enferment la plupart des catholiques dans le cercle du même, ce qui leur donne l’impression d’être la norme alors qu’ils ne sont qu’un îlot d’un archipel.

    Le sentiment de privation de la messe ne concerne donc qu’une faible partie des catholiques. Mais ces derniers sont divisés. Même en dehors d’un contexte pandémique, pris dans une liturgie commune, les fidèles ne prêtent pas attention aux mêmes choses et vivent des expériences différentes. Les manières dont ils vérifient l’authenticité d’une messe comme dispositif de mise en relation avec Dieu reposent sur des critères différents que j’ai retrouvés sans surprise au cœur des controverses récentes sur la suspension des messes. Il serait caricatural de résumer l’opposition à une tension entre piété individuelle et service du « prochain ».

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  • IVG : ce n‘est plus tuer mais refuser de le faire qui est devenu criminel

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org ; cela concerne la loi Veil en France mais la transposition à notre dispositif législatif est chose aisée :

    « La loi Veil a inventé le mensonge qui transforme la mort en soin »

    4 février 2021

    « La loi Veil a inventé le mensonge qui transforme la mort en soin. » Dans un éditorial pour le journal Valeurs actuelles, Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune dénonce l’inversion de valeurs que l’on observe en matière d’avortement. « Ce n‘est plus tuer mais refuser de le faire qui est criminel. »

    Revenant sur toutes les évolutions législatives en cours : « légalisation des IVG instrumentales pour les sages-femmes ; bénéfice du tiers payant pour l’IVG et les frais afférents déjà remboursés à 100% (contrairement à l’accouchement) ; allongement du délai de l’IVG de douze à quatorze semaines, ce délai l’ayant déjà été de dix à douze semaines en 2000 ; suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG ; suppression du délai de réflexion de deux jours, le délai de sept jours ayant déjà été réduit en 2016 ; extension de l’interdiction du refus de soins pour discrimination à la contraception d’urgence, potentiellement abortive ; suppression du délai de réflexion d’au moins une semaine avant l’interruption médicale de grossesse ; création d’un nouveau type d’avortement, dit interruption volontaire partielle d’une grossesse multiple ; suppression de l’autorisation parentale pour l’IMG d’une mineure, comme pour l’IVG ; extension à la détresse psychosociale de l’avortement jusqu’à neuf mois, que la loi Veil autorise déjà pour les enfants handicapés », Jean-Marie Le Méné pointe la pression à laquelle est soumis le législateur. Faute de les ratifier, il est accusé de mettre un frein à l’avancée des droits des femmes (cf. L’IVG, un droit ?). Mais « le caractère oppressif » de cette « liberté » pourrait bien finir par être dénoncé.

    Source : Valeurs actuelles, Jean-Marie Le Méné (04/02/2021)

  • D'après Luc Ferry, la "pensée 68" était globalement favorable à la pédophilie

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Luc Ferry : la « pensée 68 » était globalement favorable à la pédophilie

    Posted: 04 Feb 2021 05:10 PM PST

    Pour le philosophe Luc Ferry, dans les pages du Figaro de Paris, on a oublié que la « pensée 68 » était globalement favorable à la pédérastie, qu’elle approuvait les délires de René Schérer et Guy Hocquenghem qui publient, en 1976, Co-ire.

    Je comprends bien que les anciens soixante-huitards tentent aujourd’hui de dédouaner Mai 68 des dérives incestueuses et pédophiles dont l’actualité de ces derniers jours est hélas remplie. Reste que la vérité historique oblige à dire que c’est bien malgré tout dans le sillage du joyeux mois de mai et avec la bénédiction des autorités philosophiques les plus représentatives du gauchisme culturel de l’époque, que la pédophilie reçut les lettres de noblesse qu’elle avait perdues depuis Platon.

    Quand paraissent au milieu des années 1970, dans Libération [page de Libé prônant la pédophilie avec image très crue] et dans Le Mondedes pétitions faisant l’éloge de la pédérastie, signées par des intellectuels comme Foucault, Sartre, Beauvoir, Deleuze, Barthes ou Chatelet, refuser d’y adhérer c’était prendre le risque de s’exclure du club des « vrais intellectuels », c’est-à-dire des intellectuels de gauche, « forcément de gauche », castristes, maoïstes, trotskistes ou, au minimum, communistes. On a oublié que la « pensée 68 » était globalement favorable à la pédérastie, qu’elle approuvait les délires de René Schérer et Guy Hocquenghem qui publient, en 1976, Co-ire (en latin : « aller ensemble » ou « se joindre », « coït » en est la troisième personne du singulier…), un ouvrage agrémenté d’une pléiade de photos d’enfants nus qui faisait l’éloge du « rapt » : l’enfant n’étant pas la propriété privée des parents (petite référence à Marx), tout adulte a le droit, et même de devoir, ainsi plaidaient-ils, de l’enlever pour éveiller cette sexualité que la bourgeoisie occulte. [Le même duo publia aussi L’Éloge du métis.]

    Couverture de Co-ire.

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  • Fraternité universelle : Pierre Manent critique envers les injonctions du pape François

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    Pierre Manent sur le dilemme des chrétiens face à l'immigration dans Le Figaro de ce jour (Eugénie Bastié) :
     
    Pierre Manent: «Ne confondons pas le christianisme avec la religion de l’humanité»

    GRAND ENTRETIEN - Le philosophe participe, le 6 février, à un colloque de l’Académie catholique de France sur le thème «Christianisme et migrations (1)». Dans cette perspective, il livre une réflexion de haut vol sur le malaise qu’éprouvent de nombreux chrétiens face à l’immigration, déchirés entre le devoir de charité et le droit des peuples à la continuité historique. Il se montre critique envers les injonctions du pape François à une fraternité universelle qui abolirait les frontières.

    Pierre MANENT. - Le malaise des chrétiens est un aspect du malaise général des citoyens européens, confrontés non seulement à un déclassement de leurs nations dans l’échelle des puissances, mais à une perte de confiance dans la légitimité et le sens même de la forme de vie que la nation abrite. Le droit des peuples à la continuité historique dont vous parlez ne fait précisément pas partie des droits de l’homme tels qu’ils sont aujourd’hui compris et garantis et qui ne veulent connaître que l’individu d’un côté, l’humanité de l’autre. (...)

    Les migrants eux-mêmes, avant de venir dans nos pays, participaient activement à la vie du pays qu’ils ont quitté, et où, selon leur âge, ils ont reçu une éducation plus ou moins complète, une formation humaine plus ou moins accomplie. Compte tenu de la diversité des régimes politiques, sociaux et religieux, il est clair, nous en avons fait l’épreuve douloureuse, que cette formation peut leur avoir inculqué des règles de conduite et des dispositions incompatibles avec nos principes de justice et avec l’amitié civique dans laquelle nous souhaitons vivre.

    Le regard humanitaire ne veut voir dans les migrants que des «hommes semblables» alors qu’ils sont aussi des «citoyens différents». Si c’est une obligation de les secourir quand ils sont en danger, cette obligation ne comporte pas celle d’en faire des concitoyens. Nous pouvons avoir de bonnes raisons de leur opposer un refus suivi d’effet. J’accueille volontiers les encouragements du pape François à nous montrer «fraternels», mais je regrette que la pointe de son reproche soit obstinément dirigée contre nos vieilles nations chrétiennes, qui, certes, ne sont pas ces jours-ci les membres les plus dévoyés de la famille humaine." (...)

    L’injonction à l’ouverture des frontières et à l’accueil inconditionné des migrants est la conséquence de ce que vous appelez « religion de l’humanité » . Celle-ci est-elle une version édulcorée du christianisme (les fameuses « vertus devenues folles » de Chesterton) ou bien en rupture radicale avec celui-ci ?

    Chrétiens ou non, ne confondons pas le christianisme avec la religion de l’humanité qui est aujourd’hui la religion politique de l’Occident, si du moins nous souhaitons faire un peu de clarté sur notre situation. Pour le dire d’un mot, la religion de l’humanité repose sur un sentiment immédiat, que partagent tous les hommes à des degrés divers, à savoir le sentiment du semblable, le sentiment de l’humanité de l’autre homme, qui contiendrait la promesse d’une unification de l’humanité par une sorte de contagion irrésistible, chacun s’identifiant à son semblable, se transportant par l’imagination à la place de son semblable.

    La charité est tout autre chose que le sentiment du semblable ou la compassion. Elle ne repose pas sur le sentiment ni l’imagination. Elle est une disposition active de la volonté, une vertu, qui vise quoi ? Inséparablement Dieu et le prochain, mais d’abord Dieu. Pourquoi ? Ici, il faut casser le morceau. Parce que nous autres hommes, nous ne sommes en réalité ni très aimants ni très aimables. Seule la médiation du Christ, telle est l’affirmation chrétienne, peut nous libérer de la prison du moi. C’est pourquoi la charité ne voit pas l’apparence émouvante du semblable mais vise la présence invisible de Dieu dont notre semblable est l’image. Pardon pour ce comprimé de théologie catholique !

    La religion de l’humanité s’est installée parmi nous à la faveur de l’affadissement du christianisme. Elle consacre notre passivité : incapables de rien vouloir qui nous soit propre, nous attendons que l’autre vienne à nous.

  • La Flandre déchristianisée au chevet de ses églises désertées

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    Du site de Knack :

    Le Parlement flamand veut donner une seconde vie à plus d'églises

    21/02/04

    Source : Belga

    De nombreuses églises en Flandre sont peu ou pas utilisées. Les partis majoritaires N-VA, CD&V et Open Vld veulent donc relancer le débat sur l'utilisation secondaire et la réutilisation des bâtiments d'église.

    Dans une résolution, ils demandent au gouvernement flamand de veiller à ce que davantage d'églises puissent avoir une seconde vie. En Flandre, les gens réfléchissent depuis un certain temps à la finalité nouvelle ou secondaire des églises paroissiales. De nombreuses églises se vident et, à cause de cela, les bâtiments d'église tombent souvent en désuétude. Cela conduit parfois à la négligence et à la dégradation. En raison de cette dégradation, de plus en plus de travaux d'entretien et de rénovation sont nécessaires, ce qui rend la situation financière de plus en plus difficile à supporter pour les paroissiens et les autorités locales. Il existe des exemples, tant au niveau national qu'international, d'églises qui ont été transformées en librairies, en hôtels...

    L'ancien ministre du patrimoine immobilier, Geert Bourgeois (N-VA), a élaboré une note conceptuelle il y a dix ans. Ce mémorandum a ensuite donné lieu au Church Policy Plan (2015) et au "Re-use of Churches Project Office" (2016). Depuis lors, certaines églises en Flandre ont reçu une nouvelle utilisation ou une utilisation supplémentaire. Mais la députée flamande Joke Schauvliege (CD&V) pense qu'il est temps de passer à l'étape suivante.

    Le défi pour les années à venir reste grand", dit-elle. Schauvliege demande des efforts supplémentaires pour utiliser les églises pour des concerts, des conférences ou des événements culturels en plus des services de culte. De cette façon, le bâtiment de l'église peut continuer à jouer un rôle important dans la vie locale et assurer la cohésion sociale grâce à une honorable réaffectation", déclare le politicien du CD&V.

    Avec ses collègues Manuela Van Werde (N-VA) et Jean-Jacques De Gucht (Open Vld), Schauvliege a élaboré une résolution. Avec cette résolution, nous voulons demander au gouvernement flamand d'assurer une participation suffisante et de créer une base de soutien pour évoluer vers une co-utilisation ou une réutilisation réussie des bâtiments d'église", déclare M. Van Werde.

    Jean-Jacques De Gucht, membre du Parlement européen, souligne la "valeur architecturale particulière" de nombreux édifices religieux. Il serait dommage de laisser ces bâtiments, qui sont d'ailleurs généralement prévus dans un endroit central d'une ville, d'un village ou d'un quartier, se dégrader. Une nouvelle utilisation de ces produits prévient donc la dégradation de notre précieux patrimoine", déclare le membre de l'Open Vld.

  • L'avortement eugénique bientôt interdit en Hongrie ?

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    De Nicolas Bauer sur le site de l'European Center for Law & Justice :

    Vers une interdiction de l’avortement eugénique en Hongrie ?

    3 février 2020

    La Cour constitutionnelle de Hongrie a autorisé l’ECLJ à intervenir en tant qu’amicus curiae dans une affaire pendante relative à l’avortement eugénique, que nous avions déjà évoquée dans un article. Dans cette affaire (N° III/01838/2020), les parents d’un enfant handicapé poursuivent un hôpital pour obtenir des dommages et intérêts en compensation de la « naissance préjudiciable » de leur enfant, qui souffrait de troubles congénitaux. Autrement dit, ils auraient voulu que la maladie de leur enfant soit diagnostiquée pendant la grossesse, afin de pouvoir l’avorter plutôt que de le soigner et de s’en occuper.

    Un tel avortement eugénique est légal en Hongrie jusqu’à la 20e semaine de grossesse (ou la 24e en cas de procédure de diagnostic prolongée) s’il y a au moins 50 % de risques que l’enfant présente une ou plusieurs malformations fœtales. L’avortement sur demande de tous les enfants est légal jusqu’à la 12e semaine de grossesse. Les enfants potentiellement malades ou handicapés font donc l’objet d’un traitement d’exception, visant à les éliminer avant la naissance. C’est la loi hongroise LXXIX de 1992 « sur la protection de la vie fœtale » qui prévoit cet avortement eugénique jusqu’à 20 ou 24 semaines de grossesse.

    L’avortement eugénique bientôt reconnu comme inconstitutionnel ?

    Le préjudice dont s’estiment victimes les demandeurs est la naissance de leur enfant, qui a échappé à l’eugénisme. La Cour régionale de Budapest a considéré que pour trancher cette affaire, elle ne pouvait pas appliquer la loi LXXIX, en raison de son inconstitutionnalité. En effet, d’après l’article 2 de la Constitution hongroise de 2011 : « La dignité humaine est inviolable. Chacun a droit à la vie et à la dignité humaine ; la vie de l'embryon et du fœtus est protégée dès le moment de la conception ». L’action en responsabilité civile des parents est donc devenue une question constitutionnelle, que la Cour constitutionnelle examine cette semaine.

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  • Euthanasie : le très beau témoignage d'un médecin liégeois

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    Le très beau témoignage d'un médecin liégeois (le Dr N.S.) :
     
    "Je vais voir hier à domicile un patient de 61 ans qui a un cancer un stade avancé, et son épouse, tous les deux affectés par la situation.
    Il est en cours de traitement sans que l’on sache à ce jour si ce traitement aura une efficacité ou pas. 
    Il souffre de ses métastases osseuses. 

    Depuis début janvier, je les ai au téléphone quasi un jour sur deux. Je prends le temps lors de mes visites à domicile une à deux fois par semaine, j’écoute, j’accompagne.... quand ils appellent sur mon portable, je décroche, même durant mes jours de congé. 

    Il a passé un week-end difficile, les antidouleurs n’étaient plus assez puissants. 

    Je suis déjà passée la veille pour augmenter les antalgiques et prévoir un bilan en urgence.

    En fin de visite, alors que je suis debout ma mallette à la main, l’épouse me dit : « bon docteur, il faut qu’on vous dise.... ça fait des semaines qu’on en parle....pour mon mari…... on a pensé à l’euthanasie. Hein chéri? Tu m’en parles souvent, n’est-ce pas? Je vais aller chercher les papiers à la commune »

    Silence...... le mari pleure......elle me regarde droit dans les yeux pour scruter ma réaction... d’un air de dire .... « vous lui ferez bien ça, la piqûre, hein docteur ? »

    Surtout rester calme, ne pas montrer que l’on maudit  intérieurement cette loi belge de 2002.  Prendre une grande inspiration avant de répondre. 

    Volontairement mettre de côté le fait que l’on vient de se prendre un missile en plein bide alors qu’on a choisi son métier pour « prendre soin » ...et..... se rassoir pour écouter avec douceur et chercher à comprendre avec bienveillance....

    Je tente de me rassurer, ça va aller je vais trouver et défaire les noeuds, les uns après les autres, ça va aller, je vais y arriver.....

    J’écoute et je réponds. 

    Non, il n’y a pas que deux options, soit l’acharnement thérapeutique, soit la piqûre de l’euthanasie. Oui, il pourra rester chez lui jusqu’au bout bout si c’est important pour eux. Non, il n’est pas nécessaire de signer des papiers pour être soigné dignement jusqu’au bout. Oui, nous pendrons soin de lui et soulagerons sa douleur. Il pourra faire venir l’infirmier jour et nuit si il a besoin de lui. 

    La demande d’euthanasie se dissipe.... je souffle. 

    Je m’interroge: comment se fait-il que la réponse de l’euthanasie arrive dans la discussion avant l’expression des interrogations et des peurs?

    Finalement pour nous médecins la question en 2021 n’est plus de savoir si un patient gravement atteint va demander l’euthanasie, mais juste _quand_ la demande va tomber.

    Les patients semblent plus préoccupés de chercher la meilleure date plutôt que de profiter des dernières semaines qui s’offrent à eux.

    Comment entendre dans la bouche de son épouse qu’à un moment donné, il vaudra mieux qu’il soit mort plutôt que vivant. Quelle fissure dans la relation. 

    Finalement je me retrouve à devoir lutter contre les effets de la maladie et également contre les effets de la loi. Je me serais bien épargnée le deuxième combat pour garder mon énergie pour le premier. Je suis comme mon patient: juste en sursis."

    Dr N.S.