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Débats - Page 654

  • Quand le pape choque les lecteurs de la Libre

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    Symptomatique, le titre de cette dépêche d'agence de presse reproduite dans la Libre, formulé de la façon suivante "Le pape François critique les couples qui n'ont qu'un enfant "par confort"." Il n'en faut évidemment pas plus pour déclencher une avalanche de commentaires hostiles de la part des lecteurs de ce journal.

    En fait, il ne s'agit que d'un exemple parmi d'autres donné par le pape dans le cadre d'une homélie où il dénonçait le culte de l'argent, du bien-être et de la fascination du provisoire ainsi qu'on pourra le constater dans la recension qu'en fait zenit :

    Le pape François a pointé du doigt les ‘richesses’ de la société actuelle qui empêchent de suivre le Christ, lors de la messe de ce matin, 27 mai 2013. Il s’agit du « bien-être » et de la « fascination du provisoire ».

    Radio Vatican rapporte la présence du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, parmi les concélébrants, ainsi qu’un groupe de collaborateurs du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, et des services économiques du Gouvernorat, dans l’assemblée.

    Le pape s’est arrêté sur l’Evangile du jour, où un homme s’en retourne « tout triste, car il avait de grands biens » (Marc 10,17-27) : « les richesses sont un obstacle » qui « ne facilite pas le chemin vers le Royaume de Dieu », a-t-il souligné.

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  • Manif pour Tous, et après ?

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    Ce dimanche, ils étaient plusieurs centaines de milliers manifestant contre le mariage pour tous. C’est impressionnant et il serait stupide de nier l’ampleur de cette mobilisation ou de vouloir la minimiser comme le fait la préfecture de police de Paris aux ordres du pouvoir socialiste. Ceci dit, que va-t-il advenir ensuite de ce phénomène de protestation qui, pour se maintenir, devra surmonter bien des difficultés ? A présent que la loi a été votée et promulguée, que peuvent espérer ceux qui militent contre le mariage pour tous ? Le retrait ou l’abrogation de la loi ne paraissent pas probables. Le pouvoir ne se sent pas menacé par ces manifestants trop bien élevés pour faire craindre un renversement politique ou même la menace d’un quelconque désordre. De plus, le front anti-mariage gay est loin d’être uni et homogène. Certains adoptent une ligne minimaliste qui, tout en refusant le mariage homosexuel, s’accommode fort bien d’une formule d’union civile entre personnes du même sexe leur garantissant des droits assez équivalents à ceux des couples mariés tandis que d’autres rejettent toute forme de reconnaissance civile quelle qu’elle soit à l’égard des couples homosexuels. Certains visent la restauration d’un ordre moral favorable à la « famille traditionnelle » tandis que d’autres se contenteraient de limiter les dérives sociétales susceptibles de mettre en péril la filiation et le droit d’un enfant à avoir un père et une mère. Entre les positions exprimées par Frigide Barjot et celles de Tugdual Derville, il y a plus que de simples nuances. Il est difficile également de ne pas être troublé par le suicide, il y a quelques jours, d’un intellectuel de la droite antichrétienne mais défenseur de la Marche pour Tous devant l’autel de Notre-Dame ainsi que par les échos assez équivoques qu’un tel fait a suscités au sein des réseaux sociaux associés à la mobilisation contre le mariage pour tous. On constate que les vieux réflexes idéologiques conservent une place non négligeable au sein de ce que d’aucuns voudraient présenter comme une lame de fond totalement neuve.

    Bien sûr, nous sommes admiratifs devant ceux qui ont su soulever un tel enthousiasme, organiser de telles manifestations, canaliser de telles foules, mais, en même temps pouvons-nous nous empêcher d’être très perplexes devant une telle focalisation qui semble avoir accaparé toute l’attention et toute l’énergie des meilleurs depuis tant de semaines. Il était question de faire barrage à une loi dont, malheureusement, on n’a pas pu empêcher l’adoption. Et ensuite, pourra-t-on éviter qu’à travers le système scolaire et éducatif soit diffusée l’idéologie du gender qui évacue progressivement tous les repères concernant la différence sexuelle et son aboutissement « normal » dans la constitution de couples unissant un homme à une femme ? Un million de manifestants réunis à Paris n’aura pu empêcher, comme le soulignent les agences de presse, que le festival de Cannes mette à l’honneur, à ce moment précis, un film présentant sans retenue ni pudeur « une merveilleuse histoire d’amour entre deux jeunes filles ». Or, c’est précisément sur le terrain de la culture, de l'information, de cet air médiatique que nous respirons quotidiennement que se joue l’essentiel. Et là, il n’y a malheureusement aucune mobilisation de rue, aussi importante soit-elle, qui fasse le poids et permette d’espérer de renverser la vapeur par un quelconque « mai 68 inversé ». On peut évidemment se réjouir de voir quelques centaines de jeunes, ici et là, se réunir pour chanter, lire, proclamer, méditer… des textes qui invitent le regard à se poser sur des valeurs et des horizons autres, mais auront-ils le souffle et la persévérance pour parcourir un très long chemin à travers les friches désespérantes de notre société matérialiste et hédoniste afin d’y susciter un bourgeonnement qui soit prometteur d’un réel printemps nouveau ?

    Bref, ce « printemps français » que d’aucuns évoquent et qui, bien sûr, nous impressionne ne pourra porter de fruit que s’il s’accompagne d’un travail d’analyse mené en profondeur pour prendre avec lucidité et intelligence la mesure du processus de décomposition sociale et morale dans lequel se trouve embarquée notre société, que s’il débouche sur un investissement de chacun pour se former intellectuellement et spirituellement en vue d’une action bien pensée susceptible de porter des fruits non seulement dans le champ politique mais aussi sociétal et culturel, que s’il rejette les illusions d’un activisme trompeur sacrifiant aux réflexes faciles d’enthousiasmes artificiels et sans lendemains. 

    Relire notre commentaire au lendemain de la MPT précédente assez perspicace en ce qui concerne Madame Barjot et les récupérations politiciennes... http://www.belgicatho.be/archive/2013/03/26/hiver-belge-et-printemps-francais.html

  • Le nouveau Dan Brown : un manifeste anticatholique en faveur de la culture de mort

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    « Inferno », le nouveau roman de Dan Brown : « un manifeste anticatholique de la culture de mort » (source : aleteia.org)

    Outre la phobie de l’Eglise, le sociologue italien Massimo Introvigne y relève des appels répétés à l’avortement, la stérilisation forcée et l’euthanasie.

     « Le Vatican me déteste », déclare le docteur Elizabeth Sinskey, dans un passage du nouveau roman américain de Dan Brown « Inferno ». Celle-ci dirige l’Organisation mondiale de la santé et incarne une sainte  laïque qui apparaît en vision au personnage principal, le professeur en symbologie,  Robert Langdon, héros de ses trois précédents romans. « Vous aussi ? » lui répond ce dernier, « je croyais pourtant être le seul ».

    Encore une fois le Vatican, donc l’Eglise catholique, est dans le collimateur de l’auteur. C’est « le fil rouge qui unit tous ses romans », relève le sociologue italien Massimo Introvigne, directeur du CESNUR (Centre d’Etudes sur les nouvelles religions)  et auteur de trois ouvrages critiques vis-à-vis des précédents romans de Dan Brown. 

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  • Quand un évêque encourage ses diocésains à manifester à Paris ce dimanche

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    Message de Monseigneur Marc Aillet aux diocésains (Bayonne, Lescar et Oloron) à propos de la « Manif pour tous » du 26 mai

    A trois reprises, je vous ai écrit à propos du dit « mariage pour tous ». Sans doute le Conseil Constitutionnel a-t-il donné le 17 mai un avis favorable et le Président de la République s’est-il empressé, dans la foulée, de promulguer la loi Taubira.

    Je me risque toutefois à vous adresser encore un message pour vous inviter à prendre la mesure de ce qui se passe en France depuis neuf mois et qui me semble sans précédent. La vague d’opposition au mariage et à l’adoption pour tous n’a cessé de s’amplifier depuis que le Cardinal André Vingt-Trois invitait les catholiques de France à prier pour le mariage et la famille, le 15 août dernier.

    Il s’agit, à n’en pas douter, d’un mouvement social unique dans la France de ces dernières décennies :

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  • Hugues Aufray, la PMA et le Mariage pour Tous

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    "L'humanisme c'est bien mais après, il faut être cohérent. Les écolos qui sont bio et vont détruire les champs de maïs mais, qui, en même temps, soutiennent la PMA (Procréation Médicalement Assistée), je ne comprends pas. Pour moi, la PMA c'est beaucoup plus grave que le maïs transgénique. Avec le mariage pour tous, le gouvernement est en train de construire un énorme mensonge."

    source : http://www.laprovence.com/article/edition-avignon-grand-avignon/2314385/hugues-aufray-pilonne-la-pma-et-fustige-gainsbourg.html

  • Quand la foi a disparu, reste l’idéologie

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    Lu parmi les matinales de “La Vie” :

    L’essayiste et historien d'extrême droite Dominique Venner, qui s’est suicidé le 21 mai devant l’autel de Notre-Dame de Paris, a manifestement voulu poser un dernier acte politique. Il avait expliqué dans son dernier post mis en ligne le même jour sur son blog qu’il voulait entamer « une reconquête de la mémoire identitaire française et européenne, dont le besoin n’est pas encore nettement perçu ». Ainsi faudrait-il des « gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines ».

    Dans ce message, comme dans la lettre que Dominique Venner avait posée sur l’autel juste avant de se tirer une balle dans la bouche, figurent essentiellement des motivations liées à des enjeux de « civilisation ». Dans sa dernière lettre, lue quelques heures après le drame sur Radio Courtoisie – où il intervenait régulièrement - il évoque notamment « les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille ».

    « Alors que je défends l'identité de tous les peuples chez eux, écrit-il, je m'insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations ». Venner combattait l’immigration extra-européenne et particulièrement l’influence de l’islam en Europe. Il soutenait aussi la lutte contre la loi Taubira sur le mariage pour tous, qu’il qualifiait, dans son dernier post, de « loi infâme ».

    Spécialiste des armes, d’inspiration païenne et européiste, ce théoricien de l’extrême-droite de 78 ans, mais aussi bon lecteur de Gramsci et même de Lénine, n’avait pas de motivations religieuses. Ses messages ne permettent pas non plus de conclure qu’il s’est suicidé uniquement pour dénoncer le mariage gay. Selon son éditeur Pierre-Guillaume de Roux, interrogé par l’AFP, « cela va bien au-delà ». Cet acte extrême revêtrait « une puissance symbolique extrêmement forte qui le rapproche de Mishima ».

    L’écrivain japonais s'était suicidé en 1970 pour dénoncer une société qui ne respectait plus les valeurs traditionnelles des samouraïs. D’ailleurs, Venner devait publier un ouvrage en juin, intitulé Un samouraï d'Occident, le bréviaire des Insoumis. Marine Le Pen est une des rares personnalités politiques à avoir rendu hommage à Venner. Sur son compte twitter, elle a évoqué un acte politique. Une petite manifestation de solidarité a eu lieu mardi soir dans la cathédrale pour lui. Une vingtaine de militants issus essentiellement du Front national avaient fait le déplacement.

    Ici: Dominique Venner, le suicide comme "acte politique"

    Est-ce tellement différent, à l'idéologie près, du récent suicide "assisté" du professeur Christian de Duve, prix Nobel de médecine: un post-chrétien dont l'enterrement laïc a été célébré, dans une église, par le vice recteur émérite de l'Université (catholique)de Louvain, l'abbé Gabriel Ringlet ? Sans mot dire de la hiérarchie ecclésiastique.

  • Call Girl ou quand le vernis du modèle suédois se fissure sur les écrans

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    H.H., dans La Libre, rend compte d'un évènement cinématographique qui mérite d'être souligné puisqu'il s'agit d'une remise en cause du modèle suédois :

    Derrière le vernis du modèle suédois

    Un premier film efficace qui gratte là où cela fait mal au pays de la social-démocratie nordique…

    Le thriller nordique a la cote ces dernières années, en littérature, au petit écran comme au cinéma. Une nouvelle preuve en est apportée ce mercredi par "Call Girl", de Mikael Marcimain, réalisateur issu du monde de la télévision. On lui doit notamment deux enquêtes de l’inspecteur Wallander, héros bien connu du romancier Henning Mankell. La filiation est d’ailleurs ici évidente, "Call Girl" s’inscrivant dans une longue tradition d’exploration des dessous, sombres, de la société suédoise.

    Comme son titre l’indique, "Call Girl" s’attache à décrire le monde de la prostitution en mettant en scène Iris (Sofia Karemyr), placée dans une institution pour ados difficiles. Lors de ses virées nocturnes à Stockholm, cette jeune fille de 16 ans comprend rapidement qu’elle peut améliorer considérablement son quotidien en monnayant ses charmes. Repérée par une mère maquerelle sans scrupule (Pernilla August), elle pénètre un univers souterrain, où se mêlent pouvoir, argent, drogue et politique.

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  • Ecologie et bioéthique sont-elles compatibles ?

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    L'écologie est-elle compatible avec la bioéthique? (source gènéthique.org)

    Ce mardi, le quotidien La Croix consacre son supplément Sciences & éthique au point de vue des écologistes français sur la bioéthique. Pour Jean-Marie Pelt, fondateur de l'Institut européen d'écologie, "l'écologie, c'est avant tout la conscience qu'il y a des limites à nos interventions sur la nature". Et "cette prudence appliquée au vivant doit s'appliquer a fortiori à l'être humain". Par conséquent, la position "avant-gard[iste]" adoptée par certains parlementaires écologistes, comme l'ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes, l'assouplissement de certains principes relatifs à la gestation pour autrui ou l'autorisation de la recherche sur l'embryon, "le laisse mal à l'aise".  L'agro-écologiste Pierre Rabhi met également en garde: "attention à cette tentation de l'homme démiurge qui prétend mieux faire que la nature". 

    Pour les écologistes, il faut s'interroger sur les limites des techniques, sans renier en bloc leur intérêt, précise la journaliste : "Que doit-on leur confier? A-t-on ou non intérêt à techniciser tel ou tel aspect du vivant? Les rapports humains y gagneront-ils? quels en seraient les effets pervers potentiels?". Pour Dominique Bourg, philosophe et professeur à l'université de Lausanne ces questions sont d'autant plus jusitifiées lorsqu'il s'agit du corps humain.

    La journaliste rappelle que très souvent, "les prises de position sur les question de bioéthique sont [...] d'autant plus délicates que la dimension religieuse n'est jamais loin". A ce propos, Bernard Perret, économiste, spécialiste du développement durable, affirme que "les clivages politiciens en vigueur imposent  qu'un écolo ne puisse être ni de droite ni catho". Ce que confirme un élu d'Europe Ecologie les Verts (EELV) : "quand je dis publiquement que je suis pour la défense en toute chose du vivant, on me dit que ça fait 'prolife' ". 

    Au parlement Européen, la vision écologiste de la bioéthique est plus unitaire. En effet, Alain Lipietz, ancien député européen mentionne: "quand il s'agissait de voter le budget de la recherche, nous avons toujours choisi de remplacer les recherches sur les cellules souches embryonnaires par des recherches sur les cellules souches adultes, tant le risque de manipulation sur la reproduction humaine artificielle est grand". 

    (La Croix (Emmanuelle Réju) 21/05/2013)

  • Bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique (21/5/2013) : procréation/alcool/amnesty

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    Sommaire

  • Clôner un embryon est inacceptable

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    Le clonage dun embryon, « une technique inacceptable ! »
    Centre de Bioéthique de l'université catholique de Milan

    (Zenit.org) - « Cette indifférence face à la valeur de l’existence humaine dans sa phase  initiale est inacceptable », déclare le professeur italien Adriano Pessina, dans une note répondant à l’annonce par des chercheurs américains de la création de cellules souches humaines embryonnaires par clonage.

    Le professeur Pessina, directeur du centre de bioéthique à l’université catholique à Milan, commente les résultats d’une technique de clonage publiés sur la revue américaine Cell, dont le procédé ressemble à celle utilisée, il y a 17 ans, pour faire naître la brebis Dolly. 

    « Mais la différence tragique entre ces deux techniques c’est que cette fois-ci il est question de cellules humaines et de la formation d’un embryon humain pour obtenir des cellules souches », relève-t-il.  

    Dans le reste de son communiqué, l’expert en bioéthique, explique ce qui le choque dans l’annonce de ce que les media semblent rapporter comme une « percée » importante pour traiter certaines maladies comme le Parkinson, la sclérose en plaques, des pathologies cardiaques et des blessures à la moelle épinière : 

    ***    

    «  Contrairement au procédé utilisé pour la brebis Dolly dont le but était reproductif, l’objectif soit disant « thérapeutique » de ce nouveau procédé, pour le moment seulement envisagé, prévoit ensuite la destruction de l’embryon pour pouvoir disposer des cellules souches. 

    Le langage scientifique ne permet pas à tout le monde de saisir la réelle gravité de cette expérience qui est le signe d’une indifférence inacceptable face à la valeur de l’homme dans la phase initiale de son existence. Le clonage de cet embryon est la génération d’un être humain,  frère jumeau de la personne dont a été prélevée la cellule qui, après manipulation, a été transférée dans l’ovocyte dénoyauté, permettant ainsi son développement. Aucune raison, à caractère scientifique ou thérapeutique, ne saurait légitimer telle pratique d’un point de vue moral. Tout comme on ne saurait négliger le fait que ces expériences prévoient l’utilisation d’ovocytes humains: pouvons-nous ignorer que celle-ci impliquerait aussi une vraie exploitation des femmes, utilisées comme productrices de matériel biologique?

    Il est frappant de voir que la communauté scientifique internationale n’a aucune réaction éthique face à cela, feignant de ne pas savoir que ce à quoi l’on donne naissance ici est un être humain. Aucune perspective thérapeutique future ne saurait légitimer la naissance et la destruction d’êtres humains. En Europe, la convention d’Oviedo, article 18, interdit explicitement la création d’embryons dans des buts de recherche: or de telles expériences échappent aux larges filets de la législation américaine.La protection de l’homme dès sa phase embryonnaire et l’interdiction de manipuler l’origine de la vie humaine quelque soit le but poursuivi, devrait être un impératif de l’humanité toute entière, un résultat partagé par tous ceux qui, dans la déclaration universelle des droits de l’homme, ont salué l’émergence d’une nouvelle conscience concernant les principes d’égalité et de non discrimination qui devraient réguler toute activité, en premier lieu l’activité scientifique. »

    Pour infos: HYPERLINK "http://www.centrodibioetica.it/"www.centrodibioetica.it

  • La bioéthique et la transgression compulsive

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     Henri Hude | Mercredi, 15 Mai 2013


    Ces dernières années, un peu partout, on légifère à tour de bras sur la bioéthique.

    Mais beaucoup se demandent : n’avons-nous rien de mieux à faire ? Pourquoi cet acharnement, alors qu’il y a des défis bien plus urgents en ces temps de crise ? Pourquoi libéraliser l’euthanasie alors qu’on n’a jamais mieux contrôlé la douleur ? Pourquoi légaliser à tout prix le mariage homosexuel quand pratiquement personne ne le demande ? Pourquoi étendre sans arrêt les possibilités de la contraception et de l’avortement alors que nos populations décroissent à vue d’œil ?

    Le philosophe français Henri Hude analyse les racines profondes de cette sorte de « rage bioéthique ». Il y voit une sorte de compulsivité, à savoir un besoin presque irrésistible d’agir dans le sens de la transgression.

    Laissons-lui la parole dans une interview accordée au site Gènéthique, un texte dont l’excellent site didoc.be nous a légèrement adapté la présentation pour ses lecteurs , ici : La bioéthique et la transgression compulsive

  • Faut-il s’en vanter ?

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    Cinquantenaire oblige, les Presses Universitaires de Louvain rééditent « Vatican II et la Belgique », un ouvrage de 336 pages  réalisé en 1996 sous la direction de Claude Soetens. Claude Soetens est historien de formation et il enseigne  à la Faculté de Théologue de l’U.C.L. (Centre « Lumen Gentium »).

    Commentaire de l’hebdomadaire  «Le Vif » :

    « Rome, printemps 1963. Au Concile Vatican II, commencé quelques mois plus tôt, on aborde enfin les questions essentielles. Beaucoup se rendent compte alors de l’influence sans pareille des évêques et théologiens belges sur le travail conciliaire. Dès mars 1963, le grand dominicain français Yves Congar, expert au Concile, décide de prendre ses quartiers au Collège belge de Rome, où résident les évêques belges. Car c’est là, selon lui, que « se fait pratiquement tout le travail ». Congar quitte sans regret l’Angelicum, l’université dominicaine de la capitale italienne, où l’on se méfie de ses idées réformatrices et où l’on subit le Concile plutôt qu’on ne le vit.

    Le Collège belge est un véritable carrefour d’idées. L’ordre du jour du Concile et ses méthodes y sont réorganisés. Des projets de textes et des formules compromis y sont avancés. L’activité belge est à ce point intense que Vatican II a la réputation d’être « le Concile de Louvain qui s’est tenu à Rome ». Impressionnés par l’efficacité de la délégation emmenée par le cardinal Suenens, dont les effectifs correspondent grosso-modo à ceux d’une équipe de football, les journalistes italiens la baptisent, dès l’ouverture de la deuxième session du Concile, la squadra belga.

    « Au début des travaux, les Belges ne formaient pas une équipe très soudée, nous confie Claude Soetens, professeur émérite d’histoire de l’Eglise à l’UCL et spécialiste de Vatican II. Lors de leur arrivée à Rome, les évêques belges, très individualistes, n’avaient même pas pensé à se faire accompagner par des théologiens. La collaboration avec les conseillers s’est organisée sur place, petit à petit. Suenens, archevêque de Malines-Bruxelles, était présent lors des quatre sessions plénières, mais le Concile s’est surtout joué pendant les intersessions, hors de Saint-Pierre. C’est ainsi que des textes soumis au vote de l’assemblée ont été concoctés au Collège belge. »

    Jean XXIII, le pape qui a convoqué l’ « aggiornamento » de l’Eglise catholique, meurt le 3 juin 1963. Son successeur, Paul VI, nomme Mgr Suenens membre du collège des « modérateurs » chargé de diriger le Concile. L’archevêque belge est dès lors directement impliqué dans la grande stratégie – et les petites chamailleries ! – de Vatican II. « Suenens était bien vu de Paul VI, raconte Claude Soetens. Mais les relations se sont nettement tendues quand le cardinal a cherché à jouer un rôle prépondérant par rapport aux trois autres modérateurs. En outre, Suenens a reproché au pape de s’être réservé personnellement deux dossiers : le célibat des prêtres et la contraception. Ces deux questions sensibles étaient ainsi soustraites à la compétence des pères conciliaires. »

    Autre figure marquante de la squadra belga : Mgr Charue, évêque de Namur. Cet exégète a été élu vice-président de la commission doctrinale, la plus importante du Concile. Il est l’un des artisans du texte fondamental qui reconnaît le recours à l’analyse critique et aux méthodes scientifiques pour l’interprétation des textes bibliques. Mgr De Smedt, l’évêque de Bruges, contribue au texte sur le dialogue avec les autres religions (l’ouverture œcuménique). Mais le Belge le plus actif à Rome est un théologien de Louvain, Mgr Gérard Philips, secrétaire adjoint de la commission doctrinale. Ce brillant latiniste participe à la rédaction et à l’adoption des textes centraux du Concile. Au premier rang de ceux-ci figure la constitution Lumen gentium, qui remplace une conception toute hiérarchique de l’Eglise catholique par la notion égalitaire de « peuple de Dieu ».

    Tout l’article ici : Vatican II : la squadra belga dévoilée

    Ceci n’est donc pas un scoop.

    Plus original, en 2005 l’éditeur François-Xavier de Guibert avait publié un intéressant  « journal du concile »  tenu par le baron Prosper Poswick qui fut, à l’époque (1962-1965), ambassadeur de Belgique auprès du Saint-Siège. Il témoigne aussi, non sans quelques exagérations, du rôle prépondérant joué par des évêques et théologiens belges dans la tournure prise par l'événement conciliaire. Posant aujourd’hui un regard rétrospectif sur ces assises, on peut se demander s’il y avait là matière à se vanter : un arbre se juge à ses fruits et ceux de Vatican II sont plutôt amers. Ses inconditionnels nous disent qu’une meilleure récolte reste encore à venir, lorsque le concile « authentique » aura triomphé du concile « médiatique ». Par une relecture autorisée ? Comme Sœur Anne, on l’attend toujours…