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Débats - Page 73

  • Elections en RDC : les évêques catholiques au centre de toutes les attentions

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    La Libre Afrique du 26 décembre 2023, sous la signature de Hubert Leclercq :

    «  La Cenco s’est donné les moyens de réaliser une vraie observation de ce scrutin.

    « Le cardinal Ambongo et l’abbé Nshole exagèrent”. La phrase, prononcée par un diplomate européen au lendemain des célébrations de Noël à Kinshasa, semble démontrer qu’une certaine communauté internationale, au nom d’une stabilité à très court terme, est prête à dérouler le tapis rouge au président sortant, qui pourrait une fois de plus s’installer sur le trône du Congo sans avoir remporté le vote populaire.

    Au centre de cette approche, la crainte de froisser le pouvoir en place, quitte à lui passer tous les abus. Quitte à s’asseoir sur les aspirations du peuple congolais.

    ”On ne parle plus à l’Afrique comme on le faisait il y a quelques années, répète un diplomate, qui met en avant “le traumatisme laissé par les coups d’État à répétition dans le Sahel”.

    « Face à cette attitude, l’Église catholique congolaise, qui s’est donné les moyens de monitorer ce scrutin, est donc sous haute pression, notamment de Washington mais aussi des chancelleries “qui comptent” à Kinshasa, surtout ce mardi soir, à quelques heures de la première manifestation annoncée par une partie de l’opposition qui appelle à la tenue d’un nouveau scrutin. “Le cardinal Ambongo n’a pas été tendre avec le régime et avec cette élection, mais il l’a fait avec intelligence et tact”, reconnaît un autre diplomate, qui refuse l’idée que “l’Afrique ne puisse bénéficier des mêmes standards diplomatiques que le reste du monde.”

    « Parallèlement, l’Église catholique – et protestante – sait qu’elle est attendue par des millions de Congolais qui n’ont pu s’exprimer lors de ce scrutin et qui n’ont pas oublié qu’en 2018, les évêques avaient contesté les résultats “officiels”, sans oser enfreindre la loi qui réserve l’annonce du verdict des élections à la Ceni.

    Aujourd’hui, les évêques ont déjà retardé l’annonce des chiffres qu’ils ont recueillis qui pourraient ne pas être en phase avec ceux de la Ceni. L’enjeu est crucial. Le pouvoir le sait. Il craint la colère populaire à l’annonce des résultats qu’il a “préparés”.

    Un bras de fer se joue en coulisse entre tenants du respect des électeurs et partisans d’un pragmatisme court-termiste qui ne fera qu’accentuer l’appétit des dictateurs en devenir. »

    Vers une palabre interminable pour amortir un compromis de sortie à la belgolaise  (JPSC)?

  • Fiducia Supplicans a provoqué une «bronca» sans précédent dans l’histoire récente de l’Église...

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    Du blog de Denis Sureau "Chrétiens dans la Cité" :

    Bénédiction des "couples" homosexuels : bronca contre Rome

    La publication de Fiducia Supplicans le 18 décembre provoque une contestation sans précédent dans l'Eglise. Publié par le Dicastère pour la Doctrine de la foi et approuvé par le Pape, le document autorise la bénédiction des « couples en situation irrégulière et les couples de même sexe » à condition de ne pas « créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage ».

    En 2021, le même dicastère, alors dirigé par le cardinal Ladaria, avait publié une déclaration avec l’aval du pape François, qui répondait non à la question :  « L’Église dispose-t-elle du pouvoir de bénir des "unions" de personnes du même sexe ? »

    En octobre dernier le synode sur l’avenir de l’Église avait repoussé la perspective de bénir des couples homosexuels.

    Selon Jean-Marie Guénois, le vaticaniste du Figaro, « L’annonce a provoqué une «bronca» sans précédent dans l’histoire récente de l’Église... Mis à part les conférences épiscopales d’Allemagne et de Belgique qui se sont réjouies, de nombreuses autres ont publiquement protesté et annoncé qu’elles n’appliqueraient pas ce nouveau règlement. Non par homophobie, puisque l’Église prévoit depuis longtemps la bénédiction individuelle de personnes homosexuelles, mais parce que jamais encore le Saint-Siège - par la voie de son instance doctrinale la plus élevée -, n’avait accepté la bénédiction de couples homosexuels. L’intention très pastorale et l’esprit du texte - qui encadre strictement cette pratique - ne vont pas dans ce sens simpliste mais la déclaration, intitulée «Fiducia supplicans», a été perçue et saluée, notamment par la communauté LGBT+, comme un feu vert de l’Église catholique à l’union homosexuelle, jamais encore reconnue officiellement. »

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  • Le cardinal Sturla constate que Fiducia supplicans "divise l'Eglise"

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    D'InfoVaticana :

    Le cardinal Sturla constate que Fiducia supplicans "divise l'Eglise".

    26 décembre 2023

    Le cardinal Sturla, archevêque de Montevideo, est une autre des voix qui s'ajoute à la critique de Fiducia supplicans, tant pour le contenu du document que pour sa forme.

    Dans une interview accordée au quotidien uruguayen "El País", l'archevêque a affirmé que "ce n'était pas un sujet qui aurait dû être abordé à Noël". "Il a attiré mon attention parce qu'il s'agit d'une question controversée qui divise l'Église", a-t-il déclaré dans l'interview.

    Le cardinal souligne qu'un prêtre "bénit tout le monde", mais que c'est autre chose de "bénir un couple homosexuel". Mgr Sturla fait partie de ceux qui comprennent que ce document ouvre la porte à la possibilité de bénir des couples "alors que toute la tradition de l'Église, même un document datant d'il y a deux ans, dit qu'il n'est pas possible de le faire".

    L'archevêque de Montevideo constate que ce document "crée une confusion, parce qu'il dit qu'il est possible de bénir, mais pas à travers un rite. En résumé, ce que je crois, c'est que les personnes peuvent être bénies, mais que les couples en tant que tels, en tant que couples, ne le peuvent pas. Pour les couples hétérosexuels, c'est le sacrement du mariage, homme et femme".

    Mgr Sturla déclare que Víctor Manuel Fernández n'a pas été clair avec ce document : "C'est un non mais oui et un oui mais non. "C'est un non mais oui, et un oui mais non. Le document lui-même dit qu'il ne change pas la doctrine de l'Église. Étant donné le manque de clarté du document, d'après ma lecture, je comprends que nous devons continuer avec la pratique que l'Église a eue jusqu'à présent, qui est de bénir toutes les personnes qui demandent une bénédiction, mais pas de bénir les couples de même sexe", ajoute le cardinal uruguayen.

    "Si ce que vous voulez, c'est vous rapprocher des gens et que les homosexuels se sentent membres de l'Église, je pense que c'est bien. Parce que l'Église est pour tout le monde. Mais il existe certaines règles. On ne peut pas non plus bénir un couple non marié. On ne peut pas bénir des unions dont l'Église elle-même dit qu'elles ne sont pas conformes au plan de Dieu", a déclaré le cardinal.

    Interrogé sur la nécessité de demander des éclaircissements à Rome, Mgr Sturla a répondu que "ce qui se passe, c'est que le même document dit qu'il ne peut y avoir de rite, que cela ne peut se faire publiquement... Cela crée une situation confuse. Lorsque vous bénissez des personnes, vous ne demandez pas quelle est leur situation. Et c'est toujours fait et pour qui que ce soit. Nous continuerons à pratiquer de la même manière jusqu'à ce que les choses soient clarifiées. Le document a semé la discorde. Les Églises africaines ont dit que dans leurs pays, c'était non".

    Dans l'interview, Monseigneur Daniel Sturla évoque également l'un des grands problèmes que ce document entraîne et dont on parle peu : la situation d'impuissance dans laquelle se trouveront de nombreux prêtres. "J'ai entendu des prêtres déconcertés par cela", reconnaît ouvertement le cardinal.

  • Selon Peter Seewald, François veut effacer l'héritage de Benoît XVI

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    De la Nuova Bussola Quotidiana (Nico Spuntoni) :

    L'INTERVIEW
    Seewald : François voulait effacer l'héritage de Benoît XVI

    Couples gays, messe en latin, abus sexuels, purge des hommes les plus liés à Benoît XVI, nomination de Fernández : le pape François a tout fait pour détruire ce que son prédécesseur avait construit. Un an après la mort de Benoît XVI, son biographe et ami Peter Seewald s'exprime.

    27_12_2023

    Même s'il n'avait pas été élu au trône papal, Joseph Aloisius Ratzinger aurait été une figure incontournable de l'histoire de l'Église. En 2005, cependant, le Seigneur a appelé l'un des plus grands théologiens vivants, l'homme à qui saint Jean-Paul II a confié la garde de l'orthodoxie catholique pendant 23 ans, à devenir pape. Le pontificat de Benoît XVI s'est achevé, de manière traumatisante, il y a plus de dix ans, comme sa vie terrestre s'est achevée il y a un an, privant l'enceinte de Saint-Pierre de ce "service de prière" promis lors de sa dernière audience générale, le 27 février 2013.

    A la lumière également de la rentrée sous le signe d'une discontinuité revendiquée au dicastère pour la doctrine de la foi, qu'en est-il de l'héritage de Ratzinger dans l'actuel pontificat ? La Nuova Bussola Quotidiana s'est posé la question dans cet entretien avec Peter Seewald, journaliste allemand, ami et biographe de Benoît XVI avec lequel il a écrit quatre livres d'entretiens.

    Est-il juste de dire que la relation entre Benoît XVI et François était "très étroite", comme l'a récemment déclaré François ?

    Bonne question. Nous nous souvenons tous des paroles chaleureuses prononcées par le cardinal Ratzinger lors du requiem de Jean-Paul II. Des mots qui touchent le cœur, qui parlent d'amour chrétien, de respect. Mais personne ne se souvient des paroles de Bergoglio lors du requiem de Benoît XVI. Elles étaient aussi froides que l'ensemble de la cérémonie, qui ne pouvait qu'être assez brève pour ne pas trop honorer son prédécesseur. C'est du moins l'impression que j'ai eue.

    C'est un jugement sévère.

    Je veux dire, comment manifeste-t-on l'amitié ? Par une simple déclaration en paroles ou en la vivant ? Les différences entre Benoît XVI et son successeur étaient grandes dès le départ. Dans le tempérament, la culture, l'intellect et surtout dans l'orientation des pontificats. Au début, Benoît XVI ne savait pas grand-chose de Bergoglio, si ce n'est qu'en tant qu'évêque en Argentine, il était connu pour son leadership autoritaire. Il a promis l'obéissance à son successeur. François a manifestement considéré cela comme une sorte de chèque en blanc. Même son prédécesseur est resté silencieux afin de ne pas donner la moindre impression de vouloir s'immiscer dans la gouvernance de son successeur. Benoît a fait confiance à François. Mais il a été amèrement déçu à plusieurs reprises.

    Que voulez-vous dire par là ?

    Bergoglio a continué à écrire de belles lettres au pape émérite après son élection. Il savait qu'il ne pouvait pas tenir la dragée haute à ce grand et noble esprit. Il a également évoqué à plusieurs reprises les dons de son prédécesseur, le qualifiant de "grand pape" dont l'héritage deviendra de plus en plus évident d'une génération à l'autre. Mais si l'on parle vraiment d'un "grand pape" par conviction, ne faut-il pas tout faire pour cultiver son héritage ? Comme Benoît XVI l'a fait pour Jean-Paul II ? Comme on peut le constater aujourd'hui, le pape François n'a pas fait grand-chose pour rester dans la continuité de ses prédécesseurs, en effet.

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  • Bénédictions des couples homosexuels : l'unité de l'Eglise menacée ?

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  • Noël est-elle (encore) une fête chrétienne ?

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    De l'Homme Nouveau (sur youtube) :

    Chers Amis,

    Dans quelques jours nous aurons la grande joie de célébrer la naissance du Christ. Cette grande fête chrétienne, qui commémore l’Incarnation du Sauveur, est inscrite dans notre tradition et ne laisse personne indifférent. 

    Mais la venue de l’Enfant Jésus peut-elle encore être considérée comme une fête chrétienne à l’heure de la sécularisation, de la surconsommation et de la subversion complète de ce grand événement par les municipalités ?

    Pour ce dernier Club des Hommes en noir de l’année 2023, l’abbé Hervé Benoît, l’abbé Marc Guelfucci et l’abbé Grégoire Célier ainsi que Jean-Pierre Maugendre entourent Philippe Maxence pour souligner l’importance de Noël, en rappeler l’origine, décrire les aspects liturgiques de cette fête ainsi que les pieuses traditions qui y sont liées, tout en dénonçant avec force ce qui dénature aujourd’hui la célébration de Noël.

  • Selon le cardinal Fernández, la bénédiction des couples de même sexe "ne valide ni ne justifie rien".

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    D'Edgar Beltran sur The Pillar :

    Cardinal Fernández : la bénédiction des couples de même sexe "ne valide ni ne justifie rien".

    23 décembre 2023

    Les dirigeants de l'Église ont été en proie à un vif débat cette semaine, après que le Dicastère du Vatican pour la doctrine de la foi a publié lundi Fiducia supplicans, une déclaration qui offre un cadre pour les bénédictions cléricales des couples de même sexe et d'autres personnes vivant dans des relations en dehors du mariage. 

    Certaines conférences épiscopales et certains diocèses qui avaient déjà donné leur feu vert à de telles bénédictions, notamment en Belgique et en Allemagne, ont vu dans le document une validation de leur approche de la question, certains promettant de défier le document en publiant des directives pour la bénédiction liturgique des couples de même sexe - une mesure interdite par la déclaration du DDF.

    Mais certaines conférences épiscopales d'Afrique et d'Asie se sont opposées au document, certaines interdisant la mise en œuvre de la Fiducia supplicans sur leur territoire. Un cardinal a contesté l'orthodoxie doctrinale du document, tandis que le chef de l'Église gréco-catholique ukrainienne a déclaré que le texte ne s'appliquait pas à sa congrégation. 

    Au cours de cette semaine difficile pour l'Église, The Pillar a contacté le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, pour lui poser des questions sur le document et les réactions qu'il a suscitées. (traduction avec deepL)

    Cardinal Fernandez, la Fiducia supplicans "reste ferme sur la doctrine traditionnelle de l'Église sur le mariage, n'autorisant aucun type de rite liturgique ou de bénédiction similaire à un rite liturgique qui puisse créer une confusion".

    Elle affirme également que les bénédictions dont il est question "ne doivent pas être fixées rituellement par les autorités ecclésiales afin d'éviter toute confusion avec la bénédiction propre au sacrement de mariage" et que "ces bénédictions non ritualisées ne cessent jamais d'être des gestes simples qui constituent un moyen efficace d'accroître la confiance en Dieu des personnes qui les demandent, tout en veillant à ce qu'elles ne deviennent pas un acte liturgique ou semi-liturgique, semblable à un sacrement".

    Or, plusieurs conférences épiscopales ont approuvé des rituels de bénédiction de couples en situation irrégulière.

    Cela contredit-il la déclaration ?

    La déclaration distingue très clairement les deux formes de bénédiction : l'une avec un format liturgique-rituel et l'autre propre au travail pastoral - c'est sa contribution spécifique. 

    Certains épiscopats ont avancé des formes ritualisées de bénédiction des couples irréguliers, ce qui est inadmissible. Ils devraient reformuler leur proposition à cet égard.

    Fiducia supplicans dit que : Dans une brève prière précédant cette bénédiction spontanée, le ministre ordonné pourrait demander pour les personnes la paix, la santé, un esprit de patience, de dialogue et d'entraide, mais aussi la lumière et la force de Dieu pour qu'elles puissent accomplir pleinement sa volonté.

    Elle ajoute que : Ces formes de bénédiction expriment une supplication pour que Dieu accorde les aides qui viennent des impulsions de son Esprit - ce que la théologie classique appelle la "grâce actuelle" - afin que les relations humaines puissent mûrir et grandir dans la fidélité à l'Évangile, qu'elles soient libérées de leurs imperfections et de leurs fragilités, et qu'elles puissent s'exprimer dans la dimension toujours plus grande de l'amour divin.

    Ces passages signifient-ils que la motivation première pour donner une telle bénédiction doit être que le couple en "situation irrégulière" conforme sa vie aux enseignements moraux et doctrinaux de l'Église ?

    Ces types de bénédictions sont simplement des canaux pastoraux simples qui aident à exprimer la foi des personnes, même si ces personnes sont de grands pécheurs. 

    Ainsi, en donnant cette bénédiction à deux personnes qui se présentent spontanément pour la demander, on peut légitimement demander à Dieu de leur accorder la santé, la paix, la prospérité - des choses que nous demandons tous et qu'un pécheur peut également demander. 

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  • Affaire Becciu : le pape y est-il allé trop fort ?

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    «Le pape aime les gestes forts mais le problème c’est que là, il y va trop fort. Pour arrêter le cardinal Angelo Becciu, il a fait changer les lois en cours de procès. Il inquiète, il terrorise, il va créer un blocage de plus au niveau de son pontificat», explique Jean-Marie Guénois.

    Du site du Figaro TV :

    Religion : le vrai visage du pape François – Le livre de Jean-Marie Guénois

    Jean-Marie Guénois, journaliste au Figaro et auteur de « Pape François : La révolution » (Gallimard), était l’invité de Vincent Roux dans « Points de Vue ».

    Mis à jour publié 

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    (remettre le curseur de la video au point de départ)

  • Pour le Préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, "Fiducia supplicans" se contredit elle-même

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    Du Cardinal Müller sur The Pillar :

    Müller - "Fiducia supplicans" se contredit elle-même

    21 décembre 2023

    Le Vatican a suscité cette semaine un vaste débat parmi les évêques et d'autres responsables de l'Église, après la publication lundi de Fiducia supplicans, qui offre un cadre pour les bénédictions cléricales des couples de même sexe.

    Si certains ont loué le texte du Dicastère pour la doctrine de la foi, d'autres ont exprimé de sérieuses inquiétudes, et certaines conférences épiscopales ont repoussé la mise en œuvre du document dans leur pays.

    La Fiducia supplicans a été rédigée par le cardinal Victor Manuel Fernandez, qui a été nommé à la tête du Dicastère pour la doctrine de la foi au début de l'année.

    Mais le cardinal Gerhard Müller, qui a dirigé le bureau doctrinal du Vatican de 2012 à 2017, a déclaré dans un essai jeudi que le texte est "auto-contradictoire" et "nécessite une clarification supplémentaire".

    Mgr Müller a envoyé cet essai, avec une autorisation exclusive de publication, à The Pillar, ainsi qu'à des publications travaillant en italien, en espagnol et en allemand.

    À la lumière du débat actuel sur la Fiducia supplicans et sur le rôle de Mgr Müller dans l'Église, The Pillar publie son essai ci-dessous, dans son intégralité :

    La seule bénédiction de notre mère l'Église est la vérité qui nous libérera. Note sur la déclaration Fiducia supplicans
    Cardinal Gerhard Ludwig Müller

    Avec la Déclaration Fiducia supplicans (FS) sur la signification pastorale des bénédictions, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) a fait une affirmation qui n'a pas de précédent dans l'enseignement de l'Église catholique. En effet, ce document affirme qu'il est possible pour un prêtre de bénir (non pas liturgiquement, mais en privé) des couples qui vivent une relation sexuelle en dehors du mariage, y compris des couples de même sexe. Les nombreuses questions soulevées par les évêques, les prêtres et les laïcs en réponse à ces déclarations méritent une réponse claire et sans équivoque.

    Cette déclaration ne contredit-elle pas clairement l'enseignement catholique ? Les fidèles sont-ils obligés d'accepter ce nouvel enseignement ? Le prêtre peut-il pratiquer ces nouvelles pratiques qui viennent d'être inventées ? Et l'évêque diocésain peut-il les interdire si elles avaient lieu dans son diocèse ? Pour répondre à ces questions, voyons ce que le document enseigne exactement et sur quels arguments il s'appuie.

    Le document, qui n'a été ni discuté ni approuvé par l'Assemblée générale des cardinaux et évêques de ce dicastère, reconnaît que l'hypothèse (ou l'enseignement ?) qu'il propose est nouvelle et qu'elle se fonde principalement sur le magistère pastoral du pape François.

    Selon la foi catholique, le pape et les évêques peuvent mettre certains accents pastoraux et relier de manière créative la vérité de la Révélation aux nouveaux défis de chaque époque, comme par exemple dans le domaine de la doctrine sociale ou de la bioéthique, tout en respectant les principes fondamentaux de l'anthropologie chrétienne. Mais ces innovations ne peuvent aller au-delà de ce qui leur a été révélé une fois pour toutes par les apôtres comme parole de Dieu (Dei verbum 8). En effet, aucun texte biblique, aucun texte des Pères et des Docteurs de l'Eglise, aucun document antérieur du magistère ne vient étayer les conclusions de FS. De plus, ce que nous voyons n'est pas un développement mais un saut doctrinal. Car on ne peut parler de développement doctrinal que si la nouvelle explication est contenue, au moins implicitement, dans la Révélation et, surtout, ne contredit pas les définitions dogmatiques. Et un développement doctrinal qui atteint un sens plus profond de la doctrine doit s'être produit graduellement, à travers une longue période de maturation. En fait, la dernière déclaration magistérielle sur ce sujet a été émise par la Congrégation pour la doctrine de la foi dans un responsum publié en mars 2021, il y a moins de trois ans, et elle a catégoriquement rejeté la possibilité de bénir ces unions. Cela s'applique aussi bien aux bénédictions publiques qu'aux bénédictions privées pour les personnes vivant dans des conditions de péché.

    Comment FS justifie-t-elle la proposition d'une nouvelle doctrine sans contredire le document précédent de 2021 ?

    Tout d'abord, FS reconnaît que les Responsum de 2021 de la CDF et l'enseignement traditionnel, valide et contraignant sur les bénédictions ne permettent pas de bénir dans des situations qui sont contraires à la loi de Dieu, comme dans le cas d'unions sexuelles hors mariage. Cela est clair pour les sacrements, mais aussi pour d'autres bénédictions que FS appelle "liturgiques". Ces bénédictions "liturgiques" appartiennent à ce que l'Église a appelé les "sacramentaux", comme en témoigne le Rituale Romanum. Dans ces deux types de bénédictions, il doit y avoir un accord entre la bénédiction et l'enseignement de l'Église (FS 9-11).

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  • Selon Rocco Buttiglione, Fiducia supplicans constituerait une évolution pastorale ancrée dans la tradition

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    De Rocco Buttiglione sur Vatican News :

    Bénédictions : Une évolution pastorale ancrée dans la tradition

    Le professeur italien Rocco Buttiglione, membre de l'Académie pontificale des sciences sociales, décrit la Déclaration Fiducia supplicans du Dicastère pour la doctrine de la foi comme presque révolutionnaire et comme un retour aux origines de l'Église et à la présence missionnaire du Christ dans l'histoire de l'humanité.
    Par 

    La Déclaration "Fiducia supplicans" sur le sens pastoral des bénédictions du Dicastère pour la Doctrine de la Foi marque un authentique développement pastoral solidement ancré dans la tradition de l'Eglise et sa théologie morale. Le cardinal préfet du dicastère, Víctor Manuel Fernández, fait judicieusement précéder la déclaration d'une brève présentation dans laquelle il explique, entre autres, ce que la déclaration n'est pas : ce n'est pas un feu vert au mariage gay, ni un changement dans la doctrine de l'Église concernant les relations sexuelles en dehors du mariage, qui sont toujours un grave sujet de péché. Elle ne change donc rien ? Non, il change beaucoup de choses ; c'est presque une révolution. Dans l'histoire de l'Église, cependant, toute révolution authentique est en même temps un retour aux origines, à la présence missionnaire du Christ dans l'histoire humaine.

    Le point de départ de la réalité que la Déclaration a à l'esprit est celui d'un couple en situation "irrégulière" qui demande une bénédiction. Pour éviter tout malentendu, imaginons qu'ils s'adressent non pas à un prêtre mais à leurs parents. Donneriez-vous cette bénédiction ? Je la donnerais. Je ne bénirais pas la relation sexuelle irrégulière. Cependant, je bénirais l'attention qu'ils ont l'un pour l'autre, le soutien qu'ils s'apportent mutuellement dans la vie, le réconfort dans les moments de deuil et la camaraderie face aux difficultés. L'amour n'est jamais mauvais ; les relations sexuelles, en revanche, le sont parfois. Dans la vie de ce couple, le bon et le mauvais sont si étroitement liés qu'il n'est pas possible de les séparer de façon nette. Si une de mes filles se trouvait dans une telle situation, je la bénirais et prierais certainement Dieu pour qu'il sépare, sur le chemin de la vie, le bon du mauvais dans cette relation en en faisant une étape sur le chemin de la vérité. Dieu écrit droit avec des lignes tordues. Je pense que tout père ferait la même chose et je ne vois pas comment un prêtre, s'il a un cœur de père pour les membres de sa communauté, pourrait faire autrement.

    Bien sûr, il y a le risque de scandale. Il y a le risque que, dans le peuple fidèle de Dieu, les plus pauvres et les plus faibles soient induits en erreur et ne comprennent plus ce qu'est le mariage et pourquoi les relations sexuelles en dehors du mariage sont condamnables. Il s'agit d'un problème réel qui ne doit pas être sous-estimé. Et c'est précisément la raison pour laquelle le cardinal Fernández a ressenti le besoin de faire ses remarques préliminaires. Bien sûr, il serait plus facile de faire face à ce problème s'il n'y avait pas de commentateurs qui, au lieu d'apporter des éclaircissements, sèment la confusion et la méfiance. Si toutes les brebis de la bergerie étaient en sécurité, le berger se contenterait de se défendre contre les loups à la porte de la bergerie. Mais si beaucoup sont dehors et perdues, il doit aller à leur recherche, ce qui comporte des risques et des dangers. La Déclaration est une réponse à une urgence pastorale spécifique de notre époque.

    Ceux qui demandent une bénédiction, dans le cas qui nous intéresse ici, savent qu'ils font quelque chose que l'Église n'approuve pas et qu'elle interdit même. Cependant, l'Église veut affirmer un lien, une appartenance. Une appartenance rebelle, mais une appartenance tout de même. L'Église éteindra-t-elle cette lumière qui couve ou la maintiendra-t-elle en vie, dans la mesure du possible ?

    Lorsque j'étais jeune (il y a peut-être un demi-siècle), il était impossible d'imaginer cette situation. Les homosexuels ne demandaient pas le mariage, ils ne voulaient pas se marier. Ils considéraient le mariage et la monogamie comme des formes d'oppression de la société bourgeoise et exigeaient une sexualité libre et la séparation du sexe et de l'amour. Ou mieux : ils pensaient que le sexe était réel et que l'amour n'était qu'une illusion. Une remise en question au sein des mouvements homosexuels a peut-être commencé avec l'apparition du sida (la monogamie est la meilleure défense contre le sida), mais elle est allée bien au-delà. Le sexe n'est pas une simple gymnastique du plaisir : il a une tendance naturelle à impliquer profondément la personne, il a besoin d'être régulé, de s'inscrire dans un contexte normatif. Depuis quelques années, nous assistons à une tentative de "re-régulation" des relations sexuelles, à une reconsidération de la sexualité dans le cadre d'une relation personnelle, voire à une redécouverte de l'amour. C'est dans ce contexte que se pose également la question du mariage homosexuel, inacceptable en soi (comme le confirme le cardinal Fernández) mais indicateur d'un malaise et d'une recherche, auxquels l'Église doit donner une réponse adéquate.

    Au cours du synode, la préoccupation des différentes Églises nationales a émergé face à ces questions. Il y a eu une confrontation tendue où chacun a exposé librement ses raisons et ses efforts, au-delà des différentes positions idéologiques, pour écouter l'Esprit et discerner ce qui vient de Lui et ce qui vient plutôt du Malin. Cette Déclaration offre une première réponse, à la fois conforme à la tradition et ouverte à la nouveauté.

    Rocco Buttiglione est membre de l'Académie pontificale des sciences sociales. Il a publié douze livres et plus de 130 essais sur la philosophie et la culture. Il enseigne les sciences politiques à l'université Saint-Pie V de Rome. Il a siégé au parlement italien et a été ministre des affaires européennes et ministre de la culture.

  • "Fiducia supplicans" : Qui dit quoi ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    "Fiducia supplicans" : Qui dit quoi ?

    19 décembre 2023

    Les réactions émergent dans le monde entier à la déclaration de lundi du bureau de doctrine du Vatican sur "la possibilité de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe".

    Le document Fiducia supplicans de 5 000 mots a suscité une controverse immédiate lorsqu'il a été publié le 18 décembre parce qu'il donnait le feu vert, avec des mises en garde, à la bénédiction "spontanée" de couples vivant dans des unions autres que le mariage.

    Voici un bref aperçu de qui dit quoi, par pays :

    Autriche 
    Interrogé sur la manière dont les prêtres doivent répondre à la demande de bénédiction d'un couple homosexuel, l'archevêque Franz Lackner a répondu : "Fondamentalement, on ne peut plus dire non".

    Le président de la conférence épiscopale autrichienne a commenté les raisons de cette déclaration en ces termes : "Je crois que l'Église reconnaît que les couples de même sexe ont besoin d'être bénis : "Je crois que l'Église reconnaît qu'une relation entre deux personnes du même sexe n'est pas entièrement dépourvue de vérité : il y a de l'amour, il y a de la loyauté, il y a aussi des épreuves partagées et vécues dans la fidélité. Cela doit aussi être reconnu".

    Belgique
    L'évêque d'Anvers, Johan Bonny, qui a encouragé les participants à la voie synodale allemande à approuver une résolution sur les bénédictions homosexuelles en mars, s'est félicité de la déclaration.

    "Elle nous aide à aller de l'avant", a-t-il déclaré, selon le journal belge De Standaard.

    (Ajout de belgicatho :

    "Il s'agit d'une très grande avancée parce qu'elle émane de l'organe suprême de l'Église et parce qu'elle dit aussi explicitement que les couples de même sexe peuvent donc recevoir la bénédiction. (...) Comme les évêques flamands se sont prononcés en faveur de cette mesure, elle était déjà possible ici en Flandre. Le fait que le Vatican confirme maintenant cette position est une grande aide. Et pour l'ensemble de l'Église mondiale, c'est un grand pas en avant. "Geert De Kerpel, porte-parole des évêques flamands dans Het Nieuwsblad du 19/12/2023")

    Angleterre
    Le groupe LGBT+ Catholics Westminster à Londres, en Angleterre, s'est dit ravi de recevoir "ce cadeau de Noël accueillant de la part du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et du Pape François".

    "C'est un grand pas en avant dans la reconnaissance et l'acceptation de tous ceux qui cherchent une bénédiction pour leurs relations d'amour et d'engagement", a commenté le groupe.

    France  
    Mgr Hervé Giraud a déclaré que la déclaration devait être lue à la lumière de l'exhortation apostolique Amoris laetitia du pape François de 2016, "qui affirmait déjà l'idée que, lorsqu'une union atteint une stabilité visible, elle peut être l'occasion d'être accompagnée par l'Église."

    "Le pape François cherche à sortir du simple 'permis- interdit' pour placer les personnes sous le regard de Dieu afin de les ramener sur des chemins plus sûrs. La bénédiction ouvre ces chemins plus sûrs ", explique à La Croix l'archevêque de Sens-Auxerre.

    "Jusqu'à présent, le débat dans l'Eglise opposait ceux qui disaient qu'on pouvait bénir la personne mais pas le couple, et leurs contradicteurs. Avec cette note, le pape va plus loin : il demande que l'on prenne en compte la situation des personnes, pour les encourager à mieux vivre chrétiennement."

    Selon Mgr Giraud, le document devrait recevoir un accueil mitigé.

    "Certains le salueront comme un premier pas, tandis que d'autres - qui appelaient à la bénédiction des unions civiles, par exemple - estimeront qu'il ne va pas assez loin", a-t-il déclaré. "Derrière ces petits pas se cache le souci de l'Eglise pour la communion, car certains laïcs et clercs sont opposés à tout changement sur le sujet, il faut donc aller très lentement et faire beaucoup de pédagogie sur le sens de ce qui est en jeu : Dieu veut nous prendre là où nous sommes pour nous conduire à lui".

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  • Bénir des couples en situation irrégulière ou des couples de même sexe sans donner l'impression que l'Église ne valide pas leur activité sexuelle est une mascarade

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    Du Père Thomas G. Weinandy, OFM, Cap., sur The Catholic Thing :

    Bénédictions divines et enseignement du Magistère

    19 décembre 2023

    Hier, le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, a publié une Déclaration, avec l'approbation signée du Pape François, intitulée Fiducia Supplicans, " Sur la signification pastorale des bénédictions ".  Cette déclaration articule l'importance des bénédictions dans une perspective biblique, historique et ecclésiale.

    La déclaration précise qu'elle "reste ferme sur la doctrine traditionnelle de l'Église sur le mariage, n'autorisant aucun type de rite liturgique ou de bénédiction similaire à un rite liturgique qui puisse créer de la confusion". La valeur de ce document, cependant, est qu'il offre une contribution spécifique et innovante à la signification pastorale des bénédictions, permettant d'élargir et d'enrichir la compréhension classique des bénédictions, qui est étroitement liée à une perspective liturgique".

    Ainsi, la Déclaration veut maintenir l'intégrité doctrinale de la bénédiction donnée dans le cadre du sacrement de mariage, tout en autorisant une bénédiction qui est " liée ", mais non similaire, à une bénédiction liturgique donnée dans le cadre du mariage, afin de ne pas créer de confusion entre les deux. La Déclaration s'enorgueillit que cette disposition "implique un réel développement" qui est en accord avec la "vision pastorale" du Pape François. Elle poursuit : "C'est précisément dans ce contexte que l'on peut comprendre la possibilité de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe sans valider officiellement leur statut ni modifier de quelque manière que ce soit l'enseignement pérenne de l'Église sur le mariage."  On perçoit ici la véritable raison pour laquelle cette Déclaration a été rédigée : bénir les "couples en situation irrégulière" et bénir les "couples de même sexe".

    La Déclaration développe ces deux situations.  Dans le cadre de cette vision pastorale "apparaît la possibilité de bénédictions pour les couples en situation irrégulière et pour les couples de même sexe, dont la forme ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales afin d'éviter toute confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage".

    Néanmoins, bien que ces bénédictions "ne prétendent pas à une légitimation de leur statut", elles "demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et leurs relations soit enrichi, guéri et élevé par la présence de l'Esprit Saint". La Déclaration considère que ces bénédictions sont en accord avec ce que l'on appelle traditionnellement la "grâce réelle". "Le but de cette grâce est "que les relations humaines puissent mûrir et grandir dans la fidélité à l'Evangile, qu'elles puissent être libérées de leurs imperfections et de leurs fragilités, et qu'elles puissent s'exprimer dans la dimension toujours croissante de l'amour divin".

    Dans tout ce qui précède, il y a l'apparence de la raison, mais aussi beaucoup de jargon, de sophismes et de tromperies. Tout d'abord, la Déclaration professe que ce qui est offert est un développement de la doctrine en accord avec la "vision pastorale" du Pape François.  Dans son Essai sur le développement de la doctrine, saint John Henry Newman fournit des critères pour juger ce qui est vrai et ce qui est un développement doctrinal erroné (une "corruption").  En fin de compte, conclut-il, c'est l'infaillibilité de l'Église qui valide un développement authentique.

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