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Ethique - Page 277

  • McCarrick, Farrell et cie

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    De Sandro Magister en traduction sur diakonos.be :

    McCarrick et ses protégés. La carrière miraculeuse du cardinal Farrell

    La nouvelle circule depuis plusieurs jours déjà : le Pape François a déclaré dans un communiqué laconique que Theodore McCarrick, 88 ans, archevêque émérite de Washington, n’est désormais plus cardinal, qu’il a été assigné à résidence et doit mener une vie de prière et de pénitente et qu’il est dans les fait suspendu « a divinis ».  Tout cela dans l’attente du verdict du « procès canonique prévu ».

    Il faut remonter à 1927 pour trouver un cas similaire de destitution du collège des cardinaux, avec le cas du jésuite Louis Billot qui avait été privé de la pourpre cardinalice pour son appartenance au mouvement politique « Action Française » condamné l’année précédente par le Saint-Siège. Mais pour McCarrick, les raisons sont d’un toute autre ordre et elles incontestablement plus graves sur le plan moral.  Il suffit de se rendre compte de la durée de son activité sexuelle désordonnée avec des mineurs, des prêtres et des séminaristes, pratiquée pendant des décennies sans que cela n’interfère le moins du monde – malgré que la situation soit bien connue d’un grand nombre de personne à plusieurs niveaux de l’Église – avec sa brillante carrière ecclésiastique.

    Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur l’affaire McCarrick ces derniers jours. Mais assez peu sur le fait que cette affaire ne concerne pas son seul protagoniste mais également les ecclésiastiques de son entourage qui ont, eux aussi, bénéficié grâce à lui de carrières à la limite du miraculeux.

    L’un d’entre eux en particulier, soulève de sérieuses questions. Il s’agit de Kevin K. Farrell, 71 ans, créé cardinal en 2016 par le pape François et nommé préfet du nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie.

    Né en Irlande, Mgr Farrell est entré chez les Légionnaires du Christ vers le milieu des années soixante, quand cette organisation était encore modeste et que son maléfique fondateur, Marcial Maciel, était encore nimbé d’une aura de respectabilité universelle. Ayant quitté la Légion une quinzaine d’années plus tard, Mgr Farrell a par la suite gardé un silence complet sur les méfaits sexuels de Maciel – qui avaient alors éclaté au grand jour – et a toujours feint de n’avoir jamais eu de contact digne de ce nom avec lui.  Il ressort cependant de témoignages fiables qu’il exerçait des responsabilités dans la Légion et qu’il jouissait d’une proximité non épisodique avec Maciel qui rend invraisemblable qu’il ne se soit pas rendu compte des comportements malsains de son supérieur.

     

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  • En marge de l’affaire McCarrick : une instruction oubliée du pape Benoît XVI (4 novembre 2005)

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    ratio  fundamentalis 1501090801423.jpgLe slogan libéral à la mode du pontificat actuel « Qui suis-je pour  juger ? » arrange beaucoup de monde. Il ne devrait cependant pas occulter la norme objective prudentielle dont le respect s'impose au delà même de la question des dérives avérées. A ce propos, voici les lignes directrices précises, (on en trouve une synthèse dans les articles 189, 199 et 200 de la "ratio fundamentalis" de la formation des futurs prêtres datée du 8 décembre 2016) que le prédécesseur du pape François avait fait publier sous son règne trop bref :

    CONGRÉGATION POUR L'ÉDUCATION CATHOLIQUE

    Instruction
    de la Congrégation pour l'Education catholique
    sur les critères de discernement vocationnel
    au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles
    en vue de l'admission au séminaire et aux Ordres sacrés

    Introduction

    Dans la continuité de l'enseignement du Concile Vatican II et, en particulier, du décret Optatam totius [1] sur la formation sacerdotale, la Congrégation pour l'Education catholique a publié divers documents afin de promouvoir une formation adéquate et intégrale des futurs prêtres, en donnant des orientations et des normes précises sur ses différents aspects [2]. Pendant ce temps, le Synode des Evêques de 1990 a aussi réfléchi sur la formation des prêtres dans les circonstances actuelles, avec l'intention de mieux faire appliquer la doctrine conciliaire sur ce sujet et de la rendre plus explicite et plus pertinente dans le monde contemporain. A la suite de ce Synode, Jean-Paul II avait publié l'Exhortation apostolique post-synodale Pastores dabo vobis [3].

    A la lumière de ce riche enseignement, la présente Instruction n'entend pas aborder toutes les questions d'ordre affectif ou sexuel qui exigent un discernement attentif durant toute la période de formation. Elle donne des normes sur une question particulière, rendue plus urgente par la situation actuelle, celle de l'admission ou non au Séminaire et aux Ordres sacrés des candidats qui présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées.

    1. Maturité affective et paternité spirituelle

    Selon la constante Tradition de l'Eglise, seul un homme baptisé reçoit validement l'Ordination sacrée [4]. Par le sacrement de l'Ordre, l'Esprit Saint configure le candidat à Jésus Christ, à un titre nouveau et spécifique: en effet, le prêtre représente sacramentellement le Christ, Tête, Pasteur et Epoux de l'Eglise [5]. En raison de cette configuration au Christ, toute la vie du ministre sacré doit être animée par le don de toute sa personne à l'Eglise et par une authentique charité pastorale [6].

    En conséquence, le candidat au ministère ordonné doit atteindre la maturité affective. Une telle maturité le rendra capable d'avoir des relations justes avec les hommes et avec les femmes, en développant en lui un véritable sens de la paternité spirituelle vis-à-vis de la communauté ecclésiale qui lui sera confiée [7].

    1. L'homosexualité et le ministère ordonné

    Depuis le Concile Vatican II jusqu'à ce jour, divers documents du Magistère - et particulièrement le Catéchisme de l'Eglise catholique - ont confirmé l'enseignement de l'Eglise sur l'homosexualité. Le Catéchisme distingue entre les actes homosexuels et les tendances homosexuelles.

    Au sujet des actes, il enseigne qu'ils sont présentés dans la Sainte Ecriture comme des péchés graves. La Tradition les a constamment considérés comme intrinsèquement immoraux et contraires à la loi naturelle. En conséquence, ils ne peuvent être approuvés en aucun cas.

    En ce qui concerne les tendances homosexuelles profondément enracinées, que présentent un certain nombre d'hommes et de femmes, elles aussi sont objectivement désordonnées et, souvent, elles constituent aussi une épreuve pour ces personnes. Celles-ci doivent être accueillies avec respect et délicatesse; on évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Elles sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie et à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu'elles peuvent rencontrer [8].

    Dans la lumière de cet enseignement, ce Dicastère, en accord avec la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements estime nécessaire d'affirmer clairement que l'Eglise, tout en respectant profondément les personnes concernées [9], ne peut pas admettre au Séminaire et aux Ordres sacrés ceux qui pratiquent l'homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu'on appelle la culture gay. [10].

    Ces personnes se trouvent en effet dans une situation qui fait gravement obstacle à une juste relation avec des hommes et des femmes. De plus, il ne faut pas oublier les conséquences négatives qui peuvent découler de l'Ordination de personnes présentant des tendances homosexuelles profondément enracinées.

    Par contre, au cas où il s'agirait de tendances homosexuelles qui seraient seulement l'expression d'un problème transitoire, comme, par exemple, celui d'une adolescence pas encore achevée, elles doivent de toute façon être clairement dépassées au moins trois ans avant l'Ordination diaconale.

    1. Le discernement de l'idonéité des candidats par l'Eglise

    Deux aspects sont indissociables dans toute vocation sacerdotale: le don gratuit de Dieu et la liberté responsable de l'homme. La vocation est un don de la grâce divine, reçu par l'intermédiaire de l'Eglise, dans l'Eglise et pour le service de l'Eglise. En répondant à l'appel de Dieu, l'homme s'offre librement à Lui dans l'amour [11]. Le seul désir de devenir prêtre n'est pas suffisant et il n'existe pas de droit à recevoir l'Ordination sacrée. Il appartient à l'Eglise - dans sa responsabilité de définir les nécessaires conditions requises pour la réception des Sacrements institués par le Christ - de discerner l'idonéité de celui qui désire entrer au Séminaire [12], de l'accompagner durant les années de la formation et de l'appeler aux Ordres sacrés, si l'on juge qu'il possède les qualités requises [13].

    La formation du futur prêtre doit articuler, en une complémentarité essentielle, les quatre dimensions de la formation: humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale [14]. Dans ce contexte, il faut noter l'importance particulière de la formation humaine, fondement nécessaire de toute la formation [15] Pour admettre un candidat à l'Ordination diaconale, l'Eglise doit vérifier, entre autres, qu'il a atteint la maturité affective du candidat au sacerdoce [16].

    L'appel aux Ordres est de la responsabilité personnelle de l'Evêque [17] ou du Supérieur Majeur. En tenant compte de l'avis de ceux à qui ils ont confié la responsabilité de la formation, l'Evêque ou le Supérieur Majeur, avant d'admettre à l'Ordination le candidat, doivent parvenir à un jugement moralement certain sur ses qualités. Dans le cas d'un doute sérieux sur ce point, ils ne doivent pas l'admettre à l'Ordination [18].

    Le discernement de la vocation et de la maturité du candidat est aussi un grave devoir du recteur et des autres formateurs du Séminaire. Avant chaque Ordination, le recteur doit exprimer son jugement sur les qualités du candidat requises par l'Eglise [19].

    Dans le discernement de l'idonéité à l'Ordination, un rôle important est dévolu au directeur spirituel. Tout en étant tenu au secret, il représente l'Eglise au for interne. Lors des entretiens avec le candidat, le directeur spirituel doit notamment rappeler les exigences de l'Eglise en ce qui concerne la chasteté sacerdotale et la maturité affective spécifique du prêtre, et aussi l'aider à discerner s'il a les qualités nécessaires [20]. Il a l'obligation d'évaluer toutes les qualités de la personnalité et de s'assurer que le candidat ne présente pas de troubles sexuels incompatibles avec le sacerdoce. Si un candidat pratique l'homosexualité ou présente des tendances homosexuelles profondément enracinées, son directeur spirituel, comme d'ailleurs son confesseur, ont le devoir de le dissuader, en conscience, d'avancer vers l'Ordination.

    Il reste entendu que c'est le candidat lui-même qui est le premier responsable de sa propre formation [21]. Il doit se soumettre avec confiance au discernement de l'Eglise, de l'Evêque qui appelle aux Ordres, du recteur du Séminaire, du directeur spirituel et des autres éducateurs du Séminaire auxquels l'Evêque ou le Supérieur Majeur ont confié la mission de former les futurs prêtres. Il serait gravement malhonnête qu'un candidat cache son homosexualité pour accéder, malgré tout, à l'Ordination. Un comportement à ce point inauthentique ne correspond pas à l'esprit de vérité, de loyauté et de disponibilité qui doit caractériser la personnalité de celui qui estime être appelé à servir le Christ et son Eglise dans le ministère sacerdotal.

    Conclusion

    Cette Congrégation confirme la nécessité pour les Evêques, les Supérieurs Majeurs et tous les responsables concernés de se livrer à un discernement attentif de l'idonéité des candidats aux Ordres sacrés, et cela depuis l'admission au Séminaire jusqu'à l'Ordination. Ce discernement doit être accompli à la lumière d'une conception du sacerdoce ministériel en conformité avec l'enseignement de l'Eglise.

    Les Evêques, les Conférences Episcopales et les Supérieurs Majeurs veilleront à ce que les normes de cette Instruction soient fidèlement observées pour le bien des candidats eux-mêmes et pour assurer toujours à l'Eglise des prêtres idoines, vrais pasteurs selon le Coeur du Christ.

    Le Souverain Pontife Benoît XVI a approuvé la présente Instruction le 31 août 2005 et il en a ordonné la publication.

    Rome, le 4 novembre 2005, en la mémoire de S. Charles Borromée, Patron des Séminaires.

    Zenon Card. GROCHOLEWSKI
    Préfet

    S.Exc. Mgr J. Michael MILLER, c.s.b.
    Archevêque tit. de Vertara
    Secrétaire

    Notes

    [1]Concile oecuménique Vatican II, Décret sur la formation des prêtres Optatam totius (28 octobre 1965): AAS 58 (1966), 713-727.

    [2] Cf. Congrégation pour l'Education Catholique, Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis (6 janvier 1970; nouvelle édition, 19 mars 1985); L'enseignement de la philosophie dans les séminaires (20 janvier 1972); Orientations sur l'éducation au célibat sacerdotal (11 avril 1974); L'enseignement du Droit Canonique pour les aspirants au sacerdoce (2 avril 1975); La formation théologique des futurs prêtres (22 février 1976); Epistula circularis de formatione vocationum adultarum (14 juillet 1976); Instruction sur la formation liturgique dans les séminaires (3 juin 1979); Lettre circulaire concernant quelques aspects plus urgents de la préparation spirituelle dans les séminaires (6 janvier 1980); Orientations éducatives sur l'amour humain - Traits d'éducation sexuelle (1 novembre 1983); La Pastorale de la Mobilité humaine dans la formation des futurs prêtres (25 janvier 1986); Orientations pour la formation des futurs prêtres concernant les instruments de communication sociale (19 mars 1986); Lettre circulaire touchant les études sur les Eglises Orientales (6 janvier 1987); La Vierge Marie dans la formation intellectuelle et spirituelle (25 mars 1988); Orientations pour l'étude et l'enseignement de la doctrine sociale de l'Eglise dans la formation sacerdotale (30 décembre 1988); Instruction sur l'étude des Pères de l'Eglise dans la formation sacerdotale (10 novembre 1989); Directives pour la préparation des éducateurs de séminaires (4 novembre 1993); Directives pour la formation des séminaristes sur les problèmes relatifs au mariage et à la famille (19 mars 1995); Instruction aux Conférences épiscopales sur l'admission au séminaire de candidats provenant d'autres séminaires ou familles religieuses (9 octobre 1986 et 8 mars 1996); La période propédeutique (1 mai 1998); Lettere circolari circa le norme canoniche relative alle irregolarità e agli impedimenti sia ad Ordines recipiendos, sia ad Ordines exercendos (27 juillet 1992 et 2 février 1999).

    [3] Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Pastores dabo vobis (25 mars 1992): AAS 84 (1992), 657-864.

    [4] Cf. C.I.C., can. 1024 et C.C.E.O., can. 754; Jean-Paul II, Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis sur l'Ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes (22 mai 1994): AAS 86 (1994), 545-548.

    [5] Cf. Concile oecuménique Vatican II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres Presbyterorum ordinis (7 décembre 1965), n. 2: AAS 58 (1966), 991-993; Pastores dabo vobis, n. 16: AAS 84 (1992), 681-682.

    Au sujet de la configuration au Christ, Epoux de l'Eglise, Pastores dabo vobis affirme: "Le prêtre est appelé à être l'image vivante de Jésus Christ, Epoux de l'Eglise [...] Il est appelé, dans sa vie spirituelle, à revivre l'amour du Christ Epoux envers l'Eglise Epouse. Sa vie doit donc être illuminée et orientée par ce caractère sponsal qui lui demande d'être témoin de l'amour sponsal du Christ" (n. 22): AAS 84 (1992), 691.

    [6] Cf. Presbyterorum ordinis, n. 14: AAS 58 (1966), 1013-1014; Pastores dabo vobis, n. 23: AAS 84 (1992), 691-694.

    [7] Cf. Congrégation pour le Clergé, Directoire Dives Ecclesiae pour le ministère et la vie des prêtres (31 mars 1994), n. 58.

    [8] Cf. Catéchisme de l'Eglise Catholique (édition typique, 1997), nn. 2357-2358.
    Cf. aussi les divers documents de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi: Déclaration Persona humana sur quelques questions d'éthique en matière de sexualité (29 décembre 1975); Lettre Homosexualitatis problema à tous les Evêques de l'Eglise Catholique sur la pastorale à l'égard des personnes homosexuelles (1 octobre 1986); Quelques considérations sur la réponse à des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles (23 juillet 1992); Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles (3 juin 2003).
    Au sujet de l'inclination homosexuelle, la Lettre Homosexualitatis problema affirme: "Bien qu'elle ne soit pas en elle-même un péché, l'inclination particulière d'une personne homosexuelle constitue néanmoins une tendance, plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral. C'est la raison pour laquelle l'inclination elle-même doit être considérée comme objectivement désordonnée" (n. 3).

    [9] Cf. Catéchisme de l'Eglise Catholique (édition typique, 1997), n. 2358; cf. aussi C.I.C., can. 208 et C.C.E.O., can. 11.

    [10] Cf. Congrégation pour l'Education Catholique, A memorandum to Bishops seeking advice in matters concerning homosexuality and candidates for admission to Seminary (9 juillet 1985); Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Lettre (16 mai 2002): Notitiae 38 (2002), 586.

    [11] Cf. Pastores dabo vobis, nn. 35-36: AAS 84 (1992), 714-718.

    [12] Cf. C.I.C., can. 241, 1: "L'Evêque diocésain n'admettra au grand séminaire que ceux qui, par leurs qualités humaines et morales, spirituelles et intellectuelles, par leur santé physique et psychique ainsi que par leur volonté droite, seront jugés capables de se donner pour toujours aux ministères sacrés" et C.C.E.O., can. 342, 1.

    [13] Cf. Optatam totius, n. 6: AAS 58 (1966), 717. Cf. aussi C.I.C., can. 1029: "Seront seuls promus aux ordres ceux qui, au jugement prudent de l'Evêque propre ou du Supérieur majeur compétent, tout bien pesé, ont une foi intègre, sont animés par une intention droite, possèdent la science voulue, jouissent d'une bonne réputation et sont dotés de moeurs intègres, de vertus éprouvées et des autres qualités physiques et psychiques en rapport avec l'ordre qu'ils vont recevoir" et C.C.E.O., can. 758.
    Ne pas appeler aux Ordres celui qui n'a pas les aptitudes requises n'est pas une discrimination injuste: cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Quelques considérations sur la réponse à des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles.

    [14] Cf. Pastores dabo vobis, nn. 43-59: AAS 84 (1992), 731-762.

    [15] Cf. ibid., n. 43: "Le prêtre, appelé à être "image vivante" de Jésus Christ, Tête et Pasteur de l'Eglise, doit chercher à refléter en lui-même, dans la mesure du possible, la perfection humaine, qui resplendit dans le Fils de Dieu fait homme et qui transparaît avec une singulière efficacité dans ses attitudes avec les autres": AAS 84 (1992), 732.

    [16] Cf. ibid., nn. 44 et 50: AAS 84 (1992), 733-736 et 746-748. Cf. aussi: Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Carta circular Entre las más delicadas a los Exc.mos y Rev.mos Señores Obispos diocesanos y demás Ordinarios canónicamente facultados para llamar a las Sagradas Ordenes, sobre Los escrutinios acerca de la idoneidad de los candidatos (10 novembre 1997): Notitiae 33 (1997), 495-506, en particulier l'Annexe V.

    [17] Cf. Congrégation pour les Evêques, Directoire pour le Ministère pastoral des Evêques Apostolorum Successores (22 février 2004), n. 88.

    [18] Cf. C.I.C., can. 1052, 3: "Si [...], pour des raisons déterminées, l'Evêque doute de l'idonéité du candidat à recevoir les ordres, il s'abstiendra de le promouvoir". Cf. aussi C.C.E.O., can. 770.

    [19] Cf. C.I.C., can. 1051: "Pour l'enquête sur les qualités requises chez l'ordinand [...] l'attestation du recteur du séminaire ou de la maison de formation sera obtenue au sujet des qualités requises chez le candidat pour la réception de l'ordre, à savoir: doctrine sûre, piété authentique, bonnes moeurs, aptitude à l'exercice du ministère; et de plus, après recherche soigneusement faite, état de santé physique et psychique".

    [20] Cf. Pastores dabo vobis, nn. 50 et 66: AAS 84 (1992), 746-748 et 772-774. Cf. aussi Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, n. 48.

    [21] Cf. Pastores dabo vobis, n. 69: AAS 84 (1992), 778.

     JPSC

     

     

  • La barque de Pierre prend-elle l'eau ?

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    De Carlos Esteban sur le site hispanophone Infovaticana (traduction par nos soins) :

    Le naufrage

    Non praevalebunt. Les forces de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Église. C'est la promesse du Christ à laquelle nous, catholiques, pouvons nous accrocher avec confiance. Et c'est le meilleur moment pour s'en souvenir et s'y fier car, humainement, le gouvernement de l'Eglise ressemble plus que jamais au bunker de Berlin dans le film La Chute.

    L'image est sombre. Les scandales jumelés du Chili et des États-Unis ne sont pas seulement terribles en raison du nombre d'années pendant lesquelles les pasteurs ont couvert et ainsi toléré les abus continuels et scandaleux sur de jeunes hommes - qualifier cela de « pédophile » équivaut simplement à éluder la question - et aussi parce qu'ils ont révélé que de tels comportements, loin d'être des exceptions inhabituelles, ont persisté dans un environnement de «normalité» relative; non, ce qui est particulièrement inquiétant pour les catholiques dans le monde aujourd'hui, c'est la réaction des «bons» évêques, des cardinaux, du pape.

    Dans la délicieuse comédie « 1,2,3 » de Billy Wilder, un dirigeant américain, directeur de Coca-Cola à Berlin dans les années soixante, se trouve confronté à un gars qui claque les talons pour dire bonjour et tend le bras à la moindre provocation, mais prétend ne pas avoir su ce qui s'est passé en Allemagne pendant la guerre parce qu'il travaillait dans le métro. Wilder se moque ici d'un peuple qui prétendait se dissocier collectivement des crimes du nazisme, comme si ils avaient eu lieu dans le secret absolu, ce qui est absurde. Et à présent, ils veulent nous vendre le même âne aveugle.

    Je propose un principe très simple: si, lors d'un scandale massif, impliquant des centaines de victimes sur plusieurs décennies au sein d'une organisation, tous les responsables de la même organisation disent qu'ils ne savaient rien et n'ont rien vu, c'est que cette organisation est pourrie à la racine.

    Le mal ne réside donc pas dans ces «pommes pourries»; personne n'est à l'abri du péché, ni du pire, et il n'y a pas d'institution sans péché dans ce monde pécheur. Le vrai mal dans ce cas est, si vous voyez ce que je veux dire, réside dans la réaction du «camp du bien».

    C'est notamment dans les «mesures» proposées par le cardinal O'Malley que nous avons mentionnées dans un texte précédent. Le chef du dispositif du Vatican fondé précisément pour clarifier ces cas, s'exprime comme si le problème avait une solution bureaucratique : il serait question de renforcer les règles ici et d'affiner les lignes directrices là pour en finir avec cette question embarrassante. Éminence, avec tout le respect que je vous dois : les évêques américains, leurs collègues, savaient; Rome savait; ses collaborateurs et subordonnés savaient.

    Il y a un évêque jouissant d'une réputation orthodoxe et conservatrice, Thomas Tobin (de Providence), qui affirme sur Twitter que la plupart de ses collègues sont saints et immaculés (je paraphrase), que ce scandale est exceptionnel. Le tweet en question a suscité, la dernière fois que je l'ai vu, une centaine de réponses, presque toutes respectueuses mais, dans leur écrasante majorité, extrêmement critiques. Je ne pense pas que ce soit une coïncidence que Monseigneur Tobin ait fermé son compte.

    Il y a une Curie, dominée par une « junte » informelle -le C9- parmi les membres de laquelle abondent ceux qu'éclabousse le scandale, comme le cardinal Maradiaga, en plus de ceux dont l'orthodoxie est douteuse, comme le cardinal Marx.

    Il y a un pontificat qui semble beaucoup plus obsédé par des questions qui ont peu ou rien à voir avec sa mission comme le changement climatique ou les politiques migratoires et qui se prononce sur ces questions avec une assurance déconcertante tandis qu'il laisse dans un douloureux état de confusion de graves questions doctrinales.

    Il y a un monceau de slogans bien sonnants - "Une Eglise pauvre pour les pauvres", "tolérance zéro" - qui restent sans effet et qui se retrouvent constamment en contradiction avec les décisions concrètes qui sont prises. Et cela dans une obsession de l'image et du geste vague au détriment de la clarté.

    Il y a la division de l'Eglise qui s'accentue et favorise jour après jour la marginalisation des chrétiens conservateurs qui, pour le plus grand malheur du progressisme dominant, sont ceux qui remplissent les églises et les séminaires.

    Il y a Sa Sainteté qui s'est démarquée à gauche dès le début de son pontificat et a donné l'idée que l'idéologie aurait un rôle prédominant, quelque chose qui se confirme dans la combinaison entre une inépuisable miséricorde pour les uns et une dureté inexplicable et inexpliquée à l'égard des institutions traditionnelles comme la Fraternité des Saints Apôtres ou les Franciscains de l'Immaculée, véritables pépinières de vocations.

    Il y a une ambiguïté doctrinale délibérément maintenue autour de vérités essentielles sur lesquelles diverses institutions ecclésiales s'interrogent, sur les sacrements ou l'objectivité du bien moral. Il y a le silence obstiné face aux doutes formulés par quatre cardinaux au sujet de l'exhortation Amoris Laetitia, de la part d'un pontife qu'on ne peut précisément accuser de se taire ou d'hésiter, qui reste un mystère douloureux pour beaucoup, tout comme son attitude changeante concernant la communion offerte aux conjoints protestants de fidèles catholiques.

    Il y a, enfin, dans une hiérarchie de plus en plus désolidarisée de sa mission, transformée en une association professionnelle qui s'investit davantage dans les luttes de pouvoir et les ambitions personnelles que dans le zèle pour la Maison du Père. Il ne faut peut-être pas s'attendre à ce que chacun des évêques du monde soit une réplique exacte des apôtres, leurs prédécesseurs; mais il semble qu'ils n'essaient même pas. (...)

    Rien de tout cela ne peut changer et ne changera pas sans un véritable tsunami dans l'Église. (...) Ce que je sais, c'est qu'une poignée de règles bureaucratiques ne fera rien pour arrêter la marée.

  • Scandales sexuels : les réponses du cardinal O'Malley sont-elles à la hauteur de la catastrophe ?

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    On trouvera ci-dessous (publié sur Vatican News) ce que le cardinal O'Malley propose pour répondre au scandale provoqué par l'affaire McCarrick (l'arbre qui ne doit pas cacher la forêt). Il semble malheureusement que ces déclarations visant à rassurer les fidèles ne soient pas à la hauteur de la situation catastrophique dans laquelle l'Eglise est aujourd'hui plongée par des scandales sexuels qui ne se résument pas à quelques affaires de pédophilie. Et c'est le cas dans de très nombreux pays parmi lesquels le Chili, le Honduras, les Etats-Unis occupent aujourd'hui le devant de la scène. L'Eglise a besoin d'un vaste tsunami pour la conformer en profondeur à sa véritable vocation mais qui en sera l'artisan ? 

    Abus sexuels: le cardinal O’Malley demande «plus que des excuses» aux évêques impliqués

    Il faut une «politique solide et complète» pour répondre aux accusations d'abus sexuels portées contre un évêque, a estimé le cardinal Sean O'Malley, archevêque de Boston (Etats-Unis), dans une note adressée à son diocèse et parue le 24 juillet.

    Dans sa note, le cardinal O’Malley fait, entre autres, référence à l’affaire McCarrick. Le cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington, a été suspendu de tout ministère public par le Pape François, le 20 juin dernier. Il est accusé d’abus sexuels sur mineurs et de comportement sexuel inapproprié avec des adultes dans les années 1970, lorsqu'il exerçait dans le diocèse de New-York. 

    Des abus qui traumatisent les catholiques

    «Ces actions présumées, si elles sont commises par une personne, sont moralement inacceptables et incompatibles avec le rôle du prêtre, de l’évêque ou du cardinal», énonce clairement le cardinal O’Malley, qui est aussi président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs (CPPM) depuis 2014.

    Elles «ont traumatisé beaucoup de catholiques et au-delà», insiste le cardinal O’Malley, ajoutant que «pareilles nouvelles créaient des doutes dans l’esprit de nombre de personnes»vis-à-vis des membres du clergé.

    «Il faut plus que des excuses» 

    Au-delà du cas du cardinal McCarrick, ce genre de situation nécessite «plus que d’excuses», défend le cardinal-archevêque de Boston. En effet, «lorsque des accusations sont portées contre un évêque ou un cardinal, l’on constate encore beaucoup de lacunes dans les politiques de l’Église pour gérer ces comportements et abus sexuels», déplore-t-il, soulignant tout de même que l'Église américaine avait adopté une politique de «tolérance zéro» en ce qui concerne l'abus sexuel des mineurs par les prêtres. 

    Transparence et cohérence

    Néanmoins, «des procédures plus claires pour les affaires impliquant des évêques» sont requises, plaide le cardinal américain, appelant ainsi de ses vœux des «protocoles transparents et cohérents» pour garantir justice aux victimes, et surtout, «répondre à l'indignation légitime des fidèles». Ne pas le faire, prévient-il, «menacerait l’autorité morale déjà affaiblie de l’Eglise»,et pourrait détruire la confiance nécessaire aux ministères des prêtres et des évêques.

    Les victimes, elles, doivent être «félicitées» et traitées avec respect pour avoir mis en lumière leur expérience tragique, stipule enfin le cardinal américain, rappelant que ces accusations étaient naturellement «source de déception et de colère».

    Trois impératifs pour l'Église

    Par conséquent, le cardinal identifie trois impératifs. Tout d'abord, il réaffirme qu'une «évaluation juste et rapide des accusations» est nécessaire, couplée à «une évaluation de l'adéquation de nos normes, de nos politiques dans l'Eglise, et ce, à tous les niveaux, spécialement dans le cas d’évêques». Troisièmement, il est nécessaire de «communiquer plus clairement aux fidèles catholiques et à toutes les victimes» la procédure à suivre pour porter plainte contre les évêques ou les cardinaux.

    Dans ce genre de moments, «il n’y a pas de plus grand impératif pour l'Église que de se sentir responsable pour affronter ces problèmes», affirme enfin le cardinal O’Malley, promettant de mettre le sujet sur la table lors de ses futurs échanges avec le Saint-Siège.

    Faisant allusion au cardinal McCarrick, le cardinal irlandais Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie s’est dit, lui, «choqué» des «accusations d’abus et d’harcèlements sexuels portées contre l'archevêque émérite de Washington McCarrick»,  a rapporté le National Catholic Reporter le 24 juillet 2018.

  • Humanae Vitae ? Venez à l'abbaye de Kergonan les 4 et 5 août, avec le Cardinal Sarah !

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    JPSC

  • Crise très grave dans les séminaires du Honduras

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    Très grave crise dans les séminaires du Honduras par Jean Kinzler sur le Forum Catholique

    TEGUCIGALPA, Honduras, 26 juillet 2018 ( LifeSiteNews ) - L'un des cardinaux les plus influents du Vatican, déjà soupçonné de détourner le regard alors que les relations homosexuelles étaient menées dans sa résidence personnelle, a réprimandé cinquante séminaristes pour avoir dénoncé les problèmes de leur séminaire sous influencee homosexuelle. 

    "Au lieu de féliciter les séminaristes", a tweeté Ed Pentin (NCR), qui a révélé l'histoire, le cardinal Óscar Rodríguez Maradiaga "les a accusés de propager des" commérages "qui veulent présenter leurs camarades sous un mauvais jour".

    Les séminaristes concernés ont déclaré dans leur lettre commune qu'ils ne pouvaient plus "cacher l'ampleur de ce problème au séminaire", selon la NCR , qui a obtenu une copie de la lettre. 

    "Nous vivons et vivons une période de tension dans notre maison à cause de situations gravement immorales, surtout d'une homosexualité active au sein du séminaire qui a été un tabou pendant tout une époque", dit la lettre des jeunes hommes, "et en couvrant cette situation, le problème a pris de l'ampleur, devenant, comme l'a dit un prêtre il n'y a pas si longtemps, une «épidémie au séminaire».

    Après avoir lu le contenu de la lettre, le cardinal Maradiaga et le président de la conférence des évêques honduriens, Mgr Angel Garachana Pérez, ont fustigé les auteurs de la lettre. 

    LSN et ncr

  • Humanae vitae : Paul VI avait raison

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    De Sandro Magister en traduction sur le site diakonos.be :

    Paul VI avait raison avec « Humanae vitae ». « L’Osservatore Romano » donne la ligne à suivre

    Le 25 juillet, « Humanae vitae », l’encyclique controversée promulguée par Paul VI en 1968 sur la régulation de la fertilité, fête ses cinquante ans tout juste. Et ce même jour, « L’Osservatore Romano » – la quotidien officiel du Saint-Siège, dirigé depuis 2007 par Giovanni Maria Vian – l’a rappelé d’une manière très engagée.  Avec un éditorial signé à la une en première page, juste sous le titre, c’est-à-dire à l’endroit où un journal publie non seulement l’opinion d’un de ses chroniqueurs mais où il dicte sa ligne autorisée :

    > L’enciclica « Humanae vitae » cinquant’anni dopo

    Cet article est signé par Lucetta Scaraffia, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Rome « La Sapienza » et depuis de nombreuses années consultante éditoriale de « L’Osservatore Romano » ainsi que directrice de son supplément mensuel « Donne Chiesa Mondo ».

    C’est ce même éditorial qui ouvre également les éditions hebdomadaires en d’autres langues.

    Mais outre la signature, c’est le contenu de l’article qui est remarquable. Avec des arguments qu’on a pas l’habitude de voir dans le langage ecclésiastique, il met en lumière la « lucidité prophétique » de Paul VI quand il a publié cette encyclique ainsi que le courage extraordinaire dont il a fait preuve en contestant les utopies sexualistes et économistes dominantes de son époque qui se sont révélées vouées à l’échec.

    Aujourd’hui que « Humanae vitae » est à nouveau « mis en pièce » au sein de l’Église – comme le fait remarquer à juste titre Lucetta Scaraffia – il faut lire la publication de cet éditorial dans « L’Osservatore Romano » comme une prise de position faisant autorité pour en défendre le sens authentique à l’encontre de la vague révisionniste qui prétend en renverser l’enseignement, juste au moment où le grand pape qui l’a publiée est sur le point d’être canonisé.

    L’encyclique « Humanae vitae » cinquante ans après

    par Lucetta Scaraffia dans « L’Osservatore Romano » du 25 juillet 2018

    Cinquante ans après sa publication, l’encyclique « Humanae vitae » de Paul vi se présente aux yeux des hommes d’aujourd’hui de manière complètement différente: en 1968, c’était un document courageux — et donc controversé — qui allait contre l’air du temps, celui de la révolution sexuelle, pour l’accomplissement de laquelle étaient fondamentaux un contraceptif sûr et également la possibilité d’avorter. C’était aussi le temps où les économistes parlaient de «bombe démographique», c’est-à-dire du danger de surpopulation qui menaçait les pays riches et qui pouvait réduire leur prospérité.

    Deux forces puissantes, donc, qui se rangeaient contre l’encyclique: l’utopie du bonheur, que la révolution sexuelle promettait à chaque être humain, et la richesse, qui aurait été la conséquence logique d’une diminution de la population à vaste échelle.

    Aujourd’hui, cinquante ans après, nous voyons les choses d’une toute autre manière. Ces deux visions utopiques se sont réalisées, mais elles n’ont pas apporté les résultats espérés: ni le bonheur, ni la richesse, mais plutôt de nouveaux problèmes dramatiques.

    Si l’effondrement de la population dans les pays développés se confronte avec difficulté à l’arrivée de masses d’immigrés nécessaires, mais dans le même temps inacceptables pour beaucoup, à partir du contrôle médical des naissances a commencé l’invasion de la procréation de la part de la science, avec des résultats ambigus, souvent préoccupants et dangereux.

    Aujourd’hui, alors que nous payons toutes les conséquences d’une brusque et forte dénatalité et que beaucoup de femmes, après des années d’anticonceptionnels chimiques, ne réussissent pas à concevoir un enfant, nous nous rendons compte que l’Eglise avait raison, que Paul VI avait été prophétique en proposant une régulation naturelle des naissances qui aurait sauvé la santé des femmes, la relation de couple et le caractère naturel de la procréation.

    Aujourd’hui, où les jeunes femmes passionnées d’écologie se tournent vers des méthodes naturelles de régulation de la fertilité, sans même connaître l’existence d’ »Humanae vitae », aujourd’hui, où les gouvernements cherchent à réaliser des politiques qui favorisent la natalité, nous devons relire l’encyclique avec d’autres yeux. Et au lieu de la voir comme la grande défaite de l’Eglise face à la modernité diffuse, nous pouvons en revendiquer la lucidité prophétique quand elle a saisi les dangers contenues dans ces changements et nous féliciter, nous catholiques, qu’une fois encore l’Eglise n’est pas tombée dans le piège alléchant des utopies du XXe siècle, mais qu’elle a su en saisir immédiatement les limites et les dangers.

    Mais peu de personnes y réussissent: pour beaucoup, il est encore difficile de se détacher de la vieille opposition entre progressistes et conservateurs, au sein de laquelle l’encyclique a été mise en pièces, sans en saisir l’esprit critique et la force innovatrice. Encore maintenant, personne ne semble se rappeler que, pour la première fois, un Pape a accepté la régulation des naissances et a invité les médecins à rechercher des méthodes naturelles et efficaces.

    Il est donc très important de réussir à regarder « Humanae vitae » avec des yeux nouveaux, des yeux d’êtres humains qui vivent au XXIe siècle, désormais conscients de l’échec de tant d’utopies et de tant de théories économiques qui avaient été proposées comme infaillibles.

    Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons affronter les problèmes actuels de la famille, le nouveau rôle des femmes et les rapports difficiles entre éthique et science, dont les racines se trouvent — même si par certains aspects de manière inconsciente — dans ce texte du lointain 1968.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Theodore McCarrick n’est plus cardinal

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    Lu sur le site « Riposte Catholique » :

    Le pape a accepté aujourd’hui, samedi 28 juillet, la renonciation à la dignité cardinalice que l’ancien – on n’ose écrire “émérite” – archevêque de Washington D.C. lui avait fait parvenir hier. Face aux inconduites sexuelles du personnage, dénoncées par ses victimes et connues depuis de longues années de hauts prélats, à Rome comme aux États-Unis, et qui les ont tues, devenues publiques voici peu, une telle issue était inévitable. La dernière mesure de cette nature fut prise en mars 2015 envers le cardinal britannique Keith O’Brien, pour le même type d’inconduite, décédé en mars dernier. McCarrick qui fut un prélat de premier plan aux États-Unis et qui, trop âgé pour participer au dernier conclave, eut toutefois une grande influence auprès de ses pairs pour promouvoir l’élection du pape François, a, de plus, été frappé par ce dernier d’une peine de suspens a divinis et invité à observer une vie de prière et de pénitence dans une maison qui lui sera ultérieurement désignée, en attendant le verdict du procès canonique qui est ouvert contre lui.

    Ref. Théodore McCarrick n’est plus cardinal

    JPSC

    https://fr.zenit.org/articles/etats-unis-mgr-theodore-mccarrick-nest-plus-cardinal/

  • Le pape n'a pas d'autre choix que de faire le ménage

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    De Robert Royal sur le site "The Catholic Thing" (notre traduction) :

    Des futilités alors que l'Amérique - et Rome - sont en feu

    Le célèbre philosophe politique Leo Strauss aurait dit que les théoriciens politiques modernes sont pires que l'ancien empereur romain Néron. Parce que contrairement au vieil adage, ils ne savent ni qu'ils jouent de la harpe ni que Rome brûle.

    Les évêques américains ont tenu leur réunion annuelle de juin à Fort Lauderdale il y a quelques semaines et, à sur la foi des rapports, ils ont passé leur temps ensemble à discuter des politiques actuelles et des changements à apporter à la ligne électorale pour les élections de mi-mandat.

    À Rome, la semaine dernière, le p. Antonio Spadaro SJ, rédacteur en chef de la publication semi-officielle du Vatican, La Civiltà Cattolica, avec Marcelo Figueroa, un presbytérien choisi par le pape François comme rédacteur en chef de l'édition argentine de L'Osservatore Romano, ont publié un autre long article sur un phénomène religieux américain : "L'évangile de la prospérité: dangereux et différent."

    Contrairement à leurs efforts antérieurs, qui soutenaient que la collaboration entre les conservateurs évangéliques et les catholiques était un «œcuménisme de la haine», cet article attira peu l'attention. Ce qui n'est pas une surprise.

    Bien que les colporteurs de l'évangile de la prospérité aient des liens avec le président Trump - qui semble être la véritable cible de l'essai - peu de gens connaissant la religion aux États-Unis considéreraient cette fraction de groupes confessionnels comme particulièrement importante. En fait, parmi la plupart des personnes religieuses, à la fois de gauche et de droite, elle est considérée comme une sorte de secte chrétienne excentrique.

    Pendant ce temps, une menace internationale pour l'Église apparaît, simultanément dans plusieurs pays : une crise de confiance dans la direction catholique et dans l'Église elle-même qui pourrait rendre futiles ces autres préoccupations, qui sont plutôt périphériques pour la vie et la mission de l'Église.

    En Amérique, de nombreuses personnes ont été choquées par les révélations selon lesquelles le Cardinal Theodore McCarrick, l'un des plus importants prélats catholiques américains au cours des deux dernières décennies et figure emblématique de l'Église après la crise des abus sacerdotaux en 2002, était lui-même un abuseur.

    Au début, des rumeurs ont émergé au sujet de ses relations avec des hommes adultes, dont deux ont reçu des dédommagements financiers des diocèses de Metuchen et de Newark, où McCarrick avait servi en tant qu'évêque et archevêque. Ces histoires ont confirmé ce qui avait été largement répandu depuis de nombreuses années, à savoir que «l'oncle Ted» avait pris l'habitude de faire pression sur les séminaristes et sur d'autres dans des circonstances sexuelles.

    Mais à présent, un homme s'est présenté rapportant des histoires d'abus par McCarrick qui ont commencé quand il avait onze ans. Et sans doute il y a beaucoup d'autres faits explosifs à venir, à en juger par ce que nous savons déjà.

    Cela a conduit à d'autres révélations par d'autres qui ont été abusés par des prêtres et des évêques, certains de manière choquante, et le fait écœurant est que pratiquement personne en position d'autorité n'a pris des mesures, en particulier lorsque des évêques étaient impliqués. Si l'on peut digérer les détails, qui sont parfois carrément blasphématoires et littéralement diaboliques, on peut avoir une idée de la nature du problème ici, ici, ici et particulièrement ici.
    *
    Il n'est pas surprenant qu'une vague d'indignation se développe en Amérique à l'heure actuelle, même parmi les fidèles catholiques. A en juger selon beaucoup de personnes avec qui je suis en contact de façon régulière et qui connaissent très bien ces choses, nous pourrions bien être juste au début d'une autre vague d'introspection dans l'Église, cette fois-ci pas tellement au sujet des plaintes au sujet des prêtres, mais au sujet des évêques qui auraient dû faire quelque chose au sujet d'autres évêques et de personnes en position d'autorité.

    Nous avons vu comment une mauvaise gestion de charges similaires par le passé au Chili a entaché le voyage du pape dans ce pays plus récemment cette année. Deux cardinaux chiliens, dont l'un fait partie du C9 du pape, triés sur le volet, sont impliqués dans les dissimulations et peut-être dans la désinformation dont François a fait l'objet. Pas plus tard qu'hier, les autorités chiliennes ont annoncé qu'elles enquêtaient sur 158 membres de l'Église soupçonnés d'être des agresseurs ou d'avoir dissimulé des abus.

    Un autre conseiller supérieur du pape, le cardinal Oscar Rodriquez Maradiaga du Honduras, a été accusé de corruption financière. Mais ce qui est peut-être encore plus grave, c'est que son subalterne, Mgr Juan José Pineda Fasquelle, qui dirige l'archidiocèse pendant les longues absences de Maradiaga, a dû démissionner après des révélations de multiples cas d'abus sexuels de séminaristes, similaires à ceux de McCarrick.

    Mais l'affaire McCarrick est inhabituelle dans la mesure où nous avons un cardinal en exercice qui est maintenant jugé par les autorités compétentes pour avoir commis des infractions pendant de nombreuses années et qui reste cardinal. Le pape François doit faire quelque chose à ce sujet - et à propos de ceux qui ont couvert McCarrick.

    Parce que malgré les dénégations, de nombreux évêques américains ont reçu des plaintes à propos de McCarrick et n'ont rien fait à leur sujet. Rome elle-même avait dû être informée des versements pour des abus antérieurs (nous savons qu'une délégation laïque s'est rendue à Rome pour essayer d'arrêter la nomination de McCarrick à Washington précisément à cause de ses penchants sexuels connus).

    Même le Washington Post, auparavant indifférent aux rumeurs sur McCarrick, a observé: «Beaucoup d'observateurs de l'Eglise pensent que c'est un moment de rupture pour François en raison de la stature de McCarrick et du fait que les crises d'abus sexuels cléricales catholiques explosent au Chili et au Honduras. "

    Notre ami Phil Lawler a écrit un essai essentiel, qui a paru hier sur le site Internet First Things. Selon lui, il est important de savoir comment McCarrick a pu abuser des enfants et des adultes pendant longtemps, mais c'est une question importante pour protéger les futures victimes, mais:

    "C'est moins critique que la question de savoir comment son ascension dans les rangs ecclésiastiques s'est poursuivie, même si des rumeurs sur ses activités homosexuelles ont circulé autour de lui. Pourquoi McCarrick a-t-il été nommé archevêque de Washington et a reçu un chapeau rouge de cardinal? Pourquoi a-t-il été autorisé à promouvoir ses protégés, à remplir des missions diplomatiques spéciales pour le Vatican, à influencer la sélection des évêques et même d'un pontife romain, après que ses ébats de plage soient devenus une affaire de notoriété publique?"

    Découvrir comment cela a été possible va nécessiter un douloureux auto-examen, ici et à Rome même. Mais l'alternative est de continuer les affaires comme d'habitude. Et cette entreprise est maintenant en danger de faillite.

    A lire également : Un cardinal chilien accusé d'avoir dissimulé un scandale de pédophilie

  • « Dans Humanae vitae, Paul VI a dit la vérité sur l’amour et la contraception »

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    De Samuel Pruvot dans l’hebdomadaire « Famille chrétienne » :

    Humanae vitae 1230167386.jpg« Le 25 juillet 1968, Paul VI publiait l’encyclique Humanae Vitae quitte à essuyer l’incompréhension. Un texte qui se révèle plus que jamais prophétique aujourd’hui. Le frère Francesco revient sur la session consacrée par l’abbaye de Kergonan les 4 et 5 août prochains (voir le lien en rouge ci-dessous)

    L'abbaye de Kergonan organise une session à l'occasion des 50 ans de Humanae vitae. Pourquoi cette encyclique a-t-elle été aussi mal comprise par les catholiques à l'époque ?

    Certains, il s’agit de le rappeler, ont reçu cette encyclique avec gratitude et l’ont transmise à leurs enfants comme un trésor. Beaucoup en effet, laïcs ou clercs, ont été désarçonnés. Dans les difficultés inhérentes à la vie de famille et propre à la modernité, ils ont pensé trouver dans les moyens de contraception une solution confortable, pour une aspiration au plaisir. Depuis le péché originel, on court après une harmonie perdue. Le rappel de la vérité interne de l’acte conjugal et de son lien avec la transmission de la vie a semblé rude. Paul VI exprimait par la non-dissociation entre union et procréation, la sollicitude de l’Église pour ses enfants. Il a prédit des désordres qu’aujourd’hui nous voyons. Avec 50 ans de recul, on peut dire que la contraception, généralisée, ne rend pas les couples plus solides, les familles plus soudées, l’accueil de l’enfant plus généreux et plus aimant, le rapport à la Création plus respectueux... au contraire ! On confond désir et amour, on attrape à la place de recevoir, on perd le sens de la féminité comme de la masculinité.

    50 ans après sa publication, la présence du cardinal Sarah à Kergonan est-elle le signe que les nouvelles générations sont plus réceptives à cette sainteté qui passe notamment par la chasteté ?

    Les jeunes générations savent que la contraception ne résout pas les problèmes relationnels. Le perfectionnisme parental face à l’enfant, qui doit être parfait et doit tout avoir, finit par être un poids pour les jeunes parents. On semble leur dire : « Vous avez voulu un enfant, vous vous débrouillez ». Les hommes politiques ne leur disent plus merci de la part de la société, les clercs oublient quelquefois de le dire de la part de l’Église. Les jeunes aspirent pourtant toujours à la vérité et à l’harmonie, ils peuvent se rendre compte qu’on a menti à leurs parents. Paul VI non. Paul VI, et ses successeurs leur ont dit la vérité.

     Dans votre programme vous faites largement appel aux témoignages des couples. En quoi est-ce si important ?

    Parce que cette vérité contenue dans Humanae vitae se reçoit d’abord par l’exemple. Cela aussi Paul VI l’a dit de façon prophétique et providentielle . C’est aux foyers qui ont reçu, qui ont découvert ce message d’amour qu’il revient d’être « guides et apôtres » d’autres foyers. Ils doivent trouver dans le cœur et les paroles du prêtre l’écho de la voix du Rédempteur, la compréhension de leur ministère d’époux. Le prêtre, le moine aussi ont besoin de ces témoignages de couples. Comme les couples ont besoin du pape, du préfet de la congrégation pour le culte divin, des évêques et des prêtres pour avoir ensuite la force de rendre visibles à tous les hommes la douceur d’Humanae vitae. »

    Ref. « Dans Humanae vitae, Paul VI a dit la vérité sur l’amour et la contraception »

    Toutes les infos sur cet événement sur le site https://kergonanhumanaevitae.fr/

    JPSC

     

  • Humanae Vitae : l'histoire d'une encyclique incomprise

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    D'Yves Semen sur aleteia.org :

    Humanae vitae : histoire d’une encyclique incomprise

    50 ans après sa publication, l’encyclique Humanae Vitae est toujours incomprise. Sans doute les normes morales qui y sont énoncées ne sont pas suffisamment présentées comme des exigences d’une pleine réalisation de la personne dans le don d’elle-même. L’enseignement de la théologie du corps de Jean Paul II aide à y trouver cependant les grandes lignes de la spiritualité chrétienne de la vocation et de la vie conjugales.

    En cet anniversaire de la publication, le 25 juillet 1968, de l’encyclique Humanae vitae sur la régulation des naissances, il n’est pas inutile de revenir sur ce qui a conduit le bienheureux pape Paul VI à promulguer cet enseignement magistériel que Jean-Paul II a confirmé et étayé par sa théologie du corps et dont François nous invite à redécouvrir le message1.

    Mise au point aux USA au début des années 1950 par le dr Gregory Pincus, la pilule anovulatoire a été mise sur le marché en 1957, d’abord à des fins thérapeutiques pour remédier à certains troubles menstruels et aux fausses couches répétitives, puis à partir de 1960 à des fins contraceptives. Cette découverte n’a pas manqué de susciter des interrogations dans l’Église : pouvait-elle être considérée comme une nouvelle conquête du dominium de l’homme sur la nature ? Devait-elle être vue comme un heureux moyen de maîtriser le don de la vie qui jusque-là échappait le plus souvent au contrôle de l’homme ? En même temps, n’y avait-il pas là une remise en cause de la discipline traditionnelle de l’Église qui a toujours vu dans la contraception un désordre moral grave ?

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Le jeu risqué des déclarations pontificales

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    De Jeanne Smits sur réinformation.tv :

    « Qui suis-je pour juger ? » Le style du pape François a facilité le vote pour l’avortement en Irlande

    On s’est beaucoup demandé pourquoi et comment l’Irlande si catholique a pu approuver la modification de sa constitution afin de rendre possible la légalisation de l’avortement. La première réponse, la plus facile, est que l’Irlande est de moins en moins catholique puisque la pratique religieuse se contracte au fil des générations, et ce même si près de 80 % de la population se dit catholique. La seconde, c’est que les évêques ont préféré faire profil bas, jugeant l’Eglise trop victime d’une mauvaise presse liée à divers scandales, réels ou supposés, pour pouvoir peser sur le débat. Mais il y a une troisième raison, mise en avant par une ex-religieuse dans un des quotidiens « mainstream » de l’Ile d’Emeraude : le style du pape François a eu une influence sur le vote, le « oui » à 66 % pour l’avortement n’est pas sans lien avec son refus de porter des jugements sur des comportements gravement peccamineux que le monde entier a retenu à travers ses célèbres paroles, « Qui suis-je pour juger ».

    Il va de soi que l’avis du Dr Catherine McCann, ancienne Sœur de la charité, aujourd’hui psychothérapeute et conservatrice du Shekina Sculpture Garden (tout un programme) à Glenamure dans le comté de Wicklow, ne saurait être impartial. Elle tire certainement la couverture à elle, à travers cette « annexion » du pape qui par ailleurs, a eu des paroles fortes et répétées pour condamner l’avortement.

    Le vote pour l’avortement en Irlande, manifestation d’une foi « adulte »

    Reste que la confusion doctrinale qui préside à ce pontificat est précisément ce qui permet à une personnalité comme cette religieuse défroquée de tenir un discours dont les gros médias s’empressent de se servir, sous couleur d’une fausse « miséricorde » qui, loin de s’adresser aux pécheurs, est détournée pour affirmer la possibilité du péché comme un moindre mal.

    C’est en cela que la tribune de Catherine McCann est extrêmement révélatrice. Elle décrit précisément le résultat de la confusion régnante. Elle-même avoue avoir beaucoup réfléchi avant de voter « oui » à la suppression du Huitième amendement par laquelle la constitution irlandaise affirmait l’égal respect de la vie de la mère de l’enfant à naître. Elle affirme avoir beaucoup discuté, mais aussi prié ; elle a même assisté à une session mise en place par l’institut Loyola de Trinity College à Dublin sous le titre : « Vivre avec humanité ».

    Pourquoi cet écrasant vote favorable à l’avortement ? L’ex-religieuse – qui proteste de son adhésion personnelle au caractère sacré de la vie, partagée selon elle par la « majorité » des Irlandais – y voit deux raisons.

    « Qui suis-je pour juger ? » : le pape François sème la confusion et récolte la tempête

    « Premièrement, un noyau de plus en plus important de catholiques, des femmes surtout, prennent leur foi au sérieux et se sont éduqués selon les lignes de Vatican II. Ces dernières années, ils ont été influencés par le pape François, spécialement en ce qui concerne le respect et l’absence de jugement dans son approche des situations concrètes vécues par les individus », constate cette partisane d’une foi « adulte ».

    La deuxième raison est selon elle la « compassion ». « Il y avait un réel désir de rendre accessibles des soins sanitaires appropriés pour les femmes qui se trouvent dans des situations difficiles », explique Catherine McCann. Et de citer feu le cardinal Lehmann qui a pu parler d’« une décision prise en conscience par la femme à laquelle aucune puissance au monde – même l’Eglise – ne saurait se substituer et qui doit donc être acceptée » (mars 2018).

    Et voilà l’ex-sœur McCann emplie « de positivité et d’espoir », elle pour qui la foi chrétienne est au centre de sa vie, comme elle le dit. « Mais depuis Vatican II, une grande partie des riches enseignements de ce concile reste à mettre en œuvre à Rome comme en Irlande », avec sa « synodalité » inédite, et la place faite aux laïcs. Elle-même explique avoir fait ses études à Rome pendant trois ans, précisément à l’époque de Vatican II : « une expérience profondément libératrice ».

    Le pape François a facilité le vote pour l’avortement en Irlande, selon une ex-religieuse

    En somme, cela l’a laissée persuadée qu’il faut en finir avec une Eglise trop hiérarchique, en même temps qu’il faut prendre conscience d’une hiérarchisation des vérités.

    C’est bien ce que l’on constate aujourd’hui avec les pouvoirs croissants laissés aux conférences épiscopales locales et même aux évêques pour réinterpréter l’application de la doctrine – pensez à la communion pour les conjoints protestants d’époux catholiques en Allemagne – même si sur le plan personnel, le style de gouvernement du pape François est plutôt dictatorial. Le relativisme s’est installé précisément dans le domaine doctrinal, le plus souvent de manière sournoise.

    Et c’est ainsi que Catherine McCann peut achever sa tribune dans The Irish Times en disant sa confiance, en tant que catholique, de voir que les avortements qui seront pratiqués en Irlande à l’avenir seront « sûrs, légaux et rares ».

    N’est-ce pas de cette manière que de bons chrétiens en France en arrivent aujourd’hui à « regretter » la loi Veil et ses soi-disant restrictions ?

    Jeanne Smits