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Enclave espagnole de Ceuta : entre le devoir d’accueillir et le droit des États à protéger leurs frontières
Capture écran
Les images diffusées dans la nuit du 30 au 31 juillet, montrant des milliers de migrants convergeant vers l'enclave espagnole de Ceuta sont impressionnantes. Une crise qui invite à relire avec précision ce que l'Église catholique enseigne réellement sur l'immigration
Les images venues de Ceuta ont suscité une vive émotion en Espagne. Face à l’afflux de milliers de migrants, le président de la ville autonome, Juan Jesús Vivas, a demandé au gouvernement de Pedro Sánchez de déclarer une « urgence nationale », de mettre en place un commandement unique, de déployer l’armée et de fermer la frontière. Si Madrid a renforcé les effectifs militaires et policiers, il a refusé, à ce stade, de proclamer l’état d’urgence. Cette crise dépasse toutefois le seul débat politique : elle renvoie à une question fondamentale, celle de l’équilibre entre le devoir d’accueil et la responsabilité des États.
Contrairement aux idées reçues, la doctrine de l’Église ne défend ni l’ouverture sans limites des frontières, ni le repli systématique. Elle affirme deux principes complémentaires.
Le premier est le devoir d’accueillir celui qui fuit la guerre, les persécutions ou une misère telle qu’elle menace sa dignité. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle ainsi que « les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine ».
Mais le même paragraphe du Catéchisme, souvent oublié, ajoute aussitôt : « Les autorités politiques, en vue du bien commun dont elles ont la charge, peuvent subordonner l’exercice du droit d’immigrer à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des immigrés à l’égard du pays d’adoption » (CEC, n° 2241). Autrement dit, l’Église reconnaît explicitement aux États le droit – et même la responsabilité – de réglementer les flux migratoires lorsque les circonstances l’exigent.
Cet enseignement a été constamment rappelé par les papes. Dans son Message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié de 1996, saint Jean-Paul II soulignait qu’il appartient aux autorités publiques de « contrôler les flux migratoires en considération des exigences du bien commun ». Benoît XVI, dans Caritas in veritate (2009, n° 62), appelait lui aussi à une gestion des migrations qui conjugue le respect de la personne humaine et les responsabilités propres des États. Le pape François s’est inscrit dans cette même ligne. Lors de la conférence de presse donnée dans l’avion qui le ramenait de Singapour à Rome, le 13 septembre 2024, il rappelait que les gouvernements doivent accueillir les personnes selon leurs capacités d’intégration, tout en reconnaissant qu’un État « a le droit de défendre ses frontières ». Il précisait cependant que cette protection ne peut jamais conduire à nier la dignité des migrants ou à les traiter de manière inhumaine.
La crise de Ceuta illustre précisément cette tension. L’accueil de ceux qui fuient la guerre ou la misère demeure un impératif évangélique. Mais protéger les frontières, garantir la sécurité des citoyens et veiller à ce que l’accueil reste possible font également partie des responsabilités légitimes de l’autorité politique.
Le pape Léon XIV s’inscrit dans cette continuité. Depuis le début de son pontificat, il n’a jamais remis en cause cet équilibre de la doctrine sociale de l’Église, qui conjugue l’accueil des personnes en détresse avec la responsabilité des États de réguler les migrations dans le respect de la dignité humaine. Loin des slogans et des oppositions idéologiques, l’Église invite ainsi à tenir ensemble ces deux exigences. La charité chrétienne ne supprime pas la prudence politique ; elle l’éclaire. Et le contrôle des frontières, lorsqu’il est exercé dans le respect de la dignité de toute personne humaine, n’est pas contraire à l’Évangile : il s’inscrit pleinement dans la doctrine sociale de l’Église.
Communiqué du diocèse de Cadix et Ceuta
« Face à la situation que connaît ces derniers jours la Ville autonome de Ceuta, le diocèse de Cadix et Ceuta souhaite faire la déclaration suivante :
Tout d’abord, nous exprimons notre profonde préoccupation devant la gravité des événements et la vulnérabilité particulière de tant de personnes touchées par cette situation.
En tant qu’Église diocésaine, nous réaffirmons notre entière disponibilité à collaborer avec les institutions civiles et les organismes compétents, en mettant à leur disposition les moyens humains et matériels dont nous disposons, afin de contribuer, dans le respect des compétences de chaque administration et en coordination avec elles, à répondre aux besoins qui pourraient se présenter.
Par ailleurs, nous informons que les quêtes qui seront réalisées ce week-end dans les paroisses de Ceuta seront intégralement affectées à la Délégation diocésaine pour les migrations. Leur produit sera acheminé par l’intermédiaire du Centre d’accueil des personnes migrantes Saint-Antoine, à Ceuta, d’où seront prises en charge les urgences les plus immédiates, en coordination avec les services compétents.
Nous remercions par avance les fidèles ainsi que toutes les personnes de bonne volonté pour leur générosité et invitons les communautés chrétiennes à intensifier leur prière pour ceux qui souffrent, pour les responsables chargés de gérer cette situation, ainsi que pour tous ceux qui œuvrent à construire des chemins de paix, de justice et d’espérance. »
La France légalise l'euthanasie. Entretien avec l'évêque Matthieu Rougé : « Ce qui est en jeu, c'est notre rapport à la vie. »
« Ce qui est en jeu, c'est notre rapport à la vie. »: La France légalise l'euthanasie. Entretien avec Mgr Matthieu Rougé.
Après un long processus parlementaire, l'euthanasie a été inscrite dans la loi française le 15 juillet 2026. Les évêques français ont immédiatement protesté. Dans un entretien avec Jan-Heiner Tück, rédacteur en chef de COMMUNIO, Mgr Matthieu Rougé, délégué de la Conférence épiscopale pour la bioéthique, la protection de la vie et les questions de fin de vie, explique le contexte et révèle les conséquences préoccupantes de cette loi.
Jan-Heiner Tück : Le Parlement français vient de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté, à sa quatrième tentative . La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a immédiatement critiqué cette décision dans une déclaration publique , la qualifiant de « rupture avec une longue tradition de soins ». Pourquoi ? Quelles en sont les raisons profondes ?
Mgr Matthieu Rougé : Le vote du 15 juillet 2026, qui fera l’objet d’un examen constitutionnel et juridique européen, s’inscrit dans un long processus, initié notamment par la loi Léonetti en 2005. Cette loi a donné la priorité au rejet de la « persistance abusive » en France [concernant les mesures de maintien en vie] et au développement des soins palliatifs, permettant ainsi une approche dite « à la française », qui a alors servi de modèle à plusieurs autres pays. Pendant vingt ans, cet équilibre juridique a été souvent remis en question, mais toujours préservé. Ce qui est en jeu aujourd’hui – contrairement à ce qu’affirment certains partisans laïques de l’euthanasie – n’est pas tant la poursuite, selon eux inappropriée, de l’éthique chrétienne dans notre société fortement sécularisée, mais bien plus directement, notre choix collectif d’une société fraternelle. Parmi les partisans de l'aide au suicide figurent ceux qui sont profondément bouleversés par les situations de souffrance extrême et la possibilité d'endurer des douleurs incurables, malgré les progrès réalisés dans la prise en charge de la douleur et les soins palliatifs. Ce débat ne vise donc pas à adopter une position intransigeante, mais exige au contraire une grande humilité et une grande sensibilité. Or, si le projet de loi est validé par le Conseil constitutionnel et les juridictions européennes, il fragilisera précisément ce modèle de notre république, fondé sur l'interdépendance indispensable de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
Il existe une forme de discrimination sociale concernant l'objection de conscience, réservée aux plus hauts responsables mais refusée aux pharmaciens et aux infirmières comme s'ils n'étaient que des subordonnés.
Jan-Heiner Tück : La légalisation de l’euthanasie ne se heurte-t-elle pas à la liberté de conscience de groupes professionnels tels que les pharmaciens ou les infirmières, qui peuvent désormais être contraints d’administrer des médicaments létaux ?
Mgr Rougé : La loi votée accorde aux médecins le droit à l'objection de conscience, mais pas aux autres professionnels de santé. Bien que la profession ne se soit pas encore prononcée sur la question dans son ensemble, certains pharmaciens s'inquiètent fortement de devoir transporter des médicaments létaux des pharmacies centrales aux patients ou aux professionnels chargés de pratiquer l'euthanasie. C'est pourquoi, entre autres raisons, comme l'obligation de délivrer des pilules abortives, certains pharmaciens chrétiens quittent leur officine pour se reconvertir. Je suis surpris que ce point n'ait pas été davantage souligné : il existe une forme de discrimination sociale concernant l'objection de conscience, réservée aux plus hauts responsables et refusée aux pharmaciens et aux infirmiers, comme s'ils n'étaient que des subalternes.
La « réserve de droits » promise est absente.
Jan-Heiner Tück : Que signifie la nouvelle loi pour les hôpitaux catholiques ?
Mgr Rougé : Selon la législation actuelle, les établissements de santé catholiques (hôpitaux, hospices, maisons de retraite ou EHPAD) gérés par des congrégations religieuses ou dont la charte éthique rejette l'euthanasie sont tenus de la pratiquer si les patients en font la demande. Avec d'autres acteurs, nous avons toujours plaidé pour l'introduction d'une « réserve institutionnelle » afin de préserver la liberté de ces établissements et des personnes qui y ont recours. Le gouvernement nous a donné des assurances à ce sujet, qui, malheureusement, n'ont pas été tenues. C'est l'un des points litigieux des recours en cours. Plusieurs congrégations, comme les Petites Sœurs des Pauvres, sont profondément préoccupées et envisagent même de fermer leurs établissements et de quitter la France si la loi n'est pas modifiée. Nous avons tous en mémoire ce que recommandait Samaritanus Bonus , la déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi du 14 juillet 2020 (quelle date pour les Français !), et qui a été approuvée par le pape François : « Les hôpitaux catholiques sont appelés à être des témoins fidèles du devoir éthique indispensable de respecter les valeurs humaines et chrétiennes fondamentales qui constituent l’identité de ces institutions, en s’abstenant de comportements manifestement moralement inadmissibles. »
« Jusqu’à l’âge de vingt-six ans, il était un homme voué aux vanités du monde », ainsi commence l’autobiographie du fondateur des Jésuites, qui parle de lui à la troisième personne. Un ouvrage également connu sous le titre de « Conte du pèlerin » , un titre qui englobe toute la vie du saint : un pèlerinage vers le Ciel.
31 juillet 2026
Une histoire, une vie, des mots agencés en phrases qui resteront à jamais gravées dans l'histoire de l'Église. Il s'agit de l'autobiographie de saint Ignace de Loyola (1491-1556), écrite durant ses dernières années terrestres : le récit de sa vie aventureuse, recueilli par le père Gonçalves da Câmara, jésuite influent qui fut confesseur et précepteur de Dom Sebastião Ier, seizième roi du Portugal et de l'Algarve. Dans cet ouvrage, le saint parle toujours de lui à la troisième personne, se définissant simplement comme « le pèlerin ». Et ce terme, « pèlerin », est particulièrement significatif. Il permet en effet de résumer toute l'existence du saint espagnol : un pèlerinage vers le Ciel, vers l'union parfaite avec Dieu. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si cette autobiographie est également connue sous le titre de « Récit d'un pèlerin ».
« Jusqu’à l’âge de vingt-six ans, il était un homme adonné aux vanités du monde ; et surtout, il prenait plaisir à l’exercice des armes, animé d’un grand et vain désir de s’attirer les honneurs », ainsi commence cette histoire fascinante. Et si le mot pèlerin englobe, comme mentionné, l’existence spirituelle du saint, l’expression « homme adonné aux vanités du monde » parvient plutôt à personnifier Ignace avant sa conversion. Une conversion qui s’est opérée après un événement désormais célèbre. Nous sommes en mai 1521, lors de la défense de la forteresse de Pampelune contre les troupes françaises : un boulet de canon blesse grièvement Ignace. Le guerrier tombe, touché à la jambe. Il tombe comme un homme adonné aux vanités du monde pour se relever, plus tard, comme un pèlerin . C’est durant cette période de convalescence – comme le relate son autobiographie – que le guerrier Ignace découvre « une Vita Christi et un livre de vies de saints en langue vernaculaire. À force de tourner les pages, il est captivé par les récits. Mais lorsqu’il cesse de lire, il s’arrête parfois pour méditer sur ce qu’il a lu, parfois il retombe dans ses pensées profanes habituelles. Un flux dialectique de l’âme toujours présent. Toujours en quête de la rencontre avec le Seigneur, Ignace comprend que les pensées terrestres laissent l’âme vide, tandis que les pensées divines apportent une paix durable. « Ce fut sa première réflexion sur les choses de Dieu », une illumination qui le pousse à tourner définitivement le dos au passé et à entreprendre un voyage, non plus comme chevalier du roi, mais comme soldat du Christ.
En 1522, Ignace quitta la maison paternelle . Une étape cruciale de son nouveau voyage fut le sanctuaire de Montserrat : c'est là qu'il déposa son épée devant l'autel de la Vierge Marie. Il se dirigea ensuite vers la ville de Manresa, où il prévoyait de séjourner quelques jours. Au lieu de cela, il y demeura près d'un an : une période de profond rapprochement avec les choses de Dieu. Mais un autre tournant marqua sa vie : « Tandis qu'il était assis là, les yeux de son esprit commencèrent à s'ouvrir ; non qu'il ait eu une vision, mais il comprit et apprit beaucoup de choses, tant spirituelles, religieuses que littéraires ; et ce, avec une telle illumination que tout lui semblait nouveau. » Tout cela se déroula sur les rives du Cardoner. De ce travail intérieur intense et profond naquit le noyau des célèbres Exercices spirituels , un recueil pratique destiné à aider l'homme à purifier son cœur et à « chercher et trouver la volonté divine dans l'organisation de sa propre vie ». Enfin, en 1523, il parvint à Jérusalem à pied, en mendiant. Mais Ignace nota dans son autobiographie qu'il devrait plus tard quitter cette terre : pour lui, « c'était la volonté de Dieu qu'il ne demeure pas dans ces lieux saints ». De retour en Europe, il comprit qu'il devait consacrer son temps à l'étude, à l'intellect, sa nouvelle « arme » pour aider le monde : son nouveau combat. À trente-trois ans, à Barcelone, il commença à étudier la grammaire latine. Il poursuivit ensuite ses études aux universités d'Alcalá, de Salamanque, et enfin de Paris. C'est dans cette dernière ville française qu'entre 1528 et 1535, il acheva ses études de philosophie et de théologie, obtenant le titre de Magister.
Un autre événement majeur de sa vie et de l'Église universelle fut sa rencontre avec certains de ses condisciples (dont les futurs saints François Xavier et Pierre Favre). Fascinés par la vie droite et intransigeante d'Ignace et conquis par l'expérience des Exercices spirituels , ils décidèrent de s'unir par un vœu. Le 15 août 1534, dans la petite église Saint-Denis à Montmartre, naquit officiellement le premier noyau de ce qui allait devenir la Compagnie de Jésus, l'institution religieuse qui lierait à jamais son nom à celui du saint espagnol. Le premier rêve de la Compagnie était Jérusalem, destination qui les mena d'abord à Venise, puis à Rome : « Ses neuf compagnons arrivèrent à Venise au début de 1537. Ils se dispersèrent aussitôt pour servir dans les différents hôpitaux. Après deux ou trois mois, ils se rendirent tous à Rome pour recevoir la bénédiction du pape avant de partir pour Jérusalem. » Ce rêve, celui de prêcher en Terre sainte, ne se réalisa jamais. La Compagnie obtint l'approbation officielle du Siège de Pierre en 1540.
Même lorsqu'il célébrait la messe, il avait de nombreuses visions ; et au moment où il composait les Constitutions, elles étaient particulièrement fréquentes. À ce moment-là, il pouvait l'affirmer avec plus de certitude, car chaque jour il notait ce qu'il ressentait au fond de son âme, et il conservait encore ces notes. (...) Tantôt il voyait Dieu le Père, tantôt les trois Personnes de la Trinité, tantôt la Vierge Marie qui intercédait ou approuvait. Ces mots, toujours présents dans son autobiographie, définissent le profil spirituel de saint Ignace de Loyola, un homme qui a légué à l'Église l'une des plus importantes méthodes de discernement spirituel de tous les temps : les Exercices spirituels . Ce soldat mourut le 31 juillet 1556. Son combat, assurément, n'était plus sur le champ de bataille, mais dans la foi. La fin d'une existence qui fait écho aux paroles de saint Paul : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. »
Des extrémistes islamistes tuent 30 chrétiens dans un village nigérian
28 juillet 2026
L'honorable Stephen Hajara, porte-parole du Conseil législatif du gouvernement local de Kauru et conseiller représentant le quartier de Kamaru dans le sud de Kaduna, a appelé à une intervention sécuritaire immédiate après que des extrémistes islamistes ont tué 30 chrétiens dans le village de Naridon, dans l'État de Kaduna.
« Chaque mois, nous enterrons nos proches », a déclaré Hajara à International Christian Concern (ICC). « Le mois dernier, nous avons enterré 11 personnes, dont des enfants ; aujourd'hui, nous devons procéder à un nouvel enterrement collectif de 30 personnes. Ça suffit ! Aidez-nous, s'il vous plaît ! »
Hajara a condamné les meurtres et a exhorté les forces de sécurité à identifier, arrêter et poursuivre les responsables. Elle a lancé un appel direct au président nigérian Bola Tinubu et au gouverneur de l'État de Kaduna, Uba Sani, afin qu'ils déploient davantage de forces de sécurité dans les communautés rurales du quartier de Kamaru et dans d'autres communautés vulnérables de la zone de gouvernement local de Kauru.
« Si ces meurtres se poursuivent, la population chrétienne continuera de diminuer », a-t-elle déclaré. « Un jour viendra peut-être où des terroristes anéantiront les communautés chrétiennes de cette région. »
Hajara a ajouté que ces meurtres réduiront également le nombre de chrétiens pouvant participer aux élections.
Elle a également demandé au gouvernement fédéral nigérian de renforcer son partenariat sécuritaire avec les États-Unis. Elle a exhorté le président américain Donald Trump et la communauté chrétienne internationale à soutenir les chrétiens victimes d'attaques répétées au Nigéria.
« Nous avons besoin de protection, d’aide humanitaire et de soutien international », a déclaré Hajara. « Les habitants de Kauru ne peuvent pas continuer à enterrer leurs familles tous les mois. »
Des hommes armés ont pénétré dans Naridon tard dimanche 26 juillet et ont poursuivi leur assaut jusqu'aux premières heures du lundi 27 juillet. Les habitants ont déclaré que les assaillants ont ouvert le feu sur les personnes se trouvant à l'intérieur de leurs maisons et ont incendié plusieurs maisons tandis que les familles fuyaient dans les champs et les buissons environnants.
Les rapports confirment qu'au moins 30 personnes sont décédées, dont huit enfants. Plusieurs habitants ont été blessés. Les forces de sécurité seraient arrivées au village plusieurs heures après le départ des assaillants.
Certains membres de la communauté ont décrit les assaillants comme étant des militants peuls présumés. Cependant, aucun groupe n'a revendiqué l'attaque et les autorités nigérianes n'avaient pas encore identifié publiquement les auteurs au moment de la publication de cet article.
Selon Ibrahim John et Mallam Katuka, des sources communautaires, les équipes de recherche ont continué lundi à récupérer des corps dans des maisons, des fermes et les zones de brousse environnantes. Elles ont averti que le bilan des victimes pourrait s'alourdir, plusieurs habitants étant toujours portés disparus.
Amnesty International a condamné l'attaque et indiqué que les assaillants avaient poursuivi des habitants qui tentaient de fuir dans la brousse. L'organisation a rapporté que les équipes de secours continuaient de découvrir des corps dans des maisons et des champs avoisinants, tandis que les familles recherchaient leurs proches disparus.
Daniel Sunday, un habitant du village, a affirmé que les soldats stationnés à moins de huit kilomètres de Naridon n'étaient pas intervenus pendant l'attaque. Il a déclaré que les hommes armés avaient parcouru le village, pénétré dans les maisons, tué des habitants et incendié des bâtiments.
Les habitants ont transporté les corps des victimes à l'hôpital le plus proche et ont commencé à organiser les funérailles lundi. Certains survivants blessés ont été soignés dans des établissements médicaux dont l'adresse n'a pas été divulguée, les responsables communautaires craignant de nouvelles attaques.
Le gouverneur Uba Sani a condamné les meurtres et a ordonné aux forces de sécurité d'intensifier leurs opérations pour retrouver les auteurs et les traduire en justice. Il a également chargé l'Agence de gestion des urgences de l'État de Kaduna de fournir une aide humanitaire d'urgence aux familles touchées.
Le gouvernement de l'État de Kaduna a déclaré qu'il collaborerait avec le gouvernement de l'État du Plateau, les forces de sécurité, les chefs traditionnels et d'autres parties prenantes afin de renforcer la sécurité le long de la frontière entre Kaduna et le Plateau. Naridon se situe près de Ganawuri, dans la zone de gouvernement local de Riyom, dans l'État du Plateau.
Le gouvernement a également demandé aux résidents de fournir aux agences de sécurité des informations crédibles susceptibles d'aider aux enquêtes et aux opérations en cours.
L'attaque de Naridon a suivi une autre attaque survenue dans le quartier de Kamaru le 16 juin. Lors de cet incident, des hommes armés présumés ont tué neuf personnes, dont quatre enfants, et en ont blessé onze autres dans la communauté d'Ungwan Magaji. Après cette attaque, les habitants avaient demandé des renforts de sécurité, des patrouilles régulières, des opérations de renseignement, une assistance médicale et un soutien humanitaire.
Au moment de la publication, les autorités n'avaient annoncé aucune arrestation en lien avec les meurtres de Naridon. Les recherches, la récupération des corps et les préparatifs des funérailles se poursuivaient.
Le travail qu'il reste à faire : l’interview du cardinal Arthur Roche par The Tablet.
29 juillet 2026
Ce Yorkshireman décontracté, qui dirige le dicastère pour le culte au Vatican, explique à Maggie Fergusson pourquoi le pape Léon XIV ne va pas revenir sur les restrictions imposées par François aux célébrations de la liturgie pré-Vatican II.
On pourrait s'attendre à ce que le cardinal Arthur Roche, âgé de 76 ans, paraisse fatigué et accablé. Préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements depuis 2021, il encaisse de plein fouet les attaques souvent virulentes des traditionalistes qui militent pour le retour à la messe tridentine (« Pouvez-vous honnêtement vous dire catholique quand vous écrivez des choses aussi haineuses sur les gens et sur l'Église ? » demande-t-il. « Non ! »). Il travaille dans plusieurs autres dicastères, où il est responsable des évêques, de la propagande, des Églises orientales, de la culture et de l'éducation, du clergé et de la vie consacrée. Il est également l'un des six cardinaux responsables de l'État de la Cité du Vatican. Il arrive à son bureau à 8 heures du matin, cinq jours par semaine, et emporte régulièrement du travail à la maison. Pourtant, il dégage une certaine légèreté : il rit facilement et s'amuse de tout. « Essayez », me dit-il en m'invitant à tourner sur sa chaise de bureau pivotante. Elle offre une vue panoramique sur la place Saint-Pierre, si près de la basilique qu'on pourrait presque toucher le dôme.
Roche était avec le pape François, qu'il aimait profondément, la veille de sa mort. Il se souvient de lui suppliant ses médecins de l'emmener sur la place. « Ils l'ont fait descendre dans la papamobile et l'ont conduit jusqu'au bout de la Via della Conciliazione. À son retour, on l'a mis au lit, et il a dit : "Merci de m'avoir emmené vers le peuple." Ce furent ses dernières paroles. » Ce désir ardent de François d'être avec « le peuple » était profondément touchant, me semble-t-il, car le Vatican ne doit-il pas parfois donner l'impression d'être une tour d'ivoire ?
« Absolument pas », insiste-t-il. Lors du récent consistoire des cardinaux, par exemple, « nous avons entendu de visu le témoignage de ceux qui vivent en zone de guerre, découvrant la réalité et l'absolue cruauté de la guerre. Et je rencontre constamment les évêques lors de leurs entretiens ad limina et je lis leurs rapports concernant l'administration des sacrements et la célébration liturgique dans leur diocèse. » Souvent, explique Roche, il est invité à prendre la parole ou à participer à un colloque – « et en général, je refuse, car ma principale mission est de recevoir les évêques au nom du Pape et de discuter avec eux des sujets qui nous préoccupent. »
Les préoccupations des évêques dans différentes parties du monde sont-elles similaires ou différentes ? « Similaires. Mais il est intéressant de constater que ceux qui viennent de régions très pauvres du monde, persécutés de toutes sortes, dont les gouvernements rendent difficile l’exercice de leur ministère, vivent leur foi avec une ferveur particulière, tout comme leurs fidèles. Ils arrivent avec un regard pétillant, le sourire aux lèvres, pleins de vie. Être confronté à leurs réalités est un grand privilège. C’est pour moi une source de ressourcement. Cela me donne le sentiment que l’Église est vraiment vivante. »
Mais revenons à notre tour d'ivoire. Que pense-t-il de travailler dans une institution où les femmes n'ont jamais accès aux postes les plus élevés ? « Eh bien, hommes et femmes sont égaux, bien sûr, à bien des égards, mais nous n'avons pas tous la même vocation. Je me souviens toujours de Jean Guitton, dans son livre * Le Pape parle* , demandant au pape Paul VI si l'Église ordonnerait un jour des femmes. Le pape a répondu par une réflexion intéressante, expliquant notamment que les femmes souffrent davantage que les hommes : lors de l'accouchement, dans l'éducation des enfants, dans le don constant de soi. Et ces souffrances se transforment en une richesse intérieure immense. Je dirais qu'un ministère fructueux ne peut exister sans l'étroite collaboration des femmes avec les prêtres. »
D'une voix douce, avec un léger accent du Nord, Arthur Roche naquit à Batley Carr, un petit village du West Yorkshire, où régnait une forte cohésion sociale, entouré de filatures de laine. Il était l'un des trois enfants d'une famille unie. Son père était mécanicien, sa mère une excellente maîtresse de maison. Ses deux parents étaient catholiques, mais son grand-père maternel ne se convertit que lorsqu'Arthur était encore enfant. Il se souvient d'ailleurs d'être assis sur les genoux du cardinal Heenan (alors évêque de Leeds) venu confirmer son grand-père.
Sa mère était très pieuse – « Elle allait toujours prier au fond de l'église avant de nous déposer à l'école. Cela m'a profondément marqué dès l'âge de cinq ans environ » – et il ressentit les premiers signes de sa vocation vers l'âge de sept ou huit ans. Mais ce n'est qu'à la fin de son adolescence qu'il commença à réfléchir aux sacrifices qu'impliquait le sacerdoce. « J'aurais aimé être marié et avoir des enfants. Et pourtant, je me sens comblé. »
La vie paroissiale de son enfance était, dit-il, « très vivante. Les vicaires étaient toujours proches de nous, et on sentait que les prêtres étaient très proches de nous. » Il a commencé à servir la messe à l'âge de sept ans.
Je lui explique que, lors d'une récente réunion de la rédaction de Tablet , nous avons discuté de ce que signifie être « un catholique pratiquant » : cela signifie-t-il être discipliné quant à sa présence à l'église le dimanche, ou est-il plus important d'observer les principes de la doctrine sociale de l'Église catholique ?
« Je dirais sans hésiter qu'un catholique pratiquant est quelqu'un qui va à la messe. Il peut arriver que cela soit difficile, pour toutes sortes de raisons compréhensibles, mais être catholique, c'est s'engager envers le Christ. Et cet engagement n'est pas une notion abstraite, il est très concret. Si l'on relâche la discipline de cet engagement, on s'éloigne, à mon avis, de ce que signifie être catholique. » L'autosuffisance et l'individualisme, selon lui, sont deux fléaux modernes qui aggravent cet éloignement.
Et pourtant, bien sûr, d'autres choses comptent énormément, comme le pardon. Lorsqu'il était évêque de Leeds, raconte Roche : « Lors de mes visites pastorales du week-end, je constatais que chaque fois que j'évoquais le pardon dans l'homélie, un silence absolu régnait dans l'église. Un silence qui trahissait une profonde émotion dans la vie des fidèles. La première fois que cela m'est arrivé, je me suis dit : “Peut-être…” J'ai donc réitéré l'expérience la semaine suivante : même constat. Dès lors, j'ai consacré une partie de chaque homélie à l'importance du pardon. La seule raison pour laquelle le Christ est venu au monde était de pardonner les péchés. Supprimer la possibilité du pardon, c'est supprimer la possibilité même de la Bonne Nouvelle, ce qui est extrêmement grave. »
Roche est-il sujet au doute ? « Oui, plus jeune. Maintenant, je m’interroge plutôt sur Dieu, sur certains événements, notamment la souffrance : pourquoi cela arrive-t-il ? Parfois, l’Église enseigne quelque chose qui paraît étrange. Il est important alors de ne pas dire “c’est ridicule”, mais d’examiner cet enseignement. »
Peut-il donner un exemple ? « Eh bien, prenons Humanae Vitae , qui, dans les années soixante, a provoqué un véritable tollé. Mais on voit ensuite comment certaines personnes vivent aujourd’hui, pas forcément dans le cadre du mariage, mais sans aucun signe d’engagement profond. Et on voit bien que ce document – aussi difficile à accepter qu’il ait pu être, avec l’invention de la pilule et des autres méthodes contraceptives – parle de la vie humaine. Et maintenant, nous avons glissé inexorablement de l’époque de la pilule à l’avortement. Pire encore, nous en sommes venus à croire que la vie devrait être dispensable à la fin. »
Selon Roche, la grande tentation pour beaucoup d'entre nous est l'aveuglement volontaire. « Je pense qu'il est possible de se bercer d'illusions considérables ; de se dire : "J'ai parlé à une personne dont la mère souffrait atrocement en mourant, alors…" J'ai été aumônier d'hôpital pendant très longtemps et j'ai vu des fins de vie à une époque où l'on ne donnait pas facilement de morphine. Mais cela n'arrive plus aujourd'hui. Il n'y a aucune raison que les gens souffrent autant. Je pense donc qu'il y a beaucoup d'exagérations dans ce domaine. Être compatissant, vraiment compatissant, c'est faire tout son possible pour préserver l'humanité d'une situation aussi longtemps que possible. »
J'ai promis au cardinal que nous ne passerions pas tout notre temps à débattre des questions liturgiques épineuses. Mais nous ne pouvons pas les éviter complètement. Le pape Léon accordera-t-il autant d'importance qu'au pape François à la restriction de la célébration de la messe tridentine ?
« Eh bien, permettez-moi de dire, tout d'abord, que c'est un sujet très complexe. Et c'est un sujet très important car l'Eucharistie est le sacrement de l'unité : c'est le lieu où nous devrions tous pouvoir nous rassembler pour célébrer la messe. Donc, si elle commence à nous diviser, c'est qu'il y a un grave problème. Mais non, le pape Léon XIV ne changera pas Traditionis Custodes, et il ne reviendra pas à Summorum Pontificum . »
« C’est intéressant. Quand je rencontre des groupes qui souhaitent la liturgie antérieure et que je leur dis : « Le Saint-Père vous l’a donnée, alors où est le problème ? », ils ne savent pas quoi répondre. Puis ils repartent en disant : « Nous sommes toujours persécutés. » Mais en quoi sont-ils persécutés ? Pourquoi ce groupe continue-t-il de jouer un air qui est en désaccord avec la vie de l’Église ? »
Alors, si j'étais une vieille dame qui avait grandi avec la messe tridentine, Roche me dirait-il que ma façon de la pratiquer enfant était erronée ?
« Non. Vatican II a affirmé que l’Église devait être plus missionnaire qu’auparavant. Et pour préparer les fidèles à cette mission, le cœur même de la vie de l’Église, l’Eucharistie, devait les nourrir différemment. La nourriture abondante des Écritures, désormais offerte par la célébration de la messe et les sacrements, était inaccessible auparavant. » Et tandis que la messe tridentine met l’accent sur le rôle du prêtre au nom de l’assemblée, « en réalité, lors de la célébration de la messe, puisque les baptisés sont un peuple sacerdotal, ils célèbrent aussi avec le prêtre ».
Nous avons largement dépassé l'heure prévue, et je sais que le cardinal Roche est extrêmement occupé, notamment à préparer ses vacances d'été. Dans quelques jours, il sera de retour dans le Yorkshire, entouré de sa famille, pour « se reposer, lire, se promener et nager », délicieusement libéré de la routine. Enfin, presque. Il continuera de se lever, comme toujours, à 5 heures du matin pour prier – « et de nouveau le soir, après le rush de la journée ». Si quoi que ce soit venait à perturber ce rituel, dit-il, « j'en ressentirais vraiment le manque ». Puis, à l'automne, il sera de retour à son bureau à Rome, se consacrant à sa tâche avec enthousiasme et sans la moindre trace de retraite imminente. « Je ne me suis jamais senti à la hauteur d'aucune tâche qui m'ait été confiée », dit-il. « Et pourtant, je les ai toutes aimées. »
En ce 31 juillet, fête de saint Ignace, c'est l'occasion de rappeler le "principe et fondement" inaugurant les fameux "exercices spirituels" proposés par le fondateur de la Compagnie de Jésus :
L'homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme. Et les autres choses qui sont sur la terre sont créées à cause de l'homme et pour l'aider dans la poursuite de la fin que Dieu lui a marquée en le créant. D'où il suit qu'il doit en faire usage autant qu'elles le conduisent vers sa fin, et qu'il doit s'en dégager autant qu'elles l'en détournent. Pour cela, il est nécessaire de nous rendre indifférents à l'égard de tous les objets créés, en tout ce qui est laissé au choix de notre libre arbitre et ne lui est pas défendu; en sorte que, de notre côté, nous ne voulions pas plus la santé que la maladie, les richesses que la pauvreté, l'honneur que le mépris, une longue vie qu'une vie courte, et ainsi de tout le reste; désirant et choisissant uniquement ce qui nous conduit plus sûrement à la fin pour laquelle nous sommes créés.
Jour de fête pour la communauté jésuite aujourd’hui, en ce jour où l’Eglise fait mémoire de Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur de la Compagnie de Jésus, une fête que le pape François a décidé de passer avec ses frères jésuites.
Il a célébré ce matin une messe privée en l’église du Gesù, église-mère de la compagnie, située en plein cœur de Rome, entouré d'environ 800 personnes, dont quelque 250 prêtres.
En 1491, au château de Loyola en Espagne, naît un enfant qu'on prénomme Inigo. Quelque trente ans plus tard, au début de ses études à Paris, Inigo changera son nom en celui d'Ignacio (Ignace, en français).
En 1506-1507, Inigo, encore adolescent, se rend à Arévalo et devient page à la cour espagnole. Le jeune noble de Loyola s'initie alors à la vie de cour et au métier des armes.
En 1521, engagé dans la défense de la forteresse de Pampelune, Inigo est blessé. Un boulet de canon lui brise la jambe droite et endommage sérieusement l'autre jambe.
Premier bouleversement
Celui qui, hier encore, rêvait d'exploits militaires et de vie chevaleresque se retrouve blessé, cloué à un lit, incapable de se déplacer seul. Un boulet de canon a soudainement bouleversé sa vie.
Opéré une première fois à Pampelune, Inigo est ramené à Loyola. On doit se rendre à l'évidence, des os mal repris ou déplacés forment une saillie qui rend la jambe difforme. Parce qu'il veut retrouver son élégante démarche d'autrefois, par deux fois et à froid Inigo accepte de se faire briser la jambe et scier les os qui dépassent. Commence une longue convalescence Ignace souffre physiquement et moralement; il s'ennuie.
Pour tuer le temps et se redonner un peu de courage, il aimerait bien lire quelques romans de chevalerie. Dans tout le château, malheureusement, on ne lui trouvera que deux livres: l'un portant sur la vie des saints et l'autre sur la vie de Jésus. Faute de mieux, le malade entreprend la lecture de ces ouvrages.
En ce jour de la fête de saint Ignace, nous vous proposons cette prière qu'il a composée:
Prends, Seigneur et reçois, toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté; Tout ce que j'ai et possède, c'est Toi qui me l'as donné: A Toi, Seigneur, je le rends Tout est à Toi, disposes-en selon Ton entière volonté. Donne-moi, ton amour et ta grâce : c'est assez pour moi.
Commentaire de Benoît XVI :
Cette dernière partie justement me semble très importante: comprendre que le vrai trésor de notre vie est d'être dans l'amour du Seigneur et ne jamais perdre cet amour. Alors, nous sommes véritablement riches. Un homme qui a trouvé un grand amour se sent véritablement riche et sait que cela est la véritable perle, que cela est le trésor de sa vie et non toutes les autres choses qu'il peut posséder. Nous avons trouvé, mieux encore, nous avons été trouvés par l'amour du Seigneur et plus nous nous laissons toucher par son amour dans la vie sacramentelle, dans la vie de prière, dans la vie du travail, du temps libre, plus nous pouvons comprendre que oui, j'ai trouvé la perle véritable, tout le reste ne compte pas, tout le reste n'est important que dans la mesure où l'amour du Seigneur m'attribue ces choses. Je ne suis riche, je ne suis réellement riche et élevé que si je suis dans cet amour. Trouver ici le centre de la vie, la richesse. Puis laissons-nous guider, laissons la Providence décider ce qu'elle fera de nous.
SAINT IGNACE DE LOYOLA, OU L’ART DE CHOISIR SA VIE
Inigo (1491-1556), qui deviendra saint Ignace de Loyola, changea radicalement de vie à la suite de la lecture de la vie de grands saints. Noble chevalier espagnol, il se dépouilla de sa fortune avant d’entreprendre sur le chemin de Jérusalem une mission qui sera celle d’une vie : « aider les âmes ». Proche ami de François-Xavier qu’il rencontra lors de ses études à Paris, il fonda avec lui et quelques autres la Compagnie de Jésus.
Père Dominique Salin, sj Professeur de théologie spirituelle au Centre Sèvres (Paris)
Neuf mois pour une nouvelle vie. Inigo est né en 1491, à Azpeitia (actuelle province de Guipúzcoa), dans une famille de la noblesse basque espagnole, peu avant que Christophe Colomb n’aborde aux Antilles. Il reçoit une éducation conforme à son rang, celle d’un chevalier. À 26 ans, il est haut fonctionnaire auprès du vice-roi de Navarre. C’est un homme de cour et un politicien au service de l’unité espagnole en train de se construire, non un militaire, contrairement à la légende souvent entretenue par les jésuites eux-mêmes. Rien n’annonce chez lui le mystique fondateur d’un ordre religieux d’un genre totalement nouveau. Il a 30 ans lorsque ses rêves de gloire sont brisés par un boulet de canon. Les Navarrais de France ont assiégé Pampelune pour récupérer la Navarre espagnole (c’est l’époque de la lutte entre François Ier et Charles Quint). La partie est perdue. Le chevalier de Loyola refuse de se rendre. Un boulet lui broie le genou. Le voilà condamné à neuf mois de convalescence au manoir familial. Neuf mois, le temps d’une nouvelle naissance. Neuf mois suffiront pour transformer l’hidalgo bouillant et calculateur en un « fol en Christ », pèlerin mendiant son pain et prédicant spirituel sur les routes d’Espagne. Neuf mois pour choisir une nouvelle vie.
Le pèlerinage à St. Olaf : les racines chrétiennes de la Norvège de retour sous les projecteurs
De la star de la Coupe du monde Erling Haaland à l'auteure lauréate du prix Nobel (et possible future sainte) Sigrid Undset, l'héritage chrétien de la Norvège bénéficie d'une attention renouvelée alors que des pèlerins entreprennent un voyage sur les traces de saint Oaf, le roi qui a christianisé une nation.
Plus tôt cette année, le père dominicain Gregory Pine a conduit un groupe de 15 pèlerins de différents pays et horizons sur l'ancien chemin de pèlerinage à Trondheim. (photo : Photo de courtoisie)
Grâce à une performance historique en Coupe du monde, l'équipe nationale de football norvégienne a attiré l'attention du monde entier sur la nation scandinave — et, peut-être providentiellement, sur l'un de ses saints les plus importants.
Les athlètes de haut niveau du monde entier utilisent souvent leurs gains pour s'offrir des objets de luxe. Erling Haaland, meilleur buteur de l'équipe norvégienne et lauréat de plusieurs Souliers d'or, a fait exception à la règle en achetant un rare manuscrit du XVIe siècle relatant l'histoire des rois vikings de Norvège et en en faisant don à la bibliothèque de sa ville natale.
Écrite en vieux norrois en Islande, la Heimskringla, recueil du XIe siècle, se compose de plusieurs sagas. Au cœur de ce recueil se trouve l'Óláfs saga helga, « La Saga de saint Olaf », qui relate la vie, le règne de quinze ans, la conversion et le martyre du roi norvégien, ancien guerrier viking.
La saga — qui à elle seule occupe près d'un tiers de l'ouvrage entier — raconte comment, depuis son siège royal à Nidaros (l'actuelle Trondheim), le roi Olaf a consolidé son pouvoir et fait progresser la christianisation de la Norvège.
Haaland n'est pas le seul à raviver l'intérêt pour l'héritage de saint Olaf avec l'acquisition puis le don de la Heimskringla . L'annonce récente de la cause de canonisation de l'auteure norvégienne Sigrid Undset a également suscité un regain d'intérêt. Par exemple, dans sa trilogie médiévale acclamée, Kristin Lavransdatter , l'héroïne fictive Kristin entreprend un pèlerinage au sanctuaire de saint Olaf à Trondheim pour faire pénitence. Ce voyage s'inspire de la tradition réelle consistant à parcourir des centaines de kilomètres à pied pour prier sur la tombe du saint roi.
Annonçant l'ouverture de la cause de canonisation d'Undset à Selja , l'évêque Fredrik Hansen d'Oslo a salué son héritage littéraire, déclarant : « À travers ses nombreux livres, elle a façonné d'innombrables croyants, les a inspirés à vivre en Christ et a témoigné de nos saints médiévaux. »
Grâce à cette attention mondiale accrue, le pèlerinage de St. Olaf à Trondheim semble connaître un regain de popularité.
Regan Quigley, originaire de Pennsylvanie et qui a récemment effectué elle-même le pèlerinage, a confié avoir été très touchée par la vie et le zèle de St. Olaf et s'est demandée : « Pourquoi la Norvège ? Pourquoi maintenant ? Que se passe-t-il ? »
« Si je devais deviner, je dirais que c’est parce que le Seigneur connaît les besoins de son peuple et du monde », a-t-elle déclaré au Register. « Il sait aussi où se trouve la beauté, où se présentent les occasions d’être béni, et il veut y attirer les gens pour qu’ils reçoivent ces bénédictions. »
Renouveau de la foi en Scandinavie
Les reliques de saint Olaf, qui vécut entre 995 et 1030 environ, reposeraient dans la cathédrale médiévale de Nidaros, devenue l'un des lieux de pèlerinage les plus importants d'Europe du Nord.
Depuis 2002, l'association nationale norvégienne de jeunesse catholique, Norges Unge Katolikker (NUK), a contribué à faire revivre l'ancienne tradition de pèlerinage à la cathédrale de Nidaros — un voyage qui attire désormais une nouvelle génération de pèlerins venant de l'extérieur des frontières de la Norvège.
Plus tôt cette année, le père dominicain Gregory Pine a conduit un groupe de 15 pèlerins de différents pays et horizons sur l'ancien chemin de pèlerinage à Trondheim.
Gabriele Silva, 32 ans, originaire de Rio de Janeiro, a déclaré au Register qu'après avoir vécu en Suède pendant près de deux ans, où il a redécouvert la foi dont il s'était éloigné, il est devenu de plus en plus conscient de ce qu'il a décrit comme « le renouveau de la foi en Scandinavie ».
« Et cela m’a inspiré », a-t-il expliqué, « car j’ai ressenti une foi si forte que je savais que je m’engageais sur quelque chose de bon. »
L'invitation à marcher jusqu'à Trondheim était une expérience totalement nouvelle pour lui, et pourtant enthousiasmante. « Je ne connaissais pas grand-chose de St. Olaf, mais j'étais au courant de ce qui se passait dans la région, et j'ai trouvé formidable d'y participer. »
Ce sentiment de participer à quelque chose de plus grand était partagé par les autres pèlerins.
Considérant ce pèlerinage comme faisant partie d'un « renouveau du christianisme en Scandinavie » plus large, Mary O'Brien, 26 ans, originaire d'Irlande, a déclaré au Register qu'elle était également inspirée par l'opportunité « d'y participer, même à ma toute petite échelle ».
Bien qu'elle ait déjà effectué plusieurs pèlerinages en Europe, elle se sentait « vraiment attirée par le pèlerinage de St. Olaf simplement parce qu'il était un peu moins connu », séduite par le fait qu'il serait plus isolé, moins fréquenté et plus propice au silence et à la prière.
Partant de Berkåk, à une semaine de marche de la cathédrale de Nidaros, les pèlerins se sont lancés dans un voyage magnifique mais physiquement exigeant, chaque journée étant rythmée par le silence du matin, la messe quotidienne et l'adoration, et des moments de prière dans les églises luthériennes (les églises catholiques sont plus difficiles à trouver sur le chemin de pèlerinage) et partout où un lieu approprié pouvait être trouvé.
« Le fait que le Christ apparaisse partout où nous étions réunis », a déclaré O'Brien, « qu'il vienne demeurer parmi nous où que nous nous trouvions, était quelque chose de vraiment exceptionnel. »
La messe célébrée sur le rivage faisait partie du pèlerinage. (Photo : Photo de courtoisie)
Pour certains pèlerins, le voyage à Nidaros était l'accomplissement d'un désir nourri depuis des années.
La sœur dominicaine Maria Joseph, originaire des États-Unis, était parmi eux. Se remémorant sa fascination d'enfance pour la Norvège — née des Jeux olympiques de 1994 à Lillehammer, pays natal de Sigrid Undset —, elle a déclaré au Register : « Le Seigneur a en quelque sorte semé ce désir dans mon cœur. »
Pour elle, l'histoire de l'Église dans le pays donnait une dimension encore plus profonde au pèlerinage. Elle apprit qu'après la Réforme de 1537, le catholicisme fut interdit en Norvège et que le culte public catholique y fut proscrit pendant des siècles – une répression qui mit également fin à l'ancien chemin de pèlerinage de Saint-Olaf vers Nidaros.
« L’Église a vraiment dû se reconstruire de fond en comble », a-t-elle fait remarquer. « Je pense que, d’une certaine manière, les cent dernières années de travail et de reconstruction de l’Église commencent à porter leurs fruits. »
Alors que la plupart des 15 pèlerins n'avaient entendu parler de saint Olaf que comme « ce grand roi qui a christianisé la Scandinavie païenne », le groupe a passé le pèlerinage à « lire des aspects de sa vie et à en apprendre davantage sur lui au fur et à mesure [de leur] marche », a déclaré O'Brien.
« Je n'avais aucune idée de ce qui allait advenir de ce pèlerinage : marcher pour un saint que je ne connaissais pas, dans un pays où je n'étais jamais allé, avec un groupe d'une quinzaine de personnes, que je n'avais presque jamais rencontrées », a déclaré Quigley, l'un des organisateurs du pèlerinage, au Register.
« J’avais l’impression, et j’avais raison au final, que c’est en allant là-bas et en parcourant le chemin de St. Olaf jusqu’à Trondheim, en rencontrant en chemin des gens qui le connaissaient mieux que moi, que je parviendrais à le connaître le mieux. »
érents aspects de l'histoire de St. Olaf ont trouvé un écho auprès des participants.
« J’admire le sens de l’unité qu’il a insufflé », a commenté Silva. « À cette époque, il existait de nombreuses tribus et jarls [chefs et dirigeants régionaux] distincts, constamment en guerre les uns contre les autres. »
Saint Olaf, a-t-il souligné, « demeure une figure partagée par l’Église luthérienne et l’Église catholique, et de ce fait, il semble toujours unir les Norvégiens. J’ai le sentiment que les chrétiens se rassemblent pour aider un pays très laïc à relever les défis que pose la laïcité. »
Le pèlerinage s'est conclu par une rencontre avec l'évêque Erik Varden, évêque de Trondheim, dont le travail pastoral et la présence en ligne ont suscité un plus grand intérêt pour le pays, a déclaré O'Brien.
L'évêque Erik Varden a célébré une messe pour les pèlerins. (Photo : Photo de courtoisie)
Sœur Maria Joseph a souligné que l'un des moments forts du voyage « a été l'accueil par l'évêque Varden à la fin du pèlerinage », qui a célébré « une messe votive de saint Olaf à l'autel de saint Olaf dans la cathédrale catholique et nous a bénis avec une relique du saint ».
« Avec le recul, je me rends compte que nous arrivions en Norvège à un moment où le christianisme y prenait de l'ampleur », a déclaré Quigley, une réalité confirmée par l'évêque : « C'est encore un pays très laïc, mais il n'est pas dépourvu de notions chrétiennes ni de mouvement chrétien. Le Seigneur est présent. Le calme règne, mais des choses se passent. »
« L’idée que le catholicisme ait été si longtemps persécuté en Norvège », a expliqué O’Brien, « en raison de son interdiction et de l’interdiction du pèlerinage lui-même pendant de nombreuses années, l’idée que ce soit quelque chose qui n’était pas possible auparavant, rend sa renaissance d’autant plus attrayante. »
Ce que St. Olaf a à dire aujourd'hui
« En tant que jeunes catholiques », a déclaré Sander Floriaan Groenewoud, 30 ans, originaire des Pays-Bas, « nous voulons prendre notre foi au sérieux et nous voulons revenir aux sources », une tendance qu'il observe à travers l'Europe.
« Lorsque je vais aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Belgique, je remarque que la plupart des jeunes catholiques redécouvrent l’amour de leur héritage, l’amour de leur pays », a-t-il confié, soulignant un sentiment de patriotisme qui, selon lui, s’est perdu chez les générations précédentes.
De ce point de vue, ajouta-t-il, l'attrait de saint Olaf est facile à comprendre. Après tout, poursuivit-il, « c'est un roi viking, ce qui, j'imagine, séduit beaucoup les jeunes catholiques qui veulent se battre, non pas physiquement, mais avec ferveur pour Dieu. »
Sœur Maria Joseph, qui enseigne en sixième, a expliqué qu'elle « avait certainement tissé des liens d'amitié avec lui » et a fait écho à l'attrait de l'identité viking de saint Olaf. « Je pense que si je disais à mes élèves qu'il y a un saint qui était viking, ils trouveraient ça vraiment génial. »
« L’idée qu’il puisse y avoir de l’espoir pour quelqu’un qui a été impliqué dans ce que nous considérons comme les choses les plus perfides, qu’il puisse être un saint, je trouve cela séduisant », a souligné la sœur dominicaine, notant que les saints royaux sont plus souvent connus pour leurs actes de charité, leurs aumônes et leur service aux pauvres.
« Je suis sûr qu'Olaf a fait ça après sa conversion, mais ce n'est pas ce qui vient immédiatement à l'esprit quand on pense à lui. L'image de lui avec sa hache, c'est ça que les gens retiennent en premier. »
À l'approche du millénaire de sa mort en l'an 1030, la sœur dominicaine a confié qu'elle croyait que saint Olaf « apparaît comme une figure importante pour notre époque ». Réfléchissant à ce que son héritage pourrait nous apporter aujourd'hui, elle a demandé :
« Y a-t-il chez lui quelque chose qui puisse nous parler de la christianisation de la culture, de l'adoption d'une mentalité plus chrétienne dans notre façon de vivre – voire dans notre vie politique ? »
Bénédicte Cedergren est productrice associée pour EWTN News Nightly. Suédoise et française, elle a grandi à Stockholm. Après avoir obtenu une licence de journalisme à l'Université de Stockholm, elle s'est installée à Rome où elle a décroché une licence de philosophie à l'Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin. Elle chante également de la musique sacrée et travaille comme photographe. Passionnée par la diffusion de la vérité et de la beauté de la foi catholique, Bénédicte aime partager les témoignages et écrire des articles captivants et inspirants.
Maaloula : Le cauchemar du retour des djihadistes, treize ans après le martyre
Maaloula, ancien village chrétien des montagnes syriennes, a été occupé par des djihadistes entre 2013 et 2014. Aujourd'hui, alors que les djihadistes contrôlent tout le pays, la population revit le cauchemar des massacres et des enlèvements de cette époque. Le père Fadi témoigne.
Maaloula est un ancien village chrétien aux maisons accrochées à la roche à 1 400 mètres d'altitude. C'est l'un des rares endroits au monde – entre la Syrie, l'Irak et la Turquie – où l'araméen, la langue parlée au temps de Jésus, est encore parlé. Au-delà de cette image de carte postale, Maaloula est peut-être aussi le lieu qui témoigne le mieux de la violence, des atrocités et des contradictions de près de quinze années de guerre en Syrie. Entre septembre 2013 et avril 2014, le village a été le théâtre de violents affrontements entre l'armée d'Assad et les djihadistes d'Al-Nosra, qui ont fait des dizaines de victimes civiles (entre vingt et soixante-dix morts selon les sources, dont trois exécutés par les extrémistes pour avoir refusé de se convertir à l'islam).
Maaloula raconte l'histoire de douze religieuses orthodoxes du couvent Mar Takla, enlevées en décembre 2013 par les mêmes djihadistes et libérées en mars suivant dans le cadre d'un échange de prisonniers avec le gouvernement syrien. Elle relate également la libération du village des militants d'al-Nosra par l'armée syrienne, avec l'aide du Hezbollah et du Parti social nationaliste syrien (PSNS), alliés d'Assad. Maaloula évoque aussi une autre histoire, plus récente et inimaginable il y a encore quelques années : le retour des extrémistes djihadistes qui menacent les habitants chrétiens. Comme on le sait – ou peut-être pas –, le groupe armé qui a pris le pouvoir en Syrie fin 2024, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), est affilié directement à al-Nosra. Officiellement dissous début 2025, HTS est la pierre angulaire de l'actuel « gouvernement de transition » à Damas et contrôle ses institutions civiles et militaires.
Fin 2024, dans l'euphorie qui suivit la formation du nouveau gouvernement HTS, des groupes d'islamistes armés, principalement des jeunes, atteignirent Maaloula, désireux de « reconquérir » le bastion chrétien dont ils avaient été chassés. La population locale, accusée de collaboration avec l'ancien régime – une accusation très en vogue en Syrie à l'époque, et applicable à toutes sortes d'adversaires, politiques, religieux et personnels – se retrouva plongée dans les cauchemars du passé : le meurtre d'un musulman lors d'une fusillade dans une ferme chrétienne où il s'était introduit par effraction pour voler raviva la haine sectaire et poussa de nombreuses familles chrétiennes à fuir le pays par crainte de représailles.
La situation semble désormais plus calme, et c'est précisément de ce présent dont nous allons parler avec le père Fadi Barghil, prêtre de l'Ordre basilien du Très Saint Sauveur et curé de l'église-monastère catholique melkite des Saints Serge et Bacchus à Maaloula. Nous arrivons au village dans un minibus branlant, à travers les pittoresques montagnes du Qalamoun. À l'entrée du village, la police nous demande, à nous dix passagers, nos passeports pour « vérifier qui entre ». L'église-monastère des Saints Serge et Bacchus, vieille de 1 700 ans, est le plus haut bâtiment du village ; elle se dresse sur un petit plateau dominant le village et la vallée en contrebas. Les rochers qui enserrent Maaloula dans leur étreinte calcaire sont marqués de symboles chrétiens : des croix taguées sur les murs, une statue du saint libanais Mar Charbel, une statue de la Vierge bénissant le village (une réplique de celle détruite par les djihadistes en 2013). En gravissant la colline, on découvre de nombreux clochers, ainsi que deux mosquées : l’une à l’abandon, l’autre en cours de rénovation. Sur le toit de l’un des édifices, en contraste saisissant avec le paysage environnant, flottent le drapeau de la nouvelle Syrie et la Shahada – la profession de foi de l’islam – est inscrite en noir sur fond blanc.
Nous trouvons le père Fadi affairé dans le jardin – l’église produit et vend des conserves, des confitures, des sirops et des liqueurs, ainsi que des articles religieux et de l’artisanat. Malgré sa discrétion et le sourire en coin avec lequel il nous accueille, le père Fadi est une figure bien connue à Qalamoun : durant les mois de tension qui ont suivi la chute de Bachar el-Assad, il a joué à plusieurs reprises le rôle de médiateur entre chrétiens et islamistes pour éviter de nouveaux bains de sang, à Maaloula et ailleurs. Le père Fadi nous accompagne dans l’église – une merveille taillée dans la roche il y a près de deux mille ans – et nous montre les icônes qui ont survécu aux djihadistes, même si les visages de la Vierge et des saints ont été effacés par les fanatiques d’al-Nosra ; les autres, volées par les miliciens, ont été remplacées par des reproductions afin que leur mémoire ne soit pas oubliée. Nous pénétrons ensuite dans le complexe monastique, désormais dépourvu de communauté monastique, où règne un ordre parfait et où tous ceux que nous rencontrons sont occupés à une activité quelconque : certains font sécher des fruits au soleil, d'autres tiennent ouverte la petite boutique de souvenirs du musée, d'autres encore s'occupent de la cafétéria, d'autres enfin entretiennent les espaces.
Le père Fadi nous invite dans la salle de réception et accepte de répondre à quelques-unes de nos questions, brièvement toutefois — peut-être par modestie, certainement pas par peur : il a publiquement exprimé à plusieurs reprises le droit des chrétiens de Maaloula de vivre en paix sur la terre qu'ils habitent depuis près de deux millénaires.
Père Fadi, combien de chrétiens vivent encore à Maaloula aujourd'hui ?
Environ trois cents familles habitent actuellement le village, soit près de mille personnes au total. Avant 2013, on en comptait environ neuf cents.
Y a-t-il des musulmans qui vivent en permanence à Maaloula ?
Après 2014, il n'y en avait plus aucun ; aujourd'hui, oui, certains sont revenus. Soyons clairs : nous n'avons rien contre eux. Nous aimons les musulmans, mais nous n'aimons pas les djihadistes.
Comment est-il possible, selon vous, que les Syriens soient plus pauvres que jamais, maintenant que les sanctions économiques ont été levées et que leur gouvernement a été officiellement accueilli au sein de la communauté internationale ?
Demandez à Ahmed al-Shaara.
Où sont passés les millions d'aide humanitaire alloués par les pays et institutions occidentaux à la Syrie ?
Posez-lui toujours la question.
L'avez-vous déjà vu en personne ?
Seulement en photos.
N'est-ce pas lui qui a enlevé les religieuses de Mar Takla en 2013 ?
Non, c'était Abou Malik, qui était à l'époque le commandant d'al-Nosra pour la région de Qalamoun.
Le père Fadi nous montre une photo sur son téléphone portable d'Abou Malik al-Talli, alias Jamal Zeini, l'une des figures de proue du groupe pendant la guerre en Syrie. Il s'était retiré à Idlib après l'expulsion d'al-Nosra de la région du Qalamoun. Après des années d'absence, Zeini a refait surface soudainement dans la région il y a un peu plus d'un mois, accompagné d'une suite de partisans, pour une « visite de reconnaissance » des villages frontaliers du Liban. Coïncidence – ou peut-être pas, difficile à dire – son retour a coïncidé avec les appels répétés de Donald Trump à al-Charia pour qu'elle intervienne au Liban afin de combattre le Hezbollah. Tandis que nous parlons, le père Fadi sourit, avec l'air de quelqu'un qui aurait beaucoup à dire mais qui garde le silence par charité chrétienne. Nous nous tournons à nouveau vers lui.
Comment se fait-il, selon vous, que les institutions occidentales qui ont légitimé le nouveau gouvernement d'al-Shaara – l'ONU en premier lieu – ne réagissent pas à la recrudescence des persécutions contre les chrétiens en Syrie ? Après tout, elles sont composées d'une coalition de pays comptant une forte, voire très forte, proportion de chrétiens.
À mon avis, la responsabilité de ce phénomène incombe aux dirigeants de nos Églises syriennes – tous sans exception – qui refusent d'attirer l'attention sur la situation des chrétiens dans ce pays.
Pourquoi pensez-vous cela ? Par peur ?
Je ne le crois pas : c’est plutôt parce qu’ils veulent conclure des accords, ou plutôt « collaborer », avec le nouveau gouvernement.
Nous continuons à méditer sur ces dernières paroles du Père Fadi tandis qu'après avoir fait nos adieux à saint Serge et à Bacchus, nous nous hâtons vers le bus du retour – encore plus branlant, si possible, que le premier – croisant en chemin plusieurs femmes voilées.
La Syrie ne manque pas de prélats courageux comme l'archevêque Yacoub Murad, archevêque syriaque catholique respecté de Homs, qui, il y a à peine une semaine, a demandé à la communauté internationale de protéger les chrétiens syriens , déconseillant aux Syriens expatriés de retourner dans leur pays d'origine en raison du danger et de l'extrême pauvreté qui y règnent. Pourtant, dans notre partie du monde, nous refusons de les écouter.
Les évêques américains appellent à la prière et à l'action à l'échelle nationale face à la hausse du taux d'avortement.
L’archevêque Paul S. Coakley d’Oklahoma City, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), et l’évêque Daniel E. Thomas de Toledo (Ohio), président du Comité des activités pro-vie de l’USCCB, apparaissent sur une photo commune. Dans une lettre publiée le 27 juillet 2026, les évêques ont lancé un appel national à la prière et à l’action jusqu’à la fin du mois d’octobre, Mois du respect de la vie, afin d’enrayer la diffusion des pilules abortives. (Photo OSV News/avec l’aimable autorisation de l’archidiocèse d’Oklahoma City/diocèse de Toledo)
WASHINGTON (OSV News) — Les évêques catholiques américains préparent un appel national à la prière et à l'action, dont la date de lancement officielle est fixée au 18 août, afin de mobiliser les catholiques pour lutter contre la hausse du taux d'avortement et la disponibilité accrue d'un médicament abortif.
« Chaque avortement entraîne la mort d'un enfant et des dommages pour la mère. Aujourd'hui, avec un accès plus facile aux pilules abortives, le taux d'avortement augmente tragiquement, de même que les risques sanitaires », ont déclaré conjointement l'archevêque Paul S. Coakley d'Oklahoma City, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis , et l'évêque Daniel E. Thomas de Toledo, président du Comité des activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.
Selon une estimation de l'Institut Guttmacher, un organisme de recherche travaillant pour l'industrie de l'avortement, 1,12 million d'avortements ont eu lieu en 2025, soit une augmentation de 21 % par rapport à 2020. L'Institut Guttmacher a précisé que 2020 était « la dernière année pour laquelle des estimations nationales complètes ont été disponibles » avant l'arrêt Dobbs v. Jackson Women's Health Organization de la Cour suprême des États-Unis en 2022. Cet arrêt a cassé l'arrêt Roe v. Wade de 1973 et la jurisprudence qui en découle, confiant de nouveau la question de l'avortement au pouvoir législatif.
Guttmacher a constaté que les chiffres de 2025 étaient globalement inchangés par rapport à l'année précédente, mais a suggéré que le nombre total d'avortements pourrait être sous-estimé, car certaines personnes se procurent des pilules abortives à l'avance ou par d'autres moyens que les cliniques d'avortement américaines.
Aux États-Unis, le taux d'avortement a atteint son niveau le plus bas en 2017, avec un chiffre estimé à un peu plus de 862 000 cas, avant de recommencer à augmenter sous la première administration Trump, qui a également approuvé le premier générique de la mifépristone, communément appelée « pilule abortive », en 2019. Cette pilule est fréquemment utilisée en association avec le misoprostol pour les interruptions précoces de grossesse, bien que cette même association soit également utilisée dans certains protocoles de prise en charge des fausses couches, récemment recommandés par l'American College of Obstetricians and Gynecologists.
Selon des estimations récentes, plus de six avortements sur dix pratiqués aux États-Unis le sont par une combinaison de mifépristone et de misoprostol.
Une politique fédérale autorisant la distribution de mifépristone par voie postale a été initialement mise en place par l'administration Biden suite à l'arrêt Dobbs. Cette politique a été maintenue par la seconde administration Trump , qui a approuvé un second générique de la mifépristone en 2025, au grand dam des groupes pro-vie.
Sous l'administration Trump, le ministère de la Justice a également cherché à bloquer les contestations étatiques de cette politique, dans l'attente d'une évaluation de sécurité promise par la FDA (Food and Drug Administration). Cependant, l'état d'avancement et le calendrier de cette évaluation restent flous .
L’archevêque Coakley et l’évêque Thomas ont déclaré que la FDA « a permis le développement d’une industrie nationale de l’avortement par correspondance en autorisant la prescription de pilules abortives lors de consultations de télémédecine et leur vente dans les pharmacies de quartier et en ligne, contournant ainsi les lois des États qui protègent la vie dans l’utérus. »
« Cela expose les femmes à un risque accru d’avortement seules à domicile, sans aucun suivi médical », ont-ils déclaré. « Cela crée également des opportunités supplémentaires d’exploitation par des partenaires violents ou des trafiquants d’êtres humains. »
Les évêques ont déclaré que depuis le lancement officiel de la campagne jusqu'à la fin du mois d'octobre, lorsque l'Église aux États-Unis célèbre le Mois du respect de la vie, « le Comité des activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis invite les catholiques à se joindre à un effort concerté de prière et d'action pour stopper la diffusion des pilules abortives ».
Ils ont exhorté les catholiques à solliciter « l’intercession de saint Joseph, défenseur de la vie » et à envoyer des messages aux pharmacies et aux entreprises pharmaceutiques impliquées.
La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) se prépare à mobiliser les catholiques de tous les États-Unis en leur fournissant les ressources nécessaires pour le lancement de la campagne le 18 août.
« Nous mettons en place une plateforme en ligne simple permettant aux utilisateurs d'envoyer un message unique, diffusé à de multiples entités, telles que des pharmacies physiques et en ligne, des distributeurs et des entreprises pharmaceutiques », a déclaré Kat Talalas, directrice adjointe de la communication pro-vie au Secrétariat des activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), à OSV News. « Nous élaborons également des ressources pédagogiques sur la pilule abortive, qui permettront d'expliquer la différence entre les soins liés à une fausse couche et l'interruption de grossesse par avortement. »
L'Église catholique enseigne que toute vie humaine est sacrée de la conception à la mort naturelle et, de ce fait, s'oppose à l'avortement. Suite à l'arrêt Dobbs, les autorités ecclésiastiques américaines ont réaffirmé l'attachement de l'Église à la mère et à l'enfant et ont appelé à renforcer le soutien aux personnes vulnérables face à l'avortement en raison de la pauvreté ou d'autres facteurs.
Peter Jesserer Smith est le rédacteur en chef des actualités et des reportages nationaux d'OSV News. L'équipe d'OSV News a contribué à cet article.
PRIERE A SAINT JOSEPH
Saint Joseph bien-aimé :
À la demande d'un ange,
Vous avez accueilli Marie chez vous avec amour.
En tant qu'humble serviteur de Dieu,
Vous avez guidé la Sainte Famille
sur la route de Bethléem,
Vous avez accueilli Jésus comme votre fils
à l'abri d'une mangeoire,
et vous avez fui loin de votre patrie pour
la sécurité de la mère et de l'enfant.
Nous louons Dieu parce que vous,
- étant son fidèle protecteur -,
vous n'avez jamais hésité à vous sacrifier
pour ceux qui étaient confiés à vous.
Puisse votre exemple nous inspirer.
et aussi accueillir, chérir et protéger
le plus précieux des cadeaux, la vie
que Dieu nous donne.
Aidez-nous à nous engager fidèlement
pour servir et défendre la vie humaine
— surtout là où elle est
vulnérable ou menacée.
Accordez-nous la grâce de faire la volonté de
Dieu en toutes choses.
Amen.
Pour en savoir plus sur la manière de participer à la campagne d’action de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), veuillez consulter : https://lp.constantcontactpages.com/sl/iLd6hbl