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Eglise

  • Les foules sont de retour aux audiences papales, mais la question de fond demeure

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    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    8 janvier 2026

    Les foules sont de retour aux audiences papales, mais la question de fond demeure.

     
    La fréquentation des audiences papales et des célébrations liturgiques a fortement augmenté en 2025, atteignant 3,17 millions de participants, selon les chiffres publiés par la Préfecture de la Maison papale, ce qui représente une augmentation de 88 % par rapport à l'année précédente après plus d'une décennie de déclin constant.

    Les données, qui couvrent les audiences générales, les célébrations liturgiques et la prière de l'Angélus, montrent une année divisée entre les derniers mois du pontificat du pape François et les huit premiers mois de celui du pape Léon XIV. Prises ensemble, elles indiquent une nette reprise numérique, bien qu'elle fasse suite à une longue période de contraction de la participation du public aux événements du Vatican.

    Au début du pontificat du pape François en 2013, la fréquentation annuelle des messes dépassait 7,3 millions de fidèles, un record absolu. Dès lors, la participation a chuté de façon quasi ininterrompue. En 2024, elle était tombée à 1 682 100, soit moins du quart du niveau observé au début de son pontificat, et aucune année n'a permis d'inverser durablement cette tendance.

    Au cours des premiers mois de 2025, la fréquentation est restée historiquement faible. Les chiffres de janvier à avril, durant la dernière phase du pontificat de François, font état d'un total de 262 820 participants. En janvier, on a dénombré 35 000 participants aux audiences générales et jubilaires, 8 500 aux audiences spéciales, 26 000 aux célébrations liturgiques et 60 000 à l'Angélus.

    En février, la fréquentation a encore diminué : 25 500 personnes ont assisté aux audiences générales, 1 750 aux audiences spéciales, 36 000 aux liturgies et 30 000 à l’Angélus. Mars et avril ont été marqués par une faible participation du public : seulement 70 personnes ont assisté aux audiences spéciales en avril, contre 40 000 à l’Angélus ce même mois.

    La dernière audience générale du pape François a eu lieu le 12 février, peu avant son hospitalisation et son décès. À ce moment-là, la participation avait atteint son niveau le plus bas du pontificat.

    L'élection du pape Léon XIV en mai a entraîné une augmentation immédiate de la fréquentation. De mai à décembre, 2,9 millions de personnes ont assisté aux événements pontificaux. Rien qu'en mai, on a dénombré 55 000 participants aux audiences générales, 11 000 aux audiences spéciales, 106 000 aux célébrations liturgiques et 200 000 à l'Angélus. En juin, on a enregistré 151 000 participants aux audiences générales, 18 000 aux audiences spéciales, 218 000 aux liturgies et 100 000 à l'Angélus.

    La fréquentation a baissé pendant les mois d'été, avec 35 000 personnes présentes aux audiences générales en juillet et 76 000 en août, avant de remonter à l'automne. En septembre, 180 000 personnes ont assisté aux audiences générales, 24 500 aux audiences spéciales, 136 000 aux liturgies et 60 000 à l'Angélus. Octobre a été le mois le plus fréquenté, avec 295 000 participants aux audiences générales, 54 000 aux audiences spéciales, 200 000 aux célébrations liturgiques et 50 000 à l'Angélus. Novembre et décembre sont restés forts, clôturant l'année avec respectivement 200 000 et 77 000 participants aux audiences générales.

    Si l'augmentation sous Léon XIV est significative, les chiffres restent bien inférieurs à ceux enregistrés au début du pontificat de François, lorsque la fréquentation annuelle dépassait régulièrement les sept millions.

    Si la visibilité publique a connu une augmentation positive, peu de gens ont remarqué que la reprise numérique ou tout regain d'intérêt à Rome ne saurait se substituer à la clarté doctrinale et à la confiance ecclésiale. L'Église n'est pas une démocratie. Elle ne se nourrit pas uniquement de popularité, mais de la cohérence entre ce qu'elle proclame, la manière dont elle gouverne et la manière dont elle comprend la personne humaine devant Dieu. Le soi-disant « effet Léon » risque d'être mal compris s'il est considéré comme une preuve de renouveau plutôt que comme un test permettant de déterminer si l'Église a tiré les leçons du long déclin qui l'a précédé.

    Après des années de baisse de fréquentation pendant la dernière partie du pontificat du pape François, l'afflux soudain de pèlerins et de visiteurs a été présenté comme une justification de la continuité. La logique semble évidente si la visibilité est interprétée comme une confirmation. Pourtant, l'histoire même de l'Église met en garde contre de telles hypothèses. Souvent attribuée à tort au pape Saint Jean-Paul II, mais pertinente ici, est la phrase selon laquelle « nous devons défendre la vérité à tout prix, même si nous ne sommes plus que douze ». Les périodes de vitalité visible ont souvent coïncidé avec une ambiguïté doctrinale, tandis que les périodes de faiblesse numérique ont parfois été celles de la plus grande clarté théologique.

    Léon XIV a été explicite quant à ses intentions. S'adressant au Collège des cardinaux le 10 mai, il les a exhortés à « reprendre ce précieux héritage [du pape François] et à poursuivre le chemin », une formulation qui ne laisse guère de doute sur le fait qu'il se considère comme un héritier plutôt que comme un correcteur. Depuis le début du pontificat, les questions d'orientation pastorale et de ton ont jusqu'à présent conservé la même posture fondamentale que celle qui définissait le précédent.

    Le déclin prolongé de l'engagement au cours de la dernière décennie ne s'est pas produit du jour au lendemain. Il s'est déroulé parallèlement à des années de disputes controversées avec Rome, notamment sur la théologie morale et les préférences liturgiques, exacerbées par un style de communication papale qui privilégiait souvent les remarques improvisées et impréparées plutôt que la précision. Pour de nombreux catholiques, le résultat n'a pas été la libération, mais l'incertitude. La participation a diminué non pas parce que l'Église était trop exigeante, mais parce qu'elle semblait de plus en plus incertaine de ce qu'elle souhaitait exiger.

    Léon XIV hérite de ce paysage et, à bien des égards, a choisi de ne pas le redessiner. Sur le plan doctrinal, son approche des questions pastorales controversées a jusqu'à présent reflété celle de son prédécesseur, en maintenant une posture d'ouverture. Dans le même temps, des signes plus subtils d'ajustement ont été observés. Les réformes au sein de la gouvernance du Vatican, notamment la surveillance financière et la restructuration administrative, ainsi que les nominations épiscopales dans plusieurs régions suggèrent un rééquilibrage, favorisant les candidats locaux et compétents sur le plan administratif. On note notamment un retour visible à des vêtements liturgiques et à une tenue papale plus traditionnels. Ces changements, bien que modestes, ont été remarqués par ceux qui craignaient une poursuite ininterrompue des tendances les plus déstabilisantes de l'ère François.

    La tension reste toutefois irrésolue. La popularité, même lorsqu'elle est réelle, ne répond pas à la question sous-jacente de la crédibilité. Les foules peuvent se rassembler par curiosité, par goût de la nouveauté ou par soulagement, mais elles ne témoignent pas en elles-mêmes d'un renouveau de la foi. La mission de l'Église n'a jamais été de rivaliser sur le marché de l'approbation.

    C'est pourquoi l'attitude publique de Léon XIV est aussi importante que ses politiques. L'habitude des remarques spontanées qui caractérisait une grande partie du pontificat précédent a diminué mais n'a pas disparu, refaisant surface à certains moments, notamment dans des commentaires aux médias à l'extérieur de Castel Gandolfo.

    Dans le même temps, Léon XIV bénéficie d'un taux d'approbation exceptionnellement élevé dans les sondages internationaux, en particulier aux États-Unis et dans certaines régions d'Europe. Cela lui confère un certain pouvoir d'influence et façonne le discours médiatique autour de son pontificat. Cependant, l'approbation est une base fragile pour le renouveau ecclésial.

    La caractéristique la plus révélatrice du moment présent n'est donc pas l'augmentation de la fréquentation, mais la combinaison de gestes visant à rassurer sur la doctrine, de modestes réajustements dans la gouvernance et d'un style moins conflictuel, qui ont contribué à stabiliser une Église qui, sous le pape François, semblait souvent en guerre contre elle-même. Cette maîtrise des conflits internes peut expliquer pourquoi la participation a rebondi sans pour autant revenir à ses niveaux historiques. Le véritable test de ce pontificat ne sera pas le nombre de personnes qui se rassemblent sur la place Saint-Pierre, mais la capacité de l'Église à affirmer avec plus de certitude ses convictions.

  • Le prochain consistoire aura lieu en juin

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le pape Léon XIV tiendra son prochain consistoire en juin et espère des rencontres annuelles avec les cardinaux.

    Le Vatican a fait cette annonce jeudi soir, à l'issue du premier consistoire extraordinaire des cardinaux du Saint-Père, qui a duré deux jours.

    Conférence de presse post-consistoire prévue le 8 janvier 2026.
    Conférence de presse post-consistoire en cours le 8 janvier 2026. (Photo : Edward Pentin / National Catholic Register)

    Le pape Léon XIV accueillera un deuxième consistoire de cardinaux à la fin du mois de juin et souhaite tenir de telles réunions chaque année.

    Le Vatican a fait cette annonce jeudi soir, à l'issue du premier consistoire extraordinaire des cardinaux du Saint-Père, qui a duré deux jours. La prochaine réunion de ce type devrait se tenir les 27 et 28 juin, veille de la fête de saint Pierre et saint Paul. 

    Le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, a déclaré que le pape souhaitait organiser des réunions annuelles d'une durée de trois à quatre jours, ce qui permettrait de consacrer plus de temps aux discussions sur divers sujets importants et aux interventions libres des membres du Sacré Collège.

    Le cardinal Stephen Brislin de Johannesburg, en Afrique du Sud, a déclaré aux journalistes lors d'un point de presse de clôture au Vatican que lui et les autres cardinaux avaient trouvé ce consistoire « une expérience très enrichissante et très profonde ». Il a ajouté qu'ils avaient également apprécié qu'il leur ait permis de « mieux se connaître et de s'écouter ». Le fait que le pape souhaite organiser d'autres réunions, a-t-il précisé, montre que le pape, lui aussi, « l'a trouvé très important » et utile.

    Le cardinal a indiqué que certains doutes avaient été exprimés lorsqu'on leur avait annoncé leur répartition en petits groupes, et que « l'une des préoccupations majeures » était le manque d'occasions « de s'exprimer et d'écouter les autres ». Il a toutefois ajouté que la composition des groupes, divisés en deux blocs, lui semblait « très utile » et « permettait à chaque cardinal de prendre la parole », même si l'assemblée entière ne l'entendait pas.

    La liturgie a été brièvement évoquée, a déclaré au Register le cardinal Wilfrid Napier, archevêque émérite de Durban, en Afrique du Sud. Mais il a précisé que la messe traditionnelle en latin et « des détails de ce genre » n’ont pas été abordés. « Je crois que l’essentiel était : comment amener toute l’Église à un niveau d’engagement égal en matière d’évangélisation ? C’était là, je crois, le point central », a-t-il affirmé. Plusieurs cardinaux ont exprimé l’espoir que d’autres sujets non abordés ici seraient traités lors des prochains consistoires.

    Peu d'informations ont filtré pendant et après le consistoire, les cardinaux ayant indiqué aux journalistes que le pape Léon XIV leur avait demandé de garder les débats confidentiels. Néanmoins, le cardinal Brislin, accompagné du cardinal philippin Pablo David et du cardinal colombien Luis José Rueda Aparicio lors du point de presse de jeudi, s'est exprimé avec une relative liberté.

  • La liturgie a-t-elle été éludée lors du premier consistoire du pape Léon XIV ?

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La liturgie a-t-elle été éludée lors du premier consistoire du pape Léon XIV ?

    Les cardinaux choisissent l'évangélisation et la synodalité comme sujets clés, décevant ceux qui s'attendaient à ce que la liturgie soit un thème central après les récentes restrictions imposées à la forme traditionnelle du rite romain, mais le Saint-Père insiste plus tard sur le fait que la liturgie reste une question « très concrète » qui doit encore être abordée.

    Le pape Léon XIV s'adresse aux cardinaux lors du consistoire extraordinaire le 7 janvier 2026 au Vatican.
    Le pape Léon XIV s'adresse aux cardinaux lors du consistoire extraordinaire du 7 janvier 2026 au Vatican. (Photo : Vatican Media)

    ROME — Certains cardinaux et fidèles attachés au rite romain traditionnel ont exprimé leur inquiétude quant au fait que la liturgie semble être reléguée au second plan lors du consistoire extraordinaire qui se tient actuellement au Vatican, après que les cardinaux ont voté pour donner la priorité à d'autres questions à l'ordre du jour.

    Dans son discours d'ouverture au consistoire hier, le pape Léon XIV a réaffirmé aux cardinaux participants qu'ils auraient l'occasion de « s'engager dans une réflexion commune » sur quatre thèmes déjà annoncés à l'avance comme étant à l'ordre du jour de la réunion.

    Ces sujets, a-t-il précisé, étaient l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François de 2013 , « c’est-à-dire la mission de l’Église dans le monde d’aujourd’hui », Praedicate Evangelium , la constitution apostolique du défunt pape réformant la Curie romaine ; le Synode et la synodalité, « à la fois comme instrument et comme style de coopération », et la liturgie, « la source et le sommet de la vie chrétienne ». 

    Mais Leo a ajouté que « par manque de temps, et afin d’encourager une analyse véritablement approfondie, seuls deux d’entre eux seront abordés en détail ». 

    Il a ensuite été demandé aux cardinaux de préciser lesquels des quatre thèmes ils souhaitaient voir débattus en détail et, selon le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, une large majorité a décidé que les sujets seraient « l’évangélisation et l’activité missionnaire de l’Église, d’après une relecture d’Evangelii Gaudium », et « le Synode et la synodalité ». Le pape a remercié les cardinaux pour ce choix, ajoutant : « Les autres thèmes ne sont pas oubliés. Il y a des questions très concrètes et spécifiques que nous devons encore aborder. »

    Lors d'un point de presse mercredi soir, Bruni a indiqué aux journalistes que les 170 cardinaux participants étaient répartis en 20 groupes, eux-mêmes divisés en deux blocs. Onze groupes étaient composés de cardinaux en poste à Rome, notamment des cardinaux de la Curie et ceux ayant achevé leur mandat et n'étant plus électeurs. Les neuf autres groupes comprenaient des cardinaux électeurs des Églises locales (archevêques et évêques de diocèses), des cardinaux électeurs nonces et des cardinaux électeurs ayant achevé leur mandat mais conservant leur droit de vote en raison de leur âge (moins de 80 ans). 

    Bruni a indiqué que, « par manque de temps », les secrétaires cardinaux du deuxième groupe étaient chargés de rendre compte de la décision des cardinaux. « Ils disposaient de trois minutes pour expliquer le travail effectué au sein des groupes et les raisons qui avaient conduit au choix des deux thèmes. » 

    Le Saint-Père avait clairement indiqué dans son discours d'ouverture qu'il préférait recevoir l'avis du second groupe de cardinaux, car il ne s'adresse généralement pas à eux. « Il m'est naturellement plus facile de solliciter l'avis de ceux qui travaillent à la Curie et vivent à Rome », a-t-il déclaré. 

    Mais la décision de ne pas faire de la liturgie un thème central a déçu certains cardinaux et fidèles traditionnels. 

    La liturgie est depuis longtemps un sujet particulièrement sensible, notamment pour les catholiques attachés à la tradition, suite aux restrictions importantes imposées récemment à la forme ancienne du rite latin sous le pontificat du pape François. Ces fidèles ont perçu ces restrictions non comme un simple changement disciplinaire, mais comme un jugement porté sur leur fidélité, leur spiritualité et leur appartenance à l'Église, ce que beaucoup ont décrit comme profondément blessant et source de division. 

    Le site web italien traditionnel populaire Messa in Latino a écrit le 7 janvier avoir contacté des cardinaux anonymes mais importants qui se sont tous déclarés « découragés et déçus » par la relégation de la liturgie au rang de sujet de discussion. 

    Dans un commentaire au Register le 8 janvier, le rédacteur en chef du site web, Luigi Casalini, a demandé : « À qui le pape a-t-il délégué ce choix, et selon quels critères ces cardinaux des neuf églises locales ont-ils été sélectionnés pour écarter – de fait – deux sujets ? » Il s'est également demandé « pourquoi les cardinaux sensibles à la question » ne semblent « avoir fait aucune tentative pour faire pression » afin que la liturgie soit incluse comme sujet central de discussion, « même avant le consistoire ». 

    Le consistoire, a-t-il ajouté, « semble être en parfaite continuité avec les synodes et la pensée de François » — une allusion au silence des synodes récents sur la liturgie traditionnelle.

    S'adressant aux journalistes mercredi, Bruni a tenté de les rassurer. « Les deux autres thèmes seront abordés d'une manière ou d'une autre, car la mission n'exclut pas la liturgie », a-t-il déclaré. « Au contraire, cela ne signifie pas une exclusion. Cela signifie qu'ils seront traités parmi les autres ou d'une autre façon. »

    Il a ajouté : « Comme l’a dit le Pape et comme il l’a souligné dans ses discours d’ouverture et de clôture [mercredi], ces thèmes ne peuvent être dissociés, car la mission et l’évangélisation sont indissociables de la liturgie. » 

    Casalini a déclaré qu'il attendait avec intérêt les deux discussions libres prévues aujourd'hui pour voir « si le sujet de la liturgie sera de nouveau abordé ».

    Cet article a été mis à jour afin d'inclure les remarques finales du Pape lors de la séance d'ouverture d'hier.

  • L'évêque Barron (Winona-Rochester) met en garde contre une synodalité qui conduit au relativisme doctrinal.

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    D'InfoVaticana :

    L'évêque Barron met en garde contre une synodalité qui conduit au relativisme doctrinal.

    L’évêque de Winona-Rochester (États-Unis), Robert Barron, a publiquement mis en garde contre les risques d’une synodalité mal comprise qui, au lieu de servir la mission de l’Église, finirait par devenir un espace de débats doctrinaux et de relativisme théologique. Ses déclarations interviennent dans le cadre du Consistoire des cardinaux, où la synodalité figure parmi les sujets à l’ordre du jour et, comme nous avons déjà pu le constater dès la première journée, constitue également le mode opératoire de cet événement.

    Barron, qui a participé activement aux processus synodaux tant au niveau local qu'à Rome, a souligné que les synodes peuvent être des instruments utiles pour définir des stratégies pastorales pratiques , mais qu'ils ne doivent pas être utilisés comme forums pour remettre en question les enseignements établis du Magistère.

    Lorsque la doctrine est soumise au vote, l'Église entre en crise.

    Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l’évêque a rappelé son expérience en tant que délégué élu lors des deux phases du Synode et en tant que président d’un synode diocésain. De ce fait, il a soutenu que lorsque l’enseignement doctrinal est soumis à une « détermination synodale », l’Église sombre dans le relativisme et la complaisance , une dynamique qui, selon lui, est déjà clairement visible dans le cadre du « chemin synodal allemand » .

    Barron a souligné que ces types de processus engendrent une insécurité doctrinale et un sentiment permanent de provisoire qui finit par paralyser la vie ecclésiale.

    La référence à Ratzinger et à la théologie de Communio

    L’évêque a évoqué les fondateurs de la revue Communio — Joseph Ratzinger, Hans Urs von Balthasar et Henri de Lubac — qui se sont distanciés de la publication Concilium précisément en raison de son engagement à perpétuer ce qu’on appelait « l’esprit de Vatican II ». Selon Barron, ces grands théologiens reconnaissaient que les conciles pouvaient être nécessaires à certains moments historiques, mais ils mettaient également en garde contre le fait que l’Église ne pouvait pas rester indéfiniment dans un état conciliaire .

    « À la fin d’un concile, c’est un soulagement », se souvient Barron, car l’Église peut alors reprendre sa mission essentielle. La maintenir dans un processus continu de délibérations engendre confusion, hésitation et dérive pastorale, comme ce fut le cas durant les décennies qui ont suivi le concile Vatican II.

    Une synodalité au service de la mission, et non comme une fin en soi

    L’évêque américain a conclu en soulignant que, si la synodalité doit se poursuivre, elle doit se concentrer exclusivement sur les moyens pratiques permettant à l’Église de mieux accomplir sa mission : adorer Dieu, évangéliser et servir les pauvres. Il a également mis en garde contre le risque d’en faire un élément permanent et déterminant de la vie de l’Église.

    Autrement, a-t-il affirmé, l’Église risque de perdre la clarté, la vigueur et le sens de sa propre mission.

  • Vatican II « constitue encore aujourd’hui l’étoile polaire qui guide le chemin de l’Église » (Léon XIV)

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    Cet attachement inconditionnel au controversé Concile Vatican II est-il de bonne augure ?

    De Victoria Cardiel sur ACI Prensa via CNA :

    Le pape Léon XIV souligne la pertinence du concile Vatican II avant sa rencontre avec les cardinaux.

    Le pape Léon XIV a entamé mercredi, lors de sa première audience générale de 2026, une série de réflexions sur le concile Vatican II.

    L'audience publique, qui s'est tenue à l'intérieur de la salle Paul VI du Vatican en raison des basses températures, a eu lieu peu avant le début de la première consultation de Léon avec les cardinaux, appelée consistoire, convoquée les 7 et 8 janvier.

    Le pape a fait remarquer que, bien que le concile Vatican II ait eu lieu il y a un peu plus de 60 ans, la génération d'évêques, de théologiens et de laïcs catholiques qui l'a composé n'est plus de ce monde, ce qui rend nécessaire une nouvelle étude de ses enseignements.

    « Bien que nous entendions l’appel à ne pas laisser s’estomper la prophétie [du concile] et à continuer de chercher des moyens de mettre en œuvre ses enseignements, il sera important de la connaître à nouveau de près, et de le faire non pas par le biais de “rumeurs” ou d’interprétations qui ont été données, mais en relisant ses documents et en réfléchissant à leur contenu », a déclaré le pape le matin du 7 janvier.

    Il a affirmé que le magistère de Vatican II « constitue encore aujourd’hui l’étoile polaire qui guide le chemin de l’Église ».

    « Au fil des années, les documents conciliaires n’ont rien perdu de leur actualité ; bien au contraire, leurs enseignements se révèlent particulièrement pertinents face à la nouvelle situation de l’Église et à la société mondialisée actuelle », a-t-il déclaré, citant le pape Benoît XVI.

    Le Saint-Père a également rappelé l’impulsion initiale de ce grand événement ecclésial, convoqué par saint Jean XXIII, qui a ouvert « la voie à une nouvelle saison ecclésiale » à la suite d’une « riche réflexion biblique, théologique et liturgique qui a traversé le XXe siècle ».

    Léon a passé en revue certains des principaux fruits du concile, notamment le fait qu'il avait « redécouvert le visage de Dieu comme le Père qui, en Christ, nous appelle à être ses enfants ».

    Cela a également conduit, a-t-il dit, à une compréhension renouvelée de l’Église « comme mystère de communion et sacrement d’unité entre Dieu et son peuple », et a initié une importante « réforme liturgique » en plaçant au centre le mystère du salut et la participation active et consciente de tout le peuple de Dieu.

    « Cela nous a permis de nous ouvrir au monde et d’embrasser les changements et les défis de l’ère moderne dans le dialogue et la coresponsabilité, en tant qu’Église qui souhaite ouvrir ses bras à l’humanité », a-t-il expliqué.

    Citant saint Paul VI, il a déclaré que l’Église s’était engagée sur une nouvelle voie afin de « rechercher la vérité par la voie de l’œcuménisme, du dialogue interreligieux et du dialogue avec les personnes de bonne volonté ».

    Ce même esprit, a-t-il ajouté, « doit caractériser notre vie spirituelle et l’action pastorale de l’Église, car nous n’avons pas encore pleinement réalisé la réforme ecclésiale au sens ministériel et, face aux défis d’aujourd’hui, nous sommes appelés à continuer d’être des interprètes vigilants des signes des temps, des proclamateurs joyeux de l’Évangile, des témoins courageux de la justice et de la paix. »

    « Alors que nous nous penchons sur les documents du Concile Vatican II et que nous redécouvrons leur pertinence prophétique et contemporaine, nous saluons la riche tradition de la vie de l’Église et, en même temps, nous nous interrogeons sur le présent et renouvelons notre joie de courir vers le monde pour lui apporter l’Évangile du royaume de Dieu, un royaume d’amour, de justice et de paix », a-t-il déclaré.

  • En Espagne jadis catholique, les incidents christianophobes se multiplient

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    En Espagne catholique, les incidents de christianophobie sont en augmentation.

    Actes de blasphème et attaques contre le Saint-Sacrement. En Espagne, la christianophobie est devenue une urgence quotidienne. Le récent épisode de profanation dans un monastère de Valladolid a réaffirmé la nécessité de surveiller ces phénomènes à l'échelle européenne. 

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    La christianophobie progresse en Espagne, pays où le gouvernement Sánchez et ses alliés de gauche populistes devront bientôt répondre de leur corruption systémique et sont actuellement pris dans la tourmente d'enquêtes, de scandales et de procès. Dans ce contexte loin d'être pacifique, plusieurs actes de christianophobie alarmants ont été commis par des groupes non identifiés, vraisemblablement liés à l'extrémisme islamique et/ou communiste.

    Ce type de christianophobie se manifeste notamment non seulement par des actes de blasphème, d'enlèvement et de vol du Saint-Sacrement, mais aussi par le « martyre des choses », c'est-à-dire des attaques contre les symboles chrétiens, témoignant ainsi d'une haine violente envers le Christ, l'histoire et les traditions du pays. Le 28 décembre dernier, le Saint-Sacrement a été profané au monastère du Saint-Esprit à Valladolid, en Espagne. Les hosties consacrées, conservées dans le tabernacle, ont été volées, ce qui constitue « une offense particulièrement grave contre le Seigneur et l’Église catholique, puisque le Saint-Sacrement est la présence réelle de Jésus-Christ dans le pain et le vin, transformés en son Corps et son Sang après la consécration », a déclaré l’archevêché de Valladolid, qui a ajouté : « Nous déplorons de devoir dénoncer pour la deuxième fois cette année la profanation du tabernacle de l’une de nos églises. Nous invitons une fois encore tous les fidèles de Valladolid à prier pour ce sacrilège et à veiller à la célébration de l’Eucharistie et à la conservation du Saint-Sacrement dans le tabernacle. » 

    L’archevêque Argüello, président de la Conférence épiscopale espagnole et archevêque de Valladolid, a célébré une cérémonie de réparation le samedi 3 janvier « pour les dommages causés au Très Saint Sacrement de l’Eucharistie ». Au cours des mois précédents, d’autres cas graves avaient été signalés, mais les auteurs n’avaient pas encore été traduits en justice. Plus précisément, le dimanche 27 juillet, le vicaire général de l’archidiocèse d’Oviedo, Adolfo Mariño, a présidé une messe de réparation à l’église Santa Teresa de Soto de Trubia, après que des individus non identifiés s’y soient introduits par effraction aux premières heures du 18 juillet, commettant « un acte de profanation et un grave sacrilège contre le Très Saint Sacrement » et dérobant plusieurs vases sacrés utilisés pour le culte. Pire encore, il s’agissait de la troisième « attaque » contre l’église de Trubia en moins d’un mois, où des vitraux avaient déjà été brisés et les murs extérieurs dégradés. 

    Le mois d'août dernier a été marqué par un nombre record de profanations, de blasphèmes et d'actes sacrilèges en Espagne, avec sept attaques contre des églises catholiques, selon un rapport de l'Observatoire pour la liberté religieuse et la conscience (OLRC). L'OLRC a exhorté à « ne pas banaliser la multiplication quotidienne des attaques contre les églises, les croyants et les profanations », car elles violent la liberté religieuse, reconnue par l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et l'article 16 de la Constitution espagnole. Ces attaques ont eu lieu entre le 11 et le 31 août.

    Le 11 août, des actes de vandalisme ont été commis à l'église paroissiale Santa Catalina (Rute, Cordoue), où de la peinture noire a été déversée sur les marches ; le 13, des graffitis injurieux sont apparus à l'église paroissiale Verge del Carme (Palma, Îles Baléares) ; le 17, un homme d'origine nord-africaine a incendié une église paroissiale à Albuñol (Grenade) après avoir endommagé plusieurs images religieuses ; le 24, une femme africaine est entrée dans l'église de Yeles (Tolède) et a vandalisé plusieurs images religieuses ; le 31 août, des militants de « Futuro Vegetal » ont jeté de la peinture sur la Sagrada Familia à Barcelone, protestant contre la « complicité » des politiciens dans les incendies qui ravagent le pays.

    Plus graves encore furent les « incidents » survenus les 12 et 14 août. Le 12 août, une personne transgenre originaire d'Amérique du Sud profana la chapelle de l'Adoration eucharistique perpétuelle de Valence. Elle pénétra par effraction dans la chapelle, s'approcha de l'autel et détruisit l'ostensoir, tout en proférant des insultes à l'encontre des fidèles. Deux jours plus tard, le 14 août, lors de la célébration eucharistique à la cathédrale de Valence, une violente agression eut lieu contre le sacristain et des paroissiens.

    La succession d'attaques contre le Christ vivant et véritable, ses reliques eucharistiques, les églises catholiques et les lieux de culte démontre que la violence et la haine envers les chrétiens en Espagne sont en forte augmentation et excessivement tolérées par les autorités compétentes. Ne serait-il pas préférable que Bruxelles nomme enfin un coordinateur chargé de surveiller et de combattre la christianophobie, voire la corruption systémique de la gauche, plutôt que de demander à l'Espagne d'abolir la fête du 6 janvier, jour de l'Épiphanie et de l'Épiphanie ? 

  • Le premier consistoire de Léon XIV commence sous le signe de la déception

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Le consistoire de Léon XIV commence sous le signe de la déception

    La décision de confier la méditation d'ouverture au controversé cardinal Radcliffe suscite des interrogations, tout comme les délais serrés et l'organisation des groupes de travail. Aujourd'hui, messe à Saint-Pierre et discours de clôture de Léon XIV.

    8_1_2026

    Ce premier consistoire extraordinaire de Léon XIV ne commence pas sous les meilleurs auspices. Si, avant même son ouverture, la composition des groupes de travail et le temps limité accordé aux interventions libres avaient déjà suscité une certaine polémique, les choses ne se sont pas mieux passées à l'intérieur de la nouvelle salle du Synode.

    Plusieurs cardinaux ont d'abord été surpris par la décision de confier la méditation d'ouverture au controversé dominicain Timothy Radcliffe. Le cardinal britannique, bien que sachant manifestement à l'avance qu'il aurait cette responsabilité, a accordé une interview à The Daily Telegraph la veille, réitérant son soutien au diaconat féminin et affirmant que « personne ne peut simplement dire « je suis une femme » ». Lors des congrégations générales, son nom avait déjà été proposé pour la méditation d'ouverture du conclave, mais tous les cardinaux n'étaient pas d'accord et Raniero Cantalamessa, qui n'est pas électeur, a finalement été préféré.

    Mais c'est l'organisation en général qui fait débat. Certains cardinaux se demandent si les compétences du bureau du doyen n'ont pas été exercées dans ce cas par la Secrétairerie d'État. Hier, dans son intervention, le pape a annoncé que sur les 21 groupes constitués, seuls les 9 provenant des Églises locales pourront faire rapport. Le pape a cité les « deux assemblées du Synode des évêques de 2023 et 2024 » pour en louer « la dynamique synodale ». Son intention de communion est en revanche apparue dans la comparaison entre Paul VI et  Jean-Paul II, d'une part, et Benoît XVI et François, d'autre part. Le pape a présenté ce consistoire extraordinaire comme une sorte de continuation du chemin déjà entrepris pendant les jours du conclave.

    Une autre déception pour plusieurs cardinaux est toutefois survenue lorsque Léon a expliqué que les quatre thèmes abordés la veille (Evangelii gaudium, Praedicate Evangelium, Synode et synodalité et liturgie) ne seraient pas tous traités de manière spécifique. Le temps limité sacrifiera une discussion plus approfondie sur la liturgie. « En regardant le cheminement des deux prochaines années, quelles attentions et priorités pourraient orienter l'action du Saint-Père et de la Curie sur cette question ? », telle est la question directrice choisie pour les deux sessions d'aujourd'hui. Léon XIV a déclaré que ce consistoire ne devait pas nécessairement déboucher sur un texte, mais qu'il le concevait plutôt comme une conversation qui l'aiderait dans son service à l'Église universelle. « L'unité attire, la division disperse », a déclaré le pape dans une sorte de phrase-manifeste.

    Au premier rang, le cardinal Joseph Zen, âgé de 93 ans, est arrivé à Rome à l'improviste et a eu la chance d'être reçu en audience privée par le pape dans la matinée. Aujourd'hui, la journée commencera par la messe à Saint-Pierre à l'autel de la Chaire, puis la deuxième session se terminera par un déjeuner avec le pape dans le hall de la salle Paul VI. La troisième et dernière session débutera en début d'après-midi et verra l'intervention finale de Léon XIV. De nombreux cardinaux ont déjà leurs billets de retour pour demain matin. 

  • Une "méga raclette" dans une église : le vicaire général de Liège en appelle à une "réévaluation" avant de reproduire l'évènement

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    D'Eric de Beukelaer, vicaire général du diocèse de Liège, sur le site de la Libre en "contribution externe" :

    Un repas-raclette dans une église a été critiqué : arrêtons-nous sur cette histoire

    Loin de la crèche de la Grand-Place, Verviers s'est offert un chaud débat suite au repas-raclette qu'une unité scoute organisa dans une vaste église.

    5-1-2026

    Une chronique d'Eric de Beukelaer, prêtre (*)

    Si Bruxelles souffrit la polémique de la crèche de la Grand-Place, Verviers s'offrit un chaud débat suite au repas-raclette qu'une unité scoute organisa dans une vaste église, avec l'accord des autorités pastorales et de la fabrique d'église. Alerté par des voix critiques, l'évêché a renvoyé la paroisse à ses responsabilités, en l'invitant à évaluer l'initiative après l'événement. Précisons que les scouts respectèrent le lieu, encadrant le repas par des chants de Noël. Comme le demande le diocèse, le Saint-Sacrement fut déplacé et le chœur de l'édifice ne fut pas occupé. Sur les réseaux sociaux, peu enclins à la nuance, les uns criaient au sacrilège et les autres ricanaient : où est le problème ? Plutôt que de s'emmurer dans une posture partisane, arrêtons-nous sur cette histoire pour réfléchir à ce qui est acceptable dans une église et pourquoi.

    Que dit le droit canonique ?

    Que dit le droit canonique ? "Ne sera admis dans un lieu sacré que ce qui sert ou favorise le culte, la piété ou la religion, et y sera défendu tout ce qui ne convient pas à la sainteté du lieu. Cependant l'Ordinaire peut permettre occasionnellement d'autres usages qui ne soient pourtant pas contraires à la sainteté du lieu" (Canon 1210). Le Directoire diocésain liégeois pour le temporel des cultes, précise quant à lui : "Ces activités doivent être conciliables avec la spécificité d'un espace chrétien de prière. Ce qui veut dire qu'il ne peut s'agir d'intérêts privés, d'activités commerciales ou de manifestations de partis politiques, mais bien d'objectifs sociaux qui ne sont pas en contradiction avec la foi chrétienne ou l'Église. L'usage multifonctionnel doit rester limité dans le temps" (Objectif 2020, § 22 1C).

    En parallèle avec le droit interne à l'Église, il y a le statut juridique des bâtiments du culte en vigueur en Belgique. Aux Pays-Bas, les églises sont des biens privés. Les autorités religieuses décident souverainement de leur usage, mais quand elles ne peuvent plus les entretenir financièrement, les diocèses les vendent et leur réaffectation est rarement heureuse. En Belgique, suite au concordat de 1801, 95 % des lieux de culte appartiennent au domaine public, car les églises sont des propriétés communales ou fabriciennes (la fabrique d'église est aussi un établissement public). Ce régime implique que toute la collectivité est responsable de leur entretien, qui est subsidié par les budgets communaux, et même régionaux pour les édifices classés. Ceci invite, dès lors, à ouvrir ces lieux à tous et à les animer, quitte à parfois y accueillir des activités "hors culte".

    Acceptable ou pas ?

    Quelles activités profanes sont acceptables dans une église ? Les animations culturelles ne font pas polémiques : concerts de Laurent Voulzy et Natascha St-Pier, spectacles son et lumière de Luc Petit dans plusieurs vastes églises du pays, ou de Luminiscence à la cathédrale de Bruxelles et expositions de peinture, de sculpture, ou d'artisanat. Organiser un repas dans une église n'est pas non plus tabou. Les orthodoxes, si sensibles au respect du sacré, connaissent d'ailleurs des églises-réfectoires. À Rome, Sainte-Marie au Trastevere est transformée depuis 1982 à Noël en réfectoire pour nourrir les pauvres, sans que les papes successifs ne s'en offusquent. Cette initiative de la communauté Sant Egidio est depuis reprise à Bruxelles, Anvers et Liège, et personne n'y trouve à redire. Si organiser un repas dans une église pour les démunis est accepté, le faire pour alimenter les finances de scouts crée le débat. Nourrir les pauvres n'est pas la même chose que de transformer une église en taverne d'un soir, pour renflouer la caisse des mouvements de jeunesses. Le sens qui anime chaque activité profane dans un lieu sacré dessine une frontière subtile mais réelle, entre un événement accepté de tous et celui qui génère un diffus malaise. Si la raclette verviétoise devait se reproduire, cet aspect serait à réévaluer.

    → Blog : http://www.ericdebeukelaer.be/

    Comme il fallait s'y attendre, l'évêque de Liège n'a pas répondu à notre lettre ouverte dans laquelle nous demandions que l'on revienne sur cet évènement choquant pour l'évaluer avec justesse avant d'autoriser qu'il se reproduise. On peut considérer que les réticences exprimées par le Vicaire général du diocèse vont timidement dans la bonne direction sans toutefois nous satisfaire vraiment.

  • Consistoire des cardinaux : l'Église va-t-elle guérir de ses blessures liturgiques ?

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    De Dom Alcuin Reid sur le Catholic Herald :

    6 janvier 2026

    Le consistoire des cardinaux : L'Église guérira-t-elle ses blessures liturgiques ?

    Alors que le Collège des cardinaux se réunit demain à Rome pour son premier consistoire consultatif avec le Saint-Père, on s'attend de plus en plus à ce que cette rencontre soit décisive sur certaines questions sensibles au sein de l'Église. Parmi celles-ci figure la place des rites liturgiques anciens (ou « traditionnels »), l' usus antiquior , ou « usage plus ancien », comme on l'appelle peut-être de manière moins polémique.

    Dans sa lettre aux cardinaux avant Noël, le pape Léon XIV a indiqué que ce consistoire comprendrait une « réflexion théologique, historique et pastorale approfondie afin de préserver la saine tradition tout en restant ouvert au progrès légitime ». C'est encourageant à deux égards.

    Premièrement, cela indique que le Saint-Père reconnaît l'existence d'un problème qu'il convient d'aborder. La tentative plus que regrettable de « régler » les questions liturgiques, visée par ce pur produit de manœuvres politiques prélatales qu'est le Motu Proprio Traditiones Custodes (16 juillet 2021), et son impact pastoral désastreux, appellent réparation. Le pape Benoît XVI avait raison d'enseigner que « ce que les générations précédentes ont tenu pour sacré demeure sacré et grand pour nous aussi, et ne saurait être soudainement totalement interdit, ni même considéré comme nuisible. Il nous incombe à tous de préserver les richesses qui se sont développées dans la foi et la prière de l'Église, et de leur accorder la place qui leur revient » (Lettre du 7 juillet 2007). Comme nous le savons maintenant, consultés plus de dix ans plus tard, la majorité des évêques du monde, qu'ils apprécient ou non personnellement les rites anciens, n'ont eu aucun problème avec ce principe ni avec sa mise en œuvre pratique. Au contraire, ils en ont loué les fruits.

    Deuxièmement, l’emploi par le Saint-Père de l’expression « afin de conserver la saine tradition tout en restant ouverts au progrès légitime », tirée de l’article 23 de la Constitution sur la liturgie sacrée du Concile Vatican II (4 décembre 1963), révèle une certaine nuance. En effet, pour ceux qui ont étudié cette Constitution, cet article est essentiel à la compréhension de son intention d’initier une réforme modérée, et non radicale ou de fond en comble, de la liturgie, dans la continuité de la tradition reçue. L’article 23 insiste : « Il ne doit y avoir d’innovations que si le bien de l’Église l’exige véritablement et certainement ; et il faut veiller à ce que toute forme nouvelle adoptée découle organiquement des formes existantes. » On ignore si le Saint-Père entend rouvrir la boîte de Pandore de la question de la réforme non organique imposée après le Concile, afin de revenir à la vision conciliaire de continuité et non de rupture. Mais son langage peut assurément laisser entendre que les questions soulevées pourront être débattues.

    L'opportunité d'une réforme liturgique a cependant été quelque peu reléguée au second plan ces dix dernières années. Nombreux sont ceux qui se sont simplement accommodés de la célébration des rites plus récents, l' usus recentior . La plupart le font avec une foi profonde, une grande dévotion et une ferveur intense ; certains par résignation, voire par simple habitude. Un petit nombre utilise les rites modernes comme un simple outil dans leur quête d'un « progrès » illégitime. Et, depuis que le Summorum Pontificum de Benoît XVI en 2007 les a libérés des chaînes qui les retenaient, un nombre croissant d'autres ont découvert la richesse participative de la célébration renouvelée des rites liturgiques anciens, dont la popularité, sans polémique, n'a cessé de croître.

    C’est ce dernier phénomène qui semble avoir suffisamment inquiété un groupe d’idéologues ecclésiastiques vieillissants pour qu’ils fassent pression sur l’ancien pape afin qu’il promulgue Traditiones Custodes et nomme des hommes de main ambitieux chargés d’appliquer brutalement ses politiques véritablement réactionnaires. Comme mentionné précédemment, cela a été un désastre pastoral. Cela a engendré la division et la discorde là où la paix régnait grâce à la vision du pape Benoît XVI d’une communion et d’une unité profondes au sein de l’Église, tout en se réjouissant de la riche et féconde diversité rituelle dont témoigne la tradition liturgique de l’Église. « Ouvrons généreusement nos cœurs et faisons place à tout ce que la foi elle-même permet », exhortait-il les évêques en 2007. Cela pourrait constituer un bon point de départ pour la discussion des cardinaux cette semaine.

    Ces derniers mois, les adeptes de l'usus antiquior ont fait preuve d'une grande impatience, parfois d'une naïveté absurde, voire d'un manque de respect total, en attendant du Saint-Père qu'il résolve cette question du jour au lendemain, pour ainsi dire, dès son entrée en fonction. Nous devons faire preuve de patience et de charité : il a fallu plus de deux ans au pape Benoît XVI après son élection pour promulguer Summorum Pontificum, face à l'opposition directe et ouvertement hostile de nombreux évêques, et le pape Benoît XVI avait parlé et écrit sur ces questions pendant de nombreuses années auparavant.

    Le pape Léon XIV a besoin de temps. Et il a besoin de notre patience et de notre charité, et surtout du don de nos prières et de nos sacrifices. Il consulte : Deo gratias. La même consultation ouverte n'a pas eu lieu avant Traditiones Custodes.

    Dans un certain sens, la consultation est relativement simple. Ensuite, le Saint-Père a pour tâche de juger les conseils qui lui ont été donnés et d'utiliser son pouvoir de gouvernance pour établir des règlements qui serviront le véritable bien des âmes. C'est là que chacun de nous a beaucoup à contribuer par les prières et les pénitences que nous pouvons offrir pour sa sagesse et sa force. Après tout, il s'agit ni plus ni moins que de notre devoir filial en tant que catholiques.

    Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas discuter des problèmes ni même proposer des solutions positives, comme celle présentée récemment dans une lettre adressée aux cardinaux visant à créer un ordinariat ou une prélature pour l'usus antiquior. Certes, cela semble avoir bien fonctionné dans l'administration apostolique de Campos au Brésil, mais il s'agit là d'une structure définie géographiquement. Créer une sorte de « réserve naturelle » mondiale pour l'usus antiquior risquerait de le ghettoïser. Cela pourrait entraver le rétablissement et le développement de cette coexistence pacifique et de cette communion ecclésiale, ainsi que l'enrichissement de la vie liturgique des paroisses ordinaires et du clergé séculier, qui ont été les fruits concrets de Summorum Pontificum. De même, l'idée de placer sous une seule structure les instituts et communautés autonomes existants qui célèbrent les rites anciens, de manière très diverse, a autant d'attrait que d'essayer d'enfoncer des chevilles de formes différentes dans un trou carré. Cela ne fonctionnerait tout simplement pas.

    Cela ne veut pas dire que ces communautés ou groupes ne devraient pas être soumis à une surveillance paternelle et autoritaire. Actuellement, les dicastères compétents assurent cette supervision en ce qui concerne leur gouvernance, mais il subsiste un manque flagrant de soutien ou d'orientation épiscopale faisant autorité pour eux sur le plan liturgique. Le dicastère concerné n'est tout simplement pas intéressé, et l'on pourrait s'inquiéter de sa compétence dans les questions à traiter s'il l'était.

    C'est certainement un besoin auquel le Saint-Père pourrait répondre. La création d'un bureau, dirigé par un évêque et composé de personnes qualifiées, chargé de régler les questions liturgiques qui se posent avec l'usus antiquior, d'aider les évêques diocésains à veiller à ce que tout soit conforme à la liturgie dans ces communautés, et de fournir aux évêques, voire à certains cardinaux à la retraite, la possibilité de célébrer la confirmation et les autres rites pontificaux selon l'usage ancien lorsque cela est nécessaire, serait un véritable cadeau paternel.

    Il en serait de même pour le retour à la libéralité de la vision liturgique véritablement pastorale du pape Benoît XVI. Prions, jeûnons et offrons les sacrifices que nous pouvons pour le Saint-Père alors qu'il rencontre ses cardinaux dans les jours à venir. Ces moyens traditionnels d'obtenir la grâce pourraient bien porter leurs fruits dans les décisions que le pape Léon comprend clairement qu'il doit prendre.

    Dom Alcuin Reid est prieur du Monastère Saint-Benoît à Brignoles, en France, et spécialiste de liturgie de renommée internationale. Son ouvrage principal, « The Organic Development of the Liturgy » (Ignatius, 2005), comporte une préface du cardinal Joseph Ratzinger.

  • Le Consistoire extraordinaire : que nous réserve l'avenir ?

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le Consistoire extraordinaire — Que nous réserve l'avenir ?

    La réforme de la Curie, la synodalité et la liturgie sont à l'ordre du jour de la première réunion de ce type du pontificat du pape Léon XIV.

    Des questions importantes sont à l'ordre du jour du premier consistoire extraordinaire du pape Léon XIV, qui se tiendra mercredi et jeudi de cette semaine.  

    Mais le temps imparti pour en discuter sera court et on ne sait pas ce qui pourra être accompli lors de cette réunion d'une journée et demie seulement, structurée autour de groupes de travail. 

    La réunion à huis clos portera sur quatre thèmes interdépendants : le rôle du Collège des cardinaux dans la gouvernance de Léon XIV, l’avenir de la synodalité, la réforme de la Curie et les grandes questions relatives à la liturgie. 

    Le Vatican a présenté cette réunion comme une rencontre strictement consultative, à huis clos, axée sur la prière, la réflexion et un échange ouvert pour soutenir le pape dans sa « haute et exigeante responsabilité » de gouverner l’Église universelle. 

    Le consistoire a également été conçu comme un moment de « discernement commun » et de fraternité entre l'évêque de Rome et les cardinaux, explicitement pour aider à façonner la première phase du pontificat de Léon XIV et ses priorités après le Jubilé de l'Espérance qui s'est conclu à la fête de l'Épiphanie. 

    Sur la première question, le rôle interne du Collège des cardinaux dans la gouvernance de l'Église, la discussion portera sur la fréquence et les modalités de réunion et de consultation des cardinaux, un point explicitement souligné lors des discussions pré-conclave de 2025.  

    Les cardinaux, dont le rôle principal est de conseiller le pape et de l'élire, s'étaient inquiétés du manque de consultation durant le pontificat du pape François, qui s'adressait presque exclusivement à son soi-disant « cabinet de cuisine », connu sous le nom de Conseil des cardinaux C9, mais consultait peu d'autres cardinaux.   

    Dans une interview accordée au Daily Telegraph le 6 janvier, le cardinal Timothy Radcliffe a déclaré qu'au sujet de ces consistoires extraordinaires, « de nombreux cardinaux estiment qu'il devrait y en avoir au moins un par an ». Il a également exprimé l'espoir que la réunion de cette semaine permettrait de ramener au sein de l'Église ceux qui s'étaient éloignés de la position du défunt pape. Il est essentiel, a-t-il affirmé au journal, que les cardinaux soient heureux : « Une Église malheureuse », a-t-il soutenu, « ne peut pas prêcher l'Évangile ».  

    Malgré les inquiétudes concernant sa structure, le consistoire extraordinaire promet donc une consultation accrue et un « nouveau style de gouvernance » plus collégial. Il pourrait également permettre de clarifier le type de conseils que Léon XIV attend de ses cardinaux. 

    Dans le cadre de cette réflexion sur la compréhension que l'Église a d'elle-même, les cardinaux ont également été invités à relire Evangelii Gaudium , l'exhortation apostolique du pape François de 2013, dont l'un des points de discussion mentionnés est un « élan renouvelé et joyeux dans la proclamation de l'Évangile ».  

    Un deuxième thème essentiel sera la synodalité et son rôle en tant qu’instrument efficace de coopération avec le Pontife romain. Les cardinaux examineront comment poursuivre, modifier ou rééquilibrer les processus synodaux mis en avant par François, notamment en ce qui concerne les conférences épiscopales et les instances centrales du Saint-Siège.  

    Un troisième thème central sera Praedicate Evangelium , la constitution apostolique de François de 2022 qui a réformé la Curie romaine. Les cardinaux devront accorder une attention particulière aux relations entre l'Église universelle et les Églises particulières, ainsi qu'au fonctionnement concret des dicastères de la Curie sous le nouveau pape. 

    La réunion devrait donc examiner si des ajustements, des clarifications ou des normes de mise en œuvre supplémentaires sont nécessaires, alors que Léon XIV passe de l’« héritage » des structures de l’ère François à leur élaboration active à la lumière de sa propre vision de la gouvernance. 

    Enfin, des informations ont suggéré que la vaste question de la liturgie constituera un quatrième thème distinct, certains médias italiens évoquant explicitement une recherche de « paix liturgique », notamment après les troubles qui ont suivi le motu proprio Traditionis Custodes du pape François en 2021 , qui a sévèrement restreint le rite romain traditionnel.  

    Le pape souhaiterait, selon certaines sources, un débat théologique, historique et pastoral sur la liturgie (en s'appuyant notamment sur l'encyclique Sacrosanctum Concilium ) afin de dépasser les clivages liés à la réforme post-conciliaire et à l'ancien rite liturgique, et de tracer une voie plus unifiée pour l'avenir. Les cardinaux sont donc appelés à examiner la liturgie à travers une « réflexion théologique, historique et pastorale approfondie, afin de préserver la tradition tout en restant ouverts à un progrès légitime ». 

    Calendrier officiel 

    Le calendrier officiel complet du consistoire extraordinaire, publié le 6 janvier par le College of Cardinals Report , sera structuré sur le modèle d'un synode récent — c'est-à-dire avec des cardinaux divisés en groupes de travail qui soumettront ensuite des rapports.  

    Cette structure s'écarte des formats consistoriaux traditionnels et rappelle le dernier consistoire extraordinaire qui s'est tenu à la fin de l'été 2022. Cette structure synodale est censée orienter les discussions sur des thèmes clés, bien que certains cardinaux aient critiqué le format en 2022, affirmant qu'il ne laissait pas suffisamment de place à un débat ouvert et collectif. 

    La même possibilité existe pour cette réunion, avec seulement deux segments de 45 minutes prévus pour des interventions ouvertes où les cardinaux pourront s'engager dans une discussion libre devant l'ensemble du collège.   

    Le consistoire s'ouvre mercredi à 12h30 par l'enregistrement des membres du Collège des cardinaux dans l'atrium de la salle Paul VI, suivi d'un mot de bienvenue du doyen du Collège des cardinaux, le cardinal Giovanni Battista Re. Le Saint-Père prononcera ensuite son discours d'introduction, puis présentera le déroulement des travaux du groupe.  

    La première session durera près de trois heures et sera composée de groupes de travail, de rapports de ces groupes, et se conclura par un discours du pape Léon XIV à 19 heures.  

    Après la messe de 7h30 le lendemain matin à l'autel de la Chaire de Saint-Pierre, les travaux de groupe reprendront à 9h45 après une prière commune et une introduction. Une pause à 11h sera suivie des comptes rendus des groupes, puis la première discussion ouverte de 45 minutes aura lieu après l'Angélus à midi.  

    Après un déjeuner avec Léon XIII dans l'atrium de la salle Paul VI, la troisième et dernière session débutera. Les travaux de groupe commenceront après la prière de 15h30 et se poursuivront jusqu'à 17h, suivis d'un compte rendu de chaque groupe. La dernière discussion ouverte aura lieu de 18h à 18h45. Le consistoire extraordinaire se conclura par une allocution du Saint-Père et le Te Deum. Le Vatican a prévu un point de presse à l'issue du consistoire, jeudi. 

  • L'Année Sainte est terminée; quel bilan ?

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    De kath.net/news :

    Que reste-t-il à la fin de l'Année Sainte ?

    6 janvier 2026

    Selon les dernières estimations, Rome a accueilli cette année 35 millions de visiteurs – un tournant marqué par le changement de pape –, le prochain grand événement religieux étant prévu pour 2033 – analyse de Sabine Kleyboldt

    Un triste événement a marqué la première moitié de l'« Année jubilaire » 2025 : le décès du pape François le 21 avril. Cela ne s'était produit auparavant que lors de l'Année sainte de 1700, année du décès d'Innocent XII.

    Mais le point bas de 2025 a aussi marqué un tournant. Après une sorte de vide causé par la maladie, l'hospitalisation et le décès du pape François, un nouveau départ était possible. Et Léon XIV, élu le 8 mai, s'est immédiatement mis au travail : il a repris les réunions spéciales pour l'Année sainte, dont beaucoup avaient été annulées en raison de l'absence du pape François à partir de la mi-février.

    56 guerres dans le monde

    L’archevêque Rino Fisichella, délégué du pape pour l’Année sainte, évoque une Église dynamique et en mouvement, comme en témoignent les flux de pèlerins venus du monde entier. « Nous, chrétiens, devons être de véritables “pèlerins de l’espérance” dans un monde ébranlé par 56 guerres », déclare-t-il, faisant allusion à la devise de l’Année sainte. Il ajoute que cet événement d’envergure témoigne du profond désir de spiritualité qui anime les fidèles.

    Dans le même temps, il espère des répercussions politiques suite à cette année anniversaire. Presque chaque week-end, des rencontres thématiques spécifiques ont été organisées, notamment pour les personnes démunies, les prisonniers, les gouvernements, les prêtres, les diacres, les personnels soignants, les magistrats, les médias, les chorales, les athlètes, les personnalités influentes, les familles, les jeunes et les personnes âgées. Lors de ces rencontres, le Pape a notamment plaidé pour des mesures de remise de peine, le remboursement de la dette écologique des pays riches envers les pays pauvres et, à plusieurs reprises, pour la fin des guerres, des violences et des injustices. Fisichella espère que ces initiatives auront désormais un impact politique.

    Nouvelle « salle d'écoute » dans la basilique Saint-Pierre

    Le Vatican lui-même a répondu à l'évolution des attentes des fidèles envers l'Église : en septembre, un « espace d'écoute » a été aménagé dans la basilique Saint-Pierre. Dans un simple box situé dans le bas-côté gauche, chacun peut confier ses problèmes et ses questions existentielles à des prêtres, des religieux ou des laïcs. Orazio Pepe, secrétaire de l'atelier de la basilique, y voit une nouvelle forme d'ouverture, accessible également aux personnes sans appartenance religieuse.

    Le Vatican réagissait à l'afflux massif de visiteurs, dont certains n'étaient pas des pèlerins fervents. Dès la mi-décembre, les organisateurs estimaient leur nombre à 32 millions ; à la fermeture des portes le 6 janvier, ce chiffre avoisinait probablement les 35 millions. À titre de comparaison, en 2000, « seulement » 25 millions de personnes s'étaient rendues au Vatican, et lors de l'Année sainte de la Miséricorde en 2016, ce nombre s'élevait à 20 millions.

    1,2 million de jeunes

    Le nombre de participants au rassemblement des jeunes pour l'Année sainte était également gigantesque : début août, selon les organisateurs, 1,2 million de jeunes se sont réunis au sud-est de Rome pour célébrer eux-mêmes, le pape et leur foi.

    L’Année Sainte touche à sa fin et Léon XIV a gagné en assurance dans sa présence publique. Au début de l’année, il a déclaré que l’Année Sainte était le signe d’un monde « renouvelé et réconcilié selon le dessein de Dieu ». Dans ce dessein, Rome occupe une place particulière. Il souhaite que Rome, inspirée par l’espérance chrétienne, puisse à l’avenir servir encore plus pleinement le dessein de Dieu pour l’humanité.

    Durant l’Année Sainte, les fidèles se rendaient à Rome pour prier sur le tombeau de l’apôtre Pierre et réaffirmer leur engagement envers le Christ. « Cela nous rappelle que toute notre vie est un cheminement dont le but ultime transcende l’espace et le temps, pour s’accomplir dans la rencontre avec Dieu, dans une communion parfaite et éternelle avec lui. » Franchir la Porte Sainte en priant et en demandant des indulgences pour le pardon des péchés participe de cette « rencontre entre le fini et l’infini ».

    Par ailleurs, Léon XIV a proclamé une « Année Sainte de la Rédemption » pour 2033, commémorant le 2000e anniversaire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Le pape espère que non seulement les catholiques, mais aussi toutes les confessions chrétiennes témoigneront de leur foi et de leur unité lors d'un grand rassemblement à Jérusalem. « L'Église doit se préparer et vivre ces deux millénaires écoulés depuis la Rédemption avec une ferveur sans précédent », a souligné l'archevêque Fisichella. Il est donc temps de se mobiliser pour la prochaine Année Sainte.

  • La doctrine de la double vérité constitue le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident (cardinal Müller)

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    De kath.net/news :

    « Les causes de la crise de l’Église et comment la surmonter »

    6 janvier 2026

    « Le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident, et particulièrement en Allemagne, réside à mes yeux dans le retour de la doctrine de la double vérité. Elle est d’origine gnostique. » Par Gerhard Card. Müller, Rome

    Rome (kath.net) Toute l'Église remercie le pape Léon XIV pour sa proclamation christocentrique, dans laquelle, en tant que successeur de Pierre, il unit tous les évêques et les fidèles dans la confession du Christ, Fils du Dieu vivant (Mt 16,16). 

    Le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident, et particulièrement en Allemagne, réside à mes yeux dans la résurgence de la doctrine de la double vérité. D'origine gnostique, elle fut déjà opposée par Irénée de Lyon à l'herméneutique catholique. L'unité et la plénitude de la révélation sont présentes dans l'Église à travers l'Écriture Sainte, la Tradition apostolique et le Magistère des évêques, notamment dans l'Église catholique romaine. Dans sa Constitution dogmatique sur la Révélation divine, « Dei Verbum » (1-10), le Concile Vatican II a, en ce sens, souligné la nature surnaturelle de la foi et la nature sacramentelle de l'Église, en opposition à l'immanentisation de la foi et à la sécularisation de l'Église. Il s'est opposé tant au rationalisme des Lumières, qui réduit le christianisme à une morale naturelle (Kant), qu'à l'irrationalisme du romantisme, qui pervertit la foi rationnelle en un sentimentalisme mystique (Rousseau). En termes simples : la religion relève du sentiment individuel et collectif, et toutes les religions historiques ne sont donc que leur expression culturellement conditionnée. Aucune religion ne prétend détenir la vérité à elle seule, même si l’Église se considère comme l’enseignante divinement désignée de la révélation faite une fois pour toutes en Christ, c’est-à-dire comme le sacrement du salut en Christ. Le nouveau Docteur de l’Église, John Henry Newman, dans son dernier ouvrage majeur, « Essai pour une grammaire de l’assentiment », a donné à l’herméneutique catholique une forme contemporaine après le naturalisme des Lumières. 

    La doctrine de la double vérité se pare aujourd'hui du slogan d'un changement de paradigme. Si cela peut se justifier pour l'élaboration de théories en sciences naturelles, c'est en revanche désastreux pour la théologie, fondée sur la plénitude de la vérité et de la grâce en Christ. Elle diffère de la pensée de Nietzsche, qui subordonne la vérité à la perspective, et de celle de Heidegger, qui fait dépendre la vérité de l'Être de sa révélation à une époque donnée. La vérité est ainsi conditionnée par le temps. 

    Le Christ, cependant, est en sa personne la vérité dans la plénitude des temps. Il unit toutes les époques du salut, de l'Église et de l'histoire dogmatique dans l'unité de la conscience de foi de l'Église, dans son passé, son présent et son avenir. Par sa nature humaine assumée, le Fils de Dieu établit chaque croyant et l'Église tout entière en communion directe avec le seul vrai Dieu qui, dans la divinité et l'humanité de son Fils, embrasse tous les âges.

    Une conséquence néfaste de la doctrine de la double vérité est l'exigence que l'accompagnement pastoral prime sur les vérités révélées de la foi et de la morale. Ce qui est dogmatiquement vrai peut être pastoralement faux, et inversement. Par exemple, bien que le mariage entre un homme et une femme soit fondé sur le Logos du Créateur et Rédempteur, en qui toutes choses ont été créées, les couples homosexuels peuvent néanmoins se laisser bercer par l'illusion, pour des raisons pastorales – c'est-à-dire pour leur confort subjectif – que leur relation, objectivement pécheresse, est néanmoins bénie par Dieu. 

    Pour donner un autre exemple : d’une part, on ne peut pas, avec le Concile Vatican II, professer la constitution hiérarchique et sacramentelle de l’Église comme vérité révélée (Lumen gentium 18-29), et d’autre part transformer le Synode des évêques en un symposium de participants de tous les rangs de l’Église, dont les opinions seraient alors – contrairement à toute collégialité entre les évêques – investies par le Pape, comme par un prince absolutiste, de l’autorité du Magistère ordinaire, alors même que le Magistère ordinaire est censé être la proclamation régulière des vérités révélées par les évêques et le Pape (c’est-à-dire qu’à Noël, ils prêchent la naissance du Christ et l’Incarnation du Fils de Dieu et non leurs idées politiques personnelles). L'Église d'Allemagne ne peut pas non plus se dire catholique et, avec le Concile synodal – organe décisionnel nommé par des humains – saper l'autorité enseignante et la juridiction des évêques en vertu du droit divin (iuris divini) et permettre que la charge pastorale des évêques soit absorbée par un parlement ecclésiastique de type anglican.

    Mais on ne saurait séparer le Christ, maître de la vérité, et le Christ, bon pasteur, à la manière néo-nestorienne, car il est la même personne divine qui enseigne la vérité divine et confère à ses disciples la vie divine de grâce, de conversion et de renouveau dans l’Esprit Saint. Il nous faut dépasser l’opposition dualiste entre dogme et pastorale, entre vérité et vie. Nous devons préserver notre pensée et notre jugement des catégories idéologiques qui divisent l’unique Corps du Christ, qui est l’Église, en traditionalistes et progressistes, conservateurs et libéraux.

    La Tradition apostolique reconnaît dans l’Église, avec l’aide du Saint-Esprit, un progrès dans la compréhension de la révélation unique et définitive, notamment par la prédication de ceux qui, en assumant la charge épiscopale, ont reçu le charisme sûr de la vérité (cf. Dei verbum 8). Et c’est seulement dans le Christ unique que se révèle toute la profondeur de la vérité sur Dieu et le salut de l’homme, car il est « à la fois – dans son humanité – le médiateur et – dans sa divinité – la plénitude de toute révélation » (Dei verbum 2).

    Photo d'archive : Le cardinal Müller au conclave de 2025 (c) Vatican Media

    VIDÉO - Le cardinal Müller a célébré la messe pontificale en la basilique Saint-Pierre en commémoration du pape Benoît XVI, à l'occasion du troisième anniversaire de sa mort :