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Eglise

  • Sept réformes liturgiques que tous les catholiques peuvent soutenir

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    De Clément Harold sur le Catholic Herald :

    Sept réformes liturgiques que tous les catholiques peuvent soutenir

    L'usage anglican conserve de nombreux éléments distinctifs de la messe traditionnelle en latin, tels que les prières au pied de l'autel, le double Confiteor et le dernier Évangile. Bien que la langue soit vernaculaire, il s'agit d'un anglais soutenu où « your spirit » devient « thy spirit », « It is right and just » devient « It is meet and right to do so to do », et où les impératifs tels que « vouchsafe » abondent.

    Le rite anglican comprend également plusieurs éléments absents du rite ancien. Parmi ceux-ci figurent la prière d'humble accès, récitée par le prêtre et les fidèles avant la communion, ainsi qu'une prière d'action de grâce magnifiquement construite, récitée après la communion.

    Bien que je fréquente une paroisse du Novus Ordo, ma participation annuelle à la messe anglicane me rappelle régulièrement que, de nos jours, l'expérience de la messe pour la plupart des catholiques est, pour le moins, appauvrie. Quelles qu'aient été ses intentions, la révolution liturgique des années 1960 et 1970 a abouti à une situation où la grande majorité des fidèles assistent à des messes qui leur paraissent irrévérencieuses et banales.

    Heureusement, je n'ai pas à résoudre la crise liturgique actuelle. Mais si tel était le cas, je commencerais sans doute mes efforts de restauration par sept réformes de bon sens qui permettraient au Novus Ordo de mieux glorifier Dieu et de sanctifier les âmes.

    1) Exiger que le prêtre se tourne vers l'orient

    Bien que la pratique de célébrer la messe ad orientem n'ait jamais été universelle, elle fut la norme en Orient comme en Occident pendant plus de mille ans. L'obligation pour le prêtre de se tourner dans la même direction que le peuple renforce l'idée qu'il le guide dans un sacrifice de louange fondamentalement théocentrique.

    En revanche, dès que le prêtre se trouve face au peuple , sa personnalité devient plus facilement le centre de l'attention, alimentant ainsi un cléricalisme malsain. Puisqu'il n'existe aucun argument valable pour célébrer la messe face au peuple , il est tout à fait logique de rétablir l'ancienne pratique de la célébrer face à l'Orient .

    2) Réinstaller les bancs de communion

    Malgré six années d'études en théologie, je n'ai jamais entendu d'explication convaincante quant à la raison pour laquelle les fidèles devraient recevoir la sainte communion debout, dans la main, plutôt qu'à genoux et sur la langue. J'ai même du mal à imaginer à quoi pourrait ressembler une telle explication.

    L'explication la plus plausible serait que, dans l'Église primitive, certains communiaient dans la main et que, dans la liturgie orientale, on ne s'agenouille pas pour recevoir la communion. Cependant, ces arguments ne sont pas convaincants. L'Église primitive n'avait pas non plus de crucifix, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions les retirer de nos autels.

    Comme pour les crucifix, il en va de même pour la réception de la communion : au fil du temps, l’Église a approfondi sa compréhension de ce qui est le plus respectueux et le plus salutaire. Recevoir la communion sur la langue nous rappelle que l’Eucharistie n’est pas un aliment ordinaire et nous enseigne que l’Église est notre mère spirituelle qui nous nourrit comme une mère oiseau nourrit ses oisillons. Cela réduit également le risque de sacrilège. Quant à la génuflexion, c’est la manière habituelle pour les chrétiens occidentaux d’exprimer leur hommage et leur vénération ; dès lors, pourquoi ne pas l’exiger des fidèles lorsqu’ils s’approchent du Roi des rois ? Des exceptions doivent bien sûr être faites pour ceux qui, en raison de leur âge ou de leur infirmité, ne peuvent s’agenouiller.

    3) Restaurer le respect eucharistique

    Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, mais je me limiterai à trois suggestions.

    Premièrement, rétablissons la génuflexion du prêtre immédiatement après les paroles de la consécration. Dans le Novus Ordo, le prêtre élève d'abord les espèces consacrées, puis seulement ensuite il s'agenouille. Sur ce point, l'Ancien Rite est à la fois plus respectueux et plus pédagogique : dès que le miracle de la transsubstantiation a lieu, le prêtre rend hommage à Dieu car il est présent sur l'autel. Ce n'est qu'après s'être génuflé qu'il élève l'hostie ou le calice.

    Deuxièmement, exigez l'utilisation de plateaux de communion à chaque messe où un acolyte sert. Ces plateaux ont une utilité pratique évidente : éviter que les hosties consacrées ne tombent au sol. De plus, ils contribuent à restaurer le caractère sacré de la messe. Il n'y a aucune raison valable de ne pas utiliser de plateaux de communion.

    Troisièmement, il convient de limiter le recours aux ministres extraordinaires de la communion. Si je ne suis pas opposé en principe à leur fonction, c'est leur transformation progressive en simples distributeurs de la sainte communion qui me pose problème, ainsi qu'à de nombreux autres catholiques. Dans de nombreuses paroisses, on pourrait se passer complètement de ministres extraordinaires en limitant la communion à une seule espèce.

    4) Exiger le canon romain

    Lorsque j'ouvre mon application Universalis et que je consulte l'Ordre de la messe du 1er juillet (Saint Oliver Plunkett), je découvre pas moins de dix options pour la prière eucharistique : quatre prières standard, deux pour la réconciliation et quatre autres pour diverses intentions. Sans compter les trois prières eucharistiques supplémentaires prévues pour les messes avec enfants. Pourtant, personne n'a jamais su m'expliquer l'intérêt de laisser le prêtre choisir chaque matin une prière eucharistique différente, selon son inspiration du matin.

    Avant la révolution liturgique, le Canon romain (« Prière eucharistique I ») était utilisé dans chaque messe de rite romain depuis plus de mille ans. Il semble donc légitime de se demander pourquoi la Sainte Messe a cédé au penchant moderne pour la nouveauté et la personnalisation à outrance. Pourquoi avons-nous touché au Canon romain ? Qu’avons-nous gagné, au juste, à le modifier ? Qu’apporte la Prière eucharistique II que le Canon romain n’a pas ? La seule réponse plausible est la brièveté. Mais cet argument est peu convaincant quand on sait que le Canon romain ne compte que 453 mots – soit à peine trois minutes de récitation – de plus que la Prière eucharistique II. 

    5) Standardiser le rite pénitentiel

    Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il était judicieux de rendre le Confiteor facultatif, je suis tout ouïe. Qu'est-ce qui, précisément, rend cette ancienne prière pénitentielle (bien que modifiée) appropriée le mardi mais inutile le mercredi ? Et pourquoi l'inclusion d'une partie aussi essentielle de la messe devrait-elle être laissée à la discrétion du prêtre ?

    Selon la pratique actuelle, le célébrant a la liberté de passer sous silence le Confiteor et de le remplacer par une série d'invocations – au moins sept ensembles d'options différents sont disponibles aux États-Unis – dont la plupart ne mentionnent même pas le mot péché.

    6) Déplacer (ou retirer) le signe de paix

    J'essaie de faire un effort avec le signe de paix, mais force est de constater que la forme actuelle du rituel est devenue irrémédiablement mièvre. C'est une distraction inopportune pendant l'un des moments les plus solennels de la messe.

    Une solution possible serait de suivre le rite ambrosien et de placer le signe de paix juste avant l'offertoire. Une autre serait de le placer immédiatement après le rite pénitentiel, bien que cette option soit moins courante historiquement. On pourrait aussi tout simplement le supprimer.

    7) Introduire davantage de silence

    Le silence et le chant sont les deux plus hautes expressions du culte. Le premier est incarné dans la messe basse traditionnelle. Le second est omniprésent dans la messe solennelle traditionnelle et la liturgie divine orientale. Un défaut majeur de la plupart des célébrations contemporaines du Novus Ordo réside dans le chant, souvent déplorable, tandis que le silence est presque totalement absent. Une solution serait que le prêtre récite les prières de l'offertoire en silence. Une autre serait que l'assemblée s'abstienne de chanter des hymnes après la communion, pendant la purification des vases sacrés par le prêtre.

     

    Il va sans dire que les recommandations ci-dessus ne sont ni les réflexions d'un expert ni celles d'un ecclésiastique, mais simplement celles d'un laïc catholique (je l'espère, réfléchi) qui fréquente l'Église selon le Novus Ordo et en perçoit les imperfections. Si l'une de ces prescriptions devait être adoptée, il serait essentiel de l'appliquer avec toute la délicatesse et la sensibilité pastorales requises.

    De l'avis général, l'abandon de la messe traditionnelle dans les années 1960 et 1970 a provoqué une crise de foi généralisée parmi les fidèles. Du jour au lendemain, la messe des siècles a été brutalement abandonnée. Pour beaucoup, ce bouleversement a soulevé une question fondamentale : si la liturgie de l'Église peut être si facilement remise en cause, pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant avec ses enseignements moraux ?

    Si nous voulons éviter de répéter les erreurs du passé, toute future réforme de la liturgie doit être menée avec soin et progressivement, et accompagnée d'une catéchèse solide.

  • Léon XIV annule les réformes de l'ère François au sein du diocèse de Rome

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    D'Edgar Beltran sur le Pillar :

    Léon XIV annule les réformes de l'ère François au sein du diocèse de Rome

    Trois ans après la constitution apostolique de François, le pape Léon a apporté des changements significatifs aux structures de gouvernance du diocèse.

    Trois ans après la promulgation par François de la constitution apostolique In Ecclesiarum Communione, Léon publia le motu proprio Confirma Fratres Tuos, apportant des changements majeurs à la structure de gouvernement du vicariat et rétablissant le cardinal vicaire comme principale autorité dans le gouvernement quotidien du diocèse du pape.

    Les observateurs locaux ont interprété cette décision comme une réprimande implicite à l'égard de Mgr Renato Tarantelli Baccari, vicaire du diocèse de Rome, dont l'ascension fulgurante sous le pontificat de François a culminé avec sa nomination comme évêque auxiliaire et vicaire en 2024.

    Tarantelli Baccari était largement considéré à Rome comme l'une des figures clés de la réforme du vicariat par François, qui accordait une plus grande autorité au vice-gérant et au Conseil épiscopal.

    Après avoir annoncé la consécration des quatre nouveaux évêques auxiliaires de Rome le 25 février, le pape Léon a établi une commission composée de tous les évêques auxiliaires de Rome et du cardinal vicaire pour réviser In Ecclesiarum Communione .

    Le diocèse de Rome est divisé en cinq zones : nord, sud, est, ouest et centre historique – bien que la zone du centre historique ait été abolie par François en octobre 2024 et rétablie plus tard par le pape Léon en novembre 2025.

    Chaque zone est censée être dirigée par un évêque auxiliaire de Rome, agissant en qualité de vicaire épiscopal. Les évêques auxiliaires constituent le conseil épiscopal du vicariat, ou diocèse, de Rome, aux côtés du cardinal vicaire de Rome – nommé par le pape pour diriger le diocèse – et du vice-gérant, qui sont les deuxième et troisième personnages les plus importants du diocèse, après le pape lui-même.

    Bien que le motu proprio ne constitue pas un renversement absolu de la réforme de François, il apporte des changements significatifs.

    Avant l'encyclique In Ecclesiarum Communione , le cardinal vicaire exerçait une large autorité par procuration dans le gouvernement du diocèse de Rome. Bien que le pape demeurât évêque de Rome et conservât la pleine autorité d'intervention, le cardinal vicaire pouvait prendre la plupart des décisions diocésaines importantes sans l'approbation explicite du concile épiscopal ni du pape, ce qui signifiait qu'en pratique, il agissait comme l'ordinaire local du diocèse au quotidien.

    Cependant, la réforme de François a considérablement réduit le pouvoir du cardinal vicaire et accru celui du vice-gérant et du conseil épiscopal.

    Par exemple, l’article 10 de l’ encyclique In Ecclesiarum Communione promulguée par François stipule que le cardinal vicaire « est un auxiliaire et vicaire général [du diocèse de Rome]… En mon nom et par mon mandat, avec l’assistance de mes autres évêques auxiliaires, parmi lesquels je choisis le vice-gérant, il exercera le ministère épiscopal d’enseignement, de sanctification et de gouvernance pastorale pour le diocèse de Rome avec le pouvoir vicaire ordinaire selon les termes que j’ai établis. »

    L'article est désormais simplifié sous Léon, la mention du cardinal vicaire comme « auxiliaire et vicaire général » étant supprimée, et il est désormais indiqué que le cardinal vicaire a « la haute et effective direction du vicariat » et le vice-gérant n'est mentionné brièvement qu'à la fin de l'article.

    L'article 14.2 de la constitution apostolique stipulait que le vicaire « dirige les offices qui composent le Service du Secrétariat général du vicariat… Le vicaire est chargé de superviser les offices du vicariat dans l'exercice de leurs fonctions, de convoquer une réunion mensuelle des directeurs de tous les offices du vicariat, d'établir les critères de la bonne application du principe de communication unique dans les relations entre le vicariat et les autres autorités, et de veiller à ce que les employés du vicariat exécutent fidèlement les tâches qui leur sont confiées. »

    Cette partie de l'article a entièrement disparu lors de la réforme de Léon.

    La réforme de Léon introduit en revanche le rôle de modérateur de la curie, qui assume désormais certaines des responsabilités auparavant dévolues au vice-gérant.

    Le modérateur est proposé par le cardinal vicaire et nommé par le pape pour un mandat unique de cinq ans. Conformément à l’article 19, « le modérateur de la curie assiste le cardinal vicaire dans l’exercice de ses fonctions… Il coordonne les activités du vicariat en vue de la mise en œuvre des directives du cardinal vicaire. »

    Une autre limite importante imposée à l'autorité du cardinal vicaire par In Ecclesiarum Communione concernait le Conseil épiscopal, que la constitution définissait comme le « principal organe de synodalité » du diocèse et son principal forum « pour les décisions pastorales et administratives ». Le texte exigeait également que le conseil se réunisse trois fois par mois, le pape présidant personnellement ou déléguant le cardinal vicaire pour diriger les sessions.

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  • FSSPX : le schisme est consommé; selon le cardinal Müller, une hérésie dans la pratique est le fait de la Fraternité

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    D'Andrea Zanbrano sur la NBQ :

    Le schisme est consommé, Müller : « Une hérésie dans la pratique émane de la Fraternité »

    Le schisme de la Fraternité Saint-Pie X est consommé. Entretien avec le cardinal Müller : « Je demande une réponse théologique aux erreurs qui dénotent une hérésie dans la pratique » ; « Accueillir ceux qui partiront, supprimer l’Ecclesia Dei était une erreur » ; « Il y a de l’idéologie dans Traditionis custodes, la tradition a besoin de sollicitude pastorale ».

    2/07/2026

    « C’est plus qu’un schisme, c’est une hérésie dans la pratique. Il faudra désormais répondre de manière systématique à ces erreurs et se préparer à accueillir ceux qui quitteront la Fraternité Saint-Pie X ». Le cardinal Gerhard Ludwig Müller lève les yeux et regarde par la fenêtre de son bureau, qui donne justement sur le Palais apostolique. Le schisme lefebvrien vient de se concrétiser en cette matinée caniculaire, tandis que les touristes grouillent dehors, inconscients de la blessure que cet acte représente pour l’Église. Pourtant, Müller sait qu’il s’agit là d’un point de non-retour.

    Éminence, la consécration des quatre évêques de la FSSPX sans mandat pontifical a commencé par un contresens. À la question « avez-vous le mandat ? », la réponse a été une non-réponse. 

    Une blessure, sans aucun doute. On se souvient des donatistes, qui se croyaient supérieurs, pensaient avoir le droit de juger le Magistère et de décider de ce qui était catholique et de ce qui ne l’était pas.

    Votre intervention au Consistoire a eu le mérite de porter cette question devant le Pape. Comment les cardinaux ont-ils réagi ?

    J’ai été surpris par le nombre de confrères qui ont accueilli favorablement mes propositions. Il incombe à nous, cardinaux de la Sainte Église romaine, de défendre l’orthodoxie. Saint Irénée disait déjà que toutes les Églises doivent s’accorder avec l’Église de Pierre et Paul. Et il l’a dit contre les gnostiques. D’ailleurs, la gnose est à la base de toute rébellion. C’est lorsque la raison de l’homme veut se poser au-dessus de la raison de Dieu. Derrière toutes les hérésies se cache le gnosticisme, car il présuppose d’avoir une conception supérieure à la révélation présentée dans l’Église visible.

    Et dans la Fraternité, y a-t-il davantage d’hérésie ou davantage de gnosticisme ?

    Il y a une hérésie dans la pratique. Ici, on ne peut pas faire la distinction entre schisme et hérésie. La négation du primat du Pape dans la pratique, qu’ils acceptent pourtant en théorie, est une forme pratique d’hérésie. Cela rappelle les libéraux et les francs-maçons du XIXe siècle en Allemagne, qui n’auraient accepté l’absolutisme du roi que si celui-ci avait accepté leurs propositions.

    Comment le pape Léon a-t-il réagi à vos propositions ?

    Il n’a pas réagi directement, mais il connaît ma position.

    Venons-en aux propositions. Quelle ligne faut-il suivre sur le plan doctrinal ?

    Il faut répondre sans tarder. Je pense à une réponse structurée et systématique.

    Comment pourrait-elle s’articuler ?

    Je pense à une commission théologique internationale, qui répondrait à toutes les erreurs de la Fraternité afin d’en dégager le principe même de leur opposition. Il est désormais indispensable d’apporter une réponse théologique de nature scientifique, qui permette ensuite à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de parvenir à une clarification définitive.

    Certaines voix au sein du monde catholique ont rassuré les fidèles en affirmant qu’au fond, l’autorisation du Pape n’est qu’une question de légalisme…

    Ce n’est pas du légalisme. C’est très grave de qualifier cela de légalisme, c’est une question fondamentale pour l’Église. La Fraternité parle sans cesse de la primauté du pape telle que définie par Vatican I, mais elle n’accepte pas cette doctrine ; ses membres veulent être catholiques sans respecter le rôle fondamental du pape. Je leur ferais lire ce que saint Thomas disait sur la primauté du pape. C’est le même comportement que celui de Luther, qui disait qu’il aurait embrassé la pantoufle du pape si celui-ci avait accepté son interprétation de l’Évangile. C’est inacceptable.

    Pourquoi ?

    Parce que l’acte d’ordination d’un évêque est un acte de l’Église ; en son absence, on tombe dans la secte. Personne ne peut dire : « J’ai le droit de me faire ordonner évêque ». La doctrine de la primauté est évangélique ; prétendre qu’il ne s’agit que de légalisme revient à rompre avec le Pape et à détruire la structure sacramentelle de l’Église. Luther l’a fait lui aussi. Ils veulent être des « super-catholiques » avec une herméneutique protestante. À l’instar d’Henri VIII qui disait : « Je suis plus catholique que le pape ».

    Comment répondez-vous à l’objection d’Écône qui prétend agir pour le salut des âmes ?

    Je réponds avec saint Augustin qui répliquait aux sectes donatistes, qui se proclamaient la seule Église pure face à l’Église pécheresse : l’Église est un corpus permixtum où les pécheurs cohabitent avec les saints. Nous sommes tous pécheurs et nous sommes tous saints. Ce sont plutôt les fidèles qui se laissent séduire par cette prétention qui mettent leur âme en danger.

    Une autre objection concerne l’état de nécessité, c’est-à-dire la dérogation à certaines lois de l’Église si une situation de danger l’impose.

    Mais l’état de nécessité ne peut vous autoriser à aller à l’encontre de ce que Jésus-Christ a établi ! La sagesse divine n’avait-elle pas déjà prévu cela aussi ? La vérité, c’est que l’état de nécessité est mal compris. Il n’existe que dans leur imagination.

    Mais il est évident que l’Église subit des influences hétérodoxes et des doctrines trompeuses, ainsi qu’une protestantisation et une sécularisation excessives…

    Il n’y a pas d’erreurs de l’Église, c’est a priori impossible. Il y a des erreurs dans l’Église, mais pas de l’Église. Ne savent-ils pas que l’Église est indestructible et infaillible ? Même à l’époque des Ariens, il y avait des erreurs dans l’Église, mais pas de l’Église. L’argument de l’état de nécessité est une auto-justification idéologique par laquelle chacun veut se définir comme le critère ultime.

    Vous avez été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Comment avez-vous géré l’affaire des lefebvristes ?

    Si je peux utiliser une image, je dirais qu’ils tournaient autour du problème de la liberté religieuse. Mais ce que j’ai eu l’impression de percevoir, c’est qu’ils n’acceptent pas que Dieu nous laisse la liberté même s’il existe des consciences erronées. L’État ne peut imposer une religion, mais devant Dieu, nous sommes tenus d’obéir à la révélation.

    Venons-en à la deuxième proposition : la création d’une structure à l’image de l’Ecclesia Dei, capable d’accueillir les futurs dissidents de la Fraternité désormais schismatique…

    La suppression de l’Ecclesia Dei a été une erreur, car cela a entraîné un morcellement des compétences et des domaines d’intervention. Il faudrait au contraire une entité unique chargée des aspects liturgiques et dogmatiques, destinée à ceux qui, dès demain, voudront revenir dans l’Église, afin de les aider à distinguer les questions proprement liturgiques de celles qui relèvent exclusivement de la doctrine ou de la bonne compréhension de la mission du pape et des évêques. Et encore : apprendre à distinguer les erreurs dans l’Église des erreurs de l’Église, ce qui, comme nous l’avons dit, est impossible.

    Une nouvelle structure au sein du Dicastère pour la doctrine de la foi ?

    Pas nécessairement. Sous son égide, mais sans nécessairement en émaner. Elle doit disposer d’une certaine indépendance et d’une certaine autonomie pour s’occuper exclusivement de ces personnes.

    L’ancienne Ecclesia Dei a eu le mérite de favoriser la réconciliation de nombreuses réalités avec l’Église.

    C’est vrai. J’en ai moi-même vu les fruits. Samedi, je serai à Courtlain, en France, pour l’ordination de sept diacres et prêtres de l’Institut du Bon Pasteur. À Wigratzbad, il y a la Fraternité Saint-Pierre, qui dispose d’un séminaire très dynamique. Ce sont des réalités fructueuses, qui ont des vocations, une foi solide, et qui ont besoin d’un accompagnement que je leur apporte volontiers.

    Célébrerez-vous la messe selon l’ancien rite ?

    Oui. Je ne suis pas un fervent partisan de la messe selon l’ancien rite, mais c’est une préoccupation pastorale que j’assume volontiers, car il s’agit à tous égards d’un patrimoine de l’Église qui ne doit pas disparaître.

    Que pensez-vous de la proposition de créer un ordinariat qui réglemente toutes ces réalités qui souhaitent vivre la tradition au sein de l’Église ?

    Canoniquement, c’est possible ; il existe déjà des expériences de ce type pour le monde dit « traditionnel », mais aussi pour les anciens anglicans. Je n’ai pas d’a priori, je pense qu’on peut réfléchir à cette issue possible.

    Mais il y a l’obstacle du *Traditionis custodes*, le *motu proprio* du pape François qui réglemente de manière restrictive la liturgie ancienne, réduisant à néant l’effort du *Summorum Pontificum*, qui avait au contraire constitué un « printemps » de redécouverte de la tradition…

    L’approche adoptée dans *Traditionis custodes* était idéologique ; on n’a pas pris conscience que si les fidèles recherchent la messe selon le *Vetus Ordo*, c’est aussi parce qu’ils ont assisté pendant trop d’années aux abus commis lors de la messe selon le *Novus Ordo*. Il est vrai que l’on parlait d’abus dans le rite renouvelé, mais on n’a pas réagi. En revanche, il y a deux semaines, on est intervenu pour mettre fin à la tentative, en Allemagne, de confier l’homélie à un fidèle laïc. C’est Vatican II lui-même qui affirme que le prêtre est le seul ministre du culte et de la Parole. De la même manière, il faudrait également intervenir face aux autres abus, mais les évêques eux-mêmes doivent et peuvent le faire dans leurs propres diocèses. Ils en ont le pouvoir et la faculté légitime.

    Quels sont, selon vous, les abus les plus graves dans la forme ordinaire de la messe ?

    Je dirais le refus d’admettre que l’essence de la liturgie est l’adoration de Dieu. Certains l’interprètent comme un divertissement, comme un spectacle. Et cela conduit au protagonisme du prêtre qui est certes ministre de Jésus, mais pas l’acteur principal.

    Dans certains milieux traditionalistes qui font un clin d’œil à Écône, on avance cette justification : comment cela se fait-il ? On excommunie les lefebvristes qui sont fidèles à la tradition, mais pas les Allemands qui sont désormais protestants ?

    C’est une objection que je peux comprendre d’un point de vue humain. Les tendances hétérodoxes au sein de l’Église, par exemple celles qui visent à bénir les couples homosexuels, constituent une grave erreur et doivent être combattues en tant que telles. Mais cette objection ne correspond pas à la réalité théologique. La Fraternité Saint-Pie X n’est pas sanctionnée parce qu’elle est « orthodoxe », mais parce qu’elle a procédé à l’ordination d’évêques en sortant de la communion avec Pierre, ce qui est une condition nécessaire. On ne peut excuser un mal par un autre mal.

  • Le Vatican excommunie même les membres laïcs de la FSSPX, une mesure d'une sévérité sans précédent dans l'histoire récente

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    D'InfoVaticana :

    La réaction de Rome fut rapide et la plus sévère depuis près de quarante ans. Moins de 24 heures après les consécrations épiscopales célébrées la veille à Écône par la Fraternité Saint-Pie-X, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi publie le 2 juillet une Note Explicative, signée par le cardinal Víctor Manuel Fernández, déclarant le crime de schisme consommé et étendant ses conséquences canoniques non seulement aux évêques et prêtres de la Fraternité, mais aussi – et c’est là le développement le plus grave – aux fidèles laïcs.

    Le document, daté du Palais du Dicastère et signé par le préfet, Monseigneur Armando Matteo (secrétaire de la Section Doctrinale) et l'archevêque John J. Kennedy (secrétaire de la Section Disciplinaire), déclare que « les multiples tentatives pour ramener les adeptes du mouvement initié par Monseigneur Marcel Lefebvre en pleine communion avec l'Église catholique se sont avérées vaines » et que les consécrations « sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père » ont « constitué le crime de schisme ».

    Trois coups dans un seul document

    La Note établit trois points d'une force sans précédent :

    Premièrement : tous les ministres sacrés de la FSSPX « sont en schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques », demeurant « soumis à l’excommunication prescrite par le droit canonique » (can. 1364 § 1). Cette déclaration ne vise plus seulement les quatre évêques consacrés hier et le consécrateur : elle s’étend aux plus de sept cents prêtres de la Fraternité dans le monde entier.

    Deuxièmement : les fidèles laïcs « qui adhèrent formellement » à la Fraternité « doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés », selon les conditions établies par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996, que le Dicastère déclare « toujours en vigueur » et « adopte comme sienne ».

    Troisièmement : le peuple de Dieu est averti que les ministres de la Fraternité « administrent illégalement les sacrements » et que « le sacrement de pénitence qu’ils administrent et le mariage qu’ils célèbrent sont invalides ».

    Plus dur que Jean-Paul II en 1988

    La comparaison avec le précédent historique est inévitable, et le constat est accablant : cette Note va au-delà de ce qui a été établi par le motu proprio Ecclesia Dei de 1988. À cette époque, Jean-Paul II avait prononcé l’ excommunication latae sententiae de Mgr Lefebvre, de Mgr de Castro Mayer et des quatre évêques consacrés. Les prêtres et les fidèles avaient été avertis du risque, mais l’excommunication prononcée ne concernait alors que six personnes. Aujourd’hui, en revanche, le Dicastère déclare excommuniés l’ensemble du clergé de la Fraternité et, pour la première fois explicitement dans un document émanant de cette autorité, les laïcs qui y adhèrent formellement.

    Un détail non négligeable pour les canonistes : le document porte le numéro de protocole 99/2009 . Autrement dit, il a été versé au dossier de l’affaire ouverte l’année où Benoît XVI, par décret du 21 janvier 2009, levait l’excommunication des quatre évêques, en signe de miséricorde pour promouvoir l’unité. Dix-sept ans plus tard, ce même dossier sert à l’action inverse.

    Adieu aux concessions de François

    La déclaration d'invalidité des confessions et des mariages annule de fait les concessions accordées par le pontificat précédent . Lors du Jubilé de la Miséricorde en 2015, François avait conféré aux prêtres de la Fraternité la faculté d'absoudre validement les péchés, l'avait rendue permanente dans la lettre apostolique Misericordia et misera (n° 12), et, en 2017, par l'intermédiaire de la Commission Ecclesia Dei , avait établi un dispositif pour la célébration valide des mariages officiés par ses prêtres. Tout cela est désormais effacé d'un trait de plume, sans aucune mention de ces actes pontificaux ni des centaines de milliers de fidèles qui, pendant une décennie, ont reçu la confession et se sont mariés sous leur protection.

    Une rigueur réservée à la tradition

    On pourrait se demander – et de nombreux fidèles se le demanderont aujourd’hui – s’il existe un autre groupe au sein de l’Église auquel Rome ait jamais appliqué une telle rigueur. Le prétendu Chemin synodal allemand a approuvé des résolutions ouvertement contraires au Magistère sans qu’aucun évêque ne soit déclaré schismatique. Des théologiens, des congrégations et des communautés entières remettent publiquement en question des doctrines établies sans que le Dicastère n’ait invalidé leurs sacrements ni excommunié leurs fidèles. L’excommunication explicite de laïcs pour leur simple adhésion à une réalité ecclésiale est sans précédent dans la pratique récente du Saint-Siège. Une fois encore, la norme n’atteint son maximum que lorsqu’elle se réfère à la tradition.

    Le document se conclut par une formule maternelle habituelle : « L’Église, telle une mère attentive, accueillera avec une affection sincère » ceux qui souhaitent revenir, et par une exhortation aux fidèles à « s’abstenir de participer aux célébrations et activités organisées » par la Fraternité. Les nonces apostoliques mettront en place des procédures pour les différents cas de retour.

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    DÉCRET

    Nonobstant les avertissements adressés au Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, Monseigneur Alfonso de Galarreta, ayant accompli un acte de nature schismatique par la consécration épiscopale de quatre prêtres, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife, a encouru *ipso facto* les peines prévues par le can. 1387 et le can. 1364 § 1 CIC 2021.

    Je déclare donc à tous effets juridiques que tant ledit Monseigneur Alfonso de Galarreta que Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier ont encouru *ipso facto* l'excommunication *latae sententiae* réservée au Siège Apostolique.

    Je déclare en outre que Monseigneur Bernard Fellay, ayant participé directement à la célébration liturgique en qualité de co-consécrateur, ayant ainsi adhéré publiquement à l'acte schismatique, a encouru l'excommunication latae sententiae prévue par le can. 1364 § 1 CIC 2021.

    Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sous peine d'encourir ipso facto la peine de l'excommunication latae sententiae.

    Du Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026

    Víctor M. Card. Fernández
    Préfet

    Note explicative du Dicastère pour la Doctrine de la Foi – 2 juillet 2026

    Prot. n° 99/2009


    NOTE EXPLICATIVE

    Depuis l'époque de saint Paul VI jusqu'aux derniers entretiens, qui se sont tenus récemment auprès de ce Dicastère, les nombreuses tentatives visant à ramener à la pleine communion avec l'Église catholique les membres du mouvement initié par Mgr Marcel Lefebvre se sont révélées vaines. Cette situation s'est encore aggravée à la suite des récentes consécrations épiscopales célébrées sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père, en violation manifeste du droit canonique. C'est pourquoi ce Dicastère, dans le fidèle exercice des fonctions qui lui sont confiées, estime nécessaire de constater que cet acte a constitué le délit de schisme, avec les conséquences canoniques qui en découlent pour les ministres sacrés et les fidèles laïcs concernés. En effet, comme cela avait déjà été déclaré en 1988, « cette désobéissance, qui comporte en elle-même un refus pratique de la primauté romaine, constitue un acte schismatique » (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Ecclesia Dei, n° 3).

    À cet égard, désormais :

    1. Les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont dans le schisme et doivent, par conséquent, être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia Dei, n° 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur l'excommunication pour schisme encourue par les adhérents au mouvement de Mgr Marcel Lefebvre, 24 août 1996, nos 5-6). Ils sont donc soumis à l'excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1 du Code de droit canonique).

    2. En ce qui concerne les fidèles laïcs, doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, selon les conditions établies par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996 (cf. ibid., n° 7), toujours en vigueur et que ce Dicastère fait sienne.

    3. Enfin, le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X administrent illicitement les sacrements et que le sacrement de pénitence qu'ils administrent ainsi que les mariages auxquels ils assistent sont invalides.

    L'Église, comme une mère pleine de sollicitude, accueillera avec une affection sincère et une vive bienveillance tous ceux qui souhaiteront revenir à la pleine communion. Les Nonces apostoliques mettront à la disposition des Ordinaires les procédures qu'ils pourront utiliser selon les différents cas.

    Enfin, tous les fidèles sont exhortés à demeurer fermes dans la communion avec le Pontife romain, avec les évêques en communion avec lui et avec toute l'Église (cf. Lumen gentium, n° 22 ; can. 751 du Code de droit canonique), et à s'abstenir de participer aux célébrations et aux activités organisées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

    Du Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026.

    Víctor Manuel Cardinal Fernández
    Préfet

    Mgr Armando Matteo
    Secrétaire de la Section doctrinale

    John J. Kennedy
    Archevêque titulaire d'Ossero
    Secrétaire de la Section disciplinaire

  • Fin de vie : CathoBel publie la prose inacceptable d'un moine de Maredsous

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    Alors que les évêques de France, avec le cardinal Aveline en tête, sont mobilisés contre le vote d’une loi libéralisant l’euthanasie et le suicide assisté, le portail officiel de l’Église catholique en Belgique francophone, CathoBel, publie complaisamment un texte du Frère Réginald-Ferdinand Poswick, moine bénédictin de l’abbaye de Maredsous. (1) Celui-ci plaide pour une libéralisation de ces pratiques, suggérant que certaines personnes âgées puissent volontairement mettre fin à leur vie et proposant même une ritualisation ecclésiale exceptionnelle de ce « départ ».

    Ces positions vont à l’encontre de l’enseignement constant de l’Église, qui refuse absolument de provoquer la mort par des moyens artificiels. Un moine, aussi érudit soit-il, ne peut faire prévaloir une opinion personnelle dans un organe officiel de l’Église (2), au nom d’un évangélisme dévoyé et d’un argumentaire contestable.

    La doctrine constante de l’Église

    L’enseignement officiel de l’Église catholique est clair et inchangé : l’euthanasie (acte qui provoque directement la mort pour supprimer la souffrance) et le suicide assisté sont inacceptables. Le Catéchisme (§2324) les qualifie de meurtre grave, contraire à la dignité de la personne et à la souveraineté de Dieu sur la vie. Jean-Paul II l’a solennellement rappelé dans Evangelium Vitae (1995), position confirmée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de nombreux documents ultérieurs, y compris sous le pontificat de François.

    L’Église promeut les soins palliatifs, l’accompagnement humain et spirituel, la sédation proportionnée (qui soulage sans viser la mort) et une spiritualité qui voit dans la souffrance et la mort un passage vers la vie éternelle. La dignité de la vie humaine demeure entière jusqu’à sa fin naturelle.

    Les évêques de France

    En cohérence avec cette doctrine, les évêques français alertent sur les risques de dérive : pression sur les vulnérables, banalisation de la mort provoquée et affaiblissement des soins palliatifs. Ils lancent des neuvaines et défendent une anthropologie de la fraternité qui accueille les fragiles plutôt que de les éliminer.

    Le cas belge

    En Belgique, l’euthanasie est légalisée depuis 2002 et n’a cessé de s’étendre (mineurs, troubles psychiatriques, etc.), avec une augmentation constante des cas. CathoBel a mis en avant les propositions du Frère Poswick sous le titre « proposition-choc », tout en précisant que celles-ci n’engagent que leur auteur et vont « à l’encontre de l’enseignement de l’Église ». Cette clause de style ne change rien au fait de donner une tribune à une rupture doctrinale.

    Un moine bénédictin, connu pour ses travaux sur la Bible, l’informatique et la spiritualité, n’a pas autorité pour proposer une telle évolution. Cette publication (désapprouvée par son supérieur) (1) interroge la gouvernance et la fidélité doctrinale de l’Église en Belgique, déjà mise en cause par d’autres affaires ayant nécessité des interventions vaticanes.

    Pourquoi cette divergence ?

    • Contexte culturel : forte sécularisation et tradition de « tolérance » pragmatique en Belgique et aux Pays-Bas. Une partie des catholiques, clercs inclus, s’aligne sur l’esprit du temps au nom d’une « miséricorde » ou d’une autonomie individuelle absolue.
    • Crise interne : difficulté de transmission doctrinale en Europe occidentale. Certains invoquent un « développement pastoral » qui contourne l’enseignement constant, au profit d’un subjectivisme moral.
    • Évangélisme dévoyé : ritualiser la mort provoquée reviendrait à transformer l’Église en aumônerie de la culture de mort, au lieu d’en être le sel et la lumière.

    Le magistère universel prime sur les initiatives locales. Rome a déjà corrigé des dérives similaires. Les fidèles ont le devoir, selon Donum Veritatis, de s’attacher à l’enseignement constant plutôt qu’à des propositions novatrices isolées.

    La réaction (ou l’absence de réaction) des évêques belges

    La Conférence épiscopale de Belgique a réaffirmé par le passé son opposition de principe à l’euthanasie, tout en privilégiant un ton nuancé et pastoral (« Je te prends par la main », 2019). Cependant, face à la banalisation sociale de l’euthanasie et à cette publication interne, une réaction ferme et claire fait défaut. Cette tiédeur contraste avec la position plus résolue des évêques français.

    Ce silence probable s’explique par la peur du conflit dans un pays très sécularisé, une culture du « dialogue » et de l’« accueil » qui l’emporte souvent sur la clarté doctrinale, et une certaine pusillanimité face à l’opinion publique majoritairement favorable.

    Conclusion

    Cette affaire révèle un défi plus large : celui de l’unité doctrinale face à la pression sociétale. Les évêques français ont raison de résister fermement. En Belgique, l’accommodement progressif affaiblit le témoignage prophétique de l’Église. Si les évêques belges restent silencieux, les fidèles attachés à la doctrine ont toute légitimité à rappeler la vérité et à s’adresser, si nécessaire, directement à Rome. L’accompagnement véritable des mourants passe par l’espérance et le respect inconditionnel de la vie, et non par l’administration de la mort.

    (1) Le Père Abbé de Maredsous vient (le 1er juillet en matinée) de publier une mise au point : Opinion de Fr. Poswick sur la fin de vie: la mise au point du Père Abbé de Maredsous

    (2) CathoBel précise "qu'un texte d'opinion publié sur le site cathobel.be n'a aucunement valeur de prise de position de l'Eglise en Belgique."

  • Fraternité Saint-Pie X : "une immense tristesse" (Christophe Geffroy sur La Nef)

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    L'éditorial de Christophe Geffroy sur La Nef ( n°393 Juillet-Août 2026):

    Fraternité Saint-Pie X : une immense tristesse

    Au moment où vous lirez ces lignes, écrites fin juin, sauf bouleversement très improbable, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) aura passé outre l’exhortation du pape, et les évêques consécrateurs ainsi que les quatre nouveaux évêques auront été excommuniés latae sententiae (c’est-à-dire automatiquement, ils se sont eux-mêmes excommuniés) le 1er juillet 2026. C’est une immense tristesse pour tout catholique de voir ainsi une déchirure non seulement persister, mais s’aggraver. Tristesse également de constater l’impossibilité d’un dialogue apaisé entre frères censés professer la même foi. Nul doute que les membres et fidèles de la FSSPX aiment profondément le Christ et estiment, subjectivement, ainsi servir l’Église. Nous savons combien une telle déchirure touche bien des âmes partagées entre leur attachement à cette Fraternité et leur souci de fidélité à l’Église, combien elle divise des familles et des catholiques qui, dans un monde où le christianisme est devenu minoritaire, déplorent d’autant plus ces querelles intestines souvent mal appréhendées.

    Un risque de schisme

    Et pourtant, la réalité est là, la dissidence de la FSSPX est d’une extrême gravité puisqu’elle est de nature schismatique, ainsi que l’avait souligné Jean-Paul II dès 1988. Il ne s’agit pas de divergences secondaires ou « tactiques » qui autoriseraient des points de vue différents, tous légitimes, sur une question ouverte ; non, il s’agit de positions doctrinales – conception de la Tradition, rejet profond du concile Vatican II (liberté religieuse et œcuménisme tout particulièrement) et de la messe réformée par saint Paul VI – et d’une attitude ecclésiale de rébellion susceptibles de conduire à un schisme dans l’Église : qui prétendrait que cela est secondaire ? Au regard de cette réalité, les bonnes intentions des dirigeants de la FSSPX ne suffisent pas et ne peuvent rendre bon et licite un acte dont l’objet ne l’est pas – sauf à tomber dans un pur subjectivisme étranger au catholicisme.

    Certes, « il y a des demeures nombreuses dans la maison de mon Père » (Jn 14, 2), enseigne le Christ. L’Église n’est pas uniformité et il est heureux que des différences puissent s’affirmer en son sein. Mais l’Église n’est pas non plus une « auberge espagnole » devant tout accepter, et il y a des limites largement franchies par la FSSPX depuis bien longtemps. Les prêtres et fidèles qui la soutiennent sont tellement enracinés dans un esprit de combat contre la hiérarchie ecclésiale pour la défense de la « messe de toujours » et de « l’Église de toujours », qu’ils en ont perdu le sensus Ecclesiae, leur combat étant devenu plus important que la communion ecclésiale.

    Un contexte de crise à ne pas oublier

    N’oublions pas, cependant, que tous les torts ne sont pas d’un seul côté. La FSSPX n’est pas tombée du ciel. Elle n’a existé et ne s’est développée qu’en raison d’un contexte de crise très grave dans l’Église dont la hiérarchie a sa part de responsabilité. Méditons ces fortes paroles du sage Benoît XVI : « En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Église n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; on a l’impression que les omissions dans l’Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions ont réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau » (Lettre aux évêques, 7 juillet 2007).

    Dans ce contexte, il faut rendre hommage aux communautés attachées à l’ancien missel qui sont demeurées fidèles à Rome : elles sont d’ailleurs la preuve vivante qu’il est possible de vivre l’attachement à cette liturgie en pleine communion avec le pape et l’Église, rendant caduc l’argument sur « l’état de nécessité » invoqué par la FSSPX. Le cas de cette Fraternité montre combien le fait d’absolutiser le rite liturgique ou tel aspect du magistère conduit à une rigidité et une fermeture d’esprit qui finissent par obstruer l’intelligence et le discernement. C’est un exemple à méditer, notamment pour ceux qui ne sont pas gênés par une certaine porosité avec la FSSPX.

    Après ces ordinations épiscopales sans mandat pontifical, il faut sans doute maintenant laisser les choses reposer. Il convient néanmoins de garder l’esprit ouvert, de ne jamais se satisfaire d’une telle rupture et de toujours essayer de conserver le contact, le dialogue, une main tendue pour le retour dans le bercail de la brebis égarée la plus proche. C’est une intention de prière qui demeure.

  • Un consistoire trop court et trop structuré ?

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Trop court, trop structuré ? Les cardinaux reviennent sur le consistoire synodal

    Les participants soulignent les avantages des échanges entre collègues, mais se demandent si ce format permet réellement et efficacement de transmettre des conseils au Pape.

    Les cardinaux se réunissent pour la messe avec le pape Léon XIII à la basilique Saint-Pierre le 26 juin 2026, lors de leur consistoire.
    Les cardinaux se réunissent pour la messe avec le pape Léon XIII à la basilique Saint-Pierre le 26 juin 2026, lors de leur consistoire. (Photo : Simone Risoluti / Vatican Media)

    CITÉ DU VATICAN — Les cardinaux qui ont assisté au deuxième consistoire extraordinaire du pape Léon XIV ont déclaré avoir apprécié certains aspects de la réunion, mais l'ont trouvée trop brève, insuffisamment axée sur les questions internes urgentes de l'Église et trop structurée pour permettre une discussion libre suffisante.

    Organisée au Vatican les 26 et 27 juin, cette réunion a rassemblé 178 cardinaux du monde entier. Il s'agissait de la deuxième réunion de ce type convoquée par le pape Léon XIII après une interruption de douze ans sous le pontificat du pape François.

    Structuré selon des principes « synodaux », le consistoire a divisé les participants en petits groupes linguistiques pour discuter de thèmes prédéfinis, notamment la première encyclique du pape Léon, Magnifica Humanitas , la promotion du bien commun et la mise en œuvre du Synode sur la synodalité de 2023-2024.

    Les préoccupations mondiales plus larges telles que la guerre, la pauvreté, la fragmentation sociale et un sentiment croissant de solitude et de perte de sens ont été largement abordées, tandis que les questions internes à l'Église ont été largement omises et reléguées à une brève session plénière finale.

    Plusieurs cardinaux ont fait part au Register de leur satisfaction générale quant à la réunion. « C’était très agréable d’avoir l’occasion de partager nos expériences », a déclaré le cardinal Tarcisio Kikuchi de Tokyo . « C’était comme un synode, une continuation du synode. »

    Le cardinal Antoine Kimbanda de Kigali (Rwanda) a déclaré que le consistoire était « merveilleux », car il était « empreint d'un esprit de synodalité, d'écoute mutuelle et de cheminement commun, à l'image du Synode sur la synodalité ». Il a ajouté que, d'après lui, ses confrères cardinaux africains étaient « tous satisfaits » de la réunion, précisant que le consistoire leur avait permis de mieux se connaître, notamment les cardinaux émérites, « qui ont une plus grande expérience ». Cela leur a permis de « s'écouter, d'apprendre les uns des autres et de cheminer ensemble », a-t-il conclu.

    Le cardinal Jaime Spengler de Porto Alegre, au Brésil, a lui aussi décrit le consistoire comme « un véritable espace et un véritable temps de communion, de fraternité et, en même temps, d'une grande transparence ». « Ce fut un réel plaisir », a-t-il déclaré, « de pouvoir partager un peu de la situation, non seulement de l'Église dans le monde, mais aussi de ressentir le moment historique que nous traversons, marqué par les guerres, la polarisation et les inégalités, qui sont un scandale. »

    Selon le cardinal Spengler, « non seulement chacun pouvait s'exprimer, mais il devait le faire », et « personne ne pouvait dire : “Cette situation ou celle-ci ne me concerne pas” ». Il s'est dit « profondément marqué » par le discours de clôture du pape Léon XIII , le qualifiant de « résumé fantastique » de ce qui « s'est réellement passé durant ces deux jours ».

    Le cardinal Raymond Burke , préfet émérite de la Signature apostolique, a déclaré que les cardinaux étaient « très reconnaissants » au pape d’avoir convoqué à nouveau de telles réunions, et il a noté qu’ils échangeaient davantage entre eux. « Nous apprenons à mieux nous connaître, et c’est un fruit très positif », a-t-il affirmé.

    Le cardinal Gerhard Müller , préfet émérite du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, s'est félicité que le consistoire « ait redonné au Collège des cardinaux son rôle légitime : conseiller le Pape et être son premier conseiller ». Il a déclaré que le pape Léon XIII est un homme instruit et bien informé, mais « ni autocrate ni au-dessus des autres, mais un être humain comme les autres ». Cela signifie qu'il doit « toujours être en contact et en dialogue avec tous ses frères engagés dans la même mission ».

    Préoccupations concernant la structure synodale

    Cependant, des inquiétudes ont été soulevées quant à la brièveté du consistoire et à sa structure « synodale », qui, selon certains participants, avait étouffé les discussions sur les questions urgentes, notamment au sein de l'Église.

    Le cardinal Burke a déclaré que, contrairement aux consistoires d'il y a plus de dix ans, où les cardinaux pouvaient librement exprimer leurs préoccupations au pape en séances plénières, on leur a indiqué que le consistoire devait désormais être « conforme à la synodalité ». Il ne s'agissait plus d'un débat ouvert, a-t-il précisé, mais de discussions organisées autour de tables restreintes, suivant « un système de questions proposé ».

    « Nous n'approfondissons pas les sujets en profondeur », a-t-il déclaré au Register le 29 juin, ajoutant que les rapports « ne font que refléter ce sur quoi tous les cardinaux se sont accordés ». Ainsi, si un cardinal soulève un sujet avec lequel d'autres ne sont pas d'accord, mais qui « pourrait être très juste et important à entendre pour le pape, cela ne lui est pas rapporté », a-t-il précisé.

    Le cardinal Müller partageait ces critiques quant à la structure, affirmant que les tables rondes, dans un format synodal, relevaient davantage d'une « forme d'éducation moderne pour les jeunes » ou convenaient mieux aux Jésuites ou aux Augustins qu'aux consistoires. Il rappelait qu'autrefois, tous les cardinaux pouvaient s'exprimer en plénière « que chacun pouvait entendre et partager ».

    « L’essentiel, c’est la séance plénière », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il préférait « des déclarations préparées, réfléchies et écrites, formulées des semaines à l’avance, et non des mots qui surgissent uniquement sous l’effet de la situation ».

    « Nous pouvons servir et aider le Pape par nos propres réflexions, et non par des propos manipulés et contrôlés à l'avance », a déclaré le cardinal Müller. « Je n'ai pas besoin d'un "guide" pour préparer mon discours. Dans notre société actuelle, ce genre de pensée est trop répandu : d'autres prétendent nous diriger et dicter nos paroles. »

    Pour le cardinal, il faut trouver une « meilleure solution », une solution dans laquelle la synodalité n’est pas « exagérée comme solution à tout ».

    Contrairement au premier consistoire extraordinaire du pape Léon XIII en janvier, la réunion de juin comprenait bien une heure de « discussion libre » à la fin, mais chaque cardinal ne disposait que de trois minutes au lieu des cinq ou six minutes habituelles. Le cardinal Müller a fait remarquer que les formules de politesse et les salutations avaient déjà absorbé une partie de ce temps, laissant très peu de place aux interventions de fond, et le cardinal Burke a déclaré ne pas avoir eu suffisamment de temps pour prononcer son discours préparé.

    Consistoire trop court

    Le cardinal Kikuchi a déclaré au Register que le fait de diviser les cardinaux en petits groupes linguistiques avait « en réalité limité » leurs discussions car, en tant que cardinal d'Asie, il n'avait pas pu avoir un aperçu direct de la situation de l'Église en Amérique latine. Il a également jugé la durée totale trop courte. « On a suggéré que, l'année prochaine, nous devrions avoir au moins quatre jours », a-t-il dit. « Peut-être que la prochaine fois, nous aurons plus de temps. »

    Plusieurs cardinaux ont déploré que les questions internes urgentes de l'Église n'aient guère été abordées. Le Register a appris qu'un seul cardinal a évoqué la question de la Fraternité Saint-Pie-X et son acte imminent, probablement schismatique, de consacrer des évêques sans mandat papal – et ce, uniquement parce qu'il a saisi une occasion propice. Le sujet n'a pas été inscrit à l'ordre du jour et, hormis cette unique intervention, la question de la FSSPX n'a ​​pas été soulevée du tout. De même, durant le reste du consistoire, d'autres questions cruciales, telles que le très controversé Chemin synodal allemand ou les interrogations sur ce que certains cardinaux considèrent comme l'influence d'un prétendu lobby homosexuel au sein de l'Église, n'ont pas été abordées.

    Le cardinal Burke a qualifié la question de la FSSPX de « sujet tabou » et a déclaré qu'il estimait que les cardinaux « devraient donner au Saint-Père leurs meilleurs conseils sur la marche à suivre ». Mais lui et d'autres ont fait valoir que le format synodal, ainsi que le temps limité, empêchaient de tels conseils approfondis.

    Le cardinal Kikuchi a fait remarquer que si les cardinaux avaient entamé la discussion sur la FSSPX ou d'autres questions internes délicates sans préparation adéquate, le débat aurait facilement pu dégénérer en une confrontation sur les positions de certains cardinaux. Or, la question de la FSSPX, a-t-il souligné, « ne repose pas sur des sentiments », mais sur des considérations théologiques et canoniques qui exigent un examen approfondi. Les cardinaux, a-t-il précisé, « ne souhaitent pas donner l'impression d'être un groupe de pression », cherchant à influencer le Pape dans sa conduite, au lieu de lui offrir un avis raisonné.

    Le cardinal Spengler a déclaré que les problèmes internes à l'Église, notamment les abus sexuels commis par des membres du clergé et les questions liturgiques – qui avaient été inscrits à l'ordre du jour des deux consistoires mais qui ont finalement été omis – ainsi que d'autres problèmes internes, sont des « situations qui nous préoccupent » et peuvent être scandaleuses. Il a toutefois préféré souligner le « témoignage extraordinaire » des fidèles qui servent les pauvres et les vulnérables, affirmant : « Ces hommes et ces femmes sont de véritables saints. »

    Le cardinal Burke s'est interrogé plus largement sur la pertinence du concept de « synodalité » pour aborder les problèmes de l'Église, que ce soit au sein des consistoires ou dans la vie ecclésiale en général. Lui et le cardinal Müller ont tous deux constaté l'absence de définition solide et consensuelle de ce terme. Lors du consistoire, un cardinal a fait remarquer que la synodalité tend à privilégier la situation contemporaine – la dimension « synchronique » – au détriment de la dimension « diachronique », c'est-à-dire son contexte historique et ses liens avec le modernisme et le libéralisme.

    « Je suis convaincu que Notre Seigneur protégera l’Église », a déclaré le cardinal Burke au Register, « mais nous devons faire notre part et dire : “Non, ce concept de synodalité, même s’il peut avoir une bonne intention en ce sens qu’il veut adapter la foi à l’époque contemporaine, est fondamentalement erroné.” »

    Deux interventions

    Dans son intervention publiée dans le Register, le cardinal Burke a dénoncé le récent rapport du Groupe d'étude synodal n° 9, y voyant une tentative de normaliser les relations homosexuelles au sein de l'Église et une calomnie, selon lui et d'autres, à l'encontre de Courage International et de son apostolat auprès des personnes attirées par le même sexe. Affirmant que le rapport s'écartait de l'enseignement moral constant de l'Église et discréditait injustement Courage, le cardinal Burke a mis en garde ses confrères cardinaux contre une telle approche, qui semait la confusion, la division et ce qu'il considérait comme une manœuvre politique incompatible avec la structure doctrinale et hiérarchique de l'Église. Il a appelé à un retour aux fondements théologiques légitimes du synode, ancrés dans la vérité morale objective, l'autorité épiscopale et l'enseignement constant de l'Église, réaffirmé dans Veritatis Splendor .

    Dans son intervention, le cardinal Müller a exprimé les mêmes préoccupations concernant la formule du consistoire que celles qu'il avait partagées avec le Register, tout en évoquant la FSSPX et la question du schisme. Il a fermement rejeté les accusations de déviation de l'Église par rapport à la foi, a demandé une clarification du statut canonique de la FSSPX et a proposé la création d'une commission chargée de faciliter son retour en pleine communion sous l'autorité du pape.

  • La lettre du Pape au Supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (mise à jour)

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    LETTRE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    AU RÉVÉREND PÈRE DAVIDE PAGLIARANI
    SUPÉRIEUR GÉNERAL DE LA FRATERNITÉ SACERDOTALE SAINT-PIE X

     

    Au Révérend Pere Davide Pagliarani
    Supérieur Géneral
    de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

    C’est avec paternité que je souhaite m’adresser à vous et, à travers vous, aux évêques, aux prêtres, aux séminaristes et aux fidèles liés à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, conscient de la responsabilité que le Seigneur m’a confiée en tant que Successeur de l’Apôtre Pierre.

    L’Église reconnaît l’attachement à la vie liturgique, l’engagement dans la formation sacerdotale, le zèle apostolique et le désir de fidélité à la Tradition qui caractérisent de nombreuses personnes et communautés liées à cette Fraternité. Cela a motivé l’attitude d’attention et de bienveillance que mes Prédécesseurs vous ont constamment manifestée.

    Dans cet esprit, et rempli d’affection chrétienne, je vous demande et vous prie de tout mon cœur : revenez sur vos pas ! Je vous exhorte à considérer avec attention le bien spirituel des fidèles car l’acte schismatique que vous avez l’intention d’accomplir les priverait de la réception licite, voire dans certains cas valide, des sacrements qu’ils aiment et recherchent pour leur sanctification.

    L’Église est ouverte à un chemin de dialogue et d’entente que le Saint-Esprit peut rendre possible et fécond.

    Je prie pour vous car déchirer la Tunique sans coutures du Christ est un péché d’une extrême gravité. Que le Seigneur éclaire vos consciences et réveille vos cœurs. En vertu de l’autorité que j’ai reçue du Christ, c’est le cœur attristé, mais encore rempli d’espoir, que je me sens le devoir de vous demander de renoncer à votre projet. Je confie ces intentions au Cœur Immaculé de Marie, Mère du Bon Conseil.

    Du Vatican, le 29 juin 2026

    Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul

    LÉON PP. XIV

    Réagissant à cette lettre du Pape, le Supérieur général de la FSSPX lui a adressé cette Lettre du Supérieur général en réponse à Sa Sainteté le Pape Léon XIV

  • 2033 : Le pape Léon XIV appelle tous les chrétiens à célébrer ensemble le 2000e anniversaire de la rédemption du Christ

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    De Courtney Mares sur OSV News :

    Le pape Léon XIV appelle tous les chrétiens à célébrer ensemble le 2000e anniversaire de la rédemption du Christ.

    ROME (OSV News) —  Le pape Léon XIV a appelé tous les chrétiens à travailler ensemble en vue de la célébration de 2033, année jubilaire extraordinaire que l'Église catholique célébrera pour commémorer les 2000 ans de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ.

    Le pape a exprimé cet espoir lors d'une audience, le 30 juin, avec une délégation orthodoxe du Patriarcat œcuménique de Constantinople, venue à Rome pour la fête des saints Pierre et Paul le 29 juin et qui s'est jointe au pape Léon XIV pour prier sur la tombe de saint Pierre dans la crypte de la basilique Saint-Pierre à la fin de la messe papale célébrée pour cette fête. 

    « Votre présence parmi nous exprime la proximité fraternelle de notre Église sœur de Constantinople et de son pasteur et guide, Sa Sainteté Bartholomée, patriarche œcuménique », a déclaré le pape à la délégation le 30 juin. 

    « Je tiens à exprimer une fois de plus ma profonde gratitude pour cette visite, ainsi que pour votre engagement personnel et celui du Patriarcat œcuménique en faveur de la sainte cause de l’unité des chrétiens », a-t-il déclaré.

    Perspectives pour 2033

    Le pape Léon XIV a profité de cette rencontre pour évoquer l'année 2033, année jubilaire qui marquera le bimillénaire de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. Il a exprimé l'espoir que cet événement marquant devienne un moment de partage pour tous les chrétiens. 

    « Puisse le chemin vers la célébration du deuxième millénaire de la Rédemption en 2033 être entrepris ensemble par toutes les confessions chrétiennes du monde, redécouvrant le don et l’appel à témoigner du Ressuscité », a-t-il déclaré.

    Les propos du pape s'inscrivent dans la continuité d'une vision qu'il avait exposée publiquement pour la première fois lors de son premier voyage international en Turquie et au Liban en novembre, lorsqu'il avait déclaré aux dirigeants chrétiens de Turquie qu'il espérait qu'ils pourraient se réunir à Jérusalem en 2033 pour commémorer ensemble cet anniversaire — plus précisément au Cénacle, lieu traditionnel de la Cène, où Jésus a lavé les pieds de ses disciples, et qui est également vénéré comme le lieu de la Pentecôte, selon le Bureau de presse du Saint-Siège. 

    Le pape Léon XIV a cité la commémoration, l'an dernier, du 1700e anniversaire du premier concile de Nicée comme exemple d'anniversaire célébré conjointement par les catholiques, les orthodoxes et d'autres communautés chrétiennes. Le pape a participé à une prière œcuménique organisée par le patriarche Bartholomée le 28 novembre à Iznik, en Turquie, site de l'ancienne Nicée , lors de sa visite apostolique dans le pays. 

    Une communion entre ceux «qui partagent la foi en Dieu»

    « Cette célébration a offert un témoignage éloquent de la communion qui existe déjà entre ceux qui partagent la foi en Dieu, le Père de tous, et qui croient en Jésus-Christ, comme Seigneur et Fils de Dieu, et en l’Esprit Saint, qui nous inspire et nous conduit à la plénitude de la vérité et de l’unité », a déclaré le pape à la délégation. 

    « Cet événement commémoratif a clairement démontré que le Credo de Nicée doit être le fondement et le principe directeur de ce cheminement œcuménique, offrant le modèle d'une véritable unité dans une diversité légitime : Unité dans la Trinité, Trinité dans l'unité », a-t-il ajouté.

    Dans certaines régions du monde catholique, les préparatifs pour 2033 sont déjà en cours. L'archidiocèse de Denver a lancé l'an dernier une neuvaine de neuf ans en vue du Jubilé.

    Au cours de cette audience, le pape a également souligné la nécessité d'une plus grande coopération entre les chrétiens face aux défis actuels, notamment les conflits mondiaux, les nouveaux défis technologiques et la préservation de la création. 

    La responsabilité partagée des chrétiens

    Le pape Léon XIV a déclaré que la responsabilité partagée des chrétiens « envers la vie et la dignité de chaque être humain, à commencer par les plus jeunes et les plus démunis, est le critère qui déterminera notre destin présent et éternel. »

    « À une époque marquée par les guerres et la polarisation croissante, ainsi que par les divisions culturelles et sociales, les chrétiens — réconciliés entre eux et unis dans leur profession de foi — sont appelés à être un signe crédible de paix, en apportant une contribution décisive aux efforts de tous les hommes et femmes de bonne volonté pour construire la paix », a-t-il déclaré. 

    « De plus, dans la situation actuelle, ce n’est pas seulement la crédibilité du message chrétien qui est en jeu, mais l’avenir même de l’humanité. »

  • 1er juillet : Antonio Rosmini, un bienheureux controversé

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    ANTONIO ROSMINI : un prêtre philosophe sur les autels (mis à l'index en 1847, béatifié en 2007)

    par Bertrand de Belval http://www.libertepolitique.com/

    Le 18 novembre 2007, le philosophe italien Antonio Rosmini (1797-1855) a été béatifié à Novare (Italie). Autant dire un inconnu pour le public français. Qui connaît en effet cet intellectuel brillant, dont l’oeuvre est celle d’un précurseur, et la vie, marquée du sceau de la recherche de la vérité et de la liberté politique, fut tout entière l’expression de la charité. 

    Rosmini n’est pas un personnage anodin. Marie-Catherine Bergey-Trigeaud, sa biographe française, le présente comme « le plus important philosophe italien, et l’un des principaux maîtres de l’histoire de la philosophie catholique ». Chaix-Ruy avait vu en lui « l’un des plus grands esprits de tous les temps ». Dans son encyclique Fides et Ratio (n. 74), Jean Paul II en parle comme un maître. Benoît XVI le cite souvent. Et Jean XXIII avait fait d’un de ses livres, Maximes de perfection chrétienne, son livre de chevet pendant le Concile Vatican II. Pour les Italiens éclairés [1], Rosmini est incontournable… 

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  • Saint Olivier Plunkett, primat d'Irlande martyrisé à Londres en 1681 (1er juillet)

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    Saint Olivier Plunket, Archevêque et Martyr. Fête le 01 Juillet.

    Notice de l'Encyclopaedia britannica :

    Saint Oliver Plunket, Plunket également orthographié Plunkett, (né en 1629, Loughcrew, County Meath, Irlande. mort le 1er juillet 1681, Londres ; canonisé en 1975 ; fête le 11 juillet), primat catholique romain de toute l'Irlande et dernier homme à avoir souffert le martyre pour la foi catholique en Angleterre.

    Plunket a fait ses études et a été ordonné à Rome, où il a été professeur de théologie au College de Propaganda Fide et représentant des évêques irlandais auprès du Saint-Siège. Nommé archevêque d'Armagh et primat de toute l'Irlande en 1669, il arrive l'année suivante à un moment où, après une répression prolongée, l'Église catholique est fortement désorganisée, avec un seul évêque âgé en liberté. S'efforçant de rétablir l'ordre et la discipline conformément aux préceptes du Concile de Trente, Plunket reste en bons termes avec les Anglais et les protestants jusqu'en 1673, date à laquelle il est obligé de se cacher en raison de nouvelles persécutions. Pendant les cinq années qui suivirent, il travailla dans des conditions de plus en plus difficiles, portées à leur paroxysme par la terreur inspirée par le complot de Titus Oates en 1678. L'année suivante, il fut trahi, arrêté et emprisonné au château de Dublin. Son procès à Dundalk fut rendu absurde par les témoignages ignominieux de l'accusation ; il fut emmené à Londres où, après de longues procédures judiciaires, il fut condamné à être pendu, éventré et écartelé ; la sentence fut exécutée à Tyburn devant une grande foule. Plunket a été béatifié par Benoît XV en 1920 et canonisé par le pape Paul VI le 12 octobre 1975. Sa tête est conservée à Drogheda et son corps à l'abbaye de Downside, près de Bath.

  • [Fin de vie] « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne » (Cardinal Sarah)

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    De  Tribune Chrétienne :

    29 juin 2026

    [Fin de vie] Cardinal Sarah : « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne »

    « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. Le mot démocratie est ainsi parfois brandi comme un prétexte pour interdire la notion de loi naturelle. » (En France) À la veille du vote solennel du 30 juin sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, cet avertissement du cardinal Robert Sarah résonne avec une force particulière

    Alors que les partisans de l’aide à mourir invoquent régulièrement la souveraineté du Parlement et la légitimité du vote démocratique, le cardinal Robert Sarah rappelle une distinction fondamentale : toutes les lois ne sont pas nécessairement justes. Dans son ouvrage 2050, le prélat guinéen développe une réflexion qui dépasse largement le seul débat sur l’euthanasie et interroge le fondement même de l’autorité politique. Pour lui, lorsqu’une démocratie cesse de reconnaître une vérité morale qui la dépasse, elle court le risque de devenir elle-même oppressive. « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée dans un Parlement démocratique qu’elle est en soi bonne. » Cette affirmation résume l’ensemble de son raisonnement. La démocratie constitue un mode de gouvernement légitime, mais elle ne crée pas le bien et le mal.

    Le vote d’une majorité ne peut transformer une injustice en justice. Le cardinal rejoint ici la grande tradition de la doctrine sociale de l’Église, pour laquelle la loi civile doit demeurer ordonnée à la loi naturelle.

    Il poursuit sa réflexion par une mise en garde d’une grande actualité : « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. » Derrière cette formule, le cardinal ne remet nullement en cause la démocratie elle-même ; il dénonce son absolutisation. Lorsque le pouvoir politique prétend devenir l’unique source du droit, il s’affranchit de toute référence supérieure à la dignité de la personne humaine. Cette conviction s’enracine dans une tradition philosophique et juridique bimillénaire. Le cardinal Sarah cite Cicéron : « Il est une loi véritable, la droite raison conforme à la nature, universelle, immuable, éternelle… On ne peut ni l’infirmer par d’autres lois, ni déroger à quelqu’un de ses préceptes. » Cette référence rappelle que certaines vérités fondamentales précèdent les États et les Parlements. Elles ne sont pas créées par les législateurs ; elles leur sont données comme une limite qu’ils ne peuvent franchir.

    Le cardinal fait également écho aux paroles prononcées par le pape Léon XIV devant les responsables politiques réunis à Rome à l’occasion du Jubilé des gouvernants. Le Saint-Père rappelait que « la loi naturelle, universellement valide au-delà d’autres opinions pouvant être discutées, constitue la boussole pour légiférer et agir ». Sans cette référence, avertit le cardinal Sarah, « la démocratie risque de s’enfoncer dans les marécages du relativisme destructeur ». L’enjeu dépasse donc le seul débat sur la fin de vie. Une société peut-elle décider, par un simple vote, que certaines vies ne méritent plus d’être protégées ? Pour le cardinal Sarah, une démocratie privée de fondements moraux risque de glisser vers ce que saint Jean-Paul II appelait déjà une « démocratie sans valeurs », laquelle « se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois ». Les procédures démocratiques demeurent, mais elles peuvent alors servir à légitimer des décisions contraires aux droits les plus fondamentaux.

    C’est pourquoi il cite une nouvelle fois saint Jean-Paul II : « Les lois, quels que soient les domaines dans lesquels le législateur intervient, doivent toujours respecter et promouvoir les personnes humaines. » Et d’en tirer une conclusion d’une grande fermeté : « Une loi qui ne respecterait pas le droit à la vie, de la conception à la mort naturelle, de l’être humain, quelle que soit la condition dans laquelle il se trouve, qu’il soit sain ou malade, encore à l’état embryonnaire, âgé ou en phase terminale, n’est pas une loi conforme au dessein de Dieu. » À la veille du vote du 30 juin, ces pages de 2050 rappellent que le débat sur l’euthanasie ne se limite pas à une question de procédure parlementaire ou d’évolution des mœurs. Il engage la conception même de la dignité humaine. Pour le cardinal Sarah, une civilisation se juge à la manière dont elle protège les plus fragiles. Et cette responsabilité ne saurait dépendre des fluctuations d’une majorité politique.

    Source : 2050 – Cardinal Robert Sarah – Nicolas Diat ( Fayard)