Eglise
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Le sacre des évêques par la FSSPX : Est-ce un manque de foi de la part de cette fraternité ? Débat entre Arnaud Dumouch et Jean-Pierre Maugendre
Jean-Pierre Maugendre (jeanpierremaugendre@yahoo.fr) est le fondateur de « Renaissance catholique ». Il explique que la Fraternité Saint Pie X ne veut pas créer un schisme le 1er juillet 2026 avec l’Église mais que sa position est « un acte de fidélité à la théologie de toujours » face aux dérives qui sont apparues à partir du Concile Vatican II. Le sacre des évêques est fait pour pouvoir continuer à donner, au-delà des persécutions venant du personnel de l’Église latine, 1° une théologie solide, 2° une pratique pastorale fidèle, 3° et une liturgie digneArnaud Dumouch (a.dumouch@hotmail.com), Théologien « conciliaire », reconnait la validité des reproches PASTORAUX que fait Jean-Pierre Maugendre (les ayant lui-même vécu dans sa chair). Il reconnaît la droiture d’intention de la FSSPX qu’il compare à l’attitude de Saint Pierre lorsque, avec des pensées (trop) humaines, il disait à Jésus de ne pas monter à Jérusalem car c’était absurde (Mt 16, 22). Mais il affirme que la FSSPX a manqué de foi dans l’Esprit Saint qui dirige DOCTRINALEMENT l’Eglise vers la vérité toute entière, et PASTORALEMENT vers le même chemin que le Christ. On ne réforme pas l’Église en désobéissant à l’Église. Il prophétise que si les membres de la FSSPX n’entrent pas dans un regard plus surnaturel, semblable à celui de la Vierge Marie à la croix, alors ils imiteront le comportement de Saint Pierre qui ne fut pas présent à la croix et ne découvrit qu’à la Pentecôte la sagesse de Dieu.Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Doctrine, Eglise, Foi, Patrimoine religieux, Structures ecclésiastiques 1 commentaire -
Le père Nicola Bux au pape Léon XIV : faites tout votre possible pour surmonter les différends avec la FSSPX
Le père Nicola Bux au pape Léon XIV : Faites tout votre possible pour surmonter les différends avec la FSSPX
Dans une lettre ouverte à la fois filiale et urgente, l'ancien consulteur du Vatican insiste sur la nécessité d'un dialogue avec la FSSPX, d'une libéralisation du rite romain traditionnel, de réponses aux dubia et de limites au chemin synodal de l'Allemagne.
À la veille d'un consistoire de cardinaux cette semaine, le père Nicola Bux, proche collaborateur du défunt pape Benoît XVI, a adressé un appel filial mais ferme au pape Léon XIV, l'exhortant à « résoudre rapidement dans la vérité – et seulement dans la vérité – les nombreuses "polarisations" qui traversent le corps ecclésial ».
Dans une lettre ouverte signée le jour de la fête de la naissance de saint Jean-Baptiste, le père Bux appelle notamment le pape à établir un dialogue avec la Fraternité Saint-Pie-X avant qu'elle ne consacre de nouveaux évêques sans mandat papal le 1er juillet.
« Maintenant que nous avons acquis de l’expérience dans le dialogue avec des personnes et des groupes extérieurs à l’Église », écrit-il, « ne devrions-nous pas aussi, et surtout, engager un dialogue au sein de nos propres rangs, en faisant tout notre possible pour veiller à ce qu’aucun de ces frères et sœurs que le Seigneur nous a confiés ne soit perdu ? »
Le père Bux, prêtre du diocèse de Bari et ancien consulteur auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et du Dicastère pour les Causes des Saints, exhorte également le pape Léon XIII à prendre trois autres mesures essentielles : « reconsidérer » le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI qui libéralisait la liturgie romaine traditionnelle, mais que le pape François a abrogé en 2021 ; veiller à ce que le « chemin synodal » allemand ne se prononce pas sur les questions de doctrine, de morale et de pratique sacramentelle ; et répondre aux dubia (questions formelles demandant des éclaircissements) posées par les cardinaux durant le pontificat du pape François, mais auxquelles ce dernier n’a pas répondu, ou, selon les cardinaux, a répondu de manière insatisfaisante.
« Les fidèles ont besoin d’être confirmés dans la vérité, la stabilité et l’immuabilité substantielle de la foi », écrit le père Bux, ajoutant qu’ils « doivent pouvoir entendre du Successeur de Pierre, après plus d’une décennie de confusion, que le Saint-Esprit fait en effet toutes choses nouvelles, mais en ce sens qu’il les amène à leur accomplissement final ( novus ), en harmonie – et non en contraste – avec ce qui a été inspiré jusqu’à présent. »
« Saint Père, je vous en supplie, agissez promptement », écrit le père Bux en conclusion. « Ne laissons pas le schisme sous-jacent devenir irréparable. »
Très Saint Père,
C’est avec un profond respect filial que j’ose vous adresser cet appel sincère, après avoir eu la grâce de collaborer avec le cardinal Joseph Ratzinger, puis avec le Saint-Père Benoît XVI, avant de consacrer ces treize dernières années à la prière, au don de soi et à un travail discret mais constant pour l’unité de l’Église.
L’Église est le pont entre Dieu et les hommes, dont le Pape est le pontife ; elle est en effet synonyme de la paix que le Christ a fixée comme limite : édifier l’Église, c’est bâtir la paix ; séparer les deux, c’est compromettre la mission de l’Évangile. C’est pourquoi je supplie Votre Sainteté de persévérer dans cette voie unique, afin de résoudre dans la vérité – et seulement dans la vérité – les nombreuses polarisations qui traversent le corps ecclésial. Maintenant que nous avons l’expérience du dialogue avec les personnes et les groupes extérieurs à l’Église, ne devrions-nous pas aussi, et surtout, dialoguer au sein de nos propres rangs, en faisant tout notre possible pour qu’aucun de ces frères et sœurs que le Seigneur nous a confiés ne soit perdu ?
Faisant notamment référence à la décision importante annoncée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, je vous invite à reconsidérer le « pont » conçu par Benoît XVI à travers le Motu Proprio Summorum Pontificum et, par conséquent, la levée de l’excommunication. Constatant que tant d’évêques ont su, avec équilibre, instaurer une harmonie liturgique dans leurs diocèses respectifs, Votre Sainteté pourrait donner l’exemple : en accordant à toute l’Église la possibilité de célébrer, parallèlement au nouveau rite, l’ancien rite romain, tout en réaffirmant la validité de la réforme liturgique et l’inviolabilité du Concile Vatican II, comme de tout autre concile œcuménique.
Concernant le « chemin synodal » allemand, j’implore le Saint-Père de clarifier que ce chemin ne saurait délibérer sur les questions de doctrine, de morale et de pratique sacramentelle, et que la pastorale est indissociable de ces dernières. Autrement, ce prétendu « accompagnement » ne conduirait jamais à la conversion nécessaire : le pécheur ne serait pas, en réalité, détourné du péché, mais au contraire, conduit à sa confirmation, voire à sa reconnaissance institutionnelle. Votre Sainteté a déjà affirmé que certaines questions sources de division « ne peuvent faire l’objet de délibérations ou de décisions de la part d’une Église particulière », mais vous n’êtes certainement pas sans savoir que cette grave division pourrait s’étendre à d’autres épiscopats. L’Église n’est inclusive que si ceux qui souhaitent y entrer reçoivent l’initiation sacramentelle et si ceux qui souhaitent la quitter suivent le chemin de pénitence.
Votre Sainteté, enfin, je vous implore de lever un autre obstacle à la vérité et à la communion : l’absence ou l’insuffisance de réponse aux Dubia des cardinaux sur les questions doctrinales et pastorales des récents synodes. Nombreux sont les fidèles à travers le monde qui attendent cette réponse, non pas sous la forme d’une interview – car les interviews réduisent les paroles et le magistère du Pape à une simple opinion parmi d’autres – mais sous la forme d’un document d’une autorité égale ou supérieure.
Les fidèles ont besoin d’être affermis dans la vérité, la stabilité et l’immuabilité fondamentale de la foi, car l’Esprit Saint ne peut renier ce qu’il a inspiré à l’Église tout au long de ses deux mille ans d’histoire. Les fidèles ont besoin de redécouvrir, avec saint Irénée, que le Christ a apporté toute nouveauté en s’offrant lui-même, et qu’il n’y a rien d’autre de nouveau à espérer, si ce n’est la proclamation toujours renouvelée de l’Évangile du Christ.
Les fidèles doivent pouvoir entendre du Successeur de Pierre, après plus d'une décennie de confusion, que le Saint-Esprit fait en effet toutes choses nouvelles, mais en ce sens qu'il les amène à leur accomplissement final ( novus ), en harmonie – et non en contraste – avec ce qui a été inspiré jusqu'à présent.
En vertu de la prérogative indispensable du commandement pétrinien , je vous supplie, Votre Sainteté, d’énoncer clairement la vérité et l’erreur : l’Église tout entière doit ainsi se conformer à votre parole. Vous avez dit à juste titre que suivre le Christ exige la conversion et que nous devons chercher à fonder notre unité sur Jésus-Christ et sur son enseignement. Or, Votre Sainteté, le seul moyen que nous connaissions pour y parvenir est précisément et uniquement de défendre la vérité. Agissez promptement, Père Saint, je vous en supplie. Ne laissons pas le schisme sous-jacent devenir irrémédiable.
Nous prions pour vous, Sainteté, dans l'espoir ferme qu'au sein du Consistoire vous puissiez initier et mener une discussion fructueuse sur ces questions urgentes.
Dans le Seigneur Jésus,
Père Nicola Bux
24 juin 2026,
Fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste
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La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X écrit au Pape et aux cardinaux à la veille du Consistoire
Du site de la FSSPX :
Lettre ouverte à Sa Sainteté le Pape Léon XIV et aux Cardinaux de la Sainte Église
Source: FSSPX ActualitésTrès Saint-Père,
Éminences Révérendissimes,À la veille du Consistoire de la fin de ce mois, et à quelques jours des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet prochain à Écône, il nous semble que le moment est venu pour la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X de formuler une profession intégrale de foi catholique, que nous souhaiterions remettre entre les mains de Votre Sainteté et de chacun des Cardinaux.
L’Église souffre aujourd’hui sous la pression de forces nouvelles, venues tant de l’intérieur que de l’extérieur, qui la poussent dans toutes les directions possibles, sauf – nous semble-t-il – dans la bonne. Devant une telle souffrance, nous ne pouvons demeurer indifférents.
Ce n’est pas à la Fraternité Saint-Pie X qu’il revient d’indiquer la voie à suivre, mais à la Tradition bimillénaire de l’Église, fidèlement gardée et transmise par le Siège apostolique au cours des siècles, et que beaucoup considèrent désormais, dans les faits, comme une réalité dépassée, soumise à une évolution permanente.
C’est au nom de cette même Tradition, et à sa seule lumière, que nous formulons aujourd’hui cette profession de foi catholique face aux principales erreurs et aux plus graves périls de notre temps.
Nous sommes convaincus que la Tradition renferme tous les remèdes aux maux les plus profonds dont souffrent l’Église et le monde, et pour lesquels on cherche en vain des solutions en dehors d’elle. La foi immuable et intégrale est le principe, le fondement et la racine du salut des âmes. Cette foi, contenue dans la Tradition et enseignée par le Magistère constant, constitue le véritable fondement de l’unité de l’Église et, par conséquent, le moyen nécessaire d’établir l’union et la communion entre les membres du Corps mystique du Christ.
Au-dessus des changements et des vicissitudes du temps se dresse la Tradition immuable, écho dans l’histoire de la Vérité éternelle.
Nous ne pouvons qu’espérer et supplier que cette Tradition et la pureté de la foi soient de nouveau placées au fondement de la vie de l’Église, afin qu’à partir d’elles puisse s’amorcer une authentique régénération. C’est à cette intention que nous prions avec instance.
Nous sommes persuadés que, dans le contexte instable et extrêmement périlleux qui se présente aujourd’hui à nos yeux, la meilleure contribution que l’on puisse offrir à l’Église universelle est celle d’une profession sincère et intégrale de foi catholique.
Nous espérons qu’un jour, ce texte doctrinal puisse servir de base pour une discussion franche avec le Saint-Siège, dans un climat paisible, fraternel et charitable.
Le texte que nous vous remettons n’est pas le ressassement stérile d’un groupe de nostalgiques, mais la nécessaire expression, paisible et résolue, de notre foi.
« Non enim possumus aliquid adversus veritatem sed pro veritate. »
« Car nous ne pouvons rien contre la vérité, mais seulement pour la vérité. »Et selon le Psalmiste, repris par saint Paul :
« Et nos credimus propter quod et loquimur. »
« Nous aussi nous croyons, c’est pourquoi nous parlons. »En vous remerciant de l’attention que vous daignerez porter à ce texte, nous vous assurons de notre prière constante pour vous et pour l’Église universelle.
Menzingen, le 24 juin 2026, Nativité de saint Jean-Baptiste
Davide Pagliarani
Supérieur général+ Alfonso de Galarreta
Premier Assistant généralChristian Bouchacourt
Second Assistant général+ Bernard Fellay
Premier Conseiller général
Ancien Supérieur généralFranz Schmidberger
Second Conseiller général
Ancien Supérieur généralLe texte de la "Profession de foi catholique de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X pour éclairer les âmes face aux erreurs modernes" se trouve ICI
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Dicastère pour le Cute divin : un laïc ne peut pas prononcer une homélie
De Vatican News :
Dicastère pour le Cute divin: un laïc ne peut prononcer une homélie
La réponse du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements à la question posée par les évêques allemands est négative. Dans une lettre, le dicastère précise que la proclamation de la Parole dans la célébration liturgique est inséparable de la mission reçue sacramentellement.Le Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, dans une lettre en anglais datée du 17 juin 2026, répond à la question posée par les évêques allemands le 30 mars dernier concernant la possibilité de confier l’homélie, dans des cas exceptionnels, à des laïcs qualifiés.
Dans cette missive adressée à Mgr Heiner Wilmer, président de la Conférence épiscopale allemande, le Dicastère, tout en exprimant son appréciation pour les préoccupations pastorales qui ont inspiré cette demande, souligne qu’une telle possibilité n’existe pas et que «la discipline en vigueur ne peut pas faire l’objet d’une dérogation par indult, car l’homélie réservée au prêtre ou au diacre ne résulte pas d’une simple norme disciplinaire, mais découle de la nature même de la liturgie».
Parole et mission
L’homélie constitue en effet une partie intégrante de la Liturgie de la Parole, elle est intrinsèquement liée à la proclamation de l’Évangile et représente — peut-on lire — un exercice du munus docendi (le «pouvoir d’enseigner» — NDLR) confié aux ministres ordonnés par le sacrement de l’Ordre. La proclamation de la Parole au sein de la célébration liturgique est donc inséparable de la mission reçue sacramentellement et de l’unité qui relie la Parole et le Sacrement dans la célébration eucharistique.
Autres formes d’annonce
La lettre souligne également l’importance de promouvoir la formation permanente des ministres ordonnés afin que l’homélie puisse exprimer pleinement son efficacité pastorale et spirituelle. Enfin, le Dicastère rappelle que la discipline actuelle de l’Église prévoit déjà de nombreuses formes d’annonce de la Parole et de prédication qui peuvent être confiées aux fidèles laïcs en dehors de l’homélie et en dehors de la célébration de l’Eucharistie, conformément au droit canonique et à la nature propre de ces différentes formes d’annonce de l’Évangile.
mais...
Le Chemin synodal allemand n'accepte pas le refus de Rome et exige de renégocier la prédication des laïcs.
Selon l'agence de presse KNA, le Comité central des catholiques allemands (ZdK) et d'autres groupes réformistes ont réagi de manière critique au rejet communiqué par le Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, qui a réaffirmé que l'homélie pendant la messe est réservée exclusivement aux prêtres et aux diacres.
Le ZdK exhorte les évêques à ne pas reculer
La présidente du Comité central des catholiques allemands, Irme Stetter-Karp, a déclaré que le rejet de Rome ne devait pas être interprété comme une raison d'abandonner la proposition promue par le Chemin synodal.
Le responsable laïc a rappelé que le document intitulé « Proclamation de l’Évangile par les laïcs en parole et en sacrement » avait été approuvé en mars 2023 avec un large soutien des participants au processus synodal, y compris de nombreux évêques.
Il a donc exigé que l'épiscopat allemand réaffirme devant le Saint-Siège sa position en faveur de l'élargissement des fonctions liturgiques des laïcs et continue de défendre les arguments présentés jusqu'alors.
Des groupes progressistes critiquent la décision du Vatican
La Katholische Frauengemeinschaft Deutschlands (kfd), l'une des plus importantes organisations féminines catholiques du pays, a interprété la réponse de Rome comme une preuve supplémentaire du manque d'égalité entre les hommes et les femmes au sein de l'Église.
Ses dirigeants ont fait valoir que cette décision ignore les compétences et la formation théologique de nombreuses femmes engagées dans la vie ecclésiale et ont dénoncé le fossé entre ce qu'ils considèrent comme la réalité pastorale des communautés locales et les normes établies par le Saint-Siège.
Le mouvement Wir sind Kirche (« Nous sommes l’Église ») a exprimé des sentiments similaires , qualifiant ce rejet de décision « déconnectée de la réalité ». L’organisation a fait valoir que le vieillissement du clergé et la pénurie de nouvelles vocations rendent de plus en plus difficile le maintien de l’activité pastorale dans de nombreuses paroisses allemandes.
Rome a fermé la porte à toute exception.
Cette réaction de ces groupes fait suite au rejet formel par le Vatican de la demande soumise par le président de la Conférence des évêques allemands, l'évêque Heiner Wilmer.
Dans sa réponse, le dicastère dirigé par le cardinal Arthur Roche a réaffirmé que l'homélie fait partie intégrante de la liturgie et que, selon le droit canonique, elle est liée au ministère ordonné. Par conséquent, il a affirmé que les fidèles non ordonnés ne peuvent être autorisés à prêcher pendant la messe, même sous prétexte de besoins pastoraux particuliers.
Le texte soulignait également que les difficultés liées à la qualité de certains sermons devaient être résolues par une meilleure formation continue des prêtres et des diacres, une responsabilité qui incombe aux évêques diocésains.
Nouvel épisode de tensions entre l'Allemagne et le Saint-Siège
Ce dernier rejet porte à deux le nombre de refus pour les propositions progressistes allemandes. Cette controverse met une fois de plus en lumière les divergences entre certains des principaux défenseurs du Chemin synodal allemand et Rome.
Ces dernières années, plusieurs propositions approuvées selon cette procédure ont suscité des objections du Saint-Siège en raison de leurs implications doctrinales, disciplinaires ou ecclésiologiques. Il s'agit notamment d'initiatives relatives à la structure de gouvernance de l'Église, au rôle des femmes, à la morale sexuelle et à l'exercice du ministère ordonné.
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La nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin)
De Benoît XVI, cette catéchèse sur saint Jean-Baptiste... la vénération de saint Jean-Baptiste est ancienne et profonde. Dans les évangiles, son rôle par rapport à Jésus apparaît très nettement. Saint Luc, en particulier, raconte sa naissance, sa vie dans le désert, sa prédication, et saint Marc nous parle de sa mort dramatique. Jean-Baptiste initie sa prédication sous l’empereur Tibère, en 27-28 après Jésus-Christ, et l’invitation très claire qu’il adresse à la foule accourue pour l’écouter est de préparer le chemin pour accueillir le Seigneur, de rendre droits les sentiers tordus de sa propre vie à travers une conversion du cœur radicale (cf. Luc 3, 4). Pourtant le Baptiste ne se limite pas à prêcher la pénitence et la conversion mais, en reconnaissant que Jésus est « l’Agneau de Dieu » venu pour enlever le péché du monde (Jean 1, 29), il a la profonde humilité de montrer en Jésus le véritable Envoyé de Dieu, en se mettant de côté pour que le Christ puisse grandir, être écouté et suivi. Dans un acte ultime, le Baptiste témoigne par son sang de sa fidélité aux commandements de Dieu, sans céder ni reculer, en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Dans ses homélies, saint Bède, moine du IXème siècle, dit ceci : Saint Jean a donné sa vie pour [le Christ], même si on ne lui a pas ordonné de renier Jésus Christ, on lui a ordonné de taire la vérité (cf. Homélies 23 : CCL 122, 354). Et il n’a pas tu la vérité et c’est ainsi qu’il est mort pour le Christ qui est la Vérité. C’est justement par amour de la vérité qu’il ne s’est pas abaissé en se compromettant et qu’il n’a pas eu peur d’adresser des paroles fortes à celui qui s’était éloigné des voies de Dieu.
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La nativité de saint Jean-Baptiste
la nativité de Jean-Baptiste par Ghirlandaio (Santa Maria Novella, Florence)
Méditation et historique (missel.free.fr)
L'Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d'hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d'été. Ces deux fêtes, séparées l'une de l'autre par un intervalle de six mois, appartiennent au cycle de l'Incarnation ; elles sont, par leur objet, dans une mutuelle dépendance ; à cause de ces relations, on peut leur donner le même titre, c'est en latin : nativitas, naissance ; natalis dies,Noël.
Pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste, se demande saint Augustin, dans un sermon qui se lit à l'office nocturne ? La célébration de l'entrée de Jésus-Christ dans ce monde s'explique fort bien ; mais les hommes - et Jean-Baptiste en est un - sont d'une condition différente ; s'ils deviennent des saints, leur fête est plutôt celle de leur mort : leur labeur est consommé, leurs mérites sont acquis ; après avoir remporté la victoire sur le monde, ils inaugurent une vie nouvelle qui durera toute l'éternité. Saint Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard. Ce privilège est fondé sur ce fait que Jean a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand elle reçut la visite de Marie sa cousine ; il se trouva délivré du péché originel ; sa naissance fut sainte, on peut donc la célébrer. C'est un homme à part, il n'est inférieur à personne, non surrexit inter natos mulierum major Jobanne Baptista. L'ange Gabriel vint annoncer sa naissance, son nom et sa mission, nous dit saint Maxime, dans une leçon de l'octave ; sa naissance merveilleuse a été suivie d'une existence admirable, qu'un glorieux trépas a couronnée ; l'Esprit Saint l'a prophétisé, un ange l'a annoncé, le Seigneur a célébré ses louanges, la gloire éternelle d'une sainte mort l'a consacré. Pour ces motifs, l'Église du Christ se réjouit dans tout l'univers de la naissance du témoin qui signala aux mortels la présence de celui par lequel leur arrivent les joies de l'éternité.
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Homélie pour la nativité de saint Jean-Baptiste
L’Eglise ne célèbre que trois naissances : celle du Fils de Dieu, celle de sa mère, et celle de Jean-Baptiste. La nativité de ce dernier fut même célébrée bien avant celle de la Vierge Marie : elle est attestée dès le IVe s.
De tous les autres saints nous retenons uniquement le jour de leur naissance à la vie définitive au moment du grand passage de ce monde à l’autre. L’exception faite pour saint Jean se fonde sur la parole insistante de l’Ange annonçant la destinée extraordinaire de cet enfant (Lc 1, 13-17), et surtout sur la grâce de sanctification reçue dès le sein de sa mère, lors de la Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (Lc 1, 39-56). Puisque l’enfant fut purifié du péché originel et oint de l’Esprit de sainteté, il est légitime de fêter sa naissance comme la célébration de l’entrée d’un saint dans notre monde.
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"Jamais un médecin ne devrait se permettre de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée !" (Léon XIV)
DISCOURS DU PAPE LÉON XIV
AUX MEMBRES DE LA FONDATION JÉRÔME LEJEUNESalle du Consistoire
Lundi 22 juin 2026Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
La paix soit avec vous !Chers membres de la Fondation,
chers parents du Vénérable Professeur Jérôme Lejeune,
chers amis,c’est une joie de marquer le centenaire de la naissance de Jérôme Lejeune avec vous, membres de la Fondation qui porte son nom et qui poursuit son œuvre.
Touché par la détresse des enfants porteurs d’handicap, le Professeur Lejeune leur a consacré sa vie de chercheur scientifique. Sa plus fameuse découverte, celle de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, fit de lui le précurseur de la génétique moderne, reconnu dans le monde entier ; la longue liste de ses titres honorifiques en témoigne. Mais il fut aussi un médecin par vocation et n’eut de cesse de travailler pour trouver un traitement, afin de soulager la détresse de ses patients qu’il appelait « les pauvres parmi les pauvres ». Il défendit ardemment la vie et la dignité des plus fragiles, fût-ce au prix de sa carrière : « La médecine – aimait-il affirmer – c’est la haine de la maladie et l’amour du malade ».
Conscient de l’excellence académique du Professeur Lejeune et de son inlassable dévouement pour l’Église, le Pape saint Paul VI le nomma membre de l’Académie Pontificale des Sciences. Par la suite, comme vous le savez, sa profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie ont été à l’origine de la création de l’Académie Pontificale pour la Vie, que le Professeur Lejeune voyait comme institution nécessaire face à la multiplication des menaces contre la vie.
Homme de science et de sagesse, Jérôme Lejeune a rapidement compris que sa découverte scientifique serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance. Il n’hésita pas alors à se faire leur avocat, dénonçant la transgression du serment d’Hippocrate et ce nouvel eugénisme, qu’il qualifiait de « racisme chromosomique ». Ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu. Il interpela à cet égard et conseilla des institutions et des souverains du monde entier. Ce combat lui valut d’être malmené dans certains milieux scientifiques.
Le Professeur Lejeune était conscient que si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer. De plus, il savait que la technique peut être utilisée contre la médecine – qui est par nature au service de la vie –, ainsi que cela se vérifie lorsque la technique échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. C’est pourquoi, jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !
Chers amis, aujourd’hui, la Fondation Lejeune, dont vous êtes des membres actifs, poursuit l’œuvre initiée par le Professeur Lejeune dans les trois dimensions de la recherche, du soin et de la défense inconditionnelle de la personne humaine. Je me réjouis de la place que vous occupez au plan mondial dans la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Vous avez aussi créé et soutenez l’Institut Jérôme Lejeune, lequel reçoit en consultation des milliers de patients souffrant de différents handicaps mentaux.
Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics. Je sais que vous intervenez régulièrement dans les débats de société afin de protéger chaque personne dans toutes les circonstances de son existence. Mais je vous sais également attentifs à développer la culture de vie à travers la Chaire internationale de bioéthique, qui délivre une formation académique aux différents acteurs en ce domaine : soignants, juristes et philosophes. Soyez remerciés de cette formation que vous dispensez auprès d’hommes et de femmes, qui demain pourront ainsi contribuer à garantir une éthique médicale au service de la dignité humaine et de la vie.
À vous, chers amis porteurs de trisomie 21 et à vos parents, à vous les enfants du Vénérable Professeur Lejeune présents ce matin, à vous tous, membres des Fondations Jérôme Lejeune d’Espagne, d’Argentine et des États-Unis, et enfin à vous, membres venus du Portugal, d’Italie, de Tunisie, de Côte d’Ivoire et de Corée, je souhaite vous exprimer ma satisfaction devant l’œuvre que, en tant que laïcs, vous poursuivez dans la charité de la vérité, sur les pas du Vénérable Jérôme Lejeune. Soyez comme lui des témoins engagés dans la société, au service de la recherche constante du bien commun. Il s’agit là du premier grand principe de l’enseignement social de l’Eglise, et de la « forme sociale » de la dignité reconnue à chacun (Magnifica humanitas, n. 59). Le bien commun n’exclut aucun de ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Le message et l’œuvre du Vénérable Jérôme Lejeune reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués. Puisse-t-il inspirer le courage de la vérité aux nombreux jeunes et professionnels désireux de cohérence ; puisse-t-il les aider à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge.
Je vous confie à l’intercession de Notre-Dame, en lui demandant de guider vos pas, de soutenir vos efforts et de répandre sa tendresse sur toutes les personnes fragiles. À vous tous ici présents, j’impartis de grand cœur ma Bénédiction apostolique, que j’étends à tous les membres de la Fondation, à leurs familles et aux « chers protégés » de Jérôme Lejeune. Merci.
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Ce que les consistoires du pape Léon nous révèlent sur son style de gouvernance
D'Éd. Condon sur le Pillar :
Ce que les consistoires du pape Léon nous révèlent sur son style de gouvernance
Que nous révèlent ses choix pour ces réunions sur la manière dont il compte faire appel au Collège ?
22 juin 2026Le pape Léon XIV convoquera officiellement vendredi un consistoire extraordinaire du Collège des cardinaux, sa deuxième réunion avec ce groupe.
On s’attend à ce que Léon XIV réintègre le consistoire extraordinaire dans le calendrier romain annuel, offrant ainsi aux cardinaux du monde entier l’occasion de rencontrer le pape et de se retrouver entre eux.
Après des années durant lesquelles le pape François avait choisi de ne plus convoquer du tout le Collège pour des consistoires extraordinaires, se contentant de réunions ordinaires purement formelles pour élever officiellement de nouveaux cardinaux, Léon a, dans une certaine mesure, l’occasion de réinventer la roue.
Le pape étant libre de choisir son propre format pour les consistoires extraordinaires, ainsi que la manière et les sujets sur lesquels il souhaite consulter le Collège, que nous révèlent ses choix concernant ces réunions sur la façon dont il compte utiliser le Collège ?
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L’ordre du jour officiel des deux journées de réunions suit globalement le format du dernier consistoire de janvier, les cardinaux se réunissant en groupes pour discuter de sujets choisis par le pape, articulés autour des thèmes phares qu’il a retenus : les affaires internationales et l’évangélisation.
Les thèmes retenus pour les quatre séances de travail — dont trois porteront sur la situation mondiale, deux s’appuyant sur des passages de l’encyclique Magnifica humanitas de Léon, suivies d’une dernière séance consacrée à la mise en œuvre du synode — sont définis de manière assez large, du moins dans l’ordre du jour qui a été diffusé.
Tous les groupes transmettront leurs commentaires par e-mail, et les groupes de cardinaux exerçant la fonction d’évêques diocésains présenteront leurs synthèses dans la salle à l’ensemble de l’assemblée, aux côtés de certains autres groupes de cardinaux non diocésains.
Les travaux du consistoire s’achèveront samedi par un « dialogue » entre les cardinaux et le pape, avant que l’assemblée ne se retire pour le dîner.
Mais même ce programme quelque peu sommaire du consistoire nous en dit long sur les résultats attendus par Léon de ces réunions — et, peut-être, sur la manière dont il souhaite utiliser le collège lui-même.
Pour commencer, la reprise des consistoires extraordinaires est en soi significative, bien sûr, surtout dans ce contexte.
François s’était montré parcimonieux dans la convocation des cardinaux du monde entier pour discuter de questions ou de thèmes particuliers, ne convoquant que trois consistoires extraordinaires au cours de son pontificat et limitant même les sessions ordinaires au strict minimum.
Lors des rares occasions où les cardinaux ont été convoqués à Rome pour débattre de sujets d’actualité — la famille et la réforme de la Curie romaine —, certains d’entre eux ont fait valoir qu’après une assemblée houleuse et instable en 2014, le nouveau format prévoyant des discussions en petits groupes, des ordres du jour restreints et des possibilités de participation strictement limitées rendait ces sessions dénuées de sens.
François semblait partager cet avis, puisqu’il a de fait mis fin à ces sessions. En comparaison, l’intention affichée publiquement par Léon de faire des consistoires des événements annuels constitue une sorte de monument à la collégialité.
Mais un autre élément contextuel crucial réside dans le fait que Léon a supprimé une autre institution cardinalice, le « Conseil des cardinaux conseillers » (C9), créé par François comme une sorte de « cabinet de réflexion » mondial alors qu’il supprimait les réunions de l’ensemble du collège.
Le bilan des changements léonins semble indiquer que le pape préfère et reconnaît la nécessité d’entendre l’ensemble du collège — et de leur donner la possibilité de se rencontrer et d’apprendre à se connaître, deux sujets qui avaient suscité une vive frustration lors des congrégations générales précédant le conclave de 2025.
Et, contrairement à François, Léon ne semble pas rechercher, ni s’intéresser à, une représentation triée sur le volet de l’ensemble du collège, que ce soit pour servir de caisse de résonance privée ou de sorte de cabinet para-curial.
Si le « modèle de discussion en petits groupes » reste inchangé, il convient de noter que la dernière séance du consistoire consiste en un « dialogue » ouvert de plusieurs heures entre les cardinaux et le pape — en réalité, une séance où le collège peut aborder librement avec Léon toutes les questions qu’il souhaite, ce qui suggère une nouvelle fois que le pape est sincèrement désireux d’entendre les réflexions des cardinaux.
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« Providentiel » : L’évêque Hansen à propos du nouveau sanctuaire d’Oslo dédié aux chrétiens persécutés
De Luke Coppen sur le Pillar :
« Providentiel » : L’évêque Hansen à propos du nouveau sanctuaire d’Oslo dédié aux chrétiens persécutés
Hansen a reçu une proposition pour établir le sanctuaire en 2025, quelques mois après avoir été consacré évêque d'Oslo, à la suite d'une carrière diplomatique au Vatican.

L'évêque Fredrik Hansen bénit l'icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l'église Saint-Jean d'Oslo, en Norvège, le 20 juin 2026. Crédit : Marta Wade/Diocèse d'Oslo. À première vue, ces deux événements, distants de milliers de kilomètres, pourraient sembler sans lien. Le père Youhanna Al-Amin a été assassiné le 19 juin, apparemment en représailles à sa dénonciation du vol de médicaments destinés à la population locale. Hansen a inauguré le sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés, le 20 juin à l'église Saint-Jean, dans le quartier de Bredtvet à Oslo.
Pourtant, au sein de la communion de l'Église, tout est lié. Le but de ce nouveau sanctuaire est d'offrir aux catholiques un lieu où prier ensemble pour les prêtres et les laïcs confrontés à des dangers semblables à ceux qu'a connus le père Youhanna.
Hansen a reçu une proposition pour la création du sanctuaire en août 2025, sept mois après sa consécration comme évêque d'Oslo, à la suite d'une carrière diplomatique au Vatican. L'idée venait du père Benedict Kiely, prêtre anglais de l'Ordinariat personnel Notre-Dame de Walsingham, qui dirige Nasarean.org , une organisation caritative soutenant les chrétiens persécutés.
Dans le cadre de sa mission, Kiely invite les évêques du monde entier à installer des sanctuaires abritant une icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés. Cette icône d' Éléuse porte une inscription en araméen, la langue parlée par Jésus, dans son coin supérieur gauche : « Marie, Mère des chrétiens persécutés ». Parmi les lieux où se trouvent ces sanctuaires, citons New York, Londres et Stockholm , ainsi qu'Astana au Kazakhstan et Qaraqosh en Irak.
Ces sanctuaires attirent l'attention sur les quelque 338 millions de chrétiens persécutés dans le monde et encouragent la prière à leur sujet .
La Norvège peut sembler un lieu surprenant pour un sanctuaire catholique dédié aux chrétiens persécutés. Pourtant, la communauté catholique norvégienne, en pleine expansion, rassemble des personnes originaires de plus de 180 pays , dont certaines ont vécu personnellement la persécution dans leur pays d'origine.
Dans une interview par courriel à la veille de l'inauguration, l'évêque Hansen a évoqué sa propre prise de conscience de l'ampleur de la persécution antichrétienne, les raisons qui l'ont poussé à créer ce nouveau sanctuaire et ses espoirs pour son avenir.
Pour une expérience optimale, ouvrez la carte dans une nouvelle fenêtre .
Quand avez-vous pris conscience pour la première fois de l'ampleur de la persécution des chrétiens dans le monde ?
Il y a dix ans, j'étais en poste comme diplomate pontifical à Vienne, en Autriche, au sein de la mission du Saint-Siège auprès de plusieurs organisations internationales. Dans l'une de ces organisations, le volet relatif aux droits de l'homme comprenait le travail sur l'intolérance et la discrimination à l'encontre des chrétiens dans l'hémisphère nord.
Aux Nations Unies et ailleurs, les atrocités horribles commises par Daech, y compris contre des chrétiens, étaient de plus en plus mises en lumière. Il était facile de conclure que la colère et la haine dirigées contre les disciples de Jésus-Christ étaient une réalité mondiale.
Pourquoi avez-vous accepté l'invitation à fonder un sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés, dans le diocèse d'Oslo ,
Je crois qu'il est nécessaire de porter une attention beaucoup plus grande à la situation difficile des chrétiens persécutés et à notre obligation commune de prier pour eux et de les soutenir.
Je considère comme providentiel que, juste au moment où je commençais mon ministère épiscopal et que je me penchais sur les priorités de notre diocèse, l'offre de l'icône et l'idée d'un sanctuaire m'aient été présentées.

Icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l'église Saint-Jean d'Oslo, en Norvège. Crédit : Marta Wade/Diocèse d'Oslo. Pourquoi avoir choisi l' église Saint-Jean de Bredtvet, à Oslo, comme emplacement du nouveau sanctuaire ?
Pour deux raisons : premièrement, il s’agit de la plus grande église catholique de la ville d’Oslo et elle assurera donc l’importance du sanctuaire.
Deuxièmement, un nombre important de fidèles de la paroisse sont originaires de pays où le souvenir de l'intolérance ou de la persécution est fort, comme la Pologne, la Lituanie et le Vietnam, ou de pays où les chrétiens subissent aujourd'hui des violences et des persécutions, notamment le Nigéria, le Myanmar et l'Inde.
Pourquoi pensez-vous que, outre le soutien matériel et le plaidoyer, la prière pour les chrétiens persécutés est importante ?
Notre Seigneur a dit : « Demandez, et l’on vous donnera » ( Matthieu 7,7 ). Présenter à Dieu nos frères et sœurs souffrants et implorer son aide est donc une expression de notre foi et un acte concret de solidarité. Cela nous rappelle aussi la nécessité d’en faire davantage, notamment par un soutien matériel et un plaidoyer public.

L’évêque Hansen inaugure le sanctuaire de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l’église Saint-Jean. Crédit : Marta Wade/Diocèse d’Oslo. Avez-vous déjà rencontré des chrétiens persécutés ? Si oui, qu’est-ce qui vous a marqué chez eux ?
Lors de mes visites dans nos paroisses, j'ai rencontré de nombreuses personnes touchées par la persécution, que ce soit personnellement, par l'intermédiaire de leurs familles ou de leurs communautés. Mes prêtres font part d'expériences similaires.
Ce qui me frappe, c'est la joie et l'espoir qu'ils semblent tous partager. Malgré l'horreur qu'ils ont vue ou qui les a touchés de si près, ces deux caractéristiques chrétiennes si fondamentales – la joie et l'espérance – sont prédominantes. Quel témoignage ils nous donnent !
Quel rôle espérez-vous que le sanctuaire jouera au sein du diocèse d'Oslo ?
J'espère que ce sanctuaire renforcera l'action collective de notre Église locale en faveur des chrétiens qui souffrent pour leur foi.
À l'occasion de son inauguration ce week-end, nous avons organisé des conférences et des présentations, ainsi que des réunions de planification – notamment avec nos partenaires – afin de définir les actions futures. Tout cela sera soutenu par les prières au sanctuaire – pour les années à venir.
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Voilà pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège
De Kathleen Wuyard-Jadot sur Boulettes Magazine :
Pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège
16 juin 2026Après plus de 450 ans de présence ininterrompue dans la Cité ardente, les Jésuites quittent Liège cette année. Plus que le départ d’une communauté religieuse, c’est une page majeure de l’histoire éducative, intellectuelle et sociale liégeoise qui se tourne. Leur absence prive en effet la ville d’un héritage vivant, qui a contribué à former des générations d’élèves, d’enseignants, d’ingénieurs et de citoyens.
C’est que les Jésuites étaient présents à Liège depuis 1569. Mille cinq cent soixante-neuf, vous imaginez ? Quelques décennies seulement après la fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola, ils s’implantent en principauté, où ils développent rapidement une œuvre éducative d’envergure. Dès 1582, ils fondent le Collège en Isle, qui accueillera jusqu’à un millier d’élèves. Plus tard viendront le Collège des Anglais, le Collège Saint-Servais et le Collège Saint-Louis. L’Institut Gramme ? Encore eux, au début du XXe siècle.
Peu d’institutions peuvent revendiquer une telle continuité dans l’histoire liégeoise. Pendant près de cinq siècles, les Jésuites ont accompagné les transformations de la ville. Traversé les bouleversements politiques, les révolutions industrielles et les mutations sociales. Et ce, sans jamais abandonner leur mission première : transmettre le savoir et former la personne humaine dans toutes ses dimensions.
Disclaimer : l’auteure de ces lignes a été en première ligne pour en juger, ayant fait toutes ses humanités à Saint-Servais. Aujourd’hui encore, un lien bien plus fort qu’un CESS perdu depuis belle lurette unit ses alumni. « La mafia Saint-Servais » se rient certains, tant on se retrouve, rencarde et renseigne entre nous.
Une conception exigeante de l’éducation
Plus qu’en raison du prestige aujourd’hui terni d’une école dite d’élite, c’est parce que la contribution des Jésuites ne se mesure pas seulement au nombre d’écoles qu’ils ont fondées à Liège. Elle réside aussi dans une vision particulière de l’éducation.
Depuis le XVIe siècle, la pédagogie ignatienne repose sur une conviction forte.
L’école ne doit pas seulement transmettre des connaissances, mais aider chacun à développer son intelligence, son sens critique, sa liberté intérieure et son sens des responsabilités.
Une approche qui a inspiré des générations d’enseignants (et d’élèves) à Liège.
Lire aussi : Philippe Boxho (ex-Saint-Servais aussi, et oui) nous a partagé ses restos préférés à Liège
La tradition éducative jésuite valorise l’excellence académique sans la dissocier de l’excellence humaine. Elle encourage la rigueur intellectuelle, certes. Mais aussi le respect de l’autre, l’écoute, la capacité de dialogue et le discernement.
Dans une société souvent marquée par la polarisation et l’immédiateté, autant dire que cette culture de la réflexion et du respect apparaît plus précieuse que jamais.
Pour et avec les autres
L’une des formules les plus connues de la tradition jésuite ? La volonté de former des « femmes et des hommes pour les autres et avec les autres ». Une expression qui dénote d’une philosophie profondément humaniste.
Les Jésuites ont en effet toujours considéré que l’éducation devait préparer les jeunes à contribuer au bien commun.
La réussite individuelle n’a de sens que si elle s’accompagne d’un souci des plus fragiles et d’une attention à la société dans laquelle chacun évolue.
Une vision qui a marqué durablement la culture de nombreuses institutions liégeoises. Et a encouragé l’engagement social, le sens du service et la responsabilité citoyenne. Bien sûr, le départ des Jésuites ne signifie pas la disparition de ces valeurs essentielles. Mais il prive la ville de ceux qui en furent pendant des siècles les porteurs directs et les témoins quotidiens. Et franchement ? Quel gâchis.
On ne citera pas de noms, on sait que certains POs ont le bras long. Mais ceux qui ont refusé de trouver un compromis pour garder les Jésuites restants ? Vous savez qui vous êtes. Et dans les mots d’une autre icône de la religion, la nonne Unella : honte, honte honte !
Liège sans Jésuites ? Un sacré vide
La capacité à créer des ponts entre la foi, la culture, la science et la société a constitué l’une des richesses de leur présence. Dans une époque où les institutions peinent parfois à dialoguer entre elles, les Jésuites représentaient une tradition de médiation intellectuelle et humaine dont Liège bénéficiait encore.
Bien sûr, les écoles fondées par les Jésuites vont continuer d’exister. Les œuvres qu’ils ont inspirées poursuivront leur mission.
Mais une institution n’est jamais plus tout à fait la même lorsqu’elle perd ceux qui lui ont donné naissance – et qui ont incarné son esprit pendant des siècles.
Oui, décidément, ce départ est une perte. Parce qu’il met fin à une présence qui reliait la ville à une histoire exceptionnelle de transmission, de culture et d’engagement. Il rappelle aussi qu’un patrimoine ne se résume pas à des bâtiments ou à des archives. Il vit à travers des femmes et des hommes qui portent une vision du monde.
Pendant plus de 450 ans, les Jésuites ont contribué à faire de Liège un lieu d’éducation, de réflexion et de service.
Leur héritage demeure. Mais leur absence laisse incontestablement un vide dans le paysage humain et intellectuel de la Cité. Et pas seulement parce que désormais, plus personne ne va patrouiller le Carré crucifix au cou sur le temps de midi pour récupérer les brebis égarées.
Au-delà de la religion, une question de patrimoine et de diversité
On vous entend, noter que gnignignagnagna, Saint-Servais, grenouille de bénitier, tout ça. Ce n’est pas déraisonnable, mais ce n’est pas non plus toute la vérité. Déjà, parce qu’en ce qui concerne l’auteure de ces lignes (toujours elle !), une de ses dernières messes date probablement de sa fin de rhéto. Comment faire mieux qu’une reprise bof réussie de One of Us en pleine église Saint-Christophe ?!
Mais plus sérieusement, regretter le départ des Jésuites ne relève pas nécessairement d’une adhésion religieuse ni même d’une pratique de la foi. La question dépasse largement le cadre confessionnel.
Elle touche au patrimoine vivant de Liège et à la diversité des institutions qui composent son identité.
Une ville s’enrichit de la coexistence d’acteurs porteurs d’histoires, de traditions et de visions différentes du monde. Et les Jésuites, bien que toujours moins nombreux au gré des années, faisaient partie de cette pluralité. Leur présence apportait une sensibilité éducative, culturelle et humaniste particulière, forgée au fil des siècles.
Dans une époque clivée, la disparition d’une telle singularité constitue une perte collective. Que l’on ait ou non la foi, difficile de nier la valeur d’un héritage qui a contribué à la richesse intellectuelle et sociale de la cité. Préserver la diversité d’une ville, c’est aussi préserver les traditions qui l’ont façonnée. Amen.
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La conversion de JD Vance
De Maximilien Lutz sur le Tagespost :
La conversion de JD VanceDans « Communion », le vice-président américain relate sa conversion au catholicisme. Ce livre est aussi un manifeste politique. Que révèle-t-il sur Vance, sa vision du monde et ses ambitions politiques ? Et quel lien peut-on établir entre un verre à vin brisé et le destin ?
22 juin 2026
Août 2018 : JD Vance se sentait de plus en plus attiré par la foi catholique, mais les doutes des années précédentes ne l’avaient pas encore totalement dissipé. Les graves affaires d’abus sexuels qui avaient secoué l’Église américaine cette année-là l’avaient particulièrement marqué. Puis, lors d’un voyage en Europe avec sa femme Usha et leur jeune fils, il vécut une sorte de révélation spirituelle : dans une cathédrale vide en Bourgogne, il fut saisi par un profond sentiment d’appartenance et d’espoir : « Cette église, dans un pays étranger, où ma famille et moi étions les seuls visiteurs, me semblait m’appartenir. Je lui devais quelque chose, tout comme elle me devait quelque chose. » Peu importaient les gros titres négatifs et le déclin du christianisme dans de nombreux endroits : « Si le Titanic coule, je préfère être à bord que de monter dans un canot de sauvetage. » Suite à cette expérience, il décida de se faire baptiser pour la première fois.

Vance relate cet épisode dans son nouveau livre, « Communion : Retrouver la foi ». Cet ouvrage très attendu du vice-président américain, actuellement disponible uniquement en anglais, fait d'une pierre deux coups : autobiographie à thématique religieuse, il raconte la conversion du numéro deux des États-Unis. Parallèlement, « Communion » est aussi un manifeste politique. Ce livre apporte de nouvelles pièces au puzzle de cet homme politique qui pourrait bientôt viser des fonctions plus importantes. Car Vance est considéré comme un successeur potentiel de Donald Trump.
La conversion politique et la conversion religieuse sont inextricablement liées.
Le livre de Vance arrive à point nommé à plusieurs égards : depuis un an, un Américain, Léon XIV, occupe le trône pontifical et jouit d’une popularité bien supérieure dans son pays que son prédécesseur, François. Par ailleurs, l’intérêt pour la foi catholique s’accroît aux États-Unis : les jeunes adultes, notamment, se font baptiser – même si cette tendance n’a pas encore enrayé le déclin général du nombre de fidèles. En outre, les critiques à l’égard de l’administration Trump se sont récemment intensifiées au sein des milieux chrétiens conservateurs américains. Le livre de Vance s’inscrit donc dans cet intérêt grandissant pour le catholicisme, mais peut aussi être interprété comme un message adressé à l’électorat traditionnel, qui n’est plus entièrement satisfait : « Voyez, nous pensons toujours de la même manière. »
Lorsque JD Vance a accédé à la notoriété publique, il ne partageait pas encore les idées du camp MAGA alors naissant. Dans son autobiographie à succès de 2016, « Hillbilly Elegy », une étude concise de la classe ouvrière marginalisée de la Rust Belt américaine, Vance se présentait comme un critique conservateur de Trump. Depuis, Vance, aujourd'hui âgé de 41 ans, a opéré une conversion politique. Depuis son élection victorieuse au Sénat dans l'Ohio en 2022, il est considéré comme une figure importante du camp Trump. Ce changement politique a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. Ses détracteurs l'accusent d'opportunisme. Le vice-président américain aborde ouvertement ce sujet dans « Communion » : pour ses critiques, cette conversion politique n'était qu'une « manœuvre cynique » pour accéder au pouvoir. « Je doute de jamais pouvoir les faire changer d'avis. »