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Eglise

  • Entre maladie et schisme, un consistoire marqué par les absences

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    De Nico Spuntoni sur Il Giornale :

    Entre maladie et schisme, un consistoire marqué par les absences

    Par Nico Spuntoni

    Le spectre du schisme planera sur le consistoire extraordinaire que Léon XIV ouvrira demain au Vatican. Cette seconde réunion des cardinaux convoquée par le Pape, après celle de janvier, se tiendra à la veille des consécrations épiscopales annoncées par la Fraternité Saint-Pie-X sans mandat pontifical – un acte qui entraînera vraisemblablement l’excommunication pour schisme.

    Pourtant, la question ne sera pas abordée lors de la réunion de deux jours dans la salle Paul VI. Au contraire, comme nous l'a confié un cardinal, la proximité des consécrations semble avoir incité le Saint-Siège à revoir son ordre du jour initial. L'intention première était, semble-t-il, de revenir sur les deux sujets qui avaient recueilli le moins d'adhésion lors de la réunion précédente, dont la question liturgique.

    Puisque ce dernier point demeure un obstacle – bien que non principal – au dialogue avec les lefebvristes, le Palais apostolique a préféré ne pas l’aborder. La liturgie traditionnelle n’est pas l’apanage exclusif des disciples de Lefebvre ; elle est également célébrée par des instituts en pleine communion avec Rome qui, depuis 2021, sont confrontés aux restrictions imposées par Traditionis Custodes . Ce consistoire ne sera cependant pas l’occasion de conseiller le Pape sur l’opportunité d’assouplir les restrictions qui affectent les traditionalistes au sein de l’Église.

    Néanmoins, la question restera sans doute très sensible car, d'après nos sources, plus les consécrations approchent, plus l'inquiétude grandit parmi les membres profès et les religieuses de la Compagnie, dont beaucoup ne souhaitent pas risquer l'excommunication. Indépendamment de la question de la messe en latin, l'ordre du jour du consistoire n'a pas suscité l'enthousiasme général.

    La réunion s'articulera autour de quatre sessions de travail consacrées à la situation internationale, à Magnifica Humanitas et au Synode, et les cardinaux seront soumis à un strict black-out médiatique. L'un d'eux nous a confié que le Collège s'inquiète de la complexité de la structure des travaux, qui prévoit une division en deux assemblées et vingt groupes de travail, alors que seuls certains d'entre eux sont autorisés à présenter leurs rapports devant l'ensemble des cardinaux.

    Certains soupçonnent que ce format s'inspire du Secrétariat général du Synode. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la dernière session, samedi après-midi, sera consacrée à la « mise en œuvre du Synode », avec une introduction du cardinal Mario Grech. Et ce, alors même que le Synode figurait déjà parmi les deux sujets abordés en janvier.

    Il en résulte un consistoire qui s'annonce relativement calme. Cette impression est renforcée par plusieurs absences notables pour raisons de santé, notamment celles des cardinaux Joseph Zen, Péter Erdő et Willem Eijk.

  • France : toujours moins d'ordinations mais un regain des vocations

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    D'Ombeline Marignane sur le site de Famille Chrétienne :

    Ordinations : 84 nouveaux prêtres en France en 2026

    La Conférence des évêques de France a annoncé jeudi 25 juin l’ordination de 84 nouveaux prêtres en juin 2026. Appelés par Dieu à servir son Eglise, ces hommes ont été formés au sein de séminaires diocésains, de communautés ou de congrégations religieuses. On comptera ainsi 66 prêtres diocésains et 39 religieux et membres de communauté. Parmi ces derniers, 21 sont comptés dans les prêtres diocésains. A titre de comparaison, l’an dernier, 90 prêtres avaient été ordonnés tandis que 105 avaient reçu ce sacrement en 2024.

    Les diacres permanents sont quant à eux de plus en plus nombreux : ils étaient 3 296 en 2024 et 3 364 en 2025. Les provinces de Paris et de Marseille sont celles qui comptent le plus d’ordinations, avec respectivement 18 et 14 nouveaux prêtres, dont dix rien que pour le diocèse de Fréjus-Toulon. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, célèbrera neuf ordinations de prêtres diocésains le 27 juin prochain à Notre-Dame. Au total, 30 diocèses sur les 94 que comptent la France ont ordonné au moins un prêtre.

    Les congrégations et communautés comptent un peu moins d’un tiers des prêtres ordonnés en France cette année. La communauté Saint-Martin confirme encore son dynamisme en ordonnant dix nouveaux prêtres, un chiffre stable par rapport à l’an dernier. Cinq prêtres ont également été ordonnés au sein de la communauté du Chemin-Neuf. La Conférence des évêques de France précise toutefois que la liste des prêtres ordonnés dans les congrégations religieuses n’est pas exhaustive.

    Hausse des propédeutiques

    Si le nombre d’ordinations semble en recul, la Conférence des évêques indique que les entrées en année de propédeutique sont en hausse, témoignant d’un nouvel élan dans les vocations. « Entre 2023 et 2025, les entrées en propédeutique sont passées de 99 à 145, soit une progression de près de 50 % en deux ans », précise-t-elle. Le nombre de prêtres en France, qui était de 11 463 en 2024, pourrait ainsi augmenter ces prochaines années.

  • 26 juin : les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, martyres de la Révolution.

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    Du blog du Mesnil Marie :

    2019-55. Le 26 juin, nous fêtons les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, martyres de la révolution.

    Arras : le beffroi et la petite place

           A la veille de la révolution, la « maison de Charité » d’Arras est une ruche active : sept sœurs de Saint Vincent de Paul y assurent les soins aux malades, la visite des familles pauvres et éduquent les jeunes enfants. Leurs services sont très appréciés de la population.
    Comme dans tout le Royaume, à Arras, la révolution va rapidement révéler son véritable visage et les lois anticatholiques vont poser des cas de conscience aux religieuses. Le 9 avril 1792, la supérieure générale des Filles de la Charité, avait adressé aux sœurs un courrier dans lequel on pouvait lire, entre autres : « Je vous prie de ne pas abandonner le service des pauvres, si vous n’y êtes forcées… Pour pouvoir continuer le service des pauvres, prêtez-vous à tout ce que honnêtement on pourra exiger de vous dans les circonstances présentes, pourvu qu’il n’y ait rien contre la religion, l’Eglise et la conscience. »

       Après l’emprisonnement de la Famille Royale, lorsque la situation devient de plus en plus difficile, la supérieure de la petite communauté d’Arras laisse à ses sœurs le choix de rentrer dans leurs familles, si elles le souhaitent ; une seule d’entre elles le fait. Mais lorsque la Terreur va s’installer de manière plus violente dans la capitale de l’Artois, la supérieure va alors ordonner aux deux plus jeunes de la communauté de partir pour l’exil.
    A la fin de l’année 1793, quatre sœurs se trouvent donc à Arras et continuent leurs activités.
    Ce sont :

    Sœur Marie-Madeleine Fontaine, originaire d’Etrépagny (Vexin normand), entrée dans la Compagnie en 1748 à l’âge de 25 ans. Supérieure de la communauté, sa sagesse et sa compétence sont largement appréciées.
    Sœur Marie-Françoise Lanel, née en 1745 à Eu (Normandie), entré dans la Compagnie des Filles de la Charité à l’âge de 19 ans.
    -  Sœur Thérèse Fantou, née à Miniac-Morvan (Bretagne) en 1747, devenue Fille de la Charité à 24 ans.
    Sœur Jeanne Gérard, née à Cumières (Lorraine) en 1752, et entrée dans la Compagnie des Filles de la Charité en 1776.

    Portrait de Joseph Lebon, François Bonneville, 1796, Paris, BnF.

    Joseph Lebon, prêtre oratorien apostat

       Le prêtre apostat, Joseph Lebon, envoyé à Arras par le comité de salut public fait régner dans la ville un climat de violence et de peur. La maison de Charité devient « maison de l’Humanité » ; un directeur pointilleux y est installé, surveillant l’activité des sœurs ; les vexations s’intensifient ; les faux témoignages se multiplient. Les héroïques filles de Saint Vincent de Paul sont plusieurs fois sommées de prêter le serment dit de « liberté-égalité », mais elles le repoussent énergiquement comme contraire à leurs consciences.
    Le pape Benoît XV a loué leur attitude en ces termes : 

        »Elles refusèrent de prêter un serment pour des lois iniques, parce qu’elles voulurent garder immaculée leur foi, parce qu’elles n’écoutèrent que la voix de la conscience, qui les avertissait de ne pas s’écarter non seulement des commandements, mais des conseils du Chef suprême de l’Eglise. »

       Le 14 février 1794, les sœurs sont arrêtées et conduites à l’abbatiale Saint-Vaast, transformée en prison, puis à celle de la Providence. Près des prisonnières, désemparées devant l’incertitude de leur avenir, elles apportent écoute et compassion. Sept semaines après leur incarcération, le 4 avril, les sœurs subissent un premier interrogatoire devant deux membres du comité de surveillance, les citoyens Pater et Boizard, décidés à ne pas traîner. Le principal chef d’accusation sera qu’on a découvert dans leur maison des exemplaires de publications contre-révolutionnaires (sans doute mises là par le directeur qu’on leur avait imposé).

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  • Le sacre des évêques par la FSSPX : Est-ce un manque de foi de la part de cette fraternité ? Débat entre Arnaud Dumouch et Jean-Pierre Maugendre

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    Jean-Pierre Maugendre (jeanpierremaugendre@yahoo.fr) est le fondateur de « Renaissance catholique ». Il explique que la Fraternité Saint Pie X ne veut pas créer un schisme le 1er juillet 2026 avec l’Église mais que sa position est « un acte de fidélité à la théologie de toujours » face aux dérives qui sont apparues à partir du Concile Vatican II. Le sacre des évêques est fait pour pouvoir continuer à donner, au-delà des persécutions venant du personnel de l’Église latine, 1° une théologie solide, 2° une pratique pastorale fidèle, 3° et une liturgie digne
     
    Arnaud Dumouch (a.dumouch@hotmail.com), Théologien « conciliaire »,  reconnait la validité des reproches PASTORAUX que fait Jean-Pierre Maugendre (les ayant lui-même vécu dans sa chair). Il reconnaît la droiture d’intention de la FSSPX qu’il compare à l’attitude de Saint Pierre lorsque, avec des pensées (trop) humaines, il disait à Jésus de ne pas monter à Jérusalem car c’était absurde  (Mt 16, 22). Mais il affirme que la FSSPX a manqué de foi dans l’Esprit Saint qui dirige DOCTRINALEMENT l’Eglise vers la vérité toute entière, et PASTORALEMENT vers le même chemin que le Christ. On ne réforme pas l’Église en désobéissant à l’Église. Il prophétise que si les membres de la FSSPX n’entrent pas dans un regard plus surnaturel, semblable à celui de la Vierge Marie à la croix, alors ils imiteront le comportement de Saint Pierre qui ne fut pas présent à la croix et ne découvrit qu’à la Pentecôte la sagesse de Dieu.
  • Le père Nicola Bux au pape Léon XIV : faites tout votre possible pour surmonter les différends avec la FSSPX

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    Du substack d'Edward Pentin :

    Le père Nicola Bux au pape Léon XIV : Faites tout votre possible pour surmonter les différends avec la FSSPX

    Dans une lettre ouverte à la fois filiale et urgente, l'ancien consulteur du Vatican insiste sur la nécessité d'un dialogue avec la FSSPX, d'une libéralisation du rite romain traditionnel, de réponses aux dubia et de limites au chemin synodal de l'Allemagne.

    À la veille d'un consistoire de cardinaux cette semaine, le père Nicola Bux, proche collaborateur du défunt pape Benoît XVI, a adressé un appel filial mais ferme au pape Léon XIV, l'exhortant à « résoudre rapidement dans la vérité – et seulement dans la vérité – les nombreuses "polarisations" qui traversent le corps ecclésial ».

    Dans une lettre ouverte signée le jour de la fête de la naissance de saint Jean-Baptiste, le père Bux appelle notamment le pape à établir un dialogue avec la Fraternité Saint-Pie-X avant qu'elle ne consacre de nouveaux évêques sans mandat papal le 1er juillet.

    « Maintenant que nous avons acquis de l’expérience dans le dialogue avec des personnes et des groupes extérieurs à l’Église », écrit-il, « ne devrions-nous pas aussi, et surtout, engager un dialogue au sein de nos propres rangs, en faisant tout notre possible pour veiller à ce qu’aucun de ces frères et sœurs que le Seigneur nous a confiés ne soit perdu ? »

    Le père Bux, prêtre du diocèse de Bari et ancien consulteur auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et du Dicastère pour les Causes des Saints, exhorte également le pape Léon XIII à prendre trois autres mesures essentielles : « reconsidérer » le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI qui libéralisait la liturgie romaine traditionnelle, mais que le pape François a abrogé en 2021 ; veiller à ce que le « chemin synodal » allemand ne se prononce pas sur les questions de doctrine, de morale et de pratique sacramentelle ; et répondre aux dubia (questions formelles demandant des éclaircissements) posées par les cardinaux durant le pontificat du pape François, mais auxquelles ce dernier n’a pas répondu, ou, selon les cardinaux, a répondu de manière insatisfaisante.

    « Les fidèles ont besoin d’être confirmés dans la vérité, la stabilité et l’immuabilité substantielle de la foi », écrit le père Bux, ajoutant qu’ils « doivent pouvoir entendre du Successeur de Pierre, après plus d’une décennie de confusion, que le Saint-Esprit fait en effet toutes choses nouvelles, mais en ce sens qu’il les amène à leur accomplissement final ( novus ), en harmonie – et non en contraste – avec ce qui a été inspiré jusqu’à présent. »

    « Saint Père, je vous en supplie, agissez promptement », écrit le père Bux en conclusion. « Ne laissons pas le schisme sous-jacent devenir irréparable. »


    Très Saint Père,

    C’est avec un profond respect filial que j’ose vous adresser cet appel sincère, après avoir eu la grâce de collaborer avec le cardinal Joseph Ratzinger, puis avec le Saint-Père Benoît XVI, avant de consacrer ces treize dernières années à la prière, au don de soi et à un travail discret mais constant pour l’unité de l’Église.

    L’Église est le pont entre Dieu et les hommes, dont le Pape est le pontife ; elle est en effet synonyme de la paix que le Christ a fixée comme limite : édifier l’Église, c’est bâtir la paix ; séparer les deux, c’est compromettre la mission de l’Évangile. C’est pourquoi je supplie Votre Sainteté de persévérer dans cette voie unique, afin de résoudre dans la vérité – et seulement dans la vérité – les nombreuses polarisations qui traversent le corps ecclésial. Maintenant que nous avons l’expérience du dialogue avec les personnes et les groupes extérieurs à l’Église, ne devrions-nous pas aussi, et surtout, dialoguer au sein de nos propres rangs, en faisant tout notre possible pour qu’aucun de ces frères et sœurs que le Seigneur nous a confiés ne soit perdu ?

    Faisant notamment référence à la décision importante annoncée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, je vous invite à reconsidérer le « pont » conçu par Benoît XVI à travers le Motu Proprio Summorum Pontificum et, par conséquent, la levée de l’excommunication. Constatant que tant d’évêques ont su, avec équilibre, instaurer une harmonie liturgique dans leurs diocèses respectifs, Votre Sainteté pourrait donner l’exemple : en accordant à toute l’Église la possibilité de célébrer, parallèlement au nouveau rite, l’ancien rite romain, tout en réaffirmant la validité de la réforme liturgique et l’inviolabilité du Concile Vatican II, comme de tout autre concile œcuménique.

    Concernant le « chemin synodal » allemand, j’implore le Saint-Père de clarifier que ce chemin ne saurait délibérer sur les questions de doctrine, de morale et de pratique sacramentelle, et que la pastorale est indissociable de ces dernières. Autrement, ce prétendu « accompagnement » ne conduirait jamais à la conversion nécessaire : le pécheur ne serait pas, en réalité, détourné du péché, mais au contraire, conduit à sa confirmation, voire à sa reconnaissance institutionnelle. Votre Sainteté a déjà affirmé que certaines questions sources de division « ne peuvent faire l’objet de délibérations ou de décisions de la part d’une Église particulière », mais vous n’êtes certainement pas sans savoir que cette grave division pourrait s’étendre à d’autres épiscopats. L’Église n’est inclusive que si ceux qui souhaitent y entrer reçoivent l’initiation sacramentelle et si ceux qui souhaitent la quitter suivent le chemin de pénitence.

    Votre Sainteté, enfin, je vous implore de lever un autre obstacle à la vérité et à la communion : l’absence ou l’insuffisance de réponse aux Dubia des cardinaux sur les questions doctrinales et pastorales des récents synodes. Nombreux sont les fidèles à travers le monde qui attendent cette réponse, non pas sous la forme d’une interview – car les interviews réduisent les paroles et le magistère du Pape à une simple opinion parmi d’autres – mais sous la forme d’un document d’une autorité égale ou supérieure.

    Les fidèles ont besoin d’être affermis dans la vérité, la stabilité et l’immuabilité fondamentale de la foi, car l’Esprit Saint ne peut renier ce qu’il a inspiré à l’Église tout au long de ses deux mille ans d’histoire. Les fidèles ont besoin de redécouvrir, avec saint Irénée, que le Christ a apporté toute nouveauté en s’offrant lui-même, et qu’il n’y a rien d’autre de nouveau à espérer, si ce n’est la proclamation toujours renouvelée de l’Évangile du Christ.

    Les fidèles doivent pouvoir entendre du Successeur de Pierre, après plus d'une décennie de confusion, que le Saint-Esprit fait en effet toutes choses nouvelles, mais en ce sens qu'il les amène à leur accomplissement final ( novus ), en harmonie – et non en contraste – avec ce qui a été inspiré jusqu'à présent.

    En vertu de la prérogative indispensable du commandement pétrinien , je vous supplie, Votre Sainteté, d’énoncer clairement la vérité et l’erreur : l’Église tout entière doit ainsi se conformer à votre parole. Vous avez dit à juste titre que suivre le Christ exige la conversion et que nous devons chercher à fonder notre unité sur Jésus-Christ et sur son enseignement. Or, Votre Sainteté, le seul moyen que nous connaissions pour y parvenir est précisément et uniquement de défendre la vérité. Agissez promptement, Père Saint, je vous en supplie. Ne laissons pas le schisme sous-jacent devenir irrémédiable.

    Nous prions pour vous, Sainteté, dans l'espoir ferme qu'au sein du Consistoire vous puissiez initier et mener une discussion fructueuse sur ces questions urgentes.

    Dans le Seigneur Jésus,

    Père Nicola Bux

    24 juin 2026,

    Fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste

  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X écrit au Pape et aux cardinaux à la veille du Consistoire

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    Du site de la FSSPX :

    Lettre ouverte à Sa Sainteté le Pape Léon XIV et aux Cardinaux de la Sainte Église

    Source: FSSPX Actualités

    Très Saint-Père,
    Éminences Révérendissimes,

    À la veille du Consistoire de la fin de ce mois, et à quelques jours des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet prochain à Écône, il nous semble que le moment est venu pour la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X de formuler une profession intégrale de foi catholique, que nous souhaiterions remettre entre les mains de Votre Sainteté et de chacun des Cardinaux.

    L’Église souffre aujourd’hui sous la pression de forces nouvelles, venues tant de l’intérieur que de l’extérieur, qui la poussent dans toutes les directions possibles, sauf – nous semble-t-il – dans la bonne. Devant une telle souffrance, nous ne pouvons demeurer indifférents.

    Ce n’est pas à la Fraternité Saint-Pie X qu’il revient d’indiquer la voie à suivre, mais à la Tradition bimillénaire de l’Église, fidèlement gardée et transmise par le Siège apostolique au cours des siècles, et que beaucoup considèrent désormais, dans les faits, comme une réalité dépassée, soumise à une évolution permanente.

    C’est au nom de cette même Tradition, et à sa seule lumière, que nous formulons aujourd’hui cette profession de foi catholique face aux principales erreurs et aux plus graves périls de notre temps.

    Nous sommes convaincus que la Tradition renferme tous les remèdes aux maux les plus profonds dont souffrent l’Église et le monde, et pour lesquels on cherche en vain des solutions en dehors d’elle. La foi immuable et intégrale est le principe, le fondement et la racine du salut des âmes. Cette foi, contenue dans la Tradition et enseignée par le Magistère constant, constitue le véritable fondement de l’unité de l’Église et, par conséquent, le moyen nécessaire d’établir l’union et la communion entre les membres du Corps mystique du Christ.

    Au-dessus des changements et des vicissitudes du temps se dresse la Tradition immuable, écho dans l’histoire de la Vérité éternelle.

    Nous ne pouvons qu’espérer et supplier que cette Tradition et la pureté de la foi soient de nouveau placées au fondement de la vie de l’Église, afin qu’à partir d’elles puisse s’amorcer une authentique régénération. C’est à cette intention que nous prions avec instance.

    Nous sommes persuadés que, dans le contexte instable et extrêmement périlleux qui se présente aujourd’hui à nos yeux, la meilleure contribution que l’on puisse offrir à l’Église universelle est celle d’une profession sincère et intégrale de foi catholique.

    Nous espérons qu’un jour, ce texte doctrinal puisse servir de base pour une discussion franche avec le Saint-Siège, dans un climat paisible, fraternel et charitable.

    Le texte que nous vous remettons n’est pas le ressassement stérile d’un groupe de nostalgiques, mais la nécessaire expression, paisible et résolue, de notre foi.

    « Non enim possumus aliquid adversus veritatem sed pro veritate. »
    « Car nous ne pouvons rien contre la vérité, mais seulement pour la vérité. »

    Et selon le Psalmiste, repris par saint Paul :

    « Et nos credimus propter quod et loquimur. »
    « Nous aussi nous croyons, c’est pourquoi nous parlons. »

    En vous remerciant de l’attention que vous daignerez porter à ce texte, nous vous assurons de notre prière constante pour vous et pour l’Église universelle.

    Menzingen, le 24 juin 2026, Nativité de saint Jean-Baptiste

    Davide Pagliarani 
    Supérieur général

    + Alfonso de Galarreta
    Premier Assistant général                     

    Christian Bouchacourt
    Second Assistant général

    + Bernard Fellay
    Premier Conseiller général
    Ancien Supérieur général 

    Franz Schmidberger
    Second Conseiller général
    Ancien Supérieur général

    Le texte de la "Profession de foi catholique de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X pour éclairer les âmes face aux erreurs modernes" se trouve ICI

  • Dicastère pour le Cute divin : un laïc ne peut pas prononcer une homélie

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    De Vatican News :

    Dicastère pour le Cute divin: un laïc ne peut prononcer une homélie

    La réponse du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements à la question posée par les évêques allemands est négative. Dans une lettre, le dicastère précise que la proclamation de la Parole dans la célébration liturgique est inséparable de la mission reçue sacramentellement.

    Le Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, dans une lettre en anglais datée du 17 juin 2026, répond à la question posée par les évêques allemands le 30 mars dernier concernant la possibilité de confier l’homélie, dans des cas exceptionnels, à des laïcs qualifiés.

    Dans cette missive adressée à Mgr Heiner Wilmer, président de la Conférence épiscopale allemande, le Dicastère, tout en exprimant son appréciation pour les préoccupations pastorales qui ont inspiré cette demande, souligne qu’une telle possibilité n’existe pas et que «la discipline en vigueur ne peut pas faire l’objet d’une dérogation par indult, car l’homélie réservée au prêtre ou au diacre ne résulte pas d’une simple norme disciplinaire, mais découle de la nature même de la liturgie».

    Parole et mission

    L’homélie constitue en effet une partie intégrante de la Liturgie de la Parole, elle est intrinsèquement liée à la proclamation de l’Évangile et représente — peut-on lire — un exercice du munus docendi (le «pouvoir d’enseigner» — NDLR) confié aux ministres ordonnés par le sacrement de l’Ordre. La proclamation de la Parole au sein de la célébration liturgique est donc inséparable de la mission reçue sacramentellement et de l’unité qui relie la Parole et le Sacrement dans la célébration eucharistique.

    Autres formes d’annonce

    La lettre souligne également l’importance de promouvoir la formation permanente des ministres ordonnés afin que l’homélie puisse exprimer pleinement son efficacité pastorale et spirituelle. Enfin, le Dicastère rappelle que la discipline actuelle de l’Église prévoit déjà de nombreuses formes d’annonce de la Parole et de prédication qui peuvent être confiées aux fidèles laïcs en dehors de l’homélie et en dehors de la célébration de l’Eucharistie, conformément au droit canonique et à la nature propre de ces différentes formes d’annonce de l’Évangile.

    mais...

    Le Chemin synodal allemand n'accepte pas le refus de Rome et exige de renégocier la prédication des laïcs.

    Selon l'agence de presse KNA, le Comité central des catholiques allemands (ZdK) et d'autres groupes réformistes ont réagi de manière critique au rejet communiqué par le Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, qui a réaffirmé que l'homélie pendant la messe est réservée exclusivement aux prêtres et aux diacres.

    Le ZdK exhorte les évêques à ne pas reculer

    La présidente du Comité central des catholiques allemands, Irme Stetter-Karp, a déclaré que le rejet de Rome ne devait pas être interprété comme une raison d'abandonner la proposition promue par le Chemin synodal.

    Le responsable laïc a rappelé que le document intitulé « Proclamation de l’Évangile par les laïcs en parole et en sacrement » avait été approuvé en mars 2023 avec un large soutien des participants au processus synodal, y compris de nombreux évêques.

    Il a donc exigé que l'épiscopat allemand réaffirme devant le Saint-Siège sa position en faveur de l'élargissement des fonctions liturgiques des laïcs et continue de défendre les arguments présentés jusqu'alors.

    Des groupes progressistes critiquent la décision du Vatican

    La Katholische Frauengemeinschaft Deutschlands (kfd), l'une des plus importantes organisations féminines catholiques du pays, a interprété la réponse de Rome comme une preuve supplémentaire du manque d'égalité entre les hommes et les femmes au sein de l'Église.

    Ses dirigeants ont fait valoir que cette décision ignore les compétences et la formation théologique de nombreuses femmes engagées dans la vie ecclésiale et ont dénoncé le fossé entre ce qu'ils considèrent comme la réalité pastorale des communautés locales et les normes établies par le Saint-Siège.

    Le mouvement Wir sind Kirche (« Nous sommes l’Église ») a exprimé des sentiments similaires , qualifiant ce rejet de décision « déconnectée de la réalité ». L’organisation a fait valoir que le vieillissement du clergé et la pénurie de nouvelles vocations rendent de plus en plus difficile le maintien de l’activité pastorale dans de nombreuses paroisses allemandes.

    Rome a fermé la porte à toute exception.

    Cette réaction de ces groupes fait suite au rejet formel par le Vatican de la demande soumise par le président de la Conférence des évêques allemands, l'évêque Heiner Wilmer.

    Dans sa réponse, le dicastère dirigé par le cardinal Arthur Roche a réaffirmé que l'homélie fait partie intégrante de la liturgie et que, selon le droit canonique, elle est liée au ministère ordonné. Par conséquent, il a affirmé que les fidèles non ordonnés ne peuvent être autorisés à prêcher pendant la messe, même sous prétexte de besoins pastoraux particuliers.

    Le texte soulignait également que les difficultés liées à la qualité de certains sermons devaient être résolues par une meilleure formation continue des prêtres et des diacres, une responsabilité qui incombe aux évêques diocésains.

    Nouvel épisode de tensions entre l'Allemagne et le Saint-Siège

    Ce dernier rejet porte à deux le nombre de refus pour les propositions progressistes allemandes. Cette controverse met une fois de plus en lumière les divergences entre certains des principaux défenseurs du Chemin synodal allemand et Rome.

    Ces dernières années, plusieurs propositions approuvées selon cette procédure ont suscité des objections du Saint-Siège en raison de leurs implications doctrinales, disciplinaires ou ecclésiologiques. Il s'agit notamment d'initiatives relatives à la structure de gouvernance de l'Église, au rôle des femmes, à la morale sexuelle et à l'exercice du ministère ordonné.

  • La nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin)

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    saint_jean_baptiste.jpgDe Benoît XVI, cette catéchèse sur saint Jean-Baptiste

    ... la vénération de saint Jean-Baptiste est ancienne et profonde. Dans les évangiles, son rôle par rapport à Jésus apparaît très nettement. Saint Luc, en particulier, raconte sa naissance, sa vie dans le désert, sa prédication, et saint Marc nous parle de sa mort dramatique. Jean-Baptiste initie sa prédication sous l’empereur Tibère, en 27-28 après Jésus-Christ, et l’invitation très claire qu’il adresse à la foule accourue pour l’écouter est de préparer le chemin pour accueillir le Seigneur, de rendre droits les sentiers tordus de sa propre vie à travers une conversion du cœur radicale (cf. Luc 3, 4). Pourtant le Baptiste ne se limite pas à prêcher la pénitence et la conversion mais, en reconnaissant que Jésus est « l’Agneau de Dieu » venu pour enlever le péché du monde (Jean 1, 29), il a la profonde humilité de montrer en Jésus le véritable Envoyé de Dieu, en se mettant de côté pour que le Christ puisse grandir, être écouté et suivi. Dans un acte ultime, le Baptiste témoigne par son sang de sa fidélité aux commandements de Dieu, sans céder ni reculer, en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Dans ses homélies, saint Bède, moine du IXème siècle, dit ceci : Saint Jean a donné sa vie pour [le Christ], même si on ne lui a pas ordonné de renier Jésus Christ, on lui a ordonné de taire la vérité (cf. Homélies 23 : CCL 122, 354). Et il n’a pas tu la vérité et c’est ainsi qu’il est mort pour le Christ qui est la Vérité. C’est justement par amour de la vérité qu’il ne s’est pas abaissé en se compromettant et qu’il n’a pas eu peur d’adresser des paroles fortes à celui qui s’était éloigné des voies de Dieu.

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  • La nativité de saint Jean-Baptiste

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    la nativité de Jean-Baptiste par Ghirlandaio (Santa Maria Novella, Florence)

    Méditation et historique (missel.free.fr)

    L'Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d'hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d'été. Ces deux fêtes, séparées l'une de l'autre par un intervalle de six mois, appartiennent au cycle de l'Incarnation ; elles sont, par leur objet, dans une mutuelle dépendance ; à cause de ces relations, on peut leur donner le même titre, c'est en latin : nativitas, naissance ; natalis dies,Noël.

    Pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste, se demande saint Augustin, dans un sermon qui se lit à l'office nocturne ? La célébration de l'entrée de Jésus-Christ dans ce monde s'explique fort bien ; mais les hommes - et Jean-Baptiste en est un - sont d'une condition différente ; s'ils deviennent des saints, leur fête est plutôt celle de leur mort : leur labeur est consommé, leurs mérites sont acquis ; après avoir remporté la victoire sur le monde, ils inaugurent une vie nouvelle qui durera toute l'éternité. Saint Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard. Ce privilège est fondé sur ce fait que Jean a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand elle reçut la visite de Marie sa cousine ; il se trouva délivré du péché originel ; sa naissance fut sainte, on peut donc la célébrer. C'est un homme à part, il n'est inférieur à personne, non surrexit inter natos mulierum major Jobanne Baptista. L'ange Gabriel vint annoncer sa naissance, son nom et sa mission, nous dit saint Maxime, dans une leçon de l'octave ; sa naissance merveilleuse a été suivie d'une existence admirable, qu'un glorieux trépas a couronnée ; l'Esprit Saint l'a prophétisé, un ange l'a annoncé, le Seigneur a célébré ses louanges, la gloire éternelle d'une sainte mort l'a consacré. Pour ces motifs, l'Église du Christ se réjouit dans tout l'univers de la naissance du témoin qui signala aux mortels la présence de celui par lequel leur arrivent les joies de l'éternité.

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  • Homélie pour la nativité de saint Jean-Baptiste

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    Joseph-Marie Verlinde, Homélie en la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste, vendredi 24 juin 2011, homelies.fr.

    L’Eglise ne célèbre que trois naissances : celle du Fils de Dieu, celle de sa mère, et celle de Jean-Baptiste. La nativité de ce dernier fut même célébrée bien avant celle de la Vierge Marie : elle est attestée dès le IVe s.

    De tous les autres saints nous retenons uniquement le jour de leur naissance à la vie définitive au moment du grand passage de ce monde à l’autre. L’exception faite pour saint Jean se fonde sur la parole insistante de l’Ange annonçant la destinée extraordinaire de cet enfant (Lc 1, 13-17), et surtout sur la grâce de sanctification reçue dès le sein de sa mère, lors de la Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (Lc 1, 39-56). Puisque l’enfant fut purifié du péché originel et oint de l’Esprit de sainteté, il est légitime de fêter sa naissance comme la célébration de l’entrée d’un saint dans notre monde.

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  • "Jamais un médecin ne devrait se permettre de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée !" (Léon XIV)

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DE LA FONDATION JÉRÔME LEJEUNE

    Salle du Consistoire
    Lundi 22 juin 2026

     

    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
    La paix soit avec vous !

    Chers membres de la Fondation,
    chers parents du Vénérable Professeur Jérôme Lejeune,
    chers amis,

    c’est une joie de marquer le centenaire de la naissance de Jérôme Lejeune avec vous, membres de la Fondation qui porte son nom et qui poursuit son œuvre.

    Touché par la détresse des enfants porteurs d’handicap, le Professeur Lejeune leur a consacré sa vie de chercheur scientifique. Sa plus fameuse découverte, celle de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, fit de lui le précurseur de la génétique moderne, reconnu dans le monde entier ; la longue liste de ses titres honorifiques en témoigne. Mais il fut aussi un médecin par vocation et n’eut de cesse de travailler pour trouver un traitement, afin de soulager la détresse de ses patients qu’il appelait « les pauvres parmi les pauvres ». Il défendit ardemment la vie et la dignité des plus fragiles, fût-ce au prix de sa carrière : « La médecine – aimait-il affirmer – c’est la haine de la maladie et l’amour du malade ».

    Conscient de l’excellence académique du Professeur Lejeune et de son inlassable dévouement pour l’Église, le Pape saint Paul VI le nomma membre de l’Académie Pontificale des Sciences. Par la suite, comme vous le savez, sa profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie ont été à l’origine de la création de l’Académie Pontificale pour la Vie, que le Professeur Lejeune voyait comme institution nécessaire face à la multiplication des menaces contre la vie.

    Homme de science et de sagesse, Jérôme Lejeune a rapidement compris que sa découverte scientifique serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance. Il n’hésita pas alors à se faire leur avocat, dénonçant la transgression du serment d’Hippocrate et ce nouvel eugénisme, qu’il qualifiait de « racisme chromosomique ». Ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu. Il interpela à cet égard et conseilla des institutions et des souverains du monde entier. Ce combat lui valut d’être malmené dans certains milieux scientifiques.

    Le Professeur Lejeune était conscient que si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer. De plus, il savait que la technique peut être utilisée contre la médecine – qui est par nature au service de la vie –, ainsi que cela se vérifie lorsque la technique échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. C’est pourquoi, jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !

    Chers amis, aujourd’hui, la Fondation Lejeune, dont vous êtes des membres actifs, poursuit l’œuvre initiée par le Professeur Lejeune dans les trois dimensions de la recherche, du soin et de la défense inconditionnelle de la personne humaine. Je me réjouis de la place que vous occupez au plan mondial dans la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Vous avez aussi créé et soutenez l’Institut Jérôme Lejeune, lequel reçoit en consultation des milliers de patients souffrant de différents handicaps mentaux.

    Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics. Je sais que vous intervenez régulièrement dans les débats de société afin de protéger chaque personne dans toutes les circonstances de son existence. Mais je vous sais également attentifs à développer la culture de vie à travers la Chaire internationale de bioéthique, qui délivre une formation académique aux différents acteurs en ce domaine : soignants, juristes et philosophes. Soyez remerciés de cette formation que vous dispensez auprès d’hommes et de femmes, qui demain pourront ainsi contribuer à garantir une éthique médicale au service de la dignité humaine et de la vie.

    À vous, chers amis porteurs de trisomie 21 et à vos parents, à vous les enfants du Vénérable Professeur Lejeune présents ce matin, à vous tous, membres des Fondations Jérôme Lejeune d’Espagne, d’Argentine et des États-Unis, et enfin à vous, membres venus du Portugal, d’Italie, de Tunisie, de Côte d’Ivoire et de Corée, je souhaite vous exprimer ma satisfaction devant l’œuvre que, en tant que laïcs, vous poursuivez dans la charité de la vérité, sur les pas du Vénérable Jérôme Lejeune. Soyez comme lui des témoins engagés dans la société, au service de la recherche constante du bien commun.  Il s’agit là du premier grand principe de l’enseignement social de l’Eglise, et de la « forme sociale » de la dignité reconnue à chacun (Magnifica humanitas, n. 59). Le bien commun n’exclut aucun de ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

    Le message et l’œuvre du Vénérable Jérôme Lejeune reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués. Puisse-t-il inspirer le courage de la vérité aux nombreux jeunes et professionnels désireux de cohérence ; puisse-t-il les aider à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge.

    Je vous confie à l’intercession de Notre-Dame, en lui demandant de guider vos pas, de soutenir vos efforts et de répandre sa tendresse sur toutes les personnes fragiles. À vous tous ici présents, j’impartis de grand cœur ma Bénédiction apostolique, que j’étends à tous les membres de la Fondation, à leurs familles et aux « chers protégés » de Jérôme Lejeune. Merci.

  • Ce que les consistoires du pape Léon nous révèlent sur son style de gouvernance

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    D'Éd. Condon sur le Pillar :

    Ce que les consistoires du pape Léon nous révèlent sur son style de gouvernance

    Que nous révèlent ses choix pour ces réunions sur la manière dont il compte faire appel au Collège ?

    22 juin 2026

    Le pape Léon XIV convoquera officiellement vendredi un consistoire extraordinaire du Collège des cardinaux, sa deuxième réunion avec ce groupe.

    On s’attend à ce que Léon XIV réintègre le consistoire extraordinaire dans le calendrier romain annuel, offrant ainsi aux cardinaux du monde entier l’occasion de rencontrer le pape et de se retrouver entre eux.

    Après des années durant lesquelles le pape François avait choisi de ne plus convoquer du tout le Collège pour des consistoires extraordinaires, se contentant de réunions ordinaires purement formelles pour élever officiellement de nouveaux cardinaux, Léon a, dans une certaine mesure, l’occasion de réinventer la roue.

    Le pape étant libre de choisir son propre format pour les consistoires extraordinaires, ainsi que la manière et les sujets sur lesquels il souhaite consulter le Collège, que nous révèlent ses choix concernant ces réunions sur la façon dont il compte utiliser le Collège ?

    L’ordre du jour officiel des deux journées de réunions suit globalement le format du dernier consistoire de janvier, les cardinaux se réunissant en groupes pour discuter de sujets choisis par le pape, articulés autour des thèmes phares qu’il a retenus : les affaires internationales et l’évangélisation.

    Les thèmes retenus pour les quatre séances de travail — dont trois porteront sur la situation mondiale, deux s’appuyant sur des passages de l’encyclique Magnifica humanitas de Léon, suivies d’une dernière séance consacrée à la mise en œuvre du synode — sont définis de manière assez large, du moins dans l’ordre du jour qui a été diffusé.

    Tous les groupes transmettront leurs commentaires par e-mail, et les groupes de cardinaux exerçant la fonction d’évêques diocésains présenteront leurs synthèses dans la salle à l’ensemble de l’assemblée, aux côtés de certains autres groupes de cardinaux non diocésains.

    Les travaux du consistoire s’achèveront samedi par un « dialogue » entre les cardinaux et le pape, avant que l’assemblée ne se retire pour le dîner.

    Mais même ce programme quelque peu sommaire du consistoire nous en dit long sur les résultats attendus par Léon de ces réunions — et, peut-être, sur la manière dont il souhaite utiliser le collège lui-même.

    Pour commencer, la reprise des consistoires extraordinaires est en soi significative, bien sûr, surtout dans ce contexte.

    François s’était montré parcimonieux dans la convocation des cardinaux du monde entier pour discuter de questions ou de thèmes particuliers, ne convoquant que trois consistoires extraordinaires au cours de son pontificat et limitant même les sessions ordinaires au strict minimum.

    Lors des rares occasions où les cardinaux ont été convoqués à Rome pour débattre de sujets d’actualité — la famille et la réforme de la Curie romaine —, certains d’entre eux ont fait valoir qu’après une assemblée houleuse et instable en 2014, le nouveau format prévoyant des discussions en petits groupes, des ordres du jour restreints et des possibilités de participation strictement limitées rendait ces sessions dénuées de sens.

    François semblait partager cet avis, puisqu’il a de fait mis fin à ces sessions. En comparaison, l’intention affichée publiquement par Léon de faire des consistoires des événements annuels constitue une sorte de monument à la collégialité.

    Mais un autre élément contextuel crucial réside dans le fait que Léon a supprimé une autre institution cardinalice, le « Conseil des cardinaux conseillers » (C9), créé par François comme une sorte de « cabinet de réflexion » mondial alors qu’il supprimait les réunions de l’ensemble du collège.

    Le bilan des changements léonins semble indiquer que le pape préfère et reconnaît la nécessité d’entendre l’ensemble du collège — et de leur donner la possibilité de se rencontrer et d’apprendre à se connaître, deux sujets qui avaient suscité une vive frustration lors des congrégations générales précédant le conclave de 2025.

    Et, contrairement à François, Léon ne semble pas rechercher, ni s’intéresser à, une représentation triée sur le volet de l’ensemble du collège, que ce soit pour servir de caisse de résonance privée ou de sorte de cabinet para-curial.

    Si le « modèle de discussion en petits groupes » reste inchangé, il convient de noter que la dernière séance du consistoire consiste en un « dialogue » ouvert de plusieurs heures entre les cardinaux et le pape — en réalité, une séance où le collège peut aborder librement avec Léon toutes les questions qu’il souhaite, ce qui suggère une nouvelle fois que le pape est sincèrement désireux d’entendre les réflexions des cardinaux.

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