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Eglise

  • L'abbaye de Brialmont va disparaître

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    L’abbaye de Brialmont va fermer.

    Selon l’annonce officielle de l’Ordre cistercien de la stricte observance (OCSO) du 24 février 2026 :

    • La communauté était consciente depuis un certain temps de sa fragilité (vieillissement, diminution du nombre de moniales – environ 6 début 2025 –, manque de vocations).
    • Après réflexion avec l’aide du Père Immédiat (1) (Dom Xavier Frisque, d’Orval) et de la Commission pour l’avenir, la supérieure Mère Marie-Pascale Dran et les sœurs ont conclu qu’il n’était pas possible de se relever de cette situation.
    • Le 13 février 2026, l’Abbé Général et son Conseil ont voté, au nom du Chapitre général, pour demander au Saint-Siège la suppression de la communauté.
    • Une Commission de fermeture a été nommée le même jour pour mettre en œuvre le processus, sous la présidence de Dom Xavier Frisque.

    Un message récent (25 juillet 2026) évoque déjà une messe d’action de grâce et un « au-revoir » pour les 65 ans de présence des religieuses à Tilff.

    Contexte

    L’abbaye Notre-Dame de Brialmont (trappistines) à Tilff (Esneux) existait depuis 1961 sur ce site (communauté fondée en 1934). Elle avait développé une expérience originale de cohabitation avec le collectif de jeunes « Tutti Frutti » (écologie, habitat partagé), mais cela n’a pas suffi à assurer la pérennité monastique de la communauté elle-même.

    C’est donc bien une fermeture canonique en cours, dans le cadre plus large du déclin des communautés contemplatives en Europe occidentale. Cela s'avère tout particulièrement crucial dans le diocèse de Liège où ne subsistent que deux communautés monastiques : celle des bénédictines de la Paix-Notre-Dame à Liège et celle des bénédictins de Wavreumont (Stavelot), tandis que se sont éteintes : la communauté monastique du Val-Dieu, celle des carmes de Chèvremont, celles des carmélites de Cornillon et de Méhagne et, à présent, celle des cisterciennes de Brialmont.

    (1) Un père immédiat est l'abbé d'un monastère fondateur (la maison-mère) qui exerce un rôle officiel de soutien, de vigilance et d'accompagnement canonique auprès d'un monastère « fille » ou d'une communauté religieuse autonome, en particulier dans la tradition de l'Ordre cistercien.

  •  Le synode interminable de la synodalité synodale assembléaire

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    De Miguel Escrivá sur InfoVaticana :

     Le synode interminable de la synodalité synodale assembléaire

    Le synode sans fin de l'assemblée synodale synodalité

    Un synode est (était) par définition un événement : il a été convoqué, tenu et conclu. Il en a été ainsi pendant vingt siècles. Le Synode sur la synodalité s’est achevé en octobre 2024. Son document final a été remis. Affaire classée, pourrait-on penser.

    Non. Le synode qui vient de s'achever a été suivi d'une « phase de mise en œuvre » (2025-2028). Cette mise en œuvre est désormais suivie d'une « évaluation de sa mise en œuvre » : assemblées diocésaines au premier semestre 2027, assemblées des conférences épiscopales au second, assemblées continentales en 2028 et une « assemblée ecclésiale » au Vatican en octobre 2028. Et pour que nul n'espère que cela marque la fin du processus, les Notes précisent : « le chemin n'est pas terminé, mais s'ouvre sur une nouvelle phase ». Parmi les critères de sélection des membres de l'assemblée figure l'exigence explicite qu'ils « sont disponibles pour poursuivre le processus au-delà de 2028 ».

    Autrement dit : on recrute aujourd’hui du personnel pour un processus dont on ignore la finalité, le mandat et la date de fin, puisqu’il n’existe pas. Le Synode a constaté ce mouvement incessant. Nous évaluerons la mise en œuvre, puis nous mettrons en œuvre l’évaluation, puis nous évaluerons la mise en œuvre de l’évaluation. Ce n’est pas une caricature : c’est, littéralement, le calendrier officiel.

    Juridiquement parlant, qu'est-ce que tout cela signifie ? Rien.

    C’est là que réside le scandale. Le lecteur devrait se demander : quelle est la valeur canonique d’une « Assemblée d’évaluation diocésaine » ? Et d’une « Équipe synodale » ? Et d’une « Assemblée ecclésiale » au Vatican — notez bien : ecclésiale , et non épiscopale — prévue pour 2028 ?

    La réponse est : aucune. Elles ne figurent pas dans le Code de droit canonique. Il ne s’agit pas d’un synode diocésain (canons 460 à 468), qui régit la convocation, la composition et les effets. Ce ne sont pas des conciles particuliers. Ce ne sont ni des conciles presbytéraux ni des conciles pastoraux, qui existent bel et bien en droit canonique et dont le document lui-même reconnaît incidemment la fonction « propositive et consultative », avant de les associer à des « équipes synodales » qui n’existent dans aucun canon. Nous sommes face à une architecture institutionnelle complète – équipes diocésaines, nationales et continentales, enregistrées dans une base de données romaine par courriel à l’adresse synodus@synod.va – construite entièrement en dehors du cadre du droit canonique.

    Et il ne s'agit pas d'un oubli, mais bien de la méthode. Ce qui est dépourvu de statut légal n'a ni pouvoirs définis, ni responsabilité exécutoire, ni recours. Un synode diocésain canonique impose à l'évêque des procédures précises ; une « équipe synodale » n'est tenue à aucune obligation et n'est responsable devant personne, et c'est précisément pour cette raison qu'elle peut tout faire : convoquer, filtrer, rédiger, synthétiser et porter à Rome « la voix du Peuple de Dieu ». L'informalité n'est pas une faiblesse du système : c'est son atout. Ce qui ne peut être régi par décret l'est par procédure, car un décret devrait nécessairement reposer sur la loi et être signé.

    Il est bon de rappeler que le droit canonique existe pour protéger. Il protège les fidèles de l'arbitraire, le curé de l'appareil diocésain, l'évêque des pressions et l'Église tout entière des caprices de majorités passagères. Remplacer le droit par la « facilitation » n'est pas une libération pastorale : c'est laisser chacun à la merci de ceux qui contrôlent le processus.

    Le peuple de Dieu, préalablement trié

    Qui contrôle ce processus ? Les Notes l'expliquent sans détour. Les assemblées ne doivent pas « représenter un diocèse » — à Dieu ne plaise la représentation, qui a ses propres règles — mais plutôt s'assurer de la présence de « personnes connaissant bien les processus en cours et capables de les interpréter ». Autrement dit : des experts en méthodologie. La liste est établie par l'équipe synodale, dont les critères d'admission sont la « connaissance du Document final » et « l'expérience directe de la dynamique synodale ». Le cercle est parfait : un comité de convertis sélectionne une assemblée de convertis qui évaluera la conversion, et dont la conclusion — préalablement rédigée dans un « compte rendu narratif » que les membres de l'assemblée reçoivent pour « s'approprier » — sera envoyée à Rome comme le fruit spontané de l'écoute.

    Même la question est biaisée. La « question directrice » officielle est formulée ainsi : « Quel visage concret d’une Église synodale missionnaire et quelles nouvelles voies de synodalité émergent dans notre communauté ? » Une question qui présuppose la réponse. Aucune case n’est prévue : aucune . Elle ne tient pas compte du fait qu’un diocèse puisse conclure que cinq années de réunions n’ont produit que des dossiers, des animateurs et de l’épuisement. Le questionnaire ne laisse place qu’à la gratitude.

    Et, détail digne d'un traité, les Notes insistent sur la nécessité d'accorder une « attention particulière à la participation des curés ». Comprenez bien : un effort particulier doit être déployé pour garantir la participation des prêtres ayant des responsabilités pastorales. Dans ce système, les hommes qui baptisent, entendent les confessions, enterrent les morts et font vivre l'Église constituent un groupe périphérique dont il faut solliciter la présence, tandis que les fidèles ordinaires ne sont qu'une source de « témoignages » à sélectionner par d'autres. Une Église fondée sur une assemblée, certes, mais une assemblée composée de membres triés sur le volet.

    L'évêque ayant fonction de notaire

    Dans ce système, le successeur des Apôtres est réduit à un simple témoin. Le document lui attribue les verbes « convoquer », « accompagner », « reconnaître » et « valider ». S’il est en désaccord avec le texte que lui présente son équipe, il ne le corrige pas : il le « renvoie à l’équipe en expliquant les raisons de ses observations », à la manière de quelqu’un qui présente des arguments devant un comité. Celui qui a de droit divin le pouvoir d’enseigner et de gouverner son Église apparaît ici comme un évaluateur de ce qui produit une structure que ni la loi ni lui-même n’ont pu librement façonner, car les critères de sa composition provenaient déjà de Rome.

    Les partisans de ce système répondront, comme toujours, que tout est consultatif, que rien ne touche à la doctrine et que l'évêque conserve le dernier mot. Formellement, c'est vrai. Mais le véritable pouvoir ne réside pas dans la dernière parole, mais dans l'avant-dernière : dans la rédaction du résumé, le choix des intervenants, la formulation de la question et la gestion du calendrier. Et ce pouvoir a été transféré, sans loi, sans vote et sans échéance, à une bureaucratie à l'écoute qui s'est autoproclamée permanente.

    Vingt siècles de droit canonique, cherchant à répondre à une question – comment l’autorité s’exerce et est limitée dans l’Église –, ont été remplacés par une dynamique de groupe animée par un facilitateur. Juridiquement parlant, il s’agit d’une synodalité sans fin : non pas une réforme, car les réformes sont inscrites dans les canons et peuvent être lues, appliquées et contestées. C’est la dissolution progressive du pouvoir. Et les processus, contrairement aux lois, ne sont pas abrogés : ils se renouvellent.

  • L'archevêque Gänswein : « La foi demeure l'étoile qui guide ma vie »

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    De Steffen Zimmermann sur katholisch.de :

    Interview à l'occasion de son 70e anniversaire

    L'archevêque Gänswein : « La foi demeure l'étoile qui guide ma vie »

    Ce jeudi, l'archevêque Georg Gänswein fêtera ses 70 ans. Dans un entretien accordé à katholisch.de, le nonce apostolique dans les pays baltes revient sur les moments marquants de sa vie, notamment sa rencontre avec le pape Benoît XVI (2005-2013) et l'influence qu'il a exercée sur lui. Mgr Gänswein aborde également la situation actuelle dans les pays baltes, la première année du pontificat de Léon XIV et le chemin synodal en Allemagne.

    Question : Excellence, vous aurez 70 ans jeudi. Cet anniversaire marque-t-il un tournant dans votre vie, ou plutôt un cap que vous pouvez aborder avec sérénité ?

    Gänswein : Ce n’est pas un tournant. Je ressens cet anniversaire comme les précédents. J’aborde cette journée avec une sérénité totale.

    Question : En repensant à votre vie jusqu'à présent, à l'occasion de votre anniversaire : y a-t-il des décisions ou des tournants pour lesquels vous êtes particulièrement reconnaissant aujourd'hui ?

    Gänswein : Un tournant décisif a sans aucun doute été ma nomination au sein du personnel de la Curie romaine, un poste que je n’avais pas sollicité. Là s’est opéré un autre changement profond : ma rencontre avec le cardinal Joseph Ratzinger. Depuis lors, sa personne a profondément marqué ma vie, tant par les missions qui en ont découlé que par son influence durant de nombreuses années. Rétrospectivement, c’est là l’élément le plus important. Bien sûr, il y a eu aussi des étapes formatrices auparavant : mes études, ma décision d’entrer dans les ordres, mon ordination, mon ministère pastoral et mon passage à l’université de Munich.

    Question : Y a-t-il quelque chose que vous diriez aujourd'hui : « Je ferais cela différemment » ?

    Gänswein : Je referais exactement les mêmes choix de grandes orientations dans ma vie. Il y a des décisions mineures, prises au sein de ces grandes orientations, que je considère, avec le recul, comme étant erronées ou infructueuses.

    Question : En tant qu’évêque et nonce apostolique, vous êtes tenu de présenter votre démission au pape au plus tard à votre 75e anniversaire. Comment envisagez-vous cette période à venir ?

    Gänswein : C’est avec la même sérénité qu’à l’approche de mon 70e anniversaire que j’envisage l’avenir avec confiance et une foi inébranlable en Dieu. Je ferai mon devoir et le reste viendra à moi.

    Mon métier de rêve est de devenir prêtre.

    — L'archevêque Georg Gänswein

    Question : Y a-t-il une tâche qui vous intéresserait encore ? Ou attendez-vous de voir ce que le Pape vous réserve ?

    Gänswein : J’attends de voir. Bien sûr, certaines missions me plairaient. Mais il faut se rendre à l’évidence : j’ai bientôt 70 ans et je suis nonce apostolique auprès des pays baltes depuis deux ans. Le destin décidera de ce qui est juste en temps voulu.

    Question : On pourrait dire que le poste de nonce auprès des pays baltes n’était pas, au départ, votre emploi de rêve. Comment percevez-vous ce rôle aujourd’hui ? Est-ce davantage un devoir, ou diriez-vous que vous vous êtes désormais pleinement intégré à la vie dans la région baltique ?

    Gänswein : Ma vocation rêvée est le sacerdoce. Ce que je fais aujourd'hui est inimaginable il y a quelques années. Je n'ai choisi aucune de mes affectations. Quand elles se sont présentées, je les ai acceptées. Au début, le défi à Vilnius était effectivement un devoir. Cela a radicalement changé depuis. Je suis heureux ici, je m'y consacre pleinement et je considère cette mission comme mon apostolat. Bien que je ne l'aie pas choisie, les pays baltes sont désormais le lieu où je travaille comme ouvrier dans la vigne du Seigneur.

    Question : Depuis l’ attaque russe contre l’Ukraine, les pays baltes vivent sous une menace bien réelle. Comment percevez-vous l’ambiance et le quotidien dans ces trois pays ?

    Gänswein : En effet, la menace venue de l’Est est une tension atmosphérique constante qui inquiète les gens et, dans certains cas, les opprime profondément. En tant que croyant, prêtre, évêque et nonce apostolique, je m’efforce d’offrir l’espoir. Le danger est bien réel ; il est impossible de le minimiser. Il est donc d’autant plus important d’élargir les perspectives au-delà de la menace et de montrer que, finalement, c’est l’espoir, et non la menace, qui a le dernier mot.

    Question : L’Allemagne est en train d’établir une brigade permanente de la Bundeswehr en Lituanie. Quelle signification attribuez-vous à cette présence, notamment dans un pays qui a été parmi les victimes de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale ?

    Gänswein : Les Lituaniens sont très reconnaissants de cette présence. La construction devrait s'achever dans deux ans. À ce moment-là, environ 5 000 soldats et leurs familles seront stationnés ici, soit un total d'environ 20 000 personnes. C'est un engagement clair en matière de sécurité. Les Allemands sont les bienvenus. Bien sûr, la période de 1941 à 1943 n'a pas été oubliée. Mais heureusement, les relations germano-lituaniennes se sont depuis lors transformées en un partenariat amical et fructueux.

    Question : Quel rôle peuvent jouer l’Église et la diplomatie aujourd’hui, à l’heure où la dissuasion militaire est redevenue un élément central de la sécurité européenne ?

    Gänswein : La diplomatie est synonyme de dialogue. L’essentiel est que ce ne soient ni les bombes ni la violence qui s’expriment, mais les êtres humains qui dialoguent. La diplomatie doit contribuer à prévenir les conflits armés. Et si un conflit éclate, elle doit tout mettre en œuvre pour y mettre fin. C’est une tâche aussi ardue qu’essentielle. Mais plus la violence se fait entendre, plus le travail diplomatique devient nécessaire.

    Question : Vous avez vécu et travaillé aux côtés du pape Benoît XVI pendant de nombreuses années de votre vie sacerdotale . Trouvez-vous parfois pénible que beaucoup de gens vous perçoivent encore avant tout comme son secrétaire particulier ?

    Gänswein : Non, pas du tout – bien au contraire. C’est clair : le visage qui a fait le tour du monde aux côtés du pape Benoît XVI, c’était le mien. Ce n’est pas un fardeau, mais une partie intégrante de ma vie. C’est une expérience qui m’a profondément marquée. Nombreux sont ceux, y compris dans les pays baltes, qui me connaissent comme l’ancien secrétaire de Benoît XVI. Et ce, malgré le fait que treize ans se soient écoulés depuis sa démission et près de quatre ans depuis sa mort. C’est du passé. Et j’espère que la plupart des gens gardent un bon souvenir de cette époque.

    Question : En tant que plus proche confident de Benoît XVI, ressentez-vous une obligation particulière de préserver sa mémoire ? Ou un pape doit-il finalement être laissé à l'héritage de l'histoire ?

    Gänswein : Je me sens obligé de le faire, non par obligation, mais par désir. J'ai été témoin de l'importance et de l'influence considérables de cette figure pour l'Église et pour le monde. C'est pourquoi perpétuer sa mémoire me tient particulièrement à cœur. Je souhaite avant tout contribuer à préserver et à faire rayonner le riche héritage de son pontificat et de son œuvre théologique. C'est essentiel pour moi, et c'est à cela que je m'engage.

    Question : Votre vision de Benoît XVI a-t-elle évolué depuis sa mort ? Avez-vous découvert des aspects de sa personnalité dont vous ignoriez l’existence ?

    Gänswein : Non, fondamentalement, mon point de vue n’a pas changé. Depuis sa mort, j’ai relu nombre de ses œuvres – des textes de son époque de professeur, de cardinal et de pape, notamment les sermons prononcés en tant que pape émérite, qui ont depuis été publiés. Le recul du temps me permet d’appréhender certaines choses avec plus d’objectivité. Les événements marqués par une forte pression ou des critiques acerbes peuvent désormais être mieux compris avec le recul.

    Il est indéniable que certaines difficultés et certains problèmes sont apparus durant le pontificat précédent.

    — L'archevêque Georg Gänswein

    Question : Avec le pape Léon XIV, l'Église a un nouveau pape depuis un peu plus d'un an. Comment décririez-vous son action jusqu'à présent ?

    Gänswein : C’est un homme prudent et sage. Le choix de son nom en dit long sur ses intentions. Il privilégie la collaboration directe avec la Curie romaine et lui témoigne sa confiance. Parallèlement, il reconnaît les tensions et les difficultés internes à l’Église qu’il convient de surmonter. Il prend conscience de cette réalité et s’efforce de panser les plaies existantes avec prudence. Une stratégie claire se dégage de ses décisions en matière de personnel, ainsi que de ses écrits magistériels et de ses déclarations publiques.

    Question : Diriez-vous que cela représente une différence nette par rapport à son prédécesseur François – et que cette nouvelle orientation est bénéfique pour l’Église ?

    Gänswein : Je ne porte aucun jugement sur les deux papes. Il est indéniable que des difficultés et des problèmes sont apparus durant le pontificat précédent. Le pape Léon XIV les perçoit et s’y attaque. Cela montre qu’il voit la réalité en face, qu’il la prend au sérieux et qu’il agit.

    Question : Qu’attendez-vous de lui dans les années à venir ?

    Gänswein : La mission première d’un pape est d’être le témoin principal de Jésus-Christ. C’est là le point crucial. Il doit apporter des réponses convaincantes, fondées sur la foi, aux questions de notre époque. La critique est inévitable, même s’il a jusqu’ici bénéficié d’une approbation quasi unanime. J’espère qu’il restera ferme lorsque la situation se dégradera et que l’opposition se manifestera.

    Question : Prenons l'exemple de l'Allemagne : vous avez vécu de nombreuses années à l'étranger – suivez-vous encore de près l'évolution de l'Église catholique dans votre pays d'origine ?

    Gänswein : Absolument. L’Allemagne est mon pays ; j’y ai mes racines. Je suis de près l’actualité de l’Église et, bien sûr, je maintiens des contacts personnels. Je me sens toujours très lié à l’Église en Allemagne.

    Question : Qu’est-ce qui vous inquiète concernant l’Église en Allemagne – et qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ?

    Gänswein : Ce qui m’inquiète, c’est ce que recouvre l’expression maladroite de « voie synodale ». Les débats stériles sur les structures et autres questions similaires mobilisent des ressources importantes à mauvais escient. En revanche, je trouve de l’espoir dans l’éveil des jeunes qui s’intéressent à leur foi et la pratiquent. J’en suis profondément reconnaissant ; cela me réjouit.

    Question : Le chemin synodal a engendré de nombreuses tensions entre l’Église d’Allemagne et Rome ces dernières années. Comment décririez-vous leurs relations aujourd’hui ?

    Gänswein : Vous avez déjà évoqué le mot crucial : tension. Les tensions autour du Chemin synodal et des différents projets émanant de la communauté catholique persistent et attendent une résolution définitive. C’est un obstacle majeur pour de nombreux catholiques en Allemagne qui souhaitent simplement vivre leur foi.

    Question : Les nouveaux dirigeants – le pape Léon XIV à Rome et le nouveau président de la Conférence des évêques allemands, l’évêque Heiner Wilmer – peuvent-ils contribuer à apaiser les tensions ?

    Gänswein : Je l’espère. Le nouveau président de la Conférence des évêques a fait bonne impression jusqu’à présent. Il ne cherche manifestement pas à imposer son point de vue. Cela pourrait contribuer à apaiser les tensions.

    Question : Enfin : lorsque vous considérez votre anniversaire, votre travail dans la région baltique et les changements survenus dans l’Église et dans le monde, qu’est-ce qui, personnellement, vous soutient dans votre foi et vous donne confiance ?

    Gänswein : Ce qui me soutient, c’est la foi elle-même, quelles que soient mes responsabilités actuelles. Elle me donne espoir, confiance, soutien et, surtout, joie. Malgré toutes les difficultés qui m’entourent, la foi demeure le guide de ma vie. C’est avec cette conviction que j’accueillerai l’avenir, quel qu’il soit.

  • Saint Titus Brandsma : témoin de la vérité, martyr de l'amour

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    Avec, maheureusement, un jour de retard...

    De Donald Jacob Uitvlugt sur le CWR :

    Saint Titus Brandsma : Témoin de la vérité, martyr de l'amour

    « Même si le nouveau paganisme ne veut plus d’amour, nous, forts de notre expérience historique, vaincrons ce paganisme par l’amour... »

    Saint Titus Brandsma, carme néerlandais martyrisé au camp de concentration de Dachau, est représenté sur une photo non datée. Il a été canonisé à Rome le 15 mai 2022. (Photo CNS/avec l'aimable autorisation de l'Institut Titus Brandsma)
    Beaucoup connaissent sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, la carmélite martyre du nazisme, du moins sous son nom d'Edith Stein. Cependant, elle était loin d'être la seule carmélite victime du national-socialisme. Le 27 juillet, les diocèses des Pays-Bas et la famille carmélite célèbrent la fête de saint Titus Brandsma, OCarm, mort à Dachau le 26 juillet 1942, après avoir reçu une injection létale dans le cadre des « expérimentations médicales » menées dans le camp de concentration.

    Saint Titus né Anno Sjoerd Brandsma en 1881 dans une petite ville de Frise, aux Pays-Bas, était l'avant-dernier d'une fratrie de six enfants issus d'une famille d'éleveurs laitiers. Ses parents, et surtout son père, lui transmirent l'amour de la culture et du patrimoine frisons. Plus important encore, ils étaient de fervents catholiques, une pratique rare dans le nord des Pays-Bas, majoritairement calviniste. Cinq de ses six frères et sœurs entrèrent dans les ordres. Anno devint carme à l'adolescence. Signe peut-être de sa proximité avec sa famille, il prit le même nom que son père, Titus, lors de sa profession religieuse.

    Il fut ordonné prêtre en 1905 et obtint un doctorat à l'Université pontificale grégorienne de Rome en 1909. Bien que son diplôme fût en philosophie et qu'il ait enseigné cette discipline, la plupart des écrits de saint Titus traitent de spiritualité, et plus particulièrement de mysticisme. Parmi ces écrits figurent une anthologie de textes de sainte Thérèse d'Avila, qu'il a compilée et traduite en néerlandais, des articles sur des auteurs spirituels néerlandais et des articles sur l'histoire du carmel. On peut considérer ces travaux intellectuels comme s'inscrivant dans le renouveau du catholicisme aux Pays-Bas au début du XXe siècle.

    Symbole de ce renouveau, le père Brandsma fut, en 1923, parmi les membres fondateurs de l'Université catholique de Nimègue, offrant ainsi aux catholiques néerlandais un accès à l'enseignement supérieur qu'ils n'avaient plus connu depuis la Réforme. Il occupa même la fonction de recteur (équivalent, dans le système américain, d'un président ou d'un chancelier) de cette université. Il acquit une renommée proverbiale pour sa disponibilité envers ses étudiants, soucieux autant de leur bien-être spirituel que de leur réussite scolaire. Il voyageait occasionnellement pour donner des conférences, notamment sur la théologie mystique, et effectua notamment une tournée de conférences aux États-Unis et au Canada en 1935.

    Le père Brandsma s'est également investi dans le journalisme catholique entre les deux guerres mondiales. Il a fondé et dirigé pendant de nombreuses années une revue sur la spiritualité et l'histoire carmélites destinée à un large public catholique. Il a travaillé sans relâche à la rédaction d'articles pour des publications catholiques et laïques ; l'institut préparant l'édition des œuvres complètes de saint Titus recense plus de 700 articles publiés de son vivant. En 1935, peu après sa tournée de conférences, il a été nommé conseiller ecclésiastique auprès de l'association des journalistes catholiques néerlandais.

    Ses activités, tant comme journaliste que comme éducateur, allaient lui causer des ennuis. L'Allemagne nazie envahit les Pays-Bas le 10 mai 1940. En moins d'une semaine, l'armée capitule et les nazis prennent le contrôle du pays. Catholique fervent et engagé, le père Brandsma allait tôt ou tard se heurter au régime. Il avait toujours été un ardent défenseur de la paix entre les nations. Il s'intéressait au dialogue œcuménique et soutenait même le mouvement espérantiste comme moyen de communication entre les peuples. Même sous l'occupation nazie, il plaida pour la liberté de la presse et la liberté d'éducation pour les catholiques comme pour les juifs.

    Le 31 décembre 1941, le père Brandsma rencontra l'archevêque d'Utrecht, chef de la Conférence des évêques catholiques des Pays-Bas, et reçut de lui une lettre, probablement rédigée avec son aide. Cette lettre enjoignait les rédacteurs des publications catholiques du pays de refuser de publier toute publicité ou propagande nazie, sous peine de perdre leur appartenance à l'Église catholique. Un tel document ne pouvant être confié à la poste à cette époque, les évêques en confièrent des copies au père Brandsma afin qu'il les remette en main propre. Il avait déjà rencontré quatorze rédacteurs avant que sa mission ne soit divulguée aux nazis, et il fut arrêté le 19 janvier 1942.

    Pendant sept semaines, les nazis le détenèrent dans une prison néerlandaise. Malgré des conditions de détention spartiates, il conservait son bréviaire et trouvait du réconfort dans les prières de l'Église. Interrogé à plusieurs reprises, d'abord avec courtoisie, les nazis cherchaient à en savoir plus sur l'opposition de la hiérarchie catholique néerlandaise au nazisme. Il répondait toujours aux questions en exposant clairement la vérité catholique.

    En mars, les nazis le transférèrent dans une nouvelle prison aux Pays-Bas et l'habillèrent d'un uniforme de soldat usagé, marqué d'un triangle rouge qui le désignait comme prisonnier politique. Bien que toute manifestation extérieure de religion fût interdite dans ce camp, le père Brandsma trouva le moyen de bénir et d'encourager les autres détenus, notamment en organisant une méditation improvisée le Vendredi saint, le 3 avril, où il s'efforça d'aider ses compagnons d'infortune à percevoir un lien entre leur situation et les souffrances du Christ.

    En mai, il fut déporté en Allemagne, d'abord au camp de prisonniers de Clèves, puis à Dachau en juin. Même dans cet enfer, le père Brandsma s'efforçait de garder le moral, encourageant ses compagnons d'infortune, jusqu'à ce que le travail et les conditions de vie inhumaines l'épuisent. Vers la fin du mois, il s'effondra et fut conduit à l'« hôpital » du camp, tristement célèbre pour les expériences médicales pratiquées sur les détenus. Là encore, il pria pour ses geôliers, assurant à l'infirmière qui allait lui administrer l'injection létale qu'il prierait pour elle. Il lui confia son chapelet avant de mourir le 26 juillet. Trois jours plus tard, son corps fut incinéré au crématorium du camp.

    La femme qui avait été sa nourrice se repentit par la suite et témoigna anonymement lors du procès de canonisation de saint Titus. Le pape Jean-Paul II le béatifia le 3 novembre 1985, soulignant notamment dans son homélie que toute sa vie, depuis son enfance dans un foyer catholique aimant jusqu'à sa vie carmélite, marquée par un ardent mélange de contemplation et d'action, l'avait préparé à son ultime témoignage, même au sein d'un camp de concentration nazi. « Au milieu des assauts de la haine, il sut aimer – tous, y compris ses bourreaux : “Eux aussi sont enfants du Dieu bon”, disait-il, “et qui sait s'il reste quelque chose en eux…” » Le pape François le canonisa avec neuf autres saints (dont saint Charles de Foucauld et saint Devasahayam Pillai) le 15 mai 2022.

    Parce qu'il est un saint qui a exercé le journalisme au sens moderne du terme (et non pas seulement un auteur spirituel comme saint François de Sales), certains journalistes catholiques souhaitent que saint Titus Brandsma soit proclamé saint patron des journalistes. Pourtant, je pense que sa vie recèle de nombreux enseignements, même pour un journaliste. Le plus important, peut-être, est d'inviter les chrétiens à vivre une vie harmonieuse. Notre monde, plus encore que celui de saint Titus, tend à la fragmentation. Nous avons tendance à séparer ce qui se passe à l'église le dimanche de ce qui se passe au travail le lundi et de nos loisirs le samedi. Prêtre carme et éducateur, journaliste et martyr, saint Titus remet en question cette tendance. En lui, l'amour de Dieu et l'amour du prochain – même l'amour de ses ennemis – étaient indissociables.

    L'une des deux options pour la Liturgie des Heures carmélites en la fête de saint Titus Brandsma inclut un sermon qu'il a prononcé le 16 juillet 1939, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, à l'occasion d'un pèlerinage national en l'honneur des saints Boniface et Willibrord. Dans ce sermon, il établit de nombreux parallèles entre le paganisme de l'époque de ces saints et le néo-paganisme de son temps. Avant même le début de la Seconde Guerre mondiale, quelle était la réponse de saint Titus aux nazis ? « Notre époque n'est pas celle des tièdes ; ce dont nous avons surtout besoin aujourd'hui, ce ne sont pas les paroles, mais les actes qui les mettent en pratique, qui leur donnent vie. » Nos vies doivent être en accord avec nos convictions. Nous devons vivre d'un véritable amour chrétien, où l'amour de Dieu et l'amour du prochain ne sont que deux expressions d'une même charité.

    Même si le néo-paganisme rejette l'amour, forts de notre expérience historique, nous le vaincrons par l'amour et ne laisserons pas le nôtre s'éteindre. L'amour nous permettra de reconquérir le cœur des païens. La nature transcende les dogmes. Que la théorie rejette et condamne l'amour, le qualifiant de faiblesse, la pratique de la vie en fera toujours une force capable de conquérir les cœurs et de les captiver. « Voyez comme ils s'aiment ! » Ces paroles des païens à propos des premiers chrétiens, les néo-païens doivent les prononcer à notre sujet. Alors, nous triompherons du monde.

    Que saint Titus Brandsma prie pour nous, afin que nous devenions tous de tels apôtres et, si besoin est, des martyrs de l'amour.

  • "Purs comme des anges, orgueilleux comme des démons – un schisme et ma façon de quitter la Fraternité Saint-Pie X"

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    Du Père George Elsbett (Centre Jean Paul II - Vienne) :

    Purs comme des anges, orgueilleux comme des démons – un schisme et ma façon de quitter la Fraternité Saint-Pie X.

    5 juillet 2026

    Pures comme des anges. orgueilleuses comme Lucifer. Obstinées comme des démons. Tel fut le jugement de l'archevêque de Paris de l'époque sur le mode de vie des religieuses d'un couvent du XVIIe siècle, apparemment influencé par le jansénisme .

    Je ne saurais dire si son jugement était juste. Cependant, cette citation m'est venue à l'esprit en réfléchissant au schisme provoqué par la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX – Fraternitas Sacerdotalis Sancti Pii Decimi , ou simplement « Fraternité Saint-Pie-X ») le 1er juillet. Non pas que tous les membres de la Fraternité Saint-Pie-X, ni la Fraternité elle-même, soient arrogants ou obstinés. Au contraire, je crois que beaucoup sont bien intentionnés et ne souhaitent que le meilleur pour l'Église. Et nombre d'entre eux sont scandalisés, déçus et frustrés.

    L'état d'urgence

    Nous sommes en 1988. En juin 1988, l'archevêque Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité Saint-Pie-X, consacre quatre prêtres de sa Fraternité comme évêques, sans autorisation papale. Cet acte entraîne l'excommunication de Lefebvre et des évêques qu'il a consacrés. La Fraternité Saint-Pie-X affirme que cette mesure était indispensable compte tenu de la crise que traverse l'Église.

    Peu de temps auparavant, j'avais fêté mes dix-sept ans chez moi, dans l'ouest du Canada. Le bas-relief de dix mètres de haut de notre église paroissiale représentait une Vierge nue. Notre paroisse finançait fidèlement les Sandinistes (les rebelles communistes arrivés au pouvoir à l'époque) au Nicaragua. Lors d'une mission paroissiale, un paroissien demanda comment un prêtre pouvait nier la divinité de Jésus-Christ. Le prêtre répondit sèchement : « Oh, c'est un dogme de l'Église. » On préparait du pain au miel et au levain pour la messe, ce qui, pourtant, la rendait invalide. Mais quel était le problème quand d'autres paroisses célébraient l'Eucharistie avec des hot-dogs et du Coca-Cola ? Au moins, notre prêtre emmenait les enfants de chœur à Las Vegas. Peu après, il se maria. Ah oui, et j'ai oublié de mentionner les messes rock 'n' roll ! Chaque dimanche, nous roulions jusqu'à deux heures dans une direction pour trouver un office religieux et un prêtre que nous pouvions suivre en toute conscience (les distances canadiennes sont un peu plus grandes :))… pour ensuite faire le trajet inverse la semaine suivante.

    Malgré quelques lueurs d'espoir au milieu de cette folie, les offices de la Fraternité Saint-Pie X étaient un baume pour quiconque tenait à sa santé mentale. Les fidèles n'avaient pas de grandes attentes : une messe valide aurait été un début. Au moins, avec la Fraternité Saint-Pie X, nul besoin de s'enfuir pendant l'homélie ou de fumer une cigarette dehors. Les messes étaient même célébrées avec beauté et dignité. J'ai compris pourquoi mes parents ont fini par rejoindre la Fraternité Saint-Pie X. Ils avaient fondé et dirigé deux centres pour femmes en difficulté. Il semblait que ces efforts – ainsi que la tentative d'empêcher une loi au Canada, notre pays d'origine, autorisant l'avortement jusqu'au neuvième mois – étaient sabotés par les évêques eux-mêmes. Et tout cela au nom de la déclaration Dignitatis Humanae (sur la liberté religieuse) du Concile Vatican II. C'en était trop. Dès lors, ils ont assisté régulièrement aux offices de la Fraternité Saint-Pie X. Non pas par haine de l'Église ou par fanatisme arrogant. Mais parce qu'ils aimaient l'Église.

    La théologie au sein de la Fraternité Saint-Pie X

    Un peu plus tard, j'en suis arrivé là moi-même. J'ai fréquenté le séminaire de la FSSPX aux États-Unis pendant trois ans. J'étais fasciné par leurs arguments, par la cohérence de leurs récits.

    Mes études auraient dû être le premier signe d'alerte. Le cursus de théologie à leur université s'était arrêté dans les années 1950. Tous les manuels que nous étudiions avaient été écrits avant le concile Vatican II. Ce n'étaient pas de mauvais livres, simplement anciens. Ce n'est qu'en étudiant la théologie fondamentale là-bas que j'ai commencé à me demander si ce que nous pratiquions et disions pouvait encore être qualifié de catholique. Et pourtant…

    Je crois que beaucoup de gens ont rejoint la FSSPX à l'époque pour des raisons similaires aux miennes. Selon l'endroit où l'on vit aujourd'hui, il se peut que certaines personnes se tournent encore vers la FSSPX pour des raisons analogues. Objectivement parlant, cependant, cela ne s'applique certainement pas à des villes comme Vienne aujourd'hui. Alors qu'au Canada, il fallait parcourir au moins 100 kilomètres pour assister à une messe et en trouver une autre, à Vienne, j'ai aujourd'hui une centaine de messes dominicales à moins d'une demi-heure de marche de mon bureau. Elles ne sont peut-être pas toutes célébrées à la perfection, et l'on pourrait souhaiter plus de dévotion de la part des prêtres et moins de sermons superficiels. Mais il faudrait chercher longtemps pour trouver une « messe Coca-Cola »… sans parler d'une urgence canonique (une situation extrême qui implique objectivement un danger pour le corps et l'âme, ainsi que l'impossibilité matérielle de trouver un prêtre régulier, et dans laquelle les lois peuvent être suspendues pour administrer les sacrements).

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  • Le cardinal Müller s’exprime sur le consistoire et l’Église allemande « woke »

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    De Michaël Haynes sur le Catholic Herald :

    Le cardinal Müller s’exprime sur le consistoire et l’Église allemande « woke ».

    25 juillet 2026

    Lors du conclave de 2025, le Collège des cardinaux se réunissait pour la première fois en personne, et ce pour beaucoup. Le manque de familiarité entre les cardinaux était manifeste, comme en témoignaient les badges et cordons de style professionnel distribués à chacun.

    Cette ignorance était due à l'absence de consistoires durant le pontificat du pape François, privant ainsi les cardinaux de l'occasion habituelle de se rencontrer et d'échanger des idées. Un appel à la reprise de ces réunions a été clairement lancé lors du conclave qui a élu le pape Léon XIV, et ce dernier s'est attaché, dès le début de son pontificat, à répondre à cette demande.

    La première rencontre a eu lieu en janvier, et lorsque le pape Léon XIV et les organisateurs se sont rapidement rendu compte que les deux jours impartis étaient trop courts, une autre a été programmée pour juin. Le pape a promis que ces rencontres deviendraient annuelles et dureraient un peu plus longtemps que les événements de deux jours organisés jusqu'à présent.

    Ce changement a été unanimement salué, même si certains ont ironisé en juin en suggérant qu'une période plus fraîche de l'année pourrait être choisie à l'avenir.

    Bien que les consistoires aient repris, leur fonctionnement est très différent. La prédominance des interventions libres traditionnelles, également appelées session plénière, a disparu. Désormais, la structure du Synode sur la synodalité a été mise en place et le pape Léon XIV a affirmé en juin que cela deviendrait la nouvelle norme.

    Certains cardinaux, notamment ceux qui restent attachés au format traditionnel, ont exprimé des inquiétudes à ce sujet. Ils préviennent que la méthode synodale en petits groupes ne favorise pas les discussions constructives et qu'elle empêche également l'expression de véritables préoccupations.

    En effet, le rapport de chaque petit groupe de travail doit être approuvé par tous ses membres, ce qui signifie que les préoccupations soulevées par une minorité ne sont pas nécessairement intégrées au rapport et ne figurent donc pas dans les documents officiels.

    Il s'agit donc d'une question que le Collège devra aborder. Les consistoires ont repris, mais aucun dialogue constructif n'a eu lieu.

    Le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, est l'un des prélats qui plaident pour un retour au format traditionnel. Dans un long entretien accordé à notre correspondant fin juin, Müller a évoqué l'harmonie entre le pape et les cardinaux et la nécessité pour le consistoire de traiter des problèmes concrets plutôt que de publier des platitudes.

    L'interview a été réalisée juste avant les consécrations épiscopales du 1er juillet par la Fraternité Saint-Pie-X, un sujet que le consistoire n'a curieusement pas abordé du tout, même après que Müller ait profité de son moment de gloire au micro pour appeler à une réponse collective.

    À ce sujet, l'analyse de Müller met en lumière les tensions internes qui se développent au sein des consistoires : lui aussi se réjouit de leur réintégration dans le calendrier annuel, mais semble de plus en plus préoccupé par leur manque de finalité significative.

    L’intégralité de l’interview du cardinal Müller par le Catholic Herald est reproduite ci-dessous. Certaines questions portent sur les consécrations de la FSSPX, qui étaient sur le point d’avoir lieu au moment de l’entretien, mais ses réponses abordent également la différence de traitement entre le Saint-Siège et l’Église en Allemagne.

    Müller a mis en garde contre les dangers d'une approche laxiste à l'égard de l'Allemagne, tout en soutenant la position ferme du Saint-Siège face à la FSSPX.

    Haynes : Éminence, comment trouvez-vous que les cardinaux s'intègrent aux consistoires et constatez-vous des changements entre le consistoire de janvier et celui de juin ?

    Cardinal Müller : Il règne une bonne harmonie entre le Pape et les cardinaux eux-mêmes. Le Collège des cardinaux n’est pas une assemblée d’individus. Chacun souhaite soutenir et aider le Pape dans l’analyse de la situation théologique mondiale et dans la manière dont nous pouvons œuvrer ensemble à la mission de l’Église, telle que donnée par Jésus-Christ, unique Sauveur du monde, Fils de Dieu.

    Le Pape est pour nous le principe d'unité et le fondement permanent de l'unité visible de l'Église dans la foi révélée en Jésus-Christ. Les catholiques n'ont pas besoin d'un Pape par manque d'intelligence ou pour des raisons sentimentales. Nous n'avons pas besoin d'une figure à laquelle nous identifier comme une star de la pop, mais parce qu'il est le successeur de saint Pierre et que les successeurs des apôtres appartiennent ensemble, constitués en collège par Jésus-Christ.

    La papauté connaît également une collégialité interne, car le pape est le chef de l'Église de Rome, et les cardinaux assistent le pape dans son service pour le gouvernement de l'Église universelle.

    Haynes : Concernant les discussions, il semble que certaines questions internes à l’Église, pourtant cruciales, aient été absentes du programme officiel. Vous avez évoqué la Fraternité Saint-Pie-X. Cela a-t-il suscité des échanges ?

    Cardinal Müller : Non, le thème principal était la réflexion sur l’encyclique, la question de la paix, l’intelligence artificielle, la dignité humaine, en soulignant que, dans le monde actuel, on place peu d’espoir dans les politiciens, les milliardaires ou l’économie. La presse et les réseaux sociaux, partout, ont leurs propres intérêts de pouvoir, mais l’Église n’a pas le même intérêt à devenir la plus grande ou la plus puissante dans quoi que ce soit : elle est là comme sacrement de l’unité de l’humanité avec Dieu et de l’unité de tous les hommes.

    Ces sujets ont été brièvement abordés, mais sans grande profondeur, car le consistoire avait préparé des questions sur lesquelles nous devions réfléchir. Chacun était tellement absorbé par ces questions que les réponses étaient vagues et générales, sans véritable réflexion, se limitant à des commentaires spontanés. Il s'agissait davantage d'un brainstorming que d'une véritable discussion.

    Je privilégierais une discussion en séance plénière, car nous ne sommes pas de simples groupes ou individus réunis. Nous sommes constitués en collège. Le collège doit être uni. Certes, des sous-commissions pourraient se pencher sur des thèmes spécifiques, mais il serait préférable de s'inspirer des anciens synodes ou des nouveaux conciles où tous les évêques étaient réunis en plénière et pouvaient s'exprimer clairement.

    Le concile de Nicée a donné lieu à des débats si intenses que saint Nicolas a fini par gifler Arius pour avoir nié la divinité de Jésus. Il s'agissait de véritables discussions ! Nous ne devons pas imiter cet épisode, mais nous devons en revanche affirmer clairement qu'il est absolument impossible pour les évêques ou les cardinaux de célébrer des messes avec des drapeaux arc-en-ciel, symboles de l'idéologie athée, sans pour autant faire ces prétendus compromis pastoraux.

    Il est une chose d'entretenir des contacts utiles avec des personnes qui s'interrogent sur leur identité, mais il ne s'agit pas de s'engager activement auprès des prétendus lobbies homosexuels…

    Notre but n'est pas d'être acceptés ou loués par la presse moderne ou la gauche. S'ils nous louent, c'est que nous nous égarons. Il ne nous appartient pas d'être loués par ces ennemis de Dieu et de l'humanité.

    L'idéologie woke est un terrible fléau pour l'humanité. Permettre aux jeunes de modifier leurs organes génitaux est absolument immoral et criminel, car cela leur fait croire qu'ils ne sont pas dans le bon corps. À mes yeux, c'est une atteinte à l'identité corporelle de chacun.

    Haynes : Avez-vous l’impression que le Collège des cardinaux dans son ensemble est conscient de la gravité des problèmes qui se posent au sein de l’Église ? J’ai remarqué, dans les comptes rendus que nous avons reçus en tant que journalistes, que les discussions semblaient souvent assez vagues ou générales. Elles ne paraissaient ni précises ni axées sur les détails pratiques ; était-ce différent pour vous lors des réunions ?

    Cardinal Müller : Il est certain qu’il existe une tentation de parler de paix, puisque tout le monde est pour la paix et que, par conséquent, l’Église doit maintenant prendre la parole pour la paix ou formuler des critiques envers Trump, etc. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de cela.

    En matière politique, nous devons donner une orientation morale, mais nous ne devons pas prendre parti pour tel ou tel groupe politique. Dans une démocratie, il appartient aux citoyens de choisir leurs représentants. Les évêques nous fournissent des critères moraux qui guident notre décision.

    Toutes ces valeurs de paix, de dignité humaine et de bien commun trouvent leur fondement dans le droit naturel, mais ce dernier n'est pas universellement reconnu. Le péché originel a blessé la nature humaine, et nombreux sont ceux qui désirent dominer autrui, posséder des esclaves…

    Il nous faut donc critiquer certaines structures et certaines conditions, et non les accepter… Nous devons toujours être indépendants des autorités politiques et dire la vérité, que ce soit opportun ou non.

    Mais nous avons plus à dire que le monde. La paix vient par Jésus-Christ : « Je ne vous donnerai pas la paix que le monde vous donne, mais ma paix, la paix divine. » Nous ne pouvons changer la malédiction et les épreuves de l’histoire du monde. Comme l’a décrit saint Augustin, il existe un grand combat entre la Cité de Dieu et la Cité des Hommes, y compris dans nos cœurs – non seulement sur le plan politique, mais aussi sur les plans métaphysique et spirituel.

    Le diable est toujours à l'œuvre…

    Mais nous avons également discuté du dilemme de la guerre juste, de la légitime défense.

    Haynes : Pour conclure, Votre Éminence, concernant les consécrations de la FSSPX : je sais que vous avez évoqué ce point au consistoire, mais pensez-vous que le Vatican ou la Fraternité puissent encore parvenir à un accord ? Un dernier recours serait-il envisageable ?

    {Question posée avant les consécrations du 1er juillet.}

    Cardinal Müller : Le pape et les cardinaux ont multiplié les appels, et il semble qu’ils aient perdu espoir de voir la FSSPX revenir sur sa décision. Mais cela est totalement injustifiable.

    L'ordination d'un évêque sans la communion du Pape constitue en soi un acte schismatique. Le Pape est le successeur de saint Pierre et le principe visible de l'unité visible de l'Église. Chaque groupe ne peut ordonner son propre évêque.

    Ce groupe affirme : « Nous sommes les meilleurs catholiques et avons donc le droit de nous défendre contre le pape. » C'est là la plus profonde atteinte au principe de catholicité. Luther disait aussi : « Je suis catholique et l'interprétation finale de l'Évangile m'appartient, non au pape. » Voilà l'attitude typique des protestants.

    L'autre question est de savoir si la réaction aux erreurs commises en Allemagne est suffisante. Le Vatican a opté pour des solutions diplomatiques, et celles-ci sont acceptables jusqu'à un certain point. L'enjeu crucial reste la question de la vérité.

    Haynes : Plusieurs personnes l’ont remarqué : il semble qu’avec la FSSPX, le Vatican ait été très rapide et ferme, mais avec des pays comme l’Allemagne, il a été très lent, laissant beaucoup de latitude. Le Vatican craint-il que l’Allemagne ne quitte l’Église en tant que pays ?

    Cardinal Müller : Le Vatican a longtemps fait preuve de tolérance envers la FSSPX, mais concernant les ordinations épiscopales, combien de fois les papes et le cardinal Ratzinger ont-ils engagé des discussions à ce sujet !

    De nombreux débats ont porté sur la bonne compréhension et l'interprétation du Concile Vatican II. Certaines idées absurdes prétendent que seule la messe célébrée selon la forme traditionnelle est valide et que le nouveau rite est invalide. Or, la nouvelle forme n'est pas invalide ; cette affirmation est absurde.

    Haynes : Pensez-vous que si le Vatican se montrait encore plus ferme envers l'Allemagne et menaçait d'excommunication pour certains événements qui s'y déroulent, cela pourrait également faire reculer l'Allemagne ?

    Cardinal Müller : Ils évitent de déclarer les évêques hérétiques. Ils avancent diverses explications et prétendent qu’il ne s’agit que d’une « adaptation et d’une modernisation », mais à y regarder de plus près, on découvre une contradiction. [Ce que font les Allemands] constitue un abus du terme « développement du dogme ». Le développement du dogme n’implique pas une modification du fond.

    La doctrine est fondée sur la révélation de Dieu en Jésus-Christ. Il est la vérité incarnée.

    En Allemagne, nous avons le Comité central des catholiques allemands, un groupe d'idéologues – pas tous, certes, mais certainement leurs dirigeants. Ils veulent une autre Église, façonnée par leurs idées issues de l'idéologie woke et du féminisme. Ils veulent des femmes prêtres : non pas pour prêcher l'Évangile ou par conviction religieuse, ni par souci de la mission de l'Église. Ils ne s'intéressent pas à la mission de l'Église. Ils recherchent avant tout un prestige personnel, une position d'autorité. C'est absurde.

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    Michael Haynes est un journaliste anglais accrédité auprès du Saint-Siège. Il est correspondant au Vatican pour le Catholic Herald , et vous pouvez le suivre sur Per Mariam et sur Twitter (@MLJHaynes ). 

  • Pourquoi les moines et les religieuses vivent-ils plus longtemps ? Une nouvelle étude sur 30 ans apporte des éléments de réponse pour un vieillissement en bonne santé.

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    De :

    Pourquoi les moines et les religieuses vivent-ils plus longtemps ? Une nouvelle étude sur 30 ans apporte des éléments de réponse pour un vieillissement en bonne santé.

    Une étude menée sur une longue période dans des monastères allemands et autrichiens suggère que l'écart entre l'espérance de vie des hommes et celle des femmes est en grande partie dû au mode de vie des hommes, et non à la biologie.

    « La vie monastique »
    « La vie monastique » (photo : courtoisie de l'abbaye de Barroux)

    L'écart d'espérance de vie entre les moines et les religieuses disparaît presque complètement à l'intérieur du cloître, et la vie communautaire, avec sa règle de vie, ses prières régulières et son but, contribue à un vieillissement réussi.

    Voici quelques conclusions de l’étude germano-autrichienne menée par Marc Luy, de l’Institut de démographie de Vienne (Académie autrichienne des sciences). Ce projet de recherche, portant sur la santé, le vieillissement et l’espérance de vie, a examiné les facteurs de santé et de longévité qui permettent de comprendre ce que l’on appelle le « vieillissement réussi », c’est-à-dire une vie longue et saine.

    Ces recherches ont suscité un regain d'intérêt en Europe ce mois-ci, après que le frère bénédictin David Steindl-Rast a fêté son 100e anniversaire le 12 juillet, comme l'a rapporté CNA Deutsch , le service frère germanophone d'EWTN News.

    L'étude a débuté en 1997 et s'est concentrée sur les membres des ordres religieux masculins et féminins, car leur mode de vie est très similaire et ils sont faciles à étudier. Ils se ressemblent en termes de routine quotidienne, d'alimentation, de conditions de vie, de foi et de nombreux autres aspects qui influencent la santé et la longévité, explique l'étude.

    L'étude portait sur environ 16 600 membres d'ordres religieux (plus de 9 000 religieuses et le reste des moines) en Allemagne et en Autriche, ainsi que quelques membres résidant en Suisse et en Italie. L'enquête s'est appuyée sur des questionnaires anonymes auto-administrés envoyés à plus de 1 100 religieux et religieuses, et a également consulté les archives de nombreuses communautés religieuses jusqu'en 1890, sources précieuses de données. Les résultats obtenus sont parfois surprenants.

    L'écart d'environ un an entre les deux sexes est attribuable à des facteurs biologiques, selon l'étude. Les différences plus marquées d'espérance de vie entre les sexes au sein de la population sont dues à la mortalité masculine liée à des causes non biologiques, et non à la faible mortalité féminine, comme on le croit souvent.

    L’étude remet également en question l’adage bien connu selon lequel « les femmes sont plus malades, mais les hommes meurent plus vite ».

    Luy a formulé deux hypothèses au début du projet. La première est que « l’inversion globale des écarts de morbidité et de mortalité entre les sexes s’explique par le fait que les affections qui contribuent fortement à la morbidité ont peu d’impact sur la mortalité, et inversement ». La seconde est qu’il est « très probable que la longévité soit directement liée au nombre absolu d’années vécues en mauvaise santé », ce qui signifie que « les femmes présentent des taux de morbidité plus élevés non pas parce qu’elles sont des femmes, mais parce qu’elles appartiennent au sexe ayant l’espérance de vie la plus élevée ».

    Les hommes qui vivent dans les ordres religieux vivent en moyenne cinq ans de plus que ceux qui vivent en dehors des murs de la communauté, et la vie monastique semble atténuer certains facteurs de risque de mortalité. Ces communautés offrent un cadre quotidien structuré, avec des horaires précis pour le travail, les repas et la prière, des relations durables, un but commun, etc. Elles favorisent ainsi un bien-être optimal, tant mental que physique.

    De plus, dans une communauté monastique, l'entraide est de mise et les signes de déclin physique ou mental sont généralement détectés plus tôt. Le stress chronique y est également réduit et la prière contribue à la stabilité émotionnelle.

    Le principal instigateur du projet, le chercheur en sciences sociales allemand Luy, qui travaille en Autriche depuis 2008, a déclaré à EWTN News qu'il serait « intéressant » d'inclure des ordres religieux d'autres pays. Cependant, « c'est une question de ressources », a-t-il précisé.

    « Néanmoins, je ne m’attends pas à des résultats différents de ceux que nous avons obtenus pour plusieurs commandes en Allemagne et en Autriche », a-t-il ajouté.

    Pourtant, « être moine ou religieuse ne signifie pas nécessairement mener une vie facile et paisible », a déclaré à EWTN News la religieuse slovaque Cecília Kasanová.

    Cette sœur dominicaine vit depuis six ans au monastère Saint-Dominique-et-Sixte de Notre-Dame du Rosaire à Rome, qui abrite l'ancienne icône mariale connue sous le nom d'« Advocata », portée à travers Rome par saint Dominique.

    Bien qu'elle reconnaisse qu'un mode de vie équilibré puisse influencer la longévité, Sœur Cecília a déclaré : « Les moines et les religieuses célèbres pour leur longévité ont enduré des souffrances, la guerre, la persécution en raison de leurs convictions religieuses, ou encore l'emprisonnement. » Elle trouve « extraordinaire » que ces moines et religieuses aient eu la force de persévérer et de ne pas abandonner.

    Elle reconnaissait les bienfaits d'une journée rythmée par des moments de silence : prière personnelle, étude, travail, messe quotidienne, confession régulière et repas en communauté. Il y a aussi des moments d'échange, comme les réunions et les fêtes communautaires, ainsi que des temps de détente et d'accueil des visiteurs à l'entrée.

    Par ailleurs, la vie consacrée dans une communauté de religieuses peut enrichir le séjour des visiteurs, a observé sœur Cécilia. C’est « un grand don pour moi personnellement, pour l’Église et pour le monde », car « nous vivons exclusivement pour le Seigneur » et prions pour ceux qui viennent. Ces fidèles « se sentent souvent mieux car ils sont écoutés, acceptés, sachant qu’ils ne sont pas seuls dans ce qu’ils vivent, car nous les accompagnons par la prière », a-t-elle souligné.

    La vie monastique montre ainsi que nous devons « mettre Dieu au premier plan », car il « donne un sens à tout ce que nous faisons et à ce que nous sommes. Il est notre Dieu et en même temps un ami fidèle », a déclaré la religieuse slovaque.

    Dans une lettre datée du 16 juillet et publiée par le Vatican le 22 juillet, le pape Léon XIV a écrit à l'occasion du 70e anniversaire de la Conférence des supérieurs majeurs des hommes aux États-Unis. Il les a encouragés à considérer la vie communautaire « comme un lieu de sanctification et une source d'inspiration, de témoignage et de force dans votre apostolat ».

    Selon le pontife, lui-même membre de l'ordre des Augustins, « c'est précisément en partageant tout en commun, y compris les biens matériels, les expériences spirituelles, les idéaux apostoliques et le service charitable, que la présence cachée du Seigneur ressuscité se manifeste parmi vous. »

  • Léon XIV : des nominations à la Signature apostolique qui révèlent une évolution positive ?

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    De kath.net/news :

    Léon XIV nomme l'archevêque américain Cordileone, fidèle au Magistère, à la Signature apostolique.

    27 juillet 2026

    Deux nominations de l'Opus Dei ont également été effectuées – Cordileone défend le mariage traditionnel et s'est publiquement opposé à la haute responsable politique américaine Nancy Pelosi en raison de sa position sur l'avortement – ​​et le jésuite allemand Ulrich Rohde a également été nommé.

    Vatican (kath.net) Le pape Léon XIV a nommé sept nouveaux membres à la Signature apostolique, le plus haut tribunal du Vatican. Un examen de ces nominations révèle des évolutions positives : 

    L'archevêque Salvatore J. Cordileone de San Francisco (Lien) Il a obtenu un doctorat en droit canonique à l'Université pontificale grégorienne. Il a d'abord travaillé, entre autres, comme canoniste au tribunal diocésain de San Diego (États-Unis), puis pendant sept ans comme assistant à la Signature apostolique. Durant son mandat de président du Comité du mariage de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (2011-2017), il a défendu le modèle biblique du mariage. Par ailleurs, sous la présidence de Joe Biden, il s'est opposé ouvertement à la présidente de la Chambre des représentants de l'époque, Nancy Pelosi (Démocrates). Concernant sa position pro-avortement, le pape Léon XIV a interdit aux prêtres de son diocèse de lui administrer la communion. Cordileone célèbre également fréquemment la liturgie selon la forme extraordinaire du rite romain. Le pape Léon XIV nomme ainsi à cette haute fonction un canoniste pleinement formé et fidèle au Magistère, qu'il assumera en plus de ses responsabilités d'archevêque d'un important archidiocèse américain. Cordileone a répondu à X en ces termes : « Je suis profondément reconnaissant au Saint-Père, le pape Léon XIV, de ma nomination comme membre de la Signature apostolique suprême. J'accepte cette tâche en pleine conscience de ma responsabilité, sachant que chaque ministère dans l'Église est au service du Christ, de son peuple et de la proclamation de l'Évangile. » On peut supposer que le pape Léon XIV, en tant que catholique américain, connaissait depuis de nombreuses années les positions et les décisions de Cordileone.

    Par ailleurs, le pape Léon XIV a également nommé les personnes suivantes comme membres de la Signature apostolique pour un mandat de cinq ans :
    – Mgr Krzysztof Nitkiewicz, évêque de Sandomierz (Pologne) . Mgr Nitkiewicz avait étudié le droit canonique à l’Université pontificale grégorienne et y avait obtenu son doctorat sous la direction du cardinal Peter Erdö. Il avait ensuite exercé, entre autres, les fonctions de vice-officiel au tribunal ecclésiastique de Białystok et enseigné le droit canonique au séminaire de Białystok.

    - Mgr Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru , évêque émérite de la Curie, est membre de l'Opus Dei. Ce canoniste de longue date a été secrétaire du Dicastère pour les textes législatifs.

    - L'évêque Edward M. Lohse de Kalamazoo (Michigan, États-Unis) avait lui aussi reçu son doctorat en droit canonique de l'Université grégorienne.

    - Le prêtre Eduardo Baura de la Peña est membre de l'Opus Dei et professeur titulaire à la Faculté de droit canonique de l'Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome.

    - Le prêtre Gianpaolo Montini est professeur titulaire à la Faculté de droit canonique du Collegium Maximum de l'Université pontificale grégorienne de Rome. 

    - Le père Ulrich Rhode SJ est professeur titulaire à la faculté de droit canonique du Collegium Maximum de l'Université pontificale grégorienne de Rome. Ce jésuite allemand a été professeur de droit canonique à l'École supérieure de philosophie et de théologie Sankt Georgen de 2004 à 2014 et son recteur de 2006 à 2010 ; de 2019 à 2025, il a été doyen de la faculté de droit canonique de l'Université pontificale grégorienne.

    Photo d'archive du pape Léon XIV (c) Médias du Vatican

  • Lefèbvristes, Chine; Léon XIV et le risque de schisme

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : le risque de schisme

    27 juillet 2026

    Le petit schisme traditionaliste de la Fraternité Saint-Pie X (FSPX), avec toutes ses répercussions, a mis en évidence à quel point l’unité de l’Église, que Léon XIV avait fixée comme objectif premier de son pontificat, est encore loin d’être atteinte.

    En effet, le débat au sein de l’Église reste trop houleux, à tel point qu’il est difficile de cerner les contours de ce qui se passe.

    Après les ordinations épiscopales sans mandat papal et l’excommunication latae sententiae qui s’en est suivie pour tous les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (Fraternité Saint-Pie X), de nombreux soi-disant traditionalistes ont mis en avant une sorte de disparité de traitement.

    « Pourquoi les fidèles de la messe traditionnelle sont-ils excommuniés, demandent-ils, alors que les nouveaux évêques chinois, dont certains ont été directement nommés par le gouvernement et dont le Saint-Siège a simplement accepté la nomination, ne le sont pas ? »

    Cette comparaison entre les cas des traditionalistes et des Chinois est intéressante car elle met en contraste deux situations radicalement différentes.

    Le problème des soi-disants « lefebvristes » — du nom de leur fondateur, l’archevêque Marcel Lefebvre — ne se limite pas à la liturgie.

    Dès le premier schisme de 1988, le Saint-Siège avait créé la Fraternité Saint-Pierre, qui regroupe des prêtres célébrant selon le missel antérieur à celui promulgué par Paul VI, mais qui sont en communion avec le pape.

    Le point essentiel est que les lefebvristes rejettent en bloc les conclusions du Concile de Vatican II, qu’ils considèrent comme non contraignantes, et décident donc d’ordonner des évêques sans mandat papal, en toute autonomie, afin de maintenir un lien, y compris de succession apostolique, avec la tradition. Ceux qui ordonnent des évêques ont eux-mêmes été ordonnés légitimement, et l’ordination est donc valide. Mais il s’agit d’une ordination illicite.

    En effet, en ordonnant des évêques sans mandat papal, on s’excommunie soi-même. C’est pourquoi l’excommunication est de latae sententiae, du simple fait d’avoir commis cet acte.

    Mais des ordinations sans mandat papal ont également eu lieu en Chine, et les évêques ordonnés sans mandat papal ont été automatiquement excommuniés.

    En 2018, lorsque le pape François a accepté de signer l’accord avec la Chine concernant la nomination des évêques, l’une des conditions de cet accord était précisément le retour à la pleine communion de tous les évêques ordonnés illicitement. Et c’est ce qui s’est produit. En effet, le principe de cet accord était de rétablir la communion au sein de l’Église, et cette communion ne pouvait avoir lieu sans que les excommunications soient levées.

    Depuis la conclusion de l’accord, plusieurs cas extrêmes se sont présentés. Joseph Li Shan a été nommé évêque de Shanghai sans l’approbation du pape, et François a alors dû « rectifier » la situation en procédant lui-même à la nomination.

    Il y a eu ensuite le cas de l’évêque auxiliaire de Shanghai, Ignatius Wu Jianlin, et de l’évêque de la préfecture apostolique de Xinxiang, Francis Li Jianlin. Ces deux évêques avaient été « élus » en Chine pendant la période de vacance du siège épiscopal, bien que le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, ait déclaré par la suite que ces nominations avaient néanmoins fait l’objet d’un accord.

    Le 15 juin, Chang Yanfeng a été ordonné nouvel évêque du diocèse de Chifeng, mais cette nouvelle n’a été rendue publique qu’un mois plus tard, le 22 juillet, ce qui a fait naître des soupçons selon lesquels l’ordination aurait eu lieu sans le consentement du Saint-Siège et aurait ensuite été rectifiée.

    Dans aucun de ces cas, cependant, il n’y a de remise en cause directe de l’autorité du pape.

    Il existe une procédure, établie par un accord, et le Saint-Siège s’efforce de faire respecter cet accord, malgré ce qui semble être un dépassement de compétence de la part du gouvernement chinois. L’excommunication peut avoir ses limites, mais la raison de cette excommunication serait peu claire, étant donné que nous évoluons dans le cadre du dialogue.

    Il s’agit d’un dialogue complexe, mais néanmoins vaguement encadré, bien que de nombreux responsables au sein du Saint-Siège estiment que l’accord avec la Chine doive être modifié et redéfini. La manière dont cela devrait se faire reste à déterminer, car le texte de l’accord n’a jamais été rendu public, et ce secret nous empêche de comprendre pleinement son fonctionnement.

    Le cas des traditionalistes est différent, pour plusieurs raisons.

    Tout d’abord, une annonce officielle des ordinations a été faite bien avant celles-ci. Un dialogue a eu lieu avec le Saint-Siège, qui cherchait à empêcher ces nouvelles ordinations. Le pape a adressé une lettre demandant explicitement que les ordinations n’aient pas lieu.

    La Fraternité a également pris la décision délibérée de procéder à l’ordination de quatre nouveaux évêques, bien qu’elle fût consciente des conséquences auxquelles elle s’exposait. En effet, les lefebvristes ont décidé d’aller de l’avant sans aucun dialogue, allant même jusqu’à demander la suspension de la décision.

    Alors que le gouvernement chinois pousse à l’extrême un accord qui, pourtant, comporte des concessions, les lefebvristes ont mené une action qu’ils jugent nécessaire pour maintenir la continuité de la succession apostolique dans la tradition, mais sans aucun accord avec le Saint-Siège.

    Cela peut sembler être une distinction subtile et administrative, mais ce n’est pas le cas. Le pape doit accepter une situation pour qu’elle soit valide.

    Mais Léon XIV n’a pas encore réussi à mettre en évidence, par des faits et par son charisme, la nécessité de maintenir l’unité autour du pape. François était un pape qui imposait l’unité par le biais du système des faveurs et de la sélection ciblée de certains collaborateurs.

    Benoît XVI a cherché à parvenir à l’unité par la raison.

    Le style de gouvernance de Léon XIV reste encore flou – en partie parce que son pontificat est encore ancré dans le passé, incapable de se séparer des hommes qui ont géré les dossiers jusqu’à présent.

    La négociation avec la Chine est un processus autonome, et peut-être que bientôt l’accord secret sera modifié et « ajusté », ou rendu public, afin d’empêcher quiconque d’en manipuler les termes.

    Mais la question traditionaliste reste elle aussi en suspens dans le passé.

    En effet, une excommunication universelle — qui, entre autres, comporte de nombreuses limites, à commencer par la déclaration d’invalidité des sacrements, qui a également été remise en question par le cardinal Müller — résout le problème posé par le fait d’avoir considéré le phénomène traditionaliste comme quelque chose à éradiquer.

    Ce n’est pas un hasard si le responsable de la FSSPX, Davide Pagliarani, a demandé à Léon la miséricorde dont le pape François a si souvent parlé avec tant d’éloquence.

    Le fait que ces deux cas soient comparés malgré leur dissemblance évidente, voire leur incommensurabilité, témoigne de la division et de la confusion au sein de l’Église.

    Il existe un milieu qui sympathise avec le traditionalisme et ne peut accepter de voir les traditionalistes exclus de la « communion » de l’Église, sans tenir compte du fait que ce sont leurs propres décisions qui les ont placés hors de la communion.

    Ce même milieu, cependant, ne peut accepter la situation particulière que connaît la Chine, où l’accord avec le gouvernement — qui devrait être amélioré, clarifié, voire aboli dans les cas extrêmes — sert précisément à protéger les Chinois. La communion a été recherchée, peut-être (presque certainement) naïvement, mais certainement dans l’idée de créer un espace de dialogue.

    Aurait-on pu rechercher également la communion avec les traditionalistes ?

    Oui, sans aucun doute, et cela n’a probablement pas été bien « négocié » – si tant est que « négocié » soit le terme approprié –, mais la communion recherchée en Chine est aussi un moyen de s’affranchir de l’emprise du gouvernement chinois et de sa politique de sinisation.

    Pour l’instant, le Saint-Siège s’est montré quelque peu passif, mais cela ne durera pas éternellement. Du moins, c’est ce qu’on espère.

  • Les cardinaux Burke et Sarah demandent au Pape de dire quelques « ça suffit ! »

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Burke et Sarah demandent au Pape de dire quelques « ça suffit ! »

    Entre les expériences synodales, l'homosexualité, la lutte contre le célibat et les messes arc-en-ciel, les processus initiés par François ont dégénéré et il est temps d'y mettre un terme. Les deux cardinaux se tournent vers Léon XIV, espérant un changement de cap pour le bien de l'Église.

    27/07/2026

    SARA MINELLI - IMAGOECONOMICA

    Ces derniers jours, les cardinaux Robert Sarah et Raymond Burke ont rendu publiques leurs analyses des besoins actuels de l'Église, appelant le pape Léon XIV à intervenir. Ce n'est pas la première fois que les deux cardinaux s'expriment sur la situation et l'avenir de l'Église, mais cette fois-ci, le ton était plus urgent, laissant entendre que les progrès sur certaines questions importantes sont trop lents. Si certains problèmes ne sont pas résolus, les processus sous-jacents se poursuivront et toute correction de cap deviendra impossible. Par ces deux interventions, les cardinaux semblaient inviter le pape à dire « ça suffit ! ». Dans un entretien accordé au  College  of Cardinals Report

    le 28 juin, le cardinal Burke  a déclaré : « Nous devons insister pour que ce processus de synodalité soit stoppé net » et a appelé à « une étude très sérieuse sur l'ensemble de la question, car il s'agit de la vie même de l'Église et du salut des âmes ». Burke avait déjà exprimé son opposition à la nouvelle synodalité, mais cet appel récent se veut nettement plus insistant. Le cardinal a rappelé ce que les documents synodaux eux-mêmes reconnaissent, à savoir que la nouvelle synodalité n'a aucun fondement théologique mais constitue une expérience : « Il n'y a pas de définition de la synodalité. Elle n'a pas d'histoire dans l'Église. » Le processus synodal vise plutôt à faire émerger la notion de synodalité à partir de la pratique synodale elle-même.

    Durant ce nouveau pontificat, le processus initié par François s'est poursuivi sans entrave : les deux derniers consistoires en ont adopté la forme, le rapport du Groupe 9 au synode a souligné où mène la nouvelle pratique synodale, et la Fiducia supplicans , l'un des fruits les plus néfastes de cette nouvelle synodalité, a été de fait confirmée par la distinction fallacieuse : bénédictions formelles non, bénédictions informelles oui.

    Le cardinal Robert Sarah a également eu des mots durs pour la nouvelle synodalité lors d'un entretien avec Diane Montagna le 29 juin. Selon lui, la synodalité n'est pas présente dans la tradition de l'Église ; sa signification est mal comprise ; en effet, le Synode des évêques a toujours été empêché de se transformer en une assemblée, comme cela semble être le cas aujourd'hui. À l’instar de Burke, il soutient qu’il n’existe aucune définition de la synodalité et que le mot lui-même est intraduisible dans de nombreuses langues africaines, notamment parce que la définir comme une « Église qui marche » est dénué de sens ; l’Église est, en réalité, missionnaire.

    (Voir le rapport du Groupe 9) Le cardinal Sarah a également demandé à Léon XIV d'examiner personnellement le synode, de ne pas autoriser sa diffusion dans les diocèses du monde entier sans un examen approfondi, de clarifier la position de l'Église sur l'homosexualité et d'éviter de reproduire les dégâts causés par la publication de Fiducia supplicans .

    Le cardinal a été très sévère dans ses remarques concernant la Pachamama, restée exposée tout au long du Synode sur l'Amazonie de 2019. Il s'est demandé pourquoi une image de la Vierge vénérée en Amérique latine, comme Notre-Dame de Guadalupe, n'avait pas été choisie. À sa place, a-t-il affirmé, « ils ont apporté une idole inca » qui est entrée dans la basilique Saint-Pierre et a été portée en procession jusqu'à la salle Paul VI. D'où la demande de préserver l'Église de toute infiltration païenne, qu'elle provienne de religions primitives ou de cultures occidentales développées qui envisagent une synodalité démocratique.

    En bref, les deux cardinaux ont demandé au Pape de dire « ça suffit ! » : de la nouvelle synodalité pour une pause de réflexion, à l'homosexualité catholique, à Fiducia supplicans , et même à Traditionis custodes , que Sarah espère voir annulée ou du moins réduite au silence et rendue inoffensive. Ils ne sont pas allés jusqu'à Amoris laetitia .

    Si nous examinons ne serait-ce qu'un bref instant les événements survenus dans l'Église durant la même période que les deux interventions que nous venons d'évoquer, force est de constater qu'un « ça suffit ! » est plus que nécessaire. Erio Castellucci, évêque de Modène, propose qu'une femme préside la Liturgie de la Parole lors de la messe ; l'évêque de Bruxelles, au nom des évêques de Belgique, plaide pour l'ordination de prêtres mariés, ce qui enrichirait l'Église ; le père James Martin demande qu'un homosexuel puisse également être ordonné prêtre ; le cardinal Timothy Radcliffe préside une célébration religieuse pour l'anniversaire d'un couple de même sexe ; à Los Angeles, une « Misa Azteca » avec des danses païennes a été organisée ; La cathédrale de San Diego célèbre une messe « ouverte à tous » sur les questions LGBT ; Christian Würtz, partisan du processus synodal allemand et de la bénédiction des couples de même sexe à l’église, est nommé évêque d’Eichstätt ; Vatican News approuve l’insémination artificielle et L’Osservatore Romano nie le péché originel et l’existence de Satan… tandis que le cardinal Mauro Gambetti inaugure un restaurant-bistro sur la terrasse de la basilique Saint-Pierre.
    On comprend aisément l’urgence des interventions péremptoires de Burke et Sarah.

  • La mort inspirante du Père Jacques Hamel

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    La mort du père Jacques Hamel touche profondément beaucoup de gens, et pour de bonnes raisons.

    Le 26 juillet 2016, à 85 ans, alors qu’il célébrait simplement la messe dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, ce prêtre de paroisse ordinaire a été assassiné par deux terroristes se réclamant de l’État islamique. Ses derniers mots, selon les témoins, ont été : « Va-t’en, Satan ! »

    Ce qui rend ce drame inspirant pour de nombreux chrétiens (et au-delà), ce n’est pas la violence elle-même — qui reste un acte horrible et satanique, comme l’a dit le pape François — mais la manière dont le père Hamel a vécu et est mort :

    • Une vie simple, fidèle, sans éclat, entièrement donnée à ses paroissiens pendant près de 60 ans.
    • Une mort reçue au cœur même de l’Eucharistie, comme un prolongement du sacrifice du Christ.
    • Une réponse collective de paix, de pardon et de fraternité plutôt que de haine : musulmans et chrétiens se sont retrouvés ensemble dans le deuil, des imams sont venus prier, des survivants ont refusé de généraliser la faute.

    Le pape François l’a rapidement appelé « martyr » et « bienheureux », ouvrant la voie à sa cause de béatification. Pour beaucoup, le père Hamel incarne cette idée que la sainteté peut naître dans l’ordinaire, et que la fidélité jusqu’au bout, même dans l’horreur, porte un fruit de paix plus fort que la violence.

    C’est cette lumière qui traverse l’obscurité de l’événement qui inspire.

  • 7 bienheureuses martyres espagnoles victimes des "Rouges" en 1936 (27 juillet)

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    D'Evangile au Quotidien :

    BBses Raymonde Fossas Romans et consœurs

    MARTYRES († 1936)

    Fête Le 27 Juillet

    BBses Ramona Fossas Románs, Adelfa Soro Bo,
    Reginalda Picas Planas,Teresa Prats Martí,
    Ramona Perramón Vila, Rosa Jutglar Gallart,
    Otilia Alonso González. Martyres le 27 juillet 1936

    Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI, a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l'Evangile de Jésus Christ…soient dorénavant appelés du nom de bienheureux et que leur fête soit célébrée chaque année le 6 novembre dans les lieux et selon les modalités établies par le droit. » (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).

     Commémoration propre à l’Ordre en date du 26 juillet

    Ramona Fossas Románs, naît à Ripoll (Gérone) le 1er novembre 1881. Elle fréquente le collège des Carmélites de la Charité. À 19 ans elle perd son père, et étant l’aînée de 4, elle aide sa mère dans son travail de modiste. Elle visite les pauvres et les malades, chez eux ou à l’hôpital. Elle entre chez les Dominicaines de l’Anunciata le 6 juillet 1903. Elle appartient aux communautés de Vic, Villanueva de Castellón (Valencia), Valencia, Sant Viçens de Castellet (Barcelone), Játiva (Valencia), Castell del Remei (Lérida), Gérone, Pineda de Mar, Canet de Mar, monastère de Montserrat, et Barcelone-Trafalgar, comme prieure dans les trois derniers.

    Le 27 juillet 1936 les persécuteurs ordonnent aux sœurs Ramona Fossas, Adelfa Soro, Teresa Prats, Otilia Alonso et Ramona Perramón de sortir de leur couvent de la rue de Trafalgar, pour interrogatoires. Ils déployèrent la plus grande insistance pour qu’elles apostasient leur foi, abandonnent la profession religieuse et accèdent à leurs propositions malhonnêtes, mais elles répondirent avec une sérénité et une foi invincibles. Sous prétexte de les ramener au couvent, ils les firent monter dans un camion, qui prit la direction de la montagne du Tibidabo. Passé le village de Vallvidrera, ils les firent descendre du véhicule et les fusillèrent une à une. Mais deux d’entre elles survécurent quelques heures et purent raconter leur « passion ». La sœur Fossas avait 54 ans.

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