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Eglise

  • Au Cameroun, le pape met en garde contre le mélange de la foi catholique avec des croyances ésotériques et gnostiques

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    EN ALGÉRIE, AU CAMEROUN, EN ANGOLA ET EN GUINÉE ÉQUATORIALE
    (13-23 AVRIL 2026)

    MESSE

    HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

    Aéroport international de Bamenda
    Jeudi 16 avril 2026

    Chers frères et sœurs dans le Christ,

    comme pèlerin de paix et d’unité, je viens parmi vous et je vous fais part de la joie que j’éprouve à me trouver ici pour visiter votre pays et, surtout, pour partager votre cheminement, vos peines et vos espoirs.

    Les manifestations festives qui accompagnent vos liturgies et la joie qui jaillit de la prière que vous élevez vers Dieu sont le signe de votre abandon confiant en Dieu Lui, de votre espérance inébranlable en Lui, de votre attachement, par toutes vos forces, à l’amour de Dieudu Père qui se fait proche et regarde avec compassion les souffrances de ses enfants. Dans le psaume que nous avons prié ensemble, cette confiance en Lui, que nous sommes appelés à renouveler aujourd’hui, est chantée : « Le Seigneur est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu » (Ps 34, 19).

    Frères et sœurs, les raisons et les situations qui nous brisent le cœur et nous plongent dans la détresse sont nombreuses. En effet, les espoirs d’un avenir de paix et de réconciliation, où chacun est respecté dans sa dignité et les droits fondamentaux sont garantis à tous, sont sans cesse mis à mal par les nombreux problèmes qui marquent cette magnifique terre : les multiples formes de pauvreté qui touchent encore actuellement un très grand nombre de personnes dans le contexte d’une crise alimentaire en cours ; la corruption morale, sociale et politique, liée surtout à la gestion des richesses qui empêche le développement des institutions et des structures ; les graves problèmes qui en découlent et qui touchent les systèmes éducatif et sanitaire, ainsi que la grande migration vers l’étranger, en particulier des jeunes. Et, aux problèmes internes, souvent alimentés par la haine et la violence, s’ajoute également le mal causé venant de l’extérieur, par ceux qui, au nom du profit, continuent de s’emparer du continent africain pour l’exploiter et le piller.

    Tout cela risque de nous faire sentir impuissants et d'ébranler notre confiance. Et pourtant, c'est le moment de changer, de transformer l'histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain, maintenant et non dans le futur, le moment est venu de reconstruire, detisser composer à nouveau la mosaïque de l’unité en réunissant les diversités et les richesses du pays et du continent, d’édifier une société où règnent la paix et la réconciliation.

    Il est vrai que lorsqu’une situation s’est installée depuis longtemps, le risque est celui de la résignation et de l’impuissance, car nous n’attendons aucune nouveauté. Pourtant, la Parole du Seigneur ouvre des espaces de nouveauténouveaux et engendre transformation et guérison, parce qu’elle est capable de mettre le cœur en mouvement, de remettre en question le cours normal des choses auquel nous risquons facilement de nous habituer et de nous rendre acteurs actifs du changement. Rappelons-nous ceci : Dieu est nouveauté, Dieu crée des choses nouvelles, Dieu fait de nous des personnes courageuses qui, en défiant le mal, construisent le bien.

    Nous le voyons dans le témoignage des Apôtres, tel que nous l’avons entendu dans la première Lecture : alors que les autorités du Sanhédrin interrogent les Apôtres, les réprimandent et les menacent parce qu’ils annoncent publiquement le Christ, ceux-ci répondent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice » (Ac 5, 29-30).

    Le courage des Apôtres se transforme en conscience critique, en prophétie, en dénonciation du mal, et c’est là le premier pas pour changer les choses. Obéir à Dieu, en effet, n’est pas un acte de soumission qui nous opprime ou nous prive de notre liberté ; au contraire, l’obéissance à Dieu nous rend libres, car elle signifie Lui confier notre vie et laisser sa Parole inspirer notre façon de penser et d’agir. Ainsi, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, rapportant la dernière partie du dialogue entre Jésus et Nicodème : « Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous » (Jn 3, 31). Celui qui obéit à Dieu avant d’obéir aux hommes ou à la pensée humaine et terrestre retrouve sa liberté intérieure, parvient à découvrir la valeur du bien et à ne pas se résigner au mal, redécouvre le chemin de la vie, devient artisan de paix et de fraternité.

    Frères et sœurs, la consolation des cœurs brisés et l’espoir d’un changement de société sont possibles si nous nous en remettons à Dieu et à sa Parole. Nous devons cependant toujours garder dans notre cœur l’appel de l’apôtre Pierre et le remémorer : obéir à Dieu, et non aux hommes. Lui obéir parce que Lui seul est Dieu. Et cela nous invite à promouvoir l’inculturation de l’Évangile et à veiller attentivement, y compris sur notre propre religiosité, afin de ne pas tomber dans le piège de suivre ces courants qui mélangent de manière confuse la foi catholique avec d’autres croyances et traditions de type ésotérique ou gnostique qui, en réalité, ont souvent des finalités politiques et économiques. Seul Dieu libère, seule sa Parole ouvre des chemins de liberté, seul son Esprit fait de nous des personnes nouvelles capables de changer ce pays.

    Je vous accompagne par ma prière constante et je bénis en particulier l’Église ici présente : tant de prêtres, de missionnaires, de religieux et de laïcs qui œuvrent pour être source de consolation et d’espérance. Je vous encourage à poursuivre sur cette voie et je vous confie à l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Reine des Apôtres et Mère de l’Église.

  • La Chine fait pression sur les catholiques clandestins pour qu'ils rejoignent l'Église d'État, selon une organisation de défense des droits humains.

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    De Madalaine Elhabbal sur EWTN News :

    La Chine fait pression sur les catholiques clandestins pour qu'ils rejoignent l'Église d'État, selon une organisation de défense des droits humains.

    « Dix ans après le début de la campagne de sinisation de Xi Jinping et près de huit ans après l'accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, les catholiques en Chine sont confrontés à une répression croissante », a déclaré le chercheur Yalkun Uluyol.

    La Chine fait pression sur les catholiques clandestins pour qu'ils rejoignent l'Église d'État, selon une organisation de défense des droits humains.
    Des pèlerins chinois de Shenzhen assistent à l'audience générale sur la place Saint-Pierre le 5 avril 2016. | Crédit : Martha Calderon/CNA

    16 avril 2026

    Le Parti communiste chinois (PCC) intensifie sa campagne de pression sur les catholiques clandestins, selon un rapport de Human Rights Watch.

    « Dix ans après le début de la campagne de sinisation de Xi Jinping et près de huit ans après l’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, les catholiques en Chine sont confrontés à une répression croissante qui viole leurs libertés religieuses », a déclaré Yalkun Uluyol, chercheur spécialiste de la Chine à Human Rights Watch, dans un rapport du 15 avril . « Le pape Léon XIV devrait réexaminer d’urgence cet accord et faire pression sur Pékin pour qu’il mette fin à la persécution et à l’intimidation des Églises clandestines, du clergé et des fidèles. »

    Human Rights Watch a déclaré avoir mené des entretiens avec « neuf personnes hors du pays ayant une connaissance directe du catholicisme en Chine » pour son rapport, qui ont déclaré que l'accord Vatican-Chine de 2018 a « fourni une structure globale aux autorités pour faire pression sur les catholiques clandestins ».

    D’après les témoins cités dans le rapport, les catholiques en Chine estimaient que l’accord ne leur laissait « d’autre choix que de rejoindre l’Église officielle » et que ceux qui étaient restés dans l’Église clandestine « se sentaient trahis par le Vatican ».

    Human Rights Watch a également mis en lumière la persécution des évêques et du clergé catholiques par le gouvernement chinois, citant des cas de détention et de disparition forcée ainsi que la décision de la Chine d'interdire aux prêtres catholiques d'enseigner ou d'évangéliser en ligne .

    « Les membres du clergé catholique libérés de détention continuent d’être victimes de harcèlement », indique le rapport. « En janvier, une personne a déclaré qu’un prêtre qu’elle connaissait s’était vu interdire l’accès à un compte bancaire, à une carte SIM et à un passeport, et qu’il n’avait donc “aucun moyen de subsistance et peinait à joindre les deux bouts, même pour un jour ou deux”. »

    « L’accord et la politique du Vatican concernant l’Église catholique en Chine ces dernières années ont été désastreux », a déclaré Nina Shea, chercheuse principale à l’Institut Hudson, à EWTN News. « Des évêques catholiques fidèles sont victimes de disparitions forcées, de détentions arbitraires, de mises à l’écart mais de “reconnaissance”, ou de menaces d’arrestation s’ils refusent de prêter allégeance uniquement au Parti communiste chinois et non à Rome. »

    Shea, qui est également directrice du Centre pour la liberté religieuse de l'Institut Hudson, a exhorté le pape Léon XIV à diriger une veillée de prière mondiale pour les évêques chinois qui ont été victimes de disparition forcée ou détenus.

    « Le pape Benoît XVI a désigné le 24 mai comme Journée mondiale de prière pour l'Église en Chine, mais cette journée a été pratiquement oubliée ces dernières années et n'a jamais été pleinement soutenue par le Vatican, qui y voit probablement une critique implicite du PCC, ce qu'il répugne à faire », a-t-elle déclaré.

    Madalaine Elhabbal est journaliste pour EWTN News et travaille au siège de Washington, D.C.
  • Horion-Hozémont (Liège) : événement exceptionnel le 17 mai 2026

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    Sanctuaire de l'Enfant Jésus de Prague

    mar. 14 avr. 2026

    Pour la Neuvaine de Noël, que votre lumière brille devant l’Enfant Jésus de Prague !

    Nous vous invitons à un événement exceptionnel le 17 mai 2026

    Comme chaque année, nous comptons sur votre présence le 3ème dimanche de mai pour notre fête annuelle en l’honneur de l’Enfant Jésus de Prague.

    Cette année, le pèlerinage de 15h sera présidé par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège. Il installera solennellement la châsse de sainte Alénie au Sanctuaire. Sainte Alénie est une martyre du IVe siècle dont le corps a été retrouvé dans les catacombes romaines. Elle est le modèle des épouses chrétiennes et la protectrice des Mamans.

    Voici le programme

    Dimanche 17 mai 2026
    10h :
     Messe suivie de la procession
    12h30 :
     Pique-nique et/ou petite restauration
    14h :
     Présentation de sainte Alénie
    15h :
     Pèlerinage présidé par Mgr J.P. Delville, évêque de Liège

    - Bénédiction des enfants et remise de la médaille de l’Enfant Jésus
    - Confessions

    Durant toute la journée :
    Petite restauration :
     frites, sandwichs, tartes, boissons…
    À l’accueil des pèlerins :
     Vente d’objets de piété, inscriptions à la Confrérie…

    N’hésitez pas à nous contacter pour tous renseignements.

    Sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague
    Place du Doyenné
    4460 Horion-Hozémont (Belgique)
    Recteur :
     0032 (0)4 250 10 64
    Accueil des pèlerins (Sœurs Amantes de la Croix) :
    0032 (0)4 384 40 73 - 0032 (0)470 76 61 32

  • Corruption, droits de l’homme, fondamentalisme… le discours percutant de Léon XIV aux dirigeants du Cameroun

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    EN ALGÉRIE, AU CAMEROUN, EN ANGOLA ET EN GUINÉE ÉQUATORIALE
    (13-23 AVRIL 2026)

    RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, AUX REPRÉSENTANTS DE LA SOCIETÉ CIVILE
    ET LE CORPS DIPLOMATIQUE

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE

    Palais Présidentiel (Yaoundé)
    Mercredi 15 avril 2026

    Monsieur le Président,

    Distinguées Autorités et membres du Corps diplomatique,
    Mesdames et Messieurs !

    Je vous remercie sincèrement pour l’accueil chaleureux qui m’a été réservé et pour les paroles de bienvenue qui m’ont été adressées. C’est une profonde joie de me trouver au Cameroun, souvent qualifié d’“Afrique en miniature” en raison de la richesse de ses territoires, de ses cultures, de ses langues et de ses traditions. Cette variété n’est pas une fragilité, mais un trésor. Elle est une promesse de fraternité et une fondation solide pour construire une paix durable.

    Je viens parmi vous en tant que pasteur et serviteur du dialogue, de la fraternité et de la paix. Ma visite exprime l’affection du Successeur de Pierre pour tous les Camerounais, ainsi que le désir d’encourager chacun à poursuivre, avec enthousiasme et persévérance, la construction du bien commun. Nous vivons une époque où la résignation se répand et où un sentiment d’impuissance tend à paralyser le renouveau que les peuples ressentent profondément. Que de faim et soif de justice ! Que de soif de participation, de visions, de choix courageux et de paix ! Mon grand désir est de toucher le cœur de chacun, en particulier celui des jeunes, appelés à façonner, y compris sur le plan politique, un monde plus juste. Je tiens également à manifester ma volonté de renforcer les liens de coopération entre le Saint-Siège et la République du Cameroun, fondés sur le respect réciproque, sur la dignité de toute personne humaine et sur la liberté religieuse.

    Le Cameroun garde en mémoire les visites de mes Prédécesseurs : celle de saint Jean-Paul II, messager d’espérance pour tous les peuples d’Afrique ; et celle de Benoît XVI, qui souligna l’importance de la réconciliation, de la justice et de la paix, ainsi que la responsabilité morale des gouvernants. Je sais que ces moments ont marqué votre histoire nationale, telles des exhortations exigeantes à l’esprit de service, à l’unité et à la justice. Nous pouvons donc nous interroger : où en sommes-nous ? Comment la Parole qui nous a été annoncée a-t-elle porté ses fruits ? Et que reste-t-il à faire ?

    Il y a 1600 ans, saint Augustin écrivait des mots d’une grande actualité : « Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de domination, mais par devoir de subvenir aux besoins ; non par orgueil pour s’imposer, mais par compassion pour protéger ». [1] Dans cette perspective, servir son pays c’est se consacrer, avec un esprit lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple : de la majorité, des minorités, dans leur harmonie réciproque.

    Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres nations, votre pays traverse des épreuves compliquées. Les tensions et les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l’extrême nord ont causé de profondes souffrances : des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir. Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires, des espérances brisées. Face à des situations aussi dramatiques j’ai, au début de cette année, invité l’humanité à rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice. Une paix désarmée, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements ; et désarmante, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance. La paix ne peut être réduite à un slogan : elle doit s’incarner dans un style, personnel et institutionnel, qui rejette toute forme de violence. C’est pourquoi je le répète avec force : « Le monde a soif de paix. […] Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés ». [2] Ce cri veut être un appel à la volonté de contribuer à une paix authentique, en la faisant passer avant tout intérêt partisan.

    La paix, en effet, ne se décrète pas : elle s’accueille et se vit. Elle est un don de Dieu qui se développe à travers un travail patient et collectif. Elle est de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des Autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique également aux relations internationales ! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur intelligence et leur capacité à contribuer à l’élaboration de solutions durables aux problèmes. Le Pape François a souligné la nécessité de dépasser « cette conception des politiques sociales comme une politique envers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, jamais pour les pauvres, et encore moins inscrite dans un projet qui rassemble les peuples ». [3]

    Dans ce changement d’approche, la société civile doit être considérée comme une force vitale pour la cohésion nationale. Le Cameroun est lui aussi prêt pour cette transition ! Associations, organisations de femmes et de jeunes, syndicats, ONG humanitaires, chefs traditionnels et religieux : tous jouent un rôle irremplaçable dans la construction de la paix sociale. Ce sont eux les premiers à intervenir lorsque des tensions surgissent ; ce sont eux qui accompagnent les personnes déplacées, soutiennent les victimes, ouvrent des espaces de dialogue et encouragent la médiation locale. Leur proximité avec le terrain permet de comprendre les causes profondes des conflits et d’entrevoir des réponses adaptées. La société civile contribue en outre à former les consciences, à promouvoir la culture du dialogue et le respect des différences. C’est donc en son sein que se prépare un avenir moins exposé à l’incertitude. Je tiens à souligner avec gratitude le rôle des femmes. Malheureusement, elles sont souvent les premières victimes des préjugés et des violences ; elles restent cependant des artisans infatigables de paix. Leur engagement dans l’éducation, la médiation et la reconstruction du tissu social est sans égal et constitue un frein à la corruption et aux abus de pouvoir. C’est aussi pour cette raison que leur voix doit être pleinement reconnue dans les processus décisionnels.

    Face à tant de dévouements dans la société, la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance. Il est temps d’oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux. Que les institutions justes et crédibles deviennent des piliers de la stabilité. L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division, même là où l’insécurité semble régner. La sécurité est une priorité, mais elle doit toujours s’exercer dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention particulière pour les plus vulnérables. Une paix authentique naît lorsque chacun se sent protégé, écouté et respecté, lorsque la loi est un rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts.

    À bien y regarder, frères et sœurs, les hautes fonctions que vous assumez exigent un double témoignage. Le premier témoignage se concrétise dans la collaboration entre les différents organes et niveaux administratifs de l’État au service du peuple, et en particulier des plus pauvres ; le second témoignage se réalise en unissant vos responsabilités institutionnelles et professionnelles à une conduite de vie intègre. [4] Pour que la paix et la justice s’affirment, il faut en effet briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité. Il faut libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie. Le véritable gain c’est le développement humain intégral, c’est-à-dire la croissance équilibrée de tous les aspects qui font de la vie sur cette terre une bénédiction.

    Le Cameroun dispose des ressources humaines, culturelles et spirituelles nécessaires pour surmonter les épreuves et les conflits, et avancer vers un avenir de stabilité et de prospérité partagée. Il faut que l’engagement commun en faveur du dialogue, de la justice et du développement intégral transforme les blessures du passé en sources de renouveau. Comme je le disais, les jeunes représentent l’espérance du pays et de l’Église. Leur énergie et leur créativité sont des richesses inestimables. Bien sûr, lorsque le chômage et l’exclusion persistent, la frustration peut engendrer de la violence. Investir dans l’éducation, dans la formation et dans l’esprit d’entreprise des jeunes est donc un choix stratégique pour la paix. C’est le seul moyen d’endiguer l’hémorragie de talents merveilleux vers d’autres régions de la planète. C’est aussi le seul moyen de lutter contre les fléaux de la drogue, de la prostitution et de la torpeur qui dévastent trop de jeunes vies, de manière toujours plus dramatique.

    Grâce à Dieu, les jeunes Camerounais ont une spiritualité profonde qui résiste encore à l’uniformisation du marché. Elle est une énergie qui rend leurs rêves précieux, ancrés dans les prophéties qui nourrissent leurs prières et leurs cœurs. Les traditions religieuses, lorsqu’elles ne sont pas faussées par le poison des fondamentalismes, inspirent des prophètes de paix, de justice, de pardon et de solidarité. En favorisant le dialogue interreligieux et en associant les responsables religieux aux initiatives de médiation et de réconciliation, la politique et la diplomatie peuvent s’appuyer sur des forces morales capables d’apaiser les tensions, de prévenir les radicalisations et de promouvoir une culture d’estime et de respect mutuels. L’Église catholique au Cameroun, à travers ses œuvres éducatives, sanitaires et caritatives, souhaite continuer à servir tous les citoyens sans distinction. Elle désire collaborer loyalement avec les autorités civiles et avec toutes les forces vives de la nation pour promouvoir la dignité humaine et la réconciliation. Là où c’est possible, elle veut faciliter la coopération avec d’autres pays ainsi que les liens entre les Camerounais dans le monde avec leurs communautés d’origine.

    Que Dieu bénisse le Cameroun, soutienne ses dirigeants, inspire la société civile, éclaire le travail du Corps Diplomatique et accorde à tout le peuple camerounais – chrétiens et non-chrétiens, responsables politiques et citoyens – d’accueillir le Royaume de Dieu, en construisant ensemble un avenir de justice et de paix.

    _______________________________

    [1] Saint Augustin, De civitate Dei, XIX, 14.

    [2] Discours en présence des chefs religieux à l’occasion de la Rencontre mondiale pour la paix (28 octobre 2025).

    [3] François, Discours aux participants à la 3e Rencontre mondiale des mouvements populaires (5 novembre 2016).

    [4] Discours au Préfets de la République italienne (16 février 2026) .

  • Kateri Tekakwitha : la première femme indienne d'Amérique du Nord canonisée (17 avril)

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    Kateri Tekakwitha (1).jpgEn 2012, à la veille de sa canonisation (21 octobre), le site des jésuites de France présentait ainsi Kateri Tekakwitha (fêtée aujourd'hui) :

    Kateri Tekakwitha est née en 1656 à Ossernenon (Auriesville, New York) d'une mère algonquine chrétienne et d'un père agnier (Les Algonquins, les Agniers - ou Iroquois - et les Hurons étaient des tribus des Indiens d'Amériques du Nord).

    En 1660, une épidémie de petite vérole lui enlève ses père, mère et petit frère. La petite échappe à la mort, mais la maladie lui laisse la vue affaiblie et le visage grêlé. Avec les autres survivants, elle s'installe un peu à l'ouest de son village natal et plus tard sur la rive nord de la Mohawk.

    Dès l'âge où les jeunes Indiennes pensent aux fiançailles, son oncle, un des chefs du village ainsi que ses tantes lui cherchent un mari convenable. Consternation des siens : elle ne veut épouser aucun des prétendants. Ses parents usent de ruse et de force pour la fléchir, rien n'y fait. Son seul désir: recevoir le baptême.

    En 1675, Jacques de Lamberville, jésuite, avait prit la direction de la Mission Saint-Pierre, de Gandaouagué. La jeune fille lui confie le secret de son coeur – devenir chrétienne ! Cependant le P. de Lamberville, tout en admirant sa simplicité et sa foi, l'oblige de suivre la voie ordinaire des catéchumènes. Six mois plus tard, le dimanche de Pâques 1676, le missionnaire la baptise. Elle a vingt ans.

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  • De l'Algérie à Strasbourg: le témoignage de Monique Yakout Khentache

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    Du site de l'ECLJ :

    Monique Yakout Khentache est une chrétienne, convertie de l'islam, écrivaine et d'origine algérienne. Elle vit aujourd'hui en France à Strasbourg et a écrit deux livres sur son parcours spirituel et personnel, de son éducation musulmane dans un village de Kabylie à son travail d'écriture aujourd'hui, en passant par sa conversion et son intégration en France.

    L'ECLJ publie cet entretien suite à la visite de Léon XIV en Algérie et à la publication de notre rapport sur "L'oppression des chrétiens en Algérie" accessible ici sur notre site internet.

    Signer la Pétition de soutien aux chrétiens d’Algérie

  • Une lettre ouverte au cardinal Jean-Claude Hollerich SJ

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    De George Weigel sur le National Catholic Register :

    Une lettre ouverte au cardinal Jean-Claude Hollerich, SJ

    COMMENTAIRE : La question de savoir qui peut être ordonné n'est pas une question de discipline, mais de révélation divine et de nature même de l'Église.

    Cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg.
    Cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg. (photo : Daniel Ibáñez/EWTN News / EWTN)

    Votre Éminence:

    Dans un article récemment publié par un important site web catholique allemand, vous avez suggéré que la question de l'ordination des femmes par l'Église n'était pas définitivement tranchée : « Je ne peux imaginer comment une Église peut continuer d'exister à long terme si la moitié du peuple de Dieu souffre de ne pas avoir accès au ministère ordonné. » Abstraction faite des questions relatives à la nature et aux modalités de la souffrance causée par l'ancienne pratique de l'Église qui n'appelle que des hommes aux ordres sacrés, votre formulation soulève des questions sur le passé, le présent et l'avenir.

    Suggérez-vous, par exemple, que la conception catholique de l'ordination soit fondamentalement erronée depuis deux millénaires ? Comment une telle idée s'accorderait-elle avec la promesse du Seigneur de préserver son Église dans la vérité par l'effusion continue du Saint-Esprit (Jean 15, 16 ; 16, 13) ? La question de l'admission à l'ordination n'a jamais été considérée comme une simple question de discipline ecclésiastique ; elle touche à la nature même du ministère ordonné, qui est une composante essentielle de la structure de l'Église – et l'Église est l'œuvre du Christ, non la nôtre. L'Église a-t-elle mal compris le Christ pendant 2 000 ans ? Ou bien le Christ s'est-il trompé en structurant l'Église et son ministère ordonné comme ils l'ont été pendant deux millénaires ?

    Quant à votre incapacité à concevoir un avenir pour l'Église où les femmes ne seraient pas appelées au sacerdoce, cela ne révèle-t-il pas une conception plutôt cléricale de la vie du Royaume que nous vivons aujourd'hui (Marc 1, 15) ? Si le Royaume a fait irruption dans l'histoire du temps du Seigneur parmi nous, et si cette irruption et sa promesse de vie éternelle constituent la réalité que nous vivons aujourd'hui (même si nous l'oublions souvent), comment « la moitié du peuple de Dieu » pourrait-elle être privée de la plénitude de la vie dans l'Esprit ? Et que révèle votre crainte de l'avenir quant à votre compréhension de l'irruption du Royaume dans le passé ? La Vierge Marie a-t-elle été privée de la plénitude de la vie du Royaume proclamée par son Fils parce qu'il ne l'a pas appelée au sacerdoce ? Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila et Edith Stein étaient-elles toutes des saintes patronnes de l'Europe ? Votre mère l'était-elle ? La mienne ?

    Il y a ensuite le présent. L'Église catholique prend la révélation divine au sérieux, ce qui signifie que la création par Dieu des êtres humains en tant qu'hommes et femmes — également humains, spécifiquement humains et complémentaires — n'était pas simplement le fruit du Créateur agissant à travers les mécanismes de la biologie évolutive. Genèse 1,27 — « Il les créa homme et femme » — n'est pas une simple description ; c'est la révélation de vérités profondes inhérentes à la condition humaine. C'est pourquoi l'Église catholique n'accepte pas et ne peut accepter la conception, propre à la modernité tardive et à l'époque postmoderne, d'une humanité unisexe où la masculinité et la féminité seraient réduites à une simple distinction fonctionnelle.

    Au chapitre cinq de l’Épître aux Éphésiens, saint Paul décrit la relation du Seigneur avec son Église comme une relation d’époux : le Seigneur aime l’Église comme un mari aime sa femme. Le prêtre ordonné, tel que l’Église catholique le conçoit, incarne cette relation d’époux du Christ avec l’Église. Les prêtres ne sont pas de simples membres d’une caste cléricale habilitée à exercer certaines fonctions ecclésiastiques. Le prêtre ordonné est une icône du Christ, Souverain Prêtre, époux de l’Église.

    Les cultures unisexes ont du mal à saisir cette idée. Il en va de même pour les cultures qui imaginent que deux hommes ou deux femmes peuvent se « marier ». Mais l’Église n’est pas tenue de se soumettre aux confusions culturelles. Et elle ne peut certainement pas sacrifier à ces confusions sa conviction que Dieu a révélé d’importantes vérités sur notre humanité lorsque le Saint-Esprit a inspiré l’auteur de la Genèse 1,27 à écrire ce qu’il a écrit, et lorsque ce même Esprit a inspiré saint Paul à écrire l’Épître aux Éphésiens 5 .

    Saint Paul a également décrit cette relation d'époux du Christ avec l'Église, essentielle à la compréhension, par l'Église catholique, de l'appel aux ordres sacrés, comme un « grand mystère » – c'est-à-dire une vérité profonde de foi qui ne peut être appréhendée que par l'amour, malgré tous nos efforts pour la comprendre intellectuellement. Permettez-moi, Votre Éminence, de suggérer que les pasteurs de l'Église devraient éviter d'accroître la confusion (et, de fait, les souffrances qu'elle engendre) en aidant le peuple de Dieu à embrasser les mystères de la foi par amour, plutôt que de laisser entendre que ce qui a été établi par la révélation divine et l'enseignement faisant autorité de l'Église (dans la lettre apostolique de 1994, Ordinatio Sacerdotalis ) ne l'est pas, en réalité.

    Fraternellement dans la foi pascale — GW

  • Léon XIV au Cameroun : entre dictature, guerre civile et djihadisme

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    D'Anna Bono sur la NBQ :

    Léon XIV au Cameroun : entre dictature, guerre civile et djihadisme

    Léon XIV arrive au Cameroun, gouverné par le président-dictateur Paul Biya depuis 1984. Le pays est confronté à de graves problèmes, en guerre contre sa minorité anglophone et ses voisins djihadistes. Les chrétiens sont persécutés par les terroristes et même par le gouvernement.

    16/04/2026

    Léon XIV représenté avec Paul Biya sur des affiches pour le voyage apostolique au Cameroun (AP)

    Paul Biya est président du Cameroun depuis 1982. Il a 93 ans. Depuis son entrée en fonction, quatre papes se sont succédé, et deux d'entre eux se sont rendus dans son pays : Jean-Paul II en 1985 et 1995, et Benoît XVI en 2009. Arrivé au pouvoir suite à la démission soudaine du président Ahmadou Ahidjo, dont il était le vice-président, il a convoqué les premières élections en 1984. Candidat unique, il a remporté 99,98 % des suffrages. Depuis, il s'est présenté à chaque élection et a toujours été réélu avec une large avance, des victoires systématiquement contestées par l'opposition, qui a toujours dénoncé des irrégularités et des fraudes. Après avoir aboli la limitation du nombre de mandats présidentiels en 2008, il a brigué un huitième mandat en octobre dernier. Son principal adversaire, Tchiroma Bakary, a rejeté les résultats, et des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Yaoundé, la capitale. La police a ouvert le feu sur les manifestants, faisant des dizaines de morts. Bakary, craignant à juste titre pour sa vie, s'est réfugié en Gambie. « Un pays ne peut exister au service d'un seul homme », avait-il déclaré en annonçant sa candidature. Mais pour l'instant, le Cameroun semble y parvenir.

    Le 4 avril, Biya a fait approuver par le Parlement, dominé par son parti (le Rassemblement démocratique du Peuple Camerounais), un amendement constitutionnel rétablissant la fonction de vice-président, supprimée en 1984. Cet amendement stipule que le chef de l'État choisit son vice-président, qui lui succédera en cas de décès, de démission ou d'incapacité du président. Le 15 avril, Biya a promulgué la loi et il ne reste plus qu'à annoncer le nom de son successeur.

    Lors de la dernière campagne électorale, il a promis à ses électeurs : « Le meilleur est à venir. »

    Mais, outre l'aggravation des problèmes économiques , deux facteurs sont préoccupants pour l'avenir du Cameroun : le soulèvement dans les régions anglophones du nord et du sud-ouest et, à l'extrême nord, les attaques de djihadistes venus du Nigéria voisin.

    Au Cameroun, la majorité de la population parle français . La minorité anglophone – environ cinq millions de personnes sur un total de 30 millions – réside dans les régions de l'ancien Cameroun britannique, qui a choisi en 1961 de rejoindre le pays ayant accédé à l'indépendance l'année précédente. Marginalisées et victimes de discrimination, les régions anglophones se sont soulevées en 2016. Des mouvements sécessionnistes ont émergé, proclamant symboliquement l'indépendance en 2017. La violente répression du gouvernement a engendré une lutte armée. Le conflit a fait des milliers de victimes civiles et près d'un million de personnes ont été déplacées. L'armée et les séparatistes sont accusés de cibler sans relâche la population. Des crimes de guerre graves et persistants sont signalés : torture, enlèvements contre rançon, viols et exécutions extrajudiciaires.

    Au nord, à la frontière avec le Nigéria, la population vit depuis des années sous la menace de deux groupes djihadistes nigérians : Boko Haram, affilié à Al-Qaïda, et Iswap, affilié à Daech (État islamique), dont elle constitue une province. Comme dans d’autres pays de la région, au Cameroun, le gouvernement a laissé de vastes territoires pratiquement sans défense, concentrant les forces de sécurité et l’armée dans les grands centres urbains et les zones industrielles. Les djihadistes attaquent et détruisent des agglomérations et des villages, commettent des attentats et des enlèvements, à des fins d’extorsion et pour recruter des combattants. Ils sont même parfois parvenus à établir des bases sur le territoire camerounais. Ils s’en prennent à l’ensemble de la population, mais plus particulièrement aux chrétiens.

    C’est en grande partie grâce à eux que Portes Ouvertes a inclus le Cameroun dans sa liste des 50 pays où les chrétiens sont les plus persécutés depuis des années. Dans l’édition 2026, le pays occupe la 37e place, soit six places de mieux que dans l’édition précédente (43e).

    Mais d'autres facteurs contribuent à rendre la vie difficile aux chrétiens . « Le contrôle clanique, le crime organisé et la corruption », rapporte Portes Ouvertes, « aggravent encore la vulnérabilité des chrétiens, surtout là où l'autorité de l'État est absente ou complice. En vertu des lois antiterroristes, les chrétiens qui dénoncent les abus de l'État risquent d'être surveillés, intimidés, voire arrêtés. Des centaines d'églises ayant critiqué le régime ont été fermées. Les contestations de l'inaction du gouvernement face à la persécution djihadiste et clanique entraînent souvent des représailles. Cela a alimenté un climat de peur et réduit au silence les responsables chrétiens, affaiblissant la résilience des communautés et leur accès à la justice. »

    Environ 57 % des Camerounais sont chrétiens. Les catholiques représentent 38,3 % de la population. Le djihad, la guerre et la répression gouvernementale ont gravement affecté leur situation, mais n'ont pas entamé leur volonté ni leur espoir de participer activement au développement du pays.

    L’Église catholique est responsable d’un vaste réseau scolaire, même dans les zones rurales souvent dépourvues de services éducatifs, offrant aux jeunes des perspectives d’avenir concrètes : 646 écoles maternelles, 953 écoles primaires, 273 collèges et lycées, cinq instituts de formation professionnelle et 17 universités et établissements d’enseignement supérieur. Près de 468 000 élèves sont scolarisés, encadrés par plus de 20 000 enseignants. Outre une éducation d’excellence, les écoles catholiques dispensent une formation morale et spirituelle. « Les écoles catholiques doivent être une force de transformation, un laboratoire d’espérance et un instrument de développement humain intégral », affirme le père Aurélien Lehoun Mbea, secrétaire national à l’Éducation catholique.

    L'Église catholique est également présente dans le secteur de la santé, où elle joue un rôle fondamental. Elle gère 100 hôpitaux, 492 centres de santé et 88 unités de traitement du VIH : près de 600 structures au total qui prennent en charge plus de deux millions de personnes chaque année, principalement dans des zones rurales délaissées par le système de santé public. Ces structures emploient 297 médecins généralistes, 149 spécialistes et du personnel paramédical, soit plus de 5 500 personnes. Là aussi, la grande qualité des soins prodigués s'accompagne d'une dimension spirituelle et d'une priorité accordée à l'humain plutôt qu'au profit.

    Lire aussi : Le pape Léon XIV en Afrique : 8 choses à savoir sur l’Église catholique au Cameroun

  • Benoît-Joseph Labre, un vagabond mystique célébré par Paul Verlaine

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    « Saint Benoît-Joseph Labre, la seule gloire française
    du XVIIIème siècle, mais quelle gloire ! »
    Verlaine (1844 – 1896)

    SAINT BENOIT-JOSEPH LABRE

    Comme l'Eglise est bonne, en ce siècle de haine
    D'orgueil et d'avarice et de tous les péchés,
    D'exalter aujourd'hui le caché des cachés
    Le doux entre les doux à l'Ignorance humaine.
    Et le mortifié sans pair que la Foi mène
    Saignant de pénitence et blanc d'extase, chez
    Les peuples et les saints qui, tous sens détachés,
    Fit de la Pauvreté son épouse et sa reine,
    Comme un autre Alexis, comme un autre François
    Et fut le Pauvre affreux, angélique, à la fois
    Pratiquant la douceur, l'horreur de l'Evangile !
    Et pour ainsi montrer au monde qu'il a tort
    Et que les pieds crus d'or et d'argent sont d'argile
    Comme l'Eglise est bonne et que Jésus est fort !

    (Paul Verlaine – « Souvenirs » 1881)

    Une très belle notice est consacrée à ce saint fêté aujourd'hui et qu'un sénateur français désignait ainsi : « Un exemple de paresse et d’obscurantisme sanctifié sous prétexte qu’il était mort en état de crasse » (au moment de la canonisation de Benoît Labre en 1881 par le pape Léon XIII).

  • Saint Benoît Labre (16 avril)

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    De Raymond Martel, prêtre, sur le site des amis de saint Benoît Labre :

    Biographie de saint Benoît Labre

    maison

    Benoît Labre est né le 26 mars 1748 à Amettes en France. Il est l'aîné de quinze enfants d'une famille de cultivateurs.

    Très tôt, Benoît rêve d'une vie totalement donnée à Dieu. Il se sent de plus en plus attiré par la solitude et la prière. Il veut devenir moine. Après de nombreux essais sans succès, Benoît découvre que le Seigneur ne l'appelle pas à vivre dans un monastère. Dieu l'attend ailleurs.

    Une fois de plus, Benoît se met en route, mais cette fois-ci pour un long pèlerinage. Dans les divers sanctuaires situés sur son chemin, il s'arrête pour de très longs moments de prière.

    tableau

    Petit à petit, Benoît découvre que sa vocation est celle d'être pèlerin. Assoiffé de Dieu, c'est sur la route qu'il le rencontre. Un bâton à la main et un chapelet au cou, dans une vie de pauvreté et de prière, Benoît parcourt les routes d'Europe.

    Tourné vers Dieu, le coeur de Benoît l'est également vers les autres. Vivant au jour le jour, il trouve le tour de partager le peu qu'il a avec les pauvres de son entourage.

    À Rome, où Benoît passe les dernières années de sa vie, il est surnommé "le pauvre des Quarante-Heures"; on le retrouve en adoration dans les églises où le Saint-Sacrement est exposé. L'Eucharistie est au coeur de sa vie et de sa prière.

    Le 16 avril 1783, Benoît meurt à Rome à l'âge de 35 ans. La nouvelle se répand par la bouche des enfants : «Le saint est mort ! Le saint est mort !» Des miracles lui sont immédiatement attribués; ils contribueront même à la conversion de John Thayer, un ministre presbytérien.

    Le 9 février 1873, en présence du Saint-Père et à sa demande, Mgr Dominique Bartolini, secrétaire de la congrégation des Rites, procède à la lecture du décret annonçant l'éventuelle canonisation du bienheureux Benoît Labre (Voir compte-rendu de cette cérémonie et le texte intégral du décret dans les Annales catholiques, N° 62, 22 février 1873, p. 218-224). Près de neuf ans plus tard, le 8 décembre 1881, Benoît est déclaré saint.

  • La visite du pape peut-elle avoir un impact réel sur la situation au Cameroun ?

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    Oui, la visite du pape Léon XIV au Cameroun (du 15 au 18 avril 2026) peut avoir un impact réel, mais il sera principalement symbolique, moral et à moyen terme, plutôt qu’immédiat et structurel. Voici une analyse équilibrée basée sur le contexte actuel.

    Contexte de la visite

    Le pape arrive à Yaoundé, rencontre le président Paul Biya, les autorités, la société civile et les évêques. Il se rend ensuite à Bamenda (région anglophone du Nord-Ouest) pour une messe pour la paix et la justice, puis à Douala. C’est sa troisième étape d’une tournée africaine (après l’Algérie).

    Le Cameroun traverse plusieurs crises :

    • La crise anglophone (depuis 2016) : conflit armé entre forces gouvernementales et groupes séparatistes, avec des milliers de morts, plus de 600 000 déplacés internes, et des violences persistantes.
    • Les tensions post-électorales de 2025 (réélection contestée de Paul Biya).
    • Des problèmes structurels comme la corruption, les inégalités et les divisions linguistiques/culturelles (francophone/anglophone).

    Impacts potentiels positifs (réels mais limités)

    • Message de paix et de réconciliation : À Bamenda, le pape lancera un appel fort pour la paix. Les séparatistes ont déjà annoncé une pause de 3 jours dans les combats pour permettre aux fidèles d’assister à la messe. C’est un geste concret de « respect » qui montre que la visite est prise au sérieux des deux côtés. Certains habitants et l’archevêque de Bamenda espèrent que cela « adoucira les cœurs » et relancera le dialogue.
    • Attention internationale : La crise anglophone est souvent oubliée face à d’autres conflits en Afrique. La présence du pape braque les projecteurs mondiaux sur le Cameroun, ce qui peut exercer une pression morale sur le gouvernement et les groupes armés, et encourager des médiations futures.
    • Effet unificateur au sein de l’Église et de la société : Le Cameroun est majoritairement chrétien (environ 70 %, dont plus de 8 millions de catholiques). La visite crée un moment de communion nationale, avec des messes massives et des infrastructures améliorées (routes, aéroports). Des fidèles parlent déjà de « guérison » et d’espoir. Des « miracles » symboliques sont évoqués, comme l’unité temporaire dans le discours public.
    • Pression sur la corruption et la gouvernance : Le pape a déjà exhorté les autorités à « briser les chaînes de la corruption » et à faire un « examen de conscience ». Cela renforce le discours moral de l’Église locale.

    Limites et risques d’impact limité

    • Pas de pouvoir politique direct : Le pape peut proposer, exhorter, mais il ne peut pas imposer. La résolution du conflit anglophone dépend avant tout du gouvernement camerounais, des leaders séparatistes et d’un vrai dialogue politique. Les visites papales précédentes (Jean-Paul II et Benoît XVI) n’ont pas suffi à résoudre les problèmes structurels.
    • Risque d’instrumentalisation politique : Une partie de la communauté catholique camerounaise craint que le régime de Biya n’utilise la visite pour redorer son image internationale, surtout après les contestations électorales. Certains parlent de « validation » symbolique du pouvoir en place. Les évêques appellent à rester positifs et à se concentrer sur le message spirituel, mais le débat divise même l’Église.
    • Impact à court terme symbolique : La pause dans les combats est temporaire. Sans suivi concret (libération de prisonniers politiques, négociations inclusives, réformes), l’enthousiasme peut retomber rapidement. Des analystes estiment que le pape peut « semer une graine », mais que la « responsabilité incombe au gouvernement ».

    En résumé : un impact réel, mais pas miraculeux

    Oui, cette visite a un impact réel :

    • Elle apporte un souffle moral et une fenêtre d’espoir rare dans un pays fatigué par les crises.
    • Elle peut favoriser une désescalade temporaire et encourager le dialogue.
    • Elle renforce le rôle de l’Église comme acteur de paix et met en lumière les souffrances des populations.

    Cependant, elle ne résoudra pas seule les problèmes profonds (gouvernance, inégalités, séparatisme). L’impact dépendra surtout de ce que les acteurs camerounais (pouvoir, opposition, société civile, Église locale) en feront après le départ du pape.

    Beaucoup de Camerounais y voient une « dernière chance » pour la cohésion nationale. L’histoire montre que les visites papales laissent souvent une trace spirituelle durable, mais les changements politiques exigent du temps et une volonté locale forte.

    (en recourant à l'IA)

  • Léon l’Africain; ce que peu savent sur son étape au Cameroun

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Léon l’Africain. Ce que peu savent sur son étape au Cameroun

    Au cours de son voyage en Afrique, le pape Léon se prépare à faire étape au Cameroun, un pays ravagé par une guerre dont les médias du monde entier ne parlent pas beaucoup. Et même c’est sans doute pour cette raison que le Pape a voulu s’y rendre, avec une escale, jeudi 16 avril en plein épicentre du conflit, à Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où il organisera une « rencontre pour paix » avec les communautés locales.

    La région du Nord-Ouest, ainsi que la région limitrophe du Sud-Ouest, qui donne sur l’océan Atlantique, toutes deux frontalières avec le Nigéria, est le théâtre d’une guerre civile qui fait rage depuis octobre 2016, menée par des séparatistes voulant faire sécession du Cameroun pour former un nouvel État d’ « Ambazonie » (du nom de la baie d’Ambas, sur l’océan), qui a proclamé son indépendance en 2017, jusqu’ici sans la moindre reconnaissance de la communauté internationale.

    Mais d’autres régions du Cameroun sont également la cible de raids armés, comme les régions plus au Nord, entre le Nigéria et le Tchad, où le terrorisme Jihadiste fait rage, et où des guérilleros de Boko Haram et de l’État Islamique de la Province d’Afrique Occidentale (ISWAP) attaquent fréquemment  des villages, des églises, des écoles, perpétrant des massacres et des enlèvements dont les chrétiens sont les premières victimes, dans un pays où 60% de la population est chrétienne et 20% musulmane.

    Si ce terrorisme djihadiste frappe également d’autres pays du Sahel tels que le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ainsi que le Nigéria et le Tchad, la guerre civile qui fait rage depuis 2016 est en revanche spécifique au Cameroun.  Elle a principalement deux causes, une cause immédiate et une autre plus lointaine, remontant à la période coloniale, toutes deux expliquées en détail par le jésuite kenyan Mathew Bomki dans le dernier numéro de « La Civiltà Cattolica ».

    Entre la fin du XIXe siècle et la première guerre mondiale, le « Kamerun » était un protectorat allemand, avant d’être transféré à la France par la Société des Nations, ainsi que pour une plus petite partie, soit un cinquième de son territoire, à la Grande-Bretagne.

    Le Cameroun français a obtenu son indépendance en 1960 et, le 11 février de l’année suivante, un plébiscite a été organisé sous l’égide des Nations Unies au Cameroun britannique, afin de permettre aux Camerounais anglophones de choisir entre l’adhésion au Nigéria voisin ou bien à la toute nouvelle République du Cameroun francophone.

    La troisième option, celle de l’indépendance, fut exclue du référendum alors qu’aux dires des évêques locaux, elle était bien la plus populaire des trois.

    En fin de compte, le plébiscite de 1961 vit la partie Nord du Cameroun britannique voter pour l’adhésion au Nigéria tandis que la partie Sud choisit de s’unir au Cameroun, qui avait à l’époque une structure fédérale mais qui allait ensuite, sous la pression du gouvernement central, progressivement se restructurer de manière unitaire, au détriment de l’autonomie de la zone anglophone.

    Le 28 décembre 2016, les évêques de cette région ont envoyé un Mémorandum au président Paul Biya, aujourd’hui âgé de 93 ans et aux commandes du pays depuis 1982 sans interruption :

    « Les Camerounais anglophones sont étranglés à petit feu, parce que chaque élément de leur culture est systématiquement pris pour cible et absorbé dans la culture et la manière de faire propre au Cameroun francophone. Qu’il s’agisse de la langue, du système d’enseignement, de l’administration ou de gouvernement – dans lequel les structures de représentation démocratiques en pratique contournées par l’intervention de fonctionnaires nommés par l’autorité centrale — ou encore du système judiciaire. »

    Au moment où les évêques rédigeaient ce Mémorandum, les avocats, les enseignants et les étudiants des régions anglophones venaient de descendre manifester pacifiquement dans la rue (voir photo © Teller Report) pour défendre l’usage du « common law » dans les procès judiciaires ainsi que le système scolaire de tradition anglo-saxonne. Mais le gouvernement central a violemment réprimé ces manifestations. Et c’est ce qui a déclenché la guerre civile, avec l’entrée en scène de groupes armés séparatistes, les « Amba boys », avec à la clé des massacres et des enlèvements de la part des deux camps – dont les tristement célèbres massacres de Kumba et Ngarbuh en 2020 – où les deux camps se renvoient la balle en matière de responsabilité.

    L’explosion de violence a causé un nombre important d’homicides, d’incendies volontaires et de destructions de biens et de vies innocentes. Des villages entiers ont été rasés au sol et de nombreuses écoles ravagées. Dans « La Civiltà Cattolica », voici comment Mathew Bomki évalue les dommages causés par cette guerre civile :

    « Dans la partie anglophone du Cameroun, l’économie est à l’arrêt. Plus de 6000 Camerounais ont trouvé la mort dans le conflit, des centaines de milliers ont fui les conflits et 80 000 d’entre eux ont trouvé refuge au Nigéria voisin. Ces sept à huit dernières années, les écoles ont fonctionné de manière précaire, quand elles ne sont pas restées fermées. Selon l’International Crisis Group, l’instruction de plus de 600 000 élèves a été compromise par le conflit ».

    Il faut encore ajouter à ce bilan environ 2000 prisonniers politiques et l’afflux de réfugiés en provenance de la turbulente République Centrafricaine.

    Et l’Église ?  Voici ce que le pape François déclarait au terme de l’audience générale du 28 octobre 2020, peu après le massacre de Kumba :

    « Je m'unis à la douleur des familles des jeunes étudiants barbarement tués samedi dernier à Kumba, au Cameroun. Un acte si cruel et insensé, qui a arraché des enfants innocents à la vie alors qu'ils suivaient les leçons à l'école me déconcerte totalement. Que Dieu illumine les cœurs, pour que des gestes semblables ne soient plus jamais répétés et pour que les régions martyrisées du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays puissent finalement retrouver la paix ! Je souhaite que les armes se taisent et que puissent être garanties la sécurité de tous et le droit de chaque jeune à l'éducation et à l'avenir. J'exprime mon affection aux familles, à la ville de Kumba et à tout le Cameroun et j'invoque le réconfort que Dieu seul peut donner. »

    Mais quelques jours plus tard, le 5 novembre, à quelques kilomètres de Bamenda, un commando a séquestré une dizaine de personnes dont le chef d’une tribu locale, Fon Sem Mbinglo II, ainsi que le cardinal camerounais Christian Tumi (1930 – 2021), à l’époque archevêque émérite de Douala. Relâché le lendemain, Mgr Tumi avait été jugé coupable par les uns de se battre pour la population anglophone et par les autres de prendre parti pour le gouvernement central et d’avoir soutenu en 2018 une « All Anglophone General Conference » visant à promouvoir un apaisement par la négociation, une initiative qui s‘était soldée par un échec.

    Les enlèvements ont pris pour cible des prêtres et des missionnaires catholiques à plusieurs reprises, dont dernièrement le curé John Berinyuy Tatah et son vicaire, enlevés non loin de Bamenda le 15 novembre dernier et relâchés le 2 décembre. Le pape Léon avait d’ailleurs tenu à se faire entendre pendant l’Angélus du 23 novembre : « C’est avec une immense tristesse que j’ai appris la nouvelle des enlèvements de prêtres, de fidèles et d’étudiants au Nigeria et au Cameroun. Je ressens une grande douleur, surtout pour les nombreux jeunes gens et jeunes filles séquestrés et pour leurs familles angoissées. Je lance un appel pressant pour que les otages soient immédiatement libérés et j’exhorte les autorités compétentes à prendre les décisions appropriées et opportunes pour assurer leur libération. Prions pour nos frères et sœurs, et pour que les églises et les écoles restent toujours et partout des lieux de sécurité et d’espérance »

    On estime que sur la seule année 2023, les enlèvements auraient rapporté plus de 7,8 millions de dollars de rançon.

    En janvier 2021, peu après la mésaventure du cardinal Tumi, le pape François avait envoyé au Cameroun le cardinal Pietro Parolin en mission de pacification. Mais peine perdue. À l’annonce de son arrivée, les sécessionistes ont même menacé de représailles quiconque serait allé accueillir le Secrétaire d’État, accusé lui aussi d’avoir pris parti pour le gouvernement.

    Mais aujourd’hui, c’est le pape Léon en personne qui se rend au Cameroun en messager de paix, en dépit des objections de ceux qui, à l’instar du jésuite camerounais Ludovic Lado, docteur à Oxford en anthropologie sociale et spécialiste en économie du développement, a déclaré à la revue « America » avoir déconseillé au Vatican cette visite du pape Léon, à cause de la situation politique chaotique dans lequel le pays est plongé et dans la crainte que sa visite ne puisse être interprétée comme une caution morale aux autorités politiques de Yaoundé.

    Quoi qu’il en soit, l’aéroport de Bamenda, qui est fermé depuis six ans, vient d’être rouvert pour l’arrivée du pape Léon et la ville a été rénovée de fond en comble, comme l’a déclaré avec enthousiasme l’archevêque du diocèse, Mgr Andrew Nkea Fuanya, par ailleurs président de la Conférence épiscopale du Cameroun.

    Beaucoup espèrent que la visite du pape Léon pourra à nouveau attirer l’attention du monde entier sur le sort de la population camerounaise, qui est l’une des plus impactées de toute l’Afrique par les coupes sombres opérées par Donald Trump dans les programmes d’aides aux pays défavorisés distribués par l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

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    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.

    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.