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Eglise

  • La guerre est un mal, mais le pacifisme catholique l'aggrave

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    La guerre est un mal, mais le pacifisme catholique l'aggrave.

    Le conflit au Moyen-Orient a ravivé le débat sur la « guerre juste » parmi les catholiques et, notamment en Europe, un pacifisme radical prévaut au sein de l'Église, niant de fait l'existence du péché originel et exposant les plus faibles aux attaques. –

    19 juin 2026

    Avec le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, le débat sur la soi-disant « guerre juste » s'est intensifié dans le monde catholique, les positions oscillant entre un pacifisme absolu et la justification de toute guerre pour la défense de l'Occident.

    Curieusement, dans ce débat, il est très difficile de partir des quatre conditions posées par le Catéchisme de l'Église catholique pour la légitime défense armée, seules conditions permettant de justifier une guerre : « que le dommage causé par l'agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain ; que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces ; qu'il existe des conditions solides de succès ; et que le recours aux armes n'entraîne pas de maux et de désordres plus graves que le mal à éliminer. Dans l'appréciation de cette condition, la puissance des moyens de destruction modernes joue un rôle primordial. »

    Dans un article ultérieur, nous aurons l'occasion d'approfondir le justificationnisme ; ici, il convient de s'intéresser plutôt au courant pacifiste qui, grâce notamment au pontificat de François, prévaut aujourd'hui dans l'Église et qui, dans ses formes les plus radicales, va jusqu'à condamner l'existence même des armées. Nous avons déjà eu l'occasion de réfuter, à l'aide du Magistère, certaines thèses exprimées, par exemple, au sujet du défilé militaire qui s'est tenu en Italie le 2 juin dernier.

    Il est cependant important de saisir une erreur qui est à l'origine de certaines tendances et de certains malentendus concernant la question de la guerre. Le pacifisme, avec sa prétention à un monde sans armes, sans agresseurs ni attaqués, fondé sur la seule volonté de l'homme, est une utopie qui nie une réalité inéluctable : le péché originel. En effet, la guerre est la conséquence du péché contre Dieu et, par conséquent, comme le souligne la Constitution pastorale Gaudium et Spes, « les hommes, en tant que pécheurs, sont et seront toujours sous la menace de la guerre jusqu'à la venue du Christ » (n° 78). Dès lors, l'idée d'un monde sans guerre ni menace de guerre est une utopie dangereuse, peut-être compréhensible chez John Lennon, mais beaucoup moins lorsqu'elle est proclamée par les pasteurs de l'Église.

    L’engagement à éviter les guerres, ou mieux encore, à œuvrer pour la paix, est différent. Mais cela ne signifie qu’une seule chose : la conversion au Christ. La paix – avertit le Compendium de la doctrine sociale de l’Église – « loin d’être une construction humaine, elle est un don divin suprême offert à tous les hommes, qui implique l’obéissance au dessein de Dieu » (n° 489).

    Nombreux sont ceux qui invoquent, pour reprendre l'expression du Catéchisme, « la puissance des moyens de destruction modernes » comme prétexte pour nier toute possibilité de justification de la guerre. Le pape François l'écrit également dans son encyclique Fratelli Tutti, affirmant qu'aujourd'hui « il est très difficile de maintenir les critères rationnels élaborés au cours des siècles passés pour parler d'une éventuelle "guerre juste" ». Le Catéchisme, quant à lui, considère l'existence d'armes de destruction massive comme un motif supplémentaire de réflexion et de prudence quant à la décision d'intervenir militairement en cas de légitime défense, et non comme une négation de la possibilité d'une défense légitime.

    L’évolution des circonstances peut amener à affiner la doctrine de la légitime défense, mais elle ne saurait en modifier les critères. À titre d’exemple, citons les interventions de Jean-Paul II et de Benoît XVI sur ce sujet. Le premier, prenant en compte les atrocités de la guerre dans les Balkans au début des années 1990, a introduit la notion d’« intervention humanitaire », la définissant comme « un devoir et un droit (…) de désarmer celui qui veut tuer. Il ne s’agit pas de promouvoir la guerre, mais de la prévenir. »

    Ce principe comporte évidemment des conditions, que Jean-Paul II a exprimées dans son message pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2000 : les actions de désarmement de l’agresseur « doivent être limitées dans le temps et précises dans leurs objectifs, menées dans le plein respect du droit international, garanties par une autorité reconnue au niveau supranational et, en tout état de cause, jamais réduites à la seule logique des armes » (n° 11). Benoît XVI, dans son important discours à l’Assemblée générale des Nations Unies du 18 avril 2008, a réaffirmé ce concept, évoquant la « responsabilité de protéger » (pour une analyse plus approfondie de ce thème, voir La Bussola mensile n° 29 , avril 2026). De plus, comme l’explique le Compendium de la doctrine sociale, « le droit de recourir à la force aux fins de la légitime défense s’accompagne du devoir de protéger et d’assister les victimes innocentes qui ne peuvent se défendre contre l’agression » (n° 504).

    Cette clarification nous permet de mettre en lumière un malentendu fréquent au sein du pacifisme, y compris catholique : la confusion, voire l’assimilation, entre le recours à la force et la violence. Il est essentiel de bien distinguer ces deux concepts, car le recours à la force est, dans certains cas, non seulement légitime, mais même obligatoire (comme expliqué précédemment), tandis que la violence, l’intention de détruire des vies humaines ou l’indifférence à son égard ne sont jamais justifiables. « La violence est un mal, la violence comme solution aux problèmes est inacceptable, la violence est indigne de l’homme », déclarait Jean-Paul II lors de son voyage en Irlande en 1979. « La violence est un mensonge, car elle est contraire à la vérité de notre foi, à la vérité de notre humanité. La violence détruit ce qu’elle prétend défendre : la dignité, la vie et la liberté des êtres humains. »

    Et cela est également vrai en temps de guerre, où tout doit être fait pour assurer les conditions de la paix le plus rapidement possible et où il n’y a pas de suspension du droit humanitaire et – comme le souligne plus loin Gaudium et Spes – « tout ne devient pas permis entre belligérants une fois que la guerre a malheureusement déjà éclaté » (n° 79).

    On peut donc affirmer sans hésiter que la plupart des guerres actuelles sont injustes ; on peut également se demander si certaines défenses des frontières nationales remplissent véritablement toutes les conditions d’une légitime défense. Ce qui est contraire à la vision catholique, cependant, c’est ce pacifisme prédominant au sein de l’Église, qui, d’une part, prêche le désarmement total (de préférence unilatéral) et, d’autre part, paradoxalement, se retrouve à soutenir des régimes sanguinaires et violents.

  • Sainte Julienne Falconieri (19 juin)

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    De Vatican News :

    Sainte Julienne Falconieri

    Sainte Julienne Falconieri
    Sainte Julienne Falconieri 

    Julienne avait un don indiscutable. Elle était belle, une de ces dames qui peuvent faire perdre la tête aux hommes, quelle qu’en soit l’époque. Celle où vit Julienne est le Moyen Age et sa ville est la Florence de Dante Alighieri , dont elle est contemporaines. Une ville où en ce temps-là fait rage la lutte âpre entre Guelfes et Gibelins, lutte au sommet, entre la tiare et la couronne.

    La jeune fille au manteau

    Mais non seulement l’argent habite le palais Falconieri. Il y plane aussi une puissante richesse immatérielle, la foi chrétienne, qui a déjà porté un descendant de la famille à se dépouiller de tout pour se consacrer à Dieu. Alexis Falconieri, un des sept fondateurs des Servites de Marie , frère du papa de Julienne; elle est fascinée par le choix de vie de l’oncle, en dehors des schémas habituels d’une famille engagée à faire des sous. La jeune fille grandit insouciante de son charme, qui lui vaut de nombreuses demandes en mariage, mais ponctuellement et courtoisement rejetées. Julienne est attirée par la vie religieuse et préfère au look des femmes florentines de l’époque un manteau ample et obscur du type que porte son oncle. Le même vêtement que mettent sur leurs épaules les autres jeunes filles de la riche bourgeoisie qui suivent Julienne, plus enclines comme elle à servir les pauvres qu’à chercher à être respectées par eux.

    Amour dans la Florence de haine

    Les «Mantellates» : pour l’Eglise elles sont le rameau féminin des Servites de Marie. Femmes de contemplation à genou, de charité continue à travers les rues. Mercredi et vendredi elles ne touchent pas à aucune nourriture et le samedi elles sont seulement au pain et à l’eau. Florence apprend à les connaître, elles sont semeuses de concorde dans le réseau croisé de vengeances qui ensanglante la ville du Lys. Les sacrifices des Mantellates sont comme une offrande unique pour la fin de cet âge de haine. Julienne, par rapport à ses compagnes, a aussi quelque de chose de plus à offrir. Depuis quelque temps elle a commencé à souffrir à l’estomac. Des douleurs lancinantes, de ces douleurs qui usent même le tempérament le plus solide. Peu à peu la jeune fille au manteau, désormais femme et guide depuis dix ans de son couvent, ne peut rien avaler même pas ce peu de nourriture qui sert à subsister.

    La «marque» violette

    Ainsi le 19 juin 1341 semble le dénouement d’une histoire absurde. A cette femme de Dieu sur le point de s’éteindre est niée la possibilité de s’approcher de l’Eucharistie de peur qu’elle ne puisse déglutiner l’hostie consacrée. Julienne demande qu’on la lui pose sur la poitrine sur le cœur, comme on avait l’habitude de le faire à l’époque avec les malades pendant que le prêtre accompagne son geste d’une prière. Mais, raconte-t-on, avec Julienne arrive quelque chose d’incroyable . L’hostie disparaît. Julienne expire, et en arrangeant la dépouille les moniales découvrent sur son corps, au niveau de son cœur une tache violette aussi grande que l’hostie, qui est donc imprimée dans sur son corps. Encore aujourd’hui les Mantellates portent sur leur habit religieux cette marque en souvenir de la dernière prodigieuse communion de leur fondatrice. Clément XII la canonise en 1737.

  • Vingt nouveaux bienheureux dans l’Église, martyrs de la foi en 1936 en Espagne

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    D'Edoardo Giribaldi sur Vatican News :

    Vingt nouveaux bienheureux dans l’Église, martyrs de la foi en 1936 en Espagne

    Le Pape a autorisé la promulgation des décrets du dicastère pour les Causes des Saints relatifs au martyre de 20 prêtres des îles espagnoles d'Ibiza et de Formentera. De plus, grâce à la reconnaissance de leurs vertus héroïques, le prêtre Júlio Emílio Alberto De Lombaerde, et les religieuses Mère Clara Andreu y Malferit, Sœur Maria Petra Giordano, Mère Maria Teresa Tallon et Sœur Maria Agnese Tribbioli deviennent vénérables.

    Lors de l'audience accordée jeudi 18 juin au préfet et cardinal Marcello Semeraro, le Pape Léon XIV a autorisé le dicastère des Causes des Saints à promulguer les décrets relatifs à la reconnaissance du martyre de Juan Torres Torres et de 19 de ses compagnons, prêtres diocésains des îles d’Ibiza et de Formentera, tués en haine de la foi en Espagne pendant la guerre civile des années 1930. Ils seront béatifiés. De plus, ont été déclarés vénérables en raison de la reconnaissance de leurs vertus héroïques, Mère Clara Andreu y Malferit, religieuse ayant vécu sur l’île de Majorque au tournant des XVIe et XVIIe siècles; Júlio Emílio Alberto De Lombaerde, prêtre et fondateur de plusieurs congrégations; Sœur Maria Petra Giordano, religieuse dominicaine au monastère de Santa Maria del Sasso à Bibbiena en Toscane; Mère Maria Teresa Tallon, fondatrice de la Congrégation des Visiteuses paroissiales de Marie Immaculée; et Mère Maria Agnese Tribbioli, fondatrice de la Congrégation des Pieuses Ouvrières de Saint-Joseph.

    Juan Torres Torres et 19 compagnons tués pour leur foi

    Au moment de leur martyre, survenu entre août et septembre 1936, ces prêtres représentaient environ la moitié du clergé local, qui traversait alors une période très difficile en raison des restrictions croissantes imposées à la liberté de culte à Ibiza. Ces circonstances avaient poussé le diocèse à suspendre les processions pour des raisons de sécurité. Malgré cette attitude prudente, les tensions sociales débouchèrent sur des actes d’hostilité ouverte, tels que la profanation de la paroisse de San Carlos en 1934 et les incendies criminels qui s’ensuivirent. La persécution visait à éradiquer totalement l’identité catholique des îles, allant jusqu’à supprimer le préfixe «San» (Saint en français) des noms des villages. Juan Torres Torres, chef de file de la cause et le plus jeune du groupe, était un jeune homme humble et généreux. La mémoire de son martyre et de celui de ses 19 compagnons est restée vivante toutes ces années au sein de l’Église locale.

    Mère Clara et l’expérience mystique

    C’est sur une autre île espagnole, Majorque, que vécut et mourut Mère Clara Andreu y Malferit. Née le 4 décembre 1596, elle fut conduite à l’âge de sept ans au monastère de Saint-Barthélemy à Inca, dans l’arrière-pays de l’île. Barbara Onofria, tel était son prénom, revêtit l’habit religieux à l’âge de douze ans et prononça ses vœux le 17 février 1613, peu après avoir fêté ses seize ans. Elle se consacra à l’accueil des hôtes et à l’infirmerie du monastère, développant une vie spirituelle profonde et vivant des expériences mystiques extraordinaires qui l’accompagneront tout au long de sa vie.

    À cet égard, l’évêque de Majorque chargea un religieux carmélite de mener une enquête qui donna lieu à plusieurs mesures. La religieuse prit au sérieux les consignes reçues et s’y conforma. Le 16 juin 1628, elle fit savoir à son confesseur que sa maladie serait rapide et demanda à se confesser, comme si c’était la dernière fois. Une semaine plus tard, elle entra en agonie et reçut l’extrême-onction. Elle vécut de manière exemplaire la vertu d’obéissance, notamment lorsqu’elle fut soumise à des enquêtes en raison de ses expériences mystiques: elle accepta tout avec une profonde humilité, se soumettant aux décisions de l’autorité ecclésiastique. Sa réputation de sainteté fait encore aujourd’hui du monastère de Saint-Barthélemy un lieu de pèlerinage.

    Sœur Maria Petra et la formation des novices

    Originaire de Naples et ayant grandi dans une famille profondément dévouée à Notre-Dame de Pompéi et aux écrits de saint Bartolo Longo, Sœur Maria Petra Giordano est née dans la ville parthénopéenne le 4 juillet 1912. Après le déménagement de sa famille à Rome, en raison des divergences de son père avec le régime politique, la religieuse a fréquenté l’église de Santa Maria sopra Minerva, où elle comprit sa vocation à la vie religieuse et demanda à entrer au monastère dominicain de Santa Maria del Sasso, près de Bibbiena, en Toscane. Là, après avoir obtenu une dérogation du Saint-Siège en raison de son jeune âge, elle fut nommée maîtresse des novices, puis devint également prieure de la communauté. Sa mort ayant eu lieu le 21 juin 2006, la cause peut s’appuyer sur de nombreux témoignages de visu. La religieuse a vécu toute sa vie en s’inspirant de l’Évangile.

    Mère Marie-Thérèse et le réconfort apporté aux migrants et aux malades

    Le pape Léon XIV déclare vénérable la fondatrice religieuse américaine Mary Teresa Tallon

    Mère Marie-Thérèse Tallon, fondatrice de la Congrégation des Visiteuses paroissiales de Marie Immaculée, était originaire du hameau de Hanover, près d’Utica, dans l’État de New York. Née le 6 mai 1867, fille d’immigrés irlandais, elle confia très jeune à sa mère son désir d'appartenir entièrement à Dieu. Malgré certaines réticences de la part de sa propre famille, elle fut accueillie au sein de la Congrégation des Sœurs de la Sainte-Croix et de Notre-Dame, dans l’État de l’Indiana. À San Francisco, où elle avait été affectée, une épidémie de diphtérie éclata, et la religieuse fut contaminée en s’occupant des malades. Même pendant son hospitalisation, elle continua à rendre visite aux autres patients et à les réconforter. Une fois guérie, elle reprit l’enseignement à la paroisse Saint-Paul à Manhattan. C’est précisément là que, en 1908, mûrit en elle l’appel à fonder une nouvelle communauté religieuse de femmes «contemplatives dans la rue»: les Visiteuses paroissiales de Marie Immaculée. En 1951, à l’âge de 84 ans, elle accepta avec obéissance de quitter la direction de la congrégation. Le 10 février 1954,une grave chute lui causa des infirmités qui l’emportèrent le 10 mars suivant. Toute l’existence de cette religieuse fut centrée sur Dieu et sur la mission d’instruire les enfants et les adultes les plus délaissés.

    La mission de Júlio Emílio Alberto De Lombaerde

    Originaire du village de Beveren-Leie, en Belgique, Júlio Emílio Alberto De Lombaerde était un prêtre ordonné de la Congrégation des Missionnaires de la Sainte Famille. Il est né le 7 janvier 1878. Il est le fondateur de la Congrégation des Filles du Cœur Immaculé de Marie, de la Congrégation des Missionnaires de Notre-Dame du Saint-Sacrement et de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Sacrement. Vers l’âge de dix-sept ans, en écoutant l’homélie d’un évêque africain, il mûrit le désir de devenir missionnaire, qu’il concrétisa en entrant comme postulant dans la Société des Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique. Il partit alors pour Maison-Carrée, près d’Alger, puis revint en Belgique en 1910, où ses supérieurs lui confièrent la mission de fonder et de diriger l’École apostolique de Wakken. En septembre 1912, il s’embarqua pour le Brésil, où il s’installa pour se consacrer au ministère pastoral, à l’enseignement et à la catéchèse dans les régions les plus reculées de l’Amazonie. Le 19 août 1941, il reçut la nationalité brésilienne et, lors de la cérémonie, en présence des autorités civiles, il évoqua l’amour qu’il portait à ce pays. Le 24 décembre 1944, alors qu’il se rendait à Vargem Grande, il fut victime d’un grave accident de la route qui lui coûta la vie.

    Mère Maria Agnese et la charité en pleine guerre

    Enfin, l’histoire de Mère Maria Agnese Tribbioli, née à Florence le 20 avril 1879 sans être reconnue par son père biologique. En raison des difficultés économiques de sa famille, elle fut envoyée au Patrocinio di San Giuseppe, où sa vocation mûrit jusqu’à ce qu’elle prononce ses vœux religieux. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale et d’autres difficultés ont convaincu la religieuse de quitter l’œuvre et de fonder la Congrégation des Pieuses Ouvrières de Saint-Joseph, qui a été accueillie dans le diocèse d’Imola. De nombreuses initiatives caritatives ont été menées au cours de la Seconde Guerre mondiale, parmi lesquelles l’accueil d’un groupe de Juifs et l’affrontement qui s’ensuivit avec les soldats allemands. C’est pour cet engagement qu’elle sera reconnue, après sa mort, comme «Juste parmi les Nations». En 1958, elle commença à souffrir de problèmes cardiaques, qui l’emportèrent six ans plus tard, le 27 février 1965, à l’âge de 85 ans. La religieuse a vécu sa foi en la traduisant en de nombreuses œuvres de charité, s’inspirant notamment du style pauvre et simple de saint François d’Assise.

  • Dom Guéranger (1805 - 1875) - Le refondateur (KTO)

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    De KTO TV :

  • Les cinquante ans de la Communauté Saint-Martin

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    De Cécile Séveirac sur Aleteia.org :

    La communauté Saint-Martin, cinquante ans de vie sacerdotale au service des diocèses

     
    18/06/26

    La communauté Saint-Martin célèbre en 2026 un demi-siècle de vie sacerdotale communautaire au service des diocèses. Entre formation exigeante, vie fraternelle et missions variées, elle continue d’attirer des vocations et de s’ancrer durablement dans le paysage ecclésial français.

    "Servir" : c'est ainsi que pourrait se résumer, en un mot, le charisme de la communauté Saint Martin, qui fête, en 2026, les 50 ans de sa création. Fondée en 1976, cette communauté de prêtres conserve aujourd’hui un élan missionnaire intact. Signe de cette fécondité : les 19 et 20 juin, 12 prêtres et 10 diacres seront ordonnés en la basilique Notre-Dame de l’Épine.

    La communauté Saint-Martin naît à l’initiative de l’abbé Jean-François Guérin (qui fait aujourd'hui l’objet d’une enquête ecclésiale portant sur sa gouvernance, ndlr*), qui rassemble un petit groupe de jeunes aspirants au sacerdoce désireux de vivre une formation exigeante, à la fois spirituelle, communautaire et intellectuelle. Dans le contexte du renouveau post-conciliaire, le projet se structure rapidement avec l’accueil des premiers membres à Voltri, près de Gênes, sous la protection du cardinal Siri, afin de former des prêtres diocésains vivant en communauté. Dès les années 1980, la communauté commence à recevoir des missions pastorales en France et se déploie progressivement dans plusieurs diocèses. Elle compte à ce jour 186 prêtres et 20 diacres, répartis dans 52 communautés locales (paroisses, sanctuaires et lieux d'éducation) et dans cinq pays différents : la France, l’Italie, Cuba, l’Allemagne et l’Autriche.

    Lire la suite sur aleteia.org

    Lire également : Don Paul Préaux : “La vie communautaire est un trésor pour les prêtres”

  • Le testament spirituel du cardinal Ruini révèle un « malaise » face à la direction prise par le pape François pour l'Église

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    Du substack de Diane Montagna :

    Le testament spirituel du cardinal Ruini révèle un « malaise » face à la direction prise par le pape François pour l'Église.

    Texte intégral du testament spirituel du cardinal Camillo Ruini.

     
    18 juin


    (Cardinal Camillo Ruini)

    ROME, 18 juin 2026  Ci-dessous figure la traduction anglaise du testament spirituel du cardinal Camillo Ruini, prélat italien influent et collaborateur de confiance des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, décédé à Rome mardi à l'âge de 95 ans.

    Figure marquante de la vie de l'Église catholique en Italie sous le pontificat de Jean-Paul II, le cardinal Ruini a présidé la Conférence épiscopale italienne et a été vicaire du pape pour le diocèse de Rome pendant une grande partie des années 1990 et 2000. Dans une nécrologie publiée cette semaine, Edward Pentin, journaliste vaticaniste chevronné, décrit le cardinal comme un prélat qui a souvent pris des positions fortes et influentes sur les questions sociales et morales, contribuant ainsi à façonner le débat ecclésiastique et politique en Italie.

    Le texte original italien du testament du cardinal Ruini, daté du 3 juin 2016, a été publié en exclusivité et dans son intégralité ce soir par le site web italien Messa in Latino, qui affirme avoir obtenu le document de sources très bien informées.

    Pour expliquer sa décision de publier le texte intégral, MiL a déclaré : « Nous le faisons afin de garantir qu'il ne paraisse pas sous une forme abrégée ou altérée ; une fois que vous l'aurez lu, vous comprendrez pourquoi. »

    Cette remarque semblait faire référence, au moins en partie, à un passage concernant le pape François. Dans son testament, le cardinal Ruini écrivait :

    « Lorsque le pape François a été élu, je me suis réjoui et, dans la mesure du possible, je l’ai immédiatement soutenu. Aujourd’hui encore, je me réjouis et le remercie de son extraordinaire zèle missionnaire et évangélisateur. Pourtant, je dois avouer que je ressens un certain malaise – non pour des raisons personnelles, assurément, mais parce que j’ai du mal à comprendre certaines orientations qui me semblent rouvrir des blessures qui, après le Concile, n’avaient été que difficilement cicatrisées. Je prie humblement le Seigneur de me convaincre intérieurement que l’Église lui appartient et qu’il prend soin d’elle, au-delà de notre compréhension humaine. »

    Le pape Léon XIV a cité plusieurs passages du testament spirituel dans son homélie lors de la messe de funérailles des cardinaux en la basilique Saint-Pierre plus tôt dans la journée, mais le Saint-Siège n'a pas, à l'heure où nous écrivons ces lignes, publié le texte intégral.


    Testament spirituel de Camillo Ruini

    Action de grâce et demande de pardon à Dieu et à mes frères

    Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

    Je te remercie, Seigneur, pour la longue vie que tu m'as donnée, pour m'avoir fait chrétien, pour m'avoir appelé au sacerdoce et pour mes nombreuses années de sacerdoce puis d'évêque. Je te remercie d'avoir été, et d'être encore, si profondément aimé : par mes parents Francesco et Iolanda ; par ma sœur Donata ; par mes grands-parents Idelberto et Maria et par mon oncle Guido, chez qui j'ai vécu. Leur affection m'a donné force et confiance tout au long de ma vie. Je te remercie pour mon autre grand-mère, Emma ; pour mon oncle et ma tante Riccardo et Tina ; pour mon cousin Carlo et son épouse Carla ; et pour tous mes autres proches. Je te remercie d'avoir été aimé et choyé avec une telle dévotion par ma très fidèle Pierina ; aimé et choyé avec une grande générosité par mon secrétaire, Don Mauro, aujourd'hui évêque de Tivoli ; par Mara, qui a souhaité rester à mes côtés même après la fin de mon mandat de cardinal vicaire ; par Don Nicola, Angela, Claudia de la Conférence épiscopale italienne, et par tant d'autres collaborateurs. Et, dans ma vie familiale, par Palmizia, Sergio et Raffaella.

    Je te remercie, Seigneur, pour mes amis de Sassuolo ; pour mon curé, Monseigneur Zelindo Pelluti ; et pour Don Dino Carretti, qui m’a guidé et accompagné dans ma vocation sacerdotale. Je te remercie pour mes années de formation au Collège Capranica et à l’Université Grégorienne ; pour les supérieurs, les professeurs, les compagnons et les amis que j’y ai rencontrés, en particulier feu Don Osvaldo Ronzon, Don Valerio Massucci, Don Nicola Battarelli et Don Nicolino Barra. Je te remercie pour mon ministère de prêtre et d’enseignant à Reggio Emilia ; pour mes évêques, Beniamino Socche et surtout Gilberto Baroni, de qui j’ai tant reçu et tant appris ; et pour les nombreux prêtres et laïcs de plusieurs générations, en particulier ceux qui me sont encore très proches aujourd’hui. D’eux, j’ai reçu autant que j’ai cherché à donner. Je vous remercie pour le Concile Vatican II, d'en avoir fait l'expérience et d'avoir contribué à faire vivre son esprit à Reggio Emilia, et aussi de m'avoir accordé la lucidité et la force de m'opposer aux distorsions qui ont suivi le Concile.

    Seigneur, alors qu'une certaine lassitude menaçait d'alourdir mon sacerdoce, tu as eu pitié de moi et, à ma grande surprise et à mon grand désarroi, tu m'as appelé à l'épiscopat. Ce fut une grâce aussi grande qu'imméritée, un renouveau et un renforcement de ma vocation. Dès lors, le nombre de ceux qui priaient pour moi et pour mes intentions s'est multiplié, compensant la pauvreté de ma propre prière. Dès lors, en très peu de temps, je suis devenu une personnalité publique, bien que j'aie toujours essayé de rester un homme simple – en ce sens, de rester celui que j'avais toujours été.

    Jean-Paul II fut pour moi une grâce tout à fait particulière. Dès le début de son ministère, j'ai vu en lui incarné ce que je pressentais en moi-même et ce que Paul VI avait déjà laissé entrevoir malgré les nombreuses résistances et incompréhensions. Jamais, cependant, je n'aurais imaginé devenir l'un de ses collaborateurs directs, comme je le fus pendant plus de vingt ans, de l'automne 1984, alors que se préparaient les festivités du Congrès de Lorette, jusqu'à sa mort. En Jean-Paul II, j'ai ressenti ta présence, Seigneur. J'ai pu toucher de mes propres mains l'union de la prière, l'indissociabilité de la prière, de la vie et de l'apostolat ; le courage de la foi qui guide l'histoire ; et la capacité d'aimer et de pardonner. Par ma propre faute, Seigneur, j'ai cherché à suivre son exemple dans ce qui correspondait à mes inclinations naturelles, mais bien moins dans ce qui aurait remédié à mes plus graves manquements.

    Concrètement, durant les vingt-deux années de mon ministère à Rome, à la Conférence épiscopale italienne et au Vicariat, j'espère, Seigneur, avoir œuvré non par intérêt personnel, mais pour les objectifs qui m'avaient été confiés et que je partageais de tout cœur. Ce faisant, j'ai surmonté une forte résistance et une grande hostilité, surtout au début, tant au sein de la Conférence que du Vicariat. Je reconnais et confesse cependant avoir parfois agi avec une grande dureté, même si, le plus souvent – ​​mais pas toujours –, sous couvert de courtoisie. Je demande pardon au Seigneur et à tous ceux, vivants et défunts, que j'ai pu blesser. Mais je dois te remercier, Seigneur, pour les personnes avec lesquelles j'ai eu la joie de collaborer : en particulier Monseigneur Giovanni Battista Re et Monseigneur Stanisław Dziwisz ; les secrétaires de la Conférence épiscopale italienne, Monseigneur Dionigi Tettamanzi, Monseigneur Ennio Antonelli et Monseigneur Giuseppe Betori ; Les vicaires de Rome, Monseigneur Remigio Ragonesi, Monseigneur Cesare Nosiglia et Monseigneur Luigi Moretti ; Annick Johnson, Dino Boffo, Sergio Belardinelli, Vittorio Sozzi, feu Monseigneur Giuseppe Cacciari, le cardinal Angelo Scola, et bien d’autres encore, notamment les curés de Rome et les directeurs des bureaux de la Conférence épiscopale italienne et du Vicariat. J’ai entretenu des liens étroits avec plusieurs d’entre eux.

    Voilà maintenant huit ans que je suis émérite, et je Te remercie, Seigneur, de m'avoir accordé tout ce temps pour me préparer à la rencontre suprême avec Toi. Je Te demande aussi pardon de ne l'avoir que si peu employé à cette fin. En vérité, jusqu'à présent, j'ai été un émérite très occupé, en raison des diverses responsabilités qui m'ont été confiées et, surtout, parce que je me suis consacré à la passion pour l'étude née en moi à l'adolescence et qui ne m'a jamais quitté. Les sujets que j'ai choisis – Dieu et la vie après la mort – disposent par essence à la rencontre avec Toi, et les deux ouvrages dans lesquels j'ai condensé mes réflexions se voulaient une modeste contribution, aussi petite soit-elle, à l'évangélisation. En réalité, cependant, ce travail d'écriture n'a pas favorisé la liberté d'esprit nécessaire à la prière.

    Pourtant, les principales causes de ce manque de liberté sont mes péchés et la faiblesse de ma réponse à l’amour du Seigneur. Voilà ce que je voudrais confesser, espérant ne scandaliser personne, mais plutôt encourager les autres à prier pour moi et à faire mieux que moi. Avant tout, je confesse la pauvreté de ma foi. Dès mon enfance, j’ai reçu le don de la foi et j’ai appris à prier. La foi m’a accompagné et soutenu tout au long de ma vie, en particulier lors de ma réponse à l’appel au sacerdoce. Je me suis consacré à la défense de la foi dès le lycée, sans timidité ni crainte. Par l’étude, j’ai cherché à approfondir son contenu et ses fondements, et à la présenter et la défendre avec passion et conviction. Pourtant, malgré tout cela, au plus profond de mon cœur, j’ai toujours été tenté, précisément au sujet de la foi, même si, par la grâce de Dieu, je ne crois pas avoir jamais cédé à cette tentation. Concrètement, ma foi était, et demeure, trop faible pour soutenir et animer une vie qui devrait être entièrement consacrée à Dieu et à mes frères et sœurs. Seigneur, aie pitié de moi et fortifie ma foi en cette étape finale et décisive de mon voyage terrestre.

    Vierge Marie, notre douce Mère, intercédez pour que l'amour de Dieu emplisse mon cœur et m'accorde la vraie liberté. « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir » (Actes 20, 35) : cette parole de Jésus m'a toujours paru presque évidente et a correspondu à une inclination naturelle en moi, favorisée par le fait que je n'ai jamais connu le véritable dénuement. Ainsi, grâce à la grande générosité de mes parents et de ma sœur, j'ai pu, durant toutes les années où j'étais prêtre à Reggio, travailler pratiquement sans rémunération. Plus tard, j'ai reçu des sommes d'argent considérables, mais je n'ai pas accru le patrimoine familial, utilisant le surplus pour aider les nécessiteux. Pourtant, là encore, je n'ai pas mis en pratique l'invitation du Seigneur à tout quitter pour le suivre, ni renoncé à un mode de vie qui, bien que simple, demeurait confortable.

    J'ai toujours été dévoué au Pape, et j'en remercie le Seigneur et mes maîtres, en particulier les professeurs de l'Université pontificale grégorienne. Après Jean-Paul II, j'ai travaillé trois ans avec Benoît XVI, et je le remercie de tout cœur, notamment pour l'affection qu'il continue de me témoigner. Lorsque le pape François a été élu, je me suis réjoui et, dans la mesure du possible, je l'ai immédiatement soutenu. Aujourd'hui encore, je me réjouis et le remercie de son extraordinaire zèle missionnaire et évangélisateur. Pourtant, je dois avouer que je ressens un certain malaise – non pour des raisons personnelles, assurément, mais parce que j'ai du mal à comprendre certaines orientations qui me semblent rouvrir des blessures qui, après le Concile, n'avaient été que difficilement cicatrisées. Je prie humblement le Seigneur de me convaincre intérieurement que l'Église lui appartient et qu'il prend soin d'elle, au-delà de notre compréhension humaine.

    Seigneur, aide-moi à accepter la légère croix de mon déclin – physique pour l’instant – et la diminution progressive de mon rôle. C’est la grâce que tu m’accordes maintenant afin que je puisse mieux me préparer à ta rencontre.

    Seigneur, toi seul sais pourquoi tu m'as appelé. Ton amour est totalement gratuit, immérité et créateur. Fais que je ne le rejette pas ; pardonne-moi aussi de l'avoir trop souvent fui et déçu. Seigneur, Dieu fidèle, ne te lasse jamais de m'aimer, de m'appeler et de me convertir. Père riche en miséricorde, accorde-moi, ainsi qu'à tous mes frères en humanité, la grâce de la persévérance finale.

    Rome, le 3 juin 2016

    Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

    Camillo Cardinal Ruini

  • Quand Léon XIV célèbre « le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée »

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    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Place Saint-Pierre
    Mercredi 17 juin 2026

    Catéchèse. Le Voyage apostolique en Espagne

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Aujourd’hui, je souhaite vous proposer quelques réflexions sur le voyage apostolique que j’ai effectué la semaine dernière en Espagne, visitant Madrid, Barcelone, l’abbaye de Montserrat et les îles Canaries.

    Après un long périple dans quatre pays africains, je me suis cette fois retrouvé plongé dans un pays européen doté d’une ancienne et très riche tradition catholique. Et il est apparu clairement que dans l’Espagne d’aujourd’hui, qui a connu de notables changements sociaux et culturels, le Pape a été accueilli partout avec enthousiasme et ouverture à l’écoute. J’en rends grâce à Dieu et à tout le peuple espagnol, au Roi et aux autorités civiles, aux évêques et aux communautés ecclésiales.

    Le peuple de Dieu m’a beaucoup réconforté par la manifestation joyeuse de sa foi et de son affection. À mon tour, j’ai confirmé les fidèles et, comme évêque de Rome, je les ai encouragés à surmonter toute forme de division et d’opposition en cultivant toujours la communion, le dialogue, l’unité dans la diversité. Tel est le service propre au Successeur de Pierre, service qui trouve une expression spécifique dans les voyages apostoliques, chaque fois adaptée aux situations ecclésiales et sociales des pays visités.

    En Espagne, j’ai pu constater avec joie à quel point les gens, de tous âges et de toutes conditions, attendaient la visite du Pape : partout, j’ai trouvé des foules venues m’accueillir avec une grande chaleur. Cela n’allait pas de soi, et cela mérite réflexion. Naturellement, cette participation exprime avant tout, comme je le disais, la foi du peuple espagnol ; en même temps, je pense qu’elle manifeste le besoin généralisé de se retrouver unis sur un fondement vrai et profond – qui ne soit ni intéressé ni idéologique. Ce fondement que seul le Christ, en dernière analyse, peut garantir, et que l’Évangile, à travers les « inculturations » nécessaires, peut transmettre dans la vie des peuples. Il le peut parce que son message répond pleinement à ces deux exigences : la recherche de la vérité et la soif de justice.

    À Madrid et à Barcelone, nous nous sommes rassemblés dans les grandes cathédrales ainsi que dans des stades ultramodernes. Nous avons prié le Saint Rosaire à l’abbaye de Montserrat. Nous avons célébré la messe à la Sagrada Familia, symbole majestueux, symphonie de pierre et de lumière qui parle à tous du mystère chrétien. Cette rencontre entre l’ancien et le moderne, entre la tradition catholique et la culture contemporaine, m’a fait percevoir de manière vive le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée. Il s’agit d’un patrimoine à préserver avec soin, afin de pouvoir l’investir dans le monde d’aujourd’hui avec ses défis historiques : la paix, l’écologie intégrale, le développement équitable et durable, le respect de la dignité humaine. Ce sont là des défis que le Concile Vatican II avait déjà clairement reconnus et sur lesquels le Magistère qui a suivi est revenu, jusqu’à ma récente encyclique Magnifica humanitas, qui vise à protéger la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.

    J’ai perçu, à travers ces différentes rencontres, le besoin d’entendre dans la voix du Pape l’Évangile de l’espérance pour notre humanité d’aujourd’hui, durement éprouvée par les conséquences négatives d’un modèle de développement trompeur. Ce besoin, qui s’est exprimé à travers les nombreux témoignages que j’ai pu entendre – des témoignages tantôt émouvants, tantôt édifiants –, je l’ai reconnu aussi et surtout sur les visages des petits et des pauvres que j’ai rencontrés : celui de l’enfant qui m’a lu sa lettre à la paroisse ; celui de certaines victimes d’abus, qui demandent à être écoutées ; des détenus qui m’attendaient en prison ; des jeunes pleins d’inquiétude et de projets ; des migrants dans les centres d’accueil des Canaries.

    C’est précisément là, aux îles Canaries, dernière étape de notre itinéraire, qu’une clé de lecture globale m’a été offerte. Elle m’a été offerte, d’une part, par la situation géographique même de cet archipel ; et, d’autre part, par la réalité d’une Église locale qui accueille un grand nombre de migrants forcés, provenant surtout d’Afrique. Nous savons que le phénomène migratoire est complexe et qu’il exige des plans d’action cohérents et concertés. Mais cette clé de lecture ouvre une perspective différente et plus large : elle nous fait comprendre comment nous sommes appelés à relire l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, en échangeant les dons de nos cultures respectives, et en particulier les fruits produits en elles par la fécondité du message du Christ. Et l’un de ces fruits est précisément le dialogue entre les personnes et entre les peuples, la rencontre dans un esprit de fraternité, qui permet de découvrir et d’apprécier mutuellement les valeurs dont l’autre est porteur. Ce chemin n’est pas facile, il exige de la bonne volonté et l’aide de Dieu, mais c’est le chemin qui mène à la civilisation de l’amour.

    Chers frères et sœurs, la devise de ce voyage apostolique était “Alzad la mirada”, “Levez les yeux!” (cf. Jn 4, 35). Ce sont les paroles de Jésus, adressées à ses premiers disciples, pour leur apprendre à voir dans les personnes et dans les foules le désir de vie, de vérité, de plénitude. C’est à moi d’abord que le Seigneur répète ces paroles, et par sa grâce, j’en ai fait l’expérience également au cours de ce voyage. Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous cette invitation : levons les yeux ! Apprenons de Jésus à regarder notre prochain, les gens, le monde «avec les yeux de Dieu», c’est-à-dire avec amour, respect et compassion.

    Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour le bon déroulement de ce voyage apostolique, en particulier les communautés de moniales contemplatives, qui, en Espagne, grâce à Dieu, sont très nombreuses. Continuez à prier, afin que, par l’intercession de la Vierge Marie, les graines que j’ai semées portent des fruits abondants. Merci !

  • Irak : l'histoire d'une communauté chrétienne sous pression

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    Du site de l'ECLJ :

    Les chrétiens irakiens : l'histoire d'une communauté sous pression

    18 juin 2026

    En deux décennies, la population chrétienne d'Irak a chuté de 85 %. Les descendants des Assyriens et des Babyloniens, héritiers de l'une des plus anciennes civilisations du monde, sont confrontés à une série d'épreuves incessantes qui rendent chaque jour plus difficile le choix de rester sur leur terre ancestrale.

    Le conflit israélo-iranien n'a pas épargné l'Irak, et la région autonome du Kurdistan irakien, au nord du pays, en subit de plein fouet les conséquences. Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), pris en étau par sa position géographique et la convergence d'intérêts stratégiques, est devenu, malgré lui, un théâtre de tensions. Dans ce contexte, les chrétiens se retrouvent une fois de plus en première ligne. Ankawa, commune chrétienne d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien et cœur de la communauté chrétienne du pays, se situe à quelques centaines de mètres seulement de la base militaire américaine de l'aéroport international d'Erbil, une proximité qui en fait une victime collatérale.

    Des attaques de drones menées par des milices chiites ont endommagé plusieurs bâtiments appartenant à l'archidiocèse chaldéen d'Erbil, notamment le complexe d'appartements Bienheureux Michel McGivney et le couvent des Filles chaldéennes de Marie Immaculée. La plaine de Ninive n'a pas été épargnée. Cette région, située à l'est et au nord de Mossoul, comprend plusieurs villes historiquement chrétiennes telles que Qaraqosh, Bartella, Karamlesh, Telkief et Alqosh, et demeure l'un des territoires les plus complexes du nord de l'Irak. Relevant du gouvernorat de Ninive, elle se trouve à la frontière entre les zones d'influence de Bagdad et du gouvernement régional du Kurdistan. Si certaines villes sont administrées par les autorités kurdes, d'autres relèvent du gouvernement fédéral ou sont marquées par la présence de divers groupes armés. Dans ce contexte particulièrement sensible, la ville de Bartella a également été touchée, cette fois par des frappes aériennes américaines.

    La ville de Bartella, située dans la province de Ninive, a été frappée par des drones américains en mars 2026.

    Contrairement aux épreuves passées, il n'y a aujourd'hui ni ligne de front clairement définie, ni refuge. Les missiles sont imprévisibles et peuvent frapper n'importe où. Une menace diffuse et invisible plane à nouveau sur une communauté qui semble ne jamais cesser de payer le prix de la guerre.

    Une communauté au bord de l'extinction

    Les chrétiens d'Irak ne constituent pas une simple minorité religieuse ; ils forment un peuple autochtone dont l'identité se perpétue grâce à l'usage du « sureth », une langue néo-araméen encore parlée dans la liturgie et au quotidien. Le Kurdistan irakien, et en particulier Ankawa à Erbil, ainsi que la plaine de Ninive, abritent une mosaïque de communautés. Parmi celles-ci figurent l'Église chaldéenne de rite catholique oriental, la plus importante d'Irak ; l'Église apostolique assyrienne d'Orient, dont le siège patriarcal est à Erbil ; l'Ancienne Église d'Orient (qui s'est séparée de l'Église apostolique assyrienne d'Orient en 1964) ; les Églises syriaque catholique et orthodoxe ; et les minorités arméniennes, descendantes des exodes du début du XXe siècle. Leur disparition ne serait pas un simple changement démographique, mais la fin d'une civilisation enracinée dans l'histoire.

    Messe de Pâques à la cathédrale syriaque orthodoxe Notre-Dame de la Lumière d'Ankawa, célébrée par Son Excellence Nicodème Daoud Sharaf

    Comme leECLJComme l'indiquait un rapport de mai 2025, la présence de ces chrétiens en Irak est menacée d'extinction. Avant l'invasion américaine de 2003, ils étaient environ 1,5 million. Depuis, ils sont victimes de violences aveugles. Dans les années 2000, une vague de violences ciblées et d'enlèvements a d'abord déferlé ; puis, en 2014, la conquête de la plaine de Ninive par l'État islamique a provoqué un exode massif vers l'Occident et les pays voisins. Selon un communiqué de presse de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) daté de juillet 2024, il n’en reste que 250 000 en raison de ce déclin continu, soit une baisse de 85 % en deux décennies.

    Lire la suite

  • Les jésuites quittent Liège...

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    Oui, c’est une page d’histoire qui se tourne à Liège.

    Les Jésuites quittent effectivement la Cité ardente en 2026, après plus de 456 ans de présence continue (depuis 1569 environ). La communauté de la rue Saint-Gilles fermera ses portes à la fin de l’année scolaire 2025-2026.

    • Les premiers Jésuites étaient arrivés peu après la fondation de la Compagnie (1540), avec des figures comme Pierre Canisius.
    • Ils fondèrent ou reprirent plusieurs établissements : le Collège en Isle (1582), le Collège des Anglais (1616), puis plus tard le Collège Saint-Servais (repris en 1838), le Collège Saint-Louis et l’Institut Gramme (début XXe siècle, aujourd’hui intégré à HELMo).
    • Leur rôle a été central dans l’éducation humaniste, la formation intellectuelle, la pastorale et l’engagement social à Liège pendant des siècles.

    Le départ s’inscrit dans une réorganisation plus large de la Province jésuite d’Europe occidentale francophone (EOF), liée au vieillissement des effectifs et à une baisse des vocations. Le dernier Jésuite en fonction au Collège Saint-Servais est parti à la retraite, scellant la décision.

    Les Jésuites ont incarné une tradition éducative exigeante (ratio studiorum), alliant rigueur intellectuelle, formation du caractère, discernement et ouverture au monde. Leur empreinte à Liège est profonde, et leur départ physique marque la fin d’une présence ininterrompue exceptionnelle.

    La perte d’une communauté religieuse résidente active (pastorale, accompagnement spirituel, animation intellectuelle) est bien réelle dans un contexte de sécularisation forte en Europe occidentale. Les Jésuites ont souvent été des « ponts » entre foi, culture et société ; leur retrait s’inscrit dans un mouvement plus large de déclin des ordres religieux en Belgique et en Europe.

    C’est une évolution triste pour ceux qui attachent de l’importance à cet héritage. Liège perd une part de son identité historique distinctive. La question plus large est celle de la transmission : comment préserver et actualiser cet esprit éducatif et spirituel sans les acteurs qui l’ont incarné pendant près de cinq siècles ?

    Même chose à Murcie : Le manque de vocations contraint les Jésuites à quitter Murcie après plus de 150 ans de présence

  • Cardinal Sarah vs Benoist de Sinety : quand deux visions de l'Eglise s'affrontent

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    De Mathilde de Virene sur Tribune Chrétienne :

    Le cardinal Robert Sarah et le père Benoist de Sinety : le choc de deux visions de l’Église

    Cardinal Sarah ( @tribunechretienne)- Père de Sinety ( Wiki)
    Cardinal Sarah ( @tribunechretienne)- Père de Sinety ( Wiki)
    Alors que le pape Léon XIV a lui-même rappelé le 23 avril 2026 qu'"un État a le droit d'imposer des règles à ses frontières", le père Benoist de Sinety continue de défendre une vision de l'accueil migratoire que beaucoup jugent déconnectée des réalités politiques et culturelles

    Entre défense de l’identité chrétienne et accueil sans limite, entre enracinement civilisationnel et ouverture universelle, deux conceptions de la mission de l’Église s’affrontent aujourd’hui. Une fracture qui traverse désormais une partie du catholicisme français et occidental. Le débat ne porte plus seulement sur l’immigration ou l’identité nationale. Il touche désormais à la compréhension même de l’Évangile et à la mission de l’Église dans le monde contemporain. À travers les prises de position du cardinal Robert Sarah et du père Benoist de Sinety, ce sont deux visions profondément différentes du christianisme qui apparaissent.

    Dans son récent ouvrage La cause du Christ : l’Évangile contre « l’identité chrétienne », le père Benoist de Sinety dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du christianisme. Il s’inquiète d’un catholicisme qui ferait de la défense de l’identité, de la civilisation ou des frontières une priorité. Selon lui, les migrants sont devenus les « boucs émissaires » des sociétés occidentales et la peur constitue l’un des principaux moteurs des débats actuels.

    Le cardinal Robert Sarah développe une analyse radicalement différente. Depuis plusieurs années, le prélat guinéen met en garde contre une Europe qui renonce à ses racines chrétiennes. Il compare régulièrement le continent à « un arbre qui a perdu ses racines et qui meurt ». Pour lui, la crise migratoire ne peut être abordée uniquement sous l’angle de l’émotion ou de la générosité immédiate. L’une de ses déclarations les plus marquantes demeure celle dans laquelle il qualifie l’immigration de masse de « triple trahison » et même de « nouveau type d’esclavage ». Selon le cardinal, les premières victimes sont souvent les peuples africains eux-mêmes, privés de leurs forces vives, tandis que les passeurs et les réseaux criminels prospèrent sur la détresse humaine : « Le meilleur accueil que l’on puisse faire aux migrants, c’est de développer leur pays pour qu’ils restent chez eux », a-t-il notamment affirmé.

    Au-delà de la question migratoire, le désaccord touche également la notion d’identité chrétienne. Le père Benoist de Sinety voit dans cette expression un risque de fermeture et d’exclusion. À l’inverse, le cardinal Sarah estime qu’une civilisation qui renonce à son héritage spirituel finit inévitablement par disparaître. Il rappelle que l’accueil n’a de sens que si celui qui accueille sait encore qui il est. Cette opposition révèle deux lectures différentes de la charité chrétienne. Pour le père Benoist de Sinety, celle-ci se traduit avant tout par l’accueil concret et immédiat de celui qui frappe à la porte. Pour le cardinal Sarah, la charité ne peut être réduite à une simple assistance matérielle. Il rappelle régulièrement que l’Église n’est pas une organisation humanitaire parmi d’autres et que sa première mission demeure l’annonce du Christ et le salut des âmes.

    Aux yeux de nombreux catholiques, le risque est celui d’un christianisme réduit à un message social, où la défense des migrants, porteurs eux aussi de leur identité et de leur religion,finirait par occulter les questions de vérité, de conversion et de transmission de la foi. Ils voient dans certaines prises de position contemporaines une forme de naïveté face aux défis civilisationnels que connaît l’Europe. À l’inverse, les partisans de la ligne défendue par le père Benoist de Sinety estiment que l’Évangile exige un accueil généreux. « Jésus n’a pas besoin d’être défendu », affirme le prêtre, qui voit dans l’usage de l’identité chrétienne une déformation du message universel porté par le Christ. » Ce débat dépasse largement la France. Il traverse aujourd’hui l’ensemble du monde catholique. Derrière les discussions sur l’immigration ou l’identité se joue en réalité une question fondamentale : comment annoncer le Christ dans une civilisation qui doute de ses racines et de son avenir ? Sur ce point, le cardinal Robert Sarah demeure l’une des voix les plus fortes et les plus écoutées du catholicisme contemporain.

  • Les ordinations sacerdotales continuent de diminuer en Pologne

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Les ordinations sacerdotales continuent de diminuer en Pologne

    Pour la première fois de ce siècle, le pays enregistrera moins de 200 ordinations sacerdotales cette année.

    Au total, 196 nouveaux prêtres devraient être ordonnés en Pologne cette année, poursuivant ainsi une baisse à long terme de leur nombre.

    L'agence d'information catholique polonaise KAI a rapporté que 130 des candidats seront des prêtres diocésains et 66 serviront au sein d'ordres religieux.

    On prévoit que 2025 sera la première année du XXIe siècle où la Pologne enregistrera moins de 200 ordinations sacerdotales. On en comptait 208 en 2025 et 235 en 2024.

    La baisse des ordinations sacerdotales devrait se faire sentir bien au-delà de la Pologne, car ce pays a traditionnellement fourni des prêtres à d'autres pays européens, tant à l'Est qu'à l'Ouest. La Pologne a également longtemps été une source importante de prêtres missionnaires pour l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie.

    Malgré le déclin continu du nombre de vocations sacerdotales, la Pologne demeure le pays européen qui enregistre le plus grand nombre de nouvelles vocations sacerdotales. En France, par exemple, on comptait 90 nouveaux prêtres en 2025, contre 25 en Allemagne .

    La Pologne a une population totale inférieure à celle de la France et de l'Allemagne, mais elle compte un plus grand nombre de catholiques baptisés et un taux de fréquentation de la messe nettement supérieur à celui de ces deux pays.

    Les nouveaux prêtres ordonnés en 2026 seront répartis de manière inégale entre les diocèses de Pologne. Tarnów, souvent décrit comme le diocèse le plus « religieux » du pays en raison de son taux de fréquentation des messes le plus élevé, comptera 14 ordinations en 2026, soit une de plus qu'en 2025.

    Les chiffres suivants les plus élevés se trouvent dans les deux diocèses de la capitale, Varsovie. Le diocèse de Varsovie-Praga, qui couvre l'est de la ville, comptera neuf nouveaux prêtres. L'archidiocèse de Varsovie, à l'ouest, en comptera huit, dont cinq ont étudié au séminaire Redemptoris Mater, rattaché au Chemin néocatéchuménal.

    L'archidiocèse de Cracovie, étroitement lié à saint Jean-Paul II et qui fut jadis un foyer de vocations, ne comptera que quatre nouveaux prêtres en 2026, contre sept en 2025 et treize en 2024.

    Selon KAI, le nombre de diocèses catholiques latins sans ordination est passé de six en 2025 à sept en 2026. Les trois éparchies gréco-catholiques de Pologne — qui ne desservent qu'une fraction de la population par rapport aux diocèses catholiques latins — n'ont accueilli aucun nouveau prêtre ni en 2025 ni en 2026.

    KAI a noté que certains diocèses n'auront pas d'ordinations cette année en raison d'un changement dans la formation au séminaire, qui dure désormais sept ans au lieu de six en raison de l'ajout d'une année propédeutique (préliminaire).

    En mai, l'Ordinariat militaire de Pologne a procédé à ses premières ordinations sacerdotales depuis 14 ans.

    Selon l'Annuarium Statisticum Ecclesiae in Polonia , un aperçu numérique annuel publié par l'Institut des statistiques de l'Église catholique, la quasi-totalité des 42 diocèses catholiques latins de Pologne ont connu une baisse du nombre de prêtres incardinés entre 2018 et 2024.

    Le nombre total de prêtres diocésains à l'échelle nationale a diminué de 6,4 %, passant de 24 876 à 23 274. La baisse la plus marquée a été enregistrée dans le diocèse de Łomża, dans le nord-est de la Pologne, où le nombre est passé de 588 à 512, soit une réduction de près de 13 %.

    Le cas le plus exceptionnel était celui de l'archidiocèse de Varsovie, où le nombre de prêtres est passé de 855 à 909, soit une augmentation de plus de 6 %.

    Commentant le déclin global et constant du nombre de prêtres, le père Jan Frąckowiak a déclaré à KAI que cela pouvait être considéré comme un retour à la normale pour l'Église en Pologne.

    « La baisse systématique du nombre de nouveaux prêtres ordonnés s'explique par le fait que nous sommes actuellement en phase de déclin par rapport au pic des vocations atteint dans les 1 060 ans d'histoire de l'Église en Pologne », a déclaré Frąckowiak, recteur d'un séminaire à Poznań et président de la Conférence des recteurs des grands séminaires diocésains et religieux du pays.

    « Jamais auparavant dans l’histoire nous n’avions eu plus de 40 diocèses, dont presque chacun possédait son propre séminaire – généralement très important – et, de surcroît, un séminaire complet. Cela ne s’est produit qu’une seule fois dans l’histoire, et il semble actuellement que nous revenions à la norme historique. »

    Évoquant les causes de ce déclin, il a déclaré : « Je citerais par exemple le déclin démographique, la diminution de la proportion de croyants et de catholiques pratiquants dans la société, et la moindre capacité des jeunes générations à prendre des engagements définitifs. »

    Le taux de fécondité en Pologne a atteint un nouveau plancher de 1,068 en 2025, bien en dessous du seuil de remplacement de 2,1. L'agence statistique nationale du pays prévoit que la population pourrait passer d'environ 37,3 millions actuellement à 29,4 millions d'ici 2060, soit une baisse de plus de 20 % au cours des 35 prochaines années.

     
  • Le pape met en garde contre le risque d'aggravation du schisme lors des ordinations d'évêques de la FSSPX

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    Le pape met en garde contre le risque d'aggravation du schisme lors des ordinations d'évêques de la FSSPX

    La Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a annoncé son intention de consacrer quatre prêtres comme évêques le 1er juillet sans l'autorisation du pape Léon XIV.

    CASTEL GANDOLFO, Italie — Le pape Léon XIV a averti que l'ordination prévue d'évêques de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) pourrait pousser le groupe vers le schisme, les exhortant une fois de plus à s'arrêter et à rester en communion avec l'Église.

    « Nous les avons invités, et j'envisage encore de lancer un nouvel appel, pour leur dire : “Ne faites pas cela. Essayons de vivre la communion dans l'Église.” Mais c'est leur choix. Ils doivent comprendre ce que cela signifie pour eux et pour l'Église », a déclaré le pape, répondant aux questions des journalistes devant la Villa Barberini à Castel Gandolfo le 16 juin.

    La Fraternité Saint-Pie-X a annoncé son intention de consacrer quatre prêtres évêques le 1er juillet, sans l'autorisation du pape Léon XIV. Le Vatican avait averti le 13 mai qu'une telle décision, prise sans mandat papal, constituerait un acte schismatique passible d'excommunication. Les consécrations auront lieu au séminaire de la FSSPX à Écône, en Suisse.

    « Certes, la division entre chrétiens est toujours une chose douloureuse », a déclaré le pape. « Mais ils refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par divers points du concile Vatican II. Et s’ils persistent dans ces choix, je le regrette. Mais nous devons aller de l’avant. »

    La FSSPX célèbre exclusivement la messe traditionnelle en latin et a rejeté certains enseignements et réformes du concile Vatican II, notamment en ce qui concerne la liberté religieuse et l'approche de l'Église vis-à-vis des autres confessions.

    Le pape a également répondu à des questions sur la diplomatie du G7, ses futurs voyages en France et au Pérou, et sur la réponse chrétienne aux migrations qui appelle à reconnaître les raisons pour lesquelles les gens doivent quitter leur pays, telles que la violence et la guerre.

    Commentaire sur InfoVaticana :

    À quoi faut-il adhérer pour être catholique ? Les doutes soulevés par la déclaration du pape

    Car l’expression « divers points du Concile » constitue une limite qu’il convient de définir clairement. L’Église distingue entre les dogmes, les doctrines définitives et les enseignements du Magistère authentique. S’il existe un cadre doctrinal complet visant à clarifier les exigences de chaque enseignement, il semble raisonnable d’exiger qu’il soit appliqué avec précision lorsqu’il s’agit de déterminer si l’on demeure dans la communion ecclésiale ou non.

    Dès lors, je pose la question : dois-je croire en Lumen Gentium de la même manière que je crois en la divinité du Christ ? Dois-je croire en Dignitatis Humanae avec la même adhésion qu’à l’Immaculée Conception ? La liberté religieuse relève-t-elle du dépôt de la vérité révélée ou d’une formulation prudentielle appliquée à des circonstances historiques particulières ? Et si la réponse est la première, à quel moment a-t-elle été définie comme une vérité révélée par Dieu et proposée comme telle par l’Église ?

    Par ailleurs, dois-je m’en tenir uniquement au texte conciliaire ou également à une interprétation particulière de celui-ci ? Car l’expérience des soixante dernières années semble indiquer que la controverse porte moins sur les mots écrits eux-mêmes que sur la manière de les lire. S’il est obligatoire d’adopter une herméneutique particulière, il serait utile de savoir laquelle, qui la définit et avec quel degré d’autorité elle s’impose.

    Benoît XVI a jugé nécessaire de consacrer un discours célèbre à l'explication de ce qu'on appelle « l'herméneutique de la continuité ». Mais si un document requiert une théorie interprétative complète pour démontrer qu'il ne contredit pas les formulations antérieures du Magistère, il est difficile de soutenir en même temps que son sens est si évident qu'il puisse servir de critère immédiat pour déterminer qui demeure pleinement en communion avec l'Église.

    La même question se pose concernant la liturgie. Est-il obligatoire de considérer la réforme liturgique issue du Concile comme l'expression la plus aboutie de l'Église dans son histoire ? Dois-je croire que les nouvelles prières eucharistiques de Bugnini constituent un progrès par rapport au Canon romain en vigueur depuis des siècles ? Dois-je affirmer que l'offertoire introduit après la réforme exprime plus pleinement la théologie de la messe que les formules traditionnelles ? Est-ce une question de foi ou un sujet ouvert à un débat légitime ?

    La tradition catholique a toujours considéré que le Credo et les dogmes définissent la foi. Cependant, dans la pratique contemporaine, une logique semble gagner du terrain selon laquelle Vatican II ne serait plus simplement un concile œcuménique à recevoir en fonction de la nature de ses enseignements, mais une sorte de métacritère ou de super-dogme capable de déterminer rétrospectivement toute l'orthodoxie catholique.

    Je ne cherche pas à savoir ce qui définit le progressisme ou le conservatisme, ni quelle interprétation privilégient certains théologiens ou papes. Ma question est bien plus fondamentale : que dois-je croire précisément pour rester catholique ? Que signifie exactement pour le pape ces « éléments fondamentaux de l’Église » énoncés lors du concile Vatican II, auxquels nous devons nécessairement adhérer pour être en communion ?