Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Eglise

  • Entre les mains du Pape : le « remède marial » à la débacle actuelle

    IMPRIMER

    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Entre les mains du Pape, le « remède marial » aux maux du monde

    Depuis des décennies, on invoque la paix, mais les guerres se multiplient et, au sein de l'Église, la situation n'est pas meilleure. La voix des simples demande au Saint-Père un acte solennel capable de dissiper les ténèbres et de « déchaîner » la grâce : proclamer Marie mère spirituelle de tous les hommes, corédemptrice, médiatrice et avocate.

    22/08/2026

    « Peut-être que l’Abanà et le Parpar, les fleuves de Damas, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être guéri ? » (2 Rois 5, 12). La réaction du chef de l’armée du roi d’Aram, Naaman, illustre parfaitement la manière dont l’homme se comporte face aux problèmes qui l’affligent. On s’observe et on se rend compte qu’on est atteint de la lèpre ; on cherche de l’aide auprès des hommes, mais en vain. Puis, la voix humble d’une femme étrangère nous indique le remède et, dans notre désespoir, on espère toujours qu’un miracle puisse se produire. Mais lorsque l’homme de Dieu nous demande ensuite de faire quelque chose de simple, nous commençons à avancer nos propres raisonnements : si je devais me plonger dans les eaux d’un fleuve pour guérir, pourquoi pas dans celles que je considère comme les meilleures ? Aux yeux de Naaman, les eaux de l’Abanà et du Parpar semblaient plus salubres et plus abondantes que celles du Jourdain : quel genre d’homme de Dieu est-ce donc qui ne s’en rend pas compte ? Ce n’est sans doute qu’un bigot et un simple d’esprit, qui n’est jamais sorti de son pays et ignore qu’il existe des eaux bien meilleures en dehors de la terre d’Israël.

    Depuis des décennies, on ne cesse de parler de paix, et depuis des décennies, la guerre fait rage aux quatre coins du monde, augmentant sans cesse son potentiel d’anéantissement total de la planète. Depuis des décennies, on entonne des hymnes à la liberté, et depuis des décennies, la vie de l’homme, tant personnelle que sociale, est de plus en plus contrôlée et manipulée. Depuis des décennies, les institutions éducatives (ou prétendues telles) élaborent des projets « scientifiques » pour l’éducation des jeunes générations, et depuis des décennies, l’effronterie, l’impolitesse et la violence se développent de manière démesurée et sont désormais hors de contrôle. Depuis des décennies, la science nous assure avoir trouvé le remède définitif contre le cancer, le diabète, l’hypertension et l’oignon, et depuis des décennies, les maladies chroniques dégénératives se multiplient dans l’ensemble de la population.

    Si nous regardons à l’intérieur des murs de notre Église bien-aimée, la situation n’est pas meilleure. Des années et des années de nouvelle évangélisation, de pastorale des jeunes, de pastorale familiale, de pastorale des migrants, de pastorale de la pastorale, de « marcher ensemble », d’inclusion ; des bureaux par-ci, des colloques par-là, des réunions, des congrès, des synodes, de la formation permanente et Dieu seul sait quoi d’autre encore. Et des années et des années de baisse constante des vocations sacerdotales et religieuses, de couvents vendus, d’églises fermées, d’effondrement des mariages, d’avancée continue de la sécularisation, de nouveaux mouvements religieux ; partout des hérésies, partout des schismes, partout la charité se refroidit.

    Face à ce spectacle, l’idée que la guérison puisse venir de quelque chose d’aussi simple que de s’immerger dans les eaux du Jourdain suscite l’indignation, la protestation et quelques sourires plus ou moins compatissants. Mieux vaut les eaux connues de l’Abanà et du Parpar, de nos projets et de nos initiatives, éprouvées et soutenues par la diplomatie, la culture et la science, même si elles se sont révélées être des eaux stériles, incapables de donner et de rendre la vie et le salut.
    Mais alors, la voix des simples rappelle qu’il y a un prophète en Samarie, et qu’en faisant simplement ce que le prophète ordonne, le salut est encore possible. Va vers le prophète, écoute sa voix qui te dit de te baigner sept fois dans le Jourdain. Et face à l’objection trop humaine « pourquoi le Jourdain ? Pourquoi pas les fleuves de chez nous ? », souviens-toi que l’Arche de l’Alliance, la demeure du Très-Haut, est entrée dans les eaux du Jourdain (cf. Jos 3, 14-17).

    Depuis des décennies, on assiste non seulement à une décadence, sous les yeux de tous, mais aussi à la voix de nombreux humbles du Seigneur qui ont demandé et continuent de demander au Pape de plonger l’Église et le monde dans les eaux du Jourdain, afin que disparaisse cette terrible lèpre qui défigure et ronge leurs chairs : qu’il proclame depuis sa chaire le dogme de Marie, mère spirituelle de tous les hommes, corédemptrice, médiatrice et avocate. Des années d’initiatives, des millions de pétitions adressées au Saint-Siège pour qu’il reconnaisse publiquement et solennellement que Dieu a voulu et veut nous sauver « par la main d’une femme » (Jdt 13, 15), cette femme qui est notre véritable mère, car nous sommes membres du corps du Fils divin.

    Dieu veut que son peuple, son Église, la reconnaissent comme véritable mère dans le plan du salut des hommes : il veut qu’ils reconnaissent l’accouchement douloureux par lequel elle nous a engendrés, en s’associant au Christ en tant que corédemptrice ; il veut qu’ils la reconnaissent comme nourricière des hommes, leur dispensant à tous et à chacun les grâces du salut ; il veut qu’ils la reconnaissent comme leur tutrice, toujours prête à protéger ses enfants et à intercéder en leur faveur. Il veut non seulement qu’ils la reconnaissent comme mère, mais aussi qu’ils fassent l’expérience qu’elle est la femme prévue depuis l’éternité pour que, unie à son Fils, elle écrase la tête de l’ancien serpent, abatte pour toujours ses deux « créatures » infernales – la bête qui monte de la mer et la bête qui monte de la terre (cf. Ap 13, 1.11) –, qui entraînent tous les hommes dans l’erreur, le vice et les ténèbres.

    Le Saint-Père a une responsabilité immense et solennelle envers l’humanité tout entière : il peut ouvrir les portes du Ciel, en proclamant Marie véritable mère de tous les hommes dans l’ordre de la grâce, et offrir ainsi au monde et à l’Église une ère de paix véritable et durable. Il a à ses côtés le peuple de Dieu, qui attend ce moment depuis des années ; il s’appuie sur une théologie désormais mûre pour expliquer en quoi consiste cette maternité, dans sa dimension corédemptrice et de médiation, et pour écarter tout malentendu éventuel ; il bénéficie de l’exemple et de l’intercession de nombreux saints, y compris le saint pontife Jean-Paul II, qui a tant contribué à faire mûrir la réflexion de l’Église à ce sujet.

    Mais si, d’une part, la pensée du grand bien qui pourra découler de cet acte solennel encourage, réconforte et donne de l’espoir au milieu de la grande tribulation que nous traversons, d’autre part, il n’est pas possible de cacher l’inquiétude, voire la consternation, qui envahit l’âme à l’idée que, une fois de plus, cette grande occasion de répondre au désir du Ciel de glorifier la Mère puisse être reportée. Une pensée qui n’est certainement pas lointaine à la lumière du triste et incompréhensible pas en arrière que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a fait avec la Note doctrinale *Mater populi fidelis*.

    Notre prière pour le Saint-Père doit être de plus en plus insistante, afin qu’il ait l’humilité, la lumière et le courage d’accomplir le grand acte qui dissipera les ténèbres obscures du mal, qui recouvrent désormais chaque recoin de la terre et du cœur de l’homme ; de plonger l’Église et le monde dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant la puissance salvatrice de la nouvelle Arche de l’Alliance. Le monde attend ; chaque homme et chaque créature retiennent leur souffle, attendant de celui qui a reçu le pouvoir de lier et de délier qu’il ouvre les portes du Ciel.

  • Augustin, Irénée, Newman et le rôle de Marie dans le salut

    IMPRIMER

    De Mark Miravalle sur la NBQ :

    Augustin, Irénée, Newman et le rôle de Marie dans le salut

    Le rôle de la Vierge dans la Rédemption humaine vu par trois grands docteurs de l’Église. Une vérité qui doit être solennellement proclamée au milieu de la confusion doctrinale actuelle afin de conduire à la paix promise et attendue dans l’Église et dans le monde, en apportant de grandes grâces, comme l’a également souhaité sainte Thérèse de Calcutta.

    22/08/2026

    Envoie-la depuis les cieux saints, envoie-la depuis ton trône glorieux, afin qu’elle m’assiste et m’accompagne dans mes efforts et que je sache ce qui te plaît. En effet, elle sait tout et comprend tout, et elle me guidera avec prudence dans mes actions et me protégera par sa gloire (Sag. 9, 10-12).

    Je voudrais commencer par la fin, c’est-à-dire par une conclusion que je considère comme fondamentalement et urgemment vraie : il n’y aura aucun rétablissement profond de la paix et de l’unité au sein de l’Église et dans le monde sans la reconnaissance formelle de Marie, Mère spirituelle de toute l’humanité, comme remède divinement désigné pour nos crises ecclésiales et mondiales actuelles. L’impératif catholique de prêcher, d’enseigner et de vivre Marie dans la plénitude de la vérité et de l’amour doit être fait sien tant par le clergé que par les laïcs, par les évêques et les religieux, depuis les membres les plus humbles du peuple fidèle jusqu’aux plus hauts échelons de la hiérarchie. Dieu l’a en effet « envoyée des cieux saints » et je crois qu’en ce moment précis de l’histoire humaine, nous avons un besoin urgent de sa guidance, de sa sagesse et de sa grâce.

    Qui est Marie et quel est son véritable rôle pour l’humanité, au point qu’il soit urgent et indispensable de reconnaître toute la « vérité sur Marie », selon les paroles de saint Jean-Paul II ? (1) De quelle manière trois grands docteurs de l’Église, dont les vies couvrent tout le cours de l’histoire chrétienne, contribuent-ils à une compréhension authentiquement catholique du rôle de Marie dans la Rédemption humaine ?

    Saint Augustin

    Tout comme c’est le cas pour les styles artistiques, en littérature et dans la mode, il existe également des tendances en théologie. En ce moment, saint Augustin (345-430) est « à la mode ». Cela tient en grande partie à un certain religieux augustinien américain qui a récemment été élu Vicaire du Christ.

    L’éclat et la sagesse classiques du Docteur de la grâce, l’un des plus grands esprits et cœurs de l’histoire de l’Église, font d’Augustin une figure éternellement d’actualité. Examinons seulement trois aspects de sa vaste sagesse, qui ont une pertinence immédiate pour le rôle de Marie dans le salut.
    Commençons par la perle par excellence d’Augustin sur Notre-Dame et le Corps mystique : « [Marie] est sans aucun doute la mère de ses membres, que nous sommes, en ce sens qu’elle a coopéré par l’amour à engendrer pour l’Église les fidèles, qui forment les membres de ce chef » (2). Marie est à la fois la mère physique du Christ, chef divin du corps, et la mère spirituelle de tous ceux qui sont mystiquement unis au chef. Le pape saint Pie X en donne cette explication magistérielle :

    « Marie n’est-elle pas la Mère de Dieu ? Elle est donc aussi notre Mère. […] Or, en tant qu’Homme-Dieu, Il a un corps comme les autres hommes ; en tant que Rédempteur de notre race, Il a un Corps spirituel ou, comme on dit, mystique, qui n’est autre que la communauté des chrétiens liés à Lui par la foi […]. On peut dire que Marie, en portant Jésus dans son sein, y portait aussi tous ceux dont la vie était contenue dans la vie du Sauveur. Ainsi, nous tous […] devons nous considérer comme sortis du sein de la Vierge, tels un corps attaché à sa tête. C’est pourquoi, en vérité, nous sommes appelés, dans un sens spirituel et tout à fait mystique, les enfants de Marie, et Elle, pour sa part, est la mère de nous tous »(3).

    La maternité spirituelle de Marie est un enseignement certain du Concile Vatican II. Les Pères conciliaires ont intégré l’essence de l’enseignement augustinien-mariologique dans Lumen Gentium, n° 61, où l’on conclut à juste titre que Marie « est mère dans l’ordre de la grâce » (4). Sur quels fondements théologiques le Concile a-t-il justifié cette maternité spirituelle ? Cela tient à sa participation unique et antérieure à l’œuvre de la Rédemption, aux côtés du Christ et sous sa conduite : « elle a coopéré d’une manière tout à fait spéciale à l’œuvre du Sauveur, par son obéissance, sa foi, son espérance et sa charité ardente, afin de restaurer la vie surnaturelle des âmes » (5). La Mère de Jésus réalise cette coopération tout à fait unique, depuis la conception de Jésus jusqu’au Calvaire, « en concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant au Père dans le temple, en souffrant avec son Fils mourant sur la croix » (6). Le Concile de Vatican II confirme que Marie est notre mère spirituelle dans l’ordre de la grâce, précisément parce qu’elle a avant tout coopéré à notre Rédemption – une maternité spirituelle fondée sur la corédemption.

    En second lieu, saint Augustin précise un titre particulier pour mettre en évidence le rôle subordonné de Marie par rapport à Jésus dans la Rédemption humaine : « coopératrice » (7). Saint Jean-Paul II commente ainsi ce titre augustinien pour la corédemption de Marie :

    « Au fil des siècles, l’Église a réfléchi à la coopération de Marie à l’œuvre du salut, en approfondissant l’analyse de son association au sacrifice rédempteur du Christ. Déjà saint Augustin attribue à la Vierge le titre de « coopératrice » de la Rédemption (cf. saint Augustin, De Sancta Virginitate, 6 ; PL 40, 399), titre qui souligne l’action conjointe et subordonnée de Marie au Christ Rédempteur » (8).

    Dans l’Église, les titres ont toujours été utilisés pour résumer une vérité doctrinale en un seul terme, même lorsqu’une explication adéquate reste néanmoins nécessaire. Certes, les titres mariaux de « Mère de Dieu », « Immaculée Conception » et même « Tout-Puissante par la grâce », ce dernier ayant été récemment utilisé par le pape Léon (9), requièrent tous une explication approfondie pour en transmettre le sens correct et éviter les malentendus. Le même raisonnement à l’appui de la légitimité peut certainement s’appliquer au titre de « Corédemptrice ».

    En troisième lieu, saint Augustin nous offre la maxime catholique classique qui exprime l’impératif providentiel pour tous les êtres humains de coopérer librement à l’œuvre rédemptrice du Christ : « Celui qui t’a formé sans toi ne te rendra pas juste sans toi » (10). L’humanité est appelée à coopérer librement et activement avec la grâce de Dieu pour atteindre le salut personnel, ainsi que pour participer au salut des autres.

    Lire la suite

  • Marie, Reine de l'Univers

    IMPRIMER

    Fra%20angelico-le%20couronnement%20de%20la%20Vierge_1440-1441-Florence%20cellule%209-Wikimedia%20CC_0.jpg

    Le Couronnement de la Vierge par fra Angelico (Florence, couvent de San Marco)

    Du site "Marie de Nazareth" :

    Une fête instituée par Pie XII en 1954 :

    La fête est instituée en 1954, dans le contexte encore dramatique de l'après guerre, quelques années après le dogme de l'Assomption (1950) et dans la ferveur du couronnement de Notre Dame de Fatima.

    Initialement prévue le 31 mai, la fête a ensuite été déplacée par Paul VI au 22 août.

    Pie XII s'appuie sur l'Evangile et la parole de l'Archange Gabriel prédisant que le Fils de Marie régnerait éternellement.

    Il s'appuie aussi sur les pères de l'Eglise et la liturgie d'Orient qui ont appelé Marie reine ou souveraine, et sur la liturgie d'Occident et le Salve Regina qui salue Marie comme reine et mère de miséricorde.


    Citons l'un des passages centraux de son encyclique :

    24. En effet, "Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l'offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d'une manière toute spéciale" [...]
    25. Comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu'il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d'affirmer, par une certaine analogie, que la Sainte Vierge est Reine, et parce qu'elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Eve, elle fut associée au nouvel Adam. [...]

    30. Que tous les fidèles chrétiens se glorifient donc d'être soumis à l'empire de la Vierge Mère de Dieu qui dispose d'un pouvoir royal et brûle d'amour maternel. [...]

    38. Quiconque donc honore la Souveraine des Anges et des hommes - et que personne ne se croie exempté de ce tribut de reconnaissance et d'amour - l'invoque aussi comme la Reine très puissante, médiatrice de paix : qu'il respecte et détende la paix, qui n'est ni injustice impunie ni licence effrénée mais concorde bien ordonnée dans l'obéissance à la volonté de Dieu ; c'est à la conserver et à l'accroître que tendent les exhortations et les ordres maternels de la Vierge Marie.

    Pie XII, Encyclique Ad Cœli Reginam sur la Royauté de Marie 11 octobre 1954,

    § 24.25.30.38

    La royauté de Marie appelle une réponse de notre part :

    Pie XII demande une consécration du monde en ce jour-là :

    "Nous ordonnons également que, ce jour-là, on renouvelle la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie."

    S. S. Pie XII,

    Lettre Encyclique Ad Cœli Reginam sur la Royauté de Marie, 11 octobre 1954, § 34

    Paul VI demande une consécration personnelle en ce jour-là :

    "Nous exhortons tous les fils de l’Eglise à renouveler personnellement leur propre consécration au Cœur Immaculé de la Mère de l’Eglise, et à mettre en pratique cet acte très noble de culte en menant une vie toujours plus conforme à la volonté divine, dans un esprit de service filial et de sainte imitation de leur Reine du ciel."

    (Paul VI, Exhortation apostolique Signum Magnum II,8)

    Le rite catholique romain pour le 22 août, Marie Reine (mémoire):

    L'antienne d'ouverture souligne l'humilité de Marie et sa proximité du Christ :

    Humble servante du Seigneur, la Vierge Marie, notre Reine, se tient aux côtés du Christ.

     

    L'oraison est pleine d'espérance :

    Dieu qui a voulu que la Mère de ton Fils soit notre Mère et notre Reine, fais que, soutenus par son intercession, nous obtenions dans le ciel la gloire promise à tes enfants.

    http://www.mariedenazareth.com/qui-est-marie/22-aout-marie-reine-de-lunivers-calendrier-romain#sthash.RyGdRCWX.dpuf

  • Marie Reine et Mère du peuple chrétien (22 août)

    IMPRIMER

    sandro-botticelli-the-madonna-of-the-magnificat-detail-of-the-virgin-s-face-and-crown-1482-detail-n-1584751-0.jpgSainte Marie Reine (Mémoire) (source : EAQ)

    Extraits de l’Encyclique du Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958)

    « Ad Cæli Reginam » §22-26, §36, §39

    L'argument principal sur lequel se fonde la dignité royale de Marie, déjà évident dans les textes de la tradition antique et dans la sainte Liturgie, est sans aucun doute sa maternité divine. Dans les Livres Saints, en effet, on affirme du Fils qui sera engendré par la Vierge : « Il sera appelé Fils du Très-Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il régnera dans la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin » (Luc. 1, 32, 33) ; en outre, Marie est proclamée « Mère du Seigneur » (Luc 1,43). Il s'en suit logiquement qu'elle-même est Reine, puisqu'elle a donné la vie à un Fils qui, dès l'instant de sa conception, même comme homme, était, à cause de l'union hypostatique de la nature humaine avec le Verbe, Roi et Seigneur de toutes choses. St Jean Damascène a donc raison d'écrire : « Elle est vraiment devenue la Souveraine de toute la création au moment où elle devint Mère du Créateur » (St. Jean Damascène, De fide orthodoxa) et l'Archange Gabriel lui-même peut être appelé le premier héraut de la dignité royale de Marie.

    Cependant la Bienheureuse Vierge doit être proclamée Reine non seulement à cause de sa maternité divine mais aussi parce que selon la volonté de Dieu, elle joua dans l'œuvre de notre salut éternel, un rôle des plus éminents.

    Lire la suite

  • Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie

    IMPRIMER

    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/MONGOLIE - Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie

    20 août 2026
     

    Oulan-Bator (Agence Fides) – Le père Robert Goessens, missionnaire belge de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM), est décédé le 15 août au Japon, à l’âge de 97 ans. Figure clé des débuts de la présence catholique contemporaine en Mongolie, il avait fait partie, en juillet 1992, du premier groupe de trois missionnaires de la CICM arrivés à Oulan-Bator, dans un pays qui sortait alors de plusieurs décennies de régime communiste. Aux côtés du père Wenceslao Padilla, missionnaire philippin qui allait devenir le premier Préfet Apostolique d’Oulan-Bator, et du père Gilbert Sales, le père Goessens fut chargé de lancer la mission. Arrivés le 10 juillet 1992, à la veille de la fête nationale du Naadam, les trois religieux se sont retrouvés face à une tâche tout à fait nouvelle : apprendre la langue mongole, aller à la rencontre d’une population qui ne connaissait que peu ou pas du tout le catholicisme et jeter patiemment les bases d’une communauté ecclésiale.

    Avant de rejoindre Oulan-Bator, le père Goessens avait profondément marqué le paysage pastoral et social du Kansai. Arrivé au Japon le 2 octobre 1955, peu après son ordination sacerdotale, il y avait exercé son ministère pendant près de quatre décennies, notamment dans le diocèse d’Osaka et dans la paroisse de Sakai. Outre ses activités paroissiales, il s’était distingué par son engagement pionnier dans le domaine de l’action sociale et de l’enfance. Il a notamment fondé l’organisme médico-social Junshinkai (社会福祉法人 淳心会), sous l’égide duquel plusieurs jardins d’enfants et crèches (Heiwa no Sono) ont été créés. Cette attention portée aux plus vulnérables et aux enfants, associée à un profond respect des cultures locales, constituera la marque distinctive qu’il mettra ensuite en œuvre avec succès sur le sol mongol.

    Né en Belgique en 1928, le père Goessens avait déjà à son actif une longue expérience missionnaire au Japon, où il avait vécu et exercé son ministère pendant 37 ans avant son départ pour la Mongolie. Sa connaissance de l’Asie et son expérience pastorale ont été mises au service de cette nouvelle mission confiée aux « Scheutistes », nom sous lequel sont communément appelés les membres de la CICM, fondée à Scheut, près de Bruxelles, par le père Théophile Verbist.

    Au début, les missionnaires ont vécu à l’hôtel avant d’emménager dans un appartement. Ils célébraient la messe pour les catholiques étrangers résidant dans la capitale et proposaient des cours d’anglais. Ils accueillaient également les Mongols désireux de comprendre leur présence et leur mode de vie. « Aucun d’entre nous ne savait comment s’y prendre. Nous n’avions donc élaboré aucun plan avant notre arrivée, car nous voulions d’abord prendre la température », confiait-il à l’agence APIC en 2001. Cette présence s’est rapidement traduite par des initiatives sociales, notamment en faveur des enfants des rues. Avec le soutien des autorités mongoles, la mission catholique a participé à la création d’un centre d’accueil pouvant héberger une centaine d’enfants, tout en développant des activités éducatives et des cours de langue. Par la suite, l’œuvre a pris de l’ampleur et a notamment favorisé l’arrivée d’autres missionnaires issus de différentes congrégations religieuses.

    L’action des premiers missionnaires de la CICM se caractérisait par le refus du prosélytisme et par la volonté d’établir des relations respectueuses avec la société mongole, ses traditions religieuses et ses autorités, selon le principe « venez et vous verrez », une attitude qui devait permettre à l’Église catholique de se développer lentement mais sereinement. En 2012, le père Goessens était revenu en Mongolie pour participer aux célébrations du vingtième anniversaire du retour de la présence catholique dans le pays et pour retrouver les personnes avec lesquelles il avait partagé les années fondatrices de cette mission. Ce voyage fut sa dernière visite en Mongolie.

    Dans un message de condoléances, la Préfecture apostolique d’Oulan-Bator a rendu hommage à celui qu’elle décrit comme l’un des premiers missionnaires à avoir contribué à jeter les fondations de l’Église catholique mongole. Le communiqué rappelle son fidèle service, accompli aux côtés de ses confrères, ainsi que son engagement à semer « la foi, l’espérance, la compassion et l’amour » parmi le peuple mongol. Les confrères de la CICM au Japon ont célébré la messe funéraire du père Robert Goessens le 18 août, rendant grâce pour sa vie et son ministère. L’Église catholique de Mongolie a exprimé ses condoléances à la famille, aux confrères et à tous ceux qui ont travaillé avec lui, confiant son âme à la miséricorde de Dieu. « Que les graines de foi qu’il a semées en Mongolie, l’amour du Christ qu’il a partagé et l’espérance dont il a témoigné continuent de porter leurs fruits dans la vie de l’Église catholique en Mongolie », a souhaité la Préfecture Apostolique d’Oulan-Bator.(MLK) (Agence Fides 20/8/2026)

  • Quand le vouloir humain prétend se faire loi : saint Pie X contre l’absolu démocratique

    IMPRIMER

    De Daniele Trabucco sur la NBQ :

    Quand la volonté prétend se faire loi : saint Pie X contre l’absolu démocratique

    Ce que le pape Sarto conteste, ce n’est pas que le peuple participe à la détermination concrète du gouvernement, mais bien que le vouloir humain commun soit considéré comme le principe originel de l’ordre politique.

    21/08/2026

    La critique de saint Pie X à l’égard de la démocratie libérale ne peut se réduire au rejet d’une forme particulière de gouvernement, ni a fortiori à la nostalgie d’un ordre politique désormais révolu. Elle atteint un niveau bien plus profond, car elle touche à la conception moderne de l’autorité et, avant même cela, à l’anthropologie qui la rend possible.

    Ce que le Souverain Pontife conteste, notamment dans *Notre charge apostolique* de 1910, ce n’est pas que le peuple participe à la détermination concrète du gouvernement, mais bien que la volonté humaine associée soit considérée comme le principe originel de l’ordre politique, comme si l’autorité ne tirait pas sa mesure d’un bien qui la précède, mais la produisait par le consentement.

    La fracture est proprement métaphysique. Dans la conception classique et chrétienne, le pouvoir n’est pas une réalité autosuffisante, car sa légitimité ne découle pas simplement du fait d’être voulu, exercé ou reconnu. Il est juste dans la mesure où il est ordonné au bien commun et soumis à une loi qu’il ne crée pas, puisque le vrai et le bien possèdent une consistance antérieure à la décision des hommes. La modernité politique tend au contraire à transférer dans l’immanence de la volonté collective ce que l’ordre classique reconnaissait comme la mesure transcendante de l’action.

    C’est de là que naît l’erreur que Pie X identifie dans le démocratisme, lorsque le consensus n’est plus l’un des moyens par lesquels on détermine qui gouverne, mais devient le fondement ultime de ce qui peut être commandé. Il en découle une conséquence décisive. Si aucun ordre du juste ne précède la volonté politique, la loi risque de cesser d’être une « ordinatio rationis » pour devenir l’expression de la volonté dominante. La majorité acquiert alors une fonction qu’elle ne peut posséder, car elle peut manifester une préférence, mais non générer une vérité morale.

    Une multitude peut vouloir d’un commun accord ce qui est injuste sans que l’injustice n’en change pour autant de nature, tout comme aucune procédure ne peut transformer le mal en bien du simple fait de l’avoir revêtu de légalité. La même aporie traverse la conception libérale de la liberté. Pour le pape Sarto, la liberté ne trouve pas sa perfection dans l’indétermination du choix, mais dans la capacité de la volonté à adhérer au bien connu par la raison.

    En revanche, lorsqu’elle est conçue comme une émancipation vis-à-vis de tout ordre antérieur au sujet, elle finit par anéantir son propre fondement, car une liberté qui ne reconnaît d’autre critère qu’elle-même ne peut plus se distinguer théoriquement de l’arbitraire. L’égalité s’altère elle aussi lorsqu’elle passe, de dignité commune des hommes, à la négation de toute structure, fonction ou autorité, comme si toute relation ordonnée impliquait nécessairement une domination.

    C’est dans ce cadre qu’il faut également comprendre la critique de la séparation de l’État et de Dieu. Pie X ne nie pas la distinction des ordres, mais refuse qu’elle soit transformée en autosuffisance morale de la cité terrestre. Une communauté politique qui prétend ne recevoir aucune mesure au-delà d’elle-même ne devient pas neutre, car elle assume implicitement comme principe l’absence de toute vérité supérieure à la décision publique.

    Ce que propose Giuseppe Sarto conserve donc aujourd’hui encore une force singulière. Il ne s’agit pas d’une restauration mécanique des formes politiques du passé, mais bien de la redécouverte du caractère ministériel de l’autorité, de la loi en tant qu’expression de la raison ordonnée au bien commun, de la liberté en tant que faculté perfectionnée par la vérité, des corps intermédiaires en tant qu’articulations réelles de la société et de la participation politique en tant que contribution au bien de la communauté, et non comme l’attribution à la volonté collective d’un pouvoir sans limite.

    Sa critique touche ainsi au cœur même de la question qui continue de se poser à la démocratie contemporaine. Le problème ne réside pas avant tout dans l’identité de celui qui décide, mais dans ce qui rend une décision juste. Lorsque la procédure prétend épuiser à elle seule la légitimité, la politique ne se libère pas de tout absolu, mais finit plutôt par s’absolutiser elle-même. C’est précisément cette métamorphose de la volonté en mesure du vrai et du juste que saint Pie X rejette, en rappelant qu’aucune autorité humaine n’est aussi légitime que lorsqu’elle reconnaît ne pas être le principe ultime de l’ordre qu’elle est appelée à préserver.

    Daniele Trabucco est l’auteur de l’ouvrage *San Pio X. Il papa che condannò il modernismo*, Il Cerchio, Rimini 2026.

  • La démission de Benoît XVI aurait-elle été invalide ?

    IMPRIMER

    Nous avons interrogé l'IA concernant l'information selon laquelle une procédure serait en cours pour exaliner la validité de la démission de Benoît XVI. Voici sa réponse :

    Oui, de nouveaux développements ont été signalés récemment dans cette affaire, principalement relayés par LifeSiteNews (19 août 2026) et confirmés par le journaliste plaignant Andrea Cionci.

    Il s’agit d’une pétition pénale (protocole 116/24) déposée le 6 juin 2024 par Cionci (auteur du Codice Ratzinger) auprès du Tribunal de l’État de la Cité du Vatican. Elle a été complétée à plusieurs reprises (février et novembre 2025, février 2026, puis un supplément d’environ 50 pages en août 2026). L’argument central est que la Declaratio de Benoît XVI du 11 février 2013 n’aurait pas constitué une abdication valide du munus pétrinien (l’office lui-même), mais seulement une renonciation au ministerium (l’exercice actif de l’office), laissant le Siège en état de sede impedita. Selon cette thèse (souvent appelée « bénévacantisme »), les conclaves suivants – et donc les pontificats de François et de Léon XIV – seraient invalides.

    Développements récents

    • En avril 2026, LifeSiteNews a publié une lettre officielle du Promoteur de Justice (Prof. Alessandro Diddi, datée du 30 mars 2026) confirmant que l’Office menait des enquêtes actives et qu’il n’était pas encore possible de prévoir leur conclusion. C’était la première reconnaissance écrite officielle d’un dossier d’enquête en cours sur ces allégations.
    • Cionci avait déjà été entendu pendant environ quatre heures le 12 avril 2025 (sous le pontificat de François).
    • Le 3 août 2026, il a été convoqué pour une deuxième audition formelle (environ deux heures, dans une atmosphère plus détendue selon lui). Il y a déposé un nouveau supplément d’environ 50 pages. Le Promoteur aurait réitéré l’intention de clore les investigations dans un avenir relativement proche et de traiter l’affaire avec le plus grand sérieux.

    L’enquête préliminaire se poursuit. Selon la procédure vaticane, elle peut aboutir à un classement sans suite ou à l’ouverture d’un procès formel. Le Vatican n’a pas commenté publiquement la dernière audition.

    Contexte sur Léon XIV et le conclave de 2025

    Léon XIV (Robert Francis Prevost, premier pape américain, augustin) a été élu le 8 mai 2025, après la mort de François le 21 avril 2025. Le conclave a réuni 133 électeurs (sur 135 éligibles). Des critiques (dont une étude canonique d’Angelo Giorgianni, ancien magistrat italien, adressée en mars 2026 au cardinal Parolin et à la Signature apostolique) soulèvent des irrégularités possibles : dépassement de la limite de 120 électeurs fixée par Universi Dominici Gregis (même si les cardinaux ont noté une dispense de François), et un rapport non officiel d’un téléphone portable découvert après l’extra omnes. Ces points sont contestés et ne constituent pas une invalidation reconnue.

    Mise en perspective

    La thèse d’invalidité de la démission de Benoît XVI reste marginale (qualifiée de théorie du complot ou de bénévacantisme sur Wikipédia et par de nombreux canonistes). Benoît XVI lui-même a affirmé à plusieurs reprises la validité pleine de sa renonciation (y compris dans une lettre de 2014). Le consensus des canonistes est que le canon 332 §2 exige seulement une renonciation libre et dûment manifestée, sans formule fixe, et que la Declaratio y satisfait. Plusieurs sources (Catholic Herald, Zenit, Gaudium Press, etc.) estiment que le langage de « phase d’enquête » peut être purement procédural (refus d’accès aux dossiers) et n’implique pas une reconnaissance de fond des allégations.

    L’affaire continue de faire l’objet de discussions dans certains milieux traditionalistes, mais elle n’a pas reçu d’appui de l’autorité ecclésiastique. L’issue de l’enquête préliminaire déterminera s’il y a suite ou non.

  • Le bienheureux Findysz, premier martyr du communisme en Pologne

    IMPRIMER

    De Vatican News :

    Le bienheureux Findysz.Le bienheureux Findysz.  (©findysz.org)
    Le bienheureux Findysz, premier martyr du communisme en Pologne
    S’adressant aux Polonais rassemblés lors de l’audience générale, le Pape Léon XIV a évoqué le père Władysław Findysz, premier martyr béatifié de la persécution communiste en Pologne. Nous vous proposons de découvrir l’histoire de ce prêtre qui «nous rappelle qu’une civilisation de l’amour se construit en pardonnant et en surmontant le mal par le bien».

    Dorota Abdelmoula-Viet – Cité du Vatican

    L’histoire du bienheureux père Findysz révèle l’ampleur de l’hostilité des autorités communistes envers l’Église catholique. Accusé à tort d’avoir contraint des personnes à pratiquer leur religion, il a été condamné à deux ans et demi de prison. Pendant son incarcération, le père Findysz a subi des violences physiques et psychologiques, tandis que les autorités l’ont empêché de subir une opération prévue pour un cancer de l’œsophage. Libéré dans un état d’épuisement extrême, il est décédé quelques mois plus tard, considéré comme un homme de sainteté.

    Une vocation forgée par une enfance difficile

    Le père Findysz est né en 1907 à Krościenko Niżne, près de Krosno, dans le sud de la Pologne, alors sous domination autrichienne. Son enfance a été marquée par la pauvreté qui régnait dans la région et par une tragédie personnelle, puisqu’il a perdu sa mère alors qu’il n’avait pas encore cinq ans.

    Quelques années plus tard, après les ravages de la Première Guerre mondiale et 123 ans de partition, la Pologne a retrouvé sa place sur la carte de l’Europe en tant qu’État souverain. Le père Findysz a grandi dans l’ombre de l’expérience de la guerre, dont les conséquences ont également touché sa région natale. En 1927, après avoir terminé ses études secondaires, il décida de se consacrer à la prêtrise et entra au Grand Séminaire de Przemyśl. C’est là que commença un parcours au cours duquel il allait vivre héroïquement les paroles de saint Paul selon lesquelles rien «ne peut nous séparer de l’amour de Dieu».

    Un prêtre au milieu des blessures et des ruines de la guerre

    Après son ordination sacerdotale et son ministère dans plusieurs paroisses — notamment à Borysław et à Drohobych, sur le territoire de l’actuelle Ukraine, puisqu’une partie de l’ancien diocèse de Przemyśl se trouve aujourd’hui au-delà de la frontière orientale de la Pologne —, il fut affecté à Nowy Żmigród. Il n’aurait alors jamais pu imaginer que l’église paroissiale des Saints Pierre et Paul, où il exerçait la fonction de curé, deviendrait un jour un sanctuaire qui lui serait dédié.

    Ses paroissiens portaient en eux les blessures encore fraîches et profondes de la Seconde Guerre mondiale. Les autorités allemandes ont déplacé de force tous les habitants de la ville, y compris le père Findysz, et la ville de Nowy Żmigród a été presque entièrement détruite. De retour le 23 janvier 1945, le prêtre s’est consacré à la reconstruction de la vie paroissiale et à l’aide aux habitants touchés par la guerre. Il allait bientôt devoir faire face à une nouvelle menace: la répression exercée par les autorités communistes et leur campagne systématique d’athéisation.

     

    «Il était né pour devenir prêtre»

    «En ces temps très difficiles, alors que ce pays était sous occupation», se souvient l’un de ses amis, Mieczysław Brożyna, «il essayait de nous donner de l’espérance, en nous disant que tout cela passerait et qu’un jour viendrait où les gens verraient la vie différemment. Il savait faire preuve d’empathie envers les autres et les réconforter. Il aidait les pauvres et les malades.»

    Le père Findysz a risqué sa vie pour venir en aide à des personnes persécutées ou en danger de mort, quelle que soit leur nationalité ou leur religion, y compris des Juifs qu’il a aidés à s’enfuir en Hongrie. «Il voulait conduire toute la paroisse vers Dieu. Il se sentait responsable de chaque personne et de chaque famille. Il aidait lui-même les gens et demandait aux autres d’aider ceux qui en avaient besoin. Je pense qu’il était né pour devenir prêtre.»

    Un apôtre de l’unité entre les peuples

    Le père Findysz avait compris que les difficiles années d’après-guerre risquaient d’aggraver les divisions au sein d’une nation qui avait tant souffert de la guerre et de l’occupation. Outre l’aide concrète qu’il apportait à ses paroissiens, il devint un défenseur de l’unité nationale et un prédicateur d’une espérance inébranlable dans tous les aspects de la vie. Il agissait ainsi en opposition aux politiques de l’État communiste d’après-guerre, qui cherchait à écarter Dieu de la vie publique et soumettait l’Église catholique et ses prêtres à la répression.

    Il était très apprécié des jeunes et respecté par ses paroissiens. Il devint rapidement une épine dans le pied des autorités communistes. Dès 1946, il fut placé sous surveillance par l’Office de sécurité (une police politique secrète utilisée par le régime pour écraser l’opposition et contrôler la population). En 1952, les autorités scolaires l’ont suspendu de ses fonctions d’enseignant de catéchisme au collège local. Par la suite, les autorités lui ont refusé à deux reprises l’autorisation de séjourner dans la zone frontalière, l’empêchant ainsi d’exercer son ministère pastoral dans une partie de la paroisse. Pourtant, la période où il a subi les persécutions les plus sévères a coïncidé avec les travaux du Concile Vatican II.

    L’«Action de bonté du Concile»

    Lorsque le Pape Jean XXIII, pendant le Concile, a appelé les fidèles à apporter un soutien spirituel par la prière et les «œuvres de bonté», le cardinal Stefan Wyszyński a répondu en lançant en Pologne une initiative connue sous le nom d’«Acte de bonté du Concile». Celle-ci encourageait les familles et les communautés polonaises à accomplir des actes concrets de charité et de prière afin de soutenir les efforts du Concile visant à renouveler la vie morale de l’Église.

    «L’esprit de pardon, de réconciliation et d’harmonie, le pardon des torts subis, qu’ils soient réels ou imaginaires, une main fraternelle tendue en signe d’amitié, un sourire et un regard bienveillant envers chacun — voilà la forme d’aide la meilleure et la plus efficace pour l’unité des chrétiens», écrivaient alors les évêques. Les «Actes de bonté du Concile» devinrent un élément important du programme pastoral polonais lié au Concile et constituèrent un phénomène d’une ampleur rarement observée dans l’Église universelle.

    Le père Findysz s’est également joint à cette initiative, encourageant ses paroissiens à y prendre part. Après avoir subi une opération de la thyroïde et connu des problèmes de voix, il a écrit plus d’une centaine de lettres à ses paroissiens, en signe personnel et discret de sollicitude à leur égard. Dans ces lettres, il les encourageait, entre autres, à cultiver leur vie sacramentelle, à se libérer de leurs dépendances et à rechercher la réconciliation et la fin des conflits au sein des familles et entre voisins.

    À ceux qui vivaient dans des relations qui n’étaient pas des mariages sacramentaux, il rappelait la nécessité de se réconcilier avec Dieu et de régulariser leur situation au sein de l’Église, en leur proposant de les aider à contracter un mariage sacramentel. Certains destinataires se sont sentis offensés par ces appels et ont porté plainte auprès des autorités communistes. Ces plaintes ont ensuite servi de base pour accuser le père Findysz de contraindre des citoyens à se livrer à des pratiques et rites religieux, ce qui a conduit à l’ouverture d’une procédure à son encontre et à un procès-spectacle.

    Emprisonné pour sa foi

    En 1963, il fut arrêté et incarcéré à la prison du château de Rzeszów. Les humiliations et les violences physiques et psychologiques qu’il subit en prison témoignaient clairement de la haine que lui portaient les autorités. Il fut notamment accusé d’avoir violé la Constitution et la conscience des gens, ainsi que d’avoir contraint des personnes à professer la foi catholique. À l’issue d’un procès-spectacle, il fut condamné à deux ans et demi de prison.

    Il a purgé les deux premiers mois de sa peine à Rzeszów. Le 25 janvier 1964, il fut transféré à la prison centrale de la rue Montelupich à Cracovie. Bien qu’il ait été confirmé à l’époque qu’il souffrait d’un cancer et qu’il avait besoin d’un traitement d’urgence, les autorités pénitentiaires et judiciaires lui refusèrent des soins médicaux appropriés et l’empêchèrent de subir une opération prévue de longue date pour un cancer de l’œsophage, malgré les interventions des autorités diocésaines et de son avocat.

    En conséquence, sa santé s'est rapidement détériorée, aggravée par les violences physiques et psychologiques qu'il subissait. Le 29 février 1964, il a été libéré sous condition, dans un état d'épuisement extrême. Il est retourné à Nowy Żmigród et y est décédé le 21 août 1964, considéré comme un homme saint. Il a été béatifié à Varsovie le 19 juin 2005.

  • Canada : le nom de Dieu et toute référence religieuse doivent être bannies à l'armée

    IMPRIMER

    Déclaration de l’Ordinaire militaire du Canada concernant les réflexions spirituelles dans le milieu militaire

    18 août 2026

    Ottawa – Mgr Scott McCaig, C.C., évêque de l’Ordinariat militaire du Canada, a publié une déclaration concernant les « Instructions au personnel militaire des Forces armées canadiennes (FAC) relatives aux réflexions spirituelles en milieu militaire », parues le 29 juillet 2026.

    Dans sa déclaration, Mgr McCaig s’oppose à cette nouvelle politique, qui exige des membres des FAC, y compris des aumôniers, qu’ils proposent des réflexions spirituelles sans recourir à des mots, des gestes ou des symboles propres à une foi ou à une tradition spirituelle particulière. En vertu de cette nouvelle politique, « les membres des FAC […] doivent respecter le principe de neutralité religieuse et spirituelle de l’État en s’abstenant d’utiliser, de la part du gouvernement du Canada, des mots, des gestes ou des symboles propres à une [tradition spirituelle ou religieuse] particulière ».

    Mgr McCaig affirme que, pour de nombreuses personnes, « le sens, la raison d’être et le bien-être spirituel » ne peuvent être dissociés de Dieu. Il fait valoir que la nouvelle politique impose précisément une telle dissociation et qu’elle est donc en contradiction avec la protection des libertés fondamentales de conscience et de religion garantie par la Charte.

    La CCCB exprime sa solidarité avec Mgr McCaig, qui soulève ces préoccupations au nom des fidèles catholiques confiés à sa charge pastorale. La Conférence examine actuellement la nouvelle politique et continuera à suivre sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne ses implications pour la liberté de conscience et de religion, ainsi que pour la place de l’expression religieuse au sein des Forces armées canadiennes. À ce stade précoce, la CECC encourage les fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à s’informer sur ces développements et à prier pour les FAC, leurs membres, leurs aumôniers et leurs familles, ainsi que pour Mgr McCaig dans son ministère pastoral auprès de la communauté militaire catholique du Canada.

    La déclaration complète de l’Ordinariat militaire est disponible ici.

    L’ordinariat militaire a pour mission de répondre aux besoins pastoraux des hommes et des femmes des forces armées, y compris de leurs familles. Il est composé d’aumôniers militaires et dirigé par un évêque résident, appelé « ordinaire militaire ». Un ordinariat militaire n’est pas limité par des frontières géographiques ; il est lié aux personnes (ou « personnel ») en ce sens qu’il existe partout où sont déployés les hommes et les femmes des forces armées d’une nation donnée. Les normes qui régissent un ordinariat militaire sont énoncées dans la constitution apostolique du pape Jean-Paul II, *Spirituali Militum Curae*.

  • « Un squelette de messe pour une Eglise squelettique »

    IMPRIMER

    Du site italien « Radicati nella Fede » (traduction de « Benoît et moi ») (archive du 31/07/2015) :

    « Un squelette de messe pour une Eglise squelettique » :

           Ils attendaient une nouvelle Eglise, pour cela ils se sont mis à changer la messe.
    Ils voulaient une Eglise avec de nouveaux dogmes et une nouvelle morale, alors ils ont dû retoucher la messe catholique, au point d’en faire un squelette d’elle-même.

    Et à messe squelettique correspond squelette d’Eglise, faite d’une dogmatique et d’une morale squelettiques.

       La nouvelle liturgie a prétendu sauter deux millénaires d’histoire chrétienne, avec l’illusion de renouer avec un mythique début du christianisme.

    Ils ont dit, ces messieurs de la réforme post-conciliaire, qu’il était nécessaire de simplifier, de faire ressortir la noble simplicité du rite catholique. Ils ont considéré comme fondamentalement négatif tout ce qu’avait fait l’Eglise durant des siècles et des siècles, pour rendre le rite catholique de plus en plus limpide et pédagogique. Ils ont enlevé et encore enlevé, considérant pratiquement tout ajout comme négatif, et il en est sorti un squelette de messe.

    Une messe pleine de vides et de non-dits, vides et non-dits remplis par l’imagination du célébrant et des fidèles. Et l’imagination s’est multipliée, autant qu’il y a d’églises dans le monde, parce qu’on sait bien qu’on ne peut pas vivre d’un squelette : les hommes rembourrent le squelette, mais la chair et le sang qu’ils lui donnent ne sont pas ceux de Dieu, mais ceux de la dictature de la mentalité commune.

    Ainsi, en fonction de la saison, nous avons eu les messes socialistes, les messes engagées, les messes intimes, les messes joyeuses, les messes verbeuses, les messes-catéchèses, les messes de guérison, les messes charismatiques, les messes missionnaires, les messes rapides, et ainsi de suite… bref, la messe, c’est toi qui la construis afin qu’elle corresponde à toi et à ton christianisme.

    La messe ainsi appauvrie n’a pas nourri, et il a fallu se tourner vers les diverses idéologies du moment pour la rembourrer. Ayant enlevé beaucoup de Dieu, la messe a dû être remplie avec beaucoup d’humain, pour la considérer encore utile : une tragédie, la perte du cœur catholique, c’est-à-dire la Rédemption opérée par le Christ crucifié.

       Et la tragédie s’est propagée à tout l’organisme catholique : la messe nouvelle, squelettique, pleine de vide, est devenue tellement ambigüe qu’elle a produit un squelette de christianisme, au dogme et à la morale squelettiques ; un christianisme ambigu.

    Les prêtres, réduits à célébrer un squelette de messe, n’ont plus été nourris et défendus par la messe elle-même, de sorte qu’à leur tour, ils n’ont plus nourri ni défendu le peuple.

       Nous parlions d’un Christianisme au dogme squelettique :

    Que reste-t-il, pour la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, du dogme catholique né de la Révélation divine ?

    Presque rien.

    Peut-être reste-t-il que Dieu existe, et qu’à la fin, il va nous sauver : aucun doute, de toute la Révélation, de tout le dogme, de tout le catéchisme, il ne reste presque rien dans le vécu de la majorité des chrétiens ; mais alors, pourquoi Dieu s’est-il révélé, pourquoi a-t-il parlé dans l’Ancien et le Nouveau Testament, pourquoi a-t-il accompli la Révélation en Jésus-Christ ? Il ne l’a certainement pas fait pour se voir « simplifié » horriblement dans le christianisme moderne.

       Certains diront que nous oublions la richesse biblique de la réforme liturgique !

    Certes, la Bible, on l’a beaucoup lue, mais la messe squelettique l’a emporté aussi sur la Bible, tant et si bien que les chrétiens n’ont jamais été aussi ignorants qu’aujourd’hui dans l’histoire sacrée et dans la Sainte Ecriture. Oui, ils lisent la Bible à chaque occasion, mais ils ont été formés à l’idéologie du moment, qui rembourrait la messe squelettique.

       Nous parlions d’une morale chrétienne squelettique :

    Que reste-t-il, pour la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, de la richesse morale catholique ?

    Ils savent peut-être que Dieu est amour, que nous devons nous aimer les uns les autres, et un peu plus : c’est peu.

    De la morale catholique, de la loi et de la grâce, on ne sait presque plus rien.

    Voilà pourquoi nous sommes terriblement sans défense face au déferlement de l’immoralité et face, surtout, à l’idéologie de l’immoralité, qui veut tout admettre, sous le prétexte de l’amour. Nous assisterons à la réalisation de l’apostasie : seront promulguées les lois les plus immorales avec le silence des catholiques, avec l’approbation de certains, et avec la fausse prudence des bergers, qui se tairont au nom de la liberté et du respect humain. Plus qu’une morale squelettique, c’est sa mort pure et simple.

       Tout a commencé avec le dépouillement de la messe, la vidant de ses défenses dogmatiques dans les mots et les gestes.

    Et la renaissance commencera avec le retour à la messe catholique véritable et complète.

       Les réformateurs post-conciliaires voulaient un nouveau christianisme plus libre, plus humainement attrayant, à cette fin, ils ont privé la messe de ses défenses, et ils n’ont pas voulu défendre le Christianisme de Dieu.

       Paul VI n’avait peut-être pas prévu cette tragédie, il s’était peut-être illusionné de pouvoir limiter la simplification et la modernisation à la seule langue, peut-être… mais la langue est aussi contenu ; et les vides de la langue sont des vides de contenu, que le monde s’empresse de remplir comme il veut.

       Peut-être Paul VI n’avait-il pas imaginé autant, mais il est certain qu’aujourd’hui, un Pape ne pourra plus arrêter la dérive sans accepter le martyre. Oui, il devra accepter le martyre, parce que s’il essaie vraiment d’y porter remède, il sera attaqué par le monde, par ce monde qui s’est infiltré dans la Maison de Dieu.

    Mais s’il n’accepte pas le martyre, il risquera de ne pas se comporter en Pape.

  • Pie X, un "saint de notre paroisse"

    IMPRIMER

    1009524-Pie_X.jpgNous trouvons ICI, sous la plume d'Anne Bernet, une évocation de la vie de saint Pie X :

    Anniversaire: saint Pie X, sa vie et son œuvre

    Le 20 août 1914, comme se livrait en Lorraine la première grande bataille de la guerre commençante, Pie X s’éteignait à Rome, tué moins par une maladie pulmonaire que par la douleur de n’avoir pu empêcher l’embrasement, qu’il prévoyait tragique, de l’Europe chrétienne.

    Aujourd’hui souvent détesté en raison de sa condamnation du modernisme, décision qu’une certaine postérité juge réactionnaire et contraire aux intérêts de l’Église, Pie X passa pourtant, en son temps, pour un pontife ami du progrès.

    Rien ne prédisposait, à vues humaines, Giuseppe Sarto, né à Riese en Vénétie le 2 juin 1835, à monter un jour sur le trône de Saint Pierre. Fils du facteur et sacristain du village et d’une couturière, Margharita Sanson, il entend, au lendemain de sa confirmation, l’appel de Dieu.

    Entré au séminaire de Padoue, il est ordonné prêtre le 28 septembre 1858 à Castelfranco. Seul le courage de sa mère qui, restée veuve, a refusé de le voir abandonner ses études pour revenir l’aider, a permis à cette vocation d’aller à son terme.

    Pendant les dix-sept années suivantes, vicaire, puis curé de campagne dans le diocèse de Trévise, Don Sarto se consacre passionnément à ses devoirs pastoraux. Sa nomination de chancelier du diocèse, en 1875, qui l’arrache à son apostolat, est pour lui un crève-cœur. Tout comme l’ascension qui commence alors : recteur du séminaire, chanoine de la cathédrale, il est, en 1884, nommé évêque de Mantoue par Léon XIII, devient patriarche de Venise en 1893.

    Lire la suite

  • 21 août : saint Pie X

    IMPRIMER

    Dans l'Homme Nouveau du 28 août (2010), Philippe Maxence écrivait :

    "Le 1er septembre 1910 paraissait le motu proprio Sacrorum antistitum du pape saint Pie X sur les mesures pratiques contre le modernisme. Le 8 août de la même année était publié le décret Quam singulari sur l’âge de la première communion, suivi le 25 août de la lettre Notre charge apostolique condamnant les erreurs du Sillon. Un triple centenaire donc [...]

    Aujourd’hui, l’âge de la première communion est entré dans les moeurs catholiques, au point que la décision de saint Pie X semble avoir perdu de sa résonance. Et de fait, il semble que c’est surtout sur l’aspect doctrinal de la communion qu’il faudrait insister. Enseigne-t-on vraiment aux enfants qu’ils reçoivent bien ainsi le Corps du Christ rendu présent par la consécration lors du saint sacrifice de la messe ?

    Lire la suite