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Eglise

  • Va-t-on vers une extinction de la vie monastique en France ?

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    Du site du magazine La Vie :

    « Il y a une accélération des fermetures de monastères » : une étude inédite dresse un état des lieux pour la France

    [Exclusif] La sociologue Isabelle Jonveaux, spécialiste de la vie monastique à l’université de Fribourg (Suisse), a mené une étude sur les fermetures de communautés monastiques.

    Interview Sixtine Chartier

    21/07/2026.

    Va-t-on vers une extinction de la vie monastique en France ? Depuis quelques années, les annonces de fermeture de lieux emblématiques se multiplient : la Grande-Trappe de Soligny (Orne), le carmel de Compiègne (installé à Jonquières, dans l’Oise), Notre-Dame du Port du Salut (Mayenne), pour la seule année 2026. Ce n’est que la face visible d’un vaste mouvement qui touche tous les ordres monastiques contemplatifs, souvent nés au Moyen Âge, et relancés aux XIXe et XXe siècles.

    Dans la grande famille de la vie religieuse catholique, ces ordres dits « monastiques » se définissent par la présence d’une clôture, qui sépare les moines et moniales (de monos, « seul ») du monde extérieur. On les appelle aussi des ordres contemplatifs. Il ne faut pas les confondre avec les ordres dits « apostoliques », dont la vocation est d’être présents « dans le monde », qui n’entrent pas dans cette étude, même s’ils sont également touchés.

    La sociologue Isabelle Jonveaux a travaillé ces chiffres dans le cadre d’une recherche dans une revue anglophone spécialisée en urbanisme sur la réutilisation des anciens lieux religieux. Elle dévoile le fruit de son travail en avant-première à La Vie.

    Les fermetures de monastères sont un phénomène massif. Pourtant, on peine à trouver une étude chiffrée globale. Quelle a été votre méthodologie pour obtenir ces chiffres ?

    La vie religieuse catholique est foisonnante, et il est difficile de la faire entrer dans des recensements statistiques. Hormis les annonces au compte-gouttes dans la presse locale, il n’existait pas d’étude indépendante chiffrée. Je me suis basée sur un catalogue de la Fondation des monastères datant de 2007, en me concentrant uniquement sur les monastères contemplatifs catholiques.

    91 monastères ont fermés entre 2007 et 2026

    • Création La Vie

    Avec l’aide de mon assistante, nous avons cherché quels monastères existaient toujours en 2026 et lesquels avaient fermé ou annoncé leur fermeture. Le constat principal, c’est l’ampleur du phénomène, massif : sur ces 20 dernières années, près d’un tiers des monastères (environ 30 %) ont fermé.

    Les communautés féminines sont nettement plus touchées que les hommes. Pourquoi ?

    Les monastères de femmes sont proportionnellement plus touchés : 32 % d’entre eux ont fermé, contre 21 % des monastères d’hommes. Il faut rappeler qu’il y avait, ces derniers siècles, beaucoup plus de monastères féminins (dans la base de 2007, on comptait 249 monastères de femmes pour 56 d’hommes). La vie religieuse féminine est davantage en crise, car elle est moins adaptée au profil des jeunes femmes d’aujourd’hui que par le passé. Autrefois, la vie religieuse était une voie d’émancipation pour les femmes, leur permettant de se former ou d’échapper à l’autorité patriarcale.

    Aujourd’hui, en Europe, les femmes qui entrent au monastère ont souvent la trentaine, elles ont fait des études et sont autonomes ; par conséquent, la grande distance au monde ou ce qui est perçu comme une forme d’infantilisation dans certaines structures ne fonctionnent plus pour elles.

    Quels sont les ordres les plus touchés ?

    Les carmels sont particulièrement frappés, avec 40 % de fermetures en 20 ans (34 carmels ont fermé sur les 85 existants). Les proportions sont similaires chez les Clarisses (environ 40 % de fermeture) et les Visitandines (30 %). Les Trappistes connaissent également un taux élevé (36,4 %). En revanche, les Dominicaines (8 %) et les Bénédictins et Bénédictines (hommes et femmes confondus, 18 %) sont moins touchés.

    Étude réalisée par Isabelle Jonveaux sur les monastères qui ont fermé ou annoncé leur fermeture entre 2007 et 2026 ; une marge d'erreur est possible car les données sont partielles

    • Création La Vie

    De manière générale, ce sont les ordres avec une clôture sévère, comme les Trappistes ou les Carmélites, ou dont le charisme est aujourd’hui moins bien compris, comme les Visitandines ou les Clarisses, qui peinent le plus à recruter.

    Pourtant, les communautés qui attirent le plus de jeunes sont aussi des communautés avec une clôture stricte…

    Oui, mais il faut en préciser les raisons : ces monastères attirent aujourd’hui parce qu’ils ont un type de positionnement vis-à-vis de la société qui est très clair. Ils sont conçus comme une forteresse contre la sécularisation. Une blague circule parmi les abbés et les abbesses disant que les monastères qui recrutent sont ceux qui appliquent la recette des 3G : le grégorien, la grille et la guimpe (la grille est la matérialisation d’une clôture stricte ; la guimpe est un voile qui entoure le visage et le cou des religieuses, ndlr).

    La langue de la liturgie est un indicateur intéressant de ce point de vue.

    Oui, même s’il faut l’interpréter avec prudence, car les échantillons ne sont pas de la même taille. En 2007, il existait 244 monastères de langue française, 36 mêlant français et latin et 23 monastères pour le latin exclusivement. D’autre part, ce critère n’est pas le seul élément explicatif ; il est un élément parmi d’autres, mais il est particulièrement frappant.

    Dans la grande famille de la vie religieuse catholique, ces ordres dits « monastiques » se définissent par la présence d’une clôture, qui sépare les moines et moniales du monde extérieur

    • Création La Vie

    Parmi les monastères dont la langue de l’office était le français en 2007, 34 % ont fermé. Ce chiffre descend à 19 % pour ceux qui utilisaient le français et le latin, et tombe à 0 % pour ceux dont l’office était exclusivement en latin. Cela montre que les communautés qui revendiquent une certaine tradition attirent aujourd’hui un certain public.

    Observe-t-on aujourd’hui un nouveau modèle de monachisme émerger, peut-être plus strict, mais en tout cas plus visible ?

    C’est paradoxal. On observe des communautés qui revendiquent une coupure avec le monde, une orthopraxie et une clôture très stricte, mais qui sont en même temps extrêmement présentes dans les médias ou sur Internet, et technologiquement compétentes.

    Cela correspond aux attentes d’un public jeune revendiquant son identité catholique dans une société sécularisée. Un recrutement dynamique n’est toutefois pas toujours le signe d’une communauté en bonne santé interne.

    Concrètement, que deviennent les communautés et leurs bâtiments lorsqu’ils ferment ?

    Sur le plan humain, c’est extrêmement lourd, car les moines et moniales ont fait un vœu de stabilité. Quitter le lieu où ils s’étaient engagés pour la vie est douloureux. Du point de vue statistique, les données sont partielles. Sur les cas que j’ai pu recenser, dans environ la moitié des cas, la communauté se regroupe avec une autre du même ordre monastique.

    Pour l’autre moitié, la communauté est dispersée, soit vers d’autres communautés, soit en Ehpad… Certains moines et moniales peuvent retourner à la vie civile. Concernant les bâtiments, c’est une question également très sensible.
     

    Régulièrement, des bâtiments ayant fermé entre 2007 et 2026 sont repris par d'autres communautés

    • Création La Vie

    Sur les cas que j’ai pu identifier (47 au total), un peu plus d’un quart sont repris par une autre communauté religieuse, souvent des communautés nouvelles ou des communautés monastiques plus récentes (comme le Chemin neuf, les cisterciennes de Boulaur ou les bénédictins du Barroux). On trouve ensuite 21 % de projets sociaux (logements sociaux, accueil de personnes en difficulté), 13 % d’acquisitions publiques, 13 % de logements privés, 11 % pour d’autres projets religieux et 6 % pour des projets éducatifs.

    Assistons-nous à une accélération de ces fermetures ?

    Oui, il y a une véritable accélération depuis la fin des années 2010. Jusqu’en 2015, nous avions généralement moins de quatre fermetures par an. Le chiffre moyen tourne aujourd’hui autour d’une petite dizaine par an. La France a une situation un peu particulière car elle comptait énormément de monastères (un niveau comparable à l’Italie) ; il y a donc aujourd’hui une offre beaucoup trop importante par rapport au nombre de personnes intéressées.

    Comment expliquez-vous l’apparent engouement du grand public pour les monastères et les retraites spirituelles dans ce contexte ?

    C’est le grand paradoxe du XXIe siècle. Il y a une véritable désaffection pour l’Église institutionnelle, souvent liée aux scandales, mais le grand public ne l’associe pas directement aux monastères. Depuis au moins 20 ans, ces lieux fascinent par leur côté exotique et alternatif : on y voit une vie écologique, proche de la nature, proposant des produits sains et traditionnels. Les influenceurs participent à cette forte romantisation de la vie monastique, qui attire un public non croyant en quête de spiritualité alternative.

    Néanmoins, cet intérêt ne se traduit pas par de véritables vocations ; ceux qui entrent au monastère le font pour la qualité de la vie spirituelle et fraternelle, ce que les communautés devenues vieillissantes peinent désormais à offrir.

  • Quand sainte Brigitte défendait le célibat des prêtres

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    Du Père Simon Noël sur son blog :

    Sainte Brigitte et le célibat des prêtres

    Les controverses sur le célibat des prêtres ne datent pas d'aujourd'hui. Elles avaient déjà cours au Moyen-Âge. Devant la triste réalité de la dépravation de certains clercs, concubinaires ou sodomites, certaines personnes de bonne volonté émettaient l'idée qu'il eût été préférable que les prêtres puissent être mariés. J'ai donc trouvé intéressant de vous offrir ce qu'écrit sur le sujet sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l'Europe, dans le livre des Révélations, livre qui rapporte les extases et les locutions de cette grande mystique, livre approuvé par le concile de Bâle et par trois papes. Il s'agit du chapitre 10, du livre 7, dans la traduction de la comtesse de Flavigny :

    Défense que les prêtres soient mariés.

    Réjouissez-vous éternellement, ô précieux corps de Dieu, en un honneur perpétuel, en continuelle victoire, en éternelle puissance, avec votre Père et le Saint-Esprit, avec la Vierge Marie, votre très-digne Mère, et avec toute la cour céleste! Louange vous soit, ô Dieu éternel, et actions de grâces infinies, parce qu’il vous a plu de vous faire homme, et avez voulu que le pain fût transubstantié en votre corps, par vos saintes paroles, et l’avez donné en viande comme par un excès d’amour pour le salut de nos âmes!

    Il arriva une fois à une personne qui était profondément plongée en l’oraison, qu’elle ouït une voix qui lui disait : O vous à qui sont faites les faveurs d’ouïr et de voir les choses spirituelles, écoutez maintenant ce que je vous veux manifester de cet archevêque qui a dit que, s’il était pape, il donnerait licence à tous les prêtres de se marier, croyant et pensant que cela serait plus agréable à Dieu que de voir les prêtres vivre avec tant de dissolution; il disait encore que, par ce mariage, s’éviteraient tant de péchés charnels; et bien qu’en cela il n’entendît pas la volonté de Dieu, néanmoins il était ami de Dieu. Or, maintenant, je vous déclarerai la volonté de Dieu sur cela, car j’ai engendré le Dieu même, et vous signifierez cela à cet archevêque, lui parlant en ces termes : A Abraham fut donnée la circoncision longtemps avant que la loi fût donnée à Moïse, et au temps d’Abraham, les hommes étaient gouvernés selon qu’ils entendaient et selon qu’ils voulaient, et néanmoins plusieurs étaient lors amis de Dieu.

    Mais après que la loi fut donnée à Moïse, lors il plut plus à Dieu que les hommes vécussent selon la loi que selon leur volonté. Il en fut de même du précieux corps de mon Fils, car quand il eut institué le saint Sacrement de l’autel, qu’il fut monté au ciel, lors cette loi ancienne était encore gardée, savoir, les prêtres de Jésus-Christ vivaient en un mariage charnel, et néanmoins plusieurs d’iceux étaient amis de Dieu, d'autant qu’ils croyaient en simplicité que cela était agréable à Dieu, comme il lui fut agréable au temps des Juifs, et cela fut observé plusieurs années par les apôtres chrétiens. Mais cette coutume et observance était abominable et odieuse à toute la cour céleste, et à moi, qui ai engendré le corps de mon Fils, de voir que des mariés touchassent de leurs mains le corps précieux de mon Fils au saint Sacrement, car les Juifs, en leur ancienne loi, n’avaient que l’ombre et la figure de ce sacrement; mais les chrétiens ont maintenant la vérité même, savoir, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme en ce sacrement sacro-saint.

    Mais après quelque temps que les prêtres anciens observaient cela, Dieu, par l’infusion de son Esprit, le versa au cœur du pape, pour qu’il ordonnât que désormais les prêtres qui consacreraient le corps précieux de Jésus-Christ ne seraient point mariés ni ne jouiraient des délices infâmes de la chair. Et partant, par l’ordonnance divine et par son juste jugement, il a été justement ordonné que les prêtres vivraient en la chasteté et continence de la chair, autrement qu’ils seraient maudits et excommuniés devant Dieu, et dignes d’être privés de l’office de prêtres, néanmoins que ceux qui s’amenderaient véritablement avec résolution de ne plus pécher, obtiendraient miséricorde de Dieu.

    Sachez aussi que si quelque pape donne aux prêtres licence de se marier charnellement, lui-même sera damné de Dieu par la même sentence, comme celui qui aurait grandement péché, à qui on devrait, selon le droit, arracher les yeux couper les lèvres, le nez et les oreilles, les pieds et les mains, et le corps duquel devrait être tout ensanglanté et congelé de froid; et d’ailleurs qu’on devrait donner ce corps mort aux oiseaux et aux bêtes sauvages : il en arriverait de même à ce pape qui voudrait donner licence aux prêtres de se marier, contre la susdite ordonnance divine, car ce pape serait soudain privé de la vue et ouïe spirituelle, de la parole, des œuvres spirituelles, et toute sa sapience spirituelle défaudrait spirituellement; et d’ailleurs, son âme descendrait en enfer pour y être éternellement tourmentée et être la proie des démons. Voire si saint Grégoire le pape eût établi cette loi, il n’eût jamais obtenu miséricorde de Dieu, s’il n’eût révoqué une telle sentence.

    Les papes ont toujours défendu le célibat sacerdotal. Le pape François a lui aussi récemment manifesté sa haute estime pour ce trésor de l’Église latine, en citant Paul VI : « Je voudrais donner ma vie pour le célibat des prêtres ! ». S'il y a des exceptions, il s'agit toujours d'hommes déjà mariés au moment de leur ordination, comme les prêtres catholiques-orientaux ou les prêtres anglicans devenus catholiques. Tout au plus, le pape envisagerait d'autres exceptions de ce type pour des régions manquant cruellement de prêtres, par exemple en appelant au sacerdoce des diacres mariés. Mais rien n'est encore décidé. Prions pour le Saint-Père afin que Dieu l'éclaire et qu'il discerne ce que Dieu veut, dans la ligne de la Tradition multiséculaire de l’Église romaine. Gageons cependant que l’Église, si elle adopte ces exceptions, prendra aussi toutes les mesures pour que le niveau spirituel du clergé ne soit pas menacé. Enfin, j'aimerais citer le cas d'un grand saint russe orthodoxe, Jean de Kronstadt, un prêtre marié, qui dans son évolution spirituelle vers la sainteté, en vint à la fois à célébrer quotidiennement la divine liturgie et à choisir une stricte continence dans sa vie conjugale. Cet exemple est à méditer dans le contexte actuel.

  • Saint Jean Cassien, choisi par Dieu pour apporter en Occident l’illumination du monachisme oriental (23 juillet)

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    Du blog du Mesnil Marie :

    Saint Jean Cassien, choisi par Dieu pour apporter en Occident l’illumination du monachisme oriental.

    23 juillet

    Étiquette : saint Jean Cassien - Orthodoxie.com

           Les moines byzantins l’appellent « notre père Cassien, choisi par Dieu pour apporter en Occident l’illumination du monachisme oriental ». Mais,  malheureusement, aujourd’hui en Occident, en dehors des milieux monastiques sérieux, où ses écrits sont toujours étudiés et médités comme des textes de référence, et en dehors de Marseille, où son tombeau et ses reliques sont vénérés à l’abbaye Saint-Victor qu’il a fondée, Saint Jean Cassien n’est pas assez connu, prié et suivi.

       Ce défaut de popularité de Saint Jean Cassien chez les Latins s’explique en partie par les polémiques et controverses sur la grâce qui, à la fin du IVème siècle et au Vème siècle, ont divisé – parfois de manière assez virulente – la Sainte Eglise et – hélas ! – contribué à creuser le fossé entre Rome et Constantinople.
    En évoquant la figure de Saint Prosper d’Aquitaine (cf. ici), nous avons évoqué ces luttes doctrinales, conséquentes aux erreurs répandues par le moine Pélage, que nous ne détaillerons pas davantage ici. Nous dirons seulement que certains disciples de Saint Augustin, tout comme certains disciples de Saint Jean Cassien - lequel, au chapitre XIII de ses conférences, mettait en garde contre certains excès de la doctrine augustinienne, ou plus exactement contre les durcissements de la doctrine du grand Docteur d’Hippone opérés par certains de ses disciples -, par leur manque de nuances et – souvent aussi – d’esprit surnaturel et de charité, n’ont pas toujours œuvré pour quelque chose de constructif ni pour l’apaisement, alors que, cependant, disciples de Saint Augustin et disciples de Saint Jean Cassien (et de Saint Vincent de Lérins) combattaient tous le pélagianisme !

       C’est une tendance en effet de beaucoup de disciples, qui, malgré leur bonne volonté, n’ont pas les mêmes envergure, largeur et profondeur de pensée que celui dont ils se réclament, de bien souvent interpréter et diffuser sans les nuances nécessaires les enseignements du maître sur l’autorité duquel ils se fondent : en ce qui concerne ces controverses sur la grâce, cela se reproduira au XVIIème siècle avec les jansénistes qui prétendaient s’appuyer sur Saint Augustin, et sur d’autres sujets on le constate aussi chez certains thomistes dont la raideur et l’étroitesse d’esprit caricaturent, plus qu’ils ne les servent, les enseignements de l’Aquinate. 

       Saint Jean Cassien, selon l’opinion la plus répandue parce que la plus vraisemblable, naquit vers 360, en Scythie, c’est-à-dire dans la région des bouches du Danube, dans l’actuelle province de Dobrodgea (Roumanie).
    Certains toutefois le feraient naître en Provence et d’autres en Arménie.
    Il était issu d’une famille chrétienne probablement assez aisée, parce qu’il a reçu une excellente éducation classique et parlait bien le grec et le latin.
    Certains savants, remarquant que le nom de Kassianos (latin : Cassianus, et pour nous Cassien) se retrouve assez fréquemment dans l’épigraphie de la région des bouches du Danube, ont suggéré que c’était son nom de baptême, et qu’il y aurait ajouté plus tard celui de Jean, en référence à Saint Jean Chrysostome dont il fut un proche et fervent disciple.

       Assoiffé de perfection, vers l’âge de 20 ans, accompagné de Germain, son ami d’enfance et compatriote (qui l’accompagna une grande partie de sa vie), il se rendit en Terre Sainte et entra dans un monastère à Bethléem.
    Après avoir vécu la vie monastique palestinienne pendant plusieurs années, désireux de mieux connaître les traditions du monachisme primitif sur les lieux mêmes où il avait éclos et s’était développé, toujours accompagné de Germain, vers 390, il fut autorisé à aller visiter les Pères du Désert en Égypte.
    Ils demeurèrent plusieurs années au désert de Scété, fondé par Saint Macaire, allant nu-pieds comme les moines du pays, pauvrement vêtus et vivant du travail de leurs mains. Ils y furent initiés à la vie contemplative et au combat ascétique contre les passions, et ils recueillirent tout l’enseignement de ces Pères du désert, au contact du saint Abbé Moïse, de Saint Paphnuce et d’autres pères renommés : Sérapion, Théonas et Isaac… etc.

       Ces longues années d’ascèse et de contemplation furent des années de luttes spirituelles intenses : expérience personnelle précieuse et irremplaçable grâce à laquelle Saint Jean Cassien, divinement inspiré, a développé une doctrine du combat spirituel qu’il sera ensuite capable de synthétiser et de transmettre.
    Quelques commentateurs de son œuvre affirment qu’il est le premier a avoir défini les huit passions principales : gourmandise, fornication, cupidité, colère, tristesse, acédie, vaine gloire et fierté.

       Mais c’était aussi un temps où, dans l’Eglise d’Alexandrie, les luttes doctrinales autour de l’héritage d’Origène entrainèrent l’expulsion des moines qualifiés d’ « origénistes ».
    Cassien, toujours accompagné de son ami Germain, dut quitter l’Egypte et, vers 399, ils vinrent à Constantinople et se placèrent sous la direction spirituelle du grand et saint archevêque Jean Chrysostome.
    C’est par ce dernier que Jean Cassien fut ordonné diacre au service de l’Eglise constantinopolitaine (très probablement en 400) : il semblerait qu’il y fut commis à la garde du trésor de la cathédrale.
    Fervent disciple et défenseur de Saint Jean Chrysostome, il dut fuir lorsque, en 403, le saint archevêque persécuté fut déposé par un concile impie, et exilé.

       Cassien partit alors pour Rome où il alla plaider la cause de Saint Jean Chrysostome auprès du pape Innocent 1er (mais en vain, parce que ledit pontife n’avait pas vraiment de pouvoir sur les affaires de Constantinople, rendues très compliquées par les ingérences impériales).
    A partir de ce moment, Saint Jean Cassien ne quittera plus l’Occident : c’était providentiel pour le christianisme occidental, puisque Saint Jean Cassien lui apporta les trésors de la spiritualité du désert.

       Il reste à Rome pendant une dizaine d’années, protégé du pape Innocent 1er (+ 12 mars 417) : au cours de ce séjour, il devient ami – et même conseiller – du jeune Léon, futur Saint Léon 1er le Grand (mais qui n’était alors pas encore archidiacre de Rome). Pour certains historiens, c’est à Rome qu’il a été ordonné prêtre, tandis que pour d’autres ce sera seulement à Marseille.

       Car, quittant Rome, Jean vint s’établir à Marseille, où, en 414 ou 415, encouragé par l’évêque du lieu, il fonda deux monastères :
    - un pour les hommes, au-dessus des grottes où étaient conservées les reliques de Saint Lazare le ressuscité, fondateur de la Chrétienté massaliote, et de Saint Victor, martyr ;
    - et un pour les femmes, sous le vocable du Saint-Sauveur.

       En ascète éprouvé et en père plein de sage discernement, Jean Cassien aménagea, pour ses nombreux moines (on rapporte qu’ils furent rapidement 5000 !) et moniales, l’authentique tradition qu’il avait reçue et expérimentée en Orient, tout en tenant compte des conditions propres à la Gaule, de son climat et du caractère de ses habitants.
    C’est ce qui l’amena à rédiger plusieurs ouvrages dans un style clair et persuasif :

    • « Les Institutions Cénobitiques », en douze livres : les quatre premiers décrivent la manière de vivre des moines d’Egypte, l’austérité de leur mise vestimentaire, de leur nourriture et de leurs exercices ascétiques ; mais Saint Jean Cassien en modère la rigueur pour l’adapter à la vie des moines gaulois, car les austérités extraordinaires des moines orientaux n’étaient pas praticables en Occident. Il traite dans les huit derniers livres des huit passions fondamentales, en indique les remèdes, et explique les vertus à leur opposer.
    • « Les Conférences », dans lesquelles il expose, à l’intention des ermites qui vivaient en Provence, et notamment à Lérins, les étapes supérieures du combat pour la pureté du cœur et la contemplation.

        Au siècle suivant, Saint Benoît reprendra et citera dans sa Règle les « Institutions », et stipulera que les « Conférences » soient lues dans tous ses monastères (Règle 42,3), et plus tard encore ses écrits constitueront la nourriture spirituelle, entre autres, d’un Saint Thomas d’Aquin et d’un Saint Ignace de Loyola.

       Saint Jean Cassien a insisté sur l’origine apostolique de la vie monastique, fondée sur la pratique de l’Eglise telle qu’elle nous est présentée dans les Actes des Apôtres. Il affirme la supériorité théorique de la vie érémitique, mais préfère dissuader quiconque n’est pas convenablement formé pour l’entreprendre.

       Il y a un troisième ouvrage important qui a été rédigé par Saint Jean Cassien, mais il ne traite pas de la vie monastique : c’est le « Traité de l’Incarnation contre Nestorius » (De incarnatione Domini contra Nestorium), ouvrage théologique qui lui a été commandé par l’archidiacre du pape Célestin 1er, Léon, futur pape Saint Léon 1er le Grand, qui, plus tard, se servira de ce traité pour écrire son « Tome à Flavien », qui fut applaudi au concile de Chalcédoine.
    Ainsi donc, indirectement, à travers Saint Léon le Grand, c’est Saint Jean Cassien que les Pères du concile de Chalcédoine ont applaudi !
    Saint Jean Cassien, dans ce ouvrage rigoureux a analysé toutes les idées de Nestorius, les a démontées l’une après l’autre de manière méthodique, en s’appuyant sur un « dossier patristique » où il a cité toute une série de Pères contemporains ou antérieurs, prouvant au passage sa large et solide culture théologique et patristique.

       Saint Jean Cassien s’endormit dans la paix de son Seigneur en 435, selon la date la plus communément reçue, ou bien en 440 ou encore 458, selon d’autres historiens. On a des témoignages montrant que dès 470 il était honoré comme un saint, et ce qui subsiste de ses reliques se trouve principalement à l’abbaye Saint-Victor, ainsi que nous l’écrivions en commençant.
    Le Martyrologe des Gaules le mentionne à la date du 23 juillet, tandis que l’Orthodoxie célèbre sa fête le 29 février.

  • Suite aux pressions d'un avocat en faveur de la transparence, le Vatican répond aux rumeurs concernant le prétendu acquittement du Père Rupnik

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    De Paulina Guzik sur OSV News :

    Suite aux pressions d'un avocat en faveur de la transparence, le Vatican répond aux rumeurs concernant le prétendu acquittement de Rupnik.

    (OSV News) — Le Vatican a démenti les informations selon lesquelles l'ancien père jésuite Marko Rupnik aurait été acquitté lors de son procès pénal au Vatican. Dans un communiqué du 22 juillet , le Vatican a déclaré que les rumeurs d'acquittement étaient « totalement infondées » et a confirmé que le procès canonique était toujours en cours d'examen. Les autorités ont indiqué que les juges continuaient d'examiner les preuves fournies par les diocèses, les jésuites, les victimes présumées et les médias. 

    Le communiqué de presse est intervenu un jour après que Laura Sgrò, avocate en droit civil et canonique représentant cinq femmes qui accusent le père Rupnik d'abus, a réprimandé le Dicastère pour la doctrine de la foi du Saint-Siège, affirmant qu'elle et ses clientes n'avaient aucune information sur l'affaire et qu'elles n'avaient même pas été informées du début du procès.

    « L’examen du dossier est toujours en cours. »

    Le 20 juillet, le site web italien Messainlatino.it a rapporté que le père Rupnik, un mosaïste renommé accusé d'avoir abusé de plusieurs femmes, aurait pu être acquitté.

    « INCROYABLE ! Nous avons appris de sources fiables et très autorisées que le procès pénal en cours au Vatican contre le père Marko Ivan Rupnik s’est conclu en sa faveur », a indiqué le site web.

    Le 22 juillet, Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a déclaré aux journalistes : « Concernant certains articles parus dans les médias ces derniers jours, je réaffirme que les informations relatives à une quelconque décision des juges présidant l’affaire du père Marko Ivan Rupnik sont totalement infondées », et que « l’examen du dossier est toujours en cours et le panel examine les documents fournis par les diocèses concernés, les jésuites, les parties concernées et la presse. »

    Cette déclaration répond non seulement aux récentes demandes des médias — dont une envoyée par OSV News le 21 juillet au préfet de DDF, le cardinal Victor Manuel Fernández — mais aussi aux questions posées dans la lettre de Sgrò.

    Sgrò a déclaré à OSV News le 21 juillet qu'elle n'avait reçu aucune confirmation du Vatican quant au début du procès. Elle a adressé une lettre, datée du 21 juillet et obtenue par OSV News, au cardinal Fernández, lui demandant cette information ainsi que toute autre. Le communiqué de presse du Vatican du 22 juillet a confirmé à Sgrò et à ses clients que le procès était bien en cours.

    Dans son communiqué de presse du 22 juillet, Bruni a déclaré : « Au cours de la procédure, comme pour toute procédure judiciaire, aucune information relative à l’enquête en cours ne peut être divulguée, par respect pour la procédure elle-même et afin d’éviter de nuire à toutes les personnes impliquées, comme cela s’est produit ces derniers jours. Si le panel estime avoir besoin d’informations complémentaires, il prendra de sa propre initiative les mesures nécessaires pour les obtenir. »

    « Droit de savoir »

    Après le sommet sur la protection des personnes vulnérables organisé au Vatican en février 2019 par le pape François, l’archevêque Charles Scicluna de Malte a déclaré au National Catholic Reporter que « les victimes qui portent plainte ont le droit de savoir comment leur affaire est traitée ».

    « Nous avons une loi et un système qui permettent aux personnes de signaler les abus ou les inconduites, mais vous avez également le droit de savoir ce qu'il advient de vos signalements », a-t-il déclaré. Depuis 2018, l'archevêque Scicluna est secrétaire adjoint de la DDF. 

    Sept ans après le sommet, le pape Léon XIV, lors du premier consistoire extraordinaire qui s'est tenu à Rome les 7 et 8 janvier, a fermement condamné le manque d'accueil de l'Église envers les victimes d'abus sexuels, qualifiant cela de « scandale » qui aggrave leurs souffrances.

    « La porte de l’Église était fermée » et les victimes « n’étaient pas les bienvenues », a déclaré le pape aux cardinaux.

    « L’abus lui-même cause une blessure profonde qui peut durer toute une vie », a déclaré le pape, « mais bien souvent, le scandale au sein de l’Église est dû au fait que la porte était fermée et que les victimes n’étaient pas accueillies, accompagnées de la proximité d’authentiques pasteurs. » 

    Dans sa lettre au cardinal Fernández, Sgrò a déclaré que ses clients se sentaient « abandonnés et trahis » et « victimes, une fois de plus, d’un système qui ne les a jamais accueillis, protégés ou réconfortés ».

    Mme Sgrò a déclaré n'avoir reçu aucune nouvelle de la DDF depuis juillet 2025, date à laquelle le Vatican a officiellement nommé les juges chargés du procès canonique du père Rupnik. Dans sa lettre au cardinal Fernández, elle affirme que les victimes n'ont été ni entendues ni contactées par les juges, et qu'elle avait déjà écrit à plusieurs reprises au préfet, sans obtenir de réponse.

    Pressés de répondre

    Le prêtre et artiste slovène déchu, dont l'atelier a réalisé de magnifiques mosaïques pour plus de 200 sanctuaires et églises à travers le monde, est accusé d'avoir abusé sexuellement, spirituellement et psychologiquement de plus d'une vingtaine de femmes.

    Le 21 juillet, OSV News a envoyé une demande de commentaires au cardinal Fernández et à Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, pour connaître l'état d'avancement de l'affaire du père Rupnik, ce qui s'est passé depuis l'annonce personnelle du cardinal Fernández concernant la mise en place du panel de juges en juillet 2025, et si le procès a commencé.

    OSV News a également demandé à la DDF si l'abolition du délai de prescription, accordée par le pape François, s'applique à tous les crimes en question ou seulement aux « delicta graviora », et si le procès du père Rupnik est un processus judiciaire ou se déroule uniquement par décret extrajudiciaire, c'est-à-dire par voie administrative.

    « Delicta graviora » (du latin « crimes plus graves » ou « infractions les plus graves ») est un terme technique de droit canonique qui désigne une catégorie spécifique d’infractions canoniques réservées à la compétence du Dicastère pour la Doctrine de la Foi en raison de leur gravité exceptionnelle. 

    Ces crimes comprennent les délits contre la foi (hérésie, schisme et apostasie), certains délits contre l'Eucharistie et le sacrement de pénitence, ainsi que les agressions sexuelles commises sur des mineurs et des personnes atteintes de déficience mentale. Les inconduites sexuelles impliquant des adultes pleinement conscients ne sont généralement pas considérées comme telles, sauf si elles constituent un délit contre le sacrement de pénitence, ont indiqué des canonistes interrogés par OSV News.

    Bien que ni le préfet de la DDF ni le bureau de presse du Saint-Siège n'aient répondu directement aux questions d'OSV News, la déclaration de Bruni du 22 juillet indiquait : « Cette procédure pénale canonique est de nature judiciaire et, comme indiqué précédemment, n'est pas soumise au délai de prescription pour quelque infraction que ce soit et peut déterminer la culpabilité ou l'innocence conformément au droit canonique. »

    Le communiqué ajoute que « le droit canonique a l’autorité pour juger et imposer des sanctions concernant les affaires internes à l’Église, tandis que le révérend Marko Ivan Rupnik reste soumis aux lois des pays où des infractions ont pu être commises, et le délai de prescription pour de telles infractions est déterminé par les lois de chaque pays, indépendamment de l’autorité ecclésiastique. »

    « Nouvelles violences contre mes clients »

    Dans sa lettre au cardinal Fernández, Sgrò a déclaré avoir vécu ce qu'elle considérait comme un manque de communication comme « une violence supplémentaire contre mes clients, dont les blessures sont encore à vif et même pas un tant soit peu guéries ».

    « Comment cela peut-il être concilié avec les notions de droit, de vérité, de justice et d’équité ? Avec les mots que le Saint-Père emploie sans cesse en faveur des victimes d’abus ? » a-t-elle demandé.

    « Depuis hier », a-t-elle écrit dans sa lettre du 21 juillet adressée au préfet de la DDF, « des rumeurs circulent selon lesquelles le père Rupnik aurait été acquitté des accusations de violence. Aucune confirmation officielle n'a été apportée, pas même un démenti » à ce moment-là, ajoutant que les cinq femmes qu'elle représente « sont profondément déçues et attristées ».

    « Ils n’ont jamais reçu la moindre nouvelle, pas même de ma part, au sujet de ce procès, dont tout se murmure et dont on ne sait absolument rien », a-t-elle ajouté.

    Dans sa lettre, Sgrò a déclaré que ses questions étaient « basiques et minimales » face à un procès pénal impliquant des victimes qui ont porté plainte il y a plus de trente ans.

    « Le procès a-t-il commencé ? Si oui, où en est-il ? Qui sont les juges ? Qu’est-il advenu des demandes de mes clientes d’être admises comme parties lésées au procès ? Pourquoi ces femmes n’ont-elles pas été entendues comme témoins ? » a demandé Sgrò la veille du communiqué de presse du Vatican.

    Bien que certaines de ses questions aient trouvé réponse dans le communiqué de presse du Vatican, celui-ci n'indiquait pas directement si les victimes présumées seraient admises comme parties lésées au procès.

    Selon le canon 1729, « Au cours du procès pénal lui-même, une partie lésée peut intenter une action contentieuse pour réparer les dommages subis personnellement du fait du délit. »

    Les Jésuites ont expulsé un prêtre en 2023

    Le père Rupnik a été brièvement excommunié par l'Église en 2020 pour avoir absous, dans le sacrement de la réconciliation, une novice italienne avec laquelle il avait eu des relations sexuelles. L'excommunication a été levée après son repentir.

    En décembre 2022, les Jésuites ont annoncé la suspension de l'artiste slovène suite à des allégations d'abus. En juin 2023, le père Rupnik a été exclu de l'ordre des Jésuites pour avoir refusé de se conformer aux restrictions qui lui avaient été imposées concernant les abus sexuels, spirituels et psychologiques commis sur une vingtaine de femmes et au moins un homme pendant une période de 30 ans.

    Malgré la crédibilité des accusations et son renvoi des Jésuites, le diocèse de Koper, en Slovénie, pays natal du prêtre, a annoncé avoir incardiné le père Rupnik.

    Après que le diocèse a confirmé en octobre 2023 que le prêtre était présent depuis août, le Vatican a annoncé que le pape François avait levé le délai de prescription dans cette affaire, permettant ainsi au Dicastère pour la Doctrine de la Foi de poursuivre son enquête.

    Dans un communiqué publié en octobre 2023, le Vatican a déclaré que cette décision avait été prise après que « la Commission pontificale pour la protection des mineurs ait porté à l'attention du pape de graves problèmes dans la gestion de l'affaire du père Marko Rupnik et d'un manque de soutien aux victimes ».

    Entre-temps, l’évêque émérite du diocèse de Koper, où le père Rupnik a été incardiné en août 2023, a déclaré à OSV News en février 2025 que le prêtre « poursuit son travail dans le monde entier ».

    Début juin 2025, dans une démarche discrète mais significative, Vatican News a commencé à retirer de son site web les œuvres du père Rupnik. Ses mosaïques, longtemps utilisées pour célébrer les grandes fêtes en ligne, ont récemment été remplacées ou laissées vierges – un changement que de nombreux survivants jugent attendu depuis longtemps.

    Évolutions du droit canonique

    OSV News a interrogé plusieurs canonistes, qui ont souhaité garder l'anonymat, afin de savoir en vertu de quels canons le père Rupnik pourrait être jugé. Le plus probable est le canon 1395, qui traite des infractions sexuelles commises par des clercs, notamment les violations du sixième commandement (« Tu ne commettras point d'adultère »).

    « Un clerc qui persiste dans un autre péché extérieur contre le sixième commandement du Décalogue, et qui cause le scandale, doit être puni de suspension. À cela, d'autres peines peuvent être ajoutées progressivement s'il persiste dans sa faute après un avertissement, jusqu'à sa destitution », stipule le canon.

    Des experts en droit canonique ont déclaré à OSV News que l'un des aspects les plus importants de la réforme du livre VI du Code de droit canonique par le pape François en 2021, qui traite du droit pénal, était de mettre à jour la loi afin de criminaliser explicitement les abus sexuels sur adultes commis par contrainte ou abus d'autorité. 

    « Le clerc qui, par la force, les menaces ou l’abus de son autorité, commet une infraction au sixième commandement du Décalogue ou contraint quelqu’un à accomplir ou à subir des actes sexuels doit être puni » par « des peines justes, n’excluant pas la destitution de l’état clérical si le cas le justifie », peut-on lire.

    Conformément au principe fondamental « lex retro non agit » – « la loi n'agit pas rétroactivement » –, les nouvelles lois et réglementations ne devraient pas s'appliquer aux actions, événements ou relations juridiques antérieurs à leur promulgation. Des experts en droit canonique ont indiqué à OSV News que le père Rupnik ne peut donc être poursuivi pour « abus d'autorité », une notion introduite par la réforme du pape François.

    Groupe de travail sur les abus spirituels

    En novembre 2024, la DDF a annoncé que le pape François avait approuvé la création d'un groupe de travail conjoint entre la DDF et le Dicastère pour les textes législatifs, sous la direction de l'archevêque Filippo Iannone, alors préfet du Dicastère pour les évêques . Ce groupe avait pour mandat d'étudier comment les « abus spirituels » pourraient être définis et punis en droit canonique, et de présenter des propositions concrètes.

    Plus tôt dans la même année, en février 2024, le chef de la doctrine du Vatican a déclaré à OSV News que son bureau travaillait à « sensibiliser et à prévenir » l’utilisation de la spiritualité catholique comme moyen d’abus.

    « Aujourd’hui, nous sommes plus attentifs qu’auparavant à la possibilité que des éléments mystiques ou spirituels soient utilisés pour exploiter les gens, voire abuser d’eux », a déclaré le cardinal Fernández.

    Le cardinal a qualifié ces tactiques de « faux mysticisme » et a déclaré que son dicastère « étudie comment alerter à temps sur les risques et comment les prévenir ».

    « L’Église a besoin de transparence »

    Près de deux ans après la création officielle de la commission, très peu de détails ont été publiés concernant les projets de textes.

    Toutefois, en octobre 2025, le cardinal Fernández a déclaré que le groupe de travail avait « travaillé avec succès » et a demandé que l’archevêque Iannone reste à sa tête même après son transfert à un dicastère majeur, précisément pour assurer la continuité.

    Aucun canon proposé ni projet de loi n'a été publié, et aucun calendrier de promulgation n'a été annoncé. Par conséquent, même si le cas du père Rupnik a pu inspirer la commission, les lois établies ne seront pas applicables à son procès.

    Les avocats canonistes qui se sont entretenus avec OSV News ont souligné que les abus spirituels sont une « question complexe » à prouver lors d'un procès.

    Faisant référence aux rumeurs répandues concernant l'éventuel acquittement du père Rupnik, Sgrò a déclaré au cardinal Fernández dans sa lettre du 21 juillet : « Je n'ai pas entendu un seul mot bon à propos de cette procédure, et cela m'alarme et m'attriste. »

    « L’Église, comme les victimes, a besoin de transparence, de justice et de vérité », a insisté Sgrò, demandant au préfet « de me tenir informé, autant que possible, de ce qui se passe, afin de ne pas envenimer davantage des cœurs déjà profondément meurtris. »

    Elle a déclaré que ses clients « devraient être considérés comme une ressource et non comme un obstacle sur le chemin de la vérité » et qu’« ils n’ont aucune intention de renoncer à la justice ni de reculer lorsqu’ils voient le tort qu’ils ont subi reconnu ».

    Paulina Guzik est rédactrice internationale d'OSV News. Suivez-la sur X  @Guzik_Paulina .

    Lire également : Dans l'affaire Rupnik, le coût du secret est visible.

  • Les hommes dont nous avons besoin

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    De Roberto de Mattei sur Corrispondenza Romana :

    Les hommes dont nous avons besoin

    Avant la confusion des structures, il y a la confusion des esprits. C'est la clé pour comprendre le moment historique que nous traversons. La crise qui frappe aujourd'hui le monde catholique n'est pas d'abord une crise organisationnelle ou stratégique : c'est une crise spirituelle et culturelle, qui affecte notre manière même de penser, de juger et de réagir aux événements.

    Pendant des décennies, le progressisme politique et culturel a exercé une domination quasi incontestée sur l'Occident, contrôlant les partis politiques, les principaux médias, les maisons d'édition, le monde universitaire, l'industrie du divertissement et, finalement, une part importante des institutions ecclésiastiques elles-mêmes. Son objectif était d'instaurer un nouvel ordre mondial fondé sur l'abolition des identités naturelles et religieuses, la dissolution de toute autorité traditionnelle et le remplacement de l'ordre chrétien par une nouvelle religion séculière.

    Cette hégémonie semblait, jusqu'à il y a quelques années, quasiment irréversible. Quiconque s'y opposait était marginalisé, censuré, ou tout simplement ignoré. Or, toute construction artificielle porte en elle les germes de sa propre dissolution. Le début du XXIe siècle a marqué l'émergence d'une crise profonde de ce système. Nombreux sont ceux qui attribuent ce changement à la diffusion d'Internet et des réseaux sociaux. Ce serait toutefois une erreur de confondre l'outil et la cause.

    Internet n'a pas créé la réaction ; il l'a simplement révélée au grand jour, la rendant ainsi efficace. La Providence utilise souvent des moyens inattendus pour accomplir ses desseins. Internet a permis de contourner le monopole de l'information, de diffuser des idées censurées, de connecter des personnes jusque-là isolées. Mais la cause véritable et profonde de cette réaction réside dans l'ordre naturel, qui précède toute construction idéologique. Lorsque cet ordre est systématiquement transgressé, la réalité elle-même réagit. La nature humaine possède une force de résistance qu'aucune propagande ne saurait anéantir définitivement. La vérité peut être obscurcie, mais la loi naturelle que Dieu a inscrite au cœur de chaque homme ne peut être complètement effacée.

    Cette capacité de résilience s'est manifestée avec une clarté particulière au cours des vingt-cinq dernières années, notamment dans le monde catholique. Nombre de fidèles ont perçu la perte d'un élément essentiel et ont cherché à retrouver la liturgie traditionnelle, le catéchisme pérenne, la philosophie réaliste, la théologie classique et l'héritage spirituel de l'Église. Mais au moment même où une convergence possible de ces énergies semblait se dessiner, ce que l'on pourrait appeler le dernier soubresaut du processus révolutionnaire s'est produit.

    Ces dernières années, une série d'événements a profondément déstabilisé le monde catholique. La pandémie de 2020-2021 a instauré un climat de peur collective et de méfiance mutuelle. La guerre russo-ukrainienne, qui a éclaté en 2022, a exacerbé la confusion et la polarisation des sentiments. Les événements internes à l'Église, lors de la transition entre le pontificat de François et celui de Léon XIV, ont accentué l'enthousiasme et le découragement, souvent de manière disproportionnée par rapport à la véritable portée des événements. Ce climat psychologique a été instrumentalisé pour empêcher toute réconciliation du monde catholique attaché à la Tradition, engendrant une fragmentation peut-être sans précédent dans l'histoire. 

    L’effet le plus grave de cette situation n’est pas organisationnel, mais intellectuel. Plinio Corrêa de Oliveira, dans Révolution et Contre-révolution , a maintes fois dénoncé l’atrophie de l’intelligence comme l’un des phénomènes caractéristiques du monde moderne ; Marcel De Corte a consacré à ce sujet un ouvrage pénétrant, L’Intelligence en danger de mort . Le développement technologique a accéléré ce processus. L’homme contemporain vit immergé dans un flux constant d’informations, d’images, d’émotions et de controverses. Les réseaux sociaux – Facebook, Instagram, TikTok et les plateformes qui ne cessent d’émerger – ne se contentent pas de transmettre l’information : leur fonctionnement même est conçu pour affaiblir l’exercice de l’intelligence. Ils suscitent des réactions immédiates, privilégiant l’émotion au jugement, la rapidité à la profondeur. Nous ne recherchons plus la vérité, mais la réaction immédiate. 

    Ce phénomène a également touché des milieux se réclamant du traditionalisme et qui, de par leur origine, devraient y être les moins exposés. Il en résulte un paradoxe : posséder des principes doctrinaux solides tout en vivant psychologiquement selon les catégories de la culture révolutionnaire. On passe d’une indignation à l’autre, de l’enthousiasme à la déception, d’une polémique à l’autre, sans conserver la paix intérieure qui seule permet un authentique discernement.

    Les grandes crises de l'Église ont toujours été abordées par des hommes qui étaient, au sens le plus profond du terme, des contemplatifs en action. Saint Athanase, saint Grégoire VII, saint Pie V et saint Pie X n'ont pas été submergés par les événements : ils les ont maîtrisés, car ils savaient les juger à la lumière de principes supérieurs. Leur force puisait dans la prière, la discipline intellectuelle et l'habitude de subordonner les faits aux principes, et non les principes aux faits. Toute authentique restauration commence toujours par une restauration des facultés de l'âme.

    L’étude, la réflexion et la primauté de la contemplation sur l’action sont les conditions indispensables au développement de la vie intérieure et à la formation d’hommes capables de juger correctement les événements de notre temps.

    Dom Jean-Baptiste Chautard, dans son célèbre ouvrage L'Âme de tout apostolat , rappelait que l'hérésie de l'action consiste à substituer l'activité à la vie intérieure. Aujourd'hui, on pourrait ajouter qu'une nouvelle forme d'activisme existe également : l'activisme numérique. Il s'agit d'une agitation constante qui donne l'illusion de l'engagement tout en sapant lentement l'énergie spirituelle. La recherche du sensationnel remplace la fidélité quotidienne ; l'exceptionnel paraît plus attrayant que l'ordinaire. Or, c'est précisément dans la fidélité aux petites choses que se forme le caractère chrétien. Parfois, il faut plus d'héroïsme pour accomplir son devoir quotidien que pour affronter une situation extraordinaire. Comme le remarque Mgr Pier Carlo Landucci, l'humble conscience de sa propre petitesse peut conduire à entrevoir une place modeste dans la gloire des saints ; mais tous sont appelés à une sainteté héroïque, car, comme l'enseigne saint Paul, « telle est la volonté de Dieu, votre sanctification » ( 1 Th 4, 3).

    Enfin, il existe une dernière tentation, particulièrement insidieuse. Face aux difficultés qui se présentent au sein de l'Église, certains sont tentés de chercher refuge à l'extérieur. Combattre à l'extérieur semble plus facile que d'endurer les souffrances causées par les crises internes. Il est plus aisé d'imaginer des communautés parfaites que de demeurer fidèle dans l'épreuve. Mais ce chemin mène inévitablement à une impasse.

    L’Église demeure le Corps mystique du Christ, même lorsqu’elle est frappée par de profondes crises. Ses membres peuvent être infidèles ; ses pasteurs peuvent commettre des erreurs et même semer une grave confusion ; dans certaines circonstances, la résistance peut être légitime, voire nécessaire. Cependant, il n’existe pas de voie authentiquement catholique en dehors des institutions de l’Église, et la restauration ne saurait être obtenue par une opposition constante et permanente à ceux qui exercent légitimement son autorité.

    L'histoire nous enseigne que toutes les grandes restaurations catholiques sont nées d'hommes qui savaient allier une ferme résistance à l'erreur à un amour inébranlable pour l'Église visible et hiérarchisée. 

    C’est pourquoi le combat décisif de notre époque ne consiste pas principalement à faire entendre nos voix, à accuser autrui ou à multiplier les initiatives et les campagnes médiatiques. Il s’agit de reconstruire des individus dotés d’une force intérieure, capables d’étude, de prière, de sacrifice et, surtout, d’équilibre. 

  • Rumeurs autour de Marko Rupnik – et ce qui pourrait suivre

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    De JD Flynn sur le Pillar :

    Rumeurs autour de Rupnik – et ce qui pourrait suivre

    Que se passe-t-il lorsque le procès du prêtre déshonoré prend fin ?

    21 juillet 2026

    Des rumeurs ont commencé à circuler à Rome lundi, selon lesquelles le procès canonique de l'ancien jésuite, le père Marko Rupnik, serait arrivé à son terme, sans condamnation pour les crimes canoniques non spécifiés actuellement examinés par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi du Vatican.

    Ces rumeurs ne sont que cela : non confirmées et imprécises, empreintes d'ambiguïté quant à ce qui s'est précisément passé lors du procès canonique de Rupnik, et quant à ce que l'on sait des détails.

    Ces rumeurs n'ont pas été confirmées par The Pillar. Elles ont néanmoins suscité un vif intérêt, témoignant de la forte curiosité des catholiques du monde entier pour l'affaire Rupnik, et préfigurant l'attention médiatique considérable que suscitera le verdict final.

    Quel que soit le dénouement annoncé de l'affaire Rupnik, celle-ci sera inévitablement close. Le moment venu, le Saint-Siège devra se préparer à la double complexité d'une affaire comme celle de Rupnik : une attention institutionnelle soutenue, à la fois pour garantir un résultat juridique juste et pour gérer les attentes suscitées par cette affaire médiatisée au passé tumultueux.


    Les rumeurs concernant une résolution de l'affaire Rupnik s'appuient sur des articles et des publications parus le 20 juillet sur un blog italien proche des traditionalistes, et sur un site web anglophone relativement inconnu qui semble couvrir l'actualité du Vatican.

    Aucun des deux n'a fourni beaucoup de détails sur la nature du verdict présumé — s'il s'agissait d'un acquittement délibéré de Rupnik des allégations d'abus sexuels portées contre lui, ou — plus probablement — d'une conclusion selon laquelle les preuves disponibles ne permettaient pas de trancher définitivement l'affaire.

    Rupnik est accusé d'avoir abusé de plusieurs religieuses pendant des années, mêlant manipulation spirituelle et création de ses désormais tristement célèbres mosaïques de scènes bibliques, et d'avoir contraint des femmes consacrées à des pratiques sexuelles spiritualisées dans le cadre de la création de son art.

    L'affaire est examinée par un tribunal organisé par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, après que le pape François a levé en 2023 le délai de prescription canonique qui empêchait auparavant que le prêtre soit jugé pour les accusations d'abus sexuels lui-même.

    Mais le pape n'a pas précisé à l'époque les crimes canoniques dont Rupnik serait accusé. Ce dernier avait déjà été condamné par un tribunal du Dicastère pour avoir tenté d'absoudre une partenaire sexuelle, un crime contre le sacrement de la confession. De ce fait, le dicastère était l'instance compétente pour juger tous les crimes connexes, y compris, semble-t-il, ceux découlant des allégations de manipulation et de coercition sexuelles de religieuses.

    Les crimes dont il était accusé auraient été commis en vertu du code pénal initial du Code de droit canonique de 1983 — considérablement révisé en 2021 — et le prêtre aurait donc été jugé selon la loi en vigueur au moment des faits. De manière générale, les canonistes présument que Rupnik est jugé pour une violation présumée du canon 1395, qui stipule que :

    « Tout clerc qui persiste dans un péché extérieur contre le sixième commandement du Décalogue sera suspendu. À cette suspension s’il persiste dans sa faute après un avertissement, d’autres sanctions pourront être ajoutées progressivement, et il pourra finalement être destitué de l’état clérical. »

    Le canon se poursuit :

    « Un clerc qui a enfreint… le sixième commandement du Décalogue, si le crime a été commis par la force, ou par des menaces, ou en public, ou avec un mineur… doit être puni des peines justes, y compris la destitution de l’état clérical si le cas le justifie. »

    En 2021, le canon a été révisé pour inclure la criminalité des infractions au sixième commandement commises par « abus d'autorité » — mais au moment où Rupnik aurait commis son crime, cette loi n'était pas en vigueur, et ce n'est donc pas la loi en vertu de laquelle il est jugé.

    Les canonistes expérimentés en matière de procès pénaux s'accordent généralement à dire que, pour le meilleur ou pour le pire, prouver, selon les critères légaux de la condamnation, l'existence d'éléments constitutifs de l'infraction tels que la « force », les « menaces » et même la « persévérance » peut s'avérer difficile dans de nombreux cas. Et dans l'affaire Rupnik, où le délai de prescription était déjà expiré, rassembler les preuves a sans doute été encore plus ardu. De fait, l'une des raisons d'être des délais de prescription est simple : avec le temps, il devient d'autant plus difficile d'obtenir des preuves juridiquement suffisantes.

    Par ailleurs, The Pillar a reçu depuis des mois des plaintes de sources vaticanes concernant des irrégularités de procédure dans le procès pénal de Rupnik, certaines se demandant si ces défaillances procédurales pourraient éventuellement entraver les poursuites contre le prêtre.

    Pour le meilleur ou pour le pire, de telles choses arrivent dans les affaires criminelles — et peut-être d'autant plus dans les affaires qui ont connu l'histoire longue et compliquée des diverses procédures juridiques et d'enquête de Rupnik au Vatican et dans son ancien ordre religieux, la Compagnie de Jésus.

    En résumé, les canonistes ont reconnu qu'il existe de nombreuses raisons pour lesquelles l'affaire Rupnik pourrait se conclure sans condamnation, et que toutes ces raisons ne reposent pas directement sur la culpabilité ou l'innocence du prêtre déchu. Tel est le cas des procédures judiciaires, qui ne constituent que le meilleur effort humain disponible pour établir les faits dans le respect des droits des personnes concernées.

    Il est possible de croire à la fois que les preuves accessibles au public indiquent que Rupnik a probablement commis des actes de maltraitance graves, et de croire qu'un procès pourrait ne pas aboutir à sa condamnation.

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  • La campagne des évêques américains en faveur de la planification familiale naturelle est lancée

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    De Tessa Gervasini sur EWTN News :

    La campagne des évêques américains en faveur de la planification familiale naturelle a débuté

    Les évêques américains ont publié des ressources, notamment des affiches, des notes d'homélie, des fichiers pour les médias sociaux et des idées pour célébrer et promouvoir la planification familiale naturelle.

    Le Programme national de planification familiale du Secrétariat pour les laïcs, le mariage, la vie familiale et la jeunesse de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) publie son affiche pour la Semaine de sensibilisation à la planification familiale naturelle 2026, qui se tiendra du 19 au 25 juillet 2026. | Crédit photo : USCCB

    Le Programme national de planification familiale du Secrétariat pour les laïcs, le mariage, la vie familiale et la jeunesse de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) publie son affiche pour la Semaine de sensibilisation à la planification familiale naturelle 2026, qui se tiendra du 19 au 25 juillet 2026. | Crédit photo : USCCB
     
    20 juillet 2026

    « Conçu par Dieu, guidé par l’amour, ouvert à la vie » est le thème de la campagne de la Semaine de sensibilisation à la planification familiale naturelle (PFN) 2026 de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB).

    La campagne annuelle des évêques sur la planification familiale naturelle, qui se déroule du 19 au 25 juillet, met en lumière le dessein de Dieu pour l'amour conjugal, le don de la vie et l'enseignement de l'Église sur les méthodes de planification familiale naturelle.

    Pour sensibiliser le public à ce sujet, le programme NFP de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) élabore chaque année une affiche accompagnée de documents d'information à afficher dans les paroisses, les hôpitaux, les salles de classe NFP, les centres de préparation au mariage, les cabinets médicaux, les centres de vie familiale et les centres d'aumônerie universitaire.

    En 1981, l'Église catholique aux États-Unis a intensifié ses efforts pour mieux faire connaître et appliquer la planification familiale naturelle et son enseignement. Afin de poursuivre cette mission, la conférence des évêques a mis en place le Programme de planification familiale naturelle.

    Ce programme, qui fait partie du Secrétariat pour les laïcs, le mariage, la vie familiale et la jeunesse de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), met à disposition des diocèses et des organisations des ressources telles que des affiches, des notes d'homélie, des fichiers pour les médias sociaux et des idées pour célébrer et promouvoir la planification familiale naturelle.

    La campagne encourage les paroisses à organiser des séances d'introduction sur la science et l'éthique des méthodes naturelles de planification familiale et à accueillir des retraites pour les couples mariés.

    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) suggère également que les paroisses offrent des occasions de prière, notamment des messes, des chapelets, l'adoration eucharistique pour les intentions de mariage et de planification familiale naturelle, et des neuvaines pour renforcer le mariage, telles que celles à sainte Anne, à saint Joachim et à la Vierge Marie sous le vocable de l'Annonciation.

    Les dates de la campagne annuelle mettent en lumière l'anniversaire de l'encyclique du pape Paul VI sur la réglementation des naissances, Humanae Vitae , publiée le 25 juillet 1968.

    planification familiale naturelle

    La méthode NFP invite les couples à coopérer avec le plan de Dieu pour l'amour conjugal, qui, selon la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, « est un "grand mystère", un signe de l'amour entre le Christ et son Église (Éph 5:32) ».

    La méthode d'observation de la fertilité (MOF) repose sur l'observation et la mesure des signes naturels de fertilité d'une femme, tels que sa température basale et ses niveaux d'hormones, afin d'identifier les phases fertiles et infertiles de son cycle menstruel.

    Contrairement aux contraceptifs chimiques ou mécaniques qui suppriment ou bloquent la fertilité, la méthode d'observation de la fertilité (MOF) fonctionne en harmonie avec les rythmes naturels du corps, conformément à l'enseignement de l'Église.

    Comme l'ont déjà déclaré les évêques américains : « La méthode naturelle de planification familiale respecte le pouvoir donné par Dieu d'aimer et de faire naître une nouvelle vie humaine, même lorsque nous ne cherchons pas activement à exercer ce pouvoir. »

    Des recherches publiées ont également révélé que les couples mariés qui pratiquent une méthode de planification familiale naturelle bénéficient d'une meilleure communication, d'une plus grande ouverture à la vie et présentent des taux de divorce plus faibles.

  • Comment réagir quand on vous dit que Jésus avait des frères et sœurs ?

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    De Kathy Schiffer sur le NCR :

    Comment réagir quand on vous dit que Jésus avait des frères et sœurs ?

    Dès les premiers jours qui ont suivi la Résurrection, l'Église a cru que Marie était restée vierge à jamais et que Jésus n'avait pas de frères ni de sœurs biologiques.

    Marie, toujours vierge
    Marie, toujours vierge (photo : Wikimedia Commons)

    « N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Josès, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs sont-elles ici parmi nous ? » — Marc 6,3

    Jésus avait-il des frères et sœurs ? Certains pensent que l’Évangile de Marc semble le suggérer.

    Et pas seulement dans l'Évangile de Marc. Dans Luc 8,19-21, le sujet est de nouveau abordé. Alors que Jésus s'adresse à la foule, quelqu'un lui dit : « Ta mère et tes frères sont dehors et ils aimeraient te voir. » 

    Mais Jésus, au lieu d'inviter le reste de sa famille à entrer, les congédie, profitant de l'occasion pour enseigner la proximité qu'il ressent envers ceux qui gardent sa parole.

    « Qui sont ma mère et mes frères ? » demande- t-il . « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »

    * * * * * * *

    Parmi les exégètes protestants, certains citent des versets comme celui-ci comme preuve que Marie a bien eu d'autres enfants avec Joseph après la naissance de Jésus. L'exégète biblique James Tabor les cite sur son blog : Jacques, Josès, Judas et Simon et, selon certains, Marie et Salomé.

    L'Église catholique, cependant, rejette de telles affirmations , qui contredisent son enseignement dogmatique sur la virginité perpétuelle de Marie.

    D’où vient donc cette idée chez les catholiques que Marie n’a jamais eu de relations sexuelles, ni d’autres enfants ? Et pourquoi Joseph aurait-il accepté cet accord ?

    Qui est ton frère ?

    Dans le langage courant, il est fréquent d'appeler quelqu'un son « frère » même en l'absence de lien de sang. Nous, chrétiens, sommes tous « frères en Christ ». Le terme « frère » peut désigner une personne avec laquelle on partage un lien de sang, ou une personne sans lien biologique, mais avec laquelle on entretient une amitié ou une appartenance ethnique.

    Il en va de même dans les Écritures. Le terme grec traduit par « frère » ( adelphos ) peut désigner non seulement les parents par le sang, mais aussi les cousins ​​éloignés ou, plus largement, toute personne avec laquelle on partage un lien spirituel.

    Prenons par exemple Genèse 13:8 : « Abram dit à Lot : « Qu’il n’y ait pas de querelle entre toi et moi, ni entre tes bergers et les miens, car nous sommes frères. »

    Dans ce cas précis, le terme « frère » est utilisé pour décrire Abraham et Lot — qui ne sont pas frères de sang mais plutôt oncle et neveu.

    Et saint Paul, écrivant sa première lettre aux Corinthiens (15:6), décrit les personnes qui ont vu Jésus après sa Résurrection, y compris ses « frères » : « Alors il [Jésus] est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont beaucoup sont encore avec nous, mais quelques-uns sont morts. »

    Tout de même, Paul n'essayait pas de prétendre que Marie avait donné naissance à plus de 500 enfants !

    * * * * * * *

    Mais les évangélistes présentent également d'autres preuves que Jésus était enfant unique.

    Nous savons, grâce aux Évangiles et aux Actes des Apôtres, ainsi qu'à des textes anciens, ce qu'il est advenu des Douze après la Résurrection du Christ. Nous lisons le récit de leurs exploits : la diffusion de l'Évangile en terres étrangères et le martyre qu'ils ont subi plutôt que de renier Jésus, qu'ils reconnaissaient comme le Christ. Nous savons comment ils sont morts et où ils reposent.

    Les Évangiles nous apprennent-ils quoi que ce soit sur les frères de Jésus ? Non, rien du tout.

    Au pied de la Croix se tenaient Marie, la mère de Jésus, les deux autres Marie – Marie de Cléophas et Marie-Madeleine – et l’apôtre Jean. À l’article de la mort, Jésus confia Marie à Jean et lui dit : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit à Jean : « Voici ta mère. » Dès lors, le disciple la prit chez lui (Jean 19, 26-27).

    Si Jésus avait eu d'autres frères et sœurs, n'auraient-ils pas été là avec lui, aux côtés de sa mère ? Et n'auraient-ils pas pris soin d'elle en l'accueillant chez eux ?

    S’il y avait eu un autre parent par le sang qui aurait pu subvenir aux besoins de Marie, pourquoi Jésus l’aurait-il confiée à Jean ?

    Autre indice : les « frères » de Jésus cités dans Jean 2:1 et Actes 1:14 ne sont jamais appelés les enfants de Marie, bien que Jésus lui-même le soit.

    L'autorité enseignante de l'Église

    Il existe cependant une autre raison de croire que Marie n'a pas eu d'autres enfants : le consensus de l'Église primitive et du magistère pérenne.

    Rappelons-nous que Jésus a promis d'envoyer le Saint-Esprit, le Paraclet, pour guider son Église et la préserver de l'erreur. Sans cette promesse du Christ, ses disciples et leurs descendants pourraient s'éloigner toujours plus de la Vérité, s'égarant complètement à cause de faux enseignements et de prophéties erronées. Cependant, nous avons la promesse du Christ d'être toujours avec nous, jusqu'à la fin des temps. Avec la protection de la Seconde Personne de la Sainte Trinité et du Saint-Esprit, nous pouvons être assurés que l'Église préservera fidèlement le message de l'Évangile.

    Dès les premiers jours qui ont suivi la Résurrection, l'Église a cru que Marie était restée vierge à jamais et que Jésus n'avait pas de frères ni de sœurs biologiques.

    Le Protévangile de Jacques , un ouvrage non canonique mais très respecté datant d'environ 150 après J.-C., évoque la virginité consacrée de Marie depuis sa jeunesse. Il explique que saint Joseph, veuf âgé et père de famille, fut choisi comme époux de Marie afin de la protéger et de veiller sur elle, tout en respectant son vœu de virginité.

    Ce point de vue — selon lequel Joseph avait eu des enfants d'un précédent mariage, qui devinrent les demi-frères et sœurs de Jésus — était partagé au IVe siècle par Épiphane, évêque de Salamine. Il est encore adhéré par de nombreux membres de l'Église orthodoxe aujourd'hui.

    Athanase d'Alexandrie, dans ses Quatre Discours contre les Ariens , écrivait en 360 après J.-C. :

    « Que ceux qui nient que le Fils soit issu du Père par nature et propre à son essence nient donc aussi qu’il ait pris la véritable chair humaine de Marie, toujours Vierge. »

    Saint Jérôme, écrivant en 383 après J.-C. au sujet de la virginité perpétuelle de Marie dans un débat avec Helvidius, a dit :

    Vous dites que Marie n'est pas restée vierge. J'affirme plus encore : que Joseph lui-même, par Marie, était vierge, de sorte que d'une union virginale est né un fils vierge.

    Et au siècle suivant, le pape saint Léon Ier prononça un sermon dans lequel il déclara :

    L’origine est différente, mais la nature est la même : elle n’est pas née de l’union avec l’homme, mais de la puissance de Dieu ; car une Vierge a conçu, une Vierge a enfanté, et elle est restée Vierge.

    Aujourd’hui, le Catéchisme de l’Église catholique (501) reconfirme ce même point :

    Jésus est le fils unique de Marie, mais sa maternité spirituelle s'étend à tous les hommes qu'il est venu sauver : « Le Fils qu'elle a enfanté est celui que Dieu a placé comme premier-né parmi de nombreux frères, c'est-à-dire les fidèles à la génération et à la formation desquels elle collabore avec l'amour d'une mère.
  • Cotignac : les sapeurs-pompiers ont réussi à sauver le monastère Saint-Joseph et le sanctuaire Notre-Dame

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    Lu ICI :

    L'incendie dans le Var "s'est approché dangereusement" de trois villages dans la nuit

    "La nuit ne fut pas calme", explique le contrôleur général Éric Grohin, directeur départemental du Sdis du Var. "Le feu a progressé encore toute la nuit et s'est approché assez dangereusement des villages de Cotignac, de Montfort-sur-Argens et de Correns."Les sapeurs-pompiers ont réussi à sauver le monastère Saint-Joseph et le sanctuaire Notre-Dame, situés à proximité des flammes. Le monastère avait été évacué dans l'après-midi hier et les sœurs et l'aumônier ont été mis à l'abri dans le village de Cotignac, a précisé l'évêque de Fréjus-Toulon sur Facebook.

    Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

    et Monastère Saint-Joseph ont été épargnés de justesse.

    Nous remercions les sapeurs pompiers du Sdis83 officiel - Sapeurs-Pompiers du Var et d’ailleurs, et Préfet du Var pour son attention et monsieur le maire de Cotignac.

    Nous prions pour les personnes ayant perdu leur maison, leur vendange à venir…

    Je célébrerai la messe du 15 août sur place en action de grâce aux pieds de Notre-Dame.

    +FT

    Peut être une image de talon de billet et texte

  • Aujourd'hui, on fête sainte Marie-Madeleine

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    images.jpgA la suite de la sortie d'un mauvais fillm (déjà oublié), transposé d'un roman (médiocre) qui a constitué un succès de librairie (inconcevable), le personnage de Marie-Madeleine est devenu l'objet de toutes les affabulations possibles et imaginables, totalement dénuées de fondements historiques mais d'autant plus appréciées par les faiseurs d'opinion qu'elles semblaient mettre à mal l'approche catholique de cette grande sainte.

    Documents sur Marie Madeleine

    Les métamorphoses de Marie-Madeleine (évangiles synoptiques, évangile de St Jean, évangiles gnostiques) par le Père JEAN-MARIE SEVRIN, Franciscain
      http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&art_id=187885  
     

    Jésus a-t-il épousé Marie-Madeleine ?    http://www.opusdei.fr/art.php?p=15400    

    Jésus et Marie-Madeleine   http://dominique-le-tourneau.hautetfort.com/archive/2006/02/16/jesus-et-marie-madeleine.html  

    Benoît XVI nous rappelle l'histoire de Marie de Magdala

  • Mais qui était vraiment Marie-Madeleine ? (22 juillet)

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    De KTO :

    Marie-Madeleine

    15/04/2018

    Cette semaine, la Foi prise au mot, en partenariat avec le Monde de la Bible, vous propose de revenir sur l’un des personnages les plus attachants et les plus populaires des évangiles : Marie-Madeleine. Qui est-elle cette femme dont on parle tant ? Marie de Béthanie, assise aux pieds du Seigneur pendant que sa soeur Marthe vaque aux tâches de la maison ? Marie de Magdala qui reconnaît son maître ressuscité au matin de Pâques ? Est-elle aussi la pécheresse qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux ? Universellement célébrée, très à la mode depuis quelque temps, Marie Madeleine fascine et interroge. Pour essayer de percer le mystère nous retrouvons trois invités : Sylvaine Landrivon, théologienne, maître de conférences à l’université catholique de Lyon, Raphaëlle Ziadé, responsable de département des arts byzantins au Petit Palais, et le père Jean Pierre Brice Olivier, prêcheur dominicain.

  • Marie-Madeleine (22 juillet)

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    mariamagdalena01.jpgHomélie du Père Joseph-Marie Verlinde (Famille de Saint-Joseph) (Homelies.frArchive 2008)

    Comme la Bien-aimée du Cantique, Marie-Madeleine cherche « celui que son cœur aime » (1ère lect.) « alors qu’il fait encore sombre ». Mais comment pourrait-elle le chercher si elle ne l’avait pas déjà trouvé ? Son désir témoigne de la présence et de l’action en elle de l’Esprit Saint qui l’attire irrésistiblement vers Jésus. Avec l’intuition sûre de l’amour, elle se rend au rendez-vous de son Seigneur, mais il lui faut du temps pour reconnaître les signes de sa présence. La mise en scène et les dialogues rapportés par Saint Jean sont d’une esquise délicatesse. Marie ne semble même pas s’étonner de voir deux personnages - identifiés à « des Anges vêtus de blanc » - dans l’espace réduit du tombeau. A moins que le caractère saugrenu de cette situation soit une invitation explicite de l’évangéliste à nous élever à une lecture symbolique. Le propitiatoire posé sur l’Arche de l’Alliance n’était-il pas flanqué lui aussi de deux Anges, « l’un à la tête, l’autre aux pieds » ? Ce tombeau vide apparaît tout à coup comme le Temple de Dieu, le lieu où repose sa gloire, où demeure sa présence.

    Ce n’est pas un divin impersonnel qui remplit le tombeau de sa nuée : les « Anges » s’adressent à Marie-Madeleine avec les paroles mêmes que le Ressuscité reprendra quelques instants plus tard. Comme l’étymologie du terme Ange l’indique, ces Etres de lumière sont les messagers, les porte-paroles de Dieu ; ils sont évoqués pour éviter de prononcer le Nom du Seigneur lui-même. Le fait qu’ils prononcent les paroles que reprendra Jésus, sous-entend que celui-ci partage désormais la gloire du « Nom qui surpasse tous les noms » (Ph 2, 9). Il est « le Seigneur », celui devant qui toute créature au ciel et sur la terre fléchit les genoux, et dont toute langue proclame la Seigneurie universelle (cf. Ph 2, 10-11).

    Marie n’en est pas encore là dans son cheminement ; pour le moment, elle cherche encore un cadavre. Aveuglée par la tristesse, elle ne reconnaît pas la présence du Vivant au cœur du tombeau vide dont elle se détourne. Mais le Ressuscité n’est plus lié à un lieu précis ; il n’est plus conditionné ni par l’espace ni par le temps : il est bien réellement présent partout où un cœur le désire ardemment. Marie-Madeleine est littéralement enveloppée de toute part par sa présence qui se fait plus pressante : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Marie ne se trompe pas vraiment en prenant Jésus pour le jardinier : n’est-il pas le nouvel Adam que le Père a établi gardien de cette terre où est planté l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, que sa Résurrection a transformé en Arbre de Vie ? Il faut cependant un appel particulier, personnel de Notre-Seigneur pour la réveiller de sa torpeur et la faire entrer dans le monde nouveau inauguré par la Pâque de celui qu’elle cherche éperdument.

    « Marie » : interpellation empreinte de douceur, mais aussi sans doute supplication de l’amour mêlée d’étonnement : « comment se fait-il que tu ne me reconnaisses pas ? » C’est en prononçant notre nom que Jésus se fait connaître, ce « nom nouveau gravé sur une pierre blanche, que personne ne connaît sauf celui qui la reçoit » (Ap 2, 17). Se retournant une seconde fois, c’est au cœur même du tombeau vide devenu chambre nuptiale, que Marie cherche cette fois à retenir son Seigneur en confessant son amour : « Rabbouni ».

    Pourtant cette rencontre n’est que préfigurative : le temps des noces n’est pas encore venu. Jésus « monte vers son Père et notre Père, vers son Dieu et notre Dieu » pour nous préparer une place dans sa demeure d’éternité. En attendant le face à face, il nous faut comme Marie, et dans la foi, poursuivre notre route et annoncer nous aussi : « J’ai vu le Seigneur ressuscité au fond de mon cœur. Il a pris autorité sur toutes mes morts et transformé mes tombeaux en sanctuaires de sa gloire ; et voilà ce qu’il m’a dit : “Cherchez-moi de tout votre cœur ; je me laisse trouver par les âmes de désir” ».

    « Seigneur arrache de ma poitrine mon cœur de pierre ; cœur lourd, opaque, indifférent, insensible. Et donne-moi un cœur de chair qui “languit de toi comme une terre aride, sans eau” (Ps 62). Accorde-moi de pressentir ta force et ta gloire, afin de réaliser que ton amour éternel vaut mieux que ma pauvre vie mortelle. Je pourrai alors “lever les mains pour te bénir en invoquant ton nom, m’attacher à toi de toute mon âme, et crier de joie à l’ombre de tes ailes” (Ibid.). »