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Eglise

  • Les pro-vie remportent une nouvelle victoire à la conférence de l'ONU

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    De sur C-Fam :

    Les pro-vie remportent une nouvelle victoire à la conférence de l'ONU

    NATIONS UNIES, 17 avril (C-Fam) Les militants pro-vie ont remporté une nouvelle victoire aux Nations Unies cette semaine, le président de la Commission de la population et du développement ayant refusé de soumettre un document à l'approbation. Il s'est opposé aux efforts européens visant à imprégner le document d'idéologies pro-avortement et de genre.

    L’ambassadeur Zéphyrin Maniratanga du Burundi n’a pas présenté d’accord final pour adoption car le projet d’accord négocié ces dernières semaines n’a pas pu être adopté à l’unanimité.

    Les gouvernements européens et d'autres gouvernements progressistes ont contesté la version finale de l'accord car elle ne comportait pas suffisamment de liens entre la santé sexuelle et reproductive, le genre, la censure et les droits de l'homme.

    Maniratanga a choisi de retirer l'accord plutôt que de céder aux progressistes ou de proposer un accord qu'ils auraient rejeté. Cette décision s'inscrit dans la pratique des conférences et réunions des Nations Unies, qui exige l'adoption par consensus, c'est-à-dire sans qu'aucune délégation onusienne ne s'y oppose.

    La décision de Maniratanga constituait un désaveu discret mais cinglant des gouvernements européens et progressistes qui, le mois dernier encore, avaient imposé un vote sur l'accord à la Commission de la condition de la femme, au lieu d'un vote définissant ce qu'est une femme. C'était la première fois dans l'histoire de cette commission qu'un vote était nécessaire. Les Européens et leurs alliés semblaient prêts à en convoquer un autre cette semaine.

    Le Saint-Siège a remercié l’Ambassadeur Maniratanga d’avoir préservé la pratique de l’adoption consensuelle et a déploré qu’une attention excessive portée à la santé sexuelle et reproductive ait fait dérailler les négociations. Le Saint-Siège a souligné que le discours sur la santé sexuelle et reproductive et les droits reproductifs avait toujours été controversé et qu’il était injuste de ne pas se concentrer sur un programme de santé plus large.

    La Gambie, l'Égypte, la Malaisie, le Nigeria et les États-Unis ont également félicité Maniratanga et exprimé des préoccupations similaires.

    Les Européens et leurs alliés ont juré de continuer à promouvoir l'avortement, l'idéologie du genre, la DEI et la censure par le biais des agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales qui mettent en œuvre la politique de l'ONU en matière de santé sexuelle et reproductive et de genre.

    Un représentant de Chypre, s'exprimant au nom de tous les États membres de l'UE, a déclaré que son pays était particulièrement déçu de ne pas avoir pu réaffirmer son engagement en faveur des « droits des femmes et des filles, de la santé sexuelle et reproductive et des droits en matière de reproduction ». Concernant la censure, l'UE a souligné que « pour que la technologie profite à tous, elle doit être conforme aux droits humains et respecter les principes de non-discrimination et d'égalité des genres ».

    La Commission de la population et du développement, qui se réunit chaque année pendant une semaine en avril, est le théâtre de débats permanents sur l'avortement, l'idéologie du genre, le contrôle des naissances et d'autres politiques sociales controversées. Elle n'est pas parvenue à un accord lors de sept des dix dernières sessions.

    La pratique consistant à adopter des accords à l'unanimité au sein de la Commission et des autres conférences de l'ONU constitue depuis des décennies un obstacle majeur pour les gouvernements progressistes. Elle a systématiquement empêché l'intégration de questions controversées aux accords onusiens, notamment la reconnaissance explicite de l'avortement, l'idéologie du genre et l'« éducation sexuelle complète ». Or, ces sujets figurent parmi les priorités de la politique étrangère de l'UE.

    Ces dernières années, l'UE et les gouvernements progressistes ont exercé une pression croissante sur la Commission pour qu'elle abandonne l'unanimité et adopte les résolutions par vote. Cela leur permettrait de faire pression sur les pays en développement et de remporter des votes serrés sur des politiques sociales controversées.

  • Saint Georges (23 avril) : un martyr bien réel derrière la légende

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    © Alex Borland, CC0 Public Domain

    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    303

    Saint Georges : derrière la légende, un martyr bien réel

    Saint Georges de Lydda, aujourd’hui Lod en Israël, a été durant des siècles l’un des saints les plus populaires de la chrétienté, en Orient comme en Occident. À partir du XVIIIe siècle, cependant, sous l’influence des courants de déconstruction protestants, il devient de bon ton de remettre entièrement en cause son histoire. Comme les sources historiques pleinement fiables manquent, on en vient à prétendre que ce martyr militaire n’aurait jamais existé. Pourtant, de nombreux arguments militent en faveur de l’historicité et de la véracité des grandes lignes de sa biographie, notamment sa mise à mort en avril 303 pour sa fidélité au Christ.


    Les raisons d'y croire

    • Très tôt, l’Église a tenu pour inauthentique la Passio Sancti Georgi, qui est à l’évidence un récit à caractère légendaire. Cela montre qu’elle exerce un discernement critique et ne tient pas pour véridique tout ce qui présente une apparence de piété.
    • Toutefois, dans le même temps, l’Église a aussi toujours souligné que le culte rendu à saint Georges sur le lieu de son martyre, dès le IVe siècle, a été grand et constant. Or, la paix de l’Église ne s’applique vraiment en Orient qu’après la victoire de Constantin sur Licinius, dans les années 320. La dévotion pour saint Georges remonte donc à une époque où se dire chrétien n’était pas avantageux, et pouvait même s’avérer risqué. Cela renforce l’idée que ce culte s’appuie sur des témoignages proches des faits.
    • Georges est présenté comme un martyr militaire, c’est-à-dire comme un officier ou un soldat romain exécuté pour avoir refusé de renier le Christ. Or l’on sait que, dès le début des années 290 et jusque dans les années 320 en Orient, les empereurs ont mené une répression féroce pour expurger l’armée de ses éléments chrétiens, accusés d’être susceptibles de pactiser avec l’ennemi, perse notamment. Il est donc tout à fait plausible qu’un officier d’une unité de cavalerie cantonnée en Palestine romaine ait fait les frais de cette politique.
    • Georges, ou Giorgos, porte un prénom grec signifiant « paysan » ou « laboureur », ce qui n’a rien d’insolite dans la partie orientale de l’Empire, profondément hellénisée. Son histoire affirme qu’il est le fils d’un officier, originaire de Cappadoce, tué au combat alors que son fils est encore enfant. Cela correspond bien aux usages de l’époque, qui, pour assurer le recrutement des légions en un temps de dénatalité croissante, attachaient les fils à la profession paternelle, sous peine de lourdes amendes. Tout cela est historiquement cohérent.
    • Dans la région où Georges commande un escadron de cavalerie, entre la Palestine et le sud du Liban, certains historiens modernes, à partir de sources épigraphiques locales, évoquent l’existence d’une bande de voleurs commandée par un homme nommé « Nahr », nom signifiant « serpent » ou « dragon ». Georges l’aurait mis hors d’état de nuire. Cela permettrait de comprendre comment la légende se serait emparée de ce dragon symbolique pour en faire le monstre qu’il terrasse afin de délivrer une princesse identifiée à la foi persécutée.
    • En janvier 303, Dioclétien déclenche à Nicomédie une persécution générale contre les chrétiens. Les premières mesures ordonnent la fermeture des églises, la saisie de leurs biens et de leurs archives, puis l’arrestation du clergé. Mais de tels ordres ne se transmettent pas instantanément dans tout l’Empire. Il faut du temps pour qu’ils parviennent jusqu’en Palestine. De plus, certaines autorités locales, peu empressées de les appliquer, ont pu en retarder l’exécution. Que Georges ait été arrêté et martyrisé à Lydda quelques semaines plus tard, vers la fin mars ou en avril 303, est donc pleinement cohérent avec la chronologie de la Grande Persécution.
    • L’ordre lui est alors donné, en tant qu’officier, d’arrêter les chrétiens de la ville et de détruire leurs lieux de culte. Georges refuse. Conformément à la procédure en vigueur, qui prévoit d’emprisonner tous ceux qui se reconnaissent chrétiens et refusent de renier leur foi, il est lui-même arrêté et soumis à diverses tortures. Des cas comparables sont bien attestés, par exemple pour Blandine à Lyon en 177 ou pour Perpétue à Carthage en 204. Les détails juridiques, eux, sont plausibles.
    • Georges est finalement décapité le 23 avril 303 à Lydda. Il a environ vingt-deux ans. Un culte se développe aussitôt sur sa tombe, malgré la clandestinité, puis il est célébré au grand jour après la reconnaissance du christianisme, lorsqu’une église est bâtie sur son tombeau. Tout cela constitue un faisceau d’indices solide en faveur de l’existence réelle d’un martyr militaire nommé Georges, dont la mort a profondément marqué ses contemporains.
    • Le fait que son culte ne se soit jamais interrompu demeure une marque éminente de sa réputation de sainteté.

    En savoir plus

    Georges est l’un des grands héros de la chrétienté médiévale. Cette immense popularité lui a valu, à l’époque moderne, un certain discrédit. Sous l’influence de critiques rationalistes, on a souvent réduit son histoire à un pur récit légendaire. Le saint sauroctone – « tueur de dragon » – a été tourné en dérision. On a voulu voir dans sa légende une simple reprise christianisée de mythes antiques, comme celui de Persée délivrant Andromède du monstre marin, ou encore une image symbolique comparable aux récits d’évangélisateurs celtes, tels Pol Aurélien, triomphant de dragons, qui représentent le paganisme et les forces du mal.

    Cependant, il existe des hypothèses crédibles qui permettent de rendre compte de ces éléments sans les réduire à de pures inventions. Des historiens, notamment dans le monde orthodoxe, évoquent l’existence d’un brigand surnommé « le Dragon », qui aurait ravagé la région où Georges était en poste. Celui-ci l’aurait capturé ou mis hors d’état de nuire. La dépouille du monstre, parfois exhibée, aurait été en réalité un trophée de victoire. Cette lecture donne un fondement historique à un épisode que l’on a trop vite considéré comme une fable.

    En effet, Georges, en raison de son statut d’officier de cavalerie, aurait été envoyé commander un escadron chargé de missions de gendarmerie dans une région allant de la Palestine au sud du Liban. Il semble notamment avoir reçu la charge d’assurer la sécurité des routes et des échanges commerciaux dans cette zone côtière, exposée aux bandes de brigands. Là encore, rien ne contredit les connaissances historiques. Au contraire.

    Avant cela, à l’âge de l’enrôlement, entre seize et vingt ans, il se serait rendu à Nicomédie, alors capitale impériale, pour se présenter directement à l’empereur Dioclétien et lui rappeler qu’il est le fils d’un de ses anciens compagnons d’armes. Le détail peut paraître improbable aux esprits modernes. Il n’en est rien puisque Dioclétien était lui-même un ancien sous-officier sorti du rang, devenu chef du service de sécurité de son prédécesseur, et connu pour sa fidélité envers ses anciens frères d’armes. Cela signifie sans doute que le père de Georges était païen, comme l’empereur, mais qu’il avait épousé une chrétienne syrienne. Ce type de mariage mixte est fréquent et admis à l’époque, surtout en Orient, où les chrétiens sont alors en passe de devenir majoritaires.

    La popularité de saint Georges a été considérable dans toute la chrétienté. Il fut compté parmi les Quatorze saints auxiliaires, invoqués dans les besoins du quotidien, notamment en cas de maladie. Parce qu’il aurait subi le supplice des griffes de fer, qui lacéraient le corps jusqu’à mettre à nu les chairs, il a longtemps été prié pour la guérison des maladies de peau, ce qui lui a valu d’être regardé comme le patron des dermatologues.

    Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.


    Au delà

    C’est surtout comme officier de cavalerie que saint Georges a marqué l’imaginaire chrétien. Contrairement à l’archange Michel, représenté à pied lorsqu’il terrasse le démon, Georges est presque toujours figuré à cheval. Il est ainsi devenu le patron des cavaliers et, au Moyen Âge, celui de la chevalerie. En France, toutefois, ce rôle a été progressivement supplanté par saint Michel pendant la guerre de Cent Ans. Patron de l’Angleterre, saint Georges était alors suspecté de favoriser le camp adverse. Les Français ont donc préféré placer leur confiance sous une autre protection.


    Aller plus loin

    Jacques de Voragine, La Légende dorée, XIIIe siècle.


    En complément

    • Alexandre Machafer, Saint Georges, film biographique, SAJE Distribution, 2025.

    • La vidéo YouTube de Trisagion Films : Saint George the Great Martyr .

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  • Les conséquences de la sécularisation et les actuelles fractures chrétiennes

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    Du site de La Nef :

    Les conséquences de la sécularisation et les actuelles fractures chrétiennes

    Yann Raison du Cleuziou est reconnu comme étant parmi les meilleurs sociologues du catholicisme, et un de ses plus fins observateurs. Nous avons eu le privilège de l’interroger sur les conséquences de la sécularisation et les fractures qui traversent les catholiques français aujourd’hui.

    La Nef – Le contexte historique général dans lequel se meut le catholicisme en France aujourd’hui est celui de la « sécularisation » : pouvez-vous nous expliquer ce concept ?

    Yann Raison du Cleuziou – Pour un sociologue ou un historien la contextualisation est indispensable à l’analyse. Or le catholicisme français est actuellement traversé et transformé par un processus que les sociologues qualifient de « sécularisation ». Trois transformations de la religion permettent de le décrire. Tout d’abord il y a un déclin quantitatif de l’affiliation religieuse : moins de croyants et qui partagent moins de croyances. Ensuite, il y a une sectorisation de la religion : la foi est tendanciellement une ressource légitime dans de moins en moins de secteurs de l’activité sociale. Initialement ressource de sens en politique, en économie, dans l’organisation du travail… elle est progressivement limitée à la vie privée. Isolée de la culture, il n’en reste bientôt plus que le « cultuel », une activité spécialisée qui concerne les prêtres et les dévots et dans une temporalité de plus en plus limitée aux rituels. Courtes parenthèses dans le temps ordinaire. Enfin, les autorités religieuses se trouvent déclassées car la sécularisation fait déchoir la religion du statut de vérité dominante à celui d’opinion parmi d’autres. La parole même des clercs devient problématique car leur autorité ne dépend plus de la vérité à laquelle ils s’adossent mais de la reconnaissance que les fidèles veulent bien leur accorder, et qui se trouve nécessairement mise en rivalité avec d’autres autorités sociales dont ils dépendent. Observer la sécularisation de la société française ce n’est pas seulement penser la marginalisation du catholicisme, c’est aussi réfléchir à sa transformation.

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  • Un bureau du Vatican « enquête-t-il » sur la démission de Benoît XVI ?

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    Du Pillar :

    Un bureau du Vatican « enquête-t-il » sur la démission de Benoît XVI ?

    Alors que les rumeurs se propagent sur Internet, démêlons le vrai du faux.

    Ancien pape et pape émérite, Benoît XVI. Crédit : Peter Nguyen/wikimédia. CC BY SA 2.0

    Alors que Diddi fait généralement la une des journaux pour ses efforts visant à poursuivre le scandale financier du Vatican, il a, ce mois-ci, apparemment sans le vouloir, relancé des théories du complot discréditées concernant la validité de la démission du pape Benoît XVI en 2013 – malgré les fréquentes affirmations de Benoît XVI selon lesquelles sa démission était libre, valable et justifiée.

    Selon certains sites web , Diddi a refusé le 30 mars une demande envoyée à son bureau plusieurs mois auparavant — qui demandait l'accès aux fichiers relatifs à une pétition officielle déposée par Andrea Cionci, auteure du livre de 2022 « The Ratzinger Code », qui avançait la théorie selon laquelle Benedict aurait déposé une démission invalide délibérément codée en 2013.

    La requête aurait été déposée le 26 mars par un avocat italien, Roberto Tieghi.

    Dans un communiqué daté du 30 mars, Diddi a déclaré que l'accès ne pouvait être accordé pendant une « phase d'enquête » et que son bureau « mène des enquêtes et qu'il n'est pas possible, à l'heure actuelle, de prévoir quand elles se termineront ».

    Cette réaction a suscité beaucoup d'attention, notamment parce qu'elle a été présentée comme « un développement significatif dans le débat actuel sur la démission de Benoît XVI en 2013 ». Comme vous pouvez l'imaginer, ce genre d'affirmations s'est propagé à une vitesse fulgurante sur les réseaux sociaux ce mois-ci.

    Mais est-ce vraiment significatif ?

    Le Pilier explique.

    Bon, rappelez-moi, que s'est-il passé exactement lorsque Benoît XVI a démissionné ?

    C'était un lundi matin comme les autres, le 11 février 2013, et le pape Benoît XVI prenait la parole lors d'une réunion ordinaire du consistoire du Collège des cardinaux. À la fin de cette réunion, le pape commença à lire une simple feuille de papier, datée du 10 février, la veille.

    En latin, il s'adressa au Collège des cardinaux , leur disant qu'il souhaitait « vous communiquer une décision d'une grande importance pour la vie de l'Église ».

    Après avoir examiné ma conscience à plusieurs reprises devant Dieu, je suis parvenu à la certitude que mes forces, du fait de mon âge avancé, ne me permettent plus d'exercer dignement le ministère pétrinien. Je suis pleinement conscient que ce ministère, de par sa nature essentiellement spirituelle, doit s'accomplir non seulement par les paroles et les actes, mais aussi par la prière et la souffrance. Or, dans le monde d'aujourd'hui, en proie à tant de changements rapides et secoué par des questions d'une importance capitale pour la vie de foi, gouverner la barque de saint Pierre et proclamer l'Évangile exige tant de force d'esprit que de force physique, force qui, ces derniers mois, s'est affaiblie en moi au point que j'ai dû reconnaître mon incapacité à remplir pleinement le ministère qui m'a été confié.

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  • Rencontre avec le médecin légiste qui a pratiqué les autopsies des grands saints.

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Rencontrez le médecin légiste qui a pratiqué les autopsies des grands saints.

    Le médecin français Philippe Charlier, le « Hercule Poirot de la médecine légale », a réussi à reconstituer le visage de Marie-Madeleine et étudie actuellement le mystérieux « parfum de sainteté ».

    Le docteur Philippe Charlier examine des ossements humains à l'École biblique de Jérusalem.
    Le docteur Philippe Charlier examine des ossements humains à l'École biblique de Jérusalem. (Photo : courtoisie du docteur Philippe Charlier)

    Au fil de ses visites dans les musées, les églises, les sanctuaires et les vitrines, le médecin légiste et archéologue Philippe Charlier ne peut s'empêcher de cataloguer les grandes figures de l'histoire qui se trouvent devant lui : « Il est mon patient… elle aussi ; lui aussi. » L'image est saisissante et illustre une carrière parmi les plus atypiques d'Occident aujourd'hui.

    Au cours des vingt dernières années, le docteur Charlier s'est forgé une réputation internationale en appliquant les outils de la médecine légale moderne à certaines des dépouilles les plus symboliquement chargées de l'histoire chrétienne et européenne – du roi Saint Louis et de Marie-Madeleine à Thérèse de Lisieux, François d'Assise, Jeanne d'Arc, Richard Cœur de Lion, René Descartes et même Adolf Hitler. Il a également été directeur scientifique du musée du Quai Branly à Paris pendant cinq ans. 

    Son dernier ouvrage, L'Histoire au scalpel : Autopsie des morts célèbres, se lit comme une visite guidée d'un laboratoire et d'une crypte, au rythme et au ton d'une enquête. Catholique pratiquant, il s'inscrit dans la tradition qu'il étudie, tout en conservant une approche rigoureusement médico-légale.

    La médecine légale appliquée aux saints, aux rois et aux légendes

    L'un des aspects les plus importants de l'œuvre de Charlier est qu'elle offre une compréhension concrète de la vie et de la mort de certaines des figures les plus vénérées de l'histoire chrétienne. Ce faisant, elle remet souvent en question des mythes tenaces. 

    Il a démontré, par exemple, que Saint Louis n'était pas mort de la peste pendant les croisades, comme cela a été répété pendant des siècles, mais d'une grave infection liée à un scorbut avancé. 

    De même, son analyse récente des cheveux de sainte Thérèse de Lisieux suggère qu'elle n'est pas morte uniquement de la tuberculose. Le mercure, alors utilisé comme traitement, a également joué un rôle important.

    « On aborde les restes d'un roi médiéval ou d'une nonne cloîtrée avec la même rigueur qu'une affaire médico-légale moderne », a-t-il déclaré au Register. « À ceci près que ce n'est pas le système judiciaire qui nous le demande, mais les historiens. » Une fois le travail terminé – réunis autour d'une table avec toute l'équipe – on a l'impression de se retrouver « un peu dans un roman d'Agatha Christie », lorsque la vérité éclate au terme de l'enquête : « C'est là qu'on réalise à quel point c'était une expérience enrichissante que d'avoir travaillé sur cette personne. »

    Ce « Hercule Poirot de la médecine légale » a également réussi à reconstituer le visage de Marie-Madeleine à partir des restes conservés en Provence , en travaillant sur le crâne, des fragments de peau et une mèche de cheveux, et à démontrer que ces éléments forment un ensemble cohérent, correspondant à une seule et même personne, une femme méditerranéenne d'une cinquantaine d'années. Cette reconstitution ne prouve pas en soi la tradition, mais la conforte considérablement.

    Reliquaire de Sainte Marie-Madeleine
    Reliquaire Sainte-Marie-Madeleine (Photo : Éditions Tallandier)

    Parfois, les résultats des enquêtes peuvent être plus troublants, lorsque des objets de dévotion longtemps vénérés se révèlent reposer sur des supercheries historiques. C'est le cas, par exemple, des reliques de Jeanne d'Arc conservées dans un musée de Chinon, qui se sont avérées être des fragments de momies égyptiennes.

    Charlier a également mis en lumière ce qui a pu faire de Descartes l'un des plus grands esprits de tous les temps : une asymétrie crânienne, dans une région liée à l'abstraction et au langage, qu'il interprétait comme la plasticité du génie. L'examen a aussi mis fin à une rumeur persistante : Descartes n'a pas été empoisonné à Stockholm – comme on l'a longtemps soupçonné en raison de sa proximité avec la reine protestante Christine et de l'idée qu'il cherchait à la convertir au catholicisme – mais est mort d'une pneumonie après un fort rhume.

    Le retour des Reliques

    Parmi les principaux demandeurs de ces enquêtes, l'Église elle-même occupe une place de choix. Comme l'a souligné Charlier, les autorités ecclésiastiques sollicitent de plus en plus d'expertises scientifiques : non pas pour confirmer un récit, mais pour vérifier rigoureusement l'authenticité des objets qu'elles présentent à la vénération. 

    « Contrairement à ce qu’a écrit Calvin », a déclaré Charlier, « il n’y a pas tant de fausses reliques… du moins en ce qui concerne les restes humains. » Le plus souvent, le problème tient moins à la contrefaçon qu’à l’épreuve du temps : les reliques sont déplacées, fragmentées et réattribuées au fil des siècles.

    Ces demandes s'inscrivent dans un contexte de regain d'intérêt pour les reliques observé dans le monde occidental ces quinze dernières années, intérêt qui s'est accéléré depuis la pandémie de COVID-19. Pour Charlier, il s'agit d'un phénomène anthropologique, une réaction à la perte progressive du sacré dans les sociétés déchristianisées.

    « Il est très difficile pour les êtres humains d'avoir la foi sans un objet tangible », a-t-il déclaré, ajoutant que même des traditions comme le protestantisme, qui ont cherché à se distancer de tout intermédiaire matériel, créent en pratique leurs propres points de repère. « Elles ont encore besoin, par exemple, du masque mortuaire de Luther pour concrétiser leur foi. »

    Les reliques répondent donc à un besoin intemporel de voir, d'approcher et de toucher. Le rôle de la science, dans ce contexte, n'est pas de remplacer la dévotion, mais bien de la légitimer.

    Là où le sacré et le scientifique se rencontrent 

    Cette dualité traverse la vie et l'œuvre de Charlier. Lorsqu'il se maria en l'église Saint-Ours de Loches, dans la Loire, il le fit devant le tombeau d'Agnès Sorel, sa première « patiente » et la première « favorite » royale de l'histoire de France, dont on se souvient également pour sa grande piété ; il la fit même inscrire, mi-sérieux mi-plaisantin, comme témoin dans le registre paroissial.

    Cela reflète sa conviction que son travail peut rapprocher les morts, notamment les figures historiques, des vivants – non pas comme des icônes lointaines, mais comme des êtres humains dont la vie peut être mieux comprise.

    Nulle part ailleurs cela n'est apparu plus clairement qu'à Assise, en Italie, en février dernier. Travaillant de nuit dans la crypte, sous les fresques de Giotto, sur la dépouille de saint François, il s'est retrouvé face à une figure qui comptait beaucoup pour lui depuis longtemps. Il se souvient s'être agenouillé devant le squelette du saint « qui [lui] parle profondément ». C'était pour lui « presque comme un pèlerinage… une épiphanie », se souvient-il de ce moment dont il avait rêvé toute sa vie.

    « J’ai deux hémisphères cérébraux », a-t-il commenté. « L’un appartient au croyant, au catholique romain ; et l’autre au scientifique, celui qui ne manquerait jamais la moindre lésion sur le petit métacarpien ou la plus infime cavité sur une canine isolée. »

    C’est aussi ce qui l’amène à approfondir des sujets à la frontière entre la dévotion et la science forensique. L’un d’eux est ce qu’on appelle l’odeur du sacré.

    Il avait déjà abordé le sujet dans son étude sur Richard Cœur de Lion en 2013. Dans ce cas précis, les odeurs détectées autour du cœur du roi anglais pouvaient être attribuées à des substances d'embaumement utilisées délibérément pour créer une odeur agréable, quoique artificielle.

    Charlier prépare actuellement une étude visant à déterminer ce qui pourrait composer ce mystérieux « parfum de sainteté », qui a été trouvé parmi les restes mortels de saints tels que Thérèse d'Avila, en collaboration avec des parfumeurs, des œnologues (experts en vinification) et même des chocolatiers. 

    Ce même désir de faire revivre l'histoire sous-tend également son ambitieux projet de musée à Saint-Cloud, sur le site du dernier palais royal français encore en attente de restauration. Prévu pour une ouverture fin 2028, ce site de 10 000 mètres carrés, situé aux portes de Paris, offre une vue imprenable sur toute la ville à l'ouest et recherche déjà des partenariats internationaux pour mener à bien le projet.

    « C’est la continuation de mon rêve d’enfant », a déclaré Charlier. « Je me suis toujours vu comme un voyageur temporel, et c’est exactement ce qui se passe. Mon objectif est maintenant de rendre ce voyage accessible à tous. »

  • 40 000 participants à la Marche pour la Vie de Varsovie mais 700 à Bruxelles... Qu'est-ce à dire ?

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    De Petra Lorleberg sur kath.net/news :

    Marche pour la vie/Varsovie : environ 40 000 participants !

    22 avril 2026

    En Pologne, la Conférence des évêques catholiques a de nouveau parrainé la « Marche pour la vie » à Varsovie. Et ici ? – « Le chrétien de demain sera pro-vie, ou il cessera d’exister » – Commentaire de Petra Lorleberg

    Varsovie (kath.net/pl) La question « pro-vie » est-elle réellement si urgente pour les citoyens polonais, ou est-ce simplement dû au fait que la Conférence des évêques catholiques (KEP) a une fois de plus parrainé la « Marche pour la vie » à Varsovie ? Quoi qu'il en soit, la Marche pour la vie du 19 avril 2026 a rassemblé environ 40 000 personnes dans la capitale polonaise, Varsovie, se classant une fois de plus parmi les plus grands rassemblements pro-vie d'Europe. Plusieurs milliers de personnes ont également participé à la marche de Szczecin. D'autres Marches pour la vie ont lieu chaque année à différentes dates dans toute la Pologne. La voix du mouvement pro-vie est forte et claire en Pologne.

    Il est important de faire une distinction claire : en Pologne, comme dans d’autres pays, la Marche pour la Vie n’est pas un événement catholique interne, mais un mouvement politique. Les personnes de toutes confessions, croyances et opinions, polonaises et étrangères – en d’autres termes, « toutes les personnes de bonne volonté » – sont invitées à y participer. Chaque Marche pour la Vie, partout dans le monde, porte sur la législation d’un pays concernant les enfants à naître, la famille et le droit à la vie pour tous, y compris les groupes vulnérables tels que les personnes atteintes de troubles mentaux ou physiques et les personnes âgées en pleine force de l’âge. Il s’agit de savoir si une société souhaite tolérer que d’autres membres tuent volontairement l’un de ses membres. C’est pourquoi la participation du président polonais, Karol Nawrocki, en tant qu’orateur, était tout à fait logique. Il a notamment souligné que cet événement était une réponse au faible taux de natalité en Pologne. « Des milliers de personnes, au cœur de Varsovie, démontrent l’importance que la vie et la famille revêtent pour la Pologne. C’est pourquoi le président polonais ne pouvait pas être absent aujourd’hui. Je remercie les organisateurs et les merveilleuses familles polonaises », a-t-il déclaré dans son discours.

    L'Église catholique polonaise défend avec conviction et fermeté la vie, accomplissant ainsi une mission chrétienne fondamentale. C'est pourquoi la Conférence des évêques catholiques de Pologne (CECP) a renouvelé cette année son patronage de la Marche pour la vie à Varsovie. L'archevêque Tadeusz Wojda (Gdańsk), président de la CECP, en a été le parrain d'honneur et a adressé une invitation personnelle par vidéo. D'autres évêques ont également réalisé des vidéos d'invitation et des messages de bienvenue. Deux messes pro-vie ont été célébrées par des évêques auxiliaires afin de permettre aux nombreux catholiques présents d'y assister. Dans son homélie, l'évêque auxiliaire Piotr Jarecki (archidiocèse de Varsovie) a souligné : « Le caractère sacré de la vie, de la conception à la mort naturelle, est la valeur première et inaliénable. » Après la messe, il a invité les participants à envisager l'adoption spirituelle d'un enfant à naître. 

    La Marche pour la vie à Varsovie est depuis des années l'un des plus importants rassemblements pro-vie en Europe. Bien que – et de manière largement admise au niveau international – les chiffres varient considérablement selon la position de l'auteur sur la question pro-vie, on peut citer les suivants :

    • 40 000 participants à la Marche pour la Vie à Varsovie (patron d'honneur : Conférence des évêques polonais) plus d'autres marches Pro-Vie très suivies à travers la Pologne (certaines en même temps) dans une population totale de 36,5 millions d'habitants.
    • Slovaquie : la Marche pour la vie de Bratislava (patron d’honneur : Conférence des évêques slovaques) attire également environ 50 000 participants chaque année – un chiffre particulièrement impressionnant si l’on considère que la petite Slovaquie ne compte qu’environ 5,5 millions d’habitants.
    • France : La Marche pour la Vie à Paris, qui rassemble chaque année environ 50 000 participants, est l'une des plus grandes marches d'Europe.
    • Grande-Bretagne : La Marche pour la vie à Londres compte environ 10 000 participants.
    • La Marche pour la vie à Berlin et simultanément à Cologne, qui rassemblera environ 7 000 personnes en 2025, est significative par rapport aux marches de moindre envergure. 
    • République tchèque : Marche pour la vie de Prague (Patron d'honneur : Conférence des évêques tchèques) avec un peu moins de 5 000 participants
    • Autriche : En 2025, environ 3 000 personnes ont participé à la Marche pour la vie à Vienne.
    • Suisse : La Marche pour la Vie de Zurich 2025 a attiré environ 2 000 militants pro-vie.
    • Belgique : Environ 700 participants se sont rassemblés à Bruxelles pour la Marche pour la Vie.

    Cela soulève une question : pourquoi la participation à la Marche pour la Vie stagne-t-elle autant en Allemagne, en Autriche, en Suisse et dans d'autres pays européens ? On ne peut pas l'attribuer uniquement aux articles souvent virulents contre le droit à la vie publiés dans la presse grand public de ces pays, car le mouvement pro-vie est confronté au même problème, même dans les pays où la participation est en plein essor. Certains observateurs se demandent si des évêques et autres responsables catholiques éprouvent une gêne à être associés positivement au mouvement pro-vie. Se pourrait-il que la question du droit fondamental à la vie soit également occultée dans les sermons ? Combien de sermons pro-vie avez-vous entendus à la messe ces dix dernières années ?

    N'oublions pas : tous les papes depuis le concile Vatican II ont été explicitement pro-vie (et l'étaient également les papes antérieurs à Vatican II). Pourtant, l'Église catholique en Allemagne, en Autriche et en Suisse cède régulièrement aux tendances contemporaines qui promeuvent une « culture de mort » sous couvert d'« autodétermination », ignorant totalement l'« autodétermination » de l'enfant concerné, par exemple. Plusieurs papes ont explicitement soutenu la Marche pour la vie à Berlin par des messages de soutien, et la nonciature apostolique à Berlin a également exprimé son soutien.

    Le nouvel évêque de la Conférence épiscopale allemande (DBK), Mgr Heiner Wilmer, n'a pas adressé de message à la Marche pour la Vie de Munich. Le service de presse de la DBK a justifié cette absence en affirmant que la marche munichoise n'était qu'un événement régional (il est vrai que l'on a déjà entendu des excuses plus convaincantes. Après tout, le commandement chrétien de charité, qui est au cœur de notre engagement auprès des plus vulnérables, n'a jamais une portée uniquement régionale). Quoi qu'il en soit, la Marche pour la Vie 2026, qui aura lieu à Berlin et à Cologne, est bien plus qu'un simple événement régional. J'espère sans doute, en vain, que la Conférence épiscopale allemande sera la marraine de la prochaine Marche pour la Vie. Mais même de petits gestes seraient significatifs : il reste à voir si Mgr Wilmer adressera un message pour le 19 septembre. Ou mieux encore, s'il participera personnellement, comme le fait admirablement Mgr Rudolf Voderholzer, évêque de Ratisbonne. D'autres évêques sont également associés à la Marche pour la Vie, tels que Mgr Stefan Oster (Passau) et les évêques auxiliaires Florian Wörner (Augsbourg) et Thomas Maria Renz (Rottenburg-Stuttgart). Si Mgr Wilmer souhaite intervenir par une allocution ou célébrer une messe pro-vie (ou une liturgie de la Parole), il trouvera certainement un écho favorable auprès des organisateurs ! Ou bien les hauts dignitaires évêques allemands s'excuseront-ils une fois de plus en invoquant un emploi du temps surchargé (bien que des excuses plus convaincantes aient certainement été entendues) ?

    Fondamentalement, il doit être clair pour tous les catholiques (clergé et laïcs), ainsi que pour tous les chrétiens d'autres confessions (pour paraphraser une célèbre citation du théologien Karl Rahner) : « Le chrétien de demain sera pro-vie – ou il cessera d'exister. »

    L'autrice, Dipl.-Theol. Petra Lorleberg est CvD sur kath.net et est membre du conseil exécutif fédéral de l'organisation de défense des droits de l'homme de la CDU « Démocrates chrétiens pour la vie » (CDL).

  • Foi et raison dans le discours « ratzingerien » du pape à Malabo

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Foi et raison dans le discours « ratzingerien » du pape à Malabo

    Léon XIV a rappelé aux autorités de Guinée équatoriale l'importance de la doctrine sociale. Et au monde de la culture, il a réaffirmé que la foi ouvre la recherche à une plénitude vers laquelle tend la raison, sans pouvoir l'embrasser pleinement.

    22/04/2026
    LaPresse (Photo AP/Andrew Medichini)

    Hier, Léon XIV s'est rendu en Guinée équatoriale, quatrième étape de son long voyage apostolique en Afrique. À bord de l'avion en provenance d'Angola, le pape Prévost s'est adressé aux journalistes et a rendu hommage à son prédécesseur, François, à l'occasion du premier anniversaire de sa disparition. « Il a tant donné par sa vie et sa proximité avec les pauvres. Il a prêché le message de la miséricorde », a déclaré Léon XIV.

    Répondant à la question d'un journaliste angolais, le pape a annoncé qu'il n'avait pas encore fixé de date pour la création de nouveaux cardinaux. « Nous espérons pour l'Afrique et peut-être aussi pour l'Angola », s'est exclamé le pape Prévost, ajoutant aussitôt que la nomination d'un cardinal pour ce pays serait toutefois « dans un avenir proche, un peu plus lointain ».

    Dans son discours aux officiels au Palais présidentiel, le pontife a souligné l'importance de la doctrine sociale de l'Église, qui représente « une aide précieuse pour quiconque souhaite affronter les "choses nouvelles" qui déstabilisent la planète et la coexistence humaine, en cherchant avant tout le Royaume de Dieu et sa justice ». Parmi les personnalités citées, outre saint Jean-Paul II, saint Augustin et François, figuraient Léon XIII et son encyclique Rerum Novarum. Ce discours portait principalement sur l'utilisation des armes nucléaires et concluait que « Dieu ne le veut pas » et que, par conséquent, « il ne faut jamais l'invoquer pour justifier des choix et des actions meurtrières ». Dans le pays où le président Teodoro Obiang Nguema Mbasog règne depuis 46 ans, Prévost avertissait que la « soif de pouvoir et de gloire terrestres » mène « à la destruction ».

    Plus tard, s'adressant au monde de la culture sur le campus universitaire qui porte son nom, Léon XIV mettait en garde contre le danger de « dévier vers une intelligence qui ne cherche plus à correspondre à la réalité, mais à la plier à ses propres normes, la jugeant selon la convenance de ceux qui prétendent savoir ». Dans de tels cas, le savoir « cesse d'être ouverture et devient possession » et « se transforme en une affirmation orgueilleuse d'autosuffisance, ouvrant la voie à une confusion qui peut devenir inhumaine ».

    Son discours, d'inspiration ratzingérienne, portait sur la réconciliation de la foi et de la raison. S’adressant aux universitaires et intellectuels de Guinée équatoriale, il a réaffirmé que « la vérité n’est ni fabriquée ni manipulée », et que la foi n’entrave nullement la recherche culturelle et scientifique, mais au contraire « la purifie de toute autosuffisance et l’ouvre à une plénitude vers laquelle tend la raison, même si celle-ci ne peut l’embrasser pleinement ». Le pape a également encouragé l’investissement dans les infrastructures universitaires, soulignant la nécessité d’investir dans l’éducation des nouvelles générations.

    La première journée à Malabo s’est poursuivie.Après une visite à l'hôpital psychiatrique Jean-Pierre Olié et une rencontre privée avec les évêques locaux, Léon XIV se rendra aujourd'hui à Montgomo où il célébrera la messe en la basilique de l'Immaculée Conception et visitera le lycée technologique portant le nom de son prédécesseur, François.

  • La statue de Jésus détruite par des soldats israéliens n'est que la partie émergée de l'iceberg

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    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    La statue de Jésus détruite par les soldats israéliens n'est que la partie émergée de l'iceberg.

    Trente jours de prison militaire pour le soldat qui a détruit la statue de Jésus au Sud-Liban, et la même peine pour celui qui l'a photographiée. L'armée israélienne et le gouvernement de Netanyahou estiment que l'affaire est close, mais cet incident révèle un problème bien plus vaste : les attaques contre les chrétiens.

    22/04/2026

    Trente jours de prison militaire et suspension du service actif : telle est la sanction infligée par les Forces de défense israéliennes (FDI) aux deux soldats figurant sur la photo devenue virale le 19 avril : celui qui a brisé une statue du Christ en croix à coups de marteau et son camarade qui l’a photographié ( nous avons choisi de ne pas publier la photo ). Cet acte choquant s’est produit dans le village chrétien de Debel, au sud du Liban, et a suscité une vague d’indignation internationale ainsi qu’un profond embarras pour le commandement des FDI et pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s’est dit « choqué et attristé » par l’incident.

    Afin de redorer son image gravement ternie par l'incident, l'armée israélienne a annoncé avoir remplacé la statue détruite par une nouvelle. Dans un communiqué publié hier, elle a également déclaré que « le comportement des soldats était totalement contraire aux ordres et aux valeurs de l'armée », et annoncé que six autres soldats présents sur les lieux seraient sanctionnés ultérieurement pour non-intervention.

    Bien que les responsables de l'armée aient exprimé leurs « profonds regrets » concernant l'incident et réaffirmé que les opérations au Liban visent exclusivement les terroristes du Hezbollah et non les civils, de nombreux éléments contredisent ces déclarations. Ils laissent plutôt penser que les sanctions rapides infligées aux responsables étaient motivées moins par la profanation elle-même que par sa divulgation publique. Ce cas n'est pas un événement isolé. Il suffit de rappeler l'assassinat, il y a à peine un mois, du père Pierre al-Rahi , curé du village de Qlayaa, abattu délibérément par des soldats israéliens alors qu'il se rendait auprès des victimes d'une précédente attaque israélienne.

    Mais l'incident du crucifix détruit n'est pas un cas isolé : d'autres incidents similaires ont déjà eu lieu dans la région, d'après ce qu'a déclaré à la BBC le père Fadi Flaifel, curé de Debel . Par ailleurs, le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, dans une déclaration ferme qualifiant l'acte commis à Debel de « grave affront à la foi chrétienne », a affirmé qu'il « s'ajoute à d'autres cas de profanation de symboles chrétiens par des soldats de Tsahal au Sud-Liban ».

    La dynamique de la profanation le confirme également : il ne s’agissait pas de l’acte d’un seul soldat, mais d’un groupe de soldats qui ont agi avec une telle assurance qu’ils se croyaient impunis, allant jusqu’à immortaliser la scène par des photographies. La déclaration du cardinal Pizzaballa, publiée à l’issue de l’assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte, poursuit : ce qui s’est passé « révèle une lacune inquiétante dans la formation morale et humaine, où même le respect le plus élémentaire du sacré et de la dignité d’autrui a été gravement compromis ». Par conséquent, « des mesures disciplinaires immédiates et fermes, une procédure de responsabilisation crédible et des garanties claires que de tels agissements ne seront ni tolérés ni reproduits » sont impératives. 

    La sanction annoncée hier soir est-elle une réponse satisfaisante à cette demande ? Pas vraiment, si on la compare aux autres sanctions infligées récemment par Tsahal à ses soldats : la semaine dernière encore, trois soldates ont été traduites en cour martiale et ont vu leur solde réduite d’un tiers pour s’être présentées à la base militaire le jour de leur libération vêtues de vêtements jugés trop révélateurs ; et quatre soldats des forces frontalières ont été condamnés à 15 jours de prison militaire pour « offense à la religion et au judaïsme » pour avoir préparé un barbecue, certes dans une zone interdite, pendant Shabbat. On a plutôt l’impression d’une hypersensibilité aux règles religieuses juives et d’une moindre considération pour les adeptes des autres religions.

    D'un autre côté, le Premier ministre Netanyahu ne peut se soustraire à sa responsabilité dans la situation actuelle. Bien qu'il continue de se vanter qu'Israël est le seul pays de la région à garantir la liberté religieuse aux chrétiens, il est un fait que, depuis longtemps – comme nous l'avons maintes fois documenté dans Compass – les attaques contre les chrétiens en Israël sont en augmentation, sans parler des attaques perpétrées contre les villages chrétiens de Cisjordanie par des colons, souvent sous l'œil vigilant et avec la complicité de Tsahal. Comment oublier également l'attaque de juillet dernier contre la paroisse catholique de Gaza, qui a fait trois morts et blessé le curé, le père Gabriel Romanelli ? Et le récent incident diplomatique survenu le dimanche des Rameaux, lorsque le cardinal Pizzaballa a été arrêté et refoulé par l'armée alors qu'il se rendait au Saint-Sépulcre ?

    Jusqu'à présent, le Premier ministre israélien, bien qu'il ait exprimé ses regrets concernant ces incidents, promis des enquêtes et tenté de trouver des solutions improvisées, a montré qu'il laissait une grande latitude aux franges les plus extrémistes de son gouvernement et de la population, avec une tendance à la radicalisation qui s'est considérablement accrue depuis le 7 octobre 2023. À tel point que le Times of Israel a écrit qu'« Israël s'éloigne de la tolérance et des valeurs démocratiques pour se tourner vers l'extrémisme religieux et politique ».

    L'incident où un soldat a martelé la statue de Jésus est donc un événement grave, loin d'être inattendu et qui s'inscrit dans un contexte qui le justifie. Il faudra bien plus que des sanctions disciplinaires à l'encontre des soldats responsables – comme s'il s'agissait d'un incident isolé dû à quelques brebis galeuses – pour remédier à la situation.

  • "Très-Saint Sacrement du Miracle" : Lettre ouverte à l’abbé Lobet, doyen de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule

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    Lettre ouverte à l’abbé Lobet, doyen de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule

    Monsieur l’abbé,

    J’apprends par la presse la décision des « responsables de l’Église belge » que vous annoncerez au terme de la conférence du père Godding ce 22 avril : ne plus « encourager », ni « favoriser », ni « permettre », si je comprends bien, la dévotion publique au Très-Saint Sacrement du Miracle. Mais, Monsieur l’abbé, il n’y a plus eu de dévotion publique à celui-ci depuis 60 ans ! La dernière procession en son honneur qui s’achevait, selon la tradition, par une eucharistie sur la Grand-Place de Bruxelles remonte à 1966.

    Vous faites sans doute allusion aux visites guidées privées que « la folle qui y croit encore », comme vous me nommiez gentiment sur les réseaux sociaux, conduit occasionnellement pour faire connaître l’histoire des vitraux de la cathédrale ? J’ai de fait été saisie par ces pages historiques que j’ai découvertes depuis une dizaine d’années grâce à Carlo Acutis, canonisé depuis lors, et que je médite et étudie depuis avec ardeur.

    Sans m’attarder sur les profanateurs de 1370, je me suis laissée touchée par le témoignage de ces générations venues se recueillir devant le Très-Saint Sacrement de Miracle exposé dans sa chapelle (musée actuel) et recevoir tant de grâces de conversions et de guérisons consignées dans les archives de la cathédrale.

    Foules d’humbles bruxellois anonymes et d’étrangers parfois convertis à son passage comme ce fut le cas pour celle qui allait devenir sainte Marie - Eisabeth Hesselblad et juste parmi les nations en 2004 pour avoir sauvé soixante juifs pendant la seconde guerre mondiale. Mais aussi princes et dignitaires en nombre (Charles-Quint et toute la famille des Habsbourg, le tsar devenu empereur Pierre-le-grand, le roi Louis XV, etc) qui se sont humblement agenouillés devant les trois petites hosties miraculeuses.

    Jubilés et processions, parfois immenses, ont longtemps témoigné d’une dévotion eucharistique sincère et profonde, sans connotation antisémite : ce n’était pas un ressentiment contre les profanateurs qui mettait les pèlerins en route mais la foi, la ferveur et l’amour de l’Eucharistie.

    Alors oui, puisque le catalogue encore actuel du musée de la cathédrale mentionne un reliquaire « contenant des restes des hosties qui auraient saigné en 1370 » il m’est arrivé de m’agenouiller devant lui lors des visites privées que je conduisais.  Ce geste de foi semble vous avoir déplu. Peu après, vous m’écriviez que ce reliquaire serait retiré « afin de décourager toute dévotion en cet endroit ». Alors qu’une voix divine, comme l’illustre un des grands vitraux de la nef, émanant du tabernacle en novembre 1436 invitait à venir prier fidèlement « en cet endroit ». Vos directives ne semblent pas à l’unisson avec le ciel…

    Oh, ces restes d’hosties miraculeuses ne sont apparemment plus que de la « poussière en quantité appréciable » comme l’écrit un rapport diocésain ainsi que de minuscules points blancs visibles dans le baume asséché (et non les éclats de peinture, cfr ce même rapport) qui a enrobé les hosties au XIXème siècle. Mais ils demeurent, selon la tradition de l’Église, dignes de vénération.

    Ceci dit, votre position par rapport au miracle eucharistique ne me surprend pas, puisque la pratique de l’adoration quotidienne à la cathédrale a été supprimée à votre arrivée. Mais votre gouvernement autoritaire m’étonne toujours sachant que vous plaidez ardemment pour une Église synodale, pour la libre-pensée et pour une culture du débat à la cathédrale.

    J’aurais souhaité contribuer à une réflexion équilibrée, notamment sur la lecture historique du récit. Avec un minimum d’examen des sources, il est difficile de le réduire à une simple légende. J’ai tenté, sans succès, de signaler certaines erreurs factuelles présentes dans les narratifs actuels, qui peuvent induire des interprétations injustes et des narratifs antisémites.

    Il est par exemple faux, comme vous le répétez de parler de « massacre » ou de « persécution » en 1370. Au moyen-âge, la peine du bûcher était appliquée à tout profanateur. Six personnes (et non la communauté juive comme le stipule erronément la plaque commémorative) ont été accusées de vol et de profanation d’hosties au terme d’un procès selon les règles de l’époque. Des chrétiens ont aussi été condamnés au bûcher à la même époque pour la même raison, ce qu’on omet souvent de préciser. 

    Certains auteurs parlent d’« expulsion » ou de « bannissement » des juifs du Brabant en 1370 ce qu’aucun document historique ne confirme, parait-il. Et parmi les tenants du discours antisémite, peu rappellent les statuts et protections particulières accordées aux juifs au moyen-âge par les papes, les princes et d’humbles citoyens. Ces silences, absences de contextualisation, amplifications ou simplifications trahissent la vérité de l’histoire et crée de fait un narratif antisémite.

    Par ailleurs, il est étonnant que les autorités qui mettent en doute la véracité du miracle du sang (malgré les nombreux témoins oculaires de la première heure) refusent de procéder à l’analyse scientifique de taches présentes dans le fond d’une boite de 1734 qui a contenu cinq autres hosties du miracle de 1370. Un médecin légiste français expert en ce domaine est disposé à procéder aux investigations nécessaires mais nos autorités s’y opposent. Une telle démarche pourrait contribuer à éclairer le débat plutôt qu’à l’enfermer. Pourquoi la craindre ? Et est-il propice de figer un texte sur une plaque commémorative sans attendre les résultats de cette inspection scientifique ?

    La « chapelle du miracle » dite aussi « chapelle expiatrice », deviendra le berceau d’œuvres qui ont débordé nos frontières : l’Association de l’Adoration Perpétuelle et des Eglise Pauvres (200.000 adhérents au début du XXème s), la congrégation des Religieuses de l’Eucharistie (près de 300 religieuses à la même époque) consacrées à l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement en esprit de réparation ainsi qu'à la collecte de fonds pour aider les églises pauvres. « Pour consoler l’amour blessé », selon sa devise. La chapelle détruite sera reconstruite à l’identique dans le quartier européen. C’est la chapelle pour l’Europe. Tant de fécondité ne peut surgir ni de la haine, ni d’une légende.

    Rien ni personne n’empêchera la grâce du miracle eucharistique de 1370 de poursuivre son oeuvre. Puisse t’elle inspirer un nouveau narratif apaisé et réconcilié de l’histoire avec nos frères juifs, les protestants et libres-penseurs également évoqués sur les vitraux, dans une démarche de dialogue (encouragée par le Grand-Rabbin Guigui dans l’édition pascale de LLB) et d’unité (si chère à Mgr Luc Terlinden) pour que le miracle eucharistique de Bruxelles, pierre d’achoppements pour tous, y compris pour les catholiques, ne soit plus objet de divisions mais de pardons et de communion.

    Enfin, puisse la cathédrale avoir un pasteur heureux en ses murs qui a à cœur d’y remettre en lumière sa grâce et ses trésors spirituels non seulement à travers ses vitraux mais dans sa chapelle du Très-Saint Sacrement réaffectée où seront dignement vénérés le reliquaire des trois petites hosties, les cinq hosties de 1370 toujours recherchées, ainsi que la relique (le plus grand fragment lit-on) de la sainte croix, l’épine de la passion de notre Seigneur, les multiples reliques de saints, la petite relique du sang de saint Jean-Paul II qui coula le jour de son attentat, et autres trésors spirituels.

    Prions la Vierge de la Délivrance de délivrer notre cathédrale de ce qui la défigure et permettre à toutes les nations présentes ou de passage à Bruxelles de venir se prosterner devant le Saint-Sacrement appelé à rayonner et régner depuis cette montagne du Seigneur, sur l’Europe et sur le monde entier !

    Véronique Hargot-Deltenre

    Auteur des livres : - Le Très-Saint Sacrement de Miracle -Miracles eucharistiques à Bruxelles 1370-2025 (Edition revue et augmentée) en ligne sur Bruxelles, 1370 - Les Miracles Eucharistiques en Belgique   www.miracles-eucharistiques.be

  • Un an sans François : bilan d'un pontificat qui a divisé l'Église

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    D'InfoVaticana :

    Un an sans François : bilan d'un pontificat qui a divisé l'Église

    Une année sans François : bilan d'un pontificat qui a fracturé l'Église

    Le 21 avril 2025, lundi de Pâques, Jorge Mario Bergoglio est décédé à Santa Marta. Un an s'est écoulé, et le deuil n'est plus de mise : il reste à en tirer les leçons.

    Moi, l'homme

    Le 13 mars 2013, Bergoglio arriva au balcon, lançant un « buona sera » qui tenait à la fois de la formule de bienvenue et du programme. Il venait de Buenos Aires, auréolé de la réputation d'un archevêque austère – métro, petit appartement, quartiers périphériques –, une image soigneusement construite par ses biographes bienveillants. La réalité du gouvernement de Buenos Aires était plus complexe : une main de fer avec des collaborateurs, une rancune tenace, une méfiance marquée envers les prêtres traditionalistes et un réseau d'allégeances personnelles qu'il reproduirait plus tard à Rome.

    Il était un jésuite de la génération qui suivit l'exclusion des traditionalistes de la Compagnie de Jésus, formé dans le climat de la théologie du peuple – une sœur cadette, mais indéniablement proche, de la théologie de la libération – qui lisait l'Évangile à l'aune du rôle sociologique des pauvres plutôt qu'à travers le prisme du Royaume. Il était fervent dans la dévotion populaire latino-américaine, mais intellectuellement impatient face à tout ce qui évoquait la rigueur doctrinale. Cette combinaison explique presque tout : les baisers qu'il donnait aux prisonniers le Jeudi saint et les lettres cinglantes adressées aux communautés qui demandaient simplement à pouvoir prier avec le Missel de 1962 ne sont pas des paradoxes, mais des méthodes.

    Il est décédé affaibli après son long séjour à l'hôpital Gemelli en février-mars 2025. Il souhaitait être inhumé à Santa Maria Maggiore, hors du Vatican. Même ses funérailles constituaient un geste délibéré de distanciation par rapport à une Tradition qu'il avait choisie comme toile de fond, et non comme son foyer.

    II. Le communicateur

    François était un communicateur intuitif et efficace, et il faut le reconnaître. Il a compris avant presque tous les autres membres de la Curie que l'image a plus d'impact que le texte, que les gestes se propagent plus vite que les encycliques, et qu'un pape marchant pieds nus à Lampedusa a une plus grande influence qu'un pape signant des documents en latin. Le problème, c'est qu'il a confondu la portée avec l'efficacité de l'évangélisation. Le fait que des millions de personnes voient une photo ne signifie pas que des millions de personnes se convertiront ; cela signifie simplement que des millions de personnes voient une photo.

    Le style privilégié – brèves homélies à Sainte-Marthe, interviews dans les avions, formules glanées ici et là – a instauré pendant douze ans un flot continu d'ambiguïté calculée. Le fameux « Qui suis-je pour juger ? » n'était pas un lapsus : c'était une formule que François laissait circuler, sachant pertinemment comment elle serait interprétée, tant au sein qu'à l'extérieur de l'Église. Les entretiens avec Scalfari – un agnostique qui avait reconstitué les conversations sans enregistrement et publié des absurdités théologiques attribuées au pape – ont été répétés jusqu'à six fois. Après la première, il ne s'agissait plus de négligence, mais de complicité avec un format qui lui permettait de dire ce qu'il ne pouvait écrire et de le nier à demi-mot quand cela l'arrangeait.

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  • ANGOLA - Le Pape Léon XIV appelle une nouvelle fois à éviter toute forme de syncrétisme et de superstition

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ANGOLA - Le Pape Léon XIV appelle à éviter toute forme de syncrétisme et de superstition

    20 avril 2026
     

    Luanda (Agence Fides) – « C’est pourquoi il faut toujours veiller sur ces formes de religiosité traditionnelle qui appartiennent certes aux racines de votre culture, mais en même temps risquent de confondre et de mélanger des éléments magiques et superstitieux qui n’aident pas dans le chemin spirituel», a averti le Pape Léon XIV dans son homélie lors de la messe du dimanche 19 avril, sur l’esplanade de Kilamba en Angola (voir Fides 19/4/2026). « Restez fidèles à ce que l’Église enseigne, ayez confiance en vos pasteurs et gardez le regard fixé sur Jésus qui se révèle en particulier dans la Parole et dans l’Eucharistie », a exhorté le Saint-Père dans un pays, l’Angola, où coexistent des formes de syncrétisme religieux combinées à des éléments « magiques », qui touchent même ceux qui se professent catholiques.

    Des formes de syncrétisme religieux sont apparues en Angola dès les débuts de l'évangélisation du Royaume du Congo (qui comprenait le nord de l'Angola actuel et certaines régions de l'actuelle République démocratique du Congo), entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle. Au début du XVIIIe siècle, Beatriz Kimpa Vita a fondé l'antonianisme, un mouvement à la fois religieux et politique. Sur le plan religieux, il s'agissait d'une fusion syncrétique entre le christianisme et les pratiques religieuses africaines. Vita se présentait comme la réincarnation de saint Antoine de Padoue et affirmait que Jésus était noir et né au Congo. Elle a cherché à remettre en cause la représentation eurocentrique du christianisme et à promouvoir une interprétation plus inclusive et centrée sur la culture africaine, en rejetant certains symboles catholiques (tels que la croix, considérée comme un instrument de mort) et certains rituels (tels que le baptême ou la confession dans certains cas), tout en intégrant certains rituels locaux, ainsi que des éléments de guérison et de prophétie.

    D'un point de vue politique, Kimpa Vita visait à unifier le royaume du Congo, divisé et fragmenté politiquement, qui avait perdu son unité d'antan.

    Certaines caractéristiques de l’antonianisme se retrouvent tant dans les traditions syncrétiques des Amériques, comme le candomblé brésilien ou le palo cubain, que dans l’« Église kimbanguiste » née en République démocratique du Congo mais également répandue dans certaines régions de l’Angola (voir Fides 28/1/2023).
    L'Église tokoïste, d'origine angolaise, a été fondée dans les années 1940 par un ancien étudiant de la Société missionnaire baptiste, Simão Gonçalves Toko (1918-1984), et s'est imposée comme un mouvement de résistance et d'émancipation spirituelle à la fin de la période coloniale et au début de la période postcoloniale.
    Il subsiste également des formes de superstition liées à des pratiques dites « magiques », qui ont également d'importantes répercussions sociales. En particulier, dans certaines régions d'Angola, les enfants sont victimes d'accusations de sorcellerie. Il est paradoxal que ce soient précisément les enfants doués de talents qui amènent de nombreuses familles à croire qu'ils sont associés à la sorcellerie. Il existe des cas où la personne accusée d’être un « sorcier » est contrainte de boire une potion empoisonnée pour prouver qu’elle ne l’est pas. (LM) (Agence Fides 20/4/2026)