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Eglise

  • Léon XIV a choisi celui qui devra remettre de l’ordre à Saint-Pierre

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    Du site "Silere non possum" :

    10 octobre 2026

    Léon XIV a choisi celui qui devra remettre de l’ordre à Saint-Pierre

    Le franciscain Vittorio Francesco Viola succède à Mauro Gambetti à la tête de la basilique vaticane. Plusieurs dossiers délicats l’attendent, des relations avec le personnel à la gestion financière et liturgique.

    Par p. M. B.

    Un choix qui ne doit rien aux rumeurs

    Cité du Vatican — Le nouvel archiprêtre de la basilique Saint-Pierre est l’archevêque Vittorio Francesco Viola, franciscain de l’Ordre des Frères mineurs, jusqu’ici secrétaire du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements. Léon XIV l’a choisi pour succéder au cardinal Mauro Gambetti, appelé à rejoindre l’archidiocèse de Chieti-Vasto. Il lui a confié l’ensemble des responsabilités exercées par son prédécesseur conventuel : outre la basilique, la fonction de vicaire général de Sa Sainteté pour l’État de la Cité du Vatican et la présidence de la Fabrique de Saint-Pierre.

    Ces derniers mois, les spéculations sont allées bon train au sujet du successeur de Mauro Gambetti. Certains ont avancé le nom du cardinal secrétaire d’État ; d’autres ont assuré qu’il s’agirait « certainement d’un cardinal ». Toujours les mêmes conjectures, nées dans les salons feutrés de la Curie et qui finissent dans les latrines du commérage ecclésiastique. Des personnages qui ramassent tout ce qui leur tombe sous la main et le recrachent comme s’il s’agissait d’une information, simplement parce qu’un bavard, parfois en soutane, le leur a glissé à l’oreille. Aujourd’hui, ils exploitent ces confidences pour se donner de l’importance, en proie à leur énième délire ; demain, lorsque cela les arrangera, ils n’hésiteront pas à brûler cette source à son tour, comme ils l’ont déjà fait avec les autres.

    Léon XIV a misé sur un homme qui ne porte pas la pourpre cardinalice, arrivé à Rome il y a cinq ans après avoir quitté un diocèse de province où le pape François l’avait nommé. À la Curie, Viola a travaillé dans l’ombre au sein d’un dicastère très contesté. C’est un liturgiste. Et à Saint-Pierre, après cinq années d’événements et de sponsors, il faut quelqu’un qui redonne toute leur place à la prière, à l’adoration et au silence.

    Qui est Vittorio Francesco Viola ?

    Viola est né à Biella le 4 octobre 1965, jour de la fête de saint François d’Assise. Au lycée, il avait choisi la filière scientifique, puis s’était inscrit à l’université avec l’intention de devenir médecin. Ce sont les activités franciscaines destinées aux jeunes qui l’ont conduit à rejoindre les Frères mineurs d’Ombrie.

    Il a prononcé ses vœux solennels le 14 septembre 1991 dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges, puis a été ordonné prêtre le 3 juillet 1993 par Luca Brandolini, évêque auxiliaire de Rome. Il a étudié à l’Institut théologique d’Assise et à l’Institut pontifical de liturgie Saint-Anselme, où il a obtenu en 2000 un doctorat consacré aux prières d’ordination des prêtres et des évêques dans l’ancien Sacramentaire gélasien. Cette recherche a donné naissance à un ouvrage intitulé Rinnova in loro l’effusione del tuo spirito (« Renouvelle en eux l’effusion de ton Esprit »), publié par TAU Editrice en 2010. Il a ensuite enseigné la liturgie à Saint-Anselme ainsi que dans les instituts théologiques d’Assise.

    Il est resté à Assise pendant plus de vingt ans. De 1999 à 2005, il a été gardien du couvent et de la basilique papale Sainte-Marie-des-Anges, à la Portioncule ; de 2005 à 2014, il a été gardien du couvent Sainte-Claire. Au sein de la province ombrienne de son ordre, il a exercé à plusieurs reprises la fonction de définitoire.

    Pour l’Église locale, il a dirigé le service liturgique de la région ecclésiastique d’Ombrie de 1997 à 2014 et, à partir de 2008, la Caritas diocésaine. À ce titre, le 4 octobre 2013, il a contribué à organiser le déjeuner avec les pauvres que le pape François avait souhaité lors de sa première visite à Assise. C’est là que le pape l’a rencontré. Un an plus tard, le 15 octobre 2014, il le nommait évêque de Tortona.

    L’archevêque d’Assise, Domenico Sorrentino, l’a consacré évêque le 7 décembre 2014, précisément à Sainte-Marie-des-Anges, avec le cardinal Gualtiero Bassetti et son prédécesseur à Tortona, Martino Canessa. Il a pris possession de son diocèse le 14 décembre. Il a choisi pour devise une expression de saint Ambroise : In tuis te invenio sacramentis (« C’est dans tes sacrements que je te trouve »).

    Au sein de la Conférence épiscopale italienne, il a fait partie de la commission pour la liturgie. Le 27 mai 2021, François l’a appelé à Rome comme secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin, avec le titre personnel d’archevêque.

    Viola, comme Gambetti, vient donc d’Assise, mais de l’autre branche de la famille franciscaine. Gambetti appartient aux Frères mineurs conventuels et dirigeait le Sacro Convento ; Viola est un Frère mineur qui a grandi entre la Portioncule et Sainte-Claire. Or le dicastère dont il provient s’occupe précisément de ce qui, ces dernières années, a le plus mal fonctionné à Saint-Pierre : la manière de célébrer et les rites pénitentiels après les profanations du maître-autel.

    Une basilique à remettre en état

    À Saint-Pierre, Viola trouvera la basilique que nous avons racontée pendant quatre ans au fil d’une enquête qui a publié dans ces pages documents, photographies, vidéos et témoignages, reconstituant de l’intérieur ce qui s’est passé dans l’un des lieux les plus importants de l’Église catholique.

    Il commencera par les sampietrini, ces employés chargés depuis des siècles de veiller sur la basilique et d’en assurer l’entretien. Gambetti a progressivement vidé ce corps de ses membres : beaucoup ont été retirés des nefs et affectés aux bureaux de la Fabrique, tandis qu’une part croissante des interventions était confiée à des entreprises extérieures.

    En 2023, quatre étudiants de la toute nouvelle École des arts et métiers, autre création du cardinal, ont été recrutés comme sampietrini. À leur place, dans la basilique, sont arrivés des agents auxiliaires de surveillance : des étudiants universitaires qui, auparavant, effectuaient chacun un mois de service afin de financer leurs études.

    En août 2022, nous avions documenté le fait que certains des étudiants retenus travaillaient trois ou quatre mois d’affilée, sept jours sur sept, pour six euros de l’heure, en accomplissant des tâches relevant des sampietrini et en rendant quelques « services » supplémentaires, comme payer les factures des chauffeurs des dirigeants.

    Parmi les sampietrini, ceux que l’on soupçonnait de parler à la presse ont reçu des lettres de rappel à l’ordre, subi des mutations et, en février 2024, assisté à une perquisition de la Gendarmerie dans les bureaux. L’un d’eux a été suspendu et privé de salaire, sous l’accusation d’avoir transmis des photographies aux journaux.

    Le promoteur de justice Alessandro Diddi entendait traiter ces travailleurs comme des agents publics, démontrant qu’il ne connaissait même pas les rudiments du droit vatican. Cet homme, du reste, n’était la source de personne. Il avait simplement reçu quelques photographies que des employés et plusieurs ecclésiastiques s’échangeaient continuellement, scandalisés par la gestion de Gambetti.

    Avec la diminution du nombre de gardiens, le désordre s’est installé. Le 1er juin 2023, un homme nu a escaladé le maître-autel. Le 7 février 2025, un autre a franchi les cordons de sécurité, jeté à terre six chandeliers et eu le temps d’enlever la nappe avant que quelqu’un n’intervienne.

    Le 10 octobre 2025, alors que des milliers de fidèles franchissaient la Porte sainte, un homme s’est dévêtu sur le maître-autel. Gambetti n’a ordonné aucune réparation rituelle ; c’est Léon XIV qui a prescrit le rite pénitentiel, célébré le 13 octobre sans que Vatican News lui consacre la moindre ligne.

    En janvier de cette année, un nouvel incident s’est produit dans la chapelle du Saint-Sacrement, pendant l’adoration. À chaque fois, la consigne a été la même : silence, et suppression des vidéos enregistrées sur les téléphones, y compris ceux des touristes.

    Il y a aussi l’état matériel de l’édifice. La poussière s’accumule sur les statues autour du baldaquin du Bernin et dans toute la basilique ; des morceaux de stuc tombent, et il est même arrivé qu’ils chutent pendant le mariage d’un garde suisse. La chapelle du Saint-Sacrement a été inondée en novembre 2022 ; des infiltrations ont touché les archives historiques ; la statue de la Sagesse a été endommagée par un chariot élévateur. Quant aux portes, elles ont été laissées ouvertes pour « aérer » les lieux, exposant les œuvres aux variations de température.

    Le nouveau président de la Fabrique devra également demander des comptes sur les chantiers. Sur la coupole, Gambetti a fait agrandir le bar. Le 25 février, l’un des secrétaires du pape est monté sur les terrasses pour photographier les travaux et transmettre les images à Prevost.

    En juillet, nous avons publié les photographies du reste des aménagements : des couvertures découpées, une nouvelle cloison, un revêtement de sol refait, des entrepôts de la Fabrique destinés à accueillir des expositions et un passage extérieur autour de la coupole devant être intégré aux circuits payants.

    Les travaux ont été réalisés par la société Lunghi Srl, dont le siège se trouve à Assise. Leur coût n’a jamais été communiqué, mais ces personnes ne tarderont pas à présenter des factures substantielles.

    C’est le dernier épisode d’un projet lancé en 2022 avec l’idée d’un billet d’entrée, puis poursuivi à partir de 2023 par une séparation des fidèles entre « ceux qui prient » et « les visiteurs ».

    Aux recettes s’ajoutent les dépenses : le bureau du troisième étage entièrement refait à neuf, avec un tapis portant les armoiries du cardinal ; le vidéomapping sur la façade, présenté comme gratuit mais ayant coûté 480 heures supplémentaires et 40 000 euros de location de projecteurs ; les chaises, les drones sur la coupole, les dîners aux Musées du Vatican et le projet mené avec Microsoft.

    Reste le Chapitre. Les chanoines ont été privés de statuts de 2021 jusqu’au 29 juin 2024, tandis que les fonctions étaient attribuées sans élections. Gambetti est même allé jusqu’à faire installer des caméras devant les appartements.

    Aujourd’hui encore, des prêtres intègrent le Chapitre selon des critères qui restent difficiles à comprendre. Beaucoup sont jeunes et, au lieu d’exercer leur ministère dans les diocèses où leur présence serait réellement nécessaire, préfèrent s’installer à la basilique, cultiver des relations avec des personnalités influentes de la Curie et fréquenter des milieux où se nouent également des relations pour le moins troubles avec de jeunes garçons en difficulté, désireux de dicter leur loi jusqu’aux évêques et aux cardinaux, de porter des aubes et d’accéder à des lieux normalement interdits au plus grand nombre.

    Reste enfin la paroisse. Arrivé en 2021, Gambetti a marginalisé le curé augustinien, le père Mario Bettero, considéré comme proche de son prédécesseur Angelo Comastri. Il l’a remplacé par un confrère conventuel, le père Agnello Stoia. Depuis lors, Saint-Pierre a cherché à empiéter sur le territoire de la paroisse Sainte-Anne, traditionnellement confiée à l’Ordre de Saint-Augustin.

    Les hommes du cardinal

    La tâche la plus délicate concerne toutefois les personnes. En cinq ans, la Fabrique est devenue le refuge de ceux qui avaient été écartés ailleurs. Désormais, chacun de ces hommes perd son protecteur.

    Le cas le plus encombrant est celui de Mgr Orazio Pepe. En juillet 2021, il siégeait aux côtés de Gambetti, en qualité de secrétaire de la Fabrique, lors d’une rencontre avec l’ensemble du personnel.

    Son parcours avait déjà été mouvementé : fonctionnaire à la Congrégation pour le Culte divin, puis chef de bureau à la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée, il avait ensuite obtenu un poste spécialement créé pour lui à la Secrétairerie d’État. Il en fut écarté sur décision du cardinal Pietro Parolin lui-même et du Substitut, qui ne voulaient plus entendre parler de lui.

    À Saint-Pierre, il est également connu pour ses fréquentes escapades vers les ateliers de couture de Borgo Pio, où il se précipitait régulièrement pour commander toutes sortes de travaux. Il s’est toutefois montré beaucoup moins prompt lorsqu’il s’agissait de régler les factures.

    Or Viola arrive précisément de l’un des dicastères dont Pepe avait été brutalement évincé.

    Le 5 septembre 2022, avec Ettore Valzania, il a fait barrer à l’aide de ruban de chantier la chapelle Saint-Sébastien, où repose saint Jean-Paul II. Avec Stefano Attili, il a fait retirer des locaux de la Fabrique les brochures du musée du Trésor réalisées par Mgr Rezza.

    Nous l’avons vu vociférer dans la basilique et s’improviser contrôleur de billets. En février, nous écrivions que son mandat prendrait fin en juin. Où pourra-t-il aller désormais, alors qu’aucun dicastère ne semble plus vouloir de lui ? Voilà un problème que Viola trouvera sur son bureau.

    Il y a ensuite Calogero La Piana, archevêque émérite de Messine-Lipari-Santa Lucia del Mela. Après avoir quitté la Sicile dans des circonstances qui n’ont jamais été éclaircies, il a été nommé par Gambetti vicaire du Chapitre vatican, où il s’est mis entièrement au service de l’archiprêtre.

    C’est lui qui, en novembre 2023, a signé l’avis obligeant les chanoines à se présenter aux offices de laudes en tenue cléricale.

    Parmi les laïcs, on n’a pas non plus manqué de personnages ayant parcouru la basilique en tous sens à la recherche d’un poste, tout en nouant avec Gambetti des relations de convenance. Giovanni Pingitore constitue l’un des cas les plus manifestes : le nouveau groupe l’a fait entrer au bureau des célébrations de la Fabrique, alors même que son parcours ne justifiait pas un tel choix.

    Pingitore appartient à la même catégorie que Cristian Lanni : de jeunes hommes qui évoluent avec une grande assurance dans les milieux du Vatican, se présentent comme des spécialistes de matières qu’ils maîtrisent bien moins qu’ils ne le prétendent et accumulent, dans le même temps, relations, confidences et récits.

    Après les polémiques autour du cardinal Comastri et du pré-séminaire Saint-Pie-X, Pingitore a été réaffecté à Saint-Pierre. Il se présente aujourd’hui également comme un expert en droit canonique, avec des résultats qui suscitent plus d’une perplexité.

    C’est le genre de personnages que certains aiment garder près d’eux au Vatican, avant de découvrir trop tard que ces fréquentations peuvent précisément se retourner contre eux : ils parlent beaucoup, racontent encore davantage et sont souvent ceux qui font circuler de fausses histoires et alimentent les commérages.

    Les épisodes révélant leur incompétence n’ont pourtant pas manqué. Le 30 août 2022, lorsque le maître des célébrations liturgiques pontificales, Mgr Diego Ravelli, est arrivé pour préparer la messe que le pape devait célébrer avec le Sacré Collège, il a découvert, à l’autel de la Chaire, un groupe de pèlerins en train de célébrer. Toute l’opération avait été organisée par Pingitore.

    Un peu plus d’un mois après, le 3 octobre 2022, le cardinal Rainer Maria Woelki, venu de Cologne avec quelque deux mille servants d’autel, s’est vu refuser la possibilité de célébrer dans la basilique, alors même que celle-ci était libre. La décision avait été prise par Pingitore et Valzania.

    Le problème, au fond, est toujours le même : le goût du pouvoir. Des jeunes qui, dans le monde réel, auraient difficilement l’autorité nécessaire pour donner des ordres finissent par se ménager des espaces de pouvoir au sein de l’Église catholique et du Vatican, en profitant d’un système qui attribue souvent fonctions, accès et influence selon des critères « obscurs ». Sans oublier qu’ils sont désormais bien peu nombreux à être encore en place.

    Il y a ensuite Ettore Valzania, arrivé avec le premier groupe venu d’Assise et de Bologne, aux côtés de Paola Bossari, Claudio Vezzelli et Roberto Bertozzi.

    Le personnel avait d’abord été informé que tous ces nouveaux venus seraient des collaborateurs « à titre gratuit ». Ils ont ensuite été embauchés, avec des classifications correspondant aux neuvième et dixième niveaux.

    Chargé de l’accueil, Valzania avait déclaré aux employés que la Gendarmerie devait comprendre que le dernier mot leur appartenait. Il a laissé les stocks de Testimonium s’épuiser, contraignant les pèlerins à inscrire leurs données sur des feuilles blanches. Lors des funérailles de Benoît XVI, les fidèles ont défilé devant la dépouille tandis qu’un marteau-piqueur fonctionnait dans les Grottes vaticanes.

    En mai 2023, Valzania a été retiré du service d’accueil et remplacé par Mario Bosco, marié à une guide touristique qui accompagne précisément des groupes dans la basilique. Depuis 2022, Vezzelli et Valzania nourrissaient ensemble le projet de rendre l’accès à la basilique payant.

    Bossari, amie d’enfance du cardinal et responsable de l’administration, ainsi que son mari Bertozzi, responsable des systèmes d’information, ont été embauchés alors que le règlement du personnel interdisait le recrutement de conjoints. Ils suivront Gambetti à Chieti : celui-ci l’a déjà annoncé à l’archevêque Bruno Forte. Ces dernières années, ils ont vécu avec lui sur la place de la Cité-Léonine. Pour le nouvel archiprêtre, au moins ce problème se résoudra de lui-même.

    La liste continue.

    Stefano Attili, choisi comme responsable des relations extérieures, a accompagné en février 2022 la princesse de Bahreïn sur la coupole et les terrasses, en compagnie de son assistant Gianluca Casciani, sans respecter le protocole. Quelques mois plus tard, le vice-chef du Protocole l’a convoqué pour lui rappeler que les visites officielles relevaient de la compétence de la Secrétairerie d’État.

    Alberto Capitanucci, ancien adjoint au maire d’Assise, démissionnaire depuis le 23 mars 2023, a été embauché à la Fabrique quelques semaines plus tard. Il a dirigé le secteur technique jusqu’en juillet 2025, date à laquelle il l’a quitté pour être immédiatement réaffecté à un autre poste.

    L’architecte Flaviano Vitali, qu’il avait remplacé, a rejoint l’École des arts et métiers.

    Le père Francesco Occhetta, jésuite surnommé à Borgo Santo Spirito « le Spadaro qui n’a pas réussi », est secrétaire général de la Fondation Fratelli Tutti, la structure par laquelle Gambetti a fait entrer dans la basilique des palettes en bois, des buffets, des éclairages et des sponsors. Et beaucoup d’argent avec eux.

    À l’été 2022, Walter Ganapini était également arrivé, chargé de rendre la basilique « écologique ».

    Sous leur autorité s’est constitué un réseau de jeunes auxiliaires rémunérés quelques euros, qui viennent surtout chercher à la basilique des relations qu’ils pourront exhiber à leur retour dans leurs diocèses.

    Dans ce système, le père Enzo Fortunato est déjà tombé. Léon XIV a d’abord retiré son autonomie au Comité pontifical pour la Journée mondiale des enfants, par un rescrit du 9 août 2025, avant de le supprimer en février dernier.

    En février, nous avions écrit qu’une fois la première quille renversée, les autres tomberaient en cascade. C’est bien ce qui s’est produit. Il appartient maintenant au nouvel archiprêtre de s’occuper des quilles les plus petites.

    Lire aussi : Vatican : Le pape Léon XIV confie la basilique Saint-Pierre à Monseigneur Viola, artisan d’une application stricte des restrictions contre la messe traditionnelle

  • « L’Eucharistie n’est pas un simple repas commémoratif »

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    De Mathilde de Robien sur Aleteia :

    Gaspard Craplet : « L’Eucharistie n’est pas un simple repas commémoratif »

    Pour les premiers chrétiens, la messe était vitale. Qu'en est-il aujourd'hui ? Dans son dernier livre, "La messe au cœur de nos vies", le père Gaspard Craplet invite à redécouvrir ce qui se joue à chaque célébration et à s'émerveiller du mystère de l'Eucharistie. Entretien.

    "Sine dominico non possumus." ("Sans la messe du dimanche, nous ne pouvons pas vivre.") Ce sont les paroles des martyrs d’Abitène, exécutés en 304, lancées au proconsul romain venu les arrêter lors d’une messe clandestine. Les premiers chrétiens considéraient la messe comme quelque chose de vital pour l’âme. Le père Gaspard Craplet, prêtre de la société Jean-Marie Vianney, chargé de la pastorale et enseignant au séminaire d’Ars, invite à se mettre à leur école. À travers son dernier livre, le prêtre rend le mystère de l'Eucharistie plus accessible et invite chacun à s’émerveiller devant le sacrifice de la messe.

    Lire l'interview du Père Craplet sur aleteia.org

  • L’opportunité de donner à Marie le titre de Corédemptrice

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    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    L’opportunité de donner à Marie le titre de Corédemptrice

    Cet article est publié parallèlement par L’Homme Nouveau (dans son bimensuel du 10 octobre 2026, pp. 24-25, et sur son site : Les splendeurs de Marie corédemptrice).

    Les éditions Via Romana ont courageusement publié deux ouvrages traitant de la corédemption de la Vierge Marie, alors que l’étrange note doctrinale du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Mater Populi fidelis, publiée le 4 novembre 2025, avait dénié l’opportunité d’appliquer à la Sainte Vierge le titre de corédemptrice de même que celle du titre équivalent de médiatrice de toutes les grâces.

    Le premier livre, de Guy Barrey, Marie Corédemptrice, Mère, Médiatrice et Avocate[1], avec une préface de Mgr Athanasius Schneider, est une entrée en matière précieuse sur ce sujet. Il fait une présentation théologique de ce titre qui exprime le mystère de la participation de la Mère de Dieu, avec et sous son divin Fils, à l’acquisition par la satisfaction de toutes et chacune des grâces de salut concédées aux hommes, par les mérites de congruo (fondés sur la charité) de sa Compassion, lesquels sont, par la volonté de Dieu, indissolublement unis aux mérites de condigno (fondés sur la justice) de la Passion du Christ.

    Guy Barrey attire notamment l’attention sur la dévotion aux Cœurs unis de Jésus et de Marie propagée par saint Jean Eudes, et à sa suite par saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qui écrivait : « Le Cœur de cette glorieuse Marie a contribué à l’œuvre de notre rédemption, parce que Jésus […] est le fruit du Cœur de cette bienheureuse Vierge et que ce même Cœur est aussi le sacrificateur qui a offert cette divine hostie, et l’autel sur lequel elle a été offerte » (saint Jean Eudes, Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu).

    Le second livre, sous la direction de Karen Darantière, rassemble les actes d’un colloque qui s’est tenu à Paris les 23 et 24 mai 2025 sous le titre : Les splendeurs de Marie corédemptrice[2]. L’ouvrage, qui contient notamment les contributions de Mgr Athanasius Schneider, du P. Manfred Hauke, de la faculté de théologie de Lugano, du P. Serafino Lanzetta, est agrémenté d’une série de photographies de tableaux commentés théologiquement, tel le triptyque du Buisson ardent de Nicolas Froment, ou la Vierge de l’Apocalypse de Miguel Cabrera.

    Le P. de Nadaï, op, membre de la Commission léonine[3], y montre le rattachement du titre de corédemptrice au fait que le Verbe a voulu assujettir son incarnation rédemptrice à la volonté de Marie. Elle a ainsi droit au titre de corédemptrice parce qu’elle a droit d’abord à celui de Mère de Dieu, qui est au reste d’une force bien plus grande.

    Roberto De Mattei traite de « la question mariale lors du Concile Vatican II ». Un schéma spécifique De Beata Maria Virgine avait été préparé, dans lequel le titre de médiatrice de toutes les grâces, comme associée au Christ dans leur acquisition, était clairement énoncé. En revanche, celui de corédemptrice avait été omis au motif qu’il pourrait « être mal compris des protestants ». Ajoutons que, tant dans ce schéma préparatoire que dans les autres, aucun canon de définition infaillible n’était prévu.

    Malgré sa prudence, le schéma rencontra une forte opposition devant le Concile, car il lui était reproché de faire obstacle à l’œcuménisme vis-à-vis des protestants. Il fut d’abord fondu dans celui sur l’Église, qui deviendra la constitution Lumen gentium. En outre, les Pères progressistes voulaient que l’on en ôtât le titre de Marie médiatrice de toutes les grâces. Selon un processus habituel lors de Vatican II, on trouva un compromis entre l’aile avancée et les évêques conservateurs : le titre fut inséré au milieu d’autres et privé du génitif « de toutes les grâces » : « La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice » (n. 62).

    Roberto De Mattei remarque que, dans ce domaine comme en d’autres, la minorité progressiste l’emporta grâce aux concessions du front conservateur. Les mariologues de celui-ci tenteront ensuite désespérément de se référer à la mention de Lumen gentium, mais c’est bien la « réinterprétation » minimaliste de la mariologie par le Concile, celle de l’abbé René Laurentin, qui l’emporta.

    Dans ce colloque, nous étions pour notre part chargé de parler de « la doctrine de la corédemption dans l’école française de spiritualité », qui a mis en valeur le thème équivalent de Virgo Sacerdos, Vierge Prêtre, qui remonte au Pseudo-Épiphane de Salamine (Ve siècle), et qu’on retrouve ensuite de siècle en siècle jusqu’à Ippolito Marracci (1604-1675).  Pour l’école française de spiritualité, dont le cardinal de Bérulle fut le premier de cordée, et spécialement pour Jean-Jacques Olier, l’analogie établie entre la « prêtrise » de Marie et celle des prêtres servait à souligner l’éminence mystique du sacerdoce et à encourager le clergé à la sainteté de sa vie. Le formel du sacerdoce de Marie se trouve dans le fait qu’au pied de la Croix, elle coopérait à l’acte principal du sacerdoce de Jésus-Christ, en donnant, comme l’a voulu le plan divin, son consentement au sacrifice. « Son sexe seul la privait de l’usage et de la dignité de ce ministère, qui était réservé pour les hommes » (J.-J. Olier, L’esprit des cérémonies de la messe).

    La contribution de l’abbé Le Troadec rappelle les attestations pontificales de ce titre, et notamment celles répétées de Pie XI. « Le Rédempteur se devait, nécessairement, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice » (allocution de 1933). L’association de Marie à la Passion rédemptrice était nécessaire, d’une nécessité de congruence bien sûr.

    La préparation de ce colloque eut lieu dans les derniers jours du pontificat du pape François. Au même moment, à Rome, se tint une réunion au Palais du Saint-Office pour traiter de l’inopportunité des titres mariaux de corédemptrice et de médiatrice de toutes les grâces, à laquelle participait le cardinal Prevost, auquel cette question tenait à cœur, réunion qui faisait le point sur les premiers travaux du Dicastère pour la Doctrine de la Foi qui allaient aboutir à la note Mater populi fidelis.

    C’est la demande d’un nouveau dogme marial (par exemple par le cardinal Journet, le P. Réginald Garrigou-Lagrange, récemment par le cardinal Vithayathil, le Dr Mark Miravalle, président de Vox Populi Mariæ Mediatrici,) déclarant solennellement Marie corédemptrice et médiatrice de toutes les grâces, qui exaspère et a exaspéré le plus ceux que Roberto De Mattei qualifie de « minimalistes ». Ceux-ci tel le P. Yves Congar, se plaignaient de ce qu’ils considéraient comme une « inflation » des dogmes mariaux à l’époque contemporaine. En fait, la définition solennelle est demandée parce qu’elle rendrait définitive ce qu’enseigne déjà la doctrine pontificale ordinaire (saint Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII).

    En outre, il faut convenir que les dogmes mariaux ont eu une grande portée ecclésiale. La proclamation de l’Immaculée Conception en 1854 était en même temps une affirmation de l’infaillibilité personnelle du pape, que le premier concile du Vatican allait définir en 1870. La proclamation de l’Assomption en 1950 (l’année d’Humani generis, l’encyclique de Pie XII sur les erreurs contemporaines) avait une portée antimoderniste considérable en affirmant que l’entrée au ciel de la Sainte Vierge avait eu lieu non seulement avec son âme, mais aussi avec son corps, ce qui touche à la foi en la résurrection des corps. Et aujourd’hui, un dogme marial sur la corédemption et sur la médiation de toutes grâces correspondrait à une remise en selle de l’infaillibilité, écartée depuis Vatican II, avec d’immenses conséquences pour la proclamation et la défense de la foi catholique.


    [1][1] Via Romana, 2026.

    [2][2] Via Romana, 2026.

    [3][3] La Commission léonine est un groupe de chercheurs spécialisés, financé et organisé par l’ordre des Frères prêcheurs, sous l’autorité de son maître général, chargé de l’établissement d’une édition critique des œuvres de saint Thomas d’Aquin.

  • Si iniquitates observaveris (Introit du 28e dimanche du temps ordinaire)

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    Si iniquitates observaveris Domine,
    Domine quis sustinebit?
    Quia apud te propitiatio est, Deus Israel.
     
    Si vous examinez les iniquités, Seigneur,
    Seigneur, qui subsistera?
    Car près de vous est le pardon, Dieu d'Israël.
     
    Ps.  1
    De profundis clamavi ad te, Domine:
    Domine, exaudi vocem meam.
     
    Des profondeurs j’ai lancé vers vous mon appel, Seigneur:
    Seigneur, exaucez ma voix.
     
  • Tout est prêt, venez au repas des noces éternelles (28e dimanche du T.O.)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (Homelies.fr - Archive 2008)

    « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils » : voilà qui devrait nous rassurer quant aux intentions de Dieu à notre égard ! Conformément au protocole, ceux qui avaient eu l’honneur d’être « invités », sont avertis très officiellement par les serviteurs du roi que le grand jour est enfin arrivé. Stupéfaction : ils refusent de venir ! Chacun d’eux poursuit ses occupations comme si de rien n’était ; certains même passent leur mauvaise humeur sur les pauvres émissaires du roi, trahissant ainsi la vraie raison de leur refus : ils n’ont aucune envie de partager la joie d’un roi pour lequel ils nourrissent plutôt du mépris, du ressentiment, voire de la haine. Aussi la réponse ne se fait-elle pas attendre et les présomptueux vont payer très cher leur insoumission.

    On pourrait objecter que la réaction du roi ne fait qu’entretenir la spirale de la violence ; s’il représente Dieu nous avons intérêt à nous tenir à l’écart ! Mais cette interprétation ne respecterait pas le genre littéraire utilisé par Jésus : le sens d’une parabole ne se livre pas au terme d’une étude analytique ; il jaillit plutôt d’une saisie d’ensemble du récit, sur l’horizon annoncé par le narrateur. Dieu à vrai dire n’a pas besoin de sévir contre ceux qui lui résistent : en refusant d’entrer dans la fête en réponse à son invitation, ils choisissent eux-mêmes de demeurer sous « le voile de deuil qui les enveloppe et sous le linceul qui les couvre » ; car c’est à ce banquet de noces où il fait alliance avec son peuple, que « le Seigneur effacera l’humiliation de la mort, et essuiera les larmes sur tous les visages » (1ère lect.). Dieu est le Seigneur de la vie, et il désire la donner en partage à ceux qui s’approchent de lui pour la recevoir ; mais ceux qui refusent de répondre à son appel, s’enferment eux-mêmes dans les ténèbres de la mort.
    Cependant, cet échec ne décourage pas le roi, qui tient absolument à ce que la salle de noce soit bondée ! Puisque ceux qui étaient invités de longue date n’ont pas voulu répondre à l’appel, faisant eux-mêmes la preuve de leur indignité, il se tourne vers le tout-venant parmi ses sujets. Il envoie ses serviteurs « à la croisée des chemins », les chargeant d’inviter tous ceux qu’ils rencontreraient, sans faire de tri entre « les mauvais et les bons ». On devine sans peine la surprise de ceux-ci ! Le stratagème semble réussir puisque les serviteurs parviennent à remplir la salle de ces convives improvisés.

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  • Le Vatican devrait réaffirmer la culture de la vie

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    L'urgence n'est pas seulement américaine...

    De Alden Abbott sur The Catholic Thing :

    Le Vatican devrait réaffirmer la culture de la vie

    10 octobre 2026

    Les évêques catholiques d'Arlington et de Richmond, Michael Burbidge et Barry Knestout, ont exhorté les Virginiens à rejeter la Question 1, un amendement constitutionnel soumis à référendum le mois prochain. Cet amendement vise à élargir l'accès légal à l'avortement. Les évêques ont averti que cette mesure instaurerait un prétendu droit fondamental à l'avortement « pour chaque personne, jusqu'à la naissance », y compris pour les mineures ; qu'elle mettrait en danger la santé et la sécurité des femmes ; qu'elle exclurait les parents des décisions concernant leurs filles mineures ; et qu'elle protégerait de toute poursuite judiciaire les personnes qui pratiquent des avortements. Leur conclusion est sans équivoque : cette proposition est « extrême, dangereuse, radicale et abominable ».

    Cette déclaration nous rappelle avec force que la culture de mort n'est pas une abstraction. Elle se manifeste chaque fois que la loi considère la destruction délibérée d'une vie humaine innocente comme un droit, un service ou une forme de compassion. Elle se manifeste dans la banalisation de l'avortement et dans l'acceptation croissante de l'euthanasie et du suicide assisté. Elle se manifeste également lorsque le handicap, la dépendance, l'âge et la maladie sont présentés comme des raisons pour lesquelles une vie humaine serait devenue moins digne de protection. L'intervention des évêques soulève donc une question qui dépasse largement le cadre de la Virginie : le moment est-il venu pour le Vatican de renouveler la proclamation publique de l'Église en faveur de la culture de la vie ?

    Saint Jean-Paul II a répondu à cette question avec une clarté remarquable en 1995 dans son encyclique Evangelium vitae. La vie humaine, enseignait-il, est un don de Dieu, possédant une dignité sacrée et inviolable, de la conception à la mort naturelle. L’Évangile de la Vie n’est pas un programme politique restreint. Il fait partie intégrante de l’Évangile, car chaque personne est créée à l’image de Dieu et appelée à la communion avec Lui. L’avortement et l’euthanasie ne sont pas de simples choix sociaux malheureux, ni des sujets sur lesquels l’Église aurait une simple préférence morale. Ce sont des violations graves de la loi morale, car elles s’attaquent directement à la vie innocente. Aucun gouvernement ne peut transformer une telle atteinte en un véritable droit humain.

    L’encyclique Evangelium vitae insistait également sur le fait que défendre la vie exige plus que la simple condamnation d’actes particuliers. Une culture de la vie doit protéger les mères, les enfants, les personnes handicapées, les personnes âgées et les mourants ; soutenir les familles confrontées à l’adversité ; offrir une véritable prise en charge plutôt que l’abandon ; et résister à la tentation de mesurer la valeur humaine à l’aune de la productivité, de l’indépendance ou de la santé. L’autorité publique a le devoir de défendre le bien commun, et le droit à la vie est le fondement sur lequel reposent tous les autres droits. L’encyclique associe ainsi la vérité morale à la miséricorde, et la protection juridique à une civilisation de la solidarité.

    Près de trente ans plus tard, cet enseignement est devenu plus urgent que jamais. Dans de nombreuses juridictions, l'avortement, autrefois toléré dans des circonstances limitées, est désormais érigé en droit constitutionnel fondamental. L'avortement médicamenteux et le « tourisme de l'avortement » ont facilité la dissimulation de la destruction de la vie prénatale. À l'autre extrémité de l'existence, l'euthanasie et le suicide assisté sont passés de propositions exceptionnelles à des composantes acceptées des politiques publiques. (Au Canada, 5 % des personnes meurent déjà par l'aide médicale à mourir [AMM], un chiffre qui ne fera qu'augmenter.) Dans certains endroits, on demande de plus en plus aux familles de considérer la mort comme une solution à la souffrance, aux coûts, à la dépendance ou aux difficultés sociales. Le discours sur l'autonomie peut masquer le fait que des personnes vulnérables peuvent se sentir obligées de choisir la mort pour ne pas être un fardeau pour autrui.

    Au vu de tout cela, le pape Léon XIV devrait publier une encyclique consacrée spécifiquement au renouveau d'Evangelium vitae pour notre époque. Il existe un précédent remarquable : l'encyclique Centesimus annus de Jean-Paul II a revisité et actualisé l'encyclique Rerum novarum de Léon XIII un siècle après sa publication, en appliquant des principes fondamentaux à un contexte économique et politique en mutation. Une nouvelle encyclique pourrait accomplir la même démarche pour l'Évangile de la Vie. Elle pourrait réaffirmer les enseignements centraux d'Evangelium vitae tout en abordant les nouvelles technologies, les revendications constitutionnelles, les enjeux médicaux, le déclin démographique et le mouvement international visant à faire reconnaître l'avortement et l'aide médicale à mourir comme des droits humains.

    Le pape Léon XIV rencontre une famille lors de l'audience générale du 27 août 2025 [Source : Vatican Media]

    Une telle encyclique s'inscrirait dans la continuité de l'enseignement public de Léon XIV. Sa première encyclique, Magnifica humanitas, affirmait déjà que le droit à la vie s'étend de la conception à la mort naturelle et condamnait l'avortement provoqué, le meurtre d'innocents et l'euthanasie comme des actes gravement répréhensibles. Une encyclique consacrée à la vie pourrait donner à ces affirmations un cadre théologique, moral et pastoral solide. Elle pourrait enjoindre les évêques catholiques du monde entier – y compris ceux des Églises catholiques orientales – à faire de l'opposition aux politiques gouvernementales promouvant l'avortement et l'euthanasie une priorité pastorale.

    Ce document doit être fondé sur des principes fondamentaux sans pour autant prendre de parti partisan. L’Église doit distinguer la certitude de son enseignement moral de la prudence requise face à des lois et politiques particulières. Mais la prudence ne saurait justifier le silence lorsque des gouvernements redéfinissent le meurtre comme un « droit » ou la « compassion » comme un abandon des plus vulnérables. Les évêques devraient encourager les catholiques à défendre la vie publiquement, tout en exigeant une aide concrète pour les femmes confrontées à une grossesse non désirée, un soutien généreux aux familles, une réforme de l’adoption, l’inclusion des personnes handicapées et des soins palliatifs de qualité. La culture de la vie ne sera pas convaincante si elle se limite à des interdictions. Elle doit s’incarner dans des pratiques d’accompagnement et d’amour sacrificiel.

    Ce moment recèle peut-être aussi des raisons inattendues d'espérer. Le regain d'intérêt pour le catholicisme chez certains jeunes, la hausse des baptêmes d'adultes en France et la soif de tradition et de transcendance aux États-Unis et ailleurs laissent penser que la résignation face aux évolutions séculières n'est pas la seule issue possible. Il convient d'interpréter ces signes avec modestie ; ils n'effacent en rien les défis démographiques et culturels auxquels l'Église est confrontée. Ils montrent néanmoins pourquoi la clarté est essentielle. Une génération en quête d'une vision cohérente de la dignité humaine mérite d'entendre que la vie n'est pas jetable, que la souffrance n'annule pas la valeur d'une personne et que la liberté est orientée vers l'amour plutôt que vers l'autodestruction.

    Le monde a trop longtemps toléré la dégradation de la vie humaine par le droit et les politiques publiques. La Question n° 1 du référendum en Virginie est un avertissement parmi tant d'autres. L'Église doit y répondre, ainsi qu'à la crise plus vaste qu'elle représente, avec la confiance et la compassion de l'Évangile. Le moment est mûr pour que le pape Léon XIV réaffirme la culture de la vie – et il est urgent d'agir.

  • La réunion "Amoris laetitia" examine les raisons de la réticence des jeunes à se marier.

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    De Victoria Cardiel (ACI Prensa) sur EWTN News :

    La réunion "Amoris laetitia" examine les raisons de la réticence des jeunes à se marier.

    Lors d'un rassemblement marquant le 10e anniversaire d'Amoris Laetitia, les responsables de l'Église ont souligné l'évolution des mentalités à l'égard de la sexualité, la fréquence des divorces et la précarité économique comme autant d'obstacles au mariage.

    9 octobre 2026

    Pourquoi de moins en moins de jeunes choisissent-ils de se marier dans l'Église catholique, et comment la société contemporaine comprend-elle la relation entre sexualité, procréation et sacrement de mariage ?

    Ces questions figurent parmi celles qui seront abordées lors d'une rencontre internationale sur la famille au Vatican, qui se déroule à huis clos jusqu'au 14 octobre avec la participation des présidents des conférences épiscopales du monde entier.

    L’archevêque Timothy Costelloe, président de la Conférence des évêques catholiques australiens, a déclaré dans sa présentation du vendredi 9 octobre que dans son pays, et peut-être dans beaucoup d’autres, « le concept d’un lien nécessaire entre l’activité sexuelle et la procréation, et l’importance de ce lien dans le mariage chrétien ne sont plus largement compris ni acceptés ».

    Pour illustrer le problème, il a cité les observations d'un directeur de l'éducation religieuse en Australie-Occidentale, marié et père d'adolescents.

    « Beaucoup de nos jeunes ont hérité de conceptions culturelles de la sexualité qui diffèrent sensiblement de celles de l'Église ; ils comprennent peut-être la position de l'Église, mais ils ont du mal à l'adopter », lui a expliqué l'éducateur.

    Costelloe a déclaré que cela reflète une tension entre l'enseignement de l'Église et les attitudes culturelles dominantes, renforcées par les médias sociaux, le divertissement, la culture des pairs et les influenceurs en ligne, qui promeuvent fréquemment des relations qui privilégient « l'épanouissement personnel, l'autonomie et le bonheur immédiat plutôt que la permanence, le sacrifice et l'alliance ».

    Les défaillances morales des dirigeants de l'Église

    Pour aggraver le problème, a déclaré Costelloe, de nombreux jeunes ont vécu des situations douloureuses, notamment des mariages brisés dans leurs propres familles, des violences conjugales, des inégalités entre les hommes et les femmes et les manquements moraux des dirigeants de l'Église dont la crédibilité a été entachée.

    « Nous sommes en concurrence avec de nombreuses autres conceptions du mariage », a-t-il reconnu.

    Malgré ces difficultés, l'archevêque a souligné que de nombreux jeunes continuent de rechercher des relations durables qui révèlent leurs meilleures qualités et leur offrent une base solide pour un avenir prometteur.

    Il a plaidé pour le soutien de ces aspirations et l'accompagnement des jeunes dans leur quête de relations stables.

    Dans le même temps, Costelloe a observé que la fréquence des divorces et des échecs relationnels a amené de nombreux jeunes à se demander « si un engagement à vie est possible, voire souhaitable ».

    Dans ce contexte, il a souligné l'importance de l'exemple donné par les mariages et les familles stables.

    Comme un couple marié le lui a confié : « L’argument le plus convaincant en faveur du mariage chrétien est souvent celui d’un couple marié qui le vit pleinement. »

    Costelloe a suggéré que les paroisses et les diocèses devraient trouver des moyens de rendre ces exemples plus visibles, notamment par le biais de programmes de préparation au mariage et d'écoles catholiques.

    Il préconisait également de présenter l’enseignement de l’Église sur l’intimité conjugale de manière positive, comme un idéal à poursuivre plutôt que comme un simple ensemble de règles et d’interdictions.

    Comprendre pourquoi les jeunes rejettent le mariage

    Le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, a averti les participants que les taux de mariage sont en baisse dans le monde entier, tant pour les mariages civils que pour ceux célébrés à l'église.

    « Nous ne pouvons ignorer le fait que le nombre de mariages est actuellement en baisse dans le monde entier, qu’il s’agisse de mariages civils ou religieux », a-t-il déclaré. « Nous chercherons à interpréter ce phénomène, en tenant compte de la question de savoir si ses causes sont les mêmes partout. »

    Ce rassemblement marque le 10e anniversaire d’ Amoris Laetitia , l’exhortation apostolique publiée par le pape François en 2016 à la suite de deux synodes marqués par d’intenses débats sur l’approche pastorale de l’Église envers les familles.

    Les propositions du document visant à accompagner les jeunes mariés et les couples rencontrant des difficultés conjugales ont été en partie éclipsées par la controverse concernant ses implications pour les catholiques divorcés et remariés civilement.

    Les évêques de la région pastorale de Buenos Aires ont interprété le document comme autorisant certains catholiques divorcés et remariés civilement à recevoir les sacrements de la réconciliation et l'Eucharistie à la suite d'un processus de discernement pastoral accompagné, y compris dans les cas où une personne estime que l'abstinence de relations sexuelles causerait un préjudice supplémentaire aux enfants de la nouvelle union.

    En 2023, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a confirmé que cette interprétation fait partie du magistère authentique, ayant été publiée dans les Acta Apostolicae Sedis , le recueil officiel du Saint-Siège.

    Farrell a fait remarquer que les prêtres ne sont pas les seuls à s'inquiéter de la réticence des jeunes à se marier. De nombreux parents chrétiens partagent cette préoccupation en voyant leurs enfants aux prises avec la solitude et l'incertitude quant aux engagements à vie.

    « Les pasteurs ne sont pas les seuls à être confrontés à cette préoccupation. Elle est ressentie en premier lieu par de nombreux parents chrétiens dont les enfants souffrent de solitude, hésitent encore à prendre un engagement durable ou rejettent catégoriquement la voie que leurs parents eux-mêmes avaient embrassée avec joie », a-t-il déclaré.

    Parmi les facteurs contribuant à cette tendance, Farrell a cité le divorce, les différentes formes de cohabitation et les attitudes culturelles dominantes.

    « Mais à un niveau plus profond, on pourrait se demander si Dieu n’a pas cessé de parler au cœur des jeunes, de susciter en eux le désir du mariage », a-t-il déclaré.

    Le cardinal a déclaré que les participants seraient à la recherche de signes d'espoir et examineraient les initiatives, les personnes et les circonstances susceptibles d'ouvrir de nouvelles voies vers le mariage.

    « Nous examinerons également dans quelle mesure nos communautés sont attentives au témoignage de ceux qui, malgré tout, choisissent le mariage – que ce soit tôt dans la vie ou plus tard – et comment leur expérience peut nous aider à comprendre et à présenter plus efficacement la vocation au mariage. »

    Que recherchent les jeunes lorsqu'ils parlent d'amour ?

    L’évêque auxiliaire Stephen Fernandes de Bombay, en Inde, a fait valoir que le principal défi de l’Église n’est pas simplement de se demander pourquoi les jeunes hésitent à se marier, mais de comprendre ce qu’ils recherchent dans les relations.

    « Le défi qui se pose à l’Église n’est donc pas de commencer par se demander pourquoi les jeunes n’acceptent pas le mariage, mais plutôt ce qu’ils recherchent lorsqu’ils parlent d’amour, de liberté, de dignité et de leur avenir », a-t-il déclaré.

    Fernandes a expliqué que les jeunes vivent leurs relations dans un environnement culturel très différent de celui des générations précédentes.

    « La culture de l’immédiateté et du choix continu peut s’immiscer dans leur expérience de l’intimité, tandis que le mariage exige patience, présence, pardon et persévérance », a-t-il observé.

    Il a également souligné l'insécurité économique comme un obstacle important au mariage, citant les difficultés d'emploi, le coût du logement, la migration et l'instabilité sociale.

    « Pour certains, reporter le mariage n’est donc pas simplement un rejet du mariage. Cela peut refléter une crise de confiance dans la possibilité de construire une vie stable et durable avec une autre personne », a-t-il déclaré.

    Fernandes a souligné que de nombreux jeunes n'ont pas renoncé au désir d'un amour durable, même s'ils doutent de plus en plus de sa possibilité.

    « Les jeunes n’ont pas cessé d’avoir soif d’amour. Ce qui s’est affaibli chez beaucoup, c’est la confiance en la pérennité de l’amour », a-t-il déclaré.

    Il a exhorté l’Église à être plus attentive aux expériences des jeunes et à présenter le mariage non pas simplement comme une obligation ou une institution sociale, mais comme une vocation fondée sur la liberté, la fidélité et le don mutuel de soi.

  • Une conférence à Rome plaide en faveur de Marie comme « Co-Rédemptrice »

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La conférence de Rome plaide en faveur de Marie comme « Co-Rédemptrice »

    Des théologiens et cardinaux de premier plan examinent la doctrine, la dévotion et l'histoire mariales, près d'un an après que le Vatican a qualifié ce titre d'inopportun dans l'usage officiel de manière controversée.

    9 octobre 2026

    Deux cardinaux, des théologiens de premier plan et d'autres érudits ont défendu le titre de « Co-Rédemptrice » pour la Bienheureuse Vierge Marie lors d'une conférence internationale à Rome, soulignant sa coopération unique dans la rédemption de l'humanité tout en rappelant que sa tâche est subordonnée au rôle salvateur du Christ.

    Le cardinal Raymond Burke et le cardinal Gerhard Müller ont affirmé ce titre marial au cours de la conférence des 7 et 8 octobre intitulée De Maria numquam satis (« De Marie, on ne dira jamais assez »). Le rassemblement a réuni plus de 400 érudits, religieux et laïcs du monde entier pour discuter des grandes questions dogmatiques qui sous-tendent la vénération de la Mère de Dieu et le rôle de Marie dans le culte, la dévotion et l'histoire.

    La défense du titre marial de dévotion par les cardinaux est intervenue près d'un an après la publication par le Vatican de Mater Populi Fidelis. Cette note doctrinale de 23 pages a été largement critiquée pour avoir déclaré que le titre de « Co-Rédemptrice » pour la Bienheureuse Vierge Marie est « toujours inapproprié » (ou « inopportun ») dans le langage officiel de l'Église et la liturgie, car il « risque d'obscurcir l'unique médiation salvatrice du Christ et peut donc créer de la confusion ».

    Dans son discours d'ouverture de la conférence, qui s'est tenue à l'Institut patristique Augustinianum de Rome, le cardinal Burke a déclaré que ce titre, lorsqu'il est correctement compris, ne place pas Marie au même niveau que le Christ. Le Christ seul est le Rédempteur, a-t-il dit, tandis que le rôle de Marie est entièrement dépendant de lui et lui est subordonné. S'appuyant sur l'Écriture Sainte, les Pères de la Église, Lumen Gentium, saint Jean-Paul II et les mariologues, il a souligné la participation singulière de Marie à l'accomplissement de la rédemption. Il a soutenu que Vatican II avait affirmé la substance de cet enseignement, même s'il avait évité le terme de « Co-Rédemptrice » en raison de malentendus possibles.

    Le cardinal Burke a ajouté que les apparitions de Guadalupe en 1531 sont une expression vivante de cette théologie. Les paroles de Marie à Juan Diego, a-t-il dit, l'identifient comme la Vierge Mère du vrai Dieu et révèlent sa mission maternelle d'apporter la miséricorde, la guérison et le salut du Christ à tous les peuples. Il a conclu que la dévotion à Notre-Dame de Guadalupe devrait renforcer la fidélité au Christ, encourager la consécration à Marie comme un chemin vers Lui, et inspirer les baptisés à unir la souffrance, le service et le témoignage au Christ pour le salut du monde.

    Dans son allocution du 8 octobre, le cardinal Gerhard Müller a qualifié le titre de « Co-Rédemptrice » pour la Bienheureuse Vierge Marie d'expression légitime de la foi catholique et non d'exagération trompeuse ou de remise en cause de la place unique du Christ en tant que seul Rédempteur et Médiateur. Le préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi a déclaré que ce titre reconnaît la coopération singulière et subordonnée de Marie au salut, voulue « dans la liberté opérée par la grâce ». Sa coopération, a-t-il précisé, était « constitutive » de l'Incarnation et inséparablement liée à l'œuvre rédemptrice du Christ. « Si elle avait refusé son Fiat », a-t-il noté, « nous serions tous restés perdus pour toujours ».

    Le cardinal allemand a rejeté l'argument selon lequel le titre devrait être abandonné pour éviter les objections des protestants, soutenant que de telles préoccupations reflètent une théologie qui ne reconnaît pas adéquatement la libre coopération de l'humanité avec la grâce. Il a souligné que le titre de « Co-Rédemptrice » doit être compris de manière analogique, affirmant que le Christ seul rachète l'humanité au sens premier et parfait, tandis que le rôle de Marie dépend entièrement de sa grâce et en découle. Il a également soutenu que l'émergence plus tardive du titre en tant que formulation théologique n'en diminue pas la vérité exprimée, puisque l'Église donne souvent un langage précis à des réalités qu'elle croit depuis longtemps.

    La conférence de deux jours a proposé une série d'interventions de chercheurs catholiques approfondissant divers aspects de la théologie mariale. L'un des conférenciers invités, le père Manfred Hauke, professeur de théologie dogmatique à la Faculté de théologie de Lugano (Suisse), a parlé de la « Maternité divine » de Marie et a réfuté les théories historiques du XIXe siècle qui réduisaient ce dogme à un syncrétisme avec les cultes païens d'Artémis ou d'Isis. Il a démontré le solide fondement biblique et patristique de la Theotokos, rappelant que l'Incarnation requiert la coopération active de la créature et que Marie a exprimé son consentement lors de l'Annonciation au nom de toute la nature humaine.

    Le théologien pontifical, le père dominicain Wojciech Giertych, a présenté une communication intitulée « Le primat de l'amour virginal au sein de l'amour maternel de Marie », dans laquelle il a exposé une profonde distinction émotionnelle et spirituelle entre l'amour virginal — caractérisé par l'émerveillement, la vénération et une absence totale d'esprit de possession — et l'amour maternel. Ce dernier, s'il n'est pas purifié, risque de dégénérer en un attachement égoïste, alors qu'en Marie les deux dimensions fusionnent parfaitement, offrant à l'Église le modèle parfait de la fécondité spirituelle qui jaillit de la grâce et de la charité.

    Dans sa présentation, l'historien de l'Église et professeur Roberto de Mattei a déclaré que la perspective de la théologie de l'histoire de Fatima s'articule autour de deux pierres angulaires : « La Russie répandra ses erreurs à travers le monde » et « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ». Il a expliqué que le triomphe du Cœur Immaculé de Marie manifestera la souveraineté maternelle de Marie, qui fut immaculée dès le premier instant. En tant que Co-Rédemptrice et Médiatrice universelle de toutes les grâces, elle prépare — par la conversion de l'humanité et la défaite de toutes les erreurs — la reconnaissance de sa royauté et de la royauté de Jésus-Christ sur l'humanité entière.

    La raison de notre espérance, a conclu de Mattei, « est la certitude que Dieu est fidèle à ses promesses car, comme l'enseigne toujours saint Augustin : Celui qui nous a conduits à espérer ne nous décevra pas ; il nous accordera l'accomplissement de ce que nous espérons. Cette espérance ne repose pas sur nos propres forces, mais elle est placée en Celle que Dieu a établie Mère de la divine espérance et victorieuse dans toutes les batailles. Elle est la source même de notre confiance et la racine de notre théologie de l'histoire. »

    La conférence s'est achevée par une table ronde sur le thème « Marie aujourd'hui : Foi, doctrine et dévotion dans le monde contemporain », à laquelle ont participé le père dominicain Lawrence Lew, Régis de Lassus, fondateur de Salve Corda (l'Alliance internationale pour les premiers samedis de Fatima), et Timothy Tindal Robertson, ancien président national de l'Apostolat mondial de Fatima en Angleterre et au Pays de Galles. Les remarques de clôture ont été prononcées par Virginia Coda Nunziante, qui a rappelé que la conférence n'est qu'une étape d'un voyage que les organisateurs ont l'intention de poursuivre « avec nos maigres forces et avec une confiance immense dans la promesse qui éclaire notre chemin : À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ».

    Dans un entretien accordé au Register avant le rassemblement, Nunziante a déclaré que l'intention de la conférence n'était pas « d'alimenter la polémique, mais de restaurer la clarté théologique ». La conférence, qui comprenait un temps d'adoration et un chapelet quotidien en la basilique San Giovanni Battista dei Fiorentini, a reçu plusieurs messages de soutien de la part de responsables de la Curie, notamment du cardinal Víctor Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, qui a supervisé la rédaction de la note doctrinale Mater Populi Fidelis. Il a exprimé ses regrets de ne pouvoir assister à l'événement, mais a transmis ses « vœux les plus chaleureux et les plus sincères » et s'est uni par la prière au rassemblement.

    Edward Pentin est collaborateur principal pour le Register et analyste du Vatican pour EWTN News. Il a commencé à couvrir le Pape et le Vatican pour Radio Vatican avant de devenir correspondant à Rome pour le National Catholic Register d'EWTN. Il a également réalisé des reportages sur le Saint-Siège et l'Église catholique pour de nombreuses autres publications, dont Newsweek, Newsmax, Zenit, The Catholic Herald et The Holy Land Review, une publication franciscaine spécialisée dans l'Église et le Moyen-Orient. Edward est l'auteur de The Next Pope: The Leading Cardinal Candidates (Sophia Institute Press, 2020) et de The Rigging of a Vatican Synod? An Investigation into Alleged Manipulation at the Extraordinary Synod on the Family (Ignatius Press, 2015). Suivez-le sur Twitter à @edwardpentin.

  • Le « Pasteur d’Hermas » : quand un livre d’édification chrétienne faisait autorité dans l’Église primitive

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    De kath.net/news :

    Le « Pasteur d’Hermas » : quand un livre d’édification chrétienne faisait autorité dans l’Église primitive

    Dans les premiers siècles du christianisme, les Pères de l’Église tenaient le « Pasteur d’Hermas » en haute estime et le recommandaient comme une lecture précieuse. Cet ouvrage décrit notamment le rôle des anges gardiens et les suggestions des esprits mauvais, tout en proposant un enseignement concret sur le discernement spirituel.

    Au cours des trois premiers siècles de l’histoire de l’Église, de nombreuses lettres et divers écrits circulaient dans les communautés chrétiennes, bien avant que l’Église ne fixe définitivement le canon des Saintes Écritures. Parmi les textes les plus remarquables de cette époque figure le Pasteur d’Hermas, un ouvrage que plusieurs Pères de l’Église influents tenaient en très haute estime.

    Selon la Catholic Encyclopedia, ce livre jouissait d’une autorité considérable dans l’Église ancienne, au point d’être parfois placé presque au même rang que les Écritures. Eusèbe de Césarée, l’historien de l’Église, rapporte qu’il était lu publiquement dans les assemblées chrétiennes. Si certains le considéraient comme un écrit non canonique, d’autres le jugeaient « extrêmement nécessaire ».

    Saint Athanase lui-même mentionne le Pasteur aux côtés de la Didachè et des livres deutérocanoniques de l’Ancien Testament. Sans le considérer comme canonique au sens strict, il le présente parmi les ouvrages que les anciens recommandaient expressément pour l’instruction des catéchumènes, c’est-à-dire de ceux qui se préparaient au baptême. Le texte figure également dans certains anciens manuscrits du Nouveau Testament, notamment à la suite des Actes des Apôtres.

    Un ouvrage consacré à la vie chrétienne et au discernement spirituel

    Rédigé au IIᵉ siècle, le Pasteur d’Hermas demeure d’attribution incertaine : l’identité exacte de son auteur fait encore débat parmi les chercheurs. L’ouvrage se compose principalement d’une série de visions et accorde davantage de place à la conduite morale du chrétien qu’aux subtilités de la doctrine.

    Un passage mérite particulièrement l’attention. Consacré à l’observance des commandements de Dieu, il expose de manière détaillée l’action de deux anges qui influencent la vie intérieure de l’homme : l’un est appelé l’« ange de la justice », l’autre l’« ange de l’injustice », autrement dit l’ange mauvais.

    Le texte propose ainsi une véritable initiation au discernement des esprits, en décrivant les pensées et les dispositions intérieures par lesquelles se manifeste l’influence de chacun.

    L’ange de la justice est présenté comme doux, humble, paisible et vertueux. Lorsqu’il touche le cœur de l’homme, il lui inspire des pensées de pureté, de chasteté et de crainte de Dieu.

    L’ange de l’injustice, au contraire, se reconnaît à la colère, à l’amertume, au désir de luxe, aux débordements, à l’orgueil et aux convoitises impures. L’auteur exhorte avec insistance les fidèles à apprendre à reconnaître ces différentes inspirations, à discerner leurs fruits et à renoncer aux tentations suscitées par l’esprit mauvais.

    L’enseignement est concret : il invite le chrétien à ne pas considérer toutes ses pensées et toutes ses impulsions comme moralement équivalentes, mais à examiner leur origine et leur orientation. La vie spirituelle suppose donc une vigilance intérieure et un effort constant pour choisir le bien.

    Pourquoi le Pasteur d’Hermas n’a-t-il pas été retenu dans le canon biblique ?

    Bien que de nombreux chrétiens des premiers siècles aient considéré le Pasteur d’Hermas comme un écrit inspiré, le livre présentait certaines difficultés. Plusieurs passages soulevaient des interrogations théologiques et n’offraient pas toujours la même clarté doctrinale que les écrits finalement reconnus comme appartenant au Nouveau Testament. Des incertitudes subsistaient également quant à son origine apostolique et à l’identité de son auteur.

    Pour ces raisons, l’ouvrage ne fut finalement pas retenu dans le canon du Nouveau Testament, dont les contours se précisèrent progressivement au cours des premiers siècles et furent largement établis au IVᵉ siècle.

    Il serait toutefois réducteur d’en conclure que le Pasteur d’Hermas aurait été dépourvu de valeur spirituelle ou théologique. Son importance historique témoigne au contraire de l’intérêt que les premières communautés chrétiennes portaient à l’instruction morale, à la conversion personnelle et au combat intérieur du croyant.

    Le Pasteur d’Hermas demeure ainsi un témoignage particulièrement intéressant de la spiritualité chrétienne des origines. Il nous ouvre une fenêtre sur la manière dont les premiers chrétiens comprenaient la vie de foi, les tentations et la nécessité du discernement spirituel. Son histoire rappelle enfin une distinction essentielle : un écrit peut avoir été profondément estimé, lu dans les assemblées et recommandé pour l’édification des fidèles sans pour autant être reconnu comme faisant partie des Saintes Écritures.

  • Le Cardinal Luis Antonio Tagle, nouveau Doyen du Collège cardinalice

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    VATICAN - Le Cardinal Luis Antonio Tagle, nouveau Doyen du Collège cardinalice

    9 octobre 2026
     
  • Le pape en France : un signe d’espérance entre crise et soif de Dieu (Mgr Rey)

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Le pape en France : un signe d’espérance entre crise et soif de Dieu

    Entretien avec Mgr Dominique Rey

    L’évêque émérite de Fréjus-Toulon témoigne, auprès de La Bussola, d’un « véritable climat d’unité autour du Saint-Père » lors de sa visite pastorale en France. Léon XIV a exhorté les fidèles à témoigner de leur foi et à défendre la dignité humaine dans un pays qui légifère contre la vie, mais où germe également un profond désir de sacré, particulièrement chez les jeunes.

    Ecclesia, 10 octobre 2026

    Source : page Facebook de Mgr Dominique Rey

    Un véritable climat d’unité autour du Saint-Père, qui a encouragé l’Église à ne pas déserter l’espace public : c’est ce dont témoigne Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon, dans son entretien avec La Bussola, où il commente le voyage apostolique que Léon XIV a effectué en France du 25 au 28 septembre.

    Un signe d’espérance d’autant plus significatif dans un pays marqué par les crises et les lois contraires à la vie, mais aussi par un réveil inattendu de la foi, notamment chez les jeunes.

    — Que représente la visite pastorale de Léon XIV en France, à un moment aussi délicat de son histoire ?

    Je crois que cette visite a eu un impact significatif sur l’opinion publique, notamment en raison de l’affluence qu’elle a suscitée et de la présence nombreuse des jeunes. Elle s’est déroulée dans un climat paisible, sans incident lors des célébrations et des rassemblements publics. On a véritablement ressenti un climat d’unité autour du Saint-Père, comme l’a montré la rencontre avec les jeunes, au cours de laquelle des sensibilités spirituelles et liturgiques différentes ont pu se retrouver unies autour de sa personne.

    Cette visite est intervenue alors que la France traverse une période de turbulences économiques et politiques, dans un contexte de grande incertitude auquel s’ajoute la crise environnementale. Dans ces circonstances, la venue du Pape a constitué un grand moment d’espérance.

    En quelques jours, Léon XIV a pu rencontrer des responsables politiques, des représentants des institutions européennes à Metz, des associations engagées auprès des plus pauvres, mais aussi des évêques et des prêtres à Notre-Dame de Paris. À Lourdes, il a pris le temps d’exhorter les pèlerins à devenir des prophètes d’espérance et à s’engager sur un chemin de miséricorde et de conversion. Il a également rencontré plusieurs victimes d’abus commis au sein de l’Église.

    Je pense que cette visite a ainsi permis au Pape d’entrer en contact avec les différentes réalités de notre pays, en portant un message à la fois spirituel et concret. Elle nous rappelle qu’en période de fragilité et d’incertitude, l’Église est appelée à être un lieu d’espérance, de consolation et de vérité.

    — À Lourdes, le pape Léon a rappelé avec une extrême clarté la dignité de chaque personne. Il a souligné qu’une chose ne devient pas morale du seul fait qu’elle est légale. Qu’avez-vous pensé en entendant ces paroles si fortes ?

    J’ai trouvé les paroles du Saint-Père particulièrement stimulantes et courageuses, dans un contexte où notre pays a récemment inscrit dans sa Constitution le droit à l’avortement et où l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi portant notamment sur l’aide au suicide et l’euthanasie.

    La parole du Saint-Père est libre et courageuse : elle nous invite à ne pas renoncer à nos convictions lorsqu’elles touchent à la dignité de la personne humaine. Elle nous exhorte à adopter une attitude de résistance face aux ruptures anthropologiques susceptibles de porter atteinte à cette dignité, depuis la conception jusqu’au terme naturel de la vie, ainsi que face à toutes les formes de vulnérabilité.

    L’Église a le devoir de faire entendre une voix critique sur ces questions d’actualité, non pour imposer une vision, mais pour rappeler que tout ce qui est légal n’est pas nécessairement juste et que la dignité de la personne humaine ne saurait dépendre uniquement de ce que la loi autorise.

    — Devant le président Macron, le Pape a également rappelé que l’Europe n’existerait pas sans le christianisme. Et il vous a demandé, à vous les évêques, de défendre la place de l’Église dans l’espace public.

    J’ai reçu ces paroles comme un encouragement à ne pas déserter l’espace public et, en particulier, le domaine de l’éducation. L’un des grands défis auxquels la France est aujourd’hui confrontée concerne en effet la transmission de repères éthiques et anthropologiques aux jeunes générations.

    Nous sommes parfois tentés d’ériger la liberté individuelle en valeur absolue, comme si être libre signifiait ne rencontrer aucune limite. Pourtant, comme le disait Hölderlin, « les rives sont ce qui permet au fleuve de ne pas devenir un marécage ». La limite n’est pas nécessairement l’ennemie de la liberté ; au contraire, elle peut lui permettre de s’exercer de manière véritablement humaine. Pour conduire notre vie, nous avons besoin d’une sorte de « code de la route » qui nous aide à éviter le pire.

    Au cours des prochains mois, la question de la transmission de ces repères éthiques et anthropologiques, notamment dans les établissements catholiques, sera décisive. Elle concerne directement notre mission d’évangélisation et d’éducation. L’intervention du Pape nous encourage donc à rester fermes, librement et sans crainte, en assumant notre responsabilité éducative et notre présence dans la société.

    — Le moment qui a peut-être le plus marqué les esprits a été la veillée de prière du Pape avec les jeunes. Le spectacle offert a réussi, de manière extraordinaire, à conjuguer tradition et nouveauté, histoire et actualité, dans l’éternelle actualité de la sainteté. Quel message ces jeunes ont-ils adressé à l’Église ?

    Cette soirée a réussi à associer une expérience particulièrement vivante et festive à des moments de recueillement et aux exhortations du Saint-Père. Léon XIV a invité les jeunes à vivre leur foi avec courage et liberté, à rechercher une véritable cohérence de vie et à prendre des initiatives missionnaires.

    Car seule une vie convertie est capable de convertir les autres.

    La présence de ces jeunes, et en particulier des nouvelles générations de catéchumènes et de néophytes, constitue un véritable motif d’espérance pour nos communautés chrétiennes, souvent vieillissantes dans un contexte de « déculturation » du christianisme. Encore faut-il que nous sachions les accompagner et leur permettre d’incarner leur foi dans la vie quotidienne, grâce à une véritable formation catéchétique et apologétique.

    — Pensez-vous que leur exemple puisse ouvrir la voie à une véritable pacification, y compris face aux tensions internes à l’Église — je pense notamment à celles qui opposent les « traditionalistes » aux « modernistes » ?

    Ces jeunes peuvent profondément renouveler nos communautés, à condition que celles-ci mettent en place de nouvelles initiatives pastorales d’intégration et de transmission, afin de leur permettre de trouver leur place et d’être en première ligne dans l’évangélisation.

    On constate que ces jeunes sont beaucoup moins enfermés dans les catégories auxquelles nous sommes parfois habitués. Leur approche est plus transversale : certains peuvent participer à un rassemblement charismatique tout en fréquentant des liturgies plus traditionnelles. Beaucoup expriment une véritable soif d’intériorité et de sacré.

    Le défi consiste donc à éviter les tensions identitaires, mais aussi à savoir accueillir et discerner ces différentes quêtes spirituelles. Peut-être ces jeunes nous rappellent-ils que l’unité de l’Église ne se construit pas en uniformisant les sensibilités, mais en les faisant converger vers le Christ.

    — L’Italie, et je crois aussi le reste de l’Europe, regardent avec un étonnement mêlé d’espérance l’incroyable vague de jeunes qui demandent le baptême et la confirmation en France. Dans un entretien accordé au quotidien Avvenire, le cardinal Aveline a reconnu, avec beaucoup de réalisme et d’humilité, « que les chemins empruntés par ces jeunes pour arriver jusqu’à nous ne sont pas ceux que nous avions préparés pour eux. Nous avions aménagé le parcours pour qu’ils arrivent jusqu’à la porte, mais ils sont entrés par la fenêtre ». Par quelles fenêtres ces jeunes entrent-ils ?

    Je crois que, tout d’abord, beaucoup de ces jeunes éprouvent une véritable soif d’intériorité. Dans une société caractérisée par l’immédiateté et le bruit, ils ressentent le besoin de retrouver le silence, un sens à leur existence et une vie intérieure.

    Ils recherchent également des lieux où faire l’expérience de la fraternité. Ils ne veulent pas seulement recevoir un enseignement sur la foi : ils cherchent une communauté, des relations authentiques, des lieux où leur quête spirituelle puisse être accueillie et accompagnée.

    On observe aussi chez eux un désir renouvelé de sacré. Certains découvrent la liturgie, le silence, la beauté et l’adoration, parfois au terme de parcours que nous n’avions pas nécessairement imaginés. Ils peuvent passer d’une expérience charismatique à une liturgie plus classique sans y voir nécessairement la moindre contradiction.

    Ces jeunes entrent donc parfois par des « fenêtres » que nous n’avions pas prévues : une rencontre, un témoignage, une liturgie, un pèlerinage, les réseaux sociaux, une amitié, une expérience de service ou, tout simplement, la rencontre avec quelqu’un dont la vie témoigne de l’Évangile.

    C’est peut-être là que réside le plus grand défi pour l’Église : savoir reconnaître ce que l’Esprit Saint fait naître, même lorsque cela ne correspond pas aux parcours pastoraux que nous avions préparés.

    Notre responsabilité consiste à leur ouvrir la porte, en leur offrant une formation solide et en les accompagnant dans la durée.

  • L'émoi autour de l'utilisation par la soeur Alford du terme "flirt" lors de la réunion sur Amoris laetitia est-il justifié ?

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    Oui, une certaine réserve ou un malaise est compréhensible, mais l’« émoi » (surtout dans sa version la plus virulente) paraît excessif si l’on regarde le contexte exact et le sens de l’intervention.

    Ce qui s’est passé

    Le 7 octobre 2026, lors de l’ouverture de la rencontre vaticane pour les 10 ans d’Amoris laetitia (en présence de Léon XIV), sœur Helen Alford, O.P., présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales, a commenté la rencontre de Jésus et de la Samaritaine (Jn 4). Elle a repris une lecture d’un confrère dominicain (le P. Michał Paluch) qui présente quatre étapes de cette conversation comme paradigme d’évangélisation. La première étape est appelée, « de façon quelque peu provocatrice », un « flirt » : conversation entre un homme et une femme seuls près d’un puits, avec une ambiguïté initiale. Jésus reprend ensuite progressivement le dialogue, la confronte à sa situation (les cinq maris), et la conduit à la vérité et à l’annonce. Sœur Alford a explicitement qualifié le terme de « provocation utile ».

    Ce n’est donc pas une affirmation qu’« Jésus flirtait » au sens romantique ou séducteur moderne, mais une image pédagogique pour souligner le caractère initialement ouvert, relationnel et non moralisateur de l’approche, avant le passage à la vérité.

    Pourquoi cela choque

    • Le terme « flirt » est familier, contemporain et connoté de séduction légère. L’employer pour Jésus dans un cadre solennel (salle Paul-VI, devant le pape et des évêques) peut heurter le sens du sacré et de la révérence due au Christ.
    • Certains y voient une banalisation ou un risque d’anthropomorphisme excessif, surtout dans un climat déjà sensible autour d’Amoris laetitia et de la « loi de gradualité ».
    • Des sources traditionalistes ou critiques (LifeSite, certains blogs et comptes) ont amplifié en parlant de « blasphème » ou d’irrévérence grave.

    Pourquoi la polémique paraît disproportionnée

    • Le contexte biblique lui-même : les scènes de puits dans l’Ancien Testament (Isaac/Rébecca, Jacob/Rachel, Moïse/Séphora) sont souvent des scènes de fiançailles ou de rencontre matrimoniale. La tradition chrétienne lit souvent Jésus comme l’Époux qui vient rencontrer l’humanité (et l’Église). François lui-même a parlé du puits en termes de « fiançailles » symboliques. L’image n’est donc pas absurde ; elle joue sur une ambiguïté littéraire et théologique réelle.
    • Sœur Alford l’a présentée comme provocation utile et non comme affirmation littérale. Le reste de sa méditation est centré sur l’évangélisation progressive, la fragilité des situations familiales, la continuité entre Familiaris consortio et Amoris laetitia, et l’appel à accompagner sans diluer la loi. Rien d’hétérodoxe dans le fond.
    • Le terme sert à illustrer précisément la « gradualité » : commencer là où les gens sont (désir, relation, ambiguïté) pour les conduire vers la vérité, plutôt que de commencer par la confrontation morale.

    Conclusion

    Un jugement de goût ou de prudence pastorale (« un autre mot aurait été préférable dans ce cadre ») est légitime. Le terme est trop moderne et trop chargé pour certains, et une religieuse de haut rang aurait pu anticiper la réaction. En revanche, parler de scandale théologique majeur, de blasphème ou d’attaque contre la dignité du Christ est excessif. Il s’agit d’une image pédagogique (assumée comme provocatrice) dans une méditation orthodoxe sur l’approche relationnelle du Christ et la gradualité de l’évangélisation, en lien direct avec les thèmes d’Amoris laetitia.

    L’émoi révèle davantage les tensions préexistantes autour de ce document et du langage contemporain dans l’Église que d’une réelle dérive doctrinale de sœur Alford.

    (avec le concours de l'IA; voir aussi le débat sur le Forum Catholique)