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Eglise

  • Le diable et les « questions émergentes »

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Le diable et les « questions émergentes »

    Certes, ils ne sont pas les seuls. Une bonne partie des travaux actuels sur les Écritures ressemble au travail d'un avocat cherchant des failles juridiques – au nom des sujets « émergents » habituels : les LGBT, l'ordination des femmes, les concessions suicidaires aux « paradigmes » postmodernes. 

    Une longue lignée de médecins, de martyrs, de confesseurs, de saints, d'adeptes spirituels, de saints et saintes, de simples catholiques et de papes – sans   parler des Apôtres et des Pères de l'Église primitive – n'aurait même pas concédé que de tels sujets étaient « controversés », le domaine même que le groupe d'étude était censé examiner. Et encore moins « émergents ». 

    L'homosexualité, les prêtresses et les « paradigmes » hétérodoxes étaient monnaie courante dans le monde païen des premiers siècles chrétiens. Rien de tout cela n'a fait son apparition dans la vie de l'Église à cette époque. Pour les adeptes du Chemin, c'était tout simplement inacceptable.

    Ce qui rend la manière extravagante dont le récent rapport traite les Écritures et la tradition si manifestement absurde, fruit d'un désir maladroitement « contextualisé » de produire un résultat prédéterminé, qu'il soit conforme à la révélation chrétienne ou même à la réalité vérifiable. 

    Le rapport prétend croire qu'il existe un précédent dans les Écritures pour modifier des croyances antérieures, à l'instar des Apôtres qui ont décidé d'exempter les convertis non juifs de certains préceptes de la loi juive :

    À partir du récit des expériences vécues par les Apôtres – en particulier Pierre et Paul avec Barnabé, dans leur ministère d’évangélisation des païens – relu et éclairé par la Parole de Dieu, le processus de dialogue conduit à un discernement communautaire progressif et approfondi de la question. La décision prise synodalement (« cela a paru bon à l’Esprit Saint et à nous » (Ac 15, 28)) exprime la prise de conscience croissante de l’Église quant à une relation plus mature avec ses racines juives : car, dans cette relation, elle apprend à discerner, par l’interprétation sous la conduite de l’Esprit, ce qui, dans l’expérience vécue, revêt une signification permanente et trouve son accomplissement en Jésus, et ce qui, au contraire, n’a qu’une valeur provisoire.

    Ah oui, plus mûrs . Nous aussi. Cela paraît plausible, à moins d'examiner de plus près cette affirmation et la manière dont elle est manipulée – le mot juste – à des fins bien différentes. 

    Il fut dit aux convertis non-juifs : « Vous vous abstiendrez des aliments sacrifiés aux idoles, du sang, de la viande d'animaux étranglés et de l'immoralité sexuelle. » (15:29) Ainsi, de l'idolâtrie potentielle et de la πορνεια – qui, comme vous le dira tout lexique grec, signifie non seulement la prostitution, mais aussi la fornication et l'impureté.

    Quel que soit le sens qu'on puisse lui donner, ce passage n'autorise pas ce que la tradition juive et la pratique de l'Église primitive considéraient comme une interdiction divine : les relations homosexuelles que le groupe d'étude souhaite voir « émerger » aujourd'hui.   On pourrait penser qu'en deux mille ans d'existence chrétienne, elles auraient émergé depuis longtemps. Or, ce ne fut pas le cas. Et, en toute honnêteté, elles ne peuvent pas émerger aujourd'hui non plus. 

    Derrière tout cela se cache une autre supercherie : l’invocation de « l’expérience vécue » comme guide pour aborder les débats actuels. Certes, l’expérience vécue est, d’une certaine manière, une composante importante de toute vie individuelle. Mais il en va de même pour « l’expérience vécue » accumulée de notre tradition, ou bien nous ne faisons que l’inventer – à notre convenance – au fur et à mesure. 

    Outre son héritage juif, le christianisme primitif a notamment beaucoup appris des philosophies gréco-romaines. Mais comme je l'ai démontré il y a des années dans un long essai , même les grands philosophes de la Grèce antique désapprouvaient les actes homosexuels.  

    Alors pourquoi, aujourd'hui, plus de 2000 ans après le début de « l'expérience vécue » chrétienne (et 1400 ans de la loi mosaïque), les « témoins » LGBT sont-ils si importants qu'ils renversent une tradition morale millénaire et ininterrompue ?

    Il serait peut-être simpliste de voir cela comme une simple capitulation face aux penchants sexuels décadents de notre époque. Mais la simplicité est souvent synonyme de vérité. Comme ici. 

    La décadence est omniprésente dans un monde déchu. Mais l'accepter, voire la célébrer, est rare. Ces papes décadents de la Renaissance, que l'on déplore volontiers, catholiques ou non, possédaient au moins une vertu : ils ne prétendaient pas justifier leurs péchés sexuels par leur expérience personnelle, et encore moins par une compréhension plus mûre et joyeuse de ce que le Saint-Esprit nous appelle à voir et à faire aujourd'hui.

    Une Église qui continue d'encourager les gens à croire que ce qui est impossible à accepter est déjà à moitié accepté leur fait du tort. Elle les conforte dans leur erreur et sème la confusion parmi nous. 

    Il est à noter que ce n'est que plusieurs mois après la déclaration de 2023 du pape François, Fiducia supplicans, sur la bénédiction des couples homosexuels et autres couples en « unions irrégulières », que les évêques allemands ont annoncé leur intention de le faire officiellement. Nous avons appris la semaine dernière qu'en conséquence, une lettre a été envoyée aux évêques allemands en 2024 , les avertissant que de telles bénédictions pourraient être interprétées comme une légitimation d'unions incompatibles avec la doctrine de l'Église.

    Nous avons donc cette chaîne d'événements : un document autorisant les bénédictions homosexuelles, puis une lettre du préfet du Dicastère pour le Culte Divin, le cardinal Fernandez   (qui avait précédemment publié le document), aux évêques allemands indiquant que ces bénédictions ne peuvent être officialisées sans contredire la doctrine de l'Église, et maintenant un rapport d'un groupe d'étude synodal selon lequel un « changement de paradigme » est nécessaire en raison de « l'expérience vécue » [des personnes LGBT].

    Même les non-catholiques disaient autrefois : « Au moins, les catholiques savent ce qu’ils croient. » Est-ce encore le cas ? 

    Seul le pape Léon est en mesure de démêler cette confusion diabolique, qu'il ne peut ignorer.

  • Le patriarche de Terre sainte : « Vivre ici et maintenant le projet de la Jérusalem céleste »

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Le patriarche de Terre sainte : « Vivre ici et maintenant le projet de la Jérusalem céleste »

    (s.m.) Depuis le 11 mai dernier, on trouve dans toutes les bonnes les librairies une lettre imprimée par la Librairie éditrice du Vatican et intitulée « Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie ».

    Il s’agit de la dernière lettre adressée par le cardinal Pierbattista Pizzaballa à ses fidèles de Terre sainte. Cette lettre est plus longue qu’à l’accoutumée et elle est très particulière, comme on peut le constater dès les premières lignes. Il ne s’agit pas d’une énième analyse ou dénonciation d’une « situation de conflit politique, militaire et spirituel dont nous sommes bien conscients qu’elle durera encore longtemps », mais d’un instrument de réflexion, « à lire un petit peu à la fois dans les communautés, dans les monastères et dans les familles » pour « aider chacun à s’interroger sur la manière de vivre aujourd’hui la foi chrétienne sur cette terre à la lumière de l’Évangile ».

    Ce qui frappe d’emblée, c’est la très grande résonance entre cette lettre et la vision du monde et de l’histoire du pape Léon, solidement inspirée de la « Cité de Dieu » de saint Augustin.

    À l’instar de saint Augustin et du le pape Léon, pour lesquels l’humanité est appelée à vivre dans la Cité terrestre, où règne l’amour orgueilleux de soi, mais avec le cœur et l’esprit tournés vers la Cité céleste, où règnent l’amour de Dieu et pour le prochain, pour le cardinal Pizzaballa également, les turpitudes des temps présents doivent être vécues à la lumière de la Jérusalem « qui descend du Ciel » décrite dans les deux derniers chapitres de l’Apocalypse (sur la photo, la Jérusalem céleste sur une mosaïque du IXe siècle dans la basilique Sainte-Praxède de Rome).

    Et en effet, la lettre du patriarche de Terre Sainte est construite sur ce schéma bipolaire. La première partie s’intitule « Lire la réalité : considérations sur le présent » tandis que celui de la seconde est : « La vocation : le rêve de Dieu appelé Jérusalem ». Avec de surcroît une troisième partie consacrée à « comment vivre ici et maintenant le style de la Jérusalem céleste ».

    La description que fait Pizzaballa de la situation actuelle en Terre sainte est très réaliste : « Vivre-ensemble, dialogue, justice, droits humains, deux peuples et deux États, tous ces mots qui ont nourri notre discours pendant tant d’années nous semblent aujourd’hui usés et vidés de leur sens ».

    Mais si on choisit de lever les yeux pour embrasser l’ensemble de l’histoire lue « selon les Écritures », la perspective change. Si l’histoire de l’humanité commence dans un jardin, l’Éden, dans un état d’innocence primordiale mais également de solitude, cette histoire s’achève dans une cité, la nouvelle Jérusalem, qui « n’est pas un retour à un passé idyllique et isolé, mais la construction d’un futur communautaire, complexe et réconcilié. La fin de l’histoire tend vers une société mature, une ‘cité’, justement. »

    Écrite dans un style simple et captivant, la lettre du cardinal Pizzaballa mérite d’être lue dans son intégralité. La résumer reviendrait à la priver de sa force expressive ainsi que de la richesse de ses références à l’actualité. On la trouvera sur le site du patriarcat latin de Jérusalem, en cinq langues : italien, anglais, espagnol, français et arabe.

    > “Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie”

    En attendant, en voici un avant-goût. Nous vous proposons ci-dessous de découvrir trois extraits de cette lettre tirés de la seconde partie, ainsi qu’un autre extrait tiré de la troisième partie.

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  • L'homélie de Jean-Paul II à Fatima le 13 mai 1982

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    PÈLERINAGE APOSTOLIQUE AU PORTUGAL
    (12-15 MAI 1982)

    SAINTE MESSE AU SANCTUAIRE DE LA VIERGE DE FATIMA

    HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II

    Fatima,
    jeudi 13 mai 1982

     

    1. « Et dès cette heure, le disciple la prit chez lui » ( Jn 19,27).

    C’est sur ces mots que s’achevait l’Évangile de la liturgie du jour à Fatima. Le nom du disciple était Jean. C’est lui, Jean, fils de Zébédée, apôtre et évangéliste, qui entendit les paroles du Christ sur la croix : « Voici ta mère. » Auparavant, le Christ avait dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils. »

    C'était un témoignage magnifique.

    Lorsque le Christ quitta ce monde, il confia à sa Mère un homme qui serait comme un fils pour elle : Jean. Il le lui confia. Et, de ce don et de cette confiance, Marie devint la mère de Jean. La Mère de Dieu devint la mère de l’homme.

    Dès lors, Jean « la prit chez lui » et devint le tuteur terrestre de la Mère de son Maître ; car il est du droit et du devoir des enfants de prendre soin de leur mère. Mais surtout, par la volonté du Christ, Jean devint le fils de la Mère de Dieu. Et en Jean, tout homme devint son fils.

    2. « Il l’a emmenée hors de chez lui » peut aussi signifier, littéralement, dans sa maison.

    Une manifestation particulière de la maternité de Marie à l'égard des hommes réside dans les lieux où elle les rencontre ; les maisons où elle vit ; les maisons où se fait sentir une présence particulière de la Mère.

    Ces lieux et ces maisons sont innombrables. Ils sont d'une grande diversité : des oratoires dans les maisons ou le long des rues, où rayonne l'image de la Vierge Marie, aux chapelles et églises construites en son honneur. Il existe cependant des lieux où l'on ressent particulièrement intensément la présence de la Vierge. Parfois, ces lieux irradient leur lumière au loin, attirant des fidèles de loin. Leur rayonnement peut s'étendre à un diocèse, à une nation entière, voire à plusieurs nations et même à plusieurs continents. Ce sont des sanctuaires mariaux.

    En tous ces lieux, le testament unique du Seigneur crucifié se réalise de façon admirable : l’homme se sent remis à Marie et confié à elle ; il affluent vers elle pour être avec elle comme avec sa propre Mère ; il lui ouvre son cœur et lui parle de tout : « il l’accueille chez lui », c’est-à-dire avec tous ses problèmes, parfois difficiles. Ses propres problèmes et ceux des autres. Les problèmes des familles, des sociétés, des nations, de l’humanité tout entière.

    3. N’est-ce pas le cas du Sanctuaire de Lourdes, en France voisine ? N’est-ce pas le cas de Jasna Góra, en Pologne, le Sanctuaire de ma nation, qui célèbre cette année son six-centième anniversaire ?

    Il semble que là aussi, comme dans de nombreux autres sanctuaires mariaux à travers le monde, ces paroles de la liturgie d'aujourd'hui résonnent avec une force particulièrement authentique :
    « Tu es la glorieuse gloire de notre peuple » ( Juges 15, 10), et aussi les autres :
    « Face à l'humiliation de notre lignée /... tu as relevé notre abattement / en te comportant avec droiture devant notre Dieu » ( Juges 13, 20).

    Ces mots résonnent à Fatima comme un écho particulier des expériences non seulement de la nation portugaise, mais aussi de nombreuses autres nations et peuples à travers le monde : en effet, ils sont l'écho de l'expérience de toute l'humanité contemporaine, de toute la famille humaine.

    4. Je suis venu ici aujourd'hui parce que, l'année dernière, jour pour jour, sur la place Saint-Pierre à Rome, a eu lieu une tentative d'assassinat contre le pape, coïncidant mystérieusement avec l'anniversaire de la première apparition à Fatima, qui a eu lieu le 13 mai 1917.

    Ces dates coïncidaient de telle manière que j'ai ressenti un appel particulier à venir ici. Et voici, aujourd'hui je suis ici. Je suis venu remercier la Divine Providence en ce lieu que la Mère de Dieu semble avoir si tout particulièrement choisi. « Misericordiae Domini, quia non sumus consumpti » ( Lam 3, 22), je répète avec le prophète.

    Je suis venu avant tout confesser ici la gloire de Dieu lui-même :
    « Béni soit le Seigneur Dieu qui a créé le ciel et la terre », dis-je en reprenant les paroles de la liturgie d’aujourd’hui ( Juges 13, 18).

    Et vers le Créateur du ciel et de la terre, j'élève aussi cet hymne de gloire particulier, qui est elle-même, la Mère Immaculée du Verbe Incarné :
    « Bénie sois-tu, ma fille, devant le Dieu Très-Haut plus que toutes les femmes qui vivent sur la terre… »

    « Le courage qui vous a soutenus ne quittera jamais le cœur de ceux qui se souviendront toujours de la puissance de Dieu. Que Dieu accorde une issue heureuse à cette entreprise pour votre exaltation éternelle » ( Juges 13:18-20).

    À la base de ce chant de louange, que l'Église entonne avec joie ici comme en tant d'autres lieux sur terre, se trouve le choix incomparable d'une fille du genre humain comme Mère de Dieu.

    Et que Dieu soit donc adoré par-dessus tout : Père, Fils et Saint-Esprit.

    Bénie et vénérée soit Marie, type de l’Église, comme « demeure de la Sainte Trinité ».

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  • Saint Servais, évêque de Tongres (13 mai)

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    De Joseph Grandjean sur un site consacré à l'histoire de la principauté de Liège :

    Saint Servais

    Après la mort de St Materne, évêque de Cologne, vers 328, son diocèse fut démembré en plusieurs autres dont ceux de Cologne, Tongres et Cambrai. En érigeant le nouveau diocèse de Tongres, on lui donna pour limite la circonscription civile de la cité et c’est vers 344 que St Servais occupa pour la première fois son siège. Des documents authentiques nous révèlent en lui un homme de premier plan, un pasteur qui ne se contentait pas de régir son troupeau, mais se préoccupait des intérêts de l’Eglise universelle, il fut un défenseur acharné de la vraie doctrine. C’est dans les controverses ariennes que St Servais se distingua car il y  joua un rôle essentiel.

    Rappelons que le Concile de Nicée, de 325, qui définissait la divinité de la seconde personne de la Trinité, condamna formellement les théories d’Arius. Mais les Eusébiens, appelés ainsi du nom du principal évêque arianisant, Eusèbe de Nicomédie, arrachent à l’empereur  Constantin le rappel d’Arius, exilé, et la proscription du champion de l’orthodoxie nicéenne, Athanase, évêque d’Alexandrie. C’est notamment  lors de son exil qu’Athanase fit à Trèves, un séjour resté célèbre.

    Après la mort de Constantin, en 337, son empire est divisé entre ses trois fils Constantin II, Constance et Constant. Constantin II est assassiné rapidement ; Constant, partisan de l’orthodoxie défendue au concile de Nicée devient empereur d’Occident, tandis que Constance, fervent de la doctrine d’Arius, est nommé empereur d’Orient.

    En 339, au synode d’Antioche, les évêques orientaux déposent Athanase. Mécontent, Constant, réclame à son frère Constance, la réunion d’un nouveau concile des deux Eglises afin de confirmer les conclusions de Nicée.  Ce concile eut lieu à Sardique (Sofia), en 343 et, malgré l’opposition des Eusébiens, le symbole de Nicée y fut confirmé et Athanase y fut absous et rétabli sur son siège. St Servais, évêque de Tongres, assista à ce concile en compagnie de Maximin de Trèves et d’Euphrate de Cologne. Il figure également sur la liste des 282 évêques favorables à la cause d’Athanase.

    Après le concile de SardiqueVincent de Capoue et Euphrate de Cologne sont chargés par l’empereur Constant de se rendre chez son frère afin d’obtenir de lui la fin de la persécution contre les catholiques en Orient. Ils réussirent dans leur mission, cependant Euphrate, après son retour, est accusé lui-même d’arianisme et déposé par le concile de Cologne, en 346. A cette assemblée, St Servais aurait déclaré, avec d’autres évêques, qu’Euphrate n’était plus digne de l’épiscopat.

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  • Prière à Notre-Dame de Fatima

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    1185969482563.jpgAujourd'hui, 13 mai, on célèbre la fête de Notre-Dame de Fatima. C'est l'anniversaire de la grande apparition mariale du dimanche 13 mai 1917.

    Prière à Notre-Dame de Fatima

    Notre-Dame de Fatima. Mère de Jésus et de l'Église. nous avons besoin de vous. Accordez-nous la lumière qui rayonne de votre bonté. le réconfort qui émane de votre Coeur immaculé, la charité et la paix dont vous êtes la Reine.

    Parce que vous savez bien ce dont nous avons besoin, nous vous confions: nos nécessités pour que vous les secouriez, nos douleurs pour que vous les apaisiez, nos maux pour que vous les guérissiez, nos corps pour que vous les rendiez purs. nos coeurs pour que vos les remplissiez d'amour et de contrition, et nos âmes pour que, grâce à vous, elles soient sauvées. Souvenez-vous, ô notre bonne Mère, que Jésus vous accorde tout ce que vous lui demandez.

    Obtenez le soulagement aux âmes du purgatoire, la guérison aux malades, la pureté aux jeunes, la foi et la concorde aux familles, la paix à tous les hommes. Ramenez ceux qui sont perdus sur le droit sentier, donnez-nous beaucoup de vocations et de saints prêtres, protégez le Saint-Père, les évêques et la sain­te Église de Dieu. Marie, écoutez-nous et ayez pitié de nous. Tournez vers nous vos regards miséricordieux. Et après cet exil. montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles, ô clémente, ô tendre. ô douce Vierge Marie. Ainsi soit-il.

  • 13 mai : Notre Dame de Fatima

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    6-OU-7-nd-rosaire-fatima.jpgNotre-Dame de Fatima (source : EAQ)

    Fatima est un village du Portugal au nord de Lisbonne. Jacinthe, François et Lucie sont trois enfants chargés de garder un troupeau de moutons par leurs parents. Ils ont respectivement 7, 9 et 10 ans. Jacinthe et François sont frères et sœurs, et Lucie est leur cousine.

    Nous sommes au printemps de l'année 1917. La guerre fait rage dans toute l'Europe. Les trois bergers se trouvent sur une colline appelée « Cabeço » proche de la ville d'Aljustrel. Un ange qui s'identifiera comme étant l'Ange de la Paix leur apparaît. S'agenouillant, il leur demande de prier avec lui puis répète trois fois: « Mon Dieu, je crois, j'espère en vous, je vous adore et je vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, n'espèrent pas, n'adorent pas et ne vous aime pas ! »

    Quelques semaines plus tard, au cours de l'été, l'Ange leur apparaît une nouvelle fois. Après leur avoir fait dire une prière trois fois de suite, il leur donne la communion, puis disparaît.

    Le 13 Mai 1917, à la sortie de la messe, les trois enfants se retrouvent avec leurs brebis sur la Cova da Iria, où ils rencontrent, près d'un gros chêne, « une dame habillée de blanc » qui leur demande de revenir à cet endroit le 13 de chaque mois durant 6 mois et de réciter le rosaire chaque jour. Le mois suivant, l'apparition confie aux trois enfants qu'elle viendra bientôt chercher Jacinthe et François mais que Lucie devra vivre plus longtemps. Elle fait apparaître également un cœur entouré d'épines. Il s'agit du Cœur immaculé de Marie affligé par les nombreux péchés du monde.

    Une dizaine de personnes sont présentes sur place, ils témoigneront avoir entendu les paroles de Lucie à la Vierge mais pas les réponses. Ils constateront également que les feuilles du chêne étaient repliées puis tendues dans la même direction alors que Lucie annonçait le départ de l’apparition. Ils seront aussi frappés par la transfiguration des trois pastoureaux pendant la vision.

    Le 13 Juillet 1917, c'est 2000 personnes qui se pressent sur la Cova da Iria. La Dame va délivrer trois secrets à Lucie et ses cousins. Elle leur fera notamment voir l'Enfer puis leur demandera de réciter entre chaque dizaine de chapelet la prière suivante: « Ô mon doux Jésus, pardonnez-nous nos péchés ! Préservez nous du feu de l'Enfer ! Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre Sainte Miséricorde ! »

    Très touchés par la vision de l'Enfer, les pastoureaux feront de nombreux sacrifices pour les pécheurs.

    Le 13 août 1917, le senhor Arturo d'Oliveira Santos, maire de Villa Nova, décide de mettre en prison les trois bergers afin qu'ils lui disent les trois secrets. Devant l'abnégation des enfants, il les relâche le 19 août 1917. Peu de temps après leur libération, la Vierge leur apparaît et leur délivre ce message: « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Sachez que beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'il n'y a personne qui se sacrifie et prie pour elles ! »

    Pour la cinquième apparition le 13 Septembre 1917, la Vierge dira qu'elle reviendra le mois suivant avec saint Joseph et l'enfant Jésus.

    La dernière apparition a eu lieu le 13 Octobre 1917. Voici les paroles de la Dame : « Je suis la Madone du Rosaire et je veux ici une chapelle en mon honneur. Continuez à réciter le rosaire tous les jours. La guerre est sur le point de finir et les soldats ne tarderont pas à retourner dans leurs maisons. » Le miracle promis aura lieu devant une foule d'environ 70.000 personnes qui pourront témoigner. Elles virent la pluie cesser brusquement, le ciel se déchirer pour laisser voir le soleil que toutes pouvaient regarder. Il ressemblait à une lune d'argent et se mit à tourner sur lui-même. Il se projeta également sur la foule comme s'il allait s'écraser. À la fin du miracle dit « danse du soleil », Lucie verra Jésus bénir la foule et la Vierge sous l'aspect de Notre Dame des Douleurs puis Notre Dame du Mont-Carmel.

    François mourut en 1919 et Jacinthe en 1920. Ils furent béatifiés par le pape saint Jean-Paul II le 13 Mai 2000.

    Lucie Dos Santos prononça ses vœux en 1928 et eut de nouvelles apparitions de la Vierge Marie en 1925 et 1929. Elle rédigea elle-même son histoire, version officielle des apparitions de la Vierge de Fatima. À partir de 1945, elle entre au carmel de Coïmbra, où elle meurt le 14 février 2005, à l’âge de 97 ans, sous le nom de sœur Lucie du Cœur Immaculé.

    Fatima est aujourd'hui un centre mondial de pèlerinages très connu, il est avec celui de Lourdes un des principaux sanctuaires consacrés au culte de la Vierge Marie.

  • A propos du Miracle eucharistique de Bruxelles; une page définitivement tournée ? Lettre ouverte co-signée par plus de 100 chrétiens

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    A propos du Miracle eucharistique de Bruxelles.

    Une page définitivement tournée ?

    Lettre ouverte co-signée par plus de 100 chrétiens

     

    Au surlendemain d’une cérémonie troublante

    Elle était attendue par les uns, redoutée par les autres. Les conclusions tirées de la conférence (loin d’être impartiale) ont confirmé les inquiétudes de nombreux fidèles. Les autorités diocésaines ont choisi de remettre en question non seulement une dévotion portée durant cinq siècles par des générations de croyants, avec les fruits spirituels abondants qu’elle a suscités, mais aussi la reconnaissance d’un miracle accordée par une succession ininterrompue de décrets pontificaux et épiscopaux.

    Tout s’est terminé dans une étreinte émue entre le grand Rabin Guigui, Mgr Terlinden et Mgr Jean Kockerols, évêque référendaire pour le judaïsme.

    Vraiment terminé ?

    Le communiqué pastoral demeure en effet hésitant dans sa formulation. Il y est question de ne plus « promouvoir » ni la mémoire ni le culte lié à ce qui est désormais qualifié de « prétendu miracle ». Plus loin, le texte évoque le fait de ne plus « favoriser de démonstration publique ». Sur le blog de l’abbé, il est question « ne plus encourager, et même de ne plus permettre aucune dévotion publique à ce soi-disant "miracle du Saint-Sacrement ». Dans les faits, beaucoup comprennent qu’il est désormais interdit de parler de ce qui est devenu une « légende - car, définitivement, c'en est une ! - du miracle eucharistique », poursuit-il.

    Le conférencier a défendu l’idée que les événements rapportés relevaient d’une hallucination collective : quand on veut voir ce qu’on veut voir on finit par le voir.

    La raison invoquée par les détracteurs du miracle est l’impossibilité qu’il y aurait de parler de ce miracle eucharistique sans risquer d’alimenter des formes de discrimination ou d’hostilité antisémite.

     Pour de nombreux fidèles attachés à cette mémoire, telle n’a pourtant jamais été la signification de cette dévotion. Ce qui importe à leurs yeux n’est pas l’identité des profanateurs, mais l’appel spirituel contenu dans la contemplation du Christ que nous avons crucifié, comme dit saint Paul. Ils y voient une invitation à reconnaître leurs propres péchés, à accueillir la miséricorde de Dieu dont le Sang est le signe, pour eux-mêmes et le monde entier. À leurs yeux, cette dévotion est d’abord une démarche de foi et d’amour, non d’hostilité envers quiconque.

    Comme l’écrivait en 1980 Mgr Raffaello Martinelli, alors officiel de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « même si personne n’est obligé d’y croire, le chrétien sera respectueux à l’égard du miracle eucharistique dont l’authenticité a été reconnue par l’Église ».

    C’est, au fond, tout ce que demandent la centaine de signataires de la lettre ouverte ci-dessous ainsi que la signataire du recours canonique introduit auprès de Mgr Luc Terlinden, dont vous pourrez lire le contenu en substance ci-après.

    1. Lettre ouverte co-signée par une centaine de chrétiens, profondément blessés par la cérémonie du 22 avril 2026 à la cathédrale des Saint-Michel et Gudule à Bruxelles

    « Nous souhaitons exprimer, avec gravité et respect, le trouble profond ressenti par de nombreux chrétiens, mais aussi par d’autres citoyens, à la suite de la cérémonie organisée le 22 avril à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule.

    Ce malaise s’inscrit dans un contexte plus large, où beaucoup sont déjà éprouvés par les persécutions anti-chrétiennes observées aujourd’hui dans diverses régions du monde. Dans ce climat, la cérémonie a été perçue non comme un geste d’apaisement, mais comme une source supplémentaire de blessure.

    Une première interrogation concerne la réitération d’une demande de pardon à l’égard du peuple juif déjà formulée par le cardinal Suenens lors d’une cérémonie qui eut lieu le 17 novembre 1977 à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule avec leurs autorités en Belgique. Dans la foi catholique, un péché confessé et pardonné n’appelle pas à être publiquement répété sans motif nouveau clairement établi. Dès lors, pourquoi cette répétition aujourd’hui ? Beaucoup y ont vu une démarche unilatérale, ne tenant pas compte des blessures que des chrétiens peuvent également ressentir, notamment au regard de faits contemporains d’hostilité envers leur foi. Cette asymétrie est difficilement comprise et suscite une attente légitime d’explication, voire de réparation.

    D’autres motifs de trouble tiennent au choix du conférencier le père jésuite, Robert Godding, directeur des Bollandistes et ami du doyen Benoit Lobet. Il reconnait ouvertement ne pas croire aux miracles eucharistiques de Bruxelles. Pas davantage aux autres en fait. « Je crois qu’aucune hostie n’a jamais saigné » dit-il (Cathobel 23-04-26). Dans ces conditions, la conférence ne pouvait qu’être orientée, tendant à convaincre l’auditoire, en grande partie juif, qu’il s’agissait d’une construction à caractère antisémite.

    Plus largement, la conférence a donné le sentiment d’un discours à sens unique, insistant sur les souffrances du peuple juif, réelles et incontestables, mais sans contextualiser les faits.

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  • "Aide à mourir" : le communiqué de Mgr Marc Aillet « Tu ne tueras point »

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    Du site du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron :

    Communiqué de Mgr Marc Aillet – « Tu ne tueras point »

    6 mai 2026

    La proposition de loi sur « l’aide à mourir » adoptée le 25 février dernier, à une courte majorité, à l’Assemblée nationale, sera de nouveau examinée en séance publique au Sénat du 11 au 13 mai prochain…

    Est-il encore nécessaire d’insister sur l’extrême gravité de ce texte de loi qui entend ni plus ni moins abolir l’interdit de tuer sur lequel repose depuis toujours la vie en société, en légalisant le suicide assisté et l’euthanasie ?

    La quasi-totalité des patients tentés de demander le suicide assisté ou l’euthanasie, y renoncent dès lors qu’ils sont pris en charge au sein d’une unité de soins palliatifs susceptible de les accompagner et de les soulager, mais en France, les soins palliatifs sont encore à ce point lacunaires (malgré plusieurs textes de loi pourtant adoptés à la quasi-unanimité), que près de la moitié de nos concitoyens ne peuvent toujours pas en bénéficier…

    Dans ces conditions, l’adoption définitive de cette proposition de loi ne pourrait qu’inciter les patients les plus pauvres ou les plus vulnérables qui n’ont pas accès aux soins palliatifs, ou les personnes dites « éligibles » qui craignent d’être un poids pour leurs familles, le corps médical ou le budget de la Sécurité sociale, à recourir au suicide assisté ou à l’euthanasie, comme c’est d’ailleurs le cas dans les pays (la Belgique, les Pays-Bas ou le Canada…) où ces pratiques sont légales depuis plusieurs années.

    Rien n’est cependant jamais perdu d’avance, comme le démontre le revirement qui vient de se produire en Ecosse (où le Parlement a rejeté, le 17 mars dernier, le texte de loi qui prévoyait de légaliser l’euthanasie) et au Royaume-Uni (où la Chambre des Lords s’est opposée, le 24 avril, à un projet de loi similaire), tandis qu’en France, le nombre de députés opposés à la proposition de loi sur « l’aide à mourir » est passé de 199 le 27 mai 2025, à 226 le 25 février dernier.

    Il n’est donc nullement trop tard pour agir et se mobiliser.

    Ayant moi-même écrit aux parlementaires du département pour leur demander de s’opposer à cette proposition de loi qui constituerait une rupture anthropologique majeure, j’invite instamment les fidèles du diocèse à faire de même, en s’adressant par mail et sans délai, aux sénateurs qui s’apprêtent à examiner le texte en séance publique les 11, 12 et 13 mai 2026.

    Sans doute faudra-t-il écrire, dans un second temps, aux députés du département, sans craindre de leur rappeler qu’ils sont nos représentants et qu’ils auront à rendre compte de leur positionnement et de leur vote sur cette question cruciale de la fin de vie (1) .

    Le vote au Sénat de la proposition de loi relative à « l’aide à mourir » est officiellement prévu mercredi 13 mai, en la fête de Notre-Dame de Fatima : le vibrant appel à la conversion et à la pénitence que la Vierge de Fatima nous lance en réponse aux dérives du monde moderne apparaissant plus actuel que jamais, j’invite les fidèles qui le peuvent à prier et à jeûner ce jour-là : puisse le Seigneur éclairer la conscience des sénateurs et de nos élus quant aux redoutables conséquences morales et spirituelles qui résulteraient d’une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté en France, « fille aînée de l’Église ».

    +Marc Aillet
    évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

    Fait à Bayonne, le 6 mai 2026

    (1)  Les adresses électroniques des députés et sénateurs sont accessibles sur le site internet de l’Assemblée nationale et du Sénat.

  • Nigéria : depuis septembre, 100 morts, 98 000 personnes déplacées, 217 églises détruites dans le diocèse de Wukari

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/NIGERIA - Plus de 100 morts, 98 000 personnes déplacées, 217 églises détruites dans le diocèse de Wukari

    11 mai 2026
     

    Abuja (Agence Fides) – « Depuis septembre, plus de 98 000 personnes ont été contraintes de fuir, dont 16 prêtres, tandis que 217 églises ont été complètement détruites » en raison des violences qui font rage dans le sud de l’État de Taraba (au nord-est du Nigeria). C’est ce qu’a rapporté Mgr Mark Maigida Nzukwein, Evêque de Wukari, dans un communiqué publié à l’issue de la troisième Assemblée générale du diocèse. « Les habitations de huit prêtres ont également été détruites et on estime que plus de 100 personnes ont été tuées », indique le communiqué. Parmi les dernières églises attaquées figure l’église catholique Saint-Jacques-le-Grand à Adu, dans le district de Takum (voir Fides 25/3/2026), tandis qu’un incendie accidentel a gravement endommagé la cathédrale Sainte-Marie de Wukari le 4 mars (voir Fides 6/3/2026).

    Les violences touchent principalement des zones telles que le district de Chanchanji, dans la région administrative locale de Takum, ainsi que celles d’Ussa et de Donga.

    Il s’agit d’attaques contre des communautés d’agriculteurs, très probablement perpétrées par des bandes de bergers peuls qui prennent pour cible des villages à majorité chrétienne (souvent Tiv). Après avoir rasé des maisons, des églises et d’autres biens, les agresseurs s’emparent souvent illégalement des terres abandonnées par les habitants contraints de fuir. Les incursions des bergers peuls s’ajoutent au conflit foncier séculaire entre les populations Tiv et Jukun (voir Fides 7/11/2023).

    Le 12 février dernier, le clergé des diocèses de Wukari et de Jalingo était descendu dans la rue pour demander l’intervention immédiate du gouvernement afin de mettre un terme à la vague d’assassinats, d’enlèvements et de destructions qui frappe les communautés agricoles chrétiennes, en particulier la population Tiv dans le sud de l’État de Taraba (voir Fides 13/2/2026). À cette occasion, le diocèse de Wukari indiquait que « jusqu’à présent, plus de 80 personnes ont été tuées, beaucoup d’autres ont été blessées, tandis que plus de 200 communautés et églises ont été détruites et plus de 90 000 chrétiens ont été contraints de quitter leurs foyers ». Un peu moins de trois mois plus tard, ces chiffres ont augmenté, malgré les appels pressants lancés aux autorités pour qu’elles rétablissent les conditions de sécurité pour les populations des zones touchées. (LM) (Agence Fides 11/5/2026)

  • Nicaragua : la persécution contre l'Église s'aggrave

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    De Constantin Pistilli sur la NBQ :

    Nicaragua, la persécution contre l'Église s'aggrave

    Le régime Ortega-Murillo a intensifié sa répression contre l'Église catholique. Les prêtres sont contraints de soumettre leurs programmes hebdomadaires et leurs textes d'homélie aux autorités, et sont photographiés quotidiennement par la police dans les églises.

    12/05/2026
    Rosario Murillo et Daniel Ortega (Ap-LaPresse)

    Martha Patricia Molina Montenegro, avocate nicaraguayenne en exil et désormais considérée comme l'une des voix les plus autorisées sur la persécution de l'Église sous le régime de Daniel Ortega et de son épouse Rosario Murillo – qualifiée par un prêtre costaricien de « deuxième sorcière la plus puissante du monde » – recense et signale les violations commises contre le clergé catholique depuis 2019, alertant sur une nouvelle escalade de la répression et de la persécution systématique orchestrée par le gouvernement sandiniste. « Des agents se rendent quotidiennement dans les églises pour photographier et enregistrer les fidèles pendant la messe et les réunions internes du clergé », a déclaré Molina, dénonçant un système de surveillance national appliqué sans distinction, « même aux évêques considérés comme proches du gouvernement ».

    Molina recueille données et témoignages avec une grande précision et une clarté remarquable, enrichissant ainsi le rapport « Nicaragua, une Église persécutée », désormais dans sa septième édition (2025) et faisant référence à l'échelle internationale sur la répression de la liberté religieuse dans ce pays d'Amérique centrale. La dernière version du dossier a également été remise au pape Léon XIV à l'occasion du Jubilé des migrants. Le rapport recense 1 010 incidents survenus entre avril 2018 et juillet 2025, parmi lesquels des attaques contre le clergé, des restrictions à la vie religieuse et des attaques contre des lieux de culte. Il décrit une persécution continue qui atteint aujourd'hui son paroxysme, caractérisée par une liberté de culte restreinte, des activités religieuses entravées et l'exil forcé de prêtres et de religieuses. « L’organisation des fêtes patronales, des processions et des célébrations liturgiques est désormais sous le contrôle des institutions publiques, et même les rassemblements de prêtres n’échappent pas à la police », a écrit Molina dans une publication, après avoir récemment dénoncé les nouvelles restrictions imposées aux manifestations religieuses par la dictature sandiniste durant la dernière Semaine sainte, qui a bloqué 6 135 processions. Les célébrations sont souvent autorisées uniquement à l’intérieur des églises, sous la supervision des autorités, tandis que les processions publiques restent interdites ou fortement limitées. Ainsi, depuis 2019, 28 904 restrictions à la vie religieuse ont été recensées, incluant des processions et des actes de dévotion populaire interdits ou limités.

    Les prêtres sont contraints de soumettre leur emploi du temps hebdomadaire aux autorités et de solliciter des autorisations spécifiques pour toute activité, même minime, en dehors de leur lieu de culte. Cette situation s'inscrit dans un contexte de surveillance accrue, renforcée par le Conseil du pouvoir citoyen (un réseau de contrôle politique du régime), la police et quelque 80 000 paramilitaires recrutés début 2025 pour exercer un contrôle et une répression sociale et religieuse. De plus, dans plusieurs paroisses, les prêtres sont tenus de transmettre aux forces de l'ordre le texte intégral ou un résumé de l'homélie qu'ils comptent prononcer lors de la messe. Prêtres et évêques sont constamment surveillés par des agents en civil ou des drones, et leurs téléphones portables font fréquemment l'objet de fouilles arbitraires. Un prêtre a décrit anonymement la situation dans le pays à ACI Prensa , l'une des principales agences de presse catholiques hispanophones : « Chaque dimanche, la police vient le photographier. Il doit se présenter aux autorités à chaque fois qu'il quitte sa paroisse et à chaque célébration liturgique à laquelle il assiste. S'il aborde un problème social lors d'une homélie, il risque la prison ou l'exil. » Le prêtre a décrit les mécanismes par lesquels le gouvernement sandiniste contrôle, surveille et limite l'activité de l'Église catholique dans le pays ; et il a déclaré que la population « s'est habituée à la situation et ne dit plus rien. L'atmosphère semble calme, mais les restrictions demeurent, car la liberté n'existe pas. » Concernant le contrôle exercé sur les prêtres et les évêques, il a expliqué : « À chaque cérémonie liturgique, nous devons communiquer le type de célébration et le lieu. Nous devons signaler chaque fois que nous quittons les limites de la paroisse et déclarer la durée de notre absence. De plus, la police vient me photographier tous les dimanches. C’est pour vérifier que nous sommes bien là où nous l’avons déclaré. Les supérieurs exigent des agents qu’ils justifient leurs visites : c’est ainsi qu’ils maintiennent le contrôle. »

    Les nouvelles restrictions incluent également la criminalisation des actes religieux : prier en public ou transporter des objets de dévotion, tels que des chapelets, à travers les frontières est considéré comme suspect, voire potentiellement criminel, par les services d’immigration. Molina parle d’un « siège silencieux » : moins d’arrestations médiatisées qu’auparavant, mais une surveillance policière constante visant à intimider les prêtres et les fidèles accusés de s’opposer à l’« ortégisme », seule forme de culte autorisée sur place.

  • Selon Léon XIV, foi et science ne sont pas ennemies mais au service de la vérité

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV

    AUX MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION

    DE LA FONDATION DE L'OBSERVATOIRE VATICAN 

    Salle du Consistoire, lundi 11 mai 2026

     
    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

    Que la paix soit avec vous.

    Éminence le Président du Gouvernorat,
    Chers amis,
    Chers frères et sœurs,

    Je suis profondément reconnaissant de vous rencontrer, vous, membres de la Fondation de l'Observatoire du Vatican, et je vous remercie de votre soutien fidèle et généreux au travail de l'Observatoire du Vatican – une institution précieuse de l'État de la Cité du Vatican au service du Saint-Siège et de l'Église universelle.

    Il y a cent trente-cinq ans, mon prédécesseur, le pape Léon XIII, refondait l’Observatoire du Vatican afin que « chacun puisse voir clairement que l’Église et ses pasteurs ne s’opposent pas à la science véritable et solide, qu’elle soit humaine ou divine, mais qu’ils l’accueillent, l’encouragent et la promeuvent avec le plus grand dévouement » ( Ut Mysticam , 14 mars 1891). À cette époque, la science était de plus en plus présentée comme une source de vérité rivale à la religion, si bien que l’Église ressentait le besoin urgent de contrer l’idée grandissante que la foi et la science étaient ennemies.

    Aujourd'hui, la science et la religion sont confrontées à une menace différente, et peut-être plus insidieuse encore : ceux qui nient l'existence même de la vérité objective. Trop nombreux sont ceux qui refusent de reconnaître ce que la science et l'Église enseignent clairement : notre responsabilité solennelle envers la préservation de notre planète et le bien-être de ses habitants, en particulier les plus vulnérables, dont la vie est mise en péril par l'exploitation irresponsable des êtres humains et de la nature. C'est précisément pourquoi l'adhésion de l'Église à une science rigoureuse et honnête demeure non seulement précieuse, mais essentielle.

    L'astronomie occupe une place particulière dans cette mission. La capacité de contempler avec émerveillement le soleil, la lune et les étoiles est un don offert à chaque être humain, sans distinction de condition ou de situation. Elle éveille en nous à la fois l'admiration et un sens salutaire des proportions. La contemplation des cieux nous invite à voir nos peurs et nos faiblesses à la lumière de l'immensité divine. Le ciel nocturne est un trésor de beauté accessible à tous – riches et pauvres – et, dans un monde si douloureusement divisé, il demeure l'une des dernières sources de joie véritablement universelles.

    Tragiquement, même ce don est aujourd’hui menacé. Pour paraphraser le pape Benoît XVI, nous avons rempli nos cieux d’une lumière artificielle qui nous aveugle à la lumière que Dieu y a placée – une image éloquente, suggérait-il, du péché lui-même (cf. Homélie du 7 avril 2012).

    C’est dans ce contexte que j’exprime ma profonde gratitude pour le travail de la Fondation. Votre engagement permet aux scientifiques du Vatican de dialoguer de manière constructive avec le grand public et la communauté scientifique internationale. Votre générosité permet à l’Observatoire du Vatican de partager la magie de l’astronomie avec des étudiants du monde entier et de proposer des ateliers et des écoles d’été aux enseignants des écoles et paroisses catholiques. Et c’est grâce à votre dévouement que les télescopes et les laboratoires de l’Observatoire restent fidèles à leur vocation première : des lieux où la gloire de la création divine est contemplée avec respect, profondeur et joie.

    Nous ne devons jamais perdre de vue la vision théologique qui anime tout cela. Notre religion est une religion de l’Incarnation. L’Écriture nous enseigne que, dès le commencement, Dieu s’est révélé à travers sa création (cf. Rm 1, 20), et qu’il a tant aimé cette création qu’il a envoyé son propre Fils pour y entrer et la racheter (cf. Jn 3, 16). Il n’est donc pas surprenant que les personnes profondément croyantes se sentent appelées à explorer les origines et le fonctionnement de l’Univers. Cette soif de comprendre pleinement la création n’est autre que le reflet de cette aspiration ardente à Dieu qui réside au cœur de chaque âme.

    En vous renouvelant ma gratitude pour votre soutien, je prie Dieu Tout-Puissant de vous combler, vous et vos familles, de ses abondantes bénédictions. Merci !

  • Vincent Dujardin publie un livre évènement sur le règne du Roi Baudouin

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    Du site de l'UOPC :

    Nous aurons le plaisir de recevoir l’historien belge Vincent Dujardin pour son livre événement : « Baudouin. Un roi face aux crises de son temps » :

    Grâce à l’accès exceptionnel aux archives du roi Baudouin jusque-là inédites, à ses carnets personnels, à de nombreuses autres archives et à des témoignages de première main (entourage familial dont la reine Fabiola, anciens (Premiers) ministres, chefs de cabinet du roi, Jacques Delors, Benoît XVI,…), cet ouvrage de référence livre de nombreuses révélations et lève des zones d’ombre, depuis son enfance, marquée par la guerre et la souffrance, jusqu’aux circonstances exactes de son décès brutal.

    Pourquoi les conclusions de l’affaire Lumumba doivent-elles être fondamentalement revues? Quels liens entretenait le roi avec les dirigeants de son temps, tels de Gaulle, Habyarimana, Franco, Mobutu, Sadate, Gorbatchev, Bush, Elizabeth II, Juan Carlos, le Shah d’Iran, le président chinois, l’empereur du Japon, Mitterrand, ou Jean-Paul II ?

    Quelle influence a exercé son père, Léopold III, ou sa belle-mère, la princesse Lilian sur le jeune roi ? Comment a-t-il rencontré la reine Fabiola ? Comment a-t-il vécu les semaines qui ont précédé sa décision de ne pas sanctionner la loi sur l’avortemen t? Comment a-t-il pesé dans le dénouement de la « grève du siècle » de 1960 ou dans les débats institutionnels belges ?

    Qui était l’homme auquel des centaines de milliers de Belges ont rendu hommage avant ses funérailles grandioses rassemblant des dirigeants venus du monde entier ? Fruit d’une enquête menée durant 20 ans à travers la Belgique, l’Europe (France, Royaume-Uni, Espagne, …) ou les États-Unis, cet ouvrage propose une immersion au cœur des secrets d’un règne d’exception.

    De son côté, l'abbé Michel de Sivry (FSSPX) s'interroge sur l'héroïcité des vertus du Roi.