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Eglise

  • Bilan du séjour de Léon XIV en Espagne : au-delà des foules

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    D'InfoVaticana :

    Bilan du séjour de Léon XIV en Espagne : au-delà des foules

    13 juin 2026

    Les voyages d'un pape se comprennent mieux lorsque les projecteurs s'éteignent et que les paroles demeurent. Et la relecture sereine des discours prononcés ces derniers jours permet de tirer une conclusion que peu auraient formulée avant son arrivée : Léon XIV a laissé en Espagne un message intellectuellement solide, pastoralement exigeant et étonnamment éloigné de certains des lieux communs qui dominent le débat public contemporain.

    L’un des aspects les plus marquants de cette visite a été la manière dont le Souverain Pontife a abordé des questions particulièrement sensibles. L’exemple le plus évident a été celui de l’immigration. Dans une Europe prise au piège entre la sentimentalisisation du phénomène migratoire et son utilisation comme arme politique, Léon XIV a choisi une voie différente. Il a défendu la dignité de toute personne migrante, dénoncé l’exploitation des plus vulnérables par les mafias qui se livrent à la traite des êtres humains et rappelé clairement l’une des grandes intuitions de la doctrine sociale de l’Église : le droit de ne pas émigrer, le droit de chaque homme et de chaque femme de pouvoir s’épanouir sur la terre où ils sont nés sans être contraints de la quitter par nécessité.

    Il en a été de même lors de son intervention historique devant les Cortes Generales. L'image d'un pape s'exprimant devant le Parlement espagnol revêt désormais une importance institutionnelle incontestable. Mais ce qui importait vraiment, c'était le fond. Léon XIV a parlé de la défense de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, et il l'a fait sans se réfugier derrière des formulations ambiguës. Devant les représentants d’une nation dont les lois ont consacré l’avortement et l’euthanasie, il a rappelé avec sérénité et fermeté la position constante de l’Église. Il n’a pas cherché les applaudissements faciles ni la confrontation théâtrale. Il s’est contenté d’exercer la mission propre au Successeur de Pierre : proclamer une vérité qu’il considère comme contraignante même lorsqu’elle dérange.

    Il serait naïf d’affirmer que ces discours ont immédiatement modifié la réalité religieuse espagnole. L’Espagne reste un pays marqué par une sécularisation profonde, une pratique sacramentelle en déclin et une crise vocationnelle évidente. Rien de tout cela n’a disparu en une semaine. Cependant, il serait également superficiel de s’en tenir uniquement à cette image.

    Ce qui s’est passé à Madrid, à Barcelone et aux Canaries a mis en évidence une réalité : derrière les statistiques se cache encore un substrat catholique nettement plus solide qu’on ne le reconnaît généralement. Un terreau spirituel, culturel et affectif qui continue de faire partie de l’identité de larges pans de la société espagnole et qui refait surface chaque fois qu’il trouve une voix capable de l’interpeller avec clarté.

    Une Catalogne plus complexe que ne le laissent entendre les clichés

    L’expérience catalane est particulièrement significative. Depuis des années, on répète que la Catalogne est l’une des régions les plus sécularisées d’Espagne et que les liens entre l’identité catalane et la tradition catholique appartiennent au passé. Pourtant, les journées vécues lors de la visite pontificale ont révélé une réalité bien plus complexe. Des milliers de fidèles ont participé aux cérémonies liturgiques et aux rencontres avec le pape avec un naturel qui contredit de nombreux clichés. Et il y a eu des scènes chargées de symbolisme : des Catalans émus chantant le Virolai, des drapeaux espagnols flottant aux côtés des senyeras et une expression populaire de la foi qui semblait rappeler qu’il existe des liens plus profonds que les divisions politiques des dernières décennies.

    Ces images ne parlaient ni de nostalgie ni de restaurations impossibles. Elles parlaient de continuité. D’une mémoire religieuse partagée qui reste vivante même lorsque beaucoup la considèrent comme éteinte. D’un sensus fidelium qui reste latent sous la surface et qui refait surface lorsque l’Église se présente sans complexe, sans s’excuser d’exister et sans édulcorer son message pour le rendre plus acceptable.

    La clarté comme méthode

    C'est peut-être là l'un des enseignements les plus importants de cette visite. Pendant trop longtemps, certains secteurs ecclésiaux ont tenu pour acquis que l'homme contemporain ne pouvait être atteint qu'à travers une adaptation constante au langage, aux catégories et aux sensibilités dominantes. Léon XIV a testé – timidement, parfois – une hypothèse différente. Il a parlé de la vérité, de la vie, de la responsabilité morale, de la transcendance et de l’espérance chrétienne avec une clarté remarquable. Et les places se sont tout autant remplies.

    Bien sûr, il serait imprudent d’en tirer des conclusions triomphalistes. La visite n’a pas résolu les problèmes structurels de l’Église en Espagne ni inversé des tendances culturelles consolidées depuis des décennies. Mais elle n’autorise pas non plus les interprétations défaitistes. Elle a plutôt permis de constater quelque chose que beaucoup semblaient avoir oublié : l’Espagne est aujourd’hui plus sécularisée qu’hier, mais elle reste plus catholique qu’on ne le dit souvent.

    Une réserve spirituelle qui perdure

    Au terme de ces journées, le bilan le plus juste consiste peut-être justement à reconnaître cette double réalité. Léon XIV a trouvé une nation où la foi n’occupe plus la place sociale qu’elle avait autrefois, mais où subsiste une réserve spirituelle considérable. Il s’est adressé à une société fragmentée et pourtant encore capable de se reconnaître dans certaines références communes. Et il a constaté que, lorsque le message chrétien est présenté avec conviction et sans complexes, il ne tombe pas dans le désert.

    La grande nouvelle de cette visite n’a pas été uniquement ce que le Pape a dit. Elle a aussi été de découvrir qu’il y a encore beaucoup d’Espagnols prêts à l’écouter.

  • « Il y a aujourd’hui plus de martyrs qu’au cours des premiers siècles de l’Église » (cardinal Koch)

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    De Walter Sánchez Silva sur EWTN News :

    Cardinal Koch : « Il y a aujourd’hui plus de martyrs qu’au cours des premiers siècles de l’Église »

    S’exprimant lors d’un pèlerinage organisé par « Aide à l’Église en détresse » en Suisse, le prélat a mis en avant le témoignage des martyrs chrétiens de toutes confessions.

    11 juin 2026

    Le cardinal Kurt Koch, président de la fondation pontificale « Aide à l’Église en détresse » (AED ou ACN (Aid to the Church in Need), a déclaré qu’« aujourd’hui, il y a plus de martyrs qu’au cours des premiers siècles de l’histoire de l’Église ».

    « Le martyre est véritablement au cœur du christianisme », a déclaré le prélat suisse, qui s’est exprimé fin mai lors du pèlerinage annuel pour les chrétiens persécutés organisé par la branche suisse de l’AED à l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln.

    Mgr Koch, qui dirige l’organisation depuis novembre 2025, date à laquelle il a été nommé par le pape Léon XIV, est également préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens au Vatican.

    Réaffirmant l’engagement de la fondation pontificale à aider les chrétiens persécutés, Mgr Koch a souligné que le martyre n’est pas seulement un phénomène du passé, mais qu’il reste « une réalité vécue par d’innombrables chrétiens à travers le monde », a rapporté l’AED.

    Le cardinal a également mis en avant le témoignage des nombreux chrétiens persécutés à travers le monde : « Les dictateurs ne font pas de distinction entre catholiques, orthodoxes, luthériens, anglicans ou protestants. »

    « Les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu’ils appartiennent à une Église particulière, mais à cause de leur foi en Christ. Le sang qui a été versé unit les chrétiens au-delà de leurs divisions », a-t-il souligné, rappelant l’expression du pape François, « l’œcuménisme du sang ».

    Au cours du pèlerinage, des prières ont été adressées aux victimes de persécutions et de violences dans des pays tels que l’Irak, Haïti, le Pakistan et l’Indonésie.

    En janvier, l’organisation Open Doors a publié un rapport révélant que plus de 388 millions de chrétiens dans le monde souffrent de persécutions et de discriminations et que 4 849 ont été tués entre octobre 2024 et septembre 2025.

    La majorité de ces crimes ont eu lieu au Nigeria, où la persécution des chrétiens est si grave que les États-Unis l’ont reclassé comme « pays particulièrement préoccupant » en octobre 2025.

    À propos de son rôle de président de l’AED, Mgr Koch a déclaré : « J’ai accepté cette mission avec une grande joie car l’AED m’a toujours tenu très à cœur. C’est une fondation pontificale qui accomplit un immense bien tout en nous rappelant constamment combien de parties de l’Église vivent dans des situations de grand besoin. Contribuer à cette mission est quelque chose de très important pour moi. »

    Des dons ont également été collectés au cours du pèlerinage ; ils serviront à soutenir les projets d’AED au Moyen-Orient, notamment au Liban, où la fondation pontificale vient en aide aux familles déplacées et aux écoles catholiques qui s’occupent des communautés vulnérables.

    Qu’est-ce qu’AED ?
    Selon la fondation, l’AED soutient « l’Église catholique dans son œuvre d’évangélisation auprès des communautés les plus démunies, discriminées et persécutées du monde », en finançant plus de 5 000 projets pastoraux et humanitaires d’urgence dans 137 pays.

    Elle dispose de 23 bureaux à travers le monde qui se consacrent à la sensibilisation à la réalité à laquelle sont confrontés ces chrétiens, à la promotion de la prière et à la collecte de fonds. L’AED ne reçoit aucune subvention d’institutions publiques.

  • Léon XIV : le monde a grand besoin de pasteurs répandant la sainteté du Christ

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    MESSAGE DU PAPE LÉON XIV
    AUX PRÊTRES À L'OCCASION DE
    LA JOURNÉE POUR LA SANCTIFICATION SACERDOTALE  

    [Solennité du Sacré-Cœur de Jésus, 12 juin 2026]

    Très chers frères prêtres,

    en ce jour où l’Église contemple le Cœur transpercé de son Seigneur, d’où jaillit une source inépuisable de paix et d’unité pour tout le genre humain, j’adresse d’abord à moi-même et à vous tous les paroles que Dieu a dites au peuple d’Israël : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19, 2 ; cf. 1 P 1, 16). Cet appel divin traverse les siècles, résonnant encore aujourd’hui avec force pour chaque croyant et, d’une manière particulièrement exigeante, pour nous, prêtres. La sainteté n’est pas une option parmi d’autres ni un idéal abstrait : elle met en jeu l’identité même de toute personne qui veut participer à la vie du Ressuscité.

    La sainteté est une participation au mystère du Christ

    Dieu nous invite à participer à sa propre sainteté. Lorsqu’il nous appelle à être saints parce que Lui est saint, il nous montre le chemin à suivre : nous laisser modeler selon son Cœur. Et pour nous, très chers frères, cet appel est particulièrement radical. Le Seigneur a promis : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, qui vous guideront avec science et intelligence » (Jr 3, 15). La sainteté qui nous est demandée est un abandon confiant : nous laisser transformer par son Saint-Esprit. Et pourtant, c’est précisément là qu’apparaît le grand paradoxe de notre vie sacerdotale : nous sommes appelés à participer à la sainteté même de Dieu, mais nous portons ce trésor dans des vases d’argile (cf. 2 Co 4, 7), nous sommes limités et imparfaits, souvent marqués par des faiblesses et des fatigues, parfois par des blessures. Comment un cœur humain, si vulnérable, peut-il répondre à un appel si élevé ? Le prêtre vit cette tension, mais il sait où trouver la paix : dans le côté ouvert du Seigneur Jésus.

    Un chemin d’union

    L’union de notre cœur avec le Cœur du Christ n’est pas une expérience réservée à quelques élus, mais un chemin sacramentel, eucharistique, qui se réalise au quotidien. Très chers frères, lors de notre ordination, nous avons été configurés au Christ, mais il convient de raviver sans cesse en nous le don de la grâce par la célébration quotidienne de l’Eucharistie, la prière, la méditation de la Parole de Dieu et le service humble envers nos frères et sœurs. Restons unis au Christ en tout : dans ce que nous faisons et dans ce qui nous arrive au quotidien. Alors la sainteté, recherchée en vain par des efforts isolés, se révélera pour ce qu’elle est : une réponse à la grâce qui nous précède, nous soutient, nous transfigure. Il n’y a pas, en effet, de séparations dans notre humanité. La prière, le ministère, les relations, la fatigue, les joies et les échecs, même le temps apparemment perdu ou l’amour qui semble gaspillé, tout devient un lieu privilégié où se révèle Dieu et son amour infini.

    Le prêtre au cœur intègre, simple et pur, est contemplatif au beau milieu de l’action, miséricordieux, fidèle dans l’épreuve, joyeux dans le don de soi. Le monde a grand besoin de pasteurs qui n’offrent pas seulement des paroles ou des programmes, mais le témoignage vivant d’un cœur réconcilié, répandant le bon parfum de la sainteté du Christ. Une vie sacerdotale solide et configurée au Cœur de Jésus est un signe crédible d’unité, de paix et de miséricorde. Ainsi, en une époque marquée par les divisions et les peurs, nous pouvons être des artisans de paix, des témoins de la tendresse du Bon Pasteur, qui sait rassembler ceux qui sont dispersés et soigner ceux qui sont blessés, et notre zèle n’est pas de l’agitation, mais le débordement d’un amour qui « est extase, sortie, don, rencontre » (François, Lettre encyclique Dilexit nos, n. 28).

    Le Cœur du Christ est le cœur des saints

    La réponse à la vocation à la sainteté ne réside pas tant dans l’effort d’ascèse et de perfection, bien que nécessaire, mais dans l’adhésion confiante à l’amour révélé dans le Cœur transpercé de Jésus. L’apôtre Jean nous fait contempler le côté ouvert du Crucifié (cf. Jn 19, 34), dans lequel Dieu nous montre définitivement comment Il est saint : non pas dans la distance inaccessible d’une perfection séparée, mais dans un amour qui se donne jusqu’à se laisser blesser et qui peut ainsi devenir source de miséricorde et de vie. Le Sacré-Cœur de Jésus est l’icône par excellence de l’amour de Dieu : un amour tout-puissant précisément parce qu’il est capable de se rendre vulnérable, de transformer la souffrance en grâce, la douleur en espérance.

    Ce Cœur béni est donc le “lieu” où la sainteté se manifeste comme proximité et tendresse. La sainteté du prêtre peut alors s’exprimer dans une proximité humble et courageuse, en étant de tous et pour tous, en gardant ouverte la porte de l’enclos afin que beaucoup puissent entrer et trouver pâturage et repos (cf. Jn 10, 9). C’est pourquoi il nous est demandé une relation avec Dieu qui ne nous éloigne pas des hommes, mais qui nous rende proches de tous, qui façonne en nous des cœurs patients, tendres, capables de proximité, de compassion et d’écoute. Ainsi, l’union de notre cœur imparfait avec le Cœur transpercé de Jésus, réalise notre chemin de sainteté. Ce n’est plus nous qui vivons, mais le Christ qui vit en nous (cf. Gal 2, 20). Une telle sainteté ne se vit pas tout seul. Prenez soin de la fraternité sacerdotale : recherchez-vous, écoutez-vous, soutenez-vous. Le prêtre qui s’isole s’éteint peu à peu ; le prêtre qui marche avec ses frères grandit. Saint Augustin nous le rappelle encore : « Comment ne pas nous retrouver dans les ténèbres ? En aimant nos frères. Quelle est la preuve que nous aimons nos frères ? Celle-ci : que nous ne rompions pas l’unité et que nous observions la charité » (In Epist. Io. ad Parthos II, 3).

    Très chers prêtres, renouvelez chaque jour votre “me voici” devant le Cœur transpercé du Christ. Abandonnez-vous totalement à Lui, afin de pouvoir aimer son peuple de l’amour même dont Il l’aime. Et rappelez-vous avec joie, comme aimait à le répéter le Saint Curé d’Ars, que « le sacerdoce, c’est l’amour du Cœur de Jésus » (cf. Benoît XVI, Lettre pour la proclamation de l’Année sacerdotale [16 juin 2009], 569). Cet amour est le gage et la garantie que rien de nous ne sera perdu, si tout de nous est remis et offert. Je vous confie tous et chacun à la Vierge Marie, Mère des prêtres. Elle qui a gardé dans son cœur le mystère de son Fils, qu’elle nous enseigne à garder et à faire battre en nous le Cœur du Christ, Sauveur du monde.

    12 juin 2026, solennité du Sacré-Cœur de Jésus.

    LÉON PP. XIV

  • 13 juin 313 : promulgation de l'Edit de Milan

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    Le document qui a changé l'histoire du christianisme

    Une lecture de l'évènement, éventuellement sujette à discussion, est proposée par Zenit.org sous la signature de Mgr Vitaliano Mattioli :

    L’Edit de Milan, de 313, par lequel l’empereur Constantin (306-337) reconnut la liberté de culte à la religion chrétienne, fête ses 1700 ans cette année.

    Mais quelle est l'actualité de l'Edit de Milan? Explications de Mgr Vitaliano Mattioli, professeur à l’Université pontificale urbanienne et vice-président de l’Institut pontifical Saint-Apollinaire.

    « Selon les sources historiques, Jésus est probablement mort aux alentours de l’an 30 en Palestine qui, depuis l’an 64, était sous la protection de l’empire romain. Cette année-là, le gouverneur (représentant de l’empereur) était Ponce Pilate (26-36), qui signa la condamnation à mort de Jésus.

    Il était d’usage à l’époque que les gouverneurs envoient à Rome un rapport officiel sur ce qui se passait dans la région qui leur était confiée, comme le rapporte le tout premier historien du christianisme, Eusèbe de Césarée (260-340), dans son Histoire Ecclésiastique: « Pilate, En vertu d'une ancienne coutume, qui imposait aux gouverneurs des nations de transmettre les nouvelles au titulaire du pouvoir royal, pour qu’ils soient au courant de tout, a informé l’empereur Tibère… » (II, 2, 1).

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  • Frank Michael était très attaché à la Vierge Marie

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    D'Aleteia.org :

    Frank Michael, une vie placée sous le regard de la Vierge Marie

    Le chanteur Frank Michael est mort à l’âge de 79 ans, a annoncé ce 12 juin sa fille Sandra Gabelli. Interprète emblématique de "Toutes les femmes sont belles", l’artiste belge d’origine italienne était très attaché à la Vierge Marie, à laquelle il a voué une profonde et constante dévotion tout au long de sa vie.
  • En Chine, les catholiques sont durement persécutés par le régime communiste

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    De Victoire Lemoigne sur le site de La Nef :

    En Chine, une Eglise souffrante et divisée

    Les catholiques chinois sont durement persécutés par le régime communiste depuis l’origine et cela ne s’estompe pas malgré « l’accord secret » de 2018. Explication de la situation avec un détour par l’histoire.

    Quand Mao Zedong proclame la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949, l’Église catholique compte un peu plus de 3,2 millions de fidèles et quelque 2600 prêtres chinois. À sa mort, en 1976, l’Osservatore romano dresse un bilan catastrophique : il n’en resterait plus que 500 ou 600. Entre-temps, le régime avait imposé à toutes les confessions le modèle des « trois autonomies », autonomie de gouvernement, de financement, d’apostolat. Traduction : couper chaque Église de ses racines étrangères, c’est-à-dire de Rome. Le 2 août 1957, l’Association patriotique catholique chinoise (APCC) voit officiellement le jour. Sa déclaration fondatrice exalte le « patriotisme comme devoir sacré et commandement de Dieu », dénonce le Vatican comme « traditionnellement anticommuniste, antipopulaire, antisocialiste » et proclame l’indépendance de l’Église de Chine vis-à-vis du Saint-Siège. Dès l’année suivante, l’APCC procède à des sacres épiscopaux sans mandat pontifical. Ces évêques, « validement ordonnés mais illégitimes », sont excommuniés ipso facto. Une ligne de partage s’établit pour des décennies : d’un côté l’Église « officielle », inféodée au Parti ; de l’autre, l’Église « clandestine », fidèle à Rome, acculée à la prison ou à la disparition.

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  • Saint Antoine de Padoue (13 juin)

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    280px-Guercino_Antonio_Bambino.jpgLors de l'audience du 10 février 2010, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à saint Antoine de Padoue que l'on fête aujourd'hui (représenté ci-contre par le Guerchin) :

    Chers frères et sœurs,

    Il y a deux semaines, j'ai présenté la figure de saint François d'Assise. Ce matin, je voudrais parler d'un autre saint, appartenant à la première génération des Frères mineurs: Antoine de Padoue ou, comme il est également appelé, de Lisbonne, en référence à sa ville natale. Il s'agit de l'un des saints les plus populaires de toute l'Eglise catholique, vénéré non seulement à Padoue, où s'élève une splendide basilique qui conserve sa dépouille mortelle, mais dans le monde entier. Les images et les statues qui le représentent avec le lys, symbole de sa pureté, ou avec l'Enfant Jésus dans les bras, en souvenir d'une apparition miraculeuse mentionnée par certaines sources littéraires, sont chères aux fidèles.

    Antoine a contribué de façon significative au développement de la spiritualité franciscaine, avec ses dons marqués d'intelligence, d'équilibre, de zèle apostolique et principalement de ferveur mystique.

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  • Le Coeur immaculé de Marie

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    Le Cœur immaculé de Marie

    Le "Cœur immaculé de Marie" est célébré le samedi de la troisième semaine après la Pentecôte, le lendemain de la solennité du Sacré coeur de Jésus.

    Le "Cœur immaculé de Marie" est une expression qui concerne toute la personne de Marie.

    Les lectures liturgiques sont :
    Is 61, 9- 11
    et Luc 2, 41-51 (Jésus perdu et retrouvé au temple).
    L'Evangile révèle le coeur de Marie parce qu'il montre comment Marie a cherché et suivi Jésus : la pureté du coeur, c'est de suivre Jésus !
    Marie n'a pas compris immédiatement, mais a médité ce qu'elle n'a pas compris, avec un coeur ouvert, attendant de mieux comprendre : son coeur est humble, docile, ouvert à une révélation toujours plus profonde, ouvert à une lumière toujours plus forte.

    Un peu d'histoire :
    La dévotion au Cœur immaculé de Marie est fondée sur la théologie mariale de saint Bernard, les révélations privées à sainte Gertrude et à sainte Mechtilde, les visions de sainte Marguerite-Marie Alacoque au XVII° siècle, et elle fut largement répandue par saint Jean Eudes. Au XIX° siècle, l'ordre des Augustins puis le diocèse de Rome en célèbrent la fête. Et finalement, la fête entre dans le calendrier liturgique universel.

    Après les apparitions de Fatima (1917), la dévotion au cœur immaculé de Marie augmente partout dans le monde. Le pape Pie XII institue une autre fête en 1954, celle de Marie Reine, (initialement prévue le 31 mai puis déplacée par Paul VI au 22 août), en ordonnant que "ce jour-là, on renouvelle la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie." (Pie XII, Ad Cœli Reginam § 34).

    On peut donc dire qu'il y a une croissance dans la liturgie de l'attention portée au Cœur Immaculé de Marie.
    Cependant, dans sa réforme liturgique de 1969, Paul VI fait descendre la fête du Cœur Immaculé de Marie au rang de simple mémoire.

    Mais depuis 1986, dans la Messe votive en l'honneur de la Vierge Marie (n°28) « Le cœur immaculé de Marie », la préface eucharistique s'adresse à Dieu le Père en lui rendant gloire car :

    Tu as donné à la Vierge Marie un cœur sage et docile pour qu'elle accomplisse parfaitement ta volonté ;

    un cœur nouveau et doux, où tu pourrais graver la loi de l'Alliance nouvelle ;
    un cœur simple et pur, pour qu'elle puisse concevoir ton Fils en sa virginité et te voir à jamais ;
    un cœur ferme et vigilant pour supporter sans faiblir l'épée de douleur et attendre avec foi la résurrection de ton Fils.

    Voir également : https://p8.storage.canalblog.com/88/90/249840/26242629.pdf

  • La mémoire du Coeur Immaculé de Marie

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    CŒUR IMMACULÉ de MARIE - Mémoire (source : Evangile au Quotidien)

             La propagation de la dévotion au Cœur de Marie remonte au XVIIe siècle où saint Jean Eudes la propagea en l'unissant à celle du Sacré-Cœur de Jésus.

             Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d'abord, et Pie IX ensuite, accordèrent à plusieurs églises une fête du Cœur très pur de Marie fixée au dimanche dans l'octave de l'Assomption, puis au samedi suivant la fête du Sacré-Cœur. Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à son Cœur immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire.

             Le 31 octobre 1942, le jour de la clôture solennelle du Jubilé des Apparitions de Fatima, le pape Pie XII s'exprimant à la radio, consacra le monde au Cœur immaculé de Marie pour répondre à l'appel de notre Mère du ciel. Il renouvela ce geste important le 8 décembre 1942. En 1944, en pleine guerre mondiale, le même souverain pontife consacrait encore tout le genre humain au Cœur immaculé de Marie pour le mettre sous sa toute-puissante protection. À l'occasion de cette même cérémonie, il décréta que l'Église entière célébrerait chaque année une fête en l'honneur du Cœur immaculé de Marie afin d'obtenir par l'intercession de la Très Sainte Vierge, « la paix des nations, la liberté de l'Église, la conversion des pécheurs, l'amour de la pureté et la pratique des vertus. » Il fixa la date de cette fête au 22 août, jour octave de la fête de l'Assomption.

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  • Léon XIV à Arguineguín (Gran Canaria) : « Il y a un droit de chercher refuge, mais aussi un droit de ne pas avoir à migrer. »

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    D'InfoVaticana :

    Léon XIV à Arguineguín : « Il y a un droit de chercher refuge, mais aussi un droit de ne pas avoir à migrer. »

    Léon XIV à Arguineguín : « Il y a un droit de chercher refuge, mais aussi un droit de ne pas avoir à migrer. »

    L'événement s'est déroulé sur le site qui s'était trouvé au cœur de la crise migratoire de 2020 suite à l'arrivée massive d'immigrants pendant la pandémie ; depuis lors, il est devenu l'un des symboles du phénomène migratoire dans les îles.

    Au cours de la réunion, Léon XIV a écouté les témoignages de Tito Villarmea, capitaine du patrouilleur de sauvetage maritime Urania ; María Reyes Alemán, bénévole de Caritas ; Blessing, victime de la traite des êtres humains dont l'histoire a été lue pour des raisons de sécurité ; et la femme d'affaires hispano-américaine María Fernanda López Meza.

    À la suite des discours, le pape a prononcé un discours axé sur la dignité de la personne humaine, la réalité de ceux qui sont contraints de quitter leur pays, les agissements des mafias opérant sur les routes migratoires et la responsabilité des institutions nationales et internationales face à ce phénomène.

    Voici le texte intégral du discours du Saint-Père :

    Chers frères et sœurs :

    Nous venons d'entendre l'un des passages les plus exigeants de l'Évangile. Nous savons que ce même chapitre contient aussi un avertissement qu'aucun croyant ne peut prendre à la légère ( Mt  25, 41-45). Aujourd'hui, au bord de la mer, la Parole prend tout son sens : tant de vies blessées arrivent ici, dépouillées de presque tout, mais jamais de leur dignité. Ici, l'Évangile nous arrache à notre rôle de spectateurs et nous place auprès de nos frères et sœurs qui débarquent. Il nous demande si nous avons reconnu le Christ en ceux qui, après le désert, la nuit et la mer, descendent du bateau, marqués par la peur, la faim et la violence.

    Comme vous pouvez le constater, je porte à la main l'anneau appelé « l'anneau du pêcheur ». Son nom même nous conduit à la mer de Galilée, où le Christ appela Pierre et lui dit : « Désormais, tu seras pêcheur d'hommes » ( Lc  5, 10). L'Église a interprété ce verset comme une image de sa mission. Mais ici, et dans des lieux comme El Hierro, ce mandat prend une dimension littérale et douloureuse. Cette île, petite par sa superficie mais immense par son humanité, a vu arriver des milliers de personnes, arrachées à leur terre et confiées à la fragilité d'une simple embarcation. Ici, on trouve des rescapés de la mer et des corps sans vie repêchés. C'est pourquoi le Successeur de Pierre ne peut tourner le dos à ces quais. L'Église ne peut tourner le dos à ces eaux ni à aucun lieu où la faim, la soif, la violence, la peur ou l'exil continuent de bafouer la dignité humaine. Les disciples de Jésus ne peuvent considérer comme étrangers les cris de ceux qui hurlent dans la nuit.

    Dans le langage biblique, la mer peut symboliser la menace, les ténèbres et le chaos. On y trouve le Léviathan, figure de la puissance dévorante, et Rahab, nom qui évoque l'orgueil des puissances qui s'élèvent contre Dieu et contre la vie (cf.  Ps  74, 13-14 ; 89, 10-11 ;  Is  27, 1 ; 51, 9 ;  Job  26, 12). Aujourd'hui encore, des monstres rôdent dans ces mers : des mafias qui exploitent le désespoir, des trafiquants qui réduisent en esclavage femmes et enfants, et l'indifférence de beaucoup qui laissent les pauvres sombrer dans l'exploitation ou l'oubli.

    Mais la foi ne reste pas paralysée par la puissance de la mer. Nous croyons en un Dieu qui soumet le chaos, fixe des limites au mal et ouvre un chemin quand la mort semble triompher. C’est ce qu’a vécu le peuple d’Israël en traversant la mer Rouge pour échapper à l’esclavage et gagner la liberté (cf.  Ex  14, 21-31). Et c’est ce que nous voyons en Christ, qui marche sur l’eau et, avant la tempête, prononce une parole souveraine : « Silence ! Silence ! » ( Mc  4, 39 ; cf.  Mt  14, 25-27). Cette voix continue de résonner contre les forces qui dévorent, asservissent et rejettent tant de nos frères et sœurs. Là où le Christ ordonne à la mer de se taire, l’Église ne peut rester muette devant ceux qui sont livrés à ses flots.

    Merci pour vos témoignages, qui nous rappellent ce que signifie sauver des vies. À Maria, merci de nous rappeler le travail quotidien de Caritas, des paroisses et de tant de personnes. Ses paroles nous montrent où commence la transformation de notre regard : lorsque le migrant cesse d'être « juste un parmi tant d'autres », cesse d'être une catégorie, une statistique. Alors seulement nous comprenons que cette jeune fille pourrait être notre fille, ces visages ceux de notre famille ; et alors, notre conscience est libérée de toute excuse. La miséricorde commence par de petits gestes : parfois avec quelques biscuits et un peu de lait ; d'autres fois, avec cinq pains et deux poissons (cf.  Mt  14, 17-21). Il ne s'agit pas de tout résoudre, mais de remettre les choses entre les mains de Dieu et d'être présent là où les êtres humains souffrent, là où les ressources manquent et où il n'y a pas de langue commune, mais là où les gestes peuvent encore parler. Un grand merci à tous ceux qui participent aux sauvetages, à l'accueil et à l'accompagnement, témoignant ainsi que la miséricorde concrète peut sauver et transformer des vies.

    Chère Blessing, même si tu n'es pas parmi nous aujourd'hui, ta voix résonne encore. Merci de nous avoir fait part de ton histoire. Ton nom signifie bénédiction et nous rappelle que chaque vie humaine est une grâce de Dieu. Nul ne peut l'acheter, la vendre, l'utiliser ou s'en débarrasser, car en chaque personne rayonne l'image et la ressemblance du Créateur (cf.  Gn  1, 27). Tu nous as dit avoir quitté ton pays non par choix, mais par nécessité. Dans tes mots, nous percevons la tragédie de tant de personnes contraintes à l'exil, car la pauvreté, la guerre, les menaces ou l'exploitation leur ont fermé toutes les portes.

    Je souhaite que ce message vous parvienne, à vous et à toutes les autres femmes victimes de traite et d'exploitation : si d'autres ont donné un prix à votre corps, Dieu, lui, ne vous a jamais oubliées comme inestimables. S'ils ont tenté de vous enfermer dans un passé douloureux, Dieu continue de vous promettre un avenir. S'ils vous ont traitées comme un objet, l'Église veut vous dire aujourd'hui : vous êtes une fille, une sœur, vous êtes une bénédiction. Votre vie n'appartient pas à ceux qui vous ont fait du mal ; votre corps n'appartient pas à ceux qui ont abusé de vous ; vos jours n'appartiennent pas à ceux qui ont tenté de les asservir par la peur. Votre vie appartient à Dieu et conserve une dignité inaliénable. Et nous voulons cheminer à vos côtés jusqu'à ce que cette vérité soit à nouveau ressentie plus fort que la douleur.

    Chers migrants, avant toute chose, je tiens à reconnaître votre dignité. Vous n'êtes ni des numéros ni des dossiers. Vous êtes des personnes qui ont laissé derrière elles des familles et des foyers, des rêves que personne n'a le droit d'ignorer. Mais je tiens aussi à vous dire que vos vies doivent être protégées. Ne livrez pas votre existence à ceux qui en font commerce. Ne croyez pas ceux qui vous promettent des paradis faciles en échange de votre corps ou de votre argent, de votre silence ou de votre liberté. Ces promesses illusoires sont des chants de sirènes, des industries de mort.

    Cette tragédie doit être un moment de réflexion : pour les nations d’origine, qui doivent créer les conditions de la paix, de la justice et du développement ; pour les nations de transit, appelées à protéger les plus vulnérables et à ne pas les laisser aux mains des réseaux criminels ; pour l’Europe, qui ne peut proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales ; pour la communauté internationale, appelée à une coopération efficace et persévérante.

    L’Église, elle aussi, doit accepter d’être interpellée. L’accueil des migrants ne saurait être relégué au second plan ni confié à quelques bénévoles. Nous nous agenouillons devant l’autel pour adorer le Christ présent dans l’Eucharistie, de qui nous recevons la force et la motivation de vivre la charité ; dès lors, nous ne pouvons détourner le regard des pirogues et des canots, car tout service naît de la prière et tout engagement devient prière (cf.  Lc  10, 31-32).

    De cette île, je souhaite que les voix de celles et ceux qui se sont exprimés aujourd'hui parviennent à ceux qui détiennent des responsabilités décisives – autorités civiles, parlements, gouvernements et organisations internationales – ainsi qu'aux communautés chrétiennes, aux autres traditions religieuses et à tous les hommes et femmes de bonne volonté. Il ne suffit pas de gérer les arrivées, de diffuser des statistiques, de renforcer les frontières ou de déplorer les morts après coup. Chaque bateau qui arrive n'amène pas seulement des migrants ; il soulève une question : quel genre de monde avons-nous bâti si tant de nos frères et sœurs doivent risquer leur vie pour survivre ?

    La dignité humaine exige des voies légales et sûres, des secours et une assistance, une véritable coopération contre les trafiquants, une protection efficace des victimes, des processus d'accueil et d'intégration sérieux, et des politiques permettant à chacun de vivre dignement sur sa terre. Si le droit de chercher refuge en cas de danger de mort existe, le droit de ne pas être contraint à l'exil est tout aussi fondamental : le droit de rester chez soi sans faim, sans guerre, sans persécution, sans violence, sans que sa terre ne devienne inhabitable, sans corruption qui prive les plus démunis de leur pain, sans armes qui détruisent l'avenir des enfants. Nous ne pouvons nous résigner à compter les morts. La dignité humaine n'a pas de passeport et ne perd rien de sa valeur lorsqu'une frontière est franchie.

    Que le Dieu qui, « à la fin de la vie, nous jugera sur l’amour » (cf. saint Jean de la Croix,  Admonitions et Paroles , 57), nous accorde de le reconnaître aujourd’hui dans les pauvres et les étrangers, et nous libère de considérer la souffrance d’autrui comme si elle n’était pas la nôtre. Que Notre-Dame du Mont-Carmel accompagne ceux qui sont arrivés, console ceux qui ont perdu des êtres chers, soutienne ceux qui les accueillent et éveille en chacun de nous le courage de la miséricorde.

    Et puisse l'histoire ne pas nous reprocher d'avoir banalisé la souffrance de ceux qui l'endurent sur nos rivages. Car aujourd'hui, ici, au bord de la mer, chaque vie qui arrive nous interroge sur ce qui reste de notre humanité. Tôt ou tard, nous saurons si nous avons su la préserver ou si nous avons laissé l'indifférence parler pour nous. Merci beaucoup.

    À la fin de la réunion, Léon XIV jeta une offrande florale à la mer, suivie d'une minute de silence, en mémoire des victimes de l'immigration maritime, et bénit une croix faite du bois de cayucos , le bateau utilisé par les migrants pour atteindre l'archipel.

    Le programme du pape à Gran Canaria se poursuivra cet après-midi par une rencontre à la cathédrale Santa Ana avec des évêques, des prêtres, des diacres, des religieux et religieuses, des séminaristes et des agents pastoraux. Il présidera ensuite la messe au stade de Gran Canaria, l'un des événements les plus importants prévus durant son séjour dans l'archipel.

  • Ce dont le monde a besoin maintenant : brûler de l'amour du Sacré-Cœur du Christ

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    Du sur le CWR :

    Ce dont le monde a besoin maintenant : brûler de l'amour du Sacré-Cœur du Christ

    L’amour qui nous sauve du péché et de la mort se révèle dans le Cœur transpercé d’épines et d’une lance. On dit souvent que « l’amour est l’amour », mais tous les amours ne se valent pas.

    Le Sacré-Cœur de Jésus est représenté dans un vitrail de l'église Saint-André de Sag Harbor, dans l'État de New York (photo CNS/Gregory A. Shemitz).

    « Je suis venu allumer le feu sur la terre. » — Luc 12:49

    Au feu ! Quel mot attire plus immédiatement l'attention ? Aucune personne saine d'esprit et morale n'oserait crier « Au feu ! » dans un lieu public, de peur de provoquer la panique.

    Le feu possède une puissance extraordinaire. Il procure chaleur et lumière, mais sa chaleur dévastatrice embrase pratiquement tout sur son passage.

    L'une des caractéristiques les plus curieuses, et souvent les plus agaçantes, du feu est qu'il est extrêmement difficile à allumer et tout aussi difficile à éteindre. Nombreux sont les campeurs qui se sont ridiculisés en tentant d'allumer un feu de camp sous le regard attentif de leurs compagnons. Et la difficulté à maîtriser les grands incendies – les feux de forêt qui ravagent des quartiers entiers, par exemple – est une triste réalité dans des régions comme la Californie.

    La solennité du Sacré-Cœur de Jésus révèle l'amour de Dieu comme un feu qui brûle dans le Cœur de Jésus-Christ. Cette fête révèle aussi le désir ardent de Jésus de répandre son amour sur toute la terre.

    En ces temps où beaucoup se sentent prisonniers du doute, de la peur, de la maladie, de la haine et de la division, seul l’amour ardent du Christ offre le remède ultime et parfait à ces maux de l’âme humaine. Le pape Benoît XVI a un jour qualifié ce feu de « passion d’amour propre au Christ » et de « feu à transmettre ». Ces expressions permettent de bien comprendre la dévotion au Sacré-Cœur.

    « La passion d'amour du Christ »

    La plupart des représentations artistiques du Sacré-Cœur le montrent entouré de sa couronne d'épines, la croix posée au sommet du Cœur, une blessure de lance clairement visible sur son flanc, et des flammes jaillissant de l'intérieur du Cœur et brûlant autour de la croix.

    Ces signes de la Passion et de la mort du Christ révèlent l’amour même qui brûle dans le Cœur de Jésus : un amour crucifié, un amour de sacrifice. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15, 13).

    L'amour que le monde célèbre est symbolisé par un cœur transpercé par la flèche de Cupidon. L'amour qui nous sauve du péché et de la mort se révèle dans le Cœur transpercé d'épines et d'une lance. On dit souvent que « l'amour est l'amour », mais tous les amours ne se valent pas.

    La regrettée et immensément talentueuse chanteuse Whitney Houston chantait un jour que « apprendre à s’aimer soi-même peut être le plus grand amour de tous ». L’amour de soi a sa place dans la vie humaine, mais ce n’est pas le plus grand amour de tous.

    Le plus grand amour qui soit est celui par lequel l'impensable s'est produit et est devenu la vérité fondamentale de l'existence humaine : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jean 3,16). Dieu a pris notre chair humaine et a permis qu'elle soit clouée à la croix afin de nous sauver de l'enfer. C'est le plus grand amour possible, et il est la mesure de tous les autres amours.

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  • L'homélie du Pape Léon XIV pour la fête du Sacré-Coeur

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    EN  ESPAGNE

    (6-12 JUIN 2026)

    SAINTE MESSE

    HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

    Stade de Gran Canaria, jeudi 11 juin 2026

     

    Chers frères et sœurs,

    après une journée riche en rencontres et en partage, alors que je célèbre cette Eucharistie avec vous, je tiens tout d’abord à remercier le Seigneur pour tout le bien qui se fait ici chaque jour, en lui confiant l’engagement de tous et, en même temps, les souffrances dont cette terre témoigne. Je vous invite également à prier ensemble, durant cette Sainte Messe, pour nos frères et sœurs qui ont perdu la vie en mer.

    Nous apportons tout à l'autel, avec le pain et le vin, en entrant, par la célébration du soir de la Vigile, dans la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, auquel toute l'Espagne est consacrée. Prions le Seigneur afin qu'en ce moment les mêmes sentiments d'humanité, de miséricorde et de compassion du Cœur du Sauveur vivent en nous.

    Dans notre méditation, nous nous laissons guider par les lectures que nous avons entendues.

    En premier lieu, Dieu rappelle aux Israélites l’amour inconditionnel dont il les a aimés. Il les a choisis non pas en raison de privilèges, de dons ou de mérites particuliers, mais par pur amour (cf.  Dt  7, 7-9), et il continuera de les aimer toujours, même si, à cause de leur cœur endurci, ils ne lui rendent pas cet amour.

    Telle est la charité de Dieu, en laquelle s'enracine notre vocation à aimer. Elle ne repose ni sur le calcul, ni sur le simple sentiment, ni ne se réduit à la seule philanthropie, mais elle imprègne tout notre être : feu pour l'âme, lumière pour l'esprit, un élan irrésistible de liberté, de paix et, en même temps, de tourment pour le cœur, qui bat à l'unisson avec les autres, engageant la personne tout entière. Car aimer est inné chez l'être humain ; c'est même la condition de la plénitude de notre existence.

    C’est ainsi que l’amour nous est manifesté dans l’humanité du Sauveur et dans les mouvements de son Sacré-Cœur : immuable et fidèle même face à l’incompréhension et au rejet, à la peur, à la tristesse et à la résistance humaine (cf.  Lc  22, 39-46).

    C’est dans ce visage de Dieu, toujours « amoureux », qui aspire totalement et constamment à notre bien et à notre bonheur parfait, que nous reconnaissons le chemin de la vie, apprenant une nouvelle manière d’exister et d’entrer en relation les uns avec les autres, un critère différent pour évaluer les décisions, un style renouvelé et stimulant pour construire la communion. À ce propos, le pape  François , parlant de la charité du Christ, a déclaré que « la meilleure réponse à l’amour de son Cœur est l’amour pour nos frères et sœurs » ( Dilexit nos , 167) et a ajouté : « il n’y a pas de plus grand geste que nous puissions lui offrir pour rendre l’amour par l’amour » ( ibid. ). « Rendre l’amour par l’amour » : c’est le merveilleux échange, le « commerce admirable » (cf.  Premières Vêpres de la Solennité de Marie, Mère de Dieu , première antienne), auquel l’Évangile nous invite à nous tourner, traduisant la mesure infinie de l’amour de Dieu dans la générosité avec laquelle nous le servons, chaque jour, dans les frères et sœurs qu’il place lui-même sur notre chemin. Surtout les plus démunis, sans défense, incapables de rendre la pareille (cf.  Lc  6, 32-36). Exactement comme sur cette île, dans l’accueil, le partage, le don désintéressé.

    La gratuité du Cœur du Christ ne s’arrête pas là. Elle va plus loin, s’engageant à aider chaque personne non seulement à survivre, mais aussi à retrouver confiance et à reprendre son chemin, à s’épanouir pleinement dans sa singularité, pour le bien de tous. À ce propos, le pape  Benoît XVI  écrivait que la charité « dont Jésus-Christ a témoigné par sa vie terrestre […] est le principal moteur du développement authentique de chaque personne et de toute l’humanité » ( Caritas in veritate , 1).

    Dans la deuxième lecture, saint Jean nous a rappelé que « Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui » ( 1 Jn  4, 9). Ses paroles font écho à celles de Jésus, qui a dit être venu pour que nous ayons la vie, et la vie en abondance (cf.  Jn  10, 10), et qui a dit au paralytique guéri : « Lève-toi, prends ton brancard et marche » ( Mc  2, 9). Dans ces paroles, nous reconnaissons l’invitation à embrasser la souffrance avec un amour maternel, mais aussi à préparer et encourager les blessés à se relever et à aller de l’avant, vers une vie libre et digne.

    En effet, notre charité ne doit pas se limiter à une simple assistance, mais viser l’intégration des personnes pour leur plein épanouissement – ​​spirituel, intellectuel et physique – et leur inclusion digne et constructive dans la communauté (cf.  Fratelli tutti , 129). C’est seulement ainsi que nos rencontres, même face à des événements difficiles et douloureux, deviendront l’occasion de semer l’espoir sur le chemin de l’humanité vers un avenir meilleur.

    Mais j’aimerais m’attarder, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons entendue, sur une dernière caractéristique du Cœur du Christ : l’humilité (cf.  Mt  11, 29). Le Cœur de Jésus est humble, et c’est pourquoi ses battements ne sont pas perçus par les « savants », les « sages », c’est-à-dire ceux qui se croient autosuffisants, qui pensent tout savoir, qui n’ont besoin ni de Dieu ni des autres. En effet, ces personnes, accablées par le tumulte d’un « moi » pompeux, omniprésent et agité, n’ont pas le silence nécessaire pour entendre en elles-mêmes et chez leurs frères et sœurs le pouls caché de l’amour.

    « Souvent, la richesse nous aveugle, au point de nous faire croire que notre bonheur ne peut être atteint que si nous nous débrouillons sans les autres » ( Dilexi te , 108). Jésus, au contraire, nous enseigne l’inverse : pour goûter à la véritable joie de vivre, qui réside dans l’amour, il est nécessaire de descendre des piédestaux de l’arrogance qui divise, et de se retrouver dans l’humilité qui nous unit comme frères et sœurs.

    Saint Augustin disait : « Là où règne la charité, règne la paix ; là où règne l’humilité, règne la charité » ( Sur la Première Lettre de saint Jean aux Parthes , Prologue). Il en est ainsi. Là où règne une authentique humilité, règne l’amour ; et là où règne l’amour, règne la paix, car c’est seulement dans l’humilité que nous connaissons véritablement qui nous sommes et que, par conséquent, nous pouvons nous aimer, nous trouver, nous donner les uns aux autres et nous pardonner sincèrement.

    Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous adorons le Sacré-Cœur de Jésus, un cœur que nous représentons souvent couronné d’épines et embrasé, selon les visions de sainte Marguerite-Marie Alacoque. Souvenons-nous que nous sommes la présence vivante du Seigneur dans le monde (cf.  Lumen Gentium , 8). Aussi, regardons-nous les uns les autres, non seulement en ce jour, mais toujours, avec respect et confiance, et renouvelons, forts de cette conscience, notre engagement à accomplir en nous-mêmes, par la charité, ce qui manque aux souffrances du Christ, pour le bien de l’Église (cf.  Col  1, 24). Animés par la charité de son Cœur, soyons porteurs de sa miséricorde et de sa paix, afin que les guerres cessent dans le monde et qu’une humanité nouvelle, réconciliée dans l’amour, puisse grandir autour de nous.