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Eglise

  • Un amalgame douteux

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    Du chanoine Eric de Beukelaer sur le site de la Libre (en contribution externe) :

    La posture victimaire des Catholiques traditionalistes

    La Fraternité Saint-Pie X invoque la fidélité à la tradition pour justifier sa rupture avec Rome. Mais son refus d'assumer les conséquences de ses actes, de désobéir puis de se victimiser, relèvent d'un individualisme très contemporain.

    15-09-2026

    Une chronique d'Eric de Beukelaer, prêtre

    L'évêque de Liège ayant atteint l'âge canonique de la retraite, imaginons que lui-même et son vicaire général, votre serviteur, décident de relancer la glorieuse tradition des prince-évêques en Cité ardente. Pour ce faire, ils proposeraient à un des princes de Bavière – titulaires réguliers de la fonction au cours de la Renaissance – d'assurer la succession. Si le noble candidat accepte, au jour de l'ordination épiscopale du nouveau "prince-évêque" de Liège, que pensez-vous que fera Rome – tenue à l'écart de ces joyeuses délibérations ?

    En conformité avec ce qui est stipulé en toutes lettres par le canon 1387 du code de droit canonique, le Saint-Siège constatera l'excommunication automatique de tous les acteurs de cette ordination illicite. Jadis, la réaction du commun eut été : "Ils l'ont cherché… Ils savaient pertinemment bien qu'une ordination épiscopale sans mandat du Pape place de facto tous ceux qui y participent, hors-jeu par rapport à la communion catholique." Cela, c'était avant… A l'heure du populisme, le récit victimaire l'emporte sur la réalité objective des faits. Il suffira que les excommuniés se plaignent bruyamment d'être persécutés par le Vatican et en appellent au patriotisme liégeois, pour qu'un large mouvement de défense se manifeste en leur faveur. Fruit de l'hyper-individualisme né de l'ultra-modernité, où "chacun fait ce qui lui plait", l'opinion publique en vient à donner raison, non pas à celui qui a agi en conformité avec le réel, mais à celui qui crie "sa vérité alternative" avec le plus d'emphase et de pathos.

    Non à la liberté religieuse et l'œcuménisme

    C'est ce qui se passe avec la fraternité Saint-Pie X. En renouvelant ce 1erjuillet dernier, le geste de désobéissance posé une première fois en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre, soit l'ordination de quatre évêques sans mandat du Pape, les traditionalistes savaient qu'ils formaliseraient leur schisme avec Rome. La justification que ces ultra-catholiques donnent à un acte aussi anticatholique, est que la doctrine et liturgie héritée du Concile Vatican II (1962 - 1965) est dangereuse pour les âmes. Leurs raisons ne sont pas tant l'attachement à l'ancienne liturgie. Celle-ci peut se célébrer dans l'Église en obéissance avec le Pape. C'est la liberté religieuse et l'œcuménisme qu'ils refusent.

    Le jour des ordinations illicites, le Vatican déclara que ce fait plaçait tous ceux qui s'en réclamaient "hors communion". Ceci n'est pas tant une sanction (il ne s'agit pas de les "punir"), qu'une mesure de discipline ecclésiale constatant que les tradis se mettent hors-jeu. Un peu comme un club de foot qui jouerait avec douze hommes plutôt qu'onze, se trouverait en marge de toute fédération sportive. La Fraternité aurait pu réagir en déclarant vouloir refonder une nouvelle Église "plus catholique que le pape"Mais non… En ultras-modernistes, ils posent des actes, sans en assumer les conséquences. Pour toute réaction, le père Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, écrivit deux jours plus tard, une lettre ouverte à Rome dans laquelle il prit la posture favorite des enfants du siècle et de tous les populistes à la mode, soit la posture victimaire : "Nous avions demandé du pain (…) malheureusement, nous avons reçu une pierre. Nous avions demandé un poisson (…) malheureusement, nous avons reçu un serpent." Sortez les mouchoirs…

    Pick and choose

    En clair, les traditionalistes pratiquent le pick and choose par rapport au Concile Vatican II. Fils de l'ultra-modernité, ils prennent et laissent dans l'héritage catholique, selon leur bon vouloir. Paradoxalement, la Fraternité Saint-Pie X rejoint ici la vision protestante, en refusant d'accepter que le souffle de l'Esprit protège l'enseignement des papes et évêques, successeurs de Pierre et des autres apôtres : "Sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes du mal ne prévaudront point contre elle" (Mt 16, 18).

    Notre commentaire :

    Il y a un amalgame problématique dans ce texte. L’abbé Éric de Beukelaer (vicaire général du diocèse de Liège et chroniqueur) critique principalement la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) pour les consécrations épiscopales du 1er juillet 2026 à Écône, sans mandat pontifical, sous le pape Léon XIV. Ces ordinations ont entraîné, selon le Saint-Siège, une excommunication latae sententiae des évêques concernés et une déclaration de schisme pour le clergé et les fidèles qui y adhèrent formellement.

    Cependant, le texte glisse régulièrement de « la fraternité Saint-Pie X » à « les traditionalistes », « catholiques traditionalistes », « ultra-catholiques » ou « les tradis » de manière indifférenciée. C’est précisément là que l’amalgame devient douteux.

    Distinction réelle

    Il existe une différence claire et canoniquement significative :

    • La FSSPX (fondée par Mgr Lefebvre) refuse depuis longtemps des points majeurs de Vatican II (liberté religieuse, œcuménisme, etc.), a déjà posé l’acte de 1988, et a renouvelé un acte d’ordination épiscopale sans mandat en 2026. Elle invoque un « état de nécessité » et rejette la qualification de schisme, tout en maintenant qu’elle ne crée pas une Église parallèle. Sa situation est irrégulière et, après juillet 2026, formellement déclarée schismatique par Rome.
    • D’autres traditionalistes (Fraternité Saint-Pierre / FSSP, Institut du Christ Roi, communautés diocésaines célébrant selon le missel de 1962, etc.) restent en pleine communion avec Rome. Ils préfèrent la liturgie traditionnelle, critiquent parfois des dérives post-conciliaires, mais acceptent l’autorité du pape et ne posent pas d’actes d’ordination illicite. Les regrouper sous le même « traditionalistes » qui « formalisent leur schisme » ou qui « refusent d’assumer les conséquences » est inexact.

    L’analogie du « prince-évêque de Liège » sans mandat romain est juridiquement pertinente pour les ordinations sans mandat (canon 1382 / excommunication automatique), mais elle ne s’applique pas automatiquement à tous ceux qui aiment la forme extraordinaire ou qui expriment des réserves doctrinales.

    Sur la « posture victimaire »

    L’abbé de Beukelaer a raison de relever un discours fréquent de la FSSPX qui présente les sanctions comme une persécution injuste (« nous avions demandé du pain… nous avons reçu une pierre »). C’est un registre rhétorique classique après 1988 et à nouveau en 2026. Pourtant, présenter cela comme un trait propre à « l’ultra-modernité » et à l’individualisme contemporain de tous les traditionalistes est excessif. La FSSPX a une théologie de la crise de l’Église (état de nécessité, sauvegarde de la Tradition) qui n’est pas réductible à un simple « pick and choose » protestant ou à une posture de victimisation médiatique. On peut la juger erronée ou dangereuse ; on ne peut pas l’effacer en la ramenant uniquement à de l’individualisme postmoderne.

    Points de fond

    • L’acte d’ordonner des évêques sans mandat pontifical est objectivement grave dans la discipline catholique. Rome l’a traité comme tel en 1988 et à nouveau en 2026.
    • La critique de la liberté religieuse et de l’œcuménisme tels qu’ils sont compris par la FSSPX est un débat doctrinal réel et ancien (elle ne se limite pas à la liturgie).
    • L’accusation de « pick and choose » peut se retourner : beaucoup de critiques de la Tradition sélective oublient que l’interprétation et l’application de Vatican II ont elles-mêmes donné lieu à des lectures divergentes, parfois très éloignées du texte conciliaire.

    En résumé : le texte vise avant tout la FSSPX et ses actes de 2026, ce qui est légitime. Mais en étendant le diagnostic (« posture victimaire », individualisme, schisme formalisé) aux « traditionalistes » en général, il opère un amalgame qui efface la distinction entre ceux qui sont en rupture de communion et ceux qui ne le sont pas. C’est une faiblesse argumentative classique dans les polémiques ecclésiales : on confond un courant particulier avec toute une sensibilité.

  • Le Secrétariat du Synode tend-il à jouer un rôle prépondérant dans l'Eglise ?

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    Son rôle a nettement gagné en visibilité, en permanence et en influence opérationnelle, surtout depuis Episcopalis communio (2018) et le Synode sur la synodalité (2021-2024), ce qui suscite des critiques sur un risque de centralisation bureaucratique.

    Cadre canonique et institutionnel

    Le Synode des évêques, institué par Paul VI en 1965 (Apostolica sollicitudo), est un organe consultatif (parfois délibératif sur mandat du pape) qui assiste le pontife romain. Il n’est pas une instance de gouvernement autonome et ne fait pas partie de la Curie romaine : il dépend directement du pape.

    Son Secrétariat général permanent (dirigé par un secrétaire général nommé par le pape, actuellement le cardinal Mario Grech) prépare les assemblées, en assure le suivi, collabore à la rédaction des documents et assure la continuité entre les sessions. Le Code de droit canonique (can. 348) et les normes postérieures confirment ce rôle d’appui, sous l’autorité exclusive du pape, qui convoque, fixe l’ordre du jour, ratifie les membres et décide de l’usage des résultats.

    Avec Episcopalis communio (François, 2018), le Secrétariat a été renforcé : il devient plus permanent, peut s’appuyer sur des experts et des commissions, et le document final d’une assemblée, s’il est approuvé par le pape, participe au magistère ordinaire. Le processus synodal élargi (consultation du peuple de Dieu, phases diocésaines/continentales, groupes d’étude) a encore accru son rôle de coordination, de synthèse et d’accompagnement de la mise en œuvre.

    Influence réelle et critiques

    Dans la pratique récente :

    • Le Secrétariat centralise la collecte et le filtrage des contributions (diocèses → conférences → Rome), rédige ou oriente des documents de travail, pilote des groupes d’étude et publie des rapports (souvent présentés comme non magistériels).
    • Il accompagne la phase de mise en œuvre post-2024 (orientations, ressources, suivi jusqu’à environ 2028), en lien avec les dicastères.
    • Sous François, et dans la continuité sous Léon XIV, il a une présence médiatique et institutionnelle forte (Card. Grech, sous-secrétaires, commissions théologique/méthodologique, etc.).

    Des observateurs et commentateurs (y compris dans des publications catholiques critiques) estiment que ce rôle opérationnel peut devenir prépondérant dans les faits : influence sur le cadrage des questions, sélection des experts, formulation des synthèses, et dynamique permanente qui dépasse les assemblées ponctuelles. Certains y voient un risque de bureaucratie « synodale » qui filtre la « voix du peuple de Dieu », marginalise de facto certaines conférences épiscopales ou dicastères, ou crée des structures parallèles peu ancrées dans le droit canon traditionnel (équipes synodales, etc.). Des polémiques récentes (rapports de groupes d’étude sur des questions doctrinales/pastorales sensibles) ont illustré des tensions, le Secrétariat prenant parfois ses distances avec des contenus qu’il a contribué à diffuser.

    D’autres soulignent au contraire que tout reste soumis au pape, que les évêques locaux et les conférences conservent leurs compétences ordinaires, et que le processus vise précisément une collégialité et une co-responsabilité élargies, non un transfert de pouvoir au Secrétariat.

    En résumé

    Le Secrétariat n’a pas, en droit, un rôle de gouvernement qui se substitue aux évêques, aux conférences épiscopales, à la Curie ou au Collège des cardinaux. Il reste un instrument au service du pape et de la collégialité. Cependant, son caractère permanent, son rôle de coordination d’un processus mondial long et son activité documentaire lui ont conféré une influence pratique accrue, que certains jugent disproportionnée ou au détriment d’autres instances plus traditionnelles. L’équilibre dépend en grande partie de la volonté du pontife régnant et de la façon dont les propositions sont (ou non) reçues et mises en œuvre par les autorités compétentes.

  • L’Église vit véritablement une « nouvelle ère de martyre »

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    De Victoria Cardiel sur EWTN News :

    Les documents de l'Église recensent 304 martyrs en Amérique latine depuis le début du siècle.

    L’historien Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, affirme que l’Église vit véritablement une « nouvelle ère de martyre ».

    15 septembre 2026

    L’Église catholique a recensé 304 martyrs en Amérique latine depuis le début du siècle. Il s’agit d’hommes et de femmes tués non seulement pour avoir professé leur foi, mais aussi pour avoir défendu les pauvres, combattu le crime organisé et protégé la création.

    Leurs histoires font partie d'un catalogue mondial de martyrs promu par le Vatican, qui compte déjà plus de 1 700 cas documentés.

    « Nombre d’entre eux ont été assassinés pour des raisons liées au trafic de drogue, à la déforestation ou à leur opposition à l’exploitation des ressources naturelles », a expliqué le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les causes des saints.

    Le cardinal a fait remarquer que si beaucoup étaient des missionnaires, le groupe comprenait également des fidèles laïcs qui ont donné leur vie pour défendre l'Évangile et dénoncer les trafiquants de drogue, protéger les territoires autochtones de la déforestation ou lutter contre l'exploitation illégale des ressources naturelles.

    Comme il l'a expliqué, le point commun de ces affaires est que ces personnes sont devenues « gênantes » pour ceux qui contrôlaient les activités illicites. Leur témoignage de l'Évangile s'est heurté de plein fouet aux intérêts économiques et aux structures criminelles.

    Une conférence pour réfléchir aux nouveaux martyrs

    Semeraro a partagé ces réflexions lors de la conférence internationale « Le XXIe siècle : une nouvelle ère de martyrs ? » au Vatican, une journée d'étude et de réflexion consacrée à l'exploration du témoignage des chrétiens qui ont perdu la vie pour l'Évangile dans différentes parties du monde.

    Le rassemblement, organisé par la Commission pour les nouveaux martyrs — témoins de la foi, devait avoir lieu le 15 septembre à l'Institut pontifical augustinien de Rome.

    Le congrès international réunira à Rome certaines des voix les plus éminentes de l'Église, du monde universitaire et du journalisme afin de réfléchir au témoignage chrétien dans le monde contemporain.

    Parmi les participants figurent le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, République démocratique du Congo ; le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem ; et Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant'Egidio. Interviendront également des experts, comme Mgr Fabio Fabene, président de la Commission pour les Nouveaux Martyrs ; la journaliste Lucia Capuzzi ; l'historien Père Roberto Regoli ; et la religieuse sud-soudanaise Alice Jurugo Drajea, qui partagera la vie chrétienne au milieu de la guerre qui ravage son pays.

    Cette initiative intervient un an après la commémoration des martyrs et des témoins de la foi du XXIe siècle, présidée le 14 septembre 2025 par le pape Léon XIV en présence de représentants d'autres Églises et communautés chrétiennes à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

     

    La commission continue de recueillir des témoignages et des informations concernant les chrétiens tués pour leur foi, dans le but de préserver leur mémoire et de documenter les différentes formes de persécution et de témoignage chrétien à l'époque contemporaine.

    Selon les données publiées par l'organisation l'année dernière, 1 624 martyrs dans le monde ont été recensés entre 2000 et 2025. Parmi eux, 304 provenaient des Amériques, un chiffre qui reflète la nature spécifique du martyre dans cette région aujourd'hui.

    La commission a également noté que le nombre de cas recensés dépasse désormais 1 700 et qu’entre 100 et 150 nouveaux témoignages ont été ajoutés au cours de la seule année écoulée, confirmant ainsi que le phénomène est toujours d’actualité.

    La sainteté va au-delà de la canonisation

    Dans son discours, Semeraro a souligné que la sainteté dans l'Église ne se limite pas aux personnes officiellement canonisées.

    « La grâce de la sainteté dans l’Église est représentée par la canonisation, mais elle ne s’y réduit pas. Bien entendu, cela n’exclut pas la possibilité que, si les conditions nécessaires sont réunies, les procédures de béatification et de canonisation correspondantes puissent être engagées pour certaines des personnes figurant au catalogue », a-t-il précisé.

    C’est le cas, par exemple, de Floribert Bwana Chui , un jeune Congolais de la Communauté de Sant’Egidio, assassiné en 2007 pour avoir refusé d’accepter des pots-de-vin et béatifié en 2025.

    Il a toutefois souligné que l’objectif principal est de mettre en lumière le « haut niveau de vie chrétienne ordinaire » dont parle saint Jean-Paul II dans Novo Millennio Ineunte , que le pape François a plus tard qualifié de celui des « saints d’à côté ».

    La valeur anthropologique de la sainteté

    Le cardinal a également souligné la dimension profondément humaine de la sainteté chrétienne.

    « Nous avons besoin de témoins, de martyrs, qui se sont entièrement donnés pour nous le démontrer jour après jour. Nous avons besoin d’eux afin que, même dans les petits choix de la vie quotidienne, nous puissions choisir le bien plutôt que le confort, sachant que c’est précisément ainsi que nous vivons véritablement », a-t-il expliqué, citant l’encyclique Spe Salvi du pape Benoît XVI .

    Semeraro a également souligné la valeur œcuménique de ce projet, une caractéristique que, selon lui, saint Jean-Paul II avait cherché à inculquer à la commission dès sa création.

    Le martyre continue de croître au XXIe siècle

    Lors de la présentation de la conférence, l'historien Riccardi, vice-président de la commission, a affirmé que l'Église vivait véritablement une « nouvelle ère de martyre ».

    Il a rappelé que saint Jean-Paul II avait encouragé la collecte de témoignages de martyrs du XXe siècle pour le jubilé de l'an 2000, une initiative profondément marquée par son expérience personnelle sous les régimes nazi et communiste. Selon Riccardi, cette intuition s'avère encore plus pertinente aujourd'hui.

    C’est pourquoi, a-t-il expliqué, le pape François a décidé de réactiver et de consolider la Commission pour les nouveaux martyrs, convaincu que « le temps du martyre continue ».

    La réaction de l’Église a été massive. Diocèses, congrégations religieuses, mouvements laïcs, conférences épiscopales et nonciatures apostoliques ont adressé des centaines de témoignages au Vatican.

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa.

  • Le Pape en France : Paris imaginait une visite d’État, tandis que Rome organise un voyage pastoral

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    Selon une enquête de La Croix publiée le 14 septembre 2026, le Saint-Siège a refusé la demande d’Emmanuel Macron d’accompagner le pape Léon XIV pendant quelques minutes (ou dizaines de minutes) à Notre-Dame de Paris, en marge des vêpres.

    Cette demande, transmise par la voie diplomatique, visait notamment à ce que le président français montre personnellement au pape le chantier de restauration de la cathédrale (largement financé par l’État). La Secrétairerie d’État du Saint-Siège a répondu non. La Croix souligne que cet épisode illustre un décalage de conception : Paris imaginait davantage une visite d’État, tandis que Rome organisait un voyage apostolique (pastoral).

    D’autres demandes protocolaires françaises ont également été écartées ou allégées selon la même source (et des reprises dans d’autres médias) : accueil militaire moins solennel, refus de la grand-croix de la Légion d’honneur, et absence de déjeuner ou dîner d’État. Le pape séjournera à la nonciature apostolique. Ces éléments ne sont pas présentés comme une brouille, mais comme une différence de nature du déplacement.

    Le pape Léon XIV doit présider les vêpres à Notre-Dame le 25 septembre 2026 (premier jour de sa visite en France, du 25 au 28 septembre), en présence de représentants de l’Église de France. Il rencontrera officiellement le président, mais sans ce moment privé guidé dans la cathédrale.

  • Corneille et Cyprien (16 septembre)

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    IMAG0053.jpgAprès la mort du pape Fabien (20 janvier 250) qui fut une des premières victimes de la persécution de Dèce, la vacance du siège apostolique se prolongea pendant quinze mois au bout desquels, en mars 251, le clergé et les fidèles de Rome (environ trente mille personnes) purent enfin se réunir pour élire pape le prêtre romain Corneille, fils de Castinus. Saint Cyprien écrivit à un autre évêque, à propos du pape Corneille : Il a passé par toutes les fonctions de l’Eglise, il a bien servi le Seigneur dans les divers emplois qui lui ont été confiés, en sorte qu’il n’est monté au faîte sublime du sacerdoce qu’en gravissant tous les degrés ecclésiastiques. Malheureusement, une partie de la communauté romaine refusa l’élection de Corneille au profit du savant Novatien, prêtre ordonné par le pape Fabien, qui refusait énergiquement de réconcilier les lapsi[1] que Corneille absolvait pouvu qu’ils reconnussent leur faute et fissent pénitence ; ce schisme s’étendit à toute l’Italie, à la Gaule et à l’Afrique où Cyprien de Carthage soutenait vigoureusement Corneille. A l’automne 251, Corneille réunit un synode où siégèrent soixante évêques, qui excommunia Novatien[2], mesure qui, grâce à Fabius d’Antioche et à Denys d’Alexandrie, fut adoptée en Orient. Ces évènement n’empéchèrent pas le pape Corneille d’organiser le clergé de Rome et les institutions caritatives.

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  • Bruxelles (église Sainte-Catherine), 18-19 septembre : Ensemble pour les chrétiens persécutés

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    FRERES DANS L'EPREUVE

    Ensemble pour les chrétiens persécutés

    Eglise Sainte-Catherine

    18 et 19 septembre 2026

    Chers amis,

    Les conflits qui touchent le Proche-Orient continuent de faire peser une menace directe sur les communautés chrétiennes de la région, confrontées à la persécution et à la violence.

    Face à cette réalité, il nous a semblé essentiel de vous proposer, dès cette rentrée, un temps pour mieux comprendre ce que vivent ces communautés.

    En partenariat avec la paroisse Sainte-Catherine d’Alexandrie de Bruxelles, SOS Chrétiens d'Orient Belgique vous invite à 24 heures de mobilisation, sous le mot d'ordre : PRIER, VOIR, COMPRENDRE

    Ces trois temps forts rythmeront les 24 heures :

    • Prier — la veillée de prière, vendredi soir, pour nous retrouver tous ensemble et confier au Seigneur l'ensemble des communautés chrétiennes persécutées.
    • Voir — le documentaire de Solidarité Arménie, samedi 19 septembre. Cette date marque l'anniversaire du déclenchement, en 2023, de l'offensive azerbaïdjanaise qui a conduit à la chute de l’Artsakh et à l'exil de la population arménienne millénaire sur ces terres. Nous vous proposons, à cette occasion, de découvrir la jeunesse arménienne à travers Une jeunesse sacrifiée de Solidarité Arménie, un documentaire très émouvant de 52 minutes porté par les témoignages de plusieurs enfants.
    • Comprendre — l'exposition Visages d'Orient, inaugurée à 14h. À travers huit témoignages, elle donne à voir huit histoires différentes, révélant la diversité et la complexité des situations vécues par les communautés chrétiennes accompagnées par SOS Chrétiens d'Orient au Moyen-Orient. Des histoires de disparitions, de persécutions mais aussi celle des espoirs et des forces vives qui se battent pour leurs communautés.

    Eloyse Gain

    Pierre Hargot, responsable développement Eglise Sainte-Catherine SOS Chrétiens d’Orient - Belgique

    Eglise Sainte-Catherine d'Alexandrie (Bruxelles) Rue du Vieux Marché aux Grains 21, 1000, Bruxelles

  • Le tissu effiloché de l’Église d’Angleterre

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    De Stephen Daisley sur First Things :

    Le tissu effiloché de l’Église d’Angleterre

    14 septembre 2026

    La cathédrale Saint-Paul a trouvé une solution originale pour remplir ses bancs : elle se transforme en salle de concert. Aux termes d’un accord récemment signé, la boîte de nuit londonienne Fabric devient le « partenaire exclusif pour les événements de musique contemporaine » dans le chef-d’œuvre de Christopher Wren, élevé à la gloire de Dieu – ou, comme la cathédrale Saint-Paul se décrit elle-même dans un communiqué de presse, « l’un des lieux les plus emblématiques de Londres ».

    Il y a deux ans, Fabric organisait un concert de l’artiste synth-pop australien RY X, qu’il saluait pour avoir « introduit les synthétiseurs, l’électronique et le spectacle vivant dans un lieu construit des siècles avant leur apparition ». Apprendre que les concerts à Saint-Paul ont débuté en 2024 surprendra sans doute sa chorale nonagénaire. Si seulement ils avaient samplé de l’EDM lors de leurs vêpres !

    Les critiques qui craignent une répétition de la silent disco de la cathédrale de Canterbury – surnommée « la rave dans la nef » – ont reçu l’assurance que les événements sur Ludgate Hill seront « organisés avec respect ». Sandra Lynes Timbrell, directrice de l’accueil des visiteurs de la cathédrale, a déclaré au Church Times que le projet prévoit des « concerts assis » avec une « amplification minimale ».

    Cet accord de partenariat a valu à l’Église d’Angleterre d’être réprimandée par Robert Barron, évêque catholique romain de Winona-Rochester (Minnesota), qui accuse les dirigeants anglicans d’avoir « perdu tout sens de la distinction cruciale entre le sacré et le profane ».

    Le révérend Marcus Walker, commentateur avisé des affaires ecclésiastiques et recteur de la paroisse Saint-Barthélemy-le-Grand à Londres, m’explique que « Dieu se sert de la beauté pour nous attirer à lui ». Il soutient que certaines formes de musique, comme les symphonies, peuvent s’accorder avec le caractère recueilli d’une église. Il cite un concert aux chandelles donné par Nick Cave à Saint-Barthélemy en décembre dernier, où le chanteur a alterné performances musicales et réflexions sur sa foi, comme « l’un des moments les plus profondément spirituels de l’année ».

    Le révérend Walker admet cependant que l’implication de Fabric « complique les choses ». Le club a brièvement fermé ses portes en 2016 après le retrait de sa licence, suite au décès de deux clients de dix-huit ans victimes d’une overdose. L’établissement a rouvert quatre mois plus tard, avec des contrôles et des mesures de sécurité renforcés.

    Une partie de la consternation vient d’un message publié sur X par Sadiq Khan, le maire de Londres, qui a accueilli l’accord de partenariat en des termes pour le moins peu flatteurs : « Fabric. Cathédrale Saint-Paul. Trouvez un duo plus emblématique. L’union de ces deux institutions créera une expérience unique, associant une musique de renommée mondiale à l’un de nos monuments les plus précieux. »

    Voir le maire musulman de Londres célébrer la transformation d’un joyau du patrimoine anglican en un lieu semi-laïque, tout en réduisant un lieu de culte chrétien anglais vénéré au rang de simple monument historique, a été perçu comme une provocation par certains. Relevant le défi lancé par Khan, le journaliste Tom Harwood a proposé : « Boîte de nuit Heaven. Mosquée Baitul Futuh », faisant référence à une boîte de nuit gay réputée et à une mosquée du sud de Londres.

    Malgré le mépris du maire pour l’héritage chrétien de l’Angleterre, la collaboration avec Fabric intervient à un moment de profonde crise pour l’anglicanisme. Cette confession est l’Église établie en Angleterre sans interruption depuis le XVIIe siècle, mais ses origines remontent à la Réforme. Son chef temporel est le roi Charles III, et ses évêques siègent à la Chambre des lords ; pourtant, ses fidèles, les Anglais, sont en réalité peu pratiquants. Seuls 5 % des adultes britanniques fréquentent l’église chaque semaine, un chiffre qui atteint à peine 13 % chez les chrétiens déclarés. Le déclin de la pratique religieuse aux États-Unis ces dernières années pourrait désespérer le clergé américain, mais leurs confrères anglais considéreraient de tels chiffres comme une grâce divine. Le déclin de la religiosité en Angleterre n’est en aucun cas un phénomène exclusivement anglican, comme en témoigne un simple coup d’œil à une messe dominicale typique dans les églises catholiques anglaises. Seul l’islam connaît une croissance en Angleterre.

    La désertion des églises s’accompagne d’un déclin plus général de l’institution. Entre 2010 et 2019, 423 églises anglicanes ont fermé définitivement leurs portes. Le site web de l’Église d’Angleterre propose à la location ou à la vente des églises fermées : on en compte actuellement quarante et une. Face aux nombreux témoignages de vicaires surchargés et sous-payés, contraints par la baisse des vocations à desservir un nombre croissant de paroisses, notre ami le révérend Walker a récemment averti que l’Église était « sur la voie de l’anéantissement », soulignant une diminution de 20 % du clergé rémunéré depuis le début du siècle. Le gouvernement travailliste n’a guère allégé la pression financière en annonçant que les subventions d’un fonds de restauration des églises de 23 millions de livres sterling par an seraient désormais soumises à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 20 %.

    L’Église d’Angleterre bénéficie d’un fonds de dotation de 11,6 milliards de livres sterling, mais les paroisses n’en perçoivent qu’une infime partie. Des initiatives commerciales comme l’organisation de concerts peuvent sembler anodines en termes de rentabilité ; pourtant, qu’il s’agisse de raves dans les nefs ou de concerts de Fiona Apple près de la chapelle de la Vierge, les cathédrales et les églises d’Angleterre risquent, en accueillant le profane, de laisser s’échapper une part du sacré. Un lieu de culte chrétien offre au pèlerin une expérience qu’aucun espace profane ne peut offrir : la possibilité de rencontrer le Divin au sein d’un monument à sa majesté. Franchissez le seuil d’une église, et vous avez instantanément conscience d’avoir laissé derrière vous le monde matériel pour entrer dans le spirituel. Rien qui puisse altérer cette expérience ne mérite d’être récompensé financièrement.

    L’Angleterre est une nation en proie à de profondes mutations politiques, culturelles et démographiques. La question nationale – qu’est-ce qu’être Anglais ? – est au cœur du débat public pour la première fois de ma vie. Pendant des siècles, l’Église anglicane a constitué, au moins en partie, une réponse, un point d’ancrage qui transcendait les différences sociales, éducatives et régionales. Certes, la carte identitaire d’une nation évolue, mais il est peu probable que l’anglicanisme soit remplacé par une institution aussi bienveillante et fédératrice. La course à la succession de l’Église d’Angleterre attire déjà des candidats de tous bords : autoritaires de gauche comme de droite, nationalistes civiques et ethniques, et adeptes des idées postmodernes et post-chrétiennes. Sans leur Église, les Anglais se dispersent, errant sans repères vers l’inconnu.

    Si elle aspire à guider et à prendre soin de cette nation égarée, l’Église d’Angleterre se doit d’offrir ce que les institutions terrestres ne peuvent apporter : la tradition, la coutume et la continuité ; le réconfort du sacré et un aperçu du Divin. Aucun concert, même le plus respectueux et le plus raffiné, ne saurait rivaliser avec les chants angéliques entonnés au Ciel lorsque la maison de Dieu est sanctifiée pour que son peuple puisse venir le visiter.

  • Léon a-t-il découvert une valeur cachée en revenant sur les politiques financières de François ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Léon a-t-il découvert une valeur cachée en revenant sur les politiques financières de François ?

    Qu’a le pape que n’avait pas son prédécesseur : de nouvelles informations, des résultats en amélioration, ou simplement une attitude différente ?

    14 septembre 2026

    Le pape Léon XIV a abrogé lundi l’une des politiques financières emblématiques du pape François, en revenant sur une série de baisses et de gels de salaires décidés en 2021 pour les hauts responsables du Vatican, y compris les cardinaux résidant à Rome.

    Dans un motu proprio daté du 1er septembre mais publié par le bureau de presse du Vatican le 14 septembre, Léon écrit que « Ces mesures de maîtrise des salaires adoptées par mon Prédécesseur [...] qui étaient aussi nécessaires pour faire face au défi exceptionnel de la pandémie [...] peuvent désormais être surmontées, dans la certitude que les institutions du Saint-Siège et de l’État de la Cité du Vatican continueront, par divers instruments, à s’engager pour garantir la viabilité économique. »

    Cette décision du pape, qui fait également référence à un précédent retour sur une autre mesure d’austérité de l’ère François (l’augmentation des loyers résidentiels dans la Cité du Vatican), constitue le dernier signal provenant du Palais apostolique : Léon se sent de plus en plus à l’aise avec la situation financière du Saint-Siège et confiant dans sa viabilité.

    Il s’agit d’un changement remarquable, tant dans la politique que dans l’état d’esprit, entre les deux papes.

    Les dernières années du pontificat de François avaient été marquées par des mises en garde de plus en plus alarmantes du pape sur l’état des finances du Vatican, ainsi que par de constants bouleversements de politique. En revanche, la première année et demie du pontificat léonin a représenté une libéralisation effective de la politique financière curiale et une manière nettement plus optimiste d’évoquer la santé financière du Saint-Siège.

    Mais, avec seulement des informations partielles sur l’état actuel des finances du Vatican, la question reste ouverte : ce changement résulte-t-il de nouvelles informations, de résultats en amélioration, ou simplement d’un changement d’attitude ?

    L’annonce faite lundi par le Saint-Siège selon laquelle le pape Léon a annulé la baisse et le gel des salaires de 2021 pour les cardinaux de la Curie et les hauts responsables comporte deux contextualisations importantes.

    La première relie les baisses de salaires de 2021 aux retombées de la pandémie de coronavirus et au choc économique mondial qu’elle a déclenché. Mais il convient de noter que le motu proprio de Léon de ce mois-ci introduit un qualificatif en suspens — et avec lui une certaine ambiguïté. Le pape écrit que les baisses de 2021 étaient « aussi nécessaires » en raison du COVID-19. Mais il n’explique pas les conditions auxquelles se référait ce « aussi ».

    S’il est raisonnable et compréhensible que le Vatican, comme n’importe où ailleurs, tourne la page des mesures extraordinaires adoptées au lendemain de la pandémie il y a cinq ans, il faut rappeler que François lui-même avait déclaré à l’époque que la mesure était d’abord et avant tout motivée par « le déficit qui a caractérisé la gestion économique du Saint-Siège pendant plusieurs années » et « pour assurer la viabilité et l’équilibre entre recettes et dépenses dans la gestion économique et financière actuelle ».

    Selon le dernier état budgétaire publié par le Vatican, en novembre de l’année dernière, le déficit structurel du budget curial a presque été divisé par deux entre 2023 et 2024, passant de 83,5 millions d’euros à moins de 44,5 millions. Les dons extérieurs, la performance des investissements financiers et la génération de revenus opérationnels étaient tous en hausse sur la même période.

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  • Les évêques de l'UE s'opposent au "débaptême" : la liberté de l'Église est en jeu.

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Les évêques de l'UE s'opposent au débaptême : la liberté de l'Église est en jeu.

    La Commission des épiscopats des pays européens a fermement et motivé son refus de modifier les registres de baptême, anticipant ainsi l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne sur la demande d'annulation d'un citoyen belge. Cette affaire soulève la question des rapports entre politique et religion et met en lumière l'illusion de la prétendue neutralité des États.

    15/09/2026

    Photo Vatican Media/LaPresse

    La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) rendra prochainement un arrêt sur une affaire relative à une demande de « débaptême ». Un citoyen belge souhaite que son nom soit radié des registres de baptême de l'Église car il ne souhaite plus appartenir à l'Église catholique. Le diocèse a saisi les autorités belges, et l'affaire a ensuite été portée devant la juridiction européenne. Actuellement, la législation nationale interdit cette pratique, imposant à l'Église l'obligation d'inscrire les nouvelles volontés exprimées dans le registre sans pour autant radier le nom.

    Une partie considère cette mesure insuffisante et inappropriée, car elle porte atteinte à la liberté de conscience et aux droits garantis par le Règlement général sur la protection des données (RGPD). C'est vraisemblablement sur la base de ce règlement que la Cour européenne se prononcera.
    La Commission épiscopale des États membres de l'Union européenne (COMECE) a eu raison de présenter, dans un document juridique, les arguments de l'Église catholique contre la modification des registres de baptême.

    La question est juridique, mais avant tout politique , puisqu'elle touche aux rapports entre politique et religion, entre Église et État, entre droit civil et droit canonique. D'où son importance, qui dépasse largement le cadre de cette affaire. Elle touche particulièrement la liberté religieuse, désormais reconnue non seulement par l'État libéral, mais aussi par l'Église. Mais la comprennent-ils de la même manière ? Un incident mineur peut déstabiliser un consensus que l'on croit, à tort, acquis et bouleverser la donne sur une question épineuse.

    Tous les États européens, y compris l'UE elle-même, se réclament aujourd'hui de la neutralité en matière religieuse, reconnaissant ainsi leur incompétence dans ce domaine. Cette neutralité s'exerce de deux manières : soit en excluant toutes les religions de la sphère publique, soit en leur permettant d'y affirmer leur identité. Chacun constate que, dans les deux cas, on parle de neutralité, mais il n'en est rien. L'État, dans les deux cas, réglemente la religion, intervient de manière autoritaire et extérieure, lui impose sa place, la contraint à agir ou à s'abstenir, et ne la reconnaît pas. Elle ne la reconnaît pas, soit parce qu'elle lui interdit d'exister dans l'espace public, soit parce qu'elle la considère comme une religion parmi d'autres, dépourvue d'identité et de dignité propre. Ces deux interprétations de la liberté religieuse ne rendent pas la religion véritablement libre, même si elles reconnaissent la liberté individuelle d'adhérer volontairement à l'une ou à l'autre.

    La liberté de religion n'est pas synonyme de liberté de religion.Dans les deux cas évoqués, l'État se considère supérieur à la religion ; sa neutralité équivaut, en pratique, à la souveraineté. L'Église catholique possède sa propre doctrine, dont un élément fondamental est que le baptême est un sacrement indélébile, une porte d'entrée vers d'autres sacrements et une incorporation non nominale mais essentielle au Corps du Christ. Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours ainsi, et la présence du nom du baptisé en témoigne. Or, l'État, au nom de sa neutralité souveraine, est totalement incompétent en la matière et peut donc, en invoquant souverainement l'une ou l'autre des lois qu'il a promulguées sous cette même souveraineté, en nier la validité.

    Certes, si l'État appliquait non pas ses lois positives, qui n'ont d'autre fondement que sa souveraineté établie et imposée, mais le « bien commun », la situation changerait, car alors les religions prendraient un visage, et celui de la religion catholique brillerait d'un tel éclat que l'État renoncerait à sa neutralité. Mais l'État libéral, s'il demeure tel quel, ne peut aller aussi loin. Il est donc raisonnable de supposer que la décision attendue en octobre autorisera la radiation des personnes baptisées des registres, et si ce n'est pas cette fois-ci, ce sera la prochaine, car tout porte à le croire.

    De plus, si l'Église catholique limite ses prérogatives à se fonder uniquement sur une liberté religieuse très semblable à celle de l'État libéral, sans affirmer sa propre identité et son authenticité dans l'espace public, elle ne peut prétendre à une reconnaissance différente. Si elle exige le respect de son baptême au même titre que celui du droit familial islamique, elle se verra finalement refuser le droit d'être reconnue pour sa spécificité et non selon les préjugés de l'État souverain.

    L'un de ces préjugés est celui de la liberté de conscience . Et de fait, en matière de « débaptême », l'un des critères d'évaluation politique, outre la protection des données personnelles, est la liberté de conscience. Libre alors d'être baptisé, libre aujourd'hui d'être « débaptisé ». L'État libéral moderne raisonne ainsi car, de même que sa souveraineté est vide, la liberté de conscience l'est également à ses yeux. Cet État ne peut même pas envisager qu'il existe dans la vie religieuse quelque chose d'objectif, de transcendant, d'ontologique, d'éternellement valable, d'indélébile, comme le caractère baptismal pour la religion catholique, et que ce quelque chose doive être défendu par la politique car il possède lui aussi une valeur publique. À ses yeux, ce serait une limitation de la liberté de conscience, qui, pour lui, n'est libre que si elle est vide et peut être remplie tantôt par ceci (le baptême), tantôt par son contraire (le débaptême).

  • La Chine tient l’Église à sa botte, à la grande satisfaction de l’opinion publique internationale

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    La Chine tient l’Église à sa botte, à la grande satisfaction de l’opinion publique internationale

    En juillet, août et septembre, la Chine a célébré les quatre premières ordinations d’évêques intégralement attribuables au pontificat de Léon. Les deux évêques précédents, ordonnés à l’automne 2025, avaient en effet été choisis de manière unilatérale par les autorités chinoises pendant l’interrègne entre la mort du pape François et l’élection de son successeur.

    Cette année encore, tout s’est déroulé comme prévu dans  l’accord secret sur la nomination des évêques signé par Pékin et Rome en 2018, et actuellement prorogé jusqu’en 2028. Et comme d’habitude, deux communiqués séparés ont été publiés, par le bureau de presse du Saint-Siège d’un côté, et par l’agence de l’Association patriotique des catholiques chinois de l’autre. Le premier annonce que l’ordination a eu lieu, avec la biographie du nouvel évêque et la notification du jour où le pape l’a nommé. Le second donne les noms des évêques consécrateurs et insiste sur le caractère « officiel » de la nomination du nouveau prélat par le Conseil des évêques chinois (une conférence épiscopale fantoche non reconnue par Rome), datant de plusieurs mois avant l’acceptation de cette même nomination par le pape — qui n’est par ailleurs jamais mentionné.

    En théorie, le pape est censé avoir la faculté de refuser une nomination faite en première instance par les autorités chinoises, mais dans les faits, cela n’est jamais arrivé. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord, Rome a toujours avalisé les nominations décidées par Pékin, y compris celles qui ont été décidées en violation manifeste de l’accord lui-même, comme pour l’actuel évêque de Shanghai, Joseph Shen Bin.

    Sur les quatre récentes ordinations épiscopales, la plus significative est celle de Joseph Chang Yanfeng à la tête du diocèse de Chifeng, dans la province de Mongolie-Intérieure.

    Depuis des décennies, une immigration massive de populations d’ethnie Han est en cours dans cette région, réduisant désormais la population d’origine mongole à moins d’un cinquième. Ceci dans le but avoué de promouvoir l’unité nationale — culture, traditions et langue —, avec obligation de l’apprentissage le mandarin dès l’école primaire.

    Et le nouvel évêque de Chifeng est plus qu’aligné sur cette directive politique, qui a récemment pris corps dans une loi « pour la promotion du progrès de l’unité nationale », en symbiose absolue avec le processus de « sinisation » des religions, si cher au président Xi Jinping.

    Le 30 juin dernier, alors que le pape Léon l’avait déjà nommé évêque mais avant que la nouvelle ne soit rendue publique, Chang Yanfeng a organisé une réunion avec les notables du diocèse et des cadres politiques. L'objectif ? « Adapter activement » le diocèse « aux exigences du travail ethnique et religieux de la nouvelle ère, en promouvant soigneusement l’éducation à l’unité nationale et l’étude du droit, en maintenant une foi et une pratique authentiques, en renforçant l’unité des fidèles par une discipline rigoureuse et en garantissant, par l’État de droit, l’harmonie, la stabilité et le bon ordre dans le secteur catholique », d’après le compte-rendu officiel.

    Fin août, nous avons eu la confirmation que cette ligne politique inspire bel et bien le choix des nouveaux évêques par Pékin avec l’inauguration à Wuhan d’un musée dédié aux « œuvres patriotiques et catholiques de Dong Guangqing » — le tout premier évêque ordonné en Chine sans mandat du Saint-Siège, en 1958, en plein règne de Mao Tsé-toung.

    Pour chanter les louanges de cet évêque « pionnier de la voie de l’indépendance, de l’autonomie et de l’autogestion » lors de l’inauguration, deux des plus hauts représentants actuels de l'Église catholique chinoise intégrée au régime ont pris la parole : l’évêque de Shanghai, Joseph Shen Bin, président du Conseil des évêques chinois, et l’évêque de Pékin, Joseph Li Shan, président de l’Association patriotique.

    Un musée similaire de la sinisation de l’Église chinoise a déjà ouvert à Pékin en 2023, lors du quinzième anniversaire de la nomination de Li Shan. Et un autre est en projet à Shanghai.

    Pendant ce temps, le 3 septembre à Hong Kong, la condamnation prononcée en 2022 contre le cardinal Joseph Zen Ze-kiun (96 ans) a été confirmée. L'irréductible défenseur de la liberté de l’Église et des citoyens a été condamné pour avoir collecté des fonds afin d’aider des manifestants détenus ou blessés, avec toujours en toile de fond une accusation jamais classée de « collusion avec des puissances étrangères ».

    Tout cela sans que les organes de presse du Saint-Siège n’y fassent la moindre allusion. Ces derniers ont également passé sous silence les condamnations infligées le 22 août pour « incitation à la transgression » à deux figures de l’opposition démocratique de Hong Kong, Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan, deux convertis au catholicisme. Sans parler de leur mutisme assourdissant sur la condamnation définitive à 20 ans de prison, le 20 mars dernier, de Jimmy Lai (79 ans), lui aussi fervent catholique, le plus célèbre et le plus persécuté des défenseurs des libertés révoquées par le régime.

    « Vatican News », le portail d’information du Saint-Siège, a en revanche abondamment couvert début août le premier dialogue officiel entre des représentants de l’Église catholique — présidés par le cardinal George Jacob Koovakad, préfet du dicastère pour le dialogue interreligieux — et de la pensée confucéenne. Organisées à Séoul, ces rencontres portaient sur le thème : « Nouveau ciel, nouvelle terre et ‘Dafong’, la grande harmonie », en présence de représentants du confucianisme issus de douze pays, dont la Chine.

    L’événement s'est conclu par une déclaration conjointe. Mais sans la moindre allusion à l’instrumentalisation politique que les autorités de Pékin font aujourd’hui du confucianisme — un détournement en revanche pointé du doigt par Gianni Criveller, de l’Institut pontifical des missions étrangères, fin connaisseur de la Chine et directeur de l’agence « AsiaNews », dans un éditorial du 9 septembre pour les cinquante ans de la mort de Mao Tsé-toung :

    « Aujourd’hui, Xi Jinping ne gouverne pas la Chine avec l’idéologie communiste de Mao, mais avec une idéologie nationaliste inspirée par l'instrumentalisation politique du confucianisme. Si Mao combattait le confucianisme, qu’il accusait d'être la cause du retard de la Chine, Xi en fait le cœur idéologique de son nationalisme et de son programme de sinisation. »

    Face à un tel tableau, on s’attendrait à voir grandir dans le monde une méfiance envers le régime de Pékin, qui réprime à ce point la liberté religieuse et toutes les autres libertés.

    Mais il n’en est rien. C’est tout l’inverse qui se produit, à en croire une récente enquête du « Pew Research Center » de Washington menée dans 36 pays.

    L’étude compare la proportion de populations qui expriment une opinion favorable sur la Chine d’un côté, et sur les États-Unis de l’autre.

    Le résultat est édifiant : il n’y a que dans 9 pays — Israël en tête, suivi du Japon, de l’Inde et, en Europe, de la Pologne — que les opinions publiques sont davantage favorables aux États-Unis qu’à la Chine.

    Dans tous les autres pays, c’est le contraire. Au Pakistan, les jugements favorables à la Chine atteignent 90 %, contre 15 % pour les États-Unis. En Indonésie, 72 % contre 29 % ; en Turquie, 43 % contre 13 % ; en Italie, 51 % contre 31 % ; en Espagne, 54 % contre 30 % ; au Royaume-Uni, 46 % contre 41 % ; en Allemagne, 27 % contre 19 % ; en France, 36 % contre 27 % ; en Afrique du Sud, 52 % contre 35 % ; au Nigeria, 78 % contre 63 % ; au Mexique, 59 % contre 49 % ; au Pérou, 61 % contre 51 % ; au Canada, 44 % contre 33 % ; en Australie, 31 % contre 24 %.

    Bien entendu, Donald Trump pèse lourdement dans l’opinion négative portée sur les États-Unis. En 2023, une étude similaire révélait encore une majorité d'avis favorables aux États-Unis par rapport à la Chine dans de nombreux pays. En Italie par exemple, 60 % de la population percevait favorablement les États-Unis, contre 36 % pour la Chine.

    Mais même quand on se limite à demander aux personnes interrogées d’évaluer le niveau de liberté individuelle garanti aux États-Unis et en Chine, l’évolution de l’opinion publique depuis 2023 profite presque partout à Pékin. En Italie, le pourcentage de citoyens convaincus que les libertés individuelles sont garanties en Chine a grimpé de 9 à 15 % en trois ans, tandis que ceux qui estiment qu'elles le sont aux États-Unis a chuté de 64 à 39 %.

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.

    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Des hommes mariés bientôt ordonnés prêtres dans le diocèse d'Anvers ?

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    Johan Bonny, évêque d’Anvers, s’est rendu à Rome pour avancer son projet d’ordonner des hommes mariés comme prêtres dans son diocèse d’ici 2028, motivé par la pénurie critique de prêtres.

    Le titre de l’article de La Libre (publié le 14 septembre 2026) reprend ses propres mots : « La nécessité m’y contraint ». Six mois après son annonce dans une lettre pastorale de mars 2026 (dans le cadre de la mise en œuvre du processus synodal), Bonny détaille l’état d’avancement.

    Contexte de la pénurie

    Dans le diocèse d’Anvers, il ne reste plus que 70 prêtres de moins de 70 ans, dont les deux tiers sont d’origine étrangère. Les prêtres cumulent des charges très lourdes, allant d’un clocher à l’autre. Aucun n’est plus rattaché à un hôpital, un mouvement de jeunesse ou une école ; un seul aumônier permanent couvre les cinq établissements pénitentiaires de la province. Bonny estime que le recours à des prêtres étrangers n’est pas une solution durable, notamment pour des raisons de langue.

    La démarche auprès de Rome

    Bonny présente son initiative comme pragmatique et non idéologique. Il a discuté de la question au sein de la Conférence épiscopale belge et lors de la visite ad limina avec le pape François. Ses confrères partagent globalement l’avis, mais l’archevêque Luc Terlinden souligne qu’il s’agit d’une démarche propre à l’évêque d’Anvers.

    En juin 2026, Bonny s’est rendu de sa propre initiative à Rome. Il a rencontré le cardinal Lazarus You Heung-sik (préfet du Dicastère pour le clergé) et le cardinal Mario Grech (secrétaire général du Synode des évêques). Il leur a exposé les chiffres de la pénurie flamande ; ils ont indiqué qu’ils en parleraient au pape Léon. En août, d’autres évêques belges (dont Terlinden) ont aussi rencontré le pape ; Bonny suppose que le sujet a été abordé, sans détails publics.

    Une éventuelle ordination d’hommes mariés (viri probati) dans le rite latin exige l’accord du pape. Bonny ne peut pas modifier la discipline seul.

    Préparatifs à Anvers

    Plusieurs candidats ont déjà été identifiés. Ils suivent une formation théologique et pastorale comparable à celle des autres candidats au sacerdoce, de manière « transparente et discrète, à l’abri du regard des médias ». Les critères sont alignés sur ceux des diacres permanents : âge minimum de 35 ans, accord de l’épouse, vie de famille stable, et plus d’enfants en bas âge.

    Bonny reste optimiste quant à une évolution possible d’ici 2028. Ce projet s’inscrit dans un débat plus large sur le célibat sacerdotal et les besoins pastoraux en Europe occidentale, où la pénurie est particulièrement aiguë.

    Lire également : L’évêque auxiliaire de Ratisbonne ouvre la porte à l’ordination d’hommes mariés, mais reconnaît que le problème réside dans « la perte de la foi ».

  • 9 séminaristes font leur rentrée au Grand Séminaire francophone de Belgique : un chiffre historiquement bas

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    Pour l’année académique 2026-2027, le Grand Séminaire francophone de Belgique (à Namur) a fait sa rentrée le lundi 7 septembre 2026.

    Voici la situation selon le discours de rentrée du recteur, l’abbé Joël Spronck (rapporté le 14 septembre 2026) :

    Effectifs

    • 42 hommes sont inscrits au Studium (formation intellectuelle et académique en philosophie et théologie).

    Répartition approximative :

    • 9 séminaristes diocésains (chiffre historiquement bas).
    • 5 nouveaux propédeutes diocésains (année de discernement préparatoire), âgés de 18 à 22 ans.
    • 7 jeunes en formation au Séminaire Redemptoris Mater (Chemin néo-catéchuménal).
    • 7 jeunes à la Maison Saint-Joseph de Namur (propédeutes de la Communauté de l’Emmanuel).
    • 14 religieux, dont deux provenant d’Églises orientales.

    Propédeutique

    Pour la première fois, les propédeutes belges sont accueillis à Metz (et non plus à Namur). Ils y rejoignent des propédeutes de Lorraine, de Strasbourg et du Grand-Duché de Luxembourg dès la fin septembre. Ils reviendront en Belgique pour un expérimental pastoral et une retraite ignatienne.