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Eglise - Page 4

  • Les dessous du dernier Conclave

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    D'Anthony Cormy sur aleteia.org :

    Portable caché, scrutins inattendus… Dans les coulisses du dernier conclave

    04/02/26

    Un téléphone portable caché, des scrutins inattendus, un classement qui n'était pas arrivé depuis 750 ans… Gerard O'Connell et Elisabetta Piqué, vaticanistes, publient ce 5 février en France "Le dernier conclave" dans lequel ils dévoilent les coulisses de l’événement. 

    Un téléphone portable caché, des scrutins inattendus, un classement qui n'était pas arrivé depuis 750 ans… Ces informations proviennent du livre Le dernier conclave, écrit par Gérard O’Connell et Elisabetta Piqué, qui sort ce 5 février en France et qui regorge d’informations croustillantes collectées par les deux vaticanistes. Les cardinaux n’ont en effet pas le droit de communiquer sur ce qu’il s’est passé durant le conclave, sous peine d’excommunication, ce qui a obligé les vaticanistes à se concentrer sur les déclarations publiques et privées de chacun des électeurs, ainsi que sur leurs indiscrétions, pour réussir à comprendre tout ce qui s’est passé.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • La cause de canonisation d'Adèle Brise, une immigrée belge illettrée qui avait des visions de la Vierge Marie, est ouverte

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    De Kate Quiñones sur EWTN News :

    La cause de canonisation d'Adèle Brise, témoin des premières apparitions mariales reconnues aux États-Unis, est ouverte.

    L'Église catholique a officiellement ouvert la cause de canonisation d'Adèle Brise, une immigrée belge illettrée qui avait des visions de la Vierge Marie.

    2 février 2026

    Dans un décret publié vendredi par un évêque du Wisconsin, l'Église catholique a officiellement ouvert la cause de canonisation d'une immigrante belge qui avait eu des visions de la Vierge Marie.

    Adele Brise (1831-1896) était analphabète, mais elle parcourait à pied la campagne du Wisconsin pour enseigner la parole de Dieu aux enfants et aux familles. Elle est surtout connue pour les trois apparitions mariales qu'elle a vécues, les seules apparitions mariales reconnues aux États-Unis.

    L'an dernier, plus de 200 000 pèlerins ont visité le sanctuaire de Notre-Dame des Champions dans le Wisconsin, a déclaré à EWTN News le père Anthony Stephens, Père de la Miséricorde et recteur du sanctuaire.

    Dès sa première communion, alors qu'elle était enfant en Belgique, Brise ressentit un appel à la vie religieuse. Mais lorsque sa famille décida d'immigrer aux États-Unis, elle les accompagna, faisant confiance à son curé qui l'y encouragea.

    Elle ne deviendrait jamais religieuse, « mais elle est restée fidèle à cet appel fondamental », a déclaré l’évêque David Ricken de Green Bay, dans le Wisconsin, qui a promulgué le décret le 30 janvier.

    « Ce qui me touche particulièrement chez elle, c’est sa persévérance », a ajouté le père John Girotti, vicaire général et modérateur de la curie du diocèse de Green Bay. « Elle est arrivée aux États-Unis avec ses parents lorsqu’elle avait une vingtaine d’années. Ce n’était pas forcément son choix, mais elle est venue par respect pour sa mère et son père. »

    Brise était également aveugle d'un œil suite à une blessure subie dans son enfance.

    « Elle avait la foi. Elle aimait Dieu. Et elle a persévéré », a poursuivi Girotti. « Sa foi lui a permis de déplacer des montagnes, comme le dit Jésus. Et elle l'a fait. Elle a accompli de grandes choses. Elle était ouverte à la volonté de Dieu dans sa vie. »

    Dans ses visions, Marie l'appela à catéchiser les enfants, et Brise se consacra donc à l'éducation. Elle porta l'habit, mais ne fut jamais ordonnée religieuse. En tant que laïque, elle dédia sa vie à l'enseignement de la foi catholique aux enfants.

    « Dès qu'elle a senti la Vierge Marie lui parler, sa vie a été transformée. Elle est partie aussitôt et, pour le reste de sa vie, elle a enseigné aux enfants, pris soin d'eux, prêché l'Évangile sans relâche, souvent dans une grande pauvreté, face aux incendies, à la famine, mais avec une foi immense », a déclaré Girotti. « Elle a persévéré. Et je pense que c'est un puissant témoignage pour nous aujourd'hui : il faut garder la foi et la partager. »

    Après avoir construit une chapelle et une école dans la zone où la Vierge Marie était apparue, la communauté allait vivre une nuit que Stephens a décrite comme « semblable à la bataille de Jéricho ».

    En 1871, alors qu'un incendie se rapprochait de la propriété, Brise et d'autres membres de la communauté sont venus prier.

    « Ils ont prié pour que le feu reste circonscrit au périmètre de la propriété, là où une clôture avait été installée. Le feu s'est arrêté à la clôture, mais il a contourné la chapelle », a expliqué Stephens. « La chapelle et l'école ont été épargnées, et il a plu le lendemain matin. »

    Stephens a qualifié le sanctuaire de « lieu de prière ».

    Les visiteurs sont de tous horizons, des catholiques fervents aux non-catholiques en passant par des personnes qui se sont éloignées de l'Église depuis un certain temps, et Stephens affirme entendre de nombreuses « confessions très sincères ».

    Le sanctuaire a été le théâtre de « petites guérisons physiques » et de « guérisons morales », a déclaré Stephens, citant notamment le cas d'une femme guérie après 15 ans de migraines douloureuses.

    Une sainte américaine

    À l'approche du 250e anniversaire des États-Unis, Stephens a déclaré qu'il était « vraiment enthousiasmant pour un Américain de devenir un Serviteur de Dieu ».

    « Notre identité catholique devrait façonner notre manière de vivre en tant qu'Américains, et les deux sont parfaitement compatibles », a déclaré Stephens. « C'est donc un événement réjouissant de voir l'une de nos compatriotes reconnue pour son amour radical de Dieu et sa quête d'une vertu héroïque. Nous devrions nous efforcer de l'imiter afin de vivre pleinement notre identité américaine. »

    Ricken a déclaré espérer que cela s'inscrive dans une démarche visant à reconnaître davantage de saints américains. Il a rappelé que le pape Benoît XVI avait exhorté l'Église aux États-Unis à entamer un processus d'enquête sur les causes de canonisation.

    « Nous savions qu'il devait y avoir des saints ici, mais nous n'avions pas, en tant qu'Église aux États-Unis, pris l'initiative de nous lancer dans cette aventure », a déclaré Ricken.

    L'événement, empreint de recueillement, qui annonçait sa cause, a attiré de nombreuses jeunes familles, selon Ricken.

    « C’était magnifique de voir toutes ces jeunes familles ici », a déclaré Ricken lors d’une conférence de presse après le décret. « Je trouvais ça formidable, d’autant plus qu’Adele était très attachée aux enfants. »

    « La Vierge Marie lui a dit d'aller dans cette région sauvage et d'enseigner aux enfants les préceptes essentiels de la foi », a déclaré Ricken. « Et elle continue de le faire, de toute évidence, puisque c'est ce qui s'est passé ce soir, lorsque tous ces jeunes enfants et leurs familles sont venus. »

    Kate Quiñones est journaliste à l'agence de presse catholique Catholic News Agency et membre du College Fix. Ses articles ont été publiés dans le Wall Street Journal, le Denver Catholic Register et CatholicVote. Voir sa biographie complète.
  • L'oeuvre de bollandistes est inscrite au patrimoine de l'UNESCO

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    Du journal Le Soir :

    Les « Acta Sanctorum » et leurs archives inscrits au registre « Mémoire du monde » de l’Unesco

    Les « Acta Sanctorum » (Actes des saints) de la Société des Bollandistes, datant de la première moitié du XVIIe siècle, ont été inscrits au registre international « Mémoire du Monde » par l’Unesco.

    Image illustrative de l’article Acta Sanctorum

    Premier volume des Acta Sanctorum (mois de janvier), publié en 1643. (Wikipedia)

    Les Acta Sanctorum (Actes des saints) de la Société des Bollandistes d’Anvers, datant de la première moitié du XVIIe siècle, ont été inscrits au registre international « Mémoire du Monde » par l’Unesco, annoncent jeudi l’agence onusienne, la bibliothèque scientifique nationale KBR et la société savante. Il s’agit de l’une des plus grandes entreprises scientifiques et éditoriales menées en Europe avant la Révolution française

    Cette encyclopédie sur les saints et les saintes du monde entier offre à la fois une étude historique rigoureuse de la vie et du culte de chaque saint(e) et l’édition critique, dans leur langue originale, des sources qui les concernent, soit des milliers de textes hagiographiques composés entre le IIe et le XVIIe siècle.

    Pour réaliser ce projet, les Bollandistes ont récolté une documentation considérable, grâce à la collaboration d’un vaste réseau d’érudits issus de différents pays européens. Celle-ci se compose de près de 300 recueils d’archives, de manuscrits anciens, mais aussi de dessins et plans illustrant des monuments et objets dont plusieurs ont disparu aujourd’hui.

    Plus de 60.000 pages

    L’inscription à l’Unesco concerne les Acta Sanctorum (60.490 pages numérotées, distribuées dans 67 volumes) et leurs archives. ​Ces archives, gravures et manuscrits exploités par les Bollandistes (XVIIe-XVIIIe siècles) incluent 294 volumes des Collectanea Bollandiana, conservés à la bibliothèque des Bollandistes (160) et à KBR (134) ; plus de 700 plaques de cuivre ayant servi à l’impression des gravures insérées dans les Acta Sanctorum ; et divers manuscrits et imprimés ayant un lien direct avec la collection.

    L’Unesco a également souhaité saluer la mise en œuvre d’une critique historique novatrice, pour la première fois appliquée à un champ religieux. Les Bollandistes ​ont élaboré la méthode et les règles d’une nouvelle discipline dans le domaine des sciences historiques et philologiques : l’hagiographie critique.

  • Saint-Siège et Fraternité Saint-Pie X : les discussions entre les parties se poursuivent

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    De Vatican News :

    Contacts entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X pour éviter les ruptures

    Répondant aux questions des journalistes, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège a souligné qu'après l'annonce de plusieurs ordinations épiscopales en juillet, les discussions entre les parties se poursuivent.

    «Les contacts entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège se poursuivent, l'objectif étant d'éviter toute rupture ou solution unilatérale concernant les problèmes soulevés». C'est ce qu'a déclaré Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, en répondant aux questions des journalistes concernant l'annonce faite lundi, 2 février, par la Fraternité, de prochaines consécrations épiscopales prévues le 1er juillet au Séminaire international Saint-Curé d'Ars à Flavigny-sur-Ozerain, en France.

    Dans le communiqué de la Fraternité Saint-Pie X, il est fait référence à une lettre envoyée au Saint-Siège dans laquelle était exprimée «la nécessité particulière pour la Fraternité d'assurer la continuité du ministère de ses évêques». Le Saint-Siège – peut-on lire dans le communiqué – a envoyé «une lettre qui ne répond en aucune façon à nos demandes», d'où la décision de poursuivre dans la voie indiquée.

  • Saint John Henry Newman est inscrit au calendrier romain en date du 9 octobre

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    D'Alessandro Di Bussolo sur Vatican News :

    Saint Newman inscrit au calendrier romain

    Publication ce mardi du décret du dicastère pour le culte divin par lequel le Pape inscrit le saint Anglais, canonisé en 2019 et proclamé docteur de l'Église le 1er novembre 2025, dans le calendrier romain général. Le décret établit liturgiquement la mémoire facultative et son insertion dans tous les calendriers et livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la liturgie des heures.

    «Dieu m'a créé pour lui rendre un service précis. J'ai un rôle à jouer dans cette grande œuvre; je suis un maillon d'une chaîne, un lien de connexion entre les personnes. Il ne m'a pas créé pour rien». C'est ce qu'écrivait le cardinal John Henry Newman, canonisé en 2019 et proclamé docteur de l'Église par le Pape Léon XIV le 1er novembre 2025, en la solennité de la Toussaint et du Jubilé du monde éducatif. Le Souverain pontife l'a également proclamé «co-patron, avec saint Thomas d'Aquin, de tous ceux qui participent au processus éducatif». Il a décidé d'inscrire le nom de saint John Henry Newman dans le Calendrier romain général, le calendrier qui régit les fêtes et les célébrations de l'année liturgique.

    La mémoire de Newman sera célébrée le 9 octobre, jour de sa conversion

    C'est ce qu'établit un décret publié mardi, 3 février, par le dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, -mais signé par le cardinal préfet Arthur Roche et par le secrétaire, l'archevêque Vittorio Viola, le 9 novembre 2025, fête de la dédicace de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Il dispose que la mémoire facultative du saint soit célébrée par tous le 9 octobre, jour de la conversion de Newman, pasteur anglican, au catholicisme, en 1845. Il sera ainsi possible dès aujourd'hui, dans toute l'Église, de célébrer la messe et de réciter les laudes, les vêpres et autres prières de la liturgie des heures en mémoire du saint théologien et cardinal.

    La douce lumière de Dieu et la paix dans l'Église catholique

    Le décret souligne d'emblée que «la douce lumière de la grâce de Dieu, venue dans ce monde pour éclairer les peuples, a conduit John Henry Newman à trouver la paix dans l'Église catholique». Il ajoute que, tout au long de sa longue vie, le cardinal Newman «s'est montré infatigable dans la mission à laquelle il avait été appelé, accomplissant son ministère de recherche intellectuelle, de prédication et d'enseignement, ainsi que de service aux pauvres et aux plus démunis». Un grand intellectuel chrétien, explique-t-il, dont l'esprit vif «nous a laissé des monuments durables d'une grande importance en matière théologique et ecclésiologique, ainsi que des compositions poétiques et dévotionnelles». La recherche constante du cardinal Newman «de sortir des ombres et des images pour aller vers la plénitude de la vérité est devenue un exemple pour chaque disciple du Ressuscité». Ainsi, le décret établit que saint John Henry Newman, «ayant été reconnu comme une lumière éclatante pour l'Église en pèlerinage à travers l'histoire, peut à juste titre être compté parmi les autres saints docteurs inscrits dans le calendrier romain général».

    Les textes liturgiques

    «Cette nouvelle mémoire doit être insérée dans tous les calendriers et livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la liturgie des heures», peut-on encore lire dans le décret, qui établit l'adoption des textes liturgiques en latin joints au décret lui-même, «qui doivent être traduits, approuvés» et, après confirmation du dicastère, «publiés» par les conférences épiscopales. Il s'agit de la prière d'ouverture, des lectures, des textes relatifs à la liturgie des heures et du texte du Martyrologe romain.

    En 1825 pasteur anglican, en 1847 prêtre catholique

    John Henry Newman naît à Londres le 21 février 1801 dans une famille anglicane. En mai 1825, il est ordonné pasteur de l'Église d'Angleterre, chargé de suivre les étudiants universitaires en tant que vicaire de la paroisse de l'université d'Oxford. Entre 1832 et 1833, lors d'un voyage de retour d'Italie, Newman compose Lead, Kindly Light (Guide-moi, lumière bienveillante), qui deviendra plus tard un hymne religieux populaire. Dans les années suivantes, il fonde avec d'autres amis le Mouvement d'Oxford, afin de lutter contre la propagation du libéralisme religieux dans les universités anglaises. Lorsque de nombreux ecclésiastiques anglicans, appartenant pour la plupart à ce mouvement, passent à l'Église catholique, Newman traverse une crise religieuse qui le conduit en 1845 à adhérer au catholicisme. Le 30 mai 1847, il est ordonné prêtre dans la chapelle de Propaganda Fide à Rome. Fasciné par le charisme de saint Philippe Néri, il fonde la Congrégation de l'Oratoire en Angleterre.

    «Je serai un ange de paix, un prédicateur de vérité»

    Avec son œuvre majeure sur le thème de la conscience, la Lettre au duc de Norfolk (1875), il aide de nombreux catholiques anglais à accepter le dogme de l'infaillibilité du Pape, proclamé à cette époque. Réfléchissant à sa vocation dans l'Église, il écrit: «Je serai un ange de paix, un prédicateur de vérité, si seulement j'observe ses commandements et le sers dans ma vocation». Le 12 mai 1879, le Pape Léon XIII le nomme cardinal, lui attribuant la diaconie de Saint-Georges au Velabro. Il continue à vivre à Birmingham, près de l'Oratoire, où il meurt le 11 août 1890. Près de soixante-dix ans après sa mort, le processus de béatification et de canonisation est lancé. En 1991, Saint Jean-Paul II autorise la publication du décret concernant l'exercice héroïque des vertus. Newman est proclamé bienheureux par le Pape Benoît XVI le 19 septembre 2010, à Birmingham, et inscrit au registre des saints par le Pape François le 13 octobre 2019.

    La béatification du cardinal Newman, célébrée par le Pape Benoît XVI en 2010 à Birmingham.
    La béatification du cardinal Newman, célébrée par le Pape Benoît XVI en 2010 à Birmingham.
  • Raban Maur, le "praeceptor Germaniae", évoqué par Benoît XVI

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    Lors de l'audience générale du mercredi 3 juin 2009, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à Raban Maure, fêté aujourd'hui :

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais aujourd'hui parler d'un personnage de l'occident latin vraiment extraordinaire:  le moine Raban Maure. Avec des hommes tels qu'Isidore de Séville, Bède le Vénérable, Ambroise Autpert, dont j'ai déjà parlé dans des catéchèses précédentes, il sut garder, pendant les siècles qui constituent ce qu'on appelle le Haut Moyen-âge, le contact avec la grande culture des antiques sages et des Pères chrétiens. Souvent rappelé comme "praeceptor Germaniae", Raban Maure fut d'une fécondité extraordinaire. Avec sa capacité de travail absolument exceptionnelle, il contribua peut-être plus que tout autre à garder vivante cette culture théologique, exégétique et spirituelle à laquelle les siècles suivants devaient puiser. C'est à lui que se réfèrent aussi bien des grands personnages appartenant au monde des moines comme Pier Damiani, Pierre le Vénérable et Bernard de Clairvaux, qu'également un nombre toujours plus important de "clercs" du clergé séculier, qui au cours du xii et du XIII siècles donnèrent vie à l'une des floraisons les plus belles et les plus fécondes de la pensée humaine.

    Né à Mayence vers 780, Raban entra très jeune dans un monastère:  on lui ajouta le nom de Maure précisément en référence au jeune Maure qui, selon le Livre ii des Dialogues de saint Grégoire le Grand, avait été confié encore enfant par ses parents eux-mêmes, nobles romains, à l'abbé Benoît de Nursie. Cette insertion précoce de Raban comme "puer oblatus" dans le monde monastique bénédictin, et les fruits qu'il en tira pour sa propre croissance humaine, culturelle et spirituelle, permettraient à eux seuls une ouverture très intéressante non seulement sur la vie des moines et de l'Eglise, mais également sur toute la société de son temps, habituellement qualifiée de "carolingienne". De ceux-ci, ou peut-être de lui-même, Raban Maure écrit:  "Certains ont eu la chance d'être introduits dans la connaissance des Ecritures dès leur plus tendre enfance ("a cunabulis suis") et ont été tellement bien nourris par la nourriture qui leur a été offerte par la sainte Eglise qu'ils peuvent être promus, avec l'éducation appropriée, aux ordres sacrés les plus élevés" (PL 107, col 419 BC).

    La culture extraordinaire qui caractérisait Raban Maure le fit rapidement remarquer par les grands de son temps. Il devint le conseiller de princes. Il s'engagea pour garantir l'unité de l'empire et, à un niveau culturel plus large, il ne refusa jamais à celui qui l'interrogeait une réponse modérée, qu'il tirait préférablement de la Bible et des textes des saints Pères. Tout d'abord élu abbé du célèbre monastère de Fulda, ensuite archevêque de sa ville natale, Mayence, il ne cessa pas pour autant de poursuivre ses études, démontrant par l'exemple de sa vie que l'on peut être simultanément à la disposition des autres, sans se priver pour cela d'un temps approprié pour la réflexion, l'étude et la méditation. Ainsi, Raban Maure fut exégète, philosophe, poète, pasteur et homme de Dieu. Les diocèses de Fulda, Mayence, Limbourg et Wroclaw le vénèrent comme saint et bienheureux. Ses œuvres remplissent six volumes de la Patrologie latine de Migne. C'est à lui que l'on doit, selon toute probabilité, l'un des hymnes les plus beaux et connus de l'Eglise latine, le "Veni Creator Spiritus", synthèse extraordinaire de pneumatologie chrétienne. Le premier engagement théologique de Raban s'exprima, en effet, sous forme de poésie et eut comme thème le mystère de la Sainte Croix dans une œuvre intitulée "De laudibus Sanctae Crucis", conçue de manière telle qu'elle propose non seulement des contenus conceptuels, mais également des stimulations plus purement artistiques, utilisant aussi bien la forme poétique que la forme picturale à l'intérieur du même codex manuscrit. En proposant iconographiquement, entre les lignes de son écrit, l'image du Christ crucifié, il écrit par exemple:  "Voilà l'image du Sauveur qui, par la position de ses membres, rend sainte pour nous la très salubre, très douce et très aimée forme de la Croix, afin qu'en croyant en son nom et en obéissant à ses commandements nous puissions obtenir la vie éternelle grâce à sa Passion. Chaque fois que nous élevons le regard vers la Croix, rappelons-nous donc de celui qui souffrit pour nous, afin de nous arracher au pouvoir des ténèbres, en acceptant la mort pour faire de nous les héritiers de la vie éternelle" (Lib. 1, Fig. 1, PL 107 col 151 C).

    Cette méthode d'allier tous les arts, l'esprit, le cœur et les sens, qui provenait de l'orient, devait recevoir un immense développement en occident, en parvenant à des sommets jamais atteints dans les codex enluminés de la Bible, ainsi que dans d'autres œuvres de foi et d'art qui fleurirent en Europe avant l'invention de l'imprimerie et même après. Celle-ci révèle en tous cas chez Raban Maure une conscience extraordinaire de la nécessité de faire participer dans l'expérience de la foi, non seulement l'esprit et le cœur, mais également les sens à travers les autres aspects du goût esthétique et de la sensibilité humaine qui conduisent l'homme à jouir de la vérité de toute leur personne, "esprit, âme et corps". Cela est important:  la foi n'est pas seulement pensée, mais elle touche tout notre être. Etant donné que Dieu s'est fait homme en chair et en os, qu'il est entré dans le monde sensible, nous devons, dans toutes les dimensions de notre être, chercher et rencontrer Dieu. Ainsi, la réalité de Dieu, à travers la foi, pénètre dans notre être et le transforme. Pour cela, Raban Maure a concentré son attention en particulier sur la liturgie, comme synthèse de toutes les dimensions de notre perception de la réalité. Cette intuition de Raban Maure le rend extraordinairement actuel. De lui sont restés également célèbres les "Carmina", proposés pour être utilisés en particulier dans les célébrations liturgiques. En effet, étant donné que Raban était avant tout un moine, son intérêt pour la célébration liturgique était évident. Toutefois, il ne se consacrait pas à l'art de la poésie comme une fin en soi, mais il orientait l'art et tout autre type de connaissance vers l'approfondissement de la Parole de Dieu. Il s'efforça donc, avec une assiduité et une rigueur extrêmes, d'introduire ses contemporains, mais surtout les ministres (évêques, prêtres et diacres), à la compréhension de la signification profondément théologique et spirituelle de tous les éléments de la célébration liturgique.

    Il tenta ainsi de comprendre et de proposer aux autres les significations théologiques cachées dans les rites, en puisant à la Bible et à la tradition des Pères. Il n'hésitait pas à citer, par souci d'honnêteté mais également pour donner une importance plus grande à ses explications, les sources patristiques auxquelles il devait son savoir. Mais il se servait d'elles avec liberté et un discernement attentif, en approfondissant le développement de la pensée patristique. Par exemple, au terme de l'"Epistola prima", adressée à un "chorévêque" du diocèse de Mayence, après avoir répondu aux demandes d'éclaircissement sur le comportement à adopter dans l'exercice de la responsabilité pastorale, il poursuit:  "Nous t'avons écrit tout ceci de la façon dont nous l'avons déduit des Ecritures Saintes et des canons des Pères. Mais toi, très saint homme, prend tes décisions comme bon te semble, au cas par cas, en cherchant à modérer ton jugement de façon à garantir en tout la discrétion, car elle est la mère de toutes les vertus" (Epistulae, i, PL 112, col 1510 C). On voit ainsi la continuité de la foi chrétienne, qui trouve son origine dans la Parole de Dieu; mais celle-ci est toujours vivante, elle se développe et elle s'exprime de façons nouvelles, toujours en cohérence avec toute la construction, avec tout l'édifice de la foi.

    Etant donné qu'une partie intégrante de la célébration liturgique est la Parole de Dieu, Raban Maure se consacra à cette dernière avec le plus grand zèle au cours de toute sa vie. Il publia des explications exégétiques appropriées pour presque tous les livres bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament dans une claire intention pastorale, qu'il justifiait par des paroles comme celles-ci:  "J'ai écrit ces choses... en résumant les explications et les propositions de beaucoup d'autres pour offrir un service au lecteur dépourvu qui n'a pas à sa disposition de nombreux livres, mais également pour faciliter ceux qui, dans de nombreuses choses, n'arrivent pas à pénétrer en profondeur la compréhension des significations découvertes par les Pères" (Commentariorum in Matthaeum praefatioPL 107, col 72D). En effet, en commentant les textes bibliques, il puisait à pleines mains aux Pères antiques, avec une prédilection particulière pour Jérôme, Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand.

    Sa sensibilité pastorale aiguë le conduisit ensuite à s'occuper avant tout de l'un des problèmes vécus de la manière la plus vive par les fidèles et les ministres sacrés de son temps:  celui de la pénitence. Il compila en effet les "Pénitenciers" - c'est ainsi qu'on les appelait - dans lesquels, selon la sensibilité de l'époque, étaient énumérés les péchés et les peines correspondantes, en utilisant dans la mesure du possible des motivations puisées dans la Bible, dans les décisions des Conciles et les décrets des Papes. Ces mêmes textes furent utilisés par les "carolingiens" dans leur tentative de réforme de l'Eglise et de la société. C'est à la même intention pastorale que répondaient des œuvres comme "De disciplina ecclesiastica" et "De institutione clericorum" dans lesquelles, en puisant avant tout à saint Augustin, Raban expliquait aux personnes simples et au clergé de son diocèse les éléments fondamentaux de la foi chrétienne:  il s'agissait de sortes de petits catéchismes.

    Je voudrais conclure la présentation de ce grand "homme d'Eglise" en citant certaines de ses paroles dans lesquelles se reflète bien sa conviction fondamentale:  "Celui qui est négligent dans la contemplation ("qui vacare Deo negligit") se prive lui-même de la vision de la lumière de Dieu; celui qui se laisse prendre de façon indiscrète par les préoccupations et permet à ses pensées d'être emportées par le tourbillon des choses terrestres se condamne lui-même à l'impossibilité absolue de pénétrer les secrets du Dieu invisible" (Lib. I, PL 112, col 1263A). Je pense que Raban Maure nous adresse ces paroles également à nous aujourd'hui:  dans les heures de travail, avec ses rythmes frénétiques, et dans les temps de loisirs, nous devons réserver des moments à Dieu. Lui ouvrir notre vie en lui adressant une pensée, une réflexion, une brève prière, et surtout, nous ne devons pas oublier le dimanche comme jour du Seigneur, le jour de la liturgie, pour percevoir dans la beauté de nos églises, de la musique sacrée et de la Parole de Dieu la beauté même de Dieu, le laissant entrer dans notre être. Ce n'est qu'ainsi que notre vie peut devenir grande, devenir une vraie vie.

  • Ainsi va l'Eglise de Belgique...

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    A Liège : une laïque à la tête d'une Unité pastorale :

    C'est ICI

    Au diocèse de Namur, c'est sa "compagne de toujours" qui annonce le décès d'un prêtre :

    C'est ICI

    et ce n'est pas la première fois :

    Voir ICI

    Et il n'y aura pas de messe de clôture au forum "Rivespérance" :

    Voir ICI

    Et 1rcf Belgique a cessé d'émettre, lâchée par les évêques de Belgique :

    Voir ICI et ICI 

    Et une chroniqueuse adulée par les milieux catholiques progressistes est passée au protestantisme :

    Voir ICI

    Sans compter l'utilisation d'une église (non désacralisée) pour y organiser une "raclette monstre" :

    Voir ICI

    Etcetera

    ... mais tout va très bien, Madame la Marquise, et, comme on aura pu le constater, il se trouvera toujours bien un ecclésiastique de service pour justifier l'injustifiable.

  • La leçon du protomartyr Etienne et de l’apôtre Paul pour un véritable dialogue entre Juifs et chrétiens

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (enfrançais sur diakonos.be) :

    La leçon du protomartyr Etienne et de l’apôtre Paul pour un véritable dialogue entre Juifs et chrétiens

    Le changement intervenu ces derniers temps dans les relations entre l’Église catholique et les juifs réside dans la volonté déclarée, des deux côtés, de raviver un dialogue devenu compliqué et stérile, voire conflictuel ? Et comment ? En repartant de « Nostra ætate », ce texte de Vatican II qui a marqué un tournant capital dans les relations entre chrétiens et juifs, ainsi que du document explicatif de 2015 intitulé « Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables ».

    Les juifs eux-mêmes ont reconnu la valeur de ces deux documents, en particulier dans la note « Tra Gerusalemme e Roma » signée en 2017 par la Conférence des rabbins d’Europe, par le Conseil rabbinique d’Amérique et par le Grand rabbinat de l’État d’Israël, dans laquelle il se réjouissaient principalement deux points clés affirmés par l’Église catholique : « le fait que les juifs également aient part au salut de Dieu » et la décision de « ne pas mener ni encourager aucune mission institutionnelle visant spécifiquement les juifs ».

    Et en effet, après des siècles d’antijudaïsme et de conversions forcées, ces deux points constituent sans aucun doute des avancées importantes dans les relations entre l’Église et les juifs. Des avancées certes importantes mais pas décisives. Benoît XVI lui-même, le pape qui s’est impliqué dans le dialogue plus que nul autre, les définissait déjà dans un de ses écrits de 2017 retranscrit dans un livre, comme « insuffisants à exprimer de manière adéquate la grandeur de la réalité ».

    Concernant le premier point, ce même document du Vatican de 2015 s’arrête devant le mystère : « Le fait que les juifs aient part au salut de Dieu est théologiquement indiscutable, quant à savoir comment cela est possible sans une confession explicite du Christ, cela reste et demeure un mystère divin insondable ».

    Tandis qu’en ce qui concerne le second point, on peut lire : « Toute en maintenant le refus – par principe – d’une mission institutionnelle visant les juifs, les chrétiens sont appelés à témoigner de leur foi en Jésus Christ même devant les juifs, ils doivent cependant le faire avec humilité et sensibilité ».

    Et c’est précisément à propos de ces deux points qu’un éminent spécialiste du christianisme des origines, le professeur Leonardo Lugaresi, que les lecteurs de Settimo Cielo ont déjà eu l’occasion d’apprécier à plusieurs reprises, vient de publier un article le 29 décembre intitulé « Santo Stefano, la Chiesa e gli ebrei ».

    Dans ses réflexions, le professeur Lugaresi se laisse guider par le livre des Actes des Apôtres, du « cas sérieux » initial à Jérusalem du protomartyr Etienne jusqu’à l’énigmatique page finale où l’on retrouve l’apôtre Paul à Rome.

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  • Catholique et fière de l'être : la nouvelle Présidente du Costa Rica

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    De Diego López Colín sur ACI Prensa :

    Qui est Laura Fernández, la catholique pro-vie qui sera la nouvelle présidente du Costa Rica ?

    Laura Fernández Delgado, présidente du Costa RicaLaura Fernández lors d'un événement en 2024. | Crédit : Ministère de la Planification nationale et de la Politique économique

    Laura Fernández, du parti au pouvoir Pueblo Soberano, a remporté l'élection présidentielle au Costa Rica qui s'est tenue ce dimanche 1er février. Catholique et opposée à l'avortement, elle a également indiqué que son projet politique s'inscrirait dans la continuité des politiques du président actuel, Rodrigo Chaves. 

    Avec 96,87 % des bulletins dépouillés à midi le 2 février, Fernández a obtenu 1 191 727 voix (48,30 %). Álvaro Ramos Chaves, du Parti de la libération nationale, a recueilli 825 041 voix (33,44 %), et Claudia Vanessa Dobles Camargo, de la Coalition Agenda citoyen, arrive en troisième position avec 119 700 voix (4,85 %).  

    Le seuil de 40 % requis par la loi électorale étant dépassé, un second tour ne sera pas nécessaire. 

    Outre la présidence, les 57 membres de l'Assemblée législative ont été élus ce dimanche. Le parti Peuple souverain a remporté 31 sièges, obtenant ainsi la majorité au sein de l'organe législatif. Le Parti de la libération nationale en compte 17, le Front large 7, et les deux sièges restants sont répartis entre la Coalition Agenda citoyenne et le Parti de l'unité sociale-chrétienne.  

    Formation académique 

    Fernández a étudié au centre éducatif Santa Catalina de Sena, une institution catholique des sœurs dominicaines, puis à l'école Los Ángeles, également dominicaine.  

    Selon le site web du parti Pueblo Soberano, Fernández est spécialiste des politiques publiques et de la gouvernance démocratique. Au sein du gouvernement de Rodrigo Chaves, elle a occupé le poste de ministre de la Planification nationale et de la Politique économique de 2022 à 2025, et simultanément celui de ministre de la Présidence de 2024 à 2025. 

    Une présidente catholique 

    Lors de sa première conférence de presse après les élections, le 2 février, Fernández a remercié « Dieu et le peuple costaricien » pour les résultats du scrutin. « Je place ma confiance en Dieu, qui, je le sais, sera avec nous chaque jour et chaque minute du prochain gouvernement », a-t-il ajouté.  

    Interrogée sur ses relations avec l'Église catholique et sur une éventuelle politique conservatrice, elle a affirmé que son gouvernement serait un gouvernement de « liberté totale ». Tout en déclarant être « catholique, respectueuse, pieuse et fervente dans ses traditions catholiques », elle a indiqué que son équipe serait inclusive et ouverte à tous.  

    Elle a déclaré qu'il rechercherait des personnes qui promouvraient « une grande croisade pour la dignité humaine nationale, une grande croisade pour l'amour du prochain, une grande croisade pour la justice sociale, pour la sauvegarde des valeurs et de la famille ».  

    Sa foi, affichée publiquement, est restée inébranlable : le jour des élections, elle a assisté à la messe à la basilique Notre-Dame-des-Anges, l’église qui abrite l’image de la sainte patronne du Costa Rica. Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle a déclaré : « J’ai prié pour tous les Costariciens, pour ce pays que j’aime tant, pour l’avenir. »  

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  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X annonce de nouvelles consécrations épiscopales

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    Communiqué du 2 février 2026.

    En ce 2 février 2026, fête de la Purification de la sainte Vierge, Monsieur l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, au cours de la cérémonie des prises de soutane qu’il présidait au séminaire international Saint-Curé‑d’Ars, à Flavigny-sur-Ozerain, en France, a annoncé publiquement sa décision de confier aux évêques de la Fraternité le soin de procéder à de nouvelles consécrations épiscopales, le 1er juillet prochain.

    En août dernier, il a sollicité la faveur d’une audience auprès du Saint-Père, lui faisant connaître son désir de lui exposer filialement la situation présente de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Dans un second courrier, il s’est explicitement ouvert sur le besoin particulier de la Fraternité d’assurer la continuation du ministère de ses évêques, qui parcourent le monde depuis près de quarante ans pour répondre aux nombreux fidèles attachés à la Tradition de l’Église et désireux que soient conférés, pour le bien de leurs âmes, les sacrements de l’ordre et de la confirmation.

    Après avoir longuement mûri sa réflexion dans la prière, et reçu du Saint-Siège, ces derniers jours, une lettre qui ne répond absolument pas à nos demandes, l’abbé Pagliarani, appuyé sur l’avis unanime de son Conseil, estime que l’état objectif de grave nécessité dans lequel se trouvent les âmes exige une telle décision.

    Les mots qu’il écrivait le 21 novembre 2024, pour le cinquantenaire de la déclaration historique de Mgr Marcel Lefebvre, sont plus que jamais le reflet de sa pensée et de ses intentions :

    « Ce n’est que dans l’Église de toujours et dans sa Tradition constante que nous trouvons la garantie d’être dans la Vérité, de continuer à la prêcher et à la servir. […]

    « La Fraternité [Saint-Pie X] ne recherche pas d’abord sa propre survie : elle cherche principalement le bien de l’Église universelle et, pour cette raison, elle est par excellence une œuvre d’Église, qui avec une liberté et une force uniques, répond adéquatement aux besoins propres d’une époque tragique sans précédent.

    « Ce seul but est toujours le nôtre aujourd’hui, au même titre qu’il y a cinquante ans : “C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures (Mgr Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974).” »

    Dans les prochains jours, le Supérieur général fournira des explications complémentaires sur la situation présente et sur sa décision.

    « Nos cum Prole pia benedicat Virgo Maria.
    Que la Vierge Marie nous bénisse, avec son divin Fils. » 

    Menzingen, le 2 février 2026

    A ce sujet, le Supérieur Général de la FSSPX, l'abbé Pagliarani, a explicité sa position lors de l'homélie prononcée à Flavigny dans le cadre de la remise de soutanes à 22 nouveaux séminaristes :

    Des sacres par fidélité à l’Eglise et aux âmes 

    Nous pensons que le moment est arrivé pour penser à l’avenir de la Fraternité Saint-Pie X, à l’avenir de toutes les âmes, que nous ne pouvons pas oublier, que nous ne pouvons pas abandonner ; et bien sûr au bien que nous devons et nous pouvons faire à l’Église. Et cela amène une question qu’on se pose depuis longtemps et à laquelle aujourd’hui peut-être il faut donner une réponse. Faut-il encore attendre avant de penser à consacrer des évêques ? Nous avons attendu, prié, observé l’évolution des choses dans l’Église, nous avons demandé conseil. 

    Nous avons écrit au Saint-Père pour présenter avec simplicité la situation de la Fraternité, expliquer ses besoins et en même temps pour confirmer au Saint-Père notre unique raison d’être : c’est le bien des âmes. Nous avons écrit au Saint-Père : Très Saint-Père, nous n’avons qu’une intention, celle de faire de toutes les âmes qui s’adressent à nous des vrais fils de l’Église catholique et romaine. Nous n’avons jamais d’autre intention et nous garderons toujours cette intention. Et le bien des âmes correspond au bien de l’Église. L’Église n’existe pas dans les nuages. L’Église existe dans les âmes. Ce sont les âmes qui forment l’Église. Et si on aime l’Église, on aime les âmes, on veut leur salut et on veut faire le possible pour leur offrir les moyens de faire leur salut.

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  • Les intentions de prière du Pape pour 2026

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    Les intentions de prière du pape Léon XIV pour l’année 2026

    En janvier, prier avec la Parole de Dieu : « Prions pour que la prière, à partir de la Parole de Dieu, nourrisse nos vies et soit une source d’espérance au sein de nos communautés, nous aidant à édifier une Église plus fraternelle et missionnaire. » 

    En février, prier pour les enfants atteints de maladies incurables : « Prions pour que les enfants atteints de maladies incurables ainsi que leurs familles reçoivent les soins médicaux et le soutien nécessaires, sans jamais perdre force et espérance. »

    En mars, prier pour le désarmement et la paix : « Prions pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence. »

    En avril, prier pour les prêtres en crise : « Prions pour les prêtres qui traversent des moments de crise dans leur vocation, afin qu’ils trouvent l’accompagnement nécessaire et que les communautés les soutiennent avec compréhension et prière. »

    En mai, pour une alimentation pour tous : « Prions pour que chacun, des grands producteurs aux petits consommateurs, s’engage à éviter le gaspillage alimentaire et pour que tous aient accès à une alimentation de qualité. » 

    En juin, pour les valeurs du sport : « Prions pour que le sport soit un instrument de paix, de rencontre et de dialogue entre les cultures et les nations, et que par lui soient promues des valeurs telles que le respect, la solidarité et le dépassement personnel. »

    En juillet, pour le respect de la vie humaine : « Prions pour le respect et la protection de la vie humaine à toutes ses étapes, en la reconnaissant comme un don de Dieu. » 

    En août, pour l’évangélisation des villes : « Prions pour que, dans les grandes villes souvent marquées par l’anonymat et la solitude, nous puissions trouver de nouvelles façons de proclamer l’Évangile, en recherchant des moyens créatifs pour construire la communauté. » 

    En septembre, pour la protection de l’eau : « Prions pour une gestion juste et durable de l’eau, ressource vitale pour nous, afin que tous puissent y accéder de façon équitable. »

    En octobre, pour la pastorale de la santé mentale : « Prions pour que la pastorale de la santé mentale se développe dans toute l’Église et aide à surmonter la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes atteintes de maladies mentales. » 

    En novembre, pour le bon usage de la richesse : « Prions pour un bon usage de la richesse afin que, ne cédant pas à la tentation de l’égoïsme, elle soit toujours au service du bien commun et de la solidarité avec les plus démunis. »

    En décembre, pour les familles monoparentales : « Prions pour les familles qui vivent l’absence d’une mère ou d’un père, afin qu’elles trouvent dans l’Église un soutien et un accompagnement, et dans la foi une aide et une force, durant les moments difficiles. » 

  • Pourquoi je ne serai pas protestant (en réponse à Madame Tonus)

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       L'annonce par une tertiaire dominicaine relativement médiatique de sa conversion au protestantisme n'a pas fini de faire des vagues. Pour Belgicatho, Paul Vaute fait le point sur les questions fondamentales que soulèvent cette démarche et la manière dont elle a été communiquée. Il répond aussi aux arguments les plus souvent lus ou entendus.

       La laïque dominicaine belge Myriam Tonus, conférencière, essayiste et chroniqueuse prisée de longue date par les médias de toutes obédiences, a fait savoir au début janvier qu'elle avait quitté l'Eglise catholique pour rejoindre l'Eglise protestante unie de Belgique (Epub). Son départ, a-t-elle précisé, est intervenu à la suite "d'une décision longuement mûrie, née d'une réflexion critique notamment sur l'institution et la place des femmes". Elle se dit en outre heureuse d'éprouver "l'impression d’aller dans un plus grand dépouillement au cœur de la foi chrétienne" [1].

       L'annonce a suscité sur les réseaux sociaux des réactions parfois virulentes, qu'il ne peut être question de cautionner ici. Il est en revanche singulier que des voix se soient élevées pour déplorer qu'on puisse "encore", même en termes mesurés, tenir un discours critique du protestantisme.

       Que je sache, l'œcuménisme promu par le concile Vatican II et le magistère depuis lors n'a pas aboli les différences. Le retour à une seule confession chrétienne demeure pour l'heure un vœu, certes pieux. Il est par ailleurs bien singulier que ceux qui s'offusquent notamment des "anathèmes" de "jeunes croyants qui s'érigent en gardiens d'une orthodoxie qu'ils jugent menacée" [2] n'esquissent pas le moindre froncement de sourcils quand des voix protestantes, en ce compris celle de la dernière néophyte, déblatèrent allègrement la hiérarchie et les enseignements romains. Quitte dès lors à froisser quelques gentil(le)s ingénu(e)s, c'est notre différence que je vais affirmer ici. Non pas en théologien que je ne suis pas, mais en historien et journaliste émérite, armé du minimum de sensus fidelium auquel je peux légitimement prétendre.

     

    [1] https://www.cathobel.be/2026/01/myriam-tonus-rejoint-leglise-protestante-ce-qui-me-rend-heureuse-limpression-daller-dans-un-plus-grand-depouillement-au-coeur-de-la-foi-chretienne/

    [2] https://www.cathobel.be/2026/01/si-la-liberte-de-conscience-de-myriam-tonus-nous-questionne-la-violence-numerique-doit-plus-encore-nous-interpeller/

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