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Eglise - Page 277

  • Les cardinaux désignés par le pape François constituent les deux tiers du Collège cardinalice

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    De Loup Besmond de Senneville (à Rome) sur le site du journal La Croix :

    Vatican : les cardinaux de la « génération François », en position d’élire un pape

    Enquête 

    Pour la première fois, les cardinaux désignés par le pape François depuis le début de son pontificat forment, à partir du 2 juin, les deux tiers du Collège cardinalice, c’est-à-dire la proportion nécessaire pour élire un pape. Mais constituent-ils vraiment une génération cohérente ?

    01/06/2023

    Avec sa soutane écarlate, son surplis de dentelle blanche et sa barrette rouge sur la tête, on le dirait sorti d’un film de Paolo Sorrentino. Depuis deux décennies, le réalisateur italien met en scène des cardinaux. Mais si ce dimanche matin, le cardinal qui franchit la porte centrale d’une église de la périphérie romaine, San Giuda Taddeo Apostolo, semble s’être échappé d’une fiction, c’est qu’il est jeune. Italien, Giorgio Marengo est le benjamin du Collège cardinalice. À 48 ans, et s’il vit jusqu’à 80 ans, il pourra prétendre à entrer en conclave pendant près de trente-deux ans…

    Ce 21 mai, au cours de son homélie, celui qui est préfet apostolique d’Oulan-Bator, en Mongolie, vantera comme le pape argentin, une Église qui grandit « par attraction et non par prosélytisme », et se revendiquera comme faisant partie de « la partie la moins visible de l’Église catholique ». Avant d’adresser quelques mots en mongol à ses lointains paroissiens le suivant en direct par Internet. Venu prendre symboliquement possession de la paroisse romaine qui lui est attribuée, il est l’une des figures de ces cardinaux nommés par François.

    Ces hommes en rouge créés par l’ancien l’archevêque de Buenos Aires atteignent, pour la première fois le 2 juin, les deux tiers du Collège cardinalice, c’est-à-dire la proportion nécessaire pour élire un pape.

    De ces 81 hommes désignés par François, et actuellement en position d’élire le futur pape, parmi les 121 chargés de cette lourde tâche, beaucoup disent à Rome qu’ils sont très « bergogliens », sans vraiment définir ce dont il s’agit. Certains voient dans ce basculement mathématique la preuve que le futur pape sera sur la même ligne que le pape argentin.

    Les cardinaux des « périphéries »

    De fait, les cardinaux de la « génération Bergoglio », interrogés par La Croix, évoquent tous deux mots : les « périphéries » – un concept cher à François – et l’expérience du terrain. Car dès le début de son pontificat, François a choisi de ne plus nommer automatiquement cardinaux les archevêques des grandes villes : Milan, Los Angeles, Paris, Venise n’ont plus de « princes de l’Église » à leur tête. Des pays comme le Lesotho, l’Albanie, le Timor oriental, les îles Tonga ont au contraire vu nommer le premier cardinal de leur histoire, ces dix dernières années.

    « Je me reconnais membre d’une école François, dit franchement l’un d’entre eux, venu d’un pays du Sud. Quand il parle de périphéries, d’Église en sortie, des pauvres, de la nécessité de ne pas demeurer entre quatre murs, ce sont des thèmes qui résonnent en moi. Je m’y retrouve. »

    À ceux qui affirment que le pape argentin privilégie des hommes de terrain, alors que ses prédécesseurs se seraient plutôt tournés vers des théologiens, ce cardinal s’oppose franchement. « Il faut dépasser les caricatures, dit-il. Derrière des pasteurs de terrain, il y a de la théologie. »

    « On sent une sorte d’affinité entre nous »

    « Ce qui nous réunit, c’est seulement la chronologie », estime un autre cardinal nommé par François. « Regardez, entre le cardinal Müller, qui s’oppose au pape, et le cardinal Marengo, à Oulan-Bator, qu’y a-t-il de commun ? » Il poursuit : « Quand je vois un cardinal, je ne me demande pas s’il a été nommé par François, Benoît XVI ou Jean-Paul II. Honnêtement, il n’y a pas de groupe de bergogliens. »

    Mais parlent-ils entre eux ? « Oui, on sent une sorte d’affinité entre nous, plus qu’avec les anciens », répond un cardinal européen, qui évoque même « une sorte de filiation »« Nous sommes tous des hommes de terrain », ajoute-t-il. Il souligne toutefois, comme beaucoup, la nécessité de ne pas voir dans tous les cardinaux créés par François des clones strictement identiques.

    Les futurs électeurs du pape, tous âgés de moins de 80 ans, ont aussi cette spécificité de demeurer, pour la plupart, loin de Rome et de ses rumeurs. Car 66 des 81 cardinaux électeurs de François habitent ainsi aux quatre coins du monde. Seuls 15 résident à Rome.

    « Être loin de Rome a beaucoup d’avantages et quelques inconvénients, résume un cardinal également nommé par François. D’un côté, on échappe aux intrigues romaines et on est sans doute plus conscient de la réelle diversité de l’Église. Mais de l’autre, on ne se connaît pas entre nous, ou uniquement par médias interposés. Avec le risque de caricature qui va avec. »

    Ce cardinal, d’un pays où les catholiques sont très minoritaires, poursuit : « Cela va être très difficile lorsqu’il va falloir élire un nouveau pape. On est partout dans le monde et on ne se connaît pas. »

    Le besoin de se connaître

    Le fait d’avoir tous été nommés par François confère à ces cardinaux une autre particularité : aucun d’entre eux n’a jamais, par définition, vécu de conclave. D’où une appréhension palpable chez certains.

    « J’ai eu une sorte de prise de conscience soudaine début janvier, lors des obsèques de Benoît XVI, raconte un cardinal. Alors que nous formions tous une haie d’honneur autour du cercueil, avant qu’il ne sorte sur la place Saint-Pierre, j’ai levé la tête et je me suis senti pour la première fois appartenir à un corps à part. Nous formons un même Collège, qui a une responsabilité écrasante, et en même temps, nous sommes très peu. La haie que nous formions n’allait même pas jusqu’au fond de la basilique… »

    Cette génération de cardinaux créés par François est ainsi vue avec curiosité par le reste du Collège. « Les cardinaux se sont évidemment déromanisés », dit un cardinal expérimenté qui a, lui, vécu plusieurs conclaves. Il apprécie plutôt la « catholicité » et la jeunesse qui se dégage de ce nouveau groupe, issu des quatre coins du monde.

    « Il y a une variété de pensée, d’attitude pastorale et d’origine géographique. Mais au fond, on ne les connaît pas beaucoup, ajoute la même source. Quand le cardinal Angelo Scola a été nommé par Jean-Paul II, on savait que c’était un grand ponte de l’université du Latran, mais aujourd’hui, on ne comprend pas toujours pourquoi ils ont été choisis. Aujourd’hui, qu’est-ce que je sais d’eux ? Je ne sais rien de leur parcours théologique ou de leur vision de grands sujets universels. »

    C’est précisément en raison de cette méconnaissance que ce cardinal européen dit parler « avec des anciens », mais peu « avec les jeunes ». Comme d’autres, il se renseigne, notamment en lisant les publications de ses futurs compagnons de conclave. « Il faut écouter ce qu’ils disent. Afin que, le moment venu, nous puissions nous tenir prêts, et faire notre choix. »

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    Le Collège cardinalice en chiffres

    Au 2 juin, le Collège cardinalice compte 222 cardinaux, dont 121 de moins de 80 ans, c’est-à-dire électeurs en cas de conclave.

    Parmi les électeurs, 81 ont été nommés par François, 31 par Benoît XVI et 9 par Jean-Paul II. François et Benoît XVI ont tous deux choisi des hommes âgés en moyenne de 67 ans au moment de leur création cardinalice.

    Ils sont 46 électeurs européens, dont 15 sont des Italiens. On compte 21 venus d’Asie, 16 d’Afrique, 16 d’Amérique du Nord et 14 d’Amérique du Sud. Cinq exercent des fonctions en Amérique centrale et trois dans un pays d’Océanie. En tout, 25 sont membres de la Curie ou en sont d’anciens responsables.

    On en compte aujourd’hui quatre électeurs français : Dominique Mamberti, Philippe Barbarin, Jean-Pierre Ricard et Jean-Marc Aveline.

  • Le corps de Sœur Wilhelmina Lancaster a été retrouvé intact dans son cercueil quatre ans après sa mort

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    De Peter Bannister sur la Sélection du Jour :

    Sister Wilhelmina Lancaster

    Black nuns' lives matter : un corps « incorruptible » découvert aux États-Unis ?

    Énigme pour la science ou croyance superstitieuse ? Ces derniers jours, une religieuse afro-américaine a beaucoup fait parler d’elle aux États-Unis… 4 ans après sa mort, le 29 mai 2019 à l’âge de 95 ans. Le corps de Sœur Wilhelmina Lancaster, fondatrice de la communauté des Bénédictines de Marie, Reine des Apôtres à Gower dans le Missouri, a été retrouvé quasiment intact dans son cercueil en bois, ouvert par ses sœurs le 28 avril 2023 afin de transférer sa dépouille mortelle vers leur chapelle.

    Cette découverte a surpris le directeur des pompes funèbres à Gower, Jack Klein, qui avait émis le certificat de décès en 2019, et qui a confirmé que la religieuse n’avait pas été embaumée. Au début, les Bénédictines n’ont pas souhaité rendre la nouvelle publique, mais suite à la divulgation d’un courriel destiné aux familles locales, l’information s’est répandue rapidement, y compris dans les médias internationaux (CNN, Newsweek, NBC NewsThe Guardian…). Fondée par Sœur Wilhelmina à Elmhurst en Pennsylvanie en 1995 mais domiciliée à Gower depuis 2006, la communauté était avant tout connue du grand public pour ses enregistrements musicaux (de chants grégoriens et d’autres morceaux catholiques, la mère supérieure actuelle ayant été corniste à l’Orchestre Symphonique de la ville de Columbus). Plus de 10 000 pèlerins sont pourtant venus de loin vers ce coin reculé du Missouri afin de voir le corps de Sœur Wilhelmina, motivés par la possibilité qu’il puisse s’agir d’un signe divin de sa sainteté. L’évêque Vann Johnston du diocèse de Kansas City-St Joseph a publié un communiqué appelant à la prudence et soulignant la nécessité d’une investigation approfondie afin d’évaluer le phénomène.

    La tradition catholique affirme la réalité de « corps incorruptibles » (plusieurs centaines de cas ayant été attestés dans le passé) d’individus réputés de leur vivant pour leur grande piété, mais dans le cas d’une évaluation positive, Sœur Wilhelmina Lancaster serait la première afro-américaine à rejoindre la liste. Née en 1924 à une époque où beaucoup de congrégations étaient fermées aux noirs, elle entra en vie religieuse en 1941 chez les Sœurs oblates de la Providence à Baltimore – le premier ordre religieux pour les femmes noires américaines, créé en 1829 par Mary Elizabeth Lange de Haïti. Sœur Wilhelmina s’en est séparée en 1995 afin de fonder les Bénédictines de Marie, Reine des Apôtres, collaborant avec un prêtre français de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, P. Arnaud Devillers.

    Quant à d’éventuelles explications scientifiques concernant l’absence de décomposition du corps de Sœur Wilhelmina, certains ont argumenté que cette apparente violation des lois de la biologie n’était pas très surprenante. Nicholas Passalacqua du Western Carolina University a par exemple estimé qu’il faudrait normalement 5 ans pour qu'un corps (sans cercueil) soit réduit en squelette. D’autres spécialistes du secteur funéraire, dont David Hess de Salt Lake City et Barry Lease de Pittsburgh, ont par contre affirmé qu’on aurait dû s'attendre à ce que le corps de Sœur Wilhelmina soit au moins sérieusement décomposé 4 ans après son enterrement. On a par ailleurs attiré l’attention sur l’absence d’odeurs putrides émanant du corps, son poids inhabituel (34-40 kilos plutôt que les 10 attendus dans des circonstances pareilles) et sur le fait que le voile de la religieuse est resté intact tandis que le revêtement du cercueil, fait d’un matériel semblable, s'était complètement détérioré. Le tout dans des conditions humides (le cercueil étant fissuré et le cadavre couvert d’une fine couche de moisissure provoqué par la condensation) qui auraient naturellement favorisé la décomposition.

    Quelle que soit la décision finale de l’Église dans le cas de Sœur Wilhelmina, les « corps incorruptibles » continuent à interroger la science matérialiste. Surtout quand il s’agit de corps retrouvés intacts plusieurs décennies après leur ensevelissement, comme celui du Padre Pio en 2008, 40 ans après son décès en 1968, ou même des siècles après, comme dans le cas de la Vénérable Mariana de Jésus Torres à Quito en Equateur : enterré en 1635, son corps a été découvert intact le 8 février 1906. En France, un cas très connu – mais pas unique – est celui de sainte Catherine Labouré, ensevelie le 3 janvier 1877 et exhumée totalement intacte et souple le 21 mars 1933. Son corps est toujours visible, quoique recouvert d’un masque de cire, dans la Chapelle de la Rue du Bac à Paris.

    Le 29 mai, les Bénédictines de Marie, Reine des Apôtres ont mis le corps de Sœur Wilhelmina Lancaster dans une châsse en verre à l’Abbaye Ste Marie d’Ephèse, où leur vie quotidienne est rythmé par la messe en latin selon la forme « extraordinaire » du missel de 1962. Il est peut-être intéressant de citer ici les propos d'un commentateur sous un long article consacré à Sœur Wilhelmina dans The Pillar, suggérant qu'elle pourrait réconcilier de manière posthume les catholiques américains de tendance « TLM » (Messe traditionnelle en latin) et « BLM » (Black Lives Matter).

    Pour aller plus loin :

    Des milliers de pèlerins pour voir le corps incorrompu de Sœur Wilhelmina

    >>> Lire l'article sur : cath.ch

  • L'Église catholique est en "terrible danger d'effondrement complet dans de nombreux pays" si les cardinaux et les évêques ne s'expriment pas

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    D'Edward Pentin sur son site :

    Professeur Seifert : l'Église catholique est en " terrible danger d'effondrement complet dans de nombreux pays " si les cardinaux et les évêques ne s'expriment pas.

    30 mai 2023

    Le philosophe catholique Josef Seifert a déclaré qu'il voyait un "terrible danger d'effondrement complet de l'Église catholique dans de nombreux pays" à moins que les cardinaux ne s'expriment sur une "crise énorme" au sein de l'Église, une crise qui, selon lui, est peut-être la plus grande à laquelle elle ait jamais été confrontée.

    Dans les commentaires qui ont suivi la publication d'une lettre ouverte qu'il a écrite le 30 avril, appelant tous les cardinaux, évêques et dirigeants de l'Église à défendre la vérité de l'enseignement catholique face au relativisme et à l'éthique situationnelle qui prévalent, Seifert a observé ce qu'il a décrit comme le "silence effrayant" des cardinaux sur cette crise unique qui va "du sommet de l'Église jusqu'en bas".

    Le professeur autrichien respecté, qui a fondé en 2017 l'Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille pour faire contrepoids à l'Académie pontificale pour la vie, autrefois respectée et aujourd'hui dirigée par l'archevêque dissident Vincenzo Paglia, a déclaré que c'est son amour pour la vérité et l'Église, et le fait que des éléments clés de l'enseignement du pape François vont à l'encontre du pape saint Jean-Paul II, qui l'ont incité à mettre la plume à l'encre.

    Il a rappelé que dans son encyclique de 1993 sur l'enseignement moral de l'Église, Veritatis Splendor, Jean-Paul II avait "magnifiquement élucidé" la vérité de la reconnaissance des "actes mauvais non négociables", la défendant contre les positions éthiques relativistes qui "cherchent des échappatoires partout" afin de tenter de justifier "l'adultère, la sodomie, la contraception, l'idolâtrie, l'apostasie, la négation du purgatoire, de l'enfer et du jugement dernier."

    Faisant remonter cette dissidence aux critiques formulées à l'encontre de l'encyclique Humanae Vitae (1968) du pape Paul VI, qui soulignait que l'utilisation de la contraception artificielle était intrinsèquement mauvaise, le professeur Seifert a souligné que l'enseignement de l'Église sur ce sujet avait des racines profondes.

    "La pilule anti-bébé et d'autres, qui sont déjà décrites dans l'Ancien Testament comme gravement désordonnées, sont intrinsèquement mauvaises", a-t-il déclaré. Il a également déclaré que même les anglicans avaient publié des déclarations contre la contraception artificielle, pour ensuite apporter une "contradiction flagrante" à leur enseignement précédent lors de la conférence de Lambeth en 1930, lorsqu'ils sont devenus la première communion ecclésiale à autoriser la contraception.

    En conséquence, a-t-il dit, "une pression énorme" a été exercée sur le pape Paul VI pour qu'il adopte le même changement, mais "l'Esprit Saint l'en a empêché" et Humanae Vitae a été rédigé en maintenant l'enseignement pérenne de l'Église. En outre, a ajouté M. Seifert, "de nouvelles études montrent" que Jean-Paul II, puis Karol Wojtyla, ont "profondément influencé" cette encyclique que les catholiques pratiquants fidèles au Magistère considèrent depuis longtemps comme prophétique. Veritatis Splendor a en effet été rédigée pour contrer la dissidence contre Humanae Vitae.

    Mais le professeur Seifert, maître de conférences en métaphysique et épistémologie à la Ludwig Maximilians Universität de Munich, a déclaré que ces dissensions ont réapparu après la publication en 2016 de l'exhortation apostolique Amoris Laetitia du pape François, et François lui-même "a commencé à jeter des doutes, voire à nier, le contenu essentiel de l'Écriture sainte et de l'enseignement de l'Église."

    "Il est devenu incompréhensible pour moi qu'aucun des cardinaux, à part les quatre cardinaux dubia, ne se soit clairement exprimé contre de telles erreurs et contre l'obscurcissement de l'enseignement catholique", a expliqué le professeur Seifert. "C'est pourquoi, comme lors de la crise arienne, lorsqu'un évêque, saint Athanase, et de nombreux laïcs se sont précipités pour défendre la vérité, il était nécessaire que même les miseri laici [nous, misérables laïcs] se lèvent pour défendre la vérité".

    Seifert a expliqué que la lettre qu'il a envoyée au Collège des cardinaux a d'abord été envoyée il y a deux ans et demi à un cardinal avec lequel il était en bons termes et qui avait dit que la critique du pape François était un "grand mal qui devrait être éradiqué."

    Lorsque le cardinal a répondu respectueusement mais n'a pas agi, le professeur Seifert a décidé d'adresser la lettre à tous les cardinaux et évêques, "non pas pour qu'elle atterrisse dans des corbeilles à papier", mais parce qu'ils ont le "saint devoir" de mettre en garde leurs frères, en particulier en Allemagne, et le pape "contre toute déviation de l'enseignement perpétuel de la vérité dans l'Église."

    Compte tenu de ce qu'il appelle le "silence effrayant de la majorité des cardinaux et des évêques sur cette crise unique, du sommet de l'Église jusqu'à la base, pendant toute une décennie", il n'est pas optimiste quant à la réponse à son appel.

    Mais il a dit avoir "l'espoir que le Dieu tout-puissant, qui est la vérité, réveillera le feu de l'amour pour la vérité et pour l'Église dans le cœur de tous les cardinaux et évêques, et accordera le don du saint courage à beaucoup d'entre eux, comme il l'a déjà fait pour certains cardinaux et évêques".

    "Je ne suis pas du tout optimiste, mais j'espère vraiment que les cardinaux et les évêques n'assisteront plus passivement à la chute de l'Église que seule une intervention divine peut empêcher", a-t-il ajouté. "Dieu veut se servir de nous tous, mais il choisit surtout les cardinaux et les évêques, tout comme il a choisi saint Paul pour répandre l'Église et saint Athanase pour la sauver de l'arianisme et de la destruction.

    Interrogé sur les conséquences possibles d'une telle décision, M. Seifert a répondu : "Je vois un terrible danger d'effondrement complet de l'Église catholique dans de nombreux pays, et même de sa destruction totale dans certaines régions du monde".

    Mais il ajoute qu'il sait, non par la raison mais par une foi "cruellement éprouvée", que cela n'est "pas possible parce que la vérité elle-même nous a dit que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre l'Église".

    Lettre ouverte du professeur Seifert aux cardinaux et aux évêques de l'Église catholique.

  • "Devenir des témoins crédibles du Ressuscité" : quand le cardinal Sarah s'adresse aux étudiants en théologie

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    De Courtney Mares sur Catholic News Agency :

    Le cardinal Sarah aux étudiants en théologie : Plus nous connaissons le Seigneur, plus nous pouvons l'aimer".

    1er juin 2023

    Le cardinal Robert Sarah a exhorté les étudiants de l'Université pontificale Saint-Thomas d'Aquin à demander dans la prière "une union intime et profonde avec le Seigneur et les uns avec les autres".

    S'exprimant lors d'une messe marquant la fin de l'année académique à l'université de Rome connue sous le nom d'Angelicum, le cardinal guinéen a parlé du danger de la division dans l'Église et de l'importance de la prière.

    "Jésus demande à chaque personne de vivre dans l'amour et dans une véritable unité, une communion profonde, à l'image de la communion trinitaire. Une union qui plonge pleinement notre vie en Jésus, tout comme la vie de Jésus est plongée dans le Père", a déclaré Sarah dans son homélie. Il a ajouté : "Une telle union s'exprime indubitablement dans une vie chrétienne de prière profonde et intense adressée au Seigneur, qui se manifeste dans la vie quotidienne par un regard de charité envers les frères et les sœurs que nous rencontrons.

    Le préfet émérite du dicastère du Vatican pour le culte divin et la discipline des sacrements s'est penché sur la prière sacerdotale de Jésus lors de la dernière Cène, dans laquelle le Seigneur a prié : "Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé" (Jean 17:21).

    Sarah a déclaré : "Jésus sait bien que l'esprit de division, de haine ou de mépris mutuel détruirait son Église et sa mission. Peu importe la manière dont le diable est habillé. Tout ce qui divise est toujours inspiré par lui". "Le danger de division, de luttes intestines, de confusion dans l'enseignement doctrinal et moral est si grave que Jésus se lance dans une prière ambitieuse, élevée, presque impossible : Il demande au Père que ses disciples aient la même unité que celle qui existe entre eux deux".

    Le cardinal, âgé de 77 ans, a rappelé aux étudiants que "si l'étude théologique ne nous fait pas grandir dans l'amour de Dieu et du prochain, si nous travaillons dur uniquement pour réussir les examens, alors nous nous tuons pour rien". "À notre époque, il est urgent de relancer l'engagement missionnaire pour porter courageusement l'Évangile du Christ partout, mais la prédication doit commencer par la prière et le témoignage concret de cet amour évangélique qui s'est exprimé par la mort de Jésus sur la croix et qui nous pousse à regarder les autres avant eux-mêmes, à consacrer sa vie à l'Évangile et non à son propre intérêt ou à ses propres avantages", a-t-il déclaré.

    Le cardinal Robert Sarah est l'auteur d'un certain nombre de livres sur la vie spirituelle, dont "The Power of Silence : Contre la dictature du bruit". Il a déclaré : "Jésus nous dit que nous devrions toujours faire preuve d'un grand sens de l'humour : "Jésus nous dit que nous devrions toujours être capables de commencer notre prière avec cette attitude de lever les yeux vers le ciel, de détacher notre attention, même physiquement, de nos soucis, de nos préoccupations terrestres et de nous tourner vers le haut, vers le ciel, vers le Père qui l'habite." "Un regard incliné et fermé sur nous-mêmes ne nous ouvre pas à Dieu, il ne nous permet pas d'entrer dans une relation profonde et intime avec lui. Avant de commencer à prier, nous devons, comme Jésus, lever les yeux, les éloigner de nos pensées, même de la pensée de l'étude et des examens, afin de nous immerger réellement et pleinement en Lui, dans sa dimension divine."

    Le cardinal Sarah a déclaré aux étudiants que "plus nous connaissons le Seigneur, plus nous pouvons l'aimer". "Nous sommes appelés, comme saint Paul, à avoir du courage et à donner notre vie pour le Seigneur dans tout ce qu'il nous est donné de vivre, sans craindre la croix, mais comme Jésus, en l'embrassant tendrement, puisque cette croix est le chemin vers l'éternité, vers la plénitude de la gloire de Dieu", a déclaré Sarah. "Demandons au Seigneur, par l'intercession de la Vierge Marie, de tendre à travers nos vies à une union intime et profonde avec le Seigneur et entre nous, pour devenir des témoins crédibles du Ressuscité".

    Courtney Mares est correspondante à Rome pour l'Agence de presse catholique. Diplômée de l'Université de Harvard, elle a réalisé des reportages dans des bureaux de presse sur trois continents et a reçu la bourse Gardner pour son travail avec les réfugiés nord-coréens.

  • 777èmes Festivités populaires de la Fête-Dieu à Liège autour du jeudi 8 juin 2023

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    777èmes Festivités populaires de la Fête-Dieu à Liège autour du jeudi 8 juin 2023

    A l'invitation de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, le diocèse de Liège célébrera la 777ème Fête-Dieu, du 3 au 11 juin 2023. Pendant cete semaine, plus de 25 événements et célébrations seront proposés : expositions, concerts, eucharisties, balade contée aux flambeaux, théâtre de marionnetes, prières. En particulier la traditionnelle et 777ème célébration annuelle de la Fête-Dieu le jeudi 8 juin en la basilique Saint-Martin à 19h. L’eucharistie solennelle sera suivie de la procession des peuples du monde vers la Cathédrale au son des trompes de chasses : « Louez le Seigneur, tous les peuples : fêtez-le, tous les pays ! Ps 166 ». Elle marquera des pauses à la collégiale Sainte-Croix, Place Saint-Lambert, l’Opéra, la Vierge de Del’Cour en Vinâve d’ile. A l’arrivée à la Cathédrale Saint-Paul aura lieu une grande soirée NightFever avec 1.000 bougies pour la paix. Le week-end des samedi 10 juin et dimanche 11 juin: célébrations de la Fête-Dieu, aux messes dominicales, dans toutes les églises du diocèse, avec procession à différents endroits.

    Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège dit : « Je me réjouis de célébrer la Fête-Dieu, ce trésor patrimonial immatériel et spirituel de notre cité, qui est maintenant célébrée partout dans le monde catholique. C’est la fête de l’Eucharistie, qui est en quelque sorte le big bang de l’Amour. Sous l’impulsion de femmes mystiques et engagées socialement, en particulier sainte Julienne du Mont-Cornillon et la bienheureuse Ève de Saint-Martin, la Fête-Dieu a été instaurée en 1246 à Liège par un de mes prédécesseurs, évêque de Liège. Il s’agit d’une des plus anciennes fêtes liégeoises. Etendue mondialement dès 1264, elle est fériée dans de très nombreux pays. Elle est célébrée dans tous les diocèses du monde sous le nom de Fête du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ ou Corpus Domini. Elle donne lieu à de magnifiques processions. Le pape François lui-même mène la procession à Rome. »

    Roger Dumont, président de la confrérie du Saint-Sacrement dit : « La Confrérie du Saint-Sacrement est heureuse de cette mobilisation autour de la Fête-Dieu, et en particulier autour de l’Eucharistie solennelle et de la procession des peuples du monde du jeudi 8 juin. C’est également l’occasion de prendre le temps de s’arrêter pour prier pour la paix dont le monde a actuellement tant besoin. De nombreux lieux seront ouverts et des temps de prière, libres ou animés, sont proposés. Le jeudi 8 juin, après la procession de la Fête-Dieu, nous invitons les liégeoises et les liégeois à venir déposer une bougie pour la paix à la cathédrale entre 21h et minuit lors de la NighFever ».

    Une semaine de festivités est organisée, sur les deux rives de la ville et dans la région dont Banneux et Tancrémont. Avant le confinement, en 2019, plus de 2.000 personnes ont participé, tous âges confondus. Cete année, il y a de multiples propositions culturelles, principalement à l’église du Saint-Sacrement, boulevard d’Avroy sur la rive gauche et au Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon sur la rive droite. Un concert évoquera l’anniversaire du passage de l’enfant prodige Mozart à Liège. Des expositions sont organisées autour d’icônes byzantines et du mémorable 700ème anniversaire de la Fête-Dieu en 1946, juste après la guerre, avec entre autres une grande procession nautique. Il y aura aussi une balade contée aux flambeaux à Cornillon et dans le parc de la Chartreuse sur les traces du premier hôpital liégeois. Le frère Philippe de l’abbaye de Leffe dévoilera une nouvelle pièce de théâtre de marionnetes sur l’histoire de « Julienne et le pain de vie.

    Quatre journées de prière et d’adoration sont organisées dans quelques hauts-lieux spirituels de Liège : avec les sœurs de Notre-Dame des Anges à Glain le mercredi, à la basilique Saint-Martin le jeudi, à la cathédrale Saint-Paul le samedi, au Sanctuaire de sainte Julienne le dimanche avec les sœurs clarisses ou encore régulièrement à l’église du Saint-Sacrement.

    Programme complet de la Fête-Dieu à Liège

    Samedi 3 juin

    18h30 : Vernissage de l’exposition d’icônes « incarnation », de l’artiste Sophie Gilman au sanctuaire de Cornillon, rue de Robermont 2, Liège. Visites jusqu’au 25 juin, les w-e de 10 à 18h et en semaine de 17h à 19h. sauf le jeudi de la Fête-Dieu.

    Dimanche 4 juin

    15h : Concert d’ouverture : Mozart à l’église Saint-Sacrement 260e anniversaire du passage de Mozart à Liège.

    16h30 : Vernissage de l’exposition « Echos du 7e centenaire de l’institution de la Fête-Dieu à Liège en 1946 » à  l’Eglise du Saint SacrementBvd d’Avroy 132, Liège
    L’exposition, ouverte en libre accès tous les jours de la semaine de 10h à 12h et de 14h à 16h sauf jeudi; et dimanche 11 juin de 14h à 16h, propose:

    •Projection du film officiel du 7e centenaire (juin 1946), sonorisé.
    •Découverte de la pièce de théâtre wallon de 1946 («Li fièsse dè Saint-Sacramint å catwåzinme siéke»)

    Lundi 5 juin

    19h Fête de la bienheureuse Eve de Saint-Martin :  Eucharistie suivie d’une conférence à 20h sur « Qui est le bienheureuse Eve de Saint-Martin ? » par Mgr J-P. Delville à la basilique Saint-Martin.

    Mardi 6 juin

    17h00-19h00 Vêpres chantées selon l’office romain de la Fête-Dieu compose par Saint-Thomas d’Aquin (+1274). L’office est suivi par l’adoration, le chapelet et la bénédiction eucharistique à l’église du Saint-Sacrement.

    Mercredi 7 juin

    9h00-17h00 : Journée d’adoration chez les soeurs de Notre-Dame des Anges, Rue E. Vandervelde 67.

    14h : Théâtre de marionnettes apostoliques « Sainte-Julienne et le pain de vie » suivi d’un goûter, d’une fête des familles avec château gonflable et un petit temps d’adoration au sanctuaire de Cornillon.

    Jeudi 8 juin

    9h30  Laudes animées par les bénédictines à la basilique Saint-Martin.

    10h00-18h00  Journée d’adoration à Saint-Martin, de 10h à 12h puis de 14h à 17h à l’église du Saint-Sacrement et de 9h30 à 17h00 à la cathédrale pour les vocations et le diocèse car c’est le 2e jeudi.

    19h00  777ème Eucharistie solennelle de la Fête-Dieu, Basilique Saint-Martin, présidée par Mgr Jean-Pierre Delville.

    20h15 Procession solennelle des peuples du monde « Louez le Seigneur, tous les peuples : fêtez-le, tous les pays ! Ps 116 » de Saint-Martin à la cathédrale Saint-Paul, arrêts à Sainte-Croix, Place Saint-Lambert, Opéra, Vinâve d’ile, Cathédrale.

    21h30-24h00 NightFever & 1.000 bougies pour la paix, Cathédrale Conversion de Saint Paul.

    Vendredi 9 juin

    9h00 Eucharistie à la cathédrale Saint-Paul, et introduction à la journée d’adoration

    10h00-17h00 Journée d’adoration, Cathédrale Saint-Paul, animée par le Mouvement Eucharistique Liégeois (MEL)

    12-14h : Adoration du Saint-Sacrement à l’Eglise du Saint-Sacrement.

    Samedi 10 juin

    9-17h : Journée d’adoration en divers endroits du diocèse.

    10-12h : Visite commentée de l’exposition d’icônes « Incarnation » de et par l’artiste Sophie Gilman au sanctuaire de Sainte-Julienne de Cornillon.

    11h-13h : Service au restaurant « Kamiano » d’un repas complet pour les sans-abri. Les personnes intéressées à venir servir le repas peuvent s’annoncer par mail: liege@santegidio.be – Maison Kamiano, rue Jonruelle 8 à Liège

    15h : Théâtre de marionnettes apostoliques « Sainte Julienne et le pain de vie » suivi d’un goûter, d’une fête des familles avec château gonflable et un petit temps d’adoration au sanctuaire de Cornillon.

    15h00  Sainte Messe en latin à Tancrémont suivie de la Procession de la Fête-Dieu au sanctuaire de Tancrémont.
    Route de Tancrémont 718, 4860 Theux  (messe traditionnelle en latin – forme extraordinaire)

    16h30 – 17h15 : « Audition concertante » : florilège de chants médiévaux interprétés par la Schola Gregoriana de l’Université Cardinal Wyszynski de Varsovie, dirigé par Michal Slawecki. Entrée libre au Saint-Sacrement.

    18h : Messe grégorienne solennelle de la Fête-Dieu célébrée par Mgr Delville, évêque de Liège au Saint-Sacrement, avec le concours de la Schola Gregoriana de l’Université Cardinal Wyszynski (Michal Slawecki) et l’Ensemble polyphonique « Praeludium » (orgue et direction : Patrick Wilwerth).

    19h30 : Bénédiction du Saint-Sacrement et vénération de la relique de Sainte Julienne de Cornillon l’église du Saint-Sacrement.

    19h30 : Marche contée au flambeau sur les traces du premier hôpital de Liège anno 1130 au Moyen-Âge dans le parc de la Chartreuse, au départ du Sanctuaire de Cornillon.

    Dimanche 11 juin

    8h : Journée de la Fête du Corps et du Sang du Christ partout en Belgique, trouvez vos horaires de messes sur www.egliseinfo.be, le GPS des clochers

    9-17h : Messe de la Fête-Dieu et journée d’adoration au Sanctuaire de Sainte-Julienne du Mont-Cornillon avec les soeurs clarisses.

    10h : Eucharistie à la cathédrale de Liège, présidée par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège.

    11-12h A la fin des messes dans les UP : Bénédiction Urbi sur les parvis des UP, prière spéciale pour confier la ville ou la commune.

    Sanctuaire Notre-Dame de Banneux
    10h30 Messe internationale 
    14h00 Procession du Saint Sacrement dans le Sanctuaire suivie du Salut et la Bénédiction des malades,
    16h00 Messe en français

  • La dictature nicaraguayenne s'en prend à l'Eglise de toutes les façons

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    De Vatican News (Marie Duhamel) :

    Nicaragua: «Ils peuvent profaner nos églises, notre foi demeure»

    Deux ONG nicaraguayennes de défense des droits de l’homme en exil condamnent les attaques contre l’Église, accusée de blanchiment d’argent par la police le week-end dernier. Dimanche 28 mai, lors de la messe de la Pentecôte, les fidèles ont été invités à ne pas avoir peur par l’archevêque de Managua.

    À Managua, le cardinal Leopoldo Brenes invite à garder l’espérance. «Dieu nous surprend», il faut s’en remettre à Lui et à l’Esprit Saint. Lors de la messe de la Pentecôte, l’archevêque a évoqué la catéchèse prononcée quelques heures plus tôt par le Pape François, en réaffirmant que «la peur est encouragée par le diable, mais que l'Esprit Saint vient pour briser ces peurs». Après la mort de Jésus, les apôtres se sont enfermés dans une maison, avec un sentiment de peur; un sentiment qui fut balayé par le souffle de l’Esprit, le jour de la Pentecôte, assure-t-il.

    Le cardinal a demandé aux prêtres de continuer à célébrer l’Eucharistie avec «joie et bonheur» malgré les accusations formulées à l’encontre de l’Église par les autorités. Aux fidèles, il a suggéré de rester le plus calme possible «face à la situation que traversent nos paroisses» et de ne pas trop s’informer sur les accusations récentes formulées contre l’Église, des sources fiables n’étant que rarement indiquées par les médias se faisant écho de l’affaire.

    Accusation de blanchiment d'argent

    Samedi, la police a accusé l'Église de «blanchiment d'argent», affirmant avoir trouvé «des centaines de milliers de dollars cachés dans des sacs situés dans des locaux appartenant aux diocèses» du Nicaragua. La police a par ailleurs confirmé le «retrait illégal de fonds de comptes bancaires dont le gel avait été ordonné par la loi».

    En outre, la Surintendance des banques a demandé à la Conférence épiscopale du Nicaragua et au cardinal Brenes «de présenter les documents montrant les mouvements des comptes bancaires des diocèses, afin que les lois du pays soient respectées à tout moment, évitant ainsi les actes illicites qui ont été commis», rapportent les agences Reuters et EFE.

    Avant ces déclarations officielles, plusieurs rapports indiquaient que les autorités avaient bloqué des comptes bancaires d'organismes ecclésiastiques de l'archidiocèse de Matagalpa et des diocèses d'Estelí, de Siuna et de Bluefields, afin d'enquêter sur l'origine de leurs fonds. Sur le site internet despachos505, le cardinal Brenes affirme avoir appris par voie de presse le blocage de comptes paroissiaux, et annoncait une rencontre des évêques «pour analyser la situation» et se tenir prêts à répondre des accusations portées à l’encontre de l’Église.

    La situation au Nicaragua est «un phénomène sans précédent en ce qui concerne l'Église». Le secrétaire de l’Episcopat d’Amérique latine dénonce dans la presse «les outrages » dont elle est victime «parce qu'elle s'oppose à leurs projets totalitaires, leurs projets d'humiliation d'un peuple entier, d'un pays entier». Mgr Jose Antonio Canales, évêque de Danli au Hoduras, poursuit ses accusations contre les autorités: «Ils ont annulé des milliers d'ONG, plus récemment la Croix-Rouge, des universités, et avec l'Église ils ne trouvent rien à faire, et c'est pourquoi ils font ce genre d'actions hostiles, qui ne sont pas nouvelles».

    Trois prêtres arrêtés

    La semaine dernière, l’arrestation de trois nouveaux prêtres a été signalée. Le prêtre Jaime Montesinos, curé du diocèse de Matagalpa – dont a la charge Mgr Alvarez condamné à 26 ans de prison -, fait l'objet d'une enquête «pour avoir commis des actes portant atteinte à l'indépendance, à la souveraineté et à l'autodétermination de la nation».

    Le diocèse d'Estelí – qu’administre Mgr Alvarez -, a également confirmé dans un communiqué que les prêtres Pastor Rodríguez et Leonardo Gutiérrez sont assignés à résidence dans une maison de formation de l'Église à Managua, le temps de l’«enquête sur les questions administratives de la défunte Cáritas Diocesana de Estelí».

    Trois autres attaques visant l’Église ont été signalées. Selon la chercheuse nicaraguayenne en exil, Martha Patricia Molina, le gouvernement aurait saisi la semaine passée une école appartenant aux Filles de Sainte Louise de Marcillac dans la municipalité de San Sebastian de Yali, dans le département de Jinotega, et ordonné l’expulsion de trois religieuses qui l’administraient. Le journal numérique Confidential rapporte pour sa part l’intervention des autorités dans l'école Susana López Carazo des dominicaines de l'Annonciation, dans le département de Rivas, au sud du Nicaragua. Trois religieuses de la congrégation auraient été expulsées.

    Expulsion et profanation

    Enfin le 24 mai dernier, la chapelle de Notre-Dame de Fatima, dans la paroisse de Santa Ana, dans la ville de Nindirí a été profanée. «L'action sacrilège a consisté à forcer la sécurité de la porte et à enlever le tabernacle de la chapelle, en outrageant les osties consacrées, qui ont été laissées abandonnées dans un champ près de la chapelle» peut-on lire dans un communiqué«Ils peuvent profaner nos temples, briser nos images, mais notre foi demeure toujours en Jésus-Christ qui a fait le ciel et la terre. Longue vie à Jésus dans le Saint-Sacrement», a posté la paroisse sur les médias sociaux.

    Depuis le Costa Rica, l’ONG Colectivo de Derechos humanos Nunca Mas condamne la «persécution sans limite» subie par l’Église et appelle à la fin de «la répression et à la liberté pour les religieux comme pour les prisonniers politiques». Lundi, la Commission permanente des droits de l’homme, basée aux États Unis, affirmait que les autorités voulaient maintenant «voler l’argent que les gens donnent à l’Église», prévenant les coupables qu’ils auront à répondre de ces illégalités.

  • Le pape François : un monarque de droit divin ?

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction de diakonos.be) :

    31 mai 2023

    Le Pape François, monarque de droit divin. Ce qu’aucun pape n’avait osé dire avant lui

    La nouvelle loi fondamentale de l’État de la Cité du Vatican a été publiée le 13 mai dernier, le jour même où le monde entier avait les yeux fixés sur la rencontre entre le Pape François et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce qui a eu pour effet qu’on en a peu parlé, et mal. Alors que pourtant, dès ses toutes premières lignes, cette loi constitue un revirement spectaculaire et sans précédent dans l’histoire et dans la conception de la papauté.

    Attention. Ce revirement ne se trouve pas dans l’article 1 de la nouvelle loi fondamentale, dans laquelle il est écrit que « le Pontife suprême, Souverain de l’État de la Cité du Vatican, possède la plénitude de l’autorité de gouvernement, qui comprend le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ».

    Jusque-là, rien n’a changé, même si on ne pourra s’empêcher d’être frappé par le contraste entre l’évolution « synodale » du gouvernement de l’Église sous des atours plus démocratiques que François prétend chaque jour vouloir promouvoir, et l’absolutisme monarchique sans limite dont il fait preuve pour commander aussi bien l’Église que le petit État dont il est le « pape roi », en concentrant tous les pouvoirs entre ses mains et en les exerçant selon son bon plaisir.

    Le véritable revirement se trouve dans le préambule, lui aussi signé par le Pape François, qui commence ainsi : « Appelé à exercer en vertu du ‘munus pétrinien’ les pouvoirs souverains également sur l’État de la Cité du Vatican… ».

    C’est ce « en vertu du ‘munus pétrinien’ » qui constitue la nouveauté sans précédent. C’est-à-dire le fait de faire découler les pouvoirs temporels du Pape de son service religieux rendu à l’Église en tant que successeur de l’apôtre Pierre. Ou pour le dire autrement : de considérer comme étant de droit divin non seulement le gouvernement spirituel de l’Église mais également le gouvernement temporel de l’État de la Cité du Vatican.

    En réalité, dans la doctrine de l’Église catholique, le « munus pétrinien » conféré par Jésus au premier des apôtres n’a rien à voir avec quelque pouvoir temporel que ce soit. Et l’histoire l’a bien confirmé. Depuis ses origines et pendant plusieurs siècles, la papauté n’a pas eu d’État propre. Et après avoir perdu en 1870 ce qui lui restait des États pontificaux, elle a d’ailleurs été privée de tout territoire pendant soixante ans.

    Le minuscule État de la Cité du Vatican est né en 1929 après la signature d’un traité entre le Saint-Siège et l’Italie. Et aussi bien avant qu’après, c’est bien le Saint-Siège, et non pas l’État, qui est sujet titulaire de la souveraineté internationale. Entre 1870 et 1929, quand les États pontificaux n’existaient plus et que l’État de la Cité du Vatican n’existait pas encore, le Saint-Siège a conservé son droit de légation actif et passif, en ouvrant de nouvelles nonciatures et en accréditant auprès de lui les représentants diplomatiques des nouveaux pays, tout comme il a continué à ratifier des concordats, qui appartiennent par leur nature au droit international, et il a été impliqué dans des missions et des arbitrages internationaux. Sous le seul pontificat de Benoît XV, être 1914 et 1922, le Saint-Siège a ouvert des relations diplomatiques avec pas moins de dix nouveaux États.

    En cela évitant toujours avec le plus grand soin de céder à des doctrines théocratiques de fusion entre le trône et l’État. On n’a jamais rien vu de pareil, ni dans le traité de 1929, ni dans aucun autre document précédent ou ultérieur, en l’espace de plusieurs siècles, jusqu’à la date fatidique du 3 juin de cette année, le jour où la nouvelle loi fondamentale de l’État de la Cité du Vatican entrera en vigueur.

    Certes, dans l’histoire de l’Église catholique, des tentations de revêtir de droit divin les pouvoirs du « pape roi » sont bien apparues çà et là. Mais elles ont toujours été rejetées. Et surtout par des membres de l’Église de tendance ultra-conservatrice, qu’on imaginerait justement comme étant plus disposés à céder.

    Dans un article du quotidien « Domani » du 21 mai, Giovanni Maria Vian, professeur de littérature chrétienne antique et ancien directeur de « L’Osservatore Romano », citait à juste titre le grand juriste et canoniste Nicola Picardi, qui définissait la conception théocratique comme étant « substantiellement étrangère à la doctrine catholique », « s’appuyant sur ce que formulait en 1960 le cardinal conservateur Alfredo Ottaviani : ‘Ecclesia non competit potestas directa in res temporales’, c’est-à-dire qu’il n’appartient pas à l’Église d’exercer une autorité directe dans les affaires temporelles ».

    Avant cela, on pourrait également citer Pie IX, le pape qui a été dépossédé des États pontificaux et qui, un an après leur perte, dans l’encyclique « Ubi nos » de 1871, protestait en revendiquant la nécessité d’un État susceptible de protéger « la liberté maximale » du pape d’ « exercer sur toute l’Église le pouvoir suprême et l’autorité », mais il écrivait que « la principauté civile du Saint-Siège a été donnée au Pontife romain par volonté singulière de la Providence ». Rien de plus qu’une « volonté singulière » ; rien à voir avec « en vertu du ‘munus pétrinien’ », comme dans l’actuelle loi fondamentale de l’État de la Cité du Vatican !

    Mais on trouvera plus à propos encore ce qu’écrivait en 2011 l’historien de l’Église et professeur à la Grégorienne Roberto Regoli, dans la revue « Barnabiti Studi », dans un essai érudit sur le cardinal Luigi Lambruschini, secrétaire d’État sous le Pape Grégoire XVI (1831-1846), l’un et l’autre avec la réputation – pas toujours historiquement fondée d’ailleurs – d’être des « réactionnaires acharnés ».

    Appelé à juger un texte en cours de publication en « défense de la souveraineté temporelle » du Saint-Siège, Lambruschini a immédiatement commencé par objecter que « le primat a été donné à la personne de Pierre et non pas au Siège ».

    Quant au fond de la question, c’est-à-dire à l’origine du pouvoir temporel de l’Église romaine, Lambruschini admettait que oui, il était opportun « pour le bien même de la Religion que le chef suprême de cette dernière ait un État indépendant, pour pouvoir gouverner avec la liberté et l’impartialité nécessaire l’Église et les Fidèles répandus dans le monde catholique ». Mais pour mieux rejeter ensuite le présupposé de l’auteur du texte, pour qui « l’origine des domaines temporels du Saint-Siège est divine, tout comme l’est l’origine de la Cathèdre de saint Pierre, fixée à Rome ».

    Pour Lambruschini, lier le pouvoir temporel des papes à la « divine origine de la Cathèdre de saint Pierre » – c’est-à-dire comme aujourd’hui au « munus pétrinien » – « est insoutenable et dangereux », parce que « si les domaines temporels étaient absolument nécessaires au chef suprême de l’Église de la manière dont l’auteur l’exprime, cela aurait pour conséquence que Jésus Christ aurait abandonné son Église « in necessariis », dès le début de l’époque qui l’a vu naître, étant donné que pendant des siècles, les pontifes suprêmes n’étaient clairement pas des souverains temporels ».

    Lambruschini a été écouté et le texte fut retiré. Jusqu’à aujourd’hui, où cette thèse « insoutenable et dangereuse » est devenue officielle, avec la signature du pape régnant.

  • L'Afrique qui résiste : non à la contraception, oui à Humanae Vitae

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    Lu dans la Nuova Bussola Quotidiana (Luisella Scrosati) :

    « Les paroles prophétiques de Paul VI dans Humanae Vitae trouvent surtout confirmation en Afrique, victime des tentatives néo-malthusiennes de l'Occident qui subordonne l'aide à l'acceptation d'anti-valeurs sur la sexualité et la famille. Mais une culture pro-vie plus forte que l'idéologie résiste sur le continent noir

    Peu se souviennent que Paul VI, dans sa ferme condamnation de la contraception, avait clairement conscience que les diverses techniques qui empêchent l'acte conjugal de conserver son sens procréateur auraient été de plus en plus utilisées par les agences néo-malthusiennes, avec l'intention de mettre fin à ce , selon leur point de vue, constituerait la grande calamité de la société mondiale : la surpopulation. Humanae Vitae voyait déjà assez clairement la grande « tentation des autorités d'opposer à ce danger des mesures radicales » (§ 2).

    Non seulement un diagnostic, mais une véritable dénonciation était venue de la plume de Paul VI : « Il faut aussi réfléchir à l'arme dangereuse qui serait ainsi mise entre les mains des pouvoirs publics, insouciants des nécessités morales. Qui pourra reprocher à un gouvernement d'appliquer à la solution des problèmes communautaires ce qui était reconnu comme licite aux époux pour la solution d'un problème familial ? Qui empêchera les gouvernants de favoriser et même d'imposer à leurs peuples, chaque fois qu'ils le jugeront nécessaire, la méthode de contraception qu'ils jugeront la plus efficace ? (§17).

    Aujourd'hui, il est plus clair que jamais que la peur de Paul VI est devenue une réalité ordinaire. Et ce qui nous le rappelle, c'est surtout l'expérience africaine, qui s'est exprimée lors du Congrès dédié à l'HV, organisé les 19-20 mai derniers, par la Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune, et dont les vidéos des interventions et quelques sont maintenant disponibles des rapports écrits  (voir ici ).

    Obianuju Ekeocha , biologiste, président de Culture of Life Africa, est parti d'une grande vérité souvent oubliée : « Il n'y a pas d'endroit où la théorie et la pensée malthusiennes se traduisent en politiques nationales comme à travers le continent africain ». et une croissance démographique irresponsable.

    L'Afrique a en effet le taux le plus élevé d'enfants par femme (4,5): un mirage pour notre Italie, dont la population est aujourd'hui au bord de l'extinction. Mais pourquoi l'Afrique continue-t-elle à avoir ces taux de natalité ? La réponse d'Ekeocha est tout sauf défensive : "Pourquoi en savons-nous si peu sur la contraception ? Pourquoi n'avons-nous pas d'éducation ? Ou n'avons-nous pas accès à la contraception chimique ? Non, la contraception ne réussit pas à percer, du moins dans certaines régions d'Afrique, à cause de l'attitude que nous avons envers les enfants. Les enfants sont toujours considérés comme l'accomplissement de la vie conjugale; les enfants sont une fête. En effet, le taux de natalité élevé correspond également à une utilisation modeste de la contraception et à un fort taux d'arrêt de la même contraception. C'est pourquoi il y a une poussée pour répandre les implants contraceptifs sous-cutanés,

    On parle de chiffres fous, qui s'élèvent à environ 9 milliards de dollars par an , "pour combattre l'ennemi imaginaire de la fertilité des femmes africaines", explique Ekeocha. De l'argent destiné uniquement à cet effet : « Il existe de nombreux cas dans lesquels un hôpital qui ne dispose pas d'antibiotiques vitaux est entièrement approvisionné en médicaments et dispositifs contraceptifs ». Tout comme fleurissent les projets sur la "santé de la reproduction" qui s'adressent désormais directement aux enfants africains, leur rendant facilement accessible la contraception dans leurs écoles. Les écoles dans lesquelles très souvent "il n'y a presque pas de livres à la bibliothèque" ou même les bibliothèques elles-mêmes manquent à l'appel.

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  • Le moment de la Pologne

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    De Filip Mazurczak sur First Things :

    LE MOMENT DE LA POLOGNE

    30 mai 2023

    En 2019, feu le cardinal George Pell a été condamné à une peine de prison pour des allégations d'abus sexuels - allégations qui ont ensuite été annulées à l'unanimité par la Haute Cour d'Australie. Si les quatorze mois que Pell a passés en prison ont été une via crucis pour lui et pour les catholiques australiens, ils ont également inspiré et revitalisé l'Église locale. Une situation similaire s'est récemment produite en Pologne. Les médias ont tenté de noircir les noms de deux Polonais, géants du catholicisme du XXe siècle, le cardinal Adam Sapieha et le pape saint Jean-Paul II. Ces calomnies ont eu un effet inattendu : elles ont entraîné une mobilisation sans précédent des catholiques polonais pour défendre la vérité.

    Début mars, la chaîne de télévision libérale américaine TVN 24 a diffusé un documentaire intitulé Franciszkańska 3. Ce film, réalisé par le journaliste Marcin Gutowski, affirme que le cardinal Adam Sapieha était un prédateur sexuel (Sapieha, archevêque de Cracovie de 1911 à 1951, est devenu un héros national pour avoir organisé l'aide humanitaire pendant les deux guerres mondiales et pour avoir courageusement défendu la souveraineté polonaise sous l'occupation allemande et sous le régime stalinien). Le documentaire affirme également que l'élève vedette de Sapieha au séminaire de Cracovie, Karol Wojtyła, a couvert trois cas d'abus sexuels commis par des prêtres durant son mandat d'archevêque de Cracovie, de 1964 à 1978 : Bolesław Saduś, Eugeniusz Surgent et Józef Loranc. 

    À peu près au moment de la diffusion du documentaire, le journaliste néerlandais Ekke Overbeek a publié le livre Maxima Culpa : What the Church Is Covering Up About John Paul II (Ce que l'Église dissimule à propos de Jean-Paul II). Ce livre a été publié par Agora Publishing, affilié au quotidien anticlérical de gauche Gazeta Wyborcza. Il est frustrant de constater que certaines publications catholiques libérales (telles que Tygodnik Powszechny, fondée par Sapieha et qui comptait parmi ses collaborateurs le jeune Karol Wojtyła) ont également pris le train en marche contre le pape. 

    Dans les jours précédant et suivant immédiatement la sortie du livre et du film, Gazeta Wyborcza et des médias libéraux comme Newsweek Polska et Onet.pl ont publié de nombreux articles à caractère sensationnel, traitant les affirmations de Gustowski et Overbeek comme des vérités indiscutables. 

    J'ai publié ici une analyse complète des accusations elles-mêmes, et elles sont loin d'être indiscutables. Selon une étude détaillée des archives secrètes de la police de sécurité communiste publiée dans le quotidien Rzeczpospolita par les journalistes Tomasz Krzyżak et Piotr Litka, il n'est pas certain que Bolesław Saduś ait été un agresseur d'enfants. Quant aux deux autres dissimulations présumées : lorsqu'il a appris les délits sexuels de Loranc, le cardinal Wojtyła l'a suspendu et l'a fait vivre en isolement dans un monastère (ses sanctions ont précédé l'arrestation de Loranc par les autorités communistes) ; et il a expulsé le troisième délinquant, Eugeniusz Surgent, incardiné dans le diocèse de Lubaczów, de son diocèse. 

    Récemment, Krzyżak et Litka ont publié une autre analyse de documents que Gutowski et Overbeek n'avaient pas consultés. Ces documents suggèrent fortement que les allégations contre le cardinal Sapieha ont été fabriquées par la police secrète communiste. En outre, l'affirmation selon laquelle le cardinal Sapieha était un prédateur sexuel a déjà été contestée par de nombreux historiens ; ils soulignent qu'il est invraisemblable que Sapieha ait abusé de séminaristes alors qu'il était âgé de 83 ans, mourant et alité, et que ses accusateurs n'étaient pas des témoins fiables. Ils notent également que le fait que le régime communiste n'ait pas utilisé ces allégations dans sa campagne anticatholique du début des années 1950 implique qu'il les considérait comme improbables.

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  • Souvenir d'un organiste engagé, par le Dr Denis Crouan

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    Souvenir d'un organiste engagé, par le Dr Denis Crouan

    http://visitationpourlavie.free.fr/Deniscrouansouvenirorgue.pdf 

    Plusieurs chemins peuvent conduire à la liturgie. L’un d’eux est tracé par la musique. C’est celui qu’a emprunté par Denis Crouan, auteur d’un bref récit dans lequel il montre comment, enfant, il a été touché par les sonorités de l’orgue, instrument au sujet duquel le concile Vatican II nous enseigne qu’il « peut ajouter un éclat admirable aux cérémonies de l’Église et élever puissamment les âmes vers Dieu et le ciel. » (Const. « Sacrosanctum Concilium », n. 120)

    L’orgue va conduire l’Auteur à s’intéresser au chant puis, parallèlement, à la liturgie qui est la matrice du chant sacré ; liturgie qu’il vivra avant, pendant et après le Concile. Depuis son poste d’organiste « engagé », il observera son évolution et les déformations « à la limite du supportable » (Cf. Benoît XVI, Motu proprio « Summorum pontificum », juillet 2007) que des clercs lui feront subir, non sans violence dans bien des cas, jusqu’à lui faire perdre son sens. Il observera la chute de la pratique dominicale et des vocations sacerdotale ainsi que le remplacement de la foi catholique par une religion du sentimentalisme douceâtre faussement qualifiée de « catholique ». (Cf. Discours du pape Benoît XVI au cours de son voyage en Allemagne en 2011)

    Le récit autobiographique que nous livre Denis Crouan est vivant, souvent amusant. Ce n’est que progressivement, à travers son histoire personnelle et ses expériences, que l’on découvre le rôle que doit jouer la liturgie pour un catholique ainsi que l’infini respect que doivent avoir les prêtres pour la célébration du Culte divin déterminé par l’Église. Ce respect fera singulièrement défaut durant les « années de plomb » qui suivront le Concile, provoquant chez de nombreux fidèles un désir légitime de ne plus participer à des messes paroissiales privées de dignité, de sacralité, de noble simplicité et de silence.

    Cliquer pour télécharger

    SOUVENIRS D.pdf
    20,8 Mo
  • Le vandalisme contre les églises catholiques est en hausse en Bavière

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    De Pier Luigi Zoccatelli sur Bitter Winter :

    Le vandalisme contre les églises catholiques est en hausse en Bavière

    30 mai 2023

    Le nombre de cas est passé de 271 en 2021 à 294 en 2022. Ils ne doivent pas être rejetés à la légère.

    Anti-Christian slogans painted on the walls of the Augsburg Cathedral. Source: Observatory of Intolerance and Discrimination Against Christians in Europe.
    Slogans anti-chrétiens peints sur les murs de la cathédrale d'Augsbourg. Source : Observatoire de l'intolérance et de la discrimination contre les chrétiens en Europe : Observatoire de l'intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe.

    L'Office de la police criminelle de l'État de Bavière (LKA) a publié un rapport sur les actes de vandalisme commis contre des églises, des chapelles et des monastères en Bavière en 2022. Le nombre d'attaques enregistrées s'élève à 294. Une comparaison avec les années précédentes montre une croissance constante du nombre d'incidents. Ils étaient 219 en 2019, 242 en 2020 et 271 en 2021. Il semble que même les quarantaines COVID-19 n'aient pas ralenti la progression de cette série.

    Comme le rapporte l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe, basé à Vienne, qui suit régulièrement ce type d'incidents, "un porte-parole du diocèse catholique de Ratisbonne [a déclaré que les cas comprenaient] : "Par exemple, des figures de saints ont été détruites ou endommagées, des gens ont fumé et uriné dans les salles d'église, les murs de l'église ont été barbouillés ou des incendies ont été allumés à l'intérieur de l'église."" L'une des attaques les plus graves a eu lieu lorsque l'église historique de Saint-Nicolas à Spalt a été la cible d'un incendiaire.

    La tendance se poursuit en 2023. Selon le même observatoire, le 10 janvier, quelqu'un a peint "un graffiti rouge sur la cathédrale d'Augsbourg qui disait 'F*ck Jesus ! Il aurait voulu que les choses se passent ainsi", tandis que "d'autres cas ont été signalés à Munich, où la figure de Jésus a été volée". Dans une église catholique d'Augsbourg, les auteurs ont jeté des œufs et laissé des graffitis insultants sur le mur contre la Parole de Dieu".

    Ces cas sont souvent pris à la légère par les médias et attribués à des "adolescents ivres" ou à des "farceurs". Leur nombre montre cependant qu'ils s'inscrivent dans un phénomène plus large d'anticatholicisme et d'incitation à la haine contre les chrétiens. Les crimes de haine ont tendance à devenir de plus en plus violents. Les autorités et les médias devraient les considérer comme un phénomène grave et alarmant.

  • Le message du pape pour le lancement du Family Global Compact

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    MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS 
    POUR LE LANCEMENT DU FAMILY GLOBAL COMPACT (1)

    [30 mai 2023] 

    Chers frères et sœurs !

    Dans l’Exhortation apostolique Amoris laetitia, j’ai souligné que « le bien de la famille est déterminant pour l’avenir du monde et de l’Église » (n. 31). C’est avec cette conviction que je souhaite soutenir le Family Global Compact, un programme commun d’actions visant à faire dialoguer la pastorale familiale avec les centres d’études et de recherches sur la famille, présents dans les Universités catholiques du monde entier. Il s’agit d’une initiative du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie et de l’Académie Pontificale des Sciences Sociales, née d’études et de recherches sur l’importance culturelle et anthropologique de la famille et sur les nouveaux défis auxquels elle est confrontée.

    L’objectif est la synergie, faire en sorte que le travail pastoral avec les familles dans les Églises particulières utilise plus efficacement les résultats de la recherche et de l’engagement didactique et éducatif qui ont lieu dans les Universités. Ensemble, les Universités catholiques et la pastorale peuvent mieux promouvoir une culture de la famille et de la vie qui, à partir de la réalité, aide les nouvelles générations – en ces temps d’incertitude et de manque d’espérance – à apprécier le mariage, la vie familiale avec ses ressources et ses défis, la beauté d’engendrer et de préserver la vie humaine. En résumé, « un effort plus responsable et plus généreux est nécessaire, qui consiste à présenter […] les raisons d’opter pour le mariage et la famille, de manière à ce que les personnes soient mieux disposées à répondre à la grâce que Dieu leur offre » (Amoris laetitia, n. 35).

    Les Universités catholiques ont pour tâche de développer des analyses approfondies de nature théologique, philosophique, juridique, sociologique et économique sur le mariage et la famille, afin de soutenir leur importance réelle dans les systèmes de pensée et d’action contemporains. Les études menées mettent en évidence un contexte de crise des relations familiales, alimenté tant par des difficultés contingentes que par des obstacles structurels, ce qui rend plus difficile la formation sereine d’une famille en l’absence de soutiens adéquats de la part de la société. C’est aussi la raison pour laquelle de nombreux jeunes déclinent le choix du mariage au profit de formes de relations affectives plus instables et informelles. Cependant, les enquêtes montrent aussi que la famille reste la source prioritaire de la vie sociale et qu’il existe de bonnes pratiques qui méritent d’être partagées et diffusées à l’échelle mondiale. En ce sens, les familles elles-mêmes pourront et devront être des témoins et des protagonistes de ce parcours.

    En effet, le Family Global Compact ne veut pas être un programme statique, visant à cristalliser certaines idées, mais un chemin, articulé en quatre étapes :

    1. Mettre en place un processus de dialogue et de collaboration accrue entre les centres universitaires d’études et de recherches qui s’occupent de questions familiales, afin de rendre leur activité plus fructueuse, notamment en créant ou en relançant les réseaux d’instituts universitaires inspirés par la Doctrine sociale de l’Église.

    2. Créer une plus grande synergie, dans les contenus et les objectifs, entre les communautés chrétiennes et les Universités catholiques.

    3. Favoriser la culture de la famille et de la vie en société, afin que jaillissent des propositions et des objectifs utiles aux politiques publiques.

    4. Harmoniser et soutenir, une fois identifiées, les propositions qui sont apparues, afin que le service à la famille soit enrichi et soutenu sur les plans spirituels, pastoraux, culturels, juridiques, politiques, économiques et sociaux.

    La plupart des rêves de Dieu sur la communauté humaine se réalisent dans la famille. Nous ne pouvons donc pas nous résigner à son déclin au nom de l’incertitude, de l’individualisme et du consumérisme, qui envisagent un avenir fait d’individus qui ne pensent qu’à eux-mêmes. Nous ne pouvons pas être indifférents à l’avenir de la famille, communauté de vie et d’amour, alliance irremplaçable et indissoluble entre l’homme et la femme, lieu de rencontre des générations, espérance de la société. La famille, rappelons-le, a des effets positifs sur chacun, car elle est génératrice de bien commun : de bonnes relations familiales représentent une richesse irremplaçable non seulement pour les époux et les enfants, mais pour toute la communauté ecclésiale et civile.

    Je remercie donc ceux qui ont adhéré et ceux qui adhéreront au Family Global Compact, et je les invite à se consacrer avec créativité et confiance à tout ce qui peut contribuer à remettre la famille au cœur de notre engagement pastoral et social.

    Rome, Saint-Jean-de-Latran, 13 mai 2023.

    FRANÇOIS

    (1) Le premier objectif de ce Family Global Compact (Pacte mondial de la famille) est «la synergie». Le «travail pastoral avec les familles dans les Églises particulières» est en effet appelé à utiliser «plus efficacement les résultats de la recherche et de l’engagement didactique et éducatif qui ont lieu dans les Universités» catholiques.