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Eglise - Page 277

  • « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

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    Du site des Serviteurs de Jésus et de Marie :

    Homélie du 4e dimanche du Temps Ordinaire

    (archive 2 février 2021)

    Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

    Homélie du 4e dimanche du Temps Ordinaire - Année B - Père Maximlien-Marie (2021)

    « Il enseignait comme un homme qui a autorité. »

    Chers frères et sœurs, qu’est ce que d’enseigner en homme qui a autorité ?

    Qu’est-ce qu’une parole qui a autorité ?

    Si vous le voulez bien, faisons un petit détour par l’histoire de l’Église. Vous rappelez-vous de ce que l’on appelait les lapsi et les stantes ? C’est le nom que l’on utilisait au moment des persécutions dans l’empire romain. Les stantes étaient ceux qui avaient tenu bon, et les lapsi, ceux qui avaient chuté, qui étaient tombés. ou non livré la parole. Et le critère selon lequel on pouvait déterminer s’ils avaient tenu bon ou étaient tombés c’était s’ils avaient livré ou non les saintes écritures. Voilà ce que l’on recherchait : la Parole, les bibles. L’empire romain voulait mettre la main sur les saintes écritures.

    Et, très douloureusement, dans notre temps, en Corée du Nord, par exemple, c’est la même chasse effrénée à l’écriture sainte. Dans plusieurs cas, des prisonniers trouvés avec une Bible ou des brochures religieuses ont été exécutés sommairement, tandis que d’autres ont été enfermés dans des cages électrifiées. D’autres ont été exécutés pour avoir introduit en contrebande des pages bibliques depuis la Chine pour que les Nord-Coréens fabriquent des livres de prières.
    Les régimes totalitaires ne s’y trompent pas : ils savent que cette parole a une autorité. Ces pages de la bible contiennent une parole qui a autorité : elle va déterminer ce que je vais être, elle va me transformer et faire de moi un homme nouveau selon l’Évangile, un homme nouveau dont ces régimes ne veulent en aucun cas…

    Je le disais de manière plus positive lorsque j’étais en mission dans ce petit village des Andes, il y avait cette femme évangélique qui vivaient au milieu d’un village particulièrement abandonné, marqué par d’alcoolisme et de misère physique et morale, qui disait : « J’apprends une parole de la Bible par cœur, et c’est la lumière pour ma vie, c’est le sens de ma vie. Je me tiens droite. »

    Voici ce qu’est une parole qui a autorité.

    Une parole qui engage, qui façonne…

    Le grand drame de notre société contemporaine, c’est la dévaluation de la parole. Au temps du Moyen-Age, on pouvait être prisonnier simplement sur parole. Il suffisait d’en faire le serment. La centrale de Liancourt pourrait-elle fonctionner ainsi ? il est permis d’en douter !

    De manière beaucoup plus large, on peut dire que trop de paroles dites n’engagent pas assez. Pour vous jeunes mariés qui partagez notre assemblée aujourd’hui, on peut citer cette dévaluation que l’on constate parfois dans le « oui » du mariage, qui n’est plus vraiment un absolu. C’est aussi le cas du « oui » de la profession pour nous, religieux. J’ai fait mes vœux, oui, mais j’ai changé…

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  • Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent (4e dimanche du temps ordinaire)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ - homelies.fr (Archive 2009)

    L’homme est l’être de la parole : c’est là sa spécificité au milieu du monde animal auquel il appartient par sa dimension somatique. Mais il n’est pas la source du verbe : l’enfant n’accède à la parole que dans la mesure où un adulte - son père - l’invite à prendre sa place dans le dialogue qu’il instaure avec lui. Autrement dit, la prise de parole est toujours réponse, qui fait suite à l’écoute d’une parole venant d’un autre. Ultimement, au bout de la chaîne - qu’elle soit horizontale ou verticale - c’est la Parole du Tout-Autre qui fonde notre discours humain.

    Hélas depuis que la ruse du Serpent a perverti notre intelligence, la parole du « Père du mensonge » (Jn 8, 44) interfère avec celle de Dieu. Désormais notre cœur est double : nous avons le souci non seulement « des affaires du Seigneur », mais aussi - et souvent en priorité - « des affaires de cette vie » (2nd Lect.). Pour retrouver l’unité et la paix intérieures et extérieures, il n’est pas d’autre chemin que de nous recentrer sur la Parole de Dieu, afin « de lui être attachés sans partage » (Ibid.). C’est pourquoi le Seigneur nous a envoyé ses serviteurs, porteurs de sa Parole ; il a promis à Moïse de faire lever au milieu de ses frères un prophète comme lui, qui transmettrait tout ce que le Très-Haut lui prescrirait (cf. 1ère lect.).

    Nous le croyons : c’est en Jésus, le Verbe incarné, que Dieu accomplit cette promesse. L’Evangile de ce jour décrit l’action toute-puissante et irrésistible de sa Parole : « Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent ». Non seulement Jésus est la Parole de Dieu qui nous offre la possibilité d’entrer à nouveau en dialogue avec le Père, mais par sa simple présence, il dévoile le Menteur et lui impose le silence.

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  • Un enfer vide... Vraiment ?

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    De Ralph Martin sur le National Catholic Register :

    Qu'enseigne l'Église catholique sur l'occupation de l'enfer ?

    COMMENTAIRE : Les récentes remarques spontanées du Pape ont fourni un moment d'enseignement sur l'universalisme et la réalité.

    26 janvier 2024

    Le pape François a suscité la controverse avec une remarque informelle sur l'enfer qu'il a faite le 14 janvier lors d'une interview en direct d'une heure avec une émission de télévision italienne populaire. 

    Tout en reconnaissant qu'il ne s'agit que de son point de vue personnel et non d'un "dogme de foi", le Saint-Père a émis l'hypothèse que l'enfer pourrait être vide et a exprimé l'espoir que ce soit le cas : "Ce que je vais dire n'est pas un dogme de foi, mais mon opinion personnelle : J'aime penser que l'enfer est vide ; j'espère qu'il l'est".

    Tout d'abord, qu'est-ce qu'un "dogme" ? 

    En bref, un dogme est une déclaration de l'Église concernant une vérité révélée par Dieu et nécessaire à notre salut. Bien que le pape ne fasse que spéculer sur la possibilité que l'enfer soit vide, ce qu'il espère, et qu'il précise qu'il ne s'agit pas d'un enseignement officiel de l'Église, il n'en demeure pas moins que cette déclaration est extrêmement préjudiciable. 

    Il joue sur une sympathie largement répandue pour une hérésie appelée "universalisme", qui enseigne que peut-être - ou certainement - tout le monde finira par se retrouver au paradis. Dans certaines variantes, même le diable et les démons seront sauvés. Mais nous y reviendrons plus tard. 

    Dans ce contexte, il est donc extrêmement important que nous sachions ce que Dieu nous a révélé sur la réalité de l'enfer et sur la possibilité d'y finir. Malheureusement, ces vérités très importantes sont rarement prêchées ou enseignées. Mais la bonne nouvelle, c'est que les remarques du pape offrent un moment d'enseignement, où l'on peut prêter attention à ces vérités. 

    Heureusement, nous disposons aujourd'hui du Catéchisme de l'Église catholique, qui transmet de manière fiable l'enseignement constant de l'Église sur les quatre dernières choses (la mort, le jugement, le ciel et l'enfer). Nous devons savoir ce que l'Église enseigne au sujet de l'enfer si nous voulons garder la tête claire et les pieds sur le bon chemin dans ce climat de confusion, de vœux pieux et de déni. 

    Qu'enseigne le catéchisme ?

    S'appuyant sur les Saintes Écritures et la Sainte Tradition, le Catéchisme enseigne clairement que toute personne qui meurt sans s'être repentie de son péché mortel ira directement en enfer : 

    "L'enfer est l'état d'auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et les bienheureux, réservé à ceux qui refusent par leur propre choix de croire et de se convertir du péché, même jusqu'à la fin de leur vie" (1033).

    "L'enseignement de l'Église affirme l'existence de l'enfer et son éternité. Immédiatement après la mort, les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent en enfer, où elles subissent les châtiments de l'enfer, le "feu éternel". Le principal châtiment de l'enfer est la séparation éternelle d'avec Dieu, en qui seul l'homme peut posséder la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et auxquels il aspire" (1035 ; voir aussi 393).

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  • Existe-t-il des actes intrinsèquement immoraux ? Débat de théologie morale (A. Dumouch / M. Lavagna)

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    Existe-t-il des actes intrinsèquement immoraux ? Débat de théologie morale, A. Dumouch / M. Lavagna/ (77 mn)

    Un passionnant débat qui permet de comprendre la tension dans l’Eglise actuelle à propos d’une soit-disant opposition entre les positions du pape Benoît XVI et celles du pape François et de se réconcilier avec l’Eglise :

    Il y a les tenants de Benoît XVI que Mathieu Lavagna défend ici en exaltant cette phrase du jeune saint Paul : 1 Co 10, 13 « Aucune tentation ne vous est survenue, qui passât la mesure humaine. Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation, il vous donnera le moyen d'en sortir et la force de la supporter ». Matthieu en conclut : On peut toujours appliquer à la lettre la morale universelle.

    Il y a les tenants du pape François, pasteur de terrain, qui citent plutôt cette autre phrase du vieux saint Paul : « 2 Co 1, 8 Car nous ne voulons pas que vous l'ignoriez, frères : la tribulation qui nous est survenue en Asie nous a accablés à l'excès, au delà de nos forces, à tel point que nous désespérions même de conserver la vie ». Souvent, ces théologiens en deviennent « circonstantialistes » et en arrivent à tout justifier à cause des circonstances tragiques de certaines situations.

    Arnaud Dumouch pense qu’il faut unir les deux phrases de saint Paul (morale universelle et constatation de ce qu’est la réalité de la vie) et qu’alors seulement, la théologie morale est complète. Même la pastorale que Dieu utilise est surprenante et les scolastiques ne comprennent pas ce genre de verset : « 2 Samuel 22, 26 Tu es fidèle, Ô Dieu, avec le fidèle, sans reproche avec l'irréprochable, pur avec qui est pur mais rusant avec le fourbe ». Il insiste donc sur la complémentarité entre Benoît XVI (théologien) et François (Pasteur) car « Vérité et amour doivent marcher ensemble comme deux affectionnées ».

  • Bénir les personnes sans bénir les unions (pape François)

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    De Joseph Tulloch sur Vatican News :

    Le pape François : Bénir les personnes, pas l'union

    Dans un discours à l'assemblée plénière du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le Pape François parle des Sacrements, de la dignité humaine, de l'évangélisation et de la Fiducia supplicans

    Le pape François s'est adressé vendredi au Dicastère pour la doctrine de la foi, à l'occasion de la clôture de son assemblée plénière annuelle.

    Remerciant les fonctionnaires pour leur "travail précieux", le pape a rappelé que, lors de sa réforme de la Curie romaine en 2022, il avait divisé le Dicastère en deux sections, l'une s'occupant de la Doctrine et l'autre de la Discipline.

    C'est le premier sujet qu'il a voulu aborder dans son discours, et il a proposé un certain nombre de réflexions articulées autour de trois mots : Sacrements, dignité et foi. 

    Nouveau document du DDF

    Le premier mot que le pape François a abordé dans son discours est celui de "sacrements".
    Les sacrements, a-t-il dit, "nourrissent et font croître la vie de l'Église", et requièrent donc "une attention particulière" de la part de ceux qui les administrent.

    "Aimons et chérissons la beauté et la force salvatrice des sacrements", a exhorté le pape aux responsables de la DDF.

    Le Pape François a ensuite abordé la question de la dignité, notant que la DDF "travaille sur un document à ce sujet".

    "J'espère qu'il nous aidera, en tant qu'Église, à être toujours proches de tous ceux qui, sans fanfare, dans la vie quotidienne concrète, luttent et paient personnellement le prix de la défense des droits de ceux qui ne sont pas pris en compte.

    Annoncer l'Évangile aujourd'hui

    Le troisième thème abordé par le Pape, celui de la foi, est celui sur lequel il s'est attardé le plus longtemps.
    "Nous ne pouvons pas cacher le fait que, dans de vastes régions de la planète, la foi, comme l'a dit Benoît XVI, ne constitue plus une condition évidente pour la vie en commun.

    En effet, a noté le pape François, la foi est souvent "niée, moquée, marginalisée et ridiculisée".

    La proclamation et la communication de la foi dans le monde d'aujourd'hui, a-t-il dit, doivent donc prendre en compte un certain nombre de facteurs.

    En particulier, le pape François a précisé les "nouvelles cultures urbaines, avec leurs nombreux défis mais aussi les questions de sens sans précédent qu'elles soulèvent", la nécessité d'une "conversion missionnaire des structures ecclésiales" et, enfin, "la centralité du kérygme [l'annonce] dans la vie et la mission de l'Église".

    "C'est là, a dit le Pape, que l'on attend l'aide de ce Dicastère.

    Bénédictions pastorales

    C'est "dans ce contexte d'évangélisation", a poursuivi le pape François, qu'il a voulu mentionner la récente déclaration Fiducia supplicans.

    Le but des "bénédictions pastorales et spontanées" dont il est question dans cette déclaration, a souligné le Pape, est de "manifester concrètement la proximité du Seigneur et de l'Église à tous ceux qui, se trouvant dans des situations différentes, demandent de l'aide pour continuer - parfois pour commencer - un chemin de foi".

    À cet égard, le pape a mis l'accent sur deux points.

    Premièrement, a-t-il dit, "ces bénédictions, en dehors de tout contexte liturgique et de toute forme, ne requièrent pas la perfection morale pour être reçues".

    Deuxièmement, il a noté que "lorsqu'un couple s'approche spontanément [d'un ministre] pour les demander, il ne bénit pas l'union, mais simplement les personnes qui, ensemble, l'ont demandée".

    "Pas l'union, a souligné le pape, mais les personnes, en tenant compte naturellement du contexte, des sensibilités, des lieux où l'on vit, et des manières les plus appropriées de le faire.

  • Le Pape François a autorisé la promulgation de plusieurs décrets du dicastère pour les Causes des saints

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    De Vatican News (Tiziana Campisi) :

    24 janvier 2024

    Le Pape approuve plusieurs décrets: Marie-Léonie Paradis sera canonisée

    Le Pape François a autorisé la promulgation de plusieurs décrets du dicastère pour les Causes des saints reconnaissant un miracle attribué à l'intercession de la bienheureuse Marie-Léonie Paradis qui fonda l'Institut des Petites sœurs de la Sainte-Famille au Canada, mais aussi l'assassinat in odium fidei du père Michał Rapacz, qui sera proclamé bienheureux, ainsi que les vertus héroïques de deux religieux capucins dont un évêque arménien d'un prêtre espagnol et d'une moniale italienne.

    Ce mercredi matin, au cours d’une audience accordée au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints, le Pape François a autorisé la promulgation du décret reconnaissant un miracle survenu grâce à l'intercession de la fondatrice au Canada de l'Institut des petites sœurs de la Sainte-Famille à la fin du 19e. Mère Marie-Léonie Paradis sera canonisée.  François a également autorisé les décrets relatifs au martyre de Michał Rapacz, prêtre tué en haine de la foi le 12 mai 1946 à Cracovie qui sera donc béatifié, et aux vertus héroïques des serviteurs de Dieu désormais Vénérables que sont: Mgr Cyrille Jean Zohrabian, évêque titulaire d'Acilisène qui fut missionnaire auprès des réfugiés arméniens ; Don Gianfranco Maria Chiti, un général italien qui se fit capucin ; Sebastián Gili Vives, prêtre fondateur de la Congrégation des Augustines Filles du Secours ; Madeleine de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, religieuse de la Congrégation des Filles de l'Église.

    Une femme dévouée au soutien des prêtres

    Béatifiée par Jean-Paul II le 11 septembre 1984 à Montréal, la religieuse canadienne Marie-Léonie Paradis sera canonisée. On attribue à son intercession la guérison miraculeuse d'un nouveau-né de sexe féminin à la suite d'une «asphyxie périnatale prolongée avec défaillance de plusieurs organes et encéphalopathie» à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, en 1986. Née le 12 mai 1840 à L'Acadie, au Canada, elle est entrée dans la Congrégation des Sœurs marianites de Saint-Laurent à Montréal, la branche féminine de la congrégation de la Sainte-Croix dédiée au service domestique dans les maisons des "Prêtres de la Sainte-Croix" et à l'éducation des jeunes gens alors qu'elle n'avait que 14 ans. Elle est envoyée dans diverses maisons au Canada et, en 1862, à New-York aux États-Unis où, sept ans plus tard, elle vit la séparation des religieuses de la province de l'Indiana d'avec la maison mère française, qu'elle rejoint peu de temps après. Sœur Marie-Léonie rejoint le Canada à l'invitation du père Camille Lefebvre, c.s.c., pour prendre en charge les religieuses et les jeunes femmes qui assument les travaux domestiques du Collège Saint-Joseph dont il a la charge. Les vocations se font nombreuses et la religieuse accepte la suggestion de l'archevêque de Montréal de fonder une nouvelle communauté. Le 31 mai 1880, la Congrégation des Petites sœurs de la Sainte Famille est fondée, dans le but spécifique de servir dans les communautés religieuses, les collèges et les séminaires. De nouvelles communautés s'ouvrent, dans lesquelles Mère Marie-Léonie recommande d'aider les prêtres matériellement et spirituellement, et ainsi, dans les presbytères et les séminaires, on respire l'atmosphère propre à la Sainte Famille de Nazareth, faite de transparence et de paix, d'ordre et de discrétion. Mère Marie-Léonie meurt le 3 mai 1912 à Sherbrooke, à l'âge de 72 ans, laissant 600 religieuses en deuil. L'Institut qu'elle a fondé se répand alors non seulement au Canada, mais aussi au Honduras, en Italie et aux États-Unis.

    Un prêtre martyr dans la Pologne communiste

    Né le 14 septembre 1904 à Tenczyn, en Pologne, le père Michał Rapacz entre au séminaire de Cracovie en 1926 et a été ordonné prêtre cinq ans plus tard. Envoyé à Płoki comme curé adjoint de la paroisse de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, il exerce ensuite son ministère à Rajcza, mais en 1937, il revient à Płoki comme administrateur de la paroisse. En raison de l'occupation allemande, il est obligé de réduire son activité pastorale, car l'enseignement de la religion catholique, les mariages entre Polonais et Allemands, ainsi que toutes les célébrations et activités de l'après-midi des paroisses et institutions catholiques sont interdits. À la fin de la guerre, le régime communiste s'est installé en Pologne, sous la domination de l'Union soviétique de Staline, qui a ouvertement déclaré la guerre à la religion et à l'Église. Dans la nuit du 11 mai 1946, un groupe d'hommes armés pénètre dans le presbytère de Płoki, et enlève le père Michał, le tuant dans une forêt voisine. Le prêtre, conscient du risque qu'il courait et prêt à l'affronter et à donner sa vie pour rester fidèle au Christ et à l'Église, a été assassiné en raison de son activité pastorale, que le régime n'aimait pas, et son exécution n'était pas un événement isolé, mais faisait partie de l'activité du gouvernement visant à "libérer" la Pologne de l'influence de l'Église et de ses représentants les plus importants.

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  • "Chrétiens, repositionnez-vous" : c'est ainsi que le cardinal Ouellet cède au monde

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    De Roberto Marchesini sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    NOUVEAUX PARADIGMES

    " Chrétiens, repositionnez-vous " : c'est ainsi que Ouellet cède au monde

    Pour le cardinal Ouellet, l'ère du christianisme est terminée, il faut se repositionner sous la bannière du pluralisme et sans exclusivité. Une capitulation devant le monde anti-évangélique.

    25 janvier 2024

    Nous vivons une époque très intéressante, où il nous arrive de lire des choses extraordinaires. C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit en lisant un article du cardinal Ouellet dans la prestigieuse revue théologique Communio.

    L'article, bien que complexe, est digne d'intérêt et de réflexion. Après un paragraphe d'introduction, il commence par un coup d'éclat : "L'ère du christianisme est terminée". Une affirmation qui fait frémir ou rire aux éclats, selon le point de vue. Comment l'ère du christianisme peut-elle prendre fin ? Toute l'histoire est chrétienne, puisque le Christ est l'alpha et l'oméga. Certes, le cardinal a attiré notre attention.

    Une nouvelle ère s'est ouverte, explique-t-il, dans laquelle les chrétiens doivent se repositionner par rapport à leur environnement s'ils veulent transmettre l'héritage culturel et spirituel du christianisme. Le christianisme est étranger à cet environnement, il est accueilli avec indifférence, voire hostilité, même dans les pays traditionnellement catholiques". Relisons calmement. "Le christianisme est étranger à cet environnement ; il est accueilli avec indifférence ou même hostilité, même dans les pays traditionnellement catholiques. De quel "environnement" s'agit-il ? Peut-être le monde ? Dans ce cas, il n'y aurait rien d'étrange : "Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartient ; mais comme vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis dans le monde, c'est pour cela que le monde vous hait" (Jn 15, 18-19). Donc, si le monde déteste le christianisme (ce qui est tout à fait naturel), "les chrétiens doivent se repositionner" ? Et que signifie "se repositionner" ?

    Il l'explique un peu plus loin : "Nous devons réfléchir à l'avenir du christianisme dans un contexte qui attend des chrétiens qu'ils adoptent un nouveau paradigme pour témoigner de leur identité. C'est pourquoi nous devons regarder la diversité culturelle et religieuse avec une disponibilité au dialogue et offrir la vision chrétienne en toute liberté et avec le souci de la fraternité humaine".

    Ainsi, le monde (en supposant que c'est ce que signifie le "contexte") demande au christianisme d'"adopter un nouveau paradigme". L'expression fait froid dans le dos et est "expliquée" comme suit : "Pour cela, nous devons regarder la diversité culturelle et religieuse avec une volonté de dialogue et offrir la vision chrétienne librement et avec le souci de la fraternité humaine". Pourquoi "devons-nous" ? Depuis quand l'Église doit-elle répondre aux attentes du monde ? Et puis : l'apostolat a toujours été ouvert au dialogue (bien que presque toujours unilatéral), libre (et payé cher) et attentif à la fraternité humaine. Ce n'est pas un " nouveau paradigme " : c'est ce que les chrétiens ont toujours fait.

    C'est peut-être dans la suite que l'on perçoit ce que le cardinal Oullet entend par " nouveau paradigme " lorsqu'il affirme que " les repères rationnels traditionnels ne peuvent plus prétendre à l'exclusivité ". Le changement d'époque, en bref, envisage le pluralisme comme un élément constitutif de toute société dans le monde globalisé". Là encore, nous sommes confrontés à un non sequitur. Le fait que "le changement d'époque envisage le pluralisme comme un élément constitutif" est important jusqu'à un certain point. Et on ne voit pas pourquoi la revendication de l'exclusivité des "points de référence rationnels traditionnels" ne serait plus recevable. Il suffit de jeter un coup d'œil à la déclaration Dominus Jesus pour se rendre compte qu'elle est non seulement possible, mais nécessaire.

    En bref, Son Éminence utilise des tonalités et des phrases importantes - "l'ère du christianisme est terminée", "les chrétiens doivent se repositionner", "nouveau paradigme"... -, mais on ne sait pas très bien où il veut aller. Il n'est pas bon d'utiliser le terme "supercazzola" (bistouriquette) lorsque l'auteur est un cardinal ; cependant, il semble que ce soit le cas. Et tonitruant. Au milieu de tous ces slogans, qui ne sont pas faciles à déchiffrer, une image claire et précise me vient à l'esprit : une enseigne accrochée à un magasin. Sur ce panneau, une inscription : "Fermé pour faillite". Je l'ai compris ainsi : "S'ils veulent transmettre l'héritage culturel et spirituel du christianisme", les chrétiens doivent cesser de transmettre l'héritage culturel et spirituel du christianisme ; s'ils veulent "témoigner de leur identité", ils doivent cesser de témoigner de leur identité. Le sel de la terre doit perdre sa saveur pour être jeté et foulé par les hommes (Mt 5,13).

    En conclusion, l'article prend un ton normatif : "Cette nouvelle situation doit être acceptée comme permanente". Il est difficile de savoir à quelle situation le cardinal fait référence : à la haine du monde pour le christianisme ? À un obscur "nouveau paradigme" ? Au fait qu'un prince de l'Église s'exprime comme le comte Mascetti ? Une chose est claire : "Cette nouvelle situation doit être acceptée comme permanente". C'est ainsi que les choses sont, c'est ainsi qu'elles doivent être.

    Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que l'article a l'intention de lancer une conférence qui se tiendra au Vatican les 1er et 2 mars, avec la participation du pape François (et du cardinal Fernández), intitulée "Image de Dieu de l'homme et de la femme. Vers une anthropologie des vocations". Si les prémisses sont celles indiquées par Ouellet, il n'y a pas de quoi être serein.

    Quelqu'un, à ce stade, citera Lénine et demandera : "que faire ?" Pour ma part, je n'ai aucun doute : "Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé" (Mt 24, 13).

  • Comment être chrétien dans une société apostate ?

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    De Jean-Pierre Maugendre sur le site de l'Homme Nouveau :

    ÊTRE CHRÉTIEN DANS UNE SOCIÉTÉ APOSTATE

    24 janvier 2024

    Les éditions Contretemps viennent de publier sous le titre Après la chrétienté, les Actes de la XXIIe université d’été de « Renaissance catholique ». L’occasion pour son directeur général de revenir sur cette question essentielle : faut-il vraiment se résigner à vivre sous un État religieusement « neutre » ?

    C’est devenu une évidence que d’évoquer La Fin de la chrétienté (Chantal Delsol), La France d’après (Jérôme Fourquet) ou, plus emphatiquement, le processus de « décivilisation » (Emmanuel Macron) en cours. 

    La fin de la chrétienté

    Que cela nous plaise ou non, nous vivons dans une société postchrétienne. « Seize siècles de chrétienté s’achèvent », écrit Chantal Delsol. Comme l’a parfaitement analysé Patrick Buisson dans deux ouvrages très éclairants, La Fin d’un monde et Décadanse, la société française a opéré en quelques décennies une remise en cause radicale de son art de vivre traditionnel et de ses croyances ancestrales fondées sur le christianisme. Qui aurait imaginé il y a cinquante ans la banalisation du mariage homosexuel ou la constitutionnalisation de l’avortement ? Personne !

    Ce fait observé – la disparition d’une société dont les institutions, plus ou moins consciemment, étaient encore imprégnées par les valeurs de l’Évangile et du christianisme –, deux écoles se font face parmi les catholiques. 

    Un bienfait ?

    Répondant à la question d’un séminariste sur le problème que constitueraient les traditionalistes, Mgr de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France répondait le 2 décembre dernier : « Le décret de Vatican II sur la liberté religieuse est très clair. Le Christ n’est pas venu bâtir des nations catholiques mais il est venu fonder l’Église. Ce n’est pas la même chose. À force de traîner la nostalgie d’un État catholique, on perd notre énergie pour l’évangélisation. »

    Lointain écho d’une déclaration d’un de ses prédécesseurs à la tête de la CEF, le cardinal Etchegaray, archevêque de Marseille : « Après l’État chrétien, dont la déclaration conciliaire sonne le glas, après l’État athée qui en est l’exacte et aussi intolérable antithèse, l’État laïc, neutre, passif et inengagé, a été certes un progrès ». Comme le note Chantal Delsol : « L’Église a honte de la chrétienté comme pouvoir et comme contrainte et elle aspire à d’autres formes d’existence ». La fin de la chrétienté apparaît alors non seulement comme un fait, mais aussi comme un bienfait. 

    Ou un méfait ?

    Cet avis cependant n’est pas général. Il se heurte en particulier à deux objections majeures.

    Tout d’abord une objection doctrinale. Dans son encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925 sur la royauté sociale du Christ, le pape Pie XI invitait « les hommes et les sociétés » à « reconnaître en particulier et en public le pouvoir royal du Christ ». Il n’est pas là question d’État « neutre et inengagé », bien au contraire. Nous laissons les spécialistes se pencher sur la continuité entre la déclaration conciliaire sur la liberté religieuse Dignitatis humanae et cette encyclique dont nous célébrerons le centenaire de la publication l’année prochaine…

    Ensuite une objection pratique : c’est à la suite de leurs princes et gouvernants (Constantin, Clovis, Charlemagne, Vladimir, Étienne, etc.) que les peuples sont entrés, en masse, dans l’Église. Les faits sont peut-être cruels mais incontournables : il n’existe pas de conversion d’un peuple au christianisme sans soutien, ou a minima neutralité bienveillante, des pouvoirs publics.

    La situation du catholicisme en Asie est à cet égard très éclairante : le catholicisme est très présent dans les pays historiquement et politiquement liés au christianisme (Philippines, Vietnam), mais marginal dans les pays où les pouvoirs publics se sont opposés à son développement (Chine, Japon).

    Après la chrétienté

    Providentiellement viennent d’être publiés, sous le titre Après la chrétienté, par les éditions Contretemps, les Actes de la XXIIe université d’été de « Renaissance catholique ». Ce sujet est, plus que jamais, d’une brûlante actualité. La question se pose, en effet, de savoir d’une part si la notion même de chrétienté est un idéal à poursuivre et d’autre part comment, en tout état de cause vivre notre christianisme dans une société apostate dans laquelle l’État impose une législation de plus en plus éloignée du simple respect de la loi naturelle et a fortiori de l’Évangile.

    Au fond, la question posée par ces travaux est celle de savoir si l’évangélisation de tout un peuple est possible face à l’hostilité des pouvoirs publics. Bref, « après la chrétienté », comment demeurer intégralement chrétiens et continuer à partager ce trésor qui donne un sens à nos vies ? 

    Sous la direction de Michel De Jaeghere, philosophes, journalistes, ecclésiastiques, universitaires, hommes politiques et acteurs de terrain ont cherché à répondre à quelques-unes de ces questions :

    « Qu’est-ce que la chrétienté ? » (Arnaud Jayr), « L’État moderne est-il antichrétien ? » (François Vallançon), « Quelles sont les caractéristiques de la politique contemporaine ? » (abbé de Tanoüarn), « Quels sont les rapports entre l’Église, l’État et la loi naturelle ? » (Guillaume de Thieulloy), « Quels modes d’apostolat pour l’Église d’aujourd’hui ? » (abbé Barthe), « Quelle place, dans notre résistance, pour l’objection de la conscience ? » (Joël Hautebert), « Quels sont les défis géopolitiques du catholicisme ? » (Aymeric Chauprade), « Comment transmettre la culture chrétienne ? » (François-Xavier Bellamy), « Pourquoi Pie XI a-t-il institué la fête du Christ-Roi ? » (chanoine Merly), « Quel avenir pour la chrétienté ? » (Jean-Pierre Maugendre).

    Sans omettre, au moyen de tables rondes le témoignage de nombreux acteurs engagés dans le combat pour la chrétienté :

    « La résistance à la dénaturation du mariage » (Marie-Amélie Brocard et Jean Vallier, maître Triomphe, etc.), « Résister à la culture de mort » (Jeanne Smits, Grégor Puppinck, etc.), « Agir en politique » (Jean-Pierre Maugendre, Jacques Bompard, Bruno Gollnisch, etc.), « Être journaliste et catholique » (Michel De Jaeghere, Laurent Dandrieu, Philippe Maxence, etc.), « Quelle école catholique pour demain » (Gabrielle Cluzel, Michel Valadier, etc.) ?

    Ce volume est le 21e publié dans le cadre des Actes de ces universités d’été qui constituent une véritable contre-encyclopédie, constituée de 7 700 pages de texte, soit 270 contributions de 115 auteurs différents.


    20231110 ACTES 2013 CT Couverture chrétien
    Après la chrétienté, Contretemps, 490 pages, 24 €.
    Contretemps, 25A, rue Montebello 78000 Versailles

  • Le cardinal Fernandez est omniprésent dans l'administration romaine

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    De kath.net/news :

    Le pape François nomme désormais le préfet Fernandez membre du ministère œcuménique

    24 janvier 2024

    Le préfet du Dicastère de la Foi est désormais membre votant de nombreux organes directeurs de l'Église - François a également nommé Armando Matteo au ministère œcuménique - Les deux sont considérés comme les principaux auteurs de Fiducia supplicans

    Le dogmatique en chef du pape, le cardinal Victor Fernandez, est désormais également membre du ministère œcuménique du Vatican. Le Vatican a annoncé mardi la nomination du pape François. L'Argentin Fernández dirige le Dicastère de la Foi du Vatican depuis septembre 2023 et est membre votant de droit dans de nombreuses instances dirigeantes importantes de l'Église universelle.

    Fernandez conseille sur l'interprétation des textes juridiques de l'Église et est déjà l'une des autorités en matière d'évangélisation, d'évêques, d'éducation et de laïcs. Désormais, il travaillera également plus étroitement avec le cardinal de la Curie Kurt Koch. Le Suisse dirige le Dicastère pour l'unité des chrétiens.

    Par ailleurs, le pape François a également nommé Mgr Armando Matteo comme consultant auprès du Dicastère œcuménique. Fernandez et Matteo sont considérés comme les principaux auteurs de la très controversée déclaration du Vatican Fiducia supplicans.

    Le cardinal Fernandez est membre des dicastères suivants :
    - Dicastère pour l'évangélisation (nommé en 2023)
    - Dicastère pour les Églises orientales (nommé en 2023)
    - Dicastère pour les évêques (nommé en 2023)
    - Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie (nommé en 2023)
    - Dicastère pour la Culture et l'Éducation (nommé en 2023)
    - Dicastère pour les Textes juridiques (nommé en 2023)
    - Dicastère pour le Promoteur de l'Unité des Chrétiens (nommé en 2024)

  • Fiducia Supplicans : le colonialisme culturel en action ?

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    Du Catholic World Report (Anne Hendershott) :

    Les évêques africains, Fiducia Supplicans et la colonisation culturelle

    La tentative d'imposer des notions occidentales sur les relations entre personnes de même sexe dure depuis un certain temps, et le Vatican fait maintenant partie du problème.

    23 janvier 2024  The Dispatch 0Imprimer

    Considérant la déclaration du Vatican Fiducia Supplicans "en contradiction directe avec l'éthique culturelle des communautés africaines", les évêques africains ont formellement publié le 11 janvier une déclaration de protestation intitulée "Pas de bénédiction pour les couples homosexuels dans les églises africaines".

    Signée par le cardinal congolais Fridolin Ambongo Besungu, président du Symposium des Conférences Épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM), la déclaration reconnaît l'"onde de choc" provoquée par la Fiducia Supplicans, déclarant qu'"elle a semé des idées fausses et des troubles dans l'esprit de nombreux fidèles laïcs, de personnes consacrées et même de pasteurs et qu'elle a suscité de vives réactions".

    Bien que la déclaration du SCEAM ait explicitement nié que le pape François tentait d'imposer " toute forme de colonisation culturelle en Afrique ", il est difficile de soutenir une telle déclaration alors que Fiducia Supplicans porte elle-même les marques de la colonisation culturelle - une tentative d'imposer le pouvoir d'État colonial du Vatican par la subordination culturelle d'un cadre conceptuel ou d'une identité culturelle par rapport à un autre en Afrique.

    Alors que le SCEAM reconnaît que la déclaration du Vatican sur les bénédictions homosexuelles "ne change pas l'enseignement de l'Église sur la sexualité humaine et le mariage", la déclaration des évêques africains se plaint que "le langage qu'elle utilise reste trop subtil pour être compris par les gens simples".

    On peut affirmer que l'ambiguïté sophistiquée de Fiducia Supplicans est en soi une marque de colonialisme culturel, car la déclaration peut être définie différemment par ceux qui ont le pouvoir d'imposer leurs propres interprétations de la valeur des relations homosexuelles à d'autres qui ont des interprétations très différentes. Voilà ce qu'est le colonialisme culturel. Le concept de colonialisme culturel reconnaît l'importance de la culture en tant que support du pouvoir politique et économique. Nous avons vu dans notre propre pays qu'il n'est pas nécessaire de recourir à des actions militaires pour modifier radicalement les lois sur des questions telles que les droits génésiques - y compris l'avortement - et la transition de genre.  Changer la culture peut avoir des conséquences tout aussi puissantes que la guerre.

    L'Église a depuis longtemps mis en garde contre les conséquences de l'imposition d'un changement culturel radical sur les mœurs, y compris sur l'éthique sexuelle et les questions relatives à la vie. Elle a toujours conseillé aux catholiques d'être "contre-culturels" sur les questions de vie et de mariage en rejetant l'adoption par la culture occidentale des droits reproductifs, en respectant toute vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle et en protégeant le mariage comme une union entre un homme et une femme. Mais aujourd'hui, d'une certaine manière, le Vatican tente apparemment de nous demander à tous de valider certaines des valeurs culturelles les plus décadentes de la culture dominante.

    Le cardinal Fridolin Ambongo, président du Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM), en expliquant le rejet africain de la bénédiction des couples homosexuels, a fait remarquer que l'Occident avait perdu le sens du mariage et de la culture, qui, selon lui, "est en déclin...". "Peu à peu, a-t-il déclaré, ils vont disparaître. Ils vont disparaître. Nous leur souhaitons une bonne disparition..." En substance, il s'agissait d'une réprimande claire du colonialisme culturel.

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  • Fiducia supplicans face au sens de la foi

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    D'Emmanuel Perier sur le site de la Revue Thomiste :

    Fiducia supplicans face au sens de la foi

     
    La déclaration “Fiducia supplicans” du 18 décembre 2023 a suscité un grand émoi. Dans ce premier article, nous en donnons les raisons principales.

    Fils de l’Église fondée sur les apôtres, nous ne pouvons qu’être alarmés du trouble dans le peuple chrétien suscité par un texte venant de l’entourage du Saint-Père[1]. Il est insupportable de voir des fidèles du Christ perdre confiance dans la parole du pasteur universel, de voir des prêtres déchirés entre leur attachement filial et les conséquences pratiques auxquelles ce texte leur imposera de faire face, de voir des évêques se diviser. Ce phénomène de grande ampleur auquel nous assistons indique une réaction du sensus fidei. On appelle « sens de la foi (sensus fidei) » l’attachement du peuple chrétien aux vérités touchant la foi et les mœurs[2]. Cet attachement commun, « universel » et « indéfectible », vient de ce que chaque croyant est mû par l’unique Esprit de Dieu à embrasser les mêmes vérités. C’est pourquoi, lorsque des affirmations touchant à la foi et aux mœurs viennent heurter le sensus fidei se produit à leur égard un mouvement instinctif de défiance qui se manifeste collectivement. Il est cependant nécessaire d’en sonder la légitimité et les motifs. Nous nous en tenons ici aux six raisons qui nous semblent les plus saillantes.

    Lire la suite sur le site de la Revue Thomiste

  • Débaptisations : l'Eglise de Belgique fait de la résistance

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    L'Église belge lutte contre l'ordre d'effacer l'inscription du baptême

    22 janvier 2024

    L'Église catholique de Belgique a déclaré qu'elle se battrait contre une ordonnance visant à effacer une inscription dans un registre de baptême, dans le contexte d'une hausse signalée des demandes de "débaptisation".

    Un porte-parole a déclaré que l'Église avait fait appel d'une décision prise le 19 décembre par l'autorité belge de protection des données, qui exigeait du diocèse de Gand qu'il accède à la demande d'une personne anonyme de voir l'enregistrement de son baptême supprimé.

    Lorsqu'un catholique demande à être "débaptisé" en Belgique, sa demande est notée dans la marge du registre des baptêmes de la paroisse où il a été baptisé, mais l'inscription du baptême n'est pas supprimée.

    L'Église catholique enseigne que "le baptême scelle le chrétien de la marque spirituelle indélébile de son appartenance au Christ". Alors qu'une personne peut perdre la foi ou même y renoncer, il est impossible d'annuler les effets du baptême.

    L'autorité belge de protection des données a donné à l'Église un délai de 30 jours pour faire appel de sa décision, qui pourrait servir de précédent non seulement en Belgique, mais aussi dans les 26 autres États membres de l'Union européenne.

    L'Église catholique de Belgique a déclaré que cette décision soulevait "de nombreuses questions juridiques" et "devrait être examinée au niveau européen". 

    Elle a ajouté qu'elle continuerait à utiliser la procédure actuelle d'ajout d'une note sur les registres de baptême, alors que le litige est porté devant la Cour du Marché, une section de la Cour d'appel de Bruxelles ayant une compétence exclusive sur la loi relative à l'Autorité de protection des données.

    L'Église belge a cité une décision de février 2023 de la Commission de protection des données d'Irlande, un pays qui appartient également à l'UE. 

    La commission irlandaise a déclaré que les personnes qui "ne se considèrent plus comme membres de l'Église catholique n'ont pas le droit d'obtenir l'effacement de leurs données personnelles" dans les registres des baptêmes.

    L'autorité irlandaise a examiné les demandes d'effacement des registres de baptême de l'archidiocèse de Dublin, sur la base de l'article 17 du règlement général sur la protection des données (RGPD), qui s'applique dans toute l'UE depuis 2018.

    La commission a déclaré ce qui suit : "Dans les circonstances où une personne concernée ne souhaite plus être membre de l'Église catholique, une déclaration supplémentaire pourrait être ajoutée par l'archevêque à l'entrée du registre des baptêmes, indiquant "Ne souhaite plus être identifié comme catholique romain"."

    Le cas belge est apparu après qu'une personne a demandé au diocèse de Gand de supprimer ses données de tous les fichiers, y compris du registre des baptêmes. Lorsque les autorités ecclésiastiques lui ont expliqué qu'une note serait inscrite à côté de son acte de baptême, mais qu'elle ne serait pas effacée, la personne s'est plainte auprès de l'autorité de protection des données.

    L'autorité de contrôle des données a déclaré que l'Église soutenait qu'il était nécessaire de conserver les registres de baptême afin de prévenir une éventuelle fraude d'identité, par exemple si une personne déjà baptisée cherchait à recevoir le sacrement pour la deuxième fois, en contravention avec l'enseignement de l'Église.

    L'autorité chargée du traitement des données a reconnu les préoccupations de l'Église, mais a fait valoir que les intérêts du plaignant l'emportaient sur ceux de l'Église.

    "En conséquence, le traitement des données en question est considéré comme illégal, ce qui signifie que le plaignant peut exercer son droit à l'effacement des données", a déclaré l'autorité.

    Geert De Kerpel, porte-parole de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles, qui comprend le diocèse de Gand dans sa province ecclésiastique, a déclaré : "Nous avons été très surpris par la décision de la Cour européenne des droits de l'homme : "Nous avons été très surpris par cette décision, car l'autorité de protection des données en Irlande avait pris la décision inverse il y a seulement quelques mois dans une plainte contre l'archidiocèse de Dublin. 

    "Nous pensons donc qu'il y a suffisamment d'arguments pour défendre notre position devant les tribunaux.

    Il a ajouté : "Notre personnel et nos bénévoles dans les diocèses et les paroisses traitent toutes les demandes avec soin. Nous reconnaissons ainsi la demande de ceux qui veulent prendre explicitement leurs distances avec l'Église, même s'il faut du temps et des recherches pour tout mettre en œuvre."

    L'Église de Belgique a adopté la politique consistant à ajouter une note aux registres de baptême dans les années 1990, lorsqu'elle a commencé à recevoir des demandes de "débaptisation".

    En 2021, l'Église de Belgique a signalé une forte augmentation du nombre de personnes demandant à être enregistrées comme "débaptisées".

    Le rapport annuel de l'Église indique qu'il y a eu 5 237 demandes de ce type en 2021, contre 1 261 en 2020 et 1 800 en 2019.

    Le rapport suggère que la déclaration du bureau de doctrine du Vatican de mars 2021, selon laquelle l'Église catholique n'a pas le pouvoir de bénir les unions entre personnes de même sexe, pourrait "expliquer en partie" le pic des demandes.

    Le nombre de demandes de "débaptême" a chuté de manière significative en 2022, pour atteindre 1 270. Mais les responsables craignent que ce chiffre ne soit reparti à la hausse en 2023, à la suite de la diffusion de la série documentaire "Godforsaken", qui a suscité l'indignation de tout le pays lorsqu'elle a été diffusée en Belgique en septembre de l'année dernière. 

    Cette série, qui mettait en lumière les abus commis par des clercs et les dissimulations dont ils ont fait l'objet, a donné lieu à une enquête parlementaire et aurait incité un grand nombre de catholiques à quitter l'Église. 

    Dans une tribune publiée le 18 septembre dans le journal belge De Standaard, l'écrivain et responsable politique Jan De Zutter estime que le GDPR a permis de maîtriser le géant de l'internet Google et qu'il devrait en être de même pour l'Église.

    "Face au GDPR, l'Église le craint comme le diable craint l'eau bénite", affirme-t-il. "Elle utilise toutes sortes d'arguments théologiques et ecclésiastiques pour cela et invoque la liberté religieuse. 

    Kathleen Van Brempt, collègue de M. De Zutter et membre du Parlement européen, a soumis une question parlementaire à la Commission européenne le 20 septembre, lui demandant quelles mesures elle avait l'intention de prendre pour faire respecter le GDPR par les organisations religieuses et pour garantir la protection des données des citoyens européens.

    Dans d'autres pays de l'UE, la pratique de l'Église consistant à refuser de supprimer les registres de baptême a été contestée sans succès.

    En 2014, la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, a rejeté la demande d'un homme qui souhaitait que soit supprimée l'inscription de son baptême dans une paroisse du nord de la France.   

    En 2021, le tribunal administratif slovène a confirmé qu'il n'existait pas de droit à la suppression des données à caractère personnel des registres de baptême en vertu de l'article 17 du GDPR.  

    Contrairement à la Belgique, l'Allemagne voisine dispose d'un mécanisme permettant aux catholiques baptisés de renoncer à leur appartenance à l'Église, qui est liée à l'obligation de payer un impôt ecclésiastique. 

    Si un catholique baptisé souhaite quitter l'Église en Allemagne, il doit prendre rendez-vous auprès d'un bureau d'état civil ou d'un tribunal local, fournir des documents officiels et s'acquitter d'une taxe d'environ 35 dollars. En retour, il reçoit un certificat confirmant qu'il n'est plus enregistré et qu'il n'est donc plus redevable de l'impôt ecclésiastique.

    Cette étape déclenche l'envoi d'une lettre par les responsables locaux de l'Église, décrivant les conséquences de ce changement, notamment l'interdiction de recevoir les sacrements, d'exercer des fonctions au sein de l'Église et d'agir en tant que parrain de baptême ou de confirmation.

    En 2022, un nombre record de 522 821 personnes ont officiellement quitté l'Église catholique en Allemagne, soit plus de 400 fois plus que le nombre de "débaptisations" demandées cette année-là en Belgique, dont la population est d'environ 12 millions d'habitants, contre 83 millions en Allemagne.