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International - Page 2

  • Cardinal Koch : Fiducia Supplicans chasse les orthodoxes

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    De Luisella Scrosati sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Pour le préfet du Dicastère pour l'unité des chrétiens, la déclaration sur la bénédiction des couples homosexuels détériore les relations avec l'Orient. Même le dialogue est sacrifié à la cause arc-en-ciel.

    5 juin 2024

    « Les négociations entre l'Ukraine et la Russie n'ont de sens que si leur objectif est une paix juste». C'est le résumé très rapide proposé par VaticanNews, la version allemande, de la récente interview du cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, avec l'hebdomadaire catholique Die Tagespost. L'article du site Internet du Dicastère pour la Communication du Saint-Siège rapporte en exclusivité les propos d'inquiétude du prélat suisse sur la guerre en Ukraine, qu'il définit comme une guerre entre chrétiens, "le triste contraire de l'œcuménisme des martyrs", mais reste complètement silencieux sur deux autres points de l'entretien de grande importance.

    Le cardinal est en effet revenu sur le caractère problématique de la déclaration Fiducia supplicans (FS) par rapport au dialogue avec le monde orthodoxe. Koch a révélé qu'il avait invité le cardinal Víctor Fernández à la plénière de son dicastère, dans le but précis d'offrir des explications aux membres du groupe de dialogue orthodoxe, concernés par la publication de la déclaration. Le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi n'a cependant pas pu accéder au désir de son « collègue », parce qu'il était occupé dans la séance plénière de son propre dicastère, et a donc choisi de leur envoyer une lettre ; une réponse que, cependant, dit Koch, "les orthodoxes orientaux ont jugé insuffisante". Il serait intéressant que ces réponses soient rendues publiques. Le cardinal suisse a ainsi demandé à Fernández "de répondre aux questions non résolues". Nous verrons maintenant si Tucho sera en mesure d'offrir des réponses complètes au monde orthodoxe, qui sait très clairement ce qu'est une bénédiction et qui ne sera guère écarté du fait que ce n'est qu'une question de quelques secondes...

    Les paroles du préfet du Dicastère qui s'occupe du dialogue entre chrétiens montrent que la déclaration FS n'a été discutée et partagée auparavant ni avec les évêques du monde ni avec les autres dicastères. Chez les premiers, cela s'est manifesté par les nombreuses défections et critiques qui se sont abattues sur la « créature » de Tucho, au point de soulever tout un continent ; du second côté, le cardinal préfet du Dicastère du Culte divin, Arthur Roche, s'en était déjà plaint, peu après la publication de la déclaration (voir ici ). Et objectivement pas à tort, puisque FS parle de bénédictions, donc de sacramentaux, sujet de compétence du Dicastère présidé par Roche. A vrai dire, le doute demeure également si FS a été partagé avec les responsables du DDF lui-même, puisque le document continue de présenter une simple approbation ex auditionie, alors qu'il manque la formulation habituelle (présente, par exemple, dans Dignitas Infinite et dans les Normes sur les apparitions) qui rend compte de la décision prise en séance ordinaire ou plénière du dicastère.

    Aujourd'hui, un autre cardinal-préfet indique clairement que François et Tucho ont suivi leur propre chemin, causant, comme c'était évident, des problèmes de toutes parts. La promotion de la cause homosexuelle au sein de l'Église a évidemment la priorité sur toute autre préoccupation, au point que le dialogue avec les orthodoxes et l'unité interne du monde catholique peuvent y être sacrifiés.

    Une unité que le cardinal Koch considère chaque jour de plus en plus menacée en raison des avancées sur des questions délicates, comme l'ordination des femmes. «Même au sein de l'Église catholique, il existe des idées et des demandes hétérogènes à cet égard. Il y a de nombreux évêques en Allemagne, en Suisse et dans d'autres pays qui sont résolument favorables à l'ordination des femmes et qui font en dépendre la vitalité future de l'Église catholique", a expliqué le cardinal, qui a rappelé la déchirure survenue dans la communion anglicane. précisément sur ce thème.

    La possibilité d’une ouverture au sacerdoce féminin a été rejetée à plusieurs reprises par le pape François, qui nous a pourtant habitué au mensonge de manière opportuniste. Qu'il suffise de dire que, précisément sur FS, le Pape et Tucho ont librement varié l'interprétation du document - bénédiction des couples ou des individus ? –, en fonction des circonstances et des interlocuteurs ; ou encore, sur l'impossibilité pour les séminaristes homosexuels de progresser vers le sacerdoce, le Pape est passé en l'espace de quelques jours de la « pédé » à l'encouragement à poursuivre sa propre vocation à l'intention d'un jeune homosexuel retiré du séminaire (voir ici ). Par conséquent, personne ne croit plus qu’un « non » de François signifie un « non ». Un déni, dans la triste ruse bergoglienne, signifie simplement qu’il n’est pas encore temps de renverser la table, car nous sommes encore en train de démarrer les processus.

    L'approche de l'Année Sainte , au cours de laquelle aura lieu le 1700e anniversaire du Concile de Nicée (325), offre au cardinal Koch l'occasion de dénoncer une autre crise grave et profonde du monde catholique, notamment celui des pays germanophones : « "L'hérésie arienne (...) n'est pas seulement une chose du passé, mais elle est également répandue aujourd'hui", où Jésus-Christ se limite à sa dimension humaine, alors qu'il est en fait rejeté dans sa double nature de vrai Dieu et de vrai homme. Koch a souligné que ce nouvel arianisme prend la forme du rejet de l'Église comme institution divine et de sa réduction à une organisation philanthropique et démocratique. Benoît XVI avait «souligné à plusieurs reprises que dans la situation actuelle, derrière la formule très utilisée «Jésus oui - Église non», il y a une déclaration encore plus profonde: «Jésus oui - Fils de Dieu non»».

  • Comment l’OMS fait tout pour limiter la démographie mondiale

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    Du site de l'ECLJ :

    Publié par l’Harmattan et écrit par notre chercheur associé, Louis-Marie Bonneau, sous la direction de Grégor Puppinck, avec une préface de Giuseppe Benagiano:

    L'OMS ET LE PROGRAMME DE REPRODUCTION HUMAINE, 1950-2020 : 70 ans de politique démographique

    Commander le livre sur le site de l'Harmattan.

    Il s’agit de la première étude historique complète sur le plus grand programme de l’ONU visant à limiter et contrôler la croissance de la population mondiale.

    Qu’est-ce que le HRP?

    Comme vous le savez peut-être, Paul R. Ehrlich a publié en 1968 le best-seller "La bombe démographique" (The Population Bomb). La thèse catastrophiste de ce livre était que la croissance de la population mondiale conduirait à une famine dans les années 70 et 80, entraînant la mort de centaines de millions de personnes et à l’effondrement de l’humanité dans une guerre thermonucléaire… à moins que des mesures drastiques ne fussent prises pour limiter la croissance de la population.

    Le « Programme de reproduction humaine » (Human Reproduction Programme, HRP) fut la réponse de l’ONU à cette soi-disant menace démographique.

    Pendant plus de cinq décennies, le HRP a pris des mesures pour mettre au point des abortifs et des contraceptifs, dont plusieurs sont largement utilisés aujourd’hui, tout en promouvant ces produits sous un discours de progrès pour les femmes et les droits de l’homme.

    Le HRP a commencé ses activités avec des millions de dollars provenant des pays occidentaux et de puissantes fondations privées (Ford, IPPF...), en tant qu’autorité scientifique mondiale. Le programme a produit de nombreuses lignes directrices et guides pour influencer les politiques publiques en matière de « santé sexuelle et reproductive ». Il a largement contribué au développement de différentes méthodes contraceptives et abortives utilisées aujourd’hui, comme la pilule du lendemain, les dispositifs intra-utérins, les produits stérilisants et l’avortement médicamenteux par mifépristone et misoprostol. Il a aussi travaillé au développement de produits qui, aujourd’hui, ne sont pas encore sur le marché, comme les vaccins contraceptifs. Le HRP a ainsi joué un rôle clé dans le développement de ces méthodes et pour leur acceptabilité sociale.

    Depuis les années 2010, alors que les financements privés ont pris le pas sur les financements étatiques, le HRP a progressivement abandonné ses activités scientifiques pour se concentrer davantage sur les questions de liberté sexuelle. Nous vous avions expliqué il y a 2 ans, comment le HRP promouvait l’avortement à la demande et sans condition jusqu’au terme de la grossesse. Il continue aujourd’hui encore, de faire des recommandations aux pays qui les reçoivent avec l’autorité scientifique de l’OMS.

    Ce livre, rédigé à partir de témoignages et de documents officiels, révèle l’importance de ce programme de reproduction. Nous en discutons dans cette nouvelle vidéo ci-dessus, avec Louis-Marie Bonneau.

  • Plus de 365 millions de chrétiens sont confrontés à des niveaux élevés de persécution pour leur foi

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    D'Andrés Henríquez (CNA/ACI Prensa) sur le NCR :

    Un représentant du Vatican déclare que des centaines de millions de chrétiens sont confrontés à des niveaux élevés de persécution

    L'archevêque Gallagaher s'est exprimé dans le cadre de la table ronde d'ouverture de la conférence qui analysait la crise mondiale de la liberté religieuse.

    7 juin 2024

    « Plus de 365 millions de chrétiens, soit environ 1 sur 7, sont confrontés à des niveaux élevés de persécution pour leur foi », a déclaré l'archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire du Vatican pour les relations avec les États et les organisations internationales, lors d'une conférence sur la liberté religieuse qui s'est tenue à Rome cette semaine.

    La conférence, intitulée « Liberté religieuse et développement humain intégral : Une nouvelle plate-forme mondiale", a été organisée conjointement par l'Ordre souverain de Malte, le Conseil atlantique et plusieurs universités, dont l'Université pontificale urbaine de Rome et l'Université de Notre-Dame.

    Dans son discours, Mgr Gallagher a déclaré que les attaques contre les églises et les propriétés chrétiennes « ont augmenté de manière significative en 2023, avec plus de chrétiens que jamais auparavant signalant des attaques violentes ».

    Le prélat a ensuite fait part de son inquiétude quant au fait que « selon certaines estimations, près de 4,9 milliards de personnes vivent dans des pays où la liberté religieuse est gravement ou très gravement violée. » 

    Le diplomate du Vatican a souligné que la liberté religieuse, « bien qu'elle ne soit pas le seul aspect des droits de l'homme, est probablement le plus fondamental », ajoutant que « la violation du droit à la liberté religieuse a pour effet de saper non seulement un droit mais aussi toute la catégorie des droits de l'homme », a-t-il ajouté.

    « La liberté religieuse joue un rôle décisif dans la réalisation du développement humain intégral », a poursuivi Mgr Gallagher. C'est pourquoi, a-t-il ajouté, « l'État doit faire preuve d'une neutralité détachée et accorder aux groupes religieux et à tous les individus un droit égal à la manifestation publique de leurs convictions religieuses ».

    L'archevêque Gallagaher s'est exprimé dans le cadre du panel d'ouverture de la conférence, qui analysait la crise mondiale de la liberté religieuse. La conférence a attiré des participants de quelque 19 pays et a vu la participation du secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin.

  • Niger : le calvaire dans la savane

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/NIGER - Le calvaire dans la savane

    7 juin 2024

    par Mauro Armanino

    Niamey (Agence Fides) - C'était mercredi dernier, le 29 mai, dans la savane qui mène au Burkina Faso. Un groupe de militaires nigériens a incendié des granges dans le village de Nadouani, dans la paroisse de Bomoanga.

    Plus tard, dans le village de Tchinibai, d'autres militaires, après avoir découvert puis brûlé une moto cachée dans la case, ont tué sept paysans qui tissaient des nattes à l'abri d'un arbre. Des morts de paysans qui restent invisibles, tués par des groupes armés qui apparemment devraient les protéger. D'arme en arme et d'abus en abus, on vit dans la peur quotidienne que demain n'arrive pas trop tard, avec plus de questions et de menaces de la part des « djihadistes » ou des « autoproclamés.»

    Le calvaire du peuple Gourmanché, installé à la frontière entre le Burkina et le Niger, semble sans fin. Il s'agit d'un peuple qui a longtemps résisté aux pressions de l'imposition musulmane et qui a ensuite adhéré de manière surprenante au christianisme. Ce peuple se trouve depuis longtemps dans une situation de persécution ouverte et douloureuse de la part de groupes armés composés principalement de jeunes Peuls, traditionnellement éleveurs de bétail.

    Le conflit armé est teinté d'idéologie islamique « salafiste ». Mais cela n'explique pas tout ce qui se passe dans cette région située à une centaine de kilomètres de la capitale Niamey. Eleveurs, agriculteurs, chrétiens, musulmans principalement de l'ethnie peul dans un contexte militarisé où les paysans de la région comptent de moins en moins. Dans cette phase de transition politique, après le coup d'Etat de fin juillet (voir Fides 27/7/2023), les conditions de vie des pauvres se sont encore détériorées. Le mot « génocide », utilisé et galvaudé sur d'autres rivages, peut sembler excessif. Pourtant, ce à quoi nous assistons, avec les proportions et les différences qui s'imposent, ressemble à ce processus particulier de disparition. Ce n'est pas un hasard si, parfois dans la relative indifférence des forces de sécurité, un calvaire culturel, économique, religieux et ethnique se perpétue dans la savane.

    Un peuple longtemps « oublié » par l'Etat. L'élément chrétien, bien présent au sein de ce peuple, s'est progressivement transformé en facteur « aggravant » de la persécution. Il y a maintenant de nombreux villages dans cette zone frontalière que les paysans Gourmanché ont dû abandonner. Curieusement, mais pas vraiment, des membres de l'ethnie "peul" vivent tranquillement dans ces mêmes villages, protégés par des groupes armés et ignorés par les militaires. Par une ironie divine, c'est précisément de cette région que sont originaires les deux prochains presbytres de l'église de Niamey, dont l'ordination est prévue en septembre prochain. Du calvaire à la résurrection dans la savane, il s'écoule à peine trois jours.

    (Agence Fides 7/6/2024)

     
  • RDC : de nouvelles attaques de rebelles islamistes ont fait plus de 50 morts dans le Nord-Kivu

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    Du site du Figaro :

    De nouvelles attaques de rebelles ont fait plus de 50 morts à l'Est de la RDC

    Plus de cinquante personnes ont été tuées cette semaine dans la région de Beni (est de la République démocratique du Congo), dans une série de nouvelles attaques des rebelles affiliés au groupe État islamique, ont indiqué vendredi des sources locales à l'AFP. Les Forces démocratiques alliées (ADF) ont tué 13 personnes lors de leur dernière attaque menée jeudi dans trois villages situés sur le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP un responsable de la société civile.

    «Sept hommes et six femmes» ont été tués «et plusieurs autres (personnes) sont portées disparues», a déclaré Kinos Katuo, président de la société civile de la localité de Mamove où ont eu lieu les attaques. Au cours d'incursions menées mardi, les ADF ont tué 39 autres personnes dans trois autres villages du Nord-Kivu, a déclaré de son côté à l'AFP Léon Siviwe, un responsable administratif de Beni. Des sources ont indiqué mercredi à l'AFP que 15 personnes avaient été tuées lors d'une autre attaque menée la veille à Masau, l'un de ces trois villages.

    Environ 85% de la population de ce village est partie vers des villes voisines, pour se réfugier notamment à Beni, a-t-il expliqué. Les ADF, à l'origine des rebelles ougandais majoritairement musulmans, sont implantés depuis le milieu des années 1990 dans l'est de la RDC, où ils ont tué des milliers de civils. Ils ont prêté allégeance en 2019 à l'EI, qui les présente comme sa «province d'Afrique centrale» (Iscap), et sont aussi accusés de récentes attaques sur le sol ougandais. Fin 2021, Kampala et Kinshasa ont lancé contre eux une opération militaire conjointe, baptisée «Shujaa», sans parvenir jusqu'à présent à mettre fin à leurs exactions.

  • Le pape s'inquiète de la pénurie des vocations

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    DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE FRANCIS AUX PARTICIPANTS DE LA PLÉNIÈRE DU DICASTÈRE POUR LE CLERGÉ

    Salle Clémentine
    Jeudi 6 juin 2024

    [Multimédia]

    ________________________________________

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Je vous salue avec affection et je voudrais avant tout remercier tous les membres du Dicastère pour le Clergé : vous êtes venus à Rome des quatre coins du monde pour offrir votre importante contribution à la réflexion sur le ministère ordonné et, avec vous, il y a aussi les consulteurs du Dicastère. Je vous remercie de votre présence. Et merci au Cardinal Préfet et aux autres supérieurs et fonctionnaires du Dicastère, surtout pour le travail que vous accomplissez chaque jour, souvent en silence et dans l'ombre, au service des ministres ordonnés et des séminaires.

    En cette occasion, je voudrais avant tout exprimer ma gratitude, mon affection et ma proximité aux prêtres et aux diacres du monde entier. J'ai souvent mis en garde contre les dangers du cléricalisme et de la mondanité spirituelle, mais je suis bien conscient que la grande majorité des prêtres travaillent avec une grande générosité et un grand esprit de foi pour le bien du saint peuple de Dieu, en supportant le poids de nombreuses difficultés et en affrontant des défis pastoraux et spirituels qui ne sont parfois pas faciles à relever.

    Votre Assemblée plénière se concentre en particulier sur trois domaines d'attention : la formation permanente des prêtres, la promotion des vocations et le diaconat permanent. Je voudrais m'arrêter brièvement sur chacun de ces thèmes.

    La formation permanente. C'est un thème dont on parle beaucoup, surtout ces dernières années, et qui avait déjà été évoqué dans la Ratio fundamentalis en 2016. Le prêtre aussi est un disciple à la suite du Seigneur et, par conséquent, sa formation doit être un parcours continu ; cela est encore plus vrai si nous considérons qu'aujourd'hui nous vivons dans un monde marqué par des changements rapides, dans lequel émergent toujours de nouvelles questions et des défis complexes qui exigent une réponse. Par conséquent, nous ne pouvons pas nous tromper en pensant qu'il suffit que la formation au séminaire pose des bases sûres une fois pour toutes ; nous sommes plutôt tenus de consolider, de renforcer et de développer ce que nous avons au séminaire, dans un processus qui peut nous aider à mûrir dans la dimension humaine, à grandir spirituellement, à trouver des langages appropriés pour l'évangélisation, à explorer ce dont nous avons besoin pour aborder de manière adéquate les nouvelles questions de notre temps.

    J'aime rappeler ici que l'Écriture dit : « Vae soli - malheur à celui qui est seul quand il tombe et qui n'a pas un autre pour le relever » (Ec 4,10). C'est très important pour le prêtre : le voyage ne peut pas se faire seul ! Et pourtant, malheureusement, beaucoup de prêtres sont trop seuls, sans la grâce de l'accompagnement, sans ce sentiment d'appartenance qui est comme une bouée de sauvetage dans la mer souvent orageuse de la vie personnelle et pastorale. Tisser un solide réseau de relations fraternelles est une tâche prioritaire dans la formation permanente : l'évêque, les prêtres entre eux, les communautés par rapport à leurs pasteurs, les frères et sœurs religieux, les associations, les mouvements : il est indispensable que les prêtres se sentent « chez eux ». Vous, en tant que Dicastère, avez déjà commencé à tisser un réseau mondial : Je vous exhorte à tout faire pour que cette vague se poursuive et porte du fruit dans le monde entier. Travaillez de manière créative pour que ce réseau se renforce et offre un soutien aux prêtres. Vous avez un rôle clé à jouer à cet égard !

    Le soin des vocations. L'un des grands défis pour le Peuple de Dieu est le fait que, dans un nombre croissant de régions du monde, les vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée diminuent fortement et, dans certains pays, elles sont presque en voie d'extinction. Mais la vocation au mariage, avec le sens de l'engagement et de la mission qu'elle requiert, est également en crise. C'est pourquoi, dans les derniers messages pour la Journée mondiale de prière pour les vocations, j'ai voulu élargir le regard à l'ensemble des vocations chrétiennes, et je l'ai adressé en particulier à cette vocation fondamentale qu'est la vie de disciple, conséquence du baptême. Nous ne pouvons pas nous résigner à ce que, pour de nombreux jeunes, l'hypothèse d'une offre radicale de vie ait disparu de l'horizon. Nous devons au contraire réfléchir ensemble et rester attentifs aux signes de l'Esprit, et vous pouvez vous aussi poursuivre cette tâche grâce à l'Œuvre pontificale pour les vocations sacerdotales. Je vous invite à réactiver cette réalité, d'une manière adaptée à notre temps, peut-être en travaillant en réseau avec les Églises locales et en identifiant les bonnes pratiques à faire circuler. C'est une tâche importante !

    Enfin, le diaconat permanent. Celui-ci a été réintroduit par le Concile Vatican II et, au cours de ces décennies, il a reçu un accueil très varié. Aujourd'hui encore, cependant, des questions sont souvent posées sur l'identité spécifique du diaconat permanent. Comme vous le savez, le rapport de synthèse de la première session de l'Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, en octobre dernier, a recommandé de « procéder à une évaluation de la mise en œuvre du ministère diaconal après le Concile Vatican II » (Rapport de synthèse 11 g), et appelle également à une focalisation plus décisive, parmi les diverses tâches des diacres, sur la diaconie de la charité et le service des pauvres (4 p et 11 a). Accompagner ces réflexions et ces développements est une tâche assez importante pour votre Dicastère. Je vous encourage à y travailler et à déployer toutes les forces nécessaires.

    Chers frères et sœurs, merci encore. Travaillez toujours pour que le peuple de Dieu ait des pasteurs selon le cœur du Christ et qu'il grandisse dans la joie de la vie de disciple. Que la Vierge Marie, Mère et modèle de toute vocation, vous accompagne. Moi aussi, je vous accompagne par ma prière. Et s'il vous plaît, n'oubliez pas de prier pour moi. Je vous remercie.

    Bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège, 6 juin 2024

  • Le message du Pape à l'occasion du 80ème anniversaire du débarquement en Normandie

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    Le message du pape en intégralité (source)

    « À Son Excellence Monseigneur Jacques Habert
    Évêque de Bayeux et Lisieux

    Je suis heureux de m'unir, par la pensée et la prière, à tous ceux qui sont réunis en cette cathédrale de Bayeux pour commémorer le 80ème anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie. Je salue toutes les Autorités civiles, religieuses et militaires présentes.

    Nous avons en mémoire le souvenir de ce colossal et impressionnant effort collectif et militaire accompli pour obtenir le retour à la liberté. Et nous pensons aussi à ce que cet effort a coûté : ces cimetières immenses où s'alignent par milliers les tombes de soldats — très jeunes pour la plupart, et, pour beaucoup, venus de loin — qui ont héroïquement donné leur vie, permettant ainsi la fin de la Seconde Guerre Mondiale et le rétablissement de la paix, une paix qui — du moins en Europe — aura duré près de 80 ans.

    Le débarquement présente également à l'esprit, suscitant l'effroi, l'image de ces villes de Normandie complétement dévastées : Caen, Le Havre, Saint-Lô, Cherbourg, Flers, Rouen, Lisieux, Falaise, Argentan... et tant d'autres ; et nous voulons faire mémoire des innombrables victimes civiles innocentes et de tous ceux qui ont souffert de ces terribles bombardements.

    Mais le débarquement évoque, plus généralement, le désastre qu'a représenté cet épouvantable conflit mondial où tant d'hommes et de femmes, d'enfants, ont souffert, tant de familles ont été déchirées, tant de ruines ont été provoquées. Il serait inutile et hypocrite d'en faire mémoire sans le condamner et le rejeter définitivement ; sans renouveler le cri de Saint Paul VI à la tribune de l’0NU, le 4 octobre 1965 : Plus jamais la guerre ! Si, durant plusieurs décennies, le souvenir des erreurs du passé a soutenu la ferme volonté de tout mettre en œuvre pour éviter qu'un nouveau conflit mondial ouvert se produise, je constate avec tristesse qu'il n'en est plus de même aujourd'hui et que les hommes ont la mémoire courte. Puisse cette commémoration nous aider à nous la faire retrouver !

    Il est inquiétant, en effet, que l'hypothèse d’un conflit généralisé soit parfois de nouveau sérieusement prise en considération, que les peuples soient peu à peu familiarisés à cette éventualité inacceptable. Les peuples veulent la paix ! Ils veulent des conditions de stabilité, de sécurité et de prospérité où chacun puisse accomplir sereinement son devoir et sa destinée. Ruiner ce noble ordre des choses pour des ambitions idéologiques, nationalistes, économiques est une faute grave devant les hommes et devant l'histoire, un péché devant Dieu.

    Ainsi, Excellence, je souhaite m'unir à votre prière et à celle de tous ceux qui sont réunis dans votre Cathédrale :

    Prions pour les hommes qui veulent les guerres, ceux qui les déclenchent, les attisent de manière insensée, les entretiennent et les prolongent inutilement, ou en tirent cyniquement profit. Que Dieu éclaire Ieurs cœurs, qu'll mette devant leurs yeux le cortège de malheurs qu'ils provoquent !

    Prions pour les artisans de paix. Vouloir la paix n'est pas une lâcheté, elle demande au contraire le plus grand courage, le courage de savoir renoncer à quelque chose. Même si le jugement des hommes est parfois sévère et injuste envers eux, « les artisans de paix seront appelés fils de Dieu » (H£ 5, 9). Que, s'opposant aux logiques implacables et obstinées de l'affrontement, ils sachent ouvrir des chemins pacifiques de rencontres et de dialogue. Qu'ils persévèrent inlassablement dans leurs démarches et que leurs efforts soient couronnés de succès.

    Prions enfin pour les victimes des guerres ; les guerres du passé comme les guerres présentes. Que Dieu accueille auprès de Lui tous ceux qui sont morts dans ces terribles conflits, qu'Il vienne au secours de tous ceux qui en souffrent aujourd'hui ; les pauvres et les faibles, les personnes âgées, les femmes et les enfants sont toujours les premières victimes de ces tragédies.

    Que Dieu ait pitié de nous ! Invoquant la protection de Saint Michel, Patron de la Normandie, et 1'intercession de la Sainte Vierge Marie, Reine de la Paix, j'accorde de grand cœur, à chacun, ma Bénédiction."

  • Inde : victoire mitigée du Bharatiya Janata Party

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/INDE - Victoire serrée du parti de Narendra Modi : « Pluralisme et démocratie garantis »

    5 juin 2024  

    New Delhi (Agence Fides) - Le Bharatiya Janata Party, le parti du Premier ministre indien Narendra Modi, a remporté la majorité lors des élections législatives qui viennent de s'achever en Inde, mais avec une marge étroite par rapport à la victoire que les sondages et les analystes avaient prédite. Selon les résultats définitifs, le BJP, qui est arrivé en tête des suffrages dans le pays, ne disposera pas d'une majorité absolue au Parlement (la Lok Sabha, qui compte 543 sièges), ne pourra pas gouverner seul et aura donc besoin du soutien de formations alliées. Comme l'a confirmé la Commission électorale, le parti a remporté 240 sièges, soit 62 de moins qu'en 2019. Ce chiffre est inférieur aux 272 sièges nécessaires pour obtenir une majorité parlementaire. Avec les partenaires de l'« Alliance démocratique nationale », la coalition dispose de 292 sièges et pourra former une majorité gouvernementale pour les cinq prochaines années, sous la houlette de Narendra Modi, qui en sera ainsi à son troisième mandat présidentiel.

    La coalition d'opposition de centre-gauche, l'Alliance inclusive pour le développement national de l'Inde (acronyme « India »), a remporté plus de 230 sièges. Cette coalition de 25 partis a uni ses forces pour la première fois pour faire face à la coalition du BJP. Le principal parti de la coalition « India », le Parti du Congrès, a remporté 99 sièges, doublant ainsi son résultat de 2019, où il en avait obtenu 46. En revanche, le Parti socialiste (SP) disposera de 37 députés, alors qu'il n'avait aucun représentant lors de la précédente législature.

    « Ces résultats, qui préservent la démocratie et le pluralisme, ont été obtenus grâce aux efforts inlassables et désintéressés de nombreuses personnes, à tous les niveaux, dans la société civile, dans tout le pays. Ils doivent être salués, car ils ne donneront à personne la possibilité de réaliser des projets anticonstitutionnels et néfastes", commente le père jésuite indien Cedric Prakash, écrivain et analyste basé à Ahmedabad. La société civile indienne continuera à lutter contre la corruption, la haine induite entre les communautés religieuses, connue sous le nom de « communalisme », la polarisation et la manipulation de la société par le biais de l'argent et des médias, ou par l'intermédiaire d'organismes asservis à la politique nationaliste", note le jésuite. « Le but de l'action sociale est de rechercher la vérité, la justice et l'amour. Le moment est venu de procéder à une évaluation significative, à une introspection sérieuse et à une planification méticuleuse afin que toutes les composantes saines de la société puissent ensemble veiller à ce que les valeurs inscrites dans notre Constitution soient protégées et restent un héritage indispensable pour le peuple indien", conclut le père Prakash.

    Pour les quelque 28 millions de chrétiens du sous-continent indien, les critères et les valeurs tels que la liberté religieuse et la laïcité de l'État restent fondamentaux pour préserver la plus grande démocratie du monde. Le Bharatiya Janata Party de Modi est au pouvoir depuis 2014. En dix ans, des incidents de violence, de discrimination et de harcèlement ont eu lieu à l'encontre des minorités religieuses, en particulier des chrétiens et des musulmans. Des groupes extrémistes hindous, encouragés par l'idéologie de la « suprématie hindoue » (« Hindutva »), ont commis des abus allant des agressions physiques aux fausses accusations de conversions religieuses forcées. On espère maintenant que le BJP changera de cap et adoptera des politiques plus inclusives qui garantiront des droits civils aux plus de 200 millions de musulmans, de chrétiens et d'autres minorités religieuses du pays.

    (PA) (Agence Fides 5/6/2024)

  • Bruxelles, 12 juin : "Au service des plus pauvres à Calcutta", conférence du père Laurent Bissara (KTO Belgique)

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    KTO Belgique a la joie de vous inviter à la conférence

    AU SERVICE DES PLUS PAUVRES À CALCUTTA

    par le père Laurent Bissara

    le mercredi 12 juin à 19h

    conférence à 19h15 suivie d'une réception offerte - fin 21h45

    Adresse du jour : IPM Group - Rue des Francs, 79 à 1040 Bruxelles

    Réservations souhaitées (nombre de places limité)

    Pour toute question 0485 71 83 79

  • Débarquement en Normandie : relire les textes prophétiques du cardinal Ratzinger

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    Du site "Benoît-et-moi" :

    3 juin 2024

    Aujourd’hui, alors que s’annonce une « semaine mémorielle » que nos médias, faisons-leur confiance, vont probablement nous rendre insupportable, entre anecdotes dérisoires, remplissage sans intérêt, vacuité absolue de la réflexion, méconnaissance de l’histoire, anachronismes divers et surtout récupérations de toutes sortes (cela peut toujours servir, à la veille des élections), il est indispensable, pour les chrétiens et les européens de relire ces textes prophétiques qui nous indiquent le vrai chemin vers la paix, et sont donc, dans un tout autre contexte, d’une actualité brûlante.

    Les textes qui suivent sont rassemblés avec d’autres dans un livre publié en 2005 sous le titre « L’Europe, ses fondements aujourd’hui et demain« , que l’éditeur indiquait alors comme « le dernier livre du cardinal Ratzinger »

    Extrait du discours splendide au cimetière allemand de la Combe

    LE CARDINAL SE RECUEILLE SUR LES TOMBES DU CIMETIERE MILITAIRE ALLEMAND DE LA CAMBE, EN 2004

    La grâce de la réconciliation

    In « L’Europe, ses fondements aujourd’hui et demain » , pages 137 et suivantes:
    —–
    C’est le moment de nous mettre à genoux, pleins de respect, devant les morts de la Deuxième Guerre mondiale, nous rappelant les innombrables jeunes gens de notre patrie, leur avenir, leurs espérances détruits au cours de ce sanglant massacre de la guerre. En tant qu’Allemands, nous sommes douloureusement frappés à la pensée que leur élan, leur idéal, leur loyauté envers l’État aient été instrumentalisés par un régime sans justice.

    Mais cela n’entache pas l’honneur de ces jeunes hommes, dans les consciences desquels Dieu a pu regarder. Chacun d’eux se tient, personnellement, en sa présence, avec tout son trajet de vie, avec sa mort violente; chacun se tient devant ce Dieu dont la bonté miséricordieuse, nous le savons, garde tous nos morts. Ils n’ont désiré faire que leur devoir, non sans de nombreux doutes et de nombreuses interrogations. Mais ils nous regardent et nous interpellent : «Et vous ? Oui, vous, qu’allez-vous entreprendre pour que les jeunes ne soient plus contraints à la guerre? Qu’allez-vous faire pour que le monde ne soit pas, une fois encore, dévasté par la haine, la violence, le mensonge ? »

    Le rôle historique de la foi chrétienne dans le retour de l’Europe à la vie est incontestable. C’est le grand mérite du christianisme, non seulement d’avoir donné naissance à l’Europe après le déclin de l’Empire gréco-romain et après la période des invasions barbares. Et la renaissance de l’Europe, après la Seconde Guerre mondiale, s’enracine également dans le christianisme, et donc dans la responsabilité de l’homme devant Dieu : nous en avons bien conscience, là réside le fondement ultime de l’État de droit, ainsi que le stipule clairement la Constitution allemande, établie après la chute du nazisme. Quiconque, aujourd’hui, veut construire l’Europe comme bastion du droit et de la justice, susceptible de valoir pour tous les hommes de toutes les cultures, ne peut se réclamer d’une raison abstraite, qui ignore Dieu et n’appartient à aucune culture précise, mais qui prétend mesurer toutes les cultures à l’aune de son propre jugement.

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    Mais de quelle mesure s’agit-il? Une telle raison, peut-elle garantir une liberté quelconque, peut-elle refuser quelque chose? Aujourd’hui encore, responsabilité devant Dieu, enracinement dans les grandes valeurs, vérité de la foi chrétienne – valeurs qui débordent toutes les confessions chrétiennes, car elles sont communes à toutes -, telles sont les forces – absolument nécessaires pour construire une Europe unie, et qui soit infiniment plus qu’un unique bloc économique : une communauté de droit, un bastion du droit, non seulement pour elle-même, mais aussi pour l’humanité entière.

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    Les morts de La Combe nous interpellent : ils sont dans la paix de Dieu, mais ils ne cessent de nous demander : «Et vous, que faites-vous pour la paix ? » Ils nous mettent en garde devant un État susceptible de perdre les fondements du droit et d’en couper les racines. Le souvenir de la souffrance et des maux de la Seconde Guerre mondiale uni au souvenir de la grande aventure de la réconciliation qui, grâce à Dieu, s’est accomplie en Europe, nous indiquent où se trouvent ces forces capables de guérir l’Europe et le monde.

    La terre peut devenir lumineuse, et le monde peut être humain à une seule condition : laisser Dieu entrer dans notre monde.

  • Les chrétiens araméens, Israël et Gaza : Entretien avec Shadi Khalloul

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    De Monica Seeley sur le Catholic World Report :

    Les chrétiens araméens, Israël et Gaza : Entretien avec Shadi Khalloul

    Après avoir entendu un professeur qualifier l'araméen de langue morte, Shadi Khalloul s'est donné pour mission de maintenir en vie son héritage araméen.

    4 juin 2024

    Shadi Khalloul se souvient parfaitement du moment où son « rêve américain » s'est éteint.

    C'est le moment où un professeur de l'université du Nevada à Las Vegas a qualifié l'araméen de langue morte. La classe étudiait la Bible en tant que littérature et avait rencontré les mots araméens prononcés par le Christ, Talitha kumi.

    Khalloul a levé la main pour expliquer que la langue n'est pas morte ; elle est en fait bien vivante au Moyen-Orient, où les chrétiens maronites prient encore en araméen et l'utilisent parfois dans la vie quotidienne.

    Il a quitté la classe avec une mission surprise : faire un exposé sur l'araméen.

    Israélien d'origine libanaise, Khalloul préparait un diplôme en commerce international et en finance. Il envisageait de quitter Israël pour faire carrière aux États-Unis.

    Une semaine plus tard, il a fait découvrir à la classe la langue araméenne, ses racines bibliques, sa signification pour lui en tant que chrétien syriaque maronite et la manière dont sa communauté a lutté pour maintenir son identité. Il a été étonné par l'attention soutenue de son auditoire américain.

    Il a terminé sa présentation en enseignant à la classe la prière du Seigneur en araméen. Ulo Tellan lanisyana Ello Fatzey lan min beesha... Amin. Lorsqu'il a terminé, il a été surpris de voir des étudiants les larmes aux yeux.

    Khalloul avait trouvé sa vocation. « La Bible a changé ma vie et m'a ramené chez moi », dit-il.

    Un chrétien araméen en Israël

    Au lieu de poursuivre sa carrière aux États-Unis, il est retourné en Israël, dans sa ville natale de Gush Halav, au nord de la Galilée. Depuis plus de vingt ans, il travaille sans relâche au nom de la communauté chrétienne araméenne en Israël.

    J'ai parlé à Khalloul de ce que signifie être un chrétien araméen, de son travail pour préserver son héritage et de ce qu'il pense du conflit entre Israël et le Hamas.

    Israël ne compte que 15 000 chrétiens araméens. Depuis des générations, ils sont considérés comme une minorité au sein d'une minorité : un sous-ensemble de la population arabe d'Israël, majoritairement musulmane.

    Khalloul, 48 ans, veut changer cela. Il a mis en place des programmes d'enseignement de l'araméen aux jeunes chrétiens et fait pression sur le gouvernement israélien pour défendre les droits des chrétiens araméens. Il s'est présenté cinq fois à la Knesset. Il a quitté son emploi dans le marketing de haute technologie pour se consacrer à plein temps au projet, en tant que président de l'Association chrétienne israélienne d'araméen (ICAA).

    Grâce aux efforts de Khalloul, les chrétiens araméens d'Israël n'ont plus à porter de carte d'identité les identifiant comme « chrétiens arabes ».

    Il s'agit d'une distinction extrêmement importante pour les 15 000 chrétiens araméens d'Israël, dont l'identité est ancrée dans une langue qui remonte au XIe siècle avant J.-C. et qui se considèrent comme liés au peuple juif par des liens culturels. La majorité d'entre eux sont des maronites, des catholiques orientaux en union avec Rome.

    Selon M. Khalloul, « chrétien arabe » est une appellation erronée pour un peuple qui n'est ni ethniquement ni historiquement arabe. Comme la plupart des chrétiens araméens d'Israël, ses ancêtres remontent au Croissant fertile, et non à la péninsule arabe - dans le cas de sa famille, au Mont-Liban et dans la région d'Alep en Syrie, qui était l'ancien État araméen d'Aram Soba.

    Les premiers chrétiens ont diffusé l'Évangile et la langue araméenne dans toutes les directions. Parcourez la carte géographique du peuple araméen et vous irez du nord d'Israël aux montagnes du Liban, et du nord de la Syrie à l'Irak et à une partie de la Turquie.

    L'Église araméenne de l'Est est devenue connue sous le nom de « syriaque » - « de Syrie », le mot grec pour « Aram ». Syriaque et araméen sont deux mots désignant la même langue, le syriaque étant généralement utilisé dans les contextes ecclésiastiques et l'araméen décrivant généralement la vie de tous les jours.

    La plupart des communautés syriaques se sont séparées de Rome au moment du Grand Schisme. Par la suite, certains syriaques, dont les maronites du Liban, sont revenus à l'union avec Rome.

    Au fur et à mesure que les vagues musulmanes successives conquéraient le Moyen-Orient, les chrétiens araméens ont adopté la langue arabe et se sont assimilés pour se protéger. L'arabe « était une langue imposée » sous la domination islamique, explique M. Khalloul. « Malheureusement, nous avons perdu une culture. Il s'agissait d'un génocide culturel et linguistique.

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  • Inde : le parti nationaliste hindou remporte son premier siège dans la région du Kerala après une campagne de sensibilisation auprès des chrétiens

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Le parti nationaliste hindou de l'Inde remporte son premier siège dans la région du Kerala après une campagne de sensibilisation auprès des chrétiens

    4 juin 2024

    Le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) a obtenu mardi son premier député dans l'État du Kerala, dans le sud de l'Inde, à la suite d'une campagne visant à séduire les électeurs chrétiens.

    Suresh Gopi, acteur devenu homme politique, a été déclaré vainqueur le 4 juin dans la circonscription de Thrissur, l'une des 20 circonscriptions parlementaires du Kerala. 

    Le BJP, fondé en 1980, n'avait jamais réussi à obtenir un seul des sièges du Kerala à la Lok Sabha, la chambre basse du parlement indien. 

    La percée régionale du BJP est le fruit d'une campagne de sensibilisation de l'influente minorité chrétienne de l'État, qui se méfie généralement du parti qui insiste sur le fait que l'hindutva, ou « hindouité », est le fondement de la culture du pays.

    Cependant, alors que les premiers résultats des élections générales laissaient penser que le Premier ministre indien Narendra Modi était en route pour un troisième mandat, le BJP semblait avoir du mal à remporter les 272 sièges nécessaires pour conserver sa majorité parlementaire nationale, ce qui ouvrait la voie à un éventuel gouvernement de coalition. 

    Le Kerala compte environ 6 millions de chrétiens, soit plus que tout autre État indien. Le dernier recensement du pays, effectué en 2011, a conclu que 54,73 % de la population du Kerala était hindoue, 26,56 % musulmane et 18,38 % chrétienne. 

    Selon les médias indiens, le BJP a commencé à courtiser les électeurs chrétiens après n'avoir obtenu aucun siège au Kerala lors des élections générales de 2019. Estimant apparemment que le vote de la majorité hindoue était trop divisé pour offrir un chemin vers la victoire, le parti a cherché à obtenir le soutien des minorités religieuses.

    Après avoir étudié les églises de l'État - qui abrite l'Église catholique syro-malabare et l'Église catholique syro-malankare - les responsables du BJP auraient identifié des dirigeants susceptibles de sympathiser avec le parti. Ils ont également cherché à obtenir un soutien par le biais de visites à domicile et de programmes communautaires. 

    Ces dernières années, Narendra Modi a rencontré à plusieurs reprises des responsables ecclésiastiques. Il a été photographié embrassant chaleureusement le pape François en 2021. 

    Le premier ministre s'est rendu à la cathédrale du Sacré-Cœur de Delhi le dimanche de Pâques 2023 et a accueilli plus de 100 dirigeants chrétiens dans sa résidence officielle le jour de Noël. En février de cette année, il a rencontré le nouveau chef de l'Église syro-malabare, l'archevêque majeur Raphael Thattil.

    Suresh Gopi - une star du cinéma en malayalam, la langue prédominante du Kerala - s'est d'abord présenté pour le siège de Thrissur en 2019, mais il est arrivé troisième. Lors de l'élection de 2024, il l'a emporté avec 37,8 % des voix, devant des candidats du Parti communiste indien et du Congrès national indien.

    Au moment de la rédaction de ce rapport, Thrissur était le seul siège du Kerala remporté par le BJP. Les observateurs ont suggéré que la victoire de Gopi était due non seulement à la stratégie de sensibilisation chrétienne du parti, mais aussi à des facteurs locaux, notamment la décision surprise du Parti du Congrès de ne pas présenter le député en exercice de la circonscription aux élections de 2024. La popularité personnelle de Gopi et sa réputation de philanthrope ont également joué un rôle.

    L'acteur a également cherché à séduire les électeurs chrétiens. En janvier, il a couronné une statue de la Vierge Marie à la cathédrale métropolitaine Notre-Dame de Lourdes à Thrissur. Cette cathédrale syro-malabare est l'une des plus grandes églises du Kerala. Mais le geste de M. Gopi a suscité la controverse, ses rivaux politiques affirmant que la couronne était faite de cuivre plaqué or et non d'or massif.

    Les plus de 1,4 milliard d'habitants de l'Inde se sont rendus aux urnes en sept vagues entre le 19 avril et le 1er juin pour élire 543 membres du Lok Sabha. 

    Il était largement prévu que cette élection, la plus importante au monde, débouche sur une victoire écrasante de Narendra Modi et de l'Alliance démocratique nationale, dirigée par le BJP.

    Si le BJP perd la majorité, le parti devra se tourner vers les autres membres de l'alliance pour former un gouvernement.

    Depuis l'arrivée au pouvoir de Modi en 2014, les représentants des minorités religieuses indiennes se plaignent de la montée de l'intolérance. 

    Au début de l'année 2024, l'association Portes Ouvertes a classé l'Inde au 11e rang des pires pays du monde pour les chrétiens, qualifiant les niveaux de persécution d'« extrêmes ». 

    Le Forum chrétien uni pour les droits de l'homme, un groupe œcuménique indien de surveillance, a enregistré 161 cas de discrimination et de persécution antichrétiennes au cours des 75 premiers jours de cette année.

    Près de 30 % des incidents se sont produits dans le Chhattisgarh, un État central connu pour son animosité envers les chrétiens, mais des menaces ont été enregistrées dans 19 des 28 États de l'Inde.

    En février, la Conférence des évêques catholiques de l'Inde (CBCI) s'est alarmée de la détérioration du climat. « On assiste à une polarisation religieuse sans précédent qui nuit à l'harmonie sociale chère à notre pays et met en danger la démocratie elle-même », a noté l'organisme qui rassemble les évêques catholiques latins, syro-malabars et syro-malankars de l'Inde. 

    À l'approche des élections, la CBCI a déclaré une journée de prière et de jeûne pour la paix et l'harmonie dans le pays. 

    Les évêques ont également souligné le préambule de la constitution indienne, qui envisage le pays comme une « république démocratique laïque socialiste souveraine » attachée à la justice, à la liberté, à l'égalité et à la fraternité.

    « Nous exhortons tous les citoyens à s'inscrire sur les listes électorales et à exercer leur devoir sacré de voter avec sagesse afin d'élire des dirigeants qui s'engagent à respecter les valeurs constitutionnelles et à améliorer le sort des pauvres », ont-ils déclaré.

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