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International - Page 6

  • « La franchise du discours du pape Léon contraste avec la prudence diplomatique traditionnelle du Vatican »

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    D'Álvaro Peñas sur The European Conservative :

    « La franchise du discours du pape Léon contraste avec la prudence diplomatique traditionnelle du Vatican », écrit Constance Avenel (ECLJ).

    « L’Union européenne et le Conseil de l’Europe ont mis en place des mécanismes spécifiques pour lutter contre l’antisémitisme et la haine anti-musulmane, alors qu’il n’existe aucun cadre équivalent pour lutter contre la haine anti-chrétienne. »

    Constance Avenel est une avocate et experte française en droits de l'homme qui occupe actuellement le poste de directrice du plaidoyer pour la liberté religieuse au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). 

    Nous avons discuté de la récente visite du pape Léon XIV en Algérie, de la situation des chrétiens au Maghreb et des persécutions et discriminations dont sont victimes les chrétiens dans de nombreuses régions du monde.

    Beaucoup considèrent la récente visite du pape Léon XIV à Alger comme un succès. Êtes-vous d'accord ?

    Absolument. Le pape est un chef d'État, mais avant tout, il est un pasteur, le gardien de son troupeau, et c'est à ce titre qu'il est venu rendre visite à la petite mais très dynamique communauté catholique d'Algérie. Dans un pays où la liberté religieuse est de plus en plus restreinte, le pape a apporté de la joie aux fidèles et un nouvel espoir à son troupeau. Selon plusieurs observateurs sur place, les catholiques étaient « ravis » et la visite a été un « succès total ». Il faut dire que les autorités ont investi massivement dans cet événement : le président Tebboune a personnellement supervisé les préparatifs, et rien n'a été laissé au hasard.    

    En se rendant en Algérie, et notamment sur le site antique d'Hippone où saint Augustin exerça son épiscopat à la fin du IVe siècle, le pape a ravivé le patrimoine chrétien du pays. L'Algérie fut en effet jadis une terre profondément chrétienne, berceau de penseurs de l'Église latine. Dans ce contexte, le ministère de la Culture et des Arts a même consacré la première édition du Symposium sur la pensée afro-américaine à l'héritage de saint Augustin, figure emblématique du dialogue entre l'Afrique et le monde méditerranéen. Cet événement s'est tenu peu après la visite du pape, les 29 et 30 avril à Alger.

    Espérons que cette tendance se poursuive. Si l'on peut se réjouir de cette renaissance officielle de cet héritage chrétien, il ne faut pas oublier que, par cet accueil fastueux réservé au pape, le régime a cherché à restaurer sa légitimité, dans le but de faire oublier ses excès autoritaires des dernières années. 

    Jusqu'à présent, le gouvernement algérien a condamné les critiques formulées par des instances internationales, comme le Parlement européen, à l'encontre de sa politique religieuse, les qualifiant d'« ingérence flagrante ». La visite du pape peut-elle mettre un terme à cette politique, ou une pression internationale accrue est-elle nécessaire ?

    Malheureusement, dans un contexte de restrictions croissantes des libertés publiques en Algérie depuis 2019, il est peu probable que la visite du pape à elle seule entraîne un changement significatif de la politique gouvernementale ou des réformes immédiates en faveur d'une plus grande reconnaissance des chrétiens.

    Au-delà des gestes symboliques et d'un accueil chaleureux, aucune modification institutionnelle concrète ne semble avoir suivi cette visite jusqu'à présent. Les églises n'ont pas rouvert leurs portes, l'Église protestante d'Algérie n'est toujours pas reconnue officiellement comme association religieuse et des questions telles que les restrictions imposées par le Code de la famille ou la fermeture de Caritas n'ont pas été abordées.

    Cela dit, cette visite a permis de mettre en lumière la présence des chrétiens en Algérie et leur diversité. L'archevêque Vesco d'Alger a souligné l'importance des églises protestantes, et une jeune pentecôtiste a partagé son témoignage à Notre-Dame d'Afrique. Le pape a également contribué à une meilleure visibilité de la situation. Bien qu'aucune réforme n'ait été mise en œuvre immédiatement après sa visite, la perspective d'une réforme à long terme est bien réelle. À la fin de sa visite, le pape a déclaré : « Durant nos deux jours en Algérie, nous avons eu une formidable occasion de poursuivre le dialogue et de tisser des liens. » Le pape était conscient de la situation des chrétiens, et en particulier des protestants. Malgré les efforts des autorités algériennes pour écarter l'EPA (Église protestante d'Algérie), ces derniers ont réussi à faire entendre leur voix auprès du pape. 

    Le pape a contribué à inscrire la question des minorités religieuses en Algérie à l'agenda international. Il a ouvert la voie et il appartient désormais à la communauté internationale de s'emparer de cette cause, et au président Tebboune de prendre les mesures nécessaires pour respecter ses obligations internationales en matière de liberté de religion. 

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  • L'European Centre for Law & Justice réagit au projet de recommandation du CEDAW sur les stéréotypes de genre

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    L'ECLJ réagit au projet de recommandation du CEDAW sur les stéréotypes de genre

    12 Mai 2026

    Le 4 mars 2026, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (le «CEDAW») a publié le projet de recommandation générale sur les stéréotypes de genre (le «projet») et a invité toutes les parties intéressées à soumettre leurs observations sur son contenu. Le projet, qui interprète la portée et la nature des obligations des États au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, aborde plusieurs questions sensibles, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes, le droit à la vie, le droit au respect de la vie privée et familiale et la liberté de religion.

    Les recommandations du CEDAW visant à lutter contre les «stéréotypes de genre» reposent sur une vision déformée de l’égalité qui perçoit la féminité et la masculinité comme deux forces antagonistes plutôt que comme des ensembles de qualités complémentaires. Une telle vision de l’égalité, qui aspire à l’élimination des différences naturelles entre les femmes et les hommes, porte atteinte à l’essence même du droit à la dignité humaine.

    En outre, dans ses observations concernant les mesures relatives à la santé, le CEDAW recommande aux États parties «d’[a]dopter des mesures visant à dépénaliser l’avortement et à garantir un accès abordable et complet à des services d’avortement sûrs et de qualité, à des services et informations post-avortement, ainsi qu’à des contraceptifs modernes, sans discrimination intersectionnelle ni stéréotypes de genre» (paragraphe 56(c) du projet). Cette recommandation, qui n'a de fondement ni dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ni dans aucun autre texte contraignant de droit international, va à l’encontre des obligations des États en matière de protection du droit à la vie. Au-delà de l’incompatibilité entre l’élargissement de l’accès à l’avortement et le droit à la vie ainsi que d’autres engagements internationaux des États parties (tels que la protection de la maternité), sa dépénalisation et sa facilitation constituent de graves menaces pour la santé des femmes concernées ainsi que pour le fonctionnement de la société dans son ensemble.

    Enfin, le projet contient de multiples recommandations qui vont clairement à l’encontre du droit au respect de la vie privée et familiale et de la liberté religieuse. Tout au long du projet, les institutions familiales et religieuses sont présentées comme étant principalement les cadres dans lesquels les «stéréotypes de genre» sont inculqués et façonnés. Plus précisément, un ensemble de recommandations relatives à la sphère de l’éducation constitue un risque sérieux pour le droit des parents d’éduquer et d’élever leurs enfants conformément à leurs convictions et croyances religieuses. Plusieurs propositions, telles que celle concernant la promotion de «l’inclusion des femmes au sein du clergé des institutions religieuses» et de «leur participation active aux processus de direction et de prise de décision» (paragraphe 61(e) du projet), constituent une ingérence flagrante dans le principe d’autonomie des institutions religieuses.

    Dans ses observations soumises au CEDAW le 6 mai 2026, l’ECLJ dénonce son incompatibilité manifeste avec le droit international des droits de l’homme. Il invite le Comité à réexaminer et à modifier la recommandation générale afin d’assurer sa pleine conformité avec les obligations internationales des États parties.

    Le texte intégral des observations de l’ECLJ soumises au CEDAW est disponible ici en anglais uniquement.

  • Nigéria : 10 millions de dollars pour occulter les massacres de plus de 128 000 chrétiens depuis 2009

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    De zenit.org :

    Le rapport « La dissimulation du génocide au Nigeria pour 10 millions de dollars » révèle comment le pouvoir, la politique et la propagande alimentent une catastrophe humanitaire. Photo : Persecution.org

    Le Rapport « La dissimulation du génocide au Nigeria pour 10 millions de dollars » révèle comment le pouvoir, la politique et la propagande alimentent une catastrophe humanitaire. Photo : Persecution.Org

    Nigeria : Le silence autour du massacre des chrétiens

    Un rapport accuse Abuja d’avoir financé une campagne de 10 millions de dollars pour minimiser les massacres de plus de 128 000 chrétiens depuis 2009

    13 mai 2026

    (ZENIT News – Persecution.org / Abuja, 11 mai 2026) – Un nouveau rapport d’International Christian Concern (ICC) souligne comment le gouvernement nigérian utilise la désinformation comme une arme pour dissimuler une campagne de violence contre les chrétiens qui dure depuis des décennies. 

    Rédigé par Justin Joseph, chercheur associé à la CPI, le rapport « Le génocide nigérian dissimulé pour 10 millions de dollars » révèle comment le pouvoir, la politique et la propagande alimentent une catastrophe humanitaire.

    Depuis 2009, au moins 190 150 Nigérians – dont 128 750 chrétiens – ont été tués lors de massacres ethno-religieux, la violence s’étant intensifiée en 2016. Pourtant, au lieu de s’attaquer à cette crise, les autorités diffusent un discours dangereux. 

    Lors de rencontres avec d’autres chefs d’État, le président nigérian Bola Tinubu affirme que le terrorisme qui ravage son pays est uniquement dû au changement climatique et à l’instabilité régionale.

    Des chercheurs ont réfuté à maintes reprises cet argument, soulignant que les communautés chrétiennes sont les cibles des attaques. L’assassinat de membres du clergé, comme le révérend Joshua Aliya, n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans une stratégie délibérée visant à éradiquer la liberté religieuse. 

    La supercherie ne s’arrête pas là. L’administration Tinubu a lancé une campagne de lobbying de 10 millions de dollars pour faire taire les organisations de défense des droits humains aux États-Unis et dissimuler le génocide des chrétiens nigérians. Il ne s’agit pas d’une simple manipulation, mais d’une tentative délibérée de réécrire l’histoire, alors que des vies innocentes sont de plus en plus menacées. 

    Le rapport exhorte le Congrès des États-Unis à maintenir la désignation du Nigéria comme pays à préoccupation particulière (CPC) et à utiliser la loi Magnitsky mondiale pour sanctionner ceux qui financent le terrorisme et le mur du silence. 

    Pour plus d’informations, consultez le rapport complet. Retrouvez d’autres rapports sur le Nigéria sur notre page dédiée

    Nigeria : Le silence autour du massacre des chrétiens | ZENIT - Français

  • Le patriarche de Terre sainte : « Vivre ici et maintenant le projet de la Jérusalem céleste »

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Le patriarche de Terre sainte : « Vivre ici et maintenant le projet de la Jérusalem céleste »

    (s.m.) Depuis le 11 mai dernier, on trouve dans toutes les bonnes les librairies une lettre imprimée par la Librairie éditrice du Vatican et intitulée « Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie ».

    Il s’agit de la dernière lettre adressée par le cardinal Pierbattista Pizzaballa à ses fidèles de Terre sainte. Cette lettre est plus longue qu’à l’accoutumée et elle est très particulière, comme on peut le constater dès les premières lignes. Il ne s’agit pas d’une énième analyse ou dénonciation d’une « situation de conflit politique, militaire et spirituel dont nous sommes bien conscients qu’elle durera encore longtemps », mais d’un instrument de réflexion, « à lire un petit peu à la fois dans les communautés, dans les monastères et dans les familles » pour « aider chacun à s’interroger sur la manière de vivre aujourd’hui la foi chrétienne sur cette terre à la lumière de l’Évangile ».

    Ce qui frappe d’emblée, c’est la très grande résonance entre cette lettre et la vision du monde et de l’histoire du pape Léon, solidement inspirée de la « Cité de Dieu » de saint Augustin.

    À l’instar de saint Augustin et du le pape Léon, pour lesquels l’humanité est appelée à vivre dans la Cité terrestre, où règne l’amour orgueilleux de soi, mais avec le cœur et l’esprit tournés vers la Cité céleste, où règnent l’amour de Dieu et pour le prochain, pour le cardinal Pizzaballa également, les turpitudes des temps présents doivent être vécues à la lumière de la Jérusalem « qui descend du Ciel » décrite dans les deux derniers chapitres de l’Apocalypse (sur la photo, la Jérusalem céleste sur une mosaïque du IXe siècle dans la basilique Sainte-Praxède de Rome).

    Et en effet, la lettre du patriarche de Terre Sainte est construite sur ce schéma bipolaire. La première partie s’intitule « Lire la réalité : considérations sur le présent » tandis que celui de la seconde est : « La vocation : le rêve de Dieu appelé Jérusalem ». Avec de surcroît une troisième partie consacrée à « comment vivre ici et maintenant le style de la Jérusalem céleste ».

    La description que fait Pizzaballa de la situation actuelle en Terre sainte est très réaliste : « Vivre-ensemble, dialogue, justice, droits humains, deux peuples et deux États, tous ces mots qui ont nourri notre discours pendant tant d’années nous semblent aujourd’hui usés et vidés de leur sens ».

    Mais si on choisit de lever les yeux pour embrasser l’ensemble de l’histoire lue « selon les Écritures », la perspective change. Si l’histoire de l’humanité commence dans un jardin, l’Éden, dans un état d’innocence primordiale mais également de solitude, cette histoire s’achève dans une cité, la nouvelle Jérusalem, qui « n’est pas un retour à un passé idyllique et isolé, mais la construction d’un futur communautaire, complexe et réconcilié. La fin de l’histoire tend vers une société mature, une ‘cité’, justement. »

    Écrite dans un style simple et captivant, la lettre du cardinal Pizzaballa mérite d’être lue dans son intégralité. La résumer reviendrait à la priver de sa force expressive ainsi que de la richesse de ses références à l’actualité. On la trouvera sur le site du patriarcat latin de Jérusalem, en cinq langues : italien, anglais, espagnol, français et arabe.

    > “Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie”

    En attendant, en voici un avant-goût. Nous vous proposons ci-dessous de découvrir trois extraits de cette lettre tirés de la seconde partie, ainsi qu’un autre extrait tiré de la troisième partie.

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  • Moyen-Orient : Une défaite des États-Unis est non seulement possible, mais probable

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    Du substack de Rod Dreher :

    Robert Kagan, faucon notoire, affirme que l'Iran a infligé une « défaite totale » aux États-Unis. Si tel est le cas, quelles seront les conséquences ?

    Vous allez devoir vous asseoir pour lire ceci. Il s'agit d'un court essai de Robert Kagan, un faucon convaincu et l'un des membres les plus influents de l'élite néoconservatrice. Comme l'écrivait Arnaud Bertrand en introduction de cet essai sur son compte X :

    Pour rappel, Bob Kagan est :

    - le cofondateur du Project for the New American Century, probablement le think tank le plus impérialiste de Washington (ce qui est un exploit) ;

    - un homme qui a consacré sa vie à plaider en faveur des interventions militaires américaines, notamment au Moyen-Orient, et un fervent partisan de la guerre en Irak. Il a commencé à militer pour une intervention en Irak avant le 11 septembre, ce qui en dit long...

    - l'époux de Victoria Nuland, une ancienne haute responsable américaine extrêmement belliciste (une des architectes clés de la politique américaine en Ukraine, dont nous constatons tous les conséquences aujourd'hui) ;

    - le frère de Frederick Kagan, l'un des principaux artisans du renforcement des troupes en Irak. Autrement dit, il ne s'agit pas d'un pacifiste anti-impérialiste. C'est littéralement l'homme que Dick Cheney appelait lorsqu'il avait besoin d'être remotivé. Et cet homme écrit dans The Atlantic, le média grand public le plus pro-guerre des États-Unis (ce qui est également un exploit).

    Êtes-vous prêts ? C’est parti. Voici Kagan :

    Il est difficile d'imaginer une défaite totale des États-Unis dans un conflit, un revers si décisif que la perte stratégique ne pouvait être ni réparée ni ignorée. Les pertes catastrophiques subies à Pearl Harbor, aux Philippines et dans tout le Pacifique occidental durant les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale furent finalement effacées. Les défaites au Vietnam et en Afghanistan furent coûteuses, mais n'entamèrent pas durablement la position globale de l'Amérique dans le monde, car elles se situaient loin des principaux théâtres d'opérations internationaux. L'échec initial en Irak fut atténué par un changement de stratégie qui, en fin de compte, laissa l'Irak relativement stable et non menaçant pour ses voisins, et permit aux États-Unis de conserver leur domination dans la région.

    La défaite dans la confrontation actuelle avec l'Iran sera d'une toute autre nature. Elle ne pourra être ni réparée ni ignorée. Il n'y aura pas de retour au statu quo ante, pas de triomphe américain final qui puisse effacer ou surmonter les dommages causés. Le détroit d'Ormuz ne sera plus « ouvert », comme il l'était autrefois. En contrôlant le détroit, l'Iran s'impose comme un acteur clé dans la région et parmi les acteurs clés du monde. Le rôle de la Chine et de la Russie, alliées de l'Iran, s'en trouve renforcé ; celui des États-Unis, considérablement amoindri. Loin de démontrer la puissance américaine, comme l'ont maintes fois affirmé les partisans de la guerre, ce conflit a révélé une Amérique peu fiable et incapable de mener à bien ce qu'elle a entrepris. Cela va déclencher une réaction en chaîne à travers le monde, amis comme ennemis devant s'adapter à l'échec américain.

    C'est Bob Kagan qui a écrit ça. Bob Kagan ! Permettez-moi de vous donner un extrait de son article expliquant pourquoi il en est arrivé à cette conclusion apocalyptique. Kagan explique qu'il ne comprend pas comment un régime (celui de l'Iran) qui a survécu à 37 jours de bombardements, y compris l'élimination de ses hauts responsables, et qui n'a toujours pas cédé un pouce de terrain, pourrait résister à quoi que ce soit d'autre que les États-Unis pourraient lui infliger. Kagan :

    Le calcul des risques qui a contraint Trump à reculer il y a un mois reste valable. Même si Trump mettait à exécution sa menace de détruire la « civilisation » iranienne par de nouveaux bombardements, l'Iran serait toujours capable de lancer de nombreux missiles et drones avant la chute de son régime – si tant est qu'il s'effondre. Quelques frappes réussies suffiraient à paralyser les infrastructures pétrolières et gazières de la région pendant des années, voire des décennies, plongeant le monde, et les États-Unis, dans une crise économique prolongée. Même si Trump souhaitait bombarder l'Iran dans le cadre d'une stratégie de retrait – pour paraître intransigeant et masquer sa retraite –, il ne peut le faire sans risquer cette catastrophe.

    Plus:

    Mais toute autre issue qu'une capitulation de fait des États-Unis comporte des risques énormes que Trump n'a jusqu'à présent pas été disposé à assumer. Ceux qui, avec désinvolture, exhortent Trump à « finir le travail » occultent souvent les conséquences. À moins que les États-Unis ne soient prêts à s'engager dans une guerre terrestre et navale de grande envergure pour renverser le régime iranien actuel, puis à occuper l'Iran jusqu'à l'installation d'un nouveau gouvernement ; à moins qu'ils ne soient prêts à risquer la perte de navires de guerre escortant des pétroliers dans un détroit contesté ; à moins qu'ils ne soient prêts à accepter les dommages dévastateurs et durables que la riposte iranienne pourrait infliger aux capacités de production de la région, un retrait immédiat pourrait apparaître comme la moindre des choses. Sur le plan politique, Trump estime sans doute avoir plus de chances de surmonter une défaite que de survivre à une guerre bien plus vaste, longue et coûteuse, qui pourrait tout aussi bien se solder par un échec.

    Une défaite des États-Unis est donc non seulement possible, mais probable. Voici à quoi elle ressemblerait.

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  • Nigéria : depuis septembre, 100 morts, 98 000 personnes déplacées, 217 églises détruites dans le diocèse de Wukari

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/NIGERIA - Plus de 100 morts, 98 000 personnes déplacées, 217 églises détruites dans le diocèse de Wukari

    11 mai 2026
     

    Abuja (Agence Fides) – « Depuis septembre, plus de 98 000 personnes ont été contraintes de fuir, dont 16 prêtres, tandis que 217 églises ont été complètement détruites » en raison des violences qui font rage dans le sud de l’État de Taraba (au nord-est du Nigeria). C’est ce qu’a rapporté Mgr Mark Maigida Nzukwein, Evêque de Wukari, dans un communiqué publié à l’issue de la troisième Assemblée générale du diocèse. « Les habitations de huit prêtres ont également été détruites et on estime que plus de 100 personnes ont été tuées », indique le communiqué. Parmi les dernières églises attaquées figure l’église catholique Saint-Jacques-le-Grand à Adu, dans le district de Takum (voir Fides 25/3/2026), tandis qu’un incendie accidentel a gravement endommagé la cathédrale Sainte-Marie de Wukari le 4 mars (voir Fides 6/3/2026).

    Les violences touchent principalement des zones telles que le district de Chanchanji, dans la région administrative locale de Takum, ainsi que celles d’Ussa et de Donga.

    Il s’agit d’attaques contre des communautés d’agriculteurs, très probablement perpétrées par des bandes de bergers peuls qui prennent pour cible des villages à majorité chrétienne (souvent Tiv). Après avoir rasé des maisons, des églises et d’autres biens, les agresseurs s’emparent souvent illégalement des terres abandonnées par les habitants contraints de fuir. Les incursions des bergers peuls s’ajoutent au conflit foncier séculaire entre les populations Tiv et Jukun (voir Fides 7/11/2023).

    Le 12 février dernier, le clergé des diocèses de Wukari et de Jalingo était descendu dans la rue pour demander l’intervention immédiate du gouvernement afin de mettre un terme à la vague d’assassinats, d’enlèvements et de destructions qui frappe les communautés agricoles chrétiennes, en particulier la population Tiv dans le sud de l’État de Taraba (voir Fides 13/2/2026). À cette occasion, le diocèse de Wukari indiquait que « jusqu’à présent, plus de 80 personnes ont été tuées, beaucoup d’autres ont été blessées, tandis que plus de 200 communautés et églises ont été détruites et plus de 90 000 chrétiens ont été contraints de quitter leurs foyers ». Un peu moins de trois mois plus tard, ces chiffres ont augmenté, malgré les appels pressants lancés aux autorités pour qu’elles rétablissent les conditions de sécurité pour les populations des zones touchées. (LM) (Agence Fides 11/5/2026)

  • Nicaragua : la persécution contre l'Église s'aggrave

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    De Constantin Pistilli sur la NBQ :

    Nicaragua, la persécution contre l'Église s'aggrave

    Le régime Ortega-Murillo a intensifié sa répression contre l'Église catholique. Les prêtres sont contraints de soumettre leurs programmes hebdomadaires et leurs textes d'homélie aux autorités, et sont photographiés quotidiennement par la police dans les églises.

    12/05/2026
    Rosario Murillo et Daniel Ortega (Ap-LaPresse)

    Martha Patricia Molina Montenegro, avocate nicaraguayenne en exil et désormais considérée comme l'une des voix les plus autorisées sur la persécution de l'Église sous le régime de Daniel Ortega et de son épouse Rosario Murillo – qualifiée par un prêtre costaricien de « deuxième sorcière la plus puissante du monde » – recense et signale les violations commises contre le clergé catholique depuis 2019, alertant sur une nouvelle escalade de la répression et de la persécution systématique orchestrée par le gouvernement sandiniste. « Des agents se rendent quotidiennement dans les églises pour photographier et enregistrer les fidèles pendant la messe et les réunions internes du clergé », a déclaré Molina, dénonçant un système de surveillance national appliqué sans distinction, « même aux évêques considérés comme proches du gouvernement ».

    Molina recueille données et témoignages avec une grande précision et une clarté remarquable, enrichissant ainsi le rapport « Nicaragua, une Église persécutée », désormais dans sa septième édition (2025) et faisant référence à l'échelle internationale sur la répression de la liberté religieuse dans ce pays d'Amérique centrale. La dernière version du dossier a également été remise au pape Léon XIV à l'occasion du Jubilé des migrants. Le rapport recense 1 010 incidents survenus entre avril 2018 et juillet 2025, parmi lesquels des attaques contre le clergé, des restrictions à la vie religieuse et des attaques contre des lieux de culte. Il décrit une persécution continue qui atteint aujourd'hui son paroxysme, caractérisée par une liberté de culte restreinte, des activités religieuses entravées et l'exil forcé de prêtres et de religieuses. « L’organisation des fêtes patronales, des processions et des célébrations liturgiques est désormais sous le contrôle des institutions publiques, et même les rassemblements de prêtres n’échappent pas à la police », a écrit Molina dans une publication, après avoir récemment dénoncé les nouvelles restrictions imposées aux manifestations religieuses par la dictature sandiniste durant la dernière Semaine sainte, qui a bloqué 6 135 processions. Les célébrations sont souvent autorisées uniquement à l’intérieur des églises, sous la supervision des autorités, tandis que les processions publiques restent interdites ou fortement limitées. Ainsi, depuis 2019, 28 904 restrictions à la vie religieuse ont été recensées, incluant des processions et des actes de dévotion populaire interdits ou limités.

    Les prêtres sont contraints de soumettre leur emploi du temps hebdomadaire aux autorités et de solliciter des autorisations spécifiques pour toute activité, même minime, en dehors de leur lieu de culte. Cette situation s'inscrit dans un contexte de surveillance accrue, renforcée par le Conseil du pouvoir citoyen (un réseau de contrôle politique du régime), la police et quelque 80 000 paramilitaires recrutés début 2025 pour exercer un contrôle et une répression sociale et religieuse. De plus, dans plusieurs paroisses, les prêtres sont tenus de transmettre aux forces de l'ordre le texte intégral ou un résumé de l'homélie qu'ils comptent prononcer lors de la messe. Prêtres et évêques sont constamment surveillés par des agents en civil ou des drones, et leurs téléphones portables font fréquemment l'objet de fouilles arbitraires. Un prêtre a décrit anonymement la situation dans le pays à ACI Prensa , l'une des principales agences de presse catholiques hispanophones : « Chaque dimanche, la police vient le photographier. Il doit se présenter aux autorités à chaque fois qu'il quitte sa paroisse et à chaque célébration liturgique à laquelle il assiste. S'il aborde un problème social lors d'une homélie, il risque la prison ou l'exil. » Le prêtre a décrit les mécanismes par lesquels le gouvernement sandiniste contrôle, surveille et limite l'activité de l'Église catholique dans le pays ; et il a déclaré que la population « s'est habituée à la situation et ne dit plus rien. L'atmosphère semble calme, mais les restrictions demeurent, car la liberté n'existe pas. » Concernant le contrôle exercé sur les prêtres et les évêques, il a expliqué : « À chaque cérémonie liturgique, nous devons communiquer le type de célébration et le lieu. Nous devons signaler chaque fois que nous quittons les limites de la paroisse et déclarer la durée de notre absence. De plus, la police vient me photographier tous les dimanches. C’est pour vérifier que nous sommes bien là où nous l’avons déclaré. Les supérieurs exigent des agents qu’ils justifient leurs visites : c’est ainsi qu’ils maintiennent le contrôle. »

    Les nouvelles restrictions incluent également la criminalisation des actes religieux : prier en public ou transporter des objets de dévotion, tels que des chapelets, à travers les frontières est considéré comme suspect, voire potentiellement criminel, par les services d’immigration. Molina parle d’un « siège silencieux » : moins d’arrestations médiatisées qu’auparavant, mais une surveillance policière constante visant à intimider les prêtres et les fidèles accusés de s’opposer à l’« ortégisme », seule forme de culte autorisée sur place.

  • Vincent Dujardin publie un livre évènement sur le règne du Roi Baudouin

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    Du site de l'UOPC :

    Nous aurons le plaisir de recevoir l’historien belge Vincent Dujardin pour son livre événement : « Baudouin. Un roi face aux crises de son temps » :

    Grâce à l’accès exceptionnel aux archives du roi Baudouin jusque-là inédites, à ses carnets personnels, à de nombreuses autres archives et à des témoignages de première main (entourage familial dont la reine Fabiola, anciens (Premiers) ministres, chefs de cabinet du roi, Jacques Delors, Benoît XVI,…), cet ouvrage de référence livre de nombreuses révélations et lève des zones d’ombre, depuis son enfance, marquée par la guerre et la souffrance, jusqu’aux circonstances exactes de son décès brutal.

    Pourquoi les conclusions de l’affaire Lumumba doivent-elles être fondamentalement revues? Quels liens entretenait le roi avec les dirigeants de son temps, tels de Gaulle, Habyarimana, Franco, Mobutu, Sadate, Gorbatchev, Bush, Elizabeth II, Juan Carlos, le Shah d’Iran, le président chinois, l’empereur du Japon, Mitterrand, ou Jean-Paul II ?

    Quelle influence a exercé son père, Léopold III, ou sa belle-mère, la princesse Lilian sur le jeune roi ? Comment a-t-il rencontré la reine Fabiola ? Comment a-t-il vécu les semaines qui ont précédé sa décision de ne pas sanctionner la loi sur l’avortemen t? Comment a-t-il pesé dans le dénouement de la « grève du siècle » de 1960 ou dans les débats institutionnels belges ?

    Qui était l’homme auquel des centaines de milliers de Belges ont rendu hommage avant ses funérailles grandioses rassemblant des dirigeants venus du monde entier ? Fruit d’une enquête menée durant 20 ans à travers la Belgique, l’Europe (France, Royaume-Uni, Espagne, …) ou les États-Unis, cet ouvrage propose une immersion au cœur des secrets d’un règne d’exception.

    De son côté, l'abbé Michel de Sivry (FSSPX) s'interroge sur l'héroïcité des vertus du Roi.

  • RDC : des islamistes ont attaqué des villages proches de l'Ouganda, faisant 40 morts

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    De Crux :

    Des militants islamistes ont attaqué des villages congolais proches de l'Ouganda, faisant 40 morts, selon un groupe local.

    9 mai 2026

    KINSHASA, Congo — Un groupe affilié à l'État islamique a attaqué des villages au Congo, près de la frontière avec l'Ouganda, tuant au moins 40 personnes et incendiant et pillant des maisons, a déclaré vendredi un groupe de la société civile locale.

    Les attaques ont été menées par les Forces démocratiques alliées dans la nuit de mercredi à jeudi après-midi, selon Charité Banza, dirigeante du groupe de la société civile Ituri, et Kinos Katua, membre du groupe et habitant de la région.

    Les Forces démocratiques alliées, dont les racines remontent à l'Ouganda et qui ont prêté allégeance au groupe État islamique en 2019, opèrent depuis longtemps dans la région frontalière.

    Banza a déclaré que 25 personnes avaient été tuées dans des villages frontaliers du territoire de Beni, dans le Nord-Kivu, tandis que 15 autres avaient été tuées dans la province d'Ituri.

    Le bilan des victimes pourrait s'alourdir car plusieurs habitants étaient toujours portés disparus après les attaques, a déclaré Katua.

    Dans un rapport publié cette semaine, Amnesty International a accusé les Forces démocratiques alliées de « crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ».

    L'ADF est l'un des nombreux groupes opérant au Congo et s'en prend régulièrement aux civils. En juillet 2025, le groupe a tué 66 personnes dans l'est du Congo lors d'un massacre qualifié de « bain de sang » par les Nations Unies.

    Le pays est également confronté aux attaques d'une centaine d'autres groupes rebelles, notamment le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, qui s'est emparé de villes clés de la région orientale.

  • Selon Ross Douthat, l'élection du pape Léon XIV laisse penser que « la situation américaine » est l'avenir de l'Église

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    De Jonathan Liedl sur le NCR :

    Douthat : L'élection du pape Léon XIV suggère que « la situation américaine » est l'avenir de l'Église

    La capacité de l'Église américaine à « rivaliser » dans un contexte de pluralisme et de conflits culturels pourrait servir de modèle aux catholiques du monde entier, a déclaré un commentateur du « New York Times » à EWTN News.

    Le pape Léon X salue les fidèles lors de son audience générale du 6 mai 2026.
    Le pape Léon XIV salue les fidèles lors de son audience générale du 6 mai 2026. (Photo : Simone Risoluti / Vatican Media)

    Il y a près d'un an, le pape Léon XIV a déjoué les idées reçues selon lesquelles un Américain ne pourrait jamais succéder à saint Pierre. Pourtant, un commentateur catholique de renom estime que le pontife, né à Chicago, a peut-être été élu non pas malgré ses origines américaines, mais justement grâce à elles.

    S'exprimant sur EWTN News le 4 mai, Ross Douthat, chroniqueur au New York Times, a suggéré que l'élection d'un pape américain indique que les dirigeants de l'Église reconnaissent désormais que « la situation américaine » — marquée par le pluralisme, la complexité et les conflits, mais aussi par une Église locale dynamique — pourrait constituer un modèle pour le reste du monde catholique à l'avenir.

    « Ce n'est pas une exception, n'est-ce pas ? » a déclaré Douthat, commentateur influent de la politique, de la religion et de la culture américaines. « Ce sera la norme du XXIe siècle. »

    Douthat a déclaré que cette reconnaissance marque un tournant par rapport à une période antérieure, caractérisée par des bastions catholiques dans des pays comme la Pologne, l'Italie et l'Irlande, qui envoyaient des missionnaires dans le reste du monde et étaient soutenus par l'influence du catholicisme sur la culture et la société.

    « Aujourd’hui, nous vivons dans un contexte où ces bastions culturels du catholicisme se sont effondrés presque partout », a déclaré Douthat. « Que ce soit en Europe ou en Amérique latine, l’Église se trouve désormais confrontée à une forte concurrence. »

    Que cette concurrence prenne la forme de l'islam en Europe ou du pentecôtisme en Amérique du Sud, Douthat a suggéré que l'expérience catholique aux États-Unis, nation historiquement protestante, offre un modèle convaincant de la manière de prospérer au milieu du pluralisme religieux et sans toile de fond de catholicisme culturel.

    « L’Église rencontre toutes sortes de problèmes et de difficultés en Amérique », a déclaré Douthat. « Mais comparée au catholicisme dans d’autres régions développées, non seulement en Europe occidentale, mais aussi dans certaines parties de l’Amérique latine, je pense que l’Église aux États-Unis apparaît comme un modèle de réussite dans ces conditions. »

    Il semble que, dans certaines régions du monde, les catholiques suivent déjà l'exemple de l'Église américaine. Par exemple, des évêques de pays européens comme la France et l'Allemagne ont fait appel à FOCUS, un groupe américain d'évangélisation des étudiants, pour intervenir sur leurs campus, tandis que des évangélistes américains comme le père Mike Schmitz et l'évêque Robert Barron jouissent d'une influence considérable auprès des catholiques vivant dans les régions encore sous contrôle chrétien. 

    Bien que le dynamisme évangélique observé aux États-Unis par Douthat n'ait pas nécessairement enrayé la chute de la désaffiliation – seuls 19 % des Américains sont catholiques , selon le Pew Research Center, contre 23 % en 2007 –, l'Église en Amérique montre néanmoins des signes de regain de vitalité. Notamment, les diocèses du pays ont constaté une forte augmentation du nombre de conversions lors de la veillée pascale cette année, un phénomène qui semble particulièrement marqué chez les jeunes adultes.

    Bien sûr, les efforts d'évangélisation du catholicisme américain ces dernières années n'ont pas fait l'unanimité. Alors qu'il était encore nonce apostolique aux États-Unis, le cardinal Christoph Pierre avait suggéré que les évêques américains « peuvent tous se débattre » avec l'évangélisation et gagneraient à s'inspirer de l'expérience latino-américaine.

    Douthat, lui-même converti, estime que l'élection de Léon XIV contribue à présenter l'esprit d'entreprise du catholicisme américain, au sein d'un pays historiquement protestant et désormais de plus en plus laïc, comme un exemple de réussite dont le reste de l'Église catholique pourrait s'inspirer.

    « Ce que le catholicisme américain a à offrir à l'Église mondiale, je crois, c'est une réflexion sur la manière de rester fidèle et résilient envers le catholicisme tout en reconnaissant que l'on va devoir se disputer et rivaliser avec d'autres forces pendant une période indéterminée », a-t-il déclaré.

    Douthat lui-même pourrait être considéré comme un exemple de ce catholicisme séduisant et évangélique au sein d'une société pluraliste. Ce chroniqueur est reconnu comme une sorte de « porte-parole catholique » auprès du New York Times, défendant les positions catholiques sur la foi et le caractère sacré de la vie auprès d'un lectorat majoritairement laïc et progressiste.

    Dans son entretien avec EWTN News, Douthat a également partagé son impression sur le pape Léon XIV, un an après son accession au pontificat. Il a déclaré que si le pape s'est montré disposé à prendre position sur des questions géopolitiques comme la guerre en Iran, il a semblé éviter les « grandes controverses internes à l'Église », une rupture marquée avec son prédécesseur, même si Léon XIV semble poursuivre certains thèmes chers à François, tels que la justice sociale et la paix.

    « Je pense qu'il a été plus prudent, plus mesuré et, pour être honnête, plus impartial que le pape François », a déclaré Douthat, qui a critiqué les efforts de François pour réformer l'Église . De ce fait, le chroniqueur estime que Léon a su instaurer un « esprit de réconciliation » avec les catholiques conservateurs et traditionalistes qui se sentaient parfois « mis à l'écart ou opprimés sous le pontificat de François ».

    « François avait un goût prononcé pour les polémiques et pour voir où elles menaient, comme par exemple : “Ouvrons un débat sur le divorce et le remariage, ou sur la bénédiction des couples de même sexe” », a déclaré Douthat, faisant référence à Amoris Laetitia et Fiducia Supplicans , deux documents controversés du Vatican datant de son pontificat. « Et je pense que Léon est beaucoup plus axé sur l’unité. Et je dirais que c’est une bonne chose, moi qui étais peut-être parfois critique envers le dernier pape. »

  • Un an après : Léon XIV, le pape à l'écoute

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :

    Un an après : Léon XIV, le pape à l'écoute

    ANALYSE : Le Saint-Père a tenu à écouter et à tenter d'apporter la paix et l'unité à l'Église, mais ses intentions restent difficiles à déchiffrer.

    Le pape Léon XIV célèbre la messe en la basilique Saint-Pierre au Vatican le 26 avril.
    Le pape Léon XIV a célébré la messe en la basilique Saint-Pierre au Vatican le 26 avril. (Photo : Daniel Ibáñez / EWTN News)

    La première année de pontificat de Léon XIV, successeur de Pierre, a apporté un certain calme et une plus grande sérénité à l'Église institutionnelle après les années tumultueuses du pontificat de François. Pourtant, la véritable nature du premier pape américain demeure largement insaisissable et ses intentions profondes pour l'Église restent difficiles à cerner.

    Lorsqu'il est monté sur la loggia de Saint-Pierre le 8 mai de l'année dernière et a salué le monde simplement par « Que la paix soit avec vous ! », Léon a hérité d'une Église marquée par des querelles internes qui couvaient depuis longtemps et qui avaient éclaté au grand jour, et d'un style de gouvernement dans lequel l'autorité papale était fréquemment exercée par un décret personnel.

    Ces conflits incluaient des luttes âpres entre l'orthodoxie et l'hétérodoxie doctrinales, mises en lumière par des documents controversés tels qu'Amoris Laetitia et Fiducia Supplicans , qui révisaient l'enseignement établi en matière de morale et de ministère. Les différends portaient également sur des décisions papales prises par motu proprio (décret) et rescrits ad hoc, souvent promulgués sans consultation préalable ni référence aux procédures et institutions canoniques existantes.

    Au cours des douze derniers mois, le pape Léon XIV s'est donc efforcé d'apaiser les tensions liées au pontificat du pape François, de redonner un semblant de normalité à la papauté et de réintégrer la gouvernance dans les structures juridiques et curiales de l'Église. Son objectif, a-t-il souvent souligné, est d'œuvrer pour l'unité au sein d'une Église catholique et d'un monde polarisés.

    Les premières décisions du pape Léon XIV furent des gestes délibérés de restauration. Il rétablit l'usage des vêtements pontificaux mis de côté par François et reprit ses fonctions au Palais apostolique, vacant depuis Benoît XVI. Bien que largement symboliques, ces décisions revêtaient une importance institutionnelle, signalant un retour à la normale.

    Dans le même temps, Léon a clairement indiqué dès le départ qu'il souhaitait rétablir l'ordre au sein d'une Curie devenue incertaine de sa propre autorité et déchirée par un déclin de l'ordre public, allant des nominations arbitraires et des communications floues aux contrôles financiers laxistes et au favoritisme.

    Canoniste de formation, nombre de ses nominations, non seulement à la Curie romaine mais aussi dans les diocèses du monde entier, ont délibérément favorisé des experts reconnus en droit canonique. Il a ainsi nommé Mgr Filippo Iannone, juriste italien de renom, pour lui succéder à la tête du Dicastère pour les évêques – un choix significatif qui a fait passer le critère de sélection épiscopale du charisme à l'intégrité procédurale. Plus récemment, il a nommé Mgr Anthony Randazzo, évêque australien et lui aussi canoniste éminent, au poste de conseiller juridique principal du Vatican.

    Affaires non résolues

    Pourtant, la justice au sein du Vatican reste entachée. Le procès du père Marko Rupnik, le célèbre mosaïste expulsé de l'ordre des Jésuites après avoir été accusé d'abus sexuels et psychologiques graves commis pendant des décennies, a été ouvert. Mais deux ans et demi après l'annonce de sa possible comparution, on ignore toujours si la procédure est en cours. De même, le procès non résolu de l'ancien auditeur du Vatican, Libero Milone, limogé par le Vatican en 2017 après avoir mis au jour des malversations financières, continue de peser sur la Curie, illustrant les pratiques douteuses du Vatican. Léon XIV n'a, à ce jour, jamais rencontré Milone en personne, malgré les demandes formulées.

    Pourtant, sur le plan financier, le nouveau pape a fait des progrès prudents. Son décret Coniuncta Cura (Soins unis) a mis fin au monopole de la Banque du Vatican et encouragé une coopération limitée avec des banques extérieures agréées, dans le cadre d'un encadrement éthique global. Il a également dissous un comité de collecte de fonds opaque, créé durant la dernière maladie du pape François. Mais les finances du Saint-Siège restent fragiles, l'affaire du cardinal Angelo Becciu n'est toujours pas résolue et, si Léon XIV promet un contrôle plus strict, certains observateurs craignent que sa prudence ne retarde les mesures décisives nécessaires pour rétablir la confiance.

    Concernant la gouvernance en général, il a répondu à une demande formulée par des cardinaux avant le conclave, demandant au pape de les consulter plus fréquemment et de favoriser une plus grande collégialité afin de réduire les divisions internes. En janvier, il a convoqué un consistoire extraordinaire de cardinaux, une première pour le pape. Bien que critiquée pour le recours à la synodalité, un format que certains estiment destiné à museler délibérément les voix conservatrices , cette réunion a contribué à restaurer le rôle consultatif des cardinaux et à rouvrir des canaux de dialogue longtemps fermés sous le pontificat de François. Une seconde réunion de ce type aura lieu fin juin.

    Cette volonté de consultation s'est également manifestée lors des rencontres individuelles de Léon avec des cardinaux marginalisés durant le pontificat de François, parmi lesquels les cardinaux Burke, Müller et Sarah. Il a affirmé en privé qu'aucun cardinal souhaitant le rencontrer ne se verrait refuser une audience. Ceux qui l'ont côtoyé personnellement le décrivent comme un pape qui écoute plus qu'il ne parle et qui préfère prendre en compte différents points de vue avant d'agir. Cette patience est largement appréciée, même si certains craignent qu'elle n'entraîne une paralysie sur des questions doctrinales et liturgiques controversées. Une fois encore, il demeure énigmatique, peut-être de manière stratégique.

    Il a abordé des questions sensibles et non négociables, mais avec une certaine prudence et non sans susciter la controverse. Concernant l'avortement, il a déploré son financement public, tout en l'inscrivant dans une conception plus large et controversée de « l'éthique de la vie cohérente ». Sur la question de l'homosexualité, il a tenu à rencontrer des membres de Courage International , un apostolat qui soutient les hommes et les femmes attirés par le même sexe dans leur démarche de chasteté, conformément à l'enseignement catholique. Parallèlement, il a fait écho aux propos du pape François en minimisant la gravité du péché sexuel lors d'une déclaration à la presse durant son vol retour de Guinée équatoriale, affirmant que « la justice, l'égalité, la liberté des hommes et des femmes, la liberté de religion » sont des « questions plus importantes et plus fondamentales ».

    Continuité avec le pape François

    En matière d'enseignement pontifical, Léon XIV a été loué pour son approche christocentrique . Parallèlement, il a fait preuve d'une continuité fondamentale avec son prédécesseur immédiat. Il a largement réaffirmé l'enseignement de François sur le mariage et la famille, saluant Amoris Laetitia comme un « message lumineux d'espérance », a repris nombre de thèmes écologiques et sociaux chers à François, notamment sur les migrations, et a maintenu son soutien à la synodalité, mais sous une forme plus rigoureuse qui renforce l'autorité épiscopale .

    Il a jusqu'à présent refusé d'abroger la déclaration vaticane de 2023, Fiducia Supplicans, autorisant les bénédictions non liturgiques des couples de même sexe. Le cardinal Victor Fernández, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a insisté sur le fait que le pape Léon XIV n'y toucherait pas , bien que le Saint-Père ne l'ait pas incluse dans une liste de documents « clés » de l'ère François et qu'en avril, il en ait donné une interprétation plus restrictive , affirmant qu'elle bénit les personnes individuellement, et non les couples ou unions de même sexe.

    Malgré sa dévotion mariale, il a surpris et indigné les mariologues et d'autres en autorisant le cardinal Fernández à publier Mater Populi Fidelis (La Mère du Peuple Fidèle de Dieu) , une note doctrinale qui minimisait deux titres historiques de la Vierge Marie. Le maintien ou non du cardinal Fernández à la tête du Dicastère pour la Doctrine de la Foi constitue une autre décision papale cruciale et imminente.

    En matière de politique étrangère, Leo a été salué pour son discours du Nouvel An aux ambassadeurs, dans lequel il a dressé un constat acerbe du « retour en force » de la guerre et condamné la normalisation du recours aux armes comme politique étrangère. Ses déclarations générales mais fermes ont progressivement cédé la place, notamment avec le déclenchement de la guerre en Iran, à des appels à la paix de plus en plus véhéments et inhabituellement précis, aboutissant finalement à un affrontement public avec le président Trump .

    Léon XIV a clairement exprimé ses réserves à l'égard de l'administration Trump, tant par ses actes que par ses paroles : il a nommé des évêques critiques envers les politiques de l'administration, notamment sur la question de l'immigration, et a préféré passer le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis non pas dans son pays natal, mais à Lampedusa, une île italienne symbolique de la crise migratoire en Europe.

    En résumé, ses interventions étrangères allient le soutien à la coopération multilatérale et à la dignité humaine à des critiques fermes du nationalisme, de la guerre et des excès idéologiques au sein des institutions mondiales, y compris les Nations Unies.

    Léon XIV est le premier pape à posséder une expérience missionnaire aussi vaste, et ses initiatives visant à intensifier les efforts d'évangélisation – une priorité pour les cardinaux électeurs avant le conclave – ont été généralement bien accueillies. Ses voyages papaux au Moyen-Orient et en Afrique ont été largement perçus comme des succès, tout comme le Jubilé de la jeunesse à Rome, qui a rassemblé plus d'un million de jeunes catholiques venus de 146 pays.

    Écrits majeurs

    Son premier document majeur, l'exhortation apostolique Dilexi Te (« Je t'ai aimé ») sur l'amour des pauvres, reprenait une grande partie de l'enseignement social du pape François, la plupart des textes ayant été écrits durant son pontificat. Mais l'intérêt intellectuel personnel de Léon XIV réside davantage dans les défis posés par l'intelligence artificielle. Dans plusieurs discours, il a appelé à une réglementation internationale et à des limites éthiques concernant l'IA. Selon des sources vaticanes, il prépare une encyclique papale sur cette technologie et la dignité humaine, attendue prochainement.

    Les communications de Léon XIV sont généralement prudentes et soigneusement sélectionnées. Il accorde peu d'interviews, surtout comparé à son prédécesseur, mais il a franchi une étape inédite pour un pape en organisant des points presse – une nouveauté qui lui a parfois valu des ennuis, car il s'en est servi pour s'immiscer dans des luttes politiques, notamment aux États-Unis. Son comportement public est courtois mais réservé, ses paroles peu nombreuses et mesurées. Ceux qui l'ont rencontré le décrivent comme un homme au rire facile mais peu bavard, dont les silences comme les paroles ont une égale importance.

    Ce tempérament prudent se reflète dans sa réticence apparente à intervenir de manière décisive dans les conflits internes et majeurs de l'Église. Il n'a pas encore abordé sérieusement la Voie synodale allemande, notamment la récente décision des évêques allemands de créer une « conférence synodale » permanente, dont les versions précédentes avaient été contestées par le Vatican. De même, la question potentiellement cruciale de la Fraternité Saint-Pie-X, qui prépare des consécrations épiscopales illicites cet été, reste en suspens. Jusqu'à présent, Léon a délégué cette affaire au cardinal Fernández. Concernant l'œcuménisme, il a chaleureusement accueilli la première femme archevêque anglicane de Canterbury – à la tête d'une communion séparée de Rome – privilégiant le dialogue et la rencontre aux appels à la conversion et à un « œcuménisme du retour ».

    Concernant la messe traditionnelle en latin, Léon XIV a discrètement autorisé des exceptions locales à Traditionis Custodes , le décret du pape François de 2021 limitant le Vetus Ordo, mais il a évité de rouvrir le débat et a laissé tranquilles certains évêques accusés d'outrepasser le décret. Pour certains, cette approche non interventionniste est prudente et vise à apaiser les tensions ; pour d'autres, il s'agit d'un refus de prendre position sur l'une des questions les plus sensibles de l'Église.

    Ses proches le décrivent comme un homme profondément pieux, dévoué à Marie, doté d'un humour discret et d'un tempérament prudent. Méfiant des grands gestes, il privilégie les réformes progressives aux décrets radicaux. Un an après son élection, Léon XIV s'est ainsi forgé la réputation d'un « pape américain discret », restaurant méthodiquement le décorum, la légalité et la sérénité de la papauté tout en suivant, sur certains points, la ligne générale du pape François.

    Une série de problèmes épineux et urgents se présentent à lui, exigeant un leadership clair et décisif. La manière dont il les abordera dans les mois à venir contribuera à dissiper l'énigme qui l'entoure, révélant plus clairement qui il est et où il entend mener l'Église.

  • L’ECLJ alerte l’ONU sur la situation des chrétiens dans le monde

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    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    L’ECLJ alerte l’ONU sur la situation des chrétiens dans le monde

    5 Mai 2026

    Partout dans le monde, les chrétiens sont de plus en plus pris pour cible en raison de leur foi, en Europe comme ailleurs, et tout particulièrement dans certains pays musulmans. Les violences à leur encontre augmentent, tout comme l’hostilité dont ils font l’objet, à la fois médiatique, sociétale et culturelle. À ces pressions s’ajoute, dans certains cas, une répression d’origine étatique, en dépit des engagements nationaux et internationaux en matière de liberté religieuse. 

    En avril 2026, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a soumis une contribution (en anglais uniquement) au Secrétaire général des Nations unies afin d’alerter sur cette situation préoccupante. Répondant à son appel pour son rapport sur la lutte contre l’intolérance fondée sur la religion, ce document appelle à un renforcement de la protection des chrétiens à travers le monde, notamment en Europe, mais aussi en Algérie, en Turquie et au Pakistan.

    Une société hostile et violente envers les chrétiens en Europe

    En Europe, l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens (OIDAC) a recensé 2 211 crimes de haine antichrétiens dans 35 pays en 2024, incluant des actes de vandalisme, des incendies d’églises, des agressions physiques ou même des homicides. La France est le pays le plus touché (770 incidents recensés par la police), suivie de l’Allemagne (337 incidents, en hausse de 22%) et de l’Espagne. En septembre 2025 à Lyon, un chrétien irakien réfugié était tué avec une machette alors qu’il témoignait de sa foi sur TikTok, par un Algérien en situation irrégulière, lié à l’État islamique.

    Ces violences ne se limitent pas aux actes physiques. Les chrétiens font face à une hostilité diffuse dans les médias, dans l’espace numérique et dans la vie professionnelle. Au Royaume-Uni, 56% des chrétiens déclarent avoir été moqués ou rejetés socialement en raison de leurs convictions. Les objecteurs de conscience sont de plus en plus exposés: en Allemagne, l’avortement est désormais intégré aux formations médicales obligatoires; en Espagne, les médecins refusant de pratiquer des avortements doivent s’inscrire sur un registre officiel. L’ECLJ documente cette réalité dans un rapport consacré à la «christianophobie et haine anti-chrétienne en Europe».

    Malgré les résolutions onusiennes qui reconnaissent la haine antichrétienne comme une forme d’intolérance religieuse, aucun mécanisme institutionnel européen dédié n’existe pour lutter contre les haines antichrétiennes, contrairement à ce qui existe pour l’antisémitisme et la haine antimusulmane. Le Parlement européen l’a lui-même reconnu dans sa résolution du 21 janvier 2026: «bien que le christianisme soit aujourd’hui la religion la plus persécutée dans le monde, aucun coordinateur européen de lutte contre la haine antichrétienne n’a été désigné». Ce déséquilibre se retrouve également dans la collecte de données et dans les priorités politiques: les incidents antichrétiens sont généralement noyés dans la catégorie générique «religion», là où les actes antisémites et antimusulmans font l’objet d’un suivi distinct et prioritaire.

    Une résolution a été adoptée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe le 21 avril dernier, qui s’intitule «Lutter contre la discrimination fondée sur la religion et protéger la liberté de religion ou de conviction en Europe». Mais en réalité, celle-ci n’intègre pas pleinement la réalité des attaques et discriminations visant les chrétiens. L’ECLJ a donc saisi la Présidente de l’APCE par une pétition réclamant une prise en compte équilibrée des atteintes subies par les chrétiens, ainsi que des réponses concrètes.

    Ces tendances observées en Europe prennent une dimension encore plus préoccupante dans certains pays musulmans comme la Turquie, le Pakistan ou l’Algérie, où les attaques contre les chrétiens sont plus structurelles et systématiques.

    Turquie: discriminations institutionnelles et expulsions systématiques des chrétiens

    En Turquie, les communautés chrétiennes subissent des discriminations profondément enracinées dans le cadre juridique et institutionnel. Ces éléments font l’objet d’une analyse approfondie dans un rapport de l’ECLJ intitulé «La persécution des chrétiens en Turquie». Aucune Église, grecque, arménienne ou catholique, ne dispose de la personnalité juridique, rendant impossible la propriété de biens, l’emploi de personnel ou l’ouverture d’un compte bancaire en leur propre nom. Des milliers de propriétés ont été expropriées ou placées sous tutelle de l’État. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné à de multiples reprises la Turquie pour ces violations, des affaires dans lesquelles l’ECLJ intervient régulièrement.

    Par ailleurs, depuis 2016, la Turquie mène une politique systématique d’expulsion de chrétiens étrangers, pasteurs, missionnaires, conjoints de ressortissants turcs, sur la base de classifications opaques de «sécurité nationale». Entre 2019 et 2025, au moins 178 chrétiens étrangers ont été bannis ou expulsés, et près de 380 personnes affectées au total. Le Parlement européen a fermement condamné ces expulsions dans une résolution adoptée en février 2026. L’ECLJ est directement impliqué dans la défense de ces victimes, en particulier dans l’affaire Wilson où une vingtaine de requêtes ont été jointes.

    Pakistan et Algérie: répression légale et marginalisation

    Au Pakistan, l’article 295-C du Code pénal prévoit la peine de mort pour blasphème contre le Prophète de l’islam. Des chrétiens se retrouvent arbitrairement dans le couloir de la mort pour des accusations souvent infondées. Par ailleurs, environ 1 000 femmes de confessions chrétienne ou hindoue seraient contraintes chaque année de se convertir à l’islam et d’épouser des hommes musulmans. En février 2026, l’ECLJ a saisi le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires pour alerter sur ces graves violations. Dans une résolution du 22 avril 2026, des experts de l’ONU s’inquiètent des conversions forcées dans le cadre du mariage au Pakistan.

    En Algérie, l’islam est religion d’État et la révision constitutionnelle de 2020 a supprimé la protection de la liberté de conscience. Dans un rapport publié ce mois d’avril 2026 sur «L'oppression des chrétiens d’Algérie», l’ECLJ détaille la répression légale à laquelle les autorités soumettent les chrétiens. Une ordonnance de 2006 soumet les lieux de culte non musulmans à un régime d’autorisation quasi-systématiquement refusé: 58 églises protestantes ont été forcées de fermer depuis lors. La pratique chrétienne expose également ses membres à des poursuites pénales pour prosélytisme ou blasphème, passibles jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

    Ces diverses mesures prises à l’encontre des chrétiens, en Turquie, en Algérie ou encore au Pakistan, soulèvent de sérieuses préoccupations au regard du droit international. Beaucoup d’entre elles sont incompatibles avec les dispositions de la CEDH ainsi qu’avec celles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auxquels ces États sont parties, et qui garantissent le droit à la liberté de religion ou de conviction, y compris la liberté de manifester sa religion par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’observance. Plus largement, ces mesures traduisent un schéma de discrimination structurelle, contraire aux principes d’égalité et de non-discrimination consacrés par ces mêmes textes.

    L’ECLJ appelle à agir 

    L’ECLJ appelle le Secrétaire général de l’ONU et les États membres à renforcer la protection égale de tous les groupes religieux, en particulier en améliorant la collecte de données sur les incidents antichrétiens et en garantissant l’enquête effective sur les crimes de haine. Nous demandons également à la Turquie, au Pakistan et à l’Algérie de mettre leur droit interne en conformité avec leurs engagements internationaux, notamment au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

    Christianophobie : ça suffit !
    Lire et signer le texte complet de la pétition

    9,664 SIGNATURES