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International - Page 4

  • Pourquoi l'Occident a déjà perdu la guerre en Ukraine

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    De Romuald Sciora sur le site de l'IRIS :

    L’Occident a déjà perdu la guerre en Ukraine, mais ne l’a toujours pas compris

    Correspondances new-yorkaises

    17 janvier 2023

    Ainsi que je l’ai écrit au printemps dernier dans ces mêmes colonnes en appelant à une réaction forte, les Occidentaux auraient eu tout à gagner à réagir différemment après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

    La bonne stratégie aurait alors été d’accéder, malgré les risques, à la demande de Kiev de créer un pont aérien. Puis, tout en revendiquant une certaine neutralité, de pousser les deux parties à négocier. Les États-Unis et l’Union européenne auraient garanti à l’Ukraine une entrée quasi immédiate dans l’Otan et une adhésion à l’UE, offrant ainsi au pays de Volodymyr Zelensky toute la sécurité et la protection qu’il mérite, tout en concédant à Poutine la reconnaissance de la réunification de la Crimée à la Russie ainsi que de minces parcelles des territoires de l’Est – celles qui se revendiquent le plus pro-russe et dont la grande majorité des habitants a milité depuis des décennies pour rejoindre la « Matouchka Rossia ».

    Devant la fermeté occidentale et la menace sérieuse de représailles militaires au cas où le pont aérien ne serait pas respecté, Poutine aurait sans doute accepté de voir l’Ukraine lui échapper pour de bon. Le plan proposé lui permettant de s’en sortir vis-à-vis de l’opinion russe un minimum la tête haute en prétendant avoir libéré si ce n’est l’entièreté du peuple ukrainien, du moins les plus russophiles de celui-ci du danger nazi et préservé définitivement la Crimée de toute « velléité occidentale ».

    L’Ukraine, quant à elle, en paix après une décennie de guerre, aurait vu s’éloigner de manière quasi certaine le danger russe et pu ainsi s’épanouir tranquillement comme nation indépendante, démocratique et européenne – peut-être même se serait-elle enfin débarrassée à cette occasion d’une partie de sa classe politique, caractérisée par une corruption endémique -, au sein d’un monde occidental qui par sa cohésion et sa fermeté, aurait prouvé à tous qu’il était prêt à monter réellement au front lorsque ses valeurs et ses alliées se trouvaient en difficultés.

    Et à ceux qui viendraient dire au demi-ukrainien que je suis par ma mère, que suggérant quelques concessions à la Russie il fait preuve d’un esprit « munichois », je répondrais qu’ils ne connaissent rien à l’histoire. En 1938, Hitler représentait un danger immédiat pour la France et le reste de l’Europe. Ne pas l’avoir stoppé à l’époque a résulté à juin 40. À l’inverse, Poutine dont l’armée jusqu’à ce jour n’a pas été capable d’aller jusqu’à Kiev ne représente aucun réel danger à l’échelle européenne et encore moins mondiale. C’est plutôt de ne pas avoir suivi un scénario similaire à celui décrit plus haut et d’avoir laissé la guerre s’enliser qui est inconsidéré et qui me fait dire que l’Occident a en quelque sorte déjà perdu la bataille.

    En effet, à moins d’un improbable putsch au Kremlin ou de la mort de Vladimir Poutine, le plus plausible, vu qu’aucune des parties n’est prête à négocier, est que le conflit s’éternise. Alors que le rouble a pris 8% par rapport au dollar et 18%par rapport à l’euro depuis le début de la guerre, et que les sanctions économiques à l’encontre de Moscou sont loin de rencontrer le succès espéré, le coût de l’aide à l’Ukraine s’alourdit et les Occidentaux connaissent une crise énergétique sans pareil depuis la Seconde guerre mondiale. Il est donc à parier que l’administration américaine qui fait actuellement face à la tempête provoquée par la découverte de documents classifiés conservés illégalement par Biden ainsi qu’à une chambre des représentants plus qu’hostile, finisse à moyen terme, effrayée par la perspective d’un conflit plus ou moins gelé et sans fin, par enjoindre Zelensky de se rendre à la table des négociations. Si c’est le cas, on pourrait alors se demander à quoi bon tous ces morts et tout cet argent dépensé pour aboutir in fine à un résultat plus ou moins similaire à celui qui aurait été obtenu au tout début de la guerre si on avait su montrer les muscles… Une sortie de crise la queue entre les pattes pour l’Amérique et ses alliés.

    Un autre scénario, catastrophique celui-là, serait que sans main tendue par Kiev et les Occidentaux, la Russie se sentant acculée après de potentielles futures défaites, décide d’en finir en utilisant ses armes nucléaires tactiques. En opposition à de nombreux experts – en général ceux qui étaient certains que Poutine n’envahirait pas l’Ukraine -, je suis convaincu que l’autocrate russe pour qui capituler serait mortel pourrait en arriver là. Sans concession, Poutine ne lâchera jamais le morceau.

    Et si on en aboutissait à une telle extrémité, il ne resterait alors à l’Occident que deux possibilités : s’écraser lamentablement par peur d’un conflit nucléaire généralisé, ou bien y aller carrément. Dans les deux cas, on pourrait parler de défaite. Dans le premier cas, au sens littéral, dans le second, au sens figuré, la guerre étant toujours une défaite pour l’humanité.

    On pourrait encore sauver les meubles et prétendre à une demi-victoire si Zelensky acceptait dès maintenant, ainsi que je l’écrivais dans ma dernière correspondance, de négocier sur les quelques bases solides que lui offrent pour l’heure les récents succès de l’armée ukrainienne. Ce que l’homme au tee-shirt kaki a accompli jusqu’ici est déjà grand et les conditions de négociation seraient meilleures pour lui et son pays aujourd’hui que s’il y était forcé par les Américains dans quelques mois. Mais bon, je crains que le président ukrainien qui a su faire preuve de tant de courage face aux combats n’ait pas celui d’admettre que de toute façon la Crimée comme une bonne partie des territoires séparatistes de l’Est sont irrémédiablement perdus depuis déjà près de dix ans.

    ——————————–

    Essayiste et chercheur associé à l’IRIS, Romuald Sciora vit aux États-Unis. Auteur de plusieurs ouvrages sur les Nations unies, il a récemment publié avec Anne-Cécile Robert du Monde diplomatique « Qui veut la mort de l’ONU ? » (Eyrolles, nov. 2018). Ses deux derniers essais, «Pauvre John ! L’Amérique du Covid-19 vue par un insider » et «  Femme vaillante, Michaëlle Jean en Francophonie », sont respectivement parus chez Max Milo en 2020 et aux Éditions du CIDIHCA en 2021

  • La population diminue en Chine : une bonne nouvelle ?

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    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    DÉMOGRAPHIE ET SOCIÉTÉ
    Chine, la population diminue. Mais ce ne sont pas de bonnes nouvelles

    18-01-2023

    Pour la première fois en 60 ans, la Chine voit sa population diminuer de 850 000 personnes. Il s'agit là de l'effet à long terme des politiques strictes de contrôle des naissances, mais la crise démographique pourrait ouvrir la voie au désastre social et économique auquel le régime chinois s'efforce aujourd'hui de répondre. La crise chinoise est cependant le miroir de la crise des pays occidentaux, qui suivent les mêmes principes qui mènent à la ruine.

    Le fait que, pour la première fois en 60 ans, la population chinoise ait diminué de 850 000 personnes en 2022 par rapport à l'année précédente aura été salué comme une bonne nouvelle par beaucoup, compte tenu du "confinement" de la Chine, tant politique que démographique. En réalité, les chiffres publiés hier par le Bureau national des statistiques de Pékin ne sont que la partie émergée de l'iceberg d'un désastre démographique chinois qui a également de graves répercussions sur la sécurité mondiale. Après tout, même si le nombre de la population chinoise peut être effrayant (1,412 milliard de personnes), il n'en reste pas moins que la densité en Chine est de 137 habitants au kilomètre carré, bien en dessous de la densité en Italie, par exemple, qui est de 189 habitants au kilomètre carré.

    Les chiffres indiquent toutefois que les naissances sont passées pour la première fois sous la barre des 10 millions, tandis que le pourcentage de naissances pour mille habitants a atteint un nouveau record négatif à 6,77 (il était de 7,52 en 2021), un chiffre encore plus significatif si l'on considère qu'à la fin des années 1980, la Chine comptait encore 23 naissances pour mille habitants (aux États-Unis, il est aujourd'hui de 11,06 et au Royaume-Uni de 10,08).

    La situation démographique de la Chine, en fait, retrace ce qui s'est déjà produit en Occident (aujourd'hui, la Chine a le même taux de fécondité que l'Italie, soit 1,2 enfant par femme), mais cela s'est produit beaucoup plus rapidement en raison de la "politique de l'enfant unique" imposée de manière inflexible en 1979 et avec des niveaux de protection et d'assistance sociale beaucoup plus faibles que dans les pays développés. Ce qui signifie que les répercussions de la crise démographique se feront également sentir plus rapidement et avec plus d'impact, avec le risque de troubles sociaux difficilement contrôlables. Le "coup de semonce" du gouvernement chinois est arrivé bien trop tard : en 2016, le deuxième enfant a été autorisé et en 2021 le troisième, mais la réalité est qu'entre-temps, les jeunes en âge de se marier n'ont plus pour priorité la famille et les enfants. Par conséquent, bien que le dirigeant chinois Xi Jinping, lors du dernier congrès du parti communiste en octobre dernier, ait fait de l'augmentation du taux de natalité une priorité du gouvernement, il ne lui sera pas facile d'atteindre cet objectif. 

    Dans le même temps, la Chine connaît une crise dramatique des mariages, qui ont pratiquement diminué de moitié en dix ans : en 2013, ils étaient 13,5 millions, en 2021 ils sont tombés à 7,6 millions, et une nouvelle baisse de 10 à 15% est estimée pour 2022. Bien qu'il faille également tenir compte de l'impact des blocages de Covid pour les deux dernières années, la tendance est très claire : les jeunes Chinois se marient de moins en moins, et en tout cas beaucoup plus tard. L'impact de la crise du mariage sur le taux de natalité est énorme : en Chine, seulement 1 % des enfants naissent hors mariage ; à titre de comparaison, ce taux est de 40 % en Italie et de plus de 50 % dans les pays scandinaves.

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  • Le bel optimisme du cardinal Hollerich

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    La praxis pastorale va-t-elle prendre le pas sur l'orthodoxie doctrinale ? C'est ce que l'on peut penser à la lecture des propos qui suivent.

    Une interview du cardinal Hollerich par Hugues Lefèvre est parue sur "El Debate" :

    Cardinal Hollerich : "Il ne s'agit pas de construire une sous-culture chrétienne, ou une Eglise fermée sur elle-même".

    Jean-Claude Hollerich est le rapporteur du Synode sur la Synodalité, il a passé 23 ans comme missionnaire au Japon et a maintenant, à la demande du Saint Père, la tâche de rassembler les différentes sensibilités au sein de l'Eglise afin que la communion de Dieu puisse émerger.

    16/01/2023

    Le cardinal Jean-Claude Hollerich est progressivement devenu une figure centrale du pontificat du pape François, qui l'a choisi pour assumer le rôle de rapporteur du synode sur la synodalité.

    L'homme, qui a passé 23 ans comme missionnaire au Japon, met également en garde contre le bouleversement anthropologique à venir : un tsunami auquel l'Église doit savoir s'adapter si elle ne veut pas disparaître.

    Êtes-vous satisfait du travail accompli jusqu'à présent par le Synode ?

    -Je suis tout à fait satisfait. Il s'agit d'un résumé honnête de ce que les gens ont dit et de ce que les conférences épiscopales ont déjà synthétisé. Il ne s'agit pas d'un document théologique qui positionne l'Église. Naturellement, nous trouvons des points communs, mais aussi des différences entre les pays et les continents.

    Vous avez dit que vous n'aviez aucune idée de l'instrument de travail qu'il faudrait rédiger. Les choses se précisent-elles pour vous ?

    -J'en sais un peu plus, mais il y a encore du chemin à parcourir. Cela dépendra également du travail des assemblées continentales. Mais nous pouvons déjà nous réjouir car il s'agit de la plus grande participation que nous ayons jamais eue dans l'Église. Il y a eu 112 conférences sur 114. C'est presque un miracle !

    Il y a des gens qui sont revenus à l'Église, des gens qui s'étaient éloignés, des gens qui ont retrouvé leur confiance dans l'Église.
    Cardinal Hollerich

    Êtes-vous surpris ?

    -Oui, les Eglises orientales ont également toutes répondu. C'est une bonne chose. Maintenant, nous devons écouter ce que les gens ont dit. Cela ne signifie pas nécessairement que nous devons tout exécuter. Nous devons écouter, réfléchir, prier, discerner.

    -En un an, l'Église catholique a-t-elle déjà changé à vos yeux ?

    -Je pense que oui. Il y a des gens qui sont revenus dans l'Église, des gens qui s'étaient éloignés, qui ont repris confiance. Et je tiens à souligner qu'il s'agit de personnes très diverses, des deux côtés, de la "gauche" et de la "droite".

    En Europe, l'exercice de la synodalité semble être quelque chose de nouveau, comment l'expliquez-vous ?

    -Rome fait partie de l'Europe. Lorsque le Saint-Siège ne veut pas que les évêques soient trop actifs, cela a des conséquences. Aujourd'hui, le Saint-Siège souhaite que les évêques soient plus actifs. D'autre part, en Europe, nous avons des conférences épiscopales nationales très fortes et nous pouvons sentir la fierté de chaque Église.

    Si nous marchons sans regarder le Christ, alors c'est un accident de train !
    Cardinal Hollerich

    Peut-on faire un parallèle avec l'Union européenne qui, sur certains points, n'a pas réussi à faire l'unité entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest ?

    -Nous avons les mêmes tensions, c'est vrai. Mais nous devons éviter de regarder les différences. Nous devons regarder ce que nous avons en commun : où le Christ nous appelle-t-il à être l'Église en Europe ?

    D'autre part, il faut noter que même au sein des Églises particulières, il existe des tensions. Nous devons éviter de parler des tensions comme d'une catastrophe. Nous devons même comprendre qu'ils peuvent être fructueux.

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  • Des attaques contre des églises, des chrétiens tués au Congo et au Nigeria

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    D'Anna Bono sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Attaques contre des églises, chrétiens tués au Congo et au Nigeria

    17-01-2023

    Deux graves épisodes de violence contre les chrétiens, au Congo et au Nigeria. Au Nord-Kivu (Congo), une église a été attaquée par des hommes armés pendant les services du dimanche. Dix-sept personnes ont été tuées jusqu'à présent dans une attaque djihadiste. Au Nigeria, le père Achi est mort dans l'incendie d'une église provoqué par des inconnus. 

    Ce dimanche dernier, le 15 janvier, a été marqué en Afrique par deux graves épisodes de violence contre les chrétiens. En République démocratique du Congo, l'église pentecôtiste de Kasindi, une ville de la province orientale du Nord-Kivu, près de la frontière avec l'Ouganda, a été attaquée par des hommes armés qui y ont fait exploser une bombe artisanale. Un service religieux dominical avait lieu à ce moment-là et le bâtiment était très fréquenté. Un premier bilan fait état d'au moins 17 personnes tuées et de dizaines de blessés. Les autorités congolaises ont immédiatement condamné "l'acte terroriste ignoble", exprimé leurs plus sincères condoléances à l'Église pentecôtiste et se sont dites certaines que les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé ougandais affilié à Isis, l'État islamique, étaient responsables, "avec toutes les preuves". La confirmation est venue quelques heures plus tard lorsque l'attaque a été revendiquée par l'Iscap (Province d'Afrique centrale de l'État islamique) dans un communiqué dans lequel le groupe djihadiste se vante de "dizaines de chrétiens morts et blessés" et annonce d'autres attaques.

    Les trois provinces orientales de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ne connaissent pas la paix depuis près de 30 ans. Ils continuent, même après la fin des guerres civiles qui ont ravagé le pays de 1996 à 2007, à être ravagés par des dizaines de groupes armés qui vivent du pillage, du braconnage et de la contrebande des minéraux précieux dont le pays est extraordinairement riche. Certains ont des liens avec les conflits qui ont éclaté dans les pays voisins, l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, et en sont le prolongement. L'ADF en fait partie. Il a été créé dans les années 1990 en Ouganda pour lutter contre le gouvernement du président Yoweri Museveni, accusé de persécuter la population musulmane. Vaincu par l'armée ougandaise en 2001, il a migré vers le Nord-Kivu. Jusqu'en 2014, ses activités étaient sporadiques. Les attaques se sont ensuite intensifiées et le groupe est désormais considéré comme l'un des plus dangereux groupes armés actifs dans l'est du Congo. Son chef, Musa Seka Baluku, a prêté serment d'allégeance à Isis en 2016, mais ce n'est qu'en avril 2019 que l'État islamique a revendiqué pour la première fois une attaque commise par l'ADF et proclamé la naissance de l'Iscap, que le Mozambique a ensuite rejoint avec le groupe Ansar Al-Sunna Wa Jamma. Les ADF opèrent au Nord-Kivu, dans des territoires comprenant la capitale provinciale, Beni, avec des incursions occasionnelles dans l'Ituri voisin. Si ses cibles les plus fréquentes sont les soldats gouvernementaux et les casques bleus de la Monusco, la mission de paix présente dans le pays depuis 2010, elle a tué depuis le début de l'année 2021 au moins 200 civils, principalement des chrétiens, et mis en fuite près de 40 000 personnes.  

    L'autre épisode de violence s'est produit au Nigeria, dans l'État du Niger, au centre-nord du pays. Des hommes armés ont attaqué la résidence de l'église catholique Saint-Pierre-et-Paul dans le village de Kifin-Koro, dans la zone gouvernementale de Paikoro, pendant la nuit. Ne pouvant entrer dans le complexe paroissial, ils y ont mis le feu. Le père Isaac Achi, qui se trouvait à l'intérieur, a été brûlé vif. Son cadavre a été retrouvé dans les décombres. L'un de ses confrères, le père Collins, a été blessé par des tirs alors qu'il tentait de s'échapper et se trouve actuellement à l'hôpital.

    L'identité des auteurs de l'attaque n'a pas encore été établie. On avait émis l'hypothèse qu'il pourrait s'agir de criminels de droit commun, car l'État du Niger ne fait plus partie de ceux dans lesquels Boko Haram et Iswap, les deux groupes islamistes qui ont leurs bases dans l'extrême nord-est, sont habituellement actifs. En outre, des centaines de gangs armés opèrent aujourd'hui en toute impunité dans le pays, se livrant à des vols, des cambriolages et des enlèvements à des fins d'extorsion. Les religieux chrétiens sont de plus en plus souvent victimes d'enlèvements et d'agressions. Cependant, le père Collins a déclaré avoir entendu les attaquants invoquer Allah et crier des slogans djihadistes. Il s'agirait donc d'une attaque djihadiste. D'autre part, les cinq personnes qui ont été enlevées dans les mêmes heures dans l'État de Katsina, au nord-ouest du pays, alors qu'elles s'apprêtaient à assister à un service religieux, pourraient en fait être victimes de vulgaires voyous.

    Le père Achi était président de la branche locale de l'Association chrétienne du Nigeria. Il y a 12 ans, il avait survécu à une attaque de Boko Haram. Le jour de Noël 2011, un kamikaze s'était fait exploser dans l'église catholique dédiée à sainte Thérèse à Madalla, une banlieue de la capitale fédérale Abuja. Trente-sept personnes ont été tuées et 57 blessées. Le père Achi, cependant, s'en est sorti indemne et a ensuite officié lors du service commémoratif pour les victimes. Selon le journal nigérian Daily Trust, qui a publié une notice nécrologique, le père Achi a ensuite subi et échappé à plusieurs autres attaques, dont un enlèvement à des fins d'extorsion. C'est un moment très triste, a commenté le gouverneur de l'État du Niger, Sani Bello, si un prêtre est tué, et de cette façon, cela signifie que personne n'est en sécurité. Les terroristes sont devenus fous. Une action drastique est nécessaire pour mettre un terme à ce carnage permanent". Des élections générales auront lieu au Nigeria le 25 février, mais il est à craindre que, pour des raisons de sécurité, il ne soit pas possible de se rendre aux urnes dans certaines régions du pays.

  • Pékin met en scène la "sinisation" du catholicisme

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    D'AsiaNews :

    Pékin met en scène la "sinisation" du catholicisme

    Dans le palais archiépiscopal de la capitale - à l'occasion du 15e anniversaire de l'ordination épiscopale de Mgr Li Shan - 41 panneaux ont relu l'histoire du christianisme en Chine selon les directives de Xi Jinping. En donnant plus d'importance au patriotisme qu'à Matteo Ricci.

    Le mot clé sur lequel insistent les autorités de Pékin chaque fois qu'elles parlent du rôle des religions dans le pays est "sinisation". Le président Xi Jinping lui-même, dans le discours fleuve avec lequel il a célébré son troisième mandat lors du 20e congrès du Parti communiste chinois, a promis de poursuivre son engagement "en faveur de la sinisation de la religion, en guidant l'adaptation de la religion et de la société socialiste au contexte chinois". Mais que signifie concrètement la sinisation ?

    Un exemple emblématique de la manière dont les organismes officiels veulent que cette directive soit interprétée nous vient d'une exposition inaugurée il y a quelques jours au palais épiscopal de Pékin à l'occasion du 15e anniversaire de l'ordination épiscopale de Monseigneur Joseph Li Shan, l'archevêque de la capitale, nommé en 2007 avec l'assentiment du Saint-Siège avant même la signature de l'accord provisoire de 2018. Depuis quelques mois, Li Shan est également président de l'Association patriotique des catholiques chinois, l'organe "officiel" par lequel le gouvernement contrôle les activités de l'Église en Chine. C'est peut-être aussi la raison pour laquelle ils ont voulu marquer cet anniversaire par un signe qui rappelle explicitement la directive sur laquelle Xi Jinping insiste.

    L'exposition est intitulée "Honorer le ciel et aimer le pays". L'histoire de la sinisation du catholicisme à Pékin", se compose de 41 panneaux avec plus de 600 images, et - rapporte une note officielle du diocèse - "a nécessité près de 16 mois de travail et a fait l'objet de cinq séries de discussions entre experts, avec de nombreuses ébauches et brouillons, pour ordonner systématiquement et résumer de manière exhaustive le processus historique de la sinisation du catholicisme à Pékin".

    Le panneau d'introduction explique que l'objectif de l'initiative est de "promouvoir davantage la sinisation du catholicisme, de mieux comprendre l'importante déclaration du secrétaire général Xi Jinping sur la religion, de promouvoir l'excellente culture chinoise, de renforcer la confiance culturelle et d'explorer les riches ressources culturelles catholiques de Pékin".

    Dès les images diffusées de l'exposition sur le compte WeChat du diocèse de Pékin, la centralité du thème du patriotisme apparaît clairement : dans la section sur les origines historiques de la sinisation, l'image du grand jésuite Matteo Ricci et quelques exemples des premières tentatives d'inculturation apparaissent en effet. Dans l'ensemble, cependant, une place beaucoup plus importante est accordée à l'histoire des corps patriotiques, avec l'image centrale de l'archevêque Fu Tieshan (1931-2007), figure clé à Pékin de l'affirmation de l'idée d'une Église "autonome" par rapport à Rome. 

  • Plus de 360 millions de chrétiens victimes d'un niveau élevé de persécution et de discrimination à cause de leur foi

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    Du site de l'organisme de défense des chrétiens persécutés dans le monde "Portes Ouvertes" :

    Plus de 360 millions de chrétiens subissent un niveau élevé de persécution et de discrimination à cause de leur foi.

    En se limitant aux 50 pays qui figurent dans l’Index mondial de persécution, ce ne sont pas moins de 312 millions de chrétiens qui sont confrontés à des niveaux très élevés ou extrêmes de persécution. En consultant les profils de ces pays, vous découvrirez pour chacun d’eux des informations, des histoires et des sujets de prières, ainsi que des moyens de soutenir l’église persécutée par la prière et l'action.  En savoir plus sur l’Index mondial de persécution.

  • Pourquoi ce silence du pape alors qu'un évêque nicaraguayen est condamné à l'exil ou à la prison ?

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    Lu sur Il Sismografo :

    Nicaragua

    La sentence est déjà écrite pour Mgr Alvarez : l'exil volontaire ou la prison. Pendant ce temps, le pape reste silencieux, mais pourquoi ? Est-ce qu'il négocie avec Ortega ?

    L'"auto-exil" de Monseigneur Rolando Alvarez est possible, peut-être négocié avec le Vatican. Il s'agirait de la troisième expulsion d'un évêque par Daniel Ortega depuis 1986. Le prélat nicaraguayen a déjà fait savoir qu'il préférait la prison.

    En théorie, le procès de la dictature nicaraguayenne, menée par le couple Daniel Ortega-Rosario Murillo, contre Monseigneur Rolando Alvarez est toujours en cours, mais le verdict est connu et largement diffusé : l'évêque, accusé de subversion et d'atteinte aux principes démocratiques, acceptera de s'exiler "volontairement" ou purgera sa peine en prison. Entre-temps, selon les rapports de la presse centraméricaine, le faux procès se déroule avec des audiences clandestines et l'évêque de Matagalpa et administrateur apostolique d'Estelí n'a pas été autorisé à désigner un avocat. Le défenseur des droits de l'homme Pablo Cuevas, se référant au procès pénal initié par le régime, souligne : "Jamais dans l'histoire du Nicaragua ni dans l'histoire de l'Amérique centrale, à ma connaissance, un évêque en exercice n'a été jugé, qui plus est avec une procédure pleine d'irrégularités pour le condamner pour des crimes qui, entre autres, ne peuvent même pas être prouvés". "Le sort de Monseigneur Álvarez est scellé, ajoute l'avocat, et il existe déjà une sentence de condamnation dont certains détails circulent déjà. Nous savons déjà ce qui va se passer. Les sentences sont prononcées à El Carmen (résidence d'Ortega)".

    Dans cette affaire, il est de notoriété publique qu'Ortega a déjà pris sa décision. L'évêque a deux alternatives : soit il va en prison pour plusieurs années afin de purger une lourde peine car il est coupable - selon l'acte d'accusation - de "conspiration criminelle visant à porter atteinte à l'intégrité nationale et à diffuser de fausses nouvelles au détriment de l'État et de la société" ; soit l'évêque quitte le pays et accepte ainsi l'exil volontaire, une peine dont on ne peut accuser la dictature d'Ortega. La farce de l'auto-exil devrait empêcher le régime d'ajouter ce fait - grave et également prévu pour intimider - à la longue liste des attaques du gouvernement nicaraguayen contre la liberté religieuse.

    Dans ce contexte, qui n'est pas nouveau au Nicaragua, il est impossible - avec toute la bonne volonté possible - de comprendre le moins du monde pourquoi le pape François se tait, et plus généralement, pourquoi la diplomatie vaticane qui a été humiliée en mars dernier avec l'expulsion en quelques heures du représentant papal de l'époque à Managua, Waldemar Stanislaw Sommertag, se tait.

    Si le "cas Alvarez" se termine par un auto-exil, peut-être dans le cadre de négociations avec le Vatican pour éviter l'emprisonnement du prélat, il sera le troisième évêque que Daniel Ortega expulse du pays pour se débarrasser d'une voix libre et autonome de défense des droits de l'homme.

    Aujourd'hui, cependant, même pour le Vatican, la principale question est de savoir ce que Monseigneur Alvarez pense et veut faire. Récemment, un évêque du Honduras, du diocèse de Danlí, Monseigneur José Antonio Canales, a déclaré qu'il savait de source autorisée que Monseigneur Alvarez avait déclaré qu'il n'accepterait pas l'auto-exil et qu'il préférait donc la prison plutôt que d'avouer des crimes qu'il n'avait jamais commis et, surtout, de se soumettre à la volonté de la dictature.

    Au Nicaragua, dans l'Eglise locale, mais aussi à l'étranger dans de nombreux gouvernements, notamment sur le continent américain, on soupçonne à juste titre qu'Ortega a réussi, comme par le passé, à entraîner la diplomatie vaticane dans son jeu en utilisant tous les moyens comme monnaie d'échange. C'est ce qui s'est passé avec Monseigneur Vega et avec Monseigneur Báez [1], qui a été amené à Rome pour n'avoir "rien fait", au point qu'il s'est réfugié, de sa propre initiative, à Miami où il travaille toujours dans la pastorale de la communauté nicaraguayenne. 
    _________________
    [1] (Ortega prépare l'expulsion de Monseigneur Rolando Álvarez. Il pourrait s'agir du troisième de la "série" qui a débuté en 1986 - 6 octobre 2022/Il Sismografo)

  • Un prêtre nigerian est mort brûlé dimanche après que des bandits aient mis le feu à son presbytère

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    De Courtney Mares sur Catholic News Agency :

    Nigerian priest

    Un prêtre catholique brûlé à mort au Nigeria
     
    Le père Isaac Achi, un prêtre catholique nigérian, a été assassiné dans l'État du Niger le 15 janvier 2023. | Diocèse de Minna

    15 janvier 2023

    Un prêtre catholique est mort brûlé dimanche après que des bandits aient mis le feu au presbytère de sa paroisse dans le nord du Nigeria.

    Le corps du père Isaac Achi a été retrouvé dans le presbytère carbonisé de l'église catholique Saints Pierre et Paul le 15 janvier, selon le diocèse catholique de Minna, au Nigeria.

    Il est mort après que des bandits armés ont attaqué la résidence du prêtre dans le village de Kafin Koro à 3 heures du matin. Un autre prêtre du presbytère, le père Collins Omeh, a échappé au bâtiment, mais a été blessé par balle et est soigné dans un hôpital.

    Alhaji Sani Bello Abubakar, le gouverneur de l'État nigérien du Niger où l'attaque a eu lieu, a qualifié l'attaque d'"impie et inhumaine" et a ordonné aux agences de sécurité locales de poursuivre les assaillants, selon le Daily Post.

    "C'est un moment triste, pour un prêtre d'être tué de cette manière signifie que nous ne sommes pas tous en sécurité, ces terroristes ont perdu la tête, et une action drastique est nécessaire pour mettre fin à ce carnage en cours", a déclaré Bello.

    Achi était le curé de l'église catholique Saints Peter et Paul où il est mort. Il était également président de sa branche locale de l'Association chrétienne du Nigeria (CAN).

    "Que l'âme du très révérend père Isaac Achi et les âmes de tous les fidèles décédés reposent dans une paix parfaite", a déclaré le diocèse de Minna dans un communiqué partagé par le Nigeria Catholic Network.

    Courtney Mares est correspondante à Rome pour la Catholic News Agency. Diplômée de l'université de Harvard, elle a travaillé dans des bureaux de presse sur trois continents et a reçu la bourse Gardner pour son travail avec les réfugiés nord-coréens.

  • Pour George Weigel, le pape a tort et l'Eglise allemande va vers l'apostasie

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    De Paolo Mastrolilli sur le site de la Repubblica via Il Sismografo :

    (Entretien avec le théologien américain George Weigel, qui est aussi un biographe de Jean-Paul II)

    Weigel : "Le pape a tort et l'Eglise allemande va vers l'apostasie"

    Une apostasie, plutôt qu'un schisme, la répudiation de sa propre identité religieuse : c'est un mot grave choisi par le théologien américain George Weigel pour dénoncer le mal qui afflige la "partie mourante" de l'Église catholique.

    Le décès de Benoît XVI aura-t-il un impact sur l'avenir de l'Église ?

    Pas vraiment. Les lignes de fracture dans l'Église mondiale sont déjà claires : les parties vivantes de l'Église mondiale sont celles qui incarnent l'interprétation faisant autorité du Concile Vatican II donné par Jean-Paul II et Benoît XVI, et les parties mourantes sont celles qui s'obstinent en essayant de promouvoir un projet raté de l'Église catholique - une Église dans l'air du temps. Le meilleur exemple de cette dernière est l'Église d'Allemagne.

    Comment jugez-vous la Déclaration de Abu Dhabi de François, selon laquelle la pluralité et la diversité des religions sont "voulues par Dieu" ?

    Bien qu'il y ait moyen de parler de la volonté "permissive" de Dieu, ce qui permet à Abu Dhabi de s'intégrer dans une compréhension orthodoxe de Christianisme, l'effet global de la déclaration d'Abu Dhabi est, je le crains, de diminuer la ferveur évangélique de l'l'Église et de compromettre la claire vision de Dominus Iesus'.

    Dans un essai récent, vous vous êtes demandé "comment un catholicisme d'un nouveau modèle, que l'on peine à distinguer du progressisme séculaire, pourrait ré-évangéliser les parties post-chrétiennes du monde de l'Atlantique Nord". "

    Il ne le peut pas. Point final.

    Vous vous êtes demandé comment l'Église peut évangéliser si elle ne peut pas dire que ceci est la juste façon de vivre, tandis que cela ne l'est pas parce que certaines choses ne sont tout simplement pas bonnes ?"

    Non, elle ne le peut pas. L'Église doit toujours expliquer le "oui" qui se trouve derrière tout ce qu'elle refuse; ainsi, si nous ne pouvons pas affirmer que la débauche est toujours mauvaise - point final -, notre crédibilité est nulle et non avenue".

    Vous avez posé la question "comment l'Eglise peut-elle évangéliser, notamment dans le contexte de cultures et sociétés hostiles au christianisme, si elle ne semble pas être prête à défendre la sienne ?"

    Dire la vérité face au pouvoir met en valeur l'évangélisation, et ne l'entrave pas. Il est peu probable que le "dialogue" avec Néron ou Dioclétien aurait été très efficace pour évangéliser les monde romain, et il est peu probable que le "dialogue" avec Xi Jinping pourrait être efficace dans l'évangélisation de la Chine du 21e siècle".

    Dans un essai paru dans First Things, vous avez décrit le Motu Proprio du Pape François "Traditionis Custodes" comme "théologiquement incohérent", "pastoralement diviseur", "inutile et cruel". Pourquoi ?

    Inconsistant car il y a beaucoup des variantes légitimes du rite romain, parmi lesquelles l'ambrosienne, la dominicaine et le rite utilisé par les anciens anglicans maintenant en pleine communion avec Rome. Diviseur et pastoralement cruel parce que Summorum Pontificum faisait son travail. Inutile parce que les divisions que dénonce Traditionis Custodes sont bien moindres que celles entre l'orthodoxie catholique et ce qui est proposé en Allemagne par le Chemin Synodal.

    Dans une interview accordée à la "Repubblica", le président des évêques américains Broglio a déclaré que "la possibilité que le pape François se retire est plus grande maintenant que le Pape émérite n'est plus là".

    Je doute fortement que le pape François prenne sa retraite.

    Le cardinal Kasper a déclaré : "Je ne parle pas de schisme, il peut y avoir des schismes factuels, mais la situation ne doit pas être exagérée". Voyez-vous le risque d'un schisme dans l'Église catholique ?

    Le cardinal Kasper est plutôt préoccupé par l'orientation du chemin synodal allemand, et il a le droit de s'en inquiéter. Cependant, ce que je vois dans la voie synodale allemande, c'est l'apostasie, pas le "schisme".

  • Mali : des communautés chrétiennes sous la menace djihadiste

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/MALI - Le drame du village de Douna, menacé par les djihadistes

    12 janvier 2023

    Bamako (Agence Fides) - " La situation est toujours bloquée. Nous continuons à prier pour nos frères tout en espérant que les efforts de médiation seront couronnés de succès pour permettre aux fidèles de continuer à vivre en paix ", déclare à l'Agence Fides Mgr Jean Baptiste Tiama, évêque de Mopti, décrivant la situation de la communauté chrétienne de Douna (paroisse de Barapireli) menacée par les djihadistes.

    "Depuis quelque temps, le village de Douna est menacé par les djihadistes. Le 4 janvier, ils sont à nouveau revenus dans le village pour obliger les deux communautés chrétiennes à fermer leurs églises ", indique un communiqué du diocèse de Mopti daté du 5 janvier, parvenu à l'Agence Fides. "Il est désormais interdit de faire sonner les cloches, de jouer des instruments de musique et de prier dans les églises. Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que les djihadistes demandent aux chrétiens de pratiquer la religion musulmane" souligne le diocèse de Mopti, qui invite les fidèles "à persévérer dans la prière pour vaincre les forces du mal".

    Dans la région de Mopti, dans le centre du Mali, quatorze soldats maliens ont été tués et onze blessés le 9 janvier lors d'affrontements avec des djihadistes. De son côté, l'armée malienne affirme avoir neutralisé "31 terroristes".

    Le Mali subit depuis 2012 des violences commises par différents groupes djihadistes. Le centre du pays est l'un des foyers de violence qui s'est étendu aux pays voisins, le Burkina Faso et le Niger, et se propage vers le sud. Il y a tout juste 10 ans, le 11 janvier 2013, la France lançait l'opération Serval pour repousser l'offensive djihadiste qui menaçait d'engloutir le pays. Aujourd'hui, la situation a changé. Les militaires qui ont pris le pouvoir avec un putsch en 2020, suivi d'un second coup d'État en 2021, se sont détournés de leur ancien allié et partenaire français, et se sont tournés militairement et politiquement vers les Russes.

    La junte a lancé une opération centrée sur le centre du Mali fin 2021, affirmant avoir contraint les djihadistes en fuite à s'enfuir. Cependant, un rapport de son Secrétaire général, présenté au Conseil de sécurité le 9 janvier, indique que les conditions de sécurité ont continué à se détériorer entre juin et décembre 2022 dans le centre du Sahel, "en particulier au Burkina Faso et au Mali". "Au Mali, après le départ des forces internationales, les groupes armés ont progressé dans l'est du pays, prenant le contrôle de vastes zones frontalières avec le Niger", peut-on lire dans le rapport. (LM)

    (Agence Fides 12/1/2023)

  • La liberté religieuse des catholiques en Chine est en danger

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    De Franca Giansoldati sur Il Messaggero via Il Sismografo :

    Les États-Unis mettent en garde le Vatican : "La liberté religieuse des catholiques en Chine est en danger".

    "Je ne crois pas que le pape François soit aveugle à ce qui se passe en Chine, je pense plutôt qu'il n'est pas pleinement informé". Nury Turkel, avocat américain d'origine ouïgoure et actuel président de la Commission américaine pour la liberté religieuse, ne cache pas sa "déception" face à l'ouverture de crédit que le Vatican continue d'accorder à Pékin malgré les nouvelles décourageantes provenant de nombreuses zones intérieures, où les catholiques qui refusent de souscrire aux règles édictées par l'Association patriotique (l'Église contrôlée par le Parti communiste) ont de gros problèmes avec la loi. Menaces, contrôles étouffants, pressions et, dans certains cas, restriction de leur liberté, pouvant aller jusqu'à la prison. Ce n'est pas la persécution musclée des camps de détention des Ouïghours, la minorité musulmane de Chine, mais la situation concernant le manque de liberté religieuse qui est également jugée alarmante par plusieurs cardinaux, missionnaires et évêques.

    Ce matin, M. Turkel a eu un long entretien au Vatican avec le ministre des affaires étrangères du pape François, Monseigneur Paul Gallagher, pour discuter des effets négatifs de l'accord diplomatique signé avec le gouvernement de Pékin il y a quatre ans, dans le but de normaliser les nominations d'évêques. Ce qui s'est partiellement produit, même si le gouvernement de Pékin, suggère Turkel, tente ainsi de "siniser la religion" de manière rampante, en orientant le choix vers des évêques presque aplatis par le parti communiste. "Le problème de cet accord reste son caractère secret. Le gouvernement de Pékin ne veut pas que cela se sache". La ligne de conduite du gouvernement chinois consiste à exercer une pression constante sur les chefs religieux, afin de guider la diffusion de la doctrine communiste par le biais de nominations. "Dommage que la religion soit autre chose et qu'elle se base sur la Parole, la Bible, les livres saints et non sur les directives du parti".

    Lors de la longue conversation au Vatican avec Monseigneur Gallagher, la grande question de Taïwan n'a pas été abordée. Pour le Saint-Siège, il s'agit d'un nœud diplomatique qui traîne en longueur depuis des années : l'île considérée comme rebelle par Pékin entretient des relations diplomatiques complètes avec le Saint-Siège depuis 1949, lorsque l'arrivée au pouvoir de Mao Tsé Toung a entraîné l'expulsion du nonce apostolique de l'époque, M. Riberi, qui a dû se réfugier à Formose. Les Chinois font depuis longtemps pression sur le Vatican pour qu'il révise les accords diplomatiques avec Taïwan, en déplaçant la nonciature de Taipei à Pékin, mais cette hypothèse ne semble pas se profiler à l'horizon pour le moment. "Nous n'avons pas parlé de ce sujet, le temps a manqué. Nous nous sommes uniquement concentrés sur les questions liées à la "liberté religieuse".

    Nury a ensuite raconté son histoire à un groupe de journalistes invités à l'ambassade des États-Unis. Il est lui-même né dans un camp de rééducation pendant la révolution culturelle chinoise : sa mère a été emprisonnée alors qu'elle était enceinte, tandis que son père était détenu dans un autre camp de travail agricole. "J'ai perdu mon père en avril de cette année et je n'ai même pas pu le pleurer".

    M. Nury a également qualifié d'"homme de paix et de courage" le cardinal émérite de Honk Kong, Zen Ze Kiung, qui a récemment été condamné par un tribunal pour avoir aidé des manifestants lors de manifestations contre l'introduction d'une législation sur la sécurité dans l'ancien protectorat britannique. Le cas de Zen pour moi reste emblématique. Selon lui, il n'y a toutefois aucun signe indiquant que le Vatican souhaite annuler l'accord avec la Chine.

  • Plus de 44 millions d’avortements ont été pratiqués en 2022

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    De gènéthique.org :

    Plus de 44 millions d’avortements en 2022

    10 janvier 2023
     

    Les chiffres de Worldometer, un site web qui compile en temps réel des statistiques mondiales sur la santé, la population, les ressources ou les décès, indiquent que plus de 44 millions d’avortements ont été pratiqués en 2022. En 2021, le compteur affichait 42,6 millions (cf. 42,6 millions d’avortements dans le monde en 2021).

    L’année dernière, 67,1 millions de personnes sont décédées de différentes causes : 9,6 millions de personnes sont mortes du cancer, 6 millions du tabagisme, 2 millions du sida. L’avortement est donc la première cause de décès au niveau mondial. 40% des vies humaines qui ont pris fin en 2022 l’ont été après un avortement.

    L’année dernière, les Etats-Unis ont mis fin au “droit à l’avortement”[1]. A l’inverse, Saint-Marin a légalisé l’avortement en 2022[2], de même que différents Etats du Mexique[3]. La Colombie a étendu le délai pour avorter[4] et les Pays-Bas supprimé le délai de réflexion[5]. La Lituanie vient de légaliser l’avortement médicamenteux[6]. Un projet de loi est en discussion à Malte[7]. Et la France pourrait l’inscrire dans sa Constitution[8].

    Quel sera l’impact de ces changements législatifs pour 2023 ?

     

    [1] Etats-Unis : la Cour suprême met fin au “droit à l’avortement”

    [2] Saint-Marin : le Parlement légalise l’avortement

    [3] Mexique : l’Etat de Guerrero dépénalise l’avortement Mexique : l’Etat de Basse-Californie du Sud dépénalise l’avortement

    [4] Colombie : l’avortement dépénalisé jusqu’à 24 semaines de grossesse

    [5] Avortement : les Pays-Bas suppriment le délai de réflexion

    [6] La Lituanie légalise l’avortement médicamenteux

    [7] Malte : un projet de loi sur l’avortement

    [8] IVG dans la Constitution : le texte sera débattu début février au Sénat