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Islam

  • Les Frères Musulmans, « sève vitale de l'islamisme mondial » (la Petite Feuille Verte)

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    D'Annie Laurent sur la Petite Feuile Verte (n°113, octobre 2026) :

    LES FRÈRES MUSULMANS, « SÈVE VITALE DE L’ISLAMISME MONDIAL »

     

    Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans (photo Commons Wikipédia)

    Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans (photo Commons Wikipédia)

    Après avoir exposé les circonstances contemporaines qui ont produit l’émergence d’une distinction entre les termes « islam » et « islamisme », ce dernier mot étant désormais appliqué à la dimension idéologique de la religion musulmane (cf. PFV n° 112), il convient d’en examiner les étapes historiques, les fondements doctrinaux et leur mise en œuvre. 

    Notons d’abord que l’islamisme n’est pas uniforme. D’une part, il se développe au sein des deux principales branches de l’islam (sunnisme et chiisme) avec des particularités propres à chacune d’elles ; d’autre part, il se répartit en plusieurs écoles (avec des noms variés) qui rivalisent entre elles ou s’entraident pour atteindre l’objectif qui leur est commun : le triomphe universel de l’islam. 

    L‘Europe n’est donc pas exclue de ce programme qui s’y impose sous l’influence principale des Frères musulmans (FM), « la sève vitale de l’islamisme mondial » selon Zidane Meriboute, docteur en relations internationales, cité par Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi dans leur livre Le projet (éd. L’Artilleur, 2019, p. 21). Ces spécialistes sont rejoints dans leur recherche par l’anthropologue Florence Bergeaud-Blacker, également auteur d’un ouvrage de référence, Le frérisme et ses réseaux, l’enquête (éd. Odile Jacob, 2023), titre qui évoque l’universalisme des FM.

     

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  • La rencontre de François d'Assise et du sultan ou l'exploitation abusive d'un joli mythe

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    On ne cesse de nous présenter la rencontre de François d'Assise avec le sultan d’Égypte Al-Malik al-Kâmil comme un précédent emblématique du dialogue interreligieux et en particulier de celui entre le christianisme et l'islam actualisé par la rencontre entre le pape et le grand imam d'Al-Azhar qui a débouché sur la déclaration commune d'Abou Dhabi. Cette récupération d'un évènement historique - consistant pour François d'Assise non à rechercher un dialogue avec l'Islam mais visant à obtenir la conversion du sultan - pour justifier la ligne de conduite adoptée par le pape François est pourtant abusive et ne correspond pas à la réalité historique comme l'a démontré l'historien John Tolan (Le saint chez le sultan (Seuil, Paris, 2007) :

    Un si joli mythe (Témoignage chrétien (Philippe Clanché), 31 octobre 2019)

    La célèbre rencontre entre François d’Assise et le sultan d’Égypte, en 1219, a-t-elle été le premier dialogue entre chrétiens et musulmans ? Pour l’historien John Tolan*, rien n’est moins sûr.

    On célèbre cette année le huit centième anniversaire de la rencontre de François d’Assise et du sultan d’Égypte Al-Malik al-Kâmil ? Qu’en sait-on historiquement ?

    La scène se déroule durant la cinquième croisade. En 1219, les croisés étaient alors ensablés devant la ville portuaire de Damiette, en Égypte, que le sultan défendait avec succès. Deux chroniqueurs de l’époque racontent que François est arrivé dans le camp des croisés et qu’il est passé voir le sultan, avec un compagnon nommé Illuminé, lors d’une période de trêve et de négociation de paix. On sait que certains parmi leurs proches les ont prévenus du danger et ont tenté de les décourager. Les récits rapportent que François et Illuminé sont revenus quelques jours plus tard, sains et saufs.

    Que se sont dit François et Al-Kâmil ?

    On pense que le dialogue fut plutôt paisible et respectueux. Sur son contenu, les versions divergent. L’hagiographie franciscaine avance que François a cherché activement le martyr, ou du moins qu’il était prêt à cette éventualité. D’autres récits mettent l’accent sur son désir de convertir son hôte musulman. La première raison n’exclut pas l’autre. En créant ce qui allait devenir l’ordre franciscain, François cherchait à recréer une vie apostolique, en prenant pour modèle les apôtres et leur désir de pauvreté et d’humilité. Ceux-ci ont tous prêché l’évangile aux infidèles et tous ont été martyrisés. Il est logique que François ait vu ainsi son destin, mais il a fait preuve d’humilité et de respect envers le sultan. Ce dernier, qui vivait entouré de chrétiens et de juifs, ne voulait pas se convertir, mais ne voulait aucun mal à un visiteur comme François. L’épisode, événement mineur dans la Croisade, est passé presque inaperçu sur le moment. Certains chroniqueurs ne le mentionnent pas.

    Comment l’événement s’est-il intégré dans l’histoire franciscaine ?

    L’épisode fait débat dès les premières hagiographies. À partir du XIVe siècle, la mémoire de François fait l’objet d’une tension au sein de l’ordre entre deux courants : les spiritualistes et les conventuels. Un des biographes du saint a écrit que François était prêt à convertir le sultan, mais que la division des siens l’a obligé à abandonner la mission en Égypte.

    À partir de quand le geste de François est-il devenu un symbole du dialogue interreligieux ?

    Au XXe siècle, de nombreux auteurs et théologiens ont voulu faire de François un apôtre du dialogue avec les musulmans. Cette relecture historique s’est renforcée avec le concile Vatican II, et plus encore après les attentats de 2001. Giulio F. Basetti-Sani (1912-2001), frère franciscain, a affirmé que François avait pour but, à Damiette, d’entreprendre un dialogue pour la paix. Selon lui, le saint d’Assise avait compris que la croisade était contraire à l’amour prêché par l’Évangile et aurait tout fait pour l’en empêcher. Ne pouvant convaincre les papes, François aurait d’abord cherché à rejoindre un mouvement pacifiste en France, puis serait parti dans les rangs des croisés pour les enjoindre de renoncer. De nombreux franciscains ont suivi cette théorie. Des auteurs littéraires ont également défendu cette vision de François. Le romancier grec Níkos Kazantzákis, dans Le Pauvre d’Assise, présente un François initialement favorable à la croisade qui change d’avis en voyant les tueries et les pillages commis par les soldats chrétiens lors du siège de Damiette. Dans Frère François, Julien Green raconte que le saint a tenté d’éviter l’assaut des croisés et qu’en désespoir de cause il est allé chez le sultan. Selon lui, en échangeant avec cet homme érudit et agréable, François a acquis une très bonne image de l’islam. En réalité, rien n’indique cela. N’oublions pas le contexte de l’événement, un temps de violence.

    Comment vos travaux sont-ils reçus par les héritiers de François ?

    Les franciscains, très impliqués dans le dialogue interreligieux, et particulièrement avec les musulmans, m’invitent régulièrement. Je leur dis que l’image de François homme de dialogue est un joli mythe, mais pas la réalité. Je suis entendu par beaucoup, mais certains n’arrivent pas à accepter ma thèse.

    Qu’en est-il dans le monde arabo-musulman ?

    L’épisode y est très peu connu. Je n’ai quasiment rien trouvé dans les sources ou auprès de mes collègues. D’un point de vue arabe, on regarde aujourd’hui les croisades moins dans leur dimension religieuse que comme un phénomène précurseur du colonialisme européen.

    Propos recueillis par Philippe Clanché.

    * Professeur d’histoire à l’université de Nantes, spécialiste des études médiévales, auteur de Le Saint chez le Sultan. La rencontre de François d’Assise et de l’Islam. Huit siècles d’interprétation (Seuil, 2007).

    On peut aussi lire - avec la prudence qui s'impose - cette étude parue ICI.

  • La France à nouveau catholique dans 45 ans ?

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    La France redeviendra-t-elle catholique dans 45 ans ?
    Quand une association musulmane s’inquiète du renouveau catholique

    Fin septembre 2026, alors que le pape Léon XIV terminait sa visite en France, une association musulmane française a provoqué un certain étonnement dans les milieux catholiques. Sur son compte X, Miséricorde pour l’Humanité France a publié un message sans ambiguïté :

    « Dans 45 ans, la France redeviendra catholique et nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer. »

    Ce post, et plusieurs autres publiés autour du 25-26 septembre, ont été repris notamment par le site catholique germanophone kath.net, puis par d’autres médias confessionnels.

    Qui se cache derrière ces déclarations ?

    Miséricorde pour l’Humanité France est une association loi 1901 créée en 2013. Elle se définit comme une organisation d’apologétique islamique dont le but est de « transmettre le message de l’islam » aux non-musulmans, en particulier aux catholiques traditionalistes. Elle refuse les dons des non-musulmans et se présente comme un adversaire théologique respectueux, mais déterminé, du catholicisme.

    Son compte X (@MisericordeF) et sa chaîne YouTube (plus de 100 000 abonnés) sont animés par une personne qui étudie de près le magistère catholique et qui multiplie les analyses stratégiques sur les relations entre islam et catholicisme en Occident.

    Que dit exactement l’association ?

    Face à l’affluence lors des événements du pape (notamment les 80 000 jeunes au Stade de France et la messe en plein air à Paris), l’association dresse un constat amer :

    • Les catholiques, en particulier les Américains, sont mieux organisés, mieux financés et plus déterminés que les musulmans.
    • Depuis les années 1990, l’islam a bénéficié d’une sorte d’« hégémonie spirituelle » en Europe occidentale, faute d’adversaire religieux sérieux (le catholicisme étant alors considéré comme un « catholicisme zombie »).
    • Cette période est en train de se terminer. Les catholiques ont construit une infrastructure missionnaire solide, notamment en direction des musulmans, et dépensent bien plus que les musulmans en apologétique.
    • Les élites musulmanes sont accusées de triomphalisme et de sous-investissement.

    L’auteur des messages se dit « bon joueur » : il reconnaît la force organisationnelle du catholicisme international tout en regrettant que les musulmans n’aient pas su anticiper ce retour.

    Contexte français

    Ces déclarations interviennent dans un moment particulier. Depuis plusieurs années, la France enregistre une hausse significative des baptêmes d’adultes et d’adolescents. En 2026, plus de 21 000 personnes (adultes et jeunes) se sont fait baptiser à Pâques, un chiffre en forte progression. Les grands rassemblements autour du pape ont également montré une présence catholique visible, notamment chez les jeunes.

    Cela ne signifie pas pour autant que le catholicisme redevient majoritaire. La pratique religieuse et les baptêmes d’enfants continuent de baisser fortement depuis des décennies. La prédiction « dans 45 ans » reste donc une interprétation et non une projection démographique.

  • 24 octobre, Fraternité de Tibériade à Lavaux-Sainte-Anne : « Audace et lucidité dans la rencontre avec les musulmans »

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    Samedi 24 octobre - 9h15 à 18h. 

    Fraternité de Tibériade à Lavaux-Sainte-Anne

    « Audace et lucidité dans la rencontre avec les musulmans. »

    Au programme :

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    1. La conférence du matin sera donnée par le Père Henri FAUTRAD. Depuis son séjour en Tunisie comme séminariste jusqu’à son ministère dans les cités du Mans, le Père Henry Fautrad n’a cessé d’aller à la rencontre des musulmans. Aujourd’hui encore, il nous invite à oser cette rencontre.

    2. Le repas et l’Auberge espagnole nous régalera et nous fera découvrir VOS talents culinaires !

    Dans l’après-midi, les animateurs de divers ateliers vous accueilleront dans une ambiance bon enfant, qui caractérise nos journées.

    3. Les ateliers qui vous sont proposés :

    1. « Entre Bible et Coran, c’est où le bonheur ? » échange avec le Père Fautrad. Inscription : ICI

    2. Apprendre à fabriquer son pain avec un frère de Tibériade. Inscription : ICI

    3. La perte du réel : Notre monde occidental montre de plus en plus de signes d'une incontestable « perte du réel » et d'une fuite en avant dans l'imaginaire narcissique et l'émotionnel brut. Atelier animé par Jacqueline Hertay. Inscription : ICI

    4. Bruno nous propose cet atelier mécanique réparation vélo, niveau débutant. Inscription : ICI

    5. L’art du vitrail et réalisation commune d’une mosaïque de verre, animé par Astrid de Borman. Inscription ICI

    6. Atelier presque zéro déchets avec Fabienne Marneffe : si on a envie de prendre soin de soi, sa famille et la planète, il y a  quelques solutions faites avec des produits naturels. Inscription ICI

    7. Surveillance et censure numérique en Europe : la dérive liberticide quelle solution ? Avec Erick et Frère Cyrille. Inscription ICI

    8. Entre les mains du potier : apprendre à tourner la terre se réalise en plusieurs étapes qui sont autant manuelles que spirituelles. La terre en giration nous apprend à nous recentrer et à mettre les mains dans l’argile. Inscription ICI

    La journée se terminera vers 17h ou plus tard (18h) si vous souhaitez participer à la messe avec les Frères.

    Nous espérons vous revoir lors de cette rencontre chaleureuse qui en plus, de par la qualité de l’orateur, s’annonce passionnante !

    Nicolas, Frère Cyrille, Carine

    P.S. Le livre du Père Fautrad ainsi que les produits de la Fraternité de Tibériade seront proposés à la vente.

    Possibilité de loger sur place, la nuit du vendredi au samedi ou/et du samedi au dimanche. Pour réserver le logement chez les frères (à Lavaux)   https://www.tiberiade.be/fr/contact  
  • De l'Islam au Christ : malade, il découvre le Christ grâce à Simone Weil

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    Du site de l'ECLJ :

    Je m'appelle François Yassine, j'ai 34 ans, je viens du Maroc, de Casablanca, et le Seigneur est venu me chercher dans une famille musulmane tout à fait urbaine et moderne. C'était vraiment dans le secret, secrètement, sans parler avec personne. Je n'avais été contacté par aucun missionnaire, je n'ai été approché par aucun prédicateur. C'était vraiment dans le secret de ma chambre, de ma chambre avec ma maladie. C'était les écrits de Simone Weil et la solitude avec le Seigneur. J'ai trouvé une radicalité évangélique et philosophique qui, paradoxalement, me rend politiquement modéré mais spirituellement radical.

    Transcription de la vidéo.

    J'ai pu, grâce à l'éducation française que j'ai reçue au lycée français de Casablanca, m'ouvrir à la culture française. Quand j'avais 19 ans, je suis tombé sur une philosophe française particulièrement lumineuse, Simone Weil — avec un W, morte en 1943, pas la députée, mais la philosophe. Cette rencontre avec Simone Weil a été une révolution pour moi, une révolution de mon système de croyance et de ma vision du monde. Ce qui l'a rendue encore plus incarnée et plus touchante, c'est qu'en ce moment-là, enfin en 2012 lorsque je suis tombé sur les œuvres de Simone Weil, j'étais tombé gravement malade. J'étais sur mon lit, exactement comme Saint Ignace de Loyola sur son lit de convalescence. Malade, il avait comme lecture de chevet Sainte Thérèse d'Avila ; moi, c'était Simone Weil.

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  • La récitation du Coran lors d’une cérémonie de la KULeuven suscite des réactions

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    De J.PE sur 21 News :

    Darya Safai dénonce la récitation du Coran lors d’une cérémonie à l’Université catholique de Louvain (KULeuven)

    Darya Safai dénonce que l'Université Catholique de Leuven fasse une cérémonie ou l'on récite le Coran. La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux.

  • Réflexion sur l'Islam en Europe : la précieuse "Petite Feuille Verte"

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    PFV n°109 : L’ÉMERGENCE D’UN ISLAM EUROPÉEN : MYTHE OU RÉALITÉ ?

    PFV n°110 : ISLAM EN EUROPE : ENTRE INFLUENCES EXTÉRIEURES ET RÉALITÉS EUROPÉENNES

    PFV n°111 :LES RENONCEMENTS ATTENDUS DES MUSULMANS POUR UN ISLAM EUROPÉEN

    Nous verrons ainsi les perspectives ouvertes par le programme des nouveaux dirigeants bien que la résistance du Hezbollah à rendre ses armes pose problème, tant sur le plan interne qu’externe.

    PFV n°112 : L’IDÉOLOGIE AU SERVICE D’UN ISLAM EUROPÉEN

    Nous verrons ainsi comment la distinction entre islam et islamisme s’est construite au fil du temps et pourquoi plusieurs auteurs considèrent l’islamisme comme une expression politique et intégrale de l’islam.

  • Un nouveau rapport indique que plus de 3000 chrétiens ont été tués au Nigéria en seulement huit mois en 2026.

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    Un nouveau rapport indique que plus de 3000 chrétiens ont été tués au Nigéria en seulement huit mois en 2026.

    La Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit, Intersociety, affirme que juillet et août ont peut-être été les mois les plus meurtriers de 2026, avec 437 chrétiens tués et 393 enlevés.

    Un nouveau rapport alarmant affirme qu'au moins 3 083 chrétiens ont été tués et 3 193 enlevés lors d'attaques qui auraient été perpétrées par des groupes djihadistes au Nigéria entre janvier et août de cette année.

    Le rapport, publié dimanche par la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety), souligne que juillet et août ont peut-être été les mois les plus meurtriers de 2026, avec 437 chrétiens tués et 393 enlevés.

    Des chiffres stupéfiants

    Outre les meurtres et les enlèvements, le rapport révèle également que 400 églises ont été attaquées et que 25 prêtres et pasteurs ont été tués ou enlevés.

    D'après ce rapport, la plupart des meurtres et des enlèvements ont eu lieu dans la ceinture centrale du Nigeria, une région où la population majoritairement musulmane du nord rencontre la population majoritairement chrétienne du sud.

    Le diocèse de Wukari, dans l'État de Taraba, a enregistré à lui seul un nombre alarmant d'atrocités : environ 239 édifices religieux ont été attaqués ou détruits entre septembre 2025 et août 2026, et près de 100 000 paroissiens ont été déracinés et contraints de fuir leurs communautés. De plus, plus de 200 communautés chrétiennes ont été pillées et leurs habitants déplacés. Seize prêtres catholiques ont été contraints à l'exil, et les résidences de huit autres ont été détruites.

    Le rapport indique en outre que l'Église des Frères au Nigéria et l'Église chrétienne réformée universelle ont collectivement perdu plus de 27 000 membres et des milliers d'églises à cause d'attaques depuis juillet 2009.

    En 2020, l'Église des Frères au Nigéria a déclaré avoir perdu plus de 8 600 membres et des centaines de lieux de culte de district à cause de Boko Haram. De même, l'Église chrétienne réformée universelle a annoncé avoir perdu 5 987 de ses membres et 753 églises.

    Le dernier rapport d'Intersociety dresse un tableau plus large de ce que l'organisation considère comme la violence à motivation religieuse au Nigéria.

    Depuis 2009, date à laquelle Boko Haram a lancé sa campagne meurtrière pour créer un califat à travers le Sahel, au moins 19 800 églises ont été attaquées.

    Emeka Umeagbalasi, chercheur principal et directeur d'Intersociety, a déclaré à CWR que le nombre de chrétiens tués au Nigéria depuis 2009 a atteint le chiffre effarant de 130 783. M. Umeagbalasi, catholique fervent, a ajouté qu'au moins 82 603 chrétiens ont été enlevés ou kidnappés durant cette période. Il prévient qu'il existe 20 % de chances que ces victimes ne reviennent jamais vivantes auprès de leurs familles ni ne renouent avec leur foi.

    L’islamisation et la question du « génocide »

    Des organisations internationales de surveillance des persécutions ont averti que les chrétiens du Nigéria sont confrontés à un programme d'islamisation.

    « Le Nigeria est depuis plusieurs années l'endroit le plus violent au monde pour les disciples de Jésus », affirme Portes Ouvertes, expliquant que l'imposition de la charia dans 12 États du nord rend la vie des chrétiens nigérians de plus en plus précaire.

    L’organisation Global Christian Relief décrit le Nigeria comme « un épicentre mondial du martyre des chrétiens », expliquant que chaque année, au moins 4 000 chrétiens sont tués par des organisations extrémistes au Nigeria, un chiffre « qui dépasse souvent le total cumulé des décès de chrétiens persécutés dans le reste du monde ».

    Au Nigéria et dans le monde entier, les responsables religieux et civils ont présenté des points de vue contrastés sur la situation des chrétiens dans ce pays qui compte environ 113 millions de chrétiens.

    En septembre dernier, l'humoriste et animateur de télévision américain Bill Maher a déclaré sans ambages que les chrétiens nigérians étaient victimes d'un « génocide ». Il a affirmé que le groupe Boko Haram avait « tué plus de 100 000 personnes depuis 2009 et incendié 18 000 églises ».

    Le sénateur américain Ted Cruz a dressé un constat similaire, écrivant sur X que « depuis 2009, plus de 50 000 chrétiens ont été massacrés au Nigéria, et plus de 18 000 églises et 2 000 écoles chrétiennes ont été détruites ».

    L’homme politique américain a accusé les autorités nigérianes d’« ignorer, voire de faciliter, le massacre de chrétiens par des djihadistes islamistes… »

    Le président Donald Trump, reprenant ces propos, a décrit le Nigeria comme un « pays déshonoré », affirmant que le gouvernement « continue de permettre le meurtre de chrétiens ».

    Même les Nations Unies ont indiqué que les violences au Nigéria ciblent principalement les chrétiens. Le 8 juin 2026, des experts de l'ONU ont mis en garde contre les violations des droits des femmes et des filles issues des communautés chrétiennes et d'autres minorités religieuses.

    Citant les lois de la charia en vigueur dans 12 États du nord, ainsi que l'application des codes sur le blasphème, les experts ont noté que « la violence visant les chrétiens et les autres minorités religieuses reste endémique ».

    « Nous sommes particulièrement alarmés par les risques très spécifiques et accrus de discrimination, de violence et d’exploitation auxquels sont exposées les femmes et les filles chrétiennes, alors que nous continuons de documenter de graves cas de violence sexuelle, d’enlèvements, d’actes assimilables à des disparitions forcées, de conversions forcées et de mariages d’enfants parmi elles », ont déclaré les experts.

     « Dans de nombreux cas, ceux qui résistent seraient menacés, punis, portés disparus ou tués », ont-ils ajouté.

    Mais le gouvernement nigérian a répliqué, arguant que « les terroristes attaquent tous ceux qui rejettent leur idéologie meurtrière – musulmans, chrétiens et personnes sans confession indifférents ».

    Les rapports d'Intersociety suggèrent cette contradiction : entre 2009 et mars 2026, 128 750 chrétiens ont été tués, et 61 400 musulmans modérés ont été tués.

    Durant cette même période, 81 100 chrétiens et 50 000 musulmans modérés ont été enlevés.

    Bien que des musulmans modérés aient également été victimes d'attaques djihadistes, l'évêque Wilfred Chikpa Anagbe de Makurdi affirme qu'il n'y a aucune ambiguïté, insistant sur le fait que ce qui se passe au Nigeria est un génocide contre les chrétiens.

    « L’élimination totale de la population chrétienne est en cours. C’est un génocide perpétré par des djihadistes », avertit l’évêque Anagbe.

    Son diocèse dans l'État de Benue, où 98 % de la population est chrétienne, est devenu un foyer de violence.

    Mgr Anagbe décrit une campagne implacable au cours de laquelle des djihadistes massacrent des civils, rasent des églises et incendient des terres agricoles, forçant les communautés à quitter leurs foyers pour occuper les terres.

    Il qualifie cela de « stratégie calculée d’islamisation ». Pour illustrer l’horreur, il a mis en lumière le massacre de Yelewata : environ 200 personnes ont été tuées, dont beaucoup brûlées vives dans une pièce fermée à clé, parmi lesquelles deux bébés de seulement trois et cinq mois.

    Umeagbalasi a déclaré à CWR que si la tendance actuelle se poursuit, le christianisme pourrait disparaître du Nigeria au cours des 100 prochaines années.

    « C’est un génocide, quelle que soit la définition », a-t-il déclaré.


  • Le génocide caché : la traite arabo-islamique

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    D'Anna Bono sur la NBQ :

    Le génocide caché : la traite arabo-islamique

    Le génocide voilé - 1

    Un véritable génocide occulté : pendant treize siècles, les colonisateurs arabo-islamiques d’Afrique ont déporté entre 12 et 18 millions d’habitants, les réduisant en esclavage. L’étude de l’anthropologue Tidiane N’Diaye paraît en Italie (parue en français précédemment). Un chapitre de l’histoire délibérément passé sous silence.

    29/08/2026

    On peut dire tout ce qu'on veut de mal sur notre civilisation en Italie, et même lorsque les accusations et les critiques sont infondées, ceux qui les formulent n'en subissent aucune conséquence, aucune responsabilité. Parler des défauts de l'Occident, en réalité, ouvre bien des portes. Critiquer d'autres cultures, en revanche, c'est comme s'aventurer en terrain miné. On risque des accusations, et des plaintes, de racisme, d'ethnocentrisme, d'islamophobie et, dans le cas du monde musulman, de fascisme. La délégitimation systématique de l'Occident, en cours depuis des décennies, exige que, par comparaison, nous ne parlions que positivement des autres cultures et sociétés, ou, si cela est impossible, que nous gardions le silence. 

    C’est pourquoi, par exemple, la traite négrière arabo-musulmane en Afrique est quasiment passée sous silence. L’éditeur Massari fait donc preuve de courage en décidant de publier l’ouvrage de Tidiane N’Diaye, « La traite négrière arabo-musulmane : treize siècles de racisme et d’extermination », paru ces dernières semaines. Cet éditeur courageux mérite nos remerciements, car c’est grâce à lui que l’Italie peut enfin prendre connaissance de ce chapitre profondément douloureux de l’histoire des peuples noirs et de l’humanité tout entière. 

    La traite négrière arabo-musulmane en Afrique s'est poursuivie sans interruption du VIIe au XXe siècle. Elle a réduit en esclavage et déporté entre 12 et 18 millions de personnes. Ce commerce s'effectuait selon deux routes : la route terrestre transsaharienne, acheminant les esclaves d'Afrique centrale et de l'Ouest vers l'Afrique du Nord, et la route maritime, des côtes de l'océan Indien vers le Moyen-Orient, la Perse et l'Inde.

    Cela a été rendu possible par un autre événement historique qui a été passé sous silence , voire nié : la colonisation arabo-musulmane du continent africain, qui a commencé peu après la mort du prophète Mahomet en 632. On croit généralement qu’il n’y a eu qu’une seule colonisation de l’Afrique, la colonisation européenne qui a eu lieu plusieurs siècles plus tard, et que la seule déportation d’Africains réduits en esclavage qui soit relatée et commémorée est la déportation transatlantique, qui a amené environ 12 millions d’Africains aux Amériques sur une période de quatre siècles, entre le XVIe et le XIXe siècle.

    En 2007, les Nations Unies ont institué la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique , célébrée chaque année le 25 mars. Pour marquer cette journée, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté cette année, par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, une résolution présentée par le Ghana reconnaissant la traite transatlantique comme « le crime le plus grave contre l’humanité ». Avant le vote, le président ghanéen John Mahama a déclaré : « Qu’il soit écrit pour l’avenir que nous avons agi conformément à la mémoire des millions de personnes qui ont subi l’indignité de la traite et de celles qui continuent de subir la discrimination raciale. L’adoption de cette résolution contribue à prévenir l’oubli et à lutter contre les séquelles persistantes de l’esclavage. »

    L’Assemblée générale a ainsi approuvé les demandes de réparation formulées par l’Union africaine et les pays des Caraïbes pour le préjudice causé par la traite des êtres humains, notamment la déportation de millions d’Africains, et pour les dommages qu’elle continue d’infliger, sous forme de racisme structurel, d’inégalités raciales et de sous-développement, aux Africains et aux personnes d’ascendance africaine dans le monde entier. La résolution de l’ONU exhorte les pays responsables à reconnaître leur culpabilité, à présenter des excuses officielles, à accorder une compensation financière aux populations touchées, à restituer les biens volés et à s’engager à ne plus jamais commettre de tels actes. 

    Rien de tel n'a jamais été fait concernant la traite négrière arabo-musulmane (ou islamique) des Africains, pour commémorer les victimes, dénoncer les responsables et exiger justice. Ce sujet n'est évidemment pas évoqué ni le 25 mars, ni le 23 août, Journée internationale de commémoration de la traite négrière et de son abolition , qui semble pourtant englober toute la traite des esclaves, partout et à toutes les époques. Or, cette commémoration a également été promue par l'UNESCO en 1997 afin d'« inscrire dans la mémoire de tous les peuples la tragédie » de la traite transatlantique et d'« offrir une occasion de réflexion collective sur les causes, les méthodes et les conséquences historiques de cette tragédie, ainsi que sur les interactions qu'elle a engendrées entre l'Afrique, l'Europe, les Amériques et les Caraïbes ». La date du 23 août a été choisie car, dans la nuit du 22 au 23 août 1791, une révolte d'esclaves a éclaté à Saint-Domingue, jouant un rôle décisif dans l'abolition de la traite transatlantique.

    Tidiane N'Diaye était un anthropologue sénégalais (décédé en octobre dernier). Il a publié en 2008 son ouvrage, désormais disponible en Italie, intitulé « Le génocide caché ». Dans la préface, il écrit : « Pendant treize siècles, les Arabes ont pillé l'Afrique subsaharienne sans interruption. La plupart des millions de personnes déportées ont disparu, victimes de traitements inhumains, aggravés par la pratique de la castration. Il est grand temps que la traite négrière arabo-musulmane, véritable génocide, soit examinée et intégrée au débat, au même titre que la traite transatlantique. En effet, bien qu'il n'existe pas de degrés d'horreur ni de monopole de la cruauté, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que la traite négrière arabo-musulmane et les djihads (guerres saintes) – menés par des prédateurs impitoyables pour se procurer des prisonniers – ont été bien plus dévastateurs pour l'Afrique noire que la traite transatlantique. »

    Dans les neuf chapitres suivants, Tidiane N'Diaye relate où, comment et pourquoi cela s'est produit : la conquête arabe de l'Afrique, puis l'islamisation progressive des territoires conquis, et les formes préexistantes d'asservissement que l'islam a transformées, passant d'institutions tribales imposées par ses ancêtres fondateurs à la volonté d'Allah. L'annexe contient des versets du Coran qui encouragent la réduction en esclavage des non-musulmans par les musulmans. Un chapitre important de l'ouvrage explique son titre original. Selon N'Diaye, les déportations ne servaient pas seulement à tirer profit du commerce d'êtres humains, répondant ainsi à la demande de main-d'œuvre. Elles constituaient également, affirme-t-il, « une entreprise véritablement planifiée d'extermination ethnique par castration de masse », mise en œuvre à partir de la conviction, comme l'écrivait l'historien Ibn Khaldoun, que « les seuls peuples qui acceptent l'esclavage sont les Noirs » en raison de « leur humanité se rapprochant du stade animal », et qu'il était donc nécessaire de les empêcher de se reproduire en terres arabo-musulmanes.

    L'ouvrage conclut en qualifiant l'éradication réussie du trafic d'êtres humains, mise en œuvre par des universitaires et intellectuels arabo-musulmans au nom de la « solidarité religieuse », de sorte de « syndrome de Stockholm ». Mais cela n'explique pas l'amnésie sélective qui touche tout autant d'universitaires et d'intellectuels occidentaux.

  • Nigéria : pillages des djihadistes et corruption du gouvernement; le témoignage de Mgr Kukah

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Nigéria : Pillage des djihadistes, corruption du gouvernement

    En marge de sa participation à la Rencontre de Rimini 2026, Mgr Matthew Hassan Kukah s'est entretenu avec Compass au sujet de son pays d'origine, le Nigéria, où des djihadistes pillent les ressources naturelles et où le gouvernement est trop corrompu pour les arrêter.

    24/08/2026
    Mgr Kukah à la réunion de Rimini (photo d'Elisa Gestri)

    En marge de sa participation à la réunion de Rimini 2026, où il est intervenu lors d'une table ronde sur la liberté religieuse – « Au Nigéria, si vous demandez à quelqu'un s'il est chrétien ou musulman, il vous répondra : J'ai faim », a-t-il déclaré en préambule –, La Nuova Bussola Quotidiana a rencontré Son Excellence Matthew Hassan Kukah. Nigérian d'origine ethnique Ikulu, Monseigneur Kukah est évêque du diocèse de Sokoto depuis 2011. Ce diocèse est situé dans le nord-ouest musulman du pays, à la frontière du Niger, où les catholiques représentent entre 3 et 4 % de la population.

    Originaire d'Anchuna, dans la région centrale du Nigeria , son parcours est plus qu'impressionnant : après son ordination dans son pays natal, Monseigneur Kukah a obtenu deux diplômes – à Rome et à Bradford – et un doctorat à Londres, avant de mener des recherches à Oxford et à Harvard. Ancien secrétaire de la Conférence épiscopale du Nigeria, il est membre de la Commission nationale pour les violations des droits de l'homme de son pays, tandis qu'à Rome, il est consultant auprès du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et membre du Dicastère pour le service du développement humain intégral.

    Durant le temps qu'il a aimablement accordé à La Bussola , nous n'avons toutefois pas abordé ses qualifications universitaires ni son travail de médiation pour le compte du gouvernement nigérian entre la multinationale Shell et la tribu Ogoni. Nous nous intéressions à la situation actuelle du Nigeria, pris en étau entre les attaques d'extrémistes islamistes et l'exploitation illégale de ses ressources. Intrigués par son deuxième prénom, Hassan, nous avons entamé l'entretien en lui demandant de nous parler de ses origines familiales.

    Monseigneur Kukah, vos parents étaient-ils chrétiens ?
    Non. Ma famille suivait l’islam et les religions locales. 

    Comment avez-vous découvert le christianisme ?
    À l’école — j’ai fréquenté une école primaire gérée par l’Église catholique d’Anchuna, mais elle était entièrement administrée par des laïcs. À huit ans, j’ai reçu le baptême, puis les autres sacrements.

    Peut-on donc dire que vous avez eu de la chance ?
    Absolument. Je n'oublierai jamais ma gratitude envers Dieu pour cela. De plus, j'ai bénéficié d'une excellente éducation, inaccessible à ma famille, qui était pauvre. L'éducation est très coûteuse au Nigéria.

    Comment vos parents ont-ils réagi à votre conversion au christianisme ?
    Mon père était indifférent. Ma mère a été choquée quand j’ai commencé le petit séminaire de Zaria : elle aurait souhaité, comme il est naturel, que je me marie et que j’aie des enfants. En revanche, ma grand-mère, chez qui j’ai grandi, était très heureuse pour moi. Elle n’était pas chrétienne, mais elle était heureuse pour moi.

    Comment s'est poursuivi votre parcours ?
    J'ai continué mes études au Grand Séminaire de Jos, dirigé par les Pères Augustins. La présence augustinienne est forte au Nigéria ; j'ai notamment rencontré le pape Léon XIV à plusieurs reprises lorsqu'il était encore évêque et qu'il visitait le pays. J'ai été ordonné prêtre en 1976, le premier prêtre catholique de l'ethnie Ikulu. Il faut savoir que les Ikulu, un groupe ethnique majoritairement nigérian, représentent un peu plus de 100 000 personnes sur une population totale de 250 millions. Ma génération (Monseigneur Kukah est né en 1952 ) a vu naître les premiers prêtres nigérians. Auparavant, nos prêtres étaient exclusivement blancs.

    Dans le nord-est du Nigéria, ainsi que dans les pays voisins comme le Niger, le Cameroun et le Tchad, des extrémistes islamistes de l'ISWAP (Province de l'État islamique en Afrique de l'Ouest), une branche de l'EI, sont actifs. Ce groupe a acquis une influence considérable en Afrique au cours de la dernière décennie. Quels sont les modes opératoires actuels de ces groupes terroristes ?

    L'extrémisme islamique a évolué. Si, il y a quinze ou vingt ans, Boko Haram persécutait uniquement les chrétiens dans le but de convertir la population à l'islam par la force, et d'établir un califat où la charia pourrait être instaurée, les groupes actuels n'ont aucun contact avec la population : ils vivent dans la clandestinité et ne se déplacent que pour tuer, piller et commettre des exactions. Leurs attaques ne sont pas motivées par des raisons religieuses ; il est donc inexact d'affirmer qu'ils ne persécutent aujourd'hui que les chrétiens. Leurs attaques ne tiennent aucun compte des croyances religieuses : ils tuent dans les fermes, les églises, les mosquées, les domiciles, n'importe où. De plus, il s'agit de différents groupes affiliés à l'EI, mais divisés entre eux. Par conséquent, si vous êtes tué, vous ignorez souvent l'identité du ou des auteurs de votre crime. La situation est extrêmement compliquée : la seule chose qui unit ces groupes, et Boko Haram, c’est la violence et le commerce des minéraux .

    Que voulez-vous dire ?
    Eh bien, ces bandits se financent grâce au trafic de minéraux précieux. Comme vous le savez, la demande mondiale de minéraux et de terres rares a explosé. Le Nigéria est incroyablement riche en gisements, mais manque de la technologie nécessaire à leur extraction ; la population ignore même la valeur de ces pierres. Il arrive, par exemple, que quelqu'un qui trouve un diamant dans le sol le revende pour un dollar pièce à des trafiquants sans scrupules. Nos ressources minérales sont exploitées légalement et illégalement par la Chine – les Chinois ont été les premiers à extraire des minéraux de chez nous il y a vingt ans – mais aussi par l'Europe et d'autres pays, et sont convoitées par l'Amérique. Les travailleurs nigérians qui peinent dans les mines vivent dans des conditions proches de l'esclavage et souffrent de maladies terribles qui affecteront leurs enfants et petits-enfants pendant des générations. Des extrémistes islamistes se sont impliqués dans ce trafic : ils tuent des agriculteurs et détruisent des fermes pour faire place à de nouveaux sites miniers, forçant des personnes, y compris des enfants, à travailler dans les mines. Des millions de personnes – entre 3 et 5 millions selon les estimations – ont été contraintes de fuir les attaques extrémistes, abandonnant leurs terres et leurs exploitations agricoles. L'agriculture, principale ressource économique traditionnelle du pays, a été entièrement anéantie.

    Le partage des ressources minières du Nigeria entre les États étrangers que vous avez décrit ressemble à une forme de colonialisme économique, après la fin du colonialisme proprement dit…
    Absolument.

    Alors, rien n'a changé depuis l'époque coloniale ?
    Une seule chose a changé : maintenant, au lieu de Blancs, il y a des Noirs.

    Le gouvernement nigérian est-il complice du trafic d'êtres humains et des violences, ou est-il impuissant à les combattre ?
    La situation est extrêmement difficile à maîtriser, et le gouvernement n'est présent que par le biais de l'armée, qui, pourtant, reste silencieuse et laisse faire. En tant qu'Italien, vous comprendrez : notre gouvernement ressemble à une mafia. J'aime faire cette comparaison : de même que la Covid-19 se greffe sur des pathologies préexistantes pour attaquer le corps humain, la situation que je viens de décrire se greffe sur une « maladie » préexistante, à savoir la corruption de notre gouvernement. Le Nigeria est un État corrompu. Il a perdu la capacité d'appliquer les lois, qui existent pourtant, tout comme il existe une Constitution. Le même phénomène se produit à chaque élection politique : il y a un candidat compétent et qualifié, la personne idéale pour influencer positivement la gouvernance du pays. Mais il ne sera pas élu car un autre candidat, plus riche, achètera l'élection.

    Le 19 décembre, Monseigneur Kukah fêtera ses cinquante ans de sacerdoce. Nous lui demandons s'il a prévu quelque chose pour l'occasion. 
    « On m'a proposé une voiture en cadeau, ou une grande fête à la nigériane – vous savez comment sont les gens ici – mais j'ai une toute autre idée en tête pour remercier le Seigneur : je collecte des fonds pour un projet au profit de ma ville natale, Anchuna, où la population est majoritairement chrétienne. Il y a deux collines aux abords de la ville, l'une un peu plus haute que l'autre : sur la première, je veux installer une grande croix, et sur la seconde, une statue de la Vierge. Nous aménagerons des sentiers sur les deux collines pour permettre aux pèlerins de s'y rendre : le sentier menant à la statue est facile et accessible à tous, y compris aux familles et aux enfants, tandis que l'autre, plus escarpé, est réservé aux randonneurs expérimentés. »

    Ne trouvez-vous pas symbolique que le chemin vers la Vierge soit plus facile que le chemin vers la croix ?
    Monseigneur Kukah sourit : « C’est vrai, mais depuis la statue de la Vierge, on peut voir la croix. » 

  • La France et la religion (statistiques)

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    La France et la religion (statistiques)
     
    - Quelles sont les régions les plus chrétiennes? 

    1) Le Grand Est 2) Les Pays de la Loire 3) La Bretagne 4) L'Auvergne-Rhône-Alpes 5) Les Hauts de France.

    - Quelles sont les régions les moins chrétiennes? 

    1) L'Ile de France, 2) La Provence-Alpes-Côtes d'Azur 3) L'Occitanie 4) La Nouvelle-Aquitaine (notamment le Limousin et la Dordogne) 5) Le Centre-Val de Loire.

    -Quels sont les départements les plus chrétiens? 

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin 3) La Vendée 4) Le Haut-Rhin 5) La Mayenne (ainsi que la Manche).

    -Quels sont les départements les moins chrétiens? 

    1) La Creuse 2) La Nièvre 3) Le Lot 4) L'Ariège 5) La Corrèze (et le Cher).

    -Quels sont les départements qui comptent le moins d'athées? 

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin 3) Le Haut Rhin 4) La Vendée 5) La Seine-Saint-Denis (très forte majorité musulmane)

    -Quels sont les départements les plus athées? 

    1) La Creuse 2) La Nièvre 3) Le Lot 4) L'Ariège 5) La Corrèze.

    -Quels sont les départements les moins islamisés? 

    1) La Creuse 2) La Lozère 3) Le Cantal 4) La haute Loire (et l'Ardèche) 5) Les Côtes d'Armor (et le Finistère).

    -Quels sont les départements les plus islamisés? 

    1) La Seine-Saint-Denis 2) Le Val de Marne (ainsi que les Hauts de Seine, la Seine et Marne et le Val d'Oise) 3) Les Bouches du Rhône 4) Le Rhône 5) Mayotte.

    --Quels sont les départements les plus protestants? 

    1) La Bas-Rhin (et le Haut Rhin) 2) Le Gard 3) La Drôme (et l'Ardèche) 4) Le Doubs 5) La Charente-Maritime.

    Quels sont les départements les moins protestants? 

    1) La Corse 2) La creuse et le Cantal 3) Les Côtes d'Armor et le Morbihan 4) Les Hautes Pyrénées et les Pyrénées Orientales 5) Le Pas de Calais et les Ardennes. 

    -Quels sont les départements les plus catholiques?

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin 3) La Vendée 4) La Mayenne et la Manche 5) Le Maine et Loire et les Deux-Sèvres.

    -Quels sont les départements les moins catholiques?

    1) L'Ariège 2) La Creuse 3) Le Lot 4) La Nièvre 5) La Dordogne.

    -Quels sont les départements où la pratique religieuse est la plus forte?

    1) La Moselle (ainsi que le Bas-Rhin et le Haut Rhin) 2) La Vendée 3) La Mayenne (et les Deux-Sèvres) 3) Le Morbihan (et le Finistère) 4) Les Pyrénées-Atlantiques

    -Quels sont les départements où la pratique religieuse est la plus faible?

    1) La Nièvre 2) La Creuse et la Corrèze 3) Le Lot et l'Ariège 4) La Dordogne.

     
    LA FRANCE ET LA RELIGION
    Panorama des répartitions régionales et départementales
     
    1. Répartition Régionale du Christianisme
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    2. Répartition Départementale du Christianisme
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    3. Athéisme & Secularisme
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    4. Présence de l'Islam
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    5. Protestantisme & Catholicisme
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    6. Intensité de la Pratique Religieuse
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  • Quand la Tunisie devient une dictature qui s'en prend aux chrétiens

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    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    Tunisie: les chrétiens face au virage identitaire de Kaïs Saïed

    20 Août 2026
     

    Depuis la Covid-19, la Tunisie tombe de haut: d’une démocratie pionnière et libérale exemplaire dans le monde arabe, elle est devenue une dictature qui s’en prend aux chrétiens, entre autres. Comment un tel retournement est-il survenu?

    Dès le 19e siècle, la Tunisie s’est distinguée dans le monde arabo-musulman par une grande soif de liberté. Elle fut l’un des premiers États à abolir l’esclavage en 1846, à adopter une déclaration des droits avec le Pacte fondamental de 1857, ou encore une Constitution en 1861. En 2011, c’est elle qui déclenchait les Printemps arabes en renversant la dictature de Ben Ali, incarnant ensuite pendant 10 ans une exception démocratique dans le monde arabe. Elle s’est dotée, en 2014, d’une Constitution que beaucoup ont qualifiée de «révolutionnaire», qui consacre notamment la liberté de conscience, une première au Maghreb; et interdit explicitement les campagnes d’accusation d’apostasie.

    Cette trajectoire nourrit un temps l’idée d’une transition démocratique durable. Elle se brise toutefois avec l’arrivée au pouvoir de Kaïs Saïed en 2019, puis avec son coup de force institutionnel du 25 juillet 2021. Au nom de la lutte contre la corruption et de la restauration de l’État, le président démantèle progressivement les principaux contre-pouvoirs issus de la révolution. Arrestations de ses opposants, mise au pas de la magistrature et affaiblissement du Parlement: tous les éléments d’une dérive autoritaire sont réunis. Cette désillusion démocratique se traduit également dans le champ des libertés religieuses, dont la portée devient de plus en plus théorique pour les chrétiens.

    Le virage Saïed : le professeur de droit qui a enterré la Constitution

    En 2019, Kaïs Saïed, professeur de droit constitutionnel à l’université de Tunis, s’impose comme le candidat de l’intégrité face à une classe politique discréditée. Dans un contexte de rejet des partis traditionnels, notamment du parti islamiste d’Ennahdha, il promet de restaurer l’État de droit et de défendre les acquis de la Constitution de 2014, dont il est lui-même un spécialiste reconnu.

    Son élection apparaît alors comme la poursuite de l’esprit de la révolution plutôt que sa remise en cause. Pourtant, moins de deux ans plus tard, alors que le président est engagé depuis des mois dans un bras de fer avec les islamistes d’Ennahdha, la crise économique aggravée par la pandémie de Covid-19 lui fournit l’occasion de réaliser un coup de force afin de concentrer entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Le 25 juillet 2021, invoquant l’article 80 de la Constitution, il suspend le Parlement, limoge une partie du gouvernement et se met à gouverner par décrets.

    La Tunisie tombe de haut: la promesse de restaurer l’État de droit se mue progressivement en concentration du pouvoir, et celui qui prétendait sauver la Constitution entreprend rapidement de la remplacer. Le nouveau texte, adopté en 2022, renforce considérablement les pouvoirs présidentiels et réduit les mécanismes de contrôle, paralysant notamment la mise en place de la Cour constitutionnelle. Depuis lors, se multiplient les arrestations d’opposants et de journalistes (par le biais du fameux décret-loi 54), ainsi que les révocations de magistrats. Son élection en octobre 2024 avec plus de 90% des voix dissipe les dernières illusions sur l’état de la démocratie tunisienne.

    L’islam politique recule, l’islamisation sociale progresse

    L’un des principaux arguments avancés par Kaïs Saïed pour légitimer sa politique autoritaire est la lutte contre le parti islamiste Ennahdha. Longtemps première force politique du pays, ce mouvement, historiquement inspiré des Frères musulmans, a vu son influence s’effondrer à partir de 2021, à mesure que le président consolidait son emprise sur les institutions. Son chef historique, figure de l’opposition, Rached Ghannouchi, a été condamné début juin à la prison à perpétuité, tandis que plusieurs cadres du mouvement ont été arrêtés et condamnés également à de lourdes peines.

    À première vue, cette marginalisation laisse penser que l’islam politique est en recul. La réalité est plus complexe. Si Saïed ne souhaite pas créer un État religieux, ce démantèlement d’Ennahdha ne s’accompagne pas non plus d’une sécularisation de la société tunisienne. Au contraire, l’islam demeure au cœur du projet politique présidentiel: la Constitution de 2022 en témoigne. Certes, elle ne proclame pas explicitement l’islam comme religion d’État, mais son article 5 dispose que «la Tunisie constitue une partie de la nation islamique» et que l’État doit œuvrer à la réalisation «des finalités de l’islam authentique». Notons que la Constitution réserve la fonction de président de la République aux seuls musulmans.

    De plus, le chef de l’État émaille ses discours de références coraniques et aux hadiths, et se fait le défenseur engagé de l’identité arabo-musulmane du pays, au nom de laquelle il tient un discours d’exclusion systématique envers toutes les minorités. En février 2023, lors d’une séquence aux conséquences dramatiques, le président avait accusé les immigrés d’Afrique subsaharienne en Tunisie d’un «plan criminel pour métamorphoser la composition démographique en Tunisie». Une vision identitaire qui irrigue également la politique menée à l’égard des minorités religieuses, et en particulier des chrétiens.

    Cette dérive autoritaire ne se limite donc pas au seul champ politique: elle façonne aussi, plus discrètement, le rapport de l’État à la pluralité religieuse. Si les opposants et journalistes sont les cibles les plus visibles de la reprise en main de Kaïs Saïed, les chrétiens en subissent une forme dérivée, moins spectaculaire mais tout aussi structurelle.

    Une liberté religieuse largement théorique: les chrétiens en première ligne

    Aucune statistique officielle n’existe en Tunisie sur le nombre de chrétiens, mais les ONG estiment qu’ils sont entre 23 000 et 30 000 fidèles, principalement des expatriés, catholiques, protestants ou évangéliques venus d’Europe ou d’Afrique subsaharienne, auxquels s’ajoute le chiffre difficile à évaluer des convertis tunisiens. Depuis une dizaine d’années, on observe en effet une augmentation des conversions, touchant principalement les jeunes, que l’on peut expliquer par une distanciation vis-à-vis de l’islam institutionnel, une quête de sens, ainsi qu’une plus grande circulation de discours religieux alternatifs.

    Tous ne sont pas logés à la même enseigne: si les chrétiens occidentaux bénéficient d’une relative liberté, la situation des Subsahariens est rendue très précaire par leur situation d’immigrés et des discriminations raciales. Les procédures administratives rendent quasiment impossible l’ouverture de nouvelles églises et plusieurs communautés protestantes ou évangéliques peinent à obtenir une reconnaissance officielle ou à disposer de lieux de culte stables. Quant aux Tunisiens convertis, ils sont privés de lieux de culte et se rassemblent principalement dans des églises de maison.

    Les dispositions du droit de la famille, contenues dans le Code du statut personnel de 1956, demeurent largement inspirées de la tradition islamique. Dans la pratique, une musulmane ne peut toujours pas librement épouser un non-musulman — la circulaire l’interdisant a été levée en droit en 2017 mais de nombreux maires refusent encore de célébrer ces unions — et les non-musulmans sont exclus des successions dans les couples mixtes. La plupart des convertis évangéliques se retrouvent privés de sépulture chrétienne et inhumés, contre leur volonté, dans un carré musulman. Quant à l’éducation des enfants: aucun statut ne permet à un parent converti de transmettre légalement sa foi. L’école publique dispense un enseignement religieux exclusivement islamique, et la conversion d’un parent peut être invoquée devant les tribunaux pour lui retirer la garde.

    Les chrétiens tunisiens issus de l’islam sont les chrétiens les plus exposés. Surveillés par les services de sécurité lorsqu’ils se rassemblent, ils n’ont généralement pas d’autres choix que de vivre leur foi dans la clandestinité. Si l’apostasie n’est pas pénalement réprimée, elle l’est dans les faits, et la sentence est sévère: rupture familiale, pressions psychologiques, menaces, ostracisme social ou encore perte d’emploi ou de perspective d’évolution professionnelle. Les chrétiennes converties peuvent être battues et menacées de viol ou de mort.

    Des leviers pour sortir de l’impasse

    On a peine à se rappeler aujourd’hui que la Tunisie fut une grande terre chrétienne, elle qui a vu célébrer la messe en latin avant même Rome. De la même manière, les espoirs démocratiques qui avaient fait de ce pays une exception dans le monde arabe, il y a quinze ans, semblent désormais ensevelis. Entre l’effacement d’une mémoire et celui d’une promesse politique, le fossé s’élargit.

    Des changements seraient pourtant nécessaires pour que soit garanti dans les faits l’article 27 de la Constitution actuelle sur la liberté de croyance et de conscience — à commencer par la suppression des dispositions pénales vagues qui ont servi à criminaliser le prosélytisme, et par un dialogue interconfessionnel plus soutenu. Ce sont notamment les recommandations qu’a portées la société civile tunisienne et internationale lors de l’Examen périodique universel de la Tunisie en 2022. Cette année-là, les différentes communautés religieuses du pays avaient signé un «Pacte national pour la coexistence». Quatre ans après, rien n’indique qu’il ait été mis en œuvre.

    La France et l’Union européenne, engagées dans un dialogue bilatéral suivi avec Tunis, pourraient utilement y intégrer la question religieuse — à travers, par exemple, les programmes de coopération européens ou le soutien français aux acteurs civils tunisiens de défense de la liberté religieuse.

    Huit ans après la dernière visite d’un rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion en Tunisie, une nouvelle mission semble d’autant plus justifiée que la condition des chrétiens s’est détériorée ces dernières années.