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Médias - Page 137

  • « Jusqu'où ira François ? » de Jean-Marie Guénois

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    9782709629744-G.jpgUn livre sur le pape François qui n’est pas une hagiographie et qui est différent des autres livres

    Sur les vingt-cinq livres aujourd’hui publiés sur ou autour du pape François, aucun ne prend du recul sur sa vraie personnalité, anticonformiste mais autoritaire et autocratique, ni sur son programme qui risque de menacer l’unité de l’Église. C’est donc le premier livre qui dit vraiment ce qui se passe dans les coulisses de ce jeune pontificat.

    Un livre qui aborde ce pontificat de façon totalement inédite et originale

    La force du livre est d’analyser ce pontificat non de façon linéaire et chronologique mais problématique dans la rupture et la continuité avec Benoît XVI : En quoi François est un « antipape » même s’il joue son rôle ? Quelles sont la vraie portée et les limites de sa réforme ? En quoi Benoît XVI a-t-il d’une certaine manière « raté » sa succession et pourquoi a-t-il vraiment démissionné ? En quoi François qui n’était pas le candidat de Benoît XVI, exerce-t-il une rupture avec lui alors qu’officiellement il y a continuité ? En quoi François peut-il déclencher une réconciliation de l’Église avec le monde, notamment sur les questions de sexualité, et contribuer à une certaine renaissance de l’Eglise catholique ?

    Un livre clair et limpide, percutant, écrit par un journaliste parmi les plus reconnus sur le sujet

    Jean-Marie Guénois a passé dix ans à Rome. Il est sur le plan international le « vaticaniste » français et francophone le plus reconnu. Il est un des très rares journalistes à avoir prévu la probable élection du cardinal Bergoglio. Sa forte notoriété dans ce secteur d’information devrait contribuer à faire de cet essai un livre vraiment remarqué cet automne.

     L'auteur

     Jean-Marie Guénois est rédacteur en chef au Figaro chargé des religions, consultant pour RTL et journaliste à l’Esprit des lettres sur KTO.

     Références
    Auteur(s) : Jean-Marie Guénois /Titre : Jusqu'où ira François ?/Editions : JC Lattès/Collection : Essais et documents
    Date de Parution : 09/2014/Code EAN/ISBN : 9782709629744/Hachette : 4539680/Prix public : 18.00 €/Format : 130 mm x 205 mm
    200 pages

    Un livre qu'il faut aussi lire entre les lignes..

    JPSC

  • Ethique familiale et sexuelle : le manifeste de l'évêque d'Anvers

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    L'évêque d'Anvers, Mgr Johan Bonny - dont on a déjà pu apprécier certaines prises de position par le passé (ici et -  est souvent cité comme successeur possible (ou même probable) de Mgr Léonard à l'archevêché de Malines-Bruxelles. Il est donc intéressant de prendre connaissance de ses positions sur des matières aussi délicates que le sont les questions de morale familiale et sexuelle d'autant qu'il a cru opportun de les rendre publiques à un mois de l'ouverture du synode sur la famille. Voici ce qu'on peut lire aujourd'hui sur La Croix (Céline Hoyeau) (extraits) : 

    Famille, l’évêque d’Anvers plaide pour un aggiornamento de l’Eglise

    (...) Après le cardinal Walter Kasper, à l’ouverture du consistoire en février, l’évêque d’Anvers plaide à son tour pour un aggiornamento de l’Église catholique sur la morale familiale et sexuelle. À un mois du synode très attendu sur la famille, qui se tiendra à Rome du 5 au 19 octobre, Mgr Johan Bonny a rendu publique jeudi 4 septembre un texte audacieux de 24 pages, traduit en cinq langues, dans lequel il exprime ses « attentes personnelles » et ses arguments en faveur d’une évolution du magistère. (C'est ici : LETTRE DE MGR BONNY SYNODE SUR LA FAMILLE)

    Que ce soit sur l’accueil des divorcés remariés, des jeunes vivant en couple sans être mariés ou toutes autres « situations irrégulières », l’Église doit, à ses yeux, « quitter son attitude de défense ou antithétique » et « chercher à nouveau le chemin du dialogue ». (*) (...) 

    Prenant acte de « l’incompréhension croissante » et de « l’indifférence progressive » entre les croyants et l’enseignement moral de Rome, il met en avant trois facteurs qui ont contribué à établir un « terrain particulièrement conflictuel ». Un manque de collégialité, d’abord, hérité de la publication de l’encyclique Humanae Vitae. Relevant que tous les textes du concile Vatican II ont été approuvés par un consensus quasi général, il regrette que la décision du pape Paul VI, allant à l’encontre de l’avis des experts, ait généré « des ruptures qui ne se sont plus jamais guéries ». (*)

    Il estime que la conscience personnelle doit retrouver « sa juste place dans une réflexion saine en théologie morale ». Concernant la loi naturelle, regrette-t-il, l’Église s’est cantonnée à un seul pan de la Tradition, privilégiant une conception statique. Il propose au contraire d’élargir les références à la Tradition dans son ensemble pour répondre aux défis actuels.

    Dans cette ample réflexion théologique et pastorale où il cite abondamment le pape François, Mgr Bonny invite l’Église à entrer dans un compagnonnage, y compris avec les cercles plus éloignés d’elle. Et pour ce faire, à « oser aller du vécu à la doctrine ». La question des divorcés remariés est bien évidemment emblématique. Sur ce point, l’évêque d’Anvers rejoint d’autres théologiens et pasteurs pour appeler à étudier comment ouvrir « sous certaines conditions à des divorcés remariés l’accès à la communion », en s’inspirant de la tradition juridique de l’Orient chrétien, « avec la possibilité d’un règlement exceptionnel au nom de la miséricorde ». (*)

    (...) Sur la participation à l’Eucharistie, il souligne qu’elle est à la fois « signe d’unité » et « moyen de grâce ». En ce sens, « des divorcés remariés ont aussi besoin de l’Eucharistie pour croître en alliance avec le Christ… » Plus largement, il demande « que l’Église puisse reconnaître le bon et le valable également dans d’autres formes de vie commune que le mariage classique ». (*)

    Ce qui implique aussi un changement de langage. Mgr Bonny invite à revoir les textes du magistère dont les termes peuvent être « blessants » et qui demandent « plus de respect et un jugement plus nuancé ». (*) (...) En d’autres mots, « l’Église doit réapprendre à parler comme une mère », affirme-t-il, citant là encore le pape François.

    S’il dit exprimer ses « attentes », en « (son) nom propre », Mgr Bonny ajoute aux arguments de ceux qui souhaiteraient voir évoluer l’Église, au premier rang desquels le cardinal allemand Walter Kasper, dont il fut un proche collaborateur au Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens. (...)

    Toutefois, à l’approche du synode, d’autres grandes figures d’Église ont avancé, ces dernières semaines, des arguments opposés. Derniers en date, le cardinal Marc Ouellet (1) et le cardinal Gerhard Müller qui viennent chacun de publier un livre rappelant, entre autres, que l’indissolubilité du mariage est « absolue ». Bien conscient des divisions qui existent sur ces questions parmi les évêques, Mgr Bonny se garde d’un ton revendicatif, espérant vivement que le synode se donnera le temps de la réflexion.

    (1) Mystère et sacrement de l’amour, Cerf, 428 p., 29 €.

    (*) Les "gras" sont de belgicatho

  • Adsum (un film sur le prêtre)

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    Vu sur le site de la Communauté Saint-Martin:

    JPSC

  • Meeting de Rimini : 800.000 personnes attendues

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    Italie: Ouverture à Rimini de la 35e édition du Meeting pour l’Amitié entre les Peuples

    800’000 personnes sont attendues de 70 pays du monde entier   

    Rimini, 24 août 2014 (Apic) 800’000 personnes en provenance de 70 pays du monde entier sont attendues du 24 au 30 août dans la station balnéaire de Rimini, sur le littoral adriatique, pour la 35e édition du «Meeting pour l’Amitié entre les Peuples». Ce grand raout, à l’initiative du mouvement ecclésial «Communion et Libération», transforme depuis 1980 le paradis italien du farniente en un eldorado mondial de la culture et des rencontres spirituelles, rappelle Radio Vatican.

    La grande manifestation, qui se tient au centre «Rimini Fiera», prévoit cette année plus de 100 rencontres et tables rondes, 12 expositions, 23 spectacles, 17 rendez-vous sportifs et 3’500 m2 d’un espace réservé aux enfants. Elle a pour leitmotiv «Vers les périphéries du monde et de l'existence. Le destin n’a pas laissé l’homme seul».

    Communiquer avec un langage compréhensible les valeurs du christianisme

    Le message envoyé au Meeting par le pape François et écrit en son nom par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, relève qu’«un monde en transformation rapide demande aux chrétiens d’être disposés à chercher des formes ou des moyens de communiquer avec un langage compréhensible la permanente nouveauté du christianisme».

    Dans cette lettre, rendue publique le 23 août par le Saint-Siège, le souverain pontife invite chacun à «ne jamais perdre le contact avec la réalité » et à «tenir toujours le regard fixé sur l’essentiel».

    Le «Meeting pour l’Amitié entre les Peuples», auquel participent non seulement les milliers de membres du mouvement, mais une foule de personnes intéressées, est une véritable institution en Italie. Chaque année, des personnalités du monde politique, économique ou encore culturel de premier plan y participent. En 1982, le pape Jean Paul II lui-même s’y était rendu.

    Lire la suite sur le site d'APIC

     

  • Quand Vice nous révèle l'Etat islamique

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    Lu sur Rue89 :

    L’Etat islamique vu par Vice : commentaire d’un reportage inédit

    Cet été, le site américain Vice a diffusé un reportage viral au cœur du groupe terroriste de l’Etat islamique en Syrie. Nous avons demandé à David Thomson, journaliste spécialiste des djihadistes, de l’analyser.

    Le site américain Vice est connu pour ses vidéos-choc dans les endroits les plus dangereux du monde. Cet été, le site a diffusé un reportage découpé en cinq épisodes de dix minutes chacun, au cœur de l’Etat islamique en Syrie.

    Réalisé par Medyan Dairieh, un journaliste palestinien habitué aux terrains difficiles, le film connaît une grande notoriété dans le monde entier. Le visionner met assez mal à l’aise.

    D’un côté, il représente un véritable exploit, en filmant au plus près du groupe terroriste le plus terrifiant du moment – et qui vient de décapiter le journaliste américain James Foley. De l’autre, l’absence de distance entre l’auteur et son sujet fait débat. Il faut dire que pour pouvoir tourner à Racca, il a dû accepter d’être cornaqué en permanence par des combattants de l’Etat islamique, sans réelle liberté de mouvement.

    Nous avons montré l’intégralité du reportage au journaliste David Thomson, à la fois pour recueillir ses impressions sur le discours véhiculé par Vice et ses réflexions sur la progression de l’Etat islamique en Syrie et en Irak.

    Reporter à RFI, il a écrit un livre sur les djihadistes français qui partent en Syrie (« Les Français jihadistes », mars 2014, éd. Les Arènes). Quand il travaillait en Tunisie, entre 2011 et 2013, il a aussi réalisé un documentaire sur le groupe salafiste Ansar Al Charia.

    Son parti-pris est assez proche de celui de Vice : lorsqu’il parle des djihadistes, il n’émet pas de jugement mais s’astreint à un traitement très factuel. Grâce à cette attitude, il a développé des relations privilégiées avec des combattants habituellement réticents à recevoir la presse. Comme pour d’autres sujets, la confiance joue à plein :

    « Quand ils savent qu’il y aura un traitement objectif, qui ne colporte pas de rumeurs, qui tient compte des gens et de leurs codes, ils acceptent. Pour Ansar Al Charia, le pacte de départ était que je ne prenais contact qu’avec eux. Je n’ai pas de contact avec des sources policières ni judiciaires, je ne collabore pas avec les autorités. »

    Chacun des cinq épisodes est disponible en intégralité sur Rue89

  • Quand le patron des Experts Manhattan raconte sa conversion au catholicisme

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    Un récit que l'on peut lire sur le site d'aleteia.org :

    Conversion : Gary Sinise, un expert témoigne de sa foi

    Acteur, réalisateur, musicien, philantrope et patriote, Gary Sinise a récemment témoigné de sa conversion au catholicisme.

    SUSAN E. WILLS (1)

    Il était l’invité surprise du dernier Congrès annuel des Chevaliers de Colomb, à Orlando, aux Etats-Unis : le célèbre patron des Experts Manhattan a notamment partagé avec les 2000 membres de cette association le récit de sa conversion.

    Le premier surpris de se retrouver là semblait d'ailleurs être Gary Sinise lui-même. L’acteur a avoué que « lui et sa famille étaient sans religion », jusqu’au jour où son épouse est revenue aux racines catholiques de sa mère, dont elle s'était éloignée au fil des années. Ensuite, lui-même a lentement suivi son propre chemin de conversion, jusqu’à sa confirmation en 2010. Gary Sinise avait déjà confié dans une interview il y a quelques années son soutien à la décision prise par sa femme, Moira, d'origine irlandaise.

    L'interprète des Experts Manhattan était en tournage en Caroline du Nord quand sa femme et ses trois enfants sont venus lui rendre visite, alors qu’un ouragan se déplaçait vers les côtes. Comprenant que les vols seraient annulés, il loua une voiture et les conduisit en direction de Charlotte, à travers des vents soufflant en tempête, une pluie battante et la foudre toute proche. À un moment donné, Moira s’est tournée vers lui et lui a annoncé que, dès son retour à Chicago, elle retournerait à l’Eglise catholique et que les enfants seraient désormais scolarisés dans des écoles catholiques. L'acteur en est resté stupéfait, et à vrai dire n'était pas particulièrement heureux de cette décision. La seule chose qu’il connaissait des écoles catholiques ? Les histoires terrifiantes que lui avaient racontées deux amis, des amis affligés par ailleurs d’un certain “complexe de culpabilité.” 

    Dix ans pour "traverser le Tibre"

    Gary Sinise avait alors répondu à sa compagne quelque chose comme : « Non, mais tu es folle ou quoi? ». Mais son épouse a fait comme elle avait dit, suivant le programme d'un "rite d’initiation chrétienne pour adultes" (RCIA, Rite of Christian Initiation of Adults) et inscrivant leurs enfants dans une école catholique. Deux ans plus tard, lors de la veillée pascale, elle recevait le baptême. Dans le même temps, l'école s'est avérée être le contraire de ce à quoi le célèbre acteur s’attendait. Gary Sinise a reconnu qu'il s'agissait d'un bon environnement pour ses enfants, et en est même devenu l'un des bienfaiteurs. Mais il lui aura fallu dix autres années avant de « traverser le Tibre », mais dix années remplies d’activités de bienfaisance.

    Peu de temps après les évènements du 11 septembre, le célèbre acteur et Expert avait été invité “en tant que célébrité” à rencontrer les premiers à être intervenus sur place, et à découvrir des héros comme le père Mychal Judge, aumônier de la brigade des pompiers de New York, mort en portant secours aux victimes lors de l'effondrement des Twin Towers.

    Pour les enfants d'Irak

    En 2003, Gary Sinise a par ailleurs cofondé  l’Opération Enfants d’Irak (“Operation Iraqi Children”). Pendant plus de neuf ans, il a ainsi levé des fonds et recueilli des dons en fournitures scolaires et en vêtements pour les enfants dont les écoles avaient été reconstruites par l’armée. Bilan de cette opération : pas moins de 358 763  kits de fournitures scolaires, des milliers d'animaux en peluche, des chaussures et équipements de sport, des centaines de boîtes de chaussures, vêtements, fournitures, produits alimentaires et d'hygiène et de jouets.

    La cause des vétérans blessés

    Enfin, via les 119 concerts de l’USO (United Service Organization) organisés pour les militaires américains et leurs familles avec le groupe de Gary Sinise, le Lt.Dan Band, l'acteur  s'est aussi dévoué pour la cause des vétérans blessés. Sa fondation s‘est lancée dans un programme de restauration de l’indépendance et de soutien de l’autonomie (RISE, Restoring Independence and Supporting Empowerment). L’objectif : construire des « maisons intelligentes » pour les anciens combattants gravement blessés. En partenariat avec les Chevaliers de Colomb, devant qui l'acteur et réalisateur témoignait, un ancien soldat d'infanterie de l'armée ayant perdu ses deux jambes et un bras dans une explosion en bordure de route en Afghanistan, peut désormais se déplacer seul dans une nouvelle maison high-tech, où il demeure avec sa femme. Gary Sinise a tenu lors de son intervention à exprimer sa gratitude pour la collaboration des Chevaliers à cette oeuvre, et pour leurs années d’« énorme travail caritatif, incroyablement généreux, et de mission ».

    (1) Susan E. Wills est éditrice Spiritualité de l’édition anglophone d’Aleteia

    Article traduit par Elisabeth de Lavigne 

  • James Foley : le témoignage de deux journalistes anciens otages détenus avec lui par les islamistes

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    « Le grand reporter d’Europe 1 Didier François est revenu mercredi sur la mort de James Foley, ce journaliste américain que les djihadistes de l’Etat islamique affirment avoir décapité. Ancien otage, Didier François avait été détenu avec lui mais n’avait rien dit par souci de sécurité de son compagnon d’infortune, comme il l'a expliqué dans Europe Midi.

    Un compagnon de cellule. "Pour des raisons évidentes de sécurité, les ravisseurs nous avaient menacé de représailles sur les otages restants si nous nous exprimions là-dessus. Ce n’est pas du tout pour cacher quoique ce soit à nos auditeurs", explique Didier François. "Nous avions bien sûr contacté la famille de James Foley et les autorités américaines. Mais publiquement, nous avions gardé le silence". Après une première rencontre, très rapide, pendant l'été 2013, "nous avons été séparés avant de nous retrouver à nouveau ensemble au mois de septembre, jusqu'à ma libération" au mois d'avril 2014.

    "Un garçon extraordinaire". Le grand reporter d’Europe 1 se souvient de James Foley, avec qui il a passé plus de huit mois. "C’était un garçon extraordinaire, un superbe journaliste, quelqu’un d’extrêmement fort, qui n’a jamais craqué (malgré) des conditions extrêmement difficiles". Didier François raconte qu'il "était agréable de partager avec lui ces longues heures difficiles". "C'était un excellent compagnon de cellule, extrêmement collectif", doté d'un "grand courage". "Il faisait partie de ces prisonniers qui, malgré les interdictions, continuaient à réclamer, toujours pour les autres : du pain quand on avait faim, des tours de toilettes supplémentaires...", se souvient Didier François pour qui James Foley était "l'un des piliers du groupe". Le journaliste a une pensée particulière pour la "famille et les proches" de James Foley", ainsi que pour les "autres otages qui restent, puisque l'Etat islamique revendique dans la vidéo l'enlèvement d'un second journaliste américain".

    Le reporter Didier François a été détenu avec... par Europe1fr


    Les conditions de son enlèvement. Didier François parle d'un "journaliste expérimenté, qui assumait les choix qu'il avait faits". "Il était déjà venu plusieurs fois (en Syrie, ndlr.)", continue le reporter d'Europe 1, qui détaille les conditions de l'enlèvement de James Foley, le 22 novembre 2012. "Il rentrait d'un reportage de plusieurs semaines (dans la région d'Idlib, ndlr.), vers la Turquie. Il s'était arrêté rapidement dans un café internet, dans une ville frontalière, pour envoyer un message à sa rédaction et sa famille", raconte-t-il. "En sortant du café, il a été intercepté par des gens de l'armée islamique" qui l'ont kidnappé.

     >> LIRE AUSSI - Le djihadiste qui a décapité James Foley est britannique

    "Je pense qu'ils avaient décidé de l'exécuter". A son retour en France, Didier François expliquait avoir subi des simulacres d'exécution. James Foley aussi, raconte le grand reporter d'Europe 1, qui se souvient : "une des dernières fois où je l'ai vu avant de partir, ce groupe, qui a le goût du macabre, l'avait fait prendre une pose, crucifié contre un mur". "C'est pour cela que, quand on me demande ce que je pense du motif avancé par les ravisseurs pour l'exécuter, je pense qu'ils avaient décidé de l'exécuter, point", assène-t-il. Les djihadistes ont "ensuite cherché des excuses pour justifier cet assassinat que rien ne justifie" : "ce qui a été donné après comme explications, ne sont que de vaines tentatives d'essayer de masquer leur crime, mais c'est un crime".

     >> LIRE AUSSI - Les Etats-Unis avaient tenté de libérer James Foley  » 

    Ref.http://www.europe1.fr/international/le-journaliste-james-foley-2206701

    Le journaliste français Nicolas Hénin a aussi été otage pendant sept mois avec le reporter James Foley. Après l'exécution de l'Américain, revendiquée par les djihadistes de l'Etat Islamique dans une vidéo, il témoigne pour L'Express. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/james-foley-etait-le-souffre-douleur-des-geoliers-mais-il-restait-impassible_1569303.html#ipOupboWc9TRsep4.99

    Dans cette interview, relevons notamment ceci :

    Question : James Foley était-il davantage maltraité que les autres otages?

    Réponse : Oui. Il était vraiment plus maltraité. En fouillant dans son ordinateur, ils ont découvert que son frère travaillait dans l'US Air Force. A cause de cela et en tant qu'Américain, il a eu droit "à un traitement de faveur". Il est devenu le souffre-douleur des geôliers. Il s'en prenait plein la gueule mais il restait impassible. 

    Question : James Foley vous a-t-il dit ce qu'il aurait aimé faire une fois libéré?

    Réponse : Oui, il avait deux envies. Soit bosser au Committee to protect journalists (CPJ). Soit faire du dialogue interreligieux et contribuer au rétablissement de ponts entre les mondes chrétien et musulman. A ce titre, j'ai été révolté de la flambée d'islamophobie sur Twitter après la diffusion de la vidéo de son assassinat. Les mecs qui l'ont tué ont réussi leur coup: renforcer les populismes et les clichés réciproques. C'était contre cela que James voulait justement s'engager. 

     JPSC

  • Quand le pape répond aux journalistes sur l'actualité de l'Eglise et du monde

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    Sur Radio Vatican :

    Dans son avion de retour de Corée du Sud, le Pape François a répondu aux questions des journalistes comme il l’avait promis à l’aller, évoquant des questions directement liées à son voyage, mais aussi les grands sujets internationaux ou d’autres questions touchant à son style d’exercice de la papauté.

    Irak : « il est licite d'arrêter l'agresseur »

    Le Pape François a précisé la position du Saint-Siège sur l'intervention en Irak. « Je peux dire qu’il est licite d’arrêter l’agresseur. Je souligne le verbe : arrêter, je ne dis pas bombarder. Nous devons avoir de la mémoire, n’est-ce pas ? Tant de fois sous cette excuse les puissances se sont emparées des peuples et ont fait une vraie guerre de conquête ! », s’est exclamé le Pape, dans une allusion implicite notamment à l’intervention américaine de 2003 en Irak, à laquelle le Pape Jean-Paul II s’était opposé avec fermeté. « Une seule nation ne peut pas décider comment arrêter cela », a rappelé le Pape en insistant sur l’importance du rôle des Nations Unies pour décider d’une réponse collective pour arrêter « l’agresseur injuste ».

    Il a aussi insisté sur l’urgence d’une aide à apporter à toutes les personnes en situation d’exode en Irak, et pas seulement les chrétiens. « On me parle des chrétiens, pauvres chrétiens, c’est vrai, il y a tant de martyrs. Mais il y a des hommes et des femmes, des minorités religieuses, pas toutes chrétiennes, et toutes sont égales. »

    Il n’a pas démenti le projet d’une visite apostolique en Irak, bien qu’elle pose d’évidents problèmes logistiques et diplomatiques. « Nous avons dit, si c’est nécessaire, quand nous revenons de Corée, nous pouvons aller là. C’est une des possibilités. En ce moment ce n’est pas la meilleure chose à faire, mais je suis disposé à cela. »

    « La prière pour la Terre Sainte n'a pas été un échec »

    Interpellé sur la prière du 8 juin qui avait réuni le président israélien Shimon Peres et le président palestinien Mahmoud Abbas au Vatican, suivie à peine un mois plus tard d'une guerre dans la Bande de Gaza, François a répondu que « cette prière pour la paix n’a absolument pas été un échec. Premièrement, l’initiative n’est pas venue de moi, l’initiative de prier ensemble est venue des deux présidents d’Israël et de Palestine. Après cela, est arrivé ce qui est arrivé. Mais ceci est conjoncturel. Cette rencontre n’était pas conjoncturelle. C’est une dimension fondamentale de l’attitude humaine, la prière. Maintenant la fumée des bombes, de la guerre ne laisse pas voir la porte, mais la porte reste ouverte. Et je crois en Dieu, je crois que le Seigneur regarde cette porte et tous ceux qui prient et demandent qu’Il nous aide. »

    « La torture est un péché mortel » 

    À l’évocation de sa rencontre avec les femmes de réconfort, ces femmes coréennes contraintes de se prostituer par les occupants japonais durant la Seconde guerre mondiale, François est revenu sur les actes de cruauté rapportés dans les conflits contemporains. « Nous devons nous arrêter et penser un peu au niveau de cruauté auquel nous sommes arrivés. Le niveau de cruauté de l’humanité en ce moment, est un peu effrayant », s’est attristé François, qui s’est aussi élevé contre la pratique de la torture. « Aujourd’hui la torture est un des moyens quasiment, je dirais, "ordinaires" dans les comportements des services secrets, des processus judiciaires. Mais la torture est un péché contre l’humanité, et aux catholiques je dis : torturer une personne est un péché mortel, un péché grave ! »

    « J'aime le peuple chinois »

    Concernant les relations du Saint-Siège avec la République populaire de Chine, François a appelé à relire la lettre envoyée aux Chinois par le Pape Benoît XVI en 2007. « Cette lettre aujourd’hui est actuelle, fondamentale, ça fait du bien de la lire. »

    Sur la question des relations diplomatiques, « Le Saint-Siège est ouvert aux contacts. Toujours parce que j’ai une véritable estime pour le peuple chinois. » Il a dit vouloir se rendre en Chine, dès « demain » si c'était possible. Le Pape a aussi fait allusion au jésuite italien Matteo Ricci, une figure du XVIe siècle qui fait consensus, estimée par les autorités de la République populaire de Chine en raison de sa profonde connaissance et de son respect de la culture chinoise.

    Le point sur ses prochains voyages

    Le Pape a précisé le sens de son prochain voyage, en Albanie, le 21 septembre prochain, avec une première raison liée à l’actualité : « Je vais en Albanie parce qu’ils ont réussi à faire un gouvernement d’unité nationale avec les musulmans, les orthodoxes et les catholiques, avec un conseil interreligieux qui aide beaucoup et est équilibré. La présence du Pape est pour dire à tous les peuples : mais si, nous pouvons travailler ensemble ! » L’autre raison avancée par François, plus connue, se situe sur le plan historique : « cela a été sur le plan religieux l’unique pays communiste qui dans sa constitution avait mis en place l’athéisme pratique. Il y a eu 1820 églises détruites ! J’ai donc senti que je devais y aller. »

    Il a par ailleurs confirmé son intention de se rendre aux États-Unis en septembre 2015, pour la rencontre mondiale des familles à Philadephie, ainsi qu’à Washington à l’invitation du président Barack Obama pour une intervention devant le Congrès, et à New York pour une visite au siège de l’ONU, à l’invitation du secrétaire général Ban Ki-Moon. Il n’exclut pas non plus une étape au Mexique, au sanctuaire de Guadalupe.

    Enfin, François affirme avoir reçu « une pluie d’invitations pour venir en Espagne », venant du roi comme de l’épiscopat. Des visites à Saint-Jacques-de-Compostelle et à Avila sont envisagées, mais « rien n’est décidé pour l’instant ». L’année 2015 marquera le cinquième centenaire de la naissance de Sainte Thérèse d’Avila. En 1982, c’est à l’occasion du quatrième centenaire de son décès que Jean-Paul II avait effectué sa première tournée en Espagne.

    Une relation fraternelle avec Benoît XVI

    François s’est montré particulièrement attaché à son prédecesseur, qu’il rencontre fréquemment sans que cela ne donne désormais lieu à une communication particulière. « Avec Benoit XVI, nous nous voyons. Je suis allé le voir juste avant de partir en Corée. Il m’avait envoyé deux semaines avant un texte intéressant, il me demandait mon opinion. Notre rapport est de frères, vraiment. C’est un homme avec une sagesse, des nuances, ça me fait du bien de l’écouter, et aussi il m’encourage. »

    François est revenu sur la question de sa démission en février 2013, en précisant qu’il suivrait probablement son exemple :  « peut-être que ça ne plait pas à certains théologiens, mais je ne pense pas que le Pape émérite soit une exception. Il y a 70 ans, les évêques émérites n’existaient pas aujourd’hui ils sont une institution, je pense que le Pape émérite est déjà une institution. Moi je ferai la même chose, il a ouvert une porte qui est institutionnelle, qui n’est pas exceptionnelle. »

    Pas de vacances estivales pour le Pape

    Le Pape François, c’est désormais entré dans les mœurs au Vatican, ne prend pas de vacances. « La dernière fois que je suis parti en vacances en-dehors de Buenos Aires, avec la communauté jésuite, c’était en 1975, a-t-il avoué, tout en affirmant avoir pu prendre un rythme plus calme cet été. Je change de rythme, je dors un peu plus, je lis les choses qui me plaisent, j’écoute de la musique, je prie plus. En juillet et une partie du mois d’août j’ai fait cela, et ça va bien ! J’ai lu un livre, intéressant. Le titre : "Rejouis-toi d’être névrosé". J’ai quelques névroses, l’un d’elles est que je suis trop attaché à la maison…», a-t-il affirmé avec humour.

    Une popularité prise avec humilité

    Interrogé sur sa popularité à l’échelle mondiale, qui ne se dément pas après un an et demi de pontificat, François répond : « Je vis ma popularité en remerciant le Seigneur que son peuple soit heureux ! Intérieurement, je cherche à penser à mes péchés et à mes erreurs pour ne pas m’y croire, parce que je sais que cela durera peu de temps, peut-être deux ou trois ans, et ensuite, à la maison du Père. » Le Pape a redit son pressentiment d’un pontificat court, tout en avouant  « ce n’est pas sage d'avoir dit cela ! ».

    Une encyclique sur l'écologie toujours en préparation

    L’encyclique sur la protection de l’environnement, évoquée déjà en janvier dernier par le président français François Hollande, est toujours en cours de préparation, en liaison notamment avec le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Juste et Paix. Mais face aux incertitudes scientifiques, François se montre prudent et affirme « sa volonté d’aller à l’essentiel sur ce qui peut être affirmé avec sécurité ».

    Espoir d'une béatification de Mgr Romero

    François a redit son espoir d’un béatification prochaine de Mgr Oscar Romero, l’archevêque de San Salvador assassiné par les escadrons de la mort en 1980 dans sa cathédrale. « Le procès de Mgr Romero était bloqué à la Congrégation pour la doctrine de la foi, par prudence. Maintenant c’est débloqué. Il a été transmis à la Congrégation pour les Saints. Et il suit la voie normale d’un procès. C’est très important d’aller vite, parce que moi, ce que je voudrai, c’est que ça s’éclaircisse. »  Le Pape a redit l’importance d'une identification précise du martyre "in odium fidei", en "haine de la foi", qui différencie le martyre chrétien au sens propre, par rapport à des faits de guerre ou des crimes de droit commun qui ne permettraient pas, canoniquement, l’accès à la sainteté.

    « Il y en a d’autres qui ont été tués mais qui n’ont pas la stature de Romero. Pour moi Romero est un homme de Dieu, le procès doit avancer, et aussi le Seigneur doit donner un signe... S’Il le veut, Il le fera. » a insisté François.

    Une réunification toujours espérée entre les deux Corées

    En conclusion de ce voyage chargé en symboles, le Pape François a redit sa conviction d’une réunification possible entre les deux Corées.  « Je prie pour que la division s’arrête. Si les deux Corées parlent la même langue, c’est qu’elles ont la même mère, et ceci nous donne de l’espérance » a répété le Pape. « Aujourd’hui dans la cathédrale, il y avait une couronne d’épines du Christ faite avec le fil de fer qui divise les deux parties de la Corée. Je l’ai dans l’avion, c’est un cadeau que je porte, la souffrance de la division, d’une famille divisée. »

  • Pourquoi le Vatican considère-t-il qu’une intervention militaire en Irak est « nécessaire » ?

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    Pourquoi-le-Vatican-considere-t-il-qu-une-intervention-militaire-en-Irak-est-necessaire_article_main (2).jpgLu sur le site de « La Croix » (extraits) :

    « Alors que depuis les années 1960, les positions du Vatican se caractérisent par une forte réticence face à l’usage de la force armée dans la résolution de conflits, Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, a déclaré samedi 9 août, qu’une intervention militaire en Irak est « nécessaire en ce moment pour arrêter l’avancée des djihadistes en Irak ». (…)

    Entretien avec Christian Mellon, jésuite, membre du Centre de recherche et d’action sociales (Ceras) :

    « Il est vrai que selon la ”doctrine de la guerre juste”, c’est-à-dire la position traditionnellement tenue par l’Église catholique sur la légitimité éthique de la guerre, une intervention militaire est rarement légitimée. Mais elle l’est en cas d’épuration ethnique ou de génocide, et plus généralement lorsque “des populations civiles risquent de succomber sous les coups d’une injuste agression”, comme l’avait dit Jean-Paul II le 16 janvier 1993 au corps diplomatique, lors des dramatiques événements de Bosnie.

    De même, le 1er  janvier 2000, à l’occasion de son message pour la journée de la Paix, Jean-Paul II rappelait que, “quand les populations civiles risquent de succomber et que les efforts de la politique et les instruments de défense non violente n’ont eu aucun résultat, il est légitime, et c’est même un devoir, de recourir à des initiatives concrètes pour désarmer l’agresseur. Toutefois, ces initiatives doivent être limitées dans le temps, avoir des objectifs précis, être mises en œuvre dans le plein respect du droit international, être garanties par une autorité reconnue au niveau supranational et n’être jamais laissées à la pure logique des armes.”

    Quant à la divergence d’expression entre Mgr Silvano Tomasi, qui parle d’intervention militaire, et le pape François qui évoque une “solution politique (une intervention militaire devant viser à une solution politique), elle peut surprendre en effet, car la position de Mgr Tomasi a sans doute été prise avec l’accord du pape. Mais cette différence peut se comprendre du fait des contextes respectifs de ces paroles : une prière place Saint-Pierre ne peut être comparée à une prise de parole dans l’enceinte de l’ONU. »

    RECUEILLI PAR CLAIRE LESEGRETAIN »

     Réf. Pourquoi le Vatican considère-t-il qu’une intervention militaire en Irak est « nécessaire » ?

    Si la différence d’expression entre le pape François et Mgr Tomasi, que nous avions déjà relevée,  n’est pas une divergence, on s’en réjouira, mais elle peut effectivement surprendre : laisser planer un doute ou une ambiguïté déforce évidemment le message. JPSC

     

  • France : Chrétiens d’Irak, euthanasie, Manif pour tous : le lobby catho existe-t-il ?

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    De Bénédicte Drouin sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne  : "Le récent voyage de trois prélats français en Irak, les débats de société sur le mariage ou la fin de vie ont été l’occasion de mesurer le réveil des catholiques, trop longtemps silencieux les années passées sur les questions politiques et sociales. Certains médias y voient le résultat d'un groupe organisé et influent, assimilé à des lobbys. Faux, répondent les catholiques. Personne ne commande en secret ces réactions. Elles ne sont que le résultat de la foi et des convictions des catholiques pratiquants sur fond de déchristianisation de la société. Le tout démultiplié par les réseaux sociaux."

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  • L'urgence irakienne : briser le silence

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    Sur la Libre, Francis Van De Woestyne souligne l'urgence de la situation en Irak :

    La communauté internationale ne sait plus où prévenir, où agir, où guérir. Elle gronde, elle menace. Mais en vain. Et son impuissance nous lasse. 

    Car les lieux d’infamie se multiplient. Les urgences arrivent en cadence : lorsqu’une trêve, fragile, est signée à Gaza, c’est l’Est de l’Ukraine qui s’enflamme. On en vient presque à oublier la Syrie et son déluge d’atrocités. Sans parler de la Libye où les fanatiques font la loi. Ou le Nigeria où Boko Haram sème la terreur dans les villages. Il est un autre endroit, où l’hérésie avance : l’Irak. 

    Là, les chrétiens sont en danger. De mort. De disparition. Et les plaintes des martyrs ne parviennent que faiblement aux Occidentaux, concentrés sur d’autres conflits. Leur bourreau a un nom : Abou Bakr al-Baghadi. 

    Ce calife, ce vautour, les chasse de la terre où ils vivaient depuis la nuit des temps. C’est là, dans ces contrées d’Irak et de Mésopotamie, que le judaïsme est né, et que les chrétiens ont toujours vécu. Pendant des siècles, la cohabitation des citoyens de différentes confessions s’est faite sans trop de heurts. 

    Depuis quelques décennies, l’Irak vit dans la terreur. Et récemment, la persécution touche ces Irakiens chrétiens, forcés de se convertir à l’Islam, de payer un impôt ou de fuir. Sur leur maison, on dessine un "N" (Nazaréen) comme à d’autres on accrochait une étoile jaune. Ils étaient quelque 800 000 autour de Mossoul. Il en reste une poignée. 

    Résignés, abandonnés, ils ont choisi le chemin de l’exil. Face la terreur que fait régner sur cette région le nouvel Etat islamique, l’Europe ne peut rester les bras ballants. Que faire ? Les accueillir, oui bien sûr. Mais protéger leur fuite, c’est déjà céder. Il faut condamner et désigner du doigt les pays qui arment ces fanatiques islamiques. Et mobiliser, crier, hurler pour briser le silence grâce auquel on persécute les chrétiens d’Irak. 

    Lire également : 

  • Abbé Grosjean : «Les chrétiens doivent investir la cité »

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    Le grand entretien sur « Figaro-Vox » :

    PHO9c6d70f6-197b-11e4-8bee-3fa0b97b13ef-805x453 (1).jpgFigaro Vox: Que vous inspire la situation des Chrétiens d'Orient? Trouvez-vous que les politiques français se mobilisent assez sur le sujet?

    Pierre-Hervé Grosjean: La persécution des chrétiens d'Orient, et particulièrement ceux d'Irak, est une tragédie qu'on ne peut ignorer. Le Cardinal Barbarin a posé un geste prophétique et fortement symbolique en se rendant lui-même sur place, à leurs côtés. Le Primat des Gaules rappelle ainsi non seulement la communion spirituelle, mais aussi le lien historique qui existe entre la France et les chrétiens d'Orient. Je me réjouis de voir se mobiliser peu à peu des politiques de tout bord. Mais comme le disait l'un d'eux, les paroles ne suffisent plus, il faut des actes pour sauver ces chrétiens et leur permettre de rester dans leur pays. C'est maintenant au Président de la République de s'engager. Nous savons défendre nos intérêts économiques et stratégiques partout dans le monde, et c'est bien. Mais saurons-nous protéger nos frères persécutés? Leurs regards sont tournés vers la France, protectrice des minorités.

     L'Opinion a titré le 28 Juillet «le lobby catho sur tous les fronts» pour décrire la mobilisation intense des catholiques français au sujet des chrétiens d'Irak. Reconnaissez-vous l'existence de ce lobby catho? Les catholiques français ont-ils aussi tendance à se «communautariser»?

    Ce mot lobby n'est pas tout à fait juste, car les catholiques ne défendent pas des intérêts particuliers, mais le bien commun. Ils ont conscience que leur foi les engage à servir la dignité de la personne humaine, à protéger les plus fragiles, du migrant à l'enfant à naître, en passant par le malade en fin de vie, le chômeur ou l'enfant au cœur des débats sur la famille. Les catholiques, loin de tout communautarisme qui les ferait se replier sur eux-mêmes, ont au contraire moins de complexes à assumer ce qu'ils sont et le message qu'ils portent. Ils prennent leur place dans la vie de la cité et dans les débats qui peuvent l'animer. C'est leur droit, et même leur devoir.

    Vous animez l'association «Acteurs d'avenir», qui a pour ambition de former des jeunes chrétiens des grandes écoles à une conscience politique, en les faisant notamment rencontrer des «décideurs publics». Quel est l'objectif à long terme? Former des chrétiens politisés qui puissent envahir la cité et se réapproprier le débat public?

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