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Philosophie - Page 5

  • Un "plaidoyer pour un renouveau hespérialiste de l’Europe"

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    Du site  "Pour une école libre au Québec" :

    Pro renovatione occidentis

    Immigration de masse, déclin des valeurs, théorie du genre, radicalisation, sociétés parallèles, cartels politiques, polarisation sociale, crise de la dette — où que l’on regarde, l’Europe semble se désintégrer devant nos yeux : l’universalisme politiquement correct nous a menés au bord du gouffre. Il est grand temps pour un retour à ces valeurs qui, jadis, furent à la racine de la grandeur de l’Occident, si nous voulons éviter les pires scénarios.

    Ceci ne sera possible que grâce à un renouveau fondamental de l’Europe sur base d’une idéologie politique que nous voudrions appeler « hespérialisme » : d’un côté, nous avons besoin d’une Europe assez forte pour protéger l’État-nation individuel contre la montée de la Chine, l’explosion démographique de l’Afrique, les relations difficiles avec la Russie et la radicalisation du Proche Orient. Mais d’un autre côté, une telle Europe ne sera acceptée par le citoyen que si elle reste fidèle aux traditions historiques de l’Occident au lieu de les combattre au nom d’un universalisme multiculturel chimérique.

    Défense de la famille naturelle, régulation sévère de l’immigration, retour à la Loi Naturelle, protection d’un modèle économique socialement responsable, implémentation radicale du principe de subsidiarité, renforcement des racines culturelles de notre identité et renouveau de notre sens de la beauté - voici, en quelques mots, les bases d’une nouvelle Europe « hespérialiste ».

    « En lisant Engels, il m’est venu cette idée bizarre, et même incongrue, que Nietzsche, s’il vivait aujourd’hui, serait peut-être le premier à souhaiter un renouveau du catholicisme. Alors qu’il a combattu avec acharnement le christianisme comme “religion des faibles”, il se rendrait compte, aujourd’hui, que toute la force de l’Europe résidait dans cette “religion des faibles” ; et que, sans elle, l’Europe est condamnée… »

    MICHEL HOUELLEBECQ

    Renovatio Europae - Plaidoyer pour un renouveau hespérialiste de l’Europe
    sous la direction de David Engels,
    et les contributions de Chantal Delsol, David Engels, Alvino-Mario Fantini, Birgit Kelle, Zdzisław Krasnodębski, András Lánczi, Max Otte, Jonathan Price et Justyna Schulz,
    paru aux éditions du Cerf,
    à Paris,
    le 16 juillet 2020,
    232 pages,
    ISBN-13 : 978-2204140355

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  • Un livre détonnant du cardinal Müller : "La Vérité, ADN de l'Eglise"

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    De KathNet.news :

    "Seule la vérité vous rendra libre !"

    - À Lohmann/Kard Müller : "La vérité - l'ADN de l'Église"

    17 septembre 2020

    Entretiens de Martin Lohmann avec Gerhard Cardinal Müller - Martin Lohmann dans l'interview de kath.net sur le nouveau livre : "Au cours des derniers mois, certaines personnes ont cru devoir chercher et trouver l'ADN de l'Eglise ailleurs."

    Cologne-Rome (kath.net) Il s'agit d'une "provocation nécessaire, un appel pour sortir de l'auto-anesthésie qui existe surtout malheureusement dans l'Eglise en Allemagne", dit Martin Lohmann à propos de son nouveau livre, qu'il a écrit avec le cardinal Ludwig Müller. Kath.net s'est entretenu exclusivement avec le journaliste et théologien catholique, dont la devise est depuis des décennies le passage bien connu de l'Evangile de Jean 8,32 : "Veritas Liberabit Vos - La vérité vous rendra libre".

    kath.net : M. Lohmann, votre nouveau livre est publié juste à temps pour l'automne d'une année qui est aussi un défi pour l'Église. Il s'agit d'une vaste conversation avec le cardinal allemand Ludwig Müller, l'ancien gardien suprême de la foi de l'Église. Il porte le simple titre de "Vérité". Dans le sous-titre, nous lisons "L'ADN de l'Eglise. Pourquoi ce titre simple mais provocateur ?

    Martin Lohmann : Vous avez raison. Ce titre est aussi naturel que provocateur. Mais surtout, ce dont il s'agit est tellement nécessaire et urgent. Prenez-le au pied de la lettre : il s'agit d'inverser le courant des priorités. Car dans l'Eglise, il y a en effet le danger, bien visible à la lumière du jour, de voir s'évaporer le goût de Dieu et la fidélité à la vérité. Beaucoup ne savent plus que, par exemple, Jésus de Nazareth n'était pas seulement Jésus, mais aussi le Christ, le Fils de Dieu. Et ce Christ, avec l'autorité de son être, par exemple, a dit qu'il était le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père si ce n'est par Lui.

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  • Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ? Cinq cours de Michel Ghins à l'UDA

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    Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ?

    Bruxelles Woluwe

    Michel Ghinsprof. émérite de la Faculté de philosophie, arts et lettres donnera cinq cours de 2h, accessibles à tous, sur la Métaphysique des lois scientifiques dans le cadre de l’UDA (Université des Aînés).

    Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ?

    Qu’est-ce qu’une loi scientifique ? Dans quelle mesure sont-elles vraies ? Quelles sont les réalités susceptibles de les rendre vraies ? Les lois régissent-elles les changements dans la nature ou faut-il avoir recours à des réalités encore plus fondamentales ? Ces réalités sont-elles alors des entités métaphysiques, c’est-à-dire inaccessibles à l’observation, mais dont nous avons de bonnes raisons de croire qu’elles existent ?

    Pour répondre à ces questions, de nouvelles métaphysiques de la nature sont aujourd’hui proposées. Elles s’inspirent de traditions platonicienne ou aristotélicienne, tout en tenant compte des acquis récents de la philosophie et des sciences contemporaines. Ce cours a pour objectif d’évaluer les mérites et les difficultés de ces métaphysiques, et ce dans un langage accessible à tous.

    Quand ? Les mardis 20, 27 octobre et 10, 17, 24 novembre de 10h45 à 12h45

    Mardi 20 octobre : Qu’est-une théorie scientifique ?

    Mardi 27 octobre : Nos meilleures théories scientifiques sont-elles vraies ?

    Mardi 10 novembre : Comment argumenter en faveur de la vérité (partielle et approximative) des lois scientifiques ?

    Mardi 17 novembre : Les conceptions empiristes des lois sont-elles satisfaisantes ?

    Mardi 24 novembre : Comment le recours à des pouvoirs causaux, semblables aux puissances aristotéliciennes, permet-il de fonder la nécessité des lois de la nature ?

    Les cours auront lieu sur le campus de l’UCL à Bruxelles (Woluwé-Saint-Pierre). L’auditoire n'est pas encore fixé mais sera communiqué via la page Facebook de Michel Ghins.

    Rendez-vous le mardi 20 octobre à 10h15 aux bureaux de l'UDA Av. de l'Assomption 73 à Bruxelles. Le cours débute à 10h45.

    Plus d'info sur :

    https://bit.ly/2Zt2lt3

  • En vue de quoi vivons-nous?

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    Des Editions Téqui :

    la-lumiere-de-la-finalite
    La lumière de la finalité

    entre intelligence et foi

    Jean d’Alançon
     
    25.00

    Le livre de Jean d'Alançon propose une réflexion appuyée sur la grande tradition philosophique, surtout celle d'Aristote et de saint Thomas, mais aussi de Platon, de Plotin et de saint Augustin, afin de répondre à la question : « En vue de quoi vivons-nous ? »

    La pertinence de cette question est mise en relief par le fait que la fin y apparaît comme la cause de toutes les autres causes. C'est en effet dans le but accompli que réside la perfection. L'auteur en déploie la vertu explicative depuis l'existence originelle jusqu'à sa perfection la plus excellente. Il éclaire ainsi de la lumière de la fin les divers niveaux de la réalité, du mouvement jusqu'au plus haut exercice de l'intelligence humaine contemplative et de son objet ultime : la connaissance de Dieu, là encore selon les diverses modalités impliquées par les différentes sources de cette connaissance.

    Ce livre, qui va à l'essentiel sans détours trop érudits, contribuera sans aucun doute à redonner une boussole sérieuse à nos contemporains souvent désemparés.

    L'auteur Officier de Cavalerie, DRH, puis dirigeant d'organisations professionnelles, Jean d'Alançon, docteur en philosophie, master en théologie, a fondé en 2010 l'« École de la vie réelle » où il se propose de transmettre sa recherche centrée sur la personne humaine, entre intelligence et foi, dans l'esprit du Compagnonnage dont il est l'ami.

  • La philosophie d’Emmanuel Macron

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    L’inqualifiable loi bioéthique, votée en catimini cet été par l’Assemblée nationale française ( 101 députés seulement sur 557 ont voté le projet de loi bioéthique en 2e lecture, par 60 voix pour, 37 contre et 4 abstentions) oblige à s’interroger sur la philosophie profonde du pouvoir actuel et de son principal responsable, Emmanuel Macron. Un billet de Gérard Leclerc publié sur le site web de « France Catholique » :

    "Même si le président n’apparaît pas directement dans cette affaire gravissime, sa responsabilité n’en est pas moins directement engagée, et c’est bien lui qui a pensé et mûri les lignes directrices d’un programme qui s’impose aujourd’hui en termes législatifs. Ce programme va bien au-delà des options classiques de la politique, il comporte des dimensions que l’on peut appeler métapolitiques, pour ne pas dire métaphysiques. Lorsqu’on évoque des changements de civilisation, on désigne forcément des options qui mettent en jeu notre conception de l’homme, sa nature, sa destinée. Et de ce point de vue, l’on est obligé de constater aujourd’hui des bouleversements qui portent atteinte aux principes même de notre tradition telle qu’elle s’est formée depuis les lois non-écrites d’Antigone, les commandements bibliques et la charte des béatitudes évangéliques.

    On est en droit d’interpeller Emmanuel Macron à ce propos. Quels sont ses choix philosophiques, en fonction de quelle doctrine se détermine-t-il pour formuler ses réformes aux enjeux anthropologiques évidents, celles que l’on appelle « sociétales » ? On ne saurait, sur un tel sujet, en rester à des intuitions partielles ou des impressions lacunaires. La pensée du président de la République, qui se veut absolument novateur par rapport à ses prédécesseurs et aux systèmes idéologiques en cours, se doit d’être analysé avec rigueur. C’est pourquoi on sait gré au professeur Frédéric Rouvillois d’avoir entrepris ce travail indispensable, avec le mérite d’aller jusqu’au bout, c’est-à-dire de mettre en évidence ce qu’on pourrait appeler un credo personnel. L’auteur défend une thèse, celle de l’étroite connivence de l’intéressé avec le saint-simonisme, cette idéologie du XIXe siècle, qui a tant marqué les esprits et s’offre comme un système complet d’interprétation du monde, avec y compris ses aspects religieux. Saint-Simon se voulait inventeur d’un nouveau christianisme.

    Sans doute peut-on se demander si notre président adopte des conclusions aussi extrêmes. Mais Frédéric Rouvillois nous oblige à envisager très sérieusement la question avec sa lecture acérée du fameux discours des Bernardins. Les catholiques eux-mêmes n’ont-il pas été bercés par ce discours, d’ailleurs admirablement écrit par une plume experte, par tout ce qu’il comportait de bienveillance et d’éloge à l’égard de leur foi. Mais justement, notre auteur se charge de démontrer combien l’orateur enfermait ses auditeurs dans un piège redoutable. Ce christianisme dont il faisait l’éloge n’était-il pas, sous des aspects essentiels, dépassé par l’évolution générale ? Macron rejoignait ainsi le saint-simonisme dans sa prétention à assumer un devenir auquel toutes les religions du passé ne sauraient prétendre. Dans son essai intitulé Révolution, et qui formule ses convictions dans la bataille électorale, il est radical dans l’énoncé de sa certitude : « Dans les temps qui sont les nôtres, il est nécessaire de placer l’amour de nos projets communs, la République et le respect des autres, la morale des droits, au-dessus de nos croyances quelles qu’elles soient. » Autrement dit, même le christianisme ne saurait apporter de lumière et de solutions décisives aux questions actuelles de civilisation. C’est pourquoi, assène Macron dans son discours des Bernardins, « la voie de l’Église ne peut être injonctive (…). Elle ne peut dès lors être que questionnement. »

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  • Le port du masque obligatoire : un réel problème de conscience

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    Des propos recueillis par Pauline Quillon sur le site de Famille Chrétienne :

    Martin Steffens : « Qu’aurait fait saint François à l'heure du masque obligatoire ?»

    1/09/2020

    Steffens

    Martin Steffens ©N.LEBLANC-ITEM

    Le port du masque est désormais obligatoire en entreprise, à l'école, et dans de très nombreuses villes de France. Le philosophe Martin Steffens estime que cette obligation généralisée pose un réel problème de conscience. Entretien avec un « prophète de malheur ».

    La décision de faire porter des masques à tous, partout, y compris à l’école ou à l’extérieur, est-elle critiquable ?

    Quand une décision politique concerne toute la population, il doit y avoir une réflexion libre, donc critique. Problématiser la généralisation du masque est un devoir citoyen. Il ne faut pas craindre de se trouver pris entre deux préoccupations légitimes : la remontée de l’épidémie et l’adoption progressive et irréversible d’habitudes incompatibles avec une vie sociale épanouie. Le déconfinement se révèle comme l’extension du confinement à toutes les sphères de notre vie. Ce n’est pas rien !

    Sur le plan politique, on doit se demander par exemple quel est le statut légal de ces mesures. Est-ce un décret ? L'état d'urgence, dont on est censé être sorti, est en toute rigueur de termes ce qu’on appelle une dictature, c'est-à-dire la délégation, normalement temporaire, de toutes les décisions au seul gouvernement. Or la dictature n’est ni un état politique normal, ni donc quelque chose à quoi s’habituer.

    D’autant que, sur le plan des faits fermement établis, aucun cluster en plein air n’est à signaler. Ainsi, quand Jean Castex a évoqué de la nécessité d’étendre le port obligatoire du masque en extérieur, Martin Blachier, médecin épidémiologiste et spécialiste en santé publique, confiait dans La Croix, avec quelques autres collègues médusés (13 août 2020) : « En entendant cela, j’ai failli tomber de ma chaise. »

    Et le masque à l'école...

    Pour les enfants, suivre six heures de cours avec un masque, c’est terrible. Le philosophe italien Giorgio Agamben dit que le camp de concentration est le modèle de la gestion des corps dans nos démocraties. Ce propos, choquant, trouve dans les mesures sanitaires imposées à nos enfants une terrible illustration. Pourquoi se soucie-t-on si peu de la violence qu’on leur inflige ?

    Que change le port du masque dans notre relation aux autres ?

    Bruno Chenu disait que la religion chrétienne est la religion du visage. Nous sommes la civilisation du visage et, dans notre Histoire, ce n’est jamais impunément que le visage a disparu. Car qu’est-ce que le visage ? C’est ce que je confie à autrui. Car le visage est la part de moi que mon interlocuteur voit mais que, moi, je ne peux voir. Je le lui offre, nu, en espérant qu’il saura l’accueillir et l’habiller d’un sourire. Avoir un visage, c’est ainsi accepter de ne pas s’appartenir tout à fait. Dans le visage à découvert, il y a tout le risque de la relation.

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  • Les 70 ans d'Humani Generis, une encyclique à relire

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    D'Aurelio Porfiri sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    70 ANS APRÈS L'ENCYCLIQUE

    Humani Generis, le combat contre l'erreur

    12-08-2020

    Le 12 août 1950, Pie XII promulgue "Humani Generis", une encyclique "sur certaines fausses opinions qui menacent de subvertir les fondements de la doctrine catholique". C'est un document d'une grande actualité, qui donne les repères pour une juste relation entre la foi et la raison, et indique la tâche des philosophes et théologiens catholiques face à la pensée moderne

    Au nom d'une idée fausse de la miséricorde, il semble que le mot "tolérance" signifie depuis peu que tout est permis. "Il est interdit d'interdire", ont déclaré les agitateurs de Soixante-huit. Cela nous fait donc beaucoup réfléchir à un document promulgué il y a exactement soixante-dix ans par le grand Pie XII : Humani Generis (12 août 1950), "sur certaines fausses opinions qui menacent de subvertir les fondements de la doctrine catholique".

    Cette encyclique, publiée au cours d'une année sainte, peut être considérée comme l'un des grands documents de ce pontife, qui nous a laissé un trésor magistral vraiment imposant. Pensons à "Mediator Dei" en ce qui concerne la liturgie.

    Dans l'introduction de "Humani Generis", Pie XII explique que la raison humaine peut rationnellement en venir à concevoir l'existence de Dieu, mais il prévient que des erreurs de toutes sortes peuvent se glisser dans l'âme des fidèles. Bien que la grâce de Dieu soit toujours à l'œuvre, nous sommes toujours victimes du péché originel. Le pape Pacelli aborde immédiatement les questions importantes qui menacent la doctrine catholique, comme l'évolutionnisme, le communisme, l'existentialisme, l'historicisme, etc.

    Voici une déclaration très sage du Pontife :

    "Les théologiens et les philosophes catholiques, auxquels incombe la lourde charge de défendre la vérité divine et humaine et de l'inculquer à toutes les âmes, n'ont pas le droit d'ignorer ni de négliger les systèmes qui s'écartent plus ou moins de la droite voie. Bien plus, il leur faut les connaître à fond, d'abord parce qu'on ne peut guérir que les maux que l'on connaît bien, puis parce que dans les systèmes erronés peut se cacher quelque lueur de vérité, et parce qu'enfin ces erreurs poussent l'esprit à scruter avec plus de soin et à apprécier mieux telle ou telle vérité philosophique et théologique."

    Pie XII nous invite donc à bien connaître ces opinions, ces déviations, car ce n'est qu'en les connaissant bien que nous pourrons les affronter. Mais le Pape souligne également un problème qui découle de la déclaration ci-dessus ; c'est le fait que de nombreux savants n'ont pas affronté ces déviations avec l'esprit qu'il suggérait, mais les ont presque épousées, les ont substituées à ces préceptes et fondements de la doctrine chrétienne qui jusqu'à ce moment avaient toujours été considérés comme certains et immuables.

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  • Anthropologie chrétienne : de l’Arbre de la Connaissance à l’Arbre de Vie

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    L'homme ne peut rien créer, il ne peut tout au plus que recomposer. Cette capacité lui permet, lorsqu'il se met humblement et respectueusement au service des idées qui sont déjà contenues dans la création, de se faire le collaborateur et le gardien du jardin de Dieu. Mais lorsqu'il se prétend l'auteur, la création est en danger.  

    Voilà qui aurait pu rencontrer aussi l’assentiment d’un avatar de la modernité :  le monde de l’écologie, s’il était autre chose qu’une nébuleuse socio-politique à la mode, ambigüe et superficielle.

    Plus intéressant est de relire à ce sujet quelques pages de l’un des livres d’entretiens de Peter Seewald avec Joseph Ratzinger, paru en 2000 sous le titre « Voici quel est notre Dieu » (Plon, Mame, pp. 91 à 95).

    Un extrait publié en 2011 par le site « Benoit et moi » nous y invitait déjà en ces termes : « depuis l’an 2000, la machine s'est emballée, mais les propos du Cardinal Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi à propos de la manipulation de la vie restent totalement d'actualité, et d'une certaine façon prophétiques ». A cet égard, rien n'a changé, au contraire, dans le monde pandémique qui submerge aujourd’hui la terre entière et pourrait utilement porter à la réflexion.

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    « -Peter Seewald. Si cueillir les fruits de l'arbre de la connaissance fut déjà une faute, le créateur, dans le récit biblique, met en garde avec insistance contre un autre tabou, plus grand, oui, le tabou absolu qu'est la mainmise sur l'arbre de la vie.

    Il est dit dans la Genèse que le Seigneur Dieu « posta les chérubins à l'orient du jardin d'Éden avec la flamme de l'épée foudroyante pour garder le chemin de l'arbre de vie » (Gn 3, 24b) jusqu'au dernier jour. Le Seigneur Dieu dit : « Voici que l'homme est devenu comme l'un de nous par la connaissance du bien et du mal. Maintenant, qu'il ne tende pas la main pour cueillir aussi le fruit de l'arbre de la vie, en manger et vivre à jamais ! » (Gn 3, 22) S agit-il là d'une ultime limite clairement fixée ? La franchir, est-ce à coup sûr aller vers notre propre destruction ?

    - Card. Ratzinger : Ces grandes images bibliques resteront inépuisables pour nous et jamais totalement dépassées. Au-delà de toute connaissance elles recèlent des dimensions toujours nouvelles.

    Je voudrais d'abord m'arrêter à l'interprétation classique de cette image, telle que l'ont commentée les Pères dans la foi. Ils font remarquer que l'homme n'a été exclu de l'arbre de vie que lorsque, mangeant le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, il s'est hissé à un rang inconvenant pour lui. Il avait arraché quelque chose qui, s'il s'en attribue le pouvoir de façon égoïste, ne peut que lui être fatal. Répondant à cette nouvelle situation, Dieu dit que l'homme ne doit pas aussi tendre la main vers l'arbre de vie : être immortel dans ces conditions équivaudrait effectivement à une damnation.

    C'est pourquoi l'exclusion de l'arbre de vie, liée à la destinée mortelle, est une grâce. Si nous devions être immortels dans la condition qui est la nôtre actuellement, ce ne serait vraiment pas une situation enviable. Pour une vie caractérisée par tant d'égarements, la mort, tout en restant une contradiction et pour l'individu un événement tragique, ne constitue pas moins une grâce car, autrement, ce genre de vie serait éternel et le monde totalement inhabitable.

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  • Covid19 : le retour de la fatalité ?

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    De Jérôme Poignon sur le site « Boulevard Voltaire » : 

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    Tremblements de terre, raz-de-marée, ouragans : catastrophes naturelles normales parce que naturelles. Elles possèdent à chaque fois un périmètre et l’on sait leur durée. Mais aujourd’hui, un danger mortel investit durablement toute la Terre.

    De même qu’il y a cent ans, nous sommes impuissants devant un mal souverain – opportunément « couronné » – qui nous plonge dans la sidération, l’hystérie et le dénuement. Pourtant, c’est une catastrophe naturelle, elle aussi. Car il est inutile de savoir qui a vendu au marché un pangolin suspect ou qui a laissé une fenêtre ouverte dans un mystérieux laboratoire P4 : le marchand chinois ignore sa bévue et le laborantin négligent est couvert par le secret défense… L’ignorant et l’apprenti sorcier ploient ensemble maintenant sous un virus létal disséminé et invaincu depuis des mois.

    L’ubiquité du danger souligne douloureusement l’adversité essentielle de notre environnement. Tout notre labeur ne vise qu’à lutter, au moins pour survivre et au mieux pour aspirer à un éden mythique. Mais la nature n’est toujours que partiellement comprise et maîtrisée : on ne peut saisir intégralement que sa propre création et, en fait, nous ne créons rien de matériel. Notre génie scientifique est limité à l’observation et l’assemblage des éléments qui nous entourent et de ceux qui nous composent. Les savants poussent des frontières mais ne peuvent les traverser ; l’art seul permet d’entrevoir l’autre côté du miroir.

    Puisque être dans la nature, c’est être aussi de la nature, l’instabilité de cette dernière est consubstantielle à notre condition et le destin du puissant n’est pas plus assuré que celui du manant. De même que la tuile qui tombe du toit ne choisit pas sa cible, de même nul ne peut savoir « ni le jour ni l’heure ». 

    C’est bien un appel à l’humilité qu’inspire la tragédie : humilité à l’égard de la nature et compassion des uns envers les autres pour les vies arrachées. Mais après les bacchanales médiatiques, sportives et politiques célébrant une mobilité retrouvée, l’égoïsme, l’arrogance et la rancœur surgiront d’autant plus violemment que les suites du grand bond en arrière seront dures à supporter.

    Pour traverser les épreuves, les poètes et les artistes sont des soutiens lumineux : leurs chefs-d’œuvre renvoient parfois du monde une image décalée. Or, voir différemment, c’est sans doute voir autre chose »…

    Ref. Covid19 : le retour de la fatalité ?

    La vie en ce monde passe comme le songe d’une nuit d’été ou plutôt, selon le mot abrupt de sainte Thérèse d’Avila, comme une mauvaise nuit dans un mauvais lieu où la fatalité finit toujours par l’emporter sur la liberté. L’espérance n’est pas pour ce monde mais en l’autre. Un virus minuscule nous le rappelle. En exergue de l'avis mortuaire d'une personne proche décédée ce mois-ci, je trouve cette citation de Newmann qui exprime plus élégamment la même chose: " Ex umbris et imaginibus in veritatem", "loin des interrogations et des discussions stériles, enfin dans la vérité". 

    JPSC

  • Chantal Delsol : le crépuscule de l’universel

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    Lu sur le site web du mensuel « La Nef » :

    Le-crepuscule-de-l-universel.jpg« Chantal Delsol, bien connue de nos lecteurs, a publié Le crépuscule de l’universel, essai remarquable dont elle nous parle ici. Entretien :

    La Nef – Comment expliquez-vous que la culture occidentale soit la seule à avoir eu une prétention universelle ?

    Chantal Delsol – Cela vient du monothéisme juif et chrétien, et plus fondamentalement de l’apparition de l’idée de vérité. Les autres cultures étaient fondées sur des mythes, qui sont idiosyncrasiques, c’est-à-dire valables seulement pour la culture qui les abrite. Les cultures précédentes avaient des dieux multiples, attachés à des villes ou à des régions précises. La croyance en un Dieu unique et réel – considéré comme une vérité et non comme un récit ou mythe – engage l’idée d’universel. Une vérité est pour tout le monde, ou n’existe pas. Plus tard, l’universalisme s’est étendu aux droits de l’homme, considérés comme une vérité morale valable pour tous les humains. Depuis l’avènement du monothéisme, l’universalisme est notre mode de pensée. C’est ce qui explique que la science se soit développée en Occident.

    Vous montrez comment cette prétention est aujourd’hui combattue, notamment par la Chine, la Russie, les pays musulmans, et en même temps vous reconnaissez qu’il existe un « effet cliquet » qui fait qu’en matière d’émancipation on revient rarement en arrière : comment alors espérer revenir sur les dérives de la postmodernité, notamment en matière anthropologique ?

    Il y a deux questions dans votre question.

    Cette prétention universaliste est en effet vivement combattue aujourd’hui par plusieurs cultures, ce qui ne signifie pas que nous allons revenir en arrière, mais que le monde se trouve dès lors séparé entre ceux qui acceptent la modernité occidentale, et les autres. Il me semble, plutôt que de parler comme l’avait fait Huntington de conflit de civilisations, de voir là un débat entre l’individualisme et le holisme. D’autant que ce débat existe aussi au sein même de l’Occident (Trump versus Clinton, Orban versus Macron).

    Oui je crois qu’il y a un effet cliquet. Je ne crois pas du tout que nous pourrons en France revenir à l’interdiction des études supérieures aux femmes. Ou bien recommencer à penser que pour les hommes toute femme est une forme de gibier. Personnellement je n’y crois pas, à moins évidemment que nous soyons occupés par une autre culture, différente. Je crois que les véritables dérives anthropologiques sont rares : par exemple, le mariage entre deux personnes du même sexe en est une (ne serait-ce qu’en raison du nom qui a été donné : « mariage » qui est une violation voulue des significations). Dans ces cas-là, oui je crois que nous reviendrons dessus, et même qu’il pourra y avoir des « repentances ».

    Vous expliquez très clairement les paradigmes qui s’opposent entre, d’un côté, l’universalisme occidental qui joue sur l’émancipation en s’appuyant sur l’individualisme et le cosmopolitisme, et, d’un autre côté, les cultures plus holistes qui pensent que la liberté a besoin de limites (responsabilité) et l’homme besoin d’enracinement ; l’Union européenne est l’archétype du premier paradigme et ne semble pas prête de vouloir en changer : une évolution vous semble-t-elle cependant possible, et comment ?

    C’est la raison de mon intérêt de vieille date pour les sociétés d’Europe centrale. Elles sont plus raisonnables que nous sur bien des points, parce qu’elles ont souffert, parce qu’elles n’ont pas vu passer les Trente Glorieuses qui nous ont gâtés, parce qu’elles sont souvent plus spirituelles que nous. J’espère beaucoup qu’elles contribueront à modérer les bacchanales individualistes de l’Europe institutionnelle…

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  • Une idolâtrie de la préservation de la vie ?

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    De Bosco d'Otreppe sur le site de la Libre :

    Pourquoi le coronavirus suscite-t-il notre effroi ?

    Olivier Rey consacre à cette question "L’Idolâtrie de la vie", son dernier essai aux réflexions vertigineuses.

    Qu’est-ce qui a changé ? Durant des siècles en France, de graves famines ne suscitèrent tout au plus que quelques émeutes locales. Personne, jusqu’au XVIIe, ne songeait à vilipender le roi, bien impuissant face aux grêles, aux gels ou aux sécheresses. Dès le XVIIIe pourtant, des périodes de disettes, moins importantes que les précédentes, participèrent à enflammer une Révolution et à renverser le pouvoir. Pourquoi ?

    La différence, explique le philosophe français Olivier Rey, tient à la politique des rois qui, dès Louis XIV, envoyèrent leurs administrations sillonner le pays pour établir des "états d’apparence", estimer les récoltes et organiser les importations nécessaires pour atténuer les famines. Or, un des résultats de cette politique "fut le développement d’une nouvelle tendance dans l’opinion : une propension à considérer qu’un défaut de subsistance était imputable au gouvernement."

    Il en va ainsi, observe Olivier Rey : "Plus le pouvoir central porte secours aux citoyens, plus ceux-ci sont enclins à lui reprocher les maux dont ils souffrent." Sans blanchir les gouvernements, le philosophe constate que les réactions suscitées par l’épidémie de coronavirus ont donné de cette tendance dans l’opinion "une illustration spectaculaire". Sans doute n’est-ce pas un hasard, à une époque qui nous a habitués à dépendre de systèmes qui nous dépassent, et sur lesquels nous n’avons aucune emprise, pour subvenir à chaque aspect de nos vies (se nourrir, se soigner, se vêtir, se déplacer…).

    Que devient la mort ?

    Est-ce pour cela que cette pandémie, qui en des temps précédents n’aurait sans doute engendré qu’une "vaguelette" dans l’opinion (qui se souvient de la grippe de Hong Kong en 1969 ?), y a pris des dimensions de "tsunami planétaire" ? C’est la première hypothèse du philosophe. Mais l’auteur va plus loin.

    Jusqu’il y a peu, "en tant qu’il commande un respect absolu, le sacré se trouvait placé au-dessus de la vie - ce pourquoi il pouvait, le cas échéant, réclamer le sacrifice de la vie." Mais avec la sécularisation de la société, la vie ne s’est plus inscrite dans des perspectives, religieuses ou non, qui la dépassent ou lui donnent sens : elle a pris elle-même la place du sacré. Et pas n’importe quelle "vie". La vie telle que considérée aujourd’hui n’est plus "l’union de l’âme et du corps" (comme la définissaient les dictionnaires du XVIIIe), mais la "vie-nue", c’est-à-dire la vie organique, matérielle, biologique, "réduite au simple fait d’être en vie".

    Or, si les gouvernants doivent sauver des vies (car la lutte contre la mort est au fondement de leur légitimité), c’est cette vie biologique qu’ils doivent assurer. Ce qui vient en surcroît de cette "vie-nue" a donc été mis entre parenthèses durant l’épidémie. Pensons simplement aux cérémonies funéraires - signes pourtant de notre humanité - qui furent jugées "non essentielles", souligne Olivier Rey.

    Cette forme "d’idolâtrie" qui s’est développée autour de la préservation de la vie organique se marque dans tous les enjeux de notre temps, insiste l’auteur. Il suffit de penser aux avancées technologiques. Quand il s’agit de s’opposer au développement de la 5G ou de l’intelligence artificielle par exemple, les seuls arguments qui valent sont d’ordre sanitaire : ces dispositifs sont-ils dangereux pour la santé ? Au cœur du débat on ne retrouve plus la question de savoir si le bien commun et le tissu communautaire nécessitent ces avancées, ni si elles permettront de faire fructifier les vies humaines.

    Mais le fil que tire Olivier Rey est plus long encore. Car s’il n’y a plus que le fait d’être en bonne santé qui compte, que vaut encore la vie ? Et que devient la mort ? La fin de tout, avance l’auteur, "avec laquelle aucun rite ne permet [plus] de composer". La mort devient une épouvante qu’il faut refouler, effacer, retarder, quitte à abdiquer pour ce faire nos libertés fondamentales. "Nous voilà reconduits à la situation décrite par Hobbes, où l’individu accepte de se soumettre au pouvoir absolu du Léviathan en échange de la protection que celui-ci est censé lui assurer contre la mort. La façon dont l’épidémie de coronavirus [est] devenue le sujet à peu près unique de préoccupation […], et la facilité avec laquelle les citoyens ont abdiqué leur liberté d’aller et venir au nom d’arguments sanitaires, sont à cet égard éloquentes."

    Comment sortir de cette sujétion, abandonner notre condition "de dépendants à prétention d’indépendance" ? Le chemin sera long, laisse entendre Olivier Rey qui ne remet pas en cause la nécessité d’un confinement, mais interroge à sa lumière la conception que nous avons de la vie. Il nous faudra réapprendre "à compter sur nous-mêmes", "accepter de laisser certains maux sans remède" et cultiver, à nouveau, "un certain art de souffrir et de mourir". Là serait le prix d’une vie pleinement humaine.

    Lire également : http://www.genethique.org/fr/bibliographie

  • Démontrer l'existence de Dieu ?

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    De Frédéric Guillaud sur le site de la Nef (archive février 2018) :

    La Creazione di Adamo di Michelangelo. Tra linguaggio artistico e ...

    Peut-on démontrer l’existence de Dieu ?

    Même si la question de l’existence de Dieu est peu abordée dans notre France laïque, elle reste une question centrale, lancinante, personne n’y échappe vraiment.

    Démontrer l’existence de Dieu ? Nous avons tous appris au Lycée que c’est impossible ! Pourquoi ? On ne nous l’a pas vraiment expliqué. Cela nous a plutôt été présenté comme un « acquis de la pensée moderne ». La simple évocation de la « Science » et du « Progrès » suffisait à nous impressionner… Mais alors, que faire de tous les grands métaphysiciens qui ont passé leur temps à prouver rationnellement l’existence d’une cause première ? Platon, Aristote, Plotin, Anselme, Thomas d’Aquin, Duns Scot, Descartes, Leibniz se seraient-ils tous trompés ? Nos professeurs auraient été bien en peine de le démontrer. L’essentiel était que la question soit écartée.

    Mais alors pourquoi ? Soyons clairs : il s’agissait moins d’une impossibilité logique que d’un interdit idéologique. En Europe, et particulièrement en France, la Modernité a eu besoin, pour émerger, de s’opposer à la religion, et de la chasser hors de l’espace public. Elle l’a fait manu militari, mais elle l’a aussi fait sur le plan intellectuel. Dans ce contexte, il convenait de considérer que la croyance en l’existence de Dieu (qui constitue le préambule de la foi religieuse proprement dite) ne relève pas du constat rationnel, mais du sentiment subjectif. Des goûts et des couleurs, en d’autres termes. L’enseignement philosophique, comme appareil idéologique d’État, s’est donc beaucoup consacré à accréditer l’impuissance de la raison dans les matières métaphysiques, en tenant pour acquis que les philosophes des « Lumières » (Hume-Kant) puis, plus tard, les philosophes du « Soupçon » (Nietzsche-Marx-Freud) avaient définitivement évacué la question.

    À partir des années 60, l’Église elle-même, dans sa pastorale, a semblé rallier le mouvement général, en abandonnant l’apologétique, c’est-à-dire la défense rationnellement argumentée de la crédibilité de la vraie religion. Saint Thomas d’Aquin a disparu des séminaires ; les vieux manuels ont été vendus au marché aux puces. Le fidéisme, c’est-à-dire l’attitude consistant à séparer complètement la foi de la raison, qui était jusqu’ici un trait typique du protestantisme, a fini par gagner le clergé – sans parler des fidèles. En contradiction formelle avec la doctrine la mieux établie.

    Mais, par un de ces détours dont la Providence est coutumière, la situation est en train de se retourner.

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