Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Religions

  • La France à nouveau catholique dans 45 ans ?

    IMPRIMER

    La France redeviendra-t-elle catholique dans 45 ans ?
    Quand une association musulmane s’inquiète du renouveau catholique

    Fin septembre 2026, alors que le pape Léon XIV terminait sa visite en France, une association musulmane française a provoqué un certain étonnement dans les milieux catholiques. Sur son compte X, Miséricorde pour l’Humanité France a publié un message sans ambiguïté :

    « Dans 45 ans, la France redeviendra catholique et nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer. »

    Ce post, et plusieurs autres publiés autour du 25-26 septembre, ont été repris notamment par le site catholique germanophone kath.net, puis par d’autres médias confessionnels.

    Qui se cache derrière ces déclarations ?

    Miséricorde pour l’Humanité France est une association loi 1901 créée en 2013. Elle se définit comme une organisation d’apologétique islamique dont le but est de « transmettre le message de l’islam » aux non-musulmans, en particulier aux catholiques traditionalistes. Elle refuse les dons des non-musulmans et se présente comme un adversaire théologique respectueux, mais déterminé, du catholicisme.

    Son compte X (@MisericordeF) et sa chaîne YouTube (plus de 100 000 abonnés) sont animés par une personne qui étudie de près le magistère catholique et qui multiplie les analyses stratégiques sur les relations entre islam et catholicisme en Occident.

    Que dit exactement l’association ?

    Face à l’affluence lors des événements du pape (notamment les 80 000 jeunes au Stade de France et la messe en plein air à Paris), l’association dresse un constat amer :

    • Les catholiques, en particulier les Américains, sont mieux organisés, mieux financés et plus déterminés que les musulmans.
    • Depuis les années 1990, l’islam a bénéficié d’une sorte d’« hégémonie spirituelle » en Europe occidentale, faute d’adversaire religieux sérieux (le catholicisme étant alors considéré comme un « catholicisme zombie »).
    • Cette période est en train de se terminer. Les catholiques ont construit une infrastructure missionnaire solide, notamment en direction des musulmans, et dépensent bien plus que les musulmans en apologétique.
    • Les élites musulmanes sont accusées de triomphalisme et de sous-investissement.

    L’auteur des messages se dit « bon joueur » : il reconnaît la force organisationnelle du catholicisme international tout en regrettant que les musulmans n’aient pas su anticiper ce retour.

    Contexte français

    Ces déclarations interviennent dans un moment particulier. Depuis plusieurs années, la France enregistre une hausse significative des baptêmes d’adultes et d’adolescents. En 2026, plus de 21 000 personnes (adultes et jeunes) se sont fait baptiser à Pâques, un chiffre en forte progression. Les grands rassemblements autour du pape ont également montré une présence catholique visible, notamment chez les jeunes.

    Cela ne signifie pas pour autant que le catholicisme redevient majoritaire. La pratique religieuse et les baptêmes d’enfants continuent de baisser fortement depuis des décennies. La prédiction « dans 45 ans » reste donc une interprétation et non une projection démographique.

  • Recul de le liberté religieuse en Espagne

    IMPRIMER

    De zenit.org :

    La liberté religieuse est en recul en Espagne

    57 % de cas supplémentaires par rapport à 2023, selon un nouveau rapport

    18 septembre 2026

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    (ZENIT News / Madrid, le 16 septembre 2026) – L’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience (OLRC) a présenté son rapport 2025 sur les atteintes à la liberté religieuse en Espagne le mercredi 16 septembre 2026. Avec 306 cas documentés, le rapport enregistre le niveau le plus élevé de la série historique de ce rapport, qui a débuté en 2012 : 26 % de plus qu’en 2024 (243 cas) et 57 % de plus qu’en 2023 (195 cas).

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    Deux attaques sur trois visent des chrétiens

    Sur les 306 attaques recensées, 173 (56,5 %) ont visé des catholiques. Si l’on ajoute les 33 cas enregistrés contre les chrétiens en général, les cinq contre les évangéliques et le cas contre les orthodoxes, le total s’élève à 212 ; autrement dit, deux attaques sur trois contre la liberté religieuse en Espagne ciblent les chrétiens. Les catégories ayant le plus d’impact sur cette communauté sont le laïcisme militant (60 cas) et la parodie de la religion (40 cas). Par ailleurs, cinq évangéliques ont été victimes d’attaques et un orthodoxe.

    L’antisémitisme a été multiplié par 13

    Avec 40 cas en 2025 (13 % du total), la communauté juive se classe deuxième en nombre absolu d’attaques. Ce chiffre est particulièrement alarmant, sachant que la population juive en Espagne représente moins de 0,1 % de la population totale. Depuis 2022, les attaques contre les Juifs ont été multipliées par treize.

    Les musulmans ont subi 26 attaques (une augmentation notable par rapport aux 11 de 2024) et les Témoins de Jéhovah, 11. Enfin, 17 cas sont considérés comme visant toutes les confessions.

    Les violences physiques contre les croyants se poursuivent

    Par catégorie, le rapport recense six cas de violence physique contre des croyants (un chiffre identique à celui de 2024). « Que la violence physique contre les croyants se maintienne à six cas est scandaleux. Ce chiffre est disproportionné et ne saurait être toléré. Un seul cas d’agression physique contre une personne en raison de sa foi serait intolérable dans un État de droit. »

    « Derrière chacun de ces six cas se cache une personne agressée physiquement en raison de ses convictions. Rien ne peut justifier de tels actes, et nous exigeons que les autorités les traitent avec la même fermeté que si les victimes appartenaient à un autre groupe », déclare María García, présidente de l’Observatoire pour la liberté religieuse et la liberté de conscience.

    Nouvelles attaques contre des lieux de culte

    En 2025, on a également dénombré 73 attaques contre des lieux de culte et des symboles religieux (59 % de plus qu’en 2024), 50 cas de harcèlement de croyants (67 % de plus qu’en 2024), 72 cas de moquerie envers la religion (7 % de plus qu’en 2024) et 105 cas de laïcité belliqueuse (12 % de plus qu’en 2024), la catégorie la plus nombreuse pour la deuxième année consécutive.

    « Le fait que les attaques contre les lieux de culte aient augmenté de près de 60 % en une seule année est une statistique alarmante pour tout gouvernement soucieux de la coexistence pacifique. Cette augmentation est d’autant plus préoccupante qu’elle affecte le patrimoine des communautés religieuses et leur capacité à pratiquer leur foi normalement. Dans la plupart des cas, les auteurs de ces actes restent inconnus, ce qui entrave les poursuites judiciaires, mais n’exonère pas le public de sa responsabilité de prévenir et de réprimer plus efficacement ces actes », souligne García.

    Le gouvernement espagnol, à l’avant-garde de la responsabilité politique

    Près d’un tiers des attaques proviennent de représentants politiques ou de groupes parlementaires : 105 cas au total. Les principaux partis identifiés comme responsables sont le PSOE (31 cas), Sumar (26) et Podemos (18). Le fait que les deux partis au pouvoir en Espagne figurent en tête de liste constitue, de l’avis de l’Observatoire, une grave responsabilité institutionnelle. Dans le domaine médiatique, RTVE est impliquée dans 5 cas, les attaques ayant débuté le 1er janvier avec l’émission spéciale du Nouvel An, durant laquelle une image caricaturale du Sacré-Cœur de Jésus a été diffusée.

    « Il est inacceptable que la télévision publique, financée par les impôts de tous les Espagnols, y compris les croyants, soit l’un des acteurs les plus fréquemment responsables des atteintes à la liberté religieuse. Il est tout aussi inacceptable que les partis au pouvoir figurent en tête de liste des responsables politiques. Ce n’est pas de la laïcité : c’est une laïcité belliqueuse et une hostilité envers la religion », a déclaré le président de l’Observatoire.

    La liberté artistique comme bouclier

    Le rapport documente l’instrumentalisation systématique de la liberté artistique et d’expression pour justifier la moquerie et le ridicule des croyants, notamment catholiques. Des exemples tirés de la télévision et de la radio publiques et privées, d’affiches de partis politiques et de spectacles de carnaval révèlent un schéma qui se répète année après année. L’Observatoire souligne que ce traitement inégal par rapport aux autres groupes constitue, en soi, une violation du principe d’égalité.

    Répartition géographique

    L’Andalousie (37 cas), la Catalogne (32) et la Communauté de Madrid (31) enregistrent le plus grand nombre d’attaques au niveau régional. À cela s’ajoutent 78 cas d’envergure nationale, recensés par des déclarations institutionnelles, des initiatives législatives et des médias d’État.

    Les exigences de l’Observatoire

    Face à cette situation, l’Observatoire de la liberté religieuse exige du gouvernement et des législateurs espagnols qu’ils protègent les symboles religieux et les lieux de culte, maintiennent le délit d’outrage aux sentiments religieux dans le Code pénal, respectent le droit de prier en public et éradiquent le laïcisme belliqueux des institutions publiques et des médias. « L’Espagne a l’obligation, envers ses citoyens et envers le droit international, de garantir que la liberté religieuse ne soit pas un droit de second ordre », conclut le président de l’Observatoire.

  • Soixante ans de Nostra aetate : ce que la nouvelle Note vaticane cite et ce qu’elle laisse de côté

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Une mémoire sélective : ce que la nouvelle Note vaticane cite et ce qu’elle laisse de côté

    17 septembre 2026

    On a appris depuis longtemps que les documents du Vatican se lisent deux fois : une fois pour le texte et une autre pour les notes, et que c’est souvent la seconde lecture qui compte vraiment. Le document par lequel trois dicastères célèbrent les soixante ans de Nostra aetate récompense cette habitude comme peu d’autres. Il cite ses sources avec générosité et s’arrête, avec la ponctualité d’un horloger, juste avant la phrase où ces sources parlaient de la vérité. Ensuite, il déclare caduque la fermeté que cette vérité soutenait. Et pour finir, il propose comme chemin pastoral une pratique que les mêmes sources excluaient. Trois mouvements, un seul geste.

    Il s’intitule « Un chemin d’espérance », est daté du 16 septembre et porte les signatures des cardinaux Fernández (celui que, nous disaient les enthousiastes, Léon allait foudroyer en quelques heures après l'habemus papam), Koch et Koovakad, à la tête de la Doctrine de la Foi, de l’Unité des chrétiens et du Dialogue interreligieux, avec leurs trois secrétaires. Sous les signatures, deux lignes supplémentaires : « Ex Audientia, 22 juin 2026 » et « Léon PP XIV ». C’est le même schéma avec lequel François a souscrit Fiducia supplicans, et il n’y a aucune raison de l’oublier maintenant que le signataire est un autre. Le Pape a approuvé le texte et en a ordonné la publication, et Donum veritatis enseigne que les documents de la Doctrine de la Foi expressément approuvés par le Pape participent de son magistère ordinaire. La même instruction admet que certains documents magistériels peuvent ne pas être exempts de déficiences. On s’accroche à cette admission. Il faut dire d’emblée ce qu’il ne contient pas, car on n’écrit pas pour le chasseur d’hérésies. Il ne nie rien de façon expresse. Il affirme que le Christ est l’unique Rédempteur, veut un dialogue « libre d’ambiguïtés » qui évite « le relativisme et le syncrétisme » et écarte une grande religion mondiale dans laquelle toutes les croyances seraient mises au même niveau. Il l’écarte, certes, « par respect pour soi-même et pour les autres », ce qui est un motif bien aimable pour rejeter ce que l’on rejetait auparavant parce que c’était faux. Le problème de la Note ne réside pas dans ce qu’elle dit. Il réside dans ce qu’elle fait de ce que d’autres ont dit.

    Elle commence par le Concile lui-même. La Note rappelle que l’Église « ne rejette rien de ce qui, dans ces religions, est vrai et saint » et qu’elle regarde avec estime leurs « manières d’agir et de vivre, les préceptes et les doctrines ». Elle s’arrête là. Nostra aetate ne s’arrêtait pas : elle ajoutait que ces préceptes et doctrines sont considérés avec respect « même s’ils divergent en beaucoup de points de ce qu’elle professe et enseigne », et aussitôt après que l’Église « a le devoir d’annoncer constamment le Christ ». Lorsque la Note revient plus loin sur ce numéro, l’obligation d’annoncer est devenue « l’exigence de fidélité à Jésus-Christ ». Fidélité et annonce ne sont pas synonymes. On peut être fidèle en silence, et le Concile ne demandait pas le silence.

    Avec Paul VI, l’opération est plus fine. La Note loue les cercles concentriques d’Ecclesiam suam, cette géométrie du dialogue qui, selon elle, « s’est révélée programmatique », et renvoie en note au passage où ils sont tracés. Dans ce même passage, en arrivant à ceux qui adorent Dieu dans d’autres religions, Paul VI avertissait qu’il ne fallait pas les regarder comme si toutes étaient équivalentes et déclarait, par loyauté, sa persuasion « que la vraie religion est unique, et que c’est la religion chrétienne ». La Note cite le cercle et saute le centre. C’est comme citer le Credo jusqu’à « créateur du ciel et de la terre » et considérer le reste comme récité.

    Avec Jean-Paul II, la méthode se répète. La Note apporte en note de bas de page l’audience générale du 22 octobre 1986, cinq jours avant Assise, et prend de son numéro 5 une phrase aimable sur des religions qui, après avoir causé des divisions, veulent contribuer à la paix. Elle ne prend pas la phrase immédiatement antérieure, qui rappelait les divergences de fond qui les séparent. Ni le numéro 2, où le Pape affirmait que c’est seulement dans le Christ que les hommes peuvent être sauvés. Ni le 4, où il expliquait pourquoi à Assise il n’y aurait pas de prière commune : on pouvait être présent pendant que les autres priaient, mais on ne peut pas « prier ensemble ». La formule retenue pour la journée fut d’être ensemble pour prier. On garde la distinction, car elle reviendra.

    Dominus Iesus s’en tire encore plus mal. Elle n’apparaît qu’une seule fois, dans une note, sans numéro de paragraphe, comme on mentionne dans un faire-part le parent avec lequel on ne se parlait plus. N’apparaît pas son numéro 22, selon lequel les non-chrétiens peuvent recevoir la grâce divine, mais se trouvent objectivement « dans une situation gravement déficitaire » face à ceux qui possèdent dans l’Église la plénitude des moyens de salut. Jean-Paul II a confirmé cette déclaration « avec une conscience certaine et de son autorité apostolique ». Cette Note porte la formule ordinaire : le Pape l’a approuvée et en a ordonné la publication. Quod non est in actis non est in mundo, disent les canonistes. La Note applique l’aphorisme à ses propres sources.

    Lire la suite

  • Les familles nombreuses sont-elles réellement plus religieuses ?

    IMPRIMER

    L'étude reproduite ci-dessous concerne la société américaine mais est inspirante pour examiner la situation correspondante en Europe.

    Les familles nombreuses sont-elles réellement plus religieuses ?

    Par Brendan Hodge, The Pillar, 11 septembre 2026

    Dans une société où le contrôle artificiel des naissances est largement disponible et accepté, avoir une famille nombreuse est de plus en plus perçu comme un choix pris principalement par des personnes en dehors du courant dominant, souvent pour des raisons religieuses.

    Mais est-ce vraiment le cas ?

    Le sociologue Ryan Burge a récemment examiné la question sur son site Graphs About Religion et a conclu : « Il est juste de dire que les familles nombreuses sont plus susceptibles d’aller à l’église, mais pas de beaucoup. »

    Il a constaté que 33 % des familles avec quatre enfants ou plus allaient à l’église au moins une fois par semaine, tandis que parmi les familles avec un nombre quelconque d’enfants, 29 % y allaient aussi souvent.

    L’association entre familles nombreuses et religiosité est-elle donc un mythe ? Qu’en est-il du stéréotype de la camionnette pleine d’enfants qui se gare devant l’église pour la messe ?

    The Pillar examine les chiffres.

    Burge a tiré ses données de la Cooperative Election Survey (CES) de 2024, une vaste enquête principalement destinée à l’analyse politique, mais qui pose aussi des questions démographiques et religieuses.

    L’enquête est très large : elle interroge environ 60 000 personnes tous les deux ans. Cela est utile, car l’analyse de petites portions de la population exige un échantillon aussi large que possible.

    Pour maximiser la puissance de notre analyse, nous avons utilisé les trois enquêtes CES les plus récentes – 2024, 2022 et 2020 – et les avons combinées en un seul jeu de données.

    Notre objectif est d’examiner les caractéristiques des familles nombreuses. Pour distinguer les familles plus grandes des plus petites, il faut regarder l’âge auquel les gens sont peu susceptibles d’avoir encore des enfants. Cependant, nous voulons aussi des personnes de la même génération approximativement. Mélanger des personnes nées en 1980 avec des personnes nées en 1940 fausserait les résultats : les familles nombreuses étaient plus courantes 40 ans plus tôt, et la génération des années 1940 était généralement plus religieuse que celle des années 1980. Cela ferait artificiellement paraître les familles nombreuses plus religieuses, alors qu’on observerait simplement que les familles plus âgées étaient à la fois plus grandes et plus religieuses.

    Nous avons donc ciblé les personnes âgées de 40 à 55 ans au moment de l’enquête. Ces personnes étaient susceptibles d’avoir terminé leur période de fécondité, tout en n’étant pas trop éloignées de leurs années de procréation. Les enquêtes datant de 2020 à 2024, cela correspond à des personnes nées entre 1965 et 1984.

    Dans ces trois années d’enquête, 38 300 personnes âgées de 40 à 55 ans ont fourni des réponses sur leur nombre d’enfants. Voici la répartition :

    Nombre d’enfants parmi les 40-55 ans

    • 0 : 35 %
    • 1 : 18 %
    • 2 : 24 %
    • 3 : 13 %
    • 4 : 6 %
    • 5 : 2 %
    • 6 : 1 %
    • 7+ : 1 %

    (Source : Cooperative Election Survey 2020, 2022, 2024)

    Un facteur important était de tenir compte du mariage. Quand on imagine la « grande famille religieuse », on pense généralement à un couple unique ayant eu ensemble un grand nombre d’enfants. Il existe cependant d’autres façons d’arriver à une famille nombreuse : deux personnes ayant chacune des enfants de relations antérieures, ou une personne seule ayant eu plusieurs enfants avec différentes personnes.

    Lire la suite

  • Mère Teresa : une vie qui nous parle

    IMPRIMER

    calcutta-mere-theresa-3c.jpg« Durant plus de 40 ans, la vie de Mère Teresa a été consacrée aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux mourants. Cela commença avec l’ouverture du ’mouroir’ de Calcutta pour assurer une fin digne à ceux qui, leur vie durant, avaient vécu "comme des bêtes". En 1996, la congrégation des Missionnaires de la Charité comptait 517 missions dans plus d’une centaine de pays. Il y a actuellement près de 4 000 sœurs Missionnaires de la Charité.

    « Pendant 50 ans la vie de Mère Teresa de Calcutta a été marquée par la grande épreuve spirituelle de la nuit de la foi. Elle était assaillie par le doute concernant l’existence de Dieu. Ces années de nuit intérieure constituent un trait important de sa figure spirituelle. C’était un supplice secrètement enfoui en elle et dissimulé derrière un visage paisible qu’elle avait en public. Personne ne savait qu’elle était aussi tourmentée. Cette épreuve de la nuit de la foi apparaît avec une précision jusque-là inédite avec la publication en 2007 d’un ouvrage compilant 40 lettres rédigées au cours des soixante dernières années de sa vie et qu’elle voulait voir détruites pour certaines.

    « Il y a eu un miracle de Mère Teresa de Calcutta peu après sa mort. Le 5 septembre 1998, lors du premier anniversaire de sa mort, on posa une médaille de la Vierge, que la mère avait portée, sur le ventre d’une indienne qui était atteinte d’un cancer incurable de l’estomac. Le lendemain, à la stupeur des médecins, la tumeur avait disparu ". Le miracle a été reconnu par l’Église.

    « Monseigneur Henri de Souza, archevêque de Calcutta est à l’origine de la demande de canonisation de Mère Teresa. Le processus de béatification de Mère Teresa de Calcutta a été particulièrement rapide : il a débuté en 1999, seulement deux ans après sa mort en 1997, grâce à une dérogation du pape permettant d’écourter le délai habituel de cinq ans. Celle-ci a bénéficié d’un traitement de faveur de la part de Jean-Paul II fervent admirateur. Ses lettres, qui révèlent ses doutes, étaient connues au moment du procès de béatification de Mère Teresa. Elles ont été prises en compte pour la béatification de Mère Teresa de Calcutta (2003).

    (quatre extraits de l’article « Vie et béatification de Mère Teresa de Calcutta » publié sur le site « cybercuré »)

    Un second miracle, la guérison en 2008 d’un Brésilien souffrant d’une tumeur au cerveau, a ouvert la voie à la canonisation qui sera proclamée ce dimanche 4 septembre 2016 par le pape sur la place Saint-Pierre à Rome.   

    La date de la fête de Mère Teresa est le 5 septembre qui est, selon l'expression chrétienne, son "dies natalis" c'est à dire la date de sa mort. Les Missionnaires de la Charité ont choisi la fête du 5 septembre, comme jour de jeûne et de prière en solidarité avec les chrétiens victimes de la violence en Orissa état de l’Inde orientale.

    JPSC

  • La France et la religion (statistiques)

    IMPRIMER
    La France et la religion (statistiques)
     
    - Quelles sont les régions les plus chrétiennes? 

    1) Le Grand Est 2) Les Pays de la Loire 3) La Bretagne 4) L'Auvergne-Rhône-Alpes 5) Les Hauts de France.

    - Quelles sont les régions les moins chrétiennes? 

    1) L'Ile de France, 2) La Provence-Alpes-Côtes d'Azur 3) L'Occitanie 4) La Nouvelle-Aquitaine (notamment le Limousin et la Dordogne) 5) Le Centre-Val de Loire.

    -Quels sont les départements les plus chrétiens? 

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin 3) La Vendée 4) Le Haut-Rhin 5) La Mayenne (ainsi que la Manche).

    -Quels sont les départements les moins chrétiens? 

    1) La Creuse 2) La Nièvre 3) Le Lot 4) L'Ariège 5) La Corrèze (et le Cher).

    -Quels sont les départements qui comptent le moins d'athées? 

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin 3) Le Haut Rhin 4) La Vendée 5) La Seine-Saint-Denis (très forte majorité musulmane)

    -Quels sont les départements les plus athées? 

    1) La Creuse 2) La Nièvre 3) Le Lot 4) L'Ariège 5) La Corrèze.

    -Quels sont les départements les moins islamisés? 

    1) La Creuse 2) La Lozère 3) Le Cantal 4) La haute Loire (et l'Ardèche) 5) Les Côtes d'Armor (et le Finistère).

    -Quels sont les départements les plus islamisés? 

    1) La Seine-Saint-Denis 2) Le Val de Marne (ainsi que les Hauts de Seine, la Seine et Marne et le Val d'Oise) 3) Les Bouches du Rhône 4) Le Rhône 5) Mayotte.

    --Quels sont les départements les plus protestants? 

    1) La Bas-Rhin (et le Haut Rhin) 2) Le Gard 3) La Drôme (et l'Ardèche) 4) Le Doubs 5) La Charente-Maritime.

    Quels sont les départements les moins protestants? 

    1) La Corse 2) La creuse et le Cantal 3) Les Côtes d'Armor et le Morbihan 4) Les Hautes Pyrénées et les Pyrénées Orientales 5) Le Pas de Calais et les Ardennes. 

    -Quels sont les départements les plus catholiques?

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin 3) La Vendée 4) La Mayenne et la Manche 5) Le Maine et Loire et les Deux-Sèvres.

    -Quels sont les départements les moins catholiques?

    1) L'Ariège 2) La Creuse 3) Le Lot 4) La Nièvre 5) La Dordogne.

    -Quels sont les départements où la pratique religieuse est la plus forte?

    1) La Moselle (ainsi que le Bas-Rhin et le Haut Rhin) 2) La Vendée 3) La Mayenne (et les Deux-Sèvres) 3) Le Morbihan (et le Finistère) 4) Les Pyrénées-Atlantiques

    -Quels sont les départements où la pratique religieuse est la plus faible?

    1) La Nièvre 2) La Creuse et la Corrèze 3) Le Lot et l'Ariège 4) La Dordogne.

     
    LA FRANCE ET LA RELIGION
    Panorama des répartitions régionales et départementales
     
    1. Répartition Régionale du Christianisme
    2026_08_25_08_53_18_1_Greenshot.png
    2026_08_25_08_54_33_2_Greenshot.png
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    2. Répartition Départementale du Christianisme
    2026_08_25_08_54_33_2_3_Greenshot.png
    2026_08_25_08_54_33_2_3_4_Greenshot.png
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    3. Athéisme & Secularisme
    2026_08_25_09_06_10_a_Greenshot.png2026_08_25_09_06_10_b_Greenshot.png
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    4. Présence de l'Islam
    2026_08_25_09_01_37_5_Greenshot.png2026_08_25_09_01_37_6_Greenshot.png
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    5. Protestantisme & Catholicisme
    2026_08_25_09_01_37_7_Greenshot.png2026_08_25_09_01_37_8_Greenshot.png
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    6. Intensité de la Pratique Religieuse
    2026_08_25_09_11_48_9_Greenshot.png2026_08_25_09_11_48_10_Greenshot.png
  • Quand la Tunisie devient une dictature qui s'en prend aux chrétiens

    IMPRIMER

    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    Tunisie: les chrétiens face au virage identitaire de Kaïs Saïed

    20 Août 2026
     

    Depuis la Covid-19, la Tunisie tombe de haut: d’une démocratie pionnière et libérale exemplaire dans le monde arabe, elle est devenue une dictature qui s’en prend aux chrétiens, entre autres. Comment un tel retournement est-il survenu?

    Dès le 19e siècle, la Tunisie s’est distinguée dans le monde arabo-musulman par une grande soif de liberté. Elle fut l’un des premiers États à abolir l’esclavage en 1846, à adopter une déclaration des droits avec le Pacte fondamental de 1857, ou encore une Constitution en 1861. En 2011, c’est elle qui déclenchait les Printemps arabes en renversant la dictature de Ben Ali, incarnant ensuite pendant 10 ans une exception démocratique dans le monde arabe. Elle s’est dotée, en 2014, d’une Constitution que beaucoup ont qualifiée de «révolutionnaire», qui consacre notamment la liberté de conscience, une première au Maghreb; et interdit explicitement les campagnes d’accusation d’apostasie.

    Cette trajectoire nourrit un temps l’idée d’une transition démocratique durable. Elle se brise toutefois avec l’arrivée au pouvoir de Kaïs Saïed en 2019, puis avec son coup de force institutionnel du 25 juillet 2021. Au nom de la lutte contre la corruption et de la restauration de l’État, le président démantèle progressivement les principaux contre-pouvoirs issus de la révolution. Arrestations de ses opposants, mise au pas de la magistrature et affaiblissement du Parlement: tous les éléments d’une dérive autoritaire sont réunis. Cette désillusion démocratique se traduit également dans le champ des libertés religieuses, dont la portée devient de plus en plus théorique pour les chrétiens.

    Le virage Saïed : le professeur de droit qui a enterré la Constitution

    En 2019, Kaïs Saïed, professeur de droit constitutionnel à l’université de Tunis, s’impose comme le candidat de l’intégrité face à une classe politique discréditée. Dans un contexte de rejet des partis traditionnels, notamment du parti islamiste d’Ennahdha, il promet de restaurer l’État de droit et de défendre les acquis de la Constitution de 2014, dont il est lui-même un spécialiste reconnu.

    Son élection apparaît alors comme la poursuite de l’esprit de la révolution plutôt que sa remise en cause. Pourtant, moins de deux ans plus tard, alors que le président est engagé depuis des mois dans un bras de fer avec les islamistes d’Ennahdha, la crise économique aggravée par la pandémie de Covid-19 lui fournit l’occasion de réaliser un coup de force afin de concentrer entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Le 25 juillet 2021, invoquant l’article 80 de la Constitution, il suspend le Parlement, limoge une partie du gouvernement et se met à gouverner par décrets.

    La Tunisie tombe de haut: la promesse de restaurer l’État de droit se mue progressivement en concentration du pouvoir, et celui qui prétendait sauver la Constitution entreprend rapidement de la remplacer. Le nouveau texte, adopté en 2022, renforce considérablement les pouvoirs présidentiels et réduit les mécanismes de contrôle, paralysant notamment la mise en place de la Cour constitutionnelle. Depuis lors, se multiplient les arrestations d’opposants et de journalistes (par le biais du fameux décret-loi 54), ainsi que les révocations de magistrats. Son élection en octobre 2024 avec plus de 90% des voix dissipe les dernières illusions sur l’état de la démocratie tunisienne.

    L’islam politique recule, l’islamisation sociale progresse

    L’un des principaux arguments avancés par Kaïs Saïed pour légitimer sa politique autoritaire est la lutte contre le parti islamiste Ennahdha. Longtemps première force politique du pays, ce mouvement, historiquement inspiré des Frères musulmans, a vu son influence s’effondrer à partir de 2021, à mesure que le président consolidait son emprise sur les institutions. Son chef historique, figure de l’opposition, Rached Ghannouchi, a été condamné début juin à la prison à perpétuité, tandis que plusieurs cadres du mouvement ont été arrêtés et condamnés également à de lourdes peines.

    À première vue, cette marginalisation laisse penser que l’islam politique est en recul. La réalité est plus complexe. Si Saïed ne souhaite pas créer un État religieux, ce démantèlement d’Ennahdha ne s’accompagne pas non plus d’une sécularisation de la société tunisienne. Au contraire, l’islam demeure au cœur du projet politique présidentiel: la Constitution de 2022 en témoigne. Certes, elle ne proclame pas explicitement l’islam comme religion d’État, mais son article 5 dispose que «la Tunisie constitue une partie de la nation islamique» et que l’État doit œuvrer à la réalisation «des finalités de l’islam authentique». Notons que la Constitution réserve la fonction de président de la République aux seuls musulmans.

    De plus, le chef de l’État émaille ses discours de références coraniques et aux hadiths, et se fait le défenseur engagé de l’identité arabo-musulmane du pays, au nom de laquelle il tient un discours d’exclusion systématique envers toutes les minorités. En février 2023, lors d’une séquence aux conséquences dramatiques, le président avait accusé les immigrés d’Afrique subsaharienne en Tunisie d’un «plan criminel pour métamorphoser la composition démographique en Tunisie». Une vision identitaire qui irrigue également la politique menée à l’égard des minorités religieuses, et en particulier des chrétiens.

    Cette dérive autoritaire ne se limite donc pas au seul champ politique: elle façonne aussi, plus discrètement, le rapport de l’État à la pluralité religieuse. Si les opposants et journalistes sont les cibles les plus visibles de la reprise en main de Kaïs Saïed, les chrétiens en subissent une forme dérivée, moins spectaculaire mais tout aussi structurelle.

    Une liberté religieuse largement théorique: les chrétiens en première ligne

    Aucune statistique officielle n’existe en Tunisie sur le nombre de chrétiens, mais les ONG estiment qu’ils sont entre 23 000 et 30 000 fidèles, principalement des expatriés, catholiques, protestants ou évangéliques venus d’Europe ou d’Afrique subsaharienne, auxquels s’ajoute le chiffre difficile à évaluer des convertis tunisiens. Depuis une dizaine d’années, on observe en effet une augmentation des conversions, touchant principalement les jeunes, que l’on peut expliquer par une distanciation vis-à-vis de l’islam institutionnel, une quête de sens, ainsi qu’une plus grande circulation de discours religieux alternatifs.

    Tous ne sont pas logés à la même enseigne: si les chrétiens occidentaux bénéficient d’une relative liberté, la situation des Subsahariens est rendue très précaire par leur situation d’immigrés et des discriminations raciales. Les procédures administratives rendent quasiment impossible l’ouverture de nouvelles églises et plusieurs communautés protestantes ou évangéliques peinent à obtenir une reconnaissance officielle ou à disposer de lieux de culte stables. Quant aux Tunisiens convertis, ils sont privés de lieux de culte et se rassemblent principalement dans des églises de maison.

    Les dispositions du droit de la famille, contenues dans le Code du statut personnel de 1956, demeurent largement inspirées de la tradition islamique. Dans la pratique, une musulmane ne peut toujours pas librement épouser un non-musulman — la circulaire l’interdisant a été levée en droit en 2017 mais de nombreux maires refusent encore de célébrer ces unions — et les non-musulmans sont exclus des successions dans les couples mixtes. La plupart des convertis évangéliques se retrouvent privés de sépulture chrétienne et inhumés, contre leur volonté, dans un carré musulman. Quant à l’éducation des enfants: aucun statut ne permet à un parent converti de transmettre légalement sa foi. L’école publique dispense un enseignement religieux exclusivement islamique, et la conversion d’un parent peut être invoquée devant les tribunaux pour lui retirer la garde.

    Les chrétiens tunisiens issus de l’islam sont les chrétiens les plus exposés. Surveillés par les services de sécurité lorsqu’ils se rassemblent, ils n’ont généralement pas d’autres choix que de vivre leur foi dans la clandestinité. Si l’apostasie n’est pas pénalement réprimée, elle l’est dans les faits, et la sentence est sévère: rupture familiale, pressions psychologiques, menaces, ostracisme social ou encore perte d’emploi ou de perspective d’évolution professionnelle. Les chrétiennes converties peuvent être battues et menacées de viol ou de mort.

    Des leviers pour sortir de l’impasse

    On a peine à se rappeler aujourd’hui que la Tunisie fut une grande terre chrétienne, elle qui a vu célébrer la messe en latin avant même Rome. De la même manière, les espoirs démocratiques qui avaient fait de ce pays une exception dans le monde arabe, il y a quinze ans, semblent désormais ensevelis. Entre l’effacement d’une mémoire et celui d’une promesse politique, le fossé s’élargit.

    Des changements seraient pourtant nécessaires pour que soit garanti dans les faits l’article 27 de la Constitution actuelle sur la liberté de croyance et de conscience — à commencer par la suppression des dispositions pénales vagues qui ont servi à criminaliser le prosélytisme, et par un dialogue interconfessionnel plus soutenu. Ce sont notamment les recommandations qu’a portées la société civile tunisienne et internationale lors de l’Examen périodique universel de la Tunisie en 2022. Cette année-là, les différentes communautés religieuses du pays avaient signé un «Pacte national pour la coexistence». Quatre ans après, rien n’indique qu’il ait été mis en œuvre.

    La France et l’Union européenne, engagées dans un dialogue bilatéral suivi avec Tunis, pourraient utilement y intégrer la question religieuse — à travers, par exemple, les programmes de coopération européens ou le soutien français aux acteurs civils tunisiens de défense de la liberté religieuse.

    Huit ans après la dernière visite d’un rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion en Tunisie, une nouvelle mission semble d’autant plus justifiée que la condition des chrétiens s’est détériorée ces dernières années.

  • Canada : le nom de Dieu et toute référence religieuse doivent être bannies à l'armée

    IMPRIMER

    Déclaration de l’Ordinaire militaire du Canada concernant les réflexions spirituelles dans le milieu militaire

    18 août 2026

    Ottawa – Mgr Scott McCaig, C.C., évêque de l’Ordinariat militaire du Canada, a publié une déclaration concernant les « Instructions au personnel militaire des Forces armées canadiennes (FAC) relatives aux réflexions spirituelles en milieu militaire », parues le 29 juillet 2026.

    Dans sa déclaration, Mgr McCaig s’oppose à cette nouvelle politique, qui exige des membres des FAC, y compris des aumôniers, qu’ils proposent des réflexions spirituelles sans recourir à des mots, des gestes ou des symboles propres à une foi ou à une tradition spirituelle particulière. En vertu de cette nouvelle politique, « les membres des FAC […] doivent respecter le principe de neutralité religieuse et spirituelle de l’État en s’abstenant d’utiliser, de la part du gouvernement du Canada, des mots, des gestes ou des symboles propres à une [tradition spirituelle ou religieuse] particulière ».

    Mgr McCaig affirme que, pour de nombreuses personnes, « le sens, la raison d’être et le bien-être spirituel » ne peuvent être dissociés de Dieu. Il fait valoir que la nouvelle politique impose précisément une telle dissociation et qu’elle est donc en contradiction avec la protection des libertés fondamentales de conscience et de religion garantie par la Charte.

    La CCCB exprime sa solidarité avec Mgr McCaig, qui soulève ces préoccupations au nom des fidèles catholiques confiés à sa charge pastorale. La Conférence examine actuellement la nouvelle politique et continuera à suivre sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne ses implications pour la liberté de conscience et de religion, ainsi que pour la place de l’expression religieuse au sein des Forces armées canadiennes. À ce stade précoce, la CECC encourage les fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à s’informer sur ces développements et à prier pour les FAC, leurs membres, leurs aumôniers et leurs familles, ainsi que pour Mgr McCaig dans son ministère pastoral auprès de la communauté militaire catholique du Canada.

    La déclaration complète de l’Ordinariat militaire est disponible ici.

    L’ordinariat militaire a pour mission de répondre aux besoins pastoraux des hommes et des femmes des forces armées, y compris de leurs familles. Il est composé d’aumôniers militaires et dirigé par un évêque résident, appelé « ordinaire militaire ». Un ordinariat militaire n’est pas limité par des frontières géographiques ; il est lié aux personnes (ou « personnel ») en ce sens qu’il existe partout où sont déployés les hommes et les femmes des forces armées d’une nation donnée. Les normes qui régissent un ordinariat militaire sont énoncées dans la constitution apostolique du pape Jean-Paul II, *Spirituali Militum Curae*.

  • Comment devenir un dhimmi

    IMPRIMER

    De Francis X. Maier sur The Catholic Thing :

    Comment devenir un dhimmi

    Fin juillet, quelque 60 000 migrants ont afflué du Maroc vers Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord. Il s’agissait principalement de jeunes hommes. Et comme 99 % des Marocains pratiquent l’islam, la plupart étaient très certainement musulmans. Ceuta n’est pas une colonie espagnole. C’est une « ville autonome » faisant partie intégrante de l’État espagnol, dont la souveraineté remonte à 1580. Elle constitue ainsi une porte d’entrée (espérée) vers l’Union européenne et une cible prioritaire pour l’immigration clandestine.

    La police espagnole a refoulé la plupart des migrants de l'autre côté de la frontière. Ils ont laissé derrière eux – comme le notait le Wall Street Journal – une ville d'ordinaire paisible, sidérée par le chaos. Tout cela appartient désormais au passé. Mais ce qui reste gravé dans les mémoires, c'est la réaction de l'Église espagnole : un mélange ambigu de respect de la loi, de compassion pour les résidents légaux traumatisés de Ceuta et d'une vive inquiétude quant à l'instrumentalisation de l'incident à des fins politiques, pour polariser l'opinion publique, diaboliser les migrants et semer la peur.

    Nous reviendrons dans un instant sur ce dernier point, à savoir le traitement des migrants. Mais d'abord, un peu de contexte et d'informations générales.

    Jacques Ellul (décédé en 1994) était un éminent philosophe et historien-sociologue français. Actif au sein de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale, il a aidé des Juifs à fuir le régime de Vichy, proche des nazis. Il est surtout connu pour ses nombreux ouvrages, dont des chefs-d'œuvre comme La Société technologique et La Propagande : la formation des mentalités.  Chrétien calviniste convaincu, il était également théologien laïc au sein de l'Église réformée de France. À ce titre, il a vivement critiqué l'islam et la perspective d'une Europe « islamisée ».

    Ellul est gênant pour le discours laïque actuel. Nous vivons à une époque où les élites européennes ont renié le passé chrétien du continent, tout en réécrivant l'histoire pour atténuer et valoriser de nombreux aspects de l'islam. Parallèlement, les penseurs chrétiens minimisent souvent les divergences qui séparent le judaïsme, le christianisme et l'islam dans une quête de respect mutuel. Les voix publiques qui refusent de se rallier à ce mouvement sont qualifiées de « racistes », à l'instar de Jean Raspail ( voir ici ), d'« alarmistes et islamophobes », comme Michel Houellebecq (pour son roman Soumission ), ou encore de personnes manquant de rigueur intellectuelle, comme la chercheuse Bat Ye'or (voir ci-dessous).

    Ellul, s'il était encore vivant, ne pourrait être écarté aussi facilement. Sa critique vigoureuse de l'islam se trouve dans deux de ses ouvrages, disponibles ici et ici. En résumé, il soutenait que les trois grandes religions « monothéistes » ont des conceptions très différentes de Dieu, les unes des autres et de la personne humaine. Elles ne partagent aucun fondement commun en Abraham et n'entretiennent pas une relation similaire avec leurs Écritures. Ce même point de vue est repris aujourd'hui par le philosophe catholique français Rémi Brague, lauréat du prix Ratzinger. Et il a des conséquences très concrètes.

    Ellul critiquait notamment ce qu'il considérait comme une tendance totalitaire irréformable au sein de l'islam, fondée sur un prétendu droit divin. Cela a conduit l'islam à introduire le concept de « guerre sainte » dans la pensée religieuse. Et ceci, à son tour, a engendré la notion chrétienne de « croisade » en réponse.

    Pour l'islam, la violence et la coercition – lorsqu'elles sont jugées nécessaires – sont des outils légitimes pour propager la foi. Elles sont intrinsèquement liées à la structure originelle de l'islam, contrairement au christianisme. Comme le souligne Ellul, cela a rarement empêché les chrétiens de renier leurs propres convictions par intérêt personnel. Mais, fondamentalement, les deux religions présentent des conceptions très différentes de la violence religieuse.

    Pour notre propos, certaines des réflexions essentielles d'Ellul sur l'islam figurent dans sa préface à * Le Dhimmi* et dans son avant-propos à * Le Déclin du christianisme oriental sous l'Islam* , deux ouvrages écrits par la chercheuse juive Bat Ye'or (pseudonyme de Giséle Littman ). La grande valeur de chacun de ces livres réside dans leur étude approfondie de la vie des dhimmis à travers les siècles. Les dhimmis étaient et sont encore des non-musulmans vivant sous domination islamique. Aujourd'hui, on insiste beaucoup sur la « tolérance » des musulmans envers les juifs et les chrétiens en terre d'islam. Les faits historiques sont mitigés, et rarement positifs.

    En théorie, les dhimmis sont des personnes « protégées » par le Livre. Mais en pratique, ils ne jouissent jamais d'une pleine égalité avec les musulmans. Plus un régime islamique se radicalise et s'appuie sur la charia, plus les dhimmis souffrent en tant que classe subordonnée. Les « droits » des dhimmis, comme le souligne Ellul, sont  des droits concédés et conditionnels , toujours susceptibles d'être révoqués. Pire encore, par le passé, les massacres de dhimmis étaient fréquents, et une persécution odieuse des chrétiens persiste aujourd'hui dans certaines communautés musulmanes. À long terme, cette répression entraîne l'étouffement progressif de tout ce qui n'est pas musulman. Les exemples abondent. Avant la conquête musulmane, l'Église d'Afrique du Nord comptait quelque 300 diocèses. Aujourd'hui, ils sont enfouis et oubliés sous le sable.

    Ellul conclut que « dans le contexte actuel de l’histoire contemporaine, [l’œuvre de Bat Ye’or] constitue un avertissement clair. Le monde musulman n’a pas évolué dans sa manière de considérer le non-musulman, ce qui nous rappelle le sort réservé à ceux qui risquent un jour d’y être submergés. » En bref, l’Europe d’aujourd’hui, avec ses illusions sur la nature de l’islam et sa paralysie morale et culturelle face à l’immigration musulmane massive, s’enfonce insidieusement dans une « dhimmitude » volontaire.

    Ce qui nous ramène à l'événement de Ceuta et à ses implications pour l'Église.

    L'une des grandes forces du christianisme réside dans son respect de la dignité de chaque personne humaine, croyante ou non, en tant qu'enfant de Dieu. L'Église sert cette dignité avec une compétence exceptionnelle dans son soutien aux migrants. C'est un aspect essentiel de notre foi. Mais une famille – et l'Église est une très grande famille, animée d'une foi biblique très spécifique – a ses premières obligations non pas envers les étrangers, mais envers la santé, la sécurité et l'avenir de ses propres membres. Autrement, la famille s'expose à sa propre disparition.

    Lorsque l’Église se laisse percevoir comme plus préoccupée par les étrangers d’une foi étrangère (et historiquement résistante et hostile) que par les besoins de son propre peuple – celui qui supportera le coût d’une immigration débridée –, elle contribue à sa propre disparition.

     C'est déjà arrivé. Cela peut se reproduire. Et cela ne sert les intérêts de personne.

  • L’archevêque syrien de Homs : « Si cela continue, le christianisme disparaîtra de cette région. »

    IMPRIMER

    De kath.net/news :

    L’archevêque syrien : « Si cela continue, le christianisme disparaîtra de cette région. »

    24 juillet 2026

    L’archevêque syriaque catholique de Homs, Jacques Mourad, a fait un compte rendu lors d’une conférence de presse à Vienne sur la situation sécuritaire et économique désastreuse, critiquant la communauté internationale, notamment les États-Unis et l’UE, ainsi que le gouvernement syrien.

    Vienne (kath.net/KAP) – L’archevêque syrien Jacques Mourad évoque une situation sécuritaire et économique toujours désastreuse, ainsi qu’une catastrophe sociale et humanitaire dans son pays. Il tient pour responsables à la fois le nouveau gouvernement, au pouvoir depuis fin 2024, et la communauté internationale. Selon l’archevêque, qui s’est exprimé auprès de Kathpress et d’autres médias viennois, aucun d’eux ne se soucie du bien-être du peuple syrien. Par ailleurs, l’archevêque de Homs a souligné, en réponse à une question, qu’il ne conseillerait pas, compte tenu de la situation actuelle, à ceux qui ont fui la Syrie de rentrer chez eux.

    Jacques Mourad (58 ans) est l'archevêque syriaque catholique de Homs et l'un des représentants les plus éminents des Églises en Syrie. Il a acquis une notoriété internationale après son enlèvement par l'État islamique. Après plusieurs mois de captivité, Mourad, membre de l'ordre religieux Mar Musa, a réussi à s'échapper.

    L’archevêque se souvenait parfaitement du renversement du dirigeant de longue date Bachar el-Assad et du changement de pouvoir en Syrie. À Homs, c’était le 8 décembre 2024. « Tout le monde a célébré cet événement incroyable. Nous pensions avoir enfin conquis la liberté, et cette nuit-là, j’ai enfin pu dormir profondément. » À peine deux mois plus tard, les premiers affrontements armés et les premières attaques de milices islamistes contre les Alaouites ont éclaté à Homs. « J’ai compris à ce moment-là que nous n’étions toujours pas libres. Ce jour-là, mon combat pour la liberté a repris. »

    Le christianisme disparaît de la région

    L'archevêque a vivement critiqué la communauté internationale. Il a notamment cité les États-Unis et Israël, mais aussi l'Union européenne, qui, selon lui, ne semblaient pas se soucier de la stabilité au Moyen-Orient. Cette situation, a-t-il affirmé, a des conséquences désastreuses pour le nombre de chrétiens restants en Syrie. Sur les deux millions de chrétiens qui y vivaient autrefois, l'archevêque estime, avec optimisme, qu'il n'en reste aujourd'hui que 300 000 à 350 000. Il a ajouté : « Si cela continue, le christianisme disparaîtra de cette région. » 

    La Syrie est un pays extrêmement dangereux. « Il y a quelques jours à peine, une mère et ses deux enfants ont été assassinés. Et les incidents de ce genre sont légion. » Le gouvernement est incapable ou refuse d'endiguer la violence endémique qui sévit dans le pays. Les armes et les groupes sunnites violents sont omniprésents. Les actes de vengeance visent principalement les Alaouites et les Druzes, accusés de collaborer avec le régime d'Assad. Bien sûr, les milices savent que cette accusation généralisée est fausse. Mais c'est un prétexte commode pour cibler les minorités religieuses, que les islamistes accusent de s'être éloignées de la véritable foi musulmane. « Ces extrémistes haïssent les Alaouites et les Druzes encore plus que les chrétiens », a déclaré l'archevêque Mourad. 

    La liberté religieuse est menacée.

    Bien que les chrétiens soient actuellement moins visés par les islamistes, l'archevêque estime que la liberté religieuse en Syrie est précaire. Ce pays, autrefois largement laïque, s'islamise de plus en plus. La diversité de la société, y compris la diversité religieuse, n'a aucune valeur aux yeux du nouveau gouvernement, même s'il affiche parfois une image modérée sur la scène internationale. L'archevêque a appuyé ses propos en évoquant la composition du nouveau parlement syrien. « Pourquoi n'y a-t-il que six chrétiens et seulement cinq femmes au sein du nouveau parlement syrien ? », a-t-il demandé. La majorité des parlementaires sont des fondamentalistes islamistes, dont beaucoup sont originaires d'Idlib, bastion islamiste.

    L'économie syrienne est en ruine, le système de santé est catastrophique et de plus en plus de personnes n'ont plus les moyens de se procurer des produits alimentaires de base ni de payer les loyers exorbitants, a déclaré l'archevêque Mourad. Ce dernier a exhorté la communauté internationale à enfin prendre au sérieux des projets concrets de paix et de reconstruction. Il a exprimé l'espoir que les investissements soient prioritairement consacrés à l'éducation et aux écoles, élément crucial pour l'avenir du pays. L'emploi est tout aussi important.

    "On va te couper la tête."

    L'archevêque de Homs était à Vienne mercredi pour une brève visite et s'est entretenu avec les médias locaux au sujet de la situation dans son pays. Il a également visité la Fondation Pro Oriente. Mgr Mourad a attiré l'attention internationale en 2015 lorsque des terroristes l'ont enlevé de son monastère de Mar Elian en Syrie et retenu en otage pendant plusieurs mois. Le pape François est intervenu pour obtenir sa libération. 

    Il priait chaque jour pour ses ravisseurs, se souvient Mourad lors d'un entretien à Vienne. « Convertis-toi à l'islam, ou nous te décapiterons », lui avaient-ils dit. Sa foi et la Vierge Marie l'ont soutenu durant cette épreuve, a déclaré l'archevêque : « Chaque fois que la peur me gagnait, je récitais le chapelet, et elle disparaissait pour laisser place au courage. »

    Mourad a relaté son expérience dans le livre « Un moine en captivité ». Il y décrit notamment la visite d'un commandant islamiste venu discuter de sa foi. Au cinquième mois de sa captivité, le moine s'est évadé grâce à l'aide d'un musulman qui, avec d'autres, avait organisé l'évasion de dizaines d'otages de l'État islamique. Les complices de l'évasion ont ensuite été assassinés par des militants de l'EI.

    Communauté de Mar Musa

    Jacques Mourad, né à Alep, a prononcé ses vœux en 1993 au sein de la communauté monastique syrienne de Deir Mar Musa el-Habashi (Monastère Saint-Moïse l'Abyssin), qu'il a cofondée. Il a également été ordonné prêtre la même année. Le monastère de Mar Musa est situé sur les pentes orientales des monts Qalamoun, à environ 80 kilomètres au nord de Damas. Fondé dans les années 1980 par Paolo Dall'Oglio, il appartient à l'Église catholique syriaque depuis les années 1990. Le prêtre italien Paolo Dall'Oglio a disparu dans l'est de la Syrie durant l'été 2013, alors qu'il tentait de libérer des otages détenus par le groupe terroriste État islamique. On est sans nouvelles de lui depuis.

    La communauté Mar Musa a notamment réactivé le monastère Mar Elian (Saint-Élie) à Qaryatayn, près de Homs, grâce au rôle prépondérant du père Mourad. Ce dernier a dirigé le monastère de 2000 à 2015. Après son enlèvement, il a séjourné dans les monastères annexes de Cori (Italie) et de Souleimaniye (Irak). En 2020, il est retourné à son monastère, Mar Elian, en Syrie, et en est devenu le prieur. Le monastère, gravement endommagé par Daech, a été reconstruit en collaboration avec des musulmans.

    En janvier 2023, le pape François a confirmé l'élection de Jacques Mourad comme archevêque de Homs par le synode des évêques de l'Église syriaque catholique. Mourad a été consacré évêque début mars 2023. 

    L'Église catholique syriaque est issue, au XVIIe siècle, de l'Église orthodoxe syriaque d'Antioche. Elle compte aujourd'hui entre 150 000 et 200 000 fidèles à travers le monde, principalement au Liban, en Syrie, en Irak et aux États-Unis. Depuis 1920, son siège est à Beyrouth. Le patriarche Ignace Joseph III Younan est son chef actuel.

  • Face à la persécution des chrétiens, un archevêque indien défie le pouvoir devant la Cour suprême

    IMPRIMER

    De Manon Bordier sur Tribune Chrétienne :

    Inde : face à la persécution des chrétiens, un archevêque défie le pouvoir devant la Cour suprême

    Plus de 800 actes antichrétiens auraient été recensés en Inde en 2025, puis 285 au cours du premier semestre 2026. Face à cette violence persistante et à l’inaction dénoncée des autorités, Monseigneur Peter Machado porte devant la plus haute juridiction du pays la voix d’une minorité chrétienne de plus en plus menacée

    En Inde, les chrétiens ne veulent plus subir en silence. Le 15 juillet 2026, la Cour suprême a repris l’examen d’une requête portée par Monseigneur Peter Machado, archevêque de Bangalore, avec le National Solidarity Forum et l’Evangelical Fellowship of India. Leur objectif : obtenir des mesures concrètes contre les violences, les intimidations et les discours de haine visant les communautés chrétiennes. Le recours avait été engagé dès 2022, avant de connaître plusieurs reports et audiences intermédiaires. Intitulée Most Rev. Peter Machado & Ors. vs. Union of India & Ors., l’affaire est désormais examinée par les juges P. S. Narasimha et Alok Aradhe.

    Les chiffres versés au dossier donnent la mesure du phénomène. Selon les requérants, plus de 800actes antichrétiens ont été documentés en 2025, auxquels s’ajoutent 285 faits signalés durant les six premiers mois de 2026. Réunions de prière interrompues, célébrations attaquées, églises prises pour cible, fidèles intimidés : les violences s’intensifieraient particulièrement lors des grandes fêtes liturgiques, notamment Noël, le Carême, le Vendredi saint et Pâques. Bien souvent, les accusations de « conversions forcées » servent de prétexte à l’intervention de groupes nationalistes hindous. Les victimes peuvent alors se retrouver elles-mêmes poursuivies en vertu de lois anticonversion adoptées dans plusieurs États indiens.

    La requête attire notamment l’attention sur le district de Narayanpur, dans l’État du Chhattisgarh. Des familles chrétiennes y ont été chassées de leurs villages lors de violences survenues en 2022 et 2023. Certaines ont ensuite été poursuivies au lieu de recevoir la protection des autorités. En février et en avril 2026, 38 chrétiens ont finalement été acquittés, faute d’éléments permettant de retenir les accusations portées contre eux.

    Les requérants demandent à la Cour suprême d’imposer une protection policière effective, notamment pendant les grandes fêtes chrétiennes, de garantir des enquêtes impartiales et de faire respecter les directives déjà prononcées contre les violences collectives. Ils réclament également que les victimes ne soient plus traitées comme des coupables sur la seule base d’accusations de prosélytisme.

    Le gouvernement indien conteste cependant cette présentation. Depuis le début de la procédure, New Delhi affirme que certains incidents auraient été exagérés, mal interprétés ou liés à des différends privés sans caractère religieux. La Cour suprême cherche précisément à vérifier la réalité des faits signalés et la manière dont ils ont été traités par les forces de l’ordre. Cette affaire intervient dans un climat marqué par la progression de l’idéologie de l’Hindutva, qui entend définir l’identité nationale indienne à partir de l’hindouisme. Depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi et du Bharatiya Janata Party en 2014, les organisations chrétiennes dénoncent une aggravation des violences et un sentiment croissant d’impunité chez les groupes nationalistes hindous.

    À l’issue de l’audience du 15 juillet, la Cour a indiqué avoir besoin de davantage de temps pour étudier les observations écrites présentées par l’avocat Colin Gonsalves. La prochaine audience est annoncée pour le 21 août 2026, sous réserve de son inscription au rôle. Devant la plus haute juridiction de la démocratie indienne, Monseigneur Peter Machado ne réclame aucun privilège. Il demande simplement que les chrétiens puissent prier, célébrer et vivre leur foi sans craindre l’irruption d’une foule hostile, autrement dit, que l’Inde respecte enfin les libertés religieuses inscrites dans sa propre Constitution.

  • C'est maintenant à Jésus qu'ils s'en prennent : une militante anti-sectes admet vouloir détruire le christianisme

    IMPRIMER

    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    Maintenant, ils s'en prennent à Jésus : une militante anti-sectes admet vouloir détruire le christianisme

    16 juil. 2026

    Dans un ouvrage exceptionnel (quoique déplaisant), la « chasseuse de sectes » Be Scofield s'en prend à Jésus, le qualifiant de « chef de secte » par excellence. Elle n'est pas la seule.

    Be Scofield et son nouveau livre.
    Be Scofield et son nouveau livre.

    Il m'arrive de rencontrer des chefs religieux respectés qui me reprochent de m'inquiéter outre mesure des campagnes accusant les « sectes » de « lavage de cerveau », de « manipulation » ou de « trafic d'êtres humains ». Après tout, selon eux, ces campagnes ne concernent que des organisations religieuses marginales. Les religions traditionnelles sont différentes et, par conséquent, sans danger. Certains chefs religieux pensent même pouvoir se prémunir contre les problèmes en s'alliant aux instances anti-sectes, à l'instar des instances officielles catholiques et évangéliques en France.

    Cet argument est aujourd'hui intenable. En Australie, une commission d'enquête de l'État de Victoria propose de légiférer contre le « contrôle coercitif » qui serait pratiqué par des groupes religieux, ciblant explicitement les églises chrétiennes , en particulier celles aux opinions politiques conservatrices. La Nouvelle-Galles du Sud vient de lancer une enquête ce mois-ci, visant spécifiquement un groupe baptiste conservateur et ses écoles, également accusés de « contrôle coercitif ». En Argentine, le parquet élargit la définition locale, très large, du « trafic d'êtres humains » pour y inclure le travail bénévole à vocation religieuse et poursuit l'Opus Dei ainsi que la grande organisation caritative évangélique internationale REMAR . Aux États-Unis, des affaires de trafic d'êtres humains sont en cours contre des églises pentecôtistes , et même les Sœurs de Maryknoll, congrégation catholique, ont été poursuivies au civil pour trafic d'êtres humains par une ancienne novice.

    Les deux dirigeantes de OneTaste, une organisation promouvant la spiritualité féminine et l'éveil sexuel, ont été frappées par la toute première condamnation aux États-Unis pour complot en vue de travail forcé visant les responsables d'une organisation de méditation et d'enseignement spirituel – sans aucune allégation de contrainte physique et uniquement fondée sur le « contrôle coercitif ». Bien que les racines de OneTaste soient davantage ancrées dans les spiritualités orientales que dans le christianisme, ces condamnations au premier degré constituent un précédent dangereux également pour les Églises chrétiennes.

    En réalité, l'argument selon lequel les religions traditionnelles ne seraient pas prises pour cible par les militants anti-sectes (surtout si elles les soutiennent dans leurs croisades contre les « sectes ») n'a jamais été valable. Malgré nos désaccords quasi constants, j'entretenais des relations respectueuses avec Johannes Aagaard, regretté luthérien danois engagé dans la lutte contre les sectes, et j'étais régulièrement invité chez lui à Aarhus. Dès 1991, il mettait en garde les parents de jeunes membres de nouveaux mouvements religieux qui brandissaient l'argument du « lavage de cerveau » contre les « sectes », car il savait que cet argument pouvait tout aussi bien être utilisé contre les Églises chrétiennes.

    Finalement, écrit-il, ces « parents contre les sectes sont aussi des parents contre le christianisme » (« Une rencontre chrétienne avec les nouveaux mouvements religieux et le Nouvel Âge », « Mise à jour et dialogue », I(1), 19-23).

    Lire la suite