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De Bernhard Meuser sur le TagesPost :
Quand le pape ose dire la vérité
L'Université catholique de Louvain inflige une gifle retentissante à François. Le pape ressent ainsi ce que c'est que de vivre dans une Eglise en mode d'aliénation, une Eglise dans laquelle tu ne peux plus respirer parce que des idéologies implantées dominent l'espace et que des interdictions de langage empêchent l'expression de positions différentes.
01.10.2024
Voilà donc le pape qui vient spécialement en Belgique pour encourager une Eglise locale qui - à l'instar de l'Eglise allemande - est à bout de souffle. Et comme l'université « catholique » de Louvain a 600 ans d'existence (en partie très glorieuse), le pape l'honore de sa présence. Au lieu de saluer ce geste avec respect et gratitude, la direction de l'université, qui n'est plus vraiment catholique, lui donne une gifle retentissante, à peine le pontife a-t-il terminé son discours. Dans un document visiblement préparé d'avance, les professeurs supérieurs de l'université lui font part de leur « incompréhension et de leur désapprobation face à la ... position exprimée par le pape sur le rôle de la femme dans l'Eglise et dans la société ». Les vues du chef de l'Eglise sont « conservatrices », et en plus « déterministes et réductrices ».
Le pape a donc osé affirmer des monstruosités, par exemple que la féminité « parle de réception féconde, de dévouement nourrissant et donnant la vie ». Plus encore, le pape avait osé faire des déclarations sur l'essence de la femme et se référer au droit naturel : « Ce qui caractérise la femme, ce qui est vraiment féminin, n'est pas établi par des consensus ou des idéologies, de même que la dignité elle-même n'est pas garantie par des lois sur le papier, mais par une loi originelle écrite dans nos cœurs ».
Avec un sens aigu du paternalisme toxique, les enseignants de Louvain se sont énervés contre les paroles du pape, telles que : « La féminité nous parle. Pour cette raison, une femme est plus importante qu'un homme, mais il est terrible qu'une femme veuille être un homme : non, elle est une femme, et c'est 'lourd' et important » Comment le pape François a-t-il pu provoquer si brutalement l'intelligence féministe mondiale, au point de ne pas trouver un ton d'excuse, même dans l'avion, et de ne pas dévier d'un millimètre de son point de vue, même là ?
Un contact physique avec une Église en état d'auto-sécularisation
L'ensemble du processus rappelle de sinistres souvenirs du suicide collectif de l'Eglise hollandaise et belge dans les années soixante-dix et quatre-vingt du siècle dernier, lorsque les Eglises locales, autrefois florissantes, se sont émancipées de la grande tradition de l'Eglise, ont aboli toute autorité spirituelle - que ce soit celle des évêques ou celle du pape - et se sont jetées avec dévotion dans les bras du « monde ». En l'espace de deux décennies, la démission quasi totale de la "mater et magistra" a eu pour conséquence que les églises locales du Benelux ont d'abord sombré dans le chaos, puis dans l'insignifiance, et ne représentent plus aujourd'hui qu'un petit groupe de personnes. Certes, les premiers signes d'un nouveau printemps apparaissent, qui n'est en aucun cas le fruit de l'auto-sécularisation, mais bien celui de charismes qui fleurissent tranquillement, d'une piété intacte et d'une nouvelle dévotion à l'Évangile.
Le pape d'Amérique latine a eu l'occasion d'entrer en contact avec des Eglises locales qui se disent encore « catholiques », mais dont les marges institutionnelles refroidies se sont depuis longtemps dissoutes dans l'anarchie. L'anarchie est le mot qui convient ; il vient du grec et signifie « absence d'autorité ». L'anarchie a l'avantage que tout le monde a le droit. Or, une université « catholique » - quelle que soit sa taille, son ouverture, ses liens avec l'État et son dévouement à la science - existe dans le cadre de convictions fondamentales élémentaires qui ont quelque chose à voir avec la Révélation. Celui qui se pare, même de loin, du titre de « chrétien » ou de catholique, vient de ce changement de domination que Jésus exige en Mt 16,16 et en bien d'autres endroits de ceux qui veulent lui appartenir. Il est le « Seigneur » (Ph 2,11) ; c'est à partir de lui et des révélations de Dieu que nous pensons et essayons de le rejoindre par la raison. Pour les institutions et les instances d'enseignement chrétiennes, il n'y a pas d'autorité au-dessus, pas de lieux secondaires qui iraient à l'encontre de l'intuition centrale de base. La structure de toute action et de toute pensée dans l'Église n'est pas un ring de boxe où le vainqueur se révèle après douze rounds. Être catholique signifie se mouvoir dans un ordre « sacré » - en grec : hiérarchie. Et cette hiérarchie est justement au stade d'une reconnaissance simplement formelle. L'anarchie accueille encore le pape. En réalité, elle le considère comme un Auguste de Dieu qui ferait mieux de faire censurer ses discours au préalable pour obtenir un consensus.
Des extensions difficilement justifiables du terme « catholique ».
Le pape a pu durant ce jour « sentir » ce que c'est que de vivre dans une Eglise en mode d'aliénation, une Eglise dans laquelle tu ne peux plus respirer parce que des idéologies implantées dominent l'espace et que les interdictions de parler sont à l'ordre du jour. La « maladie belge » est en réalité la maladie de la moitié de l'Europe. La question de l'identité ecclésiale, qui s'emballe brutalement, n'existe pas seulement en Belgique ; au fond, la situation n'est que graduellement différente en Allemagne et en Suisse - et en Autriche aussi, il existe des extensions à peine justifiables du terme « catholique ».
Catholique devrait justement signifier : chacun fait ce qu'il veut et appelle cela une nouvelle morale. Chacun enseigne ce qu'il veut et appelle cela une conversion à la réalité de la vie actuelle. Dans les faits, nous avons affaire à une Eglise qui s'est laissée mettre sens dessus dessous : « L'Eglise ne doit plus convertir le monde, mais elle doit elle-même se convertir au monde. Elle n'a plus rien à dire au monde, elle n'a plus qu'à l'écouter ». (Louis Bouyer) L'université catholique de Louvain vient elle aussi avec son discours standard qui l'élève au-dessus de l'Eglise traditionnelle, elle est justement une « université inclusive qui s'engage contre les violences sexistes et sexuelles », il s'agit pour elle du libre épanouissement de l'être humain, « indépendamment de son origine, de son sexe ou de son orientation sexuelle ». Tandis que l'Eglise exclut et discrimine. Elle enseigne et agit de manière sexiste. Elle est l'incarnation de l'abus. Il ne manque plus que l'invocation des droits de l'homme, avec laquelle on aurait pu lever le nez encore un peu plus haut.
Un pape qui reste ferme dans un avion ...
On peut maintenant être fier d'un pape qui exprime l'évidence avec franchise et qui récolte la raclée prévue à cet effet dans l'Evangile (Jn 15,20) : Qu'il y a des hommes et des femmes XX et XY - et sinon peut-être des personnes qu'il faut traiter avec respect, parce qu'elles sont peut-être blessées et que leur équilibre émotionnel n'est pas congruent avec leur identité corporelle. Qu'il existe quelque chose comme les « femmes », et que c'est beau qu'elles existent. Qu'elles ont un être qui est indisponible et qui échappe aux attributions extérieures, et que personne n'a le droit d'y toucher. Qu'il y a une dignité qui peut être reconnue à partir de la nature et du droit naturel, tout comme les juifs et les chrétiens le reconnaissent encore plus profondément dans l'amour créateur de Dieu, dans lequel l'homme et la femme sont appelés à la fécondité et à la ressemblance avec Dieu.
Tout cela constitue le fer de l'enseignement et non de la pâte à modeler pour le séminaire supérieur de théologie. C'est aussi du bon sens. Car c'est bien sûr ce que croit la grande majorité des gens, qui se détournent avec dégoût d'une idéologie élitiste qui veut faire croire à nos enfants qu'on peut changer de sexe chaque année et qu'il est tout à fait acceptable qu'un homme se faisant passer pour une femme tabasse une femme sur le ring aux Jeux olympiques. Et heureusement, peu de femmes souhaitent vraiment avoir le droit de faire tuer leurs propres enfants.
Sur l'autonomie universitaire et le libéralisme religieux
Dans ce qui se passe en Belgique, nous avons une fois de plus affaire à une conception de l'autonomie qui s'autorise elle-même et qui se ferme à toute objection extérieure - même si c'est par l'intermédiaire d'un pape qui se réfère à la « doctrine », à la « vérité » et à la « parole de Dieu ». Nous retrouvons ce concept radical d'autonomie tout au long de l'humanisme (athée) et maintenant aussi dans l'interprétation erronée de Kant par Magnus Striet et d'autres théologiens. Chez Kant, l'autonomie est là pour faire le bien avec la plus grande authenticité, - le concevoir comme un « devoir » envers une loi morale objective et générale et non comme un droit à un événement de liberté libéré de toute détermination extérieure. Dans un espace de pensée où seule la liberté détermine la liberté, la « vérité » n'a nécessairement pas de place, ni la justice objective, ni la dignité, qui est plus grande et au-delà de ce que « je » veux ou de ce que « nous » voulons. La théologie et « Dieu » ne peuvent surtout pas être classés dans cette pensée de l'autonomie absolue. Magnus Striet fait ses adieux au Tout-Puissant non seulement de l'éthique, mais aussi de la raison ; il dit ainsi : « Si la liberté humaine a pour suprême dignité la liberté, elle ne peut accepter qu'un Dieu qui s'insère dans son univers moral ». La moralité de Dieu, résume Engelbert Recktenwald, « consiste en sa soumission aux attentes humaines ». L'université signifie alors : ne plus se laisser dire par personne ce que nous n'avons pas déjà découvert ou ne découvrirons pas encore par nous-mêmes.
Logiquement, nous n'aboutissons pas alors à la vérité, mais d'abord à la fameuse « dictature du relativisme, qui ne reconnaît rien comme définitif et ne laisse comme mesure ultime que son propre moi et ses envies ». (Pape Benoît XVI) Et deuxièmement, nous avons affaire au libéralisme religieux que John Henry Newman fustigeait déjà au XIXe siècle : « Le libéralisme en religion est la doctrine selon laquelle il n'y a pas de vérité positive en religion, qu'au contraire une profession de foi en vaut une autre. ... Il (le libéralisme) enseigne que tout le monde doit être toléré, mais que tout est affaire d'opinion. La religion révélée n'est pas une vérité, mais un sentiment et une affaire de goût, pas un fait objectif, pas surnaturel, et chaque individu a le droit de lui faire dire ce qui lui convient ». J'ai été très heureux d'entendre le philosophe américain D. C. Schindler déclarer dans l'interview du Tagespost à propos de l'idée du libéralisme religieux - où chacun est libre de décider si et à quoi il s'engage - : « Le problème est que nous modifions profondément la nature du bien, de la religion et de la tradition lorsque nous les transformons en objets de choix, au lieu de les concevoir comme des réalités qui nous précèdent, fondent notre existence et nous permettent en premier lieu de faire des choix ».
Un discours qui a fait grincer des dents, notamment celles de la rectrice de l'UCL qui n'apprécie pas que l'on rappelle la différence entre les sexes ni la vocation respective de chacun d'entre eux et qui considère que ces propos du pape relèvent d'un insupportable conservatisme...
VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETE FRANCIS
AU LUXEMBOURG ET EN BELGIQUE
(26-29 septembre 2024)
RENCONTRE AVEC DES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES
Aula Magna de l'Université Catholique de Louvain
Samedi, 28 Septembre 2024
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Chers frères et sœurs, bonjour !
Merci, Madame la Rectrice, pour vos aimables paroles. Chers étudiants, je suis heureux de vous rencontrer et d'écouter vos réflexions. Dans ces mots, j'entends la passion et l'espoir, un désir de justice, une recherche de la vérité.
Parmi les questions que vous abordez, j'ai été frappé par celle de l'avenir et de l'angoisse. Nous voyons combien le mal qui détruit l'environnement et les peuples est violent et arrogant. Il semble ne connaître aucune limite. La guerre est son expression la plus brutale - vous savez que dans un pays, que je ne nommerai pas, les investissements les plus générateurs de revenus sont aujourd'hui des usines d'armement, c'est moche ! - et ne semble pas connaître de limites à cet égard : la guerre est une expression brutale, tout comme la corruption et les formes modernes d'esclavage. La guerre, la corruption et les nouvelles formes d'esclavage. Parfois, ces maux polluent la religion elle-même, qui devient un instrument de domination. Attention ! Mais c'est un blasphème. L'union des hommes avec Dieu, qui est l'Amour sauveur, devient alors un esclavage. Même le nom du Père, qui est une révélation d'attention, devient une expression d'arrogance. Dieu est Père, pas maître ; il est Fils et Frère, pas dictateur ; il est Esprit d'amour, pas dominateur.
Nous, chrétiens, savons que le mal n'a pas le dernier mot - et sur ce point nous devons être forts : le mal n'a pas le dernier mot - qu'il a, comme on dit, ses jours comptés. Cela n'enlève rien à notre engagement, au contraire : l'espérance est notre responsabilité. Une responsabilité à assumer parce que l'espoir ne déçoit jamais, ne déçoit jamais. Et cette certitude a raison de la conscience pessimiste, du style de Turandot... L'espoir ne déçoit jamais !
Et maintenant, trois mots : gratitude, mission, fidélité.
La première attitude est la gratitude, parce que cette maison nous est donnée : nous n'en sommes pas les maîtres, nous sommes des hôtes et des pèlerins sur la terre. Le premier à en prendre soin est Dieu : nous sommes avant tout pris en charge par Dieu, qui a créé la terre - dit Isaïe - « non pas comme une contrée affreuse, mais pour qu'elle soit habitée » (cf. Is 45, 18). Le huitième psaume est plein de gratitude émerveillée : « Quand je vois tes cieux, œuvre de tes doigts, / la lune et les étoiles que tu as fixées, / qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, / le fils de l'homme pour que tu prennes soin de lui ? » (Ps 8, 4-5). La prière du cœur qui me vient est : Merci, ô Père, pour le ciel étoilé et pour la vie dans cet univers !
La seconde attitude est celle de la mission : nous sommes dans le monde pour en préserver la beauté et le cultiver pour le bien de tous, en particulier de la postérité, celle qui suivra dans l'avenir. C'est le « programme écologique » de l'Église. Mais aucun plan de développement ne réussira si l'arrogance, la violence, la rivalité demeurent dans nos consciences, voire dans notre société. Il faut aller à la source du problème, qui est le cœur de l'homme. C'est aussi du cœur de l'homme que vient l'urgence dramatique de la question écologique : de l'indifférence arrogante des puissants, qui privilégient toujours l'intérêt économique. L'intérêt économique : l'argent. Je me souviens de ce que me disait ma grand-mère : « Fais attention dans la vie, car le diable vient dans tes poches ». L'intérêt économique. Tant qu'il en sera ainsi, tout appel sera réduit au silence ou ne sera pris en compte que dans la mesure où il convient au marché. Cette « spiritualité » est donc celle du marché. Et tant que le marché restera premier, notre maison commune souffrira d'injustice. La beauté du don exige notre responsabilité : nous sommes des hôtes, pas des despotes. À cet égard, chers étudiants, considérez la culture comme la culture du monde, et pas seulement des idées.
C'est là que réside le défi du développement intégral, qui requiert la troisième attitude : la fidélité. Fidélité à Dieu et fidélité à l'homme. Ce développement concerne en effet toutes les personnes dans tous les aspects de leur vie : physique, morale, culturelle, sociopolitique ; et il s'oppose à toute forme d'oppression et de mise à l'écart. L'Eglise dénonce ces abus, s'engageant avant tout à la conversion de chacun de ses membres, de nous-mêmes, à la justice et à la vérité. En ce sens, le développement intégral fait appel à notre sainteté : c'est une vocation à une vie juste et heureuse, pour tous.
Alors maintenant, l'option à faire est entre manipuler la nature et cultiver la nature. Une option comme celle-ci : soit manipuler la nature, soit cultiver la nature. En commençant par notre nature humaine - pensez à l'eugénisme, aux organismes cybernétiques, à l'intelligence artificielle. L'option entre manipuler ou cultiver concerne également notre monde intérieur.
La réflexion sur l'écologie humaine nous amène à une question qui vous tient à cœur et, avant cela, à moi et à mes prédécesseurs : le rôle des femmes dans l'Église. J'aime ce que vous avez dit. La violence et l'injustice pèsent lourd ici, ainsi que les préjugés idéologiques. C'est pourquoi nous devons redécouvrir le point de départ : qui est la femme et qui est l'Église. L'Église est la femme, elle n'est pas « l'Église », elle est « l'Église », elle est l'épouse. L'Église est le peuple de Dieu, pas une multinationale. La femme, dans le peuple de Dieu, est fille, sœur, mère. Comme je suis fils, frère, père. Telles sont les relations qui expriment notre être à l'image de Dieu, homme et femme, ensemble et non séparément ! En effet, les femmes et les hommes sont des personnes et non des individus ; ils sont appelés dès le « commencement » à aimer et à être aimés. Une vocation qui est une mission. Et c'est de là que vient leur rôle dans la société et dans l'Église (cf. saint Jean-Paul II, Lettre apostolique Mulieris Dignitatem, 1).
Ce qui caractérise la femme, ce qui est féminin, n'est pas consacré par des consensus ou des idéologies. Et la dignité est assurée par une loi originelle, non pas écrite sur le papier, mais dans la chair. La dignité est un bien inestimable, une qualité originelle, qu'aucune loi humaine ne peut donner ou enlever. À partir de cette dignité, commune et partagée, la culture chrétienne élabore toujours à nouveau, dans des contextes différents, la mission et la vie de l'homme et de la femme et leur être mutuel, en communion. Non pas l'un contre l'autre, ce qui serait du féminisme ou du machisme, et non pas dans des revendications opposées, mais l'homme pour la femme et la femme pour l'homme, ensemble.
Rappelons-nous que la femme est au cœur de l'événement salvifique. C'est à partir du « oui » de Marie que Dieu lui-même vient au monde. La femme est accueil fécond, attention, dévouement vital. C'est pourquoi la femme est plus importante que l'homme, mais il est mauvais que la femme veuille être homme : non, elle est femme, et c'est « lourd », c'est important. Ouvrons les yeux sur les nombreux exemples quotidiens d'amour, de l'amitié au travail, de l'étude à la responsabilité sociale et ecclésiale, de l'union conjugale à la maternité, à la virginité pour le Royaume de Dieu et pour le service. N'oublions pas, je le répète : l'Église est femme, elle n'est pas masculine, elle est femme.
Vous êtes ici pour grandir en tant que femmes et en tant qu'hommes. Vous êtes en voyage, en formation en tant que personnes. C'est pourquoi votre parcours académique englobe différents domaines : la recherche, l'amitié, le service social, la responsabilité civile et politique, l'expression artistique...
Je pense à l'expérience que vous vivez chaque jour, dans cette Université catholique de Louvain, et je partage avec vous trois aspects simples et décisifs de la formation : comment étudier ? pourquoi étudier ? et pour qui étudier ?
Comment étudier : il n'y a pas seulement une méthode, comme dans toute science, mais aussi un style. Chacun peut cultiver le sien. En effet, l'étude est toujours un chemin vers la connaissance de soi et des autres. Mais il y a aussi un style commun qui peut être partagé dans la communauté universitaire. On étudie ensemble : avec ceux qui ont étudié avant moi - les professeurs, les camarades plus avancés - avec ceux qui étudient à mes côtés, dans la salle de classe. La culture comme soin de soi implique de prendre soin les uns des autres. Il n'y a pas de guerre entre les étudiants et les professeurs, il y a un dialogue, parfois un peu intense, mais il y a un dialogue et le dialogue fait grandir la communauté universitaire.
Deuxièmement, pourquoi étudier ? Il y a une raison qui nous pousse et un objectif qui nous attire. Il faut qu'ils soient bons, car le sens des études en dépend, la direction de notre vie en dépend. Parfois, j'étudie pour trouver ce type de travail, mais je finis par vivre en fonction de cela. Nous devenons la « marchandise », nous vivons en fonction du travail. Nous ne vivons pas pour travailler, mais nous travaillons pour vivre ; c'est facile à dire, mais il faut s'engager à le mettre en pratique de manière cohérente. Et ce mot de cohérence est très important pour tout le monde, mais surtout pour vous, les étudiants. Vous devez apprendre cette attitude de cohérence, être cohérent.
Troisièmement : pour qui étudier ? Pour vous-mêmes ? Pour rendre des comptes aux autres ? Nous étudions pour pouvoir éduquer et servir les autres, avant tout avec le service de la compétence et de l'autorité. Avant de nous demander si nous étudions pour quelque chose, préoccupons-nous de servir quelqu'un. Une bonne question à se poser pour un étudiant universitaire : qui est-ce que je sers, moi ? Ou ai-je le cœur ouvert à un autre service ? Le diplôme universitaire témoigne alors d'une capacité à servir le bien commun. J'étudie pour moi, pour travailler, pour être utile, pour le bien commun. Et cela doit être très équilibré, très équilibré !
Chers étudiants, c'est une joie pour moi de partager ces réflexions avec vous. Ce faisant, nous percevons qu'il existe une réalité plus grande qui nous éclaire et nous dépasse : la vérité. Qu'est-ce que la vérité ? Pilate a posé cette question. Sans vérité, notre vie perd son sens. L'étude a un sens lorsqu'elle cherche la vérité, lorsqu'elle essaie de la trouver, mais avec un esprit critique. Mais la vérité, pour la trouver, a besoin de cette attitude critique, pour pouvoir avancer. L'étude a du sens quand elle cherche la vérité, ne l'oubliez pas. Et en la cherchant, elle comprend que nous sommes faits pour la trouver. La vérité se fait trouver : elle est accueillante, elle est disponible, elle est généreuse. Si nous renonçons à chercher ensemble la vérité, l'étude devient un instrument de pouvoir, de contrôle sur les autres. Et je vous avoue que cela m'attriste de trouver, partout dans le monde, des universités qui ne préparent les étudiants qu'à acquérir ou à détenir le pouvoir. C'est trop individualiste, sans communauté. L'alma mater est la communauté universitaire, l'université, ce qui nous aide à faire société, à faire fraternité. L'étude sans (recherche de la vérité) ensemble n'est pas utile, elle domine. Au contraire, la vérité nous rend libres (cf. Jn 8,32). Chers étudiants, voulez-vous la liberté ? Soyez des chercheurs et des témoins de la vérité ! Essayez d'être crédibles et cohérents à travers les choix quotidiens les plus simples. C'est ainsi qu'elle devient, chaque jour, ce qu'elle veut être : une université catholique ! Et allez-y, allez-y, et n'entrez pas dans les luttes avec des dichotomies idéologiques, non. N'oubliez pas que l'Église est une femme et que cela nous aidera beaucoup.
Merci pour cette rencontre. Merci d'être bons ! Je vous bénis de tout cœur. Je vous bénis de tout cœur, vous et votre chemin de formation. Et je vous demande de prier pour moi. Et si quelqu'un ne prie pas ou ne sait pas prier ou ne veut pas prier, envoyez-moi au moins de bonnes ondes, qui sont nécessaires ! Je vous remercie !
Traduit de l'italien avec deepl
De kath.net/news :

Le Triomphe de saint Thomas d'Aquin de Benozzo Gozzoli, vers 1450-1475 [Louvre Paris]. Thomas d'Aquin, entouré d'Aristote et de Platon, renverse à ses pieds l'érudit musulman Averroès, qu'il respectait mais qu'il rejeta finalement.
Thomas d'Aquin : dispensateur de la vérité catholique
26 septembre 2024
« Dans le christianisme, il n'y a pas de place pour l'abattement, le fatalisme et le nihilisme, car nous sommes tous , entre les mains de Dieu ». Par Gerhard Card. Müller
Kath.net documente les explications du cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur saint Thomas d'Aquin dans l'original en langue allemande et remercie S.E. de son aimable autorisation de republication :
Annoncer à tous les hommes « l'Évangile de Dieu... et de son Fils... Jésus-Christ notre Seigneur » (Rm 1,-1-4) est la mission essentielle de l'Église.
Pour qu'elle puisse accomplir sa mission divine, « l'Esprit Saint l'introduit dans toute la vérité, l'unit dans la communion et le service, la prépare et la dirige par les divers dons hiérarchiques et charismatiques, et l'orne de ses fruits ». (Lumen gentium 4).
C'est l'expression de leur constitution hiérarchique et sacramentelle lorsque les apôtres et leurs successeurs épiscopaux exécutent le mandat de Jésus, qui leur a dit par autorité divine : « Allez vers toutes les nations... et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit ». (Mt 28, 19).
Et en même temps, la capacité d'enseigner est aussi l'un des charismes libres par lesquels l'Esprit Saint rassemble et construit l'unique corps du Christ dans la diversité de ses membres : « Si quelqu'un est appelé à enseigner, qu'il enseigne ! » (Rm 12, 7) - dit l'apôtre Paul aux chrétiens de Rome, afin que chacun contribue, avec le don qui lui a été attribué, à l'édification de l'Église dans l'amour.
La théologie chrétienne est une fonction essentielle de l'Eglise du Logos incarné - qu'elle soit représentée par des professeurs de rang sacerdotal ou laïc. Et elle ne doit jamais oublier cette double référence, qu'elle est à la fois ancrée dans la mission du Christ et de l'Église apostolique, et qu'elle ne sera préservée d'un rationalisme froid et d'un positivisme sans humour que si elle n'oublie pas son élément charismatique. « Car personne ne peut dire 'Jésus est le Seigneur' - s'il ne parle pas dans l'Esprit Saint... Car à chacun est donnée la révélation de l'Esprit pour qu'elle soit utile aux autres,... (par exemple) le charisme de communiquer la sagesse et d'apporter la connaissance ». (1 Co 12, 3.7.8).
La théologie est en effet la troisième forme d'enseignement dans l'Église, après la présentation officielle de la foi révélée par le magistère et après sa médiation catéchétique et homilétique dans la vie liturgique et sociale des fidèles. La théologie fait appel aux méthodes scientifiques et à l'argumentation logique. En effet, toute personne qui s'interroge sur le « Logos de notre espérance » (1 P 3, 15) mérite une réponse rationnelle. Celle-ci ne doit certes pas soumettre les vérités de la révélation au pouvoir de compréhension limité de la raison naturelle. Mais la raison de la foi (ratio fidei) participe, par la lumière du Saint-Esprit, au Logos de Dieu qui, en Jésus-Christ, s'est placé dans l'horizon de compréhension de l'homme, l'a élargi et élevé. « Car la vraie lumière, celle qui éclaire tout homme, est venue dans le monde... et à tous ceux qui l'ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». (Jn 1, 9.12).
De l'


Ces dernières semaines, l’Europe a été le théâtre d’un nombre impressionnant d’incendies criminels visant des églises historiques.
À Saint-Omer, en France, l’église de l’Immaculée Conception a pris feu au début du mois. Il a fallu plusieurs heures à 120 pompiers pour maîtriser l’incendie. La police a identifié un auteur d’extrême gauche , qui avait déjà partagé des contenus antichrétiens et pro-ISIS sur les réseaux sociaux. Il a déjà tenté de mettre le feu à 15 églises.
Malheureusement, cet incident n’est qu’un parmi une longue liste d’incendies criminels d’églises ces dernières semaines :
De Louis Daufresne sur la Sélection du Jour :
La cérémonie d'ouverture des JO manifestait « la volonté de dégager les chrétiens »
Le temps des Jeux olympiques s'est achevé avec l'ultime parade des athlètes samedi dernier sur les Champs-Élysées. L'événement sportif unanimement salué contraste avec la cérémonie d'ouverture du 26 juillet qui a suscité bien des incompréhensions. Ni la France, ni le monde, ni les JO ne méritaient les outrages à la foi, à la famille, à la royauté, à l'élégance et à l'excellence française qu'on a subis.
Jeudi dernier, Le Monde posa la question à Thomas Jolly, directeur artistique de Paris 2024 : « Certaines séquences, comme celles des drag-queens ou du chanteur Philippe Katerine nu en Bacchus, ont choqué. Cette cérémonie d'ouverture se voulait-elle politique ? » Thomas Jolly répondit : « Bien sûr que c'était politique. » Exit la trêve olympique ! Dix jours avant les JO, l'historien militant Patrick Boucheron, cerveau du spectacle, avait affiché une intention marquée : « La cérémonie d'ouverture de Pékin, en 2008, c'est exactement tout ce que nous ne voulions pas faire : une leçon d'histoire adressée au monde depuis le pays d'accueil, une ode à la grandeur et une manifestation de force. »
Patrick Boucheron rejetait à la fois le lyrisme du Puy-du-Fou et le simplisme des défilés martiaux. Il entendait promouvoir « le contraire d'une histoire virile, héroïsée et providentielle ». Soit. Mais la créativité pouvait se garder de l'offense et de l'obscénité. Hélas, le spectacle sombra dans l'une et l'autre. La planète assista à une soirée privée dont l'esprit se situait à mi-chemin entre un bar interlope et une pride woke. Hormis la parade fluviale, on y chercha les valeurs de l'olympisme comme la beauté du geste ou le respect, l'amitié et la paix entre les peuples.
Ignis News n'a que 132 abonnés et deux vidéos à son actif dont celle sur les passages les plus choquants de la cérémonie. Si l'image survole le sujet à cadence rapide, le propos à jet continu veut aller au fond des choses. « Le plus gros problème, note l'auteur, c'est que la plupart des gens n'ont même pas vu le problème. »
Le premier passage, c'est la scène de la Cène sur Seine. Le dernier repas du Christ en mode queer. La peinture murale de Léonard de Vinci détournée au nom de l'inclusivité. Les exclus de l'Église, ou présumés tels, jouent à remplacer le Christ et ses apôtres. Le message peut vouloir dire « ne me rejetez pas » ou « vous n'avez plus votre place au banquet païen du bonheur postmoderne ». Pour le drag-queen Piche (BFM TV), « cela fait longtemps que la pop culture détourne la Cène. (...) Le problème, ce n'est pas le détournement. Ce que les gens voient comme une provocation, c'est la fluidité de genre mais, ajoute-t-il, ça, ce n'est pas une provocation, c'est juste eux qui le voient comme ça ». Mais des voix venues de partout s'indignèrent. « C'était extrêmement irrespectueux pour les Chrétiens », commenta Elon Musk sur X. « Je n'ai pas aimé les moqueries sur la Cène chrétienne, (…) fondatrice du culte dominical », écrivit Jean-Luc Mélenchon. La soirée consacra 25 minutes, soit 10 % de la cérémonie, à la transidentité, soit infiniment fois plus que la réalité du phénomène en France. Pourquoi cette sur-représentation permanente dans cette soirée ?
Deuxième point : la vulgarité. On fait surgir « Aya Nakamura de l'Académie française pour mieux souligner combien ses borborygmes n'ont rien à envier au reste de notre littérature », dénonce Paul Sugy dans Le Figaro. La Garde républicaine pâtit de sa rencontre clownesque avec la chanteuse sur le pont des Arts - qui portait sans cesse la main sur son sexe. « On essaie de dire aux jeunes de bien se tenir, d'être bien élevé, de ne pas dire de gros mot, et ç'est ça qu'on montre », s'emporte l'auteur.
Vient ensuite le trouple. « Aucun amour à trois n'est durable », assène-t-il. Fondé sur le seul plaisir, la relation mène à l'échec. Question : « Pourquoi mettre ces images dans le crâne des enfants ? ».
Également pointés : les portraits de femmes : Gisèle Halimi et Simone Veil. Il rappelle que « l'avortement tue directement les enfants dans le ventre de leur mère ». Et pourquoi pas sainte Geneviève, patronne de Paris ou sainte Jeanne d'Arc, patronne de France, héroïne de la nation ?
La cinquième scène renvoie à 1793 qui, au lieu de déplorer la Terreur, la magnifie plutôt : la décapitation de Marie-Antoinette, le sang giclant sur la Conciergerie sur des éructations sataniques d'un groupe de heavy metal. Même les Soviétiques, pour célébrer 1917, ne scénarisaient pas le massacre de la famille impériale. Deux à trois millions de personnes périrent sous la Révolution dont 40 000 par guillotine. C'est « comme si on faisait un spectacle à Auschwitz pour se réjouir des morts qu'il y a eu », note l'auteur. Comment promouvoir la paix dans le monde après ça ?
La sixième scène, la chanson Imagine de John Lennon, professe le vide existentiel : « imagine qu'il n'y ait pas de paradis, pas d'enfer, pas de religion ». L'auteur de la vidéo déplore que la croix des Invalides ait été retirée de l'affiche des JO.
Cette « volonté de dégager les chrétiens » porte une signature que la vidéo décline ensuite sous divers indices : les livres Le diable au corps et Sexe et mensonges, le cheval de l'Apocalypse représentant la mort, la statue du taureau de Paul Jouve, symbole du sport érigé au rang de religion. Même la Tour Eiffel, « symbole maçonnique » voué à dépasser le Sacré-Cœur, ne trouve pas grâce à ses yeux. Mais après son illumination, la fin du spectacle à ses pieds était quand même d'une autre tenue, avec de très beaux moments dont on essaiera de se souvenir en oubliant le reste !
De Larry Chapp sur le Catholic World Report :
Une Rome « synodale » alors que le monde brûle
L'inattention à un fait d'une énormité évidente a conduit au spectacle presque comique d'une Église autoréférentielle dépensant du temps et des trésors sur le sujet complètement hors de propos des structures ecclésiales.
4 septembre 2024
En mars 2013, le cardinal Jorge Bergoglio a prononcé un bref discours devant l'assemblée des cardinaux avant le conclave, dans lequel il décrivait sa vision d'une Église beaucoup moins « autoréférentielle ». Il souhaitait au contraire une Église sérieuse, capable de lire les signes des temps et d'y répondre avec créativité et ferveur pastorales.
Mais qu'en est-il de cette vision onze ans plus tard ?
Le Synode sur la synodalité, l'un des projets phares de ce pontificat, est un ensemble de processus très autoréférentiels qui a déjà trois ans d'existence. En outre, cet exercice n'est pas seulement un exercice d'autoréférentialité, mais c'est aussi une distraction par rapport aux véritables besoins pastoraux de notre temps. C'est un moment gaspillé alors qu'il y a si peu de moments qui peuvent se permettre d'être ainsi gaspillés dans la crise culturelle actuelle.
Et quelle est cette crise ? En un mot, c'est la crise de l'incrédulité, qui est le filigrane de toutes les cultures occidentales modernes.
L'un des aspects les plus évidents de l'incrédulité moderne est qu'il s'agit, de manière radicale, d'une véritable incrédulité. En d'autres termes, nous devons prendre au sérieux la raison pour laquelle de plus en plus de nos contemporains dans la culture occidentale n'acceptent pas l'Évangile chrétien, parce qu'ils ne sont pas intellectuellement d'accord avec son récit fondamental sur la réalité. Ce point est très important car il devrait être le plus évident des faits mais apparemment ce n'est pas le cas.
Que ce soit de manière intellectuelle explicite ou de manière plus informelle et implicite, les gens d'aujourd'hui ont développé un sens de ce qui constitue le « vraiment réel » qui va directement à l'encontre du contenu intellectuel de la description chrétienne du vraiment réel. Le fait brut est que la plupart des gens modernes de notre culture ne pensent pas que le récit chrétien de l'existence soit vrai, et que son monde de pensée semble désuet dans la mesure où il s'agit d'un ensemble de réponses à des questions que plus personne ne se pose. Les catégories fondamentales pour une compréhension même rudimentaire du christianisme apparaissent aujourd'hui à la plupart de nos contemporains occidentaux comme les faibles échos radio d'une étoile morte depuis longtemps. Le péché et la rédemption, l'expiation, le salut et la damnation, et la nécessité d'un ensemble très particulier de sacrements pour une réconciliation « correcte » avec un Dieu lésé, tout cela va à l'encontre du déisme thérapeutique et de l'égalitarisme religieux de notre époque.
Tout cela semble tellement étranger, si ce n'est totalement aliénant.
Mais à la base, ce qui est fondamentalement incompatible avec la foi chrétienne, c'est le matérialisme réductionniste, mécaniste et naturaliste de notre culture, qui s'oppose directement au message chrétien de la réalité et de l'importance du surnaturel. Comme me l'a dit récemment un prêtre ami (pasteur très intelligent depuis 35 ans) : « Plus personne ne semble vraiment croire en quoi que ce soit. Et cela inclut le clergé ».
Cette inattention à un fait aussi énorme a conduit au spectacle presque comique d'une Église autoréférentielle dépensant du temps et des trésors sur le sujet totalement hors de propos des structures ecclésiales. Notre culture est en train de réorganiser l'ordo social autour des effets en aval de deux siècles d'un ensemble de principes athées et nihilistes de « mort de Dieu » - autrefois simplement implicites et maintenant de plus en plus explicites - et l'Église catholique a décidé que la question la plus urgente était son appareil bureaucratique interne. Apparemment, si nous pouvons réformer la curie, établir de nouveaux « ministères » logés dans des ersatz de « bureaux d'accompagnement » diocésains et mieux « écouter » l'aile séculière et libérale de l'Église (ces pauvres « périphéries » négligées qui ont enduré une oppression si horrible), alors nous pourrons inverser notre descente culturelle dans l'abîme de l'insignifiance. Cmme si nous pouvions étouffer l'hémorragie ecclésiale de l'artère coupée de la croyance avec la compresse externe appelée « synodalité ».
France : une église brûle tous les 15 jours ! 2 septembre : Incendie dans une église à Saint-Omer 3 septembre : un suspect a été placé en garde à vue. Né en 1985, a de "nombreux" antécédents judiciaires. Il est "connu pour des faits similaires de destruction par incendie". L'enquête a permis de mettre en lumière des "traces d'effraction" dans l'église, où un vitrail a été brisé. Une qualification criminelle des faits, pour "destruction de biens par moyen dangereux en raison de la religion" est envisagée. Inaugurée en 1859, l'église avait été "totalement restaurée puis rouverte en 2018" Nos églises sont tellement bien protégées !
Regardez ici le drapeau palestinien flotter sur la cathédrale Notre-Dame de Paris : https://www.youtube.com/watch?
Lire : Incendie criminel présumé dans une église catholique du XIXe siècle en France
D'Anthony McCarthy sur le Catholic Herald :
Le battage moderne sur les « droits de l'homme » risque de sacrifier non seulement Dieu, mais aussi notre humanité même
29 août 2024 à 3:00 pm
L'avocat spécialiste des droits de l'homme qui est aujourd'hui le Premier ministre britannique a prononcé son premier discours à la Chambre des communes le 28 mai 2015. Dans ce discours, Keir Starmer a fait l'éloge de l'adoption par le gouvernement travailliste de la loi sur les droits de l'homme (1998), en se référant à la Magna Carta et en notant que « l'intérêt des droits de l'homme est qu'ils s'appliquent universellement à toutes les personnes partout dans le monde ».
Mais que sont exactement les droits de l'homme et comment les catholiques doivent-ils les considérer ? Il semble en effet y avoir une tension entre la conception catholique de la loi naturelle et des droits naturels, et les « droits de l'homme » de la Déclaration française de 1789 qu'Edmund Burke a critiquée comme étant un « condensé d'anarchie ».
Cette tension est de plus en plus évidente à notre époque, où un « discours sur les droits » toujours plus étendu est souvent utilisé pour saper l'idée même des droits de Dieu et des droits de l'homme dont il est la source.
Une référence papale aux droits de l'homme remonte au tout début du 20e siècle. Le 1er novembre 1900, le plus grand des papes, Léon XIII, a déclaré au monde : « Le monde a assez entendu parler des soi-disant “droits de l'homme”. Qu'il entende quelque chose des droits de Dieu ». (Tamesti Futura Prospicientibus 13.)
Pourtant, plus tôt dans la même encyclique, le pape Léon notait que, grâce au sacrifice rédempteur du Christ, l'homme « s'est rendu compte qu'il était né pour des choses bien plus élevées et plus glorieuses que les objets fragiles et inconstants des sens qui avaient jusqu'alors constitué la fin de ses pensées et de ses préoccupations. Il a appris que le sens de la vie humaine, la loi suprême, la fin de toutes choses était la suivante : nous venons de Dieu et devons retourner à Lui.
« À partir de ce premier principe, la conscience de la dignité humaine a été ravivée : le cœur des hommes a réalisé la fraternité universelle : en conséquence, les droits et les devoirs de l'homme ont été soit perfectionnés, soit même créés de nouveau, tandis que de toutes parts étaient évoquées des vertus insoupçonnées dans la philosophie païenne » (TFP 3).
Léon XIII semble approuver le concept des droits de l'homme tout en mettant en garde contre les dangers et les distorsions, dans la mesure où l'invocation de ces droits peut revêtir une signification individualiste et antisociale. Le pape Pie XII a mis davantage l'accent sur le concept au milieu du totalitarisme et des horreurs de la Seconde Guerre mondiale, lors d'un célèbre message de Noël en 1942, en déclarant : « Le remède à cette situation devient possible :
« Le remède à cette situation devient possible lorsque nous réveillons à nouveau la conscience d'un ordre juridique reposant sur la domination suprême de Dieu et protégé de tous les caprices humains ; la conscience d'un ordre qui étend son bras, en protection ou en punition, sur les droits inoubliables de l'homme et les protège contre les attaques de toute puissance humaine.
« De l'ordre juridique voulu par Dieu découle le droit inaliénable de l'homme à la sécurité juridique et, par là même, à une sphère définie de droits, à l'abri de toute atteinte arbitraire.
« Les relations d'homme à homme, de l'individu à la société, à l'autorité, aux devoirs civils ; les relations de la société et de l'autorité à l'individu, devraient être placées sur une base juridique solide et être gardées, lorsque le besoin s'en fait sentir, par l'autorité des tribunaux ».
De Miguel Cuartero sur son blog via korazym.org :
Lettre du pape François sur la littérature et l'éducation; un commentaire
Mais immédiatement, dans le premier paragraphe, il explique que cela s'applique non seulement aux séminaristes mais également à tous les chrétiens. Voici donc la Lettre sur le rôle de la littérature dans la formation (17 juillet 2024) [ ICI ] adressée aux séminaristes mais aussi aux formateurs et à tous les chrétiens, publiée en huit langues sur le site du Vatican.
Le Pape affirme que pour entrer en dialogue avec la culture contemporaine, il faut se consacrer à la littérature. En effet, il ne suffit pas d'apprendre un christianisme « loin » des gens, mais il faut toucher la chair des hommes et des femmes. En ce sens, explique le Souverain Pontife, la littérature rapproche les chrétiens de la vérité sur l'homme, du « cœur de la culture » et du « cœur de l'être humain », en les épargnant de lectures abstraites à des années-lumière du monde.
On voit clairement une référence à la théologie qui, pendant de nombreuses années, au cours de ce pontificat, a été désignée à plusieurs reprises comme une science abstraite et - à leur tour - les théologiens comme des rats de bibliothèque, enfermés dans leur raisonnement froid et raréfié.
Donc plus de romans (anciens ou nouveaux, c'est égal) et moins de théories ; plus de littérature et moins de théologie ; plus de récits et moins de dogmatique. Le Pape se souvient de l'époque où plutôt que d'imposer à ses étudiants le Cid (poème épique classique de la littérature espagnole), il leur laissait lire Garcia Lorca [1], ce que les étudiants préféraient et qui leur convenait davantage. Parfois, un roman est aussi un bon substitut à la prière, affirme le Pontife, lorsque la prière est difficile à cause d'une crise ou d'une lourdeur d'esprit.
Rien à dire sur l'invitation à redécouvrir et relire les classiques de la littérature. Il s’agit d’une richesse incontournable que peu de gens parviennent malheureusement à exploiter. Ce qui me laisse perplexe, c'est que dans le contexte actuel, dans l'environnement culturel dans lequel nous baignons, le Souverain Pontife prend la peine de demander, presque en suppliant, aux séminaristes de se tourner vers le roman pour devenir plus humains, plus créatifs, acquérir un vocabulaire plus large et lutter contre la corrosion cérébrale.
À mon avis, le contexte culturel actuel est en fait configuré comme une guerre, une guerre culturelle, dans laquelle le christianisme (non pas les « religions », mais le christianisme) est constamment attaqué et tourné en dérision par une idéologie de plus en plus omniprésente. Les Jeux Olympiques de Paris en ont été un exemple clair [2] , au point de provoquer des protestations d'une partie du monde politique, mais surtout de la part des citoyens ordinaires, du monde laïc et des représentants et dirigeants d'autres religions pour invoquer le respect du christianisme et des valeurs chrétiennes (Susanna Tamaro a défini le rite d'ouverture des jeux comme « les funérailles de l'éthique » [ ICI ] ). Il faut dire que François n'a fait aucun commentaire à ce sujet, alors que le Saint-Siège s'est exprimé très tardivement dans une courte note [3] .
Bref, le contexte dans lequel nous vivons est désormais clairement hostile aux chrétiens. L’avenir ne s’annonce pas rose. Sommes-nous préparés à cela ? Nos bergers le sont-ils ? Les futurs bergers le seront-ils ? Il y a beaucoup d'inquiétude et aussi la fatigue de devoir tout supporter ou de se sentir continuellement étiqueté comme rétrograde ou théoricien du complot (comme l'auteur semblera évidemment l'être). L'invitation à tout confier à la littérature pour mieux comprendre et dialoguer avec le monde - de la part du Souverain Pontife, chef de l'Église et pasteur des catholiques dispersés dans le monde - semble pour le moins surprenante.
De sur First Things :
La foi de mes pères
Cet été, mon mari et moi avons fait une croisière dans les fjords à couper le souffle de Norvège et du Danemark, en faisant escale dans des villes et des villages. Au cœur de chaque petit hameau se dresse une jolie église en bois (ou en pierre, si l’église d’origine en bois avait brûlé). Et, invariablement, nos guides nous disaient, avec plus ou moins de satisfaction, que « personne en Norvège ou au Danemark ne va plus à l’église ». Le luthéranisme dévot de mes ancêtres, qui a tant façonné et défini mes grands-parents et mes parents, est mort et enterré.
Selon les guides, la question est désormais de savoir quoi faire de tous les bâtiments religieux. Les paroisses ne sont plus en mesure de s'en occuper, et c'est la ville et l'État qui doivent en prendre en charge l'entretien. Dans la plupart des cas, les églises, si elles sont ouvertes, sont devenues des « centres culturels » pour des concerts et des pièces de théâtre, et sont bien entretenues.
Mais au cœur du centre-ville de Bergen, en Norvège, au bout d'une vaste place, se dresse l'église Saint-Jean, actuellement recouverte d'un tissu blanc disgracieux, son clocher dépassant bizarrement du sommet. Notre guide nous a expliqué que cela faisait un certain temps que les choses étaient ainsi en raison d'un désaccord sur ce qu'il fallait faire du bâtiment. On ne savait pas si l'église était réellement en cours de rénovation ou si elle était simplement recouverte pour protéger les passants des chutes de pierres.
En juin dernier, un immense drapeau palestinien a été peint sur le tissu. Le drapeau a depuis été retiré, mais l’incident met en lumière une triste vérité : l’islam est la seule religion en plein essor à Bergen.
Le christianisme est peut-être mort en Scandinavie, mais le zèle religieux ne l’est certainement pas. Partout, nous avons eu droit à des conférences passionnées sur le changement climatique et le développement durable. Les voitures électriques sont de rigueur et le traitement des déchets est tout simplement miraculeux. Bergen est fière de son système de canalisations coûteux et élaboré qui, selon notre guide, transporte et transforme immédiatement les déchets. Jetez-les ici : ils sont rapidement rachetés, sanctifiés et recréés là-bas. Les Norvégiens ne se soucient peut-être plus beaucoup de leur propre rédemption, mais ils sont profondément pieux quant à la rédemption de leurs déchets.
Lors de notre dernière escale en Norvège, tôt un dimanche matin, notre bateau a accosté à Kristiansand et nous nous sommes dirigés vers le cœur de la charmante ville portuaire où la cathédrale de Kristiansand, l'une des plus grandes églises de Norvège, domine la place. Bien que son site Internet annonce des services à 11 heures, nous n'avons trouvé aucun panneau extérieur, les portes étaient verrouillées et personne ne se promenait. Plus tard, nous sommes revenus avec un guide, qui ne savait rien des services, mais nous a parlé des concerts d'orgue quotidiens pour les touristes.
Bien que l'extérieur soit en pierre néogothique (trois églises précédentes sur le site ont brûlé), l'intérieur est un mélange de bois peint et non peint, typiquement norvégien et absolument magnifique. J'ai imaginé mes ancêtres se rassemblant pour chanter ici, et j'ai pleuré de voir à quel point il était vide ce dimanche-là.