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Culture - Page 52

  • Secouer la poussière de ses pieds... (15e dimanche du temps ordinaire)

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    Il est terriblement interpelant, cet Evangile (Marc, 6, 7-13) lu aujourd'hui dans les églises et qui proclame: "Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage."

    Comment ne pas y voir une parole d'une terrible actualité s'appliquant à nous de façon très directe. A partir du moment où la cité que nous habitons tourne explicitement le dos au message chrétien, que faut-il faire? Tout ne conspire-t-il pas aujourd'hui contre Dieu, contre la foi, contre l'Eglise? Jusque dans les mouvements de jeunesse autrefois catholiques et qui suppriment désormais toute référence à Dieu dans leurs chartes et dans leurs pratiques? Et qu'en est-il de nos universités "catholiques" et de nos écoles?

    Alors, faut-il secouer la poussière de ses pieds et déserter une société devenue sourde, aveugle et irresponsable, mais pour aller où et faire quoi? La question, avouons-le, nous nous la posons souvent sans savoir très bien comment y répondre.

    Il y a pourtant des précédents célèbres. Par exemple, celui de Benoît secouant la poussière de ses pieds et quittant une Rome décadente et dépravée pour se retirer dans la solitude et y fonder ce qui deviendra le germe de la chrétienté médiévale, largement tributaire du monachisme bénédictin. Mais, bien sûr, nous ne sommes pas tous des Benoît...

    Pourtant, ne devons-nous pas nous désolidariser sans ambiguïté de ce qui va dans un sens opposé à la logique évangélique et prendre position, sans équivoque? Evidemment, c'est dur et nous risquons d'être mal perçus, y compris par nos proches, et même par nos propres enfants et petits-enfants. Du coup, nous fermons les yeux et nous multiplions les compromissions, nous retranchant derrière des arguments faciles, du style: "on ne peut quand même pas se couper de tout le monde", ou encore "il faut bien vivre avec son temps, dans la société telle qu'elle est", ou encore "on ne va pas risquer d'isoler sa famille et de ne pas "socialiser" ses enfants"...

    Décidément, il est bien difficile d'être chrétien aujourd'hui et notre position est bien inconfortable alors que nous sommes progressivement acculés à l'exil au sein même de la cité que nous habitons. Mais quand même, "si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage."

    YW (archive 2012)

  • Défends-moi, Seigneur, comme la prunelle de l'oeil (graduel du 15e dimanche du T.O.)

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    Graduale Graduel
    Ps. 16, 8 et 2 Ps. 16,8 et 2
    ℟. Custódi me, Dómine, ut pupíllam óculi: sub umbra alárum tuárum prótege me. ℣. De vultu tuo iudícium meum pródeat: óculi tui vídeant aequitátem. ℟. Défends-moi, Seigneur, comme la prunelle de l'oeil, protège-moi à l'ombre de Tes ailes. ℣. Que mon jugement procède de Ta face ; que Tes yeux voient l'équité.
  • L'art oublié de la "disputatio"

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    De Sébastien Ostritsch sur le Tagespost :

    L'art oublié du débat

    L'Eglise et la société ont désappris à mener le débat d'idées de manière productive. La faute en revient avant tout à une fausse fixation du consensus ainsi qu'à l'émotionnalisation du discours.

    12.07.2024

    Se battre, souffrir, triompher - l'activité de l'Eglise, comme on le sait, consiste en ce triptyque qui englobe à la fois le monde, les enfers et le ciel. Alors que sa partie souffrante, l'"ecclesia patiens", doit subir au purgatoire la purification sans laquelle elle ne peut atteindre Dieu, l'Église triomphante, l'"ecclesia triumphans", est déjà parvenue à ce but ultime et exulte de la contemplation de Dieu. En revanche, tous les croyants qui se trouvent encore sur terre appartiennent à l'Église militante, à l'"ecclesia militans". Leur mission est de lutter contre leur propre péché et les perversions du monde et de s'engager pour la propagation de la foi.

    Si l'on observe l'état actuel de l'Eglise catholique, en particulier en Allemagne, on peut facilement avoir l'impression que le discours de "l'Eglise qui se bat" a été victime d'une réinterprétation fatale : On ne se bat plus contre le monde pécheur, mais avant tout les uns contre les autres, et ce dans le but de consolider sa propre position de pouvoir. Il en résulte la formation de camps opposés de manière irréconciliable, au-delà desquels la communication ne semble plus guère utile ou même possible. Tout n'a-t-il pas déjà été dit entre ceux qui veulent changer l'Église de fond en comble et ceux qui insistent sur le caractère immuable de l'Église ? Mais comment le consensus peut-il être établi une fois que le débat rationnel a échoué ?

    L'Église n'est pas seule avec ses problèmes discursifs

    L'Église n'est certes pas seule avec ses problèmes discursifs. L'incapacité à communiquer rationnellement au-delà des limites de sa propre bulle concerne presque tous les grands domaines thématiques sociaux et politiques. La crise générale du discours a certainement de multiples raisons. Mais l'une d'entre elles est sans doute que la juste conception du débat et sa valeur particulière sont tombées dans l'oubli. Que signifie donc une bonne "dispute" ?

    Il faut tout d'abord comprendre que tout ne vaut pas la peine d'être argumenté. Aristote avait déjà conseillé de ne réfléchir et de ne débattre que sur les positions "où la raison est nécessaire pour résoudre les doutes existants, et non pas le châtiment ou les sens sains". Mais il y a aussi des cas où le débat fondé sur la raison n'a pas sa place : "Ceux qui doutent s'il faut ou non honorer les dieux et aimer les parents ont besoin d'être châtiés", dit Aristote, "et ceux qui doutent si la neige est blanche ou non ont besoin des sens sains". On pourrait également ajouter ici ceux qui ne veulent pas ou ne sont pas capables de respecter les lois fondamentales de la logique : Celui qui n'est pas prêt à reconnaître le principe de contradiction et qui se contredit ouvertement et constamment, ne peut pas communiquer rationnellement.

    Il existe donc manifestement des évidences factuelles, logiques et éthiques du discours. Celles-ci constituent la base commune à partir de laquelle une dispute rationnelle, une lutte argumentative pour la vérité, est possible. En tant qu'enfants non seulement de la modernité, mais aussi et surtout de la post-modernité, nous sommes cependant confrontés à un problème particulier : presque toutes les évidences partagées sont soit déjà victimes d'un processus de déconstruction intellectuel et culturel, soit sont actuellement violemment attaquées. Pour ne citer que deux exemples particulièrement évidents : Comme on peut le voir avec le sujet irritant de l'avortement, même la valeur inaliénable de la vie humaine n'est pas reconnue par tous. Et même un fait aussi fondamental que la distinction entre l'homme et la femme, qui dans leur interdépendance naturelle ont depuis toujours permis la perpétuation de l'espèce, est aujourd'hui remis en question.

    L'Église catholique a un avantage décisif

    Par rapport au monde séculier, l'Église catholique a en fait un avantage décisif : elle dispose, sous la forme des Saintes Écritures et d'une tradition doctrinale bimillénaire, d'une base commune obligatoire pour tous, sur laquelle toutes les divergences d'opinion devraient pouvoir être réglées de manière objective, rationnelle et productive. C'est pourtant là que se situe le véritable problème : Une partie de l'Église n'est manifestement plus prête à reconnaître le fondement de la Bible et du magistère en tant que tel. Il n'est donc pas étonnant que dans de telles conditions, un débat utile ne puisse avoir lieu.

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  • Mgr Leonard : "Pour faire face à un monde hostile, il est nécessaire que les chrétiens soient formés".

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    Du Nuovo Sismografo :

    Mgr Leonard : "Pour faire face à un monde hostile, il est nécessaire que les chrétiens soient formés".

    Une apologétique solide, une bonne formation culturelle et intellectuelle pour répondre aux attaques et persécutions dont sont victimes les chrétiens. Telle est la recette de Mgr André Leonard, archevêque émérite de Bruxelles, qui invite les chrétiens à apprendre l'Évangile de Jean "par cœur".

    L'interview est paru dans le dernier numéro de la revue Il Timone.  Nous vous proposons quelques extraits.

    André-Joseph Leonard (Il Timone) - "Heureux les persécutés pour la justice". Ces paroles de Jésus (Matthieu 5, 10-12) sont à la fois profondément émouvantes et terriblement actuelles. Mais il est important de les comprendre clairement. Le mot justice est la traduction du mot grec dikaïosuné. 

    Mais l'auteur de l'Évangile raisonne selon la signification hébraïque du terme, qui, si nous voulons maintenir une relation avec notre mot "justice", signifie une "conformité" parfaite à la volonté de Dieu, en d'autres termes, la "sainteté". 

    La pensée de Jésus est donc que nous sommes heureux si nous sommes persécutés parce que nous cherchons, quoi qu'il arrive, à faire la volonté de Dieu. 

    [Il est impossible d'être plus clair à ce sujet que Jésus lui-même, dans un passage de l'Évangile de Jean que nous devrions tous connaître par cœur parce qu'il répond à tant de nos questions. Le voici. "Si le monde vous hait, sachez qu'il vous a déjà haïs. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartient ; mais comme vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis dans le monde, c'est pour cela que le monde vous hait" [...].

    Pour faire face à un monde parfois hostile, il est essentiel que les chrétiens soient formés, à la mesure de leur culture intellectuelle, à une bonne apologétique, et puissent ainsi justifier leur foi face aux attaques des non-croyants et surtout des athées militants. 

    [D'où mon livre Les raisons de croire, dont il existe une édition italienne : Le ragioni del credere (Jaca Book, Milan). 

  • Ce que l’Eglise a apporté aux amérindiens (KTO TV)

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    Republié du kto.tv (Christophe Dickès)

    On imagine volontiers la colonisation des Amériques comme une période sombre de l’histoire de l’Eglise, marquée par la persécution des indigènes, la destruction des temples et des idoles, les massacres et les baptêmes forcés.

    Bien que les violences inhérentes à la colonisation ne peuvent être niées, il s’agit d’une image trompeuse de la réalité historique. Loin de toujours s’opposer, les coutumes amérindiennes et les croyances chrétiennes ont souvent coexisté en bonne intelligence. L’émission Au Risque de l’Histoire propose de revenir sur les relations complexes entre l’Eglise et les populations amérindiennes pendant la colonisation. « Il n’y a pas eu de véritable rupture entre les anciennes croyances et le christianisme. Très vite, ces croyances ont été considérées comme relevant de la coutume et l’Eglise les a laissé être pratiquées.

    Elles ne sont donc pas en opposition avec des croyances chrétienne mais simplement à côté », explique Carmen Bernand, historienne et ethnologue. « L’Eglise accepte rapidement les appropriations et même les innovations populaires. Ce va-et-vient entre créativité populaire et hiérarchie, dès l’époque du Concile de Trente, est vraiment ce qui fait la force de l’Église en Amérique latine », ajoute Serge Gruzinski, Directeur de recherche émérite au CNRS.

  • Une statue de la Vierge suscite la controverse

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    De kath.net/news :

    P. Goring CC/Canada : « Tout le monde parle de cette inquiétante sculpture dans une cathédrale autrichienne »

    5 juillet 2024

    Un YouTubeur catholique avec 250 000 followers sur la statue scandaleuse de la cathédrale de Linz : Avec de telles performances, il ne faut pas s'étonner que de nombreux jeunes « se tournent vers la 'messe latine traditionnelle' ».

    Linz (kath.net) "Tout le monde parle de cette sculpture inquiétante dans une cathédrale autrichienne qui tente apparemment de représenter la Bienheureuse Vierge Marie." C'est ce qu'a dit le père Mark Goring CC dans sa vidéo YouTube intitulée "La dernière abomination". Goring est curé de la paroisse St Mary's à Ottawa (Canada, province de l'Ontario), père de la jeune communauté sacerdotale des Compagnons de la Croix (reconnue par le Saint-Siège en 2003 comme société de vie apostolique) et YouTuber catholique à succès.

    Le prêtre canadien décrit dans sa vidéo YouTube qu'il avait lu des articles sur cette statue, mais ces articles ne montraient aucune photo. "Vous savez, si vous écrivez sur une statue que vous considérez comme 'blasphématoire', alors en montrant des photos, vous devriez permettre au lecteur de se forger son propre jugement." Mais au début, il n'a trouvé aucune image ni aucun lien correspondant. "La raison pour laquelle certains médias catholiques [internationaux] n'ont pas montré de photo de la statue, c'est parce qu'elle est vraiment, vraiment dérangeante, surtout dans une église catholique, dans une cathédrale épiscopale." C’est « totalement inapproprié dans une cathédrale catholique » et il ne sait pas s’il doit en rire ou en pleurer.

    Il décrit d'abord : « Imaginez que vous vous promenez dans une ville avec votre famille et vos jeunes enfants et que vous voyez une église catholique, une cathédrale. Vous dites à vos enfants : « Hé, allons dans cette église et disons une petite prière à Jésus. Et puis vous entrez dans cette église et vous voyez une sculpture comme celle-ci dans l'église. Vous direz très vite à vos enfants : 'Hé les enfants, allons chercher une glace', vous leur couvrirez les yeux, vous les détournerez précipitamment."

    Göring a une seconde réflexion à propos de cette statue : il entend souvent des prêtres et des évêques se plaindre du fait qu'un si grand nombre de jeunes catholiques et aussi de jeunes hommes dans les séminaires « se tournent vers la messe latine traditionnelle ». Selon Goring, cela est dû au fait que « nous sommes confrontés à un certain niveau de contamination dans l’Église ». « Même un pape a dit que la fumée de Satan était entrée dans l’église.

    Lorsqu'un jeune « a eu une rencontre profonde avec le Seigneur Jésus-Christ et veut lui dire oui de tout son cœur, veut le suivre et suivre ses commandements, alors il voit qu'en de nombreux endroits il y a cette contamination du catholicisme normal. .»

    Le pasteur Goring s’adresse ensuite directement aux responsables de l’Église : « Vous devez faire quelque chose. Au moins un petit commentaire du genre 'hm, ça nous a dérangé' ou 'nous en avons parlé à l'évêque'.

    La vidéo de Goring sur la statue controversée de la Vierge Marie dans le Mariendom de Linz a été visionnée plus de 50 000 fois le premier jour après sa publication. 880 personnes ont déjà laissé un commentaire sur la vidéo du père, et pratiquement tous les commentaires sont entièrement d'accord. Par exemple, une personne écrit : « Merci, Père Mark, d’avoir soulevé ce sujet. J'en ai marre des gens qui nous disent de nous taire et de faire comme si tout allait bien (et qui attaquent ensuite ceux qui dénoncent le mal). Tout ne va pas bien et il faut en parler. Sinon, les mauvaises personnes (y compris les prêtres et les évêques) continueront à faire ces choses terribles parce que personne ne dit rien et [donc] ils pensent pouvoir le faire. Merci encore pour votre courage. Nous avons besoin de plus de prêtres comme vous. Que Dieu te bénisse!"

    Le cardinal Gerhard Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a répondu à la demande de presse de kath.net concernant la statue en train d'accoucher de la Vierge Marie par une déclaration détaillée et a déclaré, entre autres : « Une représentation picturale du mystère de la révélation de la véritable naissance de Dieu en tant qu'être humain doit avoir pour objectif de permettre au spectateur de croire en l'incarnation de Dieu et de se concentrer sur le Christ et de l'adorer comme Dieu et Sauveur... Même en décrivant « Jésus dépouillé de ses vêtements sur la croix", l'autorité ecclésiale a toujours attaché de l'importance au fait que Jésus n'est pas un objet de fantasmes érotiques, mais que la vision de sa souffrance et de son humiliation nous convainc de l'amour de Dieu, " qui a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » Voir le lien.

  • D'Outre-Manche, un appel à sauver la messe en latin

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    D'Outre-Manche, un appel à sauver la messe en latin

    50 ans après la "lettre d'Agatha Christie" demandant à Paul VI de préserver l'ancien rite, une nouvelle lettre venue d'Angleterre demande à François de ne pas y mettre fin. Et elle réfute certains clichés sur les "indietristes".

    05_07_2024

    L'avant-poste de la messe en latin, aujourd'hui comme il y a 53 ans, parle anglais. Plus d'un demi-siècle après la "lettre d'Agatha Christie" qui "arracha" à Paul VI l'indult pour la célébration limitée du rite tridentin en Angleterre et au Pays de Galles, c'est à nouveau le Times qui accueille un appel de plusieurs personnalités britanniques visant à demander au Pontife régnant de ne pas toucher à la liturgie traditionnelle.

    L'appel porte la signature de personnalités du calibre du lauréat des Oscars Julian Fellowes, de la soprano d'origine maori Kiri Te Kanawa, de l'entrepreneur hôtelier Rocco Forte de la célèbre chaîne du même nom, du compositeur Andrew Lloyd Webber, de l'ancien chef d'état-major de la défense britannique Jock Stirrup et du mannequin Bianca Jagger. Plus des princesses, des membres de la Chambre des Lords, des financiers, des journalistes, des historiens, des designers.

    Les "indietristes" que le Vatican n'attendait peut-être pas, et les prélats/enseignants habitués à attribuer des problèmes psychologiques à ceux qui aiment encore la soi-disant ancienne messe ne s'y attendaient certainement pas. Le bien-fondé d'une cause ne découle pas de la position sociale de ceux qui la soutiennent, et il est douteux que l'Argentin François, si attentif à l'image d'un pape proche des pauvres, se laisse convaincre par un appel émanant d'un groupe d'Anglais riches et influents, mais il est certain que cette initiative bat en brèche le stéréotype qui veut que la communauté trad soit marginalisée et même "dérangée". 

    Mais, vous savez, les desseins de la Divine Providence sont impénétrables et, il y a plus d'un demi-siècle, le précédent qui est entré dans l'histoire pour la signature de la non-catholique Agatha Christie a été couronné de succès, comme le rappelle - sur un ton qui n'est certainement pas déplaisant - Andrea Tornielli, actuel directeur de la Direction éditoriale du Dicastère pour la communication du Vatican, dans sa biographie de Paul VI. La nouvelle pétition du Times est dans la même veine que celle de 1971, tant en ce qui concerne la présence de non-catholiques que les arguments : la messe tridentine, dit-elle, "appartient à la culture universelle" et "a inspiré des réalisations inestimables de poètes, philosophes, musiciens, architectes, peintres et sculpteurs dans tous les pays et à toutes les époques".

    Les pétitionnaires font explicitement référence aux rumeurs, de plus en plus insistantes depuis la mi-juin à la suite d'un article paru sur le blog Rorate Caeli, d'un resserrement imminent de la possibilité déjà limitée de célébrer dans la forme extraordinaire du rite romain. La vaticaniste Diane Montagna a également parlé plus en détail de l'existence d'un document qui renforcerait encore les mesures de Traditionis custodes, attribuant sa "direction" au cardinal secrétaire d'État (et papal) Pietro Parolin. 

    Or, nombreux sont ceux qui, au Vatican, sont convaincus que quelque chose est en train de bouillir dans la marmite et que ce pourrait être précisément les communautés liées à la messe dite en latin qui sont en train d'être cuisinées. Un scénario jugé réaliste par la cinquantaine de signataires anglais qui ont décidé d'y mettre leur nom et se sont adressés à Rome avec des mots sincères : "La capacité de l'ancien rite à encourager le silence et la contemplation est un trésor qu'il n'est pas facile de reproduire et qui, une fois disparu, est impossible à reconstruire. Nous implorons le Saint-Siège de reconsidérer toute nouvelle restriction à l'accès à ce magnifique patrimoine spirituel et culturel".

    "Tout le monde n'apprécie pas sa valeur, et c'est très bien ainsi", écrivent les signataires, "mais la détruire semble inutile et insensible dans un monde où l'histoire peut facilement se dérober". Un concept qui, en privé, est partagé par de nombreux cardinaux et évêques qui n'ont jamais célébré dans la forme extraordinaire - et ne le feront probablement jamais - mais qui ne comprennent pas la nécessité de provoquer de nouvelles divisions au sein de l'Église.

    Là où les religieux se taisent (pour des raisons également compréhensibles), voici que des laïcs, croyants ou non, lancent un appel au bon sens. Ils le font dans les pages d'un des journaux les plus prestigieux du monde, sans cris, dans un style britannique parfait et avec des arguments non religieux. Le pape porteño les écoutera-t-il ? Certainement, si la soi-disant messe en latin a été sauvée grâce à l'intervention de lords et de ladies britanniques, nous pourrions vraiment dire - pour rester sur le thème Argentine-Angleterre - que c'était la Mano de Dios. 

  • Rire de Dieu ? Ce que le Pape n’a pas dit sur sa rencontre avec les comiques

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur Diakonos.be) :

    Rire de Dieu ? Ce que le Pape n’a pas dit sur sa rencontre avec les comiques

    (s.m.) Contribution externe. L’auteur de la lettre, Leonardo Lugaresi, est un expert reconnu des Pères de l’Église.

    L’événement auquel il fait référence, c’est la rencontre du 14 juin dernier entre le Pape François et une centaine d’acteurs comiques issus de quinze pays du monde, dont plusieurs célébrités.

    L’invitation à cette rencontre a été une surprise pour tous les invités, et le discours lu par le Pape pour l’occasion n’a pas apporté de réponse, comme en témoigne le compte-rendu ironique publié le 24 juin dans le quotidien « Il Foglio » par l’un des invités, Saverio Raimondo.

    Mais l’inconnue sur la raison de cette rencontre entre le Pape François et les comiques n’est rien par rapport à une autre inconnue bien plus sérieuse et profonde, celle sur le pourquoi « on peut rire aussi de Dieu ».

    Le Pape a répondu à cette question par une boutade, alors qu’au contraire – écrit le professeur Lugaresi – il s’agit d’une question « théodramatique » au plus haut degré qui a culminé dans le spectacle de Jésus sur la croix, que « le peuple restait là à observer » (Luc 23, 36), qui en croyant au Fils de Dieu, qui en le tournant en dérision.

    La parole au professeur Lugaresi.

    *

    Cher M. Magister,

    Votre dernier article, « Le Pape François, superstar sur la scène mondiale », m’a donné l’envie d’avancer une considération certes marginale mais peut-être utile pour approfondir le problème que vous avez mis en évidence. Elle m’est suggérée par la coïncidence dans la même journée de la double représentation de François, d’abord avec les comiques réunis au Vatican et ensuite avec les chefs d’État et de gouvernement du G7 dans les Pouilles le 14 juin dernier.

    Le Pape a déclaré aux comiques : « Peut-on aussi rire de Dieu ? Certes, et ce n’est pas un blasphème, on peut rire, comme on taquine et on plaisante avec les personnes que nous aimons. […] On peut le faire mais sans blesser les sentiments des croyants, et surtout des plus pauvres ». Que penser d’une telle affirmation, certes bien intentionnée, et qui n’aura pas manqué de susciter l’approbation enthousiaste du public qui l’écoutait ? Je dirais qu’elle est vraie : le monde peut rire de Dieu, mais dans un sens beaucoup plus profond, engageant et dramatique que ce que ne laisse entendre la boutade aguichante de François.

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  • En Loire Atlantique, le côté sombre, violent et anti-chrétien d'un rendez-vous musical

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    De Peter Bannister sur La Sélection du Jour :

    « Infernopolis » en Loire-Atlantique : le visage troublant du « metal » au festival Hellfest

    Le "Hellfest", rendez-vous incontournable des « metalleux » depuis 2006, vient de se terminer à Clisson en Loire-Atlantique. Présenté comme un festival avant tout ludique, il s'accompagne désormais d'un spectacle « Hellfest Kids » pour les enfants. Retour sur les origines troublantes du « metal » et sur son côté sombre, violent et anti-chrétien qui persiste aujourd'hui.

    Malgré son nom sulfureux, le festival de « musiques extrêmes » Hellfest (Fête de l'enfer en français, ndr) semble être devenu un élément plus que respectable du paysage culturel français. Sa dernière édition vient de se dérouler devant quelque 240 000 personnes à Clisson en Loire-Atlantique (44). Dans ses premières années, Hellfest avait provoqué plusieurs réactions fortes chez certains en raison de son imagerie diabolique. Ces temps sont désormais révolus. Le festival est désormais suffisamment bien établi pour collaborer avec la Philharmonie de Paris. Ensemble, ils ont créé une exposition à la gloire du metal, colloque académique à l'appui. Cet exposé « suivant le plan de la nef d'une église et orienté vers sept chapelles rayonnantes » présente notamment un vitrail à la mémoire du bassiste du groupe Metallica. Une provocation qui semble ne plus choquer personne.

    Et pourtant… musicologues et théologiens continuent de s'interroger : derrière une façade souvent humoristique, dans la lignée du Grand-Guignol, le metal cacherait-il un côté sombre ? Pour illustrer cette ambiguïté, observons l'étrange histoire du groupe anglais Black Sabbath. Tirant leur nom d'un film d'horreur avec Boris Karloff, les "Sabs" ont inventé le genre à la fin des années 1960. Ils ont ensuite connu un succès mondial sur des titres glaçants comme le tube éponyme "Black Sabbath". La chanson raconte de manière terrifiante une supposée rencontre avec le prince des ténèbres. Elle est basée sur les expériences du bassiste du groupe Geezer Butler dont les mémoires viennent de sortir en édition de poche. Issu d'une famille irlandaise catholique, le jeune Butler a lu les livres du magicien anglais Aleister Crowley – popularisé de manière posthume par des musiciens comme Jimmy Page de Led Zeppelin. Suite à cela, Butler s'est adonné à des pratiques occultes qu'il a pourtant rejetés après l'épisode paranormal sinistre que relate la chanson "Black Sabbath", décrite par le groupe comme un avertissement contre l'occultisme.

    Curieusement, les membres de Black Sabbath étaient personnellement loin d'être satanistes, malgré un style écrasant et un son menaçant imité par des générations de « metalleux ». Leur guitariste légendaire, Tony Iommi, a fini par composer un morceau inspiré par le Psaume 133 pour la cathédrale de Birmingham. Leur chanteur, Ozzy Osbourne, malgré ses nombreuses addictions et frasques sur scène, se dit quant à lui membre de l'église anglicane. Toutefois, le nom du groupe et la noirceur de ses albums, savamment promue par sa maison de disques, ont vite attiré de véritables sorcières et satanistes. Ils ont alors essayé – sans succès – d'inviter les quatre musiciens à leurs cérémonies.

    Plus de 50 ans après les débuts de Black Sabbath, on peut dire que le Hellfest exhibe précisément la même ambiguïté que les fondateurs du metal envers leur progéniture musicale. D'un côté, la plupart des musiciens et auditeurs traitent sans nul doute les concerts comme un simple divertissement réhaussé d'un d'un brin de flirt avec l'occultisme (comme pour Harry Potter). De l'autre, les scènes de Hellfest, surtout « l'Autel » et « le Temple », accueillent des partisans de musiques « extrêmes » qui prennent absolument tout au sérieux. Certains affichent un satanisme explicite (comme le black metal de groupes sembables aux Polonais Behemoth) ou expriment un néo-paganisme violent, typique du Viking metal, dont l'ancêtre lointain serait l' « Immigrant Song » de Led Zeppelin (et ses cris sanguinaires : « Valhalla, j'arrive… »). Ces deux tendances s'entrecroisent dans les années 1990 en Norvège, donnant lieu à des homicides et des incendies criminels contre plus de 50 églises. L'ancien batteur « Faust » du groupe Emperor, qui vient de jouer à Hellfest, a été condamné pour le meurtre homophobe de Magne Andreassen, tandis que d'autres membres d'Emperor ont été impliqués dans des incendies - des délits également admirés par d'autres groupes musicaux invités à Clisson. On trouve ainsi les Norvégiens Gorgoroth et les Suédois Watain, dont le chanteur Erik Danielsson s'est dit prêt à encourager d'éventuels actes terroristes inspirés par le groupe.

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  • « Faire » des enfants est-il passé de mode dans « la modernité » ?

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    De gènéthique.org :

    Ces jeunes adultes qui s’infligent la stérilité

    27 juin 2024

    Le recours à la stérilisation (vasectomie et ligatures des trompes) est en hausse (cf. France : les vasectomies ont dépassé les stérilisations féminines). Cette augmentation est également observée chez les jeunes [1] qui sont en parallèle incités à donner leurs gamètes (cf. Don de gamètes, contraception : les jeunes ne méritent-ils pas qu’on les prenne au sérieux ? ; L’ABM en campagne pour le don de gamètes)[2]. Christian Flavigny et Michèle Fontanon-Missenard, tous deux pédopsychiatres, psychanalystes et directeurs de recherche à l’Institut Thomas More, interrogent ce phénomène et livrent leur analyse pour Gènéthique.

    « Faire » des enfants est-il passé de mode dans « la modernité » ? Une tendance s’affirme de renoncer à jamais à « en avoir », en se soumettant à une stérilisation précoce et irréversible, par ligature des trompes chez les jeunes femmes et vasectomie chez de jeunes hommes. Comment le comprendre ?

    Le refus du maternel sacrificiel

    Un argument invoqué est l’astreinte que la présence de l’enfant impose à la vie des adultes ; et nul doute que s’occuper de ses enfants dévore le temps, au détriment d’autres occupations possibles dans leur vie. La réaction des femmes décrites pas Eve Vaguerlant [3], embarrassées par le rôle maternel consacré à leur enfant qu’elles disent néanmoins aimer, traduit que ce temps consacré à l’épanouissement de leur enfant n’est pas source ressentie d’un épanouissement pour elles.

    Prendraient-elles le contrepied du sort que subissaient les femmes de jadis, que l’on décrit confinées à la tâche éducative de leur progéniture, censées s’y être adonnées plus par devoir que par plaisir ? Les femmes d’aujourd’hui se détourneraient-elles de ce qui est tenu pour un dévouement sacrificiel qu’aurait enduré leurs aïeules, dans le but de préserver la vie professionnelle qu’elles revendiquent accomplie, d’autant que les mesures sociales ne suffiraient pas à concilier leur vie de travail avec une vie de famille ? Ne veulent-elles plus s’imposer une tâche éducative chronophage et épuisante ? Mais quel est le critère d’accomplissement d’une vie : seulement professionnel, amical, amoureux – mais pas familial ?

    Certes si la tâche maternelle n’est perçue que comme une frustration, si elle n’épanouit pas leur vie de femmes devenant mères – comment alors ne pas comprendre ces femmes qui disent aujourd’hui « regretter » d’avoir eu des enfants ou qui prennent des mesures de contraception définitive ? Jugent-elles que l’épanouissement de la vie d’adultes, avec la réussite sociale en ligne de mire et les plaisirs qui vont avec la liberté individuelle, sans responsabilité contraignante, serait entravée par la tâche parentale ?

    Le bonheur et le don

    Ce qui se trouve éludé par cette préoccupation, c’est le bonheur ; le bonheur, contrairement au plaisir qui peut être individuel, est le fruit d’un partage, et plus encore : d’un don. Il ne s’agit pas du cadeau – encore que le cadeau n’ait de saveur que comme intention de donner ; il s’agit plus essentiellement du don fait à autrui de ce dont il est manquant : un don existentiel.

    Le don est un partage, selon deux facettes fondant la relation : donner et recevoir. Le don n’opère que si le donneur reçoit en retour : le donneur donne au receveur ce qui lui est manquant, mais à condition de recevoir de lui ce qu’il donne, dont le donneur est manquant ; cela fonde le lien anthropologique, selon ses deux axes : entre les sexes et entre les générations.

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  • Le récit officiel de l'islam contesté par les historiens

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    D'Olivier Bonnassies sur La Sélection du Jour :

    Les historiens contredisent le récit officiel de l'islam

    Photo : Les manuscrits de Sanaa, le plus ancien texte du Coran qui a été retrouvé, est un palimpseste (texte écrit sur une première écriture, grattée ou lavée) qui diffère de la version actuelle du Coran.

    Une véritable révolution est en marche concernant les origines de l'islam après la publication, en 2019, du « Coran des historiens » qui remet tout en cause. Même le site de référence des musulmans en France "Oumma.com" reconnaît que La Mecque n'existait pas au temps de Mahomet ou que le Coran est le fruit d'un long processus éditorial. Enquête autour de la vérité sur l'islam.

    Le Coran des historiens, sorti en 2019, est une somme de 3 500 pages qui recense, en trois tomes encyclopédiques, les différentes découvertes historiques relatives à la naissance de l'islam et à la rédaction du Coran. 28 chercheurs et universitaires reconnus ont apporté leur contribution à cette synthèse présentée par certains comme « sans précédent dans l'histoire » (Gavin Mc Dowell) ou comme « le livre le plus important du XXIe siècle » (Hashim Saleh).

    Oumma.com, le site de référence des musulmans en France, a publié une série d'articles se référant à ces recherches. Par exemple : « L'islam à l'épreuve de ses origines »« Origines de l'islam : écueil du discours musulman »« Origines de l'islam : le tabou musulman ? » ou encore « Origines de l'islam : le déni musulman » expliquant qu' « une révolution copernicienne est en train de balayer le champ des études historiques sur les premiers temps de l'islam » en invitant « à ne pas nier l'évidence des acquis de la recherche historique » qui « ébranlent profondément l'historiographie musulmane des premiers temps de l'islam ».

    En substance, il semble d'abord que « La Mecque n'existait pas au temps de Mahomet » (sic). Alors que le récit traditionnel islamique fait remonter la ville à Abraham ou même à Adam, la présentant comme « la mère des cités » (Coran 42,7), un carrefour « florissant » de grandes routes commerciales, y décrivant élevage, pêche et végétation abondante (blé, dattes, olives, vignes, …), tous ces éléments sont formellement contredits par les découvertes historiques. On a pu recenser en Arabie, avant l'islam, vingt-deux sanctuaires païens de forme cubique, appelés eux aussi « Kaaba ». La pratique de tourner autour d'une pierre est déjà attestée dans l'Arabie préislamique idolâtre ou chez les Nabatéens — et les Juifs aussi faisaient exactement cela : 7 fois autour du Temple. La Mecque, avec son pèlerinage et des rituels de même type, semble n'émerger qu'un siècle après Mahomet et auparavant, de 640 à 725, l'orientation de la prière (qibla) n'était jamais vers l'Arabie mais plutôt vers Jérusalem ou Pétra. Enfin, toute une série de faits concordants (descriptions, climat, eau, toponymie, linguistique, caravansérail des Quraychites, archéologie, guerres, témoignages, etc.) font localiser certains événements fondateurs de l'islam « près de Lattaquié » dans le nord de la Syrie, très loin de La Mecque. Elle ne devient centrale qu'à partir de 822, « au IXe siècle » explique Oumma.com qui conclue : « La Mecque serait une création tardive des califes omeyyades ».

    Le Coran, de son côté, apparaît non comme tombé du Ciel mais comme le fruit d'un long processus d'édition, sur environ un siècle, sous l'autorité des califes : les plus anciens manuscrits découverts à Sanaa au Yémen en 1972, analysés par les paléographes allemands Gerd & Elisabeth Puin, sont « datés de la deuxième moitié du VIIe siècle » et « probablement rescapés d'autodafés ordonnés par les califes ». Le livre de l'islam a donc « été élaboré dans le temps » et « procède d'un travail éditorial ». « Les études sur les manuscrits anciens révèlent des activités manifestes de réécritures et de corrections du texte » et « attestent de la circulation de versions concurrentes jusqu'au VIIIe siècle. »

    La figure de Mahomet enfin est également devenue très floue : « l'examen des témoignages non-musulmans contemporains du Prophète et des premières conquêtes arabes dressent de lui un portrait tout à fait étranger à la biographie convenue qu'en donnent Sira et Sunna » écrites du VIIe au Xe siècles sous l'autorité de califes exerçant un pouvoir absolu qui leur a permis de réécrire l'histoire. C'est ainsi qu'on constate « un véritable trou noir » de 150 ans entre la mort de Mahomet vers 632-635 et les premiers écrits musulmans qui contredisent les autres sources. Par exemple, il est établi qu'au départ et jusqu'à la prise de Jérusalem en 637, certaines factions arabes subissent l'influence déterminante de courants juifs ou judéo-chrétiens, mais tout cela sera gommé et oublié par la suite dans le discours qui se fixe à la fin du premier millénaire.

    Comment un récit islamique officiel si différent a-t-il alors pu se constituer ? La vidéo « L'islam est faux » publiée sur Internet propose l'explication la plus logique : les califes avaient objectivement intérêt à glorifier la figure de Mahomet dont ils se proclamaient les successeurs. Avec à la clé la justification « divine » d'une autorité absolue leur permettant de revendiquer le pouvoir, l'argent, les femmes et la soumission de tous leurs sujets au nom de la religion.

    Toutes ces découvertes sont « accablantes pour la crédibilité du discours musulman » (sic) si l'on en croit les articles du site Oumma.com ou les chercheurs du site Al-Kalam qui vient de se lancer. Tout cela devrait continuer à provoquer de grands débats et de grands remous dans l'avenir car effectivement « une véritable révolution est en marche dans les milieux de la recherche islamologique ».

    L’islam à l’épreuve de ses origines

    >>> Lire l'article sur Oumma.com

  • S'autocréer, c'est se déshumaniser

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    De Joel Looper sur First Things :

    S'autocréer, c'est se déshumaniser

    6 . 28 . 24

    Réfléchis", dit mon ami, la voix teintée d'agressivité. "Pourquoi es-tu devenu un homme ? Parce que tu n'avais pas d'autre choix sur le plan social. Ne serait-ce pas mieux si les enfants n'avaient pas de telles contraintes sur ce qu'ils peuvent être ?

    Mon ami (appelons-le Jim) avait un préadolescent qui n'avait pas d'antécédents de dysphorie de genre et qui s'était récemment déclaré non binaire. Jim l'a soutenu, il s'est même montré enthousiaste. Il a raconté son histoire aux médias locaux et a invité les membres de notre petite église à poser des questions et à dialoguer. Je l'ai donc invité chez moi pour en savoir plus et, au moment opportun, lui faire part de mes craintes pour sa famille.  

    C'est sans doute la raison pour laquelle Jim m'a devancé en me demandant pourquoi j'avais choisi et continuais à choisir le sexe masculin. Répondre que, n'ayant pas le pouvoir d'échanger mes gamètes et mon ADN masculins contre des féminins, je n'avais pas le choix aurait été trop rapide pour entrer dans le vif du sujet. J'ai donc détourné la question.

    Le fait d'attendre n'a en rien apaisé la colère de Jim. Pour lui, exprimer ou même laisser entendre qu'il s'inquiétait de ses choix parentaux ou des décisions de son enfant n'était pas acceptable. En exprimant cette inquiétude, ce que j'ai fini par faire de manière plus explicite, j'ai fait de lui et de son enfant des personnes "peu sûres". Il semble, en fait, avoir ressenti ma crainte pour son enfant comme une agression. Notre amitié a pris fin. 

    Je ne doute pas que la motivation de Jim était de protéger sa famille. Mais il avait été séduit par un mouvement de masse à l'échelle de la culture, axé sur "la recherche de la liberté par rapport aux limites naturelles", comme l'a décrit le théologien anglais Oliver O'Donovan dans une série de conférences indispensables, à l'époque où Jim et moi étions encore en couches-culottes. Ce mouvement souhaite se passer de la nature humaine, en particulier en ce qui concerne la différence sexuelle et la sexualité. La nature, après tout, implique une limitation. "Haïr sa propre chair est la limite de l'auto-contradiction à laquelle tend notre liberté", a déclaré M. O'Donovan. "C'est le point où notre affirmation de nous-mêmes contre la nature devient une attaque contre nous-mêmes.

    Heureusement, ces conférences vieilles de quarante ans ont été rééditées en un mince volume qui comprend une nouvelle introduction de Matthew Lee Anderson et une rétrospective d'O'Donovan. Begotten or Made ? reste pertinent pour ses analyses théologiques claires de l'avortement, de la fécondation in vitro (et de l'élimination concomitante des embryons), de la maternité de substitution, de la contraception, du mariage, etc. O'Donovan commence cependant par aborder ce que l'on appelait en 1983 la "chirurgie transsexuelle", un sujet que son public d'origine aurait pu considérer comme une perte de temps, mais qui ne frappera personne de cette façon aujourd'hui.  

    "Le grand défi intellectuel auquel notre époque est confrontée au vu de ces innovations n'est pas de comprendre que ceci ou cela peut ou ne peut pas être fait", écrit O'Donovan, "mais de comprendre ce qui serait fait, si cela devait être fait". Un examen attentif de ce qui était considéré comme la meilleure pratique en matière de traitement de la dysphorie de genre devait clarifier, pour le public de l'époque Thatcher d'O'Donovan, où nous menait la quête de notre culture pour nous débarrasser de nos limites naturelles. De même, le petit enchiridion d'O'Donovan aidera le lecteur d'aujourd'hui à comprendre ce que nous faisons lorsque nous entreprenons des traitements de FIV, utilisons des contraceptifs, recourons à des mères porteuses ou subissons des soins dits "d'affirmation du genre". 

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