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Actualité - Page 316

  • France : Macron veut constitutionnaliser le meurtre de l'enfant à naître

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    Lu sur "Chrétiens dans la Cité", blog de la lettre d'information de Denis Sureau :

    Macron veut constitutionnaliser le meurtre de l'enfant à naître

    Emmanuel Macron annonce un projet de loi constitutionnel « dans les prochains mois » pour l'avortement. « Je veux aujourd’hui que la force de ce message nous aide à changer notre Constitution afin de graver la liberté des femmes à recourir à l’interruption volontaire de grossesse, pour assurer solennellement que rien ne pourra entraver ou défaire ce qui sera ainsi irréversible ».

    Alliance Vita dénonce "l’instrumentalisation grossière et indécente de la douloureuse question de l’avortement". Voici son communiqué : "Ce projet remet en jeu l’édifice juridique au détriment de la démocratie et des droits humains. Dans une décision de 2001, le Conseil constitutionnel a évalué la loi sur l’IVG en prenant en compte la liberté de la femme, la sauvegarde de la dignité humaine, le droit à la vie et la liberté de conscience. Aucun de ces principes ne figurent en tant que tels dans la constitution mais ont alors été reconnus par la jurisprudence du Conseil constitutionnel comme ayant une valeur constitutionnelle. Inscrire l’interruption volontaire de grossesse dans la constitution sans inscrire les autres principes qui y sont associés constitue une rupture qui fragilise ces derniers.


    Par le jeu des questions prioritaires de constitutionnalité, on peut craindre qu’il devienne alors possible d’exiger une IVG jusqu’à son terme ou en raison du sexe, ce qui est proscrit en France et dans de nombreux pays. Cela pourrait aboutir également à remettre en question la clause de conscience des soignants et menacer encore davantage la liberté d’expression sur une question sociale et humanitaire qui demeure un douloureux tabou.

    D’autre part ce projet marque une déconnection de la réalité des pressions et des violences subies par les femmes.

    En France le nombre d’IVG reste à un niveau élevé avec 223 300 interruptions volontaires de grossesse (IVG) enregistrées en 2021 et un taux record de recours (15,5 IVG pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans en 2021). En outre, alors que le pays traverse des difficultés économiques, un rapport de la DREES a établi que ce sont les femmes les plus pauvres qui avortent le plus souvent (rapport 2020). L’IVG s’avère ainsi un marqueur d’inégalités sociales qui devrait alerter les pouvoirs publics. D’autre part, à aucun moment n’est pris en compte le lien entre violence et IVG à répétitions, pourtant confirmé par des études.

    « Comment peut-on se satisfaire d’une telle situation ? Comment comprendre les déclarations successives d’Emmanuel Macron, contre l’allongement des délais et conscient du traumatisme de l’avortement et son positionnement aujourd’hui ? Inscrire le droit à l’avortement dans la constitution serait la dernière étape vers la banalisation d’un acte qui met plusieurs vies en jeu.  Notre société s’est progressivement détournée des détresses et des situations auxquelles peuvent être confrontées certaines femmes. Ces gesticulations politiciennes occultent la réalité et empêchent la mise en place d’une véritable prévention de l’avortement et de permettre à celles qui le souhaitent de poursuivre leur grossesse. » conclut Caroline Roux, Directrice générale adjointe d’Alliance VITA.

  • L'attaque contre Wojtyła, une construction mensongère basée sur des "dossiers" rouges

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    De Wlodzimierz Redzioch sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    L'attaque contre Wojtyła, une construction mensongère basée sur des "dossiers" rouges

    09-03-2023

    Dans une opération marketing bien étudiée, le livre 'Massima colpa' a été lancé en Pologne, affirmant que Wojtyła a couvert les abus de prêtres lorsqu'il était archevêque de Cracovie. Des attaques qui viennent de loin, résultat d'un travail rampant de démolition de Jean-Paul II à l'intérieur et réunissant les secteurs anticléricaux, les médias libéraux et les catholiques hostiles à la Tradition. Et à l'origine, les faux dossiers du régime communiste.

    Dans le pays qui a vu naître saint Jean-Paul II, il existe des forces qui en ont toujours voulu à celui qui fut d'abord archevêque de Cracovie, puis souverain pontife. Jusqu'en 1989, c'est d'abord l'appareil du régime communiste polonais qui a tout fait pour diminuer l'impact de l'action pastorale du pape dans sa patrie. Mais les mêmes forces politiques ont continué à critiquer Jean-Paul II, même après le tournant démocratique de 1989, en s'alliant aux milieux anticléricaux libéraux et aux catholiques "ouverts" qui n'appréciaient pas la ligne "conservatrice" de l'Église.

    Pendant le pontificat de Jean-Paul II, les attaques étaient liées à son enseignement sur la sexualité, à la défense de la vie de la conception à la mort naturelle, au rôle des femmes dans l'Église et à son "anticommunisme" ; mais il semble que ces sujets n'aient pas pu écorner sa figure gigantesque dans son pays, où l'on parlait de lui avec le plus grand respect. Pourtant, sous le radar, des forces étaient à l'œuvre en Pologne pour détruire "le mythe de Wojtyła", en premier lieu liées à l'influent journal Gazeta Wyborcza. Des attaques directes contre le saint polonais ont commencé à apparaître dans les pages de ce journal libéral de gauche, portées notamment par d'anciens prêtres comme Stanislaw Obirek : malheureusement, ses attaques de plus en plus vulgaires et primitives n'ont été ni contrées ni stigmatisées. En Pologne, on a oublié la règle de Goebbels, le génie de la propagande hitlérienne, selon laquelle les mensonges répétés à l'infini resteront toujours. C'est ainsi que certains mensonges concernant la figure de Jean-Paul II ont commencé à être perçus comme des vérités.

    Mais un autre facteur a également facilité l'action de "déconstruction" de la figure du Pontife : le facteur temps. Depuis plus d'une décennie, des personnes travaillant dans le monde de l'information en Pologne n'ont pas connu Jean-Paul II directement et n'ont pas pu apprécier son charisme, son travail et son enseignement. De plus, une véritable coalition médiatique s'est formée dans le but de rompre avec l'héritage de Jean-Paul II. Une coalition composée de la Gazeta Wyborcza déjà citée, de l'hebdomadaire Newsweek, de la télévision TVN et du portail Onet (Newsweek et Onet sont liés au géant des médias suisse-allemand Ringier Axel Springer).

    Malheureusement, les cas d'abus réels et présumés de mineurs par des prêtres et les accusations contre la hiérarchie de tolérer la pédophilie ont fourni une arme redoutable pour frapper l'Église et Jean-Paul II. Et ces jours-ci, nous assistons en Pologne à l'apogée des attaques contre la figure de Wojtyła.

    Le 8 mars, Agora - la même maison d'édition que Gazeta Wyborcza - a lancé le livre Massima colpa. Giovanni Paolo II lo sapeva, du journaliste néerlandais Ekke Overbeek. Le slogan marketing est le suivant : "Ce que l'Église cache sur Jean-Paul II". L'hebdomadaire Newsweek lance l'accusation avec en couverture la photo du pape et le titre : "La vérité cachée sur la pédophilie". Sous-titre : "En cachant les crimes sexuels de ses prêtres, il agissait comme un apparatčik communiste de l'Église". Pour ne rien arranger, le 7 mars, TVN a diffusé un reportage de Marcin Gutowski sur la responsabilité présumée de Wojtyła dans la tolérance d'incidents pédophiles à l'époque où il était archevêque métropolitain de Cracovie.

    Mais l'attaque massive, bien synchronisée comme vous pouvez le constater, ne s'arrête pas là : les médias ont évoqué l'histoire des abus sexuels présumés commis par le cardinal Adam Sapieha, longtemps métropolite de Cracovie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le cardinal a organisé un séminaire clandestin dans lequel ont étudié, entre autres, ses deux successeurs, Karol Wojtyła et Franciszek Macharski, tous deux ordonnés par Sapieha. On insinue que Wojtyła a "appris" la tolérance envers les abus de son "mentor" Sapieha ; certains insinuent malicieusement qu'il y avait peut-être "quelque chose" entre Wojtyła et le vieux cardinal qui l'aimait tant. Il s'agit d'une histoire complètement fausse qui révèle à quel point toute éthique journalistique a été perdue. Elle mérite d'être analysée.

    Des mensonges sur l'homosexualité présumée du cardinal Sapieha et sur les abus qu'il aurait commis à l'égard de séminaristes ont été publiés dans Gazeta Wyborcza. Les accusations se fondent sur des déclarations faites par Anatol Boczek, un prêtre collaborateur du régime communiste qui voulait organiser une Église nationale contrôlée par le parti en Pologne. Boczek appartenait à un groupe de prêtres dits patriotes et était en conflit ouvert avec le cardinal Sapieha lorsqu'il rédigeait ses déclarations pour les services secrets polonais. Il a été suspendu par le cardinal précisément en raison de sa collaboration avec le régime communiste. Boczek était alcoolique et ses déclarations étaient si manifestement fausses que même les communistes n'ont pas osé les utiliser pour cibler Sapieha à l'époque. Finalement, il a été retiré de la liste des collaborateurs.

    Il convient de rappeler que les années 1950 ont été celles de l'apogée de la répression exercée par le régime communiste contre l'Église. Le cardinal Sapieha est mort en 1951 et, immédiatement après, les autorités communistes ont fait arrêter les évêques des diocèses de Katowice et de Cracovie, qui ont ensuite organisé la farce du procès des prêtres de Cracovie, typique de la période stalinienne.

    Don Andrzej Mistat, l'aumônier du cardinal, a également été amené à accréditer les mensonges du collaborateur du régime communiste. Son témoignage, extrait des archives des services secrets communistes, est censé prouver les tendances homosexuelles du cardinal. Mais personne n'explique aujourd'hui que ce témoignage a été écrit par le père Mistat dans les bureaux des services secrets. Arrêté, battu, menacé, il a fait cette déclaration dans l'incertitude de son sort. Ce genre de témoignage, arraché à des prêtres, a été utilisé pour organiser des simulacres de procès contre des évêques. On ne peut donc qu'admirer la sagacité du père Mistat qui, risquant la prison et devant écrire quelque chose, a formulé des accusations sexuelles qui lui semblaient probablement "inoffensives". Quelle est la valeur de ce type de documents des services secrets ? Ils ne devraient avoir aucune valeur juridique, mais entre-temps, ils sont rendus publics et utilisés par les médias comme des preuves "sûres" de la culpabilité.

    Les médias lancent d'autres accusations purement désobligeantes : le fait que, pendant la guerre, le card. Sapieha a hébergé des séminaristes dans son palais serait la "preuve" qu'il était homosexuel, mais les mêmes médias cachent l'information selon laquelle les bâtiments du séminaire ont été occupés par les Allemands.

    L'attitude des rédacteurs de l'hebdomadaire Tygodnik Powszechny, fondé par le cardinal Sapieha, qui se demandent si le jeune Wojtyła a subi des attouchements de la part du cardinal, est triste. Ces thèses iconoclastes atteignent le summum du mensonge mais ne servent pas à convaincre les historiens qui peuvent facilement les réfuter : leur but est de détruire l'autorité de ceux qui font justement autorité pour nous, catholiques ordinaires, qui n'avons généralement pas les outils pour vérifier ces mensonges honteux. Frapper une personne morte il y a soixante-dix ans ne permet pas une défense équitable car on ne connaît pas le contexte historique des faits, le conditionnement politique, etc. Les milieux qui ont lancé l'attaque contre Wojtyła comptent sur cela.

    En frappant le Cardinal Sapieha, on veut frapper, il faut le souligner fortement, la figure de saint Jean-Paul II. Monseigneur Jan Machniak, professeur à l'Académie théologique pontificale de Cracovie, déclare : "Frapper Jean-Paul II et les personnes qui lui sont liées, c'est détruire le grand héritage que le pape a laissé non seulement à l'Église, mais aussi à l'humanité tout entière. Nous devons garder cela à l'esprit lorsque nous lisons les nouvelles "sensationnelles" concernant Wojtyła qui nous parviennent de Pologne ces jours-ci.

    Lire également : Polish bishops: New allegation that JPII covered up sex abuse based on reports from communist secret police

  • Rescrit : un nouvel ultramontanisme ?

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    De George Weigel sur First Things :

    LE NOUVEL ULTRAMONTANISME ET L'EVANOUISSEMENT DE VATICAN II

    8 mars 2023

    Dans sa Constitution dogmatique sur l'Église (Lumen Gentium), le Concile Vatican II a fermement freiné l'"ultramontanisme" - la théorie surchauffée de la suprématie papale qui réduisait les évêques locaux à des directeurs de succursales exécutant simplement les ordres du PDG de l'Église catholique Inc. à Rome. Le coup de grâce pour le concept déformé de l'autorité ecclésiale de l'ultramontanisme a été donné au paragraphe 27 de la constitution dogmatique :

    Les évêques, en tant que vicaires et ambassadeurs du Christ, gouvernent les églises particulières qui leur sont confiées. . . . Ce pouvoir, qu'ils exercent personnellement au nom du Christ, est propre, ordinaire et immédiat, bien que son exercice soit réglé en dernier ressort par l'autorité suprême de l'Église, et qu'il puisse être circonscrit par certaines limites, pour l'avantage de l'Église ou des fidèles. En vertu de ce pouvoir, les évêques ont le droit sacré et le devoir, devant le Seigneur, de modérer tout ce qui concerne l'organisation du culte....

    L'une des nombreuses bizarreries du moment catholique que nous vivons est que, au nom d'une "synodalité" proclamée comme accomplissant la promesse de Vatican II - qui inclut vraisemblablement l'enseignement du Concile sur l'autorité des évêques locaux en tant que véritables vicaires du Christ - "l'autorité suprême de l'Église" affaiblit gravement l'autorité épiscopale en gérant d'une main lourde l'utilisation de la forme extraordinaire du rite romain (ce qu'on appelle la "messe latine traditionnelle" ou MLT). Le dernier exemple de ce nouvel ultramontanisme est apparu dans un rescrit du 21 février, lorsque "l'autorité suprême de l'Église" a établi que, dorénavant, les évêques doivent obtenir la permission du cardinal Arthur Roche et du Dicastère pour le culte divin avant de permettre l'utilisation de la forme extraordinaire dans les églises paroissiales, et avant de permettre aux prêtres ordonnés après le 16 juillet 2021 de célébrer la messe latine traditionnelle.

    Le porte-parole journalistique de l'actuel pontificat, l'Américain Gerard O'Connell, a applaudi ce diktat parce qu'il indique "clairement que les évêques ne peuvent pas prendre la loi entre leurs mains". Bien au contraire : Le rescrit du 21 février contredit l'enseignement de Lumen Gentium 27 sur le rôle de l'évêque local en tant que chef liturgiste de son diocèse. Il ne définit pas non plus "l'avantage [pour] l'Église ou [pour] les fidèles" de l'exercice de l'autocratie papale par le rescrit. Ainsi, une fois de plus, les évêques sont réduits à des serviteurs exécutant les ordres du QG mondial romain.

    Avec une ironie qui semble leur échapper, les apologistes du nouvel ultramontanisme répondent que ce matraquage des évêques locaux était nécessaire parce que les traditionalistes liturgiques nient l'autorité de Vatican II. C'est vrai pour certains. Mais les négateurs conciliaires ne représentent qu'une fraction minuscule de cette petite mais vitale minorité de catholiques qui trouvent leur culte amélioré par la forme extraordinaire du rite romain. L'"autorité suprême de l'Église" ne ferait-elle pas mieux de porter son attention sur l'effondrement catastrophique de la fréquentation de la messe dans le monde occidental ? Ou sur les abus réguliers de la pratique liturgique dans des pays comme la Suisse et l'Allemagne ? En quoi le fait de traiter de lépreux liturgiques ceux qui se rendent à l'église tous les dimanches et d'ordonner ensuite à leurs évêques d'exiler désormais ces mécréants dans le gymnase de la paroisse pour la messe est-il "à l'avantage de l'Église ou [...] des fidèles" ?

    Le rescrit de Roche soulève également les questions les plus sérieuses sur la "synodalité", renforçant les craintes que ce terme mal défini et maladroit ne serve de couverture à une tentative coordonnée d'imposer une interprétation catholique de Vatican II à l'ensemble de l'Église mondiale. Cette tentative échouera. Mais beaucoup de dégâts pastoraux seront causés dans le processus, et une occasion d'approfondir la réception par l'Église de l'enseignement authentique de Vatican II sera manquée.

    Je suis un homme du Novus Ordo. Quiconque doute que le Novus Ordo puisse être célébré avec la crainte et le respect que les catholiques de la TLM trouvent dans la forme extraordinaire peut regarder la célébration du Requiem pontifical solennel pour le cardinal George Pell à Sydney, en Australie, ou les vidéos de la messe dominicale de l'église catholique Sainte-Marie à Greenville, en Caroline du Sud. Je rejette également, et même je déplore, la polémique anti-Vatican II d'une minorité marginale de traditionalistes liturgiques, qui ont bêtement tendu un pistolet chargé à leurs ennemis romains.

    Néanmoins, en tant qu'étudiant attentif du Concile et auteur de Sanctifier le monde, il me semble que le rescrit de Roche viole à la fois la lettre et l'esprit de ce que Lumen Gentium a enseigné, tout en ne faisant rien pour favoriser la bonne mise en œuvre de la Constitution du Concile sur la sainte liturgie.

    Ces questions, et le cardinal Roche, vont faire l'objet d'une attention considérable lors du Synode 2023 en octobre et lors des Congrégations générales avant le prochain conclave.

    La chronique de George Weigel est publiée par le Denver Catholic, la publication officielle de l'archidiocèse de Denver. 

    George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, D.C., où il est titulaire de la William E. Simon Chair in Catholic Studies.

  • L'Eglise protestante évangélique d'Allemagne a perdu un demi-million de membres en 2022

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    Lu sur kath.net/news :

    Nouveau record : l'Eglise protestante évangélique d'Allemagne a perdu un demi-million de membres en 2022

    8 mars 2023

    L'EKD, que beaucoup perçoivent dans l'opinion publique comme l'antichambre des "Verts", enregistrera également pour la première fois en 2022 plus de départs que de décès.

    En 2022, le nombre de membres de l'Église protestante évangélique en Allemagne a diminué de plus d'un demi-million de personnes. En chiffres absolus, cela représente une baisse de près de 3 % et un nouveau record. Ainsi, seuls 22,7 % de la population sont encore membres d'une église qui n'est presque plus perçue par le public que comme une organisation en amont des "Verts". L'année dernière, le nombre de sorties d'Eglise a pour la première fois dépassé le nombre de décès au sein de l'EKD. Pour Annette Kurschus, la présidente, ce chiffre est "déprimant".

  • Pas de dépénalisation de l'avortement en Suisse

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Suisse : pas de dépénalisation de l’avortement

    8 mars 2023

    En Suisse, le Conseil national a rejeté ce mardi, par 99 voix contre 91 et 6 abstentions, une initiative parlementaire visant à retirer l’avortement du code pénal.

    Une « initiative purement symbolique, absurde », estime Yves Nidegger, un de ses membres. En effet, aucune poursuite pénale liée à un avortement n’a été menée depuis 20 ans. Le « régime des délais » « rend de facto licite l’avortement, s’il est effectué dans le délai de 12 semaines », rappelle-t-il.

    « Il y aura toujours une tension entre le droit à la vie du fœtus et le droit individuel d’une femme à avorter », juge Yves Nidegger. « Le régime des délais est un compromis entre ces deux tensions ».

    La Suisse a l’un des taux d’avortement les plus bas d’Europe.

    Source : SwissInfo (07/03/2023)

  • Un prêtre kidnappé et assassiné au Cameroun

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/CAMEROUN - Un prêtre kidnappé et assassiné

    7 mars 2023

    Yaoundé (Agence Fides) - Un prêtre catholique a été enlevé et assassiné au Cameroun. Le père Olivier Ntsa Ebode a été retrouvé mort le 1er mars à Obala, une commune du département de la Lékié, dans la région centrale du Cameroun.

    Selon la presse locale, des hommes se sont présentés à son domicile dans la nuit du 28 février au 1er mars, affirmant qu'un de leurs proches était malade et avait besoin de ses services religieux. Le prêtre a accepté de monter avec eux dans une voiture pour se rendre sur place. En chemin, il a été assassiné puis jeté hors du véhicule.

    Le corps du prêtre a été retrouvé au petit matin et transporté à la morgue d'Obala. L'annonce de sa mort a suscité une grande émotion parmi les fidèles de l'Église catholique et la communauté locale, où le père Olivier était connu pour son engagement en faveur de la paix et de la justice sociale. (LM)

  • Refusons le radicalisme de l’idéologie transgenre

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    Emanant de personnalités libérales, publiée sur le site de la Libre, cette opinion ("contribution externe") dont nous ne partageons évidemment pas les considérations préliminaires nous paraît intéressante dans la mesure où elle dénonce les dérives du transgenrisme dans notre pays et invite à les combattre :

    Stop à la déconstruction du genre !

    Suppression de la mention du sexe sur nos cartes d’identité, remplacement du mot “mère” par “parent ayant accouché”, invitation aux enfants de 5 et 9 ans à se positionner sur leur identité sexuelle : ces projets inquiètent. Continuons à protéger et à soutenir les minorités sexuelles mais refusons le radicalisme de l’idéologie transgenre.

    Corentin de Salle, directeur scientifique du Centre Jean Gol et Jolan Vereecke, avocat et conseiller spécial du président du MR.

    Nous vivons dans l’un des pays les plus tolérants au monde envers les minorités sexuelles. C’est loin d’être le cas partout et cela n’a pas toujours été le cas sur notre continent : l’humiliation, la stigmatisation et la persécution ont longtemps été la règle en la matière. Succédant à de nombreuses avancées (égalité entre femmes et hommes, mariage entre personnes du même sexe, adoption homoparentale, etc.), la loi transgenre permet, depuis 2018, à toute personne majeure qui le désire de changer de prénom et de sexe sans devoir invoquer une raison médicale, sans procéder à une opération génitale ni même procéder à une transformation physique. Nous saluons ce droit à l’auto-détermination. Pourtant, sous prétexte de politiques “inclusives”, nous voyons aujourd’hui s’imposer au plus haut niveau une tendance lourde qui, niant la binarité des sexes, prône des solutions d’une radicalité aussi stupéfiante qu’inquiétante. C’est le cas de trois projets discutés dans différents gouvernements.

    Suppression de la mention du sexe sur nos cartes d’identité

    Premier d’entre eux : la suppression, pour tous, de la mention du sexe masculin ou féminin sur nos cartes d’identité. Rappelons tout d’abord que le sexe est le fait biologique donné (homme, femme ou personne intersexe) et le genre, l’identité sexuelle choisie (homme, femme ou non binaire). Deux éléments distincts qui – eux-mêmes – ne doivent pas être confondus avec l’orientation sexuelle (hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, asexuelle, etc.). Vu qu’il appartient à chacun de décider librement de ces diverses identités et à être traité avec respect, chacun devrait pouvoir exiger la suppression de la mention du sexe sur sa carte d’identité, peu importe la raison, par exemple si son genre ne coïncide pas avec son sexe. Pourquoi, dès lors, ne pas carrément supprimer cette mention pour tous, même pour le citoyen lambda qui n’a rien demandé à personne ? C’est le débat qui a agité le gouvernement fédéral à la fin de l’année dernière. Parce que, pour l’écrasante majorité des gens, l’identité de genre coïncide avec le sexe, et que, pour eux, le fait d’être homme ou femme constitue un des éléments fondamentaux de leur identité. N’est-il pas disproportionné, sous prétexte de satisfaire une infime minorité, de gommer cette mention pour tous ? Pourquoi le souci louable de satisfaire aux demandes légitimes des minorités devrait-il être rencontré d’une manière qui porte nécessairement atteinte au souci tout aussi légitime des personnes de la majorité à être reconnues dans leur identité ?

    Ne dites plus “mère “mais “personnes menstruées” ou “personnes à utérus”

    Autre dossier : le projet de suppression des filiations paternelle et maternelle. Il est en effet question de remplacer, dans le Code civil, le mot “mère” par l’expression “parent ayant accouché” et de gommer ainsi les notions de “paternité” et de “maternité” considérées par certains comme vexatoires pour les parents transsexuels. Cette suppression, en décalage radical avec la réalité sociologique dominante, est parfaitement inutile car il est tout à fait possible de créer une filiation transsexuelle, à l’image de la filiation adoptive et de la co-maternité qui existent déjà. Nul besoin de jeter par-dessus bord les notions de paternité et de maternité, dont l’ancrage sociétal, institutionnel, historique et culturel rend tout à fait légitime le maintien dans notre Code civil. De plus, cette proposition a pour effet de gommer la notion-même de femmes, ce qui heurte à raison de nombreuses féministes. En effet, parler, au nom de cette idéologie, de “personnes menstruées” ou de “personnes à utérus” ne conduit-il pas paradoxalement à invisibiliser les femmes ?

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  • Une application catholique bat Netflix, Instagram et TikTok dans les applications Google

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    De Rafael Llanes sur zenit.org :

    L’application catholique qui bat Netflix, Instagram et TikTok dans les applications Google

    100 millions de prières jusqu’à maintenant

    Apparue à l’université de Notre-Dame en 2018, Hallow s’est répandue dans 150 pays, réalisant 100 millions de prières jusqu’à maintenant, soutenues par l’application.

    (ZENIT News / Mexico, 05.03.2023) – L’application pour téléphone mobile appelée Hallow, avec des suggestions de prières, a été la plus utilisée ce mercredi des Cendres, battant Netflix, Spotify, Instagram et TikTok. Que se cache-t-il derrière cette réaction populaire, non promue par des intérêts commerciaux ?

    Apparue à l’université de Notre-Dame en 2018, Hallow s’est répandu dans 150 pays, réalisant 100 millions de prières jusqu’à maintenant, soutenues par l’application.

    Alex Jones, son fondateur, a déclaré au Daily Wire qu’ils ne s’attendaient pas à une telle réaction. Dans un monde où la présence de la prière et de la culture spirituelle est minime dans les informations grand public et les réseaux de télévision laïque, des millions d’individus cherchent à prier et à se rapprocher de l’exemple de Jésus, à savoir le jeûne et le dialogue avec Dieu. Se pourrait-il que l’inclination du cœur à se rapprocher de Dieu soit plus grande que ne le prétend la culture athée généralisée ?

    Cet événement numérique nous rappelle que chaque prêtre et chaque responsable pastoral est invité à répondre aux besoins spirituels actuels des personnes, souvent cachés et silencieux.

    Promouvoir la prière, la pénitence et la charité généreuse en ce temps liturgique du Carême devient une nécessité réclamée par une grande majorité de personnes silencieuses et ouvertes au mystère.

  • Jusqu'où peuvent aller le blasphème et la provocation

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    Jusqu'où peuvent aller le blasphème et la provocation (très certainement subsidiée par des fonds publics) :

    Une programmation queer au "Central" "moteur principal du maillage culturel régional de La Louvière" :

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    Chantaaaal de Lourdes à Rome

    date à déterminer | Le Palace 

    ​Chantaaaal arrive à Lourdes, en voyage organisé avec ses amies du club de macramé de son petit village du sud-ouest de la France, pour implorer le miracle de l’amour. Devant le tombeau de Bernadette de Soubirou, ce n’est pas la Vierge Marie qui lui apparaît mais le Pape François. Elle l’entend lui susurrer : « Chantaaaal je t’aime ! ». Convaincue par cette révélation papale, Chantaaaal décide de prouver son amour à François en lui rendant une visite surprise au Vatican. Pour marquer le coup de façon spectaculaire, Chantaaaal prépare une demande en mariage sous forme de comédie musicale. En chansons, Chantaaaal s’inspire de la Bible (qu’elle n’a pas lue) pour révéler son amour à François et devenir la toute première Papesse de l’Histoire.

    Seul en scène de et avec Jordan Deschamps co-écrit et co-mis en scène avec Camille Fievez. Coproduction Central et Cabaret Mademoiselle | projet produit par En Scène Production durée : 1h15

    plus de détails et de photos : ICI

    Autre objectif de ces entreprises subversives : casser les codes de notre folklore

  • Le pape François ajoute le cardinal Hollerich et quatre autres cardinaux au Conseil chargé de l'assister "dans le gouvernement de l'Église universelle"

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    De Courtney Mares sur le National Catholic Register :

    Le pape François ajoute le cardinal Hollerich et quatre autres cardinaux à son conseil de conseillers

    Le groupe des cardinaux conseillers, également appelé C9 pour ses neuf membres, a été créé par le pape François un mois après son élection en 2013 pour conseiller le pape sur la réforme de la Curie romaine.

    7 mars 2023

    Le pape François a nommé mardi cinq nouveaux membres à son conseil de cardinaux conseillers, dont le cardinal Jean-Claude Hollerich, organisateur du Synode, et le cardinal canadien Gérald C. Lacroix.

    Le Vatican a annoncé le 7 mars les neuf membres du Conseil des cardinaux du pape François chargés d'assister le pape "dans le gouvernement de l'Église universelle".

    Le pape a nommé le cardinal brésilien Sérgio da Rocha, le cardinal espagnol Juan José Omella Omella et le cardinal Fernando Vérgez Alzaga, président du gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican, comme nouveaux membres du Conseil, aux côtés des cardinaux Hollerich et Lacroix.

    Avec ces nouvelles nominations, le cardinal hondurien Óscar Rodríguez Maradiaga, 80 ans, et le cardinal allemand Reinhard Marx, 69 ans, ne sont plus membres du Conseil des cardinaux. Le cardinal Giuseppe Bertello, président retraité du gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican, âgé de 80 ans, a été remplacé par son successeur.

    Le groupe des cardinaux conseillers, également appelé C9 en raison de ses neuf membres, a été créé par le pape François un mois après son élection en 2013 pour le conseiller sur la réforme de la Curie romaine, en particulier sur la nouvelle constitution apostolique, Praedicate evangelium, publiée l'année dernière.

    Le groupe a continué à se réunir après la publication de la constitution et a discuté du Synode sur la synodalité et du travail de la Commission pontificale pour la protection des mineurs lors de sa dernière réunion en décembre.

    L'inclusion du cardinal Hollerich, un jésuite qui est l'un des principaux organisateurs du Synode sur la synodalité en cours, suggère que le Conseil continuera à jouer un rôle de conseil auprès du Pape sur le processus synodal global. 

    Cette nomination témoigne également de l'estime que le pape porte au cardinal-archevêque de Luxembourg, âgé de 64 ans, qu'il a nommé en 2021 rapporteur général de la 16e assemblée générale ordinaire du synode des évêques. L'automne dernier, le cardinal Hollerich a déclaré dans un entretien avec les médias du Vatican qu'il pensait que la possibilité de bénédictions de l'Église pour les unions de même sexe n'était pas une question réglée.

    Trois membres originaux du C9 demeurent au sein du conseil : Le cardinal américain Seán Patrick O'Malley, le cardinal indien Oswald Gracias et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican. 

    Le cardinal congolais Fridolin Ambongo Besungu, nommé en 2020, restera également dans le conseil des conseillers et Mgr Marco Mellino continuera d'être le secrétaire du groupe.

    La prochaine réunion du Conseil des cardinaux se tiendra le 24 avril à la Casa Santa Marta, la résidence du pape au Vatican, à 9 heures.

  • Inde : le premier ministre invité à mettre fin à la montée des violences contre les minorités chrétiennes

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    Un groupe d’anciens fonctionnaires appelle Modi à mettre fin aux attaques contre les chrétiens

    07/03/2023

    Le 4 mars, un groupe de 93 anciens fonctionnaires et membres du Constitutional Conduct Group a adressé une lettre ouverte au Premier ministre indien Narendra Modi afin de l’appeler à mettre fin à la montée des violences contre les minorités chrétiennes dans le pays. L’Inde compte moins de 2,4 % de chrétiens. « Nous sommes profondément troublés par ce harcèlement continu contre les groupes minoritaires », ont dénoncé les signataires, dont certains ont été ambassadeurs en Europe.

    Des chrétiens indiens, le 8 janvier à New Delhi lors d’une veillée aux chandelles contre les violences faites aux minorités.

    Un groupe d’anciens fonctionnaires indiens a appelé le Premier ministre Narendra Modi à mettre fin à la montée des violences contre les minorités chrétiennes dans le pays. Dans une lettre datée du 4 mars, signée par 93 anciens fonctionnaires et membres du Constitutional Conduct Group, ils ont demandé au gouvernement BJP (Bharatiya Janata Party) pro-hindou d’assurer un traitement équitable et impartial vis-à-vis de la communauté chrétienne. « Il est urgent que vous, Premier ministre, leur donniez cette assurance », ont-ils insisté dans la lettre ouverte.

    Selon le Forum chrétien unifié (UCF), une organisation œcuménique basée à New Delhi, l’Inde a enregistré 598 cas de violences contre les chrétiens dans 21 États du pays en 2022. Ce chiffre s’élevait à 279 en 2020 et à 505 en 2021, selon un rapport de l’UCF. Ces attaques, qui comprennent du boycott social, des profanations d’églises et des arrestations de leaders chrétiens, ont eu lieu en majorité dans les États de l’Uttar Pradesh, du Madhya Pradesh, du Karnataka et du Gujarat, tous dirigés par le parti de Modo, ainsi qu’en Odisha, au Chhattisgarh et au Maharashtra, où le parti PJB est fortement présent.

    « Nous sommes inquiets des actions toujours plus viles contre une petite minorité »

    La plupart de ces États indiens ont voté des lois controversées anti-conversion, que les groupes nationalistes hindous utilisent pour cibler les chrétiens et leurs célébrations. « Nous sommes profondément troublés par ce harcèlement continu via des actions criminelles et des discours de haine, contre les groupes minoritaires dans le pays », ont déploré les signataires. Ils ont ajouté que « nous sommes inquiets des actes et des paroles de haine contre toutes les minorités, et des insultes et actions toujours plus viles contre une petite minorité religieuse, les chrétiens ».

    Selon la lettre, la Constitution indienne stipule que tous les citoyens indiens, quelle que soit leur religion, sont égaux en droits. « Mais nous sommes forcés de protester contre la multiplication des affaires discriminatoires contre les chrétiens ces derniers temps », ont insisté les signataires. La lettre a également observé que les chrétiens sont régulièrement accusés de conversions forcées, alors qu’ils représentent moins de 2,4 % de la population indienne, sur 1,3 milliard d’habitants.

    D’autant plus que cette proportion est restée plus ou moins la même depuis le recensement de 1951. « Pourtant, dans l’esprit de certains, ce chiffre minuscule est une menace pour les hindous qui forment plus de 80 % de la population », ont ajouté les anciens fonctionnaires, dont certains ont été ambassadeurs d’Inde dans plusieurs nations européennes.

    (Avec Ucanews)

  • Des experts de 75 pays demandent l’abolition de la GPA

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    De gènéthique.org :

    Des experts de 75 pays demandent l’abolition de la GPA

    5 mars 2023

    Une centaine d’experts de différentes disciplines et de 75 nationalités ont signé vendredi 3 mars la déclaration de Casablanca demandant aux Etats l’abolition de la GPA.

    Juristes, médecins ou psychologues, chercheurs et praticiens, de toutes cultures et de tous continents, ils travaillent depuis longtemps sur le sujet de la gestation par autrui (GPA), et de ses effets sur les personnes comme dans la société. Ils sont parvenus à ce constat partagé que la dimension internationale de la GPA exige une réponse mondiale, et qu’une Convention internationale serait le seul moyen efficace d’obtenir l’abolition de la GPA (cf. GPA : « la seule solution est l’abolition »).

    La GPA porte atteinte à la dignité humaine

    Convaincus de la nécessité de travailler ensemble sur les moyens de susciter une telle initiative pour protéger femmes et enfants, ils ont décidé de rédiger une proposition de Convention internationale. Malgré les divergences, les experts ont fédéré leurs efforts afin d’avancer et de « défendre une cause juste », la dignité des enfants et de la femme (cf. La GPA : « une violence faite à toutes les femmes ») mais aussi « de l’humain dans sa globalité », se félicitent les organisateurs. « Un combat contre un paradigme ».

    Parmi les participants de cette initiative mondiale, on retrouve notamment des Français comme Aude Mirkovic, maître de conférences en droit et porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance ou Olivia Sarton, avocate et directrice scientifique de l’association.

    Les signataires de la déclaration de Casablanca sont « conscients de la souffrance des personnes qui ne peuvent pas procréer », mais aussi « de l’enjeu international d’une protection efficace de la dignité humaine » comme ils le mentionnent. Ils sont aussi « convaincus que le contrat de gestation pour autrui […], porte atteinte à la dignité humaine et contribue à la marchandisation des femmes et des enfants » (cf. GPA : la femme exploitée).

    « Condamner la GPA dans toutes ses modalités et sous toutes ses formes »

    Les experts demandent « aux États de condamner la GPA dans toutes ses modalités et sous toutes ses formes, qu’elle soit rémunérée ou non, et d’adopter des mesures pour combattre cette pratique ».

    Cinq recommandations sont également adressées aux Etats : «  interdire la GPA sur leur territoire » , « refuser toute valeur juridique aux contrats comportant l’engagement pour une femme de porter et remettre un enfant », « sanctionner les personnes (..) qui se proposent comme intermédiaires, qui recourent à la GPA sur leur territoire, les ressortissants qui recourent à la GPA en dehors de leur territoire », mais aussi « agir en vue de l’adoption d’un instrument juridique international emportant abolition universelle de la GPA ».

    En annexe, un projet de Convention internationale est proposé. Il est « à la libre disposition des Etats qui voudront s’engager dans cette démarche » précisent les organisateurs.

    « Aucun encadrement ne peut la rendre acceptable »

    Le texte de la déclaration est délibérément bref. Il ne développe pas les motifs et n’exige pas de se mettre d’accord sur tout, mais de se concentrer sur le résultat expliquent les organisateurs. « La Déclaration de Casablanca se démarque des autres initiatives internationales existant en matière de GPA car elle demande l’abolition et non l’encadrement de la GPA » précisent-ils également.

    « La GPA est intrinsèquement contraire à la dignité humaine et aux droits humaines. Aucun encadrement, quel qu’il soit, ne peut la rendre acceptable. La GPA éthique est un leurre car elle n’existe pas et ne peut pas exister » rappellent-ils (cf. « Ceux qui utilisent le mot éthique comme complément de la GPA sont des menteurs, des ignorants ou des candides »). « Le petit enfant est le grand oublié » ajoute Anne Schaub, psychologue en Belgique (cf. GPA : un enfant conçu avec le mauvais sperme abandonné).

    Le Maroc, une référence

    À ce jour, environ quinze pays autorisent la gestation par autrui, dont certains en Europe. La Russie, l’Ukraine (cf. GPA en Ukraine : deux naissances par semaine de commanditaires français), une partie du Mexique ou certains Etats des Etats-Unis le font sans condition, d’autres la limitent à leurs seuls ressortissants, ou encore à la « GPA altruiste » (cf. Royaume-Uni : augmentation du nombre de mères porteuses). Le Maroc, qui accueille le séminaire, fait, lui, figure de référence. Sa législation interdit et sanctionne pénalement le recours à la GPA. Quant à la France, la pratique est illégale, mais les enfants nés par GPA à l’étranger peuvent être inscrits à l’état civil (cf. GPA : la « complaisance » de la France ?).

    Il n’existe pas de chiffre du nombre de GPA pratiquées au niveau mondial. En revanche, l’un des experts indique que, dans le monde, le marché de la GPA s’évalue à 27 milliards de Dollars. La répartition est particulièrement marquante : 63% irait vers les cliniques, 33% vers les avocats et autres « prestataires », et seulement 1% de ce marché reviendrait aux mères porteuses.

    De nombreuses questions abordées

    Au cours du séminaire, de nombreuses interventions ont permis d’apporter un éclairage pluriel et complémentaire sur ce sujet complexe.

    Différents points ont été évoqués : la dignité de la mère porteuse, sa liberté et son consentement, mais aussi la négation de sa douleur. Le regard anthropologique sur la GPA, la dimension internationale du commerce des mères porteuses, les aspects juridiques de la GPA, la filiation de l’enfant né de la GPA ou encore les enjeux psychologiques de la GPA pour l’enfant, y compris lors de la vie prénatale, ont aussi été abordés.

    Le début d’une dynamique

    Cette réunion n’est que la première étape, le début d’une dynamique à développer. Sur le modèle, par exemple, de la COP sur le climat, suggèrent les organisateurs. Sensibiliser le grand public, mais aussi les pouvoirs publics et les institutions afin de promouvoir à terme un traité international mettant fin à la pratique de la GPA partout dans le monde, tel est l’objectif.

    Les différents experts présents vont désormais aller à la rencontre des instances gouvernementales de leurs propres pays pour poursuivre le travail.

    A Casablanca, Luis Ernesto Pedernera Reyna, membre et ancien président du Comité des droits de l’enfant de l’ONU, ainsi que Suzanne Aho Assouma, membre et ancienne vice-présidente de cette même institution, étaient présents comme observateurs au séminaire. Un « bon signal » relèvent les organisateurs.

    En attendant que l’ONU et les chefs d’Etat réfléchissent ensemble, il serait déjà bien que les Etats commencent par respecter les engagements actuels de leurs législations. Tel n’est pas le cas de la France. La loi française sanctionne en théorie, mais n’est pas appliquée (cf. GPA : Emmanuel Macron réaffirme « les lignes rouges ». Et en pratique ?).