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Actualité - Page 44

  • Mort clinique après un arrêt cardiaque : l'activité cérébrale est encore mesurable pendant des minutes, voire des heures

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    De kath.net/news :

    Mort clinique après un arrêt cardiaque : l'activité cérébrale est encore mesurable pendant des minutes, voire des heures.

    23 février 2026

    Des scientifiques demandent une réévaluation du moment où la mort est constatée : cela prolongerait les tentatives de réanimation dans les hôpitaux et retarderait le début du don d’organes.

    Francfort-sur-le-Main (kath.net) – Selon une nouvelle étude, 40 % des patients en état de mort cérébrale réanimés avec succès se souvenaient précisément de leurs conversations avec les médecins. Lors d'une conférence à Phoenix, aux États-Unis, la chercheuse Ana Fowler, de l'Université d'État de l'Arizona, a présenté des données montrant que les fonctions biologiques et neuronales ne déclinent que progressivement après un arrêt cardiaque. L'activité électrique cérébrale peut même être mesurée plusieurs minutes, voire plusieurs heures après l'événement. La conférence de l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS) s'est tenue il y a quelques jours, et le Frankfurter Rundschau a rendu compte de ces résultats.

    Le « Frankfurter Rundschau » écrit textuellement : « Les scientifiques ont considérablement repoussé le seuil auparavant considéré comme la limite extrême de la conscience post-mortem. »

    La conférence portait sur les explications physiologiques des expériences de mort imminente intenses, qui diffèrent apparemment des rêves ou des hallucinations.

    Ce sujet est non seulement fascinant, mais il a aussi des conséquences concrètes : plusieurs scientifiques ont plaidé lors de la conférence de Phoenix pour que les équipes d’urgence réévaluent la durée des tentatives de réanimation. De plus, les décideurs politiques devraient reconsidérer le moment où le décès est constaté avant le don d’organes. Les résultats actuels suggèrent que la frontière entre la vie et la mort est peut-être beaucoup moins abrupte qu’on ne le pense généralement.

  • Un vent de jeunesse soufflerait-il sur le catholicisme français ?

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    Une question que l'on pourrait également poser à propos du catholicisme en Belgique où le nombre de demandes de baptêmes d'adultes a considérablement augmenté (cette année, ils sont 689, soit trois fois plus qu'il y a dix ans et une hausse de presque 30 % par rapport à l'année précédente).

    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Vent de jeunesse sur le catholicisme français

    23 février 2026

    Le Figaro Magazine dans son édition du 20 février consacre un article sur les baptêmes d'adultes catholiques, une croissance réelle mais contrastée.

    Le phénomène est statistiquement notable : les baptêmes d'adolescents ont progressé de 33 % en un an, et plus de 17 000 jeunes adultes rejoindront l'Église à Pâques. Certaines paroisses enregistrent des hausses spectaculaires — l'archevêque de Reims prépare 107 baptêmes d'adultes en 2026, contre 17 en 2019, soit une multiplication par six en quelques années. À Toulouse, une seule paroisse étudiante accueille 200 catéchumènes cette année.

    Il faut toutefois garder le sens des proportions. Cette dynamique ne compense pas l'effondrement des baptêmes d'enfants, divisés par deux depuis 2000, plafonnant à environ 200 000 par an — soit seulement 30 % des naissances. L'athéisme progresse en parallèle : 42,6 % de non-croyants en France en 2020, contre 34,5 % dix ans plus tôt. La tendance de fond reste la sécularisation.

    Les ressorts sociologiques de la conversion

    Pourquoi ces conversions surviennent-elles maintenant ? Plusieurs facteurs s'entremêlent.

    D'abord, une logique générationnelle. L'historien Guillaume Cuchet observe qu'après deux générations de rupture post-1968 avec le catholicisme, la troisième génération se retrouve dans une position inédite : non baptisée, sans obligation de s'opposer à des aînés croyants, elle peut redécouvrir cet héritage comme un choix totalement libre. C'est le paradoxe d'une neutralité religieuse imposée par les parents qui produit, chez certains enfants, une quête spirituelle authentique.

    Ensuite, un contexte d'époque. L'anxiété diffuse — climatique, sanitaire, sociale — pousse une partie de la jeunesse vers des institutions offrant un cadre stable, des liens humains désintéressés et un sens à long terme. Les témoignages recueillis par les évêques reviennent de façon frappante sur les mêmes thèmes : sentiment de vide, cycle de colère et de ressentiment, découverte dans la paroisse de « relations vraies » que certains n'avaient jamais connues. L'Église offre ce que la société consumériste et hyperconnectée ne sait plus procurer : de la gratuité, de la lenteur, de l'intériorité.

    Enfin, un mouvement de réaction culturelle. Pour certains, la conversion représente ce que Gaultier Bès appelle un « ressaisissement de sa propre liberté » face à la technocratie et au transhumanisme. Le chercheur Charles Mercier note que le catholicisme, devenu minoritaire — moins d'un tiers des Français s'en réclament, moins de 10 % pratiquent —, peut paradoxalement s'affirmer davantage sans paraître hégémonique.

    La « liberté de feuille morte »

    C'est l'expression qui résume peut-être le mieux l'enjeu philosophique de fond. Guillaume Prévost, secrétaire général de l'enseignement catholique, la prononce avec une certaine véhémence : il refuse que les jeunes disposent d'une liberté de feuille morte — une liberté purement passive, ballottée par les courants, sans ancrage ni direction intérieure. Face à une société consumériste qui s'adresse aux jeunes avec des slogans comme « si tu aimes jouer, joue », il plaide pour une éducation qui cultive l'intériorité, la confiance dans les adultes et un écosystème de valeurs cohérentes. Le diagnostic est sévère : on aurait produit, selon lui, « une foule de gens surdiplômés très atrophiés du point de vue intérieur ».

    Le maillon faible : la crise des prêtres

    C'est là que le tableau se fissure. L'enthousiasme des convertis ne se traduit pas en vocations sacerdotales. En 2023, seulement 88 prêtres ont été ordonnés en France, contre 140 en 2014. Les 25 séminaires français forment environ 600 candidats — un chiffre notoirement insuffisant pour couvrir le territoire.

    L'article pointe une cause aggravante souvent tue : la mise à l'écart, par le pape François, des prêtres traditionalistes — souvent jeunes et zélés — a privé l'Église d'une partie de ses forces vives. Le résultat est un effet de ciseaux : moins de jeunes prêtres pour évangéliser les jeunes, donc moins de jeunes attirés vers le sacerdoce. Dans les campagnes, certains fidèles doivent parcourir des dizaines de kilomètres pour assister à une messe. À l'inverse, en Île-de-France, deux nouvelles églises sont en construction tant la demande déborde les capacités existantes — révélant une fracture géographique profonde.

    En résumé

    Le regain catholique chez les jeunes adultes est réel et sociologiquement significatif. Il exprime une réaction à la désorientation contemporaine, un désir de liens authentiques et une reconquête libre d'un héritage que leurs parents avaient délibérément effacé. Mais cette embellie se heurte à une contradiction structurelle : l'institution manque des prêtres nécessaires pour accueillir et pérenniser cet élan, en partie à cause de choix disciplinaires qui ont marginalisé ceux qui auraient pu y répondre.

  • Comment, après un temps de coopération, l’Église et la modernité libérale ont rompu les amarres

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    Une tribune de Paul Airiau sur aleteia.org :

    Comment le fossé s’est creusé entre l’Église et la modernité libérale

    21/02/26

    Après un temps de coopération, l’Église et la modernité libérale ont rompu les amarres, analyse l’historien Paul Airiau, le libéralisme culturel ayant abandonné toute régulation par une morale naturelle universelle.

    Si rien n’est jamais joué d’avance, il n’empêche : la proposition de loi sur l’euthanasie paraît bien partie pour être adoptée avant la fin de l’année, quelles que puissent être les péripéties parlementaires à venir (sauf dissolution surprise…), tant les partisans de l’euthanasie trouvent des relais dans le personnel politique, pour de multiples raisons. Au-delà des enjeux immédiats, cette histoire inachevée est en fait une nouvelle étape française dans la déliaison en matière de mœurs entre la législation d’ici-bas et les principes catholiques. Doucettement entamée avec la légalisation du divorce sous la Révolution (1792), partiellement relancée avec la républicanisation de la République (en 1884, relégalisation du divorce aboli en 1816), elle s’est accélérée à partir du milieu des années 1960 puis de la fin des années 1990. Les étapes en sont autant de défaites successives pour une Église plus ou moins intensément mobilisée : légalisation de la contraception (1967), dépénalisation de l’avortement (1975), diffusion de la fécondation in vitro au début des années 1980, pacte civil de solidarité (1999), fin de la distinction de sexe comme constitutive du mariage (2013), extension de la PMA aux couples de même sexe et aux femmes seules (2021), constitutionnalisation de l’avortement (2024).
    Le temps du partenariat

    Cette évolution n’est pas propre à la France, elle s’observe dans nombre d’autres pays. Une faille se creuse ainsi de plus en plus entre l’Église et une modernité libérale qui se déploie en libéralisme culturel justifiant la reconnaissance légale des modes de réalisation de soi. L’autonomie individuelle et l’oblitération de toute hiérarchisation du jugement moral fondent désormais des législations déliées de toute régulation antérieure, extérieure et supérieure à l’ici-bas de la société. Or, pour l’Église, la modernité libérale trahit ainsi en partie le partenariat qui s’était en partie établi entre elles depuis la fin des années 1930.

    En effet, à la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l’Église s’était constituée comme intransigeante, antimoderne, refusant et condamnant le libéralisme en toutes ses déclinaisons, philosophique, politique, économique… Elle avait promu la construction d’une modernité alternative qui prouverait la justesse de ses positions, ouvrant la dynamique d’un engagement militant multiforme. Cependant, les totalitarismes fasciste, nazi et communiste des années 1930 avaient montré l’intérêt d’une démocratie libérale, dans son acception occidentale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Malgré son refus de la régulation catholique de la législation, elle garantissait au moins la liberté de conscience, de culte, d’enseignement, le droit d’association, les relations libres entre évêques et Saint-Siège. Qui plus est, face au soviétisme conquérant d’après 1945, elle devenait, dans une certaine mesure, bonne en tant que telle, car elle était capable d’intégrer qu’il existe des normes limitant la toute-puissance étatique et la propension unanimiste de la démocratie — soit l’État de droit — et que qu’elle devait avoir une dimension de justice sociale.

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  • Le cardinal Ruini analyse les derniers pontificats : « François a peu tenu compte de la tradition »

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    D'InfoVaticana :

    Le cardinal Ruini analyse les derniers pontificats : « François a peu tenu compte de la tradition »

    À ses 95 ans, le cardinal Camillo Ruini ne parle pas comme un homme retraité, mais comme l’une des grandes consciences du catholicisme italien contemporain. Dans une longue interview accordée au journal italien Corriere della Sera, l’historique président de la Conférence épiscopale italienne —pendant seize ans— offre un bilan sur les derniers pontificats, la crise de la foi en Occident et l’avenir du christianisme.

    « C’était une décision erronée »

    La renonciation de Benoît XVI en 2013 a marqué un avant et un après dans l’histoire moderne du papauté. Ruini ne cache pas que ce geste l’a profondément affecté. Il assure que cela l’a pris « complètement par surprise » et qu’il l’a vécu avec tristesse.

    Et quand on lui demande s’il considère que c’était une erreur, il répond sans détour :

    « Je vous dis la vérité : c’était une décision erronée, du moins c’est ainsi que je le vois. »

    Cependant, le cardinal introduit une nuance importante : il reconnaît que Joseph Ratzinger connaissait mieux que quiconque sa situation physique et spirituelle, et il évite de juger sa conscience. Mais il insiste sur le fait que la décision ne l’a pas convaincu.

    Sur le profil du pape allemand, il trace un bilan équilibré. Il met en avant sa stature intellectuelle —« avant tout un grand théologien »—, mais admet que l’exercice du gouvernement n’était pas son point fort. C’est un jugement significatif venant de celui qui a participé au conclave de 2005 et qui a connu de première main le climat interne de l’Église après la mort de Jean-Paul II.

    Un changement brusque et en tension avec la tradition

    L’analyse du pontificat de François est plus complexe et révèle l’inconfort d’une génération ecclésiale face au virage pastoral des dernières années.

    Ruini reconnaît que le changement introduit par le pape argentin a été « trop grand et trop soudain ». Il ne parle pas de rupture, mais de difficulté personnelle face à une transformation accélérée.

    « Il me semble un bilan complexe, avec des aspects très positifs et d’autres beaucoup moins. Il est trop tôt pour dire lesquels prévaudront. »

    Parmi les aspects positifs, il mentionne la valeur personnelle du pape : « Son grand courage ». Mais « il n’a pas tenu suffisamment compte de la tradition ».

    Ce n’est pas une accusation mineure. Pour Ruini, la tradition n’est pas un élément ornemental, mais la structure même de la continuité ecclésiale. Et il ajoute que « ce n’est pas par hasard qu’il a peut-être été plus aimé par les non-croyants que par les croyants ».

    La référence indiscutable

    S’il y a une figure qui émerge avec netteté dans l’interview, c’est celle de Jean-Paul II. Ruini ne doute pas à l’indiquer comme le plus grand pape de la période qu’il a vécue.

    « Pour moi, le plus grand est Jean-Paul II. »

    La raison est double : spirituelle et géopolitique. Wojtyła a été, selon les mots de Ruini, un « véritable leader mondial ». Il a su affronter le communisme sans ambiguïté et a compris que la sécularisation n’était pas un destin inévitable, mais un défi qui exigeait une nouvelle évangélisation.

    Ruini se souvient que, dans les années quatre-vingt, certains secteurs ecclésiaux considéraient que le monde était déjà définitivement sécularisé. Jean-Paul II pensait le contraire. Et Ruini s’est aligné avec lui.

    Concile oui, post-concile non

    Le cardinal rejette la lecture simpliste qui identifie le Concile Vatican II avec la crise postérieure. Pour lui, le problème n’a pas été le Concile, mais la période qui a suivi.

    Après la clôture conciliaire, explique-t-il, on en est venu à remettre en question même des vérités centrales comme la divinité du Christ ou des aspects fondamentaux de la morale catholique. Face à cette dérive, il affirme avoir réagi avec fermeté.

    Il ne se définit pas comme traditionaliste au sens nostalgique. Il ne défend pas non plus un retour à la liturgie en latin, car il considère essentiel que les fidèles comprennent la langue dans laquelle on célèbre. Mais il redéfinit avec précision le concept qu’il considère décisif :

    « Tradition ne signifie pas revenir en arrière. ‘Tradere’ signifie transmettre. Tradition est la continuité de l’Église. »

    Crise de la foi et perte de repères moraux

    Ruini n’édulcore pas le diagnostic : en Occident, la crise de la foi est « incontestable ». Les églises vides et les séminaires avec de rares vocations ne sont pas, pour lui, de simples phénomènes sociologiques, mais des signes d’une transformation culturelle profonde.

    Il reconnaît qu’aujourd’hui on parle moins qu’avant des soi-disant valeurs non négociables —la défense de la vie, l’indissolubilité du mariage, la morale sexuelle—, mais il avertit que l’Église ne peut y renoncer :

    « Nous ne pouvons pas cesser de parler de ces valeurs. Elles font partie du contenu de notre foi. »

    La réponse principale, insiste-t-il, n’est ni tactique ni politique, mais spirituelle : prière, conversion et nouvelle évangélisation.

    Le jugement, l’enfer et le réalisme chrétien

    Dans la partie finale de l’interview, Ruini confesse avoir peur de la mort, surtout à cause du jugement de Dieu, bien que cette inquiétude soit atténuée par la confiance en la miséricorde divine.

    Il ne croit pas, en revanche, que l’enfer soit vide :

    « Je ne le crois pas. Je crains que l’enfer ne soit absolument pas vide. »

    Devant la question de savoir si le Fils de l’Homme trouvera la foi sur terre quand il reviendra, il répond sobrement :

    « Hélas, ce n’est pas certain. »

    Et pourtant, sa conclusion n’est pas désespérée. À long terme, il se déclare optimiste. La raison n’est pas sociologique, mais théologique :

    « Dans l’origine du christianisme, il n’y a pas seulement l’homme. Il y a Dieu. »

    À 95 ans, Ruini n’offre ni recettes ni consignes, mais mémoire historique, conscience doctrinale et la conviction que l’Église ne perdure que lorsqu’elle transmet —sans amputations ni ambiguïtés— ce qu’elle a reçu.

  • Dieu est-il mathématicien ?

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    De Stefan Rehder sur le Tagespost :

    Dieu est-il mathématicien ?

    Il y a cent ans, Erwin Schrödinger publiait sa célèbre équation. La mécanique quantique qui en découle s'accorde merveilleusement bien avec la foi chrétienne.

    20 février 2026

    La physique classique a souvent été perçue comme une preuve de la validité d'une vision matérialiste et déterministe du monde, où Dieu et son action n'ont ni nécessité ni, à proprement parler, aucune place. La mécanique quantique démontre que cette idée est fausse. Nous ne vivons pas dans un univers constitué de particules microscopiques de matière qui s'assemblent pour former des particules toujours plus grandes, un univers qui pourrait s'expliquer entièrement par les forces qui s'exercent sur elles. La mécanique quantique montre que nous vivons dans un univers qui, en définitive, est constitué d'information.

    Particulièrement enthousiasmant pour les chrétiens : les découvertes des physiciens quantiques sont non seulement compatibles avec les concepts métaphysiques d’ Aristote ou de saint Thomas d’Aquin , mais aussi avec la doctrine théologique de la « creatio continua », la création continue. Selon cette doctrine, Dieu n’a pas créé le monde une fois pour toutes pour ensuite l’abandonner, mais le maintient et le développe continuellement et activement par des processus naturels. Démontrer cela et encourager la réflexion à ce sujet est l’objet de notre sujet de la semaine. Les chrétiens peuvent donc se réjouir, car la mécanique quantique montre que la foi chrétienne ne contredit pas les découvertes des sciences naturelles, mais s’y harmonise parfaitement.

    L'équation de Schrödinger

    Lorsqu'Erwin Schrödinger (1887-1961) publia ses équations d'onde dans les « Annalen der Physik » en quatre numéros consécutifs au printemps 1926, rares étaient ceux qui soupçonnaient que le physicien autrichien avait couché sur le papier certaines des formules les plus importantes de l'histoire des sciences. S'appuyant sur l'idée du prince Louis de Broglie (1892-1987), aristocrate français qui, dans sa thèse de 1924 présentée à l'Université de Paris, avait avancé la thèse alors encore audacieuse selon laquelle si la lumière présentait des propriétés corpusculaires en plus de propriétés ondulatoires, alors on pouvait également s'attendre à ce que les particules possèdent des propriétés ondulatoires, Schrödinger développa une série d'équations différentielles décrivant l'évolution temporelle et spatiale d'une fonction d'onde.

    Les formules entrées dans l'histoire sous le nom d'« équation de Schrödinger » se sont rapidement révélées extrêmement puissantes. Elles ont permis le calcul précis des niveaux d'énergie de l'atome d'hydrogène et ont expliqué avec élégance ses raies spectrales discrètes. Ceci a permis la première compréhension globale de la stabilité atomique dans le cadre d'une théorie générale. Ces équations sont devenues des outils fondamentaux de la mécanique quantique et ont depuis été appliquées dans pratiquement tous les domaines de la physique et de la chimie modernes.

    « Dès 1960, des historiens assidus avaient recensé plus de 100 000 articles utilisant les équations de Schrödinger, que son collègue Paul Dirac qualifiait avec admiration de condensées de toute la physique et de toute la chimie. Il suffisait de résoudre l’équation de Schrödinger appropriée pour comprendre le monde qui nous entoure », explique le physicien et historien des sciences renommé Ernst Peter Fischer dans son ouvrage de 2022, « L’Heure des physiciens ».

    La base de presque tout ce qui est considéré comme « haute technologie » aujourd'hui.

    « L’équation d’onde de Schrödinger est aussi fondamentale pour la physique quantique que les lois du mouvement de Newton le sont pour la physique classique », affirme l’astrophysicien Andrew May. Michio Kaku, l’un des physiciens les plus éminents des États-Unis, qui enseigne au Graduate Center de la City University of New York et anime une émission de radio hebdomadaire diffusée sur plus de 100 stations locales, s’enthousiasme : « Il m’arrive d’enseigner la mécanique quantique à des étudiants de niveau avancé et de leur faire comprendre que tout ce qui les entoure peut, en un sens, être décrit par l’équation de Schrödinger. Je leur fais prendre conscience que cette équation explique non seulement les atomes, mais aussi leurs liaisons pour former des molécules, et donc tous les composés chimiques qui constituent notre univers. »

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  • L’aide à mourir : un outil pour élargir le don d’organes ?

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    De Priscille Kulczyk sur le site de l'ECLJ :

    Euthanasie et don d’organes: Un nouveau vivier de donneurs

    20 Février 2026

    En France, la question du don d’organes après une euthanasie ou un suicide assisté a été balayée d’un revers de main lors des débats parlementaires sur la proposition de loi «relative au droit à l’aide à mourir». Cela est regrettable puisqu’une telle possibilité en constitue un enjeu éthique important.

    À l’Assemblée nationale comme au Sénat, des parlementaires ont proposé d’amender la proposition de loi afin d’interdire le don d’organes en cas d’euthanasie et de suicide assisté.[1] Radicaux de prime abord, ces amendements exprimaient surtout le pressentiment de leurs auteurs que cette pratique ne peut aller de soi, notamment en raison du danger d’un éventuel glissement vers une «euthanasie altruiste» justifiée par le don d’organe lui-même, en particulier dans le cas de patients qui ne sont pas en fin de vie. Ces amendements auraient dû donner lieu à des débats fournis, mais ces opportunités ont malheureusement été rapidement balayées dans chacune des deux chambres. Le 23 mai 2025, en séance publique, six minutes auront suffi aux députés pour rejeter l’amendement, après un avis défavorable du rapporteur principal justifié par l’atteinte au principe d’égalité qu’engendrerait une telle mesure. Le 20 janvier 2026, la commission des affaires sociales du Sénat n’a pas non plus développé la question lors de l’examen de l’amendement 65 rectifié qui a fait l’objet d’un avis défavorable, avant de tomber. Il importe donc de pallier l’absence de débat de fond sur cette question afin d’éviter un angle mort éthique.

    L’aide à mourir, un outil pour remédier aux pénuries d’organes ?

    L’expérience des pays ayant légalisé le suicide assisté et l’euthanasie nous apprend pourtant que des garde-fous sont nécessaires. Au Québec, le bilan pour 2022 publié par Transplant Québec[2] constate avec satisfaction que le nombre de donneurs d’organes en contexte d’aide médicale à mourir a triplé en cinq ans. L’organisme note «un nombre record de références pour don d’organes en 2022, dont une hausse significative de plus de 130% en contexte d’aide médicale à mourir (AMM)». Ce sont «près de 15% des donneurs d’organes qui ont préalablement eu recours à l’AMM»: ainsi, alors qu’environ 5% des décès enregistrés la même année au Québec résultaient d’une euthanasie ou d’un suicide assisté, ce chiffre laisse apparaître un nombre de donneurs trois fois plus élevé dans cette catégorie que dans celle des décès «naturels». Vu cette disproportion, euthanasie et suicide assisté constituent donc des outils fort utiles dans un contexte d’augmentation des besoins en organes. Des spécialistes ne s’en cachent pas, à l’instar de la directrice de Transplant Québec selon laquelle «Il s’agit non seulement d’une opportunité d’augmenter le nombre de donneurs d’organes au Québec, mais aussi d’une occasion incroyable de permettre à plus de personnes de bénéficier d’une greffe».[3] En Espagne, qui a légalisé l’ « aide médicale à mourir» en 2021, les autorités ont été surprises de constater que plus de 25% des personnes y ayant eu recours (44 sur 172) pendant la première année d’application de la loi ont donné leurs organes.[4] Les premiers prélèvements avaient même été pratiqués avant même qu’un protocole officiel soit publié.

    En France, cette «opportunité» de l’euthanasie et du suicide assisté en tant que nouvelle source d’organes est aussi un argument qu’a bien compris l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Celle-ci s’est rapprochée de l’association Renaloo qui soutient les patients atteints de maladies rénales et promeut le don de rein: pour preuve, sa participation au colloque «Faire reculer l’opposition au don d’organes, une urgence éthique» organisé en octobre 2024 par Renaloo.[5] En outre, Henri Caillavet, qui a donné son nom à la loi du 22 décembre 1976 qui a institué le consentement présumé au don d’organes, n’est autre qu’un des membres fondateurs et ancien président de l’ADMD.

    L’expression d’une vision utilitariste de la personne humaine

    Diverses raisons peuvent expliquer ces faits et chiffres. D’un point de vue philosophique d’abord, l’euthanasie et le suicide assisté emportent une modification radicale du rapport de l’être humain à la vie et à la mort: ces pratiques sont une réponse à l’absurdité de la vie et de la souffrance dans une civilisation en perte de repères, de sens et de transcendance. La mort s’en trouve déshumanisée, tandis que la vie comme le corps humain sont traités comme des matériaux à gérer et maîtriser. Or, la perspective de donner ses organes s’inscrit dans le prolongement de la réponse à cette absurdité en ce qu’elle valorise l’altruisme. En somme, une façon de joindre l’utile à une «mort agréable».[6]

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  • « Il ne s'en est jamais lassé » : des universitaires rendent hommage au combat de Benoît XVI pour l'Europe

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    De Bohumil Petrík sur EWTN News :

    « Il ne s'en est jamais lassé » : des universitaires rendent hommage au combat de Benoît XVI pour l'Europe

    À l'ambassade d'Allemagne près le Saint-Siège, des universitaires ont rendu hommage à la vision de Benoît XVI pour l'Europe, notamment à l'avertissement du défunt pontife selon lequel l'Europe ne peut survivre sans ses racines chrétiennes.

    Des universitaires se sont réunis à l'ambassade d'Allemagne près le Saint-Siège le 17 février 2026 pour rendre hommage à Joseph Ratzinger, devenu Benoît XVI. | Crédit : Bohumil Petrik

    20 février 2026

    ROME — Quelques jours seulement après que quatre des plus hauts dignitaires évêques d'Europe ont appelé le continent à « redécouvrir son âme », des universitaires se sont réunis à l'ambassade d'Allemagne près le Saint-Siège le 17 février pour honorer l'homme qui a consacré toute sa carrière à défendre précisément cet objectif : Joseph Ratzinger.

    Benoît XVI — en tant que théologien, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et 265e pape — n'a jamais cessé d'insister sur le fait que l'Europe ne pouvait survivre en tant que simple projet économique et politique sans ses fondements chrétiens.

    Dans une conférence historique donnée en 2005 à Subiaco, la veille du décès de saint Jean-Paul II, le cardinal Ratzinger, alors en fonction, a averti que ce qui offense les personnes d'autres religions n'est « pas la mention de Dieu » dans les documents fondateurs de l'Europe, mais plutôt « la tentative de construire la communauté humaine absolument sans Dieu ».

    Ce message a trouvé un écho le 13 février lorsque les présidents des conférences épiscopales française, italienne, allemande et polonaise ont lancé un appel commun exhortant l'Europe à retrouver son identité spirituelle dans un monde qu'ils ont décrit comme « déchiré et polarisé ». Les évêques ont invoqué les pères fondateurs catholiques de l'UE — Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi — et ont averti que l'Europe « ne peut être réduite à un marché économique et financier » sans trahir leur vision.

    « Et il ne s'en est jamais lassé », a déclaré Giovanni Maria Vian, historien et ancien rédacteur en chef du journal du Vatican L'Osservatore Romano, décrivant l'engagement de plusieurs décennies de Ratzinger face à la crise d'identité européenne lors de la conférence organisée en amont du centenaire de sa naissance, le 16 avril 2027.

    « Le christianisme a contribué à les rassembler tous. »

    L'événement, intitulé « Ricordando Benedetto XVI » (« En souvenir de Benoît XVI »), servait également de présentation romaine d'une exposition à venir consacrée au défunt pape au Musée diocésain d'art sacré de la ville italienne de Pordenone, qui se tiendra du 21 février au 12 avril.

    « L’un des plus grands exemples est celui du cardinal Ratzinger qui a fait connaître au monde entier l’ancienne Sainte Inquisition » — faisant référence à ce qui est aujourd’hui le Dicastère pour la Doctrine de la Foi — « en tant qu’institution romaine », a déclaré Vian à EWTN News, décrivant l’impact de Ratzinger en Europe et au-delà.

    Vian a déclaré qu'après la démission de Benoît XVI en 2013, il avait rendu visite au pape émérite et avait constaté que Ratzinger « suivait tout », des affaires de l'Église à la politique mondiale, et qu'il était également « curieux et attentif » au monde séculier.

    Le père Mariusz Kuciński, directeur du Centre d'études Ratzinger à Bydgoszcz, en Pologne, a déclaré à EWTN News que la pertinence du défunt pape est évidente dans le volume continu de réimpressions de livres et la création de nouveaux instituts à travers l'Allemagne, l'Europe et d'autres parties du monde.

    « Ratzinger a véritablement mené un combat », tant sur le plan intellectuel que sous la forme d’une « action pastorale forte, pour aider l’Europe à retrouver sa nature », a déclaré Kuciński.

    « Ce n’est pas que l’Europe soit parfaitement chrétienne, car elle ne l’a jamais été », a déclaré le prêtre, mais Ratzinger s’est battu pour que le continent « retrouve ses racines chrétiennes ».

    Selon Kuciński, Ratzinger comprenait que l'Europe était fondée sur les Dix Commandements, la philosophie grecque et le droit romain. Lorsque ces trois fondements sont séparés, « il ne reste rien », avertissait le prêtre, soulignant que « le christianisme a contribué à les réunir ».

    « En cette époque difficile, nous avons besoin d'un enseignement clair et concret », à l'image de celui de Benoît XVI, a déclaré Kuciński.

    Une « minorité créative »

    L’intérêt que Ratzinger portait à l’Europe a marqué toute sa carrière et a donné lieu à certaines de ses interventions les plus mémorables, comme son appel constant à ce que les catholiques soient une « minorité créative ».

    Dans son livre de 2004 intitulé « Sans racines », coécrit avec Marcello Pera, alors président du Sénat italien, le cardinal bavarois affirmait que « l’Europe n’est pas un continent que l’on peut appréhender simplement en termes géographiques ; c’est plutôt un concept culturel et historique ».

    Ratzinger a mis en garde contre une « haine de soi dans le monde occidental qui est étrange et qui peut être considérée comme pathologique ; oui, l’Occident fait un effort louable pour être totalement ouvert à la compréhension des valeurs étrangères, mais il ne s’aime plus lui-même. »

    « Pour survivre, l’Europe a besoin d’une nouvelle acceptation d’elle-même – et assurément d’une acceptation critique et humble, si elle veut survivre. »

    Dans sa conférence au couvent Sainte-Scholastique de Subiaco, en Italie, le théologien a établi un lien célèbre entre cet avertissement et « une proposition aux laïcs ».

    « La tentative, poussée à l’extrême, de gérer les affaires humaines en méprisant totalement Dieu nous conduit de plus en plus au bord de l’abîme, à un isolement toujours plus grand de l’homme par rapport à la réalité. »

    Le défunt pape a appelé l'Europe, et l'Occident plus largement, à « inverser l'axiome des Lumières et à dire : même celui qui ne parvient pas à trouver le moyen d'accepter Dieu doit néanmoins chercher à vivre et à diriger sa vie « veluti si Deus daretur », comme si Dieu existait ».

    Bohumil Petrík est le seul journaliste slovaque et issu de l'ex-Tchécoslovaquie accrédité auprès du Saint-Siège. Il a effectué des stages à EWTN à Rome, à Radio Vatican et au sein du département de la communication du Parlement européen à Bruxelles. Originaire de Slovaquie, il a étudié en République tchèque et vit actuellement à Rome. Voir sa biographie complète .
  • « Si la Fraternité Saint-Pie X veut avoir un impact positif sur l'histoire de l'Église, elle ne peut pas lutter à distance, depuis l'extérieur, pour la vraie foi contre l'Église unie au pape... » (Cardinal Müller)

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    De kath.net/news :

    La Fraternité Saint-Pie X et son unité avec l'Église

    21 février 2026

    « Si la Fraternité Saint-Pie X veut avoir un impact positif sur l'histoire de l'Église, elle ne peut pas lutter à distance, depuis l'extérieur, pour la vraie foi contre l'Église unie au pape... » Par le cardinal Gerhard Müller, Rome

    Vatican (kath.net) Lors de sa réunion à Menzingen le 18 février 2026, le Conseil général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a publié une réponse au cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi.

    Cette réponse fait référence au long cheminement du dialogue intense entre le Saint-Siège et la Fraternité jusqu'à la date fatidique du 6 juin 2017. Elle se poursuit par une attribution sévère de la responsabilité exclusive de l'échec de ce dialogue, qui était selon elle prometteur, en affirmant : « Mais tout s'est finalement terminé de manière drastique par une décision unilatérale du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Müller, qui a solennellement défini à sa manière les conditions minimales nécessaires à la pleine communion avec l'Église catholique, dans laquelle il a explicitement inclus l'ensemble du concile et le « post-concile ».

    Comme il s'agit ici du bien précieux qu'est l'unité de l'Église catholique, que nous professons tous dans la foi, les sensibilités personnelles doivent passer au second plan. 

    L'histoire de l'Église nous enseigne comment, contrairement aux hérésies, des schismes ont également vu le jour et se sont consolidés parmi les catholiques orthodoxes. Cela s'explique par des insuffisances humaines, des dogmatismes théologiques et un manque de sensibilité de la part de l'autorité légitime. Rappelons-nous les donatistes, auxquels saint Augustin a dû faire face, la controverse autour du jansénisme, qui a conduit au schisme d'Utrecht avec la consécration illégitime de Cornelius Steenoven (15 octobre 1724) et aux vieux-catholiques après le premier concile du Vatican avec la consécration illégitime de l'évêque Hubert Reinkens (11 août 1873), ce groupe ayant toutefois sombré dans l'hérésie en niant formellement le dogme de l'infaillibilité du pape romain et de sa primauté juridictionnelle.

    Mais il existe des critères clairs pour l'orthodoxie catholique et l'appartenance pleine et entière à l'Église catholique, formulés dès le début du IIe siècle par l'évêque martyr Ignace d'Antioche, puis précisés au fil du temps, notamment lors du concile de Trente contre les protestants. Cela inclut essentiellement la pleine communion avec l'Église universelle et en particulier avec le collège épiscopal, qui a dans le pape de Rome, successeur personnel de saint Pierre, son principe et fondement perpétuel et visible de l'unité dans la vérité révélée. Même si d'autres communautés ecclésiales peuvent prétendre être catholiques parce qu'elles sont en accord total ou presque total avec la foi de l'Église catholique, elles ne sont pas catholiques si elles ne reconnaissent pas et ne pratiquent pas formellement le pape comme autorité suprême et l'unité sacramentelle et canonique avec lui.

    Il ne fait aucun doute que la Fraternité Saint-Pie X est en accord avec la foi catholique sur le fond (à l'exception du Concile Vatican II, qu'elle interprète à tort comme une déviation par rapport à la tradition). Et s'ils ne reconnaissent pas le concile Vatican II dans son intégralité ou en partie, ils se contredisent eux-mêmes, car ils affirment à juste titre que le concile Vatican II n'a pas présenté de nouvelle doctrine sous la forme d'un dogme défini que tous les catholiques doivent croire. Le concile lui-même est clairement conscient qu'il s'inscrit dans la lignée de tous les conciles œcuméniques, en particulier du concile de Trente et du concile Vatican I. Il s'agissait uniquement de présenter à nouveau aux fidèles, de manière dogmatique et dans leur contexte global, la doctrine toujours valable sur la révélation divine (Dei verbum) et l'Église du Dieu trinitaire (Lumen gentium). La liturgie ne devait pas non plus être réformée, comme si elle était dépassée. Contrairement au discours progressiste, l'Église n'a pas besoin de subir des cures de jouvence médicales, comme dans un processus de vieillissement biologique. Car elle a été fondée une fois pour toutes par le Christ, parce que dans sa personne divine, toute nouveauté est venue dans le monde de manière inégalable et reste présente dans l'enseignement, la vie et la liturgie de l'Église jusqu'à son retour à la fin de l'histoire (Irénée de Lyon, Contre les hérésies IV, 34, 1). L'Église, corps du Christ et temple du Saint-Esprit, est jeune et vivante jusqu'au jour du Jugement dernier (même si certains en paraissent vieux par leur incrédulité et leurs péchés, c'est-à-dire parce qu'ils ne veulent pas vaincre le vieil Adam en eux).

    La substance même des sacrements et leur forme essentielle nous sont données et soustraites à toute intervention de l'Église (Concile de Trente, Décret sur la communion sous une seule espèce, 2e chapitre : DH 1728), tandis que l'autorité ecclésiastique est habilitée à en déterminer la forme rituelle, non pas de manière arbitraire et autoritaire, mais en tenant compte des traditions ecclésiastiques établies et de la sensibilité et du sens de la foi des fidèles. C'est pourquoi, à l'inverse, l'affirmation selon laquelle la liturgie latine selon le Missale et le Rituale Romanum (selon le rite antiquior) serait illégitime parce que la loi de la prière est la loi de la foi (Ps-Coelestin, Indiculus, chap. 8 : DH 246) est théologiquement fausse. Ce principe se réfère au contenu de la foi qui s'exprime dans les sacrements, et non à leur forme rituelle extérieure, qui a connu de nombreuses variations au cours de l'histoire de l'Église jusqu'à aujourd'hui. À cet égard, tout catholique est en droit de critiquer le motu proprio « Traditionis custodes » (2021) et sa mise en œuvre souvent indigne par des évêques dépassés spirituellement, ainsi que leur argumentation théologique déficiente et leur imprudence pastorale. Mais aussi le doute que la Sainte Messe selon le Missel de Paul VI (par exemple en raison de la possibilité de concélébration, de l'orientation de l'autel, de l'utilisation de la langue nationale) contredit la tradition de l'Église en tant que critère normatif d'interprétation de la Révélation (et serait imprégnée d'idées maçonniques) est théologiquement aberrante et indigne d'un catholique sérieux. Les abus liturgiques qui se produisent effectivement (messes de carnaval, drapeau arc-en-ciel athée dans l'église, modifications arbitraires selon les goûts personnels) ne sont pas imputables au rite du Novus Ordo ni même au concile, mais à ceux qui, par ignorance ou par frivolité, se rendent gravement coupables de ces blasphèmes et abus liturgiques devant Dieu et l'Église.

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  • "La Nef" analyse la décision de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

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    À propos des sacres annoncés par la Fraternité Saint-Pie X

    La Fraternité Saint-Pie X a annoncé le 2 février 2026 son intention de consacrer des évêques le 1er juillet 2026 sans mandat pontifical. 

    Le 12 février a eu lieu à Rome une rencontre entre le cardinal Fernandez, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la foi, et l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, en vue d’ouvrir une voie de dialogue et éviter de nouveaux sacres. 

    Le 18 février, l’abbé Pagliarani et ses assistants ont adressé un courrier au cardinal Fernandez, rendu public le lendemain, maintenant les consécrations épiscopales au 1er juillet, actant qu’un accord doctrinal avec Rome était impossible.

    - Nous soumettons à votre lecture un grand article de François de Lacoste Lareymondie : il s'agit d'une étude canonique répondant aux arguments des supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X qui essayaient de justifier l'acte de nature schismatique que sont des ordinations épiscopales sans mandat pontifical, invoquant notamment l’état de nécessité pour le salut des âmes : à lire ici

    - Dans un autre articlele père Cyrille, moine du Barroux, présente le cas historique intéressant de Mgr de Miollis et du concile de Paris (1811), exemple qui permet de mieux comprendre que l’on ne peut faire des évêques catholiques sans le pape : à lire ici

    - Christophe Geffroy a été interrogé par KTO le 11 février dernier pour analyser les enjeux de l'annonce des sacres : vidéo à regarder ici

    - Christophe Geffroy a été interrogé par RCF/Radio Notre-dame le 12 février, dans le cadre d’un débat avec l’historien Paul Airiau : vidéo à regarder ici

  • Bruxelles (Sainte-Catherine), 27 février : SOS Chrétiens d'Orient - Concert "Souffle d'Arménie"

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    ven. 27 février

    SOS Chrétiens d'Orient - Concert "Souffle d'Arménie"

    Eglise Sainte-Catherine

    Concert caritatif pour l’Arménie – “Souffle d’Arménie”

    27 février 2026 – 20h30 – Église Sainte-Catherine, Bruxelles

    À l’occasion de la fête de saint Grégoire de Narek, figure majeure de la spiritualité arménienne, venez assister à une soirée exceptionnelle de musique sacrée : “Souffle d’Arménie”.

    Concert caritatif pour l’Arménie – “Souffle d’Arménie”

    27 février 2026 – 20h30 – Église Sainte-Catherine, Bruxelles

    À l’occasion de la fête de saint Grégoire de Narek, figure majeure de la spiritualité arménienne, venez assister à une soirée exceptionnelle de musique sacrée : “Souffle d’Arménie”.

    Dans le beau cadre de l’église Sainte-Catherine, ce concert propose une immersion rare au cœur de l’âme arménienne, là où la foi chrétienne, la culture et l’identité d’un peuple se confondent. Des chants liturgiques médiévaux aux œuvres inspirées du folklore spirituel, la musique devient prière, mémoire et résistance.

    Portée par Varduhi Toroyan (soprano), Hasmik Manoukyan (piano) et Cyril Simon (violoncelle), cette soirée invite à écouter l’Arménie de l’intérieur : une spiritualité millénaire, blessée mais vivante, transmise par une tradition musicale d’une profondeur saisissante.

    Au-delà du concert, SOS Chrétiens d’Orient-Belgique présentera son action concrète en Arménie, au service des populations locales, de leur patrimoine et de leur foi.

    Cette soirée est invitation à comprendre, à soutenir et à s’engager avec la population arménienne.

    Une soirée unique, entre beauté, sens et solidarité. À ne pas manquer.

    • Entrée gratuite – inscription vivement recommandée.
    • https://my.weezevent.com/souffle-darmenie
    • Varduhi Toroyan (soprano), Hasmik Manoukyan (piano) et Cyril Simon (violoncelle),
    • Organisé par les Amis de Sainte-Catherine (Bruxelles)
    • Français/Anglais
    • Accessible aux piétons appareillés
  • Aujourd'hui, fête de saint Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la “pédophilie” au XIè siècle

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    St Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la “pédophilie” au XIè siècle

    Saint Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la pédérastie au XI° s (+ 1072) (63 mn) Comment ce saint moine, confronté à une des pires crises de la papauté et à une des pires décadences du clergé, réussit à extirper les vices de la pédérastie et de la simonie dans le clergé de son temps. Pour cela, il analysa les causes puis désigna le remède : Réduire à l’état laïc tout clerc, fut-il cardinal, coupable de ces vices. Il obtient de la papauté (Léon IX aidé par Hildebrand, futur pape saint Grégoire VII) une réaction adaptée. Sa prédication forte par lettres, sa droiture morale, prépare la réforme grégorienne et la merveilleuse efflorescence de l’Eglise du XIII° siècle.

    Voir ici : https://www.diakonos.be/settimo-cielo/

  • Le progressisme évolue vers un sacerdoce temporel et nous ne nous en rendons pas compte

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    Temporel : qui est du domaine du temps, des choses qui passent (opposé à éternel).

    De Miguel Escrivá sur InfoVaticana :

    Le progressisme évolue vers un sacerdoce temporel et nous ne nous en rendons pas compte

    Dans le document de travail de Convivium, le rassemblement sacerdotal organisé en grande pompe pour glorifier le cardinal de Madrid, une section intitulée « Propositions particulières » mentionnait un sacerdoce « temporel ». Cette expression provoqua un scandale en raison de son caractère ouvertement hérétique : attribuer la temporalité au sacerdoce n’est pas un simple problème terminologique, mais une attaque contre le cœur même de la doctrine catholique sur l’ordre sacré. Dans certaines dynamiques ecclésiales, nul ne souhaite être stigmatisé et relégué au poste ingrat et marginal de vicaire. C’est peut-être pourquoi il fallut que ce soit Léon XIV lui-même (au grand dam même du théologien hétérodoxe Andrea Grillo, dont l’influence sur Traditionis Custodes est reconnue) qui, dans son message à Convivium, aborda la question et la clarifia pour les participants.

    « Il ne s’agit pas d’inventer de nouveaux modèles ni de redéfinir l’identité que nous avons reçue, mais de proposer à nouveau, avec une intensité renouvelée, le sacerdoce dans son essence la plus authentique – être alter Christus –, de le laisser façonner nos vies, unifier nos cœurs et donner forme à un ministère vécu dans l’intimité avec Dieu, le dévouement fidèle à l’Église et le service concret du peuple qui nous est confié. »

    Lire aussi : L’archidiocèse de Madrid intègre des propositions hérétiques dans les documents officiels de CONVIVIUM

    Le caractère indélébile : la participation à l'éternel

    L’Église n’a pas laissé cette question ambiguë. Le concile de Trente a défini le sacrement de l’Ordre comme imprimant un caractère indélébile. Cette expression n’est pas rhétorique. Le caractère sacramentel signifie une configuration stable du sujet au Christ. Il ne s’agit ni d’un mandat révocable ni d’une mission qui cesse au gré des besoins pastoraux. Il s’agit d’une transformation ontologique permanente.

    Le concile Vatican II a réaffirmé que le sacerdoce ministériel diffère fondamentalement du sacerdoce commun des fidèles. Il ne s’agit pas d’une question de degré au sein d’une même réalité, mais d’une différence de nature. Le prêtre n’est pas simplement un baptisé investi de responsabilités accrues ; il est un homme sacramentellement configuré au Christ, Tête et Pasteur.

    Le fondement biblique est clair : le Christ est prêtre « pour toujours » selon l’ordre de Melchisédek. La participation ministérielle à ce sacerdoce ne saurait être considérée comme intrinsèquement temporaire sans invalider l’analogie. Si ce qui est reçu est la participation à un sacerdoce éternel, cela ne peut se définir par sa fugacité.

    Parler d’un sacerdoce « temporaire » introduit une tension directe avec cette ontologie. S’il est temporaire par nature, il n’est pas immuable. S’il dépend structurellement d’une configuration historique susceptible de disparaître, alors ce qui est reçu n’est pas le caractère, mais la fonction.

    Réduction fonctionnelle : de l'ontologie à la communauté

    La tentation de privilégier l'aspect fonctionnel n'est pas nouvelle. Hans Küng insistait sur une interprétation du ministère centrée sur son développement historique et sa configuration communautaire. Pour Küng – et ses successeurs comme Grillo – l'accent n'est pas mis sur la négation pure et simple de son caractère sacramentel, mais sur la relativisation de sa formulation ontologique classique, en la présentant comme le fruit d'une évolution théologique ultérieure.

    Lorsque le ministère est présenté avant tout comme une structure façonnée par la communauté et ses besoins, l'attention se déplace. Ce qui importe, ce n'est plus la configuration ontologique reçue, mais la reconnaissance ecclésiale qui permet de servir. La logique sous-jacente est claire : si la communauté façonne le ministère en fonction des circonstances historiques, elle peut aussi le redéfinir structurellement.

    Ce schéma présente une ressemblance frappante avec la conception luthérienne. Chez Luther, il n'y a pas de différence ontologique entre ministre et laïc ; il s'agit d'une désignation fonctionnelle au sein du sacerdoce commun. Le ministre exerce une charge confiée par la communauté. Celle-ci n'est pas marquée par un caractère sacramentel permanent. Lorsque, dans le domaine catholique, on commence à parler de formes « temporaires » de sacerdoce, même présentées comme expérimentales ou « particulières », on entre dans cette même logique fonctionnelle et dans une situation de rupture.

    Il en résulte une mutation silencieuse : le prêtre cesse de se percevoir comme stablement configuré au Christ et commence à se voir comme le détenteur d'une carte lui permettant d'effectuer une mission structurelle.

    La discipline comme symptôme : de l'être au statut

    Ce changement ontologique a des effets visibles sur la pratique disciplinaire.

    Traditionnellement, des sanctions telles que l'excommunication ou la suspension affectaient l'exercice du ministère et la communion ecclésiale, mais non la nature sacramentelle du sacerdoce. Le prêtre excommunié demeurait prêtre. Le prêtre suspendu conservait sa configuration ontologique au Christ. La sanction soulignait précisément que le caractère du sacerdoce subsistait même lorsque son exercice était interdit.

    D'un point de vue traditionnel, la démission de l'état clérical est limitée à des circonstances très spécifiques et a toujours été appliquée avec parcimonie : l'abandon volontaire et définitif du ministère, accompagné d'une demande expresse de dispense ; les crimes extrêmement graves rendant le ministère public moralement incompatible ; et la rupture publique et persistante avec la foi. Dans ces cas, l'Église protège le bien commun et évite le scandale. Elle n'efface pas la personne – cela est impossible – mais elle la prive de ses droits et obligations légaux.

    Le problème réside dans la tentation récente de faire de la démission de l'état clérical une réponse quasi automatique aux crises médiatiques, aux conflits disciplinaires ou aux pressions extérieures qui pourraient être réglées par une suspension ou d'autres mesures correctives. C'est là que s'opère le changement de paradigme.

    Si le sacerdoce est perçu comme un caractère indélébile, la discipline en encadre l’exercice sans en altérer l’identité sacramentelle. La suspension est cohérente : elle limite les actions, elle ne redéfinit pas la personne. En revanche, si le sacerdoce est envisagé comme un statut fonctionnel, la démission devient un mécanisme logique : l’habilitation est retirée.

    Ces dernières années, la démission de l'état clérical est de plus en plus présentée comme une sanction plus sévère et s'ajoutant à l'excommunication et à la suspension, qui n'ont jamais entraîné la perte du statut clérical. Elle est perçue comme une sorte d'annulation définitive, presque comme si le sacerdoce lui-même avait disparu. Bien que le statut juridique demeure, l'imaginaire collectif l'associe à une « dé-sacerdoce », avec toutes les implications théologiques que cela comporte.

    Ce phénomène révèle une bureaucratisation du concept. Ce qui relève de l'ontologie est désormais géré comme une question administrative. Le langage sacramentel demeure dans les textes, mais la pratique véhicule autre chose : le sacerdoce est un statut que l'autorité confère et révoque.

    Conclusion : l’éternité ne peut être gérée comme une licence

    Si le sacerdoce est une participation stable à l’ordre éternel du Christ, l’Église encadre la conduite et réglemente les pratiques, mais n’en administre pas l’ontologie comme s’il s’agissait d’un contrat. L’introduction de la notion de sacerdoce « temporaire » ouvre la voie à une conception fonctionnelle qui érode la doctrine de son caractère indélébile.

    Réduire le sacerdoce à une réalité structurellement périssable revient à le faire passer de l'ordre de l'être à l'ordre de la fonction. Et lorsque l'ordre de l'être se dissout dans celui de la fonction, la discipline cesse de protéger une configuration sacramentelle permanente et se réduit à une simple gestion des titres et responsabilités. L'éternel devient alors soumis à la logique du statut.