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Débats - Page 451

  • Le cardinal Burke évoque la confusion et la division dans l’Eglise dans un nouvel entretien

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    De Jeanne Smits sur reinformation.tv :

    Le cardinal Burke parle de la confusion et de la division dans l’Eglise dans un nouvel entretien

    Dans un entretien accordé au Catholic Herald, le cardinal Raymond Burke, l’un des deux survivants parmi les quatre cardinaux qui ont présenté leurs Dubia au pape François à propos de l’Exhortation Amoris laetitia, s’est expliqué sur ce qu’il avait voulu dire en parlant récemment de notre temps comme « réalistement apocalyptique », affirmant que la « confusion, la division et l’erreur au sein de l’Eglise » pouvaient être un signe de la fin des temps. La gravité du ton est saisissante, et les propos – si on veut bien réfléchir à leur sens – sont explosifs. S’exprimant de manière particulièrement directe – de fait, lors de ses entretiens au cours de ces derniers mois, le cardinal Burke paraît de plus en plus disposé à dire clairement le fond de sa pensée – il a souligné dans cet entretien paru jeudi que la confusion et l’erreur touchent « aux enseignements les plus fondamentaux de l’Eglise, par exemple en ce qui concerne le mariage et la famille ».

    « Par exemple, l’idée que des personnes vivant au sein d’une union irrégulière puissent recevoir les sacrements constitue une violation de la vérité à la fois à l’égard de l’indissolubilité du mariage et de la sainteté de l’Eucharistie », a expliqué le cardinal, rappelant l’enseignement de saint Paul sur l’examen de conscience avant de recevoir le Corps du Christ.

    Un nouvel entretien explosif du cardinal Burke

    « Aujourd’hui la confusion dans l’Eglise va encore plus loin, car elle porte sur le fait de savoir s’il y a des actes intrinsèquement mauvais ce qui, évidemment, constitue le fondement même de la loi morale. Lorsque ce fondement commence à être remis en question au sein de l’Eglise, alors, l’ordre de la vie humaine dans son ensemble et l’ordre de l’Eglise elle-même sont en danger », a-t-il déclaré.

    Et d’expliquer : « Il y a donc le sentiment que, dans le monde d’aujourd’hui, fondé sur le sécularisme avec une approche complètement anthropocentrique qui nous fait penser que nous pouvons créer notre propre sens de la vie, de la famille, etc., l’Eglise elle-même semble être dans la confusion. En ce sens-là, on peut avoir le sentiment que l’Eglise donne l’apparence de ne pas vouloir obéir aux commandements de Notre Seigneur. Alors, peut-être, sommes-nous arrivés à la Fin des temps. »

    Après avoir souligné qu’un an après la soumission des Dubia, aucune réponse ni même d’accusé de réception n’était venu du Saint-Père malgré le sérieux des questions posées, le cardinal Burke a refusé d’en dire davantage sur une éventuelle « correction »… « pour le moment ». Quant à sa récente nomination à un poste subalterne à la Signature apostolique, dont il avait naguère la charge, il a souligné que celle-ci est « d’une certaine manière logique » vu ses compétences en droit canonique et spécialement en jurisprudence : « Au-delà, je ne voudrais pas spéculer sur ce que cela peut vouloir dire », a-t-il répondu à une question du journaliste Paolo Gambi.

    La confusion et la division sur le mariage, l’Euchariste, le protestantisme…

    Interrogé sur l’attitude du Vatican à l’égard du protestantisme, et notamment la phrase de Mgr Nunzio Galantino affirmant que la réforme avait été « un événement du Saint Esprit », et des rumeurs à propos d’une commission qui travaille sur une interprétation sacramentelle commune de l’Eucharistie – « Mourrons-nous tous protestants ? », a demandé Gambi –, le cardinal Burke a répondu :

    « Eh bien, je ne vois pas comment on peut dire que la division de l’Eglise a été un acte du Saint Esprit. Cela ne veut tout simplement rien dire. Et je ne sais pas quelle est la nature de cette commission, mais il n’est pas possible d’avoir une célébration eucharistique en commun avec les luthériens, parce qu’ils ne croient pas en l’Eucharistie comme l’Eglise catholique l’enseigne, et de manière très significative, ils ne croient pas en la doctrine de la transsubstantiation, le fait que la substance du pain et du vin, au moment de la consécration de la messe, est changée en la substance du Corps et du Sang du Christ. Que des catholiques s’engagent dans une sorte d’Eucharistie œcuménique reviendrait à abandonner la foi catholique. Il s’agit là d’un œcuménisme profondément faux qui causerait un grave tort à la foi et aux âmes. »

    On notera que le cardinal ne nie pas l’existence d’une commission…

    A propos des célébrations liturgiques plus ou moins expérimentales, interrogé sur le fait de savoir si cette « nouvelle façon de célébrer la messe est une conséquence nécessaire de Vatican II », le cardinal Burke a répondu :

    « La forme précise du rite révisé de la messe n’est pas une conséquence nécessaire du concile Vatican II. En fait, la réforme du rite de la messe telle qu’elle a été mise en œuvre n’a pas suivi de manière aussi fidèle qu’elle l’aurait dû ce que le concile Vatican II nous a enseigné et ce qu’il voulait. C’est pourquoi nous parlons aujourd’hui d’une “réforme de la réforme” : en d’autres termes, nous devons réexaminer de quelle manière le rite de la messe peut-être réformé de manière plus fidèle selon le Concile.

    « Certainement, le Concile a ordonné quelques réformes du rite de la messe. Cependant, certains ont condamné la réforme parce qu’elle a été mise en œuvre de manière trop violente, d’une certaine manière, de telle sorte que tant d’aspects en ont été enlevés qu’il était difficile de voir la continuité entre les rites d’avant et après le Concile. Evidemment, cette continuité est essentielle, parce que le rite de la messe nous est parvenu depuis les premiers siècles chrétiens comme une réalité organique vivante ; on ne peut pas avoir une “nouvelle” messe au sens d’un rite totalement nouveau de la messe. Il nous faut d’une certaine manière exprimer la tradition apostolique telle qu’elle nous est parvenue. »

    Le cardinal Burke rappelle que la célébration du rite selon la forme extraordinaire est « normale »

    Paolo Gambi pose alors la question : « Est-il possible aujourd’hui de demander la liturgie traditionnelle et de ne pas être considéré, pour cette raison, comme un “ennemi” du pape François, voire de l’Eglise tout entière ? »

    Le cardinal Burke répond : « Oui ; en réalité, la célébration des deux formes du rite romain – la forme la plus ancienne traditionnelle, et la forme ordinaire – doit être considérée comme normale dans l’Eglise. Depuis le Motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI en 2007, les prêtres sont libres de célébrer la forme extraordinaire. Il ne doit donc y avoir aucune raison de croire que la célébration de la forme extraordinaire du rite romain est le signe de ce qu’une personne soit d’une façon ou d’une autre quelqu’un qui proteste contre le pape ou qui serait son ennemi. »

    Evoquant le cas de Mgr Fonlupt de Rodez qui avait intégré des éléments hindous dans une messe d’ordination sacerdotale – et ce à deux reprises, en juin dernier comme nous le rapportions en juin dernier, et déjà en décembre 2012 – Paolo Gambi demande ce qui peut encore nous garder dans l’unité.

    Mgr Fonlupt a-t-il rompu la communion avec l’Eglise ?

    Réponse du cardinal : « Mieux que “ce” qui peut nous garder dans l’unité il faut parler de “qui”. Celui qui nous maintient dans l’unité est Jésus-Christ, qui vient à nous par la tradition ininterrompue de l’Eglise, dans son enseignement, son culte sacré, sa discipline et son gouvernement. Je n’ai pas entendu parler de l’épisode auquel vous faites allusion, mais un évêque qui prétend ordonner un prêtre selon un rite étranger a rompu la communion avec l’Eglise. »

    A propos de la situation de l’Ordre de Malte le cardinal Burke a rappelé qu’il en a été de fait écarté : « Le pape a annoncé que son seul représentant auprès de l’Ordre est l’archevêque Mgr Becciu. Il m’a laissé le titre de “cardinal patron” mais je n’ai actuellement aucune fonction. Par conséquent je ne reçois aucune communication que ce soit de la part de l’Ordre de Malte ou du Pape. »

    Pour finir, Paolo Gambi s’est autorisé une frivolité : « Pardonnez-moi de poser une dernière question bête : quelle serait votre première action si vous étiez élu pape ? » La réponse a fusé : « Je ne crois pas qu’il existe une quelconque menace de cela. Je crois, sans me référer à moi-même, que la première chose que n’importe quel pape doit faire est simplement de faire une profession de foi avec l’Eglise tout entière, en tant que vicaire du Christ sur terre. La plupart des papes l’ont fait, la plupart du temps à travers une première lettre encyclique, comme celle de saint Pie X, l’encyclique E Supremi. De même, Redemptor hominis de saint Jean-Paul II est une sorte de profession de foi, qui rappelle une nouvelle fois que l’Eglise est le Corps du Christ, que l’Eglise appartient au Christ et que nous sommes tous obéissants à son service. »

    Traduction par Jeanne Smits

  • Le Serment d'Hippocrate revu et corrigé ne protège plus la vie à naître

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    LE NOUVEAU SERMENT D'HIPPOCRATE MET LA VALEUR DE LA VIE HUMAINE EN BALANCE

     de genethique.org

    A l’occasion de son Assemblée générale en octobre 2017 à Chicago (USA), l’Association Médicale Mondiale (AMM) a adopté une version amendée du serment d’Hippocrate.  Initialement promu en 1948 suite à l’implication d’éminents médecins allemands dans des expérimentations sur des prisonniers non consentants, des euthanasies, etc., le serment, aussi connu comme la déclaration de Genève, est utilisé par les médecins du monde entier. Dans un certain nombre de pays, il fait même partie intégrante de la législation régissant l’exercice de la médecine.

    La version moderne adoptée cet automne reflète les changements du contexte dans lequel s’exerce l’éthique médicale. Ils manifestent une vision plus bureaucratique et plus légaliste de la médecine.

    La première modification consiste à transformer le "serment" en "engagement". Dans un monde toujours plus sécularisé, le terme de serment indiquerait une référence trop significative à une « divinité » qui « donnerait des lois ».

    La loi naturelle elle-même semble ne plus avoir cours et, dans la phrase : « même en cas de menace, je n’utiliserai pas mes connaissances médicales contredisant les lois de l’humanité », « les lois de l’humanité » ont été remplacées par « les droits humains et les libertés civiles ». Le bien et le mal sont placés sous l’égide de la loi positive, qui apparait désormais comme principale référence. Dans certaines circonstances, le bien et le mal pourraient même être définis par le gouvernement.

    Le changement le plus significatif concerne l’autorisation implicite de l’avortement : « Je maintiendrai le plus grand respect pour la vie humaine dès le moment de la conception » est remplacé par « je maintiendrai le plus grand respect envers la vie humaine ». L’interdiction universelle à l’avortement disparait. Ce passage soulève aussi la question de la fin de vie[1], même si la position de l’AMM reste à ce jour résolument hostile aux pratiques de suicide assisté ou d’euthanasie.

    Enfin, la question de l’autonomie du patient s’impose également dans la version 2017 du serment qui introduit une nouvelle clause : « Je respecterai l’autonomie et la dignité du patient ». Si le concept contient une certaine noblesse, « cela signifie-t-il que le médecin devra répondre à toutes les demandes du patient, quelles qu’elles soient ? ». 

    La version votée du nouvel "engagement d’Hippocrate" est disponible ici

    [1] Sujet récemment débattue par l’AMM réunie à Rome sur ce sujet (cf. Pape François : « L’euthanasie est toujours mauvaise »).

    Sources: Mercator, Michael Cook (30/11/2017)

  • Belgique : eugénisme et progrès de la médecine reproductive

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    Bulletin de l'IEB - 5 décembre 2017

    Sommaire


    Belgique : eugénisme et progrès de la médecine reproductive

    La Belgique est connue pour son expérience dans le domaine de la génétique reproductive, et en particulier dans le diagnostic pré-implantatoire (DPI) et le diagnostic génétique prénatal. Unissant leurs compétences, le pôle « Hôpital Erasme - UZ Brussel » dit vouloir se positionner comme le plus expérimenté au monde en la matière.

    On y compte 2.600 naissances de bébés qui, après avoir été sélectionnés par les généticien grâce au DPI, n’ont pas hérité de la maladie génétique portée par leur(s) parent(s). Il n’est pas fait mention du nombre d’embryons qui ont été « disqualifiés » et détruits suite à cette sélection.

    Pour ce seul pôle Bruxellois, durant ces vingt dernières années, ce sont près de 70.000 fœtus qui ont fait l’objet d’analyses et de tests chromosomiques en laboratoire avant la naissance dans leurs laboratoires. L’article publié dans le Journal du Médecin mentionne que cela a « permis de garantir que les fœtus concernés seraient exempts de l'affection recherchée. »

    Anne Delbaere, Chef de la Clinique de Fertilité à l'Hôpital Erasme, explique qu’il est aujourd’hui possible de « réaliser un diagnostic génétique des plus complet, permettant d'optimiser les chances de parents porteurs d'une maladie génétique de donner naissance à un enfant en bonne santé ».

    Le développement de nouvelles techniques de DPI, notamment de la génétique moléculaire et des techniques d'assistance à la procréation, comme la cryo-préservation embryonnaire, permet de tester toutes les maladies génétiques pour lesquelles la mutation des gènes est connue. « De nouvelles plates-formes génétiques ont pu être développées, afin de rendre possible le séquençage à haut débit avant, pendant et après la grossesse », explique Delbaere.

    La question éthique surgit : choisir quels embryons implanter en fonction d’une certaine caractéristique, ici l’absence de maladie, ne serait-ce pas une manière de sélectionner son enfant ? En d’autres termes, une forme d’eugénisme ? Faut-il bénéficier d’un passeport génétique particulier pour être autorisé à vivre ?

     Sources : Mediplanet

  • Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

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    Du Bulletin d'information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

     

    Sommaire

    Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

    Plonger un patient dans un coma artificiel, lorsqu’il est en toute fin de vie et que malgré la prise en charge de la douleur, certains symptômes s’avèrent réfractaires, est un acte médical qui demande une grande compétence et des soignants bien formés. Cette sédation palliative ne peut en aucun cas viser à abréger la vie du patient. Car si l’intention du médecin est d'induire le coma pour provoquer la mort du patient, - l’intention est claire -, ce geste doit être qualifié de meurtre.

    Or, en 2015, un sondage dans une centaine de maisons de repos et de soins en Flandre, a révélé que nombre de sédations palliatives pratiquées visaient la mort des patients et auraient donc été des sédations terminales répréhensibles. Les décès après sédation ne sont pas enregistrés sous ce qualificatif, ce qui empêche tout contrôle tant sur leur nombre que sur l’intention ayant animé le médecin.
    C’est pourquoi, le Prof. Distelmans (VUB), défenseur de la loi sur l'euthanasie et président de la Commission de contrôle de l’euthanasie, plaide pour l’enregistrement des sédations palliatives  dans son ouvrage « Palliatieve sedatie, trage euthanasie of sociale dood? ». Selon lui, 70 % des patients mis sous sédation n’auraient pas donné leur consentement au préalable à ce geste. Il sous-entend aussi que certains hôpitaux abuseraient de la sédation « terminale » pour éviter de pratiquer l’euthanasie, qualifiant ce geste sédatif d’euthanasie masquée.

    De son côté, et pour éviter ces euthanasies masquées et parfois non-demandées par le patient, la Ministre de la Santé Maggie de Block, estime qu’un mécanisme d’enregistrement et de contrôle tout comme celui de l’euthanasie, permettrait de sortir la pratique des sédation d’une « zone grise ». Soutenue par la parlementaire socialiste flamande Karin Jiroflée, la Ministre voudrait ainsi demander au Parlement de lancer le débat sur le contrôle légal de la sédation palliative.  Une résolution sera soumise à la Chambre, demandant la mise en place, au sein des hôpitaux, de projets phares d’enregistrement afin d'avoir une vue d’ensemble de la pratique de sédation en Belgique.

    Cette façon d'envisager la sédation ne fait pas l'unanimité. De son côté, Gert Huysmans, président de la Fédération flamande des soins palliatifs, estime  qu’il s’agit là de manœuvres politiques visant à distraire de la véritable question qui est le dysfonctionnement de la loi euthanasie en Belgique. « Aux Pays-Bas, la loi euthanasie a déjà été réévaluée 3 fois; en Belgique, jamais. La demande se fait de plus en plus pressante. Exprimer à nouveau ses suspicions face à la sédation palliative ne sert qu’à détourner l’attention. »

    La parlementaire Els Van Hoof (CD&V) rejoint cet avis, suggérant que « le problème d’enregistrement sédation palliative est à l’agenda pour cacher des négligences dans l’application de la loi sur l’euthanasie (…) La pratique de la sédation palliative ne s'améliorera pas du seul fait de plus de formalités administratives. La preuve en est que l’enregistrement des euthanasies n’a pas permis d’ améliorer leur contrôle ni l’application de la loi ».

    D’autant plus préoccupant est le fait que certains soignants ne semblent pas reconnaître qu’une sédation peut être contrôlée et ne pas forcément être synonyme de mort provoquée, oubliant que l’intention du médecin qualifie l’acte.

    Voir Fiche didactique de l'IEB « Fin de vie : s'entendre sur les mots »

    Sources : De Standaard, RTL, Knack

  • L’Épiscopat espagnol prend position sur la Catalogne et les questions de genre

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    De Radio Vatican :

    L’Épiscopat espagnol s'exprime sur la Catalogne et les questions de genre

    (RV) Réunie pour son Assemblée plénière du 20 au 24 novembre 2017, la Conférence épiscopale espagnole (CEE), a rendu les conclusions de sa session, lors d’une conférence de presse le 27 novembre à Madrid. Au programme: crise catalane, éducation, Synode des jeunes et les questions de genre.

    Priorité à l’ordre constitutionnel en Catalogne

    Sur la crise catalane, la position de l'épiscopat espagnol reste celle exprimée par le président de la conférence épiscopale, le cardinal Ricardo Blázquez Pérez, à l'ouverture de l'assemblée, à savoir une distanciation de la «rupture» consommée ces dernières semaines par le gouvernement régional, et le soutien à la «restauration de l'ordre constitutionnel».

    Le débat en plénière à ce sujet s'est déroulé dans un climat de «confiance et de sérénité», a déclaré le père José María Gil Tamayo, secrétaire général et porte-parole de l’Épiscopat.

    «Le respect des minorités, a expliqué Tamayo, doit trouver un moyen de s'exprimer en ‘respectant la Constitution qui réglemente la coexistence’». L'Église, pour sa part, «veut poursuivre sa mission de réconciliation et de paix».

    Pendant la session, une large place a aussi été consacrée à la contribution de l'Église catholique espagnole à l'éducation religieuse dans les écoles et à l'université. Le père Tamayo a ainsi rappelé combien celle-ci était bénéfique au pluralisme religieux, en vertu de l’accord de coopération conclu en 1992 entre l'État espagnol et les confessions religieuses minoritaires.

    Mise en garde autour des droits LGBT

    Le projet de loi déposé par le groupe parlementaire de Podemos en mai dernier au Parlement espagnol contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et la protection des droits LGBT, a également fait l’objet de discussions parmi les évêques.

    À cette occasion, le père Tamayo a ainsi rappelé que l'Église «respectait la dignité de toutes les personnes, indépendamment de toute caractéristique ou condition», mais que ce projet de loi en discussion «excluait les autres visions de l'être humain et réduisait les libertés fondamentales», comme la liberté religieuse ou idéologique, la liberté d'expression ou de la presse, en mettant en place «une véritable censure».

  • Une enquête consacrée à la "GPA, avec les meilleures intentions"

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    L’ENQUÊTE : « GPA, AVEC LES MEILLEURES INTENTIONS »

    Gènéthique vous informe

    Les scandales des usines à bébés thaïlandaises, des femmes vietnamiennes séquestrées, de Gammy, ce petit garçon commandé par GPA et refusé à la naissance par ses commanditaires parce qu’il était porteur de trisomie 21, n’ont pas fini de faire couler beaucoup d’encre. Le 25 novembre 2017, en prévision de la journée contre les violences faites aux femmes, la Manif Pour Tous présente un documentaire sur la gestation pour autrui : « GPA, avec les meilleures intentions ».

    Enquête sur les pratiques de la GPA en Asie du Sud-Est focalisée sur la Thaïlande, le documentaire associe images captées en caméra cachée et interviews officielles. Alors que le pays s’est doté en 2015 d’un cadre légal pour en réduire le nombre et la clandestinité, où en sont les pratiques de GPA en Thaïlande aujourd’hui ? La législation suffit-elle à mettre fin à une pratique qui met à mal la dignité des femmes et le respect des enfants ?

    L’avocat, maître Koompraphant, ancien directeur du Centre de protection du droit des enfants, affirme ne plus avoir connaissance de l’existence de GPA illégales depuis l’entrée en vigueur de la loi, tandis que le docteur Pruksananonda, gynécologue obstétricien, directeur du service de médecine reproductive de l’hôpital de Chulalongkorn, pense que les agences privées qui s’entremettaient entre les clients et les mères porteuses ont cessé toute activité et qu’il est désormais impossible de rentrer en contact avec l’une d’elles. La volonté du gouvernement de s’opposer à ce que « la Thaïlande et l’utérus des femmes thaïlandaises soient la plaque tournante mondiale » (propos d’un député thaïlandais), est louable et aurait permis le passage d’environ 4000 à 200 GPA par an. Mais qu’en est-il vraiment ?

    La Manif Pour Tous a infiltré avec succès l’une de ces agences illégales, New Genetic Global, en utilisant le profil fictif de Valérie. D’entretiens en rendez-vous, Valérie nous permet d’apprendre « qu’il n’y a aucun problème avec la législation », que l’embryon conçu sera expertisé par le prélèvement et l’envoi de cellules aux Etats-Unis, puis cultivé au Laos où la mère porteuse sera envoyée pour l’implantation. Valérie se voit proposer une promotion « Bring your own eggs », et une sélection de trois profils de gestatrices entre lesquels choisir. Mais leur identité compte peu, explique l’intermédiaire, elles sont indifférentes. Catalogue en ligne, réduction, acomptes… les agences prennent leurs dispositions pour s’adapter à la nouvelle législation et poursuivre leur commerce de bébés sans trop d’encombres. Les négociations du contrat sont sans état d’âme pour les personnes : la mère porteuse n’est que le maillon d’une chaîne, l’enfant, simple marchandise, objet d’échange, n’est jamais évoqué.

    La loi ne suffit pas à endiguer la réduction en esclavage de femmes contraintes par leur pauvreté, la recherche de gains rapides, d’agents peu scrupuleux, et le désir d’enfant souvent aveugle de couples aisés qui disposent de leurs semblables comme d’un bien avec droit de propriété. Si elle pèche par son inefficacité, la loi trompe surtout sur le principe même de la GPA qui reste, quelle qu’en soit l’intention et la modalité, un asservissement du corps de la femme et un abandon d’enfant.

    « Après avoir vu les cliniques où des femmes sont cantonnées pendant 9 mois, après avoir rencontré les agences qui organisent le business de la GPA, après avoir recueilli le témoignage poignant des ONG et associations humanitaires mobilisées sur le terrain pour lutter contre ce trafic humain, il apparaît que l’abolition universelle est bien la seule solution pour mettre un terme à ce scandale. Nous allons relancer Emmanuel Macron qui, à la suite de François Hollande s’était engagé à lancer une initiative internationale contre la GPA. L’heure est à l’action car la dignité des femmes et des enfants n’a pas de frontières », déclare Ludovine de La Rochère, Présidente de la Manif Pour Tous.

    A la suite de ce documentaire, Anne Schaub-Thomas, psychothérapeute et auteur du livre Un cri secret d’enfant (cf. GPA : « On ne peut pas remplacer une souffrance d’adulte par une souffrance d’enfant »), a rappelé que, violente ou douce, la GPA « éthique » est un mensonge et une perversion de la pensée. Car le cœur de cette pratique est la vie de ce petit homme qu’est l’enfant, fracturée dès sa naissance par l’arrachement à sa mère. « Les fondations procréatiques sont les racines de l’édifice humain. C’est une terre féconde où l’enfant à venir se déploie comme une graine en terre. » Si la semence est arrachée trop tôt de sa terre nourricière, qui sait quel en sera le fruit.   

     
     
  • L’Église catholique ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue avec l'islam

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    D'Yves Casgrain sur presence-info.ca :

    Entrevue avec le jésuite Henri Boulad

    Dialogue islamo-chrétien: «50 ans d'échec»

    Selon le père Henri Boulad, le pape François fait fausse route en encourageant l'immigration.
    Selon le père Henri Boulad, le pape François fait fausse route en encourageant l'immigration.   (Présence/Yves Casgrain)

    Son nom est synonyme de controverse. Le père jésuite Henri Boulad a la critique dure et n’a pas peur de froisser, qu’il s’agisse de l’Église catholique, de judaïsme ou de l’islam. À 86 ans, l’homme qui se dit désormais persona non grata au sein de sa propre communauté s’en prend désormais à la politique d’ouverture du pape François envers les réfugiés musulmans.

    Lors de son passage à Montréal il y a quelques jours afin de sensibiliser les catholiques au sort des chrétiens d’Orient, il a rappelé son opposition à cette «l’idéologie des portes ouvertes». Il en veut particulièrement au pape d’avoir adopté cette vision.

    «J’ai fait part au pape François de mon opposition quant à sa position sur l’immigration massive en Europe qu’il encourage de façon systématique. Il ne comprend pas. Il adopte une idéologie libérale sud-américaine pour qui l’islam c’est très bien. Ceux qui ont vécu sous l’islam savent de quoi il s’agit.»

    Selon le polémiste, l’avenir des chrétiens d’Orient passe en partie par un changement d’attitude de l’Occident et de l’Église catholique envers l’islam. Il est temps, croit-il, que l’Église se questionne sur son dialogue avec l’islam.

    «Je suis tout à fait pour [ce dialogue]. Cependant, lorsque le dialogue occulte les vrais problèmes, nous ne sommes plus dans la vérité. Un homme comme Benoît XVI a voulu mettre au cœur du dialogue la vérité et la raison. Il s’est fait virer, d’une certaine manière. Il a démissionné, car il a été soumis à toutes sortes de pression», a-t-il fait valoir en entrevue.

    Le jésuite cite la taqîya pour développer son point de vue. Il s’agit d’un concept coranique qui évoque la dissimulation de sa foi, principalement pour éviter une persécution. Mais depuis deux décennies, elle est souvent invoquée pour critiquer l’islam et est brandie dans des discours islamophobes qui laissent entendre que des fidèles musulmans mentent pour faire avancer la cause de l’islam. C’est à cette seconde lecture que fait référence le père Boulad.

    «L’Église catholique ne veut pas comprendre cela. Elle ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue.»

    «L’Église catholique ne veut pas comprendre cela. Elle ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue», a-t-il insisté. Mais l’homme originaire d’Alexandrie se défend bien d’être atteint du «virus de l’islamophobie». Pour lui, il s’agit d’une étiquette apposée par le courant islamo-gauchiste sur ceux qui osent critiquer l’islam. «Ce courant est issu d’une alliance entre l’islam et la gauche. Derrière l’islam et la gauche, il y a les mondialistes qui manipulent la planète entière pour des intérêts économiques. Les islamo-gauchistes instrumentalisent la gauche.»

    Henri Boulad reconnaît volontiers qu’il dérange et qu’il est aujourd’hui «classé, étiqueté, ostracisé» pour ses propos. Sa défense des chrétiens d’Orient continue cependant d’être considérée attentivement.

    «L’Orient, qui a été le berceau du christianisme, risque d’être vidé de sa présence chrétienne. Au début du siècle dernier, les chrétiens représentaient 20 % de la population, maintenant ils représentent 2 % de la population. C’est une chute vertigineuse.»

    Devant ces sombres statistiques, le père Boulad reste optimiste, car il croit que «malgré les apparences, l’islam est en train d’imploser».

    «Les musulmans radicaux ont le verbe haut et beaucoup d’argent. Toutefois, l’islam est en lutte contre lui-même. Les chiites sont en guerre contre les sunnites, les libéraux contre les traditionnels. Ce sont des plaques tectoniques qui s’entrechoquent. Dans ce contexte, nul ne peut prédire l’avenir des chrétiens dans cette région.»

  • Téléthon : les réserves d'un diocèse de France

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    LOZÈRE : L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE NE SOUTIENDRA PAS LE TÉLÉTHON

     

    A quelques semaines de la nouvelle édition du Téléthon, les chefs d’établissement de l’enseignement catholique de Lozère ont reçu un courrier de la direction de l’enseignement diocésain. Celle-ci souhaite rappeler « la réflexion menée en novembre dernier, mettant en lumière les graves problèmes éthique qui empêchent l’Enseignement catholique de s’engager dans cette action ». De fait, « l’aventure du Téléthon est liée aux cellules souches qui sont un grand espoir pour la médecine régénérative », mais parmi ces cellules, les cellules souches embryonnaires et fœtales humaines « supposent des embryons ou des fœtus provenant des techniques de procréation médicalement assistée ou d’avortements ».

    La direction diocésaine « exhorte les directeurs à être particulièrement attentifs à engager [leurs] établissements dans des actions solidaires cohérentes avec la conception chrétienne de l’homme et respectueuse de celle-ci »[1]

    [1] Parmi les causes à soutenir, le document indique nommément : le Secours catholique, l’Œuvre d’Orient, les fondations Abbé Pierre ou Jérôme Lejeune, ATD Quart-monde, l’Aide à l’église en détresse.

    Sources: Midi Libre (25/11/2017)

    Il en va de même dans le diocèse d'Avignon :

    Pas de Téléthon dans le diocèse d’Avignon (source)

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  • Parce qu'il faut éviter de se fourvoyer...

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    Faire fausse route

    Voici la traduction d’un article du blog de Mark Mallett qui nous a été communiquée par un ami :

    https://www.markmallett.com/blog/2017/11/28/barquing-up-the-wrong-tree

    IL me regarda intensément et dit, “Mark, vous avez beaucoup de lecteurs. Si le Pape François enseigne l’erreur, vous devez vous en détacher et conduire votre troupeau vers la vérité.”

    J’étais stupéfait par les propos de ce prêtre. D’une part, “mon troupeau” de lecteurs ne m’appartient pas. Ils sont (vous êtes) la possession du Christ. Et de vous, Jésus dit :

    Moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. (Ezekiel 34:11-12)

    Le Seigneur parle ici, à la fois de la diaspora des Juifs au-delà d’Israël, mais aussi, dans le plus grand contexte, d’un temps où les brebis de l’Eglise du Christ seraient abandonnées par leurs bergers. Un temps où le clergé serait en grande partie silencieux, lâche ou carriériste ne défendant ni le troupeau ni la vérité, mais garderait et défendrait plutôt le status quo. Ce sera un temps d’apostasie. Et selon les derniers papes, nous vivons actuellement ce temps prophétisé :

    Peut-on ignorer la maladie si profonde et si grave qui travaille, en ce moment bien plus que par le passé, la société humaine, et qui, s'aggravant de jour en jour et la rongeant jusqu'aux moelles, l'entraîne à sa ruine ? Cette maladie, Vénérables Frères, vous la connaissez, c'est, à l'égard de Dieu, l'abandon et l'apostasie … — PAPE ST PIE X, E Supremi, Encyclique sur la Restauration de toutes choses dans le Christ, n° 3, 5; 4 octobre 1903

    L’apostasie, la perte de la foi, s’étend à travers le monde et jusqu’aux plus hauts sommets de l’Eglise. — PAPE PAUL VI, Exhortation lors du Soixantième Anniversaire des Apparitions de Fatima, 13 octobre 1977

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  • Un schisme à l'horizon ?

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    De Marie Malzac sur le site du journal La Croix :

    Le cardinal Müller affirme craindre un schisme

    L’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi demande aux autorités de l’Église d’écouter les « justes réclamations » des anti-François, selon des propos rapportés par le quotidien italien Il Corriere della Sera dimanche 26 novembre.

    « Il existe un front de groupes traditionalistes, ainsi que des progressistes, qui voudrait me voir à la tête d’un mouvement contre le pape, mais je ne le ferai jamais ». C’est ce qu’a soutenu récemment le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui avait exprimé à plusieurs reprises ses prises de distance par rapport à certaines démarches pontificales.

    Dans un entretien avec un éditorialiste du quotidien italien Il Corriere della Sera, Massimo Franco, publié dimanche 26 novembre, il se montre amer et inquiet.

    S’il affirme croire dans « l’unité de l’Église », l’ancien préfet n’en appelle pas moins les autorités à « écouter ceux qui ont des questions sérieuses et de justes réclamations : il ne faut pas les ignorer ou, pire, les humilier ». Le cardinal va même plus loin : « Sinon, sans le vouloir, le risque d’une lente séparation peut augmenter, qui pourrait déboucher sur un schisme d’une partie du monde catholique, désorienté et déçu. L’histoire du schisme protestant de Martin Luther d’il y a 500 ans devrait surtout nous montrer les erreurs à éviter ».

    Au mois de juillet, le pape François a décidé de remplacer ce cardinal à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le plus important dicastère de la curie romaine. Il avait alors durement critiqué son renvoi. Dans le Corriere, il apporte de nouvelles précisions. À ce moment-là, le pape lui aurait ainsi dit : « Certains m’ont dit de façon anonyme que vous étiez mon ennemi ».

    Critique acerbe des « délateurs »

    « Après quarante au service de l’Église, déplore-t-il, je me suis laissé dire cette absurdité, préparée par des cancaniers qui au lieu d’instiller de l’inquiétude chez le pape feraient mieux d’aller voir un psychiatre ».

    Réaffirmant son attachement au pape, le cardinal soutient toutefois que ses « vrais amis ne sont pas ceux qui l’adulent » mais bien « ceux qui l’aident avec la vérité et une compétence théologique et humaine ».

    Le cardinal formule des paroles sévères contre les « délateurs » responsables à ses yeux de son départ de la Congrégation pour la doctrine de la foi. L’ancien préfet ne croit pas au complot contre le pape – « une exagération absolue » – mais reconnaît que d’importantes « tensions » traversent actuellement l’Église.

    « Je crois que les cardinaux qui ont exprimé leurs doutes sur Amoris Laetitia, ou les 62 signataires d’une lettre de critiques, dont certaines excessives, contre le pape, doivent être écoutés, et non pas balayés d’un revers de main comme’pharisiens’ou comme des râleurs », avance-t-il. Il faut donc, à son sens, un « dialogue franc et clair ».

    L’impression du cardinal allemand est que dans le « cercle magique » du pape, on « s’inquiète surtout d’espionner de prétendus adversaires, empêchant de la sorte une discussion ouverte et équilibrée ».

    En gage de sa bonne foi, le cardinal Müller a récemment défendu publiquement l’Exhortation apostolique du pape François sur la famille, un document qui a cristallisé les divergences.

    « Classer tous les catholiques selon les catégories ’amis’ ou ’ennemis’ du pape est le plus grand mal qu’ils causent à l’Église, insiste le cardinal Müller. Et on est perplexe lorsqu’on voit qu’un journaliste bien connu, athée, se vante d’être un ami du pape, tandis qu’un évêque catholique, cardinal comme moi, est diffamé comme opposant du pape. Je ne crois pas que ces personnes puissent me donner des leçons de théologie sur le primat du souverain pontife ».

    Une Église plus « faible »

    Comparée à l’époque de Benoît XVI, l’Église actuelle apparaît plus « faible » aux yeux du cardinal. « Les prêtres sont de plus en plus rares et nous apportons des réponses plus organisationnelles, politiques et diplomatiques que théologiques et spirituelles », regrette-t-il. « L’Église n’est pas un parti politique, avec ses luttes de pouvoir. Nous devons discuter des questions existentielles, sur la vie et la mort, sur la famille et les vocations religieuses, et pas sur la politique ecclésiastique en permanence, développe l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le pape François est populaire, et c’est une bonne chose. Mais les personnes ne prennent plus part aux sacrements. Et sa popularité parmi les catholiques qui le citent avec enthousiasme ne change malheureusement pas leurs fausses convictions ».

    Selon le cardinal Müller, il faut désormais dépasser le stade de l’Église « hôpital de campagne », une expression chère au pape François. Aujourd’hui, le monde aurait davantage besoin, à ses yeux, d’une « Sillicon Valley » de l’Église. « Nous devrions être les Steve Jobs de la foi, assure-t-il, et transmettre une vision forte en termes de valeurs morales et culturelles ».

  • Sus aux crucifix !

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    De SudInfo :

    Le crucifix banni des locaux de la Croix-Rouge: le rappel à l'ordre crée la polémique (+Vidéo)

    Le crucifix et les autres signes convictionnels religieux sont en principe désormais bannis des espaces publics des locaux de la Croix-Rouge. C’est l’objet d’un mail envoyé voici une quinzaine de jours aux maisons de la Croix-Rouge de la province de Liège.

    A lire aussi : Les principes de base de la Croix-Rouge à respecter... et une démission à la clé

    Les croix et autres symboles religieux sont devenus indésirables à la Croix-Rouge. Un coup de balai déclenché par une plainte.

    À Verviers, la décision crée la polémique, alors que la croix accrochée au mur n’avait jamais fait de vagues, dans la Vestiboutique, rue Renkin...

    > Ce qui s’est passé à Blégny, et les conséquences pour l’antenne locale

  • L'enfer est-il vide ?

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    Du Père Nicolas Buttet, dans l’hebdomadaire « Famille chrétienne » :

    77211301_o.jpg« La parole de Dieu est claire: Dieu «veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité» (1Tm 2,4; 2 P 3,9). Simultanément, la même parole présente une réalité réservée à celles et ceux qui décident de se dérober à lamour fraternel et à la miséricorde divine. Cette réalité, c’est l’enfer, qui est un thème majeur dans la prédication de Jésus: «Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges» (Mt 25,41).

    Comment donc concilier la volonté du salut pour tous et la réalité de l’enfer pour certains? Jésus nous dit que « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus» (Mt 22,14). Cette phrase a donné lieu à une vaste littérature sur le salut des personnes, leur nombre ou leur prédestination... Face à ces thèses, certains auteurs ont développé l’idée d’un enfer «hypothétique»: lenfer existe certes, mais il est possible despérer un salut universel où personne ne serait damné. Lenfer apparaît alors comme une possibilité, voire une menace, mais pas comme une réalité. C’est « l’espérance pour tous» (Hans Urs von Balthasar).

    D’autres ont parlé de l’enfer «provisoire»: à la fin des temps, tous anges déchus et hommes «damnés» seront rétablis dans la communion damour avec Dieu. Cette doctrine de la restauration universelle (apocatastase) défendue par Origène (IIIe s.) a été reconnue par l’Église comme contraire à la parole de Dieu. Cette double conception de l’enfer comme «vide» ou «à la fin vidé» semble séduisante, mais elle soppose à deux principes essentiels de notre foi: lamour infini et miséricordieux de Dieu, et la grandeur de la liberté humaine.

    Le Dieu d’amour ne peut pas nous forcer à Lui dire «oui»: lamour qui simpose sappelle un viol. Autrement dit, si Dieu est amour, l’enfer en est une exigence incontournable: au nom de lamour, il est nécessaire quil y ait un «lieu» hors de Dieu pour que ceux qui refusent de Laimer puissent ne pas se voir imposer sa «vision». LApocalypse nous révèle quun tiers des anges se dérobèrent à l’amour et suivirent Lucifer dans sa chute (Ap 12,4).

    L’amour infini de Dieu et la grandeur de la liberté humaine s’opposent à un enfer vide.

    L’enfer est donc peuplé de ces anges déchus qui apparaissent pour nous comme une révélation de la grandeur de la liberté: celle-ci peut acquiescer à lamour, mais aussi se dresser contre la miséricorde infinie de Dieu. Cest du sérieux! La parole de Dieu au sujet des fins dernières constitue alors «un appel à la responsabilité avec laquelle lhomme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel et un appel pressant à la conversion» (Catéchisme de l’Église catholique § 1036). Le cardinal Journet affirme qu’en enfer aucune créature n’aura même l’idée d’accuser Dieu de se trouver en ce lieu, tellement elle sait avec certitude que c’est elle-même qui a choisi ne pas vivre dans l’amour de Dieu.

    L’Église, donc, affirme l’existence réelle de l’enfer et son éternité tout en priant sans cesse pour que personne ne se perde. À la question «Combien y aura-t-il d’élus?», Jésus répond en renvoyant à la responsabilité personnelle: « Efforcez-vous dentrer par la porte étroite!» (Lc 13,23-28). «Oh when the saints, go marchin’in...»: quand les saints savanceront, je veux être du nombre!  »

    Ref. L'enfer est-il vide ?

    Comme l’a si bien écrit le pape Benoît XVI dans l’encyclique  Spe salvi, « le Jugement de Dieu est espérance, aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce. S'il était seulement grâce qui rend insignifiant tout ce qui est terrestre, Dieu resterait pour nous un débiteur de la réponse à la question concernant la justice – question décisive pour nous face à l'histoire et face à Dieu lui-même. S'il était pure justice, il ne pourrait être à la fin pour nous tous qu’un motif de peur. L'incarnation de Dieu dans le Christ a tellement lié l'une à l'autre – justice et grâce – que la justice est établie avec fermeté: nous attendons tous notre salut « dans la crainte de Dieu et en tremblant » (Ph 2, 12). Malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre « avocat » (parakletos) (cf. 1 Jn 2, 1) »

    Et sur la mystérieuse solidarité qui unit, depuis la chute originelle,   la famille humaine dans le péché comme dans la rédemption, Benoît XVI ajoute cette note d’espérance qu’apporte la croyance des catholiques au « purgatoire » :

     «  Un motif doit encore être mentionné ici, parce qu'il est important pour la pratique de l'espérance chrétienne. Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l'idée qu'on peut venir en aide aux défunts dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2 M 12, 38-45: 1er s. av. JC). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens et elle est commune à l'Église orientale et occidentale. L'Orient ignore la souffrance purificatrice et expiatrice des âmes dans « l'au-delà », mais il connaît divers degrés de béatitude ou aussi de souffrance dans la condition intermédiaire. Cependant, grâce à l'Eucharistie, à la prière et à l'aumône, « repos et fraîcheur » peuvent être donnés aux âmes des défunts. Que l'amour puisse parvenir jusqu'à l'au-delà, que soit possible un mutuel donner et recevoir, dans lequel les uns et les autres demeurent unis par des liens d'affection au-delà des limites de la mort – cela a été une conviction fondamentale de la chrétienté à travers tous les siècles et reste aussi aujourd'hui une expérience réconfortante. Qui n'éprouverait le besoin de faire parvenir à ses proches déjà partis pour l'au-delà un signe de bonté, de gratitude ou encore de demande de pardon?

    À présent on pourrait enfin se demander: si le « purgatoire » consiste simplement à être purifié par le feu dans la rencontre avec le Seigneur, Juge et Sauveur, comment alors une tierce personne peut-elle intervenir, même si elle est particulièrement proche de l'autre? Quand nous posons une telle question, nous devrions nous rendre compte qu'aucun homme n'est une monade fermée sur elle-même. Nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l'une à l'autre au moyen de multiples interactions. Nul ne vit seul. Nul ne pèche seul. Nul n'est sauvé seul. Continuellement la vie des autres entre dans ma vie: en ce que je pense, je dis, je fais, je réalise. Et vice-versa, ma vie entre dans celle des autres: dans le mal comme dans le bien. Ainsi mon intercession pour quelqu'un n'est pas du tout quelque chose qui lui est étranger, extérieur, pas même après la mort.

    Dans l'inter-relation de l'être, le remerciement que je lui adresse, ma prière pour lui peuvent signifier une petite étape de sa purification. Et avec cela il n'y a pas besoin de convertir le temps terrestre en temps de Dieu: dans la communion des âmes le simple temps terrestre est dépassé. Il n'est jamais trop tard pour toucher le cœur de l'autre et ce n'est jamais inutile. Ainsi s'éclaire ultérieurement un élément important du concept chrétien d'espérance. Notre espérance est toujours essentiellement aussi espérance pour les autres; c'est seulement ainsi qu'elle est vraiment espérance pour moi. En tant que chrétiens nous ne devrions jamais nous demander seulement: comment puis-je me sauver moi-même? Nous devrions aussi nous demander: que puis-je faire pour que les autres soient sauvés et que surgisse aussi pour les autres l'étoile de l'espérance? Alors j'aurai fait le maximum pour mon salut personnel. »

    JPSC