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Débats - Page 668

  • Quand le microcosme s'agite

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    L'inoxydable Père André Fossion, depuis deux mois président de l'ABTC (un groupuscule rassemblant quelques "théologien(ne)s de Belgique et du Luxembourg), fait actuellement circuler une pétition. Ce disciple indéfectible du Père Moingt (98 ans) veut, à sa suite, "Faire bouger l'Eglise" (titre d'un ouvrage du jésuite presque centenaire).

    Ce texte vient s'ajouter à celui concocté par le "conseil interdiocésain des laïcs" (C.I.L.), un "soviet" dénué de toute représentativité mais qui a droits aux honneurs de catho.be; il apparaît comme un instrument de pression sur l'opinion publique belgo-luxembourgeoise, pour tenter de faire élire un Pape qui passerait outre aux pontificats de Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II, et Benoît XVI. Outre la pauvreté de leurs arguments, il faut dire que ces "théologien(ne)s" qui grenouillent dans les eaux raréfiées de leur bénitier n'ont pas plus voix au chapitre que vous et moi. Ajoutons que leur prétention démesurée porte plutôt à sourire, tout comme la réforme institutionnelle de l’Eglise préconisée  (allons-y gaiement dans « La Libre" d'aujourd'hui) par un autre quidam quelque peu clerc : Pour une Eglise régionalisée ...

    On peut espérer que les vrais théologiens et les responsables des séminaires et autres instituts religieux vont prendre clairement leurs distances à l'égard de ces manifestes intempestifs et dérisoires, et que nos évêques sauront inviter leurs auteurs à un peu plus de retenue et de modestie.

  • Comment, il y a 40 ans, Ratzinger voyait le futur de l'Eglise

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    Nous remercions notre amie B.T. de nous avoir communiqué la traduction d'un article paru ce jour dans le Vatican Insider :

    A une semaine de l’annonce étonnante de Benoît XVI refait surface une  prophétie significative (Marco Barazzi - Vatican Insider, lundi, 18 février 2013).

    Une Eglise redimensionnée avec beaucoup moins de fidèles, obligée à abandonner aussi une bonne partie des lieux de culte construits an cours des siècles. Une Eglise catholique de minorité, peu influente dans les choix politiques, socialement inutile, humiliée et obligée à repartir des origines. Mais aussi une Eglise qui à travers cet « énorme bouleversement » se retrouvera elle-même et renaîtra « simplifiée et plus spirituelle ». C’est la prophétie sur le futur du christianisme, prononcée il y a plus de quarante ans par un alors jeune théologien bavarois, Joseph Ratzinger. La retrouver aujourd’hui peut, peut-être, apporter une autre clé de lecture pour déchiffrer le pourquoi du renoncement de Benoît XVI, parce qu’elle replace le geste surprenant de Ratzinger dans le sens de sa lecture de l’histoire.

    Cette prophétie concluait un cycle d’exposés radiophoniques donnés en 1969 par l’alors professeur de théologie, en un moment décisif de sa vie et de la vie de l’Eglise. Ce sont les années de turbulence de la contestation estudiantine, de l’arrivée sur la lune, mais aussi des discussions sur le concile Vatican II fraîchement conclu.

    Ratzinger, un des protagoniste du concile, avait abandonné la turbulente université de Tübingen et s’était réfugié dans la plus sereine Ratisbonne.

    Comme théologien il s’était trouvé isolé, après avoir rompu avec ses amis « progressistes », Küng, Schillebaekx et Rahner sur l’interpellation du concile. A cette période il  noue des amitiés plus solides avec les théologiens Hans Urs Von Balthazar et Henri de Lubac avec lesquels il créera la revue « communio » qui devient rapidement le lieu de retrouvailles de quelques jeunes prêtres « ratzingeriens », aujourd’hui cardinaux et tous retenus comme possibles successeurs de Benoît XVI : Angelo Scola, Christoph Schönborn et Marc Ouellet.

    Au cours des cinq allocutions radiophoniques peu connues, republiées il y a quelques temps par Ignatius Press dans le tome « Faith and the future », le futur Pape en cette complexe année 1969, traçait sa propre vision sur le futur de l’homme et de l’Eglise. Surtout lors du dernier exposé du jour de Noël au micro de « Hessian Rund Funk » et qui a un ton de prophétie. Ratzinger se disait convaincu que l’Eglise vivait une époque analogue à celle qui suivit l’Illuminisme et à la Révolution Française.

    « Nous sommes à un énorme tournant, expliquait-il, dans l’évolution du genre humain. Un moment face auquel le passage du Moyen-âge aux Temps Modernes semble presque insignifiant. » Le professeur Ratzinger compare l’ère actuelle avec celle du Pape Pie VI, enlevé par les troupes de la République Française et mort en prison en 1799. L’Eglise s’était alors trouvée aux prises avec une volonté qui voulait l’anéantir pour toujours. Elle s’était vu confisquer ses biens et dissoudre les ordres religieux. L’Eglise pourrait s’attendre à vivre des conditions semblables aujourd’hui, minée selon Ratzinger, par la tentation de réduire les prêtres à être des « assistants sociaux » et sa propre mission à la merci de la présence politique.

    « De la crise actuelle, déclarait-il, émergera une Eglise qui aura beaucoup perdu. Elle deviendra petite et devra repartir plus ou moins comme à ses débuts. Elle ne sera plus capable d’habiter les édifices construits aux temps de sa prospérité. Avec la diminution de ses fidèles elle perdra aussi grande part de ses avantages sociaux. » Elle repartira de petits groupes, mouvements et d’une minorité qui remettra la foi au centre de l’expérience. « Ce sera une Eglise plus spirituelle, qui ne revendiquera pas un mandat politique qui flirterait tantôt avec la Gauche tantôt avec la Droite. Elle sera pauvre et deviendra l’Eglise des indigents.

    Ce qui, soulignait Ratzinger, serait « un long processus » mais quand tout ce travail sera accompli, émergera la grande puissance d’une Eglise plus spirituelle et simplifiée. »

    A ce moment les hommes découvriront qu’ils habitent un monde d’une « solitude indescriptible » qui à oublié Dieu, «  ils percevront l’horreur de la pauvreté ».

    Alors, et seulement alors, concluait Ratzinger, « on verra le petit troupeau des croyants comme quelque chose de totalement nouveau : on y découvrira comme une espérance pour soi-même et la réponse que l’on avait toujours cherchée en secret. »

    Voilà la prophétie oubliée et redécouverte de Ratzinger sur le futur de l’Eglise.   

  • Abolition de la papauté à vie ?

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    De Michel Cool, sur le site de “La Vie” (extrait):

    “L’abolition de la papauté à vie ! Benoît XVI a, en quelques mots, tiré un trait sur une tradition séculaire que l’on croyait immuable. Désormais les papes ne se sentiront plus obligés de mourir à la tâche. C’est le changement considérable qu’a entraîné l’effacement réfléchi et volontaire du pape sans doute le plus mal compris de l’ère moderne. L’histoire reconnaîtra que c’est pourtant lui, ce pontife souvent critiqué pour son sens aigu de la continuité de l’Eglise, qui a paradoxalement rompu avec l’antique conception monarchique du pouvoir pontifical. L’onde de choc de cet événement qualifié de « révolutionnaire », jusque par certains de ses adversaires, est loin d’être terminée. Car, de l’aveu même d’éminents juristes catholiques, si le droit canon stipule la possibilité pour les papes de renoncer librement à leur charge, aussi étrange que cela puisse paraître, il n’en a pas prévu toutes les conséquences d’ordre symbolique et institutionnel. D’immenses changements vont cependant découler de l’acte de renonciation historique de Benoît XVI. Le cardinal italien Angelo Sodano, doyen du collège des cardinaux et acteur influent du prochain conclave, l’a qualifié de « coup de tonnerre dans un ciel serein ». La sérénité affichée devra cependant composer avec un sentiment d’improvisation très déstabilisateur. D’ores et déjà on peut relever cinq changements qui vont peser sur la prochaine élection papale et la façon de diriger désormais l’Eglise catholique …

    Lire l’article ici: Ce que va changer le renoncement de Benoît XVI

    Le plus important sera de veiller à ce que l’acte d’abdication d’un pape demeure un acte souverainement libre, nonobstant les pressions médiatiques, politiques ou cléricales qui ne manqueront plus désormais de s’exercer sur chacun des successeurs de Benoît XVI. Si des dispositions devaient être ajoutées à l’article 332 du code de droit canonique, c’est surtout en ce sens qu’elles devraient l’être. En ce sens aussi, les cardinaux du prochain conclave seraient sans doute bien avisés d’asseoir une forte personnalité sur le siège de Pierre.

     

  • Benoît XVI désormais silencieux ? Pas tout à fait

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    Peter Seewald, le biographe allemand du pape Benoît XVI publiera bientôt un nouveau livre d’interview réalisées l’été dernier. Le pape lui a notamment dit son sentiment d'incompréhension face au scandale de fuites de documents confidentiels, qui avait conduit à la condamnation de son majordome. Jean-Marie Guénois, envoyé spécial du « Figaro » à Rome, rapporte le propos (à paraître) du Saint-Père :

    «Je ne suis pas tombé dans une sorte de désespérance, ou de douleur indicible, cette affaire m'a été tout simplement incompréhensible», a confié Benoît XVI au cours de l'été 2012, à son biographe allemand, Peter Seewald, à propos de l'affaire Vatileaks qui a vu le majordome personnel du Pape arrêté au printemps dernier, pour vol et publication de documents réservés sur le Vatican.

    Ces quelques phrases sont publiées, samedi, par la revue allemande Focus et sont extraites d'un nouveau livre d' interview entre Benoît XVI et Peter Seewald en cours de préparation. Selon cette même source, plutôt sérieuse, le Pape, après cette affaire qui a pourtant secoué le Vatican pendant des mois, se dit «ni perdu, ni fatigué après Vatileaks».

    Benoît XVI ajoute à propos de Paolo Gabriele, son ex-majordome, condamné à la prison puis gracié par lui avant Noël: «En voyant sa personne, je ne peux comprendre ce qu'on peut en attendre. Je ne parviens pas à pénétrer cette psychologie». Il note également qu'il était important que soit «garantie l'indépendance de la justice et qu'un monarque [le Pape en l'occurrence NDLR] ne dise pas ‘à présent, je prends les choses en mains'».

    «Je suis un vieil homme et mes forces diminuent»

    Interrogé, donc il y a plus de six mois, sur les perspectives à attendre de son pontificat, Benoît XVI précise: «Qu'attendre de moi? Pas grand-chose. Je suis un vieil homme et mes forces diminuent. Je crois que ce que j'ai fait peut suffire». Ce qu'a confirmé la déclaration qu'il a lue devant les cardinaux  le 11 février pour expliquer sa démission (…).

    Lire tout l’article ici : Benoît XVI n'a pas démissionné à cause de l'affaire Vatileaks

    et aussi : http://benoit-et-moi.fr/2013-I/articles/peter-seewald-dans-focus.php 

  • La Fraternité Saint-Pie-X persiste…et ne signera pas

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    Lu sur le site web du journal « La Croix » :

    « Selon nos informations, la Commission pontificale « Ecclesia Dei », chargée du dialogue avec les lefebvristes, a adressé début janvier à Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), une lettre lui donnant jusqu’au 22 février pour accepter la dernière version duPréambule doctrinal remise le 13 juin. 

    Ce document devait rendre possible le retour de la Fraternité dans l’Église à condition de reconnaître la validité du Missel de Paul VI, le concile Vatican II et le Magistère comme interprète authentique de la Tradition… Des conditions repoussées en juillet par le chapitre général de la FSSPX. Aussi, à défaut d’une réponse positive de Mgr Fellay vendredi, Rome se réserverait la possibilité de s’adresser individuellement à chaque prêtre de la Fraternité.

    Interrogé par La Croix, le clergé lefebvriste ne semble pas prêt à sauter le pas. « S’ils veulent m’écrire, je leur répondrai très gentiment, mais je ne me vois pas quitter la Fraternité dans laquelle je suis depuis mon ordination il y a trente ans. Je ne vais pas changer aujourd’hui d’opinion », souligne l’abbé M.

    LA MAJORITÉ FAIT BLOC DERRIÈRE LE SUPÉRIEUR GÉNÉRAL

    La grande majorité fait bloc derrière le supérieur général. « Par le passé j’ai hésité à quitter la Fraternité, reconnaît l’abbé K., mais davantage pour des difficultés interpersonnelles que pour des raisons doctrinales. En revanche, aujourd’hui je n’ai aucun doute, au vu de la méthode adoptée dans les discussions avec Rome, j’ai une confiance absolue en Mgr Fellay. »

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  • L'archevêque de Dijon commente la démission de Benoît XVI

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    C’est «le journal « La Croix qui  rapporte cette déclaration de Mgr Roland Minnerath : « ‘ Je suis toujours surpris ‘, affirme l’archevêque, qui a dit également « comprendre très bien le désarroi de beaucoup de fidèles », qui se demandent « pourquoi il n’est pas resté jusqu’au bout ». « On peut dire que c’est vraiment une décision très personnelle », a jugé Mgr Minnerath, qui estime que cette renonciation n’est en rien comparable à celles des papes antérieurs ayant quitté le trône pontifical. « C’était sous la pression de leur environnement. Ici, ce n’était sous la pression de personne », a-t-il avancé.

    Les papes précédents, a poursuivi Mgr Minnerath, « avaient bien compris que si un jour ils devaient tomber malades, ou ils devaient perdre la raison, ils devaient déclarer qu’ils renonçaient. La plupart ont fait cela. La plupart ont fait une sorte de testament, remis à leur secrétaire (…). Et ça, c’est absolument compréhensible. Mais Benoît XVI a toute sa raison, sa force intellectuelle et son rayonnement spirituel. » Mentionnant les visites ad limina de novembre, au cours desquelles les évêques français ont rendu visite au successeur de Pierre, l’archevêque de Dijon affirme que Benoît XVI « était en pleine forme intellectuelle. Bien sûr, il était fatigué, mais d’une vigueur de pensée, de repartie absolument remarquable ».

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  • Des religieux surdoués sur le front de l'économie

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    Gaël Giraud et Cécile RenouardShare on facebook

     De Jean-François Rod (ancien "pdg" de La Procure) sur le blog de cette maison d'édition :

    Gaël-Giraud-et-Cécile-Renouard

    "Une fois n’est pas coutume, je vous parlerai de deux auteurs, Gaël Giraud, jésuite, et Cécile Renouard, religieuse de l’Assomption, qui sont tous deux des économistes de haut niveau et qui appliquent leur réflexion d’éthique chrétienne au domaine économique, financier et social.

    Disons-le d’emblée, nous avons affaire à des personnes plutôt surdouées et surdiplômées ! Gaël Giraud a fait Normale Sup et a passé un doctorat de mathématiques. Son premier livre « Théorie des jeux » expose ses premières réflexions à l’intersection de l’économie et des mathématiques appliquées. Avant d’entrer dans la Compagnie de Jésus, il a travaillé dans une grande banque internationale et il connaît de l’intérieur l’esprit qui règne dans les salles de marchés. Il a aussi enseigné au Tchad et il s’est occupé des enfants des rues. Il est aujourd’hui chercheur au CNRS et membre de centre de réflexion internationaux. Cécile Renouard, elle, est venue à l’économie par la philosophie et par les études commerciales (ESSEC). Elle a publié aux Presses Universitaires de France « La responsabilité éthique des multinationales » en s’appuyant sur des enquêtes de terrain, en particulier au Kenya et au Nigeria. Elle a présenté aussi la pensée de Michaël Waltzer aux éditions Temps Présent. Elle est professeur à l’Ecole des Mines de Paris et à l’Essec. Tous les deux enseignent au Centre Sèvres à Paris.

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  • Le cardinal Dziwisz (Cracovie) à propos de la démission de Benoît XVI : « on ne descend pas de la croix » .

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    Lu dans un point de vue juif sur la démission de Benoit XVI:

    On ne peut qu’éprouver du respect devant la décision du Pape Benoit XVI de démissionner dans une quinzaine de jours en raison de la perception qu’il a de son affaiblissement physique. L’annonce effectuée au cours d’un consistoire de cardinaux destiné à la canonisation de trois martyrs d’Otrante (à la suite de la prise de la ville par les troupes ottomanes) a stupéfait le monde. Les réactions étaient uniformément positives et le communiqué du Crif (conseil rerprésentatif des associations juives de France) a souligné le rôle considérable que Benoit XVI avait joué dans la pérennisation du dialogue judéo-catholique, précisant que «  seul, le cardinal Dziwisz de Cracovie, le plus proche collaborateur de Jean Paul II, a émis une forte réserve : « On ne descend pas de la croix ».

    La suite ici : Démission de Benoit XVI 

  • Mise au point ce dimanche sur RTBF-Télé : fin aréopage pour commenter la démission de Benoît XVI

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    Le débat télévisé « Mise au Point » de ce dimanche 17 février 2013 réunissait sur le plateau de la RTBF : Mgr Guy Harpigny, évêque de Tournai ; Gabriel Ringlet, prêtre et ex-vice recteur de l'UCL ; Pierre Galand, président du Centre d'action laïque ; Rik Torfs, sénateur Cd&V et professeur de droit canon ; Tommy Scholtès, s.j., responsable de presse et de communication de la Conférence épiscopale belge ; Anne Morelli, directrice du centre de l'histoire des religions à l’ULB ; Benoît Wailliez, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X (district de Belgique) ; Myriam Tonus, tertiaire dominicaine féministe et professeur de religionLa RTBF en rend compte :

    « Pourquoi Benoît XVI se retire-t-il ? Parce qu’il a constaté les grands changements culturels, explique Mgr Guy Harpigny, évêque de Tournai: "Il n’avait plus la force pour tenir le coup. Il a pris la bonne décision". Une analyse que ne partage pas Christian Terras, rédacteur en chef de la revue Golias pour qui le pape a voulu faire une sortie moderne. "C’est une aveu d’impuissance face à un monde qui bouge. Il sait qu'il ne peut pas inverser le cours des choses ni faire la réforme nécessaire de l’Eglise et cela met le doigt sur l’incurie de la curie romaine". Tommy Scholtèsattaché de presse des évêques de Belgique pense que l’épisode Vatileaks et les tensions graves au sein de l’Eglise ont eu un impact sur sa décision. 

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  • La papauté affaiblie ?

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    Le fidéisme est une attitude relevant d'une foi aveugle qui répudierait l'usage de la raison. Ces jours-ci, face à la renonciation du pape, on a comme l'impression que nombreux sont ceux qui succombent à cette tentation et se lancent dans des dythirambes plein d'exaltation pour célébrer une décision courageuse, prophétique, christique, suscitant l'admiration et excluant toute critique, voire toute réticence. Avouons que, dès que cette nouvelle a été connue, nous avons manifesté sur ce blog une certaine retenue contrastant avec le chorus entendu partout ailleurs, ou presque. N'importe-t-il pas de savoir raison garder? Faisons d'ailleurs remarquer que les mêmes qui célèbrent partout cette décision auraient été aussi ceux qui auraient défendu le pape avec bec et ongles s'il était resté sur le trône pontifical jusqu'au bout, malgré tout, comme l'avait fait Jean-Paul II. C'est pourquoi les propos du Professeur de Mattei reproduits ci-dessous nous paraissent marqués  au coin du bon sens.

    Le Professeur Roberto de Mattei redoute un affaiblissement de la papauté (source) :

    (source : www.formiche.net) "Je n'exclus pas qu'il puisse y avoir d'autres raisons, outre celle de la santé, qui ont poussé le pape à démissionner. Je suis surpris par le fidéisme du monde catholique qui devant un geste historique a réagi en se limitant à en souligner les aspects positifs, sans tenir compte d’éventuelles répercussions négatives". Ainsi s’exprime Roberto de Mattei, Président de la Fondation Lepanto et professeur d'histoire du christianisme à l'Université européenne de Rome. Grand respect pour le geste du pape, mais on ne comprend pas comment un tel homme n’ait pas évalué les répercussions négatives qu’un tel choix entraîne déjà sur la papauté.

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  • Cachez ces différences…

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    La « Libre » ex Belgique, postchrétienne et pluraliste, nous a habitués à la juxtaposition des thèses contradictoires et le temps n’est plus où le monde catholique donnait une image cohérente des principes moraux défendus par le magistère de l’Eglise. A ce propos,  M. Mutien-Omer Houziaux, ancien maître de conférence à l’Université de Liège, nous livre ici la réflexion qu’il a fait parvenir à la rédaction de « La Libre » :   

    « V’là qu’ils s’arrêtent entre eux maintenant, ça doit pas marcher ben fort ! On aura reconnu une des boutades qui foisonnent dans le scénario de La grande vadrouille. Rappelons, si besoin est en cette période où l’on célèbre le talent de Louis de Funès, les circonstances dans lesquelles ces paroles sont prononcées. Les fugitifs Stanislas et Augustin déguisés en militaires allemands, se font coffrer par des soldats du Führer. Un pêcheur observe l’arrestation, d’où son constat goguenard : V’là qu’ils… Au vu de certaines passes d’armes qu’accueille un même quotidien à propos du « mariage » homosexuel, on devine le profil politico-philosophique de ceux qui, dans nos démocraties avancées, joueraient le rôle du pêcheur. Que le sénateur Mahoux aille porter au Parlement français la bonne nouvelle des vertus de l’homoparentalité, qui s’en étonnera ? Il est dans la ligne du parti et du laïcisme militant. Mais on peut se demander si l’Université catholique de Louvain ne serait pas atteinte de schizophrénie quand œuvrent  en son sein deux philosophes défendant, sur un sujet sociétal majeur, des thèses diamétralement opposées (M. Ghins, « Quel bilan pour le mariage homosexuel en Belgique ? », LLB, 13-01-2013 et J. Leclercq, « Cachez cet homosexuel… et son T-shirt », LLB 07-02-2013).

    N’en déplaise à M. Jean Leclercq, qu’on croirait préposé à la distribution de T-shirts d’un certain modèle, les arguments avancés par son docte confrère, philosophe et physicien, sont tout autre chose que des « pétitions de principes » ou des « arguments d’autorité » (comme il l’a écrit dans plus d’un article de LLB). Sans vouloir me livrer ici à une exégèse des thèses avancées par les uns et les autres, je voudrais, en deux mots, souligner une incohérence dans l’argumentaire des (p)artisans d’un changement radical de paradigme sociologique : la conception même de la famille. On sait que, selon l’air de ce temps, il est bon d’affirmer que « la vérité est plurielle ». Il est cependant  des domaines éthiques où l’on ne devrait pas transiger. Ainsi en va-t-il du droit naturel de l’enfant, qui ne peut, dans une société civilisée, être mis en balance avec un droit « légalisé » à l’enfant, ce qui, à la limite, réifie celui-ci, le faisant passer du statut de sujet à celui d’objet. On transgresse gravement la Convention relative aux droits de l’enfant (ONU, 1989) quand on donne aux mots famille et parent des acceptions manifestement étrangères au cadre sémantique général et donc à l’esprit de ladite Convention. Il est d’ailleurs patent que des falsifications lexicales actuellement à l’œuvre conduisent à transgresser l’article 7.1  du texte onusien. Cet article dispose que  dès la naissance, l’enfant a « dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux ». Et l’article suivant indique clairement que les relations familiales définissent l’identité de l’enfant.

    Longtemps, et à juste raison, les homosexuels ont revendiqué le « droit à la différence ». L’exercice de ce droit n’entraînerait-il pas des conséquences naturelles ? Ne se trouve-t-on pas ici dans une confusion (volontaire) entre identité et égalité ?  L’homme et la femme sont égaux en droit et en dignité, mais toutes les contorsions sémantiques ne parviendront jamais à les déclarer identiques en matière de parentalité, quoi que fassent les idéologues du « gender ». Le slogan « le mariage pour tous !» est littéralement incompréhensible… sauf si l’on donne au mot mariage un sens qu’il n’a jamais eu et qui supposerait une indifférenciation des sexes. Bientôt, on réclamera « un utérus pour tous » et, partant, « des gynécologues pour tous«, ou encore « des attributs masculins pour tous » et, partant, « des andrologues pour tous ». Et pourquoi pas « l’hermaphrodisme pour tous » ? En l’espèce, cette dernière utopie annulerait la distinction entre identité et égalité.

    Dans son Exégèse des lieux communs, Léon Bloy observe : « Plus on est semblable à tout le monde, plus on est comme il faut. C’est le sacre de la multitude. » Il est des sacres qu’il faut avoir le courage de refuser : la pensée libre est à ce prix. »

    Mutien-Omer Houziaux, Auteur de À contretemps, Regards politiquement incorrects. Essai. Mols-DDB, 2010.

    Références :

    Quel bilan pour le mariage homosexuel en Belgique ?

    Cachez cet homosexuel...

  • Pourquoi l'auteur de "la merditude des choses" est fier d'être belge

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    Auteur d'un nouveau roman intitulé "L'entrée du Christ à Bruxelles", Dimitri Verhulst accorde un entretien à Guy Duplat dans La Libre. Flamand vivant à Huccorgne, il se positionne plutôt en défenseur de la belgitude. Malheureusement, pas celle qui nous plaît. Il déclare notamment. "Je préfère dire que je suis fier d’être belge quand je vois que l’on vient de l’étranger chez nous grâce à nos lois généreuses sur l’avortement et l’euthanasie. Nous avons eu de vrais débats et de vraies lois pour répondre à la souffrance des gens." Quand l'empathie dérape, elle cautionne malheureusement le n'importe quoi. Mais, s'il n'était pas rallié au politiquement et culturellement correct, cet auteur aurait-il droit aux plateaux de télévision et à des interviews dans la Libre ? Il est toutefois intéressant d'acter cette impasse qu'il signale: "Mon combat, mon idéal, ce n’est pas d’attendre un dieu, qui d’ailleurs ne viendra pas, mais de réaliser déjà ce monde meilleur, aujourd’hui. Pourquoi faudrait-il un retour des religions, avec leurs diktats et leurs "conseils" pour qu’on se préoccupe enfin des autres ? Je n’aurais jamais cru qu’en 2013, des siècles après les Lumières, on ait encore besoin de l’arrivée d’un dieu sur terre pour se préoccuper du bien des hommes. Mais il est vrai qu’aujourd’hui, l’égoïsme domine et que trop de gens, quand ils croisent un SDF à la gare centrale se disent qu’ils s’en foutent car de toute manière c’est de sa faute." Donc ?