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Ethique - Page 311

  • A propos de l' Affaire Mercier: Savonarole réanimé à Louvain-La-Neuve

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    Lu dans le magazine trimestriel "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle" n° 103 (été 2017)

    C'est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher (Descartes). Il semble qu’à l’Université Catholique de Louvain (UCL), on ait amendé la mise en garde cartésienne contre l’esprit moutonnier : on peut y philosopher, sans doute, mais seulement en fermant les yeux sur les questions susceptibles de déranger le consensualisme du « vivre ensemble ». C’est que nous sommes sous le règne du prêt-à-penser, absolument incompatible avec... la philosophie.

    Brève chronique de l’événement

    Même si l’« affaire Mercier » a fait grand bruit dans les médias, un bref rappel des faits n’est peut-être pas inutile. Début février 2017, Stéphane Mercier, docteur en philosophie, chargé de cours invité à l’Université Catholique de Louvain (UCL)[1], présente à plus de cinq cents étudiants de première année (environ 250 en Sciences appliquées et 300 en Sciences économiques et politiques) un argumentaire intitulé La philosophie pour la vie. Contre le prétendu « droit de choisir » l’avortement et qui, indique l’auteur, suit de près celui de Peter Kreeft[2]. Loin de soulever dans l’auditoire le tollé dont allaient, le mois suivant, parler les médias, le professeur poursuit son cours pendant cinq semaines d’affilée, « sans le moindre problème », me précise M. Mercier. Mais le 14 mars, un (ou une) élève du 1er baccalauréat en Sciences politiques alerte l’association féministe « Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes ». Le texte de l’exposé paraît le 21 mars sur la Toile. Émoi dans les réseaux sociaux. 

    À peine saisie, l’UCL réagit durement et convoque l’enseignant, dont elle suspend illico la fonction. Le 21 mars, sur le site de la RTBF, Tania Van Hemelrijck, « conseillère du Recteur à la politique du genre » – une appellation pas très... neutre – déclare : Ce sont des propos totalement inacceptables étant donné que l’UCL défend ce droit [sic] fondamental à l’avortement. Sur le même site, on lit encore : l’autre argument avancé par l’UCL est que « le droit [resic] à l’avortement est inscrit dans la constitution [reresic], et qu’il n’y a pas à sortir de là ». Comme si un texte juridique était en soi une référence irréfragable en matière de philosophie ! Le même jour, l’UCL s’empresse de désavouer publiquement son invité avant même de l’entendre :  Quelle que soit l’issue de l’instruction, le droit [rereresic] à l’avortement est inscrit dans le droit belge et la note dont l’UCL a connaissance est en contradiction avec les valeurs portées par l’université. Le fait de véhiculer des positions contraires à ces valeurs est inacceptable. Ce communiqué en étonna plus d’un. Après s’être référé à une loi (dont il altérait l’objet[3]), il affirmait, en fait, que le respect dû à tout embryon humain n’était pas au nombre des valeurs d’une université catholique. En outre, il légitimait l’avortement par sa légalité (en Belgique), comme si la loi, en disant le droit, décrétait, ipso facto et infailliblement, la morale. Après une telle injure au bon sens, l’UCL méritait bien un rappel à l’ordre. Elle l’a eu. Le 26 mars, à Bruxelles, Stéphane Mercier, prenait la parole à l’occasion d’une « Marche pour la vie » qui rassembla de deux à trois mille personnes. Actuellement, M. Mercier est licencié, mais a introduit un recours auprès de la commission disciplinaire.  Adhuc sub judice lis est ; autrement dit : l’ordalie est en cours.

    Un curieux attelage philosophique : UCL-SW

    Nous ne sommes pas à Florence, ni au XVe siècle, mais tout de même ! Si l’UCL n’a pas voué au gibet et au bûcher le Savonarole louvaniste, elle l’a de fait trucidé académiquement pour avoir amorcé une disputatio malséante, inconvenante, inopportune, en deux mots : politiquement incorrecte. Pensez un peu : le misérable avait osé aborder un sujet, l’avortement, tellement anodin et banal, il est vrai, que d’aucuns voudraient le retirer du code pénal. Ce nouveau « progrès » est, en effet, à l’ordre du jour de plus d’une officine, qui, naturellement, s’oppose à tout projet visant à conférer un statut juridique à un fœtus ou à un enfant mort-né. Or, depuis Socrate, tous les pédagogues le savent : l’actualité d’une question est un puissant facteur de motivation. Il était donc particulièrement opportun d’engager sur la question un débat philosophique avec des rhétoriciens fraîchement émoulus. Avec la disparition des « humanités » et, partant, la décadence du cours de français, nos jeunes étudiants n’ont guère appris à disserter[4] ! Mais voilà : l’impertinent Mercier avait, sur la question, défendu une thèse contraire à la seule doxa bienséante, celle du progressisme main stream, comme dit Finkielkraut. Le déferlement de blâmes qui accabla l’enseignant  procède d’une étrange conjuration : s’y coalisent, notamment, des associations féministes – comme « Synergie Wallonie » (SW) – et des laïcistes militants, mais aussi une institution dite « catholique » dont le grand chancelier n’est autre – ex officio – que l’Archevêque de Malines-Bruxelles. On aura vraiment tout vu !

    Morale et Génétique

    Quelles objections oppose-t-on à l’argumentaire incriminé ? Les plaignants de SW situent le débat sur le terrain des opinions : L’auteur du texte est opposé à la pratique de l’avortement pour différentes raisons, dont le droit à la vie du fœtus, qu’il considère comme un être humain. Nous ne partageons pas son opinion car nous revendiquons le droit pour les femmes de disposer de leur propre corps. Or, sur ce point, M. Mercier rappelle non une opinion, mais les données de la Science : primo, l’individuation de l’embryon est assurée dès le début du processus vital ; secundo, de la conception à la mort, il n’y a aucune solution de continuité. Très pertinemment, l’auteur souligne l’impossibilité (et le ridicule) de justifier une quantification du respect dû à un fœtus sur un critère de temps et de lieu. Bref, la génétique confirme un sentiment intime, à savoir l’altérité mère-enfant, lequel enfant n’est jamais, en aucune façon, une propriété. Comme l’observait le grand généticien français Jérôme Lejeune : Si l’on supposait que ce qui se développe dans le ventre de la mère n’est pas un être humain, pourquoi donc ferait-on une loi spéciale pour l’éliminer ? Il n’y a pas de loi pour réglementer ou pour interdire d’arracher une dent ou d’enlever une tumeur[5].

    L’altérité de l’embryon par rapport à sa mère : voilà le point faible de l’argumentaire opposé à celui de M. Mercier. Mon ventre est à moi, c’est, avec le spectre des faiseuses d’anges, le slogan qu’en France, Simone Veil a sans doute le plus exploité. Elle-même indique que, si elle se refuse à entrer dans des discussions scientifiques [elle admet les enseignements de la génétique] ou philosophiques, elle tient cependant à observer : La seule certitude sur laquelle nous puissions nous appuyer, c’est le fait qu’une femme ne prend pleine conscience qu’elle porte un être vivant qui sera un jour son enfant que lorsqu’elle ressent en elle-même les premières manifestations de cette vie[6]. Dans un essai, j’ai longuement analysé la dialectique déployée par l’ancienne ministre de la Santé, et l’on conviendra que, sur ce point, son opinion est assez personnelle, comme je l’ai souligné :

    Tout importantes qu’elles soient, les approches juridique et scientifique des questions analysées ici, n’exemptent pas d’enrichir le débat d’un éclairage de nature plus existentielle, plus proche de l’intimité des personnes et de leur vécu. Une question, récurrente dans la vie comme dans les romans et autres fictions, est extrêmement révélatrice de la manière dont une femme enceinte, son partenaire et leur entourage peuvent s’interroger à la survenue d’une grossesse non désirée. Que les protagonistes s’expriment de façon voilée (Que fait-on?) ou plus ou moins explicite (Va-t-on « le » garder? ou Fais- « le » passer!), tous parlent d’un même sujet, et qui, dans leur esprit, ne se réduit pas à un quelconque agglomérat de cellules. Le pudique pronom le est à l’évidence un substitut pour bébé ou enfant. Et l’on notera que ces interrogations s’imposent bien avant que la femme ne ressente en elle les premières manifestations de la vie, quoi qu’en dise Simone Veil. Pour n’être pas de nature juridique ni scientifique, les propos de ce genre n’en ont que plus de prégnance authentiquement humaine: ils révèlent ce que les protagonistes vivent en leur for intérieur dans un désarroi que d’aucuns nommeront situation de détresse, une expression qui appelle plus aisément la compassion, au risque d’occulter le tragique d’une autre destinée, latente celle-là. Le langage, ici encore, se fait le serviteur des causes les plus contestables…[7]

    Mise en exergue dans toutes les critiques mais toujours citée hors contexte, la comparaison avortement-viol, a soulevé une indignation discutable, évidemment logique si l’IVG n’est pas considérée comme un meurtre, mais parfaitement rationnelle dans le cas contraire ; si le viol est évoqué, c’est  précisément parce que, plus médiatisé, il  est ressenti, notamment par un auditoire de jeunes anesthésiés en matière d’IVG-IMG-GPA, comme un sommet dans l’horreur, alors que l’IVG – un sigle ! – est devenue une pratique « sociétale » presque banalisée à la faveur d’une loi toujours plus laxiste et de mœurs toujours plus permissives. La violence faite à un fœtus lors d’un acte abortif est comme escamotée par le fait que, médicalisée, l’intervention se déroule quotidiennement, légalement, en milieu hospitalier et bénéficie d’une aide sociale, tous gages extérieurs d’honorable normalité. Les IVG-IMG se comptent annuellement par milliers en Belgique[8], mais, médiatiquement, c’est un non-événement, contrairement aux procès criminels, tel le viol, qui défraient les chroniques judiciaires : le temps du Dr Willy Peers est, de longue date, révolu.

    Une cacophonie pas très catholique à l’UCL

    Au sein même du monde « catholique », le cas Mercier a créé un profond malaise et suscité de vives oppositions. La discorde fut évidente à l’UCL. Le montrent, entre autres analyses, le Oui du pro-recteur Marc Lits et le Non du professeur émérite Silvio Marcus Helmons, en réponse à la question : Fallait-il suspendre le cours du professeur Mercier [9].

    Dans une rencontre avec Christian Laporte, le professeur émérite de l’UCL Vincent Hanssens, contempteur du discours politique (!) de M. Mercier, souligne qu’une université catholique se doit d’assurer un enseignement axé fondamentalement sur la recherche scientifique et non sur la Révélation[10]. Et alors ? M. Mercier ne dit pas autre chose : Ce qui est proposé ici est un argument philosophique, pas un argument théologique reposant sur la Révélation. En vérité, la position de l’Université est doublement intenable : non seulement elle bafoue, à l’évidence, son identité idéologique, mais aussi et surtout, elle porte atteinte à son identité académique en se soumettant à la pire des dictatures pour une institution universitaire, celle de la pensée dominante et du politiquement correct. À cela s’ajoute, avec une belle inconséquence, l’affirmation réitérée de l’attachement de l’UCL à la liberté académique ! Heureusement, tous les ex-collègues de M. Mercier ne s’alignent pas sur les positions officielles de leur Alma Mater. Ainsi, dans Le Soir (mis en ligne le 29 mars), a paru un article intitulé Propos anti-avortements à l’UCL : la liberté académique menacée ? où s’exprime l’inquiétude de deux professeurs émérites de l’UCL ; l’un signe Jean Bricmont, athée et pro-choix, et l’autre, Michel Ghins, catholique et pro-vie.

    Des réactions pastorales diverses

    Dans l’affaire qui nous occupe, l’épiscopat aura donné un exemple achevé de langue de buis et d’irénisme. Répondant à une pétition de « Pro Christiana » en faveur du jeune professeur, les évêques francophones de Belgique, légitimant les exigences pédagogiques de l’UCL, laissèrent entendre qu’un débat sur l’avortement n’avait peut-être pas sa place dans un cours d’initiation à la philosophie et qu’en outre, la question ne pouvait, somme toute, être tranchée qu’en élevant la disputatio au niveau de la théologie. Pour ce qui est de la pédagogie, j’ai montré en quoi un débat sur un sujet sociétal litigieux est, au contraire, tout à fait opportun. Quant à la dévolution à la seule théologie d’une doctrine qui est défendable sur des bases purement philosophiques, elle confine au fidéisme : le Fides et Ratio de saint Jean-Paul II n’est pas opposable à l’Evangelium Vitae du même pape. Pour pacifier les esprits, nos évêques ont évidemment préféré citer un passage consolateur et rassembleur de Misericordia et misera où le pape François rappelle que si l’avortement est un péché grave [...], il n’existe aucun péché que la miséricorde de Dieu ne puisse rejoindre et détruire quand elle trouve un cœur contrit qui demande à être réconcilié avec le Père.

    De son côté, le R.P. Tommy Scholtès, porte-parole de la Conférence épiscopale, tint, forcément, des propos peu convaincants : Les mots de Stéphane Mercier me paraissent caricaturaux. Le mot meurtre est trop fort : il suppose une violence, un acte commis en pleine conscience, avec une intention, et cela ne tient pas compte de la situation des personnes, souvent dans la plus grande détresse.[11] Ni violence, ni  pleine conscience, ni intention dans un acte d’IVG ? Quant à la « situation des personnes » – qui n’est pas l’objet premier du propos – elle n’est pas ignorée dans l’argumentaire incriminé, même si elle aurait certainement donné lieu à des développements ultérieurs ; n’oublions pas que l’enseignant inscrivait son exposé dans la perspective de débats, dont son texte est explicitement une amorce : Il est tout à fait permis de discuter : la philosophie sert précisément à cela.

    À propos de commentaires « ecclésiastiques », il faut citer la très belle exhortation du R.P. Charles Delhez Poursuivre l’aventure de la vie[12], remarquable de justesse, d’humanité, de pondération et de miséricorde, mais ferme dans les convictions et fidèle à la doctrine de l’Église.

    And the winner is...

    Au final, il est clair que l’ « affaire Mercier » est une manifestation de plus des effets délétères d’une police de la pensée dans un monde qui s’autodétruit par individualisme, relativisme et hédonisme. Pareille atteinte à la liberté académique et à la liberté d’expression ne peut que disqualifier ses auteurs, d’autant qu’ils appartiennent au monde universitaire. Du moins l’incident aura-t-il eu le mérite de réveiller quelques consciences à propos d’une question jugée dépassée du fait que les mœurs et la loi y auraient apporté une réponse définitive. Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler des hommes, écrivait déjà Heinrich Heine ; la censure fut, hélas ! le fait du Savonarole florentin, mais rien de pareil n’est à redouter à Louvain-la-Neuve.  

    L’inévitable querelle intestine qui s’est déclarée entre croyants ne pouvait qu’amuser la galerie des athées militants. On imagine aisément leur jubilation à réactualiser une séquence fameuse de La Grande Vadrouille : sous bonne garde teutonne passent deux Français capturés (Stanislas-de Funès et Augustin-Bourvil), mais déguisés en « collègues » de la Feldgendarmerie ; surpris par cet improbable défilé, le désopilant Paul Préboist confie à son copain de pêche : V’là qu’ils s’arrêtent entre eux maintenant, ça doit pas marcher ben fort !

     

    Mutien-Omer Houziaux,

    ancien embryon.

    [1] Et non professeur, comme l’a rappelé l’aimable rectification cathoDique d’un évêque. – Les médias ont laissé entendre que M. Mercier était un novice dans le métier. En réalité, son curriculum vitae mentionne six années d’assistanat, quatre années au FNRS en qualité de chargé de recherches et trois années consécutives à l’UCL en qualité de chargé de cours (par renouvellement annuel).

    [2] Né en 1937. Professeur de philosophie au Boston College de Chesnut Hill et au KIng’s College de NewYork.

    [3] En Belgique, l’avortement reste un délit, qui peut être dépénalisé sous certaines conditions.

    [4] Ancien professeur de français, chercheur et enseignant à l’université, j’ai huit petits-enfants et un arrière-petit-fils... et des centaines d’anciens étudiants. Je sais de quoi je parle ! Indigence lexicale, pauvreté syntaxique, absence de rigueur intellectuelle, massacre de l’orthographe, culture classique en berne : un diagnostic largement partagé par nombre de collègues. Quant au salut par un certain Pacte d’Excellence, la chose relève plutôt de la foi (en sainte Rita). 

    [5] http://publications.fondationlejeune.org/article.asp?filename=fjl441.xml

    [6] Simone Veil, Une vie, Stock, 2007, pp. 352-353.

    [7] M.-O. Houziaux, À contretemps. Regards politiquement incorrects. Préface de M. Dangoisse, Mols, 2010, p. 90.

    [8] Le dernier rapport (2012) de la Commission (belge) d’évaluation de l’avortement indique une augmentation constante du nombre d’IVG ; de 2006 à 2011, ce nombre est passé de 17.640 à 19.578. Les chiffres déclarés sont très inférieurs à la réalité car souvent les hôpitaux ne déclarent pas les avortements ni les médecins gynécologues en pratique cabinets privés, me signale Carine Brochier, Project Manager à l’Institut Européen de Bioéthique. Et l’on ne parle pas des embryons (dis) qualifiés de surnuméraires (et réifiés) ni des avortements médicamenteux.

    [9] La Libre Belgique du 28 mars 2017, pp. 40-41. En pages 42 et 43, le même quotidien donne aussi la parole à Henri Bartholomeeusen, avocat et président du Centre d’Action laïque, qui s’insurge contre le prétendu simplisme d’un opposant à l’IVG, Alain Tiri, auteur d’un article intitulé « Le progressisme ou la mort de la pensée », également paru dans LLB (23 mars 2017).

    [10] Christian Laporte, « L’UCL est d’abord une université », La Libre Belgique, 3 avril 2017, p. 8.– Sur le site de Belgicatho, 10/04/2017, le R.P. Xavier Dijon, professeur émérite (UNamur) a convenu, avec son collègue Hanssens, qu’une université catholique n’était pas une institution ecclésiale, mais ajoute que, pour autant, elle ne peut s’abstraire d’une conscience spécifique : Est-il sûr par exemple que la façon dont les embryons humains sont traités aujourd’hui dans nos centres de recherches correspond à la dignité dont ils sont titulaires ? X. Dijon souligne aussi la légitimité d’un débat académique sur une question déjà tranchée par le pouvoir politique.

    [11] Le Soir, 27 mars 2017, p. 7.

    [12] La Libre Belgique, 3 avril 2017, p. 45. Le R.P. Delhez rappelle  que, pour le généticien agnostique Axel Kahn, on peut, s’agissant de l’embryon, parler de singularité admirable et de début possible d’une personne.

    JPSC

  • Vient de paraître : le magazine « Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle » : n° 103, été 2017

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    Le magazine trimestriel « Vérité & Espérance – Pâque Nouvelle » édité par l’association « Sursum Corda » (responsable de l'église du Saint-Sacrement à Liège) a publié sa livraison de l’été 2017. Tiré à 4.000 exemplaires, ce magazine abondamment illustré parcourt pour vous l’actualité religieuse et vous livre quelques sujets de méditation.

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    Au sommaire de ce numéro n° 103 (été 2017) : 

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    Fête-Dieu 2017 à Liège 

    Brève histoire du sacrement de pénitence (V et fin)

    A propos de l’affaire Mercier : Savonarole réanimé à Louvain-la-Neuve

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    Rome et le monde : 

    Les 90 ans de Benoît XVI

    Emmanuel Macron et Dieu

    La célébration du centenaire des apparitions de Fatima

    Liturgie : l’héritage de Benoît XVI en péril ? 

    Belgique:

    L’ « Affaire Mercier » et le rôle d’une université catholique

    Les Frères de la Charité de Belgique autorisent l’euthanasie dans leurs centres psychiatriques

    Le régime des cultes en Belgique : reconnaître la primauté de l’Etat ou obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes

    Sans Mgr Léonard, plus de vocations ?

     

    Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

    Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

    Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE.

    La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

    Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

    Les dons de soutien à la revue sont reçus  avec gratitude au compte IBAN:

     BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, B-4000 Liège

     

     JPSC

  • Des médecins néerlandais protestent contre l’euthanasie de patients déments dans leur pays

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    Lu sur le site d'Ouest-France :

    Pays-Bas. Des médecins s’opposent à l’euthanasie des patients déments

    Pour la première fois depuis 2002, des médecins néerlandais se sont unis pour protester contre la loi sur l’euthanasie dans leur pays. Cette dernière autorise à mettre fin aux jours d’un patient atteint de démence, s’il a signalé sa volonté de mourir dans une déclaration remplie avant de perdre sa lucidité. Certains professionnels refusent cependant de mettre fin aux jours des malades qui n’ont plus conscience de leur situation.

    Publiée dans deux grands journaux quotidiens néerlandais, une pétition s’insurge contre la possibilité de mettre fin aux jours des patients atteints de démence aux Pays-Bas. En une semaine, l’appel lancé par un groupe réunissant 34 médecins a recueilli plus de 350 signatures, dont celles de nombreux acteurs du secteur de la santé concernés par l’euthanasie.

    Tous s’associent à la position des professionnels à l’origine du mouvement : « Donner une injection mortelle à un patient atteint de démence avancée, sur la simple base d’une déclaration anticipée ? À quelqu’un qui n’est pas en mesure de confirmer qu’il veut mourir ? Non, nous nous y refusons. Notre réticence morale à mettre fin à la vie d’un être humain sans défense est trop grande. »

    La démarche simplifiée en 2015

    Comme le rappelle La Croix, la loi encadrant la pratique de l’euthanasie aux Pays-Bas depuis 2002 permet d’abréger les « souffrances insupportables et sans perspectives d’amélioration » des patients capables d’exprimer leur choix, mais aussi des malades inconscients ayant préalablement fait connaître leur volonté. Or, la démence entre dans la catégorie des souffrances psychiques que couvre le texte de loi.

    La démarche létale devait à l’origine être obligatoirement assortie d’une demande écrite par le patient avant que ne s’installe la maladie mentale. Le patient devait aussi être encore en mesure de confirmer son choix. Mais le processus d’euthanasie des personnes démentes a été simplifié en 2015. Le gouvernement hollandais a décidé que ces patients, même devenus incapables d’exprimer leur désir, pouvaient mourir tant qu’une demande préalable avait été déposée par les intéressés quand ils étaient lucides.

    En 2015, 109 Néerlandais atteints de démence ont ainsi été euthanasiés. Une situation qui révolte les signataires de la pétition. C’est la première fois qu’une partie du monde médical se mobilise pour limiter la portée de la loi sur l’euthanasie aux Pays-Bas. Les professionnels qui ont fait entendre leur voix espèrent désormais un débat national sur le sujet.

  • Malte : un paradoxe vraiment surprenant ?

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    De Guillaume Lecaplain sur le site de Libération :

    «Malte fait la révolution du mariage pour tous alors que l'avortement n'est toujours pas légal»

    Les Maltais fêtent le vote historique du Parlement, le 12 juillet à La Valette. Photo Darrin Zammit Lupi. REUTERS

    Grâce à un militantisme actif, le plus petit pays de l'Union européenne, pourtant très catholique, est aujourd'hui à la pointe des combats pour les droits LGBTI. Décryptage avec la directrice de l'association ILGA-Europe.

    «Malte fait la révolution du mariage pour tous alors que l'avortement n'est toujours pas légal»

    Le Parlement de Malte a voté mercredi à la quasi-unanimité une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, trois ans après la création d’une union civile. Plus petit Etat de l’Union européenne, Malte devient ainsi le 25e pays du monde à ouvrir le mariage aux couples homosexuels et le 15e en Europe. Comment Malte, dont le catholicisme est religion d’Etat et où l’avortement reste illégal, a pu se retrouver à la pointe sur ces questions de mœurs ? Nous avons posé la question à Evelyne Paradis, directrice de l’association ILGA-Europe, qui milite pour les droits LGBTI.

    Malte a été le premier pays à interdire les thérapies qui prétendent «guérir» l’homosexualité, et vient de voter le mariage pour tous. Comment expliquer la possibilité de telles avancées ?

    D’abord, des activistes à Malte œuvrent depuis plus d’une décennie de manière incroyable, ils ont fait un gros travail de pédagogie. Ces associations, comme le Malta Gay Rights Movement, ont préparé le terrain pour le gouvernement actuel. Et justement, le leadership politique actuel est très favorable. Le gouvernement Muscat, qui vient d’être reconduit, compte Helena Dalli. Cette ministre du dialogue social est devenue une championne des droits LGBTI. Il y a très peu de gens comme elle en Europe et même dans le monde. Elle a pris à cœur ces sujets et les a fait avancer sur le plan législatif, tout en ouvrant un dialogue avec les autres partis et avec l’Eglise. Ceci explique que le mariage ait été adopté avec seulement une voix contre.

    Est-ce vraiment en phase avec la société ? Y avait-il une opposition au mariage pour tous ?

    Des voix se sont fait entendre : des évêques, des archevêques. Le député qui a voté contre avait une pression religieuse sur lui pour que la loi ne passe pas à l’unanimité. Il y a une grande influence de l’Eglise à Malte, mais le débat et le dialogue se sont faits à tellement de niveaux au cours des dernières années qu’il y a une réelle acceptation. Le pays est aujourd’hui à l’avant-garde des combats. Il existe une loi pour permettre aux personnes trans de changer d’état civil, qui est reconnue comme un modèle à l’échelle internationale. C’est aussi l’un des très rares pays à avoir interdit l’intervention médicale sans consentement sur les personnes intersexes.

    Pourtant, Malte est en retard sur les questions de droit des femmes. Comment expliquer ce paradoxe ?

    C’est vrai que c’est une chose extraordinaire. Malte fait la révolution du mariage pour tous seulement six ans après avoir légalisé le divorce et alors que l’avortement n’est toujours pas légal. Nous discutons beaucoup avec les associations maltaises de droits des femmes. Je pense que le rôle de l’Eglise est en train de changer à Malte. La laïcité prend un peu le dessus sur ces questions. Pour moi, avancer sur ces sujets est la prochaine étape.

    Est-ce si étonnant à l'heure où le catholicisme se fait tellement déliquescent et où l'épiscopat maltais s'est distingué par son interprétation très libérale d'Amoris Laetitia ?

  • Le G20 inquiète le pape François

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    Pape-François-audience-générale-du-10-avril-2013-FB-news.va_ (1).jpgLu sur "yahoo actualités" : le pape François se dit inquiet des alliances qui pourraient être scellées aux dépens des pauvres et des migrants à l'occasion du sommet du G20.

    « Le pape François se dit inquiet des alliances qui pourraient être scellées aux dépens des pauvres et des migrants à l'occasion du sommet du G20, dans un entretien publié samedi par le quotidien italien La Repubblica.

    "Je crains qu'il y ait des alliances très dangereuses entre les puissances qui ont une vision déformée du monde : l'Amérique et la Russie, la Chine et la Corée du Nord, la Russie et Assad dans la guerre en Syrie", dit-il.

    Les plus grands dangers, poursuit le souverain pontife, sont ceux qui pèsent sur "les pauvres, les faibles, les exclus, dont les migrants font partie".

    "D'autre part, il y a des pays où la majorité des pauvres ne provient pas de flux migratoires, mais de catastrophes sociales. D'autres ont peu de pauvres, mais craignent l'invasion des migrants. Voilà pourquoi le G20 m'inquiète", ajoute-t-il.

    (Giulia Segreti, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

    Ref. le G20 inquiète le pape François

    Une vision politique énoncée en forme de slogan  par le pape, dans une nouvelle interview réalisée par Eugenio Scalfari et publiée dans le quotidien de gauche « La Repubblica ». Elle mériterait sans doute d’être étayée par quelques développements de la pensée  pontificale.

    JPSC

  • Aux Pays-Bas : une loi vidée de son sens et qui n’assure plus la protection des personnes souffrant de démence ou de troubles psychiatriques

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Pays-Bas : érosion de la loi euthanasie et dangers pour les personnes atteintes de démence

    Entièreté de l'opinion du Dr. Chabot : ICI

    A la suite de la publication du troisième Rapport quinquennal d’évaluation de la loi Euthanasie aux Pays-Bas, dans lequel des experts se félicitent de la bonne application de la loi, le psychiatre Boudewijn Chabot dénonce quant à lui, le fait que cette loi ait été vidée de son sens et n’assure plus la protection des personnes souffrant de démence ou de troubles psychiatriques, qui sont de plus en plus nombreuses et pour lesquelles de plus en plus de médecins pratiquent l’euthanasie.

    Tout d’abord, il s’inquiète du laxisme de certains médecins et de la Commission d’évaluation de la loi quant à l’appréciation des critères de conformité. La loi en prévoit trois pour pouvoir pratiquer une euthanasie : il doit y avoir une « demande volontaire et délibérée » du patient, exprimant une « souffrance insupportable sans perspective d’amélioration » et qu’il n’y ait « aucune alternative raisonnable à l’euthanasie ».

    Or, ce dernier critère (absence d'alternative raisonnable) est mis à mal à partir du moment où le patient refuse l’alternative proposée par le thérapeute et qui pourrait soulager sa souffrance. De même pour le critère de "souffrance insupportable", pour lequel un simple refus d’alternative raisonnable annihile la perspective d’alléger la souffrance. La demande d’euthanasie ne dépend donc réellement que de son caractère « volontaire et délibéré » et donc de la seule autonomie et volonté personnelle du patient, qui peut rejeter tout accompagnement thérapeutique.

    Ensuite, cette « culture euthanasique » se développe également par le biais de la Clinique de Fin de Vie (Levenseindekliniek), constate le Dr Chabot. Lorsque le médecin traitant refuse d’accéder à la demande d’euthanasie de son patient, il se peut que la Clinique de Fin de Vie le fasse.  « En 2016, environ 40 médecins travaillant à temps partiel à la Clinique de Fin de Vie ont pratiqué 498 euthanasies. En moyenne, cela revient à 12 euthanasies par médecin, soit une par mois. Au sein de la clinique, la pratique de l’euthanasie devient un acte vertueux dont se targuent les médecins, surtout dans les cas de démence sévère et de patients psychiatriques chroniques », dixit le psychiatre qui s’interroge : « Que se passe-t-il chez un médecin pour qui l’injection létale devient une routine mensuelle ? ».

    N’ayant pas pour mission d’offrir un accompagnement thérapeutique aux patients mais bien de répondre le plus largement possible aux demandes d’euthanasies, les médecins de cette clinique ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une relation thérapeutique avec leurs patients. Or, le traitement des maladies psychiques nécessite une relation dans la durée.

    A un degré avancé de démence, et même si le patient a rédigé des directives anticipées, comment se situer puisqu’il n’est plus en mesure au moment même, de formuler sa demande de façon « volontaire et délibérée » ?   « Peut-on euthanasier un patient dément puisqu’il n’a pas conscience de ce qui est en train de lui arriver ? Comment peut-on tuer quelqu’un qui ne comprend pas qu’il va être tué ? »

    Le Dr. Chabot développe d’autres critiques qui sont ICI

  • Quand notre société organise la traque des enfants trisomiques

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    De Sandrine De Schutter sur le site de LaLibre.be relayé par didoc.be :

    Pourquoi traquer les enfants trisomiques ?

    Une mère réagit à une nouvelle mesure du gouvernement. Celle-ci prévoit le remboursement presque intégral d’un test de dépistage de la trisomie 21, alors que plus de fonds devraient être débloqués pour le traitement de cette même maladie.

    Je veux hurler que ma petite fille blonde aux yeux bleus est un trésor ! Que chacun de ses progrès nous fait vivre un bonheur intense. Elle est trisomique, et alors ? Le budget consacré au dépistage précoce me dégoûte !

    C’est la douleur d’une mère, celle d’un enfant trisomique, que j’ai envie de hurler à la face du monde en apprenant ce matin, à la radio, que le test prénatal non invasif (ou « NIPT ») sera désormais remboursé, en totalité ou en très grande partie, à tous ceux qui y recourent.

    Le NIPT permet de dépister précocement la trisomie 21 avec un taux de certitude de 99,8 %. Actuellement, il coûte environ 290 euros. À partir du 1er juillet prochain, il devrait être presque intégralement remboursé. Pour assurer ce dépistage à grande échelle, traquer au mieux ces enfants trisomiques, quinze millions d’euros ont été débloqués. Quelque 100.000 tests par an sont annoncés : de quoi avertir (et prévenir) autant que possible de la naissance de ce que le ministre De Block appelle les mongoloïdes.

    Gestion sélective des naissances ?

    Ce test contribue à éviter à la mère une amniocentèse dangereuse, c’est vrai. Mais est-ce là l’objectif véritable d’un tel dépistage ? N’a-t-on pas plutôt fait un pas de plus dans ce qu’il est désormais convenu pudiquement d’appeler la « gestion sélective des naissances » ? La honte et le dégoût m’étreignent.

    Nous, parents d’un enfant trisomique, aurions tellement aimé recevoir du ministre de la Santé le même soutien : en remboursant la logopédie, les services d’aide précoce ou l’inclusion scolaire, par exemple. Mais avec un quotient intellectuel en dessous de 86 points (s’agissant de notre enfant), on ne veut pas investir : c’est grave.

    Je veux crier haut et fort que ma petite fille blonde aux yeux bleus est un trésor ! Que chacun de ses progrès est une vraie victoire qui nous fait vivre un bonheur intense : bien plus beau, bien plus vrai, bien plus profond, que tous les bonheurs éphémères inlassablement proposés par la société de consommation. Elle est trisomique, et alors ?

    Chaque jour, elle nous fait grandir

    À force de stimulations et de persévérance, notre fille suit une scolarité normale avec de l’aide, engrange les amitiés, apprend à lire et à écrire, nage, roule à vélo,… à son rythme. Investir en elle, c’est l’aider à progresser et à devenir autonome. Elle est profondément heureuse avec sa trisomie : c’est une autre réalité qu’il est bon de souligner, encore et encore. Pour cela, il lui suffit de se sentir aimée.

    Bien sûr, la vie n’est pas toujours facile. Ni la sienne, ni la nôtre. Mais quelle vie est facile ? Notre vie a du sens car elle est utile à un autre être, plus faible peut-être, mais qui a tant à nous apporter. Combien de personnes dépressives ne retrouvent-elles pas du sens à leur existence en s’engageant au service des autres ?

    À 9 ans, elle est rayonnante, pleine d’empathie et de joie. Elle rend ses frères et sœurs plus attentifs aux autres, nous fait tous grandir dans le don de nous-même, nous enseigne la patience et le courage. La vérité est que notre fille trisomique, jour après jour, continue à nous faire grandir en humanité.

    Pourquoi cette traque ?

    Alors je veux crier une nouvelle fois ma tristesse face à une société qui semble avoir définitivement démissionné face à la fragilité. Pourquoi traque-t-on ainsi les enfants trisomiques ? Parce qu’un avortement coûterait moins cher à la collectivité qu’en assurer la prise en charge adéquate ? La vie de ma fille vaudrait-elle moins que celle d’un autre ? Dois-je comprendre que la différence rend indigne de vivre ?

    Combien de temps faudra-t-il encore avant que je ne me voie reprocher un manque de conscience citoyenne en faisant le choix personnel de garder un enfant dont le handicap coûtera cher au reste de la population ? Combien de temps s’écoulera-t-il avant qu’on ne me considère comme l’égoïste n’ayant pas voulu tirer les leçons pourtant si simples d’un NIPT positif ? N’aurais-je pas manqué de solidarité avec le portefeuille de mon voisin ?

    Non, définitivement, une campagne de dépistage précoce de la trisomie 21, remboursement à la clé, n’est ni un progrès ni une avancée. Vers où allons-nous ? Faut-il être parfait pour rester en vie ? Allons-nous aussi supprimer les enfants atteints de mucoviscidose ? Ou ceux qui, plus tard, développeront un cancer ? Où nous arrêterons-nous ? Quelle société sommes-nous en train de construire ? Peut-être celle du mensonge, où une pratique eugéniste nous est vendue comme un simple test destiné à aider les parents à se préparer au mieux à la naissance de leur enfant. Mais de quoi parle-t-on ?

    Le manque d’accompagnement

    Une fois le syndrome de Down détecté, quelle information et quel accompagnement sont apportés aux parents ? Presque aucun. A-t-on vraiment le droit de décider de la vie ou de la mort d’un enfant dont personne ne nous dit le bonheur qu’il vivra et qu’il nous procurera au-delà de sa différence ? On a peur de ce qu’on ne connaît pas. Pourtant, nombreux sont les parents qui, après avoir découvert à la naissance la trisomie de leur enfant, après avoir encaissé ce qui fut assurément un choc, se sont relevés et n’imaginent désormais plus la vie sans cet enfant.

    Ce n’est pas du handicap que l’enfant trisomique et sa famille souffrent le plus. C’est d’être pointés du doigt. Alors, qu’il me soit permis de faire ici une confidence : mon mari et moi-même n’avons pas choisi de poursuivre une grossesse déjà bien entamée, mais d’adopter notre fille trisomique. Oui, d’adopter. Nous avons fait un choix, en pleine conscience. Un choix de vie qui est pour nous un vrai chemin de bonheur.

    C’est ce bonheur que je veux aussi hurler à qui veut l’entendre, plus encore que la colère qui m’habite face à cette traque honteuse qu’on appelle dépistage. C’est la joie qu’apporte notre enfant trisomique que je veux clamer à la société tout entière. Jusqu’à m’en époumoner.

    Cet article a été publié dans La Libre Belgique du 19-6-17 sous le titre « Ce n’est pas du handicap que l’enfant trisomique et sa famille souffrent le plus. C’est d’être pointés du doigt. » Sandrine De Schutter se présente comme maman.

    Source : http://www.lalibre.be/debats/opinions/ce-n-est-pas-du-handicap-que-l-enfant-trisomique-et-sa-famille-souffrent-le-plus-c-est-d-etre-pointes-du-doigt-opinion-59469955cd709410f324f151

  • A aucun moment Simone Veil n'avait voulu que l'IVG devienne un droit

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    De Chantal Delsol (via Magistro.fr) qui dérape magistralement ! Comme le dit Jean-Marie Le Méné dans un tweet, "L'acharnement des cathos-bobos à défendre la loi Veil est sans limite. Le pire est l'article de Chantal Delsol dans le Figaro. Sidérant." :

    La loi Veil : 1975 et aujourd'hui

    Simone Veil : ce que fut son intention en 1975 et ce qu'est devenue sa loi depuis 

    La législation actuelle sur l'IVG ne correspond plus à l'équilibre que la ministre de la Santé souhaitait atteindre en 1975, argumente Chantal Delsol, professeur de philosophie politique à l'université Paris-Est*.

    La mort de Simone Veil a provoqué, dans l'opinion, une émotion légitime. Rendons à la personne publique l'hommage qui lui est dû, tout en conservant le droit à la réflexion sur la loi qui porte son nom. La "loi Veil", aujourd'hui, ne correspond plus à l'équilibre trouvé en 1975.

    Un rappel, d'abord. La loi sur l'IVG ne tenait pas du tout, quoi qu'en croient beaucoup de gens, à la simple nécessité de rendre légal un acte qui de toute façon se faisait en cachette et dès lors de façon dramatique et dangereuse. Beaucoup d'actes se pratiquent en cachette, qu'on n'a pas envie de légaliser parce qu'on les juge maléfiques. Non : la décision si importante qui fut prise ce jour-là rendait compte d'une rupture de civilisation, rien de moins.

    La détermination de Simone Veil de rendre légal l'IVG provenait d'un constat juste qu'elle partageait avec Valéry Giscard d'Estaing : désormais, la France n'est plus en chrétienté. Désormais (et cela s'est fait finalement assez vite au regard de l'histoire), ce n'est plus l'institution ecclésiale qui donne le ton de l'éthique générale, qui inspire les lois, qui dirige les consciences. Les chrétiens bien sûr n'ont pas du tout disparu. Mais ils constituent dorénavant une minorité, peut-être active selon les opinions, en tout cas illégitime pour commander ou arrêter à elle seule la main du législateur.

    Or, cela change tout. Dans la très longue histoire des siècles et dans la très large géographie humaine, tous les peuples sans exception ont toujours supprimé des enfants à la naissance, quand pour une raison ou une autre (biologique, sociale, parentale) ils ne devaient pas vivre. Dans la longue histoire des humains, la société judéo-chrétienne est la première et la seule à l'interdire, au nom de la dignité intrinsèque de la personne. Quand, au IIe siècle après J.-C., un certain Diognète demande à un anonyme qui sont ces chrétiens dont on parle, et de les décrire, l'anonyme répond entre autres choses, résumant laconiquement tout un monde : "Ces gens-là ne se débarrassent pas des bébés surnuméraires." C'est d'ailleurs sur la pression de l'Occident, et dans le désir de se moderniser, donc de s'occidentaliser, que par exemple, en Chine, Mao Tsé-toung, ce n'est pas vieux, brisa une coutume millénaire en interdisant de "noyer les bébés filles".

    S'agissant de l'interruption volontaire de grossesse, le débat n'est pas seulement, comme on l'a dit, dans le fait de savoir si le fœtus est un amas de cellules. La précision des échographies montre autre chose qu'un amas de cellules et les femmes qui ont pratiqué l'IVG savent qu'il s'agit d'un acte d'une grande gravité. D'ailleurs, en France, l'IVG peut dans les cas graves devenir une Interruption médicale de grossesse, après 22 semaines (soit près de six mois de gestation). Et il n'y a là rien de surprenant ni même de honteux mais le fait qu'une culture qui a abandonné la chrétienté se conduise de façon "païenne", sans aucune acception péjorative, c'est-à-dire tout simplement non chrétienne. Valéry Giscard d'Estaing et Simone Veil ont simplement constaté que nous arrivions à la ligne de partage des eaux, le lieu où notre société, de chrétienne, devenait "païenne", et ils en ont tiré les conséquences. Ce qui est juste. (?!) Un gouvernant n'a pas le droit de faire vivre un peuple en dehors de sa culture. Si une population dans sa grande majorité juge que la liberté individuelle (en l'occurrence celle des femmes) a davantage de valeur que la vie d'un enfant à naître, il est illégitime de lui imposer de vivre selon une loi qui impose le contraire. (???!!!) Voilà ce qui s'est passé.

    Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là. Simone Veil n'imaginait pas du tout que l'IVG pût devenir un acte automatique. D'ailleurs, dans les diverses civilisations, la décision de se débarrasser d'un bébé surnuméraire s'accomplissait selon des coutumes et des mœurs chaque fois différentes. Simone Veil avait mesuré la détresse des femmes qui subissaient dans leur chair une loi dont elles ne voyaient plus la légitimité. Elle savait bien en outre, parce que personne ne pouvait l'ignorer, que les chrétiens eux-mêmes campaient sur leur loi de pénalisation sans vouloir regarder en face ces femmes abandonnées, que l'on traitait de "traînées" et d' "assassines". Je veux dire que les chrétiens n'avaient pas du tout compris qu'ils étaient devenus minoritaires et continuaient de se comporter avec la jactance et parfois la cruauté de meneurs d'opinion tout-puissants (voir l'ignoble manière dont Simone Veil fut traitée par certains députés pendant les débats à l'époque) - cela n'arrangeait pas les choses, et engendrait des désirs de vengeance. (???!!!)

    Ayant mesuré la détresse, Simone Veil réservait l'IVG aux cas de détresse. Elle pensait que cet acte, loin d'être un droit automatique, demeurerait livré à la conscience personnelle. Elle dépénalisait, mais conférait à cet acte une gravité majeure, et de ce fait le considérait comme inscrit dans une situation limite. Elle ignorait sans doute qu'elle venait d'ouvrir une boîte de Pandore. Le citoyen postmoderne ne sait plus très bien ce qu'est une situation limite, où il faut décider en conscience, dans l'effroi, et pour ainsi dire au bord des normes contradictoires. Il veut la tranquillité et l'assurance de la loi : cela est permis, cela est défendu. C'est pourquoi on est vilipendé quand on met les gens devant des cas de conscience : il ne faut pas les culpabiliser !, vous répond-on. De plus, dans la société contemporaine affolée et victimaire, n'importe quelle contrariété est devenue synonyme de détresse. Simone Veil savait que cet acte de privation de la vie d'un être sans défense, qui pouvait être justifié dans d'autres civilisations par l'autorité du père de famille ou par la pauvreté de la famille ou la démographie exponentielle, ici pouvait l'être par la conscience individuelle pesant gravement le pour et le contre. Le fait que l'IVG soit devenue un droit, une option comme une autre, comme on le voit dans le feuilleton Plus belle la vie (sorte de village Potemkine de notre temps), la rend banale et par là insignifiante, ce qu'à aucun moment Simone Veil n'avait voulu.

    Mais Simone Veil n'avait pas prévu non plus un renversement des raisons et des pouvoirs qui fait de l'IVG le contraire exact de ce qu'il était : un acte qu'on se doit de défendre à tout prix, au risque d'apparaître comme un criminel en puissance. C'est-à-dire que la liberté de conscience à son égard est devenue quelque chose de très douteux. Le "délit d'entrave numérique à l'IVG", réclamé à grands cris et adopté par le Parlement en février 2017, indique que la décision de conscience devient elle-même illégitime, et qu'il est devenu "nauséabond" de se déclarer contre l'IVG en son âme et conscience. La déclaration de François Fillon au début de sa campagne électorale, selon laquelle il était "personnellement et spirituellement contre l'IVG", a provoqué un séisme qui n'est certainement pas innocent dans le meurtre politique qui a suivi. Sur ce sujet, il n'y a pas de liberté de conscience. C'est-à-dire que les contemporains se conduisent exactement comme le faisait à cet égard l'Église qu'ils fustigent : refusant d'avoir le moindre débat contradictoire avec leurs détracteurs, et les traitant dès qu'ils apparaissent comme des criminels de haut vol. À preuve : les attaques de plus en plus serrées contre la clause de conscience des chirurgiens, qui pourtant est bien le moins dans une société dite démocratique.

    Ce n'est pas qu'on a désormais le droit de prôner l'IVG. C'est plutôt qu'on y est obligé. Les lois ont leur vie et évoluent comme les institutions, parfois se commuant en avatars insoupçonnables. Qu'on ne prête pas au moins l'évolution actuelle de la loi à sa fondatrice. Simone Veil valait mieux que cela.

    * De l'Institut. Dernier ouvrage paru: Un personnage d'aventure. Petite philosophie de l'enfance (Éditions du Cerf, avril 2017, 208 p., 15 €).

    Paru dans Le Figaro, 4 juillet 2017

  • Londres : revirement à l’hôpital Great Ormond street qui envisage de nouvelles possibilités pour traiter Charlie Gard

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    Lu sur le site d'Ouest-France :

    Trump et le pape pour le maintien en vie d’un bébé, l’hôpital revoit sa position

    L'hôpital pour enfants de Great Ormond street à Londres a annoncé ce vendredi qu'il allait examiner de nouvelles possibilités pour traiter Charlie Gard, un bébé atteint d'une maladie rare.

    L’hôpital pour enfants de Great Ormond street à Londres a annoncé ce vendredi qu’il allait examiner de nouvelles possibilités pour traiter Charlie Gard, un bébé atteint d’une maladie rare, quelques jours après les interventions du Pape et du président américain Donald Trump.

    Le petit Charlie Gard, onze mois, souffre d’une maladie génétique rare et son cerveau et fortement endommagé. Il ne peut plus bouger, ne voit plus, et n’est plus capable de pleurer ou de déglutir. Ses parents se battent pour l’emmener aux États-Unis où un traitement expériemental est en cours d’élaboration, pour financer le déplacement, ils ont lancé une cagnotte, dont l’objectif est déjà atteint.

    L’hôpital devait cesser de maintenir en vie le bébé, Charlie Gard, à la suite d’une décision de justice mais contre l’avis de ses parents. « Deux hôpitaux internationaux et leurs chercheurs nous ont indiqué ces dernières 24 heures qu’ils avaient de nouveaux éléments pour le traitement expérimental qu’ils avaient proposé », a expliqué l’hôpital dans un communiqué, indiquant qu’il allait les examiner.

    « Nous estimons, tout comme les parents de Charlie, qu’il est juste d’explorer ces éléments », a ajouté l’établissement.

    Soutien du pape et de Trump

    En avril dernier, un tribunal britannique avait estimé que les médecins devaient cesser de maintenir artificiellement en vie Charlie Gard, qui souffre d’une maladie génétique rare et dont le cerveau est fortement endommagé.

    Après avoir été porté devant la Cour d’appel puis la Cour suprême au Royaume-Uni, le jugement avait été confirmé en juin par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), tandis que Connie Yates et Chris Gard, les parents de l’enfant, souhaitaient l’emmener aux Etats-Unis pour le faire soigner.

    Quelques jours après la décision de la CEDH, le Pape François et le président américain Donald Trump s’étaient exprimés. Dans un communiqué du Vatican, le pape avait demandé que le petit Charlie puisse être soigné jusqu’au bout : « Le Saint-Père suit avec affection et émotion l’affaire du petit Charlie Gard et exprime sa proximité à ses parents. » De son côté, Donald Trump affirmait dans un tweet que « les États-Unis seraient ravis d’aider le petit Charlie ».

  • Un consensus autour de l'élimination de nouveaux-nés jugés gravement malades ?

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    De Constance Roques sur zenit.org :

    De l’euthanasie des enfants, par Lucetta Scaraffia

    L’Osservatore Romano évoque le « protocole de Groningen »

    « La vague de solidarité et de protection que le cas de Charlie Gard a suscitée ne doit (…) pas s’épuiser dans un moment d’émotion isolée, bien qu’intense, mais devenir une occasion de dénoncer des cas encore plus graves. Afin d’inciter les responsables à réfléchir sur la gravité de ce qui se passe sous leurs yeux, dans une illégalité non seulement tolérée mais carrément justifiée », estime Lucetta Scaraffia, dans L’Osservatore Romano en italien du 8 juillet 2017.

    « Tandis que l’on se mobilise de différentes parties pour empêcher ou au moins éloigner le moment de la mort du petit Charlie Gard, cas tragique mais éloigné de l’euthanasie, dans le silence le plus absolu des nouveau-nés jugés gravement malades sont habituellement tués », affirme cette plume bien connue du quotidien du Vatican.

    Elle rappelle que « celui qui a proposé de règlementer cette pratique, en 2005, est le médecin hollandais Eduard Verhagen, en partant du présupposé que, sur 200.000 enfants qui naissent chaque année aux Pays-Bas, environ 1000 meurent dans les douze premiers mois, dont 600 suite à une décision médicale, en général relative à l’opportunité de ne pas continuer ou de ne pas initier un traitement lourd, c’est-à-dire pour éviter l’acharnement thérapeutique » : « Verhagen inspire ainsi le fameux protocole de Groningen, selon lequel la possibilité d’une intervention s’étend aussi à une véritable euthanasie pour des enfants qui « peuvent avoir une qualité de vie très basse, sans perspective d’amélioration ». Le concept extrêmement vague de « qualité » de la vie s’ouvre donc à diverses possibilités qui dépassent largement l’acharnement thérapeutique. »

    Lucetta Scaraffia analyse le processus de légitimation de cette pratique : « Pour rendre légitime ce procédé, qui requiert évidemment aussi le consensus des parents, le protocole prévoit une procédure bureaucratique complexe, à remplir avant et après la mort de l’enfant.

    Même si l’euthanasie est légale aux Pays-Bas, et à partir de douze ans, ce protocole élaboré à l’hôpital universitaire de Groningen, et approuvé peu après par l’Association hollandaise de pédiatrie, n’a pas été voté comme loi. Qui le met en œuvre peut donc être légalement poursuivi mais, de fait, cela ne se produit pas parce que les tribunaux hollandais se sont jusqu’ici toujours exprimés en faveur des médecins qui ont accompli des actes euthanasiques y compris sur des nouveau-nés. »

    Elle souligne le flou dont ces procédés s’entourent : « Le statut d’illégalité des pratiques explique pourquoi il n’est pas possible de découvrir le nombre des enfants soumis à ce procédé : en effet, les médecins découragés par la longueur de la procédure bureaucratique proposée, préfèrent déclarer un décès naturel même quand ils interviennent à des fins euthanasiques. Il suffit de penser qu’aucun rapport conforme au protocole n’a été remis en 2012 et en 2013, même s’il est plus que probable que des euthanasies ont été pratiquées. »

    Mais elle épingle aussi le consentement tacite de la société, mêlé de manque d’espérance dans les capacités des personnes et de la science : « Cela se produit parce qu’au fond, l’opinion publique est en grande partie favorable au protocole et l’accepte bien qu’il ne soit pas légalisé. Il y a pourtant des médecins qui ont émis des critiques, surtout relatives à la possibilité d’émettre des pronostics sur la « qualité de vie future » en ignorant les ressources de chaque patient et les éventuels progrès scientifiques. »

    Quant au consentement des parents, les conditions de discernement sont problématiques : « Les critiques signalent aussi que le consensus des parents se base sur un concept très ambigu : leur réponse, en effet, est toujours conditionnée par la manière dont a été présentée la situation des enfants par les médecins, sans compter l’état de dépression émotionnelle dans laquelle ils se trouvent. »

    Et l’on masque la réalité derrière des mots : « Deux philosophes sont récemment intervenus dans le « Journal of Medical Ethics », toujours en faveur de l’euthanasie des nouveau-nés, la motivant à propos de nouveau-nés dont la condition aurait « justifié » l’avortement, au point de dénommer leur euthanasie un « avortement post-natal ». »

  • Sur Cathobel : du charabia inaudible pour laisser la porte ouverte à l'accompagnement de l'euthanasie

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    Il faut du courage pour écouter cette émission jusqu'à la fin mais le discours est ambigu et laisse la porte ouverte à l'accompagnement de l'euthanasie. Face à de telles logorrhées, on comprend que les derniers catholiques qui subsistent se détournent des discours que leur distillent les porte-paroles d'une pensée pseudo-catholique telle que peut la délivrer l'Université dite catholique de Louvain...

  • Les bébés "à-trois-parents"

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Les bébés "à-trois-parents"

    Nouveau DOSSIERICI
    La presse s’est récemment fait écho de cette nouvelle prouesse biomédicale permettant la naissance d’un enfant après le transfert du « noyau » d’un ovule dans un autre.

    Objectif ? Permettre à une femme porteuse d’une maladie mitochondriale sévère de transmettre à l’enfant conçu ses gènes, sans prendre toutefois le risque de lui transmettre en même temps la maladie qui l’accable. Quelques mois après la naissance d’un premier bébé du genre, le succès semble total. Mais des questions sanitaires et éthiques restent toutefois sans réponse.

    Cette « première médicale », aboutissement de méthodes déjà anciennes, est le fait d’une équipe new-yorkaise qui a toutefois préféré agir hors-frontière, en l’occurrence à Mexico. Faute de législation, cette technique a aussi été employée en Ukraine en vue d’améliorer les techniques de fécondation in vitro. Le parlement anglais l’a autorisée dans sa législation le 3 février 2015. A l’heure ou le Conseil de l’Europe réfléchit à une recommandation sur « Le recours aux nouvelles technologies génétiques chez les êtres humains », une réflexion tant médicale qu’éthique s’impose.

    Fiche Didactique : Bébé"à-trois-parents"

    03/07/2017 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    Fiche didactique pour comprendre en 2 pages ICI

    Qu'est-ce que la FIV à 3 parents ?

    Comment mener une Réflexion éthique autour de cette question ?