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Ethique - Page 82

  • Avortement en Belgique : beaucoup de questions demeurent après l’audition du comité interuniversitaire chargé de son évaluation

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    D'Odile Maisonneuve sur le site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Avortement en Belgique : beaucoup de questions demeurent après l’audition du comité interuniversitaire chargé de son évaluation

    Ce mardi 18 avril, le “Comité interuniversitaire multidisciplinaire” qui avait été chargé par le gouvernement d'évaluer la législation en matière d'avortement a présenté les conclusions de son rapport aux parlementaires. Ces derniers ont eu l’occasion de commenter les recommandations émises par le Comité, en particulier l’élargissement du délai légal pour avorter de 12 semaines à 18 semaines de grossesse. Alors que le Comité préconise d’inscrire l’avortement dans la loi sur les soins de santé, la difficulté à s’accorder sur un nouveau délai légal pour l’avortement, de même que la pénurie de gynécologues pour le pratiquer semblent confirmer que cet acte est loin d’être anodin. L’équilibre entre la protection du fœtus et le droit de la femme à disposer de son corps peine à émerger face aux des dilemmes éthiques que cette pratique continue de poser.   

    Prévention des grossesses non désirées : quid de la prévention de l’avortement ?

    Etendre le délai pour mieux prendre en charge les femmes qui souhaitent avorter, telle est la proposition qui fait toujours débat au sein des parlementaires. Parmi les arguments avancés par le Comité pour justifier l’extension du délai légal à 18 semaines figure notamment l’existence d’un consensus politique sur cette question. Plusieurs députés n’ont pas manqué de relever le paradoxe consistant à fonder une recommandation scientifique sur la base d’un consensus politique.  Plus largement, l’on observe encore un manque de données concernant les raisons qui poussent encore des femmes à aller avorter aux Pays-Bas. De plus, certains centres ne communiquent plus les raisons qui poussent les femmes à avorter dans les rapports transmis à la Commission d’évaluation depuis que la loi du 15 octobre 2018 rend facultative la mention de la condition de détresse. Dans ce contexte, le Comité souligne l’importance pour la Commission d’améliorer ses travaux en insistant auprès des centres pour qu’ils recueillent cette information. Malgré ce manque d’information, le Comité considère qu’allonger le délai à 18 voire 20 semaines après la conception (soit 20 à 22 semaines “d’aménorrhée”) permettrait de réduire le nombre de femmes qui vont avorter aux Pays-Bas et la fréquence des grossesses non désirées. Cependant, le délai pour avorter semble voué à une extension perpétuelle s’il continue à être présenté comme une solution contre les grossesses non désirées. Comment mettre en place une prévention de l’avortement s’il est lui-même est considéré comme une mesure de prévention des grossesses non désirées ? Le Comité ne résout pas non plus ce paradoxe et continue de promouvoir un plus large accès à la contraception et des délais plus étendus pour avorter (les échecs de la contraception représentent environ la moitié des cas d’avortement.  

    Le Comité propose ainsi deux options : soit étendre simplement le délai pour avorter, soit inscrire des dispositions spécifiques dans la loi pour inclure des raisons psycho-sociales permettant de recourir à l’avortement. Conscient de la difficulté à circonscrire et à définir les raisons psycho-sociales pour avorter, le Comité privilégie une extension simple des délais

    L’information sur l’avortement, un point-clé encore mal développé

    Permettre aux femmes de faire un choix libre et éclairé passe nécessairement par une meilleure information, notamment sur les différentes méthodes d’avortement et leurs effets secondaires. Or, comme le soulignent plusieurs députées, ces méthodes sont encore mal connues des femmes. L’avortement médicamenteux, possible théoriquement jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée, nécessite une dilatation du col de l’utérus pour provoquer une fausse couche. Si l’embryon n’est pas correctement expulsé, il faut passer par un curetage. La méthode chirurgicale par aspiration est souvent faite entre 8 et 12 semaines. Elle consiste à aspirer l’embryon ou le fœtus avec une canule. Au-delà de cette période, soit le fœtus est démembré et morcelé in utero, soit l’on procède à un mini accouchement. Comme l’ont relevé certains députés, l’âge gestationnel à partir duquel il est nécessaire de recourir à ces deux dernières méthodes d’avortement n’est pas explicite dans le rapport du Comité, alors que beaucoup d’entre eux s’accordent à dire que l’impact psychologique et physique est sensiblement plus lourd dans de tels cas. Si le Comité propose de donner le choix de la méthode aux femmes, il conviendrait qu’elles connaissent les implications de ces techniques pour elles et leur bébé.

    Surpression du délai de réflexion obligatoire jugé inutile et stigmatisant

    Les membres du Comité préconisent de supprimer l’obligation de délai de réflexion de 6 jours prévu par la loi avant de procéder à un avortement. À l’instar de l’information sur les alternatives à l’avortement, ce délai est considéré par le Comité comme une forme d’infantilisation des femmes et de remise en question de leur décision d’avorter, ce qui irait à l’encontre de leur autonomie. Par ailleurs, en ce qu’il conduit à retarder le moment de l’avortement, le caractère obligatoire de ce délai de réflexion compliquerait l’acte d’avortement. Le Comité propose donc de rendre ce délai facultatif, et de le personnaliser selon les situations et le stade de réflexion de chaque femme. Si, d’un côté, le Comité admet que l’avortement n’est pas le même selon l’âge gestationnel et qu’il se complique à mesure que le fœtus grandit, il propose dans le même temps d’étendre le délai pour y recourir jusqu’à 18 voire 20 semaines.

    La douleur du fœtus n’est pas décisive aux yeux du Comité

    Alors que le Comité scientifique dit s’être penché sur les implications de l’avortement à ses différents stades, plusieurs parlementaires ont relevé le peu de prise en compte des études scientifiques qui parlent de la douleur du fœtus. Cette question divise toujours les experts. Certains considèrent que le stade de la nociception à 15 semaines - stade qui correspond au réflexe du nerf périphérique - ne permet pas de percevoir la douleur. D’autres s’accordent à dire que ce stade permet une perception non consciente de la douleur et que, par prudence, il faudrait endormir le fœtus avant toute intervention sur lui-même ou sur sa mère. Face aux questions des parlementaires, le Comité a choisi de se rallier à une position qui décrit l’acquisition de la perception de la douleur à partir de de 22 semaines. Cette question, comme celle de la viabilité sans cesse plus précoce du fœtus, n’a pas conduit le Comité à adopter une attitude de prudence dans ses recommandations. Il considère ces arguments comme non pertinents, sur le plan éthique, pour trouver un équilibre entre l’autonomie des femmes et la protection du fœtus : aux yeux des experts, l’évaluation des conséquences pour le fœtus diffère selon que la grossesse et désirée ou non désirée.

    L’avortement, un acte médical comme un autre ?

    La loi actuelle de 2018 sur l’avortement prévoit des sanctions générales en cas de non-respect des conditions pour avorter. Les membres du Comité proposent des sanctions pénales spécifiques et différenciées en fonction de la nature de la violation, et plaident également pour que ces sanctions ne concernent plus les femmes, mais seulement les médecins. Si certains parlementaires souhaitent soustraire totalement l’avortement du Code pénal (à l’exception de l’avortement forcé), le Comité considère préférable de maintenir certaines sanctions. Pourtant, dans le même temps, il propose que les interruptions médicales de grossesse (IMG), possibles jusqu’à la naissance, soient ouvertes aux femmes qui présentent des affections mentales graves. Or, on sait que 45% des femmes qui recourent à ces avortements tardifs vivent un stress post-traumatique. Par ailleurs, le Comité préconise de ne pas dresser de liste des pathologies du fœtus qui peuvent ouvrir la voie à une IMG. Une telle liste conduirait à “stigmatiser” les personnes porteuses de ces pathologies, et constituerait une “dérive eugénique d’État”.

  • Les conflits d'intérêts entre juges et ONG persistent à la Cour européenne des droits de l'homme

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    Conflits d'intérêts à la CEDH

    Madame, Monsieur,

    Les conflits d’intérêts persistent à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). À cela s’ajoutent d’autres dysfonctionnements.

    C’est ce que révèle le rapport que l’ECLJ publie aujourd’hui : « L’impartialité de la CEDH, problèmes et recommandations ». Ce nouveau rapport poursuit et approfondit l’analyse entreprise en 2020 sur les conflits d’intérêts à la CEDH.

    L’ECLJ révélait alors l’existence d’un problème structurel de conflits d’intérêts au sein de cette Cour. Il démontrait que, entre 2009 et 2019, 18 juges ont jugé à 88 reprises des affaires introduites ou soutenues par sept ONG dont ils ont précédemment été dirigeants ou collaborateurs. Parmi ces ONG, l’Open Society se distingue par le fait que la majorité des juges en cause lui est liée, et qu’elle finance les six autres ONG.

    En réponse à ce rapport de 2020, dont la véracité et le bien fondé ont été reconnus, la CEDH et le Conseil de l’Europe ont entrepris de corriger certains aspects du système et de proposer des mesures pour améliorer la sélection, l’indépendance et l’impartialité des juges de la Cour, ainsi que la transparence de l’action des ONG. L’ECLJ se félicite de ces premiers résultats.

    Cependant, notre nouveau rapport constate que les cas de conflits d’intérêts entre juges et ONG persistent, et ont même augmenté. Rien que sur les trois dernières années, de 2020 à 2022, l’ECLJ a constaté 54 situations de conflits d’intérêts, dont 18 pour des jugements de Grande Chambre, les décisions les plus importantes rendues par la CEDH.

    Ces conflits concernent 12 juges de la CEDH sur les 46 qui la composent. Ils ont siégé à 54 reprises dans des affaires introduites ou soutenues par la fondation ou l’ONG qu’ils ont fondée, dirigée, ou avec laquelle il ont précédemment collaboré. Il s’agit de : Amnesty InternationalHuman Rights WatchOpen Society FoundationInterights, un Comité ou une Fondation Helsinki, A.I.R.E. Centre et la Commission Internationale des Juristes.

    Ce sont des situations de conflits d’intérêts manifestes contraires aux règles élémentaires de la déontologie judiciaire et mettant en cause l’impartialité de la Cour. Ces juges auraient dû se récuser. Plus encore, la Cour a plusieurs fois refusé de donner suite à des demandes de récusation formulées par un gouvernement concernant des requêtes introduites par l’ONG fondée par l’un des juges.

    Lire « L’impartialité de la CEDH - Problèmes et recommandations »

    Outre ces cas de conflits d’intérêts, le présent rapport expose une série de problèmes structurels affectant la Cour en matière d’impartialité et démontrant que celle-ci n’est pas au niveau des exigences des autres grandes juridictions internationales et nationales. Ainsi, entre autres, les problèmes d’impartialité s’observent également au sein du greffe de la Cour ; la CEDH ne prévoit pas de procédure de récusation, les juges ne publient pas de déclarations d’intérêts, et le traitement des affaires est marqué par l’opacité, ce qui porte atteinte au droit à un procès équitable. Il apparaît aussi que certains juges ont un peu trop embelli leur curriculum vitae et n’ont pas toujours la qualification attendue pour la juridiction la plus élevée d’Europe.

    Lire « L’impartialité de la CEDH - Problèmes et recommandations »

    À la suite de ces constats objectifs et fondés sur les données publiques du Conseil de l’Europe, ce rapport présente une série de recommandations précises permettant de répondre aux problèmes identifiés. Elles ont été analysées et approuvées par plusieurs juges et juristes de la Cour. L’ECLJ les remercie pour leur collaboration, et espère que ce nouveau rapport contribuera à davantage de justice, car la Cour européenne devrait être exemplaire et respecter les normes qu’elle-même impose aux juridictions nationales en matière d’impartialité.

    Le présent rapport démontre que tel n’est pas le cas à ce jour. Cela est dû, notamment, au fait que la CEDH n’est soumise au contrôle d’aucune instance judiciaire susceptible de constater ses dysfonctionnements. Les gouvernements n’ont pas voulu effectuer ce contrôle jusqu’à présent, par respect pour l’indépendance de la Cour. Il échoit donc à la société civile d’assumer ce travail de contrôle extérieur et de lanceur d’alerte et c’est ce qu’a entrepris l’ECLJ.

    Il est donc essentiel que vous partagiez ces informations à vos proches et à vos élus afin que la notoriété de ces faits oblige la Cour à se réformer. Merci pour votre aide !

    Voici le lien à partager : https://eclj.org/echr-impartiality-concerns-and-recommendations?lng=fr

  • Les conservateurs anglicans mobilisés contre la bénédiction des unions homosexuelles

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    Lu sur abc NEWS :

    Les conservateurs anglicans se réunissent au Rwanda au sujet des LGBTQ

    18 avril 2023

    KIGALI, Rwanda - Des centaines de dirigeants conservateurs anglicans de 52 pays se réunissent au Rwanda au milieu d'un désaccord sur le soutien de l'Église aux unions entre personnes du même sexe.

    La conférence de Kigali, la capitale rwandaise, a été convoquée sous les auspices du Global Fellowship of Confessing Anglicans (GAFCON), un groupe formé en 2008 qui prône l'orthodoxie au sein de la communion anglicane mondiale.

    Cette réunion intervient deux mois après la décision de l'Église d'Angleterre de bénir les mariages civils de couples de même sexe. Les ecclésiastiques d'Afrique font partie de ceux qui continuent d'exprimer leur inquiétude.

    "Nous sommes ici pour que la Bible soit au centre de tout", a déclaré mardi à l'AP l'archevêque rwandais Laurent Mbanda.

    La décision de l'Église d'Angleterre de bénir les unions homosexuelles a créé une "énorme confusion" et pourrait être le "dernier clou du cercueil dans l'héritage déjà divisé de l'Église anglicane", a déclaré M. Mbanda.

    Les divisions se sont aggravées ces dernières années lorsque les évêques conservateurs, notamment d'Afrique et d'Asie, ont affirmé leur opposition à l'inclusion des LGBTQ et exigé la "repentance" des provinces plus libérales qui ont adopté des politiques d'inclusion.

    Le secrétaire général du GAFCON, l'archevêque Ben Kwashi du Nigeria, a déclaré dans un communiqué que la nouvelle position de l'Église d'Angleterre sur les mariages civils était "troublante pour de nombreux anglicans".

    "Nous ne cherchons pas la division, mais nous voulons plutôt faire avancer la mission de Dieu dans le monde", précise le communiqué.

    La conférence du GAFCON, qui comprend des études bibliques et d'autres séminaires, se terminera le 21 avril.

    Le président de la GAFCON, le primat américain Foley Beach, a déclaré lors de l'ouverture lundi que son groupe "ne peut plus reconnaître" Justin Welby, l'archevêque de Canterbury, comme le chef spirituel de la Communion anglicane.

    "Il a ajouté : "Vous joindrez-vous à nous pour prier pour Justin Welby et les évêques qu'il dirige ? "Vous et moi devons nous repentir, redevenir chrétiens et suivre Jésus-Christ.

    M. Welby a déjà reconnu l'existence de "profonds désaccords" entre les provinces, tout en les exhortant à essayer de "marcher ensemble".

  • Genre et avortement pour les mineurs : l'UE et les Etats-Unis échouent dans leur campagne éclair

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    D'Ermes Dovico sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Genre et avortement pour les mineurs : l'UE et les Etats-Unis échouent dans leur campagne éclair

    19-04-2023

    Lors de la dernière conférence sur la population, l'éducation et le développement durable, les délégations des Etats-Unis et de l'Union européenne tentent d'inclure dans le document final la promotion de la controversée "éducation sexuelle inclusive". Mais 22 pays ont déjoué la menace.

    Lors des réunions périodiques des organes de l'ONU, il ne se passe pas un jour sans que les délégués des pays les plus progressistes n'essaient d'imposer leur programme révolutionnaire au reste du monde. La dernière tentative en date a eu lieu la semaine dernière, lors de la conférence sur la population, l'éducation et le développement durable, qui s'est tenue à New York du 10 au 14 avril.

    Une fois de plus, des représentants de l'administration Biden, de l'Union européenne et d'autres pays occidentaux ont pris la tête de cette tentative, comme le rapporte le Center for Family (C-Fam), un institut de recherche qui suit de près les activités de l'ONU sur les questions relatives à la vie et à la famille. Une fois de plus, ces acteurs ont tenté de faire passer l'agenda du lobby de l'avortement et des LGBT en violant les règles du jeu, par des subterfuges qui ne font pas honneur à un contexte - comme celui de l'ONU - qui, en théorie, devrait favoriser la coexistence pacifique entre les nations.

    Ainsi, les délégations de l'UE et des États-Unis ont fait pression sur la présidence en exercice, en charge de la Moldavie, pour qu'elle déclare, par le biais de courriels distincts, qu'elle n'approuverait pas le document final s'il n'incluait pas la promotion de ce que l'on appelle "l'éducation sexuelle inclusive". En fait, on devrait parler de déséducation, étant donné le contenu véhiculé par cette expression, selon laquelle la sexualité à promouvoir n'est certainement pas celle qui correspond au dessein du Créateur, mais plutôt l'éventail complet (il faut le dire ici) des troubles de Soixante-Huit et de ses dérivés. Il suffit de regarder, à titre d'exemple, comment un schéma de la Fondation mondiale pour la population (une fondation radicale qui fait du lobbying au niveau international) définit la sexualité dans le cadre d'un programme global d'éducation sexuelle approuvé par l'Unesco : il inclut (comme si c'était normal) le sexe oral, le sexe anal, la masturbation, et ainsi de suite. Et ce sont ces programmes que le "progrès" occidental cherche à exporter et qui sont déjà enseignés dans plusieurs pays d'Afrique et d'Asie.

    Et c'est précisément de bon nombre de ces pays, ainsi que de certains pays d'Europe de l'Est (22 États au total), qu'est venue la principale résistance au blitz idéologique mené par les États-Unis et l'Union européenne. Des protestations se sont élevées contre le fait que les travaux de la conférence ont fini par éclipser et sacrifier des questions telles que l'accès à l'éducation et la disponibilité des équipements éducatifs, au profit d'agendas extrêmement controversés tels que l'éducation sexuelle universelle, sur laquelle il n'existe aucun accord entre les nations de l'ONU. Chacune d'entre elles a sa propre souveraineté en la matière, même si cela déplaît au mondialisme.

    Il est tout aussi pertinent que lorsqu'il s'est agi de réaffirmer, dans la résolution, le principe du "droit de priorité" des parents "dans le choix du genre d'éducation à donner à leurs enfants", comme le stipule l'article 26 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, les partisans de la révolution morale s'y sont opposés. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant : parmi leurs objectifs figure l'autonomie sexuelle des enfants, dont la sexualisation précoce en vogue dans nos sociétés est le fondement et la pédophilie normalisée l'aboutissement logique.

    Mais revenons au subterfuge. Le projet final de la résolution n'a été présenté par la présidence moldave qu'à 22h30 le jeudi soir, "moins de 24 heures avant l'adoption du vendredi matin, comme l'exige le règlement de l'ONU", comme l'explique Friday Fax, une publication de C-Fam : "Le projet proposé contenait le même langage sur l'éducation sexuelle auquel les 22 pays s'étaient opposés plus tôt dans la semaine, et un paragraphe surprise supplémentaire sur le droit des adolescents à accéder à l'avortement, à la contraception et à d'autres services de santé reproductive sans le consentement de leurs parents. Un paragraphe qui n'avait pas été discuté lors des négociations et qui s'inscrit parfaitement dans le sillon de l'autonomie sexuelle évoquée plus haut.

    Seule la réaction rapide des 22 pays susmentionnés (Algérie, Arabie Saoudite, Belarus, Brunei, Cameroun, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Irak, Iran, Libye, Mali, Mauritanie, Nigeria, République démocratique du Congo, Russie, Sénégal, Syrie, Ouganda, Yémen et Zimbabwe) a empêché la poursuite de la sexualisation des enfants et des adolescents de se concrétiser. Bien que ce type de document ne soit généralement pas contraignant, il convient de rappeler qu'il sert de moyen de pression sur les États individuels, afin de les inciter à épouser certaines causes sociopolitiques, parfois délétères, telles que celle décrite. Cette fois-ci, la tentative des lobbies d'avilissement de la nature humaine a échoué, mais ils recommenceront.

  • Le foetus à 18 semaines de grossesse

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    Au moment où nos représentants (?) envisagent de légaliser l'avortement jusqu'à 18 semaines, il est utile de se remémorer ce qu'est un petit d'homme en gestation dans le sein maternel à ce moment :

    Vu sur le site "Doctissimo" :

    Le fœtus à 18 semaines de grossesse

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    Et, sur le site "Naître et grandir :

    Semaine 18 : Un garçon ou une fille?

    À ce point de la grossesse, on remarque que la proportion entre la tête et le corps du foetus a changé : la tête est à présent plus petite que le reste du corps.

    La circulation sanguine atteint maintenant les extrémités, ce qui fait en sorte que le foetus bouge beaucoup plus! Il se déplace dans l’utérus, se retourne, remue les bras et les jambes, touche ses orteils, son visage, etc. Il se peut que vous perceviez de très légers mouvements ressemblant à une petite vague.

    De plus, une gaine graisseuse (la myéline) s’installe autour des nerfs et protège les fibres nerveuses, un peu comme une gaine de plastique autour d’un fil électrique. Elle sert à conduire les influx nerveux, c’est-à-dire l’information échangée entre le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) et le système nerveux périphérique.

    Bientôt, ce sera au tour des cellules du système nerveux central, notamment celles du cerveau, d’être enveloppées de myéline. Ce sera le signe que des liens se créent et que les réseaux de neurones se consolident.

    La rétine des yeux est maintenant sensible à la lumière. Si on projette une lumière assez forte sur le ventre de la mère, le foetus s’en détournera et couvrira ses yeux.

    L’échographie a lieu vers la 18e à la 20e semaine. La principale fonction de cet examen est de s’assurer que les organes du foetus se développent bien (coeur, reins, système nerveux central, etc.). On peut également voir le sexe du bébé, car s’il s’agit d’un garçon le pénis est maintenant visible. Chez les bébés filles, la vulve ainsi que l’utérus sont visibles.

    À la fin de la 18e semaine (ou de la 16e semaine de fécondation), le foetus mesure environ 14 cm de la tête au coccyx et pèse autour de 200 g.

    ... et beaucoup d'autres informations en faisant la recherche sur google

  • France : les absurdités scientifiques du Planning familial dénoncées par un collectif d'intellectuels et de médecins

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    Planning familial : nos impôts, leur intox

    Une TRIBUNE publiée sur le site du Point : Un collectif d’intellectuels et de médecins, dont Élisabeth Badinter et Jean-François Mattei, dénoncent les absurdités scientifiques du Planning.

    16/04/2023
  • Le pape François sur Disney Plus : les aspects critiques d'un choix médiatique

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    Du site "Silere non possum" :

    LE PAPE FRANCOIS SUR DISNEY PLUS. LES ASPECTS CRITIQUES DE CE CHOIX MÉDIATIQUE

    Le Pape a participé à une rencontre avec des jeunes qui a été enregistrée et qui est maintenant disponible sur Disney+.

    "Aujourd'hui, en pleine urgence éducative, le munus docendi de l'Église, exercé concrètement à travers le ministère de chaque prêtre, est particulièrement important. Nous vivons dans une grande confusion quant aux choix fondamentaux de notre vie et aux questions sur ce qu'est le monde, d'où il vient, où nous allons, ce que nous devons faire pour faire le bien, comment nous devons vivre, quelles sont les valeurs vraiment pertinentes. Par rapport à tout cela, il y a tant de philosophies contradictoires, qui naissent et disparaissent, créant la confusion sur les décisions fondamentales, sur la façon de vivre, parce que nous ne savons plus, communément, de quoi et pour quoi nous sommes faits et où nous allons", a déclaré Benoît XVI aux fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre le 14 avril 2010.

    Cette audience générale nous est revenue à l'esprit lorsque nous avons regardé le documentaire que le pape François a enregistré avec des jeunes et qui est maintenant disponible sur Disney+.

    Dans la vidéo, le réalisateur Felipe Perfetti analyse le documentaire. Tinder, l'avortement, la pornographie et plus encore. Il parle également de l'affaire du Dalaï Lama et des récents problèmes liés à l'affaire Emanuela Orlandi.

    La désorientation

    Si l'on fait abstraction des "choix éditoriaux" à l'origine de ces moments, il faut comprendre que, malheureusement, les interventions du pape sont de plus en plus fréquentes et que ses propos risquent de créer une grande confusion.

    "C'est la fonction in persona Christi du prêtre, disait Benoît XVI, de rendre présente, dans la confusion et la désorientation de notre temps, la lumière de la parole de Dieu, la lumière qui est le Christ lui-même dans ce monde qui est le nôtre. Le prêtre n'enseigne donc pas ses propres idées, une philosophie qu'il a lui-même inventée, qu'il a trouvée ou qui lui plaît ; le prêtre ne parle pas pour lui-même, pour créer peut-être ses propres admirateurs ou son propre parti ; il ne dit pas ses propres choses, ses propres inventions, mais, dans la confusion de toutes les philosophies, le prêtre enseigne au nom du Christ présent, il propose la vérité qui est le Christ lui-même, sa parole, sa façon de vivre et d'aller de l'avant. Ce que le Christ a dit de lui-même s'applique au prêtre : "Ma doctrine n'est pas la mienne" (Jn 7,16) ; c'est-à-dire que le Christ ne se propose pas lui-même, mais, en tant que Fils, il est la voix, la parole du Père. Le prêtre, lui aussi, doit toujours dire et agir ainsi : "Ma doctrine n'est pas la mienne, je ne propage pas mes idées ou ce qui me plaît, mais je suis la bouche et le cœur du Christ et je présente cette unique et commune doctrine, qui a créé l'Église universelle et qui crée la vie éternelle"".

    Pourtant, ces dernières années, le peuple saint de Dieu, comme François aime à l'appeler, manifeste une véritable soif de cette fonction du Pontife lui-même. Les discours du Pape sont de plus en plus politiquement corrects, orientés vers le fait de ne déranger personne mais de ne pas apporter de réponses.

    Si l'on regarde ce documentaire, on s'en aperçoit tout de suite. Sur l'avortement, François est bien sûr ferme sur ses propres positions, mais il prononce les quatre phrases habituelles qui lui ont été remises par un membre du "cercle magique". Il parle de l'assassin et insiste sur le fait que l'enfant est déjà une vie dès sa conception. D'accord, mais dès qu'une jeune fille dit : "Oui, mais j'ai le droit d'avorter parce que le corps m'appartient", le pape ne répond pas. Il n'y a pas de capacité à tenir un discours complexe qui explique à cette jeune fille qu'il faut évaluer quel droit l'emporte sur l'autre en cas de conflit. 

    Il est loin le temps où Benoît XVI, lors des JMJ diocésaines de 2006, répondait clairement aux jeunes qui l'interrogeaient sur les sujets qui lui tenaient à cœur.

    L'amour du cliché

    Les moments où le pape a injustement jeté de la boue sur l'Église et le Vatican n'ont pas manqué. François a même déclaré : "Ils volent tous ici", en parlant de l'État de la Cité du Vatican. Ces déclarations sont graves car elles conduisent à l'acclamation du peuple au détriment de l'Église elle-même. Bien sûr, il y a eu des épisodes et des événements où quelqu'un a profité et volé, mais cela arrive partout. On intervient, on punit, mais on continue à travailler. Généraliser de la sorte est néfaste, nous en avons vu les résultats au cours des dix dernières années. 

    Quand Alessandro Diddi a donné à la presse de fausses informations sur le Palais de Londres, le Saint-Siège a subi un énorme préjudice. Le promoteur de justice a affirmé que la Secrétairerie d'État avait utilisé l'argent de l'obole de Saint-Pierre pour des intérêts personnels. Cela a provoqué un énorme scandale et les personnes de bonne volonté ont cessé de faire des dons. 

    Pourtant, l'objectif de François semble être de créer la confusion, la division et le scandale. Ce qu'il recherche semble être de plus en plus l'acclamation du peuple. Beaucoup de questions, mais peu de réponses, voilà le problème de ce pontificat. 

    Et si quelqu'un, en ces heures, a même appelé ce documentaire une démonstration de ce qu'est le Synode, il est tout à fait clair que ce qu'est le Synode n'est pas clair. Si les gens viennent dans nos églises pour poser des questions, ils le font parce qu'ils veulent des réponses. 

    Dans le documentaire, la discussion sur un sujet se termine toujours parce que quelqu'un est "fatigué" de poursuivre sa thèse. La jeune femme rentrera chez elle convaincue qu'elle est maîtresse de son corps, le pape rentrera chez lui convaincu que le médecin qui pratique l'avortement est un tueur à gages.

    Le pape a cependant une autre tâche, qui est précisément celle à laquelle Benoît XVI a fait référence lors de l'audience générale : "Le Seigneur, mû par la compassion, a interprété la parole de Dieu, il est lui-même la parole de Dieu, et il a ainsi donné une orientation". 

    F.P.

    Silere non possum

  • Briser le code du silence sur le divorce

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    De Joan Frawley Desmond  sur le National Catholic Register :

    Briser le code du silence sur le divorce

    Life-Giving Wounds aide les enfants adultes du divorce et de la séparation à exprimer leur souffrance, à savoir qu'ils ne sont pas seuls et à trouver la guérison dans la Miséricorde divine de Dieu.

    ‘Let the Children of Divorce Come to Me,’ original sacred art by artist Michael Corsini, was commissioned by Life-Giving Wounds ministry for reflection at retreats.
    Let the Children of Divorce Come to Me", œuvre d'art sacrée originale de l'artiste Michael Corsini, a été commandée par le ministère Life-Giving Wounds pour la réflexion lors des retraites. (photo : avec l'aimable autorisation de Life-Giving Wounds)

    15 avril 2023

    MENLO PARK, Californie - Hallie Colorado, psychologue clinicienne, a écrit sa thèse sur l'impact à long terme du divorce sur les enfants. Mais, jusqu'à récemment, cette mère de six enfants n'avait guère réfléchi à l'impact de la rupture de ses parents sur sa propre vie.

    "Mes parents ont divorcé quand j'étais petite, mais je ne pensais pas que cela m'affectait", a déclaré Mme Colorado au Register. 

    Mariée et heureuse dans son nouveau poste de directrice de l'action paroissiale à l'église catholique St. Raymond de Menlo Park, en Californie, Mme Colorado pensait avoir déjoué les pronostics et atteint ses objectifs.

    Mais après avoir accepté, par courtoisie professionnelle, de participer à une retraite pour les enfants adultes du divorce et de la séparation, parrainée par l'apostolat catholique Life-Giving Wounds, elle a été stupéfaite par les émotions qui ont surgi au fur et à mesure que les présentateurs partageaient leurs histoires. 

    "J'ai pleuré des larmes qui remontaient à 30 ans", s'est souvenue Mme Colorado. "C'était la première fois que je me trouvais dans une salle où tout le monde était comme moi, et je n'avais aucune idée de l'ampleur de la colère que je ressentais. 

    La retraite ne s'est pas contentée de confronter ces émotions enfouies.

    "Notre retraite est ancrée dans la miséricorde divine, non seulement en recevant la miséricorde, mais en la vivant de toutes les manières possibles, dont la principale est le pardon", a déclaré Dan Meola, président et cofondateur de Life-Giving Wounds, au Register.

    Chaque retraite de trois jours, qui attire généralement 20 à 30 personnes, est structurée autour des mystères pascals et encourage les participants à "découvrir les blessures" et à "mourir à soi-même", en prenant conscience de la manière dont leurs choix et leurs relations ont été façonnés par les traumatismes de l'enfance, a-t-il expliqué. 

    Ensuite, ils sont invités à inviter le Christ dans leurs blessures - "un moment de résurrection". 

    Enfin, ils commencent à marcher avec le Christ, à aller de l'avant dans une plus grande vertu, à se renouveler et à suivre le Seigneur d'une manière plus profonde.

    "Nous donnons aux gens un plan d'action qui comprend un plan de vie pour développer la vertu", a déclaré M. Meola. 

    Des aumôniers et des thérapeutes qui sont également des enfants de divorcés et qui ont participé aux retraites précédentes sont sur place. 

    Après la retraite, les anciens participants s'adressent à des groupes de soutien locaux et à une communauté en ligne qui les aident à cultiver des amitiés avec d'autres personnes confrontées à des problèmes similaires, ainsi qu'à des ressources pour un accompagnement spirituel et une aide psychologique continus. 

    "On ne peut pas guérir seul", a déclaré Mme Meola. "Si vous êtes marié, vous devez vous appuyer sur votre conjoint. Nous offrons de nombreuses possibilités de soutien.

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  • Aux Pays-Bas, l'euthanasie sera autorisée pour les enfants de moins de douze ans

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Pays-Bas : l’euthanasie autorisée pour les enfants de moins de 12 ans

    14 avril 2023

    Le gouvernement néerlandais a annoncé ce vendredi autoriser l’euthanasie pour les enfants de moins de 12 ans « atteints d’une maladie ou d’un trouble si grave que la mort est inévitable et (…) attendue dans un avenir prévisible ». Et dès lors qu’« il s’agit de la seule alternative raisonnable pour un médecin de mettre fin aux souffrances désespérées et insupportables de l’enfant », indique Ernst Kuipers, ministre de la Santé aux Pays-Bas, dans une lettre au Parlement.

    Un « petit groupe » de « cinq à dix enfants » par an serait concerné selon l’exécutif.

    Aux Pays-Bas, l’euthanasie est déjà légale pour les mineurs de plus de douze ans « qui peuvent donner leur consentement », ainsi que pour les nourrissons de moins d’un an, « avec le consentement des parents ». C’est donc via une « réévaluation du règlement existant » que cette évolution est mise en œuvre (cf. Pays Bas : vers l’euthanasie des enfants de moins de 12 ans ?).

    En février 2014, la Belgique était devenue « le premier pays au monde » à autoriser l’euthanasie des mineurs sans limite d’âge, dès lors qu’ils sont « en capacité de discernement ». Aux Pays-Bas, « si l’enfant n’est pas en mesure de le faire », un de ses parents pourra formuler une demande d’euthanasie, « en consultation avec le médecin », indique Axel Dees, porte-parole du ministère de la Santé.

    Le gouvernement indique que le nouveau règlement devrait être publié cette année. Une « évaluation » est prévue « quelques années après son entrée en vigueur ».

    De plus en plus de personnes sont euthanasiées aux Pays-Bas chaque année, ils étaient 8 700 l’an dernier (cf. Pays-Bas : 29 couples euthanasiés en 2022).

  • EVRAS : la mobilisation continue

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    Droit de réponse au Ligueur / Article dans le Journal du Médecin / Distribution d'un livret en lien avec le guide Evras!

    Les signataires de la "Lettre ouverte" ont reçu ce courrier :

    Voici quelques informations concernant l'évolution du dossier relatif à l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle auprès des enfants et adolescents:

    1. Le droit de réponse dont nous avons finalement obtenu la parution sur le site du journal Le Ligueur suite à la mise en ligne sur ce média d'un article diffamatoire. Cliquez ici.

    2. Un article paru dans Le Journal du Médecin suite à la Commission éducation où le guide evras a, pour la troisième fois, fait l'objet d'une grande attention de la part de certains politiques.

    3. Le fascicule (extraits : ICI, ICI, ICI et ICI) '"L'Evras dans mon école: c'est pas secondaire!" Ce fascicule - qui va dans le même sens que le guide evras qui a fait l'objet d'un retrait  par la Ministre de l'éducation (suite aux 9600 signatures de la Lettre Ouverte) et d'une révision prévue suite aux interpellations en Commission éducation- est malgré tout en train d'être largement distribué à l'attention des directions, équipes pédagogiques et éducatrices en école secondaire (éd. responsable: Lola Clavreul - Fédération des Centres Pluralistes de Planning Familial). De nombreux Plannings familiaux n'ont pas été informés d'une révision de  certains passages du guide EVRAS et n'ont pas reçu d'instruction visant à continuer à s'appuyer ou pas sur sa première mouture.

    Afin de maximaliser notre impact et d’appuyer la suite de nos actions, il est important que vous sachiez que nous continuons à récolter le maximum de signatures. (9693 à ce jour). Dès lors, nous nous permettons de continuer à vous solliciter afin que vous transfériez à foison le lien suivant https://forms.gle/tTMwDAZyWretQHck9

    N'hésitez pas également à transférer ce mail aux parents que vous connaissez.

    Bien cordialement,

    Les rédacteurs de "La lettre ouverte" 

  • Le changement de sexe est devenu une offre marchande

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Genre : Un marché « devenu total au sens où il touche aussi l’intime »

    13 avril 2023

    « Le phénomène trans est révélateur du moment où le sujet a été mis en position de pouvoir tout faire. Appelé à devenir tout-puissant », affirme le philosophe Dany Robert-Dufour. Un « changement civilisationnel » « lié à un moment du néolibéralisme où le marché a pu et su se présenter comme pouvant combler à peu près tous les désirs du sujet individuel », analyse-t-il. Y compris celui de changer de sexe.

    Un nouveau marché

    « Avec le néolibéralisme, le changement de sexe s’est présenté comme possible, il est devenu une offre marchande, acceptée par le droit et permise par les industries psychologique, médicale et chirurgicale, à l’aide d’un ensemble de techniques », pointe le philosophe.

    Or « ce néolibéralisme économique est si puissant qu’il a permis le développement d’une nouvelle culture, un néolibéralisme culturel, relève-t-il. C’est cela que j’ai appelé le Divin Marché. » Un marché « devenu total au sens où il touche aussi l’intime ». Et « force est de constater que l’Etat actuel se met de plus en plus au diapason du marché », déplore Dany Robert-Dufour.

    Les femmes premières victimes ?

    « L’augmentation très importante du nombre de jeunes qui s’identifient trans est caractérisée par un sex-ratio particulier, souligne la gynécologue Nicole Athéa : deux fois et demie plus de filles demandent une transition que les garçons. » Un phénomène qui « ne peut s’expliquer que par des facteurs sociaux », juge-t-elle.

    Le « morcellement du féminin » est « une réalité de notre époque néolibérale, qui a débuté avec les PMA », estime la militante féministe Marie-Jo Bonnet. « Elle a créé “un puzzle” de la maternité : entre les conservations ovocytaires, les “dons” d’ovocytes (en fait vente d’ovocytes), la GPA demandée par des hommes où toute filiation biologique maternelle est effacée, les “hommes enceints”, les femmes trans déclarées mère biologique sans gestation (parce qu’elles ont participé à la filiation avec leur sperme) ».

    Ainsi, « l’effacement des mères est bien à l’œuvre avec l’exploitation de tous les éléments reproductifs des femmes… », déplore-t-elle. « On comprend pourquoi tant de jeunes femmes refusent de s’identifier au féminin. »

    Sources : Le Figaro, Eugénie Bastié et Pierre-Alexis Michau (06/04/2023), Aziliz Le Corre (06/04/2023)

  • "Proportionnalisme" : ils sont de retour !

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    De George Weigel sur First Things :

    ILS SONT DE RETOUR !

    12 avril 2023

    Comme l'estimable Larry Chapp l'a récemment écrit sur son blog, Gaudium et Spes 22, "les débats les plus profonds, les plus importants, les plus litigieux, les plus conflictuels et les plus destructeurs [après Vatican II] ont entouré la théologie morale, en particulier après Humanae Vitae et la dissidence massive qui s'en est suivie". M. Chapp note également qu'il faut avoir vécu ces débats pour en saisir, aujourd'hui, la volatilité. En effet, les théologiens dissidents (et les évêques qui les soutenaient tacitement ou ouvertement) ont été stupéfaits par la réaffirmation par le pape Paul VI de l'interdiction de longue date par l'Église des moyens de contraception artificiels, et plus encore par le raisonnement moral qui l'a conduit à cette décision.

    En effet, le "débat sur le contrôle des naissances" pendant et après Vatican II n'a jamais porté uniquement sur les moyens moralement acceptables d'exercer la responsabilité morale de réguler la fécondité. Il s'agissait également de la détermination de la guilde théologique à consacrer la théorie connue sous le nom de "proportionnalisme" en tant que théologie morale officielle de l'Église. Le Dr Chapp poursuit :

    "[L]e "proportionnalisme" [...] enseignait qu'il ne peut y avoir de normes morales absolues puisque les actions morales sont largement déterminées [...] par les circonstances concrètes de la vie de la personne qui commet l'acte [...] [qui étaient] presque toujours [...]. [qui sont presque toujours chargées de l'ambiguïté des circonstances "difficiles et atténuantes". C'est un peu caricatural, mais pour faire court, le proportionnalisme est une sous-espèce (dans le langage catholique) de l'éthique de situation.

    Comment des personnes par ailleurs intelligentes en sont-elles arrivées à la conclusion absurde qu'il n'existe pas de normes morales absolues susceptibles de ne pas s'adapter à des circonstances "difficiles et atténuantes" ? (C'est une longue histoire, qui implique le Sage de Königsberg, Emmanuel Kant, et le philosophe d'Édimbourg David Hume. Il suffit de dire que ce que beaucoup considèrent comme la destruction de la métaphysique par Kant (c'est-à-dire l'idée qu'il existe des vérités profondes intégrées dans le monde et en nous que nous pouvons connaître par la raison) et la démolition par Hume de l'affirmation selon laquelle nous pouvons raisonner à partir d'un fait (par exemple, il y a des êtres humains innocents) jusqu'à une vérité ou une valeur morale (par exemple, la vie humaine innocente est inviolable) ont joué un rôle de premier plan dans ce drame. Et, comme toujours, les idées ont eu des conséquences.

    Le débat catholique sur le proportionnalisme aurait dû être tranché par deux encycliques de Jean-Paul II. En 1993, Veritatis Splendor (La splendeur de la vérité) a rejeté le proportionnalisme comme méthode catholique légitime de théologie morale en enseignant avec autorité qu'il existe, en fait, des actes intrinsèquement mauvais qui sont absolument interdits moralement. Deux ans plus tard, Evangelium Vitae (L'Évangile de la vie) a illustré ce point en enseignant avec autorité que la suppression délibérée de la vie humaine innocente, l'avortement et l'euthanasie sont toujours gravement mauvais, quelles que soient les circonstances difficiles et compliquées.

    Mais la guilde des théologiens ne s'est jamais avouée vaincue et promeut désormais le proportionnalisme, notamment dans les universités romaines.

    Ainsi, en mai 2022, le père Julio Martinez, S.J., a donné une conférence à l'Université pontificale grégorienne (un foyer de pensée proportionnaliste pendant les débats post-conciliaires) ; il y a accusé Veritatis Splendor d'avoir fait des nœuds (c'est son expression) dans la théologie morale catholique, complétant un processus de nouage qui avait commencé avec Humanae Vitae, qui n'avait pas "discerné et considéré les circonstances [du] ... mariage et de la vie de famille ... de manière exacte". ... le mariage et la vie de famille ... d'une manière précise". Le père Martinez s'est également plaint que Veritatis Splendor était malavisé en insistant sur le fait que le magistère de l'Église a la responsabilité d'"enseigner la morale d'une manière très précise et claire". La bonne nouvelle était que l'exhortation apostolique Amoris Laetitia du pape François avait "introduit le discernement" (autrefois une méthode de direction spirituelle) dans l'approche de l'Église de l'éthique de l'amour humain dans "les circonstances concrètes du mariage et de la vie familiale", ce qui est "une chose vraiment nouvelle dans la théologie morale".

    Que ce soit ou non ce qu'Amoris Laetitia a fait (ou avait l'intention de faire), le Père Martinez approuvait le proportionnalisme comme une méthode supérieure de raisonnement moral qui "dénouerait les nœuds" créés par Humanae Vitae et Veritatis Splendor - indépendamment du rejet autoritaire par ce dernier de l'affirmation fondamentale du proportionnalisme selon laquelle il n'y a pas de normes morales absolues parce qu'il n'y a pas d'actes intrinsèquement mauvais.

    Comme le disait George Orwell : "Il faut appartenir à l'intelligentsia pour croire des choses pareilles : aucun homme ordinaire ne pourrait être aussi stupide."

    Le retour du proportionnalisme a eu des effets au-delà de la guilde des théologiens. Il a joué un rôle influent dans l'apostasie allemande et dans les commentaires de divers évêques sur les questions LGBT. Le grand théologien dominicain Servais Pinckaers a écrit un jour que la théologie morale est "le lieu de rencontre de la théorie et de la pratique, de la pensée et de la vie de l'Église". Il ne s'agit donc pas d'un simple jeu d'intellectuels.

    C'est pourquoi cette dégradation de la théologie morale et ses effets ne passeront pas inaperçus lors du prochain conclave papal.        

    La chronique de George Weigel "The Catholic Difference" est publiée par le Denver Catholic, la publication officielle de l'archidiocèse de Denver.

    George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, D.C., où il est titulaire de la William E. Simon Chair in Catholic Studies.