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Europe - Page 56

  • Pourquoi Poutine veut conquérir l'Ukraine. Et la religion n'est qu'un prétexte

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    De Stefano Magni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Pourquoi Poutine veut conquérir l'Ukraine. Et la religion n'est qu'un prétexte

    24-02-2022

    Le président russe Vladimir Poutine a reconnu l'indépendance des républiques séparatistes de Lougansk et de Donetsk dans un discours prononcé le 21 février. Mais ce n'est pas tout. Il a également remis en question l'existence même de l'Ukraine en tant qu'État indépendant et souverain. Que vise-t-il alors ? Étant donné la récente reconnaissance du patriarcat de Kiev par le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, Poutine veut-il également agir pour une cause religieuse, au nom du patriarcat de Moscou ? Nous avons posé la question à Marta Carletti Dell'Asta, chercheuse à la Fondation Russia Cristiana et rédactrice en chef de la revue La Nuova Europa.

    Dans un discours prononcé le 21 février, le président russe Vladimir Poutine a reconnu l'indépendance des républiques séparatistes de Lougansk et de Donetsk. Mais pas seulement. Il a également remis en question l'existence même de l'Ukraine en tant qu'État indépendant et souverain. 

    "Je tiens à souligner une fois de plus que l'Ukraine n'est pas seulement un pays voisin pour nous. Elle est une partie inaliénable de notre histoire, de notre culture et de notre espace spirituel. Depuis des temps immémoriaux, les personnes vivant dans le sud-ouest de ce qui était historiquement une terre russe se sont appelées elles-mêmes Russes et Chrétiens orthodoxes. C'était le cas avant le XVIIe siècle, lorsqu'une partie de ce territoire a rejoint l'État russe, et après", a déclaré le président russe. Que vise-t-il, alors ? Le Donbass ou Kiev directement ? Étant donné la récente reconnaissance du patriarcat de Kiev par le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, Poutine veut-il également agir pour une cause religieuse, au nom du patriarcat de Moscou ? Nous avons posé la question à Marta Carletti Dell'Asta, chercheuse à la Fondation Russia Cristiana, spécialisée dans les thèmes de la dissidence et de la politique religieuse de l'État soviétique et rédactrice en chef de la revue La Nuova Europa.

    Dottoressa Dell'Asta, Poutine estime que l'Ukraine n'est pas seulement un voisin, mais une "partie inaliénable de notre histoire, de notre culture et de notre espace spirituel". Par cette dernière définition, il entend le christianisme orthodoxe. Y a-t-il donc une cause religieuse au conflit en Ukraine ?

    Je ne dirais pas cela. Poutine a toujours beaucoup parlé de la religion comme d'un élément fondamental de sa conception, mais dernièrement, la manière dont le président russe comprend la religion apparaît de plus en plus : une manière instrumentale et même un peu paganisante. Ce n'est qu'un des éléments qu'il utilise pour renforcer son pouvoir.

    Qu'entendez-vous par une conception "paganisante" de la religion ?

    Prenons un exemple récent : le 4 février, un décret présidentiel sur les "valeurs traditionnelles sur lesquelles se fonde l'État russe" a été conclu et attend toujours la signature finale. Ce document est très indicatif. Il énumère un certain nombre de valeurs sur lesquelles la Russie serait fondée, telles que le "patriotisme", le "travail constructif", donnant l'image d'un État éthique, où il est prescrit par la loi que le citoyen doit être honnête, généreux et patriote. Cette liste inclut les "hautes valeurs spirituelles" mais ne mentionne jamais Dieu ou une quelconque dénomination religieuse. Il s'agit donc d'une utilisation instrumentale de ces valeurs, qui sont définies comme "traditionnelles" mais qui n'ont plus de lien spécifique avec le christianisme. De cette manière, la religion est utilisée lorsque cela est nécessaire, comme un simple bras spirituel du pouvoir politique.

    Poutine accuse le gouvernement ukrainien d'utiliser l'Église orthodoxe autocéphale du Patriarcat de Kiev (reconnue seulement en 2018 par le patriarche œcuménique Bartholomée Ier) pour inciter à la haine contre les Russes et dénonce un plan, également du gouvernement de Kiev, pour détruire les églises du Patriarcat de Moscou. Dans quelle mesure ces accusations sont-elles fondées ?

    Ces propos excessifs sont typiques d'un État d'avant-guerre, d'une volonté délibérée de créer une forte opposition. Pour l'Église orthodoxe, il est en fait assez courant d'avoir tendance à s'identifier à sa propre communauté ethnique. Nous avons donc une Église orthodoxe russe, une Église orthodoxe roumaine, et ainsi de suite. Lorsque l'Ukraine s'est engagée sur la voie de l'indépendance, le désir de faire reconnaître sa propre Église nationale a également grandi. À tort ou à raison, cela correspond à la logique interne de l'orthodoxie. En ce qui concerne les persécutions, il n'y en a pas eu jusqu'à présent. Il y a eu des cas sporadiques de conflits d'églises entre les deux communautés. Il ne s'agit pas d'un phénomène massif et il n'y a pas eu d'incidents graves. Ces Églises vivent ensemble pacifiquement. Le 22 février, un jour après l'entrée des troupes russes dans le Donbass, Epifanij, le primat de l'Église orthodoxe d'Ukraine, a appelé les fidèles à respecter absolument les Églises appartenant au Patriarcat de Moscou.

    Poutine dirige-t-il donc son accusation contre l'identité ukrainienne, plutôt que contre son Église ?

    Oui, aussi parce que le président russe n'a même pas la compétence d'entrer dans un débat ecclésial intra-orthodoxe. Il l'utilise, même de manière quelque peu inappropriée, pour des raisons nationalistes. Ensuite, si nous voulons remonter dans le temps, l'origine même de l'Église en Ukraine est antérieure à celle de la Russie : l'Église est née à Kiev, ce n'est qu'après l'invasion mongole qu'elle s'est déplacée vers le Nord et vers Moscou. Elle s'est d'abord appelée la Métropolie de Kiev, puis a changé de nom pour devenir le Patriarcat de Moscou. L'histoire n'est pas aussi simple que le président le souhaiterait.

    Poutine accuse le régime communiste soviétique, à commencer par Lénine, d'avoir "créé" l'Ukraine. Mais c'est toujours la Russie qui réagit vivement contre toute forme de "révisionnisme" du passé soviétique, protégeant une historiographie qui exalte les succès de l'URSS. Comment expliquez-vous cette contradiction ?

    L'accusation contre Lénine dans le discours de Poutine est purement formelle. De plus, l'autonomie des entités nationales en Union soviétique n'était que sur le papier, elle n'a jamais été appliquée. Le droit de sécession n'a jamais été appliqué. Il n'était qu'une fiction. Donc, la substance du discours de Poutine ne concerne pas le communisme, c'est juste la négation du droit ukrainien à être une entité étatique séparée de la Russie. Et cette hypothèse repose sur une fausseté historique, car l'Ukraine était une nation bien avant que Lénine et au moment de la révolution russe et de la guerre civile qui a suivi (1917-1921) ne déclarent leur indépendance. Si Lénine a pu penser à la création d'une République socialiste soviétique d'Ukraine, c'est uniquement parce que l'Ukraine existait déjà. Le véritable problème de Poutine est ce qu'il a lui-même déclaré en 2005 : "La plus grande tragédie géopolitique du XXe siècle a été la dissolution de l'Union soviétique". Et cela explique tout. C'est l'idée que l'empire ne doit pas être défait et doit être reconstitué, en commençant par la Russie, le Belarus et l'Ukraine.

    Il y a deux mois, le pouvoir judiciaire russe a également dissous deux des principales branches de l'association Memorial, la principale source d'étude des crimes du communisme. Le gouvernement russe actuel est-il donc un descendant direct de l'URSS ?

    Oui et non. Je pense que la ligne d'interprétation doit toujours être celle de la reconstruction de l'empire, au nom de laquelle il faut éliminer tout ce qui constitue un obstacle. La préférence va non seulement au passé soviétique, mais aussi à tout ce qui exalte la grandeur de la Russie, comme la victoire dans la Seconde Guerre mondiale. Les figures idéologiquement non homogènes sont revalorisées et célébrées, d'Ivan le Terrible à Staline, en passant par la famille Romanov. Il existe un nouveau critère idéologique : l'histoire est réécrite pour glorifier le pays. Si Memorial écrit l'histoire réelle, non mythifiée, de l'Union soviétique, il doit être réduit au silence, tout comme la fermeture des archives et des journaux indépendants a été ordonnée.

  • Ukraine : le pape invite à jeûner pour la paix le 2 mars prochain (mercredi des cendres)

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    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Ukraine: la « douleur » du pape qui invite à une journée de « jeûne » pour la paix

    Appel à un examen de conscience des responsables politiques

    Le pape François a exprimé sa « grande douleur » et à invité à une journée de jeûne et de prière mercredi 2 mars, lors d’un appel pour la paix en Ukraine, au terme de l’audienc egénérale du mercredi, ce 23 février 2022, dans la Salle Paul VI du Vatican.

    S’exprimant en italien, le pape a dit la « douleur » qu’il éprouvait « dans le coeur » devant « des scénarios de plus en plus alarmants »: « la paix de tous est menacée par des intérêts partisans », a-t-il déploré.

    « J’ai une grande douleur dans mon coeur pour l’aggravation de la situation en Ukraine, a dit le pape. En dépit des efforts diplomatiques de ces dernières semaines, des scénarios toujours plus alarmants s’ouvrent. Comme moi, de nombreuses personnes, dans le monde entier, éprouvent angoisse et préoccupation. Encore une fois, la paix de tous est menacée par des intérêts partisans. »

    Il a invité les responsables politiques à un « examen de conscience devant Dieu qui est le Dieu de la paix et pas de la guerre » qui « nous veut frères et pas ennemis » et il leur a demandé de « s’abstenir de tout » ce qui pourrait aggraver la situation.

    « Je voudrais en appeler à ceux qui ont des responsabilités politiques pour qu’ils fassent un examen de conscience sérieux devant Dieu, qui est le Dieu de la paix et non de la guerre, a insisté le pape. Qui est le Père de tous et pas seulement de quelques uns. Qui nous veut frères et pas ennemis. Je prie toutes les parties impliquées de s’abstenir de toute action qui provoquerait encore plus de souffrance des populations, en … la coexistence entre les nations et en discréditant le droit international. »

    Le pape François a aussi invité tous les catholiques à une journée de prière et de « jeûne pour la  paix » mercredi prochain, 2 mars 2022, mercredi des Cendres, jour de l’entrée en carême: « A la violence, on répond par la prière et par le jeûne. 

  • Prévenir l'avortement en Europe - Conférence au Parlement européen

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    22 février 2022

    Le 16 février 2022, à l'invitation de la députée du Parlement européen Margarita de la Pisa Carrión, l'ECLJ organisait une conférence pour une politique de prévention de l'avortement en Europe.

    Retrouvez dans cette vidéo toutes les interventions en français :

    0:00 Mme Margarita de la Pisa Carrión, Groupe ECR (sous-titres)
    5:24 Aliette Espieux, Porte-parole de la Marche pour la vie (Introduction)
    11:26 Professeur Maria Solano, One of us
    22:00 Dr Rebecca Oas, C-Fam
    34:42 Louis-Marie Bonneau, ECLJ
    42:30 Dr Grégor Puppinck, ECLJ
    51:43 Aliette Espieux, Porte-parole de la Marche pour la vie (Conclusion)

    Dans son discours inaugural en tant que président du Conseil de l'Union européenne en janvier, Emmanuel Macron a demandé à ce que le droit à l'avortement soit inscrit dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. L'avortement, selon les mots de la personnalité européenne Simone Veil, "est toujours une tragédie et restera toujours une tragédie."

    En réalité, l'avortement est une tragédie et en aucun cas un droit humain. La promotion de l'avortement est le fruit d'un travail militant et idéologique qui ne représente en rien une réelle attente de la société civile. Des groupes de pression financés par de grandes fondations extra-européennes développent un discours qui se construit ex nihilo et qui instrumentalise les institutions (CEDH/ONU).

    Pendant ce temps, l'Europe est confrontée à un défi démographique critique. Au lieu de promouvoir l'avortement, les États devraient encourager la maternité et soutenir les femmes et les familles. Dans cette conférence, nous exposerons les mérites d'une politique de prévention de l'avortement.

    Appel à une politique de prévention de l’avortement
    Lire le texte complet de la pétition

    25,502 SIGNATURES

  • Crise ukrainienne : la lecture des évènements par l'Osservatore Romano

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    De zenit.org (Hélène Ginabat) :

    La Une de L'osservatore Romano, 22 fév; 2022 © capture de Zenit / ASB

    La Une De L'osservatore Romano, 22 Fév; 2022 © Capture De Zenit / ASB

    « Ukraine : le défi de Moscou » : la Une de L’Osservatore Romano

    « Le geste de Poutine et les premières réactions dans le monde »

    A la Une de L’Osservatore Romano en italien de mercredi 22 février 2022, une photo d’un char de guerre à Donetsk, prise dans la nuit de lundi 21 à mardi 22 février, sur le fond noir de laquelle ressort en blanc le titre d’un article : «Ukraine : le défi de Moscou».

    En sous-titre sur la première page du quotidien du Vatican, dans son édition en italien : « Poutine reconnaît les républiques séparatistes et envoie des “troupes de paix“ dans le Donbass. L’ONU déplore cette décision. UE et USA annoncent des sanctions ».

    Voici notre traduction de l’article de L’Osservatore Romano en italien en date du 22 février.

    Ukraine : le défi de Moscou 

    Poutine reconnaît les républiques séparatistes et envoie des “troupes de paix“ dans le Donbass.

    L’ONU déplore cette décision. UE et USA annoncent des sanctions

    La situation dans l’est de l’Ukraine se détériore de façon dramatique. Dans un geste inattendu, après un Conseil de la Fédération russe inédit, diffusé en direct à la télévision, et un rare discours à la Nation, le président russe Wladimir Poutine a d’abord annoncé hier soir la reconnaissance de l’indépendance des deux républiques séparatistes autoproclamées de l’Ukraine orientale, Donetsk et Lugansk, pour donner ensuite l’ordre d’envoyer des troupes dans la région du Donbass, dans le but, selon la version du Kremlin, de « garantir la paix ».

    Cette décision a pris par surprise les diplomates européens et américains, car elle est arrivée au terme d’une journée où des lueurs de dialogue semblaient s’être réveillées, avec l’annonce d’un sommet entre Biden et Putin, qualifié par la suite de prématuré par le Kremlin, mais qui se référait à une rencontre déjà prévue pour jeudi, entre le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Lavrov. Ce dernier a confirmé qu’il souhaitait maintenir cette rencontre, si l’autre partie pensait y participer. En somme, une porte ouverte au dialogue, mais les cartes sur la table ont complètement changé.

    Poutine a donc choisi de forcer la main, officialisant ce qui était déjà dans les faits sur le terrain, bien conscient des conséquences d’une telle décision. « Je crois qu’il est nécessaire de prendre une décision attendue depuis longtemps : reconnaître immédiatement l’indépendance et la souveraineté de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lugansk », a dit le président, avant que la télévision d’Etat ne le montre lors de la cérémonie officielle de la signature des « traités d’amitié et d’assistance mutuelle » avec les chefs des séparatistes, Leonid Pasechnik et Denis Pushilin.

    La reconnaissance prévoit également la possibilité d’assistance militaire à la demande des chefs rebelles, comme cela s’est déjà produit ces derniers jours. Ce n’est pas par hasard que le président russe a invité Kiev à cesser immédiatement les « opérations militaires » contre les séparatistes pro-russes, « sinon, a-t-il précisé, toute la responsabilité d’une nouvelle effusion de sang retombera sur la conscience du régime ukrainien ».

    Poutine a justifié sa décision – qu’il a qualifiée d’ « absolument nécessaire » – par le fait que, selon lui, les autorités de Kiev n’ont pas l’intention de faire avancer une solution diplomatique dans le Donbass. Le chef du Kremlin a ajouté que l’Ukraine « n’a pas de véritable tradition de Nation » et qu’aujourd’hui, elle est « une marionnette dans les mains des Etats-Unis » qui, pour leur part, avec l’expansionnisme de l’Otan, « ne visent qu’à contenir la Russie ».

    « Nous n’avons pas peur de la Russie », a été la réplique immédiate du président ukrainien, Volodimyr Zelensky, réaffirmant dans un discours à la Nation que Kiev ne cèdera pas « un seul morceau » du pays.

    Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité à New York, les Nations Unies ont souligné qu’en Ukraine, « le risque d’un grand conflit est réel et doit être évité à tout prix », avec le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, qui a parlé d’une violation contraire à la Charte de l’Onu.

    Aux craintes exprimées par les Nations Unies, s’ajoute la ferme condamnation de l’Occident. Les Etats-Unis – qui ont, pendant la nuit, déplacé leurs diplomates en Pologne, par sécurité – ont déjà annoncé les premières sanctions sur les investissements et le commerce dans le Donbass, auxquelles s’en ajouteront « évidemment d’autres ». Pour Washington, ce coup porté par la Russie n’a pas été seulement « une attaque contre l’Ukraine », mais « une attaque contre la souveraineté de tous les Etats membres de l’Onu », qui aura des conséquences rapides et graves.

    L’Union européenne se prépare également aujourd’hui à émettre des sanctions, avec le président en exercice, le Français Emmanuel Macron qui, pour le moment, a parlé de mesures « ciblées ». Mais entretemps, l’Allemagne a annoncé qu’elle avait interrompu le processus de certification du gazoduc Nord Stream 2. Bruxelles a réaffirmé dans une note son « soutien sans faille » à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine, qualifiant d’ « illégal » le geste de Poutine. Londres a également condamné la décision et a fait savoir qu’il y aurait aujourd’hui de nouvelles restrictions économiques à l’encontre de la Russie.

    De la Chine, en revanche, est arrivée une invitation à la modération. « Tous les pays, a it l’ambassadeur à l’Onu, Zhang Jun, devraient résoudre les controverses avec des moyens pacifiques conformes à la Charte des Nations Unies ». Zhang a encouragé à chercher « une solution diplomatique et le dialogue », mais n’a exprimé aucun soutien à la reconnaissance du Donbass par Moscou.

    La perspective d’une solution pacifique à la crise dans l’est de l’Ukraine, et en général au bras de fer de plus en plus dur qui oppose depuis des mois la Russie et l’Occident, semble donc s’éloigner, mais sans disparaître complètement. Poutine n’est pas opposé à voir Biden, mais il faut auparavant établir les objectifs du sommet, a fait remarquer Lavrov. Il reste maintenant à comprendre si ces objectifs seront partagés par les Etats-Unis, qui devront d’ici là faire savoir si Blinken participera jeudi à la rencontre avec Lavrov.

  • Ukraine : comment le maître du Kremlin réécrit le roman officiel

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    Recueilli par Emmanuelle Giuliani sur le site du journal La Croix :

    Crise ukrainienne : « Vladimir Poutine réécrit le roman national officiel » 

    Entretien

    L’historien Nicolas Werth décrypte la manière dont Vladimir Poutine se saisit des relations complexes entre la Russie et l’Ukraine pour justifier sa politique.

    22/02/2022

    La Croix : Comment Vladimir Poutine s’empare-t-il de l’Histoire pour en faire une légitimation de sa politique en Ukraine ?

    Nicolas Werth : Depuis quelques années, Vladimir Poutine s’emploie plus que jamais à réécrire le roman national officiel. Il n’est qu’à voir les amendements constitutionnels édictés en 2020, où il est dit que la Fédération de Russie protège « la vérité historique », concept délicat s’il en est. Il s’agit de célébrer les pages glorieuses, notamment durant la Seconde Guerre mondiale. Dans la Constitution également, on peut lire qu’il est interdit de critiquer la gloire militaire de la Russie ou l’héroïsme du peuple russe.

    Cette nouvelle idéologie historique insiste sur la manière dont les Ukrainiens ont été « contaminés » par le fascisme, au prétexte qu’un noyau nationaliste dans l’ouest du pays avait, en effet, fait le mauvais choix de la complaisance à l’égard du IIIe Reich et que l’Ukraine fut un territoire de l’extermination des juifs. La doxa officielle fait ainsi reposer sur les Ukrainiens d’aujourd’hui ce soupçon de fascisme.

    Vladimir Poutine insiste aussi sur l’aspect artificiel et de « construction » de la nation ukrainienne…

    N. W. : En insistant sur la diversité des populations, des langues, des religions, il essaie en effet de montrer que cette hétérogénéité ukrainienne justifie son interventionnisme. C’est l’argument classique pour dépecer une nation qui, au fil de son histoire mouvementée, a évidemment agrégé des réalités différentes.

    J’y retrouve, avec beaucoup d’inquiétude, les arguments de Hitler pour envahir la Tchécoslovaquie en 1938, sous prétexte de protéger la minorité germanophone des Sudètes… N’oublions pas que, malgré cette diversité réelle, l’Ukraine a massivement voté pour son indépendance lors de l’éclatement de l’URSS, y compris l’est du pays.

    Pourquoi une telle « fixation » sur l’Ukraine ?

    N. W. : Les liens entre les deux pays sont multiséculaires. L’Ukraine fut le berceau de la civilisation russe, et Kiev, la première capitale slave avant Moscou. Cette relation fondamentale s’est écrite au fil d’unions et de désunions jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, où, à la suite de la révolution de 1848, une revendication de l’identité nationale s’est affirmée en Ukraine comme ailleurs en Europe.

    Après la révolution de 1917, l’idée était insupportable aux bolcheviks de perdre l’Ukraine, région riche, dotée d’une paysannerie dynamique. D’où la terrible répression des tentatives d’autonomisation, en particulier la famine de 1932-1933, que les Ukrainiens ont vécue comme une volonté des Russes de les affamer à mort. Souvenir encore vivace aujourd’hui et qui peut, lui aussi, être instrumentalisé dans les discours antirusses…

    Vladimir Poutine martèle que Russie et Ukraine sont indissociables, dans le déni de la manière dont cette dernière s’est écartée de plus en plus du grand frère depuis 1991. Il refuse d’admettre que l’unité de cette diversité ukrainienne s’est plutôt bien réalisée, comme le montrent, par exemple, les mariages mixtes entre Russes et Ukrainiens. Le pouvoir russe préfère instrumentaliser les tensions comme on le voit à la télévision avec ces images en boucle de civils fuyant le soi-disant « génocide » fomenté par les Ukrainiens dans le Donbass.

    La méconnaissance de l’Histoire par les citoyens russes – qui ne sont certes pas les seuls dans ce cas ! – permet de propager tranquillement des énormités historiques, renforcées par la culture de l’héroïsme déjà évoquée. Vladimir Poutine en use et en abuse.

  • Soljenitsyne: "La question ukrainienne est une des plus dangereuses pour notre avenir"

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       Pour faire quelque peu contrepoids au choeur russophobe que le complexe politico-médiatique nous fait entendre à jets continus, il n'est pas sans intérêt de relire les pages qu'un des témoins et auteurs majeurs de notre temps, à savoir Alexandre Soljenitsyne, consacra à la question ukrainienne il y a plusieurs décennies déjà...

       Ayant des racines partiellement ukrainiennes, par son grand-père et sa grand-mère maternelle, Soljenitsyne a connu et aimé dès son enfance les chansons et les paysages ruraux ukrainiens.  "La question ukrainienne est une des plus dangereuses pour notre avenir, prévenait-il dans ses Esquisses d'exil, écrites en 1978, publiées en 1998, elle risque de nous porter un coup sanglant au moment même de notre libération, et nos esprits, des deux côtés, y sont mal préparés". Malgré le souvenir des épreuves communes, "il sera très difficile de ramener le dialogue à la raison" (trad. Fayard, p. 264). Ailleurs dans le même ouvrage, le Prix Nobel de littérature écrit que "réaliser l'amitié entre les Ukrainiens et les Russes, je ressens cela comme ma tâche de toujours" (p. 242). Pendant les années d'exil, il multiplia à cette fin les rencontres avec des Ukrainiens de la diaspora.

       Dans Comment réaménager notre Russie ?, paru en 1990, peu après la fin de règne du Parti communiste mais avant l'effondrement de l'Union soviétique (les deux n'étaient nullement liés),  Alexandre Issaïevitch rappelle la provenance commune des Russes, des Biélorusses et des Ukrainiens, unis au sein de l'Etat de Kiev (ou Rous de Kiev) du IXè au XIIIè siècles, et désunis ensuite par l'invasion mongole et l'hégémonie polono-lituanienne, jusqu'aux retrouvailles au sein de l'Empire des tsars au XVIIè siècle, sans pour autant jamais perdre leur culture et leurs références politiques communes. Les trois entités présentent aussi des singularités, certes, mais "c'est une imposture de fabrication récente qui fait remonter presque jusqu'au IXè siècle l'existence d'un peuple ukrainien distinct, parlant une langue différente du russe. Nous sommes tous issus de la précieuse ville de Kiev…" (trad. Fayard, p. 19). Aussi Soljenitsyne préconisait-il - et il l'avait déjà fait dans des déclarations publiques bien antérieures - de donner leur indépendance aux douze républiques soviétiques non slaves, et de constituer "une communauté féconde" entre les trois républiques réunissant majoritairement les Slaves de l'Est, en veillant à y assurer "l'intégrité de chacune des cultures" et "la conservation de chacune des langues", en ce compris des minorités non slaves (p. 13).

       Relatant, dans les Esquisses d'exil, ses échanges avec des intellectuels ukrainiens, l'auteur de L'archipel du Goulag fait état des avis divergents qu'il a pu rencontrer. Mais l'un de ses interlocuteurs, qui abondait dans son sens, fit remarquer à ses compatriotes que quand Symon Petlioura constitua en 1918 une armée indépendantiste ukrainienne, il ne mobilisa guère que 30.000 hommes. Les autres restèrent tranquillement chez eux. La soi-disant indépendance de l'Ukraine en 1918 ne fut guère qu'un artifice (p. 264).

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  • Avortement : quand Malte dit non à l'Europe

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Avortement : Malte dit non à l’Europe

    21 février 2022

    Dans son rapport publié le 14 février, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, a à nouveau reproché à Malte sa politique en matière d’avortement. Elle a appelé ses autorités à élaborer une nouvelle règlementation en la matière. L’avortement est totalement interdit à Malte (cf. Avortement à Malte : le président prêt à démissionner). Mais « aucune mise en accusation liée à des avortements illégaux n’a eu lieu depuis 2015 ».

    Répondant aux remarques de la commissaire, le gouvernement maltais a fait remarquer qu’« aucune femme nécessitant un traitement ne se l’est vu refuser ». « Si la vie de la mère est en danger, tous les efforts sont faits pour sauver les deux vies, et le principe du double effet s’applique (comme dans le cas d’une grossesse extra-utérine) », a précisé le gouvernement. « Aucun décès maternel n’a été enregistré au cours des dix dernières années », indique-t-il.

    Toutefois, « décider si l’avortement doit faire partie d’une gamme de services de santé sexuelle et reproductive au niveau national » relève de « la compétence des Etats membres », rappelle le gouvernement maltais.

    Sources : Malta Today, Kurt Sansone (15/02/2022) ; The Malta Independent (15/02/2022)

  • Le dernier jour pour approuver la proposition #ONEOFUS sur la plateforme "Conférence sur l'avenir de l'Europe"

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    #AbortionEurope : Tous ceux qui croient en la dignité de chaque être humain dès sa conception doivent se mobiliser. Vous êtes invité à approuver la proposition #ONEOFUS sur la plateforme "Conférence sur l'avenir de l'Europe" ⤵️
     https://futureu.europa.eu/processes/ValuesRights/f/12/proposals/152329

    Image

    #AbortionEurope, today is the last day to support @oneofuseu on the platform Conference on The Future of Europe.
    Go to ↘️https://futureu.europa.eu/processes/ValuesRights/f/12/proposals/152329… and click on "Endorse"

  • Croatie et Bulgarie : un dépeuplement catastrophique

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    De Vatican News :

    Dépeuplement confirmé pour la Croatie et la Bulgarie

    Les résultats des recensements de population menés en Croatie et Bulgarie en 2021 ont été récemment dévoilés ; ils confirment un effondrement démographique, auquel les gouvernements de ces pays balkaniques tentent d’apporter des solutions.

    Les chiffres publiés s’avèrent encore plus inquiétants qu’escomptés. En 10 ans, la Croatie a perdu 9% de sa population, estimée aujourd’hui à quelque 3,9 millions d’habitants - soit au même niveau qu’en 1948. Même constat en Bulgarie, qui accuse pour sa part une baisse de 11% de la population (6,52 millions d’habitants en 2021 contre 9 millions en 1985).

    Cette pratique décennale du recensement confirme en réalité une tendance observée dans ces pays depuis les années 1990, moment qui marque leur sortie de l’orbite soviétique et dans le même temps, le début d’une vague d’émigration vers l’Ouest. S’y ajoute ensuite une baisse continue du taux de natalité. C’est précisément la conjugaison de ces deux facteurs qui explique cette chute démographique, partagée par d’autres États des Balkans, d’Europe centrale et orientale.

    Le vieillissement de la population, comme le départ de nombreux jeunes et de travailleurs non-qualifiés ne sont pas sans générer des conséquences sociales et économiques problématiques pour ces pays. Aussi, leurs gouvernements tentent-ils d’enrayer ce phénomène en promouvant des politiques de natalité ou en incitant au retour, sans grand résultat.

    L’analyse de Svetlana Dimitrova, docteure en sociologie, associée à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), spécialiste des Balkans.

    Entretien avec la sociologue Svetlana Dimitrova :
  • Et pourquoi pas une Ukraine "neutre" ?

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    De Henrik Lindell sur le site de l'hebdomadaire La Vie :

    La neutralité de l'Ukraine, une piste évoquée pour sortir de la crise

    Pour tenter d'apaiser une situation militaire et diplomatique tendue entre la Russie et l'Occident, l'idée d'une « finlandisation » de l'Ukraine est évoquée. Mais que recouvre exactement ce terme, né pendant la guerre froide ? Et quelles seraient les implications de sa mise en œuvre ?

    18/02/2022

    Le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine et à l’Occident fait inévitablement penser, jusqu’aux mots employés, à l’ambiance du début de la guerre froide. Quelque 150 000 militaires russes massés aux frontières ukrainiennes font peser une menace terrible sur un pays indépendant.

    L'Ukraine souhaite se rapprocher de l’Occident qui, face au grand voisin de l’Est, se remobilise aussi militairement. On croirait presque au rétablissement des deux blocs du temps de la guerre froide. Le besoin d’un nouvel équilibre se fait sentir, car chacun sait que l’invasion de l’Ukraine par la Russie aurait des conséquences incalculables, une troisième guerre mondiale n’étant pas exclue.

    Des pistes de sortie de crise envisagées

    Dans ce contexte, quelle serait la solution ? Là encore, on convoque des concepts nés de la guerre froide. Alors que Moscou craint surtout l’intégration de l’Ukraine à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) – ce à quoi aspire Kiev –, le plus simple serait que l’Ukraine reste en dehors des alliances militaires et qu’elle soit « neutre ». Une telle attitude, propre aux États tampons situés entre deux camps, évoque ce qu’on appelle, en politique internationale, une « finlandisation » .

    Nombre de dirigeants et de spécialistes ont avancé cette idée. Emmanuel Macron lui-même aurait confirmé le 7 février, dans l’avion qui le conduisait à Moscou, que celle-ci faisait partie des « modèles qui sont sur la table », au grand dam de l’Ukraine. Il a par la suite démenti avoir envisagé une telle perspective, mais celle-ci fait son chemin et depuis longtemps.

    L’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine plaide pour cette solution, comme l’ont fait, avant lui, deux grands acteurs de la politique étrangère américaine durant la guerre froide : l’ancien secrétaire d’État Henry Kissinger sous Richard Nixon et feu Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter. Les trois comptent, encore aujourd’hui, parmi les géopoliticiens les plus expérimentés et les plus respectés du monde.

    Un concept aux relents de guerre froide

    Mais qu’est-ce que la « finlandisation » exactement ? Le terme renvoie à la situation particulière, à partir des années d’après-guerre, de la Finlande, petit pays alors voisin de l’imposante Union soviétique, et à la politique de neutralité, pragmatique ou forcée, c’est selon. On peut étendre la signification de cette notion à l’influence qu’un pays puissant peut exercer sur les choix politiques d’un pays voisin moins puissant.

    On peut retenir aussi une connotation purement péjorative pour évoquer le choix discutable d’un État pusillanime qui se plie trop volontiers aux exigences de son puissant voisin. Ainsi les dirigeants du Parti chrétien-démocrate allemand, la CDU, qui se moquaient de l’Ostpolitik (la normalisation des relations avec l’Europe de l’Est) du social-démocrate Willy Brandt dans les années 1970, la qualifiant de « finlandisation » de l’Allemagne de l’Ouest. Sauf que ce pays n’a guère fait de concessions humiliantes au Pacte de Varsovie, qui liait militairement les pays d’Europe de l’Est à l’URSS. Mais c’est dans ce contexte que le mot fut forgé.

    Pour bien comprendre ce qu’impliquerait une finlandisation proprement dite de l’Ukraine, dont la situation face à la Russie pourrait vaguement évoquer celle de la Finlande il y a 70 ans, il vaut mieux s’en tenir à une définition stricte.

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  • Comment les Juifs d’Europe résistent à la sécularisation

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Miracle, les Juifs d’Europe résistent à la sécularisation. Et plus ils sont jeunes, plus ils sont religieux

    La vague de sécularisation n’épargne pas l’Occident, et encore moins l’Europe. Partout, les croyants diminuent et les personnes sans religion augmentent. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. En Europe, les Juifs avancent à contre-courant. Chez eux, la foi en Dieu et la pratique religieuse augmentent, au lieu de diminuer. Particulièrement chez les plus jeunes, là aussi à l’inverse de la tendance générale.

    Cette exception singulière a été mise en lumière par un véritable phare de la sociologie et de la démographie, le professeur Sergio Della Pergola, 79 ans, professeur émérite de l’Université juive de Jérusalem qui, en compagnie d’un autre grand spécialiste, L. Daniel Staetsky, a mené pour l’Institute for Jewish Policy Research une vaste recherche intitulée : « The Jewish identities of European Jews – What, why and how », achevée en décembre 2021 et qui s’appuie à son tour sur d’autres enquêtes précédentes, toutes disponibles sur le web en version intégrale.

    Le professeur Della Pergola a présenté les principaux résultats de ses recherches dans une interview à Moked, le portail du judaïsme italien. Les Juifs Européens, dit-il, « sont davantage enclins à s’identifier à une minorité religieuse plutôt qu’ethnique ». En effet, la religion est le premier élément identitaire pour 35% d’entre eux, suivie par la parenté pour 26%, par la culture pour 11%, par la tradition pour 10% et par l’ethnie pour 9%.

    Si l’on divise les sondés selon leurs orientations respectives, 5% se déclarent « haredim », c’est-à-dire ultra-orthodoxes comme, par exemple, les « hassidim », 8% se déclarent orthodoxes, 25% attachés à la tradition, 15% réformistes et 38% « simplement Juifs », 8% ne s’identifient à aucun courant spécifique, et 5% sont identifiés comme « mixed », divers.

    Pourtant, une bonne partie d’entre eux déclare ne jamais fréquenter la synagogue, ne pas manger cacher et ne pas observer le sabbat.

    Mais attention, il ne s’agit que de données générales. Si l’on décompose les résultats par pays et par tranche d’âge, les choses sont bien différentes.

    Dans le graphique ci-dessous, par exemple, on voit comment l’adhésion aux courants plus orthodoxes du judaïsme croît au fut et à mesure que l’âge diminue, avec les pics les plus hauts chez les « millennials », c’est-à-dire chez les jeunes de 16 à 29 ans.

     

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  • Les raisons pour lesquelles la Russie n'envahira pas l'Ukraine

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    De Gianandrea Gaiani sur le Daily Compass :

    Raisons pour lesquelles la Russie n'envahira pas l'Ukraine

    16-02-2022

    Bien que l'administration Biden, 17 agences de renseignement américaines et le Pentagone n'aient cessé de tirer la sonnette d'alarme, depuis décembre dernier, quant à l'invasion imminente de l'Ukraine par la Russie, la perspective que Vladimir Poutine ordonne la prise de contrôle de l'ancienne république soviétique est très éloignée, si ce n'est une fiction politique.

    L'alarmisme américain semble suivre le rythme permanent de la propagande, non sans résultats ridicules : en décembre dernier, Washington a cru qu'une attaque en janvier était inévitable, puis l'a reportée à février, puis après la fin des Jeux olympiques d'hiver de Pékin (un hommage de Poutine à Xi Jinping), jusqu'à il y a quelques jours, lorsque les mêmes sources de renseignement américaines ont révélé que les troupes russes étaient désormais prêtes à 70% à envahir l'Ukraine. Pourtant, Moscou, qui n'a jamais menacé d'envahir l'Ukraine, n'a aucun intérêt à déplacer ses troupes à Kiev ou dans d'autres États voisins. Au contraire, elle a toujours fermement démenti l'hypothèse d'une invasion poussée en Occident. Il est paradoxal d'accuser les Russes de déployer 100 000 soldats sur leur propre territoire ou dans la Biélorussie voisine et alliée pour des exercices, alors que des milliers de soldats américains et européens sont déployés (et d'autres affluent) dans les républiques baltes, en Pologne, en Roumanie ou en Bulgarie. En outre, des centaines de conseillers militaires américains, britanniques, canadiens et polonais se rangent désormais du côté des forces de Kiev, qui ne fait pas partie de l'OTAN mais reçoit une aide militaire substantielle de l'Occident.

    L'invasion d'une nation européenne de 44 millions d'habitants, dont un quart possède la double nationalité russe et ukrainienne, aurait des coûts financiers prohibitifs, sans parler des pertes militaires et des coûts d'occupation ultérieurs. La population ukrainienne est peut-être la plus pauvre d'Europe et Moscou devrait assumer cette responsabilité en occupant une nation dépourvue de ressources et qui devrait être dotée de centaines de milliers de soldats et de policiers. Pour les Russes, ce n'est pas comparable à l'envoi de quelques milliers de soldats et de quelques dizaines d'avions et d'hélicoptères en Syrie pour aider Bachar Assad.

    Les coûts militaires et financiers de l'invasion et de l'occupation prolongée de l'Ukraine avec les sanctions internationales qui seraient sollicitées par les USA et l'OTAN et le blocage définitif des exportations de gaz vers l'Europe ne sont pas compatibles avec la stratégie de Moscou ni avec ses ressources économiques. Le PIB russe est égal à celui de l'Espagne et Moscou dépense moins d'un septième des Etats-Unis et un douzième de l'ensemble de l'OTAN pour sa défense. Néanmoins, les Russes demandent que leurs besoins liés à la sécurité de leurs frontières occidentales soient reconnus.

    Bien que les Anglo-Américains et tous les États membres de l'OTAN aient exclu d'envoyer leurs soldats en Ukraine en cas d'invasion russe, il suffit de comparer une carte de l'Europe de 1990 avec celle d'aujourd'hui pour constater que, depuis la chute de l'URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie, ce ne sont pas les Russes qui ont avancé vers le Rhin, mais l'OTAN qui s'est étendue vers l'est jusqu'aux frontières russes, menaçant également d'incorporer deux anciennes nations soviétiques comme l'Ukraine et la Géorgie. De tels développements sont inacceptables pour la Russie, qui conteste depuis des années les bases de missiles américaines, en Pologne et en Roumanie, qui devrait défendre l'Europe contre la menace des missiles balistiques iraniens, au lieu d'employer des lanceurs verticaux capables de tirer des missiles de croisière qui peuvent atteindre Moscou en quelques minutes.

    Moscou ne veut donc pas la guerre mais, à l'avenir, l'éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ou le déploiement de troupes de combat américaines et alliées sur le sol ukrainien ne laisserait guère d'alternatives à la Russie.

    Dans une telle éventualité, qui ne serait certainement pas dans l'intérêt de l'Europe, les Russes pourraient évaluer une offensive s'étendant jusqu'au fleuve Dniepr, frontière naturelle entre l'Ukraine occidentale et orientale, dans le but d'obtenir une bande de terre stratégique et qui éloignerait l'OTAN de quelques centaines de kilomètres de Moscou (la capitale russe est à 500 kilomètres de la frontière ukrainienne).

    Cependant, la possibilité de guerre la plus crédible est peut-être le risque d'une attaque ukrainienne qui, avec l'aide de l'OTAN, tenterait de reconquérir les provinces rebelles du Donbass. La réponse de Moscou serait inévitable, peut-être à une échelle limitée, et peut-être pas seulement limitée à repousser les troupes de Kiev visant à conquérir Marioupol, sur la mer d'Azov, pour réaliser une continuité territoriale entre le Donbass et la Crimée annexée par la Russie en 2014.

    Il est toutefois peu probable que le gouvernement de Kiev, où le mécontentement monte, pour la façon dont la pression de la propagande de Washington attise la crise, et dont les Ukrainiens seront les premiers à en payer le prix, offre à Moscou un prétexte pour étendre les territoires ukrainiens aux mains des Russes pro-rebelles. Un développement militaire qui ébranlerait également la crédibilité militaire résiduelle et la stabilité politique de l'OTAN, marqué par la défaite cuisante subie contre les talibans en Afghanistan, humiliant même l'UE, incapable de faire face à la grave crise à ses frontières orientales.