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Europe - Page 53

  • De la haine de soi à l'Empire Céleste à venir

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    De Paolo Piro sur le site de l'Observatoire International Cardinal Van Thuan sur la Doctrine Sociale de l'Eglise :

    DE LA HAINE DE SOI À L'EMPIRE CÉLESTE À VENIR

    Alors que l'Occident s'auto-flagelle pour ses crimes historiques contre l'humanité, la puissance chinoise envahit le monde. L'empire céleste est engagé dans l'auto-dissémination. En Chine, ce dont Lénine a rêvé et qu'il a essayé d'établir est en train de se produire. Un état de surveillance totale, omniprésente et capillaire, un modèle socio-politique que la Chine propose au monde entier, démontrant l'efficacité décisive de la puissance publique, dans la circonstance du covid19. En 1989, Francis Fukuyama prophétisait l'imminence de la "fin de l'histoire". Après l'effondrement du communisme soviétique et la fin de la guerre froide, la démocratie libérale et le capitalisme seraient destinés à prévaloir dans toutes les nations de la planète. Aujourd'hui, nous constatons que cette prédiction était erronée. Après 30 ans, la Chine se présente comme une alternative aux démocraties libérales occidentales avec sa société disciplinée, parfaite et super high-tech. Le premier État numérique de l'histoire, un marché libre mais non libéral en plein développement, bref, un prototype du "Nouveau Monde" dans le style d'Aldous Huxley. Une réalité étatique de style impérial, dans laquelle on peut être prospère sans être libre, "un marché libre pour des personnes non libres".  Les élites occidentales pensaient que le libéralisme et le mondialisme chinois iraient nécessairement de pair. Mais, tout comme 500 hommes ne font pas un mille-pattes, une Chine prospère et capitaliste ne se transformera pas spontanément en démocratie.

    Le meilleur de la production occidentale, les joyaux de l'Ouest, notre technologie, ont été délocalisés en Chine. Le résultat a été une augmentation de 90 % du PIB de la Chine. Au contraire, le pouvoir du Parti communiste a été renforcé, structuré et technologisé, et il dispose aujourd'hui d'un leader absolu, Xi Jinping, qui, pour la première fois depuis l'époque de Mao, a rassemblé en sa seule personne tout le pouvoir du parti, politique et militaire. Un empereur calme et rassurant qui a l'habitude de répéter : " Le développement de la Chine ne se fera pas au détriment des autres pays et Pékin ne cherchera pas l'hégémonie mondiale " (discours du 18/12/2018).

    Dans ce contexte, la volonté d'expansion géopolitique de la Chine a reçu une impulsion majeure, la route de la soie fascine et conquiert. L'Europe est faible, elle s'autodémolit, se dénationalise, se divise entre peuples et élites, avec une complication majeure, la multiplication des enclaves musulmanes. L'Islam ne peut être intégré pour la simple raison qu'il est lui-même une nation, l'Umma, la nation juste. Dans un cadre d'autodémolition des réalités nationales, le remplacement est déjà là, prêt, l'Umma n'est pas optionnelle, elle est inhérente à l'Islam, non réductible à la pluralité des manières dont les musulmans vivent leur Islam. Une fresque dans laquelle la Chine est de plus en plus sûre d'elle, l'Europe moins.  

    Alors que l'idéologie progressiste érode l'Europe et que l'Église catholique est en proie à une crise d'époque, le mariage de Lénine avec Confucius donne aux Chinois un supplément d'âme, l'âme nationaliste que le colonialisme occidental avait humiliée dans la première moitié du XXe siècle. En même temps, la Chine est, pour les États-Unis, un problème militaro-économique que l'UE ne veut pas reconnaître parce que son progressisme, son multiculturalisme suicidaire aveugle, nie la possibilité d'avoir des ennemis, au point de nier la réalité même des faits et de rechercher des formes de compromis et de coexistence.

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  • L’intégration de l’avortement à la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : une réelle menace ?

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    De Gènéthique magazine :

    L’avortement peut-il menacer l’Europe ?

    27 janvier 2022

    Le 19 janvier dernier, Emmanuel Macron s’est prononcé devant le Parlement européen pour présenter les objectifs de la Présidence française de l’Union Européenne (PFUE) récemment ouverte. Alors qu’il avait annoncé en décembre la construction d’une «  Europe humaine » il a fait peser mercredi dernier une lourde menace sur le droit à la vie (cf. Intégrer le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE ?).

    La reconnaissance du droit à l’avortement derrière la lutte pour l’Etat de droit

    Dès l’ouverture de sa déclaration, le président de la République a précisé sa volonté de promouvoir les valeurs de l’UE, notamment en intégrant à la Charte des droits fondamentaux la reconnaissance du droit à l’avortement.

    « La présidence française sera une présidence de promotion des valeurs qui […], à force d’être considérées comme des acquis ont peut-être fini ces dernières années, par se fragiliser. Nous sommes cette génération qui redécouvre la précarité de l’Etat de droit et des valeurs démocratiques ». Par ces allégations, Emmanuel Macron vise particulièrement des Etats pointés du doigt depuis quelques années, considérés par beaucoup de responsables politiques français comme les « vilains petits canards » de l’Europe car trop conservateurs sur l’enjeu de l’avortement notamment. Sont visés sans équivoque la Pologne et la Hongrie (cf. Avortement : la Pologne toujours dans la ligne de mire de l’Europe).

    Sans sourciller, Emmanuel Macron fait le lien entre la lutte pour l’Etat de droit et la concrétisation du droit à l’avortement comme valeur de l’Europe.

    « La fin de l’Etat de droit, c’est le règne de l’arbitraire. La fin de l’Etat de droit, c’est le signe du retour aux régimes autoritaires, au bégaiement de notre histoire. Oui, derrière tout cela, il y a un combat idéologique. Ce combat est d’ailleurs porté par plusieurs puissances autoritaires à nos frontières et il revient chez plusieurs de nos pays. Nous voyons cette révolution à l’œuvre qui vient saper les fondements mêmes de notre histoire ».

    « Dans cet esprit, je souhaite que l’on consolide nos valeurs d’Européens qui font notre unité, notre fierté et notre force. Vingt ans après la proclamation de notre Charte des droits fondamentaux, qui a notamment consacré l’abolition de la peine de mort partout dans l’Union, je souhaite que nous puissions actualiser cette charte, notamment pour être plus explicites sur la protection de l’environnement ou la reconnaissance du droit à l’avortement ».

    A croire que les « fondements de notre histoire » sont la promotion et la survalorisation du droit à l’avortement. Malheureusement, le président semble oublier que l’avortement n’a aucun rapport avec l’Etat de droit, qu’il faut bien sûr conserver en Europe. Au contraire, ce qui a réuni et pourra réunir les Etats européens, c’est d’abord la protection de la vie humaine. Le droit à la vie est d’ailleurs consacré à l’article 2 de la Charte des droits fondamentaux, mais qu’en est-il du droit de supprimer des vies in utero ? Jamais aucun pays n’a fondé une alliance sur un tel principe.

    L’intégration de l’avortement à la Charte des droits fondamentaux : une réelle menace ?

    Déclaration choc d’Emmanuel Macron, mais est-ce une proposition concrètement réalisable ? Pour y répondre, il convient de préciser plusieurs éléments.

    La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne est devenue juridiquement contraignante le 1er décembre 2009[1]. Par conséquent, la Charte fait partie du droit primaire de l’Union : en tant que telle, elle permet de contrôler la validité du droit dérivé de l’UE et des dispositions prises par les Etats membres.

    Pour modifier la Charte des droits fondamentaux, comme le propose Emmanuel Macron, il faut passer par ce qu’on appelle la « procédure de révision simplifiée », c’est-à-dire obtenir l’unanimité du Conseil européen (qui se compose de tous les chefs d’Etat des Etats membres de l’UE) après consultation de la Commission et du Parlement. De telles modifications n’entrent en vigueur (donc ne sont contraignantes) que si elles ont été ratifiées par tous les pays de l’UE.

    Il s’agit donc d’une procédure exigeante, puisqu’il faut l’unanimité des Etats membres, d’autant plus qu’on sait le désaccord important de certains pays de l’UE sur ces questions éthiques liées à l’avortement.

    En effet, la position de la Pologne, de la Hongrie et de Malte ne sont pas à prouver quant au droit à l’avortement (cf. Avortement à Malte : le président prêt à démissionner) ; et il suffirait d’un seul refus pour voir cette ambition d’Emmanuel Macron s’évaporer.

    Néanmoins, la menace n’est pas si facilement éloignée :

    D’une part, le Parlement peut tout-à-fait parvenir à l’unanimité : il faut compter sur le jeu de pression des échanges politiques et économiques des Etats entre eux. Les pays susceptibles de s’opposer à cette modification sont suffisamment pointés du doigt et risquent de telles sanctions financières sur d’autres points qu’il n’est pas impossible de les faire changer d’avis. Ils ne sont pas en position de force (cf. Loi sur le genre : La Hongrie et la Pologne mises en demeure par l’Europe).

    D’autre part, les Etats membres peuvent ratifier un changement de traité tout en maintenant pour eux un droit de réserve. C’est déjà le cas pour Malte par exemple. Ainsi, les quelques pays qui refuseraient de se voir imposer le droit à l’avortement comme valeur fondamentale de l’UE peuvent y opposer un droit de réserve. Aucun obstacle ne se dresserait donc plus devant l’intégration de l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE : elle se situe d’abord là, la menace pour l’avenir de l’Europe.

    Il faut donc prendre au sérieux ces propos puisque, au-delà de la force symbolique de cette proposition, la promotion de l’avortement ne s’arrêtera pas à la perspective de son intégration dans la Charte des droits fondamentaux.

    [1] Article 6§1 TUE : « L’Union reconnaît les droits, les libertés et les principes énoncés dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne […], laquelle a la même valeur juridique que les traités ».

  • Motu proprio sur la liturgie : « Pourquoi chercher à éradiquer une mouvance qui est une source précieuse de conversions ? »

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    16-novembre-2013-messe-action-grace-latin-selon-missel-romain-1962les-25-Fraternite-Sacerdotale-Saint-Pierre-presidee-Abbe-Vincent-Ribeton-leglise-Saint-Sulpice-Paris_0.jpgA propos d’un motu proprio qui ne passe décidément pas la rampe :  tribune du journaliste et écrivain Laurent Dandrieu dans le journal « La Croix » du 25 janvier 2021 :

    « TRIBUNE. Le débat continue autour du motu proprio Traditionis Custodes du pape François dans les colonnes de La Croix. Pour le journaliste et écrivain Laurent Dandrieu, le rite ancien ne sent pas le renfermé mais est au contraire « éminemment missionnaire » et à la source de « nombre de vocations » dont l’Église a tant besoin.

    Dans une tribune publiée le 27 décembre dans La Croix, Mgr François Blondel s’en prend aux catholiques traditionalistes. Sa thèse est résumée dès le titre : la « violence réactionnaire » de leurs réactions au motu proprio Traditionis Custodes du pape François montre tout le bien-fondé de celui-ci. Notons que Mgr Blondel ne donne aucun exemple de cette « violence réactionnaire » : pour notre part, nous avons entendu des réactions blessées, un fort sentiment d’injustice, beaucoup d’incompréhension, de la colère même, mais rien qui puisse justifier cette expression.

    Une sorte de réserve d’Indiens ecclésiale

    Blessure, sentiment d’injustice, incompréhension, colère : ces réactions des traditionalistes devant le motu proprio Traditionis Custodes (partagées par beaucoup de fidèles qui ne fréquentent aucunement la liturgie traditionnelle) sont-elles illégitimes ? Mgr Blondel les accuse de ne pas supporter qu’on leur « fasse des remarques » : l’expression paraît faible pour qualifier les mesures extrêmement dures prises à leur encontre par le pape François.

    → ANALYSE. Dans les milieux traditionalistes, « l’incompréhension » domine après le motu proprio du pape François

    En demandant aux évêques de ne pas autoriser de nouvelles célébrations traditionnelles, en exigeant que celles existantes soient chassées des églises paroissiales, en soumettant leur autorisation à un contrôle de la « conformité ecclésiale » de ces communautés (ce qui introduit à leur égard un soupçon de non-communion), en soumettant les nouveaux prêtres désireux de célébrer selon ce rite à une autorisation préalable de Rome (curieuse conception de la synodalité…), le pape dresse un véritable cordon sanitaire autour des traditionalistes, relégués dans une sorte de réserve d’Indiens ecclésiale. Jusqu’à extinction, puisque le pape précise dans une lettre aux évêques que le rite ancien ne sera autorisé que le temps dont ces fidèles auront besoin « pour revenir au rite romain ».

    Une dureté sans trace de « sollicitude paternelle »

    La raison de cette dureté ? Le rite traditionnel, écrit le pape, aurait été instrumentalisé pour rejeter le concile Vatican II et entretenir le « rejet de l’Église et de ses institutions » par des fidèles et des prêtres qui se considéreraient comme « la vraie Église ». Le ton est sec, disciplinaire, sans aucune trace de cette « sollicitude paternelle » affirmée par le Saint-Père au début de son motu proprio. Il justifie le sentiment de blessure et la colère, naturelle quand cette sollicitude à laquelle on vous reconnaît le droit vous est pratiquement déniée.

    → TRIBUNE. Motu proprio : « La nostalgie pour le passé ne peut plus servir de modèle pastoral »

    Quant à l’injustice, elle naît de cette description biaisée dans laquelle les traditionalistes ne reconnaissent rien de ce qu’ils vivent au jour le jour. L’expérience montre au contraire que, grâce à la libéralité du motu proprio Summorum pontificum promulgué en 2007 par Benoît XVI (et abrogé par celui de François), les catholiques « des deux rites » avaient cessé de se regarder en chiens de faïence, pour voir leurs ressemblances plutôt que ce qui les séparait. Contrairement à ce qui est dit, l’immense majorité des traditionalistes ne rechigne aucunement à fréquenter également le rite selon le missel de Paul VI. Dans les paroisses où les deux rites sont célébrés, on a appris à se connaître et à travailler ensemble.

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  • Quand Macron veut intégrer le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE

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    De gènéthique magazine :

    Intégrer le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE ?

    21 janvier 2022

    Mercredi, dans son discours inaugural d’ouverture de la présidence française de l’Europe, Emmanuel Macron a déclaré qu’il souhaitait « actualiser » la charte des droits fondamentaux de l’UE en y ajoutant la « protection de l’environnement » ainsi que « la reconnaissance du droit à l’avortement ». Roberto Colombo, membre de l’académie pontificale pour la vie, réagit à ces propos dans une tribune publiée sur le site Tempi.it et traduite pour Gènéthique :

    Au lendemain de l’élection de la Maltaise Roberta Matsola à la présidence du Parlement européen, Emmanuel Macron, chef de l’Élysée, s’est adressé à l’assemblée de Strasbourg en demandant de « mettre à jour » la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne « pour y inclure la protection de l’environnement et la reconnaissance du droit à l’avortement ».

    Une déclaration en contradiction avec son histoire personnelle

    Il est choquant que Macron ait lancé cette provocation avec à ses côtés la présidente nouvellement élue Roberta Matsola, une femme engagée en politique qui n’a jamais (jusqu’à présent) accepté l’avortement comme un moyen de promouvoir les droits des femmes et ne s’est pas reconnue (jusqu’à présent) dans les stratégies d’extension de la couverture légale de l’interruption volontaire de grossesse. Mais plus encore, c’est l’histoire personnelle du président français, sa biographie, qui aurait suggéré au moins un « beau silence » sur la question, ne serait-ce que par cohérence interne avec sa propre éducation et sa formation culturelle.

    Une invitation à ne pas suivre le courant « tous libres » face à la vie humaine naissante, devrait venir de sa culture familiale : sa mère Françoise Noguès, médecin, et son père Jean-Michel Macron, neurologue et maître de conférences à l’Université de Picardie Jules Verne à Amiens ; son frère Laurent est radiologue et sa sœur Estelle néphrologue. Une carrière familiale au service de la vie humaine qui recommanderait un plus grand respect de celle-ci, surtout lorsqu’elle est fragile et sans défense, encore dans le ventre de la mère.

    Même ses études à la faculté de philosophie de Paris X Nanterre, où il est devenu, en dernière année, assistant de rédaction du philosophe Paul Ricoeur, suggèrent une plus grande mesure dans les appels à la liberté « inconditionnelle » – tout ce qui peut être fait est, pour cette raison même, admissible et indiscutable – comme fondement des prétendus nouveaux droits de l’homme face à la vie même de leur sujet. Dans une interview de Renato Parascandolo pour Rai-Educational, Paul Ricœur déclare : « Les techniciens disent que tout ce qui peut être fait est permis, puisque cela peut être fait. Non ! Il y a des choses qui ne peuvent pas être faites. Tout n’est pas permis simplement parce que tout est possible. Comment trouver la limite, comment se limiter dans ce que l’on peut faire, si ce n’est en pratiquant la “phronesis” ? » [NDLR : Phronesis : ce terme grec peut-être traduit par « prudence »].  Une sagesse à laquelle le maître Ricœur aimait se référer et que le « disciple » Macron semble avoir oublié.

    Mais c’est avant tout l’éducation catholique qu’il a reçue au Lycée de la Providence d’Amiens, une école jésuite, qui aurait dû empêcher le Président français de soutenir la thèse la plus radicale de l’idéologie de l’avortement, celle de l’avortement comme « droit originel de la femme », un droit considéré comme fondamental, indépendamment de la vie de l’enfant qui se développe en elle.

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  • Cour Européenne des Droits de l'Homme : le lobby mondial de l’avortement s’acharne sur la Pologne

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    De gènéthique.org :

    CEDH : le lobby de l’avortement s’acharne sur la Pologne

    Publié le 20 Jan, 2022

    Durant les derniers mois, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a accepté de juger plus de 15 requêtes introduites contre la Pologne par ou avec le soutien du lobby de l’avortement, donnant lieu à une nouvelle instrumentalisation politique de la CEDH (cf. Avortement : la CEDH notifie à la Pologne 12 requêtes). Le lobby mondial de l’avortement est mobilisé sans précédent, alors même que ces requêtes devraient pour la plupart être jugées irrecevables. Plus encore, ces requêtes constituent une offense aux personnes handicapées, car 14 d’entre elles se plaignent de l’impossibilité de supprimer les enfants handicapés avant leur naissance. Ces requêtes mettent aussi en question l’impartialité de la Cour et du greffe dès lors que plusieurs d’entre eux ont travaillé pour des organisations parties prenantes, ou ont milité publiquement en faveur de la libéralisation de l’avortement en Pologne.

    Supprimer un enfant à naître parce qu’il est handicapé est-il un droit de l’homme ?

    C’est ce que soutient une coalition d’organisations devant la Cour européenne des droits de l’homme. Elle conteste la décision du Tribunal constitutionnel polonais d’abolir l’avortement eugénique par respect pour la dignité humaine, adoptée par un jugement du 22 octobre 2020 dans l’affaire K 1/20. Ce jugement a eu pour effet de protéger la vie de plus d’un millier d’enfant handicapés – la plupart trisomiques – avortés chaque année jusqu’alors. L’ECLJ était intervenu en défense de la vie humaine (voir ici nos observations). Le lobby mondial de l’avortement s’est alors mobilisé de façon inédite pour remettre en cause ce jugement devant la CEDH, et imposer la pratique de l’avortement eugénique en Pologne.

    Pour rappel, l’avortement a été légalisé en Pologne pour la première fois par l’occupant nazi – comme arme démographique – avant d’être étendu et promu par l’occupant soviétique. En 1993, après la chute du régime communiste, une nouvelle loi limite la possibilité d’avorter aux cas de grossesses résultant d’un acte illégal (viol, inceste, etc.), d’une malformation grave du fœtus, ou de risque pour la vie ou la santé de la femme enceinte. Le nombre d’avortements annuel fut ramené de plus de 100.000 à un millier.

    Cette affaire est cruciale : au plan politique, elle montre comment la CEDH peut être instrumentalisée par des « ONG », au risque de mettre en cause son impartialité ; au plan juridique, elle pose une nouvelle fois la question du « droit à l’eugénisme ».

    Une nouvelle instrumentalisation de la Cour

    Le 2 novembre 2020, la Fondation Helsinki de Varsovie a invité les femmes désireuses de contester la décision du Tribunal constitutionnel à se manifester auprès d’elle pour obtenir de l’aide afin de déposer des requêtes auprès de la CEDH[1]. De même, le 1er avril 2021, la Federation for Women and Family Planning (FEDERA) de Pologne a invité les femmes de Pologne à saisir en nombre la CEDH pour contester le jugement du 22 octobre 2020, fournissant pour cela un formulaire de requête prérempli[2].

    Le 1er juillet 2021, donnant suite de façon exceptionnellement rapide à ces requêtes, la CEDH a informé le gouvernement polonais de sa décision de juger une série de 12 affaires (K.B. c. Pologne, K.C. c. Pologne et A.L. – B. et autres c. Pologne)[3]. Celles-ci ont été introduites par des femmes polonaises âgées de 27 et 40 ans qui prétendent que l’idée de porter un enfant handicapé sans pouvoir avorter leur causerait un « stress » assimilable à une torture mentale et violerait le droit au respect de leur vie privée, en violation des articles 3 et 8 de la Convention. Il s’agit de l’argumentaire fourni par FEDERA et la Fédération Helsinki, sous la supervision des avocats Agata Bzdyń, Kamila Ferenc et Monika Gąsiorowska.

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  • Sommes-nous encore libres de protéger la vie ? Lettre ouverte au Président français Emmanuel Macron

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    Lettre ouverte au Président français Emmanuel Macron

    Sommes-nous encore libres de protéger la vie ? 
    Bruxelles, le 20 janvier 2022
     
    Le Président de la FAFCE, Vincenzo Bassi, et le Président d'honneur, Antoine Renard, ont adressé aujourd'hui une lettre ouverte à l'attention du Président de la République française Emmanuel Macron, réagissant à son discours au Parlement européen marquant le début de la présidence française du Conseil de l’Union européenne. Le Président français a affirmé vouloir actualiser la Charte des droits fondamentaux, en y consacrant un pretendu droit à l'avortement.
     
    Le Président et le Président d'honneur de la FAFCE ont souligné les contradictions intrinsèques au sein des propos du Président français :
     
    « Si d’un côté vous parlez d'un « Etat de droit qui est existentiel de notre Europe », vous proposez d’un autre côté d'inscrire dans la Charte des droits fondamentaux une pratique qui est illégale dans certains États membres de l’Union Européenne.

    De même, vous soulignez, à juste titre, que cette Charte a consacré « l'abolition de la peine de mort partout dans l'Union », mais vous souhaitez néanmoins reconnaître comme droit fondamental une pratique considérée par de nombreux concitoyens comme une violence fatale faite à nos membres les plus vulnérables.

    La reconnaissance d'un prétendu droit à l'avortement serait de surcroît en contradiction flagrante avec la Charte elle-même, qui consacre dès ses deux premiers articles l'inviolabilité de la dignité humaine et le droit à la vie ».


    Ils ont également fait part de leurs inquiétudes « face au rétrécissement des espaces de liberté pour tous ceux qui, en accord avec la science, croient que la vie humaine commence dès la conception ». C'est à se demander, selon eux, si nous devrions « craindre que des limites seront posées à la liberté de prendre nos responsabilités par rapport à une vie naissante, en accompagnant les mères et des familles en difficulté ».
     
    La FAFCE invite le Président français à ne pas instrumentaliser ce semestre européen « à des fins politiques et idéologiques ». « Nous vous invitons à travailler pour le bien commun de nos peuples, de nos familles et de nos enfants, qui sont l’avenir de l'Europe. Notre Fédération, avec toutes les personnes de bonne volonté, se met au service des institutions pour travailler ensemble de manière constructive, dans le respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité. Si ces bases communes manquent, les mots valeurs et démocratie qui vous sont chers seront vidés de leur sens ».
     
    La FAFCE avait déjà regretté début janvier l'absence de la famille au sein des priorités de la présidence française de l'UE. Cette prise de position du Président français ne fait que le confirmer. 
     
    Vous pouvez lire l'integralité de la lettre ouverte sur le site web de la FAFCE. 

  • Macron veut inscrire le droit à l’avortement dans la charte européenne des droits fondamentaux

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    Publié sur le site « aleteia » par Agnès Pinard Legry ce 19 janvier 2022 :

    Macron ND3FT3MRNV2GY67WQMPR6JKKXA.jpg« Emmanuel Macron a indiqué vouloir inscrire le droit à l’avortement dans la charte européenne des droits fondamentaux. Il en a fait l’annonce ce mercredi 19 janvier lors d’un discours devant le Parlement européen à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne.

    Serait-ce la provocation de trop ? Emmanuel Macron a annoncé lors de son discours devant le Parlement européen, à Strasbourg, à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne, vouloir inscrire le droit à l’avortement dans la charte européenne des droits fondamentaux. « Vingt ans après la proclamation de notre charte des droits fondamentaux, qui a consacré notamment l’abolition de la peine de mort partout dans l’Union, je souhaite que nous puissions actualiser cette charte, notamment pour être plus explicite sur la protection de l’environnement ou la reconnaissance du droit à l’avortement », a-t-il affirmé avant de reprendre : « Ouvrons ce débat librement, avec nos concitoyens, de grandes consciences européennes, pour donner un nouveau souffle à notre socle de droits qui forge cette Europe, forte de ses valeurs, qui est le seul avenir de notre projet politique commun ».

    Une pro-vie à la tête du Parlement européen

    Des propos à comprendre à la lumière de plusieurs éléments. Le premier est l’élection la veille de ce discours, mardi 18 janvier, de la Maltaise Roberta Metsola à la tête du Parlement européen. Eurodéputée depuis 2013, elle a voté à de nombreux reprises contre des résolutions promouvant l’avortement. Pour mémoire, alors que certains pays avaient tiqué sur l’adhésion de Malte à l’Union européenne en raison de son interdiction de l’avortement, Roberta Metsola a rappelé lors d’un entretien dans la presse maltaise qu’il s’agissait « d’un débat qui devait se tenir à Malte » et non au sein de l’Union européenne.

    Le retour de la proposition de loi visant à « renforcer le droit à l’avortement » ce mercredi 19 janvier au Sénat, et qui propose notamment d’allonger à 14 semaines le délai pour avorter, est un autre élément à avoir à l’esprit lorsqu’Emmanuel Macron propose d’inscrire ce doit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’Union. Depuis décembre 2009 et l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, la Charte des droits fondamentaux a la même force juridique que celle des traités. Elle est donc contraignante pour les États membres et tout citoyen peut s’en prévaloir en cas de non-respect de ces droits par un texte européen.

    « Les valeurs du progressisme occidental »

    Dans la foulée de ce discours, côté politique, les réactions n’ont pas manqué. Éric Zemmour a accusé Emmanuel Macron et la Commission européenne de vouloir « imposer les valeurs du progressisme occidental » à des pays comme la Pologne et la Hongrie. « L’Europe d’Emmanuel Macron est une Europe sans corps, une Europe sans tête et une Europe sans âme […]. C’est une Europe théorique et pour tout dire fictive », a-t-il indiqué dans un discours prononcé depuis Calais. « Elle est dirigée par des élites abstraites, impersonnelles, sans la moindre légitimité aux yeux des peuples. C’est une Europe qui arrache ses propres racines, qui efface sa propre histoire, qui ne s’identifie en aucune manière à la civilisation dont elle provient. »

    Eurodéputé et candidat de la France insoumise à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite pour sa part inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution, y a vu « le discours usé d’un homme qui semble usé ». « Votre projet politique a pour but d’effacer les nations d’Europe, le nôtre de les sauver », a de son côté dénoncé Jordan Bardella, eurodéputé et président par intérim du Rassemblement national. « Il faut déconstruire l’histoire de France aviez-vous déclaré, on comprend donc votre enthousiasme à vous retrouver aujourd’hui à la tête d’une institution qui s’est donnée pour objectif la dissolution d’une Europe millénaire. »

    Incohérence

    Porte-parole d’Alliance Vita, Tugdual Derville a réagi sur Twitter en interrogeant les deux propositions qu’Emmanuel Macron souhaite ajouter à la charte, le droit à l’avortement et la protection de l’environnement, au regard des propos du pape François. « Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement. »

     Ref. Macron veut inscrire le droit à l’avortement dans la charte européenne des droits fondamentaux

  • Faut-il se réjouir de l'élection d'une "pro-life" à la tête du Parlement européen ?

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    Même si l'émoi est grand dans le monde des médias qui signalent avec effroi l'élection d'une "anti IVG" à la tête du Parlement européen, il ne faut pas trop vite se réjouir en croyant que Madame Metsola va promouvoir la vie du haut de son perchoir européen; de Luca Volontè sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Metsola, de pro-vie à abortiste. Pour le pouvoir

    19-01-2022

    L'élection, à une nette majorité, de la Maltaise Roberta Metsola comme nouvelle présidente du Parlement européen n'est pas une bonne nouvelle. Ceux qui ont applaudi hier son engagement anti-avortement ont rapidement été contraints de changer d'avis après ses propos sur la "santé reproductive" et le "nationalisme". Et puis il y a son engagement en faveur des droits des LGBT.

    Le Parlement européen, qui compte 705 membres, a élu hier la populaire Maltaise Roberta Metsola comme nouvelle présidente. Elle a été élue avec une nette majorité de 458 voix sur 616 votes valides. A 43 ans, qui ont eu 43 ans hier, Metsola est la plus jeune présidente de l'histoire du Parlement européen et la première femme de ces 20 dernières années, avant elle seulement Simone Veil et Nicole Fontaine.

    Ceux qui évoquaient l'engagement anti-avortement de la nouvelle présidente ont dû changer d'avis immédiatement. Dans son discours inaugural, elle a immédiatement mis en garde contre le "nationalisme" et, non sans une certaine ambiguïté, a prévenu qu'elle combattrait les forces ceux qui remettent en cause "nos valeurs et principes européens", lançant un avertissement clair à ceux qui "cherchent à détruire l'Europe, sachez que cette maison [le Parlement] est contre vous". Ce que sont les valeurs et les principes européens et comment la nouvelle présidente du Parlement les comprend - qu'il s'agisse de ceux inscrits dans la lettre des traités ou de ceux que nous avons vu s'imposer au cours des dernières années de centralisme exaspéré de la marque Lgbti et avorteuse - n'a pas été délibérément clarifié.

    Seul le temps nous dira comment Metsola comprendra son rôle. Cependant, il est téméraire de se réjouir de l'élection d'un catholique anti-avortement, comme beaucoup l'ont fait hier. Les faits montrent que Metsola est clairement l'une des promotrices les plus transparentes de l'idéologie du genre et du dogme LGBT. Il n'est même pas nécessaire de revenir sur sa carrière politique, il suffit de rappeler que le 23 septembre 2019, elle avait participé avec l'eurodéputé Terry Reintke (coprésident de l'Intergroupe Lgbti), la commissaire Vera Jourová et plusieurs ministres et sous-secrétaires à la conférence organisée par Ilga Europe (un lobby Lgbti) et la présidence tournante finlandaise du Conseil de l'Union européenne sur l'avancement des droits des Lgbti. Quelques mois plus tôt, elle avait signé le "Manifeste électoral des engagements Lgbti" de l'Ilga, comme il l'avait fait lors de la campagne électorale de 2004. Ce n'est pas un hasard si les dirigeants socialistes ont accepté de soutenir Metsola en échange d'un engagement sur les priorités politiques avec le PPE et Renouveau de l'Europe, et ont également obtenu cinq des 14 postes de vice-président du Parlement, ainsi que la tête de la Conférence des présidents de commission, un poste clé traditionnellement occupé par le PPE qui coordonne le travail entre les différentes commissions du Parlement et affecte indirectement aussi le calendrier des travaux de l'Assemblée.

    Tout est clair, les dogmes Lgbti et leur emprise sur les pays chrétiens ne feront qu'augmenter dans les deux ans et demi à venir. Metsola ne fera vraisemblablement ni plus ni moins que ce que Sassoli a montré au cours de son mandat. La présidente Ursula von der Leyen, les commissaires Helena Dalli, Vera Jourová et Franz Timmermans peuvent être sûrs d'avoir une alliée. Le pacte de coopération sera encore plus fort, précisément en raison du pouvoir écrasant accordé aux socialistes dans les commissions parlementaires, où les dossiers et les résolutions sont préparés pour le vote de l'Assemblée. La jubilation que suscite l'élection d'une personnalité anti-avortement à la présidence du Parlement est donc déplacée : Metsola elle-même l'a fait savoir quelques minutes après son élection, lorsqu'elle a rencontré des journalistes de journaux internationaux.

    Malgré les polémiques journalistiques artificielles mettant en avant son engagement contre l'avortement, fondées en fait sur nombre de ses déclarations et votes contre tous les documents pro-avortement du Parlement européen (voir le rapport Matić), la présidente nouvellement élue, pressée lors d'une conférence de presse sur ce qu'elle comptait faire en matière d'avortement, a répondu sans hésiter : " Le Parlement européen est sans ambiguïté sur tous les droits en matière de santé sexuelle et reproductive. Il a demandé à plusieurs reprises que ces droits soient mieux protégés. Le mois dernier encore, nous avons souligné que l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive est un élément essentiel pour parvenir à l'égalité des sexes et éliminer la violence sexiste. C'est la position du Parlement et je peux vous confirmer que je me suis engagée auprès de vous tous à ce que ce soit la position que je vais promouvoir et que j'ai déjà défendue lorsqu'on m'a confié, en tant que vice-présidente, la représentation de la présidence du Parlement".

    Sur la question de l'avortement, la conscience, les combats et les convictions de Roberta Metsola ont été mis de côté, sa fonction et son rôle ont pris le dessus : la nouvelle Metsola est avorteuse et soutiendra ces résolutions parlementaires farfelues qui mortifient des pays comme la Pologne et sa propre patrie, Malte, où l'avortement est interdit. Ainsi, pour progresser en politique, les catholiques doivent-ils abandonner les principes non négociables ? Non, et les cas des courageux présidents de la République de Malte (George William Vella est prêt à démissionner si une loi sur l'avortement est votée), du Portugal (qui a refusé par deux fois de signer la loi sur l'euthanasie), de l'Équateur (qui a déclaré son veto à une éventuelle libéralisation de l'avortement dans le pays) et des politiciens au gouvernement en Pologne (sur le droit à la vie et la lutte contre les dogmes LGBT) et en Hongrie (sur la liberté d'enseignement et l'interdiction de l'endoctrinement LGBT) nous disent qu'il est possible de servir Dieu avant les vaches de César.

    En envoyant les vœux les plus sincères de bon travail et en assurant Roberta Metsola des mêmes prières abondantes que nous avons récitées pour Sassoli, même de son vivant, nous voulons simplement lui rappeler que, même en tant que présidente du Parlement européen, Dieu la voit toujours. Nous la mesurerons sur les faits, mais son changement de position sur la vie humaine des personnes conçues au nom du pouvoir est inacceptable.

  • L’avortement, une “valeur” de l’Europe ?

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    De Gènéthique magazine :

    PFUE : l’avortement, une “valeur” de l’Europe ?

    17 Jan, 2022

    Le 1er janvier 2022 a débuté la 3ème présidence française de l’Union Européenne (PFUE) pour six mois. Evènement historique et politique, les enjeux sont multiples : économie, écologie, immigration, égalité sociale, santé, appartenance. Plus discrète, la redéfinition des valeurs, dont le droit à l’avortement, est aussi un enjeu pour les politiques.

    La PFUE : l’occasion d’imposer les priorités françaises

    A l’occasion de la présentation du programme de la PFUE, le 9 décembre dernier, Emmanuel Macron a déclaré « défen[dre] toujours avec la plus grande force le droit des femmes et en particulier le droit des femmes à disposer librement de leur corps. […] Simplement je […] ne suis pas le chef d’une formation politique. Et donc, de là où je suis, je défends ces valeurs avec force. Je souhaite que toutes et tous puissent les défendre dans les enceintes où ils ont à les porter, qui en mon nom, qui au nom de combat commun. »

    Si le président de la République ne s’est ainsi positionné qu’en demi-teinte sur la question de l’avortement, son secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, a été plus clair. Après avoir annoncé la conférence pour le futur de l’Europe (COFUE), et constaté l’importance des « valeurs » pour les citoyens, il a assumé faire du combat pour le droit des femmes un « combat politique », sa « priorité » (notamment sur le plateau de Càvous, sur France 5, le 29 octobre 2021). Sans surprise, puisqu’il avait déjà exprimé son désir de construire un « socle de droits sans le respect desquels on ne [peut] pas être dans l’UE », au sein duquel il inscrirait « à terme, le droit à l’avortement ».

    Discrètement, le droit à la vie mis en danger par la PFUE

    Ces déclarations publiques sur l’avortement sont encore assez discrètes. Cette discrétion a été revendiquée par une députée à l’Assemblée nationale [1].  D’après elle, il s’agirait de mobiliser les associations militantes des Etats membres pour fabriquer une revendication citoyenne à laquelle devront répondre les politiques, qui demeurent encore pour certains opposés à l’avortement sur le plan éthique, ce qui est le cas de la Pologne et de la Hongrie (cf. Hongrie : une autre politique en matière d’avortement ?).

    Quoi qu’il en soit, ériger l’avortement en valeur de l’Europe n’est pas anodin : l’adhésion aux valeurs de l’Europe conditionne en effet l’appartenance des Etats à cette union. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains pays comme la Pologne sont sévèrement pointés du doigt et risqueraient des sanctions financières sinon une éviction de l’Union (cf. Avortement : la Pologne toujours dans la ligne de mire de l’Europe). C’est ce que proposent plusieurs députés, ainsi que Clément Beaune, qui a évoqué le mécanisme de conditionnalité [2] en guise de représailles contre la Pologne.

    Il est donc envisagé par certains responsables politiques français d’utiliser la PFUE pour faire la promotion de l’avortement et contraindre les Etats membres à en faire une « valeur » fédératrice. Le droit de supprimer des êtres humains serait ajouté au socle commun à tous les pays de l’Union européenne, au même titre que la liberté, la dignité, la justice et l’égalité…

     

    [1] Examen du rapport d’information sur les droits des femmes dans le monde et la convention d’Istanbul à la commission des affaires étrangères, 11 janvier 2022

    [2] Le règlement relatif à la conditionnalité permet de suspendre le versement des fonds de l’Union aux Etats membres qui enfreignent l‘Etat de droit.

  • Le replay du webinaire "Bioéthique en Belgique 2022" est en ligne !

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Le replay du webinaire "Bioéthique en Belgique 2022" est en ligne !

    14/01/2022

    Vous n'avez pas pu participer à notre dernier webinaire ?

    Offrez-vous une séance de rattrapage, le replay est en ligne !

    Bioéthique en Belgique : perspectives pour 2022

    A l'aube de cette nouvelle année, l'IEB vous propose une conférence en ligne :

    Bioéthique en Belgique : Etat des lieux et perspectives pour 2022

    Se dirige-t-on vers une légalisation de la gestation par autrui en Belgique ? Après vingt ans, quelles perspectives pour la loi euthanasie ? Quels sont les nouveaux enjeux éthiques en matière de recherche sur les embryons ? Quel impact la crise sanitaire a-t-elle sur le recours à l'avortement et à la procréation artificielle ?

  • Où va l’Eglise aujourd’hui ? L’évêque de Toulon-Fréjus, Mgr Dominique Rey, 70 ans, n’a pas dit son dernier mot :

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    Lu sur le site web du « salon beige »,sous la signature d’Antoine Bordier :

    Rey 20211219-212418b-scaled-735x600.jpg« Une page se tourne avec l’évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey : celle de 2021. Une autre, toute blanche encore, va se noircir de quelques lettres, de quelques mots, de quelques phrases : celle de 2022. Celui qui fêtait ses 20 années à la tête du diocèse, l’année dernière, fêtera, en 2022, ses 70 ans de pèlerinage terrestre, ou plutôt de navigation maritime. Car, face aux avis de tempête, sur cette mer agitée, il est entre deux eaux, comme l’Eglise de France. Dort-il comme le Christ au fond de sa barque ? Navigation en eaux troubles, avec cet évêque-skipper au long cours.

    Comme à son habitude, même si le poids de l’âge et de la fonction commence à se faire sentir, Mgr Rey est en forme. Il blague, le sourire en coin. Dans sa voiture blanche – elle n’est pas blindée et n’a pas vocation à se transformer en papamobile – il écoute ses chanteurs préférés. Ils appartiennent à l’ancien-temps, à celui où les chanteurs étaient des conteurs, des poètes. Il écoute du Léo Ferré, du Brassens, du Brel. Cette fois-ci, alors que sa voiture roule en direction du Séminaire de La Castille, où l’attendent les 60 séminaristes qui ont préparé un temps festif, à l’approche de Noël, il écoute la chanson de Pierre Bachelet, L’homme en blanc. Les paroles sont surprenantes de réalisme, même si elles appartiennent désormais au passé :

    « Il descend de l’avion, il embrasse la terre. A genoux sur le sol, comme on fait sa prière. Et, même les officiels ne savent plus quoi faire, avec leurs vieux discours, leur tenue militaire. Il arrive, il descend, il est là l’homme en blanc… »

    Cet homme, c’est le pape Jean-Paul II. Mgr Rey appartient à sa génération. Il entre au Séminaire presqu’au même moment où Karol Wojtyla devient pape, moins de deux ans après en 1980. Il sera ordonné en 1984, par le cardinal Jean-Marie Lustiger, l’archevêque de Paris.

    Aujourd’hui dans son diocèse, il regarde l’année 2021, et, constate facilement que

    « la pandémie a chamboulé nos habitudes. Comme dans toute la France nous avons été très affectés par le virus. Les conséquences de la pandémie, dans tous les domaines, ont été négatives. Il existe une réelle inquiétude pour l’avenir. Nous sommes entrés dans un cycle où la fragilité, la peur, voire la folie sont présents. Des personnes se sont retrouvées extrêmement seules. Et, que dire de la pression médiatique et des décisions politiques et gouvernementales ? »

    Durant cette crise de pandémie mondiale, le diocèse de Fréjus-Toulon a perdu quelques ouailles, dans la bataille. Mais, il a su rebondir et offrir de nouveaux services à ses fidèles pour vivre sa foi et les célébrations.

    « Face aux situations très difficiles, très anxiogènes, des jeunes se sont levés, ils ont organisé des maraudes, pour visiter les personnes seules. Grâce aux nouvelles technologies de l’information et à internet, nous avons lancé un réseau social qui s’appelle La Traversée. Plus de 30000 personnes ont adhéré et participé à différents parcours sur l’espérance, la miséricorde. Nous avions la Messe quotidienne via notre chaîne YouTube. »

    Un évêque sur le pont

    Confronté à cette crise de Covid-19, à celle des vocations, à la déchristianisation, Mgr Rey ne baisse pas les bras. Au contraire, il remonte d’autant plus les manches de son pull-marin au-dessus des coudes. Cet homme de Dieu est un véritable navigateur, qui a plus d’une solution dans son sac de marin-pèlerin.

    « Oui, je suis un pèlerin. J’arpente les chemins, les routes et les ruelles de mon diocèse. Je ne suis pas un gestionnaire de Dieu. Je ne suis pas un fonctionnaire de l’Eglise. Je suis un pèlerin. »

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  • Communauté Saint-Martin : une piste française pour redresser l’Eglise qui s’effondre en Europe ?

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    Lu sur le site du journal « La Croix » cet article de Michael Corre (extrait) :

    « En quarante-cinq ans, cette communauté de prêtres classiques, née à Gênes (Italie), est devenue l’un des principaux pourvoyeurs du clergé français. Elle vient d’arriver au Mont-Saint-Michel et devrait prendre une place de plus en plus importante dans l’Église de France.

    Souvent, la communauté Saint-Martin crispe. Par exemple quand on annonce son arrivée imminente au Mont-Saint-Michel en remplacement d’un prêtre de la Mission de France. Faut-il imaginer une escouade d’abbés en soutane à l’assaut de l’abbatiale ? Certes, le débarquement est le mode de déplacement préféré de cette communauté, dont les statuts précisent que « la formation au séminaire a pour but de constituer un corps mobile (de prêtres) préparé au ministère diocésain ». La formulation est un peu martiale, à l’image de saint Martin, ancien légionnaire romain, et traduit bien la vocation originelle de cette communauté : former des curés prêts à débouler dans les paroisses où il n’y en a plus. SOS églises vides.

    Ce service et toute l’ingénierie des « Saint-Martin » – prêtres envoyés en petits groupes, règles de vie communautaire, formation continue, suivi, etc. – sont très prisés des évêques qui les jugent souvent « fiables », et même plus adaptables à la pastorale du diocèse que d’autres prêtres venus de communautés nouvelles. Une grosse vingtaine d’évêques a fait une demande, actuellement en attente. La liste reste à la discrétion du modérateur général de Saint-Martin, Don Paul Préaux, qui n’a pas souhaité la transmettre à La Croix. « Pour choisir, il faut prendre le temps de connaître les contenus de la mission, les collaborateurs et vérifier si le soutien de l’évêque se fera dans le temps long», note-t-il. L’attente dure en moyenne cinq ans. Déjà 168 prêtres de Saint-Martin sont installés dans trente diocèses.

    20 à 40 % du clergé dans trente ans

    Leur séminaire d’Évron (Mayenne) forme en ce moment une centaine de jeunes. C’est le plus gros de France, et de loin. Conscients de leur poids à venir, les responsables de la communauté se défendent d’avoir un agenda. « J’ai conscience que je forme des cadres. Certains seront peut-être nommés évêques, je m’en réjouirais, mais ce n’est pas un but en soi », jure Don Paul Préaux. « Ce qui m’importe, c’est surtout de former des pasteurs humbles et audacieux ».Selon les chiffres qui circulent jusqu’au sein de la Conférence des évêques de France, la communauté pourrait représenter entre 20 et 40 % du clergé dans trente ans (...) ».

    Ref. Communauté Saint-Martin, l’avenir de l’Église de France ?