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Eglise - Page 220

  • L’avenir de l’Europe se joue en Pologne

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    Du site de la NBQ :

    L’avenir de l’Europe se joue en Pologne

    Le cas significatif de la Pologne depuis les années sombres du régime communiste illuminée par l'élection de Wojtyła et de prêtres comme le bienheureux Popiełuszko jusqu'à l'actuelle Pologne de Tusk, liberticide mais appréciée des oligarchies européennes. De la réunion vidéo avec Włodzimierz Rędzioch.

    Lire également : Le bienheureux Popiełuszko, martyr du communismede Stefano Chiappalone

    19_10_2024

    Ces derniers mois, c’est-à-dire depuis l’entrée en fonction du troisième gouvernement Tusk (13 décembre 2023), les choses évoluent rapidement en Pologne, au détriment de son identité chrétienne. Et si jusque dans les années 1980 la liberté était étouffée par le régime communiste, aujourd'hui le nouveau danger est représenté par la laïcité cultivée par les oligarchies bruxelloises qui ont tout fait pour favoriser la nouvelle orientation politique polonaise. Ces sujets ont été abordés hier dans l'émission en direct de vendredi della Bussola, intitulée : « L'avenir de l'Europe se joue en Pologne ». Direction Stefano Chiappalone. Invité Włodzimierz Rędzioch, signature connue des lecteurs de la NBQ.

    Rędzioch a rappelé ce que signifiait pour les Polonais l'élection de l'archevêque de Cracovie, le cardinal Karol Wojtyła, à la papauté. Le premier pape non italien depuis Adrien VI (†1523), au moment de son élection (16 octobre 1978), était pratiquement inconnu de la majorité des Polonais, étant donné que les journaux, la télévision et la radio étaient hégémonisés par le parti communiste. Ce fut à la fois « une grande surprise et une grande joie » car les Polonais comprirent que l'élection de leur compatriote pape, qui avait connu le totalitarisme nazi et communiste, « changerait d'une certaine manière l'histoire non seulement de l'Église en Pologne, mais aussi de la Pologne et du monde" dans leur intégralité.

    Le premier voyage historique de Saint Jean-Paul II en Pologne (1979) a fait perdre la peur à de nombreuses personnes et a mobilisé les meilleures énergies de la société civile. L'année suivante, Solidarność est né.

    Entre -temps, est apparue la figure d'un jeune prêtre , le bienheureux Jerzy Popiełuszko (1947-1984) , dont marque aujourd'hui le 40e anniversaire du martyre in odium fidei par trois responsables des services secrets communistes. Rędzioch, qui a dédié au Père Popiełuszko un livre fraîchement sorti (voir la critique de Chiappalone ), rappelle que le bienheureux « était un simple prêtre », non politisé et sans aspiration à un héros, qui est devenu une référence pour les ouvriers, « symbole de résistance pacifique contre l’oppression communiste. » L'occasion en était la proximité de sa paroisse avec les grandes aciéries de Varsovie, "symbole des usines communistes", où en 1980, pour la première fois depuis trente ans, un prêtre, Popiełuszko, entra, en solidarité avec les ouvriers qui demandaient de meilleures conditions de travail. Un prêtre animé par une devise paulinienne : « Vaincre le mal par le bien ». Rędzioch reconstitue : « À cette époque, on découvrait que ce n'était pas le parti communiste, mais l'Église, qui était le seul défenseur du monde ouvrier, de la liberté de l'homme et de sa dignité. C'est précisément à cette époque que le Père Jerzy commença à célébrer des messes pour la Patrie." Des messes auxquelles, à un moment donné, des milliers de personnes de toute la Pologne se rassembleront. Tout cela a rendu Popiełuszko particulièrement détesté par le régime communiste, qui a fini par le torturer et le tuer brutalement.

    Mais le bienheureux Popiełuszko n'est qu'un exemple des persécutions contre l'Église polonaise, car à l'époque toute une structure du ministère de l'Intérieur « ne s'occupait que des prêtres. Pratiquement tous les prêtres étaient enregistrés et surveillés presque quotidiennement. » Un sombre héritage de cette période sont aussi certains faux dossiers sur des hommes du clergé, qui sont encore périodiquement évoqués aujourd'hui (voir la récente campagne contre Jean-Paul II et les calomnies sur la dissimulation de prêtres accusés de pédophilie).

    Concernant les relations entre la Pologne et l'Union européenne, Rędzioch rappelle que Jean-Paul II souhaitait que son pays adhère à l'UE, mais dans le cadre d'un projet conforme à celui de De Gasperi, Adenauer et Schuman, il restait donc essentiellement fidèle aux racines chrétiennes de l'Europe. Au lieu de cela, aujourd’hui, le point de référence pour la plupart de l’élite bruxelloise est Altiero Spinelli, qui équivaut à « une Europe socialiste, sinon communiste, qui détruit les identités nationales ».

    C’est précisément ce dernier modèle européen qui a continuellement attaqué la Pologne au cours des huit années, de 2015 à 2023, où elle était dirigée par un gouvernement conservateur. Que la Pologne, «gouvernée par des hommes politiques qui voulaient respecter notre histoire religieuse et culturelle, respecter le christianisme, la vie, en introduisant des lois pour la défense de l'enfant à naître, n'était pas appréciée par Bruxelles». Les dirigeants européens ont utilisé tous les prétextes pour ne pas fournir de fonds européens à la Pologne elle-même, accusant le gouvernement dirigé par le PiS (Droit et Justice) de violer ce qu'on appelle « l'État de droit ».

    Aujourd’hui, reconstruit Rędzioch, la Pologne est gouvernée par une coalition de partis très hétérogènes, unis uniquement par l’aversion pour le gouvernement précédent. Il semble désormais que l’objectif de Tusk soit de « détruire complètement l’opposition ». Et il le fait en violant la Constitution, en violant les lois. » Parmi les premiers signes inquiétants de ce processus, il y a la descente de police du 20 décembre 2023 - une semaine après l'installation du nouveau gouvernement Tusk - au siège de la télévision TVP Info, avec l'expulsion forcée des dirigeants indésirables. Puis, pour la première fois dans l'histoire de la Pologne depuis l'époque de Jaruzelski, le signal de télévision fut interrompu. «Toute dérive dictatoriale commence par l'occupation des médias», observe Rędzioch.

    Et si auparavant il existait une coalition de médias libéraux et anticléricaux, sous Tusk, la situation s'aggrave. Aujourd’hui, les campagnes médiatiques contre les hommes politiques du PiS et contre les réalités et les hommes d’Église affluent. Rędzioch cite l'attaque en cours contre la Radio Maria polonaise et le traitement indigne – ​​décrit dans plusieurs articles de la Bussola – que subit le père Michał Olszewski, arrêté par des policiers cagoulés, soumis à des tortures physiques et psychologiques et accusé de charges de temps en occasionnellement de nouveaux qui apparaissent comme "de simples prétextes pour le maintenir en prison". Mais aujourd’hui, le respect de « l’État de droit » en Pologne, « maintenant qu’elle est dirigée par le pro-européen Tusk », ne surprend plus.

  • La Chine accélère sa politique de sinisation des religions selon un nouveau rapport

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    Du site "Ad extra" (Missions étrangère de Paris) :

    La Chine accélère sa politique de sinisation des religions selon un nouveau rapport

    18/10/2024

    Ces dernières semaines, la Commission des États-Unis pour la Liberté Religieuse Internationale (USCIRF) a publié plusieurs rapports sur la situation actuelle de la liberté religieuse dans divers pays d’Asie : le 23 septembre pour la Chine, le 2 octobre pour l’Inde et le 27 septembre pour le Vietnam. Le rapport sur la Chine, intitulé « Sinisation de la religion : la politique religieuse coercitive de la Chine », met l’accent sur la politique de sinisation de la religion en Chine en indiquant qu’elle s’est intensifiée depuis 2023.

    En septembre, la commission des États-Unis pour la Liberté Religieuse Internationale (USCIRF), qui évalue la liberté religieuse dans le monde, a publié un nouveau rapport sur la « sinisation de la religion : la politique religieuse coercitive de la Chine ». Parmi les sources du rapport, on trouve notamment le site Internet Bitter Winter (qui couvre la liberté religieuse et les droits de l’homme en Chine), le Pew Research Center (un think tank américain), l’ONG américaine Freedom House (qui étudie l’étendue de la démocratie dans le monde), le think tank américain CFR (Council on Foreign Relations), l’agence de presse Asianews, le média en ligne Catholic News Agency, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le site Radio Free Asia et l’organisation Human Rights Watch, entre autres.

    Subordonner les croyances religieuses à l’idéologie du parti

    Le site Bitter Winter a salué ce rapport en affirmant que la politique religieuse de la Chine n’est pas destinée à rendre la religion plus « chinoise » mais plus « assujettie » au Parti communiste chinois (PCC). Selon le rapport, « les autorités chinoises tentent d’exercer un contrôle total sur la religion à travers un réseau compliqué et étendu de lois, de régulations et de mesures que le PCC et différentes agences gouvernementales doivent appliquer ». Parmi celles-ci, on trouve en particulier les cinq religions autorisées (protestantisme, catholicisme, bouddhisme, islam et taoïsme) et leurs bureaucrates imposés par le PCC.

    « Le PCC et le gouvernement ont également tenté d’éradiquer d’autres groupes religieux qu’ils considèrent comme des sectes – comme Falun Gong et l’Église du Dieu Tout-Puissant – et qui ne font pas traditionnellement partie des efforts de ‘sinisation’ de l’État », explique le rapport, qui met l’accent sur la politique de « sinisation » du PCC, un processus qui consiste en théorie à adapter les pratiques religieuses à la culture chinoise. Cependant, en pratique, cette politique est utilisée afin de subordonner les croyances religieuses à l’idéologie et aux intérêts politiques du PCC.

    La Chine a intensifié sa politique de sinisation

    Le rapport indique notamment que la Chine a intensifié sa politique de sinisation des communautés protestantes et catholiques. La commission affirme que « le gouvernement a ordonné de supprimer les croix » dans plusieurs églises, à plusieurs reprises, notamment en mars 2024 dans l’église chrétienne Wangfenggang du district de Xiejiaji, à Huainan dans la province d’Anhui.

    Selon le site Chinaaid, cette église a reçu cet ordre de la part du comité de village de Yongqing, contrôlé par le PCC, qui demandait de retirer deux croix, sur le toit et à l’entrée de l’église. Selon les responsables de la communauté chrétienne, les autorités ont évoqué des risques « sécuritaires », mais sans pouvoir fournir de document légal. Les responsables ont par ailleurs signalé que la croix à l’entrée de l’église était en place sans danger depuis plus de 40 ans, et que ces affirmations arbitraires sans fondement ne sont que de la « bureaucratie ».

    Outre les croix, des gouvernements locaux ont aussi ordonné de remplacer des images de Jésus et de la Vierge Marie par des photos du président Xi Jinping (ainsi que l’indique RFAqui parle d’une église catholique de la province de Jiangxi, dans l’est de la Chine). Le rapport de l’USCIRF évoque aussi des slogans du PCC qui sont placés de force. On trouve aussi des textes religieux censurés ou imposés par le PCC, et des membres du clergé à qui on impose de prêcher l’idéologie du Parti, comme ici dans l’Église des Trois-autonomies (l’organisation protestante officielle en Chine).

    L’accord Chine-Vatican devrait être renouvelé une 3e fois

    « Alors que les organisations chrétiennes contrôlées par l’État ont appliqué les restrictions religieuses et appelé à les respecter, plusieurs dizaines de millions de chrétiens ont choisi de ne pas rejoindre ces organisations et de pratiquer leur foi de manière indépendante », précise le rapport, qui évoque les « catholiques souterrains » qui « ne reconnaissent pas l’autorité spirituelle du clergé religieux soutenu par le gouvernement » mais préfèrent voir le Vatican comme « seul autorité spirituelle légitime », ce que le PCC voit comme une menace.

    L’USCIRF évoque aussi l’accord provisoire Chine-Vatican, signé pour deux ans en 2018. Déjà renouvelé à deux reprises, il devrait vraisemblablement être renouvelé une troisième fois prochainement. Selon le rapport, malgré l’accord en vigueur, « le gouvernement chinois a installé de manière unilatérale des évêques alignés sur le PCC sans l’accord et la consultation du Vatican ». De plus, le gouvernement continue d’opprimer les responsables catholiques qui refusent de rejoindre l’Association patriotique des catholiques chinois (CCPA) et la BCCCC (Conférence des évêques de l’Église catholique de Chine).

    L’USCIRF conclut son rapport en expliquant que le concept de sinisation est un outil qui est utilisé afin de renforcer le contrôle du PCC en imposant sa vision de l’État chinois moderne à tous les groupes religieux, afin qu’ils conforment « leurs croyances, activités, expressions, tenues, leadership, lieux de culte et davantage à l’idéologie du PCC ». Cette politique de sinisation a affecté la liberté religieuse et les droits de l’homme parfois de manière grave, selon le rapport qui va jusqu’à parler de « génocide et de crimes contre l’humanité » (au Xinjiang avec le génocide culturel de la minorité musulmane Ouïghoure). La commission cite aussi des « incarcérations de masse et disparitions forcées » ainsi que la « destruction du patrimoine culturel et religieux » (en particulier le patrimoine islamique dans l’ouest de la Chine).

    Signes positifs et dissonances

    En commentant le rapport, le site Bitter Winter espère « que le document sera lu largement, y compris au Vatican, où une idée quelque peu optimiste de la situation du catholicisme en Chine semble prévaloir récemment, ainsi que l’ont démontré les déclarations du pape François lors de son vol retour depuis Singapour le 13 septembre ». Interrogé par une journaliste sur l’accord Chine-Vatican, le pape s’était dit satisfait du dialogue avec la Chine : « Les résultats sont bons, même à propos de la nomination des évêques, nous travaillons avec bonne volonté. À ce propos, j’ai parlé avec la Secrétairie d’État, et je suis heureux de voir comment les choses progressent. »

    En février 2024, à l’occasion du Nouvel an chinois, le père Gianni Criveller, missionnaire PIME (Italie) et sinologue reconnu, commentait l’accord Chine-Vatican en pointant une dissonance entre des signes positifs (des ordinations d’évêques approuvées par les deux parties en 2024) et le fait que Pékin ne mentionne jamais le rôle de Rome pour aucune de ces nominations.

    Le prêtre ajoute qu’il est facile pour les autorités chinoises de justifier la politique de sinisation en la confondant avec un processus ecclésial légitime d’inculturation. Mais il affirme que « dans ce cas, ce ne sont pas des croyants qui recherchent librement un dialogue vertueux entre la foi catholique et leur propre appartenance culturelle ». « Il s’agit ici d’adapter la pratique de la foi à la politique religieuse établie par les autorités politiques », souligne-t-il en trouvant inacceptable que « le contrôle imposé aux fidèles catholiques par les autorités politiques soit justifié au nom de l’inculturation de l’Évangile ».

  • "Finis Europae" : une épitaphe pour le Vieux Continent ?

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    De Stefano Fontana sur le site de l'Observatoire Van Thuan :

    Au chevet de l’Europe en agonie. Le 16ème rapport de l'Observatoire Van Thuân

    18 octobre 2024

    Pour pouvoir sauver l’Europe, nous devons commencer par reconnaître qu’elle se suicide. Pour trouver l’antidote qui sauvera des vies, vous devez connaître le virus qui l’a réduite à cet état. Le 16e Rapport de l'Observatoire Cardinal Van Thuan confie à une vingtaine de spécialistes, clercs et laïcs, l'analyse de cet état de décomposition afin de mettre en évidence, par contraste, les voies de guérison possibles.

    Au mois d'octobre, depuis seize ans maintenant, l'Observatoire Cardinal Van Thuân publie son Rapport sur la doctrine sociale de l'Église dans le monde. Chaque année, une quinzaine d'experts abordent de manière critique le "problème de l'année", c'est-à-dire le phénomène le plus socialement et politiquement pertinent qui mérite toute notre attention. Le point de vue de ces analyses monographiques est naturellement celui de la Doctrine Sociale de l'Église, de ses principes, critères et directives d'action. À notre époque, on n'entend pas beaucoup parler de la Doctrine Sociale de l'Église, un savoir ecclésial qui risque d'être oublié dans la précipitation de se lancer dans des choses à faire sans toutefois avoir derrière lui des critères non génériques. Pour cette raison, la publication annuelle des rapports de l’Observatoire peut être considérée comme unique et mérite attention et promotion.

    Le thème du rapport de cette année – comme mentionné ci-dessus : numéro 16 – est la situation dévastée dans laquelle se trouve l'Europe. Le titre ne laisse pas beaucoup de place à l'imagination : « Finis Europae. Une épitaphe pour le Vieux Continent ? . Dans les 267 pages du Rapport, publié par Cantagalli, seize éminents savants, parmi lesquels deux évêques, Mgr Crepaldi, évêque émérite de Trieste et Mgr Jedraszewski, archevêque métropolitain de Cracovie, procèdent à un diagnostic impitoyable des malades graves, pour certains même dans le phase terminale. L'analyse se concentre sur tous les principaux aspects de la vie européenne : la haine de la vie d'un continent qui tue systématiquement ses enfants et se condamne à l'extinction, l'immigration incontrôlée de ceux qui nous détestent, le processus de constitutionnalisation de l'avortement, le suicide assisté des L'Europe par le Forum de Davos, l'homologation idéologique au temps du Covid jusqu'à la dépendance du système de santé européen à l'égard de l'OMS, la bureaucratie dirigiste de l'Union qui efface l'État de droit, la position prise par l'Église d'Europe - désormais la " aumônier" de l'Union européenne - suffisamment aligné sur les pouvoirs en place pour converger avec eux sur des sujets brûlants tels que le genre, le climat et la vaccination.

    Un accent particulier est consacré à la situation en Pologne, où le nouveau régime libéral voulu par Bruxelles est en train de déstructurer la civilisation catholique de cette nation ; de la France, pays et civilisation en déclin ; de l’Allemagne, où l’utopisme vert et l’immigrationnisme ont ancré les locomotives de l’Europe ; de l’Espagne, qui s’est rapidement alignée sur les modes de vie du nihilisme occidental ; jusqu'en Hollande, où règne la désolation de l'euthanasie généralisée mais où l'on entrevoit aussi un espoir de renaissance.

    Le prof. Gianfranco Battisti, de l'Université de Trieste, aborde le problème de manière très concrète, en abordant la géoéconomie, la géofinance et la géopolitique. L'Europe se situe dans un contexte plus large qui la considère comme faible et marginalisée, divisée intérieurement entre l'Est et l'Ouest, ses destins sont liés à la dette stratosphérique américaine, elle connaîtra une faiblesse énergétique chronique en fonction de stratégies mondiales qui la dépassent, y compris les conséquences de la guerre en Ukraine avec les problèmes liés à l'approvisionnement en gaz, c'est un "continent otage" du capital financier mondialisé, elle connaît un véritable "conflit agraire" par rapport auquel la politique agricole communautaire s'avère inadéquate et même contre-productive , face à la « ruée vers les terres » des grands groupes financiers mondiaux. En 2005, le livre de M. Leonard Pourquoi l'Europe mènera le 21e siècle a été publié à Londres . Cette perspective, alors évoquée dans le sillage de l'euro et de l'élargissement de 2004, s'est vite évaporée et le déclin s'intensifie aujourd'hui.

    Christophe Réveillard, de la Sorbonne, juge un aspect très inquiétant. L'Union européenne mène une pédagogie de masse, contrôle la population européenne avant tout grâce aux technologies de l'information, éduque à la fin de l'identité européenne, est très loin de créer une communauté de destin, démolit la tradition et la souveraineté des peuples qui la composent. , ne recherche même pas de légitimité ou de soutien populaire mais met en œuvre une gouvernance technocratique sans indiquer d’horizon dépassant le bien-être matériel. L’outil pour parvenir à cette uniformité fluide est le principe de primauté du droit européen sur le droit des États établi par l’article 17 du traité de Lisbonne, un carcan réglementaire et procédural exorbitant à l’égard des États membres.  

    Du point de vue de la culture et de l'esprit européens, une contribution de grande valeur est celle de Mgr Giampaolo Crepaldi qui rappelle comment, ici même en Europe, est née pour la première fois une culture non pas d'une religion mais, au contraire, d'une nature irréligieuse, athée et antichrétienne. C'est pourquoi, dit-il, c'est précisément ici en Europe, auparavant ailleurs, qu'il faut réaliser une "nouvelle évangélisation", qui ne soit pas une évangélisation selon de nouveaux critères mais une ré-évangélisation selon la tradition catholique.

    Seizième Rapport sur la doctrine sociale de l'Église dans le monde

    FINIS EUROPAE. UNE ÉPITAPHE POUR LE VIEUX CONTINENT

    Cantagalli, Sienne 2024, 16,00 euros.

    Edité par Riccardo Cascioli, Giampaolo Crepaldi, Stefano Fontana.

    Auteurs: Gianfranco Battisti, Paolo Bellavite, Riccardo Cascioli, Giampaolo Crepaldi, Lorenza Formicola, Marek Jedraszewski, Maurizio Milano, Christophe Réveillard, Mauro Ronco, Tommaso Scandroglio, Luisella Scrosati, Luca Volonté, Silvio Brachetta, Stefano Magni, Wlodzimierz Redzioch, Julio Loredo, Hugo Bos.   

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  • Le pape François va canoniser les onze martyrs de Damas ce dimanche 20 octobre

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    De RCF (Ghislain Foignier) :

    Les onze martyrs de Damas canonisés par le pape François

    18 octobre 2024

    La canonisation des martyrs assassinés dans la nuit du 9 au 10 juillet 1860 à Damas, en Syrie, a lieu le dimanche 20 octobre. C’est ce qui a été décidé par le consistoire (l'assemblée de cardinaux), convoqué le 1er juillet à Rome et présidé par le pape François.

    Huit frères mineurs et trois laïques maronites tués en “haine de la foi” seront canonisés ce dimanche à Rome au cours de la seconde session du synode sur l’avenir de l'Église. Le Saint Siège a annoncé la nouvelle le 23 mai. Ces derniers avaient été béatifiés par Pie XI en 1926.

    Une reconnaissance particulière de l'Église catholique

    La canonisation est une déclaration officielle de l'Église catholique reconnaissant une personne comme saint. L'Église affirme que l’individu se trouve au paradis et qu’il pourra intercéder auprès de Dieu pour les Hommes. Le saint est un exemple pour tous les chrétiens.

    Les martyrs de Damas, dont les reliques sont exposées à la vénération des fidèles dans la chapelle Saint-Paul de Damas, ne seront pas les seuls à être canonisés. Les cardinaux ont acté la canonisation de 14 bienheureux.

    Des fondateurs de communautés religieuses seront aussi canonisés

    Les trois fondateurs de communautés religieuses seront aussi canonisés : Giuseppe Allamano béatifié par Jean-Paul II en 1990. Il est prêtre et a fondé en 1901 les Missionnaires de la Consolata. Le prêtre a également fondé la communauté des Soeurs de la Consolata en 1910. Les deux communautés se consacrent à l’évangélisation.

    La fondatrice de la congrégation des Petites Soeurs de La Sainte Famille Marie-Léonie qui fût béatifiée par Jean-Paul II en 1984, sera également canonisée. Enfin, Elena Guerra fait partie des futurs canonisés, elle a été béatifiée par Jean XXIII en 1959 et a créé la congrégation des Oblats du Saint-Esprit.

  • L'évêque de Liège a présidé la fête de sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Monial dans le cadre du jubilé des 350 ans des apparitions

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    De RCF (Jacques Galloy) :

    Mgr Jean-Pierre Delville a présidé la fête de sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Monial dans le cadre du jubilé des 350 ans des apparitions.

    Mgr Jean-Pierre Delville, les chapelains du Sanctuaire du Sacré-Coeur et le curé de Paray

    Mgr Jean-Pierre Delville, les chapelains du Sanctuaire du Sacré-Coeur et le curé de Paray (c) JGalloy

    18 octobre 2024

    Le sanctuaire du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial avait invité l’évêque de Liège du 11 au 13 octobre 2024 pour présider la fête annuelle de sainte Marguerite-Marie lors de cette année jubilaire du 350è anniversaire des apparitions de Jésus à la sainte religieuse visitandine, entre décembre 1673 et juin 1675. Plus de 1.000 personnes ont participé à cet évènement autour du culte du Sacré-Cœur de Jésus qui est devenu l’un des plus populaires dans le monde catholique, donnant son nom à d’innombrables églises, congrégations et écoles. L’animation du sanctuaire du Sacré-Cœur a été confiée à la Communauté de l’Emmanuel depuis 1985. Celui-ci attire chaque année des dizaines de milliers de pèlerins. Il est redevenu un haut-lieu spirituel contemporain.

    Présidence de la grande fête jubilaire de sainte Marguerite-Marie

    « Nous avons confié la présidence de cette grande fête jubilaire à l’évêque de Liège pour souligner le lien intime qui associe Paray et Liège, le sanctuaire du Sacré-Cœur et le sanctuaire du Mont-Cornillon, la fête du Sacré-Cœur et la fête du saint Sacrement ou Fête-Dieu, sainte Marguerite-Marie (1647-1690) et sainte Julienne (1192-1258), les deux saintes auxquelles les deux fêtes ont été révélées à 4 siècles d’écart », dit le père Etienne Kern, recteur du sanctuaire du Sacré-Coeur. Ce fut l’occasion de rappeler que la Fête-Dieu (1264), également appelée fête du Corps et du Sang du Christ ou encore fête du saint Sacrement, fut le berceau de la fête du Sacré-Cœur. En effet, la grande apparition de juin 1675 à Paray eu lieu dans l’octave de la fête du saint Sacrement. A ce moment, selon sainte Marguerite-Marie, le Christ lui aurait confié son désir que soit célébrée une fête en l'honneur de son Cœur le vendredi qui suit l'octave de la Fête-Dieu.

    Qui est sainte Marguerite-Marie ?

    Marguerite-Marie Alacoque est née le 22 juillet 1647, en Bourgogne. Elle devient orpheline alors qu'elle a douze ans et ses tantes qui gèrent la famille font d'elle un véritable souffre-douleur. A 24 ans, elle peut enfin réaliser sa vocation: répondre à l'amour intense de Dieu. Les grâces mystiques qui accompagnent ses épreuves culminent en 1673 dans plusieurs visions du Christ: « Voici le cœur qui a tant aimé les hommes jusqu'à s'épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ». Pourvue de dons mystiques et guidée par le Saint jésuite Claude de La Colombière, elle parviendra à promouvoir le culte du Sacré-Cœur d'abord dans son monastère de la Visitation, puis dans toute l'Église Catholique latine. Elle mourut le 17 octobre 1690. Béatifiée d'abord par l'opinion populaire à cause de tous les miracles obtenus par son intercession, les pressions jansénistes puis la Révolution retarderont sa béatification jusqu'en 1864 puis sa canonisation en 1920. Les foules continuent d'affluer à Paray-le-Monial. Plusieurs Papes ont souligné l'importance de son message: l'immensité de l'Amour de Dieu révélé dans un cœur d'homme, et proposé à tous.

    Dès son arrivée à Paray le vendredi 11 octobre 2024, Mgr Delville a présidé la célébration d’accueil des reliques de sainte Marguerite-Marie dans la magnifique Basilique du Sacré-Cœur. Ce chef d'œuvre de l'art roman, modèle réduit de la fameuse abbatiale de Cluny III, a été fondé au XIe siècle sur décision de Lambert, comte de Chalon. En compagnie d’environ 750 participants, Mgr Delville a présidé la grande procession dans la vieille ville de Paray et dans les jardins du monastère de la Visitation exceptionnellement ouverts pour l’occasion.

    Une conférence autour des 3 grandes apparitions

    Mgr Jean-Pierre Delville a articulé sa grande conférence autour des 3 grandes apparitions de Paray pour souligner les liens entre les deux saintes et les deux solennités. « La première apparition à sainte Marguerite-Marie du 27 décembre 1673 met en évidence l’amour de Dieu pour chaque être humain et la relation personnelle qu’il induit » explique Mgr Delville. Jésus dit d’ailleurs à sainte Marguerite-Marie :

    « Mon divin Coeur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier… »

    Dans les expériences mystiques des deux femmes, cette relation est particulièrement forte lors de l’adoration Eucharistique.

    « La deuxième apparition tombe un vendredi de l’an 1674. C’est le jour de la croix, de la souffrance. Jésus se plaint des ingratitudes à son égard. Ce message se retrouve dans les motivations de la création des deux fêtes. De son côté, Julienne était directrice d’une léproserie, soignait les souffrants. Ceci traduit l’importance des visitations dans les moments de souffrance de l’autre. Ceci nous invite aussi à nous unir à la passion du Christ, autrement dit à vivre la compassion », poursuit l’évêque de Liège.

    « La troisième apparition de juin 1675 associe les deux fêtes de façon particulière, l’une dans l’octave de l’autre. Ces révélations privées aux deux saintes femmes les ont mises au défi d’instituer une grande fête publique, ce qui leur semblait totalement improbable. Pourtant, soutenues par de nouvelles congrégations religieuses et par d’influents responsables d’Eglise, elles ont chacune débouché sur l’institution d’une grande fête dans le calendrier liturgique, à 8 jours d’intervalle, et d’un grand culte dans l’Eglise catholique. » Ce sont de belles initiatives d’évangélisation comme réponses aux enjeux de leurs époques, qui restent d’ailleurs d’actualité. D’une part, la création de la Fête-Dieu a été particulièrement soutenue par les Dominicains. Le pape Urbain IV, ancien archidiacre de Liège, l’a étendue à l’Eglise universelle en 1264 en demandant à saint Thomas d’Aquin d’en rédiger les offices, dont le « Tantum Ergo », encore très populaires de nos jours. D’autre part, ce sont les jésuites et en particulier le saint père Claude La Colombière, directeur spirituel de Marguerite-Marie, qui ont été les fervents ambassadeurs de ce culte partout dans le monde dès le XVIIè siècle.

    Cette présidence de Mgr Jean-Pierre Delville faisait écho à la grande conférence d’ouverture des festivités de Liège Fête-Dieu donnée par le père Etienne Kern le 27 mai 2024 dans le sanctuaire de sainte Julienne du Mont-Cornillon à Liège. La vidéo de sa conférence sur la chaine youtube « Liège Fête-Dieu » a déjà été visionnée plus de 25.000 fois en l’espace de 6 mois, ce qui témoigne de l’intérêt du lien entre les deux saintes et les deux fêtes qui leur ont été révélées.

  • Lettre à un cardinal participant au prochain conclave

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    De Philippe Maxence sur le site de l'Homme Nouveau ("Caelum et Terra") :

    Éminence, 

    Vous allez prochainement élire le successeur de Pierre à la tête de l’Église catholique. Comme vous le savez, il s’agit d’un choix crucial et déterminant. À l’évidence, il faudra que le Saint-Père professe entièrement la foi catholique et qu’il veuille réformer réellement le fonctionnement de l’Église dans la seule perspective du salut des âmes. Le reste, le monde, les médias, les puissances mondaines, les structures internes, ne sont rien à côté de cette vraie finalité de l’Église. 

    Si je puis me permettre de formuler une demande, choisissez un homme de silence. Élisez un pape qui n’écrira que peu d’encycliques et qui parlera avec parcimonie. Au début de son pontificat, il pourrait ainsi offrir au monde une première encyclique « programmatique », puis passer le reste de son temps à l’appliquer. 

    Dans le même ordre d’idée, que le Saint-Père, s’il vous plaît, renonce aux interviews et aux déclarations sur le vif. Le monde médiatique s’en empare le plus souvent avec l’avidité d’une meute de loups et les bassesses d’une bande de hyènes. Nous autres laïcs nous sommes le plus souvent perdus devant les propos rapportés, ne sachant pas évaluer le niveau d’autorité de telles interventions et devant interroger sans cesse notre conscience et notre catéchisme. Nous portons déjà notre croix quotidienne qu’une autre ne s’y ajoute donc pas, venant du Père commun.

    Dans le même ordre d’idées, Éminence, que celui que vous allez élire bannisse définitivement l’utilisation des réseaux sociaux comme moyen de communication pour le Saint-Siège. La communication de celui-ci, c’est l’Évangile, la Tradition et le magistère. Le reste est vain ! 

    Puisque le Saint-Siège doit faire des économies qu’il supprime le service de communication, se contentant des Acta Apostolicae Sedis. Nous en profiterons, nous autres, pour relire la Bible, les grands saints, notre catéchisme et les actes du magistère. Nous écouterons l’homélie du prêtre de notre paroisse. Une vie suffira à peine mais nous pourrons suivre ainsi plus facilement la voie qui mène au Ciel. 

    Éminence, j’espère que vous ne trouverez pas inconvenante cette démarche. La primauté du silence s’enracine, comme vous le savez, dans les Saintes Écritures et dans l’attitude du Christ lui-même, à plusieurs reprises. La tradition monastique, tant orientale qu’occidentale, en a fait l’éloge. Dans sa célèbre Règlesaint Benoit lui consacre tout un chapitre dans lequel il écrit notamment : 

    « S’il faut parfois s’abstenir de bons discours pour la pratique du silence, à combien plus forte raison la peine qui suit le péché doit-elle nous faire éviter les paroles mauvaises. On ne devra donc, en raison de l’importance du silence, n’accorder que rarement aux disciples –­ fussent-ils parfaits – la permission de parler, même à propos de choses bonnes, saintes et édifiantes. Car il est écrit : “En parlant beaucoup, tu ne saurais éviter le péché” (Pr 10, 19) ; et ailleurs : “La mort et la vie sont au pouvoir de la langue” (Pr 18, 21). C’est au Maître, en effet, qu’il convient de parler et d’instruire ; le rôle du disciple est de se taire et d’écouter. » (Chapitre VI)

    Alors, Éminence, s’il vous plaît, que celui que vous allez élire parle peu, mais parle clairement, selon le conseil de saint Paul : 

    « Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts, je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d’instruire. » (II Tim. 4,1-2)

    Philippe Maxence

  • L'archevêque de Toulouse vent debout contre le satanisme

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    De zenit.org (Anne Van Merris) :

    Symboles Ésotériques, Églises En Feux : L'archevêque de Toulouse réagit

    Mgr Guy de Kerimel : « On ne peut pas jouer impunément avec une symbolique satanique » 

    L’archevêque de Toulouse, en France, a consacré son diocèse au Cœur de Jésus

    17 octobre 2024

    Ce mercredi 16 octobre 2024, Mgr Guy de Kerimel a consacré la ville de Toulouse et son diocèse au Sacré-Coeur de Jésus. Une décision motivée par l’arrivée prochaine d’un spectacle qui le consterne et l’inquiète.

    Intitulé « La porte des ténèbres », cet opéra de rue sera donné les 25, 26 et 27 octobre prochains. Trois gigantesques créatures mécaniques vont défiler dans les rues de Toulouse. Sur les affiches diffusées un peu partout, des symboles ésotériques et sataniques choquent beaucoup de chrétiens, alors « qu’on a plutôt besoin d’espérance et de lumière ». Sur l’une d’entre elles, on voit à l’arrière-plan la ville en feu, les églises qui brûlent et des symboles de culture satanique. «

    C’est dommage d’imposer un spectacle ténébreux dans la ville de Toulouse » déplore l’archevêque.

    Consécration au Cœur de Jésus, une grande nécessité 

    Beaucoup de fidèles ont participé à la messe de consécration dans l’église du Sacré-Cœur à Toulouse. La dernière consécration du diocèse au Cœur de Jésus date du 20 juin 1941, à l’initiative de l’archevêque Jules-Gérard Saliège, compagnon de la Libération.

    Pour Mgr de Kerimel, ce moment essentiel visait à redonner à la ville de Toulouse « une espérance et manifester que seul l’amour est vainqueur » : « Consacrer une ville, un diocèse, un pays, c’est le présenter au Seigneur et lui demander de répandre sa grâce à profusion, pour que l’amour de Dieu soit accueilli et ressenti par tous ceux qui ne se savent pas aimés. » 

    Pour lui, un tel acte est d’une grande nécessité dans le monde actuel. Il invite les catholiques à se mettre à l’école du Sacré-Cœur de Jésus, face aux difficultés et aux évènements qui parfois les scandalisent et les blessent. Il explique par ailleurs que tous ces symboles sataniques révèlent une atmosphère généralisée de désespérance et d’attrait pour les ténèbres. 

    « Seuls l’amour et la vérité peuvent vaincre le mal »

    « Je pense qu’il y a une partie de la culture qui rejette clairement aujourd’hui le christianisme » explique l’archevêque, qui rappelle l’événement de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en juillet 2024, signe que l’on évacue clairement la tradition chrétienne d’un pays pour aller chercher des dieux païens.

    Mgr Guy de Kerimel explique en outre « qu’on ne peut pas jouer impunément avec une symbolique satanique » : « Nous ne pouvons pas nous contenter de cela, et surtout ne pas répondre au mal par le mal, ou répondre aux mal par la force. Car la force peut canaliser, mais elle n’éradique pas le mal. Seul l’amour et la vérité peuvent vaincre le mal ». « Je pense que nous avons besoin de toute la grâce de l’humanité de Jésus, de son cœur de chair, pour nous-mêmes participer à l’humanisation du monde » conclut l’archevêque.

  • Les Statistiques de l'Église catholique 2024

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    De l'Agence Fides :

    VATICAN - Les Statistiques de l'Église catholique 2024

    17 octobre 2024

    Cité du Vatican (Agence Fides) - À l'occasion de la 98e Journée missionnaire mondiale, qui sera célébrée le dimanche 20 octobre 2024, l'Agence Fides présente comme d'habitude quelques statistiques choisies pour offrir une vue d'ensemble de l'Église dans le monde.

    Les données et les tableaux sont extraits du dernier « Annuaire des Statistiques de l’Église» publié (mis à jour au 31 décembre 2022) et concernent les membres de l'Église, les structures pastorales, les activités dans les domaines de la santé, de l'assistance et de l'éducation. Enfin, un aperçu des districts ecclésiastiques confiés au Dicastère pour l'Évangélisation - Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières est donné.

    L'Église catholique dans le monde : synthèse des données

    Au 31 décembre 2022, la population mondiale s'élevait à 7.838.944.000 habitants, soit une augmentation de 53.175 000 personnes par rapport à l'année précédente. La tendance positive se confirme pour tous les continents à l'exception de l'Europe.

    Au 31 décembre 2022, le nombre de catholiques était de 1.389.573.000, soit une augmentation globale de 13.721.000 catholiques par rapport à l'année précédente. Une fois encore, l'augmentation du nombre de catholiques concerne quatre des cinq continents. Seule l'Europe enregistre une baisse du nombre de catholiques : - 474.000. Comme les années précédentes, l'augmentation du nombre de catholiques est la plus marquée en Afrique (+7.271.000) et en Amérique (+5.912.000). L'Asie (+889.000) et l'Océanie (+123.000) viennent ensuite. Le pourcentage de catholiques dans la population mondiale a légèrement augmenté (+0,03) par rapport à l'année précédente et s'élève à 17,7 %. En ce qui concerne les différents continents, les variations de ce chiffre sont minimes.

    Le nombre total d'évêques dans le monde a augmenté de 13 par rapport à l'enquête de l'année précédente pour atteindre 5.353. Les évêques diocésains ont augmenté (+19) et les évêques religieux ont diminué (-6). Il y a 2 682 évêques diocésains et 2.671 évêques religieux.

    Le nombre total de prêtres dans le monde a diminué : 407.730 (-142 l'année dernière). Une fois de plus, l'Europe (-2745), suivie de l'Amérique (-164) ont connu une baisse substantielle. Comme l'année dernière, des augmentations significatives ont été enregistrées en Afrique (+1.676) et en Asie (+1.160). L'Océanie, après avoir augmenté l'année dernière, est à nouveau dans le négatif (-69). Le nombre de prêtres diocésains dans le monde a diminué globalement de 911 pour atteindre 279.171. Le nombre de prêtres religieux a augmenté de 297 pour atteindre 128.559.

    Dans la dernière enquête annuelle, le nombre de diacres permanents dans le monde continue d'augmenter (+974), atteignant 50.159. L'augmentation est enregistrée en Afrique (+1), en Asie (+15) et en Europe (+267). Il diminue en Amérique (-308) et en Océanie (-1).

    Le nombre de religieux non prêtres a diminué de 360 par rapport à l'année précédente, pour atteindre un total de 49.414. Les diminutions ont été enregistrées en Afrique (-229), en Europe (-382) et en Océanie (-27), tandis qu'elles ont augmenté en Amérique (+27) et en Asie (+251). Même dans l'enquête la plus récente, la tendance mondiale à la baisse des religieuses, qui se poursuit depuis un certain temps, se confirme : elles sont 599.228 (-9.730). Les augmentations sont, une fois de plus, en Afrique (+1.358) et en Asie (+74), alors qu'elles continuent à diminuer en Europe (-7.012), en Amérique (-1.358) et en Océanie (-225).

    Le nombre de grands séminaristes, tant diocésains que religieux, a également diminué lors de la dernière enquête annuelle : il y a 108.481 séminaristes dans le monde (109.895 l'année précédente). Seules l'Afrique (+726) et l'Océanie (+12) ont connu une augmentation, tandis que l'Amérique (-921), l'Asie (-375) et l'Europe (-859) ont connu une diminution. Le nombre total de petits séminaristes, diocésains et religieux, a également diminué pour atteindre 95.161 (-553). En détail, une augmentation se produit seulement en Afrique (+1.065), tandis que des diminutions sont enregistrées dans les autres continents : Asie (-978), Amérique (-475), Europe (-153) et Océanie (-12).

    Dans le domaine de l'éducation et de l'instruction, l'Église soutient 74.322 jardins d'enfants dans le monde, fréquentés par 7.622.480 élèves ; 102.189 écoles primaires pour 35.729.911 élèves ; 50.851 collèges et lycées pour 20.566.902 élèves. En outre, 2.460.993 élèves étudient dans des établissements d'enseignement supérieur, tandis que 3.925.393 sont des étudiants universitaires.

    Il existe au total 102.409 institutions de santé, caritatives et de soins gérées par l'Église dans le monde, dont : 5.420 hôpitaux et 14.205 dispensaires ; 525 léproseries ; 15.476 maisons pour personnes âgées, malades chroniques et handicapés ; 10.589 crèches ; 10.500 centres de consultation matrimoniale ; 3.141 centres d'éducation ou de rééducation sociale et 33.677 autres institutions.

    Les circonscriptions ecclésiastiques (Métropoles, Archidiocèses, Diocèses, Abbayes territoriales, Vicariats apostoliques, Préfectures Apostoliques, Missions sui iuris, Prélatures territoriales, Administrations apostoliques et ordinariats militaires) dépendant du Dicastère pour l'évangélisation sont au nombre de 1 123, selon la dernière variation enregistrée (+2). La plupart des circonscriptions ecclésiastiques confiées au Dicastère dont le siège est à Piazza di Spagna se trouvent en Afrique (525) et en Asie (481). L'Amérique (71) et l'Océanie (46) Viennent ensuite.

    Annexe : analyse de l'évolution sur 25 ans (1998-2022)

    En vue du prochain Jubilé, et pour aider à saisir dans un horizon temporel plus large la tendance des changements dans les données numériques relatives à la présence et à la mission de l'Église catholique dans le monde, l'Agence Fides, en plus du dossier habituel, publie cette année également une annexe résumant les données quantitatives recueillies sur une période de vingt-cinq ans, celles qui s'étendent de 1998 à 2022. Il s'agit de données concernant la population catholique, le nombre de prêtres, le nombre de religieux et religieuses et le nombre de baptêmes administrés dans le monde.

    Cette annexe rassemble et développe également les données et les tableaux du dernier « Annuaire statistique de l'Église » publié (mis à jour jusqu'au 31 décembre 2022). Contrairement au dossier classique, les données prises en compte dans l'annexe n'entrent pas dans les détails de chaque continent, mais se contentent d'esquisser par des chiffres le tableau général au niveau planétaire.
    Ce qui ressort immédiatement des données recueillies sur la période 1998-2022, c'est que le nombre de catholiques sur la planète n'a cessé d'augmenter au cours des vingt-cinq années considérées. Le chiffre des catholiques relu en pourcentage est significatif : en 1998, 17,4% de la population mondiale était catholique. Dans la dernière variation disponible, 17,7 % le sont. Ce dernier pourcentage est resté inchangé depuis 2015 après un mini-pic atteint en 2014 (17,8%).

    L'autre chiffre significatif concerne le nombre de prêtres. Au total, dans le monde, le nombre de prêtres est passé de 404.628 à 407.730 au cours des vingt-cinq années considérées. Le nombre de religieux non prêtres et le nombre de religieuses ont également diminué. Selon les chiffres, le nombre de religieux non prêtres au cours des vingt-cinq années considérées n'a jamais dépassé 60.000. La même courbe descendante se répète pour les religieuses, qui sont passées de 814.779 à 559.228 en vingt-cinq ans.

    Alors que la population catholique augmente, l'administration du sacrement du baptême a diminué dans le monde entier. Elle est passée de 17.932.891 baptêmes administrés en 1998 à 13.327.037 baptêmes administrés en 2022.

     
  • Le synode donne la priorité aux tendances de la mode plutôt qu'à l'évangélisation

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    De Larry Chapp sur le NCR :

    Le synode donne la priorité aux tendances de la mode plutôt qu'à l'évangélisation

    COMMENTAIRE : C’est une occasion perdue de souligner que l’évangélisation est le produit d’un mandat du Christ et l’essence même de la raison d’être de l’Église.

    Le document de travail du Synode sur la synodalité, qui se réunit à Rome jusqu'au 27 octobre, a répété que l'Église est fondamentalement missionnaire et évangélisatrice et que c'est donc l'un des objectifs premiers du Synode. Et pourtant, en réalité, l'année dernière et jusqu'à présent cette année, on n'a accordé que peu d'attention à ce sujet.

    C'est une honte et, à mon avis, une occasion perdue de souligner une fois de plus que l'évangélisation n'est pas une tâche parmi tant d'autres, mais le produit d'un mandat du Christ et l'essence même de la raison d'être de l'Église.

    Après la Résurrection, Jésus apparaît à ses disciples et leur confie la grande mission missionnaire :

    « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19).

    Et depuis lors, l’Église s’est efforcée de suivre ce commandement et s’est même rendue dans le monde entier pour apporter à tous le message libérateur du Christ.

    Les disciples ne pouvaient pas ignorer que ce que Jésus leur ordonnait de faire dans sa mission d’évangélisation était directement lié au fait que le Royaume de Dieu était désormais arrivé d’une manière définitive qui avait tout changé de fond en comble. La révolution était sur le point de se produire, le monde et ses dirigeants avaient été vaincus et bouleversés.

    Ce que l’on ne saurait trop souligner, c’est que ce n’est qu’à la lumière de la réalité de la Résurrection que tout cela a un sens. Et le point central est qu’il s’agissait d’une réorientation fondamentale du monde naturel par l’irruption dans le temps et l’histoire d’un grand événement surnaturel qui avait désormais transformé le monde de l’intérieur en quelque chose d’orienté vers l’éternité et loin de l’annihilation qui attend toutes les choses « simplement » finies.

    L'odeur nauséabonde et fumante de l'aiguillon de Satan, la mort, a été vaincue et inversée. C'est pourquoi la mission des disciples est universelle, et c'est pourquoi l'Église doit évangéliser. Et si elle n'évangélise pas, elle n'a aucune raison d'être.

    L’Église doit être missionnaire et évangéliser, car elle seule possède le seul véritable point d’appui sur lequel repose toute la réalité : le Christ. Seul le Christ est le fondement de la véritable fraternité humaine. Seul le Christ est celui qui possède de l’intérieur le feu de cette révolution. Seul le Christ a vaincu le péché et la mort. Seul le Christ est assez vaste pour contenir en lui chaque être humain qui ait jamais vécu.

    C'est pourquoi la constitution dogmatique sur l'Eglise de Vatican II s'appelle Lumen Gentium (Lumière des Nations). L'Eglise est d'abord et avant tout le sacrement mystérieux de la présence de Dieu au monde entier, dans et par le Christ, et c'est pourquoi l'Eglise est missionnelle et évangélisatrice. Faire moins serait admettre, par la pratique de l'omission, que l'Eglise ne croit plus qu'elle est ce sacrement de la présence de Dieu dans le monde.

    Le Christ existe pour « attirer tous les hommes » à lui (Jn 12, 32), et donc ne pas évangéliser revient à dire : « Le Christ ne fait pas une telle chose ».

    Nous en arrivons ainsi au cœur de la crise actuelle de l’Église : une crise de croyance dans sa mission centrale et dans la signification universelle absolue et contraignante du Christ. Il n’y a aucun moyen d’édulcorer cette situation ou de lui donner une tournure positive. Ce qui envahit l’Église, c’est le relativisme religieux étouffant et étouffant qui voit l’Église comme une construction purement humaine et comme une société volontaire qui n’est que le simple agrégat de ceux qui ont des pensées affectueuses à propos de Jésus. C’est la prolifération d’un faux « pluralisme » qui considère le Christ comme une simple projection de l’imagination mythopoétique humaine.

    Cette marginalisation du Christ, en tant qu’irruption absolue de Dieu dans l’histoire, a pour conséquence qu’un tel Christ – un Christ de la seule mythopoïèse – ne peut plus servir de point de solidarité pour l’humanité. Le point pivot de l’histoire et l’élément clé qui « réalise » la fraternité humaine ne sont plus alors une élévation vers Dieu par le Christ.

    Au contraire, cette marginalisation mythopoétique est un solvant acide qui dissout la véritable intégrité de notre finitude en la réduisant à un simple conglomérat de forces et de « parties » subpersonnelles. Et cela crée alors une destruction cynique des « biens » supérieurs qui ont été classiquement associés à la nature humaine : la justice devient une vengeance voilée, l’amour n’est qu’une convoitise voilée, la raison est une volonté de puissance voilée et le bien moral n’est qu’une forme voilée de manipulation au service d’un intérêt personnel éclairé.

    Ce solvant, parfois appelé « mondialisme », a pour thème principal la chanson Imagine de John Lennon , dont le message peut se résumer en cette affirmation selon laquelle si nous parvenons à dissoudre tous les liens qui nous unissent, la libération qui en résultera apportera la paix au monde. Mais c’est la paix d’une histoire déchristifiée qui ne verra en réalité que le retour des puissants dieux du sang et de la terre. Et ces puissants dieux, comme les archontes d’autrefois, raviveront les liens entre une mort à nouveau considérée comme définitive et irréversible et le royaume entier de l’érotisme.

    Quand la mort revient comme le dernier mot de l'histoire, il ne faudra pas longtemps avant que l'apothéose du sexuel ne s'ensuive. Ce sera un monde - si ce n'est déjà le cas - de pornographie et de kamikazes suisses .

    Pour revenir à mon point de départ, répondre aux « signes des temps » exige donc que l’Église réaffirme résolument son message fondamental selon lequel seul le Christ peut constituer le fondement d’une véritable solidarité. Mais dans le synode actuel, on accorde peu d’importance à l’évangélisation comme raison d’être de l’Église . Et même si de nombreux participants au synode se préoccupent de cette question, ce que nous avons vu dans les conférences de presse ne montre guère de signes d’une insistance sur ce sujet.

    Mais nous voyons ici l’impulsion typiquement moderne qui consiste à se concentrer sur l’érotisme et l’égalitarisme. Et il existe un lien étrange entre ces deux fixations, car avec la démocratisation de tout vient la destruction des principes prudentiels classiques du discernement des esprits. Ces principes sont fondés sur une conception hiérarchique du « Bien » comme seul point final légitime de nos divers « désirs » et constituent donc le seul véritable baromètre pour les trancher de manière chrétienne. Mais maintenant, notre « écoute » synodale doit être orientée vers une forme de réception ecclésiale qui ne fait pas de telles appréciations et qui traite tous les désirs exprimés comme la voix même du Saint-Esprit.

    Il est difficile de voir comment tout cela se rapporte au grand commandement missionnaire du Christ à ses disciples. Il s’agit plutôt d’une déviation de ce commandement au nom d’une fausse « écoute du monde » qui cherche un terrain d’entente pour un « dialogue » qui « met entre parenthèses » le Christ comme un obstacle à une fraternité mondiale, dont les fondements sont recherchés dans diverses abstractions tirées du lexique des notions laïques modernes sur la communauté mondiale.

  • La proposition du Synode de « décentraliser » l’autorité doctrinale rencontre une forte opposition

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    De Jonathan Liedl sur le NCR :

    La proposition du Synode de « décentraliser » l’autorité doctrinale rencontre une forte opposition

    La décentralisation de l’autorité doctrinale, ou la décision de certaines questions doctrinales au niveau local plutôt qu’universel, a été considérée comme une étape cruciale pour ceux qui souhaitent apporter des changements radicaux à l’enseignement catholique.

    Une proposition visant à décentraliser l'autorité doctrinale dans l'Église catholique a rencontré une forte opposition mercredi lors du Synode sur la synodalité, ont déclaré trois participants distincts au Register.

    Ce refus a eu lieu alors que les délégués examinaient une proposition figurant dans l' instrumentum laboris du synode , ou document de travail, visant à reconnaître les conférences épiscopales « comme des sujets ecclésiaux dotés d'une autorité doctrinale, assumant une diversité socioculturelle dans le cadre d'une Église multiforme ».

    Selon des sources du synode, plusieurs délégués de différents groupes linguistiques et origines géographiques ont exprimé leur inquiétude quant au fait que cette décision pourrait briser l’unité de l’Église et relativiser l’enseignement catholique.

    Un membre du synode a qualifié le degré de résistance d’« énorme ».

    « Une majorité s'y oppose clairement. De manière écrasante », a déclaré le délégué, s'exprimant sous couvert d'anonymat, compte tenu des règles strictes de confidentialité du synode.

    Un autre délégué a déclaré au Register que l'inquiétude exprimée par l'assemblée concernant la proposition était la plus forte jamais exprimée au cours de la session synodale de cette année, qui a débuté le 2 octobre et se termine le 27 octobre.

    Depuis la publication de l' instrumentum laboris en juillet , les observateurs théologiques et les délégués du synode ont déclaré au Register qu'ils considéraient la proposition de donner aux conférences épiscopales une autorité doctrinale comme l'un des sujets les plus critiques de tout l'ordre du jour. 

    La décentralisation de l’autorité doctrinale, ou la décision de certaines questions doctrinales au niveau local plutôt qu’universel, a été considérée comme une étape cruciale pour ceux qui souhaitent apporter des changements radicaux à l’enseignement catholique. 

    Par exemple, la nécessité d’une autorité décentralisée est régulièrement mise en avant par les partisans de la Voie synodale allemande , qui a fait pression pour que soient modifiés les enseignements de l’Église sur la sexualité et les ordres sacrés réservés aux hommes.

    Les critiques sur la proposition de l'Instrumentum laboris ont été formulées pour la première fois le 16 octobre, lorsque les cinq groupes linguistiques du synode ont présenté un résumé de leurs discussions en petits groupes. Des sources ont indiqué que les inquiétudes concernant la décentralisation de l'autorité doctrinale étaient plus prononcées parmi les groupes francophones et anglophones, par rapport aux groupes hispanophones et italiens.

    Les critiques ont continué à affluer lors des « interventions libres », ou discours, prononcés par des membres individuels du synode devant l’assemblée entière ce matin.

    Des sources ont indiqué que les délégués ont parlé de la nécessité d'éviter de tomber dans le relativisme en présentant la foi à différentes cultures ; d'éviter tout ce qui pourrait nuire à l'unité de la foi ; du fait que la papauté et l'épiscopat sont constitués par Dieu, alors que les conférences épiscopales ne le sont pas ; et que l'unité et la catholicité de l'Église sont menacées si le mariage homosexuel est acceptable dans un endroit et pas dans un autre.

    Les médias catholiques allemands ont également fait état de cette réaction négative , citant un délégué du synode qui a déclaré dans une intervention : « Une foi fragmentée signifie aussi une Église fragmentée ! »

    Comme l’a indiqué un autre délégué au Register, « la majorité des interventions n’allaient pas dans le sens espéré », faisant référence à un désir perçu parmi les organisateurs de voir la proposition être largement acceptée.

    Le théologien intervient

    La résistance a été si importante qu'elle semble avoir incité les organisateurs du synode à prendre la décision sans précédent de demander à un expert théologique du synode, le père Gilles Routhier, de faire une présentation impromptue après la pause du matin devant toute l'assemblée pour tenter de clarifier la proposition et d'apaiser les inquiétudes.

    Un délégué a qualifié cela de « très inhabituel » et a déclaré que « cela l’a surpris » car les évêques et les autres délégués du synode avaient déjà exprimé leur point de vue sur la question.

    Les délégués qui ont pris la parole au Register ont déclaré que la présentation du théologien canadien-français semblait satisfaire certains membres de l'assemblée, mais qu'ils avaient encore des inquiétudes.

    Selon une source synodale, l’argument du père Routhier selon lequel les conciles locaux ont toujours eu une autorité doctrinale dans la tradition de l’Église a suscité des inquiétudes quant à la nécessité de la proposition d’étendre cette autorité aux conférences épiscopales. Un autre membre du synode s’est inquiété du fait que le père Routhier semblait sous-entendre que l’autorité doctrinale d’une conférence épiscopale serait « fondée sur la hiérarchie des vérités », ce qui impliquerait peut-être que si certains dogmes centraux seraient maintenus par l’autorité doctrinale universelle de l’Église à Rome, les conférences locales seraient en mesure d’enseigner avec autorité dans d’autres domaines.

    Ce délégué a déclaré qu’il s’attendait à ce que les organisateurs tiennent compte de la résistance à la proposition lors de la rédaction du document final du synode. Dans le cas contraire, « je me sentirais alors, honnêtement, manipulé par ces théologiens ».

    Ce document final serait ensuite présenté au pape François, qui pourrait s’y référer pour publier son propre document d’enseignement, ou pourrait même accepter le texte tel quel, lui conférant ainsi une autorité magistérielle.

    Les débats du jour sur la décentralisation de l'autorité doctrinale ont été évoqués lors du point de presse quotidien du synode , les porte-parole notant que des appels à éviter la fragmentation dans l'Église ont été lancés lors de l'assemblée. 

    Le thème a également été évoqué lors d'un forum théologique nocturne sur la relation entre les Églises locales et l'Église universelle, le cardinal Robert Prevost, préfet du Dicastère pour les évêques, parlant de la nécessité de distinguer entre le type de décentralisation qui pourrait être autorisé pour l'inculturation nécessaire et ce qui est essentiel pour l'unité de l'Église.

    Inquiétudes croissantes concernant la décentralisation

    Le sujet de l’unité de l’enseignement de l’Église semblait également être dans l’esprit des délégués en dehors de la salle du synode – et dans l’Église au sens large – dans les jours précédant la discussion du 16 octobre.

    L’évêque Stefan Oster de Passau, en Allemagne, critique de la Voie synodale allemande, a déclaré au Register le 14 octobre que certains dans son pays d’origine cherchent à « régionaliser » la doctrine, notamment en ce qui concerne les questions de genre et la moralité sexuelle.

    L'évêque bavarois a déclaré que ces approches ne tiennent pas compte de la « sacramentalité de la personne », qui appelle chacun à « communiquer l'amour de Dieu au monde », y compris à travers le signe de son corps créé.

    « Si cela est vrai, alors il ne peut pas être vrai qu’en Afrique on traite différemment, par exemple, ces questions de morale sexuelle. Ce n’est pas vrai », a déclaré Mgr Oster, notant qu’il pourrait y avoir des différences dans l’approche pastorale.

    Le lendemain, l’archevêque de Sydney, Anthony Fisher, a déclaré à EWTN News que l’Église « ne peut pas enseigner un catholicisme différent dans différents pays ».

    « Pourrions-nous, par exemple, imaginer une Église où l’ordination des femmes est autorisée dans certains pays mais pas dans d’autres, où le mariage entre personnes de même sexe est autorisé dans certains pays mais pas dans d’autres, ou où il existe une christologie arienne dans certains pays et une christologie nicéenne dans d’autres ? » a demandé l’archevêque australien, de manière rhétorique. « Vous pourriez deviner : ‘Je pense que non’. »

    Le cardinal néerlandais Willem Jacobus Eijk, dans une interview publiée mercredi dans la version allemande de la revue théologique Communio, a averti que la recherche de solutions régionales aux questions controversées pourrait nuire profondément à l'Église.

    « Si l’unité dans la proclamation est perdue », a déclaré l’archevêque d’Utrecht , « l’Église perd sa crédibilité. »

  • L'Église doit parler d'une seule voix (cardinal Eijk)

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    Du site de la revue Communio :

    L'Église doit parler d'une seule voixLe cardinal Eijk sur la mission, la sécularisation et le synode mondial

    L’Église des Pays-Bas était autrefois considérée comme particulièrement progressiste. La désillusion et l’effondrement ont suivi. Le cardinal Willem Jacobus Eijk met en garde dans une interview : ne répétez pas nos erreurs ! Dans une société extrêmement sécularisée, l'archevêque d'Utrecht mise sur un nouveau départ missionnaire.

    16 octobre 2024

    COMMUNIO : Les Pays-Bas sont considérés comme l’une des sociétés les plus laïques d’Europe occidentale. Dans quelle mesure les Pays-Bas sont-ils encore chrétiens ?

    Cardinal Willem Jacobus Eijk : En 2022, une enquête menée auprès des Néerlandais a montré que pour la première fois, plus de 50 pour cent de la population se décrivaient comme athées ou agnostiques. Dans mon enfance, à la fin des années 50 et au début des années 60, les choses étaient très différentes. Dans notre petit village à la périphérie d’Amsterdam, presque tout le monde allait à l’église le dimanche. Il y avait quatre messes : trois messes basses et une grand-messe avec orgue et chœur. L'église était pleine d'enfants et de jeunes. Il y avait encore ces grandes familles catholiques à l’époque ; une famille de dix-sept enfants vivait dans notre rue. Mais après 1965, les choses ont changé très rapidement. Entre 1965 et 1975, le nombre de fidèles a diminué de moitié. À Amsterdam et dans ses environs, on pouvait constater à l'œil nu que moins de gens venaient à l'église chaque dimanche. Dans le même temps, la vie des clubs catholiques s’est également rapidement effondrée.

    COMMUNIO : Comment est-ce arrivé ?

    Eijk : La sécularisation a commencé avec une prospérité croissante. Cela permettait aux gens de vivre individuellement, détachés de la communauté. Les individus se placent au centre et deviennent pour ainsi dire leur propre pape : ils choisissent leur propre interprétation religieuse et leurs propres valeurs éthiques. En conséquence, ils perdent le lien avec l’Église. La prospérité mène à l’individualisation et l’individualisation mène à la sécularisation. C'est dans cet ordre. Aux Pays-Bas, cela s’est produit rapidement, notamment dans les années 1960, lorsque la richesse a augmenté à un rythme sans précédent. Par exemple, tout à coup, tout le monde avait une machine à laver et un réfrigérateur.

    COMMUNIO : Quelle est la situation aujourd’hui ?

    Eijk : En 2012, nous avions encore accueilli 250 000 fidèles. Après la période du Corona, ce nombre est tombé à moins de 90 000 et se situe désormais autour de 100 000. Cela représente environ 2,5 pour cent des catholiques inscrits. 

    COMMUNIO : Cela ne vous décourage-t-il pas en tant qu'archevêque ?

    Eijk : Non, ce n'est pas le cas. Nous sommes conscients de la réalité de la sécularisation, mais nous faisons aussi quelque chose pour y remédier. Plusieurs diocèses sont en train de mettre en place des projets missionnaires dans leurs paroisses. Il n’y a pas un homme désespéré devant vous.

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  • "Quand la mer se retire" ou la tragédie de l'Eglise au XXIe siècle

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    Du site de Renaissance Catholique :

    Quand la mer se retire, La tragédie de l’Eglise au XXIème siècle

    C’est à une relecture des presque vingt années passées sous les pontificats des papes Benoît XVI et François que nous convient les textes ici rassemblés. Ils constituent un témoignage sur une parcelle de l’histoire de l’Eglise et de la France non par nostalgie mais par volonté de ne pas oublier, de tirer les enseignements d’un passé encore tout proche et de mieux comprendre l’enchaînement des faits et des idées. Nous avons suivi la trame chronologique avec, cependant, le souci de ne pas en rester à l’écume des choses et la volonté d’appréhender les véritables causes des événements, les repositionnant dans l’histoire longue et le flux des idées qui mènent le monde. 

    Le catholicisme contemporain est confronté à un double défi. D’une part l’Eglise catholique dont la vocation était de persister à indiquer le Nord semble s’interroger sur son identité et sa mission. Des croyances et des pratiques bi millénaires sont remises en cause entraînant une grande confusion. De cette instabilité découlent la chute continue de la pratique religieuse, l’effondrement des vocations sacerdotales et religieuses, un relativisme doctrinal généralisé, des innovations liturgiques débridées, etc. D’autre part, l’Eglise, en particulier en Occident, doit faire face à une sécularisation massive, les législations et la vie quotidienne s’éloignant chaque jour plus de l’enseignement évangélique et du simple respect de la loi naturelle.

    Ce coup d’œil politico-religieux, œuvre d’un simple laïc de la piétaille catholique, espère être une contribution à la réflexion sur l’analyse des maux qui accablent l’Eglise et la France. Il propose également des pistes de résistance et des axes de renouveau.

    L’auteur 

    Ancien élève de l’Ecole navale et ancien président du MJCF (Mouvement de la Jeunesse Catholique de France) Jean-Pierre Maugendre est Directeur général de Renaissance catholique. Il anime sur TV Libertés une émission d’information religieuse Terres de Mission et collabore régulièrement au Club des Hommes en noir sur la chaîne de l’Homme nouveau.