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Foi - Page 192

  • "Le jésuite ne doit avoir peur de rien"; la rencontre du pape avec les jésuites de Belgique

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    D'Antonio Spadaro s.J. sur la Civilta cattolica :

    « NE CRAIGNEZ RIEN » Le pape François rencontre les jésuites en Belgique

    « NE CRAIGNEZ RIEN » Le pape François rencontre les jésuites en Belgique
     
    8 octobre 2024

    Dans l’après-midi du samedi 28 septembre, le pape François a quitté le campus de l’Université catholique de Louvain pour arriver, vers 18 h 15, au Collège Saint-Michel, une école catholique gérée par la Compagnie de Jésus, située à Etterbeek, à Bruxelles. Il y a rencontré environ 150 jésuites de Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas. Ils étaient accompagnés du provincial de la province francophone d’Europe occidentale, le père Thierry Dobbelstein, et du supérieur de la région indépendante des Pays-Bas, le père Marc Desmet. Le cardinal jésuite Michael Czerny, préfet du dicastère pour le développement humain intégral, était également présent. Le Pape a commencé :

    Bonsoir à tous ! Je suis déjà venu deux fois ici et je suis heureux d’être de retour. Je dois vous dire la vérité : j’ai déjà commis un vol ici. J’allais célébrer la messe et j’ai vu un paquet de papiers qui m’a intrigué. Il s’agissait de polycopiés de cours sur le livre de Job. Cette année-là, en Argentine, je devais donner des cours sur Job. J’ai feuilleté les pages et elles m’ont frappé. Finalement, j’ai pris ces notes !

    Pape François, nous sommes très heureux que vous soyez ici en Belgique. Vous êtes le bienvenu. Nous allons vous poser quelques questions, que nous espérons intéressantes et intelligentes. Nous avons ici le provincial de la province francophone d’Europe occidentale et le supérieur de la région indépendante des Pays-Bas. Cette terre est un véritable carrefour, et les jésuites y sont également très différents : certains viennent de la Conférence des Provinciaux jésuites d’Europe, puis il y a des francophones et des Flamands. Vous savez que lorsqu’on visite une communauté jésuite, on n’est jamais confronté à des photocopies ! Ici, ce n’est pas du tout le cas. Et nous parlons aussi des langues différentes. Le 3 mars 2013, une belle aventure d’espérance et de renouveau dans l’Église a commencé. Nous voulons que ce soit un moment informel et convivial. En Hollande, nous avons un mot typique pour cela : « gezellig ». Il est difficile à traduire : il peut être traduit par « convivialité », « atmosphère accueillante » ou même « bonne humeur », selon le contexte. Ici, c’est le mot qui nous convient en ce moment. Et c’est pourquoi nous voulons chanter ensemble la chanson « En todo amar y servir ».

    P. Desmet prend sa guitare et entonne la chanson. Le Pape prononce également les paroles, qu’il connaît bien, sous son souffle. Puis les questions commencent.

    Saint-Père, quelle est la mission spécifique des Jésuites en Belgique ?

    Écoutez, je ne connais pas votre situation, je ne peux donc pas dire quelle devrait être votre mission dans ce contexte spécifique. Mais je peux vous dire une chose : le jésuite ne doit avoir peur de rien. C’est un homme en tension entre deux formes de courage : le courage de chercher Dieu dans la prière et le courage d’aller aux frontières. C’est vraiment la « contemplation » en action. Je pense que c’est vraiment la mission principale des jésuites : s’immerger dans les problèmes du monde et lutter avec Dieu dans la prière. Il y a une belle allocution de St Paul VI aux Jésuites au début de la Congrégation Générale XXXII : au carrefour de situations complexes, il y a toujours un Jésuite, a-t-il dit. Cette allocution est un chef-d’œuvre et dit clairement ce que l’Église attend de la Compagnie. Je vous demande de lire ce texte. Vous y trouverez votre mission[1].

    Je vis à Amsterdam, l’une des villes les plus sécularisées du monde. Le Père Général Adolfo Nicolás a dit un jour qu’il rêvait de donner les Exercices Spirituels à des athées. Dans notre pays, l’athéisme est la norme plutôt que l’exception. Mais nous voulons donner la richesse de notre vie spirituelle à tous nos voisins, vraiment à tous, comme vous le dites : « Todos, todos ». Comment pouvons-nous atteindre ce niveau profond d’inculturation ?

    Nous trouvons la limite de l’inculturation en étudiant les débuts de la Société. Vos maîtres sont le Père Matteo Ricci, le Père Roberto De Nobili et les autres grands missionnaires qui, eux aussi, ont fait peur à certains dans l’Église par leur action courageuse. Ces maîtres nous ont tracé la ligne de démarcation de l’inculturation. L’inculturation de la foi et l’évangélisation de la culture vont toujours de pair. Quelle est donc la limite ? Il n’y a pas de limite fixe ! Il faut la chercher dans le discernement. Et le discernement se fait par la prière. Cela me frappe, et je le répète toujours : dans son dernier discours, le père Arrupe a dit de travailler aux frontières et en même temps de ne jamais oublier la prière. Et la prière jésuite se développe dans des situations limites, difficiles. C’est ce qui est beau dans notre spiritualité : prendre des risques.

    En Europe occidentale, nous connaissons bien la sécularisation. Nos sociétés semblent éloignées de Dieu. Que faire ?

    La sécularisation est un phénomène complexe. Je perçois que nous devons parfois nous confronter à des formes de paganisme. Nous n’avons pas besoin d’une statue d’un dieu païen pour parler de paganisme : l’environnement lui-même, l’air que nous respirons est un dieu païen gazeux ! Nous devons prêcher à cette culture par le témoignage, le service et la foi. Et de l’intérieur, nous devons le faire par la prière. Il n’est pas nécessaire de penser à des choses très sophistiquées. Pensez à saint Paul à Athènes : cela a mal tourné pour lui, parce qu’il a pris un chemin qui n’était pas le sien à l’époque. C’est ainsi que je vois les choses. Nous devons être ouverts, dialoguer et, dans le dialogue, aider avec simplicité. C’est le service qui rend le dialogue fructueux. Malheureusement, je trouve souvent un cléricalisme fort dans l’Église, qui empêche ce dialogue fructueux. Et surtout, là où il y a du cléricalisme, il n’y a pas de service. Et, de grâce, ne confondez jamais évangélisation et prosélytisme !

    La spiritualité et la théologie jésuites accordent une place au cœur : le Verbe s’est fait chair ! Mais souvent, malheureusement, nous ne donnons pas la bonne place au cœur. Cette lacune, à mon avis, est l’une des choses qui produisent ensuite des formes d’abus. Et puis je voudrais vous poser une question sur la difficulté de donner aux femmes une place plus juste et plus adéquate dans l’Église.

    Je répète souvent que l’Église est femme. Je vois des femmes sur le chemin des charismes, et je ne veux pas réduire le discours sur le rôle des femmes dans l’Église à la question du ministère. Ensuite, en général, le machisme et le féminisme sont des logiques de « marché ». En ce moment, j’essaie de plus en plus de faire entrer les femmes au Vatican avec des rôles de plus en plus importants. Et les choses changent : on peut le voir et le sentir. Le vice-gouverneur de l’État est une femme. Le Dicastère pour le développement humain intégral a également une femme comme adjointe. Dans l’« équipe » pour la nomination des évêques, il y a trois femmes, et depuis qu’elles sont là pour sélectionner les candidats, les choses vont beaucoup mieux : elles ont des jugements tranchés. Au Dicastère pour les Religieux, l’adjoint est une femme. L’adjoint du dicastère de l’économie est une femme. Bref, les femmes entrent au Vatican avec des rôles de haute responsabilité : nous continuerons sur cette voie. Les choses fonctionnent mieux qu’avant. J’ai rencontré un jour la présidente Ursula von der Leyen. Nous parlions d’un problème spécifique et je lui ai demandé : « Mais comment gérez-vous ce genre de problème ? Elle m’a répondu : « De la même manière que nous, les mères ». Sa réponse m’a fait beaucoup réfléchir….

    Dans notre société sécularisée, il est difficile de trouver des ministres. Comment voyez-vous l’avenir des communautés paroissiales sans prêtres ?

    La communauté est plus importante que le prêtre. Le prêtre est un serviteur de la communauté. Dans certaines situations que je connais dans diverses parties du monde, on cherche au sein de la communauté quelqu’un qui peut jouer un rôle de leader. Mais, par exemple, il y a aussi des religieuses qui assument cet engagement. Je pense à une congrégation péruvienne de religieuses qui ont une mission spécifique : aller là où il n’y a pas de prêtre. Elles font tout : elles prêchent, elles baptisent… Si finalement un prêtre est envoyé, alors elles vont ailleurs.

    C’est le 600e anniversaire de l’Université de Louvain. Certains jésuites y travaillent et des étudiants jésuites du monde entier y étudient. Quel est votre message pour les jeunes jésuites qui se destinent à l’apostolat intellectuel au service de l’Église et du monde ?

    L’apostolat intellectuel est important et fait partie de notre vocation de jésuites, qui doivent être présents dans le monde académique, dans la recherche et aussi dans la communication. Soyons clairs : lorsque les Congrégations générales de la Compagnie de Jésus disent qu’il faut s’insérer dans la vie des gens et dans l’histoire, cela ne signifie pas « jouer au carnaval », mais s’insérer dans les contextes les plus institutionnels, je dirais, avec une certaine « rigidité », dans le bon sens du terme. Il ne faut pas toujours rechercher l’informalité. Merci pour cette question, car je sais que la tentation est parfois grande de ne pas s’engager dans cette voie. Un champ de réflexion très important est celui de la théologie morale. Dans ce domaine, il y a aujourd’hui beaucoup de jésuites qui étudient, qui ouvrent des voies d’interprétation et qui posent de nouveaux défis. Ce n’est pas facile, je le sais. Mais j’encourage les jésuites à aller de l’avant. Je suis un groupe de jésuites moralistes et je vois qu’ils réussissent très bien. Et puis je recommande les publications ! Les magazines sont très importants : ceux comme Stimmen der ZeitLa Civiltà CattolicaNouvelle Revue Théologique

    Je me demande où en est le processus de canonisation d’Henri De Lubac et de Pedro Arrupe.

    Le dossier d’Arrupe est ouvert. Le problème est la révision de ses écrits : il a beaucoup écrit, et l’analyse de ses textes prend du temps. De Lubac est un grand jésuite ! Je le lis souvent. Mais je ne sais pas si son cas a été introduit. J’en profite pour vous dire que la cause du roi Baudouin sera introduite, et je l’ai fait directement, parce qu’il me semble que nous allons pas dans cette direction ici.

    Je vous pose ma question dans l’idiome de Mafalda. Vous avez un programme très chargé : dès la fin de votre visite en Belgique, le Synode commencera. Vous présiderez une célébration de réconciliation au début. Vous animerez ainsi l’Église et sa mission de réconciliation dans notre monde tourmenté, comme le demande saint Paul aux Corinthiens. Mais la communauté ecclésiale elle-même demande à être réconciliée en son sein pour être ambassadrice de la réconciliation dans le monde. Nous avons nous-mêmes besoin de relations synodales, d’un discernement réconciliateur. Quelles sont les étapes à franchir ?

    La synodalité est très importante. Elle doit être construite non pas de haut en bas, mais de bas en haut. La synodalité n’est pas facile, non, et parfois parce qu’il y a des figures d’autorité qui ne favorisent pas le dialogue. Un curé peut prendre des décisions seul, mais il peut le faire avec son conseil. Un évêque aussi, et le pape aussi. Il est très important de comprendre ce qu’est la synodalité. Paul VI, après le Concile, a créé le Secrétariat du Synode pour les évêques. Les Orientaux n’ont pas perdu la synodalité, c’est nous qui l’avons perdue. Ainsi, à l’instigation de Paul VI, nous sommes allés jusqu’au 50e anniversaire que nous avons célébré. Et maintenant, nous sommes arrivés au Synode sur la synodalité, où les choses seront clarifiées précisément par la méthode synodale. La synodalité dans l’Église est une grâce ! L’autorité se fait dans la synodalité. La réconciliation passe par la synodalité et sa méthode. Et, d’autre part, nous ne pouvons pas vraiment être une Église synodale sans réconciliation.

    Je suis impliqué dans le Service jésuite des réfugiés. Nous suivons deux fortes tensions. La première est la guerre en Ukraine. Nos garçons m’ont donné une lettre et une image de Saint-Georges. L’autre tension est en Méditerranée, où nous voyons beaucoup de politiques parler de frontières, de sécurité. Quels conseils souhaitez-vous donner au Service jésuite des réfugiés et à la Compagnie ?

    Le problème de la migration doit être abordé et bien étudié, et c’est votre tâche. Le migrant doit être accueilli, accompagné, promu et intégré. Aucune de ces quatre actions ne doit manquer, sinon il s’agit d’un problème grave. Un migrant qui n’est pas intégré finit mal, mais aussi la société dans laquelle il se trouve. Pensez, par exemple, à ce qui s’est passé à Zaventem, ici en Belgique : cette tragédie est aussi le résultat d’un manque d’intégration. Et la Bible le dit : la veuve, le pauvre et l’étranger doivent être pris en charge. L’Église doit prendre au sérieux son travail avec les migrants. Je connais le travail d’Open Arms, par exemple. En 2013, je me suis rendu à Lampedusa pour faire la lumière sur le drame de la migration. Mais j’ajouterais une chose qui me tient à cœur et que je répète souvent : l’Europe n’a plus d’enfants, elle vieillit. Elle a besoin de migrants pour se renouveler. C’est devenu une question de survie.

    Saint-Père, quelles sont vos premières impressions sur votre voyage en Belgique et au Luxembourg ?

    Je n’ai passé qu’une journée au Luxembourg et, bien sûr, on ne peut pas comprendre un pays en une journée ! Mais ce fut une bonne expérience pour moi. J’étais déjà allé en Belgique, comme je vous l’ai dit. Mais, à la fin de cette réunion, je vous demande, s’il vous plaît, de ne pas perdre le pouvoir d’évangélisation de ce pays. Derrière la longue histoire chrétienne, il peut y avoir aujourd’hui une certaine atmosphère « païenne », disons. Je ne veux pas être mal compris, mais le risque aujourd’hui est que la culture ici soit un peu païenne. Votre force réside dans les petites communautés catholiques, qui ne sont en aucun cas faibles : je les considère comme des missionnaires, et il faut les aider.

    Le Pape a quitté la salle de réunion après une heure de conversation. Avant de partir, il a récité un « Je vous salue Marie » avec tout le monde et a ensuite donné sa bénédiction. À la fin, il a pris une photo de groupe. Ensuite, au même étage de la salle de réunion, il a visité la prestigieuse bibliothèque de la Société des Bollandistes, dont la mission est de rechercher, de publier dans leur état original et de commenter tous les documents relatifs à la vie et au culte des saints. Conçue en 1607 par le jésuite Héribert Rosweyde (1569-1629) et fondée à Anvers par le père Jean Bolland (1596-1665), elle est encore poursuivie aujourd’hui par quelques jésuites belges. François a donné sa bénédiction et a écrit les mots suivants dans le livre d’honneur : « Que el Señor los siga acompañando en la tarea de hacer conocer la historia de la Iglesia y de sus Santos. Con mi bendición. Fraternellement, Francisco ».[2].

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    [1] Questo testo si può trovare in www.vatican.va/content/paul-vi/it/speeches/1974/documents/hf_p-vi_spe_19741203_esortazione-compagnia-gesu.html

    [2] « Que le Seigneur continue à vous accompagner dans la tâche de faire connaître l’histoire de l’Église et de ses saints. Avec ma bénédiction. Fraternellement, François ».

  • Les leçons de Louvain

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    De Regis Martin sur Crisis Magazine :

    Les leçons de Louvain

    Invité par l'Université de Louvain à l'occasion de son 600e anniversaire, le pape François est assailli par des idéologues féministes qui exigent un « changement de paradigme » immédiat sur toutes les questions relatives aux femmes.

    La clarté est la courtoisie que nous devons à ceux qui, tout en rejetant nos opinions comme étant erronées, font néanmoins preuve de suffisamment de curiosité pour nous demander pourquoi nous croyons ce que nous croyons. Et de temps en temps - pas toujours, bien sûr - il se peut qu'après leur avoir dit clairement, ils finissent par croire eux aussi à ces mêmes choses. 

    Mais seulement s'il y a un respect égal de la vérité de part et d'autre, pour d'autres, en revanche, cette clarté ne fait que confirmer que le gouffre qui nous sépare est à la fois réel et infranchissable. Et que, en l'absence de toute ouverture au changement, même la grâce de Dieu ne peut le combler. 

    Prenons, par exemple, la question de l'ordination des femmes à la prêtrise, qui est depuis longtemps l'un de ces sujets brûlants qui divisent les catholiques de pratiquement tous les autres. En fait, les divisions se produisent de plus en plus à l'intérieur de notre propre communauté de foi, ce qui est devenu une source de chagrin et de confusion considérable pour les fidèles.

    Y compris, on l'imagine, le pape actuel, qui a été brutalement agressé récemment par un groupe d'étudiants soi-disant catholiques de l'université de Louvain, qui l'ont rejeté, lui et ses arguments, comme étant « déterministes et réducteurs ». Cette attaque a été suivie d'une rebuffade de la part des responsables de l'université elle-même, qui ont annoncé que non seulement ils avaient « désapprouvé » les positions prises par le Saint-Père, mais qu'ils étaient réduits à un état de pure « incompréhension » en entendant une présentation aussi réactionnaire.

    En effet, les enseignements du pape sur le rôle des femmes dans l'Église et dans le foyer étaient si étrangers à l'auguste université de Louvain que les responsables ont présenté une interprétation jazz de l'hymne LGBTQ+ de Lady Gaga, « Born This Way », en guise d'intermède divertissant pour mieux faire comprendre la situation.

    Les circonstances ont dû être extrêmement douloureuses pour le pape François ! Invité par l'université à participer à la célébration de son 600e anniversaire, une occasion censée souligner l'importance d'honorer un grand centre d'enseignement catholique, sa longue histoire de fidélité à la foi de l'Église, et à peine se présente-t-il qu'un groupe d'idéologues féministes se jette sur lui pour exiger un « changement de paradigme » immédiat sur toutes les questions relatives aux femmes.

    Et comme si tout cela ne suffisait pas à jeter un froid sur la circonstance, il se retrouve, dès le début de sa visite en Belgique, vertement critiqué par le premier ministre du pays au sujet de la prétendue mauvaise gestion par l'Église du scandale des abus sexuels commis par des membres du clergé. Sans parler du refus persistant de l'Église de s'agenouiller devant le sanctuaire de la liberté de reproduction, dont l'exercice prive non seulement Dieu d'enfants créés à son image, mais aussi la Belgique et le reste de l'Europe d'un avenir.

    Alors, pourquoi le pape ne rejoint-il pas le reste de l'Europe dans son désir de mort collectif ? Pourquoi s'accrocher à un passé que tous les autres semblent avoir joyeusement laissé derrière eux ? Au lieu de cela, que fait-il ? Face à un rejet aussi systémique et généralisé de la vie, il se rend au sous-sol de l'église Notre-Dame de Laeken ; là, devant la tombe du roi Baudouin, il vénère la mémoire de celui dont le refus de donner l'assentiment royal à un projet de loi autorisant l'avortement au parlement lui vaudra très bientôt d'être déclaré saint. Et malgré les louanges du pape pour le roi, pour son refus héroïque de signer la loi sur le meurtre d'enfants innocents, les érudits et les intelligents restent horrifiés par ce geste. Un jeune universitaire mécontent a déclaré :

    « Nous avions des attentes, même si nous avons vu qu'il nous a déçus en quelques heures. Sa position sur l'avortement - en disant que la loi sur l'avortement était une loi meurtrière - est extrêmement choquante à voir, même si nous ne nous attendions pas à de grandes avancées vers la modernité.    

    Comme les jeunes peuvent être ringards sur le sujet du pape et de l'Église. S'attendaient-ils vraiment à ce qu'en venant à Louvain, en Belgique, et en voyant de ses propres yeux les merveilles de la modernité, il acquiesce simplement et embrasse avec joie tout l'agenda féministe ? Ne savent-elles pas que, malgré sa sympathie évidente pour elles, pour les frustrations qu'elles expriment, il reste tout à fait impuissant à opérer un changement essentiel sur le sujet ? Certainement pas un changement tel que l'idéologie féministe le souhaiterait. « François a dit qu'il aimait ce qu'elles disaient, selon un journaliste d'ABC News qui a couvert l'histoire, mais il a répété son refrain fréquent selon lequel « l'Église est femme », qu'elle « n'existe que parce que la Vierge Marie a accepté d'être la Mère de Jésus et que les hommes et les femmes sont complémentaires ».

    C'est donc ça l'ogive ? Et en la lâchant sur les femmes belges sans méfiance, le pape doit être vilipendé ? À quoi pensaient-ils ? Que le pape François se détournerait simplement de vingt et un siècles ininterrompus d'enseignement dont les origines remontent directement à la personne de Jésus-Christ lui-même ? Que des paradigmes plus anciens et plus contraignants que ceux du moment présent seraient jetés allègrement de côté ? Et qu'à cause d'une ou deux personnes qui ont expliqué pourquoi nous ne devrions pas nous soucier de « faire des dégâts », il n'y a aucune limite au nombre et à la gravité des dégâts que nous pouvons maintenant faire ?  

    « La femme est accueil fécond », a déclaré le pape, rappelant à son auditoire certains faits ontologiques qui, si nous les oublions ou les supprimons, annuleraient instantanément tout le sens et la mission de la femme, le cœur de son identité, qui est celle du “soin”, du dévouement vital ».

    Et à quoi cela touche-t-il finalement ? Au mystère de la vie elle-même. Et au Seigneur et Donateur de la vie, dont le commandement au reste d'entre nous est que nous révérions la vie, y compris en particulier la vie dans le sein maternel, qui est destinée à être le fruit de l'amour entre un homme et une femme dans le sacrement du mariage. « Soyons plus attentifs aux nombreuses expressions quotidiennes de cet amour », a plaidé le pape auprès des jeunes femmes de Louvain, de peur que leur fixation sur l'idéologie ne les fasse pécher contre la vie :

    de l'amitié au travail, des études à l'exercice de responsabilités dans l'Eglise et la société, du mariage à la maternité, de la virginité au service des autres et à la construction du Royaume de Dieu.

    Si les jeunes incendiaires de Louvain écoutent ou non ses paroles, cela dépendra, bien sûr, non pas des arguments de l'Église, mais du témoignage de ses propres enfants, stimulés par la grâce divine pour montrer par l'exemple la joie et la résolution qui découlent du fait de tout donner à Dieu, qui est notre Père à tous. Et au Christ, son Fils, qui est notre frère. Et, oui, à sa mère Marie, notre mère, qui est la source de toute notre espérance.

    Regis Martin est professeur de théologie et associé au Veritas Center for Ethics in Public Life à l'Université franciscaine de Steubenville. Il a obtenu une licence et un doctorat en théologie sacrée à l'Université pontificale Saint-Thomas d'Aquin à Rome. Martin est l'auteur d'un certain nombre de livres, dont Still Point : Loss, Longing, and Our Search for God (2012) et The Beggar's Banquet (Emmaus Road). Son livre le plus récent, publié par Scepter, s'intitule Looking for Lazarus : A Preview of the Resurrection (À la recherche de Lazare : un aperçu de la résurrection).

  • La sainteté du Roi Baudouin ne se réduit pas à sa seule conviction au sujet de l'avortement

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    Prendre le temps de découvrir qui était le Roi Baudouin, c'est l'invitation de Mgr Bernard Podvin accompagnateur spirituel des Radios RCF.

  • Un an après le pogrom du 7 octobre : 'La Pierre d'Achoppement - Méditation catholique sur le mystère d'Israël'

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    À l'aube du premier anniversaire des événements tragiques du 7 octobre 2023, je vous annonce la publication de mon nouveau livre : 'La Pierre d'Achoppement - Méditation catholique sur le mystère d'Israël'.
     
    Dans cet Entretien, Napo soutien l'idée Israël est en partie responsable de ce qui lui arrive au cours de l'histoire car comme disait le Général de Gaulle, c'est « un peuple sûr de lui l'arrogant »
     
    Arnaud Dumouch développe la pensée de l'Eglise actuelle, qui n'est ni sioniste ni antisioniste mais qui constate que la prophétie d’Israël reste valable, à partir de l'épître aux Romains 9, 33 et s, des analyses du pape Pie XII sur la fonction prophétique d'Israël et sur cette annonce de l'Ancien Testament (Zacharie 12, 3) : « Il arrivera en ce jour-là que je ferai de Jérusalem une pierre à soulever pour tous les peuples, et tous ceux qui la soulèveront se blesseront grièvement. Et contre elle se rassembleront toutes les nations de la terre. En ce jour-là - oracle de Yahvé - je frapperai de cécité tous les peuples ».
     
    Ce livre propose une réflexion sur le rôle prophétique d'Israël dans la perspective catholique, éclairant les récents événements à la lumière des enseignements de l'Église. En ces temps de questionnement, j'espère que cette méditation saura nourrir votre réflexion sur la place d'Israël dans le dessein divin et approfondir votre compréhension des signes des temps.
    L'ouvrage est disponible dès à présent en librairie et sur Amazon, en version papier et ebook : https://www.amazon.fr/dp/2383660450

    Arnaud Dumouch 

    Institut Docteur Angélique 

    Soutenez l'Institut Docteur Angélique sur Tipeee : https://www.tipeee.com/institut-docteur-angelique 

    Accédez à tous les cours (philo, théologie) : http://docteurangelique.free.fr/fichiers/ListeDesCoursAvecLiens.htm 

    La liste complète des "Premiers pas Catholiques" : 

    https://premierspascatholiques.wordpress.com/ 

  • Notre-Dame du Rosaire (7 octobre)

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    Lepante.jpgHistorique de la célébration de la fête de Notre-Dame du Rosaire (missel.free.fr) :

    La fête de Notre-Dame du Rosaire se célébrait déjà, en 1547, à Tortosa (Espagne), le troisième dimanche d'avril, quand fut instituée par Pie V la fête de Notre-Dame de la Victoire (1572) au premier dimanche d'octobre, en action de grâces pour la victoire de Lépante où, à l'entrée du golfe de Corinthe, la flotte chrétienne fournie par le Saint-Siège, l'Espagne, Venise, la Savoie, Mantoue, Ferrare, Gênes et Lucques, sous le commandement de don Juan d'Autriche, avait écrasé la flotte turque d'Ali Pacha (7 octobre 1571). C'est à cette occasion qu'on ajouta aux litanies de la Sainte Vierge l'invocation Secours des Chrétiens, priez pour nous ! Grégoire XIII qui attribuait la victoire de Lépante aux processions faites à Rome par les confréries du Saint-Rosaire, changea la fête de Notre-Dame de la Victoire en celle du Saint Rosaire et la fixa au premier dimanche d'octobre (1573) ; elle ne fut alors obligatoire que pour les églises romaines qui possédaient une chapelle ou une confrérie du Saint-Rosaire.

    Clément X concéda cette fête à l'Espagne (1671) avant que Clément XI l'étendît à l'Eglise universelle et l'élevât au rit double-majeur (1716), célébrée le jour de l'octave de l'Assomption, à la suite de la victoire de Peterwaradin que le prince Eugène de Savoie avait remportée sur les Turcs (5 août 1716). Léon XIII en fit une fête de seconde classe et adopta l'office et le propre de la messe en usage chez les Dominicains (1887). Pie X la fixa au 7 octobre (1913).

    • Lire l'encyclique Christi Mater Rosarii de Paul VI.
    • Hier, lors de l'Angelus, le pape François a encouragé les fidèles à réciter le chapelet en communion avec le Sanctuaire de la Vierge du Rosaire de Pompéi où l'on récite cette supplique :

    Ô Rosaire béni par Marie,

    douce chaîne qui nous relie à Dieu,

    lien d'Amour qui nous unit aux Anges,

    tour de Sagesse face aux assauts de l'enfer,

    havre de sécurité dans le naufrage commun,

    nous ne Te lâcherons plus.

    Tu seras notre réconfort à l'heure de l'agonie.

    À Toi, le dernier baiser de la vie qui s'éteint.

    Et le dernier accent sur nos lèvres

    sera Ton Nom suave, 

    Ô Reine du Rosaire de Pompéi,

    Ô notre Mère très chère,

    Ô Refuge des pécheurs,

    Ô souveraine Consolatrice des affligés.

    Sois bénie en tout lieu,

    aujourd'hui et toujours,

    sur la terre et dans le Ciel.

    Bienheureux Bartolo Longo.

  • Les racines libérales et fausses des fastidieux griefs synodaux

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    De sur le CWR :

    Les racines libérales et fausses des fastidieux griefs synodaux

    Trop de partisans du synodal avancent avec une conception de l’Église comme un paysage sans joie de structures et d’enseignements oppressifs qui doivent être remplacés par quelque chose de plus conforme à la pratique du libéralisme séculier.

    L’une des choses que j’ai apprises au cours de mes 65 années de catholicisme est que le sens du terme « réforme de l’Église » dans l’ère post-Vatican II est presque toujours apparenté à celui de « libéralisation ». Pourquoi il en est ainsi et comment les choses en sont arrivées là est une histoire trop complexe pour être racontée ici. Mais il suffit de noter simplement ce fait en gardant à l’esprit son importance continue pour notre « nouvelle manière d’être l’Église » dans notre nouvelle ère courageuse d’« écoute synodale ».

    Il n’est pas non plus nécessaire de passer du temps ici à analyser la longue liste de questions que les soi-disant réformateurs souhaitent aborder. De l’ordination des femmes à la contraception en passant par tout ce qui touche aux LGBTQ, les impulsions intellectuelles centrales sont toutes les mêmes : ce que l’Église a enseigné pendant des siècles est faux, ou du moins faux maintenant pour notre « époque », et doit être changé de manière profondément constitutive pour s’adapter à notre « nouveau paradigme culturel ».

    Ce qui n’est pas exprimé et qui est largement ignoré dans cette avalanche de verbiage novlangue, c’est à quel point l’itération catholique de la modernité libérale est révélatrice de la thèse centrale qui anime toutes les versions variées de la modernité. C’est ce que j’appelle la « téléologie de la transgression », où tout ce qui nous a précédés par les voies de la culture et de la tradition est transformé en restrictions oppressives à notre liberté dont nous devons maintenant nous libérer. Ainsi, tout ce qui nous a précédés, en particulier dans le domaine moral, spirituel et religieux, doit être entièrement effacé si l’on est un pur laïc, ou doit être simplement redéfini et remodelé, si l’on souhaite conserver une certaine identité religieuse, afin de se conformer au nouvel ordre de la transgression libératrice.

    Le regretté philosophe italien Augusto del Noce (1910-1989) avait reconnu depuis longtemps cet aspect de la modernité libérale et avait noté que le dogme central de ce nouveau régime de corrosion pouvait être résumé dans la phrase, si souvent entendue dans les couloirs de l’académie libérale : « Aujourd’hui, on ne peut plus croire… (remplir le blanc avec ce qui doit être effacé) ». Ce que la modernité exprime dans ces formes de pensée n’est pas tant un programme bien pensé pour l’avenir qu’une simple affirmation selon laquelle nous ne devons jamais « revenir » à une société enracinée dans le sens du sacré. En ce sens, nous sommes tous, une fois de plus, des marxistes – dans la mesure où la culture et la raison sont désormais considérées comme des sous-ensembles de la politique, et non comme des choses qui nous sont données par Dieu, et sont donc métaphysiquement antérieures à l’État et ont donc un statut indépendant de l’État.

    Et pour del Noce, c’est là, une fois de plus, l’essence même de l’esprit totalitaire. L’universalité et la normativité de la raison sont perdues dans une telle vision, car tout est vu à travers le prisme de ce récit de libération de tout ce qui a précédé… y compris la normativité de la nature elle-même, alors que le monde moderne se rebelle contre la dernière contrainte de toutes… la forme de notre propre biologie.

    Del Noce note également que cet esprit de transgression est étroitement lié à l’idolâtrie de la science et au réductionnisme matérialiste. Il observe qu’il existe un lien direct entre la soumission de notre culture au scientisme et les dieux d’un faux érotisme dépourvu des liens unissants de l’amour. Ce n’est pas sans raison que notre culture est aujourd’hui pornographiée, ce qui est bien plus qu’une faiblesse morale qui se livre au vice de la luxure. Elle témoigne également de toute une anthropologie et d’une philosophie sur la signification spirituelle de tous nos désirs corporels. Mais plus encore, puisque nous sommes une unité de corps et d’esprit, la pornification de notre culture exprime également un profond déficit de sens dans absolument tout ce que nous faisons. En d’autres termes, la pornographie ne se résume pas vraiment à des « images cochonnes », mais se présente plutôt comme le sacrement principal de notre monde enchanté de Matière et de Mammon. Par conséquent, comme le conclut del Noce dans  La crise de la modernité , toute la révolution sexuelle est en réalité une expression des principes philosophiques profonds qui régissent la modernité et qu'« une énorme révision culturelle sera nécessaire pour vraiment laisser derrière nous les processus philosophiques qui ont trouvé leur expression dans la révolution sexuelle d'aujourd'hui ».

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  • Le mariage chrétien, c'est carré : un seul homme avec une seule femme, jusqu'à ce que la mort les sépare

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    Du Père Fabrice Chatelain sur "Carpe Deum" :

    Mc 10, 2-16

    Le mariage chrétien, c'est carré : un seul homme avec une seule femme, jusqu'à ce que la mort les sépare.

    Pourquoi une vision aussi limitée, aussi archaïque, aussi stricte, diront certains ? N'y a-t-il pas eu, au cours de l'histoire et selon les cultures, pléthore d'autres solutions ? Un homme avec plusieurs femmes, une femme avec plusieurs hommes, un homme avec un homme, une femme avec une femme, une union valide seulement pour une nuit, une semaine ou un mois, une femme avec le pont de Brooklyn ou un homme avec sa voiture, ou aucune obligation que ce soit, bonsoir mademoiselle, au revoir madame, et tout le monde est content ? Pourquoi se restreindre ? Pourquoi imposer le carcan de la morale judéo-chrétienne encore aujourd'hui ?

    "Quand l'Église évoluera-t-elle enfin, et acceptera-t-elle de voir la vérité en face et de tenir compte de la nature, de la biologie, de la psychologie, de l'ethnologie, etc etc..." Oh, ce ne sont pas les critiques qui manquent, ni les idées plus ou moins originales pour faire autrement.

    Seulement voilà, quelqu'un a eu l'idée téméraire de poser à Jésus la question qui posait problème à son époque : peut-on se débarrasser de sa femme quand ça nous chante, ou faut-il se creuser un peu les méninges pour trouver un motif à peu près valide ? On remarquera que la question est très orientée, et défavorable à la femme, quoi qu'il arrive. Et alors là, la réponse de Jésus est claire comme du cristal, contrairement à son habitude de faire parabole sur parabole : le mariage, c'est un seul homme avec une seule femme, ils deviendront une seule chair, jusqu'à ce que la mort les sépare, telle est la volonté de Dieu depuis l'origine, point barre.

    Ce que le monde peine à saisir c'est que, quand on est chrétien, on ne considère pas Jésus juste comme un exemple, un philosophe, un penseur, un sage ou un maître. On croit fermement qu'il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Du coup, quand il nous parle, ce n'est pas juste une opinion parmi tant d'autres, mais Dieu lui-même qui s'adresse à nous. Ce qui fait qu'il ne peut ni nous tromper (quel intérêt pour lui à le faire ?) ni se tromper (c'est Dieu, quand même).

    Alors on n'est pas obligé de l'écouter, parce qu'on n'est pas obligé d'être chrétien. Mais si on est chrétien, ça signifie qu'on est censés être ses disciples, pas ses maîtres, et qu'on a dès lors comme mission assumée celle de s'efforcer de mettre en pratique ses enseignements, et non de les remettre en question ou de les considérer comme optionnels ou superflus.

    Dieu, qui est Amour, nous a créés, par amour, pour que nous vivions dans l'amour. Et le mariage est non seulement une partie de ce plan, mais celle qui concerne le plus grand nombre. Il est le moyen privilégié de vivre l'amour du prochain, conformément à la volonté de Dieu. Ce n'est pas un moyen détourné de vivre de l'égoïsme à deux, ou de juste chercher à se faire plaisir sans se préoccuper de l'autre, ou un moyen pour obtenir une fin, non, c'est la voie royale de la sainteté pour la majorité de l'humanité. Et si on veut suivre le "mode d'emploi" inscrit en nous par Dieu depuis toujours, alors Jésus nous rappelle comment le mariage est censé fonctionner.

    La Foi n'est pas toujours simple. Il peut arriver qu'elle contrarie nos instincts, ou ce que l'on considère comme notre intérêt immédiat. Cependant elle n'est pas là pour nous pourrir la vie, mais pour la donner en plénitude. Et si on croit fermement que Jésus est venu non pour nous juger ni nous condamner, mais pour nous sauver, alors il n'est pas déraisonnable de mettre notre foi et notre confiance dans ses enseignements, aujourd'hui comme hier et demain.

    La loi de Dieu inscrite en nous n'est pas sujette à l'obsolescence programmée, et la respecter, ce n'est pas vivre dans le passé, mais dans la sagesse de Dieu.

  • Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas (27e dimanche du temps ordinaire)

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    Jésus et les enfants : L’enfance spirituelle (source)

    “Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux; mais les disciples les écartèrent vivement”.

    Les apôtres agacés par tous ces parents qui viennent offrir leurs enfants afin que le Prophète les bénissent, vont fournir l’occasion à Jésus de nous dire cette chose extraordinaire :

    « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »

    Le terme employé par Marc est celui de l’offrande. Jésus se fâche contre ses apôtres qui veulent maintenir les enfants loin de lui. Le texte de Matthieu, lui, semble indiquer presqu’une routine dans l’attitude de Jésus à l’égard des enfants et de la confiance de leurs parents

    Ensuite, on présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant

    Comme si c’était ainsi son habitude de témoigner ainsi aux enfants ces gestes d’affection, de tendresse et de confiance, devant lesquels recule d’ordinaire le respect humain d’un homme. Il rend ainsi à l’enfant toute sa grandeur.

    Le monde chrétien considère l’enfant avec des yeux tout autres que le monde païen. Depuis ce jour où Jésus a refusé de les laisser bousculer par les apôtres, ils sont devenus pour nous le modèle de la confiance envers le Père.

    Car Il est vrai que depuis ce jour où Jésus s’est fâché parce que les apôtres empêchaient les enfants de venir jusqu’à Lui, une grande Espérance nous a été révélée au sujet de la vie spirituelle. Dieu, ce jour-là, a cessé d’être un Dieu de crainte pour devenir Le Père.

    Nulle, mieux que Thérèse de Lisieux, n’a compris ce message, nulle n’a mieux su nous le transmettre. Simplifions notre vie spirituelle en suivant le conseil de Jésus.

    Jésus dit à ces apôtres : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »

    Si Thérèse de Lisieux, en début de ce siècle, a conquis tant de coeur, c’est que les chrétiens avaient oublié le Dieu de l’Evangile pour se fabriquer une idole au coeur de pierre. Le message de Thérèse fut comme l’eau vive d’un torrent qui rafraîchit la chrétienté toute entière. Dieu redevenait le Père et les chrétiens des enfants. (En quinze jours, les 2000 cahiers de la première édition de ” L’Histoire d’une âme ” se dispersèrent comme graine au vent)

    Pour Jésus, les chemins de la liberté passent par l’enfance spirituelle, ce qui demande le choix de la simplicité et de laisser au vestiaire notre tenue d’emprunt.

    Car nous ne sommes pas des “grands” devant Dieu, mais des enfants.

    Père Gabriel

  • Les participants au synode déplorent l'accent mis sur des « questions de niche » telles que l'ordination des femmes

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    D'Elise Ann Allen sur CruxNow :

    Les participants au synode déplorent l'accent mis sur des « questions de niche » telles que l'ordination des femmes

    ROME – Les participants au Synode des évêques sur la synodalité de ce mois-ci, qui ont été choisis par le Vatican pour prendre part à une conférence de presse vendredi, ont condamné ce qu'ils considèrent comme un agenda trop occidental obsédé par des « questions de niche » telles que l'ordination des femmes, qui, selon eux, détourne l'attention d'autres sujets importants.

    Lors d'une conférence de presse le 4 octobre, au troisième jour du synode, l'évêque Anthony Randazzo de Broken Bay et président de la Fédération des conférences épiscopales catholiques d'Océanie a déploré que « nous nous retrouvons trop souvent pris dans des questions de niche dont nous parlons en Europe ou en Amérique du Nord ».

    « Ces problèmes deviennent une préoccupation majeure pour les gens, au point qu’ils deviennent une épreuve pour des personnes qui luttent parfois simplement pour nourrir leur famille, pour survivre à la montée du niveau de la mer ou aux voyages dangereux à travers des océans sauvages pour se réinstaller dans de nouvelles terres », a-t-il déclaré.

    Randazzo a qualifié cela de « nouvelle forme de colonialisme » qui opprime les personnes vulnérables et qui n’est « certainement pas l’esprit de l’Église synodale en mission ».

    Bien que ces questions de niche soient importantes et doivent être discutées, a-t-il déclaré, « elles ne doivent pas être si dévorantes au point que d’autres ne puissent pas vivre ou exister sur cette planète simplement parce que des personnes puissantes, puissantes, autorisées et riches décident que ces questions de niche sont les plus importantes ».

    « S’il vous plaît, n’oubliez pas les plus vulnérables et rappelez-vous que lorsque vous venez en Océanie, vous, ici en Europe, êtes la périphérie », a-t-il déclaré.

    Cela, a-t-il expliqué, est dû à la fois au changement climatique et à l’exploitation, car « les gens et les organisations arrivent et voient des minéraux, des métaux précieux, et sont très heureux d’adopter l’exploitation minière en haute mer, l’exploitation forestière et d’énormes projets de pêche, épuisant les océans et les mers de tant de leurs ressources. »

    Il a évoqué les défis régionaux tels que l’élévation du niveau de la mer, les migrations, l’exploitation financière et les efforts malavisés visant à protéger l’environnement, qui se font en fin de compte « aux dépens des êtres humains qui vivent sur la planète ».

    « Il est si facile pour nous de nous sentir très à l’aise en Europe ou en Amérique du Nord. Nous oublions parfois que nous avons des voisins en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud et dans les pays les plus vulnérables de la planète, en Océanie », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de parler au nom de ceux qui sont « oubliés ».

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  • Les évêques américains déclarent octobre "Mois du respect pour la vie"

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    De Stefan Rehder sur le Tagespost :

    Les évêques américains déclarent octobre Mois du respect pour la vie

    La lutte contre l’avortement reste une « priorité absolue », affirment les évêques américains – et lancent un appel à la prière et à l’action.

    4 octobre 2024

    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a demandé qu'octobre soit célébré comme le « Mois du respect de la vie ». Citant le pape Jean-Paul II , le président du Comité des évêques américains sur les activités pro-vie, Mgr Michael F. Burbidge, écrit : « Nous sommes confrontés à une bataille formidable et dramatique entre le bien et le mal, la mort et la vie, la « culture de la mort ». ", et... la " culture de la vie "... nous y sommes tous impliqués et nous la partageons tous, avec la responsabilité incontournable de choisir la vie sans condition. "

    « Heureusement, » les gens aux États-Unis « ne vivent plus sous le régime de Roe v. Wade". Leurs « représentants élus » ont désormais le pouvoir de restreindre ou de mettre fin aux avortements. Mais nous constatons aujourd’hui que cinquante ans d’avortement pratiquement illimité ont tragiquement créé une mentalité nationale dans laquelle de nombreux Américains se sont résignés à un certain niveau d’avortement. Cela permet à l’industrie de l’avortement de continuer à proposer n’importe quel type d’avortement », a déclaré Burbidge.

    L’avortement détruit « plus d’un million de vies chaque année » aux États-Unis

    Face à ce défi, les évêques américains ont affirmé que s'il est important de s'attaquer à toutes les formes de menaces contre la vie humaine, « l'avortement reste notre priorité absolue car il s'attaque directement à nos frères et sœurs les plus vulnérables ». des millions de vies sont détruites dans notre pays chaque année.

    "Tragiquement", l'avortement est aussi "la priorité absolue" pour d'autres. "Nous voyons de nombreux politiciens célébrer la destruction des enfants dans l'utérus et protéger l'accès à l'avortement jusqu'à la naissance." Seuls quelques politiciens se sont assis "pour limiter". les méfaits de l’avortement chimique (pilules abortives) pour les mères et les enfants, qui est la forme d’avortement la plus courante aujourd’hui. D’ici l’ élection présidentielle de novembre, « pas moins de dix États sont confrontés à de sérieuses initiatives électorales qui consacreraient l’avortement dans leur constitution ».

    Invitation à la prière quotidienne jusqu'à l'élection présidentielle

    Ce qu’il faut, c’est un regain de prière et d’action : « Nous devons renouveler notre engagement à œuvrer pour la protection juridique de toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle, et voter pour des candidats qui défendent la vie et la dignité de la personne humaine. Nous devons continuer à tendre la main de la compassion à tous ceux qui souffrent de l’implication dans l’avortement. Par-dessus tout, nous devons nous consacrer à nouveau à une prière fervente pour la vie », a déclaré Burbidge. Et plus loin : "J'invite tous les catholiques à se joindre à moi dans un effort de prière concerté pendant la période précédant les élections nationales en priant quotidiennement notre 'Prière pour la vie à Jésus dans le Saint-Sacrement'."  (DT/cerf)

  • Le célibat ecclésiastique n'est pas une invention du Moyen Age

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    Zölibat - Wollbold, Andreas; Isépy, Johannes - Dussmann - Das Kulturkaufhaus

    Du Cardinal Walter Brandmüller sur le Tagespost :

    Pas une invention du Moyen Âge

    Retour aux sources : aucun débat sur le célibat des prêtres ne peut plus ignorer l'ouvrage clé du théologien munichois Andreas Wollbold sur le célibat dans l'Église antique.

    4 octobre 2024

    Hormis des représentations sérieuses comme les travaux de Henry Crouzel (1963), Roger Gryson (1970), Christian Cochini (1981/90), Alfons Stickler (1993) et Stefan Heid (2003), c'est un journalisme plutôt superficiel qui a marqué ce débat. sans aucune base solide ni connaissance des sources. On a même souvent affirmé que le célibat était une invention du Moyen Âge. On en a conclu que cette loi médiévale, telle qu'elle avait été introduite, pouvait également être abolie si des circonstances changeantes l'exigeaient.

    Une discussion factuelle et solide sur le sujet controversé du célibat

    L'ouvrage de Wollbold, qui compte plus d'un millier de pages, fournit pour la première fois la base d'une discussion factuelle et solide sur le sujet controversé du célibat. Toute discussion future à ce sujet devra partir de là.

    L’introduction d’une centaine de pages, qui propose dans un premier temps une revue de la littérature publiée précédemment sur le sujet, est particulièrement importante. Viennent ensuite des « commentaires méthodologiques sur le travail textuel », puis des « perspectives pour de futures recherches historiques sur le célibat ».

    Le corpus de l’ouvrage est constitué de textes de la période post-apostolique et de « premières sources juridiques ». Suivent des textes de Clément d'Alexandrie, Origène, Tertullien, Cyprien de Carthage et d'autres. Des sources de la région grecque sont ensuite proposées, suivies par des celles de l'Occident latin, donc d'Ambrose, Jérôme et ainsi de suite. Des preuves pertinentes sont également fournies dans le reste de l’Italie et en Afrique du Nord – pensez à Augustin. Enfin, des synodes suivirent en Orient et en Occident, suivis par les premières décisions papales - à commencer par Damase (360-384).

    Combinaison de texte et d'interprétation

    Enfin, les « annexes » sur les lois de l'empereur Justinien et le synode en Trullo ou le « Concilium Quinisextum » sont importantes.

    La deuxième annexe propose des textes sur « Les Mariages des Apôtres » et la troisième contient « Les documents clés du développement ultérieur de l'Église latine ». Sont également importantes les déclarations sur le thème de la « pureté culturelle », des « différences entre l’Est et l’Ouest en matière d’exigence d’abstinence », de la « règle de la monogamie », de « l’abstinence conjugale », du « clergé célibataire » et de la « loi synéis ». Voilà pour la structure de l’œuvre.

    Tout d'abord, l'auteur de chacun des textes est présenté, après quoi les éditions et traductions, y compris la littérature secondaire, sont répertoriées avant chaque texte. Le texte original respectif est ensuite proposé, y compris une traduction en allemand, suivi d'une « discussion » scientifique sur le texte concerné. A la fin d'un groupe de textes, leur « apport » est enregistré.

    C'est précisément cette combinaison de texte, souvent une première traduction en allemand, et d'interprétation qui constitue un avantage particulier de cet ouvrage, ce qui explique également sa signification scientifique indépendante.

    Un monument plus durable que du bronze

    Avec cet ouvrage, l'éditeur et auteur présente un « Monumentum aere perennius », un monument plus durable que le bronze, signe encourageant que la recherche fondamentale est encore menée aujourd'hui. En théologie notamment, il est encore nécessaire d'aller aux sources dès qu'il s'agit de la connaissance de la vérité.

    Cet ouvrage, qui présente non seulement les sources sur le sujet de manière complète et souhaitable, mais aussi leur interprétation, devra être pris en compte par quiconque souhaite commenter le thème du « célibat » à l’avenir.

    Le véritable gain, cependant, pourrait être que des textes importants, spirituellement profonds et théologiquement cruciaux sur le sujet soient présentés pour la première fois dans leur intégralité. Par ailleurs, on aurait aimé en savoir plus sur la nature et l'étendue de la collaboration de Johannes Isépy. Quoi qu'il en soit, l'Université Ludwig Maximilians de Munich est honorée que cet important travail ait été créé dans le cadre d'une collaboration interdisciplinaire au sein de l'une de ses chaires.


    Andreas Wollbold unter Mitarbeit von Johannes Isépy: Zölibat. Schlüsseltexte aus den Anfängen bis zum 5. Jahrhundert. 1.085 Seiten, Hardcover. Verlag Friedrich Pustet, Regensburg 2024. EUR 88,-(Andreas Wollbold avec la collaboration de Johannes Isépy : Célibat. Textes clés du début au Ve siècle. 1 085 pages, couverture rigide. Verlag Friedrich Puste, Ratisbonne 2024. EUR 88,-)

  • Le pape a dit la vérité à une nation qui n'a plus d'oreilles pour l'écouter

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    Un éditorial du National Catholic Register :

    Le pape a dit la vérité à une nation « qui ne veut plus rien entendre »

    ÉDITORIAL : La réponse aux propos du Saint-Père sur l'avortement et les femmes en dit plus sur la capitulation de la Belgique, autrefois catholique, devant la laïcité que sur l'Église elle-même.

    Le pape François prononce son homélie le 29 septembre lors de la messe au stade Roi Baudouin à Bruxelles.
    Le pape François prononce son homélie le 29 septembre lors de la messe au stade Roi Baudouin à Bruxelles. (photo : Daniel Ibáñez / EWTN)

    La réaction hostile des progressistes catholiques aux commentaires faits par le pape François lors de son bref voyage en Belgique concernant le rôle des femmes et l'avortement a été très révélatrice, en particulier dans le contexte du lancement cette semaine de la session finale du Synode sur la synodalité.

    La réaction acrimonieuse à l'égard du Saint-Père était totalement disproportionnée par rapport à ce qu'il avait à dire sur ces deux sujets et à la place secondaire qu'il leur avait accordée lors de sa visite. Ses remarques sur l'avortement ont été faites dans le contexte de la mise en lumière du témoignage pro-vie du roi Baudouin de Belgique, qui a temporairement abdiqué son trône en 1990 pour ne pas être contraint d'approuver un projet de loi gouvernemental légalisant l'avortement.

    François a salué la décision du défunt monarque de « quitter sa place de roi pour ne pas signer une loi meurtrière ». Et, faisant référence à un projet de loi qui élargirait encore l'accès à l'avortement, il a exhorté les Belges d'aujourd'hui à réfléchir à l'action courageuse de leur ancien roi à une époque où « des lois criminelles sont encore en cours d'élaboration ».

    Ce rappel de la responsabilité des catholiques de s'opposer à la législation pro-avortement a été sévèrement condamné par certains commentateurs locaux comme une ingérence papale inadmissible dans les affaires intérieures de la Belgique.

    La réponse aux commentaires du pape sur le rôle des femmes dans l'Eglise, formulés lors de son passage à l'Université catholique de Louvain, a été encore plus exagérée. En louant « l'accueil fécond, le dévouement nourricier et vivifiant » de la femme, François a souligné que les femmes occupent une place de choix au sein de l'Eglise, non pas en raison des fonctions spécifiques qu'elles occupent dans sa hiérarchie institutionnelle, mais plutôt en raison de la nature fondamentale de la femme.

    « Ce qui caractérise les femmes, ce qui est vraiment féminin, n’est pas stipulé par des consensus ou des idéologies », a-t-il déclaré, « tout comme la dignité elle-même est garantie non pas par des lois écrites sur du papier, mais par une loi originelle inscrite dans nos cœurs. »

    L'administration de l'université catholique, qui s'attendait à un désaccord, a publié un communiqué de presse critique dès la fin du discours du Saint-Père. Qualifiant ses propos de « conservateurs », de « déterministes et réducteurs », l'université a proclamé « son incompréhension et sa désapprobation à l'égard de la position exprimée par le pape François sur le rôle des femmes dans l'Eglise et dans la société ».

    De toute évidence, les observations bénignes du pape ne méritaient pas cette décharge de vitriol élaborée à l'avance. Alors pourquoi certains catholiques locaux étaient-ils déterminés à cibler le Saint-Père ? L'explication principale est que leurs critiques reflètent la triste réalité selon laquelle l'Église locale a été presque complètement submergée par la sécularisation généralisée de la Belgique contemporaine.

    Mais ce n’est pas une coïncidence : le pape a été directement pris pour cible à propos du rôle des femmes dans l’Église juste avant le début du synode sur la synodalité, mardi. Les ecclésiastiques progressistes en Belgique, comme leurs homologues dans d’autres pays occidentaux, sont profondément attristés par le fait que François a récemment claqué la porte doctrinale concernant l’ordination sacramentelle des femmes.

    Ils sont également mécontents du fait que les organisateurs du synode aient été obligés de déplacer la discussion sur l'ordination des femmes et d'autres thèmes progressistes favoris, comme l'évangélisation des personnes LGBT, hors de la réunion finale du synode, privant ainsi les progressistes de la possibilité de revendiquer que leurs programmes ont été approuvés par un processus ecclésial mondial. Pour cette raison, ils ont cherché de manière irrespectueuse à embarrasser François pendant son séjour dans leur pays.

    La bonne nouvelle est que le pape n'a pas été dépité par leurs critiques, défendant ses propos avec force lorsqu'il a été interrogé par les journalistes lors de son vol de retour à Rome dimanche.

    « Je parle toujours de la dignité des femmes », a-t-il dit. « J’ai dit quelque chose que je ne peux pas dire des hommes : l’Église est femme, elle est l’épouse de Jésus. Masculiniser les femmes n’est pas humain. Les femmes, je le dis toujours, sont plus importantes que les hommes parce que l’Église est l’épouse de Jésus. »

    La meilleure nouvelle est qu’il a indiqué, juste avant son retour, qu’il n’avait pas l’intention de permettre à la faction progressiste de l’Église de détourner l’étape finale du Synode sur la synodalité.

    « Le processus synodal doit impliquer un retour à l’Évangile », a-t-il déclaré dans un discours aux évêques, au clergé, aux religieux et aux agents pastoraux à Bruxelles. « Il ne s’agit pas de donner la priorité aux réformes « à la mode », mais de se demander : « Comment pouvons-nous apporter l’Évangile à une société qui n’écoute plus ou qui s’est éloignée de la foi ? » Posons-nous tous cette question. »

    Malgré les avertissements du Saint-Père, il n’est pas certain que le document final du synode évitera complètement de prôner les réformes « à la mode » contre lesquelles il a mis en garde. Les délégués du synode devront faire preuve d’une vigilance constante pour s’assurer qu’ils apportent ce que l’Église veut et dont elle a réellement besoin : une clarté sur la manière d’évangéliser plus efficacement, et non pas une campagne en faveur de causes progressistes.

    Lire également : La Belgique et le Vatican en conflit diplomatique à propos des propos du pape sur l'avortement